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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1985-04-27, Collections de BAnQ.

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[" 24 SUCCURSALES À MONTRÉAL 336-53301 MONTRÉAL, LE SAMEDI 27 AVRIL 1985 De plus en plus de Québécois découvrent les médecines douces Nous avons désormais une nouvelle médecine privée qui nous coûte plus d'un milliard de dollars au seul chapitre des rémunérations a l'acte.Dans un dossier qui débute à la page 10, Pierre Vincent explique qu'il est difficile de mesurer avec précision l'ampleur du phénomène car les nouveaux spécialistes de médecines -douces», «parallèles» ou «alternatives» contreviennent pour la plupart à la loi médicale.nouvelles frontière La GRECE votre destination vacances.700** jfm^m PRIX NOUVELLES-FRONTIERES à partir de.*Vol direct aller-retour de Montréal à compter du 16 juin taxes «n tus Pour plus de détails consultez notre annonce dans la section Vacances/Voyage 1130, bout, àm Meluvmmu o.KSAlMf t ' - i £ t \u2022* F, - B .« « «\u2022s la presse Jean Goupil > Une exception Une seule exception : le combat courageux de la 18* division contre trois divisions nord-vietnamiennes, à Xuan Loc.Fétu de paille contre la marée.Le 21, la garnison est emportée, la route de Saigon est ouverte.Stigmatisant les dernières péripéties de la démarche américaine qui l'abandonnaient à son sort, Thieu va la qualifier « d'acte in- > 5: m U K) NI > < TO O 00 LE BILAN AMÉRICAIN AU VIETNAM \u2022 58000 morts \u2022 300000 blessés \u2022 $150 milliards Éditeur Roger D.Landry Coordination Paul Long pré Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Page couverture: photo Gamma Mise en page: Jacques Gagnon Fernand Marcotte Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Jean-François Doré Claire Dutrisac Serge Grenier Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Simone Piuze Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Moncton Achille Michaud Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Genève Angelica Roget Chypre Robert Pouliot Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 humain accompli par un allié inhumain ».Les dernières intrigues et complots qui agitaient Saigon dans la tourmente lui offrirent la possibilité de sauver la face et de tirer sa révérence, non sans quelque viatique.Les bagages de départ de la famille de l'avant-dernier président du Sud-Vietnam étaient, dit-on, lestés de trois tonnes d'or.Ce qui n'est pas le cas des rares Vietnamiens qui, enfin, ont compris.C'est le début de la ruée à l'ambassade américaine qui, en fait, n'a plus le choix depuis le 28 avril et commence l'évacuation par hélicoptères.Les dernières possibilités par pont aérien s'évanouissent avec le bombardement par l'aviation communiste \u2014 pilotant des A-37 américains récupérés dans la débâcle militaire des forces de Thieu\u2014 de l'aéroport militaire de Tan Son Nhut.Il n'y a plus, désormais, de terrain disponible pour permettre aux avions américains d'intervenir avec un minimum de risques.Le Pentagone estime que la plaisanterie a assez duré.D'autant que ce 28 Jack Kusiewicz, dont les parents sont d'origine ukrainienne, est né à Montréal en 1945, l'année même où prenait fin la Deuxième Grande guerre.Il enseigne dans une école de la CÉCM et il attend sa retraite comme enseignant, en 1994, pour compléter les études qui le mèneront à la prêtrise.Jack, comme ses amis l'appellent, rencontrait, il y a quelques années, un jeune Américain qui avait combattu au Vietnam.Ce premier contact avec un « Marine» en veine de confidence et avide de conseils transforma l'existence de notre instituteur.Il venait de découvrir la profondeur des traumatismes et des syndromes dont sont affligés un grand nombre de Canadiens qui, volontaires ou conscrits, ont été plongés dans le guêpier vietnamien.Il se lança alors résolument à la recherche d'anciens combattants du Vietnam qui, depuis leur retour d'Asie, tentaient de cacher aux yeux d'un public généralement hostile, leur participation à cette « guerre impopulaire.,3,1 avril, l'attaque communiste a coûté la vie à deux soldats américains.Derniers morts officiels d'une guerre non officielle.Point d'orgue de l'engagement du golfe du Tonkin.Rumeurs, désormais certitudes, parcourant la ville, Saigon prend d'assaut l'ambassade, dont très vite les barrières sont abaissées.Dans la cour, véritable mouchoir de poche, plus de 3 000 Vietnamiens s'entassent, se frayant par la force un chemin vers l'intérieur pour gagner l'aire de décollage des hélicoptères qui transbahutent une cargaison humaine, hébétée par la peur.Une navette sans interruption entre cet îlot et la Septième flotte.Appareils jetés à la mer Sur mer, la tragédie atteint son paroxysme.Les rescapés de l'armée de l'air sud-vietnamienne n'ont pas à se battre, eux, pour gagner une place.Ils disposent de facilités hors de prix: leurs propres hélicoptères.Par vagues, femmes et enfants embarqués, leur commandant en Grâce à sa persistance et parce qu'il consacrait la totalité de ses heures de loisir à sa «mission », M.Kusiewicz parvenait à vaincre les réticences de-ces « vétérans anonymes » et à se gagner la confiance de plusieurs d'entre eux.« Au début, raconte-t-il, je n'avais aucune idée de ce dans quoi je m'embarquais.J'avais certes entendu parler du « syndrome post-Vietnam » mais ne soupçonnais pas le drame \u2014 traumatismes, cauchemars, sentiment de culpabilité\u2014 que vivent des centaines de jeunes Canadiens (dont l'âge varie de 30 à 40 ans) comme séquelles de leur participation dans le conflit du Vietnam».Jack n'est ni psychiatre ni psychologue.Il n'a jamais fait la guerre.Mais c'est un homme serein, patient, tolérant, compré-hensif et surtout dévoué.Il a réussi à devenir le confident, le guide et l'ami de ces jeunes Canadiens trop souvent désemparés et incapables de résoudre seuls les nombreux problèmes qui les confrontent.' M.'Kosiewk'z a mis .sort tiomi-' chef \u2014 le général Cao Ky \u2014 traçant la voie, ils gagnent le large et se réfugient sur les bateaux de la Septième flotte.C'est à croire que toute l'armée de l'air sud-vietnamienne s'est donnée rendez-vous en mer de Chine.Pour faire de la place aux arrivants, les marins américains systématiquement basculent les appareils dans la mer comme une vulgaire ferraille.En cette matinée d'avril, le symbole de la puissance américaine au Vietnam, culbuté en pleine mer, semble accompagner, dans sa chute, l'écroulement d'une époque, en marquant les limites de l'arrogance impériale.À l'ambassade, dehors, c'est l'émeute, ravivée par l'avance grandissante des premiers éléments communistes.La foule sait désormais que les Américains vont la laisser à son sort et tente de forcer le périmètre de l'ambassade.Les marines, débordés, utilisent des gaz lacrymogènes et cognent sans lésiner pour faire lâcher prise à ceux qui escaladent les murs surmontés de barbelés.À l'intérieur, à mesure que le temps passe, on cile à leur disposition.C'est là qu'ont lieu, depuis déjà quelques années, les séances de groupe \u2014 qu'il appelle « rap sessions » \u2014 où se retrouvent parfois même 10 à 15 anciens combattants.Ces réunions qui, au départ de l'expérience, duraient à peine deux heures, se prolongent maintenant pendant plus de 10 à 12 heures.Jack ne se contente pas de les écouter, de les laisser « aérer » leurs problèmes, de leur permettre de se défouler, il leur indique concrètement la route à suivre pour résoudre leurs difficultés, qu'elles soient morales, financières ou sociales.«Je m'étais tellement impliqué dans ma mission, confic-t-il, j'avais tellement tenté de m'identifier à ceux que je voulais aider, que je me mis à faire leurs cauchemars, à sursauter au moindre bruit suspect, tout comme si j'avais moi-môme vécu leur dramatique expérience.Mais peu à peu, tout rentra dans l'ordre.Aujourd'hui, une quinzaine d'anciens\" combattants du Vien- ne fait pas de quartier.Les directives sont formelles : priorité aux Américains.A l'aube, sur ordre comminatoire de la Maison Blanche, l'ambassadeur Graham Martin plie bagages.C'est le début de l'agonie.La fin_ Sur le toit, le dernier carré des marines protège l'aire de décollage des hélicoptères.Barricadés, prêts à ouvrir le feu, les 11 Américains sont d'autant plus déterminés que le dernier voyage est le leur.Ils décolleront à 6 h, ce malin du 30 avril, dans un nuage de gaz lacrymogènes, abandonnant l'ambassade à la foule déchainée.Et le pillage commence.Après seize ans de présence, qui auront coûté à la nation américaine 58 000 morts, plus de 300 000 blessés et la modique somme de 150 milliards de dollars, toute l'inutilité de cette guerre se retrouve dans le sac de la représentation officielle de Washington par ses propres alliés dans la défense de la liberté.Dans les rues, décombres d'une politique absurde, casques et uniformes de l'armée sud-vietnamienne balisent la débandade.À midi, sous une pluie fine, sans rencontrer de résistance, trois blindés nord-vietnamiens enfoncent les grilles du Palais où attend le général Duong Van Minh \u2014 successeur de Thieu à la tète de l'État\u2014 qui, depuis dix heures du matin, a annoncé la reddition sans condition.Au balcon, flotte le drapeau vieteong rouge et jaune.Trente ans de guerre, qui ont épuisé et ensanglanté complètement le Vietnam, prennent fin.Saigon, en plein midi, disparait, rayé de la carte : Ho-Chi-Minh-ville est née.En ce 30 avril 1975, les lendemains qui chantent ont fini par rattraper le présent.Voici venu le temps des petits matins et son cortège de désillusions.?photo Pierre Côté, LA PRESSE Jack Kusiewicz nam, parmi lesquels se retrouvent quelques Américains, sont devenus des habitués de ses « rap sessions » et plus d'une cinquantaine lui téléphonent régulièrement.En somme, il est devenu officiellement « aumônier laïc» des anciens combattants canadiens du Vietnam.f b Un confident des vétérans canadiens Des milliers de Canadiens ont combattu au Vietnam Etaient-ils 10 000 ou 35 000 '.' Conscrits ou volontaires ?11 est impossible d'obtenir de données officielles de Washington ou d'Ottawa sur les Canadiens qui ont vécu le cauchemar du Vietnam, pourtant terminé depuis 10 ans pour les soldats américains et canadiens.Les accords de Paris, entre Le Duc Tho et Kessinger ont été signés deux ans plus tard.Tout ce qu'on sait, c'est que des milliers de jeunes Canadiens sont allés prêter main-forte aux Américains dans la jungle et les rizières vietnamiennes.Cinquante-six d'entre eux y ont trouvé la mort.Bon nombre d'entre eux sont revenus éclopés ou gravement perturbés.« Ces gens-là ont décidé de participer à une guerre darts laquelle le Canada n'était aucu-ment impliqué.Nous n'avons aucune responsabilité envers eux.S'ils ont des problèmes, qu'ils s'adressent au gouvernement américain», répondent les porte-parole des ministères canadiens des Anciens combattants et des Affaires extérieures.Ces anciens combattants sont réticents à étaler leurs problèmes en public.On parle donc très peu d'eux dans les médias.Grâce à l'entêtement d'un petit groupe d'Indiens mohawks de la réserve de Khanawake \u2014plus d'une cinquantaine de membres de cette réserve ont « servi » au Vietnam \u2014 ils ont décidé en juillet dernier de mettre sur pied une branche canadienne de l'association américaine « Disabled American Veterans ».Cette association qui groupe des dizaines de milliers d'anciens combattants américains du Vietnam leur apporte un appui moral et se fait leur avocat auprès du gouvernement américain pour qu'ils profitent des droits et privilèges garantis par les lois américaines : pensions d'invalidité, soins médicaux gratuits, bourses d'études, apprentissage d'un métier, formation profesionnelle, etc.Ces avantages ne sont cependant accessibles aux Canadiens que s'ils s'établissent aux États-Unis ou s'ils ont les moyens de faire de nombreux voyages pour y recevoir des traitements médicaux ou pour affronter les len- teurs proverbiales de la bureaucratie américaine.Les dirigeants de la succursale canadienne de la DAV multiplient les démarches auprès d'Ottawa et de Washington pour éliminer les obstacles auxquels sont confrontés les citoyens canadiens « vétérans » du Vietnam.« Nous ne sommes pas des mercenaires, mais d'authentiques soldats.Et nous en avons assez d'être traites comme des parias, confie un de ces anciens combattants qui a eu le bras gauche fracassé par une balle dans la bataille de Danang.Né à Montréal, je suis un citoyen canadien à part entière et je ne demande qu'à être traité comme tel ».Claude Martin, seul survivant d'un peloton S'ils ont tous été marqués physiquement, moralement ou mentalement par leur participation à la guerre du Vietnam, un grand nombre de jeunes Canadiens ont pu se libérer, dans un temps relativement court, des traumatis-mes, flashbacks, cauchemars qui sont encore aujourd'hui le triste lot de milliers d'entre eux.Grâce à l'appui et à la compréhension de parents et amis, ils ont pu reprendre rapidement et sans trop de heurts le rythme trépidant de notre société.Claude Martin et Yvon Roy appartiennent à ce groupe.Claude, né à Montréal en 1944, a passé 13 mois au Vietnam d'où il est sorti indemne.Yvon, Québécois de naissance, a 40 ans, et « sa » guerre a duré 33 mois, prenant fin le jour où il fut atteint d'une balle à la jambe, ce qui lui a valu une pension mensuelle à vie de $1306 versée par le gouvernement américain.Aujourd'hui, Claude exerce le métier de vendeur, et avec sa femme Michelle et ses deux fillettes, Gaby, 5 ans, et Sophie, 2 ans, mène une vie heureuse dans sa propriété de Laval.Yvon, et sa femme Henriette, ont eu quatre enfants : des jumeaux de 20 ans, Jocelyn et Lynn, Luc, 16 ans, et Johanne, 10 ans.Détenteurs de baccalauréats, en administration, en relations industrielles et en droit, il travaille comme cadre chez Steinberg.À noter que les trois baccalauréats ont été obtenus, après son retour du Vietnam, à la suite d'études entièrement défrayées par le Département américains des Anciens combattants, en vertu des stipulations du G.I.Bill of Rights.Des routes différentes_ Les itinéraires qu'ont suivis ces deux jeunes Canadiens avant d'aboutir dans le guêpier vietnamien diffèrent radicalement.Claude n'a que 17 ans, quand, à l'invitation d'un oncle vivant à Los Angeles, il abandonne ses études et part tenter sa chance sur le marché du travail en Californie.Deux ans plus tard, en 1963, à l'instar de plusieurs de ses copains, il succombe à l'attrait de l'aventure et s'enrôle à San Diego dans le corps d'élite des ¦ Marines ».C'est la première étape d'un périple qui le conduira, en inoins de deux ans, via Panama, Hawaii et Okinawa, dans les rizières et la jungle sud-vietnamienne.À l'automne de 1963, parti de la base américaine d'Okinawa à bord du USS Henrico, il débarque, avec 5 000 autres Marines, sur une ile en face de la ville de Danang.Quelques jours plus tard, Claude est affecté à la protection d'un hameau «stratégique » à proximité de Phu Bai.La mission du caporal Martin et des 14 membres de son peloton est d'empêcher toute infiltration du hameau par les Vietcongs dé- photo Pierre Côté, LA PRESSE Claude Martin en compagnie de sa femme Michelle et de ses filles, Sophie, deux ans, et Gaby, cinq ans.guisés en paysans, enseigner aux villageois le maniement des armes, effectuer des patrouilles dans la jungle environnante, déceler les « booby traps » (pièges) et dresser des embuscades.Quand son « tour de combat » de 13 mpis |prend fin, je, caporal Claude Martin est le seul survivant du peloton.II en a assez de cette guerre et revient aux USA.Au camp Lejeune, en Caroline du Nord, on le charge d'entraîner les recrues à la guérilla.Il fait ensuite un stage au camp de Bridgeport, dans le nord de la Californie, où il suit un cours d'entraînement pour l'Arctique.Enfin, il est affecté à Labrador Island et en Norvège.Deux ans plus tard, après six longues années chez les Marines, Claude Martin reçoit son licenciement « honorable » et met fin à sa carrière militaire.Il a alors 25 ans.Yvon Roy chez les G.I.À 17 ans, Yvon Roy avait tenté d'entrer dans les rangs de la Sûreté provinciale, mais il avait été refusé ¦ pour troubles de vision ».En 1964, il s'enrôle dans l'Aviation royale canadienne qu'il quitte, quelque six mois plus tard, en raison des querelles incessantes entre anglophones et francophones.L'année suivante toujours désireux d'embrasser la carrière militaire, il s'enrôle dans l'armée américaine à New-port, au Vermont.Il passe quatre mois aux États-Unis, puis il est transféré avec son unité \u2014 la 101e Division aéroportée\u2014 à Manheim, en RFA, où il demeure trois ans.De retour au camp de Fort Devens, au Massachussets, il apprend que la 101e division est envoyée au Vietnam.« Sa guerre » dure 33 mois, de 1969 à 1971 inclusivement.Elle se termine le jour où une balle ennemie l'atteint à la jambe.Décoré du « Purple Hart » pour bravoure au combat, il est rapatrié et- licencié.Il a alors 26 ans.F.B.y O z \u2014I TO m-> en > 5 Dix ans après le « Grand soir » qui marquait enfin, croyait-on, la « libération > du Vietnam, le groupe d'Amnistie internationale à l'Université de Montréal tenait récemment une conférence-débat sur « les droits de la personne dans le contexte vietnamien de 1985 ».Au programme : lancement d'une campagne en faveur de deux détenus politiques vietnamiens, Mme Trân Cam Huong, emprisonnée depuis juin 1975 dans un « camp de rééducation » de la province de Dong Naï, et Doân Quôc Sy, romancier de 62 ans et vieux militant anticolonialiste, emprisonné de 1976 à 1980, arrêté de nouveau en mai 1984 et détenu depuis sans inculpation ni procès.« Notre souci est purement humanitaire », n'a cessé de rappe- 5 < \u2014r < \u2022UJ oc t-Z o in 1er l'animateur, M.Pierre Toth.Mais la centaine de réfugiés vietnamiens présents ont vite orienté le débat sur le terrain politique.Selon eux, le 30 avril 1975 marquait plutôt « la conquête du Sud par le Nord ».Le Vietnam reste, en 1985, un pays « bloqué ».Voter avec ses pieds_ « Hanoï a imposé un régime totalitaire tout à fait inhumain et tyrannique mais, comme en 1954, le peuplé vietnamien continue de voter avec ses pieds », a affirmé le Dr Tu Uyen, de la Fédération canadienne des Asso-}dations vietnamiennes.; En 10 ans, 1,5 million de Viet-, namiens ont quitté le pays et d'autres continuent à le faire, a-: t-il affirmé.On en trouve 700 000 ! aux États-Unis, 500 000 en Euro-! pe et 100 000 au Canada, dont la moitié installée au Québec.Sans compter quelque 300 000 Hoa, ou Vietnamiens d'origine chinoise, expulsés.Dans cette diaspora, un grand nombre de militaires et fonctionnaires ayant servi le régime de Saigon aux côtés des Américains, certes, comme l'ex-prési-dent Nguyen Van Thieu lui-même ou encore le général Nguyen Cao Ky, mais aussi des militants neutralistes comme le Dr Tu Uyen, des dirigeants viet-cong, comme Truong Nhu Tang, DROITS DE L'HOMME AU VIETNAM ¦ I ¦ La révolution devenue goulag HMMM .- ancien ministre de la Justice du Gouvernement révolutionnaire provisoire (GRP) du Sud-Vietnam réfugié à Paris, ou encore des dirigeants nord-vietnamiens, comme Hoang Van Hoan, ancien vice-président de l'Assemblée nationale de Hanoï, réfugié à Pékin.Un des pays les plus pauvres du monde À la rencontre de l'Université de Montréal, les témoignages, intarissables, rejoignaient les reportages de la'poignée de journalistes étrangers qui ont réussi à visiter le Vietnam unifié, confirmant le portrait qu'en trace le livre de Stanley Karnow: avec ses 60 millions d'habitants, le Vietnam est aujourd'hui un univers clos hautement militarisé, répressif et éorrompu, l'un des pays les plus pauvres du monde.Affirmant parler «sans rancune et sans désir d'humilier le Vietnam », Nguyen Thanh Dan, ancien commandant de génie dans l'armée sud-vietnamienne, a raconté dans le détail les neuf années d'enfer qu'il vécut à partir de 1975, dans les camps dits de < rééducation » et ensuite en liberté surveillée, avant de pouvoir quitter le Vietnam l'année dernière.Récit atroce : transfert en rase campagne, construction de camps sans outils, longues séances quotidiennes d'insultes, de propagande et d'intimidation, isolement complet, déplacements fréquents d'un camp à l'autre, travaux forcés, opérations de déminage, manque de nourriture et de médicaments, la gale, le béribéri, la dysenterie, la tuberculose, les suicides, les tentatives d'évasion, les tortures et les exécutions.Livre-choc_ Dans son livre-choc Afémofres d'un Vietcong, dont le magazine du New York Times publiait le 31 mars dernier un long extrait, Truong Nhu Tang raconte comment il s'évada en août 1979 du Saïgon, au lendemain du départ des Américains, il y a 10 ans.Voici venu le temps des petits matins et son cortège de désillusions, photo GAMMA Vietnam devenu goulag, blotti avec sa famille et une centaine d'autres personnes dans la cale d'un petit caboteur fluvial, avant d'échouer sur une plate-forme de forage pétrolier de l'Indonésie.« Au lever du jour, écrit-il, nous aperçûmes le profil obscur d'une île, qu'un membre de l'équipage identifia comme l'île de Poulo Condore.C'était l'Ile de l'infâme prison de Con Son utilisée d'abord par les Français, ensuite par l'administration de Saïgon et maintenant par le nouveau régime».Punitions collectives en outre, car la famille entière de tout individu envoyé dans les « camps de rééducation » ou dans les « nouvelles zones économiques » est pénalisée, mise au ban de la société : pas de carte de rationnement, pas de soins de santé, pas de travail, pas de place pour les enfants dans les écoles.Dans un système dont les rouages ne fonctionnent qu'à coups de passe-droits et de pots-de-vin.Union soviétique _ Le Dr Tu Uyen rappelait de son côté la dépendance croissante du Vietnam à l'égard de l'Union soviétique, dont on estime entre $3 et $4 millions par jour l'aide au Vietnam et l'expansionnisme du régime de Hanoï au Laos et au Cambodge voisins.Pour les États-Unis, qui y ont perdu, dit-on, leur innocence, la « guerre du Vietnam » est peut-être terminée, mais pour les peuples du Sud-est asiatique, la longue guerre d'Indochine n'a fait que passer dans une\"phase nouvelle, où les intérêts des grandes puissances continuent de s'affronter, mais de manière feutrée et par petits peuples interposés.« Une guerre sans vainqueur », dit Stanley Karnow de la guerre américaine au Vietnam de 1954 à 1975.Même si le Vietnam pense avoir « gagné » cette guerre, disent d'autres, il n'a pas su « gagner la paix ».Au contraire : défections, complots, résistance et guérilla à l'intérieur, guerre d'expansion au Laos et au Cambodge, isolement face aux anciens amis et aliénation vis-à-vis des voisins, la République socialiste du Vietnam s'est enfermée dans une terrible impasse.Les participants à la conférence de l'Université de Montréal ont tous maintenu que « le déblocage ne saurait venir que de l'intérieur du Vietnam ».Ils ont été tout aussi unanimes à saluer \u2022 les pressions internationales comme celles d'Amnistie », car elles contribuent, ont-ils dit, à accélérer «la vraie libération» de l'ancienne Indochine.? La thalidomide, 25 ans plus tard Une saga inachevée pour victimes sorte de prédilection pour l'engagement social, intimement liée à photo Jean Goupil, LA PRESSE La thalidomide.Le mol évoque la naissance tragique de milliers de bébés, affectés par diverses difformités, qui a frappé le monde entier de stupeur au début des années 60.Depuis, pour les victimes du médicament banni des pharmacies, le visage de l'adversité a pris les traits d'un combat pour la vie, avec ses hauts et ses bas, comme dans une saga inachevée.Dispersés aux quatre coins du Québec, la quarantaine « d'en- fants de la thalidomide », que l'on connaît, sont devenus de jeunes adultes.Quelques-uns d'entre eux ont accepté de parler succinctement de leur situation.Plus enclins à regarder devant eux qu'à remâcher le passé, ils se situent \u2014 malgré certaines barrières en travers de leur route \u2014 à la même croisée des chemins que les autres jeunes de leur génération.Quelques exemples_ Sylvain Legault, 22 ans, affiche ainsi l'assurance d'un caractère opiniâtre.« Dans la société d'aujourd'hui, tu n'as rien pour rien, dit-il.J'ai toujours pris des moyens détournés pour parvenir à ce que je voulais faire.Autant dans mes loisirs que dans mes autres activités.» Il lui manque la moitié de l'avant-bras gauche.Il a décroché en mai dernier un diplôme d'études collégiales professionnelles en informatique.Une seule des quelque 200 demandes d'emploi qu'il a faites a débouché sur une entrevue à la Banque Nationale où il travaille depuis 4 mois, comme programmeur.Sylvain continue d'habiter chez ses parents et, passionné d'équitation, rêve d'acquérir une terre avec des chevaux.Âgée de 21 ans, Josée Lake accumule les médailles d'or en natation.Elle s'est encore illustrée aux Jeux Olympiques pour handicapés, aux États-Unis, en juin dernier: championne dans les quatre épreuves qu'elle a disputées et détentrice d'autant de records mondiaux: Il lui manque la main droite et la jambe droite.Josée vient de terminer un baccalauréat en travail social à l'Université du Québec à Montréal pour aussitôt prendre part aux Jeux mondiaux des amputés Mercedes Benegbi avoue une son tempérament combatif.en Australie.Dans l'immédiat, elle ne songe pas à quitter le nid familial et ne fait pas de projets de carrière.« J'adore les enfants, dit-elle, et j'aimerais travailler en contact direct avec eux.» Myriam Bouffard, 22 ans, après avoir complété une formation de technicienne en assistance sociale, s'est trouvé l'automne dernier un poste à la Commission santé-sécurité au travail de Québec.On lui a confié le traitement des plaintes des employés et employeurs.« Je souhaite grandement mettre à profit mon expérience personnelle dans le domaine de la réadaptation sociale des accidentés du travail.Je suis bien placée pour les aider à surmonter les obstacles qui les entravent, » souligne-t-elle.Ses bras, atrophiés et raccour- cis aux coudes, s'embranchent à deux mains aux doigts palmés et recroquevillés.Cela a contrecarré son aspiration première qui était la médecine vétérinaire, mais ne l'a pas empêchée d'atteindre à une vie indépendante.Myriam demeure dans son propre appartement et se mariera dans quelques mois.Mercedes Benegbi, bientôt 23 ans, avoue d'emblée une sorte de prédilection pour l'engagement social, intimement liée à son tempérament combatif.« Depuis mon enfance, j'ai eu à lutter, à foncer pour démontrer mes capacités, » dit-elle en vous piantant droit dans les yeux son regard pétillant.Elle a aussi appris à compenser l'absence de ses deux bras et à utiliser habilement ses deux mains soudées à ses épaules.Tout en étudiant pour obtenir un certificat universitaire en intervention psycho-sociale, Mercedes a beaucoup travaillé auprès de groupes populaires, à la Ligue des droits et libertés de la personne etc.En ce moment, elle s'accorde un peu de répit pour « prendre du recul », avant de se lancer à la recherche d'un emploi répondant à ses attentes.Louise Desrochers, 21 ans, parachève un cours intensif en programmation informatique dans un institut privé.« Je doutais de pouvoir réussir les tests d'admission, à cause de l'avant-bras qui me manque.J'ai fini par me convaincre qu'avec une ou deux mains, c'était la vitesse d'exécution qui importait pour un futur employeur.» Louise dirige en outre le comité des sports de la Fédération des amputés du Québec.Elle se réjouit du fait que l'équipe de compétition de ski alpin du Québec l'ait sélectionnée pour aller aux Jeux mondiaux des handicapés qui se tenaient récemment à Banff.« Aider les autres à ne pas démissionner, ça m'aide moi-même, » dit-elle avec une simplicité aussi désarmante que contagieuse.Rolland Saint-Gelais, 22 ans, trime dur en première année d'histoire à l'Université Laval, afin de s'orienter en bibliothéco-monie.Parallèlement à ses études, il collabore activement à la revue de la Société historique du Golfe à Sept-îles, sa ville natale.« Mes nombreux handicaps physiques, qui m'ont occasionné plusieurs interventions chirurgicales, ont lourdement pesé sur mon choix et m'ont fait rayer de ma liste les professions de pharmacien ou d'avocat, » confie-t-il.À vrai dire, ce qu'il a vécu jusqu'ici, c'est tout un roman.L'enfant né sans langue, sans mâchoire inférieure, sans mains, sans jambe gauche et le pied droit déformé, a bel et bien déjoué le pronostic du médecin-accoucheur qui l'avait alors condamné à végéter parmi les déficients mentaux profonds placés en institution.Le handicap vient des autres_ Il y a un trait commun à tous ces jeunes gens : malgré leurs différences et au-delà de leurs succès individuels, ils se sont cuirassés pour mieux clamer que « ce sont les autres et l'environnement qui créent surtout leurs handicaps.» «On a beau ne pas se percevoir comme une personne handicapée, parce qu'on a grandi et qu'on s'est accepté comme cela, il ne faut pas nier les faits.On s'acharne à prouver toujours et encore son potentiel, on s'oblige à travailler, à s'affirmer, à sourire trois fois plus pour être considéré comme des gens normaux.Quand les gens me dévisagent comme une bête curieuse, moi je les toise jusqu'à ce qu'ils baissent les yeux.Bref, il faut se battre contre les normes ^, parce qu'elles tendent à nous ex- £ dure de bien des façons, » résu- y me Mercedes sur le ton d'une ob- 5 servatrice lucide et perspicace.O Us ont tous des anecdotes du Z genre à raconter.Sylvain a du recourir à un avocat pour faire > lever les restrictions du bureau -1-des véhicules sur son permis de > conduire.Récemment, des jeu- 5 nés à bord d'une voiture ont S cherché noise à Rolland en le ^ qualifiant de < capitaine cro- ^ chet».Mercedes enrage d'éco- > per de contraventions de station- so nement en série, parce que les ^ parcomètres de Montréal lui o sont inaccessibles.Mine de rien, ™ ces exemples illustrent comment l'avenir se trace davantage pour eux sous l'angle du nj défi.? L'atout principal: la famille qui stimule « C eux d'entre nous qui s'en sortent relativement bien, ont eu la 1 chance de grandir au sein de leur famille où, loin de les surprotéger, les parents les ont stimulés sans relâche, les ont poussés à aller de l'avant, à braver les obstacles coûte que coûte, » confie Josée Lake.De fait, ces jeunes ont évolué, parfois au-delà des espérances de leurs parents.Mais à quel prix pour ces derniers?« L'épreuve a bousculé toute la famille.Je n'ai pas eu de vie personnelle.Épaulée par mon mari, je n'ai vécu que pour que Rolland puisse se réaliser au meilleur de ses capacités.Je suis f 1ère de notre fils et ne regrette rien.Cette sorte de combat physique et moral n'est pas finie, » souligne Mme Thérèse Saint-Ge-lais.En dépit des énergies déployées depuis leur plus tendre enfance, dans la conquête ardue de leur autonomie, les handicaps trop lourds de certains jeunes les contraignent à une plus ou moins grande dépendance.Rolland aura toujours besoin d'aide pour accomplir diverses tâches quotidiennes.En ce moment, il habite à la résidence des étudiants du campus universitaire de Sainte-Foy.Les compagnons qui l'entourent lui donnent volontiers un coup de pouce.Mais ils ne peut cuisiner ses repas.Il doit manger à la cafétéria.Il ne peut entretenir sa chambre ou faire sa lessive.Il doit payer pour ces services domestiques.«Les frais n'arrêtent pas de s'additionner pour mes parents qui se sont déjà saignés à blanc pour moi.Leur soutien indéfectible m'a permis de traverser les pires difficultés.Mais qu'ad-viendra-t-il de moi quand ils n'y seront plus?», se demande Rolland.Je préfère ne pas y penser.» Sa mère lui fait écho : « Tant que nous vivrons, il aura son chez lui à Sept-ïles et pourra compter sur nous.» Une inquiétude diffuse face au sort de leurs enfants, appelés inéluctablement à se débrouiller seuls dans la vie, persiste encore pour quelques-uns des parents.D'ailleurs, l'histoire de la thalidomide, c'est aussi la longue et angoissante bataille juridique contre le géant pharmaceutique Richardson-Merrell (le fabricant américain du médicament néfaste), afin d'obtenir des compensations financières propres à assurer la sécurité matérielle des victimes.D'abord débattue devant je tribunal du New-Jersey, aux États-Unis, la cause de 31 familles a débouché sur des règlements hors-cour, en 1975.Les compensations, négociées selon la gravité des difformités congénitales de chacun et en raison des besoins spéciaux permanents qu'elles ont entraînés, variaient de $100 000 à $] million, soit $250000 en moyenne.«Personne n'a gagné le gros lot.D'accord, cela nous soula- geait de savoir nos enfants à l'abri sur le plan économique.Mais tout l'argent du monde ne pouvait e( ne peut réparer les vies de couple gâchées, remplacer les membres manquants des victimes, et surtout garantir aux plus mal en point l'affection désintéressée des personnes qui s'en occuperont éventuellement, » font remarquer Gaston et Lorraine Henry.Atteint de surdité totale, leur fils Denis, 23 ans, a fait des études collégiales en administration.Il demeure en appartement depuis un an avec son amie.« La réussite de Denis et notre vie familiale harmonieuse nous récompensent.Nous ne sommes cependant pas au bout de nos soucis, » ajoute, laconique, le couple de Lavallois.Les règlements continuent En août dernier, les défenseurs des victimes \u2014 l'avocat américain Arthur Raynes et Me Pierre Marois \u2014 conviaient toutes les familles à une soirée pour célébrer la conclusion de 13 autres règlements hors-cour.Bilan : 47 jeunes, dont quatre provenant de l'extérieur du Québec, dédommagés sur le modèle de l'accord intervenu en 75.« Il reste cinq dossiers où nous n'avons pas tourné la dernière page.Nous allons employer tous les moyens légaux et légitimes pour que ces jeunes reçoivent un traitement équitable sur la même base que les autres, » jure Me Marois.N.B.Atteint de surdité totale, Denis Henry, 23 ans, a fait des études collégiales en administration.Il demeure en appartement depuis un an avec son amie.Il est ici en compagnie de sa mère Lorraine.Âgée de 21 ans, Josée Lake accumule les médailles d'or en natation.Elle s'est encore illustrée aux Jeux Olympiques pour handicapés, aux États-Unis, en juin dernier.photo Pierre McCann Extraits d'une lettre de Rolland Saint-Gelais Grâce à la chirurgie, qui lui a façonné un menton et une mâchoire inférieure, Rolland Saint-Gelais a appris à bien s'exprimer oralement.Un appareil buccal corrige ses défauts d'élocution.Joint par téléphone, il nous a écrit pour nous exposer sa situation, à condition que l'on précise qu'il est trop passionné de vivre pour se plaindre de l'existence.« Voici ce que l'affronte à ious les jours.Je porte des prothèses depuis l'âge de 19 mois.Et ie peux vous affirmer qu'à la longue, 15 à 20 livres d'appareils, cela pèse.Lorsque ie désire prendre ma douche, il me faut marcher à genoux, car t'enlève ma ïambe artificielle.Les personnes près de moi n'en font pas de cas.Mais tout de même, l'en ressens de la gêne.Quand je fais ma petite épicerie, ie dois demander au gérant du magasin de m'appeler un taxi parce que souvent on ne me comprend pas au téléphone.- ¦ Ce dont i'ai le plus souffert, c'est de la solitude.Ce qui me manque encore le plus aujourd'hui, c'est une présence féminine.Pourtant, mon Dieu que i'aime les femmes ! Je sais fort bien que ie ne pourrai pas fonder une famille comme mes frères; vieillir auprès d'une compagne.Je ne désespère pas de l'avenir.Mais force m'est de constater que mes handicaps me désavantagent.Parfaire mes connaissances, étudier, me procure mon plus grand plaisir.Je garde espoir de trouver un travail satisfaisant comme documentaliste, archiviste ou bibliothécaire au terme de mes études.» MM La thalidomide, 25 ans plus tard La vigilance est essentielle Connaitra-on jamais l'ampleur réelle de la catastrophe déclenchée par la thalidomide?Le produit de la compagnie ouest-allemande Chemie Grunenthal, vendu sous licence à plusieurs firmes pharmaceutiques, a pénétré dans 46 pays à travers le monde : Europe, Afrique, Asie.Australie, Nouvelle-Zélande et les deux Amériques.On avance le chiffre très approximatif de 8 à 10 00G victimes du sédatif tout usage prescrit aux femmes enceintes pour calmer les nausées, vomissements et insomnies.En réalité, on ne pourra jamais dresser un bilan exact.Pour au moins deux raisons.Le taux de mortalité des bébés thalidomidiens s'est élevé J£ à 40 p.cent.La multiplicité des £ marques commerciales (unegf trentaine) du médicament com- «5 posé a brouillé les enquêtes.^ En Allemagne de l'Ouest, la g thalidomide, élaborée et lancées: par la Chemie Grunenthal à par- ~| tir de 1958, s'appelait Contergan.è En Grande-Bretagne, la firme S Distillers (Biochemicals) l'ai! mise en marché sous le nom Dis-taval.La compagnie pharmaceutique américaine Richard-son-MerrelI l'a fabriquée sur le continent nord-américain sous le nom de Kevadon.Au Canada, le gouvernement fédéral a toujours gardé secrète la liste des victimes recencées.On dénombrerait quelque 70 survivants sur les 115 victimes.C'est un chiffre douteux en regard de la toxicité de la thalidomide.\u2022 Dans mon cas, les dégâts sont limités parce que ma mère n'a pris qu'un seul comprimé de Kevadon, vers la fin de son troisième mois de grossesse.Cela l'a rendue tellement malade qu'elle n'en a pas absorbé d'autres, » d'affirmer Louise Desrochers qui cunnait son dossier par coeur.La vente commerciale du Kevadon au Canada s'est étalée du 3 avril 1961 jusqu'à l'ordre d'Ottawa de le retirer du marché, le 2 mars 62.Pendant cette période, la Merrell a distribué 4259488 comprimés et en a expédié 2164 307 aux médecins en guise d'échantillons.La thalidomide en Amérique Aux États-Unis, la Federal Food and Drug Administration (FDA) a résisté aux pressions répétées de la Merrell pour commercialiser le Kevadon.Pourtant la thalidomide a circulé chez nos voisins du Sud par des voies contournées.Comment?Plusieurs documents de premières sources, qui ont notam- «Dans mon cas, les dégâts sont limités parce que ma mère n'a pris qu'un seul comprimé de Kevadon, vers la fin de son troisième mois de grossesse.Cela Ta rendue tellement mala- de qu'elle n'en a pas absorbé d'autres,» d'affirmer Louise Desrochers qui connaît son dossier par coeur.Elle est ici en compagnie de son ami, Robert Duplessis.ment étoffé le livre Thalidomide ans the Power of the Drug Compagnies, jettent un éclairage sur les dessous de l'histoire.C'est en octobre 1958 que la Merrell a transigé avec la firme allemande le droit exclusif de fabriquer, vendre et distribuer la thalidomide en Amérique du Nord.En septembre 60, la compagnie soumettait une demande d'approbation de son nouveau médicament auprès de la FDA et de la Direction des aliments et drogues canadienne.Les experts de la FDA jugeaient « inadéquats, incomplets et insuffisants » les rapports successifs des expériences de laboratoire sur les animaux.Ces tests devaient se compléter d'études cliniques sur les humains, afin de confirmer la sécurité, l'inocuité et l'efficacité du médicament.Avant même la naissance en série de bébés difformes, une question préoccupait les experts de la FDA.Les résultats de travaux médicaux effectués en Europe démontraient que la thalidomide, servant aussi là-bas au traitement de divers maux chez les adultes, avait des effets nocifs sur le système nerveux.Elle provoquait notamment des réactions secondaires.Entre autres, des troubles de la sensibilité.Les brochures publicitaires de Mer-rel proclamaient quand même la non-toxicité du médicament.Le Kevadon étant d'abord destiné aux femmes enceintes, on craignait donc que son action chimique traverse la barrière placentaire, affecte le foetus ou cause en début de grossesse des anomalies de l'embryon, aboutissant à des malformations congénitales.Jusqu'en mars 62, la thalidomide fut néammoins expérimentée sans aucune supervision cligne de ce nom sur des femmes enceintes, aux États-Unis, par le biais du programme de recherches cliniques de la firme.5 ¦ C'est impossible d'qvoir un système de contrôle parfaitement étanche, » selon Jean-Claude Marquis, président de l'Ordre des pharmaciens du Québec.Ce programme, afin de répondre aux exigences de la FDA, masquait en fait une pure opération de pré-marketing.« Gardez à l'esprit que ce programme consiste à mousser l'utilité du Kevadon, > soutenaient les vendeurs dépêchés dans des hôpitaux américains.Plus de 2,5 millions de comprimés tombèrent entre les mains de 1267 médecins ainsi sollicités comme « chercheurs cliniques ».Entre-temps, le 27 novembre 1961, le Contergan fut banni de l'Allemagne de l'Ouest à la suite d'une réunion d'éminents pédiatres qui avaient associé la thalidomide aux malformations congénitales observées chez les nouveau-nés.Cela n'a pas freiné la vente du Kevadon au Canada.La Direction des aliments et drogues (DDA) d'Ottawa convint plutôt avec la Merrell, en décembre 61, de l'envoi d'une simple lettre de mise en garde à tous les médecins.Les délais à ordonner le retrait du médicament au Canada restent incompréhensibles.Le gouvernement fédéral n'a jamais rendu publique l'enquête commandée pour éclaircir les façons de procéder de la DDA dans ce dossier.Bien sur, le désastre a entrai-né des changements législatifs.La thalidomide figure dans l'annexe des médicaments prohibés par la Loi fédérale des aliments et drogues depuis la fin de décembre 62.Ottawa a aussi resserré les règlements entourant la sécurité des médicaments.Mais en pratique, la rigueur de ce système de contrôle \u2014 il relève de la Division de la protection de la santé publique, elle-même rattachée au ministère national de la Santé \u2014 dépend largement de ses effectifs professionnels et donc des budgets accordés.Les restrictions budgétaires risquent-elles de l'affaiblir?«C'est impossible d'avoir un système de contrôle parfaitement étanche, » opine Jean-Claude Marquis, président de l'Ordre des pharmaciens du Québec.Selon lui.l'entrée de nouveaux produits sur le marché s'accompagne de monographies adressées aux médecins et indiquant dans 95 p.cent des cas qu'on n'a pu établir de façon absolument certaine leur inocuité pour le foetus pendant les premiers mois de la grossesse.Dans cette veine, le ministère de la Santé a émis, l'automne dernier, un avertissement public à propos de l'Accutane, disponible sur le marché depuis avril 83.On soupçonne sérieusement une relation possible entre des malformations congénitales et l'absorption par la mère de ce médicament utilisé, sur ordonnance, dans le traitement de l'acné.Tous ces faits incitent à la vigilance.N.B. O z \u2014H TO m-> > 5: S ¦ es uns vont vous régler un \u2014.mal de dos ou un problème d'allergie en vous palpant le pavillon de l'oreille ; les autres vous guériront d'une interminable migraine, en vous manipulant l'occiput ; ou ils vous planteront des aiguilles dans le corps pour traiter votre hypertension.oc > < CM 5 LU < \u2014T < LU I\u2014 z o % ^ Par ailleurs, un soignant, qui prend le temps d'écouter et de comprendre son malade, c'est une denrée rare dans l'univers de la médecine classique devenue de plus en plus sophistiquée, de plus en plus expéditive et de moins en moins personnalisée.Compte tenu qu'entre 60 et 80 p.cent des patients en cabinet privé sont classés « psychosomatiques », de l'aveu même des médecins, qui se trouvent souvent désemparés devant ces cas, il n'est pas étonnant que ces prétendus « malades imaginaires » se tournent de plus en plus vers des gens disposés à leur prodiguer des soins attentifs.Cela, même si la carte-soleil de la RAQ n'est d'aucune utilité chez les nouveaux soignants, et qu'il cines douce?faut payer de sa poche $25, $35, $50 ou $60 pour une seule visite.Loi médicale_ Ces nouveaux spécialistes de médecines « douces », « parallèles » ou « alternatives » contreviennent, pour la plupart, à la loi médicale.Ils travaillent souvent dans la plus totale illégalité.Il n'est donc pas facile de mesurer avec précision l'ampleur du phénomène.Mais, à voir ainsi s'allonger, année après année, la liste de ces nouveaux soignants, il ne fait pas de doute qu'il s'agit bien là d'un secteur d'avenir.Nous avions déjà un système parallèle d'écoles privées.Nous avons désormais une nouvelle médecine privée qui nous coûte plus d'un milliard de dollars au seul chapitre des rémunérations à l'acte pour les médecins.Nous sommes encore loin derrière les États-Unis.Pas moins de 375 professions, autres que celle de médecin, qui oeuvrent dans les services de santé.Loin derrière l'Europe.En France seulement, 5 000 médecins pratiquent officiellement l'une ou l'autre des grandes médecines non-officielles.Mais la pratique des médecines douces et des thérapies nouvelles prend de l'ampleur chez nous.« Le grand guérisseur de demain sera à la fois ostéopathe, médecin, homéopathe, auriculothérapeute, chiro, enfin, il sera capable de travailler avec plusieurs médecines différentes », lance, avec une belle assurance, en fin d'interview, Pierre Donna-dieu, patron d'une compagnie d'importation de produits homéopathiques depuis trois ans.Avant, pendant quinze ans, sa compagnie a importé exclusivement des produits pharmaceutiques chimiques.« Ici.au Québec, le phénomène des médecines douces n'est rien à comparer à ce qu'il est en Europe, poursuit ce Français installé à Montréal depuis les années 60.En Allemagne seulement, une personne sur trois a recours aux médecines douces.En France, la Société médicale de biothérapie forme 1500 nouveaux médecins par an et les laboratoires de produits homéopathiques ont quadruplé leurs chiffres d'affaires au cours des dix dernières années.C'est simple : nous assistons à une véritable remise en question de la médecine officielle.Pourquoi ?C'est probablement le Dr Gérard Gueniot, professeur en homéopathie à la faculté de médecine de l'université de Lille, qui a trouvé la meilleure réponse : La médeci- Conséquence des failles de la médecine classique ne officielle a augmenté ses moyens techniques de 3 000 fois depuis 1936, dit-il, ma/s pendant le même temps ses moyens thérapeutiques ont à peine progressé.» Conséquence des failles de la médecine classique?Michel Aubin et Philippe Picard, deux autres médecins convertis à l'homéopathie, n'hésitent pas à l'affirmer : l'es médecins sont plus souvent qu'autrement mal préparés pour affronter huit cas sur dix dans leur cabinet dé consultation.«Tous les jours, écrivent-ils dans leur livre La Médecine et l'homéopathie, une autre façon de soigner (qui se veut un ouvrage de réflexion incitant leurs collègues à une remise en question de leurs certitudes), les malades viennent se plaindre d'insomnies, de fatigue, de vertiges, de céphalées, de troubles intestinaux, ou de bien d'autres choses.Et le médecin praticien ne sait que faire (pour ces cas), il est laissé à une improvisation presque totale.« Combien d'affections banales sont ainsi traitées avec des antibiotiques majeurs, poursuivent-ils.Combien de petits anxieux ou de gens tout simplement mal dans leur peau sont intoxiqués par des tranquilisants, des anxiolytiques ou des neuroleptiques ! «Lassés d'être traités comme des objets, de plus en plus souvent révoltés d'absorber des médicaments en quantité considérable, concluent-ils, les malades se tournent de plus en plus vers des thérapeutiques simples, vers ceux qui sont capables de les écouter dans leur langage, médecins dits «parallèles» ou «non officiels», psychologues, psychanalystes ou même guérisseurs, mages ou charlatans, avec tous les risques que comporte le désir de ne vouloir se fier qu'à la bonne nature et d'écouter le chant des sirènes.Que conclure, sinon que la médecine classique et scientifique ne répond pas à la majorité des questions qui lui sont posées.» Remise en question_ Même son de cloche chez des.médecins québécois rencontrés en cours d'enquête.Sorti avec un beau diplôme de la faculté de médecine en 1978, Gilles Grenier a exercé sa profession, comme la majorité de ses collègues, pendant trois ans à Port-Cartier et à Saint-II.ilaire avant de décider d'élargir ses horizons sur les autres médecines.«Je me disais que ça n'avait pas de bon sens de prescrire sans arrêt des médicaments à tous ces patients souffrant d'hypertcnsioiij d'asthme, d'arthrite.Je me suis donc remis en question.Ce n'est pas facile quand on a appris pendant tout son cours qu'on sera celui qui aura la science infuse.Il fallait probablement être un peu fou pour se mettre à chercher, comme je l'ai fait, des outils thérapeutiques plus efficaces que ceux fournis par la faculté de médecine.Et ça m'a conduit à l'auré-culo-thérapie et à l'auréculo-mé-decine.Ces techniques n'ont rien de miraculeux.Mais elles donnent néanmoins de meilleurs résultats que la médecine conventionnelle pour traiter des cas d'allergie, d'hypertension, d'anxiété, de dépression, de douleurs menstruelles chez les femmes, des problèmes de digestion.» L'auriculo-thérapie tient à la fois de l'acupuncture et de la ré-fiexologie : on se sert d'un organe réflexe, en l'occurrence le pavillon de l'oreille, pour diagnostiquer et traiter un organe pathologique ailleurs dans le corps.Pour faciliter son travail de localisation des différents organes du corps, l'au-riculo-thérapeute considère le pavillon de l'oreille comme un foetus renversé.Avec ses doigts ou avec des instruments de détection électrique, il cherchera d'abord dans ce «foetus» le point correspondant à l'organe malade et il traite- ra ensuite ce point névralgique avec une aiguille, ou des stimulations électriques ou encore un laser très doux.Que les malades demeurent malodes_ Jean Drouin du Centre hospitalier universitaire Laval, à Québec, médecin depuis 1973, auriculo-thé-rapeute et homéopathe depuis un peu moins longtemps, a eu un cheminement semblable à celui de son collègue Grenier.Il se souvient, lui aussi, d'avoir été collé au plancher dès ses premiers cas.« C'est là que je me suis rendu compte que je n'avais pas tout appris dans mon cours.» Il a suivi des cours en auriculo-thérapie et en homéopathie.Il est aujourd'hui persuadé de disposer de meilleurs outils thérapeutiques pour s'occuper de ses patients.Et, à regarder son carnet de rendezvous, rempli pour les deux prochaines années, il semble bien ne pas être le seul convaincu de l'efficacité de ses nouvelles méthodes.L'opinion de Serge Mongeau au sujet des médecines douces surprendra moins : diplômé en médecine il y a vingt ans, mais ayant décroché de sa profession au bout de deux ans, il a, par la suite, consacré plus de temps à tenter de guérir la pratique médicale au Québec qu'à traiter des malades.« Le système de rémunération à l'acte que nous connaissons encourage la multiplication des interventions médicales, explique-t-il.Les médecins ont finalement intérêt à ce que leurs malades demeurent malades.Tout comme ils ont intérêt à voir le plus de malades possible.Ils accordent de moins en inoins d'attention à chaque malade.» D'où, selon lui, l'engouement actuel pour les médecines douces et les thérapies nouvelles.« En fait, écrit-il dans Dictionnaire des médicaments de A à Z, qu'il signe avec la pharmacienne Marie-Claude Roy, pour soulager un malaise ou pour soigner une maladie, nous avons été habitués, dans notre culture, à avoir recours à une batterie d'armes chimiques et chirurgicales.On commence à connaître d'autres approches thérapeutiques qui semblent aussi efficaces, chacune dans les limites de ses applications.On pense, par exemple, à l'acupuncture, à la médecine par les plantes, à l'homéopathie, à différentes formes de massage.qu'on aurait avantage à considérer comme des approches tout aussi valables que la chimiothérapie.En apprenant à les connaître, on pourra, petit à petit, leur accorder la même crédibilité qu'aux pilules.On pourra alors choisir des formes thérapeutiques dures avec- tous les risques d'effets secondaires que cela comporte ou bien des formes plus douces, avec ce que cela implique comme investissement personnel, comme temps, comme modifications à son style de vie, etc.» Des individualistes Selon Serge Mongeau, il ne fait pas de doute que, de nos jours, « de plus en plus de jeunes médecins réalisent que plusieurs des techniques apprises, pendant lours cours, ne correspondent pas aux problèmes qu'ils rencontrent dans leur cabinet de consultation».Alors pourquoi n'y a-t-il que quelques dizaines de médecins ( sur les 12 000 pratiquants ) qui affichent ouvertement leur intérêt pour les médecines douces ?« Les médecins sont généralement des gens individualistes, ils ne sont pas portés à se regrouper pour défendre de nouvelles idées, même s'ils viennent à y croire.Si bien que la Corporation a beau jeu pour les foster.Ne leur reste plus alors, pour plusieurs d'entre eux, qu'à prendre le rang ou à se droguer! » Et pour l'omnipuissante Corporation des médecins du Québec, les succès des médecines douces, Le Dr Serge Mongeau en particulier ceux de l'homéopathie, demeurent de belles histoires de chasse.« Il y a des gens qui sortaient de chez le Frère André et qui se disaient guéris », lance en boutade le président Augustin Roy.Et il ajoute : « Quand les gens sont vraiment malades, ils vont voir un vrai médecin et ils vont dans un vrai hôpital ».Cela dit, on est bien conscient que l'envahissement récent de toutes ces médecines douces et thérapies nouvelles n'a rien de commun avec la charlatanerie folklorique d'autrefois, qui prétendait tout guérir avec des emplâtres.Rien à voir non plus avec ces fameux guérisseurs, promettant la santé et le paradis sur terre par une simple communion de pensée à une heure donnée durant la semaine suivant la visite.Cette fois, les méthodes des nouveaux soignants sont moins grossières, pour reprendre l'expression du président.Roy.Non seulement ces méthodes ne font-elles pas insulte à l'intelligence mais, au contraire, elles font vibrer les cordes sensibles de tous ceux et celles qui sont inquiets des dangers de sur-médicalisation, préoccupés de l'importance d'une bonne alimentation et d'exercices physiques réguliers et attentifs aux discours des nouveaux « médecins » qui prêchent les innombrables possibilités d'auto-guéri-son.?Le Dr Gilles Grenier a exercé sa profession/ comme la majorité de ses collègues, pendant trois ans à Port-Cartier et à Saint- H Maire avant de décider d'élargir ses horizons sur les autres médecines, photo Robert Nadon, LA PRESSE ' 1 Médecines DOUCES PENDANT QUE LE DÉBAT S'ÉTERNISE À LA CORPORATION DES MÉDECINS < ¦LU OC t\u2014 z o «/) 3 La charlatanerie prolifère comme jamais au Québec - CM La plupart des pratiquants de médecines douces et de thérapies nouvelles opèrent dans la plus totale illégalité.Et ils sont passibles, sur poursuite sommaire, d'amendes variant de $200 à $2 000 à chaque fois qu'ils établissent un diagnostic ou qu'ils traitent quelqu'un pour quelque déficience de la santé que ce soit.< Ça veut dire, explique Me Paul Martel, qu'un masseur utilisant de l'Absorbine Junior sur un de ses clients peut être condamné pour exercice illégal de la médecine.Ne riez pas, c'est déjà arrivé.Dès lors que l'on peut démontrer qu'un non-médecin fait quelque chose dans le but de guérir ou de soulager un malade ou une douleur, la loi considère que c'est un traitement médical.Donc un acte illégal.Par exemple, le fameux guérisseur Desfossé, qui disait tout simplement à ses clients de penser à lui à telle heure et à tel jour, a déjà été condamné pour exercice illégal de la médecine, le juge ayant estimé qu'il avait fait un traitement médical par une méthode morale.« Il n'y a pas de défense possible contre cette loi, soutient Me Martel.Peu importe que les gens poursuivis aient guéri ou non des malades, le crime n'est pas là.On peut par conséquent se demander où se trouve la défense de l'intérêt public quand on poursuit celui qui guérit pour vrai.En fait, en intentant des poursuites pour exercice illégal de la médecine, les médecins donnent bien plus l'impression de se protéger eux-mêmes que de prendre à coeur les intérêts de la santé du public.Les amendes versées vont, du reste, dans les coffres de la Corporation des médecins.Il faut vraiment repenser ce système-là, surtout depuis que nous sommes à même de constater les nombreux bienfaits apportés par les médecines parallèles.» Amender la loi_ Modifier le système signifie un amendement à la loi médicale, comme cela a déjà été fait pour les chriropraticiens et pour les acupuncteurs.Quelques mots en moins, quelques autres en plus et un ou deux déplacements de Jean-Claude Magny et Kurt Barnes, naturopathes formés à l'Institut d'hygiène naturelle en France, photo Jean Goupil, LA PRESSE virgules, et le tour serait joué.L'entreprise est toutefois plus laborieuse, et peut prendre plusieurs années.En fait, l'histoire continue de se répéter et ressemble étrangement à celle des chiros.Ces derniers furent jadis considérés comme des charlatans.Pendant trente ans au Québec, ils furent poursuivis avec acharnement par la « police » du Collège des médecins, ils firent de nombreux pèlerinages à Québec dans l'espoir de faire passer un bill privé par le gouvernement Duplessis, ils eurent droit à une grande commission royale d'enquête sous Lesage.«Et nous avons ensuite fini par obtenir un statut légal sous Bourassa, se souvient Jean-Paul Bergeron qui a participé activement à toutes ces luttes depuis 1950.Le PQ nous promettait même, dans son programme de 1D76, de nous intégrer dans les programmes d'assurance-mala-die.» Mais cela s'est perdu dans la nuit des temps, et les 300 000 clients des quelque 550 chiros pratiquants au.Québec doivent aujourd'hui payer de leur poche pour ces frais médicaux (entre $10 et $50 pour un examen clinique, entre $10 et $100 pour l'examen radiologique et environ $20 par séance de traitement).Les bons et les mauvais La bataille des acupuncteurs, elle, n'en finit plus de finir.Bien que leur pratique soit maintenant légalement reconnue, ils attendent toujours après une réglementation, de sorte qu'il n'est toujours pas aisé de départager les bons et les mauvais acupuncteurs.« C'est à cause de la Corporation des médecins si ce dossier traîne, s'impatiente Oscar Wexu, l'un des plus anciens pratiquants d'acupuncture au monde, ayant été formé en France au lendemain de la Deuxième Grande Guerre.Les médecins veulent nous englober, nous, les soi-disant « mauvais charlatans d'hier», dans leur sacro-sainte corporation par le biais de cette réglementation.«En,somme,, ils, veulent, nous embrasser pour mieux nous étouffer.Nous nojus objectons, il va sans dire, à nous faire imposer une telle réglementation.En attendant, nombre d'escrocs en acupuncture ont le champ libre.Il doit bien y avoir 2 000 personnes qui se prétendent acupuncteurs au Québec en ce moment.N'importe qui peut le faire, il y a même un ancien pompier qui vient de se recycler dans l'acupuncture.Mais, en réalité, il n'y a que 150 acupuncteurs ayant passé avec succès les examens au terme de trois ans de formation.» Loi de la jungle_ Quant aux autres secteurs des médecines douces et des thérapies nouvelles, ils exercent sous la loi de la jungle.« Le monopole médical actuel empêche la réglementation des médecines douces, estime, pour sa part, le Dr Serge Mongeau, ce qui fait que n'importe qui peut s'afficher naturopathe, acupuncteur, herboriste ou autre chose.Il est vrai que^ ajoute-t-il malicieusement, même pour les professionnels de la santé placés sous la responsabilité de l'Office des professions, il faut bien avouer que nous ne sommes pas mieux protégés.Les contrôles de la pratique médicale sont faits par d'autres médecins, qui ont tendance à être « compréhensifs » pour leurs confrères et leurs consoeurs.Et même si le contrôle est bien fait, quand informe-t-on le public que tel médecin a été condamné pour tel type de faute ?» Au cabinet du ministre des Affaires sociales, un porte-parole nous a confié qu'on y subissait des pressions de plus en plus fortes réclamant des programmes de médecines douces.« Pour l'instant, dit-il, le gouvernement n'a pas de position.Nous attendons de voir celle de la Corporation des médecin*.» Or, même si le comité spécial formé au sein de la CPMQ n'a pas encore tranché la question.Il ne remettra son rapport que dans quelques semaines.Il ressort déjà clairement que les médecins orthodoxes n'entrouvriront la porte à ces nouvelles méthodes thérapeutiques que dans la mesure où elles pourront leur être assujetties.«Nous avons vraiment l'impression de nous cogner à un mur quand nous nous adressons aux divers paliers de gouvernement, déplorent Kurt Barnes et Jean-Claude Magny, naturopathes formés à l'Institut d'hygiène naturelle en France, en pratique privée depuis huit ans au Québec.Nous ne sommes que 48 praticiens membres en règle du Collège des naturopathes du Québec, mais nous sommes trop souvent confondus avec toutes sortes de gens sans compétence.Rien que dans la région métropolitaine de Montréal, nous avons répertorié pas moins de 2 500 personnes vivant de médecines douces.Nous aimerions bien qu'il règne un certain ordre, qu'il y ait une certaine échelle .des valeurs dans tout cet univers.Le problème, c'est qu'il est difficile de discuter de médecines douces dans les milieux gouvernementaux, et plus particulièrement dans les ministères responsables de la santé parce qu'ils sont truffés de médecins orthodoxes qui ne sont généralement pas très réceptifs à nos propos.» .p.v. L'homéopathie monte en flèche malgré la contestation des orthodoxes S'il y a mie bonne centaine do nouvelles thérapies, de la danse africaine au massage californien, en passant par toute la gamme de traitements par les plantes, de la fumisterie pure et simple à la plus haute compétence, les médecines douces, mises à part la chiropractie et l'acupuncture, demeurent relative-mont peu nombreuses.Celle qui monte en flèche on co moment, c'est sans nul doute l'homéopathie.Le Larousse médical définit très clairement le champ d'action do l'homéopathie : « Le médecin homéopathe, y lit-on, peut soigner avec succès les maladies aiguës, les maladies organiques ou lésionnellos, les maladies chroniques, les troubles fonctionnels, et cela souvent do manière très rapide ».Jean Drouln, médecin-homéopathe au CHUL à Québec a un carnet de rendez-vous rempli pour les deux prochaines années.Il traite, entre autres, avec des résultats remarquablement positifs, des gens souffrant de migraine, de mal de dos ot d'arthrose.Le Dr Jean Drouin « Prenons, par exemple, le cas d'une femme do 10 ans qui souffre de migraine, qui voit dos médecins depuis dix ans el qui a toujours mal.Voici comment je procède, raconte-t-il.D'abord, je lui fais un examen conventionnel et je lui fais passer des radiographies, comme ferait n'importe quel médecin, afin de m'assurer qu'elle n'a pas de problèmes majeurs.(Il faut faire moins d'erreurs que les autres.) Ensuite, je lui fais une interview on règle do près do doux heures, avec un questionnaire comportant 180 questions, pour connaître ses habitudes de vie.pour découvrir son passé, voir si elle n'a pas subi do chocs physiques dans le passé, etc.« Et, dans un troisième temps, je procède à une évaluation corporelle globale.Par manipulation do la boite crânienne et du sacrum.Ainsi, je découvrirai, si.par exemple, cette personne a déboulé un escalier, enfant, qu'elle aura peut-être un léger déplacement do l'occiput atlas.Si c'est le cas, cela peut se replacer par manipulation de son occiput et de ses muscles.Et, en quatre ou cinq séances de traitement, il y a de fortes chances pour que son état s'améliore considérablement, que ses migraines diminuent ot disparaissent.» Rhume des foins_ Pour un cas de rhume des foins, l'affaire est encore plus simple.« Un des premiers principes de l'homéopathie, c'est de guérir le mal par le mal.Quels sont les symptômes du rhume des foins ?On pleure des yeux, on coule du nez.Qu'est-ce qui produit les mêmes effets ?L'oignon.Alors, on dilue une dizaine de gouttes d'oignon dans une demi-once d'eau, on agile fortement pour dynamiser le produit et on fait avaler le médicament à la personne.En quelques heures, le rhume des foins sera disparu dans la plupart dos cas.Et, à mon avis, ça vaut largement mieux que de prescrire des anti-histaminiques, qui ont notamment pour effets secondaires d'endormir.» Développée au 18e siècle par le médecin allemand Samuel Hahnemann, la thérapie homéopathique connaît en ce moment une vogue sans précédent en Europe.Elle y est également vertement contestée par les médecins orthodoxes, qui soutiennent que « l'homéopathie n'est pas un acte de raison mais un acte de foi ».Pas facile à démontrer_ En fait, on lui reproche ses minces fondements scientifiques.Pas facile à démontrer, ré- torquent les homéopathes, « parce qu'il faudrait nous soumettre à une expérimentation en double insu se fondant sur la nosogra-phio.c'est-à-dire sur la description et la différenciation des diverses maladies.On essaierait donc alors un mémo médicament sur des patients souffrant de la même affection.Or, l'homéopathie rejette toute nosogra-phie, en vertu du principe qu'il n'y a pas do maladie et qu'il n'y a que des malades.Comment alors constituer un échantillon valable?\u2022 Une équipe de recherche du CHUL, dont fera partie Jean Drouin, effectuera bientôt une expérience sur quatre groupes de 30 personnes ayant des problèmes de verrues.À tous, on va donner, en traitement en double insu, donc inconnu à la fois du patient et du médecin, un médicament homéopathique (à base de thuya ), un placebo, de l'azote liquide et un keratolytique.« Je suis convaincu que, d'ici à un an, nous aurons une preuve scientifique pour illustrer ce que j'ai pu vérifier 50 fois, soit que le médicament homéopathique est d'une efficacité remarquable », soutient Jean Drouin.P.V.Un Suisse au-dessus de la médecine « Je suis persuadé que le meilleur moyen de se fabriquer un cancer est d'en avoir très peur! » Jean-Jacques Besuchet, 35 ans, originaire de Mathod dans le Jura vaudois, est également convaincu qu'il est possible de se guérir soi-même du cancer.Il affirme, documents médicaux à l'appui, y être parvenu.Atteint, en 1975, d'un cancer des testicules, il subit d'abord deux interventions chirurgicales.« 11 faut vous enlever ce caillou», lui disent les médecins.Deux ans plus tard, on lui découvre des métastases pulmonaires et on lui propose l'ablation de lobes d'un poumon.C'est alors qu'il décide de refuser toute nouvelle chimiothérapie et qu'il entreprend de se guérir lui-même.« Vous êtes complètement fou, je mets ma tète à couper que vous ne vous en sortirez pas », lui lance alors son médecin traitant.Quelques mois et de douloureux efforts plus tard, Besuchet se sentait en parfaite forme phy- sique.Des radiographies d'hôpital confirmaient sa guérison.« Avant qu'ils ne finissent de me découper ainsi en morceaux, ra-conte-t-il, j'ai décidé de réagir, décidé de chercher une solution moins mutilante, de reconstruire seul ma santé.Plutôt mourir que de vivre en infirme, que je nu; répétais.» Et cette reconstruction de sa santé, elle s'inspire en grande partie de l'ABC des nouvelles médecines.Mais, surtout, elle passe par une modification complète des habitudes alimentaires.L'idée lui est venue, par hasard, en découvrant l'histoire d'un certain Burger, lequel, à la suite d'un cancer du larynx, avait lui-même opéré une importante révolution alimentaire et.: stoppé le processus cancéreux.L'idée fondamentale de cette sorte d'écologie alimentaire, « l'instinctothérapie », est on ne peut plus simple à retenir : on mange selon son instinct, «car lui seul, explique Besuchet, connaît les besoins intimes de l'or- ganisme, répare les carences, élimine les toxines et prévient les maladies en nous dirigeant vers l'aliment idéal ».« Mais cet instinct ne fonctionne que quand on lui présente des aliments à l'état brut, poursuit Besuchet.C'est donc dire que ces aliments ne doivent subir aucune transformation, ne jamais être cuits, épicés, broyés.Parce qu'alors ce serait les déguiser, ce qui tromperait l'instinct.» Ce régime alimentaire interdit, il va sans dire, le café, l'alcool, les huiles, le lait.Il ne se compose, en fait, que des aliments à l'état brut, comme ils poussent dans la nature.Que do la viande crue.Que du poisson cru.Plus jamais d'aliments cuisinés, ainsi qu'on a appris à le faire, il y a quelques siècles, en découvrant l'utilisation du fou.Une fois que les aliments sont apprêtés, selon lui, les lois de l'arrêt instinctif ne peuvent plus s'exercer.Avant de manger, on hume l'aliment, car l'instinct se prononce par l'intermédiaire de l'odorat, puis du goût.Ça nous semble bon ?Cela signifie que le corps en a besoin.Ça devient insipide?C'est le signal d'arrêt, qui permet d'éviter toute surcharge digestive.« En somme, ajoute Besuchet.il suffit de réapprendre à suivre son instinct, ce fameux instinct qui guide tout animal malade vers ce qu'il doit manger pour se guérir.Aujourd'hui, je mange cru et personne ne m'enlèvera cela de la tête.Manger cru facilite les facultés immunologi-ques.» Tout en se disant en paix avec le corps médical suisse, Jean-Jacques Besuchet n'en prend pas moins un malin plaisir à rap-peller comment son cas est difficile à classer par les médecins.« Six mois après ma guérison, on a classé dans les guérisons spontanées.Et, cinq ans plus tard, on s'est demandé s'il n'y avait pas eu au départ une erreur de diagnostic.Vraiment, ce n'est pas très sérieux ! » Jean-Jacques Besuchet Ci DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc Silicon Valley hier et aujourd'hui Silicon Valley est devenue une sorte de symbole desincarné, synonyme de haute technologie et de succès instantané.On a tendance à oublier que c'est d'abord un lieu bien caractérisé, une population assez spéciale, un climat tout à fait particulier.J'y suis retourné tout dernièrement, après pas loin de trois ans d'absence, pour effectuer une série d'entrevues pour la série télévisée «le Défi mondial» (que vous verrez sans doute à Radio-Canada cet automne).Et en même temps que j'ai redécouvert les réalités physiques de la Vallée, j'ai pu en mesurer l'évolution et en quelque sorte le vieillissement.À ma première visite, en 1977, c'étaient presque les débuts.Les inventeurs de la micro-informatique, en jeans et T-shirts, se rassemblaient au Homebrew Computer Club dans un auditorium de l'Université Stanford et échangeaient des idées et des données techniques entre concurrents (dont plusieurs devaient devenir par la suite des ennemis jurés).Les «gros noms» d'alors étaient MITS (fabricants de l'Al-tair) IMSAI, Proc Tech.Le KIM-1, avec 1 Ko de mémoire et un clavier hexadécimal, était le nec plus ultra de l'ordinateur domestique.Apple publiait ses premières annonces, mais n'avait pas commencé à livrer son Apple II, Commodore fabriquait uniquement des calculatrices et Atari des jeux vidéo.Mais il y avait une électricité dans l'air, un sentiment que c'était là que tout se passait, que le monde allait changer et que ce changement allait partir de cette bande de terre d'une trentaine de milles de long en Californie co du Nord, le long du «El Camino Real», équivalent californien du «Chemin du Roy» reliant entre elles les anciennes missions espagnoles Des patenteux romantiques Un peu partout, les entreprises nouvelles poussaient comme des champignons dans un climat presque paradisiaque, entre d'un côté la baie toujours bleue de San Francisco et de l'autre les collines qui bordent la faille de San Andreas, au milieu des grands cèdres, des pins et des occasionnels palmiers.Mais l'essentiel, ce n'était pas tant l'industrie et son financement que l'esprit, que la mentalité.La plupart des initiateurs de l'informatique individuelle n'étaient pas là par ambition, mais par passion technique et par idéalisme.Une des idées dominantes était qu'il fallait arracher le pouvoir de l'ordinateur des mains des grandes entreprises et des professionnels de l'informatique, et le «donner au peuple».Les ingénieurs se transformaient en «patenteux» romantiques.Des projets comme ¦Community Memory», «People Computer Company» et «Computer Town USA» (que j'ai découvert lors de mon voyage suivant en 1980) vivaient et florissaient essentiellement à partir du bénévolat et de l'enthousiasme de gens qui par ailleurs gagnaient leur vie dans les universités (Stanford, Berkeley) ou les grandes-boites comme Xerox, Hewlett-Packard, Intel, NSC.De fait, on peut sérieusement se demander si, dans un climat industriel et commercial terre-à-terre, rationnel, «normal» l'informatique individuelle aurait pu ainsi décoller et prendre son essor.Sans doute aucune entre- prise «sérieuse» n'aurait fourni les efforts et pris les risques consentis par ignorance et par passion par une bande d'«entre-preneurs» issus plus souvent des communes et des manifestations hippies de Berkeley que des facultés de Commerce.Si l'histoire de cette aventure vous intéresse, je ne puis d'ailleurs que vous recommander la lecture d'un livre paru récemment (en anglais hélas): «Fire in the Valley» de Paul Freiber-ger et Michael Swainc.C'est tout aussi brouillon, et parfois aussi difficile à suivre, que la période qu'on y raconte, mais cela restitue remarquablement bien la saveur et le climat des débuts de Silicon Valley.Swainc et Freiberger ont visiblement rencontré la plupart des participants aux événements, ils nous les livrent avec leurs défauts, leurs contradictions, leurs manies.Et.symboliquement, leur histoire s'arrête pratiquement au point de l'entrée d'IBM dans le tableau.Industrie et conformisme Curieuse coïncidence, c'était aussi jusqu'à récemment la limite de mes souvenirs de la Vallée: mon dernier passage, bref, remontait à 1982, au moment où l'IBM-PC n'était sorti que depuis quelques mois à peine, et où on ignorait encore quel impact il allait avoir sur le marché et l'industrie.Ma visite de ces dernières semaines m'a permis de rafraîchir ces souvenirs, et de les comparer à la réalité d'aujourd'hui.Physiquement, Silicon Valley est à peu près la même.Il y a bien de nouvelles entreprises, de nouvelles enseignes, mais elles sont regroupées presque entièrement dans des parcs industriels qui ont seulement pris un peu plus d'extension.Ce sont les gens et les coutumes qui ont changé.Là où il y avait des techniciens et des programmeurs en sandales, il y a des hommes d'affaires et des «relationnistes» en complet et chemise blanche.Là où il y avait le sens de l'aventure et une confiance illimitée en l'avenir, on retrouve l'ambition, la concurrence effrénée et une assez évidente inquiétude: depuis un an et demi, une série de faillites, d'échecs et de demi-échecs ont ébranlé les entreprises de la Vallée.Et surtout, les hommes d'affaires et les investisseurs eux-mêmes l'avouent, l'invention et l'imagination ont en grande partie fait place à la copie, à l'imitation, à la prudence: beaucoup à cause du succès de l'IBM-PC, tout le monde et son père fait des «clones» d'ordinateurs, de périphériques, de programmes populaires, qui encombrent le marché au lieu de le relancer.L'informatique individuelle romantique et fantaisiste de la fin des années 1970, celle qui donnait à la Vallée une saveur si spéciale, ne pouvait sans doute se maintenir dans sa voie peu réaliste.?Bonjour Yves, J'aimerais prendre quelques lignes de ta chronique pour parler du Commodore +4 dont {'ai fats l'acquisition.C'est l'ordinateur familial tant attendu et pour un prix très raisonnable.Voici pourquoi: - 64 Ko de mémoire vive dont 60 Ko pour le BASIC; \u2022 32 Ko de mémoire morte; - affichage de 40 colonnes par 25 lignes; - 128 couleurs; - 2 générateurs de sons et tonalité pouvant travailler de pair eu indépendants; - 4 logiciels intégrés dont: traitement de texte (99 lignes de 77 caractères), graphiques de haute résolution et offrant l'option d'y mettre du texte, et feuille électronique de calcul (calculs financiers et statistiques).Ces logiciels sont «mé-langeables».Yves, pourrais-tu nous écrire quelques adresses où l'on peut se procurer des logiciels, du matériel ou tout simplement cette petite merveille?Mario Delisle, Ile Perrot RÉPONSE: Tu me places dans de beaux draps! D'une part, j'ai \u2022fait l'essai du Commodore +4 et il a effectivement de grandes qualités; sur plusieurs points, il constitue une amélioration importante sur le Commodore 64.Par contre, il est clair que ce modèle n'a jamais «décollé» et Commodore eux-mêmes semblent s'en être découragés.À leur dernière conférence de presse il y a deux mois, ils n'en ont pas soufflé un mot et se sont dépêchés d'annoncer de nouveaux modèles.Il ne fait pas de doute que l'idée du +4 est intéressante: fournir un ordinateur domestique à prix raisonnable contenant une version simplifiée des programmes les plus demandés dans les ordinateurs de bureau, soit traitement de texte, base de données, chiffrier et graphisme.À cela, il faut ajouter un BASIC nettement amélioré sur celui du C.64, et une mémoire plus importante, ainsi qu'un meilleur clavier et un jeu complet de touches de curseur.Enfin, l'idée de donner à l'utilisateur le contrôle non seulement des teintes, mais de l'intensité des couleurs, est valable (en fait, les «128 couleurs» sont 16 couleurs pouvant prendre chacune 8 intensités).En contrepartie, pour arriver à cela, Commodore a sacrifié certains des éléments qui ont LE COURRIER On adresse le courrier à Yves Leclerc La Presse - PLUS 44 ouest, rue Saint-Antoine Montréal, Oué.H2Y 1A2 fait le succès du C.64, notamment les lutins (sprites), et surtout la compatibilité des programmes et de certains accessoires entre les deux machines.De plus, ils ont tardé beaucoup trop longtemps à le mettre sur le marché (j'en avais vu un prototype plus d'un an et demi avant son lancement).Peut-être plus grave encore, les quatre programmes intégrés en mémoire morte (ROM) sont réalisés de telle façon qu'ils tombent dans une sorte de «no man's land» entre les besoins de l'utilisateur domestique et ceux du professionnel.Le traitement de texte, la base de données, le chiffrier sont un peu trop complexes et trop techniques (en cette époque de Macintosh et bientôt d'Amiga et d'Atari ST130) pour l'usager occasionnel ou l'enfant qui voudrait faire ses devoirs dessus; ils sont nettement insuffisants en capacité pour satisfaire par exemple quelqu'un qui voudrait faire une partie de son travail professionnel à la maison le soir.Le résultat de tout cela, c'est qu'à sa sortie, le +4 n'a impressionné personne, et qu'on n'en a jamais beaucoup entendu parler; en conséquence, les marchands n'étaient guère intéressés à le vendre, et les créateurs de logiciel n'ont écrit que peu de programmes pour lui.Si bien qu'aujourd'hui, d'une part il est presque introuvable (la seule façon que je connaisse de savoir où en trouver, c'est d'appeler chez Commodore à Montréal, au 287-9513), et d'autre part ses propriétaires sont forcés de se rabattre sur les quelques accessoires et programmes conçus pour le C.64 qu'il peut utiliser.Cela n'en fait pas un mauvais ordinateur, mais cela signifie qu'il est à toutes fins utiles un orphelin, et que l'on ne peut vraiment s'en sortir que si on se contente de ses quatre programmes inclus en ROM, ou si on a l'intention d'écrire soi-même ses programmes d'application.A mon avis, comme d'autres excellentes machines qui n'ont jamais eu le succès mérité (Atari 800, Spectra vidéo, Sorcerer), le Commodore +4 est une victime des circonstances.et des erreurs de stratégie de son constructeur.Et ceux qui l'ont acheté en faisant confiance à la réputation de celui-ci et au succès de ses modèles précédents se trouvent avec un appareil peu connu et peu populaire, ce qui est une situation sans doute pas catastrophique, mais certainement peu confortable.oc > < K CN < _T < -LU OU t-Z o => EPSON IMPRIMANTES 271-2316 8184, St-Hubert (Nord de Jarry) FX-80 IMPRIMANTE DES _AFFAIRES 160 C/S RX-100 IMPRIMANTE PLEINE LARGEUR Ouverture:la flute, enchantée ^ CONCERTO POUR Pi SToMS, KLAXONS, MUFFLERS, cof^ -ïRQAAPBTTe.erc .'EMPIRE DES SENS Serge Grenier video Drôles, les filles Inconditionnels de la petite Dodo à minijupe et cheveux courts, nouvelles générations qui étiez au berceau lorsque les comédies de Gilles Richer rivaient vos parents au petit écran, nostalgiques de la grande Denise, courez à votre vidéo-club y louer les cassettes des premières émissions de «Moi et l'autre».Roger Joubert y portait perruque, feu Réal Béland y jouait le rôle de sa vie et plein d'acteurs, certains toujours célèbres, d'autres aujourd'hui effacés, donnaient la réplique à ces deux filles qui pétaient le feu pour le plus grand bonheur de tous.(promenade La Cité des ondes Un jour, Jean Drapeau dit à ses disciples: Saint-Jacques est un quartier vétusté, indigne de ces grandes artères \u2014 Sainte-Catherine, Dorchester, Maison-neuve \u2014 qui le traversent de part en part.Il conçut alors un projet grandiose: le regroupement, en un même lieu, de tous les diffuseurs radio et télé de Montréal.Saint-Jacques serait transformé en Cité des ondes.Télé-Métropole jubila; elle occupait déjà les lieux.Pressée d'en finir avec l'éparpillement de ses servfces dans l'ouest de la ville, la Société Radio-Canada annonça qu'elle déménagerait dans l'est.L'administration municipale expropria un immense quadrilatère et le rasa.La rhubarbe du diable et autres herbes suspectes eurent quelques années à s'en donner à coeur joie.La Maison de Radio-Canada fut finalement construite boulevard Dorchester et occupa, avec ses deux immenses parkings, ce qui avait été l'habitat grouillant de centaines de familles.Le grand dessein de Jean Drapeau ne s'est pas réalisé comme tel mais, sur moins d'un kilomètre carré, sont regroupées les trois soeurs ennemies de la télévision québécoise.A deux coins de rue de Radio-Canada, Télé-Métropolë occupe boulevard de Maisonneuve un édifice aux dimensions moins grandiloquentes.Les rayons du soleil couchant donnent à ses murs de verre une couleur or-aussi éclatante que ses substantiels profits.Plus à l'est, presque cachées rue Fullum, les modestes Installations de Radio-Québec.La radio privée n'a pas emboîté le pas, sauf Radio Mutuel qui habite l'angle nord-ouest de Dorchester et Papineau.M.Drapeau aurait aussi vu Saint-Jacques devenir le home des artistes, des artisans, des maisons privées de production et de la pléthore de boutiques et de restaurants qu'auraient fréquentés ces gens de qualité.A quelques exceptions près, il n'en a pas été ainsi.Une autre faune a envahi le quartier, celle des gais qui, bar après taverne, restaurant après «leather shop», est en train de donner au coin une allure que ne dédaigneraient pas les habitués de Folsom Street de San Francisco ou ceux du Greenwich Village de New York.excursion) La Grande virée Disponible chez tous les agents de voyage, toundra et colossaux barrages.Visite de LG 2, LG 3, la centrale souterraine, hébergement au Hilton du nord, l'auberge Radisson.Deux jours de démesure et de nature hirsute.Disponible de la fin mai à la fin août.Dépaysement garanti.HAITI Communiqué des ravisseurs Nous, Haïtiens associés pour un Haïti autonome (HAHA), tenons à rassurer la population canadienne sur le sort de notre distingué otage.Monsieur E.D.est vivant, en parfaite santé et déjà très bronzé.Son appétit est excellent; il adore les poulets aux bananes de notre chef, même s'il aime moins les égorger.Nous l'avons informé du refus de votre gouvernement de nous verser une rançon.Il nous a alors conseillé d'exiger, plutôt que de l'argent comptant, une participation aux profits d'entreprises de votre beau grand pays comme VIA Rail, Canadair, la Société canadienne des postes et Mirabel, nous faisant valoir que huit millions de gourdes seraient vite dépensées, alors qu'un revenu stable, qui durera sans aucun doute des années et des années, nous assurerait d'une vie confortable et d'une vieillesse heureuse.Notre distingué visiteur a parlé le langage de la sagesse.Nous serons heureux de lui rendre sa liberté aussitôt que nous aurons reçu les documents afférents.Nous n'en demandions pas tant.Vraiment, nous sommes comblés.c y O z \u2014t TO m-> en > 5 ro > < 70 -O 00 Ui In POUR LIRE Jean Basile PARI FR D'ICI lippe Barbaud Tâche quasi désespérée La planète «syntaxe» 00 Nous, Clvtemnestre par Séverine Auffret Édition des Femmes Vit-on seul?Bien sûr.Toujours.Et pourtant non! Si l'on excepte les incidents humains que nous nommons compagnons ou conjoints, l'histoire nous a transmis des noms qui nous habitent, parfois nous hantent.Pour les uns, modestes, ce sera celui d'un héros ou d'une héroïne enfantins, issus d'une bande dessinée ou d'un roman de Bob Moranc.Pour les autres, ce seront les noms de l'histoire, des rois, des reines, des généraux et même le soldat inconnu.Pour d'autres (au fond pour tous même si tous ne le savent pas), les noms viennent du plus profond des temps, les noms de la légende et de la mythologie.Et toute question, dès lors, commence par cette phrase: «Comment s'appelle ton père?» Je répète: «Ton père», justement.Si le «nom du père» règne en psychanalyse lacanienne, si le «nom du père», enfin règne partout, il était fatal que les femmes, dans leur démarche de connaissance personnelle, se posent la question inverse: «Comment s'appelle ta mère?» Car, si les pères existent et même en surabondance (parfois gênante), les mères ont été occultées où, si elles ne l'ont pas été, ce sont des «mères de garçons» et l'on pense immédiatement à la mère aimée que Barthe ne pouvait pas quitter, ou celle, aussi aimée, de Pasolini et celle, presque mythique, de Proust qui «s'est couché longtemps de bonne heure» (avec qui?).On ne s'étonnera pas que les «mères» sortent de leur cachette et se posent désormais comme personnages obligatoires, significatives, et que ce soient les filles qui en parlent comme, autrefois, Colette parla de Sidb, mais Sido aimait trop les fleurs et les confitures pour faire le poids.Séverine Auffret a choisi Cly-temnestre.Personnage de premier plan, femme d'Agamem-non, le Roi des rois, assez imbécille d'ailleurs et largement cocu, mère d'Oreste qui, d'ailleurs, l'assassine avec l'aide ardente de sa soeur Electre.Enfin une drôle de femme si l'on ajoute encore quelle poignarde elle-même Agamemnon alors qu'il prend un bain, avec le concours de son amant Egyste.De la mythologie grecque?Naturellement.Mais enfin, cette mythologie-là nous guette et nous n'y échappons pas, en partie parce qu'elle est le modèle de la société patriarcale que nous connaissons et si patriarcale même que Zeus, le Roi des dieux, se passe d'épouse pour donner naissance directement à Athéna.Plus de matrice.Et hop! Inutile de le cacher, l'ouvrage de Séverine Auffret est ardu et même difficile à lire avec sa forme éclatée qui va de l'essai, à la méditation, à la poésie, sans oublier, ici et là, une remise en situation dans le présent, dans le moderne.Ce qu'elle fait?Elle prend ce personnage, assez ingrat, de Clytemnestre et le remet en mémoire, et comme femme (mais un peu lourde, un peu grasse et très maquillée; pas une jeune fille hystérique dans le genre d'Electre) et comme mère, une mère qui n'est pas parfaite, qui n'est pas seulement matrice et nourricière: la femme.Car Clytemnestre, issue d'une société de «pères» et de «fils», aliénée en fait par une conception sociale, est aussi une femme politique, une femme de décision qui influt volontiers sur l'histoire, non seulement par les supplications et les pleurs comme cela se doit, mais avec un couteau quand il le faut.Femme forte, donc, comme on dit.En cela, d'ailleurs, elle est si différente des autres femmes de l'histoire, que ceux qui utilisent l'histoire, poètes, philosophes, dramaturges, etc.ne s'en sont pas servi et l'on ne connaît pas (ou très peu) de textes qui ont été inspirés par Clytemnestre directement car, indirectement, elle apparaît bien sûr de tous côtés, indescriptible et, pourtant, essentielle car, sans elle, le drame de la vie ne se joue pas.En fait, et cela justifie le propos de Séverine Auffret, c'est que Clytemnestre, avec son destin affreux, n'est que tragique alors qu'il faut, pour passer à l'histoire des hommes, être héroïque.L'auteure, d'ailleurs, ne parle pas seulement de Clytemnestre, «la femme au nom bouclé».Elle reprend, dans un exercice parfois assez étrange, quelques bribes de la civilisation grecque où les femmes mariées n'avaient pas le droit d'assister aux Jeux olympiques alors que les escla- \u2022 - - > i ¦¦ i ¦' ¦ - I'l'ifi/in'i ves, eux, le pouvaient, pas plus qu'elles ne pouvaient se rendre à une comédie (et sans doute au théâtre en général) parce que les plaisanteries y étaient trop lestes.Redire l'histoire de la Grèce antique sous l'angle de la femme est une tâche ardue, quasi désespérée même si quelques femmes l'ont tenté, avec plus ou moins de succès, dont C.Olivier et ses Enfants de Jocas-te, et si de nombreux hommes l'ont fait car les tragédiennes grecques, d'Antigone à Electre, sont légion.C'est là, je pense, la pierre d'achoppement de Séverine Auffret.Bien que nourrie de bons auteurs, ses réflexions sur la civilisation grecque sont souvent insipides, trop fragmentaires.Elle le dit un peu elle-même quand elle prétend s'inspirer pour ce faire de ce que l'on appelait autrefois les «Humanités», disparues de nos cégeps et remplacées par les cours d'éducation sexuelle.C'est dire que l'on n'apprendra rien de bien nouveau sur Dyonisos, dieu de la tragédie selon les bons auteurs, ni sur Appolon, le dieu venu du nord.En réaltié, Séverine Auffret, comme il arrive souvent, semble croire qu'il existe une civilisation grecque et une seule.En réalité, il en existe plusieurs dont l'une est reliée, avec les grands cultes d'Eleusis, à l'agriculture, l'autre, plus tardive, à la métallurgie.Ce faisant, elle fixe ce contresens, d'ailleurs inventé par les hommes, que le nom du père est un fait grec, un point c'est tout.Or il n'en est rien.11 est vrai que les grands tragiques grecs ont aidé à nous inventer cette Clytemnestre «patriarcale» mais elle existe aussi, dans une autre analyse, celle de Graves par exemple et, avec lui, tous ceux qui ont tenté de.redéfinir les religions dites de «la grande mère» et que l'on voit apparaître, par exemple, dans les fameux Hymnes homériques à Déméter, cités trop brièvement par Séverine Auffret.Mais peu importe car ce sujet est sans fond et n'intéresse que les spécialistes.Il est bon que Séverine Auffret se soit appropriée Clytemnestre comme modèle de femme non sage, de femme non alignée sur le modèle qu'on veut lui imposer.La femme de quarante ou cinquante ans, dure et raide, à qui il ne faut pas la faire.Ou alors, monsieur, prenez garde à la baignoire.?Vous qui me lisez plus ou moins régulièrement, avec plus ou moins de constance, je ne vous connais pas.Ce qui est loin de vouloir dire que je vous ignore.Mais: vos yeux de lecteur ou de lectrice anonyme -peuvent bien dêchroniqiior ces lignes hebdomadaires: l'écho de votre visage sans nom reste muet sur l'écran de mon radar langagier.De vous, je n'ai qu'un portrait-robot confectionné à coup de chiffres, de pourcentages et de quotients; toute velléité d'un sourire en a disparu.Ainsi, il est probable que.vous faites partie de cette majorité de lecteurs de La Presse (51.5%) qui.ont plus de 12 années de scolarité et qui contribuent au 37,3% des personnes qui lisent ce quotidien de façon régulière ou irrégulière.11 y a 9 chances sur 10 que vous soyiez francophone.Vos raisons de me lire correspondent au premier choix de toutes celles qu'on pourrait invoquer puisque vous lisez La Presse en raison principalement de l'abondance de son information à l'instar des 85,9% des lecteurs 1 de ce journal.Il est même probable que ma chronique corresponde à l'une des sections spécialisées qui vous intéressent particulièrement puisque 80,3% des lecteurs de La Presse invoquent aussi cette raison pour lire leur quotidien préféré.Peut-être en aimez-vous moins la présentation, ce qui expliquerait pourquoi seulement 81% des lecteurs de La Presse invoquent une telle raison pour la lire.Je sais aussi bien d'autres choses sur votre compte.Il y a plus d'une chance sur trois pour que la qualité de la langue soit l'une de vos préoccupations puisque 35,7% des lecteurs francophones de La Presse détectent régulièrement des termes et des tournures de phrases empruntés à l'anglais.Ce pourcentage augmente a 40,9% en ce qui a trait aux fautes d'orthographe et à 38,1% en ce qui a trait aux phrases mal construites.Ce comportement général est, à un pour cent pràfc tout à fait comparable à celui des lecteurs du Devoir.Lecteur de La Presse, lectrice de Plus, dévoreurs ou au contraire allergiques aux chroniques de langage, telle est l'arithmétique,que j'ai en tête lorsque j'ai la plume à la main.Chaque semaine, je lance en orbitre dans l'univers de.votre parole un satellite parfois grammatical, parfois lexical, en espérant le déploiement de ses antennes dans la bonne direction.H s'agit d'abord d'être capté avant de vérifier si on est reçu cinq sur cinq.Tout cela m'amène aujourd'hui à vouloir explorer la face cachée d'une planète nommée Syntaxe car elle circule, sem-bie-t-il, au fin fond d'une nébuleuse insaisissable.La raison en est que le lecteur de La Presse témoigne d'une plus grande sensibilité à cet aspect de la qualité de la langue que la moyenne des autres consommateurs de quotidiens.Cest du moins ce qu'il faut comprendre des chiffres, qui me servent de références.Au fait, ceux-ci proviennent d'un dossier' du Conseil de la langue française intitulé Le français et les médias.Les habitudes des Québécois.On y découvre ainsi que cette sensibilité à la qualité de la syntaxe se mesure par les scores qu'obtiennent les lecteurs francophones lorsqu'ils détectent une «phrase mal construite».Comme cette moyenne est de 31% pour l'ensemble des lecteurs francophones, la différence de 7,1% favorable aux lecteurs du «plus grand quotidien d'Amérique du Nord » (sic) est un bon indice de leur intérêt pour la planète que je voudrais explorer.On peut même préciser que la préoccupation à l'égard des phrases mal construites croît avec la scolarité du lecteur francophone.En effet, parmi ceux qui ont 7 ans de scolarité et moins, à peine 16% disent détecter régulièrement ce genre de faute; mais parmi ceux qui ont entre 8 et 12 ans de scolarité, ils sont 29,7% à releverle même phénomène; à 13-14 ans, ils sont 39,3% et à 15 ans et plus de scolarité, ils sont 38,3%.J'en déduis que la planète Syntaxe , exerce un attrait certain sur mon interlocuteur sabbatique.De quoi est donc fait le monde des «phrases mal construites »?Je n'en ai pas trouvé le moindre exemple dans ce dossier.C'est dommage car ils auraient pu fournir une piste quelconque par où commencer l'exploration de cette planète.Alors,: je vous pose carrément la question: qu'est-ce qu'une phrase mal construite?Vous voilà bien embarrassé, n'est-ce pas?À suivre.; D À cause de problèmes techniques, il s'est glissé quelques erreurs dans cette chronique, la semaine dernière.Nous nous excusons auprès de nos lecteurs. ïï3L UTER Jean-François Doré Ces disques français que l'on ne met pas sur le marché québécois Vous connaissez sans doute Gérard Lambert.Non, non, pas le Gérard Lambert des chansons de Renaud, le vrai Gérard Lambert, celui que l'on peut rencontrer dans la vraie vie et qui par ailleurs signe la chronique «les choix» qui se trouve au bas de cette page.Allez-y! Regardez! C'est bien lui.Vous allez voir.Alors Gérard Lambert, qui est un copain de longue date, et moi.que je connais depuis toujours, avons souvent des discussions qui remontent à presque aussi longtemps que je connais Gérard à propos d'un sujet qui lui tient particulièrement à coeur: les disques d'artistes français que l'on met, ou plutôt que l'on ne met pas, sur le marché québécois.Gérard constate, à juste titre d'ailleurs, qu'il y a finalement très peu de disques d'artistes français qui sont accessibles dans les magasins de disques en copie domestique et que même pire, on les trouve presque tout aussi rarement en importation.Alors là Gérard s'enflamme, s'emporte, crie à qui veut l'entendre que ce n'est pas normal.qu'il se fait et s'enregistre d'excellentes choses en France et qu'il est persuadé que si les compagnies de disques avaient un petit peu plus de courage il en irait autrement, qu'on ne laisse pas la chance au coureur, que l'on tient le public dans l'ignorance, que c'est inadmissible, il en devient rouge, il fait les cent pas, il s'étouffe.Bref il est français: comprenez son désarroi.Dans tout cela, il a quelque part raison mais aussi quelque part tort.J'ai beau lui répéter que ça coûte cher sortir un disque d'un artiste français, que ce n'est même pas évident que les compagnies vont pouvoir en vendre trois cents exemplaires, que c'est encore moins évident qu'elles vont pouvoir récupérer leur mise de fond donc à plus forte raison faire de l'argent, que les compagnies sont justement là pour faire de l'argent et non en perdre (auquel cas elles fermeraient leurs portes et ne sortiraient plus de disques du tout), rien n'y fait, il insiste.Alors en désespoir de cause je lui assène l'argument massue: «Mais Gérard si t'es si sur que ça va marcher son disque: sors le toi- même, tu vas devenir riche».Pause.Silence (éloquent).Réflexion (intérieure).Haussement d'épaules.Fin de la conversation.Qui a raison_ Mais dans tout cela qui a tort, qui a raison?Un peu des deux, pour être honnête.Certes, sortir un disque d'un artiste français cela peut coûter cher, niais quand même pas nécessairement si cher que ça.Certes, les compagnies de disques pourraient oser plus, mais tout de même pas beaucoup, beaucoup plus que ça.Ce qui les fait hésiter ce n'est pas tellement le coût que le rapport et à cet égard là elles sont toutes d'accord et unanimes.Mais ça coûte combien'.' La réponse c'est: oui.Dépendant de celui ou celle à qui vous parlez, de la dimension de la compagnie de disques, de son rapport avec une multinationale ou non, de son siège social (à Toronto ou Montréal), de sa façon de calculer, et bien vous vous retrouvez avec presque autant d'opinions que vous avez LES CHOIX DE GÉRARD LAMBERT THE WHO « Who's last» MCA 2-8018 i!r Enregistrement de la dernière tournée nord-américaine des Who que se terminait à Toronto en 1982.Apprenant la sortie de ce disque, la plupart de mes collèques sont repartis en vacances.En effet on ne voit pas très bien ce que cet album peut apporter.On sent qu'il y a un net malaise, plus rien de teigneux, ni de bagarreur.La motivation est totalement disparue.Ils font leur boulot comme s'ils remplissaient une mission infernale, une routine insupportable.Et voilà du gâchis!.quand on a pratiquement su traverser les seventies sans flétrir.Quel dommage de finir une pareille carrière sur une note aussi aigre.JO LEMAIRE IMPORT VERTIGO 822 993-1 Le rock belge au sommet de sa forme.Avec un son moderne.Artiste solo, elle chante en français.A la voix superbe, d'une sensibilité, d'une souplesse, d'une virulence stupéfiantes, une pure merveille que complètent des talents de parolière.Il y a chaleur, vérité, personnalité, tout ce qui constitue les indispensables ingrédients d'un album solo.Un son qui surprend par sa volonté de cohésion, de clarté.Musicalement le groupe est soudé, puissant et fin.Un parti pris de vigueur et d'efficience, Jo Lemaire est une chanteuse qui diversifie ses angles et remporte la mise.JOHN HIATT « Warming up the ice Age» GEFFEN XGHS 24055 Il aligne à peu près tout ce qu'on peut souhaiter pour faire une belle carrière: de la gueule, un groupe efficace, une bonne réputation, de l'expérience et surtout une de ces voix qu'on ne trouve que très rarement dans un gosier blanc.Une voix toujours aussi belle et pleine de puissance rageuse.Gros son, production chromée.Tempo moyen, basse rondelette qui tricote des harmonies pleines de sève.De bonnes chansons mais aussi, par un curieux effet de feed back, tous les travers de ce rock américain inspiré par le succès de Springsteen.Reste à savoir si cet album lui portera chance.d'artistes français ou même belges.Quand vous mettez cela en parallèle avec le fait que pour chaque «cenne» dépensée à sortir un artiste européen ça en fait une de moins pour produire un disque d'un artiste québécois, vous vous rendez compte qu'il y a des choix budgétaires sapre-ment importants à faire.Certaines personnes calculent uniquement les frais directs: licence, bande maîtresse, négatifs, pressage.D'autres rajoutent les séjours de promotion de l'artiste, quand il vient évidemment.La plupart omettent d'inclure leurs frais d'opérations courants (personnels, bureaux, téléphones, électricité, etc.).Certains ne paient pas de frais de licence, d'autres paient des avances, certains paient la copie de la bande maitresse.d'autres pas, dépendant des négociations et des tractations on dispose ou non des droits d'auteurs, etc.et ad infinitum, ce qui fait que donner l'heure juste dans tout cela c'est comme parler esperanto dans la tour de Babel.Chose certaine, et tout le monde s'entend là-dessus, pour chaque dollar dépensé il faut vendre un exemplaire du disque et ça, ça inclut tout.Beaucoup de vinyle_ Pour chaque piasse dépensée, vendre un disque, ça fait beaucoup beaucoup de vinyle à sortir de magasin.Quand on sait que Lucid Beausonge n'a pas vendu .'100 exemplaires de son disque, que Lavilliers n'a pas vendu 500 exemplaires de son dernier sorti, THE SMITHS «Méat is murder » SIRE 92-52691 Les Smiths seraient-ils le groupe le plus original?Ils ont sans conteste un style d'éùriture remarquable sûrement parce que Morrisey, le chanteur parolier, dessine ses mots, ses images.Le rythme de ses phrases compose une poésie intimiste, assez désabusée, mais où jamais le désespoir n'est définitif.Un disque qui taraude assez sérieusement dans des morceaux élaborés aux climats parfois sophistiqués, aux structures inattendues.On a davantage ici que de simples rock songs; Morrisey a fait s'exprimer son imagination.Une musique personnalisée, fraîche, forte, sur laquelle il se sent visiblement à l'aise.que Alec Mansion, Ire place au palmarès pendant un mois, n'a pas vendu 700 disques, que Bandolero en première place de trois palmarès, dont celui très important de CKOl, n'a pas vendu plus de 1 800 exemplaires, quand on sait tout cela et que l'on sait en plus qu'il en a coûté à la compagnie de disque plus de $5 000 pour vendre chaque fois moins de 1000 copies de chacun des disques de Charlélie Couture, on se rend compte que c'est tout un risque.Par ailleurs, Cabrel vend des masses (plus de 150 000) et ne coûte rien (ou peu).Duteil se tire plus que bien d'affaires et ne mange plus de pain (mais cela aura pris trois ans).Pour ce qui est de Linda de Suza, c'est la mine d'or (du cinq pour un), avec Bécaud c'est la plonge.Trust et Stevie?On verra, mais ça n'a coûté que des pinottes alors que la compagnie a fait fortune avec des gros noms américains.Juste retour des choses donc.Mais dans tous les cas, il y a à tout le moins autant, sinon plus, de bas que de hauts et, hormis certains cas extrêmement rares, les hauts obtenus réussissent à peine à compenser pour les bas à risques que l'on supporte tout de même.D'autant plus que l'on peut difficilement justifier le fait de donner la chance à des Européens si on'ne donne pas d'abord et avant tout la chance à ses compatriotes.Comment justifier en effet que l'on a pu dépenser plus de $20 000 pour Charlélie Couture et que la compagnie de disques n'a pas ailleurs aucun artiste québécois francophone sur ses étiquettes.Dans la situation difficile que vit présentement l'industrie de la chanson, trop de cas de ce genre soulèvent plus que des moues.Les compagnies hésitent donc à s'afficher trop «français».Sans compter que le public n'est pas nécessairement le même et qu'il n'aime pas nécessairement les mêmes choses.Une grosse vedette là-bas ne le sera pas nécessairement ici et souvent le risque est trop grand.Je me suis souvent passé la même réflexion que je sers en désespoir de cause à Gérard Lambert et je vous avoue franchement que malgré mon engouement et mon affection pour certaines personnes, je suis loin d'être sûr que je mettrais des sous à moi, sans compter mon talent et mon énergie, à sortir un disque d'un ou d'une artiste outre-atlantique.Par ailleurs Gérard Lambert non plus n'a pas sorti de disque depuis longtemps.Tout cela ne nous empêche cependant pas le plus souvent possible d'insister auprès des maisons de disques pour qu'elles accordent une chance à tel ou tel autre.Maintenant pouvez-vous me dire qui reconnaîtra enfin le talent de Paul Personne?(suite au prochain numéro) ?c y k o 2 \u2014i yo m- > i\u2014 c/i > 5 VIEILLIR Claire Dutrisac Sur la justice et la société La semaine dernière, nous avons raconté comment une femme âgée, exploitée, dépouillée de ses biens par un individu sans scrupules, eut l'audace de poursuivre cet homme devant les Tribunaux.Et de gagner en bonne partie sa cause.Cependant, quelques remarques, apparaissant dans le jugement, m'ont laissée songeuse.Ceci par exemple: «L'enquête, qui dura plusieurs jours, fut longue et fastidieuse.» En ce qui me regarde, je trouverais toujours «longue et fastidieuse» une enquête portant sur des exactions, de grandes fraudes.Ce sont des questions comptables, souvent extrêmement compliquées.Dans le cas qui nous occupe, ce fut facile.Car il ne s'agissait pas d'une somme énorme, relativement.Mais c'était tout l'avoir d'une pauvre femme.Et cette pauvre femme avait 84 ans.S'il s'était agi d'un homme d'affaires bien connu, d'un politicien, d'un notaire, alors, là, c'eut été un scandale juteux.On en aurait disséqué les moindres détails en bavant de volupté.Mais ce n'était qu'un petit avoir et qu'une petite femme.vieille par surcroît.Le juge reproche à l'avocat de Mme Samson d'avoir «tenté de faire le procès de la société en étalant devant la Cour plusieurs témoignages à l'effet que la vieillesse était exploitée par ceux qui étaient chargés de veiller sur eux (sic) et qu'il en était ainsi pour les autres défavorisés.Malheureusement, les tribunaux ne constituent pas un forum où l'on peut faire le procès de la société.» Voilà une affirmation qui me laisse.pantoise.Et qui démolit les idées que j'avais sur le sujet.Les tribunaux ne donnent-ils ! pas, la plupart du temps, une : image de notre société, tant à i travers les accusations et les accusés que par les divers témoins?Une image aussi de la justice qu'on peut attendre des lois qui existent et qu'un juge doit faire appliquer?Et ne lui revient-il pas de souligner les lacunes que peut présenter notre législation?Bref, le juge ne voulait pas «philosopher».Il reste qu'il a, le sachant ou non, une philosophie sous-jacente à ses actes et jugements.Comme-Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, les juges philosophent sans le vouloir.Je n'en donnerai pour preuve que la peine de mort, maintenant abolie, que d'aucuns voudraient voir réta- blir.Je sais des juges qui en seraient ravis, d'autres désespérés.La justice dont ils sont les représentants les plus autorisés s'inspire de principes philosophiques.N'esl-ellc pas essentiellement une structure sociale?Certains croient volontiers qu'elle usurpe son nom cl qu'elle devrai! s'appeler l'Ordre social.La justice implique qu'on puisse sonder les reins et les coeurs.Des sentences exemplaires On entend souvent parler de sentences exemplaires.Dans le cas de Mme Samson, l'amende exemplaire ne représentait même pas le sixième de l'argent qu'on lui avait soustrait.Face aux «charognards de la vieillesse», la loi est déjà assez faible; si on ne l'utilise pas à fond quand l'occasion est donnée, c'est une incitation à recommencer, la fraude se révélant payante.Les statistiques nous enseignent que ce sont les fraudeurs qui récidivent le plus souvent, non les meurtriers.Mme Samson n'a pas bénéficié de compensation pour le préjudice moral qu'elle eut à subir.Pourtant, pendant 42 jours, elle ne fut guère nourrie; elle ne disposait pas de son argent et dut rapidement chercher un autre gite.Les souffrances de Mme Samson ne sont guère entrées en ligne de compte.En juillet dernier, un juge accordait $3 000 à une des employées de la compagnie Bell victime de harcèlement sexuel.On peut s'interroger sur le fait que Mme Samon avait payé le mois de septembre en entier à M.Destroimaisons et qu'elle dut verser à nouveau de l'argent pour se loger ailleurs quand elle quitta son exploiteur.À ce chapitre, il ne lui fut rien accordé.La cause de tous défavorisés les Le juge a convenu, dans son jugement, qu'il s'agissait «d'une femme seule, faible et prête à faire confiance au premier venu qui lui prêtait le moindrement d'attention.» Il a ajouté: «D'ailleurs, c'est un peu le cas de toutes les vieilles personnes seules et sans appui.C'est la conséquence de leur solitude et de leur manque affectif.» Donc, cette cause dépassait celle de Mme Samson; elle devenait celle de l'ensemble des personnes âgées dans une situation similaire.Et elles sont nombreuses.D'où son importance sociale, que l'honorable juge soit d'accord ou non.- C'est pourquoi, compte tenu dé la preuve produite, il importail, pour toutes les personnes défavorisées, que la loi fût appliquée rigoureusement, que le jugement découlât de toute la marge de manoeuvre qu'elle permettait.Dans certains centres d'accueil ou certains foyers, existe une pratique courante qui consiste à faire signer aux bénéficiaires une quittance ou exonération de responsabilité, privant ces derniers de tous leurs recours.Il parait que ces clauses d'exonération de responsabilité civile découlent directement d'un arrêt rendu au siècle passé par la Cour suprême du Canada, en 1897! Cependant, la Charte des droits et libertés civiles, entrée en vigueur le 21 avril 1976, a.selon certains experts, rendu caduque la décision de la Cour suprême.Il y a plusieurs années, un centre d'accueil privé avait un rythme de décès accéléré.En fait, un grand hôpital de Montréal y envoyait ses mourants.La famille payait le mois entier.Le patient décédait vite.On peut comprendre que la tenancière faisait des affaires d'or avec des malades qu'elle n'avait même pas à nourrir et qui libéraient vite le lit.Un autre prenait leur place dans des draps encore chauds.Le concubin de la directrice tenait, à côté, un salon mortuaire! La boucle était bouclée! Chaque lit, dans un mois, rapportait deux, quatre, six pensions mensuelles.On a fermé l'établissement.Personne n'est allé devant les tribunaux.J'ignore si l'on faisait signer une Quittance.La cause de Mme Samson Si le juge avait considéré qu'il avait devant lui un cas social, que son jugement pouvait établir une excellente jurisprudence qui aurait servi d'autres personnes dans la même situation, nous nous serions tous réjouis, non seulement pour Mme Samson mais également pour notre «civilisation»! Leiugement du 28 janvier dernier nous renvoie le reflet d'une société indifférente aux problèmes des défavorisés que la loi sert très mal et que la Justice évite de regarder.Dans ces con dirions, les tribunaux ne leur sont pas d'une grande utilité.Le courage ne siège pas dans les cours.Moi, je l'ai trouvé chez une femme toute petite, toute f rèle, qui avait M ans et qui s'appelait Juliette Doody Samson.LE COURRIER Chère Madame, J'habite dans des centres d'accueil depuis nombre d'années et je me demande si l'on sait toutes les vexations dont nous sommes victimes.Ces actes sont-ils seulement le fait de l'ignorance, du manque de préparation, de formation du personnel?Deux exemples récents: en janvier/ ie devais faire une sortie le samedi matin.J'avais dit au personnel de venir me lever même à 4 h du matin si nécessaire.Je m'éveille à 7 h, évidemment beaucoup trop tard pour être prête à temps.On m'a dit qu'on ne m'avait pas réveillée parce qu'on n'avait pas le temps.On a ajouté (quel réconfort!) que ma sortie, de toute façon, n'était pas importante.Vous pouvez imaginer ma déception et ma peine! J'allais à un déjeuner-causerie que j'aime beaucoup et j'ai perdu cette sortie.J'ajoute que je suis la seule personne lucide de l'étage et la seule qui sorte un peu.Autre exemple: l'autre jour, deux jeunes préposées entrent dans ma chambre et me disent: «On vient changer votre couche».Je leur réponds: «Vous vous trompez, je peux aller aux toilettes.» Elles m'ont dit: «On va vous amener».Je leur ai dit: «Ce n'est pas nécessaire, d'habitude, l'infirmier m'amène».Alors l'une d'elles s'est approchée et a relevé ma «jaquette».Elle croyait que j'étais confuse! Que je ne savais pas ce que je disais.Je dois vous dire que je n'ai pas l'usage de mes membres (atteinte d'arthrite depuis mon enfance) et que je suis aveugle.J'ai 59 ans.Je dépends donc entièrement des autres.J'ai demandé une chambre seule ou de changer de centre d'accueil.En vain.Je partage ma chambre avec une femme de'87 ans, paralysée, qui ne parle pas.J'aurais besoin d'un peu de compréhension.Quelqu'un, vous le lirez ci-dessous, a écrit cette lettre pour moi.B.C.R.\u2014 Depuis que j'écris cette chronique, la réalité dépasse toujours ce que je puis imaginer.Aussi, comment concevoir que les cadres et le directeur général de l'établissement où vous êtes ne comprennent pas comme il est terrible de vivre, étant lucide, dans un monde coupé du réel, hors du temps et de l'espace.Déjà fortement handicapée au plan physique, il faut en plus que l'on vous place dans une situation telle que vous ne pouvez communiquer avec qui que ce soit, sauf ceux qui vous soignent On adroiso le courrier à Claire Dutrisac La Preite - PLUS 7, rue Salnt-Jacquei Montreal, Que.H2Y 1K9 et qui n'ont probablement pas le temps de converser avec tous.Tout cela relève du fantastique.Pourtant, je sais que c'est ce que vous vivez.Je ne peux croire que les vexations dont vous vous plaignez viennent de mauvaises intentions.C'est sûrement, comme vous le dites vous-même, le fait de «l'ignorance, du manque de préparation, de formation du personnel».Et peut-être aussi d'un alourdissement de la tâche dû aux coupures budgétaires du gouvernement.C'est une excusé, non une raison.Vous n'êtes pas sans savoir que les valeurs changent avec l'âge et avec l'évolution de la vie.Il est si difficile de se mettre à la place des autres, quand on est en bonne santé et qu'on est jeune! J'ose espérer que certains employés liront votre lettre et reconnaîtront leur comportement.Et que l'établissement en cause en fasse autant et agisse.Ou alors, le système et la bureaucratie auront tué l'humain.Madame, Comme je suis une vieille, j'ai le temps de regarder les programmes de télévision.Je viens vous en signaler un en particulier, celui de Jeannette Bertrand «Parler pour parler» à Radio-Québec, sur le vieillissement.Au cours d'une de ses émissions, Mme Bertrand se dit d'accord avec son amie voulant foncer avec sa voiture sur deux dames très âgées traversant péniblement (c'est son expression) à l'intersection d'une rue.«Nous voulions tuer la vieillesse avec elles.» C'est toute une propagande envers les jeunes qui conduisent si follement ces petites voitures, bon prétexte pour tuer les vieilles et les vieux traversant les rues de Montréal parce que dans l'idée de leurs vingt ans, les jeunes croient, comme Mme Bertrand, à la jeunesse éternelle, à leur santé, la rage de vivre, comme elle dit.(.) Moi qui ai tant aimé mes grands-parents, mes grandes-tantes, je garde un souvenir merveilleux de ces gens.J.S.Madame, Je suis convaincue, sans avoir vu l'émission en cause, que Mme Bertrand ne pense pas que les jeunes doivent foncer sur les vieux avec leurs voitures.Elle a peut-être voulu interpréter le rejet inconscient souvent de la vieillesse par les jeunes.Je reste persuadée que ses paroles ont été mal interprétées.Ce serait trop ignoble pour être vrai! J'espère que Mme Bertrand aura répondu à votre lettre et rétabli les faits. Comment choisir un camp de vacances La folie de l'été est dans l'air: le soleil se lève tôt, on a droit au concert matinal des oiseaux, on sort légèrement vêtu, les terrasses s'animent, les carrés de sable aussi ! On pense à s'acheter une nouvelle bicyclette, une piscine peut-être, et à dénicher le camp fait sur mesure pour nos enfants.Le choix est vaste: il existe 110 camps de vacances accrédités par l'ACQ (Association des camps du Québec).Pour les parents, un camp «accrédité» rime avec gage de qualité, puisque ce lieu de vacances respecte les normes universelles définies par l'ACQ se rapportant à la sécurité et au bien-être de l'enfant, tout en satisfaisant au code d'éthique du ministère du Loisir, de la Chasse el de la Pêche en ce qui a trait à la qualité des services.Le camp accrédité_ Avant toute chose donc, choisir un camp accrédité, c'est-à-dire qui a réalisé un programme de formation à l'intention de son personnel pédagogique d'une durée minimale de 60 heures, qui assure la disponibilité d'un personnel d'hygiène-santé, établit des plans d'évacuation localisée et générale en cas de feu et d'intervention en cas de disparition d'un enfant (ce qui doit arriver, en moyenne, une fois tous les cent ans! ) ou d'accident lors d'excursion ou de baignade.Le camp accrédité a aussi fait analyser, avant la saison estivale, la qualité de l'eau potable et de celle de la baignade.Il détient également tous les permis, certificats et assurances requis pour l'opération du lieu de vacances, tout en respectant les ratios de personnel établis par l'ACQ envers les participants \u2014 un moniteur pour six enfants ou huit adolescents et un moniteur pour 10 adultes (puisqu'il existe maintenant des camps pour toute la famille).¦Aujourd'hui, dit Gaston Au-bre, coordonnateur des programmes à l'ACQ, la majorité des camps de vacances se trouvent entre les mains de gestionnaires avertis qui ont des objectifs très articulés en ce qui a trait à la pédagogie et à la formation globale de l'enfant, et dont les outils éducatifs sont de qualité.» Mais comment arriver à bien choisir «le» camp qui répondra aux attentes de votre enfant, aux vôtres, et conviendra à votre bourse ?Il est bon de savoir que la moyenne hebdomadaire du coût d'un séjour au camp se situe en 85 autour de $125 \u2014 les frais d'inscription qui varient entre $15 et $30 ne sont pas compris dans ce mon tant.Cependant certains camps fixent les frais de séjour selon les besoins financiers du camp et le revenu familial de l'usager\u2014 la Colonie Sainte-Jeanne- taimais.par exemple) ou en micro-informatique peuvent souvent demander un peu plus que $125 pour une semaine au camp.Cela se comprend aisé-mont.«Ne tentez pas cependant de vous baser sur les prix exigés consultez celui ou celle qui ira au camp! C'est lui, après tout, le principal intéressé! Vous rêvez de voir Isabelle apprendre les rudiments de l'informatique, ou votre musicien en herbe jouer de la flûte parmi les herbes folles et avec lui l'annuaire 85 des camps du Québec que met gratuitement à votre disposition l'ACQ.Il contient tout, mais vraiment tout ce que vous voulez savoir sur les 110 camps de vacances.Peut-être aimerez-vous également visiter avec votre enfant le camp choisi.Plusieurs camps se font un plaisir de vous recevoir avant l'ouverture d'été afin d'établir avec vous et votre bambin ou adolescent un premier contact et vous montrer peut-être un diaporama sur une journée typique du camp, après vous avoir fait visiter les lieux.Sachez qu'il existe différents types de camps présentant chacun des caractérisques qui leur sont propres.Camp de jour-\u2014 situé en milieu urbain, il permet aux jeunes de vivre une expérience de groupe enrichissante tout en revenant dormir chaque soir au foyer familial \u2014, camp itinérant \u2014 axé sur les excursions, ce camp ne sert que de point de départ à l'expédition \u2014, ou camp résident \u2014 on y passe de 7 à 14 jour-s \u2014, ils touchent chacun une clientèle particulière.Bien sur, le camp résident (à chambres, dortoirs ou tentes) est des plus populaires! Il permet à l'enfant de se débrouiller sans ses parents pour une courte période de temps, incluant les nuits, sous un leadership complètement différent de celui des parents puisque les moniteurs (trices) sont de jeunes adultes âgés de 18 à 20 ans qui ne sont là que pour s'amuser et créer avec eux.«Ce que les enfants et ado lescents retiennent le plus, en général, de leur séjour au camp n'a rien à voir avec le coup en J qu'ils ont appris en canot ou du noeud en 8 appris en escalade, mais plutôt avec les moments farfelus qu'ils ont partagés avec leurs moniteurs, les bons tours qu'ils leur ont joués», dit Jean-Yves Collette, directeur du camp £ Coeur Joie de Chénéville. «Je voudrais bien revoir Zig- ^ Zag, mon moniteur: on a eu tel- o lement de fun avec lui! J's'rais z bien resté un mois là-bas ! », ré- S pète Alexandre depuis son sé- > jour qui date de l'été dernier.-r~ «On va au camp pour l'imaginai- > re d'un Robin des Bois, pour £ l'aventure d'une course en ca- q not, pour un grand jeu organisé J~ par les moniteurs chéris», dit de ^ son côté Suzanne Kaby, coordon- > natrice au camp Kcno.% Pour recevoir votre annuaire 2 des camps du Québec: °< ACQ: (514) 252-3000.Disponible aussi dans les\u2014 CLSC.* Une monitrice surveille des enfants pendant une escalade.d'Arc, le camp Saint-Donat ou le Domaine des pins de Contrecoeur, par exemple.Ce procédé permet l'accessibilité aux camps de vacances pour la clientèle défavorisée.H est évident, par ailleurs, que les camps spécialisés en canot, en equitation, en ballet classique (l'Académie de Danse de l'Qu- pour établir la relation qualité / prix, nous dit l'ACQ, puisque plusieurs facteurs, dont l'apport financier gouvernemental, entrent en ligne de compte dans l'établissement d'un prix.» Consulter l'enfant_ Avant de fixer votre choix., les papillons?Peut-être feront-ils la moue sur ces camps spécialisés, préférant jouer aux «Indiens» dans leur canot, dans la forêt ou autour du feu, en présence du moniteur déguisé en grand chef Agaluk \u2014 comme cela se fait dans l'euphorie et la création au camp Coeur Joie! Prenez le temps de feuilleter Les quantités et les dimensions en mesures métriques correspondent à celles que l'on trouve maintenant sur les différents emballages.Nombreuses illustrations/248 pages EN VENTE PARTOUT UNE ÉDITION REVUE ET AUGMENTÉE vient de paraître aux Editions La Presse Cultivez vous-même des fruits et des légumes qui feront l'envie de tous! Vous y trouverez, comme dans la première édition, tous les renseignements nécessaires à la réussite de votre jardin ou de votre potager: L'aménagement approprié Le bon site et le sol idéal Les engrais chimiques et synthétiques Les travaux de culture : Les principaux légumes Le soin des arbres fruitiers Le choix de l'outillage Les maladies des plantes et la façon d'y remédier L'emploi des semences, etc.Comme tout autre domaine, celui de la culture n'échappe pas à la règle et se doit d'évoluer.Conscient de ce fait et en raison de la grande popularité dont jouit Votre potager depuis sa parution, l'auteur, Paul Pouliot, vous présente cette édition revue et augmentée.¦«¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦HHHBlnBBBBnnBBHL OFFRE SPÉCIALE AUX ABONNÉ(E)S DE LA PRESSE: 20% DE RÉDUCTION COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE Service rapide et efficace 285-6984 Économisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone.Vous n'avez qu'à composer le numéro 285-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est joué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi de 9 h à 16 h.Prière de noter que les échanges et remboursements ne sont pas acceptés.i: I I I S I 0 I 1 E I e c :.'._____ Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaire(s) de «VOTRE POTAGER» au prix de 9.95$ chacun, plus 1S de frais de poste et de manutention.Je suis abonné(e) à LA PRESSE.Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaire^) de «VOTRE POTAGER» au prix de 7,95$ l'exemplaire, plus 1$ de frais de poste et de manutention.No d'abonné(e).IMPORTANT: Joignez à cette commande un chèque ou mandat payable aux Editions La Presse, Ltée.Vous pouvez également utiliser votre carte de crédit comme mode de paiement: MASTERCARD no.VISA no.A retourner aux: En vente également dans toutes les librairies Éditions La Presse, Ltée, 44, rue Saint-Antoine ouest, Montréal, Québec H2Y 1J5 NOM.ADRESSE.VILLE.PROVINCE.CODE POSTAL.TÉL.TOTAL ci-joint.(Plus 1S pour frai* de poste at .$ de manutention) \u2022 \"» V \u2022 4 « \\ e- i i i \u2022» t \u2022 4 Si % I A \u2022 .| '
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