L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 février 1864, lundi 15 février 1864
L’ECHO DU Revue Religieuse, Scientifique, Historique, Littéraire et Artistique.Vol.VI.Montréal (Bas-Canada), 15 Février 1864.No.4.SOMMAIRE —Clmmiq'ic —Vie d’Adèle Coulombo.—Cnbi- d’un grand nombre de personnes et pour notre binet d»* Lecture Paroissial.séance du 20 janvier 18G4 ; .,, discours de, C.S.Cheriier, Ecr , C.H Un hiverniijfe à pïirt nous !(?§ QSSUrOIlS Ci âVcinCC de tüUt6 notre Québec, 1535-]536 ; pour luire suite û l’Arrivée de Jao ques-Curtier u Montréal.—Sinile P;uvulos (poésie), pm 1 bon.P.J.I).Chameau —Lequel est heureux, du Uiche ou du Pauvre?—Variétés.CHRONIQUE.Nous nous proposions de publier aujourd’hui les discours prononcés dans la séance donnée au Cabinet de Lecture Paroissial, le de Janvier dernier.Nos lecteurs trouveront plus loin le travail de Mr.Clierrier, l’un des orateurs; quant à la dissertation de Mr.Désaulniers, il n’a pas encore été possible pour nous de nous reconnaissance.Les journaux canadiens annoncent que le siège du Gouvernement sera tr insféré, l’automne prochain, à Ottawa, la capitale des Canadas-Unis choisie par la Reine.Il est probable que celte translation sera le sujet de débats très animés dans la prochaine session de la Légis-lature.Des nouvelles importantes nous arrivent des Etats-Unis.Une levée de 500,000 hommes vient d’être décidée par le Gouvernement de Washington.la procurer.Néanmoins, nous conservons tou- Ccs r‘‘criies devront remplacer les vides occa-jours l’espérance d’en enrichir les colonnes desionnés Par lu guerre et les soldats dont le temps / de service expire au commencement de l’été Nous avons le plaisir d’annoncer pour demain, : Procl'a>n' Cette nouvelle conscription va jeter mardi, le 10 février courant, une seconde séance I,a consternation et le désespoir dans un grand dans la grande salle du Cabinet de Lecture, jn0lllbrc dc lamilles‘ D*Jà la P,uParl P(,rIent lc Mr.Testa,d de Montignv doit lecturer sur un Meuil de parents très chers moissonnés dans cette sujet qu’il a eu le bonheur de pouvoir étudier lu,,c fratricide.Quand donc l’entêtement fera-tout a son aise et sur les lieux mêmes : “ la Ba- ,H Place à !a raison ?^’ons-nous assister à la silique de St.Pierre, à Rome:” cette descrip- ruine complète de cette grande république nation sera en outre, embellie par la narration ! §uère si Usante c.s.prospère?d’une cérémonie magnifique, dont ce monsieur i Le cabinet Lincoln n’est pas satisfait, paraît-a été l’un des témoins oculaires.il, d’avoir une guerre terrible, sur les bras: il M.Michel parlera des nouvelles mines de la Chaudière.Le public assistera, nous n'en doutons pas, à cette fêle scientifique et littéraire et saura en retirer un grand profit.Nous espérons, en même temps, que les Messieurs qui donneront ces lectures voudront cherche encore de nouveaux troubles, suscite des difficultés nouvelles et finira par s’attirer la haine de tous les peuples.Voulant profiler des embarras politiques dans lesquels se trouvent les nations européennes, les ministres yankees exigent des choses même impossibles.Ainsi, bien favoriser PEcho en y faisant insérer leurs j Mr.Seward doit demander a la F rance de reti-œuvres.lis contribueront ainsi à l’instruction | rer aux confédérés les droits de belligérents. 50 L’ÉCHO DU CABINET En même temps, le gouvernement des Etats du Nord se plaint de la conduite loyale du gouvernement français vis-à-vis des vaisseaux du Sud.Toutes ces plaintes et ces exigences ne sont pas de nature à adoucir les relations entre les Tuileries et la Maison Blanche.Puisque nous parlons des Etats-Unis, nous devons dire que ce n’est pas sans un profond regret que nous lisons tous les jours îles faits d’enrôlement vraiment déplorables parmi nos compatriotes.Sous divers prétextes, des spéculateurs éhontés ou de* agents fédéraux attirent, hors de leur pays, des jeunes gens, des ouvriers, des cultivateurs, des journaliers, et les livrent aux autorités américaines qui se rendent complices de toutes ces fraudes, de tous ces enlèvements, Il faut que l’on soit bien faible ou bien lâche pour avoir recours à de semblables moyens.Gardons-nous de ces pièges et punissons avec la plus grande sévérité ceux qui les tendent.Voyons maintenant ce qui se passe dans le vieux monde.L’Autriche et la Prusse ont envoyé au Danemark des ambassadeurs chargés d’un ultimatum à propos des duchés de Schleswig et Holstein.Ces ambassadeurs ont laissé Copenhague le 17 jan ier dernier après avoir échoué dans leur mission.Ainsi le différend ne pourra être réglé que par la guerre.Les troupes allemandes occupaient déjà la plus grande partie du territoire contesté, et quelques jours après le rejet de l’ultimatum, l’expédition reçut de nouveaux renforts.Le 20 janvier, 20,000 Autrichiens se mirent en route pour le Schleswig et à peu près dans le même temps 82,000 Prussiens, sous le commandement du maréchal Von Wrangel, se dirigèrent dans la même direction.On dit que l’Autriche et la Prusse enjoiulront au duc d’Augustenbourg de sortir du Holstein.On dit encore que la chambre ba de l’Autriche a refusé les 10,000,000 de crédit demandés par le gouvernement pour payer les dépenses de l’occupation du Schleswig.Garibaldi a lancé une proclamation, annonçant la formation d’un comité en faveur de l’union italienne et invitant «es compatriotes à se ri Hier autour de lin.f/ journal 'V ¦ > aiM |> ii r : i v ( » : r p ,|)|j, eei app I.En Espagne, un nouveau ministère vient d’être nommé sous la présidence de Lorrcnzo Arra-zala.En France, l’opinion publique eM grandement agitée par suite des discours prononcés, devant la Chambre îles Députés, par MM.Ber-rver et Thiers, le premier sur les crédits supplémentaires et le second lors de la discussion générale de l’Adresse.D’après Mr.Berryer (et ce fait a été admis par Mi Vu il ry, coin ni issu ire du gouvernement) la dette publique de la France s’élève actuellement ii ’a somme énorme rie trois milliards cinq nuls millions.La guerre de Crimée seule a coûté 100,000 hommes et un milliard.Le grand orateur ne voit pas que celte expédition lointaine ait rapporté aucun résultat politique avantageux pour la puissance de la nation, attendu que les deux influences prépondérantes à Cons-tantinople sont celles du cabinet de Londres et du cabinet de Vienne.Mr.Berryer ne voit pas non plus que la guerre d’Italie ait été bien profitable.Il considère la situation dans laquelle l’Europe se trouve maintenant, après tant de sang versé pour la cause italienne.Le Pape est à moitié dépouillé, le Piémont animé de convoitises malgré l’annexion de tant d’états, le royaume de \aples désolé par la guerre civile, la Sicile dans l’anarchie, l’Autriche et la nouvelle royauté italienne prêtes à en venir aux mains.De toutes ces choses sortira une guerre terrible et désastreuse, dont il est impossible de prévoir les conséquences fatales.Le 3 Janvier, quatre Italiens, nommés respectivement Greco, Iinperatori, Trabuco et Saglio dit Marpholi dit Canetta, ont été arrêtés à Paris sous prévention il" conspiration contre la vie de l’Empereur Napoléon III.Leur chef, Greco, a révélé le complot, donnant d«s détails qui compromettent le trop célèbre Mazzini.Une grande quantité d armes a été trouvée en leur posses sion ainsi que de» lettres et des photographies de Mazzini.Imperatori et Trabuco sont garibaldiens et ont la médaille de Marala j ce dernier a déjà été condamné, sous un autre nom, en I* rance, pour escroquerie, et à Londres, pour vol.Mazzini a envoyé aux journaux anglais une lettre dan*1 laquelle il dénie toute participation d-i*'* !“ ii " - " un.non» ri ii , i , ( , ji,r l’cxirait suivant qui plaira certainement à nos lecteurs. DE LECTURE PA110ISSIAL.51 Lors de la cérémonie qui a eu lieu au palais des Tuileries, cctt‘; énergie de langage qui sances générales devenues presqu indispensables à l épo- | uaractériseut toutes ses icuwes.I est après auui iu que où nous vivons.Nous en avons la preuve ce soirM08 magnifiques considérations que .lonseigneui I>u-daus l'entretien brillant que nous venons d’entendre.P«nloup a fait valoir en laveur de 1 étude du Drmt et Il est bien propre à nous convaincre que, si l'éminent | 8011 importance que I on apprécie d avantage ce que professeur de philosophie qui a su nous captiver, autant ( 1 un des plus grands écrivains anglais a dit en parlant pur l'élégance de sou élocution que par la lucidité de | 1 01t.: e êtnit l um d-s jinmniis d os après un entretien philosophique.Elles peuvent d'autant plus s'y rattacher que la philosophie, comme l'a remarqué un professeur de Droit, éminent, est l'une des avenues du Droit.En outre, la jurisprudence, c'est-à-dire.la Science du Droit poursuit, dans une sphère différente, le même objet que la Philosophie, la recherche de ce qui est vrai, juste et honnête.Aussi les Jurisconsultes Romains, ces flambeaux de la jurisprudence à laquelle ils ont élevé un monument impérissable, ces hommes dont les décisions sont tous les jours invoquées dans les tribunaux comme des oracles, se sont-ils appliqués à l'étude de la Philosophie.Les extraits que nous avons de leurs ouvrages portent il ml iuvigorate the undtrstandiuy : qu’aucun autre genre de connaissance.En présence du plaidoyer éloquent de l’Evêque d’Orléans en faveur de l'étude du Droit, il me làut nécessairement me borner à quelques courtes considé rations qui, à défaut de tout autre mérite, auront celui de l'actualité, en faisant voir que, dans notre régime politique, cette étude est non seulement utile, mais qu'elle est presqu'unc nécessité.Que dans tout état de société, cette étude produise des résultats heureux, cela n’est pas douteux.Pour s en convaincre, il suffit de remarquer que, de même que la philosophie est 1 expression ia plus haute de la vérité après la théologie, de même le Droit est l'expression la plus élevée de la justice, cette vertu sur laquelle repose comme sur une base solide tout l'édifice social et qui en maiutient toutes les parties dans l’ordre et l’harmonie.La justice, les anciens l’avaient divinisée et, suivant la mythologie, cette déesse n'avait habité la terre que pendant l'âge d'or.Dégoûtée du séjour terrestre par la perversité des hommes, elle s'envola au séjour céleste.Ceci n'est qu'une fiction poétique; car, de même que le monde matériel retomberait dans le cahos, si la main divine qui l’en a tiré cessait d'eu régler les mouvements, de même le monde moral n'offrirait plus que désordre et confusion si la justice en était bannie et DE LECTURE cessait ntiriv’i; • it ' réjçlor Iis rapports des homuiosI cntreux.Cette vérité n avait pas échappé à l'antiquité païenne puisqu'il scs yeux, “ la justice comprenait tous les rap-“ ports humains, politiques et civils et constituait “ l'harmonie universelle du monde moral, de l'huma-“ uité." Si.dans toute société, la justice doit présider aux rapports politiques, il en résulte que la science du Droit qui 11 est que celle même de la justice devrait être 1 objet des études du plus Lrrand nombre sous tous les régimes politiques, et surtout sous un régime constitutionnel comme le notre.Je ne pense pas exagérer en disant que, sous ce régime, l'étude du droit est non seulement très avantageuse, mais quelle devient une nécessité.Cette nécessité résulte, en effet, du rôle que les habitants d un pays régi par des institutions représentatives sont appelés à jouer dans l'organisation de la société politique, Ce rôle ne saurait être rempli avec honneur pour eux et avantage pour leurs compatriotes, a moins qu ils n y apportent un sentiment de justice et du devoir et la conscience de leurs obligations, toutes choses que l'on n'acquiert que par l'étude du Droit, ainsi que je 1 ai déjà tait entrevoir et comme je le prouverai encore plus clairement par les quelques remarques qui me restent à faire.Quant au rôle que tous les citoyens, ceux qui appartiennent aux classes les plus humbles comme ceux qui iont partie des plus élevées, sont appelés à jouer dans notre organisation politique, vous le connaissez tous.Ce rôle, digne d une noble ambition, consiste pour les citoyens a participer au gouvernement du pays, soit en siégeant comme législateurs dans les assemblées législatives pour décréter les luis, soit en siégeant dans le Conseil comme Ministres chargés d'en surveiller l'exécution et de veiller à tout ce qui peut, daus une administration bien dirigée, promouvoir les intérêts moraux et matériels .s administrés.En outre de cette participation directe au gouvernement, il en est une autre, indirecte, qui n'est pas moins importante, c'est le droit de désigner par la voie du suffrage ceux qui rempliront les fonctions si élevées, et en même temps si recherchées, dont je viens de parler, celles de député, celles de ministre.-—Eh bien ! cette participation, soit directe, soit indirecte au gouvernement de son pays entraîne une responsabilité souvent trop méconnue par ceux qui l'encourent sans songer a tout ce qu’elle a de grave, je dirai même de redoutable.Si quelque chose peut faire naitre la conscience de cette responsabilité, et la faire apprécier dans toute son étendue, c'est la notion même que comporte 1 idée de Droit, et les éléments qu elle renferme.Ces éléments sont de deux sortes : 1 un consiste a faire envisager le droit comme un titre à réclamer quelque chose, à jouir d’une prérogative, d'un avantage quelconque, l'autre comprend l'obligation qui correspond a ce droit et qui est attachée à son exercice.Prenons pour exemple de ce que je dis en ce moment, le droit de suilrage accordé dans nos institutions à la plupart des citoyens, ce droit dont les peuples libres et éclairés se montreront toujours jaloux avec raison, puisqn il constitue toute leur existence politique et les lait participer à l'administration de la chose publique.Mais s il n y a pas de Droit plus précieux pour un peuple, il n'y •¦n a point non plus qui soit accompagné déplus de séductions.Ceux qui captent les suffrages des peuples et désirent les obtenir dans des vues d'am- P ARÛISSIAL.bition et d r .ii'li'.-enu lit j cr.-.jii., , tout tcnijsdc leurs droits et de leurs inténu, beaucoup plus que de leurs devoirs et de leurs obligations.Il en est résulté que les populations, flattées dans leurs instincts les plus chers, ont souvent exagéré leurs droits et perdu de vue les devoirs qui sont attachés à leur exercice, et e sont livrées a un égoïsme et à une cupidité souvi funestes au bon fonctionnement des insti- tutions populaires.Montesquieu a dit, quelque part, que les choix populaires étaient admirables.Cette assertion ne saurait être fondée qu'en autant que ces choix «ont, chez ceux qui sont appides a les faire, le résultat d'un jugement qui n'est faussé ni par l’erreur ni par la passion.Eh ! quelle meilleure sauvegarde contre la passion que le sens moral fortifié par des notions de justice et de droit!.Lélecteur, étranger à tout autre sentiment qu'à celui du devoir, à tout autre intérêt qu'à celui de la vérité, a toute autre passion qu'à celle du patriotisme, s approchera de 1 urne électorale avec un légitime orgueuil pour y déposer un vote consciencieux et éclairé.S'il est essentiel au bon fonctionnement des institutions représentatives, que les peuples qu elles ré^H-ent.connaissent bien leurs obligations, il ne l'est pas dus que les dépositaires du pouvoir, chargés de la belle mission de faire le bien-être de leurs semblables eu les gouvernant, aient, eux aussi, un sentiment profond de leurs obligations, des notions précises sur ce qui est permis et ce qui ne l’est pas en morale, enfin une connaissance approfondie de cette science du droit qui, comme l'observe un jurisconsulte philosophe, est : “ La •• science des rapports obligatoires des hommes.' Multipliés comme le sont ces rapporte entre les gouveru ns et les gouvernés, les administrateurs et les administrés, il n'y a que la justice et la justice la plus stricte qui puisse empêcher les froissements qui en détruiraient l'harmonie et en feraient, pour les uns, une source de dangers, et, pour les autres, une source de malheurs.Je ne demande pas à 1 homme d Etat, au Ministre porté au pouvoir par les suffrages de ses concitoyens, les larmes que versait cet Empereur Romain à la fin des jours où il n’avait pu répandre de bienfaits et contribuer à la félicité de ses semblables.Je ne suis pas si exigeant ; ce que je lui demande, c’est qn'à la fin de sa carrière, quelle qu'ait été sa durée, cet homme d Etat puisse se rendre ce témoignage honorable qu'il n'a jamais trempé dans aucune injustice, par faible.-.se, entrainement ou enivrement du pouvoir.Je regretterais qu’on put nie reprocher de ne pas assez apprécier l'importance du sentiment religieux.Je conviens (pie c'est assurément le frein le plus fort qu'on puisse opposer à l'ivresse du pouvoir ou au débordement des passions populaires.Mais, après le sentiment religieux qui, malheureusement, dans ces temps de scepticisme, n’a pas conservé toute l’influence qu'il devait avoir, s'il est quelque chose qui puisse, sinon le remplacer, du moins y suppléer en partie, c’est la morale souvent très élevée qu’offrent les Jurisconsultes philosophes.A ces considérations sur l'utilité ou plutôt sur la nécessité des études légales, je pourrais en ajouter d'autres, secondaires, à la vérité, mais néanmoins dignes d'attention.Que d'emplois dont les citoyens peuvent être chargés et qui exigent, pour être bien remplis, des 56' L’ECHO DU CABINET connaissances positives du Droit.ht, dans les départements de la haute administration, combien de droits individuels, combien d'intérêts légitimes l’on est exposé i\ méconnaître et même à violer, si on ignore les lois «jui les protègent ?Prétendre décréter des lois, ou participer seulement à leur confection et ignorer celles »jui existent déjà.c’est une prétention qui impliquerait contradiction.Sans entrer dans plus de détails, je termine par un motif puissant pour engager la jeunesse surtout, cette jeunesse qui a, je le suppose, la digne ambition, comme la nomme Monseigneur Dupanloup, de siéger dans nos assemblées législatives et qui désirera y porter les aspirations de leur âge.aspirations toujours nobles, toujours patriotiques, à se livrer avec ardeur à l’étude de la science des lois.Qu’ils songent que beaucoup de ceux qui nous ont précédés dans la carrière politique étaient des Jurisconsultes distingués, et que c’est au nom des lois et du Droit constitutionnel qu’ils ont pu.avec succès, revendiquer les libertés populaires, assurer à leurs compatriotes les droits que leur accordaient les principes du gouvernement sous lequel ils vivaient, et protéger nos institutions civiles et religieuses contre les attaques d'un fanatisme intolérant.Entre plusieurs exemples que je pourrais citer, il en est un qui me parait avoir un tel mérite d’à propos que je ne puis me refuser au plaisir de le rappeler.A une époque déjà éloignée, des rumeurs sinistres circulaient et inspiraient de justes craintes que l'on ne songeât à réaliser le projet de spoliation médité depuis longtemps contre les biens d’une des maisons religieuses les plus chères à tout le pays et aux citoyens de Montréal en particulier.Un malaise facile à concevoir régnait dans la population catholique.Que lit l'ancienne Chambre d’Assemblée du Bas-Canada ?Cette branche populaire de la Légis-liture dirigée par des hommes qui, à un patriotisme pur et désintéressé, à un attachement sincère pour tous les établissements de leur pays, joignaient des connaissances étendues eu Droit constitutionnel et public, n'hésita pas à transmettre au Gouverneur une adresse dans laquelle elle lit part des alarmes de la population catholique.Pjlle rappela les titres incontestables que la maison dont on avait médité la spoliation, avait à la propriété des biens dont elle savait faire un si noble usage.La Chambre invoqua aussi les grands principes du Droit Public qui militaient en faveur de l'existence légale d une communauté dont l’origine remontait à plus d'un siècle.Cette adresse, qui obtint l'éloge d'un prélat Anglais catholique et très distingué, demeurera dans nos annales parlementaires comme un monument de l’éloquence et des connaissances légales de celui qui la rédigea et un témoignage honorable de l’estime, du respect et de la reconnaissance de tout un peuple manifestés par la voix de ses représentants, en faveur de la maison de St.Sulpice du Canada qui a fait revivre parmi nous les lumières, les talents et les vertus de celle de Paris.l u Hivernage a (luébee.1635—1536.(Pour faire fiiiie à l'arrivée de Jucques-Cnrtier à Montréal.) I.STADACONÉ En descendant de Montréal, Cartier s arrêta au milieu de sa route devant une belle rivière venant du Nord.Plusieurs îles verdoyantes, agréables et fertiles, couvertes d’arbres de toutes sortes étaient magnifiquement assisses à son embouchure: la plus grande commandait toutes les autres et s'nvançait jusque dans le St.Laurent.Sur sa pointe extrême, le Capitaine y planta une grande croix et prit possession, au nom de François 1", de cette riche contrée où devait un jour s'élever Trois-Jiivièrn.Parti le quatre d'Hochclaga, le onze (1 octobre il était à Stadaconé.Il y trouva ses équipages fortifiés, les dispositions des sauvages commençant déjà à inspirer quelques craintes.Cependant, le roi Donnacona ayant appris le retour du Capitaine descendit aux navires, avec les principaux chefs et les deux interprètes, Dotnagaya et Taiguragny.Ils se livrèrent à de grandes démonstrations de joie et feignirent d'être fort contents de le revoir.Cartier ne s'v fiait nullement; il les accueillit toutefois avec courtoisie et accepta I invitation d'aller les voir à leur village.Le lendemain, en effet, il se mit en route pour Stadaconé, accompagné des gentilshommes et de cinquante hommes bien armés et marchant en bon ordre.La bourgade du Seigneur de Canada était loin d’être cette vieille capitale d'aujourd'hui, suspendue comme un nid d’aigle aux flancs abrupts du Cap-Diamant, et que le voyageur venant du Montmorency, admire en descendant la côte d Beauport.Ce n'était point cette rade vivante où se croisent les pavillons de toutes les nations, ni ces milliers de toits argentés, reflétant les rayons du soleil, et s'échelonnant de la base jusqu'au sommet de la montagne.Ce n'était pas cette cité pittoresque et curieuse, avec ses fortifications et ses batteries, scs longs et populeux faubourgs, son Hôpital de marine, ses chantiers, son Parlement, son l’niversité, ses belles églises et son orgueilleuse citadelle qui, comme une sentinelle vigilante vciile à la garde du pays.Alors le vaste bassin était silencieux et désert ; la montagne couverte d’épaisses forêts, du côté du fleuve, baignait majestueusement ses pieds dans les flots qui les venaient carresser, et du côté des terres se déployant comme un aile d'oiseau (1) et s'inclinant doucement vers le couchant, laissait quelques espaces découverts, où s’élevaient les cabanes des sauvages.Leur village était à une demi-lieu de la station des vaisseaux, il n’était point fortifié comme Hochclnga, et pouvait être situé sur cette partie du coteau Ste.Geneviève où se trouve aujourd'hui le faubourg Saint-Jean.A l'arrivée des étrangers, les indigènes sortirent au-devant d'eux, formant des danses à part, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre.Après les saluts et les harangues d’usage, le capitaine leur fit ses présents : aux hommes, il donna des couteaux, à chaque femmo et à chaque jeune fille qui défilait devant lui une bague (1) StadacouiS, eu algonquin, siguiü* aiU. I)E LECTURE PAROISSIAL.57 c]'étain dont elles sc montrèrent très satisfaites et passablement fièrcs.Conduit.par les deux interprètes, il i visita le village, entra dans les Imites d'écorce de bouleau qu'il trouva fort bien approvisionnées pour l'hiver.Cliemin fusant, le Grand-Chef racontait ses exploits au Capitaine, et arrivé à sa cabane, il lui fit voir les trophées de ses victoires : c’était cin prendre garde, tant l'habitude rend ordinaires mC'iui1 !'choses les plus cxtraordinaiies de la vie ! Plusieurs années se passèrent sans circonstances nou-villv'.quand, un matin, celui des deux vieillards elrn.é tiv faire les provisions lesta absent pendant plusieurs heures, contrairement à toutes ses habitudes ; et ee qui parut bien plus étrange encore, c'est qu il rentra, tenant familièrement sous le bras un beau et L'rand garçon à la mine hardie et à la taille modeste, mais propre et décente, d’un brave ouvrier.Cette nouvelle se répandit proiuptemen; chez toutes les bavardes du quartier ;
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