La bonne parole /, 1 janvier 1914, mai 1914
LA BONNE PAROLE ABONNEMENTS : Canada et Etats-Unis» 50 cts Etranger, .SO cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Vol.IL MAI 1914.No.3.ABONNEMENTS ET REDACTION : Chambre 14, Monument National, Boni.St-Laurent, Montréal.Tél.Main 7122.Heures de Bureau de 9 I a.m.à 1 h p.m.SOC I ETES FEDEREES Revub Mensuelle Les dames patronncsses des oeuvres suivantes : Institution des Sourd» s- M nettes, Ci èi lie île la Miséricorde, Na/nrelh.Hôpital Notre-Dame, Hospice St-Vincent de Paul, L'Assistance l'iihlique.Hôpital Stc-Justine, la Providence et Les Incurables.• Fédération paroissiale do l'l'.nfant Jésus.Fédération paroissiale du '1res Saint Nom de Jésus de Maisonneuve.Fédération paroissiale de Saint Henri.Cercle des demoiselles dcSt- Pierre.Fédération piroissia'cde St-Jcau-Haptisic.Cour de l'Immaculée Con- cep lion.Le !• oyer.Patronage d'Yotiville.Les Ecoles ménagères.Cercle d'Etudes Notre-Dame.Association des Institutrices catholiques.Association den employées de manufacture.Association dçs employées de magasin, Association des employées de bureau.Association des femmes d'affaires.L'Assistance Maternelle, Dames des Artisans Canadiens-Français.Fédération paroissiale de St-Vinccnt-dc-Paul.SOMMAIRE Entre nous.Marie Gérin-Lajoic.L'apostolat do la femme au foyer.Mgr Gourou tl.La réaction.XXX.Nos libertés scolaires.Abbé Ph.Pcrricr.Développons L'imagination des enfants.Marie Beaupré.Où en snis-je?.Gabriette d'Artois.A la Reine do Mai.V.M.Ii.Croquis.L.-J.Rivet» Lo palais do la mer.Raymond Rtcotdy.Causerie.Mme Observation.Chronique internationale.Revue des revues.Chronique des œuvres.—?» ENTRE NOUS La Federation Nationale Saint-Jcan-Baptistc est heureuse (le souhaiter la bienvenue clans ses rangs à deux groupes importants de Canadiennes-Françaises qui oui sollicite leur affiliation à notre association nationale: ce sont les daines de la paroisse Saint-Jean-Baptiste et celles de la paroisse Saint-Vincent de Paul.Nous comptions déjà comme nôtres les fédérations paroissiales de l'Enfant-Jésus, de Saint-Henri et de Maisonneuve.Voilà done que la Fédération pousse des racines profondes et va puiser dans l'organisation paroissiale elle-même cette sève et celte vigueur qui ont entretenu la vitalité de notre race.Demander à l'organisation religieuse de prêter l'appui de ses fortes assisses au fragile organisme social qu'érigent les femmes, n'est-ce pas donner au frêle lierre que nous sommes quelque chose de la solidité du roc qu'il enlace.Oui ssi nous voulons que l'union que nous rêvons se maintienne et dure el porte les fruits de vérité que nous en attendons, il faut qu'elle grandisse à l'ombre du clocher et qu'une fois de plus dans l'histoire de l'Eglise on voit celles qui .sont sans défense abriter leur faiblesse sous sa tutélaire protection.Voilà comment nos statuts définissent l'organisation paroissiale : "lia Fédération paroissiale est le groupement des œuvres d'une paroisse sous l'autorité du curé, en vue d'exercer une action commune avec la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste au moyen de l'affiliation.'' Si l'on songe que la direction de la Fédération est tout entière aux mains des œuvres fédérées, il est facile d'en conclure que ce sont vraiment les sociétés fédérées qui infusent la vie à notre association nationale et l'orientent vers ses destinées.Ce rôle des œuvres fédérées est trop souvent ignoré et il importe de le mettre en relief.Pourquoi en fondant la Fédération avons-nous recouru au système fédératif au lieu de faire le recrutement individuel de nos membres: pourquoi avons-nous enrôlé des •sociétés au lieu de faire appel aux bonnes volontés dispersées et isolées qui nous eussent généreusement donne leur concours?Mais, c'est parce que nous savions qu'en substituant à l'action individuelle une action collective déjà exercée, nous donnions à la Fédération comme cellule initiale et point de départ, un élément supérieur et déjà enrichi d'une vaste expérience dans les problèmes d'intérêt commun.Ainsi, que la Fédération ait à donner une solution à une question d'éducation ou de charité, à un problème économique, n'a-t-elle pas toujours sous la main, grâce à son système fédératif, les corps les plus autorisés pour orienter les esprits vers les solutions désirées.Ce sont par exemple les œuvres de charité qui révèlent les méfaits de l'alcoolisme et qui nous incitent à créer notre comité de tempérance.Ce sont encore nos sociétés fédérées, qui jettent un cri d'alarme en constatant l'effroyable ignorance des mères de famille et nous amènent à inscrire à notre programme la lutte contre la mortalité infantile» et renseignement ménager.Ce sont nos associations professionnelles qui nous permettent de sonder les problèmes sociaux et nous éclairent sur les réformes à préconiser dans le monde du travail.L'échange de vues qui s'opère dans la Fédértaion entre les présidentes des divers groupes affiliés met en lumière la solidarité qui existe entre les œuvres; on sent combien ces œuvres se pénètrent, on voit mieux leurs points de contact; on sent qu'à se rapprocher les unes des autres, elles se consolident les unes par les autres, et que dans le grand tout de la vie nationale, elles sont chacune comme les membres d'un même corps dont les fonctions diverses concourent sous des formes variées à la solution du grand problème humain, celui d ela régénération et du développement de la société.C'est donc un rôle social que nous demandons aux œuvres de jouer dans la Fédération ; nous les appelons dans nos rangs pour qu'elles influencent et dirigent nos destinées nationales, pour qu'elles façonnent l'opinion publique; parce qu'elles sont vaiment les autorités sociales et qu'elles incarnent la conscience de notre race.Nous ajoutons des responsabilités à celles qu'elles portent déjà, nous reculons sous leurs yeux les horizons qu'elles fixaient, afin de prolonger jusque dans l'avenir l'œuvre bienfaisante qu'elles accomplissent envers leurs contemporains.; et, à côté des apaisements qu'elles versent aux souffrances actuelles, nous leur demandons elles qui savent, de sauver les générations futures et de toujours placer l'œuvre préventive à côté de celle de la charité. Montréal — LA BONNE PAROLE — Mai 1914.Vol.II No.3 En dessinant ainsi le rôle de nos œuvres affiliées, combien nous sommes loin de cette conception mesquine qui ne veut voir dans l'affiliation d'une œuvre à la Fédération que la chance d'un appoint financier que fournit depuis quelques années le denier national.Sans doute, la Fédération est heureuse de pouvoir aider matériellement ses sociétés fédérées, mais combien cet incident est secondaire et négligeable dans les motifs qui militent en faveur de l'affiliation d'une œuvre.Aussi sommes-nous touchées de l'écho que notre pensée a trouvé dans le cœur d'un prêtre eminent qui, dernièrement en annonçant en chaire à ses fidèles l'affiliation de sa paroisse à la Fédération, disait avec une conviction profonde: "mesdames, il faut vous affilier, non pour partager dans le denier national, mais pour faire simplement votre devoir!" Marie Gérin-Lajoic.4 « » L'APOSTOLAT DE LA FEMME AO FOYER Quel que soit le zèle déployé par la femme dans les œuvres catholiques, il n'est pas rare d'entendre critiquer ce zèle, pour cette raison que la place de la femme semble devoir être surtout au foyer de la famille, et que sa mission l'attache surtout aux grandes responsabilités de la maternité.Ici, il faut faire la part de la vérité et la part de l'exagération.La femme honorée de la maternité se doit avant tout aux charges que cet honneur lui impose, et elle ne peut prendre part à une action extérieure que dans la mesure où cette action peut se concilier avec ses devoirs primordiaux.Mais la femme, avant d'être mère, peut bien donner à Dieu et aux œuvres les prémices de son existence.Combien de jeunes filles ont fait dans la pratique des œuvres l'apprentissage de la vie et y ont puisé une expérience, une maturité, un dévouement dont un foyer chrétien devait être le premier à bénéficier?Combien d'autres y auraient gagné en sérieux, en abnégation, si, au lieu de se laisser prendre à toutes les frivolités et à toutes les mondanités, elles avaient vu de bonne heure la nécessité de faire du bien autour d'elles! Il ne manque pas de mères de famille sachant concilier avec une grande charité les obligations de leur intérieur et en faisant même un moyen d'éducation pour leurs enfants.Sans parler des bonnes grand'mères qui sont le plus souvent les modèles du dévouement obscur, combien de mères de famille pensent a juste titre, que Dieu leur rendra, dans leurs enfants, le bien qu'elles auront paru donner aux autres?"J'ai soin de mes pauvres", disait Marguerite de Mé-dicis, mère de saint Charles Borroméc, "Dieu aura soin de mes enfants".Mais, lors même que le dévouement de la femme est obligé de se renfermer dans le cercle de la famille, il doit être, et il est pour tous un véritable apostolat.Nul ne sait dans quelle mesure il doit être apôtre."Au lieu d'être des accidents isolés et d'expirer çans effet, nos actes s'intercalent dans le courant de la vie commune ; tout homme vivant parmi ses semblables est un spectacle, et généralement un spectacle est un exemple; nécessairement, que nous le voulions ou non, par le fait même que l'homme est un être social et qu'il est entouré d'autres hommes, nous agissons sur autrui.Chacun de nous influe sur tous, et tous sur chacun.Ici-bas d'ailleurs, nous ne pouvons mesurer d'une façon certaine tout le bien ou tout le mal que nous faisons; parmi les conséquences de notre conduite, nom- 11 breuses sont celles qui nous échappent ; sans le savoir, nous sommes des bienfaiteurs ou des objets de scandale pour des hommes que nous ignorons ; la portée complète de notre vie n'est connue que de Dieu ; seul il peut entrevoir, et seul il peut évaluer le grand nombre de résultats auxquels nous n'avons pas eu conscience de collaborer directement, et qui pourtant, sails l'intervention des petits atomes que nous sommes, n'auraient point, émergé de la confuse mêlée des choses possibles (1)." Nul ne peut donc dire quelle somme de bien il produit autour de lui, mais c'est une responsabilité de savoir que "qui que nous soyons, et où que nous soyons, nous pouvons toujours exercer une action".Si cela est vrai de tous, que ne dirons-nous pas de la mère de famille, dont chaque acte se répercute dans tous ceux qui l'entourent immédiatement, et par eux dan-un nombre indéfini d'existences?Que ne dirons-nous pas de l'influence extérieure qu'elle exerce, non seulement dans sa famille, mais jusque dans son milieu social, pour peu que sa situation l'oblige à y avoir des relations?Qu'elle le veuille ou non, elle agira autour d'elle, pour le bien ou pour le mal.11 n'est pas besoin de beaucoup de recherches pour constater que telle est souvent l'origine de ces courant-d'opinion, de ces habitudes, de ces modes, de ces entraînements de frivolité qui, a certaines époques, envahissent notre société et la conduisent à tous les désordres.Personne ne sait dire d'où ils viennent ; quand on les constate avec leurs conséquences, il semble trop tard à beaucoup pour y remédier.Le remède est d'autant plus difficile à trouver et à appliquer que cette influence pour le mal a toujours pour complice le respect humain .Un fin moraliste fait remarquer que ce n'est pa.s seulement dans leur extérieur que bon nombe de femmes semblent préoccupées de se ressembler toutes les unes aux autres, mais c'est aussi, souvent, dans leurs pensées et dans leurs jugements.S'il en est ainsi pour la.contagion de l'erreur et de la frivolité, n'en pourrait-il pas être de même pour la vérité?Jamais l'on n'a tant parlé de ligues féminines qu'à notre époque, et c'est parmi les femmes de bien ; est-ce que le premier objet de ces ligues ne devrait pas être de ramener, dans notre société contemporaine, le vrai et le bien qui en semblent exilés?Il suffira, pour cela que chaque femme dans son milieu, chaque mère à son foyer, s'applique à être ce qu'elle doit être : sans aucun respect humain, sans aucun compromis avec les défaillances qui l'entourent.11 lui en coûtera d'être une isolée parfois; mais cet isolement ne sera qu'une des formes du saerifice auquel doit se résigner toute mère chrétienne.11 lui en coûtera peut-être aussi d'être dans la nécessité d'éloigner ses enfants d'un certain monde; mais Marie, et Joseph ne purent sauver l'Enfant Jésus qu'en l'emmenant sur la terre d'exil.Plus elle souffrira, plus elle ajoutera au rayonnement qui s'échappera de toute son existence et qui illuminera les autres malgré eux.Cet ai>ostolat caché de la femme se fera surtout do deux manières: il sera religieux et social.— Mgr Gouraud.(1) G.Goyau.Autour du Catholicisme social.SPIRFJJjA, — corset idéal, fait sur commande.La baleine ne rouille pas ni ne se brise.Chambre 203 Ed.Kings Hall, 597 Ste-Catherine 0.Tél.Up 4322. Vol.II No.3 Montréal — LA BONNE PAROLE — Mai 1914.3 Tje lancement (rune mode est.une affaire voulue, organisée.L'émiiient économiste, Max.Turmann, nous en donne un sommaire aperçu dans le numéro du 14 février de la Bévue Hebdomadaire."Ce qui se passe fréquemment, dit-il, je me le suis laissé raconter par un fabricant, gros fournisseur de maisons importantes de Paris, et, partant, bien renseigné sur ce qui se manigance dans les coulisses de la Mode.II n'est point rare, m'a-t-il affirmé, qu'un groupe puissant de commissionnaires en marchandises, avant, au préalable, acheté des stocks considérables de telle ou telle étoffe, de tel ou tel accessoire de la toilette féminine, ne s'insinuent auprès de ceux qui "font la mode" : ils leur offrent gratuitement tout le nécessaire pour opérer le lancement du tissu ou du détail de costume qu'ils gagneraient à voir "réussir", et, si le lancement ainsi accepté est couronné de succès, le ou les lanceurs obtiendront de beaux bénéfices en espèces sonnantes et trébuchantes.Ainsi donc, en dernière analyse, c'est un syndicat d'hommes d'affaires, plus ou moins Apres au gain, absolument dédaigneux du charme féminin, qui, avec le seul souci des gros sous, décide des inodes d'aujourd'hui.Nos élégantes ignorent — sinon les plus sensibles en pleureraient de dépit ! — que, dans l'élaboration de leurs toilettes, la préoccupation de réaliser de grosses sommes fait généralement oublier aux "créateurs" le souci de servir la beauté de la femme.De celle-ci, personne ne parle, personne ne s'inquiète, sachant d'avance, qu'esclave soumise aux caprices de la Mode, elle acceptera ce qu'on lui imposera-Il arrive parfois que deux ou trois groupes financiers cou.currents, détenteurs de stocks différents, luttent d'influences pour faire adopter leurs marchandises.La vanité de certaines coquettes serait mise à une rude épreuve si elles savaient comment se joue le sort de leur parure.Les choix étant faits et les modèles établis par les grands couturiers, il faut opérer le lancement dans le public.Ce lancement se pratique, en quelque sorte, par la méthode des "appeaux".Telle actrice, telle personne du demi-monde, voire même telle mondaine paraîtra au théâtre, aux courses, au concours hippique, à un vernissage, à un mariage — bref, en un de ces endroits ou l'on va pour voir et se montrer — avec la toilette qu'il s'agit de "faire prendre" et que le couturier lui aura donnée pour mettre en valeur.Le lendemain, en leurs Echos, les feuilles des boulevards signaleront le succès de Mme X.ou de Mlle Y., décrivant l'innovation jugée de bon goût, et, parfois même, citeront en toutes lettres le nom du novateur.Puis, continuant cette publicité habilement organisée, les journaux de mode viendront et reviendront à la rescousse.Et, peu à peu, l'élégante parisienne, qui veut être au "dernier cri", aura été suivie de la provinciale qui tient à sa réputation de bon ton ; enfin la mère de famille de Paris et d'ailleurs, qui redoute de s'habiller "comme sa grand'mère", emboîtera le pas — et une mode de plus, grotesque ou charmante, convenable ou risquée, aura été lancée.Elle fera parfois son tour du monde !" Puisque la Mode n'est pas une affaire uniquement de hasard, quasi incontrôlable, il s'ensuit que son orientation .peut être modifiée et doit l'être quand une question de morale est en jeu.Mais elle no le sera qu'à une seule condition : que la réaction soit, elle aussi, foreinent organisée.Les jeunes filles do l'Association professionnelle des employées de manufacture l'ont ainsi compris et nous avons déjà eu occasion do les en féliciter.Les travaux présentés à chaque réunion par quelques-uns des membres ne contribuent pas peu à soutenir le zèle de ces vaillantes.On peut en détacher de ces fermes paroles qui feraient honneur à la plume d'un écrivain : "Toute femme chrétienne devrait avoir assez de force de conviction pour ne pas s'assujettir à la Mode, mais assujettir la Mode à ses convictions." Si l'humble effort ne suffit pas dans cette vaste entreprise qui doit attendre sa puissance d'élan des classes dirigeantes, néanmoins de proche en proche il peut acquérir une prodigieuse influence; il est nécessaire, comme est nécessaire la pierre de fondation cachée à tous les yeux et sans laquelle les fleurons de l'édifice ne se soutiendraient pas.C'est cette pensée qui inspirait encore l'une des leurs lorsqu'elle disait: "Donnons l'exemple, de bons conseils, nous aurons par là même pratiqué un acte de charité et un acte d'éducation, n'est-ce pas le devoir de toute femme chrétienne?Les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame entreprennent de créer parmi leurs élèves une ligue dont les membres prendront quelques engagements précis, à peu près ceux qui étaient recommandés le mois dernier dans ces colonnes.De telles initiatives sont pleines d'enseignement et devraient inciter à une action de plus en plus profonde celles-là surtout qui supportent la responsabilité de la vogue plus ou moins grande des toilettes.L'étranger nous offre des exemples qui devraient aussi stimuler notre zèle.En Italie et en Espagne les femmes catholiques qui ont un nom ont prouvé qu'elles savent à quoi cela engage.Et tout dernièrement la Fédération recevait de la Ligue Patriotique des Françaises une circulaire annonçant la fondation .d'une ligue contre la Mode immorale.Le programme n'en est pas seulement d'action individuelle, il préconise une pression auprès des grands couturiers de Paris.Et ces généreuses catholiques qui sont aussi des femmes de grand monde ayant menacé de se faire habiller en Angleterre, on a bien dû céder à leurs réclamations.C'est à leur demande que certains modèles de printemps ont été créés modestes et fort jolis.Et nous qui sommes un peuple si foncièrement catholique, pourquoi craindre d'affirmer nos principes?TI y a de notre part, je ne sais quelle timidité et peut-être un manque de sens chrétien qui devrait nous effrayer.Je comprends que tel procédé de réaction paraisse inefficace à l'une, tel engagement puéril.La différence des esprits fait qu'on ne voit pas les choses sous un même angle.Aussi faut-il considérer le motif supérieur qui réclame notre union et le sacrifice de nos vues personnelles et de nos préférences.En est-il de plus élevé, do plus important que la conservation de notre vie chrétienne dont la .modestie du vêtement est à la fois l'expression et la sauvegarde?Sans bruit, sans éclat, mais non sans héroïsme fait d'obscure persévérance et de grandeur d'âme, contre un ennemi invisible et partout présent, nous nous joindrons à la croisade ! XXX.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS 4 Nos Libertés Scolaires La.race française en Amérique ne s'est pas éteinte quand le drapeau blanc ferma son aile blanche pour repasser les mers.Elle a survécu à tous les désastres; et prenant plutôt un essor nouveau au souffle des persécutions elle a grandi dans des proportions qui ont pu faire croire au miracle canadien.Bien des causes ont contribué à cette œuvre de préservation nationale.C'est le clocher d'argent à l'ombre duquel la foi au Christ se perpétuait, prêcher dans le doux parler de France; mais c'est aussi la- petite école, dont des êtres sans e/eur se sont moqués parfois, mais qui pourtant a largement travaillé pour empêcher le bloc de notre unité nationale de s'effriter.Ces petites écoles, nos pères durent lutter pour les conserver, pour en ouvrir de nouvelles, quand ils furent violemment séparés de la vieille mère-patrie, livrés à la souveraineté d'une nation rivale, soiunis à toutes les tentatives, à tous les efforts de coercition et de séduction de nature h leur faire perdre leur langue et leur foi.Nous étions alors dans une situation vraiment précaire, qui se prolonge dans une période de plus de vingt-sept ans.T.— 17G3-1801.On nous prive alors de tout droit d'enseignement.Que les persécutés de l'heure actuelle ne se découragent pas! Les Anglais d'alors, comme certains de leurs fils aetuels, ou comme certains émigrés de la malheureuse Irlande, éprouvaient un effroi instinctif des institutions libres pour la.population catholique et.française.Ils empêchaient la fondation de nouvelles écoles en tarissant les sources de revenus; et c'est d'un fort mauvais œil qu'ils voyaient l'introduction de nouveaux livres français.C'était la guerre de race qui commençait dés le début de la.domination anglaise.Mais attende/! Le clergé, les communautés religieuses prirent en main la direction de Tintruction publique ; et malgré la modicité de leurs ressources et de celles de leurs paroisses, on a réussi à sauvegarder notre vie religieuse et nationale ainsi décrite dans ces lignes qu'un officier anglais de l'armée de Burgoyne traçait sur son journal de route en 1770 : "De trois en troics lieues," dit-il en parlant des paroisses situées sur la rive gauche du fleuve, entre Québec et Montréal, — "on trouve une espèce de petit village qui consiste en un presbytère, une auberge, une école pour les ]>etits enfants, et quelques maisons." II.— 1801-1824.Du Cal vet et d'autres demandèrent avec éloquence la liberté scolaire, mais en vain.Le peuple osa faire entendre sa voix, bien que le gouvernement responsable ne fut pas encore constitué avec ses rouages essentiels.Comme au lendemain de la cession, on fit la sourde oreille aux justes revendications des nôtres; au lieu de favoriser l'organisation d'un système scolaire libéral que tout le pays demandait, on créa de toutes pieces l'Institution Royale (1801) ; et on lui confie le monopole de l'enseignement, maintenu par notre législature, au profit de l'Eglise d'Angleterre.C'est la première loi scolaire sous la domination anglaise et par elle l'instruction publique (1) Grandes lignes d'une conférence donnée à l'Association des Employées do bureau.Vol.II No.3 est confiée aux pires ennemis de nos traditions religieuses et nationales.Les populations justement méfiantes laissèrent vides les écoles de l'Institution Royale; et vingt-quatre ans après sa fondation, cette machine assimilatrice ne comptait encore que trente-sept écoles fréquentées par 1,048 élèves.Se voyant frustrés de leurs plus chères espérances par cette loi néfaste, les Canadiens-Français fondèrent à côté des églises des écoles catholiques et françaises.Michel Bibaud pouvait écrire en 1825: "Quoi qu'on en puis*-dire, l'instruction fait tous les jours des progrès parmi nous: il est présentement peu de paroisses un peu considérables où il n'y ait une école tenue sur un pied plus ou moins respectable sans parler de l'enseignement privé qui s'étend aussi de son côté, et peut-être dans une plu-grande proportion encore que renseignement public!" HI._ 1824-1841.Dans les années qui précédèrent cette troisième période, bien des tentatives furent faites pour introduire un projet de loi favorable aux catholiques; il y en eût même un qui fut adopté par les deux chambres du Bas-Canada en 18*20; mais il n'eut jamais les honneurs de la sanction royale, en dépit des pressantes sollicitations de Mgr Plessis.Ce ne fut qu'en 1824 qu'on fit voter la loi des écoles de fabrique.Mais remarquez bien que la.loi des écoles de l'Institution Royale n'était pas encore révoquée.L'oligarchie anglaise était tenace dans son but et elle voulait à tout prix employer l'école à l'an-glification du pays.Mais nos pères se grou|>èrent encore auprès des clochers.A côté des églises, les fabriques construisirent des écoles destinées à remplacer dans les paroisses établies dans les seigneuries, les écoles de cette institution.L'histoire se répète elle-même ; les nôtres qui luttent dans l'Ontario et dans toutes les autres provinces ou ils ne jouissent pas pleinement de leurs droits ne doivent pas se décourager.Debout toujours, qu'ils tiennent leur drapeau haut et ferme! On a vaincu dans le passé en dépit de tous les obstacles suscités par ceux dont on vante trop la générosité.Méditez bien cette parole de Lord Durham qui parle ainsi dans son fameux rapport: "La négligence constante du gouvernement britannique laissa la masse du peuple sans aucune des institutions qui les aurait élevés en liberté et en civilisation." IV.— 1841-1846.Ce n'est qu'après l'Union, sous la constitution de 1841, (pie l'instruction primaire a pris les plus grands développements.On jouit alors des avantages du régime municipal, et les pères de famille sont enfin appelés à dire leur mot dans cette grande cause qui les intéresse avant tout : l'avenir de leurs enfants.A Lafontainc, h Morin qui firent voter les deux premières lois de l'instruction primaire, au docteur Meilleur qui fut chargé de leur exécution, nous devons redire bien haut notre reconnaissance.C'est ce dernier surtout qui est le fondateur du système scolaire qui fut et qui est encore notre sauvegarde cl notre force.Mais ne perdons pas de vue que nous n'avons joui totalement de nos libertés scolaires par une loi vraiment libératrice que vers l'année 1846.Pendant près d'un siècle les Canadiens-Français furent privés du droit d'employer leurs propres deniers à l'éducation de leurs enfants.Montréal — LA BONNE PAROLE — Mai 1914. Vol.II No.3 Montréal — LA BONNE PAROLE — Mai 1914.5 V.— 185G-187G.Le docteur Meilleur avait imprimé un merveilleux essor à l'éducation nationale.Mais il devait avoir un successeur qui devait reprendre son œuvre avec zèle et la parfaire avec succès.Déjà Cartier en 1850 pouvait dire avec fierté devant l'assemblée législative qu'il connaissait une seule paroisse privée d'école élémentaire.Surgit Cliauveau qui consacre dix-huit ans de sa vie à la cause du progrès de l'éducation du peuple.Son esprit cultivé, il l'applique à tous les détails de la vie scolaire la plus infime.Surintendant de l'éducation, il est partout pour présider à l'inauguration de nouvelles écoles tout comme pour présider à des distributions de prix, où il prodigue les plus sages conseils.La loi des écoles primaires est alors amendée (1S5G) ; on crée un conseil de l'instruction publique organisé trois ans plus tard ; l'on autorise les municipalités scolaires à majorer les cotisations jusqu'à concurrence du double des allocations législatives.Une autre loi établissait trois écoles normales confessionnelles dans le Bas-Canada: une à Québec et deux à Montréal.Je m'arrête ici et je ne parle pas de la loi de 1870 qui réforme une fois de plus la composition du conseil de l'instruction publique et même tout le système scolaire.C'est une loi bienfaisante qui dénote chez M.de Boucberville une grande intelligence de l'état politique et religieux de notre province.J'ai voulu tout simplement démontrer à la lumière de l'histoire comment nous avons fait la.conquête de nos libertés scolaires.Soyons fiers de nos pères, et soyons justes envers le passé et ses nobles illettrés qui n'ont pas voulu subir la déformation de l'Ame nationale en fréquentant des écoles protestantes et anglaises et qui se sont tournés vers le sol dont ils se sont emparés, tout en restant français et catholiques.Félicitons-nous des progrès que nous voyons se réaliser tous les jours: aspirons à de plus grands progrès encore et suivant le mot d'Isidore Bédard : "Marchons, tête levée." Abbc Philippe.Pcrricr.Aux ménagères.— A la demande des sociétés philan-tropiques, la- ville a consenti à faire un nettoyage spécial des ruelles vers le milieu de mai, à une date, cpii sera annoncée dans les journaux.Nous prions toutes les ménagères, de bien vouloir prendre soin de faire le ménage des maisons avant cette date afin que la.ville soit débarrassée des ordures accumulées à la suite des déménagements.Ce sera une manière efficace de concourir à la salubrité et a la propreté de notre ville.AVIS Les personnes qui doivent changer de domicile en mai.sont priées de nous faire connaître sans retard leurs nouvelles adresses.LA MUTUALITE FONCIERE vient à propos vous aider à résoudre le problème de la vie chère :— Ne plus payer de loyer ou avec ce loyer vous acheter une propriété.Vous procurer un capital avec i pour cent d intérêt.Tous renseignements vous seront fournis au Bureau de LA MUTUALITE FONCIERE, 97 ST-JACQUES, Chambre 60, Tél.Main 41: Notre représentante recevra les dames avec toute îa bienveillance possible.Il sera dans votre intérêt de mentionner cette annonce.Développons l'Imagination des Enfants Cette faculté précieuse qui perçoit les images et les retient pour les assembler ensuite et en former de nouvelles c'est Tune des grandes forces du progrès.Nous sommes trop de notre temps pour ne pas reconnaître qu'il importe de l'aider à croître.Par elle s'élaborent mystérieusement dans le cerveau les conceptions artistiques dont s'enorgueillira le genre humain : poèmes merveilleux qui vont chanter à jamais, dans toutes les langues, ce que les peuples ont fait de plus grand, ce qu'ils entrevoient de meilleur; et voici la musique enchanteresse qui va dire par des sons l'harmonie de l'Œuvre divin; voici, prêts à en exprimer matériellement une partie — minuscule ou colossale, temple ou statuette, fresque ou miniature — voici les arts plastiques.Dans l'ordre utilitaire, voyez se multiplier les prodiges des Trois Règnes : ils assurent la marche victorieuse de l'humanité à travers les obstacles, les dangers du sol et de l'espace, vers un avenir de lumière, de paix et do travail dans la concorde fraternelle; cela, toujours grâce au concours de la même faculté avec la mémoire et la raison.Ne lui devons-nous pas, en partie, le confort et.l'élégance dont se vante la société moderne?Dans tous les domaines la force d'invention doit jouer son rôle, secondée par les autres puissances de l'âme.Elle absente, a-t-on écrit, "le génie serait sans ailes." Il est même permis de se demander s'il existerait.L'imagination est-elle un don exceptionnel ?A la dose moyenne, elle semble au contraire départie â la plupart des homines.Observez les enfants et vous la retracerez chez presque tous.Les spectacles, les échos de la vie leur causent des impressions, que leur sens Imaginatif pourra mettre à profit : il ne crée» pas, mais il incube des embryons d'idées.Il se révèle de bonne heure, et par quels jolis gestes! et par quels mots charmants ! Le tout petit enfant regarde, écoute sans cesse, curieux do cette vie où tout lui est inconnu ; il refaçonnera tout à sa mode.Parfois, à sa mimique ou dans son singulier assemblage de mots, vous reconnaissez les vôtres d'hier, mais accommodés à l'âge et aux connaissances du nouvel acteur.Des pensées, peu à peu, se font jour.Qculques exemples, plutôt.Chacune de nos lectrices pourra y ajouter.Une mignonne Marguerite de trois ans s'écrie, devant un admirable crépuscule d'été: "Oh!____ belles fleurs roses pour grand'mainan !" Elle reconnaissait là-haut un jardin : les images devenaient, pour son imagination des massifs en fleurs décorant le ciel, où réside à présent ( ira nd'mère.Une exquise Gabrielle, à deux ans, remarque, une nuit, les étoiles scintillantes dans leurs cils de rayons: "Elles font comme ça", dit-elle clignant ses clairs yeux frangés d'or.Le fin petit Jean regarde s'envoler vite les feuilles au vent d'automne : "Je crois bien ont des petites ailes, ces feuilles-là!" Voyons ce que nos petits amis imaginent sur leurs primitives notions du inonde surnaturel et de la nature.Le Paradis apparaît à plusieurs comme l'étage élevé, somptueux du firmament où il fait très clair, ou sur do floconneux tapis de nuées le "petit Jésus" et les beaux anges, les mains pleines de jouets d'or, accueillent leurs amis.642966 6 Montréal — LA BONNE PAROLE — Mai 1914.Vol.II No.3 La terre entière appartient à l'enfant heureux : depuis ses parents et leur demeure, jusqu'il leurs gens, leurs bûtes, voire leurs invités !.Les plantes n'existent que pour amuser son caprice, i elle la guérison ou un soulagement.La bise souffle assez fort du côté de Pau ; probablement elle apportera avec elle le mauvais temps.Tous les regards soucieux se tournent vers l'horizon et scrutent les gros nuages gris, bien bas, qui voilent la cime des montagnes.Il avait tant plu la veille, et l'on craignait tant l'ondée pour ces pauvres malades.Mais les nuages se dissipent : un soupir de soulagement s'échappe de toutes les poitrines.Le sifflet de la locomotive, strident, aigu, nous annonce l'entrée du train en gare*.G l'Ace à la complaisance des employés, les curieux, nombreux sont vivement refoulés en dehors des barrières, afin qu'ils n'entravent pas la descente toujours pénible de tous ces pauvres malheureux.Il va falloir les hospitaliser au plus tôt et revenir ensuite avec une escouade plus nombreuse de brancardiers, recevoir les infirmes des autres trains qui se succéderont tous les quarts d'heure dans l'avant-midi.Pour le moment le service se fait avec ordre.Les malades sont déposés sur les civières avec beaucoup de ménagements.Sur ces figures tourmentées par la souffrance et par la fatigue se voit le cachet de cette résignation chrétienne qui fait la force et la consolation des disciples de Jésus-Christ.Et qui sait si par une faveur spéciale, ils n'obtiendront pas la guérison demandée?Le religieux silence que commandera bientôt une procession du Saint-Sacrement, s'empare de la foule des crovants.Spectacle unique au monde! Spectacle qui ne se voit qu'à Lourdes ! L-J.Rivet, Hospitalier de Notre-Dame de Lourdes.Le Palais de la Mer Plus haut qu'une cathédrale et dominant fièrement les ilôts, son domaine, à la pointe extrême de Monaco, dresse ce superbe édifice auquel, dès le premier jour, comme par un accord unanime, on a- décerné le beau nom de Palais de la Mer.Il convient, certes, d'admirer le geste magnifique d'un prince qui, pour le construire, pour doter l'œuvre nouvelle de toutes les ressources nécessaire-, a- jeté par poignées les millions.Mais combien plus belle encore est l'idée qui a inspiré cette œuvre! La.science de l'Océan: noble et original programme.Ou connaît la laineuse boutade d'Henri Heine: "Les Anglais et les Français sont en train de se partager la tern : à nous autres.Allemands, ils ont laissé le ciel!" La terre, le ciel : il reste la- mer à laquelle nul ne songeait.La science nouvelle s'en empare et jamais prise de |x»s-session ne fut plus bienfaisante ni plus juste.Comme il est étrange qu'elle ait tant tardé à se constituer, cette science de la nier! La- mer qui enserre nos rivages, qui, lorsqu'on nous la montrait, enfants, sur le globe, à l'école, nous paraissait occuper, à elle seule, le globe tout entier, cette mer est longtemps demeurée pour les hommes une chose mystérieuse, impénétrable, à qui nul ne tentait d'arracher ses secrets.Les premiers de tous, les (îrecs avaient pourtant le sentiment confus (pie c'est d'elle (pie tout dérive : loin de voir en elle le domaine illimité de la mort, ils ranimèrent et la peuplèrent.Depuis eux, les poètes ont à l'cn-vi célébré sa grandeur ou sa colère.Mais il serait temps enfin de connaître ses lois.* C'est à cela que doit tendre cette science, qui-naguère encore n'était rien, qui, désormais, grâce à l'initiative d'Albert 1er, aura ses collections, son personnel, ses méthodes, tout ce qu'il faut pour assurer la persistance de l'effort et la continuité des progrès.Les résultats pratiques qui peuvent en sortir, qui en sortiront sans nul doute, sont immenses.Là où il n'y avait que hasard, incertitudes, notions vagues et fugitives dues à une observation insuffisante et à tout instant démenties, il y aura désormais des règles fixes et certaines dont chacun pourra faire son profit.Le pêcheur erre encore à l'aventure, comptant un peu sur son flair, beaucoup plus sur sa chance pour trouver Sur la mer immense Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant, Où se plaît le poisson aux nageoires d'argent.Mais les océanographes ont déjà découvert que les migrations des poissons ne dépendent point du caprice, ni * Vol.II No.3 du hasard.Des raisons profondes les déterminent.Le poisson se porte là où il est sûr de trouver une température convenable et surtout une nourriture abondante.Quand on relèvera, dans certaines eaux, la présence de cet aliment, on pourra donc prédire, presque à coup sûr, que le poisson y viendra.Quels services rendus à toute une classe de travailleurs si dignes qu'on s'intéresse à eux, à ces "pauvres gens" chanté par Victor Hugo et qui sont toujours, presque toujours, de si braves gens! Et la description précise, l'étude raisonnée et scientifique des courants! Les navigateurs n'ont, certes, j>oint attendu jusqu'à ce jour pour rassembler à cet égard une masse de renseignements précieux.Déjà VOdyssée, poème de marins, fourmille d'indications de cette sorte.Jl s'y trouve toute une suite d'instructions pratiques à l'usage des navigateurs méditerranéens.Je traversai, l'automne dernier, lu détroit de Messine, sur un excellent bateau des Messageries.C'était par une lin de jour magnifique; le commandant du paquebot avait eu l'amabilité de m'inviter sur sa passerelle.11 me montrait, chemin faisant, les rimions bouillonnants qui font, de ce détroit perfide, une sorte de fleuve marin.Le courant atteint, par endroits, une violence et une rapidité telles qu'elles arrivent à gêner la marche des puissants paquebots.Que l'on songe à ce que ce doit être pour de simples embarcations à voiles ou à rames, et l'on s'explique du coup la fable fameuse de Charybde et de Scylla, l'effroi que ces deux récifs inspiraient aux premiers navigateurs, épouvantés de voir leurs barques s'en aller à la dérive, sous la poussée d'une force mvstérieuse et terrible.Or, l'étude raisonnée des courants reste à faire; il en est de même de la.forme des vagues qui peut, dans certains cas, déterminer la forme à donner aux navires eux-mêmes.* A côté de cette topographie précise de la mer, que de ressources, que de richesses inutilisées et inutilisables jusqu'au jour où elles auront été scientifiquement explorées.L'observation minutieuse des profondeurs, méthodiquement poursuivie par des sondages perfectionnés, change du tout au tout l'idée qu'on se faisait des abîmes océaniques et révèle un monde insoupçonné.On croyait (pie la vie s'arrêtait à une certaine profondeur.Il n'en est rien, la vie persiste, transformée, adaptée à des conditions nouvelles.On découvre certains miorobes chargés d'assurer la limpidité des eaux marines.Et la lumière dont s'éclaire l'océan ! Dans les hautes couches, c'est le soleil qui, pénétrant les ondes, y crée ces lueurs étranges et.diffuses qui, parfois, sur les rivages méridionaux, montrent, à travers de mobiles transparences, la beauté mystérieuse des roches, des mousses et des sables.Le grand )x>ète de Heredia a traduit en vers somptueux et précis l'étrange beauté de ces visions sous-marines.Son sonnet célèbre, le Récif de corail, mériterait d'être gravé au fronton de l'Institut océanographique : Le soleil sous la nier, mystérieuse aurore, Eclaire la forêt des coraux abyssins, Qui mêle aux profondeurs de ses tièdes bassins La bêle épanouie et la vivanto floro.Et tout ce que le sel ou l'iode colore Mousse, algue cbevelue, anémones, oursins.Couvre de pourpre sombre en somptueux dessins Le fond vermicide du pâle madrépore.9 De sa splendide écaille éteignant les émaux, Un grand poisson navigue à travers Us rameaux, Dans l'ombre transparente indolemment il rôde Et brusquement, d'un coup de sa nageoire en feu, Il fait, par le cristal morne, immobile et bleu, Courir un frisson d'or, de nacre et d'émeraude.Mais à mesure que la profondeur augmente, la lumière s'évanouit-elle jusqu'à disparaître totalement, laissant dans de noires ténèbres l'immensité des gouffres marins?Ici encore les océanographes, par de curieuses, de passionnantes découvertes, sont en passe de corriger les opinions reçues.Là ou nulle lueur sidérale ne saurait atteindre, il existe de minuscules animaux producteurs de lumière, des animaux analogues au ver luisant, grâce à (pli s'éclairent les abîmes.Si elle est bienfaisante et riche en résultats utiles, on voit combien plus encore est émouvante et passionnante cette science dont le temple s'élève maintenant à Mo-naco.Raymond Rccoufy, (De la Femme contemporaine.) (LES CADEAUX) La fine causeuse qui écrit ces lignes pourra paraître severe ù quelques jeunes filles.Hélasl ce sont les faits qui l'y contraignent.Kilo connaît la complexité des relations qui s établissent entre jeunes gens, surtout entre ceux que les occupations journalières rapprochent, Ventraînement imperceptible qui mène à tant d'extravagance et dans la suite à tant de déboire.Les Cadeaux ! Quel joli mot pour une si aimable chose ! Donner un cadeau de bon cuuir, quelle douce joie! et le recevoir de même, quel agréable plaisir! Toutefois, mes jeunes lectrices ont-elles toujours pu se rendre compte de la trop grande valeur du cadeau si gentiment offert, et si facilement accepté; d'aucunes, n'ont-elles pas trouvé quelquefois le mal-à-propos du don et les trop grands sacrifices que s'ini|X)sent souvent ceux qui les font ou en font subir tout l'effet de privation à ceux qui touchent les donateurs de plus ou moins près.Aussi, si les jeunes gens qui me lisent voyaient toujours le sourire significatif qu'amènent sur les lèvres sérieuses les cadeaux dispendieux, souvent au-dessus de leurs moyens, qu'ils offrent parfois à des jeunes filles destinées à n'être pour eux que de beaux oiseaux de passage, je crois qu'ils se raviseraient à la prochaine occasion.En effet, est-il quelque chose d'aussi pitoyablement ridicule pour un jeune homme sans avenir assuré de vider ainsi son gousset pour acheter à "la dame de ses pensées" un riche souvenir, lequel à une é|X)quo ultérieure, et dans des conditions absolument différentes devra rappeler constamment à la mémoire de celle qui l'aura reçu le fol engouement, l'extravagance emballée d'un amoureux d'an-tan, qu'il ait été éconduit ou non pas.l'ai connu des jeunes gens qui donnaient ainsi des articles de grande valeur, des diamants même, à des jeunes filles dont ils s'étaient soudainement épris et qui auraient dû, ce me semble, avoir la délicatesse de le leur rendre à la première rupture.Ces jeûnas étourdis, regrettaient ensuite amèrement leur folie en face d'un petit abîme de dettes.D'aucuns avaient ainsi perdu leurs Montréal — LA BONNE PAROLE — Mai 1914. 10 économies de plusieurs mois de salaire et riaient jaune de leur mésaventure ; d'autres, avaient les larmes aux yeux en songeant à leurs parents dans la gêne ou la pauvreté, à leur dévouée mere qu'ils auraient mieux fait de soulager, aux frérots qu'ils auraient pu chausser, aux sœurettes qu'ils auraient pu tonifier.Ces jeunes gens qui m'intéressent n'étaient pas méchants, mais seulement irréfléchis ; comme ils étaient aussi généreux que prodigues, ils sentaient leur bon naturel s'émouvoir îi la première représentation des misères familiales qu'ils auraient pu amoindrir en faisant un peu plus large la part des leurs.Au profond de leur cœur, ils en accusaient leur propre folie sans doute, mais aussi, la charmante brune ou blonde qui l'avait causée par un désir trop ardent exprimé peut-être à la légère.Loin de moi l'idée de l'abolition de celte touchante coutume d'offrir de jolies choses à ceux qui nous sont chers h certaines époques de l'année, à Noël, au Jour de l'An, à Pâques, à certains anniversaires, comme à l'occasion d'un heureux événement ; ces gentilles attentions causent tant de joie et d'émotion.Mais, je crois, avec beaucoup d'autres, que ces présents doivent être proportionnés aux moyens de ceux qui les offrent et à l'exacte position de ceux qui les reçoivent.Ainsi, il serait inopportun, pour ne pas dire déplacé, qu'une jeune fille acceptât de qui que ce soit, et sans aucun à-propos d'un homme qui n'est pas son parent, fut-il même et surtout, son patron, un cadeau de quelque hn|>ortance.Je suis même d'avis qu'elle ne devrait accepter absolument rien du tout.Que de tristes déchéances ont origine par une boîte de bonbons ou un flacon d'essence.Cela n'implique pas que ces aimables futilités: bonbons, parfums, musique en feuilles et surtout les adorables fleurs doivent toujours être refusées par la jeune fille qu'on admire.Je répète qu'il s'agit ici encore de la position de celui qui donne vis-à-vis celle qui reçoit.La jeunesse n'a qu'un temps et je la voudrais toute fleurie, toute parfumée, j'ose dire, toute sucrée, une vraie» jeunesse de printemps qui laisserait à l'Age d'été et d'automne ses lourds privilèges, tout son or et tous ses diamants, lesquels sont trop souvent hélas! "le deuil éclatant du bonheur!" Pour conclure, il me semble qu'il serait à désirer que les jeunes filles, non encore fianciées, n'acceptassent de leurs amis, y compris surtout les jeunes gens qui fréquentent leur salon que des cadeaux "volatiles" et non de ces choses qui demeurent à plus forte raison si ces articles sont trop riches, et sont trop souvent le prix du bien-être et du bonheur des autres.11 est si facile à une jeune fille bien élevée de faire comprendre fort délicatement à ses admirateurs qu'elle a pris pour principe, sur le conseil de sa mère, de ne jamais accepter de cadeaux dispendieux d'aucun homme, fut-il le plus gentil au monde à moins qu'il ne lui soit offert par son frère, ou ses frères, ou encore par son fiancé si Dieu lui en donne un.Et je souhaite cordialement à toutes mes jeunes lectrices que ce mot fait gracieusement sourire, un "fiancé" qui résume à leurs yeux, par ses brillantes qualités d'esprit et de cœur, tous les joyaux que la terre peut porter et dont l'offrande ravirait moins leur cœur tendre, j'en suis sûre, que l'affection solide et durable offerte pour toute une vie, par un jeune homme sérieux à une jeune fille sage.Madame Observation.ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS Vol.II No.3 CHRONIQUE INTERNATIONALE (des Ligues féminines catholiques.) POLOGNE L'éducation féminine.— Se rendant compte du rôle prédominant de la femme dans les régions de l'idée et de l'influence qu'elle peut exercer sur la société, des personnes appartenant à différentes classes sociales, sans égard aux divergences d'opinion, s'empressèrent de fonder des cours supérieurs pour jeunes filles.Ce fut une des premières tâches que s'imposa notre ligue de» femmes catholiques.Il y a six ans environ, elle fonda, ù Varsovie, une académie, dans le genre de l'académie Sainte-Croix de Fribourg.Cette académie comprend deux facultés: la faculté des lettres et la faculté des sciences.Dans les deux facultés, les cours sur "la.morale chrétienne" et sur "1rs 1.ses philosophiques de la religion" sont obligatoires et : chaires en sont occupées par des professeurs ecclésisasti-ques.Pendant les deux dernières années, les étudiantes, sous la direction des professeurs, ont préparé des conférences et mené des discussions dont plusieurs avaient pour objet des parallèles entre le christianisme et différentes autres religions, telles que le boudhisme, le judaïsme et le paganisme; d'autres, des études sur la mora' du Christ, sur les écrits de saint Paul, etc., etc.Au courant de l'hiver dernier, toujours guidées par le même esprit de zèle et de propagande catholique, notre ligue organisa, des cours de commerce pour jeunes lill< , qui se développent à notre grande satisfaction.Plusieurs de nos ligueuses sont à la tête de différents établis mente scolaires, tels que pensionnats pour jeunes ïilleu de géographie et d'histoire du Canada.Ces cours qui commencent par une petite prière, sont suivis avec beaucoup de régularité et de goût par les élèves.L'une d'entre elles avouait qu'elle y vient quelquefois immédiatement après son travail, et sans sou|>er, afin de ne pas être en retard.J'ajoute ici (pie la générosité de la Commission Scolaire a beaucoup encouragé les patronnées en leur fournissant gratuitement tout ce dont elles ont besoin : livres, papeteries, etc.Des conférences d'hygiène pratique, données par des médecins du dispensaire, alternent, le samedi avec des exercices de catéchisme.Depuis l'ouverture du Patronage, les soirées du mercredi sont consacrées à l'enseignement de la couture.Les enfants, en apprenant sous une habile direction à confectionner leurs habits, se rendent immédiatement service il elles-mêmes et pourront plus tard employer ce qu'elles savent à gagner leur vie.Les heures préférées des fillettes sont celles du jeudi après-midi et du samedi soir: elles assistent alors très nombreuses au cours ménager où on leur enseigne une cuisine économique et pratique.Souvent dans la semaine on leur entend raconter le succès qu'elles ont obtenu chez elles à reproduire les démonstrations culinaires faites quelques jours plus tôt.L'économie domestique leur enseigne donc à tenir convenablement une maison, à confectionner, coudre et raccommoder tout le linge nécessaire à la famille — à faire une cuisine soignée, à s'intéresser par la tenue des comptes à ce qui se dépense et s'achète chez elles.Tous les vendredis soir, une trentaine de fillettes suivent les cours de sténographie et de dactylographie ; plusieurs d'entre elles viennent en outre étudier sur les machines qui sont toujours iï leur disposition.Bientôt il so donnera des cours de piano le samedi ; pour le moment on s'occupe de diction, de broderie, de dentelle, et l'après-midi se termine par la récréation complète.C'est à ces moments que les patronnées se font 14 Montréal — LA BONNE PAROLE — Mai 1914 Vol.II No.3 connaître et qu'elles peuvent être surtout reprises, guidées et encouragées.Si elles se présentent avec la naï-vté de l'enfance, elles en ont aussi les défauts, et c'est par une éducation spéciale, insoupçonnée mais agissante (pie la.formation morale peut être opérée chez ces enfants, trop souvent privées de direction ou d'affection dans leur famille.Et la confiance qu'elles accordent spontanément n'est-elle pas déjà une voix qui atteint jusqu'au cœur ceux qui essayent de jeter quelques fleurs stir leur route?"Y a-t-il sur la terre une volupté plus grande, a dit l'abbé Perreyre (pie de sentir qu'on a consolé une âme souffrante?" Cette assurance d'une joie un peu céleste ne devait-elle pas convier nos jeunes filles à faire dans leur vie une place au dévouement?Elle devrait les soustraire à cette loi de moindre effort qu'un si grand nombre d'entre elles subissent : on craint que la vue du pauvre ne fasse passer dans l'âme non pas un sentiment de pitié mais de profond ennui.Puissions-nous comprendre, toutes, que la vie des autres rendues par nous, meilleure et plus belle, renvoie à nos âmes un flot de lumière qui les ranime quand elles sont tentées de moins vivre; que les instants de bonheur jetés à tout hasard sur d'autres nous-mêmes, nous reviennent en vraie joie et en paix profonde! Olivine.ŒUVRE DE LA CRECHE DE LA MISERICORDE.— La soirée traditionnelle organisée au bénéfice de la Crèche par M.l'abbé Dupuis, a remporté cette année encore un brillant succès, à l'Université Laval.M, André Rostand a parlé avec beaucoup de bonheur du grand poète Edmond Rostand.Des amateurs ont dit tour à tour de fort jolis vers du délicat poète.Ce fut vraiment le festival Rostand.La partie musicale a été fort applaudie.S.G.Mgr Georges Gauthier a présidé cette séance ayant à ses côtés les dignitaires (t les Médecins de l'Œuvre de la Crèche.Ajoutons que ce festival littéraire et musical a rapporté la jolie somme de 725 dollars.ASSOCIATION DES FEMMES D'AFFAIRES DE MONTREAL.— La dernière réunion mensuelle de l'Association des Femmes d'af- faires, tenue le 5 avril dernier, au milieu d'une très nombreuse assistance, fut l'une des plus intéressante de l'année.Un joli souvenir fut offert à Mlle C.Champagne, présidente, sortant de charge, en reconnaissance de son dévouement à l'Association durant son terme d'office.Monsieur l'abbé tîouin, que Sa Grandeur Mgr Gauthier vient de nommer notre chapelain, faisait sa première visite parmi nous ; il nous donna de sages conseils et nous assura de son zèle tout apostolique.Pour qui connaît l'inlassable dévouement de M.l'abbé Gouin aux œuvres sociales catholiques, sa venue au milieu de nous est pleine do promesses.Puis Madame Gérin-Lajoie qui sait toujours trouver quelques heures à consacrer à toutes les œuvres fédérées, nous fit une courte conférence sur les devoirs et les responsabilités qu'impose à la femme le droit de vote.Cette conférence était toute d'actualité puisque la plupart de ses auditrices devaient exercer ce droit le lendemain ; elle fut écoutée avec attention et sa parole chaude et persuasive sut réveil 1er.espérons-le, les énergies sommeillantes.Un joli programme musical fut exécuté.L'Association est heureuse d'annoncer à ses membres et à ses col lègues des autres associations professionnelles fédérées que les démarches qu'elle a faites ces temps derniers auprès des autorités do l'Université Laval pour obtenir la fondation d'une chaire d'enseignement commercial pour les femmes viennent d'être couronnées de succès; en effet la séance d'inauguration a eu lieu le 22 avril.Monsieur le juge (îervais.professeur à Laval, y donnera une conférence et Monsieur le chanoine Dauth y expliquera le programme de ces cours qui commenceront à l'ouverture de la prochaine année scolaire.Ces cours auront lieu à l'Université Laval même.CERCLE D'ETUDE DE NOTRE DAME.—Le résultat des dernières élections est comme suit: Présidente: Mlle Gérin-Lajoie.VicC-présidcntc : Mlle I.Les;ige.Scc.'trc80ricre: Mlle A.Sénécal.Présidente du comité, d1 œuvres: Mme Mallette.Secrétaire du comité, d'iruvres: Mlle G.Lemoyne.Ansifit.-Scc.du comité d'o&ttvrcs: Mlle E.Zappa.A la première réunion du mois de mai, Mlles Lemoyne et Chauvin donneront un travail sur: "La religion catholique, principe de paix sociale".I Doctrine sociale (a) exposé: le but de la vie, l'usage des biens terrestres, les devoirs des hommes entre eux.(b) Mise en parallèle des doctrines adverses.II Action sur les individus: Etude des vertus chrétiennes.III Historique: Les époques de foi et la paix sociale.La seconde réunion du mois et dernière de l'année sera consacrée à la l'éboration du programme de l'an prochain.J.*G.Y ON, éditeurs et importateurs de musique et d'instruments, 266, rue Sainte-Catherine, Est, Montréal.Le plus grand choix de musique en Canada.Assortiment considérable de musique en feuilles et en recueils.Edition complète de SCHIRMERS PETERS et LITOLFF.Fournisseur des Collèges et des Couvents du Canada et des Etats-Unis.Tel Bell, Est 1710.LUNETTES et VERRES Grand choix de ce qu'il y a de mieux en Lorynons et Lunettes, Yeux artificiels.Salon prive pour l'ajustement des yeux artificiels.Ajustement parfait, verres de première qualité "centex" Montures de toutes sortes.Consultations: A l'Hôtel-Dieu, do 9.30 à 11 heures, excepté les mercredis et samedis.Aux salons d'optique, de 9 h., a.m., à 3 h.p.m.Appointements par Tél.Bell, Est 2257.Spécial: Instruments de photographie, marque "Ensign" ainsi que tous les accessoires pour photographes amateurs.Une visite est sollicitée.Salon d'optique Franco-Britanique Rod.CARRIERE, Henri SENECAL, Opticiens et Optométristcs.205—207, Sainte-Catherine, Est.Entre Ste-Elisabeth et Sanguînet, Dentelles françaises faites à la main.Manufacture en France — Dépôt à Montréal.Mme C.VIGNAL Spécialité de rideaux, cols et guipure d'art* hroderies, Toiles des Vosges et linge de table* f Réparation et mise à neuf, Importation directe, leçons.Parfumerie Dclettrer, Paris.770 S.Denis, Montréal._TELEPHONE IELL EST 5618_ FONDEE EN 1890 Académie Nationale de coupe et de couture Fournitures pour ouvrages de Fantaisies.Leçons en Dentelle.Dessins et Estampage.Mde E.L.ETHIEE, Gérante.229, rue Amherst Tél.1250 Est.MONTREAL Français, Anglais, Mathématiques, Lettres Sciences, Branches Commerciales, etc.Classes et Leçons Privées.Auguste et Paul Charbonnier 384 Parc Lafontaine Tél.Saint-Louis 6531.Mères de famille, ouvrières, commis, jeune fille DEPOSEZ VOS ECONOMIES A Ca Banque d'Epargne de la Cité et du district de Itlontreal Fondée en 1846 DIRECTEURS: J.-Ald.Ouimet, Président, Hon.R.Mackay, Vice-President, R.Bolton, C.-N.Moncel, Robert Archer, Hon.R.Dandurand, Hon.C.-.7.Doherty, Sir Lomer Gouin, Dr Donauï HlNCSTON, F.-W.MOLSON.Bureau Chef et 14 Succursales à Montréal.La seule Banque incorporée en vertu de l'Acte des Banques d'Epargnes faisant affaires dans la Cité de Montréal.Sa charte (différente do celle do toutes les autres banques) donne toute la protection possible à ses déposants.Elle a pour but spécial de recevoir des épargnes, quelques petites qu'elles soient, des veuves, orphelins, commis, apprentis et des classes ouvrières, industrielles et agricoles, et d'en faire un Placement lûr.A.P.L ESPERANCE, gérant Demandez une de nos petites Banques à Domicile, ceci vous facilitera l'Epargne. 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