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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 8 septembre 1900
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1900-09, Collections de BAnQ.

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157 RUE SANGUINET No 266 TIROIR POSTAL 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE-THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.XIII MONTREAL 8 SEPTEMBRE 1900.No 266 SOMMAIRE Qui sera chef à Québec ?Vteux-Rouge — Opérations Inventoriâtes, Libéral — Nos grands journaux, Rigolo — Le Violoneux et l'air du ''Pange lingua," Rigolo —Le carillon de Corneville — Des Joujoux, Jules Claretie — Pour vous, Mesdames.Loi conditions d'abonnement an Réveil ne sont pas les conditiona ordinaires des antres journaux.Noue livrons le jonrnal à domicile [ franco,] à raison de 36 cts par mois, payable an commencement de chaque moia.Tout oe que nons demandons an public est de voir le journal.Le Rivbil est imprimé et publié par A.Filiatreault, au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.Le prix de l'abonnement au Réveil est TROIS PIASTRES par année.QUI SERA CHEF A QUEBEC?Qnand quelqu'un a prétendu, autrefois, que les législatures provinciales n'étaient qne des comices municipaux, avec un budget un pou plus considérable, on sait ce qui est arrivé.Un cri de vibrante dénégation s'est fait entendre.Les uns l'ont lancé, parce qu'il lenr déplaisait de voir rapetisser des institutions qui, dans leur sphère d'action, ont à plus d'un titre une influence et une portée aussi considérables que le gouvernement central.Les autres y percevaient nne attaque déguisée contre l'autonomie ; nne tentative d'amoindrissement savamment mise en branle par les partisans de l'union législative.0 Les uns et les autres ont eu raison.Les législatures provinciales ont pour tous, et surtout pour nous de la province de Québec, un caractère absolument précieux.Mais il en est d'elles ce qui en était en France, avant 1789, du Tiers-Etat, dont on a dit qu'il n'avait été rien et pouvait être tout. LE RÉVEIL Et cette faculté d'être tout ou rien dépend, heureusement, toute entière, de ces législatures mêmes.La province de Québec a nn intérêt vital A conserver à pa législature une force, un prestige, une vitalité de premier développement.Les Autres provinces, de composition anglaise, sont et seront toujours assurées de trouver à Ottawa on à Londres les auxiliaires, les appuis voulus.Il n'en sera pas de même ponr nous.Le jen des événements passés et les incertitudes dn présent nous prescrivent le devoir d'être vigilante.C'est pour nous surtout qne le mot de Junius est frappant de vérité : " JEterml vigilance is the price of liberty!1' Ne permettons pas qu'on abaisse notre législature au niveau d'un conseil municipal ; n'en laissons pas amoindrir le lustre et l'importance, car le jour où nous voudrions recourir à elle pour des initiatives sérieuses et d'essence nationale, elle n'aurait plus l'autorité, le pouvoir, le prestige sans lesquels elle ne pourrait que jouer le rôle d'une machine sans ressort.Notre législature a eu bien des sortes d'ennemis depuis quelques années.Ceux qui l'ont attaquée ouvertement ne lui ont pas fait un tort bien giand, parce qu'ils ont agi avant le temps.Ils ont secoué l'acre avant que le fruit ne fût mûr.Mais il en est d'autres—des inconscients —qui lui ont porté de vilains coups, Ces gens sont assurément les derniers à lui vouloir du mal, et cependant ils lui en ont fait.De quelle façon ?Depuis que M.Marchand est premier ministre, la législature n'existe vraiment qne sur le parchemin confédératif.Sans une petite session annuelle qu'on n'a pn supprimer, parce que la constitution la prescrit, on aurait pu croire que la province n'avait plus comme autrefois son gouvernement, ses députés à elle.Comme l'animal de la fable, le gouvernement a semblé demander au Ciel et aux hommes pardon de la liberté grande qu'il prenait de vivre, d'exister un petit pen.Il a été dans la confédération, comme certaines gens, adopté à contre-cœur par une famille, et qui s'ingénient du matin au soir et du soir au matin à jouer au mort, à respirer sans bruit, à ne paraître ni trop gros ni trop grands.Quand un gouvernement provincial joue co rôle d'enfant farouche, la législature dont il est le couronnement, les institutions dont il est le sommet sont bel et bien tombées en quenouille.Et ce ne peut être, après tout, qu'un compliment de les assimiler à des conseils municipaux.Ce serait plutôt à certains de ces derniers de se récrier.Donc, avec M.Marchand, notre province s'est vue discréditée, humiliée, amoindrie dans ses institutions.Mercier avait développé l'idée provinciale, proclamé pratiquement les droits de Québec comme province et posé au pouvoir central un ultimatum qui, somme toute, n'était qu'un légitime règlement de compte.Avec Mercier, pour les institutions provinciales, ce fnt l'éclat, le lustre, la plénitude de vie.Et cela lui fera pardonner beaucoup.Marchand n'a rien revendiqué, n'a fait parler de sa province ni en mal ni en bien et il croit pour cela n'avoir rien à ae reprocher.Il a voulu faire de sa province, dans la confédération, une manière de petit LE REVEIL 19 gaga rente craignant la rumeur, le dérangement et le rhumatisme.C'est à peine si la province s'est senti assez de courage pour oser recevoir son petit subside fédéral.Il est étonnant que M.Marchand ne se soit pas imaginé qu'il recevait là de l'argent sous de faux prétextes.Bref, les années de M.Marchand, ce seront des vaches maigres dans notre histoire, et cela au moment précis où, chez nos provinces sœurs, le travail de développement mijote son plein.M.Marchand s'en va, nous n'en parlerons plus.Ce que nous venons d'en dire était nécessaire pour les conclusions de nos différents articles sur le prochain premier ministre à donner à Québec.Dans notre dernier numéro, nous mettant plutôt au point de vue du parti, nous avons indiqué l'honorable M.Robidoux.Aujourd'hui nons le désignons an point de vue du relèvement des institutions provinciales.Il a le talent, la science, le prestige et le sens profond de l'autonomie.Il a été sur le terrain du provincialisme bien compris le bras droit de Mercier.11 est l'homme tout désigné pour remettre la province dans la circulation, lui refaire un prestige, réclamer sans casser et obtenir sans compromettre.Il est diplomate par instinct ; il n'a pas la fougue de certains collègues, ni l'exquise ignorance des choses de certains autres : il est à point pour le poste.Tiiux-Rocti.LE CHOIX A FAIRE.Poor guérir le rhume, en général, lea affections de la gorge et des poumons, le aenl remède réellement efficace est le BAUME RHUMAL.90 Operations Inventoriâtes Si nous ne craignions pas de charger notre conscience d'une vulgarité — qui ne l'est à vrai dire que d'apparence — nous aimerions à communiquer à nos lecteurs l'impression que ne manque jamais de faire sur nous la vue d'une gravure-réclame d'un manufacturier de cigares.On y voit comme parodie un petit Mont Blanc et un grand monsieur Perrichon.J La scène est sise en plein parc d'Hawar-den.Dans l'allée principale déambulent un Gladstone grand comme un soupçon et u/petit Laurier comme un obélisque.Le grand old man a l'air de demander pardon de la liberté grande qu'il prend de respirer le même air que le plus illustre rejeton de Saint-Lin.Sur la poitrine de 1'abatteur de chênes on ne voit que le gardenia maintenant historique ; sur la façade, de l'autre s'étale plusieurs de ces crachats si chers aux démocrates qui ne le sont qu'en théorie.Dernière antithèse : le vieil Ecossais est toujours William Gladstone tout court et l'autre est devenu un Right Honorable aveo le tiers de l'alphabet après ses prénom et nom.Ça ne vous fait presque rien ces détails, mais ponr nous ça prends les proportions d'une tristesse, d'une déchéance.D'une tristesse, parce que nous nous étions si fortement accoutumé à constater chez Wilfrid Laurier le dimunitif, c'est vrai, mais un diminutif très présentable des qualités et de la grande modestie de Gladstone.Uno déchéance, parce que, d'après notre vision et notro façon de jauger, plus notre so LB REVEIL Gladstone canadien a été chamarré, plus il a été chargé de titres, plus, aussi, il nous a paru descendre, baisser, tel un navire que le fret engouffré dans ses flancs fait caler.Il était de mode dans notre parti de ricaner sur les titres et les décorations.On considérait comme un crime do lèse-démocratie de se laisser " brande-bourger," surtout si c'était comme paiement d'un sacrifice, d'une concession.La constitution des Etats-Unis d'Amérique contient une stipulation qui prouve combien l'on aurait tort de traiter de puérilité cette question de décorations de source externe.Elle défend expressément à ses hommes ' publics d'en accepter.\ Dans ce pays-là on reste George Washington, Abraham Lincoln, Ulysse Grant ou James J.Blaine.M.Laurier est devenu " Right Honorable " pour avoir montré sa race comme à quatre pattes devant le lion britannique.British to the core I Il y a toute une abdication dans cela.Autrefois nos meilleurs hommes politiques s'ingéniaient à être à la fois loyaux envers la Couronne anglaise et leur propre race.Et mis en mesure de choisir, ils donnaient à celle-ci la préférence.M.Laurier s'est constamment montré Britisher avant tout.C'est bien ce langage qui a donné au sirage de M.Laurier un certain caractère de trahison.Cesser d'être le démocrate d'autrefois, passe ; mais recevoir titres et honneurs comme conséquence de paroles, de sacrifices, voilà qui a peiné bien des amis de M.Laurier et c'est ce qui expliquera, croyons-nous, certaines défections au prochain vote.Si le premier-ministre était resté l'hom- me bon, conciliant d'autrefois, il pourait très facilement expliquer les attenants et les aboutissants de ses titres, la vraie signification de certaine parole.Commo le poète a dit : Qne ue sauve-on pas avec un peu d'esprit ! Mais non, M.Laurier est devenu hargneux, dédaigneux.Dixi ! et plus d'autres explications.Plus même, par exemple, à propos de son British to the core, il a aggravé avec plaisir l'offense contre les siens.Il a paraphrasé avec amour cette phrase malheureuse.Libéral.RIRE ET PLEURS A une certaine époque dans la vie de la jeune fille son caractère se ressent du travail de transformation qui s'accomplit chez elle.Bile travaille aveo moins d'entrain à ses leçons, et, le soir, après une journée fatigante, elle a quelquefois une crise de pleurs ou de fou riro, uu état nerveux aussi désagréable pour la jeune fille qui en est atteinte, que ponr son entourage.En même temps, elle souffre physiquement, elle a des maux de tête, des malaises de toute nature, des envies de vomir et parfois dea vomissements ; ces symptômes accusent un état anémique auquel il convient d'appliquer les grands remèdes afin de ne pas donner au mal le temps d'empirer et de prendre des proportions alarmante.Les Pilules de Longue Vie du Chimiste Bonard constituent le remède souverain par eicellonoe de cet état nerveux qui est la conséquence d'un appauvrissement de sang.On trouve ces pilules dans toutes les bonnes pharmacies à raison de 50c la boite.Envoyé par la malle en s'adres-aant à la Oie Médicale Franco-Coloniale, boite 888, bureau de poète, Montréal.' Abonnez-vous au Rkvbil.i LB RBVEIL ii NOS GRANDS JOURNAUX Oe qne non* appelons nos grands journaux — c'eBt-à-dire cenx qni ne pouvant tout faire substitue la quantité à la qualité — jouent de bien mauvais tours à notre amour-propre national.S'ils se contentaient de torturer la langue, on pourrait encore les excuser, reporter l'offense an compte de l'atavisme collégial.Mais ils tapent en plein dana le bon sens le plus candide, donnent des entorses aux choses les plus intimement droites et simples.Le moins qn'ils pourraient faire aérait d'éviter le pins possible les occasions de produire dea monstruosités.Hélas ! ils les recherchent.Ces grands jonrnaux dont les cuisiniers manquent les sauces les plus rndimentaires abordent avec aplomb les pièces montées.En d'antres termes, enx qni ne penvent nons offrir dn reportage décent nons imposent des chroniques, des essais, des étndes snr tons et sur tout.S'ils ne dépassaient pas les frontières, nous endurerions ces avanies, accoutumés que nons sommes à tout mettre au pied de la croix Seulement, il y a ça : ils vont an loin.Et ils se font décerner des diplômes de ridicule dont une bonne partie rejaillit fatalement sur tous les indigènes de la contrée.Alphonse Allais qni a visité notre pays, qui l'aime, qui serait le dernier à nous vouloir dn mal, n'a pas pn y tenir dernièrement.Dans une de ses récentes choniqnes — celle-là intitulée Rassurons les navigateurs — il débutait ainsi : Bon nombre de lecteurs parisiens et même dé- .partementaui, alléchés par les séduisantes théories de Lncien Millevoye ou fanatisés par le chatoi de son style, ne manquent pas de se procurer, au prix du sacrifice de oinq centimes, le journal du soir La Patrie, publiée à Paris (.France).il eau coup moins fréquents (on pourrait les compter) ceux de nos compatriotes qni, quotidiennement, se repaissent de la lecture d'un antre jonrnal qui porte le même titre, la Patrie, mais qui se pnblie à Montréal (province de Québec, Canada).On a le plus grand tort.La Patrie (de Montréal) possède en ses flancs nn rédacteur scientifique auprès duquel notre Jules Verne semblerait un enfant, nn bébé dérisoire.Le rédacteur scientifique de la Patrie (de Montréal) n'est pas de cenx qui, la lanterne à la main, se contentent d'escorter ia marohe du Progrès.Non ! Le rédacteur scientifique de 1a Patrie (de Montréal) est un de ceux qui, un flambean dans la main, dans chaque main, dirai-je même sans crainte d'exagérer, précède le Progrès, mais en avant de la Science, leur indiquant la marche à suivre, les cimes à escalader et les abîmes à combler rien qu'en éternuant dedans.Dans son dernier nnméro, on plutôt dans l'nn de ses derniers numéros, notre excellent innovateur aborda la question dos collisions en mer : " Rendons justice en passant à denx hommes " de cœnr qni se sont occupés de la qnestion ot " y ont dépensé jusqu'à leur dernier son, MM." Steenackers et de Zomsee." " Les collisions en mer, remarque t-il non sans " nne apparence de raison, proviennent de la " rencontre imprévue de deux bâtiments qni " naviguent dana les mêmes parages." Les collisions en mer, ajoutetil, sont pins " fréquentes pendant la nuit que peudant le " jonr." Pourquoi ?" se demaude-t-il avec angoisse." Parce que, ae répond-il immédiatement, il ne " fait pas si clair pendant la nuit que pendant " le jour." Mais, étreint-il son front dans ses mains brûlantes de fièvre, mais.Et il n'achève pas ; il a trouvé ! " O mon Dien, se prend-il à badiner, o'est bien " simple, nous allons commencer par éclairer " l'Atlantique, pendant la nnit." Les chûtes dn Niagara, source presque incal-" cnlablo d'énergie, sont là ponr nn conp." Qne de force perdue ! Que d'électricité gft-" chée ! Que de lumière sous le bo'sseau ! " Le ballon-réverbère maritine était inventé, O'est Bmile Gautier qui va ouvrir de grands yeux.' Oni, c'est Emile Gautier qui va ouvrir de grands yeux. 22 LE RBVEIL Et o'est Christophe Colomb qni, nue fois de pins, va regretter d'avoir découvert an continent ponr qn'en plein ItOO des Iroquois, encore pins iroqnoisants qne cenx d'autrefois, s'y prélassent et produisent de pareilles machines.Ceux d'avant la découverte portaient la plume aur la tête.Ceux d'aujourd'hui à la main.La différence est toute au bénéfice des premiers.Rigolo.Le Violoneux et l'air du "Pange Lingua" Les lecteurs du Réveil n'ont pas, comme ses rédacteurs, la bonne fortune de mettre la main, de temps à autre, aur les bonnes publications que nos institutions répandent dans le pays pour propager la bonne littérature.La semaine dernière, j'ai eu la chance d88 bureau de poste, Montréal, ou à la pharmacie rJaridon, 1708 rue S.e-Catherine.Le Carillon de Corneville Les Cloches de Corneville ont maintenant reconquis leur place .Donc, nous allons reprendre et à grands traits l'histoire poétique, patriotique, et amusante aussi Le premier châtelain de Corneville, en 900, fnt Torf, fils de Bernard le Danois premier d'Harcourt.Les d'Harcourt s'allièrent aux Gren-te, et la dernière des Orente fut la mère du marquis de la Rochethulon, promoteur de l'œuvre du réveil normand, avec le défaut abbé Bréham, ouré de Corneville, décédé l'an dernier.Par l'amour naturel qu'ont pour leur clocher toutes les grandes familles, le vicomte de Gren-te, graud seigneur et parisien exquis, que Paris et la Normandie aimaient tant, avait promis de rendre à l'église son carillon disparu pendant la Révolution ; c'eat cette promesse, dont la réalisation fut empêchée par les événements, qne reprend son petit-fils ; il y tient noblei de see héritages.Bien qu'il en ait voulu faire un point de rail-liement au territoire français en sollicitant dee concours de chacun et de partout, pour tous ceux qui depuis de longe mois ont participé à l'active campagne du marquis de la Rochethulon, aucun doute ne peut subsister : le marquis, en fraie de.propagande, d'imprimés, de voyages, de correspondance, en frais enfin de mille sortes, qu'il ne fit jamais figurer aux débours des comptes de l'œuvre, a déjà pris la plus grosse part de 1a dépense à sa charge et il en sera aiusi, il le veut, jusqu'à l'apothéose finale.Du reste, il oublia les défections pour mieux apprécier les dévouement» tels que ceux de Hugues le-Roux, de l'explorateur Jean Soudan de Pierrefitte, dn poète normand Oh.Ferêt, de Marius Dillard et de tous nos cou frères de 1a Presse.L'heure où la pensée longtemps mùne prit toute son envolée fut celle où le czar Nicolas II offrit à l'église Saint-JeanJ'Evangéliste de Cha-tellerault, échange des 600,000 fusils fournis par la France, la célèbre cloche russe, en laquelle est gravée la sublime devise : Sonnez la paix «t la 18 LB BÊYÊÏL 28 fraternité entre les peuples I (reproduite par le Petit Journal du 8 mars 1897).Far une coïncidence heureuse, c'est le bisaïeul du maquis de la Bochethulon qni, représentant du Poitou, fit établir en 1824 i Ohâtelleranlt sa manufacture d'armes, et l'arrière-petit-fils, en mémoire, offrait à Saint Jean l'Evangéliste, en 1891, les vitraux qn'on peut y admirer portant les blasons des la Bochethulon et des Bondy.Dès lors ce ne fut plus dans l'esprit dn descendant du vienx Torf, nn simple carillon à rendre au clocher des ancêtres, ce ne serait plus un carillon local, ç'allait être le carillon universel de la paix ! Chaque cloche porterait le nom d'nn pays né des Normandies et, dans cet accord pieux, chacune répondrait par sa voix propre à la grande voix de la clo.he russe : Sonnez la paix et la fraternité entre les peuples l L'ouverture de la conférence de La Haye, provoquée par la volonté du csar, était une occasion unique ; le promoteur de l'œuvre la sai - it aussitôt et, organisant dans le pays même, la première petite fête, développa devant nn auditoire très vaiié l'idée qu'il allait désormais ne cesser de poursuivre.L'opéra-comique des Clocha de Comevillt, décrivant si bien la Normandie, et auquel Yillemassant, fondateur du Figaro, prédit qu'il ferait le tour dn monde, accompagna f la conférence.Or, l'heureux conférencier était loin de a'attendre au retentissement qu'auraient see paroles et anx sympathies absolument universelles qu'elles allaient obtenir ; la presse de l'univers entier s'en émnt ; des personnages de toutes naissances, de toute opinion, de tons les mondes, en nn mot, se déclarèrent ses partisans.La première marque de sympathie arriva du plus haut des trônes.Bn réponse à ce télégramme du marquis de la Rochethnlon adressé directement A S.M.l'impératrice douairière de Bussie : " Puissent les denx sons de la cloche russe de " Ch&tolleranlt, sonnant la paix et la fraternité " entre les peuples, avoir pour échos le carillon " de Corneville ! arrivait très rapidement ce télégramme impérial : " meroiements de Sa Majesté i vous, monsieur le " marquis de la Bochethulon.ainsi qu'aux nabi-" tants de Corneville pour les sentiments expri-" mes dans votre télégramme." Le secrétaire des commandements c de Sa Majesté, Comto Koutouzofp.C'est à New York, où ils venaient de suspendre le carillon de Saint-Maurice, que les rères Paccard d'Annecy, lea habiles fondenrs de la Savoyarde, connurent l'existence dn village de Corneville que l'on croyait nn mirage d'opéra-comiqne ! A leur retour, leur ami Mgr Colomb, évêque d'Bvreux, lenr apprit qne Corneville se déronle joliment au bord ie la Bisle, près de Pont-Audemer, et il souhaite anx auteurs de la Savoyarde d'être anssi les auteurs dn carillon normand ressuscité.Ce vœu fnt également exprimé par Mgr Han-tin, qni, chose curieuse, avait reçu à Corneville même, durant nne tournée de confirmation, sa nomination d'archevêqne de Chambéry.Lenr distingué successeur sur le siège d'Evrenx, Mgr Meunier, aura, lui, la joie de voir tout prochainement s'accomplir sons son pontificat ce rêve oharmant d'un clocher rendn à la voix et à la vie ; joie que n'aura paa le pauvre abbé Bréham, qui après en avoir révé tonte sa vie, est mort nn an avant la réalisa'ion.Mais ce serait nne erreur de croire que l'œuvre pût être considérée comme une œnvre ecclésiastique.Ou la prît surtout dana son grand aenB d'nne fête de famille de tou« les peuples dérivés de Normandie.D'ailleurs, le 17 mai 1899, à Pont-Audemer, à l'issu S de la représentation do l'opéra-comique, le promoteur d'cl arait avoir choisi cette date pour sa première fête, parce qu'elle était également celle de l'onverture de la conférence de la paix.Les diplomates, les gouvernements, les jonrnanx en général le comprirent, M.Panl Des-chanel, président de la Chambre des députés, M.Léon Bourgeois, premier délégué de la République, française à la conférence de La Haye, répondirent par des compliments et des adhésions à l'envoi des comptes rendus." L'impératrice Marie Feodorowna a bien ,' voulu me donner l'ordre de transmettre les re- LB RÉVEIL Lei cloches étaient commandé» au frères Paccard, et les listes de souscription, passant de main en main, faisaient boule de neige ; des dé* vouements très hanta, d'antres très humbles se manifestaient de toutes parts.Bn un siècle de haine, d'incroyance, de basses lnttes politiques, de compétitions tristes, les belles âmes acceptaient d'enthousiasme ce but généreux, cette petite course au clocher de l'idéal.Lea cloches seront rendus A Corneville le dimanche le 80 sepembre, une grande fete champêtre célébrera lenr apparition.Ce sera le bean moment de la verte Normandie, l'époqne de la cueillette des pommes, et au milieu des thyms et des serpolets va se dérouler dans son cadre, en son décor natnrel, le joyeux opéra comique, et il chantera la pacifique assemblée de tous les peuples accourus à l'Exposition universelle.Les cloches, an nombre de douze, donnent chacune une note, dont l'ensemble sonne l'air de la légende popularisée ; elles sont baptisées ainsi : la normande (Le ri).— Devise gravée an-tour : J'ai fait chanter la Normandie de par le monde.(Clairvillt, Gabet, Planguetle.) la canadienne (Le mi).Nos Françaises dn Canada, filles de la Normandie, ont spontanément formé un comité qni délégua à Paris M.Philippe La Ferrière de Montréal, mari de la vice-présidente, au jour où les frères Paccard, inauguraient à l'Exposition, palais de la métallurgie, le carillon précurseur du nôtre.M.Ph.La Ferrière apportait l'offrande canadienne.la danoise, (Le Fa) Nous avons dit an début de l'article quel intime lien unit depuis des siècles la Normandie au Danemark, aussi a-t-on pu voir dans nombre de jonrnaux de la France et de l'étranger cette mote de l'Agence /lavas, qui a pour parfait ditec-teur M.Henri Honssaye, de Honfleur, pur normand dont la bienveillance est toute acquise à l'œuvre.Le 12 juillet au Havre, à bord de la Walkyrie, les officiers de la corvette danoise commandée par S.A.R.le prince Waldemar de Danemark, accueillaient le marquis de la Roohethulon et trois jennes Haviais, membres dn Souvenir Normand : MM.Emile Bourgeois, Gaston Left-vre et Salmon.Reçus dans le carré des officiers, ils burent le vin de Crète, à l'autonomie de laquelle lea comtesses Kapnist et le marquis de la Bochethulon collaborèrent par tons les moyens ; de la Crète dont le souverain, le prince Georges de Grèce, est le petit-fils dn roi de Danemark.Avec la médaille commemorative de la Walkyrie, furent versées les oboles danoises pour être jetées dans la fonte de la Danoise.Le lendemain à Fracasti, son Altesse royale la princesse Waldemar remettait à son tonr, dans le même but gracieux, tonte la monnaie d'argent danoise qu'elle avait sur elle, afin que " dans la voix de cette cloche normande, il y eut un peu de la voix du Danemark (sic)." Le prince Henri d'Orléans, frère de son Altesse, ce français à l'esprit érudit, cet intrépide explorateur des terres inconnues, imitant sa royale sœnr, a reçu le marquis avec la plus affable grâce et accepté le patronage d'nne liste A faire souscrire.La Russe (Le sol).Snr La Russe normaude, sœur de le russe de Châtellerault, nous avons dit plus haut tout oa qui ce devait dire.Suédoise-Norvégienne (Le la).L'ambassadeur de Suède et Norvège, le comte Wrangel, de la plus ill astre famille suédoise, celni qui sait le mieux l'histoire de l'épopée normande, a tont de snite compris la portée de cette œuvre de sonvenir et s'est placé en tête de ln liste de souscription suédoise.L'Américaine (Le Si), Le bisaïeul dn marqnis de la Rochethulon, major général de l'armée française v aux Indes, organisateur des fameux régiments de cipayes à' Pondichéry, alla rejoindre en Amérique son ami La Fayette, donnant son épée et sa fortune ponr l'indépendance américaine.Aujourd'hui, denx importante personnages, membres dn jury de l'Exposition, MM.Le Dne LE REVEIL et Brous se au, de Chicago, président de le chain* SAINTE* GBRMAlrfl (Le Fa).bre de commerce, représentant oe paya ai vibrant.Ange de charité champêtre, patronne de l'hé- si jenne, sont dea nôtres.Comme M.Gepde- roime qne Gabet, Clair ri lie et Planquetto ont vielle, qni consacra aux Clocha, en juin 1899, nn chantée.bel et long artiole dans lea colonnes de VAàoilU c'est tout, pour l'heure ; si d'autrei pays sont de la Nou vel le-Or léan s, journal américain-français jaloax, s'ils veulent aussi avoir dsns le concert dont il est le directeur, ils ont en mains de* liâtes de jft pMX lear voix représentée, il» feront cam-de souscription dont noua publierons le teneur pagne à leur tour, et l'on ajoutera d'autres clo-dèe qu'elles noua seront parvenue».ches aacsritlou de Corneville, et lu petite égli-L'Aloérienne (Le Do).ae deviendra graude, qui sait ?cathédrale un Il y a eu Y Algérien, le sous-marin pour lequel Jo" ?«t le «avant abbé Gréaume de curé de La Dépêche Algérienne réussit une campagne Corneville, passera sans nul doute évéque ! triomphale ; à côté de l'engin de guerre, le symbole de la paix maintenant : une cloche.Un 80MMEIL PAISIBLE, nom mystérienx : Bénie, connu et vénéré de tous ^ ton* ™M empêche de dormir : avec une là-bas, est gravé sur sa robe- su dessus des noms dose de BAUME RHUMAL a fant de voua coudes derniers chevalière français tombés sur la cl">' vous dormiras paisiblement 89 terre d'Afrique, comme les antiques héros des ~~ Croisades ; Moris et Villebois-Mareuil ! DBS JOUJOUX Bénie, VAlgérienne ne peut que l'être par le n eitt dan, ce mi,crocosoie ou plutôt ce vaste prélat qui rallie si bieu l'idée religieuse et mit ID01lde q0.„t l'Exposition, un coin spécial où les litaire en souvenir du sang versé ponr ls patrie cris de joie, de ravissement et de désir partent dans les batailles auxquelles, aumônier militai- wmm6 dl,8 fusée,.0.e8t ie njtnm «fos joujoux, re, Mgr Oury, jadis assista.h4unti dan> le, giUtfiû8 de, lBVâjide la savoie (Le Mi).Royaume des enfants, monde du rêve pour les Berceau du csrillon, évoque les noms déjà cités P*1»*»- parents ont grsod peine à retenir psr de Mgr Hsutin et de ls famille Paceard.la msin les jennes visiteurs qui à droite, à gsu- l'auvebqhe (Le Sol) che' Partout' "précipitent, voulsnt tout voir, _, .ii.toucher à tout, dévorer des yeux, caresser des Glorieuse mère de glorieux enfants : Vercin- ^ .mervei,lea.oh ! là ! Voi.! Vois donc gétonx, Urbain II, le Pape des Croisades ; d As- ,.« .sas, Desssix, lo Sultan juste "; le.Polignsc i là !" ttt là ! Bt là! Bt ,à ! De t0M »" Ce qu'Auvergnat veut; il le peut.i s rvgard-mt.Tout les -attira, tout les tente, les guignol, en carton, les polichinelle, en baudru- l'anolaise (Le Ré).^ |ei poopée.de porcelaine et les soldst.de L'sngleterre est une conquête normande, on plomb connaît ls chanson de Théréss : Leur joie fsit ainsi notre joie et nous redeve- Cest les Normands, c'est les Normands, m'a dit *"»"• pour un moment, enfsnts, sveo ce.êtres [ma mire, naïfs et impérieux dont les doigts se tendent Cest les Normands qu'ont conquis l Angleterre I vers le joujou qui le.affole.Ah ! le.soldats de _ .\ plomb de notre enfance ! Nous le.revoyons tous la cBEToisE (Le La) dansle domaine du vieux bonhomme Noël à barbe La nouvelle venue en Europe, le pays bleu blsnche qui semble là-hsut, en un psyssge fanaux exquis sentiments, le la harmonieux, qu'il .„„ Pam ii .„j , .faut pour donner le ton su Concert Européen.rt*U*î™ 1 flmP»e »"enMd da« J0»' Pays de ls reconnaissance, comme l'i écrit au joux.Voici à cété desjoueU de pois venu, d Obe-promoteur un notable crétois M, Castrinoyanna- rammergau — comme la Passion — les fantasias porteur de 1s liste de souscription eu Crète, sins de Nuremberg, do So nne be rg et de Furth en 28 LE REVEIL Bavière, qae nom alignions aveo tant de lièvre snr la table cirée de la salle à manger pour passer la revne de nos boîtes de bois blanc.Les uniformes n'ont pas changé : je reconnais les grenadiers de l'empire — grenadiers aux guêtres de coutil, dit Hugo — et les zouaves de 1859.Il se glisse bien quelques uhlans dans l'étalage, maia les Allemands n'en ont paa abusé et, du reste, en face, dans les délicieux et ingénieux joujoux français, nous retrouvons d'autres soldats de plomb, tous les uniformes de notre armée, depuis le pioupion familier jusqu'au chasseur alpin, jusqu'au pittoresque fusilier d'Indo-Chine.On a dit que les nations se caractérisaient par leurs joujoux.L'enfant anglais/» l'heure desétren-nés, demande plus spécialement à ses parents un navire, le petit Espagnol nn tambour de basque, le petit Allemand un livre, l'enfant français un sabre.Parmi les joujoux d'autrefois, si joliment réunis par l'habile organisateur de cette exposition centennale, les plus curieux sont, en effet — avec les poupées hollandaises autrefois colec-tionnées par la pauvre Agar, — les petits du XVlIIe siècle, gardes-françaises découpés en zinc on encore les voltigeurs de la Grande Armée.Le soldat de plomb a toujours été le jonet préféré du petit Français.Le soldat de plomb et la lanterne magique.Denx formes du rêve à vrai dire, tout joujou étant l'incarnation d'un songe : ponr la petite fille, la poupée, c'est l'éveil instinctif de la maternité, idéal de la femme ; ponr le petit garçon, la panoplie où se gronpent le képi galonné, le sabre à poignée dorée, les epaulettes minuscules ou la boîte blanche d'où sortent les soldats de plomb, c'est la gloire, l'appétit de la gloire — comme la lanterne magique, avec ses changeantes images, ses verres de coulenr qui racontent l'éternelle histoire de Barbe-Bleue ou l'immortel poème de Don Quichotte, c'est le théâtre, l'aventure, l'au delà, ce qui console de la vie courante ou traînante.Et je constate avec plaisir encore que la vieille lanterne magique n'a pas trop changé depuis lo temps où, par les rues de Paris, le montrenr de lanterne faisait entendre dans la nnit son appel mystérieux, prometteur et inquiétant à la fois.—Lanterne magiqne ! Pièce curieuse ! Et quelle joie quand on faisait signe an montreur de lanterne de monter et qu'il projetait aur le drap de toile le cercle lumineux de son espèce de féerie ambulante ! Depuis, la lanterne ma* giqne de la vie a fait défiler devant nons bien des verres de conleur, de tontes les couleurs, et bien des personnages, souriants ou grimaçants.Je ne suis las ni de la lanterne magiqne d'antre-fois, ni de la lanterne magiqne d'aujourd'hui.L'invisible montrenr de verres me semble tonjonra passer dans la rne et j'entends encore son appel que personne n'entend pins : — Lanterne magiqne ! Pièce enriause ! Les joujoux pourtant, se sont transformés depuis lors et les jouets mécaniques, entre antres, ont changé d'aspect depuis nos pauvres patins sommaires qu'on faisait tout simplement mouvoir par des fils (comme les hommes par des rubans).Vancanson serait émerveillé de ce que la mécanique des jouets montre couramment à présent ; bébés qui sortent automatiquement d'un chou, poupée qui tricote avec une.attention et nne précision admirables.Et les acrobates et les jongleurs ! Et tont ce que l'électricité fait mouvoir, tableaux animés, ménages automatiques, petits pnppazzi qui semblent de vivante citoyens de Lillipnt.Cependant, en dépit dea merveillea des inventions nouvelles, je suis, je reste fidèle aux vionx joujoux.Ainsi les soldats de plomb m'ont surfont attardé dans ma visite à ce coin béni des petits.Et les petits anssi lee aiment, ces soldats de plomb chantés par le bon Andersen qui contait ai tristement lenrs amours malhenrenx avec les dédaigneuses poupées en papier.Les petits fusils, les petits canons, les petites mitrailleuses, les petits sabres, les petits shakos hypnotisent les grands yeux de ces bébés qui passent.Ah ! joujoux, éternels joujoux de notre race 1 — Il ne faut pas nn long temps — nn quart d'heure - de trottoir roulant — pour rencontrer, an quai d'Orsay, dans les pavillons des Armées de Terre et LB BBYEtjJ, 29 de Mer les mômes joujoux destinés ans petites mains douces des enfants transformés, agrandis, adaptés aux rudes mains des hommes.*** Car il y a joujoux et joujoux.Ce sont toujours d js joujoux, sans doute, mais qui, n'amusant plus, sont des joujoux qui tuent.Premiers plaisirs des enfants devenus les suprêmes raisons des rois et des peuples.Chaque nation, ici, expose les jouets officiels de la mort." Joujoux ", c'est le nom que le soldat, artilleur on fantassin, donne à son arme particulière.Et l'homme a perfectionné aussi ces autres joujoux, en tous pays.Il suffit, pour s'en convaincre, de suivre les galeries on de visiter les pavillons le long de la Seine.La lanterne magiqne, pièce curieuse, s'y fait formidable.Je rencontre là, dans nos ateliers de Rive-de-Gier on de SaintChamond la tourelle de côte pour canons de 805mm A tir rapide, l'affût de côte ponr obnsier de 24 centimètres, les canons de 21 allongeant lenrs cous de sangsnes géantes, tons les chefs-d'œnvre des aciéries delà marine, et, dans l'exposition des hotchkisu les mitrailleuses de 8,060 cartouches et les obus de diverses tailles rangés comme des tubes de buffets d'orgue qui, au lieu de symphonies, recèleraient la fonrdre.Les voilà, les joujoux nouveaux de ces éternels enfants, les hommes ! En Russie, ce sont d'énormes monstres verts accroupis anr lenrs affûta géants ; le canon de côte de 9 ponces, système dn colonel Dourlacher, et d'autres canons verts, coulenr de l'nniforme moscovite.En Angleterre, dans le pavillon Maxim, ce sont d'agiles et féroces engins de conleur grise, —- oouleur d'infirmier d'hôpital ; — c'est le oanon de 19 cm aveo nn projectile pesant 90 kilogrammes et qni pent tirer six coups par minute, en une minute projeter 5,442 kiles de métal de mort.C'est le " pom-pom", qni crache 800 conps par minute.C'est le canon de campagne qni, par minute aussi, donne 12 conps de 5 kilos 67.Il est là, le " pom-pom ", portant des charges comme nn ornement et ses petits obus allongés semblent nne parure de joaillerie, quelque chose commas les cartouches dorées à la cartouchière d'un Tcherkess on d'nn Cosaque.V ioi nu autre Maxim qui, sur affût, tire ^00 coups par minute.Un autro encore, un canou do 76 mm, qui projette 25 coups de 6 kilos 85 par minute.C'est la folie de la mort, la fièvre du bombardement et de la mitraillade.Et ces canons muets, pièces d'exposition aujourd'hui, pièces de destruction demain, rappellent,- avec leurs gueules muettes et avides, la bouche morbide de lamproies.Joujoux, jouets terribles, joujoux d'un jeu de massacre.Mais, voici notre Creusot, la gigantesque et admirable tourelle rouge qui abrite à la fois, — l'antithèse est frappante, — les obusiers et les locomotives.Autour des parois dn cerole rouge sont rangés les obus rouges aussi, rongea et noirs, comme des grosses fleurs fantastiques, des espèces de tulipes renversées.Ici les canons verts en Russie, gris en Angleterre, sont noirs comme le drap de nos artilleurs.Ils allongent lenrs gueules sombres au-dessus des locomotives, exposés en contre-bas, et dont ils semblent les pro- ' tecteurs, l'arme de guerre veillant snr l'industrie.Et des géants aussi sont là, accroupis, comme tel canon de 24 de 42'5 calibre en tourelle barbette, dogues formidables qui se taisent et qni menacent.Ils écraseraient des villes.Notre artillerie m'apparait ici colossale.lia Belgique nons montre des plaques de métal, de 10 milimètres, percées, transpercées à 25 mètres par le Manser belge.O'est bien rien.A côté des épais blindages de navires troués par les obus qu'on voit an pavillon Maxim.Les canons dn Creusot ont nne puissance supérieure peut-être.m # # Je quitte ce Creusot pour suivra l'exposition de la Guerre jusqu'à l'exposition de l'Hygiène.Voici la Turquie, avec ses beaux exemplaires d'hommes robustes ; le Portugal qui, fièrement, —et il a raison, — expose le modèle de la caravelle anx voiles marquées de la croix-rouge de Saint-Jacques qui porta Vasoo de Gama A la découverte des Indes ; voici l'étalage des uniformes roumains, vestes de hussards, pelisses fourrées qui ressemblent, jetées A terre, A la défroque émouvante de quelque champ de bataille ; voi- 80 CB réveil ci lea fusées, les pyrotechnie», les enivres et les douilles de Birmingham, et la Russie encore, avec des figures d • cire de Cosaques et de super-b h chevaliers-gardes ; puis les ambulanoes, les voitures de transport, les supports de brancards garnis de moustiquaires pour installations et expéditions coloniales, les porte-brancards pour la bataille, et, snr cette toile bise, la figure de cire d'un petit soldat en pantalon rong *, — tel que j'en ai tant vus allongés ainsi sur le dos, — et qui symbolise, dans cette exposition, la chair anonyme, celni qui meurt pour ceux qui s'amusent, celui qui s'embarque à l'heure présente ponr la Chine où l'on égorge, et où les " coupe-coupe ", familiers aux msins jaunes, tournoient au dessus des tôt-s des enfants d'Europe.Fuis encore, — et Victor Hugo avait bum raison d'aimer l'antithèse dont je parlais tont à l'heure, car l'antithèso est partout, dana la vie, ironique et souvent méchante, mais je la trouve consolante ici, — puis, tout à coup, après ces canons, ces caissons, ces schrapnolls, ces obus, ces braucards ces blessé], je me trouve dans nn pavillon circulaire qu'on a décoré du nom de salon, et qui, admirablement aménagé, montre au-dessus de vitrines circulaires, un groupe, une statue : le buste d'un homme que couronne nue Renommée, une figure féminime quelconque, l'Humanité peut-être, et cet homme, je le reconnais.Je l'si connu, je l'ai aimé.Voilà bien ses trsits familiers, son visage à la fois sévère et bon, tonjonrs pensif.C'est Louis Pasteur.•*# Nous sommes ici, dans le Salon Pasteur Les pavillons des armées de terre et de mer ont pour prolongement le Sslon Pssteur.Toutes ces expositions d'armes et de porte-brancards qui sont ls Guerre aboutissent à cette sorte d'apothéose de ls Science qui combat la mort.J'aurais voulu qu'on distribuât au public qui passe par là, une notice lui expliquant tont ce qni est ici, oe qn'il y peut voir.Le Congrès des médecins s'est il rendu dsns ce Salon Pasteur qni, en vérité, est comme un temple f C'était un pèlerinsge indiqué.J'aurais voulu voir Lord Lister, l'apôtre de l'antisepsie, rendre hommage à l'homme qui s combattu ces infiniments redoutables : les microbes, les infiniments petits.Wirchow eût pu rencontrer lé les instruments sortis du Isboratoire de Pasteur, ces reliques du labeur humain qui me rappellent d'autres instruments de trsvsil, oenx du chimiste Regnsult à Sèvres et que les Allemands brisèrent su temps du Siège, oe qui rendit fou de colère le fils du savant : — Henri Regnanlt.Oui.dans ce salon qni est l'aboutissement des galeries de la Guerre, dans se Musée de la science, on peut, ea se penchant sur les vitrines, voir — ah ! les merveilleux joujoux ! — la spatule de platine que maniait Pasteur, les notes de laboratoire prises en 1881 lors de ses recherches snr is rage, les instruments servant ou traitement des m celles rabiques dont l'acier clair, l'acier qui sauve, ressemble fort à celui des baïonnettes ou des ssbres.Et, à côté de ces instruments de vie, à côté de ces fiches où, de ss petite écriture, Pssteur notsit jour psr jour les oss qu'il observsit, on s'arrête svec A motion devsnt ls constatation même dee résultats obtenus, devsnt ce simple tableau d'une .éloquence sdmirable : " Ea treise ans — malades soignés de ls rage : 21 081 ; morts : 99.Mortalité 0,4 S ponr cent." Qnoi ! tant d'existeuces humaines arrachées à ls pins affreuse des agonies ?Oui, ct c'est pourtant cet homme dont l'image est là qui a accompli cet œuvre de sslut ! Cet homme qui me donnait, un jour — précieux autographe — une de ces fiches contemplées aujourd'hui svec émotion.Et que n'a t il pu fait, ce Pasteur ?D'autres outils de son labeur surhnmsin sont là : les outils de ses recherches sur les fermentations, lu vaccinations charbonneuses, la culture de vibrions septiques ; et j'aperçois des pipettes pour distribuer le vaccin dsns les tubes — le microscope qui lui servit dans ses études snr lu vers à sois — ce microscope qui eût paru sacré à Michelet — ; puis encore les tubes préparatoires pour le vieillissement des vins, puis des ballons utilisés pour l'étude des pouuières organisées de l'atmosphère, — sortes de cornues msgiquu dt quelque alchimiste qui, lui aussi, fut un homme de guerre, de guerre à ls maladie, de guerre à \ LB RÉVEIL 81 la souffrance, de guerre à la rage, de guerre à la mort.Quel spectacle ! Et quels " joujoux ", admirables, touchants, pieusement respectables que ceux-là ! Quelle existence que celle de cet homme ! Sur la muraille du Salon Pasteur ses disci pies ont écrit ces mots, cette devise : " Ponr la Science, la Patrie et l'Humanité ! " Bien de plus éloquent.Et ce programme, c'est tonte la vie de Louis Pasteur.Tubes et pipettes, fioles, éprouvettes, cornues, ces merveilleux joujoux sont d'un magicien de génie.Ou plutôt, pour être pins exact, ce sont les hnmbles outils d'un ouvrier de progrès, d'an homme très simple, très laborieux et très bon qni travailla de son mieux pour le bien de tons et qni disait précisément : " En tait de bien à répandre, le devoir ne cesse qne là où le pouvoir manque." Et ces paroles, les pastoriens ont en raison de les faire peindre sur une des murailles dn Salon Pasteur — au-dessus des joujoux sublimes qui ont servi à préserver, à prolonger, à adoucir la vie des hommes.Julis Clabetii.PAS D'EXCUSE.Pourquoi laisser souffrir cet enfant de l'affreuse coquelnche qnand un peu de BAUME RHUMAL le soulagerait ?88 VOGUE MÉRITES.Si le BAUME RHUMAL est maintenant entant répandu dans le monde, c'est bien dÙ à son efficacité ot à son bon marché.86 TRADUCTION ET REDACTION Sonvent le monde commercial, industriel on financier désire confier la rédaction de ses oircna laires, brochures ou annonces à des experts ; mais on ne réussit pas à les trouver, a moin que, comme cela arrive trop souvent, sa confiance ne soit accordée à des gens qni n'ont ni la science ni l'expérience.Il ne suffit pas de faire beaucoup de publicité : il fane encore et surtout qu'elle soit à point.Si la forme ne vient paa à l'appni dn fond, le but visé n'est pas atteint, la pensée de l'intéressé est mal exprimée, peut-être même n'est elle pas dn tont comprise par cenx dont on recherche la clientèle.On nous a très sonvent demandé d'organiser ici, sons les auspices du Réveil, nn service de rédaction générale et de traduction d'anglais en français, on vice versa.C'est pour satisfaire à cette demande que nons venons annoncer qne dorénavant des experts se chargeront'non seulement dé travaux commerciaux, mais littéraires et techniques.Notre tarif n'aura rien d'exorbitant, nous apporterons dans l'exécution des commandes un soin méticuleux et toute la célérité poassible.On pourra s'adresser à la direction dn Réveil, an No 167 rne Sanguinet, on par lettre au bureau de poste, Boite 2184, Montréal.m viAur IXMRIINOI Patents Oawmawrs Ac Sckatlik jrlraertcaa.Ahiadeom-l-IUnftrelja we.ilr.Demandes nn numéro échantillon dn Réveil qni vous sera envoyé gratuitement pendant quatre semaines à tonte s-dresse qui sera fournie an Canada on anx Etats-Unis.Motion, Phillips a découverte de ce merveilleux procédé, les femmes étaient bien obligées de subir icur triste sort et de se résigner ; mais à présent il n'y a plus de raison de se désoler, puisqu'elles ont à leur portée un remède unique.Les taches de rousseur disparaissent comme par enchantement devant ce conquérant qui ne s'arrête jamais avant d'avoir remporté une victoire complète.Les comédons (taches noires) s'enfuient et ne reparaissent plus après avoir subi l'action de la Dermatine.Enfin toutes les décolorations de la peau sont gnéries en très peu de temps et l'expérience vaut la peine d'être tentée.Conservez votre beauté, mesdames, c'est un des biens les plus précieux que vous possédez.Rendez service à vos amies qui saut dans le même cas en leur signalant la venue de ce messie.Elles vons remercieront d'avoir été la cause indirecte de leur bonheur.Voyez l'annonce de la Dermatine.POUR-LA GUÉRISON DU Masque, des Taches de Rousseur, des Comédons et de toutes les décolorations de la Peau.GUÉRISON GARANTIE Toutes les femmes affectées par le Masque les taches de Rousseur, les Comédons et toutes les Décolorations de la Peau, viennent de trouver Un Sauveur! 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