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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Élections 88
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1988-10-09, Collections de BAnQ.

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[" c c ^Élections 88> \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 9 OCTOBRE 1988 Broadbent évalue sa fortune à $500 000 GUY TAILLEFER de la Presse Canadienne HALIFAX Le chef néo-démocrate Ed Broadbent vaut $500 000.Harcelé de nouveau par quelques journalistes qui s'inquiétaient depuis deux jours de la valeur des avoirs personnels de \"Honest Ed\", comme l'appelle la presse anglophone, M.Broadbent a indiqué hier à Halifax, sourire en coin, avoir pris le temps de faire le calcul: sa maison à Ottawa vaut entre $300 000 et $400 000 \u2014 il l'avait payée $100 000 en 1975 \u2014 et son chalet au Québec a une valeur d'environ $90 000.Il dit aussi avoir quelque $5000 en obligations du gouvernement et une Pontine 6000 vieille de quatre ans.\"Non, a-t-il dit hier, je ne possède ni actions en Bourse ni souliers Gucci.\" Des questions avaient commencé à lui être posées vendredi à ce sujet, après qu'il eut dévoilé le code d'éthique qu'adopterait un gouvernement du NPD.Participant par ailleurs à une table ronde réunissant des représentants des facultés et des étudiants des universités de la Nouvelle-Ecosse, M.Broadbent a réitéré qu'il augmenterait substantiellement, s'il était porté au pouvoir, le financement de l'éducation post-secondaire au Canada.Un gouvernement du NPD, a-t-il dit, rétablirait la formule fédérale-provinciale de financement à part égale de l'éducation supérieure, abandonnée à la fin des années 70.Le chef néo-démocrate Ed Broadbent s'est entretenu hier avec le professeur Feridum Hamdullahpur lors d'une visite à l'Université technique de Nouvelle-Ecosse.photo laser cp l'édifice du génie chimique de l'Université technique de Nouvelle-Ecosse, où a été mise au point une nouvelle technologie antipollution de production de l'électricité au charbon.À l'heure du midi, inaugurant le quartier général électoral du candidat d'Halifax Ray Larkin, il a pourfendu le gouvernement Mulroney pour avoir sabré plus de $3 milliards dans les programmes de développement régional au pays.En renonçant à lier son aide financière à l'obligation pour les provinces de faire une contribution équivalente, le gouvernement fédéral a provoqué une chute radicale du financement de l'éducation post-secondaire, a soutenu M.Broadbent.\"Des milliards de dollars ont ainsi été détournés par le gouvernement fédéral à d'autres fins, a-t-il affirmé.L'exode des cerveaux a pris un racourci.\" Avant de participer a la table ronde, M.Broadbent avait visité L'Atlantique a été touchée de façon particulièrement dure par ces coupures, a-t-il affirmé.\"Les Canadiens se cherchent une voix, a-t-il dit.Le NPD ne prétend pas être parfait ni avoir toutes les réponses.Mais sa toute première priorité consiste à défendre inlassablement les intérêts du Canadien moyen.\" La Nouvelle-Ecosse est pour le NPD un microcosme de sa situation à l'échelle fédérale.Tout comme M.Broadbent au Canada, le chef du NPD provincial, Mme Alcxa McDonough, est sur le plan personnel la plus populaire des trois leaders de parti de la province.Le NPD de la Nouvelle-Ecosse n'a toutefois fait élire que deux députés aux élections du 6 septembre dernier qui ont reporté au pouvoir le conservateur John Buchanan.C'était un de moins qu'au scrutin précédent.Comble de contradiction, M.McDonough n'avait gagné son siège que par 26 voix.La situation du NPD en Nouvelle-Ecosse reflète du reste le piètre état dans lequel se trouve le parti fédéral dans les quatre provinces de l'Atlantique.M.Broadbent n'a fait élire aucun député dans la région aux générales de 1984.À la faveur d'une élection partielle tenue en juillet 1987, le candidat Jack Harris était cependant élu dans le comté de Saint-Jean-Est, à Terre-Neuve.M.Broadbent est rentré à Ottawa hier l'après-midi.Il reprend la route électorale mardi matin dans la région de Toronto, où il passera une bonne partie de la semaine.Il est à Montréal jeudi prochain.St-Laurent : le PLC opte pour une vedette locale Mais un autre aspirant, William Déry, conteste la façon dont la direction du parti l'a écarté PAUL ROY Les bonzes libéraux avaient réservé le comté de Saint-Laurent pour une vedette.Vendredi, ils l'ont donné à Shirley Maheu.Shirley.qui?« |e suis très connue dans Saint-Laurent, affirme la candidate de 57 ans.je suis excessivement impliquée dans la communauté.» Courtière en assurance \u2014 elle est associée à son mari et à un de ses quatre fils \u2014 et conseillère municipale, elle a siégé au conseil d'administration du YMCA, elle a été vice-présidente de la Chambre de commerce, elle a fondé le Carrefour multi-cthniquc de Saint-Laurent.Mais quand les libéraux parlaient d'une vedette pour ce comté «sur», ils ne parlaient pas d'une vedette locale.Raymond Garneau, le bras droit de John Turner au Québec, se l'était d'abord réservé pour lui-même avant de jeter son dévolu sur Ahuntsie.Puis il fut question de Michel Robert, le president national du parti.Mais il ne se décidait pas.Alors William Déry, qui s'était fail, selon ses dires, «voler la nomination» dans Mont-Royal en 1984.décide de se lancer dans la bataille.Il recrute tout l'été cl réclame une assemblée d'investiture.Re- Mme Shirley Maheu fusée! Ailleurs oui, mais pas Saint-Laurent.Il s'accroche.C'est la guerre! On change les règles du jeu: il y aura assemblée d'investiture mais les membres recrutes par M.Déry après le 12 juin n'auront pas droit de vote.«On me disait que je pouvais aller a la guerre, mais sans soldats», dit-il.\u2022 Celte semaine.Michel Robert se désiste.Mais William Déry refuse de déposer son bulletin de candidature tant qu'on n'aura pas accepté ses membres.Entre-lemps, Shirley Maheu s'est pointée.On lui donne le comté.photo bernard brault.la Preiie M.William Déry lout est bien qui finit bien, croit-elle, puisqu'elle, au moins, est de Saint .Laurent.«M.Déry habile Mont-Royal, ne l'oubliez pas.» «|c suis venu habiter Mont-Royal pour y briguer l'investiture, en 1984, se défend-il.Avant, j'avais toujours habile Saint-Lau-rent, mes filles y vont toujours à l'école.Et puis ici.je ne suis tout de même qu'à deux rues de Saint-Laurent.» Demain matin, William Déry a l'intention de se rendre avec ses militants au Sheraton Laval, où doit descendre son chef |ohn Turner.Comme si la campagne libérale avait besoin de ça.William Déry admet manquer peut-être de discipline.Mais il explique qu'en 1984, il n'avait pas protesté quand on lui avait «soutiré» la nomination au profit de Sheila Finestone, dans Mont-Royal.Qu'il s'était même rallié et que.pour le récompenser, on l'avait nommé à la Commission politique du parti.«En 1988, on me demande de me sacrifier à nouveau.Bon! Bien écoulez! C'est à tous les quatre ans, une élection, pas à tous les six mois.À 38 ans, on m'avait dit que j'étais encore jeune, qu'à 42 ans.ce serait le bel âge.Là.j'arrive et on me dit: c'est pas grave si c'est 46.Je ne suis plus tellement d'accord.» luif sépharade originaire du Maroc.William Déry est arrivé à Montréal en touriste, en août 1967.«J'ai découvert l'Amérique par sa plus belle porte: le Québec.» Il est resté.Dentiste, consultant international, il s'est lancé dans le développement immobilier, l'industrie.«Je n'ai pas besoin du salaire de député pour vivre, souligne-t-il.La politique, pour moi.c'est une façon de remercier mon pays d'adoption.» Et tant pis s'il égratigne son parti au passage.Et Shirley Maheu.qui dit toutefois ne pas s'en faire outre mesure: «Il n'avait qu'à déposer sa candidature.Moi, je suis en campagne!» Electogmmmes CSN: APPUI AU NPD?¦ L'une des constituantes de la CSN, le Conseil central de Montréal, a l'intention de demander à la centrale syndicale d'appuyer le NPD aux prochaines élections.Le 25 octobre, l'exécutif du conseil central recommandera à son assemblée générale de voler une résolution en ce sens, et de la présenter trois jours plus tard au Conseil confédéral de la CSN, spécialement consacré aux thèmes électoraux.Qu'en pensent les dirigeants de la CSN?«Ce sont les 200délégués au conseil confédéral qui devront trancher.L'exécutif ne peut que faire des recommandations dans un sens ou dans l'autre»; affirme Monique Simard, vice-présidente de la centrale.Et que recommandera l'exécutif?«Pour le moment, nous ne voyons pas la pertinence d'appuyer quelque parti politique que ce soit.» Mme Simard rappelle que les slatuts de la CSN.réaffirmés il y a deux ans.prévoient que la centrale ne doit pas faire de politique partisane.Le Conseil central de Montréal, qui compte environ 70000 membres, est traditionnellement plus engagé sur la scène politique que les autres régions et fédérations de la CSN, rappelle Mme Simard.Ainsi, il avait donné son appui au RCM aux élections municipales de 1986.Rappelons qu'il y a quelques jours, le NPD a reçu le soutien public et concret \u2014 avec effectifs et argent à l'appui \u2014 de la FTQ.ET CETTE CHAiNE ÉLECTORALE?¦ Le service d'information d'Élections Canada, qui ne peut toujours pas être syntonise dans plusieurs villes du pays \u2014 dont Montréal \u2014.devrait entrer en ondes au début de la semaine, a indiqué un responsable des communications, Richard Rochefort.Il semble que le retard dans la diffusion de ce service sur la chaîne des débats parlementaires soit attribuable à l'Association des eà-blodiffuscurs, qui n'a pas informé ses membres de l'existence d'une émission électorale.En attendant, le canal des débats à Montréal remplit les vides avec des horoscopes.Précisons donc, à titre de renseignement électoral, que Brian Mulroney est né sous le signe du Poisson, Ed Broadbent sous celui du Bélier et John Turner \u2014 celui des Gémeaux.Pour les ascendants, il faudra repasser.LAPRADE NE CONNAIT RIEN AU LIBRE-ÉCHANGE ¦ Lors de sa soirée d'investiture dans Ho-chelaga-Maisonneuve.le candidat libéral Serge Laprade a candidement rassuré les militants du comté, en leur disant qu'ils n'étaient pas les seuls à ne pas connaître à fond le dossier du libre-échange.M.Laprade a avoué que lui aussi n'y comprenait pas grand-chose.Mais, a-l-il précisé, son «instinct» lui dicte de s'y opposer.SONDAGES: C'EST PARTI! ¦ D'ici le 21 novembre, les intentions de vote des Canadiens seront scrutées sous toutes les coutures.Deux jours après le déclenchement des élections, Gallup a parti le bal, avec un premier sondage réalisé en un temps record (deux jours) pour le compte du Toronto Star.A suivi un sondage de In firme manitobaine Angus Reid.À venir: un ou deux autres sondages de Gallup pour le quotidien torontois, en plus de trois enquêtes que Gallup compte effectuer pour son propre compte.A cela s'ajouteront les deux sondages CROP-La Presse, probablement d'autres sondages Angus Reid ou de la fir- me Environics de Toronto.Au total, on peut s'attendre à une dizaine d'oscultations de l'opinion publique.soit, une moyenne de plus d'une par semaine.À titre de référence, selon le recensement de Claude Gauthier, vice-président de CROP, la campagne 84 a donné lieu à huit diagnostics pré-électoraux, et celle de 80 à neuf.Le record appartient à la campagne référendaire, avec ses douze sondages.ET LES JEUNES?¦ Les sondages ne concernent pas que les «adultes de 18 ans et plus».Dans le cadre de l'émission Flash Varicelle, la firme Soré-com a tâté le pouls des 8-12 ans.Sur 201 répondants, 126 ont opté pour Brian Mulroney.13 pour John Turner et 11 pour Ed Broadbent.AUJOURD'HUI ¦ Le leader conservateur.Brian Mulroney, quitte Baie-Comeau vers Ottawa en faisant escale à Montréal.¦ John Turner et Ed Broadbent passent la journée à Ottawa où aucune activité publique n'est prévue.DEMAIN ¦ Le premier ministre Mulroney prend congé à Ottawa.¦ Le chef libéral.John Turner, s'arrête à Montréal et à Laval avant de se rendre à Caraquel, au Nouveau-Brunswick, où il rencontre les Acadiens.Il passe la nuit à Fredcricton.¦ Le leader du NPD, Ed Broadbent, reprend sa campagne électorale à Toronto.La famille Mulroney était presque au complet hier lors du ralliement conservateur à Baie Comeau.Il ne manquait que le petit dernier, Nicolas, âgé de trois ans.photo laser cp Mulroney promet le «jack-pot» pour le Québec et le Canada avec le libre-échange RUDY LE COURS BAIE-COMEAU idez-moi a nouveau ! » Voilà le message qu'avait à livrer Brian Mulroney, venu hier dans sa ville natale lancer sa campagne au Québec, comme il l'avait fait en 1984.«Encore une fois, Baie-Comeau est au rendez-vous de l'histoire, a-t-il affirmé d'entrée en jeu devant les quelque 300 à 400 partisans bruyants venus chaleureusement l'accueillir à la patinoire municipale.Je vous demande d'être à votre tour des pionniers, comme nos parents l'ont été, ici sur la Côte-Nord.» L'accueil dans la région, francophone à plus de 90 p.cent n'a été marqué par aucun incident.Pas le moindre manifestant anti-libre-échange ne s'est fait remarquer.Le chef conservateur a passé en revue quelques engagements de 1984 réalisés au cours de son premier mandat: Accord du lac Meech; traité de libre-échange; relance de l'économie; enumeration de quelques mesures d'équité sociale, etc., comme il le fait depuis le début de sa campagne.Si on prend les chiffres que M.Mulroney a donnés, la partie est loin d'être gagnée: 1,3 million d'emplois créés en quatre ans, soit «près de I 000 par jour»: réduction de M,7 à 7,8 p.cent du taux de chômage, à la faveur de la période de croissance économique continue la plus longue depuis la Deuxième Guerre.M.Mulroney affirme avoir en mains l'outil qui lui donnera l'élan nécessaire: le traité de libre-échange, évidemment.«Comme le disait l'éditorialiste de La l'resse Alain Dubuc qui a longuement étudié la question : Ce sera le «jack-pot » pour le Québec.El j'ajouterai pour le Canada aussi.» Reprenant à son compte une elude du Conseil économique du Canada, il a affirmé que ce traité représenterait 84 000 emplois de plus pour le Québec et 250 000 pour l'ensemble du Canada.« Le Quebec et le Canada vont répudier l'engagement du chef libéral de déchirer cet accord.C'est inacceptable», s'est-il exclamé, au bout d'une belle envolée oratoire.Abordant le dossier environnemental, M.Mulroney a repris l'engagement pris au caucus de son parti, au mois d'août à Saint-Hyacinthe : conclure avec les États-Unis un traité international sur les pluies acides, et un projet de société basé sur un consensus national sur la protection de l'environnement.Plus tôt dans la journée, M.Mulroney était venu faire ses adieux à ses commettants de Manicouagan, gorgés d'espoir par une rumeur persistante voulant qu'il annonce enfin les $70 millions nécessaires à l'aménagement du Quai de la renaissance.A défaut de dollars, ils ont eu droit aux larmes de Mila et au motun dans la gorge du chef.«|e sais que je pourrai toujours compter sur vous, votre loyauté, votre compréhension, a-l-il laissé tomber, en se composant un visage mi-triste, mi-contrit.Vous représentez, représente/, mon coin natal, c'est le plus grand honneur de ma vie.» Le maire de Sept-iles, M.lean-Marc Dion, lui avait bien souligne auparavant qu'il avait déclaré ne jamais oublier les gens de Manicouagan.M.Mulroney lui a répondu en disant qu'avec son successeur, le candidat Charles A.Langlois, Manicouagan aura deux députés aux Communes.M.Langlois est.rappelons-le un nouveau bleu qui possède toujours sa carte de membre du Parti libéral du Québec.Frank Stronach, une étoile montante à Toronto GILLES TOUPIN envoyé special Lu Presse À NliWMARKLT.Ont.n blue jeans et souliers de course, chemise blanche ouverte sous un veston avec mouchoir de soie à la poche, le millionnaire et homme d'affaire Frank Stronach.5b ans.candidat libéral dans York-Simcoe.comté de l'ex-député conservateur Sinclair Stevens, ne mâche pas ses mots pour expliquer son entrée en politique: «Si je ne l'avais pas fait, je me serais dit pour le restant de mes jours: 'Toi, mon enfant de choeur, tu avais toutes les connaissances et l'énergie pour aider à faire du Canada une société juste!' Et je me serais reproché mon inaction.» Ce n'est pas \t \t§*$ÉL \t \tt M -\t* \ty n pour rien que la campagne de Frank Stronach dans ce comté, situé à environ une heure de route au nord de Toronto, a pour slogan « Let's be Frank».L'homme a déjà une ré- _ putation qui fait f*ank Stronach parler tout le grand Toronto et qui en fait.ici une vedette politique montante.C'est lui qui organise mercredi prochain le fameux Confederation Dinner, l'événement annuel le plus important pour les fonds du Parti libéral.Déjà, il a vendu tout prés de 4 000 billets à $300 pièce, ce qui fait de ce rally « le plus grand diner politique jamais tenu au Canada», selon son organisateur.L'affaire a fait quelques vagues parce qu'on reprochait à M.Stronach de forcer la main aux hommes d'affaires de Toronto \u2014 gé- néralement en faveur du libre-échange \u2014 en liant l'achat de tables a $3 000 aux futurs contrats qu'ils pourraient décrocher avec sa compagnie.L'affaire Stevens a aussi contribué à le faire sortir de l'ombre, «l'ai été accusé d'avoir joue un rôle dans cette histoire, a-t-il dit à La Presse, le connais peu Sinclair Stevens.Sauf que j'étais sur le conseil d'administration local des Grands frères où siégait également Mme Stevens.Lorsqu'elle est venue a moi, j'ai dit que je ne pouvais pas l'aider.L'enquête judiciaire, de toute façon, m'a blanchi.» Débarque à Québec en 1954 avec un mal de mer épouvantable, «parce que je voulais voir le monde», Stronach raconte qu'il se souvient, dans son Autriche natale, de l'époque nazie et de l'occupation soviétique qui l'ont marqué.Fils d'ouvrier, il a commencé au Canada avec une petit garage pour finir avec une compagnie qui emploie a l'heure actuelle 14 000 travailleurs.I 300 de ces travailleurs vivent dans York-Simcoe.qu'il habite lui-même depuis vingt ans.et plusieurs d'entre eux ont contribué à sa nomination comme candidat libéral.I rank Stronach se dit assuré de remporter la victoire le 21 novembre prochain.Le libre-échange est le principal cheval de bataille de Frank Stronach.«Actuellement, ujoutc-t-il, les politiques économiques de Mulroney favorisent les riches.Le libre-échange est une politique pour les hommes d'affaires sans coeur qui ne pensent pas aux milliers d'emplois que cela fera perdre au Canadiens.Ce que je veux apporter au Canada, c'est une stratégie industrielle qui établirait la justice économique pour tous.» -i m Vu u >ié- tf ¦ Paul Desmarais president du conseil d .administration LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 OCTOBRE 1988 Roger 0.Landry président et éditeur Claude Maison éditeur adjoint Marcel Desjardtns, directeur de l information Alain Dubuc, éditorialiste en chef Éditorial Les coups bas de Broadbent E d Broadbent est le plus populaire des trois chefs de parti.Bien des gens qui ne sont pas néo-démocrates lui font confiance parce qu'il est rigoureux et honnête.Mais cette semaine, M.Broadbent a trahi cette confiance que tant de Canadiens lui accordent, en affirmant, quelque part en Alberta, que les pensions de vieillesse et le système de santé seraient menacés par le libre-échange.En partant, même s'il s'en défend, il\" y a quelque chose d'indécent dans le fait de raconter à des vieux, qui vivent dans une résidence pour personnes âgées, qu'ils perdront leurs pensions.C'est à peu près ce qu'il y a de plus sale dans l'arsenal des techniques de campagne électorale.Et c'est encore pire quand on peut démontrer que les deux affirmations de M.Broadbent sont sans fondement.Commençons par les pensions.M.Broadbent admet qu'elles ne sont pas incluses dans le traité.Mais il estime qu'elles seront attaquées indirectement parce que les Américains pourront les considérer comme des subventions, contraires au principe du libre-échange.Il y a là une indéfendable confusion.Les subventions qui sont mentionnées dans le traité sont les subventions à l'entreprise quand elles permettent à une compagnie de réduire le prix de ses exportations en profitant de l'aide de l'État; c'est considéré comme une concurrence déloyale.Quand le gouvernement envoie un chèque mensuel à une personne âgée, quelle est l'entreprise qui est subventionnée ?Aucune.Quelles exportations deviennent déloyales ?Aucune.Même un avocat américain tordu au service d'un lobby tordu n'oserait pas se présenter à un tribunal commercial avec ça.C'est d'autant plus vrai que le seul lien entre les entreprises et le régime des pensions, c'est qu'elles sont forcées d'y contribuer.Cette dépense additionnelle les rend un peu moins concurrentielles sur le marché américain.Et c'est pourquoi nos voisins, peu importe leurs biais idéologiques, n'ont jamais eu la moindre intention d'attaquer nos programmes sociaux.En ce qui a trait aux programmes de santé, M.Broadbent se sert d'un autre argument.Selon lui, le traité de libre-échange permettra l'établissement d'hôpitaux à but lucratif américains qui concurrenceront notre système public.Déjà, la création d'un hôpital privé est possible: c'est du ressort des provinces qui gèrent les programmes de santé.Mais il est faux de prétendre que les Américains pourront venir f3ire cela en toute liberté ici.Et ce, pour une raison très simple: le chapitre du traité de libre-échange qui porte sur les services exclut carrément les services de santé et les services sociaux ! Dans ces domaines, et c'est ^rès clair dans l'entente, les Américains n'ont absolument aucun droit au Canada.Que peut-on dire de plus ?Comment se fait-il alors que M.Broadbent, un universitaire qui est passe par le London School of Economies, puisse arriver à de telles conclusions?Mystère et boule de gomme.Mais c'est dommage, car ses propos tiennent de la désinformation.Alain dubuc Quayle-la-caille Traduit en français, le nom du sénateur Dan Quayle, colistier de M.George Bush aux élections présidentielles du 8 novembre prochain, signifie «caille», genre d'oiseau gal-linacé.La caille a des ailes moyennes, une queue courte et des pattes faibles.Dirons-nous que M.Quayle, qu'on a pu voir dans un débat télévisé, porte bien son nom et que, face à son adversaire, le sénateur Lloyd Bentsen, il avait l'air d'un petit oiseau surpris dans l'herbe par un chien?On a parlé d'une nette victoire du candidat démocrate.Il est vrai que les sondages qui ont suivi le débat télévisé font pencher fortement la balance en faveur de M.Bentsen.Mais l'opinion est extrêmement volatile.Un sondage chasse l'autre, à tel point que la moindre erreur de parcours prend, dans un camp comme dans l'autre, les proportions d'une catastrophe.Quand un Canadien assiste à un débat télévisé entre deux personnalités des États-Unis qui aspirent aux fonctions suprêmes dans leur pays, il se rappelle d'abord qu'il n'a pas voix au chapitre et que son choix personnel portera sur Mulroney, Broadbent ou Turner, et non sur Bush-Quayle ou Dukakis-Bent-sen.Autrement dit, nous ne votons pas dans la république voisine.Voila qui devrait inspirer une attitude de détachement, sinon d'indifférence.Indifference qui serait d'autant plus justifiée que c'est tout juste si la moitié des électeurs se donneront la peine de voter le 8 novembre.De toutes les démocraties du monde, ce sont les États-Unis qui enregistrent le plus bas taux de participation de l'èlectorat.Au cours des 20 dernières années, le taux de participation a diminué de 20 p.cent.On pense qu'en 1988 les abstentions vont atteindre leur plus haut niveau depuis 1948.Incroyable quand on pense que les États-Unis sont fréquemment donnes comme un modèle à imiter! Un modèle à imiter sur bien des plans, mais certainement pas au point de vue de l'intéressement de la population à la politique.L'étranger se tiendrait plus aisément au-dessus de la mêlée, s'il n'était pas convaincu à bon droit que le choix des électeurs américains ne restera pas sans impact ailleurs, étant donné le poids des Etats-Unis.Nous voila, par ce biais, ramenés a M.Dan Quayle et à toute une série d'interrogations sur sa personnalité, ses antécédents, son véritable caractère, sa compétence.Dès qu'il a été choisi par M.Bush a la convention de La Nouvelle-Orléans, le bonhomme a attiré tous les regards.Réaction d'autant plus naturelle dans les médias que Quayle était un inconnu.Les journaux en ont-ils trop fait?Les hommes politiques, comme les vedettes du sport et de la scène, ne se plaignent jamais de harcèlement à leur endroit quand les médias les présentent sous un jour favorable.Dès lors que vous découvrez un côté court du grand homme, vous tombez dans la goujaterie.Perçu comme l'innocente victime de l'acharnement pervers de la presse, l'homme de Bush s'est d'abord acquis des sympathies.Le débat avec le sénateur Bentsen l'a montré tel qu'il est.Beaucoup doutent qu'en cas de malheur (disparition inopinée du président) il ait l'étoffe qu'il faut.C'est ce qu'a voulu signifier M.Bentsen quand il a rappelé à son adversaire républicain qu'il n'est pas un Jack Kennedy.Le coup a si bien porté que, dès le lendemain, le président Reagan s'est dit outré du propos.Guy CORMIER AKI par Ejinagosi Pour le monde qui aime la terre Le plus souvent, tout ce qui concerne les autochtones nous arrive filtré, soit par les spécialistes de la question, soit par les journalistes qui, inévitablement, décodent les faits en fonction de leur bagage culturel.C'est pourquoi La Presse a choisi de présenter de très larges extraits d'un texte écrit par le chef algonquin Richard Kistabish, intitulé «AKI, pour le inonde qui aime la terre», publié par le Conseil algonquin de l'Ouest du Québec.Plus que n'importe quelle analyse savante, ce document d'une grande beauté nous permettra de mieux comprendre la vision du monde des Algonquins, leur spiritualité et leur écologisme profond.Si Richard Kistabish décrit les problèmes criants des autochtones, il tend aussi la main aux Blancs, en proposant ce qu'il a qualifie de «libre-échange» entre autochtones et étrangers.¦ Nos ancêtres furent les premiers humains à venir habiter ce que certains appellent aujourd'hui le Québec et l'Ontario.Ça s'est passé il y a environ 9000 ans.En se répandant de tous les cotés, ces femmes et ces hommes ont peu à peu formé des peuples différents.À l'arrivée des étrangers, il y a environ 400 ans, nous, les Al-gonquin(c)s, vivions d'une belle grande terre bordée au nord par celle des Cris, à l'est par celle des Attikamek, au sud par celle des Hurons-Wendat, à l'ouest par celles des Nippising et des Ojibwa.Nous entretenions avec tous ces peuples frères des relations a peu prés normales: visites, commerce, mariages, querelles aussi parfois.Ces échanges apportaient a notre peuple le sang neuf et les idées nouvelles qui lui ont permis de grandir.Le jardin des Algonquin(e)s était alors aussi vaste que la province de Terre-Neuve.Et nous le parcourions sans cesse au rythme des saisons.Avec respect et efficacité.Ce qui était bon pour la terre l'était pour nous.Ce qui était bon pour nous l'était pour la terre.Pour y développer notre vie, nous allions où nous voulions, quand nous le voulions et comme nous le voulions.Pour que cette terre les fasse bien vivre, nos anciens et nos anciennes ont dû en explorer tous les recoins, la traiter avec respect et en partager les fruits.Un jour quelques étrangers ont pénétré dans le jardin des Algonquin(e)s.Mais nos anciens n'avaient aucune raison de ne pas élargir le cercle pour leur faire une place égale à celle des autres.Certaines de nos femmes en ont même trouvé quelques-uns de leur goût.Et personne n'y a vu de mal.Ils avaient toujours agi ainsi entre eux et avec ceux de leurs visiteurs qui savaient se montrer dignes de leur accueil.C'était là la façon de faire des anciens et des anciennes.Comment auraient-ils pu imaginer que parmi ces étrangers certains ne se contenteraient pas d'une place égale?Que ces visiteurs arrivaient d'un pays où les intérêts de quelques gros l'emportent sur ceux de la masse des autres?Que ces gros ne tarderaient pas à venir tout arracher, tout prendre, tout emporter?Comment auraient-ils pu imaginer ça?D'abord la fourrure.Pour ça, ils avaient encore besoin de nous.Nous avons alors mis beaucoup d'énergie à courir la fourrure, pour l'échanger contre des choses parfois utiles, parfois inutiles, parfois dangereuses.Ainsi avec l'alcool ils ont troublé nos esprits.Puis ce furent les arbres, le minerai et la force de nos rivières.Pour ça, nous étions dans leurs jambes.Nos façons de travailler la terre, de la prier et d'en vivre les embarrassaient.Alors ils ont enpoisonné l'esprit et le coeur de nos enfants.Et peu à peu, nous avons presque tous été refoulés dans de toutes petites réserves, pendant qu'ils se mettaient à souiller nos eaux, à empoisonner nos animaux et à faire mourir nos plantes.Pour nous maintenir dans l'inconscience de ce qui se passait et de ce qui continue aujourd'hui, ils nous ont engourdis avec l'alcool et la bière.Ce qui est mauvais pour notre terre est mauvais pour nous.Ce qui est mauvais pour nous est mauvais pour notre terre.Aujourd^iui qu'elle est malade, nous avons peine à nous y tenir debout.Mais elle est encore là.Nous aussi.Aujourd'hui Pour fouiller dans le ventre de notre mère la terre, lui arracher les cheveux et déranger ses eaux, il leur fallait bien nous enlever d'abord ses bras.Ils savaient bien qu'ils n'arriveraient à rien tant que le grand cercle du peuple danserait dans le jardin.C'est pourquoi ils ont d'abord brisé le cercle pour le réduire à des listes de bandes.Ça a commencé par des numéros de terrains.Ça a fini par des numéros d'humains dans des réserves à Algonquin(e)s.Le grand cercle toujours en mouvement a été cassé en petits morceaux devenus immobiles entre le congélateur, la caisse de bière et la TV.jadis, nous dansions à la grandeur de notre jardin.Aujourd'hui, chacun est assis dans son coin et se demande ce qui lui arrive.Nous nous tenions tous par la main, mais ils ont cassé nos bras.Le cercle a été taillé en morceaux.Chacun est seul avec sa tristesse.Ils nous ont replié chacun sur nous-mêmes.Ils nous ont retourné les yeux en dedans.L'alcool et la bière servent à ça.Nous étions grands.Ils nous rapetissent.Aujourd'hui ils rient, car ils peuvent massacrer notre terre en paix et se remplir les poches de ses richesses.Chaque détail de nos vies est décidé par eux, à travers leurs programmes et leurs experts consultants.Comme nous n'avons plus rien à dire, nous ne nous parlons plus.Les visites, c'est souvent pour aller chercher de la bière chez le voisin.Hier la fête arrivait avec les fruits de la terre, avec les saisons.Aujourd'hui elle vient avec la bière.Quand c'est toujours la fête, c'est jamais la fête.Certains d'entre nous croient pouvoir sauver leur peau en se collant a celle de tel ou tel expert consultant.La division s'installe.«Si tu es contre cet étranger, tu es contre moi.» Chacun pour soi.C'est ainsi que nous devenons tous faibles.Ces experts en viennent ainsi à tout contrôler.Mais chacun d'eux est enfermé dans sa spécialité.Il ne sait pas voir large et grand.Ils ont découpé notre vie en petits morceaux qu'il ont enfermés à clef dans de petits tiroirs.Ils sont les seuls à avoir les clefs.On dirait qu'ils veulent devenir nos chefs.Ils seraient incapables de faire ça, si certains d'entre nous ne les aidaient sans s'en rendre compte.L'étranger a réussi à nous transmettre l'illusion du CHACUN POUR SOI.Nous sautons à l'eau pour cueillir les fruits de l'arbre dont les branches s'y reflètent comme dans un miroir.Et l'étranger continue de rire.MA paye.MON congélateur.MA TV.MON orignal.MON lièvre.MON esturgeon.NOTRE canot quand il va bien, TON canot quand il va mal.Chaque personne, chaque famille, chaque village se prend pour le centre du monde.Et l'étranger rit de plus belle de nous voir nous détruire nous-mêmes et nous noyer dans l'alcool.Le plaisir de vivre fait souvent place à la tristesse et à la peur.On se méfie de l'espoir.Si l'un d'entre nous propose un projet pour que le peuple s'en sorte, on n'y croit pas.Mais si le même projet sort de la bouche de l'étranger, on le trouve plein d'allure.- Chacun pour soi.jalousie.Peur.Mesquinerie.Rumeurs.Tristesse.On va jusqu'à livrer son frère au garde-chasse.Nous agissons trop souvent comme des écrevisses enfermées dans un panier, qui ne font que s'attaquer entre elles plutôt que chercher ensemble le moyen de retourner à l'eau libre.N'y aurait-il donc que des mauvaises nouvelles?Au plus fort la poche.Un congélateur c'est pas assez?Alors deux congélateurs.Pleins de viande bientôt sèche.Un char neuf.Un char fini.Encore deux ans à payer.Plus on ramasse, plus on devient triste.Le CHACUN POUR SOI ne donne rien, sinon la victoire de .l'étranger qui n'en finit plus de rire.Quand nos anciens étaient riches, heureux et en santé, c'est que le cercle était en vie.Qu'ils se sentaient fils et filles de la terre au lieu de ramper devant l'étranger.Ensemble on grandit.Seul on rapetisse.Certains étrangers nous aiment petits.Pour qu'ils puissent massacrer la terre et s'en aller ensuite faire la même chose ailleurs.Nos fourrures, nos arbres, les roches de la terre, nos cours d'eau, nos enfants, nos vies sont devenus leurs fourrures, leurs arbres, leurs roches, leurs cours d'eau, leurs enfants, leurs vies.Notre terre est malade.L'érable ne donne plus de sucre.Où s'en est allé le « fisher ?» Lt le grand aigle?Le poisson est plein de mercure.Le vent apporte du mauvais air et de la pluie qui tue lentement.Le peuple aussi est malade.L'alcool nous rend fous.Les ventres dans lesquels poussent nos petits sont trop souvent battus.Quand le respect de la terre s'en va, comment nos mères ne seraient-elles pas frappées?Abandonnés à eux-mêmes, nos enfants ont souvent faim et froid.Comment s'étonner qu'ils cherchent parfois le réconfort dans les vapeurs de gaz et de colle?Pris dans cette tournade, ne sachant d'où ils viennent et où ils vont, trop d'entre nous se suicident.D'autres en viennent à tuer.Et l'alcool coule de plus belle.«Tu n'es pas mon ami si tu ne bois pas avec moi.» You-pi ! C'est quand on est saoul qu'on cherche les autres pour parler.Pour dire quoi ?On ne marche à peu près plus, sinon pour aller chercher son chèque ou sa bière.Les anciens ne s'arrêtaient jamais.Maris et femmes avaient souvent été élevés dans des coins éloignés du jardin.Ils s'étaient connus au hasard des rencontres.Les faiblesses physiques de chaque groupe ne se développaient pas.Aujourd'hui qu'on marche moins, on se marie à côté de chez soi.Et le peuple s'affaiblit.La nature aussi n'aime pas le CHACUN POUR SOI.Chasseurs sportifs, touristes et pécheurs viennent chercher ce qui reste d'animaux.Pour les aider, l'étranger écrit des lois nous disant où, quand et comment ramasser le gibier.S'il peut le faire si facilement, c'est que le cercle ne fonctionne plus.C'est là que conduit le CHACUN POUR SOI.\u2022 Rivières et lacs portent maintenant des noms étrangers venus d'ailleurs.Même nos noms et ceux de nos enfants sont ceux de l'étranger.Les mots d'ici s'en vont, comme l'aigle et le «fisher».Quel nom donnions-nous à cette tente que les esprits de la terre venaient secouer de tous côtés?Qui d'en- tre nous le sait encore?Et cette autre tente d'où la vapeur recueillait nos prières, pour les porter au pays des grands esprits.Ça se disait comment déjà?Qui pourra raconter à nos enfants ces belles grandes histoires de la terre qui leur apprenaient le sens de chaque chose, les secrets de la vie, le respect de leur peuple, les directions à suivre, la manière de prendre soin de leur mère la terre?Où sont partis nos mots que ceux de l'étranger ne sauront jamais remplacer?Et les trésors qu'ils contenaient?Comme les fruits contiennent les fleurs de l'été prochain.Les mots de notre terre.Les mots de nos mères.Le cercle du peuple, sa langue et sa terre sont inséparables.Si l'un est en mauvais état, les deux autres dépérissent.C'est un mirage d'attendre que la langue renaisse entre les quatre murs d'une école construite sur une petite réserve loin de la terre.C'est en parcourant la terre que la langue et le peuple retrouveront leur force.La terre doit redevenir notre école.C'est elle que nos enfants doivent fréquenter.Des cours de trappage enseignés par des professeurs étrangers, c'est le monde à l'envers.Comme les fruits de l'arbre se reflétant dans l'eau du lac.Aujourd'hui, nous sommes comme des bêtes prises au piège.L'étranger rit de nous voir nous débattre pour ne pas mourir.Demain L'étranger rit de sa victoire.Mais il est une chose qu'il craint par-dessus tout.Que nos mains se rejoignent et que le cercle se referme.C'est là sa faiblesse.C'est là NOTRE FORCE.C'est pour ça qu'il a pris tous les moyens pour nous isoler dans le CHACUN POUR SOI.Car il sait bien qu'il aura des problèmes quand le peuple se tiendra ensemble.Comment pouvons-nous faire?En trouvant des occasions et des lieux pour nous parler de tout et de rien.Des choses drôles et des choses tristes.De l'enfant malade.Du gibier à aller chercher.Du canot brisé qu'on pourrait réparer ensemble.De la terre.De l'avenir.De nos enfants.De la façon d'être fort.Se retrouver non seulement pour boire.Mais aussi pour rire, pour se sentir bien.Comment faire?En recommençant à visiter le jardin qui rendait nos ancêtres forts et heureux.En sortant de notre trou comme notre grand-père l'ours au printemps.En étirant nos membres engourdis.En allant voir où en est l'esturgeon, le castor, l'orignal.En allant dire à la terre que le cercle est de nouveau refermé pour prendre soin d'elle.En arrêtant de rêver de partir sans jamais le faire.En ne se contentant plus de seulement dire qu'on va y aller, sans bouger de sa chaise plantée entre la TV, le congélateur et la caisse de bière.La terre est malade, mais elle est encore là.Comme nous.Pour guérir, elle attend que nous fassions ce qu'il faut pour que ses forêts reprennent vie, ses eaux redeviennent claires, ses animaux retrouvent leur vitalité, ses plantes recommencent à porter la santé.C'est en guérissant nous-mêmes.Quand le peuple se lèvera et que le grand cercle recommencera à caresser la terre comme avant, les mots algonquins résonneront à nouveau à la grandeur du jardin comme le chant de la terre.Sans même nous en rendre compte le tambour recommencera à nous faire danser comme de grands oiseaux.Et ce seront nos danses à nous.Parce que nous serons redevenus forts et heureux.Ce qui est bon pour la terre est toujours bon pour nous.Ce qui est bon pour nous l'est toujours pour la terre.Elle pourrait aussi nous offrir des choses que nos anciens ignoraient, à la condition que nous les récoltions avec le respect et la tendresse qu'ils savaient fort bien pratiquer.Mines, bois, électricité, etc.Le problème commence quand on pense arracher à la terre tousses fruits en quelques années.Sans penser qu'elle a besoin de temps pour refaire ses forces.Qu'elle a besoin d'air pur et d'eau claire pour nous donner la vie.Pour que ses arbres soient forts.Pour que les poissons et les animaux puissent continuer à nous nourrir.Certains parmi les étrangers commencent à penser que leurs maitres ont massacré la terre.Quand toutes nos eaux seront devenues de la soupe au mercure, nos poissons des thermomètres flottant sur le dos, nos plantes malades et nos gibiers incapables de trouver à manger, il ne nous restera alors que le papier des chèques de Bien-être à nous mettre sous la dent.Ça ne fera pas du monde fort.C'est quand on se croit maître de la terre qu'elle commence à mourir.Et il n'y a pas cher à donner pour nous quand la terre est malade.t u 0 La Presse SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 9 OCTOBRE 1988 La personnalité de la semaine Double médaillée d'or à Séoul, Carolyn Waldo souhaite maintenant faire carrière à la télévision LAMBERT CINGRAS Toute auréolée de sa gloire aquatique et de son or olympique, Carolyn Waldo jubile.L'étoile mondiale de la nage synchronisée est revenue au domicile familial de Beaconsfield la semaine dernière, deux médailles d'or au cou et quelques contrats publicitaires en poche.Autant dire, sans jeu de mots, qu'elle baigne dans le bonheur.Bien sur, papa et maman Waldo étaient très fiers de leur grande fille.Mais dans les prochaines semaines, ils ne la verront guère.Contrepartie de sa nouvelle notoriété.Carolyn surnage à peine dans le flot de requêtes, d'interviews, de rendez-vous et d'apparitions publiques auxquels elle doit maintenant se soumettre.Mais que personne ne s'in-quiete.elle synchronise tout cela à merveille.«Pour le mois qui vient, je suis complètement débordée», dit-elle, heureuse de son sort.«Tout le monde appelle à la maison, je reçois des demandes de partout, pour toutes sortes de choses.» Tellement occupée, la médaillée, qu'il n'était même plus question d'obtenir une entrevue avec elle.Sa mère précise: «A very short interview, OK?» Non seulement very short, mais encore au téléphone.« Demain, je pars pour Toronto, puis la semaine prochaine, j'entreprends une tournée du Canada avec ma coéquipière, Michelle Cameron.On va rencontrer les médias, de Toronto à Vancouver.» À Vancouver Après avoir rempli ses «engagements médiatiques» et bien achevé son auto-promotion, elle prendra le chemin de la Colombie-Britannique.Non qu'elle n'aime pas Montréal: «Mon chum étudie à Vancouver, et c'est là que je voudrais m établir».Médaillée d'argent aux |eux de Los Angeles, en 1984, championne du monde devant l'Américaine Tracie Ruiz-Conforto au Caire, en I987, Carolyn Waldo n'avait plus qu'une mission à remplir à Séoul : remporter l'or.El tant qu'à y être, l'or à deux reprises.«Il faudrait que je me noie pour manquer l'or», avait-elle dit, très confiante, la veille de sa première victoire olympique.Une fois acquise cette premiere médaille (en solo, le 29 septembre ), elle avait bien souligné qu'on n'en était encore qu'à mi- A CAROLYN WALDO «Je suis complètement débordée.Tout le monde appelle à la maison, je reçois des demandes de partout, pour toutes sortes de choses» chemin.«Ce n'est pas fini, j'ai une autre grosse journée demain.» Carolyn Waldo ne s'était pas noyée, complétant plutôt la deuxième partie de son exploit: l'or en duo le lendemain.Une réussite qui redorait un peu le blason du Canada.Car après l'incident Ben lohnson, comme Carolyn Waldo le racontait la semaine dernière à la Presse Canadienne, certains athlètes canadiens «refusaient de porter leurs vestons à l'effigie du pays au Village olympique, parce qu'ils craignaient d'être pointés du doigt.» La retraite à 23 ans A 23 ans, Carolyn prend donc sa retraite.Sa carrière est finie, mais la vie continue.La vie d'artiste, avec un statut de vedette.Plaisant?«Oh! Oui.l'aime beaucoup ça, c'est passionnant», dit-elle dans un français honorable.Les interviews, les festivités, les tournées, bref les retombées directes de ses victoires, tout cela fera son temps.Après, qu'est-ce qu'on fait?C'est dans la télévision que veut plonger Carolyn Waldo, fermement décidée à ne pas laisser sa vie d'artiste, à conserver son exposure.«l'ai travaille pour le News Hour de CBC quand je me trouvais à Calgary, l'automne der- nier, explique-t-elle.|e ne m'entraînais que quatre ou cinq heures par jour, et j'avais du temps à moi.|'ai fait quelques topos pour eux.» Après un cours général au cégep, Carolyn a cessé d'étudier.«Dans les dernières années, je n'avais pas le temps.Il fallait que je m'entraîne, et je n'avais pas beaucoup d'argent, donc je préférais travailler un peu.» Les médailles valent les diplômes Pas d'études, mais pas d'inquiétudes non plus.Carolyn Waldo est convaincue que ses médailles remplaceront aisément les diplômes.«C'est certain que ça va beaucoup m'aider à me trouver un emploi à la télévision», croit-elle.«Mais je ne veux pas nécessairement rester dans le domaine du sport, l'aimerais bien faire des émissions pour enfants.» \u2022 Ouant au compte en banque, elle ne s'en fait plus.« Maintenant, ça va bien aller, cxplique-t-elle.J'ai un contrat avec le shampoing Tame et un autre avec les savons lergens.D'autres contrats s'en viennent, mais il ne sont pas signés et je ne peux pas en parler tout de suite.On fera une conférence de presse.» Qu'on se rassure! L'or en poche, l'argent ne manquera plus.a Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort.ALCAN au magazine La personnalité de la semaine vous attend demain à 13 h 15 AU JOUR Réalisatrice-coordonnatrice: LOUISE B.TARDIF Avec Dominique Lajeunesse et Normand Harvey, du lundi au vendredi.L\u20ac JOUR Radio-Canada W?Télévision Sciences et techniques B 4-m\t\tLA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 9 OCTOBRE 1988\t \t\t\t BP La navette spatiale soviétique est prête JEAN-PIERRE ROCEL collaboration spéciale etuit une J* W§È™ ni a n 0 c u - ffiKmNIE vre c'e re'at,ons KAiWuWivm publiques habile: les Soviétiques ont choisi le moment precis du décollage de la navette américaine Discovery, le 29 septembre dernier, pour rendre publiques les premieres photos de leur propre navette.Ce nouveau vaisseau spatial, reste secret jusqu'à ce jour, a la forme d'un grand oiseau blanc, accolé à une grosse fusee ronde.Celle-ci est flanquée de deux autres fusées plus petites de chaque coté.Sur une des ailes delta, les lettres familières, CCCI'.L'ensemble est en position verticale de départ, sur une base de lancement non identifiée.Message reçu?Message très bien reçu, merci.L'Occident sait maintenant que la copie «revue et corrigée» de la navette spatiale américaine, que concoctait l'Union soviétique depuis au moins trois ans, est prête pour un lancement prochain.Mais que veulent donc faire les Soviétiques avec ce nouveau vaisseau spatial, eux qui oiit déjà tout une flotte de lanceurs?Et pourquoi ont-ils imite, et même copié, le modèle de la navette américaine?Sur le dos d'une fusée La navette soviétique a bien la.même allure que YOrbiler américain, mais elle présente des differences notoires avec ce dernier.Ainsi.au lieu d'être propulsé au décollage par trois moteurs de queue (alimentés lift \"VI \" \\ ^rTÏ-' La navette spatiale soviétique, la copie «revue et corrigée» de la navette spatiale américaine que concoctait l'Union soviétique depuis au moins trois ans, est prête pour un lancement prochain.par un réservoir externe) et deux fusées d'appoint à poudre, l'avion spatial russe sera littéralement arrimé sur le dos d'une grosse fusée Energia.de 60 mètres de haut.Cette dernière fonctionne avec du carburant liquide, ce qui rend le lancement plus sécuritaire qu'avec des fusées à poudre.Par ailleurs, la navette soviétique aura ses propres moteurs réactés pour l'atterrissage, contrairement à la navette américaine qui atterrit en vol plané.Ce détail, ainsi que bien d'autres, intrigue fortement les ingénieurs: on ignore notamment si ces réacteurs auront assez de puissance pour faire redécoller la navette en cas d'atterrissage difficile ou impossible, afin qu'elle aille se poser plus loin.Les deux vaisseaux ont la même queue inclinée et les mêmes ailes delta, mais ce n'est pas une surpise, car ils doivent affronter les mêmes forces physiques.L'aérodyna-misme impose ses; règles et il est difficile d'accuser les Soviétiques de copier à ce niveau.Quant à l'emploi de certaines techniques et matériaux, nul doute que l'cpluchage consciencieux des plans publics par la NASA a fourni quelques idées aux ingénieurs soviétiques Pour Claude Lafleur, un chroniqueur spatial de Montréal qui suit le programme soviétique depuis 15 ans, il ne fait pas de doute que la navette a sa place parmi la flotte de lanceurs et de capsules soviétiques.«Un tel vaisseau réutilisable est pour eux un moyen assez économique de mettre en orbite de très lourdes charges, comme des parties de laboratoires pour la station Mir.Sa charge utile est de 20 tonnes, ce qui est énorme.En même temps, ils pourront transporter des équipages composés de nombreux cosmonautes, et ramener sur terre de grosses cargaisons», observe Lafleur.Du point de vue de Moscou, c'est donc un choix rationnel et mûri de longue date.On entre dans la décade des premières stations orbitales \u2014 Mir existe déjà, et les Américains viennent juste de relancer leur projet de station, auquel le Canada participera pour 1,2 milliard de dollars \u2014 et les «camions» de l'espace sont indispensables pour faire les allers et retours.Une surprise télévisée Quand aura lieu le lancement de cette navette qui n'a pas encore de nom officiel \u2014 on l'a appelé Kosmoliot, mais aussi Furan et Albatross?Les observateurs s'attendent à ce qu'il y ait un vol d'essai avec deux cosmonautes très bientôt.Mais bien malin qui pourrait dire quand exactement, car les habitudes des Soviétiques sont très différentes de celles des Américains ou des Européens.En fait, ils ne fixent pas de date de lancement.Ils testent leurs systèmes et engins jusqu'à ce qu'ils soient satisfaits.Quand ils sont fins prêts, ils lancent, c'est tout ! Cette fois-ci, ils ont promis d'annoncer l'événement à l'avance \u2014 toutefois, le délai d'avertissement sera peut-être d'un ou deux jours, voire de quelques heures seulement \u2014 et de le diffuser en direct à la télévision.Glusnost oblige.L'esprit R-D, cela se cultive |e reviens sur ma chronique de la semaine passée pour signaler deux commentaires concordants que mon texte a suscités.Un enseignant du Cégep Saint-Laurent me souligne que.selon lui.la société canadienne manque fondamentalement de culture scientifique et technique: elle intègre mal ses chercheurs et ses innovateurs, ses politiciens manifestent peu de sensibilité envers les enjeux reels de la technologie, et on n'a pas assez cultive, historiquement, l'esprit d'invention et de constante compétition.Résultat : la «greffe» technologique ne prend pas, car elle n'est pas soutenue par une culture scientifique et technologique profonde et populaire.Un autre observateur, qui dirige une PME en informatique, reagit dans le même sens: «Dépenser plus en recherche cl développement, me dit-il.n'est qu'une partie du problème.Encore faudra-l-il que les responsables industriels aient le réflexe de miser sur l'innovation et qu'ils fassent con- fiance à la R-D faite ici.Trop souvent, ils ne veulent pas entendre parler d'innovation.Ou.s'ils le font, c'est pour se tourner vers celle développée aux Etats-Unis et négliger la R-D québécoise, pourtant d'excellente qualité!» Voila qui soulève effectivement un problème de fond.Ces constats ne sont pas nouveaux, mais le fait qu'ils font spontanément surface, de manière régulière, mérite attention.Nous ne viderons pas la question ici, mais signalons que pour sa part, le Conseil de la science et de la technologie en est conscient, puisqu'il termine son rapport sur un appel à «une nouvelle culture industrielle a bâtir».Il n'en indique cependant pas les moyens, et se contente de rappeler que l'énonce de politique à ce sujet, amorcé par le précédent gouvernement, est en chantier.C'est manifestement une des questions susceptibles de faire surface lors du Sommet québécois de la Technologie, qui aura lieu jeudi et vendredi prochains a Montreal.«MW» ».HP 7! ¦ Les belugas vivent souvent en groupe et ils possèdent le plus vaste répertoire de cris de tous les mammifères marins.Le béluga a bel et bien fini par voler la vedette au dauphin PIERRE GINCRAS i le dauphin a jadis connu 1 ses heures de gloire, le béluga du Saint-Laurent est en train de lui ravir la vedette.Un peu partout dans le monde, même dans certains pays d'Asie, le mammifère marin .québécois est devenu le symbole des espèces en voie de disparition.Le beluga (dont le nom vient d'un terme russe qui signifie blanc) est une petite baleine blanche à dents, d'une longueur d'environ quatre mètres et dont le poids est de l'ordre de I 500 kilogrammes.Le béluga peut vivre jusqu'à l'âge de 50 ans.Il vit un peu partout dans l'Arctique.Seule exception à la règle: la population du Saint-Laurent aujourd'hui estime à 500 animaux.Ce sont les eaux très froides que l'on retrouve dans cette région qui permet la survie de l'animal.Le fait que l'eau ne gèle pas dans certains secteurs permet aussi au béluga de respirer en surface l'hiver.Au Québec, les bélugas se baladent aujourd'hui entre Rimouski et Mont-|o.li, sur la côte sud, et dans les environs de l'ile-aux-Coudres et des Escoumins, sur la côte nord.Pour le moment, on ne sait que peu de choses sur la biologie de l'espèce dans le fleuve.Dans l'Arctique, les bélugas atteignent l'âge adulte à six ans et se reproduisent à tous les trois ans.La gestation varie de 12 à 13 mois et la femelle allaite son petit durant deux ans.Ils vivent souvent en groupe et ils possèdent le plus vaste répertoire de cris de tous les mammifères marins.En Union soviétique, on utilise parfois l'expression «gueuler comme un béluga» en parlant d'un voisin bruyant.Leur capacité de repérer les objet à distance, l'ccholocation comme disent les scientifiques, serait 100 fois supérieure à celle du dauphin.Le béluga est considéré comme un carnivore opportuniste; il mange tout ce qui lui tombe sous la dent: gros ou petits poissons, mol- lusques, plancton.S'ils se nourrit en eau peu profonde, le mammifère peut atteindre parfois la profondeur de 800 mètres.Au Québec on a chassé commercialement le béluga, le marsouins comme on l'appelait à l'époque, jusqu'au début des années 50.Plusieurs centaines de bétes étaient alors abattues annuellement, dans le but notamment de se servir de la peau pour en faire du cuir, la graisse étant transformée en huile.Lorsque la chasse a pris fin, on s'attendait à ce que la population augmente, mais ce ne fut pas le cas.Les chercheurs s'accordent aujourd'hui pour dire que la principale responsable des problèmes qu'éprouve l'animal est la pollution du Saint-Laurent: hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) provenant des usines d'Alcan.pesticides et Mirex des Grands-Lacs.BPC.DTT et ainsi de suite.Ces produits polluants affectent le système reproducteur et hormonal, provoquent des ulcères d'estomac, des maladies de peau et affectent le système immunitaire.Une seule solution pour la survie: nettoyer le St-Laurent et le Saguenay ¦1 n'y a qu'une seule alternative pour assurer l'avenir du béluga du Saint-Laurent: nettoyer le Saint-Laurent et le Saguenay.Le Forum international sur l'avenir de notre petit mammifère marin qui se tenait il y a 10 jours à Tadoussac, aura permis de constater qu'a l'instar des autres vivants sur la planète, le béluga souffre du mal du siècle : la pollution, lion nombre de chercheurs n'hésitent pas d'ailleurs à faire des rapprochements avec les problèmes de santé du béluga et ceux qu'éprouvent les humains.Notre marsouin est intoxiqué par les polluants du Saint-Laurent et du Saguenay: DDT et Mirex, deux insecticides connus, ainsi que les bypheniles polychlo-rés (BPC) et les hydrocarbures aromatiques polycicïiques (HAP) sans oublier plusieurs autres produits chimiques industriels aux noms peu connus.Des problèmes de stérilité Derek Muir.un chercheur du ministère fédéral des Pêches et Océans, a fait de nombreuses comparaisons avec les populations de bélugas de l'Arctique canadien et celles du Saint-Laurent.Le constat est dramatique: les tissus des bélugas québécois contiennent près de 150 fois plus de 15PC que leur cousin du nord.Pour le DDT, le taux est 10 à 40 fois plus élevé.En chiffre précis, les niveaux moyens de BPC dans la chair de bélugas nordique étaient de trois parties par million (ppm) alors que chez nous, ils variaient de 88 à 185 ppm.Les tissus adipeux de certaines bétes contenait même 500 parties ppm de BPC.ce qui en font même des déchets dangereux au yeux de la loi canadienne.Pour M.Muir, il est évident que le système reproducteur de l'animal est menacé, ce qui pourrait mettre en danger la survie de toute la population du Saint-Laurent.«De nombreux tests faits en laboratoires, notamment avec des visons alimentés avec du poisson contenant des BPC, ont permis de constater que les BPC perturbaient sérieusement le système reproductif de l'animal», affirme le chercheur.M.Muir explique que la chair de certaines populations de pho- ques de la mer du Nord, de la Mer Baltique et de la Californie contient plus de 50 ppm de BPC.La gestation de l'animal est bloquée et l'embryon est résorbé.Paradoxalement, ces résultats inquiétants permettent aussi de se réjouir.« Nous avons découvert que le taux de BPC était beaucoup plus élevé chez les mâles que chez les femelles.Or c'est en allaitant que les femelles «transfèrent» leurs BPC à leur petits.On sait ainsi que Tes bélugas du Saint-Laurent se reproduisent encore, ce qui est une nouvelle très encourageante».Robert Massé s'inquiète lui aussi de la situation.Chercheurs à l'INRS-Santé, à Pointe-Claire, il a étudié le niveau de contamination du béluga par les BPC et le DTT.Devant des concentrations aussi considerable, il a rappelé au monde scientifique réuni au forum que le DDT avait des effets désastreux sur la reproduction des oiseaux.Dans certains cas, il avait même entraîné la dispari- SUITE DE LA PAGE B5 La gestation du béluga varie de 12 à 13 mois et la femelle allaite son petit durant deux ans. Demain l'an 2000, LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 9 OCTOBRE 1988 B5 Ah ! ces vacances sur Vénus!.YVES LECLERC collaboration spéciale Ceci est, vous l'aurez deviné, un titre carrément m a I h o n n é t e : une des seules choses dont nous soyons surs quant à révolution du tourisme et des voyages en l'an 2000, c'est que nous n'irons pas passer nos vacances sur Vénus.Ni mémo sur la lune.Ni même dans ce «Space Hilton» que Stanley Kubrick nous avait fait visiter dans 2001 Odysscc de l'espace.Ce qui ne veut pas dire forcément que nous demeurerons les deux pieds collés sur le plancher des vaches.Parmi d'autres possibilités plus exotiques mais pour une bonne part déjà réalisables, il y a des vacances en montgolfière ou en ballon dirigeable, des excursions en sous-marin dans les iles Caimans, une villégiature au fond de la mer Méditerranée, des visites au l'ôle Nord, dans l'Antarctique, au desert de Gobi ou au coeur de l'Amazonie.En réalité cependant, ce sont la des expéditions qui ont plus le mérite de l'inédit que d'un attrait véritable.«Ce sont des choses qu'on fait une fois, note Patrick Chaput, patron du Club Aventure, mais qu'on ne recommencera sûrement pas l'année d'après, et ce ne sont donc pas des solutions viables à long terme pour du tourisme-de niasse.» Donc le plus vraisemblable, aussi bien d'après le Club Aventure que selon des sources moins audacieuses dans les lignes aériennes et les agences de voyages traditionnelles, c'est que vous passerez vos vacances de l'an 2000 en Afrique.Une probabilité à laquelle on arrive par élimination.En Amérique du Nord et en Europe, la plupart des destinations «sexy» sont déjà exploitées.L'Amérique du Sud est en bonne voie de subir le même sort, l'Australie et la plus grande partie de l'Asie ont une vocation plus industrielle ou agricole que touristique, et elles sont encore loin et chères.Restent quelques iles exotiques encore peu exploitées, mais elles ont une capacité très restreinte et seront sûrement développées d'ici dix ans.Alors que l'Afrique, pauvre et peu exploitée en général, est ensoleillée et dotée d'une grande quantité de côtes intéressantes.Elle risque donc d'être la dernière des grandes destinations du tourisme de masse: c'est là que seront les Varadc-ro, les Saint-Domingue, les Venezuela du debut du siècle prochain.Voyages à thème Puis, la planète étant entièrement couverte d'un réseau de Clubs Med et de Holiday Inns, il faudra trouver autre chose: la force motrice de l'industrie touristique, c'est essentiellement le nouveau, l'inédit, l'original.Quoi alors?Les voyages et les vacances «à thème», propose Patrick Chaput.On ira quelque part moins pour s'effoirer sur une plage ou jouer 144 trous de golf, et plus pour vivre un événement spécial (culturel, religieux, sportif) uu connaître une ambiance particulière sur laquelle on sera déjà informé.Ou encore 3ii voudra partager une expérience avec un groupe d'autres voyageurs avec lesquels on a des intérêts en commun: amateurs d'équilation, de canot, d'artisanat, de plongée, de photo, d'astrologie chinoise.Si on ne peut plus être surpris, on tendra au contraire à vouloir tout savoir d'avance sur sa destination.De plus en plus les agences organiseront des rencontres préalables entre clients et accompagnateurs, des séances d'information et des projections de films, des dégustations de mets exotiques, etc.Conseillers et « overbooking » Mais y aura-t-il encore des agences?Dans le sens actuel, presque plus: «Dans un premier temps, il y a un regroupement des agences indépendantes en chaînes ou en franchises, note un grossiste.Puis même cela tendra à disparaître à mesure que le Minitel et le terminal Alex vous permettront de faire vous-même vos réservations à distance, aussi bien pour le billet d'avion que pour l'hôtel et les activités à destination.«Théoriquement, vous pouvez déjà reserver depuis Montréal une place à l'Opéra de Paris ou dans un grand théâtre de Londres.De chez vous, vous pourrez bientôt trouver le meilleur tarif pour Bangkok et choisir voire siège sur l'avion et votre villa en Tanzanie.» Qu'adviendra-t-il des agents de voyages?«Ils devront devenir des conseillers en vacances et en tourisme, avec une connaissance de première main des destinations, note Patrick Chaput.Et ils ne seront plus payés à commission, mais en honoraires de consultation comme un avocat ou un expert en gestion.Les réservations ne seront plus qu'un des services qu'ils vous offriront, et pas le plus important.» Et maintenant les mauvaises nouvelles: non.le service des lignes aériennes, le confort et l'accueil dans les aeropous, le sort des clients individuels dans l'hôtellerie ne vont pas s'améliorer en l'an 2000.« Voyons les choses en face, me dit un vétéran d'une ligne aérienne: ceci est une industrie de masse, et l'argent est dans les gros nombres, pas dans le traitement des cas particuliers.» Pour les mêmes raisons, l'«overbooking» aussi bien des avions que des hôtels va se poursuivre, peut-être même s'accentuer.«Désole, monsieur, il n'y a pas de place pour vous dans la navette pour Vénus aujourd'hui.Vous pouvez prendre celle de jeudi prochain, ou faire le détour par Titan et Neptune, ce qui vous mettra là-bas (tap-tap-iap sur le clavier du terminal).samedi en huit à trois heures 18du matin.» La navette Discovery retourne en Floride Agence France-Presse HASE AERIENNE D'EDWARDS ¦ La navette spatiale américaine Discovery, la première à effectuer une mission après la catastrophe de Challenger, est retournée hier à Cap Canaveral (Flori-cle), quittant la base aérienne d'Edwards (Californie) arrimée sur le dos d'un Boeing 747 spécialement modifié, a annoncé la NASA.Discovery avait atterri sur cette base lundi dernier, quatre jours après son lancement de Cap Canaveral, marquant le retour des Etats-Unis dans la course à l'espa- ce.Quelque 400 000 personnes étaient présentes pour accueillir la navette et son équipage de cinq hommes à son retour de l'espace.Pendant son vol, la navette a déployé un satellite de communications identique à celui qui avait été détruit lors de la catastrophe de Challenger en janvier 1986.Sa prochaine mission est prévue pour le 18 février, où elle sera utilisée pour déployer un autre satellite de communications de l'agence spatiale américaine.Entretemps, une seconde navette, Atlantis, devrait être lancée le 17 novembre pour une mission secrete du département de la Defense.Excellente climatisation à la salle Wiifrid-Pelletier ¦ Dans la presse du dimanche 11 septembre, un article sur la climatisation mentionnait les avantages d'une microclimati-sation à chaque banc pour les salles de concert.A titre de comparaison, on mentionnait qu'il pouvait y avoir une différence de quatre degrés entre In température aux pieds et celle a la tête, pour une salle traditionnelle comme la salle Wiifrid-Pelletier.alors que pour le système «banc par banc», la difference n'excédait pas un degré.Il s'agit ici de degrés centigrades.Piqués, les administrateurs de la salle Wiifrid- Pelletier ont fait leurs propres lectures de température un soir de concert.Les résultats?Aucun écart de température entre les pieds et la tête pendant le spectacle! Tout au plus faisait-il un degré Fahrenheit plus froid dans le rang Y du parterre, clans les corbeilles et au balcon que dans le milieu du parterre et dans la mezzanine.La reference au système traditionnel ne s'applique donc pas du tout a la Place-des-arls.On peut continuer de la fréquenter sans crainte d'attraper un rhume! Bélugas, ozone, Saint-Basile.En 88, les Canadiens ont été plus sensibilisés que jamais à l'environnement PIERRE CINGRAS ¦ Pour Leone Pippard, l'année 1988 aura été un tournant dans la prise de conscience des Canadiens en matière .d'environnement.La conférence de Montréal sur la couche d'ozone, la rencontre internationale sur les changements climatiques (effets de serre) à Toronto, le Forum international pour l'avenir du béluga à Tadoussac, le feu de BPC à Saint-Basile, voilà autant d'événements qui ont été au centre de débats publics cette année au pays, dit-elle.Déjà, les premières déclarations faites au cours de ce début de campagne électorale semblent lui donner raison.En fin de semaine dernière, un sondage Le Soleil-Sorecom révélait que depuis la tragédie de Saint-Basile, l'environnement était devenu la grande priorité des Québécois, avant le libre-échange, la baisse de natalité, l'avortement ou le chômage.Leone Pippard était la première invitée au Forum international sur le béluga.Spécialiste en communications à Toronto, c'est au cours d'un reportage sur le béluga il y a une dizaine d'années qu'elle a constaté que peu d'études scientifiques existaient sur le mammi- fère marin.Devant l'intérêt mitigé des autorités, elle décide de faire elle-même des recherches, travaux qui démontrent alors que la population du cétacé est menacée.Elle réussit à alerter le public et à convaincre les scientifiques que d'autres recherches doivent être menées sur le sujet.Pour Leone Pippard, le Forum sur le béluga a été une autre façon de sensibiliser la population à l'environnement, notamment à la pollution du Saint-Laurent.Elle croit que dorénavant, les Canadiens vont se faire beaucoup plus critiques envers les autorités.« Les gens ont réalise, dit-elle, que les gouvernements et les grandes compagnies n'en font pas assez pour nettoyer ou sauvegarder l'environnement».En citant l'exemple de la création éventuelle d'un parc marin incluant une partie du Saguenay et du Saint-Laurent, elle estime que la consultation du public par le gouvernement est souvent caricaturale, les autorités gouvernementales ne profitant de l'occasion que pour exposer leur point de vue.Optimiste?Réaliste plutôt.En dépit de cette conscience accrue de la population, Leone Pippard n'est pas certaine que le public québécois demanderait au gouvernement de laisser tomber un projet comme celui d'Expo 67 pour consacrer cet argent à la dépollution du Saint-Laurent.UNE SEULE SUITE DE LA PACE B 1 tion d'au moins une espèce de pélican.Le DDT pertube le système de reproduction des oiseaux notamment en empêchant la formation normale de la coquille de l'oeuf.La coquille est trop mince et l'oeuf est écrasé par les parents.M.Massé a aussi fait un parallèle avec la situation qui prévaut chez les humains.Des recherchent tendent à démontrer que certains polluants du groupe des BPC et du DDT entravent la production normale des spermatozoïdes chez les hommes.En I929, par exemple, en Amérique du nord, on comptait 100 millions de spermatozoïdes par centimètre cube de sperme lors d'études effectuées chez un groupe d'univer- sitaires.En 1974, des travaux similaires en arrivent à des résultats étonnants: 75 millions de spermatozoïdes par centimètre cube.Quatre ans plus tard, en 1979, ce chiffre n'était plus que de 50 millions (variantes de 40 à 60 millions).S'il faut éviter de conclure que seuls les polluants ont un effet négatifs sur les spermatozoïdes (le port des jeans et des slips serrés a aussi été mis en cause: en serrant les testicules sur le corps, on en augmente la température normale ce qui diminue aussi la formation de spermatozoïdes), il y a lieu de croire, soutient M.Massé, que les bélugas vivent une situation similaire.«N'oublions pas qu'un seul spermatozoïde féconde un ovule.Chez les bélugas du Saint-Laurent, cela pourrait avoir une grande importance pour l'avenir de la population».Des cellules cancérigènes Lee R.Shugart, du Oak Ridge National Laboratory, au Tennessee, un chercheur de renommée mondiale, a étudié pour sa part la contamination des cellules du cerveau du béluga par un polluant du groupe des HAP.Là encore, on a noté beaucoup plus de contaminants chez les populations du Saint-Laurent que chez celles de l'Arctique canadien.M.Shugart a expliqué que ce polluant affectait directement la molécule d'acide deoxyribonucleic^ (ADN).Porteuse du bagage génétique, la molécule d'ADN, si elle est modifiée par un agent cancérigène, va donc amener la multiplication de cellules cancéreuses.On a déjà découvert une carcasse d'un béluga qui avait souffert d'un cancer de la vessie attribuable, croit-on, au HAP.Plusieurs travailleurs d'Alcan sont aussi atteints de ce cancer.L'industrie de l'aluminium est responsable d'une grande partie de la contamination par les HAP dans le Saguenay.Heureusement, le Saint-Laurent jouit actuellement de la faveur de nos gouvernements.Le plan Saint-Laurent prévoit déjà qu'une somme de $110 millions sera consacrée pour cerner le problème de la pollution dans le fleuve.De cette somme, $6 millions sont destinés à faire de la recherche sur le béluga au cours des prochaines années.Il s'agit d'un début de solution.Une bonne partie de la pollution du Saint-Laurent nous vient en effet des Américains.En matière de pollution, il est difficile de traiter avec nos voisins du sud.Les pluies acides en sont l'exemple le plus éloquent.12 p.cent de plus aux chercheurs québécois CAROLE THIBAUDEAU ¦ Les chercheurs québécois ont obtenu 12 p.cent de plus que ceux de l'Ontario du volet université-industrie du Conseil de recherches médicales du Canada, ce qui inverse l'ordre des choses traditionnel.Ce programme existe depuis 20 mois, et beaucoup des chercheurs qui y ont recours appartiennent au secteur de la recherche pharmaceutique.Quinze demandes québécoises ont été agréées, pour lesquelles le CRM a fourni $3,3 millions, soit 46 p.cent de ses octrois totaux.L'industrie a contribué pour $3,95 millions à ces projets.Les partenaires de ces chercheurs sont 11 compagnies québécoises et quatre ontariennes.Par ailleurs, le CRM a souscrit à 13 demandes de subventions de chercheurs ontariens, pour un montant de $2,5 millions, soit 34 p.cent du total.L'industrie a donné pour sa part $2,6 millions, par l'intermédiaire de huit firmes ontariennes, quatre québécoises et une suisse.A quoi attribuer le grand dyna- misme des chercheurs québécois?Au CRM, on ne nie pas que l'adoption de la loi C-22, qui accorde aux compagnies pharmaceutique une protection de sept ans sur leurs nouveaux produits, a stimulé les investissements de recherche.Un bon nombre de ces compagnies sont implantées au Québec.M.Pierre Lortie, président de Provigo et également président du Sommet québécois de la technologie qui sera tenu du 12 au 14 octobre, estime que la société québécoise ne reprendra le retard qui l'afflige en matière de recher- che scientifique et technologique que lorsqu'elle s'efforcera de fournir aux chercheurs des conditions favorables, comme c'est le cas dans l'industrie pharmaceutique.«Il nous faut concentrer nos efforts sur l'éducation et sur les conditions incitatives à l'investissement en recherche, affirme le président du sommet.Les pays et les entreprises qui réussissent le mieux sont ceux qui possèdent une culture scientifique.Quant au gouvernement, il a un rôle d'animation à jouer, mais pas de dirigisme.» LA MARGARINE EN MUTATION ¦ La margarine sera bientôt issue d'une plante mutante, si le consortium Université Laval \u2014 Agriculture Canada \u2014 Allélix réussit à modifier génétiquement le canola.Allelix est la plus importante firme de bio-technologie canadienne.Le canola est le nom commercial de cette variété de colza, une plante de la famille du chou de laquelle on extrait la margarine.Le canola est vulnérable aux maladies causées par divers champignon.On estime que ces maladies causent entre $85 et $100 millions par année aux récoltes canadiennes, en dépit des traitements aux fongicides administrés.Les chercheurs se proposent d'introduire dans le matériel génétique de la plante un gène qui lui conférera résistance aux champignons.Le géne proviendra d'une autre plante ou encore sera fabriqué chimiquement.Ils se donnent 18 mois pour trouver la meilleure façon d'introduire ce géne dans le canola.CACOPHONIE DES ONDES RADIO ¦ Les machines et gadgets du monde moderne polluent littéralement le spectre des ondes radio, à tel point que cela entrave les recherches des astronomes intéressés aux étoiles lointaines.Ces derniers utilisent des antennes paraboliques pour capter les faibles signaux provenant des cieux.«Au cours des cinq dernières années, on a assisté à une explosion de l'utilisation du spectre radio pour les appareils ména- gers», a affirmé M.Marcus Price, radio-astronome de l'Université américaine du Nouveau-Mcxiquc.Qu'il s'agisse d'ordinateurs ou de télécommandes de voiture, M.Price estime que dans de nombreux cas, d'importantes sources d'interférence radio pourraient être contrôlées par l'utilisation de filtres ou de boucliers-La lumière de source humaine ainsi que les débris de plus en plus nombreux flottant dans l'espace ne font qu'ajouter au problème des astronomes.Médecine Le message publicitaire sur le cancer doit-il être supprimé?W.CIFFORD-JONES collaboration spéciale La Fondation canadienne de la publicité a été saisie d'une plainte formulée à l'endroit de la Fondation Gifford-|ones.dans laquelle on reproche à celle-ci d'avoir recours à des tactiques sensationnelles pour obtenir des fonds à l'intention des cancéreux.On précise que le récent message intitulé «L'agonie ou les roses» fausse la vérité sur les souffrances des cancéreux, et qu'il devrait être supprimé.En 1973, j'avais pour la première fois préconisé la légalisation de l'héroïne pour alléger les souffrances des cancéreux en phase terminale.Cet appel déclencha une réaction extrêmement positive parmi mes lecteurs: 30 000 lettres furent livrées au ministère canadien de la Santé, des mémoires furent soumis à des comités parlementaires et de nombreux messages publicitaires furent publiés dans les journaux.En 1985, en dépit de l'opposition de la Société canadienne du cancer, de cliniques pour cancéreux, de la Société canadienne des pharmaciens d'hôpitaux et de la G.R.C., le Parlement adoptait une loi qui autorisait l'usage de cet analgésique humanitaire.Mais les difficultés n'en furent pas éliminées pour autant pour la Fondation ou pour les cancéreux: beaucoup continuent de soutenir publiquement que les cancéreux n'ont pas besoin d'héroïne, et il est si difficile de se la procurer que les médecins ont renoncé à la prescrire.Et maintenant, les cancéreux sont en butte à un nouvel obstacle: le message qui avait suscité tant de réponses positives, cl avait encouragé la Fondation à se procurer la technique de lutte contre la douleur la plus avancée de l'heure, a été interdit.Il y a plusieurs mois, j'avais décrit une petite pompe informatisée, de la taille d'une cassette, qui fournit au cancéreux un flux constant d'analgésique, 24 heures par jour.Une petite aiguille insérée sous la peau est maintenue en place pendant une semaine environ.La pompe, fixée sur le corps, permet au malade de quitter l'hôpital et de passer ses derniers moments chez lui, parmi les siens, en ne souffrant virtuellement plus.Mais l'appareil coûte $3 800, et la réduction des budgets des hôpitaux empêche beaucoup d'entre eux de se le procurer.La Fondation avait été en mesure d'aider à combler ce vide.Mais les messages publicitaires coûtent cher et les dons ne couvrent pas toujours les coûts.Le message « L'agonie ou les roses» a pourtant connu beaucoup de succès: certains allouèrent, dans leur testament, une somme d'argent destinée a l'achat de pompes, tandis que d'autres contribuaient généreusement à l'achat de ces appareils pour alimenter plusieurs hôpitaux.La Fondation canadienne de la publicité s'est plainte de ce que ce message soit d'un goût douteux.Mais le goût dépend de tant de variables.Dans ce cas précis, le message est très clair: il laisse entendre qu'il est de mauvais goût de dépenser chaque années des millions pour acheter des roses qui pourrissent sur les tombes, alors que cet argent pourrait servir â l'achat de pompes pour venir en aide aux vivants.Le message publicitaire faussc-t-il la vérité?Il dépeint un patient qui, en proie à la douleur, demande désespérément qu'on lui vienne en aide.Le conseiller de l'Association fait valoir que tous les cancéreux ne souffrent pas, et je suis d'accord.Mais ni le conseiller ni l'Association n'ont lu les milliers de lettres que j'ai reçues de familles qui ont vu un des leurs mourir dans l'agonie.Voici un exemple typique de la raison pour laquelle l'allégement de la douleur constitue un tel problème dans notre pays: le Princess Margaret Hospital de Toronto est l'une des meilleures institutions pour cancéreux au Canada.Et pourtant, un spécialiste de cet hôpital s'est récemment plaint auprès de moi du traitement qu'on y réservait aux cancéreux en phase terminale: l'un de ses collègues lui a fait remarquer que le rôle des médecins était de traiter la maladie, et non la douleur! Si une telle attitude prévaut dans un hôpital universitaire spécialisé dans le traitement du cancer, imaginez ce qui se passe ailleurs.Le message publicaire de la Fondation Gifford-Jones décrit la vérité, et la vérité blesse souvent.Et quand bien même un seul cancéreux implorerait de l'aide pour alléger ses souffrances, je trouve désastreux que l'on doive se plier à une décision qui ne tient aucun compte de la réalité.La Fondation canadienne de la publicité dit qu'elle n'a reçu que deux plaintes au sujet de ce message.Et pourtant, celui-ci a été lu par des milliers de personnes.De plus, elle n'a pris sa décision qye sur l'avis d'un seul expert en soins palliatifs.De toutes façons, les experts ne m'ont jamais impressionné: ils n'ont jamais rien fait, par exemple, pour tenter de faire légaliser l'héroïne.Et je sais comment ces experts ont faussé, par le passé, la vérité sur le soulagement de la douleur due au cancer.À mon avis, les véritables experts sont ceux qui ont vu des amis mourir dans la douleur; les familles qui ont assisté aux terribles souffrances d'êtres chers en phase cancéreuse terminale.Et pourtant, leurs appels à l'aide sont rarement entendus.Que faut-il faire?J'ose espérer que ceux qui liront cette rubrique donneront à la Fondation canadienne de la publicité leur avis sur l'opportunité d'interdire le message en question.Si vous pensez qu'il pèche par sensationnalisme, qu'il exploite la misère humaine, qu'il fausse la vérité et qu'il mise sur la crainte pour forcer les lecteurs à faire des dons à la Fondation Gifford-|ones.je cesserai de l'utiliser.Mais n'est-il pas regrettable que ces «experts» aient pris leur décision dans le confort de leur salle de conférence?Il en serait sans doute allé tout différemment s'ils avaient délibère au chevet d'un patient qui les implorait d'alléger ses souffrances. B6« LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 OCTOBRE 1988 L'indépendance du journal Le est compromise, dit Michel Roy LARRY LANDRY collaboration spéciale MONCTOS ¦ «Il n'y a plus de journal indépendant.Le Devoir est le dernier des Mohicans.Aujourd'hui, son indépendance est compromise.» Michel Roy, ex-éditeur adjoint de La Presse, devenu chroniqueur chez les journaux du groupe Uni- média, a brossé un tableau de la situation de la presse au Québec cl en Acadie lors de la dernière journée d'un colloque international sur l'information-communi-cation, hier à Moncton.Selon M.Roy, la presse francophone au Québec se porte plutôt bien.Il attribue cette relative prospérité de la presse quotidienne â la concentration de la propriété des entreprises de presse.CKAC73 LA SUPER STATION DE MONTRÉAL \t\t il\t\t \t\t AirCanada® Touram VOUS DONNENT LA CHANCE DE GAGNER 1 DES VOYAGES DESTINA TTONS-SOLEIL! Participez au concours \"BYE BYE L'HIVER\" el vous pourriez mériter un des 35 voyages d'une semaine pour deux personnes vers une destination-soleil Air Canada Touram.Vous n'avez qu'à remplir le bulletin de participation ci-dessous et nous le faire parvenir à l'adresse indiquée.Du 19 septembre au 4 novembre 1988, les noms des gagnants seront tirés au sort par Louis-Paul Allard à l'émission \"Bonjour champion\" diffusée du lundi au vendredi de 5 b 15 à 8 h 45 sur les ondes de CKAC 73.Si votre nom est mentionné, vous devrez appeler CKAC 73 au 845-5151 dans les 30 minutes qui suivent pour réclamer votre prix.Durant la semaine du 10 octobre, vous pourriez gagner un des cinq voyages suivants à destination de Cuba.Trois à Santiago de Cuba et deux à Varadero.Participez autant de fois que vous le désirez et n'oubliez pas d'écouler CKAC 73.Chacun des 35 voyages Air Canada Touram pour 2 personnes comprend le vol aller-retour de l'aéroport de Don al ou Mirabel, l'hôtel pour 7 nuits, les transferts entre l'aéroport et l'hôtel, ainsi que les taxes.Les voyages à Cuba incluent en plus 2 repas par jour, alors que ceux pour la Floride offrent la location d'une voiture avec kilométrage illimité au lieu des transferts.La valeur totale des prix offerts durant ce concours est de 38 072 $.Le texte des règlements officiels est disponible à CKAC 73 et La Presse.Renseignez-vous sur les nombreux forfaits-vacances complets Air Canada Touram, comme par exemple Orlando offert à compter de 559 $.Appelez votre agent de voyages pour plus de détails.Ce bulletin de participation sera publié tous les jours dans La Presse jusqu'au 1er novembre.?Mlle DMme DM.Nom- Prénom- Adresse _- Ville__ \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 Âge: _ Initiale(s) App- Province_-__ Tél.: Rés.:_:- Avez-vous déjà pris des vacances avec Air Canada Touram?Oui- Non Code postal Bur.:_ CKAC 73 lït m L'HIVEK! CUC 7] Cf.Mil Smrnalr A HMliMIOwtetl HJC4A4 «Il n'est plus possible de fonctionner de façon indépendante pour un journal.Le coût du papier, le salaire des journalistes, tout a augmenté.Il existe aussi un plus grand besoin, chez les lecteurs, de lire des nouvelles qui proviennent d'ailleurs,», a-t-il précisé.Ces nouvelles dépenses ont donc rendu plus difficile la tache d'un quotidien indépendant.«Cette indépendance n'est plus viable.Celui (lire Péladeau) qui imprime et distribue Le Devoir se permet de lui donner publiquement des leçons de journalisme», de souligner Michel Roy.qui a lui-même passé plus de 20 ans au quotidien fondé par Henri Bourassa.Clément Trudel, journaliste au Devoir, lui aussi présent au colloque, n'a pas tardé à répondre à son ancien rédacteur en chef.«On n'a pas enterré Le Devoir et ce, malgré notre créancier encombrant qu'est Péladeau, a-t-il répliqué.Mais comme nous sommes en Acadie, j'en arrêterai là et nous reprendrons le débat au Québec.» Michel Roy ne voit pas nécessairement la concentration d'un mauvais oeil.Celle-ci permet une certaine mise en commun de ressources professionnelles, soutient-il, se citant lui-même en exemple.M.Roy écrit en effet une chronique qui est publiée à la fois dans Le Soleil, de Québec, Le Droit, d'Ottawa et Le Quotidien, de Chicoutimi.«La concentration ouvre ainsi de nouvelles possibilités aux plus petits quotidiens.Ceux-ci pourront peut-être bénéficier éventuellement des services d'un corresponsant à Ottawa, par exemple.» «Les groupes de presse portent-ils sérieusement atteinte à la liberté, à l'indépendance des journaux?|e ne le crois pas; La Presse et les autres quotidiens de Power Corporation conservent toute liberté éditoriale et une latitude importante, explique Michel Roy.Le danger, ce serait que la concentration excessive élimine la concurrence et débouche sur un monopole.Tel n'est pas le cas heureusement et la concurrence est encore relativement vive entre les groupes de presse du Québec.» Le Matin Puisqu'il était au Nouveau-Brunswick, Michel Roy en a profité pour rouvrir le dossier du quotidien acadien Le Matin, dossier qui n'a d'ailleurs jamais été complètement fermé depuis la parution du dernier numéro en juin dernier.M.Roy verrait d'un bon oeil la participation d'Uni-média à la publication d'un quotidien provincial acadien.'«j'ai toujours espoir qu'une solution soit trouvée.J'ai parlé à Pierre Des Marais hier (samedi) et Uni-média est toujours ouvert.J'espère que pourront reprendre les négociations.» La veille, le ministre d'État aux petites entreprises et au tourisme, Bernard Valcourt, avait jeté le blâme sur le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna.«Même si on souhaitait une solution acadienne, l'ar- 13 1 HT Colloque: Chine, état présent La Société Canada-Chine, en collaboration avec le Centre d'études de l'Asie de l'Est, vous invite à participer au Colloque de son 15e anniversaire: 14-15 octobre 1988 Université de Montréal Frais de participation: 20S (étudiant, âge d'or 12$) Au programme: soirée-dèbat, ateliers (plus de vingt), exposition de peintures, documentaires, film de fiction, cocktails-rencontres.Pour renseignements et inscription: Société Canada-Chine 1077, rue Saint-Denis Montréal (Québec) Tél.: (514) 844-7181 INSTITUT DE BEAUTE W% ICI CENTRE AERODYN Un ensemble de créations exclusives à votre service beauté.33 traitements de beauté spécifiques au visage dont: \u2022 nettoyage de peau, peeling \u2022 soins spéciaux: Iroilemenl de l'ovale et du cou, contour .des yeux et des lèvres \u2022 acné: soins préventifs et soins pour en atténuer les séquelles \u2022 couperose \u2022 buste: rééducation esthétique, tenue des seins, fermeté et volume \u2022 cuir chevelu: amélioration du cuir chevelu par application de sérum, ozone, etc.\u2022 electrolyse: epilation définitive par électro-coagulation \u2022 epilation à la cire chaude.15 traitements de, beauté spécifiques au corps dont: la drainothérapie par l'Aeroclyn, qui raffermit tout en ^amincissant, sauno, bain i tourbillon, etc.Un retour en pleine forme.10314, boul.Saint-Laurent, Montréal Métro Sauvé NOUVEAU: Iroitement laser: visage, cuir chevelu, corps.Produit utilise S1SLEV PARIS Tél.: 387-1618 LES CONFERENCES HYDRO-QUEBEC rivée d'Unimédia aurait été préférable à la fermeture du Matin», a indiqué le seul ministre acadien du gouvernement Mulroney.À cela, Michel Roy ajoute que «c'est sûr que les Acadicns voudraient le contrôle de leur quotidien mais si un quotidien indépendant n'est pas viable au Québec, imaginez le défi que cela pose en Acadie.Des Marais est prêt à accorder la liberté d'orientation à un éventuel journal si son groupe vient en Acadie.» Ce qui a empêché l'arrivée d'Unimédia en Acadie, c'est le refus de Frank McKenna de permettre à un groupe «étranger» de profiter des intérêts d'un fonds de fiducie de $6 millions, de crainte que cette concurrence nuise au quotidien régional de Caraquct.l'Acadie nouvelle.«Unimédia voulait les revenus du fonds pour assurer la distribution mais aurait investi dans la qualité d'une salle de rédaction qui aurait employé au moins une vingtaine de journalistes», a fait savoir Michel Roy.M.Roy a également discuté brièvement de la possibilité de publier un quotidien national francophone au Canada, un peu comme le Globle and Mail.«J'ai déjà étudié le projet.Un tel quotidien devrait être subventionné», indiquc-t-il.Les résultats de son étude sont un peu effrayants, dit-il, mais il ne désespère pas.Un pilier de la recherche sur la poliomyélite et son épouse se suicident United Press International MIAMI ¦ Le docteur Frank Gollan, un des pionniers dans la lutte à la poliomyélite, s'est suicidé en compagnie de sa femme en ingérant une surdose de médicaments dans leur maison de retraite de Floride, ont fait savoir des membres de leur famille.Gollan, 78 ans, et sa femme Alice, 81 ans, sont décédés la semaine dernière entre mercredi soir et jeudi après-midi, après avoir avalé un certain nombre de pilules, a précisé Andy Gollan, le fils du couple.Frank Gollan a laissé un note indiquant que lui-même et sa femme n'entretenaient plus d'espoir quant à leur état de santé, a précisé Andy, qui n'a pas précisé quels médicaments ses parents avaient utilisés pour se suicider.Au cours des quatre dernières années, le docteur Gollan avait subi deux interventions à la colonne vertébrale, on lui avait retiré une tumeur grosse comme un oeuf au cerveau et il avait subi une crise cardiaque.Quant à sa femme Alice, elle était aveugle, incapable de se déplacer par ses prores moyens et elle souffrait de la maladie d'Alzheimer.Dans la note laissée par le docteur Gollan, ce dernier précisait que son cadavre et celui de sa femme devaient être incinérés et que les cendres devaient être dispersées au-dessus de l'océan.«C'était une action bien préparée.Après tout, mon père était un homme de médecine, il savait exactement ce qu'il fallait faire», a dit Andy Gollan.Ce n'est pas tellement la mort que mes parents redoutaient, a dit M.Gollan.C'était plutôt que l'un meure avant l'autre et que le survivant ou la survivante soit seul (e).Invention Frank Gollan a été le premier chercheur à isoler le virus de la polio et il a aussi inventé le coeur-poumon artificiel.Le docteur George Irvin, professeur de chirurgie à l'Université de Miami, a dit que Gollan avait souffert de la polio étant enfant et que ce fait l'avait incité à trouver un moyen de guérir cette maladie.En isolant le virus, il aidé les autres scientifiques à trouver un vaccin, a dit le docteur Irvin.Lorsque Gollan inventa le coeur-poumon artificiel devant servir lors des interventions à coeur ouvert, cette contribution eut «une influence déterminante sur la médecine clinique», a ajouté Irvin.Gollan était né en Tchécoslovaquie.Il s'enfuit de son pays pour échapper aux nazis et trouva refuge aux États-Unis en compagnie de sa première femme et d'Andy.Il s'installa à Cleveland et devint éventuellement professeur â l'université Antioch.LA LANGUE BIEN PENDUE PAR LA SOCIETE DES TRADUCTEURS DU QUÉBEC La Presse du dimanche offre avec plaisir a ses lecteurs.La langue bien pendue, chronique conçue et réalisée par la Société des traducteurs du Quebec, afin d'aider les citoyens en toute simplicité a s exprimer et a écrire plus facilement.La source de la chronique est identifiée chaque semaine en fin de texte.Offshore = extracôtier Pourquoi pas ?¦ Le traducteur aux prises avec le terme offshore a divers choix qui s'offrent à lui: au large des côtes, en mer, marin, sous-marin.Un autre vient de s'ajouter à la liste.Il s'agit d'extracôtier.C'est du moins celui qui a été adopté dans la loi C-94 sanctionnée le printemps dernier pour donner forme et substance à \\'Atlantic Accord (l'Accord atlantique.sic) conclu auparavant entre le gouvernement du Canada et le gouvernement de Terre-Neuve.C'est ainsi que le Canada Newfoundland Offshore Petroleum Board créé pour administrer l'accord et réglementer l'industrie devient YOffice Canada-Terre-Neuve des hydrocarbures extracôtiers et que les offshore areas se rendent par zones extracôtières et y sont définies comme étant «les zones sous-marines qui s'étendent au-delà de la laisse de basse mer jusqu'aux limites fixées par règlement ou.jusqu'au rebord externe de la marge continentale.» Le terme extracôtier présente certains avantages sur ses concurrents les plus connus qui sont «offshore» et «au large des côtes».Comparé à «offshore», il est de construction française et par rapport à l'expression «au large de côtes» le terme se veut à la fois plus général et plus précis.«Extracôtier» s'entend en effet de tout secteur compris entre la laisse de basse mer et le grand large tandis que l'expression «au large des côtes» donne souvent à penser qu'il ^'agit d'exploitation en haute mer seulement.Or, il arrive assez souvent que les opérations extracôtières se déroulent près des côtes.De là.l'avantage du terme «extracôtier» qui rejoint ainsi les termes «marin» et «sous-marin» qui sont parfois employés en contexte pour rendre «offshore».Chose certaine, «extracôtier» est de maniement plus facile que la pré-riphrase «au large des côtes.» SOURCE: Secretariat d'Etat.Bureau des traductions, Service de Quebec, intersections, septembre 1986.A LES VILLES 1.Leningrad 2.Strasbourg 3.Bruxelles 4.Bonn 5.Reims 6.Sao Paulo 7.Santiago 8.Edimbourg 9.Istanbul 10.Anvers B PHYSIQUE 1.En 1898 2.Des ondes transversales 3.Décalages Doppler 4.Thomas Young 5.A l'Université de Manchester, en Angleterre C IDENTIFICATION William Faulkner D ASTRONOMIE 1.Galilée 2.Thomas Wright 3.Les galaxies elliptiques, spirales et irrégulières 4.Les galaxies lenticulaires 5.Les quasars E\tMUSIQUE 1.\tf 2.\ti 3.\tb 4.\tg 5.\th 6.\ta 7.\ti 8.\td 9.\te 10.\tc F\tPEINTURES 1.\tFrancisco 2.\tL'Espagne 3.\t500 4.\tFuendetodos 5.\tLe Musée du Prado 6.\t1786 7.\tBordeaux en 1828 8.\tIl devint sourd 9.\tLe Louvre 10.\tCaprichos (Caprices) T LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 OCTOBRE 1988 Le Québécois manque de mythologie JEAN-PIERRE BONHOMME ¦ La décapitation de Louis XVI, en 1793, les décapitations des Patriotes (par la pendaison) et la décapitation de Saint-|ean-Baptiste, sont autant de traumatismes qui ont frappé les Canadiens français et qui sont refoulés dans leur inconscient collectif.Ces refoulements sont d'une si grande profondeur, actuellement, ils traduisent un si grand rejet de tout rapport à des héros et à des projets religieux ou laïcs que le Québécois d'aujourd'hui est en dangereux manque de mythologie, de rève collectif.Ces propos ont été tenus hier par le professeur Heinz Weinman n lors d'une conférence au Cercle C.G.|ung à l'Université du Québec à Montréal.M.Wein-mann enseigne la littérature au Collège d'enseignement général et professionnel de Rosemont.Il est l'auteur d'un livre, intitulé Du Canada au Québec, où il fait, en quelque sorte, la psychanalyse de la collectivité québécoise.Dans son allocution d'hier M.Weinmann, un citoyen d'origine allemande qui vit depuis 20 ans au Québec, a fortement souligné le fait que, selon lui le Québec possède moins que bien d'autres peuples de la terre, de symboles et de références héroïques.Par ailleurs le peuple français d'Amérique, a-t-il noté, est l'un des rares du monde à avoir changé de nom trois fois en peu de temps, passant de Canadiens, à Canadiens français à Québécois.Cela, a-t-il dit, constitue une perte émotive désarçonnante bien particulière.L'historien a expliqué que les Canadiens d'après la défaite de 1760, ont été moins traumatisés par ce revers militaire que par la décapitation de Louis XVI.Il a 1 000 ans de christianisme russe ¦ Le christianisme russe a l 000 ans cette année.Afin de souligner cet événement, une célébration religieuse présidée par monseigneur Vitaly Oustinov, archevêque de Montréal et du Canada, primat de l'Église russe hors-frontières, aura lieu ce malin à la cathédrale Saint-Nicolas, 422 ouest, boulevard Saint-|oseph à Outremont.Un Te Deum avec la chorale de la cathédrale suivra.À 15 heures, un banquet à l'occasion du millénaire du christianisme en Russie se tiendra au Centre hellénique, 5757 avenue Wilderton à Montréal.La première église russe orthodoxe au Canada a été fondée en 1902 à Vostok, en Alberta.Aujourd'hui le diocèse à des paroisses dans les villes de Vancouver, d'Edmonton, de Lethbriclgc, de Winnipeg, de London, de Hamilton, de Niagara Falls, de Toronto et de Montréal.Couper des deux mains ANDRE TRUDELLE ¦ Le joueur moyen va souvent chercher les atouts, puis s'arrête pour réfléchir.Mais i! est parfois trop tard.Il ne reste, à ce joueur, qu'à s'excuser auprès de son partenaire.Donneur: Ouest\t\t Vulnérabilité: Nord-Sud\t\t \tNord\t \t4»V3\t \t
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