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Titre :
La bibliothèque canadienne
De vocation historique, encyclopédique et littéraire, La Bibliothèque canadienne contient autant des articles de fond à teneur éducative que des textes littéraires contemporains. [...]

La Bibliothèque canadienne, ou miscellanées historiques, scientifiques, et littéraires est une revue mensuelle publiée à Montréal de 1825 à 1830. Chaque livraison offrait des textes de son fondateur, Michel Bibaud, des extraits d'oeuvres de divers auteurs et plusieurs rubriques (biographies, anecdotes, variétés, notices nécrologiques, etc.)

De vocation historique, littéraire et encyclopédique, La Bibliothèque canadienne contient autant des articles de fond à teneur éducative que des textes littéraires contemporains. Jacques Viger, premier maire de Montréal, y publie régulièrement Ma Saberdache, chronique d'observations et de retranscriptions historiques.

Michel Bibaud, dans La Bibliothèque canadienne, se fait tour à tour botaniste, géologue, zoologiste, agronome, physicien, économiste ou mathématicien. Toutes les sciences exactes ont de l'attrait pour lui. D'esprit patriotique, il est aussi passionné par l'histoire du Canada et par la littérature. En plus de poésies, de satires et de chansons, on trouve dans chaque numéro de la revue une tranche de l'Histoire du Canada dont l'ensemble sera publié en volume par Bibaud en 1837.

La principale préoccupation de Michel Bibaud est l'avancement des Canadiens dans les sciences, les arts et l'étude de l'histoire du Canada. Pour stimuler leur volonté, il les compare à la population anglophone.

Avant de publier La Bibliothèque canadienne, Michel Bibaud est cofondateur, avec Joseph-Victor Delorme, de L'Aurore (1817), puis, en juillet 1819, il est rédacteur pour Le Spectateur canadien. En octobre de cette même année, il devient aussi rédacteur pour le Courrier du Bas-Canada. À La Bibliothèque canadienne, il se voue à la propagation des arts et des sciences, mais pas à la politique. Pour permettre à son rédacteur de prendre part aux débats politiques houleux du tournant des années 1830, La Bibliothèque canadienne fait place à L'Observateur, un hebdomadaire qui sera publié pendant un an à partir de juillet 1830, dans lequel il poursuit la publication de son Histoire du Canada. Il fondera plus tard d'autres publications : Magasin du Bas-Canada (1832) et Encyclopédie canadienne (1842).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. I, p. 49-53.

« Les revues de Michel Bibaud », Bulletin des recherches historiques, vol. 13, no 5, 1907, p 156-159.

SICOTTE, Louis-Wilfrid, Michel Bibaud, Montréal, s. é., 1908, 30 p.

TOUSIGNANT, Claude, « Michel Bibaud : sa vie, son oeuvre et son combat politique », Recherches sociographiques, vol. 15, no 1, 1974, p. 21-30.

Éditeur :
  • Montréal :M. Bibaud,1825-1830
Contenu spécifique :
mardi 1 juin 1830
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Observateur
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Références

La bibliothèque canadienne, 1830-06, Collections de BAnQ.

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La Bibliothèque Canadienne.Tome IX.1er.JUIN 1830.Numéro XXIII.HISTOIRE DU CANADA.(continuation.) Le général Murray ayant débarqué dans l'île de Montréal avec environ tiois mille hommes, M.Dumas se rapprocha de la ville.L'armée du général Amherst, qui avait séjourné quelques jours sur l'Iule Parrot, débarqua à La Chine, le 6, vers 11 heures du matin.Xes volontaires à cheval, qui étaient dans cette partie, se retirèrent devant elle, pied à pied : car elle se mit en marche vers la ville aussitôt après avoir débarqué.Toutes les troupes françaises entrèrent dans la ville.Tous les miliciens s'étant retirés, ainsi qu'un nombre de soldats mariés, elles ne se montaient pas à plus de trois mille hommes, non cornpris cinq cents hommes qu'il y avait sur l'île Ste Hélène, et la petite garnison du fort de Chambly; elles n'avaient presque plus de munitions, ct les vivres ne pouvaient dorer plus de quinze à vingt jours.L'armée d'Amherst campa dans les plaines de St.Gabriel, à un quart de lieue de la ville : celle d'Haviland était arrivée à La Prairie.Pendant la nuit du 6 au 7, il fut tenu une assemblée chez le gouverneur : M.Bigot y lut un mémoire sur l'état de la colonie, et un projet de capitulation.Tout le monde fut d'avis qu'il convenait de préférer une capitulation avantageuse aux peuples et honorable aux troupes, à une défense qui ne pourrait retarder que de quelques jours la perte du pays.Le 7 au matin, le colonel de Bougainville, fut envoyé proposer à M.Amherst u^e suspension d'armes pour un mois : ce général s'y étant refusé, on lui envoya proposer par le même officier la capitulation dont on avait lu le projet dans rassemblée de la veille.Il minuta à la marge ce qu'il voulait accorder, refuser ou modifier : il accorda presque tout, excepté les honneurs demandés pour les troupes françaises, voulant qu'elles missent bas les armes, livrassent leurs drapeaux et ne servissent pas durant la guerre.Cet article paraissant humiliant, on envoya d'abord M.de Bougainville, et ensuite M.de la Pause faire des représentations ; mais elles furent Tome IX.No.XXIII.66 // T/(7?V* àit Ci nana.inutiles, M.Amherst ne voulant rien changer n sa premiere détermination.bur cela, le chevalier de Levis, au nom de^ troupes qu'il commandait, présenta un mémoire au gouverneur, le priant de rompre.tOUteS négociations avec le général anglais, et de prendre la résolution de faire la défense la plus vigou* rc.be quelque peu d apparence qu'il y eût de réussir, onde permettre aux troupes de se retirer dans l'île Ste.Hélène, pour y soutenir jusqu'à' la dernière extrémité l'honneur des armes de France.Le marquis de Vaudreil répondit que l'état des affairés ne permettait pas de refuser les conditions du général anglais ; qu'il devait les accepter pour l'avantage du pays dont le gouvernement lui avait été confié, et qu'il ordonnait au cheval'er de Lévis de s'y conformer.Ce dernier, pour épargner aux troupes qu'il commandait une partie de l'humiliation qu'elles allaient subir, leur ordonna de brûler leurs drapeaux ; ce qu'elles exécutèrent sur-le-champ.Par la capitulation, Montréal et toutes les places occupées par les Français devaient être évacuées sans délai, et livrées aux troupes de sa majesté britannique j les troupes françaises devaient mettre bas les armes, et être transportées en France, pdur ne pas servir durant la guerre ; le gouverneur, l'intendant et les employés du gouvernement devaient pareillement êtr*i transportées eu France, aux frais de l'Angleterre j quel» ques uns de ces employés, qui avaient des affaires à régler 4 dans la colonie, y pouvaient demeurer jusqu'à ce que ces affaires fussent terminées ; les Canadiens devaient avoir le libre exercice de leur religion ; aucun d'eux ne pouvait être inquiété pour avoir porté les armes comme milicien ; les communautés de religieuses étaient maintenues dans la possession de leurs biens, privilèges et immunités; les séminaires et communautés de religieux continuaient à jouir de leurs revenus, et pouvaient vendre leurs seigneuries et autres propriétés foncières, s'ils le jugeaient à propos et en transmettre le produit eu France.Si par le traité de paix, le Canada restait à l'Angleterre, ceux «les Français ou Canadiens qui voudraient passer *'n France, le pourraient faire en toute liberté.Il avait été demandé des chjoses uni ne turent point accordées et qui ne pouvaient pas l'être convenablement, telles que la neutralité perpétuelle des Canadiens, et la nomination de l'é/cque de Québec par le roi de France.La cour de France, faute de pouvoir faire davantage, avait tente, an printems, de faire pai venir un secours de vivres et de munitions dans la colonie; mais la flottille française, qui consistait en une frégate et une vingtaine de bâtimens de transport, étant arrivée dans le St.Laurent après que l'escadre 1148 Histoire du Canada* 447 anglaise Ait entrée dans le port, de Québec, elle fut forcée de pebrousSér Chemin, et allu relâcher dans la baie des Chaleurs.Elle y fut attaquée et détruite par le capitaine By/RON, venu de 'Louisbourg avec une escadre, quoique protégée par des batteries érigées sur le rivage ; et le village acad.en qu*il y a-vait en cet endroit, fut livré aux flammes Quand même ce secours aurait réussi à remonter le St.Laurent, il n'aurait pas probablement retardé de beaucoup la reddition du Canada, et peut-être le retard n'était-il pas à désirer : la possession de ce pays devenait tie jour en jour un far-deau plus pesant pour la France, et là misère et le mal-aise y augmentaient dans la même proportion ; et cela en grande partie, en conséquence de la mauvaise ad ninistration, et du gaspillage des deniers publics.Les dépenses annuelles du gouvernement pour le Canada, dit Raynal, qui ne passaient pas qualrecent mille francs en 1729, et qui avant 1749, ne s'étaient jamais élevées au-dessus de dix-sept cent mille livres, n'eurent plus de bor» nés après cette époque* L'an 17-50 coûta deux millions cent mille livres: l'an 1751, deux millions sept cent mille livres : l'an 1752, quatre millions quatre-vingt-dix mille livres : l'an 1753, cinq millions trois cent mille livres : l'an 1751, quatre millions quatre cent cinquante nulle livres : l'an 1755, six millions cent mille livres : l'an 1750, onze millions cent mille livres : l'an 1757, dix-neuf millions deux cent cinquante mille livres: l'an 1758, vingt-sept millions neuf cent mille livres : l'an 175!), vingt-six millions ; et les huit premiers mois de l'an 1760, treize millions cinq cent mille livres.De ces sommes prodigieuses, continue le même historien, il était dû, à la paix, quatre-vingt millions.On remonta a l'origine de cette dette impure.Les malversations furent effrayantes.Quelques uns de ceux qui étaient devenus prévaricateurs, par l'abus du pouvoir illimité que le gouvernement leur avait accordé ( et entre'autres l'intendant Bigot ).furent flétris, bannis, dépouillés d'une partie de leurs brigandages.D/autres, non moins coupables, répandirent l'or à pleines mains, échappèrent à la restitution, à l'infamie, ct jouirent insolemment d'une fortune si criminellement acquise.Les lettres de change furent réduites à la moitié, et les ordon-nances au quart de leur valeur.Les unes et les autres furent payées en contrats à quatre pour cent, qui tombèrent dans ie plus grand avilissement.(#) (*) On afficha a cette occasion les vers ?uiv?mts sur ies murs de Paris : Étes-vous citoyens ?l'occasion est belle : Pour acheter la paix, vendez votre vaisselle : On vous en pavera le quart en argent sec, Et les trois autres quarts en billets sur Québec. 449 Ij€s Devise*.Dans la dette de quat-e-vingt millions (c'est toujours Fïay-n;d qui parle}, les Canadiens étaieut porteurs de trente-quatre millions d'ordonnances et de sept millions de lettres de change : leur papier subit la loi commune; mais la Grande-Bretagne, dont ils étaient devenus les sujets, obtint pour eux un dédommagement de trois millions en contrats et de six cent mille livres en argent; de sorte qu'ils reçurent cinquante-cinq pour cent de leurs lettres de change, et trente-quatre pour cent de leurs ordonnances.(A Continuer*) LES DEVISES.Si les étoiles, dit Cassiodoiie, voyaient dans un cadran au soleil leurs grands mouvemens imités par ie petit mouvement d'une^ombre, elles en auraient du dépit, et changeraient peut-être de route pour ne servir pas de jouet aux hommes.La pensée est assez bizarre, et n'est pas trop vraie.Celles qui servent d'inscriptions pour les cadrans doivent être plus régulières et plus justes : elles sont d'ordinaire morales et instructives.Un fort honnête homme, qui a l'esprit très délicat, a fait peindre au cadran de sa maison de la ville, deux figures dont l'une représente le travail, l'autre le repos, avec ces paroles, qui ont rapport aux heures : PI ures labor i, du Ici bus quœdam otiis." La plus grande partie au travail, quelques unes à d'honnêtes amusemens." Le même a mis au cadran de sa maison de campagne : Dum fugit umbra, quiesco." Tandis que l'ombre fuit, je me repose."—C'est le style du Cadran qui parle, et la pensée est qu'un homme sage jouit du repos de la solitude pendant que l'ombre de ce monde passe.On voit au cadran de Chantilly.Una dabit quod negat altera* « L'une donnera ce que l'autre refuse." Cela marque bien que nous avons de bonnes et de mauvaises heures ; et c'est ce que dit le cadran de la Versine, maison du comte de St.Simon près de Chantilly : Le do buone, le do male.J'ai vu sur ie cadran d'une maison de campagne ce vers d'Horace : Doua prœnentis rape hvtus horœ.L'application est heureuse ; et le sens des paroles n'est pas si Les Devises.419 profane ni si épécunen qu'il paraît : cal c'est comme si ou disait ." Pivi.tz «raiment ce que l'heure présente vous donne." On pourrait bien se servir de ces paroles de M.viuui., par rapport aux heures : Pereunt et imputantur.w Elles,s'échappent, elles périssent; mais elles demeurent sur notre compte." Le sens est moral, et on peut le rendre chrétien, en y joignant et en v accommodant la pensée d'un poète latin moderne, qui imagine heureusement que l'heure qui passe, et que nous laissons passer sans en profiter, s'envole au ciel, et va rendre compte devant le troue de Dieu-du bien et du mal que nous avons fait.Le mot du cadran d'un petit jardin solitaire, qui n'est pas 'doigne de celui des plantes, est fort sage, et semble fait exprès pour le maître du logis, l'un des hommes du monde qui, avec de l'esprit et du savoir, a le plus d'honnêteté et de vertu.Utere prœsenti, memor ultimee." Usez de l'heure présente, en vous souvenant de la dernière." U y a sur divers cadrans d'autres inscriptions toutes morales ou toutes chrétiennes.Ombra falluce che mentrr s'appressa fugge."Ombre trompeuse, qui fuit à mesure qu'elle s'approche." Pin lieÙ omb'a è fugace Qjiesta vita mortal che tanto piace." Cette vie mortelle, qui plaît tant, fuit plus vite que l'ombre." Le ciel est ma règle; ou, me lumen, vos umbra regit.fi Je suis réglé par la lumière : vous l'êtes par l'ombre." C'est le cadran que l'on fait parler; et c'est ce que peut dire un homme de bien qui a pour règle de sa conduite les préceptes de l'évangile ; tandis que les autres suivent dans la leur les fausses maximes du monde, Dubia omnibus, ultima mult is." L'heure présente est incertaine pour tous, la dernière pour plusieurs." Suprema hœc multis, forsan tibi." Cette heure que l'ombre marque est la dernière pour plusieurs, peut-être pour vous." Nostra lalet, ou, Latet ultima." La nôtre est cachée," ou, " La dernière est cachée." Certaines paroles de l'Ecriture prises dans leur sens propre, conviennent parfaitement bien à un cadran, toutes simples qu'elles sont ; comme celles-ci : Umbra?transitus est tempus nostrum." Notre vie passe comme l'ombre.Dies mei sicut umbra declinaverunt." Mes jours se sont évanouis comme l'ombre." 450 Dialogue* dit Morts* Toutes ces pensées nie paraissent raisonnables, et ont à mou goùl L'esprit qu'elles doivent avoir.(liounouis, Pensée* Inge nie uu$>) DIALOGUES DES MORTS.Parmk'niscjl'e, The'pcr^te de Chio.The'ÔCRITE.Tout de bon, ne pouviez-vous plus rire, a-près que vous eûtes descendu dans l'Antre de Trophonius?Parme'nisojUE.Non, j'étais d'un sérieux extraordinaire.Tiib'o.Si j'eusse su que l'Antre de Trophonius avait cette vertu, j'eusse bien dû y faire un petit voyage.Je n'ai que trop ri pendant ma vie, et même elle eût été plus longue, si j'eusse moins ri.Une mauvaise raillerie m'a amené dans le lieu où nous sommes Le roi AntigoNUS était borgne : je l'avais cruellement offensé; cependant il avait promis de n'eu avoir aucun ressentiment, pourvu que j'allasse me présenter devant lui.On m'y conduisait presque par force, et mes amis me disaient pour m'encourager : " Ail z, ne craignez rien; votre vie est en sûreté, dès que vous aurez paru aux yeux du roi.— " Ab ! " leur répondis-je, " si je ne puis obtenir ma grâce sans paraître à ses yeux, je suis perdu," Antigonus, (jui était disposé à me pardonner un crime;, ne me put pardonner cette plaisanterie, et il m'en coûta la tête pour avoir raillé hors de propos.Par.Je ne sais si je n'eusse point voulu avoir votre talent de railler, même à ce prix-là.The'o.— Et moi, combien voudrais-je présentement avoir acheté votre sérieux ! Par.Ah ! vous n'y songez pas.Je pensai mourir du sérieux que vous souhaitez si fort : rien ne me divertissait plus ; je faisais des efforts pour rire, et je n'en pouvais venir à bout.Je ne jouissais plus de tout ce qu'il y a de ridicule dans le monde ; ce ridicule était devenu triste pour moi.Enfin, désespéré d'être si sage, j'allai à Delphes, et je priai instamment le dieu de m'enseigner un moyen de rire.Il me renvoya eu termes ambigus uu pouvoir maternel.Je crus qu'il entendait ma patrie, j'y retourne ; mais ma patrie ne put vaincre mon sérieux.Je commençais à prendre mon parti, comme dans une maladie incurable, lorsque je fis par hazard un voyage à Délos.Là, je contemplai avec surprise la magnificence des temples d'Apollon, et la beauté de ses statues.11 était partout en marbre ou en or, et de la main des meilleurs ouvriers de la Grèce; mais quand je vins à une Latone de bois, qui était très mal faite, et qui ayait tout l'air d'une vieille, je Dialogues ife* Moris* 451 hj'ççlatai de njre, par la comparaison des statues du filsa belle de la mère.Je ne puis vous exprimer assez combien je fus étonné, content, charmé d'avoir ri.J'entendis alors le vrai sens de l'oracle.Je ne présentai point d'offrandes à tous ces Apollons d'or ou de marbre ; la Latone de bois eut tous mes dons et tous mes vœux.Je lui fis je ne sais combien de sacri-fices ; je l'enfumai toute d'encens, et j'eusse élevé un temple à Lotone qm fait rire, si j'eusse été en état d'en faire la dépens.The'o.Il me semble qu'Apollon pouvait vous rendre la faculté de rire sans que ce fin aux dépens île Sfl mère : vous n'.Miriez vu que trop d'objets qui étaient propres à faire le même effît que Latone.Pau.Quand ou est de mauvaise humeur, on trouve que les hommes ne valent pas la peine qu'on en rie : ils sont faits pour être ridicules, et ils le sont ; cela n'est pas étonnant : mais une déesse qui se met à l'être, l'est bien davantage^ D'ailleurs Apollon voulait apparemment me faire voir (jue mon sérieux était un mal qui ne pouvait être guéri partons les remèdes humains, et que j'étais réduit dans un état où j'avais besoin du secours même des dieux.Thk'o.Cette joie et cette gaité (pie vous enviez est encore un bien p'us grand mal.Tout un peuple en a été autrefois atteint, et en a extrêmement souffert Pau.Quoi ! il s'est trouvé tout un peuple trop disposé à la gaieté et à la joie r* Tiik'o.Oui, c'étaient les Tirinthiens.Par.Les heureuses gens ! The'o.Point du tout.Comme ils ne pouvaient plus prendre leur sérieux sur rien, tout était en désordre parmi eux.S'ils Rassemblaient sur la place, tous leurs entretiens roulaient sur des folies, au lieu de rouler sur les affaires publiques; s'ils recevaient des ambassadeurs, il les tournaient en ridicule ; s'ils tenaient le conseil de ville, les avis des plus graves sénateurs n'étaient (pie des bouffonneries ; et en toutes sortes d'occasions, une pirole ou une action raisonnable eût été un prodige chez les Tirinthiens.Ils se sentirent enfin incommodés de cet esprit de plaisanterie, du moins autant que vous l'aviez été de votre tristesse ; et ils allèrent consulte]' l'oracle de Delphes, aussi bien que von*, mais pour une fin bien différente, c'est-à-dire, pour lui demauuîer les moyens de recouvrer un peu de sérieux.L'oracle répondit que s'ils voulaient sacrifier un taureau à Neptune, sans rire, il serait désormais en leur pouvoir d être plus sages.Un sacrifice n'est pas une action si plaisante d'elle-même ; cependant, pour la faire sérieusement, ils y apportèrent bien des préparatifs : ils résolurent de n'y recevoir point de jeunes gens, mai-, seulement des vieillards, et ])'atopics drs Mot*.non DUS encore toutes sortes de vieillards, niais seulement ceux qui avaient ou des maladies, ou beaucoup de dettes, ou des femmes très incommodes.Quand ces personnes choisies furent sur le bord de la nier, pour immoler la victime, il fut besoin, malgré les femmes, les dettes, les maladies et l'âge, qu'ils composassent leur air, baissassent les yeux à terre, et se mordissent les lèvres ; mais, par mailn ur, il se trouva là un en fa ht, qui s'y était coulé : on voulut le chasser, selon l'ordre, et il cria : "Quoi, aver/-vou« peur queje n'avale votre taureau?" Cette sottise déconcerta toutes ces gravités contrefaites : on éclata de rire; le sacrifice fut troublé, et la râisd'ri ne revint point aux Tirilltltiens.Ils eurent grand tort, après due le taureau leur eut manqué, de ne pas songer à cet Antre de Trophonius, qui avait la vertu de rendre les gens si sérieux, et qui fit un effet si remarquable sur vous.Par.A la vérité, je descendis dans l'Autre de Trophonius ; mais l'Antre de Trophonius, qui m'attrista si fort, n'est pas ce qu'on perse.Thk'o.Et qu'est-ce donc ?Pak.Ce sont les réflexions : j'en avais fait, et je ne riais plus.Si l'oracle eût ordonné aux Tirinthiens d'en faire, ils étaient guéris de leur enjouement.Thk'o.J'avoue que je ne sais pas trop ce que c'est que les réflexions ; mais je ne puis concevoir pourquoi elles seraient si chagrines.Ne saurait-on avoir des vues saines, qui ne soient en même temps tristes.N'y a-t-il que l'erreur qui soit gaie, et la raison n'est-elle faite que pour nous tuer?Par.Apparemment, l'intention de la Nature n'a pas été qu'on pensât avec beaucoup de raffinement; car elle vend ces sortes de perw'es-là bien cher.Vous voulez faire des réflexions, nous dit-elle; prenez-y garde: je m'en vengerai par la tristesse qu'elles vous causeront.Tiie'o.Mais vous ne me dites point pourquoi la Nat lire ne veut pas qu'on pousse les réflexions jusqu'où elles peuvent aller.Par.Elle a mis les hommes au monde pour vivre, et vivre, c'est ne savoir ce que l'on lait, la plupart du temps.Quand nous découvrons le peu d'importance de ce qui nous occupe et de ce (jui nous touche, nous arrachons à la Nature son secret: on devient trop sage, et on ne veut plus agir; voilà ce que la Nature ne trouve pas bon.Tiie'o.Mais la raison qui vous fait penser mieux que les autres, ne laisse pas de vous condamner à agir comme eux.Pau.Vous dites vrai : il y a une raison qui nous met au-dessus de tout par les pensées ; il doit y en avoir ensuite une autre qui nous ramène à tout par les actions ; mais à ce compte-lâ même, ne vaut-il presque pas autant n'avoir point pensé?(FoNTENELtE.) 434 FETE DCS AMES.0*te fete so célébra au Japon tous les ans, et dure ordi-liaireinent rjeux jours.A l'entrée de la nuit, on illumine t uites le> maisons, comme pour une réjouissance publique* A la faveur de cette clarté, on sort de la ville, on va visiter les tombeaux des morts, et on 1 »ur porte ib-s vivres» On s'imagine qtîti durant cette fête, les times de cliaq ie défunt reviennent sur Ii terre voir leurs parens et amis.Civique Japonais s'en-(retient avec les morts qui le touchent (le près.Il leur fait des comnltmens sur leur retour en ce monde, et leur témoigne sa joie de les revoir.Après le repas, chacun invite les âmes de ses parens à venir se promener à là ville.On suppose que l'invitation est acceptée et on s'y transporte pour les recevoir dignenient.Les préparatifs achevés.les Japonais, un flambeau allumé à la main, sortent une deuxième fois, vont à la rencontre des morts, qu'ils supposent s'être déjà mis en chemin, les éclairent, et rentrent avec eux dans la ville, où ils n'oublient rien pour les régaler.Le temps destiné pour la fête expiré, on chasse à grands coups de pierre ces mêmes âmes qu'on vient de traiter avec tant d'égards, et l'on prend toutes les précautions possibles pour qu'il n'en demeure aucune dans la ville, ce que les Japonais regarderaient comme le plus grand des malheurs.Les Tonquiuois de la secte des lettrés rendent un culte religieux aux âmes de.ceux qui sont morts de faim.Les premiers jours de chaque semaine, ils leui présentent du riz cuit, qu'ils ont été mendier par la ville.L'objet de ce culte est d'obtenir, par le moyen de ces Urnes, un esjuit subtil et fin; superstition appuyée sur un principe qui paraît sensé; savoir que les gens sobres ont l'esprit beaucoup plus net et plus dégagé que ceux dont le cerveau e»t offusqué par les fumées de la bonne chère.Les insulaires des Moluques croient cpie les aines, durant les premiers jours qui suivent leur séparation d'avec le corps, reviennent souvent visiter la maison qu'elles habitaient pendant la vie; non par un motif d'affection pour leur ancienne demeure, mais pour satisfaire leur humeur malfaisante, et nuire surtout aux petits enfans, à qui elles en veulent particulièrement.Elles examinent encore si leurs parens songent à elles; et si elles s'apperçoivent qu'on les ait déjà oubliées, elles se vengent d'une manière cruelle.I)ans cette idée, ils traitent les morts, durant quelques jours, avec autant de spin que s'ils étaient vivants.Ils préparent leur lit, l*ur présentent a boire et à manger, et poussent l'attention jusqu'à mettre' à coté d'eux de la lumière pour les éclairer.Tome IX.No.XXIII, 67 435 Fête des May i ¦.Dins le royaume de Lads, situé dans h presqu'île au-d là du Çfange, quelques un, prétendent que l'anéant'Vsement est la peine des âmes des méchants, et que les âmes des bons sont revêtues (bun corps sulitil
de

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