Le panorama : le seul magazine en langue française consacré aux vues animées, 1 janvier 1920, v. 1, no 9
Le Panorama Drix : 25 cts Le seul magazine en langue française consacré aux Vues Animées.Prix : 25 cts Marion Davies Montréal, Canada Juin 1920 2 LE PANORAMA Montréal, Juin 192' LE PANORAMA MAGAZINE POUR TOUS LES MEMBRES DE LA FAMILLE V __¦ _:_L_ LES REFLEXIONS DU MOIS SANS être prophète, on peu! affirmer cornes du taureau; ii y parvint mais il eut immédiatement conscience que les choses n'iraient pas toutes seules.—C'en est un mauvais! déclara-t-1.Et.de fait, l'animal avait une force extraordinaire et son caractère ne ressemblait aucunement à celui d'un mouton.Joe Ryan qui, de coutume, sortait vainqueur de ces com,-lials i'ii Inn- minute, douta un instant de l'issue de la lutte acharnée qu'il avait, entreprise.Convenablement installes, les opérateurs tournaient leur manivelle pendant que le public haletait d'émotion.—Veux-tu que je t'aide avec un bon coup de lasso ?demanda un cow-hoy ami de Joe.—Laisse-n\o faire, dit celui-ci, je l'aurai.El la lulle codtinua plus acharnée que jamais.Deux mille pieds de film y avaient déjà passé.Le visage de Joe était ru sselant de sueur, sa chemise était en lambeaux mais si l'homme manifestait des a gnes de.fatigue, l'anima! paraissait encore en plus mauvaise condition; ses naseaux distendus sou/fla enl bruyamment et ses lianes paraissaient près d'éclater.L'instant était critique; les actrices étaient pâles d'émotion et plusieurs fois, elles demandèrent au directeur de faire cesser ce combat dangereux ; l'ami de Joe revint à ia charge el proposa de nouveau son aide.—Lassé-moi.répondit encore Joe.je te dis que je l'aurai ! Cela dpruil depu's quarante minutes! La (in n'était pas loin et elle arriva brusquement dans un violent effort qui mit le comble à l'excitation générale.La taureau se recula, entraînant Joe qui se cramponnait a ses , cornes, il se déliait I et i.la à terre eu entraînant l'hotn- me qu'il parut écraser de toul son poids, Joe se maintint désespérément aux cornes de l'animal, les muscles puissants de ses bras se tendirent à craquer et tordirent le cou de la bête qui, enfin vaincue, - écroula sur le.sol à demi-morte .JET jW-ttyan-se-rel-ava péniblement puis une défaillance le prit.Quand il revint à lui.il était dans un lit sous les soins empressés d'un docteur; il avait trois côtes brisée».S ® o Q ® 0 ® 0 ® Q ® P s 0 0 0 ® LE PANORAMA Montréal, Juin 192 All«« Brady dans une scène d« "Sinners" Production ds la Oie Realart. intréàl, Juin 1920 le PANORAMA SINNERS (PECHERESSES) Production de la Cie Realart 0 0 0 0 0 0 Q @ 0 0 0 0 ® 0 0 0 ® 0 ® 0 0 (s Q 0 m 0 m 9 o m o (s P I I ft holes Mary Horton.Alice Brady Mme Horton.Agnès Everelt Hilda West.Augusta Henderson Poily Gary.Lorra ne Frost Sai.dee.Nora Reed Bob Merrick.James L.Crâne Horace.Worth.W, I'.Carleton Will am Morgan.Frank Losee ltocteur Simpson.Cranl'iud Kent Joe Garfield.Robert Sellable.Soénario de Eve Unsell.Direction.Kennett Webb.Production de la Cie Paramount-Artcraft NOI'SIS Voici un film ou abondent les situât ons tendues.le-s contrastes et les fortes émotons.Mary Horton (Alice Brady) est une jeune fem/me qui s'en va à la ville pour chercher du travail ma;s ne réussit, pas à en trouver.Elle fait la connaissance d'une amie dont la réputat'on est douteuse et qui est entourée elle-même d'amis aux moeurs trop faciles.Ce sont les '"pécbheresses" dont la conduite risque d'entraîner Mary Horton dans des impasses insurmontables.Accusations fausses, incidents de haut intérêt, se déroulent pendant les cinq rouleaux de cette pièce très émouvantes et dans laquelle Alice Brady évolue avec la maîtrise qu'on lui connaît.C'est un film dont le succès est certainement assuré.ROLES Robert Gordon.Thomas Meghan Beth Gordon.Gloria Swanson Sally Clark.'.Bébé Daniels Radinoff.Théodore Koslof Le Docteur.Clarence Geldarl La tante Kate.Sylvia Ashton Harriette.Maym Kelso Un valet.Luc en Llttlefield Une servante.Edna Mae Cooper Une cl'ente.Jane Wolf.-J€U:*:OSQ:'iOOSa^ i SOS * * SO® 5 0 Q 0 0 ® 0 0 o c 3 O ® § O ® 0 0 o O 9 o LES ETOILES DE DEMAIN L'attrait de l'écran est immense et des milliers de demandes affluent chaque semaine dans les Cies; il en est résulté que certains "débrouillards'' ont vu ià une excellente mine à exploiter et, du jour au lendemain, on a vu éclore un peu partout des "Ecoles de Cinéma".Par correspondance le plus souvent, et moyennant finances, bien entendu, ces prétendues écoles offrent de transformer n'importe qui en étoile de première grandeur mais tout ce qu'elle transforment, c'est simplement la crédulité huma ne en bel argent pour elles-mêmes.Christie, de la Christie Film Company, produit et dirige depuis neuf ans, il est donc qualifié pour donner son avis sur ce sujet et il affirme nettement qu'il n'y a qu'une seule école efficace: celle de l'expérience.C'est d'ailleurs la même histoire dans n'importe quel travail.A l'appui de ses dires, Christie peut citer des noms d'acteurs bien connus aujourd'hui et qui ont débuté dans ses comédies; ils ont eu des bouts de rôles, peu de chose pour commencer, puis se sont élevés graduellement jusqu'à leur situation actuelle.Aucun d'eux n'est gradué d'une "école" quelconque de Cinéma.Voici quelques-uns de ces noms: Harold Lockwood que la mort est venue frapper comme il atteignait à la célébrité; Betty Compson Billy Rhodes, Louise Glau.ni.Alice Lake, Jewel Carmen.Clarine Seymour, Viv'an Rich, Roscoe Arbuckle, Henry Otto.Jack Dillon.Jack Conway.Marie Valcamp, Edith Robert et autres.Si toutes ces personnes n'avaient eu pour elles que la science vendue plus ou moins cher par les multiples écoles qui s'offrent au public, elles n'auraient jamais sorti de leur obscurité.Quand il y aura un conservatoire sérieux pour l'écran comme il y en a un à Paris pour la scène, alors ce sera différent, mais jusque-là, il est bien préférable de ne pas ''illusionner et de croire que, moyennant quelques dollars, une institution quelconque peut prendre le premier venu et en faire un artiste à deux cent mille dollars par an.synopsis Il y a dix ans que l'avocat Robert Gordon et Beth sont mariés.Robert aime toujours beaucoup sa femme mais Jes liens du mariage lui semblent néanmoins difficiles à supporter; Beth est assurément Ja perle des épouses mais ces qualités-là, précisément, lui donnent un peu sur les nerfs.Elle veut en effet être la femme modèle ce qui pareil trop sérieux à Robert; elle n'est plus la compagne enjouée de jadis mais une autre femme n'ayant plus la grâce et le charme qui l'avaient conquis.Robert la néglige un peu et elle s'en froisse, ne se sentant pas appréciée.Une première querelle a lieu et le destin fait rencontrer à Robert Saily Clark qui l'intéresse beaucoup mais il veut néanmoins rester fidèle à sa femme.Quelques jours plus tard, cependant, ennuyé à la maison par la présence de convives désagréables, il part dans un instant d'éner-vement et va rendre visite à Sally qu'il trouve dans spn coquet appartement.Beth au courant de cette visite, croit que son mari' a trop de noblesse de coeur pour s'engager'dans un simple flirt et elle le croit amoureux réellement de Sally.Elle lui propose, en conséquence, de lui rendre sa liberté par le divorce .Cette pensée n'avait jamais été celle de Robert mas d'autres querelles surviennent et il finit par accepter cette manière de voir.Beth a le coeur brisé quand le décret de séparation est rendu mais elle a l'amour-propre de tenir sa peine secrète.Elle comprend maintenant pourquoi elle a perdu son mari mais, d'autre part, se voyant encore jeune et belle elle •décide de profiter enfin de la joie de vivre.Robert, de son côté, a é/pousé Saille, mais le désappointement vient quand il la volt également changer et pendre sa gaité.Après un accident d'automobile, il est condu ! chez Beth où il est soigné.Saliy, jalouse, craint l'influence de la première femme de son mari et la lutle s'engage, âpre, entre les deux femmes.Gordon, cependant, guérit et il s'aperçoit qu'au fond, c'est uniquement Beth qu'il aime.Une autre séparation a lieu et les ueux époux se retrouvent, ayant appris qu'une femme ne doit pas seulement conquérir un homme mais savoir le conserver en étant pour Jui, non seulement l'épouse mais la camarade de tous les instants.D m Se 0 œ m O o m m Q 0 m Q * 0 * kj&asosasdso&osnso 10 LE PANORAMA Montréal, Juin 1 .lontréal, Juin 1920 LE PANORAMA 11 8 S3 la danse.j O ® 0 O O ® Q jifcj Irène Castle pratique l'équitation avec autant de grâce que O ® O (aï 0 s?0 0 0 0 0 ® O o 0 8 95 a Q â.35 , Le lilin Dr Jekyll am] Mr Hyde", avec John Barrymore, a ballu tous les records à New-York dernièrement.Cette vue sera bientôt i Montréal.EDWARD DILLON vienl de divorcer avec sa femme Erancis Dillon: motif invoqué: Désertion.Nous verrons bientôt 1?grand acteur américa:n Joe Bar-Ion, dan- deux lilms comiques, .1 ( HI N - II.BLACKWOOD, après une maladie de six semaines vient de reprendre ses fonctions au département des scénarios des studios de Thomas-H.Ince.Léo Dietrichtein vient encore de refuser une offre pour or) le Ginéona.Léo Dietrichtein est un des rares acteurs amé- f~ ricai'.ns ayant toujours refusé de jouer pour les vues ani- ufô mées.Ô 0 0 8 9 o •V; O Q 8 SB O SB O ® O 8 a O O O Q O B O 9 o 35 9 9 Cecil B.de Mille dans son bureau de direction à Hollywood.Doris Pawn a en récemment un ace dent bizarre; en se d'sposanl à prendre son ban eile a glisse dans sa baignoire et s'est frappée fortement le bras sur une des parois.q Hélène Chadwick demande un bon coiffeur, celui qu'el-Mildred Moore estime qu'un poteau de clôture peut faire le avait précédemment n'ayant pas suffisamment d'adressi un siège confortable en attendant la sortie de l'auto- ni d'expérience.En lui frisant les cheveux, I u Inula en mobile du garage de le Cie Universal.effet le cou si douloureusement que l'actrice dut se mettre sous les soins d'un médecin.Le choc a été si douloureux qu'elle a dû interrompre son Q travail pendant plusieurs jours.* ® Joseph M.Sohenck vienl d'acheter les droits de film de Q "Wedding Belles".Constance Talmadge tiendra le pre- v# mler rôle dans cette vue.LJ ® 9 9 ô û LE PANORAMA__Montréal, Juin 19 ¦ntréal, Mai 1920 _LE PANORAMA 13 14 le panorama Montréal, Juin 192* 0 8 Q m o 0 m Q O ® O S ?O O 8 : D ® ® ® D 8 Q 8 Q 8 8 (s) 0 B : 8 QUELQUES NOTES SUR BUCK JONES moin de ces faits.Orlando, le premier ministre d'Italie, était présent et en parla à son tour à ses souverains.Ce fut à cette époque que William Fox vit Buck Jones, ne voulant pas priver l'armée française d'un tel soldat, il lui offrit un contrat, non pas immédiat, mais devant prendre effet lors de son retour.Joncs rev ni aux Flats-Luis, se reposa quelque temps, puis se rendit aux bureaux de la Cie Fox où il signa immédiatement un contrat de longue durée.Buck Jones est un excellent camarade, très modeste malgré la grande réputation que son habileté lui a value; son audace est merveilleuse et, en matière d'équitatlon surtout, il est un de ceux qu': affirment que "l'impossible" n'ex! pas.Buck Jones, de la Cie William Fox BUCK JONES est né à Vincennes, dans l'Indiana, et, dans sa jeunesse, rien ne pouvait faire prévoir la carrière qui est la sienne aujourd'hui; sa première occupation avait été celle d'aide-mécanicien dans une fabrique d'automobiles .Cette vie ne lui plut pas et if vint à Red Lodge, dans le Montana où jl s'engagea comme gardien de bestiaux dans un ranch.Un peu plus tard, nous le retrouvons aux îles Philippines comme soldat dans la cavalerie américaine; il y combattit les Moros rebelles, fut blessé et revint aux Etats-Unis.Transféré dans le corps d'aviation, il resta dans cette branche du service jusqu'à sa libération de l'armée .Il fit alors partie de la tournée "Miller Brothers" à travers les Elals-l nis.comme champ on covv-iboy et il prouva, à cette occasion, son habileté non seulement, dans tous les actes hardis des cavalier- de- grandes pla lies ma;s aussi dans ceux des fameux cosaques de Russie.A la fin de 1ÏM i.il v ni a Chicago pour dresser des chevaux demandés par la France; moins d'un an plus tard, il voulut voir la guerre de prés el s'embarqua pour la France.Dans ce pay-.I lui d'abord employé dans un camp de chevaux; son habileté lui valut b en vite le titre de "pre-m er cavalier du monde".L'attention d'un général français l'ut alors attirée sur Buck Join - el l'offic er.ayant appris que l'américain avait déjà servi dan- l'avalon l'ai lâcha à son état-major.Buck Jones fit plusieurs excursions en aéro au-dessus des lignes ennemie-La renommée de Buck Jones s'étendit jusqu'à Paris et Clemenceau, le "Tigre", voulut assister à ses coups d'audace à cheval; le roi Albert de Belgique le vit également et en parla au roi George d'Angielrre qui voulut être té- A gers QUELQUES REFLEXIONS DE WILL ROGERS PROPOS de la prohibition aux Etats-Unis, Will Ro-fail de réjouissantes réflexions qui prouvent autant de bonne humeur que de philosophie.En voici quelques-unes: "Les journaux nous ont dit l'année dernière que le gouvernement avait ordonné aux brasseries de cesser la fabrication de ia bière.Il y avait longtemps déjà que ces 'établissements avaient cessé d'eux-mêmes car ce n'était "certainement pas de la bière qu'ils nous vendaient."H faut souhaiter que l'hiver prochain ne soit pas ri-"goureux car bien des gens auront leurs caves tellement "encombrées qu'il n'y aura plus de place pour le charbon."L'hiver prochain, bien des maris rendront visite au local "de leurs fournases alors qu'auparavant ils ignoraient "complètement où elies étaient."La prohibition fait faire des économies.de pas à pas "mal de gais compagnons.Au lieu de sortir et d'aller au "coin, ils n'ont plus qu'à descendre l'escalier."Personnellement, je crois que la prohibition a été réclamée |,ar les fabricants de boissons eux-mêmes car ils "en ont vendu l'année dernière plus que pendant les dix "années précédentes." La prohibition ne serait-eile donc, aux Etats, comme ici, qu'une simple farce?Une scène de "The Last Straw", avec Buck Jones et Vivian Rich.c C E c E c o 0 ® 0 ® 0 0 0 0 S o ® 0 (s 0 ® 0 ® 0 ® 0 0 Q S) 0 8 2 a a |\ intréal.Juin 1920 LE PANORAMA 15 TO.!& mi LÉ GOUREI H DES MERS) Rôles: STEPHEN HARDY Harry T.Moray Tom Hardy .Webster Campbell Capitaine Halbomb Van Dvke Brooke Hess Halcomb .Alice Calhoun La fille réfugiée .Louisitto Valentine àmmm ~ - ® o o 0 ® 0 ® 0 0 0 O 9 o 0 de o 0 0 ® Q ® ?Q ® ® Q t 0 a a 0 0 ® 0 o 0 a a 0 ® Q o 0 0 0 o 0 o ® 0 0 0 1 9 0 a 9 9 9 9 9 ; ; • » Stephen se plaît avec Besse qu'il aime.Stephen sur le pont du "Panther".Production de la Cie Vitagraph avec Harry T.Morey dans le rôle de Stephen Hardy.STEPHEN HARDY demeure dans le village de Sçallop Haven sur le côte de l'Atlantique.C'est un timide qui n'a jama's osé demander une fille en mariage et.par contraste, c'est un marin de la plus grande audace.Le capitaine Holcomb qui connaît sa valeur, voudrait lui faire épouser sa fille, Bess, mais ceile-ci manque de discernement et n'encourage pas Stephen.Dans une tempête, le capitaine perd la vie et Stephen prend soin de sa famille, particulièrement de Bess; il achète une mason pour eux et pense que.par reconnaissance.Bess l'aimera.Le frère de Stephen.Tom, vient au village, Stephen l'accueille bien et luf confie Bess pendant un voyage qu'il doit faire sur mer.Tom en profite pour faire la cour à la jeune fille ce qui, d'ailleurs, lui réussit.A son retour, Stephen au courant de tout ce qui s'est passé, force Tom à épouser Bess puis, le coeur brisé, il s'en va lui-même au loin sur le bateau 'Panther" pour oublier la traîtrise dont il a été victime.Plusieurs années se passent.Stephen est maintenant un homme dur et d'instmcts farouches; de leur côté Tom et sa femme mènent une existence misérable à New-York.Un jour que son bateau était au port, Stephen trouve dans l'entrepont une jeune fille qui s'était réifugiée là par suite de sa grande misère.Stephen en prend pitié, la réconforte puis veut la renvoyer mais elle se cache et une fois en pleine mer.lorsqu'on la découvre à nouveau, il faut bien la garder.Au fond, Stephen en est satisfait.De son côté.Tom mène une conduite déplorable, sa femme l'abandonne et lui-même, sans ressources, rejoint son frère un jour que celui-ci revenait au port: il se fait accepter sur le bateau mais là il est reconnu par la jeune fille refugee et qu'il a également trahie un jour.Le bateau a repris la mer quand une violente dispute éclate entre les deux frères mas.contrairement à ce qu'attendait Stephen, la fille prend parti pour Tom contre lui.Furieux.Stephen rentre dans sa cabine où dans un moment de colère, il renversa sa lampe.Or, le bateau a un dangereux chargement de dynamite et l'incendie se déclare.Les matelots fuient dans les chaloupes de sauvetage, au dernier uniment.Sleplcn csl poignardé par l'un d'eux el il est abandonné sur le pont.La chaloupe où est la filie s'éloigne déjà quand Tom, qui était aussi resté sur le bateau, saute à la mer et va se noyer.Lequel sauver?aller rechercher Stephen ou recue'l-lir Tom?La jeune fille veut sauver Stephen et elle décide les maleiols à aller le rechercher; elle a compris enfin que c'était lui seul qu'elle aimait.Elle l'avoue à Stephen maintenant dans la chaloupe pendant qu'au lo n l'explos:on détruit le navire en flammes.Dans la chaloupe de sauvetage.® o O ® Q ® O ® Q ® Q ® 0 ® Q D 9 9 Q ® 9 n 16 LE PANORAMA Montréal, Juin 192 Q ____________ c : 0 ® 0 * 0 (*} ?: 0 o o 0 o i U o •:'*':• 9 o 8 a 8 m Q (*¦'¦ 0 8 ?0 8 S •:'+} ?Q Enid Bennett, des studios de Thomas-H.Ince.Joséphine Hill, de ia Cie Universal et sa puissante auto, marque Scripps-Bco'h.SI JE NE VOUS L'AI JAMAIS DIT.le vous, le répète.est l'archaïque plaisanterie qu'on prête en généra] à un quelconque colonel Raniollot.Un publiciste américain vient de rééditer inconsciemment ce la|)sus, en entonnant les louanges du dernier film de la paramount Artcrait: une adaptation d'"Huckleberry Finn" de Mark Twain.En voyant cette ouvre, dit-il.c'est comme si l'on "relisait ce livre pour la première fois!" Récemment, Frak Borzage.le directeur de la Cosmopolitan était en prison.Bien que cela paraisse paradoyal, il y était en lionne compagnie: avec lui.il y avait dans le célèbre édifice Sing-Sing.Joseph Urbain, artiste bien connu et Jack Boyle auteur de scénarios.Ils étaient les invités du major Lewis E.Lawes, gardien-chef de la prison et leUr visite avait pour but de filmer certaines scènes avec la vraie couleur locale.—o— Stella Mayhew, étoile de vaudeville paraîtra prochainement au cinéma dans des comédies en deux rouleaux.Bert Lytell va retourner à ses premières amours, c'est-à-re au théâtre parlé.Pour combbien de temps?Will Rogers, de la Cie Goldwyn, a du sang indieu dans les veines; ses ancêtres ont en effet appartenu à la tribu des Cherokee.P 0 0 ® 0 ® 0 ® 0 ® 0 ® 0 ® 0 ® 0 ® 0 0 0 no 0 ® 0 Q a 0 0 ® 0 0 0 I y i Lila Lee, de la Cie Paramount-Artcraft, une fervente de l'automobile et que l'on voit régulièrement filer $ Mary MacLaren et sa nouvelle voiture Hudson Super Six, à toute allure sur les routes quand son Q S modèle 1920.travail ne la retient pas au studio.'È 8 • ? ontréûl.Juin 1920 LE PANORAMA 17 Grand Roman Cinématographique adapté pour le Cinéma par M, E, Chautard, Directeur de la Cie Realart.LE MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE 7 / / 7 RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La fille du professeur Stangerson a été gravement blessée dans des circonstances mystérieuses.Elle était enfermée à clef dans la "chambre jaune" où nul ne pouvait pénétrer.Rouletabille, jeune reporter veut éclaircir ce mystère.Un policier de renom, Frédéric Lar'san s'est également chargé de cette besogne, mais Rouletabille prétend le battre et il se lance sur la piste d'une mystérieuse dame en noir qu'il ne oroit pas étrangère à l'affaire.Fait surprenant : Il aperçoit Mette Stangerson verser le contenu d'une fiole dans le verre de son père alors que l'attention de celui-ci est ailleurs.Le même soir, dans la nuit, Melle Stangerson fût trouvée mourante dans sa chambre avec un coup de poignard au coeur.Un homme fut ajwrçu fuyant dans la nuit et l'on courut sus à l'assassin.Bernier tira sur l'homme qui tomba, il fut apporté au efuîteau et l'on reconnut le vieux garde.Rouletabille découvrit qu'il était mort non d'une balle, mais d'un coup de poignard.Le fiancé de Mette Stangerson fut accusé de ce crime, mais Rouletabille qui a des soupçons, sur le véritable assassin, encourage Darzac et lui promet d~e le sauver.Xo 6 (Suite) par Frédéric Larsan.On y fit monter Darzac et le gendarme.Larsan resta sur le siège.On emmenait le prisonnier à Corbeil.XXV Rouletabille part en voyage Le soir même nous quittions le Glandier.Rouletabille et moi.Nous en étions fort heureux: ce séjour n'avait rien qui pût encore nous retenir.Je déclarai quo je renonçais à percer tant de mystères, et.Rouletabille, en me donnant une tape amicale sur l'épaule, me confia qu'il n'avait plus rien à apprendre au Glandier, parce que le Glandier lui avait tout appris.Nous arrivâmes à Paris vers huit heures.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.Commencé dans le No de Janvier 1920.Nous dînâmes rapidement, puis, fatigués, nous nous séparâmes en nous donnant rendez-vous le lendemain matin chez moi.A l'heure dite, Rouletabille entrait dans ma chambre.Il était vêtu d'un complet à carreaux en drap anglais, avait un ulster sur le bras, une casquette sur la tête et un sac à la main.Il m'apprit qu'il partait en voyage.—Combien de temps serez-vous parti?lui demandai-je.—Un mois ou deux, fit-il.cela dépend.Je n'osai l'interroger.—Savez-vous, me dit-il, quel est le mot que Mlle Stangerson a prononcé hier avant de s'évanouir.en regardant M.Robert Darzac?.—Non, personne ne l'a entendu.—Si! répliqua Rouletabille, moi! Elle lui disait: ,-Parle!" —Et M.Darzac parlera?—Jamais! J'aurais voulu prolonger 1 entretien, mais il me serra fortement la main et me souhaita une bonne santé, je n'eus que le temps de lui demander: —Vous ne craignez point que, pendant votre absence, il se commette de nouveaux attentats?.—Je ne crains plus rien de ce genre, dit-il.depuis que M.Darzac est en prison! Sur cette parole bizarre, il me quitta.Je ne devais plus le revoir qu'en cour d'assises, au roompnt du procès Dar-za«.lorsqu'il vint à la barre expliquer l'inexplicable.XXVI Ou Joseph Rouletabille est impatiemment attendu Le 15 janvier suivant, c'est-à-dire deux mois et demi après les tragiques événements que je viens de rapporter, '"l'Epoque" publiait, en première colonne, première page, le sensationnel article suivant: 'Le jury de Seine-et-Oise est appelé, aujourd'hui, à juger l'une des plus mystérieuses affaires qui soient dans les annales judiciaires.Jamais procès n'aura présenté tant de points obscurs, incompréhensibles, inexplicables.Et ce- LE PANORAMA Montréal, Juin 1 pendant l'accusation n'a pont hés:lé à faire asseoir sur le banc des ass ses un homme respepté.estimé, aimé de tous ceux qui le connaissent, un jeune savant espoir de la science française, dpnt touJe l'existence fut de travail el de probité.Quand Paris apprit l'arrestation de M.Robert Darzac, un cri unanime de protestation s'éleva de toutes parts.La Sorbonne tput entête, déshonorée par le geste inouï du juge d'instruction, proclama sa foi dans l'innocence du fiancé de Mlle Stangerson.M* Stangerson lui -.même attesta hautement l'erreur où s'était fourvoyée la justice, et il ne fait de doute pour persoune que, si la victime pouvait parler, elle viendrait réclamer aux douze jurés de Seina-et-Oise l'homme dont elle voulait faire son époux et que l'accusation veut envoyer à l'échaufaud.Il faut espérer qu'un jour prochain Mlle Stangerson recouvrera sa raison qui a momentanément sombré dans l'horrible mystère du Glandier.Voulez-vous qu'elle la reperde lorsqu'elle apprendra que l'homme qu'elle aime est mort de la main du bourreau?Cette question s'adresse au jury auquel nous nous proposons d'avoir affaire, aujourd'hui même."Nous sommes décidés, en effet, à ne point laisser douze braves gens commettre une abominable erreur judiciaire.Certes, des coïncidences terribles, des traces accusatrices, un slence inexplicab'e de la part de l'accusé, un emploi du temps énigmatique, l'absence de tout alibi, ont pu entraîner la conviction du parquet qui, ayant vainement cherche lu vérité ailieurs, s'est résolu à la trouver là.Les charges sont, en apparence, si accablante pour M.Robert Darzac, qu'il faut même excuser un policier aussi averti, aussi intelligent, et généralement aussi heureux que M.Frédéric Larsan de s'être laissé aveugler par elles.Jusqu'alors, tout est venu accuser M.Robert Darzac devant l'iiistruct.un; aujourd'hui, nous allons, nous, le défendre devait le jury; et nous apporterons à la barre une lumière telle que toqt le mystère du Glandier en sera illuminé.Car nous possédons la vérité."Si nous n'avons point parlé plus tôt.c'est que l'intérêt même de la cause que nous voulons défendre l'exigeait IflRI doute.Nos lecteurs n'ont pas oublié oes sensationnelles empiètes anonymes que nous avons publiées sur le Pied gauche de la rue Oberkampf.sur le fameux vol du Crédit universel et sur l'afia're des Lingots d'or de là Monnaie.Erles nous faisaient.prévoir la vérité, avant même que l'admirable ingéniosité d'un Frédéric Larsan ne l'eût dévoilée tout entière.' Ces enquêtes étaient conduites par notre plus jeune rédacteur, pu enfant, de dix-huit ans, Joseph Rouletabille, qui sera illustre demain.Quand l'affaire du Glandier éclata, notre petit reporter se rendit sur les.lieux, força toutes les purtes et s'installa dans le château d'où tous les représentants de la presse avaient été chassés.A côté de Frédéric Larsan, il chercha la vérité; il vit avec épouvante l'erreur où s'abîmait toutle génie du ïélèb,re policier; en va, in pssaya-l-il de le rejeter hors de la mauvaise piste où il s'était engagé: le grand Fred ne voulut point consentir à, recevoir des leçons de ce petit journaliste.Notis savons où cela a conduit M.Robert Darzac."Or.il faut que la France sache, il faut que le monde sache que, le soir même de l'arrestation de M.Robert Darzac, le jeune Joseph R,ouletablile pénétrait dans le bureau de notre directeur et lui disait: "Je pars en voyage.Combien de tomp% serai-je parti, je ne pourras vous le direh « 'peut-être un mois, deqx mois, trois mois.peut-être ne "revlendrai-je jamais.Voie! une lettre.Si je ne suis "pas revenu le jour où M.Darzac comparaîtra devant les "assises, vous ouvrirez cette lettre en cour d'assises, après "le défilé des témoins.Entendez-vous pour cela avec" i'a-"\oeut du M.Robert Darzac.M.Robert Darzac est innu- "cent.Dam^ cette lettre il y a le nom de l'assassim et, je "ne dirai point: les preuves, car, les preuves, je vais les ' chercher, mais l'explication irréfutable de sa culpabilité.' 111 noire réducteur partit.Nous sommes restés longtemps nouvelles, mais'un medium e*>t veau trouver notre directeur, il y a huit joprs, pquf lui dira: "A^ssez suivant les instructions de Joseph Roiiietublle, si lu chose devient nécessaire.Il y a la vérité dans la lettre." Cet homme n'a point voulu nous dire son nom."Aujourd'hui, 15 janvier, noqs voicj aq grand JQW des assises; Joseph Rouletab lie n'est pas de retour ; peut-être ne le reverruns-nous jamais.Lu presse, elle ftqssi.compte ses héros, victimes du devoir: lé devoir professionnel, le premier de tous les devoirs.Peut-être, à celle heure, y a-t-il succombé! Nous saurons le venger.Notre directeur, cet après-midi, sera à la ceur d'assises, de Versailles, avec la lettre: "La lettre qui contient le nom de l'assassin!" En tête de l'article, on avait mis le portrait de Rouletabille.Les Parisiens qui se rendirent cç jour-là.à Versailles pour le procès dit du " Mj itère de la Chambre Jaune" n'ont certainement pas oublié l'incroyable çoh,ue qui se bousculait à la gare Saint-Lazare.Op ne trouvait plus de place dans les trains et l'on dut improviser des convois supplémentaires.L'article de "l'Epoque" avait bouleversé tout le monde, excité toutes les curiosités, poussé jusqu'à l'exaspération la passion des discussions.Des coups do poing furent échangés entre les partisans de Joseph Rouletabille et les fanatiques de Frédéric Larsan, car, chose b zarre, lu fièvre de ces gens venait moins de ce qu'on allait peut-être condamner un innocent que de l'intérêt qu'ils portaient ù leur propre compréhension du "mystère de la Chambre Jaune".Chacun avait son explication et la fôna,it pour bonne.Tous ceux qui expliquaient le crime comme Frédéric Larsan n'admettaient point qu'on pût mettre en doute la perspicacité de ce policier populaire ; et tous les autres, qui avalent une e\piieatio.n autre que celle de Frédéric Larsan, prétendaient naturellement qu'elle devait être celle de Joseph Rouielabille qu'ils ue connaissaient pas encore.Le numéro de "l'Epoque" à la, main, les "Larsan" et les "Rouletabille" se disputèrent, se chajnail-è ¦ nt, jusque sur les marches du palais de justice de Versa.I es, .jusque dans le prétoire.Un service d'ordre extraordinaire avait été commandé.L'innombrable foule qui ne put pénétrer dans le pala.s resta jusqu'au soir aux alentours du monument, maintenue difficilement par la troupe et la police, avide de nouvelles, accueillant les rumeurs les plus fantastiques.Un moment, le bruit circula qu'on venait d'arrêter, en pleine audience, M.Stangerson lui-même, qui s'était avoué l'assassin de sa fille.C'était de la folie -L'énervcment était à son comble.Et l'on attendait toujours Rouletabille.Des gens prétendaient le connaître el le reconnaître; et, quanti un jeune homme, muni 'd'un laissez-passer, traversait laplace libre qui séparait la foule du palais de justice, des bousculades se produisaient.On s'écrasait.On criait: "Rouletabille! Voici Rouletabille!' Des témoins, qui ressemblaient plus ou moins vuguemen1 au portrait publié par "l'Epoque",'furent aussi acclamés-L'arrivée du directeur de "l'Epoque" fut encore le signa de quelques man: IV-talionsi.Les uns applaudirent, les au très sifllèreut.11 y avait beaucoup de femmes duns la foule Duns la salles des aslses, le procès se déroulait aous la présidence de M.de Rocoux.un magistrat imbu* de ton- Ureal, Juin 1920 LE PANORAMA las préjugés des gens de robe, mais foncièrement honnête.Un avail ("ait l'appel des témoins.J'en étais, naturellement, ainsi que tous ceux qui, de près ou de loin, avaient touche les mystères du Glandier: iM.Stangerson, vieilli de dix ans, méconnaissable, Larsan.M.Arthur \Y.Hance, la figure toujours aussi ¦enluminée, ie père Jacques, le père Mathieu, qui l'ut amené, menottes aux mains, entre deux gendarme-, Mme Mathieu, toul eu larmes, les Rernler, les deux gardes-malades, le maître d'hôtel, tous les domestiques du château, l'employé de poste du bureau 40, l'pm-ployé du chemin de 1er d'Epinuy, quelques amis de M.et de Mlle Stangerson, et tous les témoins à décharge de M; Hubert Darzac.J eus la chance d'être entendu parmi les premiers témoins, ce qui me permit d'assister à presque tout le procès.Je n'ai point besoin de vous dire que l'on s'écrasait dans le prétoire.Des avocats étaient assis jusque sur les marches de "la cour"; et.derrière lea may struts en robe rouge, tous les parquets des envrrous étaient représnlés.M.Hubert Daczuc apparut au banc des accusés, entre les gendarmes, si calme, si grand et si beau, qu'un murmure d'admiration plus que de compassion l'accueillit.Il se pencha aussitôt vers son avocat, Me lienri-Robertj qui.assisté de son premier secrétaire, Me André liesse, alors débutant, avait déjà commencé à feuilleter son dossier.Beaucoup s'attendaient à ce que M.Stangerson allât serrer la main de l'accusé; mais l'appel des témoins eut iieu et ceux-ci qu lièrent tous la salle sans que celhj; démonstration sensationnelle ^e lût poduite.Au moment où „ les jurés prirent place, on remarqua qu'ils avaient eu l'air de s'intéresser beaucoup à un rapide entretien que Me lleuri-Bobert avait eu uve'c ie directeur de 'YEpuque".Celui-ci s'en tut ensuite prendre place au premier rang de public assis.Quelques-uns s'étonnèrent qu'il ne suivit pu ni les témoins dans la salle qui leur était réservée.La lecture de l'acte d'accusut un s'accomplit comme presque toujours, sans incident.Je ne relaterai pas ici le long interrogatoire que subit M.Darzac.II répondit à la fois de la façon la plus naturelle et la plus mystérieuse.Tout ce qu'.l pouvuit d're parut naturel, tout ce qu'il lut parut terrible pour lui.même aux yeux d^ ceux qui sellaient son innocence.Son silence sur les points que nous connaissons se dressa contre lui et il semblait bien que ce silence dût fatalement l'écraser.Il résista aux objurgations du président des assises et du ministère public.On lui d t que se taire, en une pareille circonstance, équivalait à ia mort.—C'est bien, dit-il, je la subirai donc; mais je suis innocent! Avec cette habileté prodigieuse qui a fait sa renommée, et profitant de l'incident, Me Henri-Bobert essaya de grandir le caractère de son client, par le fait même de son silence, en faisant allusion à des devoirs moraux que seules des âmes héroïques sont susceptibles de s'imposer.L'émi-uent avocat ne parvint qu'à convaincre tout à fait ceux qui connaissaient'M.Darzac.mais les autres restèrent hési- -tants.Il y eut une suspension d'audience, puis le défilé des témoins commença et Rouletabille n'arrivait toujours , m i n t.Chaque fois qu'une porte s'ouvrait, tous les yeux 'liaient à cette porte, puis se reportaient sur le directeur dè^'TEpoque" qui restait, impassible, à sa place.On le vit 'jlin qui fouillait dans sa poche ct qui en tirai.t la lejtlre.t ne grosse rumeur suivit ce geste.Mon intention n'est point de retracer ici tous les incl-lenta de ce procès.J'ai assez longuement rappelé toutes s étapes de l'affaire pour ne point imposer aux lecteurs défilé nouveau des événements entourés de leur mystère.ai hâte d'arriver au moment vraiment dramatique de celle journée iniiulilablQ.Jl survipt, ppmrae Me Henri-Robert posai) quelques questions au père M;.|lh;eu.qui a la barre des lùuoius.se défendait, entre sps deux gendarmes, d'avoir a§sassiué "l'ijoinme yerl'.'Sa femme fut appelée et ppnfronlée avec lui- Elle^ avoua, en éclatant en sanglots, qu'elle avail été la maîtresse du garde, que son mari s'en (était douté; mais elle affirm, a encore que celui-ci n'éla.l pour rien dans l'assassinat (Je son amant.M^ Hepri-Robei t demanda alors à la cour de bien vouloir entendre immédiatement, sur ce point, Frédéric Larsan.—Daqs une courte conversation qne je viens d/ayoir avec Frédéric Larsan, pendant la sqspepsion d amtieqcp, déclara l'avppat, celui-ci m'a fait comprendre que l'on pouvait expliquer la inqrt dq gqrJq autrement que jiap l'jntei vi nliou dq père Matfiipu.Il serait intéressant de connaître l'hypothèse de Frédéric Larsan.Frédéric Larsan fut introduit.Jl s'pxpliqua fort nettement, y —Je ne vqis point, dit-il, lanéceàfité de faire intervenir le père Mathieu en tout cepi.Je l'ai dit ù M.dp Marque!, ma s les propos meurtriers de cet homme lui ont évidemment pui dans l'esprit de M.Je juge d'instruction.Pour moi, l'assassinat de Mlle Stangerson et l'assassinat du garde sunt la même all'uire.On a tiré sur l'assassin de Mlle Slungersûii, fuyant à travers la cour d'honneur; on a pu croire l'avoir atteint, on a pu croire l'avoir tué; à la vérité, il n'a fait que trébucher au moment où il disparaissait derrière l'aile drpile du château.Là.l'assassin a rencontré le garde qui voulut sans doute s'opposer à sa fuite.L'assassin avait encore à la main le couteau dont jl venait de trappe?Mlle Stangerson, il en frappa le garde au coeur, et le garde en est mort.Cette explication si simple parut d'autant plus plausible que, déjà, beaucoup de peux qui s'intéressaient aux mystères du Glandier l'avaient trouvée.Un murmure d'approbation se fit entendre.—Et l'assassin, qu'est-il devenu, daps tout cela ?de-"" manda le président.-—Il s'^st évidemment caché, monsieur le président, dans un coin obscur de ce bout de cour et, après ie départ des gens du château qui emporta ent le corps, il a pu tranquillement s'enfuir.A ce moment, du fond du "public debout", une voix juvénile s'éleva.Au milieu de la stupeur de tous, elle djsail: —Je suis de l'avis de Frédéric Larsan pour le coup de couteau au coeur.Mais je ne suis plus de son avis sur la manière dont l'assassin s'est enfui du bout de cour! Tout le monde se retourna; les huissiers se précipitèrent, ordonnant ie silence.Le président demanda avec irritation qui avait élevé la voix et ordonna l'expulsion immédiate de l'intrus; mais on réentendit la même voix claire qui criait: —C'est moi, monsieur le prés dent, c'est moi; Joseph Rouletabille! XXVII Où Jostph Rouletabille apparaît dans toute sa gloire Il y eut un remous terrible.On entendit des cri§ de femmes qui se trouvaient mal.On n'eût plus aucun éjrai I pour "la majesté de la justice".Ce fut une bousculade insensée.Tout ie monde voulait voir Joseph Rouletabille.Le président cria qu'il allait faire évacuer la salle, mais personne ne l'entendit.Pendant ce temps, Rouletabille sautait par-dessus la balustrade qui le séparait du public assis, se faisait un chemin à grands coups de coude, arrivait auprès de son directeur qui l'embrassait avec elfu-~ 20 LE PANORAMA Montréal, Juin I sion, lui prit sa lettre d'entre les mains, la glissa dans sa poche, pénétra dans la partie réservée du prétoire et parvint ainsi jusqu'à la barre des témoins, bousculé, bousculant, le visage souriant, heureux, boule écarlate qu'illuminait encore l'éclair intelligent de ses deux grands yeux ronds.Il avait ce costume anglais que je lui avais vu le matin de son départ—mais dans quel état, mon Dieu!— l'ulster sur son bras et.la casquette de voyage à la main.Et il dit: —Je vous demande pardon, monsieur le président, le-transatlantique a eu du retard! J'arrive d'Amérique.Je suis Joseph Rouletabille!.On éclata de rire.Tout le monde était heureux de l'arrivée de ce gamin.Il semblait à toutes ces consciences qu'un immense poids venait de leur être enlevé.On respirait.On avait la certitude qu'il apportait réellement la vérité .qu'il allait faire connaître la vérité.Mais le président était furieux.—Ah! vous êtes Joseph Rouletabille, reprit le président, eh bien, je vous apprendrai jeune homme, à vous moquer de la justice .En attendant que la cour délibère sur votre cas, je vous retiens à la disposition de la justice.en vertu de mon pouvoir discrétionnaire.—Mais, monsieur le président je ne demande que cela: être à la disposition de la justice.je suis venu m'y mettre, à la disposition de la justice.Si mon entrée a fait un peu de tapage, j'en demande bien pardon à la cour.Croyez bien, monsieur le président, que nul, plus que moi, n'a le respect de la justice.Mais je suis entré comme j'ai pu.Et il se mita rire.Et tout le monde rit.—Emmenez-le! commanda le président.Mais Me Henri-Robert intervint.Il commença par excuser le jeune homme, il le montra animé des meilleurs sentiments, il fit comprendre au président qu'on pouvait difficilement se passer de la déposition" d'un témoin qui avait couché au Glandier pendant toute la semaine mystérieuse, d'un témoin surtout qui prétendait prouver l'innocence de l'accusé et apporter le nom de l'assassin.—Vous allez nous dire le nom de l'assassin?demanda le président, ébranlé mais sceptique.—Mais, mon président, je ne suis venu que pour ça! fit Rouletabille: On faillit applaudir dans le prétoire, mais les ohut! énergiques des huissiers rétablirent le silence.—Joseph Rouletabille, dit Me Henri-Robert, n'est pas cité régulièrement comme témoin, mais j'espère qu'en vertu de son pouvoir discrétionnaire, monsieur le président voudra bien l'interroger.—C'est bien! fit le président, nous l'interrogerons.Mais finissons-en d'abord.L'avocat général se leva: —Il vaudrait peut-être mieux, fit remarquer le représentant du ministère public, que ce jeune homme nous dise tout de suite le nom de celui qu'il dénonce comme étant l'assassin.Le président acquiesça avec une ironique réserve: —Si monsieur l'avocat général attache quelque importance à la déposition de M.Joseph Rouletabille, je ne vois point d'inconvénient à ce que le témoin nous dise tout de suite le nom de son assassin! On eût entendu voler une mouche.Rouletabille se taisait, regardant avec sympathie M.Robert Darzac.qui, lui, pour la première fois, depuis le commencement du débat, montrait un visage agité et plein d'angoisse.—Eh bien, répéta le président, on vous écoute, monsieur Joseph Rouletabille.Nous attendons ls nom d« l'assassin .Rouletabille fouilla tranquillement dans la poche de son gousset, en tira un énorme oignon, y regarda l'heure, et dit : —Monsieur le président, je ne pourrai vous dire le nom de l'assassin qu'à six heures et demie! Nous avons encore quatre bonnes heures devant nous! La salle fit entendre des murmures étonnés et désappointés.Quelques avocats dirent à haute voix.'*H se moque de nous!" Le président avait l'air enchanté; Mes Henri-Robert et André Hesse étaient ennuyés.Le président dit : -—-Cette plaisanterie a assez duré.Vous pouvez vous retirer, monsieur, dans la salle des témoins.Je vous garde à notre disposition.Rouletabille protesta: —Je vous affirme, monsieur le président, s'écria-t-il, de sa voix aiguë et claironnante, je vous affirme que, lorsque je vous aurai dit le nom de l'assassin, vous comprendrez que je ne pouvais vous le dire qu'à six heures et demie! Parole d'honnête homme! Foi de Rouletabille!.Mais, en attendant, je peux toujours vous donner quelques explications sur l'assassinat, du garde.M.Frédéric Larsan qui m'a vu travailler au Glandier pourrait vous dire avec quel soin j.'ai étudié toute cette affaire.J'ai beau être d'un avis contraire au sien et prétendre qu'en faisant arrêter M.Robert Darzac, il a fait arrêter un innocent, il ne doute pas, Jui, de ma bonne foi, ni de l'importance qu'il faut attacher à mes découvertes, qui ont souvent corroboré les siennes! Frédéric Larsan dit: —Monsieur le président, il sera intéressant d'entendre M.Joseph Rouletabille; d'autant plus intéressant qu'il n'est pas de mon avis.Un murmure d'approbation accueillit cette parole du policier.Il accepta le duel en beau joueur.La joute promettait d'être curieuse entre.ces deux intelligences qui s'étaient acharnées au même tragique problème et qui étaient arrivées* à deux solutions différentes: Comme le président se taisait, Frédéric Larsan continua: —Ainsi nous sommes d'accord pour le coup de couteau au coeur qui a été donné au garde par l'assassin de Mlle Stangerson; mais, puisque nous ne sommes plus d'accord sur la question de la fuite de l'assassin, dans le bout de cour, il serait curieux de savoir comment M.Rouletabille explique cette fuite.—Evidemment, fit mon ami, ce serait curieux! Toute la salle partit encore a.rire.Le président déclara aussitôt que, si un pareil fait se renouvelait, il n'hésiterait pas à mettre à exécution sa menace de faire évacuer la salle.—Vraiment, termina le président, dans une affaire comme celle-là, je ne vois pas ce qui peut prêter à rire.¦—-Moi non plus! dit Rouletabille.Des gens devant moi, s'enfoncèrent leur mouchoir dan la bouche pour ne pas éclater.—Allons, fit le président, vous avez entendu, jeune homme, ce que vient de dire M.Frédéric Larsan.Comment selon vous, l'assassin s'est-il enfui du bout de cour?Rouletabille regarda Mme Mathieu, qui lui sourit triste ment.—Puisque Mme Mathieu, dit-il, a bien voulu faire l'avi de sa faute, et n'a point dissimulé qu'elle a été la moi tresse du garde.—La garce! s'écria le père Mathieu.(Suits à la page 41 ) ntréal, Juin Ï920 LE PANORAMA 21 S a g 8 a s o a g V*} 0 0 ® 0 B o 0 8 5 9 9 S 9 9 6 9 n WILLIAM RUSSELL de la Cie Fox Film Corp.WILLIAM RUSSELL est un exemple typique de l'esprit combatif américain.Bien que dans sa prime jeunesse, sa santé eût donné lieu à des inquiétudes, il sut procéder pour lui-même à une telle culture physique qu'aujourd'hui on peut le compter parmi les bons athlètes de son pays.Il a débuté avec l'ancienne compagnie "Biograph"' et a fait ensuite de rapides progrès et.en févrer 1918 il produisit les fameux films ''Big Bill".« 11 serait encore aujourd'hui à la tête de sa propre compagnie si William Fox n'avait pas décidé qu'il devait absolument être ajouté à ses autres étoiles.Il est donc hors de doute qu'un contrat aussi doré que bien en règle fut soumis au jeune acteur.Williiam Russell est né à New-York, dans l'est et à la soixante-seizième rue, pour préciser.Il est apte, avons-nous dit, à tous les exercices physiques et, de plus, est excellent nageur.Dans son plus jeune temps il avait même eu le désir de devenir acrobate et il avait trouvé une position de ce genre au cirque Ringling frères; on lui offrit pour cela trente dollars par semaine ce qui était un beau salaire à cette époque.ma;s sa mère ne voulut pas le laisser partir.t ^ i.Ce fut quelque temps après, qu'à la suite d'une ohute, il se blessa sérieusement à la hanche; il reçut les meilleurs soins mais dut, néanmoins, marcher pendant quatre ans avec des béquilles.On le pensait invalide pour le restant de sa vie mais il prouva le contraire de si belle façon qu'aujourd'hui c'est un gaillard de six pieds deux pouces qui pèse deux cents livres.-o- La Stoll Film Cie a offert à Carpenter 6.000 livres ($30,000) pour interpréter le principal rôle d'un film dont le scénario a été spécialement écrit pour lui.Cette somme, est.paraît-il la plus élevée qui ait jamais été offerte à une "vedette" en Angleterre.D.-AY.Griffith vient d'acheter, pour la somme de $175,000, les droits de films de "Way Dawn East", de W.-A.Brady.Il a fallu trente semaines de travail conciencieux pour la production du film " The Invisible Ray ".Maurice Luxford qui est, parait-il, le champion de la Nouvelle-Zélande pour le jeu de golf, joue avec Eugène O'Brian dans " The Figurehead ".Un télégramme dé Los Angeles nous annonce que l'Universal Cie se prépare à "envahir"' cinématographiquement le marché européen, en établissant à Londres, à Paris, en Italie et jusque dans les Balkans de gigantesques studios.® 0 ® 0 ® ç ® p 0 ® p ® p ® p ® p ® p ® *7 william RVSSELL ~ direction william fox (*> S p p p p p ® 0 s p p 9 p 9 p 0 9 p P Q 22 LE PANORAMA Montréal, Juin 19 ?Q 9 9 3 B o 5 9 DIALOGUE — MONOLOGUE — ENTRE UN ECRIVAIN DE SCENARIOS ET LE DIRECTEUR D'UNE CIE DE CINEMA —Voyons ce scénario!.Est-Ll au moins sensationnel?Y a-t-rl das scènes à effets ?.—Oui, on dit toujours cela, en commençant.mais-nous verrons bien.—En résumé d'abord.oui cela peut aller, d'ailleurs au découpage nous modifierons l'histoire.votre héroïne se noie après avoir échappé à un accident d'auto.—-Il faudra trouver quelque chose de plus gai—et de moins coûteux.Je n'aime pas la casse, au cinéma! —L'auteur?.la pensée de l'auteur?.En voilà une baliverne.Vous allez voir comment je vais vous l'arranger, la pensée de l'auteur i.un tu ® 9 9 9 o ® .V.t ® 0 Q 9 g F-S —Chut !.En ci«nq secs.cela ne sera pas long.Primo: pas d'enfants.les mioches, c'est embêtant.ils ne restent jamais en place, ils bougent tout le temps!.Avec eux il faut répéter à n'en plus finir!._ — Supprimez-moi donc le moutard!.on le remplacera par un paralytique .û Q Q ® Q Q - —Je vous assure.épatants les paralytiques à l'écran.au mous, eux, avec les gros plans, ils ne sortent jamais du champ .et il n'y a pas de pellicule gâchée à recommencer trente-six fois la même scène.Q 1 Q S —Tenez, c'est comme les vaux.impossible de les faire deux minutes en place cavaliers d'occasion!.che-tenir et avec nos —Hein, vous dites?Votre chasse à courre?'Au panier! On remplacera cela par une partie de jacquet ou de petits chevaux.au théâtre.il n'y aura pas de frais de déplacement.Q P —C'est comme ça: à prendre ou à laisser.Qu'sst-ce que je vois?.Des vues d'auto.et en marche.mais vous n'y pensez pas ! Vous rendez-vous compte de la difficulté qu'il y a à équiper l'appareil, à mettre au point, à cadrer l'image.et à tourner pendant la rch des autos! — Au diables les autos.-.nous les remplacerons par une charrette à âne! ou par un fauteuil roulant.et en- core — Vous voyez: ça se tasso: les dif- -ficultés tombent une à une.le tout est de connaifTe^son métier!.Et maintenant à l'action! au sujet!.—Une petite seconde de patience! Comment?quatre personnes en scène et en même temps! Comment voulez-vous qu'e je les fasse remuer vos bonshommes?.Nous en supprimerons deux.—Cela vous étonne?.Vous allez voir! Nous prendrons le premier rêvant à la fenêtre.le second dormant au coin de son feu .—Pour ce qu'ils ont fait, font ou feront nous expl querons cela par un sous-titre! Ils ne sont pas faits pour les chiens, les sous-titres!.—Bigre, comme vous y allez! Vous en avez de l'imagination!.Une catastrophe maintenant! Une mine flottante qui saute.Vous ne reculez devant rien! Ah! on voit bien que ce ne sont, pas les auteurs qui exécutent leurs oeuvres.— Parfaitement, c'est nous! Et je m'en flatte! Voyez plutôt.nous remplacerons cela par un effet inédit: votre bonhomme fu-tàe *l pipe, en écrivant ses mémoires!.sa femme cruelle l'a bourrée avec de la poudre et elle explose!.il devient aveugle! —Comme vous le voyez: aveugle pour aveugle, le résultat est le même.—Comme vous le dites: et la pensée de l'auteur est respectée! Voilà pour les intérieurs! —Ah oui! les extérieurs maintenant!.pensons-y un peu aux extérieurs! Qu'est-ce que je vois?.les montagnes Rocheuses! Pourquoi pas l'Hymalaya.le Gaur sankar! ' • • ¦> • • —Et mes rhumatismes?Vous n'y pensez pas! Nous placerons les "plein airs" dans un petit coin bien abrité, du côté de la montagne .par exemple.—Parfaitement.les scènes de neige c'est comme les montagnes: je me les réserve pour l'Eté: à cause de mon asthme! '.PARMI CEUX QUI VOIENT LE GRRRAND DRAME Û.En commençant par la gauche: le monsieur qui se dit: "Bah! c'est du bluffI Ça n'est jama arrivé!" Le deuxième: '"Aye.la pauv' tite fille.vont t'y la massa:rer t' t'a faite7.- trois.ème: "Si j'étais là, ça s'paS3erait pas d'même!" Et enfin lo dernier, c'est le monsieur qu s'écarquille les yeux mais qui ne oomprend rien du tout.Q 0 —Voilà comment, je suis, moi.DES AMATEURS SINCERES —On m'a dit que vous n'a'miez pas les acteurs dans votre pays?—Ceux qui ont dit ça ont^menti; la preuve, il y a un acteur qui est passé un jour par ici, eh bien, savez-vous ce que nors avons fait?—«Vous lui avez offert un banque!?—Mieux que ça.monsieur ! nous l'avons tué afin de pouvoir lui élever un monument! o g Q ntréal, Juin 1920 LE PANORAMA 23 U S s a 1 Q l B 0 V*: 8 ® 0 ® 0 90 0 0 V*: 0 m I EPOQUE LOINTAINE Le probrio.—Quand allez- vous enfin me payer mon loyer?Le loea-laire (qui écrit des scénarios).—Aussitôt que je vais avoir re-çu mon chèqvre do la compagnie de Vues.Le proprio.— Quand doit-on vous l'envoyer?Le locataire.—Dès que la compagnie aura accepté le scénario que je lui enverrai après l'avoir réd'gé lorsque j'aurai trouvé mon sujet et que j'aurai eu l'inspiration nécessaire.—o— UN DUR SACRIFICE —Pourquoi donc cette actrice a-t-elle l'air si désolée ?A-t-elle reçu quelque mauvaise nouvelle?—Pire que cela! Le directeur a insisté auprès d'elle pour qu'elle ne porte pas son grand collier de perles dans le rôle de laveuse de planchers qu'elle doit jouer.—o— L'INUTILE DELAI —Voici un scénario que je vous apporte.Voudrez-vous êjre assez bon de me le retourner?—Oui.Mais pourquoi ne le remportez-vous donc pas vous-même tout déduite.—o— DANS UN STUDIO Le visiteur.— Que de monde! que île monde! Est-ce que tous ces gens-là sont des acteurs?Le directeur.—Non; ce sont les domestiques de notre nouvelle étoile.AU CINEMA Le guicheter.—Vous ou le chien, il faut qu'un de vous deux sorte.La dame.—Alors, je vais sortir, je rais désolée que Fido ne vit pas cette, vue-là.TOUT DEPEND Samuel.— Quelle est l'actrice de néma que tu préfères?René.—Cela dépend beaucoup de « 1 jeune fille avec qui je saiis; je pré- % "re toujours son actrice préférée.MOYEN ECONOMIQUE —Le docteur me dit que, pour guérir de ma neurasthénie, il me faut du hangement.11 me conseille de voir eaucoup de pays; me croit-il donc millionnaire?—Va donc aux "Vues"! NATURELLEMENT —Pourquoi ne voulez-vous jamais jouer que des rôles de comédie?—Parce que j'ai de jolies dents, tout simplement.^ '¦—o— PAS D'ORGUEIL —Il paraît que les actrices de Cinéma ont toutes des quantités de belles toilettes?' —'C'est vrai, mais il y a certaines de ces actrices qui n'en sont pas .plus orgueilleuses pour ça; elles ne s'en mettent que fort peu sur elles.—o— AU THEATRE Florelte.—Il paraît que Julien a été nommé receveur au théâtre.Andrée.—Receveur?Florette.—Oui, c'est lui qui reçoit les oeufs pourris destinés aux artistes, r —o— LES VISITEURS Le visiteur.—Gaspillez-.vous beaucoup de film?Le directeur.—Tout dépend du jeu des art'stes.Quelquefois toute la vue est gaspillée.—o— LES ETOILES L'astronome.—J'ai passé trente ans de ma vie avec les étoiles.Le jeune gommeux.— Vous deviez être m;ll onnaire, car moi j'ai passé deux ans avec une choriste et cela m'a coûté 50,000 dollars.—o— AUTRE VOCATION —Qu'est-ce que le directeur a dit après avoir entendu chanter Denise?—Il lui a dit qu'elle ferait très bien aux vues animées.LE PEU DE DEMANDE — Est-ce que ton nouveau livre s'est bien vendu?—Non.mon libraire prétend qu'il n'y a pas assez d'action dedans pour ^aire une vue cinématographique.—o— HORREUR —Le bureau de censure doit fermer notre Cinéma.—Pourquoi donc?—Au moment précis ou le héros embrassait la jeune fille l'opérateur a arrêté ia vue et les a laissé dans celte positon durant dix minutes.—o— ON DIT Que Fatty Arbuckle fait un ou plusieurs repas par jour.Que Wm.S.Hart sait conduire un cheval.Que Mary Pickford a reçu une let-* tre d'un admirateur la semaine dernière.Que Douglas Fairbanks fait de l'athlétisme.Qu'un jeune comédien de talent vient d'apparaître sur l'écran, il se nomme Charlie Chaplin, c'est un jeune homme qui a un grand avenir devant lui.—o— TOUT EST PERDU SAUF —II paraît que vous avez eu un gros feu dans votre village?—Oui.plus de 50 maisons ont été brûlées, mais heureusement le cinéma a ê*lé épargné.—o— Quoique les pieds de Chaplm aient été sa fortune, il ne faut pas croire qu'ils soient son seul soutien.Q Q ® Q ?•:'+'• O 0 O Q o o m o O 0 o ?0 ® 0 0 8 S O LE REVE ORDINAIRE Ce que rêve infailliblement la jeunesse de dix à quinze ans après avoir vu Hart, Tom Mix, Art Acord et autres centaures des flrandes plaines de l'Ouest à l'oeuvre Bill 9 o V*} i 0 9 9 9 Q 9 o n 24 LE PANORAMA Montréal, Juin 192*> intréal, Juin 1920 LE PANORAMA 25 u ® O E 8 o O 8 s ?o 3) O * 8 o ® O O 8 ï 9 i 8 g G STECKER FLIRTE AVEC LA MORT On raconte qu'une femme intrépide chevaucha un jour un tigre jusqu'à lui en donner une indigestion; elle a certainement un sérieux rival de hardiesse dans la personne de A.C.Stecker.le dompteur d'animaux de la Ce Universal .Stecker prétend que ça lui serait indifférent de monter à cheval sur un ptérodactyle, s'il en existait ou encore sur un requin enragé, s'il pouvait en trouver un.D'ailleurs pour se maintenir en forme, ill s'est établi le programme quotidien ci-après.A 9 hrs a.m.il va trouver son lion favori et iui tord ia queue pour éprouver son caractère; A 9 hrs et demie, il lutte pour la championnat du monde avec un ours gris; A 10 hrs (s'il est encore vivant) il arrache quelques dents à des chats sauvages; L'après-midi, c'est une promenade au bois avec une douzaine de loups affamés; Dans la soirée, il sort en petite voiture attelée d'un chameau fou puis il va jouer aux dames avec Joe Martin.Pour compléter cette journée ple'ne de risques et de dangers, il fait mieux encore: il discute politique avec quelques amis et essaie de comprendre quelque chose à la diplomatie internationale.Après quoi, il va jouir d'un repos bien gagné.Sans doute, tout ce programme n'est que fantaisiste, mais il n'en est pas moins vrai que Stecker remplit, à la Cie Universal, des fonctions qui demandent un certain audace et qui ne sont pas à la portée du prem'er venu.En Amérique, une des fabriques les plus importantes de moteurs vient de faire installer, dans ses magasins d'exposition, une salle de cinéma où 1e futur client peut voir sur l'écran les nombreux services que pourra rendre le moteur dans une foule d'ap-piications différentes.C'est une grosse économie de temps et d'argent.Car il n'est plus nécessaire maintenant de se rendre sur les lieux mêmes où fonctionnent appareils, ni de les monter et de les démonter devant chaque client.Larry Semon possède l'art des culbutes au suprême degré.Quo de plus comique qut ce visage étonné et ces yeux, naïvement interrogateurs, qui ont l'air de dire: "Eh bien oui, c'est moi, mais cela peut vous arriver à vous aussi! ." 0 O 8 8 0 Q O ® O Q 0 ® 0 9 o ® O D o 0 ?m O m o m o o D ® 0 •:'*':¦ Q m Q •:*:• 0 o 9 Q S D I \3U 26 LE PANORAMA Montréal, Juin 1 UN LENDEMAIN DE FETE UNE PREDICTION REALISEE S û ® 0 s Q 0 a 0 0 Q ¦:'*':¦ ?0 ® D 0 a 8 ® ?8 8 S 0 Ht': ® 0 Q 8 8 8 8 ?8 8 8 S POUR certaines personnes, les lendema'ns de fêtes sont jilutùt tristes.Il semble que ia fatal'té—quand ce n'est pas la trop bonne ohère—veuille faire payer avec intérêts ie plaisir de la veille.11 n'en fut pas de même pour Corinne Griffith un certain jour de mardi-gras dont e.le avait été la re ne.Albert E.Smth.de la Cie Vitagraph, la vit, l'admira.et l'engagea.Et voilà comment il se fait qu'aujourd'hui Corinne Griffith est au rang des étoiles.SI les tireuses de cartes n'ont qu'une ''seconde vue " très relative eu ce qui concerne l'avenir, il y a au contraire des actr ces qui paraissent fort bien douées sous ce rapport.Telie fut nrss Helen Ware lorsqu'elle prédit qu'Antonio Moreno conquerrait la gloire et la fortune comme acteur.Cette prédiction est aujourd'hui en voie de complète réalisation.Antonio Moreno jouit d'une réputation mond'ale et sa fortune acquise est de celles dont on se contenterait volontiers.UN GROUPE SOURIANT De 'droite à gauche.Joe Rock, Rosemary Theby, Wallace MacDonald at PaUy De Forrest.UN TRUST AMERICAIN Le bruit court en Amérique que les maisons d'édition Loew, Famous Piayers-Lasky et Goldwyn sont à la veille de s'assocer.Si cela était vrai, la nouvelle associaton ainsi fondée serait absolument maîtresse du marché américain.-o-' LE "RING" ET L'ECRAN La Robertson Cole Cie de New-York, vient de signer un contrat avec Carpentier.par lequel ce dernier s'engage a figurer en compagnie de Descamps dans un film spécialement écrit à son intention.D'autre part une association de directeurs de music-halls, la Keith Agency iui offre des appointements de $560*' par semaine pour une tournée à travers les Etats-Unis.-o- MARY PICKFORD complète actuellement un nouveai film intitulé "The Duchess of Suds".* * * "'The Harvest Moon" avec Doris Kenyon, vient d'arriver sur le marché, elle sera à Montréal dans quelques jours.* * # LA CIE Famous Players se fait construire un nouveai studio à Long Island City au coût de deux millions. Montréal, Juin 19^0 le panorama ri ALICE JOYCE Û ® o ® 0 a a U G© O 0 ® 0 ® 0 0 ® 0 w 0 ® 0 O O ® ® 0 ® 0 ® 0 ® n ?(+} DANS les prem.ers jours du Cinéma, Alice Joyce aval Q déjà une réputation qui s'étendait d'un bout à l'autre do 55 l'Amérique; aujourd'hui, sous l'égide de la Cie Vitagraph.Q elle est devenue célèbre dans le monde entier.(*> Les productions cinématographiques dans lesquelles elle Q a paru sont trop nombreuses pour être énumérées et nous nous bornerons à citer l'une des dernières "La Vengeance ¦de Durand" dans laquelle elle a, plus que jamais peut.être, fait montre de ses brillantes qualités.Bien que la célébrité lui soit venue.Alice Joyce est restée la personne simple et de bonne humeur des premiers temps.Ceci est bien démontré par un incident survenu au cours de la préparat:on de 'The Sporting Duchess "; la Cie LJ était rentrée à l'hôtel et miss Joyce, assise dans une chaise iii confortable lisant un magazme en attendant ie dîner; son UJ directeur George Tervvilliger était accoudé un peu plus loin aet lui tournait le dos.Un homme entra, aperçut l'actrice qu'il reconnut et se dirigea vers George Terw lliger qu'il C'* prenait pour un étranger.J —Tournez-Vous doucement, lui dit-il.el vous verrez Ûdans nu faulenil une jolie tille qui est ia célèbre Alice ¥ Joyce.L'actrice entend I.eut un sourire amusé et, heureuse de y faire une esp'ègleric, elle se leva et vint sans bruit se pos-pi ter derrère les deux hommes .TfJ —N'avz-vous pas prononce mon nom?demanda-t-elle à S l'inconnu.i^ L'a*!Ire interloqué ne savaft que répondre et balbutiait [j une vague excuse.—Excusez-moi.reprit Alice Joyce, mais je meurs de faim et je cçoyais que vous venez avertir M.Tervvilliger que le dîner était prêt.Cette boutade amusa fort tous ceux qui étaient présents, quant à l'étranger, ii en conclut qu'avant de vouloir renseigner quelqu'un, il faut savoir si celui-là n'en connaît pas plus long que vous.Dorothy Gish dans un àc ses rôles amusants.JOSEPHINE ET SA PIPE JOSEPHINE HILL, ayant vu -un ami, M ss Oodowsky fumer la c'garette.voulut fa rc mieux: elle fuma la pipe et.alin de pouvoir transmettre cet acte mémorable à la postérité, elle se fit photographier avec la 'bouffarde ' dans ses jolies quenottes.L'opération ne dura pas longtemps mais cependant assez pour iui donner un mal au coeur que seul un énergique breuvage put faire disparaître.Cela vous apprendra, charmante Joséphine, à vouloir faire l'homme! y 8 ® O ® O ® O in-) O ® ® O ® O O Q O O ® O O ® O 0 ® 0 ® 0 ® 0 0 ® ® 0 m 0 8 V*} ?O o m O O o 8 90 3 8 O (S) 9 28 LE PANORAMA Montréal, Juin 1920 On prétend qu'à la suite de cette visite et pendant de longues années à venir, les neuf dixièmes des filles d'Eve, à Dedham, se nommeront Mary.C'est sans doute parce qu'en réalité, Mary Miles Muter a pour nom Juliet Shelby.Dès le deuxième jour qu'elle était à Dedham.toutes les jeunes filles porta'ent, comme elle, les cheveux tombant dans le dos en boucles luxuriantes.Puis on étudia ses gestes, son attitude, son sourire et l'on copia tout cela du mieux que l'on put.11 y avait, du reste, matière à observer car le village avait été choisi pour la production de plu-s'eurs scènes relatives au premier film de Mary et qui a pour titre: "Anne of Green Gables''.Ma s hélas! tout prend fin, la distraction plus vite encore que tout le reste et les plus brillantes étoiles s'éclipsent à un moment donné.L'heure vint de part'r et ce ne fut pas sans regret que les résidents de Dedham virent leur idole disparaître.Qu'' ls se consolent, ils la reverront, tout au moins sur l'écran et ils auront eu le plais;r de l'avoir en personne parnv eux.re qui n'arrive pas à tout le monde.NOUS Daylight' verrons bientôt Milehell Lewis dans "Burning Celle vue se passe au Yukon.s » * S Q 8 S 6 8 s S 0 ® 0 C e 0 p D 0 O * O s 0 9 D ¦:*:• B m (+ O m C jeune étoile du Métro, esl arrêtée par une jeune fille.Vous èles mademoiselle Alice Lake, je suppose?— Je l'avoue, répond la jolie artiste.— Eh bien, j'aurais un conseil à vous demander, de femme à femme.Me conseillez-vous de me marier ou de me lancer dans la carrière îles vues animées?Et Alice Lake de lui répondre en souriant: Je vous conseille de venir prendre un 'sundae cup"' avec moi.'' IL EST tout à fait probable que "Wayfarer"' la plus grande de Imites les productions sera bientôt montrée publiquement.Ce film a été pris au Madison Square Garden de Los Angeles.ETHEL CLAYTON vient de renouveler son contrat pour un long terme avec la Famous Players-Lasky Corporation.En octobre prochain, elle doit aller en Angleterre jouer dans le studio que sa compagnie possède à Londres après quoi elle reviendra aux Etats-Unis.Une scène de "Anne of Green Gables" qui s'est joué à Dedham. Montréal, Juin 1920 LE PANORAMA 29 D ® o O 8 ® o 0 ® o ® ?® 0 p P P ® P (a) p P P P ® P p p g p o O o P m P 9 p o o m o 9 P g 3 J a a 3 LE FILM Les débuts du Cinéma sunt encore peu lointains.En 1900, Zecca, directeur de la maison Pathé, fit un drame "1 Histoire d'un Crime", qui n'avait que 300 pieds de film et durait 5 minutes.Aujourd'hui, il y a des "vues" en cinq rouleaux et plus qui durent une heure et demie et quelquefois davantage.Sans parler de la mise en scène, des décors, des artistes principaux et de la figuration, la production d'un film est longue, délicate et coûteuse.La pellicule négative, outre les accidents ordinaires qui peuvent la gâter (voilage, mauvaise mise au point) peut être rayée par des saletés laissées dans l'appareil ou zébrée d'effluves par l'électricité de l'air.Ce dernier inconvénient, très grave et qui a lieu surtout par les temps humides et froids, reste encore mystérieux.Enfin la prise de vues peut se décadrer et donner des images .inutilisables.Le négat f obtenu, on en lire des centaines de positifs destinés aux théâtres mais tout ceci nécessite naturellement un outillage énorme qui ne ressemble guère à celui d'un amateur photographe.-o- Lois Weber, la célèbre metteuse en scène vient de signer un contrat avec la Famous Players Lasky.* * * HEATK1CE LA PLANTE comédienne à la Cie Pathé, a fait, il y a quelque temps, une chute très douloureuse à la suite de laquelle elle a dû garder la chambre.Elle est maintenant en bonne voie de convalescence.* * * "DANGEROUS TO MEN ' est le titre cinématographique de "Eliza comes to slay ".vue dans laquelle nous aurons le plaisir d'applaudir Viola Dana.Le rôle de célibataire dans cette vue sera tenu par Milton Sills.Patoy de Forrest, comédienne distinguée de la Cie Vitagraph. LE PANORAMA Montréal, Juin 19: Montréal, Juin 1920 LE PANORAMA Va L.I M nii.i dune a dit que les sirènes étaient des êtres de légende, éclos simplement (imagination des poètes?A coup sur, celui-là n'a jamais vu la côte californienne MH1 uii meurt, doucement, comme dans ûive caresse la vague venue des profondeurs IninHdu vaste océan Pacilique.Celui-là aurait vu, en toute saison, même dans les mois où c'est ailleurs la rafalBige et la bise cinglante, celui-là aurait vu s'ébattre dans les flots, sous les rayons d'un -oie I enchanteur I.e une pléiade d'être- aux «.•»!.•. HOMME OU CHEVREUIL Sauter du haut d'un toit dans une voiture qui passe, d'une auto en marche dans une autre, courir sur la corniche d'une maison élevée, se moquer des fondrières, des clôtures et de tous les obstacles, avoir le pied aussi solide que le cerveau c'est-à-dire ne craindre ni les glissades ni le vertige, il faut être, pour cela, ou chevreuil, ou William Duncan.Cet agile et vigoureux artiste de la Cie Vitagraph, acteur et directeur, se maintient toujours en forme par une culture physique incessante.Il boxe, joue au ballon, nage et fait de la gymnastique comme les autres respirent et des lors, il ne faut plus s'étonner de ses fantastiques cabrioles accomplies r^i le sourire aux lèvres alors que les autres se casseraient cent ^ f* C ft; ?ft 0 ft) ft} O ft: 0 ft) 0 ftj 0 ftj 0 ftj 0 ftj 0 o 0 ftj fois le cou.Ces multiples talents sont d'ailleurs bien mis à l'épreuve dans "The Silent Avenger" la série qu'il vient de préparer.' A 0 ® 0 ® o ® 0 ® 0 9 0 ® 0 9 q Q 3 lontréal, Juin 1929 LE PANORAMA 41 (Suite de la page 20) —Faites sortir le père Mathieu! ordonna le présidant.On emmena le père Mathieu.Rouletabille reprit: — .Puisqu'elle a fait cet aveu, je puis bien vous dire qu'elle avait souvent rendez-vous, la nuit, avec le garde, au premier étage du donjon, dans la chambre qui fut, autrefois un oratoire.Ces rendez-vous furent surtout fréquents dans les derniers temps, quand le père Mathieu était cloué au lit par ses rhumatismes."Une piqûre de morphine administrée à propos, donnait au père Mathieu le calme et le repos, et tranquillisait son épouse pour les quelques heures pendant lesquelles elle était dans la nécessité de s'absenter.Mme Mathieu venait au château, la nuit, enveloppée dans un grand chàle noir qui lui servait autant que possible à dissimuler sa per-sonnalté et la faisait ressembler à un sombre fantôme qui.parfois, troubla les nuits du père Jacques.Pour prévenir son amant de sa présence.Mme Mathieu avait emprunté au chat de la mère Agenoux, une vieille sorcière de Sainte-Geneviève-des-Bois, son miaulement sinistre; aussitôt, le garde descendait de son donjon et venait ouvrir la petite poterne à sa maîtresse.Quand les réparations du donjon furent récemment entreprises, les rendez-vous n'en eurent pas moins lieu dans l'ancienne chambre du garde, au donjon même, la nouvelle chambre, qu'on avait momentanément abandonnée à ce malheureux serviteur, à l'extrémité de l'aile droite du château, n'étant séparée du ménage du maître d'hôtel et de la cuisinière que par une trop mince cloison."Mme Mathieu venait de quitter le garde en parfaite santé, quand le drame du petit bout de cour survint.Mme Mathieu et le garde, n'ayant plus rien à se dire, étaient sortis du donjon ensemble.Je n'ai appris ces détails, monsieur le président, que par l'examen auquel je me livrai des traces de pas dans la cour d'honneur, le lendemain matin.Bernier.le concierge, que j'avais placé, avec son fusil, en observation derrière le donjon, ainsi que je lui permettrai de vous l'expliquer lui-même, ne pouvait voir ce qui se passait dans la cour d'honneur.Il n'y arriva un peu plus tard qu'attiré par les coups de revolver, et tira à son tour.Voici donc le garde et Mme Mathieu, dans la nuit et dans le silence de la cour d'honneur.Ils se souhaitaient le bonsoir; Mme Mathieu se dirige vers la grille ouverte de cette cour, et lui s'en retourne se coucher dans sa petite pièce en encorbellement, à l'extrémité de l'aile droite du château."Il va atteindre sa porte, quand des coups de revolver retentissent; il se retourne; anxieux, il revient sur ses pas; il va atteindre l'angle de l'aile droite du château quand une ombre bondit sur lui et le frappe.Il meurt.Son cadavre est raniassé tout de suite par des gens qui croient tenir l'assassin et qui n'emportent que l'assassiné.Pendant ce temps, que fait Mme Mathieu?Surprise par les détonations et par l'envahissement de la cour, elle se fait la plus petite qu'elle peut dans la nuit et dans la cour d'honneur.La cour est vaste, et se trouvant près de la grille.Mme Mathieu pouvait passer 'uaperçue.Mais elle ne passa pas.Elle resta et vit emporter le cadavre.Le coeur serré d'une angoisse bien compréhensible et poussée par un tragique pressentiment, elle vint jusqu'au vestibule du château, jeta un regard sur l'escalier éclairé par le lumignon du père Jacques, l'escalier où l'on avait étendu le corps de son amant; elle vit et s'enfuit.Avait-elle éveillé l'attention du père Jacques?Toujours est-il que celui-ci rejoignit le fantôme noir, qui déjà lui avait fait passer quelques nuits blanches."Cette nuit même, avant le crime, il avait été réveillé par les cris de la bête du bon Dieu et avait aperçu, par sa fenêtre, le fantôme noir.Il s'était hâtivement vêtu et o'est ainsi que l'on s'explique qu'il arriva dans le vestibule, tout habillé, quand nous apportâmes le cadavre du garde.Donc, cette nuit-là, dans la cour d'honneur, il a voulu sans doute, une fois pour toutes, regarder de tout près la figure du fantôme.Il la reconnut.Le père Jacques est un vieil ami de Mme Mathieu .Elle dut lui avouer ses amours, ses rendez-vous, et le supplier de la sauver de ce moment difficile! L'état de Mme Mathieu, qui venait de voir son amant mort, devait être pitoyable.Le père Jacques eut pitié et accompagna Mme Mathieu, à travers la chênaie, et hors du parc, par delà même les bords de l'étang, jusqu'à la route d'Epinay.Là.elle n'avait plus que quelques mètres à faire pour rentrer chez elle.Le père Jacques revint au château, et, se rendant compte de l'importance judiciaire qu'il y aurait pour la maîtresse du garde à ce qu'on ignorât sa présence au château, cette nuit-là, essaya autant que possible de nous cacher cet épisode dramatique d'une nuit qui, déjà, en comptait tant! Je n'ai nul besoin, ajouta Rouletabille, de demander à Mme Mathieu et au père Jacques de corroborer ce récit.Je sais que les choses se sont passées ainsi! Je ferai simplement appel aux souvenirs de M.Larsan qui, lui, comprend déjà comment j'ai tout appris, car il m'a vu, le lendemain matin, penché sur une double piste où l'on rencontrait, voyageant de compagnie, l'empreinte des pas du père Jacques et de ceux de madame." Ici, Rouletabille se tourna vers Mme Mathieu qui était restée à la barre, et lui fit un salut galant.—Les empreintes des pieds de madame, expliqua Rouletabille, ont une ressemblance étrange avec les traces des pieds élégants de l'assassin.Mme Mathieu tressaillit et fixa avec une curiosité farouche le jeune reporter.Qu'osait-il dire?Que voulait-il dire?—Madame a le pied élégant, long et plutôt un peu grand pour une femme.C'est, au bout pointu de la bottine près, le pied de l'assassin.Il y eut quelques mouvements dans l'auditoire.Rouletabille, d'un geste, les fit cesser.On eût dit vraiment que c'était lui, maintenant, qui commandait la police de l'audience.IjÉiÉÉ —Je m'empresse de dire, fit-il, que ceci ne signifie pas grand'chose et qu'un policier qui bâtirait un système sur des marques extérieures semblables, sans mettre une idée générale autour, irait tout de go à l'erreur judiciaire ! M.Robert Darzac, lui aussi, a les pieds de l'assassin, et cependant, il n'est pas l'assassin! Nouveaux mouvements.Le président demanda à Mme Mathieu: —C'est bien ainsi que, ce soir-là, les choses se sont passées pour vous, madame?—Oui.monsieur le président, répondit-elle.C'est à croire que M.Rouletabille était derrière nous.—Vous avez donc vu fuir l'assassin jusqu'à l'extrémité de l'aile droite, madame?—Oui.comme j'ai vu emporter, une minute plus tard, le cadavre du garde.—Et l'assassin, qu'est-il devenu?Vous étiez restée seule dans la cour d'honneur, il serait tout naturel que vous l'ayez aperçu alors.Ii ignorait votre présence et le moment était venu pour lui de s'échapper.—Je n'ai rien vu, monsieur le président, gémit Mme Mathieu.A oe moment la nuit était devenue très noire.—C'est donc, fit le président.M.Rouletabille qui nous expliquera comment l'assassin s'est enfui.—Evidemment! répliqua aussitôt le jeune homme avec 42 LE PANORAMA Montréal, Juin 1920 une telle assurance que le président ne put s'empêcher de sourire.Et Rouletabille reprit la parole: —U était impossible que l'assassin s'enfuit normalement du bout de cour dans lequel il était entré sans que nous le vissions! Si nous ne l'avions pas vu, nous l'eussions touché! C'est un pauvre petit bout de cour de rien du tout, un carré entouré de fossés et de hautes grilles.L'assassin eût marché sur nous ou nous eussions marché sur lui! Ce carré était aussi quasi-matériellement fermé par les fossés, les grilles et par nous-mêmes, que la Chambre Jaune! —Alors, dites-nous donc, puisque l'homme est entré dans ce carré, dites-nous donc comment il se fait que vous ne l'ayez point trouvé!.Voilà une demi-heure que je ne vous demande que cela!.< Rouletabille ressortit une fois encore l'oignon qui garnissait la poche de son gilet; il y jeta un regard calme, et dit : - —Monsieur le président, vous pouvez me demander cela encore pendant trois heures trente, je ne pourrai vous répondre sur ce point qu'à six heures et demie! Cette fois-ci les murmures ne furent ni hostiles, ni désappointés.On commençait à avoir confiance en Rouletabille.On lui faisait confiance.Et l'on s'amusait de cette prétention qu'il avait de fixer une heure au président comme il eût fixé un rendez-vous à un camarade.Quant au président, après s'être demandé s'il devait se fâcher, il prit son parti de s'amuser de ce gamin comme tout le monde.Rouletabille dégageait de la sympathie, el le président en était déjà tout imprégné.Enfin, il avait 3i nettement défini le rule de Mme Mathieu dans l'affaire, et si bien expliqué chacun de ses gestes, cette nuit-là, que M.de Rocoux se voyait obligé de le prendre presque au sérieux.— Eh bien, monsieur Rouletabille, fit-il, c'est comme vous voudrez! Mais que jelne vous revoie plus avant six heures et demie! Rouletabille salua le président, et.dodelinant de sa grosse tête, se dirigea vers la porte des témoins.:•; ;r Son regard me cherchait.Il ne me vit point.Alors, je me dégageai tout doucement de la foule qui m'enserrait et je sortis de la salle d'audience, presque en même temps que Rouletabille.Cet excellent ami m'accueillit avec effusion.Il était heureux et loquace.Il me secouait les mains avec jubilation.Je lui dis: —Je ne vous demanderai point, mon cher ami.ce que vous êtes allé faire en Amérique.Vous me répliqueriez sans doute, comme au président, que vous ne pouvez me répondre qu'à six heures et demie.—Non.mon cher Sainclair, non, mon cher Sainclair! Je vais vous dire tout de suite ce que je suis allé faire en Amérique, parce que vous, vous êtes un ami: je suis allé chercher le nom de la seconde moitié de l'assassin! —Vraiment, vraiment, le nom de la seconde moitié.T —Parfaitement.Quand nous avons quitté le Glandier pour la dernièrefois, je connaissais les deux moitiés de l'assassin et le nom de l'une de ces moitiés.C'est le nom de l'autre moitié que je suis allé chercher en Amérique.Nou9 entrions, à ce moment, dans la salle des témoins.Ils vinrent tous à Rouletabille avec force démonstrations.Le reporter fut très aimable, si ce n'est avec Arthur Rance auquel il montra une froideur marquée.Frédéric Larsan entrant alors dans la salle, Rouletabille alla à lui, lui administra une de ces poignées de main dont il avait le douloureux secret, et dont on revient avec des phalanges bri- sées.Pour lui montrer tant de sympathie.Rouletabille devait être bien sûr de l'avoir roulé.Larsan souriait, sûr de lui-même et lui demandant, à son tour, ce qu'il était allé faire en Amérique.Alors, Rouletabille, très aimable, le prit par le bras et lui conta dix anecdotes de son voyage.A un moment, ils s'éloignèrent, s'entretenant de choses plus sérieuses, et.par discrétion, je les quittai.Du reste, j'étais fort curieux de rentrer dans la salle d'audience où l'interrogatoire des témoins continuait.Je retournai à ma place et je pus constater tout de suite que le public n'attachait qu'une importance relative'à ce qui se passait alors, et qu'il attendait impatiemment six heures et demie.* * *; Ces six heures et demie sonnèrent et.Joseph Rouletabille fut à nouveau introduit.Décrire l'émotion avec laquelle la foule le suivit des yeux à la barre serait impossible .On ne respirait plus.M.Robert.Darzac s'était levé à son banc.Il était "pâle comme un mort".Le président dit avec gravité: —Je ne vous fais pas prêter serment, monsieur ! Vous n'avez pas été cité régulièrement.Mais j'espère qu'il n'est pas besoin de vous expliquer toute l'importance des paroles que vous allez prononcer ici.Et il ajouta, menaçant: —Toute l'importance de ces paroles .pour vous, sinon pour les autres!.Rouletabille, nullement ému.le regardait.Il dit: —Oui, m'sieur! —Voyons, fit le président.Nous parlions tout à l'heure de ce petit bout de cour qui avait servi de refuge à l'assassin, et vous nous promettiez de nous dire, à six heures et demie, comment l'assassin s'est enfui de ce bout de cour e\ a"ussi le nom de l'assassin.Il est six heures trente-cinq, monsieur Rouletabille, et nous ne savons encore rien! '«»s»ffS|'HW —Voilà, m'sieur! Je vous ai dit que ce bout de cour était, fermé et qu'il était impossible pour l'assassin de s'échapper de ce carré sans que ceux qui étaient à sa recherche s'en aperçussent.C'est l'exacte vérité.Quand nous étions là, dans ce carré de bout de cour, l'assassin s'y trouvait encore avec nous! —Et vous ne l'avez pas vu!.c'est bien ce que l'accusation prétend.—Et.nous l'avons tous vu! monsieur le président, s'écria Ronlehrbille.—Et vous ne l'avez pas arrêté !.—U n'y avait que moi qui sût qu'il était l'assassin.Et j'avais besoin que l'assassin ne fût pas arrêté tout de suite! Et puis, je n'avais d'autre preuve, à ce moment, que ma mison! Oui, seule, ma raison me prouvait que l'assassin était là et que nous le voyions! J'ai pris mon temps pour apporter, aujourd'hui, en cour d'assises, une preuve irrré-futable et qui, je m'y engage, contentera tout le monde.—Mais parlez! parlez, monsieur! Dites-nous quel est le nom de l'assassin, fit le président.—Vous le trouverez parmi les noms de ceux qui étaient dans le bout de cour, répliqua Rouletabille, qui, lui, ne semblait pas pressé.On commençait à s'impatienter dans la "Salle.—Le nom! Le nom! murmurait-on.Rouletabille, sur un ton qui méritait des gifles, dit: —Je laisse un peu traîner cette dépositon, la mienne, m'sieur le président, parce que j'ai mes raisons pour cela! —Le nom! Le nom! répétait la foule.—Silence! glapit l'huissier.Le président dit: —Il faut tout de suite nous dire le nom, monsieur!. Montréal, Juin 1920 LE PANORAMA 43 Ceux qui se trouvaient dans le bout de cour étaient : le garde, mort.Est-ce lui, l'assassin?—Non.m'sieur.—Le père Jacques?.—Non.m'sieur.—Le concierge, Bernier?—Non.m'sieur.—M.Arthur-William Rance, alors?Il ne reste que M.Arthur Rance et vous! Vous n'êtes pas l'assassin, non?—Non.m'sieur.—Alors, vous accusez M.Arthur Rance?—Non.m'sieur.—Je ne comprends plus!.'Où voulez-vous en venir?.Il n'y avait plus personne dans le bout de cour.—Si, m'sieur!.,.Il n'y avait personne dans le bout de cour, ni au-dessous, mais il y avait quelqu'un au-dessus, quelqu'un penché à sa fenêtre, sur le bout de cour.—Frédéric Larsan! s'écria le président.—Frédéric Larsan! répondit d'une voix éclatante Rouletabille .E-t.se retournant vers le public qui faisait entendre déjà des protestations, il lui lança ces mots avec une force dont je ne le croyais pas capable: —Frédéric Larsan, l'assassin! Une clameur où s'exprimaient l'ahurissement, la consternation.l'indignat:on.l'incrédulité, et, chez certains, l'enthousiasme pour le petit bonhomme assez audacieux pour oser une pareille accusation, remplit la salle.Le président n'essaya même pas de la calmer; quand elle fut tombée d'elle-même, sous les chut! énergiques de ceux qui voulaient tout de suite en savoir davantage, on entendit distinctement Robert Darzac, qui, se laissant retomber sur son banc, disait: -C'est impossible! Il est fou!.Le président: ¦—Vous osez, monsieur, accuser Frédéric Larsnn! Voyez l'effet d'une pareille accusation.M.Robert Darzac lui-même vous traite de fou!.Si vous ne l'êtes pas.vous devez avoir des preuves.—Des preuves, m'sieur! Vous-voulez des preuves! Ah! je vais vous en donner une.de preuve.fît la voix aiguë de Rouletabille.Qu'on fasse venir Frédéric Larsan!.Le président : —Huissier, appelez Frédéric Larsan.L'huissier courut à la petite porte, l'ouvrit, disparut.La petite porte était restée ouverte .Tous les yeux étaient sur cette petite porte.L'huissier réapparut.Il s'avança au milieu du prétoire et dit: —Monsieur le président, Frédéric Larsan n'est pas là.Il est parti vers quatre heures et on ne l'a plus revu.Rouletabille clama, triomphant: —Ma preuve, la voilà! —Expliquez-vous.Quelle preuve?demanda le président.: >H*r —Ma preuve irréfutable, fit le jeune reporter, ne voyez-vous pas que c'est la fuite de Larsan .Je vous jure qu'il ne reviendra pas, allez!.Vous ne reverrez plus Frédéric Larsan.—Si vous ne vous moquez pas de la justice, pourquoi, monsieur, n'avez-vous pas profité de ce que Larsan était avec vous, à cette barre, pour l'accuser en face?Au moins, il aurait, pu vous répondre!.—Quelle réponse eût été plus complète que celle-oi; monsieur le président?.Il ne me répond pas! Il ne me répondra jamais! J'accuse Larsan d'être l'assassin et il se sauve! Vous trouvez que ce n'est pas une réponse, ça!.—Nous ne voulons pas croire, nous ne croyons point que Larsan, comme vous dites, se soit sauvé.Gomment se serait-il sauvé?Il ne savait pas que vous alliez l'accuser?—Si, m'sieur, il le savait, puisque je le lui ai appris moi-même, tout à l'heure.—Vous avez fait cela!.Vous croyez que Larsan est l'assassin et vous lui donnez les moyens de fuir!.—Oui.m'sieur le président, j'ai fait cela, répl'qua Rouletabille avec orgueil.Je ne suis pas de la "just;ce", moi; je ne sus pas de la "police", moi ; je suis un humble journaliste, et mon métier n'est pomt de faire arrêter les gens! Je sers la vérité comme je veux.c'est mon affaire.Préservez, vous antres, la société, comme fOWM pouvez, c'est la vôtre.Mais ce n'est pas moi qui apporterai une tête au bourreau!.Si vous êtes juste, monsieur le président—et vous l'êtes—vous trouverez que j'ai raison!.Ne vous ai-je pas dit, tout à l'heure, que vous comprendriez que je ne pouvais prononcer le nom de l'assassin avant six heures et demie .J'avais calculé que ce temps était nécessaire pour avertir Frédéric Larsan, lui permettre de prendre le train de 4 h.17, pour Paris, où il saurait se mettre en sûreté.Une heure pour arriver à Paris, une heure et quart pour qu'il pût faire disparaître toute trace de son passage .Cela nous menait à six heures et demie.Vous ne retrouverez pas Frédério Larsan, déclara RouletabHle en fixant M.Robert Darzac.Il est trop malin.C'est un homme qui vous a toujours échappé.et que vous avez longtemps et vainement poursuivi.S'il est moins fort que moi, ajouta Rouletabille, en riant de bon coeur et en riant tout seul, car personne n'avait plus envie de rire.il est plus fort que toutes les polices de la terre.Cet homme, qui, depuis quatre ans, s'est introduit à la Sûreté, et y est devenu célèbre sous le nom de Frédéric Larsan.est autrement célèbre sous un autre nom que vous connaissez bien.Frédéric Larsan, m'sieur le président, c'est Ballmeyer! —Ballmeyer! s'écria le président.—Ballmeyer! fit Robert Darzac, en se soulevant.Ballmeyer!.C'était donc vrai! —Ah! ah! m'sieur Darzac.vous ne croyez plus que je suis fou, maintenant!.Ballmeyer! Ballmeyer! Ballmeyer! On n'entendait plus que ce nom dans la salle.Le président suspendit l'audience.- , * • • Vous pensez si cette suspension d'audience fut mouvementée.Le public avait de quoi s'occuper.Ballmeyer! On trouvait, décidément, le gamin "épatant"! Ballmeyer I Mais le bruit de sa mort avait couru, il y avait, de cela, quelques semaines.Ballmeyer avait donc échappé à la mort comme, toute sa vie, il ava;t échappé aux gendarmes.Est-il nécessaire que je rappelle ici les hauts faits de Ballmeyer?Ils ont.pendant vingt ans, défrayé la chronique judiciaire et la rubrique des faits divers; et, si quelques-uns de mes lecteurs ont pu oublier i'iffaire de la Chambre Jaune, ce nom de Ballmeyer n'est certainement pas sorti de leur mémoire.Ballmeyer fut le type même de l'escroc du grand monde; il n'était point de gentleman plus gentleman que lui il n'était point de prestidigitateur plus habile de ses doigts que lui; il n'était point d'"apache", comme on dit aujourd'hui, plus audacieux et plus terrible que lui.Reçu dafts la meilleure société, inscrit dans les cercles les plus fermés, il avait volé l'honneur des familles et l'argent des pontes avec une maestria qui ne fut jamais dépassée.Dans certaines occasions difficiles, il n'avait pas hésité à faire le coup de couteau et le coup de l'os de mouton.Du reste, il n'hésitait jamais, et aucune entreprise n'était au-dessus de 9es forces.Etant tombé 44 LE PANORAMA Montréal, Juin 1920 une fois entre les mains de la justice, il s'échappa, le matin de son procès, en jetant du poivre dans les yeux des gardes qui le conduisaient à la cour d'assises.On sut plus tard que, le jour de sa fuite, pendant que les plus fins limiers de la Sûreté étaient à ses trousses, il assistait, tranquillement, nullement maquillé, à une "première" du Théâtre-Français.VI1 avait ensuite quitté la France pour travailler en Amérique, et la police de l'état d'Ohio avait, un beau jour, mis ia main sur l'exceptionnel bandit; mais, le lendemain il s'échappait encore.Ballmeyer, il faudrait, un volume pour parler ici de Ballmeyer.et c'est cet homme qui était devenu Frédéric Larsan!.Et c'est ce petit gamin de Rouletabille qui avait découvert cela!.Et c'est lui aussi, ce moutard, qui.connaissant le passé d'un Ballmeyer, lui permettait, une fois de plus, de faire la nique à la société, en lui fournissant le moyen de s'échapper! A ce dernier point de vue, je ne pouvais qu'admirer Rouletabille, car je savais que son dessein était de servir jusqu'au bout M.Robert Darzac et Mlie Stangerson en les débarrassant du bandit sans qu'il parlât.On n'était pas encore remis d'une pareille révélation, et j'entendais déjà les plus pressés s'écrier: "En admettant que l'assassin fût Frédéric Larsan, cela ne nous explique pas comment il est sorti de la Chambre Jaune!." quand l'audience fut reprise.* * * Rouletabille fût appelé immédiatement à la barre et son "interrogatoire", car il s'agissait là plutôt d'un interrogatoire que d'une "déposition", reprit.Le président: —Vous nous avez dit tout à l'heure, monsieur, qu'il était impossible de s'enfuir au bout de cour.J'admets, avec vous, je veux bien admettre que, puisque Frédéric Larsan se trouvait penché à sa fenêtre, au-dessus de vous, il fût encore dans ce bout de cour; mais, pour se trouver à sa fenêtre, il lui avait fallu quitter ce bout de cour.Il s'était donc enfui! Et comment?Rouletabille: —J'ai dit qu'il n'avait pu s'enfuir normalement.Il s'est donc enfui anormalement! Car le bout de cour, je l'ai dit aussi, n'était que quasi-fermé tandis que la Chambre Jaune l'était tout à fait.On pouvait grimper au mur, chose imposible dans la Chambre Jaune, se jeter sur la terrasse et de là, pendant que nous étions penchés sur le cadavre du garde, pénétrer de la terrasse dans la galerie par la fenêtre qui donne juste au-dessus.Larsan n'avait plus u'un pas à faire pour être dans sa chambre, ouvrir sa fenêtre et nous parier.Ceci n'était qu'un jeu d'enfant pour un acrobate de la force de Ballmeyer.Et, monsieur le président, voici la preuve de ce que j'avance.Ici.Rouletabille tira de la poche de son veston, un petit paquet qu'il ouvrit, et dont il tira une cheville.—Tenez, monsieur le président, voici une cheville qui s'adapte parfaitement dans un trou que l'on trouve encore dans "le corbeau" de droite qui soutient la terrasse en encorbellement.Larsan, qui prévoyait tout et qui songeait à tous les moyens de fuite autour de sa chambre — chose nécessaire quand on joue son jeu—avait enfoncé préalablement cette cheville dans ce "corbeau".Un pied sur la borne qui est au coin du chàieau, un autre pied sur la cheville, une main à la corniche de la porte du garde, l'autre main à la terrasse, et Frédéric Larsan disparaît dans les airs.d'autant mieux qu'il est fort ingambe et que, ce soir-là, il n'était nullement endormi par un narcotique, comme il avait voulu nous ie faire croire.Nous avons dîné avec lui, monsieur le président, et, au dessert, il nous joua le coup du monsieur qui tombe de sommeil, oar il avait besoin d'être, lui aussi, endormi, pour que, le lendemain, on ne s'étonnât point que moi, Joseph Rouletabille, j'aie été victime d'un narcotique en dînant avec Larsan.Du moment où nous avions subi ie même sort, les soupçons ne l'atteignaient point et s'égaraient ailleurs.Car, moi, monsieur le président, moi.j'ai été bel et bien endormi, et par Larsan lui-même, et comment!.Si je n'avais pas été dans ce triste état, jamais Larsan ne se serait introduit dans la chambre de Mlle Stangerson ce soir-là, et le malheur ne serait pas arrivé!.On entendit un gémissement.C'était M.Darzac qui n'avait pu retenir sa douloureuse plainte.—Vous comprenez, ajouta Rouletabille, que, couchant à côté de lui, je gênais particulièrement Larsan cette nuit-là, car il savait ou du moins il pouvait se douter que, cette nuit-là, je veillais! Naturellement il ne pouvait pas croire une seconde que je le soupçonnais,.lui! Mais je pouvais le découvrir au moment où il sortait de sa chambre pour se rendre dans celle de Mlle Stangerson.Il attendit, cette nuit-là, pour pénétrer chez Mlle Stangerson.que je fusse endormi et que mon ami Sainclair fût occupé dans ma propre chambre à me réveiller.Dix minutes plus tard Mlle Stangerson criait à la mort! —Comment étiez-vous arrivé à soupçonner, alors, Frédéric Larsan?demanda le président.—Le bon bout de ma raison me l'avait indiqué, m'sieur le président; aussi j'avais l'oeil sur lui; mais c'est un homme terriblement fort, et je n'avais pas prévu le coup du narcotique.Oui, oui, le bon bout de ma raison me l'avait montré! Mais il me fallait une preuve palpable ; comme qui dirait: "le voir au bout de mes yeux après l'avoir vu au bout de ma raison!" —Qu'est-ce que vous entendez par le bon bout de votre raison?—Eh! m'sieur le président, la raison a deux bouts: le bon et le mauvais.Il n'y en a qu'un sur lequel vous puissiez vous appuyer avec solidité: c'est le bon! On le reconnaît à ce que rien ne peut le faire craquer, ce bout-là, quoi que vous fassiez! quoi que vous disiez! Au lendemain de la galère inexplicable, alors que j'étais comme le dernier des derniers des misérables hommes qui ne savent point se servir de leur raison parce qu'ils ne savent par où la prendre, que j'étais courbé sur la terre et sur les fallacieuses traces sens'bles, je me suis relevé soudain, en m'appuyant sur le bon bout de ma raison et je suis monté dans la galerie."Là, je me suis rendu compte que l'assassin que nous avions poursuivi n'avait pu, cette fois, ni normalement, ni anormalement quitter la galerie.Alors, avec le bon bout de ma ratson, j'ai tracé un cercle dans lequel j'ai enfermé le problème, et autour du cercle, j'ai déposé mentalement ces lettres flamboyantes."Puisque l'assassin ne peut être en dehors du cercle, il est dedans !" Que vois-je donc, dans ce cercle ?Le bon bout de ma raison me montre, outre l'assassin qui doit nécessairement s'y trouver : le père Jacques.M.Stangersan, nécessairement s'y trouver: le père Jacques.M.Stangerson, Frédéric Larsan et moi! Cela devait donc faire, avec l'assassin, cinq personnages.Or, quand je cherche dans le cercle, ou si vous prérez.dans la galerie, pour parler matériellement, je ne trouve que quatre personnages.Et il est démontré que le cinquième n'a pu s'enfuir, n'a pu sortr du cercle! Donc, j'ai, dans le cercle, un personnage qui est deux, c'est-à-dire qui est.outre son personnage, le personnage de l'assassin!.Pourquoi ne m'en étais-je pas aperçu déjà?Tout simplement parce que le phénomène du doublement du personnage ne s'était pas passé sous mes yeux.Avec qui, des quatre personnes enfermées dans le (A suivre) Montréal, Juin 1920 LE PANORAMA 45 pooooooooooot^^ 0 ® 0 o y} V*} O o 0 ?V*) Q o •v- Ô 8 9 8 8 o Q Autres scènes du même film qui a pour titre "The Rusher".9 S o 0 8 8 O O 0 8 8 o o 0 9 o o 8 0 O 0 0 Q S 0 52 LE PANORAMA Montréal, Juin 192i 0 ce 570 (LEQUEL DES DEUX ?) Scénario de Paul M.Bryan.Production de la Cit Vitagraph Trois scènes du film "Thimble", représentant Jack Crane et Else La Cour dans les rôles de Blandford et d'Olivia ROLES Blandford Carteret.Jack Crane John Carteret .Inhnn e Walker Mrs Carteret.Blanche Davenport L'oncle Jake.Wes Jenk ns Oiivia D'Armoud.tols-e la Cour Doily.Frances Ne M oyer (i.Wash Daily.Joe Free Pero val.Thomas Carr.SYNOPSIS A l'époque où le Nord et le Sud étaient en guerre, la famille Carteret se divisa en deux branches distinctes, l'une qui suivit les principes puritains de la Nouvelle-Angleterre, l'autre qui conserva les traditions aristocratiques du Sud.* Plus tard, Blandford Carteret, de ia cinquième génération, vint à New-York se lancer dans le commerce avec son cous'n John Carteret, de la branche puritaine.Les deux jeunes gens étaient à peu près du même âge et se ressemblaient beaucoup.Un jour, Blandford reçut une lettre de sa mère lui apprenant que "l'oncle Jake", un vieux unir serviteur de la famille et qui n'était jamais sorti de la plantation, allait à New-York lui remettre une précieuse montre de famille.John, par jeu, propose à son cous'n de laisser deviner au vieux nègre qui des deux est réellement le descendant des aristocrates du Sud; Blandford accepte.L'oncle Jake réfléchit avant de se prononcer- quand on annonce la visite d'Olivia d'Armand, une jeune actrice que les deux cousins avaient rencontrée quelque temps auparavant.Subjugué par son charme.Blandford lui a proposé le mariage et l'agent d'affares de l'actrice vol là une question d'aTgent à faire.Il induit, presque contre sa volonté, Olivia à intenter une action pour bris de promesse contre Blandford.Dans la discussion qui su t, Blandford veut renouveler son offre de mariage mas John veut i'en dissuader en disant qu'un bon chèque arrangera toute cette affa're.Le chèque est en effet rem s à la jeune fille qui s'en va.Blandford la suit et aperçoit à terre, dans le vestibule, les fragments du chèque qu'elle a déchiré; il la vo t également toute en pleurs et la console en lui proposant encore une fols le mariage de façon formelle.L'oncle Jake qui avait assisté à toute cette scène, remet la montre à Blandford en qui 11 a reconnu le descendant des chevaleresques résidents du Sud.I*} 0 0 0 ® 0 (?5 0 S ® o 8 ® o 0 ® 0 se o o ® 0 S ® Q 0 S § 13 4 i i lontréal, Juin 1920 LE PANORAMA 53 UN CHAUFFEUR A LA MODE 0 SA MAISON EN ORDRE 2 0 ® Q y 0 V*: y Q tit Production de la Cie Famous Players-Lasky NINA GRAHAM.ELSIE FERGUSON Filmer Jesson.Holmes-E.Herbert Hilary Jesson.Vernon Steele Amiabelle Jesson.Margaret Linden Géraldine Ridgley.Marie Rurke Herek Jesson.Lawrence Johnson UN COUP D'OEIL SUR LA PIEGE C'est une adaptation de la-pièce théâtrale d'Arthur Wing Pinero et dont les scènes permettent à Elsie Ferguson de faire étalage d'un lot de robes merveilleuses.Elle a le rôle de Nina Graham, épouse en deuxième noces d'un gentleman anglais chez qui elle remplissait les fonctions de gouvernante.Jalousée par la famille de son mari, elle est en but à des intrigues continuelles jusqu'au jour où enfin son mari apprend que sa première femme ne tenait sa maison en ordre qu'en apparence et le trompait indignement.Justice est alors rendue à Nina qui se débarrasse de tous les jaloux et les curieux et connaît enfin la tranquillité dans sa maison.À am Corinne Griffith arrivait, avec son directeur) à Long sland Village et devait aller à une couple de milles à la echerche de sites convenables pour un film.Le chemin était rude et le besoin d'une auto se faisait «entir; un officier de indice s'approcha et offrit aimablement d'en procurer une, ce qui fut accepté.Chemin fai->int, Corinne Griffith songea qu'elle avait été reconnue et, i'i'en conséquence, on allait sûrement lui demander le prix "rt pour la course.Grand fut donc son étonnement quand elle vit, au confire qu'on ne lui demandait rien et surtout quand elle pprit que les deux obligeants personnages n'étaient autres lue le chef de police et le maire de la ville.Elsie Ferguson dans trois scènes de "La Maison en Ordre" OOODODODOœO» 8 ® o 0 0 0 9 0 s 9 9 8 0 9 o Q O 0 D o 8 0 8 c ® D V*) p O 8 54 LE PANORAMA Montréal, Juin 1920 David Raine et Marge O'Doone.t Le Courage de Marge O'Doone Splendide production de la Compagnie Vitagraph Scénario de James Oliver Curwood Direction David Smith I Ce film esl peut-être le plus émo-lionnunt que l'un ail produit jusqu'ici; c'est la plus mystérieuse des histoires et le plus vivant des romans.Vous y rencontrez David Raine dont l'ànie a été endeuillée par l'infidélité d'une femme et qui va s'isoler dans les profondeurs des régions glacées de l'Arctique comme dans une tombe; vous y rencontrez Marge O'Doone, brave et belle, au coeur aimant et à la volonté audacieuse.Vous y entendez l'appel mystérieux des solitudes blanches de neige.(Lire le scénario à la page 49) Après une lutte épique.A la recherche d'un site pour une scène du film.0 o @ 0 ® 0 ® 0 O (S) 0 ® 0 ® 0 ® 0 O ® O ® 0 ® g ?® 0 8 0 O 8 s 0 ® 0 ® 0 ® Q ® 9 D ® ® ® 9 9 9 &j Scène du Courage de Marge O'Doone.I I 0 a (S 0 9 0 0 0 0 Q 0 I I Montréal, Juin 1920 LE PANORAMA 55 l Le roman lui-même procurait de fortes impressions mais le film donne une vie étrange à tous les épisodes.Marge a surnommé David "Sake wawin" ce qui, en langage indien signifie "Je t'appartiens".David trouvait le nom intéressant mais il en ignorait la signification mais un jour il l'apprit, (le fut alors la lutte dure el terrible, le combat épique pour Marge el pour lui-même el où la jeune fille put donner toute la mesuré de son admirable courage Dans tout ce drame vous avez des combats Banglants où les coups pleu-\ent a travers la haine et la vengeance dans un décor saisissant, celui des solitudes polaires, des ours blancs, des hommes primitifs et des malfaiteurs.C'est un récit effrayant, à faire frissonner et que l'on ne peut comparer à rien de semblable jusqu'ici.Le roman en a été écrit avec un esprit chevaleresque et "pictorial" par M.Gurwood qui connaît indubitablement la'forêt, c'est pourquoi ses descriptions sont si vivantes.Nul doute que "Le Courage de Marge O'Doone" aura un succès retentissant et qu'il fera salle comble dans tous nos théâtres.3 2 o 0 ® Q o 0 ® 0 o de o 0 o (S 0 0 0 ® 0 0 0 ® 0 00 0 s 0 § 0 ® 0 l ® 0 o ® 0 ® O ® 0 ® 0 ® D 0 ® o ® 0 ® 0 ® 0 ® 0 ® 0 ® 8 ô 0 8 8 0 0 0 ?0 ?•:'+':¦ 0 o O o ?0 9 o Autres scènes du même film. 56 LE PANORAMA Montréal, Juin 19: ® 0 ® 9 Q ® 9 9 ô 8 8 W Kate Lester de la Cie Goldwyn dans une robe de soirée dep|0ra Revalles dans une splendide robe de soiree en drap satin gris, brodée de fleurs d'argent et garnie au bas brodé d'or avec bretelles garnies de perles de cristal.LJ d'une double dentelie très large également Cette robe est un chef-d'oeuvre de coup, étant brodé d'argent.0 P 0 Q 8 ® o P P p P S B s s Cette robe est un chef-d'oeuvre de coup, étant faite d'un seul morceau.0> P P a Clara Horton dans un costume dispendieux mais de grande allure.0 8 S I o 0 8 o ® 0 ® 0 c ® 0 ® 0 ® 0 S 8 1 Q J a a Q a '¦ontréal, Juin 1920 LE PANORAMA 57 Eddie Polq Loi?Lee le troisieme oeil (The Third Eye) Série Sensationnelle Intéressante Perplexe Surprenante Eblouissante Mystérieuse Excitante Audacieuse Dramatique Scintillante Warner Oland UNE SERIE QUI PLAIRA A TOUS Etoiles: Eileen Percy et W.Oland ames candides (Simple Souls) Vus clients aiment des productions du genre de "AMES CANDIDES".Cette vue a du charme, de la romance, rire, pleurs et une histoire distinctive et que vous aimerez.dlanche sweet ~.tient le principale rôle.CONTINUEZ A PATRONISER LES THEATRES QUI MONTRENT LES FILMS pathe.CE SONT LES MEILLEURS AU MONDE.SPECIALTY FULM IMPORT LIMITED Distributeurs des VUES PATHE au Canada lail____________________ _ Qm Questions Diverses : II nous arrive fréquemment des lettres demandant divers renseignements sur des acteur» ou des actrices.Ces question» nécessitent souvent de longues recherche» et de la correspondance avec les Cies de Cinéma.Pour nous couvrir de cotte perte de temps et de cet frais, noua ne répondrons donc, à l'avenir, qu'aux demandes accompagnée» de 25 cent» et dont le signataire donnera ton adresse qu'il hti toit répendu pereonneUement. LE PANORAMA Montréal, Juin 19: LA POLICE FEMININE Olive Thomas lui un jource-ci'dans un journal: "Dans 1?cours de l'année, les automobiles ont fait treize cents victimes." Ceci a donné l'idée à l'étoile de la Cie Seltznick d'organ ser une ligue féminine dont le but serait d'empêcher ces accidents autant que possible; elle se mit à la tête de cette ligue et.comme toute fonction élevée a beso n d'un peu de déconyn.elle s'esl pourvue en outre d'un uniforme masculin moitié militaire, moite policier, y compris une belle ceinture d'officier.REGALEZ-VOUS D'UN VERRE DE ORANGE DEE-LICHT 'vt"* Voici enfin uni breuvage qui étanchera votre soif et' "flattera délicieusement votre palais.Fait des meilleures oranges de la Californie.Buvez une couple de verres d'Orange Oee=Light et pour une fois vous éprouverez la rafraîchissante sensation que seule sa véritable saveur d'orange peut donner.L'Orange Oee=Light apaise sûrement la soif = chaque fois qu'on en boit.Buvez-en un verre chez voire marchand el vous en achèterez à la caisse pour votre maison.Que vos amis aussi se régalent de ce délicieux breuvage à l'orange.Embouteillé et distribué par L.BEAULIEU & C,E 295 rue des Carrières St-Louis 7604 Magda Lane- b ntréal.Juin 1920 LE PANORAMA 59 p Û a î i 8 o >} iS V*: J * 9 : * * * s Q 0 8 8 9 o Q ® 0 8 o ® Q 8 8 ® o ® ftft 0 0 Le film "Beliiml the Dddr" esl certes l'une des excellentes produc-licins île la (lie Paramount sous la direction de Thomas-H.Ince.En voici quelques scènes dans lesquelles on reconnaît le sympathique acteur Hobart Bosswortb.Les comédies de Brjggs, éditées par la Cie Paramount sont absolument uniques en leur genre el elles ont rapidement conquis la faveur du public.Voici deux scènes de l'une d'elles el dans lequel on reconnaît bien le procédé de l'amusant scénariste qui est de plus un dessinateur de uni ml lalenl.?0 o S 0 m 0 ® 0 p o 0 5 0 ¦ 0 B ® Q g Q 0 60 LE PANORAMA Montréal, Juin J20 PAUVRE ZASU PITTS Zasu PiILs, la petite comédienne au jeu si original, que nous avons applaudie plusieurs fois dans les vues de la compagnie Brentwood, est très ennuyé par le temps qui court.Dame Rumeur veut que Zasu Pitts épouse prochainement Tom Gallery, avec qui elle joue, dans "Bright Skies".—Ce pauvre Tom.disait-elle dernièrement, est le mari que les journaux me destinent?Pauvre garçon il doit être très ennuyé d'apprendre par les journaux son mariage avec moi.Vous avouerez qu'il est assez rare d'apprendre ces nouvelles-là par la voie des journaux.Il n'y a pas longtemps encore, 'les journalistes me mariaient avec un autre de mes amis, pour la seule raison qu'on m'avait vue danser quelquefois avec lui.Toutes ces histoires ne me troublent pas personnellement, mais j'ai peur qu'à la fin je ne puisse plus trouver de valseurs et .j'aime tellement la danse! LES COLLECTIONNEURS DE PHOTOGRAPHIES D'ARTISTES Les amateurs de vues animées sont- quelquefois des êtres bizarres.Non seulement il leur faut la collection complète de cartes postales des acteurs et actrices de l'écran, mais encore leur passion les pousse-t-elJe à avoir des photographies au lu -graphiées de leurs idoles favorites.Généralement les secrétaires de monsieur X ou de mademoiselle Y, objets de la flamme de l'amateur de cinéma, répondent à la demande du monsieur ou de la dame, en leur demandant la somme de 50 sous (48 sous pour ia photo et 2 sous pour le timbre-poste).L'amateur trop heureux de s'en tirer à si bon compte s'exé-cule et "crache" l'argent demandé.La photo est autographiée "personnelilement" ipar une presse rotative qui marche à une capacité approximative de 36,000 copies à l'heure.L amateur reçoit sa photo autographiée et le soir il s'endort heureux avec son lidole sous sa taie d'oreiller.SI vous voulez être vigoureux et toujours en bonne santé, ne buvez que de la meilleure bière, celle qui nourrit le corps, facilite la digestion et ne surcharge l'estomac.roiilcna LA D'un goût délicieux, légère, saine et nutritive, c'est le type des bières de choix que l'on consomme en France et en Belgique.C'est le produit de la brasserie la mieux outillée et la plus moderne du genre tant au Canada qu'aux Ftats-Unis.Fabriquée uniquement avec des matières premières de haute qualité et d'après les meilleures méthodes de brassage, de fermentation, de maturation et d'embouteillage, c'est par excellence la bière des familles.BIERE FRONTENAC EST SANS RIVALE BRASSERIE FRONTENAC, LIMITEE MONTREAL g * - EN ASSURANT VOTRE AUTOMOBILE A MON BU- = |= REAU, VOUS AUREZ LA POLICE LA PLUS COMPLETE S = QU'IL y AIT AU PLUS BAS PRIX.= HORACE J.LABRECQUE Bureau d'Assurances Générales S 260.RUE ST-JACQUES TEL.MAIN 968, 8566 = m J f'V j xi 1 RAPHAEL OUIMET.Représentant = .^iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiniiiiiiiiiiiiH PRINCE Voyez notre assortiment avant d'acheter ailleurs meubles-tapis poeles-prelar 5 rideaux etc comptant-cred t Machine parlante Columbia ainsi les Disques, toujours un grand Cl1 THE J.S.PRINCE C WM.LALONDE, Préside 85, Blvd.St-Laurent Entre Vitré et Craig, Montréal, éal.Juin 1920 LE PANORAMA 61 Il semble que les actrices rte celte compagnie aient deux beautés: celle qui est naturelle et celle qui peut s'acquérir.Les costumes font partie de cette dernière et comme l'nu peut en juger, ils cadrent bien avec l'autre.Dans la plus petite photo, c'est Naomi Ghilders en costume un peu sévère mais néanmoins de fort joli effet; dans la plus grande photo.Barbara Castleton en robe de soiré'e qui ne serait certes pa- id placée sur le corps d'une princesse.F.Ji limier ¦ 0- Con fort SOULIERS D'ETE Jamais nous avons eu un assortiment de souliers aussi chics, et comme toujours de première qualité.Les lectrices du "Panorama'' sont cordialement invitées à venir faire leur choix.THOMAS DUSSAULT le bottier fashionable 281-est, rue S.-Catherine Tel.: Est 2434 Montréal Qualité •0- Durée UNE AIDE PRECIEUSE A LA BEAUTE Vous pouvez et devez acquérir et conserver la beauté.Il s'agit tout simplement de protéger les charmes dont la nature vous a comblée, contre les attaques de la température, du temps et de la maladie.N'attendez pas pour cola que le miroir découvre à vos yeux un tout petit plissement, un léger sMloiv qui se distingue a peine sur la fraîcheur de votre teint, mais, si vous voulez régner longtemps encore sur la foui» de vos admirateurs entretenez votre peau hygléniquement et scientifiquement en employant le célèbre LAIT DES DAMES ROMAINES Cette lotion, composée de sèves végétales bierufalsantes donne au visage un éclat merveilleux, fait d is paraître ¦comme par enchantement toute» les tares, accidents et maladies d9 la peau.Le Lait des Dames Romaines supprime l'usage des poudres et farda EN VENTE PARTOUT Grâce à une vente énorme et à un système de fabrication amélioré, noua pouvons vendre ce produit supérieur valant au moins $1.00 le flacon au prix de 50 CTS LE FLACON DE 6 ONCES Kchantlllon expédié sur réception de 10 cts.M.M COOPER Sl CIE, No 158 rue des Commissaires Ouest, Montréal.I 62 LE PANORAMA Montréal, Juin 1 g CULINAIRE L'ART CULINAIRE AU CINEMA La roumisseuse de friandises ¦ LUGRET1A HARRIS, des studios de Goldwyn.à Culver City, jouit d'une popularité sans cesse croissante et si l'on en croit un indiscret, ii y a une raison à cela, en outre de son talent: Lucretia réussit admirablement, parait-il.un plat b zarre qu'elle appelle black-jack molasses cookie" et qu'elle dispense géinéreusemenl à tous ses amis.Sachons d'abord que Lucrei'a est une authent que "mammy'' noire, née dans l'Alabama et qui n'ignore rien des mystères de la fine cuisine, des gAteaux et des friandises.Elle a joué le rôle d'Iris, la cirsin'ère dans les comédies Edgar et.chaque fois qu'elle arrivait au studio, elle» apportait avec elle' un panier plein de toutes sortes de bonnes "choses à manger.Elle distr bua t tout cela aux^ enfants qui faisa'ent partie de la figuration.i On comprend que la 'bonne négresse était toujours attendue avec impatience et sa popularité ne surprendra plus personne." -o- STUDIO OU CUISINE ?POl'R la production des deux films "Two e"nls worth of Humaneness" et 'The Strange Boarder", il y eut de nombreuses scènes où les plats, pet ts et grand?ont fait ieur apparition.Dans le premier film joue Madge Kennedy et dans l'autre.Wll Rogers; le premier comporte un intérieur de pâtisserie avec tout ce que l'on peut imaginer de tentant comme tartes et autres desserts; le deuxième présente une maison de pension où la cuis'ne est.délicieuse à s'en 'lécher les doigts jusqu'aux coudes'.De là, de nombreuses discussions avec preuves à l'appui entre Madge Kennedy et W 11 Rogers relativement à ia qualité de tous ces mets.Les "extras'' sont d'ailleurs en mesure de pouvoir dire qu.t a raison car c'est le personnel de la figuration qui mange toutes ces bonnes choses qui sont on ne peut plus réelles car nous ne sommes plus au temps où tartes et gâteaux para;ssant sur la scène étaient en carton bien peint mas nullement comestible.-o- LA CUISINE MUSICALE ETHEL TEARE.de la Cie Fox, a un moyen à elle de faire bouillir les oeufs.Récemment, comme la troupe était installée en plein air, Chester Conklin l'entendit, à huit heures du matin, chanter "Auld Lang Syne" d'une vo;x enthousiaste.\i vint près d'elle' et la v't près d'un poêle de campement sur lequel cuisaient dès'oeufs.—Ethel, lui dit-il, quelle est cette idée de chanter à cette heure-ci?—C'est pour faire cuire mes oeufs.viVpondit-elle; deux couplets, ils sont 'médium'' el trois éoiPplets.ils sont cuits durs.' Mb lllllllllWIIIIIIIHIHIII.lllWllllllllimnilllllll r.A plus i Meurt t a n i r 1.1 HRA I RI E et l'A l'ETEKIK f'HA N real, Juin 1920 LE PANORAMA Frank Mayo et Joséphine Hill dans "The Primrose Path!', production de la Cie Universal.On vient de construire à New-York, un nouveau ciné dont le premier étage—places de balcons-—peut être directement gravi par les automobiles, grâce à un plan incviné partant de la rue.Ce ciné ne comportera donc aucun escalier.—o— Lillian Gish est maintenant ia directrice de sa soeur Do.rothy Gish.63 Devrait se trouver dans toutes les familles canadiennes Contient: Un beau roman complet dans chaque numéro et choisi parmi les meilleurs écrivains modernes; L'art de se bien connaître d'après les signes de la main; Des travaux d'amateurs faciles à exécuter; Des jeux et amusements de société; Des pages canadiennes des temps passés ou actuels; Des réflexions de célibataires; Eternel féminin et autres départements variés.kè- 20 le numéro chez tous les dépositaire 20c ou auz bureaux des Edit.-Prop.: POIRIER, BESSETTE & CIE 131, rue Cadieux, Montréal Journal Hebdomadaire Illustré 10 cents le Numéro CONTIENT : Des articles, des nouvelles sentimentales une abondante partie humoristique, un roman choisi parmi ceux des meilleurs romanciers.En vente dans tous les dépôts et chez les Edits.-Propres.Poirier, Bessette & Cie, 131 Cadieux, Montréal. 64 LE PANORAMA Montréal, Juin theatre imperial prochaines attractions O LE MEILLEUR ORCHESTRE ET ORGUE AU CANADA Solistes de premier ordre
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