L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 octobre 1869, Nécrologie
NECROLOGIE.Ericcson et Smith.Les journaux américains ont annoncé, au mois de février, la mort de l’inventeur suédois, John Ericcson, qui a laissé un nom célèbre dans l’histoire de l’application de l’hélice à la marine marchande et militaire ; nous empruntons les détails qui vont suivre à l’ouvrage de M.L.Renard sur l’Art naval.Les mécaniciens qui ont cherché il appliquer l'hélice à la navigation sont nombreux, en Europe ainsi qu’en Amérique.Il y a eu à ce sujet une émulation extraordinaire.Enumérer ces tentatives nous entraînerait trop loin, et nous devons nous borner à rappeler comment 1 emploi de ce propulseur est entré dans la pratique avec Smith et Ericcson, dont les essais datent de 1885 et 188G, quoique les types dont ils se sont servis appartiennent en propre il deux Français, le capitaine Delisle et le constructeur Sauvage de Boulogne.Francis Pcttit Smith est né le 9 février 1808 à Ilythe, comté de Kent, en Angleterre.Son père était maître de poste.Après une éducation incomplète au collège d’Ashford, il se mit il fairo valoir scs propriétés, sans pour cela négliger l’étude de la mécanique, pour laquelle il se sentait un goût dominant.Il construisit plusieurs bateaux se mouvant par des forces différentes, lorsqu’on 183-4 il proposa le propulseur il hélice.Il sut intéresser il ses efforts le banquier Wrigth.Avec son aide, il construisit un bateau modèle, qui fut pourvu d’une hélice en bois, et mis en mouvement sur un étang, il Ilcndon et il la galerie Adélaïde, à Londres.Les résultats qu’on en obtint furent si satisfaisants, que Smith et ses amis mirent sur un chantier un bateau de six tonneaux auquel ils donnèrent une hélice en bois de deux tours.Le 1er novembre 1836, ce bateau marcha sur le canal Paddington et continua il naviguer sur la Tamise jusqu’au mois de septembre 1837.Mais ces expériences montraient seulement que l’hélice convenait aux rivières et aux canaux ; elles ne prouvaient nullement qu’elle fut bonne pour la navigation on mer.Smith n’hésita pas, et prit hardiment la mer avec son petit bateau.En septembre 1887, il alla de Blaekwall il üravesend, et de là fit route pour llamsgatc.Il se rendit ensuite à Douvres, puis il Folkestone et il Ilythe, pour revenir il Folkestone.Cette distance d’environ cinq milles fut parcourue en trois quarts d’heure.Le 25 du même mois, il revint à Londres par un temps assez mauvais, dangereux pour un aussi petit bateau.La hardiesse de l’entreprise et le succès du nouveau propulseur excitèrent dans le public un intérêt qui fut partagé par l’Amirauté. Cependant, avant de se décider à admettre le nouveau propulseur, les Lords de l’Amirauté voulurent qu’une expérience fut faite sur un navire d’au moins deux cents tonneaux.C’est alors que Smith et ses associés construisirent VArohimède, de deux cent trente-sept tonneaux, qui fut lancé en 1838.Il fut pourvu d’une hélice d’un pas complet, établie dans le massif arrière et mue par deux machines, ayant ensemble quatro-vingt-dix chevaux de force.Il coûta deux cent soixante-deux mille francs.On n’en exigeait que quatre ou cinq nœuds à l’heure : il en fit près du double.Le premier voyage de YArchimâde se fit de Gravesend à Portsmouth, traversée qu’il opéra en vingt heures, malgré un vent et une marée défavorables.Ensuite il fut mis à la disposition du capitaine Chappel qui, accompagné de Smith, fit le tour de la Grande-Bretagne, visitant tous les ports importants, afin de montrer YArcUmède aux constructeurs et aux armateurs, pour lesquels, on le conçoit, il fut un objet d’étonnement et d’admiration.Ces résultats étaient trop satisfaisants pour que la marine militaire ne prit pas le parti d’adopter l’hélice.Le Qreat-Britain, destiné d’abord à avoir des roues, fut modifié afin de recevoir une hélice.Quant au commerce, il s’empara sur le champ do l’invention de Smith, et l’on vit bientôt de nombreux navires marcher avec le nouveau propulseur.Telle a été la carrière de Smith et tels en ont été les résultats ; il reste maintenant à parler de celle d’Ericcson qui est pour ainsi dire parallèle, et qui a été couronnée du même succès.Les efforts de l’un des deux auraient probablement suffi, toutefois leur réunion n'a pas été inutile et leurs travaux mutuels ont hâté la solution du problème.* #• # Le capitaine Ericcson était Suédois et a jadis servi dans l’armée suédoise ; mais il résidait depuis longtemps en Angleterre, où il était regardé comme un mécanicien d’une grande intelligence.Il demanda sa patente en 1836, et pendant cette année, il fit de nombreuses expériences a Londres avec un bateau-moièle do deux pieds de long, qui tournait autour d’un bassin circulaire, et dont la petite machine était mue par la vapeur.Les résultats ayant satisfait l’inventeur, Ericcson fit construire un navire d’environ 43 pieds de long, de huit à neuf de beau et de près de trois pieds de tirant d’eau, qui fut essayé en août 183t.Le succès du Francis B.0
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