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Titre :
Les Veillées du Père Bonsens
Éditeur :
  • Montréal :N. Aubin,[ca 1865]-
Contenu spécifique :
No 13
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Les Veillées du Père Bonsens, 1874, Collections de BAnQ.

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LES VEILLÉES DU Seconde Série.JOURML HEBDOMADAIRE.Ko.13.Note.—Les élections générales à peine terminées et dont le public s'est occupé presqu'cxclusivemcnt ; puis des affaires d'une nature personnelle ; un surcroit de besogne dans l'atelier où s'imprime ce recueil ; peut-être une irrésistible habitude de nous occuper des faits, gestes et protestations des hommes qui se posent sur les traiteaux politiques comme les seuls en état de sauver notre société peu en péril ; enfin, mille autres cau-es dont nous ne nous souvenons guère, ont retardé la publication de ce numéro et interrompu le récit du sixième entretien où nous prédisions d'une manière vraiment surprenante tout ce qui vient de se passer.Ne voulant pas imiter grand nombre de célébrités, prophètes après coup, nous retranchons tout cela.Quant aux parties qui ne reflètent que les opinions individuelles de nos amis, il est probable que nous les retrouverons dans les entretiens futurs ; car plusieurs d'entr'eux étant déjà, comme l'on sait, arrivés à l'âge où les souvenirs prennent la place des espérances, on ne devra point s'étonner s'ils se répètent parfois daus leurs discours.Cette infirmité morale, assez inoffeniivo du reste, se rencontre chez des gens à plus vastes prétentions.SEPTIEME ENTRETIEN.Jaxviek 1s74.Extravagantes fariboles que la victoire seule peut excuser.— M./.anguille fait une enumeration héroï-comique des candidats, ce qui n'amuse que le côté des rieurs.—Le docteur Boudin attiré par la défaite de son parti, jette sa langue aux chiens et sagazetleau feu.—Autres débats qu'il faut lire pour en juger.La plupart de nos interlocuteurs et leurs connaissances sont déjà réunis chez notre vieil ami.On avouera qu'il n'y a rien d'improbable à cette mise en scène prosaïque.Au moment où le pays tout entier est encore en émoi de la lutte animée dans laquelle les partis viennent de se lancer avec une ferveur, une fureur même qu'on n'eût certainement pas attendue d'eux après la stupeur qui depuis quelques années semblait avoir envahi presque tout le monde, il n'est pas surprenant que la petite colonie de curieux et de bavards des deux sexes qui s'est groupée autour du Père Bonsens, s'empresse d'aller chercher auprès de lui les nouvelles du dehors et les jugements qu'elles lui fournissent l'occasion de prononcer.Le même fait se reproduit plus ou moins à la ville, aveo cette différence que chacun s'y croit plus sage que son voisin.Muscade se précipite dans l'appartement comme un orage.On croirait presque à une avalanche de neige entraînant avec elle des terres éboulées, des débris de chair et des tronos d'arbres déracinés.Ce n'est pourtant que son visage que le froid et les stimulants employés à le combattre ont vivement ooloré, qui apparaît dans un fouilli de pelleteries blanches, noires et fauves.U est suivi de son ami Languille, plus grêle que jamais, et aminci par le froid qui semble avoir un effet tout contraire sur son compagnon de voyage.Boudin.—Ah ! enfin, voilà notre ami Muscade.Lui au moins doit avoir des nouvelles certaines, car il doit venir de partout.Voyons, comment vont les élec tions, que nous saohions au moins à quoi nous en tenir ?Languille.—Ah ! monsieur le dooteur, dans quel guêpier nous a fourré votre gazette ! Me fiant encore à ses impudentes assertions, j'ai cru le parti libéral à toujours et à jamais aplati, écrasé, morfondu, pourchassé, défait, détruit, anéanti, et je me suis lancé dans l'autre ; mais c'est la dernier: fois, je vous en donne ma parole. 98 Boudin.—Comment ?Comment?Mais un ami me télégraphie de Montréal que, sur des renseignements certain?puisés au bureau même de notre organe, il peut m'as surer que nous sommes victorieux sur toute la ligne ! Languille.—Ligne brisée, docteur, hachée, poiotillée, tortillée, massacrée sans merci ni miséricorde.Mute: de s'éven tant avec ses gaula longs d'une demi aune.Ouf! ne in'eu paiiez plus ?Qu'est-ce qui m'a fait un gouvernement comme celui-là qui envoie ses writs d'élections par tout le pays comme un ouragan ; qui fait voter tout un peuple le môme jour.Je vous demaudo si ce o'est pas bouleverser de fond en comble toutes les notions du bon vieux temps.Je vous demande si l'on peut approuver uu pareil système qui ne vous permet pas de vous retourner, de respirer ?Mais c'est tuer le système représentatif.C'est asnéautir la liberté.Moi par exemple qui vous parle, je pouvais autrefois aller d'un candidat à l'autre pour savoir leurs chances de succès respectives, connaître leur progjamme.financier, parcourir les comtés en toussons, indiquer aux électeurs sur qui, sur quoi plutôt ils pouvaient compter ;• je pouvais alors consulter les comités sur les ressources à leur disposition, sur les hommes les plus dignes de ma confiance ; sur ce qu'où pouvait donner aux uns, promettre aux autre».Mais aujourd'hui rien de tout cela n'est possible et il n'y a plus besoin du moindre talent pour manœuvrer une élection et faire pencher la victoire du meilleur côté.Le premier veuu peut s'en mêler.Autant vaudrait faire toutes les élections par acclamation.A la fin y à des imites ! Quant à moi je vais me borner désormais purement et simplement au maquignonnage.Là encore du moins on peut mitonner un coup, amadouer les gens, apigeonner son homme, en un mot conduire honnêtement une affaire.Quant à la politique j'en ai par dessus les oreilles et si les affaires du pays vont au diable je m'en lave les mains.Boudin.—Mais, enoore une fois, mon bratfe Muscade, vous ne m'avez pas dit de quel oôté la balanoe a penché.Muscade —Penché ?Eh ! Docteur, vous m'impatientez avec votre balance.Elle ne s'est pas contentée de pencher.Elle a versé, culbuté, chaviré, enfin tout co qu'il y a de plus effondré.Il ne reste pins que des ministériels.Tous les autres sont balayés, à part quelques idiots d'indépen- dants, qui surnagent toujours.comme des vessies.Boudin.—Dieu soit loué.Je savais bien que la bonne cause devait l'emporter.Muscade.—Que la peste vous emporte avec votre bonne cause.Je crois, Dieu me pardonne, que vous rêvez encore que Cartier, Johnny, Langevin sont toujours à se dorloter dans leurs fauteuils de ministres ?Boudin.—C'est vrai, je ne puis me débarrasser de ce beau titre de ministériel dont nous avons eu si longtemps raison d'être si fiers; mais tout ne peut encore être perdu et vous vous exagérez les choses.Vous avez eu probablement quelques contretemps, et votre imagination les transforme en désastres.Tenez, vous allez voir qu'il n'y a pas grand'chose de changé.J'ai ici la liste des comtés duBus-C uiada, quant aux autres provinces, je m'en occupe peu ./' Orbsmont.—Pourtant il faut bien s'en occuper, satanchien, puisque depuis que vos abominables conservateurs ont accepté l'union pour monter au pouvoir et ont accepté la confédération encore pour y rester, accordant la représentation basée sur la population, ce qui donne à d'autres sur nos propres affaires, la prépondérance qui nous appartenait et que uous réclamions jadis.Languille.—Eh ! monsieur de Grosmont, laissons là ces vieilleries trop usées pour qu'on les puisse raccommoder.Allez ! si les conservateurs ont péché, les voilà terriblement punis et pour longtemps.Boudin.—Prenons les comtés par ordre alphabétique et constatons de sang-froid quel a été le résultat du jugement de la nation.Voici d'abord Argenteuil.Qui donc y est élu ?Languille.—C'est monsieur Abbott.Jean-Claude.— Allons, ça commonos bien I Encore ce monsieur à bottes.Ah ! ça, va-t-il continuer ses manigances avec le vieux diable aux escandales ?C'était bien la peine de faire tant do marivaudages, de train eu parlement et dans les gazettes, d'enquêtes et de quêtes pour les élections, si oc n'est que pour répéter les mêmes turelures.Boudin.— Ensuite vient Bagot.Qui avons-nous là ?Languille.— Monsieur Mousseuu, un nouveau.Je n'eu dirai rien vu que c'est un confrère.Le parti conservateur, en vue d'une victoire et d'un retour possible au gouvernement, l'a choisi comme chef 99 - des ventrus.Il a tout ce qu'il faut pour ça.Mais il n'a guère que ça.Boudin.—C'est encore un conservateur ! Hourra pour nous autres ! Mais que nous chantait donc Muscade avec ses défaites.Jusqu'à présent je n'entends parler que de victoires.Oh ! notre gazette l'avait bien dit.De Gr»smont.— Continuez, il doit y avoir quelqu'erreur.Boudin.—Beauce ?LanguiUe.—C'est monsieur Pozer, l'ancien membre.Pour celui-là vous deviez vous y attendre.Il est assez bien planté pour qu'on n'ose pas entreprendre de l'arracher.Il a été élu par acclamation.Boudin.—Berthier.Languille.—Le docteur Paquet.Encore un qui se porte bien au physique au moral et au politique ; par conséquent : acclama-mation ! Boudin.—Je m'incline, c'est un confrère; donc je l'honore.Il est vrai néanmoins que nous nous sommes rencontrés dans une consultation et que naturellement nous ne tombâmes point d'accord.Mais je devais m'y attendre.C'est un de ces novateurs qui courent après les prétendues découvertes de la science ; un de ces subversifs qui n'ont aucun respect pour les préceptes.Rien qu'à le voir auprès du lit d'un malade suggérer ci, conseiller ça, des choses inouïes ; je me suis dit en moi-même, si cet homme se mêle jamais de politique, pour le sûr ce sera un incurable libéral.Et je ne me suis pas trompé.Beauharnois ?Languille.— Ilobillard.Un nouveau.La Minerve le réclame.Boudin.—C'est qu'il est à nous.Victoire ! LanguiUe.—Oui, mais le National le case parmi les indépendants.De Grosmont.—Ah ! il a promis, je suppose, de voter pour les bonnes mesures.En ai-je vu de ceux-là dans le cours de ma vie, satanchien ! Les bonnes mesures sont celles que propose un gouvernement plus fort que l'opposition.Continuez.Boudin.—Bellechasse.De Grosmont.—Sans voir la liste je dis : Fournier et acclamation ?Languille.—Vous l'avez deviné.De Grosmont.—J'en étais sûr.Notre vieux Québec se rachète.(Il se lève et danse en chantant : Ramonez-ci, ramonez-là, la cheminée du haut en bas I ) Boudin.—Bonaventure.LanguiUe.—Robitaille.'e Grosmont.— Male-aventure, satan- chien ! Quoi, renvoyer au parlement un ancien ministre qui a trempé dans l'affaire du Pacifique ! Quenoche.—Vous avez qu'à voir ! U a probablement dit aux électeurs qu'il est innocent.Languille.—Je suis assez porté à croire qu'il n'y a vu que de feu.Bref, c'est un conservateur et cela suffit pour consoler monsieur Boudin ; à un autre, docteur.Boudin.—Brome.Languille.—Pettes.Quenoche.—Un coup de canon pour le parti libéral ! C'est le premier comté que nous arraehons aux aristocrasses.Allez maintenant, docteur.Boudin.—Chambly.LanguiUe.—Ah ! docteur c'est le second comté qui vous est arraché.Ça commence à ne pas sentir bon pour votre parti.Quenoche.—Vous avez qu'à voir ! On repète donc.Boudin.—Tais-toi, Quenoche, et ne fourre pas ton nez dans ces choses où tu ne comprends rien, Quel est l'élu 1 Qaenoche.—Oh ! vous avez beau parler latin, ça n'empêche pas qu'on vous abattu comme pâte à Chambly et c'est monsieur Jodoin qui vous à joué ce tour-là.Allez I il en a bien d'autres encore dans son grand sac.Aussi disions nous aux bleus qu'il fallait que leur candidat fût ben oie pour s'opiniâtrer à se frotter au notre.(Quenoche place son pouce au bout de son ne* et agite ses doigts en évantail.) Bo ud in.—C harle voi x.Languille.—Tremblay ! Ah ! quant à celui-là depuis la victoire qu'il vient de remporter il n'aura qu'à prononcer son nom devant ses adversaires pour les mettre en fuite.Car hélas ! ceux qui l'ont vou lu tuer sont morts.Boudin.—Champlain.Languille.—C'est un comté queleparli libéral vient de tirer d'une longue léthargie ; il était confit dans la politique conservatrice maintenant il a choisi Monsieur Mont-plaisir qui se dit indépendant.Il est comme on dit à cheval sur la clôture.___ De Grosmont.—Oui, pour sauter du côté de la récolte ! Tenez ne me parlez pas des incertains.1 suffit pour m'agacer les dents de limer c Boudin, poussai Ohâseauguay.Languille.—kh ! docteur, gémissez.Ce comté vote pour monsieur Holton sans même lui demander de signer le programme ! Boudin.—Chiooutimi.te scie, satanchien ! un gros soupir.— 100 Languille.—Inconnu.Passes.Boudin.—Compton.Languille.—Victoire pour vous, docteur.C'est no conservateur et un ancien ministre par-dessus le m-irché, monsieur Pope, qui est élu.Il n'est pas facile d'aller l'attaquer à ce qu'il paraît.Quenoche.—C'est un comté presque tout plein de souohes et de bûches.Boudin,—Deux-Montagne».Oh ! pour ee comté là, j'en suis sûr, car ma Miner oe nous a bien assurés solennellement que le député nommé en soixante-douze n'y serait jamais réélu.D'ailleurs ce comté-là est conservateur ; c'est connu.Languille.—C'est probablement pour eela qu'il aime à conserver oc qu'il trouve bon.Monsieur Wilfred Prévost vient d'obtenir une bonne majorité.Boudin se lève subitement puis retombe anéanti sur sa chaise en s'écriant :—Oh 1 mon pays, comme tu te trompes.Ob ! ma gazette, comme tu nous trompes ! Puis il se oouvre le visage de son journal et demeure plongé dans une muette et solennelle méditation.On respeote sa douleur, et pendant quelque temps les ondulations des jets de fumée s'élèvant de toutes les pipes obeur-oissent assez l'atmosphère pour donner à la "in
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