La presse, 13 juillet 2009, C. Arts et spectacles
[" ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts HARRY POTTER UN ROMAN, DEUX FILMS PAGE 4 FESTIVAL DE LANAUDIÈRE LES CRITIQUES DE CLAUDE GINGRAS PAGE 4 sur cyberpresse.ca DOSSIER Comment est né le stand-up comique dans la Belle Province?Consultez notre dossier sur le patrimoine comique québécois à cyberpresse.ca/comique BLOGUE Ça y est : le film Brüno a envahi les écrans de cinéma.À lire sur le blogue de Marc-André Lussier à cyberpresse.ca/bruno Depuis mardi dernier, la petite ville d\u2019Avignon a revêtu ses annuels habits de Mecque de la création scénique contemporaine.Jusqu\u2019au 29 juillet, la Cité des Papes offrira à voir des créations d\u2019artistes consacrés.Une brise québécoise soufflera aussi sur Avignon, sous l\u2019influence de Wajdi Mouawad, «artiste-associé » de ce 63e Festival, qui sera sur tous les fronts pendant ces trois semaines.SYLVIE ST-JACQUES AVIGNON Petit bain de foule, pour commencer, dans le coeur du Festival d\u2019Avignon.Chaque millimètre des murs de la rue de la République est placardé d\u2019une affiche de spectacle.En marchant sur ce joli boulevard qui culmine jusqu\u2019à la place du Palais, on devient la cible de distributeurs de tracts qui font l\u2019autopromotion de leur spectacle.La langueur du sud de la France cohabite avec la fièvre festivalière.Rien d\u2019inhabituel, pour le plus couru des festivals de théâtredans lemonde francophone.«Aujourd\u2019hui, le Festival d\u2019Avignon est devenu le moment phare de la création pour les arts de la scène», soutient Vincent Baudriller, codirecteur artistique du festival (avec Hortense Archambault).Or, en s\u2019imprégnant de l\u2019ambiance avignonnaise, on ressent une drôle d\u2019impression de déjà-vu québécois.Ce sont peut-être les traits de Lino \u2013qui signe l\u2019illustration du festival \u2013 qui donnent cet effet-là.Et quand tout le monde dans le café où l\u2019on traîne ne parle que de Wajdi Mouawad ou de Denis Marleau, on se sent soudain en territoire familier.Au cas où vous l\u2019ignoreriez encore, 2009 est l\u2019année Wajdi Mouawad à Avignon.Le gros événement inaugural du festival a été la présentation en rafale (11 heures !) de Littoral, Incendies et Forêts, sur la plus prestigieuse des scènes avignonnaises : la Cour d\u2019honneur du palais des Papes.Le lieu est mythique et d\u2019une beauté saisissante.En 63 ans, la Cour a été l\u2019hôte de spectacles qui ont fait époque.Dans les années 70, Bob Wilson y montait Einstein on the Beach, Ariane Mnouchkine offrait son Méphisto et Peter Brook y créait La Conférence des oiseaux.Cet te année, c\u2019est au tour de Mouawad de connaître la consécration avignonnaise, notamment auprès d\u2019un public jeune et branché, qui en a fait une star en France.LIRE AUSSI : «UNE NUIT AVEC WAJDI » EN PAGE 5 FESTIVAL D\u2019AVIGNON L\u2019année Wajdi Le 30e Festival de jazz s\u2019est terminé hier soir avec les spectacles de la Fiesta Cubana (notre photo) et de Ben Harper.Cette trentième année aura été marquée par l\u2019inauguration chaotique de la toute nouvelle Place des festivals, une foule de spectacles gratuits et.les caprices de la météo.À LIRE: > LE BILAN DE NOS JOURNALISTES, PAGE 2 > NOS CRITIQUES DES SPECTACLES, PAGE 3 PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Afro-Cuban All Stars LE 30e FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL C\u2019EST FINI! >Voir AVIGNONen page 5 MON T R É A L L U N DI 13 JU I L L ET 20 0 9 \u2022 1896851A ARTS ET SPECTACLES JAZZ LES DEUX MEILLEURES MINUTES DU FESTIVAL Deux minutes qui ont été à l\u2019image d\u2019une performance ravissante, de la première à la dernière note : au premier rappel, la légende Ornette Coleman a «interprété» Beat It dans l\u2019un des hommages les plus inattendus du festival.LES DEUX PIRES MINUTES DU FESTIVAL Forcément, sur la manne de spectacles vus, plusieurs moments «bof» vécus durant cette 30e présentation, mais deux minutes pires que les autres?Allons-y avec celles passées auprès du chanteur britannique Ola Onabule, sur la Place des festivals.Le chanteur aurait mieux fait dans la distribution de Jesus Christ Superstar.Trop, c\u2019est comme pas assez.LE MEILLEUR SPECTACLE DU FESTIVAL Là aussi, on a l\u2019embarras du choix.Joyce?Burning Spear?Ornette Coleman?Optons pour la vivifiante et inspirante performance de Coleman, qui ne trahissait pas son âge vénérable.LA RÉVÉLATION DU FESTIVAL Esperanza Spalding, hors de tout doute.Premier contact avec cette contrebassiste douée et chanteuse brûlante de passion.La pétillante jeune femme a mis le public du Gesù dans sa petite poche arrière grâce à cette performance où soul et jazz faisaient très bon ménage.LA FAUSSE BONNE IDÉE Brian Setzer à la salle Wilfrid-Pelletier.Oui, la salle de la Place des Arts contient plus de festivaliers qu\u2019unMétropolis affichant complet, mais mettre la dynamo du big band dans une salle encombrée par des rangées de bancs (ne parlons même pas de la sonorisation.) était néanmoins mal avisé.Juste derrière, les marionnettes d\u2019ombre de l\u2019artiste indien invité par Patrick Watson \u2013 on n\u2019a presque rien vu.LA MEILLEURE BLAGUE DU FESTIVAL Plutôt qu\u2019une blague, mentionnons plutôt le sens de l\u2019humour de deux chanteuses, qui se sont amusées ferme aux dépens des hommes durant leurs concerts respectifs, Estelle et Oumou Sangaré! Je pourrais bien vous en raconter une, mais, comme on dit, fallait plutôt être là.UN ARTISTE À RÉINVITER L\u2019AN PROCHAIN Irma Thomas.Elle devait être à l\u2019affiche d\u2019un programme double au Métropolis, annoncé trop tard pour que les billets se vendent comme on l\u2019espérait.On lui a donc plutôt offert de chanter pendant 45 trop courtes minutes, en première partie du Brian Setzer Orchestra.Cette voix formidable a droit à la tête d\u2019affiche.EN RÉSUMÉ De Stevie Wonder à Ben Harper, le Festival de jazz a gâté les mélomanes en multipliant les événements spéciaux gratuits pour souligner, avec faste, sa 30e présentation.Tous ces grands rendez-vous, sans exception, ont été à la hauteur des attentes.Bravo, et merci.Or, lorsqu\u2019on s\u2019attarde au reste de la forêt de spectacles derrière ces grands arbres populaires, la 30e présentation n\u2019a pas, en soi, été fort différente des quelques précédentes: encore de grandes légendes de la pop, des retours bienvenus, quelques propositions jazz d\u2019envergure, et beaucoup, beaucoup d\u2019artistes destinés à plaire au plus grand nombre.L\u2019édition jubilaire n\u2019a pas été l\u2019occasion de donner un nouveau souffle à la direction artistique du festival, mais plutôt une consolidation de la recette qui a fait son succès.Succès qui, cette année, s\u2019est fait en dépit des embûches : reconfiguration presque complète d\u2019un site lourdement encombré par les travaux; annulations importantes de concerts attendus (Robert Glasper, Hellen Merrill, The Orb) et, surtout, les cruelles conditions météorologiques qui ont prévalu durant presque toute la durée du festival.La victoire de l\u2019organisation en fin de parcours ne sera que plus méritoire.LES DEUX MEILLEURES MINUTES DU FESTIVAL Stevie Wonder qui joue All Blues de Miles Davis et enchaîne avec Spain de Chick Corea.Un grand moment pour lancer le Festival de jazz, pendant lequel chacun des musiciens prend un solo de qualité.Cent fois meilleur que sur le DVD du spectacle, pourtant très bon, enregistré à Londres.LES DEUX PIRES MINUTES DU FESTIVAL En partant, Wonder rend hommage à Michael Jackson, en paroles et en chanson.Puis, en cours de spectacle, il fait jouer deux enregistrements de l\u2019ami disparu.Étrange.Mais quand, devant une mer de spectateurs sous la pluie, le spectacle se termine passé minuit par un montage bâclé et interminable d\u2019enregistrements de MJ, je décroche.Le plus contre-productif des hommages que l\u2019on puisse imaginer.LE MEILLEUR SPECTACLE DU FESTIVAL Jeff Beck.Jamais vu un guitariste tirer toutes sortes de sons de son instrument et avoir autant l\u2019air au-dessus de ses affaires.Beck est un ado attardé et un rockeur dans l\u2019âme qui s\u2019amuse comme un petit fou, entouré de musiciens d\u2019exception.Le souvenir des solos de Beck et de la bassiste Tal Wilkenfeld pendant Cause We\u2019ve Ended as Lovers me donne encore des frissons ! LA RÉVÉLATION DU FESTIVAL C\u2019est une Madeleine Peyroux métamorphosée qui nous attendait cette année.Jamais elle ne m\u2019a paru aussi décontractée, aussi heureuse d\u2019être sur scène.Un état de grâce qui survient juste au moment où elle nous offre son album le plus personnel, le plus réussi.Il n\u2019y a pas de hasard.LA FAUSSE BONNE IDÉE L\u2019inauguration à la va-vite de la Place des festivals par le grand spectacle de Stevie Wonder.Les spectateurs, même ceux qui pouvaient voir ou entendre quelque chose, n\u2019ont pas apprécié d\u2019être pris dans pareil entonnoir.On a compris la leçon et le déménagement de la grande scène au nord de la Place des festivals est un pas dans la bonne direction.LA MEILLEURE BLAGUE DU FESTIVAL Jamie Cullum: «Cette chanson (London Skies), je l\u2019ai écrite à cause du temps terrible qu\u2019il fait à Londres.Montréal c\u2019est un pique-nique comparé à Londres ! » T\u2019es sûr, Jamie?UN ARTISTE À RÉINVITER L\u2019AN PROCHAIN Encore Jamie Cullum.À même pas 30 ans, ce gars-là a tous les talents, un charme fou et de l\u2019énergie à revendre.On n\u2019aura peut-être pas besoin d\u2019attendre jusqu\u2019à l\u2019été prochain pour revoir cette bête de scène.EN RÉSUMÉ En passant la plupart de mes soirées à la Place des Arts, j\u2019ai pu admirer le métier de plusieurs vétérans.J\u2019ai écrit plus haut tout le bien que je pense de Jeff Beck.À 82 ans, Tony Bennett a donné un concert exemplaire, le meilleur que j\u2019ai vu de lui.Quarante ans après Woodstock, Joe Cocker sait comment donner à son public ce qu\u2019il désire, et Dave Brubeck et son quartette de têtes blanches jouent encore avec un plaisir contagieux.Jamie Cullum et Lila Downs, plus jeunes, plus fous, habitent si bien la scène qu\u2019ils en sont irrésistibles.Dans un registre plus nuancé, plus intimiste, Melody Gardot, 24 ans seulement, a tout autant de magnétisme.Voir autant d\u2019artistes accomplis en si peu de temps, ça donne un peu le tournis.Jamais je n\u2019oserai m\u2019en plaindre.LE 30e DE NOS JOURNALISTES LE BILAN D\u2019ALAINBRUNET LE BILAN D\u2019ALAINDEREPENTIGNY LE BILAN DE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE LES DEUX MEILLEURES MINUTES DU FESTIVAL Àson dernier rappel, c\u2019est-à-dire cetteversion de Lonely Woman, avoir été ravi par le tonus, la vision et la pertinence de lamusique signée Ornette Coleman, 79 ans, prix Miles-Davis.LES DEUX PIRES MINUTES DU FESTIVAL Au terme de la soirée de mercredi, on m\u2019a appris la mort à l\u2019Upstairs de Len Dobbin, le doyen des chroniqueurs de jazz à Montréal.LE MEILLEUR SPECTACLE DU FESTIVAL Wayne Shorter en quartette, encore une fois.Ce fut la quintessence de ce que le jazz peut m\u2019apporter en 2009.En vision, en improvisation, en virtuosité, en puissance interactive, en sagesse.LA RÉVÉLATION DU FESTIVAL Joyce Moreno, 62 ans.À Montréal, nous avons mis plus de quatre décennies avant de découvrir sur scène cette grande artiste carioca, dont le jazz et la samba sont les matériaux essentiels à un répertoire exceptionnel.LA FAUSSE BONNE IDÉE Avoir eu la bonne idée de laisser planer l\u2019aura de Miles Davis sur la 30e programmation, mais.Sketches of MD de Kenny Garrett, kaput.Les 50 ans de Kind of Blue, ordinaire.Miles From India, bonne idée inachevée, malgré les qualités évidentes de ce concert.Une ou deux répétitions et une sono mieux préparée auraient évité la division des perceptions.LA MEILLEURE BLAGUE DU FESTIVAL Lorsque Joshua Redman, pouffant de rire, a annoncé que sa prochaine pièce au programme serait un cru de Céline Dion.«Ce n\u2019est peut-être pas la bonne ville pour faire ce genre de blague», s\u2019est-il excusé devant un public montréalais\u2026hilare.UN ARTISTE À RÉINVITER L\u2019AN PROCHAIN RudreshMahanthappa, excellent saxophoniste, concepteur allumé et prolifique, transculturel.Il nous faut maintenant entendre son quartette, du plus haut intérêt: Vijay Iyer, piano, François Moutin, contrebasse, Dan Weiss, batterie.EN RÉSUMÉ Que tirer de cette soixantaine d\u2019heures de concerts?L\u2019impression d\u2019un bon festival, à la hauteur des attentes du 30e FIJM.Stevie Wonder gratuit, c\u2019était quand même du grand luxe.Patrick Watson en mode grande foule, c\u2019était une très belle initiative.La soirée Rocksteady?Très agréable.En tête de listedes concerts en salle: WayneShorter, Ornette Coleman, les résidences de Joshua Redman et Renaud Garcia- Fons, Joyce Moreno, Kenny Werner, le Maria Schneider Orchestra, Rudresh Mahanthappa, Bill Frisell, Brian Blade Fellowship, Somi, Esperanza Spalding, Anat Cohen.En milieu de liste: Bill Charlap&Houston Person, Greg Osby, Baptiste Trotignon, le Monterey Quartet, la résidence d\u2019Érik Truffaz, Wynton Marsalis et Chano Dominguez, Branford Marsalis, Julie Lamontagne, Bourassa-Caron, Chucho Valdés Quintet, Aaron Parks Trio, Jeff Beck, Hiromi, le Bell Orchestre, LucianaSouza-Romero Lubambo, Oliver Jones, Eliane Elias, Michel Donato, Hommage à Éval Manigat, Lorraine Desmarais Big Band.En fin de liste: Miles From India, Remembering Miles Davis\u2019Kind Of Blue, Dominic Farinacci, Charlie Haden, Pink Martini.En toute fin de liste: Kenny Garrett, Sadao Watanabe, Chris Botti.On pourrait bien sûr relancer les critiques à l\u2019endroit du FIJM, notamment ses oublis ou omissions de pans entiers du jazz nouveau.On y reviendra certes.Au cours de ses trois décennies d\u2019existence, le FIJM a créé une facture qui satisfait amplement une majorité absolue de festivaliers, et aussi une majorité de jazzophiles.Oui, le FIJM propose encore un itinéraire intense aux férus de jazz.Bravo.Pour les 30 prochaines?Il n\u2019y a aucune raison de laisser en appétit le reste des mélomanes pour de strictes raisons de goût ou d\u2019impact quantitatif.Lorsque la qualité y est.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Jeff Beck PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE Ornette Coleman PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Esperanza Spalding lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L LU N D I 1 3 J U I L L ET 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ALAIN BRUNET CRITIQUE Pour clore en salle «cette merveilleuse édition qui s\u2019est passée de façon merveilleuse », dixit Alain Simard, la programmation en salle du 30e Festival international de jazz de Montréal s\u2019est terminée hier par le concert intitulé Montréal Variations.P r é s e n t é a u T h é â t r e Maisonneuve, il s\u2019agit d\u2019un concept inspiré d\u2019un album-compilation du même nom (sur étiquette Analekta), dont l\u2019objet est d\u2019associer un pianiste montréalais à un lieu ou un quartier de son choix.Chaque partie au programme s\u2019ouvre par les premières notes de la chanson-thème de l\u2019Expo 67 (Un jour un jour), puis on projette des photos de chaque artiste, croquées dans leur lieu de prédilection.Ainsi, Lorraine Desmarais propose d\u2019abord cette variation sur le thème, pendant que défilent les images de métro sur grand écran.Lorsqu\u2019elle démarre sa pièce principale, Mont-Royal Romance, on la voit simultanément mise en scène à la montagne montréalaise.Ainsi, on a droit à une ballade jazz de facture moderne.Rigoureusement construite, assez forte en émotions.François Bourassa, lui, a choisi l\u2019Oratoire.Après une introduction de piano préparée autour du thème récurrent, on retrouve le pianiste dans les marches de l\u2019Oratoire, pendant que se déploie sur scène sa composition originale, mélange d\u2019impressionnisme, d\u2019effets pianistiques plus contemporains, de progressions harmoniques typiques du jazz.Luc Beaugrand évoque ensuite un après-midi pluvieux dans le Mile-End.Son introduction s\u2019annonce plus vigoureuse, tout comme sa pièce principale \u2013 Un macchiato sur St-Viateur.On sait que Beaugrand est pianiste de jazz (et plus encore) depuis belle lurette, c\u2019est ici l\u2019occasion de nous rappeler qu\u2019il joue très bien.À son tour, Jean-François Groulx est mis en scène au parc Maisonneuve.Son jazz pianistique est traversé par un rythme chaloupé, sa pièce principale comporte des mélodies et progressions harmoniques qui ne manquent pas de lyrisme, et se conclut avec un ajout percussif interprété à même le corps du piano.On projette alors un film où le pianiste Alain Lefèvre est mis en scène dans le quartier qu\u2019il a choisi, cet exercice de style jazzistique s\u2019inspire de Ville-Émard.Sur scène, toutefois, Lefèvre brille par son absence.Guy Dubuc, un pianiste qui n\u2019est pas tout à fait associé au jazz, déambule (en photos) sur la Main.Après avoir réharmonisé Un jour un jour de manière purement jazzistique, il nous transporte sur la Main, dont les rythmes hachurés du thème principal ne sont pas sans rappeler Monk.Ce qui ne signifie en rien que Dubuc a pastiché le célébrissime visionnaire.James Gelfand, lui, c\u2019est le Saint-Laurent.Il s\u2019imagine au bord du fleuve avant la colonisation, sa variation sur Un jour un jour comporte des lignes de basse solidement jouées à la main gauche\u2026 et même une citation de Take The A Train.Voilà une des séquences les plus virtuoses de la soirée, pendant qu\u2019on voit bouillonner les Rapides de Lachine, filmés en noir et blanc.Guy Saint-Onge?Le Jardin Botanique.À l\u2019instar de François Bourassa, il a choisi le piano préparé avant de se lancer dans un exercice assez percussif.Il faut dire que Saint-Onge est aussi excellent vibraphoniste et percussionniste.Au piano, il se dépatouille assez bien, et camoufle ses carences de fluidité par une connaissance harmonique certaine mais\u2026 il n\u2019a pas exactement le niveau de ses collègues.Pour clore la sélection, Oliver Jones évoquera Saint-Henri, qu\u2019il estime «le centre gospel de Montréal».Cette musique qui sort de ses longs doigts nous rappelle le Montréal jazzistique des années 50 et 60, mais aussi New York, la côte Est nord-américaine.Sa composition est effectivement marquée par le gospel, le blues et les enrichissements harmoniques typiques de son jeu.Pour boucler la boucle, chaque pianiste revient conclure: Lorraine Desmarais propose d\u2019abord une jazzification de Je reviendrai à Montréal, classique de Charlebois que reprendra François Bourassa en duo avec sa collègue pour ensuite partager l\u2019impro avec Luc Beaugrand.Et ainsi de suite.Sympa, sans prétention, idéal pour une initiation au piano jazz.En début de programme, le quartette d\u2019une pianiste de Vancouver, Amanda Tosoff , a reçu le Grand Prix de Jazz General Motors.Comme c\u2019est la tradition depuis 1983, la formation gagnante a ouvert le concert de clôture en salle.Plus que de bons étudiants?Ça reste à voir.Et on retient ces noms: Amanda Tosoff, piano, Morgan Childs, batterie, Evan Arntzen, saxo ténor et soprano, Sean Cronin, contrebasse.Par ailleurs, le prix Étoiles- Galaxie de la Société Radio- Canada, pour la mei l leure composition originale d\u2019un jeune musicien (ou groupe) a été attribué au pianiste Vincent Gagnon.À l\u2019an prochain ! Montréal jazzifié au piano PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Le pianiste François Bourassa et sa pièce L\u2019Oratoire.\u2022 PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Le rideau est tombé sur le 30e Festival de jazz, et debelle manière, avec rythme et, surtout, sans trop de pluie.Hier soir, pas un mais deux grands spectacles étaient à l\u2019affiche pour rassasier, d\u2019une part, les amateurs de rythmes cubains puis, d\u2019autre part, ceux de blues rock, avec l\u2019orchestre Afro-Cuban All Stars, Los Van Van \u2013 sur la scène devant l\u2019esplanade de la Place des Arts \u2013 et Ben Harper, à la Place des festivals.Toute bonne chose a une fin, et celle du Festival de jazz n\u2019a pas manqué de panache, merci aux festivaliers tenaces et à l\u2019épreuve, autant de la fatigue accumulée que des caprices météorologiques.Constat probant: à 19h, le centreville était déjà bondé pour le début du spectacle de l\u2019Afro-Cuban All Stars, sur la scène au coin des rues Jeanne-Mance et Sainte-Catherine \u2013 l\u2019ancienne grande scène, comme dans le bon vieux temps.Beaucoup de familles, d\u2019amateurs de salsa et de festivaliers aguerris composaient cette belle foule hétéroclite prête à profiter d\u2019une soirée qui s\u2019annonçait décidément plus clémente que celle de la veille.Et au même moment, ça commençait aussi à se remplir du côté de la Place des festivals, où on cherchait le meilleur point de vue en prévision du concert de Ben Harper&The Relentless7.Rythmes salsa irrésistibles L\u2019Afro-Cuban All Stars a commencé le bal, enfilant leurs rythmes irrésistibles avec la classe qu\u2019on leur connaît.C\u2019était bon, dans le genre classique, et ça nous a fait patienter d\u2019agréable manière en attendant le plat de résistance: Los Van Van, légendaire formation cubaine souvent qualifiée de Rolling Stones du pays.L\u2019orchestre timba \u2013 ce dérivé typiquement cubain de la salsa qui, telle une éponge, a bu une panoplie d\u2019influences musicales populaires desdernières décennies, du rock au funk jusqu\u2019au hip-hop \u2013 en imposait avec son énergie et sa vigueur.Avec sa section de cuivres et de percussions pour dynamiser les trois chanteurs et la chanteuse à l\u2019avant de la scène, le groupe n\u2019offrait aucun répit aux festivaliers, déboulant chanson après chanson avec une détermination qui faisait honneur à sa renommée.De plus, on avait invité des danseurs à occuper la petite scène à l\u2019avant, histoire de colorer la performance.C\u2019était réussi, et à la fin, vers 21h15, le cofondateur du festival, André Ménard, a lancé l\u2019invitation à 150 fans d\u2019aller faire la file devant l\u2019Astral où Los Van Van irait se produire de nouveau, et gratuitement, dès minuit.La file s\u2019est vite formée devant la nouvelle salle du festival, sans nous, réquisitionnés à la Place des festivals pour le deuxième grand spectacle de la soirée, celui officié par Ben Harper.Encore là, ce fut un choix judicieux.Ben Harper a depuis longtemps des fans à Montréal, mais ces dernières années, sa proposition artistique semblait avoir manqué de souffle.Or, White Lies for Dark Times, son plus récent album (lancé en mai dernier), enregistré avec le groupe texan Relentless7, donnait l\u2019impression que Harper avait trouvé une nouvelle source d\u2019inspiration.Impression confirmée par le concert donné hier soir.Du blues rock qui en arrache Dès la première chanson, on pouvait entendre le Ben Harper nouveau.Lui, sans guitare, saluant d\u2019abord le 30e anniversaire du Festival, a permis à son orchestre d\u2019ouvrir les vannes d\u2019un blues rock qui arrache comme jamais Harper ne l\u2019avait arraché.Les gars du Relentless7 ne sont certes pas des virtuoses, mais ils ont la fougue et l\u2019appétit pour donner du souffle aux chansons, nouvelles et anciennes, du répertoire de Ben Harper.Même la Good Times, Bad Times de Led Zeppelin a trouvé sa place dans le répertoire offert hier soir.Du gros rock sale au blues plus nuancé, Harper et ses nouveaux comparses ont captivé l\u2019auditoire qui a fait fi des quelques gouttes de pluie.Même pour la soirée de clôture du 30e Festival de jazz, les nuages n\u2019ont pu s\u2019empêcher de passer sur le centre-ville pour goûter à ces dernières notes blues de la saison.BEN HARPER, AFRO-CUBAN ALL STARS ET LOS VAN VAN Fin de parcours rythmée PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Ben Harper a clôturé le 30e Festival de jazz avec le groupe texan Relentless7: du gros rock sale au blues plus nuancé, Harper et ses nouveaux comparses ont captivé l\u2019auditoire qui a fait fi des quelques gouttes de pluie.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L LU N D I 1 3 J U I L L ET 20 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 0713 17h00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC 16h30 ! Train Pyramide Le Téléjournal Des squelettes La Petite Vie Chère Betty / Leçons de drague Bons baisers / Geneviève Brouillette Le Téléjournal Des kiwis et des hommes Part 1 of 5 \" TVA Le TVA 17 heures Le TVA 18 heures Sucré salé Les Gags Le sketch show Laura Cadieux KM/H Monk / Monk et son double Le TVA 22 heures 22h35 Pour rire 23h20 Sucré salé 23h50UN P.2h05 \" TQS Mon oncle Charlie À couper le souffle Rire et délire Chemin du golf C't'une joke C't'une joke CSI: NY / Le vert de trop Pratique privée Donnez au suivant Call TV \" TQc Cornemuse Toc toc toc Kaboum! Ramdam Ramdam Visite libre Planète science / L'énergie de la mer LES VAUTOURS (1975) Gilbert Sicotte.22h35 Une pilule, une p'tite granule 23h35 Bluff \" CBC The Simpsons Wheel of Fortune CBC News at Six Coronation Street Jeopardy Triple Sensation / Master Class Just for Laughs CBC News: The National The Hour / Russell Peters , Dave Foley.CTV-M Dr.Phil / Affairs of the Heart CTV News Access Hollywood eTalk Law & Order Law&Order: C.I./ Folie a Deux CSI: Miami / The DeLuca Motel CTV National News CTV News \" GBL-Q 16h30 ! Young & R.Global National Evening News House & Home E.T.Canada Ent.Tonight House / The Greater Good Lie to Me / Depaved Heart The Unit / Gone Missing News Final ABC Family Feud .Be a Millionaire?Access Hollywood ABCWorld News Fox 44 News Deal or No Deal The Bachelorette Here Come the Newlyweds Sex and the City 23h35 Nightline \" CBS Dr.Phil / Affairs of the Heart Channel 3 News at 6 CBS Evening News Ent.Tonight Met Your Mother Rules of Engage.2 1/2 Men Big Bang Theory CSI: Miami / The DeLuca Motel Channel 3 News 23h35 Letterman \" FOX Raymond Raymond King of the Hill The Simpsons 2 1/2 Men 2 1/2 Men House / The Greater Good Lie to Me / Depaved Heart FOX 44 News at 10 TMZ Family Guy Seinfeld NBC First at Five 5:30 Now Newschannel 5 NBC Nightly News Jeopardy Wheel of Fortune Great American Road Trip Law & Order: C.I./ Folie a Deux Dateline NBC Newschannel 5 23h35 TonightSh.\" PBS-P Curious George Fetch! BBC World News Nightly Business The NewsHour With Jim Lehrer Antiques Roadshow Part 2 of 3 History Detectives Make 'em Laugh BBC World News Charlie Rose \" SHOW Cashing In 'Da Kink in My Hair Trailer Park Boys Trailer Park Boys The Outer Limits / Origin of Species Cashing In 'Da Kink in My Hair DR.JEKYLL AND MR.HYDE (2008) Dougray Scott.House / Half-Wit / Dave Matthews TLC Jon & Kate/ Eight Jon & Kate/ Eight What Not to Wear / Jenny C.The Little Couple The Little Couple The Little Couple The Little Couple The Little Couple The Little Couple Cake Boss Cake Boss The Little Couple The Little Couple ARTV États-Humains Visite libre Le temps d'une paix C'est juste de la TV Juste pour rire 2007 - Cette édition met en vedette les plus grands humoristes du moment./ Franck Dubosc , Michel Leeb.Les Nuits au National / Marco Calliari CD Images-chocs / Criminels déchaînés Drôle de monde Drôle de monde Biographies / Daniel Pilon Paradis perdus / Surenchère à Bonanza Images-chocs / Dames rebelles Scènes de crime / Femme Fatale Pris au piège Cinépop 16h50 ! STAR TREK V: L'ULTIME FRO.18h40BOMBARDIER #1 (1992) Gilbert Sicotte.L'HUILE DE LORENZO (1992) avec Susan Sarandon, Nick Nolte.22h20 HOLD-UP (1985) avec Guy Marchand, Jean-Paul Belmondo.0h20 \" EV Hôtels / Hôtels design Suivez le guide Le maître du grill Bouffe en cavale / Contrées sauvages Discovery Atlas / Le Brésil révélé À faire dans une vie / Australie Les nouveaux explorateurs / Qatar HI La petite maison dans la prairie Les deux font la loi Les deux font la loi Aventures Chantiers JAG / Retour à Bagdad Dans le secret des villes Avions / La sécurité aérienne MMAX L'index québécois Star-O-Mètre Top5 Anglo Top5 Franco Cocktail pop Musicographie québécoise / Corneille Génération 80 / 1981 Les 101.Star-O-Mètre L'index québécois MP Rock N' Road Top5.MusiquePlus.com Radar M.Net Ram Clip Dub Bam se marie! La prochaine Top Modèle Américaine Ram RDI Le Téléjournal 17h45 RDI santé RDI en direct RDI en direct 24 heures en 60 minutes Grands Reportages Le Téléjournal RDI en direct Le National Le Téléjournal S+ Sans laisser trace / Justice expéditive Sydney Fox / Ensorcellement Victimes du passé Border: surveillance / Enfants soldats François en série François en série Bella et ses ex / Arts plastiques Sydney Fox / Ensorcellement SE 16h00 ! LA BATAILLE DE P.17h55BOUGE DE LÀ! (2006) Tre Armstrong.DEUX JOURS À TUER (2007) Eric Assous.Big Love Flight- Conchord HELLBOY II: L'ARMÉE D'OR (2008) 0h35 \" TFO Sakados SamChicotte Carmen campagne Pinky Dinky Doo Panorama L'esprit des lieux Piste des noms Villages et Visages ZAZIE DANS LE MÉTRO (1960) Douce folie L'esprit des lieux Piste des noms TV5 Tout le monde 17h50 Questions pour un champion Journal France 2 L'habit ne fait pas Lemoine De Gaulle intime 22h15 ExploPlanète Maritime TV5 le journal Humanima VIE La touche de Sarah Billets Verts Mariages de rêve La touche de Sarah Bye-Bye Maison Idées de grandeur Debbie rénove / L'entresol de Karen L'espace d'un été Ma maison Décore ta vie Airoldi pour sortie La bosse des noces Toc Toc Docteur Z Surnaturel / Sans issue La porte d'Atlantis / Âmes en détresse Revanche nerdz Comment c'est fait Eureka / Grosse tête Moonlight / Retour de flamme La porte des étoiles Monstres Mécaniques RDS 16h30 ! 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VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé surWWW.CYBERPRESSE.CA/TELE SoniA SARfATi NEW YORK Harry Potter et les reliques de la mort, que David Yates réalise à partir du dernier tome de la saga de J.K.Rowling, fera l\u2019objet de deux films \u2013 la sortie du premier est prévue pour novembre 2010 et du second, pour juillet 2011 \u2013 et, selon le producteur David Heyman, rencontré à New York la semaine dernière, ce serait la « faute» du réalisateur Alfonso Cuaron.C\u2019est lui qui, quand il a travaillé avec le scénariste Steve Kloves sur Harry Potter et le prisonnier d\u2019Azkaban, a eu l\u2019idée de raconter l\u2019aventure du point de vue de Harry Potter.Une idée qui a si bien fonctionné (aux yeux de plusieurs critiques, pour cela entre autres, le troisième film de la série est le meilleur), qu\u2019elle a été reprise dans les longs métrages qui ont suivi.«Or, dans le dernier tome, tout, tout est relié à Harry, a continué le producteur lors de conférences de presse tenues dans les jours précédant la sortie du Prince de Sang-Mêlé.Il devenait donc extrêmement difficile de couper.» D\u2019où la «nécessité » de décliner le livre en deux temps.«Ou en trois », pouffe le scénariste Steve Kloves, qui a jonglé avec cette idée \u2013 quelques secondes, quoi ! Il faut dire que la structure du roman permettait tel exercice.«Le premier film va être un road movie.Nous sommes très loin de Poudlard.Harry, Hermione et Ron sont comme t rois réfugiés en ter r itoi re ennemi, poursuivis par les forces du Mal.La deuxième partie est un opéra, un film épique avec de grands combats», explique David Yates qui sera à la barre de ce diptyque, comme il a été à celle du Prince de Sang-Mêlé et de L\u2019Ordre du Phénix.C\u2019est d\u2019ailleurs parce qu\u2019ils peuvent voir venir les choses que Steve Kloves et lui n\u2019ont pas succombé à la tentation de «mettre toute la gomme» dans Le Prince de Sang-Mêlé: «Nous avons coupé le grand affrontement qui oppose les élèves et professeurs de Poudlard aux forces de Voldemort parce que nous savions qu\u2019il y aurait un terrible combat à la fin du dernier film\u2026 et nous ne voulions pas en diluer l\u2019impact », indique David Yates \u2013 qui savait aussi que le scénariste et lui seraient de cette ultime partie, et auraient donc l\u2019occasion de «créer» cette bataille titanesque entre sorciers.Le tournage a commencé à la mi-février et se poursuivra jusqu\u2019à la fin de l\u2019année: il devrait durer 248 jours, les deux longs métrages étant tournés l\u2019un à la suite de l\u2019autre.Producteur, réalisateur et scénariste se font toutefois discrets quand on les interroge sur l\u2019endroit où se terminera le premier film et celui où commencera le second : «Nous ne l\u2019avons pas décidé à l\u2019avance, ça s\u2019est placé de manière très organique \u2013 et ça peut encore changer », assure David Heyman.« Tout cela deviendra clair dans la salle de montage, pas avant », ajoute David Yates.Une chose est (presque) sûre, c\u2019est dans le premier volet du diptyque que l\u2019on verra Hermione et Ron (Emma Watson et Rupert Grint) échanger leur premier baiser.«Nous venons de le tourner.Ça fait 10 ans que les fans espèrent ce moment, alors nous devions faire ça bien», rigole la jeune actrice.Le résultat ?«Bien\u2026 on attend vos critiques.» Demain dans le cahier Arts et Spectacles : En tête-à-tête avec Dumbledore.Harry Potter et le Prince de Sang- Mêlé prend l\u2019affiche mercredi.Les frais de voyage de ce reportage ont été payés par Warner Brothers.CinÉMA / Harry Potter Un roman, deux films\u2026 PHOTO FOURNIE PARWARNER Harry Potter (Daniel Radcliffe), Ron Weasley (Rupert Grint) et Hermione Granger (Emma Watson) sont de retour dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé.On tente un coup d\u2019argent ?On étire la sauce?On fait durer le plaisir ?Rien de tout cela.Selon les artisans des films Harry Potter, il y a une explication logique et pertinente au fait que le dernier tome de la saga de J.K.Rowling, Harry Potter et les reliques de la mort, fasse l\u2019objet de deux films.La voici.CLAUDE GinGRAS CRiTiqUE Étonner en offrant de l\u2019inédit.Pour le très regretté père Fernand Lindsay, c\u2019était là le but premier d\u2019un festival et monter la Messa per Rossini rejoignait tout à fait cette idée.Les circonstances ont voulu que cet hommage rendu au célèbre compositeur d\u2019opéra par 13 de ses collègues devienne, pour les 2 500 spectateurs de vendredi soir à l\u2019Amphithéâtre, une cérémonie à la mémoire du fondateur du Festival de Lanaudière.C\u2019est Verdi qui prit l\u2019initiative de ce Requiem collectif destiné à marquer en 1869 le premier anniversaire de la mort de Rossini.Il répartit le travail entre 12 compositeurs (connus à l\u2019époque, oubliés aujourd\u2019hui) et se réserva le Libera me final, qu\u2019il reprit, en le modifiant, pour son propre Requiem de 1874.De multiples problèmes empêchèrent la création prévue pour 1869 et le manuscrit dormit jusqu\u2019en 1988, année où l\u2019oeuvre fut enfin créée et enregistrée.S\u2019agit-il d\u2019une grande oeuvre?Au plan historique, oui.Le résultat musical appelle plus de réserves, mais cette audition totalisant une heure et 48 minutes, entracte non compris, était justifiée.L\u2019ensemble offre une belle diversité.Trois sections sont pour le choeur seul.Les autres font intervenir les cinq voix solistes séparément ou en duo, trio ou quatuor, parfois avec le choeur, parfois seules.L\u2019orchestre est présent partout, sauf dans certaines séquences chantées a cappella.Bien que 13 mains aient signé cette Messa per Rossini, une certaine unité stylistique les guida.On entend là de la bonne musique d\u2019église, un peu sentimentale, voire théâtrale, jusqu\u2019à l\u2019explosion finale du Libera me où, comme à dessein, Verdi éclipse de son génie l\u2019honnête métier des 12 petits maîtres.Jean-Marie Zeitouni dirigea l\u2019oeuvre avec le maximum de conviction et d\u2019énergie et l\u2019Orchestre du Festival, réunissant 70 musiciens de nos formations locales, lui répondit avec un parfait professionnalisme.Mais les 145 voix du Choeur du Festival et du Choeur de Laval stagnèrent à un niveau plus amateur.Des cinq solistes, on retiendra d\u2019abord Michele Capalbo, grand soprano et grand style (elle remplaçait Manon Feubel), ensuite le ténor Frédéric Antoun et le baryton Étienne Dupuis, tous deux bien en voix.Laura Pudwell poussa un mezzo fatigué et Robert Pomakov, un basso pâteux.Rachmaninov et Tan Dun La pluie torrentielle réduisit à 1 000 personnes l\u2019auditoire de samedi soir.On y retrouvait l\u2019Orchestre du Festival dans une forme encore étonnante, avec Zeitouni lançant le concert à toute allure avec l\u2019ouverture Carnevil (ou «Carnaval») de Dvorak.La blonde pianiste ukrainienne ValentinaLisitsa, cette fois dans une éclatante robe rouge, traversa le troisième Concerto de Rachmaninov en 42 minutes, avec une légèreté et un détachement tout à fait étrangers à cette musique massive et romantique, mais aussi une telle clarté que les moindres fautes \u2013 et on en compta plusieurs! \u2013 étaient apparentes.J\u2019ai préféré son rappel: la fameuse Sérénade de Schubert transcrite par Liszt, où les deuxmains se répondaient avec une grâce infinie.La pièce du Chinois Tan Dun, The Map, fait dialoguer l\u2019orchestre et un violoncelliste, le Britannique Matthew Barley, avec une vidéo d\u2019instrumentistes, chanteurs et danseurs chinois en costumes.Quelques effets de l\u2019orchestre occidental suggérant les instruments chinois sont intéressants, mais l\u2019ensemble est facile et vide, comme c\u2019est si souvent le cas chez TanDun, et ne justifie absolument pas cette interminable séance de 45 minutes.Un quart d\u2019heure après le début, les spectateurs commencèrent à se précipiter vers les sorties, et en nombre important.Je les enviais.oRCHESTREDUfESTiVAL.Chef d\u2019orchestre: Jean-Marie Zeitouni.Deux concerts, Amphithéâtre de Joliette, dans le cadre du 32e festival de Lanaudière.Vendredi soir : Messa per Rossini (1869).Samedi soir : ouverture Carnevil, op.92, B.169 (1891) (Dvorak), Concerto pour piano et orchestre no 3, en ré mineur, op.30 (1909) (Rachmaninov), The Map (2004) (Dun).fESTiVAL DE LAnAUDiÈRE Une belle idée : la Messa per Rossini PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE LANAUDIÈRE Le chef Jean-Marie Zeitouni et l\u2019orchestre du festival avec le violoncelliste Matthew Barley.En arrière-plan, des projections vidéo dans l\u2019oeuvre The Map de Tan Dun.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L LU N D I 1 3 J U I L L ET 20 0 9 ARTS ET SPECTACLES Une erreur d\u2019identification s\u2019est glissée dans le bas de vignette accompagnant une photo du film L\u2019initiation (1970) publiée en page 10 du cahier des Arts de samedi.Nous avons identifié l\u2019une des comédiennes comme étant Céline Lomez.Il s\u2019agissait plutôt de Louise Turcot.Nos excuses.SYLVIE ST-JACQUES AVIGNON \u2014 «Ce n\u2019est pas historiiique, c\u2019est oniriiique», expliquait une jeune Française, pendant la première pause d\u2019une heure trente du «marathon» du Sang des promesses, ou «La nuit Wajdi».Vers 19h55 samedi soir, le public \u2013 en majorité des jeunes dans la vingtaine \u2013 était fin prêt pour cette nuit blanche de 11 heures composée de Littoral, Incendies et Forêts.Chaque siège était recouvert d\u2019une couverture, pour prévoir la fraîcheur qui tombe sur le Vaucluse au coucher du soleil.Mais il faisait encore jour lorsque tous les comédiens des trois spectacles de la tétralogie sont apparus sur la vaste scène de la cour du palais des Papes.Alignés face au public, ils ont aspergé leur dos de peinture pour ensuite laisser leur empreinte sur de grandes boîtes qui faisaient office de murs amovibles.«Il a la politesse de mettre de l\u2019humour dans ses textes», m\u2019a confié ma voisine d\u2019origine belge qui, tout comme René Solis du journal Libération, a pourtant été déçue par Forêts, troisième et dernier segment de la nuit.«Ça suffit, les destins croisés», a tranché ma voisine, quand s\u2019est terminée la première partie de Forêts.À la décharge de l\u2019artiste-associé du 63e Festival d\u2019Avignon, il faut dire qu\u2019il commençait à être un peu tard pour se taper cette quête initiatique de quatre heures faite de longs échanges poétiques et de complexes liens familiaux et amicaux, qui emprunte le chemin de la tragédie de Polytechnique pour ensuite passer par les Première et Seconde Guerres mondiales, la chute du mur de Berlin.Malgré tout, les gradins étaient presque pleins à 6h du matin, alors que les spectateurs luttaient contre la fatigue pour écouter les récits de Wajdi.Il faut dire qu\u2019en début de soirée, il avait su les séduire en confiant au jeune acteur Emmanuel Schwartz \u2013 que Libération a qualifié «d\u2019épatant (.) grand garçon tout maigre qui allège tout ce qu\u2019il touche) \u2013 le rôle principal de Wilfrid.Enjôlant les marathoniens avignonnais avec l\u2019accent québécois, Wajdi a « rénové» Littoral en ajoutant à sa mise en scène de la peinture barbouillant les corps des acteurs et des bâches.Utilisée la première fois dans le solo Seuls, la nouvelle passion de Mouawad pour la peinture sur corps revient d\u2019ailleurs sporadiquement dans les trois segments du Sang des promesses.La nuit était profondément tombée quand Incendies a pris la scène de la cour, vers minuit.Cette histoire de guerre et d\u2019inceste, où le Liban n\u2019est jamais nommé, s\u2019est avérée le moment le plus fort de cette nuit.Défi Réchauffés par leurs couvertures et tenus réveillés par des litres de café offerts généreusement par le festival, les spectateurs ont été réceptifs et enthousiastes jusqu\u2019à la toute fin.Leurs énergiques cris et applaudissements étaient sans doute une façon de se congratuler et de s\u2019encourager.Excessif, baroque, bavard.Wajdi n\u2019a fait aucun compromis, mettant son public au défi de le suivre dans sa perpétuelle réinterprétation de la mythologie.L\u2019espace était grandiose, on se dit qu\u2019il aurait pu déborder du cadre de la scène et s\u2019emparer des possibilités infinies de la cour du palais des Papes.Mais le spectacle, par sa longueur et sa démesure, fera époque.Le Sang des promesses \u2013 plus long spectacle présenté à Avignon depuis le Soulier de satin mis en scène par Antoine Vitez en 1987 \u2013 a bien ancré la marque de Wajdi, dans ce 63e Festival d\u2019Avignon.Les frais de transport de ce reportage ont été payés par la Délégation générale du Québec à Paris.Une nuit avec Wajdi En plus de prendre part à de nombreuses conférences, celui que tout le monde prénomme Wajdi dévoilera aussi Ciels, la quatrième partie de sa tétralogie Le Sang des promesses.«La première pièce de Wajdi que j\u2019ai vue, c\u2019était Littoral, qui était présentée à Avignon en 1999», raconte Vincent Baudriller, qui dit apprécier chez l\u2019artiste libano-québécois «sa façon d\u2019utiliser le récit pour parler du monde et de sa violence».Depuis l\u2019entrée en poste de Vincent Baudriller et Hortense Archambault, en 2004, le Festival d\u2019Avignon invite un artiste à teinter l\u2019événement de sa vision du théâtre.Mouawad, qui succède à Thomas Ostermeier, Jan Fabre, Josef Nadj, Frédéric Fisbach, Romeo Castellucci et Valérie Dréville, traduit le désir des codirecteurs de mettre l\u2019accent sur l\u2019importance, chez les êtres humains, de se raconter des histoires.«Wajdi nous permet d\u2019ouvrir une porte sur des sujets qui l\u2019ont marqué: l\u2019expérience de la guerre, l\u2019exil, le déplacement du Liban en France, jusqu\u2019au Québec », précise Vincent Baudriller, qui refuse toutefois de qualifier la mouture 2009 d\u2019Avignon «d\u2019année québécoise ».Denis Marleau, un habitué du festival, dévoilera au public avignonnais sa production «technologique» d\u2019Une fête pour Boris de Thomas Bernhard.Pendant ces trois semaines de théâtre contemporain, les festivaliers découvriront aussi le travail du jeune metteur en scène et auteur Christian Lapointe (qui présente C.H.S.), de la poète Renée Gagnon, du cinéaste Rodrigue Jean et du chorégraphe Dave St-Pierre (qui y reprend La pornographie des âmes).«Ce qui est très beau au festival, c\u2019est le mélange des générations», souligne Vincent Baudriller, qui indique que le public d\u2019Avignon a rajeuni de 15% en moins de 25 ans.Cette présentation 2009 est aussi très «cinéma», avec notamment la présence de Christophe Honoré, et celle de Jeanne Moreau et Amos Gitai (qui y présenteront La Guerre des fils).Le documentariste québécois Rodrigue Jean fera connaître son travail au public avignonnais.Pendant ce temps, sur les scènes, Dave St-Pierre et Christophe Lapointe se mêleront aux Pippl Delbono, Claude Régy et Maguy Marin.Dans le sillon de Wajdi, un nouveau souffle québécois prend vie à Avignon.L\u2019année Wajdi PHOTO D\u2019ARCHIVES FOURNIE PAR LE FESTIVAL D\u2019AVIGNON Les trois premières pièces de la tétralogie de Wajdi Mouawad, Le Sang des promesses, ont été présentées dans la Cour d\u2019honneur du palais des Papes au Festival d\u2019Avignon.Un marathon de 11 heures qui s\u2019est déroulé la nuit, devant des spectateurs enthousiastes emmitouflés dans des couvertures.PRÉCISION llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Réchauffés par leurs couvertures et tenus réveillés par des litres de café, les spectateurs ont été réceptifs et enthousiastes jusqu\u2019à la toute fin.AVIGNON suite de la page 1 InvItent 200 personnes à la premIère du fIlm GRANDESCHALEURS LES UN FILM DE sopHIe loraIn D\u2019APRÈS LA PIÈCE DE mICHel marC BouCHard Le lundi 3 août à 19 h au Cinéma Impérial (1430 rue de Bleury, Montréal) la CanICule CommenCe dès le 7 août ! www.lesgrandeschaleurs.com Détails du concours : Inscrire la réponse sur le coupon de participation publié dans La Presse et le poster à l\u2019adresse indiquée OU utiliser le formulaire de participation sur cyberpresse.ca/grandeschaleurs L\u2019annonce sera publiée du 11 au 18 juillet 2009 .Le tirage aura lieu le 23 juillet.Les 100 personnes gagnantes recevront une invitation pour deux personnes par la poste.La valeur des prix est de 3 000 $.Les fac-similés ne sont pas acceptés.Limite d\u2019une seule participation par jour par adresse de résidence.Règlement du concours disponible chez Les Films Séville.Pour participer, rendez-vous sur cyberpresse.ca/grandeschaleurs OU remplissez le coupon de participation ci-dessous.Regardez la bande-annonce du film et répondez à la question suivante : Quel est le nom de la ville qui apparaît sur le panneau de signalisation ?en compagnie des comédiens et artisans du film ! une présentation de PRoDUIt PAR CHrIstIan larouCHe Et valérIe BIssonnette Parmi toutes les participations reçues, 15 personnes mériteront l\u2019oeuvre de Michel Marc Bouchard ! Concours «LES GRANDES CHALEURS » 1117, rue Ste-Catherine Ouest, bureau 500, Montréal, QC H3B 1H9 NOM ADRESSE CODE POSTAL NUMéRO DE TéLéPHONE ÂGE COURRiEL RéPONSE Question mathématique : [(80 + 14 - 6) ÷ 2] x 16 = Prière d\u2019écrire lisiblement 1901243A lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L LU N D I 1 3 J U I L L ET 20 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 ANNE RICHER Jacques L\u2019Heureux, dans son personnage de Rémi, Bernard Bourgault, la Bande Magnétik, le James Gelfand Quartet, sans oublier le chat Ste- Cat, la mascotte du Festival, ont tout donné à des milliers de petits spectateurs émerveillés, sur la Grande-Place du complexe Desjardins.Et avec la même ferveur qu\u2019il y a 20 ans, la première fois que cette idée originale de David Jobin a été mise en scène.En clin d\u2019oeil au Festival, à ses nombreuses réalisations, pour son imaginaire et son sens de la famille, La Presse et Radio- Canada ont choisi de décerner à celui qui participe à la sensibilisation des futurs amateurs de jazz, Jacques L\u2019Heureux, le titre de Personnalité de la semaine.Continuité «Ouf ! » s\u2019exclame-t-il en sortant de scène, en nage et affamé.«À 55 ans, c\u2019est plus dur qu\u2019à 35!» reconnaît-il en riant.On n\u2019a pas de mal à croire que Jacques L\u2019Heureux est à l\u2019aise dans l\u2019univers des enfants.Son fameux personnage de Passe- Montagne dans Passe-Partout en est un témoignage éloquent.Et il tient à préciser que jouer pour les enfants lui est venu très tôt dans sa vie de jeune comédien.«J\u2019ai sans doute un don avec les enfants.Ce qui est bien avec eux, c\u2019est que si ce que tu fais n\u2019est pas intéressant, tu les perds.Ils regardent ailleurs, ne t\u2019écoutent plus.» Jacques L\u2019Heureux vit intensément l\u2019instant présent et il s\u2019extasie sur ce «spectacle unique au monde, musicalement à point, drôle pour les enfants, mais sérieux dans sa conception».Le comédien a cependant de nombreuses autres cordes à son arc et multiplie, depuis sa sortie de l\u2019École nationale de théâtre en 1974, les expériences de jeu.Théâtre, cinéma, télévision, mise en scène, sans oublier la Ligue nationale d\u2019improvisation pendant 14 ans.Il croit avoir atteint une certaine maîtrise sur sa vie d\u2019acteur, une espèce de paix de l\u2019esprit qui lui vient avec le temps.Mais il ne pavoise par pour autant.L\u2019artiste pigiste en lui est toujours en quête de nouveaux projets et c\u2019est de toute manière ce à quoi il carbure.«Pour durer dans ce métier, surtout quand on est pigiste, il faut choisir la voie de la qualité.On ne peut pas se permettre de faire quelque chose d\u2019approximatif.» Il s\u2019accorde cet été quelques semaines de repos, et reprendra à l\u2019automne son rôle dans la pièce Sacré coeur d\u2019Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur.Le sens de sa vie Né à Sillery en 1953, cinquième d\u2019une famille de huit enfants, «l\u2019enfant du milieu avait besoin de se démarquer », dit-il.Il le fait en organisant des petits spectacles familiaux, en animant des marionnettes dans le garage familial.Un jour, il a demandé à ses amis un prix d\u2019entrée; sa mère, scandalisée, a exigé qu\u2019il les rembourse sur-le-champ! De nombreux principes de vie acquis pendant son enfance le nourrissent encore : aller au bout de ses entreprises, la tolérance, l\u2019amour du travail.Il aime la vie d\u2019équipe, être entouré, donner, recevoir l\u2019énergie des autres.C\u2019est l\u2019un des éléments qui le poussent à vouloir s\u2019inscrire à l\u2019École nationale de théâtre.L\u2019autre motif étant, à 18 ans, de quitter le nid familial, de vivre à Montréal, après avoir jusque-là fait la navette régulièrement entre Québec et Ottawa, avec sa famille, pour suivre son père dans ses fonctions.Au terme de 30 ans de métier à occuper les planches, le petit et le grand écran, Jacques L\u2019Heureux se sent dans une période de renouveau.Une étape de sa vie où le travail bien fait compte toujours autant, mais où il peut désormais choisir ses expériences artistiques, et profiter des plaisirs de la vie.Comme rien n\u2019est fait à moitié, le voici donc président du conseil d\u2019administration de la Caisse Desjardins de la culture.Et puis il ne craint pas de clamer avec passion ses convictions nationalistes.«Les Québécois doivent toujours rester vigilants face à leur langue et à leur culture, et ne devraient pas craindre de s\u2019engager.Car il ne faudrait pas devenir une deuxième Louisiane.» Et il ajoute : «Qu\u2019on se comprenne bien : penser de cette manière n\u2019est pas du racisme.Ma grande peur serait qu\u2019on le devienne à force de se le faire dire\u2026» En attendant «d\u2019atteindre l\u2019inaccessible étoile », Jacques L\u2019Heureux est une «star» qui ne pense qu\u2019à une chose: jouer.Les Québécois doivent toujours rester vigilants face à leur langue et à leur culture, et ne devraient pas craindre de s\u2019engager.LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L\u2019INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L\u2019EXCELLENCE NAÎT DE L\u2019EFFORT llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Les feux du 30e Festival international de jazz deMontréal viennent de s\u2019éteindre.Les milliers de visiteurs en ont eu plein les oreilles.Et que dire des petits?Ceux qui ont eu la chance d\u2019assister à une représentation du spectacle de la Petite école du jazz vont peut-être reconnaître spontanément, au hasard, des accords de jazz et les aimer toute leur vie.C\u2019est, du reste, l\u2019effet escompté.Jacques L\u2019Heureux PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L LU N D I 1 3 J U I L L ET 20 0 9 CE MATIN ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ : 6h40 C \u2019 E ST BI E N MEILLEUR L E MAT I N Avec Franco Nuovo DU LUNDI AU VENDREDI 5h30 À 9h LES DIMANCHES ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 9h45 R D I EN D I R E C T Avec Louis Lemieux VENDREDI, SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 5h30 À RADIO-CANADA LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA Radio-Canada.ca 1885427A "]
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