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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1954-03, Collections de BAnQ.

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Un secret dans un baiser Koman d'amour par JEAN M wf«-i SJN3G IS OOZl dins is 3n&3Hioneia Des gâteaux plus riches P lus savoureux ! Merv/eilleux: moka au chocolat Un nom ran gâteau qui met l'eau à la boucheI Prêt en un clin d'oeil grâce au MÉLANGE À GATEAU AU CHOCOLAT ROBIN HOOD M-m-m! Quelle splendeur de gâteau! attendez d"y avoir goûté! Chaque délicieuse bouchée est si légère, si tendre, si riche en chocolat que vous voudrez dorénavant faire tous vos gateaux au chocolat avec le mélange à gâteau Robin Hood.Il diffère de la plupart des mélanges, car vous y ajoutez vous-même un oeuf frais.Voilà le secret de sa saveur appétissante, plus riche, qu'on ne peut pas obtenir avec les mélanges qui con- du paquet de mélange à gâteau au chocolat Robin Hood.Faire cuire dans deux moules de 8 pouces, tel qu'indiqué.Glaçage moka: Défaire en crème 4 cuillerées à table de beurre mou; ajouter une cuillerée à thé de vanille.Mélanger 5 cuillerées à table de café fort à 2 cuillerées à table de lait évaporé ou de crème riche.Ajouter ce mélange, en alternant avec 4 tasses de sucre à glacer tamisé, et une cuillerée à table de cacao.Battre jusqu'à ce que le glaçage soit lisse et crémeux.Vous ajoutez fcol"« "/» voo, oitantoimi- a lOh.45 u.If* piyi. «îuliy.— Jolt* fommc do 38 an*.cheveu* l/'K^rfnxont nuhunn, avec doux JoIIm enfant».7 ot 8 a*i*.d«*Klfv rr>rrii(lant*, Dut: pou, (lownlr *orl arrive et je ne dois pas le manquer, sinon je serai obligée d'attendre dix longues minutes.Essoufflée d'avoir tant couru, je remets ma correspondance.Le conducteur m'arrête et dit sèchement: (Suite en page SI) LA REVUE MODERNE — MARS 1954 15 FONTEVRAULT Cette vénérable abbaye, où reposent plusieurs rois anglais, a été durant des siècles un extraordinaire roi/aitme c une simple question d'intérêt! Vous auriez tort, mon cher Harold, de prendre la chose au tragique.c'est tout ce qu'il y a de plus banal.Harold se leva et, manifestement très agité, se mit à marcher de long en large sur le gazon.—Banal! répéta-t-il avec une sorte d'irritation, tandis qu'un pli se creusait entre ses yeux clairs.Oui, si l'on considère normal de se chamailler à propos 'l'argent, d'héritage.Moi, cela m'attriste quand il s'agit d'indifférents, et me couvre de honte quand il s'agit de ma pro- pre famille.J'hésitais à vous en parler, Joëlle.d'abord parce que je déteste remuer ces questions de gros sous, et puis parce qu'il m'est pénible de mettre en cause une disparue.Pendant longtemps, je me suis défendu de juger ma mère.Nos points de vue se heurtaient souvent.Elle aussi estimait qu'il y a lieu de diviser la société en compartiments étanche.; elle blâmait mes goûts égalitaires, peu compatibles avec son sens de la hiérarchie.Mais elle m'inspirait beaucoup de respect, une admiration mêlée d'un peu de crainte.Ce fut seulement en apprenant qu'une miserable question d'héritage lavait jadis dressée contre sa belle-soeur, que je lui donnai tort.J'en ai souffert, Joëlle.c'était comme si quelque chose se brisait en moi.Mais le moyen d'approuver ce qui vous choque?Mon grand-pere, Stephen Mac Long.Au fait, c'était aussi votre grand-père.Joëlle tenta d'interrompre la confidence commencée, elle voyait combien il en coûtait à son cousin d'évoquer de déplaisants souvenirs.Il repoussa néanmoins ce voile tendu par la pitié: sa nature trop droite en eût été humiliée.Il raconta ce qu'il avait lui-même appris voici quelques années.Il parla d'abord de la partie de son enfance qui s'était écoulée en France.Fils d'un armateur réputé, armateur lui-même.Ralph Mac Long avait ouvert au Havre une succursale de la firme paternelle et l'avait diri- mère me le pardonne! — de n'avoir pas transgressé cet ordre injuste, dont j'ai d'ailleurs ignoré lon"tcmps la portée.Que de bonnes années perdues! Sa voix s'était adoucie.Il souriait maintenant avec attendrissement, en observant le visage mobile sur lequel les émotion* s étaient inscrites à mesure que se déroulait le récit.Il reprit: —Je pars demain, Joëlle.Dans me; brumes du Nord, j'évoquerai le soleil de Pornic; je revivrai ces heures illuminées qui déjà seront du passé.Par le recul, l'intimité de la Lézardière me deviendra plus chère encore.pourtant, quand je penserai à vous, j'aimerais vous situer parfois dans un décor moins somptueux.dans un humble foyer où vos mains bénies sèmeraient la beauté, et votre coeur ia bonté.Joëlle.petite amie de toujours-ne voulez-vous pas essayer?Il s'était levé.Ses veux, qui cherchaient ceux de Joëlle, irradiaient une flamme bleue, merveilleuse et tendre.Soudain, il prit la main de sa compagne, la porta à ses lèvres puis, sans attendre de réponse, s'éloigna d'un pas rapide.Alors, seulement, Joëlle s'aperçut qu'elle pleurait.Harold Mac Long n'avait pas plaidé en vain.Des le lendemain, encore bouleversée du tableau qu'il lui avait pré- la societe canadienne de l'arthrite et du rhumatisme L'article intitulé Les arthritiques ne sont pas sans espoir, paru dans La Revue Moderne de \an\ier dernier nous a valu une nombreuse correspondance.Nous nous sommes empressés d'en faire part à la Société canadienne de l'arthrite et du rhumatisme.Soucieuse de renseigner le public et de collaborer avec le corps médical conformément à la mission qu'elle s'est donnée, celle-ci offre gratuitement une importante brochure aux intéressés: Ce qu'il faut savoir de l'arthrite.Pour se procurer cette brochure on n'a qu'à adresser sa demande à La Société canadienne de l'arthrite et du rhumatisme, 771, rue Burnside.Montréal, Canada.gée en personne jusqu'à ce que la mort de Stephen Mac Long l'eût rappelé a Edimbourg.Ce fut ensuite le procès, fait par Harold avec sévérité, de l'antique institution du droit d'ainesse qui.pour éviter le morcellement des terres et des fortunes, prévaut encore dans le Royaume-Uni.Des deux enfants laissés par Stephen Mac Long, Ralph était l'ainé.Fortune immense, terres et maison familiale de Fair-sight: il hérita de tout.Or, à plusieurs reprises, le défunt avait declare souloir laisser Fairsighl en partage à sa fille Grace, bien qu'il eût négligé de tester.Quand Ralph parla d'exécuter ce voeu implicite, il se heurta au refus de sa femme.Et celle-ci.non contente de léser la belle-soeur dont elle était jalouse, honteuse peut-être aussi du rôle qu'elle jouait, jugea politique d'attaquer.Elle se montra dure et injuste au cours de l'ultime entrevue qu'elle eut avec le couple Rouvière.On se quitta sur des paroles blessantes.et Ralph qui, retenu à Edimbourg, n'avait pu accompagner sa femme, s'entendit par la suite enjoindre de ne jamais tenter un rapprochement avec ces gens qui l'avaient insultée.Mme Mac Long alla même jusqu'à l'avertir qu'il aurait à choisir: elle ou eux .Devant ce cruel marche, Ralph s'était incline par faiblesse.L'ukase s'étendait également à Harold.Celui-ci poursuivit: —Je m'en veux encore — que ma sente.Joëlle courut au centre d'entr'aide, lequel tenait ses assises à Gourmalon.Quand elle en revint, ce fut pour faire irruption dans le boudoir de Grace de Rouvière.—Maman.maman.on vient de me signaler une grande détresse.Une malheureuse famille, dont la maison située dans un faubourg de Nantes, a ete détruite par l'incendie.Mme Ranvier habitait là avec deux tout petits enfants — des jumeaux nie, il a eu l'idée de venir lui demander Allemagne, il y a deux ans.Il était rentré depuis peu.épuisé de fatigue et de privations.Comme il a une soeur à Pornic, il a eu l'idée de venir lui demander l'hospitalité avec les siens.Mais elle-même a eu sa maison bombardée et détruite en partie, et elle doit vivre entassée avec ses propres enfants dans l'unique piece restée habitable.En sorte que depuis dix jours la famille Ranvier a pour tout domicile un hangar exposé au froid.11 faut absolument que nous leur trouvions un gite.J'ai pensé.—Au pavillon du jardin?Toussaint n'en occupe qu'une petite partie, en effet; je suis sûre qu'il fera très bon ménage avec ces pauvres gens.Je vais dire à Clément de mettre le local en état.Mais Joëlle se récria: —Non, maman; non.Je tiens à faire moi-même le nécessaire.11 manque certainement des las de choses; je les achèterai.f)RINcTssf>AT RESILLES^- conserve; les coupons primes TINTEX VOUS OFFRE couleurs POUR EGAYER VOS TOILETTES PRINTANIERES 3& ecarlate rose cendre PRESENTEES EN ET PAQUETS REGULIERS DE is* disponibles aux pharmacies, grands magasins et magasins de nouveautés LA REVUE MODERNE — MARS 1Q34 30 eAez i&vut- iron, otyrcùrn/rU^t' f Sans perdre une minute, la petite impulsive employa toute son énergie et toutes ses ressources à l'aménagement des deux pièces où.quelques heures plus tard, les Ranvier transportaient leurs pénates.Les jumeaux se partagèrent la faveur et les soins de Joëlle, qui se promit dorénavant de venir chaque soir s'assurer que rien ne manquait au confort de ses protégés.Mais là ne se borna pas son activité.Elle retourna à Gourma-lon afin de mettre sa personne à la disposition du centre d'entr'aide.Ses debuts furent pénibles.On l'avait placée à la tête d'une équipe d'assistantes dont la mission consistait à visiter les familles sinistrées, s'enquérir de leurs besoins et y pourvoir dans la mesure du possible.Or la misère éveille parfois, chez les privilégiés de ce monde, des réactions moins nobles que la pitié.Joëlle avait dû surmonter bien des répugnances, triompher de bien des écoeurements: tous les enfants n'étaient pas aussi bien tenus que les jumeaux Ranvier.En d'autres temps, elle se fût jugée quitte envers sa conscience en laissant derrière soi une aumône.Mais les leçons de Harold bourdonnaient encore à sa mémoire; elle savait maintenant que l'argent n'est pas tout, qu'il faut savoir payer de sa personne et que les petits barbouillés qui s'accrochaient à la robe de "la jolie demoiselle'- avaient, autant que de vêtements, besoin de caresses.A la vérité, quand elle s'interrogeait, il lui fallait s'avouer que la chose était bien moins difficile qu'elle l'avait imaginé tout d'abord.Souvent, elle avait l'impression qu'une main invisible la guidait, la soutenait dans ses défaillances.La provenance de cette assistance occulte ne laissait, pour elle, aucun doute: Harold était le magicien qui, au-dessus des ronces, faisait croître les roses.Ce n'était pas la première fois qu'elle avait conscience de cette faculté de son cousin de magnifier en elle les plus nobles de ses penchants, d'écraser les autres.Et voici oue l'altière Joëlle s'était peu à peu si bien pliée aux exigences de son office, si totalement laissé prendre par ses nouveaux devoirs que, la période de vacances achevée, elle n'avait pu se résoudre à déserter son poste.Elle avait donc demandé que fût retardé le retour à Paris.Grace avait bien volontiers souscrit, pour sa part, à ce désir de l'enfant chérie.Quant à M.de Rouvière, il n'y avait pas davantage fait obstacle, car il savait le climat marin salutaire à sa femme, et la santé de cette dernière lui était trop précieuse pour qu'il ne lui sacrifiât pas de grand coeur son propre confort.—Une nature exquise, notre neveu! avait-il dit à Grace, un jour.Exquise et généreuse.Quelles vues larges il promène sur la vie.et comme les vieilles formules semblent étriquées, mesquines, si on les compare à sa doctrine libérale! Joëlle s'était exaltée à cet éloge.Mais, si approprié qu'il fût, il lui paraissait insuffisant.En toutes occasions, elle aiguillait la conversation sur la personnalité de Harold.Il semblait qu'elle attachât tout à coup une importance capitale au jugement de ceux que naguère elle eût dédaigné d'interroger sur quelque sujet que ce fût.Les serviteurs, entre autres, étaient unanimes à chanter les louanges du jeune homme, et leur appréciation prenait aux yeux de Joëlle une valeur inestimable.Une seule opinion détonnait, au milieu du choeur laudatif voué à la gloire de l'Ecossais.Comme tous les estivants, Rosa Durtin était rentrée à Paris depuis longtemps.Mais Joëlle croyait encore, parfois, entendre le ricanement dont elle avait, lors de leur dernière rencontre, accompagné son persiflage: "Et votre beau cousin, Joëlle?Je ne l'ai pas vu à la messe dimanche dernier.Il a fini, et ce n'est pas trop tôt, par se rendre compte qu'il est indigne d'un puritain de hanter les églises non réformées pour les beaux yeux d'une blonde cousine!" Joëlle s'était cabrée."Voyons, Rosa, Harold n'a rien d'un puritain! Je vous ai déjà dit qu'il est catholique comme son père, comme sa mère.Si vous ne le voyez plus, c'est pour la meilleure des raisons: il est reparti." Lui était-elle chère?Elle n'osait le croire.elle se défendait de l'espérer.Elle avait beau évoquer, bouleversée, les minutes qui avaient precede le depart, se remémorer la vois de Harold, le regard de Harold, le geste de Harold.retrouver, intact, l'émoi qui l'avait envahie lorsqu'il avait appuyé les lèvres à son poignet.à quoi bon se leurrer?Harold re pouvait aimer son orgueilleuse cousine.Mais elle'' Jusqu'au jour de ce départ, elle avait cru en toute bonne foi n'éprouver qu'une affection de bonne camaraderie.Et puis.Tout d'abor ' ) affreux orgueil s'était révolte à l'idée que son coeur pouvait s'être donné un maître; mais un doute s'était peu à peu implanté.Aujourd'hui, après la longue séparation, il n'était plus possible de le nier.Joëlle aimait Harold.Lorsque, pour la première fois, elle accueillit cette pensée sans rébellion, son âme en fut éclairée d'un jour exquis, et parée de reflets la grisaille du chemin.Mais, comme un coup de fusil disperse une joyeuse compagnie de moineaux, la froide raison mit en déroute tou.es les riantes réflexions en insinuant, implacable: "Tu n'es pas digne de lui!" Eh bien! digne de lui.elle allait travailler à le devenir.Déjà, à son souffle, une nouvelle Joëlle était née.De l'ancienne morgue, de la frivolité inoculées par Rosa, rien ne subsistait.Le soir, quand elle rentrait à la Lézardière, c'était les yeux brillants d'enthousiasme qu'elle faisait '\ sa mère le récit de la journée.Une fois retirée dans sa chambre, son exaltation persistait.Alors, à défaut d'auditoire réel, c'était à Harold qu'elle se confiait.Elle lui dédiait les joies moissonnées dans le jour, elle le remerciait d'avoir orienté son existence vers un apostolat, transformé ,on désoeuvrement en énergie féconde.Souvent, elle éprouvait le besoin de lui écrire tout cela.Elle laissait courir sa plume mais, chaque fois, la page restait inachevée.Que d'ébauches de lettres furent ainsi détruites! "Je me serais trahie" murmurait-elle en regardant voleter, de ses doigts jusqu'à la corbeille, les menus fragments de papier.Non, elle ne voulait pas livrer son coeur.Si Harold lui eût donné un semblant de motif de croire que dans le sien il lui réservait une place de choix, elle aurait pu se laisser aller à plus de confiance, mais les seules nouvelles qu'elle reçût de lui consistaient en cartes brèves marquant une indifférence polie.Elle répondait sur le même ton.Cette correspondance se poursuivit, espacée, froide et laconique, jusqu'à ce que, certain samedi matin du début de décembre, Harold vint sonner sans avis préalable à la grille de la Lézardière.—Un grain qui s'annonce! constata Grace de Rouvière au lendemain de ce jour-là, en considérant à travers la vitre l'horizon couleur gris fer.Voilà qui va empêcher votre promenade.Mais Joëlle protesta énergiquement: —Pour ça.non, maman! Ce dimanche est mon unique chance de sortie avec Harold, puisque demain je serai prise toute la journée à l'Entr'aide comme je l'ai été hier et qu'il repart mardi matin.Et, comme celui qu'elle venait de nommer apparaissait sur le seuil du salon, elle l'interpella: —N'est-ce pas, Harold, que je peux très bien affronter la pluie?Avec tin imperméable et de gros souliers.Il eut un regard malicieux: —Quoi! Vous posséderiez une tenue de ce genre?—Hé oui! Les temps sont changés, depuis que je me rendais ridicule à plaisii.Elle bondit hors de la pièce, tandis que sa mere s'attendrissait: —Chère petite! Elle dit vrai.elle est transformée.—A son avantage.Auntie Grace, affii.ma le jeune homme.Je l'ai vue à l'oeuvre hier, au milieu de ses protégés.Un»; vraie maman pour le bébé qu'elle étail en train de baigner! Et son sarrau de grosse toile bise m'a paru plus beau que la plus élégante robe du soir.Il se tut car Joëlle revenait, bottée de-cuir et encapuchonnée de caoutchouc, sans que ce harnachement lui ôtât la moindre parcelle de son charme.Sur une anxieuse adjuration de se mettre a l'abri au cas où l'averse serait trop violente.Harold et loëlle partirent d'un bon pas, en dépit du vent précurseur d'orage qui tentait d'entraver leur marche.Aujourd'hui encore, leur but était la Côte Sauvage.Elle reconnut soudain le promontoire où, un jour, les avait rejoints Passeriau.Pour la première fois depuis longtemps, la demande formulée par le propriétaire de Ker Breiz lui revint en mémoire.Comme cela paraissait loin! Lui-même ne devait plus s'en souvenir.Peut-être même avait-il quitté le pays, puisqu'on ne l'avait pas vu depuis des mois.File en était là de ses réflexions lorsque les premières gouttes se mirent à tomber.Des gouttes larges comme des flaques, qui une à une s'écrasaient avec-un bruit mou contre les imperméables.Si espacées, tout d'abord, que Joëlle v prit i peine garde.mais un marin ne pouvait s'y tromper.Harold agrippa sa cousine par la manche et, au pas de course, l'entraîna le long de la falaise: —Sauve qui peut! J'ai promis à tante Grace de vous ramener sans dégâts.Ils s'arrêtèrent devant une cassine de triques à l'ouverture orientée vers le sud et destinée à abriter les douaniers surpris par la bourrasque au cours d'une ronde.Pour l'instant, nul douanier n'avait sollicité ce refuge: le pauvre mobilier, deux bancs étroits fixés à même la maçonnerie, était à la disposition des promeneurs.Harold étala son manteau, la face sèche en dehors, sur l'un des bancs, et Joëlle s'assit ainsi qu'elle y était conviée.Lui, restait debout contre l'embrasure, dont sa tête nue frôlait le faite —Harold! commença-t-elle, quand je vous ai annoncé hier que, pendant votre si court séjour, cette journée de dimanche serait la seule que je pourrais vous consacrer, comment se fait-il que vous ayez tout de suite deviné la nature de mes occupations?Qui vous en avait parlé?—Mon petit doigt! Mais, tout de suite, le jeune homrm quitta le ton badin pour ajouter: —Je le savais, Joëlle.je l'ai su dès le premier jour.Pas besoin d'être sorcier' De la minute ou vous aviez pris con science d'un devoir à remplir, vous ne.pouviez y rester indifférente.Il est vrai que j'attendais, à chaque courrier, uni lettre me faisant part de votre décision mais ma certitude n'était pas ébranler parce que vous n'écriviez pas.Oh! pouvoir crier: "Je vous ai écrit! Susciter une interrogation qui eût sers de prélude à l'aveu! Cette tentation Joëlle la connut.(Suite en page 35) LA REVUE MODERNE — MARS 105 1 31 \>IOI II.[Suite Je lu page 14) —Elle n'est pas bonne, cette corres.pondance .elle est déchirée! Mon Dieu, que va va mal! D'une voix suave, je tente d'expliquer que je sors tOUl juste de l'enfer et qu'il est difficile J'y conserver intael quoi que ce soit.Il ne veut pas m'entendre.(Quelqu'un pio-tcslc.Il y a encore de bonnes âmes sur cette terre.—Elle u raison, laissez-la passer! Oh! le brave type! Le plus drôle, c'est que je passe, et en douce, croyez-m'en! Le conducteur est devenu mielleux, genre bonbon fondant.Pour l'amour! Qui est cet illustre personnage, te monseigneur qui s'érige en roi et maître des dignes fonctionnaires de la ville'.' C'est de la magie noire ou de l'effronterie à son dernier degré.Je me retourne et je reconnais le charmant jeune homme a qui j'ai failli défoncer le diaphragme, dans l'autre tramway.Quel sourire il a! —Permettez, mademoiselle, que je vous offre le bras.Vous ne saurez garder votre équilibre parmi cette foule.Mon doux! qu'il est gentil.Du coup, il me rappelle un air de Faust .vous savez ce merveilleux opéra que composa l'illustre Gounod.Bah! vous ne connaissez peut-être pas l'histoire de Faust et je vous ennuie avec mes constatations.Pour couper au plus court, je dois avouer me sentir gênée .comme si la chose était possible! —Merci, monsieur.Vous êtes vraiment trop aimable.J'y pense.Je dois avoir l'air plutôt insignifiant avec ces mèches de cheveux qui me retombent sur le nez .avec ce rouge qui est en partie décollé et mal étendu.Encore surprenant qu'il me reste un peu de rouge sur les lèvres .et même des lèvres! Je reçois, depuis un bon moment, tous les colis imaginables dans le visage.Justement mon compagnon fixe inlassablement ma physionomie.Mon Dieu! serais-je barbouillée?Quelle atrocité peut-il bien contempler?—Mademoiselle, me permettez-vous de passer une petite remarque?J'espère que vous ne m'en voudrez pas et que vous ne me jugerez pas sans éducation?J'ai peur.—Vos yeux sont adorables! J'ose vous le dire, je ne puis retenir des mots qui s'échappent malgré moi.Est-il assez mignon'1 Mais osez, mon ami, osez! J'ai pris un air digne (dans le fond, j'ai une folle envie de lui sauter au cou .ce qui ne se fait pas dans le grand monde) pour lui faire remarquer que les hommes, étant flatteurs, sont donc de grands menteurs.Il sourit.Ses dents ont une blancheur extraordinaire.C'est un gars qui ferait bonne figure dans les romans d'amour! Si seulement, je paraissais, moi aussi, à mon avantage! —St.George Street! Rue St-Georgcs.Quelle instruction ils ont tout de même ces charmants conducteurs! De parfaits bilingues! Nous sommes au terme du voyage.Mon compagnon, qui m'aide à descendre, s'informe: —Puis-je vous reconduire à la maison?Mon nom est Jacques Mercier.J'habite ju 309, rue Ampleman.L'heureuse coïncidence! Je demeure au '15 de la même rue.Il s'en faudrait de peu pour que je me mette à chanter: Vlleluia! (De la dignité, ma fille! Il faut i|ue ce jeune homme vous sente réservée et timide.) Hum! je fais part de ma surprime à monsieur Mercier qui s'inquiète de mon nom.Catastrophe! Comme un condamné à mort, je dis d'un ton lu-lubre: —Lucille L A M O U C H E .Tiens il est poli.Il n'a pas ri.Soit i!it entre nous, c'est vraiment triste d'avoir hérité d'un nom semblable.Mon émotion calmée, un mouvement de curiosité me pousse a lui demander: —Comment se fait-il que vous ayiez pu, sans difficulté, maîtriser ce diable de conducteur zélé qui allait me faire des misères'' Scriez-vous neveu du maire ou cousin éloigné de sa majesté le Roi?Il me répondrait affirmativement que je n'en serais pas autrement surprise.Quel chic! Quelle noblesse d'attitude! Qu'il est beau, seigneur! (A-t-on idée de se pâmer ainsi?) —Je ne suis, ma chère Lucille, qu'un simple inspecteur.Je surveille la tenue, la conduite, vis-à-vis des voyageurs, de tous les conducteurs, garde-moteurs, ou tout employé attaché au Service des Transports.Je veille à ce qu'ils répondent poliment à tous ces gens qui voyagent matin et soir, souvent fatigués à la suite d'une longue journée de travail.Parfois, il me faut emprunter la peau de ces hommes pour mieux comprendre qu'eux aussi sont harassés d'être poussés, interrogés, molestés par des clients qui oublient parfois qu'ils s'adressent à un être humain, et non à une bête! Une demi-heure dans le tramway suffit à nous tendre les nerfs .alors songez donc à ce qu'endurent ces hommes qui y vivent parfois presque douze heures de suite?—Amen! Ceci se passait il y a deux ans.J'ai épousé Jacques et je voyage maintenant à l'oeil dans les trams.Amour et Transport sont devenus d'excellents amis.Seuls, les meubles modernes sont si élégants.si abordables! 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( omment éviter qu'elles ne donnent a Grace, une lois au moins, l'occasion de jeter les yeux sur la pièce révélatrice?C'est ce que Joëlle a compris d'elle-même, dans -on exquise délicatesse.Et la cherc petite, avec une abnégation dont je la bénis, a préféré.—Se sacrifier! Et vous avez accepté cela, Rouvière?—Joëlle n'a que vine,! ans, Passcriau.Grace est malade.que les années qui lui restent à vivre soient du moins sans brutale secousse! Quand Dieu la rappellera, Joëlle sera sans doute encore •l'âge à faire sa vie.Mais pardonnez-moi! je parle, je parle sans penser que.\ous aussi, vous avez vos tourments.Si j'ai été cruel en remuant le fer dans \otrc plaie, ne m'en veuillez pas!'J'avais tant besoin de confier mes luttes à un imi.de m'épancher auprès d'un homme de coeur apte à comprendre ma détresse.Adieu.Je ne rentre pas tout de suite à la Lêzardièrc; Joëlle ne doit pas être encore partie pour son Entr'aide, et je préfère ne pas me trouver seul avec elle C'est lâche, n'est-ce pas?Pauvre petite, à qui tout échappe en même temps.VIII Passcriau rangea son auto dans une amorce de chemin proche de la grande maison, franchit l'allée centrale et, d'un geste résolu, sonna.Clément parut.—Monsieur le Comte est sorti, dit le domestique, et Mademoiselle vient de partir par le chemin du bas.Si c'est elle que monsieur désire voir, il peut encore la rattraper.Mais Passeriau secoua la tête.—C'est à Mme de Rouvière que je veux parler.—A Mme la Comtesse?—Dites-lui, Clement, que j'ai une com- partageons avec la federation municalion importante à lui faire.Vous m'entendez: inipurlann! Quelques minutes s'écoulèrent durant lesquelles, introduil dans un puu salon, il eut le loisir de la réflexion.Son audace, déjà, commençait à fléchir.N'avait-il pas pris là, inconsidérément, une tien grande responsabilité?Mais l'entrée dans la piece de Grace de Rouvière, plus frêle, plus diaphane que jamais dans son vélemcnl d'intérieur en velours ivoire, lui coupa toute possibilité de retraite.—Excusez-moi, madame .préluda-t-il en s'inclinant sur la main translucide que sillonnait tout un réseau bleuté.Excusez-moi de venir vous déranger a cette heure indue.—Vous êtes de nos intimes, monsieur Passeriau.Je vous écoute.—Ce que j'ai à vous dire, madame, est extrêmement délicat.J'ai besoin, pour m encourager, de me référer aux sentiments d'amitié qui me lient à votre famille.en particulier à votre charmante Joëlle.—Monsieur Passcriau.je crois deviner où vous voulez en venir.Votre affection pour ma fille ne m'a pas échappé, et je sais qu'elle aussi a pour vous beaucoup d'amitié.Quant à aller au delà, j'avoue mon ignorance.Nous avons toujours, vous le savez je crois, laissé Joëlle parfaitement libre de ses décisions, et c'est à elle-même.—Non, madame, non, intervint Passcriau.je me suis mal fait comprendre.Non que je n'aie jamais songé à faire la demande que .qui .enfin .Peu importe aujourd'hui.Si j'ai pu m'abuser sur le sort qui serait réservé à cette demande, je me suis détrompé depuis, croyez-le bien! Bref, madame, ce qui m'amène aujourd'hui ne concerne pas Joëlle.Ou plutôt.pas dans le sens que vous imaginez.Madame, je vais vouc faire une peine infinie, mais je vous jure que j'ai pour cela de puissants motifs.Ecoutez-moi.et pardonnez-moi! Joëlle.Joëlle n'est pas voire fille.A peine s'était-il déchargé de son pesant aveu qu'il eût tout donné pour l'effacer.Un homme du monde, songeait-il eût usé de subtilités, mais lui.Toujours la tactique de la baïonnette! Ah! Quel butor il faisait .Machinalement, afin de s'épargner une vision douloureuse, il avait abaissé ses paupières.Malgré cela, les symptômes qu'il desinait passaient devant ses yeux clos aussi distinctement que s'il eût pu les voir réellement.Un visage crispé-une pâleur cireuse, une expression hagarde des prunelles trop pâles.Et il prit peur.Si la malheureuse s'était évanouie?Mais non.Grace de Rouvière parla.Ce ne furent que trois mots, articulés de sa voix douce aux inflexions chantantes.trois simples mots: —Je le savais.Haletant, le comte de Rouvière gravit le perron de sa maison.Un passc-partout lui ouvrit l'accès du vestibule.11 s'apprêtait à monter, mais le bruit assourdi d'une conversation lui parvint, venant du petit salon.—Vous êtes là.Grace?demanda-t-il en même temps qu'il poussait la porte.Il s'arrêta court à la vue de Passeriau qui, tout de go, s'était levé.—Vous?fit-il, décontenancé.Vous.Son regard vovageait de Grace a l'homme de Ker Breiz, soupçonnant déjà la raison qui l'avait amené, mais celui-ci, courageusement, proclama: —Vous ne vous trompez pas! Je suis venu pour tout dire à Mme de Rouvicrc.C'est fait! Après quoi, avec une délicatesse dont l'eussent cru incapable ceux qui ne connaissaient de lui que l'aspect fruste et les rudes manières, il se coula discrète- Prêtes en tout temps.parfaites tout le temps UES OLIVES Dégustez avec satisfaction la délicate saveur des Olives Gattuso Chaque Olive Gattuso est cueillie avec soin.entièrement à point I Dans le* salades, les hors d'oeuvres, ou comme plat supplémentaire à votre repas principal régalez-vous .insistez pour avoir les Olives Gattuso MAINTENANT! les ouvre gattuso sont EMPAOULTLLS HERMÉTIQUEMENT dani de* jarre» à nouvMu serviable» dan» le telngéroteuT L'Oit»» Gattuto «f a •av»uï tollé* toujomi hatche .et la jaire devient us pot très commode pour la cuiane POUR LE LUNCH ET LE BRIDGE UIULMMIANI») V THE IRISH LINEN GUILD 137 WELLINGTON STREET WEST.TORONTO.I \ REVUE MODERNE — MARS tg51 ¦il CE QUE TOUTE MÈRE DEVRAIT FAIRE AU PREMIER SIGNE DE BOUTONS Lu Spatuliitn nous avertissent que les boutons minent la confiance en soi des enfants i .¦ .qu'ils peuvent même endommager leur personnalité d'une façon permanente.De plus, négliger les boutons peut causer des cicatrices permanentes.Agissez donc sans tarder.clearasil, la nouvelle formule scientifique faite spécialement comme remède contre les boutons, peut protéger votre jeune fils ou fille contre ce double danger.Nouvelle I Formule Médicarnerrtée ÉCLAIRCIT LES BOUTONS COULCUR O'CPIDERMC .Comovfl» f*i boulon J tondig qu'il foil ton oeuvre Munltrunl1 \ !n nouvel evpoîr pour les victimes de boutons! clearasil, une nouvelle ci étonnante formule médicamentée.dessèche les boutons extra-ordinairemeot vite- Antiseptique aussi .aide i arrêter la formation des bactéries qui peuvent causer des boutons et les faire le multiplier.SOULAGEMENT IMMEDIAT de toute géne parce que le médicament clearasil est couleur d'épiderme pour camoufler les boutons tandis qu'il les éclaircit.NoD-graisseux, ne laisse pas de taches.OES MILLIERS OE CENS ACCLAMENT LE CLEARASIL Un si grand nombre de garçons, de teunes filles et d'adultes ont constaté i quel point clearasil est .ih- .qu'il est i présent le medicament spécifique contre les boutons le plus en demande en Amérique.Sélection du Reader's Digest a rapporté sur des * ¦ - r.¦ de clinique où on a employé le médicament genre clearasil.EfFECTIF OU REMBOURSEMENT OE VOTRE ARGENT! 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Mais dites-moi.vous avez perdu la parole, tous les deux?Qu'est-ce qu'il y a qui ne gaze pas?—Vous permettez'1 fit Joëlle comme il reprenait sa place au volant.Elle congédia du geste Harold, qui sans révolte poursuivit sa route, les deux mains dans les poches de son pardessus, et elle s'installa sur le siège de droite.—Monsieur Passeriau.commença-t-elle tout de suite, d'une voix mal assurée, vous êtes la dernière personne qui.que je devrais prendre pour confident.Je le sais bien.Mais je sais aussi que vous êtes mon ami.et un brave homme.—Bien sûr, petite Joel!.-, il faut vous confier à votre vieil ami! Il le faut d'au, tant plus que je crois avoir deviné bien des choses et que.mon Dieu! il se peut que je ne vous sois pas tout a fait inutile.Oui, c'est comme ça! On se fait à soi-même de beaux serments.on jure de ne plus jamais s'occuper de ce qui ne vous regarde pas.et puis, à la première occasion, le diable s'en mêle.Mais cette fois-ci, je peux y aller sans crainte.Connaissez-vous, Joëlle, l'histoire de l'éléphant dans un magasin de porcelaines?Non?Eh bien! figurez-vous qu'un jour, ci-haut illustré se trouve aussi, BUFFET No: 73 CABINET No: 76 Avec l'introduction de l'ensemble 61 -1 54.WHITEHOUSE présente la "pièce de résistance" pour votre foyer.Idéal pour les familles moyennes, il devient par l'addition de son panneau supplémentaire l'ensemble le plus adéquat offrant un grand confort aux familles plus nombreuses.Voyez ces chaises avec leurs dossiers dont la forme indique le confort, leurs sièges aux ressorts "no-sag", généreusement coussinés de laine pure.La diversité de couleur du motif Patio, une création exclusive de R.B.C.Vinylcraft .où l'imprimé ne s'altère pas, vous permet un choix des plus étendus, gris, rose, /aune, vert, corail.Remarquez le dessus de table de plastique laminé, fini en grain de bois érable à l'épreuve de la chaleur, des acides et des brûlures de cigarettes.Acheter un produit WHITEHOUSE.c'est se procurer un produit de qualité supérieure.voyez votre détaillant autorisé, aux produits de qualité Un produit de qualité WHITEHOUSE est de fabrication éprouvée.l'âme de la table est de bois séché ou four qui ne fendille pas, est à l'épreuve des ondulations.Dessous de table laminé comme protection efficace contre l'humidité.* Noir» dernier catalogue pour 54 voui iero expédié, »ur la réception de votre nom et odrette, plu* la lomme dt 0.25: comprenant frait de poi'c et d emballage.t 54 3 WHITEHOUSE INDUSTRIES LIMITED SIC-THÉRÈSE DE BlAINVIllE, P.O.cet éléphant n accompli un miracle: // i , rien cassé.Mieux encore, il a répare qu'il avait mis en miettes la fois p cédente."Donc, ma chère petite, vous aim votre cousin Harold?Oh! ne craigin pas de me désappointer en l'avouant, | i eu tout le temps de m'y faire.ce n'e i pas d'aujourd'hui que je m'en doute! .vous vous êtes mis en tète de renom au bonheur.A cause de quoi?D'un malentendu! Car ce n'est que cela: i malentendu.un quiproquo.Fh bien! quiproquo.Pfft! Volatilisé.pulvérisi —Monsieur Passeriau! reprocha Joël! C'est mal de vous moquer de moi.—Vous ne me croyez pas?C'est poi< -tant comme je vous le dis.C'est qu'il s' n est passé, des choses, depuis que vous avez quitté la maison ce matin! Ne comptez pas sur moi pour vous les raconter, ces choses.d'autres s'en chargeront, qui sont plus qualifiés.Sachez seulement que Mme de Rouvière est au courant de tout.qu'elle l'a toujours ili — ou depuis tant d'années! — et qu'elle attend impatiemment l'instant de serrer dans ses bras sa fille Joëlle et.son futur pendre! —Monsieur Passeriau.vous êtes bien sûr de ne pas vous tromper?De ne pas me leurrer'' Ce serait si cruel! —Vous pouvez avoir confiance en moi, Joëlle.Vos parents comptent les minutes qui les séparent de votre retour.Voulez-vous que je vous dépose à !a Lézardière?Nous cueillerons Harold au passage.Joëlle avait fermé les yeux.Elle hésitait encore à s'abandonner totalement à la joie, mais sa résistance faiblissait rapidement.Lorsqu'on approcha de l'endroit de la route où une haute silhouette cheminait, solitaire, elle se réveilla de sa torpeur et ordonna: —Arrêtez, monsieur Passeriau! Arrêtez.En même temps, elle faisait jouer un verrou et sautait dehors à pieds joints non sans risques de chute.Le piéton s'était retourné au grincement de freins.Elle ne lui laissa pas le temps d'interroger, mais lui saisit le bras.—Harold.ô Harold.Elle suffoquait.L'émotion.la griserie de ce bonheur à nouveau saisissable.Le jeune homme, sans comprendre, resardait le visage rayonnant, transfiguré, qui se levait vers le sien.Mais comme Passeriau, qui venait d'ouvrir toute grande la portière d'arrière, l'invitait à entrer, il obéit, et Joëlle s'assit sur la banquette à son côté.Ce fut le signal de longs chuchotements.Elle parlait, s'émerveillait, racon tait encore.L'heure était proche où le secret de son amour, succédant à d'autres secrets, pourrait enfin s'épanouir en un baiser.L'auto stoppa enfin.Tout a leur rêve retrouvé, les regards noués, les doigts enlacés, les passagers de l'arrière ne bougèrent pas.Savaient-ils seulement qu'ils étaient arrivés à destination?Passeriau a mis pied à terre.Le front soucieux, le coeur lourd, il va, il vient, il arpente le pavé le long de la propru e des Rouvière.Soudain, il se trouve as-sailli, entouré, sollicité de deux côtés à !i fois, c'est la minute des adieux.—Ce que vous êtes chic, tout de n me! s'écrie Harold en happant sa m;i 11 droite et en la secouant avec une foug -toute juvénile.peut-être aussi to t écossaise.—Nous penserons à vous demain, H -rold et moi, dit Joëlle.A Lézillat.s r la petite tombe.Puis elle ajoute, haussée sur la poir des pieds: —Vous voulez bien, dites, que je vo s embrasse?Comme quand j'étais une te -te petite fille.FIN LA REVUE MODERNE MARS U 'A 1 " An ' u/k (tr St-Jejn, Terrcneuvt", peinture exécutée pour la Collection Seagram par A.1".Jackson, CM.G., I.L.D.Je fëanaclci h âai^ïA A monde G, 'race à l'image, ce langage universellement compris et admiré, la tournée internationale de la collection de peintures Seagram, qui représente les principales villes du Canada, illustre comme jamais auparavant le merveilleux essor de notre pays et fait ainsi connaître aux autres peuples sa réelle valeur et son juste mérite.Transportée par avions à travers trois grands continents, cette galerie d'art reçoit partout un accueil triomphal.Lorsque la Maison Seagram demanda à des artistes canadiens renommés de peindre 52 toiles représentant les principales villes du pays, en vue de les exposer au cours d'une A.Y.JACKSON, CMC, LL.D.Il est reconnu comme le doyen tics paysagistes canadiens.[1 lui membre du Groupe des Sept (1920), qui devenait plus tard le Croupe des Peintres canadiens ( 1933).\jc ministère de la Défense lui commanda plusieurs ti h les au murs de la première Grande Guerre.11 puisa son inspiration elans toutes les régions du Ganada.tournée de 30.000 milles, elle ne pressentait jamais un succès aussi considérable.Déjà, plus de 100.000 personnes ont admiré les originaux de chacune de ces oeuvres et gardent précieusement les plaquettes qui en contiennent les reproductions en couleur.Chose encore plus appréciable, ces nouveaux anus que le Canada s'est acquis gardent une impression profonde de notre beau et grand pays; l'esprit d'initiative de son peuple, ses prodigieuses ressources naturelles et industrielles, son développement et ses progrès extraordinaires font l'objet de leur plus vive admiration.£a M 5 ai son ^eacjram Cov\{orwiime,vd.aux tenaces wiodemes.Pepsi-Gola rafraîchit sans alourdir C'est un fait qu'aujourd'hui, les gens font plus attention à leur ligne et choisissent avec soin les aliments et les breuvages qui ne sont pas trop riches.Et cela est excellent, tant au point île vue bien-être qu'au point de vue apparence.La tendance est donc à un régime composé de choses plus légères.Cette tendance aux aliments et aux breuvages légers a été ob-er \ i'e .1 l.i lettre chez l'epsi-( !ola.Pepsi-Cola est maintenant un breuvage léger, pas trop sucré, et qui contient moins de calories.Il est plus rafraîchissant que jamais auparavant, parce qu'il rafraîchit sans alourdir.Ayez-vous dégusté un Pepsi dernièrement?Sinon, faites-le sans tarder.Il vous esl toujours offert dans cette bouteille économique qui peut suffire pour deux personnes.Buvez Pepsi-Cola.le breuvage qui rafraîchit sans alourdir! — Le breuvage léger
de

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