La presse, 17 novembre 1986, B. Informations nationales
[" Informations nationales LA PRESSE, MONTRÉAL, LUND117 NOVEMBRE 1986 \u2022 Marx suspend l'étude d'un article de Loi qui aurait interdit les attaques contre les croyances religieuses NORMAN DELiSLB de la Presse Canadienne QUEBEC Le ministre de la Justice Herbert Marx vient d'accepter de suspendre l'étude d'un article de loi qui aurait interdit des attaques contre les croyances religieuses au Québec Des organismes s'étaient joints à l'opposition péquiste pour dénoncer cette modification à la loi qui aurait, croit-on, restreint la liberté d'expression de ceux qui veulent critiquer une religion ou une croyance religieuse.L'article litigieux était contenu dans un projet de loi actuellement soumis à l'Assemblée nationale et visant à harmoniser plusieurs lois existantes avec la Charte des droits et libertés de la personne.Le texte controversé, s'il était adopté, interdirait « des attaques outrageantes ou injurieuses contre le culte d'une profession religieuse ou les croyances religieuses d'une partie quelconque de la population du Québec.».Il interdirait également « la distribution de publications contenant de telles attaques ou la diffusion par quelque moyen de communication que ce soit de telles attaques si ces attaques sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public.».Censure « Des écrivains m'ont saisi des craintes que leur inspire cet article de loi, parce qu'il permet la censure de plusieurs oeuvres déjà écrites ou à venir », a commenté le député péquiste de Mercier, Gérald Godin, lui-même écrivain et poète.M.Godin a affirmé que l'article ainsi rédigé pourrait aller jusqu'à interdire certaines grandes oeuvres comme celles de l'écrivain français du XVIe siècle François Rabelais, qui ironise maintes fois à l'endroit de la religion, ou même celle de Don Quichotte de l'espagnol Miguel Cervantes.Pour un autre péquiste, Claude Filion, député de \"l'aiIIon, il existe déjà suffisamment de balises dans le Code criminel ou dans la Loi sur la littérature haineuse pour protéger les croyances religieuses contre les attaques outrageantes ou injurieuses.Selon M.Godin, des « guerres de religion » ont déjà eu lieu au Québec et il importait alors de protéger « la religion catholique contre les attaques des charlatans de l'époque.» Mais cette époque est révolue Le gouvernement Bourassa veut créer un Conseil permanent de la jeunesse Il s'agit d'un projet majeur de la présente session parlementaire et «une des premières priorités» de l'administration LIA LEWESOUE de lu Presse Canadienne Herbert Marx et il faut maintenant permettre, dans un cadre de liberté d'expression, de critiquer une religion ou un culte, croit le député de Mercier.Le Réseau d'action et d'information des femmes, le RAIF, a également dénoncé l'article de loi, estimant qu'on pourrait ainsi « porter une atteinte directe à la liberté d'expression et à l'esprit critique essentiel pour nous libérer des systèmes religieux dont l'impact est catastrophique pour les droits des femmes.».Le RAIF s'était signale en 1984 en critiquant avec force la visite du pape lean-Paul II au Québec et dénonçant le rôle « effacé » que l'Église catholique réserve aux femmes.Marx Le proposeur de l'article de loi, le ministre de la justice Herbert Marx, s'est engagé à en suspendre l'étude.« |e ne veux pas que les gens pensent qu'on est en train de restreindre la liberté d'expression par cette loi, a-t-il dit.Il n est nullement dans notre intention de restreindre quelque droit que ce soit.Ce que nous voulons faire a été mal compris.».En conséquence, le ministre a accepté de suspendre l'adoption de l'article en attendant que les juristes du gouvernement trouvent une meilleure formulation au texte.OUIBEC Les organismes intéressés au dossier jeunesse ont jusqu'à cet après-midi pour produire leur mémoire en vue de la création d'un Conseil permanent de la jeunesse.Bien que la création du supra-organisme soit passée presque inaperçue dans la foulée des projets de loi déposés récemment, il s'agit pour le gouvernement Bourassa d'un des projets majeurs de la présente session parlementaire, confiait récemment le leader du gouvernement Michel Gratton.La création du Conseil permanent de la jeunesse est d'ailleurs l'une des grands engagements électoraux du premier ministre Bourassa, qui promettait en novembre 1985 de faire de la jeunesse « une des premières priorités » de son administration.Mandat Le Conseil permanent de la jeunesse sera chargé de conseiller le gouvernement et le premier ministre lui-même sur toute question relative à la jeunesse: aide sociale aux moins de 30 ans, frais de scolarité, prêts et bourses, programmes d'emplois, loisirs, reconnaissance des organismes de jeunes, etc.L'organisme sera aussi appelé à fournir de l'information au pu- SONDAGE GALLUP Priorité au chômage Trois Canadiens sur cinq continuent de croire que le gouvernement fédérai devrait accorder la priorité à la lutte au chômage au Canada.Seulement environ un tiers (35 p.cent) disent que l'accent devrait plutôt être mis sur la reduction du déficit.Alors que l'inquiétude provoquée par le chômage a diminué légèrement dans la dernière année \u2014 passant de 66 p.cent en août 1985 à 61 p.cent aujourd'hui \u2014, il n'evyn demeure pas moins que ce problème demeure la priorité dans toutes les régions du pays.Les résidents des provinces atlantiques affichent le plus haut degré de préoccupation alors que les Ontariens viennent au dernier rang.Les partisans de l'actuel gouvernement conservateur ou de l oppositon libérale sont toutefois moins enclins a accorder la priorité à la création d'emplois que les électeurs qui appuient le Nouveau parti démocratique.Alors que l'opinion des conservateurs ou des néo-démocrates a relativement peu changé durant la dernière année, ceux qui penchent en faveur des libéraux semblaient alors beaucoup plus intéressés à la création d'emplois (71 p.cent contre 57 p.cent actuellement).Voici la question qui fut posée: On a beaucoup parié ces derniers temps des dépenses du gouvernement et du niveau de chômage.Selon vous, quelle devrait être la priorité du gouvernement d'Ottawa \u2014 équilibrer le budget ou réduire le chômage?Les résultats ont été compilés à la suite d'entrevues personnelles réalisées à domicile auprès 1036 adultes, de 18 ans et plus.Ces entrevues se sont déroulées entre le 6 et le 8 novembre 1986.Un échantillon de cette ampleur donne des résultats exacts à quatre p.cent près dans 19 cas sur 20.\u2022\tRéduire\tÉquilibrer\tPas National\tle chômage\tle budget\td'opinion \u2014 nov.1986\t61%\t35%\t4% \u2014 août 1985\t66\t29\t5 , Par région-aujourd'hui\t\t\t Atlantique\t68\t30\t2 Québec\t59\t35\t6 Ontario\t58\t39\t3 Prairies\t65\t31\t3 Colombie-britannique\t63\t34\t3 Préférence par parti \u2014\taujourd'hui\t\t Conservateur\t53\t45\t3 Libéral\t57\t40\t3 Néo-démocrate\t74\t25\t1 Pas d'opinion\t64\t30\t7 À noter que le total des pourcentages peut ne pas être égal à 100 à\t\t\t cause de l'élimination des fractions.\t\t\t blic sur la jeunesse: statistiques sur le chômage, statut légal du jeune face aux parents, débouchés d'emploi, ressources pour jeunes en difficultés, etc.Le Conseil permanent servira également d'intermédiaire entre les 500 organismes de jeunes et le gouvernement.Il devra entendre les requêtes et les suggestions de ces groupes sur toute question relative à la jeunesse.L'organisme aura aussi le pouvoir d'effectuer des études et recherches sur tout sujet qu'il jugera à propos.L'organisme est toutefois loin d'être déjà fonctionnel.Il n'existe de fait qu'à l'état d'ébauche sur papier et dans le discours du gouvernement Bourassa.La commission parlementaire des institutions devra auparavant étudier le projet de loi 104 créant le Conseil permanent dg la jeunesse.Les organismes intéressés à lui soumettre un mémoire ont jusqu'à 16h00 aujouid'hui pour produire leur document Processus complexe La complexité du processus de sélection des membres du conseil est digne du système électoral américain.Le premier ministre Bourassa a déjà indiqué qu'il voulait ainsi assurer « une grande autonomie » au conseil, dans l'exercice de ses fonctions.En procédant par élection, on évite les accusations po- tentielles de partisanerie politique.Le Conseil permanent de la jeunesse sera constitué de 11 membres, élus par un « collège électoral » formé de 40 personnes.Ces 40 « électeurs » seront eux-mêmes désignés par le premier ministre à partir d'une liste plus considérable de candidats.Pour soumettre sa candidature, toute personne devra être âgée de 15 à 30 ans.Sa candidature devra être appuyée d'au moins trois organismes de jeunes provenant d'au moins deux secteurs d'activités distincts (environnement, loisirs, éducation, maison de jeunes, etc.).Le président du conseil sera nommé par le premier ministre, parmi les 11 élus.Les deux vice-présidents seront choisis parmi les 11 élus.Seuls ces trois postes seront rémunérés.Peu d'enthousiasme C'est peut-être ce qui explique d'ailleurs le peu d'enthousiasme suscité par la commission parlementaire auprès des organismes de jeunes.Vendredi, le Secrétariat des commissions parlementaires n'avait reçu que 20 mémoires.Or il existe plus de 500 organismes de jeunes recensés, sans compter les groupes qui indirectement sont intéressés à la question jeunesse.Le 3 novembre, un délai supplémentaire de deux semaines avait été accordé aux organismes désireux de produire un mémoire.D'après les premières informations, le Conseil permanent de la jeunesse ne jouirait que d'un budget de $1 million.De plus, il risque de s'affronter avec le Secrétariat à ta jeunesse, de qui il dédoublera partiellement le mandat.La vocation des deux organismes n'est pas clairement délimitée.Société d'investissement Un troisième organisme relié à la jeunesse doit aussi voir le jour prochainement, la Société d'investissement jeunesse.L'idée avait été lancée par le chef péquiste Pierre Marc Johnson, en campagne électorale l'an dernier.Le premier ministre Bourassa avait accepté de reprendre le flambeau.Il s'agirait cette fois d'un fonds privé, auquel participeraient des hommes d'affaires reconnus.On a déjà mentionné les noms de Paul Desmarais, Pierre Péladeau, Bernard Lamarre.Serge Saucier, Laurent Beaudoin, Pierre Laurin, Roland Giroux et André Bisson.Le fonds de la Société d'investissement jeunesse servirait à aider techniquement et financièrement des jeunes désireux de se lancer en affaires.Ce second projet devrait aussi théoriquement être adopté avant la fin de la session, le 19 décembre.Chrétien reste toujours muet sur son éventuel retour en politique // assistera au congrès du PLC si ses affaires ne le retiennent pas ailleurs d'après Canadian Press l'OHON ro Jean Chretien, qui attend toujours en coulisses pendant que le leader libéral |ohn Turner fait son petit numéro en scène, s'est produit en public hier, mais a refusé de faire des commentaires sur ses aspirations politiques personnelles.L'ex-ministre du cabinet libéral a offert aux 500 participants à un banquet italien-canadien, un de ces discours enflammés qui ont toujours fait sa renommée.Mais en entrevue, il a maintenu un silence complet sur la controverse entourant le congrès du parti qui se déroulera à la fin du mois.Turner tente présentement de « sauver sa vie politique » alors que l'ex-ministre Marc Lalondc et le chef des révisionnistes québécois, Jacques Corriveau, remettent son leadership en question.Aux journalistes qui se pressaient autour de lui.Chrétien s'est contenté de dire qu'il « s'était imposé un silence complet ».Chrétien, qui pratique maintenant le droit à Ottawa, a toutefois avoué qu'il assisterait au congrès du PLC « si ses affaires ne le retenaient pas ailleurs.» Quand on lui a demandé s'il voterait en faveur d'une révision du leadership, il a répliqué: « |e ne suis ni hésitant ni décidé, je ne réponds pas.» « Il est très difficile pour M.Chrétien de garder le silence, mais il affiche enfin un peu de discipline personnelle pour faire changement », a-t-il lancé.Mme Begin se tait, elle aussi L'ex-ministre de la Santé et du Bien-Être social sous le gouvernement Trudeau, Mme Monique Bégin, refuse pour sa part de faire des commentaires sur la question du leadership de |ohn Turner.Mme Bégin était la conférencière invitée hier à un brunch de l'Association libérale fédérale du comté de Saint-Léonard-Anjou, dans l'Est de Montréal.Elle a déclaré devant les 200 militants et les journalistes présents qu'elle ne parlerait pas de |ohn Turner, Marc Lalonde ou Jean Chrétien.L'ex-ministre a aussi refusé d'infirmer ou de confirmer les rumeurs voulant qu'elle donne publiquement son appui à John Turner lors d'une conférence de presse aujourd'hui à Ottawa.Le suspense continue au sein du Parti libéral du Canada où les éléments antl-Tumer continuent de demander à leur chef de mettre son leadership en jeu lors du prochain congrès qui se tiendra à la fin du mois.Les révisionnistes courtisent l'an* cien député de Saint-Maurice, Jean Chrétien, lequel, pour le moment du moms, continue de faire la sourde oreille.Décerné par l'Académie française, le premier Grand prix de la francophonie sera canadien Le gouvernement et les industriels français n'ont pas encore versé un sou JEAN-PAUL BURY de la Presse Canadienne PARIS Le premier Grand prix de la francophonie, qui sera décerné jeudi prochain par l'Académie française, sera en fait un prix « canado-canadien ».Après la dotation initiale du prix, pour un montant de $400 000, effectuée en février denier au nom du Canada par le premier ministre Brian Mulro-ncy, seuls deux autres dons, ceux des présidents des deux compagnies canadiennes, Lavalin et Power Corporation, sont venus enrichir la mise de fonds.En effet, MM.Bernard Lamarre et Paul Desmarais, qui ont remis $100 000 chacun au secrétaire perpétuel de l'Académie française, M.Maurice Druon, le 16 octobre dernier, n'ont pas été imités, pas plus d'ailleurs que le gouvernement canadien.Pourtant, en février dernier, lors de la donation fédérale à l'Académie française, sitôt après la tenue du premier Sommet francophone, le premier ministre Mulroney avait exprimé le souhait que d'autres États, gouvernements, groupements, organismes, entreprises, personnes physiques ou morales viennent joindre leur propre contribution à cette donation initiale dont les revenus doivent doter le grand prix attribué à chaque année.Force est de constater aujourd'hui qu'il n'a pas été entendu.Ce prix, que l'on présentait comme le Nobel littéraire de la francophonie, n'est donc financé pour l'heure que par les $600 000 canadiens, même si, pour la première année, la vieille dame du quai Conti \u2014 l'Académie françai- se célébrant cette année ses 350 ans d'existence \u2014 s'est sentie le devoir de ne pas entamer la mise de fonds canadienne et de puiser dans ses propres deniers pour recompenser le premier lauréat.Participation De fait, l'Académie versera la coquette somme de 400 000 F (environ $85 000) à l'heureux et premier élu, jeudi prochain.« L'Académie française souhaite marquer ainsi l'importance de ce Grand prix de la francophonie, promis à un grand développement, en faisant une première et riche dotation », affirme M.Laurent Personne, proche collaborateur du secrétaire perpétuel.Mais derrière les souhaits, il ne fait aucun doute que l'Académie française a dû se résoudre à puiser dans son bas de laine pour pallier la défection du gouvernement français qui n'a pas encore versé un sou.Au secrétariat d'État à la francophonie, on assure pourtant que la France fera bien un don l'année prochaine, sur le budget 1987, ou tout au moins que le gouvernement incitera quelques grands industriels français à suivre l'exemple de MM.Lamarre et Desmarais.« En fait, affirme l'un des conseillers du ministre de la Francophonie, Mme Lucette Michaux-Chevry, interrogée par la Presse Canadienne, c'est le Canada qui a pris l'initiative de faire ce don, pour la création d'un Grand prix de la francophonie.» Le Canada l'a fait sans concertation et il est certain qu'il se retrouve aujourd'hui un petit peu seul.On sent bien que Paris, sans l'avouer, a le sentiment de se faire forcer la main par Ottawa.{ 'v Paul Desmarais Roger D.Landry Michel Roy Claude Grave! Jean-Guy Dubuc president du conseil president éditeur éditeur adjoint directeur de (information éditorialiste en chef d'administration Éditorial Les défis de la Commission Rochon La Commission d'enquête sur les services de santé et les services sociaux a annoncé, la semaine dernière, que la discussion sur les hypothèses de solutions qu'elle entend proposer sera publique.Du même souffle, elle a invité la population à y participer.Selon son président, le Dr Jean Rochon, jusqu'à récemment doyen de la Faculté de médecine de l'université Laval, c'est au plus tard en février prochain que seront connues ces hypothèses.La consultation publique qui s'ensuivra permettra, espère-t-il, de dégager les critères des choix en fonction des besoins de la population et des objectifs des services de santé et des services sociaux.Lors de la premiere phase de consultation, la Commission Rochon a tenu 460 séances de travail, rencontré 3000 personnes représentant 1000 groupes ou institutions différents, effectué 100 visites en région et tenu 19 assemblées publiques qui ont attiré quelque 2000 personnes.Bref, quelque 6000 personnes auront contribué, par leurs commentaires, à l'élaboration des hypothèses qui seront ainsi soumises à la discussion.Lors d'une rencontre avec la presse, la semaine dernière, M.Rochon a donné un avant-goût de certaines de ces «hypothèses».Par exemple, a-t-il dit, la commission songe à recommander au gouvernement d'imposer aux mieux nantis un effort supplémentaire pour le financement du réseau public québécois.Du même souffle, il a fermement écarté la perspective que la commission puisse prôner une quelconque forme de privatisation généralisée des institutions du réseau.Mais il a admis que la contribution des ressources privées et alternatives ne serait pas minimisée pour autant et qu'on en parlera donc dans les diverses hypothèses proposées.Au cours de la tournée publique de la commission, au printemps dernier, nul n'avait prêché une privatisation généralisée, ni même remis en cause les caractères universel, accessible et public du réseau québécois.M.Rochon a d'ailleurs rappelé que le mandat de la commission n'est pas de remettre en cause le système mais de voir comment améliorer son financement et son fonctionnement tout en poursuivant ses objectifs.La poursuite des objectifs actuels du système et l'éventualité d'une hausse des cotisations sociales des contribuables a revenus élevés constituent les deux seules idées maîtresses des « hypothèses» qui seront soumises en février et que M.Rochon a bien voulu dévoiler.Il faut espérer que le climat tendu de relations de travail qui règne dans les hôpitaux présentement aura le temps de s'assainir d'ici le printemps prochain.Il serait dommage, en effet, que la consultation publique projetée n'ait pas le succès souhaité.Les « hypothèses * que soumettra la Commission Rochon à la collectivité québécoise engageront son avenir dans l'un des champs les plus importants de la société.Elles mériteront une etude attentive de la part de tous les intervenants.Pour que cela soit possible, il est essentiel que leur attention ne soit pas retenue ailleurs par des problèmes de cohabitation quotidienne au sein des diverses institutions du réseau des Affaires sociales.Pierre vennat Le fléau de l'abondance Si les agriculteurs canadiens peuvent se féliciter de leur récolte record de 31 millions de tonnes de blé, ils doivent aussi se demander comment ils parviendront à vendre cette abondance et rentrer dans leurs frais.Le Canada n'est pas seul à connaître une bonne récolte.Parmi les plus importants producteurs, l'Union soviétique, la Chine et la Communauté européenne rapportent une production beaucoup plus forte que l'année dernière.Seuls les États-Unis ont diminué leur production.Selon le département américain de l'Agriculture, la production mondiale de blé dépassera le record établi en 1984-85.Trois excellentes années de suite ont créé des stocks mondiaux records qui pèseront sur les prix et empêcheront l'écoulement de la production.Les agriculteurs de l'Ouest souffriront de cette surproduction de oeux façons: ils vendront vraisemblablement moins a l'Union soviétique et à la Chine, leurs deux clients les plus importants, et ils seront plus que jamais menacés par la guerre commerciale'entre les Etats-Unis et la Communauté européenne.Comment leur venir en aide?Car il est bien entendu que nous ne pouvons pas assister passivement à la déconfiture financière de beaucoup d'agriculteurs à la suite de ce « fléau » de l'abondance: Ottawa a un programme de prêts aux agriculteurs endettes de\"'quelque $700 millions.Ce programme leur permet de souffler mais non de sortir de leur endettement excessif.Pour assainir leurs finances, ils doivent pouvoir compter sur un marche plus sain et non sur des termes plus cléments sur leurs dettes.Le Conseil économique du Canada écarte le recours à des subventions a l'exportation car il estime que c'est une fausse solution qui pourrait inciter nos concurrents à faire des représailles.Il préconise plutôt de maintenir l'avantage comparatif obtenu par Ta chute du dollar canadien en améliorant la productivité.Cette so(ution est essentiellement saine et économique; mais elle n'est qu'un coup d'épée dans l'eau dans les conditions actuelles du marché mondial.En effet, une augmentation de la productivité est généralement accompagnée d'une augmentation de la production et une hausse de production est sûrement la dernière chose dont le monde a besoin.Il est invraisemblable que le Canada puisse augmenter sa part du marché mondial en devenant plus efficace si ses concurrents utilisent des subterfuges financiers pour parvenir au même but.L'avenir des producteurs de blé dépend donc d'un retour à des politiques commerciales plus raisonnables de la part de nos concurrents.Le Canada n'est pas le seul pays qui est dans une situation aussi navrante; plusieurs pays, dont l'Australie, l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et la Thaïlande, se sont associés à lui pour faire pression sur les États-Unis et les pays européens pour qu'ils abandonnent ces pratiques insensées.Mais c'est peine perdue: les gouvernements écouteront toujours plus volontiers les agriculteurs-électeurs du Kansas, des Flandres ou de Scanie que la voix de la raison qui, elle, ne vote pas.Le gouvernement fédéral n'a guère le choix : il doit continuer à protéger les agriculteurs de la faillite tout en recherchant avec ses moyens très limités à proscrire des pratiques commerciales qui produisent des excédents sans mieux nourrir les affamés.Frédéric w acniere Droits réservci La situation linguistique ¦ Il y a dos choses qu'il faut dire brutalement lorsque les circonstances l'exigent.Ces circonstances existent: le dépôt du rapport Lulande.les travaux en cours du groupe Laporte-Scowen-Turi-Dussuult.l'imminence du jugement de la Cour d'appel sur la liberté d'expression, les sondages contradictoires sur le bilinguisme de l'affichage, l'anglais en passe d'être matière scolaire au debut du primaire.Le gouvernement de monsieur Bourassa, il faut le dire haut et fort, poursuit une oeuvre de destruction en matière de politique linguistique nationale.Si son action prochaine doit s'inspirer des conclusions du rapport Lalande.alors il fera la preuve que le pragmatisme liberal tire sa source de l'ignorance à l'instar du dogmatisme péquiste qu'inspirait l'illusion de tout connaître.Tirées d'avance parce que liées par le programme du parti, les conclusions du rapport Lulande constituent une belle manoeuvre d'intoxication de l'opinion publique quant à la raison d'être, l'utilité, l'action et le fonctionnement de nos institutions linguistiques actuelles.Il est beaucoup plus facile et démagogique de convaincre l'opinion publique de la médiocrité que de l'excellence d'organismes tels que l'OLF, le CLF et lu Commission de protection de la langue française.Comme linguiste, je dois attester que chacun de ces organismes a su acquérir dans sa sphère d'activité propre, grâce à la qualité de son expertise, une réputation sans pareille ailleurs dans le monde et plus particulièrement dans celui de la francophonie.Détruire la spécificité de chacun de ces organismes, c'est diminuer le Ouebec, ravaler ses aspirations de réussite à un niveau quétaincel se couvrir de ridicule dans les milieux intellectuels et scientifiques des autres pays qui nous imitent.En ce qui concerne la langue de l'affichage au Québec, que monsieur Bourassa se détrompe: il n'y a pas de consensus au Québec en faveur de la bilinguisa-tion de l'affichage.Le seul consensus que je connaisse, c'est celui de vouloir vivre en français sur ce territoire qui est le notre et qui s'appelle encore la province de Québec.Puis-je alors soumettre à l'appréciation de nos dirigeants actuels l'essentiel d'une position que j'ai déjà fait valoir ailleurs sur cette question controversée?\"' Commençons par cette question: une personne a-t-elle le droit de tenir des propos haineux et racistes contre, par exemple, les juifs, les mormons ou les musulmans?La réponse est que la Loi n'interdit pas que l'individu puisse s'exprimer en ce sens chez lui, dans son salon, en privé.Par contre la Loi interdit, sans qu'elle entrave pour autant la liberté d'expression protégée par la Charte des droits et libertés de la personne, que de tels propos soient divulgués sous une forme ou une autre.En particulier, elle défend la propagande raciste et la diffusion de littérature haineuse.En d'autres termes, les propos haineux et racistes sont prohibés lorsqu'ils impliquent un usage linguistique qui ressort du domaine l'UBLIC.Autre exemple.La Loi peut forcer une personne morale a exprimer des choses qu'elle ne voudrait pas nécessairement dire ni qu'elle n'a pas intérêt à dire.Un cas patent est celui des fabricants de cigarettes qui sont tenus d'inscrire sur toute leur publicité la mise en garde bien connue libellée par Santé et Bien-être Canada.Ces deux exemples apportent la preuve que la seule liberté d'expression que protège la Charte, c'est celle qui est circonscrite aux pratiques linguistiques PRIVÉES d'un locuteur quelconque.Ils établissent clairement que la portée publique de l'expression individuelle suffit à soustraire du contrôle d'un locuteur, c'est-à-dire d'une personne au sens de la Charte, soit le contenu soit la forme linguistiques de son message.Or c'est la nature même de l'affichage et de la publicité commerciale que d'être PUBLIQUE parce que le locuteur auquel est destinée l'affiche est ANONYME.Aussi l'affichage n'impli-que-t-il pas une pratique linguistique privée.Si ce raisonnement de linguiste a quelque crédibilité, alors la conclusion ne peut faire de doute.Exclure l'usage d'une autre langue que la langue officielle en matière d'affichage ne peut pas être une atteinte à la liberté d'expression que protège l'article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne.L'article 58 de la loi I0I légifère dans un domaine linguistique hors de portée du locuteur privé que protège la Charte limitée à la personne.En conclusion, le gouvernement actuel se livre à un travail de sape quant à la sécurité linguistique du peuple canadien-français.On ne peut pas se protéger sans combattre.Ce gouvernement est pusillanime parce qu'il oublie que la défense de la langue française en Amérique du Nord est la sève qui a nourri le combat séculaire que nous, francophones du Québec, sommes condamnés à livrer contre l'assimilation.Philippe BARBAUD linguiste et professeur à l'UQAM (t) Ph.Barbaud (I985) «En marge du jugement Boudrcault.De la liberté d'expression», dans Québec français, no 59.Se hâter lentement ¦ Plusieurs personnes se demandent pourquoi le gouvernement ne semble pas très empressé de signer des conventions collectives avec ses 300.000 employes du secteur public.Un petit calcul mathématique apporte la réponse.En prenant pour hypothèse que les 300,000 employés gouvernementaux ont un salaire moyen de $20,000'an-nuellement (ce qui est très près de la vérité) cela voudrait dire qu'avec une augmentation-dé 3.5% le gouvernement devrait verser $700 de rétroactivité pour chacun des 300,000 employés ou encore une somme globale de $210 millions puisqu'il y a près d'un an de rétroactivité à payer.Ajouter à cela les intérêts et nous arrivons à environ $225 millions.Comme on sait, le gouvernement utilise la comptabilité de caisse et son exercice financier s'échelonne du 1er avril au 31 mars de l'année suivante.Or, lorsque les conventions collectives sont signées, ce dernier dispose habituellement de 90 jours pour payer la rétroactivité, soit les $210 millions.Ainsi, si l'on retarde la signature des conventions collectives en janvier 1987.la rétroactivité ne pourra être payée qu'en avril 1987, soit dans l'exercice financier 1987-1988.Si au contraire, les conventions collectives devaient être signées en novembre ou décembre 1986, la rétroactivité (les $210 millions) devrait être versée en février ou mars 1987 au plus tard soit dans l'exercice financier 1986-1987 et le déficit fixé (lire gelé) à $2.9 milliards de monsieur Paul Go-beil pourrait en souffrir.Quand croyez-vous que les conventions collectives seront signées?|e vous laisse repondre pendant que des grèves s'amorcent.Richard PHARAND Saint-Léonard Problème des locataires à faibles revenus ¦ La formule de la copropriété (divise et indivise) s'est rapidement développée au cours des dernières années surtout dans les centres urbains.La copropriété divise, ou condominium, se caractérise par la subdivision d'un immeuble en parties d'habitation qui appartiennent en propre à des personnes différentes.Chacun des propriétaires divis est responsable individuellement des charges rattachées à la partie de l'immeuble qu'il habite et d'une quote-part des charges collectives.La copropriété indivise est caractérisée par l'achat en commun par plusieurs personnes d'un immeuble dont elles utilisent séparément les espaces d'habitation.Aucun des acquéreurs en indivision n'est alors propriétaire de son propre logement, mais chacun est propriétaire au prorata de sa participation financière et le groupe est solidairement responsable des charges rattachées à cet immeuble.Le trait commun à ces deux ty- pes de copropriétés est le danger qu'ils font peser sur les ménages locataires et plus généralement sur la nature du stock de logements locatifs.Pour contrer certains effets de la conversion sur les ménages locataires, la législation sur le logement locatif entrée en vigueur en 1980 précisait à l'article 51 que: «Nul ne peut, sans l'autorisation de la Régie, enregistrer une déclaration de copropriété (divise) sur un immeuble comportant un logement», et précisait à l'article 53 de la même loi que: «Avant d'accorder son autorisation, la Régie doit considérer les critères prescrits par règlements.» Or, cette réglementation n'ayant jamais été adoptée, elle constitue ainsi le présent moratoire sur la conversion en copropriété divise.Depuis quelques mois déjà il est beaucoup question de la levée du moratoire sur la conversion en copropriété.En gros, cela veut dire qu'il sera possible pour un propriétaire de vendre son immeuble logement par logement.Par exemple, le propriétaire d'un triplex pourra vendre deux de ses logements tout en conservant pour lui le logement qu'il occupe.Pour les locataires la levée du moratoire représente une avalanche de reprises de possession.La coalition Sauvons nos logements, qui regroupe une trentaine de groupes logement dont l'Association des locataires de Villeray, estime à 40,000 le nombre de reprises de possession/évictions que devront subir les locataires au cours des années qui suivront la levée du moratoire.Que peut-on faire pour contrer cette vague imminente de reprises de possession?A l'heure actuelle nous ne savons pas encore comment le ministre de l'Habitation, M.Bourbeau, entend protéger les droits des locataires.Depuis plusieurs mois nous tentons d'en savoir plus sur les modalités qui rendront possible la levée du moratoire, le ministre ne répond plus à nos demandes de renseignements.Dans le but de contrer les errements d'un gouvernement qui né semble pas tenir compte du fait que plus de 78% (795,000) des ménages locataires du Québec gagnent moins de $25,000 par année et que pour eux il est impossible de pouvoir penser à acheter le logement qu'ils occupent, la coalition Sauvons nos logements fait actuellement cireur 1er une pétition à l'échelle dd Québec.Dans cette pétition nous demandons au ministre d'interdire immédiatement toute conversion de logement locatif en copropriété, tant et aussi longtemps que n'auront pas été adoptées des mesures réelles de protection permettant aux locataires de demeurer dans leur logement, ainsi que des programmes d'aide permettant aux locataires de s'approprier collectivement leur logement.Pierre VALOIS Association des locataires de Villeray LA PRESSE, MONTRÉAL, LUND117 NOVEMBRE 1986 La Presse Marc Laurcndcau à f ¦\"I ai R.Lévesque et les vérités L révélées avec le recul ¦ Il y a dix ans et deux jours le Parti québécois était porté au pouvoir.L [événement conserve un caractère historique car l'élection d'un gouvernement indépendantiste a fait frémir le Canada anglais et tressaillir, d'une crainte imprégnée d'horreur, toute la classe politique fédérale.Du même coup, cette élection signifiait que les jeunes générations, issues du «baby boom» et instruites grâce à l'élargissement du système public d'éducation, pouvaient espérer prendre part aux transformations sociales à travers un parti de masse, doté de multiples racines populaires mais coupé du soutien traditionnel des milieux d'affaires.Puisque l'heure est aux bilans et aux réflexions marquées par le recul, le réseau CTV, avec beaucoup d'à-propos, avait invité à l'émission Question Period, hier après-midi, M.René Lévesque, ancien premier ministre et chef du Parti québécois.Libéré de l'amertume et de l'importance agressive qui avaient caractérisé ses derniers mois de pouvoir, M.René Lévesque reconnaissait, avec détachement, que «le Parti québécois méritait probablement de se faire battre en 1986» et que «dans beaucoup d'esprits, il était temps qu'on (le P.Q) parte.» En un certain sens, a-joute l'ancien chef du gouvernement, «l'électoral a décidé qu'on méritait d'être mis dehors».Ces remarques viennent compléter l'observation que M.René Lévesque livrait à la presse le jour du lancement de son livre et selon laquelle il aurait du tirer sa révérence plus tôt.Il aurait alors laissé à son parti et à son successeur de meilleurs moyens pour livrer la bataille.Quant à M.Pierre-Marc Johnson, «parachute dans ses fonctions de premier ministre», M.Lévesque estimait, sur les ondes de CTV, qu'«il aurait pu attendre».Au contraire, selon M.Lévesque, «il a sauté dans une campagne et il a perdu».Visiblement, l'ancien chef du Parti québécois trouve que la campagne au leadership qui a suivi son départ s'est avérée lamentablement longue (cela ressort de son livre) mais que M.lohnson aurait dû attendre avant de déclencher l'élection.Au passage, M.René Lévesque décoche une flèche subtile à son successeur en déclarant, lors de l'émission Question Period, que M.Pierre-Marc Johnson «doit encore faire ses preuves et c'est normal» et qu'«il est encore en train de faire son apprentissage et les gens l'observent».M.Lévesque garde une certaine distance, face au travail du nouveau chef du Parti québécois, et s'abstient de lui fournir un endossement enthousiaste inconditionnel.Le passage du temps a certes permis à M.Lévesque de mûrir son appréciation de diverses situations politiques.Cela ajoute de l'intérêt à ses opinions.Mais ses jugements, formulés longtemps après le fait, portent parfois sur des décisions qui ont été prises en sens contraire.Cela demeure un procédé assez facile de réécrire l'histoire telle qu'elle aurait pu se produire.Au sujet du référendum, M.Lévesque formule un aveu intéressant.Le gouvernement péquiste savait, puisque ses sondages internes le lui indiquaient, qu'il perdrait le référendum.Aux yeux de l'ancien chef du P.Q., le triomphe du NON n'est pas attribuable à l'intervention de M.Pierre Trudeau.Celui-ci n'a fait que «voler au secours de la victoire», affirme M.René Lévesque.Cette évaluation minimise la force réelle de l'adversaire.Car le premier ministre canadien n'a pas déployé les ressources de sa redoutable dialectique seulement au cours de la phase finale, lorsqu'il a mis sa deputation en «jeu».Retrouvant, dès février 80, le pouvoir et une raison de combattre, M.Trudeau s'était efforcé de mobiliser divers auditoires très influents, y compris le Congrès américain.Poursuivant son bilan, l'ex-prc-mier ministre Lévesque déclare avoir découvert, au cours de la tournée effectuée pour faire connaître son livre à travers le Canada, une meilleure compréhension pour la situation au Québec.Il convient ici de se demander, comme l'ont d'ailleurs fait les journalistes de CTV, si c'est le Canada ou M.Lévesque qui a changé.Car l'octroi du contrat d'entretien des chasseurs CF-18 à Cana-dair restait de toute évidence la seule décision possible pour un gouvernement fédéral qui voulait à la fois consolider une industrie aéronautique efficace et compenser des pertes économiques considérables imposées au Québec dans d'autres dossiers.Cette décision reste pourtant encore contestée avec vigueur au Canada anglais.Il faut tracer un bilan positif de certaines grandes réformes du gouvernement péquiste: le financement des partis politiques, le zonage agricole et le système public d'assurance automobile, pour ne nommer que trois cas, resteront comme un précieux héritage.Mais on se demande comment M.René Lévesque peut se montrer si optimiste devant l'attitude du Canada anglais au moment où l'affichage français décline à Montréal tandis que l'actuel gouvernement provincial place sous sa botte l'appareil de gestion et de contrôle de la Charte du français.La collectivité francophone recule au Québec.M.René Lévesque est devenu pour les médias la personne ressource la plus demandée.Même s'il avoue ne pas avoir eu le flair de démissionner rapidement, comme M.Robert Bourassa qui a soigneusement planifié son retour et sa résurrection, l'ex-chef du Parti québécois, qui a retrouvé la sérénité et la confiance en l'avenir, pourrait (malgré ses dénégations) connaître, ces prochaines années, la tentation d'un retour au pouvoir, puisqu'au Québec l'histoire a pris l'allure d'un curieux mouvement de pendule.En perte de joueurs M.Mario Déguise Président fédération québécoise du hockey sur glace ¦ Nous constatons à Farnham, comme dans les villes environnantes de Bedford, Cowansville, Bromont, Waterloo, Granby, Roxton Pond, une diminution considérable du nombre de jeunes inscrits dans nos organisa-lions de hockey mineur, tant aux niveaux local qu'inter-cités, ce qui semble être le cas dans toute la province.Eli fait, des villes comme Cowansville et Waterloo ont risqué de perdre leurs équipes inter-cités, faute de joueurs midget.Ces villes ont pourtant participe et gagne aux championnats provinciaux avec certaines de leurs équipes, ces quatre dernières années.Cependant, la Fédération a triplé les coûts d'inscription des équipes pour 1986-1987, qui se situent maintenant de 120$ à 140$ par équipe.Bien sûr, il y a un nouveau système.Les joueurs auront maintenant une carte plastifiée au lieu d'un contrat.De plus, ils bénéficieront d'une assurance accident-responsabilité.Le fait que les joueurs étaient déjà couverts chez nous comme dans d'autres municipalités aura sans doute échappe à la Fédération, qui rend cette assurance obligatoire.De plus, toutes les villes opérant un tournoi, dont nous sommes, ont appris que le montant de cotisation devant être versé à la Fédération augmentait de 54 p.cent.À titre d'exemple, à Farnham nous devons payer 2850$ au lieu de 1850$ pour quarante équipes participantes.Lst-ce que la Fédération croit que ces augmentations combleront le manque d'argent dû à la désaffectation des jeunes?Si oui, n'arrètera-t-ellc jamais d'augmenter les cotisations?Est-ce que le hockey est devenu un luxe que ne pourra se permettre l'ensemble de la population?Est-ce que la Fédération veut faire disparaître les tournois?À quoi sert l'argent perçu par la Fédération?Qui décide de ces augmentations?Nous paierons, parce que nous croyons â la vocation du hockey mineur comme outil de formation pour les jeunes.Nous sommes une cinquantaine d'adultes bénévoles à le croire.Nous espérons seulement que ces jeunes auront encore les moyens d'y participer, car sans eux.a quoi servira là Fédération?Nicolas MANSEAU président, hockey mineur de Farnham Réal T0UCAS président Tournoi provincial atome de Farnham Dangereux véhicules ¦ Nos amis, les laponais, après avoir inonde le marche canadien d'automobiles de toutes marques, sont en train de provoquer l'envahissement de nos routes de ces petites locomotrices à trois ou quatre roues.Ces petits véhicules employés dans les fermes, par exemple, peuvent aider le cultivateur à exécuter divers travaux, et deviennent ainsi l'auxiliaire de l'homme.Mais les jeunes de moins de 14 ans sont en train de nous convaincre que leur usage peut devenir dangereux, d'après les relevés officiels des statistiques.C'est pourtant le cadeau-jouet que l'enfant demande à son père pour étrenne.Plusieurs pères de famille les achètent pour faire concurrence au petit ami de leur enfant qui possède déjà ce jouet qui peut devenir mortel.En effet, beaucoup de ces jeunes se livrent à des acrobaties et à des courses grâce à leur cadeau dispendieux et dangereux.C'est pourquoi je suggère un projet de loi concernant les trois et les qua-tre-roues.Tout apprenti-conducteur de moins de 15 ans devrait obligatoirement suivre un cours de conduite â ses frais, acheter licences et permis, avec amende prévue pour ceux qui manquent au code de la sécurité et de la route.Gérard CLÉMENT Dolbeau Coup mortel à une coop ¦ La coopérative d'habitation de Pointe-Sl-Charlcs enterre son projet.Ne de trois ans d'efforts, de solidarité et d'espoirs, notre projet de coop a récemment avorté sous les coups de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).Nous voulions nous loger convenablement; nous voulions habiter notre quartier; nous voulions payer un loyer abordable.La SCHL nous l'a refusé.Sa réponse nous a fait l'effet d'une douche froide: elle acceptait notre projet, l'achat de la maison, sa rénovation.mais à quel prix ! Faisant fi des directives les plus raisonnables de la Régie du logement, elle a voulu doubler nos loyers.Bien entendu, nous étions incapables d'assumer une telle hausse.Nous nous sommes obstiné(c)s et nous lui avons demandé une révision de notre dossier.Malgré tous nos efforts et toutes nos explications, la SCHL a maintenu sa décision: des loyers à plus de 400$ par mois, ou rien du tout.Il est possible que ce montant apparaisse acceptable pour certains et certaines; mais dans un quartier où les ménages ont un revenu moyen de 15 000$ par année, dans un quartier où le prix moyen des loyers est approximativement de 200$ par mois, ce que nous demande la SCI IL est absolument irréaliste.En fait, nous sommes profondément choqué(c)s de cette décision de la SCHL.parce qu'en plus de ne pas tenir compte de notre capacité de payer, elle nous révèle son rôle en tant qu'agente de spéculation dans notre quartier.Déjà Pointc-St-Char-les est soumis à des pressions dangereuses de la part d'investisseurs immobiliers (un quartier aussi proche du centre-ville représente évidemment un enjeu important pour l'industrie de l'habitation).On y vend, on y achète, on y rénove, on y construit.et on en chasse la population résidante en louant à des prix exorbitants.En doublant les loyers, la SCHL stimule l'inflation et invite les promoteurs privés à en faire autant.Face à de telles pratiques inflationnistes, notre communauté est condamnée à l'éclatement; et ça, c'est grave quand il faut compter sur tout un réseau d'entraide pour survivre.En plus de doubler nos loyers, en plus d'encourager l'inflation du marché de l'habitation dans le quartier, la SCHL discrimine les ménages à petits revenus.En effet, selon ses barèmes, les gens ayant entre 13 000$ et 20 000$ par année doivent engloutir plus du tiers de leur revenu dans leur loyer.En soit, cette proportion est énorme; mais elle devient carrément inadmissible quand on découvre qu'elle est le double de ce qu'investit en moyenne le peuple canadien pour se loger.Aujourd'hui, nous sommes démo-bilisé(e)s.Nous avons voulu prendre en main nos conditions d'habitation ; peine perdue, la SCHL a saboté notre travail.De la part d'une société para-gouvernementale, c'est particulièrement frustrant.Nous avons fait plus que notre effort; maintenant, c'est aux politiciens de travailler pour redresser la situation afin que la SCHL exécute son mandat.Nous espérons encore le jour ou la SCHL respectera les populations qu'elle est censée desservir.Thérèse STANHOPE pour la coop Bric-à-Brac et le projet St-Charles de Pointe-Sl-Charles Priorité est accordée sous cette rubrique aux lettres d'Intérêt general se rapportant a des articles parus dans LA PRESSE.La concision est de rigueur.Les correspondants doivent Inscrire lisiblement leurs nom, adresse et numéro de telephone.LA PRESSE ne s'engage pas a publier toutes les lettres reçues, ni a retourner les lettres, manuscrits ou autres documents non publies.L'auteur assume l'entière responsabilité de ses opinions.Tout en respectant la pensée de l'auteur, LA PRESSE se reserve le droit d'abréger les lettres selon l'espace disponible.SI possible écrire a la machine, a double Interligne.Prière d'adresser vos lettres comme suit: -Tribune libre-, LA PRESSE, CP.4200, suce.Place d'Armes, Montreal, H2Y 3M1.LA PRESSE est publiée par LA PRESSE LTÉE, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y1K9.Seule la Presse Canadienne est autorisée a diffuser les informations de «LA PRESSE» et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières a LA PRESSE sont également réservés.«Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement numéro 1400.« Port de retour garanti.RENSEIGNEMENTS 285-7272_ ABONNEMENT 285- Le service des abonnements est ouvert du lundi au vendredi de 7 * 18h.RÉDACTION 285- PR0M0TI0N 285- COMPTABILITÉ Crandes annonces 285 Annonces classées 285' 6911 7070 7100 ¦6892 6900 ANNONCES CLASSÉES Commandes ou corrections lundi au vendredi de 8h.* 17h.285-7111 GRANDES ANNONCES Détaillants National, Tele-Presse Vacances, Voyages Carrières et professions, nominations 285-7202 285-7306 285-7265 285-7320 La grève, une maladie ¦ Encore une fois, la grève s'est attaquée injustement à des milliers d'êtres faibles, souffrants, sans défense.La grève a la propriété de placer brutalement le malade hospitalisé, ou hébergé en centre d'accueil, devant son insécurité et son inquiétude fondamentale.Elle accentue sa douleur, aggrave probablement sa maladie.Mais, rassurons-nous.Presque rien ne paraîtra de ce drame ; tout sera englouti par le «triangle des Bermudes» (*) constitué par la partie syndicale, la partie patronale et la partie in-between, c'est-à-dire les malades dans leur inconcevable dépendance.Le syndicat a le savoir et le pouvoir: il offre donc débonnairement les services essentiels qu'il juge suffisants pour les malades.La partie patronale, pour sa part, excelle en dépannage et en politique.Elle mobilise tous les cadres de l'établissement et convient d'une consigne à répéter fermement: la situation est sous contrôle et les bénéficiaires ne souffrent pas de la grève.La partie in-between est forcément ballottée par les deux autres: inutile pour elle de prétendre, ou de laisser entendre, que la grève lui cause des préjudices.Sa voix, son cri, son appel sont impitoyablement noyés par les flots destructeurs de ce triangle bermudien.Un jour, ce silence indigne et révoltant que l'on impose aux malades à cause de la grève éclatera en une solidarité propre à ouvrir les yeux des plus aveugles.On comprendra mieux alors la gravité des atteintes à la dignité et à la liberté des malades comme celle des grèves du 28 octobre et de la semaine du 10 novembre.La grève, c'est comme la maladie: c'est quand on en est frappé personnellement qu'on en perçoit les conséquences inhumaines et affreuses.Claude BRUNET président Comité provincial des malades.\u2022 Zone de la mer des Bermudes reconnue pour ses tempêtes soudaines capables d'engloutir un navire en quelques minutes.Anomalie ¦ Par voie de référendum, la Californie vient de proclamer l'anglais seule langue officielle de l'Etat.Cela est absurde pour deux raisons.La Californie compte pour le dixième de la population anglophone du continent nord-américain ; elle ne risque donc pas d'être assimilée par les hispanophones qui y immigrent.Par ailleurs, ces derniers sont assez nombreux pour mériter des services dans leur langue d'origine.Si le Québec était dans la même situation que la Californie, la loi 101 y serait aussi absurde.Mais nous ne faisons pas partie d'un continent francophone, et nous n'avons pas une immigration anglophone importante qui justifie le bilinguisme officiel de la province.Jacques GAGNON Sherbrooke LECTURES Les CLSC à la loupe ¦ Après bien des aléas, les CLSC dujQuébec semblent afin avoir pris leur rythme de croisière.Ce sont ces aléas qui nous sont décrits dans ce pettit livre bien ficelé, qui s'intitule: «La création d'une culjiurc organisation-nelle: le cas des CLSC», par R.Poupon, |.-|.Simard et |.-P.Ouellct.Les auteurs y analysent la «fatigue» des CLSC qui, à un certain moment de letur histoire, n'arrivaient plus à faire correspondre leur «discours idéologique à leurs pratiques quotidiennes.fCc n'est qu'après bien des mouvements et bien des turbulences qu'ils arrivèrent, cahin-caha, à mettre en braille des pratiques communautaires cohérentes et, sembjle-t-il, solides.Ce sont précisément ces pratiques que la Fédération des CLSC du Québec demanda à un groupe de chercheurs d'aller regarder de pres.Le Centre de recherche en gestion de l'UQAM encadra cette équipe, qui vient donc de déposer le 1er rapport d'étape à la Fédération, et qui consiste à documenter les pratiques actuelles dans les CLSC du Québec.La 2c étape (qui viendra plus tard) consistera à «mettre en place des moyens qui seront susceptibles de consolider et de dévelcfper les pratiques communautaires» (p.15).Traditionnellement, on sait sans d'Dute que les CLSC furent marqués par de nombreux coniflits, certains manifestement ouverts, d'autres plus sowrds.plus larvés.Par exemple, le conflit entre l'intcrvetition psychologique et l'intervention de type plutôt sociologique, voire carrément socio-politique, axée,sur \\è changement social.Un autre exemple de conflit résilie dans l'opposition que les intervenants ont fait, au fil des années, entre le «social» et la «santé» (et do quelle «santé» s'agit-il en fin de compte?).Selon nen; auteurs, le problème essentiel demeure le suivant : « Au lieu de vouloir inventer une communauté parallèle, !il vaut mieux assumer celle qui existe déjà et faire qucïquc chose avec ».Les CLSC (qui ne sont pas l'armée) nie tirent leur légitimité \u2014 et du même coup leur efficacité \u2014 qu'en autant qu'elle est reconnue par leur clientèle, c'est-à-dire les gens qu'ils desservent.L'enquête proprement dite a consisté à aller visiter 27 CLSC, où 72 personnes furent interrogées: professionnels et leurs collègues, superviseurs, provenant autant de milieux rural qu'urbain.Neuf champs de pratiques furent examinés : santé et sécurité au travail, maintien a domicile, jeunesse, santé maternelle at petite enfance, planification des naissances, travail icommunautaire.gestion, médecine sociale et travail social.Les auteurs n'ont pas procédé par questionnaires, mais par entretiens (monographiques).Ils ont montée une grille d'analyse des données à 5 volets: les environnements extra-organisationnel et intra-organisationn>el, les « intrants » (les ressources dont disposent les intervenants pour mener à bien leur travail), le processus d'C formation et les «extrants» (c'est-à-dire, en clair: les!résultats, ou les «outputs»de l'action menée).Conclusion de l'étude: «Au-delà dp la prétention, plusieurs équipes ont su atteindre et incarner le succès professionnel.Les CLSC possèdent en ojux des exemples, dont ils peuvent s'inspirer, pour généraliser l'innovation, l'efficacité et souvent même l'huimilité et le sens des responsabilités qui font l'envergure des spécialistes des services de première ligne» (p.93).Gilbert TARRAB professeur Université du Québec aa Montréal ionnclle: le cas des CLSC».par R.Poupart./.-/.Simard et f.-P.Ouellct.Federation des CLSC du Québec, mai f&86.93 pages.Les animaux méritent aussi d'être protégés ¦ A titre d'êtres humains soucieux de la survie de notre espèce sur une Terre que nous n'avons déjà que trop saccagée, nous aimerions vous faire connaître notre opinion au sujet d'une lettre préconisant de supprimer ou éloigner le loup des zones giboyeuses.(François Prucl.Tribune libre, 6 novembre).Si nous avons bien compris, vous voulez éliminer les loups pour tuer plus de chevreuils: quel beau geste humanitaire.Ce qui nous étonne, c'est que vous n'avez pas envisagé de demander au MLCP de construire une magnifique clôture autour des ravages, ce qui permettrait une concentration certaine de ces chevreuils.Cela amènerait encore plus de touristes et vous permettrait de tuer encore plus de chevreuils! Nous vous voyons assez bien dans le rôle d'une espèce de Superhomme qui veut faire des «Ravages dans les ravages».Vous volez à la défense de ces pauvres chevreuils décimés par de cruels loups qui, oh horreur, le font pour manger et survivre.Et ensuite vous, vous les tuez.Vous les tuez pourquoi?Peut-être tuer est-il valorisant pour vous et vous sentez-vous menacé par les loups dans votre volonté de puissance.Vous lancez des chiffres particulièrement imprécis.Quand vous parlez de milliers de membres, c'est combien?Et combien de ces membres vous suivent?Quand vous parlez de centaines de chevreuils tués par les loups, c'est combien ?Et combien sont tués par les chasseurs?Et combien de loups y a-t-il?A vous croire, il y aurait des meutes innombrables et les journalistes feraient très mal leur travail d'information car nous n'en avons pas entendu parler.Et s'il y avait plus de chevreuils à abattre, de combien cela ferait-il reculer le taux de sans-emploi?N'oubliez cependant pas que, si vous représentez peut-être des milliers de membres,| le gouvernement repi^scnte'.lui, 6 millions d
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