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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
K. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1988-04-30, Collections de BAnQ.

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[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins La vraie libération d'Agota Kristof REGINALD MARTEL .Ott ans un pays ravagé par la guerre, deux ju-*»B^ meaux abandonnés à eux-mêmes font seuls l'apprentissage de la vie, de l'écriture et de la cruauté.» Bien des lecteurs auront reconnu dans ces quelques mots l'univers du Grand Cahier.Son auteur, Mme Agota Kristof, a vécu sa guerre en Hongrie, patrie d'origine qu'elle a quitte en 1956 lors des événements que l'on sait.Elle vit aujourd'hui en Suisse et c'est là, longtemps après la Deux-ième Guerre mondiale, qu'elle s'est libérée de ce qui peut-être la hantait depuis toujours.l'écris peut-être, car je n'en sais rien.À Montréal il y a quelques jours, c'est d'écriture, et non d'obsessions, qu'elle m'a surtout parlé.Tant mieux : quand on a devant soi un livre aussi simple et puissant, les anecdotes du vécu, si elles ne sont pas par- tie à l'oeuvre, ne regardent personne.Elles ne sont que racolage de médias.Il y eut donc le Grand Cahier, immense succès, puis tout récemment la suite, la Preuve, et viendra plus tard le dernier volume.« Au départ, dit Mme Kristof, je n'avais pas prévu une trilogie.Même après le Grand Cahier, je pensais que c'était fini.» (Curieux : la dernière page lue, j'inventais de mon côté une suite, me résignant mal à quitter les jumeaux.) «.mais je ne pouvais les quitter.l'avais beau chercher autre chose, l'histoire continuait dans ma tète.» Des jumeaux tardivement différenciés qui n'auront de prénoms que dans la Preuve, qui, dans leur grand cahier, ne savent écrire que nous.« Employer le je me répugne.D'ailleurs, pour surmonter ce qui leur est imposé ( l'abandon par leur mère, la lutte pour apprendre à lire, pour apprendre à vivre), la solidarité leur est essentielle.Mais je n'avais pensé à rien de tout ça.C'est venu ainsi, tout simplement.» L'horreur ordinaire Mme Kristof révèle ainsi, je suppose, la puissance de l'instinct, plus troublante, plus efficace souvent que celle de la technique romanesque.En cherchant après coup à comprendre, elle se rend compte que ce que vivent les deux enfants, dans une parfaite communion, chacun ne pourrait le vivre seul.Ainsi a-t-elle vécu la guerre, avec ses frères.Dans le Grand Cahier, la souffrance a l'air ordinaire, presque banale.)e ne comprends pas du tout, puis je comprends un peu : ce qu'on vit tout petit ne se compare encore à rien.« J'ai vécu la guerre de quatre à dix ans.Elle nous semblait presque normale.Vivre sans alertes, sans la mort ici, là, partout, nous n'aurions pas su l'imaginer.Même qu'on se demandait ce qu'on pourrait bien vivre après.On ne souffrait pas, car presque tout le monde était dans la même situation.On vivait dans une petite ville, près de la frontière autrichienne.On avait une certaine chance : un petit jardin et donc des poules et des légumes.» Ces éléments autobiographiques auraient pu rester toujours dans le domaine privé.En Suisse, Mme Kristof écrit d'abord pour le théâtre.Des pièces qui ne présentaient pas des problèmes personnels, mais sociaux, mais écologiques.Le théâtre a quand même été un déclencheur.On y faisait des exercices d'immobilité, de silence, de résistance à la fatigue.Les iumeaux font cela aussi, nnur se défendre contre un monde hostile.« J'ai écrit des scènes, l'en ajoutais, j'en enlevais.Je pensais à des nouvelles indépendantes qui auraient eu les mêmes protagonistes, je n'avais aucun plan et ce n'est qu'à la fin que j'ai établi un ordre chronologique.» si ft i LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AVRIL 1988 Boulizon : 50 ans de passion littéraire JEAN BASILE collaboration spéciale ?I ne faudrait pas croire que l'âge et un goût inné pour les meubles de style Louis XVI, pieds en fuseau et tapisserie au petit point, font de l'homme une bête de pédantisme et de snobisme.Tel est le décor où Guy Boulizon, la simplicité même, reçoit.Il a quatre vingt deux ans, bon pied bon oeil.S'il se plaint un peu de ses jambes, cela ne l'empêche aucunement de raccompagner les visiteurs jusqu'en bas de l'escalier, une civilité d'autrefois.Voilà plus de cinquante ans qu'il hante les milieux littéraires de Montréal.II a fait l'ouverture de la première librairie Flammarion-Canada « et dans l'ouest », aime-f-il à dire, il a travaillé chez Beauche-min.Il a siégé à des commissions gouvernementales sur l'éternelle, épineuse question du livre.En bref il est connu comme le loup blanc là où on fait de la littérature.Mais il a été aussi professeur.On ne compte plus ses élèves.Le « gratin » bien entendu car Guy Boulizon a été de ceux qui ont ouvert « Stan », le chic collège Stanislas, en 1937, une filiale du '< Stan » de Paris non moins chic, « un lycée français » comme le disaient quelques clercs qui y voyaient une concurrence.Puis après le gratin, la masse avec les cégeps où Guy Boulizon a professé.Enfin l'université.Il avait alors soixante douze ans.Il vient de publier avec sa femme jcajifïctte, professeure elle aussi, un Journal à deux voix.Tout Simenon, ou presque Découvrir «rhomme nu» *!'''l';:£h-.:*6V-*; \u2022 '.POÉSIE D'ICI Rina Lasnier PAGE K4 GILBERT GRAND SUITE A LA PACE K 2 I out Simenon ».Une ban de-annonce qui fait d'abord sursauter, avec son petit côté « hommage posthume » implicite.Mais non, même s'il n'a rien publié depuis le grand déballage des Mémoires intimes ( 1981 ), le père de Maigret est bien vivant et a fêté ses 85 ans en février.Et avec quelque 500 millions de lecteurs à l'échelle de la planète, pas de « purgatoire » en vue.Tout Simenon, vraiment?se demandent, le regard allumé et l'eau à la bouche, tous ceux qui, par un soir d'insomnie dans une chambre d'hôtel anonyme ou bercés par les cahots d'un train ou le bourdonnement d'un jet, ont plongé dans cet univers romanesque unique pour ne plus l'oublier, ni vouloir le quitter tant ils s'y sont reconnus.Non, pas d'intégrale.Dans un premier temps, il faudra plutôt se contenter (!) des 120 romans parus aux Presses de la Cité entre 1945 et 1972, date à laquelle l'écrivain décida de ne plus écrire de romans.Au total une quinzaine de volumes, qui paraîtront au rythme de cinq par an dans le format popularisé par les Bouquins, papier mince et jaquette souple (on peut cependant regretter l'absence d'un tirage cartonné).Suivront ensuite les ouvrages parus chez Fayard de 1931 à 1935: une trentaine de romans, dont les 19 premiers Maigret (les meilleurs!).Rien n'indique pour l'instant que Gallimard cédera ses droits sur la cinquantaine de titres parus durant la décennie suivante.Mais, pour que ce « Tout Simenon » mérite pleinement son nom, aux 193 romans (même ce chiffre est contesté) que l'auteur a publiés sous son nom de 1931 à 1972, il faudrait de plus ajouter, tâche aussi impensable qu'impossible: \u2014 900 articles ou «papiers» parus dans la Gazette de Liège de 1919 à 1922, \u2014 un millier de contes, binettes légères et folleries dispersés dans -çr\\ les magazines\"populaires et journaux galants de Paris sous pseudonymes divers, \u2014 200 romans ( sentimentaux, policiers, d'aventures ou d'humour) sous pseudonymes, destinés à des collections à bon marché, \u2014 les reportages et relations de voyage à l'intention de la grande presse (rassemblés dans À la re- cherche de l'homme nu et À la découverte de la France, chez 10/18), \u2014 les conférences et essais sur le roman ( parus en partie chez Complexe sous le titre L'âge du roman), \u2014 les textes autobiographiques (/e me souviens, Quand j'étais vieux, Lettre à ma mère et Mémoires intimes) \u2014 et enfin 21 volumes de «dictées »( 1975-81 ).Pas question, bien sûr, de faire ici la fine bouche: à une époque où l'édition tient souvent du compte d'épicerie, comment ne pas saluer l'ambitieux projet des Presses de la Cité (que Libre Expression coédite au Québec) et souhaiter qu'il soit mené à terme et que d'autres s'en inspirent.Les Éditions Li[f\u20ac EXPP^)ion Idéalement, le premier tome de cette intégrale romanesque souhaitée aurait du contenir Pietr le Letton et les premiers Maigret écrits en 1930, à bord de l'Ostro-goth, avec leur extraordinaire parfum des canaux et ports du Nord.Ce sera pour plus tard.Par contre, les huit romans et la nouvelle rassemblés ici permettent de saisir un Simenon au sommet de son art alors qu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il quitte une Europe affaiblie et incertaine pour s'installer aux États-Unis.« Tournant décisif », de l'aveu même.de l'auteur, où vie et oeuvre s'entremêlent dans une osmose d'une rare fécondité.Les trois romans qui en témoignent avec le plus d'éclat ( La fuite de Monsieur Monde, Trois chambres à Manhattan et Lettre à mon juge) figurent d'ailleurs parmi les sommets de l'oeuvre.Certain de vivre ses derniers mois à la suite d'un diagnostic médical erroné, Simenon a passé les années de l'occupation dans une ferme de Vendée, comme hors du temps, à écrire des romans d'une grande acuité psychologique, dont La fenêtre des Rouet ( 1942).Mais La fuite de Monsieur Monde ( 1944) l'annonce déjà: le malaise est latent, la cassure proche.Comme son héros, Simenon sent l'irrépressible besoin de partir, malgré ou à cause de sa réussite sociale, par « peur de l'enlisement ».Tout abandonner, pas même pour recommencer à neuf, mais plutôt pour « aller jusqu'au bout de lui-même », selon la formule balzacienne qui est une des clés essentielles de l'oeuvre de Simenon.C'est en attendant à Paris les visas d'émigration pour les États-Unis, qu'il écrit, en mai 1945, pour son nouvel éditeur (Sven Nielsen des Presses de la Cité) La pipe de Maigret ( une nouvelle ) et Maigret se fâche ( une charge particulièrement féroce contre ces nouveaux riches qui, sous le vernis de la respectabilité, cachent une ignominie révoltante.) SUITE A LA PACE K 7 VIDEOS m La trilogie Dallesandro de Warhol et Morrissey PAGE K5 DISQUES David Oistrakh CONCEPTION JEANBRUNEAU Se rêve d'un inventeur de Roger Laçasse L ¦ K2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AVRIL 1988 LITTÉRATURE Agota Kris Ne pas juger de l'intérieur SUITE DE LA PACE K1 contre un monde hostile.« l'ai écrit des scènes, l'en ajoutais, j'en, enlevais.Je pensais à des nouvelles indépendantes qui auraient eu les mêmes protagonistes.Je n'avais aucun plan et ce n'est qu'à la fin que j'ai établi un ordre chronologique.» Les chapitres \u2014il y en a plus d'une soixantaine\u2014 sont courts, deux ou trois pages.Et écrits au présent.Le temps de l'enfance, de la vie immédiate?«c Quand j'écris, je me mets là où sont les personnages, le vois la ville, la maison de grand-mère, et je suis obligee de voir les choses comme si elles se passaient maintenant.» \u2014 Le présent, c'est un temps très dramatique : c'est le temps de l'irrémédiable, de ce qu'on ne peut corriger?« Ça me vient peut-être du théâtre, songe Mme Kristof.Le nous étions, plutôt que le nous sommes, ce ne serait que le souvenir, que ce qui n'existe plus.Le présent, c'est ce qui se passe vraiment dans un espace et dans un temps.» Un art objectif ?Pour dire la vérité, et rien d'autre, les jumeaux du Grand Cahier ne se permettent rien de subjectif.Ils écrivent : « Les mots qui définisssent les sentiments sont très vagues, il vaut mieux éviter leur emploi et s'en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c'est-à-dire à la description fidèle des faits.» (p.34.edition Points) « Le subjectif n'est pas vrai ».renchérit Mme Kristof.Elle ajoute : « |e tiens a ne pas entrer dans la peau des personnages, à ne pas les juger de l'intérieur.|e ne suis pas en eux, je suis près d'eux.» \u2014 le proteste : mais ce sont vos personnages ! « |e ne veux pas, je ne peux pas.Je refuse.» Au lecteur donc, qui lui est libre, d'ajouter les sentiments, les impressions ; de remplir les trous, qui sans doute sont là pour ça.À la fin du Grand Cahier, les jumeaux se séparent.L'un reste au pays, l'autre s'en va.Chacun aura désormais son prénom, Lucas et Claus (un anagramme) dans la Preuve.La preuve de quoi?«C'est un titre ironique.C'est la preuve de l'existence de l'autre.Ou plutôt : de l'existence de l'un et et de l'autre.» Et c'est la preuve aussi que le pouvoir peut détruire une preuve en fabri- quant de toutes pieces d'autres preuves.Le pouvoir dira que Lucas n'existe pas.ni Claus.D'autres personnages perdent aussi leur identité, leur réalité, comme si la vie n'était pas vraiment verifiable.L'horreur, encore.Écrirait-on pour ne pas se perdre?|e cite un personnage : « |e suis convaincu, Lucas, que tout être humain est né pour écrire un livre, et pour rien d'autre.Un livre génial ou un livre médiocre, peu importe, mais celui qui n'écrira rien est un être perdu (.).» (p.107) Les deux romans de Mme Kristof seraient-ils des livres sur l'écriture?« Si oui, c'est absolument involontaire.N'oubliez pas que celui qui écrit cela est un ivrogne et un velléitaire, qui n'écrira jamais son livre.» ' LE GRAND CAHIER collection Points, Seuil 1988.' LA PREUVE, Seuil, 1988.Un témoin attentif de la révolution littéraire SUITE DE LA PACE K1 Ce sera pour les uns bien des souvenirs de collège, émouvants, un peu « surréalistes rétrospectivement » comme le disent les auteurs.C'est que le Québec a changé en un demi-siècle.Les autres y trouveront le portrait d'une époque révolue, agaçante avec ses principes, touchante aussi maintenant que c'est terminé.Ce sont les années 1938-1950, bien avant la Révolution tranquille, bien avant la révolution sexuelle, bien avant toutes les révolutions.Guy Boulizon a été depuis ces temps-là, et reste, le témoin attentif et curieux de la révolution littéraire qui alla de pair avec toutes les autres révolutions.« Mon titre de gloire, dit-il, est d'avoir lu le premier, en manuscrit, La Belle bète de Marie-Claire Biais, l'étais alors lecteur chez Beauchemin.Moi pour qui la littérature québécoise s'arrêtait à Trente arpents de Ringuet, j'ai été stupéfié.)c savais que la littérature québécoise venait de faire grand un pas.\u2014 Si mes souvenirs sont bons, les éditions Beauchemin ont refusé de publier le livre?\u2014 Oui.On trouvait ça fiévreux et morbide.Je me souviens encore des termes, l'ai démissionné pour protester.Avec Une saison dans la vie d'Emmanuel, Marie-Claire Biais a écrit un chef-d'oeuvre.Cela ne m'a pas étonné.\u2014 Vous avez bien connu aussi Gabrielle Roy.\u2014 Oui, toujours aux éditions Beauchemin.l'ai revu avec elle le manuscrit de la Montagne secrète entre autres.Ce fut une épreuve pour moi.Comme écrivaine, Gabrielle Roy était très anxieuse.Elle remettait en question toutes les phrases de son roman une à une, ce qui ne facilite pas le travail de l'éditeur.Elle craignait aussi que l'on illustrât son livre.Cela eût été tragique selon elle car la montagne devait rester un lieu imaginaire.» Guy Boulizon a adoré l'expérience humaine et pédagogique de « Stan » le collège huppé.Mais il a été séduit et emporté par les cégeps et la démocratisation de l'enseignement.C'était pour lui une école de liberté même si, comme il le souligne en riant, les élèves des années soixante étaient moins sages, moins attentifs d'apparence que ceux des années quarante et cinquante.« Ça dérapait souvent », comme il le précise.Mais l'expé- Unfvrednc PII certaines femmes ne peuvent s'imaginer \t ¦ill\t \t \t Penelope Russiartoff, Ph.D.\t ksV:\t Malgré la révolution féministe, le docteur Russianoff, psychologue américaine, a constaté que certaines femmes étaient encore très dépendantes de l'homme de leur vie.Elle a donc écrit le présent livre pour les aider à devenir libres de dépendance sexuelle et plus sûres d'elles-mêmes émotionnellement et financièrement, à apprivoiser leur solitude et à vivre des amitiés féminines et masculines plus enrichissantes.206 pages.Vous pouvez commander par téléphone en utilisant votre carte VISA ou MASTERCARD.Vous pouvez recevoir ce livre en remplissant et en retournant ce coupon aux de réduction aux abonné(e)s de La Presse sur tous nos livres.N\" d'abonné N\"0'25 Pri» Prix relier d'abonné I7.sï?n.nas Aussi en vrnfr chel votre fournisseur habituel.Editent U Prêta*.Lté* 44, Saint-Antoine On est Montréal (ûnebee) HBT 1J6 Nom_ Adresse-Ville_ Province- Code postal.Tél.U ?Chèque ?VISA N\"- ?Mandai ?MASTERCARD Date d'expiration.Prière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas acceptés.Prix du livre _ + frais de manutention \u2014 Montant total ci-joint \u2014 _L50_! rience était unique pour un professeur amoureux de littérature.« D'ailleurs, dit-il, si j'ai été formé avec les classiques comme on dit, j'ai toujours préféré la littérature contemporaine parce que c'est là où l'on voit l'acte créateur en action.|e n'ai jamais aimé la littérature qui ronronne, qui est contente d'elle même.« Alors la fin des arfnées soixante a été merveilleuse sur ce plan.C'était un peu 'para', en marge.|e ne pouvais pas être d'accord avec tout ce que l'on disait et faisait.Mais il y avait de la vie, de l'audace.« C'était aussi l'époque où une littérature nationale s'épanouissait, se diversifiait.\u2014 Vous êtes un professeur, un amoureux de la grammaire, du français, que pensez-vous du phénomène 'jouai' apparu à cette époque?\u2014 Une langue morte n'est pas intéressante, même pour un grammairien.Le 'jouai* remettait le français en question, c'est vrai et ça n'a pas été toujours une réussite.Mais avec le temps la percée a été positive et l'on peut dire, tout prof qu'on soit, que la langue française québécoise y a gagné en couleurs, en nuances.Un roman comme Maryse, qui est incontestablement une oeuvre littéraire, n'aurait pas été possible sans ces expériences.\u2014 N'ètes-vous pas un peu laxiste?\u2014 Pas du tout.|e sais très bien reconnaître une phrase qui n'est pas articulée, le vois parfaitement si un roman avance ou n'avance pas.\u2014 Selon vous qu'est-ce que la littérature?\u2014 Èh ! bien pour moi, c'est d'abord un ton, puis un rythme, puis une démarche, puis un sujet.Avant les années soixante, il me semble que les écrivains québécois tendaient consciemment ou non vers une normalité de l'écriture, une normalité française admirable de fidélité mais contraignante.Plus maintenant ».Ces paroles sont étonnantes car Guy Boulizon est d'origine française, catholique pratiquant dans le style « de gauche » qu'illustrèrent ici les jécistes, la Nouvelle Relève, Relations, etc.Dans son livre, il raconte d'ailleurs avec un humour corrosif les expériences que vivait avant la guerre un « Français de France » arrivant à Montréal sans se douter un seul instant de ce qui l'attendait! Cela n'a peut-être pas changé.Ce sont des pages hilarantes où Guy Boulizon raconte une certaine soirée « mondaine ».On le prit à partie avec sa femme, on les accusa d'avoir vendu le Canada français aux Anglais, de l'avoir vilipendé avec Maria Chapdelai-ne et autres classiques du genre.« |e n'y comprenais rien, dit-il.le venais pour tenter d'ouvrir un collège et voilà que j'étais propulsé au XVIe siècle comme l'acteur d'une histoire quand même bien plus vieille que moi.« C'était un 'baptême' comme l'on dit.La contrepartie, beaucoup plus importante, a été la chaleur de l'accueil général, celui de mes élèves, de leurs parents et cela ne s'est jamais démenti.Quand ça arrive on est malgré tout surpris.« Dans les années quarante, on pouvait trouver des relents de xénophobie chez certains clercs.Plus tard, c'était un autre genre de réaction.Mais il faut reconnaître que bien des écrivains ou professeurs français de passage manquaient de tact, certains pouvaient être odieux.Il y a eu des règlements de compte, dans le corps professoral par exemple.\u2014 Quand ètes-vous devenu Québécois pour de bon?\u2014 Ça a commencé en 1942, une sorte de mutation dont j'ai vu le signe en visitant une exposition de Borduas à l'Ermitage.Un pays avec des paysages comme ça, me suis-je dit, ça vaut la peine d'en faire partie.En 1947, on m'a proposé une situation en France.Mais j'avais mes liens ici.Pou-vais-je ne pas rester?» Si Guy Boulizon trouve depuis lors la culture québécoise fascinante, il n'en reste pas moins lucide.Il sait fort bien qu'elle.n'a pas grande audience à l'étranger, s'en étonne.Il pense que la plupart des Français espèrent de la littérature québécoise qu'elle sera exotique, « ce qu'elle n'est pas », dit-il.Il prêche la confiance, la patience.et l'autonomie.Tout en se défendant d'être un penseur politique, Guy Boulizon affirme sa solidarité avec le mouvement séparatiste « du RIN à Pa-rizeau ».L'autonomisme est pour lui un humanisme qui doit conduire à l'épanouissement.Il croit que le Québec doit asseoir ses spécificités au-delà même de la langue qui reste toutefois le « noyau dur ».« Mais la langue, dit-il, est ambiguë de caractère.Elle unit, oui, mais elle sépare aussi.«Lorsque j'étais professeur, continue-t-il, j'ai été frappé par l'amour du Canadien français pour son territoire, pour sa toponymie, sa géographie.Les Européens pensent en termes d'histoire.Ici, nous pensons en termes de géographie.Je 'me souviens très bien de l'enthousiasme des Choquette et des Pari-zeau en classe de géographie.Cela n'était pas seulement intellectuel.Quand nous partions sur le terrain, quel emballement! « Mais'le passionné de littérature que je suis s'est aperçu aussi qu'un grand nombre de.romans québécois sont des cartes géographiques, des toponymies.Heinz Weinman a écrit de très belles, de très profondes pages sur la notion du territoire dans son livre magistral Du Canada au Quebec.» Guy Boulizon avoue- qu'il lit beaucoup moins de romans.C'est qu'il continue de mettre de l'ordre dans des notes, des notes et le Journal à deux voix.Il se lève à cinq heures du matin, se met au bureau jusqu'à neuf ou dix heures.La matière, le travail ne manquent pas.Cinquante ans de littérature et de vie québécoise, Guy Boulizon appelle ça dans son livre « une longue marche » ni plus ni moins que Mao Tsé-toung! Sans les gardes rouges car Guy Boulizon n'est rien moins que révolutionnaire.Il veut tout comprendre, tout aimer, reconnaître à chacun son du.Il boit son café sans sucre dans une tasse de porcelaine, sert le thé dans une théière d'argenterie.Ce n'est pas lames Bond même s'il aime jusqu'à Genet.Qui sait?Il faut se méfier des témoins discrets mais obstinés.STANISLAS.UN JOURNAL A DEUX VOIX 193B- 1950, 212 pages, editions Flammarion.ON PEUT VAINCRE LE CANCER ENSEMBLE SOCIÉTÉ 1 CANADIAN CANADIENNE I CANCER DU CANCER SOCIETY DONNEZ GÉNÉREUSEMENT 025 .A LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AVRIL 1988 K3 LITTÉRATURE AU PLAISIR DE LIRE S ESSAIS Mystification, roman, histoire ésotérique ?Tout cela ensemble.JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration ipcciale Ecoutez donc la triste histoire, et très belle aussi, du peuple Khazar.Il y avait une fois un peuple-habitant au nord de la Mer Caspienne (appelée aussi Merdes Khazars).C'étaient de puissants guerriers, peut-être d'origine Scythe, qui firent plusieurs incursions en Perse, occupèrent l'Arménie, et poussèrent jusqu'à la Volga.Ils furent vaincus par les Arabes, et se réfugièrent en Crimée (appelée aussi Khazarie).En 858, ils devinrent chrétiens.Mais l'empire russe se mettant en place, ils furent peu à peu absorbés et perdirent la Crimée au XIe siècle.On n'en parla plus.Sauf dans les très vieux dictionnaires comme le Larousse du XXe siècle que j'ai eu l'honneur et l'avantage de consulter.\u2022 Or donc, imaginez un vieux professeur serbe, de l'Université de Belgrade, nommé Milorad Pa-vic.Placez-le entre Umberto Eco (celui du Nom de la rose) et Borges (celui de Fictions), c'est-à-dire savantissime, mais pas pédant, avec le goût de la mystification littéraire et un solide talent pour écrire.Milorad Pavic a écrit un livre inclassable, donc intéressant.Cela s'appelle le Dictionnaire khazar et se présente comme la réédition d'un livre soi-disant perdu écrit par un soi-disant Daubmannus en 1691 (et en latin ), augmentée depuis ce temps-là; Ce qui nous interdit de vérifier.Ce livre prétendra que les Khazars se convertirent effectivement à une religion monothéiste, mais pas forcément la chrétienne.Peut-être bien l'islamique?Peut-être bien la judaïque?Par conséquent, il existe trois versions de la disparition du peuple khazar.Milorad Pavic va vous les donner, toutes les trois.Il n'y a pas de raison de s'en priver.Le livre rouge: sources chrétiennes sur la question khazare.Le livre vert: sources islamiques.Le livre jaune: sources hébraïques.Chacun de ces livres se présentera sous forme de dictionnaire \u2014 c'est là que c'est drôle.Car nous allons pouvoir lire dans n'importe quel ordre, à n'importe quelle page, en commençant par la fin si ça nous tente, et en tombant (c'est le cas de le dire) sur des personnes strictement inconnues, même des meilleurs dictionnaires, sur des légendes tout à fait curieuses, sur des lettres d'amour absolument délirantes, voire sur le nom d'un fruit, le kou (dryopteria filix chazarica) qui ne pousse strictement qu'au bord de la Mer Noire \u2014 et encore, pas depuis quelques siècles.Un mot, un nom, nous fera rêver et attirera notre attention sur un autre, défini et expliqué plus loin (ou précédemment) dans le même dictionnaire ou dans l'un des deux autres.C'est la folie de lecture.On se perd, on s'égare, avec le plaisir délicieux de la mystification, parmi ces pages bourrées dé trouvailles (je pense entre autres à ces Maçons de la musique qui érigeaient des blocs de sel sur lesquels les vents jouaient des airs et que léchaient les moutons et boeufs.Uniquement chez les Khazars.bien sur.On dit qu'il est possibe de lire ce livre comme un roman.Non, comme cent romans; ou cent contes, ou cent poèmes, avec une invention sans défaut, une intelligence extrême, et une connaissance historico-ésotérique absolument parfaite.' Il y a des vampires, des crimes et du fantastique.Des diables et des rêves expliqués.Il y a la naissance et la mort d'une langue, le Khazare, que seuls dès perroquets iront porter au loin.Bref, il y a de tout.Cela ne ressemble à rien de connu.C'est de la littérature de mystère, qui aurait pu être publiée dans l'ancienne revue Planète.Mais aussi, l'humour y vagabonde, etla poésie de l'invention s'y promène.Le dictionnaire d'un peuple qui n'eut pas d'histoire écrite! auquel Pavic se devait d'en inventer une.On se laisse prendre.|e me demande encore si tout cela est vrai, ou simplement du roman, plus vrai que-le vrai?P.S.Pour finir la mystification, il existe deux couvertures pour ce livre, intitulée exemplaire masculin et ¦ exemplaire féminin.On vous les vendra suivant notre sexe, ou votre goût.Mystère, mystère.Mais de bonnes soirées de lecture en perspective.C'est quelqu'un, ce Pavic! Milorad Pavic : IE DICTIONNAIRE KHAZAR.roman-lexique.256 pages, avec de jolies petites illustrations.Editions Belfond.Paris.1988.___ MILORAD PAVIC LE DICTIONNAIRE K H A Z A R X, JEM If' I WËm.m.y mm 1 fyty a- WSËÊÊÈ roman-lexique exemplaire taascnlhi b ¦* e * I * f > o y n * d \t\t\t \t\t\t Fiction et biographies 1 Le premier jardin Anne Hébert Seuil\t\t\t(5) 2 Les vaisseaux du coeur\tBenoîte Groult\tGrasset\t(11) 3 Le prince des marées\tP.Conroy\tPresse de la Renaissance\t(5) 4 Une (emme\tA.Emaux\tGallimard\t(8) 5 Myriam première\tFrancine Noël\tVLB\t(16) 6 La preuve\tA.Kristof\tSeuil\t(3) 7 Traversées\t0.Steel\tLibre Expression\t(2) 8 L'Héritage\tVictor-L.Beaulieu\tStanké\t(10) 9 L'amant sans domicile fixe\tFruttero/Lucentini\tSeuil\t(7) 10 Lance et compte (2)\tRenald Tremblay\tLa Presse\t(5) Ouvrages généraux 1 Un jour à la (ois En collaboration Québécor\t\t\t(2) 2 Prévenir le bumout\tJ.Languirand\tHéritage\t(7) 3 Le bumout chez la femme\tJ.Freudenberger\tTransmonde\t(9) 4 Guide canadien\tEn collaboration\tAssociation des consommateurs du Québec\t(9) S Guide de la consommation des assureurs\tEn collaboration\tÉditeur officiel\t(3) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Alire (Place Longueuil), Bertrand, Les Bouquinistes, Boyer (Valleyfield), Champigny, Oucharme, Flammarion, Hermès, Leméac, Lirelire, Le Parchemin, Martin (Joliette).Montréalolsir, Raffin, Renaud-Bray, Sons et Lettres.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente\t\t\t L'ECHANGE ACHETE ET VEND AU MEILLEUR PRIX disques, livres,cassettes, compact dise usagés choix 3694 et St-Denis qualité 849-1913 MÉTRO SHERBROOKE 713 est Mt-Royal 523-6389 MÉTRO MT-ROYAL Regards vers le nord Deux romans historiques JEAN BASILE collaboration spéciale ¦1 y a des évé-n e m e n t s énormes que l'histoire a comme inscrits dans m usasse:.: notre mémoire collective.On en a une vue d'ensemble, effrayante ou grandiose.C'est une image naturellement, un cliché appris dans les livres et magnifié par notre imagination.Aussi est-on toujours un peu surpris quand on lit un témoin direct.Ce que nous imaginions considérable devient minuscule.D'un seul coup l'histoire se dégonfle.Elle redevient humaine.C'est pire encore quand il s'agit non pas d'un document mais d'un simple roman.louri Annenkov n'était d'ailleurs pas romancier mais peintre.Sa biographie est compliquée.Il est né en Russie où il a fait la grande révolution dont il était un partisan.Il a changé d'idée.Il s'est enfui et il est mort en France en 1974.Il n'a écrit qu'un seul livre, Povest'o pustjakah, en 1932 puis il est tombé dans l'oubli.On vient de traduire ce roman en français sous le nom de La Révolution derrière la porte.Le titre original est plus ésotérique.C'est littéralement «Histoire de riens».Ces «riens» dont Annenkov raconte l'histoire, ces vétilles, c'est tout simplement la Révolution russe, tels que les a vécus un jeune homme qui habitait Pe-trograd.C'est donc d'abord et avant tout l'histoire d'une ville.Pour le tout jeune Annenkov (qui se nomme Kolenka dans son livre), c'est la ville impériale, magnifique, riche, nordique et embrumée.Puis la Révolution éclate.Pe-trograd sent la poudre et retentit de cris auxquels se mêlent ceux de Kolenka qui ne manque pas de faire le coup de feu.Arrivent les noms connus.Lénine, Trotski, etc.Il y a les meetings, les ragots, l'alcool, les femmes, les espoirs et les désespoirs.Petrograd se transforme lentement en Leningrad.Pour le jeune Kolenka qui regarde, regarde, tout se termine au moment où les camarades organisent une reconstitution des journées d'Octobre avec des milliers de figurants.D'un seul coup il comprend que tout cela n'a jamais été qu'un spectacle, une sorte d'immense folie de représentation d'une hystérie collective.C'est un livre atroce.Tout le monde y passe: les grands hommes, le prince déchu qui devient un clochard, la chanteuse tzigane qui prend de la cocaïne et couche avec n'importe qui parce qu'elle a peur de dormir seule, un pianiste de cinéma, des profiteurs et des bourgeois qui meurent en pleine rue.Les Rouges sont ignobles, les Blancs ne le sont pas moins.Il y a des pages terribles sur l'assassinat systématique des juifs tenus responsables de la'révolution.La thèse d'Annenkov est très simple: quand une collectivité perd la raison, c'est tragique.Mais il y a quelque chose d'autre dans cet immense chaudron où bouillent les passions humaines.C'est l'humour de louri Annenkov.L'écrivain a décidé de ne rien cacher de ce qu'il a vu et qu'il nous raconte.Il refuse tout pathétique.Tous les personnages qu'il décrit, tous les événements qu'il relate sont vus par le petit côté de la lorgnette.Ce sont des clowns dans la meilleure tradition shakespearienne.Naturellement on ne rit pas toujours.On ne rit même pas du tout en fin de compte.Un autre trait particulièrement captivant dans ce roman magnifique est le style, cursif, rapide, heurté.On se gargarise beaucoup sur le «nouveau roman » et autres fariboles.Annenkov a inventé tout cela à lui tout seul et cinquante ans avant tout le monde.C'est un magnifique roman sauvage à ne pas manquer.La Suède et les Baltes Si l'on excepte Bergman et ses fantasmes, la Suède donne l'impression d'être un pays mé-mère.Il n'en est rien quand il s'agit, par exemple, de l'honneur national toujours sourcilleux comme on sait.L'Extradition des Baltes de Per Olov Enquist raconte l'histoire d'une poignée de prisonniers baltes ramassés à la fin de ia guerre dans les rangs de l'armée allemande en débandade.Mais ces Baltes sont-ils vraiment des soldats allemands?En effet, il est difficile de savoir si on les a enrôlés de force ou s'ils se sont engagés volontairement dans l'armée allemande, alors victorieuse, pour aider à achever l'Union soviétique, laquelle avait annexé les petits pays baltes qui couvraient son front de l'ouest vers lu Baltique.Les renvoyer en Union soviétique comme les autorités l'exigent ne revient-il pas à les condamner à mort?Sur ce fond historique un peu complexe pour qui ne connaît pas les tenants et aboutissants de la mentalité suédoise.Per Olov Enquist a construit un très beau, très efficace roman journalistique.Il nous présente dans une succession de tableaux, de portraits humains, de documents pris dans les archives de l'époque, une petite épopée humaine qui n'est sans rappeler ce que nous avons vécu ici dans l'affaire de l'expulsion des Turcs.Bien entendu le rapport des choses n'est pas le même mais il y a des ressemblances frappantes en ce qui concerne, par exemple, le piétinement des politiciens, leur indécision et la générosité des simples citoyens.Non content de reconstituer une époque.Per Olov Enquist s'est intéressé aux hommes qui l'ont vécue.11 a retrouvé des anciens prisonniers baltes, a tenté de les faire parler.Une sorte d'amnésie les frappaient.Quant aux morts, car il y a eu des suicides dans celte histoire, ils ne peuvent plus parler bien entendu.On ne peut pas cacher que ce roman-fleuve est parfois difficile à lire car l'auteur est si méticuleux qu'il rapporte même les heures dès qu'il le peut.L'ambiance est superbement décrite, par exemple l'arrivée des bateaux russes venant chercher leur cargaison de chair humaine, ou la résistance passive des prisonniers dans leur camp.Là encore on est agréablement surpris par lu vigueur de la forme.L'auteur réussit parfaitement à fondre dans un tout homogène l'histoire réelle et la reconstitution imaginaire.LA REVOLUTION DERRIERE LA PORTE, par louri Annenkov.roman Ï25 pages, editions Lieu Commun L'EXTRADITION DES BALTES, par Per Olov Enquist.roman.550 pages, édition Actes sud.GUY FRANCOEUR LA POÉSIE ROMANTIQUE EN VERS ^.\\.i Ifilllîï\"\u2022!.'M * < wl.a m I Un»\"\"\u2014i S*9* rj]j \u2022 Utakla Ci >im PK«« im I ItapnrtMi 9*** SS! \u2022 P«rf«tMPMtr»rifMMt«llM|M- HOtel Maritime \u2014 Superbe buffet \u2014 Cocktail de bienvenue e Rosbif au ju« \u2022 Volaille cordon-bleu \u2022 Feuilleté de saumon \u2022 Gigantesque table desserts \u2022 Cadeaux aux mamans \u2022 Prix de présence \u2022 Photos souvenirs \u2022 Service de garderie gratuit e Danse continuelle.19$ (taxe + service inclusl Enfants 4-12 ans Vt PRIX Enfants 0-4 ans GRATUIT 1155, rue Guy Montréal Réservation: 932-1411 FESTIVAL DES MOULES Potage du jour, salade verte Moules à la provençale Moules à la marinière Moules au champagne Tous ces plats sont servis avec frites Gâteau maison au Grand Marnier ou crème m >l Q5 caramel ou coupe de fruits frais.Thé ou café Brunch de la journée de la FETE DES MÈRES de 11 h à 15 h 1 5^ parpen- Enfants de moins de 12 ans.5780, rueSIIERBROOKl'KST Réservations: 254-2125 Le CastUhn La grande tournée gastronomique! Au menu, des dizaines de plats canadiens traditionnels: pain de saumon en croûte, pommes de terre nouvelles au caviar, cuissot de boeuf.Tous ces délices et bien d'autres sont servis dans le somptueux décor 17e siècle du Castilion donnant sur les splendides jardins de l'hôtel.Pour réserver, composez le 878-2332.Le brunch des provinces BONAVENTURE HILTON y CUISINE FRANÇAISE 200 ST-PAUL OUEST VIEUX MONTRÉAL TRAITEUR A DOMICILE Réservation: 845-9522 KKS I Al K.WI Tonv Massarelli V * Spécial du jour \u2022 Table d'hôte tous les soirs Hugo Biucchi, pianiste-chanteur 6386, a».Pàpineau _\u201e ._ Rés: 725-4749 FESTIVAL «A VOLONTE» Langoustines 4 AQCV et cuisses lUîlOf de grenouilles I vpjrptrs.Swvjw avec sa'aDe 6éM» et soupe j lorçnon j ' F* SUPER-SPECIAL POUR 2 4995$ tous les jours Entrée, au choix: soupe à l'oignon ou escargots ou salade Cesar £ Assiette du pécheur £ ou Surf'n turf £ Avec riz et légumes.s ft et dessert.s f t consommation, cati TABLE D'HÔTE 95$ Giteau d'anniverjuuc otfen sur léMtviHon.4 salles de réception disponibles (è l'est de Lacordilre) Stationnement gratuit S Réservations: (514) 324-2900 k LS872, boul.Léger, Montréal-Norc^r LE BUFFET QUI SÉDUIT LE GOURMET 12,95* Enfants 6,93$ SPECTACLE DE MAGIE Violoniste MARCO MAZZA au piano VIVAL'ITALIA HORS-D'OEUVRE CHAUDS ET FROIDS SALADES VARIÉES CANNELLONI-RAVIOLI LASAGNE TORTELLINI ALFREDO POULET C \\CCI ATORE ROTI DE BOEUF FILET DE SOLE LE COIN DU CHEF OMELETTES CRÊPES AUX FRUITS SIROP D'ERABLE DESSERTS CHOIX DE GATEAUX PATISSERIE - FRUITS CAFE-THÉ 11 h à 14 h 30 HOTEL RAMADA0 AEROPORT 6800, Côte-d tr-Uo»™, 342-2282 7=~ RESTAURANT font \\beUea, Cuisine gastronomique italienne FERMÉ LE DIMANCHE 2100, bout.Le Corbusier, Lovai, Que.Tél.: 687-6912 n m.no 'A GRILLADES ET FRUITS DE MER g > RÉSERVEZ TÔT POUR «5/1955 ^ LA FÊTE DES MÈRES dCHp?pirtT p MENU SPECIAL, REPAS COMPLET r anni Pour les soupers dansants \"^Jyj du mercredi su dimanche 3»ec ERfiquc Battit», chanteur-organiste SPÊOIUFETE des M EUES BRUNCH et BUFFET MUSICAL chaud et froid, de 10 h à 15 h 1395$ ¦ W par per*.par per a.Fnfants de moins de 12 an» «95$ Table d'hôte à partir de 1295$ \\ I SALLE DE RÉCEPTION DISPONIBLE I ^^.521-0194-527-8313 3132, Sherbrooke est RESTAURANT Comme avant des idées nouvelles: La qualité supérieure, le prix abordable, et plein de séductions.À TOUTES LES MAMANS MENU FAIT SPECIALEMENT POUR LES MAMANS 7 DÎNERS COMPLETS incluant une entrée, la salade du chef ou César, un potage du jour, le dessert, thé ou café.$995 à$|895 SOUJPE-TÔT\t CÔTE DE BOEUF RÔTIE au jus\tg99$ \t à partir g95$\t \t\u2022 AU PIANO \tJean-François Carel Maman on t'invite.ik_ itrov 11 .pour la Fête des Mères Brunch et buffet familial \u2022 BRUNCH FAMILIAL do .11 h n 14 h -adultes 10.95 S ehlanls 12 ans el moins: 9,95 S (taxo cl service en sus) 1 \u2022 BUFFET FAMILIAL de 17 h a 20 h - .idullrs 23.95 S cnlants 12 ans el moins 11.95 S (laxp pi -.prvicp pu sus)' Musique d'ambfonco - Nous dirons unp plant» vprto aux mamans Reservations: 931-0841 UE NOUVEL HÔTEL -'-MONTRE AL\u2014~T^~~- 1710 boulevard RcneLevPsquo ouest.Montreal (OuPbed II3H iFI3 All.l.-jNOUVCLMOIH si VA! INC CENTRE LAVAL Sorti» I eit do l'aiitortlltt du Nord 1600.Le Gorbusier Rés.: 682-8666 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 AVRIL 1988 _Qg_ /Vf L'OUBLIEZ PAS LE DIMANCHE 8 MAI_|É| 436, PLACE JACQUES-CARTIER VIEUX MONTRÉAL RÉSERVATIONS: 861-1386 Uiw culslno pour toi y*i*.powja bouch«.et un* oddWon à prix modéré.Surprise dimanche NOTRE BRUNCH PRESTIGE 2 services POL À L'ACCORDÉON Notre festival «MANGE ET COMPTE»' Surin turf 1 2,65$ Brochette de grosses crevettoi 12,50$ Coquille St-Jocquei généreuse 11,50' Cuisses de greneuillet à volonté 15,5f Fricassée de blton forestière .12,5' _STATIONNtMINT FACHE_ iti:vr.tru.ivr CUISINE FRANÇAISE TABLE D'HÔTE 21>B LE SOIR BAR D'AMBIANCE Lun.-ven.11 h à 23 h sam.17 h à 23 h 1181, av.UNION 866-4275 McQIII La Tour Dorée 680 Sherbrooke ouest, Montréal (Angle Université) SPECTACLES GREC ET INTERNATIONAL SPECTACLE DE DANSE OU VENTRE tous les vendredis et samedis Dîner dansants SPÉCIAL SUR TABLE D'HÔTE DU VENDREDI V2 PRIX D'AUTRES SPÉCIAUX DU LUNDI AU JEUDI SALLE DE RÉCEPTION POUR TOUTES OCCASIONS RÉSERVER POUR LA FETE DES MÈRES GURbY JOE'S STHKS-POULCT-EKTRECOTES-f RUITS DE MER SUPER SPÉCIAL Dim., Iunv mar.seulement JBSQU'A LA FERMETURE Filet mignon incluant litye-service à noire bar a salades et fruits Irais, choix do pommes do terre ot oain chaud maison.695$ 486,1ère Rue, Richelieu Tél.: (514)658-6689 I e* nmiir.rniri-in Ha la marina nine nvritnntn nna iamnin baii*> In HtAM* La super-soirée de la marine plus excitante que jamais sous le thème «LA CROISIÈRE EN DÉLIRE» Le capitaine vous invite à une soirée-spectacle inoubliable incluant: une orgie culinaire internationale arrosée dune bouteille de vin par pers.avec service en patins à roulettes \u2014 danse.Un seul prix tout com pris! ,.\" Iavîaiiv m4GSa* 406,m»St-Sulpiee,Viwn-Montréal: ie vieux ratior RéI>! 288-7770 Nous avons tout dit.LE BRUNCH GOURMAND DE 15,50$ Rés.: 467-4477 Beloeil (Sortie 12, Route 20) Hôtel lACratoEÏXE BRUNCH DU DIMANCHE de 11 h à 14 h 30 .Adultes 17,95s Enfants 9,95s \u2022 ^ (moins de 12 ans) TAXE ET SERVICE INCLUS Le magicien Medhi de renommée internationale vous étonnera.Pour réservations: 844-8851 Cafe Bar 410, rue Sherbrooke ouest, coin Bleury 1453, rue Metcalfe K51 845-5226 t£Sa Slottennement 1 $ du lundi au vendredi de l'Mtm '7,1*J3h, «m.et dim.tout» la |ovm6t, I m CampoA itottonnement Intérieur, entiee \u2022_ rue Pool et Square Dominion.SALLE DE RECEPTION DISPONIBLE LA FILET MIGNON MANIE reprend Filet mignon servi de 5 façons avec fruits de mer Repas complet 1>| 95$ a compter de If Passez d'agréables moments en musique samedi et dimanche avec DENYS LAVERGHE et ses Invités 11 Venez fêter maman avec nous II j le samedi 7 et le dimanche 8 mai II ! Menu spécial à la table d'hôte ! [ ]| Reserve* t6L ; CHEZ Mué 881, boul de Maisonneuve Rés.: 527-1221 L Metro Berri \u2014 sortie couloir Dupuis JJJ JJ J Jd JJJJJJJJJJJ,l,l JJJJ.I.I.UJJ4.IJ JJJJ.I VIVA ITALIA m Le Coeur du Faubourg bat au rythme italien.Venez déguster la cuisine traditionello et contemporaine de l'Italie gastronomique.Du 30 avril au 14 mai, ce sera l'occasion de découvrir la cuisino de l'heure en Italie ou se régaler d'un plat plus classique mais toujours savoureux.No manquez pas La Fiesla, réservez tôt.2439 Logan 524-6620 Stationnement gratuit après 1B heures.666, rue Sherbrooke Ouest coin university Réservations: 288-0373 ou 288-3872 Stationnement intérieur gratuit ¦ ¦ ¦ .¦ ev®: Le restaurant de fruits de mer.le plus original POISSONNERIE 1 !l SPÉCIAUX CHAQUE JOUR HOMARD DU VIVIER 1-1V.lb $-|Q99 OFFRE SPECIALE «SOUPE-TÔT» $fi99 à partir de \" de 17 à 18 h 30 SPECIALITES D'AVRIL SAM.'/> Ib de crorcttes à l'ail an écailles DIM.Pétoncles de Digbjr grillés LUN.S onces de filet mignon et 1 émettes géantes MAR.l'ûssiotto du capitaine MER.L'assietto maritime JEU.
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