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Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

L'oiseau bleu /, 1934, Collections de BAnQ.

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COM id REVt'E MENSUELLE ILLUSTREE POUR l.A JEUNESSE !'i i.i i ! i |\\K l.A SOCIETE SAINT-JEAN-HAI'TISTE l)E MONTREAL Rédaction, Administration et Publicité: 1182, rue Saint-Laurent MONTRÉAL Téléphone: PI,at eau 1131 Abonnement annuel: Canada et États-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) CONDITIONS SPÉCIALES aux écoles, collèges et couvents VOLUME XV — No 5 MONTREAL, DECEMBRE 1934 Le numéro 5 sous Noël — "Il vous est né un Sauveur" 74 L'OISEAU BLEU Gloire à Dieu dans le ciel et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté Noël qui revient, Noël qui s'en va Le Noël qui revient, c'est le Noël de la foi.C'est le Noël du Credo: Je crois en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu et qui est né de la Vierge Marie.Mystère qui partage les esprits humains en deux races, les croyants et les incroyants.Un livre, dans une simplicité sublime, en raconte l'infinie grandeur.Le Verbe était Dieu, le Verbe s'est fait chair.Dans une bourgade de Judée, la Vierge Marie mit au monde son Fils et le déposa dans la pauvre mangeoire d'une étable: c'était le Sauveur, le Saint de Dieu, né d'une femme par l'opération du Saint-Esprit; c'était le Rédempteur du monde.- Des anges apparurent aux pâtres de la montagne: "Il vous est né un Sauveur, dirent-ils, vous le trouverez enveloppé dans les langes.Gloire à Dieu dans les cieux, et paix sur terre aux hommes de bonne volonté".Et les pâtres croyants sont venus L'adorer, Lui offrant leurs modiques oboles.Et des Mages ont quitté leur lointain pays pour Le reconnaître, L'adorer et Lui faire don de leurs riches présents.Et les peuples à leur suite, les Gentils de tous les siècles et de tous les continents, sont venus L'écouter, ils ont cru, ils L'ont adoré, ils Lui ont donné leur foi.La raison humaine renversée a pourtant reçu ce mystère de la majesté d'un Dieu sous les traits d'un frêle enfant.L'Enfant-Dieu a courbé les génies et les âmes simples, tous les esprits droits se sont laissé vaincre par l'éclat des prophéties qui L'avaient annoncé et les miracles qui L'ont identifié.Depuis lors, le monde chrétien est agenouillé devant cet Enfant qui est Dieu, il croit à sa majesté, à sa miséricorde, à son amour.Ni la faiblesse de ses vagissements, ni la pauvreté de ses langes, ni la misère de son berceau, ne font scandale au chrétien: il croit au Verbe incarné.En effet, ses contradictions ne sont que des voiles où Dieu se cache pour dérober à notre foi son éclat trop vif et nous marquer, par tant de faiblesse et-tant de puissance, tant de richesse avec tant de pauvreté, tant d'attraits pour notre piété, encadrée de tant de répugnance pour notre raison raisonneuse, un nouveau triomphe de sa tendresse et le mérite suprême de notre croyance.Et voilà le Noël qui revient.Il revient encore, le Noël mystique où l'amour de Jésus, né à Bethléem dans une crèche renaît en tant de cœurs miséreux et coupables, qu'enrichit soudain le trésor de la foi ou de la grâce retrouvée.Si l'on comptait, dans les églises, — dans les plus modestes souvent, mais les plus satu- L'OISEAU BLEU 75 rées de prières, — tous les visages nouveaux ou des visages anciens qu'on avait cessé de revoir dans le saint lieu; si l'on pouvait surtout scruter les consciences et supputer les bonheurs vrais que Noël y a ramenés, les espoirs que Noël a ressuscites, les courages ranimés, les regards relevés au Ciel, les sentiers rudes et obscurs repris qui mèneront dans la vertu jusqu'à la couronne éternelle, l'on comprendrait mieux et l'on verrait comme dans un rayonnement sensible le Noël d'il y a deux mille ans, à Bethléem.Et ce Noël-là, il revient.Pauvres esprits sans foi, errants sur cette terre obscure! pauvres coeurs tristes ou éteints, que le mal a taris sans assouvir de plus profonds et de plus nobles instincts! pauvres âmes souffrantes, auxquelles il manque du pain et du labeur, un foyer et de l'amour, la force et l'espoir, le courage et la paix, le Noël qui relève et qui console, qui déchire les nuages et fait entendre la voix des Anges, il revient: // vous est né un Sauveur.* * * Il revient aussi le Noël liturgique.En cette sainte nuit, l'Eglise retrouvera ses formules sacrées, que les lèvres de ses Pontifes et de ses ministres n'ont point encore usées à les répéter depuis quinze ou vingt siècles.Elle redira les accents des prophètes, elle chantera les psaumes qui ont célébré le Messie à venir, elle rappellera le nom des martyrs qui sont morts pour la foi de ce Sauveur; elle ramènera ses fidèles aux mêmes enseignements, aux mêmes réflexions, aux mêmes repentirs, aux mêmes sacrements de grâce, à la même Pénitence qui purifie et pardonne, à la même Eucharistie qui alimente, qui réjouit, qui rend fort et garde pur.-Les temples seront splendides, les chants harmonieux, les orgues vibrantes; la voix des prêtres sera éloquente, les âmes des chrétiens seront émues.Dans l'Hostie, le Sauveur-Dieu sera caché pour actualiser le mystère de son Incarnation à l'égard de chacun de ses fidèles, dans la crèche, son image de cire en symbolisera l'auguste scène à Bethléem.Voici le Noël qui revient cette année encore.Mais pourtant, il est un Noël qui s'en va.* * Il est un Noël qui s'en va.Et c'est d'abord le Noël de notre enfance.Oh! le doux Noël qui nous agrandissait les yeux, faisait palpiter notre poitrine, s'ouvrir d'émoi nos lèvres et s'échapper nos larmes d'admiration et de joie: il s'en est allé.Le Noël de la foi naïve, de l'innocence candide, des illusions dorées! Le Noël des baisers tendres de nos mères, des gâteries douces, des rêves enchantés et où il y avait du ciel et des chérubins; de l'arbre aux hochets neigeux et rutilants, des prières ferventes, des promesses au petit Jésus, des dévotions sans rubriques gênantes.C'est un Noël qui s'en va.Pourtant, il fait bon au cœur et à la vie de garder dans le souvenir ce Noël qui s'en va.Conservons avec amour tous nos Noëls d'enfance.Nos âmes en seront plus saines, nos courages plus droits.* Et c'est aussi le Noël des familles qui s'en va.Les réveillons intimes et gais ont tourné aux fêtes brillantes et vides, au bal énervant et pervers, au théâtre éblouissant et suggestif.Les visites cordiales deviennent de froids compliments officiels.Les réunions, au foyer des aïeuls, de douzaines de petits-fils, se font plus rares.Les liens se relâchent, les cœurs s'attiédissent, l'affection et l'esprit familial se dispersent.C'est grand malheur! Parents, faites des arbres de Noël pour vos petits.Mamans, parlez-leur longuement du petit Jésus.Grandes sœurs, conduisez-les visiter les crèches de Noël, menez-les à la bénédiction de l'Enfant-Dieu.Et qu'autour de vos tables, comme des grappes fournies, se réunissent vos fils et vos filles et les enfants de vos enfants.Et que les joies honnêtes entonnent leurs accords éclatants, et que les affections fidèles resserrent leurs nœuds infrangibles.* * * Mais c'est aussi le Noël national qui s'en va.Le Santa Claus et le Merry Christmas achèvent de le supplanter.L'on oublie que la France catholique est née au baptistère de Reims, en un jour de Noël.Et qu'il y a un Noël français, un Noël canadien, qui est à nous.On ne raconte plus, près de l'âtre, les contes de Noël.On ne chante plus Nouvelle agréable, avec II est né le divin Enfant.On laisse trop la messe de minuit aux riches ou aux dévotes; elle n'est plus cette pratique invulnérable, sans quoi la Noël aurait été manquée.Ou bien, 76 L'OISEAU BLEU on va trop entendre les fins orchestres plutôt que d'adorer le Rédempteur du monde.On recherche les messes fashionables plutôt qu'on ne déguste naïvement les savoureux mystères de la foi et les rustiques beautés des églises d'antan.Tout ce vieux Noël des ancêtres, il s'en va.* * * Et cela est grave et triste de voir ainsi s'en aller le Noël des vieux.Sans doute, la foi dans sa substance est distincte des traditions humaines et du langage ancestral qui nous l'ont apportée.Sans doute aussi, il faut bien que le temps fasse son œuvre et qu'il use ce qui est éphémère.Mais comme une fleur dépouillée de son involucre se fane vite et s'envole au vent, comme un petit Jésus sans sa crèche manquait d'éloquence à nos yeux enfantins, ainsi la foi au Verbe incarné a-t-elle de l'aise et de l'appui quand elle s'encadre et s'enguirlande des coutumes séculaires et des légendes douces dans lesquelles nous L'avons d'abord contemplé.Pour sauver le Noël de la foi, qui revient depuis vingt siècles et qui reviendra jusqu'à la fin des temps, retenons avec respect et attachement le Noël qui s'en va, le Noël de chez nous, le Noël de notre enfance, de la famille, de la paroisse, de notre race, de notre histoire, le vieux Noël doux et fredonnant des ancêtres./ J.-M.-Rod.Villeneuve, o.m.i.Anecdotes canadiennes Pauvre petit Vous ne connaissez pas la lamentable histoire de ce petit Montréalais qui, au dix-septième siècle, paya de sa vie une fugue d'écolier.L'événement est consigné dans un procès-verbal des archives judiciaires de Montréal (7 février 1686) et j'en extrais les brèves notes qui vont renseigner le lecteur.Le lundi 4 février 1686, à deux heures de relevée, Pierre Chesne, âgé de six ans et dix mois, fils aîné de Pierre Chesne, tailleur d'habits, quittait la demeure paternelle pour l'école.Mais pour une raison qu'on ignore, au lieu de se rendre où il devait, l'enfant prit le chemin du coteau Saint-Louis, c'est-à-dire la continuation de la rue Saint-Paul à l'est de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.Il faisait grand froid, la bise mordait et l'enfant n'avait aux pieds que des sabots; n'importe, il hâtait le pas et ne semblait nullement embarrassé.Le meunier du coteau en l'apercevant lui demanda où il allait ainsi ?Il répondit qu'il se rendait à Longueuil chez son oncle Jean Petit et il poursuivit sa route jusqu'au ruisseau Migeon.Là il rencontra la femme du sergent Cabazié qui, elle aussi, le questionna.De nouveau, le jeune chemineau déclara qu'il allait à Longueuil et personne ne songea à empêcher ce bambin chaussé de sabots, de s'aventurer sur le fleuve par une température boréale, à cinq heures de relevée.Après la fermeture de l'école, ne voyant point revenir leur enfant, les parents partirent le quérir dans la ville.On s'adressa aux amis, aux connaissances, on s'informa à tous les carrefours, sans résultat! Deux jours durant on agrandit le champ des recherches et on suivit les traces de l'enfant sur la glace dans diverses directions.Finalement on l'aperçut non loin du manoir de Longueuil: "il était étendu sur le dos.le pied droit nud, le bras droit sur son estomac et le bras gauche eslevé, la main d'icelluy plyée roide par le froid et la gellée qu'il a fait depuis son départ et qui l'ont fait mourir"! Le sort pénible de ce malheureux écolier dut faire le sujet de bien des commentaires dans Ville-Marie et les environs.Combien de mères, avec raison, signalèrent, à leurs enfants qui refusaient d'écouter, la fin tragique du petit Chesne.Ce qui précède est extrait des Fails curieux de l'Histoire de Montréal, par E.-Z.Massicotte. L'OISEAU BLEU 77 NOS CHAHSOTiS POPULAIRES £EN ROULANT r\Pi BOULE Megre.En rou-lanr ma bou-le roulant.En rou-lanr ma bou-le.Der- rièr' chez nous yàf-f E 1J J>J J*|r J»J I un e'-lang En roulant" ma bou-le.Trois beau/i canards s'en vont" baignant".Rou li, roulant ma boule rou-lanr En roulant ma bou-le rou-lanr.En rou-lanr ma bou- le — 2 — Trois beaux canards s'en vont baignant, En roulant ma boule Le fils du roi s'en va chassant, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant ma boule roulant.En roulant ma boule — S — Le fils du roi s'en va chassant, En roulant ma boule Avec son grand fusil d'argent, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant ma boule roulant, En roulant ma boule — 4 — Avec son grand fusil d'argent, En roulant ma boule Visa le noir, tua le blanc.— 5 — Visa !i' unir.O fils du roi, tu es méchanll — 6 — () fils du roi.D'avoir tué mon canard blanc.— 7 — — 8 — Par-dessous.Par les yeux lui sort'nt des diamants.— 9 — Par les yeux.Et par le bec l'or et l'argent.— 10 — Et par le bec.Toutes ses plum's s'en vont a a rent.— Il — Toutes ses plum's.Trois dam's s'en vont les ramassatit.— 12 — Trois dam's.C'est pour en faire un lit de camp.— 13— , D'avoir tué.Par-dessous l'aile il perd son sang.C'est pour en faire.Pour y coucher tous les passa h Is. 78 L'OISEAU BLEU Le coin du philatéliste Une guerre à coups de timbres Suivie de coups de fusils à propos du Grand Chaco — Prochaines émissions anglaises et canadiennes.Les journaux à travers les mille et un faits divers ne cessent de nous parler du Grand Chaco.Hier c'était l'armée bolivienne qui était en déroute; aujourd'hui ce sera celle du Paraguay qui prendra la fuite et demain viendra le tour de la Bolivie et ainsi d'une dépêche laconique à l'autre non moins brève nous assistons à une joute à coups de fusil sans trop savoir de quoi il s'agit.Le Grand Chaco ?Quel est cet animal ?Grâce aux timbres qui touchent à tout, nous allons pouvoir nous documenter.Nous avons déjà traité du sujet ailleurs mais nous le croyons inédit pour la plupart de nos lecteurs de l'Oiseau bleu; nous le leur livrons donc av.ee la conviction qu'ils y trouveront une intéressante leçon de géographie et d'histoire.Le Grand Chaco est un territoire de l'Amérique du Sud de 100,000 milles carrés couvert de forêts aux bois de prix, en particulier le qua-bracho duquel on extrait le tanin, de prairies aux gras pâturages, sans parler de nombreuses autres richesses naturelles.Il compte l'été, époque des pluies, des milliards de maringouins luttant de férocité avec les crocodiles et autres aimables bestioles qui, elles, sont de toutes saisons.C'est, à n'en pas douter, une contrée charmante puisque les Mennonites, qui habitaient l'Ouest canadien, l'ont préférée à notre pays pour aller y chercher la paix.Ils la cherchent encore! Malheureusement le Grand Chaco a le défaut d'être placé aux frontières de la Bolivie et du Paraguay dont il est devenu la pomme de discorde — ou plutôt la poire, dont ce territoire a la forme.Deux timbres de l'ARGENTINE ont marqué le triomphal Congres Eucharistique International, tenu en octobre, à Buenos-Ayres.L'un.10c, rose et marron — couleurs qui donnent un effet de coucher de soleil — représente le Christ des Andes, statue monumentale élevée à la frontière du Chili et de l'Argentine en mémoire de la paix conclue entre ces deux pays en 1902.Le 15c fait voir la magnifique cathédrale de Buenos-Ayres.Bolivie.1927 Les États-Unis, l'Argentine, qui eurent jadis les yeux sur le Chaco, et le Brésil, tous deux ses voisins, puis l'Union Panaméricaine et enfin la Ligue des Nations ont tenté tour à tour un règlement à l'amiable, mais la lutte s'est poursuivie sans merci jusque.sur les timbres de chacun des deux pays: une sorte de guerre en dentelle! La guerre par l'image — plût à Dieu qu'elle ne se bornât qu'aux images — est ouverte par le Paraguay en 1924-25.Sur trois timbres respectivement d'un, de deux et de quatre pesos, on voit la carte d'un Paraguay agrandi d'une bonne tranche du Grand Chaco.La prise de possession, toute platonique pour l'instant, est ainsi affirmée devant le monde entier que la petite vignette va s'empresser de parcourir.En 1927, c'est au tour de la Bolivie.Un 15 centavos fait son apparition (voir vignette ci-contre), portant une carte de ce pays sur lequel se lit, dans la pointe formée par le Chaco, cette affirmation non équivoque: "Chaco Boliviano".A ce moment la querelle bat son plein et les cartographes sont aux abois.La même année, dans une série régulière, le Paraguay place sur le timbre de 1.50 peso la même carte de 1924 avec cette différence que les prétentions paraguayennes sont plus fortement soulignées: le territoire du Grand Chaco cette fois est ombré de hachures noires qui le mettent en évidence avec plus de force.Ce timbre brun paraît ensuite avec une surcharge; il est plus tard imprimé en lilas et de nouveau surchargé, ce qui fait que pas moins de quatre dénominations s'en vont porter à l'intérieur et un peu partout outre-frontières la propagande du Paraguay.Al.l'i'M illustré pour vos timbrée: 9G pages, près de 3,000 cases.29 1,000 charnières, qualité supérieure.10 25 différents Danemark.05 6 différents Si am.05 25 différents Japon.05 7 différents Perse.05 Ajouter .03 pour frais de port.Demander la liste gratuite de 175 paquets.J.CCLCVAL 4674, rue Resther Montréal, Canada L'OISEAU BLEU 79 PRO .m» » s i ii n m fi F8 HELVETIA La série annuelle pro Juventute émise par la SUISSE le 1er décembre, est dans la note des années précédentes.Encore une fols trois dénominations sont consacrées à différents types ethniques de la Confédération helvétique: sur le 5c, une Appenzellolse; 6ur le 10c, une Valalslenne, et sur le 20c, une Graubun-denolse — tous minois.Le 4éme timbre, 30c, porte l'effigie d'Albert de Heller, célèbre physiologiste, ana-toml8te, botaniste et homme de science universelle, né et mort à Berne, 1708-77.Il y a quantité de gens qui disent: "C'est imprimé, done c'est vrai".Il est de ces naïfs dans l'Amérique du Sud comme ailleurs, et c'est pour fournir un nouvel aliment à leur crédulité que la Bolivie, en 1931, revient à la charge avec un 15 et un 35 centravos, l'un violet et l'autre tout rouge.comme du sang qui va bientôt couler.Cette fois on a conservé le type de 1927, mais, à l'imitation du Paraguay, les droits de la Bolivie — ou prétendus droits: nous ne voulons pas nous mettre un conflit sur les bras — à l'endroit du Grand Chaco sont nettement marqués par l'inscription des noms des pays qui entourent la carte de la Bolivie; maintenant, plus de doute possible: le Chaco est bolivien — suivant la formule bolivienne.Est-il utile de dire que ce n'est pas celle du Paraguay?Si nous en doutons, un timbre de l'an dernier et reproduit ici va nous tirer d'embarras tout en augmentant celui des diplomates.Cette fois, le timbre entier est pris par le Grand Chaco avec ses délimitations bien clairement définies comme le veut le Paraguay: le Chaco est encerclé par le fleuve Paraguay et les rivières Pilcomayo et Parapiti, laquelle, suivant l'avis des géographes, est en plein État bolivien de Santa-Cruz.Ces géographes ne sont sûrement pas paraguayens! Les titres de la souveraineté du Paraguay sont proclamés par deux fois afin que nul n'en ignore.A travers toute l'étendue du Chaco se déroulent les mots: Chaco Paraguayo (Chaco paraguayen) et au bas se lit cette affirmation vigoureuse et péremptoire: "El Chaco Boreal ha sido, es y sera del Paraguayo'' — "Le Chaco fut, est et sera au Paraguay".Pour corser l'affaire, le fameux timbre porte en tête les initiales U.P.U.— Union Postale Universelle — comme pour donner à la carte dont il est le propagateur une espèce de consécration internationale.et pour faire enrager d'autant plus les Boliviens.Mais qu'importe, puisque le timbre a acquis HELVETIA £U \ DONNEZ m DES TIMBRES EN CADEAUX Source intarissable de plaisir et d'enseignement Joli emballage approprié sur demande 1 tous différents, plusieurs neufs, plus de 40 Ai pays.— Beau choix pour débu- $"£.25 tant ."7000 différents, grande variété; cinq parties du ZiUUU globe représentées, valeur catalo- $"5.00 guée de plus de $50.^OOO tous différents, une mine de variétés.J\J\J\J Des semaines de plaisir à faire le %£Z.50 triage et la classification, très haute cote." Mélange des missions — environ 3,000 timbres — surtout Europe, pas de Canada.Plus de 75 pays y compris contrées éloignées.Prime incluse: série cotée $3.— Dans une jolie $1.75 boîte papier or.* TROUSSE DU PHILATELISTE Jolie boite contenant: 1 album illustré, 3,500 espaces — 300 timbres différents — 500 timbres mélange — 500 charnières pour coller les timbres — 1 carnet pour double — 1 mesure de dentelure — 1 bassine à filigranes — 1 paire de $1 .50 pincettes, 1 loupe de poche .*• ALBUMS ILLUSTRES (Texte anglais) Americas — Les 3 Amériques et Antilles, 224 pages, ipèse 6,500 espaces, abondantes vignettes, reliure $1.toile couleur (pèse 3 livres).¦*¦ American — Les Etats-Unis au complet: timbres-poste, enveloppes, fiscaux et émissions coloniales américaines; 150 pages, 9 x 12, relié toile $1.75 couleur (pèse 3 livres).Avion — Espaces pour tous les timbres de la poste aérienne jusqu'au 1er janv.1934 — Nombreuses vignettes, 9 x 12, relié toile rouge (pèse 3 $1.75 livres).™ Modem — Pour collection générale, 400 pages, 12,000 espaces, 5,000 vignettes, reliure toile $'l-00 couleur (pèse 3 livres).~* (Port en plus suivant les poids indiqués) Bazar Postal - Boîte Poste 4020 - Montréal 80 L'OISEAU BLEU L'effigie du roi Leopold III a fait sa première apparition sur quatre timbres de BELGIQUE de 75c et 1 fr., deux de grand format, et deux de format moindre, sujets à une surtaxe de 25c chacun, au bénéfice du fonds des Invalides de la guerre.par l'usage, sinon par la loi, une situation privilégiée que ni les guerres, ni les révolutions, ni rien n'ont pu abolir.Nous aurons l'an prochain à travers l'Empire britannique une avalanche.de timbres à l'occasion du 25ême anniversaire de l'avènement au trône de S.M.Georges V.L'Angleterre prépare une série du format des commémoratifs de l'exposition de Wembley — presque carrés, \\i x VA pouce.— de petites dénominations: Y2 p., 1 p., VA p- et 2lA P-, ce qui permettra aux collectionneurs de se les procurer à l'état neuf, voire même en blocs, sans se ruiner.Que fera-t-on chez nous?Nous avons lieu de croire que les postes canadiennes s'inspireront des nouveaux billets de la Banque du Canada pour établir une galerie postale de la famille royale: le roi, la reine, le prince de Galles, la princesse Marie, le duc d'York — sa charmante fillette Elizabeth qui un jour pourrait bien être reine de Grande-Bretagne — et les ducs de Gloucester et de Kent.Par ailleurs on nous informe qu'Ottawa songe à lancer pour la circonstance un timbre de $2.00.Nous espérons que la nouvelle est controuvée.Au point de vue postal, quel besoin avons-nous d'un timbre de $2.00?Au douple point de vue propagande et philatélie, ce serait une erreur puisque cette dénomination sans grande utilité circulera peu et de ce fait restera inaccessible aux collectionneurs à moins qu'ils ne se procurent ce timbre neuf en se saignant de $2.00, prix vraiment excessif.Les intéressés feront bien d'écrire au Ministre des Postes pour l'inviter à nous donner à l'exemple de l'Angleterre un ou des timbres de dénominations plus populaires.Il ne serait pas inopportun de lui glisser en même temps un mot au sujet d'une émission commemorative devant marquer le 4ème centenaire de la venue de Jacques-Cartier à Hochelaga, aujourd'hui Montréal, événement d'envergure que notre ville fêtera en 1935.Phil.Athély Voici de l'AUTRICHE un superbe timbre, 24 gr., en l'honneur du chancelier assassiné Dolfuss.Semblable au type de la série des poètes du même pays, ce timbre tiré à 400,000 seulement — ce qui en fera vite une rareté, — porte comme ornementation des feuilles de chêne et de laurier avec au bas une Croix de Jérusalem.Le petit Noël en robe de laine, Dont le coeur est doux comme l'eau qui fuit, Trottinant d'un pied d'enfant dans la nuit, RU des vilains tours dont la vie est pleine.Il se hausse aux vitres, tient son haleine, Et met dans les bas un joujou qui luit, Ce petit Noël en robe de laine Dont le coeur est doux comme l'eau qui fuit.Il est plus mignon qu'une châtelaine, Mais son âme est large autant qu'une plaine.Tel un papillon fixé sur un fruit, Le petit Noël en robe de laine Se pend à la cloche et sonne Minuit.Robert CHOQVETTE L'OISEAUBLEU 81 affiliés a la société canadienne d'histoire naturelle Directeur général: R.F.Adrien, C.S.C., Institut botanique, Université de Montréal.Sous-directrice: Rév.Sr Sainte-Alphonsine, C.N.D., Collège Marguerite-Bourgeoys.Secrétaire général: M.Jules Brunel, Institut botanique, Université de Montréal.Secrétaire adjointe: Mlle Marcelle Gauvreau, Institut botanique, Université de Montréal.Trésorier: M.Jacques Rousseau, Institut botanique, Université de Montréal.LES ARBRES DORMENT Les arbres dorment au soleil, Rien n'y bruit, rien n'y remue, En file, le long de la rue, Ils goûtent un profond sommeil.L'air est chaud, et la brise absente Sous le ciel vaste où midi bout, Les beaux arbres dorment debout, Sans une feuille frémissante.Ils se reposent de l'effort Qu'ils ont fait par toutes leurs branches, Et prennent de justes revanches Contre le gel et le vent fort.Ils dorment parfaitement calmes, Dans le rêve oubliant leurs maux, Pareils aux hommes! leurs rameaux Ployés parfois comme des palmes.A leurs pieds monte la rumeur Du travail qui bourdonne et gronde: Eux, ils ne sont plus de ce monde! Le fracas dans leurs feuilles meurt.Rien ne trouble leur quiétude; Et, les oiseaux respectueux, S'ils veulent se poser sur eux, Ont pitié de leur lassitude.Dormez, beaux arbres verts, dormez! Avec leur plainte monotone, Voici bientôt les vents d'automne Et puis l'hiver, arbres aimés! Albert LOZEAU 82 L'OISEAU ELEU au pays des madelinots LES DUNES Pour voir à l'œuvre, dans toute leur puissance, les deux grands éléments de la nature: la mer et le vent, il n'est pas d'endroit mieux désigné que les dunes des îles de la Madeleine.Rien de plus impressionnant que d'arriver tout à coup devant cette vaste étendue de sable.Ici et là, le vent, dans son œuvre patiente et quotidienne, a dressé d'énormes monticules, vraies collines de sable sur une immense plaine.D'un côté, la dune est limitée par la mer; de l'autre, un long détroit la borne, limité à son tour par une autre dune, parallèle à la première.Ces deux langues de sable courent ainsi côte à côte, depuis la Grosse-Ile, sur une distance de 25 milles, pour aller rejoindre l'île du Havre-aux-Maisons.Ce qu'elle a détruit ailleurs, la mer le rebâtit en maints endroits.Par un apport continuel de sable, arraché petit à petit par le roulement de la vague, aux flancs des caps et des falaises, elle édifie ici un nouveau sol.Le vent a joué également un grand rôle dans la formation de ces dunes: les vents du "noroît" et du "suest" ont chacun contribué à former avec la mer une langue de sable et, d'après l'orientation de chacune, on les nomme respectivement: Dune du Nord et Dune du Sud.Sur ce vaste désert, nulle autre végétation que la Graminée fixatrice des sables: Y Am-mophile ; elle s'est installée fièrement au sommet des collines sablonneuses et leur donne un aspect chevelu.Plongeant ses racines coriaces à une très grande profondeur dans le sol, elle réussit ainsi à solidifier le banc de sable, qu'un vent continuel finirait par détruire.Ceci nous permet d'escalader la colline sans trop enfoncer dans le sable fin, que le plus léger contact fait de suite glisser en avalanche; arrivées au sommet, nous pouvons mieux jouir du merveilleux panorama.Les rayons du soleil jouent sur cette immense étendue, et des ombres étranges se projettent au dos des collines de sable.Ce dernier offre un aspect terne à côté de la mer qu'illumine le soleil couchant.Mais il est plus facile de descendre que de monter; les deux pieds enfoncés jusqu'à la cheville dans le sable épais, nous nous laissons glisser sur la pente de la colline, entraînant avec nous quelques fragments de Y Am-mnphile, que par curiosité nous avions déterré.En attendant le retour de notre barque, nous commençons à explorer le rivage du détroit, dans l'espoir d'une nouvelle découverte botanique.Sur le sable humide s'étalent à nos pieds de longues herbes étroites d'un vert bleuâtre; elles forment une ligne continue tout le long du rivage, là où la marée, par la force de la vague, dépose les détritus qui flottent à la surface des eaux.Nous reconnaissons la zostère marine appelée ici "arboutarde"; dans le bas du fleuve on la nomme "herbe à barnache", et dans un sens plus général "mousse de mer".On nous apprend par la suite que cette herbe renommée couvrait autrefois presque entièrement les eaux du détroit et formait ainsi de véritables prairies sous-marines; les barques de pêcheur passant par là avaient grand peine à s'y frayer un passage.Mais à la suite d'une maladie ou de la présence d'un agent physique destructeur, dont l'origine reste inconnue, depuis quelques années la zostère marine disparaît des eaux canadiennes et même européennes avec une extrême rapidité; et ceci est d'autant plus regrettable qu'on l'employait pour la fabrication des matelas, industrie qui était devenue assez profitable.Tandis que nous sommes ainsi absorbées par l'étude de cette plante fameuse, la barque du "fils à Richard", revenue nous chercher, est allée s'accoster au quai de la Grosse-Ile, après avoir attendu "une p'tite élan" (quelque temps) que le temps "beausit" et que la mer "calmit".Georgette Simard, étudiante à VInstitut Botanique LE SORBIER .sur ce vaste désert, nulle autre végétation que la Graminée fixatrice des sables.L'autre jour en regardant les beaux arbres qui ornent la façade de la maison de grand-père, j'ai remarqué pour la première fois que l'un d'eux conservait encore ses fruits: de jolies grappes rouges; elles étaient drôlement coiffées d'un énorme chapeau, qui ressemblait L'OISEAU BLEU 83 à de la ouate très blanche.C'était l'effet produit par la neige.Comme j'ignorais le nom de cet arbre, je courus auprès de ma bonne grand'mère qui est très renseignée sur la botanique.Aimablement elle me dit: Cet arbre est un Sorbier, appelé vulgairement Cormier.Il appartient à la famille des Rosacées.Sa taille atteint de 15 à 20 pieds de hauteur.Son écorce, comme tu peux le voir, est lisse d'un rouge brun; elle est très mince.Ses feuilles sont d'une apparence charmante, elles sont composées de 9 à 10 folioles aiguës à peu près également dentelées.Ses fleurs, petites et blanches, sont groupées en touffes jolies.Quand les pétales tombent, ils laissent voir des grappes vertes, qui en mûrissant deviennent rouge écarlate.Ces fruits servent à confectionner un excellent vin.Le Sorbier est d'une grande utilité aux petits oiseaux, pendant l'hiver; il fournit l*aliment de leur table.—Que c'est charmant! dis-je à grand'mère.Dire que le bon Dieu s'occupe de nourrir les oiseaux pendant la rude saison où nul être ne songe à eux! Mais.voulez-vous me dire maintenant d'où vient que l'on rencontre cet arbuste en quantité le long du chemin de fer?Il me semble en avoir vu!.—Mon enfant, tu as bien observé.Quand les petits habitants de l'air vont se reposer, après leur repas, sur les fils télégraphiques, ils laissent tomber les noyaux acides qu'ils ne peuvent digérer.Voilà la semence jetée.N'est-ce pas admirable, dis?—Oh! oui, m'ôcriai-je.Merci grand'mère; vous me rendez heureuse.Je vais mieux prier ce soir, car je rendrai grâce à Dieu d'avoir créé le Sorbier à la fois ornemental et utile.Madeleine Coté Cercle Langevin 14 ans Coucent du Saint-Rosaire Rimouski BOITE AUX QUESTIONS Q — Quels sont les premiers oiseaux migrateurs qui nous quittent à l'approche de l'automne et où vont-ils?R — Ce sont les Goglus et les Hirondelles.Ils partent durant la première quinzaine d'août.C'est l'époque où le joli chardonneret fait sa ponte car il n'émigre que tard en octobre ou au début de novembre avec le Martin-Pêcheur, le Corbeau, la Grive.Tous nos oiseaux vont passer l'hiver en Floride (comme des richards).Là, ils revêtent un plumage plus voyant et plus riche que nous ne leur connaissons pas ici.RIONS UN PEU Charles.— Ha! ha! je parie que vous ne vous attendiez pas à me voir ici aujourd'hui.Denise.— Je ne sais pas, j'ai brisé un miroir ce matin.Sur le pas de sa porte, devant son établissement, un gros restaurateur causait avec un client.— Que voulez-vous, disait-il avec force gestes, nous sommes écrasés! Nous avons tant de frais.— Toi! dit un effronté gamin qui passait, c'est pas vrai, t'as rien de frais.— Avec des cheveux blancs à mon âge.J'suis à plaindre.— A mon avis, vous êtes plutôt à teindre.— Au premier abord, Charles passe pour un idiot.— Et au second abord ?— On constate qu'il l'est.— Il m'a dit que j'étais trop laconique.Qu'est-ce que cela peut bien signifier ?— Je ne sais pas.— Moi non plus, en tout cas, je lui ai donné une maîtresse gifle.— Moi vous savez, je n'aime pas beaucoup avoir des histoires avec mon argent.— Confiez-le-moi et vous n'en entendrez jamais parler.TEL.H Ai 4W LIMITEE 59 ST.CATHERINE OUEST -MONTREAL 84 L'OISEAU BLEU | Un * * H Canadien rVEST le 24 décembre de l'an 1880.Mont-^ réal, depuis quelques semaines, avait revêtu sa blanche mais froide parure.Pour une veille de Noël, c'était bien quelque peu fané et voilà que le ciel, ce jour-là, se déchire et l'espace se remplit de myriades de légers flocons blancs qui tombent des heures durant, sur la ville sombre.Les toits sont arrondis, les cheminées encapuchonnées et les façades se parent d'élégants festons et les rues se revêtent de tapis d'hermine.Vraiment, c'est du luxe!!! L'école Saint-Laurent des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame, située à l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Urbain, vient d'ouvrir toutes grandes ses larges portes de la cour et quelques centaines d'enfants pauvres, petits paniers au bras, sacs d'école en bandoulière, s'élancent gaiement et prennent le chemin de leurs humbles logis.Les petites figures sont réellement épanouies: on parle des vacances du grand jour de l'An, des bas que l'on suspendra au pied du lit, des joyeuses parties de traîneaux.et que sais-je encore?Deux fillettes, cependant, restent silencieuses, tristes même; les gais propos inconscients de leurs compagnes leur percent le cœur.C'est qu'à la maison, tout au fond d'une cour de l'étroite rue Saint-Philippe, gît depuis longtemps un papa malade, alors que la maman, leur chère maman, épuisée, part tous les matins pour travailler péniblement la journée entière, afin de gagner la vie de la pauvre famille.Cette veille de Noël est bi&rt triste pour nos fillettes.La mère a manqué d'ouvrage pendant plusieurs jours.Le porte-monnaie est vide, l'aînée des bambines l'a remarqué et depuis deux jours, on ne met plus de beurre sur le pai n ! Les deux enfants viennent de quitter le dernier groupe de leurs amies, à la porte de la cour, quand la plus âgée retient sa sœur par le bras.Quelque chose d'important se trame.la cadette semble se révolter.On discute, puis, finalement l'aînée a victoire complète.Il faut que Noël apporte joie au papa malade, que le sourire de maman revienne éclairer son doux visage et que ses yeux, trop souvent rougis, ne laissent plus tomber de ces perles si lourdes, si amères, mais si résignées toujours.Elle, la petite, rentrera à la maison et fera oublier le retour un peu tardif de sa sœur.Sous la neige qui tombe toujours pesante et serrée, marche une fillette bien mal protégée contre les rigueurs de la saison.Une mince capine de laine bleu marine couvre sa petite tête, un nuage de couleur indécise entoure son cou, tandis que le vieux manteau qu'elle porte crie sa réelle misère.puis, une voix tremblante 'se fait entendre — "La charité pour l'amour du bon Dieu." Les passants sont affairés.Pressés, quelques-uns regardent l'enfant, d'autres point.Les sous tombent rares dans la main tendue et glacée.L'enfant ressemble à un véritable bonhomme de neige.Va-t-elle défaillir, là, sur la chaussée?Non, le Père des petits veille sur son enfant.La bonne Providence est toujours là, au moment le plus désespéré.ces minutes-là sont les siennes! Un léger traîneau tiré par une charmante enfant heurte la jeune mendiante.Les deux enfants tombent dans la neige molle.l'une, L'OISEAU BLEU 85 confuse de ce qui vient d'arriver, l'autre, stupéfaite, d'avoir si facilement culbuté.Nos deux bambines, en s'aidant mutuellement à se mettre sur pied, se regardent dans les yeux, se donnent la main.La maman de la fillette, cause du bienheureux accident, arrive près des enfants et comprend tout.Son cœur de mère est navré.Elle questionne la petiote, prend note de son adresse et l'invite fortement à retourner à son logis, lui assurant que, durant la messe de minuit, l'Enfant-Jéaus de la crèche les visiterait.Notre héroïque fillette, le cœur débordant de joie, retourne chez elle.Le bonheur répandu dans tout son être par les douces et réconfortantes paroles de la dame inconnue se communique comme une étincelle à la famille indigente.* * * Le son grave du bourdon des tours de Notre-Dame lance bientôt dans l'air sa note vibrante, puis tout le carillon mis en branle emplit l'espace de ses tintements joyeux.La maman, tenant ses deux petites filles par la main, se dirige vers la Paroisse.Les pauvres, près de l'étable du Roi des cieux, ont entrée libre, tandis que le père, malade et souffrant, dans son lit, égrène son rosaire, puis bientôt s'assoupit, épuisé.Une main légère tourne doucement la poignée de la porte d'entrée du taudis.Une enfant, accompagnée de sa mère entre.Leurs bras sont chargés de paquets.Un homme les suit, portant lui aussi des fardeaux de bonheur.On dirait une montagne déposée sur la table branlante.Une carte, discrètement déposée sur le lit du malade endormi, invite la famille pauvre à se rendre à une adresse indiquée.Puis la porte se referme aussi doucement que lorsqu'on l'ouvrit.Dieu seul et ses anges ont tout vu.Inutile de vous décrire le retour de la famille.ces choses se devinent, mais ne s'écrivent pas.C.F.GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez des lignes d'écriture et de composition personnelles, sur papier non réglé le tout, accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous.Adressez : Sœur Jeanne L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent - - - - Montréal PENSEES Vivez où vous êtes, plaisez-vous à ce que vous faites, soumettez-vous d'avance à ce que Dieu voudra: c'est le secret du bonheur.S'il y manque quelque chose, souvenez-vous que vous êtes dans le lieu d'épreuve et attendez l'éternité.Le plus grand esprit ne sait que ce qu'il a appris.Joseph de Maistre Nous avons plus de paresse dans l'esprit que dans le corps.La Rochefoucauld Le temps est si précieux qu'il ne faut l'employer qu'à ce qu'on fait bien.Celui qui a la charité dans son cœur a toujours quelque chose à donner.Proposez-vous au matin le bien que vous voulez faire dans le jour et examinez-vous le soir sur la conduite de la journée.Ceux qui se plaignent de la fortune n'ont souvent qu'à se plaindre d'eux-mêmes.Le devoir n'est pas de donner, mais de faire du bien en donnant et de faire en donnant le plus de bien possible.Le respect humain est l'obstacle le plus fatal à la conversion de l'homme mondain.Soyez constamment occupé, le travail purifie, il assainit l'âme.L'éducation est à l'esprit ce que la taille est au diamant.La grandeur des actions humaines se mesure à l'inspiration qui les fait naître.EXAMEN MILITAIRE — Dites donc, brigadier, est-ce que tous les chevaux peuvent être ferrés ?— Non, mon lieutenant.— Exemple ?— Le cheval-vapeur.— Comment, vous n'avez jamais lu les Bucoliques de Virgile ?— Mais vous oubliez que je n'ai jamais fait de médecine.— Oui.J'ai reçu ma facture d'impôts et, cette année, je vais l'examiner au microscope.— Ne trouvez-vous qu'elle est déjà assez grosse ? 86 L'OISEAU BLEU frtèr?à nEttfattt-ilrHUH Petit Enfant-Jésus, doux et pâle en vos langes, A qui viennent parler et sourire les anges, 0 vous, le fils de Dieu, riche en vos pauvretés, Souriant près du boeuf aux grands yeux veloutés, Vous qui tenez nos jours en vos petits doigts roses, Dont la chair est pareille à des lys et des roses.Nous voici donc, Seigneur, courbés à vos genoux, Veuillez faire tomber votre pitié sur nous.En ce jour ineffable, en ce jour de mystère Où des souffles du ciel passent sur cette terre, Jetez vos yeux très purs sur notre impureté, Et versez la lumière en notre obscurité.Notre siècle chercheur de joie et de bien-être, En votre dénouement ne veut plus vous connaître.Sans cesse poursuivant son rêve ambitieux, Hélasl il ne sait plus regarder vers les cieuxï Autour de nous.Seigneur, la tempête fait rage.Tendez-nous votre main, sauvez-nous du naufrage.Jeune peuple perdu dans ce vaste univers, Sans vous nous ne pourrons vaincre tous les revers.Ahl faites que nos yeux ne perdent pas la trace De la route où marchait, autrefois, notre race.Afin que nous montions vers un grand avenir Daignez, petit enfant, oui, daignez nous bénirl Faites que nous restions, en la lutte méchante, Le peuple fier, le peuple qui peine et qui chante, Le peuple qui, toujours calme et laborieux, Sait conserver la langue et la foi des aïeuxl Dans nos coeurs, ô Jésus, mettez votre croyancel Sur nos lèvres, gardez le doux parler de la Francel Blanche Làmontagne-Beauregard L'OISEAU BLEU 87 L'ENFANT A LA FENETRE T ES enfants retournent toujours avec joie à leurs livres d'images, leurs crayons de pastel et leurs boîtes de couleurs.A colorier des scènes enfantines, des paysages et des bêtes, je sais des petits qui oublient tout.S'ils hésitent sur la couleur des habits, s'ils relèvent parfois le rideau de la fenêtre pour s'assurer de la teinte du firmament, ils crayonnent de main sûre l'herbe, le trottoir, la fumée, la boue et même l'eau toujours bleue, comme les joues sont roses, les cheveux jaunes, bruns ou noirs.Le goût de colorier des images ne s'éteint pas en nous.N'en recueillons-nous pas encore, au hasard de la route?Images que burine la mémoire, qu'elle conserve en des cases secrètes, jusqu'à ce que notre pensée vienne les ranimer de son souffle; images de couchers de soleil, de figures inoubliables, de scènes intimes qui nous ont émues; images d'un sous-bois qui s'éclaire, d'un ruisselet tapissé de myosotis; de chardonnerets en casquette de velours, alignés en boule sur une branche de chêne.Leur appel matinal, certain jour, rythmait le tumulte de notre esprit et notre oeil s'est mouillé devant l'aube incertaine.Ces délicieux retours alimentent en nous une source jaillissante de beauté.Saisissons-les au vol, sinon ils seront à jamais perdus.Parmi les images que je garde en moi, il en est une que j'ai rapportée d'un voyage en chemin de fer dans les Rocheuses.Le long de la chaîne gigantesque qui nous cerne et nous fascine, grimpe la locomotive qui nous précède haletante, déroulant après elle comme un serpent sa longue file de wagons.L'énorme chenille absorbe à mesure le ruban d'aeier qui brille sur les dormants.Cette sauvage grandeur obsède le voyageur émerveillé.Dans le creux du vallon, un poney broute l'herbe rare, dressant l'oreille au passage du rapide.Au bord de la voie, dont elle n'est séparée que par une étroite jetée, se dresse une maison isolée.Inclinée vers la vitre aux* rideaux de mousseline, une fillette se berce, elle endort sa poupée.A la vue du train qui fuit, elle agite la main; les nôtres battent, lui répondent et nous filons.Chaque jour, sans doute, elle guette ainsi le passage de l'énorme chenille aux innombrables yeux, unique communication avec des êtres vivants le plus divers, le voyageur anonyme.La hutte semble perdue dans son cadre immense: on dirait sur les côtes un poste de signa-leur de brume.C'est l'habitation du chef de gare.Une gare, cette maisonnette déposée comme un jouet au pied de l'arène montagneuse?Que fait tout le jour la pauvre gamine?Avec qui joue-t-elle?A-t-elle un chat, un chien ou un lapin pour gambader avec elle, ou bien une chèvre ou un ourson apprivoisé?On n'aperçoit sur un long parcours aucun vestige de civilisation.Parfois, au signalement du chef de gare, doit s'arrêter un convoi de wagons lourds d'animaux ou de marchandises.La maman raconte à sa fille les histoires qu'elle a retenues de son enfance.Peut-être s'évertue-t-elle à peupler de génies bienfaisants leur vaste solitude.L'enfant n'ira pas à l'école, elle ne connaîtra pas la griserie des rondes chantantes, la féerie des vitrines de Noël.Par contre, n'aura-t-elle pas les courses éehevelées en pleine nature, l'air des altitudes, la beauté changeante des monts, le plaisir d'éveiller l'écho qui dort dans ces couloirs des pics rocheux, double le volume de la voix et répète à tue-tête après vous?Au fait, pourquoi m'inquiéterai-je de cette gosse?Son père a sans nul doute permuté depuis; sa maman a repris contact avec le monde et la gamine qui a grandi connaît, je l'espère, la camaraderie des enfants de son âge.Marie-Rose Turcot 88 L'OISEAU BLEU © e e> NÀCC © © © ¦pvANS une paroisse de la région de Québec "^vivait, il y a quelques années, un miséreux que les habitants de l'endroit désignaient sous le nom de Nado.Pourquoi ce sobriquet?Je ne sais.Il s'appelait Joseph-Hubert Hamelin.Sans parents et sans le sou, Nado s'était retiré dans une petite cabane qui, depuis sa mort, s'est transformée en un joli chalet sur une des îles du lac à l'Anguille.Ne mendiant plus, ce vieux solitaire vivait des oboles ou des dons en nature que les habitants lui apportaient.Il était l'ami de tous, des petits enfants, surtout, qu'il aimait avec passion.Chaque semaine, il fallait voir sur la route poudreuse ces chers petiots tenant par la main ou un grand frère ou une grande sœur qui lui apportaient des céréales et des légumes.Leur bonheur consistait à faire plaisir au vieillard sympathique mais dont la mine rébarbative ne semblait pas trop les intimider.Nado était toutefois fort laid.Un torse de géant, de larges épaules, une tête difforme et toujours recouverte d'une toque noire ou brune, des yeux de taupe, un large nez écrasé, des cheveux et une longue barbe en broussaille, un trou au milieu du front, voilà l'apparence extérieure de cet homme qui donnait le frisson à ceux qui ne le connaissaient pas.Sous cette rude écorce se cachaient le cœur le plus humain, l'intelligence la plus belle et l'âme la plus meurtrie.Très instruit, versé dans les sciences astronomiques, possédant des connaissances étendues sur la faune, la flore et l'arboriculture de Nado se plaisait à donner quelques leçons.notre province, Nado se plaisait à donner quelques leçons rudimentaires à cette jeunesse qu'il aimait tant.Et, ce n'est pas sans émotion que je me rappelle ces jours où, mêlé au groupe de mes jeunes compagnons, j'écoutais avec avidité ce qu'il nous racontait sur le mouvement des astres, les noms et les distances des planètes, la rotation de la terre, la formation géologique de notre globe, la germination des plantes, les différentes espèces forestières, etc.Il me semble que sa laideur disparaissait sous le voile de la bonté lorsqu'il causait de la beauté de Dieu réfléchie dans l'humble fleur que nous foulions à nos pieds et de la munificence du Créateur dans la profusion de tous les biens dont la nature est remplie.Nous étions si avides d'apprendre cette science nouvelle que nous aurions voulu arrêter la marche du temps pour l'entendre encore et.toujours.Nous ne nous lassions jamais.Mais lorsque le soleil touchait la cime des grands arbres dont la colline du côté ouest était couverte, il nous fallait songer à rentrer au logis.Le vieil ermite nous bénissait avant notre départ.Nous avions à peine franchi le pont situé à deux pas de l'humble cabane que nous entendions ses gémissements et les grands coups qu'il se portait au front.Ma curiosité d'enfant me poussait, quelquefois, à lui demander la nature du mal dont il souffrait.Il essuyait quelques larmes du revers de la main et.me renvoyait sans me fournir aucune explication.Quand j'eus grandi, on m'apprit les malheurs dont il avait été victime.Riche, aimé et adulé, Nado avait suscité l'envie de ses compagnons et de ses voisins.Doué d'une force herculéenne, il avait toujours bu imposer le respect aux roquets qui le suivaient en grognant sur ses talons.Marié et père de deux enfants, il tomba, un jour, dans un guet-apens où ses ennemis jurés le blessèrent gravement à la tête avec une tige de fer.Depuis ce jour et pendant plus de cinquante ans, il souffrit sans arrêt et sans répit une souffrance à laquelle la mort seule pouvait mettre un terme.Ses plaintes étouffées, ses soupirs et ses sanglots ne trouvèrent aucun écho, n'éveillèrent L'OISEAU BLEU 89 aucune sympathie chez les êtres qui lui étaient chers.Fatiguée d'être le témoin d'une douleur aussi profonde, sa femme le quitta et s'enfuit aux Etats-Unis avec ses deux enfants et tout son avoir.Trois fois, il fit à pied le tour de la Nouvelle-Angleterre avec l'espoir de retrouver les êtres qu'il chérissait tant.Il ne les revit jamais.C'est pourquoi je compris plus tard toute l'affection dont il entourait nos jeunes têtes blondes ou brunes.• Il avait reporté sur nous toute l'affection et toutes les caresses qu'il aurait voulu prodiguer û.sa famille chérie.J'ai voulu revoir l'endroit où habitait mon vieil ami d'enfance.J'ai voulu revoir les lieux où j'ai entendu des chants d'amour monter du cœur aux lèvres d'un pauvre hère si cruellement éprouvé par la Providence.C'était un soir d'été.Une brume légère s'élève de la vallée où serpente une rivière.L'eau glisse limpide sur le lit rocailleux où luisent les nageoires argentées des petits poissons.Je vis avec regret que l'humble cabane n'était plus là.Un paysan m'apprit que Nado était mort à l'hospice Saint-Damien, chez les Sœurs de la Providence.Un paysan m'apprit que Nado était mort.Toute trace est effacée de celui qui se plaisait à nous faire comprendre les mystères de la nature et à nous faire voir Dieu dans la multiplicité de ses œuvres.Il est vrai qu'en retour nous lui donnions bien inconsciemment l'illusion d'enfants qui cherchent près du cœur d'un père l'amour et la confiance qui se traduisaient par des sentiments bien divers.Un grand trou aujourd'hui marque l'emplacement de sa maison.Le sable fut employé à la réfection de la route dont on aperçoit le ruban jaune du haut de la colline.La source est aussi disparue.Seul, un monticule est toujours couvert de ses pins noirs et jette une note de tristesse sur cette scène où la souffrance a vécu.Je ne puis songer à ce malheureux sans que mon cœur soit étreint par un sanglot et que mon esprit se souvienne de cette âme aimante et sympathique.Andbé POUR S'AMUSER APRES UNE VISITE AU SALON — Vous avez vu mes tableaux au Salon.— Oh! très facilement, il n'y avait personne devant.LA MI-CAREME A MONTRÉA L — Papa, qu'est-ce que c'est que la Mi-Carême ?— Mon enfant, c'est un jour où des passants regardent passer des gens qui ne peuvent pas passer parce qu'il y a trop de passants.L'INNOCENT — Je suis innocent, monsieur le juge, proclame l'inculpé.— Je sais, tout le monde dit la même chose, fait le juge sceptique.— Vous voyez bien, réplique l'inculpé sur un ton de triomphe.Puisque tout le monde le dit, il faut bien que vous le croyiez!.PROPOS DE CHIRURGIEN — Ma plus belle opération chirurgicale, je l'ai faite aux Trois-Rivières.J'ai coupé les deux-jambes à un malheureux; je le croyais perdu; un mois après il était sur pied. 90 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE L'ARBRE DE NOËL 1.Qu'accroche-t-on ordinairement aux arbres de Noël ?— Des cloches et des couronnes en papier coloré, des banderoles et des guirlandes en papier à clinquants, des polichinelles, des boîtes à surprise, des jouets mécaniques, des flûtes, des trompettes, etc.2.Le jeu de quilles est-il un bon exercice ?—Oui, pour l'œil, les bras, les reins et les jambes.Q.Qu'est-ce que recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles?— C'est le recevoir très mal.3.Que voyons-nous ici ?— Un jeu de blocs alphabétiques.C'est excellent pour apprendre aux enfants les lettres de l'alphabet.4.Pourquoi appelez-vous cette voiturette une draisienne ?—-A cause de sa ressemblance avec la draisienne du commencement du siècle dernier, laquelle n'existe plus.Comme celle-ci, elle avait une direction à pivot et elle était actionnée par les pieds s'appuyant sur le sol.5.Qu'est-ce qu'un poussah?— C'est un magot ou figure grotesque de carton-pâte ou de bois, ayant pour base une boule construite de manière que le poussah, laissé à lui-même, ait toujours la tête en haut.6.Qu'est-ce qu'un aquarium ?— C'est un réservoir dans lequel on entretient des plantes ou des animaux aquatiques.7.Nommez les deux principales parties d'un appareil téléphonique.— Le transmetteur et le récepteur.8.Comment appelle-t-on ce petit cheval-jouet?— Un dada.Q.Le mot dada n'a-t-il pas deux sens?— Dans le langage enfantin, ce mot signifie cheval: aller à dada, un beau dada; au figuré, un dada est une idée favorite: il revient toujours à son dada.9.Quel est ce jouet?— C'est un Jean-la-Culbute.Quand les roues tournent, elles font faire au polichinelle d'amusantes culbutes.10.Quel est le nom de cette réunion de clochettes?— Un carillon.Q.Qu'est-ce qu'un carillon d'église?— C'est la réunion de clochettes que l'enfant de chœur agite à l'élévation de la messe, ou encore, le groupe de cloches installées au clocher.11.Que fait le minet ?— Il essaie d'attraper une souris métallique qui s'éloigne à mesure qu'il veut s'en approcher.12.Qu'y a-t-il dans la boîte-surprise ?— Un polichinelle.Q.Qu'est-ce qu'un secret de polichinelle?— C'est ce que tout le monde sait.13.Le tambour diffère-t-il de la grosse caisse ?— Le tambour est ce que nous voyons ici.Il se joue avec des baguettes.La grosse caisse se joue avec une mailloche.14.Quel est cet oiseau?— Un canard.15.Qu'y avait-il dans l'arche de Noé?— Noé, sa femme, ses trois fils, Sem, Cham, Japhet et leurs femmes.Il y avait aussi un couple de chacun des animaux.16.Quel mouvement fait ce cheval ?— Une ruade.17.Que porte ce cheval ?— Une bride, des rênes et une selle.18.De quels accessoires se compose un jeu de ping-pong?— De raquettes, d'un filet et de balles.19.En quoi consiste ce jeu de palet?— A faire passer dans le museau de ce chien des anneaux de grosse corde tissée.20.Que traîne chacun de ces deux chiens?— Une charrette dont le mouvement des roues agite une sonnette amusante.21.Quel nom donne-t-on à ce jeu ?— C'est le jeu de puce.Q.Que signifient ces expressions: avoir la puce à l'oreille, secouer les puces à quelqu'un ?— Etre inquiet, tancer vertement quelqu'un.Q.Et ce proverbe: qui se couche avec les chiens se lève avec les puces ?— Les mauvaises fréquentations ont des suites fâcheuses.22.Que traîne ce cheval ?—¦ Une charrette.23.Qu'y a-t-il sur la motocyclette?— Un bouffon qu'on appelle aussi pierrot et clown.Ce dernier mot est francisé.Féminin: clownesse.24.Par quoi remplaee-t-on le grain dans cet élévateur ?— Par du sable.25.Quelle est l'occupation de ce bouffon ?— C'est un chauffeur d'auto.26.Que se produit-il quand les roues de ce petit véhicule tournent?— Le soldat marche.27.Quel jouet voyons-nous ici ?— C'est une toupie gyroseopique.Q.Qu'est-ce qu'un gyroscope ?— C'est un appareil inventé par Foucault en 1752 pour fournir une preuve de la rotation de la terre et l'on a qualifié de ce nom certains jouets qui fonctionnent d'après le même principe.C'est une application de la force centrifuge.28.D'où sort cette automobile ?— Du garage dont les portes sont grandes ouvertes.L'abbé Etienne Blanchard 92 L'OISEAU BLEU Anecdotes canadiennes ¦ - ¦ ¦ Cent caribous, pas un de moins Au mois de mars de 1917, la famine menaçait l'orphelinat Saint-Joseph, au fort Résolution, sur le grand lac des Esclaves, au nord des provinces de 1'Alberta et de la Saskatchewan.La pêche de l'automne avait été insuffisante et la chasse à l'orignal, sur laquelle on compte toujours un peu pour "combler les vides", avait fait entièrement défaut tout l'hiver.Aux caribous (rennes), il ne fallait pas songer.Leurs troupeaux ne fréquentaient plus, depuis des années, ces parages du Grand Lac.De plus c'était l'époque de leur retour à la mer Glaciale.Des sauvages arrivés de l'est du lac, à 500 milles du fort, avaient dit que les bois favoris des rennes pour leur hivernement étaient désertés.La pêche sous la glace n'avait jamais été si misérable.Les Frères Kérautret et Meyer, qui étaient allés se loger sur un îlot lointain, avaient pris quatre truites en dix jours avec leurs soixante-dix hameçons tendus ensemble, sur un long espace, dans l'eau profonde.La visite de ces hameçons avait même failli être fatale au Frère Meyer.S'avançant un matin dans la brume qu'écrase toujours un froid de plus de 40 degrés centigrades, il n'aperçut pas une large crevasse qui s'était formée pendant la nuit et il y tomba.Il ne dut son salut qu'au long manche de son outil, destiné à creuser des bassins, qui se posa en travers sur la glace, et auquel il se trouva suspendu par les mains.Cependant les réserves achevaient de s'épuiser.Cent orphelins, dix Sœurs, et autant de Pères et Frères ressentaient les premiers tiraillements de la faim.Un soir, le Père Duport, supérieur de la Mission, n'en pouvant plus d'inquiétude, alla au réfectoire, où il trouva les enfants attablés autour de petits morceaux rôtis des derniers poissons.Prenant l'air mécontent, il dit: "Mes enfants, si nous sommes dans la misère ce n'est pas la faute de nos Frères: ils ont tout essayé; ni de vos bonnes Sœurs: elles ont tout sacrifié pour vous.C'est votre faute à vous!" Plusieurs crurent qu'on leur reprochait de trop manger et se mirent à sangloter."Ce n'est pas cela, reprit le Supérieur.Si je suis fâché, très fâché, c'est que vous ne priez pas saint Joseph avec assez de ferveur.Voilà ce que je veux vous dire".Sur cette explication, tous les petits se lèvent et promettent de prier "de toutes leurs forces".La Sœur Supérieure, mise en demeure de fixer le nombre des caribous, répond qu'il en faut cent, pas un de moins."Eh bien, mes enfants, à genoux!" Une nouvelle neuvaine commence, séance tenante, pour sommer saint Joseph de procurer les cent caribous.Le surlendemain, c'était la fin des vivres.Le Père Duport fit venir les deux chasseurs engagés de la mission: "Attelez tout de suite vos chiens et partez".Les sauvages haussèrent les épaules: "Mais tu sais bien comme nous, Père, qu'il n'y a rien, plus rien.C'est impossible.—Partez, vous dis-je.Allez nous tuer cent caribous, pas un de moins.Saint Joseph nous les doit puisqu'il nous les faut et que nous les lui demandons.Il vous les enverra." Tout à fait certains qu'ils allaient à un échec, mais payés pour cela, les deux hommes partirent.Ils n'avaient pas marché deux jours, courte distance pour nos pays, qu'une armée innombrable débouchait sur le lac devant eux et venant de l'est, contre toutes les lois suivies, de mémoire d'Indien, par ces animaux nomades.Abasourdis de voir si subitement, et en ces lieux, plus de caribous qu'ils n'en avaient jamais rencontré à la fois, les chasseurs se ressaisis- L'OISEAU BLEU 93 sent, se mettent en position, et procèdent à l'exécution de la bande, qui détale sur le flanc.Un renne tombait, et deux parfois, à chaque balle de leur puissante carabine.Le troupeau dispersé, les Indiens s'en furent compter les morts.Il y en avait cent trois.C'était au moment même où les Sœurs et leurs orphelins, réunis à la chapelle pour leur neuvaine, suppliaient saint Joseph, "dans une prière à fendre l'âme", de donner vite les cent caribous, pas un de moins.Nota: La page ci-dessus est extraite de Vouvrage couronné par l'Académie française "Aux glaces polaires, du R.P.Oblat, Pierre-Jean-Baptiste Duchaussois, né en 1878.Venu au Canada en 1903, ce religieux a écrit l'histoire de ses missions en trois volumes qui ont eu une vogue considérable.E.-Z.M.LE CARNET DU CURIEUX Question — Combien de bergers se rendirent à la crèche de Bethléem pour adorer l'Enfant-Jésus ?Réponse — Un ancien manuscrit grec anonyme laisse entendre qu'ils étaient quatre et qu'ils se nommaient Misaël, Achaël, Etienne et Cyriace.Quelques peintres en ont représenté deux dans leurs tableaux; d'autres en ont peint trois, quatre et même davantage.La tradition rapporte qu'ils n'étaient que trois.L'église construite où l'ange apparut se nommait l'église des Trois Bergers.COMME CADEAU DU JOUR DE L'AN Notre appel de novembre dernier a été entendu par plusieurs de nos lecteurs.Ils nous ont adressé plusieurs abonnements.Merci bien.Nous souhaitons que ce mouvement se développe.Il n'en coûte que cinquante sous pour dix mois pour faire adresser YOiseau bleu à tel petit écolier ou à telle jeune écolioro.Continuez votre propagande, ehers lecteurs de YOiseau bleu, et notre modeste revue doublera sous peu son tirage.CONCOURS MENSUELS CONCOURS DE DÉCEMBRE 1934 1 — Reconstituez la pensée suivante, extraite de notre revue d'octobre 1934.no eobldu nos nbhuore ne el aaagrntpet.2 — Quelles sont les parties d'un porte-plume ?3 — Dans quelle province canadienne trouve- t-on le célèbre pin Douglas?Faire parvenir ses solutions au plus tard le 28 décembre à L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent — Montréal, P.Q.Concours de décembre 1934.RÉSULTAT DU CONCOURS DE NOVEMBRE 1934 1 — Il suffisait de nommer l'un des écrivains suivants: Mlle Marie-Claire Daveluy, Jeanne Mance, M.Georges Langlois, Histoire de la population danadienne-française ; M.Jacques Laroche, Initiation à l'art dramatique; M.Claude Melançon, Nos animaux chez eux.2 — Un bon coeur vaut mieux que tout l'esprit du monde.3 — Métagramme: Loup, coup, houp! Malgré le peu de temps qu'ils avaient pour préparer lours réponses, cent cinquante-deux concurrents ont pris part au concours mensuel de novembre.Nous redisons notre satisfaction de constater l'intérêt que suscite cette initiative.Devenez chaque mois de plus en plus nombreux.Félicitations! Le sort a favorisé: Mlle Yvette Dumas 1273, rue de Saint-Valier, Québec M.Victor Malo Lacolle, comté de Saint-Jean, P.Q.Mlle Sara Duquette 243, rue Saint-Ferdinand, Montréal Mlle Lauretta Daigle 894, rue Broad Central Falls, R.I.Mlle Jeannette Bouvier Alexandria, Ontario Mlle Eva Bourdon Grand'Mère, P.Q.Le Directeur de YOiseau bleu a fait parvenir une prime de cinquante sous à chacun des gagnants. 94 L'OISEAU BLEU Il faut pratiquer économie Jeunes lecteurs de.l'Oiseau bleu, avez-vous pris la bonne habitude de mettre en réserve la monnaie que vous recevez de vos parents?Si oui, quelle joie vous éprouverez plus tard de trouver à la banque l'argent que vous aurez économisé.Ecoutez les sages conseils de vos maîtres et de vos mattresses: inscrivez-vous dès maintenant comme membres de la Caisse scolaire.Pour vous aider à bien tenir votre résolution, vous pouvez vous procurer à toutes les succursales de la Banque d'Epargne de la Cité et du District de Montréal une petite banque dans laquelle vous déposerez les sous qui font les piastres.LA BANQUE D'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal Fondée en 1846 SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE L'OISEAU BLEU 95 Une page d'histoire MoNSEiaNEtm Louis-François Laflèche 1818 —1898 "J'ai fait tout ce que j'avais à faire, j'ai dit tout ce que j'avais à dire"; celui qui se rend cet cloquent témoignage n'est autre que le grand évoque des Trois-Rivières, S.G.Monseigneur Louis-François Laflèche.Doué d'une activité fébrile et d'un zèle enflammé, il ne vit que pour se donner tout entier aux âmes et à sa patrie.Les quelques années qu'il passe dans les pays de missions, au début de son sacerdoce, sont déjà l'heureux présage de ce qu'il sera appelé à faire plus tard.Qu'il soit supérieur du séminaire de Nicolet, curé à la cathédrale des Trois-Rivières ou administrateur financier du diocèse, l'abbé Laflèche fait preuve d'un sens administratif bien coordonné et d'une largeur de vue qui ne tardent pas à le désigner à de plus hautes fonctions.Nommé bientôt coadjuteur du titulaire du diocèse, S.G.Monseigneur Cooke, celui-ci, peu de temps après, lui confie toute l'administration, en attendant qu'il lui cède son siège, à sa mort, survenue deux ans p'.us tard, en 1870.Ce qui caractérise particulièrement Mgr Laflèche, c'est sa science approfondie et ses connaissances variées qu'il sait mettre en relief dans ses sermons et ses écrits.La série de ses lettres pastorales, publiées périodiquement, renferme tout un cours sur les doctrines de l'époque et la direction à suivre en l'occurrence.Le saint évoque ne perd aucune occasion de défendre les droits et les principes attaqués ou reniés.C'est ainsi qu'il commente d'une façon magistrale le décret du Concile de Québec, qui recommande au clergé "de prémunir les fidèles contre les séductions, les scandales et tous les dangers qu'entraînent les campagnes électorales et les désordres qu'elles occasionnent".11 défend avec opiniâtreté la liberté du clergé dans la direction des âmes.Ses articles sur l'influence spirituelle indue sont bien l'œuvre de l'homme de Dieu qui défend sa foi et sa race pour l'honneur de l'Église et le bien de son pays.Ils lui valent un témoignage de haute approbation du Souverain Pontife lui-même.Son ardeur apostolique ne se limite pas à la province de Québec.Lors de l'abolition des écoles séparées au Manitoba, en 1890, Mgr Laflèche s'emploie à consoler son vieil ami Mgr Taché qu'une telle injustice affecte profondément.A la suite des élections de 1896 Mgr Laflèche écrit: "Le règlement Laurier-Greenway n'est qu'un sacrifice sans compensation acceptable des droits et des intérêts de nos coreligionnaires de cette province, ce n'est qu'une lâche et honteuse capitulation accomplie à l'insu des intéressés, dans l'ombre et dans le secret, qu'il est de notre devoir de réprouver entièrement et contre laquelle nous devons protester énergi-quement".Mgr Laflèche était né à Sainte-Anne-de-la-Pérade, le 4 septembre 1818; il mourut le 14 juillet 1898, rentrant d'une tournée de confirmation, et répétant souvent: "Quel bonheur de croire en face de la mort".Aujourd'hui comme alors, nous devons nous employer à Bervir les intérêts de notre race, sur tous les terrains, y compris celui de notre épargne.L'assurance-vie s'achète, achetons-la chez nous.La Sauvegarde est une institution de chez nous, fondée et dirigée par les nôtres.C'est notre devoir de l'encourager.Elle mérite notre confiance; ne la lui refusons pas. Ecole Polytechnique de Montréal FONDEE EN 1873 Travaux publics — Industrie 1430, rue Saint-Denis, Montréal TELEPHONES :— Administration :— Laboratoire Provincial des Mines :— LAncaster 9207 LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE ECOLES TECHNIQUES DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANASE DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE COURS TECHNIQUE — Cours de formation technique préparant aux carrières industriellt».COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal.) COURS SPECIAUX — Cours variés répondant à un besoin particulier.(Mécaniciens «t véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivra un cours industriel complet.AUGUSTIN FRIGON ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL Directeur Général de l'Enseignement Technique ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 1430, rue Saint-Denis MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE HULL "GRANGER' LE MAGASIN PAR EXCELLENCE DES CELLES ETE?EN NES Beaux livres, Reliures d'art, Livres canadiens, Reliures amateur, Albums d*irnages, Bibliothèque enfantine, (Jarnitures de bureau, tous genres, Stylophares : bases onyx, Boîtes de papier à lettres, de cartes.Ecrins: stylos et crayons assortis.Maroquinerie, Ecritoires, Liseuses, Agendas, Calepins, Articles de fantaisie, verre et porcelaine, Jeux de société, jouets, Boites de peinture.Décorations pour Noël et le Jour de l'An.Demandez notre catalogue intitulé "Cadeaux" GRAINGER FRÈRES lJbRfciR.es, PfepcIieRS.ImpoRfoleuRS 54 NotedfcûTicOuest "KontRè^ 'I'M .lancaster 2171 La pli's Importante Librairie et Papeterie française au Canada.Nos magasins sont ouverts jusqu'à 5 p.m.le samedi.On n'a pas raison de craindre le long chômage des vieux jours, quand on se bâtit une vieillesse agréable.Voyez ce qui se passe chez nos sociétaires.Ils ont même hâte de vieillir.Pourquoi?.Parce qu'ils pourront, enfin, se reposer .heureux et tranquilles .grâce à la puissance de leurs épargnes, accumulées .DEPUIS L'ECOLE CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE 55, St-Jacquet O.Montréal 1 Impmuibu Popuumbk LimitAb H Arbour 2185
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