La bonne parole /, 1 janvier 1918, janvier 1918
LA BONNE PAROLE ABONNEMENT (payable en Janvier) Canada et Etats-Uni», 50 cts Etranger, • SO cts | \ n ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.V.JANVIEB No 11 ABONNEMENT ET REDACTION : Chambre 3, Monument National Boni.Stint-Uorenl, Moolréal.Tél.Mlia 7122.Heure» de Bureau de $ h.a.m., Alb.p.m.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES Mbnsuellb Let dames patronnesses des oeuvres suivantes: lost, des Sourdes-Muettes Crèche de la .Miséricorde Nazareth Hôpital Notre-Dame Hospice Saint-\'«iiccnt-r,C' Hôpital Si (••Justine [Ptvl La Providence et Les Incurables Fédération paroissiale de: J'Knfaut Jésus T.S.Nom de Jésus.1 Mais» uincu vc Saint-Henri Saint-Tean-Daptistc Saint-Vincent de Paul La Nativité d'Hochclaga Saint-Arsène n maculée Conception Saint-Anselme Sainte-Catherine StcPhilomènc de Rose-Sacré-Cœur [mont Sainte-Hélène SainûEusèbe Sainte-Clothilde N.-D.du Perpétuel Secours, Ville Emard Cercle des demoiselles de Saint-Pierre Le Foyer Les Ecoles ménagères Cercle d'études N.-Dame Association des: Institutrices catholiques cmp.de manufacture cmp.de magasins cmp.de bureau femmes d'affaires L'Assistance maternelle Colonie de Vacances SOMMAIRE Entre Nous.Madeleine G.Hugcnin Chronique des œuvres.Pour le foyer.Justine Hard cl Le coin du travail: Chronique .Marie J.Gérin-Lajoie Les sympathies de l'âme féminine pour le Christianisme.A.C.Conversion .Marie Noël En marge d'une œuvre populaire.Paulina Bachelière .Thérèse Les cercles d'études: La discussion au cerdcGcorgctte Le Moyne Entr'aide.Notre courrier.Revue des revues.£• L> —?>> ENTRE NOUS Le rôle de la femme devient de plus en plus ardu.à certains moments, nous pouvons même le trouver écrasant, tant il appelle d'énergie, de força morale et de vitalité intense.Notre rôle ai*3si devient de plus en plus marqué pour la souffrance.Nous avons suivi ce que la femme dis pays européens devait donner de son esprit, de son cœur, de son sang môme à la réalisation des lourds problèmes qui agitent le monde, et nous ne songions pas alors tpie le cercle sanglant, engloberait notre paisible patrie et que nos femmes auraient à subir les mômes traitements, à «surmonter les mémos angoisses, à consentir les mômes sacrifices.Le sort vient d'en être jeté néanmoins, et sans que nous puissions môme calculer où nous conduira une collaboration s: pénible et si cruelle, nous vo'là, malgré nous, entraînés dans la frénésie sanglante d'où doit sortir pour le monde, nous affirme-t-on, un peu .de liberté et de joie.Cette liberté et cette joie auront été payées bien cher.Mais nous devrons retenir des principes qui sonnent très haut dans cette lutte gigantesque, celui-ci qui réclame le droit du faible contre le fort, le droit de la minorité contre la majorité, pour, au jour du jugement que la Victoire fera prononcer, réclamer à notre tour la justice qui nous a quelquefois, ici môme manqué, et pour laquelle nous devons cependant donner le sang généreux de notre race.Et ce jour-là, il faudra bien que notre voix soit entendue, que notre droit soit enfin établi, et indestruc-tiblement.^ Quant au rôle de la femme, il monte sans cesse et se hausse dans le sublime du sacrifice jusqu'à des hauteurs que le6 plus ardentes féministes n'avaient môme pas espéré attendre de sitôt.A part la douleur qu'elle doit porter, la vaillance qu'elle doit manifester, la femme est appelée dans toutes les nations à prendre sa part plus large des responsabilités, à sauvegarder' le présent, à préparer l'avenir, à assurer en un mot la y:e ance, l'œuvre préventive.Que la mère au foyer, que l'institutrice à l'école prennent donc enfin conscience de la sublimité de leur mission, de l'efficace de leur rôle ! La victoire de la tempérance est assurée.Si femme savait! Si femme voulait! répète avec tant d'autres ouvriers de la régénération sociale, le R.P.Hugolin."C'est votre bonne volonté, c'est votre apostolat, épouses, mères, filles,-sœurs, qui donnera aux apôtres de la tempérance le courage de continuer.Que dis-je ! c'est vou6, les premières apôtres.Entrez en plein dans votre rôle sublime et fécond, et nous passons au rang d'auxiliaires bien dévoués, ma's moins puissants que vous".Toutes ces pages sur l'influence moralisatrice et chrétienne de la femme sont à lire et à méditer.Que d'apathies, que d'insouciances ne devraient-elles pas guérir?Les institutrices ne parcourront pas avec moin> de profit les deux conférences réunies sous le titre L'Enseignement antialcoolique ù l'école.Aperçus lumineux, direction pratique, motifs les plus propres à faire vibrer les plus nobles cordes du cœur féminin, tout s'y trouve.Il faut surtout faire entendre à toutes l'appel qui les termine.Là éclate, une fois de plus, le double sentiment qui inspire l'œuvre entière du Père Hugolin : l'amour des âmes et celui de la race."En avant, donc, avec courage, hs veux fixés sur le but et sur la croix! Quelle belle perspective s'ouvre devant votre zèle et vos efforts, et combien digne de solliciter des cœurs de femmes et d'édu-catrices! Formez-nous une génération sobre, formez un peuple sobre, sauvez le pays! Oui, sauvez le pays, car il ne s'agit de rien de inoins que de cette mission glorieuse.Y suivez-vous inférieures?Y serez-vous infidèles?Non, non je ne veux pas le croire".# * # Après une douloureuse expérience, mais qui valut aux victimes de la tuberculose la consolante plaquette De la Mort à la Vie, le "R.P.Hugolin a repris, comme directeur de la revue La Tempérance, l'exercice d'un zèle que rien n'abat ni ne lasse.Pionnier d'une grande cause, il continue de prodiguer coups de hache et coups de pioche, afin de mieux déraciner les préjugés! Il ne cesse de jeter dans les âmes la semence des vertus qui préparent les peuples forts, "vainqueurs de l'avenir".À l'heure grave ou notre race, en butte aux multiples assauts de 6es ennemie, a plus que jamais besoin de toutes ses énergies physiques et morales, qui niera l'opportunité, la puissance salutaire de cette œuvre?Le Révérend Père Hugolin est à la hauteur de la tâche.Ses ressources sont intarissables : il les puise dans son cœur.Paulina, Vol.V, No 11 CONVERSION - \ Jadis, dans mon pays il vint un grand prophète.Ce qu'il disait aux gens assis au bord de l'eau Etait si plein d'audace et tellement nouveau Que les vieux, les prudente en perdaient tous la tête.Moi, ça m'était égal : je n'y comprenais rien.Qu'entend un pauvre esclave aux choses d'Ecriture, Aux lois qu'un sage fit et qu'un autre rature?Je souffrais, et voilà! C'était mon lot de chien.Un jour que je portais de l'huile à Béthanie, Je vis des gens en pleurs sur le seuil d'un tombeau.Comme l'outre était lourde et m'écorchait la peau, La posant, je m'en fus à leur cérémonie.Or, depuis quatre join's et trois nuits, dans ce trou On avait mis un mort pourrir, et le prophète Lui dit : "Sors !" Aussitôt le mort leva la tête.J'eus si peur que je prie mes jambes à mon cou.Et depuis ce temps-là, quand il passait en ville.Pour éviter ses yeux, — de peur des mauvais sorts, — Ses yeux qui tout d'un coup font revenir les morts.Je- me voilais; encor n'étais-je pas tranquille.Mae un soir je vaguais comme un pauvre animal, Hagard, désespéré.Pourquoi?Peu vous importe.Mon échine, c'est sûr, n'était pas assez forte Pour emporter plus loin la charge de mon mal.Je tombai.Dans mon cœur frappait un poing sonore, .le le pressai contre une pierre, durement, Pour l'engourdir; et j'attendis sans mouvement De souffrir un peu moins pour repartir encore.J'étais là comme à terre une souche qu'on fend.Sans crier, les yeux secs, seul, endurant mes peines.If vint.Déjà mes mains de cailloux étaient pleines, Ma's II me dit : "Qu'as-tu, qu'ftg-tu, mon pauvre enfant?" — Je vais mourir pour Lui ce soir dans les Arènes.Marie Noël.-3 dévouement de la femme la porte tout d'abord à soulager, à diminuer la souffrance, à visiter et & soigner les malades, ce qui fournit aisément l'occasion de glisser souvent un conseil d'hygiène et de panser une plaie morale.Dans le domaine économique, elle ptfut donner aux fermières "l'idée du mieux'', le "stimulant du progrès" et la "'science théorique du ménage, qui leur font presque totalement défaut.Elle donnera son concours au cultivateur par ses conseils et ses encouragements, et l'aidera à élever ses enfants et à leur choisir le métier qui leur convient.Mafo celle action de la femme risquerait d'être insuffisante, si elle demeurait individuelle; il lui faut le secours des œuvres qui étayent et soutiennent une volonté de bienfaisance, et enlèvent aux bienfaits leur caractère absolument personnel et les rendent plus acceptables a certaines natures trop fières pour se plier au joug, fut-il le plus dissimulé.Selon le but qu'elles se proposent, les œuvres sociales des femmes françaises à la campagne peuvent se ranger en 4 catégories: 1° Les Oeuvres religieuses.2° Oeuvres d'éducation.3° Oeuvres professionnelles.4° Oeuvres d'assistance et de prévoyance sociales.1° Les Œuvres religieuses ont l'apostolat pour objet.Biles comprennent les Associations d'Enfants de Marie, de Mères chrétiennes, les Ligues pieuses, les réunions du catéchisme etc.Leur direction appartient au clergé de la paroisse.2° Les "Œuvres d'éducation" comprennent (a) les écoles libres ou publiques, que l'on ne peut guère considérer comme spécialement rurales, (6) les Ecoles ménagères, tantôt greffées sur un ouvroir ou un patronage, tantôt prenant le caractère d'école ambulante s'adressant aux plus Agées déjà aux prises avec les difficultés de ¦ l'existence.Ces écoles sont complétées par (c) l'Œuvre du trousseau dont le but est de faire confectionner à l'enfant, chaque année, un joli trou-seau, moyennant une légère cotisation destinée à l'achat des matières premières, (d) Enfin, la Caisse dotale encourage l'économie et produH d'admirables résultats.3° Les "Œuvres professionnelles'' sont destinées a faire de la jeune fille une valeur sociale; elles'comprennent les "Cercles des fermières", complétées au besoin par les "Coopératives" et les "Mutualités".Les Cercles des fermières ont pour but de propager les notions d'hygiène el d*économie domestique cl d'enrayer l'exode rural en répandant des idées plus pratiques sur l'éducation rationnelle des enfants, et en cherchant de toute manière à améliorer la situation matérielle et morale de la population.Il est intéressant de noter ici que cette institution a pris naissance au Canada, au début du XXe siècle; elle a été répandue aux Etats-Unis, en Belgique, en Pologne, puis en France vers 1905 ou elle s'est développé?sous l'énergique impulsion de Mgr Gibier.Le moyen d'action auprès des fermières, c'est la conférence suivie de la discussion et surtout le contact fréquent entre les adhérentes de la société qui profitent ainsi de l'expérience les unes des autres, qui apprennent à se découvrir des intérêts commune et à s'élever au-dessus de6 ennuis des préoccupations quotidiennes. Vol.V, No 11 Montréal —LA BONNE PAROLE — Janvier 1918.15 Générateur de à Rayon Branston violel • — G u "o
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.