La bibliothèque canadienne, 1 mai 1829, mai
La Bibliothèque Canadienne.TomeVIII.MAI W29- Numéro VI.HISTOIRE DU CANADA.f Continuation.) Vers la mi-septembre, étant de retour à Montréal, M.de Ramsay fut informé par un Iroquois nouvellement arrivé du camp des ennemis, que deux mille cinq cents hommes étaient eri marche pour aller bâtir un nouveau fort à l'extrémité du lac du St.Sacrement, et qu'il s'en était détaché six cents pour s'emparer d'un poste sur le lac Champlain, d'où ils pourraient venir en deux jours à Chambly.11 fit aussitôt partir ce même sauvage pour Québec, où M.de Vaudreuil était retourné, et ce général, qui ne voyait plus aucun lieu de craindre d'être assiège danssa capitale, s'embarqua sur le champ pour Montréal, ct y assembla un corps considérable de troupes et de milices, avec lequel il alla se poster à Chambly, où il demeura quelque temps sans entendre parler des Anglais.Il fit ensuite deux détache-mens 'de cinquante hommes chacun, sous les ordres de Montigny et de St.Ours, pour les aller observer.Quelque temps après on eut nouvelle qu'ils avaient brûlé leurs canots et leurs forts, et qu'ils s'étaient retirés en maudissant Vesch, l'auteur de l'expédition.Le bruit courut d'abord que les Anglais avaient craint d'avoir sur les bras M.de Vaudrcuil avec toutes les forces de la colonie; et ce ne fut que quelque temps après qu'on fut informé de la véritable cause de leur retraite précipitée.On a vu plus haut que quatre des cantons iroquois s'étaient déclarés en faveur des Anglais ; mais il ne prétendaient nullement les aider à chasser les Français du Canada.Dans un grand conseil, qui fut tenu dans le temps, à Onnontagué, un des anciens se leva et dit: "Ne vous souvenez-vous pas que nous nous trovor.s placés entre deux nations puissantes, capables de nous exterminer, et intéressées à le faire, quand elles n'auront plus besoin de notre secours ?Nous devons donc faire en sorte de les mettre toujours dans l'obligation de nous ménager, et par conséquent em-èmpêcher que l'une ne prévale sur l'autre." En effet, les Iroquois n'eurent pas plutôt joint l'armée anglaise Tome VIII.—N 0 , VI.Z 802 J Ii stoir e du Canada.que la croyant assez forte avec eux pour prendre Montréal; ils ne pensèrent plus qu'aux moyens de la détruire, ou du moins île la mettre hors d'état de rien entreprendre, et ils s'y prirent de la manière suivante : l'armée était campée sur les bords d'une petite rivière; les Iroquois, qui passaient presque tout le temps à la chasse, s'avisèrent d'y jetter toutes les peaux des bêtes qu'ils écorchaient, un peu au-dessus du camp, et bientôt l'eau en fut infectée.Les Anglais, qui ne se défiaient point de cette perfidie, continuèrent cà boire de cette eau, et elle en fit mourir un si grand nombre, qu'ils se virent obligés de quitter un lieu si funeste, où ils comprirent qu'ils ne pouvaient éviter d'être entièrement défaits, si l'on s'avisait de les y venir attaquer.C'est ainsi que Charlevoix raconte la chose.Un autre historien dit cju*il est possible que l'eau ait été infectée ; mais que les Iroquois peuvent bien aussi n'avoir pas eu l'intention qu'on leur suppose, " Les historiens, ajoute-t-il, sont aussi peu scrupuleux ii prêter des intentions qu'à établir des conjectures." Quoiqu'il en soit, les Anglais se retirèrent, et l'on apprit bientôt que les vaisseaux destinés à faire le siège de Québec, avaient été envoyés à Lisbonne.Pendant l'hiver, les Onnontngués envoyèrent des députés à M.de Vaudreuil, pour le prier de les recevoir en ses bonnes graces.L'état des affaires de la colonie ne permettait pas au gouverneur de rejetter les excuses d'un tel suppliant, au risque de s'en faire .un ennemi irréconciliable.D'ailleurs la nation iroquoise avait toujours désapprouvé la guerre que se faisaient les Français et les Anglais, et dans une seconde audience que ses députés eurent du général, après que celui qui portait la parole eut témoigné son chagrin de ce que deux peuples qu'il estimait, disait-il, étaient presque toujours occupés à s'en-tre-détruire, il ajouta, avec la franchise particulière aux sauvages : ';Etes-vons donc ivres les uns et les autres, ou est-ce moi qui n'ai point d'esprit ?" Il proposa ensuite un échange de prisonniers entre les Français et les Anglais, qui fut accepté, et exécuté de bonne foi de part ct d'autre.A peine les Onnontagués étaient-ils partis, qu'on vit arriver des Agniers, qui parlèrent sur le même ton et protestèrent qu'ils ne lèveraient jamais la hache contre les Français.La joie qu'on avait resssentie en Canada, de voir les grand0 projets de M.Vesch déconcertés, et les Iroquois se reconcilie avec les Français, fut un peu troublée par la nouvelle qu'on - - —- - - « » ¦ v - I IV.* y reçut du mauvais succès d'une entreprise du sieur Mantct sur le fort Ste.Anne de la Baie d'Hudson.Cet officier v fut tué, de prime abord.Il parait qu'il s'était approché de la place, avant de Favoir fait assez reconnaître, et qu'il ne fut pas secondé autant qu'il s'y était attendu, par ceux qui l'accompagnaient (liïloire du Cai.cda.203 Le printemps suivant, on apprit à Québec que l'Acadie était menacée de nouveau, et qu'il se taisait de grands préparatifs à Boston pour attaquer le Port Royal.En effet, au mois d'Août de cette année 1710, un vaissau anglais de soixante canons, et une goélette, s'approchèrent du Port-iioyal, et le tinrent bloqué, de manière qu'il n'y put entrer aucun secours; et le 5 Octobre cinquante, bâtimens anglais entrèrent dam; le bassin et jettèrent les ancres vis-à-vis du fort.Il y avait dans cette flotte quatre vaisseaux de soixante pièces de canon, deux de (plaçante, un de trente-six et deux gaîiottesà bombes; le reste se composait de bâtimens de charge et de transport ; le tout sous les ordres du général NicOLSON, qui commandait en chef toutes les troupes de la reine d'Angleterre dans le continent de l'Amérique.Le 0, les Anglais firent leur débarquement des deux côtés de la rivière.JNI.de Subercase ne s'opposa point à leur descente, et ne fit point occuper divers passages difficiles, un ii aurait pu les arrêter, ou leur dresser des ambuscades, et cela, parce qu'il ne pouvait compter ni sur les soldats ni sur les habitans, et qu'il était persuadé qu'aucun de ceux qu'il aurait fait sortir de la place n'y rentrerait.Aussi dé-sespéra-t-il d'abord de la pouvoir conserver, il n'eut plus d'autre vue que de tâcher d'en sortir lui-même avec honneur, d'autant plus (ju'il n'avait que trois cents hommes effectifs, et que le; assiégeans étaient au nombre de trois mille cinq cents, sans compter les matelot.';.Les troupes débarquées ne trouvant point d'obstacle à leur marche, allèrent droit au fort ; mais lorsque le gouverneur les vit engagées sous son artillerie, il fit faire un si grand feu, qu'il les arrêta, leur tua beaucoup de monde, et les contraignit même de reculer, pour se couvrir d'un rideau, à la faveur du quel elles entrèrent dans le bois, et continuèrent leur marche.Le lendemain, elles passèrent un ruisseau quj donnait de l'eau à un moulin, où deux cents hommes auraient pu les arrêter, et peut-être les tailler en pièces ; mais M.de Subercase n'avait pas cru qu'elles entreprissent de le passer ce jour-là, parce qu'elles paraissaient occupées à placer leur artilerie, et à appuyer une galiotte, qui avait commencé dès la veille à jetter des bombes.Quelques habitans et quelques sauvages escarmouchèrent d'abord contre les premiers qui passèrent, après quoi iis se retirèrent à la faveur des bois.Le soir, la galiotte recommença à bombarder le fort ; mais avec peu d'effet.Le général anglais en tira néanmoins cet avantage, que pendant ce temps-là il fit passer devant la place vingt-deux bateaux plats chargés de toute son artillerie et de munition'; de guerre.Le 8, M.de Subercase, avant remarqué l'endroit on 20 i Histoire du Canada.les Anglais voulaient établir des batteries, fit tirer si à propos de ce côté-là, (jue M.Nicolson, après avoir perdu bien du monde, crut devoir faire sonner la retraite.Le lendemain, on se canonna jusqu'à midi : les assiégés jette-rent quelques bombes dans le camp des Anglais ; ce qui y causa beaucoup de désordre.La pluie, qui survint et qui dura jusqu'au soi'', interrompit le feu de part et d'autre.Dès qu'elle eut cessé, les deux galiottes s'approchèrent du fort, et tirèrent quarante.deux bombes du poids de deux cents livres.Les assiégeans essayèrent aussi de tirer des carcasses, mais elles crevèrent toutes au sortir du mortier.Us en avaient un bâtiment chargé; mais il périt à l'entrée du port, avec tout l'équipage, qui était cle quarante hommes.Le 10, ils traveillèrent à leurs tranchées et à leurs batteries, et vers le soir, ils recommencèrent à jetter des bombes ; mais ils n'y eu eut que deux qui tombèrent dans le fort.Quelques unes avant crevé en l'air, un éclat blessa dangereusement uu oiîicier nommé Latour, et un autre emporta un coin du maga-zin du roi.Celte même nuit, cinquante habitans et sept à huit soldats désertèrent, et le lendemain, tout ce qui restait des premiers présentèrent une requête au gouverneur, pour le prier de faire attentio i à l'état ou ils étaient ; et qu'étant, depuis si longtemps sur pieds jour et mut, ils se voyaient sur le point de succomber à une fatigue si excessive.M.de Subercase leur répondit qu'il examinerait leur requête ; mais s'étant apperçu que le mécontentement n'était pas moindre parmi les soldats, dont la plupart menaçaient ouvertement de déserter, il assembla le conseil de guerre.On y conclut tout d'une voix qu'il ne fallait plus penser qu'aux moyens d'obtenir une capitulation favorable, et aussitôtle sieur de la Pei elle, enseigne, fut député àu général anglais.' La Perelie resta dans le camp des Anglais, et M.Nicolson en-* vovm un tie ses officiers a M.de Subercase, qui lui fit connaître qu'il désirait de s'aboucher avec son général.M.Nicolson envoy., au fort le colonel Reddjn, chargé d'un plein pouvoir.Le gouverneur le reçut sur le glacis, le conduisit à son logement, et demeura longtemps enfermé avec lui dans son cabinet.Au sortir de In, il ait dîme voix haute à ses officers, que tout était réglé, et le jour suivant, le colonel lleddin, et un capitaine nommé Mathews, qui avait servi d'otage pour Lu Perelie, retournèrent au camp anglais, o.x: le général signa la capitulation.Le 1G, la garnison, qui n'était plus composée cpie de cent cinquante-six hommes tout délabrés, sortit du fort avec armes et bagages.L'artillerie, qu'elle aurait pu emporter, fut vendue au général anglais, pour acquitter les dettes publiques.Il ne sctroiiva aucunes provisions dans le fort, et le lendemain, M- Histoire du Canada.2Uâ Nicolson fut obligé de faire distribuer des vivres aux Français; ce qui le fit reprentir de s'être tant pressé de composer avec des gens que la famine lui aurait bientôt livrés à discrétion.Peu de temps après l'évacuation du Port-Royal, MM.Nl-colson et de Subercase envoyèrent au marquis de Vaudreuil, l'un M.Livinsgton, et l'autre, le baron de St.Castin, pour lut faire part des articles dont ils étaient convenus : mais le premier les entendant à sa manière, déclara au général français que, suivant le traité, tout le pays, excepté ce qui était à la portée du canon du Port-Royal, demeurait à sa discrétion.Il ajoutait que par représailles des cruautés inouïes exercées sur les sujets de sa majesté britannique par les sauvages alliés de la Nouvelle France, si, après, la réception de sa lettre, les Français et leurs alliés continuaient leurs hostilités directement ou indirectement, il ferait sur le champ les mêmes exécutions militaires sur les principaux habitans de l'Acadie ou Nouvelle Ecosse.Il proposait enfin un échange de prisonniers, menaçant, en cas de refus, de livrer aux sauvages alliés de l'Angleterre, autant de Français qu'il y avait d'Anglais prisonniers en Canada.M.de Vaudreuil lui écrivit en réponse, qu'il le croyait trop instruit des lois de la guerre, pour ignorer qu'elles ne lui permettaient pas d'user de représailles contre des hommes qui s'étaient rendus à lui sur la parole expresse qu'il leur avait donnée de les bien traiter ; qu'il n'avait pas tenu à lui de faire cesser, il y avait longtemps, une guerre si malheureuse, et quêtons les maux dont elle avait été suivie ne devaient être imputés qu'à ceux qui avaient refusé la neutralité entre les deux colonies; que quant à' t'échange des prisonniers, il y donnerait volontiers les mains; mais qu'il fallait commencer par savoir combien il y en avait de part et d'autre ; qu'il n'était pas le maître de ceux qui étaient entre les mains de ses alliés, et que la menace de livrer les habitans de l'Acadie aux sauvages de la Nouvelle Angleterre, supposé que ceux de la Nouvelle France refusassent de rendre les leurs, était contraire à toutes les règles de la justice et de l'humanité ; que si elle s'exécutait, il serait obligé d'en faire autant de tous' les Anglais qu'il avait en sa puissance.Les sieurs de Rouvillc et Dupuys furent chargés de sa lettre à M.Nicolson.Il nomma en même temps par provision, et jusqu'à ce qu'il eût reçu les ordres (ju'il avait demandés à sa cour, le baron de St.Castin,' qui commadait déjà à Pentagoët, son lieutenant en Acadie, et lui envoya ses instructions pour maintenir les Français qui étaient restés en ce pays dans l'obéissance de sa majesté très chrétienne.Il fit partir, quelque temps après, deux Français et deux sauvages sur les neiges, avec des lettres pour les missionnaires de ces quartiers, par lesquelles il les exhortait à redoubler de zèle pour maintenir leurs néophytes dans l'alliance de la France ; e* 2UÔ Histoire du Canada.il enjoignit à ces mêmes envoyés de visiter tous les établissemens français de l'Acadie, de s'instruire exactement de la disposition où étaient les habitans, et de les assurer qu'il ferait tout ce qui dépendrait de lui pour ne les laisser manquer de rien.Il eut aussi nouvelle que le gouverneur de la Nouvelle York faisait tous ses elïbrts pour engager les Cantons à reprendre les armes; ce qui l'engagea à envoyer à Michillimakinac des personnes de confiance, pour exhorter ses alliés à venir incessamment lui donner des preuves de leur fidélité et de leur attachement.Il fit partir en même temps le baron de Longueui), accompagné de Joncnire et de La Chauvignei ie, pour le pays de» Iroquois, afin d'engager parleur moyen ces sauvages à garder la neutralité.Ces envoyés furent bien reçus partout où ils se montrèrent, et amenèrent à Montréal, où se trouvait M.de Vaudreuil, des députés d'Onnontagué et de Tïoiinonthouan.Ces sauvages dirent au gouverneur que les Français avaient plusieurs amis parmi lés Iroquois, mais que le plus grand nombre penchaient du coté des Anglais, gagnés par les présens qu'on leur prodiguait, et persuadés que les} Français succomberaient à la fin sous les grands efforts que leurs ennemis se disposaient à faire de toutes parts, pour les accabler.Sur ces entrefaites, Tonti, St.Pierre et les autres, qui avaient été envoyés aux tribus supérieures, arrivèrent à Montréal, avec quatre ou cinq cents sauvages.Comme les députes iroquois n'étaient pas encore partis, le gouverneur profita de l'occasion pour accommoder les différons qui existaient encore entre les Cantons et quelques uns des alliés de la colonie.Le 4.Août 1711, M.de Vaudreuil reçut une lettre du P.Felix, récollet, missionnaire en Acadie, qui lui mandait que quarante sauvages, envoyés par le'baron de St.Castin, pour faire une irruption du côté du Port Royal, après avoir défait un parti d'Anglais beaucoup plus nombreux, s'étaient joints à des Français, avaient investi le fort, où les principaux officiers et la plus grande partie de la garnison étaient morts pendant l'hiver, et qu'ils demandaient un prompt secours.Sur cet avis M.de Vaudreuil nomma le marquis cI'Alognies, commandant des troupes, pour marcher de ce côté-là: il lui donna douze officiers des plus braves et des plus expérimentés, çt deux cents hommes choisis- Tout cela fut prêt en deux jours ; mais dans le moment que ce secours "allait se mettre en marcha, il arriva des nouvelles de Plaisance qui obligèrent le gouverneur à contremander le marquis d'Alognies.M.de Costebelle lui écrivait qu'il avait appris d'un prisonnier anglais, que le 10 ou le 12 de Juin, ie général Nicolson était arrivé à Boston avec deux vaisseaux de soixante-dix pièces de canon ; qu'il devait être Suivi de six autres de soixante, de trois Histoire du Vanada.20?_ .- —- — .w.» «.»., t%.tegt pour taire voir, disaient-ils, qu'ils n'avaient pas d'autre intérêtque ce- fealiotles à bombes et de trente bâtimens de charge, portant depuis vingt-quatre jusqu'à trente canons, auxquels devaient se joindre à Boston deux vaisseaux de cinquante canons, et cinq bâtimens de transport, qui porteraient trois mille hommes des milices de la Nouvelle Angleterre; qu'on n'attendait plus que la flotte d'Anglctere pour mettre à la voile, et que cette dernière flotte avait été vue, le 5 Juin, à soixante lieues de Boston, par un corsaire delà Martinique arrivé à Plaisance le 8 Juillet, lequel s'en était approché de fort près, et y avait compté trente-cinq voiles.Cet avis fut confirmé, peu de temps après, par un Onnontagué, que Teganissorens avait envoyé à M.de Vaudreuil, pour lui faire savoir que la flotte anglaise était partie de Boston ; qu'il y avait à Orange deux cents bateaux tout prêts et qu'on y en attendait encore cent; et qu'Abraham Sehuiller, frère du gouverneur d'Orange, avait parcouru tous les Cantons, pour les solliciter à prendre les armes contre les Français.La première chose que fit le gouverneur général fut d'assembler les députés iroquois que Longueuil avait amenés, pour leur rappeler leur traité de paix (pie la nation avait si sollem-nellement juré d'observer, sous son prédécesseur, ainsi que «es promesses encore récentes deses envoyés, et les exhorter à demeurer tranquilles sur leur nattes, nonobstant que les circonstances l'obligeassent à envoyer des partis de guerre du coté de la nouvelle York.Le lendemain, il fit un grand festin de guerre, où il invita les sauvages domiciliés, et ceux: des tribus du nord et de l'ouest, qui étaient descendus à Montréal.L'assemblée fut de sept à huit cents guerriers : Joncaire et La Chauvignerie levèrent la hache et chantèrent la guerre au nom d'Ononthio.Tous les sauvages domiciliés y répondirent avec de grands applaudissemens : ceux d'en haut eurent quelque peine à se déclarer, parce qu'ils étaient presque tous en commerce avec les Anglais, et qu'ils y trouvaient mieux leur compte qu'avec les Français.Mais les Hurons ayant pris la hache, tous suivirent leur exemple, et assurèrent le général qu'il pouvait dissposer d'eux comme de ses propres sujets.Il les renvoya néanmoins presque tous chez eux, ainsi que les députés iroquois, parce que la saison était avancée, se contentant d'en retenir quelques uns de chaque tribu auprès de lui, pour faire voir aux Anglais et aux Cantons qu'il avait une autorité ent'ère sur ses alliés.Il partit ensuite pour Québec, où 4 tOS Histoire du Canada.hn des Français.Le P.de la Chasse y amena aussi d'autre* Abénaquis du voisinage de la nouvelle Angleterre.En arrivant à Québec, le gouverneur général trouva tousles ordres qu'ils avait donnés à M, de Beaucourt, en partant pour Montréal, très bien exécuté*.Cet officier, non content deforti-ficr le corps de la place, de manière à la mettre en état de soutenir un long siège, avait pris de bonnes mesures pour empêcher (pie les ennemis ne débarquassent du côté de Leauport, comme ils avaient fait en 1690, et jamais peut-être dans aucune ville, ajoute Charlevoix, on ne remarqua plus de résolution et de confiance, tous jusq'âux femmes étant disposés à contribuer de leur mieux à la plus vigoureuse defense.Chacun, dans la ville et aux environs, avait son poste marqué, ct toutes les côtes, au dessous de Québec, étaient si bien gardées, que l'ennemi n'aurait put mettre pied à terre, datis aucun endroit habité, sans être obligé de livrer un combat que la situation du terrain lui aurait rendu très désavantageux.Enfin tout paraissait si bien disposé qu'on était dans une espèce d'impatience de voir paraître la flotte anglaise, lorsque, le 25 Août, à huit heures du soir, un habitant vint donner avis que le i), il avait vu de Matane, de quatrevingt-dix à quatrevingt-quinze voiles, qui portaient le pavillon d'Angleterre ;sur quoi chacun se rendit à son poste.Quelques jours après des pêcheurs de Gaspé rapportèrent qu'ils avaient compté qualrevingt-quatre vaisseaux qui descendaient le fleuve, et faisaient route comme pour relâcher à Gaspé même.Le 7 Octobre, M.de Beaumont, qui commandait le Héros, mouilla devant Québec, et dit qu'il n'avait rencontré aucun bâtiment dans la partie du nord, qu'il avait presque toujours suivie ; et un autre navire, qui arriva, peu de jours après, ct qui avait tenu la route du sud, assura qu'il n'avait rien ap-perçu., Ces avis firent résoudre le gouverneur général à renvoyer sur-le-champ M.de Ramsay à Montréal avec six cents hommes cpi'il avait amenés des milices de son gouvernement; il les suivit lui même de près avec six cents soldats ; ce qui joint au corps de troupes qui était resté sous les ordres du baron de Longueuil, pour garder la tête de la colonie, faisait une armée de trois mille hommes, M.de Vaudreuil la fit camper à Cham-blv, son dessein étant d,y attendre le général Nicolson, qu'il savait être en marche de ce côté-là ; niais il apprit bientôt que son armée avait rebroussé chemin, et Rouville fut détaché avec deux cents hommes, pour en avoir des nouvelles plus exactes.Cet officier marcha, sans rencontrer personne, jusqu'au portage qui se trouvait sur le chemin d'Orange, où ii fut joint par Histoire du Canada, tOO trois Français, que M.(le Vaudreuil avait envoyés dans cette ville au mois do Juin, pour y conduire des prisonniers anglais, et qui y avaient été retenus, de peur qu'ils ne donnassent avis des préparatifs de guerre qu'on y faisait, i! apprit d'eux le malheur arrivé à ia flotte anglaise, qui avait fait naufrage dans le fleuve St.Laurent, vis-a-vis de.^ Scpt«Isles, Dès que M.de Vaudreuil fut instruit du fait, il envoya sur les lieux plusieurs barques-, qui y trouvèrent les carcasses de huit gros vaisseaux, et pics de trois mille cadavres étendus sur le rivage* Quoique le reste de la flotte eût resté à Pancre plusieurs jours, pour enlever îa charge des vaisseaux brisés, les Français ne laissèrent pas d'y faire encore un assez grand butin.Us y trouvèrent aussi plusieurs exemplaires du manifeste du commandant anglais, John Hjll ; morceau long, écrit en mauvais français, et plus rempli de turlupinades que d'autres choses.Au reste, l'amiral Hill ne dut quVi lui-même le malheur de sa flotte.Il avait sur son bord un prisonnier français, nomme Paradis, ancien navigateur, et qui connaissait parfaitement le fleuve St.Laurent.Cet homme ''avertit, lorsqu'il fut par le travers des Sept-Isles, qu'il ne fallait pas s'approcher trop de terre, et comme le vent n'était pas favorable, et qu'on ne pouvait aller qu'à la bouline, l'amiral se lassa à la fui de cette manœuvre, et soupçonna peut-être même le Français de vouloir fatiguer son équipage.Il refusa de révircr et approcha de si près d'une petite lie appellee YUeauxŒuf^ qu'y ayant été sur pris par un coup de vent de sud-est, il s'y brisa, avec sept mitres de ses plus gros vaiseaux, dont il ne se sauva que très peu de monde.Cependant, on avait fort à cœur en France et rn Canada le recouvrement de l'Acadie, et peu s'en fallut que la chose n'eût lieu, sans que ni le ministre des colonies, ni le gouverneur dé la Nouvelle France s'en mêlassent.Soixante Anglais de la garnison du Port-Royal ayant été surpris et taillés eu pièce ;:rr quarante-Abénaquis, les habitans français se réunirent à ces derniers, au nombre de cinq cents, et partirent, au mois de Juin, pour investir le fort.Plusieurs autres sauvages se joignirent à eux, et M.Gaulin, leur missionnaire, écrivit au gouverneur de Plaisance, que s'il voulait leur envoyer un eflicier pour les commander, il [icurrait presque répondre que l'affaire réussirait; mais M.de Costebelle avait besoin de tous ses officiers, et faute de chef, les Acadiens et les sauvages se retirèrent.L'année suivante, le bruit ayant couru que les Anglais se disposaient à mct.re en mer une nouvelle flotte pour assiéj: çr Québec, le gouverneur té léral trouva dans la bourse des marchands de cette ville une somme de cinquante mille écus, pour Tome VIIJ.—N °.VI.A 210 République Babinienne en Pologne.y ajouter des fortifications."Voila, dit l'auteur des Beàviôi de l'Histoire du Canada*, ce que fait un pays pauvre, tandis que de grandes nations florissantes ont peine à se priver de quelques jouissances de luxe, pour subvenir aux besoins de la patrie." REPUBLIQUE BABINIENNE EN POLOGNE.Vers l'an 1500, du terns de Sicismond Auguste II, quelques gentilshommes polonais établirent dans le palatlnat de Lublin une société de 'plaisirs, qu'ils nommèrent Babinienne, du ncm d'une terre que PsOMIUj son principal instituteur y possédait.Baba signifie, en langue polonaise, une vieille femme, et Babine (nom de la terre.) tout ce (gui lui appartient ou vient d'elle.C'est pourquoi ce bien ruiné par?le laps du tems donna lieu à toutes sortes de badinages et de saillies de la part des passans, non tant à cause de son mauvais aspect que de ?on nom ridicule.Des gentilshommes p< louais, qui prenaient plaisir aux di-vertissemens et m:x trais desprit, prirent de \t, d'établir la société en 'question, qu'ils nommèrent Babinienne.Et pour lui donner un certain relief, ils prirent pour leurs réglemcns, la forme du gouvernement de Pologne, et élurent un roi, formèrent un sénat* créèrent des sénateurs, des archevêques^ des évoques, des p.ilaiins, des châtelains, des chanceliers, &c.Voici comment on donnait ces charges : dçs que quelqu'un se distinguait aune fête, ou dans une grande assemblée, par quelque chose d'etrerge ou de singulier, ou disait quelque chose de contraire à la bienséance, aux usages ou à la vérité, on le jugaiat digne de devenir membre de la république comique, ct on Ici confiait même temps l'emploi qui avait rapport a son défaut ridicule; p.e.quand quelqu'un se vantait, parlait à tort et à travers de batailles, de guerres, de sièges, de massacres, £cc.on le créait généralissime de la couronne, ou chevalier de l'éperon d'or f parlait* U de choses ampoulées qu'il ne comprenait pas, on en lésait un archevêque; s'il pat lait politique sans rime ni raison, et péchait souvent contre la langue, en le nommait grand chancelier; qui parlent do religion à centretems, et se rendait coupable de l'orgueil de quelques ecclésiastiques, était fait chapelain de la cour; *'il parlait mal à propos de chevaux, de cl.iens, de faucons, et de la chasse du renard, et faisait beaucoup debiuir, on le créait < rmd veneur de la couronne ; quiconque prenait avec trop de chaleur et sans raison le parti de 1'-église romaine ou de toute autre secte, parlait du bûcher comme «l'un châtiment dû aux hérétiques, étaitr.cmméunrj'.imemeî.t Inquisitor hcvriticœpravitatis; s'il parlait de chevaux, de leurs qualités, d'une manière peu-conforme 4 République Balimenne en Pologne* 211 la vérité, on îe luisait grand ecuyer.pe cette serte, il n'y avait clans la république de Pologne, aucun emploi, aucune charge, que nVût'ia Babiuienne, et qu'elle ne donnât de la manière Ijf mieux séante, toujours selon les rangs et dignités.Quand quelqu'un était admis au nombre des membres de cette république comique, on lui expediait des lettres patentes munies du grand sceau, et on les lui remettait en grande cérémonie ; le membre nouvellement élu était obligé de les recevoir debout et d'une manière respectueuse.Mais s'il Taisait des difficultés de s'associer à cet ordre ridicule, ca le raillait et badinait jusqu'à ce qu'il, se rendit aux voeux de la socété.Les supérieurs de cette république savaient si bien juger des hommes, que personne n« pouvait mieux qu'eux décrire les passions de l'âme, aucun moraliste expliquer plus clairement et avec plus d'énergie ce qu'on entend par moeurs et vices, ni aucun phisbguonie mieux juger de la nature humaine, d'après les trails, les gestes et la démarche.Quand on leur offrait un nouveau candidat, ils délibéraient longtems si on l'admettrait ou non.ii faut auparavant que nous l'entendions parler, disaient ils, afin quo nous soyons en état de connatre son caractère ; nous verrons alors à quel emploi il est le plus propre.Enfui cette, république comique s'étendit de telle sorte, qu'il était rare de trouver parmi les courtisans #c une personne qui n'y fût revêtue d'une charge.Il y avait aussi dans cette société des personnes qu'on nommait In-fans d'Espagne, iavoris et bouffons.Le rci Sigismorid Auguste avant été informé de tout cela, il en témoigna beaucoup de satisfaction, et demanda s'ils bavaient aussi un roi ?Sur quoi le Staroste de la république, qui avait la mine joviale, et était toujours de lionne humeur, lui répondit : Loin de nous, Sire, la 6eule pensée de choisir de votre vivant un autre roi que vous ; vous êtes roi ici et chez nous.Le roi prit fort bien cette répons* en rit beaucoup, et badina tellement que personne ne put s'empêcher de rire.Un membre de cette société élevant un jour jusqu'aux nues, et avec des expressions ampoulées le règne d'AtEXANDHE le Grand, la monarchie des Babyloniens, des Perses et des Romains*) un des assistans lui dit : Pourquoi vantez-vous tant l'antiquité et la grandeur de ces monarchies?notre républibne Babiuienne est plus ancienne quelles toutes, car David en a déjà parié en disant : tous les hommes sont menteurs ; voila sur quoi elle est fondée, et en quoi elle consiste; il suit de là que Darius, Alexandre le.Grand, et le monde entier en font partie.La société se ventait aussi d'à voit reçu de3 privilèges des Empereurs, des Rois, et même des Papes.Lorsqu'un des membres en usait mal avec un autre, ou lui ppçtait préjudice par ses mensonges, on le déclarait incapable 212 Le Kuala, $c.LE KAABA, &c* Extrait d'un Voyage en Arabie,par L.j.Burckhaidt, Londres 1829.•'Quiconque arrive à la Mecque, pèlerin ou autre, est obligé, parla loijd'ailer de suite visiter le temple, et de ne s'occuper d'aucune affaire mondaine qu'ellequ'eîjepuisse êtreavantd'avoir rempli ce devoir.Nous traversâmes la rangée de maisons et faisaient usage au temps de leur émigration.Ils ne veulent adopter aucune amélioration ; mais d'un autre côté, ils rejettent obstintément toutes nouvelles suggestions qui leur sont faites pr.r les Boston nais, terme par leqiu l ils désignent les citoyens des Etats-Unis.J'avais d'abord quelque doute s'ils a-vaient ou non conservé cette expression, qui était naturelle clans nos querelles de 1755: mais les personnes les plus intelligentes m'ont assuré que les Canadiens français continuent à appeler Uostonnais les citoyens des Etats-Unis.Les maisons et les granges des Canadiens sont bien bâties, ct parfaitement abriées contre la sévérité cle leurs saisons.Leurs provisions de bois de chauffage sont amples : il est fendu et scié delà longueur requise pour leurs poêles et proprement empilé ; montrant par là non seulement de la prévoyance, mais des habitudes dont la Nouvelle Argleterre pourrait recevoir bien des leçons utiles.Dans l'intérieur cle leurs maisons on trouve tout ce qui est naicessaire pour leurs jouissances.Leurs fours sont toujours séparés de la maison qu'ils habitent ci sont cm-ples et convenables.Leurs laite, ies, aussi distinctes des maisons, sont proprement arrangées et entretenues.Il y a une circonstance qui leur est propre.—Leurs habitudes sont patrîar-chales.Ce n'est pas (pie nous les approuvions, parce qu'elles sent le résultat cle leur manque d'entreprise, toutefois elles sont touchantes et doivent affecter ceux qui les visitent.Vous trouver dans une maison Canadienne (car nous ne donnerons pas le nom cabane à une demeure grande et commode,) nu moins trois, et quelquefois quatre générations.Le respect, la vénération et la tendresse des jeunes pour les vieillards ; la conduite affectueuse et gaie des anciens envers la jeunesse ; la gravité observable dans le>s uns et les autres ; et l'urbanité et la politesse qui les caractérisent tous, ne peuvent manquer de Les premiers Historiens du Canada* fèl LES PREMIERS HISTORIENS DU CANADA, Traduit en substance du Canadian Review*.No* 5* Plusieurs des premiers écrivains qui ont recueilli des maté* riaux pour des ouvrages plus étendus que les leurs sont devenus si surannés, qu'il serait très difficile de mettre la main sur ce qu'ils ont écrit, même dans les pays où leurs ouvrages ont été le plus répendus ; et plusieurs ont éprouvé depuis long- (t) L'écrivain nous paraît raisormer ici d'une manière un peu sin«rn« îière : c'est, suivant lui, parce que la Grande-Bretagne s'est montrée très-délicate dans le gouvernement de ses sujets Canadiens, qu'ils sont au rang dés peuples les plus heureux delà terre; et néanmoins, il pense qu'elle pourrait bien avoir été trop modérée et trop délicate pour le bien-être des Canadiens eux-mêmes ; d'où il paraîtrait qu'il faut conclure que les Canadiens pourraient bien n'être pas très-heureux ; ou que s'ils le sont, co pourrait bien n'être pas en conséquence de la modération et de h délie** telle de la Grande-fyetagne.plaire, et d'exiter la surprise des étrangers.Nous pouvons hardiment faire une remarque ; c'est que les français Canadiens parient leur langage plus purement qu'aucuns autres emigres que nous ayons vus: C'est un viritahle sujet d'éloge, sous un certain point de vue dans la nation anglaise, qu'elle ait si religieusement observé Je traité de 17G3, en permettant à une population entièrement c-trangere de jouir tranquillement; non seulement de tous ses droits par traité, mais encore de ses fantaisies et caprices.C'est un exemple de délicatesse dont la mention ne peut être que mal accueillie dans notre pays, dans lequel (je ne sais pourquoi) on regarde comme la plus grande preuve de patriotisme de mal parler de la nation d'où nous sortons ; d'une nation à laquelle tout le monde doit plus qu'à toute autre, et à laquelle nous devons nous-mêmes en grande partie cette liberté dont nous faisons ajuste titre un si grand cas.Mais il n'en est pas moins vrai que la Grande-Bretagne s'est montrée si modérée, si délicate (et peut-être trop pour le bien-être des Canadiens eux-mêmes,) dans je gouvernement de ses sujets Canadiens français, qu'ils me semblent être, et que je crois qu'ils sont en effet au rang, sinon des plus éclairés, au moins des plus heureux peuples de la terre, t N.B.—Je n'ai pas bessoin d'ajouter qu'ayant voyagé dans le Bas-Canada par terre et par eau, j'ai vu la population Cana* dienne telle qu'elle a du être sous Louis XIV. es t>f$premiers Historiens dë Canada.temps le sort réservé aux publications cj/iiri intérêt ttmporaîre, et qui, faites pour satisfaire l'appétit du jour, sont d'abord reçues avec avidité, ensuite rejettees pour faire place à d'autres d'une date plus récente.\ Si c'est le cas dans le pays nui a été petulant tant d'années le centre de l'existence du notre, à plus forte raison le doit-ce être dans ce lui-ci.Il n'est venu en Canada qu'un petit nombre d'exemplaires des ouvrages de l'espèce mentionnée ci-dessus, et aucun d'eux n'a été réimprimé ici.La plu* grande partie de ceux qui ont écrit concernant lo Canada, dans les premiers temps de sa colonisation, étaient des aventuriers peu instruits ou des membres des ordres religieux, particulièrement des jésuites.Les premiers se sont étendus sur les merveilles de la nature, les derniers sur les miracles de la religion.Les aventuriers laïcs ont incorpora dans leurs écrits les fantaisies de l'imagination, "leur ont donné une habitation locale et un nom,'' et les ont fait circuler chez le peuple crédule et admirateur; les missionnaires, quoique faisant quelquefois- des empiétations clans le domaine séculier, Se sont généralement contentés de raconter leurs souffrances Cl celles de leurs Confrères, et de donner des notices bjogra-phiques de quelques uns des objets de leurs pieux efforts.Quand l'histoire d'un pays tombe en de telles mains, ou ne peut pas en attendre beaucoup, et l'on doit s'en être fait une bien pauvre idée, pour être agréablement détrompé.Four ne point parier des relations confuses et obscures de Cabot, ou Gadoto, ou de quelques autres aventuriers moins distingués, la première relation, si bon peut ainsi l'appeller, est celle de Jean Vlhazzani.Elle est contenue dans une lettre, eu langue italienne, adressée à François I, et a été imprimée ù Dieppe, en lT>24
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