La presse, 8 octobre 1988, Cahier spécial. Le collège Notre-Dame 120 ans
[" 2 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 LA FORCE DE LA TRADITION Quand on a derrière soi 120 ans d'expérience, la confiance renouvelée de six générations de parents et la réussite de dizaines de milliers de jeunes, on peut prétendre à une compétence certaine dans le domaine de l'éducation et se permettre d'accueillir avec une prudence tout empreinte de sagesse les façons nouvelles d'enseigner, d'éduquer, de former.Depuis sa création par les frères de Sainte-Croix en 1869, le collège Notre-Dame est demeuré fidèle à sa mission première: fournir aux jeunes un milieu éducatif de haute qualité où chacun peut développer ses ressources et ses talents et devenir un adulte responsable et créateur.Il s'est bien sûr adapté aux changements sociaux.Mais si l'approche s'est tissée différemment au fil des ans, la trame est demeurée la même, celle d'une formation humaine et chrétienne.Tradition religieuse «Le collège Notre-Dame est un collège catholique, insiste son directeur général Reginald Robert, c.s.c., même s'il accueille des jeunes issus d'un milieu familial non pratiquant ou d'une autre foi.La dimension religieuse fait partie intégrante de notre projet éducatif.» Le collège, dirigé par la congrégation de Sainte-Croix, ne peut plus compter comme avant sur les membres de la congrégation pour assurer l'enseignement.Les vocations se font rares, la relève difficile.Mais les laïcs, hommes et femmes, qui assistent les frères dans leur tâche partagent la même vision de l'éducation.«Cette mission religieuse garde son actualité, peut-être même est-elle plus essentielle aujourd'hui, alors que les églises sont vides, que les valeurs chrétiennes se perdent, souligne le frère Reginald Robert.L'État a certes un rôle à jouer dans l'éducation, mais ce rôle ne supprime pas celui de l'Église.Une institution comme la nôtre répond à un besoin bien réel.» Tradition d'encadrement Le collège accueille des garçons et des filles de 12 à 17 ans.Des jeunes inquiets ou frondeurs, timides ou turbulents, sportifs ou intellectuels, mais des jeunes qui ont deux choses en commun: une immense soif d'apprendre, de découvrir, de vivre, et un grand besoin de sécurité.Le collège répond à ces deux besoins.«Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas tellement différents de ceux d'hier, estime le frère Robert, qui a passé sa vie dans l'enseignement.Ils ont encore un grand besoin de soutien, d'encadrement, de discipline, mais aussi de chaleur et de confiance.» Les frères de Sainte-Croix n'ont pas cédé au vent de liberté, de laxisme, diront certains, qui a balayé le Québec des années 60.Ils ont maintenu, entre les murs de leur collège, une discipline qu'ils estimaient essentielle à l'épanouissement des jeunes.«Et les parents nous ont toujours soutenus dans cette façon de faire, souligne le frère Robert.Ils nous ont toujours fait confiance.» Tradition d'innovation «Je veux devenir médecin, confie un jeune élève de 2e secondaire.C'est pour ça que j'ai choisi Notre-Dame, parce que le collège est réputé très fort en sciences.» \u2014 «Moi c'est à cause de l'équipe de football, lance un jeune sportif de 4e secondaire.» \u2014 «Je savais que je pourrais faire de la musi- que», explique de son côté une jeune finissante.Sciences, musique, sport, peinture, botanique, l'excellence au collège Notre-Dame a des ancrages aussi nombreux que profonds.Les frères de Sainte-Croix ont fait de la formation intégrale bien avant que l'expression ne soit à la mode et ont innové à plusieurs reprises, quitte à glisser dans la marginalité.En effet, à l'époque où ceux qu'on appelle aujourd'hui «guerriers de l'émergence» étaient considérés comme de vils commerçants, le collège n'hésitait pas à enseigner l'abc des affaires.Au moment où les sciences étaient loin d'avoir le prestige des lettres auprès de l'élite canadienne-française, le collège élaborait un cours scientifique d'avant-garde.La chorale du collège suscitait déjà, en 1905, des critiques élo-gieuses.L'harmonie fête cette année son 60e anniversaire.Décrié par certains, porté aux nues par d'autres, le frère Jérôme Paradis, artiste et pédagogue, fait figure de précurseur dans l'enseignement des arts plastiques.Enfin, le sport a toujours occupé une place de choix au collège Notre-Dame, depuis les tout débuts du siècle.Là encore, le collège tranchait sur la culture québécoise de l'époque.Et le projet élaboré par la direction en 1963, qui intégrait le sport au programme régulier et lui consacrait deux périodes par jour, constituait une autre innovation.«L'évolution du collège a suivi les intérêts, les talents particuliers, les valeurs privilégiées par ceux qui y sont passés, souligne le frère Robert.C'est ce qui a fait sa richesse.» Et cela, toujours dans la même optique de formation, d'éducation, de socialisation.Tradition d'appartenance «Les anciens sont toujours les bienvenus et ils le savent», tient à faire remarquer le frère Robert.Le collège a en effet toujours été fidèle à ses anciens: plusieurs des architectes qui ont conçu les agrandissements successifs du collège étaient des anciens du collège.Plusieurs professeurs sont aussi des anciens: Marc Deschamps en musique, Jacques Hébert et Jacques Gauthier Les jeunes d'aujourd'hui, estime le frère Robert, ont encore un grand besoin de soutien, d'encadrement, de discipline, mais aussi de chaleur et de confiance.en éducation physique, Vincent Grégoire en français, Claude Hur-tubise et Michel Gauthier en mathématiques, André Lemay en anglais, Claude Fournier en physique.Ce sont aussi exclusivement des anciens, les meilleurs, qui agissent à titre de répétiteur ou de tuteur auprès des élèves; on retrouve des anciens comme surveillants, ou employés saisonniers.« Dans la mesure du possible nous leur donnons priorité, souligne le frère Robert.Ce sont eux qui maintiennent vivant l'esprit du collège.Et si un jour il nous fallait en arriver à nous défaire du collège, nous savons que nous pourrions compter sur eux pour conserver notre tradition d'excellence.» ¦ LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 Publiscopie 3 LA PETITE HISTOIRE D'UN GRAND COLLÈGE Vingt-cinq novembre 1869.En culottes courtes et bottines noires, les cheveux bien lissés sur le côté, 24 petits gars franchissent en rangs et en silence la porte d'une jolie bâtisse à pignons et colonnades, enfouie au creux de la verdure, sur le flanc du mont Royal.L'allure un peu sévère dans leur longue soutane noire, mais le sourire engageant, des religieux de la congrégation de Sainte-Croix les accueillent avec fierté.Ce sont les premiers élèves de ce tout nouveau collège, baptisé Notre-Dame-du-Sacré-Coeur et aménagé dans l'ancien Bellevue Hotel.«L'ancienne guinguette est méconnaissable», note Robert Ru-milly dans son livre relatant l'histoire du collège Notre-Dame, Cent ans d'éducation.«Sinite parvulos venire ad me», peut-on lire sur la façade, au pied d'une statue de la Vierge: Laissez venir à moi les petits enfants.Les murs qui résonnaient jadis des accords des violons et des pas des danseurs retentiront désormais des laborieux b-a ba, b-e be des petits élèves.Le collège a aujourd'hui 120 ans.De jardin d'enfants, il est passé successivement aux rangs d'école primaire, puis primaire supérieure, avec cours scientifique et commercial, de collège classique et enfin, avec les bouleversements du rapport Parent, d'école secondaire privée.Il accueille maintenant 1 200 élèves dont 300 filles et peut recevoir 420 pensionnaires.Si les religieux sont moins présents, l'esprit chrétien y est demeuré aussi vivace.La réputation d'excellence que le collège s'est acquise au cours des ans, autant dans le domaine académique que dans les domaines sportif et culturel, est à la fois solidement ancrée dans le passé et résolument tournée vers l'avenir.Elle reflète cette capacité qu'a toujours eue le collège Notre-Dame d'allier tradition et innovation.Au service de la jeunesse D'abord conçu pour absorber le trop-plein du collège de Saint-Laurent, fondé 20 ans plus tôt, le nouveau collège reçoit les petits du primaire.«Une maison qui offre aux familles une excellente occasion d'élever leurs petits enfants à la campagne, sous l'aile de la religion (.)», dit le prospectus.Le programme attire plusieurs parents des alentours, mais aussi de l'Ontario et des États-Unis.Pourtant, les premières années sont difficiles.L'achat de l'hôtel a gonflé la dette du collège de Saint-Laurent et on doit rogner sur le chauffage, la nourriture, l'entretien des vêtements, autant pour les frères que pour les élèves.Mais la réputation du nouveau collège se maintient, et ce, malgré sa séparation du collège de Saint-Laurent dès 1871.Les inscriptions ne cessent de grimper: 52 élèves en 1872, 86 en 1874, 140 en 1881.L'hôtel est déjà trop petit.En mai 1881, une superbe construction de pierres grises, bordée de balcons et surmontée d'un clocher, se dresse à l'emplacement même de l'ancien hôtel.Elle peut accueillir 200 pensionnaires.Mais les inscriptions qui ne ces- sent d'affluer rendent à nouveau les installations insuffisantes.On ajoute une annexe en bois.La montée se poursuit.En 1888, les inscriptions dépassent les 300 élèves.On se retrouve encore à l'étroit.L'annexe, surnommée «la boîte d'allumette», est détruite et remplacée par une nouvelle aile de pierre, identique à la première.À l'aube du XXe siècle, l'effectif écolier, qui avait faibli, remonte à 300 élèves.Un petit frère humble et soumis qui cumule les fonctions de portier, de linger, de commissionnaire, de balayeur et d'infirmier commence à se faire connaître comme guérisseur.Le frère André, puisqu'il s'agit de lui, a obtenu de faire construire un petit oratoire pour honorer saint Joseph.Déjà les fidèles s'y mas- sent pour prier ou demander gué-rison.Dès cette époque se dessinent les grandes lignes de ce qui fera la renommée du collège: le recteur d'alors, le père Laurin, grand sportif et grand musicien, favorise la mise sur pied d'une chorale et stimule la pratique des sports.En 1919, les frères de Sainte-Croix, qui assumaient l'enseignement depuis les tout débuts du collège, en réclament la direction, alors aux mains des pères.Ils l'obtiennent en 1926 et donneront au collège un nouvel essor.Vers le primaire supérieur La vague de prospérité de l'après-guerre favorise leurs projets d'expansion.Non seulement La grande glissade du collège \u2014 nous sommes en 1936 \u2014 menait les glisseurs jusqu'à la Côte-des-Neiges, la bien nommée à l'époque.veulent-ils agrandir mais, encou rages par les parents, ils lorgnent vers le titre de grand collège.La classe de septième, créée en 1927, et celle de huitième, l'année suivante, proposent des cours d'algèbre, de physique, de comptabilité et de sténo-dactylo.En 1929, une troisième aile est ajoutée et, malgré l'ouverture de Jean-de-Brébeuf juste à côté, le collège Notre-Dame enregistre 400 inscriptions.Ce bel élan est freiné par la crise.Mais les années 30 viennent néanmoins consolider la triple vocation éducative, culturelle et sportive que le collège s'est donnée.En 1929, le frère Alcide Comtois met sur pied une fanfare, ancêtre de l'actuelle harmonie, qui vient s'ajouter à la chorale existante.En 1931, le frère Adrien Rivard fonde les Cercles des jeunes naturalistes et aménage un magnifique Arborettum.En 1933, le frère Jérôme Paradis commence ses cours de peinture.Avec le frère Flavien, les sports conservent une place de choix dans l'horaire du collège.Hors du classique, point de salut Au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale, le collège connaît aussi son petit déchirement ue malaise latent entre les frères et les pères provoque, en 1946, SPECIAL COLLÈGE NOTRE-DAME Hebdobec/La Presse Directeur des cahiers spéciaux Manon Chevalier Textes Suzanne Lalande Photos Pierre Charbonneau Graphisme Linda Wilson Montage Atelier La Presse Représentant publicitaire Jean-Claude Dumouchel Impression T.R.Offset Hebdobec/La Presse 7, rue Saint-Jacques Montréal H2Y 1K9 Tél.: (514) 285-7299 4 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 Le célèbre frère Jérôme, en compagnie d'un élève qui deviendra lui aussi un artiste célèbre, Jean-Paul Mousseau.l'inévitable séparation.Mais la vie continue.«Dans tout le pays, la guerre répand ses bienfaits, glisse non sans cynisme Robert Ru-milly (.) Les inventions fourmillent, le sol se couvre d'usines.La vie intellectuelle et la vie artistique sont elles-mêmes stimulées.» Résultat: l'automne 1942 connaît une rentrée record de 604 élèves.«La guerre a fait ressortir l'absolue nécessité des sciences dans le monde moderne», note encore Robert Rumilly.Le collège y répond par un cours scientifique d'avant-garde, adapté aux exigences nouvelles.Il offre alors un cours supérieur allant jusqu'à la douzième année et divisé en deux branches: le cours commercial et le cours scientifique.Le collège Notre-Dame s'affirme de plus en plus comme un grand collège.À la fin de la guerre, en 1946, le collège compte 662 élèves, répartis dans 21 classes : neuf classes primaires, six classes de sciences et quatre classes de commerce.Une soixantaine de frères assurent l'enseignement, l'encadrement, l'animation et la direction.Un seul pas reste à franchir pour être reconnu un vrai grand collège : le cours classique.Hors du classique, point de salut, estime l'élite canadienne-française d'alors.Un snobisme qui jette le discrédit sur les collèges scientifiques et limite l'accès des finissants à l'université.Le collège mijote donc une formation classique via un cours latin-sciences.En 1954, c'est chose faite.Le col-ège Notre-Dame accueille sa première classe d'éléments latins.Un nouveau tournant s'amorce.Et comme les autres, ce tournant sera marqué d'une nouvelle construction pour répondre aux exigences de résidence et de loisirs.Enfin un grand collège Le Centre Notre-Dame, construit en 1959, comprend gymnase, piscine, auditorium, salle de réception, salle de quilles, chambres, etc.Une vraie merveille.Mais cette merveille semble entraîner un certain relâchement dans les études.La direction réagit promptement et fermement.Une réaction qui se résume en quelques mots: travailler ou être expulsé.Cette sévérité qui porte fruits.Le 11 février 1958, ouverture du Carnaval sous la présidence de Maurice Richard, encore actif comme joueur du club Canadien.Cette remarquable photo, qui date de 1890, montre une famille \u2014 les Contant, le document n'en dit pas plus \u2014 réunie sur les pelouses du collège.En 1961, avec les premiers diplômés de Philo II, disparaît la dernière année du primaire.L'affiliation du collège à l'Université de Montréal, en juin 1962, vient confirmer son statut et consacrer des dizaines d'années de compétence et de dévouement.Le collège Notre-Dame est enfin un grand collège.Le choix du secondaire De nouveaux changements pointent à l'horizon.Le rapport Parent vient remettre en question le système d'éducation et valoriser l'école publique.L'école privée doit reconquérir ses lettres de noblesse.Les frères doivent choisir: leur institution doit devenir cégep, collège privé ou école secondaire privée.Ils optent pour le secondaire où, estiment-ils, leur apport sera le plus utile.La conversion se fait en 1969.Les choses ont un peu changé depuis.L'ancienne chapelle a été transformée en salle de récréation; les filles ont été admises; l'uniforme d'abord abandonné a été rétabli ; les frères ont été remplacés par des laïcs à presque tous les postes d'enseignant.Mais l'esprit est demeuré.«Il existe un esprit du collège Notre-Dame, conclut Robert Rumilly.Il n'est pas fait seulement de cet attachement, de cette solidarité, de cet élan de dévouement et de collaboration, mais aussi du plaisir de vivre, du plaisir d'enseigner et d'apprendre qui règne dans l'institution.» Cet esprit est incarné et animé par les anciens qui reviennent régulièrement à leur Aima mater.Pour y enseigner, y travailler comme surveillant de dortoir, répétiteur ou tuteur, y pratiquer la musique ou y jouer au hockey.Ou, tout simplement, pour sentir les fils de cette appartenance, qui en effet se sent mieux qu'elle ne se dit.¦ Fournisseur officiel de la renue vesrimenraire des érudianrs er érudianres du COLLÈGE NOTRE-DAME LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 Publiscopie 5 UNE JOURNÉE DANS LA VIE D'UN PENSIONNAIRE undi, 17 h 15.C'est l'heure où pensionnaires et exter-¦¦¦nes se séparent.Depuis 8 h 30, ils ont suivi le même horaire: cours, périodes d'étude, dîner sur place.Maintenant, pour les uns c'est le retour à la maison, pour les autres, le retour à la vraie vie de pensionnat.Signe extérieur: à partir de ce moment, les pensionnaires peuvent s'habiller «en couleurs».Après le souper pris ensemble à la cafétéria, ils montent à leur chambre, s'habillent «en couleurs», c'est-à-dire qu'ils troquent l'uniforme contre des vêtements de ville et se dispersent sur le campus.Les espaces ne manquent pas, ni les activités: balle molle, conférence, pratique de musique, séance de musculation, émaux sur cuivre, partie d'échecs, chacun y trouve son compte, même ceux qui préfèrent rêvasser dans la longue galerie qui fait face à l'arboretum ou piquer une jase avec les copains.«Les pensionnaires ne sont pas tenus de participer aux activités, mais on les y encourage fortement», explique Marcel Tessier, directeur des services à l'élève.Il faut dire que les encouragements sont souvent superflus: la qualité des installations et des équipements, la diversité des activités et la compétence des animateurs suffisent.19 h 30.C'est l'heure de l'étude.Dans leur chambre à deux, les garçons de 3e, 4e et 5e secondaire s'installent à leur pupitre.Certains vont rejoinde leur tuteur au petit salon pour bûcher sur leur matière faible.De rares privilégiés, que des notes exceptionnelles dispensent de cette période d'étude, regardent la télévision ou devisent avec le surveillant.À l'étage au-dessus, chez les filles, c'est le même scénario.Deux étages plus bas, dans le M.Marcel Tessier, directeur des services à l'élève.Notre but, dit-il, est de recréer un climat familial assez structuré pour favoriser l'étude et assez souple pour favoriser la détente.Un pensionnaire, élève de deuxième secondaire, prend quelques instants de détente dans le dortoir des garçons.C'est la rentrée scolaire.Des parents reconduisent leurs enfants pensionnaires au collège (années 50).CONTRÔLE DES MATERIAUX .ÉTUDES GÉOTECHNIQUES \u2022 ANALYSES CHIMIQUES Tél.: 336-5650 Paul Hébert, ingénieur Président Les Laboratoires Industriels et Commerciaux Limitée 190 Benjamin-Hudon, St-Laurent .ondée en ,928 Québec, Canada H4N1H8 Cuisine italienne et française 861-8122 1145 A De Bullion MONTREAL H2X 2Z2 Du lundi au vendredi de 11 h à 24 h Samedi de 17 à 24 h Dimanche iermè dortoir découpé en boxes pour délimiter des aires d'intimité tout en facilitant la surveillance, les petits gars de première et deuxième secondaire ont aussi la tête penchée sur leurs cahiers.Les répétiteurs, des anciens du collège aujourd'hui à l'université, circulent d'une main levée à l'autre pour répondre aux questions.20 h 30.Fin de l'étude.Dans le dortoir, les jeunes flos font leur toilette en vitesse pour que le frère Guillaume ait le temps de terminer l'histoire commencée la veille.À douze ans, on aime encore les histoires, surtout le soir, quand l'ennui profite de l'obscurité pour se glisser entre les draps.Les fillettes du même âge grimpent dans les lits superposés de leurs chambrettes.Pour les plus vieux, c'est l'heure de la télé, des longues parlotes et des petits snacks; l'heure où se tissent ces liens d'intime complicité propres aux pensionnaires.22 h 30.Les dernières lumières s'éteignent, question d'assurer un bon neuf heures de sommeil.Parfois, à l'occasion d'une émission spéciale ou d'une partie de hockey importante, le couvre-feu sera retardé.À la discrétion de l'éducateur responsable.«Notre but est de recréer un climat familial, insiste Marcel Tessier.Un climat assez structuré pour favoriser l'étude et assez souple pour favoriser la détente.» C'est ce qu'a trouvé Alonso, finissant de l'an dernier.Au début, c'est sa mère qui a choisi le pensionnat.En secondaire 3, elle lui a donné le choix.«J'ai décidé de rester pensionnaire, raconte-t-il.J'étais moins distrait par les petits problèmes quotidiens.Et puis, j'avais mes amis, mes activités.» En quatrième secondaire, il opte cependant pour l'externat, «pour me préparer graduellement au cégep».D'abord désemparé par ce trop-plein de temps libre, il reprend vite pied.«J'ai réalisé que j'avais très bien intégré la discipline acquise.» Il n'y a pas si longtemps, les jeunes étaient pensionnaires à cause de la distance ou d'un veuvage.Aujourd'hui, c'est souvent pour l'expérience irremplaçable d'une vie collective et organisée.À l'adolescence, les jeunes ont souvent envie de changer d'horizon.Le pensionnat permet de le faire, en toute sécurité.¦ 6 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 UN ENSEIGNEMENT QUI NE S'IMPROVISE PAS secret d'un bon enseignement tient finalement à peu de chose: une classe, un tableau noir, un peu de discipline et surtout, surtout, un professeur intéressant!» La recette est du frère Charles-Edouard Smith, directeur des services pédagogiques au collège Notre-Dame, qui estime que la tradition a tout à fait sa place dans l'enseignement.«C'est un domaine où il n'est pas facile d'innover.Plusieurs des expériences tentées à ce jour ont été néfastes autant pour les enfants que pour les professeurs.» C'est pourquoi les cours magistraux ont toujours leur place au collège, de même que le «par coeur», les dictées, les examens écrits.Des méthodes qui ont fait leurs preuves.«L'enseignement ne s'improvise pas!» insiste le frère Smith.Et parce qu'il ne s'improvise pas, l'enseignement au collège Notre-Dame a des objectifs aussi précieux qu'exigeants.Des objectifs écrits noir sur blanc dans l'annuaire remis à chaque élève en septembre.Des objectifs qui débordent de ceux du ministère, même si seul le programme enrichi est offert au collège.L'objectif ultime étant de donner aux élèves de Notre-Dame la meilleure formation possible, de leur ouvrir toutes grandes les portes du savoir et des études supérieures.Le corps professoral: en première ligne Le frère Smith est particulièrement fier de ses professeurs.Il faut dire qu'il les trie sur le volet, les suit étroitement au cours de leurs premières années d'enseignement et les évalue avec minutie, sans complaisance, puisque c'est d'eux que dépend la qualité de l'enseignement.Les qualités essentielles d'un bon professeur?Le frère Smith s'appuie sur le dossier de sa chaise, croise leb mains et fixe quelques secondes son bureau.«D'abord la compétence.Ici, aucun professeur n'enseigne une matière pour laquelle il n'a pas été formé.Ensuite, le sens de la communication.Un bon professeur, c'est un bon communica-teur.Il est capable de simplifier, de clarifier, de rendre vivant.À mon avis, il n'y a pas de matière inintéressante, il n'y a que des professeurs incapables de la communiquer.» Michel de Bellefeuille, qui est dans l'enseignement depuis 20 ans et professeur de chimie et de physique au collège depuis neuf ans, est entièrement d'accord.«Je dirais que la matière est presque secondaire.Ce qui importe, c'est d'établir le contact, surtout au secondaire.Une fois le contact établi, la matière passe tout seul.» «Troisièmement, l'autorité morale, poursuit le frère Smith.Une notion difficile à saisir, mais qui fait qu'un professeur réussit à se faire respecter sans avoir à hausser le ton, à menacer ou à sévir.» Enfin, la dernière mais non la moindre, l'amour de son métier.« Un professeur doit aimer les enfants, aimer son école, aimer enseigner.Sinon, ça ne sert à rien, il ne sera jamais un bon professeur!» tranche le directeur pédagogique.Refuser la facilité Vincent Grégoire, professeur de français en première et deuxième secondaire, est un ancien élève du collège.Il estime qu'un professeur ne doit pas compter son temps et doit assumer sa part de responsabilité.«Les professeurs demandent de meilleures conditions de travail; la direction, un meilleur engagement des professeurs; les parents, un meilleur encadrement : les élèves, de meilleurs cours.Mais personne ne se demande ce qu'il pourrait faire à son propre niveau.» Lui s'est posé la question et y a répondu.Il a décidé de refuser la facilité, pour lui comme pour ses élèves.Refuser la facilité, c'est prendre le temps de leur faire découvrir Félix Leclerc, Jules Verne ou Victor Hugo.C'est exiger la Le frère Charles-Edouard Smith, directeur des services pédagogiques, croit que la tradition a tout à fait sa place dans l'enseignement.Cours de physique d'une classe de quatrième secondaire.Des élèves dans le laboratoire de chimie, en 1953.LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 Publiscopie 7 Le collège Notre-Dame ouvre ses portes à toutes les ethnies.Belle frimousse d'un élève studieux.Cours d'arts plastiques.Le collège recherche l'équilibre entre toutes les disciplines pour une formation complète de l'élève.L'informatique fait aussi partie des apprentissages au collège Notre-Dame.Des élèves à la salle des ordinateurs.Grande photo ci-dessus, classe de mathématiques en première secondaire.En mortaise, classe de deuxième année, en 1902.lecture d'au moins cinq romans par année.Refuser la facilité, c'est corriger toutes les fautes, qu'elles apparaissent dans une dictée, un examen, le mot d'un parent ou un message affiché au babillard.C'est aussi enlever des points à un élève qui s'obstine à écrire Rémi sans accent, jusqu'à ce qu'il en comprenne l'importance.C'est donner zéro à un élève qui écrit « mangons » plutôt que «mangeons», même si, comme a déjà tenté de lui faire valoir l'aide pédagogique d'un autre collège, la terminaison était bonne.«On prend les enfants pour moins capables qu'ils ne le sont en réalité, déplore M.Grégoire.Pourtant ils sont curieux, prêts à comprendre et à travailler.» À condition qu'on pousse un peu, bien sûr.Ce que le système actuel n'a pas vraiment tendance à faire.Au contraire.«On veut donner la chance à tout le monde, constate Michel de Bellefeuille.C'est louable, à condition de ne pas niveler par le bas.Les cours de mathématiques, de physique et de chimie que le ministère s'apprête à adopter sont tellement dilués que ce sont des cours d'eau.» Depuis l'époque lointaine où le collège offrait l'option scientifique, les sciences ont toujours été valorisées au collège Notre-Dame.«Aujourd'hui c'est encore plus important, insiste le frère Smith.C'est pourquoi en physique on offre le PSSC.en chimie le CHEM, en mathématiques le programme enrichi.Et les professeurs sont encouragés à utiliser les laboratoires.La science, ce n'est pas théorique, c'est pratique.Pour apprendre il faut pouvoir voir, manipuler, réaliser des expériences.» Un horaire chargé.Côté enseignement, on ne lésine ni sur la quantité, ni sur la qualité à Notre-Dame.Des horaires chargés, des programmes bien remplis, des professeurs exigeants.Les élèves n'ont pas le choix: ils doivent travailler.Et ils le font.Parfois de bonne grâce, parfois en rechignant un peu \u2014 ça demeure des adolescents \u2014 mais presque toujours avec succès.La tâche leur est cependant facilitée.Chaque journée, quf s'étend de 8 h 30 à 17 h 15, est ponctuée de deux périodes d'étude obligatoire.Les externes se rendent dans l'immense salle d'étude où s'alignent plus de 400 pupitres; les pensionnaires rejoignent chambres ou dortoirs.Pour les élèves de première et deuxième secondaire, des répétiteurs, anciens élèves du collège, jouent au père, répondent aux questions et incitent les enfants à l'effort et à la réflexion.Certains élèves auront la permission de travailler en groupe ou d'aller consulter leur professeur.D'autres encore, qui éprouvent des difficultés dans une matière, iront rencontrer leur tuteur.«Les tuteurs, ce sont exclusivement des anciens du collège, nos meil leurs.Ils sont là pour aider un jeune qui accroche dans une matière.Parfois une rencontre suffit, parfois il en faut plus.Mais ça ne doit pas dépasser deux mois, ne faut pas oublier que c'est une béquille temporaire.» Temporai re, mais sans frais additionnels pour les parents.mais varie Jetons un coup d'oeil sur une journée type de l'horaire: lundi, 8 h 30, maths; 9 h 25, anglais, puis étude; français, éducation physique, écologie, A.D.et A.D.A.D.?Qu'est-ce que c'est que ce A.D.?«A.D., ça veut dire activité dirigée, répond le frère Smith.C'est un nom que j'ai donné à ces activités qui sont à mi-chemin entre l'académique et le parascolaire.» Une activité dirigée, ça peut être du graphisme, du water-polo, de l'informatique, des émaux sur cuivre, de l'audiovisuel, du hockey, de la musique, etc.Une trentaine de choix.Certaines activités sont, en d'autres temps, cours ou parascos.Mais quand elles sont activités dirigées, elles sont obligatoires et intégrées à l'horaire régulier.Par contre, on y est moins exigeant que dans les cours. 8 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 «Les A.D.c'est pour apprendre, mais aussi pour s'amuser, relaxer, fraterniser, expérimenter», explique le frère Smith.Les techniciens en loisirs ou en sports qui en ont la charge commentent et critiquent, mais en souplesse.Cela fait partie de cette formation qu'on veut intégrale.C'est cette même recherche de développement complet de la personne qui fait que, depuis 25 ans, les étudiants font, beau temps mauvais temps, une heure d'éducation physique par jour.Mens sana in corpore sano! À la satisfaction générale des élèves d'ailleurs.Une satisfaction qui s'étend à tout l'enseignement.En effet, lors d'un récent sondage, c'est dans une proportion de 92 p.cent qu'ils quali- fiaient d'excellent reçu.enseignement Un bel hommage à la philosophie éducative du collège.«L'école n'est pas un supermarché où on magasine ce qu'on veut, conclut le frère Smith.À treize, quatorze ou quinze ans, on est encore trop jeune pour faire des choix qui engagent toute une vie.Les parents nous font confiance, les enfants aussi.Ils savent qu'avec notre expérience nous sommes en mesure de décider de ce qu'il leur faut.» La voie ainsi tracée n'est pas celle de la facilité, mais de la rigueur et de l'exigence.C'est celle qui ouvre toutes les portes.¦ UN COLLÈGE BIEN EQUIPE I B ne majestueuse bâtisse II de pierres grises où cou-^0 rent des vignes, un immense terrain tout au pied de la montagne.Le collège Notre-Dame jouit d'un environnement exceptionnel.Et ce n'est pas tout.Dans ces murs et sur ce terrain sont aménagés des locaux et des équipements dont la qualité n'a rien à envier à la quantité: \u2014 Des laboratoires modernes et entièrement équipés pour la chimie, la physique, la biologie, l'économie familiale et la technologie; \u2014 des ateliers spécialement aménagés pour la musique, les arts plastiques, l'écologie et la géographie; \u2014 une vaste bibliothèque de plus de 45000 volumes, dirigée par un bibliothécaire compétent et disponible; \u2014 une aréna, une piscine semi-olympique, un grand gymnase, un centre de musculation, des salles pour le judo et la lutte; \u2014 des terrains de football, de soccer, de balle molle, de volley-ball et un anneau de piste et pelouse; \u2014 une salle des ordinateurs et une salle de dactylographie; \u2014 un auditorium de 320 places; \u2014 une salle d'étude de 400 places et de nombreuses petites salles polyvalentes pour le travail de groupe ou les réunions; des chambres doubles, gaies et fonctionnelles, pour les filles et pour les garçons du deuxième cycle, et des dortoirs divisés en boxes individuels pour !c;f plus jeunes garçons; de multiples salles de jeu, de détente ou de lecture; une cafétéria desservie par une grande cuisine, une boucherie et une pâtisserie; deux camps situés dans les Laurentides, pour des expériences de vie de groupe et de plein air.¦ RES I DENCE MONACO À la Résidence MONACO, on a bien compris que le choix d'aller vivre dans une résidence pour retraités et semi-retraités représente une décision importante dans votre vie.C'est précisément pour cela que nous vous offrons un choix complet d'options grâce aux trois phases de notre complexe intégré.MONACOI L'option «liberté», pour un forfait complet de services sans supplément, incluant trois repas par jour, ménage quotidien, changement de literie, etc.MONACO II L'option «autonomie», avec des appartements luxueux totalement équipés et un accès facultatif aux services de repas et d'entretien quotidien.MONACO III L'option «soins», offrira tous les services professionnels attentifs requis par les personnes dont l'autonomie est plus restreinte.Même si vos conditions de vie changent ou si votre état de santé exige des soins spécialisés, vous obtiendrez toujours les services qui vous conviennent au complexe Résidence MONACO.C'est bon de se sentir en confiance et de savoir que l'on n'aura jamais à se séparer des êtres qui nous sont chers.à la Résidence MONACO.Pour ne plus être seul.Un aperçu des «extras MONACO» Compris dans votre loyer: \u2022 Gardien de sécurité 24 heures par jour \u2022 Service d'infirmière 24 heures par jour \u2022 Services religieux et bancaires \u2022 Minibus vers les centres d'achats \u2022 Salle à manger avec vue panoramique Pour personnes de 65 ans et plus Adresse: Coin Thimens et Alexis-Nihon, Ville Saint-Laurent.Téléphone: 333-6060 À partir de 1150 $ par mois, (occupation simple) incluant 3 repas par jour.Heures de visite: Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Samedi et dimanche de 13 h 30 à 17 h 30 (d'autres heures sont possibles sur rendez-vous). LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 Publiscopie 9 FORMATION INTÉGRALE D'UNE PERSONNE QUI S'APPELLE L'ÉLÈVE Pantalon gris et débardeur marine sur chemise blanche, une vingtaine d'élèves, volubiles et rieurs, se dirigent vers leur salle de cours.Parmi eux, en grappes de deux ou trois, des adolescentes en jupe grise et débardeur marine échangent quelques mots et fous rires.Plus loin, en short ou en survêtement aux couleurs bleu et or du collège, un autre groupe se dirige vers le gymnase ou l'aréna.Détendus sans être étourdis, sérieux sans être guindés.L'uniforme est obligatoire au collège Notre-Dame, de même qu'une certaine tenue de langage et de comportement.On a relégué aux oubliettes les rangs et le silence.Cependant la discipline a et aura toujours sa place.«Je suis un homme de discipline, affirme sans ambages Marcel fessier, directeur des services à l'élève.La crainte, c'est le commencement de la sagesse!» L'allure imposante, la voix grave et assurée, des yeux profonds qui peuvent se faire sévères.on ne doit pas tenir tête longtemps à cet homme-là.Mais cet homme-là est aussi père et grand-père, et les yeux peuvent se faire doux et rieurs, la barbe encadrer un sourire large et franc.Aux élèves de choisir.Son rôle est de veiller à ce que chacun fasse ce qu'il a à faire.Ne lui parlez surtout pas du Dr Spock ou de Summerhill.L'anarchie créatrice, le laisser-aller épanouissant, il n'y croit pas.«Dans un système anarchique, tout ce qu'on gagne, c'est un groupe qui empêche les autres de fonctionner.Ici, au collège, les dirigeants dirigent, les enseignants enseignent et les élèves étudient!» M.Dominique Égré se considère issu de cette génération des «libres enfants de Summerhill».C'est par hasard qu'il a découvert le collège, parce que son fils Nicolas, comme tous les Petits Chanteurs du Mont-Royal, devait y poursuivre son secondaire.« Ma fille était allée un an à l'école alternative et c'avait été un fiasco, confie-t-il.Elle se sentait perdue.Nicolas, lui, s'était parfaitement et rapidement intégré.Quand est venu le temps d'inscrire Anne-Marie, on n'a pas cherché plus loin.» Une question de fierté et de respect L'habit, quoi qu'on en dise, fait un peu le moine.«L'uniforme im- Le sport est un point fort du collège Notre-Dame.Ici, des élèves de deuxième secondaire disputent un match de football.plique une façon différente de se conduire, soutient Marcel Tes-sier.En plus d'estomper la compétition vestimentaire, le retour de l'uniforme nous a beaucoup aidés à maintenir la discipline.» Une discipline basée sur le respect.«Les jeunes aiment bien parler d'amour, souligne le directeur des services à l'élève.Mais avant de parler d'amour, il faut parler de respect.Et le respect passe inévitablement par la discipline.Ce qui veut dire être calme, poli, ponctuel, bien mis.En d'autres mots, vivre et laisser vivre.» C'est à peu près ce message qu'il livre aux élèves quand il les rencontre en début d'année.La discipline n'est donc pas un objectif mais un outil.Elle n'est pas un frein, mais bien un support indispensable à l'apprentissage de l'autonomie, de la responsabilité, de la créativité, en un mot, au processus de socialisation.«Les adolescents ont besoin de limites, ça leur donne la sécurité nécessaire pour mieux s'épanouir», soutient Marcel Tessier.Vers l'autonomie et la créativité Une fois réglée la question de la discipline, on peut passer aux Le frère Louis Dulude, responsable de l'audiovisuel, s'entretient avec un élève.choses sérieuses: l'étude, bien sûr, mais aussi les activités parascolaires.Ces activités qui permettent de relâcher la tension, de nouer des contacts, et aussi de faire des apprentissages que les cours structurés permettent plus difficilement, de se découvrir des talents cachés, de développer de nouveaux centres d'intérêt.Le collège Notre-Dame foisonne de ces activités qui parfois sont intégrées au programme sous forme de cours complémentaires ou d'activités dirigées et qui explorent les domaines sportifs et culturels.En voici quelques exemples: Musique.Virtuoses ou néophytes, tous et toutes sont bienvenus à la salle de musique.On leur fournit instruments, salles d'exercice et les moniteurs du Conservatoire de musique.Sports.L'éducation physique est obligatoire et intégrée au programme régulier.Parce qu'on la croit essentielle au développe- ment intégral.Ça n'empêche pas les mordus d'y revenir dans leurs temps libres: football, escrime, musculation, hockey, water-polo, ballon sur glace, gymnastique, volley-ball, ringuette, judo, lutte soccer, plongée sous-marine, balle-molle, patinage artistique athlétisme.Ils y sont tous, ou presque! Théâtre.Futurs comédiens, dé corateurs, maquilleurs et met teurs en scène ont l'occasion de se faire la main à l'Atelier-théâtre, qui chaque année monte une pièce.Pour ceux que le risque attire, il y a aussi la Ligue d'impro visation.Et ce n'est pas tout: des arts plastiques aux sciences naturelles en passant par les génies en herbe, les échecs, l'audiovisuel l'initiation à l'ordinateur, la philatélie ou le secourisme, le «paras-co» offre aux élèves la possibilité de s'adonner à leurs activités préférées quelles qu'elles soient.L'encadrement «Ce n'est pas uniquement ni nécessairement les premiers de classe qui vont percer dans la vie, fait remarquer M.Tessier.Les activités parascoiaires, de même que le conseil étudiant ou la pastorale, donnent aux élèves la chance de prendre des responsabilités, oe lancer des projets et, ainsi, de développer différentes facettes de leur personnalité.» Dominique Égré se réjouit particulièrement de l'encadrement assuré à ces activités.«Les activités sont structurées et animées par des gens professionnels.Ça permet aux jeunes d'aller jusqu'au bout, au-delà de l'amateurisme!» L'adolescence est l'âge par excellence de l'instabilité, de la flexibilité, de la fragilité.Mais aussi l'âge de la curiosité, de l'enthousiasme et des grandes ambitions.Un âge charnière où s acquièrent les connaissances, les valeurs et les habitudes qui feront de l'enfant un adulte.L'influence du milieu est donc primordiale à cet âge.Pendant neuf heures chaque jour pour les externes ou pendant cinq jours pleins pour les pensionnaires, le collège Notre-Dame prend la relève de la famille.Il tient à offrir aux jeunes qui lui sont confiés l'encadrement, le soutien et la chaleur que les parents comme les élèves sont en droit d'attendre.¦ 10 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 La hanche mince et ferme sous la culotte moulante, l'épaule haute et presque arrogante, les Cactus se dirigent vers le vestiaire avec la nonchalance insouciante que confère le prestige.Les Cactus, c'est l'équipe de football du collège Notre-Dame, un des fleurons de son activité sportive depuis plus de 25 ans et le rêve de tous les petits gars de première secondaire.«Les Cactus, c'est presque une religion ici, avoue l'entraîneur Jacques Gauthier, ancien élève du collège, Cactus à la retraite et grand responsable de la formation de ces jeunes athlètes.Mais prestige ne signifie pas privilège.Au contraire, on leur en demande plus qu'aux autres, autant sur le plan académique que sur le plan disciplinaire.» Derrière cet attrapé spectaculaire, ce solide plaqué, cette incroyable échappée, il y a en effet des heures de travail, une discipline de fer, beaucoup d'autonomie et quelques blessures aux genoux, au dos ou.à l'amour-propre.«C'est un sport de compétition, reconnaît Jacques Gauthier, mais notre objectif est avant tout éducatif.» Le joueur y acquiert le sens des responsabilités, l'esprit d'équipe, la maîtrise de soi, la persévérance-Sur les 125 élèves de quatrième et de cinquième secondaire qui demandent chaque année à faire partie de l'équipe, une cinquantaine seulement sont retenus.Ce qui n'empêche pas les autres de continuer à jouer et à s'exercer pendant les périodes d'éducation physique, les activités dirigées ou parascolaires.À cette équipe que le collège tout entier vient applaudir à chaque partie, qui a derrière elle de nombreuses victoires \u2014 dont le championnat AAA dans leur catégorie en 1988 \u2014 et devant elle tous les espoirs, le collège fournit l'équipement au complet, à part les souliers et le chandail marqué au nom de chacun, du temps et des équipements pour s'entraîner, un terrain réglementaire et des entraîneurs compétents et dévoués.«Nous fournissons beaucoup de matériel, lit-on au point 13 du règlement de l'équipe, mais nous ne pouvons te fournir le courage.Le courage ne t'empêchera pas de tomber à l'occasion, mais il t'aidera à ne pas rester là ! » C'est ça qu'on veut inculquer aux Cactus, et que ça leur serve leur vie entière.Les Cactus, les Patriotes, l'harmonie QUELQUES FLEURONS DU COLLÈGE M.Marc Deschamps, responsable de l'harmonie et chef d'orchestre, suit les progrès d'un jeune musicien.Sur la glace de l'arèna, des jeunes joueurs s'entraînent en vue de la saison de hockey qui s'en vient à grands pas.Match amical de balle-molle entre élèves de deuxième secondaire: les filles sont rieuses et les garçons galants.sans un couac, par la cinquantaine de musiciens et musiciennes qui composent l'harmonie.Ancien élève du collège, corniste de formation, professeur de métier, c'est avec fierté et affection que Marc Deschamps me présente son monde: «Éric, à la clarinette, s'en va au Collège militaire de Saint-Jean; Philippe, le percussionniste, ne vit que pour ça; Erica et Sonia, nos petites Britanniques, mettent des heures de travail; Martine, flûte traversière.elle, elle est dans une classe à part!» Un mot pour chacun.Une note d'humour et de complicité.On sent dans l'harmonie un esprit de solidarité, une.harmonie peu commune.Si la musique adoucit les moeurs, selon toute évidence elle crée aussi des liens.Fondée comme fanfare en 1928 par le frère Alcide Comtois \u2014 elle fête cette année son 60e anniversaire \u2014 l'harmonie n'a cessé de progresser.Elle participe depuis cinq ans au Concours des harmonies, a obtenu la médaille d'or au Music-Fest de 1988, s'est déjà produite à New York, Toronto, Washington, et ses membres raflent régulièrement des premiers et deuxièmes prix aux divers concours auxquels ils participent.Mais comme pour les Cactus au football, les Patriotes au ballon sur glace, les génies en herbe, les comédiens de l'Atelier-théâtre ou tous ceux qui font de la musique, du sport, des arts sans faire partie d'une formation particulière, l'activité choisie demeure d'abord un véhicule pour leur formation.«Notre but ultime n'est pas de faire de la musique mais bien de l'éducation», résume Marc Deschamps.Plus que la musique, les élèves apprennent ici à s'autodiscipliner, à fonctionner en groupe et, surtout, à repousser leurs propres limites.» ¦ Les exploits des Cactus ne doivent pas nous faire oublier ceux des Patriotes, l'équipe de ballon sur glace du collège, qui a remporté le championnat de la ligue.L'harmonie Les sons filent, gonflent, éclatent, bourdonnent.La musique vibrante remplit complètement la petite salle et déborde dans les corridors, les salles voisines.C'est soir d'exercice pour l'harmonie du collège Notre-Dame.Sourcils froncés, joues gonflées, lèvres pincées, pied battant la mesure, les élèves soufflent dans leur clarinette, leur trombone, leur cor français ou leur trompette.Derrière, le batteur et le percussionniste, l'oreille attentive, suivent le rythme d'un léger balancement du corps.Devant, baguette à la main, musique en tête et au coeur, Marc Deschamps, directeur du département et chef d'orchestre.«Pas mal!» commente-t-il après le dernier accord de Water Music, interprété avec fougue et talent, ^j^a^ Wm Nous rirons wire curriculum vitae car vous êtes différent.Service attentionné et informatisé.Chantai Hébert CHANTAI.HÉBERT ENR.DIPLÔMÉE EN LETTRES, ÉCRIVAIN PUBLIC 1212, RUE FLEURY EST.MÉTRO SAUVÉ TÉLÉPHONE (514) 388-3888 la presse, montréal, samedi 8 octobre 1988 Publiscopie 11 La pastorale À L'ÉCOUTE DE DIEU, DES AUTRES ET DE SOI Q: .j u'on soit croyant ou non-croyant, on se sent tou-.jours bienvenu au Shalom.» Ce témoignage est celui d'un élève.Le Shalom, c'est le local de la pastorale au collège Notre-Dame.Pourquoi Shalom?«En hébreu, cela veut dire paix, dans son sens le plus large, explique Gilles Allard, responsable de la pastorale: paix dans le monde, paix avec ses voisins, paix intérieure.» C'est ce message que Gilles Allard veut transmettre à ses «ouailles».Un message de paix et d'amour.«C'est simple, on essaie de vivre l'Évangile, ce qui veut dire aimer Dieu, aimer son prochain et s'aimer soi-même.» Trois aspects qui reviennent dans chacune des activités, que ce soit l'aide au Tiers-monde, les paniers de Noël, les rencontres-Dieu ou les fins de semaine d'échange.Ouvrir la porte Au début de chaque année, Gilles Allard, père de Sainte-Croix, rencontre, une à une, chacune des classes.Des rencontres semblables auront lieu à Noël, à Pâques et à la fin de l'année scolaire.À la première il parle aux jeunes des activités offertes et leur fait remplir un petit questionnaire confi- La chapelle des religieux du collège.À l'occasion, les élèves la visitent, sous la houlette du père Gilles Allard.Emile Perrin Avocat-Barrister and Solicitor Edifice Rockhlll Building 4874.chemin Côte-des-Nelges.Suite 1407 Montréal, Québec H3V 1H4 (514) 738-3593 dentiel, histoire de mieux les connaître et, surtout, d'ouvrir une porte.Si certains répondent à la blague \u2014 «c'est déjà en soi un message!» fait remarquer en souriant Gilles Allard \u2014, la plupart remplissent le questionnaire avec beaucoup de sérieux et de confiance.Ils y parlent de leur famille, de leurs loisirs, de leur vie scolaire et religieuse, de leurs ambitions et de leurs rêves.Parfois de leurs chagrins ou de leurs peurs.Parfois encore, discret ou pressant, un appel au secours: peine d'amour, divorce des parents, idées de suicide.Ceux-là sont traités en priorité.Parce que, malheureusement, on n'arrivera pas à rencontrer tous ceux qui le demandent.Ils sont trop nombreux.« Les jeunes ont changé, souligne en ce sens Gilles Allard.Le courant antireligieux de la fin des années 60 s'est estompé.Si on part de ce qu'ils vivent, les jeunes embarquent facilement.» Croyants ou non, ils ont une curiosité sans préjugé, un besoin de spiritualité et une générosité qui ne se dément pas.«On finit donc par rejoindre à peu prés tout le monde avec une activité ou une autre, assure-t-il.Lac Masson, LESPOM, club 2/3 Les activités de la pastorale sont variées.Et si elles se font dans un climat religieux, elles sont loin de se limiter aux séances de prière.Il y a d'abord LESPOM ou «les élèves séparés de leur pére ou de leur mère».Un nom qui se passe d'explication.Certains y vont une ou deux fois, le temps de s'habituer à cette nouvelle vie.D'autres y passeront l'année avant de pouvoir accepter cette déchirure qu'ils n'ont pas voulue.Il y a aussi le club 2/3, organisme d'aide au Tiers-monde, appuyé par l'ACDI.Cette année, 806 élèves se sont engagés dans la collecte de fonds à l'intention des femmes péruviennes et ont ainsi ramassé plus de $12 000, qui serviront à mettre sur pied des salles de couture.Il y a aussi les camps des lacs Labelle et Masson qui, chaque année, doivent refuser du monde.Pourquoi ?Les commentaires griffonnés dans le Grand Livre par les élèves, dans leur langage parfois cru, parfois poétique, répondent éloquemment à cette question.«On pleure, on rit, on s'aime.Voilà comment je rêve ma vie!» \u2014 «Cool! Écoeurant!» \u2014 «Trop immense pour être décrit.» \u2014 «Génial, inoubliable!» Le secret d'un tel succès est pourtant d'une simplicité désarmante: un endroit où les élèves peuvent dire leurs joies et leurs peines, partager avec d'autres, vivre une expérience collective et spirituelle.Il y a aussi les fêtes de Pâques et de Noël, le bénévolat auprès des gens âgés, la prière du matin dans la petite chapelle, le journal Je suis à l'écoute, les conférences, les rencontres-Dieu, le counselling individuel.La pastorale est bien vivante au collège Notre-Dame, et ses animateurs disponibles et chaleureux.¦ 12 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1988 COLLÈGE NOTRE-DAME Cours secondaire complet \u2022Pensionnat* Externat \u2022 Garçons et filles sous la direction des Frères de Sainte- Croix Les parents et les futurs élèves sont invités à une journée «portes ouvertes» pour voir le collège en activité.Le mardi 8 novembre entre 9 h 30 et 11 h ou entre 13 h 30 et 15 h.Le samedi 26 novembre pour les candidats à la 1 re secondaire dont le nom gg de famille commence pat les lettres «A à K».bm Le samedi 3 décembre pour lg les candidats à la 1 resecon-\u2022^\u2022\"ddiredontle nom de famille ^ commence par les lettres «L à Z».Les samedis 14 et 21 janvier pour tous les candidats.Les candidats se présentent 3791, chemin Queen Mary, sans rendez-vous et doivent Montréal avoiren leur possession une photocopie du bulletin de juin 1988 et une photocopie du bulletin de l'année en cours.Début des examens: 13h30 Durée des examens: 3 heures.Frais: 20$ H3V1A8 L "]
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