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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
mars-avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1993, Collections de BAnQ.

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•?o 900S£0,,6'780ZZ( 3bV>l I * ftM / ^ \ /' cm * ** On nous dit que la récession est finie.-.Qu'en pensent Iles 750 000 sans-emploi au Québec ?faut, c'est des emplois, / et ça presse ! * rA M.A é.* Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec FTQ r^ ONlMAlBE Dessin de Claude Jutra 22 «Moi, ce qui m'intéresse surtout, c'est l'alternative à la contestation., toujours!» Simone Monet-Chartnnd 1-1919-1993 .EDITORIAL 4 ENTREVUE 8 • Karen Young Une anglophone chante le Québec Tous les anglophones ne se sentent pas ici en territoire conquis.Karen Young a cette sensibilité qui fart qu'on peut aimer cette grande musicienne totalement.Au-delà des modes et des joutes de pouvoir, elle choisit les causes les plus nobles et met sa voix à leur service EN MOUVEMENTS 14 • Les féministes et le «beu» libéral VIE ET CULTURE 16 • Claude Jutra sorti de l'oubli • Les sondages DOSSIER 22 • BEAUCE ET AMIANTE Au-OELÀ DES MIRACLES.Beauce et Amiante, deux régions voisines aux destins opposes Deux modèles de développement qui ont façonné bien différemment l'histoire et la culture des gens Dans les deux cas, l'heure des rêves et des miracles est passée La recette est dépassée Heureusement, des gens s'attellent à réinventer le modèle COURANTS D'ESPOIR 38 • Protestants-es et francophones au Québec BILLET CHRONIQUE INSOLENTE BANDE DESSINEE LIRE TOUR DU QUEBEC QUEBEC EN COULEURS 7 13 13 20 41 42 VO : LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE Fondé en 1951.Magazine d'information alternatif, au service des classes populaires.Il traite de leurs conditions de vie et de travail, de leurs organisations, de leur culture et de leurs débats VO s'inspire principalement du courant chrétien libérateur.Il est publié en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Ses prises de positions éditonales n'impliquent cependant pas ces organisations.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur-s auteur-e-s-es.Conseil d'administration: Michelle Asselin, Daniel Beaulieu.Esther Champagne, Paul-Émile Charland, Daniel Legault, Monique Tremblay.Comité de rédaction: Diane Brulotte, Francesca Dalio.Guillaume Dostaler.Abdelhamid Gmati, Françoise Guay, Marc Valade, Pierre Viau.Collaborations régulières et membres des sous-comités: Nicole Brais, Jacynthe Chicoine, Guillaume Dostaler, François Gervais.Daniel Gingras, Pierre Hamel, Maryse Robert.Marc Valade, Pierre Viau.Rédaction en chef, coordination, promotion et publicité: Jean Robitaille Pupitre et secrétariat de rédaction, visuel, montage des couvertures, comptabilité et rédaction: Daniel Legault Gestion des abonnements et traitement de textes: Ginette Gaudreault.Représentation publicitaire: Jean-Guy Renaud Photographie: René Beaulieu.Bande dessinée: Vivian Labne.Mise en pages: Louise Gravel Impression: Imprimerie d'Arthabaska me.Distribution: Diffusion Parallèle - Tel (514) 525-2513 Fréquence de parution: 6 numéros par an Photos page couverture: Benoit Aqum Grille de tarifs: Abonnement pour individu ou groupe populaire: 20$/an ou 35$/2ans Abonnement institutionnel: 28$/an Abonnement de soutien: 28$/an Étudiant ou sans emploi: 14$/an À l'étranger (par avion), individuel: 25$/an À l'étranger (par avion), institutionnel: 33$/an Un numéro seulement: 5,10$ (incl frais de poste) Les articles de la revue VO sont inscrits dans le répertoire analytique de presse Points de repère Dépôt légal a Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0849-035X.Envoi de publication, enregistrement no 0220 Parution: no.241, 1er mars 1993.Revue VO, 1212 rue Panet, Montréal (Québec), H2L 2Y7 Téléphone: (514) 523-5998, télécopieur: 527-3403 At ASSURANCE-CHOMAGE: PIERRE HAMEL Depuis la création du régime d'assurance-chômage, le pendule oscille entre une certaine générosité et une parcimonie certaine.Plus ça change plus c'est pareil! Lorsque l'État veut s'assurer des faveurs du bon peuple, il lâche du lest en octroyant des droits aux citoyens-nes.Mais au moment où la collaboration de ces derniers-ères cesse d'être indispensable à la réalisation des desseins du Prince, celui-ci n'éprouve aucune espèce de scrupule à retirer ses "largesses».Tant qu'il s'est agi de stimuler la consommation de biens et de services, via une meilleure redistribution de la richesse collective, l'État s'est préoccupé de mettre sur pied divers programmes sociaux.Ne garantissant que le minimum vital (par exemple le revenu), ils ne se sont pas moins distingués nettement des mesures d'ordre purement caritatif ayant fait jusque-là l'objet de l'action des pouvoirs publics.Ainsi le régime canadien de l'assurance-chômage, créé en 1940 dans la foulée d'un soutien tous azimuts à l'effort de guerre du Gouvernement d'alors.Malgré de graves lacunes et l'exclusion de plusieurs categ< >nes de travailleurs-ses, le régime de l'assurance-chômage encore en ses langes n'en mettait pas moins de l'avant un principe important en vue du développement de la sécurité sociale: celui de la reconnaissance des bénéfices marginaux en tant que gains reliés à la productivité des employés-es.Bien sûr, le contexte qui prévalait a ce moment était celui du plein emploi.Dès 1986, le Rapport Forget, du nom du président de la Commission d'enquête sur l'assurance-chômage, enfourche le cheval de la guerre aux fraudeurs présumés.Pourtant, devant la stagnation du marché de l'emploi et la détérioration généralisée îles conditions de travail, Inrce est de constater qu'il ne sert à rien de jouer les Don Quichotte sur le dos de tous ceux et celles qui seraient peut-être tentés-es d'abuser du système.Placer le débat à ce niveau confine a la schizophrénie politique qui seule peut permettre de faire abstraction du vrai problème de fond: celui du sous-emploi chronique où s'enlise, a l'heure présente, 14% de toute la main-d'oeuvre active. PARTAGER LES GAINS DE PRODUCTIVITÉ □essm -.cous sw- LE DEFICIT APPARTIENT AU GOUVERNEMENT Afin de mousser sa réforme, le ministre Bernard Valcourt invoque l'argument-massue du déficit de la caisse de l'assu-rance-chômage, qu'il estime être de l'ordre de 2 milliards S pour l'année 1992-93.Et pour cause.Puisque le Gouvernement dont il fait partie n'a de cesse d'alimenter la récession et, par ricochet, le chômage endémique qui sévit partout au Canada.Peut-être le Gouvernement pourrait-il faire son examen de conscience tout en s'interrogeant sur son laxisme à l'égard des contribuables parmi les mieux nantis.Une étude de Statistique Canada (version non rendue publique par le Gouvernement) calcule que 44% de l'accroissement de la dette sont dus à l'augmentation des dépenses fiscales, tandis que 6% seulement ont trait aux dépenses sociales.Bien plus: cette mesure législative proposée, loin d'être un cas d'espèce, s'inscrit plutôt dans une stratégie d'ensemble du Gouvernement conservateur, qui vise à aligner toujours davantage ses politiques et grandes orientations sur le libre jeu- des forces du marché.Nous sommes les témoins d'un autre coup fourré de la part de ces gestionnaires à la petite semaine qui se croient chargés de procéder à la liquidation de la responsabilité sociale de l'État.La couleur politique, pas plus d'ailleurs que l'ordre de Gouvernement en cause, n'y change rien, comme en fait foi la prise de position du ministre provincial de la Main-d'oeuvre.André Bourbeau, qui adhère sans trop de questionnement à la philosophie de C-105, "la même que celle qui a prévalu dans la réforme de l'aide sociale».Les effets prévisibles de la réforme Valcourt risquent de se traduire par une contraction encore plus poussée du marche de l'emploi, précisément à cause de l'arbitraire patronal érigé en système.Point n'est besoin d'être grand clerc pour pa-\.oir de nouveaux sommets du nombre des sans-travail de même que ses répercussions sur l'appauvrissement de la population.Bien plus qu'un simulacre de fronde dans les rangs conservateurs, le projet de loi C-105 nécessite une riposte musclée.Nul besoin d'ajouter ce fardeau supplémentaire dans l'héritage de mesures régressives que nous léguera bientôt le Gouverne- S '06lAklP L,'Hi610iR£ OSCiu£ LWfRÊ, C?iAVe&>\-\& &.T pAi^iMOMik ." ment Mulronev.} -•' LE Ne manquez pas dans le prochain numéro.Mai-juin 1993 MAGAZlNE DERRIERE DOSSIER: Notre économie m FORCES ET FAIBLESSES ENTREVUE: HAURIS LALANCETTE ET FILS ^ De la campagne électorale à la campagne québécoise n ai en ce > < en ce < (M a > adultes-milieu tion-enfants accueilde[ adolesce professio des immig adolesce primaire-élèves end élèves ha ÉCONOMI FRANCISAT PÉS- ALPH FAIBLES-S MILIEUX PL ENFANTS-DES IMMIG ADOLESCE PROFESSIO DES IMMIG ADOLESCE PRIMAIRE -ÉLÈVES END ÉLÈVES HA ÉCONOMIQU XPLURIETHNIQUES-ADOLESCENTES ET ADOLESCENTS-PRÉSCOLAIRE-ÉLÈVES HANDICAPÉS FORMATION PROFESSIONNELLE - PRIMAIRE - MILIEUX SOCIO-ÉCONOMIQUEMENT FAIBLES - .:-;- L'école c'est LA SOLUTION A pour tout le monde Alliance des professeures et professeurs de Montréal (CEO) ALPHABETISA-SECONDAIRE -[THNIQUES-RMATION JANTES ET :entes ET NNELLE - GRANTS-POLAIRE -X SOCIO-FICULTÉ -HANDICA-3UEMENT ,DULTES - SATION -ACCUEIL NIQUES -RMATION ÎANTES ET :entes ET NNELLE - GRANTS -COLAIRE-X SOCIO-FICULTÉ - FRANCISATION - ADULTES -MILIEUX PLURIETHNIQUES - ADOLESCENTES ET ADOLESCENTS - PRÉSCOLAIRE - ÉLÈVES HANDICA-PÉS- ALPHABÉTISATION - ENFANTS - FORMATION PROFESSIONNELLE - PRIMAIRE - MILIEUX SOCIO-ÉCONOMIQUEMENT CD 01 O) a.> < a.< 5 O > L'audace de vivre : consentement à notre finitude(R.103) 3 samedis les 13.20 et 27 mars De9hàllh50; 13 h 30 à 15 h 20 Lise-Mance BOULARD Pour une spiritualité de lévangélisation (A.707) 3 lundis : les 22, 29 mars et 5 avril de 9 h à 11 h 50.13 h 30 à 15 h 20 Bruno DEMERS Devenir chrétien et (aire communauté : rapport de saint Paul (B.811) Les 23 et 25 mars de 9 h à 11 h 50; 13 h 30 à 15 h 20 Les 24 et 26 mars de 9 h à 11 h 50 Daniel CADftIN Apprentissage à la communication interpersonnelle (R.419) Les 16 et 18 mars de 9 h à 11 h 50; 13 h 30 à 15 h 20 Les 17 et 19 mars de 9 h à 11 h 50 Anlta FORTIN et Madeleine DUFOUR acquise ll?HJUHI>HJ:ilW:MM 2715 • chemin de la Côte Sainte-Catherine • Montréal (Québec) • H3T1B6 Grandir dans la confiance (R.112) Le 2 avril de 18 h 30 à 21 h 20 Les 3 et 4 avril de 9 h à 11 h 50, 13 h 30 à 16 h 20 Anlta FORTIN et Madeleine DUFOUR 1 crédit / session Inscription : 10 $ Scolarité i 50 $ POURQUOI ne pas vous inscrire?Renseignements: (514) 739-3223 CONTE DE PÂQUES JOHANNE DORE I 1 était une fois, une assistée sociale qui s'appelait Caroline.Elle avait deux enfants et recevait un microchèque pour les faire vivre.Un jour qu'elle frottait un pot de beurre de «peaiuit .une arachide sortit du bocal et lui dit ceci: -Je suis la preuve vivante qu'on peut faire des miracles avec des peanuts.Je t'accorde trois voeux.Tache de les choisir cruncln.Caroline était estomaquée.Mais elle était bien décidée de mordre dans sa chance.Le premier sortit spontanément: -Je désire que le ministre Bourbeau, qui trippe sur les chevaux, soit transformé en étalon.Et qu'il s'étale de tout son long, en attendant que l'on daigne lui donner du foin.Une fois par mois, très peu de foin a\w lequel il devra aussi nourrir, héberger et vêtir ses poulins.De plus, il y aura des galop-macoutes partout pour le t'ehecker dès qu'il fera un petit trot ou un petit -side line-de travers.Et gare à lui s'il partage son écurie' Caroline se lécha les babines, car la vengeance est douce au coeur de la jument.Un second voeu suivit aussitôt.-Je désire que tous les politiciens soient congédiés immédiatement.Donc, aucun d'entre eux n'aura droit à l'assurance-chômage, sauf s'il peut prouver qu'il a été victime de harcèlement sexuel, ce qui dans leur cas serait très douteux, étant donné le peu d'attraits de leur personne.Et pour deux secondes, Caroline s'imagina dans les bras de Claude non) >\ïs movENew NOTE DE LA REDACTION Dans le dossier bBevtston de notre numéro précédenl (n 240, janvier-levria iqq,*i.l'auteur de l'encadre i ne fenétH rtbé h w < DD Œ < 5 ni Q N V U QUAND UNE ANGLOPHONE CHANTE LE QUEBEC EN MARGE DE LA GROSSE BUSINESS GUILLAUME DOSTALER PHOTOS : BENOiT AQUIN Elle a grandi à Hudson, sur la rive sud du Lac des Deux-Montagnes, région anglophone à forte tradition britannique.Aujourd'hui pourtant, son public est surtout francophone.Si cela peut surprendre, y compris elle-même, il reste qu'elle démontre dans ses propos une ouverture solidaire face aux francophones du Québec.Ça se sent dans ses spectacles aussi, le français y tenant une part importante.(Dans son dernier spectacle, elle chante notamment Mommy, popularisée par Pauline Julien, et Luckv.Liuk\ de Richard Desjardins.) Quand on parle avec Karen Young, il n'y a aucun artifice.Mais de la sensibilité et de la franchise.Comme dans ses spectacles.Karen Young a toujours chanté.Enfant, elle faisait partie de la chorale de l'église du village.«J'ai arrêté à 14 ans quand je suis devenue une petite délinquant!.' l'al commencé à jouer de la guitare et du piano et à chanter du Joan Baez, Bob Dylan, Joni Mitchell et aussi a écrire des chansons.J'ai même enregistré un 45 tours: j'avais été découverte par un producteur de Toronto qui voulait faire de moi une grosse vedette, j'avais 18 ans.- Mais elle a plutôt fait son Ihhk to tlic kmtf.C'était le début des années 70.Enceinte, elle décide de s'installer à la campagne, comme bien d'autres à cette époque.Elle fait de l'artisanat, du tissage.Mais elle réalise que ce qu'elle veut, c'est chanter et travailler la musique sérieusement.Apres trois ans à la campagne, elle déménage à Montréal et elle s'y met.L'APPRENTISSAGE SI R LA SCENE Et ce sera le début du Bug Alley Biiiui, un groupe qui comptait quatre chanteurs et qui travaillait surtout les harmonies vocales.«J'ai beaucoup appris avec Bug Alley, on a fait toutes sortes de choses.C'est avec Bug Alley que j'ai découvert le jazz.C'a été mon université.On apprend beaucoup sur la scène; chanter devant un public, les rencontres avec les musiciens, c'est très important.C'est comme ça qu'on développe ses goûts, son style.Quand j'ai quitté le groupe après cinq ans, c'était parce que je voulais chanter solo.■ J'ai rencontré le contrebassiste Michel Donato et nous avons travaillé en duo.C'était un peu l'envers de Bug Alley: avec juste la contrebasse et la voix, j'a\ais plus de liberté.Maintenant, je suis revenue à des plus gros effectifs avec cinq musiciens et trois choristes.- Son style est aussi plus varié, englobant tout ce qu'elle a fait jusqu'à maintenant.À l'époque de Bug Alley, elle travaille surtout sur les scènes de clubs.«Je faisais \ raiment la vie de club, j'étais jeune.\pres quelques années, j'ai décidé que je en m cr > < ce < ru O > ne chanterais plus toutes les fins de semaine dans les clubs et que je prendrais plus soin de ma santé.» «Un jour, une amie m'avait invitée à venir chanter dans une chorale d'église pour 15$ par dimanche.Je m'étais dit que c'était une occasion de pratiquer ma lecture musicale.La première pièce qu'on avait chantée était de la Renaissance et c'a été une découverte.Je n'avais jamais écouté cette musique-là ni celle du Moyen-Âge ou de l'époque baroque.Et j'ai fait ça quelques années.C'était un peu bizarre de chanter dans les clubs le samedi soir et le lendemain d'aller chanter soprano à l'église, comme un ange.» •J'ai aussi chanté quelquefois dans le choeur du Studio de Musique Ancienne de Montréal, quand ils avaient besoin de plus gros effectifs.Je l'ai fait pour le plaisir, pour l'amour de cette musique-là, même si je savais que je n'avais pas une carrière dans la musique classique.Le fait d'être soprano dans les chorales me faisait chanter trop haut pour ce que je voulais faire en jazz par exemple.Je voulais chanter dans un registre plus grave, et aussi développer un autre timbre de voix que celui de la technique classique.» L'AUTO PRODUCTION: MISSION DIFFICILE Se produire soi-même est de plus en plus difficile pour un-e artiste, particulièrement en temps de récession.'Quand j'ai commencé, il y avait beaucoup d'endroits où jouer.J'avais des engagements chaque fin de semaine dans des clubs différents.Maintenant, il n'y a presque plus de clubs de jazz.C'est devenu plus difficile; il n'y a plus beaucoup d'endroit où on peut se produire et faire un peu d'argent.» Présentement à Montréal, mis à part le circuit des Maisons de la Culture et les rares clubs de jazz, il n'y a presque plus de salles qui produisent des spectacles.Il faut louer les salles et se produire soi-même.Si l'artiste n'est pas sous contrat avec un gros producteur, c'est lui qui doit investir et prendre les risques.Seuls quelques gros débits de boisson, comme le Café Campus, la Brique ou les Foufounes Électriques2, qui font beaucoup de profit sur les ventes de bière, produisent encore des spectacles.Auto-produire un album est aussi une entreprise risquée.Mais c'est souvent la seule avenue possible si on ne veut pas jouer le jeu des producteurs qui exigent généralement des concessions artistiques pour augmenter le potentiel commercial.«Les productions, c'est comme un «status symbol».Si on peut mettre 250 000$ sur la production d'un album, ça veut dire qu'on a beaucoup d'argent, donc qu'on est meilleur.Les petits produits, qui sont faits avec beaucoup de talent mais le dixième des moyens, sont mal considérés.» • Dans le monde artistique, il y a les créateurs et les entertainers qui sont toujours plus populaires.Les créateurs ont besoin de patrons pour travailler.Avant, c'était l'Église ou la cour qui engageaient les musiciens.Maintenant, c'est les grosses compagnies ou le gouvernement qui subventionnent les artistes ou les événements artistiques.» «Quand je jouais dans les clubs, mon patron c'était la SAQ et les compagnies de bière.Aussi, quand les clubs de jazz marchaient bien, la plupart étaient des fronts de cocaïne, ce n'était pas important de faire de l'argent avec la musique.C'était un peu comme dans les années '30, le jazz était subventionné par la drogue ou la consommation d'alcool.Maintenant ce sont les discothèques qui marchent et qui font vendre de la bière, ce ne sont plus les clubs de jazz.» CONSCIENCE SOCIALE ET COMPROMIS Les gros événements artistiques, comme les festivals, sont généralement commandités par des grosses compagnies, ce qui provoque parfois des situations compromettantes pour les artistes qui y participent.-J'ai participé au Concert pour nos rivières, qui était organisé pour dénoncer les méga projets d'Hydro-Québec.Or la plupart des musiciens et chanteurs qui faisaient partie de ce concert allaient participer deux semaines plus tard aux Francofolies, événement subventionné entre autres par HydroQuébec.» «J'avais mentionné cela lors du concert pour expliquer les compromis que les artistes doivent faire pour pouvoir travailler.J'avais aussi ajouté que les musiciens qui participaient au Festival de jazz et qui étaient fiers de porter le t-shirt du festival pour montrer qu'ils y avaient participé, faisaient en même temps de la publicité pour Alcan, un des commanditaires dont le sigle apparait sur le t-shirt.J'avais dit ça assez simplement en faisant de l'humour, sans dénoncer directement quoi que ce soit au sujet d'Alcan3.Depuis ce temps, le Festival de jazz n'a plus voulu m'engager.Ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas accepter que l'on parle contre un de leurs plus gros commanditaires.J'ai été la seule qui ait souffert d'avoir participé à ce concert Elle participe assez souvent à des concerts bénéfices pour des causes dont elle se sent solidaire.Je n'irais pas chanter dans un téléthon, parce que pour moi c'est de la grosse business.Je préfère les plus petits groupes qui ont vraiment besoin d'aide.Ce sont souvent eux qui peuvent faire le plus, parce qu'ils sont plus près de la population.Chaque fois, j'apprends quelque chose et je deviens plus consciente socialement.Même si souvent ils ne sont pas un succès financier, ces concerts servent à informer et à conscientiser.» CULTURE ET FESTIVALS Depuis une dizaine d'années, les Maisons de la Culture ont fait leur apparition à Montréal.Et si elles donnent un bon coup de main à la culture locale, il y a aussi un revers à la médaille.-J'ai fait plusieurs Maisons, surtout avec Michel Donato.Les conditions techniques sont bonnes et les cachets assez intéressants.Mais le problème avec ce circuit, c'est qu'on habitue le public à venir nous entendre gratuitement.Et quand on essaie de se produire ailleurs, les gens se disent qu'on peut nous voir sans avoir à débourser dans une Maison de la Culture et souvent dans de meilleures conditions que dans un club par exemple C'est un peu le même problème avec les festivals.«On est entré dans l'âge des festivals.Tout l'été, il y en a de toutes sortes.C'est beaucoup d'argent investi pour quelques gros événements.A chaque mois de juin, pendant le Festival de jazz, les propriétaires de clubs sont très optimistes, c'est plein à craquer, tout le monde aime le jazz, et quand le festival se termine, ils commencent à perdre de l'argent et à l'automne ils ferment.Ça dure deux mois et c'est tout.En bout de ligne, ça peut nuire aux musiciens lo- caux, même s'il y a des bons côtés à offrir des concerts gratuits et une bonne visibilité aux artistes.» NUL N'EST PROPHÈTE.On a souvent entendu dire que pour un artiste francophone du Québec, il fallait d'abord connaître le succès ailleurs pour pouvoir en avoir ici.11 semble que ce soit la même chose pour les artistes anglophones.«Les Canadiens anglais ont le sentiment que les meilleurs artistes viennent des États-Unis.Il y a un manque d'amour-propre.C'est drôle parce que j'ai été comme adoptée par les franco- en en en ce > < œ tr < ru O > francophones.C'est l'arrogance de la majorité.Leur attitude pousse le Québec vers la séparation.» «Je pense que les minorités sont plus créatives, parce qu'elles ont un plus grand besoin de s'affirmer.Il y a beaucoup de créateurs ici comparé au reste du Canada.Et je préfère faire partie d'une minorité ici que d'une majorité là-bas Quand elle exprime ainsi son sentiment d'appartenance au Québec, on se demande comment son public, aussi francophone soit-il, pourrait ne pas s'y reconnaître.' ».«Depuis dix ans, j'ai eu seulement une ou deux critiques sur moi dans les médias anglais, c'est comme si je n'existais pas.Je pensais que peut-être les anglophones ne venaient pas me voir parce que je parlais toujours français entre mes chansons.Je me dis qu'on est censé être dans un pays bilingue, mais pour plusieurs anglophones, le bilinguisme, c'est que les francophones parlent l'anglais.Aussi, un texte chanté est plus difficile à comprendre qu'un texte parlé.Alors pour chaque chanson en anglais que je fais, j'essaie de les expliquer un peu en français.Pour moi c'est très important.• MINORITÉ MAJORITÉ Elle est sensible à la situation du Québec dans l'ensemble canadien.Elle a aussi un point de vue critique face à ce qu'elle appelle une attitude arrogante de la majorité anglophone du Canada.«A Montréal, il est possible de vivre uniquement en anglais, comme dans une bulle.Les anglophones du Québec qui aiment vraiment vivre ici et qui cherchent à comprendre les francophones sont minoritaires «Je crois que les Canadiens ont un problème d'identité.Ils sont soit américains, soit monarchistes.Ils se cherchent une identité pour se protéger du géant américain.Pour plusieurs, le Canada est une espèce de life bout qui peut peut-être les sauver.Ceux qui ne veulent pas devenir américains sentent qu'ils ont besoin du Québec, mais la plupart ne veulent pas faire de compromis parce qu'ils sont la majorité.Ils sont aussi victime de l'influence des média qui sont souvent anti- 1 Retour à la terre.2 En janvier '93, La Brique et les Foufounes Électriques parlaient à une semaine d'intervalle de fermer leur porte, et déclaraient faillite.Au même moment, le Café Campus décidait de ralentir considérablement sa production de spectacles.Cette coïncidence illustre assez bien la situation dans laquelle se trouve la scène montréalaise pour les productions de petite et moyenne envergure.3 Après plusieurs années consécutives, Alcan a décidé de ne pas renouveler son contrat di principal commanditaire du Festival pour 1993.Les Métallos, un syndicat enraciné dans la région de l'amiante Au début des années '80, le Syndicat des Métallos entreprenait avec succès une campagne internationale contre le bannissement de l'anuantc Aujourd'hui l'industrie connaît une remontée et la menace du bannissement est écartée.Représentant la majorité des travailleurs dans l'industrie de l'amiante, les Métallos sont également présents dans d'autres secteurs d'activités comme chez Norcast, Bilco, Olimag éboucurs de Black Lake Les liens internationaux, la vie démocratique et l'autonomie des sections locales sont les caractéristiques qui favorisent l'adhésion au Syndicat des Métallos CHBON.OUH .NSOLENTE LA TERRE N'EST PLUS PLATE, LES COMMERCES OUVRENJ LE DIMANCHE.A QUAND LA PREMIERE PAPESSE?NICOLE BRAIS Je m'étonne que Jean-Paul II n'ait pas réagi publiquement à la décision du gouvernement du Québec de permettre l'ouverture des commerces le dimanche.Et je m'étonne que Jacques Parizeau n'ait pas pensé à solliciter cet illustre appui dans ce débat où centrales syndicales et Conseil du patronat confondus lui ont fait défaut.Jean-Paul II est sûrement bien trop occupé pour courir chez Eaton les brebis égarées.Le Vatican n'a d'ailleurs pas chômé dernièrement.Dans la morosité de la récession actuelle, les nouvelles du Vatican apportent une note humoristique si on accepte d'en rire plutôt que d'en hurler.Parler de "nouvelles- constitue en soi un paradoxe tant on joue dans la poussière du côté de l'Église catholique.Il est bien sûr réconfortant de savoir que Galilée ait été réhabilité.Mais la s'arrête le progrès.On a revampé, travail de moine s'il en est un, le petit catéchisme, avec pas moins de 24 000 amendements en passant à côté de l'essentiel.S'il fallait excommunier tous ceux et celles qui \ivent en union libre, qui ont eu recours ou pratiqué des avortements, qui ont divorcé, l'Église catholique baverait d'envie devant le membership du Club Price.Et pour mieux marquer le coup, on s'apprête à béatifier une illustre inconnue qui a eu l'immense mérite de mourir suite à un quatrième accouchement pour avoir, en toute connaissance de cause, refusé un avortement.Une sainte innocente, oui.Et merci pour le modèle! On ne peut demander à qui vit dans les boules à mites ou à mythes de s'inscrire dans la réalité.A défaut, on s'inscrit dans la Venté et dans l'Histoire (d'avant le vingtième siècle).Qu'on doive donner son appui a un gouvernement d'imposture et de dictature en Haïti n'est qu'un détail dont on ne s'accommode pas trop mal, je suppose, quand on exerce un double standard de moralité.Pourquoi renoncer à Satan, je vous le demande?J'aurais bien aimé, malgré tout, avoir le Pape de mon bord pour une fois.Avec l'ouverture des commerces le dimanche, l'occasion était belle, malgré que nos raisons risquent fort d'être différentes.Que les paroisses soient désertes le dimanche ne m'empêche pas de dormir.Mais que les centres d'achat soient pleins de gens qui n'ont rien à y dépenser qu'un temps qu'ils pourraient mettre ailleurs.Religion pour religion, illusion pour illusion, je ne choisirais pas le lèche-vitrine.' 7, LE MONDE VU PENSAS A L'éCOU, RT-CÉ
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