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Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

L'oiseau bleu /, 1936, Collections de BAnQ.

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REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE POUR LA JEUNESSE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Rédaction et administration, 1182, rue Saint-Laurent Montréal, Canada Abonnement: Canada et Etats-Unis: $1 Conditions exceptionnelles aux collèges, couvents et écoles Téléphone: PLateau 1131 VOLUME XVI — No 8 MONTREAL, MARS 1936 Le numéro: 10 sous m Une héroïne de quatorze ans 194 L'OISEAU BLEU Une heroine de quatorze ans Il y avait une fois une petite fille.elle se nommait Madeleine.Oh! je sais votre impatience, mais ne m'interrompez pas, écoutez plutôt.Ce n'est pas un conte de fées que je vais vous raconter, mais bien une histoiie, une histoire captivante, un brillant fait d'armes.Son père, François Jarret de Verchères, gentilhomme dauphinois, était enseigne dans une des compagnies du régiment du prince de Cari-gnan, celle de M.Antoine Pécaudy de Contrecoeur.Lorsque ce beau régiment reçut l'ordre de repasser en France en 1668, l'illustre Jean Talon, alors intendant de notre immense pays, offrit des terres aux officiers et aux soldats qui consentiraient à s'établir au Canada.En cette conjoncture, M.de Contrecoeur et son neveu, M.de Verchères, firent de la Nouvelle-France leur patrie d'adoption.Celui-ci, plein de confiance en son étoile, n'hésita pas à épouser, le 17 septembre 1669, Mlle Marie Perrot, jeune Canadienne de quatorze ans.Douze enfants feront la joie et l'orgueil de ce nouveau foyer.Talon concéda, le 29 octobre 1672, à M.de Verchères une lieue de terre de front sur une autre de profondeur, à prendre sur le fleuve Saint-Laurent entre les concessions de M.de Grandmaison et de M.de Vitray.Cette seigneurie était la plus accessible et la plus exposée aux incursions et aux attaques des Iroquois.Ces barbares évitaient le fort de Sorel, passaient par les fiefs de Verchères, de Contrecoeur et de Saint-Ours et venaient fondre à l'im-proviste sur les colons occupés à défricher ou à cultiver leurs terres.Pour se protéger, lui et ses censitaires, contre ces guerriers sanguinaires, le noble seigneur construisit un fort ou camp retranché où pourraient se réfugier au besoin les habitants avec leurs femmes, leurs enfants et aussi.leurs bes tiaux.C'était un grand enclos, formé de palissades avec quelques redoutes.Le manoir seigneurial et l'église étaient bâtis dans cette enceinte fortifiée.Or, un matin d'automne, le 22 octobre 1692 — vingt ans, presque jour pour jour, après la concession faite à M.de Verchères, celui-ci étant à Québec et sa femme à Montréal, — Marie-Madeleine ou Madelon entendit un coup de feu suivi d'un long cri de détresse.Elle se rendit compte en un clin d'oeil que c'était une attaque brusquée des sauvages.Un domestique lui cria: "Sauvez-vous, Mademoiselle, sauvez-vous! Voilà les Iroquois qui viennent fondre sur vous." Leur cri de guerre venait de retentir près du manoir de Vlle-aux-P'runes.Elle vit environ quarante-cinq de ces barbares qui couraient sur elle pour la capturer; elle n'en était éloignée que d'une portée de pistolet.Bien résolue de mourir plutôt que de tomber entre leurs mains, elle prit la fuite dans la direction du fort en se recommandant à la Sainte Vierge qu'elle, aimait avec tendresse.Les balles sifflaient à ses oreilles.Un Iroquois, plus léger et plus rapide que ses compagnons d'armes, la poursuivit jusqu'aux portes du fort.Il la saisit, mais comme elle conserva toute sa présence d'esprit et le peu d'assurance dont une jeune fille est capable en une situation aussi périlleuse, elle lui laissa entre les mains son mouchoir de col et ferma les portes sur elle en criant: Aux armes, aux armes, avec l'espoir que quelqu'un viendrait à son secours.Les deux soldats qui se trouvaient à l'intérieur de la palissade, tout tremblants de frayeur, s'étaient retirés dans la redoute pour se cacher.Deux femmes pleuraient leur mari que les sauvages venaient de tuer.L'heure n'était pas aux gémissements.Madeleine, sans perdre une minute, chercha à se mettre à couvert avec ses compagnons d'infortune des insultes des Iroquois.Elle fit la visite du fort, découvrit plusieurs pieux tombés et faisant brèche par où il serait possible à l'ennemi d'entrer.Elle donna l'ordre de les relever et, sans égard pour son sexe ou pour sa jeunesse, elle prenait un pieu par un bout et encourageait les autres à le mettre en place avec elle.Elle courut à la redoute qui servait de corps de garde et où étaient les munitions de guerre.L'un des deux soldats était couché et l'autre tenait une mèche allumée."Que voulez-vous faire de cette mèche?" lui dit-elle.— "C'est pour mettre le feu aux poudres et nous faire sauter", répondit le poltron.— "Vous êtes un malheureux, lui répondit-elle, retirez-vous, je vous le commande." Sa voix était si résolue et si assurée qu'il obéit.Puis, cette fillette, muée en capitaine, jeta sa coiffe, arbora un chapeau de soldat et, saisissant un fusil, elle dit à ses deux jeunes frères, Pierre âgé de douze et Alexandre de dix ans et demi: "Battons-nous jusqu'à la mort pour notre pays et notre religion.Souvenons-nous des leçons que notre père nous a souvent données; que des gentilshommes ne sont nés que pour MONUMENT DE MADELEINE DE VERCHÊRES — LE VIEUX MOULIN A VENT Cliché du Canadien National 196 L'OISEAU BLEU verser leur sang pour le service de Dieu et du Roi." Emus et réconfortes par ces fières paroles, ses jeunes frères et les deux soldats ne cessèrent pas de maintenir le feu sur l'ennemi.Le commandant improvisé fit tirer du canon tant pour répandre la terreur dans le oamp iroquois que pour avertir les soldats qui étaient à la chasse dans les bois et demander du secours à la garnison de la ville de Montréal, située à huit lieues de Verchères.Les femmes et les enfants réfugiés dans l'enceinte palissadée continuaient de pousser des cris lamentables.Madeleine leur ordonna de se taire, afin de ne pas laisser croire aux assiégeants que les assiégés étaient sans ressources et sans espérance.Pendant qu'elle tenait ce langage, elle vit un canot sur le fleuve vis-à-vis du fort.C'étaient M.Pierre Fontaine et sa famille qui allaient débarquer à l'endroit même où les Iroquois l'avaient surprise le matin et où ils se dissimulaient à gauche et à droite.Pour les sauver, il fallait leur porter secours sans hésiter.Comme les deux soldats n'avaient pas le coeur d'y aller, Madeleine plaça Lavio-lette en sentinelle à l'entrée du fort.Si elle était tuée pendant cette sortie, les portes devaient être refermées et le fort défendu jusqu'à la dernière extrémité.Elle s'arma d'un fusil et, toujours coiffée d'un casque militaire, elle alla à la rescousse de M.Pierre Fontaine.Elle l'invita à débarquer sa famille et à la placer devant elle.Ensemble, ils marchèrent vers le fort, sous l'oeil même des Iroquois qui, craignant voir là une ruse, n'osèrent pas se permettre de les attaquer.Rentrée au fort, elle ordonna de ne pas discontinuer la fusillade.Après le coucher du soleil, un vent impétueux se leva accompagné de neige et de grésil, annonçant la plus affreuse nuit qui se pût imaginer.Cette tempête n'était pas pour rebuter les sauvages.Leurs mouvements indiquaient au contraire qu'ils se préparaient à monter à l'assaut pendant la nuit.Madeleine, assembla alors sa garnison, c'est-à-dire six personnes auxquelles elle tint ce ferme langage: "Dieu nous a sauvés aujourd'hui des mains de nos ennemis, mais il faut nous garder de tomber cette nuit dans leurs pièges.Pour ma part, je désire vous montrer que je n'ai point peur.Les deux soldats, La Bonté et Galhet, conduiront M.Fontaine, les femmes et les enfants à la redoute qui est l'endroit le plus sûr.Vous n'avez rien à craindre, et je vous commande de ne pas livrer la place, même si je suis capturée, taillée en pièces et brûlée devant vos yeux.Je garderai le fort avec notre garçon de quatre- vingts ans, qui n'a jamais tiré un fusil, et mes deux frères." Madelon s'affirmait comme un vrai chef; elle exécutait son plan de défense avec la sûreté d'un vieux capitaine.Et pendant que la plainte du vent grandissait dans les ténèbres et que tombaient avec plus de violence la neige et le grésil, retentissaient du fort à la redoute les mots: Bon quart et de la redoute au fort: Bon quart.Tout allait bien.Cette conduite pleine d'audace jeta les Iroquois dans l'étonnement.Ils croyaient le fort de Verchères désarmé et on s'y défendait avec une opiniâtreté sans égale.Ils n'osèrent pas escalader la palissade.Soudain, la sentinelle cria: "Mademoiselle, je vois quelque chose." Dans l'obscurité, de grosses taches noires apparaissaient sur la neige au pied de la redoute.C'étaient des animaux, boeufs et vaches, ce qui restait des troupeaux enlevés aux colons par leurs assaillants.Madeleine ne voulut pas ouvrir tout de suite les portes à ce bétail.Elle connaissait trop les ruses des Iroquois; ils étaient bien capables de se couvrir de peaux de bêtes pour entrer par surprise dans le fort à la suite des boeufs.Tout de même, s'il était possible de sauver ces animaux.Usant de la plus grande prudence et avec d'infinies précautions, des fusils braqués prêts à tirer sur tout animal suspect, Madeleine fit ouvrir la porte.Par bonheur, tout se passa comme le souhaitait l'héroïque fillette.La résistance dura pendant huit longues journées.Mlle de Verchères put raconter avec vérité qu'elle fut deux fois vingt-quatre heures sans dormir ni manger.Elle se tenait sur le bastion, allait voir comment se comportaient les défenseurs de la redoute, se montrait gaie et souriante et promettait à sa petite troupe, toujours pour le lendemain, un secours qui n'arrivait point.Un soir, après s'être appuyé la tête sur une table, son fusil de travers entre ses bras, accablée de fatigues, elle s'était endormie.Cette nuit-là, M.de la Monnerie, lieutenant envoyé de Montréal par M.de Callières, arrivait en face du fort avec quarante hommes.Comme il ignorait quelle était la situation du fort, il s'en approchait dans le plus grand silence.Une des sentinelles, ayant cru percevoir quelque bruit, cria: Qui vive?Réveillée en sursaut, Madeleine, sans perdre un instant, monta sur le bastion et, croyant à son tour entendre parler sur l'eau, elle demanda: "Qui êtes-vous?" — "Français, c'est la Monnerie qui vient vous donner du secours." Mlle de Verchères fit ouvrir les portes du fort, y plaça une sentinelle et se rendit au bord L'OISEAU BLEU 197 de l'eau pour le recevoir.Elle salua le lieutenant: "Monsieur, soyez le bienvenu, je vous rends les armes." — "Mademoiselle, dit-il d'un air courtois, elles étaient entre bonnes mains." — "Meilleures que vous ne pensez", répondit-elle.M.de la Monnerie visita le fort, le trouva en très bon état, une sentinelle sur chaque bastion.Elle lui dit alors: "Monsieur, faites relever mes sentinelles, afin qu'elles puissent prendre un peu de repos; il y a huit jours que nous ne sommes pas descendus de nos bastions." Le fief de Verchères était sauvé, sauvé par le sang-froid et la bravoure d'une héroïne de quatorze ans.Quelle belle crânerie que celle de cette Madeleine de Verchères! Crânerie à la française, à la canadienne-française! Le nom de cette héroïne est à jamais inscrit au tableau d'honneur de l'histoire de France et de l'histoire du Canada français.VIATOR La leccn des érables Hier que dans les bois et les bruyères roses, Me promenant rêveur et mâchonnant des vers.J'écoutais le réveil et la chanson des choses, Voici ce que m'ont dit les grands érables verts: "Si notre front là-haut si fièrement s'étale; "Si la sève robuste a fait nos bras si forts, "C'est que buvant le suc de la terre natale, "Nous plongeons dans l'humus des grands [érables morts."Si nos rameaux font voir de hautaines verdures, "C'est pour perpétuer, au siècle où tout s'éteint, "La gloire des géants aux fières chevelures "Qui verdirent pour nous depuis l'âge lointain."Dans nos feuilles, parfois, une brise commence, "Dolente, le refrain des vieux airs disparus."Ecoutez: elle chante et l'âme et la romance "Des aïeux survivants en nos feuillages drus."Tantôt, l'air solennel des graves mélopées "Incline, avec le vent, notre haut parasol; "Un orgue ébranle en nous le son des épopées: "Nous respirons vers Dieu la prière du sol! "Prier, chanter avec la brise aérienne "Et l'âme du terroir et l'âme des aïeux; "Et puis, se souvenir afin qu'on se souvienne, "Voilà par quels devoirs l'on grandit jusqu'aux [deux!" * * * Ainsi, dans la forêt, près des bruyères roses, M'ont parlé Vautre jour les grands érables verts.Et.songeur, j'ai connu le prix des nobles choses Qui font les peuples grands, plus grands que [leurs revers.Ils gardent l'avenir ceux qui gardent l'histoire, Ceux dont la souvenance est sans mauvais [remords, Et qui, près des tombeaux où sommeille la [gloire, A l'âme des vivants, mêlent l'âme des morts.Ils le gardent surtout ceux dont les lèvres fières Ont gardé les refrains du parler maternel: Epopée ou romance où l'âme de nos pères Vient prier et vibrer d'un accent éternel.Gardons toujours les mots qui font aimer et [croire, Dont la syllabe pleine a plus qu'une rumeur.Tout noble mot de France est fait d'un peu [d'histoire, Et cliaque mot qui part est une âme qui meurt! En parlant bien sa langue on garde bien son [âme.Et nous te parlerons, ô verbe des aïeux, Aussi longtemps qu'au pôle une immortelle [flamme Allumera le soir ses immuables feux; Que montera des blés la mâle villanelle, Que mugira le bronze en nos clochers ouverts, Et que se dressera dans la brise éternelle, Le panache hautain des grands érables verts! Abbé Lionel GROULX {Les Rapaillages) 198 L'OISEAU BLEU LE COIN DU PHILATÉLISTE Une floraison de timbres de France Le centenaire d'Ampère — La statue de la Liberté — Paris à vol d'aéroplane — Anniversaires américains — Cachet canadien Les collectionneurs de langue ou de sympathie française salueront avec plaisir au défilé, sous forme de vignettes commémoratives, de grandes figures de France.Cette nouvelle politique des postes, inaugurée Tan dernier, semble devoir être établie de façon permanente.Les sujets sont d'une telle abondance qu'on peut s'attendre à une floraison des plus intéressantes.Personne ne s'en plaindra si la France, ainsi qu'elle en donne l'exemple, se borne à la publication de pièces uniques pro près à chaque anniversaire, et ne verse pas dans le dévergondage des séries coûteuses et fréquentes.Voici les nouveautés françaises parues et à paraître.D'abord, tout le premier, un timbre de 75c a vu le jour à l'occasion du centenaire de la mort du célèbre physicien et grand croyanl André-Marie Ampère, ainsi que nous l'avons déjà annoncé.Presque en même temps a paru un autre timbre de 75c, grevé d'une taxe de 50c au bénéfice des réfugiés établis en France: Russes, Italiens et autres exilés dont les Allemands, les Juifs, en particulier, forment le plus gros contingent surtout depuis l'avènement du nazisme outre-Rhin.La vignette fait voir la colossale statue de la Liberté, de Bartholdi, don de la République française à la République américaine, et placée à l'entrée du port de New-York.De son côté, le service de la poste aérienne française est doté d'une nouvelle série de six dénominations: 85c, vert; 1 f.50, bleu; 2 f.25, violet; 2 f.50, carmin; 3 f., ultra-marine; 3 f.50, brun-orange, tous d'un seul dessin.On y représente un aéroplane survolant Paris.On aperçoit plusieurs monuments caractéristiques de la grande capitale: la basilique du PARIS vu à vol d'aéroplane.ANDRÉ AMPÈRE STATUE DE LA LIBERTÉ Sacré-Coeur; la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, Notre-Dame, le Panthéon, l'Institut, l'Ecole Militaire, la Madeleine, le Luxembourg, etc.Vers le mois de juin paraîtra un commémo-ratif en l'honneur des frères Louis et Auguste Lumière, pionniers de la cinematographic et inventeurs de la photographie des couleurs.Le 15ème anniversaire de la mort de Pilâtre de Rozier sera commémorée vers le même temps, par un timbre rappelant le drame survenu le 15 juin 1785 au fameux aéronaute pendant l'essai qu'il fit en compagnie du physicien Romain pour traverser la Manche dans une montgolfière.Verra aussi le jour, ainsi que nous l'avons déjà noté, une vignette à la mémoire de Rouget de l'Isle.auteur de la Marseillaise.*f* ^ 4* Le centenaire de l'indépendance du Texas, marqué par l'émission aux Etats-Unis, le 3 mars, d'un nouveau timbre (3c, violet), rappelle aux Canadiens les tentatives d'établissement sur ce territoire par le valeureux Cavelier de La Salle, qui y succomba assassiné et dont les entreprises sont intimement liées à l'histoire même du Canada.La vignette présente les traits de Stephen E.Austin, chef des pionniers américains au Texas, et du général Sam Austin, héros de la guerre d'indépendance.L'exploit saillant de cette lutte, comparée à celle des Thermopyles, a pour théâtre l'Alamo.ancienne mission franciscaine de San Antonio, transformée en fort, sujet central du nouveau timbre.Défendue par 140 hommes, l'Alamo, investie le 23 février 1836 par une armée de 4,000 Mexicains, commandée par le général Santa Anna, n'est prise qu'après une lutte désespérée de 12 jours alors que les insurgés ont été fauchés jusqu'aux derniers.Cette résistance héroïque anime le courage des partisans de l'indépendance; moins de deux mois plus tard, le 21 avril, après de sanglantes rencontres, les Mexicains sont définitivement vaincus à la bataille de San Jacinto. L'OISEAU BLEU 199 GRECE — 1935 Magnifique série de 9 timbres sur lesquels défilent les personnages mythologiques dont les exploits légendaires annoncent ceux de nos modernes conquérants de l'air.Les vignettes ci-dessus montrent: 1 dr., Héllos conduisant le char du soleil; 2 dr., Iris, messagère des dieux changée en arc-en-ciel, et 5 dr., Dédale, père de l'aviation, posant des ailes à son fils Icare.En mai, le 3ème centenaire du Rhode-Island, Etat où sont établis un grand nombre de nos compatriotes, sera commémoré par un timbre de 3c, au portrait de Roger Williams, fondateur de la colonie, d'après sa statue érigée à Providence, la capitale.Par ailleurs, nos voisins étudient le projet d'un commémoratif à l'occasion du centenaire de l'Arkansas, le 15 juin.Le dessin soumis représente le Capitole de l'Etat, érigé en 1836 à Little Rock.Et, avec l'assentiment du président Roosevelt, on prépare aussi une série de dix timbres, dont cinq seront consacrés aux grandes figures de l'armée américaine et les autres à celles de la marine.Le choix des portraits est compliqué; il est cependant décidé que le fameux corsaire John Paul Jones et l'amiral John Barry seront à l'honneur.* * * Pour se conformer aux désirs du roi Edouard VIII, les nouveaux timbres à son image, qui devront bientôt remplacer ceux de George V en Grande-Bretagne, feront voir non plus seulement la tête du souverain, suivant la tradition, mais un portrait allant jusqu'aux genoux.Sa Majesté veut y paraître dans l'uniforme d'amiral mais sans coiffure.Le Canada, les autres Dominions, les colonies et protectorats suivront sans doute cet exemple devant le voeu exprimé par Sa Majesté.On attendra, croit-on, le couronnement, fixé a 1 an prochain, pour lancer les nouveaux timbres, qui intéressent pas moins de 62 pays britanniques, dont l'ensemble forme plus d'un quart de la population totale du globe, ce qui représente, à coup sûr, des millions de philatélistes.* * * Les postes canadiennes inaugureront un service postal aérien régulier, entre Kénora et Machin, en Ontario, vers le 15 avril.Cette pre- mière envolée, aller et retour, sera marquée par l'apposition de cachets officiels illustrés, suivant l'usage, sur toutes les lettres confiées à la poste ce jour-là.D'habitude ces cachets portent des légendes dans la seule langue anglaise, sauf parfois quand il s'agit de vols inauguraux dans la "réserve" du Québec.Espérons que les députés du Québec auront fait des représentations au ministre des Postes pour que ces cachets soient bilingues, afin que dans tous les services postaux du Canada le français soit mis sur un pied d'égalité avec l'anglais, c'est-àdire au rang auquel il a droit.Phil ATHELY Nouveautés - Actualité * veut dire neufs — + série complète.AUBAINE RARE 4f* - Italie, 1923 — Commémor.du 3ème centenaire de la Cong, de la Propag.de la Foi — Seuls timbres au monde à l'image de Notre-Seigneur.— Dans des médaillons portraits de Grégoire XV, Ste Thérèse, S.François d'Assise et S.François Xavier.Très spécial.$1.00 EMISSIONS 3*-Belgique, 1935 — Deuil reine Astrid, 10, 25 et 35c.12 2*-Chili, 1935 — Poste aérienne, 10 et 15c.05 2-Hongrie, 1935 — Cardinal Pazmany et sign.Charte univ.Budapest .10 7t - Indes, 1935 — Jubilé Ceo.V.— Monuments divers — 1 à 8a.— Très recherchés 1.00 4* - Mozambique Ci e , 1935 — Poste aérienne, 5 â 20c.10 RECENTES 4t-Norvège, 1930 — St-Olaf au combat, ca-théd.Trodhjen, mort du saint, 10 à 30c.15 6 - Roumanie, 1935 — Carol, effigie grand format, profils divers.10 7 - Tchécoslovaquie 1934-35 — Commémo-ratifs: Smetana, Dvorak, Masaryk, Hymne national, monument Arras, Stefanik .10 2 - Tchécoslovaquie 1935 — SS.Cyrille et Méthode, 50h et lk .05 Port en, plus sur commande de moins de 11 Bazar Postal, B'te poste 4020, Montréal 200 L'OISEAU BLEU SUR LES AILES DE L'OISEA U BLEU Sur Manie-CLflme vavtiuy les AILES de L'OISEAU BLEU Lenvolée r eebique EDITIONS ALBERT LEVESQUE montriIal J Oiseau bleu, couleur du temps, Vole à moi promptement.Jeunes lecteurs, 'éprouve un réel plaisir à signaler ici la publication du beau roman de Mlle Marie-Claire Daveluy, Sur les ailes de l'Oiseau bleu, illustré avec goût par M.James ^.Mclsaac.Mlle Daveluy et M.Mclsaac collaborent tous deux à la revue éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal depuis le premier numéro paru en novembre 1920; ils lui sont toujours restés fidèles.Ce détail vaut d'être noté.De plus, VOiseau bleu a donné l'hospitalité à ce feuilleton en 1929 sous le titre: Voyage au pays des belles histoires.Vous ne l'avez sans doute pas oublié, chers jeunes lecteurs.Vous vous rendrez compte, non sans satisfaction, que vos frères et vos soeurs aînés se délectaient à la lecture des livres d'imagination de la même conteuse, rendus encore plus vivants par les dessins du même artiste.Les livres d'enfants ne pullulent pas au Canada français.Notre littérature enfantine serait fort indigente sans l'oeuvre de dévouement et d'apostolat de Mlle Daveluy.Elle a mis à la portée de nos enfants, petits et grands, des pages historiques qu'ils n'auraient pas apprises aussi en détail autrement.Elle leur a rendu familiers les héros de notre histoire et les a incités premier essai, elle a nationalisé ce genre à penser et à agir à la canadienne-française.Dès son littéraire; ce dont les jeunes doivent lui savoir gré.Sur les ailes de VOiseau bleu, deux enfants canadiens, accompagnés de leur papa, font une envolée féerique et visitent successivement les royaumes réputés qu'ont décrits dans leurs livres d'imagination la comtesse d'Aulnoy, la comtesse de Ségur, le chanoine Schmid et l'auteur des Mille et une nuits.Ce fut une expédition peu ordinaire, aux péripéties les plus inattendues.Les jeunes Canadiens apprirent à connaître le Prince Charmant et la Princesse Florinc, la Chatte Blanche, Petite Poucette, sans oublier Petit Poucet, le Bon Petit Diable, Peter Pan, Alice aux pays des merveilles, Edelberg et Rose de Tannebourg.Cunéric de Fichtenberg.les Compagnons-qui-viennenl-à-bout-de-tout, le Prince Aladin.la Sultane Scheherazade, etc., personnages extraordinaires aux aventures non moins extraordinaires.Récits merveilleux, féeriques, écrits pour les enfants du Canada français avec le souci de les leur faire comprendre et de développer chez eux le goût de la lecture.Ces contes de fées, une fois qu'ils les ont lus, les jeunes en sont comme éblouis pour le reste de leur vie.Ce livre est précieux parce qu'il publie une liste bibliographique de 160 auteurs dont les ouvrages intéresent parents et éducateurs.(1) - A.de la R.( 1 ) Volume en vente aux Editions Albert Lévesque, 1735, rue Saint-Denis, à Montréal.Prix: 90 sous. L'OISEAU BLEU 201 Deux pauvres petits enfants Conte écrit pour l'Oiseau bleu par HORTENSE DULAC {suite) "p\éjà, plusieurs mois s'étaient écoulés depuis que les deux orphelins avaient été recueillis par l'Ermite.Durant les jours gris de l'automne, guidés par leur protecteur, les deux petits apprirent à connaître la forêt dans ses multiples sentiers, ses grottes, ses sources, ses recoins mystérieux.Ici, ils s'arrêtaient pour admirer des arbres géants, là, pour voir briller leur visage dans quelque lac ou quelque ruisseau.Puis, quand vint l'hiver avec ses vents froids et ses tempêtes interminables, ils furent contraints de se confiner de plus en plus à l'intérieur, et ils connurent tous les trois la bonne intimité du foyer.Le vieillard, qui a fait, comme d'habitude, ample provision de bois, entretient jour et nuit le feu salutaire.Dans un grand chaudron de fer noir mijotent des légumes du jardin, et sous la vive chaleur du fourneau se dorent les pains ronds et savoureux que l'Ermite sait confectionner à merveille.Dans la cave et dans la cabane aux réserves il y a des provisions — viande, farine, fruits et légumes — pour se nourrir abondamment tout l'hiver.Ils n'ont pas non plus à craindre le froid, car la forêt est là toute proche, avec sa richesse inépuisable.Et les jours et les semaines passent doucement, paisiblement.Les voici à la nuit de Noël.Dehors, le vent souffle avec fureur.Dans l'immensité blanche, une multitude d'étoiles criblent le ciel de clous d'or.Le froid est vif et piquant et la brise se lamente au sein des sapins noirs.La vache et la chèvre dorment dans l'étable.Les lapins sont tapis dans leur niche, et les pigeons ont la tête sous l'aile.— Venez ici, mes chers petits! dit soudainement l'Ermite.Avant que vous alliez vous blottir, bien pelotonnés sous vos draps, il faut que nous élevions un peu notre esprit vers le ciel, et que nous parlions ensemble de la grande fête de Noël.Il prit un livre de piété et il lut."Et voilà qu'un ange du Seigneur se présenta devant les Bergers et une lumière divine les environna.Et ils furent saisis d'une grande crainte, et l'ange leur dit: Ne craignez point, car voici que je vous annonce ce qui sera la cause d'une grande joie pour le peuple: C'est qu'il vous est né aujourd'hui dans la ville de David un Sauveur, qui est Christ Seigneur.Vous trouverez un enfant couché dans une crèche." — La belle nuit, mes enfants! C'est ce soir qu'apparut un astre qui conduisit trois grands rois à travers les vallées, les montagnes, les fleuves et les déserts.La belle nuit! La terre s'arrête pour laisser régner l'Éternel.Des lumières s'allument aux fenêtres des maisons abandonnées.L'eau des sources se change en miel, les arbres se couvrent de fleurs et les animaux se mettent à parler dans les étables.La joie est dans tous les cœurs, le chant sur toutes les lèvres.Là-bas, en d'autres pays, les bergers descendent des montagnes, et célèbrent la bonne nouvelle avec leurs fifres et leurs cornemuses.Dans tous les villages les cloches sonnent à toute volée et les églises sont inondées de lumières et de cantiques.Nous n'entendrons pas le son des cloches, nous ne verrons pas les églises illuminées, mais dans le fond de nos cœurs nous ferons un autel à l'Enfant-Jésus.Nous le remercierons de tous les biens dont il nous a comblés.C'est à lui que nous devons tout.C'est à lui que nous devons la sécurité de cette maison, la beauté de ces collines, la paix de ces bois.Remercions-le du parfum des fleurs, du chant des oiseaux, de la blancheur de la neige, de la splendeur des épis, de tout ce qui charme nos yeux et réjouit notre âme." —¦ Moi, s'écria tout à coup Thérèse, je veux le remercier surtout de nous avoir donné Monsieur Basile! — Oui! oui! s'écria aussi André! Ils sautèrent au cou du vieillard, qui les serra tendrement sur son cœur.Avant de regagner leur lit, les petits réclamèrent une histoire, et l'Ermite leur fit le récit suivant, qui faisait partie de ses innombrables souvenirs: LE SALUT DES VOYAGEURS Captifs depuis trois mois dans la grande forêt, deux camarades, deux bûcherons — amis depuis l'enfance — n'avaient plus qu'un seul rêve: descendre au village pour entendre la Messe de Minuit dans leur petite église paroissiale.Leur nostalgie s'accentuait avec l'approche des fêtes.Ils étaient pris d'une folle envie d'entrer avec les autres fidèles, au son de la cloche, dans l'humble église tout illuminée, d'entendre les voix bien connues chanter de 202 L'OISEAU BLEU doux cantiques, de voir le divin Enfant couché sous les reflets merveilleux des lampions et des cierges allumés.Toutes ces pensées les tenaillaient, leur donnaient une fièvre délicieuse.Une voix mystérieuse parlait en eux, venant du plus lointain de leur race fidèlement croyante et pieuse.Depuis leur bas âge, ils ne se rappelaient pas avoir manqué une seule fois la messe de minuit.Jadis, toujours ensemble, comme des frères, chaque année, avec la même foi, ils s'étaient élancés dans la nuit blanche, malgré le vent, malgré la neige, ils étaient venus s'agenouiller auprès de Jésus nouveau-né.Les deux bûcherons obtinrent un congé de trois jours.Heureux comme des enfants, ils partirent à pied l'avant-veille de Noël.L'aube venait de luire quand ils quittèrent le camp des bûcheurs de bois où leurs camarades dormaient encore.Ils emportaient sur leur dos, dans un grand sac de toile, leur beau veston des dimanches, une paire de belles chaussures et, pour manger en chemin, des morceaux de lard placés entre d'épaisses tranches de pain.Douze milles les séparaient de leur village» Ils étaient certains de l'atteindre avant le soir-Us s'enfoncèrent entre les hautes branches et les gigantesques sapinières.Le ciel était d'un bleu très clair où ne se mêlait aucun nuage.Pas de trace de soleil non plus, mais une sorte de clarté imprécise à travers laquelle les arbres jetaient leur ombre immobile.La neige portait bien et l'air n'était pas trop vif.Ils franchirent d'abord plusieurs milles tout d'une haleine, lestement, en suivant dans les endroits un peu déboisés la marque qu'y creuse chaque jour le traîneau des charroyeurs de bois.Des troncs coupés montraient partout leur chair vive.Ici et là, des amas de branches dépecées attendaient les mains vigoureuses qui devaient les cueillir.Bientôt, les deux hommes se trouvèrent dans une forêt épaisse et ouatée, dans laquelle, pour se frayer un chemin, il faut livrer un combat continuel.Là, ils furent forcés de ralentir leur course.Des branches mortes entremêlées les unes aux autres, des monticules recouverts de glace, des sources formant des lacs congelés, où l'on risque à tout moment d'enfoncer jusqu'aux genoux, toutes ces choses étaient des obstacles qu'il leur fallait vaincre.Ils y réussirent.Alors, la faim se faisant sentir, ils vinrent s'asseoir sur une souche et mangèrent.La forêt se trouvait maintenant derrière eux.L'horizon s'élargissait.Ils respiraient comme des prisonniers à qui l'on a rendu la liberté.Autour d'eux c'était la blanche immensité.Aucune maison ne se distinguait encore.Aucune trace de vie humaine.Un silence infini régnait.Mais hélas! en examinant bien les alentours ils s'aperçurent qu'ils s'étaient trompés de direction.Presque tout le chemin parcouru était à refaire.Ils se remirent en marche avec courage mais non sans fatigue.L'erreur qu'ils venaient de commettre les mettait affreusement en retard.Ils eurent beau presser le pas, se hâter de toutes leurs forces, il leur fallut de nombreuses heures pour rebrousser chemin.Ils virent l'horizon s'embrumer et le bas du ciel se couvrir d'un voile mauve.C'était le soir.Ah! ce fut pour eux une rude épreuve.Ils ne s'attendaient point à pareille situation.Le vent s'élevait de plus en plus et le froid devenait très grand.A travers leurs lourdes bottes de cuir, humectées par l'eau et la neige, leurs pieds commençaient à s'insensibiliser.Atterrés, ils se mirent à courir en se frappant les jambes l'une contre l'autre, dans l'espoir de se réchauffer.Bientôt ils s'arrêtèrent, essoufflés, épuisés, et se regardèrent avec des yeux pleins d'épouvante.Maintenant, c'était la nuit complète.Le froid était terrible.L'obscurité les empêchait de retrouver leur route, et d'ailleurs, leurs jambes refusaient de les porter.Us jetèrent autour d'eux des regards désespérés.Aucune demeure, pas même une grange.Seulement des collines inertes et des sapins enneigés, qui se dressaient devant eux comme de sinistres fantômes.Il n'y avait donc pour eux aucune chance de salut.Dans l'excitation du départ ils avaient oublié de se munir d'allumettes.Et puis, à quoi auraient servi des allumettes?Qui pourrait allumer un feu, dehors, par un temps pareil, sur un banc de neige, avec des branches couvertes de glace et de frimas ?Non, c'en était fait: il fallait mourir.Ils n'avaient plus qu'à se laisser tomber, pour s'endormir à jamais, et demain, dans quelques jours, on les trouverait inertes, livides, glacés dans leur immense linceul blanc.— Viens ici, approche-toi! dit l'un des deux à son camarade.Moi, j'ai les doigts trop gourds.Tâte dans mon paletot pour trouver mon chapelet".L'autre obéit, et comme il cherchait l'objet demandé, ils virent une chose mince et légère s'échapper des plis de l'étoffe et, violemment secouée par le vent, voler par bonds au-dessus des proches sapins.—Ah! s'écria l'homme, c'est mon image! Tu sais, la petite image sainte que ma mère m'a donnée en mourant.J'ai juré de la porter toujours sur moi.Ma mère m'avait dit: "Garde-la précieusement; elle te portera bonheur".Viens, mon ami, il faut la retrouver.Je veux la retrouver à tout prix.Si je dois mourir ici, que la petite image de ma mère soit au moins sur mon coeur." Dans un suprême effort les deux amis se levèrent et ils se traînèrent dans les broussailles L'OISEAU BLEU 203 à la recherche de la précieuse image.A ce moment, pareille à un papillon blanc dans la nuit, l'image vint s'arrêter sur le seuil d'une cabane de chasseurs que de hauts arbres cachaient entièrement à la vue.Un abri, s'écrièrent les deux copains.— Un abri! s'écrièrent les deux copains, délirant dans une joie sauvage.Nous sommes sauvés, sauvés par la petite image sainte!" Ils s'empressèrent d'ouvrir la porte.Un poêle se trouvait au milieu de la pièce, ainsi que de l'écorce et de grosses bûches de bouleau.Plus loin, sur une table, ils trouvèrent des allumettes mises en sûreté dans une petite boîte de ferblanc.Au fond d'une armoire ils découvrirent du thé vert.En toute hâte ils allumèrent le feu, et après avoir bu du thé bouillant ils sentirent une douce chaleur les pénétrer.Finalement, ils s'endormirent d'un sommeil réparateur.Le lendemain, les deux voyageurs se remirent en route, heureux comme les Rois Mages lorsqu'ils suivaient l'étoile.Le soir, ils entrèrent dans l'humble église de leur village, à l'heure où la cloche appelait les fidèles pour la messe de minuit.Ils retrouvèrent la joie de jadis dans toute sa force et toute sa candeur.Us s'agenouillèrent jusqu'à terre, le front dans leurs mains, et songeant à cette mort horrible à laquelle ils venaient d'échapper par miracle, doucement, humblement, dans toute la sincérité de leur cœur, ils versèrent des larmes bienheureuses auprès do l'adorable petit Enfant." Hortense Dulac (A suivre) BONS MOTS En classe de géographie Le professeur — Quel itinéraire ehoisiriez-vous pour aller à Québec?L'élève — Je prendrais le chemin de fer, monsieur.Mise au point — Mon pauvre petit, t'es-tu fait bien mal en tombant de l'arbre?— Ce n'est pas en tombant, maman; c'est en arrivant par terre.V explication de Robert Ginette — Pourquoi ne voit-on pas la lune, ce soir, Robert?Robert—Tiens, parce qu'elle est partie, elle a changé de quartier.En classe d'arithmétique Le maître, qui vient d'expliquer les fractions.Voyons si vous avez compris: si je divise un gâteau entre dix-sept enfants, quelle part en ont-ils chacun ?Un écolier — Une bouchée, monsieur.Une peinture réussie Marius, peintre amateur, montre à un ami un effet de neige qu'il vient de terminer.—Il est très bien réussi, ton tableau, dit l'ami; on a froid rien qu'à le regarder.—Je crois bien, répond Marius; j'avais des visiteurs hier, et j'ai dû allumer le feu.Enfants terribles —Monsieur, jouez-moi un peu de musique.—Mais je ne suis pas musicien, mon petit ami.—Mais si, puisque maman m'a dit que vous aviez le nez en trompette! Il y a loup et loup On parle d'un bal d'enfants déguisés.—Ce sera joliment amusant, déclare Jeannot; tout le monde aura un loup.—Un loup! fait Pierrot, en voilà une idée.Moi, je n!en veux pas, j'aime mieux amener mon chien.Arithmétique Le maître — On veut partager sept pommes entre trois enfants.Que faudra-t-il faire?Un tout petit — Une compote, m'sieur. 204 L'OISEAU BLEU ir No 43 Mars 1936 UNE ECOLE NOUVEAU GENRE: "L'EVEIL" T e 15 novembre 1935 naissait à Montréal une initiative nouvelle, qui se rattache au grand mouvement qui emporte la jeunesse laurentienne vers la Nature.Les trois pièces ci-dessous parlent d'elles-mêmes.Nous les publions sans commentaires.ALLOCUTION PRONONCEE PAR LE R.F.MARIE-VICTORIN A L'INAUGURATION DE L'EVEIL LE 15 NOVEMBRE 1935 Mesdames, Messieurs, U Eveil, qui naît ce matin parmi un petit groupe d'intimes universitaires et amis de l'éducation, est une entreprise originale et charmante, qui s'apparente de très près au mouvement de retour à la Nature, qui a donné successivement les Instituts de Sciences Naturelles de la Faculté des Sciences, la Société Canadienne d'Histoire Naturelle et les sociétés similaires, et les phalanges des Cercles des Jeunes Naturalistes.Cette initiative nouvelle, nous la devons à Mlle Marcelle Gauvreau, qui fut l'une des plus brillantes élèves de la Faculté des Sciences, qui y conquit le grade de Licenciée, et qui est maintenant attachée à l'Institut Botanique et à la direction des C.J.N.Mlle Gauvreau possède à la fois une personnalité et une préparation exceptionnelles pour manier la délicate substance humaine que vous lui mettez entre les mains, Mesdames, Messieurs, et vous êtes infiniment fortunés d'avoir trouvé un guide d'aussi rare qualité pour ouvrir à vos petits le Jardin enchanté.La fondatrice de VEveil fait là une expérience loyale que l'on n'a pas encore tentée en ce pays, et pour cause.Elle a actuellement une idée nette du but à rechercher, une conception raisonnée des méthodes à employer.L'expérience l'amènera peut-être à modifier, à améliorer, mais l'idée fondamentale de la possibilité d'ouvrir les yeux des très jeunes enfants aux magnificences de la Nature est irrévocablement fixée dans son esprit.Qu'elle s'y tienne résolument, qu'elle s'y attache, et le succès est d'ores et déjà assuré.La directrice de l'Eveil m'a demandé une devise pour sa petite légion.Je lui ai donné ce mot d'enfant, cueilli dans un ouvrage récent: Je voudrais que l'on m'apprenne pourquoi ces choses sont belles! Pas plus que Léonard de Vinci, pas plus que Durer, l'enfant ne sait ce que c'est que la beauté, mais son âme est une cire molle où tout s'imprime avec force, et elle reçoit une vive impression des objets qui l'entourent.Bientôt aussi s'éveille chez l'enfant la divine soif de savoir.Un immense point d'interrogation se lève sur l'horizon de sa petite conscience.Il veut savoir les causes prochaines.Il veut savoir le pourquoi de la beauté qui l'émeut magnifiquement.Mademoiselle, vous avez devant vous une belle mission: dire à ces petits pourquoi toutes ces choses sont belles.N'oubliez pas que cette cire est vierge, que vous laisserez sur ces âmes l'empreinte de la vôtre, et que toute leur vie, ces petits hommes et ces petites femmes seront différents de ce qu'ils auraient été sans vous et sans VEveil.Je sais que dans votre esprit il s'agit d'un véritable apostolat d'éducation, d'un apostolat tout court.Vous ne séparerez pas la Science, la Beauté et l'Amour, vous ne perdrez pas de vue la continuité de l'humain et du divin, et goutte à goutte vous instillerez dans l'esprit des L'OISEAU BLEU 205 Cliché La Presse SOUVENIR DE L'INAUGURATION DE VEVEIL Sur la 1 ère rangée, de gauche à droite : le Dr J.-K.Dubé, le Dr J.(luuvreau, M.Claude Mé-lançon, Mlle Marcelle Gauvreau, le Frère Marie-Viclorin, la directrice du Cercle Simon-Valois, C.J.N., Mme Albert Jutras, Pierre Brunei et une religieuse.En avant, les Tout-Petits : Pierre Gauvreau, Marie Mélançon, Claude Vallerand, André Barbeau, Mireille Jutras, Pierre Bertrand, Jacqueline Gauvreau et Claude Jutras.enfants qui vous seront confiés ces convictions élevées dont vous vivez.Le directeur de Ylnstitul Botanique et tout le groupe de vos amis universitaires vous souhaitent bon succès et bon voyage sur cette petite mer bleue où vous lancez ce matin le bateau fleuri de VEveil.Et je vous donne la parole.* * * Mlle Marcelle Gauvreau explique ensuite l'idée et le fonctionnement de /'Eveil.Révérend Frère Marie-Victorin, Mesdames, Messieurs, Aujourd'hui est certainement un grand jour dans ma vie! Quand je vois au premier rang de l'asemblée ces petits enfants groupés autour de moi et qui m'appellent déjà leur professeur, en vérité, je me sens très émue! Et je pense que je voudrai être plutôt vis-à-vis d'eux une grande soeur pleine de sollicitude; une tante aimant à les gâter — dans le bon sens du mot —; une auxiliaire de la maman surveillant l'éclosion de leur intelligence, et répondant à leurs multiples questions.Eveiller l'esprit d'observation; enrichir l'intelligence enfantine de notions simples, mail exactes, sur les sciences naturelles; faire aimer la nature; occuper les enfants en les amusant et les instruisant: voilà, Mesdames et Messieurs, le programme de VEveil.Occuper les enfants en les amusant et en les instruisant: ceci résume assez bien ma pensée.11 ne s'agit pas de fatiguer les enfants, ce qui serait profondément antipédagogique.Voyez ce marmot: de quatre à sept ans (même avant parfois, car il est des enfants précoces!), alors qu'il est encore trop jeune pour aller en classe, ce n'est plus le bébé agitant un hochet, ce n'est pas encore l'écolier qui demain apprendra les malices de l'A B C.En ce moment, il ne demande qu'à découvrir un intérêt palpitant pour sa petite vie.Les sciences naturelles, intelligemment comprises, sont toutes désignées pour captiver l'enfant: elles lui offriront de merveilleux sujets d'observation; elles le développeront, parce que la Nature est son milieu nutritif; elles l'amuseront ; elles l'instruiront, car, paraît-il, on ne s'instruit qu'en s*amusant.Et un jour, à la maison, il arrivera peut-être — je dis peut-être — qu'au lieu de chercher.ou de trouver en ne cherchant pas, un "mauvais coup à faire", on aura ce délicieux spectacle d'un enfant penché si sagement et si gentiment sur ses petites collections.Dites-moi, Mesdames, Messieurs, tous déjà, ne regrettonsnous pas de ne pas nous être attardés amoureusement, en notre enfance, devant un coucher de soleil, une nuit étoilée, une étoile qui file, un oiseau qui chante, la source qui murmure, l'agneau qui bêle, la fleur des champs, l'abeille active, la fourmi vaillante, l'aile d'un papillon, le zéphyr courbant la tête des blés, le vent qui souffle dans la cheminée, et tous les spectcales journaliers de la nature, qui n'attiraient pas suffisamment notre attention quand nous étions enfants?Le programme de VEveil est donc d'éveiller l'esprit d'observation de ces chers petits, de satisfaire leur curiosité naissante, de leur inculquer l'amour de la nature et de remplir leur âme de sentiments élevés.Il est maintes possibilités d'adapter les sciences naturelles à l'intelligence enfantine: évidemment, il sera plus passionnant de courir la campagne, de récolter les mignonnes fleur3 sous les pas, de faire la chasse aux papillons.puis, au retour de ces excursions, de fixer les plantes et les insectes.Mais, en attendant le printemps, il y a sûrement moyen de préparer doucement l'enfant à suivre cette école idéale qui est l'Ecole de la Roule, selon la forte idée popularisée déjà par le Frère Marie-Victorin.Au cours de l'hiver, n'est-il pas intéressant d'enseigner les sciences naturelles surtout en racontant de beaux contes aux enfants, des histoires vraies, — mais oui, pourquoi pas?ce sont les plus belles! — par exemple, des his- 206 L'OISEAU BLEU Cliché l'Illustration EN VISITE DANS LES SERRES DU PARC LA FONTAINE Quelques élèves de l'école de /'Eveil, accompagnés de leur professeur.De gauche à droite : André Vigneault, Pierre La]and, Lise Jutras, Suzanne Lafond, Guy Jutras, Marie Mélançon, Claire Chartrand et Pierre Bertrand.toires sur les moeurs des animaux, et, à cet égard, le livre de M.Claude Mélançon: Nos animaux chez eux, me sera de la plus grande utilité; sur les relations si surprenantes entre les fleurs et les insectes; sur la vie fragile des fleurs?.Nos réunions seront vivantes! car nous avons des animaux vivants.ou empaillés; des plantes vivantes; d'immenses modèles de fleurs et d'animaux; et puis même, souvent, en récompense, des projections lumineuses! La directrice de VEveil a commencé les cours modestement, mais avec beaucoup d'enthousiasme et de bonne volonté, s'étant préparée à cette noble tâche en écoutant la musique incomparable de la nature: musique des arbres, quand un vent léger passe entre les aiguilles frissonnantes des pins, ou musique plus claire et moins rêveuse du peuplier pyramidal; musique sourde de la pluie qui tombe; musique tranquille et douce du ruisseau qui coule; musique discrète de la source; musique grondante des cataractes; musique étourdissante des cloches carillonnant, accompagnée de la musique tendre et mélodieuse des oisillons, du bourdonnement rythmé de centaines d'insectes.Mais il est encore une autre musique, silencieuse celle-là, et qui peut-être parle davantage à l'âme: celle des multiples fleurs, de ces petits êtres gracieux et faibles, débordants de vie, qui, dans un accord admirablement nuancé, remercient tout bas le Créateur pour toutes ces beautés qui les entourent, et qui crient sa bonté et sa gloire.De cette musique fraîche et lumineuse, on peut dire avec Shakespeare "qu'elle arrive à l'oreille comme un souffle du Midi passant par-dessus un parterre de Violettes dont elle prend et conserve le parfum".Les fleurs, puisque leur sort est de mourir tôt, demandent à être conservées en herbier: il semble qu'ainsi elles n'auront pas tout à fait cessé de vivre, puisque toujours, à travers le calme froid des longs hivers, elles resteront le gage assuré d'une harmonie qui demeure! Et maintenant, je vous dis: le petit Cercle de VEveil est ouvert.Aux papas et aux mamans qui ont cru en moi, au père de la botanique canadienne, le R.F.Marie-Victorin, qui a bien voulu accepter la présidence à l'inauguration de cette école-miniature, et qui n'a cessé depuis de me prodiguer ses encouragements, aux éducateurs et aux universitaires qui m'accordent leur bienveillant patronage, je dis le merci le plus sincère et le plus ému.Marcelle GAUVREAU Quelques jours après, un journaliste dévoué à l'idée qui anime /'Eveil donnait dans le Devoir (16 novembre 1935) ses impressions sur cet événement pédagogique.L'actualité Botanistes lilliputiens // y avait, hier matin, dans un salon de l'hôtellerie Pennsylvania, une réunion mystérieuse.Sans interruption, pendant un bon quart d'heure, arrivaient dans ce salon des petits bouts d'hommes, des petits bouts de femmes, des professeurs haut cotés à l'Université.Que pouvait donc signifier cet assemblage disparate de conspirateurs?Que les cuisiniers politiques se rassurent: il ne s'agissait pas en l'occurrence de préparer une bombe d'élections" ni même de conclure d'alliance politique nouvelle.Ou plutôt si: il y avait une alliance dans l'air — mais pas de la sorte qu'on pense.Cette alliance, c'était celle de grands naturalistes avec des botanistes en miniature.Et ainsi, l'on pouvait voir ce spectacle touchant de savants comme le Frère Marie-Vie-torin, le Dr Georges Préfontaine, le Dr Joseph Gauvreau, penchés avec intérêt et affection sur tout un petit monde aux yeux purs, avide de recevoir sa première leçon d'histoire naturelle.C'est dans cette atmosphère sympathique, sous les yeux des mamans, que fut inaugurée pour les tout-petits l'Ecole de Z'Eveil.Vraiment on ne saurait trop souligner le geste admirable que vient de faire Mlle Marcelle Gauvreau en fondant une école-miniature de botanique — la L'OISEAU BLEU 207 première du genre au Canada.Ce geste, réalisation d'un noble rêve, vient à son heure.Il est le complément de la création des Cercles des Jeunes naturalistes qui ont pris, ces derniers mois, une expansion, une vitalité stupéfiantes.Dam la dédicace de sa Flore laurentienne, le Frère Marie-V ictorin explique que le but de son livre est de contribuer à une oeuvre pressante: "le retour des intelligences aux bienfaisantes réalités de la Nature, au Livre admirable et trop souvent fermé, à cette Bible qui parle le même langage que l'autre, mais où si peu d'hommes savent lire les rythmes de beauté et les paroles de vie".On a souligné à Venvi, au Canada comme en Europe, l'importance capitale de la Flore laurentienne.Les savants se sont justement émus du travail bien au point du directeur de l'Institut botanique de l'Université.Mais, malgré la valeur indiscutable du livre du Frère Marie-V ictorin, malgré les témoignages précieux et multipliés qui ont récompensé ses efforts, la Flore laurentienne—faut-il le dire?— aurait presque complètement manqué son but si notre jeunesse canadienne l'avait ignorée ou négligée.Par bonheur il n'en fut rien; car au moment même où la Flore laurentienne apparaissait, enfin, à la montre des libraires, s'opérait dans toute la province, grâce à l'impulsion du Frère Marie-V ictorin, du Frère Adrien, de l'Institut botanique, du Devoir, des communautés enseignantes, un véritable miracle: le miracle qu'est la longue chaîne des Cercles des Jeunes Naturalistes.C'est pour les membres de ces cercles, pour eux d'abord, nous en sommes sûr, que la Flore laurentienne est née; avec cet instrument à la fois si simple et si précis, les jeunes naturalistes ne peuvent et ne pourront manquer de "lire les rythmes de beauté et les paroles de vie" que renferme la Nature.Les Cercles des Jeunes Naturalistes — ils l'ont prouvé déjà—sont pour ainsi dire la transposition à la vie du livre du Frère Marie-V ictorin.Il fallait à ce livre vivant une avant-préface vivante.Et, il appartiendra aux tout-petits désormais d'écrire cette avant-préface qui manquait pour que l'oeuvre fût vraiment complète.Cette gradation, à rebours, des sciences naturelles chez nous, n'est pas pour nous surprendre, quand on sait qu'au Canada, dans de si nombreux domaines, les choses ont été commencées par le mauvais bout.Mais pour ce qui est de la botanique, oublions nos regrets pour ne penser qu'au présent plein d'espoirs.Puisque, enfin, l'on a décidé de forger celui des anneaux qui, dans la chaîne, eût dû normalement précéder les autres, réjouissons-nous.Mlle Gauvreau entreprend une tâche dont elle n'ignore pas elle-même les difficultés.Mais, après avoir vu les frimousses intelligentes, les yeux scrutateurs des moins de sept ans qui se pressaient hier autour de leur premier professeur de botanique, on peut prédire que la directrice de l'Ecole de /'Eveil réussira son gracieux apostolat.Avec une fierté légitime, Mlle Gauvreau pouvait nous faire admirer dès hier le travail de trois de ses élèves lilliputiens.Elle a même fait subir aux enfants un petit examen qui m'aurait fort embarrassé.Inconsciemment, l'élève le plus calé de Mlle Gauvreau {il n'a que cinq ans) m'a donné une leçon dont j'ai tiré profit.le pourrais même dire que c'est presque humiliant de constater que de petits bouts d'hommes longs comme ça en savent plus long que soi déjà sur la nature.Ah! si nous avions eu cette chance, nous, au collège, de nous faire "éveiller" au lieu de recevoir en série des leçons "écrasées" entre un cours de mathématiques et un cours d'anglais.Mais laissons là des regrets personnels qui n'ont guère leur place ici puisque cette chronique est consacrée aux tout-petits botanistes.Nous ne pouvons résister au désir de donner.pour l'Histoire les noms des pionniers de la botanique miniature.On voyait donc au premier cours de l'Ecole de /'Eveil: Pierre Ouvrard, 6 ans et demi; Hélène Gauvreau, 6 ans; Claude Jutras, 5 ans; Pierre Gauvreau, 5 ans; Pierre Bertrand, 5 ans; Marie Mélançon, 5 ans; Pierre Brunei, 4 ans et demi; André Barbeau.4 ans; Jacqueline Gauvreau, 4 ans; Mireille Jutras.3 ans; Claude Vallerand, 3 ans.A ces pionniers, à ces vaillants petits chevaliers de la Nature, à leur guide dans le pays sans frontière des plantes, souhaitons bonne chance.Lucien DESBIENS (1) lu Eveil, on voudra bien le noter, n'est pas seulement une école enfantine de botanique, mais une école d'initiation à la connaissance de la Nature, dans les manifestations les plus diverses: monde animal, monde végétal, phénomènes naturels, etc.M.G.¦ AMUSONS-NOUS La nuit —Maman, la nuit est borgne, n'est-ce pas ?—Je ne comprends pas ce que tu veux dire, mon enfant.—Eh bien, c'est grand-père qui a dit qu'il n'avait pu fermer l'œil de la nuit. 208 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE Questions.1.Que fait cette couturière?— Elle est à confectionner un vêtement.Q.Quelle différence y a-t-il entre une couturière et une modiste?— Une couturière est une ouvrière en couture, surtout en vêtements de femme; une modiste fait ou vend des articles de mode, surtout des chapeaux de dame.2.Comment s'appelle cette pièce mécanique d'une machine à coudre?— Une navette, à cause de sa ressemblance avec un petit navire.On donne aussi le nom de navette à un véhicule qui fait des voyages fréquents entre deux points, comme une navette dans un métier.L'expression "faire la navette" signifie avoir beaucoup de va-et-vient.3.Quel est cet article de ménage?— C'est une machine à coudre.Q.Nommez-en les principales parties: La tête (A) ; le fuseau ou rouleau (B) ; le volant (C) ; le dévidoir (D) ; le bâti (E) ; la roue motrice (F) ; la pédale (G).Q.Dites-nous quelques mots sur la machine à coudre.— Il se fabrique annuellement quatre millions de machines à coudre, ce qui indique la grande utilité pratique de cette invention.Celle d'aujourd'hui est le résultat de modifications et améliorations apportées à l'invention de la machine à coudre Singer brevetée en 1851.Déjà en 1830, en France, une machine à coudre plus rudimentaire avait été brevetée au nom de Barthélémy Timonier.L'usage d'un moteur électrique pour les machines à coudre même domestiques a contribué à augmenter grandement l'usage de cette invention.4.Comment se nomme ce petit cylindre en métal qui entre dans la navette?— Une canette.On y enroule le fil.5.A quoi sert cet enlacement d'initiales que l'on appelle chiffre ou monogramme?— A marquer le linge.6.Avec quoi prend-on les dimensions du linge?— Avec un galon à mesurer.Dans plusieurs pays, le mètre est la mesure officielle.7.Quel nom prennent les deux parties d'un ciseau?— Ce sont les branches.Q.Qu'entend-on par les ciseaux de la Parque?— Ceux avec lesquels Atropos, l'une des trois Parques, tranche le fil de la vie humaine.8.A-t-on raison de dire une "cannelle" de fil?— Non, c'est BOBINE.9.Est-ce là un étui à ciseaux?— On dit plutôt une gaine.10.Cette aiguille servant à coudre les tissus épais a-t-elle un nom?— C'est une piqueuse.11.Quel est le récipient en osier avec couvercle?— C'est une corbeille à ouvrage.12.Et ce petit meuble sur pied?— C'est un coffret à couture.13.Quel est cet autre ustensile de ménage?— C'^st un panier à ouvrage.14.Quel nom les catalogues donnent-ils à ce petit meuble qui a le même emploi?— Ils l'appellent une travailleuse.15.Comment appelle-t-on cette sorte d'épingle?— C'est une épingle de sûreté ou épingle de nourrice.Ainsi disposée, elle ne pique pas et ne se détache pas.Q.Que veut dire l'expression "être tiré à quatre épingles"?— C'est être habillé avec un souci visible de la correction.Q.Et celle-ci: "tirer son épingle du jeu"?— Se tirer adroitement d'une affaire délicate.16.Que veut démontrer le jeune homme à la couturière?— La bonne qualité de l'huile qu'il lui offre dans une burette.17.Que forme l'assemblage de ces divers objets?— Un nécessaire à broder.18.De quoi est recouverte la surface du dé?— D'une multitude de petites fossettes servant à maintenir en place l'aiguille que pousse le doigt.19.Sur quoi sont étalées toutes ces épingles?— Sur un épinglier.Q.Qu'est-ce que stopper une étoffe?— C'est réparer une déchirure en refaisant la trame et la chaîne de l'étoffe.Ce mot est synonyme de rentraire.Q.— Qu'est-ce qu'un mannequin?— C'est une forme d'homme, de femme ou d'enfant, en bois ou autre substance,, sur laquelle les tailleurs et les couturières essaient les vêtements ou les étalent.On donne aussi Je nom de mannequins aux jeunes filles ou femmes qui endossent momentanément les nouveaux modèles de vêtements ou de fourrures pour en faire ressortir la valeur.Ces expositions de manteaux, de robes ou de fourrures sont ordinairement faites par les grands magasins.Q.Le trou d'une aiguille n'a-t-il pas un nom spécial?— On dit préférablement le chas d'une aiguille.Q.Qu'est-ce que ravauder?— Ce mot est synonyme de raccommoder.L'abbé Etienne BLANCHARD L'OISEAU BLEU 209 LA COUTURIÈRE 210 L'OISEAU BLEU In fait vécu ians la Revue de la vie chrétienne que publie mensuellement le Père M.-A.Bellouard, O.P., de France, J.Châtaignier, collaborateur, raconte un fait véridique, touchant de grandeur chrétienne et de foi vécue.Fauvette va vous le rapporteur — oh! bien inhabilement, allez! — mais elle y mettra, pour ce faire, tout son coeur de grande amie.Il était une jeune fille de Pologne, du nom de Sophie Berdanska, gouvernante de son métier et soutien dévoué d'une mère veuve et valétudinaire et d'un petiot de frère.La crise économique aidant, mademoiselle Berdanska perdit sa position d'éducatrice et se trouva sur le pavé.Elle dut se mettre en quête d'une nouvelle situation.Il fallait que le pain ne manquât pas aux siens éprouvés.Un jour, elle obtint un emploi au service d'une famille israé-lite, répondant au nom de Herstein.Bien des "mais".faillirent lui ravir ce gagne-pain, puisque la religion catholique de Sophie était incompatible avec les croyances messianiques de ces Juifs établis en terre polonaise.La gouvernante fut agréée.à condition que jamais, jamais elle ne parlât de sa foi aux enfants, à elle, confiés.Les jours se succédèrent et Sophie, ayant juré de se taire, ne souffla mot de son credo à la doctrine du Christ.Par un paradoxe frappant, les quatre enfants Herstein, de turbulents, d'exigeants, de tyranniques qu'ils étaient, devinrent respectueux, laborieux, gentils tout à fait.Sophie Berdanska, la virile Polonaise, puisait le secret de son courage dans sa foi chrétienne.Par permission et tolérance de madame Herstein et en cachette de l'époux intransigeant.Jacob Herstein, Sophie Berdanska put aller à la messe dominicale et nourrir son âme d'une communion hebdomadaire.Il lui fallait bien ce coeur à coeur avec Jésus afin de vivre vaillamment sa vie de gouvernante auprès d'enfants dont le caractère était à réformer.Laissez-moi vous confier que Sophie portait un médaillon qui recelait quelque chose de mystérieux.Bien des fois, les petits l'avaient questionnée sur ce bijou et toujours cette réponse: "C'est mon secret, chéris, n'y touchez pas." * * * Les jours et les jours passèrent.Papa et maman Herstein étaient stupéfiés de la transformation de leurs enfants.La gouvernante leur enseignait-elle, en cachette, sa religion.pourtant ne le lui avait-on pas défendu?.Mais non.la jeune fille avait tenu parole.Personne ne soupçonnait sa croyance.301 s|c îfî Un jour, le spectre noir du malheur s'abattit sur le foyer Herstein.Haïm, l'aîné des enfants, fut victime d'une maladie contagieuse.Impossible de le transporter aux hôpitaux, ceux-ci regorgeaient, car le mal était à l'état épidémi-que.Madame Herstein se sentit atteinte au coeur, car ce malheur en entraînait un autre.Que deviendrait son commerce?.N'exigeait-il pas l'éloignement de son fils?.Aucune hospitalisation possible! Deux des autres enfant-tombèrent sous l'emprise du même mal.Que faire?.Que faire.exprimait la détresse de la patronne?— "Moi, Madame." Maman Herstein comprit et accepta le dévouement de So- L'OISEAU BLEU phie.Cette dernière fut maternelle, héroïque de sollicitude.Elle soigna.soigna sans jamais songer à se coucher.Les enfants guérirent, mais la jeune fille, à son tour, fut victime de l'horrible mal.* * * Sophie Berdanska mourut, il y a deux ans de ça, à l'hôpital de Varsovie, nous rapporte J.Châtaignier.Cédant maintenant ma place au narrateur, voici ce qu'il écrit pour terminer le récit que Fauvette vous a bien gauchement communiqué: "Mais aujourd'hui, jour anniversaire de sa mort, toute la famille Herstein a communié en son honneur à l'église Saint-Alexandre.Oui, ils se sont tous convertis.Qui a fait ce miracle?Berdanska n'avait pourtant jamais parlé du Christ, mais elle avait servi, servi de toute son âme.Et son secret, les enfants l'ont su enfin, quand elle eut fermé les yeux, dans ce pauvre visage tuméfié, enflé, suppurant, "contracté au service", comme disent les communiqués de guerre, ses maîtres (oh! sacriliège), violèrent le médaillon mystérieux.Il y avait dedans un petit morceau de papier plié en huit.En haut, une croix tracée à l'encre et, au-dessous, cette résolution écrite en lettres toutes petites: "Puisqu'on me défend de parler de ma religion, je veux la vivre".C.F.CORRESPONDANCE Mimi-Blanc-blanc — Je salue cordialement ma petite amie gaspésienne! Que deviennent vos gentils élèves?Restent-ils fidèles amis lecteurs de la revue?Je leur envoie, au nom de tous les amis du Coin, les meilleures amitiés.Humble Apôtre — Fauvette salue en vous une affectueuse amie du Coin.Vous occupez-vous encore de guidisme?Venez me parler de vos réunions guides.Comme elles doivent rayonner d'entrain et de bonne humeur.Salut à vous et aux membres des équipes que vous fréquentez.Papillon d'azur — Vous restez correspondante fidèle.Merci.Fauvette compte recevoir régulièrement de vos nouvelles.Vous savez l'intéresser.Elle vous "bonjoure" affectueusement et vous dit "à bientôt".future Ursuline — A vous, une pensée affectueuse de Fauvette et des oisillons du Coin.Pierre précieuse — Je vous attends par un prochain courrier.C'est invite affectueuse de la part de Fauvette! Bonjour, à bientôt.Simone T.— La Revue de la vie chrétienne est une publication française, pleine de saveur spirituelle.C'est une revue de chevet, car elle épanouit la vie par l'apport de ses salutaires et substantiels conseils.Je vous expédierai quelques spécimens de la revue dont vous avez entendu parler.Amical au revoir.Soeur Jeanne me prie de vous dire que les graphologies suivantes ont été expédiées par courrier postal: F.Deschamps, Montréal; Charlotte; Hervette; Lucienne; C.Dubreuil, Sweets-burg; F.Campbell, Saint-Hyacinthe; J.Cari-gnan; A.Brasseur; P.Lafrenière; Madame A.Lafond; Jacqueline Lavoie; P.Reeves; A.Ro-bitaille, Québec; Marie D.; Marguerite Le-clerc; G.Parrot.Soeur Jeanne et Fauvette saluent cordialement tous leurs nombreux correspondants.C.F.GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Soeur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez dix lignes d'écriture et de composition personnelles, sur papier non réglé, le tout accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous et d'une enveloppe affranchie.Adressez: SOEUR JEANNE L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent Montréal, P.Q.L'Oiseau bleu est publié par la Société Saint-Jean-BaptiHt de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal.Alphonse 4s la Rochelle, directeur.— La revue ne paraît pas en juillet et sa août.Bureau: LAncaster 1771 Dessins soumis sur demande C.Lamond £J Fils 929, RUE BLEURY - MONTREAL Manufacturiers de bijouteries médailles d'or, or plaqué, argent, bronze et aluminium Spécialités : boutons émaillés. 212 L'OISEAU BLEU Un message de YOiseau bleu a YOiseau bleu, qui vient mensuellement distraire et surtout instruire ses jeunes lecteurs et lectrices a été confié un message qu'il transmet avec empressement.Il s'agit de l'organisation charitable qui, sous le nom de Fédération des Oeuvres de Charité canadiennes-françaises, exerce auprès de la population souffrante un apostolat philanthropique et généreux.C'est elle qui a chargé YOiseau bleu d'apprendre à la jeunesse qui le lit comment il est possible d'aider efficacement la Fédération dans les secours qu'elle apporte à d'autres enfants moins bien partagés.UOiseau bleu croit — se trompe-t-il?— que les enfants heureux ignorent parfois qu'il y a tout près d'eux, dans cette grande ville, une multitude d'enfants qui souffrent, qui ont faim, qui ont froid, qui pleurent en proie à toutes les misères et qui meurent.Ces pauvres petits, secourus à temps, rapprendraient à vivre, à avoir de bonnes joues rouges de santé, à être de charmants petits êtres comme vous, chers lecteurs et lectrices, qui êtes le bonheur de vos parents.Pour réaliser ce miracle, rien de bien difficile ne vous est requis.Chers jeunes amis, vous remplacerez plus tard vos papas et vos mamans dans l'exercice de la charité; vous serez peut-être des dirigeants de la Fédération des Oeuvres de Cliarité, puisqu'il y aura toujours des pauvres parmi nous.C'est Notre-Seigneur qui l'a dit.Apprenez donc dès maintenant comment vous préparer à cette belle mission.Une petite privation de fois à autre, l'économie d'un dix sous, d'un vingt-cinq sous, d'un beau dollar tout neuf que vous destiniez à satisfaire un caprice, une gourmandise, une petite vanité de jeune demoiselle, et voilà tout de suite la tirelire du pauvre enrichie.Dans vos collèges, vos couvents, vos professeurs ou institutrices sont autorisés à percevoir vos aumônes que vous ferez de plus en plus larges et fréquentes, d'ici au 18 avril prochain.Ces offrandes de vos bons coeurs d'enfants charitables, unies aux dons de tous, permettront à la Fédération des Oeuvres de Charité de continuer son oeuvre secourable, et des petits enfants malingres des faubourgs seront soignés dans les Gouttes de lait.D'autres, pendant les mois d'été seront envoyés aux Camps David et Perron où ils seront ainsi préservés des mé- faits de la tuberculose, sinistre tueuse d'enfants et de jeunes.Le Camp Le Grillon, destiné aux protégés de Y Aide aux Enfants Infirmes, recevra aussi des subsides appréciés.Les Colonies de vacances, par vos sous accumulés, recueilleront des garçonnets et des fillettes pauvres et débiles; les Cantines scolaires, qui distribuent gratuitement — 'le saviez-vous?— du lait aux écoliers souffreteux et miséreux, continueront leur magnifique service cantinier.A ces secours distribués si judicieusement, il convient d'ajouter ceux qui iront vers les jeunes gens, les jeunes ouvriers ou apprentis sans foyer qui trouvent dans les patronages Saint-Vincent-de-Paul et Jean-le-Prévost, un asile où leur sont offertes des distractions honnêtes, où, même, on leur enseigne un métier de leur choix qui prépare leur avenir.Dites, chers jeunes lecteurs et lectrices, ne serez-vous pas très fiers, qu'avec la menue monnaie à laquelle vous aurez renoncé d'un coeur serein et joyeux, il sera fait tant de bien?L'été dernier 2,150 garçons indigents ont reçu le bienfait de la Colonie de vacances des Grèves et 26 fillettes ont bénéficié de la même faveur à la Colonie de vacantes Jeanne d'Arc; 203 petits infirmes ont joui de l'air et de la bonne nourriture au Grillon.Les Camps David et Perron ont accueilli 432 garçons et fillettes.Ces chiffres sont éloquents.Mais la tristesse de l'heure actuelle exige qu'en cette année, ils le deviennent davantage.C'est cette nécessité qui a incité votre bel Oiseau bleu à accepter de vous faire le message dont il s'acquitte de tout son coeur.Examen de la Vue Lunettes Elégantes Téléphone: IIArbour 5544 PHANEUF & MESSIER OPTOMETRISTES-OPTICIENS Notre spécialité: Examen de la vue des enfants.1767, RUE SAINT-DENIS - MONTREAL (près de la rue Ontario) L'OISEAU BLEU 213 Ce que Ton grave sur le bronze.MONTRÉAL RACONTÉ EN STYLE LAPIDAIRE [IX.—Vieilles demeures, vieilles terres (suite) — Cousin, la distance n'est pas très grande, cette fois, d'une plaque commemorative à une autre, remarque François.Si vous commenciez tout de suite à nous parler du fondateur de Détroit?— Bravo, François! crièrent les promeneuses.Nous appuyons ta requête.— Evidemment, dit l'oncle, notre personnage mérite la considération que vous semblez lui témoigner.Lamothe-Cadillac fut une figure originale, puissante, remplie de pittoresque et de couleur.Son caractère de Gascon le prédisposait à toutes les aventures.Savez-vous, mes amis, ce que disait le plaisant Henri IV de tout Gascon?Ceci, et le rire sonore du monarque devait scander sa remarque: "Eh! si le terrain est ingrat, plantez-y des Gascons, ils poussent partout!" Jamais saillie royale ne devait mieux se voir confirmer que par la vie mouvementée du fondateur de Détroit.— Cousin, demanda Thérèse, Henri IV, c'est le roi au panache blanc dont parle l'histoire de France?— Mon roi préféré, alors, appuya François.Je le vois, moi, jouant avec ses enfants, et à quatre pattes, quoique roi.C'est beau cela.— Oui, oui, petits cousins, c'est ce même Henri IV, qui appréciait si bien les Gascons.Mais.nous voici déjà à l'angle nord-ouest des rues Saint-Laurent et Notre-Dame.Lisons la plaque qui s'y trouve.A ton calepin, petite Thérèse ! "Emplacement en 1694 de la maison de Lamothe-Cadillac, fondateur de Détroit." — Oncle, reprocha Marie, vous lisez en français, mais la plaque est rédigée dans la langue de Shakespeare?— Eh bien?— Pourquoi n'est-elle pas bilingue?interrogea Hélène.Cela nous mettra tous de bonne humeur.— Un Gascon, ça n'est pas un Anglais, c'est certain, raisonna François.Pourquoi ne pas parler de lui dans sa langue?— J'ai une idée, dit Thérèse.A côté du libellé de cette plaque, je vais mettre une petite note ainsi composée: "Adresser une remarque à M.Massicotte au sujet de la langue de cette plaque".— Petite cousine, fit l'oncle en riant, je ferai une historienne de toi quelque jour.Tu sais déjà placer une note au bon endroit.— Oncle, dit Marie, si nous nous promenions un peu autour de cette plaque, nous attirerions l'attention, je vous assure.— Je le veux bien.Je serai bref, d'ailleurs, en vous présentant le bouillant et remuant héros qui habita un jour ici.Que fut Lamothe-Cadillac, mes enfants?Rien que ceci: "Chevalier de Saint-Louis, explorateur, colonisateur, commandant des armées du roi, fondateur d'une cité, gouverneur de la Louisiane, gouverneur de Castelsarrasin, en France, sur ses vieux jours.Il mourut en ce dernier endroit à l'âge de 72 ans, après avoir servi fidèlement son roi durant quarante ans.— Il devait se dépêcher plus que François en sa vie, M.de Lamothe-Cadillac, fit Thérèse.En a-t-il fait de la besogne! — Chacun sa vocation, ma petite Thérèse.Tous les métiers ne demandent pas autant de mouvement.— Oncle, dit Thérèse, tout le monde n'est pas enthousiaste au sujet de ce "vrai cadet de Gascogne".Je me souviens qu'on lui reprochait d'avoir paru au Canada sous un faux nom.— Evidemment, puisque ta science est exigeante à ce sujet, Hélène, je lui restituerai son vrai nom: Antoine Laumet.Je lui enlèverai les armoiries qu'il inventa.Mais, petite, ne soyons pas plus royalistes que le roi.Et puisque Louis XIV accepta sans sourciller noms, titres et armoiries et tint à remettre à Lamothe-Cadillac, en une audience, à son palais de Versailles, la charte pour la fondation de la ville de Détroit, faisons comme Sa Majesté très chrétienne.Cet événement fait aujourd'hui le sujet d'un tableau magnifique offert aux autorités de la ville de Détroit par le gouvernement français, durant les fêtes célébrant en 1902 le bicentenaire de la fondation de Détroit par Lamothe-Cadillac.— Il ne doit pas avoir eu le temps de se marier, ce monsieur?observa Marie, les lèvres un peu dédaigneuses.— Voilà qui vous trompe, belle nièce.Un Gascon se souvient parfois qu'il a un coeur.Notre héros épousa quatre ans après son.arrivée, alors qu'il stationnait par extraordinaire à Québec, le 17 mars 1687, une Canadienne, Marie-Thérèse Guyon, fille de Denis Guyon et 214 L'OISEAU BLEU d'Elisabeth Boucher, et filleule de M.Chartier de Lotbinière, lieutenant général de la prévôté de Québec.Madame de Lamothe-Cadillac fut une femme remarquable en son temps.Très instruite, elle fut habile à conduire les affaires de son mari, durant ses longues absences.Quelques historiens, intéressés par cette figure, essaient, en ce moment, de retrouver les nombreuses lettres échangées entre Thérèse et son mari.Elles ne manquèrent ni de pittoresque, ni de grâce.Thérèse Guyon survécut à son mari et à la plupart de ses enfants.Elle en eut treize.Une élégante plaque en bronze, à Détroit, rappelle le souvenir de son arrivée à cette ville en 1703, plaque offerte par les dames de la ville de Détroit.Je vous ferai voir la photographie de ce bronze où revit gracieuse, parée et souriante Madame Thérèse Guyon de Lamothe-Cadillac.Et maintenant, rendons-nous à la rue voisine y saluer le souvenir de Lambert Closse et de son immense fief.— La Côte Saint-Lambert porte le nom de ce héros, cousin?demanda François.Papa m'a très bien appris cela.— Oui, petit cousin, la terre de Closse était assez considérable pour cela.— Lambert Closse, le lion de Ville-Marie, Elisabeth Moyen, la petite captive amoureuse de son sauveur, puis, qui, l'ayant épousé, ne se consola jamais de sa mort tragique après quelques années de bonheur seulement.Lambert Closse, Elisabeth Moyen, drame de grâce, d'amour et de sang, voilà qui m'émeut, oncle, dit, dans un cri rapide, la très paisible Marie, la nièce aux cheveux d'or.— Je vois cela, je vois cela, approuva l'oncle, qui ne réussissait pas toujours à faire mordre cette nièce à l'histoire.— Puisque Marie a un tel culte pour Closse et sa jeune femme, faisons-lui lire la plaque que nous avons sous les yeux, ici, ici.François et Thérèse, voyez!.n'est-ce pas, oncle, que Marie doit remplir ce devoir?finit Hélène, en riant.— Qu'en dites-vous, ma nièce Marie?dit l'oncle.— Avec plaisir, dit celle-ci."Raphaël-Lambert Closse, bras droit de M.de Maisonneuve, reçut en 1658, en récompense de sa bravoure, un fief dont ce terrain faisait partie." Et cette fois la plaque est bilingue, à la bonne heure, ajouta la jeune fille d'un ton satisfait.— Cousin, je vois d'ici une autre plaque à l'angle sud-est de Saint-Vincent, remarqua François.Nous y allons?— Si Thérèse a bien pris note de notre dernier bronze.— Oui, oui, cousin, claironna celle-ci.J'ai même eu le temps d'écrire.La plaque de M.Closse est bilingue.Tout le monde est archi-content.— Thérèse, fit l'oncle qui s'amusait, nous devrons certainement augmenter tes honoraires comme secrétaire-archiviste de notre groupe.Tu commentes tout, maintenant?— Je travaille pour l'honneur et l'histoire, cousin, je vous assure.— /C'est vrai cela, appuya François.Nous nous sommes mis en société pour cela.Voulez-vous que je la lise, la plaque commemorative, cette fois, cousin?demanda François, une fois que tous furent à destination.— Vas-y, petit, puisque tu thésaurises pour l'honneur et l'histoire.C'est magnifique, cela.Bravo ! — Je lis ceci, cousin: "La rue Saint-Vincent doit son nom à Jean-Vincent Phillipe de Hautmesnil, propriétaire d'une partie du fief Closse de 1688 à 1693." Thérèse, la plaque est bilingue.Note-le.— Certainement, fit celle-ci, la tête consciencieusement penchée sur son calepin.— Oncle, le monsieur de cette nouvelle plaque m'est totalement inconnu, remarqua Marie.— A moi aussi, dit Hélène.—A nous aussi, ajoutèrent François et Thérèse.Etienne de LAFONT (A suivre) Toto pousse des cris perçants; on accourt.—Qu'as-tu ?demande sa mère.—Le chien m'a pris mon gâteau.—Comment, ton gâteau ?mais tu es en train de le manger! —Non.celui-là, ce n'est pas le mien, c'est celui de ma sœur.LA PHOTOGRAVURE TEL MA HW9 LIMITEE 59 ST.CATMERINE OUEST - MONTREAL L'OISEAU BLEU 215 FEUILLETON DE L'OISEAU BLEU LES HOLOCAUSTES — par — MLLE MARIE-CLAIRE DAVELUY de la Société Historique de Montréal IV — Ville-Marie! (Suite) — Certes, dit la jeune femme.Je vais me préparer! Viens aussi, Perrine.— Non, laisse-moi près du berceau de petit Pierre.Tu me rappelleras au souvenir de mon frère.Et tandis que Lise s'habillait à la hâte, Perrine avait demandé au jeune homme: "Comment cette malheureuse tragédie est-elle arrivée ?Le sait-on maintenant ?" — Pas encore, Mademoiselle.Mais l'interrogatoire de demain apportera sans doute quelque lumière.Puis, M.de Maisonneuve fera faire une battue générale dans les bois, demain.Nous devrons arrêter tous les Iroquois déjournant dans l'île de Montréal, à quelque nation qu'ils appartiennent".Lise parut."Venez, André, dit-elle.A tout à l'heure, Perrine chérie".VI — L'HOSTILITE IROQUOISE REPARAIT PARTOUT Le lendemain du meurtre de Nicolas Godé et de Jean de Saint-Père fut une journée sombre entre toutes pour le petit peuple uni de Ville-Marie.On se rendit à l'hôpital.On demanda à voir, si possible, les deux veuves, dont le coeur torturé, labouré par la terrible tragédie, devait être de plus en plus inconsolable.On fut discret cependant, ne voulant au fond qu'assurer les Montréalaises endeuillées du commun et profond chagrin de tous.Puis, à dix heures, chacun ressortit en hâte, afin de connaître l'issue de l'enquête qui se tenait au Fort.Les prisonniers onneyouts, montagnais et autres parleraient-ils?Ou leur perfidie, par des réponses ambiguës, ou par le silence, rendraient-elles la situation encore plus critique et plus angoissante pour les habitants de Ville-Marie?On pouvait s'attendre à voir tomber d'autres vic-limes avant longtemps.Le meurtre de la Pointe de Saint-Charles équivalait à une déclaration de guerre, on se le répétait, et comme cela arrivait si souvent, les Montréalistes avaient payé les premiers l'impôt du sang.Au foyer de Chariot, un silence mélancolique régnait depuis le matin, silence interrompu par les pleurs de petit Pierre, qui ne semblait pas très bien depuis la veille au soir.Lise et Perrine, lorsque le bébé parut reposer entre les bras de la Normande, qui la dorlot-tait les larmes aux yeux, vinrent un moment s'asseoir près de la cheminée.Une grosse bûche s'y éteignait.Lise penchait la tête.Elle tressaillait à chaque rafale du vent glacial d'automne.Il s'engouffrait en gémissant, en hurlant ou en sifflant de façon lugubre par la vaste cheminée.Perrine vint entourer de ses bras sa belle-soeur.Elle releva tendrement une lourde mèche blonde de ses cheveux.— Lise, secouez votre tristesse.Pour l'amour de Chariot, de votre frère, un peu pour moi aussi.Chaque jour, je m'attache plus fortement à vous.Votre peine m'atteint.Je sais que vous ne comprenez pas toujours le tempérament combatif et aventureux de Chariot.Il m'a bien fait souffrir, autrefois.Tout comme vous.— Je vous en prie, Perrine.Je ne comprends que trop pourquoi mon mari ne sait qu'obéir à ses voix intérieures.L'atmosphère est tragique, ici, et un noble coeur comme Chariot veut faire face au malheur avec toutes les forces vives de son être.Mais, voyez-vous, mais.— Parlez, Lise.— Ce sont les mères, les épouses, les soeurs que je plains.Que pouvons-nous?Pleurer, aimer, prier un peu.garder secrète notre angoisse.— Lise, ceux que nous aimons, et qui exposent sans cesse leur vie pour tous, n'en demandent pas davantage, allez.Nous sommes leur refuge.leur espoir, la grande paix de leur coeur profond, une fois le péril passé.— Perrine, je crois que Chariot a raison.Je n'étais pas faite pour cette vie d'alarmes.Mon courage faiblit sans cesse.A vous, je parlerai franchement.Parfois, je me sens mourir.Et cependant, j'aime tant votre frère, il est si bien ma raison de vivre, que je ne regrette nullement d'avoir à payer si cher la rançon de mon amour.— Vous n'êtes pas robuste, Lise.Et votre 216 L'OISEAU BLEU Parlez; Lise.exquise sensibilité reçoit en profondeur toutes les peines, comme toutes les joies.— Merci, Perrine.Ah! si je viens à quitter Chariot, je ne me sentirai pas angoissée, ni pour lui, ni pour mon petit.Vous serez là.— Vous ne partirez pas, Lise.Nous serons là pour empêcher ce malheur.— Je ne le désire pas, ma soeur.Mais j'en ai la certitude secrète.Voyez-vous, je ne veux pas m'opposer à la vie d'héroïsme de mon mari, mais chaque fois qu'il s'éloigne, même avec mon approbation, il apporte quelque chose de ma faible vitalité.S'il s'éloignait longtemps, je m'éteindrais.comme cette bûche ardente, finit bas la jeune femme.— Lise, vous me navrez.Réagissez, de grâce.— Et cette tragédie d'hier, continua Lise, va sûrement amener d'autres événements.Chariot s'offrira tout le premier pour le salut de tous.Et j'applaudirai, et je serai fière,.la mort dans le coeur et dans tout mon être.Je suis un peu lâche, je crois, conclut la jeune femme, avec un pâle sourire.— Pauvre petite! fit Perrine, les yeux au loin.— Vous me plaignez, ma soeur?Mais vous me comprenez aussi.Cela me soulage, voyez-vous, de parler avec vous.Il y a en votre âme une sérénité et en votre volonté une force qui me calment.Mon frère André me le disait justement hier, de m'appuyer beaucoup sur vous.Il admire votre énergie, quoiqu'il la raille un peu.Les femmes qu'il a connues et aimées ne l?ont guère habitué, chère soeur, à votre équilibre physique et moral.Vous lui redonnerez la foi en la bonté, la fermeté et la droiture fé- minines, cela, j'en suis certaine.Mon pauvre André, qu'il a souffert jadis! — Lise, dit soudain Perrine, tandis qu'une lueur fugitive de contrariété passait sur son front, cette fois, comme chaque fois qu'il s'agissait d'André de Senancourt, Lise, vous devriez prendre quelques minutes de repos.Dans un quart d'heure, tout au plus, nous saurons le résultat de l'enquête de ce matin, au Fort.— Bien.Je vais aller me reposer pour vous faire plaisir, Perrine.Appelez-moi, dès que mon frère entrera.Au/Fort, vers neuf heures, M.de Maison-neuve, ayant à ses côtés le capitaine de ses gardes, Charles Le Moyne, l'interprète, et plusieurs soldats, donna l'ordre de faire comparaître les quelques Onneyouts faits prisonniers la veille.Les Iroquois pénétrèrent dans la salle avec leur insolence coutumière.Aux questions de Charles Le Moyne, ils commencèrent par opposer un mutisme absolu.Mais lorsqu'ils virent entrer dans la pièce des Hurons et des Algonquins, leur morgue se changea en une attitude railleuse.Précisément, l'interprète les pressait, avec une insistance dure, un peu énervante, de déclarer au gouverneur pourquoi "ils en avaient usé de la sorte, malgré la paix faite avec les Français", pourquoi ils avaient osé montrer une telle perfidie.L'un d'eux pointa alors les Hurons et les Algonquins, qui se mêlaient aux Montréalistes, et répondit en raillant: "Les Français tiennent si bien entre leurs bras les Hurons et les Algonquins qu'il ne faut pas s'étonner si, en voulant frapper les uns, les coups tombent quelquefois sur les autres".(1) Charles Le Moyne resta saisi de cette réponse, qui témoignait d'une bien rare présence d'esprit.Mais sans le faire paraître le moins du monde, d'un ton impassible, il la rapporta en français au tribunal qui s'en montra indigné, mécontent et se hâta de terminer l'enquête en face d'une telle méchanceté consciente.M.de Maisonneuve ordonna en plus de continuer "à arrêter et à mettre aux fers tous les Iroquois qu'on pourrait saisir dans l'île de Montréal, de quelque nation qu'ils fussent".Fort soucieux, M.de Maisonneuve réintégrait peu après dix heures ses modestes appartements.Il y était à peine entré qu'on frappait doucement à la porte.Il ouvrit aussitôt, puis recula.Il avait devant lui les épouses des victimes de la veille."Entrez, Mesdames, je vous en prie", dit le gouverneur avec bonté.(1) Historique. L'OISEAU BLEU 217 La veuve de Nicolas Godé, qui comptait une soixantaine d'années, s'avança au bras de sa fille de vingt ans, Mathurine, veuve de Jean de Saint-Père.Toutes deux étaient vêtues de couleurs sombres et levaient vers le gouverneur de pauvres yeux en détresse.Elles refusèrent de s'asseoir.— M.de Maisonneuve, dit la veuve de Nicolas Godé, d'une voix basse, tremblante, trist* infiniment, nous venons vous prier de ne faire aucun mal, à cause de nous, aux pauvres malheureux coupables d'hier.Comprennent-ils l'étendue de leur faute?Ma fille, comme moi, avons entendu combien de fois nos bien-aimés disparus déclarer qu'il fallait coûte que coûte, en toutes occasions, montrer la plus miséricordieuse bonté envers ces âmes dévoyées."Voyant alors un peu du Christ en nous, disait mon mari avec componction, peut-être aurons-nous chance de les convertir à notre foi." Nous voulons même, Monsieur le Gouverneur, avec votre permission, aller leur porter quelques vivres et.et notre pardon, finit en pleurant la sublime Françoise Gadois.(1) Très ému, M.de Maisoneuve demeura un moment sans répondre.Puis il conduisit lui-même les charitables femmes jusqu'à la porte des détenus, en disant avec tristesse: "Votre geste est sublime, Mesdames.S'il n'obtient, en ce moment, aucun résultat, ce que je crains, Dieu ne pourra que bénir une démarche presque au-dessus des forces humaines." Dix longs jours de deuil passèrent sur Ville-Marie.Chaque soir, les soldats vigilants signalaient la présence d'Iroquois dans la forêt.Quatre jours après le meurtre de la Pointe de Saint-Charles, on vit même entrer volontairement au Fort, au vu et au su de tout le monde, trois sauvages d'Onneyout.Ils demandèrent à parler à M.de Maisonneuve.Celui-ci n'hésita pas à les accueillir.Mais il mit en son attitude l>aucoup de réserve, de la froideur, de la circonspection.Il examinait de son oeil pénétrant la physionomie des barbares qui venaient, disaient-ils, "protester de l'innocence des On-neyouts au sujet du meurtre récent et en plus lémoigner de leur affliction pour le crime atroce qui avait été commis".Puis, l'un d'eux offrit sept présents, composés de neuf colliers de porcelaine."Sagamo, grand sagamo, précisa le sauvage en s'inclinant devant M.de Maisonneuve, sache bien que ce sont des sauvages de Soiogoven qui °nt fait ce vilain coup.Ne nous en accuse plus, voici d'ailleurs ce collier que nous t'offrons (1) Historique.pour raffermir le mai ébranlé, ce mai auprès duquel devaient se tenir les conseils entre les Français et les nations iroquoises." Fièrement raidi, le front barré d'un pli de mécontentement, M.de Maisonneuve crut cependant plus sage de ne pas sévir contre ces perfides, tant que les preuves ne seraient pas plus accablantes.Il accepta les présents.11 pria même les sauvages de demeurer quelque temps au Fort en qualité d'hôtes des Français."De la sorte, pensa-t-il, ne pourrait-il pas observer leurs faits et gestes de très près." Mais dès le lendemain de cette entrevue, la sentinelle du Fort vint avertir le gouverneur que les Onneyouts s'étaient enfuis durant la nuit.Il ajouta qu'un Huron iroquisé avait surpris une conversation de ces barbares et appris qu'ils étaient bien les camarades des assassins.M.de Maisonneuve haussa les épaules.Ses soupçons ne faisaient que se confirmer.Il lui faudrait donc exercer une vigilance des plus étroites autour de Ville-Marie et donner combien d'ordres fort stricts à ses vaillants soldats.Enfin douze jours s'étaient à peine écoulés que Chariot revenait à Ville-Marie.Il courut au Fort rendre compte de sa mission, tout en chargeant l'un des Algonquins qui l'avait accompagné de se rendre auprès des siens pour les avertir de son retour.Qu'apprit Chariot au gouverneur?D'abord, qu'aux Trois-Rivières, dès que le message alarmant de M.de Maisonneuve avait été connu, on réussissait à arrêter douze Agniers qui rôdaient dans les bois.Quelques-uns avaient été aussitôt envoyés et emprisonnés à Québec.Puis Chariot parla de son arrivée à Québec."J'y fus, Monsieur le Gouverneur, dès le 1er novembre.— Bien, Le Jeal.Vous avez certes fait diligence, étant parti d'ici le 25 octobre au soir.— Bah! Avec les bons canotiers que vous m'aviez choisis.M.d'Ailleboust fut consterné, vous le pensez bien, de la nouvelle pénible que je lui narrais.Il portait une vive affection, vous le savez, à ce vaillant et débonnaire Jean de Saint-Père.Puis, la main du gouverneur se crispa sur son épée, ses lèvres se serrèrent avec violence.Vous connaissez ces réflexes communs à tous les d'Ailleboust.Et les ordres succincts, sévères se succédèrent bientôt sans interruption.Les soldats s'empressaient, couraient ici et là.Bref, les portes battirent avec une violence toute militaire durant une bonne demi-heure, je vous assure, Monsieur le Gouverneur, fit Chariot en souriant.J'en fus témoin, car M.d'Ailleboust ne me permit pas de m'éloigner, désirant me questionner longuement sur Ville-Marie et tous 218 L'OISEAU BLEU ses récents événements.Enfin, il décida que, le 5 novembre, il assemblerait les Français, les Algonquins et les Hurons pour leur communiquer ses ordres et les aviser de la conduite à tenir dorénavant envers les Iroquois.— Vous n'avez pas cru bon d'assister à cette assemblée, lieutenant?— M.d'Ailleboust ne le trouva ni urgent, ni nécessaire.Seules, des décisions locales devaient être prises.Elles n'allaient pas différer des vôtres, Monsieur de Maisonneuve, m'assura le gouverneur de la Nouvelle-France.— Le Jeal, dit soudain M.de Maisonneuve, savez-vous que j'ai envoyé des lettres d'avertissement aux missionnaires d'Onontagué?Nous avions à les mettre sur leurs gardes, n'est-ce pas?Les Iroquois pouvaient se venger sur eux de nos faits et gestes contre les Onneyouts et les Onorotagués.Même si ces procédés n'étaient que justes, après tout, on songerait à des représailles contre nous.— Monsieur de Maisonneuve, puis-je vous demander qui vous avez envoyé pour remplir une mission aussi importante?— Un Onontagué prisonnier au Fort.Ne savait-il pas mieux que personne que nous gardions ses compatriotes sans les molester?Il raconterait aux anciens du pays les événements de Ville-Marie et s'efforcerait de savoir si le meurtre n'avait pas été commis par la jeunesse d'Onontagué.— Me permettez-vous d'être méfiant au sujet de cette mission?— Certainement.Mais vous savez, Le Jeal, comme les Iroquois prennent mal la détention de leurs gens.Rien ne les rend souples comme de faire des prisonniers.— Sans doute.Monsieur de Maisonneuve.Mais le fond perfide de leur nature sait en appeler souvent à leur finesse politique pour combiner plan de vengeance et feinte soumission.— Enfin, s'il y a lieu, nous prendrons d'autres dispositions, lieutenant.— N'oubliez pas alors que je suis à votre disposition.Mon expérience des nations iro-quoises m'a coûté assez cher pour que je puisse aujourd'hui m'en prévaloir.— Je m'en souviendrai, Le Jeal.Merci.Hâtez-vous maintenant de retourner auprès des vôtres.VII — LA MISSION VOLONTAIRE ET SECRETE DE CHARLOT Novembre, décembre, janvier se passèrent en de continuelles alarmes.Agniers, Onneyouts et Onontagués ne cessaient de parlementer avec les Français, puis de s'assembler perfidement entre eux, afin de faire fi de toutes les promesses échangées avec leurs ennemis.Ceux-ci se tenaient avec fermeté sur la défensive.Ils veillaient.Sous le commandement énergique du gouverneur général intérimaire, Louis d'Ailleboust de Coullonges, les choses avaient d'ailleurs changé du tout au tout.Les sauvages s'en rendaient compte et cachaient mal leur dépit.A Ville-Marie, la vigilance était encore plus parfaite.M.de Maisonneuve ne permettait à personne de sortir seul et sans armes.Il tolérait peu les goûts de chasse manifestés par ses soldats, encore moins par ses officiers.Chariot prenait très mal toutes ces mesures de prudence.Sa patience était soumise à une rude épreuve.Lise pleurait souvent près du berceau de son fils, se demandant comment tout cela allait finir.Perrine se permettait de faire quelques observations à son frère.Elle s'étonnait de le voir si peu raisonnable dans des circonstances fort critiques pour tous.— Tu ne comprends donc pas, Perrine, dit Chariot, que cette inaction à laquelle nous condamne M.de Maisonneuve nous irrite, nous énerve?Nous sommes des soldats, voyons.Alors, convient-il d'attendre que les périls foncent sur nous avant d'y parer?— M.de Maisonneuve, mon frère, est aussi prudent que brave, tu le sais.Et il ménage le sang de ses soldats.Qui pourrait sérieusement l'en blâmer?— Oh! si tu te places à ce point de vue.— Pourquoi ne pas penser comme moi?— Je songe, moi, aux pauvres missionnaires d'Onontagués, aux colons qui s'y trouvent.Que ne peut-il pas leur arriver en ce moment?— Que veux-tu dire?— Ecoute Perrine, je vais te dire à toi seule ce que je viens d'apprendre.Mais jure-moi que tu n'en souffleras pas un mot à Lise.La pauvre petite est trop souffrante en ce moment, pour entendre le récit de quoi que ce soit d'un peu pénible.Dans quelques jours, je ne dis pas.— Tu m'effraies, Chariot.Qu'y a-t-il?Mais d'abord, dis-moi, en as-tu fait la confidence à ton beau-frère?— André?oui.Je n'ai pas plus de secrets pour lui que pour toi.— T'approuve-t-il?— Il ne m'approuve ni ne me désapprouve.Lise, seule, le préoccupe sans doute en tout ceci.— Il est question de Lise?— Indirectement.Mais dis, Lise dort, elle ne peut entendre?— Allons, parle, mon frère, Lise ne peut en effet nous entendre.Je te promets, en outre, de ne pas t'interrompre et de chercher à compren- L'OISEAU BLEU 219 dre les motifs qui te guident et te porteront peut-être à quelques excès périlleux.— Tu te rappelles, Perrine, lorsque M.de Maisonneuve se décidait à envoyer chez les Onontagués un prisonnier de cette nation détenu ici?— Oui.— Tu te rappelles que je n'avais eu aucune confiance en un pareil messager pour avertir nos missionnaires et nos compatriotes du danger imminent qui les environnait?— Oui.— Eh bien, mon flair ne m'avait pas trompé.Je viens d'apprendre par un Iroquois chrétien du bourg d'Ossernenon, venu pour m'en avertir malgré les périls qui le guettaient, et retourné aussi vite en son pays, que jamais Onontagué plus déloyal n'avait été envoyé en mission.Au lieu de narrer les faits véritables, il nous a accusés des pires attentats contre les sauvages de sa nation, et mis les esprits en un état d'hostilité terrible contre tous les Français.Les Agniers, mis au courant dernièrement de ces faits, ont décidé notre extermination en tous lieux, et commenceront leur carnage en tombant à l'improviste sur les missionnaires et les colons d'Onontagué.J'ai mis M.de Maison-neuve au courant tout de suite.Il a envoyé avant-hier un Iroquois converti avec de nouvelles lettres pour les missionnaires.Evidemment, ce sauvage est sûr, sincère.Il fera son devoir aux dépens de sa vie.Mais se rendra-t-il à destination?Tant d'embûches le guettent, sans compter les misères matérielles, et tous les embarras de la saison.Je ne vis plus depuis avant-hier.Je ne songe qu'à cette course confiée non à l'un des nôtres, mais à un sauvage.Je le déplore, tout en reconnaissant l'humanité habituelle de notre gouverneur.Bref, je me sens dans un état de fièvre qui m'enlève tout repos, toute paix d'esprit.Je veux.je veux.— Tu veux partir, Chariot?cria derrière lui une douce voix angoissée.Oh! mon ami, mon ami, que tu es à la fois cruel et.héroïque! Et Lise se pressa, muette, les yeux en détresse sur le coeur de son mari.— Lise, ma chérie, dit Chariot, je te croyais endormie.Jamais, jamais, je n'aurais voulu en ce moment te causer du chagrin.Oh! Lise, ne me regarde pas avec ces pauvres yeux sans larges.Quel malheur que tu m'aies entendu.Tiens, viens sur ce fauteuil.Perrine va bassiner tes tempes.Et me voilà à tes genoux, ma •emme chérie.Pardonne-moi! Je ne sais que Jorturer ton coeur.Je t'aime de tout ce misérable coeur pourtant.Lise, regarde-moi, dis ^e tu me pardonnes?.Je t'en supplie! Tu veux partir, Chariot f — Mon pauvre Chariot, dit enfin la jeune femme, tandis qu'un pâle sourire glissa sur sa physionomie, tu espérais donc me cacher quelque chose.Comme si je n'avais pas deviné ton trouble depuis deux jours.Comme si je ne t'avais pas compris.et pardonné.— Lise, pourquoi n'as-tu pas parlé?— A quoi bon?Et puis, je voulais gagner du temps, m'habituer à ce nouveau sacrifice que tu me demanderais.— Ma chérie! — C'est accompli, mon ami, ce dur sacrifice.Pars.Chariot! Je t'aime et.suis fière de toi." Epuisée par l'excès de son émotion, la jeune femme ferma un moment les yeux, puis, les ouvrant elle tendit les bras et s'appuya en sanglotant sur l'épaule de son mari.Perrine, discrètement, s'était retirée depuis quelques instant dans sa chambre.Les larmes l'aveuglaient.Pauvre petite épouse au coeur déchiré, si aimant, qu'elle la plaignait! Marie-Claire DAVELUY (A suivre) RIONS UN PEU Simplicité On a recommandé à la bonne Armande de tenir le salon bien chaud pour Madame qui estTsouffrante.Aussitôt que Madame sort de sa chambre, Armande se précipite.—Ah! Madame, vous ne risquerez pas d'avoir froid.Pour que la chaleur ne s'en aille pas, j'ai fermé la porte à clef.2 220 L'OISEAU BLEU CHRONIQUE JECISTE Au nombre des articles obligatoires de l'ordre du jour d'une réunion d'études des groupes jé-cistes, il doit y avoir le commentaire de l'Evangile.Le jéciste considère Notre-Seigneur comme son ami intime, comme le témoin et le compagnon de toutes ses actions.Il ne fait qu'un avec le Christ dont il garde la grâce en lui.Par un contact fréquent avec l'Evangile, il apprend et il aime davantage les actes et le message de son Maître.Mais lire l'Evangile ou en parler ne suffit pas.Il faut méditer les leçons qu'il renferme et les faire passer dans sa vie à soi.Le commentaire de l'Evangile doit être bien préparé.Autrement mieux vaudrait le supprimer.Tout d'abord, l'extrait doit en être judicieusement choisi, en tenant compte de l'époque liturgique ou de l'application concrète que l'on en veut faire.Ensuite il faut bien approfondir les paraboles ou les allégories qui montrent le bienfait de la grâce et la nécessité de lutter pour la conserver et l'accroître: v.g.la drachme perdue, les sarments et la vigne, les invités au banquet, le levain, les talents, les ouvriers à la vigne, le jeune homme riche, le bon Samaritain, etc.A la séance d'études, un jéciste, désigné par le dirigeant du groupe, lit le passage choisi.On laisse s'écouler quelques instants de silence pour réfléchir.Les membres du groupe en causent ensuite familièrement.Pour obtenir de meilleurs résultats, le texte à commenter peut être indiqué d'avance par le moyen d'un questionnaire approprié.Voici celui que le Bulletin des Frères de Saint-Gabriel a publié; il est un modèle du genre.Au commencement était le Verbe.(dernierévangile de la messe).1.Cet évangile est-il facile à comprendre?2.Pourquoi?3.Qu'est-ce qu'un mystère?4.De quel mystère est-il question ici?5.Qu'entendez-vous par le Verbe?6.Dans cet évangile que le prêtre lit presque tous les jours à la messe, saint Jean raconte l'histoire du Verbe avant la création du monde, — l'histoire du Verbe dans le monde créé jusqu'à l'Incarnation, — l'histoire du Verbe jusqu'à l'Incarnation.7.Que nous apprend saint Jean sur l'histoire du Verbe avant la création?8.Citez ses paroles: Au commencement était le Verbe.9.Comment appelle-t-on ce qui n'a jamais eu de commencement?— Eternel.10.A cette première vérité, saint Jean en ajoute une plus grande encore; quelle est-elle?— Le Verbe était en Dieu.11.Que désigne ici le mot Dieu?— Le Père.12.Ce Verbe distinct de Dieu le Père, mais intimement uni au Père, est-il Dieu?13.C'est une troisième vérité, encore plus grande que les deux précédentes, que saint Jean rappelle par cette parole: Et le Verbe était Dieu.14.C'est le mystère de la sainte Trinité.15.Le Fils de Dieu s'est-il incarné dès le commencement du monde?16.Que nous rappelle saint Jean à propos de la création?17.Citez les paroles qui indiquent la création du monde.18.Quelle est la plus belle créature de Dieu?19.Combien y a-t-il de vies dans l'homme?Nommez-les. L'OISEAU BLEU 221 20.Qu'est-ce que la vie surnaturelle?— L'union de notre âme avec Dieu.21.Qu'est-ce que la vie naturelle?— L'union de notre âme avec notre corps.22.Pourquoi le Fils de Dieu s'est-il incarné?23.Expliquez: — Et la lumière a lui dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas laissé pénétrer.— La lumière, c'est Dieu; les ténèbres, ce sont les péchés.24.Comment appelle-t-on le précurseur du Messie?25.Quelle était la mission de Jean?26.Comment expliquez-vous cette parole de saint Jean: II est venu dans son domaine?— Le domaine du Verbe, c'est le monde, puisque c'est sa création.27.Chez quel peuple Jésus est-il venu?28.Est-ce que la généralité des Juifs reconnurent Jésus comme le Messie?29.Que sont devenus ceux qui le reconnurent?— Les enfants de Dieu.30.Autrefois, pour être au nombre de3 enfants de Dieu, il fallait être Juif; aujourd'hui, que faut-il?— Croire en son nom.31.Expliquez: Et le Verbe s'est fait chair; nous avons vu sa gloire.— C'est-à-dire que le Verbe a prouvé sa divinité par de nombreux miracles.Dire ensemble pour terminer: Je crois au mystère de la sainte Trinité, Je crois au mystère de l'Incarnation.32.Devoir du Jéciste envers la Lumière de Dieu.Sa mission dans le milieu scolaire.LE CARNET DU CURIEUX Une gentille Franco-Américaine, Mlle Simone G., 114, avenue Gaulin, Woonsocket, R.I., est un peu perplexe.Q- — VOiseau bleu, sa revue préférée, a affirmé, en mai 1935, que le prince de Galles, aujourd'hui Sa Majesté Edouard VIII, était de la dynastie de Windsor.Son manuel d'histoire soutient par contre qu'il est de la dynastie de Hanovre.Lequel a raison?R.— George 1er, roi d'Angleterre de 1714 à 1727, fut le premier roi de la dynastie de Hanovre.George V, fils et successeur d'Edouard VII ^ père de Sa Majesté Edouard VIII, a pendant [a Grande Guerre substitué le nom de Windsor a celui de Hanovre.Et voilà, Mademoiselle! VOiseau bleu avait raison et votre manuel, ancien peut-être et incomplet, n'avait pas tort.RIONS UN PEU Au menu M.X.complètement chauve et fort gourmand, appelle son domestique.—Firmin, j'espère que vous m'avez préparé un bon déjeuner ?Dites-moi ce que j'ai.Firmin, respectueux — Monsieur a une tête de veau.A l'examen de musique.—Quelles clés connaissez-vous?—La clé de sol, la clé de fa.—Et puis ?—La clé.La clé.Je me rappelle: la clé des champs.Le bon remède.—Le docteur, à la mère de Jean, qui est enrhumé.— Vous lui mettrez un rigolo.Jean — C'est une bonne idée, maman; tu feras venir mon camarade Lucien, il est si drôle! A propos d'Ésope.—Il paraît qu'Ésope disait que la langue est la meilleure des choses.—Bien sûr; c'est pour cela qu'elle est logée dans un palais.A table.Monsieur — Le meilleur moment de la journée, c'est le dîner.Toto — Et le meilleur moment du dîner, c'est le dessert.La gare d'abord.Un candidat à la deputation harangue ses électeurs et leur promet monts et merveilles.Tout à coup, l'un deux l'interrompt: —Ce n'est pas tout ça.Aurons-nous un chemin de fer?—Un chemin de fer, ce sera peut-être difficile à obtenir; mais je vous promets une gare.Au restaurant.—Ce potage est bien long à venir.Le garçon — Rien d'étonnant, monsieur, c'est un potage à la tortue.XXX 222 L'OISEAU BLEU Concours Mensuels CONCOURS DE MARS 1936 1 — Expliquer: a) "On tirerait plutôt de l'huile d'un mur".b) "Payer quelqu'un en monnaie de sin- 2 — Exprimer par un seul mot: a) Qui n'a pas de voix.b) Qui n'a pas de nom.c) Remède qui apaise la fièvre.d) Remède qui chasse les vers.3 — Métagramme — Avec un T, je suis un combustible forma de matières végétales.Avec un B, je suis un amas de boue dans les marais.Avec un C.je prends la forme d'un arc.Avec un F, je prends la tournure d'une tromperie basse et odieuse.Faire parvenir ses réponses, au plus tard, le 22 avril à L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Montréal, P.Q.Concours de mars 1936.Résultat du concours de février 1936 1—Cantine.2—Métagramme : Banne, Manne, Canne.3—999 9/9 ou M, chiffre romain.* # # En février, le nombre des concurrents est à peu près le même que celui de janvier.Ce n'est pas suffisant et Y Oiseau bleu déclare qu'il n'est pas satisfait.Vous êtes du même avis en lisant ce rapport.Il faut le doubler, le tripler, ce chiffre.C'est bien la volonté de quelques-uns.des plus appliqués, des plus studieux, des plus débrouillards.Ceux-là, YOise.au bleu les connaît, il les entend dire: oui, oui.Il sait qu'ils trouvent le temps de faire tout ce qu'ils veulent et ils sont les plus occupés cependant.Mais les autres?Les autres, la majorité, que font-ils?Ils restent indifférents.Ce ne sont pourtant pas les loisirs qui leur manquent.Moins ils besognent, moins ils veulent besogner.Ce sont ceux-là que Y Oiseau bleu veut atteindre; il leur adresse un appel pressant, il les invite à prendre à leur tour, comme leurs com- pagnons et leur compagnes, une feuille de papier et une plume et à lui faire connaître les solutions qu'ils auront trouvées.A la satisfaction de s'être imposé quelques recherches s'ajoutera peut-être celle de gagner une prime.Les réponses au concours de février sont venues d'endroits assez variés.Voyez.Bordeaux, Yécole François-de-Laval.Coaticook, le couvent de la Présentation de Marie.Cohoes, N.-Y., Yécole Saint-Joseph.Courcelle, comté de Frontenac, Yécole des Soeurs de Saint-François d'Assise.Lachine, le pensionnat de Sainte-Anne.Lac Mégantic, le pensionnat de Notre-Dame.Les Trois-Rivières.Montréal, les académies Roussin, Saint-Arsène.Sainte-Philomène.Saint-Henri.Saint-Jean-Baptiste.Saint-Marc.Saint-Paul, les écoles Alfred-Richard.J eanne-de-Chantal, Lartigue.Ma-rie-de-VIncarnation, Notre ¦ Dame - des • Neiges.Saint-Alphonse.Yhospice Saint-Henri, le Jardin de VEnfance de YInstitution des Sourdes-Muettes et les pensionnats Marie-Rose et du Mont-Royal-, Ottawa, Yécole de Mazenod.Québec, Yacadémie Notre-Dame, à Saint-Sauveur, et Yacadémie Saint-Malo, à Québec-Ouest.Saint-François, comté de Montmagny, le pensionnat de Notre-Dame.Saint-Jérôme, comté de Terrebonne, le pensionnat des Saints-Anges.Saint-Pascal, comté de Kamouraska, Yinstilu-tion du Chanoine-Beaudet.Ville-Marie, comté de Témiscamingue.Woonsocket, R.-I., Yécole Sainte-Anne.Bonnyville et Fenn.Alberta.Notre-Dame-de-Lourdes, Saint-Laurent cl Saint-Pierre-Jolys, Manitoba.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a fait parvenir à chacun des heureux gagnants une prime de cinquante sous: Mlle Lucie Cadotte 12012, rue Pasteur, Bordeaux Ecole François-de-Laval M.Roger Lévesque 37, 4e avenue, Québec-Ouest Mlle Jeanne Rivard 44, rue Lancaster, Cohoes, N.-^-Ecole Saint-Joseph Mlle Suzanne Mottet 5859, 2e avenue, Rosemont, Montréal Académie Sainte-Philomène Mlle Léa Turenne Saint-Pierre-Jolys, Manitoba Mlle Gracia Vocel 6701, rue de la Roche, Montréal L'OISEAU BLEU 223 Une page d'histoire -m ETIENNE PARENT ETIENNE PARENT, notre premier économiste, a dit un jour M.Edouard Montpetit, secrétaire général de l'Université de Montréal.Economiste, oui, mais journaliste et conférencier aussi.Ce triple titre sauvera son nom de l'oubli.Etienne Parent naquit à Beauport, le 2 mai ?801.Son père, cultivateur, l'envoya d'abord au collège de Nicolet, ensuite au séminaire de Québec.Il aimait l'étude, mais montra un goût prononcé pour les lettres.Il n'avait que dix-huit ans quand il termina ses études classiques.Que fera-t-il?Il chercha sa voie.M.Michel Clouet, son oncle, négociant à Québec, le prit à son service.Dans ses loisirs, il rédigea quelques articles qu'il publia dans le Canadien.Le commerce ne lui plut pas et il retourna sur la ferme paternelle.M.Flavien Vallerand le tira de son indécision en l'invitant en 1822 à accepter la rédaction du Canadien, le plus ancien journal du Bas-Canada.Ce périodique disparut en 1825, faute de ressources pour le faire vivre.Le jeune journaliste commença alors ses études de droit qu'il mena à bonne fin en se faisant inscrire au mois de mai 1829 comme avocat au barreau de Québec.Au mois de juin de la même année, il épousa à Beauport la fille d'un tonnelier, Mlle Henriette Grenier.Puis la nostalgie du journalisme le reprit pour de bon.Il fit revivre le Canadien en 1831 et lui donna comme devise: Nos institutions, notre langue et nos lois.Sous sa vigoureuse impulsion, cet organe devint une arme de combat contre le parti anglais, ennemi juré de la langue française et oppresseur des droits les plus sacrés des Canadiens français.La lutte, il ne la désapprouvait pas; il indiquait et précisait au contraire la nature des réformes à obtenir dans les limites fixées par la Constitution.Il se sépara de Louis-Joseph Papineau, d'Augustin-Norbert Morin, des patriotes.Un Comité le déclara traître à la nation.Sans se laisser émouvoir, il continua à dénoncer les excès.Un article du 24 décembre 1838, dirigé contre l'oppression du parti anglais, lui valut d'être jeté en .prison.M y demeura jusqu'au mois d'avril suivant.Quand il obtint sa libération, il était à moitié sourd.Cette surdité l'éloigna du journalisme et de la politique et l'orienta vers le fonctionnarisme.D'abord nommé greffier du Conseil exécutif, il fut ensuite l'adjoint du secrétaire provincial en 1847 et en 1868 devint sous-secrétaire d'Etat.Etienne Parent mourut à Ottawa le 22 décembre 1874.Ses doctrines sont encore de nos jours d'une grande actualité.Il fut un précurseur.Il a fait voir à ses compatriotes l'importance de la question économique et la nécessité de fortifier leurs institutions.La Sauvegarde organise les forces économiques du peuple canadien-français.Nous nous inspirerons des directives d'Etienne Parent et nous ferons oeuvre constructive en réservant notre encouragement à La Sauvegarde, la seule compagnie d'assurance-vie canadienne-française. ARTICLES RELIGIEUX.pourpremière Communion, Mariages, Anniversaires, Ordinations, Professions Religieuses.Livres de prières, Médailles en or, Chaînettes, Plaquettes onyx, Statues, Crucifix en bois, métal, vieil ivoire, Chapelets: roulé or, doublé or, pierres véritables, Étuis en cuir, Images assorties.54 Ouest, Notre - Dame GRANGER FRER&» LAncaster 2171 RENTIER EN 1936 Autrefois, pour devenir rentier, il fallait attendre 20 ans: aujourd'hui, vous n'attendez plus que 3 mois.Voulez-vous recevoir votre rente viagère dès cette année?Quelle est la somme dont vous pouvez disposer?Nous dire aussi votre âge, car l'amortissement du capital est basé sur la probabilité de vie.En attendant, retenez bien ceci: cette rente est garantie.Avec participiation.Nous allons vous l'expliquer.Au long.A titre gracieux.* CAISSE * NATIONALE D'ECONOMIE MONTREAL 55 O., S.-Jacques HA.3291 1 Imprimerie Populaire Limitée
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