La presse, 4 février 1989, B. Plus
[" LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 4 FEVRIER 1989* Plus C'est Jean Corbeil qui devra vendre Montréal GILBCKT LAVOIS Oerlikon ne se serait jamais installé à Saint-lean si André Bis-sonnette n'avait pas été là au bon moment; Sainte-Flavie aurait perdu son Institut de recherche en océanologie si Monique Vézina n'avait été là pour bloquer Michel Coté qui favorisait Québec; le comté de Saint-Maurice n'aurait jamais eu son parc de la Mau-ricie et sa succursale du ministère du Revenu n'eût été de lean Chrétien; Bell Hélicoptères ne serait pas venu à Mirabel si Marc Lalon-de n'avait pas fait savoir à son collègue ontarien Ed Lumley que c'était au tour du Québec.Les exemples sont nombreux et parfois malheureux, lean Marchand a misérablement échoué dans sa tentative de créer de toutes pièces une industrie de l'automobile au Québec, avec la Manie.Marchand, comme André Bisson-nette, Monique Vézina et les autres, prêchait pour sa paroisse.Depuis le remaniement ministériel de lundi, c'est l'ex-maire d'Anjou, M.lean Corbeil, qui prêchera pour la «grande paroisse» de Montréal au sein du cabinet.Le défi est de taille.M.Corbeil doit d'abord se familiariser avec la machine fédérale et apprendre à diriger son ministère du Travail, une boîte très anglophone dont le travail quotidien se situe plutôt en retrait des grandes tractations sur le développement économique.In principe, M.Corbeil a deux alliés naturels pour défendre Montréal au cabinet: Gerry Wei-ner, le nouveau secrétaire d'État, et Pierre Cadieux.le ministre des Affaires indiennes et du Grande Nord.Mais si M.Weiner s'implique autant dans les dossiers économiques qu'il l'a fait depuis qu'il est ministre, en 1986, il né sera pas d'un grand secours.Quant à M.Cadieux, les Affaires indiennes et du Grand Nord l'amèneront plus souvent à Fort Simpson bu à Yellowknife qu'à la Chambre de commerce de Montréal.A \\ rai dire, c'est surtout chez le Srésident du Conseil du Trésor, 1.Robert René de Cotret, que M.Corbeil sera le plus en mesure d'obtenir de l'aide pour Montréal.Familier avec les dossiers économiques, M.de Cotret siège au puissant comité des opération, qui voit au quotidien des activités gouvernementales, et il préside le comité des politiques économiques.Il sera informé des dossiers importants et sera en mesure de prévenir les intéressés.Ca sert à quoi un ministre?Il y a quatre ans, les leaders de la communauté montréalaise ont sévèrement critiqué la' faiblesse de la représentation montréalaise au sein du cabinet Mulroney.Cette année, on se montre plus patient.«On connaît bien M.Corbeil, on l'a vu à l'oeuvre à la présidence de l'Union des municipalités.Ce sera un interlocuteur valable» explique le président du Conseil du patronat, M.Gyslain Dufour.Même son de cloche à l'hôtel de ville de Montréal.«Nous avons eu d'excellentes relations avec M.Corbeil.On aura là un interlocuteur de premier niveau» déclare le maire lean Doré.Mais tout le monde admet plus ou moins ouvertement que la situation actuelle laisse grandement à désirer.Les libéraux sont les plus critiques.«M.Corbeil ne siège même pas dans les comités importants du cabinet.Un ministre montréalais qui ne siège pas dans ces comités, c'est un eunuque» affirme un ancien ministre du cabinet Trudeau qui demande de taire son nom à cause de son emploi actuel.Même les conservateurs reconnaissent que la situation actuelle n'est pas idéale: «Là où la faiblesse de la représentation montréalaise au cabinet fait une différence, c'est sur les très grands projets » explique un membre influent du PC à Montréal.«Si le ministre des Transports vient des Prairies et qu'on lui demande de régler un problème de transports urbains à Montréal, il n'est pas sensible à ce genre de problème parce qu'il ne les connaît pas.Il va mettre le dossier de côté et le regarder avec réticence».Gyslain Dufour abonde dans le même sens: «Lorsque ton ministre est de Montréal, c'est beaucoup plus facile.Au lieu de défendre TON dossier, c'est SON dossier».M.Dufour rappelle la bataille de lean-Claude Malépart contre la fermeture de lits dans les hôpitaux.Serge loyal, qui a siégé au Conseil des ministres sous Pierre Elliott Trudeau, raconte que les ministres québécois se réunissaient le matin avant la réunion générale du cabinet pour préparer la logistique de leurs interventions sur les dossiers intéressant le Québec.L'ancien secrétaire principal du premier ministre Mulroney, Bernard Roy, refuse de se laisser impressionner par les chiffres.« Il est bien évident que les libéraux étaient plus nombreux au cabinet.Mais ce sont les faits qui comptent.Que l'on se rappelle la bataille pour l'adoption du projet de loi C-22 sur l'industrie pharmaceutique.Voilà un exemple qui démontre que malgré la fai-.blesse numérique de notre représentation à Montréal, le gouvernement s'est battu en faveur de Montréal ».«Les gens oublient que le premier ministre est du Québec, a-joute M.Roy.Lorsqu'il y a des dossiers importants, c'est un secret de polichinelle que M.Mulroney a les intérêts du Québec à coeur».Pragmatique et.diplomate, le maire lean Doré signale que Montréal a fait élire de nouveaux députés «de qualité» qui sauront défendre ses intérêts.Pourtant M.Doré devrait être le premier à connaître l'importance d'avoir des Montréalais parmi les titulaires des grands ministères.Sa chicane avec le ministre québécois des Transports, Marc Yvan Coté, sur les transports à Montréal, le lui rappelle à tous les jours.M.Côté est de Québec-Mais M.Doré est philosophe.« Il faut toujours voir les choses à partir de là où l'on part et non par rapport à la situation idéale».N'empêche que c'est avec l'al-bertain Harvie André que M.Doré devra dorénavant composer lorsqu'il voudra sensibiliser le ministre de l'Expansion industrielle et régionale aux enjeux montréalais, comme il le faisait aux trois mois avec M.Robert René de Cotret sous le cabinet différent.Ce ne sera certainement pas aussi facile, et ça se passera en anglais.Brian Mulroney (premier ministre).Député de Charlevoix.49 ans.Avocat.Diplômé de l'Université Saint-François-Xavier en Nouvelle-Ecosse et de l'Université Laval.Exerce le droit chez Ogilvy Renault a Montréal.Membre de la commission Cliche.Président de la compagnie Iran Ore de 1977 à 1983.Marié, trois enfants.ministres du Québec Pierre Biais (solliciteur-général, min.d'Etat à l'Agriculture).Député de Bellechas-se.31 ans.Avocat.Diplômé Université Laval.Marié, de I trois enfants Benoit Bouchard (Transport).Député de Roberval.48 ans.Professeur.Directeur général du CEGEP de Saint-Félicien de 1979 à 1984.Marié, trois enfants.Lucien Bouchard (Environnement).Député de Lac-Saint-lean, 49 ans.Avocat.Diplômé de l'Université Laval.Procureur en chef pendant la Commission Cliche.Ambassadeur en France de 1985 à 1988.Pierre Cadieux (Affaires indiennes et du Grand-Nord).Député de Vau-dreuil.40 ans.Baccalauréat Université de Montréal.Diplôme en droit de McGill.Avocat spécialisé dans la planification successorale.Marié.3 enfants.IJean Charest (min.d'Etat Jeunesse; Condition physique et Sport amateur; leader adjoint du I gouvernement aux Communes).Député de Sherbrooke.30 ans.Avocat.Diplômé de l'Université de Sherbrooke.Marié, un enfant.Jean Corbeil (Travail).Député d'Anjou-Rivière-des-Prairies.55 ans.Ex-courtier d'assuran-I ce.Maire d'Anjou de 1973 à 1988; président de l'Union des municipalités de 1984 à 1986; président de la Fédération canadienne des municipalités en 87-88; président du Conseil de sécurité de la CUM de 1986-1988.Marié, quatre enfants.Robert René de Cotret (Conseil du Trésor).Député de Ber-t h i e r -Montçalm).44 ans.Economiste.Diplômé de l'Université d'Ottawa; MBA de McGill.Marié, trois enfants.Monique Landry (Relations extérieures).*tf ** '\u2022^'«f Député de \\ Blainville- Deux-Montagnes.51 ans.Administratrice.Vice-prés, et co-pro-prietaire de Cordevin international.Mariée, quatre enfants.Gilles Loiselle (min.d'Etat aux Finances).Député de Lan-gelier.59 ans.Baccalauréat es arts de l'Université Laval.Ex-délégué du Québec à Londres et à Rome.Ex-sous-ministrc adjoint aux Affaires canadiennes puis aux Affaires culturelles du gouvernement du Québec en 1982 et 1983.Marié, deux enfants.Marcel Masse (Communications).Député de Frontenac.52 ans.Etudes ! à l'Université de Montréal, à l'Institut des sciences politique de la Sorbon-ne, au City of London Coll.et à l'Institut européen d'administration des affaires.Ex-député et ministre à l'Assemblée nationale de 1966 à 1971.Administrateur chez Lavallin de 1974 à 1984.Marié, deux enfants.Monique Vézina.(min.d'Etat: Emploi et Immigration; Troisième âge).Député de Rimouski-Témiscouata.' 53 ans.Administratrice.Conseil d'administration de la Fédération des Caisses populaires Desjardins et secrétaire du Conseil d'administration depuis 1977.Mariée, quatre enfants.Gerry Weiner (secrétaire d'Etat, Multiculturalisme).Député de Dol-lard.55 ans.Pharmacien.Université de Montréal et McGill.Ex-maire de Dollard-des-Ormeaux.Marié, deux enfants.À i'Heure de fa reddition des comptes CILLES PAOUIN du bureau de La Presse OTTAWA Au lendemain des élections fédérales, Brian m flH Mulroney se don-mL m TÊ na'( deux mois de réflexion avant d'annoncer la composition de son nouveau cabinet.En relisant la liste des nominations annoncées cette semaine, on se demande bien pourquoi ! Bien sûr, comme le soulignait plus tôt notre collègue Lysiane Gagnon, il y en a pour tout le monde: pacifistes, féministes.écologistes et quasiment tous les groupes importants de la société.Mais il n'y a rien d'étonnant dans cet exercice, c'est même devenu au fil des ans la formule classique du cabinet fédéral atteint d'obésité politique.C'est d'ailleurs ce qui a fait passer de 22 à 40 le nombre de ministres fédéraux en partant de l'époque de |ohn Difenbaker à celle de Brian Mulroney première version.Le deuxième gouvernement Mulroney devait être plus mince, et selon les bruits entretenus par l'entourage du chef, donner l'exemple en matière de bonne gestion.Contre toutes les attentes, le premier ministre s'est finalement entouré de 38 collègues au sein de son nouveau conseil.Le cabinet compte un ministre de moins qu'avant, mais il s'enrichit cependant de trois comités de plus et celui qui était jusqu'ici le plus prestigieux, le comité des priorités et de la planification, passe de 17 à 19 membres.On peut difficilement critiquer la création du nouveau comité d'examen des dépenses du cabinet, présidé par le premier ministre lui-même, mais on peut néanmoins s'interroger sur l'efficacité du lourd appareil qui l'entoure.Considérant sa taille, il regroupe maintenant la moitié du cabinet, le super comité des priorités et de la planification pourrait bien ne plus être qu'une instance de consultation de plus, après les réunions mensuelles de l'ensemble du cabinet et les rencontres hebdomadaires du caucus.Pour les vieux routiers du parlement, tout indique que les décisions se prendront de plus en plus dans les comités restreints, notamment à celui qui est responsable de l'examen des dépenses et à celui des opérations.Pas étonnant qu'on retrouve dans ces deux instances les quatre mêmes tètes qui reviennent: le vice-premier ministre Dan Mazankowski, le ministre des Finances Michael Wilson, le président du Conseil du trésor Robert de Cotret et le ministre du Commerce extérieur |ohn Crosbie.On trouve également, dans au moins un de ces deux comités, certains des ministres en qui M.Mulroney a déjà manifesté une grande confiance tels que Lucien Bouchard, Lowell Murray, Barbara McDougall et Joe Clark.Ni l'un, ni l'autre de ces comités ne compte plus de huit personnes.C'est ce groupe restreint de ministres qui sera au cenlre des opérations en vue de réduire le déficit fédéral déjà évoqué comme l'un des problèmes les plus aigus de l'heure par M.Mulroney le jour de l'asscrmentation du nouveau cabinet.Sous la gouverne du premier ministre, le comité de l'examen des dépenses devra scruter tous les projets des divers ministères et, au besoin, sabrer impitoyablement.C'est peut-être ce qui explique la participation de Harvie Andre, le ministre de l'Expansion industrielle et régionale \u2014 la machine à subventions des entreprises \u2014 et celle du titulaire de la Défense, Bill McKnight, héritier notamment du controversé pro- gramme d'acquisition de sous-marins nucléaires.L'objectif évident de cette nouvelle barrière est de séparer l'élaboration des politiques du cabinet du contrôle de la caisse.Après que les ministres responsables de chacun des ministères auront échaffaudé des projets nouveaux et souvent coûteux, leurs collègues serre-freins les ramèneront à la dure règle de l'austérité.C'est, à tout le moins, l'hypothèse optimiste de Brian Mulroney.Quelques jours après la formation de ce comité aux longs ciseaux, une note de service émanant du cercle restreint prévenait ministres et fonctionnaires que l'heure des restrictions budgétaires avait sonné.Après les dépenses libérales de la période électorale venait celle de la reddition des comptes.S O T A N G F Et tonnions CHM-ROUAND la page.se lit au rythme d'une ' \u2022 \u2022 - conversation amicale où la li)gk[ue Rabais sur de nombreux articles déjà en solde! UN JOUR SEULEMENT: LE LUNDI 6 FÉVRIER Tous les magasins la Baie et Simpson ouvriront à 11 h ce matin-là, le temps d'étiqueter la marchandise en solde.Ensuite, c'est le moment de la découverte des aubaines dans tous les rayons ! Soyez parmi les premiers à profiter des rabais ! La marchandise peut varier selon le magasin.Marchandise disponible jusqu'à épuisement des stocks.Hâtez-vous! Les bons d'achat différés ne sont pas acceptés pour la marchandise en solde.CE FESTIVAL DE LIQUIDATIONS EST À NE PAS MANQUER! la \"«aie\t\t \t¦¦¦¦\t 5 2 345 67» 9\t\t7 Profitez aussi de la journée des Prix fous à nos magasins Simpson de Pointe-Claire, des Galeries d'Anjou et du Carrefour Laval.$£aie 4 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.