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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 53, no 907
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1947, Collections de BAnQ.

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REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 DEVRONS-NOUS EMPLOYER LA FORCE pour faire respecter notre hymne national ?Trop souvent j'ai été témoin de scènes disgracieuses qui démontrent que les jeunes — et beaucoup de moins jeunes hélas I — considèrent l'hymne national "O Canada" comme une ennuyeuse musique qui ne fait que retarder l'évacuation de la salle.D y a très peu d'années avait lieu, dans la salle du Gésù, une assemblée de protestation contre je ne sais quelle injustice infligée aux Canadiens français.Eh ! bien, chose incroyable, lorsque vint le moment d'entonner l'hymne national, ce fut un beau brouhaha : des jeunes échangeaient des propos badins, et des personnes que leurs fonctions obligeaient à plus de dignité, endossaient leur paletot sans cesser de parler.Il y a quelques jours, j'assistais à un très beau concert au Plateau.Dans la galerie, des étudiants ne cessèrent de "faire de l'esprit" pendant tout le concert, malgré les protestations de certains auditeurs.Avec un inconnu qui voulut bien m'aider, je réussis à bloquer le passage pour empêcher ces jeunes gens de dégringoler l'escalier pendant l'exécution de V "O Canada".Que l'on ne vienne pas me répondre que ce sont là des faits isolés : je pourrais en rapporter beaucoup d'autres.Ce qui manque c'est la discipline bien comprise, à l'école et ailleurs.La preuve en est que les jeunes qui ont fait leur service militaire sont presque toujours ceux qui écoutent avec le plus de respect l'hymne national.Si nous voulons que "O Canada" devienne l'hymne officiel de notre pays, commençons par le respecter nous-mêmes.Autrement, il nous faudra chanter cette version parue jadis dans "Le Passe-Temps" : O Canada / jadis pays des preux Et renommé pour tes faits glorieux.Quand ton bras armé de l'epée Savait porter la croix.Ton histoire était l'épopée Des plus brillants exploits ; Mais ta valeur de peur trempée Ne vaut plus rien pour défendre nos droits, (bis) SOMMAIRE FEVRIER 1947 — No 907 MUSIQUE THEMES ET VARIATIONS .2.3 BERNARD LA BERGE, imprésario 4 LA VIE ARTISTIQUE A NEW-YORK par MARIE-EVE.5 FRANÇOIS BRASSARD, compositeur par Antoni JOLY.6 L'ASSOCIATION DES ARTISTES DE SAINT-HYACINTHE .7 POT-POURRI.8 ALBUM MUSICAL .9 à 17 LA DANSE DU SPIROU .19 UN ELEVE DE CHOPIN : GEORGES MATHIAS par I.PHILIPP.20, 21 ECHOS ET NOUVELLES .22 SUZETTE ET JOSE FORGUES A NEW-YORK par MARIE-EVE.23 LES BELLES LECTURES .24 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS" .25 SIXIEME PRELUDE EN SI MINEUR poème par Rosario VENNE .26 EXERCICES D'ARTICULATION par I.-L.GONDAL .26 LES MOTS CROISES.27 REPONSE A M.EDOUARD WOOLLEY par Alfred LALIBERTE .28 LES BOITES A MUSIQUE par Raymond ALPIN .29 MINIATURES.30 • MODES DE PARIS.31 UN RESTAURANT DE FROMAGES.33 Autorisé comme matiè-T, de seconde ciosse par Je Ministère des PoMta: Ottawa."LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par les Editions du Patae-Tempt, Une), 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2.— Téléphone : MArquefte 9905.n est imprimé par l'Imprimerie Mercantile.Limitée.Le» manuscrits, publiés ou non.ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST: rédaction: Roland PREVOST ; publicité: Paul PREVOST.ABONNEMENTS: Canada: $2.00 pour 12 mois; $3.75 pour 24 mois.Etats-Unis : $2.25 pour 12 mois.Autres pays : $2.50 pour 12 mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chaque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente Jours avant le numéro d'où le changement sera effectif.Pour discontinuer de recevoir cette revue, il faut avoir acquitté tous les arrérages.— Le PaMM9-t»mpt publie aussi de la musique en feuilles.MONTREAL, FEVRIER 1947 PAGE UN Etes-vous né en février ?Si voua croyex à l'influence des astres sur la destinée humaine el si vous êtes né en février, vous avez peut-être de brillants dons musicaux.Parmi les musiciens et chanteurs nés en en lévrier, voici les principaux qui ne sont pas tous glorieux : Louis Aubert, Georges Auric, Alban Berg, Luigi Boccherlni.Arriga Boîto, Enrico Caruso.Fedor Chaliapine.Frédéric Chopin.Arcangelo Corolli.Karl Cxerny, Léo Delibes.Félix Fourdrain, William Gade.Leopold Godowsky.André Ernest Gré try, George Frédéric Handel, Jascha Helfetx, Victor Herbert, Fritz Kreisler.Flllppo Marchetti, Félix Mendelssohn, Gustave Nadaud.Giovanni Paccini.Adellna Patti.P.Jacques Rode.Gfoacchino Rossini, Kurt Schindler, Henri Vîeuxtemps.Rlcardo Vines.Charles-Marie Widor.Et parmi les musiciens canadiens : Joan Baudet, Camille Couture, J.-J.Goulet.Alfred Laliberté, Arthur Lavigne, Emery Lavigne, Louis-Nasalre Levasseur.Oscot Martel.Mme Beithe Roy, Agostinl Salvetti.Joseph Saucier.A tous les "taxeux" qui méprisent la musique Nous espérons que nos minisires, députés et échevlns liront attentivement la note suivante et surtout qu'ils suivront cet exemple.Un rapport préparé par te légation de Finlande à Paris sur l'enseignement de la musique en ce pays se termine ainsi : "// n'y a pas de taxes sur Jes concert's sa al si l'exécutant est de nationalité étrangère.Dans ce cas, la taxe s'élève à J5% du prix des billets.H en esf de même des représentations d'opérettes dont le principal protagoniste est de nationalité étrangère." Un compliment venu de France Directeurs et professeurs du chant dans les écoles montréalaises liront avec plaisir cette appréciation.Elle esl de M.Paul Le Flem dans son récent rapport sur la musique à l'étranger, présenté au Comité National de Propagande pour la musique."Personnellement", écrit M.Le Flem."lors d'un voyage fait en mars 1939 au Canada où l'on m'avait demandé de venir présider à Montréal la "Section Chant" d'un Important concours de Musique, j'ai observé les magnifiques résultats obtenus par des chorales d'enfants, d'adolescents, de jeunes gens et d'adultes, résultats dus à une organisation méthodique et persévérante du chant à l'école.Je leur cd dit avec lranchise combien j'admirais ces efforts, et que nous n'avions rien à leur apprendre sous le rapport choral." Aux Trois-Rivières On a appris avec un vil plaisir la renaissance de l'Orphéon, un choeur masculin, formé des meilleurs éléments de toutes les chorales d'églises des Trois Rivières.Le conseil de direction se compose comme suit ; M.Antonin De Carufel, président, Dr Gratlen Landry, vice-président, M.Gaston Landry, secrétaire, M.Dominique Lesieur.trésorier, M.Paul-Emile Piché.secrétaire adjoint et MM.Jean-Marie Laliberté, Raoul Landry, Napoléon Caron, directeurs.Lo groupe est dirigé par M.Léo Carie.— Le Frère Amédée, directeur de l'école Saint-Philippe, a été nommé maître de chapelle à l'église Saint-Philippe.— La Chorale de la Cathédiale se propose d'enregistrer des disques de pièces religieuses.Glinka et Borodine Il y a 90 ans, le 15 février 1857.mourait à Berlin le Père de l'opéra russe : Michall Ivunovitch Glinka.Fils d'un capitaine en retraite, Glinka appartenait à la noblesse rurale.Elevé par sa grand'mère.il connut très jeune les chants populaires russes, qui devaient exercer une si forte influence sur son oeuvre.Jusqu'à 20 ans, sa formation musicale fui des plus sommaires, bien qu'il eût appris le piano et le violon.Un séjour de trois ans en Italie, pour sa santé, décida de sa vocation musicale : il résolut de créer un art lyrique nalional.dégagé de l'Influence italienne.De retour à Saint-Pétersbourg, il écrivit son premier opéra : Une vie pour le tsar, d'une très grande intensité dramatique.Son second opéra.RussJane eï Lioudmilla.aussi national que le précédent, n'a pas son émotion."Glinka", a dit un biographe, "lui le premier interprète inspiré de la musique nationale russe.La connaissance de sa musique forme une Introduction indispensable à l'appréciation de l'école musicale russe plus moderne".- Alexandre Porphyrïévltch Borodine, décédé il y a 60 ans.le 29 février 1897.a été, comme Glinka, un homme heureux dans sa vie privée.Fils illégitime d'un prince géorgien dont la famille prétendait descendre du roi David, le psalminte, Borodine étudia les sciences et devint un excellent professeur de chimie à l'Ecole de Médecine de Saint-Pétersbourg.Durant ses rares heures de loisirs.Il participait à des concerts intimes et U composait, si bien qne ses amis s'informent de sa santé, disaient : "J'espère que vous êtes malade ?" Sans les maladies qu'il subissait parfois, il n'eût sans doule pas trouvé le temps de composer.Borodine, homme optimiste et plein d'humour, a marqué de son tempérament son opéra Le Prince Igor, aujourd'hui célèbre dans le monde entier.^Tr\Ll\fi5 m ANDRE MATHIEU dont nous publions dans notre Album Musical une oeuvre inédite : "Le ciel est si bleu", sur un poème de Verlaine Boursier du Gouvernement français, André Mathieu étudie avec Arthur Honneger.Récemment, il a représenté le Canada lors d'un concert international à la Sorbonne.Sur disques Odêon, il vient d'enregistrer ses deux "Laurcntiennes", et la Boîte à Musigue a réédité les disques qu'il avait enregistrés à Paris à J'âge de 9 ans.Les principales oeuvres d'André Mathieu sont une "Fantaisie brésilienne", pour violon et piano (parue récemment au Parnasse Musical) et trois concertos : le No 1 foué à l'âge de 6 ans.avec /./.Gagnier à Radio-Canada; le No 2 qui lui valut le premier prix de composition de la N.Y.Philharmonie et qu'il composa à 12 ans; le No 3 écrit vers l'âge de 13 ans ot qui sera entendu en entier dans 1e film "La Forteresse".André Mathieu a eu 18 ans le 18 février Pointe sèche et crayon gras Sous ce titre, l'excellent chef d'orchestre J.-J.Gagnior publiera chaque mois dans "Le Passe-Temps" des anecdotes et souvenirs Inédits.Depuis les temps glorieux du Parc Sohmer.où J.-J.Gagnler fit ses débuts de musicien vers l'âge de 16 ans, [usqu'aulourd'huf, J.-J.Gagnior a connu dans l'intimité un très PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS aAîdlîc Un exemple : les Jeunesses Musicales de France ior\5 M.ALBERT CHAMBERLAND.directeur de» plus boites émissions musicales à Radio-Canada.Comme violoniste et professeur, M.Chamberiand appattient à notre élite.Dès J'âge de sept ans.il commença l'étude de la musique ct, à 14 ans.il était boursier du Conservatoire McGill où il avait été élève d'AUred De Sève.Deux ans plus tard.U entrait dans le Montreal Symphony Orches tra.Puis, comme soliste en concerts et récitals il parcourut le Québec.l'Ontario et une partie dot Etats Unis.En 1908.membre du Trio Beethoven, avec Mme Frowlich.pianiste, mt lean-Baptiste Dubois, violoncelliste.Après deux années avec le Quatuor Dubois.U fonda le Quatuor Chamberiand dont les mélomanes n'ont pas oublié la haute valeur artistique.Violon solo des Concerts Symphoniques depuis leur fondation jusqu'en 1939 alors qu'il en devint le sous-directeur.m.Chamberiand a eu de brillants élèves : Alexander Brott.Lucien Martin.Norman Hcrschorn, etc.(Dessin de Paul Dupuis, artiste de Técxan) grand nombre d'artistes canadien* et étran-qers.Sa réputation comme chef d'orchestre dépasse de beaucoup les frontières du Canada.II.Gagnier appartient à une famille uni* que au Canada par le grand nombre de ses musiciens.Ajoutons qu'il est l'oncle de Jacques Gagnier dont les ill u ut ration s donnent ù la couverture du "Passe-Temps" un caractère des plus artistique.Les "Jeunesses Musicales de France" sont uno association de jeune» gens et de joune* filles dont le but esl d'intégier la connaissance de la musique dans la culture générale.C'est en 1940 que M.René Nlcoly jeta len premières bases du mouvement.Les premières conférences-concert» furent organisées au cours de l'année 1940-41 dans divers établissements scolaires; Collège Stanislas, Ecole Bossuet.Institut Maintenon, Lycée Louis-le-Grand.avec le concouis des plus grands artistes de Paris.En deux ans.le chiffre des adhérents passa de 25.000 à plus de 100.000.L'activité des J.M.F.ne se borne pas à Paris.Commencé en 1943.un vaste mouvement de décentralisation musicale se poursuit en province.Rose Goldblatt et la musique canadienne Le samedi 22 février, l'excellente pianiste montréalaise Rose Goldblatt représentera le Canada, pour la deuxième année consécutive, au Festival de Musique Américaine tenu à New-York.Ce qui nous intéresse particulièrement dans cet événement, c'est que Rose Goldblatt donnera la première mondiale de quatre compositions canadiennes et la première américaine d'une autre oeuvre de chex nous : une Sonatine du jeune compositeur Robert Fleming ; Pastorale, de Mme Caron-Legrls ("Lo Passe Temps" publiera le mois prochain une de ses oeuvres! ; Complainre, écrit spécialement pour Rose Goldblatt par Hector Gratton ; Mouvement perpétuel et Valse, par Jean Papineau-Couture (voir "Le Passe-Temps" de novembre 1946).En outre.Rose Goldblatt interprétera The Lament, Inspiré à Leo Smith par un poème d'Edgar Allan Poe; une Danse rustique do Mme Caron-Legris, et Pièce sur un thf-me brésilien, par Claude Champagne.Rose Goldblatt se propose de reprondre plusieurs do ces oeuvres canadiennes à un récital qu'elle donnera en avril au Brooklyn Museum de New-York ; le 3 mors, elle fera entendre en primeur au Canada, sur les ondes de Radio-Canada, la Complainte d'Hector Gratton.A ces compositeurs et à leur interprète."Le Passe Temps" offre ses meilleurs voeux de Notes pointées # La grande artiste française Ninon Vallin chantera à Montréal le 13 mars.Pour connaître plus Intimement Ninon Vallin.lisez ou relises sa biographie inédite parue dans "Le Passe-Temps" de septembre, octobre et novembre 1946.# Dans notro prochain numéro, nous publierons une chanson patriotique."Canadiens toujours" que nous recommandons aux sociétés nationales et aux maisons d'enseignement.# M.Eugène Phelan.président de l'importante société Canada Railway News, nous rapporte que vers 1910.pendant les vacances.11 vendait "Le Passe-Temps" sur le vapeur "Québec" de la Richelieu «S Ontario Navigation Company, devonue les Canada Steamship Lines.• Mlle Patricia Poitras.directrice des Chanteuses du Belvédère dont nous avons récemment publié une photo, est actuellement en tournée de concerts chex les Franco-Américains.Le S mars, sa chorale donnera un concert ù Québec, en la salle du Couvent des Saints-Martyrs-Canadiens.• Un contretemps nous a empêché de faire paraître ce mols-cl une chanson de folklore.Le mois prochain, nous publierons "Mon père n'avait fille que moi", harmonisation de M.Alfred Laliberté.# Le dimanche soir, de 9 h.à 9 h.30.le poste CHLP transmet un beau programme de musique classique exécutée au piano par M.Danlès Belleau dont Le Passe Temps" publiera prochainement une oeuvre Inédite : "Divertissement des Muses".# L'Orphéon municipal de Montréal se réorganise, sous la direction de M.Jean Vallorand.Notre concours mensuel CHAQUE MOIS, deux abonnements gratuits à la revue musicale "Le Passe-Temps" sont tirés au sort parmi les bonnes réponses à cinq questions.Les connurent* trouvent les réponses en lisant les articles ol les chronique! du numéro courant.Tous les lecteurs du "Passe-Temps", abonnés ou non.ont droit de participer au concours ; les gagnants déjà abonnés recevront un prolong «ment d'un an â leur abonnement.Le nom des gagnants paraîtra dans le prochain numéro.1.Quel Instrument de musique fui* inventé en Suisse au débuf du 19s siècle ?— 2.Qui est l'auteur des opéras "Mignon" ef "HamJef" ?- 3.Quel compositeur canadien est Tauteur de pièces de piano inspirées par t'ile d'Orléans ?— 4.Combien coûterai!1 Je violoncelle gue désire acheter Sutette Forques?— S.Nommes un pays où les concerts ne sont pas taxés.Dites en quelques mots quels genres d'articles et de musigue vous plaisent lc plus dans "Le Passe-Temps".Adressez commo suit : Concours mensuel du "Passe-Temps".627 ouest, rue Dorchester.Montréal 2.LES GAGNANTS DE JANVIER : Mlle Marguerite Tremblay.R.R.No 3.Jonquière.Comté Chicoutimi : R.P.Paul M Pharand.O.P.Couvent des Dominicains.Saint-Hyacinthe.P.Q.MONTREAL, FEVRIER 1947 PAGE TROIS UN CANADIEN QUI NOUS FAIT HONNEUR BERNARD LABERGE IMPRESARIO CONNU DANS TOUTE L'AMERIQUE .SAUF DANS LA PROVINCE DE QUEBEC QUI SE RAPPELLE le notaire Bernard La Berge, qui eut naguère son étude à Montréal ?Assurément personne.Car le note ire Bernard La Berge, au cours de sa brillante carrière de tabellion ne rédigea qu'un seul contrat : un testament pour lequel il reçut $6 comptant.et il attend encore les autres $6 ! Quant à la carrière artistique de M.Bernard La Berge, elle eut des débuts non moins éclatants : tout N.P.qu'il fût il se contentait de 80 cents par jour.pour chanter cinq messes dans une église de la rue Ontario.Le "juste salaire" du musicien d'église n'est guère plus élevé aujourd'hui.Comme Louis Jolliet.M.Bernard La Berge est né à Québec ; comme Louis Jolliet, il partit un jour à la découverte de terres nouvelles.Contre tous les obstacles, il réussit à se faire connaître dans toute l'Amérique.sauf dans la province de Québec.C'est l'histoire de cette carrière élonnente que nous esquissons ici."G1 ILS du notaire L.-P.La LaBerge, «¦ - qui substitua le nom de Val-Brillant à celui d'un vague anglophone et qui fut appelé "le Père de la vallée de la Matapédia".— Bernard La Berge sembla lui aussi destiné au noteriat.comme plusieurs de ses ancêtres et comme l'un de ses frères.Nanti d'un diplôme et d'une dizaine d'actes prêtés par son père, il ouvrit un bureau à Montréal, l'on sait avec quel succès I M ais il déclare aujourd'hui que sa formation légale lui a été vraiment indispensable dans sa difficile carrière d'imprésario.Il y a un peu plus de 25 ans.le chanteur Paul Dufault lisait avec grand intérêt, dans "Le Canada", le compte rendu d'un concert qu'il venait de donner à Montréal.Il offrit un bon dîner au journaliste."A cette époque, avoue Bernard La Berge, un repas gratuit ne se refusait pas ! " Intéressé par les connaissances musicales et l'esprit d'initiative du jeune homme, Paul Dufault l'engagea comme son imprésario, à des conditions presque princières.Bernard La Berge accepta, et il organisa une tournée de 118 concerts qui, en 13 mois, fit acclamer Paul Dufault dans toutes les provinces canadiennes : chose inouïe, Paul Dufault donna même des récitals dans des églises, si grande était sa popularité chez les Canadiens français, surtout dans l'Ouest.Aujourd'hui, Bernard La Berge est le seul Canadien français propriétaire d'un bureau international d'imprésario.Sa réputation est solidement établie non seulement dans les Amériques mais dans toute l'Europe.AU collège, Bernard La Berge était organiste.Il a toujours gardé pour son instrument une prédilection marquée.au point qu'il épousa une excellente organiste, Claire Coci.On comprend que ses débuts furent difficiles.Il y a un quart de siècle, personne n'osait organiser des récitals d'orgue, encore moins se risquer dans les tournées d'organistes.Il en était de même de la musique de chambre, alors comprise de quelques initiés seulement.Avec le courage d'un découvreur, Bernard La Berge traversa l'Atlantique et il eut l'honneur d'engager l'illustre organiste Joseph Bonnet.Son titre de "prophète de l'orgue aux Etats-Unis", il l'a mérité puisqu'il a lui- De gauche à droit» : ALEXANDRE TANSMAN, compositeur et pianiste polonais ; M.BERNARD LA BERGE Ien haut à gauche;.- SERGE PROKOFIEFF.l'un des plus grands compositeurs russes contemporains ; et VLADIMIR GOLSCHMANN.chef d'orchesfre de Ja St.Louis Symphony.PAGE QUATRE LE PASSE-TEMrS La vie artistique à New-York LE "BLUFF" DES CRITIQUES D'ART AMERICAINS.— LE GRAND SUCCES DE PIERRETTE ALARIE DANS "L'ENLEVEMENT AU SERAIL".— L'INTELLIGENCE MUSICALE D'UNE JEUNE CANADIENNE.par MARIE-EVE CORRESPONDANTE DU "PASSE-TEMPS'* A NEW-YORK C'est M.BERNARD LA BERCE qui a présenté en Amérique les compositeurs français Mau rice Ravel.Florent Schmidt.Arthur Honneqer.et Darius Milhaud.On voit ici 1 imprésario à bord1 du paquebot Paris, en compagnie de MAURICE RAVEL, au retour d'une tournée aux Etats-Unis.A cette époque.Ravel avait déjà commencé à ressentir les atteintes de la terrible maladie qui devait remporter en 1937.Mais il composa encore Jusqu'en 1932: "Boléro", les deux "Concertos de piano", et les "Chansons de Don Quichotte à Dulcinée".même présenté en plus de 3,000 concerts ces maîtres de l'orgue, — tous restés ses amis : Marcel Dupré, Charles Courboin, Bernard Piché, Carl Weinrich, Clarence Watters.Arthur Poister, et beaucoup d'autres.Dcns la musique de chambre, il a aussi été un audacieux pionnier : l'Amérique lui doit la venue et le retour fréquent des ensembles suivants : le Trio Pasquier, le Quatuor Kroll, le Quatuor Roth, le Quatuor Pro Arte, etc.Bernard La Berge est aussi l'imprésario d'un grand nombre d'autres artistes connus dans le monde entier.Voici les principaux : Mischa Elman, violoniste ; Ross Pratt et Hilda Banks, pianistes ; Yella Pessl, harpsichordiste ; Yves Tinayre.baryton français ; les Fisk Jubilee Singers, etc.R.P.LES BONS CRITIQUES D'ART sont aussi rares que le radium.En Europe, la en-tique est presque une vocation ; c'est en tout cas un métier auquel on apporte amour et conscience.Aux Etats-Unis, c'est une position bien vue.qui demande peu d'efforts, offre des loisirs, et pale généralement bien.C'est sans doute ce qui explique que dans la grando majorité des cas, (disons 4 sur S pour épargner les très rares exceptions qui connaissent leur métier), les critiques sonl des Incompétents qui.des reportages de "hold up" et d'accidents, passent à la colonne de la critique musicale ù titre de promotion, sans être plus préparés pour ce rôle qu'un boucher ne le serait pour entreprendre une opération chirurgicale.D'autres, lout en possédant des connaissances musicales qui justifient leur position, croient devoir prouver leur compétence en détruisant tout ce qui a été écrit depuis trois siècles et tout effort artistique de la part des interprètes contemporains.Toutes les semaines, et tous les jours de la semaine, ces critiques commettent des Injustices flagrantes : nous voulons rétablir Ici certains faits, jeter un peu de lumière sur des phrases malheureuses imprimées au lendemain de L'Enlèvement1 au Serai/, présenté pour la première fols au Metropolitan, en décembre dernier.Nous avons attendu jusqu'Ici pour protester afin de donner au public canadien une chance de prendre position après avoir entendu la radiodiffusion de cet opéra, donné de la scène du Met, le 18 (an vler en matinée.NOUS VOUDRIONS AVOIR LE TEMPS ot l'espace pour défendre Mozart qui lui-même fut maltraité par ces messieurs de la presse américaine.Mais la réputation de Wolfgang Amadeus est assez bien établie pour que les divagations de Jeunes fats no nous effrayent pas.Il en est tout autrement cependant de la réputation d'artistes contemporains dont la carrière peut avoir à souffrir de critiques imprimées à tort ct à travers.Or voici quelques-unes dos incongruités qu'ont imprimées les maîtres de la critique new-yorkaise, en affichant leur ignorance avec une désinvolture qui dt assez bien leur inconscience.L'un d'eux n'a eu d'éloges que pour la "voix magnifique" de Hugh Thorap son.qui pourtant, interprétant le rôle du Pasha.n'arait que quarante mots à réciter et pas une seule note à chanter ; un autre consacrait tes é pith oies les plus flatteuses aux toilettes de miss Steber.oubliant l'interprétation remarquable que l'artiste a su donner au rôle de Conslania.(écrit pourtant pour un registre très élevé) et dont elle s'est tirée avec une facilité et une souplesse renversantes, épatant public et connaisseurs.Un troisième critique n'a pas vu l'amusent por Irait que Dexso Ernster a tait d'Osrain.(peut- être le personnage le plus difficile à rendie.au moins du point de vue dramaliquet.pour so plaindre du "mauvais Anglais" de la basse norvégienne.Depuis quand va-ton à l'Opéra pour entendre une leçon d'elocution ?Ce sont de bien pauvres musiciens que cos gens qui attachent plus d'Importance à un accent étranger qu'aux accents géniaux de Mozart et à l'interprétation artistique des chanteurs.Enfin, le plus inconscient et le plus con sciencieux de ces messieurs, (je rogrotte de n'avoir pas retenu son nom) s'est permis de poser la question suivante : "Mademoiselle Alarie u t elle chanté les trois Mi.tel que Mozart l'a Indiqué, dans l'air principal du rôle de Blonda, ou n'a ton pas plutôt Irons posé la partition ?" A quoi il ajoute.lo plus naïvement du monde : "Pour ma part.]e ne saurais dire, ne possédant pas le diapason naturel".Quel charmant aveu ! Que ce monsieur avoue aussi facilement son incompétence a juger, c'est son affaire ; ce qui est impardonnable, c'est qu'il se permette de poser ses questions par voie de presse â un public qui ne sait pas répondre, et dans l'esprit du quel 11 fait germer des doutes quant aux qualités de l'artiste, en l'occurrence Pierrette Alarie.POUR REPONDRE A CE MONSIEUR qui pose des questions sur des sujets aux quels il avouo ne rien connaître, nous répon drons.en fondant notro avancé non seulement sur notre diapason naturel mais sur une vérification officielle : "Non, on n'a pas transposé la partition de Mozart.Oui, Pierrette a chanté les trois Mi de l'air de Blonda.Mi clairs comme du cristal, des Mi purs et faciles qu'elle a lancés en souriant et qui nous donnaient le frisson.Elle a chanté tout con rôle avec une aisance qui nous a charmés.Vous l'avez maintenant entendue dans ce rôle très difficile qu'elle a rendu avec un sens artistique irréprochable.Nous avons ou le privilège de l'entendre et de la voir, de la salle même.En plus de sa virtuosité.Pierrette a de la "qualité" dans la voix.C'est chaud et sensible, ce n'est pas du métal.Et par-dessus tout, elle est musicienne ; en plus do la technique solide qu'elle a acquise à l'Institut Curtis et avec Elizabeth Schumann, elle possède le rare atout qui fait les artistes véritables, nous voulons parler de "l'Intuition artistique''.Elle sent, ello sait d'instinct com ment tel ou tel passage doit se chanter, et elle le fait comme olle le sent.Ce qui, du reste, la distingue de tant d'autres coloratures de notre siècle qui ne sont que des acrobatos dépourvus de sensibilité.Pierrette Alarie est douée d'une rare intelligence musicale et d'un goût exquis qui se manifeste non seulement dans son interprétation vocale, mais (Suite à la page dix-huit) MONTREAL.FEVRIER 1947 PAGE CINQ LA IEUNE MUSIQUE CANADIENNE FRANCOIS BRASSARD, compositeur par Antoni JOLY PEU DE TEMPS APRES son retour de Paris, où il avait acquis un métier solide et fait jouer de ses oeuvres par l'Orchestre du Conservatoire ou chez Pasdeloup, M.Claude Champagne recevait dans le groupe de ses premiers élèves ce jeune musicien canadien.C'était à l'automne de 1930.François Brassard avait terminé ses études classiques, fait du piano, de l'orgue et de l'harmonie.Ses études à venir devaient comprendre, à Montréal, à Paris ou à Londres, le contrepoint, le choral, la fugue, l'orchestration et, bien entendu, les formes.A Paris, où il arriva en 1933, il étudia avec Albert Bertelin, esthéticien réputé, auteur de traités de contrepoint et de composition, et aussi à la Sehola Cantorum, avec Guy de Lioncourt.Plus tard, à Londres, il s'inscrivit au Royal College of Music, où il eut l'avantage d'être accepté parmi les quelques élèves du compositeur R.Vaughcn-Wil-liams.Mais qu'il soit bien compris que le séjour en Europe, s'il ajoute en contacts précieux et s'il fait communier à des ambiances ortistiques séculaires, ne saurait empêcher que ce musicien, comme d'autres de chez nous, soit en définitive de formation foncièrement canadienne.Et n'est-il pas temps d'affirmer, avec le sérieux que l'on met d'habitude aux choses d'outre-mer, que certains de nos maîtres, tel le directeur-adjoint de notre Conservatoire, s'entourent déjà de disciples qu'ils ont eux-mêmes principalement éduqués et dirigés et qui, au surplus, sont l'espoir de notre jeune musique ?ON conncît mal François Brassard si Ton pense qu'il n'a pas.dans ses voyages d'étude, employé tous ses moments à multiplier ses connaissances générales ou artistiques.Les congés ou les loisirs sont d'avance tout occupés.Sans parler des concerts évidemment, il y a la visite des villes, des musées ou des monuments d'art, des factures d'orgues ou des instruments offrant un intérêt particulier ; il y a la visite aussi d'une fonderie de cloches dans l'antique cité normande de ViTledieu-l.es-Poèles ; il y a les matinées passées à une exposition internationale d'art sacré à Rome, ou à une exposition devenue fameuse de la Musique française du Moyen Age à la Révo- lution, à la Bibliothèque nationale de P;ris ; et que dire de ces sentiers (car l'étudiant les préfère souvent à la grande route) qui folâtrent le long de la Sarthe et vous mènent à travers foins et bois jusqu'à l'abbaye de Solesmes pour l'inoubliable grand-messe de 10 heures ! De cela, Brassard rapporte des impressions dont, en musicologue averti, il fait bénéficier les lecteurs de nos périodiques canadiens.Le Passe-Temps publia alors en particulier sa lettre régulière d'Europe où il est question d'une visite à l'orgue des Couperin, ou du 250e anniversaire de naissance de Bach et de Haendel, ou d'une présentation mémorable du Messie aux studios de la B.B.C., à Londres, dans l'instrumentation de son auteur, ou du tempo d'après Liszt tel qu'il en ressort des enseignements et des interprétations de ses illustres élèves, Emile Sauer et Moritz Rosenthal.A son retour au pays, François Brassard épousait Anne-Marie Plour-de, musicienne distinguée et bâche lière en musique de l'Université Laval.Il est père de trois charmants garçons, Léon, André et Paul.PARMI ses compositions, je signalerai : Orléanaises, suite de cinq pièces pour piano sur des scènes de l'île d'Orléans.Les Orléanaises onl été M.fflANÇO/S BRASSARD interprétées à Rio-de-Janeiro par le pianiste brésilien Arnaldo Estrella ; elles y ont remporté un cuthentique succès ; Villa-Lobos lui-même les a remarquées et hautement appréciées.Cette suite est également au répertoire d'autres pianistes dont Marisa Régules, une artiste argentine que nos auditoires montréalais et québécois ont eu l'occasion de connaître.Trois Préludes pour piano, qui sont joués cette saison à la radio de Toronto par Mme Lubka Kolessa.Deux Sonatines pour orgue.Une Suite Villageoise pour violon et piano.Des harmonisations de chansons populaires canadiennes.Quelques mélodies, dont un Rondel du petit Noël sur une poésie de Robert Choquette et qui fut chanté plusieurs fois par Anna Malenfant, et Route sur des vers de Léonce Desgagné.Je mentionne aussi un Panis Ange-ficus qui fut primé au concours de la Société des Musiciens d'Eglise tenu à Québec en 1942.La List of Canadian Music publiée par l'Oxford University Press mentionne encore de lui une Missa bre-vis.Présentement, notre compatriote travaille à des compositions pour choeur mixte et piano ainsi qu'à une oeuvre pour orchestre.EN plus des exécutions précitées, les oeuvres de Brassard ont été interprétées par l'Orchestre de J.-J.Gagnier.par la Chorale de l'Heure Dominicale sous la direction de l'abbé Jules Rancourt, ainsi que par Lionel Daunais, baryton, Gérald Desmarais, basse, Marguerite Paquet, contralto, Fleurette Beauchamp, pianiste.Jean-Marie Bussières, organiste, et d'autres.M.Brassard est professeur à l'Ecole de Musique et aux Cours d'été de l'Université Laval.Il est un des artisans du vaste mouvement auquel on doit les Archives de Folk-lire, dont le premier volume paraissait chez Fides en novembre dernier.A remarquer qu'il a, pour sa part, recueilli quelque chose comme 600 chansons canadiennes, texte et mélodie.Des études de plusieurs de ces chansons ont déjà été publiées.Observons, pour finir, que ce compositeur plein de promesses est aussi un organiste d'église (à Jonquière) conscient de son rôle et dévoué aux intérêts de la musique liturgique.Antoni JOLY.PAGE SIX LE PASSE-TEMPS L'Association des Artistes de St-Hyacinthe Membres âgés de dix-huit à vingt ans.— Belles interprétations.— Petits incidents dramatiques et artistiques.T TN JEUNE HOMME DE 20 ANS, de Sainl-Hyacinthe, a pris l'initiative de doter sa ville d'un cercle artistique nécessaire à son évolution culturelle.M.Bertrand Parenteau a donc fondé l'année dernière une association d'une quinzaine de jeunes gens dans le but de développer chez eux le sens de l'art dramatique, tout en les récréant.En quelques mois, le nombre des adhérents montait à trente ; M.Parenteau s'efforce d'accroître davantage son équipe.Les deux premières pièces que l'Association des Artistes a présentées au public mascoutain, "Cocktail" et "Ces dames aux chapeaux verts" ont obtenu un franc succès.Les recettes devaient grossir la caisse commune, mais hélas 1 elles s'engouffrèrent dans les frais d'une tournée qui conduisit nos jeunes comédiens à Sorel, Drummondville, Saint-Barnabé, Saint-Jean d'Iberville, Saint-Hugues, etc.Actuellement, pour toute fortune, l'Association possède une robe, quatre chapeaux, quelques tentures, une boîte à maquillage, des bouts de ruban.N se débrouille.Quand le directeur eut besoin d'un divan pour une scène, à Saint-Hugues, il se contenta d'étendre une tenture sur deux chaises.Un soir, M.Gérard Godbout, publiciste de ia troupe, improvisa un vase de fleurs.avec de la neige.Les spectateurs applaudirent si chaleureusement que le vase, en fondant, prit toutes les couleurs des fleurs qui déteignaient, de honte peut-être.Un directeur artistique est appelé à subir des affronts et des déconvenues outrageantes parfois, surtout lorsqu'il loge le diable dans sa bourse el que les membres de sa troupe, moins heureux que Crésus, ont aussi les poches presque vides.Lors d'une tournée à Saint-Jean, comédiens et comédiennes étaient allé danser au Club Social, après la représentation.Ils étaient presque tous fauchés, pour deux causes : une salle payée trop cher et trop peu de spectateurs (125).Les heures coulèrent agréablement, mais quand vint le moment de rendre à César ce qui appartient à César, le directeur dut avouer "sécheresse".Le maître d'hôtel, arborant l'air d'un dragon courroucé, enjoignit aux membres de la troupe de vider devant son auguste personne leurs poches et leurs sacs à main.Cela ne faisait pas le compte, mais sa dignité était satisfaite.A Sorel, la représentation fut contremandée.à cause des grèves qui sévissaient à ce moment.pOUR l'honneur de cette joyeuse troupe, on doit dire * qu'elle compte dans son sein au moins un chanteur, M.Biaise Simonneau,' qui imite si bien Frank Sinatra et à qui on reproche de toujours chanter "Je t'attendrai".Il y a aussi quelques musiciennes, entre autres Mlles Colette Bourgeois et Janine Sylvestre.L'Association des Artistes de Saint-Hyacinthe se compose comme suit : Mlles Florence Tétrault, Yvette Laroche, Thérèse Gagnon.Gabrielle Lavallée, Jean-nine Sylvestre, Antoinette Bonin, Mariette Fredette, Claudine Côté, Marthe Gendron, Claudette St-Georges, Thérèse Fredette, Colette Bergeron, Denise Cormier.Flore de Grandpré, Mariette Cormier : MM.Bertrand Parenteau, directeur-fondateur, Gérard Godbout, Roland Laroche, Raoul Morin.Jean-Guy Laileur, René Sylvestre, Biaise Simonneau, Fernando Godbout, Georges de Grandpré.Claude Ares, Marcel Demers, Fernand Pelletier, Claude Guertin, André Rivard et Jacques Morin.j g_ q_ Ci-dessus : M.BERTRAND PARENTEAU.directeur de l'Association des Ailisles de Saint Hyacinthe, avec Mile DENISE CORMIER et M.GERARD GODBOUT.les deux vedettes de "Cocktail".Ci-dessous : un groupe d'amis de l'Association : Mlle CEC1LE-EVA BOUCHARD, Thon, sénateut T.-D.BOUCHARD.Mlle IEANNE DA1GLE.vice-présidente honoraire.M.EMILE LAROCHE.Mme ALBERT COTE, et Mlle MARGUERITE MARIN.MONTREAL.FEVRIER 1947 PAGE SEPT Lors d'une répéfifion de "SaJomé", au Châlelel de Paris, les musiciens ne purent comprendre une remarque de Richard Strauss, qui conduisait l'orchestre.Impatient, il répéta sa remarque lorsque du fond de la salle Mme Strauss lui cria en allemand : "Tu vois bien que ces "cochons" de rrança's le lont exprès." 11 y avait dans l'orchestre des musiciens alsaciens qui comprirent Toltense et subitement tous les musiciens se levèrent et quittèrent la salle.Sur ce, Astruc, l'organisateur de ces représentations, s'approcha de Strauss, qui ne comprenait rien à l'exode des musiciens, et le pria de faire des excuses aux musiciens, sinon la représentation ne pourrait avoir lieu.Après une lonque discussion, il accepta ef Jes musiciens reprirent Jeur place.Le violon soJo cependant s'approcha de Strauss, qui venait de taire un petit discours conciliant, et lui dit : "Ce n'est pas tout, monsieur, i'.faut que Ja femme qui nous a traités si grossièrement quitte la salle." Nouvelle apparition d"Astruc, priant Mme Strauss de s'en aller.Elle lurieuse — eJJe n'était pas commode — se Jeva ef cria : "Je vois bien qu'il faudra nos baïonnettes pour apprendre aux Français la politesse." » t tt La démission subite d'Arthur Rod-zinski a causé une grande sensation.La N.Y.Philharmonie lui versait S60M00 par année et à Chicago Rod-zinski recevra moins de $S0X)00.Mais c'est avec joie qu'il a quitté la N.Y.Phalharmonic.— après l'avoir vraiment ressuscitée, — car Jes méthodes trop "businessJiJre" du gérant Arthur Judson lui rendaient la vie impossible.Rodzinski a déclaré : "Dieu me guide dans chacun de mes actes.Je ne prends aucune décision sans attendre son inspiration".» * $ Des concurrents de 22 pays ont pris part au Concours Marguerite long-Jacques Thibaud.tenu à Paris.Le premier prix de piano a été décerné à une Hongroise, Hedy Schneider ; ef un Américain, ArnoJd Eidus, a gagné Je premier prix de violon.M.Jacques Ibert, à qui nous avons consacré un bel article dans notre dernier numéro, présidait les jurys pour le violon et Je piano.Massenet, l'auteur de "Manon", du "longleur de Notre-Dame", etc., était la douceur même.Jamais tl n'élevait la voix, mais il possédait un don d'ironie mordante.Un jour, pendant une répétition, les choeurs avaient été mauvais d'un bout à l'autre.Massenet leur demanda tranquillement : "Allons, comme pour un "bis", comme si on vous avait applaudis ; recommençons." Ajoutons que Massenet était un très qrand travailleur, se levant à cinq heures tous les matins.Il a écrit toutes les partitions de ses opéras, y compris l'orchestration, sans toucher à son piano.Devant sa tab Je de fra-vaiJ, iJ traçait ses notes sur le papier rayé, sans une rature.tue Liszt se trouvait seul, un matin, dans sa maison de Budapest, lorsqu'un ami vient lui annoncer : "Maître.Wagner est mort I " Pour toute réponse, Liszt murmura : "Pourquoi pas ?", entendant par là que seule l'oeuvre immense de Wagner importait et qu'elle survivrait.* It l A un ami, le pianiste Arthur Rubinstein déclara un jour : "Les raisons de mon succès ?.D'abord le piano est pour moi véritablement un sixième sens, comme on a Ja vue ou J'ouîe.Ef j'ai même "l'ingratitude" que Ton a envers ses sens quand on oublie ces maqnitiques dons que nous a faits le bon Dieu.Eh ! bien, à quatre ans.j'avais déjà ce sens.Et comme, à cet âge, Zuckertort jouait plusieurs parties d'échecs simultanément, — son sixième sens à lui — moi je transposai devant Ysaye une mélodie de Schubert.A dix ans, je donnai mon premier concert à Varsovie." t tt * RCA-Victor a célébré récemment la parution de son millionième disque.Pour entendre tous les disques publiés par cette maison, il faudrait 12,489 années, sans interruption, t » * Cest en 1903 que Claude Debussy publia une suite intifuîée 'Trois Estampes", contenant "Pagodes", pièce fondée sur une gamme orientale de cinq notes."Soirée dans Grenade" (Debussy fut accusé d"y avoir incorporé une idée de Ravel), et "lardins sous la pluie", une oeuvre descriptive d'exécution difficile.Déjà, au temps de Confucius, on se rendait compte de l'influence de la musique.Ce philosophe chinois écrivait : "Veux-tu savoir si un peuple est bien aouverné, si ses lois sont bonnes ou mauvaises ?Observe sa musique." Nous proposons donc que nos députés, tant à Ottawa qu'à Que bec.assistent à de beaux concerts pendant les sessions.* t t A J'époque où Beethoven composa son céJèbre Concerto de vio ton, Ja plupart des violonistes préféraient interpréter leurs propres oeuvres.Viotti.Kreutzer, Paganini et les autres négligèrent donc ce Concerto.Ce n'est que 38 années après que Joachim, encore jeune, l'interpréta avec un très grand succès.*t* Le peintre Delacroix, qui dans sa jeunesse montra un don assez marqué pour la musique, est considéré, avec Hugo et Berlioz, comme un des Grands Romantiques.Et pourtant il n'aimait pas la musique de Berlioz : à propos de Jo "Symphonie fantastique", il disait : "Ce bruit est assommant ; c'est un héroïque gâchis".Comme quoi on peut être grand peintre et piètre critique musical t t t C'est dans un tombeau égyptien datant de quarante siècles avant Tère chrétienne que l'on trouve '.e pJus ancien témoignage de notation musicale.Mais des monuments remontant à 10 siècles plus tôt illustrent des instruments de musique.» $ t ".Manuel de Falla lut, toute sa vie, un Gitan d"adoption, conquis par le "Cante jando" de ce peuple merveilleux qui.venu du Turkestan russe, a créé la musique dite "bohémienne" et inspiré Liszt, les Cinq de la Koutschka, Strawinsky et Falla." (Henri Collet).lit Les producteurs hollywoodiens sui vent intensément le courant musical.On tourne actuellement deux films sur Beethoven : "The Life of Beethoven" avec Jascha Heifetz et Vladimir Horowitz, et "My Immortal Beloved" t titre temporaire): et Ton tournera bientôt des biographies filmées de Liszt, Ferde Grofe et Caruso.Et nous verrons prochainement deux films sur Tschaikowsky : "Life of Tschai-kowsky" et "Pathétique".Robert Schumann sera porté à l'écran dans "Song of Love".PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS 15 98 'EXAMEN de la VUE • VERRES CORRECTEURS • Le Specialise LORENZO FAVREAU, o.o.d.ef ses assistants optométristes-opticiens Ba.O.Bureaux ches TaitFavreau 265 Esl, Sic Catherine LA.6703 6890 rue St-Hubert CA.9344 /représentants des meiiieures marques MARTIN — Saxophones, trompettes et trombones.DE AG AN — Xylophones, marimbas et Vibraharpes.PEDLER - - Clarinettes, (lûtes, etc.LUDWIG - TamboutB, timbales, etc.BRILHART - Embouchures de saxophones et de clarinettes.GAPLAN - Cordes de violon, violoncelle et contrebasse.ALFRED LALIBERTE Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.1231 ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal Deux messes faciles du compositeur LETOURNEAU Messe en Do (à trois voix égales) Messe en Ré (à deux voix égales) Mélodique, harmonieuse, facile.Demandez les chez votre marchand de musique ou à La Procure Générale de Musique Enr.9, rue d'Aiguillon QUEBEC ROGER FILIATRAULT du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles et du Conservatoire National de Paris Enseignement scientifique de l'art vocal baBé sur l'Emission Physiologique d'après les données du Docteur Wicart de Paris Professeur Ecole Supérieure de Musique d'Où tr «mont Professeur Ecole de Musique Université d'Ottawa Professeur Ecole Normale de Musique Institut Pédagogique -1-rr-—i-— ALBUM MUSICAL DU FEVRIER 1947 No 907 LE CIEL EST SI BLEU, poème de Paul Verlaine, musique d'André Mathieu.Les succès d'André Mathieu, depuis sou enfance, et comme compositeur et comme pianiste, sont la promesse d'un brillant avenir.Cette chanson sur un poème de Verlaine, est une oeuvre nouvelle que "Le Passe-Temps" est heureux d'offrir à ses lecteurs.ROMANCE, Op.33 No 6, pour piano, par A.Jensen.Adolphe Jensen est le plus célèbre représentant d'une famille de musiciens de la Prusse orientale.Chantour et pianiste, il a composé un grand nombre do liedei d'une très belle inspiration.La Romance que nous publions Ici exprime bien le caractère do l'auteur.LA DANSE DU SPIROU.paroles et musique de S.Pharaon.C'est vraiment une primeur sensationnelle que présente "Lo Passe-Temps" avec celle Danse du Spirou.En Belgique d'abord, puis en France el dans toute l'Europe, la Danse du Spirou fait fureur.Elle est maintenant en Amérique et tous les grands cabarets de New-York la dansent et la chantent.DANSE CAMPAGNARDE et LE QUADRILLE DE CARAQUET, pour violon ou mandoline, par Orner Dumas.Depuis des années.Orner Dumas et ses Ménestrels répandent dans nos campagnes le goût de nos danses traditionnelles.Pour parodier un mot bien connu : Un peuple qui ne danse plus est un peuple qui se meurt I Au rythme Joyeux et entraînant, sautons la Danse Campagnarde et le Quadrille de Caraquet, à la mode de nos ancêtres ! NOUVELLE EDITION L'une des plus belles chansons d'Acadie Partons, la mer est belle FOLKLORE DU CANADA Harmonisation d'Oscar O'Brien Chant et accompagnement : 50Y Dépositaire exclusif : Le Magasin de Musique le plus complet au Canada 500 est, rue Sainte-Catherine Montréal MArquette 6201 MONTREAL.FEVRIER 1947 PAGE NEUF INEDIT Poème de Paul VERLAINE i A MA SOEUR CAMILLE LE CIEL EST SI BLEU Musique de André MATHIEU Moderato.mp àjkji a poco r-ubato Le ciel est par des — sus le toit Si bleu si cal Un bre par des.sus le n m - 1 j — d- >^—7 loil Ber — ce sa pal — -f—T il - me.La ^«¦j—p^- clo - che "t*Hr ItlsT "H— -u—j-l - j -ir&l J-J-^ -f-y- dans le ciel qu on voit Dou - ce — ment tein _ |«.Copyright, 1947 — Canada et D.S.A.— Le* Edition» du Paife-Temp», Inc.Montreal PAGE DIX LE PASSE-TEMPS MONTREAL.FEVRIER 1847 PAGE ONZE que voi — là 4=9='- Pleu - rant -a™3-r—r— sans ces « t— -i-p—i— J J - so, -t—-J—r—r- 1 ¦ i PAGE DOUZE LE PASSE-TEMPS VIOLON OU MANDOLINE DANSE CAMPAGNARDE (lere partie d'un "set" ou brandy) Orner DUMAS LA MI7 LA LA MI7 LA A a jk LA ^ MI LA - m -f- _ .LA ^MI_ £LA_.- LA .MI7 .RE LA MI7 T.A M1J.LA LA MI RE , r-#— | .1 A MI7 LA ,rMi7 y ^ -i l*'MI7 ^ ^ 4J r r r r w c.L.e Copyright 1947 — Canada and U.S.A.— par Orner Dumas, Montréal VIOLON OU MANDOLINE LE QUADRILLE DE CARAQUET (3° patie d'un "set") Orner DUMAS RE * o ._-i-LA7 „RE .LA7_ fl Mil j Mil MIL-s!(LA._ re LA J MI7 ^.la re la MI7 LA MONTREAL.FEVRIER 1947 Copyright 1947 — Canada and U.S.A.— par Orner Dumas, Montréal PAGE TREIZE ROMANCE Un poco moderato.A.JENSEN, Op.33 No 6 S M: ,1e 3^ m «to.'to.» 'to.'to.'to._M.3 If 'to •* iX,1 Ff i ^-— f r3—^iSrf i* 4 rr^-V^.y-JVH m M * 'to.0 /f„„ - i „„ «: »"•«'' c «" «»"•' 7 siaAiHtco iron noise: sou' la rBi0"uCHt à o»oire ùAttStOu DCFRAili MONTREAL.FEVRIER 1947 PAGE DIX-NEUF POUR SERVIR a L'HISTOIRE Un élève de Chopin: par I S I D O R UN DOCUMENT HISTORIQUE.PAR UN MAITRE DE LA TECHNIQUE PIANISTIQUE Une très rare photo de GEORGES MATHIAS, l'un des plua brillants élèves de Chopin.Le mois prochain, "Le Passe-Temps" publiera un texte de Georges Mathlas sur son illustre maître.Tous les amis de Chopin liront et conserveront ces pages du plus haut Intérêt.EN 1879 UNE PIANISTE CONNUE.Madame Claus-Szarvady.amie Intime de Clara Schumann, qui s'intéressait à moi, me présenta à Georges Mathlas.son ami, professeur célèbre du Conservatoire, qui m'accorda de suite une audition et me conseilla de me présenter aux examens du Conservatoire, après une année de travail sérieux.le n'ai oublié aucun détail de cet examen d'admission redouté, qui avait lieu dans le vieil Immeuble du Faubourg Poissonnière, où la célèbre école avait été fondée en 1784 sous le nom d'Ecole Royale de Chant et de Déclamation.En 1875, elle devint le Conservatoire National.La porte massive et imposante donnait sur une large cour.A gauche se trouvaient la loge du concierge, et un escalier conduisant aux classes et aux appartements du directeur.A droite, 11 y avait une petite pièce ressemblant à un bureau de poste rural : là se tenait le surveillant général, véritable gendarme préposé à l'observance des règlements et au contrôle des présences.C'était un homme sévère, ancien capitaine d'intendance dans une caserne de province.C'est là que lo second surveillant se plaçait, après les examens, pour annoncer d'une voix forte et solennelle le nom des vainqueurs.Toutes les musiques du Conservatoire se mêlaient dans la cour.En été.alors que les fenêtres restaient ouvertes, c'était un capharnaum : mortellement des pianos, sonneries des instruments à vent, envolées des classes de chant et parfois le grondement étouffé de l'orgue.Le concours avait lieu dans une sorte de petit théâtre, avec galerie circulaire et une rangée de loges.J'étais alors d'une extrême timidité.Les autres candidats qui attendaient avec mol dans une antichambre encombrée, prenaient plaisir à me conter des histoires aussi effrayantes qu'Incroyables.Et )e lee croyais 1 Enfin, mon tour vint ; Je m'avançai dans le sombre et presque sinistre corridor, et le me trouvai soudain sur la scène.J'étais si ému et si nerveux que Je n'osais avancer.Je me sentais hypnotisé par la rangée de personnages assis derrière une table recouverte d'un tapis vert.Une voix ferme m'interpella : — Allons, du courage, jeune homme.Le piano est devant vous, non derrière vous 1 Asseyex-vous et commencez.A ce moment, ('entendis chuchoter : — Pauvre garçon., n va s'évanouir., Mais ]e repris mes sens.Rassemblant mon énergie, J'eus la chance d'exécuter sans défaillance le morceau imposé.Plus tard.Je sus que le Jury d'admission se composait de Mathlas, de Marmontel, de Henri Herz, et de Le Couppey, et qu'il était présidé par le directeur du Conservatoire.Ambrolse Thomas, l'auteur célèbre de Mignon et d'Hamlef ; c'était lui qui m'avait Interpellé."Monsieur" Thomas, comme on appelait généralement réminent compositeur, était alors au sommet do sa carrière.L'immense succès de ces deux opéras créait autour de sa personne une auréole d'admiration et de respect.Tous les professeurs avaient une confiance absolue en la solidité de son lugement, et ses décisions étaient acceptées sans discussion.A la suite de cet examen, je fus admis au Conservatoire, et J'eus la bonne fortune d'entrer, sur sa demande, dans la classe de Georges Mathlas.La semaine suivante.J'assistais à la première leçon.Les salles de piano se trouvaient au deuxième étage et donnaient sur la cour.Elles étalent mieux placées que la classe do composition, dont les fenêtres s'ouvraient sur le Faubourg Poissonnière avec sos bruits innombrables.le roulement continuel des voitures et des lourds chariots, le fracas des omnibus tirés par deux ou même trois forts percherons.La salle où enseignait Mathias était petite et le piano à queue en prenait un bon tiers.Mathias avait un fauteuil, pendant que les élèves occupaient quelques vieux tabourets mal rembourrés et recouverts d'un tissu noir et luisant.Les murs étaient sales.N'étant pas incombustibles, on n'allumait aucune lampe et les cours devaient se terminer avant l'obscurité.Mathlas avait été un des élèves les plus aimés de Chopin.Il était un musicien admirable, un prodigieux virtuose, un pédagogue d'une grande finesse.Ses leçons avalent un pouvoir merveilleux d'éveiller l'attention de ses élèves.Nous l'admirions — mais sa réserve nous intimidait."Soyei sévères pour vous-mêmes", disalt-U souvent."Ne vous compares pas aux autres.Ne vous occupes que de vous et répétez vous sans cesse qu'il est toujours possible de mieux faire : c'est le secret du progrès constant" Il exigeait avant tout une technique sûre : "Soyex d'abord maîtres de vos doigts.L'expression doit être libre, aisée, spontanée.J'abhorre l'affectation.Tâches d'avoir un son pur et rond.Ecoutex-vous constamment." Malheureusement sa santé chancelante le forçait souvent à prendre de longues périodes de repos.A cette époque, mes camarades étaient — Je cite les plus connu» — Camille Chevlllard.Paul Dukas.Erik Satie, Henri Falke.Alberto Williams, Camille Erlanger, Pau] Fournier et Mario Calado, les deux derniers des planistes qui faisaient notro admiration.CEVILLARD affirmait déjà son grand talent de musicien et nous lui prédisions tous une brillante carrière ; Erik Eatio, — le futur maître de l'Ecole de Cachan I - - était malin, caustique, faiseur ; Dukas, taciturne, sombre, distant : Camille Erlanger, modeste ; Williams et Calado aimables.Il eut fallu avoir, selon l'expression de Talleyrand, bien de l'avenir dans l'esprit pour prévoir que vingt ans après Chevlllard, Dukas et mol, nous nous retrouverions professeurs de ce même Conservatoire, et membres de son Conseil Supérieur ! Au Conservatoire, dès mon entrée.Chevlllard, plus âgé que moi.m'avait pris sous sa protection.Ce fut le début d'une amitié qui dura Jusqu'à sa mort prématurée.Deux autres disparurent brusquement.Falke et Calado.Tous deux se suicidèrent.Quant à Williams, 11 devint le compositeur le plus en vue de l'Argentine.L'on sait la belle carrière de Paul Dukas et de Camille Erlanger.Lorsque Mathias nous faisait prévenir — souvent à la dernière minute — qu'il ne pouvait se rendre au Conservatoire.|e me précipitais à la bibliothèque dont le conservateur, le grave Weckerlln.auteur de char- PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS Georges MATHIAS PHILIPP EN MARS, DES SOUVENIRS SUR CHOPIN PAR SON BRILLANT ELEVE G.MATHIAS mantes Bergereffes, me choisissait quelques livres que je dévorais jusqu'à la fermeture.Au bout de deux années, je fus admis au concours de lin d'année, où les concurrents devaient Interpréter la Sonate en Si mineur de Chopin.Je fis bonne impression et on m'accorda un premier accessit.L'année suivante, Mathlas était beaucoup mieux portant et U reprit sa classe, enseignant sans arrêt d'octobre à juillet, et abandonnant parfois sa réserve naturelle.Il semblait vivement s'Intéresser à moi, surtout lorsqu'il fallut préparer le concours.Pendant ces dernières semaines, Mathlas ne négligea rien pour nous aider, et nous donnait même souvent des leçons à son domicile, lorsqu'il le jugeait nécessaire.Il faut croire que j'avais pu vaincre ma timidité puisque j'obtins le premier prix à l'unanimité, nommé premier, la plus haute récompense.Vingt ans plus tard.Charles de Bériot excellent compositeur et pianiste distingué.AMBBOfSE THOMAS.Tauleur de "Mignon" ot d'"HamIef", a été dfrecteur du Conserva-foire de Paria où Georges Mathiaa enseigna pendant de nombreuses années.Ills de la Mallbran et du célèbre violoniste, qui avait remplacé Mathlas, lut atteint par la limite d'âge et le directeur du Conservatoire.Théodore Dubois, me proposa au Conseil Supérieur du Conservatoire, composé du Ministre des Beaux-Arts, de Saint Saêns.de Massenet, de Widor, de Théodore Dubois, et je lus nommé à l'unanimité.C'était en avril 1903.Mon vieux maître était heureux de mon succès.1* rentrais comme prolesseur de la classe où j'avais été son élève.f t f Mathias recevait chaque semaine quelques vieux amis, quelques anciens élèves.Il avait institué ce qu'U appelait "les déjeuners du mercredi", auxquels j'assistais régulièrement.Je voyais là Madame Dubois O'Meara, Mlle Gavard, Henri Herts, Schulholl.le Prince Ctartorlsky.Mathlas jouait avant déjeuner quelques oeuvres de Chopin.Il avait gardé sa bello sonorité, sa technique parfaite, son style.Comme Mathlas, Madame Dubois et Mlle Gavard.la Princesse Csartorlska avait été l'élève d* Chopin, et une de ses préférées.Le Prince, causeur charmant, très musicien, racontait volontiers des souvenirs dee années d'études de sa femme, et Mathias.Mme Dubois et Mlle Gavard se joignaient à lui pour en raconter d'autres.Un jour, me trouvant seul avec Mlle Gavard.à qui Chopin avait dédié sa Berceuse, je mo permis de lui demander de me la jouer.La vieille Dame refund d'abord, mais sur mes instances, elle se mit au piano et joua le morceau — mal.je dois dire — mais en me donnant des indications précieuses sur la façon dont Chopin lui avait fait travailler son adorable poème.Ce jour-là Mathias me conseilla d'écrire un ouvrage sur Chopin."SI vous mo promette! une préface, mon cher Maître, oui", lui dis-je Il accepta.PEU APRES, Mathias.dont la santé périclitait, fut pris d'une soudaine dépression nerveuse jointe à une prolonde neurasthénie.Sa famillo dut l'envoyer dans un sanatorium, au Parc des Princes.J'allais le voir trois lois par semaine.Un jour, comme j'arrivais, le médecin en chel me fit entier dans son bureau : — M.Mathlas est dans un de ses mauvais jours, me dlt-11 : Il est très nerveux, très irrl- Le maître ISIDOR PHIUPP.qui lut élève de Georgea Mathiaa au Conservatoire de Parla où lui-même fut professeur pendant de nombreuses années.fPhofo "Des Parois'V table.Si vous entrez dans sa chambre, ce sera à vos propres risques.En tout ca», restez près de la porte.Un garde sera là, en cas de danger.Mathlas me reconnut aussitôt.Mais U hurlait: - - N'approchez pas.Je suis un meurtrier.Oui, un meurtrier ! Allez-vous en !.Je suis dangereux I L'i porte s'ouvrit et le garde entra."Il était temps", me dit-il.Je n'avais pas prononcé un seul mot.Mais Mathias recouvra la santé, et nous reprîmes nos intéressantes conversations sur cetto grande époque musicale, — plus de 50 années, — qui avait atteint son apogée en 1888, après l'apparition d'une pléiade de grands compositeurs et musiciens.La série des concerts historiques de Rubinstein marqua la lin de la grando période "héroïque" des pianistes.Mathias se plaisait à répéter ces propos de Henri Heine sur Chopin : "Fils bien-aimé des Muses, Polonais par la naissance.Français par la clarté, l'élégance et la poésie de ton inspiration.Italien par ton sens artistique, tu es notre bien à tous." Jusqu'à sa mort, Mathlas habita Boulevard de Courcelles, près do chex mol.Presque chaque jour jo lui rendais visite.Il vivait seul, toujours déprimé, ne souriant jamais, mais l'esprit alerte et passionné de musique.Il me légua nombre de ses oeuvres Inédites, que j'ollris à la bibliothèque du Conservatoire.On refusa le don ! Qu'est-ll advenu ds ces manuscrits ?" ' I.PHILIPP.MONTREAL.FEVRIER 19
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