Le passe-temps, 1 janvier 1947, v. 53, no 910
Mtuiicaéi ypasseTemps REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 :¦: :¦: k :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: : 8 AVIS IMPORTANT p , ¦L OUR répondre au désir de plusieurs annonceurs et d'un grand nombre de lecteurs, nous avons décidé de dater JUIN-JUILLET le numéro du "Passe-Temps” paraissant en juin.En juillet paraîtra le numéro d'août.Ainsi, par la suite, "Le Passe-Temps" paraîtra toujours avant le mois de sa date.Bien entendu, les abonnés recevront quand même leurs douze numéros, puisque nous prolongerons d'un mois les abonnements échéant après ! juin.SKK9» K 8 « K :: t: 1 H V.:: 8 :: 1 :: « K :: :: K :: «• K :: :: H K 8 UN NUMERO EXCEPTIONNEL! C'est toujours un numéro exceptionnel que "Le Passe-Temps" de chaque mois ! Dans les pages qui suivent, il y a de belles lectures pour tous ceux qui aiment la musique.De beaux articles sur José Forgues, nos musiciens boursiers à Paris, le compositeur Brott, l'oeuvre grandiose de Guillaume Couture, des souvenirs inédits sur plusieurs musiciens russes, un dialogue amusant et inspirateur, la belle fanfare d'Arvida, etc.Et un riche Album Musical ! Qu'en dit un religieux éducateur ?"Le Passe-Temps a une belle mission à remplir, mission nationale, mission éducative" ! SOMMAIRE MAI 1947 — No 910 • THEMES ET VARIATIONS .2, 3 UN QUART D’HEURE AVEC IOSE FORGUES par MARIE-EVE.4 QUE FONT NOS JEUNES MUSICIENS A PARIS ?par Henri ERICHSON .5 ALEXANDER BROTT, COMPOSITEUR par Gilles POTVIN .6 "JEAN LE PRECURSEUR" par C.-O.LAMONTAGNE .7 POT-POURRI.8 POINTE SECHE ET CRAYON GRAS, par J.-J.GAGNIER .8 ALBUM MUSICAL .9 à 18 ECHOS DIVERS.19 MUSICIENS RUSSES QUE J’AI CONNUS par L PHILIPP .20, 21 VARIETES.22 LA MUSIQUE AU SEMINAIRE DE JOLIETTE.23 AIDE-TOI ET LE CIEL T'AIDERA ! par Alfred LALIBERTE .24 LA FANFARE D'ARVIDA par Antoni JOLY .25 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS ' .26 MOTS CROISES.27 CHRONIQUE DES DISQUES .28 LES BELLES LECTURES .29 • LES CURIEUX ANCETRES DE "L'AIGLON" d'Edmond Rstand par Maurice RICORD .30, 31 GALERIES D'ART.32 A PROPOS DU VIOLON D'INGRES par Camille SAINT-SAENS 32 Autorisé comme malièio de seconde cloue par le Ministère des Postes, Ottawa."LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par le» Editions du Passe-Temps.(lac.).627 ou est.rue Dorchester.Montréal 2.— Téléphone : NArquette 99OS.Il imprimé par l'Imprimerie Mercantile.Limitée.Le» manuscrits, publiée ou non, ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST; rédaction : Roland PREVOST ; publicité: Paul PREVOST.ABONNEMENTS: Canada: S2.00 pour 12 mois: S3.7S pour 24 mois.Etats-Unis : S2.2S poux 12 mois.Autres pays: $2.50 pour 12 mois.Le numéro: vingt cents.L’abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque allranchi.accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera eftectli.Pour discontinuer de recevoir cette revue, U faut avoir acquitté tous les arrérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique en feuilles.MONTREAL, MAI 1947 PAGE ON Nommez-les I Il se tient du 23 au 25 mai à l'Université McMaster à Toronto, une conférence accompagnée d’une exposition qui mettra en relief quelques événements musicaux de la saison qui s'achève.Parmi leB artistes qu'évoque cette exposition, on remarque un compositeur de notre province, François Brassard, dont les Trois Préludes pour piano avalent été Interprétés en première audition à un récent récital de la grande artiste Madame Lubka Kolessa à Toronto.Une question indiscrète : Combien de pianistes canadlens-français ont joué en concert les Trois Préludes de François Brassard ?Comme dit l'autre : Nommei-les I # « # Joachim Rafi ou une leçon de courage loachlm Raff est né le 22 mai 1822.il y a 125 ans.près de Zurich.D'abord élève du lycée des Jésultos à Schwyx .il dut abandonner ses études pour s'engager comme instituteur.A lorce de ténacité et de courage, il réussit à apprendre, sans professeur, le piano, le violon et la composition, bî bien que Mendelssohn lui-même le recommanda à un éditeur important.Malgré les difficultés Bans nombre, Raff poursuivit ses études et bientôt il suscitait l'attention de Llsxt.Ses opéras et sa musique Instrumentale — aujourd'hui bien oubliés — furent très joués en son temps en Allemagne.f f * Sorel aura sa chorale mixte Comme la plupart des autres villes de son Importance, Sorel so devait d'avoir une chorale mixte.Invitation faite aux meilleurs chanteurs sorelois, cent cinquante personnes offrirent leurs services.La chorale donnera son premier concert le 24 juin.On y entendra surtout des chansons de notre folklore, harmonisées par le directeur-fondateur de la chorale, l'abbé Maurice Tougas.Avant sa nomination comme vicaire à Saint-Pierre de Sorel, l'abbé TougaB était professeur de chant au collège de Saint-Hyacinthe et aumônier de la société artistique "Les Variétés Canadiennes".Lui-même chanteur remarquable, il est diplômé de la Schola Cantorum."Le Passe-Temps" souhaite bon succès à la chorale mixte de Sorel.» « f Un incident remarquable Lors du récital de notre grand ténor Jobin, à l'Université de Montréal le 17 avril, il se produisit un incident digne de mention.Raoul Jobin chanta la délicieuse chanson lyrique "Ceux qui s'aimont sont toujours malheureux”, harmonisée par Mme Albertine Caron-Legris.On se rappelle que "Le Passe-Temps" a publié en primeur cette harmonisation dans son numéro de mars dernier.La foule applaudit vivement et le chanteur et l'oeuvre.Aussitôt, lobin B’avança au bord de la scène et déclara : "C'est avec plaisir que j'ai Interprété cette oeuvre canadienne et je demande à l'assistance de saluer l'auteur qui est ici dans la salle", Mme Caron-Legris dut se lever et elle reçut une véritable ovation.— Rappelons que Raoul Jobin a été reçu triomphalement à l'Opéra-Comique de Paris, il y a quelques semaines, et qu'il lut rappelé 12 fols I II reviendra d'outre-mer le 15 juin et il Ira chanter ensuite à l'Opéra de Mexico.Puis 11 passera la fin de l'été à File d'Orléans.* f » Au Pageant de Joliette Nous parlons dans une autre page du grand Pageant qui aura lieu les 3.5 et 7 juin au Séminaire de Joliette pour célébrer le centenaire de l'arrivée des Clercs de Saint-Vlateur au Canada.L'Orchestre Symphonique de ce collège y tiendra un rôle Important.Fondé en 1943, cet ensemble a déjà fait entondre de grandes oeuvres.Qu'on en juge.BEETHOVEN : 1ère et 5e Symphonies .ouverture d'Egmont.Concerto pour violon (soliste, Père Roland Brunelle, c.s.v.), 1er Concerto pour piano (soliste, Jacque lyne Lépine.de Joliette).BACH : Et exultarit du Magnificat.Fugue en do majeur (orchestration de Me Robert Tellier.de Joliette).le choral "Evelllex-vous.nous dit la voix".HAYDN : Menuet de la Slmphonle No 88.MOZART : Magnificat.Concerto pour clarinette (soliste, Dr Paul Dionne, de Joliette), l'air de Figaro (soliste, honorable Lucien Dugas, de Joliette).SCHUBERT : ouverture Roeamunde.ROSSINI : ouverture Sémlramide.MENDELSSOHN : Symphonie Italien ne.Concerto pour violon (soliste.Père Brunelle).Concerto en sol mineur pour piano (soliste, Georges Lindsay).LISZT : Fantaisie Hongrois* (soliste.Paul Doyon).GRIEG : Concerto pour piano (soliste.Georges Lindsay).TSCHAIKOWSKY : 5 pièces de Casse-Noisettes OFFENBACH : ouverture d’Orphée aux Enfers.PIERNE : Entrée des Petits Faunes.DEBUSSY : Clair de Lune (orchestré par Me Tellier).SMETANA : Polka et danse des comédiens, de La Fiancée vendue.VIVALDI: Concerto pour violon (soliste.Edmond Bellemare), etc.Mlle RE/ANE CARDINAL, mexxo-soprano de Montréal, qui a remporté récemment la Bourse Sarah Fischer.Depuis quatre ans.elle est élève de M.Roger FiliatrauJf, à l'Ecole Supérieure de Musique d'Outremont.En décembre dernier, elle prenait part au concours "Singfng Stars ol Tomonow".Elle a en outre chanté à quelques programmes de fladio-Canada et au programme Willis à CKAC.Mlle Cardinal se destine au concert car ses préférences vont à f interprétation des mélodies et des lleder.¦ Le jeudi 29 mal, à 4 h.30, aura lieu & l'Ecole Supérieure de Musique d'Outremont.le concert final de maîtrise de Mlle Madeleine Raymond, planiste.Mlle Raymond a Inscrit à son programme les oeuvres suivantes : "Prélude et Fugue en La mineur" de Bach-Lisxt ; "Sonate No 7 en Ré majeur" de Joseph Haydn ; "Prélude" (dit "de la goutte d'eau") de Chopin ; "Etude en Mi bémol mineur" do Chopin ; la "Grande Valse" de Chopin : "Etude en Do dièse mineur" de Scriablne ; "Les jardins sous la pluie" de Debussy.Elle terminera par une de ses propres oeuvres : "Thème et Variations".L'entrée est libre à ce concert.On se rappelle que, à la radio et en concert, Mlle Madeleine Raymond a démontré un don extraordinaire pour l'Improvisation, qui a suscité l'admiration de tous les musiciens.PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS UiAîdtk ior\5 Nos compositeurs applaudis à l'étranger.Et chez nous ?"Le Pause-Temps" a révélé dernièrement les succès remportés à New-York.Chicago.Toronto, etc., par la pianiste montréalaise Rose Goldblatt interprétant des oeuvres d'Hector Gratton et de Mme Caron-Legris.Nous apprenons que d'autres compositions d'Hector Gratton auront l'honneur des salles do concerts européennes.L'éminent planiste Helmuth Blume.qui vient de s'embarquer pour outre-mer.a tenu à emporter avec lui.pour les iaire connaître dans sa tournée en Europe, deux mouvements — Complainte et Chanson — d'une sonate d'Hector Gratton.En outre.Helmuth Blume présentera à la radio de plusieurs pays européens toute» les chansons de lolklore harmonisées par M.Allred Laliberté et qui ont été publiées dans "Le Passe-Temps".De plus en plus, nos compositeurs se lont connaître à l’étranger, mais qu'attendent nos organisateurs do concerts pour leur donner une place honorable ?# # » Des félicitations.à losé Forgues.de Montréal.Louise Roy, de Saint-Bonilace.et Simone Rainville.de Québec, gagnantes du grand concours "Singing stars o! to-morrow - au Jeune pianiste Jean LeTourneux, vainqueur du Grand Prix du Rotary.à Québec : à Pierre Boutet.ténor, qui a remporté lo 1er prix de la section du chant dans ce même concours ; au jeune violoniste Raymond Dessaint, premier prix dans la section du violon - à Clermont Pépin, élève du Conservatoire de Toronto, qui pour la deuxième année consécutive vient de remporter le premier prix de composition offert par la Société canadienne des Compositeurs - à notre collaborateur M- Gilles Potvin.qui vient d'être nommé correspondant montréalais de la revue "Musical America" - à la troupe des Compagnons et à leur directeur le R.P.Emile Legault.qui ont remporté brillamment le trophée Bessborough dans un concours ouvert à tout le Canada et qui eut lieu à London, en Ontario.Mlle DOHOTHY WELDON.harpiste, élève du maître Marcel Grandjany, au Conservatoire de Musique de Ja Province de Québec.Née à Montréal le 27 juillet 1929.Mlle Weldon commença l'élude du piano dés l'âge de cinq ans et deux années plus tard elle se classait deuxième dans un concours d'enlant organisé par Paul Baby.Elle révéla très Jeune son goût pour la harpe, lorsqu'elle fabriqua elle-même un instrument à l'aide de planches.Il y a 4 ans, Dorothy Weldon s'inscrivait au cours du mailre Grandjany, et le Directeur du Conservatoire, M.Wilfrid Pelletier, séduit par ses dons remarquables, lui prédit un brillant avenir.Ce mois-ci, Dorothy Weldon a remporté le premier prix dans la section des cor des.au Concours Sarah Fischer.¦ Du 15 au 22 juin.l'Union Musicale de Shawinigan.dirigée par le professeur Philippe Filion.fera une tournée de concerts en Nouvelle-Angleterre, avec le concours du chanteur montréalais Albert Viau.Celui-ci interprétera quelques-unes des chansons les plus amusantes de noire lolklore : "Lord lonas" (parodie de "Jonas dans la baleine")."Simone", "La bonhomme s'escouait".etc.On ne peut passer sous silenco le beau concert qu‘a donné, les 28 et 29 avril.l'Union Musicale do Shawinigan.L'artiste invité était le populaire ténor Léopold Slmoneau.Notes pointées Le jeune planiste montréalais Richard Perrier est parti ce mois-ci poursuivre ses études musicales à Paris.• Au cours do l’été, Gilles Breton, pianiste.Ira participer à une série de concerts donnés par de jeunes artistes à San Francisco, sous la direction de Robert Schmltx.C’est la première lois qu’un musicien canadien-françals est invité à prendre part à ces grandes manifestations artistiques.# Le mardi soir 3 juin, à l’auditorium du Plateau, aura lieu le concours annuel de la chanson, organisé par la section CômeCherrier do la Société Saint-Jean-Baptiste.• "La Nouvelle Abeille", journal des élèves du Séminalro de Québec, rappelle que la lanlare de cecollège est la plus vieille du genre on Amérique : elle date de 1833.• "Le Passe-Temps" est lo premier journal à annoncer que le célèbre Quatuor Pascal, de Paris, reviendra à Montréal à l'automne.Notre concours mensuel CHAQUE MOIS, deux abonnements gratuits à la revue musicale "Le Passe-Temps" sont tirés au sort parmi les bonnes réponses à trois questions.Les concurrents trouvent les réponses en lisant les articles et les chroniques du numéro courant.Tous les lecteurs du "Passe-Temps", abonnés ou non.ont droit de participer ou concours : los gagnants déjà abonnés recevront un prolongement d'un an à leur abonnement.Le nom des gagnants paraîtra dans le prochain numéro.1.Qui a composé un drame lyrique en l'honneur du patron des Canadiens français ?— 2.Quelle fanfare canadienne compte dans ses rangs des instrumentistes féminins ?— 3.Où habite maintenant losé Forgues.gagnante du concours "Singing stars ol to-morrow" ?Dites en quelques mots quels genres d'articles et de musique vous plaisent le plus dans "Le Passe-Temps".Adresses commo suit : Concours mensuel du "Passe-Temps".627 ouest, ruo Dorchester.Montréal 2.LES GAGNANTS DU CONCOURS D'AVRIL: M.Lucien Le lièvre.Séminaire do Gaspé, Gaspé.— M.J.-R.-A.Rocheleau.5456 rue Jeanne d'Arc.Montréal.MONTREAL.MAI 1947 PAGE TROIS JOSÉ FORGUES Chantera à Montréal son premier rôle d'opéra par MARIE-EVE Correspondante du "Passe Temps" à New-York — Pour quelques années, en toui cas.Mais le pense surtout au concert.Au lied : Schu-mann, Schubert et Brahms.— Avez vous des projet» définis à ce sujet ?— Le concert 7 .Oh l oui.Des las de projets.du récital, à l'automne.Mais rien encore de délinitil.Il est évident que José n'en dira pas davantage sur ce sujet.ALORS nous parlons d'autre chose, de littérature.— le viens de terminer la lecture de "Tvro Solitudes" et le lis en ce moment les "Souvenirs et notes de travail d'un acteur" de Charles Dullin.Et un coup d'oeil jeté sur les rayons nous révèle les goûts de losé.Un siècle d'opéra russe de B.Hofmann, Portraits de musiciens de Adolphe Boschot.le Berlioz de Pourtalès.— le lis aussi un roman de temps à autre.Ceci, c'est une nouvelle acquisition.Et elle nous tend Agnès de rien de Germaine Beaumont.— El la radio?C'est aussi un de vos passe-temps, je suppose ?— /'écoute quand c'est à mon goût.Mozart et Debussy, on ne m'en servira jamais trop.— Et vos soprani préférés ?— Lotte Lehman et Bidu Sayaô.le rêve de chanter un Jour deux des grands rôles de madame Sayaô.Manon.et Suzanne, des "Noces de Figaro".— C'est un beau rêve, José.Mais dites-moi.entre vos rêves, vos études, vos répétitions.vos lectures, et le sommeil, il ne doit pas vous rester beaucoup de temps ?— Tout juste ving minutes pour ma gymnastique matinale et une heure par-ci par-là pour ma nombreuse correspondance.— Vous n'êtes jamais un peu fatiguée ?— Ça m'arrive.Mais je connais un remède infaillible.— Vous m'intéressez énormément.Peut-on vous demander la prescription ?Marie-José sourit — Trouvez quatre ou cinq bons coussins.Installez-vous bien à l'aise, et écoutez Maggie Teyte chanter "Psyché".ET VOILA notre José.Elle vit de musique.Quand elle ne chante pas elle-même, elle écoute chanter.A-t-elle une minute de liberté, elle lit la vie des grands musiciens.Ses heures de loisir, elle les passe au concert ou dans sa chambre à écouter des disques ou la radio.En deux mots, elle fait une vie de musique.Et c'est la vraie recette, la seule.Marle-José Forgues ira loin, parce qu'elle travaille sans relâche, avec ambition, avec courage et amour de son art.Elle est.pour les jeunes musiciens, un modèle vers lequel ils peuvent tourner les yeux.Bonne chance, José! MARIE-EVE.¦VTOUS AVONS EU LE PLAISIR d'inter-J.N viewer Marie-José Forgues chez elle, dans le coquet appartement qu’elle partage ovec sa soeur Suzette.dans l'East Side de Manhattan.Nous avons d'abord joint nos lélicitations aux milliers d’autres que notre jeune compatriote a déjà reçues à l'occasion du prix Singing Stars, et pendant quelques instants Marle-José a parlé avec enthousiasme de sa magniiique aventure.— Ce lut vraiment impressionnant de chanter dans ce vaste hall, devant un auditoire de 3JOOO personnes.Et les réceptions, et tout le tralala, l'avoue que l'en suis revenue un peu latiguée.Mais notre José n'est pas de celles qui s'abandonnent facilement aux longs repos.Dès son retour à New-York, elle s'est remise au travail, et nous lui demandons quel répertoire elle étudie en ce moment.*— Carmen et La Bohème, répond-elle sur un ton qui dit assez bien le plaisir qu'elle ^uve à étudier les rôles de Micaela et de I.—* Devons-nous conclure que vous ferez vos débuts à l'opéra dans l'un ou l'autre de ces deux rôles ?ON SAIT que Marie-José est engagée par le New York City Center pour la saison d'opéra de l'automne prochain et que depuis l'hiver dernier, elle travaille sous la direction personnelle de Laslo Halasz.le directeur du New York City Center ; et c'est avec impatience qu'on attend les débuts officiels de la jeune artiste.Elle a souri à notre question, et elle répond sur un ton indéfinissable : le ne lerai pas de débuts à New-York.il y a un silence.Nous avons soudain très peur.Notre José aurait-elle renoncé à sa carrière si prometteuse ?.Certains journalistes ont beaucoup trop d’imagination.J‘en suis.Je vois déjà (je ne sais si c'est d’avoir remarqué sur un fauteuil, dans le coin de la pièce, la biographie de sainte Thérèse d’Avila, de Pierre Lafue), nous voyons déjà notre adorable petite José sous un voile de nonne.Le coeur nous fait mal.-Ce serait vraiment trop dommage de cacher ces jolies boucles blondes ; trop dommage vraiment de faire taire cette voix magnifique.Un éclat do rire nouB ramène d'un parloir sévère de couvent au charmant salon des soeurs Forgues.— Ma loi, vous avez pâli.Marle-Eve.Laissez-moi vous expliquer, le ne ferai pas mes débuts à New-York pour la simple raison que fe chanterai mon premier rôle d'opéra en tournée.Et dès l'été.Au mois d'août, pour être exacte.— Je respire.Pour un moment, vous m'avez fait peur.Mais dites-nous, où chanterez-vous cet été?José sourit du coin des lèvres comme quelqu'un qui vous joue un bon tour.— A Montréal I ET VOILA notre espiègle José.Elle adore taquiner.Et cette fois, elle nous a eus, vous et moi.Mais quelle magnifique sur prise I — Vite, José, plus de détails.Elle sourit, très heureuse.C'est que, pour elle aussi, ce fut une bonne nouvelle.— Eh bien, voilà! Monsieur Hasiasz a lait des arrangements pour présenter un mois d'opéra à Montréal au Stade Molson.La troupe présentera "Faust", "Travlata"."Aida" et "Carmen".Et c'est dans ce dernier opéra que j'aurai le grand plaisir de chanfer Micaela.Ce sera un double plafsir.croyez-moi, de laite mes débuts chez-nous, pour le public canadien.Et nous pouvons bien dire que ce sera une immense joie pour le public de Montréal d'aller applaudir José.Le simple nom de José Forgues met des étincelles au coeur des Canadiens français.Elle est comme une sorte d'idole, de joyau national.C'est qu'elle les charme depuis l'âge de trois ans.A la radio comme à la scène, elle les fait tour à tour rire et pleurer : elle fut l'idole des enfants de son âge, la joie des plus grands.Puis, on l'a vue grandir, (pas "à vue d'oeil" cependant ; José elle-même dit assez fréquemment : "moi, la puce") ; on l'a vue devenir jeune fille.Toujours le même charme, le même sourire frais, le même talent, PUIS un jour, José se révèle chanteuse, Elle a étudié en silence, et c'est une agréable surprise pour les radlophiles d'entendre cette voix de soprano, (qui jusque-là leur avait récité des vers ou joué la comédie), leur chanter soudain des airs difficiles.Hier, elle remporte le Prix à Toronto ; demain, elle chantera Micaela à Montréal.C'est sans doute uno grande carrière qui commence.Et nous lui demandons : — Vous avez donc décidé de vous consacrer à l'opéra ?José hésite.PAGE QUATRE LE PASSE-TEMPS Chez nos jeunes musiciens à Paris par Henri ERICHSON Correspondant du "Passe-Temps" à Paris T A MAISON CANADIENNE de la Cité Universitaire, à Paris, est séparée du parc Monsouris par la largeur du boulevard Jourdan.Elle voisine avec d'autres pavillons : la maison des Etats-Unis et 10 malson Néerlandaise, celles du Danemark, de la Suède, de l'Espagne et autres londations encore.La Cité est admirable en chacune de ses pièces, de ses morceaux harmonieusement groupés autour d'un espace libre, aéré.Jardin, pelouse, pergolas, arbres et (leurs, en iont un pimpant domaine de France, Actuellement la Maison canadienne de la Cité Universitaire abrite de Jeunes musiciens canadiens-lrançais et anglais ; certains sont boursiers de la province de Québec ou du gouvernement français.Dans l'immenso salle de réunions où se pressait une jeunesse d'élite et y tenait commerce d'esprit, j'ai pris contact avec quelques artistes venus se perfectionner dans la capitale.Il y avait là — j'ai noté leurs noms au hasard du stylo — Gilbert Gagnon de Québec, le montréalais André Mathieu, de charmantes Canadiennes anglaises.Mlles Morine Stuart de Win-nipeg.Thelma Joannes, de Saskatoon.puis Marcel Turgeon.de Québec, Lucien Ruelland.de Chicoutimi, les frères Pienn et Raphaël Masella, de Montréal, Maurice Perrault, également de Montréal, Guy Bourassa, de Québec.Parmi ces jeunes musiciens, le pianiste-compositeur André Mathieu — dont "Le Passe-Temps" a publié une oeuvre dans son numéro de février — et Mlles Morine Stuart et Thelma Joannes.qui suivent les cours de perfectionnement de piano à l'Ecole normale de Paris, sont les hôtes du gouvernement français en qualité de boursier et boursières.J'ai pensé que leurs impressions sur leur séjour valaient d'être connues.En bien ! elles sont favorables./“TEST ce que me déclare tout de go en premier lieu le jeune ténor Gilbert Gagnon.Il est à Paris depuis fin-janvier et pense y lester deux à trois ans.Il travaille d'arrache-pied le chant avec Razavet de l'Opéra-Comique, après avoir reçu l'enseignement d'Emile Larochelle, professeur de chant à Québec, et do Anna Malenfant qui.tous deux, ont été formés à Paris ; d'autre part, il suit avec assiduité les cours de phonétique et de littérature à la Sorbonno.Notre futur "Lohengrin”, on souriant, m'a encore confié que ses compositeurs favoris étaient Fauré, Duparc.Debussy, Ravel.Le ténor Georges Thill représente pour lui.et avec raison, le chanteur idéal I André Mathieu fait.ici.un peu figure de "maître de céans".11 a repris contact avec la capitale depuis quelques mois déjà.Il y a des souvenirs brillants, car son récital, donné à la salle Pleyol.à l'âge do six ans, en 1936, fut pour le public parisien une révélation.Aussi Paris n'a pas oublié celui que le critique Vuillermoz devait appeler "le jeune Mozart du Canada" ! Présentement il suit des cours de perfectionnement pour la composition chez le maître Honnegger et pour le piano il travaille avec le professeur Julec Gentil de l'Ecole normale de musique.Ses préférences quant aux grands interprètes actuels vont aux chefs d'orchestre de renom, les Charles Miinch et Paul Paray.Pour l'instant, il a plusieurs oeuvre^ de musique de chambre en chantier.Je le questionne sur la conception de son art.— 7e crois, me déclare André Mathieu, que chaque étape de l'évolution des moyens d'expression musicale connaît deux phases distinctes : une première nettement formelle que l'on appelle "clas- sicisme".une seconde que l'on peut désigner sous le nom de "romantisme".Il me semble que l'étape actuelle à laquelle on a donné le nom "d'impressionisme" a déjà connu sa première phase classique, celle où domine le pur plaisir de la découverte de nouveaux moyens d'expression avec le désir, presque le besoin.d'en explorer toutes les richesses "formelles''.¦QRENANT un temps — comme on dit au théâtre — pour écraser de l'onqle le foyer agonisant d’une cigarette blonde au creux d'un cendrier, le jeune artiste do poursuivre : — J'aime beaucoup le moderne.Beethoven et Rachmaninott, Mais même en dehors de ces préférences, je crois que le moment est arrivé d'aborder la deuxième phase de limpressionisme moderne : la phase romantique.La révolution qui s'est faite depuis près d'un siècle dans nos moyens d'expression a ouvert un vaste champ neui au romantisme.Sans doute ce romantisme sera différent de l'ancien.Mais il aura cette qualité sans laquelle une musique, en cultivant le formalisme au delà d’une certaine période d'exalta-t;on, s'académise.Mais le temps passe ! Il faut dire aurevoir à Gagnon.à Mathieu, à cet autre ténor d’avenir Marcel Turgeon, au violoniste montréalais Gilles Lefèbvre, aux hautboïste et clarinettiste les frères Masella, à l’étudiant en composition, harmonie et contrepoint Maurice Perrault.Et bonne chance à tous ces jeunes, si pleins d’enthousiasme, de fou, de sensibilité et de talent ! Laissons-les à leurs chères études et à leurs travaux dans ce cadre ravissant qu’est la Maison canadienne de la Cité Universitaire à Paris.Henri ERICHSON.Michel Lacoste IPaul Dupuis) met la dernière main à sa plus récente composition le "'Concerto de Québec".C'est une scène extraite du premier film de Québec-Producfions "La Forteresse" qui met en vedette une pléiade d'artistes canadiens parmi lesquels on remarque Nicole Germain.Jacques Auqer, Paul Du puis.Henri Letondal.etc.Le "Concerto de Québec" est en réalité le concerto No 3 pour piano et orchestre de notre jeune compositeur Andro Mathieu.Ce film obtient actuellement un très grand succès dans foute la province et il sera bientôt montré à l’étranger.Rappelons que "Le Passe-Temps" a publié en primeur, dans son numéro de lévrier 1947 un poème de Verlaine mis en musique par André Mathieu.MONTREAL.MAI 1947 PAGE CINQ LA JEUNE MUSIQUE CANADIENNE ALEXANDER BROTT COMPOSITEUR par Gilles POTV1N TTOICI un jeune Canadien qui en * quelques années seulement s’est classé parmi les premiers de nos compositeurs.C'est probablement celui qui a exploité avec le plus de bonheur les grandes formes musicales, tel le poème symphonique.Alexander Brott m'avoue être très attaché à son pays et, dans toutes ses compositions, il veut en exprimer l'âme.— J'ai commencé très jeune l'étude de la musique.Plus tard, je poursuivis mes études de violon et de composition au Conservatoire de l'Université McGill.Pendant cinq années consécutives, j’ai étudié au Juilliard School ol Music de New-York.Mes professeurs furent Howard Brockway et Bernard Wage-naar.— Je crois savoir que vous avez été titulaire de plusieurs bourses ?— Oui, en effet.La principale fut "Elizabeth Sprague Coolidge Foundation" pour la composition.— Vos compositions m’intéressent beaucoup.Vous m’obligeriez beaucoup, pour nos lecteurs, si vous vouliez en parler un peu.Vous avez écrit plusieurs poèmes symphoniques ?— Le premier que j’ai écrit s’intitule "Oracle".l'en ai dirigé moi-même la première avec le Montréal Orchestra en 1939.H fut repris en 1942 par Sir Thomas Beecham et l'Orchestre des Festivals.Sir Thomas le fit également exécuter à Seattle.Sir Ernest McMillan et l'OTchestre de Toronto le jouèrent aussi en 1942.— Puis ce fut "War and Peace" et "Concordia", n'est-ce pas?— "War and Peace", comme son titre l'indique, est une oeuvre inspirée par la dernière! guerre.Ce poème symphonique a été joué à Montréal, Toronto et Londres.On doit le jouer bientôt à Paris.Il m'a valu un prix de la "Canadian Authors and Publishers Association"."Concordia" veut exprimer la paix et l'entente entre les nations.Ce poème symphonique fut exécuté PAGE SIX pour la première fois au Festival International de Musique tenu à Prague l'été dernier.Le chef d’orchestre était Jean Beaudet.— Dans le domaine de la musique de chambre vous avez un quatuor à sept cordes dont on a beaucoup entendu parler?— Mon quatuor a été joué à plusieurs reprises en concert et à la radio.Il fut joué à Rio de Janeiro l'été dernier.Puisque nous sommes dans le domaine de la musique de chambre je puis vous parler de ma Suite pour piano qui fut jouée à New-York par Rose Goldblatt.Le pianiste tchèque Rudolf Firkusny doit bientôt l'ajouter à son répertoire.Alexander Brott me parle ensuite d’une de ses plus récentes compositions, un cycle de quatre chansons pour baryton et quintette à cordes qui porte le titre de "Songs of Contemplation" sur d'anciens poèmes anglais.Comme il me dit qu’il possède ces mélodies enregistrées sur disques, je n'hésite pas à lui demander de me les jouer.Le tourne-disque se met en mouvement, et je puis me rendre compte de la personnalité aussi bien que de l'originalité et la solide facture de ces chansons.Alexander Brott est très modeste, et à force d'insister je parviens à lui faire dire qu'une autre de ses compositions "Fancy and Folly" pour orchestre sera jouée cette saison-ci à Saint-Louis (Miss.) sous la direction de Wladimir Golschmann.Il me dit aussi qu’il a sur le métier un poème symphonique d'inspiration purement canadienne.Cependant, moi, je sais qu'il compose régulièrement de la musique de scène pour Radio-Canada.Je me souviens d'avoir entendu "Passaca-glia" pour orchestre, joué sous sa direction à Radio-Canada.Je sais également qu'il a écrit "Berceuse et procession des jouets" pour quatuor a cordes.Je sais qu'il est violon-8olo des Concerts Symphoniques et premier violon du quatuor McGill.C'est un chef d’orchestre remarquable et Montréal lui doit la première «r audition intégrale des Concertos Brandebourgeois de Bach et cette année les douze Concertos de Handel ainsi que les suites d’orchestre de J.-S.Bach.Il donne aussi des conférences sur la musique et trouve le temps, malgré tout, d’enseigner au Conservatoire McGill.Alexander Brott est définitivement classé parmi nos meilleurs compositeurs.Sa musique est sérieuse et d’inspiration vraiment noble.Je sortis de chez lui plus convaincu que jamais, heureux de l’avoir rencontré ainsi que sa; charmante épouse Madame Lotta Brott, violoncelliste du quatuor McGill et des Concerts Symphoniques.Gilles POTVIN.LE PASSE-TEMPS L'OEUVRE GRANDIOSE DE GUILLAUME COUTURE "JEAN LE PRÉCURSEUR" AU COURS de l'année 1914 parut Jean le Précurseur, l'important drame lyrique de Guillaume Couture.C'est à Mgr Bruchési, aumônier de la Société Saint-Jean-Baptiste.que nous devons principalement la création de cette oeuvre.Il comptait sur son maître de chapelle pour réaliser un projet musical dont l’éclat rejaillirait sur cette institution nationale.En 1910, l'archevêque de Montréal priait l'abbé Lebel, frère du ténor estimé de la Cathédrale, de colliger dans les Evangiles les faits saillants de la vie de saint Jean-Baptiste qui serviraient de livret.Ce travail terminé, il restait à le présenter sous une forme poétique.Après bien des hésitations, Albert Lozeau — dont les occupations personnelles étaient un empêchement majeur — se rendit aux instances de Monseigneur et accomplit cette tâche de dévouement, sans rémunération.A l'automne de 1911, le manuscrit fut remis à Couture qui, de son côté, ne disposait pas de beaucoup de temps.C'est pendant l’hiver suivant ue fut composée la première partie e Jean : La, Nativité.Songeant à écrire en vue d'exécutions pas trop difficiles pour les chorales de la province, l'auteur s'en tint à une simplicité moyenne.On s'expliquera par la suite les modifications apportées à cette première intention.LA DEUXIEME PARTIE — La Prédication — fut développée pendant l'été de 1912.Se rendant compte de la quasi-impossibilité d'avancer le travail rapidement, Mgr Bruchési lui avait donné congé à la Cathédrale, pour lui permettre de le continuer à la campagne.La facture générale fut plus élaborée.L'hiver suivant eut lieu, au studio de la rue de l'Université, une audition de l'oeuvre terminée, à laquelle avaient été invités Mgr Bruchési et quelques amis.C'est alors que des intimes de l'auteur, le violoniste De-Sève en tête, le conjurèrent de donner libre cours à son inspiration, sans se soucier d’en compliquer l’exécution.La troisième partie — Le Martyre — réflète ainsi sa nature musi-cale au naturel.• * Un nouveau congé, pendant l'été de 1913, permit la conclusion du drame.MONTREAL, MAI 1947 Par C.-O.LAMONTAGNE Une belle tradition à établir: une représentation annuelle de "JEAN LE PRECURSEUR", sous les auspices des Sociétés Saint-Jean-Baptiste ! Couture avait noté minutieusement sur la partition manuscrite les indications relatives à l’orchestration de Jean.Dresser cette partition, copier les parties d'orchestre, en surveiller les corrections, auraient pris un temps infini et chacun avait hâle de voir exécuter le drame à l'automne de 1914.Par l'entremise de Dubois, son ancien professeur, Paul Puget, un musicien de carrière, se chargea de ce grand travail.L'importante question de la gravure avait été étudiée d'autre part.En correspondance avec la maison Joubert, de Paris, il avait été convenu d'un prix de 7.750 francs (environ $1,500 de l'époque) pour 200 partitions, chant et piano, ainsi que des copies vocales séparées pour les choeurs.Trois Montréalais eurent la générosité de souscrire chacun $500 pour couvrir les frais d'impression.** J'envoyai le manuscrit aux éditeurs.Après bien des démarches et des retards imprévus, la caisse contenant tout le matériel arriva ici vers la fin du mois d’août, au moment du déchaînement de la grande guerre.POUR présenter Jean Je Précurseur dans des conditions imposantes, les dépenses prévues s'élevaient à près de $7,000.La Société Saint-Jean-Baptiste accordait une garantie de $5,000.Elle avait nomme l’abbé Brosseau, Olivar Asselin et J.-P.-L.Bérubé comme membres du comité d'organisation, avec les délégués M.Langlois.E.LeBel, W.-A.Way-land qui représentaient l'auteur.Ce dernier m'avait chargé de la partie ** f.N.Dupuis, président de Dupuis Frères, Alexandre Michaud, maire de Mnijonneuvo, et Mendoza Langlois, courtier en immeubles.administrative.Couture, trop malade, ne se sentait pas la force d'entreprendre les répétitions.Je lui avais mentionné H.Delcellier (ex-chef des choeurs de la Montréal Opéra) qui avait accepté la direction générale.Tous les plans furent déjoues par la guerre.Le compositeur mourut le 15 janvier 1915.Les nouveaux directeurs de la Société se désintéressèrent de toute l'affaire et les années s'écoulèrent.Enfin en 1923, l’Association des Chanteurs de Montréal, dirigée par Jean Goulet, se fit le champion de Jean le Précurseur, assumant les gros risques en perspectives.Les répétitions de l’orchestre étaient coûteuses.Pour en assurer des supplémentaires, j'obtins $500 de l'hon.L.-A.David, au nom du Gouvernement provincial ; la Société Saint Jean-Baptiste et l’avocat Lafleur contribuèrent chacun $100, le sénateur Béique et le colonel Meighen $50.CONTRAIREMENT à la page-titre de la partition, c’est la Société des Chanteurs qui eut l'honneur de créer Jean le Précurseur, le 6 février 1923, au théâtre Saint-Denis, qui fut la scène des deux auditions subséquentes.La distribution avait été répartie comme suit : L'Historien, H.Prieur ; Marie, Mme Morin-La-brecque ; Salomé, Germaine Le Bel ; L'Ange, Fabiola Poirier ; Hérodiade, Mme Brault- Desautels; Elizabeth, Berthe Cabana ; Le Précurseur.Léon Rothier, du Metropolitan ; Zacharie, A.Gauthier ; Antipas, G.Lefebvre ; les Pharisiens, P.Valade, F.Norman-din, J.-M.Magnan.A.Gauthier.Le 5 avril, pour la deuxième, trois changements : Marie, Fabiola Poirier ; L'Ange, Marie-A.Asselin ; Le Précurseur, Dr L.Verschelden.La troisième, 29 avril 1924, nouvelle répartition partielle : Marie, Alice Raymond ; Hérodiade, Fabiola Poirier ; Elizabeth, Mme Décarie-Dubuc ; Antipas, Gauthier ; Zacharie, Lefebvre.La quatrième de Jean le Précurseur eut lieu au Stade, sous les auspices de la Scrint-Jean-Baptiste, le 23 juin 1928, avec de nouvelles modifications : Marie.Sylvia Kelsey ; Salomé, Marie-R.Descarries ; L'Ange et Elizabeth, Berthe Cabana.C.-O.LAMONTAGNE.PAGE SEPT Pot - Pourri Un jeune compositeur est présenté à Berlioz, alors en pleine gloire, et obtient de lui faire entendre quel-cjues-unes de ses oeuvres.Berlioz écouté sans mot dire et, à la lin, s'exprime ainsi : "Je vais vous dire franchement ce que je pense : ce que vous avez écrit ne témoigne d'aucune qualité, ne laisse aucun espoir et je vous engage vivement à choisir une autre carrière." Le jeune homme, bien découragé, prend congé du maître, s'éloigne; Berlioz le rappelle : "je maintiens ce que j'ai dit quant à votre musique, mais je dois vous dire que, quand j'avais votre âge, on m'avait dit exactement la même chose." # # * Chose curieuse, c'est avec deux airs américains — et même deux "negro spirituals" ! que Madeleine Martinetti a gagné le Grand Prix du Disque 1947.à Paris.Mis à part le talent de l'intreprète, qui, paraît-il, est très grand, cela démontrerait '.'emprise croissante de la musique du Nouveau Monde sur la vieille Europe.Incidemment, tous ceux qui ont entendu Madeleine Martinetti s'àccordent à dire qu'elle interprète les "negro spirituals" mieux que Marian Anderson elle-même.# # * Connaissez-vous le "rebop" ?Essayons de vous l'expliquer, en citant un journal européen : "A ses débuts, le jazz consistait à jouer dans un style sobre et pur, et à improviser, seul ou en jam-session.Par la suite, Fletcher Henderson et d'autres leaders écrivirent des arrangements pour de plus grandes formations.Ce fut une innovation.Et voici que brusquement nous arrive d'Amérique une manière nouvelle d'improviser.Une chose incroyable : la trompette se joue avec la technique d'une cia rinette ; le saxophone bouleverse les possibilités de la virtuosité ; les rythmes ne sont plus immuables." C'est ça le "re-bop" I tt l » Waller Damrosch vient d'abandonner son poste de conseiller musical de la National Broadcasting Company, de New-York.II est âgé de 85 ans.De 1885 à 1926, Damrosch a été directeur du New York Symphony Orchestra.Dès 1891, Walter Damrosch a donné des concerts éducatifs pour la jeunesse.Il est une des plus belles figures du monde musical en Amérique du Nord.Le violoniste virtuose Fritz Kreisler, de renommée mondiale, vient de se convertir au catholicisme.Rappelons que Fritz Kreisler est né à Vienne en 1875 et qu'il a été l'élève de Massart et de Delibes, à Paris.Pendant des années, il joua en concert des oeuvres au'il attribuait à des composi leurs inconnus; puis, en 1935, il révéla que c'était ses propres oeuvres, et il le prouva.POINTE SECHE et CRAYON GRAS En 1885.Ernest La vigne, avec son corps de musique connu sous le nom de Bande de la Ci lé", donnait des concerts en plein air au Carré Viger.Assez singulier ce vocable de "bande" pour une "harmonie" surtout au moment où des groupes de rustauds, de fiers-à-bras, connus sous les élégants noms de "bande des pieds-noirs", du "cheval-blanc11 et des "nombrilsjaunes" qui avaient respecfi-vement leur quartier dans le /aubourg Québec, le "Mile-End", et le "Gritlin Towa" à la Pointe Saint-Charles.Leur principal but était de provoquer des bagarres, de servir aux élections, où les coups de poing, les garcettes étaient en /eu.de s'immiscer dans les mani-lestations qui n'étaient pas purement calho-liques.etc., etc., mais passons.Ernest Lavigne et sa "Bande de ta Cité" quittèrent en 1889 le Carré Viger pour le Parc Sohmer pour y donner leurs concerts.De ce fait, la musique amateur devenait professionnelle.Plusieurs durent pour cela quitter le groupe et furent remplacés par des musiciens importés surtout de Belgique.Un certain cornettlste du premier groupe était resté avec Monsieur Lavigne.L'Harmonie placée sur la scène du Parc Sohmer donnait d'abord quelques pièces de concert puis suivaient quelques numéros de vaudeville à sensation.Tout Montréal prit vite l'habitude de ce nouveau lieu d'amusemenf et des foules se succédaient à chaque représentation de l'après-midi et du soir durant les quatorze semaines estivales et deux fois le dimanche pour les autres saisons.Or ce cornettlste possédait un instrument de cuivre, et.négligent de nalure.ne le polissait jamais.Monsieur Lavigne un beau /our lui dit : "Monsieur un tel., pourquoi ne nettoyez-vous Jamais votre Instrument, vous êtes là placé à ma droiie.très en vue.et ça parait mal pour le public ?" Le corneffisfe ne dit rien et le lendemain s'amène avec un instrument frotté, tout flambant, "Mais comment ça", dit Monsieur Lavigne."vous ne l'avez nettoyé que d'un côté ?" — "Ne m'avez-vous pas dit que c'était pour le public ?Alors fai frotté le côté gauche seulement; l'autre côté.U ne le voit pas." Tête de Monsieur Lavigne I GAGNIER.D.Mus.Arnold Eidus, jeune violoniste américain de 24 ans, qui a gagné en décembre dernier, le premier Concours international Jacques-Thibaud, vient d'arriver en Amérique.C'est maintenant la gloire, mais une gloire durement acquise.A l'âge de 14 ans, déjà violoniste prodige, il donna un concert : la critique fut éloqieuse, mais aucun imprésario ne lui offrit d'engagement.Pendant 10 ans, il joua dans les orchestres, économisant le moindre sou.Puis en octobre dernier, il joua au Carnegie Hall, donna un récital, fut choisi pour représenter les Etats Unis au concours Jacques-Thibaud.11 défraya lui-même ses dépenses de voyage pour se rendre à Paris.Une fois de plus, on constata la puissance d'une volonté bien affermie.# « « Le monde ne change pas : les soi-disant connaisseurs sont parfois de vaniteux personnages frottés d'un peu de science.A preuve, cet extrait des célèbres "Lettres d'un bachelier ès musique", où Liszt écrit : "Etant enfant, je m'amusais souvent à une espièglerie d'écolier dont mes auditeurs ne manquaient jamais d'être dupes.Je jouais le même morceau, en le donnant tantôt comme de Beethoven, tantôt comme de Czerny, tantôt comme de moi.Un jour où je passais pour en être l'auteur, j'avais un succès de protection et d“encouragement : "Ce n'était vraiment pas mal pour mon âge I " Le jour ou je le jouais sous le nom de Czerny, je n'étais pas écouté ; mais lorque je le jouais comme étant de Beethoven, je m'assurais infailliblement les bravos de toute l'assemblée." ••- * » » Un texte à lire, lire, lire et relire.Il est de Georqes Duhamel: "Point d'artiste sans don magique.Et point d'artiste sans labeur acharné.Que le don manque, et le travail se pro digue vainement.Que le travail défaille et le don reste stérile.Cette vertu miraculeuse, il faut, sans cesse, la féconder par le labeur et les se mailles".«Ht C'est sous les auspices de l'Ecole de Piano Robert Schmitz qu'aura lieu le concours de compositeurs.Le prix de SI,000 sera adjugé à la meilleure oeuvre pianistique d'une durée de 15 minutes.Les compositeurs du Canada, des Etats-Unis et du Mexique peuvent y participer.PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS ‘EXAMEN de la VUE’ • VERRES CORRECTEURS* Le Spécialiste LORENZO FAVREAU, o.o.d.et ses assistants optométristes-opticiens Ba.O.Bureaux chez TaitFavreau 265 Est, Ste-Catherine LA.6703 6890 ni* St-Hubert CA.9344 ROGER FILIATRAULT du Conservatoire Royal de Musique d« Bruxelles •I du Conservatoire National de Parla Enseignement scientifique de l'art vocal basé sur l'Emission Physiologique d'après les données du Docteur Wicart de Paris Professeur Ecole Supérieure de Musique d'Outremant Processeur Ecole de Musique Université d'Ottawa Prolesseur Ecole Normale de Musique Institut Pédagogique ALFRED LALIBERTE Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.1231 ouest, rue Sainte-Catherine.Montréal ENSEIGNEMENT DU PIANO d‘après les principes de Chopin Jacques REGNIER 1347 est, Demontigny — Montréal — AM.0198 dLBUM MUSICAL Dü asseyentps MAI 1947 No 910 BERCEUSE, pour piano, composition inédite d'Alexan-der Brott."Le Passe-Temps" est heureux de présenter une oeuvre nouvelle de ce musicien montréalais, déjà bien connu comme chef d'orchestre.Au début d'avril, il dirigeait lui-même l'orchestre des Concerts Symphoniques pour la première audition de son poème symphonique "Concordia”.LA PALOMA, pour piano, par S.Yradier.Lorsque Bizol composa son opéra "Carmen".Il avait étudié les chansons du compositeur espagnol Sébastian Yradier.Après la mort de celui-ci.parut à Paris un recueil de 25 de ses meilleurs chants.Le plus populaire est sans doute "La Paloma", dont voici la partie pour le piano.LES QUATRE RUBANS (ou A 18 ANS JE SORTAIS D'UNE EGLISE), nouvelle harmonisation de Jeanne Florel, d'après Ch.Tanguy.Pendant plus d'un quart de siècle, cette chanson a connu une grande vogue au Canada.Les éditions étant épuisées, nos lecteurs la retrouveront ici avec plaisir, avec une harmonisation nouvelle.EN ROULANT MA BOULE, chanson de folklore, harmonisation de Alfred Laliberté.Cette chanson pleine d’entrain et de vigueur est oncoro la prélérée dans les soirées et les réunions.Les Américains eux-mêmes lui trouvent autant de charme que "Alouette”.Harmo nisée par le maitro Alfred Laliberté, elle devient un petit chef-d'œuvre musical.ALLO, MA CHERIE, nouvelle chanson parisienne, paroles de Marcelle Brévcnnes et André Ledur, musique de Joëguy.André Clavoau.le populaire chanteur do muaic-hall que les disques nous ont lait connaître au Canada, a tiré de cette romance l'un de ses plus durables succès.lors de sa récente tournée au Canada "MON CHER CANADA" Paroles et musique de C.Trenet.15* Par la poste.ÎB* Edité et publié par LE MAGASIN DE MUSIQUE LE PLUS COMPLET AU CANADA Téléphone : MArquette 6201 500 EST, RUE SAINTE-CATHERINE, MONTREAL MONTREAL.MAI 1947 PAGE NEUF UNE OEUVRE INEDITE BERCEUSE Alexander BROTT Copyright U.S.A.1947 Tous droits réservés 1947 — Canada — Alexander Brott.Montréal.Publié arec l'autorisation de l'auteur.PAGE DIX LE PASSE-TEMPS fHD ï cresc.- .' '+1 T i tiA 55 5 ^55 ^ N y T -T -trj1 ^\r /v.rr j — r-all.ç fr r f- ; r^sj> J> J> j> ir m bri — se letaientpar-tout la lumièret l'a-mour.Tout au bor- 3 !"¦ n^-r m i u^rrmj-iTi ^ i 3=ï=s Copyright, 1947 — Canada et USA.— le* Editions du Passe-Temps, /ne., Montréal PAGE QUATORZE , , LE PASSE-TEMPS m* 1 v" k' " K II»’ , r ., h heur.***-*$ El la paupièremoui lié - e Près d'un e-j t , f r ’ E H E j ^ >oux aucoeur loyal et 1 "T—* f vv.£f\ ranc J'é lais a- — f ' p r 0 i SfTg-flJ^TJ" \}mVm f—ç—i r r~=\ -f—j—f- '—i— \ / {>’ é*' —«¦ \JL^K 0 -M—* m f w r lors nou-vel le ma.ri - é « e.DansmescheveuxiloHaitle ru-ban blanc.J'é- tais a- -t ni m « u.j_l p f ji u_j y j> p g i r p p p p- p rr ^ lors nou-vel le ma - ri - é - e, Dansmesche-veux flot tait le ru-ban blanc.pJm inn m i & ni » * a a III II Lune de miel, printemps du mariage.Cher souvenir des beaux jours disparus, En feux follets dans notre gai ménage, Tu resplendis, maintenant tu n'es plus, Je me souviens de ce temps éphémère.Où chague soir on dansait l'oeil en feu, Dans les salons quand j’étais jeune mère, Sur mes cheveux flottait le ruban bleu.(bis) (bis) IV Lorsque du Nord un gros nuage sombre.Sur le pays semblait s'appesantir.L'envahisseur sortant de la pénombre, Osa rêver de nous anéantir.Bravant la voix des canons en furie.Partait mon fils pour venger notre affront.Quand l'étranger mutila; la patrie, (bis) Le ruban rouge a flotté sur mon front.(bis) J'ai tout perdu : fils, époux, je suis veuve, Je n'ai plus rien à la place du coeur.Sur mes vieux jours de malheurs Dieu m'abreuve, Je dois ramper sous le pied du vainqueur, D’Alsace, helas, quand viendra la vengeance, A mon pays.Seigneur, rendez l’espoir.La mort des miens, les malheurs de la France, fbisj Ont sur mon front cloué le ruban noir.(bis! MONTREAL.MAI 19-17 PAGE QUINZE LES SUCCES DE LA CHANSON CHANT ALBERT VIAU Technique vocale, Solfège, Interprétation 31 rue Cardinal VilloSaintLaurent BYwater 2129 Mlle CECILE PERRAULT Pro/esseur de Chant e< Piano Classique el Populaire 2075, rue Papineau Montréal Tél.Hés.: CHerrier 4377 Madame ADELINA CZAPSKA Pro/esseur de Chant 3641 avenue Oxenden PL.6508 Tél.CHerrier 7734 PAULINE PHANEUF.B.M.Enseignement Chant — Piano — Sol/ège Interprétation Accompagnatrice de concert Studio : 1270 Visitation Montréal PIANO Accordeur agrégé Membre de l'Union de» Musiciens Accordeur des pianos Quidos.etc.Magasin Musique Turcol LA.2111 Tél.Bureau : AM.5586 Allo, ma chérie uil—l- 1 Paroles de Marcelle BREVANNES et André LEDUR MÎ de Valse Musique de JOEGUY & IVEFFtAIN I.Al .lo, mon ché .ri, mu ch* .rie, En .fin c'est ta voix.Quand je suis loin de toi En mon cœur il fait nuit; Tu ECOLE DE MUSIQUE DE VERDUN Directrice : Mlle M.-leanne Portier 3288 rue Joseph Verdun Tél.: FItxroy 3491 Tél.DOIlard 1688 Mlle HENRIETTE TARDIF Pro/esseur de Piano Classique et Populaire 6428 rue Bordeaux Montréal dis, mon ché .rl, ma chi .rie, Tu pars des ce soir.Sans même un au ro .voir.C’esl la vie.est loin ton re .tour Mais je sau .rai t'at .tendre Je Accordeurs de Pianos Vingt-cinq ans avec Ouvrage garanti Nordheimer 4 Layton Bros.Ltd.____ R.L.BRUNETTE Spécialité : Piano Automatique Membre, Canadien Piano Tuners’ Association Bureau : Téléphone : LAncaster 0109 109A.rue Deslauriers.Sainte-Roso, Co.Laval di .roi cha.que jour Tel un re.frain très tendre Al .Maurice DECRUCK,Editeur LES EDITIONS DE PARIS 28, P1! Poissonnière, Pari».Tous droits réserva* pour tous Déw On demande des chanteurs En vue de sa saison d'opéra en plein air au Stade Molson la Société des Festivals de Montréal recrute des choristes qui désirent chanter dans les opéras qu'elle présentera du 23 juillet au 13 août prochain.Les répétitions seront dirigées par un chef de choeurs sous la direction du maître des choeurs du New York City Opéra Company.Des danseurs seront aussi requis pour faire partie des corps de ballet qui seront formés incessamment.Choristes et danseurs sont priés de s'enregistrer au plus tôt au bureau des Festivals de Montréal, bureau 14, hôtel Windsor.La saison s'ouvrira le 23 juillet avec "Aïda" et des artistes du Metropolitan Opéra et du New York City Opéra Company, dont Marjorie Lawrence, Daniza Illitsch, Camilla Williams, Winifred Heidt, Ramon Vinay, Eugene Conley, James Pease, Gaen Greenwell, Robert Merrill et Hubert Narville feront partie de la distribution des opéras présentés cet été.Laszlo Halasz, Jean Morel et Thomas P.Martin seront les chefs d’orchestre.Theodore Komisarjevs-ky.Leopold Sachse et John S.White seront les directeurs artistiques.PAGE SEIZE LE PASSE-TEMPS lo, mon thé .ri, Bien .tôt ma thé .rie, ni Coda' re .viens-moi La nuit qui s’a .chè .ve Me por.te vers toi Par le doux che .0 li ¦— min bleu du- rê~~ .T'vo: kL I I.n m ?• cpr « u n r- ¦ ¦ 1 — T -V—Y- -1 1 Mais l’aube é .tin .cel .le Dans le ma .tin froid % Ré.veillant mon cocur lourd qui t’ap .pel .Al .CODA A chaque seconde J'espère ta voix J'attends qu’au loin tu me répondes Mais je perds courage Ce n'est jamais toi Mon amour, dont j'attends le message.Pierre Brabant à Rouyn Le vendredi 13 juin, le jeune pianiste-compositeur Pierre Brabant donnera un récital, dans la salle du théâtre Noranda, à Rouyn.11 est l'invité des Chevaliers de Colomb.Pierre Brabant interprétera des oeuvres célèbres de Bach, Chopin, Rachmaninoff et quelques-unes de ses propres compositions.Précision fâcheuse Un brave homme, accompagné de sa tendre épouse, se présente au poste de police pour porter plainte : LUI.— J'ai retenu facilement le numéro du taxi qui nous a renversés : les chiffres sont aussi ceux de la date de naissance de ma femme.ELLE.— Viens, Georges : ce n'est peut-être pas la peine de porter plainte, après tout.Un livre sans "A" Parmi les livres curieux, il convient de signaler le VOYAGE AUTOUR DU MONDE SANS LA LETTRE A, par Jacques Arago.L'auteur, à la suite d'un pari, écrivit cette relation où il n'a pas employé une seule fois la lettre "A".La plaquette originale est fort rare ; une réimpression, rare elle aussi, en a été faite en 1853.Réponses aux questions de la page 22 1.— La glace.2.— Les murs.3.— Le regard.4.— Le ciel.5.— Un puits.PIANOS - PIANOS - PIANOS Piano droit acajou- SI 19.00 Piano droit acajou 139.00 Piano droit noyer 189.00 Harmonium reconditionné - 49.95 Piano carré-69.00 Piano, automatique — 40 rouleaux gratis 269.00 Radio à batteries, neuf - 41.00 Gramophone cabinet — 26 disques gratis-25.00 Harmonicas, grand choix - 2.25 Accordéons.Violons.Guitares.Banjos Ressorts, moteurs pour gramophones Réparations Pianos.Harmoniums.Gramophones.E.L.CHOOUETTE 8687 rue St-Denis.Montréal.Que.I de la'Vue J.O.GIROUX O.D MFMBRF.m L A.E P.O m PARIS ÛMfftI U^4» cA*%.0iipuls?pèfts /nonlr^al TRANSPORT DE PIANOS ET AUTRES MEUBLES • PAYETTE TRANSPORT 551, rue Poupart, Montréal Téléphone : CHerrier 7153 MONTREAL, MAI 1947 PAGE DIX-SEPT FOLKLORE EN ROULANT MA BOULE Harmonisation de Alfred LALIBERTE £-«-¦= +r-m Kl h N h 1 - T~ f» r | | -h J —fc—— En rou-lant ma ! m 4' w 4 i jou-le roulant.-1 P—p Ji—, En rou-lant ma -jr -f'P bou — le.-Ji— Der- i v i *)i-6 1 ! r : r ’ - -r ^ vJ r4 y V PA0S PJ3HUIT Copyright.1947 — Canada ef U.S.A.— Les Editions du Passe-Temps, Inc.Montréal LE PASSE-TEMPS Couplets de EN ROULANT MA BOULE L'Institut Coopératif de Musique de Paris Trois becux canards s'en vont baignant.En roulant ma boule.Le fils du roi s'en va chassant, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Le fils du roi s'en va chassant, En roulant ma boule, Avec son grand fusil d'argent, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Avec son grand fusil d'argent, En roulant ma boule, Visa le noir, tua le blanc, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant, etc.Visa le noir, tua le blanc, En roulant ma boule, O fils du roi, tu es méchant I Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant, etc.O fils du roi, tu es méchant, En roulant ma boule.D'avoir tué mon canard blanc, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant, etc.D'avoir tué mon canard blanc, En roulant ma boule, Pas dessous l'aile, il perd son sang, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Par dessous l'aile il perd son sang , En roulant ma boule.Par les yeux lui sort'nt des diamants, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant, etc.Par les yeux lui sort'nt des diamants, En roulant ma boule, Et par le bec l'or et l'argent, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Et pa rie bec l'or et l'argent.En roulant ma boule.Toutes ses plum's s'en vont au vent, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Toutes ses plum's s'en vont au vent.En roulant ma boule.Trois dam's s'en vont les ramassant, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Trois dam's s'en vont les ramassant, En roulant ma boule.C'est pour en faire un lit de camp, Rouli, roulent, ma boule roulant.En roulant, etc.C’ost pour en faire un lit de camp.En roulant ma boule.Pour y coucher tous les passants, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant ma boule roulant, En roulant ma boule.LA GRANDE NOUVELLE musicale de l’année dans notre province est.sans contredit, celle qui concerne les activités, chez nous, de l'Institut Coopératif de Musique de Paiis.Le but de cet Institut est de tenir des examens et de distribuer des diplômes à nos étudiants en musique.L'Institut no fait pas d'enseignement et ne prône aucune école : il agit comme tribunal, admet les élèves do différents professeurs tout en respetant leurs opinions pédagogiques et sanctionne les progrès en ollrant un parchemin de haute valeur, après un examen sérieux devant un jury de musiciens dont la compétence ne saurait être mise en doute.M.le commandeur Rolland-G.Gingras.Docteur en Pédagogie Musicale et en Musicographie de l'Université de Montréal, est l’administrateur de l’Institut pour la province de Québec.M, le professeur Gingras.par ses brillants états de service, étail tout désigné pour cette haute fonction.Déjà, en 1933, il était chargé par M.Gabriel Grovlex, chef d'orchestre à l’Opéra de Paris (sur la demande du Ministère des Beaux-Arts de France) de préparor un rapport sur l'état de l'influence de la musique française au Canada ; ce rapport est actuellement aux archives du Ministère, à Paris.Rappelons aussi qu'en 1937.il était nommé membre du jury du Prix d’Europe.Dans la seule ville de Québec, les demandes d'inscriptions pour les examens de l'Institut ont été si nombreuses que, dès la promière année, il a fallu prévoir trois séances.La première a eu lieu le 23 avril, la deuxième sera tenue le 16 juin et un troisième groupe d’élèves sera jugé à l'automne.Les lecteurs du "Passe-Tomps" seront tenus au courant car, en fin donnée, le rapport complet des activités de 1947 sera publié dans celte revue.Les programmes des examens et le mode d'organisation diffèrent complètement de tout ce qui a été offert jusqu'ici à nos professeurs et à leurs élèves, et l'expérience du 23 avril a été concluante pour les professeurs de musique qui se sont prévalus des avantages nombreux et nouveaux que nous devons à l'Institut Coopératif de Musique de Paris.Les gagnants du Concours Willis 20 AVRIL : Mme Florette Duguay, 765-A Avenue Querbes.Outremont.Montréal.P.Q.; Mlle Marthe Lamoureux, 2597 rue Soissons, Côte-des-Neiges, P.Q.; Mlle Yolande Grenier.Milan, Rang Saint-Louis, Co.Frontenac, P.Q.; Mme Jeanne Bonneau, 50 Plaisant St., Newport Remont, U.S.A.; Mlle Alice Dionne, 5286 Avenue du Parc.Montréal.P.Q.: Mme Agathe Pérusse, 2908 est.rue Laurier, Rosemont.Montréal, P.Q.27 AVRIL : Mlle Myrtle Moody, 191 Saint-Louis Avenue.Terre-bonne.P.Q.: Mme Eusèbe Ailard.Princeville, Co.Arthabaska.P.Q,; Mlle Hélène Hébert.745 rue Sainte-Angèle.Trols-Rivières, P.Q.; Mlle Monique Brazeau.Pensionnat des SS.de Sainte-Anne, Saint-Gabriel de Brandon.Co.Berthier.P.Q.; Mme Raoul Desfonds.159 rue Saint-Barthélémy-Nord.Joliette, P.Q.: Mlle Olive Vésina.1672 rue Jeanne-d'Arc, Montréal 4, P.Q.SATISFACTION DEPUIS 1871 ¦JVsa La puissance sonore et le tim* SfPga bre riche du piano Willis en P* i ont fait le préféré de milliers I I de foyers canadiens.1 aJILLIS&CO.LimiTEie HALIFAX PLateau 9526 QUEBEC 1220 OUEST, RUE SAINTE-CATHERINE MONTRÉAL MONTREAL, MAI 1947 PAGE DIX-NEUF Tschaïkowsky SOUVENIRS INEDITS MUSICIENS RUSSES EN 1888, TSCHAÏKOWSKY lit un long séjour séjour à Paris, un irrésistible pôle d'attraction pour les artistes.Son premier concert chez Colonne fut un grand succès.De suite, le public s'enthousiasma pour son art si humain et si émouvant.Le BOir, Colonne donna une réception en son honneur, Guillaume Rémy.Delsart et moi.jouâmes une partie de son beau trio.Très aimable.Tschaïkowsky se prodigua en compliments.Il était gai et charmé de l'amabilité de Colonne et de sa femme.Ce soir-là.Widor l'invita à déjeuner à son restaurant habituel, Foyot.Tschaïkowsky sembla intéressé et amusé par l'esprit si parisien de Widor et par la conversation en général : il y avait là Taflanel.Anette Essipoff, la Comtesse Potocka.Darcours, le critique du "Figaro".Albert Blondel.directeur de la Maison Erard, Delsart et Brandukoff, deux violoncellistes.Tschaïkowsky, invité et choyé partout.était surtout la proie de Diémer, éminent pianiste et professeur du Conservatoire, qui ne le quittait plus et avait fini par obtenir la dédicace d'une Fantaisie pour piano et orchestre, qu'il lit entendre aux Concerts du Chàlelet.Mais l'oeuvre n'est pas des meilleures et n'eut pas de succès.Un autre qui accaparait le maître russe était un ami de Saint-Saëns.Lemoine.directeur d’une société dont le nom était "La Trompette".Seuls des invités "payants” pouvaient assister aux concerts, auxquels les artistes prenaient part à titre gracieux — ce qui permettait à Lemoine de gagner une petite fortune.Dès qu'un artiste étranger arrivait à Paris, Lemoine se précipitait, et l'on ne refusa jamais do prendre part à ses concerts.Les plus distants acceptaient — car il se présentait toujours sous lo couvert du nom do Saint-Saëns.Tschaïkowsky fit de même et là aussi son succès fut brillant.le me souviens du déjeuner-réception qu'il organisa chez Maire, le célèbre restaurant du boulevard de Strasbourg.Beaucoup d'artistes et de femmes du monde russes, parmi lesquelles Mme Bernardaki et la charmante Anette Essipoff.étaient présentes.Une longue table de hors-d'oeuvre avait été vite dévastée.Caviar et vodka circulaient avec prodigalité.Au déjeuner j'étais assis entre Fauré et Le Borne, un compositeur de talent, oublié, connu pour la négligence de sa tenue, et tous les trois nous étions étonnés de voir Tschaïkowsky boire avec excès.Mackar.le représentant de Jurgenson.l'éditeur de Tschaïkowsky.ne le quittait guère non plus et je suppose qu'il a dépensé tout ce qu’il avait pour recevoir chez lui, dignement, le Maître russe car peu de temps après, il dut vendre sa maison à son employé Noël.Grandeur et décadence ! C'est chez Mackar que je revis Tschaî-kowsky."J'ai appris, me dit-il.que vous allez jouer mon concerto en si bémol mineur.Pourquoi ne jouez-vous pas plutôt mon concerto en sol que j'aime beaucoup ?” — Je vous prie d'excuser ma franchise, Maître, mais le concerto en sol n'est il pas trop long ?— Je le sais donc déjà, me répondit-il avec son charmant accent russe, mais si je savais me limiter, je serais un musicien aussi parfait que Saint-Saëns.PEU DE JOURS APRES, je racontais à Pierné le mot de Tschaïkowsky au sujet de Saint-Saëns."Incroyable 1 me dit-11.H m’a dit à moi-même qu'il n'aimait de Saint-Saëns, ni les idées, ni la perfection classique, ni le théâtre.Vous l'aviez sans douto hypnotisé.Après tout.Tschaïkowsky est russe et notre Saint-Saëns est purement français ; d'ailleurs, 11 ne semble aimer ni la France, ni les Français.” Tschaïkowsky était d'une courtoisie exquise.Il avait un air très sérieux, rarement éclairé Une photo inédile de PIERRE TSCHAIKOVSKY.dédicacée au maître I.Philipp, l'auteur des souvenirs que "Le Passe-Temps” a l’honneur de publier en primeur.d'un sourire.De tous les artistes étrangers que j'ai connus, il était le plus affable, le plus simple.Lors de son second voyage à Paris, son succès fut toujours brillant.Je le vis à un des concerts donnés par Paderewski et à une représentation du Roi d'Ys.qu'il semblait beaucoup aimer.Puis, je le rencontrais deux ou trois fols en compagnie de Fauré.Toujours aimable et mélancolique.A un déjeuner chez Widor.il fut.lui si silencieux.éloquent.Au cours de la conversation, on parla de Mozart, et comme Gounod, Il s'extasia sur Mozart : "C'est le Dieu do la musique, dit-il.son art est un prodige inexplicable.Don luan est le chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre ; aucune musique ne touche davantage mon coeur”,.Au Châtelet.il eut.de nouveau, un grand succès.Mais le vent tourna brusquement.Un critique, littérateur, mais se croyant musicien, décréta que le public devrait protester et interdire aux chefs d'orches- - par ISIDOR Ire d’inscrire sur leurs programmes cette musique fade, plate et sucrée I Stupide et moutonnier comme d'habitude, le public accepta cet ukase et Tschaïkowsky tomba peu à peu en disgrâce.Timide ou réservé, il redoutait les foules et les manifestations, autant que, plus tard, Debussy.Peu après son dernier concert, 11 quittait Paris pour ne plus y revenir.Grieg rencontra la même ingratitude.Sa musique de chambre, son charmant concerto joué par Arthur de Greef (son pianiste préféré) et par Raoul Pugno.obtinrent les plus grands succès.Puis subitement on oublia qu'il avait apporté une fraîcheur, un choix d’harmonies nouvelles, un tour mélodique, inconnus avant lui.Et des critiques osèrent parler des limitations et des faiblesses de son art.et le public se désintéressa stupidement de ses oeuvres.Antoine Rubinstein ANTOINE RUBINSTEIN.alors au sommet de sa gloire, venait régulièrement à Paris.En 1888, j'avais obtenu, grâce à un ami, un rendez-vous avec lui à l'hôtel du Helder, où il devait m'entendre jouer.Je trouvai le géant — il était un géant dans tous les sens du mot — assis dans un fauteuil, l'air grave.Deux dames étaient à ses côtés."Jeune homme, me dit-il.je n'ai que cinq minutes à vous accorder.” Aussitôt les deux dames se levèrent et prirent congé.Rubin-stein souriait : — C'est ainsi que je mo débarrasse des importuns.Je ne suis pas pressé.Vous ne me dérangez pas le moins du monde.Je dis à Rubinstein que je devais jouer son quatrième concerto aux Concerts Colonne et je lui demandai de bien vouloir me donner quelques indications, — Non, répondit-il.Jouez-le à votre façon et comme vous pensez.Je préfère entendre mes Variations que dans votre lettre vous me dites connaître.— Très bien, maître, mais je sollicite votre indulgence.Elles sont extrêmement difficiles, et je crains n'être pas prêt pour vous les faire entendre.Le même jour, il me montra une nouvelle oeuvre qu'il venait de recevoir : Sacha, par Alexandre Glazounov.“Rappelez-vous ce nom, me dit-il.Glazounov sera le plus grand compositeur de Russie I " J'EUS LA BONNE FORTUNE d'assister aux sept concerts historiques que Rubinstein donna en 1888 pour le public, et qu'il répéta ensuite pour les artistes.Ce sont des souvenirs qui ne s'effacent pas.Après soixante ans.je me rappelle chaque détail de ces quatorze concerts extraordinaires.Certes, sa technique manquait parfois de clarté, mais quelle impression profonde provoquaient le feu, l'ardeur, la vie et par-dessus tout l'élévation de pensée prodigieuse de ses interpré- PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS CONNUS QUE J'AI PHILIPP - (citions.On se demandait comment ses énormes doigts pouvaient Jouet avec une telle pureté et une telle précision entre les touches noires et les touches blanches.Comme il interprétait splendidement, de façon Inimitable.entre autres, la Fantaisie en Do mineur de Mozart.les Variations en Fa mineur de Haydn, l'Arioso Dolente de la Sonate Op.110 de Beethoven, l'Etude Op.25 No 7 de Chopin et les Romances sans paroles de Mendelssohn.Jamais les sonorités de Chopin dans leurs nuances les plus subtiles ne lurent réalisées avec une pareille perfection.Le coeur battait plus vite, les jeux se mouillaient de larmes.La même année, il prit part aux Concerts Colonne, jouant le Sème Concerto do Beethoven, et son 4ème Concerta en Ré mineur.Je me souviens de l'extraordinaire exécution de la première partie, si dramatique, du concerto de Beethoven.et de la cadence du début de son Concerto, "les pattes du lion frappant le clavier", comme disait Saint-Saëns.de l’expression passionnée avec laquelle il jouait la principale phrase.Le corps presque immobile, il semblait brûler d'une flamme intérieure, qui communiquait peu à peu sa chaleur au public, et le public délirait d'enthousiasme.Quel génie I Quel maître incomparable ! Mathias l'estimait supérieur, comme pianiste, à Liszt, et plus tard Busoni me dit quel désappointement lui avait causé l’interprétation par Liszt du Sème Concerto de Beethoven, et que toute comparaison entre Rubinstein et Liszt n’était pas à l'avantage de ce dernier.UNE HISTOIRE AMUSANTE courut après ces concerts de Rubinstein.qui pendant plusieurs semaines avaient délrayé toutes les conversations et créé une énorme sensation dans les cercles mondains et artistiques.Après le dernier concert.Rubinstein retournait à pied à l'hôtel du Helder, en compagnie de quelques amis.Le groupe s’en allait en flânant sur le Boulevard des Italiens, lorsque soudain un homme, venant en sens inverse, leva les bras en s'exclamant : — Rubinstein ! Vous voilà à Paris I Quelle surprise agréable I Vous allez sans doute donner quelques concerts ?.J'eus la chance d'assister à une réception donnée au Château de la Muette, près du Bois de Boulogno.par Mme Pierre Erard qui habitait là avec sa soeur Mme Spontinl.veuve de l'auteur de La Vestale.Cette somptueuse résidence a été pendant des années la propriété de la famille Erard, et le rendez-vous de tout ce qui comptait dans la littérature ou dans les arts à Paris.Gabrlelle Krauss, de l'Opéra, chanta ce soir-là le Roi des Aulnes de Schubert, accompagnée par Rubinstein.Un souvenir inoubliable.Glazounov P\RM1 LES MUSICIENS RUSSES venus à Paris, c'est Glazounov que j'ai vu le plus souvent et connu le mieux.Rubinstein m'avait dit do lui : "Il sera le plus grand musicien de Russie".S'il n'a pas été le plus grand, il a certainement été un des plus grands.Il était humilié de voir si rarement son nom sur les programmes de nos concerts symphoniques.Seul Chevillard avait fait entendre une de ses huit symphonies.Je connaissais sa Rapso-die orientale et sa musique de chambre, son Qualuor slave, ses Novelettes si spirituelles, jouées lors de nos séances do musique de chambre.Mais c’est en 1900 ou 1902 que je pris connaissance de ses deux beaux Concer- Photo aufographiée de /'éminenf pianiste ANTOINE RUBINSTEIN.tos pour piano et orchestre.Je me proposais de faire entendre le premier, mais j'étais prÎB par mes cours au Conservatoire, mes leçons, mon travail personnel et je remis ce projet toujours à plus tard.Puis les années passèrent et après la guerre je proposais à un de mes meilleurs élèves d'alors, André Audoli, de travailler et de jouer ce concerto.La Société des Concerts Pasdeloup accepta de le laire entendre.Audoli eut un grand succès et Glazounov en eut une grande joie.Plus tard, une autre do mes élèves, Denise Sternberg.une excellente pianiste, apprit et joua le Second Concerto avec un égal succès.Puis je lis entendre à l'Institut — Glazounov était membre de l’Académie des Beaux-Arts — son dernier Quatuor.Je le voyais donc souvent, toujours triste et soucieux.Un jour, je donnais uno séance de ses oeuvres au Conservatoire — les deux Sonates et les Variations et trois pièces de piano — et je me souviens de sa satisfaction, de ses remerciements, et des aimables paroles qu'il sut dire aux élèves.Je sentais que je lui avais fait plaisir.Lorsque notre ami commun Godowaky revint de Moscou, il me dit qu'à son retour il s'était arrêté à Leningrad et qu'à peine arrivé à son hôtel, on lui dit qu'on l’avait appelé de Moscou, et qu'on allait le rappeler.En effet, quelques instants après on le pria do venir au téléphone, et Staline lui-même lui demanda de revenir à Moscou.Mais Godowsky, souffrant, lui exprima tous ses regrets do ne pouvoir se soumettre à cette fatigue, Staline lui dit alors qu'il désirait beaucoup le retour de Glazounov en Russie et qu'il priait Godowsky de lui dire que tous ses biens lui seraient rendus, qu'il lui ferait une situation magnifique et qu'il désirait avoir son nom illustre pour augmenter le prestige de l'art musical en Russie."Faites te ut ce que vous pouvez, dit-il à Godowsky.pour obtenir ce retour," Godowsky me raconta sa conversation et me pria de l'accompagner chez Glazounov que je savais très souffrant, sa charmante fille étant venue mo voir la veille.Glazounov nous reçut avec une sincère alfection.heureux de revoir Godowsky.écouta attentivement le message de Staline, mais refusa, disant combien 11 se sentait faible et découragé.Nous insistâmes."Non, ms?amis, dit-il.mes jours sont comptés.Je le sens." "Allons, allons, dit Godowsky.il faut que lu acceptes, mon ami.c’est une proposition digne de la réputation.Tu feras grand bien à ton pays, à ton art." "Trop tard, dit Glozounov tristement, je ne reverrai pas la Russie." Sa dernière joie avait été l’exécution à l'Institut, par le Quatuor Pascal-Bazelaire, de son Quatuor.Liapounow SERGE LIAPOUNOW, un autre compositeur du plus noble talent, dès son arrivée à Paria vint me voir.Il avait trouvé asile chez un ami charmant, musicien et professeur, ancien chef d’orchestre de l’Opéra d’Odessa, Alexandre Bemardi.Liapounow élait désespérément triste de la disparition de son fils."J'ai fait toutes les démarches possibles pour le retrouver, me dit-il.Sans succès.J'ai le coeur brisé." En 1927.quelques jours après une visite chez moi, les Concerts Lamouroux l'avaient prié de jouer sa Fantaisie sur des thèmes ukrainiens, pour piano et orchestre.Deux jours avant le concert.11 mourut subitement dans le studio de son ami : une grande perte pour l’art musical russe.Ses douze Etudes transcendantes pour piano, dont une.Lesgtnska, est sur de nombreux programmes de planistes, sont uno oeuvre de maître.Son second concerto, très intéressant, est négligé.J'ai moins connu Rachmaninoff, quoique le rencontrant quelquefois.Merveilleux pianiste, compositeur génial, ses oeuvres.Concertos et Préludes, ont un grand succès en Amérique, moins ailleurs, mais on oublie ses Sonates.Parmi les artistes venus à Paris.Félix Blu-menfeld.le professeur du planiste Horowitz à la phénoménale technique, vint me voir.Te connaissais bien ses oeuvres si intéressantes, Belaieff.son éditeur, me les envoyant dès qu'elles paraissaient.Il me dit avec mélancolie : "On ne me connaît en Russie que comme pédagogue et comme chef d’orchestre"."Voulez-vous voir qu’à Paris on vous connaît comme compositeur ?" lui dis-je.Nous primes rendez-vous et je me demande si j'ai vu quelqu'un plus heureux que cet MONTREAL, MAI 1947 PAGE VINGT-ET-UN VARIÉTÉS artiste, d'entendre jouer, de façon à le contenter.une longue série de ses belles oeuvres : Préludes, Eludes, Fantaisies.Scriabine C'EST EN 1896 que je lis la connaissance de l'éditeur MHrophane Belaieff.grand bienlaiteur des musiciens russes.Il venait souvent à Paris et je sentais qu'il avait une iéelle amitié pour moi.Un soir il s'invita à diner et amena un jeune homme timide d'un aspect insignifiant.A mon grand étonnement.ce garçon qui était resté silencieux joua après dîner, sur la demande de Belaiefi, quelques courts morceaux poétiques avec une sonorité délicieuse, puis il en joua d'autres plus dilliciles avec une virtuosité et une science pianistique qui m'enchantèrent.Très intéressé, je demandai à Belaiefi le nom de cet artiste dont il ne m'avait donné que le prénom Sacha."Il s'appelle Scriabine.me ait Balaielf.11 sera le Chopin de la Russie".Prédiction manquée : c'était certes un artiste génial, mais assurément pas de le taille de Chopin, qui est resté unique.Beaucoup plus lard, en 1901 je crois.Scriabine donna un concert de ses oeuvres dans la Salle du Journal, devant un groupe restreint d’amis russes et d'invités français.Faute de publicité, le concert passa inaperçu et Scriabine ne revint plus à Paris.Tcherepnine Quant a Nicolas tcherepnine et à son fils Alexandre, qui me sont plus proches, ils sont tous les deux, à divers degrés, des artistes du plus grand talent.Alexandre a été mon élève : ses charmantes Bagatelles, qu'il avait composées c dix ans, ont eu un succès tel que.coup sur coup, on lui demanda d'autres oeuvres.Pianiste remarquable.il a écrit trois concertos intéressants .La symphonie, dont le scherzo écrit pour instrument à percussion, spirituel et amuBant, fut longuement applaudie aux Concerts Colonne.Ses oeuvres théâtrales, opéras ou ballets, ont un grand succès mérité.Il continue d'ailleurs d'écrire des oouvies qui sollicitent l'intérêt de l'auditeur.Son père.Nicolas Tcherepnine.trop tôt disparu, était à la fois un compositeur du plus noble talent, un chef d'orchestre remarquable et un pédagogue intéressant.Son beau concerto de piano a été joué par Joseph Lhevin-ne.une fois.Ses oeuvres théâtrales sont nombreuses, et comme son fils il a écrit des ballets pour Dhiagilew qui ont eu le plus brillant succès.I.PH1LIPP.12 numéros DU "PASSE-TEMPS" contiennent pour plus de $20 de musique et de chansons $2 pour 12 mois Mots français empruntés à l’anglais Nous avons beaucoup prêté aux Anglais, en espèces sonnantes.N’ayons donc aucun remords de leur avoir emprunté des mots qui sont d'usage courant dans la langue française.En voici quelques-uns : Match — Ce mot s’est répandu dans la langue française vers la fin du XIXe siècle.Il appartient au langage sportif.Rade — Vient de l'ancien anglais rad qui s'est transformé en road signifiant "route".Le mot radar tire évidemment son origine de rad.Snob — Son origine anglaise est évidente.Il fut d'abord employé par les étudiants de l’universite de Cambridge pour désigner toute personne étrangère à cette institution.Typhon — Vient du mot anglais typhoon, qui lui-même viendrait du mot arabe tufân.Chez les Grecs on trouve un mot semblable : tuphôn.Et chez les Chinois de l’île de For-mose, il y a le mot t'ai-tung avec le même sens que le français "typhon" et l'anglais typhoon.Budqet — Un mot très à la mode, chez nos hommes politiques ! Si cela peut vous consoler de payer des impôts, sachez que le mot français "budget" a été emprunté à l’anglais budget qui signifiait autrefois autrefois "sac du trésor".Mais les Anglais — toujours emprunteurs— avaient emprunté ce mot au français ’ bougette" qui signifiait jadis "petit sac".La Manécanterie de Granby En 1931, les Petits Chanteurs de la Manécanterie de Paris faisaient une triomphale tournée de concerts dans la province de Québec.Le Fr.Julien, alors professeur au collège de Granby.encouragé par le Curé Pelletier.eut l'idée de fonder un groupe semblable.Dès le printemps de 1932, la Manécanterie de Grabby était prête à donner son premier concert.Ce fut un succès plus que douteux : 40 auditeurs ! Mais on tint bon, grâce à l'encouragement du chanoine Pelletier, du maire Boivin et de M.Georges-E.Loiselle.La Manécanterie de Granby célèbre maintenant son quinzième anniversaire.Son fondateur, le Fr.Julien, est maintenant directeur du collège de Chénéville ; son successeur à la tête de la Manécanterie est le Fr.F.Emmanuel.— Une remarque : dans le programme du 15e anniversaire, il n'est pas fait mention du "O Canada'' et l'on ne voit qu'une seule oeuvre canadienne.DEVINETTES 1.•—Qu'est-ce qui ne peut se ré chauffer au feu?2.-— Qu'est-ce qui fait le tour de la maison sans entrer dedans ?3.— Qu'est-ce qu'on jette bien loin, aussi loin que possible, et qui est toujours près ?4.— Quelle est la couverture qui a beaucoup de morceaux et qui n'a pas de couture ?5.— Qu'est-ce qui se remplit par le bas et qui se vide par le haut ?(Voir les réponses en page 17) TOUX et ENROUEMENTS disparaissent vite, grâce au fameux Sirop MATHIEU ¦ Il est des moments où 11 faut vous défaire rapidement d'une toux, en vue d'une réunion, d'un concert, d'une soirée.Le moyen énergique qui s'impose alors est le fameux Sirop MATHIEU — le sirop qui a fait ses preuves depuis des générationo.EMPLOI FACILE — ACTION RAPIDE EN VENTE PARTOUT PAGE VINGT-DEUX LE PASSE-TEMPS LA MUSIQUE AU SERVICE DE L’HISTOIRE AU SEMINAIRE DE JOLIETTE DE GRANDES FETES marqueront, au début de juin, à JoUetto, la célébration du centenaire de l'arrivée des Clerc» de Saint-Viateur au Canada, et de la fondation du Séminaire de Toliette.Sur l'immense scène érigée dans la cour du Séminaire, des milliers de spectateurs (10,000 chaque soir) pourront admirer des spectacles vraiment extraordinaires : un Pageant historique qui aura lieu trois soirs consécutils.les 3.5 et 7 juin, à 9 heures.La part de la musique y sera iort importante, pour ne pas dire essentielle : musique religieuse, musique de scène, accompagnement des tableaux chorégraphiques réglés par Maurice Morenoff.et musique chorale.L'Orchestre symphonique du Séminaire de Joliette, qui tiendra un rôle de premier plan, mérite naturellement une présentation.On ne sait pas assez que cet orchestre, fondé en 1943, est probablement le seul du genre dans notre province, et peut-être au Canada.11 se compose d'amateurs (secondés, pour le Pageant.par quelques musiciens de proiesslon) : prolesseurs et élèves pour les deux tiers, amis et anciens élèves pour un tiers.Ces soixante instrumentistes répètent tous les dimanches, et ils donnent deux concerts chaque année.Pour ces musiciens, l'orchestre est une école de travail ardu et de progrès, en même temps qu'une source de plaisir artistique.L'ORCHESTRE est sous la direction du R.P.Lucien Bellemare.c-s.v.qui a puisé, pour le Pageant de juin, dans le vaste répertoire des oeuvres déjà exécutées, en ajoutant d'autres oeuvres de musique canadienne, allemande, française, américaine et anglaise.Choix parfaitement adapté aux exigences d'un programme nécessairement varié, qui va d'une danse de petits faunes au Te Deum de Haendel, en passant par dos tableaux religieux, comiques, militaires, liturgiques, des défilés de foule et un ballet de soldats Israélites, Le Père Bellemare aura à diriger 75 instrumentistes, une chorale de 500 voix mixtes, et près de 500 figurants (danseurs, acteurs, foule).Des haut-parleurs permettront aux vastes auditoires d'entendre parfaitement ces masses sonores souvent renforcées par un orgue Hammond et par l'orgue à tuyaux de la chapelle.LE PROGRAMME SCENIQUE ET MUSICAL DU PAGEANT Première partie : L'Histoire de la communauté des Cfercs de Salnt-Vfafeur au Canada 1.Ouverture : début de la Symphonie du Printemps, de Schumann.2.Les Clercs de Salnt-Vlateur : extraits d'hymnes nationaux et chant du O Canada.3.Défrichement à Joliette : Clair de lune, de Debussy.4.Les dieux de la forêt : Entrée des Petits Faunes, de Gabriel Fauré.5.Victoire sur la forêt : Chanson canadienne orchestrée par le R.P.Brunelle.6.Joliette en 1846 : Alis canadiens orchestrés par le R.P.Brunelle.7.Mgr Bourget chex le Père Querbes : Cantiques à saint Viateur orchestrés par le R.P.Brunelle.8.Clercs de Salnt-Vlateur voguant vers le Canada : Ouverture du Hoi d'Ys, d'Edouard Lalo.9.Arrivée des Clercs à Joliette : Sérénade, de Herbert.10.Hommago à Barthélémy Joliette : Ode à Barthélémy lollette, paroles du R.P.Gustave Lamarche, musique du R.P.Brunelle.11.Hommage aux fondateurs, supérieurs, professeurs : Andante de la Première Symphonie, de Beethoven.12.Hommage au Père Cyrille Beaudry : Panis Angeficus, de César Franck.13.Hommage aux disparus : Viens, douce mort, choral de S, Bach.14.Tableau final de la première partie : Actus Traglcus.de Bach.Deuxième partie : Les traditions du Séminaire de lollette 1.Ouverture : 4e mouvement de la Première Symphonie, de Beethoven.2.Concours des jeux : Marche Knightsbiidge (de London Suite), de Eric Coates.3.Un conventum d'anciens élèves : Le Choeur des Pèlerins, de Wagner.4.Fête de sainte Cécile : "fitel" canadien orchestré par le R.P.Brunelle.5.Messe de Minuit au collège : Airs de Noël.6.Les turbulents au dortoir : pantomime sur la Marche tunèbre d'une Marionnette, de Gounod.7.La parade des cadets : The Vagabond King, de Rudoll Frlml.8.Séance de collège : reprise du 2e acte de lonathas, drame biblique du R.P.Gustave Lamarche.avec musique du compositeur canadien Gabriel Cusson.Troisième partie : Les oeuvres et l'expansion de la communauté des Clercs de Saint-Violeur à travers le monde 1.Le service des Saints Autels : Larghetto, de Haendel.2.L'enseignement de la doctrine chrétienne : mouvement final de la 5e Symphonie de Beethoven.3.Apothéose finale : une partie du Te Deum.de Haendel.3 JUIN — Grand'Messe pontificale d'Actions de Grâces.Une chorale de 500 voix, groupant les élèves du Séminaire et de deux maisons de Joliette : l'Ecole Supérieure Saint-Viateur et l'Ecole Saint-Pierre, qui chantera tout le grégorien de la messe lustus de saint Viateur, avec orchestre et orgue.Les mêmes voix chanteront la Messe solennelle de Charles-Marie Widor ainsi que l'Offertoire à voix mixtes du R.P.Brunelle.Nous n'ajouterons qu'un mot à la liste impressionnante des oeuvres musicales au programme de ce grand pageant.Nous souhaitons plein succès aux Clercs de Salnt-Vlateur et nous tenons à féliciter les organisateurs qui ont tenu à ne choisir que do la bonne musique, en donnant aux oeuvres de deux compositeurs canadiens-lrançais — M.Gabriel Cusson et le Père Brunelle.c.s.v.— une place importante.Qu’on so rende en loule à ces grands manifestations : les 3.5 et 7 juin au Séminaire de Joliette I Le Révérend Père WILTRID CORBEIL, c.s.v., peintre réputé pour ses décors, a tracé les plans de ce théâtre en plein air mesurant 100 pieds de largeur.75 pieds de profondeur et 54 pieds de hauteur.De grands arbres lui leront un admirable lond de verdure.Les estrades pourront recevoir 10.000 spectateurs.MONTREAL.MAI 1947 PAGE VINGT-TROIS SCENE VECUE AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA! par Alfred LALIBERTÉ LE MAITRE — (terminant une première leçon) — Ainsi donc, mademoiselle, vous avex bien compris comment faiie pour acquérir de la méthode dans vos études, seule façon de mériter un jour le nom d'artiste ?L'ELEVE — Oui, monsieur.LE MAITRE — Rappelez vous toujours qu’avant do maîtriser une science il laut d'abord se maîtriser soi-même.Donc, dans votre travail, imposez-vous une discipline sévère et constructive.L’ELEVE — Oui.monsieur le Professeur, le crois avoir saisi toutes vos explications, le vous promets qu’avec l'aide de Dieu ma prochaine leçon vous surprendra, même si elle ne vous satisfait pas entièrement.LE MAÎTRE — A la bonne heure, mademoiselle I Toutefois, permettez-moi une remarque.N'oublies jamais le précepte évangélique qui s'applique à tous sans exception, et qui dit sagement : ‘'Aide-toi le Ciel t'aidera".L’ELEVE — Je ne l'oublierai certes pas.Ma confiance envers les bontés de la Providence dépasse même celle que je pourrais avoir dans le pouvoir de mes pauvres efforts.LE MAITRE — Vous parlez de pauvres efforts.Mais, mademoiselle, ne croyez-vous pas que, pour l’étude du piano ou toute autre, ce sont les efforts personnels qui comptent ?Souvent, la paresse ne nous lnspire-t-elle pas de trop compter sur des secours extérieurs ?L’ELEVE — Cependant, monsieur le Professeur.ne m'offrez-vous pas ici une contradiction.puisque vous représentez vous même une force extérieure à l'élève ?LE MAITRE — Oui.mais mon rôle de professeur ne vise à rien de plus qu'à donner des directives à tous ceux qui veulent bien me consulter.Quel profit pourriez-vous tirer d'un travail que je consentirais à faire pour vous ?Vos progrès ne dépendent que de vous-même, de vos propres efforts.C'est par le travail personnel que votre esprit, procédant méthodiquement, vous donnera de la maîtrise dans l'exécution.Le sens du précepte que je vous citais tantôt est que Dieu ne consent à aider que ceux qui ont assez de coeur et de volonté pour s'aider eux-mêmes.Le petit coup de main que le Ciel vous donnerait ne serait qu'un cadeau mérité par votre énergie.Je vous répète que vous ne devez d'abord compter que sur vos forces, si vous voulez que se manifestent les dons reçus de la nature — et qui sont comme toujours d'origine divine, comme les talents sont d'orlglne humaine.Car on conlond trop souvent les dons Innés avec les talents acquis.Les dons naturels restent en friche lorsqu'on n'a pas le courage do les mettre en valeur : et c'est là.n'est-ce pas, une Impardonnable faiblesse.L'ELEVE — En effet, maître.LE MAITRE — Travaillez donc ferme.Et après avoir conquis votre métier d’artiste vous serez à même de seconder l’oeuvre divine en mettant le fruit de tous vos efforts personnels au service de la divine Beauté.Ce sera là l'ultime récompense que vous seriez en droit d'attendre du Ciel ou d'ailleurs.L'ELEVE — Oui.peut-être.Cela ne m'empêchera pas d'implorer la Providence de me venir en aide au cas où mes propres efforts seraient insuffisants.LE MAITRE — Malgré toute votre bonne volonté, vous placez votre professeur dans POEME INEDIT PRINTEMPS.tu peux venir! Le ciel est bleu comme un regard et dans l'âme verse la pensée.Printemps ! tu peux venir hardi, lumineux, coloré.Tout l'univers est musique et voilées sont nos douleurs I Le ciel est bleu comme un reqard et dans l'âme verse la pensée.Printemps! tu peux venir.L'amour habite les hommes reconquis et la terre dardée par le soleil livrera au monde ses fleurs et ses fruits I Le ciel est bleu comme un regard et dans Vâme verse la pensée.Printemps I tu peux venir.Nous irons à nouveau au coeur de la nature et nous saurons du silence les pénétrants secrets I Le ciel est bleu comme un regard et dans l'âme verse la pensée.Printemps I tu peux venir.et donner aux coeurs exigeants, toujours inassouvis l’illusion de la joie I Gabrielle RA1ZENNE.Mai 1947.une situation difficile.Vous me semblez trop vous mettre dans la dépendance d'un apport extérieur, alors que le travail est d'abord chose individuelle : vous manquez trop de confiance en vous-même.En escomptant trop de la volonté divine, no courrez-vous pas le risque de laisser atrophier la vôtre ?Il ne faut pas, dans votre arrière-pensée, intervertir les termes du précepte "Aide-toi le Ciel t'aidera" et lui faire dire "Le Ciel t’aidant tu n'as pas à t’aider toi-même".Dieu ne viendra pas sur la terre à seule fin de faire votre travail et d'encourager ainsi une propension bien humaine à la paresse.Considérez-vous honnête qu’ayant reçu des dons vous pensiez avoir droit à recevoir aussi les moyens (c'est-à-dire le talent) de les faire valoir ?Et puisque le Créateur vous a équipée d'un cerveau pensant.pousseriez-vous l'outrecuidance jusqu'à espérer que Dieu pensera pour vous ?Pour marcher, vous vous servez des pieds que la Nature vous a fournis : qu'il en soit ainsi du cerveau.C'est dans ce sens que je réclame de chacun l'elfort personnel, avant tout I LA MERE DE L'ELEVE — Mais, Professeur, affirmez-vous que si Dieu avait décidé que mon enfant deviendrait pianiste, elle n'en devrait pas moins passer des années de dur labeur avant de manifester la volonté divine ?LE MAITRE — Eh oui.Madame ! LA MERE DE L'ELEVE — Prétendez-vous aussi qu'un élève qui se plierait aux plus sévères disciplines pourrait réussir en dépit de la volonté d'en-haut ?LE MAITRE — Mais, Madame, de quel droit osez-vous prendre sur vous de limiter l'emploi par le Créateur de Ba divine volonté ?Comment ne reconnaissez-vous pas que les lois régissant l'évolution des êtres sont conformes à l'ordre naturel qui est d'origine divine?Est-ce nier la Providence que d’utiliser au mieux ce qu'elle nous a donné : un cerveau, un coeur, des dons particuliers, etc.?Ce que j'ai voulu faire comprendre à votre jeune fille — et bien peu le comprennent — c'est que le Ciel n'apporte son aide qu'à ceux qui s'en sont montrés dignes en s'aidant eux-mêmes.Il n'y a là rien qui puisse offusquer vos principes religieux.LA MERE DE L'ELEVE — Je n'en suis pas si sûre.Ma foi en la toute-puissance divine prime tout.LE MAITRE — Ainsi donc, vous iriez jusqu'à prétendre que l'ordre naturel est toujours en conflit avec l'ordre divin ?Où avez-vous vu que Dieu ait transmué un Ignorant en un savant ou en un artiste, sans effort personnel du sujet ?N'ai-je pas plutôt raison en affirmant que tout effort dans un but de perfectionnement me parait rien de plus qu'un acte d'obéissance à la loi divine ?Dieu n'est pas un politicien qui fait du favo titisme.Lorsqu'il a dit : "Aide-toi et le Ciel t'aidera".Il n'endossait pas les sophismes des paresseux.Au contraire.Alfred LALIBERTE, PAGE VINGT-QUATRE LE PASSE-TEMPS LA FANFARE D'ARVIDA Le benjamin de nos corps de musique • Deux instrumentistes féminins • Le Royaume du Saguenay en est lier.par Antoni JOLY LA VILLE D'ARVIDA.sise sur la grand-roule.à pou près à mi-distance enlro les centres plus populeux de Chicoutirai et de Kénogami-ïonquière, est la plus grande productrice d'aluminium au Canada.Mais ce n'est pas là tout ce qui la distingue.Elle est aussi renommée pour l'Intérêt qu'on y porte aux arts, à la musique en particulier.A preuve, l'excellente harmonie qu'elle enferme en ses murs et dont toute la population se glorifie.C’est te benjamin de nos corps musicaux mais il ligure déjà au nombro des plus renommes.Sa fondation ne date que do 1930.exactement du 4 avril de celte année-là.Il a donc dixsept ans.Pas encore ma]eur.mais prometteur ! A l'instar d'autres groupements similaires, il a connu des bas el des hauts ; il a eu ses succès et ses épreuves.Cependant, grâce à la bonne volonté el au dévouement de ses membres, grâce à l'encouragement de la population el à la générosité de mécènes dont la modestie s'olfusquerait de se voir mise en lumière, il est toujours vivant et plus actif que |amai8.Son concert du printemps a eu lieu les 8 et 9 mai.Il faut dire que.pour satisfaire tous ses admirateurs, la Fanfare d'Arvida se volt contrainte de donner chacun de ses grands concerts deux soirs de suite.Et la vaste salle du Centre de Récréation est bien remplie chaque lois.De partout, les amants de la belle musique accourent l'entendre.U en vient de chez elle surtout : mais aussi de Jonquière-Kénogami.de Chicoutimi.jusque de la Baie-des-Hahas el do Saint ïoseph-d'Alma.parfois de plus loin encore, /'"¦'ET ensemble musical esl aujourd'hui cons-titué de 42 musiciens, sous la baguette de M, I.-W.Boily.Celui-ci est un artiste consommé qui jouit d'une réputation onviable dans le monde de la musique.Il esl à la lêle de ces musiciens depuis 1937.Pour l'heuro.le bureau de direction se compose comme suit : M.Aldo Lorenson, président : M, J.-R.Smith, vicc prosident ; M Stéphane Babin, secrétaire : MM.Adjutor Pineaull.Joseph Brassard el Patrick Cubaynes, conseillers.A chacun de ses grands concerts, la Fanfare d'Arvida présente au public un artiste invité.C'est ainsi que se sont tour à tour succédé chez elle les personnalités suivantes du monde musical : Professeur Philippe Filion, violoniste, directeur de l'Union Musi-cael de Shawinigan les-Chutes : M.EUis McLinlock, cornettiste de la Symphonie de Toronto : M.Léo Filion.basse chantante : Mlle Pierrot!» Bergeron.soprano ; M.R.Pelletier, pianiste ; M.André Frégeau, violoniste ; M.Ollver-E.Woods, hautboïste, directeur de la Symphonie C, C.M.de Toronto ; Mlle Jacqueline Lindsay, soprano de Chicoutimi ; M.P.Tanguay, clarinettiste ; Mme S.Babin.sopra- no ; M.Bernard Willshire, baryton de Ion-quière : M.J.-M.Robert, violoniste : M, Pierre Brabant.jeune pianiste virtuose.On le voit, elle ne néglige rien pour avancer la cause de la musique dans sa région.Elle a eu la main particulièrement heureuse dans le choix de certains do ses invités.MAINTENANT, voici quelques-unes des ma-nilestations extérieures auxquelles elle a participé depuis sa londation.D'abord, en 1938.elle prit une noble part â la célébration du centenaire de phicoutimi.Ensuite, presque chaque année l’â vue paraître à quelque lestival marquant : à Kénogami.Saint-Joseph-d'Alma.les Trois-Rivlères, Montréal et ailleurs.En 1940, elle se rend jusqu'à Québec et participe aux cérémonies d’ouverture de l'Exposition Provinciale.Comme bien d'autres groupements, la guerre l'accapare en 1941 et elle se voit incorporée alors au Régiment du Saguenay- Elle en profite pour so laire connaître davantage dans la région el se mettre en valeur par ses concerts au camp d'entraînement Tremblay, de Chicoutimi, En 1946, elle va prêter son concours aux fêtes du cinquantenaire de Causapscal, en Gaspe-sie, et elle devient membre de l'Association dos Fanfares Amateurs de la Province de Québec.La même année, elle paraît au lestival de fanfares de Montréal.On peut sans peine le constater, d'année en année s'accroissent ses activités, s'affermit et se répand sa réputation.Petit à petit, elle se crée véritablement un nom.Dans sa propre localité, elle donne au moins dix concerts à son kiosque en plein àlr.Ils sont très goûtes du public.La population arvidienne s'y presse mais l'auditoire est grossi de bien des "musicophiles” dos alentours.QUANT à ses deux concerts de gala an nuels Us sont rehaussés encore par le concours de la Petite Symphonie, formée de quelques uns de ses instrumentistes, sous la direction du même maestro.De cette organisation d’à-côté, elle n'est pas peu lière ; car c’est le seul orchestre du genre dans tout le Royaume du Saquenay.On y trouve de3 musiciens de Chicoutimi, de Jonquière et de Kénogami tout aussi bien que d'Arvida.Malgré ses débuts très récents, ses efforts et succès augurent d'un avenir plein de p:o messes.La Fanfare d’Arvida est grande voyageuse, comme on a pu s'en rendre compte.Ainsi a t-elle parcouru plus de 1.350 milles au cours de la seule année 1946.1947 la verra de même paraître en maint endroit do la province et prendre une part active à mainte manilestation.II est dores et déjà entendu qu'elle apparaîtra à tout le moins au festival des lanlares de la province au cours de l'été.Pour terminer, disons que la population de la ville d'Arvida de même que nombre do gens des villes voisines est lière de' son harmonie et qu elle l’encourage grandement.De cette façon, il est clair qu’elle n’a pas dit son dernier mol.On entendra certes encore parler d'elle, et de mieux en mieux, au fur el à mesure que les ans viendront mûrir ses talents.Antoni JOLY.MONTREAL, MAI 1947 PAGE VINGT-CINQ * Chronique du temps passé IL Y A 50 ANS DANS 1er MAI 1897 — En première page, un dessin au Irait de Achille Comtois, premier ténor de la chorale du Gesû.ex-élève d'Alexandre Clerlt.Quelques nouvelles : A la salle Windsor, le 10 mai.concert de Lavin.— Au collège Saint-Laurent.pour l’inauguration d'une salle académique, on a joué un drame.Intrigues de Juil.— Edmond Hardy, directeur du conservatoire de la Société Artistique Canadienne, a présenté ses élèves, à la salle Windsor.On y entendit Mlles Alexina Prévost.Bernadette Renols.Maij Calder.Eugénie Fortier.Adellne Marier.Annie Fortier.Eva Ploul, Rosalie Lalonde et Anna Landry.Les professeurs du Conservatoire sont Oscar Martel, violon.Achille Fortier, chant.Charles Labelle.solfège, et Arthur Letondal.piano.Dans l'Album Musical : Le Paradis Perdu (Duo d'Adam et Eve), par Théodore Dubois.— Gavotte (extrait de l’opéra "Donna Diana"), par H.Holmann.— Polka d'Arlequin, pour violon ou flûte et piano, par Victor Auer.15 MAI 1897 — En page-couverture, portrait do F.Heraldy, directeur de la fanfare do Sherbrooke, qui vient d'être engagé par la direction du Parc Sohmer.F.Heraldy est un ancien élève du conservatoire de Liège.Quelques nouvelles: Compte-rendu du Paradis Perdu.Interprété au Monument National, sous la direction d'Alexandre Clerlt.d'abord le 27 avril, puis qui sera présenté le 18 mai, sous le patronage de l'hon.WUirld Laurier et du maire Wilson Smith.Solistes: Mlle Marie Terroux.soprano ; Mlle G.Gérin-Lajoie, mezzo-soprano ; M .Achille Comptols.ténor : M.Joseph Saucier, baryton.— A Parin.Mlle Victoria Cartier a obtenu un grand succès à un récital organisé par son professeur Eugène Gfgout.organiste de Saint-Augustin.et par Léon Boellmann .organiste de Salnt-Vincent-de-Paul.— Au Parc Sohmer.le chanteur populaire Louis Vérande a remporté un vil sucrés avec la chanson "Un bal chez le ministre'".— A Paris, notre compatriote Mlle Céline Marier est l'élève de Romain Bussine.— Au collège du Mont Saint-Louis, les élèves jouent "La tour de Londres" et le jeune ténor F.-X.Mercier est vivement applaudi.Dans l'Album Musical : Le Paradis Perdu (Air de Triomphe), par Théodore Dubois.— Anémone, mazurka, pour piano, par Victor Auer.Plus populaires que jamais les oeuvres de Anna Boisclair, pour piano • Espérons Marche.40 • René Valse.40 • Marche des Vainqueurs .40 • Edouard Valse.25 ajouter 2< pour frais de poste.Gravure nouvelle.Chez les marchanda de musique ou au PASSE-TEMPS 627 ouest, rue Dorchester, MONTREAL 2, P.Q.REPARATION D'INSTRUMENTS A VENT *Paul CARPENTIER Commandes exécutées pour toutes les parties du Canada ouvrage 1621 rue du Moulin GARANTI TROIS-R1VIERES, QUE.Dans ces églises du Poitou, de Normandie ou de Bretagne .furent bénis nos aïeux à leur départ pour le Canada naissant.C'est à même leurs vénérables archives que le directeur de l'Institut Drouin, en ce moment en Europe, complétera; ses innombrables dossiers, déjà établis d'après les archives de l'Amérique française.Pareille minutie dans la recherche a toujours été la liqne de conduite de cette institution, hautement qualifiée pour préparer votre livre le plus précieux : L'Histoire de votre Famille.Consultez en toute confiance INSTITUT GÉNÉALOGIQUE DROUIN 4184 rue St-Denis — Montréal — LA.8151 PAGE VINGT-SIX LE PASSE-TEMPS Mots croisés du Passe-Temps 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 PROBLEME No 19 HORIZONTALEMENT : — 1.-Sociétés musicales qui ne se servent que d'instruments de cuivre.— Pièces de vers.2.—Un des hauts plateaux du Turkestaa russe.— Chants.3.—Sotte, imbécile.— Agréable à voir.4.—Placé dans un endroit.— Rare instrument intermédiaire entre l'alto et le violoncelle.5.—Trouble caractérisé par une idée fixe.— Négation.6.—Nom des grandes espèces de bullles Indiens.— Commune du Puy de Dôme.— Qui n'est pas façonné, poli.7.—Historien français, secrétaire de Napoléon 1er.— Hameau en Italie, où les Anges auraient transporté la maison de Nazareth.— Chef d'Etat investi de la souveraineté.B.—Vieux mot qui signifie : en les.— Du verbe avoir.— Armature de selle.9.—Ensemble des règles d’un métier, d'une profession.— Moins denses.10.—Initiales du directeur du Conservatoire LaSalle.— Mousse blanchâtre se formant au bord de la mer.— A produit un son articulé.— Pronom personnel.11.—Extrémité d'une église, derrière le choeur.— Martyr en Perse.12.-—Peintre suisBe.— Participation aux profits d'une affaire.— Nom donné à certains chefs indigènes dans l'Afrique Occidentale française.13.—Initiales d'une jeune pianiste canadienne.connue comme improvisatrice.— Degrés différents d’une même coulour.— le nettoie avec un linge (moins la dernière lettre).14.—Sentiment exagéré de sa valeur et de ses droits.— Fatigué.— Art de lancer au moyen d'une arme.15.-—Matière colorante obtenue de la seiche.— Gendre de Mahomet.— Etui de métal pour protéger le doigt qui pousse l'aiguille.16.— Aride.— Métal précfeux.— Compositeur français, auteur de nombreuses chansons qui eurent beaucoup de vogue.VERTICALEMENT: — 1.—Comédie lyrique, livret do Boïto.musique do Verdi.— Séries de huit notes disposées dans l'ordre nature! des sons.2.—Titre légal de l'or et de l'argent.— Nom du soleil chex les Egyptiens.— Variétés de pêches et d’abricots à chair blanche.3.—Qui conduit un navire, une barque.— Deux consonnes.— Drame lyrique (moins la dernière syllabe).4.—Pianiste et compositeur russe, dont il est question dans un article du présent numéro du "Passe-Temps ".— Habitude ridicule.5.—Grande chaîne de montagnes de l'Amé rique du Sud.— Initiales de l'auteur de "la Cathédrale engloutie".Refusa d'admettre un fait.6.—Petit poème pastoral.— Usages.7.—Production d'un son articulé.— Région montagneuse de l'Asie Centrale.8.—Adjectif possessif.— Ecrivain français, dont la théorie de l'existentialisme fait sensation.— Mammifère.9.—Chex les Israélites, ministre du culte.— Arme servant à lancer des flèches.— Initiales de l'auteur de la "Symphonie du Nouveau Monde".10.—Flouve d'Italie.— Fille d'Inachos.— Danse vive du «ud de l'Italie.TXJLIPE N7IRE pfc ÇHENARI7 LA Cie CANADA DRUG.MONTREAL 11.—Célèbre théâtre parisien, où ont joué plusieurs artistes canadiens, entre autres Jacques Auger.— Double point qu'on met sur les voyelles e.1.u.— Oignon d'une odeur très lorte.12.—Deux voyelles.— Expression populaire appliquée à celui qui réclame toujours des mets ralfinés.— En les.13.—Action de rester quelque temps en un lieu.— Désoeuvrés.— Note de musique.14.—Chant ou psalmodie qui ne roule que sur deux sons.— Vase de forme variable dont se servaient les anciens.— "Est", en anglais.15.—Terme de musique indiquant do Jouet lentement.— Conjonction.— Ancienne mesure de capacité pour les grains et les liquides.16.Composition musicale comprenant plu sieurs morceaux.- Habitants d'une île.SOLUTION DU PROBLEME No 18 I 7 3 1 S 6 7 JL 9 10 11 12 13 1415 18 1 I 2 3 | 4 | 5 8 | 7 8 9 10 U 12 13 14 15 16 ?'?nifittEŒRII _E.EflG3.SEI a'Ti'ïïiirarama nr-jsfîi.GVïin na ïïH'rara'rtn' .ra.ra.eau ra'ra' ï3Rif3ünp: n.@.an.n Hüraar?ofifiEnra.^ w an sïara L aâa 39.F3.ra pieu fîi (3.ra.n.' a H' a ara en rara œa'K gWarei’B'H a èi,h ri.fi Einrara numa’ a fan.a.iRïnaH'Ë; .lu ki' I Hna.KiH fs'o' '.vrinnniïï nlarang a rare ri 3 ra.n.K.E.atss.n a art as tira.Lüiirs GJ MH üRr:'nHCl_alüllii r.rifflKBRiBQia nia.a a rc MONTREAL.MAI 1947 PAGE VINGT-SEPT DES BEAUX DISQUES! A la demande de nombreux lecteurs, nous consacrerons désormais une chronique aux Disques, aux artistes et à la musique sur disques.Nous serons toujours heureux de recevoir suggestions et commentaires.¦ LES ALBUMS NOUVEAUX .Ezio P1NZA.basse célèbre, présente un album de 8 disques de 12" des plus beaux Airs d'Opéras de Mozart.Bruno WALTER y dirlqe l’Oichestre du Metropolitan Opéra.La voix splendide de Pinza s'allie parfaitement à la musique de Mozart.(Columbia D173-$5.) ¦ On siqnale un qrand intérêt pour l’album de la Suite Française, de Darius Milhaud.où l'auteur dirige l'Orchestre Philharmonique de Neur-York.Remarquable (Columbia.C15990-1 S3.) ¦ Pour une interprétation superbe de la Suite de Ballet.Les Saisons de Glazounov, il laut entendre l'Orchestre Symphonique de Dallas, sous la direction très personnelle d’Anta/ Dorati.Brillant ballet champêtre en un acte et quatre scènes • hiver, printemps, été et automne.(DM-1072.S6.40, RCA-Victor).¦ L'amateur de valse est Bervi à souhait avec Vionnese Nights (Nuits de Vienne).Un choix heureux des valses qracieuses de Johann STRAUSS et de Franz LEHAR, interprétées par Henri RENE et son orchestre.(RCA-Victor S-46, $3.75).¦ LES DISQUES CLASSIQUES .Marian ANDERSON.contralto, se surpasse dans son interprétation de Lullaby, de Cyril SCOTT, op.57 No 2, paroles de Christiana ROSSETTI et Hear the Winds Whispering, musique et paroles de Frida BUCKY.Superbe enregis-trement.(RCA-Victor 10-1260.SI.) ¦ lasha HEIFETZ, violoniste, accompaqné par l'Orchestre RCA-Victor sous la direction de Donald VOORHEES .présente une courte oeuvre symphonique pour violon et orchestre : Carmen Fantaisie, de Franz WAXMAN, d'après des thèmes de l'opéra Carmen, de BIZET.Un disque pour le collectionneur et l'amateur de violon.(RCA-Viclor 11-9422.$1.35).¦ LA MUSIQUE POPULAIRE .Nos artistes canadiens ajoutent sans cesse à leur répertoire varié et caractéristique.Lucille DUMONT, avec BabaJu et Brin d'amour (56-5136, $0.75) .Robert L'HERBIER Interprète La gamme et l'amour et à l’endos.Tango d'un soir (55-5271, $0.75) .tous deux avec orchestre .Paul PRUNELLE, chant avec guitare, présente le me demande pourquoi et Ne me dis pas adieu .Alys ROBI.chant avec orchestre, une traduction d'extraits du lilm "Song ol the South".Zip-a-deo Do&dah et Tu verras .Omer DUMAS et ses Ménestrels ont enregistré un enlevant paul-jones : Pot-pourri, 1ère et 2e parties (55-5273).très brillants motils.dont marche Espérons et valse Edouard des éditions du "Passe-Temps”.Des détaillants nous rapportent une demande accrue récemment pour un enregistrement de Omer DUMAS : Boni ta Valse (55-5228).ainsi que pour La Boute de l'Amour, deB duettistes GAREAU-COUTU.de Radio-Carabin (56-5123, S0.7S) .De même pour Si petite, par Jean CAVALL eau ; Le palais de Schoenbrunn, lantôme de Versailles.Abrita nos guerriers après trente batailles.Sur quelque endroit du sol où son pied se dirige.Il marche sur Thistoire, il rencontre un prodige." TOUT l'Aiglon est bien là, dans ses grandes lignes.Rostand nous montre le prince impérial dans la scène fameuse des petits soldats, dans ses courses à cheval, dans toute sa soif de s'instruire, dans sa fièvre d'évocation d'une histoire toute fraîche, et qu'il ne veut pas croire, pour lui, sans lendemain.Son Fils de l'Homme, jugé comme une provocation au gouvernement de Charles X, avait valu à Barthélémy trois mois de prison et mille francs d'amende.Mais qu'importait, puisque le poème avait eu un succès tel que, le 28 décembre 1830, le régime ayant changé, Eugène Sue et de Forges faisaient représenter, tiré de l’épopée et du récit de voyage qui l'accompagne, un autre Fils de l'Homme qui eut une carrière honorable.Le 19 août 1832, un mois après la mort du duc de Reichstadt, Merville et Corny donnaient A vingt-et-un ans ou l'Agonie de Schoenbrunn, où, sous les traits de deux Français, déguisés en Allemands, pour parvenir plus aisément jusqu'au prince, s'esquisse le populaire personnage de Flambeau.Le 25 août 1832, c'était La Mort du Roi de Rome, de Montigny, où se précise la silhouette de ce grognard dont Rostand fera un premier plan.Le 4 novembre 1834, Ancelot et Anicet Bourgeois faisaient jouer la Nourrice du Roi de Rome ; en 1850, Desnoyers et Beauvallet présentaient leur Roi de Rome ; en 1898, enfin, un an avant l'Aiglon, Emile Pouvillon tenait, pendant trois mois, l'affiche du Nouveau-Théâtre avec son Roi de Rome, qu’Armand d'Artois avait rendu plus scénique.Pouvillon avait largement utilisé les Mémoires de Prokesch, alors récemment publiés, dont Rostand s'est aussi servi, et auxquels il doit sans doute la scène entre Mannont et Reichstadt.Au demeurant, rAiglon reste, en définitive, une oeuvre très personnelle.D’un mot, d’un vers, d'une phrase, le génie lyrique de Rostand a fait jaillir une scène, parfois trop abondante même, ou une tirade, qui arrache à la fin les applaudissements des auditeurs.Drame bien français, comme La Princesse lointaine, Cyrano de Bergerac, et Chantecler, l'Aiglon est le conflit de l'inégalité de l’homme avec son rêve.C'est le poème du malheur qui se refuse et de la volonté qui se redresse.Qu'il connaisse aujourd'hui une faveur nouvelle, cela ne surprend point.N'est-il pas aussi le drame de l'esprit français cabré dans la résistance contre une insupportable oppression ?Maurice RICORD.Les chansons de l'herbe et de la rosée MAGNIFIQUE ALBUM DE 8 CHANSONS ENFANTINES — ILLUSTRATIONS EN COULEURS.TITRES : Les Sabots de lai Bergère • Bonjour, le Joli Chaperon • La Poule aux Oeufs d'Or • Petite Madame Pluie • La Cigale et la Fourmi • Le Coucou de ma Grand'Mère • Le Lapin et le Furet • Sur le petit bout du doigt.$1.75 (PAR LA POSTE SI.85) En vente au "PASSE-TEMPS", 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2.MONTREAL.MAI 1947 PAGE TRENTE-ET UN J^EAUMANOIK Un véritable musée d'artisanat Venez le visiter et y choisir vos cadeaux PAUL GOUIN, direcleut artistique 1498 OUEST.RUE SHERBROOKE (près Guy) Visitez la belle galerie de S& L'ART FRANÇAIS Un choix varié de peintures canadiennes.IgR «MF Magnifiques natures mortes de Moret.&&} Plusieurs oeuvres de maîtres hollandais, f|| L'ART FRANÇAIS jÆk 870 ouest, rue Laurier, Montréal.CA.6077 rL?MBjranSMMBKHB Exercices d'articulation La consonne "S" DESCRIPTION — Dons l'articulation da S.los arcades dentaires supérieure et intérieure BOnt visibles et semblent se toucher, comme pour 1.Le larynx reste muet ; le voile du palais se relève ; les dents d'en bas.qui dans la position de repos sont généralement plus en arrière que celles d’en haut, s'avancent et se mettent sur le même plan que celles-ci.La langue, prenant son point d'appui derrière les dents d'en bas.s'élève vers le palais, en constituant un canal étroit dans lequel le courant d'air expiré vient se briser contre le bord tranchant des dents.L’air doit être chassé avec force et s'échapper en lilets déliés, alin de produire le sifflement qui doit précéder le son vocal et s'unir à lui au moment même de l'abaissement subit de la mâchoire inférieure.EXERCICES — Sa.sé.si, so.su.sou, seu.San, sin, son, sun.— Spa.spé, spi.spo, spu, spou, speu, span, spin, spon.spun.—• Sla.sfé.sli, sfo.slu.slou, sleu.slan, slln.si on, alun.— Pour gui sont ces serpents qui sitîlent sur vos têtes ?— Ciel, si ceci se sait ce soir, ces soins sont sans succès.— Si son successeur sufvaft ces Saints exemples, Cécile, sa soeur, serait sans souci.— L'assassin, sur son sein, suçait son sang sans cesse.— Si c'est cinq sous ces cinq saucissons-ci.ce sera cent six sous ces cenf six sausdssons aussi.— Saisissant son sabre, ce suisse s'est suicidé ce soir à Soissons.— Ces cyprès sont si loin qu'on ne sait si c'en sont.— Ainsi, (oui change, ainsi tout passe, ainsi nous-mêmes nous passons, hélas I sans laisser plus de trace que cette barque où nous glissons, sur cette mer où loul s'ellace.I.-L.GONDAL.PEINTRES MUSICIENS A propos du violon d'Ingres par Camille SAINT-SAENS J'ETAIS tout enfant quand un hasard heureux m'introduis» chez le futur auteur de La Source.Grand compositeur de musique, comme beaucoup de peintres, il se croyait en outre grand connais seur : ses opinions musicales, affirmées avec éclat, n’étaient au fond.que l’écho de celles d’Henri Reber et du chanteur Delsarte.Mozart.Gluck étaient ses dieux ; toute musique moderne lui inspirait.a priori, une insurmontable horreur.Incapable de l'apprécier, mais fasciné par sa conversation et par l'admiration qu’il inspirait autour de lui, Je composai un Adagio pour piano dont je le priai d’accepter la dédicace.Il l’écouta patiemment, et pour me remercier me lit don d'un petit médaillon en plâtre de Mozart, avec cette inscription de sa main : "à M.Saint-Saëns.charmant interprète de l'artiste divin".Malheureusement 11 oublia d'y joindre la date."M.Saint-Saëns” avait alors six ans I et jouait très proprement des sonatines de Mozart et de Haydn.Qu'on ne s'étonne pas trop de ce répertoire ; il était impossible de me faire accepter les morceaux que l'on écrit spécialement pour les enfants."La basse ne chante pas", disais-je avec dédain ; et comme je voulais à toute force jouer quelque chose, il avait fallu chercher dans les vieux maîtres des fragments accessibles à la faible envergure de mes menottes.Pendant les longues années où il me fut donné de cultiver la précieuse fréquentation du grand peintre, jamais je ne l’ai vu le violon à la main.Un jour — je devais alors avoir une quinzaine d'années j'osai lui parler de son talent de violoniste et réclamer l'honneur d’une sonate, exécutée en collaboration.Il s'y refusa, "le n'en joue plus depuis longtemps, me dit-il ; d'ailleurs, je n'en al jamais bien joué : j'ai fait quelques fois le second violon dans les quatuors." Voilà donc à quoi se réduit ce fameux "violon d'Ingres" I On voit ce qu'il faut croire des racontars, des anecdotes, des mots que l'on publie à ce sujet.Ne va-t-on pas jusqu'à dire qu'Ingres souffrait volontiers la critique sur sa peinture, mais ne l'eût paB tolérée sur son talent de violoniste ?L'artiste que j'ai connu ne ressemblait guère à ce portrait.Il se croyait le plus grand peintre de son siècle, e! n'admettait au-dessus de lui que Raphaël; il n'aurait pas supporté la moindre critique, non seulement sur ses oeuvres, malB sur ses doctrines.Personne, d'ailleurs, n'eût osé s'y aventurer.C.SAINT-SAENS.PAGE TRENTE-DEUX LE PASSE-TEMPS Tout le monde en parle Q I A K toujours à point et D I I I L H l\ servi de façon appétissante Km foô’5 Spectacle chaque soir dans la salle du haut 7815 Boul.Décarie.Téléphone : ATlantic 0638 RESTAURANT DISTINGUÉ CUISINE SOIGNEE VINS — BIERES — LIQUEURS 1490 rue Drummond Montréal — PL.6345 PROPOS DE LA TABLE La Métropole du Canada possède un certain nombre de restau rants typiques, où l'on trouve les cuisines des quatre coins du globe.C'est atin de les mieux taire connaître que "Le Passe-Temps" commence ces aperçus historiques sur les établissements qui maintiennent les traditions culinaires el gastronomiques, si chères à l'homme de goût el de culfure.Aujourd'hui, nous parierons du Drury's.• Il laul remonter à 1688.à l'époque où le cyclisme était le sport à la mode pour retracer l'histoire de la londation de l'un des plus anciens restaurants de Montréal : le Drury's Old English Steak House.sis sur la lue Osbarne.près de la gaie Windsor, au Carré Dominion.Toujours le rendez-vous des gourmets, le Drury's a établi sa réputation sur ses spécialités, tel le biftek de bison que ce fameux restaurant lut longtemps le seul à offrir régulièrement à ses hôtes.Trois générations de la lamille Drury s'y succédèrent jusqu'à ce que le sportsman bien connu, Léo Dandurand.en fit l'acquisition en 1938 avec ses fils.Gérard, qui en est le trésorier, et Paul, l'administrateur.Ils s'emploient à maintenir cette réputation de cuisine soignée et d'accueil cordial.C'ost une atmosphère reposante que le visiteur trouve dans la sallo principale de l'établissement ; style des anciennes auberges d'Angleterre, boiseries et sculptures en chêne fumé, ave cartouches aux armes des provinces canadiennes, verrières artistiques, etc.Le Drury's est un des restaurants que le gourmet doit Induis dans son itinéraire d'excuisions gastronomiques.Lorsque vous mangez en ville allez chez CUISINE SOIGNEE 8 Restaurants à Montréal S/VI50N II ________, it.lUFC HD COIICERTS @ lU'LUS au^tlïriî^ w - ^
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