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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 9 mai 1896
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1896-05, Collections de BAnQ.

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lOf TE 2184.1*5 no 86 TELEPHONE 892 Revue Politique et Littéraire POLITIQUE—LITTERATURE—THEATRE—BEAUX-ARTS IroL 4 MONTREAL.9 MAI 1886 No.%% SOMMAIRE |c»stors, Pierre Lèrouge — Le Devoir des Evêques, Canadien — Mauvaise Raison, Magister — Le Mandement, Illettré— Miracle, Don José—Fermeture des Magasins, Perrin Dandin — Biographies : Ernest Lavigne, esquisse fantastique et qnasi véridiqne, Tri-boulet— Les Chouettes, Pvrigot — L'armature, Arétin — La grande soirée des Duflost, Eugène Chavetle— Le 14 mai, Pippo — Feuilleton : Rome, (Suite) Emile Zola.Les condition! d'abonnement an Réveil ne Mat pas lea conditions ordinaires des autres journaux.Nous livrons le journal h domicile (franco) à raison de 25 cts par mois, payable au commencement de chaque mois.Tout ce qne oui demandons au public est de voir le journal.Les abonnements en dehors de Montréal sont payables tons les quatre mois et d'avance.Nous enverrons un numéro échantillon gratuitement i tous ceux qui en feront la demande.Veuillez adresser vos lettres an Directeur dn Réveil, Boîte 2184, Montréal CASTORS En sortant du ministore ingrat qui refusait de le garder plus longtemps dans son sein, Sir A.P.Caron s'est crânement planté son monocle dans l'arcade sourcillière et s'est écrié : " En voilà un beau ministère ultra mon ta in : l'Eglise et l'Etat dans la même galère ! " Le mot de Sir Adolphe a fait fortune, et tout le monde s'est exclamé à son tour : " En effet, c'est un gouvernement ultra-montain 1 " Seule, la Presse a protesté, et elle a eu raison.Appeler la combinaison nouvelle une combinaison ultramontaine, c'est commettre un ridicule anachronisme ; c'est dire une sottise.Sir Adolphe n'en est pas à la première." Autant vaudrait appeler M.de Bou-cherville janséniste," dit notre confrère.Parfaitement ; pourquoi ne pas donner à l'aile française du cabinet le nom que tout le monde lui a décerné à la première nouvelle : le groupe castor ? 106 LB REVEIL Car, ce sont de Trais castors qu'on a cor-rallés là pour représenter la minorité française.Pas ultramontains du tout, pas jansénistes, tous castors, pure race descendant en droite ligne du glorieux parti fondé par le directeur du sacro-saint Etendard.Eh oui, parlez-nous des castors, voilà qui se comprend, voilà qui n'a pas besoin d'éclaircissements.A la campagne comme à la ville, on sait ce que c'est qu'un castor, et on ne s'y trompe pas.On se rappelle quels cris souleva la formation du cabinet Mercier, lorsqu'il fit asseoir à ses côtés, sur les banquettes du Trésor, les élèves du Grand Tru-del.Combien ont alors répété le fatidique : ceci tuera cela I Et ces jeteurs de sorts ont eu raison ! Ceci a tué cela.Sir Charles Tupper esc un rude homme de n'avoir pas redouté un pareil précédent et de réchauffer ainsi quatre rongeurs dans son sein.N'est-il pas curieux de voir comme cette race a conservé ses instincts migratoires originaires ?Les castors voyagent toujours en bande, et sont entre eux éminemment sociables.C'est l'Histoire Naturelle qni nous l'apprend, et nous y croyons fermement.Lorsque le ministère Ross-Taillon s'ébranla devant la motion Garneau, les castors accoururent dans le camp Mercier.Après avoir grignoté toutes les provisions du parti national, et suffisamment rongé les solives pour être sûrs de la débâcle, ils trottèrent au grenier de Boucher-ville, puis à la crèche Taillon.Le râtelier étant vide à Québec, nouvelle émigration des castors, qui rappliquent en foule à Ottawa.Tous ces mouvements s'opèrent avec nne régnlarité parfaite, une entente complète de la mise en coupe réglée du bien d'autrui, le tout sous des allures modestes, pea bruyantes et surtout sanctifiées.Prenez les castors arrivés à Ottawa: Taillon, Desjardins, Rots, et Angers.11 n'y en a pas un de bruyant là-dedans, sauf M.Taillon, peut-être, quand il chante au lutrin ; mais cela se passe, paraît-il, Les autres sont bien les vrais rongeurs trotte-menus qui vont vous engloutir tonte une réserve sans faire ouvrir même l'œil à un gendarme.Ah 1 nous voilà bien lotis avec cette fournée-là, qui n'est qu'une avant-garde, en somme; car nous allons voir maintenant le grand défilé, le défilé des p'tùs minteaux, comme disait le joyeux Cyprien.Avant peu, les trains d'Ottawa vont être encombrés de tout ce que le pays compte de Jésuites de robe longue ou courte, de bedeaux et de sacristains, de marguilliers et de suisses de cathédrale.Quelle procession, mes amis, et quelle joie dans la Chrétienté I Un journal de Toronto a pris les devants eta proposé la formation d'un cabinet encore plus catholique que celui dont nous sommes gratifiés ; voici la liste qu'il a composée: Premier ministre — Sir Charles Tapper, Bart.Ministre des postes — Cardinal Tascheresu, Québec.Ministre ds la marine et des pêcheries — Rev.John Cameron, évéqne d'Autigonish Sana portefeuille — Sir Frank Smith, sénateur.Ministre des finances — Archevêque Langevin, St-Boniface Ministre de la justice — Archevêque Cleary, Kingston.Ministre des chemins de fer et canaux — Evêque Labrecque, Chicontimi.j Ministre des travaux publics — Evêque Gravel, Nicolet.Ministre de l'intérieur et surintendant général des affaires des Sauvages — Rév.Père Lacombe, T.N.O LE REVEIL 101 Ministre da commerce —Evêque Laflèche, fois-Rivières.giuistre de U milice et de la défenae—Ar-elevêque Duhamel, Ottawa.Secrétaire d'Etat — Evêque Emard, Valley-field Sm» portefeuille — Archevêque Fabre, Montréal- Solliciteur-général — Archevêque O'Brien, Haifa.Coitrôlour dea douanes — Evêqne Morean, jt-Hyacinth'*.Contrôleur dn revenu de l'intérieur— Pas en- ok choisi.Ministre da l'agriculture —" Doc " Montagne.On se propose d'ouvrir toutes les séances dn Coaieil Privé, à l'avenir, par la grand'messe.A part la dernière remarque, qui est certainement de très mauvais goût, nous comprenons mal pourquoi certains journaux se sont sentis hautement offusqués de cette ardoise gouvernementale.L'idée de confier des postes politiques à des dignitaires ecclésiastiques n'est pas nouvelle et ne doit pas effaroucher les castors.N'est-ce pas un castor, un ancien castor, tltrauioiitain, n'en déplaise à la Presse, M.Israël Tarte, qui écrivait, il n'y a pas ù mois, dans le Cultivateur : 8i nous avions dans la chambre dea Communs» quelques-uns de nos meilleurs prêtres canadiens-français, notre race et le clergé lui-même m retireraient d'immsnaes avantages.Croit-on fie la présence snr des banquettes de députes d« Mgr Bégin, de Mgr Lailtmme, de M.l'abbé Mathieu, de M.1- chanoine Brnchési, de M.le dtanoiue Archambault, de M.le grand-vicaire Grand, de M le curé Auolair, da Père Targeon, 4a Père Qarceaa, da Père Dés y, de M.Nantel, etc., serait uue disgrâce pour nons ?Ne serait-il pas intéressant, utile, A cette heure, d avoir au milieu de nous Mgr l'archevêque1 deSt-Boniface?8i Mgr Latlamme, de l'amitié duquel je m'ho-' sors, consent A se faire homme politique, j'irai l« présenter i mee intelligents électeurs de I 'Islet qni le nommeront député.Les noms ne sont peut-être pas les mènes les positions sont plus élevées, mais nous ne voyons pas pourquoi la proposition de M.Sheppard lui vaut des insultes quand celle dc M.Tarte a eu les honneurs d'une réponse — adverse, il est vrai, mais polie — de la part d'un membre même du clergé, collaborateur de la Presse.Le gouvernement castor n'a rien qni nous effraie ; nous sommes habitués à la dure, les horions ne nous font pas peur; et, d'ailleurs, nous aimons encore mieux avoir affaire aux castors conservateurs qu'aux castors libéraux, puisqu'il faudra toujours en avoir sur notre dos jusqu'à l'extermination finale.Mais elle viendra, cette extermination, soyons-en sûrs.Le Petit Journal, de Paris, le consolateur des concierges, recevait l'autre jour la lettre suivante d'un correspondant d'Avignon : Avignon, 24 janvier.Un chssseur a tué aur lee bords du Rhône, _aa les bois qui avoiaineot le domaine des lasards, un castor femelle qui mesurait un mètre lix centimètres de longueur et pessit vingt-deux :ilos.Il n'a pas fallu moins de quatre coupe de feu pour abattre oe représentant d'une eepéoe animale à peu près disparue de notre région.Il y a cependant nn mois environ qn'un cas-ior mâle fût rencontré et tué, aur lee bords du Rhône encore, aux environs de Pont-Ssint-Bs-prit Mais ce sont IA de rares aubaines.Jadis les ¦astora étaient relativement communs sur les i vos du bss-Rhône et de la basse-Durance Ils oe vivaient pas comme aujourd'hui A l'état isolé, [mais en société, et construisaient des ouvrag-s 'dont il est fait mention dana les livras de l'épo-jqne.L'exploitation très active dont ils étaient l'objet lea a fait A peu près disparaître.Ce n'eat point seulement A canes de leur prerelease fourrure qae les castors étaient férocement traqués ; leur chair fort agréable et délicats étsit recherchée des gourmets, et les moines chartreux de Csumont snr les rives de ls Du ran ce, avaient sollicité et obtenu le privilège d'en faire une sorte de charcuterie dont l'usage (en raison de l'existence semi-terrestre et semi-aquatique de l'animal) était permia les jours ou a 108 LE REVEIL le regime maigre est de rignenr aelon les prescriptions religieuses.Le tout est intitulé : " Une espèce qui disparaît," et l'article se termine par cette remarque de circonstance : Aujourd'hui ce n'est guère que sur les rires du fleuve Saint-Laureut, nu Canada, qne les amateurs de charculerie de castor pourraient satisfaire leur gourmundhe.Vrai, le Revéii.n'est pus fort pour les nouvelles congrégations, mais ne trouvez-vous pas que ça donne envie de faire venir des Chartreux chez nous ! PIERRE LEROUOB.Le Devoir des Evéques Le Monde de mardi dernier publie, sous ce titre, un article éditorial qui débute ainsi : " Voilà nn titre énornu qni fera snrsauter le lecteur : Le Devoir des Evéques ! " Tiens, tiens, tiens 1 Pourquoi le Monde suppose-t-il que ce titre fera sursauter ses lecteurs ?Apparemment, parce que les prétentions insoutenables qu'il affiche au long de son article sont insoutenables, fit le Monde, redevenu clérical, est obligé de recourir à des précautions oratoires qui ne sont pas du tout hors de propos.Et notre confrère, sanctifié depuis sa nouvelle incarnation, ajoute : " Mais qui donc, parmi les catholiques, serait assez téméraire ponr tracer anz évéques lenr devoir?Qui donc oserait entreprendre de lenr dicter la ligne de conduite qu'ils doivent suivre ?Qni aurait l'andace de s'ériger en inspirateur de l'épiscopat ?Qui, enfin, prétendrait avoir, A lni tont seul, plus de jugement, pins de ssgesse, pins de prudence que tous les évéques réunis ?" Qui aura la témérité, qui osera, qui aura l'audace, qui prétendra dire aux évéques : " Mêlez-vous de vos affaires " ?Mais, nous, tout simplement.Nous, Réveil, qui ne représentons pas seulement quelques rédacteurs ou collaborateurs, mais un groupe compact de citoyens constitué par l'élite de l'intelligence canadienne.Nous, que les malédictions épiscopales n'ont pu réduire au silence Nous, qui sommes des électeurs actifs, des unités puissantes, des citoyens soucieux de l'avenir de notre pays, des hommes de progrès respectueux de la liberté des autres mais acharnés au maintien de la nôtre.C'est nous, entendez-vous, qui nous dres serons devant les évéques en leur disant: " Vous exigez de nous de lourdes contri-" butions ; vous nous faites payer vos services au prix du tarif protectionniste; " vous nous chargez de toutes les taxes que " vous ne supportez point ; vous abrutissez "nos iils et nos filles dans vos collèges " moyennant le prix fort ; vous avez le pu " sur tous et sur tout ; vos exigences de " toute nature nous ruinent, et nous som-" mes assez bêtes — tant la force de l'habi-" tude est grande —pour tout payer sans " mot dire.Mais, enfin, il y a des limites " à vos inassouvissables exigences.Si nous " payons sans révolte, laissez-nous au moins " le choix du gouvernement qui nous assu-" rera la parcelle de prospérité nécessaire " |)our solder le coût de vos oremus et l'en-" tretien de vos chères personnes.En nn "mot, ne venez pas nous défier dans la " tannière désolée où votre égoisme nous i "acculés, car nous sommes bien résolus à " conserver ce dernier abri, en dépit de sa «' rudesse." Et si, malgré cette apostrophe, les évéques dorés sur tranches, suivis de leur clergé gavé, de leurs moinillons crevant de graisse, et de leurs nonnettes hystériques, viennent s'interposer entre nos besoins et le moyen unique de les satisfaire, alors !. LE REVEIL 109 oh! aloi*s, ils ne devront s'en prendre qu'à fûx-mênies des haines implacables qu'ils joalèveront.Le peuple canadien est docile, mais il n'est pas aveugle.11 supporte le supplice de la théocratie comme un cheval supporte les coups de fouet : longtemps et silencieusement, mais pas toujours.Une ruade est bientôt lancée; et le charretier brutal pleure, et il regrette sa brutalité lorsqu'il est couché sur un lit d'hôpital, attendant, dévoré par la fièvre, la guérison de l'amputation qu'on a dû pratiquer sur lui, et gémissant à la perspective de ne plus pouvoir ¦archer qu'avec des béquilles.Le clergé n'a le droit d'intervenir que dans les choses spirituelles.En dehors de ces choses, il n'a aucun ordre à donner.S'il méconnait ce principe élémentaire, il doit s'attendre à en supporter toutes les conséquences, et, bien que nous n'estimions pas au poids de l'or la valeur des jugements épiscopaux en matières temporelles, nous conseillons à nos très vénérés pasteurs, de tous grades et de tontes dénominations, de prendre bien garde aux pertes monnayées que leur intervention monstrueuse pourrait leur faire encourir.Le Réveil n'est pas un journal de diserts hypocrites qui procèdent par insinuations cauteleuses et qui ne disent jamais et qu'ils pensent.Nous, non seulement nous ex primons nettement notre pensée, mais encore celle des autres.Sans doute, un grand nombre de nos fidèles lecteurs, s'ils étaient mis en demeure de proclamer qu'ils pensent comme nous, ou qu'ils nous blâment de notre franchise, pencheraient vers le blâme, dans la crainte des représailles dont ils connaissent si bien toute la férocité.Mais, au fond de leur conscience, ils nous félicitent et, à l'aide de leur modeste obole, ils nous fournissent les armes et les munitions qui nous permettent de les défendre et de poursuivre leur émancipation.Lorsque l'heure de la délivrance sonnera pour eux, grâce à nous ; lorsque nos efforts les auront soustraits aux serres impitoyables d'un clergé avide de jouissances, de puissance et de biens, au cri de reconnaissance que pousseront des milliers et des milliers de poitrines, on jugera seulement du degré d'amour que le peuple professe pour son dévorant clergé.Allez! allez! Nos Seigneurs 1 Mettez la main à la pâte ; faites-vous agents électoraux ; grimpez sur les hustings ; rédigez des mandements ; absolvez les bleus ; damnez les rouges ; faites à votre guise ! Mais n'oubliez pas que l'heure de la rétribution sonnera, «t que pour vous elle peut n'être pas drôle du tout.CANADIEN.Les journaux quotidiens se sont lancés, il y e quelque tempe, dana une discussion assez vive à propos de l'emploi qne M.Beaugrand, directeur de la Patrie, avait cru devoir faire de la tue scolaire imposée sur ses propriétés.On sait qu'il est prévu, A moins d'ordre con* tradictoire do la part du contribuable, que les sommes provenant de propriétés appartenant è dea catholiqnea soient affectées aux écoles catholiques, et, réciproquement, pour les propriétés et les écoles protestsntes.Un professeur — catholique, aana doute — et naturellement très intéressé au bon étstdu fonds scolaire catholique, eut la curiosité de demander, par voie ds U Preste, s'il était vrai que l'argent des taxes provenant des propriétés de M.Beau-grand fût versé au fonda scolaire protest en t.Le lendemain, la Presse recevait du trésorier de la municipalité, M.Robb, une lettre l'informant qne le produit des taxes scolaires payées psr M.Beaugrand était, sur sa demand* txprtsst, déposé su profit des écoles protestantes.7780 9 110 LE REVEIL L* Preste et le Monde poussèrent les hauts cris, ce dernier journal même, avec la jobarderie qui la caractérise, s'empressa de tourner la question à l'incident politique, et réussit à se faire suivre sur ce terrain banal par un naïf journal libéral nouveau-né.La Presse seule donna un semblant de raison à sa protestation en affirmant qu'un catholique n'avait pas le droit, i son gré, de se soustraire aux obligations contractées par ses co-réligion-naires.Il n'y a à ce raisonnement qu'un point faible, mais un point très important dans la position où nous sommes en ce moment.La Presse prétend que, bon gré mal gré, un catholique est obligé de payer sa taxe aux écoles catholiques.Mais, s'il n'utiliss pas les écoles catholiques, s'il envoie ses enfants à l'école protestante, de quel droit va-t-on employer son argent contre son gré?Ne voit-on pas que c'est là le grief le plus odieux dont se plaignent les Manitobains?Avant tont, ils demandent de n'être pas taxés pour le soutien d'écoles dont ils ne se serrent pas et ne veulent pas se servir.Et ce sont (les défenseurs des privilèges du Msnitobaqui désirent jouer aux petits Green ways à l'égard des contribuables de Montréal.La théorie de la Presse est insoutenable, et son grief contre M.Beaugrand est injuste, posé comme elle le pose.Il ne s'en snit pas, par exemple, que nons approuvions la conduits de M Beaugrand daus son cas psrticulier, et cela, à deux poiuts de vue.La tsxe scolaire n'est pas analogue à la répartition ecclésiastique.Dans ce dernier cas, le catholique qui fait part de son intention de ne pas profiter des avantages spirituels de la paroisse ecclésiastique, est libéré de l'obligation en plein: et tant qu'il ne s'affilie pas à une autre secte, profite de l'économie réalisés.Si cette opération financière est peu prisée an moral, elle a des compensations au matériel.Il n'en est pas de même pour la taxe scolaire.Si vous ne la payes pas aux catholiques, vous 1a payes aux protestants ; en tout cas, il faut toujours la payer.Par conséquent, il faut avoir .un caractère bien pointu pour jowr ainsi ans niche à ses co-réligionnaires, quel que soit le peu d'enthousiasme que provoquent leurs pratiqués, Cette considération dernière ne s'applique certainement pas è ceux qui font fréquenter i leun enfants des écoles protestantes.Pour ceux-ci, il, est naturel qu'usant des écoles protestante!, ils réservent à lenr soutien lenr contribution.Mais, le cas se singularise lorsqu'un catholique n'a pas d'enfants ou n'envoie les siens à aucune école.Priver de leur quote-part les écoles catholi ques, pourquoi ?Parce qu'on les trouve insuffisantes, arriérées?Mais, est-on bien sûr que ce soit en coupant leurs maigres ressources qu'on grandira lenr efficacité ?Ne croit-on pas que les hommes qni gémissent sur leur faiblesse feraient bien mieux de mettre la main à la poche pour les relever que de porta leur argent aux institutions protestantes dix foil plus riches ?magi8ter le mandement U va y en avoir nn.Ce mandement des évéques sera collectif et d'après nos informations, il semble que l'idée dominante, l'idée inspiratrice de ce mande man t sera celle-ci : Il est de l'intérêt de notre sainte religion qui la minorité catholique du Manitoba ait sesécolei séparées.Bien que cette minorité soit tout è fait insignifiante et qu'elle ns tienne nullement à avoir d'écoles, séparées on non, nons devou nous évéques, nous servir de ce misérable motil électoral pour assurer le triomphe de nos boni amis les conservateurs.N'est-il pus honteux de voir les politicien! agiter cette insignifiante question et exploite! le fanatisme des électeurs 'pour gagner la partie ?Oui, certes, cela est hontenx! Mais combien plus honteuse encore est l'attitude dn clergé qni met son influence au service de cette ce mé lie, qui tient toutes les ficelles qui font agit les pantins du castorisme ! LE REVBIL 111 Est-ce que lea députés ne sont pas élus ponr iotre chose qne le règlement des affair s de sacristies ?Est-ce qne les catholiques dn Manitoba ne sont pss libres d'instituer autant d'écoles dirigées par les bonnes sœurs et par lea cbers iinorantins que cela leur fera plaisir ?Eh bien, alors, laissez-nous donc tranquilles, sinistres farceurs que tous êtes, arec vos protestations et vos mandements ! Tout cela ressemble i la captivité dn Saint-Père et anx mauvais traitements qu'on est censé loi infliger.Allez, Messeignenrs ! Envoyez fort le mandement ! Il prouvera une fois de'pins qne vons avez perdn le don de la persuasion.Il prouvera une fois de plus que vons en êtes réduits à la menace, et cette constatation eat un ligne non équivoque de votre déchéance future.ILLETTRE Le miracle eat bien simple : Il eat tombé assez d'eau pour débarbouiller St Labre, mais pas assez pour laver le sang créole versé snr la Perle des Antilles.DON JOSE.MIRACLE Nous voilà en face d'un nonveau miracle et c'ett de la très catholique Espagne qn'il noua arrive.u parait qn'il no pleuvait pas depuis longtemps dans la capitale des Asturies et que par contre les coups pleuvaient trop dm à Onba.On se décida donc à faire nne proceasion solennelle en l'honneur du bienheureux St-Labro de pouilleuse mémoire.Le cercueil du vénéré fut porté dana un cortège solennel comprenant plus de huit cent curés et de plusieurs milliers de moines.La reine et tout son cabinet aasista à la cérémonie célébrée à la Cathédrale.Je ne saii pas si vous êtes de mon avis, maia ess prières et ces processions, après trois mois de sécheresse, me rappellent toujours le monsieur prudent qui attend ft la roulette que la rouge ait sorti vingt fois de snite pour ponttr snr la noire.Généralement, ça lui réussit.U en a été de même à Madrid.Trois jours après, il est tombé nne ondée.Immédiatement: Miracle! Il est vrai que l'insurrection cubaine marche de plus belle.Femeture des Magasins Le conseil municipal, autorisé par le parlement provincial, vient de mettre en vigueur la loi connue sons le nom de " Fermeture à bonne heure." En vertu de cette loi, tous les magasina doivent fermer ft 8 henres du soir, que les propriétaires le veuillent ou non.On donne toutes sortes de raisons pour motiver on exenser cette violence, mais jusqu'ici auenne raison réellement valable n'a été fournie.Ni l'hygiène, ni la morale, ni l'intérêt publics ne sont en jeu, Par contre, la liberté de tout le monde est sacrifiée ft un caprice, sinon à une manœuvre électorale.Des commerçants, en assez grand nombre, résistent ft cette violence.Ils ont raison, et s'ils persistent dans leur résistance, ils triompheront aiaêment de cette loi scandaleuse, issue d'une vulgaire cabale.Il n'est pas néces-aire d'ergoter longuement pour montrer l'illégalité et le vice de la loi nouvelle.Avant toutes choses, la constitution, qui eat le régulateur des lois, assure la liberté du commerce.Cette liberté n'est limitée que par oe qui pourrait en elle être attentatoire ft la liberté publique, ainsi qu'à l'hygiène et aux bonnes mœnrs.Dans l'espèce, aucun motif de cette nature n'est invoqué.L'on ne peut pas prétendre qae le travail prolongé des commis marchanda a provoqué une mesure humanitaire, puisqu'une grande partie des commerçants courbés sons cet nkase n'emploient pas de commis.C'est donc du bon plaisir ou quoique chose de pire.Les commerçants de détail sont les facteurs nécessaires, les agents les plus actifs de la prospérité publique.Par leur intermédiaire, le Tré- 112 LE REVEIL ¦or s'alimente des impôts indirects qui frappent le consommateur.En réglementant leurs opérations, en leur imposant des entraves, on commet plus qu'uue iniquité, on commet encore une maladresse.Et si, par impossible, cette loi odieuse et ridicule était maintenue, il faudrait en décréter uue autre, logique, corollaire indispensable de la première : la supression radicale de la loi des faillites.Ou ne comprendrait pas, eu effet, que le commerce soit réglé, qu'il soit eut:avé par l'autorité, et que l'autorité fasse peser sur le commerce la responsabilité des désastres qu'elle aura violemment provoqués et, dans presque tous les cas, rendus inévitables.Nou seulement cette loi a uu caractère révoltant, mais elle crée un précédent fort dangereux pour nos libertés.Lorsque l'ou entr-> dans l'arbitraire, on s'égare aisément et les fautes s'accumulent en même temps que les inquiétudes augmentent.Eu verra du principe de la " Fermeture à bonne heure.'' ou plutôt eu l'absence de tout principe, on pourra sous peu réclamer le rétablissement de l'antique coutume du couvre-feu.et décider que passé dix heures, nul ne devra circuler dans les rues.Après cela, le champ sera libre, et l'on nons •errera entre le» murailles d'une caserne ou d'un couvent Ou nous imposera l'heure et le menu de nos repas, celle de notre 'lever et de notre cou-cher; on dévidera de la coupe et de la qualité de u vêtements, etc.etc.Nous formerons un vaste phalanstère et.i 1 instar des religieux ou des soldats, nous serons soumis à une discipline étroite, sévère et uniforme Cette prévision n'est nullement fantaisiste Du mo me a: qu'un groupe turbulent peut obtenir, à l'aide de prouieèse* et de menaces que le bulletin electoral a le pouvoir de réaliser, une loi au**: contraire au droit des gen* et aux intérêts généraux de toute une population, on peut redouter qu'un autie group*, usant du même pouvoir.:'.i*.»e décréter, à force d'intrigues, une loi tout opposée, la ¦ Fermeture tardive." p»r exemple.Que dirait-on ai.pour satisfaire uu groupe pois- sant d'agitateurs électoraux, on décréterait que tous les magasins devront rester ouverts jusqu'à onze heures du soir ?On hurlerait et on aurait raison Et pourtant la loi qui impose la fermeture à hnit heures n'est pas moins monstrueuse que celle qui imposerait l'ouverture jusqu'à onze heures ou misait S'il ne s'agit que des commis, qu'ils se protègent eux-mêmes en se syndiquant.La loi les autorise à se former en corporation, et ils peuvent imposer leurs conditions aux patrons.S'il s'agit de commerçants dépités de ne pas faire d'affaires, cela les regarde.Qu'ils ferment on qu'ils ouvrent à leur guise ; il y a li une concurrence qui ae peut qu'être favorable aux consommateurs, et,csa-sommstsurs, ils le sont enx-mêmes.La question de fermeture obligatoire est fort intéressante Les tribunaux vont être saisis des doléances et des ré lamatiens d'un certain nombre de commerçants réfractaires aux béantes du nouveau régime, et telon les décisions rendues par les pouvoirs judiciaires, nons reviendreu sur le sujet.En attendant, notre opinion est qne cette loi est injuste, inapplicable, et qu'elle ne durera pss longtemps.PBRR1N DACDIV Il est dù su Réveil à l'heure actuelle, quelque chose comme $1950 d'abonnements, soit poor l'année courante, soit pour arrérages.Cetts somme représente le gain de toute nne année, st nos abonnés nous obligeraient en nons faisant parvenir chacun et tous le montant qu'ils doivent C'est une mince affaire pour enx.et cela représente pour nous le moyeu de faire des améliorations sensibles à notre publication.En même temps qu'il nous feront parvenir ce montant, nos abonnés sont aussi priés de nons envoyer les noms de leurs amis qui pourraient recevoir le journal.Il nous faut augmenter notre circulation de 500 d'ci à janvier prochain, et avec un peu de travail, nous y arriverons facilement.rausvnuxci Asx grind* =i.i 1m grands x»s*d«*.La eaasosptioa S m c*i« i&rtriabl«a
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