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Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

L'oiseau bleu /, 1935, Collections de BAnQ.

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COM V A REVUE MENSUELLE ILLUSTREE POUR ^^^^ ^ LA JEUNESSE W^fc | L Oiseau BlEU PUBLIEE PAR I.A SOCIETE SA1NT-JEAN-IIAPTISTE OE MONTK&AI Réduction, Administration et Publicité: 1182, rue Saint-Laurent MONTRÉAL Téléphone: PLateau 1131 Abonnement annuel: Canada et États-Unis: 50 sous (Payable au pair il Montréal) CONDITIONS SPÉCIALES aux écoles, collèges et couvents VOLUME XV — No 8 MONTREAL, MARS 1935 Le numéro 5 sous JEAN NICOLET AU LAC MICHIGAN 146 L'OISEAU BLEU Jean Nicolet au lac Michigan /"*'était bien un héros que ce Jean Nicolet, ^ mort accidentellement, en plein exercice de sa charité, le 27 octobre 1642.Parce qu'il avait réussi, après deux ans d'études, à maîtriser le dialecte des Algonquins, parce qu'il s'était assimilé leurs mœurs, leurs coutumes, qu'il avait partagé leurs fatigues et leurs privations, ces Indiens le respectaient et l'aimaient.Ils eurent si grande confiance en lui qu'ils le mirent il la tête d'un de leurs détachements chargé d'aller négocier la paix avec les Iroquois.L'homme qui était alors à l'affût des entreprises profitables à la colonie, Champlain.reconnut vite les grandes qualités de ce jeune homme de vingt ans qu'il avait emmené de France pour en faire un interprète.Sa bravoure, son intrépidité, jointes à son désintéressement personnel qu'un zèle apostolique animait constamment, le désignaient déjà à de hautes et nobles missions.Neuf années durant, Nicolet vécut au pays des Nipissings, se mêlant à leur vie, s'identi-fiant tellement à eux qu'il passait pour être de la tribu et avait son entrée libre dans les Conseils.Seule, la privation de tout secours religieux, et sa piété en souffrait, le contraignit à revenir à Québec.C'est alors que Champlain l'envoya comme ambassadeur au pays des "Grands Lacs" pour traiter avec les Naturels de ces régions et les Hurons.Il rencontra plusieurs petites nations en cours de route.Il les convoqua en grande assemblée et réussit à leur faire conclure la paix.De là, hanté, comme tous les explorateurs, du désir d'atteindre les pays d'Orient, par voie navigable à travers le continent, il arriva au pays des Mascoutains.Pendant trois jours, il avait vogué sur le lac des Illinois qu'il venait de découvrir et qui porte aujourd'hui le nom de Michigan.Il fut le premier Français à pousser si loin ses explorations.Toujours avec l'espoir de rencontrer des orientaux, il avait revêtu le costume de mandarin, en usage alors chez ces peuples.C'est ce qui a inspiré l'artiste Louis-Joseph Dubois dans le dessin qui orne la couverture de ce numéro.Aux Trois-Riviêres où il revient, Nicolet exerce son zèle et sa charité d'apôtre.Son prestige sur les Indiens lui sert à repousser une attaque des Iroquois contre la colonie et à obtenir la liberté de plusieurs captifs.De nombreux sauvages, grâce à sa connais- sance de leur langue, lui doivent leur conversion.A la nouvelle de sa mort, arrivée accidentellement en allant aux Trois-Riviêres pour délivrer un prisonnier Iroquois que les Algonquins avaient mis à la torture et condamné à mort, les sauvages éprouvèrent une grande peine et témoignèrent de profonds regrets.Ce fut une perte préjudiciable au pays et très sensible à Monsieur de Champlain.La mémoire de Sieur Nicolet est impérissable au Canada.Son nom est inscrit en caractères indélébiles sur la carte de la Nouvelle-France.Un comté, une rivière et une ville de la province de Québec portent son nom.C*ost un bel hommage à ce héros.G.de l'Espoir Concours littéraire' Plusieurs jeunes lecteurs ont déjà adressé leur manuscrit à TOiseau bleu.Combien d'autres les imiteront ce mois-ci t Car, ne Voubliez pas, ce concours se terminera le 30 mars à midi.Ne vous laissez pas arrêter par les difficultés de ce travail.Vous avez plusieurs ennemis à vaincre.Apathie, indolence, paresse même, s'entendent comme larrons en foire pour faire échec à votre courage et à votre volonté.Ne prêtez pas l'oreille à leurs propos, de grâce] Et ne dites pas: Je me sens incapable de concourir.Il s'agit de faire le récit dit second voyage de Cartier au Canada en 1535.Vous hésitez, allons donc] Mettez-vous à l'oeuvre tout de suite et vous réussirez et, qui mieux est, vous connaîtrez davantage les origines de notre histoire.Rappelez-vous de plus que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal offre aux concurrents une somme de quinze dollars (S 15) qui sera partagée entre les vainqueurs.1 L'Oiseau bleu de février 1935, page 133, fait connaître les conditions de ce concours.BONS MOTS En police correctionnelle —Prévenu, vous êtes accusé d'avoir volé un melon.On vous a pris sur le fait au moment où vous l'emportiez sous votre bras.—Pardon, mon président, je ne l'emportais pas, nous cheminions côte à côte. L'OISEAU BLEU Pour les tout jeunes LES VIEUX SABOTS Petit Jean s'aperçut, un soir, que ses sabots étaient usés.Usés, que dis-je!.il y en avait même un de fendu! Comment allait-il annoncer cela à ses parents?Des sabots qui, il y a trois mois à peine, avaient coûté vingt-cinq sous! Des sabots en bois de hêtre que son père avait ornés de clous dorés! Des sabots, enfin, fabriqués par Durotin, le maître sabotier du village qui savait de si belles histoires et qui les racontait si bien aux enfants.Eh bien oui, un de ces beaux sabots en hêtre était fendu! Quel désastre! Que faire?Qu'allait dire sa mère?.Elle n'était pas riche, l'honnête lavandière.N'était-elle pas en ce moment agenouillée au bord de la rivière qui coule derrière sa maison, en train de laver le linge de la famille ?Petit Jean entendait les coups de battoir qu'elle donnait en battant le linge sur une pierre de la grève; cette pierre à force d'être frottée reluisait au soleil comme un miroir.Petit Jean savait bien ce que dirait sa mère: Ah! tu nous en uses des sabots! des habits! Il te faudrait des sabots de fer et des habits de cuir.Tu nous en manges de l'argent, de cet argent qu'on gagne si péniblement! Tu ne sais pas ce qu'une paire de sabots coûte de sueurs à ton père et à moi.Si tu faisais moins de glissades.Si tu frappais moins de cailloux en marchant!.J'entends déjà toute la ritournelle, se disait l'infortuné garçon."Cependant, maman n'est pas méchante.Elle tempête un peu, mais elle m'aime bien et elle oublie vite.Néanmoins, je voudrais bien savoir ce qui va se passer".A tout événement, l'enfant, dans son for intérieur, ne regrettait guère ses sabots: ils étaient si gros et si lourds.D'autre part, il caressait depuis si longtemps l'idée d'avoir une paire de souliers semblables à ceux qu'il voyait dans la vitrine de l'unique cordonnier du village.Sa mère penserait-elle à lui en acheter?C'était bien douteux.Il n'aurait pas l'audace de lui en demander, car elle se fâcherait sûrement et son père roulerait de gros yeux; c'était plus sage de ne rien dire.Pour le moment, Petit Jean songeait plus à l'algarade qui l'attendait qu'aux souliers.Tout tremblant, il s'approcha de sa mère et d'un air timide lui annonça la triste nouvelle.Tes sabots sont usés!.cassés! dit-elle.Des sabots qui nous ont coûté si cher! Tant pis pour toi, tu marcheras pieds nus! Ce n'est pas main- tenant que nous trouverons l'argent pour t'en acheter d'autres.Et ce fut tout.Petit Jean, trop heureux de s'en tirer à si bon compte, se tint coi.Assis près de sa mère, il regardait couler l'eau de la rivière et passer les jolis bateaux.Il songeait à tirer parti de son infortune, lorsqu'une phrase qu'il avait souvent entendue de Durotin lui revint à la mémoire: Rien ne se perd en ce bas monde.S'il en est ainsi, se dit l'enfant, on peut donc faire quelque chose avec de vieux sabots.Mais quoi donc ?Il courut consulter le sabotier.Celui-ci, fort embarrassé, ne trouva d'autre réponse que: Puisque rien ne se perd en ce bas monde.je crois.qu'avec de vieux sabots on peut faire.du feu.Ce n'était pas bien malin à découvrir, pensa le gamin, mais il doit y avoir mieux, et il chercha.En passant en face de la maison du notaire du village, il vit le jardinier disposer au soleil un grand nombre de pots de fleurs.Il avait trouvé son idée.Il s'empressa de rentrer chez lui.Remplir les sabots de terre, y semer des graines de capucines et de volubilis et les déposer sur l'allège d'une fenêtre de leur humble maisonnette fut l'affaire d'un moment.Trois semaines plus tard, le sabotier, passant par là, pouvait constater comme Petit Jean avait su utiliser ses vieux sabots.En bon philosophe, Durotin s'attribua le mérite de cette découverte, conséquence logique de ses discours.Quelques mois après, les fleurs atteignirent, leur plein épanouissement.Deux dames et un monsieur, de passage dans le village, remarquèrent ces pots de fleurs nouveau genre.—L'idée est originale, dit la plus jeune.—C'est bien joli, dit l'autre.—C'est toi qui as eu cette idée-là?s'adressant à Petit Jean —Oui! madame, répondit l'enfant.—Tu ne manques pas d'imagination, reprit la première.Veux-tu me vendre tes pots de fleurs ?—Si vous y tenez, madame.—Si j'y tiens! Je crois bien que j'y tiens.Ce sera un souvenir bien original.Combien en veux-tu ?A ce moment-là, la plus âgée, remarquant que l'enfant était pieds nus, lui demanda: —Veus-tu une paire sa sabots neufs ?—Si c'était un effet de votre bonté, répondit le garçonnet, j'aimerais mieux une paire de souliers. 148 L'OISEAU BLEU —Si tu y tiens, dirent les dames en riant.—Si j'y tiens, répliqua Jean, je crois bien que j'y tiens.Ce sera pour moi un souvenir aussi original que mes sabots en seront un pour vous.—Eh bien! dit le monsieur qui n'avait pas encore pris part à la conversation, allons chez le marchand.C'est ainsi que Petit Jean eut sa première paire de souliers.Et tout le village connut l'aventure.Les enfants qui ont de vieux sabots espèrent pouvoir les échanger pour des soulier neufs.Aussi voit-on, depuis lors, les portes et les fenêtres ornées de pots de fleurs mis à la mode par Petit Jean.Y.-M.Néris Une bonne action TViTaître Pierrot est heureux, bien heureux.^¦**Pensez-y, il sait voler.Ce matin, il a quitté l'érable natal: deux coups d'aile l'ont porté à l'orme d'en face.Un tour de force, quoi! Perché maintenant sur cet orme, il fait des rêves d'or pour l'avenir.Il fait des rêves d'or; mais soudain, des cris, des appels, des plaintes.Il tend l'oreille.C'est dans sa langue que l'on crie.Voilà un prétexte pour employer ses ailes.Il vole à un arbre voisin.Il voit, maintenant.Ciel! C'est son père! C'est Papa Moineau! Qu'a-t-il donc ?Ah! le malheureux! Il est hypnotisé par un chat.Il descend vers la mort, lentement, avec désespoir.Bientôt, il n'y aura plus de Papa Moineau.Plus de Papa Moineau?Si! Il y aura un Papa Moineau! Pierrot vient d'avoir une idée.Pas une idée, une résolution: "Il m'a donné le jour; je lui donnerai ma vie".Pauvre Pierrot! Que veut-il faire?Il prend son élan.Bravo Pierrot! Hardiment il s'est posé sur la tête du chat.Et voilà un petit bec pointu qui frappe, et qui frappe, et qui frappe toujours sur le gros crâne dur.Minet est inquiet.Il est inquiet et se demande: —"Qu'y a-t-il ?Qui me frappe?Voudrait-on m'enlcver ma proie?" A cette pensée, il est furieux; il lance en l'air de violents coups de patte; il jure, il crache, à la manière des chats en querelle.Enfin, Minet est fâché.C'est ce que veut Pierrot.Légèrement, il saute à terre.Il saute à terre et regarde Minet.Attention, Pierrot! Ah! Malheur! Minet regarde Pierrot.Mais.Le voilà qui se calme! Il redevient poli! Même, il se fait doux; il se fait caressant.Il miaule tendrement et il regarde toujours Pierrot.Leurs yeux ne se quittent plus.Pierrot est attiré.Il se rapproche: plus près, encore plus près.Pan! Un coup de griffe, un léger petit cuie.Hélas! Papa Moineau, lui, s'est enfui.H est sauvé! Ht Pierrot n'est plus.Pierrot n'est plus, mais là-haut la Vierge a tout vu.Elle se penche vers son Fils: —Maître, n'avez-vous pas dit: Qui fait le bien en sera récompensé?—Mais oui, Mère.—Eh bien! Un tout petit moineau est mort pour sauver son père; il est mort sans récompense.Rendez-lui la vie.Faites-le entrer au Ciel, pour un jour, pour un seul jour.—Mère, je n'ai rien à vous refuser.Et Pierrot est entré au Ciel.Entré au Ciel, mais rien que pour un jour! La Vierge de nouveau se penche: —Maître/ une loi céleste dit: qui entre au Paradis n'en sort pas.Obéissez-lui.Gardez Pierrot au Ciel.Souriant, l'Enfant acquiesce.Maître Pierrot s'avance.Il fait une profonde révérence, et une autre, et une autre encore.Puis il dit: —Merci, Sire.Je ne suis qu'un intrus ici.Je me mettrai dans un petit coin et je ne dérangerai personne.Jésus se fâche tout rouge; une sainte colère, assurément! —Il n'y a pas de coins dans le ciel.Et toi.tu n'es pas un intrus, tu es un ambassadeur: l'ambassadeur des animaux.Ta place est au premier rang.On ne donne pas sa vie pour rien! Heureux Pierrot! Louis-Henri Bilodkau BONS MOTS Dans une ville d'eau Un baigneur fait l'éloge du pays à son hôtelier, mais il ajoute en manière de restriction: —Ce qui vous manque, ici, c'est une montagne et un torrent.—C'est vrai, dit l'hôtelier, j'en parlerai au Conseil municipal.Arithmétique Le maître d'école—Comment feriez-vous pour partager 13 pommes entre 14 personnes?L'élève—Je ferai une compote.Un remords drôlement placé Jeannot a volé et mangé des pommes vertes.Sa mère lui fait une semonce bien méritée.Jeannot fond en larmes.—Ah! ah! dit la maman, tu as des remords.—Oh! oui, maman, dans le ventre.L'Oiseau Bleu est publié par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal.Alphonse de la Rochelle, directeur.— La revue ne paraît pas en juillet et en août. L'OISEAU BLEU 149 HOS CHAHSOHS POPULAIRES IL ETAIT UN PETIT NAVIRE j JirrriJ'J,jyiJ Il c-lail" un pe-hf na-vi-re.il é- hait ur?pc-HI" na-vi- re à^vaiï ja.ja.ja-maisna-vi-cjué, Qui na-vail- ja, ja.ja-mais na -vi - gue — 2 — 11 entreprit un long voyage (bis) Sur±la mer Mé-Mé-Méditerranée, (bis) — S —- Au bout de cinq ou six semaines (bis) Les vivres vin-vin-rent à manqxier.(bis) — 4 — On tira z'à la courte paille (bis) Pour savoir qui, qui, qui, serait mangé, (bis) m Le sort tomba sur le plus jeune (bis) C'est donc lui qui, qui, qui fut désigné, (bis) — 6 — On cherche alors à quelle sauce (bis) Le pauvre enfant-fant-fant serait mangé, (bis) — 7 — L'un voulait qu'on le mît à frire, (bis) L'autre voidait-lail-lait le fricasser.(bis) — S — Pendant qu'ainsi l'on délibère (bis) Il monta sur, sur, sur le grand hunier, (bis) — 9 — Il fit au ciel une prière (bis) Jnterrogeant-geanl-geant l'immensité, (bis) — 10 — Mais regardant la mer entière, (bis) Il vit des flots, flots, flots de lotis côtés, (bis) 0 sainte" Vierge, ô ma patronne, (bis) Cria^le^ pau-pau-pauvre infortuné, (bis) -.19- Si j'ai péché"vite pardonne, (bis) Empéche-les-les-les de me manger, (bis) — 13 — Au même instant un grand miracle (bis) Pour l'enfant fut, fut, fut réalisé, (bis) — 14 — Des p'tils poissons dans le navire (bis) Sautèrent par, par, par millions, (bis) — 16 — On les prit, on les mit à frire, (bis) Le jeune mous-mous-mousse fut sauvé, (bis) — 16 — Si cette histoire vous amuse, (bis) Je vais vous la, la, la recommencer, (bis) 150 L'OISEAU BLEU Lb coin du philatéliste Modifications et nouveautés Le Mandchoutikouo —¦ Trois colonies anglaises réunies — Clipperton, nouvelle possession française — Les timbres du Jubilé du rai George — Galerie présidentielle américaine.Le rattachement de la Sarre à l'Allemagne nous a fourni, dans notre dernière chronique, le prétexte tout d'actualité d'une étude sur les nombreux organismes postaux nés du traité de Versailles et maintenant tous disparus.Le sujet n'est pas épuisé.Voici encore des modifications et des additions récentes dont il faudra tenir compte pour être à date dans nos albums.Nous y trouverons l'excellente occasion de découvrir des pays peu connus car nous ne nous contenterons pas simplement d'inscrire en tête des pages des noms nouveaux mais bien de rechercher ce qu'ils ont à nous apprendre.En nous amusant, nous nous instruirons: premier but de la philatélie.Notons donc que le vaste territoire d'Asie connu longtemps sous le nom de Mandchourie —¦ patrie de la dynastie qui régna des siècles sur la Chine — appelée le Mandchoukouo au lendemain de la mainmise japonaise en 1932, devient le Mandchou-ti-kouo (les traits d'union sont placés ici uniquement pour marquer la modification) par l'adjonction d'un signe qui se prononce TI, signifie empire et rappelle la restauration de Sa Majesté Impériale PU-YI.Cette appellation paraîtra sur les nouveaux timbres au fur et à mesure de l'épuisement des émissions en cours, dont plusieurs sont déjà introuvables dans les bureaux de poste de ce pays jaune.Chez les noirs d'Afrique, trois dépendances anglaises sont fusionnées: le Tanganyika, ci-devant colonie allemande, le Kenya et l'Ouganda, ancien royaume sous protectorat britannique.Des timbres, actuellement en voie d'impression à Londres, portent les trois noms réunis, — une jolie longueur! Ils comptent 7 dessins répartis sur 14 valeurs — nous les reproduirons prochainement — portant toutes l'effigie de George V avec des sujets variés: l'Industrie pastorale, sur-tout l'élevage du mouton, principale richesse de l'Aus- ^^JpT^Jv^ • *n| bres.— 2p.rouge, 3p.bleu.URi^M^â^^fe^kAil 9P- violet.— émis en souve- %|U^yH^^BFÇ|Bn| nlr du centenaire do la pvE^.^fl BP^OTr mort du capitaine John  W-*-7J15^>^.vujll Mncarthur, Introducteur rn JyQ^WfH^^ygj^^ffl^ ce pays (1823) du fameux ¦BHHflBÉtoflOSSiilHÉ^w specimen e6t présenté sur les vignettes.Nouveaux timbres du Manchoutikouo avec son nom corrigé.le lac Victoria, le mont Kilimanjaro, le mont Kenya, le pont Jinga, près des chutes Ripon, le lac Naivasha et différents motifs se rapportant à la flore et à la faune de ces pays où, rappelons-le en passant, des missionnaires canadiens exercent un fécond apostolat.Enfin, plus près de nous, en Amérique surgit une nouvelle "colonie" française, L'attoll de CLIPPERTON, minuscule îlot rocheux, aride et chaotique d'environ 8 milles carrés, riche cependant en gisements de guano — ce merveilleux engrais — et situé au sud de la presqu'île de la Basse-Californie, dans l'océan Pacifique, face à la côte mexicaine.La possession de cet attoll, "monument funéraire qui marque la place d'une île engloutie" suivant la pittoresque définition d'un géologue, était depuis 1807 contestée par la France et le Mexique.Après des négociations sans résultat, les deux pays soumirent leur prétentions à l'arbitrage du roi d'Italie qui, après avoir longtemps étudié la question, attribua la souveraineté de l'île à la France.Rien n'étant venu sanctionner la sentence royale, Clipperton resta dans son isolement troublé par les seuls oiseaux de mer en nombre incalculable.Mais le 2 décembre, rapporte le Bulletin Champion, un fait nouveau, d'intérêt politique et philatélique, faillit marquer une étape essentielle dans l'histoire de la "colonie".Le croiseur Jeannc-d' Arc navire-école de la marine française devait ce jour-là prendre officiellement possession de l'îlot; pour commémorer cet événement, le commandant avait à l'avance apposé un cachet approprié: "Jeanne d'Arc — à l'île Clipperton - 2 décembre 1934".sur la correspondance déposée au bureau de poste du croiseur.Malheureusement, ajoute notre confrère, l'état de la mer ne permit pas le débarquement — et le cachet, dont les empreintes auraient fourni des pièces fort estimées des collectionneurs, fut détruit.Le Bulletin dit cependant qu'une deuxième tentative, faite quelques jours plus tard — on ignore la date précise — fut couronnée de succès et que depuis le drapeau français flotte sur l'île de Clipperton.Il est peu probable que ce coin de terre perdu soit doté de timbres en propre.Aux escales L'OISEAU BLEU 151 A gauche un nouveau timbre d'Allemagne — 4 valeurs: 3pf.brun.6pf.vert.12pf.rouge, 25pf.bleu — émis le 16 Janvier, rappelle le rattachement de la Sarre à la mère patrie.Le dessin est d'une grande éloquence.La nouvelle Allemagne, sous les traits d'une jeune maman, la figure illuminée du sourire d'une Joie débordante, la tête ceinte de lauriers symbolisant sa victoire, enserre dans ses bras sa fillette retrouvée: la Sarre.L'Allemagne avait lancé à l'automne deux autres vignettes en vue du plébiscite de la Sarre.L'un, de 6pf.représente un énorme morceau de charbon tenu par deux rudes mains de mineur; l'autre, de 12pf., montre l'Aigle noir prussien, etc.Chacun porte, en gros caractères, le mot "SAAR".la poste des navires se servira des timbres de France et y apposera un cachet de circonstance.Ce qui vaudra à Clipperton l'honneur d'être inscrit dans les catalogues, nécessitant, de la part des heureux et rares possesseurs de ces pièces, l'ouverture d'une nouvelle page d'album .plaisir que nous vous souhaitons.En attendant voyons des émissions prochaines plus faciles à obtenir — du moins un certain nombre.Nous voulons parler des timbres qui seront dans quelques mois lancés à travers l'empire britannique, à l'occasion du 25ôme anniversaire de l'avènement de George V.De Londres nous apprenons que le Colonial Office, duquel dépendent 43 colonies de la Couronne, a fixé son programme postal.Un seul dessin servira pour toutes ces dépendances éparpillées aux quatre coins de la terre.La vignette imprimée en deux couleurs par le procédé inlaille, gravure en creux d'un bel effet artistique, servira à quatre dénominations les plus en usage, ce qui les rendra plus accessibles aux collectionneurs.On y verra, à droite, la tête couronnée du roi et, à gauche, le château de Windsor, demeure favorite de Sa Majesté.Windsor, ainsi qu'on le sait, est le nom plutôt récent de la maison royale de Grande-Bretagne.Il fut, au cours de la Grande Guerre, substitué à celui de Cobourg, sans doute trop allemand, porté depuis le mariage de Victoria 1ère, dernière princesse de Hanovre, avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha.La série entière des 43 colonies comprendra donc 172 timbres dont la valeur totale sera de $20 à $25.Tous seront émis le même jour, le 6 mai prochain, date anniversaire de l'accession de George V au trône; ces commémora-tifs resteront en usage jusqu'au 31 décembre 1935, alors que les invendus — s'il en reste, ce dont nous doutons — seront détruits.A ce chiffre assez important, mais de peu d'intérêt au point de vue graphique faute de variété dans les images, il faudra ajouter les émissions de la Grande-Bretagne et des pays Quatre timbres de Norvège — 10 o, Jaune.15 o.orange, 20 o.carmin, 30 o bleu, — commémorant le 250éme anniversaire de la naissance de Lldwlg Holbergs dont on reproduit le portrait et la signature, un des plus grands écrivains de son temps — poésie, théâtre, philosophie, histoire — et créateur de la littérature moderne danoise.britanniques autonomes qui tous, sauf peut-être l'Irlande, voudront ne pas manquer cette occasion de manifester leur loyauté envers leur souverain.Déjà la Nouvelle-Zélande a décidé d'émettre une série spéciale de trois valeurs, 1^ p., 1 p.et 6 p.à paraître le 6 mai en remplacement temporaire des dénominations équivalentes en TIMBRES DE PAYS ABOLIS Plusieurs séries complètes t Signifie complet — * neufs Se hâter — Les quantités sont limitées Allcnstein I4j* 1920 - 1ère émission.$1.00 13* 1920 - 2ème émission.60 Arménie 10t* 1922 - .75 Azerbaïdjan 10t* 1919 - 1ère émission Republic.25 151"* 1922 - émis des Soviets.75 13t* 1918 - émis des Alliés.6.00 Bosnie-Herzégovine 12 diff.divers.15 -5t 1901-04.20 16* 1917.50 Carinthie 25t° 1920 - le pays au complet.1.00 Caucase 1923.80 7t* 1923.70 Epire 10 diff.divers.25 25 diff.divers.1.25 Extrême-Orient 5f * 1921 - émis Blago-veshehenck.60 Géorgie 9t* 1919-20.15 5t* 1923 " provisoires .60 4t* 1922 - Semi-postaux .25 Lithuanie Cent.12 diff.divers.15 Marienwerder 4* 1920 - 1ère émission.15 Memel 25 diff.divers.50 50 diff.divers.1.00 Nouvelle-Ecosse 1860-63.3.75 Russie du Sud 1919-Denikin .35 Ruthcnie Blanche 5* lit0 loi 1920 - pays com- 9t* 10 1922 - Chita .60 Fiume 25 diff.divers.60 50 diff.divers.1.25 plet.15 Samoa 251* 1887-99 - 7 séries complètes.2.50 Sarre 15 diff.divers.15 25 diff.divers.30 50 diff.divers.1.20 Schlcsvig 6 diff.divers.12 Serbie 25 diff.50 50 diff.1.50 Silésie (Haute) 10 diff.divers.15 Port en plus sur commande de moins de $1.00.CATALOGUE GRATUIT SUR DEMANDE Bazar Postal, B'tc poste 4020, Montréal 152 L'OISEAU BLEU A la nombreuse galerie des musiciens, la Tchécoslovaquie vient d'ajouter la figure du célèbre Antonln Dvorak — timbre de 50 bleu vert — né (1841) et mort (1904) en Bohème, qui fut de 1892 à 1899 directeur du Conservatoire National de New-York.La vignette porte en bordure les premières notes de sa fameuse "Symphonie du Nouveau-Monde".cours.Le dessin n'est cependant pas encore choisi.Espérons que chez nous, au Canada, les autorités postales tout en restant dans le cadre du jubilé, sauront trouver des motifs d'illustration d'un caractère canadien.Par ailleurs le projet d'une galerie présidentielle complète des États-Unis lancé il y a plus d'un an et dont nous avons dit un mot dans le temps, est sur le point d'aboutir.La série remplacera les timbres courants sur lesquels figurent 17 présidents et divers sujets formant un ensemble de 25 vignettes.Afin de faire'place aux chefs d'État jusqu'ici oubliés il ne faudra pas moins de 29 dénominations — sans compter MM.Hoover et Roosevelt, les vivants étant écartés.Pour atteindre ce chiffre, quatre valeurs seront créées: 4%e.très utile aux usagers de la 3ème classe: les imprimés; 16c et 19c correspondant au tarif de certaines zones des colis postaux et enfin 18c pour les plis recom- mandés, réunissant en un seul timbre les frais de port 3c et la recommandation, 15c.Les présidents dont l'effigie apparaît sur les timbres sont: Washington, Jefferson, Madison, Munroe, Jackson, Taylor, Lincoln, Grant, Hayes, Garfield, Cleveland, Benjamin Harrison, McKinley, Théodore Roosevelt, Taft, Wilson et Harding — 17.Les absents qu'on veut honorer sont: John Adams, John Quincy Adams, Van Buren, Wm.Henry Harrison, Tyler, Polk, Filmore, Pierce, Buchanan, Johnson, Arthur et Coolidge — 12.Cet acte réparateur d'un oubli étrange chez nos voisins^ ajouté au déploiement des pays britanniques — pourvu que les Dominions ne tombent pas dans la banalité des Colonies de la Couronne — forment des pages d'un intérêt de premier ordre.Aux États-Unis c'est décidé, on lancera en plus, en octobre, un timbre commémorant le 3ème centenaire du Connecticut.Au Canada, nous célébrerons le 4ème centenaire de la venue de Jacques Cartier — espérons que notre ministre des Postes voudra nous gratifier d'un beau commémoratif en souvenir de cette grande date.L'année 1935 aura mérité vraiment alors d'être marquée d'une pierre blanche.Phil.Athely POUR RIRE Contradiction.apparente Roger—J'ai tellement couru que cela m'a mis à la nage.Mimi—Tu ne sais pas ce que tu dis; si tu courais, tu ne nageais pas.Terme des métiers Le menuisier, entrant chez l'avocat—Monsieur, je viens pour poser une plinthe.L'avocat—Mon ami, on ne dit pas poser, mais déposer une plainte.Leçon de morale —Pierrot, qu'est-ce que la calomnie?—M'sieur, c'est quand quelqu'un n'a rien fait de mal et qu'un autre va le raconter.La vivacité de Lili —Dépêche-toi, Lili, tu es tellement lente! —Moi lente, marraine?Je suis tellement vive que tout à l'heure, en me dépêchant, j'ai cassé trois assiettes.Devinette —Que savez-vous sur le charbon de terre ?—Quelquefois, il chante, M'sieur.—Vous dites ?—Eh bien, oui, quand il devient Coh.OVjjfji m pfip \ WLA PHOTOGRAVURE ATI! NAII TEL MA LIMITEE 59 ST.CATHERINE OUEST -MONTREAL Bureau: LAncaster 177i Dessins soumis sur demande C.Lamond ïi Fils 929, RUE BLEURY - MONTREAL Manufacturiers de bijouteries médailles d'or, or plaqué, argent, bronze et aluminium Spécialités : boutons émaillés. L'OISEAU BLEU 153 No 33 Mars 193 s MA VITRE Le soleil sur la neige éclate, sans la fondre.Mais la vitre où le gel a ciselé des fleurs Perd son relief nacré sous l'effet des chaleurs; Tiges et fleurs bientôt ne peuvent correspondre.Tout s'imprécise et se dissout pour se confondre, Car le givre n'a plus ses neigeuses pâleurs; Comme une feuille d'eau mince il s'écoule en pleurs, Ou glissant par fragments translucides, s'effondre.Tout au bas de la vitre, une bordure luit; Une goutte descend, une goutte la suit; L'humide ourlet, gonflé d'eau successive, crève.Dans l'âme humaine, ainsi toujours se résoudra En eau vaine la joie éphémère du rêve, Que l'éternel espoir demain refleurirai Albert LOZEAU (L'âme solitaire) NOS BEAUX ARBRES La vie des arbres A l'heure où l'automne les dépouille de leur parure et les abandonne brutalement nus sous la pluie et le vent froid, les arbres se dressent avec plus d'insistance sur l'horizon clair comme pour y fixer leur définitive et fulgurante image.Tout l'été, ils furent intimement mêlés à notre vie: nous nous étions accoutumés à leur présence, à leur ombre douce, à leur voix, à leur vie obscure et profonde.Et maintenant que nous les avons quittés, les beaux arbres des champs, des bois et des grèves, que leur œuvre de joie et de beauté est accomplie, ils vont se reposer et replier en eux-mêmes le mécanisme subtil de leur vie.Car, ils vivent, les arbres, et c'est à ce titre surtout qu'ils nous intéressent.En effet, partout où elle se déploie, la vie s'impose à notre attention; elle est si pleine de mystères.Là où elle n'est pas, l'homme passe indifférent: la pierre des champs ne retient le géologue que parce qu'elle recèle les vestiges de la vie étrange des âges passés.L'arbre n'est si beau, si familier que parce que de ses racines jusqu'à ses ultimes rameaux, court, invisible sous l'écoree, le frisson puissant de la vie.Avez-vous jamais songé que les grands ormes harmonieux qui s'arrondissent en parasol sur nos champs et nos routes ressemblent beaucoup à des êtres humains ?Ils respirent, ils se nourrissent, ils croissent; le soir, ils s'endorment et s'éveillent tôt le matin aux caresses du soleil et au chant des oiseaux.L'hiver, leur vie, comme la nôtre, se fait plus retirée, moins extérieure; ils cessent de croître 154 L'OISEAU BLEU l'n de nos beaux arbres indigènes, le Peuplier Liard, sur les rivages du Saint-Laurent.0 Crux, Ave! et se reposent en préparant pour le printemps prochain des bourgeons, des feuilles etdes fleurs nouvelles.Puis, comme nous encore, ils meurent, les arbres, et trop souvent, c'est par l'ignorance et l'incurie des hommes qui ne les connaissent pas et les dédaignent.Ce serait une étude longue et complexe que celle de cet organisme végétal merveilleux, pour peu qu'on voulût la faire assez complote.Cependant, la forêt a joué et joue encore un tel rôle dans la vie économique de notre pays, les arbres sont si beaux, si nombreux, qu'il faut les connaître de plus près, comme de vieux amis, et cela pour les mieux apprécier, les protéger et les multiplier.La naissance de l'arbre Un arbre commence toujours à vivre sous la forme d'une graine ou d'une bouture.C'est donc dire que le pépin de pomme que nous jetons en terre, que le gland qui tombe du chêne, que la samare qui glisse en tourbillonnant de l'érable, porte précieusement voilé et protégé ce flambeau mystérieux: la vie.Les semences des arbres sont très variées dans leur apparence.Ce serait une très jolie collection que pourrait faire un Jeune Naturaliste que de recueillir, quand ils viennent à maturité, les fruits et les graines de nos principaux arbres forestiers.On y verrait les cônes des Pins et des autres conifères, les graines menues des Saules et des Peupliers, les glands des diverses espèces de Chênes, les noix des Caryers et des Noyers, la fêne des Hêtres, la noisette des Charmes, la samare des Érables, ete.Ce qui est à remarquer, c'est que plusieurs semences d'arbres ressemblent beaucoup aux graines minuscules que vous semez dans vos jardins et qui deviennent des fleurs et des légumes.Et maintenant, si nous l'observons de près, à l'aide du microscope en certains cas.nous verrons que la graine contient toujours un petit organe curieux et bien caractéristique: c'est le germe ou embryon.Là, réduite à sa plus simple expression, la vie attend le moment propice de refaire le splendide édifice de verdure7 et de fleurs, l'arbre.Mais voyons la graine se dégager de son infime réceptable: assistons à la naissance de l'arbre.Un peu d'humidité que le sol propice recèle en son humus, un peu de chaleur qu'un rayon de soleil glisse jusqu'à lui suffit pour éveiller le germe: désormais, le déclenchement est opéré, la vie conquérante commence son œuvre.Quelque temps, la jeune plantule se nourrit de la substance enfermée avec elle dans l'enveloppe, l'albumen.Bientôt la racine atteint le sol; c'est là désormais qu'elle puisera sa part de nourriture.Mais, l'appel de la lumière vibre toujours au-dessus d'elle et une mince couche de terre l'en sépare encore.Et parce que le soleil est, surtout pour les plantes, "l'astre de vie", elle monte éperdument, elle perce le sol.et toute menue, frêle et tendre paraît au jour.L'arbre est né.Désormais, si quelque grand malheur ne vient tuer cette petite chose, la montée de l'arbre ne s'arrêtera que le jour où sa vie se sera épanouie en fleurs et renfermée en des milliers de graines qui la prolongeront à l'infini dans le temps et dans l'espace.Fr DOMINIQUE, E.C.IL Y A CENT ANS Il y a 100 ans, il n'y avait: Pas de machines à coudre.Pas de machines à vapeur.Pas de voitures automobiles.Pas d'allumettes chimiques.Pas d'appareils photographiques.Pas de machines à écrire.Pas de lumières électriques.Pas de moteurs électriques.Pas de wagons Pullman.Pas de wagons réfectoires.Pas de paquebots filant 28 nœuds.Pas de bieyelistes.Pas de systèmes réfrigérants.Pas de phonographes.Pas de téléphones.Pas d'aéroplanes.Pas de télégraphe.Pas de radio.Pas de Cercles des Jeunes Naturalistes?!! L'OISEAU BLEU 155 CONCOURS OFFERT AUX C.J.N.DES SOEURS DE SAINTE-ANNE Sujet: Décrire et dessiner une plante de la famille des Liliacées.La Médéole de Virginie Jeunes naturalisiez, Louez le Créateur; 0 voix idéalistes, Bénissez le Seigneur.Au sourire vainqueur du soleil de mai s*éveille, dans les forêts humides et peu touffues, le chœur fleuri des plantes printanières.Les patients végétaux ont pressenti la palpitation de la terre, et c'est pour eux le signal de couvrir la nudité de celle qui les nourrit.Ils déplient leurs feuilles hâtivement, ils peignent et parfument, dans leurs mystérieux calices, leurs corolles qui vont bientôt s'épanouir.(a) Sommité fleuri''., (b) Fleur, (c) Système souterrain, (d) Fruits.Oh! les jolies taches des fleurs premières sur le vert encore pâle des herbes à peine nées! S'il m'était donné de faire un choix entre celles qui entr'ouvrent alors leurs pétales, j'adopterais la Médéole pour ma fleur de prédilection.Quelle délicatesse! Quelle simplicité! Voyez la fine mousseline d'un vert pâle se dérouler lentement sur ses grêles épaules: elle l'habille pour la saison.Chaque ramille porte, telle une goutte d'or, un bourgeon en amande qui se déplisse à mesure que le soleil devient plus pressant et l'air plus chargé de rumeurs de vie.Lorsque juin avec ses zéphyrs légers nous arrive d'un long repos, la fleur de la Médéole apparaît alors.Elle marie le vert jaunâtre de ses pétales délicats au vert pâle des feuilles transparentes du verticille supérieur.Même au milieu de ses sœurs plus grandes et plus éclatantes, elle attire forcément le regard.Subissons-en le charme fascinateur, laissons-nous gagner par l'admiration qu'elle fait naître en nous! C'est dans les bois remplis d'ombre et de mélancolie, dans un sol riche en humus, sous l'épaisse feuillée des grands arbres, que l'on rencontre cette plante si jolie.Il me faudrait un vocabulaire de mots délicats et charmeurs, determescolorés, pour la représenter telle qu'on la voit à cette époque.Admirez-la, redressant fièrement la tête vers le ciel.Sa tige herbacée et simple, de deux à trois pieds de haut, offre une élégance raffinée qui peut rivaliser avec les plantes d'ornement.On croirait une princesse déguisée en Cendrillon.Un eminent botaniste l'a dit avec raison: la Médéole est une de nos plus élégantes Liliacées indigènes.Ses feuilles à ramifications parallèles ont une certaine affinité avec le genre Trille.Son rhizome blanc, charnu, tu-béreux, ressemble à un concombre, comme forme et comme goût.Quelquefois on le fait entrer dans la composition du pain; dans certaines campagnes, il est mariné dans le vinaigre.Le nom générique de la Médéole dérive de Médée, magicienne légendaire de la mythologie, qui, par son art, rajeunit de dix ans son beau-père.Voilà l'allusion probable aux vagues propriétés médicinales qu'on attribue à cette plante.C'est en septembre que l'on voit spécialement briller le fruit de la Médéole parmi la feuillée des plantes qui bordent les sentiers des bois peu fréquentés.Admirez son feuillage brillant, ses baies pourpres semblables à des rubis.La brève vision de sa splendeur écarlate reste devant nos yeux.Malheureusement, sou fruit avorte le plus souvent et arrive rarement à maturité.Peintres et poètes admirateurs de la nature, pourquoi donc dédaignez-vous nos Mêdéoles? 156 L'OISEAU BLEU Pourquoi donc, humble Jarnotte, n'ornes-tu pas nos parterres?C'est que nous ne savons pas ouvrir les yeux et remarquer les merveilles de beauté créées pour nous.Désolées, quand l'automne vient nous les ravir, nous disons: "Je n'ai pas pris le temps de les aimer".Les fleurs fanées nous murmurent: "Nous sommes les joies que tu n'as pas cueillies".Et pourtant, entendons le poète s'adressant à la flore indigène: Anecdotes canadiennes Tué par un verdict /Conrad Gugy était né à la Haye, d'un offi-^ cier suisse au service de la Hollande.Devenu grand il se mit au service du roi d'Angleterre et obtint un grade dans un régiment qui vint prendre part à la conquête du Canada.A la fin de la guerre il trouva à disposer de sa commission, et consentit à s'établir dans le pays aux instances des autorités d'alors.Connaissant parfaitement la langue française, il fut d'un grand secours dans les temps difficiles qui suivirent la conquête.C'était un gentilhomme dans la force du terme, franc et sans dol, très fort sur le point d'honneur, comme nous verrons bientôt, et très respecté par la population.Les Anglais l'estimaient beaucoup à cause des services qu'il leur rendait tous les jours et surtout à cause de sa fidélité au drapeau britannique.Il professait, en effet, un vrai culte pour les institutions de l'Angleterre, et il ne désirait rien tant que de les voir s'introduire dans notre pays.Les Anglais le récompensèrent de son dévouement à leur cause en le nommant secrétaire du gouvernement et Conseiller législatif.Il fut aussi membre du Conseil exécutif.En 1785, lorsqu'il s'agit d'établir le jury pour certaines causes purement civiles, il franchit un espace considérable pour aller donner son vote en faveur de cette mesure.Il ne prévoyait pas alors qu'il serait victime de cette institution.Le gouvernement ayant besoin de bois pour la construction des casernes, le capitaine Twiss s'engagea à en descendre une grande quantité par la rivière Machiche.Mais la digue construite au moulin de la Grande Rivière empêchait la descente du bois.Conrad Gugy, s'étant transporté sur les lieux, trouva un moyen de franchir l'obstacle et le bois se rendit à sa destination.Le capitaine Twiss, cependant, quitta le pays sans avoir payé aucun dommage; Conrad Gugy restait, il fut ac- "Tu n'iras pas, fleur bien-aimée, Paysanne sans art.Dans une chambre parfumée Mendier un regard.Moins orgueilleuse que la rose.Au pauvre, lu souris, Car, de sa sueur, il arrose Le sol où tu fleuris." Claire Toupin, 9e année Cercle Notre-Dame-de-la-Vallée, C.J.N.Académie Esther-Blondin, Montréal tionné, et l'on nomma un jury pour cette cause.Le jury trouva Conrad Gugy coupable d'avoir indiqué l'endroit où l'on pouvait passer le bois, et le chargea des frais et dommages qui s'élevèrent à un montant ruineux.Quelque temps après, on réforma ce jugement, mais il était déjà trop tard.Conrad Gugy reçut cette sentence sans dire un mot de plainte ni de réplique: revint à son manoir, à Yamachiche, et s'enferma dans sa chambre.Le lendemain on le trouva appuyé sur le bras d'un sofa, froid comme le marbre.Orgueilleux et sensible, le verdict rendu contre lui l'avait littéralement tué.Nota — Ce qui précède est extrait d'une étude sur les Gugy au Canada, signée par l'abbé Napoléon Caron et parue dans le Bulletin des Recherches historiques de l'année 1900.Ajoutons que Conrad Gugy n'avait pas d'enfants.Il laissa son héritage à son frère Barthélemi Gugy, né à Paris et qui a fait souche en notre pays.E.-Z.M. L'OISEAU BLEU 157 T e 27 janvier se réunissait, à la Palestre Nationale, la commission des avant-gardes sous la présidence de M.Paul-Emile Alin; quatre communautés y étaient représentées et le Rév.Père P.-A.Sheehy.S.J., agissait comme aumônier.Voici quelques articles des délibérations de la séance.1.Les conditions à remplir par les membres des avant-gardes de la région de Montréal pour l'obtention du trophée de l'Action sociale catholique, trophée Henri Dubreuil, sont les deux suivantes: a) étude de 30 questions élémentaires d'économie sociale, suivie d'un examen; b) pratiques sociales jugées d'après le rapport annuel envoyé à la fin mai au secrétariat de l'A.C.J.C.2.La rubrique des avant-gardes qui paraît dans l'Oiseau bleu est confiée au secrétaire de la commission.Les avant-gardes qui désirent intéresser leurs confrères, toutes sont invitées à le faire, sont priées d'adresser leur rapport à 4025, rue Girouard, cinq semaines avant la publication mensuelle de la revue.Travail suggéré par la commission des avant-gardes MON DRAPEAU 1 — But et origine des drapeaux: Se reconnaître (en guerre.) En voyant un drapeau français, je dis: "Ici vit un Français" Judas: lion Chez les Juifs: l'enseigne Zabulon: ancre par tribu Issachar: âne Dan: serpent.Chez les Egyptiens: leurs dieux sur leur drapeau Chez les Grecs: des lettres sur leur drapeau Chez les Romains: des aigles sur leur drapeau.II — Origine du drapeau canadien-français (1903) Son appellation: Carillon-Sacré-Coeur ou du Sacré-Cœur.ayant langue.But: Rappeler race distincte droits, religion, tendance.nous formons race distincte.Expansion: l'A.C.J.C.s'en fit propagandiste.III — Composition: a) Croix blanche: croix sur tous les drapeaux franc, à époque de colonisation.b) Pond azur: couleur du drapeau de Champlain en 1608.c) Fleur de lys: rappelle "Victoire de Ca- rillon".D'un côté, le drapeau portait des lys; de l'autre, la Sainte Vierge.d'après la légende, les balles ennemies se perdaient dans le manteau de la Vierge.d) Coeur de Jésus: répond à sa demande à sainte Marguerite-Marie.Il promet victoire sur ennemis.e) Rameau d'érable: La race canadienne-fran- çaise forme garde d'honneur autour du Sacré-Cœur."Un Canadien français qui n'est pas catholique n'est pas un Canadien français".IV — Devoirs envers mon drapeau: a) L'arborer: dans chaque classe, dans chaque maison, aux fêtes nationales et religieuses.Seul drapeau (avec celui du pape) à mettre dans nos fêtes.Il indique unemaisoncanadienne-française. 158 L'OISEAU BLEU V — Autres drapeaux: Union Jack (vient de Jacques 1er) —¦ Croix de Saint Georges—de Saint André—de Saint Patrice — Tricolore — Papal.etc.Hfhliographie: "Le Drapeau" par Hormisdas Magnan (Québec) "Mon Drapeau", Librairie de rimmaculée-Conception.H ul à a Ile i mire: Faire aimer et respecter davantage notre Drapeau national et par suite la race canadienne-française.Matériel à préparer avant la réunion: Drapeau du Sacré-Cœur — Drapeaux des principaux pays.VI - Pratique: Serment d'honneur à ma patrie Rt marque: Pondant que le président de l'avant-garde tient le drapeau du Sacré-Cœur devant le groupe, les avant-gardistes prononcent d'une voix ferme le serment d'honneur ii la patrie.Ils doivent tendre la main droite ouverte vers le drapeau pendant que le bras gauche est maintenu dans la position de l'attention.à mon drapeau, je jure d'être fidèle.à i.a hack qu'il représente, au canada français j'engage mes services.Pour sa foi, sa langue et ses institutions, je promets d'être dévoué.Remarque- Ici on pose la main droite sur le cœur et on continue: à sks enfants, mon franc respect.à sa justice, mon ferme appui.à ses progres, mon fier concours.à ses produits, ma préférence.à ses héros, sa noble histoire, sol fécond tout mon amour.Je me souviens.L'ACTIVITE DE L'AVANT-CARDE RICHARD, DE L'A.C.j.C.Parmi les principales initiatives en marche, signalons en quelques lignes, deux qui méritent une mention spéciale.Lk concours d'achat chez nous Ce coneours.organisé dans les vingt première-classes, de la lètne année à la llème.a.jusqu'à date, donné des résultats inattendus.Chaque elassc reçoit deux fois la semaine (le lundi et le jeudi) la visite d'un chef de groupe qui recueille tous les documents tels que factures, étiquettes ou tout autre imprimé prouvant: l°que l'achat d'un produit canadien a été fait; 2° chez un marchand canadien-français.D'après les témoignages reçus, ce concours est appelé à jouer un rôle très effectif dans la véritable formation du patriotisme.Retraite fermée En vue de la retraite fermée, les élèves sont appelés à contribuer à leur pension en achetant, au prix de 5c chacun, des timbres qu'ils apposent dans un carnet individuel spécial à cet effet.Il est'd'expérience que les œuvres auxquelles nous participons effectivement nous tiennent beaucoup plus à cœur et nous profitent d'autant mieux que nous nous sommes imposé de sacrifices en vue de leur réussite.Le fait est indéniable: une retraite préparée de cette façon et de longue main a des effets incomparablement supérieurs à celle où il n'y a eu aucun sacrifice autre que le déplacement.RAPPORT SUR L'AVANT-CARDE DOLLARD L'Avant-garde Dollard — école Lambert-Closse, dirigée par les Frères Maristes — est de création récente.A sa première réunion le 30 novembre dernier, elle comptait 17 membres enthousiastes dont deux finissants de l'an dernier.Actuellement elle en compte 20.Après avoir expliqué brièvement la nature, le but et le fonctionnement d'une avant-garde, le Fr Directeur proposa un conseil qui eut l'heur de plaire à tous.Furent proposés: MM.G.Gravel, président; Y.David, vice-président; F.G raton, secrétaire; R.Clément, trésorier; L.Lapointe et L.Boileau, conseillers.Les réunions se tiennent le vendredi soir à 7 h.30 Cinq réunions ont eu lieu depuis la fondation et l'enthousiasme n'a pas diminué.Les membres sont fidèles aux réunions et ne se font pas prier pour préparer un travail ou dire une récitation.Les travaux suivants ont été traités par notre Directeur et repris par deux membres à la séance suivante: Nature, but et fonctionnement d'une Avant-garde — L'A.C.J.C.— Ma race.L'Avant-garde s'est déjà signalée par diverses initiatives: vente de 25 calendriers de la J.O.C., organisation d'un concours d'Achat chez nous durant janvier.Quoique jeune, elle promet des œuvres fécondes.F.G raton, secrétaire L'OISEAU BLEU 159 Action sociale du jeune de chez nous Les mots d'action sociale, d'action catholique ont vide résonance quand on est écolier.L'on songe plutôt aux jeux, aux espiègleries, au traîneau, à la rondelle et à que sais-je encore?Il est tant d'amusements sains et propres à captiver une jeunesse grandissante et exubérante.Chacun, ici-bas, a un rôle assigné à remplir et celui qui se soustrait à son obligation méconnaît ceux qui l'entourent.De nos jours, l'en entend beaucoup parler d'action catholique.Le Pape Pie XI lance un vibrant appel à toutes les âmes de bonne volonté.Faire de l'action catholique, quand on est jeune ou écolier, ne consiste guère, il va sans dire, à donner des séries de conférences, à organiser des groupements importants, à visiter les hôpitaux, à édifier beaucoup de besogne.Un enfant qui veut entrer dans le grand mouvement d'action sociale catholique prépare d'abord son avenir.Il deviendra plus tard ce qu'aujourd'hui l'aura fait! S'il donne actuellement à corps perdu dans la médiocrité, il constituera, pour les jours à venir, un citoyen quasi indésirable.Au contraire, s'il se forge dès maintenant une riche personnalité, citoyen honorable et utile il deviendra! La valeur d'une société, d'une nation ne dépend que des unités ijui la composent.Chers jeunes de chez nous qui grandissez, demain vous appartient.Qu'il soit vécu avec puissance et virilité! Que vos forces décuplées fassent bloc solide contre l'égoïsme envahisseur, contre les aberrations des meneurs sans conscience.Allez donc de l'avant et préparez votre avenir, tout d'abord par l'acquisition d'habitudes d'ordre, de discipline et d'endurance.Les mêmes actes souvent posés créent l'habitude qui devient alors seconde nature.Les actes bons et honnêtes façonnent le citoyen intègre; les actes réprôhensibles répétés détruiront la droiture de conscience et la pureté des mœurs.A vous donc, petits amis, d'emboîter le pas de ceux qui vous prêchent l'exemple de la vertu.L'acquisition des bonnes habitudes fortifia la volonté, l'étaye en quelque sorte sur un socle solide et durable.N'oubliez pas: toute personne ne vaut que par la puissance de sa volonté et ne pas posséder de vouloir, c'est avouer d'avance une défaite assurée.Devenez des lutteurs, des persévérants, des Canadiens à la poigne ferme, à l'épine dorsale résistante.A l'enrichissement de l'être humain par les bonnes et saines habitudes, à la formation de la volonté, joignez le redressement du jugement par une culture intellectuelle soignée et chrétienne.Ne voyez pas partout le "pont des ânes." Le Canadien français est intellectuellement paresseux.Il aime la loi du moindre effort et il en étend l'application à presque toutes les circonstances de sa vie.A lui, les petits métiers, les emplois subalternes, le bas de la chaussée.Il cède trop volontiers, hélas! le plus large espace au lutteur, à l'étranger, au vénal métèque, ennemi de toutes les vertus et de toutes les traditions ancestrales de la race canadienne.Que ne disons-nous pas, à linstar de John Bull: "What we have, we hold".Enrichissons notre intelligence par l'étude constante, par l'effort patient, soutenu, par le développement de notre esprit d'observation et de notre personnalité.Mieux instruits et partant mieux éclairés, nous serons plus en mesure de défendre notre religion, notre 160 L'OISEAU BLEU langue, nos mœurs, notre commerce, nos industries et nos ressources nationales.Le Canadien français sera alors chez lui dans le Canada, sa patrie.Notre formation intellectuelle et sociale ne vaudra que par la richesse de notre vie morale chrétienne.Que sert à notre race d'être servie par un intellectuel aux idées subversives et malsaines, par un industriel aux vues entachées d'injustices criantes, par un journaliste avili, par un ouvrier au coeur ulcéré?De ces gens, le pays en possède trop; il pourrait s'en passer, allez! Votre action sociale catholique actuelle est de faciliter votre formation morale et intellectuelle par une acceptation et une application des conseils que l'on vous donne, à l'école ou au foyer; par un travail scolaire intelligent, enthousiaste, persévérant; par une étude approfondie de votre catéchisme et de votre histoire nationale; par un désir invincible de travailler, plus tard, chrétiennement et patrio-tiquement, au profit de notre société et partant, de notre nation, la plus belle de l'univers aux yeux de tout Canadien français bien né et bien pensant: "Rien n'est si beau que son pays".Cousine Fauvette CORRESPONDANCE Future Ursuline — Avec plaisir, Fauvette vous agrée au nombre de ses gais oisillons.Le cœur de chacun est débordant d'affection et les nouveaux venus y trouvent chaud accueil.Je connais bien le Guidisme et ce mouvement est de nature à faire beaucoup de bien à nos jeunes.Je vous salue de votre salut symbolique, je salue toutes les guides, vos petites sœurs et votre cheftaine.Relevez les coins en toutes occasions, chère guide catholique! Humble apôtre — Amical accueil de la part de Fauvette et de ses oisillons affectueux.Puissiez-vous trouver en nous toutes une amitié solide et réconfortante.J'aime votre pseudo à cause de son éloquence discrète.Puissiez-vous le vivre pleinement toujours! A bientôt, donc! Lorraine Saint-Godard, Man.— Ecrivez à Sœur Jeanne.Vous avez le don de l'intéresser.Les choses de là-bas y ont large part dans son affection et ses amis de l'Ouest ne sont pas les derniers dans son cœur.Bons succès toujours et restez idéaliste.Amitiés.Yvonne T.Saint-Boniface — Votre chère maman se porte-t-ellc inieux?Va-t-on encore à la classe?A quoi occupe-t-on ses quelques loisirs?Venez en conter long à Fauvette qui envoie sa meilleure affection à vous et à votre chère famille.Mimi blanc-blanc, Sa nl-Bonaventure — Vos ouailles font-elles toujours bon accueil à notre "Oiseau bleu" de bonheur?Fait-on les concours mensuels?prépare-t-on la grande joute littéraire annuelle?Vite à l'œuvre! A tous, bonne santé et saluts pleins d'amitié.Abeille de Marie, Côte-de-Liesse — Cordial bonjour et union quotidienne de prières, de vie et d'action.Bonne santé à vous et bonheur vrai! Thérèse Mailloux, M agog — Meilleur souvenir et fidèle amitié de Fauvette qui attend de vous une longue, longue missive.Henriette Martel, T.-Rivières — J'ai trouvé une correspondante qui vous aimera sans doute beaucoup.Ecrivez-lui la première et dites-lui que c'est Fauvette qui demande correspondance réciproque entre vous et elle.Voici le nom et l'adresse: "Future Ursuline " (pseudo)) 98 rue Marchand, Grand'Mère, P.Q.Thérèse La joie, T.-Rivières — Bonnes amitiés à la vilaine petite correspondante silencieuse.A quand une longue missive de votre part ?Vite, prenez la plume et les idées viendront sans effort, puisque vous y laisserez parler le cœur et l'amitié.Affections et à bientôt.Jeannine — Guide catholique, je vous salue.en guide de cœur! Amitiés.Feu-Follet, L'Abord-à-Plouffe — Salut amical à l'amie que Fauvette n'oublie pas.Bonne santé.A bientôt, n'est-ce pas?Soeur Jeanne me prie de vous dire que les graphologies suivantes ont été expédiées par courrier postal: Augustin Deslauriers, Pte-Gatineau; Louise Richard, Montréal; Madeleine Fortin, Warwick; Yvonne Vallée, Témisca-mingue; Tipette, Dalhousie; Mariette Saint-Laurent, Antigonish; Marg.Lauzon, Isle-Vertc; Mignonne, Foster, P.Q.; Philidor Bessette, Foster, P.Q.; Jeannette Gobeil, Lac Edouard; Simon Lauzé, Pte-Galineau; Béatrice Iléon, Hull; Emilien Morin, Wolfe; Lucien Dubuc, Pointe-Claire; Jules Dubreuil, Gaspé; Armand Bourassa, Témiscamingue.Amical bonjour aux nombreux concurrents de Fauvette et de Sœur Jeanne.CF.GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez des lignes d'écriture et de composition personnelles, sur papier non réglé le tout, accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous.Adressez : Sœur Jeanne L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent - - - - Montréal L'OISEAU BLEU 161 Ce que Ton grave sur le bronze.MONTRÉAL RACONTÉ EN STYLE LAPIDAIRE (suite) —Le samedi 2 octobre 1535, Montréal accueillait donc Jacques Cartier.On l'appelait alors la ville Hochelaga, à cause d'une bourgade de 2000 Hurons-Iroquois environ, construite au pied de cette montagne.—Vraiment, oncle, mais Hochelaga, pardon, est plus loin, il me semble, dit Hélène ?—Aussi, n'est-ce pas l'Hochelaga de Cartier, enfant, que tu reconnais là.—Hochelaga, le curieux nom! s'exclama François.—Vous devez savoir ce qu'il signifie, en langue sauvage?remarqua Marie.—Comme tant d'autres qui ont lu les récita annotés des voyages de Jacques Cartier, ce découvreur et premier historien, à la fois du Canada et de Montréal.Hochelaga se traduisait: "à la chaussée aux castors".De ces braves petites bêtes qui construisent de beaux barrages, comme des ingénieurs ?Ca me plaît que les castors aient habité Montréal, le volcan, une fois éteint, dit tout d'un trait le débonnaire François, qui avait des connaissances assez précises sur toutes les petites bêtes canadiennes, notamment sur les oiseaux, dont il décrivait avec une surprenante exactitude le vol particulier de chacun.Mais que n'observe pas un enfant attentif, et volontiers silencieux ?—Mais où se trouvait exactement Hochelaga?demandèrent tous les enfants.—Je vous dirai cela bientôt.J'ai autre chose à vous raconter, à vous expliquer aujourd'hui.Donc le samedi 2 octobre 1535, grâce au dé-eouvreur Jacques Cartier, Montréal, sous le nom d'Hochelaga, était révélé au monde civilisé.Le lendemain, 3 octobre, Jacques Cartier gravit la montagne, où nous sommes; avec un peu plus de difficultés que nous, évidemment, et là, ravi des horizons magnifiques dont il avait la vision, il nomma la montagne le Mont Royal.D'aucuns disent qu'il trouva ce nom à cause de la beauté du site, d'autres pour en rendre hommage au roi de France; d'autres, par déférence pour le père d'un de ses distingués compagnons, Claude de Pontbriant, fils du seigneur de Montréal et échanson du roi.Mont Royal, Mont Réal, c'est tout comme, n'est-ce pas?Cartier vit ce jour-là, mais différemment sans doute, tout n'était que forêts, ce que nous voyons aujourd'hui.Mais l'étendue merveilleuse du paysage s'y trouvait.Vous voyez la litrne bleue là-bas, à l'horizon, les Laurentides?Les yeux de Cartier la virent aussi, sans se douter de ce que nous savons si bien aujourd'hui, grâce aux géologues, qu'il voyait là les plus vieilles terres du monde.Mais.venez avec moi, tout près de la Croix du Mont-Royal.—Elle rappelle le voyage de Cartier, cher oncle, jeta Hélène.D'autres beaux souvenirs historiques également.Vous nous l'appreniez, il y a deux ans.—Mais ce que je ne vous ai pas dit, c'est qu'auparavant une plaque historique rappelait la présence du navigateur de Saint-Malo, sur le Mont-Royal, le 3 octobre 1535.—Une plaque historique! Qu'est-ce que cela ?demanda François, avec curiosité.—Nous en avons plusieurs à Montréal, dit Marie, la blonde.A la porte de la chapelle de l'Hôtel-Dieu, je lisais souvent celle qui s'y trouve.Nous habitions alors cette localité et j'allais entendre la messe chaque dimanche dans cette chapelle.La plaque était en marbre, et un peu détériorée par le temps.—Pour ma part, dit Hélène, je n'ai jamais rien remarqué, ni à l'Hôtel-Dieu, ni ailleurs.—Des plaques historiques, il y en a beaucoup à Montréal ?interrogea Thérèse.Que j'aimerais les lire avec vous, oncle ?—Mes enfants, vous arrivez tout juste au point où je voulais vous conduire.Car, comme vient de le dire ingénument Hélène, tant et tant de personnes passent, comme elle, devant ces rappels des faits du passé.sans les voir et encore moins sans en faire la lecture avec émotion.Et cependant, c'est là un guide permanent du passé, une sorte d'histoire de Montréal en style lapidaire, une preuve, inscrite sur le bronze, que parfois nous savons nous souvenir.Nos grands morts nous parlent encore au moyen de ces plaques eommémora-tives.Eh bien, qu'en dites-vous, nous ferions le tour de ces souvenirs du passé, à travers tout Montréal ?Cela compléterait notre étude sur les monuments.—Bravo, oncle! Bravo, cousin, crièrent à la ronde toutes ces jeunes têtes.—Oncle, pria Marie, dites-nous tout de suite qui eut, à Montréal, cette idée d'écrire sur le marbre ou le bronze les événements de notre histoire ?C'est très beau, cela.—Eh! ceux qui animent le passé.Les historiens patriotes.En le cas particulier qui nous occupe, je crois bien qu'il faut nommer tout d'abord, du moins d'après mes faibles connaissances, l'abbé Hospice-Anthelme Verreau, de la Société historique de Montréal.Dès 1880, l'abbé Verreau souhaitait la pose de "quelques 162 L'OISEAU BLEU tables de marbre, avec des inscriptions convenables" afin de rappeler le souvenir des fondateurs de Montréal.Il parlait ainsi, avec une certaine gêne, je suis sûr, d'élever au plus tôt une statue à Maisonneuve sur la Place d'Armes.Hélas! si l'on y avait déjà songé, rien encore n'avait été fait pour honorer la mémoire de Paul de Chomedey.Mais ces vœux de l'abbé Verreau ne devaient se réaliser que dix ans plus tard, en ce qui regarde nos plaques historiques, au moins.M.W.D.Lighthall, membre de la Société d'archéologie et de numismatique de Montréal, en préconisa le projet avec tant d'enthousiasme, à la séance de la Société d'octobre 1890, que le mois suivant, cette société pouvait remercier le vicomte de la Barthe pour le don de la première plaque, commémorant justement, mes enfants, la découverte du Canada et de Montréal, par Jacques Cartier, en 1534-1535.Mais c'est assez pour notre réunion d'aujourd'hui.Nous reviendrons de nouveau sur la montagne, la prochaine fois, puisque tout n'est pas dit, loin de là, au sujet des premières plaques historiques, puis du grand découvreur malouin.Allons, rentrons, mes (infants, et en causant de tout autre chose.II.Nouvelle promenade à la montagne "Oncle Etienne, selon votre désir, nous voici de nouveau perchés bien haut, dit Marie, en pénétrant dans l'observatoire du Mont-Royal.— Toujours, ma nièce, répliqua sentencieusement celui-ci, il faut chercher à s'élever au-dessus du vulgaire, comme au-dessus de la villo.— Pourtant, oncle, reprit Hélène, la religieuse à notre leçon de morale nous répète: "Mes enfants, qui s'élève." ¦—¦ Allons, allons, ne taquinez pas votre pauvre parent, mesdemoiselles.Renouons plutôt notre entretien d'il y a une semaine.Mais d'abord, essayons-nous.Reprenons haleine.Quelle paix autour de nous! Les promeneurs se font assez rares, aujourd'hui, il me semble.— Il est de trop bonne heure, cher oncle, voilà tout, remarqua Marie.On déjeune solidement chez nous.— Thérèse et moi, annonça le jeune François, nous avons au contraire déjeuné à peine, nous ne pensions qu'à notre belle tournée d'histoire.Cousin, si vous êtes reposé, ne pourriez-vous commencer tout de suite ?J'ai hâte d'entendre ce que vous allez nous dire.Thérèse aussi.— Et nous, donc ?dirent les nièces Marie et Hélène.Exécutez-vous, oncle.— Vous me flattez beaucoup d'y mettre cet empressement.Mais la prochaine fois, tout de même, nous nous mettrons en route plus tard.Il ne faut pas que votre appétit naturel diminue parce que vous avez aussi faim et soif d'histoire.Je vous disais donc la dernière fois que la première plaque offerte à la Société d'archéologie et de numismatique, dès 1890.l'avait été par M.Jean-Guillaume de la Barthe.auteur de cet agréable volume de mémoires: Souvenirs d'un demi-siècle.Elle ne fut pas la première posée toutefois.M.Lighthall et son comité d'archéologues et d'historiens voulurent inaugurer leur beau travail de reconstitution du passé, précisément le 15 octobre 1891, jour du 250e anniversaire de la première visjte, en notre île, du fondateur de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve.Il venait y choisir le site de la ville future, l'endroit où lui et ses héroïques compagnons viendraient déplier leurs tentes, dès le printemps suivant.La pose de cette première plaque eut donc trait à cet événement mémorable et se passa comme en témoigne la lettre d'invitation du 10 octobre, adressée aux principaux citoyens de Montréal, au bureau des Douanes, le 15 du même mois à quatre heures précises de l'après-midi.Mais nous causerons plus tard de cette plaque et de cette cérémonie, comme aussi de celle du vicomte de la Barthe.— Pourquoi ne pas nous y rendre tout de suite, cousin, près de ces plaques?pria Thérèse de sa voix claire.Nous sommes reposés maintenant.— C'est que, mes enfants, vous dérangeriez quelque peu le plan que je désire adopter au sujet de nos courses historiques.— Ah! vous avez un plan, jeta la studieuse Hélène, que vous êtes professeur, mon oncle! — Bah! qui n'a pas en tout son plan! Histoire de mettre de l'ordre dans la réalisation d'un désir, ou dans la préparation d'un travail! Mon plan n'est pas compliqué pour le moment, mes jeunes amis.Je suivrai l'ordre chronologique, même s'il nous faut zigzaguer à travers la ville.Nous ne sommes pas des touristes.Rien ne nous presse.Aucun train ne nous attend.— Vous avez raison, cousin, dit François enthousiaste.Nous prendrons notre temps.J'aime à prendre mon temps en tout, moi.— Oui, tu es un petit flâneur, on sait cela, s'écria sa sœur Thérèse.— Il y a une flânerie qui ne manque guère d'intelligence, parfois, ma petite fille.Celle des gens tout à fait perdus dans les nuages et qu'on appelle des poètes, des savants.Espérons que la flânerie de François et de votre cousin, car je suis aussi un flâneur impénitent, relève de cette catégorie de gens intéressants.Tu veux bien, Thérèse?— Oh! oui.D'ailleurs, François sait beaucoup de choses quoique cela n'y paraisse guère. L'OISEAU BLEU 163 — Tu vois! Quelle bonne petite sœur tu fais tout de même! dit en riant le parent.— Nous sommes des copains, François et moi, expliqua Thérèse.— Et votre plan, oncle ?Si nous y revenions, dit Marie, toujours pratique ?— Ce serait de la sagesse, ma nièce, Je remarquais donc qu'il sera chronologique, ce plan.Je puis me le permettre en toute sécurité, car nous suivrons deux guides merveilleux: M.Lighthall, d'abord, qui a publié sur le sujet un petit livre précieux.Puis, comme deuxième guide, nous aurons notre érudit archiviste de Montréal, M.Edouard-Zotique Massicotte, qui a publié, en 1913 et en 1932, d'excellents articles sur nos plaques et nos monuments historiques.Vous pensez bien que tout sera mis au point et à date, grâce à ces deux historiens.— Et sans compter sur vos connaissances, sans doute ?lança, un peu moqueuse, la nièce Marie.— Oh! le petit bagage que j'ai pu ramasser depuis quelques années ne sera pas inutilisé, cela va de soi.Mais passons.— Nous reviendrons à Jacques Cartier, alors, dit Hélène, car je me rappelle, vous y avez touché la dernière fois.— Je ne vous dirai que ceci qui regarde le sommet de cette montagne et la visite que Cartier y fit le 2 octobre 1535, il y aura de cela quatre cents ans à l'automne.Une plaque fut installée ici, vers l'année 1892, par le comité de la Société d'archéologie que présidait M.Lighthall, et que soutinrent de leurs deniers les généreux souscripteurs montréalais du temps.Mais cette plaque a disparu.A sa place vous voyez aujourd'hui s'élever notre touchante et splendide croix lumineuse, qui tous les soirs étend ses bras de feu sur Montréal.Et maintenant, en route! Dirigeons nos pas vers l'Université McGill.Nous allons y reparler de Jacques Cartier et de la plaque historique le concernant qui s'y trouve.(A suivre) Etienne de Lafond ANECDOTES CANADIENNES Souvenirs de collège /"VEST l'un de nos plus spirituels chroni-^ queurs, Alphonse Lusignan, qui raconte à un ami ses souvenirs de 1860: Notre maître d'anglais, vous vous en souvenez, l'abbé O., était bien le plus bénin des Irlandais.Son œil bleu répandait de la douceur sur ses traits.Il était rare qu'il se fâchait.Mon abbé O.était donc bon malgré lui, et surtout malgré nous, car nous, nous essayions bien no^re petit possible pour le faire endêver, sans y réussir toujours.Pourtant une fois la mesure renversa et ce fut entre mes mains.Je soufflais persistamment à mon voisin sa leçon dont il ne savait pas le premier mot.Le maître m'ayant entendu m'avertit de cesser; mais je continuai, voulant sauver au camarade une réprimande et croyant bien d'ailleurs avoir mis une sourdine à ma voix.Je me trompais, le maître m'entendait encore parfaitement.—Allez, me dit-il, dans ma chambre; là, derrière mon coffre, vous trouverez quelque chose que vous m'apporterez.Toute la classe, moi surtout, comprit qu'il s'agissait d'un martinet, et l'on ne se trompait pas.Il y était derrière le coffre, l'instrument fatal dont j'avais d'autant plus peur que je n'en avais pas encore tâté.Il y était, oui, mais il y avait autre chose, et le maître n'avait rien spécifié, je rapportai en classe.sa brosse à souliers et sa boîte de cirage.—Oh! je m'en souviens comme d'hier, dit • l'un de nous.J'ai encore dans les oreilles le rire vrai, spontané, irrépressible, qui t'applaudit quand tu mis sur la table du maître, au lieu de ce qu'il attendait, ses ustensiles de propreté.C'était un jet qui ne finissait pas, une éruption d'hilarité naturelle, mais prolongée par la malice d'écoliers gouailleurs, et qui aurait duré longtemps si monsieur O.ne t'avait dépêché au directeur avec ordre de lui raconter ton espièglerie.—En effet, nous étions toi et moi de la même (Su'te « tm page 166) 164 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE ¦ - - -— LES SERVITEURS DU PUBLIC 1.Que fait le commis-épicier?— Il prend au téléphone une commande de comestibles.Q.Qu'entend-on par comestibles?—• Les comestibles sont des choses que l'on mange, c'eBtrà-dire des aliments.Q.Que remarquez-vous au sujet du mot épicerie ?— Les épiciers ont tort d'afficher "épiceries" pour dire qu'ils vendent de l'épicerie, des épicéa, ou plutôt, des comestibles.Acheter des épiceries, ce serait devenir acquéreur de plusieurs boutiques d'épicier.Les boutiquiers français affichent épicerie (au singulier) et plus souvent COMESTIBLES.C'est de l'épicerie, des épices, des comestibles, et non "des épiceries" que l'on achète chez le marchand du coin.2.A quoi est occupé Lucien?— Ayant rempli un grand panier d'articles commandés par téléphone, il se prépare à aller en faire la livraison.3.Que voit-on ici?— Un pâtissier qui offre avec joie le produit de ses connaissances culinaires à l'occasion de la fête de Pâques.Q.Comment savez-vous que l'on en est à Pâques?¦— Par les lis que l'on voit à gauche du pâtissier.Le lis est la fleur en vogue à Pâques.4.Où se trouvent ces trois personnes?— Dans un restaurant.Q.Comment le savez-vous! — La dame est coiffée et l'on voit un chapeau et un paletot accrochés à la patêre.5.De quoi est couverte la tête du boulanger-pâtissier?— D'une toque ou bonnet de pâtissier.0.Que tient le cuisinier dans ses mains ?— Une dinde.Q.Doit-on dire "du" dinde, ou "de la dinde" ?— On doit dire "de la dinde".Q.D'où vient le mot dinde?— C'est une abréviation de poule d'Inde.7.Qu'offre au client le garçon limonadier?— Des glaces.On voit sur le comptoir des verres à liqueur.8.Quel est l'emploi de ce jeune garçon?— C'est un porteur de glace.Q.Comment se fabrique la glace artificielle ?— Par le refroidissement de l'eau à l'aide de sels, d'acides ou de gaz.9.Quel est l'emploi de cette jeune fille ?— C'est une serveuse.Q.Comment nomme-t-on celui ou celle qui fabrique ou vend des crèmes glacées, des liqueurs glacées, des sorbets, etc.— Limonadier ou limonadière.10.Comment reconnaissez-vous qu'il s'agit, dans ce dessin, d'un garçon de table ?— Par la coupe de son veston et de son gilet, et par la serviette qu'il porte au bras.11.Que porte cette cuisinière dans une assiette chaude?—¦ Un bifteck fumant.12.Que fait le boucher?— A l'aide d'un couperet qu'il tient levé, il s'apprête à trancher un morceau de viande placé sur un billot.Au fond, on voit une porte de frigidaire.C'est là que la viande sera conservée fraîche en attendant qu'elle soit vendue et livrée au client.13.Quel est le rôle des concierges dans une conciergerie ou maison à appartements?— De veiller à la propreté et à l'ordre dans la maison dont ils ont pris charge, de louer les pièces et d'en réclamer les termes aux locataires.14.Qu'est-ce qu'une bonne à tout faire?— C'est une servante qui est chargée de tous les travaux du ménage.15.A quoi est tenue une chambrière?— Le nom le dit: au soin des chambres.Q.Que remarquez-vous sur la figure de tous les serviteurs du public que l'on voit dans la page ci-contre.—• Un gentil sourire rend aimable la figure de tous les personnages.Q.Quel est l'inconvénient de l'humeur rébarbative?— Elle indispose le patron et éloigne la clientèle.Q.Quel est l'avantage de la bonne humeur?— Elle attire les clients, ce qui fait prospérer la maison et augmenter les salaires.Elle favorise la promotion de l'employé.Outre la satisfaction du devoir accompli, l'employé obligeant éprouve le plaisir de recueillir du public reconnaissant d'agréables paroles et des gratifications bien méritées.L'abbé Etienne Blanchard 166 L'OISEAU BLEU SOUVENIRS DE COLLÈGE {Suite de la paie 163) classe et tu as vu cela.Ce que personne n'a vu, par exemple, c'est la gaieté du directeur quand je lui eus exposé ma mission.Il était étendu sur le long canapé recouvert d'indienne usée et pâlie, où plusieurs d'entre nous se sont assis pour recevoir des réprimandes parfois assez spirituelles, toujours fortement épicées.Sa gaieté était communicative.De le voir soubre-sauter, la joie me gagna.Je ris de mon bon tour.D'accusé que j'avais été en entrant, je devenais compagnon de plaisir.Il n'y avait plus ni juge ni coupable.La pénitence, en tout cas, ne serait pas forte, et si les épaules du directeur allaient, les miennes n'en allaient pas moins.Enfin, il me renvoya en classe absous.Seulement il ne fallait pas recommencer.Nota:—L'anecdote qui précède eut extraite de l'ouvrage Coup d'oeil et coups de plumes, qui valut à son auteur de sincères félicitations.Alphonse Lusignan, né en 18/t3 et mort en 1802, occupait une place enviable dans notre littérature journalistique.K.-Z.M.Concours Mensuels CONCOURS DE MARS 1935 I — Quel nom donne-t-on: a) à une femme qui va à cheval?v) à une femme qui fait des exercices d'ôqui- tation dans un cirque?c) quel est le véritable nom du "cowboy" ?II — Nommez trois faits historiques canadiens que rappelle 1935 ?III — Métagramme: Avec B, je suis difformité do la main ou du pied, / Avec Ij, je suis la part fixée par le sort, Avec M, je suis un sou.Faire parvenir ses solutions pour le 18 mars au'plus tard à L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Montréal, P.Q.Concours de mars 1935.RIONS UN PEU A l'école d'horticulture Le professeur—Quelle est l'utilité de l'orange.Un élève—On la mange, M'sieur.Le professeur—On mange, en effet, la chair; mais à quoi sert l'écorce ?L'élève—A faire tomber les passants, M'sieur.Devinette —Quel est l'ami qu'on ne peut pas souffrir ?—C'est la migraine.Jeu de mots — Que feras-tu, Robert, quand tu seras grand ?—Je me ferai encadreur.—En voilà un métier de paresseux! —Tiens, on dore (dort) tout le temps! Question d'histoire —Où fut signé le traité qui mit fin à la guerre de Trente ans?—Au bas de la page, M'sieur.ERRATA Dans l'article Amis étranges publié dans l'Oiseau bleu de février dernier, pages 123 et 124, remplacer le dissyllabe Only par le mot Owly et lire au sommet de la page 142, à droite, M.Roger Racine au lieu de Jtoger Raune.RÉSULTAT DU CONCOURS DE FÉVRIER 1935 1 —'Le transmetteur, le récepteur.2 — Myrtille 3 — Métagramme: cime, dîme, lime, mime Trois cent cinquante solutions, toutes exactes nous sont parvenues.Félicitations à chacun pour la fidélité apportée à concourir à nos joutes mensuelles et un bravo chaleureux pour la bonne tenue des copies envoyées.Le sort a favorisé: M.Fernand da Sylva 4290, rue Henri-Julien, Montréal Académie Saint-Jean-Baptiste Mlle Laurence Hogue Saint-Lin-des-Laurentides Comté de l'Assomption, P.Q.M.Raymond Letarte 33, rue Saco Westbrook, Maine, E.-U.M.Bernard Hurtubise Ecole Saint-Paul, 4e A.1668, rue Ville-Marie, Montréal M.Jacques Bilodcau 41, ave Empress, Ottawa, Ontario Avant-garde de Bonnyvillo Bonuyville, Alberta La Société Saint-Jean-Baptiste a adressé à chacun des heureux gagnants un bon de poste, de cinquante sous. L'OISEAU BLEU 167 Une page d'histoire Le Colonel de Salaberry Doué d'une vigueur de caractère remarquable, Charles-Michel «le Salaberry gravit rapidement les degrés de la hiérarchie militaire.Volontaire, à 14 ans, dans le soixantième régiment de Sa Majesté, il reçoit a 1G ans le grade de capitaine pour s'être distingué au fort Mathilde, dans les Indes Occidentales.En 1812, alors que les Américains se préparent à envahir le Canada, il recrute, parmi ses compatriotes, un bataillon d'élite, connu sous le nom de Voltigeurs Canadiens.Peu de temps après, de Salaberry, à la tête de 400 Voltigeurs, repousse le Kéiiéral Dearborn qui marche sur Montréal avec 10,000 hommes.Une autre fois, il met en fuite 1,400 Américains.A l'automne de 1813, l'armée américaine, composée de 7,000 combattants, tente de se frayer un passage par la rivière Châteauguay.M.de Salaberry, avec 300 Voltigeurs, aidés de 600 miliciens sous les ordres du colonel MacDonell, de quelques Indiens cachés dans les bois, se prépare à barrer le chemin aux envahisseurs.Debout sur un tronc d'arbre, sabre en main, le colonel-commandant dirige lui-même le tir au son ininterrompu du cor et des trompettes et répond sur toute la ligne au feu de l'ennemi.Les Américains, induits en erreur par ce stratagème, se croient en face d'une armée bien supérieure en nombre et en munitions.La débandade se met dans leurs rangs.Après quatre heures de combat, ils retraitent non sans avoir subi de lourdes pertes.La victoire reste aux Canadiens, qui n'ont perdu que deux hommes.Afin de commémorer ce haut fait d'armes, le prince régent, Georges IV fit frapper une médaille et proclama le colonel de Salaberry et ses braves les Sauveurs du pays.Le vainqueur de Châteauguay renonça, peu après, à la carrière des armes pour se consacrer à sa famille.Il se retira à Chambly.Pendant les dix dernières années de sa vie, il siégea au Conseil législatif du Bas-Canada.Né à Beauport en 1778, Charles-Michel de Salaberry était le fils aîné du premier élève admis au Séminaire de Québec après la cession, Ignace-Michel-Louis-Antoine d'Irumberry de Salaberry et de Françoise Hertel.Il mourut à Chambly le 26 février 1829, d'une attaque d'apoplexie.Le Canada n'est pas actuellement envahi par des soldats en armes, mais il l'est sûrement par des institutions financières qui drainent son argent au dehors.Les Canadiens français d'aujourd'hui sont-ils moins patriotes que les héros de Châteauguay?La Sauvegarde, compagnie d'assuranec-vie canadienne-française, lutte contre plusieurs compagnies étrangères du genre.Ses directeurs, tous Canadiens français, demandent à leurs compatriotes de s'enrôler sous sa bannière.Elle offre les mêmes avantages que ses concurrentes.Soyons loyaux envers elle et répondons à son appel.C'est notre droit et notre devoir de garder notre argent au Canada. Ecole Polytechnique de Montréal FONDEE EN 1873 Travaux publici — Industrie 1430, rue Saint-Denis, Montréal TELEPHONES :— Administration :— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines :— LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE ECOLES TECHNIQUES DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANASE DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE COURS TECHNIQUE — Cours de formation technique préparant aux carrières industrialisa.COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal.) COURS SPECIAUX — Cours variés répondant a un besoin particulier.(Mécaniciens «t véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivr» un coura industriel complet.AUGUSTIN FRIGON ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL Directeur Général de l'Enseignement Technique ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 1490.rue Saint-Denis MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE HULL Cadeaux de première communion de mariage, d'ordination de profession religieuse d'anniversaire GRAINGER FRÈRES UbRMacs.P&pcIieRs.ImpoftfofeuRs 54 Noh«4)Mnc.0uestT1bntR«sl Tél.Lancaster 2171 MISSELS DE LUXE La plu» importante Librairie et Papeterie française LIVRES DE MEDITATION au Canada CRUCIFIX, STATUES CROIX .¦ PLAQUETTES CHEVALIERS BENITIERS Nous faisons parvenir gratuitement, sur demande notre catalogue intitulé CHAPELETS MEDAILLES IMACES "ARTICLES RELIGIEUX" On n'a pas raison de craindre le long chômage des vieux jours, quand on se bâtit une vieillesse agréable.Voyez ce qui se passe chez nos sociétaires.Us ont même hâte de vieillir.Pourquoi?.Parce qu'ils pourront, enfin, se reposer .heureux et tranquilles .grâce à la puissance de leurs épargnes, accumulées .DEPUIS L'ECOLE CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE .55, St Jacques O.Montréal H Arbour 2185 .I Immimhu Porm aiii Limité»
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