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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Informations nationales
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1986-09-29, Collections de BAnQ.

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[" NATIONALES LA PRESSE.MONTRÉAL, LUND) 29 SEPTEMBRE 1986 photo Armand Trotlier, LA PRESSE, Le député Raymond Garneau appuie inconditionnell-ment son chef John Turner.La reconstruction d'un parti se fait dans le choc des idées, mais la division profonde serait néfaste pour les libéraux, a-t-il indiqué.FIDÈLE À JOHN TURNER Garneau lance un appel à l'unité I « Nous n'avons aucune ™ chance de remporter les prochaines élections si nous sommes divisés.Unissons-nous dans chacune des rues, dans chacune des paroisses, dans tous les comtés, à la grandeur du pays ».ANDRÉ PÉPIN_ Le député libéral Raymond Garneau, leader du caucus québécois des libéraux fédéraux, a lancé ce cri de ralliement hier, devant une assemblée de militants du comté de Gamelin à Montréal.Tout en admettant qu'il soit normal que la défaite de 1984, l'élection d'un nouveau chef et le travail de réorganisation du parti aient pu occasionner des frictions dans le parti, M.Garneau a réitéré son appui inconditionnel à son chef |ohn Turner qui, selon lui, a réussi à maintenir le parti libéral depuis l'élection des conservateurs de Brian Mulroney.« Il aurait pu, après la défaite, nous dire: « Salut les boys, je retourne faire de l'argent.Mais John Turner est resté en selle, invitant toutes les organisations locales à refaire les forces du parti.Nous comptons mainte- nant des gouvernements libéraux provinciaux au Canada », a insisté Raymond Gameau.Rappelant les divisions qui ont paralysé conservateurs sous les règnes de Robert Stanfield et |oe Clark, Raymond Garneau affirme qu'il faut appuyer John Turner parce que tout était à faire chez les libéraux après les élections de 1982.Le congrès que les libéraux fédéraux tiendront en novembre doit être l'occasion d'un véritable regroupement des forces s'ils veulent espérer ravir le pouvoir aux conservateurs en 1986.Les libéraux québécois, Raymond Garneau en téte, veulent inscrire au programme l'obtention d'un droit de veto pour le Québec en matière constitionnelle.Du moins en ce qui concerne les institutions fédérales.« La proposition de Trudeau, en 1982, n'était pas, selon moi, la fin d'une époque, mais le commencement d un dialogue.Je ne veux pas laisser aux anglophones le droit entier d'administrer la constitution.Le Québec, c'est clair, est un peuple distinct, qui doit obtenir un certain droit de veto », a indiqué le leader du caucus québécois, en précisant que ce débat fera sans doute l'objet de discussions fermes.SQNDAfflE GALLUP Les Canadiens croient que le Canada fait sa large part pour venir en aide aux réfugiés ¦La majorité des Canadiens estiment que, si on le compare aux autres pays, le Canada fait plus que sa part en ce qui concerne l'accueil des réfugiés internationaux.De plus, au-delà de la moitié des Canadiens croient que le Canada devrait adopter une politique visant à réduire le nombre des réfugiés.En tout, 72 p.cent sont d'opinion, d'après ce qu'ils ont entendu ou lu, que nous faisons plus que notre part en admettant des réfugiés internationaux.Seulement 9 p.cent pensent que le Canada fait moins que sa part, à comparer à d'autres pays, cependant que 13 p.cent sont d'avis que le Canada est à part égale avec les autres pays en ce qui touche les réfugiés.La majorité (58 p.cent) croit que le Canada devrait se doter d'une politique en vue d'accueillir moins de réfugiés.Seulement 18 p.cent sont d'avis que le Canada devrait accepter plus de réfugiés cependant que 17 p.cent ne désirent aucun changement à la politique actuelle.Les questions posées à l'occasion du sondage sont les suivantes: « D'après ce que vous avez lu ou entendu, quelle est la position du Canada en ce qui concerne l'accueil des réfugiés internationaux.Pensez-vous que, par rapport aux autres pays, nous en accueillons plus que notre part ou moins que notre part?Croyez-vous que le Canada devrait adopter une politique qui nous permettrait d'accueillir davantage de réfugiés ou moins de réfugiés?» Notional Accueil des réfugiés: Plus que sa part.72% Part égale.13 Moins que sa part.9 Ne savent pas.7 Politique: Accepter moins de réfugiés.58 \u2022 Accepter même nombre.17 Accepter plus de réfugiés.18 Ne savent pas.7 L'addition des pourcentages ne donne pas toujours 100, les chiffres étant arrondis.Les résultats sont fondés sur des entrevues personnelles à domicile, effectuées entre les 11 et 13 septembre, auprès de 1 020 adultes âgés de 18 ans et plus.Pareil échantillonnage est précis à quatre points près, 19 fois sur 20.PRIVATISATION DES SOCIETES D'ETAT Johnson accuse les libéraux de faire du «dogmatisme quétaine» mm Pierre Marc Johnson accuse \u2014 les libéraux de Robert Bou-rassa de faire du « dogmatisme quétaine » avec la privatisation effrénée des sociétés d'État.« Nous ne les laisserons pas détruire ce que nous avons mis 25 ans à construire », d'avertir le leader péquisteen retrouvant un ton de chef de l'Opposition.MARIO FONTAINI M.Johnson a fait cette sortie hier, au terme du conseil national que le Parti québécois tenait ce week-end dans la métropole.Le démantèlement de Quebecair illustre parfaitement, selon lui, ce « dogmatisme quétaine »: pendant qu'on se promènera en jet au Canada anglais, le néoconservatisme libéral fait qu'on opte ici pour les avions à hélices et la vente d'une compagnie qui avait fait d'énormes progrès sur la voie de la rentabilité.Aux yeux du chef péquiste, les libéraux se comportent comme des « tarlas » au niveau de l'État.Ce n'est pas vrai, explique-t-il que, tout à coup, après avoir été un des principaux instruments ue développement économique, l'État québécois ne peut plus servir à rien.Celui-ci a toujours un rôle important à jouer, assure-t-il, en particulier dans la voie d'un partnership entre le secteur privé et l'État.Cette orientation était déjà contenue dans un document de réflexion sur le travail et l'économie, publié samedi.Le chef du Parti québécois l'a endossée hier, expliquant que s'il ne s'oppose pas de façon catégorique à la vente d'entreprises contrôlées par les sociétés d'État, il faut éviter que l'argent ainsi récupéré serve à payer les dépenses courantes.« La vente d'actifs de sociétés d'État ne doit pas entraîner la disparition d'entreprises.Ni une dilution du contrôle de notre économie, ni une baisse de l'emploi.Elle ne doit pas non plus conduire ni à la disparition ni à l'affaiblissement d'outils essentiels à notre développement », explique M.Johnson.Savoir où on va Le Québec doit absolument se doter de grandes entreprises capables de compétitionner au plan international, estime-t-on au PQ.Or, jusqu'à présent, celles-ci ont souvent été développées avec l'appui des sociétés d'État.D'où l'inquiétude devant « l'empressement, le plaisir » avec lequel le ministre responsable de la privatisation s'affaire à leur démantèlement.Un mini-colloque sur le rôle des sociétés d'État dans le développement économique du Québec, tenu en matinée pour le bénéfice des 250 délégués du conseil national, est généralement allé dans le même sens.Pour l'un des panélistes, Serge Guérin (Pétromont), la hâte affichée dans le moment par le gouvernement Bourassa est inquiétante.Certaines sociétés méritent d'être privatisées, dit-il, mais pour cela il faut auparavant avoir discuté de stratégie industrielle, savoir où on veut aller.Spécialiste de l'analyse des sociétés d'État à l'Université de Montréal, Philippe Faucher a expliqué pour sa part qu'on ne réglera pas grand chose en adoptant une position dogmatique (on vend les sociétés d'État) pour en remplacer une autre (on les garde).Protéger l'emploi La question du chômage a également été abordée hier, Pierre Marc Johnson affirmant que la situation de l'emploi se dégrade au Québec depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, et que ceux-ci vivent sur la lancée de projets initiés par l'ancienne administration péquiste, tels Bé-cancour, Hyundai ou Norsk Hydro.« Ce gouvernement, dit-il, n'était pas prêt à gouverner le deux décembre.Les libéraux ont fait perdre un an au Québec.» Et le leader du PQ s'engage à suivre les libéraux à la trace pour qu'ils se mettent au travail: « On ne se contentera pas seulement de constater leurs échecs, conclut M.(ohnson, on va les pousser pour qu'ils gouvernent », afin de ne pas « laisser ça à un club d'amis dont un des rapports ressemble à une conversation de taverne.» CHEVARDNADZE À OTTAWA CETTE SEMAINE Vers un réchauffement des rapports canado-soviétiques mm La semaine politique char-mm gée qui s'ouvre à Ottawa comportera aussi un important volet diplomatique: le ministre soviétique des Affaires étrangères Edouard Amvrosievitch Che-vardnadze y est attendu demain soir pour une visite officielle de quatre jours, en plein milieu de la rentrée parlementaire.JOONEED KHAN_ Cette première visite depuis 1975 d'un chef de la diplomatie du Kremlin à Ottawa marquera un réchauffement des rapports bilatéraux refroidis par l'invasion soviétique de l'Afghanistan en décembre 1979: deux accords destinés à promouvoir des échanges économiques, scientifiques et culturels, conclus au début des années 1970 mais dont l'application fut restreinte par le Canada après le « coup de Kaboul », seront en effet renouvelés durant la visite, ont indiqué des fonctionnaires des Affaires extérieures.L'Armée rouge occupe toujours le sol afghan et le climat international s'est même alourdi de l'arrestation, sous une accusation d'espionnage, à Moscou, du journaliste américain Nicholas Daniloff, mais le matériel de briefing distribué tant du côté canadien que soviétique met l'accent à la fois sur les relations de bon voisinage et sur l'importance du commerce bilatéral entre « les deux plus grands pays de l'hémisphère nord » \u2014 le marché soviétique offrant un immense potentiel aux exportations canadiennes.Le principal élément de ce commerce, à savoir le blé canadien exporté vers l'URSS, est toutefois en suspens: un nouvel accord céréalier, paraphé en décembre 1985, attend toujours d'être ratifié et, selon des officiels canadiens, il fera l'objet de discussions cette semaine au sein de la Commission économique mixte canado-soviétique, qui pourrait se pencher sur la possibilité de joint ventures canado-soviétiques.Les subventions céréalières décidées récemment par les États-Unis et la CEE risquent par ailleurs de compliquer le dossier.L'URSS, premier acheteur du blé canadien, a importé pour SI,6 milliard de produits canadiens en 1985 alors que la valeur totale de ses exportations vers le Canada atteignait $28,2 millions: Moscou pense que le potentiel du commerce entre les deux pays est illimité et désire rééquilibrer ces échanges, écrit l'agence soviétique Novosti.qui critique tant les barrières douanières et les restrictions de crédit au Canada que « les pressions des firmes américaines sur leurs filiales canadiennes pour ne pas vendre de technologie de pointe à l'URSS » et pour « défendre leur part du marché canadien ».Les relations Est-Ouest feront également l'objet de discussions lors de la visite du ministre soviétique, qui sera accompagné de son épouse, Mme Nanuli Chevardnadze, et de huit officiels de son ministère.Les fonctionnaires canadiens ont fait état de la réunification des familles en vertu de l'Accord d'Helsinki, de l'importance croissante de l'Arctique et du Cette photo fut prise à l'occasion de la dernière rencontre entre MM.Clark et Chevardnadze, l'année dernière, en URSS.Les deux hommes se rencontreront à Ottawa cette semaine.photo Router Pacifique \u2014 deux régions où le Canada et l'URSS se touchent \u2014, de la recherche canadienne d'un traité global interdisant les essais nucléaires, avec mesures de vérification, et du souhait d'Ottawa de voir se concrétiser un nouveau Sommet Reagan-Gorbatchev.La visite de M.Chevardnadze répond à l'invitation faite par le ministre |oe Clark qui s'était rendu en URSS l'an dernier.Les séances de travail réuniront MM.Clark et Chevardnadze, mais le ministre soviétique sera reçu par le premier ministre Brian Mulroney jeudi matin sur la colline parlementaire.M.Mulroney a déjà reçu une invitation de se rendre en Union soviétique et « l'éventualité d'une telle visite sera certainement évoquée avec M.Chevardnadze », ont indiqué des officiels canadiens, qui ont récusé tout lien possible entre elle et la tenue ou le report du prochain Sommet Reagan-Gorbatchev.Les conservateurs subissent leur premier test électoral aujourd'hui m Près de 140 000 Canadiens ™ auront droit de voté aujourd'hui aux élections complémentaires qui se tiennent dans les circonscriptions fédérales de Pembina, en Alberta, et de Saint-Maurice, au Québec.MAURICI GIRARD d« la Pr*tM Conodi»nn« Au total, 12 personnes ont fait acte de candidature à ce premier test électoral que doit subir le gouvernement conservateur depuis son accession au pouvoir, le 4 septembre 1984.Outre les trois Brands partis fédéraux (PLCt PC et NPD).d'autres formations politiques plus régionales sont représentées à ce scrutin, qui arrive à la mi-mandat du gouvernement du premier ministre Brian Mulroney: le Parti nationaliste au Québec et le Confederation of Western Region Party en Alberta.On dénombre trois indépendants dans Pembina et un dans Saint-Maurice.Dans Pembina, sept personnes sont inscrites sur les bulletins de vote: Doug Christie (lnd.); Ivor Dent (NPD); Ernie Jamison (lnd.); Elmer Knutson (Conf.); Anne B.McBride (lnd.); Chris Seiersen (PLC); et Walter Van de Walle (PC).Dans Saint-Maurice, il sont cinq: Gilles Gondin (PLC); Robert Leclerc (PC); Claude Rom-pré (NPD); Louise Gravel (PN); et lohn C.Tunnel (lnd.).Les bureaux de scrutin seront ouverts jusqu'à 20 heures.En raison du décalage horaire, le décompte .du vote dans Pembina ne débutera qu'à 22h00 (heure du Québec).Déjà, plus de 3 000 personnes se sont prévalues du vote par anticipation.C'est dans Saint-Maurice où le scrutin anticipé a été proportionnellement plus important: I 850 des 51 952 électeurs, soit 3,5 p.cent des votants.Dans Pembina, qui compte 87 198 électeurs, 1 184 ont fait leur devoir de citoyen, soit un peu plus de 1 p.cent des votants.Les brefs électoraux ont été émis le 10 août à la suite des démissions, dans les mois précédents, de lean Chrétien et de Pe- ter Elzinga.Deux autres élections complémentaires fédérales devront se tenir dans les prochains mois: Hamilton Mountain en Ontario, représenté tout récemment par le néo-démocrate Ian Deans, et Saint-|ohn-Est à Terre-Neuve par le conservateur lames McGrath (nommé lieutenant-gouverneur).Tant dans Pembina que dans Saint-Maurice, le député démissionnaire avait été élu, il y a deux ans, par une forte majorité.Le conservateur Elzinga avait obtenu 70,5 p.cent des suffrages et le libéral Chrétien 59 p.cent.Axées sur les enjeux locaux, ces deux élections complémentaires n'ont attiré l'attention du reste du pays qu'à la toute fin de la campagne lors de la participation des chefs de parti.Tant Ed Broadbent, John Turner que Brian Mulroney se sont déplacés pour faire campagne.Le chef du Nouveau Parti démocratique est retourné samedi en Alberta pour épauler son candidat qui fait une chaude lutte au conservateur.En Broadbent était venu trois fois au Québec, où son parti vise la deuxiè- me place et un pourcentage significatif des voix.Vendredi, le premier ministre Brian Mulroney est parti d'Ed-monton pour se rendre à Shawi-nigan.Devant des militants enthousiastes, il a accusé des libéraux d'avoir préféré John Turner au « p'tit gars de Shawi-nigan » lean Chrétien et invité les électeurs à déléguer dans la capitale fédérale Robert Leclerc, qui pourrait même se faire élire président de la Chambre, a-t-il laissé entendre.À peine lancé dans une contre-offensive visant à triompher au congrès de révision de son leadership en novembre, John Turner a aussi rendu hommage à lean Chrétien, jeudi.Ce qui ne l'a pas empêché d'attendre son départ pour l'Europe avant de se rendre dans Saint-Maurice.Les deux scrutins n'auront pas de grande influence sur la position des partis à la Chambre des Communes.Nonobstant les quatre sièges à pourvoir, on dénombre 208 conservateurs, 39 libéraux, 20 néo-démocrates et deux indépendants.à 4: ¦y \\KPRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 29 SEPTEMBRE 1986 -B.2 ÉDITORIAL PAUL DESMARAIS président du conseil d'administration ROGER D.LANDRY président et éditeur MICHEL ROY éditeur adjoint ' CLAUDE GRAVEL directeur de I information JEAN-GUY DUBUC édttcxialiite en chef M.Johnson franchit la première épreuve Avec une étonnante facilité, Pierre Marc Johnson a franchi ce week-end l'épreuve du Conseil national de son parti.C'est peut-être parce qu'il s'agit en effet de f son» parti désormais, avec une clientèle renouvelée et un esprit changé, un groupe bien différent du Parti québécois qu'on a connu ces dernières années.Comment expliquer autrement la sérénité, sinon la résignation, avec laquelle les militants ont accueilli le document de travail publié deux jours plus tôt par leur chef et qui recommande, pour vrai et pour longtemps cette fois, la mise au rancart de leur option essentielle ?Si l'on excepte les grognements de couloir et les témoignages d'indignation dans les salles de bain, surtout parmi les minoritaires irréductibles, ou les souverainistes qui croient toujours a l'indépendance assortie de l'association dans un avenir prévisible, si l'on tient compte aussi des réserves exprimées publiquement par Mmes Louise Harel et Francine Lalonde, il faut bien constater que le mémoire sur la question nationale n'a fait l'objet d'aucune interpellation en séance plénière, que le leader n'a été ni contesté ni même prié de s'expliquer davantage quand aux orientations proposées.Ce n'est qu'au printemps de 1987, il est vrai, que les modifications nécessaires seront inscrites dans le programme.Mais on voit mal comment se manifesterait d'ici là une opposition sérieuse au nouveau dessein national de M.Johnson puisque les applaudissements du Conseil national ont longuement et chaleureusement salué samedi autant la personne du chef que le discours qu'il venait de prononcer sur l'affirmation nationale et le document de base distribué la semaine dernière.Dans ces conditions, il est dès maintenant permis de conclure que le leadership de M.Johnson s'est raffermi depuis le congrès d'investiture de septembre 1985 au terme duquel il était déclaré élu avec 60 p.cent des suffrages.Tout indique que le membership, considérablement erode par la défaite électorale et la désaffection populaire envers la politique, s'accorde avec la perspective ouverte par le leader: un parti moderne, attentif à tous les mouvements d'Amérique du Nord, préoccupé d'économie et de développement industriel, partisan d'un État moins lourd mais relativement plus présent au Québec qu'ailleurs sur le continent en raison de son rôle indispensable pour la promotion culturelle et la spécificité nationale.Certes, ce programme d'affirmation nationale reste vague et indéterminé, généreux dans les intentions mais nébuleux quant aux moyens.Dans sa forme actuelle, un libéral ou même un néo-démocrate pourrait y souscrire.Robert Bourassa ne le renierait point.Il faudra donc retourner aux planches à dessins et doter le PQ \u2014 puisqu'il porte encore ce nom \u2014 d'un programme plus authentique, plus original.Mais la vocation d'un chef de l'opposition consiste aussi à critiquer les actions et les projets du gouvernement.M.Johnson devra donc s'y employer activement tout en préparant la nouvelle plate-forme de son groupe.Beaucoup de ses partisans voudraient le voir jouer le rôle légèrement démagogique que son père avait su tenir à la tête de l'Union nationale de 1961 à 1966.Mais il est douteux que le fils, par tempérament et par principe, veuille s'y prêter.Il n'est pas non plus certain que le style du guerrier agressif et mordant, truculent et hâbleur, convienne au leader d'une formation en pleine mutation idéologique.C'est en restant lui-même que M.Johnson gagnera la partie.Michel ROY Le terrorisme comme une glu De divers horizons se dessinent des mouvements en vue d'amener tous les gouvernements intéressés à se concerter en vue d'en finir avec ce que le premier ministre de France, M.Jacques Chirac, a appelé à la tribune des Nations unies «la lèpre du terrorisme».Dans nos propres murs, l'Organisation de l'aviation civile internationale étudie divers moyens pour contrer efficacement le terrorisme dans l'air.Les ministres de l'Intérieur de la Communauté économique européenne, réunis à Londres la semaine dernière, se sont mis d'accord sur la création d'un système de communications, sorte de «téléphone rouge», entre les forces chargées de la lutte antiterroriste et de la répression du crime.On se convainc un peu plus chaque jour que le terrorisme n'est pas diffèrent du grand banditisme et qu'il doit être traité comme tel, c'est-à-dire sans aucun ménagement.Lors du raid américain d'avril dernier sur la Libye, on a fait le reproche à la France de s'être comportée avec une indolence coupable, en refusant son espace aérien.C'est un aspect des choses qui relève principalement des relations entre Paris et Washington.Quoi qu'il en soit, cinq mois après l'opération voulue par M.Reagan, il faut bien constater que les bombes américaines sur Tripoli n'ont pas arrêté les progrès du mal, comme l'enseignent les multiples attentats dont la capitale française a été le théâtre sanglant ces dernières semaines.Dés lors, faut-il supposer que, mise à part la Libye, il existe d'autres États complices d'entreprises abominables?Mais oui! il faut le supposer.Ce qui déroute l'opinion, c'est une distinction souvent mal perçue entre les victimes.Les Américains sont atteints hors de leurs frontières; les Européens le sont chez eux.Et il faudrait une bonne dose d'aberration pour penser que les Européens n'en sont pas conscients.Les médias et les commentateurs sont empêtrés dans des contradictions qui débouchent sur l'hypocrisie.Les choses se passent souvent comme s'il y avait un «bon» terrorisme, à côté d'un terrorisme pervers.Si l'affreux Pinochet est liquidé physiquement au Chili, dans combien de milieux les assassins ne passeraient-ils pas pour des héros! Et comment ne pas voir que tant de régimes issus du terrorisme depuis 40 ans sont salués avec tous les égards dans nos élégantes chancelleries?C'est aussi cela, la glu.Au coeur de tant de maux présents on trouve le sempiternel problème palestinien, toujours dans l'attente d'une solution équitable.Comme dans tant d'autres situations, faute de traiter les vraies causes du mal, on s'acharne sur les symptômes.La FINUL, Force intérimaire des Nations unies au Liban, ne reçoit même pas les moyens d'accomplir sa mission, qui est d'assurer la sécurité, comme l'a rappelé à New York le premier ministre français.Le repli des Casques bleus français, suivi vraisemblablement du démantèlement de la Force intérimaire, aurait des conséquences désastreuses, comme vient de le dire le président Ge-mayel du Liban.L'incohérence des Occidentaux, additionnée au sectarisme de tous les adeptes de la politique du pire, donne les résultats qu'on connaît.Atteintes aujourd'hui au coeur, les démocraties se défendront.Sachons-le d'avance: tous les moyens seront bons.Ouy> CORMIER \\iooç Çêiez 7&à i PAC.Wârt9i& r> no 30030 7 shorn J Droits réservés Marc Laurendeau Malgré l'effort de Turner les couteaux volent bas (Collaboration spéciale) Périodiquement, les idées et le style d'un chef de formation doivent faire l'objet d'interrogations et d'un examen systématique.Cela fait partie intégrante du processus normal d'évolution.Mais la manière irrationnelle et sournoise dont est menée l'opération de déstabilisation de M.John Turner, chef du Parti libéral du Canada, choque le sens élémentaire de la justice et pourrait dégoûter quiconque de la vie politique canadienne.Les justifications avancées surprennent par leur minceur.Ainsi, M.Marcel Dionne, ex-député libéral fédéral (de 79 à 84) de Chicoutimi, partisan officiel de M.Turner lors de la course au leadership en 1984, confie à la Gazette qu'il a changé d'idée, à l'égard de la direction de Turner, parce que les sondages démontrent avec régularité que ce dernier est impopulaire et que le parti obtiendrait de meilleurs résultats sous la gouverne de M.lean Chrétien.Cette explication reste assez voisine de celle fournie par M.Jacques Corriveau, vice-président de l'aile québécoise du PLC.S'appuyant sur les sondages Gallup (indiquant que les libéraux ont récemment perdu cinq points) M.Jacques Corriveau affirme que M.Turner perdrait toute élection générale qui aurait lieu à l'heure actuel- le.Brandissant même des sondages aux commanditaires inconnus (contenant le risque d'une manipulation de l'opinion publique) M.Corriveau déclare même en substance que la tendance à la révision du leadership de M.Turner gagne fiévreusement les délégués du congres de novembre.Mais, pour calmer les inquiétudes, l'alternative se tient prête.M.lacques Corriveau rassurait vendredi les téléspectateurs de Radio-Canada: M.lean Chrétien l'a personnellement assuré qu'il est intéressé à tenter une autre fois sa chance de devenir chef du parti.La réalité scientifique c'est que pareils sondages ne prouvent rien du tout.Puisqu'on politique, les absents auréolés de mystère ont toujours raison.Us peuvent, tant qu'ils restent à l'écart, séduire davantage que les responsables politiques confrontés aux dures réalités de tous les jours.Que MM.Marcel Dionne et Jacques Corriveau s'attachent, dans leurs interventions, à ces supposées différences de popularité plutôt qu'aux idées, qu'à la vision économique et sociale des personnages politiques concernés, voilà qui en dit long sur leur démarche superficielle.Bien sûr, la versatilité n'est pas nouvelle en politique canadienne et québécoise.Tant à Ottawa qu'à Québec on a invoqué des sondages pour conseiller à un chef de partir.Mais rarement aura-t-on vu l'opportunisme à court terme et l'utilisation servile des sondages atteindre les sommets qu'il atteint aujourd'hui au PLC.M.Corriveau, qui s'était finalement rallié au chef actuel devant une foule à Québec, fait volte-face quand le vent parait tourner.Il reçoit, disait-il vendredi, pour effectuer sa campagne, la bénédiction de M.Jean Chrétien lui-même.D'autres invoquent le débat constitutionnel pour s'en prendre à |ohn Turner.C'est le cas, notamment, de l'ex-ministre Donald Iqhnston.Des députés n'aiment guère que le chef libéral favorise la reconnaissance du Québec comme société distincte.Certains sont même chargés de recueillir l'imprimatur de M.Trudeau sur la nouvelle position de M.Turner.C'est à de pareilles aberrations que conduit la nostalgie du pouvoir.Mais l'exclusion du Québec de l'actuelle Constitution restait un gâchis que M.Turner, à sa modeste manière, pouvait contribuer à réparer, âpres son cheminement marqué par la discussion et le courage.Incroyable ironie: ce sont des Québécois qui le poignardent dans le dos.Le sénateur libéral Keith Da-vey, qu'on dit moins familier avec le Québec, fait aussi sa part, dans ses déclarations aux journaux et par la publication d'extraits de son livre («The Rainmaker*).L'organisateur chevronné apporte une réflexion intéressante lorsqu'il soutient que le PLC remporte ses meilleurs gains électoraux lorsqu'il est le plus libéral (à gauche au sens social et économique) et non lorsqu'il essaie d'imiter les conservateurs.Mais Keith Davey truffe constamment son récit de potins, issus du dévoilement de conversations privées.Il révèle que M.Turner utilise parfois, en cercle restreint, un langage grossier, que Mme Geills Turner possède un caractère difficile et que la-présidente du parti, Mme lona Campagnolo manque de jugement politique et «permet à ses émotions de dépasser son intellect».Dans sa retraite dorée de Bay Street, lolin Turner critiquait certes les politiques économiques du gouvernement qu'il avait quitté.Mais jamais les couteaux n'auraient volé aussi bas.Plutôt que cette dégénérescence partisane, M.Turner mérite une évaluation honnête et décente de son leadership.Frédéric Wagnière Moins d'impôts n'est pas «s'américaniser» Le Plan d'action du Parti québécois nous met en garde contre «l'américanisation tranquille du Québec».Il donne l'exemple de «la critique à l'égard du fardeau fiscal élevé, inspirée de la révolte fiscale des classes moyennes américaines».Selon les instances supérieures du PQ, c'est à tort que l'on dénonce la fiscalité élevée chez nous de la même manière qu'aux États-Unis, car le Québécois jouit d'avantages sociaux plus importants que son voisin du sud.Cette façon de voir se défend, mais elle prête à confusion.La révolte fiscale s'est surtout manifestée de façon locale: les initiatives populaires, «Proposition 13» en Californie et «Proposition 2Vi» au Massachusetts, ont effectivement diminué les impôts de ces deux États et les dépenses gouvernementales.Cette révolte date d'il y a plusieurs années et il ne faut pas la confondre avec la réfor- me fiscale qui vient d'être approuvée par la Chambre des représentants.Quand les Canadiens, et à plus forte raison les Québécois, cherchent un allégement de leur fardeau fiscal, c'est à juste titre qu'ils suivent de près ce qui se passe aux États-Unis.En effet, la réforme américaine vise avant tout l'équité et l'efficacité.Le président Reagan et les législateurs ont toujours accepté le principe qui veut que la réforme fiscale ne soit utilisée ni pour augmenter ni pour diminuer les revenus de l'État.Il ne faut certes pas suivre aveuglément la voie tracée par les États-Unis.Ce qu'il faut en retenir est qu'il est possible de réformer un système fiscal et de l'adapter aux besoins de la société.À Ottawa, le ministre des Finances, M.Michael Wilson, se prépare è présenter un projet dans ce sens \u2014 un projet qui s'éloignerait considérablement -1-1 du «modèle américain» pour répondre aux besoins propres du Canada.Le gouvernement du Québec ne s'est pas encore prononcé sur la réforme fiscale dans le cadre de ses efforts pour rétablir les finances de l'État.Quand le gouvernement fédéral présentera son projet, M.Bourassa devra, sans doute, lui emboîter le pas, ce qui pourrait stimuler une réforme plus profonde au niveau provincial.Québec n'aura, cependant, pas à commencer à zéro.Il pourra s'inspirer du Livre blanc sur la fiscalité des particuliers, préparé par le ministère des Finances à l'époque où M.Jacques Parizeau était ministre, et publié par son successeur, M.Yves Duhaime, il y a dix-huit mois.Ce Livre blanc ne mérite pas l'oubli dans lequel il semble être sombré.On y lit notamment: «Surtaxées, les entrepri- s- ses finissent pas être convaincues que tout accroissement de leur performance n'est qu'un moyen d'inciter l'État à leur enlever l'essentiel du fruit de cette performance, pour financer l'appareil gouvernemental.Quant aux particuliers, la de-sincitation au travail est universelle chez eux.» Évoquant le troc et le marché noir, il enchaîne: «Plus les impôts restent élevés, plus croit la partie des revenus qui échappe à toute comptabilisation, donc à tout impôt.L'imposition systématisée aboutit à des échappatoires systématisées.» L'intérêt que l'on porte à la réforme fiscale n'est pas l'adoption de «réflexes politiques américains».C'est un besoin profond pour l'avenir du Québec et le travail législatif gigantesque qui s'achève cette semaine à Washington doit inspirer le Québec à trouver sa solution propre.-Si-1- B IA PRESSb.MONTRÉAL, IUNDI 29 SEPTEMBRE 1986 TRIBUNE LIBRE B 3 La nouvelle vision du Parti québécois M.Pierre Marc Johnson, président du Parti québécois, a présenté le 24 septembre un document qui définit la place du Québec dans l'ensemble canadien et nord-américain.Nous reprodui- , sons ici l'analyse politique que propose la direction du Parti pour justifier la nouvelle orientation, \u2022 Une série de facteurs, qu'il faut une dernière fois revoir avant de regarder l'avenir, se sont conjugues pour affaiblir l'expression de solidarité qui est essentielle à notre projet politique de souveraineté-association.PlTre Marc JOHNSON Les conditions linguistiques, économiques et fiscales qui ont favorisé de I960 à 1980 la montée de l'option indépendantiste et de l'option de la souveraineté-association ont profondément changé.En matière linguistique, les succès dus à la loi 101 auront permis que, dans l'ensemble, les enfants des immigrants fréquentent l'école française, qu'enfin Montréal prenne son visage français et que progresse l'utilisation du français au travail.Tous ces acquis demeurent fragiles mais il n'en reste pas moins qu'ils ont répondu partiellement aux besoins les plus manifestes et les plus évidents exprimés dans les revendications de la majorité depuis les années soixante.Les progrès, apparents plus que réels de la langue française au Canada, ont donné à certaines des communautés francophones hors Québec de nouveaux instruments de développement, mais cela n'a rien changé aux effets du régime fédéral sur le Québec en matière linguistique.Notre volonté collective et celle des élus à l'Assemblée nationale sont essentielles au maintien comme à l'extension des progrès si chèrement acquis du français sur notre territoire.Des francophones occupent un nombre de plus en plus grand de postes-clés dans de grandes entreprises du Québec.Des capitaux québécois contrôlent de plus en plus d'instruments financiers et les réussites industrielles et commerciales de l'entrepreneurship québécois révèlent sa nouvelle vi- talité.Tout cela a été possible souvent grâce à l'appui de l'État québécois.Le problème du chômage n'a pas été réglé pour autant mais nous avons désormais des concitoyens et des concitoyennes mieux formés et mieux outillés pour occuper notre espace économique.L'amélioration sensible de la scolarisation, de la santé et de la qualité de vie des Québécois et des Québécoises est incontestable.En dépit du problème crucial des sans-travail, ces progrès ont corrigé bon nombre de situations intolérables qui justifiaient jadis la dénonciation de l'«oppression nationale».Longtemps, les rapports financiers entre le gouvernement du Canada et le gouvernements du Québec ont fait l'objet de dénonciations: nous versions en impôts plus que la valeur des services qui nous étaient rendus.Quinze ans de gestion libérale fédérale ont pu donner l'impression d'une augmentation des services fédéraux mais'dans les faits nous ne faisons qu'assumer notre part d'un déficit canadien devenu démesuré.Les progrès linguistiques malgré leur fragilité certaine, l'émergence des forces économiques québécoises et les modifications des données de la problématique fiscale et financière du Canada et du Québec ont permis de répondre partiellement ou apparemment à de nombreuses préoccupations qui servaient de support au discours indépendantiste, souverainiste ou nationaliste des années soixante et soixante-dix.C'est ainsi que ces arguments, que nous utilisions à l'appui de notre projet collectif de maîtrise de notre destin, ne correspondent plus tout à fait à la réalité et surtout à la perception de cette réalité.Au-delà de ces réalisations ou de ces modifications, il y a aussi le fait que la politique soulève moins d'enthousiasme, ici comme dans l'ensemble du monde occidental.Quand on recherche un emploi ou qu'on s'inquiète de celui d'un proche, on attend de la politique essentiellement des réponses à ses besoins.Far ailleurs, la découverte relativement récente pour des dizaines de milliers de Québécois et Québécoises des circuits économiques dont ils M.Pierre Marc Johnson avaient été écartés ou dont ils s'étaient tenus à distance pendant des décennies, accapare beaucoup d'énergies et de projets.On bâtit le Québec économique: cela est réel, cela est valorisant, cela est nécessaire.Cependant, cette démarche reste une démarche individuelle même si elle est multiple et ne peut à elle seule répondre aux exigences d'une affirmation collective du Quebec.Dès 1977, après la prise du pouvoir par le Parti québécois, le gouvernement fédéral s'est doté d'une stratégie visant trois objectifs: faire échec à l'option du gouvernement du Parti québécois lors du référendum, rapatrier la constitution canadienne en acculant le Québec à une position défensive, déployer une énorme machine de propagande.Près de dix ans se sont écoulés depuis cette époque.Force est de constater que cette stratégie a connu des succès.En dépit des démonstrations de l'effet souvent paralysant de l'action de l'état central sur le Québec, une majorité de nos concitoyens considère l'espace québécois comme étant aussi canadien.Xes effets subtils de la concentration du pouvoir entre les mains de l'État fédéral, au détriment du Québec et en faveur de l'Ontario sont quotidiens, réels et vérifiablcs.Cependant, nos concitoyens sont confrontes tous les jours à une information qui leur vient de tous les coins de la planète: violence faite aux minorités, sang versé au nom des idéologies dictatoriales, privation de libertés fondamentales dont sont victimes des millions d'êtres humains ailleurs dans le monde, sans compter l'appréhension de la terreur nucléaire.11 n'est pas surprenant que dans un tel contexte les effets contraignants du fédéralisme canadien sur les intérêts économiques, politiques et culturels du Québec apparaissent comme des enjeux d'une importance relative.Nous sommes de plus en plus des Nord-Américains.Notre espace économique est celui du continent dont nous subissons constamment les soubresauts, les récessions et les reprises et même une partie des politiques.Il nous arrive même d'avoir des réflexes politiques américains alors que les données objectives sont ici très différentes: c'est le cas par exemple de la critique à l'égard du fardeau fiscal élevé inspiré de la «révolte fiscale» des classes moyennes américaines.Or.aux Etats-Unis, le citoyen au salaire industriel moyen reçoit de l'Etat peu de services.Si la fiscalité est élevée au Québec, elle est accompagnée de l'accès à des services de santé, d'éducation, de protection sociale étendus, et nous n'avons pas à entretenir une armée aussi importante que celle des Américains.Notre système de taxation est pourtant dénoncé à tort de la même manière qu'aux Etats-Unis.Les forces économiques, le marché que constituent les Etats-Unis, la réserve de ressources que nous représentons pour eux, le caractère stratégique du territoire québécois dans l'Allantique-Nord lient notre sort et notre avenir à ce continent.Dans un contexte de communications de plus en plus denses et multiples où nous valorisons la liberté individuelle, nous sommes unis et cimentés beaucoup plus que geographique-ment au devenir du continent, (à suivre) Un avenir gris pour la télévision communautaire Le 7 septembre, aux abords du Mont-Royal, le ciel s'est furtivement éclaire des feux célébrant l'ouverture de Télévision Quatre Saisons.La population au complet était invitée à fêter l'événement.La naissance d'un nouveau canal est une nouvelle que l'on traite à la une, une nouvelle qui passionne autrement que les négociations sur le libre-échange ou même les attentats terroristes à Paris.C'est un événement auquel on prête attention, qui nous touche et nous touchera longtemps et pas indirectement.Chez soi, à portée de la main, quelques heures par semaine.Pour les Montréalais, qui se voient gratifies de Musique Plus, de nouveaux canaux spécialisés (et même un «encan sablier»!) en plus de Quatre Saisons, l'énorme boite à surprise, notre télévision vit une période intense, une effervescence comme on n'en a pas vue depuis fort longtemps.Le feu d'artifice est si éclatant qu'il incite à penser que nous, public comblé, disposons d'un système de radiodiffusion irrésistiblement poussé vers l'avant, le progrès.Un système qu'on régit avec la détermination d'offrir plus et mieux.Notre télévision se transforme, sans doute, mais son développement prend des allures suspectes.Il ne se fajt qu'en un seul sens: celui de l'uniformisation rentable.Le modèle privilégié de nos jours serait un colosse sourd entretenant une communication unidirectionnelle avec tout ce qui gravite autour de la métropole.Voyez les régions, devenues exsangues au niveau des mass-mé-dias électroniques.Au nom de l'inattaquable motif économique, Radio-Québec s'en est désintéressé au point de fermer certains de ses bureaux régionaux.Radio-Canada y diminue régulièrement ses sources et effectifs.Les télévisions communautaires, qui apportent un modeste correctif à la pénurie de productions traitant de problématiques locales et régionales, sont acculées à la fermeture, le ministère québécois des Communications ayant manifesté son intention ferme de ne plus participer à leur financement.Les subsides accordés aux TVC n'étaient pourtant pas astronomiques.Elles obtenaient entre 10 et 40 0005 en subventions annuelles.Limitée, cette aide financière leur est cependant indispensable.On sait à quelles rigueurs elles sont soumises en matière de publicité.Et, «sur le terrain», on sait bien que les décisions récentes du C RTC à ce chapitre n'auront qu'un effet négligeable.Les télévisions communautaires recueillent actuellement dans le milieu jusqu'à 40% de leur financement.En tenant compte du fait que le travail n'y est généralement pas rémunéré, que les TVC ont à intéresser des auditoires sollicités par les grandes chaines avec des moyens plus que restreints, peut-on sérieusement imposer que ce pourcentage soit haussé?Au ministère, si l'on se berce trop longtemps de cette illusion, on aura bientôt à assumer l'odieux de la disparition d'un réseau dont l'importance et le potentiel sont reconnus entre autres, comme on le verra, par les membrts du groupe de travail Ca-plan-Sauvageau.Les télévisions communautaires ne sont pas les seules à .voir l'avenir en gris.Les regroupements populaires qui veillaient, dans cinq régions du Québec, à ce que les services de communication soient assurés adéquatement, ont eux aussi appris qu'ils devront se passer de l'aide gouvernementale.Ces organismes, qui ont le mandat presque démesuré de rendre compte des attentes du public auprès des instances de réglementation, devront se faire entreprises commerçantes pour parvenir à survivre.Belle absurdité.Les noyaux actifs de bénévoles et de permanents devront mettre de côté le travail de consultation, de recherche, de représentation et d'éducation pour se consacrer au plus pressant : se donner les moyens d'exister.«Nous attendons vos commentaires» disent les diffuseurs.Le CRTC tient à Hull des audiences lors des renouvellements de permis.11 n'y a jamais foule pour donner la contrepartie, quand les demandeurs ont terminé leurs savants exposés.On souhaite avoir le feed-back des usagers, au moins en théorie.Mais si toutes les initiatives visant à ce que le public se manifeste et utilise ce droit de parole qu'on lui accorde sont ignorées, on devra apprendre (ou continuer?) à s'en passer.Il faudrait bien qu'un jour le CRTC et la Régie des Services publics reconnaissent que la représentation des usagers s'exerce cahin-caha.Puisque de part et d'autre on juge cette représentation primordiale, affirmons donc clairement que les gouvernements se doivent d'appuyer les structures démocratiques regroupant les «consommateurs» avertis et attentifs de médias.L'Association nationale des té- léspectateurs est elle aussi sévèrement affectée par les changements d'humeur du gouvernement québécois*.Du ministère des Communications, nous avons reçu les mêmes nouvelles que tous les autres regroupements d'usagers.Au ministère du Loisir, on réalise avec perplexité que TANT s'occupe d'éducation des téléspectateurs.La situation est ambiguë.N'est-ce pas le moment idéal pour réaliser une belle économie?Parce qu'enfin, est-il seulement concevable que le loisir et l'éducation logent à la même enseigne?La question mérite examen.En attendant d'y voir plus clair, le ministère du Loisir a diminué notre subvention annuelle du quart et nous invite, sans détour, à frapper à d'autres portes.L'Association, c'est un travail souterrain, entrepris de longue date, qu'on menacerait d'abandonner avant son parachèvement.Pendant le feu d'artifice, ce sont des acquis des décennies passées qui tombent.Tout ce qui fut mis sur pied en fonction de la démocratisation des médias est en voie d'être évacué.Après les TVC et les regroupements d'usagers, quel sort réservera-t-on aux médias écrits et aux radios communautaires?Ce changement de cap radical peut très bientôt, s'il n'est réévalué, porter à d'irrémédiables conséquences.Laurent LEGAULT cordonnateur, Association nationale des téléspectateurs * L'Office des communications sociales et le Centre Saint-Pierre sont aussi menacés de perdre l'assistance financière du ministère des Communications du Québec.Une question posée au RCM Pour les femmes : égalité, embauche, promotion ?M.lean Doré Président Rassemblement des citoyennes et citoyens de Montréal Le Devoir et LA PRESSE du 18 septembre 1986 rapportent les eropos que vous avez tenus au deal organisé par le Conseil des femmes de Montréal.Si vous avez bien dit que «l'embauche des femmes sera favorisée, à compétence égale», cela correspond à ce que l'on a appelé «l'égalité des chances» dans les années 1970.Nous tenons à vous signaler Ïue cela ne correspond pas à la éfinition d'un programme d'accès à l'égalité désormais communément admise, puisqu'elle a été retenue dans le règlement d'application de la Partie 111 de la Charte des droits et libertés de la personne.L'article 2 de la section II du règlement se lit, en effet, comme suit: «Un programme d'accès à l'égalité contient notamment les éléments suivants: 1) les objectifs poursuivis quant à l'amélioration de la représentation des membres du groupe cible; 2) les mesures nécessaires pour corriger les effets de la situation de discrimination constatée; 3) un échéancier pour la réalisation des objectifs a atteindre et pour l'implantation des mesures prévues à cette fin; 4) les mécanismes de contrôle permettant d'évaluer les progrés réalisés et des difficultés rencon- trées dans son application et de déterminer les ajustements à y apporter».Action Travail des Femmes considère essentiel que le RCM sache ce que les femmes et les groupes qui les représentent veulent dire quand elles demandent que des programmes d'accès à l'égalité soient mis sur pied dans les entreprises et dans les municipalités.Il s'agit d'aller beaucoup plus loin que la simple «égalité des chances»; il s'agit de remédier à la discrimination subie depuis longtemps par des groupes entiers de la population dont le plus nombreux est celui des femmes, puisqu'il inclut les femmes des minorités visibles, des groupes ethniques et les femmes handicapées.Que Monsieur Dupras nie que cette discrimination existe, cest anachronique, mais que vous-même.Monsieur Doré, ne soyez pas à la fine pointe des remèdes à lui apporter, c'est inacceptable.Le RCM va-t-il s'engager, pendant la campagne électorale, à implanter de véritables programmes d'accès à égalité, à l'embauche et à la promotion pour les femmes, à la Ville de Montréal, s'il gagne les élections?La question vous est posée et nous nous attendons à ce que vous y répondiez clairement à une prochaine tribune publique.Dominique LECLERCQ pour Action Travail des Femmes Musée en l'honneur du frère Marie-Victorin Depuis que la Commission scolaire régionale de Chambly a reçu l'autorisation du ministère de l'Éducation pour effectuer des travaux de rénovation au Collège de Longueuil afin d'y aménager son centre administratif, plusieurs personnes et organismes se sont montrés intéressés par le sort que réservera la CSRC aux appartements du frère Marie-Victorin, inoccupés depuis sa mort en 1944.Voici donc quelques observations qui, je l'espère, contribueront à considérer notre décision.D'abord, j'aimerais rassurer nos interlocuteurs sur ce «sort» qu'entend réserver la CSRC à cet illustre personnage qu'a été et est toujours le frère Marie-Victorin.Nous sommes conscients et aussi très fiers d'occuper les lieux mêmes où a vécu, pendant de nombreuses années, ce personnage qui a marqué l'histoire de Longueuil et du Québec.C'est pour cette raison d'ailleurs qu'un musée sera aménagé en son honneur dans notre futur centre administratif; un musée où seront regroupés des objets ayant appartenu au frère Marie-Victorin et même la porte et les boiseries qui ont constitué ses appartements.Cet espace historique, qui sera situe dans rentrée principale, sera sous la vigilance de la Société historique du Marigot, notre principal interlocuteur dans ce dossier.Pour ce qui est de la «suite» elle-même (chambre, bureau et salle de bain), voila plus de 30 ans qu'elle sert de piece d'entreposage et ne contient absolument aucun objet ayant appartenu au frère Marie-Victorin.D'ailleurs, personne ne s'est jamais intéresse à cet espace avant que la CSRC parle d'aménager le Collège de Longueuil en centre administratif.Rajoutons que les travaux qu'entreprendra sous peu la CSRC seront majeurs et que les appartements du frère sont situés au coeur même d'une aire de travail; notre Commission n'a d'autre choix que de les convertir en bureaux.Mais il n'y a pas que les appartements du frère Marie-Victorin a considérer dans ce dossier; il y a tout le Collège lui-même qui fail partie de l'histoire de Longueuil.La CSRC doit d'ailleurs laisser la façade intacte (dont l'escalier central).Vous voyez bien que nous ne jouerons pas inutilement les démolisseurs.Jacques DUMESNIL président Sur le dossier de la sclérose en plaques La lettre de Mme Laurence-B.Gosselin publiée dans LA PRESSE du 10 septembre (Tribune libre), pourrait induire en erreur plusieurs lecteurs.C'esi pourquoi nous croyons qu'il est important d'apporter certaines précisions.(Sclerose en plaques; unité, persévérance).Elle parle de campagne de dénigrement de notre part.Nous tenons à préciser que notre demarche n'était pas contre la Division du Québec (de la Société canadienne de la sclérose en plaques) mais bien pour la recherche et les personnes atteintes de sclérose en plaques.Nous avons consacre plusieurs centaines d'heures de bénévolat, principalement dans les quelques mois qui ont précédé notre démission (15 mars 86) du comité executif de la Division, à étudier de l'intérieur le fonctionnement du bureau et principalement le budget (dépenses) de la Division.Cette connaissance approfondie du dossier que très peu de membres ont eu l'occasion ou le courage d'acquérir, nous a incités à vouloir proposer au conseil d'administration certains contrôles et certaines coupures au niveau des dépenses.Cependant ces coupures auraient pu diminuer le confort de certaine(s) personne(s) et nous avons tout lieu de croire que.précédemment au CA du 15 mars 86, nous-mêmes avions été victimes d'une campagne de dénigrement.Certains administrateurs sont même allés jusqu'à déclarer que plusieurs d'entre nous ne visions qu'à obtenir un emploi à la Division, et cela a été cité à l'intérieur d'un article paru dans un quotidien de Trois-Rivières (Le Nouvelliste, 5 mai 1986).En effet lors de ce CA toutes nos propositions se sont heurtées à un mur d'hostilité systématique et toute la réunion s'est déroulée comme une pièce de théâtre préalablement très bien mise en scène.A la suite de cette réunion, demeurer en fonction aurait constitué une caution pour le mode de gestion de la Division.Sans «ran- coeur» ni «frustration», nous continuons d'oeuvrer pour la sclérose en plaques mais par d'autres moyens que la Division.En effet les services aux patients seront offerts par un réseau d'associations régionales (plusieurs sont déjà incorporées, d'autres sont en voie de l'être) qui devraient éventuellement être financées par voie de subventions; ceci n'est pas sans précédent, puisqu'il existe déjà, depuis plusieurs années, une telle association sur la Rive sud de Montréal.Quant à la recherche, ces différentes associations pourront éventuellement se regrouper au sein d'une fédération provinciale dont la seule fonction serait de recueillir des fonds et de les acheminer directement aux chercheurs, et ce, avec un très strict minimum de frais d'administration.La lettre dit également «.C'est dans l'unité et la perseverance que l'on atteint un but.» Nous en sommes pleinement conscients, mais encore faut-il que tous aient le même but, et ce, à l'exclusion de certains buts personnels! De même, lorsqu'il est affirmé que la levée de fonds a été un succès cette année, nous croyons que ce qu'il est important, c'est de savoir combien il en restera pour la recherche.s'il en reste.En terminant, nous croyons qu'il serait utile de suggérer qu'avant de porter des jugements sur des personnes ou des situations, on devrait, comme nous, prendre le temps de faire des recherches en profondeur aux sources et non pas juger sur les apparences ou sur certaines informations, peut-être biaisées.qu'on voudra bien fournir.Léon LUSSIER président démissionnaire Lucien DUSSAULT premier vice-president démissionnaire Jean RAYMOND deuxième vice-president démissionnaire Georges MALOUIN trésorier démissionnaire Parlons-en des fumeurs Avez-vous déjà fait le compte de ce qui est dépensé pour vous, amis fumeurs?D'abord des cendriers qu'il faut acheter puis laver, à la maison, au restaurant, dans les chambres d'hôtel, au bureau.Lorsqu'il n'y a pas de cendriers, ça coûte encore plus cher: il faut des balayeurs qui ne suffisent pas à la tâche.Dans les endroits publics, où on s'offre le luxe d'un tapis, certains fumeurs, «écrasent» avec impudence et laissent ainsi une trace irréparable derrière eux.Les plantes, ces pauvres repré- sentantes du règne végétal, sont obligées de bouffer la cendre souvent jetée discrètement comme engrais d'occasion, quand ce n'est pas le mégot.Que de fumée nous devons inhaler sans rien dire! Et les enfants des fumeurs ont-ils quelque chose à dire là-dessus?S'il n'y avait que les poumons des fumeurs d'endommagés, on laisserait faire, mais ce n'est pas le cas.lusqu'où mèneront les supposes droits des fumeurs?Lorraine BASTIEN Vimont la presse RENSEIGNEMENTS 285-7272 LA PRESSE est publié* par LA PRESSE LTÉE, 7, ru* Somt-Jocqu*», Montreal H2Y 1K9 S*ul* b Pr*»»* Canadienne *it autorisée à diffuser les Informarloni d* \u2022 LA PRESSE \u2022 et celles des t*rvic*t d* b Pr*»* Associée et d* Reuter Tous droit» d* reproduction des Information» particulier*» à LA PRESSE sont «gaiement réservés.«Courrier de b deuxième cbtl* \u2014 Enregistrement numéro 1400.\u2022 Port de retour garanti.ABONNEMENT 2154911 U servie» de» abonnement» est ouvert du lundi ou vendredi d* 7h è 18h.3157070 215-7100 RÉDACTION COMPTABILITÉ 3*5-6192 2154900 ANNONCES CLASSEES Commande» ou correction! lundi ou vendrtdi ot 8 h o 17 h GRANDES ANNONCES \"Mm.-?U \u2014 » - ttMfTQIHQTm Nohoncl, Télé-PPMM Vocotmtt VoyoQM 283-7111 285-7202 285-7306 285-7265 285-7320 B LA PRESSE.MONTRÉAL LUNDI 29 SEPTEMBRE 1986 B 4 \u2022 ARTS ET SPECTACLES AU COLLOQUE DE L'ACADÉMIE Québec et francophonie mm Après la géographie, la ™ langue.Le colloque de l'Académie canadienne-française l'an dernier proposait un examen des rapports du Québec et des États-Unis.Le thème cette année : « Québec/Francophonie ».On souhaite éclairer la nature des liens qui relient la culture québécoise aux autres cultures francophones dans le monde.Le programme suggère quel- âues pistes.Est-on conscient au luébec des vastes ressources que rend accessibles une langue commune à quelque cent millions d'individus?Les littératures de la francophonie sont-elles reçues dans ses diverses cultures?Ou faudrait-il s'en tenir aux seuls jeux de pouvoir entre Paris et ses lointaines provinces?« Comment, demande encore Fernande Saint-Martin, des Monique Leyrac relations multipliées entre les cultures francophones permettront-elles à chacune de s'affermir dans sa différence, pour offrir à l'autre l'enrichissement d'une expérience humaine assumée de façon créatrice?» Les communications seront regroupées autour de trois thèmes.À la table ronde des « bilans », on entendra Paul Beau-lieu, Paul-André Comeau, Denis Héroux et Yves Dubé.Lise Gauvin, lean-Marie Klinken-berg et Madeleine Ouellete-Mi-chalska parleront de « barrières/interprétations ».La table ronde consacrée aux « perspectives » réunira Michèle Lalonde, |ean Morrisset et Michel Têtu.Quelle qu'en soit la raison, comment ne pas déplorer l'absence, parmi ces personnes, de Québécois d'origine antillaise, ou africaine, ou asiatique?Le colloque est organisé en .collaboration avec le PEN Club, l'Union des écrivains et la Société des écrivains.Il aura lieu à l'Auberge Mont-Gabriel les 24, 25 et 26 octobre.Il est ouvert à tous les écrivains et au public.De tout en bref Le RAÉA, ou regroupement des auteurs-éditeurs autonomes, vient de faire paraître son catalogue 1986-1987.Pour concourir aux prix Solaris de science-fiction, fantastique et fantasy, dans les sections création littéraire et bandes dessinées, la date limite des envois est fixée au 31 décembre 1986.Les Maisons de la culture proposent en octobre un Hommage à Nelligan, par Monique Leyrac : aux maisons de Mai-sonneuve le lundi 6 à 20 h, Marie-Uguay le mercredi 29 même heure et Notre-Dame-de-Grâce le jeudi 30 à 20 h 50.Un ouvrage de Bernard Courteau, Nelligan n'était pas fou, paru chez Louise Cour-teau éditrice, veut prouver cela justement.Un biographie de Danielle Ouimet, Adrien Pouliot - un homme en avance sur son temps (éd.Boréal), a été lancée jeudi à Québec.À son premier dlner-causerie de la saison, la Société des écrivains canadiens recevra le jeudi 2 octobre le romancier Yves Beauchemln.Princesse Mandapu, de notre compatriote Makombo Bamboté, sera réédité en poche par Présence africaine et Fer-nand Nathan.Les Salons du livre québécois ont lieu au Saguenay-Lac-Saint-)ean du 24 au 28 septembre, en Estrie du 15 au 19 octobre, à Riraouski du 30 octobre au 2 novembre, à Montréal du 20 au 25 novembre, sur la Côte Nord du 19 au 22 février, au Centre du Québec du 26 février au 1er mars, en Ou-(aouais du 25 au 29 mars, à Québec du 27 avril au 3 mai et en Abitibi-1 emiscamingue du 28 au 31 mai.Les lectures mensuelles de la galerie Skol ont entrepris leur nouvelle saison hier avec l'invitée Nicole Brossord Un comptable malhonnête, un directeur de banque nerveux qui retire une marge de crédit, voilà oui a suffi, selon la libraire Gisèle Côté, à fermer la librairie Diolecta.C'était la seule de Mont-Saint-Hilaire.La société d'informatique Logidisque offrira pendant trois ans une bourse de I 500 $ pour doter le Grand Prix Logidisque de la science-fiction et du fantastique.Le p.-d.g.et écrivain Louis-Philippe Hébert renoue ainsi avec ses anciennes amours.L'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois a reçu trois nouveaux membres.Dixit.01, fondée en 1984, Trois, fondée en 1985, et XYZ, la revue de la nouvelle, fondée aussi en 1985.Télévision Quatre Saisons a son émission littéraire.Claude Jasmin qui l'anime a une peur terrible du silence.Si cela lui passe, on entendra enfin les autres.LA PRESSE et la CÊCM participeront encore cette année aux concours littéraires du Salon du livre de Montréal destinés aux élèves des cours primaire et secondaire.Le numéro 33 de la revue Voix et images s'intéresse principalement à Yolande Ville-maire.En sous-titre : inspirer l'Amérique.Le sixième Cahier du département d'études littéraires de l'UQÀM est consacré au roman Harlequin : la Corrida de l'amour.Ole !.Un rappel : janou Saint-Denis ouvre sa Place aux poètes mercredi prochain à 21 heures.Elle sera en vedette, la poésie aussi.Jean Tétreau son ami a consacré un livre à la vie et à l'oeuvre de François Herlel, mort récemment.Aux éditions Pierre Tisseyre.Ce sont de jeunes et petites maisons montréalaises, VLB éditeur et Guernica, qui publieront dans une quinzaine Pour Montréal, du candidat à la mairie Jean Doré.Un film sera tiré du roman de l'écrivain canadien-anglais Brian Moore, Robe noire, qui paraîtra bientôt en français chez Payot, dans une traduction du poète Ivan Steenhout (alias Alexis Lefrançois).Le Regroupement des écrivains de rAbitlbi-Témiscamln-gue publie depuis peu un bulletin de liaison.Yves Beauchemln Le Concours pour jeunes auteurs de 16 à 20 ans du Salon international du livre de Québec a une nouvelle catégorie, qui recevra les récits-témoignages.La librairie Hermès recevra le samedi 4 octobre Jean Renaud, auteur de la Quête antimoderne, ouvrage publié aux éditions du Beffroi, et le 18 octobre Emile Olllvler, dont la Discorde à cent voix a paru aux éditions Albin Michel.Le Choix du libraire a porté, pour le mois d'octobre, sur un titre franco-québécois.Une histoire américaine, de Jacques God boot, roman édité au Seuil.Les éditions Boréal lancent une nouvelle collection consacrée aux livres pour enfants.On annonce un conte inédit de Gabrielle Roy.Une exposition qui célèbre le 15e anniversaire des éditions du Noroît est en cours à la Bibliothèque nationale du Québec, rue Saint-Denis.C'est, comme on dit, à voir absolument.Tous les vendredis A 16 h 50, CBF-MF présente le Pouvoir des mots, une série produite par Claudette Lambert et réalisée par (ean-Guy Pilon avec l'assistance de Hélène Savoie.Sous le titre The Iron Wed- fre, les Canadiens-anglais uni-ingues, s'il s'en trouve, peuvent maintenant lire I Appel de la race, de Lionel Groolx.L'ouvrage parait aux Presses de l'université Carleton d'Ottawa.DENYS ARCAND AU FESTIVAL DE NEW YORK « La vraie bataille reste à venir.ee » mm Depuis Cannes, de festival ™ en festival, Denys Arcand va de triomphe en triomphe.Dernier succès : New York samedi soir, où le Déclin de l'emn-pire américain était présenté devant le public sophistiqué du New York Film Festival.SEROl DU1SAULT «Ça a marché très, très bien », me disait hier Denys Arcand que j'ai rejoint au téléphone.La veille, il s'était couché aux petites heures, après un souper au champagne offert par le consul général du Canada à New York.Fatigué, Arcand?Sa voix est claire, il semble en grande forme.L'accueil de New York lui donne des ailes.Un accueil chaleureux : ap-plaudissemnents nourris après la projection.Et la salle ne s'est pas vidée pour la période de questions.«Habituellement, une centaine de personnes restent dans la salle; après le Déclin, je crois qu'ils étaient 900.\u2014 Était-ce les mêmes questions qu'à Cannes ou à Toronto?\u2014 Sur le film même, oui.Sauf qu'on me posait des questions sur la société canadienne.Et quelques Américains me demandaient : croyez-vous vraiment que nous sommes une société en déclin?\u2014 Le titre du film ne les a pas étonnés?\u2014 Non, pas du tout.Pour les Américains, ce titre pose une question fondamentale.Ils ont tous une opinion sur le déclin de leur civilisation.\u2014 Et la critique new-yorkaise?\u2014 On m'a comparé aux cinéastes européens, à Rohmer, aux premiers Bergman.Vincent Canby a parlé d'Alain Tanner.Franchement, c'est en général très flatteur.\u2014 Que pensez-vous de ces comparaisons?\u2014 C'est comme si on parlait de quelqu'un d'autre.|e suis incapable d'avoir un regard objectif sur moi-même, je prends les choses comme elles viennent.Denys Arcand à New York, en compagnie de Dorothée Berryman et du consul canadien, M.Robert Johnstone.ohoioloser pc \u2014 Cet accueil de New York vous a-t-il surpris?\u2014 La première réaction, la plus grosse, la plus étonnante, c'était à Cannes le printemps dernier.Quand un film marche très bien à Cannes, qui est le plus important des festivals, il marche dans tous les autres.» Mais la bataille de New York n'est pas gagnée pour autant, dit Arcand.Le public suivra-t-il les critiques?« L'importance des critiques est vraiment épouvantable à New York.Si elles sont mauvaises, votre Film ne sort même pas.Les bonnes permettent au film de sortir en salle, mais ça ne veut pas dire que le public va marcher.Le véritable test se fera en novembre.» Arrivé mardi dernier à New York, Denys Arcand a, chaque jour du matin au soir, accordé un nombre incroyable d'inter- views, notamment aux magazines spécialisés.Il a aussi rencontré les étudiants de Columbia.«Les étudiants, évidemment, étaient plus préoccupés par le côté politique du Déclin.Pour eux c est évident, ils vivent dans une société dont le déclin est commencé.\u2014 Comment se compare le festival de New York aux autres que vous connaissez?\u2014 C'est un tout petit festival extrêmement élitiste, qui part de l'idée qu'il n'y a, chaque année, jamais plus d'une quinzaine de films qui méritent d'être vus.C'est pour ça que le festival n'est pas compétitif : être parmi ces quinze films sélectionnés, c'est ça ton prix.» À New York, Arcand a rencontré des gens venus de Los Angeles pour voir son film.Il est toujours sérieusement question qu'il aille tourner à Hollywood la version américaine du Défi.Mais le contrat n'est pas encore signé.Cette carrière américaine qui s'annonce ne lui fait pas tourner la tête.«Aller à Hollywood, je n'ai pas d'objection, ni envie particulière, d'ailleurs.L'important pour moi, c'est de faire des films.\u2014 Le succès vous fait-il peur?\u2014 Non, mais il retarde le tournage de mon prochain film.gfait bien des jours, depuis nnes, que je ne travaille pas.Et il va falloir que je revienne à New York, que j'aille à Chicago pour la sortie du film, et peut-être au festival de Rio.\u2014 On dit que le succès est comme une drogue dure.\u2014 Je suis trop vieux pour ça.j'en ai déjà eu, des succès, avec Réjeanne Padovani.Ensuite, je suis tombé dans l'oubli.Ça ne me dérange pas.» ELIZABETH BADINTER Au-delà de la passion, la connivence des sexes mm «Il est faux de dire que j'ap-pelle les féministes au désarmement idéologique.|e préfère toutefois inviter les femmes à la persévérance patiente, individuelle.Parce que l'agressivité m'apparaît démodée.Et parce que les femmes ne pourront être heureuses avec les hommes, me sembie-t-il, tant que les hommes seront malheureux dans leurs rapports avec elles.» HUOUETT1 ROBIROI Elizabeth Badinter sourit.Cette philosophe-historienne dont le best-seller L'Un est l'Autre est encensé par les uns, fustigé par les autres, ne laisse personne indifférent, en Europe comme au Québec.Souriante femme.par qui le débat arrive.Son premier livre, L'Amour en plus, sabrait le mythe de l'amour maternel, dont Simone de Beauvoir avait dit aussi - bien avant elle, mais dans le désert -qu'il n'existe pas.Badinter soulève alors une énorme controverse.Cette fois encore, tout en rejetant l'étiquette de polémiste ou de militante, elle provoque et s'étonne ensuite des coups durs de la critique.Dans l'entrevue qu'elle accordait à LA PRESSE, à l'intérieur d'une visite de quatre jours au pas de course à Montréal, il a surtout été question de sa lecture des réactions, diverses et souvent contraires, suscitées par son ouvrage.Disons d'abord que ce livre, énormément couvert par tous les médias, s'attaque au mythe coriace de la complémentarité des hommes et des femmes, et annonce joyeusement le début d'une ère nouvelle, celle de la ressemblance-connivence entre les sexes.joli programme! applaudit-on, avec ou sans ironie.Parfois aussi, on manifeste carrément son opposition.Mais si la réaction des féministes cet vive, c'est curieusement dans celle des hommes qu' Elizabeth Badinter décèle le plus de violence.«Certains critiques masculins, dit-elle, répondent par l'attaque Elizabeth Badinter directe, personnelle.Comme ils l'ont fait pour de Beauvoir, il y a 40 ans, ils cherchent mon problème et me traitent - l'immense sociologue français Jean Bau-drillard en tète \u2022 de mal baisée.Mettez les guillemets, je vous prie.«Mais je n'ai rien à prouver! lance-t-elle du même souffle.Dans L'Un est l'Autre, je n'ai fait que dégager les grandes tendances qui me semblent se dessiner dans les rapports hommes-femmes.Libre aux autres de dire ce qu'ils en pensent.Et d'en discuter, avec ou sans moi.» À propos, c'est en son absence - son refus de participer étant perçu comme un refus de la.critique \u2022 qu'un groupe d'universitaires québécois, dont plusieurs féministes pures et-dures, cherchait vendredi dernier à l'UQAM le ton juste, le plus souriant et serein possible, pour crier gare et alerter l'opinion contre «l'optimisme dangereux» de Mme Badinter.Dont le discours libéré, bien prématuré à leur avis, risque de faire croire que les luttes des femmes pour l'obtention de l'égalité de fait ne sont plus justifiées.«Un beau roman de science-fiction, bien écrit au demeurant, photo Michai Gravai, LA PRESSE dont le seul tort est de se présenter comme une étude sérieuse» commente-t-on sévèrement en milieu féministe.«Le problème du discours militant, riposte Elizabeth Badinter, vient de ce qu'il lui faut taire tout ce qui risque de le désarmer.|e dis que les femmes, en Occident, ont fait des gains énormes depuis vingt ans.Il est formidable qu'elles puissent désormais avoir les enfants qu'elles veulent, se séparer d'un nomme qui les oppriment, être res- Eectées en vivant avec un omme sans être mariées.Si ce que je dis est aussi entendu, c'est qu'il y a sans doute beaucoup de gens, hommes et femmes, qui pensent et voient les choses comme moi.» C'est du côté des hommes - les «pauvres mecs» surtout, qui sont légion \u2022 que la compassion d'Eli-zabeth Badinter s est tournée, ces dernières années.«En plus d'avoir acquis un pouvoir inouï en prenant le contrôle de leur ventre, les femmes ont maintenant accès à tout.Il n'y a pratiquement plus une seule activité propre aux hommes.Que leur reste-t-il pour se définir?|e m'intéresse .de plus en plus à la question Qu'est-ce qu'un homme?C'est du reste le sujet d'un séminaire que je donnerai bientôt à Polytechnique.» Elle s'émeut de leur silence étonné, blessé.«Ils ne savent pas parler d'eux-mêmes.Cela peut paraitre curieux à entendre, mais j'ai la conviction qu'à condition professionnelle, sociale et économique égale, il est plus difficile, aujourd'hui, d'être un homme qu'une femme.» Et c'est là, peut-être, qu'elle «pousse un peu loin le bouchon», selon l'expression de Pierre Le pape, le bien-nommé critique du journal Le Monde.Des chiffres éloquents, des études fouillées, des sondages scientifiques, distortionnent quelque peu la vision que Badinter offre de la situation améliorée des femmes et de leurs rapports nouveaux avec les hommes.Ces données font également douter de l'avenir androgyne que sa boule de crystal lui laisse entrevoir.Badinter les connaît par coeur, ces données.Aux sceptiques, elle dit patience! «Pas une seconde, je n'ai caché qu'il y a du chemin à faire vers l'égalité.Ni qu'il y a des inconvénients sérieux pour les femmes - solitude, lutte pour la survie - inhérents au modèle de la ressemblance.Bien sûr, nous ne pouvons passer en quelques années d'un régime patriarcal vieux de quatre millénaires à celui de la connivence.II est normal que la mutation s'étende sur plusieurs décennies, plusieurs générations.» À quoi certains, que la perspective de troquer la passion contre la tendresse n'enchante pas vraiment, répliquent que rien ne presse.D'autre part, le retour en force des idéologies de droite ne menace-t-il pas cette belle évolution?«Bien sur qu'il peut y avoir des régressions, mais elles seront conjoncturelles, assure Elizabeth Badinter.A long terme, les femmes n'accepteront aucun recul sur les droits et libertés qu'elles ont acquis de haute lutte.» Ainsi soient-elles. LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 29 SEPTEMBRE 1986 B 5 \u2014\u2014 SILHOUETTE LITTERAIRE Alice Parizeau collaboration spéciale RÉAL-OABRUL BUJOLD Humour, amour Bfl le recule, non pas dans le temps, mais dans l'ordre alphabétique et je m'en excuse.En suivant fidèlement le Dictionnaire des écrivains québécois contemporains de l'Union et celui des auteurs québécois, de Reginald Hamel et de Paul Wyc-zynski, je n'ai pas trouvé d'inscription au nom de Réal-Gabriel Bujold.Et voilà que je viens de découvrir cet auteur dont le premier roman avait paru en 1980, ce qui explique pourquoi il n'y est pas encore mentionné.Depuis 1980, cependant, ce roman- cier, prolifique s'il en fut, a publié six romans de plus de deux cents pages que j'ai lus avec plaisir.Impossible, en somme, de ne pas vous en parler! D'ailleurs, une fois n'est pas coutume, il est évident que les dictionnaires ne peuvent être mis à jour au rythme des parutions et qu'il y aura toujours et de toute façon un certain décalage.Ceci dit, précisons tout d'abord que Réal-Gabriel Bujold est un auteur jeune.Né en 1949, à Val d'Espoir, en Gaspésie, il publia ses premiers livres, des monographies, en 1978 et puis, dès 1980 il amorça l'aventure de romancier, tout en enseignant à la Commission scolaire Les Éco-res.Sa passion, son thème privilégié qu'on retrouve dans ses écrits, comme dans ses activités spécifiques, telle l'organisation d'une exposition de peinture entre autres, c'est sa Gaspésie natale.Tout se passe, en somme, comme s'il continuait à vivre là-bas, bien qu'il habite et qu'il travaille à Ville Laval.Son premier roman est dédicacé à sa mère et à son père: «A mes parents qui m'ont conté de belles légendes durant mon enfance gaspésienne.» Voilà qui est nouveau dans la littérature québécoise contemporaine.Prenez ce roman et laissez-vous porter par son style vivant, simple, haut en couleurs sans être joualisant, et particulièrement efficace.À Saint-Gildas, on s'aime, on se marie et on a beaucoup d'enfants, le curé fait construire une grande église dont on n'a pas vraiment besoin, parce que le village est petit et on traverse allègrement le drame d'un hiver LES PROUESSES DU MATIN 5h15à8h45 avec JACQUES PROULX Du lundi au vendredi Jacques Proulx, le réveille-matin de la métropole, nous accompagne tous les matins avec la complicité d'Yves Létoumeau aux sports, Michel Viens à l'information, Tex Lecoraux insolences du téléphone, Jean Brulotte, Yves Gionnetà la circulation et Lise Lapointe à la météo.CKAC VOTRE SOÎBEE DE TELÊVÎSlON Les choix de Louise Cousineau sans électricité, puisque la tempête a cassé les fils.Tous ces événements, vécus par des femmes, des enfants et des hommes, tante Ludivine, la mauvaise langue, comme Graziella, fille brave et légère, ou Ti-Claude, sont pétillants comme le champagne, grâce à la verve du conteur.On s'amuse, on rit par moments et on a envie, de la première page à la dernière, de revoir la Gaspésie.Dans le deuxième livre, le ton change.C'est encore la Gaspésie, ses paysages et ses gens, mais c'est aussi la mort qui rôde et contre laquelle ils livrent une lutte désespérée ne voulant pas partir et recommencer leur vie ailleurs.Il y a dans ce roman des pages cocasses, hautes en couleurs, des images d'enfants et des scènes d'amour d'une pureté toute particulière puisqu'il s'agit d une mère et d une toute petite fille.Il y a le vent d'hiver, la tempête Îui se déchaîne dans la nuit et ntonio oui voit par la fenêtre d'une maison des scènes telles qu'il n'ose pas demander à ses habitants de l'héberger et de lui permettre de se réchauffer.Il y a le souvenir de la guerre, raconté par des hommes qui sont allés en Europe en ces temps-là et qui, depuis leur retour, ne ressemblent plus à ce qu'ils ont été.En principe, en paroles, ils se disent prêts à se battre pour ne pas être expulsés, mais en pratique ils attendent, impuissants, en espérant qu'on n'osera pas démolir leurs maisons.Fausses illusions, faux espoirs! «Les démolisseurs s'attaquèrent sauvagement et en pur sacrilège au presbytère.Ils récupérèrent le bon bois et brûlèrent les vieilles rampes inutiles.Et en moins de temps qu'il n'en fallut pour méditer, Bernadette remarqua la rage vertigineuse ainsi que la vitesse de démolition.» En cinq ans, Réal-Gabriel Bujold a publié, tantôt aux Éditions La Presse, Les coqueluches du Shack-à-Farineet tantôt chez Editaq et Lyrelon On a scalpé mon ange gardien.Son plus récent roman, finalement, a été Lancé l'année dernière, en 1985.C'est l'histoire de Jacques Ballei-ne qui épouse, dans la petite é- glise de Cascapédia, Laura Ca-plin, la reine des Micmacs 'de Ristigouche, fille aînée d'un ?;rand chef indien.La noce est ort belle, on boit beaucoup et des événements étranges commencent à se produire.Dans! le ciel il y a alors des anges, les cloches sonnent et tout le monde s'amuse, mais par la suite des drames surviennent.>C Un prospecteur est accusé- Bu meurtre de deux Micmacs *ôt condamné à la peine capitale.C'est après son exécution seulement que la jeune squaw trouvé la preuve qu il était innocent et le narrateur du livre fait un voyage au monastère où le Véritable meurtrier expie sa faute en creusant des tombes au cimetière.«Il existe le fleuve et les montagnes», écrit Bujold, «le roc solide, les feux-follets, les hymnes à la nature.Tout se termine peut-être pour le mieux.» Un roman intéressant d'un romancier qui semble avoir la passion d'écrire et qui n'a certainement pas dit encore son dernier mot.MONTREAL EN VRAC ¦ 14h45 à MM5 avec LOUIS-PAUL ALLARD Un peu de tout, traité avec humour et servi avec brio.Louis-Paul Allard et son équipe.toujours divertissant tout en Informant.CKAC 20:00 09 \u2014 «La zone neutre» Un film violent pour ceux qui n'aiment pas la paix du canal 2.Du maître canadien de l'horreur, David Cronenberg.21:00 MUSIQUE PLUS \u2014 Le choix du public Le canal est débrouillé ce soir, et vous pourrez voter par téléphone (chaque appel coûte 50 cents) pour votre vidéoclip préféré parmi neuf oeuvres québécoises.En prévision du gala de l'ADISQ.21:00 (SO \u2014 «Adam: his song continues» HORAIRE REVISE 18:30 fD \u2014 Téléservice Invités: Pierre Marc Johnson, lnes Monréal, André Godon et Jean-Pierre Bonjour.19:30 O \u2014 Question d'argent L'éternel dossier DRO-VAL-MIRABEL.La minu- 21:30 Suite du premier film dans lequel un couple se fait kidnapper son enfant.Maintenant, les époux (Daniel Travanti et JoBeth Williams) lancent une campagne de sensibilisation au problème des enfants disparus.(SB - Designing Women Selon les critiques américains qui l'ont vue, cette série est la seule bonne du réseau CBS.L'histoire de quatre femmes plus jeunes, mais tout aussi drôles dit-on, que les Golden Girls.te d'impro: la tour de contrôle.La répartition du marché de la distribution alimentaire.A la Bourse: prudence dans le choix d'un conseiller financier et d'un planificateur fiscal.\t18 h 30\t19 h 00\t19 h 30\t20 h 00\t20 h 30\t21 h 00\t21 h 30\t22 h 00\t22 h 30 O\t\tLeCtanCempbe»\tPoivre 6t Ml\tLe Temp* i»|W\" ws >rst 4W5'/i luxueux » toso i», garage.5*6-7021 condo de luxe 6 louer ST-MMO, ou i vers» 661-153% tôt- 461-0747 CHAMBRES PENSIONS AHUWTSK métro Sauvé, toutes commodnées.homme w wuJIluttl ou étudiant.Références.36*-9110.AJtUNTWC près métro, outobus.trotsouUie, tout compris, 3M-55S5 ATTRAYANTES chombres, nouvel hotel centre-ville, à partir wssem., 644-4261 entre ?et 6 BOUL.S T LAURENT 7560, Prés de Folilon, foc* parc Jarry.CHAMBRES, PENSIONS CDJ4.3743 Van Home, chambre Impropre, IranquRt*.733-4544 femme de 5C ans et plus ovto-, vie ftsmWol*, W75 par bob flRIttur), J5I-75I6.¦TOTTiI.mots, (n FEMME pcrlortt ORajOrL Offre chambre, avoc repen enouds et blar»im GRANDE OULMOJrE dans Immeu-bie deluxe, centre vdle.otr cltmo- Bei'it, cJiunslRe r4nové*, bas prix.349 Orrtarln esl TU 5064 MfETRO rtéfwifufti*, cftuiiirPT* dow ^ehjdtarrtteL OCcés culnne motel 4lt 4751 Montreal-ouest, Llron tures poète, i efi Hlét uteur, fv, N1WÎ, femme garderais personne âgée mf.464- 1-3714 MAISONS DE REPOS, CENTRES D'ACCUEIL chornbre privée et teml, VrfSrrnort.577-7v»5.soltoTi.663-1330, gggWM AVANT louer 1 i 5 cftaisor**, IW*>5*!1 .UcurM.Corrtort.Cutslne de choix.352-6412.FOYER pour personnes du Je Age, Kir» toi PohttwCWr» 497-6475_ t^,JUl4X«IÇn»,ta.4eU«j> tover, i*n^25?f/Si fJSm WSSSSm personnes ogees oufcriome» ou i*tY«\\ gran* oreet>solef»ée,lronau»»i.521 sus.RfiTVn-VOUS d'un cadre étttfigrv leur ou vous pourrei garder votre rote de vtvre, dora une ambiance familiale oui rwpecle.volr* Intimité, lo Wia Anoela à Ste-Adé* vous roffre, à Hm sorTfRjJ, outonxjte des Lourc-rmoes.! 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X I^sv^Mr^'fîss à c0mmrenpasràt?aV sautées au beurre, tarte caramélisée.t'aurais dû voir ' la tete du ^ serveur chinois.LA FAMILLE LAKOUETCHE ^A rAlT IJN MiJMtJvT- QiX\\\\£} y^lNUTiLcî CE iNQmc _ LE PENSE-BÊTE FRED BASSET YANN LE MIGRATEUR LA CITÉ DES SAGES )&&L.m ^5 5 s wm-B \u2022 .u w .w.mm m la maitresse veut qu'on fasse quoi?qu'on aille à l'avant de la classe nous présenter.cest la coutume le premier jour.il y a trente milles \" de mon pupitre à l'avant de la classe 05 Les échecs Jean Hébert (collaboration spéciale) Place à l'ordinateur m Les ordinateurs d'échecs seront-ils bientôt en mesure d'inquiéter les grands-maîtres en chair et en .os.?Encore récemment la question semblait plutôt saugrenue, la réponse demandant davantage de clairvoyance que d'esprit d'analyse de l'actualité.Mais devant les résultats récents de certains de ces cerveaux électroniques la question pourrrait avant longtemps susciter une réponse affirmative.Lors du «World Open » de juillet dernier à Philadelphie, un participant inhabituel disputait ses parties dans, un coin en retrait de la grande salle principale de la section ouverte.Il s'agissait de «Hitech», un programme d'échecs conçu et développé à l'université Carnegie Melro de Pittsburgh.Son concepteur, le professeur Hans Berliner, est Un ancien champion du monde par correspondance en plus d'être informaticien.Déjà classé à 2352 par la fédération américaine, «Hitech» n'a certes pas déçu son créateur en réalisant une performance de 2399, soit 5.5 points en neuf parties.Il a entre autres surpris le maître international américain Michael Rohde classé à plus de 2500 par la USCF, lui arrachant une nulle avec les pièces noires.Si l'on considère d'autre part que les performances moyennes d'un maître international se situent aux environs de 2450, il ressort clairement que «Hitech» et d'autres programmes sont sur le point de pouvoir inquiéter sérieusement les meilleurs humains.«Hitech» n'est d'ailleurs pas seul dans sa catégorie.Aux derniers championnats du monde des ordinateurs tenu à Cologne en RFA, «Hitech» s'est incliné face à «Cray Blitz», un monstre utilisant trois ordinateurs parallèlement et capable de calculer 100000 coups à la seconde! Vainqueur du tournoi au bris d'égalité, «Cray Blitz» dut toutefois concéder une défaite face au «outsider» «Bobby», un programme ouest-allemand limité à un maigre 400 coups à la seconde! Comme quoi le calcul des variantes ne fait pas foi de tout aux échecs.Les progrès de ces «grosses machines» présentent aussi un intérêt pour les utilisateurs d'ordinateurs d'échecs commercialisés.Tôt ou tard les progrès technologiques se répercutent sur les appareils commercialisés.Parmi ceux-ci, le plus fort programme est sans contredit le «Mephisto Amsterdam», un adversaire toutefois un peu dispendieux à environ 2000$.Quant à savoir sa cote exacte, une'ques-tion que l'on me pose régulièrement au sujet de différents appareils, il me semble que la réponse ne devrait présenter qu'un intérêt limité pour la plupart des futurs acheteurs.Parmi ceux-ci bien peu sont en effet en mesure de faire la différence entre un programme évalué à 1800 et un autre à disons 2000.Le confort d'utilisation, la qualité et l'utilité des fonctions spéciales (ex.: ouvertures programmables) et surtout le rapport force du programme/prix m'apparais-sent comme des critères de sélection bien plus importants.Si un appareil vous bat trois fois sur quatre à son niveau lé plus faible, il est sans doute assez fort pour vous.Finalement ne vous laisser pas berner par le nombre de niveaux de jeu d'un appareil.Comme pour les vitesses d'une bicyclette, ils sont parfaitement inutiles une fois passé la dizàr-ne.Actuellement les deux grands fabricants d'ordinateurs d'échecs sont Fidelity Electronics et Novag.Les deux met; tent régulièrement sur le marché de nouveaux appareils de plus en plus performants.Néanmoins sur le rapport qualité/prix, Novag n'a toujours pas réussi à rejoindre Fidelity avec le «Par Excellence» et surtout l'«Excellénoe», un appareil de moins de 200$ qui joue une partie d'environ 1800.Dans les appareils de haut de gamme qui se distinguent davantage par leur présentation soignée que par une différence de niveau de jeu discernable pour l'acheteur moyen, les deux géants sont probablement nez à nez et le choix peut se résumer à !a confiance qu'on accorde ou non à un détaillant plutôt qu'à un autre. 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