Vie ouvrière., 1 janvier 1982, janvier-février
^r âports®* om itee^ïïiââQj vie ouvrière Revue fondée en 1951 et publiée en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J.O.C.).le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (M.T.C.) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (C.P.M.O.).Directeur: Paul-Émile Charland Conseil de direction: Paul Ouellet, Dominique Trudel.Robert Guimond, François Rocher, Jean-Pierre Aumont Recherchiste: Martine D'Amours Comité de rédaction: Denise Gauthier, Lucie Lebceuf, Jean-Paul St-Germain, Jean-Marc Lebeau, Pierrette Boivin, André Charbonneau, Jean Forest.André Beauregard Couverture: Claudette Rodrique Secrétariat: Yolande Hébert-Azar Abonnement: 8 numéros par année - Abonnement individuel 14$ par année - Abonnement de groupe 20$ par année - Abonnement outre-mer 17$ par année Distribution en kiosque Diffusion Parallèle, Montréal téléphone: (514) 521-0335 Rétérencet: Les articles de la revue Vie Ouvrière sont répertoriés dans le Répertoire analytique d'articles de revues du Québec (RADAR), de la Bibliothèque nationale du Québec Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0229-3803 Imprimerie Notre-Dame Inc , Richelieu, Que Courrier de la deuxième classe, enregistrement n° 0220 Revue Vie Ouvrière 1201, rue Visitation Montréal, Que.H2L 3B5 Téléphone (514) 524-3561 • ^ vie ouvrière Volume XXXII Janvier-février 1982 N° 159 EN PLEINE CRISE, SERRONS-NOUS LES COUDES Paul-Émile Charland.Éditorial : Les animaux malades de la crise .3 1.Dans la crise jusqu'au cou Martine D'Amours .La crise: on a les deux pieds dedans .4 - dans notre travail - dans notre vie quotidienne - dans nos organisations 2.Comprendre la crise Raymond Levac.Un modèle économique en crise.18 24 Christian Payeur .Comment s'explique la crise .Vie Ouvrière.La crise et nous.Nous et la crise .32 Suzanne Chartrand.À qui profitent les taux d'intérêt élevés?.34 3.Serrons-nous les coudes Joseph Giguère.Ils ferment les usines: ouvrons davantage la solidarité.40 • une stratégie bien habillée • neutraliser le mouvement ouvrier • la crise, un extraordinaire moment de fécondité • quelques pistes d'action • la lutte est internationale Aline Gendron.Les assistées sociales occupent le bureau du ministre Charron.56 J OC.C'est pas en restant à genoux qu'on se libère .60 Vie Ouvrière.Nouvelles brèves.63 éditorial Les animaux malades de la crise Qui ne se souvient de la fable de La Fontaine, les animaux malades de la peste.La crise économique que nous traversons peut trouver pareille illustration: «ils n'en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés».On se met alors à chercher les coupables.Ce n'est pas le lion, bien sûr, ni le boeuf! Et l'histoire se répète: «Haro sur le beau-det, ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal.» La crise, chacun y va de sa petite explication.On croit avoir trouvé les responsables: ce sont les travailleurs qui ont provoqué la crise en étant trop exigeants.Alors, haro sur le beaudet! Il faut couper dans les prestations sociales, geler les salaires, trancher dans les bénéfices acquis par les luttes ouvrières.C'est encore le plus faible, l'être sans défense, que l'on charge de tous les maux.Mais ce diagnostic de la crise est-il exact?Est-il vrai que les victimes les plus touchées en seraient les plus coupables?Les jeunes, les femmes, les vieillards?Et les peuples du tiers-monde la subissent encore davantage, eux qui ont le moins accès à la richesse.Nous ne pouvons accepter plus longtemps cet espèce de mensonge officiel, camouflé sous les dehors d'une science économique au service des puissants.Les gens ne sont plus dupes, ceux du moins qui, en plus de subir durement la crise, se sont tenus debout devant le tribunal qui les accusait: le présent dossier en veut être la preuve.Comme le dit Joseph Giguère ici même, la crise est un formidable moment de fécondité pour les organisations ouvrières.On assiste à la naissance de nouvelles solidarités: les assistés sociaux se regroupent, les chômeurs licenciés par les fermetures d'usines se forment en syndicats.Malgré les échecs qu'elles connaissent, nous sommes invités à ne pas perdre confiance dans nos organisations: c'est le rôle des militants chrétiens de garder bien vivante cette espérance.La crise: un temps de fécondité, l'occasion d'un nouveau souffle pour les militants.Car toute crise est un moment de vérité: celle que nous traversons révèle la faiblesse du système économique qui a prévalu jusqu'ici.Ne pourrait-elle pas être l'occasion aussi de commencer à bâtir ce nouveau projet de société où le pouvoir économique serait démocratisé.Paul-Émile Charland 2 m> dossier %% L'inflation gruge de plus en plus notre pouvoir d'achat.Le panier de provisions qui coûtait 100$ en 1970, coûte maintenant 270$.Le lait a encore augmenté, le pain est rendu presque une piastre.Et l'école qui dit aux enfants que c'est important de manger des fruits, du yogourt.Moi je connais des femmes qui n'ont plus les moyens de laisser leurs enfants boire du lait autant qu'ils en veulent.(Françoise) 99 La crise On a les deux pieds dedans », Dans notre travail Dans notre vie quotidienne Dans nos organisations Martine D'Amours Temps partiel recherché J'ai travaillé 7 mois dans un St-Hubert B.B.Q.Ils engagent beaucoup de jeunes; au restaurant où je travaillais, la moitié avait 17-18 ans.À cet âge-là, on a tellement peur de ne pas avoir de job qu'on garde n'importe quoi.Ce qui devient de plus en plus clair, c'est que les boss ont tendance à diminuer les heures, à ne pas donner de temps supplémentaire et à engager de plus en plus de monde à temps partiel: sur 18 cuisiniers et aides, 12 sont des temps partiels, sur 13 serveuses, 11 sont à temps partiel et c'est la même chose pour la moitié des caissières.Ceci a des répercussions sur notre organisation syndicale (toute récente): la période de probation des temps partiels est plus longue (6 mois au lieu de 3), les temps partiels sont plus souvent mis à pied, et le syndicat n'y peut rien.(Normand C.) 4 Être un jeune avec ou sans emploi Quand j'ai commencé à travailler en 1977, le salaire minimum était à 2.95$ de l'heure, et il me semble qu'on s'en payait plus dans ce temps-là.S'en aller seul en appartement, maintenant, c'est pas faisable! C'est pire quand t'as pas de job, ou pas de job régulière.Dans notre équipe, une fille travaille une fin de semaine sur deux.Après avoir payé sa pension et ses dépenses, il lui reste 14$.Elle parle de se fiancer.Deux autres gars sont sur le bien-être à 121$ par mois.Ils font des jobines pour arriver: l'un passe les journaux sur le coin des rues à 4 heures du matin l'autre pose du tapis sur la slide.L'an passé, quand je n'avais pas de job et pas droit au chômage, j'ai travaillé sur la slide dans une compagnie d'entretien des systèmes à gaz: j'étais payé 3$ de l'heure en-dessous de la table.Les jobines, le temps partiel, c'est de plus en plus le lot de beaucoup de jeunes parce que des jobs, il n'y en a pas.L'an dernier, sur la rive-sud, on a fait de la recherche collective d'emplois: sur 93 entreprises, seulement 2 ont fait remplir des formules d'application.(Normand C.) La production en morceaux Quand je me cherchais une job, l'an dernier, la seule que j'ai trouvée c'est dans une nouvelle petite entreprise qui fabrique des sièges et des dossiers de chaises.Nous sommes actuellement 7-8 employés.Les conditions de travail sont très minimales: salaire minimum, aucune sécurité.Ce qui est frappant, c'est la façon dont la production est organisée.Dans notre entreprise on fabrique les sièges et les dossiers recouverts de vinyle.Une autre entreprise fabrique l'armature des chaises et une autre les assemble.Alors, la production des chaises est coupée en morceaux et notre shop est comme un département d'une usine plus grande qui aurait des locaux un peu partout.Il existe de plus en plus de petites entreprises qui fabriquent chacune une partie de l'objet et qui ont des liens entre elles.Cette organisation est même internationale; je sais, par exemple, que notre shop est en lien avec des entreprises torontoises et françaises.L'avan- 5 ^jfs MOI j'suis ici B POUR PEWSER m/ ET VOUS AUTRES ^■ | POUR ^ ^TRAVAILLER ,U— Jh > _ [êoss J~" tage pour les patrons, c'est que les travailleurs sont plus isolés et difficiles à syndiquer dans les petites boîtes.Chez nous, par exemple, les gens ont peur de se regrouper parce qu'ils ont peur de perdre leur job; ils savent qu'ils sont non-spécialisés et facilement remplaçables.Alors si les patrons nous divisent en morcelant les milieux de travail, il faudra que nous on s'organise pour se solidariser au-delà des milieux de travail.(Marcel L.) Garder sa job à tout prix.En l'espace de quelques mois, les grands patrons de Toronto sont venus plusieurs fois.Ils disaient que s'était pour réorganiser le magasin.Cependant, pas question d'ajuster les salaires.même pas au coût de la vie! À tour de rôle, deux gérants se sont succédés.Maintenant ça fait quatre en quinze mois.Assez vite, on s'est aperçu qu'un des quatre employés perdrait sa job.Sans syndicat, chacun a cru qu'il fallait se débattre pour sauver sa peau.Un venait d'acheter une auto, l'autre avait des paiements à rencontrer.Mettre le gérant de son bord, faire valoir son expérience, couler l'autre, etc.Tous les moyens sont «bons» quand on est coincé! Une vraie petite guerre interne.En plus, il fallait sourire aux clients.Un nouveau est arrivé.J'ai été congédié et réembauché.Deux autres congédiés.Donc on reste trois pour faire le travail au lieu de quatre et une augmentation de salaire qui ne couvre pas le coût de la vie.Avec ces changements, souvent une personne est seule.On ne peut pas quitter le magasin.On mange en travaillant, on fait pipi dans le lavabo en arrière, on se fatigue plus vite tout en ne sachant pas si, dans quinze jours ou un mois, les grands patrons ne reviendront pas réorganiser encore le magasin.Un dit: «en période de crise, impossible de parler, c'est un luxe de travailler, n'importe qui peut te remplacer.Les patrons le savent bien».(Jérôme C.rencontré par J.M.Lebeau) Les non-syndiqués: protégés par une loi pleine de trous En avril 80, un mois avant le référendum, le PQ était tout fier de sortir la loi 126, la loi des normes 6 minimales de travail.Elle stipule entre autres qu'un non-syndiqué aura un droit de recours pour un congédiement non-justifié, après 5 ans d'ancienneté.C'est très minimal, on le voit, mais il n'y a pas que ça.C'est une loi qui écrase financièrement la personne qui porte plainte: si la plainte se rend jusqu'à l'arbitrage, le travailleur ou la travailleuse (70% sont des femmes) doit payer un avocat plus la moitié des coûts de l'arbitre; en tout 2 000$ sans savoir si on va t'accor-der quelque chose.C'est une loi pleine de trous, qui couvre les travailleurs congédiés mais non pas ceux qui ont été mis à pied, déplacés, ni ceux dont on a changé arbitrairement les conditions de travail.Par exemple, madame Y.travaillait dans un magasin de Longueuil; son patron l'affecte à un magasin de Laval.Elle ne peut accepter à cause de son âge, des heures de travail et de ses moyens de transport: la Commission des normes du travail considère qu'elle a démissionné de son poste.La loi ne couvre pas non plus les travailleuses domestiques dont la tâche principale (terme très vague) est de garder des enfants, une personne âgée ou un malade.Une de ces travailleuses, qui portait plainte pour un congédiement, a calculé qu'elle effectuait 35 heures de travail comme gardienne et 37VL> heures comme travailleuse domestique: malgré cela, la Commission a rejeté sa plainte.Enfin, selon Pierre Fortin économiste à l'université La- val, c'est une loi dont le coût financier sera assumé à au moins 87% par les travailleurs.(Au bas de l'échelle) Refuser de se laisser gruger par la sous-traitance Depuis quelques années, la Ville de Montréal donne à l'entreprise privée de plus en plus de sous-contrats pour des travaux qui étaient accomplis auparavant par des cols bleus, par exemple, enlèvement de la neige, des ordures, réfection des trottoirs.Pour la population, ça veut dire une diminution de la qualité des services parce que l'entreprise privée ne peut verser des salaires raisonnables, payer des impôts et faire des projets tout en fournissant la même qualité de services et au même coût qu'une entreprise publique.Pour les cols bleus, la sous-traitance signifie mises à pied, insécurité d'emploi, affectation à d'autres fonctions.Plus le nombre de sous-contracteurs augmente, plus le nombre de cols bleus diminue: de 7 000 à 5 200 en 2 ans.Et le cas de ce travailleur à l'aqueduc, qui depuis 20 ans accomplissait différentes fonctions comme opérateur de compresseur, maintenance sur les équipements lourds, chef d'équipe, etc.Depuis VA an, il est en disponibilité et tout lui tombe sur la tête, vacances changées, transport à une nouvelle fonction sous entraînement, pas de respect de l'ancienneté, pas de possibilité de se faire des amis, travail de nuit avec les conséquences que l'on sait sur la vie familiale, etc.- (M.Évangéliste, SCFP, local 301 et extraits du journal le 301) On ferme ou on met à pied • pour casser un syndicat • à cause de la concurrence • à cause de «changements technologiques • histoire de repartir la production où c'est plus rentable.et quoi d'autre encore?«Le pire, c'est le nombre effarant de fermetures «anonymes» dans le secteur privé.On est mis au courant des fermetures d'entreprises syndiquées; mais comment comptabiliser toutes les autres?Chez les rembourreurs cet automne, il y avait une boîte par 15 jours qui fermait».(N.Guimond, FTQ) «À Canada Dry, à partir du 2 juin 81, les patrons n'ont plus voulu renouveler la lettre d'entente qui nous servait à prolonger la convention collective.C'était une pression pour qu'on accepte leurs offres: salaire de base avec commission, alors que nous on demandait le salaire horaire comme chez Coke et Seven Up.«Si vous n'acceptez pas les offres, on ferme!».Le 30 août finalement, ils nous font un ultimatum.L'exécutif syndical recommande d'accepter les offres et elles sont acceptées.Quelques jours plus tard, le 11 septembre, l'usine Canada Dry de Lachine est fermée».Il faut dire aussi que depuis un an, les employés de l'intérieur (non-syndiqués) tentaient d'obtenir une accréditation.La Compagnie avait dit: On ne veut pas du syndicat.En fermant, ils mettent à pied 200 travailleurs, dont 58 syndiqués et les autres en voie de l'être.Pepsi Cola a loué la concession de Canada Dry et réembauché les cadres et une cinquantaine d'employés.Ils vont peut-être finir par acheter mais ils attendent que l'accréditation tombe.Nous autres on n'est pas capables de se trouver une autre job parce qu'on nous dit des «faiseux de troubles»: on n'a rien reçu du chômage parce que le cas est à l'étude on a mis sur pied un comité de reclassement mais il n'y a rien eu de fait.(A.Levert, président du syndicat Canada Dry) «C'est difficile de connaître exactement les causes des fermetures.Des compagnies comme Canada Dry (reliée à une multinationale) négocient leurs affaires à une échelle qu'on ne soupçonne même pas.Certaines ferment ou font des mises à pied à cause de la concurrence (ex: Continental Can est en difficulté depuis que Reynold's fait des canettes d'aluminium recyclables), d'autres à cause de changements technologiques (ex: 80 mises à pied à Sidbec de Longueuil à cause d'un redresseur automatique), d'autres sûrement en raison d'une mauvaise gestion ou du fait qu'elles ne font «pas assez» de profits à leur goût.«Si on ne fait pas assez de profits, on déménage 8 là où c'est plus rentable, sans se préoccuper des travailleurs!» Mais sur ce point-là, c'est difficile de prouver des choses, parce qu'on n'a pas accès aux livres de la compagnie, à cause du sacro-saint droit de gérance.» (J.M.Carie, métallos) «La compagnie St-Louis Bedding embauchait 240 travailleurs en 1960, 60 en 1970 et environ 30 en juin 81 lors de la fermeture.Cette perte graduelle des emplois est due à la sous-traitance: la compagnie donnait des sous-contrats pour les frames, les ressorts etc., à des entreprises qui employaient du personnel non-syndiqué.La raison officielle de la fermeture de juin, c'est que la compagnie n'était soi-disant plus en mesure de rencontrer ses paiements.Pourtant, elle avait un inventaire supérieur à ses dettes, elle avait des contrats; elle possède encore la bâtisse mais sous un autre nom.Voici comment ça c'est passé: la Banque Royale prend le contrôle de l'entreprise afin d'écouler les actifs.La machinerie est vendue à un prix ridicule.On peut supposer que ce n'est qu'un transfert dans le but de poursuivre la production ailleurs, parce que ça fait lV-> an que la compagnie cherche un local plus petit où s'installer.Les travailleurs ne sont pas sûrs de retrouver l'argent qui leur est dû (vacances, préavis).Le même petit jeu est en train de se passer à Zodiac Suprême, de Le ministère du travail et de la main-d'œuvre du Québec estime qu'il y a en moyenne 25 000 licenciements collectifs par année.Plus de 17 500 travailleurs canadiens ont reçu un avis de licenciement au cours de l'automne.Les fermetures ne se comptent plus.St-Narcisse, avec la même Banque Royale.Devant les difficultés financières de la compagnie, le syndicat s'était dit prêt à faire des concessions pour maintenir l'entreprise ouverte, du moment que la Cie acceptait de lui communiquer les chiffres qui l'incitaient à vouloir fermer.La Banque refuse d'ouvrir les livres.En fait, la Cie ferme à St-Narcisse parce qu'elle est intéressée à rouvrir à Montréal.Elles se ressemblent toutes, elles ferment en se foutant de nous autres, des travailleurs qui ont 20 à 40 ans de 9 service, puis rouvrent ailleurs sous un autre nom et reçoivent des subventions parce qu'elles créent des emplois! (J.P.Yale, syndicat de St-Louis Bedding) La chaîne de montage envahit les hôpitaux Depuis quelques années, pour réduire les dépenses dans les hôpitaux, on ferme des postes tout en augmentant la charge de travail des employés.Un des moyens d'y arriver a été d'instaurer le Projet de recherche en nursing (PRN-80), un système de minutage des soins infirmiers.Le personnel hospitalier se retrouve donc comme sur une chaîne de montage, avec un temps précis pour accomplir chaque acte: 10 minutes pour faire manger et boire un enfant, 70 minutes pour penser les brûlures d'un patient qui a 20% au moins de surface cutanée brûlée.C'est donc lui qui porte le poids des «imprévus» et qui doit travailler plus vite pour rattraper son temps si le soin d'un patient a demandé plus que le temps alloué.Quant au service.On ne fait qu'appliquer une série de techniques; avec ce système-là, on perd complètement de vue le suivi du patient, on n'a plus de temps pour les rapports humains.C'est une belle division du travail: les techniques au personnel infirmier et l'aspect humain aux bénévoles! Et après ça, le Conseil d'administration de l'hôpital vient créer un comité d'humanisation des soins! (entrevue téléphonique avec une infirmière de Ste-Justine et document À l'ouvrage! IRAT) Le secteur public se fait couper ses jobs; nous, nos services 6 000 coupures de poste sont annoncées d'ici mars 82 dans les 200 établissements de santé regroupés par l'Association des hôpitaux du G/MêlPu^&Qa [PoKo[^ O le.r&pis Ira.M* Vire àttmain Cv\.C'est-à.caus e A \J Xt-ti
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