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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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octobre 1947
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  • Revues
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La bonne parole /, 1947, Collections de BAnQ.

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Montréal, Canada 1 fÊÊ / y^îV Octobre 1947 ft BONNE PAROLE Organe de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste SOMMAIRE Instrument d'action féminine collective, Yvonne Letellier de Saint"Just — — .— —.— —.— —.1 Notre-Dame du Canada — Notre-Dame de Mont-Réal, Marie-Ange M adore —.— — — — — — — — — — .2, M.le Chanoine Jacques Papineau, Eva R.-Thibaudeau _ _ _ 6 Congrès International de « La Mère > —-______7 La cathédrale de Saint-Malo et le Canada —-10 Délégués du Noel de France au Canada_____________11 Rapports des Œuvres invitées : Les Noëlistcs, Mireille Ethier — Les Amies de Jeanne Mancc, Claire Tremblay — Les Petites Sœurs de l'Assomption, R.M.Supérieure — Cercle du Terroir, Mireille Ethier.-12 853 est, rue Sherbrooke La Bonne Parole Revue mensuelle fondée en 1913 Directrice : Mme Eustachc Lctcllicr de Saint-Just CE QU'ELLE EST un LIEN qui sert a unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-Françaises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur ; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales ; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale ; un ORGANE indispensable h l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-J'ean-Bap-tistc, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels clic agit ; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT : Cnnada et Etats-Unis $1.00 par an Union postale.$1.30 par an Un escompte de 60% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptistc, 853 est, rue Sherbrooke, Montréal.Les abonnés de la « Bonne Parole » jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint» Jean-Baptiste et ont droit d'assister aux séances publiques, dont avis est donné dans les journaux.Les abonnés qui désirent des invitations personnelles et voudraient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'à s'inscrire, en tout temps, au secré-tjir.a.de la Feneration Nationale, 853 est, rue Sherbrooke, où les heures de bureau sont, le dimanche excepté : de 10 heures à midi et de 2 heures & 5 heures p.m.— Téléphone : FRontenac 26C6.Toute personne peut concourir à l'Œuvre de la «Bonne Parole»: 1) en s'y abonnant; 2) en lui procurant de nouveaux abonnés ; 3) en la faisant lire ; 4) en lui procurant une collaboration littéraire ; 5) en sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale Saint-]ean-Baptisie Œuvre auxiliaire d'Action catholique fondée en 1906 Fondatrices : Madame Henri Gérin-Lajoic et Madame F.-L.Béiquc.Aumônier : M.le Chanoine Jacques Papineau Bureau de direction : Mme Alfred Thibandeau, présidente générale ; Madame Edmond Brossard, vice-présidente ; Mme Théodule Bru-ncau, vice-présidente ; Mlle Georgette Lc-Moyne, secrétaire générale ; Mlle Maria Au-clair, tré8orière ; Mlle Jeanne Lapointc.secrétaire-archiviste ; Mme Eustachc Letcllicr de Saint-Just, directrice de « La Bonne Parole » et présidente du Comité des Œuvres Economiques; Mme R.-A.Bouthillier, Mme Arthur Ber-t h in unie.Mlle Hedwigc Lefebvre, Mme J.-A.Molleur ; Mme Albert Dupuis.Mlle Marie-Ange Madore, Mme Tancrèdc Jodoin, Mme P.-A.Robichaud ; Mlle Aima Champoux, des Cercles de Fermières de la Province de Québec ; Mme F.-X.Dupuy, présidente de la section de Saint-Lambert ; Mlle Emma Douesnard, Mme J.-J.-E.L'Espérance, Mlle Marie Girard, Mlle Emércntiennc Chagnon, Mme Henri Vautclct.Fédération nationale Salnt-Jean-Baptlste.Conseil de Québec.Les dames patronnesses des Œuvres suivantes : l'Hôpital Notre-Dame : le Comité d'Administration de l'Hôpital Sainte-Justine ; l'Assistance Maternelle, les Ecoles Ménagères Provinciales, la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises ; les Cercles des Fermières de la Province de Québec ; la Cour Villa-Maria des Forestières Indépendantes ; l'Ecole d'Education familiale et sociale.Fédérations et sections paroissiales : La Nativité de la Sainte-Vierge.d'Hochelaga ; Très-Saint-Nom de Jésus, de Maisonneuve ; Saint-Stanislas, Saint-Lambert, Saint-Ambroise, Côte Saint-Paul, Saint-Joseph ; Notre-Dame du Perpétuel-Secours (Ville-Eraard) ; Saint-Bernardin de Sienne, (Ville de Saint-Michel).Associations professionnelles : Employées de magasin, Employées de bureau, Femmes d'affaires, Aides maternelles, la Société des Ouvrières Catholiques (S.O.C.) et ses sections : La Nativité de la Sainte-Vierge, d'Hochelaga ; Côte Saint-Paul, Lachîne, Saint-Alphonse d'YouvIUe, Sault-au-Récollet.Comités : Comité des Œuvres Economiques, Comité de la Visite des Hôpitaux, Comité de l'Economie Domestique, Comité des Questions Nationaies, Comité de la Protection de la Jeune Fille, Comi'é féminin du Ille centenaire de Montréal, Comité de la Croix-Rouge, Comité cor-su tntif d'études soc?a es.Principales œuvres accomplies par la Fédération et ses filiales : Fondation des Associa'ions professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses d?Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre IVcoolis-c Amendements à la Loi des licences Légis!a ion en faveur des Ins.IiU r.'ccs et des employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondat'on de « Gouttes de lait » Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église du Congres Eucharistique Pè'crinage à Lourdes et à Rome Affiliation à l'Union Interna.lonale des Ligues catholiques féminines Fondation de la « Bonne Parole » Comité du « Denier National » Comité des questions civiques Comité de la Croix-Rouze Comité du Fonds Patriotique .Comité de l'Assistance par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité des Œuvres économiques Comité de Rédaction de la « Bonne Parole » Comité d'Administration de la « Bonne Parole » Comité de la construction Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la femme.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscrivent à son secrétariat : 853 est, rue Sherbrooke.AUTORISÉ COMME K.vvoi POSTAL DE LA DEUXIÈME CLASSE, MI.VIHTKI7E DES POSTES, OTTAWA LA BONNE PAROLE XXXVII Octobre 1947 No 10 Instrument d'action féminine collective La fondation d'une Association Canadienne des Consommateurs s'est faite récemment, à Ottawa, au cours d'une réunion à laquelle participaient tous les groupements féminins importants du Canada.La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste y était représentée par Mme Henri Vautelet, déléguée par notre présidente, Mme Alfred Thibaudeau.C'est là une initiative excellente fondée sur les fructueux résultats obtenus, pendant la guerre, par le service des consommateurs de la Commission des Prix, lequel a démontré, hors de tout doute, que l'action féminine collective peut avoir la meilleure influence en vue du bien-être économique et social.La fondation de l'Association Canadienne des Consommateurs vient à point offrir aux femmes du Canada un instrument efficace pour le succès de leurs revendications en vue d'un abaissement du coût de la vie.C'est un truisme que de dire que la femme est la première à se ressentir des fluctuations économiques car c'est elle qui, dans la très grande majorité des cas, fait les achats et c'est elle qui a l'administration d'une forte partie sinon de la totalité du budget familial.Une association canadienne de consommateurs devait donc être, à cause de cela, une association avant tout féminine, représentative de tous les groupes sociaux féminins existants.La participation spontanée de ceux-ci à cette fondation a démontré qu'elle répondait à un besoin.Déjà l'Association a fait tenir au gouvernement fédéral un mémoire et des résolutions exposant ses buts et ses désirs.Son programme d'étude et d'action portera sur les prix, les standards, le logement, le budget familial, le marché domestique et le commerce international, qui sont autant d'aspects de l'économie canadienne.L'association sera l'interprète de ses membres et pourra ainsi faire entendre la voix d'un groupe considérable de la population, qui se trouvait sans porte-parole.La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, soucieuse du bien-être de la femme, suivra avec le plus vif intérêt, pour l'appuyer et le cas échéant pour l'orienter, l'action de l'Association Canadienne des Consommateurs qui entreprend la tâche utile d'éclairer les législateurs, qui naguère encore recouraient à la coopération des femmes canadiennes, et de guider celles-ci sûrement dans notre époque difficile et souvent déroutante de brusques fluctuations économiques.Yvonne LETELLIER de SAINT-JUST LA BONNE PAROLE Montréal Chronique des Cercles d'étude Notre-Dame du Canada Notre-Dame de Mont>Réal(1) Quels beaux vocables ! Ils n'ont pas la réputation universelle de Guadeloupe, Lourdes ou Fatima, mais quatre siècles d'histoire mariale canadienne les justifient pleinement et nous les rendent très chers.C'est sous le signe de Marie que se fait la découverte du Canada.En 1534, Jacques Cartier touche pour la première fois l'Amérique le 10 mai.L'année suivante, il inaugure son expédition laurentienne le 15 août, en longeant les côtes d'Anticosti qu'il nomme Assomption.Il relate dans son journal que lui et ses compagnons entendent la messe, les dimanches et fêtes de la Sainte Vierge.Cartier avait la dévotion de Notre-Dame de Roc-Amadour et c'est spontanément, qu'il se tourne vers elle lorsque le scorbut décime son équipage.Aussi fait-il le vœu s'il est exaucé d'aller en son sanctuaire d'Aquitaine, l'un des plus vieux du inonde.De plus il organise une procession où avec ses hommes, il s'en va en chantant des cantiques, prier devant une image de la Vierge attachée à un arbre.Ainsi une forêt canadienne en hiver parée des couleurs mariâtes ; dalles d'une éclatante blancheur, voûtes du plus bel azur, sera le premier sanctuaire de Notre-Dame du Canada.Champlain avait aussi une grande dévotion à Marie.C'est à la « Médiatrice de bienfaits » qu'il demande le retour de Québec à la France, après la prise des Kertk.Notre-Dame de Recouvrance sera la preuve tangible de sa reconnaissance et le premier sanctuaire paroissial consacré à la Sainte Vierge en Nouvelle-France.Les premiers missionnaires Récollets et Jésuites dédient leurs résidences ut les chapelles à Notre-Dame des Anges.« Devant la tache immense de convertir les tribus indigènes, les missionnaires, disent les Relations, sont d'avis de recourir aii ciel et à la Très Sainte Mère de Dieu par laquelle Dieu a coutume de faire ce qui ne se peut faire.Dans leurs quatre résidences quelques jours avant la mort de Champlain, le 8 décembre 1(535, les |ésuites-prètres s'engagent par vœu à célébrer douze messes pendant les douze mois de l'année suivante ; les autres à réciter douze chapelets en honneur et en action de grâces de son Immaculée Conception et tous promettent de jeûner la veille de cette fête » ; ils feront aussi ériger une chapelle sous ce vocable.A la suite de ce vœu Notre-Dame de Recouvrance prendra en 1(>3(> le titre de rimmaculée-Conception.Ainsi, cent ans exactement après le pèlerinage de Cartier à la Vierge de la forêt, la dévotion mariale prend un grand essor en Nouvelle-France et est le point de départ d'une croisade missionnaire.Les premiers appelés sont les Murons et leur apôtre le Père [ésuite Joseph-Marie Chaumonot, dont la carrière apostolique commence à Notre- Disc-uurs prononcé à In Journée d'étude annuelle «If In Fédération des Cercles d'étude dos mncs-Françntecs, tenue en mai dernier à l'Institut Pédnk'otïique. Montréal LA BONNE PAROLE 3 Dame de Lorette en Italie où il est miraculé et se termine cinquante ans plus tard à Notre-Dame de Lorette en Canada.En 1669 ce Père érige dans la mission huronne, près de Québec, l'église de Notre-Dame de Foy, ainsi appelée à cause d'une statue miraculeuse venue d'un bourg de ce nom en Belgique.Cinq ans plus tard les Hurons ayant émigré, le Père Chaumonot construit une autre église dédiée à Notre-Dame de Lorette.Ces deux sanctuaires témoins de miracles et de conversions furent des lieux de pèlerinage très fréquentés par les Français à cette époque.Mgr de Laval arrivé en 1659 avait dédié sa cathédrale à Notre-Dame, mais bâtie sur le cap, elle était difficile d'accès pour les paroissiens de la Basse-Ville, aussi Févêque de Québec demande-t-il à Louis XIV la permission d'ériger une église succursale.La première pierre de cette chapelle, dédiée primitivement à l'Enfant Jésus, fut posée le 1er mai 1688, deux ans plus tard, après le siège de Phipps, Québec libéré grâce à la protection mariale l'appellera Notre-Dame de la Victoire.La flotte de l'amiral Walker en 1711 fit encore courir un danger à cette ville.De nouveau Marie protège la Nouvelle-France et l'église de la Basse-Ville sera alors connue sous le vocable de Notre-Dame des Victoires.En 1759 les boulets de Wolfe mettent le feu à l'église.Six ans plus tard en dépit des tristesses de la guerre et du changement d'allégeance, elle est rebâtie grâce aux 6 000 livres données par les fidèles.Depuis elle a échappé cinq fois a des incendies.Notre-Dame des Victoires demeure le plus célèbre sanctuaire mariai de la région québécoise.La fondation de Ville-Marie venant 34 ans seulement après celle de Québec, qui ne compte encore que deux cents habitants est qualifiée « de folle entreprise ».Sentinelle avancée, placée au cœur des grandes routes du temps, les voies d'eau, elle sera constamment exposée aux incursions des Iroquois.Selon la sagesse humaine c'est la dangereuse dispersion des forces au moment du danger.Mais la Reine du Ciel en a décidé autrement dans son conseil et les membres de la Société Notre-Dame de AAontréal exécuteront ses volontés.A ce moment la France est soulevée par un vent de mysticisme.Louis XIII vient de consacrer son royaume à la Très Sainte Vierge.L'un de ces plus beaux foyers mystiques est la Société du Saint-Sacrement d'où sortira en 1640 la Société Notre-Dame de Montréal, et dont les armes seront : « sur un petit monticule, la Mère portant son Enfant et autour l'inscription Notre-Dame de Montréal ».Monsieur de la Dauvcr-sière place ainsi, sous les auspices de la Sainte Vierge, la fondation de Ville-Marie.La Reine du Ciel ne lui a-t-Ellc pas fait connaître les pionniers de la future cité, dans une vision qu'il eut à Notre-Dame de Paris, le jour de la Purification ?Maisonneuve foule pour la première fois le sol montréalais en octobre, mois du Rosaire et le 17 mai 1642 il aborde l'île avec sa petite troupe.La fondation débute par une messe, où le Père Vimont y prophétise les grandeurs futures de la colonie.Les premiers colons profiteront de la grande fête de l'Assomption pour remercier dignement leur Céleste Protectrice en chantant le Te Deum et en faisant une belle procession.Les habitants de Ville-Marie vivent naturellement dans une atmos- 4 LA BONNE PAROLE Montréal phère mariale, leur chef Maisonneuve, n'a-t-il pas été surnommé par ses contemporains « un des premiers gentilhommes de la chambre de la Reine du Ciel » ?Il a organisé une troupe appelée Soldats de la Très Sainte Vierge pour protéger les travailleurs contre les surprises des Iroquois, lis sont 63 en l'honneur des 63 années de vie terrestre de Marie.Maisonneuve les choisit à tour de rôle, leur rappelle l'idéal mystique de Ville-Marie et celui qui est désigné pour faire la ronde entend la messe et communie.Plus d'un perdra la vie aucun ne reculera.Sœur Morin ajoute dans ses mémoires : « C'est qu'ayant l'honneur d'être soldats de la Vierge ils avaient confiance que s'ils mouraient dans l'exercice de cet emploi, elle porterait leur âme en paradis ».Le Père Dubé a écrit : « Montréal, c'est la cité mystique au temps de la Nouvelle-France ! c'est un sommet d'humanité et dans notre histoire et dans celle du monde peut-être ».C'est à la Sainte Vierge que nous devons Marguerite Bourgeoys.Aux hésitations de la jeune fille, la Reine du Ciel répond : « Va, je ne t'abandonnerai point ».Marguerite Bourgeoys dépense 50 années de sa vie en terre canadienne.À sa mort, elle laisse deux trésors : un Institut et une chapelle ; la Congrégation de Notre-Dame et Notre-Dame de Bon-Secours.Des 1657, 4 ans après son arrivée, Marguerite Bourgeoys avait songé à élever un sanctuaire à Marie, à 400 pieds de l'enceinte fortifiée.Au printemps, les travaux commencèrent, mais furent bientôt abandonnés.Jeanne Mance S*étant blessée, Marguerite Bourgeoys l'accompagna en France.A leur retour, Maisonneuve était destitué et les matériaux de la chapelle dispersés.En 1670 Mère Bourgeoys malade, promit de reprendre la chapelle si elle guérissait.Sœur Morin dit : « qu'elle éleva un petit bâtiment en bois, mais si dévot que le peuple y allait comme h un asile assuré clans ses besoins ».Le pèlerinage était fondé.En 1672, dans un second voyage en France, la Mère Bourgeoys reçut en cadeau du baron de Fancamp, une statue miraculeuse dite Notre-Dame de Montaigu.Les actes de la paroisse de Notre-Dame en font cette description : « Ancienne image de bois de la hauteur de 6 pouces environ, montée sur piédestal d'un autre bois où se trouve une relique de saint Biaise ».Marguerite Bourgeoys porta la précieuse Vierge dans sa petite chapelle.Les habitants voulurent dès lors construire de leur propre main une église en pierre.En 1754 un incendie détruisit Bon-Secours, mais heureusement, on retrouva intacte sous les cendres la statue miraculeuse.Il faudra 19 ans pour voir la nouvelle chapelle bénite en juin 1773 par M.Montgolfier.En 1885 commencèrent les restaurations qui firent du Bon-Secours d'autrefois, un souvenir.La piété mariale des Montréalistes était grande.« Il y a peu de catholiques, écrit encore Sœur Morin, qui de tous les endroits du Canada ne fassent des vœux et des offrandes à cette chapelle, dans tous les périls où ils se trouvent ».Pourtant la piété des Montréalais envers Bon-Secours connut une éclipse et à l'hiver 1831, en plein jour un voleur favorisé par l'abandon de la chapelle, enleva la statue miraculeuse.Cette désertion fut marquée Montréal LA BONNE PAROLE 5 de grandes calamités : les émeutes sanglantes de 1832, les deux épidémies de typhus et la rébellion de 1837.Mgr Bourget ému de tant de malheurs et de l'indifférence de la population envers sa patronne résolut de ranimer la dévotion mariale dans son diocèse.Redevable à la Sainte Vierge de la cessation de l'épidémie de choléra, l'évêqtie de Montréal fit venir de Paris une statue en bronze doré, qu'il porta solennellement à Bon-Secours le 23 mai 1848.La même année en octobre, Mgr Bourget fait installer la statue qui domine le port.La statue miraculeuse apportée par Mère Bourgeoys retrouvée en 1844 et identifiée beaucoup plus tard fut placée dans une niche sur le maître-autel de Bon-Secours.Elle se trouve maintenant à la Maison-Mère de la Congrégation de Notre-Dame.Après la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception en 1855, les miracles s'y multiplièrent.A partir de ce moment, les pèlerins ne cessèrent d'affluer.Bon-Secours reste donc selon Mgr Maurault un des plus solides bastions de notre enceinte spirituelle.Montréal a eu et possède encore d'autres chapelles niariales.Parmi les disparues la plus célèbre fut Notre-Dame de Pitié qui abrita les longues années de grande réclusion de Jeanne Le Ber.Ce trésor religieux inestimable fut démoli afin de prolonger la rue St-Laurent jusqu'au port.Le mercantilisme cette fois a eu raison des valeurs spirituelles, Bon-Secours avait connu deux fois ce danger et avait été épargné.Près de Notre-Dame de Pitié, un autre petit oratoire érigé en 1718 fut consacré à Notre-Dame de la Victoire en reconnaissance de la protection toute spéciale accordée par la Sainte Vierge à Ville-Marie en 1711.Pendant que l'amiral Walker se dirigeait vers Québec, une formidable armée américaine, commandée par Nicholson s'avançait vers Ville-Marie.En apprenant la destruction de la flotte anglaise, le général américain, son ^llié rebroussa chemin sans coup férir.Incendiée en 1708, elle fut rebâtie l'année suivante et finalement, tombant en ruine, elle fut démolie en 1900.Depuis 1935 une association pieuse dite Œuvre de Notre-Dame de la Victoire cherche à développer la dévotion mariale et apostolique des fondateurs de notre ville.L'église du Gésu possède une statue miraculeuse qui vient de France, où elle fut, selon la légende, transportée d'Egypte, au XIle siècle.Les nombreux ex-voto qui entourent l'autel de Notre-Dame de Liesse marquent les prédilections de la Sainte Vierge pour ce sanctuaire.C'est sous ce vocable de Notre-Dame de Liesse que la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises invoque la Sainte Vierge, en lui demandant de donner aux loisirs que ses membres consacrent aux études et aux œuvres sociales et religieuses, ce caractère de sainte joie qui en augmente l'efficacité.Il y a aussi le vaste temple, riche en souvenirs historiques et artistiques qu'est Notre-Dame.Son magnifique autel porte au sommet un groupe représentant le Christ couronnant sa Mère.A droite de la table de communion, il y a une autre madone de grand prix, donnée par Pie IX.Le verrières rappellent l'histoire mystique de Ville-Marie.Longtemps Notre-Dame fut la seule église paroissiale de la ville, qui en compte aujourd'hui vingt-cinq consacrées à Marie sous divers vocables.Mais le temple de la Place d'Armes garde son prestige, c'est 6 LA BONNE PAROLE Montréal vraiment la demeure de Notre-Dame de Montréal, le témoin de nos grandes manifestations religieuses et nationales.Un quatrième sanctuaire mariai situé comme les autres au centre de la cité attire les fidèles.Notre-Dame de Lourdes fut livrée au culte le 30 avril 1881.C'est un monument de style byzantin aux formes majestueuses.La très belle statue de l'Immaculée au-dessus du maître-autel donne à l'intérieur de la chapelle un air de paix et de quiétude qui fait contraste avec la bruyante activité de ce coin de Montréal.Là aussi de nombreux ex-voto rendent témoignage pour des faveurs insignes.Si le nom géographique de la cité n'est plus Ville-Marie, le diocèse s'honore toujours de celui de Marianopolis.Quoique les adeptes de Mammon soient hélas ! trop nombreux, les disciples de Marie par leur zèle apostolique et la grande charité des fidèles n'en continuent pas moins d'amplifier tous les jours l'épopée missionnaire de Montréal.La belle statue de Notre-Dame de Montréal du troisième Centenaire sculptée par Sylvia Daoust, qui orne la chapelle de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, a inspiré cette prière poétique â Rina Lasnier : Notre-Dame de Ville-Marie, étendez le lin pur de votre pitié, comme Véronique, sur la face souillée de Votre ville que tor vous a ravie.Donnez-nous des saints à foison, comme au filet de Pierre, les poissons ; donnez-nous des âmes magnanimes, la grâce des destins sublimes ; donnez aux forts le champ des racines ameres où se broute la fierté bondissante de naguère ; aux faibles donnez des herbes de senteur qui les mènent ù Votre candeur.La Fédération est heureuse de souhaiter la plus respectueuse et cordiale bienvenue à son nouvel aumônier M.le Chanoine Jacques Papineau de l'Archevêché qui a bien voulu assister à la première assemblée du bureau de direction et qui a manifesté le plus grand intérêt pour nos œuvres.La directrice de la « Bonne Parole » a obtenu un article pour notre revue.Nous remercions d'avance notre aumônier pour sa précieuse collaboration et aussi pour son assistance spirituelle.Le Salut dans notre petite chapelle a scellé l'inauguration de cette nouvelle année de travail.Nous exprimons également notre reconnaissance à notre Archevêque Son Excellence Mgr Charbonneau avec l'assurance de notre profond et constant dévouement en toute humilité d'esprit et de docilité à la grâce qui attireront sur nous plus de lumière.Marie-Ange MADORE Jacques Eva R.-THIBAUDEAU Montréal LA BONNE PAROLE 7 Co ngres Int ernation al de «La M ère» Nos lectrices liront avec le plus vif intérêt les documents qui suivent, portant sur le Troisième Congrès International de la Mère, qui s'est tenu à Paris du 26 avril au 2 mai 1947, sous les auspices de l'Union Féminine Civique et Sociale, dont le siège est également ù Paris.Ce congrès a marqué une étape nouvelle dans les efforts faits pour qu'à travers le monde les mères puissent mieux exercer leur influence dans la vie familiale.Nous publions en premier lieu la Déclaration et ensuite les Conclusions du congrès, deux documents qui ont été approuvés à l'unanimité par les délégués de vingt-neuf nations.Le thème du congrès était : "La Mère ouvrière de progrès humain".DÉCLARATION DU CONGRÈS La déclaration ci-dessous a été ratifiée en Assemblée plénière à la clôture du Congrès réunissant des délégués de 29 pays : La Mère se place au 1er rang des artisans de Progrès Humain.Elle y travaille notamment en accroissant les valeurs morales et spirituelles sans lesquelles toute civilisation aboutit à l'avilissement de la personne humaine prise comme moyen et non comme fin.Collaboratrice du père pour l'œuvre de procréation, la AAère participe également dans les desseins providentiels à la tache éducatricc qui complète l'œuvre créatrice.L'influence que la mère exerce au foyer doit aussi rayonner dans la cité, dans la vie nationale et internationale.Les dons particuliers de la femme et son expérience de Mère y sont irremplaçables.En conséquence, il est indispensable de reviser, dans de nombreux Pays, les jugements traditionnels sur la nature et la mission de la femme.La femme dans son essence est une personne égale à l'homme.Elle doit ne pas être considérée comme un instrument de plaisir ou de profit ni limitée au rôle de perpétuer la race et de veiller aux soins matériels.Toute femme doit être libre de choisir son état de vie.L'union des époux volontairement consentie par l'un et l'autre, dans le caore de la loi morale, ne doit être ni imposée ni interdite pour des motifs de nationalisme, de race et d'eugénisme.C'est dans la famille légitime et stable que la Mère peut s'épanouir au profit non seulement d'elle-même mais encore de son mari, de ses enfants, de sa Patrie et de l'humanité.C'est dans sa famille que la jeune fille reçoit normalement les éléments principaux de sa formation familiale.Les organismes institutionnels, publics ou privés, doivent compléter et non remplacer l'éducation donnée par la famille.Les conditions de la vie économique et sociale doivent permettre à la Mère de se consacrer à sa mission.Ni les ressources insuffisantes du foyer, ni une conception erronnée des nécessités de la production ne doivent la contraindre à un travail professionnel.Les pouvoirs publics doivent reconnaître non seulement la valeur morale de la Mission des Mères mais encore sa valeur économique dont profite tout le Pays. 8 LA BONNE PAROLE Montréal Les perfectionnements de la technique doivent mettre à la disposition des Mères un outillage ménager allégeant au maximum leur tâche matérielle.L'organisation sociale doit leur procurer des aides et des services pour les seconder.CONCLUSIONS DU CONGRÈS Les congressistes des 29 Nations représentées au Congrès s'efforceront de promouvoir dans leur Pays, avec les applications opportunes les principes définis par la Déclaration du Congrès.Toutefois, avant de se séparer, les Congressistes précisent les points suivants sur lesquels Taction leur paraît devoir être universellement conduite.— I — Les membres du Congrès décident de faire porter leur effort dans tous les Pays sur la stabilité et la pérennité de la famille, sauvegarde indispensable de la dignité de la femme.— II — Ils demandent que cessent enfin les attentais que constituent contre les droits sacrés des personnes et des familles les déplacements imposés de population et la dislocation systématique des foyers.— III — — Considérant que le rétablissement de l'équilibre économique exige dans tous les Pays non seulement une production intense, mais encore une organisation rationnelle de la consommation ; — Considérant la place importante que tient l'économie domestique dans l'économie générale d'un Pays ; — Considérant que l'effort de rationalisation fait pour l'industrie n'a pas été fait pour le travail domestique, et qu'il est urgent et nécessaire d'alléger les tâches ménagères ; — Considérant que l'intégration des mères dans la production constitue une menace pour la vie du foyer sans être pour autant un facteur efficace de l'économie nationale, (compte tenu des graves déportations qui en résultent au point de vue social et économique), Le Congrès demande instamment : 1) La reconnaissance effective dans les lois et les institutions de la valeur économique et sociale des tâches ménagères et familiales des Mères.2) La rationalisation du travail domestique par l'application des progrès de la technique à l'équipement ménager.3) Le concours des économistes et des sociologues pour l'étude de l'intégration de l'économie domestique dans l'économie générale et des relations à assurer entre la production des biens économiques et leur consommation.— IV — Dans tous les Pays, la rénumération du travailleur père de famille doit, sous les formes diverses, permettre à la famille, quel que soit le nombre des personnes à charge, de vivre honorablement sans que la Mère soit contrainte par manque de ressources d'exercer une profession hors du foyer. Montréal LA BONNE PAROLE 9 — V — — Considérant les destructions occasionnées par la guerre, l'arrêt des constructions et des aménagements immobiliers, et les conséquences néfastes de la pénurie de logement pour la fondation des foyers et la vie familiale, le Congrès décide que ses membres porteront tout leur effort sur rétablissement et la poursuite d'un programme de reconstruction et de construction indispensables.— VI — «— Considérant l'expérience irremplaçable des Mères et, d'autre part, la nécessité que chaque citoyen apporte sa contribution à l'œuvre commune, le Congrès demande que dans les organismes officiels ou semi-publics une large place soit faite aux Mères.— VII — Les délégations nationales réunies en Assemblées plénières fondent en ce jour le "Mouvement mondial des Mères" pour atteindre les buts du Congrès et notamment obtenir les conditions de vie physique, intellectuelle, économique, sociale, politique et morale indispensables à la Mère, Ouvrière de Progrès Humain.MONSEIGNEUR GEORGES GAUTHIER (par le Chanoine Raoul Droain) II.le chanoine Itaoul Drouin a voulu, en des pages qui sont un hommage de reconnaissance, d'affection et d'admiration, faire revivre sous nos yeux cet « évoque qui a illustré, autant que nul autre, le siège métropolitain de Montréal et l'épiscopnt tout entier ».Le souvenir de l'ancien Archevêque
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