La presse, 27 septembre 1986, B. Samedi plus
[" SAMEDÎ FLOS VOIR MAISONS D'ENSEIGNEMENT PAGES D 12, D 13 IA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1986 Les oeuvres du cardinal sa Le cadre est celui d'un bu-™ reau de PME.Des machines à écrire, une petite salle d'ordinateurs, un mobilier Fonctionnel, une imposante table de conférence en bois et une MARTHA GAONON carte du monde où des points de repère identifient les projets en cours dans près d'une soixantaine de pays.La ressemblance s'arrête là.L'entreprise est d'un genre bien particulier.Situé au coeur d'Outrcmont, au coin de l'avenue de l'Epéc et de la rue Laurier, le siège social des oeuvres du cardinal Léger n'est qu'un modeste sous-sol d'église.Sur les murs, on remarque des photographies et des peintures de celui qui, à 82 ans, continue de lutter contre la misère.À l'entrée principale, au lieu d'une enseigne commerciale, il y a les armoiries des frères Jules et Paul-Émile Léger : à la partie supérieure gauche du blason, un hibou, symbole ancien de sagesse, et une feuille d'érable, emblème national, illustrent le travail de l'ancien Gouverneur général du Canada.À droite, un palmier et une étoile évoquent l'apostolat du cardinal en Afrique; deux béquilles représen- tent aussi tous les déshérités de la terre.Depuis trois ans, les oeuvres de la Fondation sont en pleine expansion.On parle d'une véritable entreprise de développement international.Lu cinquième en importance, après la Croix-Rouge.PUNICEF et autres organismes très connus.De 1973 à 1985, les revenus sont passés de $3 millions à $12,8 millions.La générosité du public a gonflé comme un ballon.Au cours de cette période, il y a eu, bien sûr, la campagne de souscriptions pour l'Ethiopie; un vaste mouvement de sensibilisation aux problèmes du tiers monde.Des projets dans 60 pays Le nombre des donateurs s'élève à environ 150 000 à travers le Canada, dont une grande majorité au Québec où les oeuvres du cardinal demeurent les plus actives.On a vu des courtiers d'assurances annoncer la création d'un comité de survie des oeuvres; des grands du domaine de l'alimentation s'unir pour récolter des fonds afin de soulager la famine dans le monde.jean Loiselle, 55 ans, vice-président et directeur général de la Fondation depuis 1984, est responsable en partie de ce succès.C'est lui qui-a eu la tache de vraiment mettre sur pied la Fondation, de réorganiser les filiales et d'informatiser le système de comptabilité (la Fondation a émis 110 651 reçus à des donateurs, l'an dernier).Tout cela pour assurer la survie des oeuvres.D'ailleurs en le nommant à ce poste, le cardinal lui a dit, mi-rieur, mi-sérieux : « |e vous donne mon bureau, comme ça, les gens sauront ce que vous êtes venu faire ici ».Curieux cheminement que celui de lean Loiselle.Cet homme, dont la prestance rappelle celle de l'ex-ministrc des Finances, lacques Parizeau, a plusieurs cordes à son arc.Réalisateur à Radio-Canada au début des années 60, il a ensuite été conseiller en communication ; sous-ministre de l'Immigration du Québec sous deux gouvernements (Bertrand et Bourassa); responsable des relations publiques pour le COIO lors des jeux olympiques, et enfin, directeur général d'OXFAM-Québec.« Lorsqu'on possède un tel profil, précise-t-il, on n'est pas seulement un homme d'affaires.On a aussi le désir de faire quelque chose pour la société.Les oeuvres du cardinal c'est plus qu'un travaiL c'est un engagement.» $12,8 millions tan dernier Sans critiquer le passé.M.Loiselle reconnait qu'il était temps que le cardinal s'entoure d'une équipe de collaborateurs pour mener une barque de plus en plus lourde.Il rit de bon coeur en se rappelant seulement le nom incroyable des Mille associes du Sieur de Maisonneuve que le cardinal avait choisi pour l'une de ses oeuvres.La plupart des gens croyaient qu'il s'agissait Charité d'une société historique.« Le cardinal ne s'est jamais soucié de ces menus détails qui ont pourtant leur importance.)e suis là pour ça».La filiale porte désormais le nom de Les Parte: naires du cardinal.Elle s'occupe principalement des oeuvres d'ici : refuges pour femmes battues, réfugiés, handicapés, etc.M.Loiselle se fait un point d'honneur d'affirmer que plus de 90 p.cent des revenus sont consacrés au développement in: tcrnational.Ainsi, en 1985, on a dépense $11 millions pour l'aide au tiers monde.«|e vous assure que l'argent se rend au fond des puits, au fond de la brousse, là où il doit servir.» On a souvent reproche au cardinal de négliger les pauvres de chez-nous.Lorsqu'on regarde la liste des projets, on constate, en effet, qu'un petit nombre seulement sont réalises au Canada.En 1986, seulement $80 000 iront a «nos» oeuvres.«Notre raison d'être c'est le développement.Les problèmes de là-bas sont énormes.Ici, on a des hôpitaux, des services sociaux, des écoles.Eux, ils n'ont rien.» ordonnée et développement wm « Pensez-vous que les Oeu-\u2014 vres du cardinal Léger vont donner de l'argent à une usine d'armements ?» Assis à son bureau, René Lacoste n'en croit pas encore ses yeux.Il exhibe une lettre reçue il y a peu de temps de la compa-gnie CIL, responsable de la construction d'une usine d'explosifs et de munitions, au Liberia.La multinationale demande la collaboration de la Fondation afin d'ouvrir une école pour les enfants des employés.a une idée bien précise de ce qu'est l'aide au tiers monde.Sur les 400 projets reçus l'an dernier, il en a éliminé près de 200.« On n'est pas le Père Noel ! La Fondation, c'est plus qu'un organisme de charité, c'est un organisme de développement international.Il y a une différence importante.On ne donne plus à une communauté religieuse simplement parce que c'est une communauté religieuse.Les critères de sélection sont rigoureux.» Quand on gère des fonds de plus de $J2 millions \u2014 la moitié provient du public \u2014 on est particulièrement prudent dans la distribution des dons.Ce n'est pas le fruit du hasard si René Lacoste, dont l'intégrité et la réputation n'est plus à faire dans le développement international, est l'un des hommes clefs de la Fondation depuis 1984.« Avec lui, il n'y a aucune crainte que l'argent soit mal dépensé.Il montre un attachement quasi viscéral au tiers monde », assure François Du-buc, son adjoint.D'ailleurs, la Fondation s'est acquis une solide réputation auprès de l'Association canadienne de développement international, l'ACDl, qui a triplé sa contribution aux oeuvres au cours des deux dernières années.À contre-courant Son expérience, René Lacoste l'a puisée à la bonne école : après avoir été missionnaire durant plusieurs années, il a passé un long moment à Développement et Paix, l'une des plus importantes organisations canadiennes de développement.En mojns d'un an, il est allé quatre fois en Afrique pour su- Le cardinal Léger a passé un» douzaine d'années auprès des déshérités d'Afrique.Le développement est la raison d'être de ses oeuvres.Les problèmes de là-bas sont énormes.Ici, on a des hôpitaux, des services sociaux, des écoles.Eux, ils n'ont rien.SUITE-DE NOS INFORMATIONS EN PAGE B 6 B 2« LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1986 ÉDITORIAL PAUL DESMARAIS MICHEL ROY président du conseil d'administration éditeur adjoint ROGER D.LANDRY président et éditeur CLAUDE GRAVEL directeur de hnlormoiion JEAN-GUY DUBUC editor «Iule en chei Un peu d'entraide, ça fait du bien \u2022 Il est bien choisi, ce slogan de la campagne de Centraide.¦Car c'est bien vrai que l'entraide fait du bien.\u2022 Ou bien à celui qui donne.C'est la première façon d'expliquer le dévouement extraordinaire de tant de bénévoles, certains travaillant depuis des mois et pour encore plusieurs semaines, des gens qui se rencontrent à huit heures, le matin, avant d'entreprendre une journée de travail ou le soir, après de longues heures de travail.Des gens qui font des appels, qui sollicitent, qui demandent ou qui supplient leurs amis, leurs voisins ou leurs collègues de partager un peu de ce qu'ils ont.Jamais ils ne le feraient pour eux-mêmes.Mais pour Centraide, ils acceptent de tendre la main.Pourquoi?Parce que leur générosité leur permet d'être pleinement humain; elle leur permet d'aimer gratuitement, sans retour, pour le bien de l'autre.Tous ceux qui aiment le savent: leur amour leur fait du bien.Vigneault chante qu'il est difficile d'aimer; et tout le monde chante qu'il est doux d'aimer.Ce qui signifie que quand on réussit à bien aimer, on se sent grand, beau et fort.Centraide donne à des milliers de bénévoles l'occasion de bien aimer.Évidemment, ça fait du bien à ceux qui reçoivent.Car sans l'amour des gens de Centraide, ils seraient des centaines de milliers d'entants, de vieillards, de pauvres ou d'esseulés à manquer d'une aide essentielle à leur vie.On trouve encore des esprits drôlement orientés qui soutiennent que cette aide demeure la responsabilité exclusive de l'État.Ils font semblant de tenir un discours socialement humanitaire.Ils ne font que justifier leur ègoïsme, leur avarice ou leur lâcheté.On les connaît.Oui, ça fait du bien d'aimer et de s'entraider.Mais ce n'est pas assez.Centraide est au coeur de toute notre vie sociale.Car une société démocratique ne peut survivre sans la prise de responsabilité de la société par elle-même.Ceux qui se ferment les yeux sur la vie des autres préparent l'oligarchie.Le sens veritable d'une campagne comme celle de Centraide ne se situe donc pas au niveau de la charité des riches envers les autres, ni même à celui de la justice à préserver pour se donner bonne conscience.Il faut comprendre que le partage se trouve au coeur même d'une société de respect des personnes et des libertés.Il faut comprendre que nous partageons une destinée sociale commune.Ensemble, nous irons la ou nous choisissons d'aller.Ceux qui choisissent de vivre loin des autres se rendront compte qu'ils ne peuvent tout simplement pas vivre.Jean-Guy DUBUC Je vous invite à vous [oindre à nous Demain soir, à dix-neuf heures, sur les ondes de Télé-Métropole, Centraide lancera sa grande campagne de souscription.Au programme, une grande présentation des artisans, de ses bénéficiaires, de ceux qui y croient de tout leur coeur.Ils s'attendent à vous trouver au rendez-vous pour vous transmettre leur enthousiasme, leur engagement, leur joie de servir.En leur nom a tous, je vous invite.Nous avons des choses à vous dire.Et nous avons besoin que vous les entendiez.Je vous espère.Roger D.LANDRY President et éditeur.President de la campagne de Centraide Un test important pour les chefs Les élections partielles de lundi, dans les comtés de Pembina, en Alberta, et de Saint-Maurice, au Québec, ne changeront pas le monde politique.Mais elles revêtent cependant un intérêt très important pour les trois principaux leaders des partis fédéraux.En fait, le seul enjeu de ces premières complémentaires, depuis la prise du pouvoir par les conservateurs, il y a deux ans, se situe au niveau des chefs.Dans la province traditionnellement conservatrice de l'Alberta.la victoire du porte-couleurs de cette formation politique semble être assurée, selon des observateurs.Compte tenu de la performance de ce candidat, le premier ministre Brian Mulroney sera cependant en mesure d'évaluer sa cote d'amour auprès de cette partie des électeurs de I Ouest.Jeudi, M.Mulroney a fait campagne dans cette circonscription.Il y a reçu un accueil assez froid de la part des tories de l'endroit.Une situation pas très encourageante pour lui, malgré le fait que le Gallup publié ce jour-là démontrait qu'il avait réussi à rejoindre son adversaire libéral dans l'opinion publique.Il a même été chahuté par 400 grévistes qu'il a qualifiés de «séparatistes».Pendant ce temps, M.John Turner, dans Saint-Maurice, était reçu avec courtoisie mais sans enthousiasme par les militants libéraux dont les délégués au congrès de novembre, à Ottawa, demanderont un congrès à la direction du PLC.Il apprenait aussi que son parti avait perdu 5 points dans la dernière enquête Gallup.Mais c'est sans doute les résultats dans l'ancien comté de Jean Chrétien qui retiendront le plus l'attention de MM.Mulroney, John Turner et Ed Broadbent.Ils pourront en tirer différentes leçons au lendemain du scrutin.Dans Saint-Maurice, comme l'a démontré un récent sondage, le candidat libéral devançait largement ses deux principaux adversaires.La véritable lutte s'est faite entre le conservateur et le néodémocrate qui ont bataillé ferme pour se classer bon deuxième lundi soir.Le chef du NPD aura donc la possibilité d'évaluer si les récentes consultations de l'opinion indiquant une remontée de son parti dans les intentions de vote au Québec sont véridiques.Si effectivement cette poussée du NPD se confirmait lors de cette élection, ce serait un sérieux avertissement à la fois pour MM.Mulroney et Turner.Quant M.à Mulroney, il serait particulièrement satisfait d'une victoire en Alberta.Ce qui serait encourageant pour lui par contre, c'est que son autre candidat touche une bonne note dans le château fort libéral de l'ex-ministre du cabinet Trudeau, surtout que la popularité de son parti est en chute libre au Québec et particulièrement dans la région de Montréal.En ce qui concerne M.Turner il pourra difficilement prétendre qu'il est responsable de l'élection du successeur de celui qu'il a défait lors du congrès au leadership.Dans les deux comtés, les gros canons et les principaux organisateurs des trois partis se sont livré une véhtable guerre de tranchées pour séduire l'étectorat.Celui-ci est généralement tiède lors d'élections complémentaires dont les résultats ne perturberont pas la vie politique du pays.Dans ce contexte, le grand défi des trois formations politiques est de convaincre les citoyens de la nécessité pour eux de se rendre aux urnes.Normalement ces deux partielles devraient se solder par un statu quo: une forte majorité libérale dans Saint-Maurice et une solide victoire conservatrice dans Pembina.Jacques ¦OUCM-\u2014» 7 / h Bien courte ape?Vemtpte pes &u
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