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Titre :
Amérique française
Publiée principalement de 1941 à 1955, la revue Amérique française est la première grande publication vouée essentiellement à la diffusion de la création littéraire québécoise. [...]

Publiée principalement de 1941 à 1955, la revue Amérique française est la première grande publication vouée essentiellement à la diffusion de la création littéraire québécoise. D'abord mensuelle, Amérique française se fait plus tard bimestrielle puis trimestrielle. Sa publication est suspendue de 1956 à 1962.

Fondée à Montréal par Pierre Baillargeon et Roger Rolland en 1941, Amérique française est dirigée par Baillargeon jusqu'en 1944. Durant cette période, elle constitue une rampe de lancement originale et moderne qui permettra à plusieurs nouveaux talents de se faire connaître.

Anne Hébert, Yves Thériault, Rina Lasnier, Pierre Vadeboncoeur, Jacques Ferron, Roger Lemelin, Adrienne Choquette, mais aussi des collaborateurs plus établis comme Léo-Paul Desrosiers, Alfred Desrochers, François Hertel et Guy Frégault participent alors à la revue. Ces collaborations prennent principalement la forme de brèves oeuvres de fiction et de poésie, mais aussi d'essais et de critiques littéraires.

De novembre 1944 à janvier 1946, Amérique française est dirigée par Gérard Dagenais, des Éditions Pascal, qui en profite pour mettre en avant les auteurs qu'il publie, dont Gabrielle Roy et Carl Dubuc. La littérature inédite cède un peu de place à l'essai sur l'art et aux questions sociopolitiques, à la chronique de livres et à la publicité. Chaque numéro de la revue contient maintenant 80 pages plutôt que 56.

Le polémiste François Hertel prend la barre d'Amérique française en 1946 et donne à la revue un ton spirituel qu'on trouve plus communément dans les revues d'idées à cette époque. La portion littéraire est toutefois toujours présente; on y publie des contes, des nouvelles et de nombreux courts poèmes. Les jeunes auteurs Félix Leclerc, Yves Thériault et Andrée Maillet y contribuent.

La publication d'Amérique française est interrompue à l'été 1947 lorsque François Hertel en quitte la direction. Elle reprend en 1948 grâce au rachat de Corinne Dupuis-Maillet, qui lui donne une facture matérielle remarquable.

Une ligne plutôt traditionnelle est donnée dans les essais qui y sont publiés sur l'art, mais Corinne Dupuis-Maillet permet à quelques jeunes auteurs, dont plusieurs femmes, de collaborer à Amérique française. De nouvelles collaboratrices comme Judith Jasmin, Solange Chaput-Rolland et Françoise Loranger ajoutent à la participation féminine à la revue.

En janvier 1952, Andrée Maillet publie son premier numéro comme directrice d'Amérique française; une aventure qui se poursuit jusqu'en 1955. C'est la période la plus prolifique pour la revue qui s'impose comme un terreau de création et de liberté primordial pour la littérature québécoise moderne.

On y trouve entre autres des poésies de Roland Giguère, de Gaston Miron, de Fernand Ouellette, de Cécile Cloutier et d'Anthony Phelps ainsi que des textes d'Andrée Maillet, de Jacques Ferron et de Jean-Jules Richard. Durant cette période, Amérique française donne aussi un nouvel élan à la critique littéraire.

En 1956, Amérique française laisse la place libre à Écrits du Canada français, principale revue littéraire concurrente. Sa publication est suspendue jusqu'à de nouvelles tentatives de la raviver qui s'avéreront infructueuses en 1963 et en 1964.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. VII, p. 228-229.

GIGUÈRE, Richard, « Amérique française (1941-1955) - Notre première revue de création littéraire », Revue d'histoire littéraire du Québec et du Canada français, nº 6, été-automne 1983, p. 53-63.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1941-
Contenu spécifique :
avril 1955
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Amérique française, 1955, Collections de BAnQ.

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VOLUME XIII — No 1 — MONTREAL — AVRIL 1955 AMÉRIQUE FRANÇAISE REVUE LITTERAIRE Directrict Andrée Maillet.Rédacteurs : Jacques Brault Claude Mathieu — Richard Pcrussc.2S.ave Arlington, Wcstmount, Montréal, E.Q., Canada S 0 M M A I li E RICHARD PËRUSSE Le Pain JACQUES BRAULT Publication et Service CLAUDE MATHIEU Vue formule Nouvelle LA DIRECTION Présentation du prochain numéro ANDREE MAILLET Feuilleton Littéraire i\VX SAXCllE .Ceux qui restent 15 cents ctu nouveau cÂef MONTREAL UN 114» >IOVK\ Dans votre budget personnel ou familial, faites la part de l'épargne aussi large que possible.Dès que vous touche/, quelque argent, commencez par prélever tout ce que vous pouvez mettre de côté.Déposez-le tout de suite à votre compte en banque.C'est le meilleur moyen d'éviter les dépenses inutiles.Actif, plus de SSSO.OOO.OOO S70 bureaux au Canada Dp vhvz ilirkx (Jen trois mots ont une grande signification |M>tir le récipiendaire d'un cadeau offert dans la fameuse boîte nirks.Depuis des générations, c'est le j;aj:e assuré de la beauté et de la qualité traditionnelle d'un article si^né Hirks.B I R K S BIJOUTIERS A paraître bientôt JLes jMontréalaii-par Andrée Maillet __._I i Au service des assures de la ! province de Québec par ses 1 succursales à Montréal, Qué-: bec, Trois-Rivicrcs, Shcrbroo-! kc, Ottawa et North Bay.Sun Life du Canada SO M MAI R E Le Pain .Richard Pcrusse 3 Publication et Service .Jacques Brault 6 Vue formule nouvelle Claude Mathieu S Présentation du prochain numéro .La Direction 10 Feuilleton Littéraire Andrée Maillet 11 Ceux nui restent Guy Sanche 14 Autorisé connue envoi jwstal de In deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa ABONNEMENT AMERIQUE FRANÇAISE est la seule revue littéraire lihre du Canada français.Vous tenez, à ce que nos jeunes écrivains continuent à publier; le choix de nos collaborateurs vous plaît ; notre nouvelle formule vous ayrée ; en définitive vous reconnaisse/ la nécessité de soutenir la seule et unique revue littéraire du Canada français.Alors, abonnez-vous dès maintenant.Vous n'avez qu'à remplir la formule ci-dessous et faire votre chèque ou votre mandat au nom d'Amérique Française.AMERIQUE FRANÇAISE, 28 av.Arlington, Wcstmount, P.Q.' Veuillez trouver ti-joint mon chèque (mandat) de $3.00 pour mon abonnement 1955.i : Veuille/ m'.ihonner et me facturer plus tard.NOM .ADRESSE .Signature 1 COMMUNIQUE Concours littéraires et scientifiques de la Province de Québec pour 1955- L'honorable Omcr Côté nous annonce que les concours littéraires et scientifiques organisés par le Secrétariat de la province porteront, cette année, sur les ouvrages suivants : 1ère section : prix de littérature: les ouvrages d'imagination en vers, en langue française, tels que poèmes, poésies, pièces de théâtre ou recueils de pièces de théâtre en vers, publiés depuis le 1er mai 1951 ou manuscrits.2èmc section : prix de sciences : les ouvrages en langue anglaise, qui appartiennent aux différentes disciplines scientifiques, physiques, mathématiques, chimie, sciences naturelles etc., publiés depuis le 1er mai 1951.3èmc section : prix Je sciences morales et politiques : les ouvrages d'histoire ou de géographie en langue française, publiés depuis le 1er mai 1951 ou manuscrits.Dans chaque section, les trois prix accordés sont de 800 dollars pour le premier prix, 400 pour le second, et 200 pour le troisième.Le jury est libre de ne pas accorder de prix, s'il n'y a pas d'ouvrage présenté ou si les ouvrages présentés n'offrent aucun intérêt.Les concours sont ouverts à tous les sujets canadiens, de naissance ou par naturalisation, résidant actuellement dans la Province de Québec, ou occupant ailleurs un emploi public pour le compte de la Province de Québec ou du Gouvernement du Canada.Sont aussi admis à concourir, les étudiants de la Province de Québec en séjour d'études à l'étranger.Il faut, dans chaque cas, fournir des pièces justificatives : copie certifiée de l'acte de naissance du candidat ou de son certificat de naturalisation, ainsi qu'une bibliographie complète de l'œuvre écrite de ce candidat.Les travaux soumis aux concours doivent être déposés en six exemplaires entre les mains du secrétaire, entre le premier mars et le premier mai I955- Les inscriptions aux concours ainsi que toute demande de renseignements doivent être faites au Secrétariat de la Province, Concours littéraires et scientifiques, Hôtel du Gouvernement, Québec.2 LE PAIN i Au réveil le front amer Je tant de rêves dépassés Le simple accord du café noir et de la tasse du geste renversé de boire Le rire avec soi-même du pari perdu où le soleil servait d'enjeu La rue tournée à droite à gauche Le soleil ma vie chaque matin se lèvent.2 Brusquement le silence mille fois vu connu mille fois repoussé pesant tourne la meule au moulin des paroles le silence accroché pendu vif au bout des lèvres jaillit un geyser de respirations coupées une muraille autour de mes désirs lovés Naît un chant pur de la désespérance.3 ¦i AMÉRIQUE FRANÇAIS!! 3 Midi {angélus sirènes cl cloches) Midi claque aux quatre vents Un monde cloisonné par l'cnnui-vautour-des-villcs Coule sur les pavés sa foule multicolore (Un désespoir à la taille de Vennui-vautour-des-villes ; un désespoir articulé, huilé, qui, s'il pouvait tourner, tournerait sur des gonds magnifiques de silencieuse discrétion ; un désespoir qui possède ses levers et ses couchers de soleil, ses soirs de demi-plaisir luné, ses balades en automobile, ses cabarets, ses journaux où chaque mensonge cache trop bien sa petite part de vérité, sa cloche de tramways, et qui obéit à un horaire fixe ; un désespoir organisé, avec ses fûtes de charité et ses soirées trépidantes de joie populaire, oui.Le désespoir s'étire lentement au soleil de Midi, bonde les restaurants, déguste un mauvais sandwich.Quelque part quelqu'un fredonne le refrain d'une chanson à succès.) Un deux trois sourires que je garde pour des temps meilleurs A venir.4 Eclate ma rage ! I B PAIN 5 5 LIVRES REÇUS « Nationalisme et Droit », Clément Locas, P.S.S., Fides, Montréal.ri sommes des pionniers qui préparons des voies dont nos petits enfants pourront se servir.Mais l'octogénaire plantant des arbres n'a pas le rôle le moins beau.Amérique Française compte donc servir.Si elle a décidé dé- sormais de publier annuellement deux fascicules et deux forts volumes de 220 pages chacun environ, c'est qu'elle croit pouvoir ainsi faire mieux encore son devoir.En effet, des ouvrages assez longs, romans, récits, nouvelles, essais, sans elle n'auraient pu voir le jour.Prenons pour exemple une oeuvre de 80 pages : toute revue ordinaire, malgré son bon vouloir, eût été obligée de la refuser à cause de sa longueur.D'autre part, elle eût été trop courte pour faire un livre ; et publiée en plaquette, quel sort l'eût attendue ! C'est alors qu'une revue de la formule d'Amérique française est précieuse.Ses vastes cadres peuvent accueillir l'oeuvre cl en outre celle-ci a une dillusion sûre, un public d'abonnés l'attendant avec intérêt.Voilà le rôle que se propose de tenir Amérique l'rançaisc.Mais elle n'en oublie pas pour cela les œuvres courtes.Aussi est-elle une revue variée qui sait de son mieux pressentir l'œuvre de valeur dans toutes les branches de notre littérature dont elle est le miroir.CLAUDE MATHIEU Si vous avez reçu les six numéros de 19^4 votre abonnement est périmé. PRÉSENTA TION du prochain numéro La deuxième livraison d'Amérique Française Nïï publiera les textes suivants : deux poèmes d'Alan Horic, jeune poète néo-canadien d'origine croate (son premier recueil de vers français paraîtra sous peu) ; un conte : Chronique de l'Anse Sl-Roch de Jacques Ferron, écrivain dont nos lecteurs apprécient le style et l'originalité ; une étude : La Conquête anglaise et la déchéance de la Bourgeoisie canadienne, de Michel Brunet, Ph.D., historien, professeur agrégé à l'Université de Montréal ; extraite de Les Montréalais à paraître prochainement, une nouvelle : Le Trésor, d'Andrée Maillet ; de Paul Toupin, dramaturge et essayiste : Ecrire, un texte d'une intelligence et d'une sincérité émouvantes tiré de Souvenirs pour demain, en préparation ; un reportage d'une humanité profonde : L'arpentage, métier d'homme, de Jean Vaillancourt qui s'est fait connaître du public par son remarquable roman Les Canadiens Errants ; une prose poétique de Claude Hacffely : Les Chroniques d'Esscignc.Claude Mathieu.Richard Pérusse et Jacques Brault, les trois nouveaux rédacteurs d'Amérique Française, ouvrent la section réservée aux chroniques par des réflexions pertinentes sur la littérature, la poésie et le théâtre.Louis-Marcel Raymond nous donne un '< Journal Intermittent ¦> où il sera question plus particulièrement de théâtre européen : Antoine-Claude Jasmin nous livre un portrait du professeur Lucien Boyer plus connu de nos lecteurs sous le nom de Lucien Collin ; Adrien Thério, qui vient de publier chez Fides une étude sur Jules Fournier, journaliste de combat, nous décrit le Bcllarminc College aux Etats-Unis, où il enseigne actuellement.Henriette Tassé continue de nous entretenir de sa vie passée sur un ton toujours aussi vivant et pittoresque ; Jean-Jules Richard, qui sait en artiste parler des artistes, nous montre le peintre Mousscau dans son atelier, et enfin Philippe Gaili situe pour nous les « Courants de la Jeune Poésie Française ».La DIRECTION Feuilleton Littéraire Quand on a l'esprit de la langue, de la sensibilité, le don d'observer les gens, les pays et les choses, et de l'imagination, il est facile d'être un novateur, au Canada.Michel Dupuy a toutes ces qualités et ne s'en est pas servi pour suivre les chemins où tout le monde passe.Son roman, le premier du genre, ici, est une sorte d'Éducation sentimentale, l'éducation sentimentale d'un adolescent.La Source cl le Feu1 a une afla-bulation très simple : un jeune homme de dix-sept ans, Etienne, amoureux d'une jeune fille un peu plus âgée que lui, laquelle l'aime aussi.L'idylle prend fin lorsqu'E-velyne se marie avec un autre, cédant à des raisons qui ne nous sont pas expliquées en détail.Certains dialogues, au d.'but du roman, m'ont paru avoir un peu de raideur jusqu'à ce que je me rende compte en lisant plus avant que cette raideur ou gaucherie était nécessaire au mécanisme très subtil du roman.A mesure que le sentiment imprécis se transforme en amour, puis en amour violent avec désir, doutes, jalousies, désespoir et tout le bataclan, le ton des voix change, le dialogue s'assouplit et nous assistons à l'épanouisse- ! ment de la personnalité d'Bticn-nc et d'Evelyne.C'est cette progression que je trouve admirable.Je trouve également fort bien qu'un écrivain pour son premier livre, choisisse de décrire son propre milieu et de parler de choses qu'il connaît.On n'est pas si souvent raisonnable ; ni si humble.Les romans canadiens avaient, jusqu'à maintenant, présenté le miroir à quelques classes de la société : les paysans, le peuple des villes, les ouvriers, les petits bourgeois pleins d'idées reçues etc.Les romanciers, peut-être avaient-ils des raisons pour cela, omettaient de créer des gens du monde qui pensent, qui lisent et qui discutent, et qui savent vivre.Sauf dans quelques récits historiques.Un indéracinable complexe d'infériorité a fait dire à quelques critiques, par ailleurs élo-gieux pour ce qui se rapporte nu style de Michel Dupuy, que son roman ne nous appartenait guère ; qu'il n'était pas d'un vrai Canadien.Pourquoi?Parce qu'il est trop bien?Ne peut-on avoir fait des études à Oxford et à la Sorbonne, évoquer avec poésie le charme de la Hollande et être en même temps Canadien?Il est 12 A M I-KIQUI: 1 K A N ÇAIS B vrai qu'on a reproché à Paul Toupin d'avoir écrit un drame sur Brutus.(( Quel dommage qu'il n'ait pas pris un sujet Je chez nous ! i) ai-je entendu de mes oreilles.Michel Dupuy, cet écrivain de vingt-quatre ans qui, dès son premier roman atteint à la perfection dans l'art du développement psychologique, qui, non seulement ne commet ni faute de français ni faute de goût mais encore écrit élégam- ment sans phraser, sans étaler mal à propos sa jeune érudition, est un romancier canadien-français, tout fils d'ambassadeur qu'il est, au même titre que tel autre qui n'est jamais ( ou bien peu ) sorti du faubourg de Québec.Heureusement pour nous.Andrée MAILLOT.1 MICHEL DUPUY - La Source ci le Feu, roman Paul Péla-deau, éditeur Montréal 1955- * * Pour évoquer le grand journaliste canadien-français que fut Jules Fournicr, M.Adrien Thério a fait un travail de recherche extraordinaire.Douze pages de » sources bibliographiques » nous en disent autant dès le début du livre1 : à la lecture on se rend parfaitement compte de ce travail - non pas que les citations alourdissent jamais le texte et l'on admire la vertu de l'auteur.Nous ne sommes ni patients ni persévérants ; M.Adrien Thério met tout son honneur à faire exception à la règle et je fonde, sur ces deux qualités qu'il possède en abondance, beaucoup de foi en sa nature d'écrivain, beaucoup d'espoir en son avenir et puisqu'il parait qu'il préparc une étude aussi longue sur la carrière d'Olivar Assclin beaucoup d'estime pour son courage, soit dit sans ironie, car Fournicr et ! Assclin ont encore beaucoup d'ennemis chez nous.Leurs ennemis, me semble-t-il, ne sont pas tant les politiciens qu'ils ont attaqués de bonne foi que la « gang » des beaux parleurs inutiles qui se réclament d'eux tout en ne faisant rien.Adrien Thério a mis dans sa rédaction un enthousiasme pour son sujet qui est contagieux.Il a su en extraire toutes les qualités de force et de probité intellectuelle avec une conviction cl une probité que, sans doute, Jules Fournier eût appréciées.De son héros : politicien, économiste, essayiste, polémiste et critique, il adopte presqu'en entier tous les points de vue, lui témoignant une sympathie généreuse dont ©n sent toute la spontanéité malgré la comparlimen-tation qu'il a cru devoir faire, FEUILLETON LITTÉRAIRE 13 sans doute pour donner à son ouvrage une allure de thèse.Dans tous les domaines qu'il a touchés au cours de sa carrière, Jules Fournier fut un journaliste de combat.M.Thério l'a prouvé, bien qu'on s'en doutât depuis longtemps ; aussi n'est-ce pas là le principal mérite de son travail.La valeur du travail de M.Thério sera perçue du commencement , jusqu'à la fin de son livre, inclusivement, jusqu'à celle conclusion très simple et très serrée où il est dit que le Canada français aurait besoin de ressusciter Jules Fournier pour donner une orientation nouvelle à son patriotisme.Il est vrai que nous n'avons plus de journaliste de cette trempe.Il parlait sans doute dans le désert mais il parlait bien et ce qu'il disait voulait dire quelque chose, à ses risques et périls.La modestie avec laquelle M.Adrien Thério s'ciïacc constamment derrière l'homme dont il exhume avec vigueur la pensée et l'action, n'empêche pas qu'on aperçoive chez lui, écrivain en- | core très jeune, un don certain pour l'analyse des faits historiques, une intelligence dj l'époque qu'il traite et une vision très aiguë des problèmes qui se posaient il y a quelque quarante ans, dans la province de Québec.Plusieurs de ces problèmes ont conservé leur actualité : mais plutôt que de citer, je préfère renvoyer le lecteur au livre de monsieur Thério.Qu'on lise Jules Fournier, journaliste Je combat.Au sortir de cet ouvrage, on aura peut-être autant que moi envie d'aller à l'ceuvre toute entière de Fournier, pour y chercher un tonique ; et peut-être pour y trouver la réponse à la question que, paraît-il, nos chers nôtres se posent depuis quelque temps sans penser à ce que cette question peut avoir de méprisant : pourquoi doit-on rester Canadiens français?Andrée MAILLET I.Adrien Thério, Jules Fournier, journaliste de combat, Montréal, Fides, 1955- COMMENT RÉUSSIR AIES ÉTUDES par Pierre RICOUR.— FIDES, Montréal 1955.La valeur d'un tel livre se mesure au bien qu'il fait.C'est donc à ceux qui en feront usa.vjc de dire leur avis.Il est probable toutefois que l'Enquête placée à la lin du volume où quelques étudiants rapportent eux-mêmes leurs convictions et leurs méthodes, a plus de chances d'atteindre les jeunes : ceux-ci, la chose est connue, sont souvent plus sensibles à la voix de leurs confrères qu'à celles de leurs professeurs.CM. Le Banc d'Essai CEUX QUI RESTENT Le père est debout près de la fenêtre entr'ouverte.Il assiste à l'agonie de son fîls comme un expert aux échecs est présent à une joute décisive : il veut ne rien perdre de la matière à spéculation qu'elle lui offre.La mère, enveloppée dans sa tristesse, sanglote ainsi que font la plupart des honnêtes femmes qui vont perdre un proche, fût-ce un frère voyou, un mari ivrogne ou un fils dégénéré.Le fils, cependant, est un brave garçon : c'est, du moins, ce qu'en a dit tantôt Monsieur l'Abbé, après l'administration des saintes huiles.11 a apparemment enduré des souffrances physiques atroces qui semblaient lui brûler, par coups brefs, la tête et la poitrine.Toutefois, personne n'en a moins souffert que lui et s'il en avait été conscient, il aurait sans doute lâché de ne pas infliger aux assistants le spectacle de sa douleur.La jeune fille de la maison, qu'on a rappelée d'urgence du couvent, n'arrive toujours pas.Le médecin a abandonné la lutte pour la vie du patient depuis que Monsieur l'Abbé a administré PExtrêmc-Onction, car il considère ce rituel comme la marque définitive du rappel d'une âme par Dieu.Il songe, tout en tâtant distraitement le pouls du moribond, à la somme des honoraires qu'il devra demander au père ; non qu'il soit attaché à l'argent, il fait cela pour détacher son esprit de l'angoisse que lui cause sa défaite : un médecin ne s'habitue pas à abandonner un patient à la mort.14 CEUX QUI RESTENT 15 Monsieur l'Abbé ne connaît rien de la médecine : il prie tout bas et semble le seul intéressé à autre chose qu'à sa pensée ou son sentiment intérieur.Il a dit tantôt que le jeune homme était un brave garçon et son devoir extérieur est accompli d'ici à ce que.La bonne transporte, de la cuisine à la chambre du malade, des biscuits secs que personne ne louche et du thé chaud qu'on goûte à peine ; et, de la chambre à la cuisine, des tasses à moitié vides de thé froid.Quoiqu'elle ne soit absolument pas de la famille, elle affiche tout de même, assez, maladroitement d'ailleurs, un air consterné qui est très de circonstance.La jeune fille n'arrive pas.Le père a toujours considéré son fils comme un excellent spécimen de l'état humain de la matière : il classe ses observations dont cependant une chose le distrait : il se surprend à penser qu'il n'a vraiment pas de chance de voir ainsi mourir son garçon précisément à l'âge où ceux qui ont à devenir intelligents, commencent à en donner des signes.Les sanglots de la mère, plus distants maintenant, ne sont plus que des réflexes physiologiques persistant, dans l'état mi-conscient d'hébétude, où se trouvent les grands allligés.à la secouer par moments et à indiquer aux autres qu'elle n'est pas tout à fait inconsciente.Le fils, apparemment, ne souffre plus et bien qu'il n'ait pas parlé, on s'aperçoit qu'il est très lucide : ses yeux grands ouverts fixent le plafond.Peut-être songe-t-il aux longues marches qu'il faisait souvent, le soir avec sa jeune amie de l'autre rue, d'où il emportait parfois l'étrange sentiment qu'il se trouvait, dans le jardin, la maison ou sa chambre, en des lieux aussi peu familiers que la ville de Tokyo.De toutes façons, sa gorge est sans doute dans un étau.La bonne entre dans la chambre, apportant une théière pleine.Le père tend machinalement sa lasse.Monsieur l'Abbé éternue 16 AMÉRIQUE FRANÇAISE violemment et.consterné, n'ose même pas s'excuser.La bonne échappe la théière : dans un fracas de vaisselle brisée, le thé se répand sur le bureau dont on se sert comme buffet.Le médecin relève la tête, laisse le poignet du jeune homme et regarde le père en serrant les mâchoires.Le père se rapproche du lit, doublement attentif à ce qui s'y passe.La mère cesse subitement de sangloter, elle se mord la jointure de l'index droit pour ne pas crier.Le lils regarde toujours le plafond, mais ne le voit plus, définitivement.Le médecin se lève, remet son stéthoscope dans la valise noire, offre respectueusement ses sympathies à la mère et se retire.Le prêtre récite une prière en latin au-dessus du cadavre, adresse quelques paroles de consolation à la mère, salue discrètement le père et se dirige vers la sortie de la maison.Le père l'y conduit, après quoi il se retire dans sa bibliothèque où il poursuit sa lecture d'un nouveau traité sur la structure moléculaire des carbones organiques.La mère ne pleure ni ne bouge : elle regarde ce qu'elle ne peut cesser de considérer comme son enfant, espérant que tantôt il lui souhaitera une bonne nuit comme d'habitude.La bonne achève d'essuyer le thé qu'elle a répandu.Ses vacances seront retardées d'au moins deux semaines.GUY SANCHE JADIS Jadis Au bord des jours anciens Un paysage Aux traits d'enfance Un paysage Devint légende.ALMA DE CHANTAL L assurance est le meilleur placement qu on puisse laire car elle nous aide à protéger ceux qui nous sont ckers et tout ce qui rend la vie agréa oie Un ami Je 1 a revue UN RÔLE DE HAUTE PORTEE SOCIALE Le ministère du Bien-Etre social ci tic la Jeunesse joue un rôle de haute portée sociale dans le domaine de l'enseignement spécialisé.Afin de permettre à la jeunesse d'acquérir des connaissances pratiques et de participer au développement de la province, le ministère maintient huit écoles techniques, une douzaine d'écoles de haute spécialisation et une quarantaine d'écoles d'arts et métiers.Grâce à ce réseau complet de centres d'enseignement, les jeunes peuvent devenir, en quatre ans, des techniciens de premier ordre ou, en deux ans.des ouvriers qualifiés.La formation professionnelle s'y diffuse dans quelque soixante-dix domaines variés, et ceci ne représente que les disciplines enseignées aux cours réguliers du jour.A l'intention îles jeunes qui, faute d'argent, ne pourraient poursuivre leurs études sans l'aide financière de l'Etat, le ministère maintient un organisme chargé de distribuer des bourses d'études.Au cours «le la présente année scolaire, plus île 8,200 jeunes ont ainsi reçu des bourses se totalisant à plus d'un million et quart de dollars.Toutes les écoles relevant du ministère offrent également des tours du soir à l'intention ties personnes qui ne peuvent s'inscrire aux tours diffusés pendant le jour.Ainsi, les jeunes qui ont dû quitter tôt les étutles peuvent se perfectionner tout en continuant de gagner leur vie.Le ministère, collaborant étroitement avec îles organisations reconnues, renil possible la diffusion de cours tie culture populaire couvrant chaque année plus d'une cinquantaine de sujets.Enfin, le ministère maintient un Oiluc îles murs par correspondance ainsi que différents organismes qui sont connexes à renseignement spécialisé : service de placement pour les diplômés de sis écoles, service d'orientation pour guider les jeunes vers îles spécialités conformes à leurs talents, cours d'efficacité industrielle mis à la disposition des entreprises pour l'amélioration des méthodes île travail, éd., en.C'est dire que les jeunes du Québec possèdent tous les moyens matériels de faire fructifier leurs talents afin de partit iper à l'immense développement industriel de la province et île bénéficier île la prospérité qui en résulte.MINISTERE DU BIEN-ÊTRE SOCIAL ET DE LA JEUNESSE Hon.PAUL SAUVÉ, c.r., GUSTAVE POISSON, c.r., minittrt.sons-ministre.3" ©
de

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