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Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La vie en rose, 1985, Collections de BAnQ.

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V5 Le magazine féministe d'actualité MICHEL 0ES HOMMES # POUR LE DIRE f Textes de: Jean Beaudry, Alain Besré, ' Bruno Boutot, Marc Chabot, Michel Chartrand, 4 > - Pierre Foglia, Hervé de Fontenay, \3k François Fournier, Gérald Godin, Pierre Huet, f Jean-Claude Leclerc, Gaston L'Heureux, jt ' < Robert Morency, Richard Poulin, .Michel Roy et Bernard Tanguay^ ^^y^ "A la caisse Desjardins, je me sens à l'aise de poser toutes mes questions, que ce soit concernant l'épargne ou le crédit, je suis écoutée et comprise, bien conseillée et bien servie.C'est ce que j'apprécie chez Desjardins".Jj&àÛiïuX fi^A^OjUb^ Puisez dans nos ressources.Chez Desjardins, toutes nos ressources sont à la disposition de la femme d'aujourd'hui.Ces ressources sont vos ressources car Desjardins, c'est votre coopérative.Qu'il s'agisse d'un projet personnel ou d'entreprise, entrez chez Desjardins.Madame Madeleine Rousseau, relationniste, Montréal Desjardins Une ressource naturelle. SOMMAIRE N° 31 novembre 1985 ÉDITORIAL 5 Monsieur X Gloria Escomel Courrier 6 Commentaire 8 À la défense de Freud Monique Brillon Chronique délinquante 11 Y a-t-il quelqu'un dans la salle?Hélène Pedneault Actualité féministe Les hommes à poussette 12 Les vasectomisés de l'ombre 14 Questionnaire 40 Hommes! Avez-vous évolué?Testez votre quotient sexiste.Entrevue 42 Michel Tremblay Appeler un chat un chat Marie-Claude Trépanier et Hélène Pedneault Cinéma Les films de gars La part du privé Diane Poitras 46 Musique 49 André Duchesne Le respect de l'Autre Catherine Dostaler LITTÉRATURE 51 Jeunes poètes québécois De palabres & d'exotisme Anne-Marie Alonzo Théâtre 52 Mademoiselle Autobody La porno frappe encore Hélène Pedneault Flashes 56 Livres, spectacles Calendrier 59 no\ novembre 1985 17_ ET SI LES FEMMES TROMPAIENT LES FEMMES?Jean-Claude Leclerc 32_ COMME PAR OSMOSE Jean Beaudry 33__ LE GENIE DE L AMITIE François Fournier 34 _ LES FEMINISTES BAISENT-ELLES MIEUX OOE LES AUTRES?Bruno Boutot 36_ UN ET UNE FONT DEUX Bernard Tanguay 38_ LA VIE EN ROLLS Gérald Godin LA VIE EN ROSE DES HOMMES POOR LE DIRE Francine Pelletier 18-.-.- ONE IMMENSE NAÏVETE Michel Roy 19_ DES CONNES PAR MILLIERS Pierre Foglia 20_ LE MACHISME 00 LA CACOPHONIE DE MON SEXE Hervé de Fontenay 22,_ MÂLE ADROIT Gaston L'Heureux 23_ A M OUR.AUTONOMIE ET CONFUSION Richard Poulin 25-.-,_ UNE INDIFFERENCE STRATEGIQUE Marc Chabot 26_,_ LA BLACK LABEL ET LA FEMINISTE Pierre Huet 27_ OO'ESTCE QUELLES VEOLENT ENCORE?Alain Besre 28_ ON HOMME DE BONNE VOLONTE Michel Chartrand ?9 _ LETTRE À LA FEMME 001COORT DEVANT MOI Robert Morency 30_ / AH NON! ".J'avais pourtant lu toutes les revues spécialisées, mémorisé tous les test et les fiches techniques, trimbalé mes disques â travers au moins dix magasins, écouté les opinions de mes amis et des vendeurs.J'ai quand même manqué le bateau.On m'avait pourtant prévenu qu'il ne suffisait pas d'acheter tous les soit disant "best buy." On m'avait pourtant prévenu que le mariage des différentes composantes d'une chaîne haute fidélité était un art que seule l'expérience permettait de pratiquer correctement.Et dire que ça aurait été si simple si j'avais consulté les professionnels de FUtromque ou de Son-Or.Pourquoi donc personne ne me l'a dit?son on Centre de haute fidélité 7339.Saint-Zotique est Ville d'Anjou Province de Québec H1 M 3A5 ^iCtroDique HAUTE FIDÉLITÉ 9343.Lajeunesse Montréal, Québec Canada H2M 1S5 (514| 389-1377 "Là ou le dialogue remplace le traditionnel monologue du vendeur." DUAL- ELIPSON- GRADO- HARMAN/KARDON-JBL- KEF - NAKAMICHI-ORTOFON- REVOLVER-TEAC LVR en procès Monsieur X Jéhovah sans l'être) et entrer en fraude à un congrès, il ne soit pas discriminatoire de limiter l'accès à un public, mais que cela le devienne dès que les personnes exclues ne peuvent pas dissimuler le fait qu'elles sont des hommes ?De plus, le simple fait qu'on ne puisse prendre un homme pour une femme ne démontre-t-il pas que celles-ci partagent un certain nombre de caractéristiques communes qui font d'elles un groupe identifiable autant sinon plus que les témoins de Jéhovah ?Cette deuxième plainte a cependant été jugée recevable et une enquête est présentement en cours.Ne préjugeons pas du verdict.Demandons-nous simplement quels précédents il pourrait créer si jamais la Commission estimait que La Vie en rose n'avait pas le droit de réserver la fête du 8 mars aux femmes.La discrimination basée sur le sexe, la religion, la race, la nationalité, l'orientation sexuelle, le handicap ou autre est pratiquée tous les jours dans des domaines suite à la page 58 Les femmes se verront-elles interdire le droit de fêter le 8 mars entre elles sous prétexte que c'est discriminatoire d'en exclure les hommes7 Non, je n'élabore pas un scénario de science-fiction, mais je vais quand même vous raconter une histoire.Le 8 mars 1984, La Vie en rose louait une salle publique (Le Paladium) pour fêter, pour une deuxième année consécutive, la Journée internationale des femmes.La soirée s'intitulait Rose Tango et y étaient conviées «toutes les femmes exclusivement».Mécontent de n'avoir pu y participer, un homme (dont nous ne pouvons dévoiler l'identité) dépose une plainte à la Commission des droits de la personne pour discrimination sexuelle envers les hommes.Le 19 avril 1984.la Commission juge la plainte irrecevable, étant donné que des lieux publics peuvent être loués par des «groupes précis» qui peuvent alors restreindre l'accès à un lieu public Dans sa réponse, la Commission affirme: «Dans le cadre de la Journée internatio- par Gloria Escomel nale des femmes, il peut arriver qu'un organisme voué à la promotion des droits des femmes veuille faciliter l'expression de toutes en célébrant cet événement par un spectacle où les hommes ne sont pas conviés.» Tout en convenant qu'on pouvait souhaiter un jour l'émergence d'une société «où la compréhension mutuelle et le respect de tous seront acquises», la Commission conclut : «Nous ne pouvons toutefois exclure le fait que.parmi les étapes pour y arriver, les manifestations qui éveillent une prise de conscience à l'égard d'un groupe spécifique constituent un moyen à privilégier dans un tel cheminement.» Cette conclusion nous rassure.Mais voici que le plaignant riposte en alléguant, d'une part, que les femmes ne constituent pas un «groupe précis» et, d'autre part, que s'il se présente par exemple à un congrès des témoins de Jéhovah, il risque fort de pouvoir entrer parce que 1 ) ses sentiments religieux ne sont pas inscrits sur son visage : 2) il peut toujours professer être de cette foi.Se pourrait-il que tant qu'on puisse mentir (se prétendre être témoin de novembre 1985 5 LA VIE EN ROSE Courrier Là sexualité et le beurre de peanut «Nous n'avons pas toujours réussi à lever le tabou qui entoure encore le sujet [de la sexualité).C'est notre seule déception : mais (.) Nous savons maintenant que le féminisme a fait des petites.» Pour qui vous prenez-vous de vouloir passer au laser les «petites», comme vous dites à la fin de «Jeunes femmes» engagées autrement» (Voir LVR, sept.1985.) ?Moi.j'ai 26 ans et ma vie sexuelle ne regarde pas tout le monde et ce n'est pas par pudeur ou par crainte.Je parle de sexualité avec quelqu'un que j'aime, quelqu'un que je connais, pas publiquement.Et pourtant, je suis féministe.(.) Je dois vous paraître agressive de réagir comme ça ; pourtant, non, juste choquée.LVR a des façons parfois arrogantes de traiter certains sujets.J'ai eu l'impression que Marie-Claude Trépanier et Hélène Blondeau se sont dit : «On va leur montrer aux petites c'est quoi être de vraies féministes, on va leur dire que le sexe se doit d'être raconté, sans gêne.C'est beau, c'est naturel.» Justement, c'est une chose naturelle, qui se vit à deux avec tendresse et douceur, c'est quelque chose d'intime qui ne se raconte pas.(.) Jusqu'à aujourd'hui, je ne pouvais m'identifier nulle part dans votre revue jusqu'à ce que je tombe sur «Ne me parlez pas d'avenir !» Je me suis vraiment reconnue dans le témoignage de cette fille qui est en train de craquer ; en tout cas, c'est ce que j'en ai déduit.La seule différence entre nous deux, c'est qu'elle mange du riz et moi, du pain brun et du beurre de peanut.J'en mets une couche très mince, le pot me dure plus longtemps.Dernièrement, mon agent d'aide sociale m'a demandé hrois fois si j'étais célibataire parce que, pour eux, si t'as quelqu'un dans ton lit, t'as quelque chose dans le réfrigérateur.(.) Dans le fond, je les comprends un peu de ne pas me comprendre, de réagir comme ça.Parce que même moi, je n'aurais jamais pensé pouvoir tenir le coup jusqu'à aujourd'hui.Il faut vivre cette situation pour la comprendre.(.) Bon.je reviens à ce que vous disais plus haut sur la sexualité.Je l'ai pris pour moi.J'ai eu comme une hallucination, j'ai confondu Marie-Claude Trépanier et Hélène Blondeau à mon agent d'aide social.Je m'en excuse.J'aime bien LVR dans le fond, j'avais juste besoin de me choquer un petit coup pour faire passer mon pain et mon beurre de peanut.Je digère mal ces temps-ci.Anonyme La théorie du pire En recevant le numéro de septembre, mon premier réflexe (de jeune femme et de militante «dissidente» du RAJ) a été de lire le dossier sur les jeunes.Dominique Ritchot m'a ébahie avec son «Ne me parlez pas d'avenir !».Elle a un style formidable pour exprimer sa réalité quotidienne, réalité déprimante mais réaliste et vécue par plusieurs jeunes.Tout allait bien jusqu'à ce que j'arrive sur Andrée Champagne, ministre de la Jeunesse, qui félicite LVR (message payé par le gouvernement fédéral).Bon.ce n'est pas si grave.Il faut bien vivre et la publicité gouvernementale, c'est payant.Je passe par-dessus et j'arrive à «Jeunes femmes : engagées autrement».J'avoue que j'ai beaucoup apprécié cet article, peut-être parce que je connaissais deux des filles mais surtout parce que je pouvais vérifier l'authenticité des portraits qui correspondaient bien à leur personnalité.(.) C'est bien parti pour ce numéro.Mais que vois-je 7 Un appui à Pauline Marois.Non, ce n'est pas vrai.Comment peut-on publier Dominique Ritchot qui subit les mesures à Marois et appuyer en même temps cette ministre à la course au leadership "> Pour moi, ça semble être la théorie du moins pire.Pourtant, j'ai déjà eu une patronne, chef d'entreprise, qui était pire que tout ce que j'avais connu.Après tous ces ho ! et ces ha !, je poursuis ma lecture pour m'arrêter sur une annonce de CROC.«Spécial : la femme».Tiens.LVR fait de la publicité sexiste pour une revue sexiste.(L'annonce montre la page couverture de CROC où une femme, dans la posture de la statue de la liberté, se retrouve chaudière et vadrouille à la main.) (.) Le moral est au plus bas mais heureusement, j'arrive à la fin.Je tourne la dernière page.«Place aux jeunes», message payé (cette fois-ci) par le gouvernement du Québec.(.) Décidément.LVR avait besoin de fric ce mois-ci et a dû passer par-dessus ses convictions.Mais peut-être y croit-elle à toutes ces sornettes débitées par nos ministres, député-e-s et autres exploiteur-euses de même acabit ?J'espère que non.Céline Métivier Rouyn ÉQUIPE DE DIRECTION : Ariane Émond, Françoise Guénette, Claude Krynski.Louise Legault, Lise Moisan, Francine Pelletier • RÉDACTION : Yolande Fontaine.Françoise Guénette.Francine Pelletier • ADMINISTRATION : Louise Legault • PROMOTION : Ariane Émond • SECRÉTARIAT : Andrée-Anne Delisle.Christine Chainé • DIRECTION ARTISTIQUE: Sylvie Laurendeau • COLLABORATION: Anne-Marie Alonzo.Lynda Baril, Céline Beaudoin.Jean Beaudry, Alain Besré.Monique Brillon.Bruno Boutot.Marc Chabot.Michel Chartrand.Christine Dostaler, Christine Eddie, Gloria Escomel.Pierre Foglia.Hervé de Fontenay.François Fournier.Gérald Godin.Gaston L'Heureux.Pierre Huet.Jean-Claude Leclerc, Danielle Léger.Robert Morency, Hélène Pedneault.Richard Poulin, Diane Poitras.Michel Roy, Bernard Tanguay, Marie-Claude Trépanier • ILLUSTRATION : Christine Lajeunesse.Diane OBomsawin.Susan Séguin • PHOTOGRAPHIE : Marik Boudreau.Ginette Clément, Suzanne Girard, Louise Lemieux • MAQUETTE : Diane Blain.Sylvie Laurendeau • CORRECTION : Francine Cardinal.Georgette Girard • DOCUMENTATION : Hélène Blondeau • COMPOSITION : Concept Médiatexte inc.• PELLICULAGE : Graphiques Gabi • IMPRESSION : Imprimerie Ronald's • DISTRIBUTION : Les Messageries de presse Benjamin Ltée 645-87 54 • PUBLICITÉ : Claude Krynski, Carole Pageau 843-7226 • ABONNEMENT : 1 an.10 numéros : 19$.2 ans.20 numéros 33$.3 ans, 30 numéros 45$ Tarif international par voie de surface : 30$.par avion : 44$ Marie-France Poirier 843-8366 • LA VIE EN ROSE est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec LA VIE EN ROSE est publiée par les Productions des années 80.corporation sans but lucratif On peut nous joindre de 9 h 30 à 17 h au 3963, rue Saint-Denis.Montréal H2W2M4, ou en téléphonant : (514)843-8366 ou 843-7226 Copyright 1985-LA VIE EN ROSE Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés Dépôt légal Bibliothèques nationales du Québec et du Canada ISSN-0228-5479 Indexée dans Radar et membre de l'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois Courrier de deuxième classe 5188 Commission paritaire 4 067 CDN LA VIE EN ROSE 6 novembre 1985 Le machisme de Pauline Marois Il a fallu la photo couverture du dernier numéro et l'entrevue avec Pauline Marois pour que je me décide à vous écrire.Louise Beaudoin, Louise Roy.Pauline Marois.trois femmes de carrière, riches, fréquentant des gens, hommes et femmes, avec qui la plupart des femmes n'ont aucune affinité.Bien plus, des femmes qui se retrouveront inévitablement en situation de pouvoir et d'oppression de d'autres femmes.Les jeunes assistées sociales en savent quelque chose ! Pourquoi ces pages couverture 7 Pour mieux vendre La Vie en rose ?Je ne souhaite pas, mais pas du tout, que ma revue préférée redevienne doctrinaire, comme à ses débuts.Mais tout de même : il y a des choix qu'il faut faire.On ne peut pas à la foL dénoncer le Parti Québécois pour ses politiques anti femmes et antitravailleuses (celles du secteur public ont de la mémoire.!) et, en même temps, souhaiter, en éditorial, voir Pauline Marois devenir première ministre, elle qui n'a jamais vraiment désavoué les politiques de son parti.Tout ça parce qu'elle ne serait pas «macho».À mon avis, rien n'est moins démontré.Être macho, ce n'est pas seulement pincer les fesses d'une femme ou tenir des propos canément sexistes.Pour moi, c'est aussi accepter de partager un pouvoir exploiteur et sexiste avec des gens pour qui les games, les promesses d'élection et le mépris du peuple.sont un mode de vie.Je préférerais grandement lire des entrevues avec des femmes vraiment engagées dans les luttes quotidiennes et pénibles pour changer les conditions d'existence de la majorité des femmes.Ça me déprimerait moins que de voir une Pauline Marois admirer le courage de Margaret Thatcher ! ^> Françoise David m j^r Montréal A.venir Nous avons reçu d'autres réactions concernant l'éditorial sur Pauline Marois.Nous les gardons pour le prochain numéro où il sera question des femmes et du pouvoir.Lvr Chère délinquante, Suite à ta chronique de septembre 1985 «Y a-t-il un dictionnaire dans la salle ?», j'ai envie de t'embrasser.Mais, attention à l'interprétation.Je veux simplement t'exprimer à quel point j'ai adoré ta chronique, tellement que j'en ai ri aux larmes ! HuGHETTE DAGENAIS Montréal euse vacherie Je n'ai pas écrit le texte impersonnel, prétentieux et hors contexte publié dans votre numéro de septembre.Il s'agit d'un collage de votre cru.qui dénature les commentaires que je vous ai adressés dans une lettre du 6 juillet.Ces commentaires sont détournés de leur objectif et de leur signification, et je m'étonne que «le seul magazine féministe québécois» use de procédés aussi odieux.Que vous n'ayiez pas apprécié les critiques que je vous adressais, je le conçois.Rien ne vous obligeait à les publier.Quel objectif poursuivez-vous en arrangeant ainsi quelques extraits de ma lettre sans même indiquer par des pointillés qu'il s'agit d'extraits hors contexte, en laissant croire que je m'adresse à un être abstrait ou à des féministes en général, alors que c'est bien à vous, à La Vie en rose, que je m'adresse ?C'est pire que la censure dont vous dites avoir horreur, c'est de la manipulation pure et simple.Les médias non féministes m'ont parfois censurée, jamais ils n'ont usé de cette vacherie - disons le mot - à mon égard.En lisant votre collage - s'agit-il encore de mon texte 7 -, on pourrait croire que je suis restée indifférente à vos numéros pseudo-érotiques de 1984 et 1985.Ma réaction à ces numéros était au coeur de la lettre que vous avez tripotée, la détournant ainsi de son but véritable.Demandez-vous ensuite pourquoi certaines refusent de collaborer avec vous ?D'autres craignent de vous envoyer une simple lettre.Leurs propos pourraient servir à de toutes autres fins que celles qu'elles voulaient leur donner.Je n'avais aucune objection à rendre publics les commentaires que je vous adressais, mais je ne l'ai pas demandé.Je vous demande, cette fois, de publier cette lettre sans en changer un mot afin de servir la vérité.Dans ma lettre du 6 juillet, j'exprimais un désaccord important avec votre façon de traiter de la pornographie et de vous faire propagandistes de clichés antiféministes, et je regrettais que vous vous réfugiiez derrière le discours sur la liberté d'expression pour publier n'importe quoi.Vous me donnez la preuve que, même chez vous, la liberté d'expression n'existe pas pour toutes.Je vous demande un minimum de justice.C'est moins qu'un long débat sur la pertinence de publier un texte sadomasochiste et d'autres textes qu'on peut lire dans Playboy et ses semblables.Micheline Carrier Montréal TVdlr De quelle «vacherie» s'agit-il au juste?Celle de ne pas pouvoir tout publier ce que nous recevons 7 Aucune publication ne peut le faire.Celle, alors, de choisir les propos qui nous semblent les plus pertinents, les plus clairs, les plus originaux ?Mais c'est le travail même de tout magazine 1 Devrait-on remettre en question un courrier des lectrices qui se veut l'expression la plus large, la plus variée, sinon la plus complète, des femmes qui nous lisent 7 Devrait-on en faire la tribune de quelques-unes qui se croient plus douées que les autres ?La Vie en rose publie à chaque mois un résumé des critiques, bonnes ou mauvaises, qui lui sont adressées.C'est une décision qui nous vaut, plus souvent qu'autrement, des félicitations.Loin de «dénaturer les propos», le choix d'extraits est un choix qui non seulement nous revient mais qui s'impose, un choix qui, au bout du compte, nous sert toutes.Odi novembre 1985 7 LA VIE EN ROSE Commentaire À la défense de Freud par Monique Brillon Im article «Loin de Freud et des m autres», paru dans le numéro de juin, a suscité en moi certaines réflexions.Tout en reconnaissant que les femmes sont encore souvent victimes d'un pouvoir médical phallocrate, la généra-as lisation faite dans l'article en I question paraît à tout le moins IH exagérée, sinon abusive.Dans notre volonté de femmes de sortir du silence, de la pénombre dans laquelle nous sommes enfermées depuis des siècles, dans notre désir de changer les règles du jeu établies par les hommes, nous avons peut-être souvent tendance à partir en guerre, à s'insurger contre ceux qui détiennent le pouvoir.Le trop-plein de rage, propre aux opprimé-e-s, incite à brandir les armes, à chercher un coupable-symbole-de-tous-les-oppresseurs dont nous souhaitons nous débarrasser.Un coupable, il en faut un lorsque la colère, trop longtemps étouffée, jaillit et qu'elle se heurte d'emblée à la culpabilité.La culpabilité de s'en prendre aux êtres chers qui nous entourent.Cette agressivité correspond souvent à la somme des rancunes liées à un passé de défaites, d'échecs, d'impuissance.Bien que ce sentiment soit compréhensible, il risque de heurter de front et avec une force de frappe plus grande encore que celle dont on accuse le coupable-symbole.Ces éclaboussures peuvent atteindre, à notre insu, certaines de nos semblables, celles-là même que l'on voulait enrôler dans la lutte ou, à tout le moins, dans une prise de conscience.Or, je suis étonnée de voir avec quelle charge émotive Freud, la psychanalyse et les thérapies d'inspiration psychanalytique sont traînées à l'échafaud, balayées du revers de la main, lorsqu'il s'agit d'aider les femmes à sortir de leur difficulté d'être.Certes, les idées émises sur la femme au début de la psychanalyse sont certainement grosses d'erreurs et dépendantes d'une époque et d'une culture, mais Freud n'a jamais érigé ses idées en vérités irréfutables et immuables.Au contraire, dans une de ses dernières oeuvres, il avoue que les connaissances du développement de la fille sont peu satisfaisantes, «pleines de lacunes et d'ombre»'.Il soulève plusieurs questions que ses recherches ont laissées sans réponse.Il espère explicitement que ses successeurs, entre autres les femmes analystes, remédient à ces lacunes.Cependant, comme le souligne Christiane Olivier2, c'était pure utopie que d'attendre cela des femmes d'alors ; elles-mêmes avaient du mal, comme plusieurs d'entre nous encore aujourd'hui, à croire en leur parole.Il importe de comprendre que la psychanalyse n'est pas.par essence, un système théorique clos.C'est d'abord et avant tout une expérience vécue de l'intérieur, LA VIE EN ROSE 8 novembre 1985 une façon de retrouver sa vraie parole, celle qui a été étouffée.C'est une chose que de s'en prendre aux idées véhiculées par la psychanalyse dans une joute agressive et intellectuelle, c'en est une autre que d'oser vivre l'expérience analytique sur le divan ou en thérapie d'inspiration psychanalytique, de se laisser vraiment parler pour une fois.La psychanalyse n'est pas une simple connaissance intellectuelle de ce qui nous a fait telle.C'est mal en comprendre le sens que de croire qu'elle ne fait qu'expliquer le présent par le passé.Certes, elle identifie dans le présent les éléments du passé encore actifs qui orientent notre façon d'être.Elle rappelle dans le présent les forces oubliées ou échappées du passé.La psychanalyse n'est pas une explication mais une expérience vécue, un lieu où, retrouvant ce qui nous a faites ainsi,on ré-éprouve les sentiments que l'on s'était forcé de distancer (rage, infériorité, dévalorisation, etc.) et qui ont appauvri, restreint notre vie.Reprendre possession de ces sentiments, les exprimer enfin, les vivre à nouveau avec un témoin neutre qui nous accompagne à chacun de nos pas, voilà une vraie liquidation des com- plexes qui nous empoisonnent l'existence et rétrécissent notre mode d'être à la vie.L'énergie inutilement mobilisée à maintenir ces sentiments muselés est enfin libérée et peut être investie de façon enrichissante dans le sens d'une meilleure réalisation de nous-mêmes.Les chaînes de la culpabilité, de la honte, de la peur une fois déliées, notre parole nous appartient.Cette parole personnelle, c'est le pouvoir vrai, authentique.Mon propos n'est évidemment pas de dénigrer les thérapies féministes et encore moins de présenter la psychanalyse comme solution contrepoids.Pareille généralisation serait fausse, abusive et dangereuse.À chacune sa voie.Je veux surtout m'inscrire en faux contre cette tendance à rejeter en bloc d'autres approches qui peuvent mieux convenir à certaines personnes.En critiquant les dimensions «temps» et «dépendance» des thérapies à long terme, on fait porter le poids de la culpabilité à celles pour qui une telle approche s'avère tout à fait appropriée.Ce n'est pas la thérapie qui crée la dépendance.Si cet état se développe durant le processus thérapeutique, c'est parce qu'il participe des difficultés de la personne.Le travail de la thérapie vise justement la conquête de l'autonomie.La dépendance est une caractéristique bien féminine, séculairement ano-ée dans les valeurs sociales.Il est diverses façons d'y réagir.Certaines la rejettent en bloc et n'en supportent aucune manifestation, même chez les autres.D'autres y restent accrochées, enchaînées et ne savent s'en défaire (.).Chacune porte en soi une musique qui lui est propre.La tradition sociale a tout fait pour faire taire cette musique.On peut bien s'en prendre à la société patriarcale, mais les«étouffeurs»de musique ne sont peut-être pas uniquement des hommes.Les femmes entre elles se font parfois des torts considérables en se révélant intolérantes.Les femmes sont parfois pour d'autres femmes l'entourage qui fait taire la musique.^ Monique Bnllon est psychothérapeute d'orientation psychanalytique auprès dune clientèle majoritairement féminine à Québec.1/ Freud.S.La vie sexuelle.PU.F.Paris, 1972, p.122.2/ Olivier.Ch., Les enfants de Jocaste.Denoël/ GonthieT.Paris.1980.p.43.une nouvelle conscience L'ordinateur de votre cycle menstruel L alternative simple - naturelle Par son concept exclusif, Bioself 110, redonne confiance aux méthodes naturelles du calendrier et des températures.Chaque jour, le micro-ordinateur Bioself 110 emmagasine et tient pour vous, le registre exact des données de votre cycle menstruel De plus, ces données peuvent être retransmises au moyen d'une imprimante, si nécessaire.Un témoin lumineux fiable et facile à lire vous indique instantanément vos journées fertiles et non fertiles.Avec bioself 110.finis les 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excédés ou le plus calmes.Ils arrêteraient comme ça de faire de nous des êtres «péjoratifs» parce que nous avons des hauts et des bas.des fluctuations, des subtilités d'humeur qui passent sur le dos de la nature féminine,.C'est vrai que.trois jours avant, c'est la Fin du Monde.«Remake» de l'apocalypse à chaque mois.Bon.Mais ça ne veut pas dire qu'on est capables de s'habituer, même si ça revient tous les mois et que ça dure en moyenne 40 ans.C'est toujours sur les mêmes que ça tombe.Surtout qu'un des symptômes principaux que ça s'en vient, c'est de faire le ménage parce qu'on trouve subitement que la maison est une soue à cochons, comment-ça-se-fait-qu'on-ne-l'avait-pas-vu-avant 9 Cette phrase est un signe que les temps sont proches.Alors si les hommes étaient menstrues, ils verraient peut-être la montagne de vaisselle sale qui n'attend qu'un signe de leurs divines mains poilues pour disparaître ?Et là je trouve qu'on serait véritablement à égalité eux et nous.On verrait ensemble que le plancher a besoin d'être lavé parce que les champignons commencent à y proliférer.(Ça faisait longtemps qu'on avait vu la crasse, mais on attendait qu'il la voie pour une fois.J'en connais qui attendent encore, ça fait 20 ans de ça.) Moi.je suis persuadée que les hommes sont menstrues dans leur tête.Leurs menstruations ne leur donnent peut-être pas le goût du ménage mais le goût du pouvoir à tout prix la majeure partie du temps.J'ai pensé à ça parce qu'on entend beaucoup dire depuis un certain temps : «Les femmes en politique doivent imposer leurs règles.» Je me suis toujours demandé de quelles règles on parlait.Changeons règles pour menstruations, et on vient d'éclairer la question d'une manière tout à fait différente.Car nous, les femmes et quelques rares hommes, nous savons de quel ordre sont les règles des hommes.On a même eu le temps d'en avoir soupe, depuis le temps qu'ils nous les imposent.C'est d'ailleurs pourquoi nous nous ennuyons souvent avec eux : parce qu'ils sont trop prévisibles, et qu'on n'en revient pas qu'ils continuent de l'être.Ils ne nous étonnent jamais.À la rigueur, certains pourraient se faire remplacer par des « OU I'm sorry but there is no service for the number you have dialed » par Hélène Pedneault magnétophones et on ne verrait pas la différence.Le problème, c'est que, malgré la sainte autonomie prônée à cor et à cri par les féministes, les femmes (y compris les novembre 1985 féministes) ont continué à faire l'éducation de leurs hommes.Et c'est ainsi que le discours des nouveaux hommes est teinté bord à bord de ce que leurs blondes leur ont appris, souvent durement.Je ne crois pas que les hommes aient vraiment commencé à penser par eux-mêmes.(Ça paraît dans le dossier d'ailleurs.Oh ! Il ne faut pas insulter ses invités.) On dirait que les hommes sont sur terre expressément pour perpétuer des codes et des structures.Alors, ils font bien les choses, ils perpétuent.Et l'action (bien passive) de perpétuer est une chose profondément ennuyante.C'est ainsi que bien des femmes, pas du tout intéressées à «perpétuer» quoi que ce soit, se retrouvent avec un siège vide en face d'elles, sans interlocuteur valable.C'est donc au nom de l'ennui que j'écris cette chronique : l'ennui chronique, la fixité, la masse d'inertie.E= MC2 est une fausse formule.Et ce qu'on appelle «le phénomène des nouveaux hommes» est d'après moi un cou monté, comme les girafes.C'est seulement une nouvelle manière de remettre sur le marché le même maudit produit qui n'a pas changé.Une façon de «revamper» ce qui ne pognait plus sous l'ancien emballage Là.les «psy» de tout acabit vont m'accuser de ne pas faire de renforcement positif, que chaque effort est méritoire, qu'il faut le souligner au crayon gras.Désolée, je n'ai pas de crayon gras sous la main.Et le seul message que j'ai à livrer, en autant que le timbre ne coûte pas cher, est celui-ci : «On ne naît pas homme, on le devient.» (Ça me rappelle quelque chose.) Personnellement, j'en ai man-e d'avoir toujours sous la main les mêmes quatre ou cinq exemples de gars qui ont vraiment du bon sens.D'ailleurs, règle générale, ces hommes s'ennuient eux aussi avec leurs pairs.C'est un peu fort, non ?(Je devrais nommer Marc, le chum de ma voisine d'en bas, pour qu'il continue de me rendre de menus services essentiels après la lecture de cette chronique.Protégeons nos arrières.) Je ne dis pas que fous les hommes sont ennuyants.Je ne dis pas non plus que toutes les femmes sont intéressantes.Mais il faut bien que je m'adresse à un ensemble et.dans l'ensemble, c'est assez ennuyant de faire affaire au «corps» masculin.Entre M.Net et Mme Blancheville.il y a une différence fondamentale : Mme Blancheville est vraiment une femme de ménage et M.Net est le représentant d'une compagnie.C'est clair, non 7 ^ LA VIE EN ROSE Actualité Féministe Les hommes à poussette Parc Laurier.Un bel après-midi de septembre.Un jour de semaine.Au soleil, étendu sur une couverture, un homme feuillette nonchalamment un magazine.À côté de lui, un bébé babille et pointe du doigt tout ce qui bouge.Amusé, le père le regarde un instant, met de côté sa lecture puis se met à chatouiller le nourrisson par une série de «ti-guili-guilis».L'enfant rigole.Le papa soulève alors la camisole du poupon, met sa bouche sur le petit bedon et souffle bruyamment.Effet : bruit de pets à répétition.Le bébé rit de plus belle et glousse à s'en dilater la rate.La scène n'a rien d'extraordinaire.Pourtant, elle suscite les regards attendris et les soupirs admiratifs de deux passantes, deux mères qui promènent leur marmot.C'est tellement beau un père qui s'occupe de ses enfants ! C'est tellement pratique ! C'est tellement touchant un homme qui s'implique «pour de vrai», un conjoint qui change les couches, donne le biberon, prépare les purées, mouche les petits nez morveux.! Bref, un gars qui partage les tâches, un géniteur qui prend le temps de vivre avec sa progéniture.On les appelle les «nouveaux pères», les «pères de la nouvelle génération», les «hommes à poussette», pourrait-on dire, ceux qui prennent sans honte le carrosse par les deux cornes.Ces pères-là, on serait prêtes à leur donner la lune.Pas surprenant, ils sont encore plutôt rares.«Minoritaires et marginaux», disent-ils eux-mêmes.Yves, LA VIE EN ROSE 12 novembre 1985 un éducateur de 31 ans, est un de ceux-là.Séparé de son épouse avec qui il est resté en bons termes, il partage la garde de leur fille de cinq ans.Sarah vit une semaine chez sa mère, une semaine chez son père.Sans que ce soit calculé au centimètre près, c'est 50-50, chacun son tour et chacun sa part de responsabilités.Pour Yves, c'est normal.Un père se doit d'être présent et disponible même si ce n'est pas toujours évident, même si ce n'est pas toujours facile «à cause des vieilles habitudes et des stéréotypes».Dans les parcs, quand il se promène avec sa fillette, «les madames lui font des beaux sourires».(Les pères modèles sont très appréciés des femmes.Il paraît même qu'être un brave-type-modeme-qui-s'occupe-de-son-enfant peut, à la limite, «devenir un instrument de drague».) «De façon générale, les gens réagissent très positivement aux hommes à poussette, de dire Yves.Les réactions sont même démesurées.Le monde trouve ça admirable un père qui s'occupe à 50 % de son enfant.Pourtant, une femme qui s'en occupe de la même façon, dans la même proportion, pour encore pas mal de monde, c'est pas assez, c'est louche.» Et qui sont ces hommes «admirables», ces pères formule améliorée, qui s'impliquent dans l'éducation de leurs enfants 7 Sont-ils si peu nombreux 7 Que font-ils ?Difficile de le dire car aucune étude sérieuse n'a été menée à ce sujet et il est à peu près impossible de les dénombrer.Quant à leur profil type, Jacques Broué, du collectif Hom-Info.avance l'hypothèse suivante : «Ce sont généralement des gars assez bien scolarisés, souvent des militants et surtout des hommes pour qui le travail n'est pas la seule façon de se valoriser.Des hommes qui acceptent de travailler moins pour pouvoir consacrer plus de temps à leur enfant.» C'est le cas de Claude, un conseiller en audio-visuel, qui travaille à temps partiel.D'une part, ça l'arrange puisqu'il n'a pas à jouer le rôle traditionnel de pourvoyeur et, d'autre part, ça fait l'affaire de sa partenaire qui peut ainsi vaquer à d'autres activités que celles de mère de famille.«De toute façon, il n'était pas question pour elle de laisser tomber la vie professionnelle, raconte Claude.Ça s'est fait à ces conditions-là et ça m'intéressait.» Alors, pendant que Bernadette enseigne ou prépare sa maîtrise, il s'initie aux «joies» de la paternité.Et peu à peu, il réalise que sa «p'tite job.même à temps plein, était pas fatigante pantoute.Théoriquement, je savais que s'occuper d'un enfant demandait beaucoup d'énergie et de disponibilité.Mais t'as beau le lire dans les bouquins, tu peux pas le comprendre tant que tu ne le vis pas.» Malgré les inconvénients, «la bouffe, les couches, le pourquoi de ses pleurs, la surveillance continuelle, l'expérience est fascinante», assure Claude qui, de toute évidence, prend un réel plaisir à «découvrir» son gamin.Mais resterait-il à la maison toute la semaine pour prolonger le plaisir ?Petit sourire.«Ah ! non, ça, c'est clair !», réplique d'un air entendu le jeune papa.Pas toujours reposant, en effet, d'être autre chose qu'un père de fin de semaine.Yves Lauvaux en sait quelque chose.Il mène de front deux carrières : celle de travailleur à temps plein et celle, autant que possible, de parent à temps complet.Puisque son amie poursuit des études, c'est lui qui, pour l'instant, est le seul salarié.Et comme il avait lui aussi voulu et désiré la petite Jonia.comme il voulait lui aussi «absolument» s'en occuper, Yves met les bouchées doubles pour partager les tâches et les responsabilités.Sans se plaindre, il conclut que le cumul du travail à temps plein et l'attention à donner à un enfant n'aide décidément pas à garder la forme.«Je suis en train de me brûler», murmure-t-il affalé dans un divan, les yeux cernés et les cheveux en bataille.De son côté, Ronald fait partie du 15 % d'hommes séparés ou divorcés qui partagent avec leur ex-conjointe la garde de l'enfant.Tout en discutant, il jette un coup d'oeil sur les devoirs de son fils, corrige une faute, donne un conseil.Dans une garde partagée comme au sein d'un couple qui vit ensemble, le partage des tâches peut être relativement équitable, estime Ronald.«Ce qui est moins facile, c'est de ne pas toujours être à la remorque de la femme, de prendre des initiatives et de penser à des choses SERVICE PERSONNALISÉ auxquelles on n'est pas habitué de penser.D'avoir le réflexe par exemple d'aller acheter des nouveaux vêtements pour l'enfant.» En fait, même si aux yeux de leur entourage, Yves, Claude et Ronald représentent une nouvelle race de père, ils reconnaissent honnêtement qu'ils ne sont pas encore «aussi prompts et aussi vite» que leur compagne dans leur rôle de parent.«Tous les changements sont très lents», souligne Jacques Broué pour qui la nouvelle attitude des jeunes pères est en grande partie due aux revendications féministes.«L'environnement culturel y est également pour beaucoup.Le cinéma, la publicité, les chansons présentent de plus en plus de nouveaux modèles.Renaud (le chanteur français) en est un bel exemple quand il parle de sa fille.Et c'est important qu'il y ait des modèles comme ceux-là qui font que, de plus en plus, les hommes en parlent et osent s'impliquer.» «Effectivement, les pères veulent davantage faire leur part», acquisce Lorraine Filion.travailleuse sociale et responsable du Service de médiation à la famille du CSSMM1.Mme Filion est régulièrement en contact avec des couples en instance de divorce qui doivent s'entendre sur les modalités de la garde de l'enfant.Selon elle, la tendance est remarquable : «De plus en plus, les hommes sont sensibilisés à l'importance de leur implication.De telle sorte que parfois, lors d'une séparation, ce sont les femmes qui éprouvent de la difficulté à accepter ce partage des responsabilités.» Quand on parle de l'engagement des pères auprès de leur enfant, «de plus en plus» et «davantage» sont des expressions qui reviennent comme des leitmotiv.Signe des temps.Mme Guylaine Bergeron, gérante du magasin de jouets Franc Jeu.à Laval, rapporte pourtant un fait, banal en apparence, qui n'est pas sans nous ramener à la réalité.Encore aujourd'hui, seulement une fois sur dix, évalue-t-elle.ce sont les hommes qui choisissent les jouets de leur marmaille.Autre détail révélateur: un mini-sondage effectué auprès de grands magasins qui vendent des poussettes indique qu'en général, le scénario de vente se déroule comme suit : la mère vient d'abord examiner la marchandise la semaine, revient en compagnie de son mari lors du week-end, et, lorsqu'arrive le temps de payer, c'est «à tout coup» l'homme qui sort le portefeuille.Comme quoi les changements s'effectuent toujours très lentement.^ Lynda Baril 1/ Conseil des services sociaux du Montréal métropolitain.novembre 1985 13 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe- Les vasectomisés de l'ombre LA VIE EN ROSE 14 novembre 1985 Si les femmes qui ont subi «la grande opération» en parlent volontiers, les hommes qui se sont fait vasectomiser restent discrets, comme pour tout ce qui touche leur vie sexuelle, d'ailleurs.Il a fallu que je tombe sur des amis décomplexés, des exceptions qui n'en faisaient pas mystère, pour découvrir l'autre face de la médaille.Gilles G.est un des pionniers : il y a 10 ans, la vasectomie n'était pas aussi répandue, mais bien qu'il n'ait eu que deux enfants, ses motifs étaient sérieux.Sa femme et lui avaient une incompatibilité sanguine, qui aurait posé des problèmes aux enfants suivants à naître.«Je me suis dit que les conséquences de l'opération étaient beaucoup plus graves pour ma femme que pour moi.raconte Gilles, et j'ai préféré me faire vasectomiser.C'est une petite intervention de rien du tout, avec anesthésie locale, qui n'a aucun effet secondaire désagréable et, contrairement à ce que beaucoup d'hommes croient, n'altère en rien ta sexualité!.Au contraire, je me sens beaucoup plus à l'aise depuis que je me suis fait opérer.Car même lorsque ta femme prend la pilule, tu n'es pas à cent pour cent sûr.» L'autre Gilles (est-ce ma faute s'il s'appelle Gilles aussi7) s'est décidé à faire le pas en voyant que la fameuse pilule ne réussissait pas à sa femme.Le couple avait aussi deux enfants et n'en désirait plus d'autres.«Quand je suis allé trouver mon médecin de famille pour lui demander comment procéder, il m'a dit : 'Oui, vous semblez être un homme qui n'a pas de problèmes sexuels, cela ne devrait pas vous traumatiser.' En effet, il semble que des hommes insécures, voire même complexés, peuvent se retrouver avec des problèmes d'ordre psychosomatique une fois vasectomisés, comme s'ils redoutaient tellement de perdre leur virilité qu'ils la perdent réellement.Et pourtant !» À son rire plein de sous-entendus, on sent que pour lui c'est plutôt le contraire qui s'est passé.«L'autre jour, me rapporte Gilles G.peu après notre première conversation, j'ai voulu savoir combien d'hommes, dans mon groupe de travail, étaient vasectomisés : 7 sur 20.Mais l'un de ceux qui s'opposaient le plus à cette opération m'a fourni un argument plausible : si tu te sépares de ta femme et te remaries, tu le fais généralement avec une femme plus jeune, donc qui désirera avoir des enfants.Donc.» Mais l'opération n'est-elle pas réversible ?Oui, en principe, mais Gilles G.ne s'en est jamais informé.C'est l'autre Gilles qui me renseigne : «Les médecins te font de toute manière signer un papier disant que tu as compris que l'opération n'est pas réversible - ils ne prennent pas de risques -, mais ils te disent que dans 95 % des cas, une .touvelle opération peut réussir.» En quoi consiste cette opération que tous ceux qui l'ont subie considèrent «bénigne» ?On fait une coupure des canaux qui transportent le sperme.Ces canaux sont presque en surface sur le sac : il s'agit donc tout simplement de faire une petite incision de chaque côté et de boucher les canaux en les cautérisant.Le sperme ne peut donc plus passer dans la verge lors de î'éjaculation.La seule chose qui change dans l'acte sexuel, c'est qu'il n'y a plus de spermatozoïdes, mais cela ne change rien pour ce qui est de l'apparence ni du volume de I'éjaculation.Les spermatozoïdes passent dans le réseau sanguin, comme ils le font toujours d'ailleurs quand il y a un surplus.Il suffit qu'un homme n'ait pas de contacts sexuels pendant plusieurs heures pour que le surplus de spermatozoïdes s'en aille dans le circuit sanguin.L'opération est-elle douloureuse ?Généralement pas Elle s'effectue sous anesthésie locale, dure une quinzaine de minutes, et le patient peut rentrer chez lui aussitôt.On recommande un peu de repos, même pas l'alitement, et si des douleurs se manifestent lorque l'effet de l'anesthésie passe, elles ne durent que quelques jours et sont légères.Bien sûr.comme pour toute intervention chirurgicale, il y a un peu d'oedème dans les trois ou quatre jours suivants.Lorsqu'on veut rendre sa fécondité à l'homme vasectomisé, on fait l'opération contraire, mais bien entendu, il s'agit cette fois-ci de ressouder les canaux, ce qui est plus délicat que de simplement les couper.Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit d'une microchirurgie La plupart des hommes qui se font vasectomiser ont déjà eu des enfants ; toutefois, ils n'ont plus tellement l'intention d'en avoir d'autres.Il semblerait que peu d'entre eux se soucient de recouvrer leur fécondité.Faut-il souligner qu'ils sont en moyenne plus préoccupés que les autres de leur paternité ?«Moi, déclare Vincent, je n'ai pas l'intention de me marier ni d'avoir des enfants.Mais je pense sérieusement à me faire vasectomiser : vis-à-vis de mes partenaires, je me sens plus libre, moins dangereux' lorsque j'ai le contrôle de ma fertilité.Mais les médecins ne te réfèrent pas facilement aux urologues si tu n'es pas déjà père.il y a toujours une certaine réticence.» D'autres célibataires dans son cas hésitent pourtant : «Si on changeait d'idée, on ne sait jamais.On a beau dire que c'est une opération réversible, il suffit que tu sois dans le 5 % pour qui ça ne marche pas.et tu restes stérile», avoue Jean, qui a 30 ans et se dit «célibataire endurci».«Comme je change souvent de partenaire, spécifie Pierre, mais que j'espère encore trouver la femme de ma vie, je ne veux pas préjuger si elle voudra ou non avoir des enfants ; moi, personnellement, je n'en veux pas, mais enfin, je préfère garder la possibilité de 'lui en faire un' si elle le veut.» Même parmi les pères de famille considérant qu'ils ont «atteint leur quota», il y a des réticences à se faire vasectomiser.Certains ont des arguments rudimentai-res : «C'est aux femmes de faire ce qu'il faut, les enfants, c'est leur problème» ; d'autres ont des craintes plus confuses quant à leur «virilité», ce qui confirme ce que me disait Gilles II.Cependant, un fait est certain : au Québec, tellement en retard par rapport aux États-Unis ou même à l'Ontario, la vasectomie a fait des progrès depuis 1976.Cette année-là, en effet, seulement 8.6 % des hommes s'étaient fait stériliser contre 18.6% de femmes qui avaient subi une ligature des trompes, alors qu'aux États-Unis la proportion des hommes et des femmes stérilisé-e-s était à peu près égale.En 1976 toujours, d'après la Régie de l'assurance-maladie, qui couvre les frais de ces opérations, il y avait deux ou trois fois plus de femmes stérilisées (hysterectomies et ligatures) que d'hommes.Au cours des années 80.on observe une diminution de la stérilisation chez les femmes, qui passent de 26 705 à 22 880.en 1984, mais une augmentation de la stérilisation chez les hommes : de 15 317 à 17 189.Ce n'est pas encore la parité mais la progression laisse croire que, dans ce domaine-là du moins, l'égalité sera vite atteinte.Gloria Escomel novembre 1985 15 LA VIE EN ROSE DES HOMMES POUR IE DIRE « m i près 15 ans de bouleversements causés par le f féminisme, qu 'est-ce que vous avez à nous dire?» i flH C'est la question que nous avons posée à une ^¦^K trentaine d'hommes, connus et moins connus, M sans doute parce que les temps s'y prêtent et qu 'a ^^^B l'instar de Ms.Magazine', nous avions, à notre m B tour, envie de savoir tout ce que les hommes ont ^^^^B pu ressasser en eux-mêmes ces dernières m années.Alors que les lemmes -brûlaient leur sou- tien-gorge», revendiquaient, se regroupaient entre elles, prenaient la rue d'assaut et mieux encore, la parole., que pensaient-ils?Car, outre les discours officiels, les références disparates dans les médias et quelques aveux intimes, que savons-nous de ce que pensent (vraiment) les hommes du féminisme?Nous posions une vraie question, nous voulions de vraies réponses.Nous l'avons dit d'ailleurs: «Pas de grandes théories, de notions trop abstraites ou de sermons, s.v.p.Nous voulons que vous preniez la parole, - exceptionnellement dans La Vie en rose, - comme les femmes l'ont fait: de façon à ce que ça colle à votre vécu, à vos émotions, voire même à vos incertitudes.Soyez doux, sévères, fins ou méchants, mais soyez honnêtes.» Nous avons alors suggéré toute une série de sujets possibles, question d'encourager nos «invités» à ne pas perdre de vue l'esprit de ce numéro: la sexualité, la contraception, les enfants, l'amour, le ménage, la tendresse, la beauté, le corps, la nourriture, le vieillissement, les rapports de travail avec les femmes, l'amitié, le pouvoir, la pornographie, le machisme.Un peu de tout, quoi, en autant que ce soit personnel.«Je ne sais pas comment vous faites, vous les femmes, pour être personnelles.», nous confia Michel Roy, alors que nous attendions toujours son texte.Il n 'était pas le seul à se faire attendre.La majorité des textes ont battu des records de retard à LVR.Quelques-uns ne se sont jamais matérialisés.Certes, le sujet et l'approche que nous proposions ont causé plus d'une hésitation et d'un grincement de dents.Pourtant, tous les hommes contactés, sans exception, se sont montrés flattés parla proposition et intéressés parla question.Trois seulement (trois journalistes) ont refusé d'emblée, alléguant que «ce n'était pas le genre de choses qu 'ils pouvaient se permettre».René Lévesque refusa par «manque de temps».Tous les autres acceptèrent de bon coeur.Que s'est-il donc passé entre ce premier contact et la première date d'échéance?Car il était alors évident que nous perdions bon nombre de joueurs.Le doute et l'incertitude régnaient, la peur sans doute aussi.Lorsque Foglia lui-même «n'arrivait pas à écrire», on a pu conclure à la débandade.Nous nous sommes donc remises au téléphone, à relancer les plus téméraires, à encourager tous ceux pour qui un Spécial hommes évoquait une lueur au fond des yeux, à solliciter vieux chums et proches amis (toujours un peu plus influençables que d'autres).Nous rappelions qu 'il s'agissait de tout petits textes (maximum 6 feuillets), simples, pas compliqués.Bref la commande a été difficile à remplir.Ce qui explique, en partie, l'assez grande ressemblance de nos collaborateurs: ce sont majoritairement des journalistes ou des écrivains, la facilité à écrire ne pouvant que leur alléger la tâche.Dans tous les cas, des intellectuels (n'en déplaise à Michel Chartrand), tous de classe moyenne et tous Blancs.Bref, sinon un reflet fidèle des hommes en général, tout au moins la contrepartie masculine, à quelques exceptions près, de qui lit et s'intéresse à LVR.Et puis, si LVR n'a jamais prétendu représenter toutes les femmes, nous prétendons encore bien moins représenter tous les hommes.Sur 20 textes qui nous sont finalement parvenus, en voici donc 16, quatre étant écartés non pas pour des raisons idéologiques mais parce que ces textes répétaient ce qui avait été mieux dit déjà.(Et parce que les pages sont comptées, comme toujours.) Ce qui frappe, c'est qu'indépendade leur sujet, les textes forment deux catégories assdistinctes: ceux du coeur et ceux de la raison.Ceux qui parlent d'intimité et ceux qui "onf droit au «politique»2.Les premiers ne sont pas nécessairement plus passionnants que les deuxièmes mais il y a là une dichotomie que nous n'avions pas encore eu le loisir d'observer chez les hommes.Pour ce qui est de ce que les hommes ont vraiment à dire.à vous d'en juger.Francine Pelletier Il Ms Magazine publiait en août 84 un numéro intitulé "What men haven't said to women yet".(Ce que les hommes n'ont pas encore dit aux femmes).21 Par contre, les textes ne sont pas disposés selon ces catégories, ce qui nsquerait d'ennuyer.novembre 1985 17 LA VIE EN ROSE Une immense naïveté.par Michel Roy Depuis toujours attentif et sympathique à l'action des féministes, parce qi e depuis toujours ma compag îe m'en a fait comprendre la n( cessité et la portée, j'inclinais e conclure que des progrès notables ont été accomplis sur li voie de l'égalité et de la libération au cours de la décennie qui s'achève.Les statistiques relatives au nombre et à la qualité des postes occupés par des femmes dans les secteurs public et privé, l'évolution incontestable des esprits à l'égard de l'intervention et du rôle des femmes en politique, enfin l'attitude plutôt positive de la société envers les justes revendications des femmes me procuraient des arguments, sinon toujours des preuves, à l'appui de ma conclusion.Certes, je sais qu'il reste beaucoup à faire pour changer des comportements et des traditions séculaires.Mais il m'apparaissait clair que la femme a gagné des batailles capitales depuis 1975 et.surtout, que le mouvement est de toute évidence irréversible, comme on a pu le dire des anciens territoires colonisés à la fin des années cinquante.J'ai voulu soumettre ces hypothèses à l'examen de consoeurs de travail.Tout a volé en éclats.Il n'est resté au bout du débat qu'une immense naïveté, celle que dénonçait en moi l'analyse impitoyable de quelques femmes qui toujours, dans ce genre d'exercices, savent écarter d'un sourire entendu les bonnes intentions pour ne s'attacher qu'aux dures réalités quotidiennes.Là aussi, les femmes ont changé.Et je ne cacherai pas l'admiration qu'elles m'ont inspirée.Je disais : voyez la place par exemple qu'occupent à présent les femmes dans les milieux de l'information, les responsabilités qu'elles exercent dans des domaines qui leur étaient autrefois interdits.Voyez comme elles sont présentes à la radio et à la télévision, dans la recherche, dans les salles de rédaction, devant la caméra.Quand j'invoque des chiffres et des pourcentages, il faut bien les reconnaître.Mais, rétorquent mes interlocutrices, peut-on parler d'égalité ?Pas sérieusement.Le nombre de celles qui exercent vraiment le pouvoir dans la communauté des médias a-t-il augmenté pour la peine ?Réponse : à peine.Là, j'ose lancer dans la discussion une observation que je crois pertinente.N'est-il pas vrai, n'avez-vous pas déploré vous-mêmes que des femmes, quand elles sont investies des responsabilités de cadres intermédiaires ou supérieurs, commencent à se comporter comme les hommes dont elles dénonçaient les abus d'autorité ; elles réussissent ou échouent parce qu'elles emploient les mêmes moyens et le même esprit que les hommes.Et quand on leur demande : comment faites-vous, madame, pour assumer de telles fonctions "> elles répondent : aucun problème.En effet, l'ambition les a changées : elles ont renoncé à être elles-mêmes, elles s'investissent dans le travail et l'autorité avec la même démesure que certains hommes.On m'interrompt.Manifestement, j'insiste un peu trop.Cela va se tourner contre moi.Pauvre ami.comprenez donc qu'il risque d'en être ainsi aussi longtemps qu'une minorité minuscule de femmes sera appelée aux postes de commande.Quand l'égalité n'existe pas, les minoritaires se comportent souvent comme les dominateurs.Vous ne le saviez pas ?Bien sûr.Il y a autre chose.Cette fois, je pose une question sous forme d'objection de fond.Je sais, leur dis-je, que vous êtes, à des degrés divers, engagées dans une action féministe depuis bon nombre d'années.On dit même que la lassitude s'empare d'un certain nombre d'entre vous.Mais comment réagissez-vous quand vos soeurs ou vos filles, de 18 à 25 ans.renoncent dès le départ à toute forme, à toute conscience de résistance sans parler de combat, quand elles disent, croyant rassurer leurs compagnons : «Vous savez, je ne suis surtout pas féministe.» Avant qu'elles n'aient eu le temps de répondre, je remonte à l'attaque, croyant tenir une arme ontologique.Cela, leur dis-je, me fait penser avec horreur aux Noirs de Sovveto qui diraient : «Vous savez, moi.je n'ai rien contre l'Apartheid.» J'observe l'effet.Désastre.Je n'ai vraiment rien compris.Mon cas est grave.Si vous aviez un peu plus de suite dans les idées, enchaîne une consoeur, vous auriez reconnu dans la douce soumission de ces jeunes filles la vivante contradiction de la thèse selon laquelle des progrès importants et irréversibles ont été réalisés depuis 1975.Il est vrai, hélas ! que certaines de nos filles ou de nos soeurs adoptent des attitudes déconcertantes de soumission en présence des hommes.Elles commettent sans le savoir la même erreur que vous : elles pensent que la LA VIE EN ROSE 18 novembre 1985 guerre est finie parce que leurs mères ont peut-être gagné, ici et là, quelques batailles ou fait certains gains, un peu dérisoires, que traduisent vos statistiques faussement triomphantes.La mélancolie me gagne Comme si nous étions au dîner des anciens combattants.Il faut aller plus loin dans La Vie en rose Vous ne pensez pas que l'un des soucis majeurs de celles qui sont engagées dans le mouvement féministe est de convaincre d'abord les femmes, je veux dire de les mobiliser, de les conscrire, de faire comprendre les objectifs.Riposte immédiate : Vous allez nous faire pleurer.Vous parlez comme un socialiste ou un curé ! Bien sûr, vous avez raison Mais cette question est beaucoup plus complexe que vous ne le croyez.Elle est grave comme l'univers des hommes et des femmes, traversé de cultures et de courants idéologiques, avec ses combats et ses guerres saintes.Il fallait être à Nairobi cet été pour mieux comprendre cela ! Ce qu'elles me disent relève à présent d'un autre discours.Je résumerais ainsi : il faut laisser à nos soeurs et à nos filles le choix des armes.Elles comprendront seules dans les années qui viennent que le combat n'est pas terminé.Il faut laisser aux femmes d'Islam, aux Iraniennes, aux Sénégalaises, aux Chinoises comme aux Mexicaines, aux Québécoises et aux Américaines la liberté des moyens accordés à leur civilisation.Les formes de cette lutte vont varier d'une région à l'autre.Il y aura des répits, des silences, des résignations.Mais un mouvement comme celui-là ne s'arrêtera jamais.Je profite de cet instant d'harmonie pour gagner un autre point.Tout de même, vous n'admettez pas que Pauline Marois ou Francine Lalonde, engagées dans la bataille pour la succession de René Lévesque, ne sont pas perçues aujourd'hui dans cette société comme elles l'eussent été il y a 10 ou 15 ans.Tout de même ! Bon, peut-être.Admettons.Mais croyez-vous vraiment que les hommes - et même les femmes - soient disposés à élire une femme à la tête du parti et du gouvernement, à l'écouter, à la suivre, à la respecter ?Je réponds par une autre question : vous n'allez quand même pas exhorter les femmes du PQ à voter pour une femme PARCE QUE C'EST UNE FEMME et que le temps est venu d'élire une femme ?Il faut élire le meilleur candidat, n'est-ce pas ?Oui.Mais si Pauline Marois est objectivement la meilleure candidate, les hommes sauront-ils le reconnaître 7 Je ne sais plus comment lui répondre.Alors je lui demande : qu'entendez-vous au juste par «objectivement» ?Michel Roy est éditeur adjoint à La Presse II a 56 ans.Il est marié à Monique Roy et il est père de trois enfants.Pierre Foglia Des connes par milliers AFrelighsburg.ce matin-là, Pierre Foglia ressemblait par moments à une vieille fourmi claustrophobe (aux beaux yeux bruns) qu'un garnement après avoir fait trois trous dans le couvercle, aurait enfermée - avec quelques brins d'herbe - dans un pot Masson « Moi.je suis un super-naïf, pis quand j'ai commencé à m'intéresser à l'affaire féministe, j'avais un discours tout préparé.Je disais : "Les bonnes femmes, c'est l'avenir.Elles vont changer les rapports de pouvoir." Pantoute ! Elles changent pas les rapports de pouvoir ! «Toutes les bonnes femmes qui ont le pouvoir, prends-les, que ce soit au niveau politique, que ce soit dans nos jobs à nous autres, que ce soit à n'importe quel niveau, elles recréent exactement les mêmes con-neries [.), pis celles qui sont correctes, ben c'est pareil que les gars qui sont corrects pis qui ont des jobs de même ! Elles sont pas correctes parce qu'elles sont des bonnes femmes : elles sont correctes parce qu'elles sont correctes.C'est tout !» // avait songé à un texte («Des connes par milliers*»).Il n'a pas pu «Sous ce titre qui a l'air très provocant, y a quelque chose d'élémentaire que je voulais dire et que j'ose pas dire et que je sais pas comment dire, pas plus verbalement que par écrit.Dire : "Les filles, arrêtez de vous raconter des histoires (.) parce que raconter des histoires, c'est transformer, c'est mentir, c'est transformer des faits, une réalité objective, qui est indispensable pour aller quelque part".«Je pense à quelqu'un de très précis en ce moment, quelqu'un que je connais à peine, quelqu'un qui.une fille, justement, qui comprend rien.Elle comprend rien ! Fuck ! Une conne ! Tu sais ce que c'est une conne 7 C'est une conne.C'est quelqu'un qui comprend pas.tu sais.Pis est féministe jusqu'aux oreilles ! Je l'entendais l'autre jour.Elle parlait de viol.Elle novembre 1985 19 LA VIE EN ROSE disait une horreur dans le sens où les gars qui sont coupables de viol [.] on devrait leur couper les couilles, on devrait les tuer.«Mais i' faut être con pour dire des affaires de même 1 Moi, je suis contre la peine de mort pour le gars qui tue ses trois petits enfants de deux ans en leur rentrant des tisonniers rouges dans le cul ! Je suis contre ça.Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?Je suis aussi contre la peine de mort pour le gars qui viole une bonne femme ! Tu sais ?Mais si t'as le malheur [d'osriner cette bonne femme-là], ben là c'est pas contre la peine de mort que t'es : c'est pour le viol.C'est des discussions qui volent pas haut1 Tu comprends-tu ?« Et y en a beaucoup [.] qui se servent du combat féministe pour exprimer leur con-nerie.pour établir une base à leur débilité, à leur fascisme, christ.Y a pas de sexe au fascisme ! Le militantisme souvent sert à ça.aussi bien dans les syndicats que dans le mouvement féministe.Il sert à ça : tu te retranches derrière des diktats, derrière une supposée morale à observer, pour ne jamais rire, ne jamais rire de toi-même, ce qui est super-malsain, ce qui est super-plate.«Et je trouve que trop peu souvent c'est dit, ce que je te dis là.» // a proposé une interview, la veille de son départ pour la France Alors, après une promenade par champs et forêts, le temps de se flairer, de le photographier, de se perdre presque, le temps, hélas ! d effrayer vingt perdrix, on s est installés dans son bureau, en haut, entre un Dictionnaire de la bêtise et cinq ou six cahiers du Collège de pataphysique Le magnétophone ronronnait et disparaissait dans un nid fait de mortadelle, de pain, de beurre et de pâté Nous avons bu le vin et il a dit avec de grands gestes qui défeuillaient parfois une plante verte assise près de lui «Ce qui me fait chier, c'est que toute cette révolution-là a occulté un fait très important à mon avis, qu'on oublie, qu'on traite pas pour des raisons je ne sais pas lesquelles, c'est que.sur dix individus, y en a huit qui sont totons - dans la vie, je trouve -indépendamment des sexes, des races, des religions, des couleurs.Ça.c'est ma croyance à moi.J'ai toujours vécu avec ça.depuis la communale.«Ce qui me fait chier, c'est que cette réhabilitation qu'y a là, cette réhabilitation de la femme, elle tient pas compte de ce fait-là : y a un paquet de connes, ostie.C'est épouvantable, les connes qui nous entourent - comme les totons qui nous entourent.Y en a partout.«C'est jamais la féministe qui m'emmerde, c'est la conne.[.) Dans la vie de tous les jours, les bonnes femmes font chier ! Les gars font chier.Le monde fait chier.C'est difficile de dealer avec les gens.Moi, j'ai de la misère à dealer avec le monde.J'ai de la misère à dealer avec le monde qui comprend pas des choses très élémentaires.Bon, pis ça, je dis pas que c'est le rôle du combat féministe de montrer ça, mais elles le cachent.[.] Elles font semblant que c'est pas vrai.[.] Y a une valorisation de la Le machisme ou la cacophonie de mon sexe par Hervé de Fontenay Je croyais mon idée faite ; j'étais sûr qu'il existait un consensus relatif sur la question.Un beau jour, tout a changé.Ça s'est passé à l'occasion d'une discussion dans une de mes classes.Le tout a commencé de façon bien anodine, sans tambour ni trompette.Une étudiante proposa que chacun prenne le temps, en silence, de tracer une esquisse de ce qu'était pour lui, pour elle, le machisme.C'est Julie qui commença.«Je pense à mon beau-père, dit-elle II a deux devises : Un homme qui n'a pas d ennemis ne sait pas ce que c'est qu'être un homme Et : On ne bat une femme qu'avec une rose mais on la cueille avec les mains Voilà qui le résume bien et qui donne le ton de son machisme.Pas méchant pour un sou mais bien réel tout de même.Ceci dit c'est, paraît-il, "un bon mari'' et il adore ses enfants.Tout cela est dans l'ordre des choses, n'est-ce pas ?» «C'est un peu facile ta présentation du machisme, intervint Paul.Tu laisses de côté toutes les pathologies du macho.Pour moi, ça veut dire côtoyer la misogynie et la violence.C'est un gars qui ne peut tolérer qu'une femme manipule du pouvoir, quel qu'il soit.Chacun à sa place, c'est ainsi que devraient se régler les rapports humains.L'ennui, c'est que maintenant les femmes sortent du code, alors le macho dérape, devenant de plus en plus dur.excessif.Ça va jusqu'à la violence, verbale d'abord, puis physique.Bien sûr, il faut des barrières, des interdits, mais un homme qui refuse de jouer la carte de la violence quand c'est nécessaire révèle quelque part une contre nature.Quant à sa misogynie, elle se révèle du fait que les femmes représentent une menace.Elles peuvent, par exemple, dérégler l'ordre du sentiment et du désir et, à la limite, faire basculer l'homme du côté de la folie.» Moqueur.Alex lance : «Qu'est-ce que tu racontes là ?Qui dit pathologie veut dire anormalité, maladie, déviance.Ton discours est tout à fait dans la ligne d'une certaine presse qui a fait du macho une sorte de brute ou une curiosité à pointer du doigt.Et puis, ça transpire le racisme déguisé quelque part puisque le prototype macho, c'est le LA VIE EN ROSE 20 novembre 1985 femme qui est épouvantable, je trouve.C'est surtout à ça que je veux en venir, là.C'est que la valorisation de la femme est complètement artificielle.«Les objectifs des féministes, je les adopte tous ! Moi, ce qu'elles demandent, en ce moment, ça me semble aberrant qu'elles l'aient pas.Ça me semble épouvantable.C'a pas de sens.Ça tient pas debout Moi, j'ai été élevé avec des bonnes femmes.Je me sens l'envers d'un macho, personnellement.Je me sens ordinaire, macho ordinaire, comme un gars peut l'être, mais j'en mets pas, tu sais.Bon.mais fuck ! Elles me font chier.Elles me font chier avec cette glorification de la femme ! Je peux pas accepter ça (.) comme je pourrais pas accepter qu'on glorifie les Italiens, demain, ou les nègres, ou les Juifs, ou les Polonais, ou n'importe quoi.Je peux pas.Y en a huit sur dix des connes ! C'est la moyenne pour la planète.Les femmes font pas exception, christ ! «Oui, c'est important le salaire égal, oui, je suis d'accord.Parfait ! Mais, christ ! embrassez-vous pas toutes comme des folles pis en vous trouvant belles ! Vous êtes pas belles.Vous êtes laides et connes, christ ! Dites-le ! Regardez-vous, ostie ! (.) C'est le minimum que vous voulez.C'est juste le minimum que vous voulez.Tout le combat féministe, c'est le minimum qu'elles veulent.C'est juste ça.C'est juste le simple bon sens.Pourquoi c'était pas de même avant ?! Ben, christ ! Pourquoi on transportait les nègres par bateau pour les amener en Amérique 1 Moi, ça me dépasse.Ça me rentre pas dans tête ! Je comprends pas ça.Pourquoi on paye pas une bonne femme pareille qu'un bonhomme ?Le plus straight du monde que je peux te le dire : je le comprends pas.Je le sais pas.pourquoi1 Je le sais pas.Moi, si j'étais boss, ça me viendrait pas à l'idée.«En même temps que je te dis ça.je suis presque sûr que si y a huit individus sur dix qui sont totons, c'est sûrement un peu mieux que ça chez les bonnes femmes.Je me fie là-dessus parce que moi, en général, spontanément, quand j'ai des affaires importantes à dire, c'est surtout avec des femmes.Dans les cinq personnes dans ma vie qui comptent le plus, en dehors des amours, c'est trois femmes.Y a trois femmes, peut-être même quatre, femmes sur cinq, tu sais.Si je pense, là, spontanément, j'ai quelque chose d'important à demander, je pense à cinq bonnes femmes.Y a presque pas de gars à qui je pense, tu sais.J'en connais pas.J'ai pas tellement de chums gars.»
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