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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
Contenu spécifique :
mars 1914
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  • Revues
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La bonne parole /, 1914, Collections de BAnQ.

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LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis, SO cts Etranger, - 80 cts I Vol.2 ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.MARS 1914.No.1 aoci ETES DEREEB Les dîmes patronnent» de.oeuvrci suivantes : Institution îles Sourdes- M nettes, Cicche de la Miséricorde, Nazareth, Hôpital Notre-Dame, Hospice St-Vincent de l'aul, L'Assistance l'uliliqtic, Hôpital Stc-.luMÎnc, I.a J'rovidcm e et Les Incurables.Fédération paroissiale de r Enfant Jésus.Fédération paroissiale du Très Saint Nom de Jcsus de Maisonnctive, Fédération paroissiale tic Saint Henri.Cercle des demoiselles de Si- Pierre.Cour de l'Immaculée Conception.Le !• oyer.Patronage d'Youvilte.Les EcoTei ménagères.Cercle d'Etude» Notre-Dame.Assxh lotion des Institutrices catholiques.Association des employées de manitfacturci Association des employées de magasin* AssociatlOH des employées de bureau.Association des femmes d'affaires.L'Assistance M nternelle, Dames des Artisans Cana-dicns*F ratiçais.ABONNEMENTS ET REDACTION : Chambre 14, Monument National, Boul.St-Laurent, Montréal.Tél.Main 7122.Heures de Bureau de 9 h a.m.à 1 h p.m.Revub Mensuelle SOMMAIRE Blltre nous.Mme G.'IIugutnin, La tondit ion légale de la femme, .1/m e Gf'rin-Lajoif.Réponse à une institutrice .Lœtitia Roy et /éducation de nos filles.M mu G.Ltmairt Lectures pour jeunes filh's.V.-M.//.En Fourrière.Françoië ffébrad Les annonces en France, abbé Etienne Blanchard La mesure de hlé .Blanche Lamontagne Poésie.Ilfred Garneau Lis conquêtes de l'hygiène moderne.Dr Val in Chronique des œuvres.Chronique internationale.Revue des revues.Bibliographie.—*» ENTRE Dans le dernier numéro do notiv journal se trouvait le petit entrefilet que voiei, et qui mérite bien d'être commenté et apprécié : "Les jeunes filles de l'association professionnelle des "employées de manufacture ont eu un beau geste lors de "leur réunion du 20 septembre dernier; elles se sont géné-"•reusemenl engagées à lutter contre la mauvaise modo: "Sachons être chrétiennes dans nos toilettes pour cou se r-"ver la.magnifique parure de la vertu.Ce que non-; ju-"geons condamnable à la lumière dû notre foi n'est pas "justifiable parce «pie la mode a pris la liberté d'en "affubler nos sœurs.NC nous proposons dans nos toilettes que ties fins honnêtes et légitimes, n'ayons pas de "vues tie vanité, ne cherchons pas à attirer les regards "d'autrui, à humilier nos compagnes, à les éclipser." Ces jeunes Tilles donnent là une» leçon dont toutes les femmes peuvent profiter, les mères y comprises.11 est certain que ces temps-ci la mode ne s'effraie d'aucune extravagance, et les toilettes les plus oséos sont accueillies avec une sorte de vénération.La femme de nos jours, incontestablement éprise de liberté, est répondant l'esclave de la mode, jusqu'au point de manquer de modestie et «le dignité.Rien n'effraie ni ne surprend dans un costume: les femmes les plus rigides en d'autres matières admettent sur ce chapitre toutes les audaces, pourvu qu'elles puissent expliquer leur faiblesse par cette phrase consacrée: "Que voulez-vous, c'est la.mode qui le veut.' Kt parce que la mode lo veut Madame, qui se pique d'être aussi insoupçonnable que la femme de César, se drapera- dans une robe dernier cri, offensante pour la modestie, et permettra à sa fille de se décolleter outrageusement, parce que les mœurs se relâchent, jusqu'à autoriser toutes les permissions.Si les mœurs se relâchent la faute n'en est-elle pas à nous qui n'avons pas su garder, et cela sans nullement manquer à l'esprit de notre siècle, les traditions loyales et fortes de nos mères.Autrefois, et cet autrefois n'est pas encore bien loin, la jeune fille n'allait jamais au bal sans son père, et sa more; aujourd'hui il est presque de mauvais goût de survoilier les salons aux heures où ces demoiselles reçoivent Je sais que certaines jeunes filles prient leurs mères de roster en dehors de la fête, parce que "paraître surveiller", serait considéré comme ridicule.Et les mamans S NOUS *ca— de nos jours, qui sont des mamans étonnamment conciliantes, cèdent en proclamant d'un ton surpris: "C'est drôle comme les jeunes filles d'aujourd'hui ne nous ressemblent pas." A cette constatation s'arrête leur effort d'énergie, et si l'une s'avise de prudence fort justifiable elle est traitée d'empêcheuse do danser en rond, et tourmentée, et excédée, elle finit trop souvent par renoncer à sa conduite prudente, et prend, à son insuc souvent, et parce que la lutte la déprime, l'habitude de laisser faire.Une réaction s'impose fortement.On aurait cru que l'élan partirait de la classe dirigeante, ou regardée comme telle, mais c'est dans une sphère plus humble, mais aussi combien lucide et prévoyante, que nous vient la bonne et saiiie propagande dont nous souhaitons ardemment lo triomphe.Kt voilà la belle et grande et forte leçon qui nous arrive d'un groupe de travailleuses intelligentes, qui, sans un blâme ou un reproche, par respect; pour la modestie, et par amour pour la vertu, proposent de rester dignes, sages, chrétiennes dans leur parure.Notons que dans leur esprit très charitables ces jeunes filles ne formulent aucune accusation et évitent même do remonter à la source du mal contre lequel, elles s'unissent.Franchement- l'Association professionnelle des employées de manufacture révèle dans ce geste de vérité, la puissance et l'autorité dont elle dispose pour l'action, dédaignant de s'arrêter à d'inutiles réprobations, et estimant que la réaction, ainsi prêchée, ne peut manquer d'opérer les nécessaires miracles.Dans la Fédération, nous avons suivi, avec une joie profonde et une admiration sincère la façon vraiment grave à force de loyauté et de vaillance, dont le groupe professionnel s'affirmait, et la confiance que nous avions, dès le début, placée en lui, se justifie par toutes les belles actions qu'il suscite tous les jours.Son activité est incroyable, il ne se désintéresse d'aucune question, ci le passé, le présent et l'avenir provoquent simultanément ou à tour de rôle, son souci de prévoyance et de dévouement.La leçon qu'il vient de nous apporter marquera cette fois, souhaitons-le éperdfunent, tant est devenue nécessaire cette ligue contre le luxe et l'extravagance, causes de ruines morales, de foyers désertés, de réputations perdues, de fortunes mal acquises.Madeleine G.-Hugucnin. o Montreal LA BONNE PAROLE Mars :014.Vol.LI No.1 Condition legale de la femme IV < 'hères led rices, Nous son un es, vous le devinez, à esquisser ensemble un plan de réformes des conventions matrimoniales; ces articles, que j'écris pour vous, son! pour ainsi dire une consultation populaire à laquelle vous êtes invitées à répondre.Sache/, donc que vous serez les bienvenues si vous ni.- soumettez votre opinion sur un sujet qui affecte à un ^i haul degré le bien-être matériel de la femme.D'ailleurs, en réfléchissait à ces problèmes, vous serez en bonne compagnie, puisque les hommes les plus éminents ne laissent pas d'y donner beaucoup d'attention.Ainsi, dernièrement, en pleine séance parlementaire, 1* I [on.Th.Chapais, profitant de la discussion ouverte par la loi IV-rodeau sur les successions, rappelait aux femmes qu'elles ne doivent pas impunément renoncer à la communauté légale et se soustraire à la loi commune.Le doyen de la faculté de droit de Laval, l'Hon.juge Mathieu, se fait le défenseur, «lu haut ossibles, on per-mel à la- femme de recueillir miette :'i miette, à force de peine el de dur labeur un petil pécule qui ne doit jamais excéder 2,000 piastres el auquel toute son ingénuosité ne devra jamais faire rapporter «pic le modeste intérêt d'une caisse d'épargnes.En Franco, on a eu l'idée comme ici de permettre n la femme commune de placer quelques économies aux banques d'épargnes, mais depuis 1908, la capacité de la femme commune s'esl élargie.Grâce à une femme généreuse, Jeanne Sohmahl on parvint à faire passer la loi dile du salaire de la femme mariée.En vertu de celle loi la femme commune peut toucher son salaire ef en conserver l'administration.C'était chez l'ouvrière que ressortait le plus vivement les vices du régime de la communauté.Trop souvent l'ouvrière devenait vie-lime de la brutalité d'un mari ivrogne qui la lais-ail travailler et se rendait maître de son salaire pour le boire.Avec la loi du salaire de la femme marier», celle-ci peut en toute tranquillité faire fructifier son bien sans que le mari ne le puisse loucher.De là à donner à la femme l'administration (,t la jouissance de ses propres, il n'y a qu'un pas.Tes réformes tendent à créer un régime qui est une heureuse combinaison de la communauté et de la séparation de biens.Je crois nue nous devrions nous engager ici dans ces voies.En donnant à la femme l'administration des biens qui entrent de son chef «laus la- communauté, on lui laisse exercer un droit légitime.On lui donne des ressources faciles pour parer à l'inhabileté de son mari si malheureusement il est incapable: cl.dans les cas normaux, la femme s'nitie sons la direction probable et expérimentée de son mari à l'intelligence des affaires, initiation qui peut devenir nécessaire au salul de la- famille aux jours d'épreuves et de deuil.Vous le constatez, la France, tout en introduisant des réformes dans la communauté, respecte le principe fondamental de cette institution, savoir: la mise en commun des biens acquis pendant le mariage par les époux et leur pari age égal entre eux à la dissolution de la communauté.Nous avons déjà fait ressortir toute la profondeur qu'implique ce principe de la communauté.La communauté cimente l'union des époux en confondant leurs intérêts et leurs ambitions, elle assure à la femme une part équitable dans la fortune conjugale, tout en lui permettant de se livrer sans entraves aux grands devoirs que lui impose la maternité; devoirs dont l'accomplissement fait le bonheur des familles et des peuples.Après avoir fait ressortir la condition légale faite h la femme pendant le mariage, élevons-nous au-dessus de ces considérations particulières et prenons un aperçu général de la question.Réclamer pour les faibles dans la famille une situation qui réponde aux données de la stricte équité, qu'est-ce, sinon affiner au foyer même le sens de la justice, épurer dans ce sanctuaire où jaillit la vie et où se façonnent les âmes, le sens de la fraternité chrétienne, entraîner les volontés â respecter les droits et la propriété d'autrui afin de transporter un jour dans la vie publique l'idéal de justice qui aura- été puisé dans la famille.Marie Gèrin- La joie.Réponse à une Directrice de l'Enseignement Ménager Mademoiselle, Vous vous demandez, sans doute, qui je suis, en lisant ces lignes.A l'instant je vais vous le dire, car, moi-même, j'ai bâte de m'expliquer : n'ai-jc pas l'air quelque peu indiscrete de me mettre ainsi au nombre de vos correspondantes sans v Être invitée.("est à titre d'élève de sœur Marguerite, à qui vous faites une si cordiale bienvenue, que je nie présente à vous.Ma bonne maîtresse, pour des raisons que j'ignore, m'a demandé de la remplacer auprès de vous, voilà pourquoi je m'empresse de vous écrire.Je veux bien essayer de traduire sa pensée, mais il y manquera l'accent pénétrant de son âme si noble et si généreuse, car je ne suis qu'une enfant sans expérience, on m'appelle même à certains moments l'enfant terrible.Vous nous dites que l'enseignement ménager se développe lentement an Canada : mais à quoi cela- tient-il, puisque de votre propre aveu tout le monde en reconnaît l'utilité?On a peine à lui faire une place dans les programmes officiels tant ceux-ci sont surchargés, dites-vous, mais pourquoi dans les commissions scolaires ne demande-t-on pas le secours de femmes d'expérience qui trouveront, sans doute, le moyen de trancher ce nœud gordien : il faut êlre initié aux questions d'enseignement ménager pour les résoudre.En Suisse, renseignement ménager est très prospère et l'initiative privée rivalise de zèle avec l'autorité publique pour le développer.Nous avons outre une experte fédérale, des inspectrices cantonales qui font une excellente besogne cl main-lien lient l'enseignement à un niveau très élevé.T;es élèves subissent les examens de fin d'année devant, des personnes de la plus liante compétence ce qui donne une valeur réelle à l'examen.En votre pays, comment, les choses se passent-elles?Fait-on des efforts pour organiser l'enseignement ménager et le régulariser?Est-il vrai que certains esprits désespèrent- de voir jamais ebez-vous l'art culinaire supplanter l'étude du piano?Tiens laissez-moi vous donner mon mot ici.S'il arrive que vous soyiez obligée de reviser vos programmes pour y faire une place à l'enseignement ménager, n'allez pas toucher à la littérature qui fait oublier le terre a terre de la vie, les ennuis, les chagrins, en nous transportant, dans un autre monde idéal, de musique et de poésie! «Te ne saurais consentir à tourner autour du poêle et abandonner ma bibliothèque ! aux livres faire succéder les casseroles ! Reléguer Lamartine, "Pelille, Bossnet, Eugénie 1 4 Montréal — LA BONNE PAROLE — Mars 1914.Vol.II No.1 de Guérin, et tant d'autres, pour mettre on évidence Maillard, JVssct, M de Beeton, etc., etc.Transformer les élucubrutions poétiques en préparations culinaires! Revêtir mon tablier de ménage, en repoussant mes peintures et mes broderies! Non! Non! je ne puis ainsi faire l"i de mes goflts ! Cependant, une inquiétude me liante depuis la lecture de votre lettre.J'ai eu à ce sujet, de longues conversations avec mon institutrice, qui partage vos idées, sur la nécessité d'une instruction pratique pour les jeunes filles.Aussi, au risque de vous ennuyer, ai-jc décidé do vous raconter mon histoire.Je suis à ma dernière année d'études.Mes parents sont fortunés.Je serai libre de mon temps, à ma sortie dans le monde.Avec un cœur plein d'enthousiasme, je souhaite faire lout ce que Dieu attend de moi, en suivant dans toute son acceptation, cette morale de l'Evangile: Faites aux autres ce que vous voudriez qu'on vous fasse.Aime/ votre prochain comme vous-même.Se donner aux autres, sans calcul, sans intérêt, ce doit être si doux?De toutes les œuvres dont j'entends parler, celle qu'on appelle ici "Tftc Visiting Friend", et que je traduirais: "/Vlwie visiteuse", fait vibrer chez moi, .les cordes les plus sensibles.Me dépenser pour une mère malade, pour des enfants presque sans soutiens, sans défense, remettre dans le droit chemin, celle qui s'égare, soignant l'une, catéchisant les autres, donnant â tous le meilleur de moi-même : l'affection, le dévouaient, tout cela me ravit! Voilà que des personnes d'expérience jettent- de l'eau froide sur mon exubérance, en me disant : sans instruction ménagère, ma petite, votre œuvre ne sera toujours qu'ébauchée.Vous ne pouvez réaliser le bien que vous ave/, en vue en vous cantonnant dans le pays du rêve! aujourd'hui, il faut de l'action, mais nue action basée sur une science pratique, raisonnéc, intelligente.Réfléchissez sur ce qui vous manque pour être la gardienne d'un fover, et vous verrez si vous êtes en étal de» bien jouer votre role.D'ailleurs demande/ à une maîtresse d'enseignement ménager ce que vous pouvez auprès d'une mère malade que vous voulez secourir, auprès d'enfante dont- vous voulez relever le physique, le niveau moral et intellectuel ?Me voilà donc devant vous, traînant de l'aile, confiante cependant que vous me tirerez d'embarras.Notre Révérende Mère s'intéresse au gramophone, pour l'étude des langues, veuillez donc nous en parler plus longuement.A Dieu.Mademoiselle, je jouis a l'avance, en songeant (pie j'aurai une lettre de vous.Ma Sœur se joint à moi pour vous saluer affectueusement, et vous prie de parler d'elle au Divin Maître.J'ose écrire, votre élève reconnaissante, Lrrtilia ïïoyct.Ce -2 février 1914.L'administration du journal prie les abonnés qui changeront de domicile de faire connaître au secrétariat leur nouvelle adresse.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS L'éducation de nos filles (Suite) C'est surtout dans l'enfance «pie perce le plus facilement l'orgueil, et qu'on peut le combattre avec le plus d'efficacité.La petite fille orgueilleuse veut être la première en tout : "maîtresse, si on joue à l'école, maman, si on joue à la famille, toujours pour pouvoir commander et punir, croyant les autres incapables de bien tenir ce principal rôle.Ces petits travers de l'enfance peuvent devenir de très désagréables défauts, plus tard: il faut donc les réprim r en réduisant à sa juste valeur l'opinion que votre petite a d'elle-même, en la comparant à d'autres tout aussi bien douées, et en lui faisant voir que celles (pii le paraissent moins n'ont p?ut-êtrc pas eu comme elle les mêmes avantages, sans quoi elles pourraient bien lui être supérieures.L'orgueil se manifeste aussi par la désobéissance; l'autorité lui pèse et la révolte.Aux enfants orgueilleux, il faut commander avec fermeté, calme et bonté, et éviter 1 s défenses, souvent propres à faire désobéir.Vous l'ave/ maintes fois remarqué, Mesdames, si vous défendez à un enfant de tourner la tète ou de toucher à un objet, il en aura tout de suite l'envie, tandis qu' m lui commandant directement de tourner ses regards d'un autre côté vous auriez été obéies.Ne permette/ pas â I' infant de discuter un ordre, et à ses questions, répondez par des formules qui imposent silence: comme: "Parce que je le VelIX." Lue autre forme de l'orgueil, est l'entêtement.On perd son temps à vouloir gagner un enfant entêté: quoiqu'on fasse, il se retranche dans un refus obstiné.Il faut comm iicer par écarter la passion qui domine sa volonté*.Comme cette passion est l'orgueil, il faut d'abord le flatter, en faisant comprendre qu'il y a quelque chose de grand à faire ce qu'on lui commande.Puis, ayons l'air de ne pas attacb?r trouvait plus écouter son cœur.Mais la- pitié, la divine pitié l'emporta.Cette fois encore «lie donna, elle donna une mesure de blé.Le jour suivant, dès l'aurore, Lierre Jean se disposa- à semer.Il partit pour les champs: la Louise, qui le suivait, tremblait de tous ses membres.Quelle allait être la- conséquence de sa charité coupable?Le maître offensé allait-il lui en tenir compte et son amour en serait-il diminué?Elle revit le paysan maigre et blême, sa main tendue au nom des chers petits qui devaient mourir de faim.Puis elle reentendil les paroles formelles de son compagnon: "Il reste du grain juste pour notre semence.Il ne faut pas y toucher, tu m'entends, femme?".Et, prise d'un grand effroi, elle se remit à trembler.Quand les sillons furent bien bêchés et prêts à recevoir la- graine Pierre Jean vint pour chercher le sac de blé sur ses épaules: mais il était soudain si pesant qu'il ne pu! le porter.— "Tiens, je n'ai plus de force, aujourd'hui,".fit-il en riant.Il le saisit de nouveau de ses larges mains rudes niais il vit de nouveau le sac lui échapper.Alors, aidé de la Louise dont le visage resplendissait, il l'ouvrit.O surprise! Le sac était comble d'uni1 mesure de blé !.() vous dont la- récolte fut bonne, donnez au pauvre qui demande, donnez une mesure de blé!.Blanche Lamonlagnc.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS 6138 Vol.11 Ko.1 Muni n'ai — LA 130>J NE PAROLE — Mars J'Jll.g POESIE M.Hector Gamcau a publié il y a déjà quelques années un charmant recueil des poésies inédites de son pire.X'ayant pas été écrites pour la publication, il s'en dégage un charme intime d'autant plus pénétrant.L9élégance des vers m- le cède d'ailleurs en rifu à la délicatesse et à la sincérité du sentiment.Voici un sonnet inspiré sans doute par nue de ces nuits d'août ur la société, des sujets bons ou mauvais.I/influence incontestable qu'elle exercera alors, dépend on grande partie de celle qu'elle aura- subie elle-même: et c'est pour cette raison que de toutes parts les efforts devraient s'unir pour une œuvre nécessaire; le perfectionnement de la génération qui grandit.Or, pour arriver à un résultai si beau et si efficacement grand, c'est dans l'âme de la jeune fille qu'il faut chercher son champ d'action, en lui assurant une protection murale, et on lui procurant une saine et ample éducation.I n dos obstacles qui enrayent le plus fortement ce généreux mouvement, c'est bien la nécessité déplorable oil se trouvent tant de fillettes de quitter trop tôt les écoles, dont l'accès es) si facile pourtant de nos jours! Les unes, avec l'école, abandonnent la famille pour gagner leur vie, l«s autres demeurent à la maison pour s'occupe!- des soins ménagers; la plupart sont laissées à leur propre juridiction, i«n.Il n'est pas une jeune Nile soucieuse de son bonheur oui devrait s'v soustraire.A l'assemblée du 25 février, M un- Hamilton noua a parlé en ter met persuasifs de l'Assistance Maternelle.Notre comité des œuvres sera toujours heureux du n'entendre avec l'Assistance Maternelle pour continuer «Luis i|ticl
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