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Titre :
La lyre
La vie musicale au Québec entre 1922 et 1931. [...]

Le premier numéro de la revue La Lyre, dont le sous-titre changera plusieurs fois (« Revue musicale et théâtrale », « Publication mensuelle », « Revue musicale mensuelle », « Revue mensuelle illustrée »), paraît en octobre 1922. Le mensuel est édité à Montréal par la Compagnie de publication « La Lyre », propriété de J.-E. Turcot, marchand de musique, qui a pignon sur rue au 3, rue Sainte-Catherine Est, et des compositeurs Henri Miro et Léo Lesieur. La Lyre annexe en 1927 la revue Le Carillon, consacrée à la « bonne chanson » et dirigée par Charles Marchand. Parmi les nombreux directeurs qui se succéderont à la tête de la publication, citons Raoul Vennat, Jean-Sébastien Lambert et Alice Duchesnay.

Jusqu'en 1924, la revue se consacre à la publication de pièces musicales ainsi qu'à la promotion de la musique et des arts de la scène québécois et canadiens. Par la suite, son rôle principal sera de diffuser et de mettre en valeur la musique du Québec et, plus rarement, celle de la Nouvelle-Angleterre. L'opérette, la chanson populaire et le jazz ont toutes leur place dans la revue. On y met aussi particulièrement de l'avant le piano et l'orgue, deux instruments fort appréciés au Québec.

Outre l'édition mensuelle de partitions de musique vocale et instrumentale, La Lyre propose à ses lecteurs un panorama de l'actualité musicale (au pays et à l'étranger), des profils d'artistes locaux et d'artistes internationaux de passage au Québec, des critiques de spectacles (théâtre, danse, mais surtout musique), la présentation des activités des orchestres québécois, des notices biographiques d'artistes, des leçons d'harmonie, des renseignements sur les instruments de musique et des conseils pour leur entretien.

En plus d'un calendrier des concerts à venir et d'un aperçu des nouveaux enregistrements disponibles sur le marché, La Lyre offre une couverture de l'activité scénique des artistes lyriques canadiens-français au Québec et à l'étranger. Parmi les compositeurs québécois publiés dans la revue figurent Henri Miro, Léo Lesieur, Conrad Bernier et Alfred Mignault. La revue présente aussi une revue du théâtre amateur de langue française aux quatre coins du Québec, ailleurs dans le Canada francophone et en Nouvelle-Angleterre.

La Lyre fait paraître à l'occasion des textes littéraires (nouvelles, contes, poésie, théâtre) d'auteurs comme Robert Choquette, Jean-Charles Harvey et Émile Coderre. Elle offre également une tribune à ses lecteurs, qui livrent par moments des articles très critiques à l'égard du gouvernement provincial, entre autres dans le sillage des débats entourant la fondation du Conservatoire national de musique.

De nombreux articles de fond paraissent dans La Lyre. Par exemple, dans le premier numéro, on s'interroge sur l'avenir du phonographe, compte tenu de l'arrivée de la radio. Au nombre des collaborateurs de la revue, on compte Jean Riddez, Charles Marchand, Maurice Morrisset, l'abbé Pierre Chassang, Jean-Sébastien Lambert, Alice Duchesnay, Roger Champoux, Léo-Pol Morin et Jean Dufresne.

La Lyre a cessé de paraître à l'été 1931. Malgré sa courte existence, elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la culture musicale de l'Amérique du Nord francophone. Elle est une précieuse source d'information sur la vie artistique et sur les mouvements musicaux de son époque.

En 1924, le tirage de La Lyre avait atteint 4750 exemplaires.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 52.

Éditeur :
  • Montréal :Cie de publication "La Lyre",1922-1931
Contenu spécifique :
no 61
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La lyre, 1928, Collections de BAnQ.

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4 1 rO\'"r**[L/ -^,-f^ Octobre 1928 -Je tiens TOUT ce que je promets - GROS et DETAIL MUSICIENS, PENSEZ-VOUS A VOS ETRENNES ?Que diriez-vous d'un recueil de Mé odie ou de Musique Instrumentale de votre auteur favori ?d'une Partition d'Opéra ?d'un Traité d'Harmonie?d'un Chansonnier ?d'un bel ouvrage de Littérature musicale ?Vient de paraître : Principes rationnels de la Technique pianistique par Alfred CORTOT.$2.95 GROS et DETAIL Pour être au courant de la nouveauté, il faut s'abonner à notre .Journal mensuel de Broderie et MUSIQUE .Par an: 25 ets Toujours en mains tous les morceaux annoncés dans "La Lyre" ;î770-:(772 KL'K SAINT-DENIS (anciens 642; Tél.Harbour «515-5310 MONTREAL RAOUL V E N N \ T -Assortiment — Compétence — Courtoisie — Prix raisonnables — Service LA PREMIERE MAISON D'EDITION AMERICAINE Pour la diversité et l'excellence l'EDITION WOOD est suprême.Employée exclusivement par un grand nombre de professeurs éminents.AU DELA DE 1,000 VOLUMES DE CLASSIQUES, D'ETUDES ET DE RECREATIONS Choisis pour renseignement musical par les plus importantes maisons d'éducation de l'univers.En plus des œuvres classiques les volumes ci-dessous indiqués sont toujours en demande.METHODE DE PIANO SARTORIO En quatre volumes Chacun $1.(10 Pièces arrangées de façon systématique et progressive, désignées pour poser des bases solides aux études musicales.LES ETUDES PROGRESSIVES DE LA COMPAGNIE WOOD Cinti Volumes Cluicun .75 Primaires, iOlémen i ;i ij-es.Supérieures.Avancées.La meilleure série d'études variées que I on puisse désirer OPERA GEM Trois itiluiiics ( '!¦ :ic-iiil .75 Arrangements faciles d'extraits d'opéras les plus connus.Appropriés pour l'étude et comme pièces de genre.D'exécution lacile et agréable.88, RUE ST.STEPHEN The B.F.WOOCl MUSIC CO.BOSTON, Massachusetts Octobre 1928 folklore du canada Collection de "La Lyre" ! Youppe! Sur la Rivière (Le p'tit bois d'I'ail) Nouvelle harmonisation de HENRI MIRO - I Par un dimanche au soir, m'en allant promener, Et moi et puis François, tous deux de compagne, Chez le bonhomme Gauthier nous avons 'té veiller; Je vais vous raconter l'tour qui m'est arrivé.Refrain: Youppe ! Youppe ! sur la rivière, Vous ne m'entendez guère, Youppe ! Youppe ! sur la rivière, Vous ne m'entendez pas.II J'y allumai ma pipe comme c'était la façon, Disant quelques paroles aux gens de la maison ; Je dis à Delima: "Me permettriez-vous De m'éloigner des autr's pour m'approcher de vous ?" (Au Refrain) III "Ah ! oui, vraiment, dit-elle, avec un grand plaisir.Tu es venu ce soir c'est seul'ment pour en rire; Tu es trop infidèle pour me parler d'amour ; T'as la p'tit' Jérémie que tu aimes toujours." (Au Refrain) IV Revenons au bonhomme qu'est dans son lit couché, Criant à haute voix: "Lima, va te coucher ! Les gens de la campagne, des vill's, et des faubourgs Retirez-vous d'ici car il fait bientôt jour !" (Au Refrain) V J'n'attends pas qu'on me l'dise pour la seconde fois, Et je dis à François: "T'en : viens-tu quand et moi ?Bonsoir, ma Délima, je file mon chemin !" Je men allais nu-tête, mon chapeau à la main.(Au Refrain) Prix l'unité : 25c le mois couiant.PRIX D'ABONNEMENT Six mois.$1.50 Un an.$2.50 Deux ans.$4.50 L'unité.25 Numéros des mois écoulés .35 Prîmes et récompenses sont données pour 5 abonnements ou plus.La manière la plus sûre de recevoir régulièrement "La Lyre", c'est d'être inscrit sur nos listes d'abonnée.Pour cela, W vous faut nous envoyer votre om et votre adresse, avec le montant de l'abonnement en timbres, chèquo au pair ou mandat poste.Adressez toute communication a : "LA I,YRE" 987 BLVD ST-LAURENT Téléphone : LANCASTER 1907 — Etant donné le caractère éducationnel de "La Lyre", un bon nombre de nos lecteurs désirent avoir tous les numéros.En conséquence l'envoi est continué après expiration de la période payée, à.moins d'avis contraire.CHANGEMENTS D'ADRESSE Tout avis de changement d'adresse doit nous parvenir avant le 15 du mois, accompagné de l'ancienne adresse.6e année — No 61 Montréal, décembre 192S A NOS LECTEURS Nous rappelons instamment à tous nos lecteurs que nous serions heureux de recevoir chaque mois des nouvelles de toutes les manifestations musicales, non seulement du Canada, mais aussi de la Nouvelle-Angleterre.Notre organe doit devenir l'organe musical officiel de langue française en Amérique.Mais cela ne peut exister qu'avec l'aide de tous les musiciens.Il serait particulièrement intéressant de connaître, par exemple, le programme exécuté pour les fêtes de Noël dans les différentes paroisses de nos grandes villes.Musiciens, adoptez "La Lyre".Faites-en votre journal.L'ALBUM MUSICAL DE "LA LYRE" A la demande d'un grand nombre de nos lecteurs, nous avons décidé de publier dans ce numéro la très populaire chanson "Youppe ! Youppe ! sur la rivière", avec un nouvel accompagnement de M.Miro."La Lyre" avait déjà édité cette chanson il y a quelques années, le succès fut complet et toute l'édition s'écoula dans peu de temps.M.Chs P.Rice a composé une belle mélodie, intitulée "Riez", que les fervents du chant voudront souvent chanter; les paroles sont de Mme Pauline Frechette."Danse Villageoise" pour piano, du compositeur franco-américain J.Devaux, et "Romanesques", valse, aussi pour piano, de Mme Corinne Dupuis-Maillet, complètent notre programme du numéro de décembre.Les numéros subséquents contiendront, en plus des chansons du folklore canadien avec des harmonisations nouvelles, des morceaux de violon, violoncelle, piano à deux et à quatre mains; romances, airs d'opérette et opéra, chansons comiques; gigues, reels et quadrilles de chez-nous pour piano et violon.La musique religieuse ne sera pas négligée: la direction possède plusieurs manuscrits pour orgue et chant d'église.En feuilletant la correspondance de nos lecteurs, nous avons constaté que tous n'ont pas le même tempérament artistique.D'aucuns demandent des compositions classiques et religieuses et d'autres écrivent en sens inverse.Comme il est impossible de satisfaire tout le monde, "La Lyre" s'est tracé une ligne de conduite, qui, nous l'espérons, conviendra à la majorité de nos abonnés.LA DIRECTION.Conservatoire National Nous apprenons, avec grand plaisir, que le Conservatoire National vient de faire l'acquisition de la propriété des Rév.Srs de Jésus Marie, rue Lagauchetière.Les 50 mille pieds carrés de cette propriété permettent d'envisager l'avenir le plus brillant.L'espace ne manquera pas de sitôt pour recevoir les élèves de plus en plus nombreux que nous souhaitons de tout cœur à cette institution, et pour installer les classes dans les meilleures conditions.Les Américains viennent en foule, chaque été, assister au Cours de français de l'Université McGill.Quand donc pourrons-nous espérer voir arriver à Montréal également, pour des cours d'été, tous les amis de la musique française si nombreux aux Etats-Unis.Montréal devrait être l'école préparatoire du Conservatoire Américain de Fontainebleau.Il doit être possible de s'entendre avec cette grande institution française, pour le plus grand profit de tous.Il y a échange de professeurs entre l'Université de France et l'Université de Montréal.Il faut arriver au même résultat entre le Conservatoire de Montréal et une des grandes Ecoles musicales de Paris: le Conservatoire National, l'Ecole normale de musique ou la Schola Cantorum de Vincent d'Indy.a Mâsôtntt Toujours ta lampe brûle.Et l'on raconte, Maître, Qu'une nuit, deux amants, couple obscur qui passait, Virent briller ta vitre et murmurèrent : "C'est." —Car on ne peut pas être amant sans te connaître;— Et qu'un double salut monta vers ta fenêtre, Fleur lancée à la fois du frac et du corset Sur la page inconnue où, là-haut, noircissait L'hiéroglyphe sacré du chant qui vient de naître ! Etait-il Des Grieux ?Etait-elle Manon ?.Qu'importe !.Deux amants, l'ombre, un baiser, ton nom.Ta lampe.Ah ! que Chénier eût aimé cette histoire ! Aucun laurier ne vaut, si doux qu'il soit au front, Le salut que toujours, en passant sous ta gloire, Tes amis les amants à ta lampe enverront ! Edmond ROSTAND. Montréal, Décembre 1928 Fernando Germani Organiste de l'Orchestre Augusteo de Rome et de l'Ecole Pontificale, qui donnera un concert à l'église Notre-Dame, le vendredi 28 décembre 1928, a 880 p.m.(entrée gratuite).Un virtuose Incomparable à 21 ans.Commença l'étude de la musique à l'âge de .'I ans sous Hajardi à l'Académie Sainte-Cécile de Rome.Etudia l'orgue avec Manari et Boss) et la composition avec Respighi.Membre de la Faculté de l'Ecole Pontificale.LISEZ "MON MAGAZINE" RCVO*.1.ilr lu Fnmlllr rl ilu Fur rr p:;;';;.canadiens - français Vous aurez dans un an: 24 Romans complets — 25 Nouvelles inédites — 25 Articles d'actualité — 200 Recettes de cuisine — IL' Pages d'illustrations — 25 Pages île travaux manuels — 2.i Modèles des dernières créations de Paris et New-York — 50 Pages de suggestions pour le foyer.Pour Ions les m.mi ii - de la la m II le A $2.00 PAR ANNEE — 25c LA COPIE il lu n «•.— h - ilri'ôl* il«- Journaux) "mon magazine" 1725 rue Si-Denis.Montréal Tél.Harbour 8216* UNE AUBAINE! Chaque numéro de l'Album .Musical con-licnt un beau choix que nous expédierons sur réception de 35 sous par album.Adressez vos commandes à "La Lyre", 987 boulevard Saint-Laurent.Montréal.No 12 Valse Caprice, piano.SPRANKLE-NEWLAND A qui mon coeur ?chanl.LECLAIRE-MIRO Swastika, piano .GEORGETTE TALBOT-ROBITAILLE No 14 Noclurne, piano.HENRI MIRO Notre Père, chant .Abbé CHAMPRE et L.RINGUET Si tu reviens, chant .L.R.BEAUDRY cl HENRI MIRO Chant d'Amour, piano.LEO LeSIEUR Cari.sima, valse pour piano .YVONNE FEUILTAULT-DION No 15 Air de Ballet, piano.OMER LETOURNEAU Romance, chant .F.X.CHOUINARD et J.R.TALBOT Tendre aveu, chant .Mme Y.FEUILTAULT-DION ouverture d'un studio de chant et piano 1531 rue St-Marc près Sherbrooke Madame Edmond Trudel Elève de Jane Bathori et de Gabriel Paulct.Professeur de Chant au Conservatoire de Paris ENSEIGNEMENT DU CHANT Monsieur Edmond Trudel Boursier du Gouvernement de Québec, élève de J.Nin.de Lazare, du Conservatoire de Paris, et des Cours d'interprétation d'Alf.Cortot à l'Ecole Normale de Musique de Paris /.\ S /: / G N h M EN T DU r I A N O LA PREMIERE DE "VOX POPULI" AU MONUMENT NATIONAL LE 6 NOVEMBRE DERNIER L'Association des Chanteurs de Montréal, avec le concours de l'orchestre de la Société Canadienne d'Opérette a obtenu un succès sans précédent, le 6 novembre dernier, dans la première exécution de la suite canadienne "VOX POPULI" de Henri Miro.La salle du Monument National débordait de spectateurs avides d'entendre nos chansons interprétées d'une façon tout à fait nouvelle et inattendue.La surprise a été générale et à la sortie du concert tout le monde était unanime à reconnaître le mérite de l'auteur pour son innovation.Notre folklore possède un grand nombre de mélodies très intéressantes, M.Miro les a traitées en maître et il a droit à toute notre reconnaissance."VOX POPULI" est une suite pour orchestre, soli et chœurs sur quatorze thèmes populaires canadiens-français.L'auteur a certainement choisi les plus beaux car sa suite est intéressante du commencement à la fin.Elle se divise en trois parties distinctes; la première: FANTAISIE, la deuxième: Andante avec variations sur le thème "ISABEAU S'Y PROMENE", et la troisième: FETE VILLAGEOISE.Un chœur mixte de 175 voix, la Chorale "Sacré-Cœur" de l'Ecole Meilleur composée de 60 enfants, six solistes (MMes Yvonne Thibodeau, Berthe Cabana, MM, Emile Gour, Hercule Lavoie, Chs E.Brodeur et Armand Gauthier), et un orchestre de 65 musiciens sous la direction du professeur Jean Goulet, telle était la composition de l'ensemble qui a interprété cette suite canadienne."VOX POPULI" est une innovation, les chansons de notre folklore canadien présentées de cette manière, ont un charme, un cachet particulier à notre race.Un mot maintenant, car notre espace est restreint, sur la valeur de l'œuvre."VOX POPULI" est un ensemble de quelques-unes de nos chansons, parmi les plus connues; l'auteur les groupe, les analyse, en tire tous les effets mélodiques, rythmiques et harmoniques possibles, et les traite à certains moments à la façon d'une symphonie.L'orchestre ne joue pas simplement un rôle d'accompagnement.Il a sa partie, qui est souvent prépondérante; il dialogue avec les solistes et avec les chœurs et tient sans cesse un rôle de premier plan.Cela tient au fait que les soli et les chœurs n'ont été ajoutés qu'après coup a.une œuvre destinée d'abord à l'orchestre seul.La partie orchestrale est agréablement variée et riche.On y rencontre des trouvailles orchestrales qui sont superbes d'originalité.Ainsi nous citerons "A la claire fontaine", "Vlà l'bon vent", "Alouette" et "Ah ! si mon moine voulait danser".Quant à l'andante avec variations sur le thème "Isabeau s'y promène", il est fort bien développé, si l'introduction symphonique est un peu courte; et le quintette et la finale en plain-chant sont d'une richesse d'harmonie vraiment remarquable.U fallait, pour rendre justice h cette œuvre d'envergure, un chœur et un orchestre souples .entraînés et dociles cà la baguette d'un directeur qui ait.de l'emprise sur cette masse.Disons tout de suite que les artistes de la Société canadienne d'opérette et de l'Association des Chanteurs, ainsi que les orchestres de ces deux sociétés artistiques ont fortement contribué, sous la direction énergique de M.Jean Goulet, à mettre en valeur l'œuvre de M.Miro.M.Goulet sut obtenir de cet ensemble formidable de 250 voix et de plus de 60 instruments une cohésion parfaite qui lui permit de nuancer sa musique à volonté.Les instrumentistes qui accompagnèrent occasionnellement les solistes en obligato furent tous à la hauteur de la situation, particulièrement le flûtiste.Quant à la chorale des enfants, elle paraissait faible et timide; mais il faut noter qu'elle était placée dans une position désavantageuse: encadrée entre l'orchestre et le chœur, elle se trouvait sur le même pied que l'orchestre et en arrière de lui et risquait fort d'être couverte par lui.U suffit de nommer les solistes pour savoir à quel point les divers soli, duos, quatuors, etc., furent rendus avec conscience et bon goût: Mmes Yvonne Thibodeau, Berthe Cabana, MM.Emile Gour, C.-E.Brodeur, Hercule Lavoie et Armand Gauthier.Ces artistes bien connus avaient été fort applaudis précédemment dans la partie concert du programme, où chacun d'eux chanta quelques pièces choisies de son répertoire.En un mot, l'œuvre et l'interprétation valaient la peine d'être entendues, et les acclamations qui se sont dirigées vers la loge de M.Miro étaient méritées.L'HOTEL DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE Le Conservatoire National de Musique est installé chez lui, et bien chez lui.puisqu'il s'est rendu acquéreur de l'édifice et de ses dépendances, grâce à la confiance qu'a eue M.Joseph Versailles dans la nécessité de l'œuvre, l'esprit d'initiative de son directeur, la valeur de ses professeurs.Il occupe l'immeuble qui porte le No 441 est, rue Lagauchetière, connu sous le nom de Procure des RR.SS.de Jésus et Marie.Les réfections nécessaires vont bon train mais les cours y ont commencé quand même vendredi de la semaine dernière.Le hasard a voulu que j'en fisse l'inauguration et c'était réjouissant de voir avec quel entrain les élèves du cours de théorie et des classes de chant de M.Arthur Laurendeau et de déclamation lyrique de M.Jean Riddez s'accommodèrent du désordre inévitable d'une installation rudimentaire pour le premier soir.Pendant la semaine, les choses ont peu à peu repris leur assiette, mobilier et pianos s'y installent rapidement: un orgue sera bientôt monté.C'est le succès garanti, vivant, qui ne demande plus que l'encouragement des pouvoirs publics pour se perpétuer.La propriété acquise par le Conservatoire comprend, outre les édifices, un vaste terrain que la direction a l'intention de consacrer au plus tôt à l'érection d'une spacieuse salle d'audition.Ce sera la solution du problème qui semblait indénouable de doter Montréal d'une salle de concert.Les plans en seront dressés dans ce but.Pour se conformer aux dimensions du terrain, on bâtira en hauteur, de sorte qu'il y aura deux ou trois balcons, peut-être quatre et, dans tous les cas, une scène capable de loger un grand orchestre et un chœur d'une couple de cent voix avec un grand orgue dans le fond.Le Conservatoire, existant par l'initiative privée, ne sera soumis à aucune entrave au sujet de la location de cette salle.Cela ne veut pas dire qu'il en demandera un loyer trop élevé, mais qu'il s'arrangera pour amortir, la dépense de construction et d'installation au plus tôt, tout en permettant à tous les groupes de l'occuper et d'échapper ainsi à l'obligation, qui prévaut aujourd'hui, de s'adresser aux théâtres.L'emplacement de l'édifice a de grands avantages.Il est dans une rue tranquille, assez proche d'une des principales voies de tramvrays, celle de la rue Saint-Denis pour être d'un accès facile, assez éloigné de cette voie pour n'être pas dérangé par le bruit.On ne saurait avoir d'objections contre le quartier dans lequel il est situé, car on peut y passer à n'importe quelle heure de la soirée sans danger aucun.Le choix fait par M.Eugène Lapierre est, je crois, des plus heureux car il réunit tous les avantages qu'offrirait une autre location à un coût probablement beaucoup plus élevé.* * * Les personnes qui auraient eu la tentation d'écrire sur l'histoire de la musique au Canada, apprendront avec joie que le directeur du Conservatoire songe à fonder une bibliothèque où elles pourront puiser à loisir la documentation qu'il leur faut.Cette documentation existe, mais elle est éparse dans des auteurs pour lesquels elle n'avait aucune importance.Il faut donc la chercher, ce qui n'est pas mince besogne.Le catalogue que dresserait le Conservatoire, une fois mis au point, permettrait de trouver au long d'ouvrages de plusieurs volumes les quelques lignes de renseignements dont on a besoin.Une section de cette bibliothèque serait réservée aux partitions autographes de nos auteurs et la générosité des collectionneurs aidant se meublerait vite d'une foule de manuscrits intéressants.Ceux qui ont publié des œuvres seraient les premiers à faire cadeau à l'école de quelques partitions gravées.Un musée d'instruments viendrait de lui-même s'ajouter au fonds de la bibliothèque qui deviexrdrait vite une institution fort recherchée.Je crois savoir que le directeur a déjà reçu des offres de livres, de partitions, d'autographes, de portraits, de manuscrits et que ce n'est pas tant les collections qui le préoccuperaient que la façon de les loger d'une manière définitive, accessible et invitante, à l'abri de toute détérioration.Frédéric PELLETIER.(Le Devoir.) MADAME CEDIA BRAULT Nous aurons le plaisir d'entendre Madame Cédia Brault dans "Carmen" au Théâtre St-Denis.Le succès que cette excellente artiste a connu lors des représentations du même opéra avec le fameux ténor Sullivan, est.encore présent à nos mémoires.Tout Montréal se doit d'aller applaudir, à nouveau, notre compatriote, que nous admirons si souvent au concert. 6 PAUL DOYON Depuis son retour d'Europe.M.Paul Doyon ne nous a pas donné bien souvent l'occasion de l'entendre à l'orgue, où il est plus à son aise qu'au piano.Sa technique est mieux qu'ordinaire, mais parfois son interprétation laisse à désirer.Sous ce rapport, le Cantabilc de Widor, bien que toujours charmant, aurait semblé encore plus beau si l'organiste ne s'était pas permis certaines fantaisies de mesure, certaines pauses trop prolongées qui ont donné à cette pièce une allure sautillante qui lui sied mal A un autre point de vue.la fantaisie et fugue en sol mineur de Bach a manqué de clarté à certains moments.En retour d'autres œuvres, le Prélude, fugue et variations de César Franck, par exemple, ou le Divertissement de Vierne, ont reçu une exécution exacte et ont révélé sous leur meilleur Jour les qualités réelles de l'interprète.On peut en dire autant de la lien ruse de ce dernier auteur qui, bien que jouée d'une manière trop personnelle, l'a été dans un juste moment et avec beaucoup de goût.Quant à la merveilleuse Pastorale de César Franck, s'il y a mieux comme exécution, il y a souvent pire.De deux arrangements du Coucou de Daquin et de Swur tlOniQlU de Couperin, en rappel, le premier comerve à l'orgue beaucoup de légèreté et même plus de réalisme: on dirait un vrai coucou; le deuxième lui est inférieur.Mademoiselle Gertrude Doyon possède un organe agréable qu'elle traite avec beaucoup d'habileté, comme il convient d'ailleurs à un professeur et que tous, hélas ! n'ont pas.Son programme était composé d'œuvres choisies pour mettre en relief la légèreté de la voix de la chanteuse, exception faite toute tôle dea mélodies de M.Rodolphe Mathieu auprès duquel Kavel et Hué paraissent presque classiques M.Mathieu a d'ailleurs reçu un accueil excellent qui s'adressait aussi bien uu compositeur qu'à l'accompagnateur.M, Doyon.au piano pour ici autres accompagnements, a su adoucir son doigté un peu dur par une discrétion pleine d'à-propos.Ce fut, en somme, une soirée très agréable dont chaque exécution a été saluée par des applaudissements chaleureux.Romain-Octave PELLETIER.RECITAL DE M.BENOIT POIRIER Organiste à Notre-Dame.Le génie du grand musicien que fut Bach, l'art du splcndidc carillonnent- que fut Van der Gheyn.la mélodie où se mêlent lu tristesse et la tendresse d'une pièce de Franz Schubert, une ''Marche Pontificale" de Char-Ies-Marie Wldor.une pièce très lyrique d'Amédée Tremblay, un allegro de Lonis Vlerue.où un mouvement allègre aux con-lours harmonieux tout en usant avec discrétion de procédés neufs, reste soucieux île lu forme classique, voilà ce qu'interpréta sur les grandes orgue< de Notre-Dame, le sympathique organist.- Ilenoit-F Poirier Aprèi la "Fugue" de Bach et la "Marche Pontificale" de Wldor, les pièces de Vierne il Schubert furent particulièrement bien appréciées.Cependant une pièce de M.Poirier, intitulée "Basso Ostlnato", un morceau polyphonique genre "Pussacallle", mérite une mention tout spéciale Somme toute, récital magnifique, comme nous voudrions entendre plus souvent le titulaire de Notre-Dame nous en donner le régal GERARD G.GUAY Organisateur de concerts 30, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal M Guay.le représentant exclusif de "La Lyre" dans l'Ouest canadien et l'Ontario, désire souhaiter une Bonne et Heureuse Année à tous ses clients et amis II espère crue vous êtes satisfaits.Tel que promis lors de son passage l'été dernier dans l'Ouest canadien et l'Ontario, vous devez recevoir "La Lyre" régulièrement.Pour plus amples détails à l'expiration de voire abonnement, veuillez communiquer Lavec lui, et il sera toujours à votre entière disposition.UN BEAU CHANTEUR LOUIS GRAVEL A QUEBEC Notre jeune et déjà distingué chanteur.Louis Gravel, nous revient après un long séjour de quatre ans d'études vocales, en Europe, sous la direction de professeurs des plus autorisés: M.Rouard.de l'Opéra do Paris et Mlle Gamier, de la Scala de Milan, tous deux résidant à Paris.C'est sur le conseil de Delmas que Gravel s'adressa à Rouard qui reconnut en lui un sujet d'élite et lui prodigua les avis les plus assidus.Gravel, après un labeur persévérant, est aujourd'hui en pleine possession d'un organe que tous les critiques musicaux s'accordent à déclarer de première valeur: éclatant et souple, personnel, à l'émission franche, à la diction pure et nette.Ajournant des offres alléchantes qui lui étalent faites, il a voulu se retremper à l'air du pays natal (Gravel est natif de Beaupré.I II vient s'établir à Québec et cou-, mi à prendre uu nombre limité d'élèves.Cependant sur les instances d'amis, il consent à donner quelques concerts et s'apprête à faire la tournée par la province au cours de l'hiver Nos populations auront donc le grand plaisir et uussl le profit d'entendre un des nOties dans une série d'oui vres des plus intéressantes.De plus amples détails seront donnés sous peu.Gravel aura son studio, rue St Louis, 75, non loin du Chàteau-Frontenac.Nous souhaitons la plus cordiale bienvenue à ce chanteur qui déjà même, avant son stage en Europe, s'était conquis un belle place dans l'estime des amateurs.Montréal, Décembre 1928 RETOUR DE PARIS MONSIEUR TRUDEL OUVRE UN STUDIO Monsieur Edmond Trudel, chef d'orchestre de la Société d'Opérette de Québec, que nous avons applaudie au Princess, a ouvert un Studio pour l'enseignement du piano au No 1551 rue St-Marc, près Sherbrooke.Travailleur opiniâtre, notre compatriote nous arrive après 10 ans d'études très sérieuses, avec les plus grands maîtres.Il est prêt à faire profiter ses élèves de son ardeur et de son expérience.Madame Edmond Trudel.excellente chanteuse, qui a suivi également les cours des meilleurs maîtres, ouvre à la même adresse, un cours de Chant.Souhaitons à nos distingués compatriotes tout le succès que méritent leur talent éprouvé et leur travail consciencieux.M.LE Dr A.-J.HARPIN DONNE SA DEMISSION // quittera le poste de direeteur.soliste de l'église Plymouth, aines vinat-iiiiatrc an.nées rie service.M.le Dr Adélard-J.Hurpin.directeur et soliste liasse à l'église Plymouth pendant plus de vingt-quatre ans.vient de donner sa démission au comité de musique de l'église précitée, après plusieurs années de service.Ce n'est pas sans regret que le comité a accepté la démission de M.Harpin qui.grâce à ses connaissances musicales et à sa compétence comme directeur et organisateur, s'est fait une réputation enviable dans le monde musical II était très estimé des membres du chu'iir de l'église Plymouth, et ceux-ci n'ont Jamais manqué une occuslon de lui témoigner leur reconnaissance.On sait que M le Dr Harpin a accepté la charge importante de directeur du chreur de chant de la paroisse Notre-Dame, lequel comptera une centaine de membres pour l'Inauguration de la nouvelle égllset M.GUILLAUME DUPUIS M.Guillaume Dupuls, maître de chapelle à Notre-Dame, vient d'être nommé professeur de solfège au collège de Montréal.Nos félicitations.Mlle ALICE RAYMOND Les élèves île Mlle Alice Raymond onl pris part au concert pour l'ouverture de la kermesse du Bon Pasteur.M»* FLEURETTE BEAUCHAMP PIANISTE Rc-cltala vt Concerts Tiso st- iiikk.kt Tél.: fui.nom Tél.: llrlulr tari m"« m.r.descarries Concern et IUclt»l, imo HAIST iikmh, Apt, ii.MiiNTUK.VI.PROP.j.j.goulet l-iiiirtut tin I uii-rrt iiluirr Km ni île Mii-Ii.up I.lr«r, llrlcliiiie Profeaaeur au Mont-8alnt-Loula et ft l'Académie 8t-Patrie* — Chef d« Mualque "Lea Caratilnlera Mont-Royal" — Directeur dea coura da aolfège au Monument National, Conaell dea Arta at Manufacturée.Tel It.-Uilr MHS B.I\ No 810, Mut Ion H m0 Kl E SAINT-DENIS, MONTREAL Montréal, Décembre 1928 LA PORTE SAINT-MARTIN AU THEATRE PRINCESS L'inoubliable semaine.Nulle part, en France, des artistes de la valeur de Joubé, Rouer, Bourdel, Joffre n'ont entrepris la tâche écrasante de jouer, chaque jour d'une semaine, des pièces différentes de genre et de caractère.Et surtout, parmi ces pièces: Chantecler, Le Cid, l'Aiglon, Cyrano.Louons, sans réserve, la haute probité des artistes, leur valeur incontestable qui ont permis au public montréalais d'assister à des spectacles d'une qualité si rare dans notre bonne ville.M.Gauvin a continué cette année a nous amener une troupe de première valeur qui ferait les délices- de n'importe quelle grande ville française aussi bien que les délices de Paris, où, à part les théâtres subventionnés, l'on ne peut payer des talents pour les bouts de rôle et la figuration.Nous devons lui savoir gré de ses efforts et engager le public à remplir les salles quand il nous invite à pareille fête.Doit-on attribuer, à l'éloignement de l'est, l'échec du Théâtre His Majesty ?Vraiment non.La bourgeoisie canadienne-française habite Westmount, Outrement et Notre-Dame de Grâce Si les habitants d'Outremont ont 5 minutes de trajet en plus pour aller au His Majesty, par contre ceux de Notre-Dame de Grace et de Westmount on ce même inconvénient pour aller au Princess.Quant à l'Est de la ville s'est-il préoccupé de la troupe Gauvin sérieusement ?Il y a un critérium certain pour justifier ma réponse.Quels jours les tramways ont-ils réellement été insuffisants à, la sortie ?J'ai toujours trouvé de la place et uu siège, chose qui n'arrive pas la semaine des grands films au Capitol ou au Palace.Souhaitons donc au plus tôt la construction d'un théâtre digne de notre métropole dans un endroit central, où les critiques n'auront plus cette facile raison d'excuser leur absence.Souhaitons aussi une bourgeoisie consciente de ses devoirs, et encourageant les bons spectacles donnés dans sa langue maternelle).Que les Artistes qui nous quittent conservent un bon souvenir de notre pays, et que notre Ministre des Beaux-Arts dédommage M.Gauvin de ses efforts.-— o- LA TROUPE D'OPERA DU SAINT-DENIS Il est réellement malheureux que la Direction qui nous a valu d'aussi beaux spectacles que la Veuve Joyeuse, Manon, Faust, ait dû passer la main.La somme d'efforts nécessité par la mise en train d'une pareille oeuvre, est énorme, et les vrais amateurs de musique, qui ne s'occupent pas des personnes mais de la qualité de ce qui leur est offert, regretteront la fin si brusque de la Direction Brassard et Cie.Heureusement pour les artistes étrangers, aussi bien que pour nos compatriotes des choeurs et de l'orchestre, la séance continue: Le Roi est mort, vive le Roi.Monsieur Cardinal donne à ses risques, le programme établi par ses prédécesseurs.Sachons-lui gré de son geste.Il faudrait à M, Cardinal les conseils de gens d'expérience, car il n'est plus permis après l'expérience de la Veuve Joyeuse et de Manon de dire que le public ne répond pas.Le public répond mais il veut être bien traité.Il faut que M.Cardinal se rende compte que pour réussir il lui faut un orchestre répétant souvent, pour concurrencer au moins ceux du Capitole et du Palace.Des choeurs aussi nombreux que ceux de La Société Canadienne d'Opérette.Plus nombreux même, vu la grande différence de la salle.Je sais que c'est de l'argent que 40 choristes en scène, bien stylés, bien habillés) Mais le public ne paiera pas pour avoir moins qu'ailleurs.Que M.Cardinal assiste aux opérettes américaines qui passent dans nos théâtres de l'Ouest.Il faut arriver, non pas à faire aussi bien tout de suite, mais de plus en plus à.les imiter.Nous avons des voix plus belles que celles que nous amènent ces troupes et il est facile de trouver pour nos choeurs des personnes aussi jolies.Alors pourquoi ne pas créer ce choeur qui serait la moitié du succès ?Reste les interprètes ?Pour nous, la question de faire venir des artistes de profession ne se discute pas.C'est une nécessité pour de nombreuses années encore Mais ces artistes devraient tous être doublés par des artistes de chez nous, qui dans les matinées, et quelques fois dans les soirées, remplaceraient leurs aînés.C'est l'émulation qui créera le théâtre national, dont on parle toujours sans vouloir jamais l'effort nécessaire.Nos artistes locaux ont besoin de leçons de diction et de mise en scène.La meilleure façon de leur faire comprendre cette nécessité, est de les faire jouer après un artiste de métier en alternant les représentations.Cette méthode donnera des résultats certains et immédiats.Dans deux saisons nous aurons chez nous des interprètes très convenables et le moment de par 1er du théâtre national serait arrivé.Non pas qu'il faudra se passer de vedettes, oh ! que non pas; mais on pourra faire comme ailleur : avoir la troupe régulière des artistes locaux et, durant la saison avoir en représentation quelques artistes de grande valeur pour interpréter tels ou tels rôles et tenir en forme notre monde.M.Cardinal a le théâtre nécessaire pour pareil effort.L'acoustique est certainement défectueuse au St-Denis, mais il en est de même ailleurs.Le Monument National, le meilleur sous ce rapport, est mal situé et la crainte du feu éloigne la majorité du public.Au St-Denis il y a une scène très vaste.Si l'on refaisait la place de l'orchestre en l'augmentant et en surbaissant le plancher on pourrait avoir des spectacles très beaux et faire courir le public comme au temps de Foix et Servatius.L'effort devrait dès maintenant être annoncé pour 4 ans au moins, afin de permettre à nos jeunes gens de travailler avec certitude d'être rémunérés d'une partie de leurs déboursés, dès le début.Il serait possible de monter un spectacle mensuel pour les tenir en haleine entre les saisons régulières.Il existe une quantité de pièces- en 1 acte pour lesquels nous trouverions sur place tous les éléments nécessaires.Le répertoirre d'Opéra Comique français, qui n'a jamais été touché, offre des possibilités sans limites pour intéresser notre public.Mais encore une fois donner des spectacles entièrement au peint.Ne pas permettre de représentations comme la première de la Périehole.Pour nous, ça été le commencement de la fin.Habiller convenablement choristes et artistes, soigner les décors et le succès est au bout.Dans les pièces interprétées le public a toujours fêté, et avec raison, Mesdames Dietz et Lambert et MM.Payan, Marcel, 7 Guénot, Du Pont et Nicolesco ont été fort applaudis Parmi eux Mesdames Brosseau, Daoust, Delage, Gareau, Robichaud n'ont pas fait mauvaise figure.Le public saura gré à M.Cardinal d'avoir engagé Madame Cedia Brault pour chanter Carmen.Nous l'avons entendu avec O'Sulli-van, dans ce même opéra, et nous en avons gardé un excellent souvenir.Il y a, à Montréal, d'autres artistes que M.Cardinal pourrait engager pour éviter des représentations des "Cloches" avec un ténor sans voix et sans jeu, ou du "Petit Duc", alors que M.Guenot, très mal en point ne pouvait ni chanter ni même dire convenablement le poème.Le public mérite mieux.L'opérette et l'opéra lui plaisent c'est certain, l'expérience est faite.Alors que nos impressarii fassent en sorte qu'il n'en perde pas le goût.L'opéra coûte cher, il faut demander des prix sérieux à la porte, mais en revanche il faut en donner pour l'argent.Pour nous l'opéra existera en autant qu'il sera bien présenté.Ce sera un four noir si l'on veut se moquer du public, et il en coûtera bien cher pour remonter la pente si une fois on la descend.LES CHANTEURS DE NOTRE-DAME Le parti aux huîtres de cette Association a eu lieu vendredi dernier et cette fête réhaussée par la présence des Messieurs de St-Sulpice a remporté un succès considérable.Après le discours de bienvenue de M.Guillaume Dupuis, M.Hercule Lavoie, président du Comité d'organisation, sut en des termes choisis présenter à M.le curé Maurault une superbe photographie des Chanteurs de N.-Dame.Durant la soirée, M.W.Donat, magicien, M.Loiselle, diseur, ainsi que MM.Emile Gour.Chas Brodeur, P.Mireault et R.Millier furent très applaudis.Bref, cette réunion de famille a servi à démontrer l'enthousiasme qui règne à Notre-Dame, et il est permis d'espérer que le concert religieux et profane qui sera donné à la fin de février sera apprécié des connaisseurs.REPARTIE DE WAGNER L'intendant du théâtre Royal de Stuttgart se refusait obstinément à.jouer les opéras de Wagner pour la simple raison que ceux-ci étant très longs coûtaient trop de gaz à l'administration.Pressé par les abonnés qui réclamaient les oeuvres du grand musicien, l'intendant alla trouver Wagner et lui déclara qu'il était prêt à monter "Tristan et Yseult" s'il voulait consentir à retrancher de son opéra une demi-heure de musique.— Impossible ! s'écria le compositeur, je ne ferai aucune coupure et je ne permettrai à aucun prix qu'on omette une seule note de mon opéra.— Mais pourquoi donc ?demanda l'intendant Gunzert.Se penchant vers son interlocuteur.Wagner lui répondit d'un ton confidentiel: — Que ceci reste entre nous, cher directeur: je suis un des gros actionnaires de la Compagnie du gaz ! "La Lyre" est un excellent médium de publicité.Annoncer dans "La Lyre", c'est s'assurer des résultats excellents à tous points de vue.Profitez-en ! 8 Montréal, Décembre 1928 TRIBUNE LIBRE UNE LETTRE DE M.RIDDEZ En réponse à l'extrait des journaux français sur l'art du chant, publié dans notre dernier numéro.Ire QUESTION — DOIT-ON ETRE MUSICIEN ?Comme si la question devait se poser.Parbleu ! il faut être musicien: pour exécuter intégralement les signes du langage de la musique, comme il faut savoir connaître les règles de la phonétique pour savoir prononcer les mots du langage.Mais qu'entend-on par "être musicien" ?Est-ce savoir écrire de la musique ?s'accompagner au piano ?— Il y a beaucoup d'harmonistes, de pianistes et beaucoup d'autres choses en istes qui voudraient bien qu'on l'exige des professeurs de chant.Pour être un chanteur probe et honnête il faut savoir lire la musique: et j'entends par là, non seulement le nom des notes, leurs valeurs et leurs intonations, mais comprendre ce que signifie une phrase musicale, même sans le secours des mots, (a fortiori quand la musique les exprime).Mais même quand les mots n'y sont pas, il faudrait peut-être savoir en mettre qui illustrent la pensée contenue dans une phrase musicale qui doit logiquement avoir un commencement, un milieu et une fin."Etre un bon lecteur", dit Legouvé, "c'est être un bon critique"; c'est savoir trouver le caractère, le style, la couleur, à donner à l'interprétation d'une oeuvre.S'il s'agit d'une partition de théâtre, lire, c'est pouvoir imprimer à chaque personnage le poids de son âge, le caractère de sa fonction, de son état d'âme, évoqués par le rythme et le contour de la phrase qui précède généralement son entrée en action ou dans les interludes qui relient les différentes actions entr'elles.Dans l'exécution d'un lied ou d'une m'élodie, il faut que le musicien sache trouver et créer l'ambiance de l'heure, du lieu ou du temps et en imprégner ses accents, vivre le ou les personnages qu'il doit interpréter.Voilà des moyens et des qualités qu'on trouve assez rarement chez les chanteurs qui pratiquent le mieux la lecture à vue qui est une faculté intéressante mais pas du tout indispensable — ni artistique — qui ne saurait conséquemment être judicieusement imposée.J'ai eu pour camarades des chanteurs qui s'accompagnaient et qui auraient pu me dire les notes que je pouvais écraser en m'as-seyant sur le piano; j'en ai connu un en-tr'autres (Premier Prix de piano et d'harmonie du Conservatoire de Paris) qui faisait le désespoir des chefs d'orchestre qui étaient chargés de présider à ses exécutions: son inconscience artistique était notoire.— "Dans exécution, on peut lire assassinat", déclarait le maître Saint-Saëns.Disons donc en toute conscience artistique, qu'il faut être musicien pour prétendre interpréter, ou faire interpréter la musique.S'il faut une excellente oreille ?Quand ce ne serait que pour chanter juste et apprendre à le faire à ceux qui ne savent pas.— U faut savoir discerner quand c'est faux — et signaler pourquoi c'est faux ! Quel est le vice d'émission, cause du manque de justesse; on peut chanter juste en tant que hauteur de son et faux harmoniquenient parlant pour commettre des sons qui n'épousent aucune des harmoniques de l'accord; je veux dire en produisant des sons d'une certaine dureté ou revêtus d'éclats métalliques dûs à des systèmes d'émission (je dis système et non méthode) qui cherchent des appuis — gutturaux, palataux, nasaux, buccaux, etc.Ces systèmes d'émission donnent à ces sons des timbres impurs ou impropres à épouser, à traduire le caractère, le sentiment, l'esprit qui peuvent animer un personnage ! — Il faut nécessairement une oreille avertie pour constater qu'ils expriment faux même en chantant juste, pour en déterminer les causes et après, chercher avec l'élève les correctifs à leur complète adaptation musicale.Conséquemment, je crois fermement qu'il est indispensable au professeur d'émission de connaître parfaitement le mécanisme de la voix.Les effets de pédagogie égarée ne sont dus pour moi qu'à l'ignorance de ceux qui prétendent corriger nos défauts en nous offrant leurs plus ou moins grande perfection ou aptitudes naturelles à commettre des sons harmonieux plus ou moins justement pensés: car on peut savoir faire de très beaux sons qui n'expriment rien.U y a beaucoup de professeurs qui n'ont même rien à offrir que leurs réalisations sussurées à bouche fermée ou imagées à l'aide du piano.Ce sont ces professeurs-là qui exigeront bien entendu que le professeur de chant sache accompagner.Comme si un professeur qui accompagne avait le don d'ubiquité; il ne peut pourtant pas être en même temps exécutant et critique, il ne peut en jouant, et surtout en interprétant les notes et l'esprit de la musique, discerner, analyser, observer la nature des sons de son élève pour pouvoir lui signaler le manque d'emploi de ses ressources, ses imperfections, ses prodigalités, ses impuissances.Disons donc qu'un professeur conscient doit s'abstenir d'accompagner, pour être tout entier à son véritable rôle d'observateur et pour pouvoir souvent spontanément offrir le correctif par l'exemple, quelquefois même après avoir donné préalablement la caricature du mauvais son.Rien ne développe le goût de l'élève comme lui offrir l'image du ridicule de certains sons, de fausses attitudes, d'expressions allant à l'envers de leurs buts.U n'est pas deux manières d'enseigner avec fruit.U faut, pour enseigner, non pas avoir su, mais savoir toujours chanter pour demeurer un exemple, un exemple de l'esprit de la méthode qu'on prétend professer, cela va sans dire.La méthode sans preuve, ou la preuve sans méthode, ne saurait être considérée comme un enseignement.Il ne s'agit pas de faire chanter ses élèves à son image, je veux dire en les incitant à la stricte imitation, car il faudrait à l'élève des moyens identiques à ceux de son maître: Cent élèves, dit-on, quatre-vingt-dix-neuf natures différentes, cela n'implique pas, comme le concevaient, et le conçoivent nombre de maîtres qu'il doit y avoir cent méthodes différentes, une adéquate à chaque élève.Sur ces cent élèves, il n'y en aura point un doté d'un muscle de plus ni de moins que l'autre, et je parle du plus mal au plus doué.Non, la nature admirable a donné à chacun de nous les mêmes facultés et moyens de faire agir nos muscles pour peu qu'on nous en révèle leurs fonctionnements, si notre éducateur sait nous montrer les vices, (non de construction ou de mal façons de nos organes) mais ceux causés par notre maladresse initiale à vouloir fausser l'œuvre de la nature en imitant journellement des personnes douées différemment que nous-mêmes.Les professeurs qui n'enseignent pas, comme au Conservatoire de Paris, à une sélection de doués, rencontrent assez fréquemment dans leurs studios, ces éléments qui se croient ténors et que la culture saine de leurs voix révèlent quelquefois basses profondes; et il n'est point rare de recevoir un baryton impuissant à monter qui désire devenir basse et que l'examen vous révèle ténor, à la voix cristalline.Savoir diagnostiquer, déterminer la véritable nature d'une voix, c'est peut-être la partie la plus sérieuse, le critérium le plus sûr de la compétence de l'éducateur vocal.Savoir reconnaître la nature d'un timbre même quand il est maquillé des empreintes de pratiques ou d'habitudes erronées, ou concevoir que certaines inaptitudes ne sont dues qu'à l'ignorance.J'ai quelquefois, eu une seule leçon réussi à faire donner à l'élève des moyens qu'il cherchait depuis de nombreuses années, sous différents professeurs.Il serait difficile d'exposer de manière suffisamment succinte tant de questions qui demanderaient le développement d'un livre, livre que chaque éducateur devrait pouvoir, sinon savoir écrire, fruit de son expérience journalière et de ses recherches qui doivent être inlassables.S'il y a inaptitude chez certains grands artistes à ces facultés, ils devraient convenir qu'ils seraient nécessairement moins bons professeurs, malgré la vertu de leurs exemples."II ne suffit pas d'avoir su fréquenter le chemin de la vérité," pour y faire entrer les autres, il faut pouvoir les aider à corriger leurs défauts en cultivant leurs qualités, pour mériter d'y entrer à leur tour.On ne conçoit pas qu'on puisse signaler journellement que le chant mal enseigné, est non seulement cause de la perte de santés vocales, entraînant souvent celles des santés physiques, si on ne réclame des Docteurs de la voix, le certificat d'exercice légal de la pratique de leurs métiers, de leur art et le certificat d'aptitudes pédagogiques, qui seul pourrait les sauver de la concurrence du charlatanisme, des empiriques, l'exerçant illégalement.Oui, il y a des titres beaucoup plus sérieux que d'avoir chanté quinze ans des rôles de premier plan sur des scènes de premier ordre pour être un véritable professeur de chant.Mais ces titres nos camarades les plus cotés artistiquement ne sont pas prêts à vouloir les établir, sachant trop que la compétence pédagogique n'est nullement exigée du Conservatoire de Paris pour y être appelé à professer; qu'elle ne saurait s'établir que par un Concours auquel la plus grande majorité se refuse et sans doute pour cause, préférant continuer à voir tous les marchands s'établir dans leur Temple, plutôt que de réclamer et d'obtenir qu'une commission compétente des plus hauts parmi leurs pairs, désigne au Conseil supérieur du Conservatoire les classements de leur Concours, au lieu de voir les 19/20 de ce Conseil s'en remettre au choix du Directeur pour nommer les postulants. Montréal, Décembre 1928 Monsieur Rabaud est incontestablement un grand musicien, mais il ne verrait pas sans surprise le dit Conseil lui désigner les candidats au mérite du Prix de Rome, pour cela, il convoque la section musicale de l'Institut, où sa voix n'est même plus prépondérante.En tant que juge à la nomination d'un professeur de cbant, sa compétence est très recusable pour déterminer les valeurs pédagogiques d'aucun d'entre nous en matière d'enseignement vocal puisquil n'a même pas la curiosité intéressée d'éclairer sa religion sur nos valeurs respectives à l'enseignement par la faculté qu'il pourrait nous accorder à lui exposer notre esprit de méthode et les prouves irréfutables de nos exemples à mettre à son appui.Combien de professeurs parmi ceux qu'il a nommés sont à chercher leur pédagogie depuis le jour de leur nomination, et combien parmi eux enseignent aujourd'hui ce qu'ils n'ont jamais fait durant leur carrière.Oui, il faudrait qu'un professeur connaisse toutes les méthodes comme un prêtre peut connaître toutes les religions, mais non pas pour aller prier ou faire prier à tous ces cultes.C'est bien ce que craignirent les J.B.Paure, Jean de Rezké, Edmond Clément Oui, ils furent sollicités d'aller enseigner au Conservatoire de Paris.Ils auraient accepté cette tâche dont ils étaient si dignes à une seule condition.C'est que leur Culte serait unique -— ils voulaient créer la Basilique du Chant d'où seraient sortis éduqués, initiés tous les Prêtres présents et futurs nourris de la Foi, en des commandements qu'ils estimaient uniques et universels, car il n'y a pas deux façons ou deux méthodes pour bien chanter — que ce soit pour l'Italie, l'Allemagne, la Russie.Bien chanter, c'est pouvoir exécuter et interprêter intégralement la musique, goût et stylisation à part si on veut, pour demeurer sur le terrain de la technique vocale.Us ne consentaient pas à l'orthodoxie personnelle de chaque chapelle.Ils voulaient un seul culte, une seule église et des prêtres officiant une fois par semaine à tour de rôle pour tous les fidèles: une fois par semaine, un des professeurs des S classes aurait fait une classe ouverte à tous les élèves du Conservatoire.C'était bien choisir la meilleure arme pour chasser l'incompétence.Ce que doit savoir un professeur ?Mais son métier, son art et tout ce qui se rapporte à son art).Il ne doit pas plus être ignorant d'histoire de la Musique que d'Histoire de l'Art, que d'Histoire tout court.L'Histoire ancienne, moderne, contemporaine ne doivent pas plus lui être étrangères que celle des littératures des civilisations hindoue, égpptienne, grecque, romaine ou européenne' Il peut être une encyclopédie vivante à consulter pour ses élèves, mais, ce qu'il importe avant tout qu'il connaisse ce sont tous les secrets de son métier, voir même l'histoire des plus grands chanteurs éducateurs, il faut que l'élève trouve en lui un homme de métier accompli, puis-qu'avec beaucoup de métier on arrive encore qxielquefois à rendre faiblement ce qu'on sent bien fort.Il faut qu'il arme la jeunesse contre les écarts, les exagérations, qui peuvent ruiner le capital voix.Une trop grande émotivité peut à elle seule ruiner la plus belle voix.C'est à l'école qu'où devrait être instruit des moyens de se défendre au théâtre.On ne conçoit pas que des cas signalés comme très fréquents d'élèves entrés au Conservatoire avec des voix en sortent après quatre années d'études avec des moyens altérés plutôt que cultivés et développés sous la tutelle et la direction de professeurs qui les exercent tous les deux jours.A cet âge, il semble qu'un enseignement bien gradué devrait amener à tout coup une progression.Oui, Monsieur Mangeot, aidez le chant eu Grand'Pitié depuis Monsieur Tenroc qui s'en fit le défenseur en instaurant l'ordre des Maîtres du Chant français.Pour cela, défendez ses véritables serviteurs.Réclamez pour eux qu'on établisse leur droit à obtenir leur brevet de compétence, que leur Doctorat ne s'obtienne pas à la Loterie des titres.Les titrés, véritablement compétents n'ont rien à craindre.Leurs titres ne feront qu'ajouter à leur compétence.On les croira d'autant plus et mieux.Mais qu'on fasse que notre classement seul nous condamne à l'exil, si nous le méritons — mais point l'arbitraire, la routine, l'incompétence.La question pour moi, primordiale du chant, c'est celle du souffle Qui nous enseigne ou nous enseignera à respirer ?Où enseigne t-on à le pomper ?Pas besoin — l'air est assez lourd pour arriver au plus profond de notre organisme, sans appel, par son propre poids, si on n'y met obstacle maladroitement.Aussi, on pourrait dire logiquement que tout le monde sait effectivement respirer.Pourtant, c'est le fonds qui manque le plus.Mais, qui nous apprend à sphynter notre glotte pour garder toute la mensuration de notre souffle dans le débit ?Qui nous apprend à ne pas excéder sa capacité sans risquer de nous faire des hernies de la voïx ?Pas de souffle, pas de vie; pas de vie, pas de voix, pas d'art.Le souffle est avant que d'être le générateur de la voix, le moteur de l'expression faciale, de l'attitude, du geste.Cette base de culture est absente de toute notre éducation artistique.Les méthodes invitent et conseillent sa recherche mais ne nous proposent aucun moyen effectif de culture.Là encore et toujours c'est à l'élève à créer son système, qu'il cherchera à imposer à tous ses élèves lui fussent-ils diamétralement opposés comme nature, s'il devient éducateur à son tour.Jean RIDDEZ.UNE LETTRE DE M.D.BARIL Montréal.14 novembre 192S.Monsieur le Rédacteur de La Lyre, Cher Monsieur, J'ai lu dans votre numéro de novembre 192S, l'article intitulé: "La Porte St-Martin au Théâtre His Majesty", qui malheureusement, n'était pas signé.Je regrette avec l'auteur, si ce qu'il dit est vrai, que les artistes de La Porte St-Martin n'aient pas eu une assistance plus nombreuse, mais à qui la faute ?Je ne suis pas d'opinion que c'est notre bourgeoisie qui doit eu porter la responsabilité.Depuis quelques années les organisateurs d'opéra et d'opérette, donnent trop d'importance, il me semble, à certaines troupes qui n'en valent pas la peine Et, quand parfois, il s'en trouve une bonne, il arrive ce qui est arrivé à His Majesty, que peu de personnes veulent voir et entendre ce qu'ils croient n'exister que dans l'annonce et la réclame.La semaine dernière je suis allé à un théâtre (que je ne nommerai pas) où on jouait de Vop&rette.L'assistance était nombreuse, mais c'était tout; et, si tous ceux qui étaient là ont été émerveillés comme moi, je n'ai pas de doute qu'ils vont être plusieurs jours, si non plusieurs semaines, avant d'y retourner.Une femme aux allures mâles dirigeait le tout et.la souplesse de sa direction, qu'elle donnait de la main droite, n'était égalée que par la force qu'elle mettait dans sa main gauche à accorder, sur le piauo, les désaccords de l'orchestre et du chant: cependant, on intitulait cela de l'opérette.9 Mais il y a plus, les troupes que vous nous recommandez sont le plus souvent indécentes et un père, qui se respecte, ne peut pas raisonnablement aller entendre ces choses accompagné de sa femme et de ses enfants.II vaudrait mieux n'annoncer que ce qui vaut réellement la peine d'être entendu, et ne recommander que les artistes dignes de ce nom, lesquels savent que le bon goût et la morale sont les meilleures compagnes de leur art C'est pourquoi je vous dis, cher Monsieur, que la vraie coupable n'est pas celle que vous croyez.Démétrius BARIL.N.D.L.R.— Le brusque départ du chef d'orehestr-; d'un théâtre de l'est, qui a obligé de confier momentanément la direction à la pianiste, n'implique pas que le public avait raison, 3 semaines avant cet incident, de ne pas aller au His Majesty, applaudir une troupe de comédie de tout premier ordre.Les troupes amenées par M.Gauvin, ces dernières années, pouvaient satisfaire les plus difficiles.Il n'est pas permis à des amateurs de théâtre d'ignorer Mesdames Cécile Sorel, Dermoz, Dorgiat, Géhiat, Niclos, Pascal, Rouer; Messieurs de Féraudy.Ravet, Albert Lambert, Bourdel.Gémier, Magnier, Almette, Joffre, Joubé et bien d'autres.Toutes les saisons, il y a eu des pièces absolument orthodoxes que tous pouvaient aller voir.D'ailleurs, franchement, treuve-ralt-on 15 familles dans tout Montréal, allant régulièrement au théâtre avec leurs enfants ?Je dis que non.La mode est passée pour les jeunes gens d'aller au théâtre avec leurs parents, on y va avec des amis.S'il en est ainsi, ce n'est pas la faute aux pièces de M.Gauvin.Le grand malheur est de voir critiquer seulement les pièces françaises.Les inepties et les incongruités que nous envoie New Yorlc ne sont pas signalées.Que de ccmôdies musicales et de vaudevilles où.sans lorgnette, nous pouvons admirer le cache sexe des interprètes.Quel journal proteste ?Et pourquoi les jeunes filles accompagnées non de leurs parents, mais de jeunes gens, forment-elles la majorité des spectateurs ?Sincèrement, si nous voulons conserver notre langue, nous devons encourager le bon théâtre français.Si la bourgeoisie canadienne-française ne va plus au théâtre français, alors que les pièces et films américains fout salle comble, c'est qu'elle croit que la langue française n'est plus nécessaire au Canada.Une preuve entr'autres.A la Société Canadienne d'Opérette ne remarque-t-cn pas, depuis plusieurs saisons, que bon nombre de souscripteurs donnent leurs billets à leurs sténos et à leurs employés ?Ce n'est plus assez chic.Sur une assistance moyenne de 1200 spectateurs, il serait impossible d'en trouver 50, quelques actionnaires mis à part, venant de nos 3 districts résidentiels : Outremont, Notre-Dame de Grâce et Westmcunt.Tél.: Belnir S9G9 prof.jean goulet Violon—Théorie—Solfège 4239 SAINT-HUBERT, MONTREAL Tél.VRontenac 4547 CECILIEN HOUDE (DiplômtM ENSEIGNEMENT PU PIANO.THEORIE ET XYLOPHONE Leçons il "Domicile et au Studio Conseillé du Conservatoire Royal 2080 SX-ANDRE MONTREAL 10 Montréal, Décembre 1928 111 î 11 I'M Ml 1 I 1 I I 1 ! I i il 11 à î Saison des Concerts Lyriques tij émis directement du Studio de La Brasserie Frontenac if il Sous la direction de M.Pierre Beaubien fiW I Les concerts hebdomadaires de la Brasserie Frontenac sont toujours attendus avec impatience " 18 - - CONCERT DE NOEL La Brasserie Frontenac Limitée par les amateurs de belle musique.|jj Le choix de ces programmes est d'une variété exclusive du Studio de la Brasserie Frontenac, et comprennent des Sélections de Grand Opéra, Opéra-comique, Opérette, Chansons, Romances, Chan- pi sonnettes comiques, Dialogues et Chansons de folklore, le tout interprété par un groupe d'artistes de réputation tels que: [Ml , Mme JEANNE MAUBOURG ROBERVAL, mezzo-soprano S Mlle LEONIDE LETOURNEUX, soprano M.EMILE GOUR, ténor M.HERCULE LA VOIE, baryton M.ARMAND GAUTHIER, basse.Orchestre symphonique sous la direction de M.HENRI MIRO.fMj in I I i j programme bu motë be bécembre 1928 j f lit Mardi 4 décembre - - VOYAGE AUX ILES DE SOREL i fi Iffi "11 " - - ROMAN DE SUZON j p 1 iff §1 Montréal, Décembre 1928 13 CH.GOUNOD sa musique sacree PAR P.CHASSANG Pour qu'uni- musique puisse se dire d*église, il ne faut pas seulement qu'elle revête un texte liturgique: l'habit ne fait pas le moine.Il faut qu'elle soit fille du sens ecclésiastique.Ce sens naît lui-même du contact familier avec tout ce qui tient aux choses du sanctuaire, d'une connaissance approfondie de la liturgie sacrée, du chant grégorien et des textes qui l'accompagnent, de l'esprit de fol et de charité, enfin de la probité artistique qui veut que tout soit dans l'ordre dans la maison du Seigneur» Par là, l'artiste rend à Dieu ce qui est à Dieu, laissant de côté sa personnalité propre, quelque importante qu'elle soit, pour ne songer qu'à "Celui à qui seul revient tout honneur et toute gloire." Ainsi chantaient jadis, dans le secret de leur cellule, ces moines anonymes, qui parsemèrent de chefs-d'œuvre mélodiques nos Antiphonalres.Ainsi chantaient les Grands Primitifs de l'Epoque palestinienne.Ils devaient être tout de même un peu gênés, nos spirituels Contrapuntistes.quand, dès l'abord, sous leurs Kyrie ou leurs Sanetus montraient l'oreille les souvenirs grimaçants et audacieux de la chanson profane.Mais le Concile de Trente mit le holà à ces intrusions à la mode, et le motif ecclésiastique, détrônant ces libertés, y régna désormais en maître.Ainsi aurait-on du maintenir l'esprit et les lois liturgiques dans la musique sacrée.Mais hélas ! depuis, que d'années d'errements ! Que de pas hors la voie ! Il y eût bien, aprèî des siècles d'assoupissement et d'inertie ruineuse, çà et là.quelques essais de réaction.Mais ce fut l'appel de la voix dans le désert.L'habitude était trop ancrée Ces efforts restèrent, la plupart du temps.Infructueux, et l'eau reprit son courant dans le lit jadis tracé.Quand on observe toutes ces tentatives d'assainissement, il est une figure grande et noble qui retient l'attention: c'est celle de Charles Gounod.On ne peut nier l'influence considérable qu'il exerça sur le style religieux et combien 11 tenta, par d'admirables exemples, de le ramener à l'orthodoxie ! C'est l'âme d'un croyant qui chante dans sa musique religieuse.Pénétré du sens du texte qu'il comprend à fond comme un as-thète il le rend avec cette ferveur et cette conviction qui faillirent jadis le faire en-îôler dans les rangs de la Sainte Milice Il se souvient toujours du temps où il subissait l'influence fascinante du Père Lacor-dnlre à Rome, et si sa vocation sacerdotale fut éphémère, il garda toujours de cette époque de crise mystique le goût du surnaturel et une source d'accents lévltlques où il savait puiser, quand le besoin s'en faisait sentir.Assurément sa musique ne garde pas toujours l'austérité des formes anciennes qu'il avait tant admirées dans les église romaines.Comme Mendelssohn, de qui il procède, il Introduit "les graces dans In maison de Dieu," et souvent dans des Cantiques, des motets, des messes même ou des oratorios palpite l'Ame de Marguerite et de Juliette Les uns diront pour le disculper: "La mu-slque sacrée doit suivre l'évolution de l'art moderne.Pourquoi no s'affranchirait-elle des formules conventionnelles.L'idée religieuse, comme les autres grandes Idées, à droit à la variété de l'expression artistique: il n'y a pas dans notre cœur deux régions distinctes, l'une divine et l'autre humaine" D'autres diront: "C'est qu'il voulut plaire, et pour acquérir la popularité qui fait le succès éclatant et durable, il adopta les formes séduisantes du théâtre et chanta dans la langue chaude, pathétique qui lui était familière et qu'il savait pleine de charmes.Irrésistible." On ne peut en disconvenir Mais II chanta, en artiste sincère, avec conviction.Ce ne fut point une parade de pitre ou de charlatan, comme on a semblé le supposer.Il y a loin de là à ces "décalottages mystiques" dont parle Huysmans Et si sa forme mêle encore au parfum de l'encens des échappées de boudoir, ce n'est qu'à la surface: le fond conserve un foyer d'ardent amour pour les choses sacrées qu'il vénère e tqu'il chante.Sa musique d'église n'est point à la mode des compositeurs de son temps, cest à-dire plus sentimentale, plus larmoyante que foncièrement émue, plus mondaine que religieuse.Elle sait et elle sent ce qu'elle dit La forme, pour l'époque, était nouvelle, et ia révolution que produisit sa sincérité, porta, par la suite, des fruits excellents Le génie seul pouvait apporter à cet art.vraiment trop rabaissé, un élément nouveau." Gounod fut toujours le partisan du respect et de l'orthodoxie dans la maison de Dieu.Il ne faisait pas mystère de ses principes ultramontains.et le seul reproche qu'il ait adressé à Mozart, lui.l'admirateur passionné de Don Juan, est celui de mondanité excès, sur dans son Requiem.Cela parait d'autant plus étrange que ses propres o-uvres religieuses n'avaient pas jusque-là fait montre d'une cj-erssire austérité! Plus tard, il mit la théorie en pratique, et se3 dernières créations montrent que celui qu'extasiaient autrefois les chants de la Chapelle Sixtlne.savait, quand il voulait, écrire admirablement dans le style liturgique de Palestrlnn.Aussi avec quel enthousiasme applaudissait-il l'entreprise de Ch.Bordes, publiant l'Anthologie des Maîtres religieux primitifs des Quinzième, seiz'ème.dix-septième siècles.Il allait jusqu'à y pnrler.au sujet des mauvais produits d'église, "de ees guimauves nui gâtent nos estomacs", au risque de se condamner quelque peu lui-même, et.dans son admiration, il saluait ce3 exhumés, de l'âge d'or, du nom de "Pères de l'Eglise." C'est qu'il avait fait d'eux jadis une étude fervente et consciencieuse, et 11 en parlait en connaissaiu•
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