Le passe-temps, 1 janvier 1902, v. 7, no 177
ABONNEMENTS: Pour l'Amérique: l'n an.$1.60 ; six mois.75oenU Pour l'Europe: Iman.10 frs ; six mois, o frs l'A « ABL1 d'atancb MONTREAL, SAMEDI, 4 JANVIER 1902 Vol.VII-No 177 ANNONCES {Memr*agate) ) Ire insertion 10c la line, Insertionssubséquentes 6fl Le NO, 5c ; anCienS NOS, 10C Pourlwannoneesrraaçeis.-.sV.Iress.ràlaPc- J.K.BKL.AIK, niuinf.à Pari".TjXS2" Ce numéro contient pour $1.30-de morceaux de musique.Voir le.Sommaire musical à la page 289.r=3È*9 UNE VISITE A BEETHOVEN ÉPISODE DE LA VIE D'UN MUSICIEN ALLEMAND (Suite et fin) Ici Beethoven es.oufllé s'arrêta un moment, puis il leprit on soupirant : — Il est viai qu'uno pareille llche présente mi lo obi-ini les dsns la pratique ; car pour f.iiro chanter il faut des paroles, 61 qui serait capable de formuler en | moles I .| uéaie sublime qui serait lo brill.ml résultat do la fusion do tous ce, démonta?L'art do l'écrivain serait évilouimcnl impuissant pour y puivouir.Jo publierai bientôt un nouvel ouvrage qui vous rappelltra les idéos quo jo viens d'éirottrc: s'est uno symphonie aveo chœurs ; mais jo dois appuyer sur les difficultés que m'u suscitées on cetto circonstances l'insuffisance du langage poétique.Ki.1.n j'ai arrêté mon choix sur la belle hymne de Scliikr : A 11 joie.Ce sont à assurémoul do nobles et beaux veis, el pouriunt qu'ils sont loin d'exprimer lout ce quo j'ai révé à ce suji 11 A preseut mémo, j'ai poioo à nul-tris r 1'emolion do mon ooiur eu mo rappelant ces cou lldonces par lesquelles le grand artiste m': ni liait dés lors k l'intelligente complète do sa dernière et prodigieuse svmphouit',qu'il venaii k peine do terminer.Je lui exprimai ma reconnaissance avec touto l'elTu-siou que devtit provoquer cette insigne faveur, et je lui témoignai combien j'étais transporté d'appiondro la prochaine apparition d'un nouvel ouvrage de son grnio.Jo sentais mes yeux mouilles do humes, et jo fus presque tenté de m'agenouille devant lui.Beo-thoven parut comprendre ce qui se passait en moi, il lixn sur moi un regard mélangé do tristosao et d'ironie, et mo dit : — Vous pourrez prendre mu défense lorsqu'il s'agira do mon nouvel ouvrago.Happolei-vous alors cet entretien, car je serai sans doute accusé do folio 01 do déraison par mainte poisonuo raisonnable.Vons voyez pourtant bien, mon cher monsieur It., quo jo no suis pas encore précisément atteint do démence, quoique j'aie subi assez de tribulations de puis longtemps pour 00 courir la chance.Lo monde voudrait quo je plisse pour règles les idées-qu'il se terme uu beau, ot non los miennes : Voir le No 171 et iuiva"tt.(Photo.Dumat) L'Ho.n.J.DAMIEN HOLLAND CONSEILLER I.É018I.ATIP U no s'Agit pas ici d'une notice biographique.' L'homme est connu, car d'sulres avant nous, so sont chargés do co détail.M.Holland, le grand manufacturier canadien, possède un important bureau d'affaires A Toronto.C'est on cotte dernière villo, métropolo de l'Ontario, que le 20 décembre au soir, plus de 150 manufacturiers doonaieut un banquet.M.Damien Holland était le seul canadion-français; nous insistons sur co point.Au niileu du banquet, un certain M.Roblin se leva et dit A pou près ces paroles : " C'est un danger pour le Canada d'y voir llottor librement doux " drapeaux, parler deux langues, et je suis d'avis que quelque chose devrait " être fait pour fairo cesser cet état de choses, pour l'abolition du français " comme languo et du tricolors." — "Je proteste, riposta vivement M.Rolland, ot je regrette qu'il soit déjà " l'heure de prendre mon train pour Montréal, sans quoi jo répondrais comme " il convient à cette question que je m'attondais si pou de voir soulevor, on " cetto circonstance." Ces Hères piroles prononcées par lo soul canadion-français qui bo trouvait rasia il no songo pas que dans mon triste état do surdité, je ne puis obéir qu'à mes inspirations intime, qu'il me serait impossible de mettre dans ma musique autro chose que moi piopres sentiments, et quo la cercla restreint de mu pensée n'umbrasio pas, commo lui, leurs mille perceptions euiviantos, qui mo sont totalomt-nt inc -nn-i—=.ajouts—il avec ironie, et voilà mon malheur I A ces mots, il go luva et se mit à marcher d'uu pas rapide dans la ahim-bre.Dans l'excès do mon émotion, jo mo lovai paieillomcul, ot jo mo sentis frisonner : il m'ont été impossible do pousser plus loin cet entretien en n'ayant recours qu'à des gestes ou à l'é.riture.11 me rcmhln qu'en dom< tirant duvanUge jo me rendais impoi-tuu ; mais je dédaignai do tiacer fioi-Icinent sur un papier qtielqi.o uiotsda remerciement et d'adieu ; jemo bornai ii prendre mon chapeau ot à m'appu-eher du multre en lui laissant liru mon ¦ espectucux attendrissement dans mes i égards.U ma parut mo compivudie -1 me dit : —Vous partez 1 Restez-vous oncoro quelque temps à Vteuue?J'écrivis alors que l'uuique but du mm voyage avait été do faire su couuai sauce, et quo, puisqu'il avait daigué m'ui cueillir aveo AutaUt do bonté, il no mo ¦optait qu'à partir, pénétré du joio ot do roconuuirsanco.Il ma répondit un riunt : —Vois m'uv.z écrit par quel uoyon vous vous étii'l procuré l'argent nécessaire à votre voyage.Vous pourrie/, rostor à Vienne pour y publier do nouveaux galops; c'est une denrée qui se débile ici à merveille.Je déclarai à llcuthovcn quo j'avais renoncé pour jamais a ce getro do travail, et que jono pouvais coucovoir quel motif assez puissant pourrait me déterminer désormais à un pareil acte d'abnégution.— Bah I bah ! répliqua-t il, pourquoi dono pas 1 Et moi, vieux fuu que je suis, no sorais-jo pas millo fois plus huureux de composor dos galops ; au lieu qu'il mo faudra végé-tor tout jamais duns It carrière quo j'ai embraeséo.Bon voyago ! ajoula-t-il, ponsez quelquefois à moi ot tâchons d'oul.lier/fos\décepiions ot los travorsos do la vio.\ Emu jusqu'aux laruies, j'allai mo retirer ; mais il me retint encoro en mo disait: — Arrêtez) nous allons expédier l'affaire de l'Anglais inélo-tnmi".Voyons oil il faut mattro des croix 1 II prit on môme torups l'album do l'Anglais ot lo parcourut ou sou- 678 LE PASSE-TEMPS au banquet,'eurent un succès retentissant.M.Munroo, président dos manufacturiers, quitta sou siège, pour vonir reconduire jusqu'à la porte l'énergique orateur.La soirée, ujouteut les dépfiohus, se termina' par le chant de la " Marseillaise ".La Marseillaise chantée par des Anglais ! Depuis, M.Holland, a reçu une foule de lettres do félicitations ot lo Star de Toronto, du 20 décembre, lui consacro un article des pins élogicux." Am reste, ajouta M.Rolland que nous avons interviewé, j'étais très jeune " alors, mais je m'on souviens cjmme d'hier, que le tricolore nous fut app jrté " par les Anglais, retour do Sébastopol.Les drapeaux anglais ot français " marchaient alors côte a cote." L'attitude prise par M.Rolland au milieu do co cénaole do Canadiens anglais, ot los félicitations reçues aont uu honneur pour nut to nationalité, ot on infini.' temps une prouve qu'à f.iire les chien* battus on no gagne rien.La fierté ot la formate nous grandissent aux yeux dn nos compatriotes anglais.Nous publions aujourd'hui le portrait do M.Rolland, parce que par sos Itères paroles, il a bion mérité do la race canadienne-franç iso au Canada.Que d'autres suivent cet exemplo et nous les signalerons avoc plaisir à nos lecteurs.riant, puis le referma et l'onvoloppaut d'uno feuille do papier, il lit avoo sa plume une énoime croix sur cotto blanche enveloppe, en me disant s — Tenez I remettez je vous prie, à cet hemeux mortel Son chef-d'teuvre, ot félicitez li' de ma part d'avoir deux oreilles bonnes el valides.J'onvie réellement son sort.Adieu, mon cher, et conservez-moi votro amitié.Ce fut ainsi qu'il me congéJh et je soi t ii- de la maison dans un trouble exttfime.Eu teutrant A l'hôtel, jo trouvai le domestique do l'Anglais occupé a attacher sa vfflisoenr la voiture.Ainsi, cet hommo avait aussi bien que moi atteint son but, et je fus obligé do convenir qu'il avait fait preuve, i sa manière, de persévérance.Je montai à ma mansarde et fis les préparatifs de mon départ pour le lendemain malin.Mes yeux tombèrent sur la grande croix apposée sur l'album do l'anglais et je no pus réprimer un grand éclat do rire.Pourtant, cetto croix était un souvenir de Beethoven, et je me gaulai bion de m'en dessaisir pour le gentleman musicien qui avait été le mauvais génie de mon sainl pèlerinage.J'ôtni dono cetto enveloppe que je réservai paur la collection do mes galops digne de co stigmate réprobateur.Quant à l'Anglais, je lui renvoyai son album intacte avec un petit billot oh jo lui marquais que Bcothovon avait été enchanté do sa musique, au point qu'il n'avait pas su où poser une seule croix de blftme.Comme je quittais l'hôtel, l'Anglais montait justement dans sa voiture: — Oh! adiou, mo cria-t-ilj vous m'avez rendu un trie grand service, et jo suis entièrement content d'avoir vu de près Beethoven.Voulez-vous quo jo Vous emmeno en Italie 1 —Qui donc allez-vous voir ?lui dis-je.—Je veux faire la connaissunce de M.Rossini.Oh I c'est uu bien grand compositeur.—Merci, lui répondis-je, jo connais Beethoven, et celo me suffit pour ma vie entière.Nous nous séparâmes, Jo jetai un dernier coup d'œil d'attendrissement sur la maison de Beethoven ot jo me diiigeai du côté du nord, ennobli e; relevé à mes piopres yeux.Richard Waiinkr.La Quinzaine musicale, Paris.AUX SOURDS.— Uue dam' riche qui n «te auérie de sa s mlité et du bourdonnement u'orcille par tes Tympans arlifeiels -ie I'InstiTut Nicholson, a remis h eeUe institut 1.sommo de $20,1100 afin que toutes les personne* rourdos qui n'ont pas Its moyens de se procurer les Tyiupnm puissent les avoir gratuitement.8'ndro'sor fl I'Institut Nicuolsu», 780- Eiohtii Avim Niw-Yors.No 80— SAGE PRÉVOYANCE Nos organes les plus délicats et les plus exposes aux influences extérieures sont ceux des voies respiratoires.Au moindre trouble qui s'y produit, il faut prendre du BAUME RHUMAL.12—LA CAUSE SUPPRIMÉE La pftlcur, Its boutons sur la ligure, le bistre autour des yeux, accuse la faiblesse ou l'altération du sang.Les PILULES de LONGUE VIE du CHIMISTE BONARI) font disparaître la causo et l'effet.BEVUI MUSICALE, LITTERAIRE tv FANTAISISTE /•.irni'.eil loua Ui Q/uinse iaun AEc:"-n.rri-T : Pour !' A mit é/w Un an.tl-fiti I Sis moil.76cta Pour VKuroptt l'anr,.10 frs I Six mois.'• fr- r» l'A 111.s d'aVAKOS Annon-eo t Première Insertion.10 ets la liane Insertions subséquente*.6 " " Conditions libérales pour annonces à lorg terme.l>es annonces sont mesurées sur l'agate.Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de l'ancienne adresse.Pour discontinuer de recevoir oe journal, 11 faut avoir payé tous ces arrérages.Les manuscrits publies ou non ne sont pas rendus Faire tout envol d'argent par lettre enregistrée maoïlat-poale.bon postal ou mandat d'espress.Nous acceptons auasl les timbres-poste dn Canada «t des Etats-Unis.Aarenses toute communication LE PASSE-TEMPS.Boite postale 2Iu9.Montréal.Cuu MONTRÉAL, 4 JANVIER 1902 Bonne ft heureuse année à tous I Chronique de Quinzaine A M USA NTE INTERPRÉTA TWN D'UNE AFFICHE A l'époque de ses grands succès, le célèbre chantci.r Lays tenait lo premier rang parmi les artistes du chant avec Nourrit pèro, et Lavigne, un autre chanteur très distingué.Ce Lavigne, quo les vieux habitués de l'Cpéra n'out pas oublié, était un homme plein d'esprit.Un jour, il arri vc chez Lays, à Ville-d'Avray, A l'heure du dtner; reçu en cAmarade, il se mot i table et fait honneur au repas.Le lendemain il revient, et ainsi durant un mois.A la tin.Lays lui manifeste son étonuement : —Cela te surprend ?lui répond Lavi-gue ; pourtant c'est l'administration do l'Opéra qui le veut.—Allons dono?• —Je dtne ches toi, parce quo tu t'es engagé à me donner à dtner.—Engager MolT —Cette obligation ost inscrite sur les affiches.—Comment cola 7 —Mais sans doule I Les affiches n'annoncent elles pas : " Lays-Nourrit-Lavi-gno"T ^ MUSICIAN A Les anecdotes sur Bellini pleuvent en Italio, il propos do son centenaire^ et son collaborateur Foiire Romani y trouve sa place.En voici une qu'un journal raconte en ces termes, d'après 10 livre que la veuve même de Romani a consacré à la mémoire de Bon mari.Elle eBt relative au Pirate, dont la représentation allait avoir lieu à la Scala do Milan: — "Bellini avait dans le gesto quelque chose de provincial ; Bon costume était quelque peu négligé.Le jour de la dernière répétition d'orehes-tro du Pirate, le compositeur, le poète et quelqnos amis se trouvèrent réunie iti.i - un restaurant.Billini était fébrile, 11 avait des éclats de joio, il ombraS'iiit Romani, l'appelait son bienfaiteur.Et Romani souriant, lui disait: "Est-ce que tu vas aller diriger ton opéra avec oe vêlement f" Bellini resta un pou confus; son poète avait raison, mais comment faire?Il était désormais trop lard peur y pourvoir.Kcmani, continuant la plaisanterie, l'tugagea, toujours en riant, à ôter son vêtement et à essayer lo sien A lui.K.muni.Celui ci lui allait à nv rvcillc.Et voici que le lendemain Boilini reçoit un costume complet, que Romaui avait fait faire, pour le compte de Romani, sur les mesures de Romani.El le soir, le public ne soupçonna pas, tandis qu'il acclamait le musicien, que si celui-ci avait revêtu do belles notes les vus du poète, le poète avait K7dtU do beaux habits lo corps du maestro." • LA CZARDAS Une amusante mésaventure est arrivée à la chanteuse Mmo Aranka Hegyi, de Budapest, dont la statue prrsonni-lianl.la Czardos, danse nationale des Magyars, avait été érigée dans la.salle des redoutes.Or.cette statuo dovant être érigée contre une colonne, on s'aperçut que le sculpteur l'avait trop am plemeut gratifiée de ce qu'on appelait autrefois la fouronre.Force fut alors de supprimer nue purlie do cette lour, nure et les citoyens do Budapest on regardant do près de la statuo no seront pas peu étonnes de voirqu'on l'a privéo do la part io du corps justement la plus nécessaire pour bion dunscr lu Ctar-dos.» LA GARDE REPUBLICAINE La musique de la Garde Républicaine est en train de se désorganiser.Les musiciens sont presque tous des artistes et sont fort pou payés par la Ville, ce qui les oblige a chercher à l'Opéra ou A l'Opéra Comique lo complémont de ces mensualités insuffisantes.Mis en do noure d'opter, ils préfèrent conserver leur poste dans les tin Aires, car il faut d'abord vivre.Qu'il ost doue dif-, ficile, entre musiciens, d'obtonir l'accord parfait I.BELLINI Les villes indiennes ont célébré le centenaire de Beliini.Elles l'ont fait sans k-ranl onthousiosmi-, presque commo uno corvéo, Be contentant do quel-quts mesquines manifestations i l'endroit d'un des lours plus grands musiciens."Quelque chose de moins, dit le Mondo artislico.que le bruit que l'on fait p'iur inaugurer la bannière d'une société de blanchisseuses ou de portefaix.Bcllo Italie!.'' Notre confrère ajiute que, n'étaient 1rs journaux qui ont parlé de Bellini avec une émotion profonde le grand public aurait ignoré oe souvenir sacré.• "GRISELWIS" A L'OPERA-COMIQUE Voici en quels termes un journal pa-rieion rend oompte du nouvel opéra de Massenet, Grisélitlis, qui vient d'êtro représenté à l'Opéra-Comique : "O'est une exquise évocation du moyen Age aux tomps dos oroiaadrs, un conte merveilleux que lo directeur artiste de l'Opéra-Cjmique a su encadrer dans des décors de révea, délicieuses visionB assemblées, qui font songer aux enluminures do missels, aux verrières gotiques, aux horizons flottants dos peintres i riniitifs." La pièce, jouée à la Comédie-Françoise, avec un très grand succès, il y a dix uns, a, par elle-même, les allures des vieux mystères.EUc se déploie dans la forme do ces légendes naïves qu'on coûte au pays de Provence, quelque chose ci mime l'avrnture do damo Grisélidia, restée Adèle malgré tout A son époux, durant qu'il était occupé A guerroyer en Terro Sainte." En vain, le diable rêvôt-il touti«natur« responsable.in Villi M.et Mmo Louis H.Burroughs, do l'Avenue des Erable».Québec, sont les botes de l'honorable L.R.Mus on, ruo Prince Arthur, pour les fêtes.• M.J.B.Laanicr, de U maison Las-nier ot Fils, négociants en vins de Lé-vis, est A Montreal, pour affaires.• Mme Vve J.B.Normand et Mllo Normand sont parties |h>nr Boston, où elles passent les fêtes do Noel et du Jour do l'Au, ches Mmo Autoine Hamilton.Ces dames seront absentes pendant un mois.• Mme A.J.de B.Corriveau accompagnée de mademoiselle Eaibcl, l'une de nos jounes débutantes, sont parties pour New-York, où elles vont passer les fetos de Noël chez Mme Givernau 1, Bcciir do M.Corriveau el l'épouso du riche fabriquant de soirirs •! s E aie-Unis.* Il y a eu, le 15 décembre, A la demeure de M.Moïse Grenier, 664 rue Saugtii-net, une jolie soirée en l'honuour du 17e anniversaires de Mlle Maxiinilieui.e Grenier.La veillée fui brillante: il y eut chant, musique el danse, onfin co n'est que très UrJ que l'on so décida A se séparer.A cotte occasion, Mile Oro-nier reçut de très beaux et riches cadeaux donnés par des parents et amis.Nos plus sincères felicitations A Mllo Grenier.Tous garderont un charmant souvenir do celle peiilo fête intime qui a été une des plus joyouacs do la saison.• HO BEL M.Ubald DeCIrnndpré, frèro de notre concitoyen M Henri DcUraupre, est de passage A Sjrel et en visite chi ce «It'it i - r.U arrivo de Kingston, où il a suivi L s cours d'arlillerio au Collège royal.Il a été tout récemment fait lieutenant.• 818AUVEUR des MONTAGNES M.et Mme Olivi.r Charron, ce vénérable couple, vient de célébrer sun 50d anniver-uirc d'union Le 2ti novciiibro dernier, il y eut grande fête A la demeure familiale.La soirée commença par un grand dîner do famille, la salle était décor e aveu goûl et d'une manière tout A fait appiopriéo A la circonstance.Au souper prirent pari les personnes suivantes : Ré*.Curé St-Pierre, M.et Mme F.X.Clouticr, maire do t'ondroi', M.et Mme P.Rlraume, M.et Mme C.Beaulieu, M.et Mme D.Charron, M.et Mme P.Leblanc, M.et Mme IL Maillé, Mmo l'mstantineau, Mlle Oorina Aubry, M.Mme P.Léo nard et un grand nombre d'autn s per Bonnes.Durant la soirée, il y eut déclamation par M.E.Charron.Tous ont été enchantés de octic bille soirée.LIVRES ET JOURNAUX CALENDRIER 1902.- Nos remerciements A MM.J.B.K 'Han I A FiL, pour l'envoi de leur caltudricrdo la l'in - - m qui *iont de paraître pour 1902.Toujours exact dans ses nombreux renseignements, nom lui souhaitons d'occuper tncorc la place d'honneur au foyer do chaque famille catholique.Partout eu vente, au prix de oinq contins.On appolle s'oublier reprendre aon naturel. pages musicales -"passe-tea\ps" f i V Sommaire Musical No 1 Tf : CHAM La Vierge à la Crèche.Dell'Acqua o 50 La pauvre fleur.Gui o 10 Les bretelles.Chatau o 10 PIANO Au revoir.J.H.Mardi >nd c 60 «1.30 Prime Extraordinaire Offerte aux Lecteurs du PASSE-TEMPS UN SPLEND1DE PIANO DROIT Possédant toutes lesqutdité.t artistiques recherehietpar les artistes, louche facile, sonorité très chantante, trois pédales, grand format, tris riche de caisse, du prix île $400.00, offert aux lecteurs dn PAHSB-TfMP» pour le prix île $175.00, constituant une prime de $'.'26.00.S'adresser, soil vatulem-nt au par écrit, au No 168, RUE ST-DENIS, MONTREAL I Kn lare is l'IiniiMlllé L.v.il.l 290 le PASSE-TEMPS LA VIERGE A LA CRECHE 1 i Parole* d'A.DAUDET.Andante.tes MELODIE Musique de E.DELL'ACQUA.Piano.9M =§==£ ¦f— rravifluiilo.-i— f—f—f- S—3—1_ Dans ses lan - ges blancs 1 ff—i- v * v frai - che - ment cou - bus, La Vier - ge ber - çait son en - tant Jé- m ï.-y—v* Lui ga - zouil - lait comme un nid de mé - san poco croc.ges 3=e= Dollar votre musique et vos journaux illustres chez Ed.le veille 07 Ot OnLrinl UMn4MM nO I ICI & Ce, relieurs médaillés à l'Exposition de Paris, 1900.J/, À l~ Il H Q II 61 • ItI0H|T83> LE PASSE-TEMPS Î91 •92 LE PASSE-TEMPS m -fS- dim.-49" X- ton - go ot vos tnem - bres las, -3- Dor • moz, mon a - mour, p I—\ —I-\r i- rail.u-y-—y-y- Tempo.poco ra//.-A—ft—ft—H m -s — s-v -ft-ft-ft-ft-I -9—»-ë' et dor - mes sans erain - te, Mais l'on - f.int Jé - sus fcà— no s'en - dur - mnit mm eee§ rail.1 empo.=-j._~J.-1- =3—*—*- _jzrz=_J.il- poco ra//.-3- 3 ?w/* Tempo.±2-jt r Ul~^t*—"-^ pas Et Ma Tempo._1H- rie a - lors, 3p.lo ro - gurd voi - lé, Pon- LE PASSE-TEMPS 293 flTFQ-UnilQ UARIM C R chea.W.Loveilie, marchand teUlcnir, St-Laurent, Assortiment com- ' I LU f UUU llnUILLLn plet de nouveaux patrons pour habillements et par lessus.Une visite est sollicitée. t"LE PASSE-TEMPS Respectueusement dédié à Mademoiselle Maria * * *Jf Au Revoir VALSE Allegretto.J.E MARCHAND as INTRO., w.rail, e di m.pp 1» SE -fSr Tempo dl Valse.v i rr H-3Ë as tt ,•—¦>- 53= ffff Ted.% Ted.% Ted.% Ted.# Ted.jf» Me» T SI :__i—Mb.9' Œ Si «5 «r* * Ted.* * Ted.* .J Vol.VTI— No 177 LB PASSE-TEMPS 97 FEUILLETON OCK>CK>0000000000000 UNE PART DE BONHEUR C.de la MIRÀUDIE (suite) Dos lo lendomain matin, Thérèse écrivit un mot à sa mère pour lui dire la situation ot la prévenir quo, de quelque temps, elle n'irait pnslavoir; puis, avec Bon espi il pratique et son clair jugoment, elle vit qu'il lui faudrait prendre encore une fois l'initiation pour mettre chacun à si place dans celle maison bouleversée.Il régnait uno scrte d'affolement autour du roulade : le père, incapable de voir souffrir, allait et venait d'une pièco & l'autre, laissant les portes ouvertes, faisant craquer ses chaussures, demandant des nouvelles toutes les cinq minutes, assez hiut pour euipê oher Philippe do se reposer ou de dormir.Li iiière, assise nu pied du lit, y pleurait en silence sous le rega'd du malade, que cotto vue no devait pas réconforter, et Henriette, U tête perdue, n'ét.it p s capable d'apporter un grand secours aux siens.—Jo croi«.Madame, d.t doucement Thérèse, ou reliant s'agououillor auprès de Madame d'Azir, quu nous piétinons sur pluoo au détriment du chor malado.Voudiioz-vous mn permettre d'aller demander uue «Bar ?Elle nous distribuerait à chacun notre part de soiuB et do Veilles, et tout le monde s'en tniuvcr.iit mieux, surtout M.Philippe.—Mon Di" u, quo sa respiration est pénible, r "pondit Madame d'Azir, qui n avait mémo pas entendu ce que lui disait Thérèse Il faut aller chercher le docteur.—Il a dit qu'il sorait absent jusqu'à quatre heu e, et qu'il viendrait sûre-mont avant la nuit.On no lo trouverait pss en ce moment.Madame, ajouta-t i Ile on prenant lu înaiu de la pauvre mère, pour attirer son attention, j'iusisle pour amener ici uns Hier, ne fût-ce qu'afln do vous rassurer, elles sont un peu médecins, à force do vivre auprès des malades.—Ah 1 je ne demande pas mieux, répondit Madamo u'Azir; comment n'y avono-nous pas encore songé î Allez, mon enfant, et revenez vile.La sœur s'installa le même jour au chevet de Philippe ; elle en bannit le désordre ct l'agitation, et, peu A peu, elle prit l'habitude de recourir k Thérèse, lorsqu'elle avait besoiu d'aide ou de renseignements, sûre alors d'être admirablement comprise et secondée.Bien des jours se passèrent; il y eut des alternatives de mieux et d'aggravation ; on crut Philippe perdu, puis on le crut sauvé, alors qu'il était ontre la vio ot la mort.Enfin, le docteur Doschamps, l'auscultant trois semaines après la terrible crise, se releva en disant que la convalosoonco • Peer Ut numéro» 173 tt nstimu.allait commencer.Et le brave homme ajouta à part lui : —Est-ce un service que je lui ai rendu 1 Maintenant, uns grave question s'agitait autour de son lui, A demi-voix, pour ne pas Is fatiguer.M.Deschamps expliquait qu'il y avait encore près de trois mois redoutables, pour Philippe, k passer k Paris, avant le retour de la belle saison, et il engageait fort tonto lu fuuille ù partir pour le Midi.—Et quand je dis lo Midi, je ne vous hisse pas le choix de la station: je ne veut pas de Cannes, pas de Nice ; allez soit k Menton, soit k Monaco.Je penche même pour celte dernière ville, où l'on rencontre moins de malades.Cherchez donc uns villa entre le vieux rocher des Orimaldi et le palais de M.Wane, entre Monaco et Monte-Carlo, sur oolto côto ensoleilléo où il y a quelques habitations confortables, haut perchées, réunissant toutes les conditions de salubrité, de chaleur et d'égalité de températuro qu'il nous faut.—Et quand pourrons-nous partir t —Ooeupei-rous-en tout de suite, car, dans quinze jours, je prétends que vo'is j soyier installés.Cela se passait vers la mi-janvier, et, le 2 février, un grand landau hermétiquement fermé amenait de la gare île Mouaco et déposait à la villa Mario-Blancho la fimillo d'Azir, Biuf le père, oue sea occupations relouaient à Paris.Thérèse était du voyage, bion entendu ; pouvait on se pisser d'elle! IV Ah ! qu'elle était déjà lointaine et oublié', l'époque périlleuse où li jeum institutrico, taquinée, humiliée, méconnue, pleurait on silence, demandant à Diou le courage continuer, et ls force de vaincre.Le pèro ot la mère dc famille, profondément touchés de son dévouement k celui qui no lui avni fait que du mal, la considéraient corn me un de leurs enfant* et l'appel lient Thérèse, pour bien montrer qu'il» n'entendsi nt plus la traiter rn étrangère.Henriette, repentante, s'était mise à l'aimer aussi fort qu'elle U détestait auparavant, et, avec cette fougue dn jeunesse qui a besoin de toujours dépasser la mesure, elle préteu dsit ne plus la quitter d'un instant, n'avoir d'autre msltro qu'olle, d'autres conseils que les siens, et il fallait toute la sagesse de Thérèso p uir ns pas verser dans cette nouvelle ornière, apiès avoir franchi si heureusement les grands éouoils du début.Il n'était resté de cette époque que lo surnom d'Ambassadrice ; il allait si bien à Thérèse que M.d'Azir lui-même l'avait adopté, st ou s'en servait journellement en famille sans qu'il provoquât autre chose qu'un léger sourire aux lèvres de la jeune fills.Quant A Philippe, il était bien changé, peut être plus d'esprit que ds corps.Sa faiblesso était si grande que rien de violent ne pouvait surgir en lui.Il ne semblait vivre que de la rie des autres, et ne demandait qu'une chose, c'est qu'on ln laisa&t jamais seul.Quand le bienfaisant soleil de midi chauffait U façade Sourie de la villa, il faisait rouler son fauteuil contre la baie-window qui s'ouvrait sur U ter-raa8e,2fet contemplait en silence la mer radieuse où étincolait un soleil d'or.Quand il était fatigué de suivre le vol dos goélands sur l'eau, il comptait les brins fleuris de l'Ii-liotiope qui courait lo long do la terrasse, et dont les têtes veloutées se montra ont entre les piliers do marbre.Mais la mer, le soleil, les oiseaux et les fleurs, c'était vile trop grand, trop beau, trop silencieux pour ses facultés renaissantes.Il lui semblait qu'il allait se perdre, s'anéantir dans cetto viguour do la nature méridionale, et son ceil terns se promenait avoo une sorte d'effarement sur tontes ces choses.—Henriotte, parlo-moi, disait-il k sa soeur.Et si sa pusur n'était pas là, il se tournait vois Thérèie et lui demandait de fermer le rideau.La jcuuo fille était ravio de l'appel fait à sa complaisance, mais elle ne s'illus Ounait pas trop sur la durée do cotto trêve ; avec los forces, reviendrait l'antipathie, doubléo sans doute par l'intimité qui régnait maintenant entre les doux jeunes allés.N'importe, c'était toujours cela do pris, et ello peasait avoc ruiso-i que plus elle se rendrait indispensable au convalescent, p.us il serait difficile k celui-ci de la repou8-er quand il n'aurait plus besoin d elle.Thérèse cherohuit donc k »o rendre agréable, et tout lui était bon pour arriver à ce résultat.Un jour que Madamo d'Azir était sortio avec sa fille, Philippe, qui n'en «avait rien ou n'y pensait plus, et s'ennuyait do no rion faire, dit sans détourner la tête, Cr yant que sa sieur arrangeait le piano derrière lui: —Fais-moi donc un peu de musique, que je voie si je poux h» supporter.Bion doucement, n'ost-cepas, avec In sourdine.C'était Thérèse, ot non pas Henrietta, qui classait la musiquo laissée en désordre I.'Ambnssuiliico était musicienne et avail sirtout une jolie voix un peu frêle allant droit au cœur ds ceux qui l'entendaient; mais personne ne le lui ayant demandé chez les d'Azir, ello avait gardé modestement pour elle le secret de ce charme qui complétai si bi n la grace de toute sa personne.Ello se glissa entre le mur et le piano, préluda par quelques arpèges étouffées, pii- se mit k chaotor simplement nne vieille romance au rofrain plaintif.Vois savez comme il y on a da jolis, parmi ces couplets d'autrefois, et Tliérè-e e i dit deux ou trois, doucement, les espaçant de silences faits pour lo repos de Philippe.—Cela vous fatiguo-t-il 1 demanda-t-elle, après le premier essai.—Non, réj'oii i ï t lo malado.—Voulez-vous que je continue 1 —Oui, reprit-il avoo h mémo laconisme.Ce n'était pas bien encourageant, ces monosyllabes.Thérèse s'on oou-tonta ; elle leur trouva même uno foule de mérites cachés qui firent montor a sos joues un incarnat plus vif.L'intraitable Philippo consentait A l'écouter.Pendant près d'une demi-heure, la jouno fillo le berça do son chant suave ; dont les notes pures avaient tant de douoaur ; pou k pou, elle ralentit le mouvement, baissa la voix, puis, après avoir murmuré les dernières mesures, elle l'arrêta tout à tait, eh s'oxhaus- sant pour rognrder du côté de son auditeur.Il avait les yeux formés, ot, sans doute, s'était endormi en écoutant.Elle sortit de son coin sur la peints du pied, et "Ils s'asseoir avoc son ouvrage k la fenêtre en retour qui faisait face k ii cheminée.Si ello n'avait pas été absorbéo par son travail, olle aurait pu constater que le sommeil de Philippe n'était ni long ni profond, car il avait rouvert los yeux aussitôt qu'elle s'était mise k coudre, et il la regardait curieusement, commo s'il la voyait pour la première fois.Après huit jours de grande lassitu-do amenée pas le voyago ot le chan -gement d'air, ce merveilleux climat agit puissamment Bur la convalosconoo du bo"ii.U fit quelques pas dans la maison, ouvrit uu livre et le referma bientôt, non sans avoir fouilloté quoique) pages et avec lo regret de ne pouvoir le oontinuor, —Donne-moi ça, lui dit sa sœur, jo vais to le lire.Et olle se mit k ânonnor la pago que lui désignait son frère.Henriette, comme beaucoup do jeunes fillos k son âge, lisait indignern-nt.—Ah I que tu bredouillles, lui dit Philippe aveo ennui.Henriette n'avait pas de prétentions i cet égard, parait-il, et elle tendit le livre à l'Ambassadrice avec un air do dépit comique : —Essayez donc, vous, lui dit-elle.Thérèse essays avec un ploin succès, et c'est sinsi qu'elle se rendit peu à pou aussi indispensable k Philippo qu'au r'-te do la famille.Bien têt, on pe mit au convalescent do faire quelques pas sur h torrasso sablée, do plain-pied avec lo salon.A l'houre h plus ohaude du jour, on ouvrit les deux battauts de la grande fenêtre ot Philippo, appuyé sur sa cinne, s'avançi jusqu'il la miiretto ajourée qui fermait h petit enclos.Ce jour-là, il fut vraiment, satisfait, ot une soi te .l'épanouissement so manifesta en lui.L'air ét il lieds et annonçait le printemps, los flours avaiont tous leurs parfums et la mer, sans rides, était couverte de bateaux de pêcheurs, de yachts qui se jouaient sur l'eau rumine de grands oiseaux.Philippe ne devait pa* s'asseoir, mais seulement marcher autant que ses forces lo lui permettraient.U so croyait assuré d'uno longue promonade ; mais après cinq minutes de va-et-vient, il .sentit a têto se prendre, ses jambes se dérober ; il dut outrer précipitamment pour sa reposer.Philippe avait des manies, manias que bien des hommes valides partagent arec ceux qui ne le sont pas, et que les femmes respecto en apparence.Je veux parler do cotte horreur qu'ils manifestent pour tout rangement de livres, do papiers, enfin de ce qui constitue leur bagage .Tat»-mi-raïa /es at - traits d'la bel - le Pendant qu'en set.mil- le dé • tours la val ¦ te tour ¦ nait de plut bel 3 Ja m'avance la bouohe on cœur Au dovant d'elle, et pour lui plaire Jo murmure plein do douceur: Veuille» m'acoordcr la première.Ello accepte «ans s'fair" prier, Alors la valso recommence.Ah ! pensai-j', pour nte déclarer J'vaia profiter d'ia circonstance.Soudain, sous mon gilet d'volours, J'outouds craquer uno brotelle, Pendant qu'en ses mille détours Lu valso tournait de plus belle.co été plus longue et pins complète.Toutes les femmes ont l'expérience de ee que io dis.Thérèse, pendant la promenade du bossu, était restée au salon ; depuis l'arrivée a la villa, on apportait les objets les plus disparates sur la tablo de Philippe et on n'avait encore rien omporté ; olle avait médité une grande réforme pour le moment où il so promènerait.Son brusque retour la surprit donc en pleine contrevention, les bras chargés de livres, do vioux journaux, d'échantillons de pierres ; il v avait jusqu'à des assiettes remplies on poussait je no sais quel gazon rapporté do la côte ot qui s'obstinait à jaunir loin du soleil et de l'air pur.Philippo, k bout de forces, énervé par la fatigue, déçu dans ses espérances dt liberté, fut repris do cet esprit violent qui accusait autant de faiblesse que de mauvais vouloir, et, ne pouvant lutter contre Thérèse on lui arrachant des mains ce qu'elle emportait do oo ramassis d'inutilités, il se jeta violemment dans son fauteuil et, d'un coup do canne dans le vide, sembla menacer la jeune fille de sévices plus graves, tandis qu'il disait d'une voix blanches i —Laisse-moi tranquille, une fois pour toutes I Thérèse avait fait cet obligeant travail bien des fois, sans qu'on lui en eût témoigné le moindre mécontentement; ello ne croyait paa mal agir et ne s'attendait pas au retour immédiat du promoneur.Le saisissement, le chagrin de voir devenir ces colères soudaines et cetto inexplicable antipathie qu'elle croyait à jamais bannio du cœur do Philippe, firent monter les larmes à ses yeux, et un sanglot mal étouffé répondit k la provocation brutale du bossu.Celui-ci entendit ce gémissemont, et l'émotion qu'il en ressentit le rendit pins blanc que l'oreiller de son fauteuil.Malgré sa faiblesse, il se roleva vivomont et étendit les bras avec uue expression de détresse poignanto ; rouis il no put articuler un son et Thérèse qui s'on allait suffoquéo ot tremblante, ne vit pas ce geste désespéré.Elle so ressaisit bien vite, du reste, et elle n'était pas arrivée dans sa chambro quo déjà touto trace oxtérionre de oo chagrin était eifaoéo.Henriotto venait k elle, l'air tout joyeux : —Vouloz-vous que nous allions nom promener 1 Maman offrs de rester avec Philippe et nous permet de sortir soûles avoo Marie comme garda du corps.Oh ! comme ça va être amusant ; nous ferons les dames ; nous passerons par la gare de la Turbio, pour voir si on pourra bientôt se servir du funiculaire, puis nous gagnerons le cap Martin et nous reviendrons en omnibus.Oa vous va ?Je crois bien que ça lui allait, k la pauvre Thérèse, do quitter pour quelques heures lo voisinage décevant ot cruel du bossu.Elle dit qu'elle allait prondre son chapeau, et Henriette la quitta, en ohantant la scie très connue dans cea parages, où on l'entend partout et toujours : Funiculi, funieula.Par un inexplicable caprice d'esprit chagrin, Thérèso n'avait pas franchi le seuil do la villa que Philippe so sontit envahi par un ennui profond et que, tout bas, il l'accabla de reproches parce qu'elle désertait ls maison, alors que l'Instant d'avant il l'avait presque mise à la porte du salon.Vingt fois dans la journée, il alla soulever le store pour voir si los promeneuses ne revenaient pas et co fut lui qui, le premier, entendit grincer la grille, s'ouvrant devant elles.—Voici Henriette, dit-il avoc une certaine animation à sa mère.Et, de nouveau, il écarta la draperie pour rogardor dans lo jardin en terrasse où tl s'était promené en plein midi.Thérèso, à cet instant, gravissait les dernières marches; olle portait à pleins bras un paqnet de géraniums pourpres et de mimosas d'où s'éch ippait une lourde branche de citronnier, chargée do fruits magnifiques.La jeune fille, rassérénée par la promenade, les joues fraîches, los yeux brillants, causait on riont avec Henriette, qui relevait par devant la jupe do Bon amie, pour lui permottro do monter l'escalier sans I négliger sa botto do fleurs.Marie suivait gravement, aveo une mine ennuyée do caméristn qu'on a fait mor-oher plus qu'elle n'en avait envie.Philippe ne laissa échapper aucun détail do ce tableau, bien qu- son coup d'œil oût été fort prompt, et il s'enfonça d'un air rogue dans son fauteuil, attendant l'entrée au salon.Honrietto vint sonlo j sa oompagne s'était dérobée, sous un prétexte quelconque, lui confiant los fleurs qu'elle avait portées jusque-là.—Tions, dit la petite sœur à son frère, lui repassant la gerbe do fleurs et de fruits dès qu'elle Tout ombrasse, voioi pour to consoler do n'avoir pu nous suivre Avec cela, tu vas nous faire un bouquet à peindre ; regarde ces longs brins retombants et ces pyramides de mimosas, on dirait des grelots de ohonille.Quaut aux citrons, on s'est fait voleuse do grandes routes pour te les apporter.Philippo regardait les fleurs, rospi-i rait leur parfum et déroulait avec précautions les longue branches traînantes du goranium-lierro.—C'est toi, Minette, qni los a oueil-liesl deinanda-t ij.—Non.mais j'ai tenu la branche j il fallait grimper au mur pour avoir les citrons et nous avons dû fairo la oourto échelle, Mario ot moi, pour élever Thérèso dans les airs.Ta dignité eût bien souffert do nous voir ainsi ; mais Thérèse voulait quo tu eusses ta part de notre plaisir, ot quand ollo veut quelque chose, il faut y passer coûte qne coûte.Ello disait oela gentiment, avoc lo secret désir do faire savoir à Philippo quo la scèno de tantôt n'avait laissé aucune trace do rancune dans le cœur do son amie; mais Philippo eo garda bien do paraîtra comprendre et se borna à faire des géraniums et des mimosas une gorbo splendido qui, placée dans un grand cornet do cristal, retombait sur la tablo si malencontreusement débarrassée par l'Ambassa-drieo.V Maintenant, Madame d'Azir se mourait d'ennui k Monaco.Son fils allait assez bion pour ne plus absorber son temps e' ses pensées ; ollo avait fait en voiture les deux ou trois promenades possibles du côté do Mentou et du côté de Nioe ; quand ello eut bâillé dans les salles de jou, sans intérêt pour ello, et entendu quelques concerts, oile (o trouva dépaysé dans ee grand caravansérail où olle ne retrouvait aucun visage ami.Alors, olle compta lo nombro des relations qu'elle possédait dans les différentes stations de ls Côte d'Azur, de Monton à Antibos, et s'on ttouva un nombre suffisant pour pouvoir rayonner plusiours jours par semaine autour do la principauté, Mais, pour rendre ces visites possibles, il fallait emmener Henriette.Qu'essent pensé les bonnes amies, si la mère se fût promenée taudis que la jeune fille restait commo infirmière au logis 1 Thérèse devina la secrète hésitation ot l'embarras do Madame d'Azir, et déclara quo, no connaissant aucuno de ces damea, ello préférait beaucoup garder la maison ; et Philippo, voyant que sa sœur grillait d'envie de courir un pou lo monde, poussa la condescendance jusqu'à ajouter quo, s'il avait besoin de quelquo chose, Mademoiselle Wolff suffirait bion pour lo lui donnor.Madamo d'Azir qui aimait los solutions faciles et toutes préparées, accepta le sacrifice de Thérèse sans y regardor do trop près, ot Henriette qui avait sonfranc-parlor avec son froro, l'ayant sermonné sur la pationco, tout on lo remereiaut du sacrifice consenti, montra sans remords sa joie de s'envolor un peu k travers lo pays.La première fois que Thérèso et Philippe se trouveront seuls après l'accès de colère qui avait si fort ému l'Ambassadrice, le ciel légèrement voilé et lu température moins chaude ne lour permirent pas une installation au dehors qui oût facilité la situation ot, d'un commun accord, ch eu u prit sa place habituelle auprès des fci.êtres, Thérèso avec son aiguille, Philippe avec ses paperasses, qu'il no regardait mémo pas, Be trouvant sans goût pour le trnvail ot so promettant beaucoup d'ennui de cotto journée mélancolique.31 VOUS TOUSSEZ PRENEZ LE "BAUME RHUMAL" LE PASSE-TEMPS Entourant mn danscus' d'un brna, Tenant d'I'autr' sa main délicate.Vous comprenez qu'jo n'pouvaia paa D'nion pantalon serrer la patte.Parbleu ! me dis-je, heureusement Que ma s'cond' bretelle est solide.Tout-à-coup j'entends un craqu'mont, Un craquement sec et rapide.Puis, ssns pouvoir lui portor s'cours.Via quo j'sons partir l'nutr' bretelle, Pondant qu'en ses millo détoura lu vnlao tournait da plus bello.Je me dis : N'ayons l'air do rien I.Et, tout en essayant d'sourire, Par un héroïquo maintion Je each' mon troublo snns rien dire , Ma valseus' mo voyant défait Me dit : Voua souffrez, je suppose.C'est mon pantalon qui glissait, Je n'pouvaia pas lui dir' ls chose I.Mon pantalon tombait toujours, Mon inquiet u-1.était mortelle, Pondant qu'on bob mille détours La valso touruu.it do plus belle.Sans se douter do mon tourment, ICI!' mo regardait d'un nir tendro ; Moi je j ii - ¦ lis affrnua'iuent, Sontant mon pantalon descendre.A prendre un parti ja m'résons, Et fiigoant uu' passion brûlante, D'vnnt ma danseus' jo tombe A g'noux Afin d'arrêter ln descente I.• Je vous aim' I dis-jo avoc chaleur I L'audace plait eux demoiselles ; -Du coup j'avais gagné son cœur, Mais j'avais perdu mes bretelles ! LA MEME, avec accompagnement ils piano.35o.chez J.G\ Ton.1782SU-l'alliorine, Montreal.Une de nos Primes Gratuites ( Voit page 699) NOUVELLE METHODE ' D'ACCOMPAGNEMENT n kl: w i il r.iH G.P.O.HEROUX, YAMACHICHE, P.Q._• I' i;> t|i i!j'*i> j,i ;,^ =;= i:c » ;:î 3» *-.s a| Cotte nouvolle métbodo se compose d'une simplo baguette sur laquelle sont marquées toutes les clefs do la musique.A l'aido de cette nouvolle méthode nous garantissons qu'uno personne peut apprendre tons les accords sans l'aide d'un professeur, ot cela, dans quelques jours, il n'est pas nécessaire quo la rorsonne sacho la musique.Nous p.orrions publier une Ionguo liste d« certificats attestant qu'un /rind nombre de personnes ont appris lours accords aveo cotto méthode, et peuvent faire un bon aoeompagnemont.La baguette est marquéo de signoa qui permettent de jouer A première vue et sans études préalables.Envoyée franco sur réception de $1.00.Adressez : Lo Passe-Temps, Montréal, Can.Thérèso, ello, no s'ennuynit pas.Sachant qu'ollo n'avait aucun frais do conversation à fairo pour aon muet vis-à-vis, ello laissait son cœur s'échapper au loin, et elle était nuprès de sa mère, évoquant les images si chères do eon passé et formant, pour son prochain retour, ces projets, qui somt lo plus clair de nos joiea dans la vio.De sa pince, Philippe, en so détournant un peu, aporcevaiL lo mouvement régulier de la main qui lirait l'aiguille, et cotte distraction n'était pas do mu ui •• à lui suffire ; la tranquille quiétude de ln jeuno tille accrut son désir d'agitation, son malaise morale, et il étouffa un long b&illoment.Thérèso l'entendit et, brusquement, fut tirée do sos lèves.—Voue êtes fatigué, lui dit-elle, déjà debout pour To servir ; voulez-vous que j'aille doman'ler quelque choso pour vous à l'office ?—Non, merci, Mademoiselle ; je m'ennuie sculomont.Thérèse sourit aveo malioe ot, se rasseyant, lui dit : —Ca, jo lo regrette, d'autant plus quo jo n'y puis rion.—Alors, reprit Philippo, qui piéfé-r.iit une escarmouche à co silonce qui l'écrasait, vous aimeriez mieux mo voir souffrir, pour vous donner le plaisir do me soigner.Véritablement, vous êtes dévouée jusqu'à.Il n'oan achever : " Si ollo allait encore pleurer, ponsa-t il.Je dolos'o les larmes, " Le clnir îegurd de la jeune fille était fixé sur lui, plein do reproches et do regrets ; ollo attendait ln fin do la phrase, mais comme olle no protestait ni n'interrompait, force fut à Philippe do la terminer comme il put.—.jusqu'à l'invraisemblance, dit-il, on détournant nn pee los yeux.Thérèse reprit sa place et son aiguille, et lo silence s'établit de nouveau entre eux.Mais lo bossu no pouvait décidément rester tranquillo ; il prit un gros volume sua la tablo et, soit maladresse, soit agacement, le lnissa tomber.Thérèso tressaillit, se retourna et, voyant la figuro lamentable de ce pauvre désœuvré, elle out pitié do lui.Ses petites mains so joignirent sur ses genoux, ct ello lui dit aveo un air do grande commisération ; —Vous vous ennuyez dono bion 1 —Au-delà du possible.Et venant vo:s elle : —Mais comment fnitos-vous donc, Mademoiselle, pour no pas vous ennuyer entro cob quatre murs, avoc cette mer qui no remuo mémo pas, et cot horizon terne 1 —Je tûoho de no pas trop ponsor à moi, ou à ces choses par rapport à moi; car j'ai remarqué quo lonnui viont moins du dehors quo du dedans, l'orner aux autns, ajouta t-elle, voyant que sou petit sormon uvait l'air do pasber, c'est onlovor bion dos pointes à ce mal dont vous Bouf-frez.—Pour co que j'en ponse do bon, des autres, grommela Phili; pe, —Jo le sois I rprit-oile avec un grand sorieux ; msis pout-être ne ponsor-vous pas autant do mal do lout lo monde que de moi : votre mèro, votre sœur, vos trnvaux.—Jo ne puis plus travailler.—Voulez-vous me dicter quoique chose t —Pour voue donner lo plaisir do critiquorl —Jo no crois pas vous avoir fourui jusqu'à présent l'occasion de portei co jugement sur moi.Non, jo ne critiquerai pas, et il est probable mémo que j'admirerai, car ce que j'ai lu do voua dans l'album d'IIonriotte m'a paru tiès original et très intéressant.Une furtive rougeur passa sur lu front pille do Philippo ; Thérèse venait de toucher la corde sensible.—Alors, vous voudriez bien mo rendre co sorvico assommant, d'écrire commo uno machine, n'importe quoi, n'importo comment, car je vous préviens, que je n'accepte aucune observation, même juste.—Oui, je sais; si on n'interrompt la phrase, on coupe les silos à l'idée, je vous promets do ne | as diro un mot.Allons, voulez-vous essayer 1 Philippo hésitait oncoro, D'abord, on put croire qu'il lui en coûtait af- frcuhoment do désarmer, mais il lui paraissait enooro plus dur d'émettre à '••l'ii" voix ses appréciations très personnelle* Une sorte do timidité on-fantine lo prenait ; quo penserait Thérèse, comment son esprit vifotou-vort accopterait-il lo nébuleuses recherches du bossu ?Ello no dirait rion, mais il ne pouvait lui défendre de pensor, et voua qu'il se jugeait sévèrement par avance, qu'il dépréciait, condamnait son travail, lo jugeant inepte, ridicule.Et pourtant quel plaisir il aurait à formuler tout haut ses inspirations, sans être assujetti à l'effort matériel de La écrire 1 Pondant qu'il discutait A huit clos avec son orgueil, Thérèse qui oompre-i ail bien co qui se passait on lui, avait quitté sa place, s'était assise devant la grande table, on faoo du fauteuil do Philippo, et trempant une plume dans l'encre, après avoir attiré A ello une n.ain de papier blanc, dit, la petite tentatrice : " Je suis prête, vous pouvez commencer." L'ennui pour certains esprits actifs, est commo lu fsiui pour los bêles féroces ; cela vient à bout dos plus terribles, et le bossu, le menton dans la main, 1- s youx vagues, cherchant une phrase pour début, était bien au moral lu fauve vaincu qui abdique pour avoir sa proie.Tout eu cherchant, are mots, il jota par hasard loa yeux sur la plume quo Thérèso tenait relevés, dans un geste d'atUnte ; cetto plume tremblait.Le boesu rit de co rire strident qui déchirait los oreilles el lui demanda : —Vous avea peur t on la regardant aux yeux.Ello répondit simplement, d'une voix un pou troublée : — Oui ; très pour même.—Pourquoi 1 —Porco quo je crains do ne pas voua contenter, et je le voudrais tant.—Ah I fit-il, cans rien ajouter ; mais cetto frayeur de Thérèse lui rendit ton courago à lui, ot, pioequo au- -sitôt, il commença do dicter à sa pu-sllnniroo secrétaire.1 n, pteinièro demi-heure do travail fut laborieuse ; Philippe s'embarrassait dans ses phrases et les lieux communs y figurniont abondamment.Lorsqu'il avait dicté une de eus banalités qu'on tiouve partout et qu'on ramasso si v o 1 ¦ > 111 ¦»i U» A lu an.irh» i»uisenta au prix de lAcen's • li m un : Conique, i-uir rire.duCb.rWait, de» Pan-irnorP uar Ur*»tn.de* Lunatique*, dei Da-tues ci d s UeiuoiM lie- du Savoir vivre, du Vo-li ur.Amuaant-drf t'ocotie», d* l'armée f auçai- • e.tiall ftutue.du Fur -ur- de- tour* d« carte», du Muaieitn d«» 6 lt .n-ton tt po item française: de* Dirlneite* pour rtr»: de» iiajcon-n'4 • : de la i.¦ Aventure l.'Aitnun.cli de lu « élection! M, Le |*Alua d« un Innlo $—C.Dinm.md.Iubil'h' Hymn Tu frais bon d't'en méfier .To no m'emballe Jainnii .Ixinuicidé malgré lui 1^9 crêpe» 1 mi> n/.v.- blnnef ridoatuc .Le cuiller d'nrgent Mon bérilajrfl Chanmin du toréador Ce qno je l'cdw 1 ' t ¦ ¦ 11 -1 ¦! ¦ ¦ .Le locnlalro (trinrhenx f>ciouionux vont nirliar Irt t-beinin île ton eaour Floi.!.t „¦!.' t i iiililiton bouché L) l'bnmnaiine i , r lout In i- ritint do son père Ln wiIho du cliuuut O *arTr nrv .L, .nti'O pal Si .i (.-".usnvolr réré' I/a nia se de Mndeleiuo , S'itil PimlnVhe CVrt «lo l'iimont L'efij^tehanli.'* .a Marseillate» .I.- dlinnnrlin d'KucCne jy • trola bolurra .I/' bnptémc do bébé Ta bîcycletle , Le elini.i in-* l> Tpon np primf
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.