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Titre :
Recto verso
Recto verso est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1997 à 2004, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

Recto verso est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1997 à 2004. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité.

Recto verso fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990), et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

Recto verso s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

Le magazine est distribué gratuitement à 100 000 exemplaires.

« L'information dans une sacoche », Recto verso - Numéro spécial 50e anniversaire, no 293, novembre-décembre 2001, p. 28-29.

Éditeur :
  • Montréal :Revue vie ouvrière,1997-2004
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • VO ,
  • Carnets de VO
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Références

Recto verso, 2000, Collections de BAnQ.

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■■■■■' ■V.1 Sfi ■■■ s\Jt a juin gjgg | «» ■_■ ■ ■ ■ ■ DOSSIER fAVIQl PAULE BAILLARGEON nimale cérébrale PORTRAIT ' | ': fi TAXIS NON-CC Pour comprend! ■ É NON-COMPRIS Pour comprendre la réforme i m__h VJ www.ceq.qc.ca Personne ne connaît le territoire du mieux ciué uaus fi réseau des centres locaux de développement (CLD).la porte d'entrée pour démarrer votre entreprise dans toutes les régions du Québec, incluant les entreprises en économie sociale.Québec Ministère des Régions 4 Magazine indépendant d'information générale, Recto Verso examine les réalités socio-politiques, économiques et culturelles d'ici et d'ailleurs.Recto Verso cherche à comprendre et à rendre compte des transformations de la société, de ses acteurs et actrices, de ses structures et de ses influences.Publié depuis 1951, le périodique s'inspire depuis toujours des idées émancipatrices dans la perspective d'un plus grand pouvoir des citoyens-nes sur leurs conditions de vie et de travail.Les articles publiés dans RECTO VERSO n'engagent que leur-s auteurs-e-s .Conseil d'administration : Marianik Gagnon, Françoise Guay, François Mercier.GurmiN Prince.Daniel S.-Legault, Nathalie St-Pierre, LinaTrudel.Comité oe lecture : Andrée Béusie.Louis Bonneville, Rose Bourgeois, Louis Brillant, Estelle Chirurgien, Jacques Collin, Guillaume Dostaler, André Giroux.Marie Henrichon, Ludovic HlRTZMANN.lu LIE PERREAULT.Coordination et développement : Anne-Marie Brunelle rédaction en chef, direction artistique et montage couverture : daniel s.-legault Direction de la production et journalisme : richard bousquet Gestion des abonnements et de la distribution, COMPTABILITÉ ET TRAITEMENT DE TEXTES : Ginette Gaudreault Représentation publicitaire : Edith Tessier (514) 523-5998, POSTE 24 Édition : Revue Vie ouvrière inc.Mise en pages et graphisme : Composition Fleur de Lysée Impression : Imprimeries Transcontinental Fréquence de parution : 6 numéros par an Photo couverture : P.baillargeon par guillermo lareda Tarifs d'abonnement : Individu ou groupe populaire : 20s/an ou 32s/2ans Institutionnel : 25S/an.Soutien : 32S/an Étudiant ou sans emploi : 15$/an À l'étranger (par avion), individuel : 30s/an.institutionnel : 40s/an Recto Verso est distribué dans plus de 1100 points DE dépôt ET PAR abonnements, a travers le Québec et la francophonie hors québec.Le gouvernement ou Canada contribue à ce numéro par le biais de l'agence canadienne de développement international.recto v£rso est membre oe la société de developpement des périodiques culturels québécois, et de l'association des médias Écrits Communautaires du Québec Ses articles sont indexés dans le répertoire analytique oe presse RepIrc.Dépôt légal À Ottawa et à la Bibliothèque nationale ou Québec.ISSN 1484-6586.Envoi de publication, enregistrement n 1325639 Parution : h' 285,1" iuillet 2000 RECTO VERSO 1215.rue Visitation, bureau 101.Montréal (Québec) H2L 3B5 TÉLÉPHONE: (514)523-5998 TÉLÉCOPIEUR: (514) 523-5812 Adresses électroniques : rectoverso@videotron.ca vo@mlink.net Dlstn/l AVI mtmbr% AVDA Numéro 285 juillet-août 2000 PAGE Portrait La condition humaine selon Paule Baillargeon ANIMALE CÉRÉBRALE Avec une santé très fragile, dans un monde où les hommes sont omniprésents, Paule Baillargeon a réalisé des films très personnels et dérangeants, en faisant à sa tête, sans compromis.Avec un langage fart de théâtre, de jeu.de beaucoup de poésie, et d'une empathie contagieuse pour la personne humaine.Dossier Taxis non-compris POUR COMPRENDRE LA RÉFORME Quand les journalistes parient des chauffeurs-ses de taxi, c'est pour prendre le poulx de l'opinion publique.Les chauffeurs-ses connaissent donc tous les sujets à l'ordre du jour., sauf l'actuel projet de réforme gouvernemental les concernant! Le public connaît peu leurs conditions matérielles de travail.C'est une m-dustne opaque, où le travail se fart souvent au noir depuis toujours.Le gouvernement veut y remédier mais offre peu en échange.C'est un métier de débrouillardise, tellement vieux qu'on imagine mal qu'il change.Mais il s'adapte encore.Éditorial Cynisme zéro.4 Courrier.6 Carrefour de pouvoirs Loriane Séguin : Coeur et écœurements.18 Des Andes positives.21 Ton dollar ou le mien?.40 On apprend 83% par la vue.20 Carrefour de savoirs Lire : L'esclavage d'ici.24 Courtes et sucrées.50 faites circuler recycler 1)1 #«»TipJ*ir» ftecfo Verso offre la possibilité â des organismes communautaires d'informer ses lecteurs et lectrices.Ces groupes sont entièrement responsables de leurs pages, tant sur le plan rédactionnel que graphique L'économie sociale en mouvement 13-16 Solidarité internationale.44-45 Francophonie hors Québec 46-49 juillet-août 2000 Anne-Marie Brunelle, Ludovic Hirtzmann, D.S.-Legault Le projet de loi pour l'élimination de la pauvreté Cynisme zéro LJ idée d'une loi pour éliminer la pauvreté est née en 1997.Le Carrefour de pastorale en monde Ouvrier (CAPMO) et sa coordonna-triceVivian Labne l'ont initiée, en pleine réforme de l'aide sociale.Depuis lors, le projet a été appuyé par plus de I 200 organismes.«Elle passera cette loi.18 I 000 personnes ont signé : ce n'est pas rien tout de même», déclare-t-on au Front commun des personnes assistées sociales.Vaste coalition, le Collectif compte notamment parmi ses membres les principales centrales syndicales, la Fédération des femmes du Québec, l'Association québécoise des orga- éuminer la pauvreté au québec.l'idée n*est pas neuve mais une loi pour y parvenir est une nouveauté.c'est le travail auquel le Collectif pour l'élimination de la pauvreté s'attelle depuis plus de deux ans.Début iuin, la pétition pour la soutenir contenait l8l ooo signatures.mais plusieurs restent sceptiques.Idéalisme?Geste symbolique?Ou future loi?nismes de coopération internationale (AQOCI) et le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).«Nous sommes en train de créer un rapport de forces.Les syndicats nous soutiennent, la Marche mondiale des femmes fait de notre action une revendication, l'église nous appuie ainsi que de nombreux milieux municipaux», dit le Collectif Si le soutien des groupes populaires est considérable, celui de la population sera déterminant.Du côté des médias, le I *' mai a été l'occasion de mieux faire connaître la proposition de loi a Montréal.Mais dans l'ensemble, la médiatisation est demeurée faible dans la métropole, qui pourtant, compte près d'un million de pauvres.En région, les médias ont bien davantage relayé le message.Cette approche législative qui veut utiliser les outils mêmes du pouvoir pour éliminer la pauvreté fera douter ou encore sourire.Est-ce réaliste?Comment un groupe d'individus, si grand soit-il, peut-il dicter une loi de laquelle devrait répondre le premier ministre?Et si ce n'était pas ça la question?LE POUVOIR POLITIQUE DES PAUVRES «Ce n'est pas un projet de loi qui va éliminer la pauvreté.» «Seule une mo- À Québec, sur les terrains de l'Assemblée nationale, le 13 mai dernier.bilisation dans la rue pourrait créer un rapport de forces pour éliminer la pauvreté.» «Les syndicats ne se préoccupent pas de l'élimination de la pauvreté et se contentent plutôt de défendre leurs membres.» Voilà le genre d'arguments auxquels se butent les par-tisans-es du projet.Sans parler bien sûr des innombrables engagements pieux des gouvernements.Pour n'en citer que quelques-uns : 1976, le Québec signe le Pacte mondial sur les droits sociaux, 1995 à Copenhague, les États du monde s'engagent à éliminer la pauvreté, en 1997, l'ONU annonce que la prochaine décennie y sera consacrée.juillet-août 2000 i 5*f; Rappelons qu'on constate chez nous le constant appauvrissement d'un cinquième de la population.Les banques alimentaires prolifèrent Les levées de fonds se multiplient On ne se surprend plus de ces tentatives, toujours temporaires, de palier aux manques, La principale qualité de la démarche réside dans sa résistance à une idée reçue tenace et inquiétante : le politique ne peut s'attaquer au problème de la pauvreté, paralysé par l'idée que les forces du marché sont seules à déterminer l'avenir Comme si la pauvreté ne résultait pas de politiques créées et maintenues par des êtres humains.Comme si ces résultats découlaient de lois économiques immuables, et non pas de choix politiques - c'est-à-dire humains.Une vraie loi Les membres du Collectif ont rédigé «une vraie loi».«Nous avons pns le soin de nous assurer que l'architecture de la loi soit conforme aux règles usuelles d'écriture des lois»,exphque-t-on.Dans son chapitre I, elle décrète : «La présente loi a préséance sur les autres lois.Si un doute surgit dans l'interprétation d'une disposition de celle-ci.il est tranché dans le sens indiqué par la loi.» Comme le fait remarquerVivian Labne : «la pauvreté empêche de réaliser des droits reconnus.Elle doit pouvoir infléchir les autres lois.» Cette prépondérance fait en sorte que cette loi pour- juillet-août 2000 rait être techniquement invoquée, comme les Chartes de droit La loi est basée sur trois principes.L'élimination de la pauvreté est une priorité de l'action gouvernementale.L'amélioration du revenu du 1/5 le plus pauvre de la population prime sur l'amélioration du 1/5 le plus riche.Enfin, les personnes en situation de pauvreté sont associées à la conception de ces mesures.Un Conseil pour l'élimination de la pauvreté serait créé pour surveiller la mise en place et la bonne application de la loi.Le projet compte quatre étapes, réparties sur un échéancier de dix ans.La première comporte des mesures urgentes et immédiates.Le salaire minimum serait haussé à 8,50 $ de l'heure - une personne travaillant actuellement 35 heures au salaire minimum gagne moins de 14 000 $ par année.Un plancher de revenu garanti est également demandé d'urgence.Une Utopie ?«Vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre.Vous n'avez nen fart tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère.Messieurs, songez-y, fartes maintenant des lois contre la misère1», disait Victor Hugo, devant l'assemblée législative française, le 9 juillet 1849.Plus de 150 ans plus tard, des milliers de Québécois-es proposent de le prendre au mot Malgré le chemin accompli, beaucoup reste à faire.Réussir à conserver la proposition comme un tout, indivisible.Empêcher qu'il se «dilue» au contact du système politique et politicien.Le projet a été présenté au premier ministre Bouchard le I • mai dernier.Les porte-parole du Collectif ont rencontré les caucus des députés.Alors passera, passera pas?Tout dépendra du rapport de forces et de la participation populaire.Utopique?Probablement Comme l'était l'idée de mettre sur pied un régime national d'assurance-maladie dans les années 60 ou encore cette idée de fou de permettre le financement des syndicats par la formule Rand et plus récemment celle de faire marcher des centaines de milliers de femmes à la grandeur de la planète.Utopique?Certainement Mais devant l'ampleur du défi de la lutte à la pauvreté et lorsque la législation peut bouger dans le sens des intérêts de la population, le cynisme n'est pas de mise.«C'est une utopie qu'on veut appliquer et on est en tram de se donner les moyens pour cela», assure Vivian Labne avec une force tranquille O e ■- - m&esagaËmjmmaaaagËmmBÊ Le magazine Recto Verso a remporté le prix du Média communautaire de l'année, pour 1999, de l'Association des Médias Écrits communautaires du Québec (AMECQ).Recîo Verso s'est aussi ménté le I " pnx dans la catégorie «entrevue», le I ■ pnx dans la catégorie des «articles d'opinion» pour un de ses éditonaux, ainsi que celui pour la meilleure «conception graphique», toujours parmi les membres l'AMECQ dont le tirage est de 3 000 copies ou plus.C jre De marde, d'espérance, et de violence Cher Recto Verso.J'ai un peu de misère à saisir l'onentation de votre revue, surtout vis-à-vis de notre gouvernement chiant D'une part, vous le critiquez profondément ; d'une autre part vous acceptez de la publicité de celui-ci.En tant qu'assisté social, j'ai beaucoup de difficulté à accepter de voir la face de mon «boss».André Boisclair, dans une publication de gauche Le voilà, sounant en hommage à des bénévoles, à côté d'un te/te typiquement platte et superficiel, parlant «d'espérance» (quelle farce!) .Itout en nous envoyant nos chè"-jj ques de 500 $ chaque mois.Je \-f- JfeJE répète: 500 $/mois pour tous nos besoins vitaux.Merci.André.Et merci pour votre atroce hypocnsie de marde.Juste avant ce déguelasse Monsieur Boisclair, un cahier «d'information» (lire : propagande) sur l'économie sociale.[.]Toute cette saloperie «d'économie sociale» ne peut être qu'un exercice de RÉCUPÉRATION, avec de beaux salaires pour les Nancy Neamtan du monde.(Et des «bonnes» consciences1) Question de jeter 4ç ("argent au «communautaire* pour taire des voix dissidentes, et de canaliser leur énergie au néant sans vagues.Finalement : Philippe Duhamel et son préchi-prêcha «non-violent».Bien que Monsieur Duhamel travaille très fort, et a de bonrtes intentions, nous, les «violents petits énervé, nous dissocions de cette philosophie irréaliste et moralisante qui interdit la violence Si nous avons la chance, nous nous défendrons, violemment si nécessaire, contre ceux qui mettent leurs bottes dans nos faces ,et nous nous vengerons contre ceux qui nous agressent.Point final.Et si cela déplaît aux petrts «Gandhi» tous sages du Québec, tant pis.Comme l'a écrit David Dellmzer dans un texte en 1965 : «Gandhi a souvent dit qu'il était préférable de résister à l'injustice par la violence que de ne nen faire du tout.» Exact Donc, emmerdez-nous pas avec votre maudite morale quand on défonce un McDonalds, ou qu'on frappe un exploiteur.Ils le méritent! Marco Ermacora - Montréal \C Notre «orientation» nous demande, justement d'accepter des investissements publicitaires, sans aucune ingérence sur le contenu, pour nous permettre d'offrir Recto Verso gratuitement.Cette distinction farte, les publicitaires sont lj-' bres et responsables de leur contenu C'est parce qu'une bonne partie de notre lectoratS des revenus limités que nous ne voulons pas que vous l'amputiez davantage pour nous lira On estime notre lectorat assez intelligent po^j rester critique autant face à nos pages rédaô> tonnelles qu'à nos espaces publicitaires.Triste langue Je viens de trouver Recto Verso dans un club vidéo.Intéressant, c'est certain.Mais dans M votre dossier L'insécurité linguistique [de mars-avnl], vous employez une «rr ime» absolument agaçante et totalement dénuée de simple bon sens la féminisation à outrance.[.] Si l'on considère la langue comme un simple moyen de communication, il n'est plus important d'y faire attention.Si l'on considère la langue comme une extension de soi, une manière d exprimer sa pensée d'une façon élégante ■■• : jmpréhensible, apprenons-la.distillons-la, aimons-la.Ce n'est pas le mot étranger qui saccage une langue, c est sa déstructuration.Claude Salvaille - Saint-Fabien Vision occidentale Bonjour.De passage au Canada, je suis tombé par hasard sur votre publication Habituellement je ne réponds jamais aux publications mais cette fois votre article sur les Philippins m'a décidé à vous apporter mon témoignage.En effet la vie des Philippins expatriés à Hong Kong ressemble bien à rp]le décrite dans votre article, m?" '• 'e-te dans lequel vous enrobez l'interview, décrivant les USA comme étant la cause principale des maux des Philippines est tout à fait fantaisiste.Je tiens à vous préciser que je ne suis pas Américain (je suis Français) et que )'ai passe iO ans en Asie du Sud-Est [.] où je me suis marie et fondé une famille.Dans votre article, vous laissez supposer que les différents services fonctionneraient mieux s'ils n'étaient pas privés.C'est une vue typique de l'occidental qui n'a jamais mis les pieds plus de 15 jours dans ces pays, et qui continue de penser avec sa logique occidentale.Les éco- nomies de tous ces pays, qu'ils soient démocratiques ou communistes, reposent essentiellement sur la corruption et les monopoles.[.] Nationaliser les services vitaux pour le pays ne fera qu'ennchir les gouvernants à qui appartiennent dé|a les Cies privées [.] Baxter Fredericks - Chonburi, Thaïlande \C Dans cette entrevue avec Connie Bragas Pegaïado, la seule référence aux États-Unis est une petite citation tirée d'une analyse d'un groupe communautaire.Nulle part il n'est fait d'appel a une nationalisation : nous disons même que le gouvernement philippin est de ceu« qui profitent le plus de cette exploitation des émigrés-es.Mt^ Fierté franco-canadienne Dans votre publication #283, Daniel Legautt nous laisse entendre Que le «Québec parle français depuis plus longtemps que l'ensemble de la France» Quel énonce n-dicule! Si vous vous étiez renseJgn^orrecte-ment vous n'aunez pas permis ce genre de citation.La France parle français sous une forme ou une autre bien plus longtemps que la de-couverte du Québec.Le patos et les autres formes de français incluant le français provençal sont bien plus vieux que le Québec [.] Ar-rétons-nous là! Le restant de l'article etart intéressant pour un franco-ontanen comme moi! André O.Fournier, Windsor - Ontario l£ Relisez attent .erent «Le Québec parle français depuis plus longtemps que l'ensemble de la France » Il n'y a pas d'erreur L'île de Paris parle français depuis environ I 000 ans.le Québec depuis sa colonisation française (au 16' siècle).Dans le reste de la France, c'est au 20* siècle seulement que les langues maternelles (langue d'oc, langues d'oïl, latin, provençal, etc ) ont été remplacées par le français.Les multiples patois d alors n'ont pas plus rapport avec le français que l'espagnol ou l'italien modernes.Mais ne js aurions pu parler du Canada (français) plutôt que du Québec.Il faut une première fois! J% ai pris connaissance de Recto Verso à Hull pour la première fois de ma vie.ce mois-ci Je suis agréablement surpnse de sa qualité d'informations et du socio-politique.Je me fais un devoir de m'y abonner subito presto.Hughette Néron - Authier-Nord 6 \fi8& juillet-août 2000 «• ■ J ai eu peur qu'on m'enlève ma liberté, j'ai M eu peur d'aboutir à l'asile.Et la peur, parfois, ça vous change.» De sa voix feutrée, sans fausse pudeur, Paule Baillargeon lève le voile sur une période noire de sa vie.Un aspect d'autant plus sombre qu'il fait écho à ses terreurs de petite fille.Profondément habitée par son passé, elle semble en avoir retiré une crainte presque animale de se faire mettre en cage.Son parcours s'en reflète.Enfant révoltée, elle devient une actrice théâtralement délinquante et mythique pour toute une génération.Elle est aussi une réalisatrice reconnue pour ne pas se laisser enfermer dans des moules.Insaisissable, elle nous échappe.S'échappe à elle-même, ainsi qu'elle le formule pour exprimer ce qui ressort d'elle, sans qu'elle le veuille ou puisse le contrôler.Avec son regard qui oscille perpétuellement entre le rire et le sérieux, à la fois confiant et défiant, elle est comme une proie aux abois ; on sent que Paule Baillargeon n'aime pas se faire imposer un bâillon.Ni être domptée.Des le début de sa carrière, cette empêcheuse de tourner en rond est d'ailleurs sortie des sentiers battus.À 24 ans, peu après son passage à l'École nationale de théâtre, elle se lance dans l'aventure extraordinaire du Grand Cirque Ordinaire.Cette troupe de théâtre fondée en 1969 par le comédien Raymond Cloutier compte six saltimbanques, dont Jocelyn Bérubé et GuyThauvette.Proposant un théâtre différent, dérangeant, engagé, critique et spontané, ils-elles marquent profondément le paysage artistique québécois.Leur célèbre produc- B / Petite fille, elle a en effet l'impression d'être une enfant un peu invisible pour tout le monde.tion : T'es pas tannée.Jeanne d'Ard suscite bien des vocations, celle de Lorraine Pintal notamment.Toute en contrastes et en oppositions, sorte de Révolution tranquille incarnée.Paule Baillargeon est douce et violente à la fois.Sa voix particulière au timbre apaisant balance ses propos décidés.L'impression qu'elle donne d'être sans cesse sur la défensive s'estompe dans son sourire lumineux.Son caractère rebelle tranche avec sa sensibilité à fleur de peau.Difficile à cerner elle dégage de tout son être quelque chose d'attachant Surtout peut-être à cause de cette fracture presque palpable qu'on sent en elle, et cette grande force - celle de réaliser ses désirs - qui balaie tout Mélange étrange et touchant, qui lui confère un certain mystère, un charisme indéniable.«C'est quelqu'un de fragile, mais cette fragilité-là fait partie de sa force», témoigne l'auteure des Aurores montréales.et d'Homme invisible à sa fenêtre, Monique Proulx.«On a envie de la protéger», poursuit l'écnvaine dont le roman Le sexe des étoiles a été porté à l'écran par Paule Baillargeon en 1993.«Pas seulement de la protéger, mais de la laisser fleurir, pour nous, de favoriser son éclosion sans arrêt.» Aux dires de ses amis-es, cette créatrice à l'imagination fertile a réellement le don de s'attirer l'affection des gens.L'instinct de survie C'est pour être vue que Paule Baillargeon veut, très jeune, devenir «actrice à Hollywood», ne sachant pas qu'on peut l'être ici.Petite fille, elle a en effet l'impression d'être une enfant un peu invisible pour tout le monde.En grandissant, le passé la rattrape, le même sentiment l'envahit Le théâtre d'improvisation qu'elle pratique avec la troupe du Grand Cirque Ordinaire sollicite énormément sa créativité.La jeune femme est alors confrontée à elle-même.Un sentiment d'impuissance et d'incompétence la submerge.Elle sombre dans une 8 V^"8 juillet-août 2000 dépression très profonde et en vient à contempler l'idée du suicide quotidiennement «Je n'avais pas confiance en moi et je trouvais que je n'étais rien», résume-t-elle aujourd'hui sobrement Le va-et-vient entre la liberté et la «captivité» n'est certainement pas étranger à ce sentiment d'inaptitude.Elle vit d'abord en Abrtibi, «en plein bois, dans la nature».Puis, adolescente - dans cette pénode qu'on appelle la grande noirceur - elle est pensionnaire chez les soeurs.«J'ai été huit ans en pnson, parce que c'est la même chose, affirme-t-elle.On appelait les endrorts où on couchait des cellules.» Malheureuse, elle passe ces années à pleurer tous les soirs, à attendre que ça finisse.«Et ça ça veut dire la jeunesse, c'est quand même quelque chose!», s'exclame Paule Baillargeon qui dit qu'elle n'oubliera jamais.Rajoutant aussrtôt comme pour s'excuser : «Je n'en parle plus jamais devant ma fille.Elle ne veut plus en entendre parler Elle ne veut pas entendre dire combien l'étais malheureuse.» Agée de 20 ans, Paule sort de pensionnat et entre à l'École nationale de théâtre.Elle passe ainsi sans transition d'un monde clos à un univers «Moi je pense qu'on ne veut pas me laisser parler.Et je ne pense pas être paranoïaque quand je dis ça.» et une époque où le «free for ail-» était de mise.«C'était la drogue, l'amour libre, se souvient-elle.Alors je pense que j'ai disjoncté.» Elle quitte donc le Grand Cirque Ordinaire pour aller se faire soigner Puis ceux de la troupe viennent la rechercher C'est le déclic.Ce qui l'empêche de devenir folle.La seule chose qui compte Cette femme aux «antennes quasi visibles», peut-être trop sensible, comprend que la création peut lui sauver la vie.Elle réalise qu'elle n'est pas seulement une actrice, qu'elle a une personnalité et qu'elle peut l'expnmeren parlant personnellement Sans endosser un rôle.Elle se rend compte qu'être vue.ce n'est pas seulement l'être à l'écran.En fait, Paule Baillargeon croit que chacun-e a un rôle dans la vie, et le sien est de dire certaines choses, sans être obligée de se travestir.Forte de sa propre expérience, elle voudrait vraiment parler de la création qui lui a sauvé la vie et qui, elle en est persuadée, peut en sauver d'autres.Elle aime- rait parler aux jeunes de l'importance de cultiver le désir en soi.Peut-être en partie parce qu'elle a une fille de 16 ans.Elle insiste qu'il faut découvnr ce qu'on aime et le faire.«Peu importe si ça ne rapporte pas d'argent, peu importe», martèle celle qui a tire le diable par la queue plus souvent qu'à son tour «C'est la seule chose qui compte dans la vie.Si on ne fait pas ce qu'on aime, on est très mal juillet-août 2000 VBS8 9 pris, c'est une tragédie épouvantable.» Elle-même, c'est sur le tard, au fond du gouffre, ayant perdu travail et amis-es, qu'elle découvre et le dessin, une passion qui l'aide depuis dans bien des situations, et la nécessité de réaliser des films, de dire Devenue réalisatrice, en plus de continuer sa carrière de comédienne et d'habiter l'écran dans des films comme l've heard the mermaids smging ou encore Trois pommes à côté du sommeil, Paule Baillargeon n'en perd définitivement pas son côté rebelle.Directe, elle avoue en toute franchise prendre facilement le mors aux dents et très mal composer avec toute forme d'autorité injustifiée.Elle explique aussi que la rectitude politique n'est pas le fort de sa génération.Sur ce plan-là, elle ne s'est pas assagie.«Je pense qu'elle ne veut rien savoir des vieux clichés habituels.Elle remet les choses en question», explique le comédien Marc Messier, qui joue notamment dans la pièce Broue depuis plus de 20 ans.«C'est quelqu'un qui cherche à comprendre les choses, ra-joute-t-il, elle est très ouverte, très à l'écoute.» Problème de fond(s) En 1977, Paule Baillargeon réalise un court métrage Anastasie! Oh, ma chérie.Le seul qui sort vraiment personnel.Puis, en 1979, après deux ans de tournage, elle signe son premier film La cuisine rouge, coréalisé avec Frédénque Collin.Elle signe en fart une sorte de pacte avec le diable.Les bailleurs de fonds se font tirer l'oreille depuis, et elle n'a plus pu réaliser un film qu'elle art entièrement écrit De par sa forme et surtout son sujet La cuisine rouge avart provoqué bien des remous à sa sortie.L'action se déroule l'espace d'une journée, dans un bar plutôt glauque où dort avoir lieu la réception d'un mariage.On assiste a la confrontation, sans que les deux «camps» ne soient réunis, de l'immuable différence qui sépare les hommes des femmes.Ces dernières sont à la cuisine, se révoltent tandis que les hommes, dans la salle, boivent et attendent d'être servis.Ils ne le seront jamais.La réalisatrice est alors taxée de cinéaste féministe.Paule Baillargeon n'aime pas qu'on lui accole cette étiquette.Elle refuse en fait tout ce qui, de près ou de loin, est réducteur et l'emprisonne dans un carcan.Sans doute à cause de ses démons du passé, mais aussi parce que cela l'empêche d'avancer.Elle ne renie cependant pas son féminisme qui est très profond.Elle déplore par contre cet étiquetage qui évacue tout le reste.«Quand nous avons fait La cuisine rouge, il y avait une démarche artistique, une vision cinématographique.Mais ça, ça disparaît quand on dit "féminisme".Ça devient une affaire de guerre ou un projet social.C'est 10 comme si je ne faisais pas de film et ça, je ne l'accepte pas.» D'autant plus que La cuisine rouge, tel quel, n'est pas ce qu'il aurait dû être.La réalisatrice explique qu'elle désirait faire une critique des hommes et des femmes.Elle en avait une vision où ils n'étaient pas plus roses les uns que les autres.Mais deux actrices se sont radicahsées dans leur féminisme et ne voulaient plus faire certaines séquences prévues au scénano.Comme elles étaient déjà à l'écran, les plans ont dû être changés.Aujourd'hui, Paule Baillargeon agirait différemment et regrette son manque d'expérience d'alors.J'entends frapper l'imaginaire Son premier film lui a d'emblée fait beaucoup de tort, au point qu'elle ne pensait plus en refaire un de sa vie.Depuis, la réalisatrice n'a de cesse de réaliser un projet véritablement personnel, qui lui ressemble.Et ce.même si certaines commandes ont été très intéressantes, comme son film Sonia, en 1986.Ou son dernier projet, dont elle vient de terminer le tournage.Pendant cinq mois elle a suivi une famille québécoise «ordinaire» avec le cinéaste Jacques Leduc et la preneuse de son Mane-France Delagrave.Le résultat de ce projet sera diffusé à Télé-Québec dès septembre sous forme d'une série de 26 épisodes.Même si elle dit s'être distancée pour arrêter de souffrir de tous ces refus, elle aimerait mettre en images des scènes, des voix et des morceaux de vie qui la hantent.Dans un projet intitulé/entends frapper, elle voudrait parachever la trilogie amorcée par Anostasie.' Oh.ma chérie et La cuisine rouge.Elle y raconterait de manière plus réaliste le drame vécu par l'héroïne d'Anostosie.Cette jeune femme qui se retire volontairement de la société et qu'on emmène de force voir un psychiatre, encore plus déstabilisé qu'elle face au monde qui l'entoure.Elle voudrait faire passer un message aux jeunes d'aujourd'hui qui sont de plus en plus démunis face à l'avenir Une courroie de transmission Ce que Paule Baillargeon veut aussi transmettre, c'est sa propre vision de sa jeunesse.Cette époque est toujours décrite comme une période idyllique, où les |eunes étaient dans une espèce de tr/p perpétuel.Ou il n'y avait pas de problèmes, où tout le monde avait du travail.À ses yeux, le mythe a dépassé la réalité, et qui dit mythe dit malentendus.C'est pourquoi elle refuse que ce sort uniquement ça le portrait.«Ce n'était pas le Paradis, pas pour moi en tout cas.et certainement pas pour les femmes.» Cette idée de transmission lui tient particulièrement à coeur Elle est convaincue que l'expérience des autres et l'éclairage du passé sur le présent peut faire toute la différence.Colorer une existence.Elle raconte combien - outre sa fille Blanche et son compagnon le musicien Yves Lafernère - certains artistes la stimulent et la portent, dont le chanteur Georges Brassens.Elle ne l'a jamais connu personnellement et pourtant elle en parle comme d'un vieil ami.Il habite sa vie depuis qu'elle a environ dix ans.Quand il est mort, elle dit avoir eu beaucoup de peine.«J'ai perdu quelqu'un.C'est quelqu'un que j'aime, que je transmets.Il m'a donné énormément C'est pour ça que je crois tellement à la transmission à travers le temps et les époques.» Elle explique encore que «c'est pour que ça nous survive, pour que ça parle, que ça continue de parler» qu'on fait des peintures, des films, qu'on écrit des livres.Paule Baillargeon précise cependant qu'elle ne le fart pas pour être populaire aujourd'hui.Les gens qu'elle aime et a aimés, dit-elle, ont toujours été rejetés au départ Elle ne croit donc ni en la crrtique contemporaine, ni dans lïmmédiat «Ce n'est pas quelqu'un qui a des problèmes d'ego, qui va chercher à s'imposer», explique Marc Messier Le comédien a entre autres joué à ses côtés dans la comédie Les Voisins.Il a aussi ete dirigé par elle en 1991 dans le téléfilm Solo.«C'est une femme très intelligente, prècise-t-il.dont le coeur et la raison sont toujours en action.» Monique Pnoulx, qui a d'emblée senti une sorte de respect, abonde dans le même sens.Elle relève que «Paule est une personne qui a beaucoup des juillet-août 2000 \^§8 11 time pour les autres créateurs, chose assez rare dans le milieu du cinéma».L'auteure ajoute que la réalisatrice doute d'elle-même, «comme tous les bons créateurs», expliquant apprécier travail 1er avec de tels gens.«Ça élimine l'arrogance et ça signifie que ce sont des perfectionnistes.» Baillargeon bâillonnée?Malgré ce que ses pairs pensent d'elle, les portes continuent de se fermer inexorablement devant elle sous le poids du passé.Malgré aussi le succès du Sexe des éto//es qui s'est valu de nombreux prix.Il a ouvert le Festival des Films du Monde et a même représenté le Canada aux Oscars en 1994.Paule Baillargeon dit avoir beaucoup travaillé pour se départir de sa violence - son moyen sans doute d'exprimer son désespoir - et retrouver sa douceur originelle.Mais elle n'y va pas par quatre chemins pour donner son opinion sur la question.«Moi je pense qu'on ne veut pas me laisser parler.Je ne pense pas être paranoïaque quand je dis ça.Je crois que les femmes qu'on laisse passer [en cinéma] sont celles qui ne choquent pas trop.Dont les sujets ne font pas de vagues, ou en tous cas qui ne remettent pas les choses en question.» La réalisatrice estime que la misogynie est encore très présente dans le milieu.«Il y a une résistance à ce que la vie d'ici soit racontée du point de vue des femmes.Étant donné la place énorme qu'elles prennent dans la vie réelle, dans la vie symbolique, on les élimine.On ne peut pas tout leur donner quand même», dit-elle le sourire en coin.Certains chiffrent semblent lui donner raison.À l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, parmi les membres ayant réalisé un long métrage, seulement 22 % sont des femmes.Une étude portant sur les années 1984 à 1996 révèle que les réalisatrices n'ont reçu qu'un maigre I I % du gâteau durant cette période.«Peu de progrès ont été faits depuis», constate l'ancienne directrice du programme d'équité en matière d'emploi à l'Office national du film, Suzanne Chevigny.«Ce sont les hommes de ma génération qui sont au pouvoir, conclut sur ce point Paule Baillargeon.Et ce sont eux qui ont le plus souffert de cette révolution [féministe].Ils ont perdu leurs femmes, leurs enfants avec le divorce, la séparation de biens et tout ça.C'est eux, en haut, qui disent oui ou non.» Monique Proulx, quant à elle, estime qu'on «se méfie de son imaginaire, parce qu'elle a un passé, justement.Elle était dans une troupe "délinquante".Elle a fait des films qui ne sont pas du tout traditionnellement courants.Elle fonctionne beaucoup avec l'instinct, alors qu'au cinéma on demande aux gens qu'ils soient très rationnels, qu'ils proposent des traitements extrêmement bien ficelés, linéaires.» Ce qui n'est pas le cas de Paule Baillargeon.«Elle a une sorte de langue à elle, éclatée, récapitule la romancière.C'est une artiste multidisciplmaire et ça paraît dans ses scénarios.Il y a toujours de la poésie, du théâtre.» Cette artiste éclectique, qui aime aussi pousser sa voix et dont le père pensait qu'elle allait être chanteuse d'opéra, est pleine d'envies.Elle aimerait faire un livre avec ses dessins qui racontent sa vie, et, pourquoi pas, remonter sur les planches, jouer davantage au cinéma.Elle qui a commencé en explorant, voudrait qu'on lui propose quelque chose qui sorte de l'ordinaire, qui la dépasse, comme avant.«Dans le Grand Cirque, c'était la création.C'était fabuleux malgré la souffrance, c'était extraordinaire.Moi, ça me prend ça.» Ce qui est sûr, c'est que Paule Baillargeon n'a pas dit son dernier mot.«Le métier de cinéaste est un métier plutôt de vieux», conclut cette douce rebelle qui se dit heureuse aujourd'hui et ne pas être arrière en regardant le temps qui passe, mais seulement éprouver «un petit peu de tristesse parfois» avant de se dire «ce n'est pas fini, je n'ai pas fini».«S 12 \^§8 juillet-août 2000 L'KOKOMIÏ SOCIALf fi CAHIER D'INFORMATION T produit par EN MOUVEMENT Loisir et économie sociale POUR UNE NOUVELLE RECONNAISSANCE DU LOISIR L'environnement social et économique québécois, au sein duquel se développe le loisir, a subi des mutations considérables au cours des dernières années.Ces changements ont des effets indin i i importants sur le loisir et sur son organisation.On observe parmi ces facteurs l'évolution du rôle de l'Etat, le métissage culturel, le vieillissement de la population, la progression des coûts de santé, la croissance de la sédentarité, les nouvelles réalités économiques, les problématiques affectant les jeunes dont le décrochage scolaire, la situation du marché de l'emploi, l'exclusion, l'appauvrissement de nombreux < irovrns, la place croissante des technologies et du secteur privé.Beaucoup de ressources ont été investies dans des programmes à caractère curatif qui n'ont apporté aucune solution durable, s'inscrivant dans une perspective de gestion de crises successive* plutôt que de modifications des comportements.A ce chapitre et sans être une panacée, le loisir pourrait avoir un apport plus significatif, tant par ses qualités que par ses retombées bénéfiques.Après avoir connu des investissements gouvernementaux croissants dans la foulée du Livre blanc sur le loisir (1979), ceux-ci n'ont cessé de décroître.Au cours des vingt dernières années, l'investissement du gouvernement du Québec dans le développement du loisir, du sport et de l'ai th rté physique est passé de près de 0,1 % de son budget global à environ 0.1 %; alors qu'en six ans, la responsabilité en loisir et en sport du Québec l'est h trouvée dans cinq ministères différents dont trois successifs au cours d'une même année! On ne s'étonnera pas.en pareil contexte, de l'instabilité ressentie au sem des organismes Unévoles démobilisés et essoufflés employés qui voient leurs conditions de travail se détériorer, réduction de services et augmentation des coûts réduisant l'accessibilité.Les perspectives et les tendances observées apparaissent toutefois porteuses de certaines opportunités de « réhabilitation » de la place du luisît dans l.i seii ictr el lis préoccupations gouvernementales.Ainsi on remarque des convergences favorables à une «nouvelle reconnaissance du loisir»: l'emphase actuelle sur le- secteurs communautaires et bénévoles, le partenan.it.le développement de l'i i onomie sociale, t'entrepreneuriat el le dynamisme de numbieuses urbanisations de loisir, la nécessaire affirmation de Lors du Forum québécois du loisir, tenue en octobre 1999, Michel Beauregard, Soma Vaillancourt et Daniel Caron du Consetl québécois du loisir entourent Claude Charron, ancien ministre responsable du loisir.Le Conseil québécois du loisir (CQL) est un organisme sans but lucratif, représentant les organismes nationaux de loisir œuvrant dans les secteurs culturel, plein air.scientifique, socio-éducatif et touristique.Le CQL regroupe par son réseau de membres quelque 130 organismes régionaux.7000 clubs locaux.1 035 000 membres individuels et utilisateurs réguliers de services l'identité culturelle, l'importance des structures démocratiques et de la responsabilisation de-, citoyens, l'importance et la performance de l'outil loisir dans l'action sociale préventive en santé, auprès des jeunes, et.Le défi des organismes de loisir, dans ce contexte, se trouve dans leurs capacités a oeuvrer à la convergence des intérêts de leurs membres et bénévoles, des besoins urgents de la société et des objectifs étatiques.Mais le plus grand défi se trouve très certainement dans celui de repositionner le loisù et son organisation assoi iative, dan- une société en mutation, comme i h ai.ni indispensable du capital soi ial et de la qualité de \ ie Le ministère de l'Industrie et du Commerce, partenaire des entreprises coopératives Québec Industrie et Commerce www.mic.gouv.qc.ca L'ÉCONOMIE SOCIAL! £ CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES D'ÉCONOMIE SOCIALE DANS LE LOISIR ASSOCIATIF LA RECHERCHE D'UN JUSTE ÉQUILIBRE Depuis vingt ans, les subsides de l'État suivent une courbe descendante, contraignant les entreprises d'économie sociale en loisir à développer des sources de revenus alternâmes et autonomes.Ainsi depuis le début des années 90, le taux d'autofinancement dans le milieu du loisir fédéré a augmenté de 247 ",.' Les organismes à but non lucratif (OBNL) font des efforts importants pour viabiliser leur opérations ou pour «Les programmes gouvernementaux sont normes de telle sorte que même lorsqu'on réussit à obtenir l'aide financière, elle se révèle souvent insuffisante.» se développer.«Le plus | difficile est de changer j les mentalités», explique s Pierre Trudel, directeui i li « la Fédération de canot-£ kayak.Ce qui se traduit Élise Tessier, directrice générale Par la néCMÛlé d'ouvrir des du Réseau d'investissement marches, de diversifier les social du Québec produits et services.Il faut se trouver un domaine de compétence, augmenter la fréquentation, préserver la qualité des servit es.des équipements, des infrastructures.et conserver la nature pour les générations futures! Ce faisant, l'organisme donne la priorité à ses membres alors qu'autrefois le grand public pouvait s'adresser à lui en tout temps.Conséquence, toute une clientèle potentielle risque de ne jamais pratiquer le canotage.Les conseils d'administration des camps sont quant à eux aux prises avei les problématiques de gestion centrées sur la conservation du patrimoine immobilier et naturel (eau, chemin d'accès, eaux usées, etc.) mobilisant temps et énergie et modifiant la contribution de leur forme d'engagement.« Il n'y a plus comme autrefois de poussées de bénévolat pour les grandes corvées.Non seulement ces travaux nécessitent des expertises plus développées, mais aujourd'hui, les bénévoles s'activent plutôt dans la levée de fonds», explique Louis Jean, directeur de l'Association des camps du Québec Les coûts exorbitants des travaux de cette nature donnent des maux de têtes aux membres des conseils d'administration.Le partenariat avec le privé se fait rare, sauf chez ceux qui ont une cause percutante auprès du public ou qui sont associés à des réseaux d'affaires comme les Clubs Richelieu ou Rotary.Bien que chacune de ces entreprises d'économie sociale nourrisse un objectif socialement valable, les commanditaires potentiels, soucieux de leur image corporative, vont endosser plus volontiers ce genre de cause plus percutante.Il existe un volet gouvernemental d'assistance financière aux immobilisations qui supporte la mise aux normes des infrastructures, mais il ne semble pas suffisant.En 1998-99, sur 211 demandes de la pari des entreprises.45 "o des projets ont été retenus.« Les programmes sont normes de telle sorte que même lorsqu'on réussit à obtenir l'aide financière, elle se révèle souvent insuffisante», clarifie Elise Tessier, directrice générale du Réseau d'investissement social du Québec (RISQ.Le recours au capital de risque adapté à la réalité de l'économie sociale apparaît alors comme une nécessité pour financer la mise aux normes et le renouvellement des équipement Les sources de financement demandent une mise de fonds initiale et un taux de rendement élevé qui les entreprises d'économie sociale ne peuvent offrir.Les entreprises qui affichent généralement un bilan financier positif Ih muaient éventuellement emprunter.Des limitent se posent pourtant: plusieurs d'entre elles possèdent des équipements mais ne sont pas propriétaires des infrastructures.Lorsqu'elles le sont, souvent leur charte en i.h.mi 1rs dispositions de vente vers un organisme similaire.Par ailleurs, peu d'administrateurs ont développé cette «culture» d'utilisation des leviers financiers qu'un emprunt peut pu» un i a l'entreprise.Ils craignent souvent l'< ndettement, même si la capacité de remboursement esl démontrée Tout ce contexte explique peut-être la faible ouverture de la part des institut.lin.un nies traditionnelles lace aux besoins spécifiques des OBNL et des coopératives.Il apparaît é\ident que les institutions financières devront s'adapter éventuellement à la naine grandissante de L'ÉCONOMIE SOCIAL è CAHIER DINFORMA EN MOUVEMENT l'économie sociale.À cet effet, le RISQ.Fondaction.Investissement Québec et la Caisse d'économie des travailleurs et travailleuses sont parmi les partenaires a interpeller car ils ont déjà acquis cette compréhension et créent l'ouverture, confirme Elise Toke Il n'v a pas que le capital de risque qui se fasse rare ■ Il v a de moins en moins de financement de base disponible», regrette Louis Jean.Sans le soutien de l'État, le danger est d'éloigner l'entreprise de sa mission initiale pour la rendre lucrative au lieu d'accessible.Des choix s'imposent.l'État doit assurer le financement des frais de base et dans une stratégie à long terme.Après avoir traversé ces nombreux obstacles, les entreprises du loisir associatif ont démontré qu'elles sont de plus en plus en mesure de faire face au virage entrepreneurial qu'elles ont été amenées à emprunter durant la dernière décennie.Mais convenons-en.maintenir le fragile équilibre entre la mission sociale et la viabilité économique relève parfois de la haute voltige.Formation des bénévoles et du personnel CONDITION ESSENTIELLE DE RÉUSSITE Le loisir associatif représente l'équivalent de 5 000 emplois à temps plein — on retrouve beaucoup d'emplois saisonniers — et mobilise 135 000 bénévoles à travers le Québec.Le développement de la formation du personnel et des bénévoles se heurte néanmoins a des problèmes financiers et de standardisation.Daniel Caron, du Conseil québécois du loisir, observe un important roulement de personnel dans le milieu du loisir asscx iatif.un phénomène qui s'est fortement accentué au cours de la dernière décennie, conséquence directe de la réduction trèa substantielle du soutien financier gouvernemental, «On assiste à un déficit croissant au plan des ressources humaines disponibles dans le milieu.Il est devenu impossibli d'offrir des conditions concurrentielles et une stabilité quelconque à un grand nombre des travailleurs et trav ailleuses sur lesquels repose la pérennité des organisations et de leurs activités tout comme le soutien aux bénévoles.C'est la qualité de l'offre de services, l'accessibilité à ces derniers, le développement des organisations et leur dynamisme qui sont considérablement affectés», explique M.Caron.«Le bénévolat, élément essentiel do réussites du milieu associatif, demeure un geste gratuit qui repose sur la satisfaction et le respect des intérêts de celui qui A engage.Il ne doit pas m transformer en fardeau», de rappeler M.Coron.Il importe de bien comprendre qui les acteurs du loisir associatif doivent être adéquatement supportes pi un ev oluer ave compétence a la conflueno de l'ai don communautaire et de l'activ m .in unique.La formation des tra- vailleui s-ses i omme li support professionnel aux bénévoles s, un deux éléments essentiels de la réussite face à des défis plus nombreux et plus exigeants en tenue de compétences.« Il faut s'assurer qu'on travaille autant sur l'adaptation de la main-d'œuvTe aux aléas du marché du travail que sur son dév eloppement ».expose Gaétan Beaudet du Comité sectoriel de main-d'œuvTe de l'économie sociale et de l'action communautaire CSMO .Pour articuler de véritables stratégies de développement, il faut arriver à développer des formations structurées, plutôt que celles qu'on offre à la carte et à la pièce.•• L'autre défi, ajoute M.Beaudet.c'est de passer de l'étape de 1 élaboration du plan de la formation à celle de sa mise en oeuvTe.•> La loi 90 sur le 1 °o de la masse salariale pavée par l'employeur pour la formation des empkryés-es pourrait faciliter les choses, mais pour le moment, elle ne s'applique pas au loisir associatif.Les petits entrepreneurs sociaux ne sont pas assujettis a la loi 90 et ne disposent généralement pas d'un budget assez élevé pour investir dans la formation de leurs empkiyés-es.La proposition de politique de reconnaissance et de soutien de l'action communautaire suggère des formules pour remédier à cette situation.Par exemple, la création d'un fonds de formation dédie au secteur communautaire un meilleur soutien ■aa^uga^^^^^ixjsjj^Bijj^Bijjj^iB^BV financier aux regroupe Les besoins des entreprises ments ««mninautaires.g-g l0jsjr ^m assurer [m ____________________ consolidation et permettre leur développement: • Soutien à la capitalisation des entreprises • Contribution financière à la rénovation et la mise aux normes des infrastructures d'hébergement.• Programmes de formation des gestionnaires et des travailleurs-ses spécialisés-es.• Contribution accrue de l'État pour assurer aux citoyens-nes l'accessibilité aux services et activités récréotouristiques et de loisir.Le Festival des harmonies de Sherbrooke représente un exemple de la contribution des entreprises d économie sociale dans l'économie II génère des retombées de 1.6 millions pour la région en réunissant annuellement 12000 personnes, pour trois jours, depuis 1928! L'événement monopolise quantité de professeurs, d organisateurs, de services de communications, de traiteurs, de maintenance, de transport, de sécurité, etc L'tCONOMIf SOCIALE CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT Développement régional CONCILIER LES BESOINS DES RÉSIDENTS ET DES TOURISTES Les festivals régionaux et les fêtes populaires du Québec sont organises par des OBNL et l'on répertorie près d'une centaine d'événements de ce genre en milieu rural.Les retombées de ceux-ci ne s'évaluent pas uniquement en terme d'emplois directement créés mais aussi en terme de répercussions diverses.Par exemple, le Rodéo du Camion de Notre-Dame-du-Nord au Témiscamingue entraîne des retombées économiques de 4 millions de dollars pour la région.Depuis 1981, il a généré des profits de 2,8 millions de dollars qui ont tous été distribués à des organismes locaux et régionaux.Les sentiers récréo-touristiques sont une autre illustration du potentiel du tourisme et du loisir en milieu rural.Leur développement permet de consolider les efforts déployés pour attirer des touristes de même que ceux visant à offrir une gamme étendue de services récréatifs (vélo, marche, équitation, ski de fond, motoneige) à la population rurale.À l'heure actuelle, plusieurs MRC s'intéressent à la création de sentiers et certains d'entre eux, comme les sentiers de l'Estrie qui existent depuis trente ans, sont gérés par des OBXL.Par ailleurs, le Conseil québécois du loisir travaille à la mise sur pied d'un projet permettant à des sentiers existants de se constituer en coopératives de solidarité.Ce projet apparaît à un moment où les sentiers demandent plus d'aménagements et d'entretien car ils connaissent plus d'achalandage et reçoivent une clientèle diversifii i Dans l'avenir, on devrait soutenir le développement de coopérâmes multiservices conciliant les besoins des résident] et des touristes.L'exemple de la coopérative de solidarité de traîneaux .i i hiens à Plessis\ille illustre la conciliation de ces besoins.On rejoint ainsi une masse critique d'usagers-ères apte à viabiliser les activités de ces entreprises.L'ANCIENNE CARRIÈRE FRANCON SE REFERAIT UNE SANTÉ! La corporation Centre plein-air et camping St-Michel tente avec une énergie de titan de convaincre les divers paliers de gouvernement d'entériner son projet de construction du Camping Caravaning St-Michel On compte aménager le camping haute gamme sur le site de l'ancienne carrière Francon à Montréal, utilisée pendant plusieurs années comme décharge municipale En plus de l'espace destiné aux caravanes, le projet prévoit la création d'un lac et d une plage Une navette assurerait les déplacements sur le site et au métro «L'idée, c'est de se débarrasser du trou1 D'en faire profiter les gens du quartier», explique le président du projet Léo Bncault.Plus de 400 emplois seraient créés C'est aussi un projet de formation en horticulture, construction et formation hôtelière, ainsi que des stages en entreprise échelonnés sur deux ans.pour les |eunes de ce quartier défavorisé DES PROJETS AVEC LES RETRAITÉS-ES.Le phénomène des gens à la retraite, autonomes et en bonne santé, est assez récent et exceptionnel pour que notre société n'ait pas encore été en mesure d'intégrer ces nouveaux retraités dans les structures existantes Chose certaine, il y a de nouveaux besoins de loisir a combler rapidement Selon la Fédération québécoise de l'âge d'or du Québec, les municipalités, tout particulièrement, ne répondent pas adéquatement aux besoins de la clientèle vieillissante Peu de recherches en récréologie s'effectuent sur les besoins des personnes âgées autonomes On sait cependant que contrairemenl aux générations précédentes, ils désirent des loisirs mieux étoffés .ET D'AUTRES AVEC LES COMMUNAUTÉS CULTURELLES Le loisir social doit tenir compte d'une autre composante tout aussi remarquable en termes de changement social et d'offre de loisirs adaptée II s'agit des communautés culturelles concentrées principalement dans les centres urbains Des centres de loisir comme celui de Côte-des-Neiges et de Villeray ont dé|à développé une expertise Ils ont élaboré des protêts interrégionaux et interculturels, comme les rencontres de |eunes d'Abitibi et de Montréal Les nouveaux immigrants-es, en lien avec l'organisme l'Hirondelle, profitent ainsi de tournées dans six parcs provinciaux de la région de Montréal Plusieurs autres activités sont organisées partenariat avec le musée des Beaux-Arts, programmes d'été pour ados (fins de semaine dans des camps, visites de la Biosphère, sessions éducatives, etc.) Ce cahier d'information de quatre pages traituni du développement de l'économie lociale au Québec est édite conjointement sous l'entière et seule responsabilité des organisations suivait Le Chantier de l'économie social».h >n au.uni eepa maiu nt) i ani 11 promotion < ■• ndron Nous sommes déjà plus de 180 938 Québécoises et Québécois à vouloir Une loi-cadre sur l'élimination de la pauvreté Il s'agit maintenant de convaincre le gouvernement d'en faire une priorité! Voulez-vous y contribuer ?Vous pouvez : 1.signer la pétition vous aussi et la faire signer, 2.porter lepinglette.3.obtenir l'appui écrit d'un organisme à" l'idée d'une telle loi, Pour plus E3 CI Pour plus d'information : Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté .P.1352 Terminus, Québec (Québec), GIK 7E5 Téléphone : 418-525-0040 Télécopieur : 418-525-0740 Courriel : pauvrete@clic.net Site Web : http://www.clic.net/~ pauvreté Je suis une feuille à cote de l'arbre.Après la loi, je serai dans l'arbre.» Lucien, Drummondville CORNE DE L'AFRIQUE 1 888 664-DEVP fe DËIrROPP&MENr m Er R4ix 9 Aide à l'enfance S*** r.lx Ovldre* Carada Aide à l'enfance-Canada est une organisation non-gouvernementale, laïque et à but non lucratif qui oeuvre depuis plus de 80 ans en faveur des droits de l'enfant En collaboraaon avec des groupes communautaires locaux tant au Canada que dans d'autres pays du monde, nous proposons des solutions à long-terme pour encourager les collectivités locales a se prendre en charge La santé, l'éducation, la malnutrition, le travail |uvénile.les abus et l'exploitation des enfants sont des problèmes fondamentaux contre lesquels nous luttons pour donner espoir aux enfants du monde Aidez-nous à bâtir avec les enfants un avenir à la mesure de leurs aspirations ! Bureau principal : 4MI rueYonge, bureau 300.Toronto (Ontano) M2P 2A8 Sans frais : I -800-668-5036 Courriel : sccan@savethechildren.ca Web : www.savethechildren.ca Vous ne voulez pas prendre te risque de rater un numéro de Recto Verso?Vous ne payerez que les frais de poste et de manutention (toutes taxes incluses) : Abonnement individuel Étudiant et sans emploi Abonnement institutionnel Extérieur du Canada 20$ 15$ 25$ 30$ Abonnez-vous! 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elle reste vague et prudente, multipliant les ellipses oratoires.On sent bien qu'elle n'est pas très fière du rôle qu'elle a joué à l'époque.Car s'il est vrai qu'elle a appuyé Perreault «l'homme de la situation», la réalité fut qu'il devint, à ses yeux, l'«homme à abattre» quatre ans plus tard.De Perreault elle garde le souvenir d'un politicien frileux ; de quelqu'un qui se tart pour mieux poursuivre ses visées carriéristes.«Perreault n'a pas eu le courage politique de ses convictions.Quand il est devenu ministre de la Métropole, il a servi de courroie de transmission entre le gouvernement et le comté, jamais l'inverse.Il n'a pas défendu les mandats que lui confiaient les militants, par exemple, en matière d'éducation et de sécurité du revenu.» Dès lors.Loriane Séguin change son fusil d'épaule.Avec plusieurs membres de l'exécutif du comté et l'élite intellectuelle, elle appuie la polrticologue Josée Legault au cours de la course à l'investiture de 1998.La candidate mord la poussière avec un programme axé sur «la souveraineté, la social-démocratie et la langue française».Ce résultat est perçu par plusieurs comme une victoire de l'estaW/shment du gouvernement Bouchard sur l'aile orthodoxe du parti.Loriane Séguin, organisatrice de la campagne de Legault l'attribue plutôt «aux votes de 300 nouveaux membres à qui Perreault et des ministres des comtés voisins avaient déjà rendu service», drt-elle.Chef à 91 % Loriane Séguin, actuellement consultante à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), a alors pris 18 VBS8 juillet-août 2000 PHOTO : YVES PROVENCHER ses distances avec le Parti québécois.«Je ne me reconnais plus dans un parti qui se préoccupe davantage des questions économiques que de la souveraineté», dit-elle, avec regret «j'attends aujourd'hui qu'il tombe de lui-même, ce qui ne saurait tarder II est dans le même état qu'à l'époque de Pierre-Marc Johnson lorsque le membership était en chute libre.La défection des membres survient à chaque fois que le parti ne fart plus de la souveraineté du Québec sa pnonté.» Justement, que pense-t-elle de l'élection par acclamation de Bouchard au lendemain du référendum de 1995?«Nous avons l'impression d'avoir pris quelqu'un sur le pouce et de l'avoir vu se pousser avec le char en nous laissant sur le bord du chemin», poursuit-elle avec ironie, reprenant la métaphore d'un de ses amis-es.Lonane Séguin doute que le chef péquiste puisse mener les Québécois-es vers un pays.«Les péquistes croient que Bouchard veut la souveraineté et ils ont besoin de s'accrocher à cette idée qui donne un sens à leur démarche.» Elle est d'avis que le chef péquiste cherche plutôt un compromis entre la souveraineté du Que-bec et l'Accord du Lac Meech, qui a été à l'origine de sa démission du Parti conservateur en 1990.Et elle croit que le Premier ministre reserve une mauvaise surprise aux souverainistes.«Attention.Bouchard est un négociateur, a-t-on déjà vu un négociateur dévoiler son jeu avant la nuit des longs couteaux?» juillet-août 2000 Selon Mme Séguin, ce jeu est largement exposé dans Sortie de secours, écrit par Jean-François Lisée.Dans cet essai, l'ex-stratège du gouvernement met notamment de côté la souveraineté et propose un vote populaire qui permettrait au Québec de réaffirmer son autonomie dans plusieurs domaines.«Laissez passer quelques mois et Bouchard mettra cette proposition sur la table.J'en mets ma main au feu! Il voudra conclure une entente avec le Canada pour passer à l'histoire.» Mme Séguin juge que M.Bouchard mesure actuellement les risques.«Le livre écrit par Jean-François Usée, ancien conseiller de Bouchard, c'est du service commandé», analyse-telle.«A quelques mois du congrès du PQ de mai dernier le Premier ministre avait grandement besoin de cette publication.» «Avec Bouchard au Québec, les fédéralistes n'ont pas besoin de plan B», affirme-t-elle.regardant la biographie du Premier ministre.«Si Bouchard a eu la chance d'être au bon endroit, au bon moment il n'a jamais travaillé pour une cause dans sa vie.C'est malheureux, mais il serait étonnant qu'il en sort aujourd'hui autrement» Et la souveraineté7 «La seule condition gagnante, c'est de raviver l'intérêt pour cette cause.Il faut cesser de parler du référendum qui n'est qu'un véhicule pour nous rendre à bon port», laisse-t-elle tomber comme une évidence.«Si je voulais vous convaincre de venir en ttalie en vous parlant sans cesse de l'avion, vous me dînez de vous ficher la paix Par contre, si je vous faisais miroiter ce que nous ferons en Italie, vous prendriez les moyens pour être du voyage.» \C NFOGRAPHlE 0.S.-L PHOTO YVES PROVENCHER VSS8 19 (JLsK$yv
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