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Titre :
Rapport de l'Archiviste de la province de Québec
Éditeur :
  • Québec :Louis-A. Proulx, Imprimeur de sa Majesté le Roi,1921-1960
Contenu spécifique :
1960-1961
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
une fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Rapport des Archives du Québec
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Rapport de l'Archiviste de la province de Québec, 1960, Collections de BAnQ.

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[" Ministère dés Affaires Culturelles RAPPORT DES ARCHIVES DU QUÉBEC Tome 41 ROCH LEFEBVRE Imprimeur de Sa Majesté la Reine 1963 I: Québec, 3 octobre 196X , j u.\u2022 ¦.A Monsieur Georges-Emile Lapalme, Ministre des Affaires Culturelles, Hôtel du Gouvernement, Québec, P.Q.Monsieur le Ministre, \u2022] On me demande de vous présenter le Rapport de l'Archiviste de la Province de Québec pour 1960-61, le quarante-et-unième de la série inaugurée en 1920-21.Je le fais avec plaisir.La matière en est la suivante: 1.Premières Pages du Journal des Jésuites de Québec, 1632-1645.R.P.Léon Pouliot, s.j.¦ 2.Jean Prat, corresponlant de Bernard de Jussieu, monsieur Roland Lamontagne.3.De quelques testaments, monsieur Jean-Jacques Lefebvre.4.f/n document curieux, monsieur Louis Cormier.5.Recherches en Suisse sur François Bigot, dernier intendant du Canada (1703-1778), monsieur Jehan-Eric Labignette.6.La coiffure dans la région montréalaise, monsieur Robert-Lionel Séguin.7.Journal de Marin, fils 1753-1754, R.P.Antoine Champagne, c.r.i.c.Comme vous le voyez à l'énumération de ces articles, la documentation que nous offrons au public en général, et aux chercheurs et historiens en particulier, est aussi abondante que variée.Je remercie donc, en votre nom, nos collaborateurs bénévoles.Les Archives du Québec sont maintenant propriétaires du fonds généalogique du regretté Père Archange Godbout, o.f .m.et nous espérons bien, dans un avenir rapproché, continuer son dictionnaire généalogique et bio-bibliographique des familles canadiennes intitulé Nos Ancêtres au XVIIe siècle, et dont cinq tranches ont déjà été publiées dans le Rapport de l'Archiviste.Il nous appartient maintenant de rédiger les biographies ances-trales à l'aide des notes et références du grand généalogiste décédé en 1960.Le département des Archives du Québec, Monsieur le Ministre, possède une documentation monumentale que nous ont léguée les générations précédentes.C'est à nous d'en extraire les leçons d'un passé fécond en y adoptant des méthodes modernes de dépouillement, d'analyse et d'index, et nul doute que les sages recommandations et décisions de notre sous-ministre, monsieur Guy Frégault, sauront vous être agréables.Il me reste enfin à remercier M.Clément St-Germain, directeur du service des Lettres de notre ministère, pour sa bienveillante coopération dans l'édition de ce rapport.Veuillez me croire, monsieur le Ministre, votre dévoué serviteur, ROLAND-J.AUGER, Archiviste intérimaire du Québec. PREMIÈRES PAGES DU JOURNAL DES JÉSUITES DE QUÉBEC 1632-1645 Reconstituées et présentées par LE PÈRE LÉON POULIOT, S.J.Chaque entrée dans le Journal reconstitué est accompagnée de deux références : la première renvoie aux Relations des Jésuites, édition de Québec (1858); la seconde renvoie à la collection de Thwaites : The Jesuit Relations and allied documents (Cleveland, 1896-1901). > PREMIÈRES PAGES DU JOURNAL DES JÉSUITES DE QUÉBEC 163 2-1645 ¦ PRÉSENTATION Bien qu'il n'existe aucune prescription explicite sur le sujet, un usage s'est établi dans la Compagnie de Jésus, et dès les débuts, suivant lequel tout supérieur local tient un diaire ou Journal: entrée au jour le jour des événements qui tranchent sur le quotidien et qui appartiennent à l'histoire intérieure ou extérieure de la maison.Cet usage découle, croyons-nous, d'un devoir imposé par saint Ignace à ses enfants, dans la huitième partie des Constitutions: devoir pour les supérieurs locaux de renseigner régulièrement le Provincial sur les hommes et les oeuvres de leur maison, devoir pour le Provincial d'être en relation épistolaire constante avec Rome.Par là saint Ignace pensait moins à exercer un contrôle minutieux sur ses fils qu'à resserrer les liens de la charité entre des frères, séparés dans l'espace, mais engagés dans le même combat.Il voulait également stimuler le zèle des uns par le récit des résultats obtenus ailleurs par les autres (1).De itant de documents parvenus à Rome, il appartiendrait au Général de tirer des extraits, de les publier et de les communiquer à toute la Compagnie.A une époque où il n'existait ni presse quotidienne, ni téléphone, ni télégraphe, où les communications d'un pays à l'autre étaient lentes et difficiles, on avait recours au livre pour renseigner les Jésuites du monde entier sur les travaux de leurs frères.Cela nous a valu l'importante collection des Litterae Annuae, ou Lettres annuelles, manuscrites d'abord, mais imprimées depuis la fin du XVIe siècle (2).Comme on le voit, dans la pensée de saint Ignace, la correspondance n'était pas pure et vaine formalité.Elle avait un but pratique et un but apostolique; tout en tenant le Provincial au (1) Socielatis Jesu Constitutiones, Rome 1949, p.243, nn.673-676.(2) Les Lettres annuelles n'étaient pas destinées au public.\u2014Etude sur les Relations des Jésuites.Montréal, 1940, 4-5.[3] 4 ARCHIVES DE QUÉBEC courant, elle était collaboration, par l'exemple, à l'oeuvre de toute la Compagnie.Et c'est pour une plus parfaite observation de cette règle qu'a été conçu l'aide-mémoire, qui s'appelle le Journal.Si les supérieurs des maisons d'Europe avaient cru bon, entre deux rapports au Provincial, de confier à un Journal les faits et les événements dignes de retenir l'attention, on pense bien qu'il n'en fut pas autrement en Nouvelle-France.Bien plus, indépendamment des bonnes coutumes de France, que le Père Paul Le Jeune apportait avec lui en 1632, et qu'il avait à coeur de maintenir, te besoin d'un Journal se faisait plus impérieusement sentir ici qu'en !Europe; car la courte navigation fluviale d'alors ne permettait au Supérieur de Québec de s'entretenir qu'une fois l'année avec le Provincial de Paris.Quand, après les longs mois d'hiver, l'heure viendrait de rédiger le rapport ou Relation, la tâche du Supérieur serait singulièrement facilitée, s'il avait à la main cet aide-mémoire qui s'appelle le Journal.Mais à Québec, ce Journal a-t-il vraiment existé?et s'il a existé, quand a-t-il commencé?En 1871, les abbés Laverdière et Casgrain publiaient, d'après le manuscrit original, conservé aux archives du Séminaire de Québec, le Journal des Jésuites de Québec de 1645 à 1668 (3).Ils savaient que la suite du Journal avait existé jusqu'en 1755, qu'elle avait été connue et utilisée par l'historien William Smith (4) et ils en déploraient la disparition.Mais, en se basant sur le titre du manuscrit: Journal commencé octobre 1645, ils insinuaient, sans pourtant l'affirmer explicitement, qu'il n'y avait rien de semblable pour les années antérieures (5).L'usage constant de la compagnie, que nous venons (3) (4) In-IV de 403 pages, Léger Brousseau, Québec.\u2014Cette première édition fut presque tout entière consumée par le feu avant d'être mise en vente.J-f» ™f exemplaires qui ont survécu font l'orgueil des bibliophiles.En 1892, le libraire-éditeur de Montréal, L-M.Valois, publait une seconde édition exactement conforme à la première.\u2014Le Journal des Jésuites n'existe plus en librairie depuis de longues années.Qui se chargera de nous donner une troisième édition/\u2014 Dans ses Jesuit Relations and Allied Documents, Thwaites reproduit le Journal année par année, à partir de 1645, selon; l'ordre chronologique rigoureux de la collection, n nous paraît regrettable qu'un document d'une telle immportance n'ait pas été publié d'une seule venue.\u201e The History of Canada from its discovery to the peace of 1763, Qucoec, Neilson, 1815.Le premier volume, p, 170, contient une référence au tournai des Jésuites, à la nom à une rivière qui s'appelle ^J 1^7 ti ar31^ S revient' mak comme «o10» «\"te fois, et à Québec, !» L^ÎX- H meurt à Québec des suites d'une chute grave, le 23 janvier 1627.m «ïï!; u^S Rolî?t' s1 5emane à Guillaume Hubou, le 26 mai 1629.M.et Mme Hubou restèrent à Québec pendant l'occupation anglaise (1629-1632). JUILLET-AOÛT 1632 21 Ker se dispose à partir.II part.13.¦ ¦ : )¦-¦ .'r-k*y'!j *S: \u2022¦ .'I XT.¦ Etat de notre maison et de nos terres.L'Anglais ayant vu les patentes signées de la main de son roi, promit qu'il sortirait dans la huitaine, et de fait il commença à s'y disposer, quoique avec regret.(1632, 8 ; V, 42).Le mardi suivant, treize de juillet, ils remirent le fort entre les mains de Monsieur Emery de Caen (13) et de Monsieur du Plessis-Bochart.(14) son lieutenant.Et le même jour firent voile dans deux navires qu'ils avaient à l'ancre (1632, 8 ; V, 42).Les Anglais délogeant, nous sommes rentrés dans notre petite maison.Nous y avons trouvé pour tous meubles deux tables de bois telles quelles, les portes, fenêtres, chassis, tous brisés et enlevés, tout s'en va en ruine ; c'est encore pis en la maison des Pères Récollets.Nous avons trouvé nos terres défrichées couvertes de pois ; nos Pères les avaient laissées à l'Anglais couvertes de froment, d'orge et de blé d'Inde.Et cependant, ce capitaine Thomas Ker a vendu la récolte de ces pois, refusant de nous les donner pour les fruits qu'il avait trouvés sur nos terres.Notre-Seigneur soit honoré pour jamais I Quand on est en un mauvais Eassage, il faut s'en tirer comme on peut.C'est eaucoup qu'un tel hôte soit sorti de notre maison et de tout le pays (1632, 8 ; V, 44).AOÛT Emery de Caën 6.vient diner.20.Le 6 août, Monsieur Emery de Caën étant venu nous voir en notre petite maison, éloignée du fort une bonne demi-lieue, il demeura à dîner avec nous (1632, 11 ; V, 58).Vendredi dernier, 20 d'août, jour de saint Bernard, étant allé voir un malade à notre bord, c'est-à-dire à notre vaisseau, pour aller de là saluer Monsieur (13) CAEN, Emery de: l'un des directeurs de la Compagnie - à la dU Le sieur Nicolet, truchement. MAI-JUIN 1636 M AI Voyage aux Trois-Rivières.Le petit 22.Bonaventure noyé dans le Sault de Montmorency.Jeune Français qui arrive des Hurons.Le quatrième de mai, Monsieur Gand allant faire un tour aux Trois-Rivières, je montai dans sa barque, désirant me trouver en une assemblée des Sauvages qui se devait tenir là (1636, 58; IX, 216).Le Vingt-deuxième du même mois, j'appris une fort mauvaise nouvelle.Un jeune Sauvage baptisé qui demeurait en notre maison, étant avec un de nos Français qui chassait par delà le Sault de Montmorency, l'arquebuse du Français s'étant crevée entre ses mains et l'ayant offensé, il s'en revint en diligence pour se faire panser, laissant du feu et de quoi vivre au petit Sauvage, qui ne le pouvait suivre.Cet enfant, ayant peur de rester seul, comme nous conjecturons, venant au torrent qui tombe du Sault de Montmorency, le voulut passer et se noya (5) (1636, 58; IX, 220).JUIN Le quatrième de juin, arriva des Hurons un jeune Français, lequel s'étant mis avec quelques Algon- Juins au commencement de l'hiver, à dessein 'apprendre leur langue, ils le conduisirent par terre, ou plutôt par neige, jusques au pays des Hurons; ce fut une hardie entreprise et bien difficile (6).Nos Pères furent bien étonnés et bien joyeux de le voir en un temps si extraordinaire.Ils nous écrivirent à son retour qu'ils avaient baptisé près de soixante Sauvages, depuis le voeu que nous fîmes tous le jour de La Conception de la Sainte Vierge ; et que les Pères que nous leur I s'agit du petit Bonaventure, baptisé le 7 avril 1635.«O que cet accident nous a causé de douleur!» écrit le P.Le Jeune.(6) La Relation des Hurons de 1636, 90; X, 74, nous permet d'identifier avec certitude ce jeune Français: «Le vingt-huitième de mars (1636) François Mar-Euerie qui était allé hiverner avec les Sauvages de l'Ile, nous en amena quatre.Ce nous fut une grande consolation de recevoir des visites françaises en une tetle^aison, et d'entendre des nouvelles de Québec et des Trois-Rivières.Nous fûmes aussi surpris d'étonnement de voir qu'un jeune homme comme lui, âgé de vingt à vingt-deux ans, eut le courage de suivre les Sauvages sur les glaces, dans les neiges et au travers des forêts quarante jours continus, et 1 espace de qudque trois3 cents lieues, portant, traînant et travaillant autant et plus que pas un de sa bande; car ces barbares étant arrivés au gîte, lmfanuuent faire leur chaudière, tandis qu'Us se chauffaient et se reposaient.» Ce texte est de saint Jean de Brébeuf. 46 JUIN 1636 Nouvelles des Huions.Arrivée de notre 11.Gouverneur.pp.Chastellain et Gamier.Te Deum.M.de Montmagny reçoit les clés de la forteresse.envoyâmes l'an passé étaient arrivés en bonne santé par la grâce de Notre-Seigneur, qui va tous les jours aplanissant les plus grandes difficultés de ce voyage.Ces Algonquins allaient là pour solliciter les Hurons de venir en guerre avec eux contre les Iroquois (1636, 59; IX, 224).Nous avons de quoi bénir Dieu en la personne de Monsieur de Montmagny (7).Étant arrivé devant Québec dans la nuit de la saint Barnabe, il mouilla l'ancre sans se faire connaître; le lendemain, nous eûmes avis qu'il était dans le vaisseau que la nuit nous avait caché.Nous descendîmes au bord du grand fleuve pour le recevoir.Le P.Pierre Chastellain (8) et le P.Charles Gamier (9) étaient en sa compagnie.Après les compliments ordinaires, nous le suivîmes droit à la chapelle ; en chemin, ayant aperçu l'arbre de notre salut : \"voici, dit-il, la première croix que je rencontre sur le pays, adorons le Crucifié en son image\".Il se jette à deux genoux, et à son exemple toute sa suite, comme aussi tous ceux qui le venaient saluer.De là, il entre dans l'église, où nous chantâmes solennellement le Te Deum comme aussi les prières pour notre bon roi. l'issue de son action de grâces et des louanges 3ue nous rendîmes à Dieu pour sa venue, Monsieur e Châteaufort, qui tenait place de défunt Monsieur de Champlain, lui vient présenter les clés de la forteresse, où il fut reçu par plusieurs salves de mousquetterie et par le tonnerre de plusieurs canons.(7) MONTMAGNY, Charles Huault de, chevalier de Malte.Gouverneur du Canada de 1636 à 1648.ht Journal des Jésuites, 117, signale son départ pour la France, à la date du 23 septembre 1648.(8) CHASTELLAIN, Pierre, 1606-1624-1636-1684.Auteur du premier ouvrage de spiritualité rédigé en Canada: Affectio amantis Christum seu Exercitium amoris erga Dominant Jesum pro tola hebdomada.Sommervogel, Bibl.de la Comp.de Jésus, t 2, 1091.L'ouvrage, rare aujourd'hui, est daté de Sainte-Marie-des-Hurons, 1646.Edité à Paris par Denis Béchct, il porta le millésime de 1648, mais il a été achevé d'imprimer le 22 décembre 1647.La bibliothèque du scolasticat de lTm-maculée-Concepticn de Montréal en possède un exemplaire.(9) GARNIER, Charles, 1605-1624-1636-1649.L'un des saints Martyrs canadiens.Excellente biographie par le P.Florian Larivière, s.j.: La vie ardente de saint Charles Gamier (Montréal, éd.Bellarmin, 1957). JUIN 1636 47 Parrain d'un Sauvage que le P.Chastellain baptise.P.Nicolas Adam, 11.F.Ambroise Cauvet.28.P.Ragucneau, F.Louis Gobert. peine était-il entré, qu'on lui fit demander s'il aurait pour agréable d'etre parrain d'un Sauvage, qui désirait le baptême.\"Très volontiers\", dit-il, se réjouissant d'avoir ce bonheur, qu'à l'entrée de son gouvernement, il aidât à ouvrir les portes de l'Église à une pauvre âme qui se voulait ranger dans le bercail de Jésus-Christ; et afin que les Pères qui l'accompagnaient missent main à la moisson mettant pied à terre, le P.qui avait instruit ce barbare demande au P.Chastellain s'il ne serait pas bien aise de donner commencement à ses actions en la Nouvelle-France par un baptême.Monsieur le Gouverneur se transporte aux cabanes de ces pauvres barbares, suivi d'une leste noblesse.Il le nomma (le catéchumène) Joseph à l'honneur du saint Époux de la Vierge, Patron de la Nouvelle-France et le Père le baptisa.Pendant le dîner, car tout ceci se passa le matin, ce noble parrain dit tout haut en bonne compagnie qu'il avait reçu ce jour-là le plus grand honneur et le plus sensible contentement qu'il aurait pu souhaiter en la Nouvelle-France (1636, 2; VIII.216).Ce même jour, parut un vaisseau commandé par Monsieur de Courpon, qui nous Tendit le P.Nicolas Adam (10) et notre Frère Ambroise Cauvet (11) (1636, 2; VIII, 220).Le vingt-huitième du même mois, Monsieur du Plessis Bochart, général de la flotte, monta jusques à Québec, et nous réjouit fort par sa présence.Nous le remerciâmes de sa ferveur ordinaire, et de la charité qu'il exerce envers les Pères qui passent dans son vaisseau.Le Père Ragueneau (12) et (10) Nic?Us- 1388-1608-1636-1641-1659.Dès l'automne de 1636 le P.Adam était frappé de paralysie.Il en guérit mais sa santé Testa chancelante; et en 1641 il était rappelé en France.' (11) CAUVET, Ambroise, 1606-1633-1636.Retourne en Farnce en 1657.Date de sa mort inconnue.(12) RAGUENEAU, Paul, 1608-1626-1636-1662-1680.Une des grandes ligures de notre histoire missionnaire.Supérieur de la mission huronne de 1645 à 1650 Supérieur des Jésuites du Canada de 1650 à 1653.Auteur de plusieurs Relations et l'un des rédacteurs du Journal des Jésuites.On lui doit le Mémoire, de 1652, recueil des témoignages sur la vie, la mort et les vertus de nos Saints Martyrs.Nous lui devons également La vie de la Mire Catherine de Saint-Augustin religieuse hospitalière de la Miséricorde de Québec en la Nouvelle-France.(Paris Florentin Lambert, 1671, In 8°, 384).Pour la liste de ses oeuvres voir Sommer-vogeL Bibl.de la Comp.de Jésus, t.6, 1390-1392. 48 JUILLET 1636 notre Frère Louis Gobert (13) étaient dans sa barque (1636, 60; IX, 224).Départ des PP.Chastellain et Garnier.PP.Jogues et du Marché.Conseil.Voyage aux Trois-Rivières.Hurons aux Trois-Rivières.JUILLET 1.Le premier de juillet, le Père Chastellain et le Père Garnier s'embarquèrent pour aller attendre les Hurons à la Résidence de la Conception aux Trois-Rivières.Monsieur notre Gouverneur les conduisit jusques au bord du grand fleuve, avec une courtoisie et affection nonpareille, faisant tirer trois coups de canon de salut à leur départ (1636, 60; IX, 226).2.Le second du même mois, le Père Jogues (14) et le Père du Marché (15) vinrent accroître notre joie, qui nous fut d'autant plus sensible que Notre-Seigneur nous les avait tous rendus en bonne santé (1636, 60; IX, 226).Ce même jour, le capitaine des Sauvages de Tadoussac étant à Québec avec une escouade de ses gens, qui s'en allaient en guerre, désira de parler en conseil à Monsieur le Gouverneur et à Monsieur le Général, (16) en un mot aux Français.Le capitaine des Sauvages de Québec y assista.L'assemblée se faisait au magasin de Messieurs de la Compagnie, où je me trouvai par le commandement de Monsieur le Gouverneur (1636, 60; IX, 226).9.Le neuvième du même mois de juillet, je montai dans une barque pour aller au devant des Hurons, qui ne devaient pas descendre jusques à Québec.Il se faut trouver au rendez-vous pour faire passer nos Pères qui y vont, et répondre aux lettres de ceux qui y sont (1636, 62; IX, 234).15.Le quinzième du même mois, arriva Monsieur le Général {16) dans sa barque aux Trois-Rivières.Le même jour, arrivèrent sept Hurons dans un canot, qui nous apportèrent des lettres du Père (13) (14) (15) '.16) GAUBERT, Louis, 1608-1635-1636-1679.s^Mtt^'c^1624-1636-1646- *-« *°cuois « l'un des ïïwŒSSËF* 1602-1«l-1635-,637-1661. JUILLET-AOÛT 1636 49 Lettres du P.de Brébeuf.M.le Général à 18.la rivière des Iroquois.PP.Chastellain et Garnier aux Hurons.M.le Général retourne.21.31.13.Nouvelles des Pères Garnier et Chastellain.Lettre du P.Daniel qui descend des Hurons pour le Séminaire.15.Brébeuf, (17) lesquelles nous réjouirent fort ; car on nous avait comme assuré que les Hurons ne descendraient point cette année, pour les grands bruits de guerre qui couraient par toutes les nations par lesquelles ils devaient passer (1636, 64; IX, 244).Le dix-huitième, Monsieur le Général partit des Trois-Rivières, pour monter à la rivières des Iroquois, (18) où il était attendu des Sauvages jusques au nombre de deux ou trois cents pour parler de leurs guerres (1636, 64; IX, 244).Le vingt et unième du même mois de juillet, le Père Chastellain et le Père Garnier s'embarquèrent le plus heureusement du monde pour aller aux Hurons (1636, 64; IX, 244).Le dernier jour de ce mois, Monsieur le Général retourna aux Trois-Rivières (1636, 64; IX, 248).AOÛT Le treizième jour d'août, arriva un canot du pays des Hurons1 qui avait rencontré le Père Garnier et le Père Chastellain à la petite nation des Algonquins.Les Pères m'écrivaient ce peu de mots sur un feuillet de tablettes, faute de papier: Ces porteurs vous diront mieux comme s'appelle le lieu où ils nous ont rencontrés que nous autres; nous sommes en bonne1 santé, grâces à Dieu ; nous nous en allons tous courant dans nos gondoles d'écorce ; nous volons à ce paradis tant désiré avec un surcroît de courage, que Dieu nous a donné.Kionché fait pour le moins aussi bon traitement au Père Garnier qu'Aenons au Père Chastellain; ils ont bien ménagé nos vivres, nous avons encore un peu de pain.Je n'ai pu lire le reste (1636, 65; IX, 250).Ce même jour, arriva aux Trois-Rivières un canot de Hurons, qui réjouit fort Monsieur le Général.Ce canot fut envoyé devant par le Père Daniel, lequel ayant appris de nos Pères, qu'il avait rencontrés en chemin que Monsieur le Général ne s'engagerait pas dans 1 arrière-saison pour retour- Ci?) Ces lettres de saint de Brébeuf n'ont pas été conservées.(18) Le Richelieu. 50 AOÛT 1636 Un Français 18.dépasse un Huron à la course.19.Arrivée du P.Daniel aux Trois-Rivières.ner, lui envoya avec bien de la peine ce courrier d'environ cent cinquante lieues au dessus des Trois-Rivières pour l'assurer de la descente des Hurons orleans le 8 8h« 1741.Mon frère s'est enfin déterminé a me vendre son habitation en société avec un officier de ce pays qui etoit en france l'année dernière qui a fait marché avec luy au prix de 6500# ce mr nommé mr pontalba En a payé la moitié 3250#.vous en avez deja payé 1000# c'est donc 2250# que vous aurez la bonté de payer a mon frère, si vous ne l'avez deja fait, et garder la quitt\" qu'il vous en donnera.XIX\" a La nouvelle orleans le 14» fev\" 1742.Monsieur Je suis charmé, monsieur, que vous soyez content du petit Envoi que je vous ay fait par le dernier vaysseau du Roy.Je profite de l'occasion 33.Pièce n* 49.34.Pièce n\" 50. JEAN PRAT 141 d'un navire niar.* qui va au cap pour vous envoyer une caisse ou j'ay mis des fruicts ou olives de L'arbre a Camphre des bayes du Laurier des iroquois, des fruicts et graines de copalme, du laurier tulipier, de platane et de cephalanthus, des noix, un paquet de vipérine, et de différentes graines que j'ay receu du natchez et un petit herbier qui m'a Eté envoyé des illinois.(.) Dans une note,** en date du 5 avril 1742, jointe à la copie dr la lettre du 14 février 1742, Jean Prat mentionne que le ministre lui a adressé un «mémoire d'information sur l'arbre à cire» M XX' alanlh Orleans le 12\" fev.\" 1743.Monsieur Je profite de l'occasion d'un vaisseau mar.' de la rochelle pour vous donner de mes nouvelles, et vous demander des vôtres, et de messieurs vos frères; c'est une des plus grandes consolations que je puisse avoir dans l'espèce d'exil ou je me trouve.J'ay Eu au moys de 7bre dernier une fièvre ardente des plus cruelles : les douleurs de tete, la soif extreme, et le feu intérieur qui me devoroit n'ont cédé qu'a la huitième saignée, les fatigues continuelles que m'ont donné les malades, souvent nuit et jour, pendant les mois de juin, juillet et août, m'ont causé cette maladie car je n'ay rien a me reprocher d'ailleurs sur les ménagements que l'on peut avoir pour conserver sa santé, c'est ce qui m'a obligé de prier mr de salmon de représenter a m»* le comte de rnaurepas l'impossibilité ou je me trouve de continuer mes services, amoins qu'il n'envoyé icy un autre médecin qui travaille avec moy a l'alternative, les bontés que vous avez toujours Eu pour moy, me font Espérer que vous voudrez bien appuyer ma demande auprez du ministre.J'ay Embarqué dans ce vaysseau a 35.Pièce n' 51.36.«Dans la resolution ou je suis, M., de ne rien négliger de tout ce qui peut contribuer aux] progrcz dont le corn\"* de la Louise peut estre susceptible, je vous envoyé un mémoire qui a esté dressé au sujet de l'arbrisseau qui porte un fruit dont on tire de la cire, et qui se trouve dans cette Colonie; et je vous prie de vous mettre en estât de me donner tous les éclaircissements qui peuvent m'estre nec.\"' pour sçavoir a quoy l'on doit s'en tenir sur le party qu'on peut tirer de cette production.Lettre du ministre à Prat, le 6 octobre 1741, AC, B, 72 : 484.37.Pièce n* 53.L'identité de la nature humaine à travers les âges est sous-jacente à cette remarque de Jean Prat, touchant la fable du Loup et de l'agneau. 142 ARCHIVES DE QUÉBEC l'addresse de mgr le comte de maurepas, une caisse contenant une centaine de différents arbrisseaux, Enveloppez dans des mousses fraîches : ce sont des cyprez, des lauriers des iroquois, des copalmes, des ciriers, des lauriers tulipiers, et des pieds d'olivier» (ainsi appelez dans le pays) que vous soupçonnez être des camphriers, comme ce vaisseau pourra arriver en france vers le milieu du moys d'avril, on peut espérer que ces arbrisseaux se conserveront frais, si cet essai réussit vous aurez agréable de m'en donner avis, et je pourrai vous faire par d'autres occasions des Envois plus considerables.Le chirurgien de ce vaysseau mar*, m'a promis de vous remettre une vingtaine de paquets de différentes graines que j'ay receùes des illinois, poste a 400 lieues d'icy.Il compte immédiatement aprez son arrivée a la rochelle de partir pour paris afin de s'y perfectionner dans son art, comme c'est un jeune homme de bonne espérance, je me suis Engagé de vous prier de l'ayder de vos bons conseils, et de luy faire connoitre le bon père la serre.(.) Le vaysseau du roy que nous attendons doit nous amener un nouveau gouverneur, pour remplacer m* de bienville qui va nous quitter.88 (.) son procédé m'a souvent rappelle celuy du loup avec l'agneau beuvant au même ruisseau, a la difference qu'il ne m'a pas dévoré, et même s'il ne m'a point fait de bien, il ne m'a pas fait grand mal, apparemment parce qu'il n'a pû en trouver l'occasion.Je me suis toujours rassuré sur cet axiome, Bene faciens non timebis principem.non seulement je ne l'ay pas craint mais Encore je l'ay forcé a dire du bien de moy.Jugez monsieur, de l'exactitude qu'il m'a fallu apporter a remplir mes devoirs pour ne pas donner prise a l'ennemi.XXI» a la n* orleans le 10» Jan« 1745.Monsieur J'ay Receu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'ecnre le 22* fey** d*r.l'approbation que vous donnez a mon mémoire sur les avantages qu'on peut tirer des arbrisseaux a cire m'a extrêmement flatté, je serois bien charmé de pouvoir suivre les différentes parties 38.Pièce n* 53.39.Pièce marquée Dupu, n* 55. JEAN PRAT 143 d'histoire naturelle que m'offre ce pays, mais ma santé et mes occupations m'en ont toujours empêché, j'ay eu cette année les mêmes inconvénients que j'avois trouvé presque toutes les autres pour la recherche des plantes et la récolte des graines, je me suis vû captivé a prendre soin des malades qui ont Eté En grand nombre et vivement attaquez depuis le mois de mai.jusqu'à present il y a comme vous le savez, monsieur, trois ans que j'ay demandé a la cour un autre médecin pour partager avec moy le soin des malades; on s'est contenté de me promettre sans rien effectuer, je m'etois proposé de faire quelques voyages dans les différents postes de cette colonie dez qu'il y aurait Eu une autre personne préposée pour traiter les malades, et je me flat toi s par ce moyen de rétablir ma santé qui est devenue chancelante de plus en plus, je suis sujet depuis deux ans a de vives attaques de migraine qui me laissent a peine un jour de repos.Cette dernière raison m'oblige a me désister entièrement si pendant le séjour que je .pourrai faire encore icy ma santé et celle des autres me permet de ramasser quelque chose je ne négligerai rien de ce qui dépendra de moy mais je crains bien de me retirer d'icy vix salutata Botanicef Jay Embarqué dans ce vaysseau une quaisse de graines a l'addresse de m\" le comte de maurepas et une 60ne de jeunes arbres que je prie mr dupuy40 medln a rochefort de retirer et d'en prendre soin, mes indispositions m'engagent a demander au ministre mon congé, je le supplie d'avoir égard a dix ans de service qui ont beaucoup altéré ma santé.Je me flatte que dans cette occasion vous voudrez bien m'ayder de votre credit, je fais (la même prière a mr de Buff on41 et a mr duhamel.42 Je vous priois dans ma dernière de demander pour moy en forme de gratification des lettres d'échange pour une 20ne de 1000#.j'ay vendu dans cette Espérance la majeure partie de mes effets, en monnoye du pays, on vient de publier une declaration du Roy qui réduit cette monnoye aux deux cinquièmes de sa valeur, ce qui me fait perdre 12000#.je n'ay pour reparer cette perte d'autre Espérance que celle d'obtenir une petite pension par la mediation de mes amys, parmi lesquels vous et monsieur votre frère occupez les premieres places par les services Essentiels que vous m'avez rendus, j'aspire aprez l'heu- 40.Ce nom figure dans la correspondance La Galissonicre \u2014 Duhamel du Monceau.APC, M.G.18, G.11.41.Georges Louis Leclerc, comte de Bufibn (1707-1788), Intendant du Jardin du Roi.42.Henri Louis Duhamel du Monceau (1700-1782).\u2014 Un fragment d'une lettre non signée de La Gabssonière à Duhamel du Monceau, Québec, 28 octobre 1748, met en relief la contribution scientifique de Duhamel qui fit parvenir en Nouvelle-France de nombreux mémoires.The American Philosophical Society. 144 ARCHIVES DE QUÉBEC reux moment de vous En marquer de vive voix ma juste reconnois-oiw ce sont les sentiments sincères dans lesquels j'ay l'honneur de me dire.a la n* orleans le 10* 9*** 1745.Monsieur Yovla le dup** de la lettre que j'ay Eu l'honneur de vous Ecrire par l'éléphant (.) Cette lettre est reproduite le 10 novembre 1746, à l'exception du passage suivant : mr fleuriau\" procureur g**1 du Roy en ce pays a bin vondu se charger de vous remettre ces graines; il m'a même promu qu'il iroit faire connoissance avec vous, comme c'est un galant homme de mes amis, tact au tait de ce qui regarde ce pays, il pourra vous instruire de tout ce qui me concerne.Jean Prat ajoute cette note : m* fleuriau ne part point par ce vaysseau.j'ay chargé de mes lettres le R.p.doutreleau 44 jésuite.de mes amis, il m'a promis qu'il iroit faire connoissance avec vous, et de vous faire connoitre ma situation, et queDe estime jay toujours faite de votre bienveillance.Vous aurez sans doute vûm'et mad* de salmon qui sont partis d'icy généralement regrettez, pendant le séjour qu'ils y ont fait.Os ont vécu honorablement, leur maison Etoit la plus gracieuse du pays, il n'est icy gueres de personnes qui ne doivent avoir de l'obligation a mr de salmon, j'ay Eu en mon particulier grand regret a voir partir un homme aussi bienfaisant, et une a ussy aymable dame, je me consolois dans 1 espérance de les joindre bientôt et par la promesse qu'ils m'ont fake de renouveller connoissance avec vous et m* de jussieu ils m'ont souvent parlé de luy, et mad' de salmon m'a dit plusieurs fois qu'elle toy avoit obligation de la vie.nous avons sceu icy le mauvais traitement qu'ils ont receu de nos Ennemis; mais on nous a appris aussy **\u2014&m Fleuriau, procureur général au Conseil o.^ta^^A^n^^P^^h **- * Auxene.le 11 octobre «detbSLfc?feJSïïï*1\"6 dC ifaus à te 27 J^Det 1715.D fit trois zT^BcTi™^, ni^ltM0,Sm' *= 17« ^ 1726- n arrivait en Louisiane, le Zj^T^Tj^i taJ745' En 1752.le Père tfOutrdeau était StS.siinïïïSt' L.^\"- J* fonds Rochcmonteix.au dépôt d'archives JEAN PRAT 145 qu'ils avoient soutenu leur infortune avec une constance admirable ils Etoient En vérité bien dignes d'un meilleur sort.XXII « a la nD* Orleans le 5» mars 1745.(.) .Je compte de me tirer d'icy par le premier vaysseau du Roy qui viendra, vous aurrez appris par ma lettre du moys de Jan*1, d\" que j'ay vendu la majeure partie de ce que j'avois, et que je me serai bientôt défait de ce qui me Teste.Je vous ay marqué aussy que je faisois des remises a mr de jussieu pour qu'il vous avance les 3000# que vous devez a mr castanier, vous aurez vû que le Roy a TedUit les cartes et bons de caisse monnoye de cette colonie aux deux cinquièmes, on a retiré tout le papier et on a remboursé en piastres en ne donnant que 40# p'r 100# de papier, ma santé se soutient passablement, j'ay encore du pain et du vin pour un an.la plupart du monde est réduit au pain de riz et a boire de l'eau, tout est hors de prix et la misère est extreme, dieu veuille mettre fin a cette malheureuse guerre.46 je pense bien que vous vous en ressentez, je me réfère a ma d\"* lettre, j'embrasse notre chère mere ma chère soeur votre épouse, votre ayma-ble famille nos parents et amys, et suis sans reserve Votre très affectionné frère.PRAT.XXIII « a la n\"« Orleans le 10e 9bre 1745.Monsieur i Vous voudrez bien me permettre de vous Ecrire celle cy séparément au sujet de mes affaires particulières, je dois 9000# a mr gautreau un de mes anciens amis avec lequel j'ay vécu icy plusieurs années Et que vous avez vû a paris, je luy avois donné deux lettres d'Echange que j'avois tirées sur vous, l'une de 1500# payable en juin 1744, 45.Lettre de Jean Prat à son frère, pièce n* 57.46.Guerre de la Succession d'Autriche.47.Pièce n* 5g. 146 ARCHIVES DE QUEBEC 48.Voir Léon Pouliot, S.L, «François-Xavier de Charlevoix, SJ.», Documents historiques, n' 33, La Société historique du Nouvel-Ontario.(Université de Sudbury, 1957).l'autre de 3000# en août suivant, il a perdu ces lettres dans le vaisseau sur lequel il etoit Embarqué: et les secondes que jie luy avois Envoyées par l'elephant auront aussy Eté perdues.Comme je n'ay point gardé la note de la datte de ces lettres d'Echange j'ay cru inutile de luy envoyer les troisièmes a L'égard des 4500# restantes je luy en ay fait une obligation par devant notaire, dont il vous présentera une Expedition au dos de laquelle il donnera sa quittance, il vous donnera aussy un receu de 4500# portées dans les deux lettres d'Echange cy dessus mentionnées, j'ay appris avec playsir par m' gautreau que vous luy aviez fait Espérer de luy donner bientôt quelque argent a compte de ce que je luy dois car j'ay Eté réellement inquiet sur son compte par rapport au secours pécuniaires dont il devoit être En grand besoin aprez la perte qu'il venoit de faire, Et le défaut de nouvelles de ce pays.quoyque le dernier terme des 4500# portées dans mon obligation ne doive Echoir qu'au mois d'août prochain je serai cependant bien aise que vous puissiez payer en Entier et le plutôt que vous pourrez, ce que je dois a mr gautreau, afin de le dedomager (quoyqu'il n'y aye pas de ma faute) ou retardement des Ie** payements si vous luy avez deja compté quelque argent vous aurez la bonté d'en faire la deduction.J'ay tiré sur vous une lettre d'Echange de 110# en faveur de mr râteau que je vous prie d'acquiter a sa presentation.Vous trouverez ci inclus une (lettre d'Echange de 20000# tirée par mad« de st pierre supérieure des ursulines sur le R.p.charlevoix*8 dont 9000# payables a un mods de vue et 11000$: les deux mois suivants ce R.pere doit avoir de largent a ces dames, Elles le prient dans leurs lettres de vous remettre aussitôt tout celuy qu'il pourra avoir a Elles ainsi je vous prie de luy faire accepter la lettre d'Echange, et de recevoir a compte ce qu'il voudra payer, et de luy en donner une quittance dattée, parce que ces dames sont obligées suivant nos conventions, de me faire un revenu pour les payements arriérez, sans qu'il soit besoin de protest de la lettre d'échange, lequel ne doit avoir lieu qu'au défaut d'acceptation.J'addresse a mr moulin treize lettres d'Echange montant a la somme de 9000 et quelques cens livres, le terme en Est Echeu ou le sera bientôt, si mr moulin touche plutôt de largent que vous Et que mr gautreau en Eut besoin, mr moulin vous le remettra pour m'ac-quitter avec mr gautreau. JEAN PRAT 147 Je joins icy mon certificat de vie que vous puissiez recevoir mes appointements Echeus.a l'égard des fonds qui vous resteront aprez avoir payé ce que je dois je vous prie de les tenir en reserve, a moins que vous ne jugiez a propos avec m* moulin et gautreau a qui j'écris a ce sujet d'en risquer une partie soit pour compte seul ou a moitié avec le médecin qui viendra me remplacer et a qui on accordera vraysemblablement quelque tonneau de fret dans le vaysseau du Roy. ' : ' : Suivent deux paragraphes qui, n'apparaissent pas sur la copie*9 de cette lettre du 10 novembre 1745, sont reproduits avec quelques variantes dans la lettre du 10 novembre de l'année suivante.Jean Prat ajoute à sa lettre du 10 novembre 1745 une liste de livres de médecine «que j'ay, précise-t-il, et que mon successeur pourra se dispenser d'apporter».-, XXIV80 Monsieur a la n\"» Orleans le 10» 1746.La lettre que j'avois Eu l'honneur de vous Ecrire par l'Eléphant aura Eté perdue avec les jeunes arbres et les graines que j'y avois Embarqué, vous avez raison de dire Monsieur qu'il ne sera pas aisé de reparer cette perte, j'avois reçu ces graines de plusieurs voyageurs qui me les avoient apportées des endroits fort Eloignez d'icy \u2014 la guerre me fait perdre en plusieurs manières, j'avois Embarqué pour 5000# d'indigo et de peaux de chevreuil qui ont fait partie de la proye de l'ennemi; mais ce qui me touche le plus, c'est de me voir retenu dans un pays ou ma santé s'affoiblit de jour en jour.J'étois bien résolu de passer en france par ce vaisseau, et j'ay fortement sollicité mr notre gouverneur et notre intendant de m'accorder mon passage.Je leur ay représenté que m** le Comte de maurepas m'avait promis il y a deux ans de me donner du secours En Envoyant icy un autre médecin qui auroit partagé avec moy le soin des malades, ce qui n'étant pas arrivé je me voyois hors d'Etat de continuer.Ces messieurs m'ont fait entendre qu'ils ne pourraient pas dans l'occurence présente me laisser 49.Pièce marquée Dup'\\ n° 59.50.Pièce n» 61. 148 ARCHIVES DE QUÉBEC passer; qu'ils en seroient desapprouvez, que je me ferois tort a moy même si j'insistois a vouloir quitter, qu'ils ne manqueroient pas de faire valoir auprez du ministre mes services passez, et le sacrifice que je ferois en restant Encore icy une année : enfin ils m'ont Engagé a cesser mes instances et je leur ay promis que je prendrois patience pour cette année aprez laquelle je me desisterois absolument, et c'est réellement mon intention: dussai je être fait prisonnier chez les anglois, je veux me tirer d'icy.J'achette par mon ménagement le peu de santé dont je j(bûis, le pays me deplait; et dans quel pays ne se deplairoit on pas quand on est privé du bien le plus précieux sans lequel on ne peut ny travailler ny se réjouir?Si le ministre observoit qu'on ne trouve point de sujet pour me remplacer, comme il pourroit arriver si on n'offroit que des appointements médiocres je vous prie de luy représenter que je me trouve dans la nécessité de me désister entièrement, mais si dans la suite ma santé se rétablit comme je l'espère, et que mes services luy soient agréables, je serai toujours dans la bonne volonté de les continuer sous ses ordres dans ce pays ou ailleurs.Je vous Envoyé par ce vaisseau une Boette de différentes graines et une 50M de jeunes arbres, le R.pere doutreleau jésuite vous remettra ces graines.Elles me sont venues de deux différents Endroits Eloignez, vous trouverez dans la boette la moitié d'un globus pilosus qui s'est trouvé dans l'estomac d'un bœuf, un pot de copalme, Et vine plante marine et pierreuse, am oins que ce ne soit une ayant un champignon d'arbre pétrifié: les vuides sont remplis de racines de vipérine.Ce pere est, de mes amis il m'a promis qu'il iroit faire connoissance avec vous, il vous instruira de ce qui me regarde, il pourra vous dire combien mes indispositions me rendent mon Emploi pénible, et le besoin pressant ou je me trouve de me tirer d'icy pour rétablir ma santé.Je me flatte que vous voudrez bien faire connoitre ma situation a m*\" le comte de maurepas afin qu'il me donne son agrément.Je compte trop sur votre credit et sur votre amitié, pour ne pas attendre un heureux succez de vos sollicitations.J'ay l'honneur d'etre avec le plus parfait attachement Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur PRAT Voyla Monsieur le duplicata de ma lettre du 10° 91»» dw qui vous sera peut être parvenue, j'ay Eté privé de vos nouvelles par un vais- JEAN PRAT 149 seau mar* frété pour le Roy, qui s'est rendu heureusement, il doit aller d'icy au Cap S' Domingue ou il compte trouver une Escorte de vaisseaux de guerre, ou un convoi de navire marchands.Je ne puis que vous réitérer la prière que je vous fais dans ma précédente pour obtenir mon congé, monsieur de Jussieu que j'ay l'honneur d'assurer de mon attachement respectueux voudra bien se joindre a vous, que je serois charmé de trouver a mon arrivée les trois frères réunis, si mr votre cadet arrive avant moy dites luy je vous prie que l'absence n'a rien diminué de mon amitié, et que je me flatte que la sienne n'en aura pas été refroidie, vous savez Monsieur l'estime que je fais de la votre, mais je ne saurois bien vous en dire le prix que quand vous m'aurez tiré d'icy.J'ay l'honneur d'etre avec un entier dévouement et la plus sincere reconnoissance Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur PRAT a la nDe orleans le 18e avril 1746.mon frère ne ma point Ecrit par le vaisseau du Roy ny par le vaisseau mar* frété pour le Roy.Université de Montréal Roland Lamontagne DE QUELQUES TESTAMENTS Joseph Papineau ( f 1841) \u2014 Louis-Joseph Papineau ( f 1871) \u2014 Sir Louis-Hippolyte La Fontaine ( f 1864) \u2014 Sir Georges-Etienne Cartier ( f 1873) \u2014 Pierre-Joseph-Olivier Chauvcau ( f 1890) \u2014 Honoré Mercier ( f 1894) \u2014 Sir Adolphe Chapleau ( f 1898) par Jean-Jacques Lefebvre, M.S.R.C.Archiviste en chef de la Cour Supérieure de Montréal DE QUELQUES TESTAMENTS Joseph Papineau ( f 1841) \u2014 Louis-Joseph Papineau ( f 1871) \u2014 Sir Louls-Hyppolite La Fontaine ( f 1864) \u2014 Sir Georges-Etienne Cartier ( f 1873) \u2014 Pierre-Joseph-Olivier Chauveau ( f 1890) \u2014 Honoré Mercier ( f 1894) \u2014 Sir Adolphe Chaplean ( f 1898).Quand un homme fait son testament, II subit une épreuve unique.C'est le moment suprême où il doit montrer son âme aux hommes avant de la montrer à Dieu.Léon BLOY, Le Mendiant Ingrat, [Paris, F.Renouant, 1948, p.778].EN OUVRANT le sixième congrès de l'Union internationale du Notariat Latin, tenu à Montréal en septembre 1961, le vice-président général de l'Union, M\" Alphonse Senay, LL.D.(t 1963), a salué dans le notaire des pays latins, l'un des artisans de la culture gréco-latine, un conseiller des familles, un législateur \u2014 ou qui devrait l'être \u2014 enfin un historien, de par la nature des actes qu'il dresse et qui deviennent, pour les générations suivantes, une des sources de l'histoire des individus, des familles et des mœurs, tant est riche la matière d'ordre moral qui s'insère en ces actes où se règle, sinon le sort, à tout le moins la fortune des familles.Des quelque trois millions d'actes notariés déposés aux Archives judiciaires de Montréal, il n'en est peut-être pas de plus expressifs des états de vie des sept ou huit générations qui ont humanisé le sol montréalais et l'immense et riche région qui la dessert que les inventaires des successions, dont plusieurs exemples, choisis parmi les famille représentives à diverses générations ont déjà été publiées depuis quinze ans au Rapport de l'Archiviste de la P.de Q.(1).Dans un sens plus restreint, les testaments, où la personnalité du testateur se montre souvent sous son dernier jour avant le grand effacement, sont non moins précieux .pour laisser juger de la qualité d'âme, éclairer la psychologie des grands hommes, voire des simples citoyens.Ces actes dont la conception, ou la forme, permettent à peu près toutes les dispositions depuis que la liberté illimitée de tester fait partie de la législation canadienne, soit depuis bientôt deux siècles, (1) V.1945-M6, pp.341-411; 1947-'48, pp.31-70; 1949-,51, pp.35-67; 195K53, pp.371-411; 1953-'55, pp.123-184; I957-'59, pp.337-379; 1959-\"60, pp.2231273.[153] 154 ARCHIVES DE QUÉBEC ont fait, il y a quelque vingt-cinq années, un vif objet de controverse à la faculté de droit de l'Université de Montréal (2).Plutôt rares, sous le régime de droit qui prévalait en Nouvelle-France avant 1760, les testaments commençaient invariablement par la belle formule, à peu près uniforme sous la plume des notaires, royaux ou seigneuriaux, qui instrumentaient alors: «connaissant la certitude de la mort, mais n'y ayant rien d'aussi incertaine que l'heure d'icelle».A peu de variantes près, elle fut continuée plus d'un siècle par leurs successeurs.Plus ou moins abandonnée, et de beaucoup simplifiée dans la génération actuelle, la forme des testaments s'en tient généralement à l'objet essentiel, soit la disposition des biens et dernières volontés du testateur.Ainsi il y a aux Archives de Montréal, tel testament olographe d'un ancien supérieur d'une grande compagnie religieuse, qui ne fait aucune mention ou allusion spirituelle, alors que d'autres, authentiques, reçus par des praticiens, parfois réputés rien moins que dévots, commencent invariablement par une profession de foi spirituelle.En dehors même de préoccupations proprement juridiques, la matière serait très vaste à explorer, d'un point de vue historique, ou seulement psychologique, à travers la masse imposante des testaments authentiques, olographes, vérifiés, ou dressés selon la forme dérivée de la loi d'Angleterre, en dépôt aux Archives judiciaires de Montréal.Dans les pièces présentées ici, un choix nécessairement arbitraire a été fait et ont trait seulement à quelques figures les plus célèbres de l'histoire québécoise.Peut-être serviront-elles, une fois encore, à éclairer d'un jour nouveau, la vie profonde de notre passé et l'inspiration sousjacente de ceux qui en ont été les artisans plus ou moins saillants.LES PAPINEAU Il n'y a pas de nom au pays de Québuc de tout le siècle dernier, plus célèbre que celui de Papineau, et la carrière du fougueux leader de la Chambre populaire d'avant 1837, fait aujourd'hui partie du patrimoine de l'histoire politique universelle comme de.celle de l'évolution constitutionnelle qui a précédé, sinon donné naissance, à la forme de démocratie parlementaire qui prévaut de nos jours dans les pays d'Occident oJ^^^isZtTSis:et pmlque *droit cMl Canadienl - DE QUELQUES TESTAMENTS 155 Sont présentés successivement ici: Le testament de Joseph Papineau, le père (1752-1841), daté du 22 janvier 1838, celui que ses contemporains avait surnommé le Patriarche, et qui, chose curieuse, tout notaire qu'il fût, usa, comme disposition de ses dernières volontés, d'un testament olographe; le testament du grand Papineau, Louis-Joseph (1786-1871) également olographe, en date du 20 octobre 1867, au sujet duquel un eminent avocat faisait part, un jour, à l'auteur de ces lignes, que tout célèbre qu'il fût, Papineau ne devait guère être grand juriste, puisque dans cette pièce, il créait ou entendait créer une substitution dans des termes qui la rendaient, sinon obscure, du moins litigieuse; laissons aux juristes de disputer, s'il y a lieu, du bien-fondé de cette assertion; LA FONTAINE le testament olographe, écrit le 29 septembre 1862, de sir Louis Hippolyte La Fontaine (1807-1864), contemporain de Papineau, dont la carrière politique s'insère en moins de dix années, mais dont le réalisme de pensée a été l'un des plus grands éléments de l'apaisement politique qui suivit 1837 et de l'évolution constitutionnelle marquée par les grandes mesures législatives de 1848; c'est bien connu, La Fontaine termina sa trop brève carrière dans la plus haute magistrature du pays, en devenant le grand juge \u2014 comme l'on disait à l'époque \u2014 de la province; CARTIER le testament écrit de sa main le 10 novembre 1866, mais reçu par Théo.Doucet, notaire, de sir Georges-Etienne Cartier (1814-1873), le continuateur, en plus d'un sens, de La Fontaine, l'artisan de la consolidation des premières victoires constitutionnelles populaires et qui devaient s'achever par l'adoption du grand acte de la Constitution canadienne de 1867, sous l'égide de laquelle, quoi qu'on en dise, le peuple canadien est devenu l'un des pays les plus prospères et les plus heureux du globe; CHAUVEAU le testament olographe, daté du 21 octobre 1844, de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890), contemporain de La Fontaine et de Cartier, l'un des esprits les plus ornés de son temps; d'abord surinten-dans de l'Instruction publique de la province pendant douze ans 156 ARCHIVES DE QUÉBEC (1855-1867), Chauveau devint encore le premier ou le plus ancien ministre de l'Instruction publique de la province, de 1867-1872 \u2014 il eut un successeur \u2014 et, plus tard, il eut la singulière fortune de devenir président du Conseil exécutif de la province avec le titre, longtmps contesté, de premier ministre de la province, sous l'empire du régime fédératif inauguré en 1867; Chauveau remplit encore une autre magistrature éminente, en devenant président du Sénat du Canada en 1873; son testament fut vérifié à Montréal; nonobstant sa brillante carrière publique, Chauveau fut loin d'avoir accumulé les biens de ce monde, et il dut, à la fin de sa vie, accepter la modeste sinécure \u2014 ce l'était à l'époque - de shérif à Montréal; MERCIER le testament, reçu par Onésime Marin, notaire, le 20 août 1894, d'Honoré Mercier (1840-1894), l'une des figures les plus accusées et l'une des personnalités les plus influentes de la vie québécoise des dernières années du siècle dernier, dont la voix prophétique se retrouve encore chez les fidèles tenants de l'irrédentisme français au pays de Québec; Mercier fut également premier ministre de la province de 1887 à 1891; CHAPLEAU enfin le testament de sir Adlophe Chapleau (1840-1898), tribun prestigieux, le brillant contemporain de Mercier, longtemps son adversaire politique, mais son ami des derniers jours, et qui franchit la scène provinciale en météore; après en avoir dirigé les destinées trois ans (1879-1882), il accepta de devenir le porte-voix de ses compatriotes québécois, avec la qualité de secrétaire d'État (1882-1892) dans le gouvernement canadien, à l'époque marquée par le soulèvement des Métis de 1885, l'une des premières fois peut-être que des événements locaux remplirent les pages de la presse des deux hémisphères; Chapleau avait été le châtelain de Spencerwood et lieutenant-gouverneur de la province quand il dicta, le 9 juin 1898, d'une main qui ne pouvait plus signer, ses dernières volontés, à H.-P .Pépin, notaire, de Montréal.À noter le nom de l'un de ses exécuteurs testamentaires, son associé professionnel, Albert-J.Brown (t 1938), avocat, de Montréal, qui, trente ans plus tard était à la tête de la plus grande étude d'avocats du pays, qui s'est continuée depuis, et où le nom de sir Adolphe Chapleau est toujours révéré.Le Rapport de l'Archiviste.donnait l'an dernier l'intéressante correspondance de Chapleau (3) (3) Rapport de r Archiviste de la Province de Québec, ! 959-1960, pp.75-119. DE QUELQUES TESTAMENTS 157 L'auteur de ces lignes eut souhaité apporter quelques autres exemples de testaments, comme ceux de : René-Amable Boucher de Boucherville (t 1812), seigneur principal du fief de ce nom, conseiller législatif et le grand-père du contemporain de plus d'entre nous, sir Charles B.de Boucherville (t 191$), aussi premier ministre de la province en 1874 et en 1891, plus tard sénateur du Canada; sir John Johnson (t 1830), qui a laissé son nom à un mont de la région montérégienne, et que nos compatriotes ont surnommé Saint-Grégoire; Mgr Jean-Jacques Lartigue (t 1840), premier évêque de Montréal, qui laissa un testament olographe vérifié à la Cour de Montréal, où il se révèle si étrangement inquiet de sa sépulture; Mgr Pierre-Adolphe Pinsonnault (t 1883), premier évêque (1856) de London, Ontario, et où se retrouve le polémiste qu'il était; du juge Rémi Vallières de Saint-Réal (t 1847), une grande figure de la magistrature québécoise et dont le testament olographe rédigé en langue anglaise a été vérifié à Montréal; de sir George Simpson (t 1860), le dernier gouverneur des immenses territoires de la Compagnie de la Baie d'Hudson avant leur cession au Canada (1870) ; enfin, peut-être, celui de la plus illustre incarnation de la politique canadienne pendant quinze ans, sir Wilfrid Laurier (1840-1919), rédigé à Arthabaska le 27 juillet 1912, et vérifié, en 1919, à la Surrogate Court d'Ontario, à Ottawa.Mais la matière est tellement vaste qu'il a fallu nécessairement se limiter au sens de l'apport ordinaire du soussigné à.cette publication.Il y aura peut-être lieu d'y revenir.Ces pièces, si expressives, sont produites sans commentaires.Au lecteur qui voudra y prendre intérêt, d'en tirer le sens, l'interprétation, ou les conclusions qu'il entendra.Jean-Jacques LEFEBVRE, m.s.r.c, Archiviste en chef.Cour Supérieure, Montréal 158 ARCHIVES DE QUÉBEC LE TESTAMENT DE JOSEPH PAPINEAU LE 22 JANVIER 1838 Je soussigné Joseph papineau veux et ordonne par mon present testament que mes dettes soient payés et torts si aucuns se trouvent Réparés par mes exécuteurs testamentaires ci après nommés.Je donne et Lègue a Toussaint victor papineau mon fils la Jouissance et usufruit pour sa vie durante de la terre ou Je demeure actuellement sise a la petite nation Joignant d'un côte a antoine Couillard dit dupuis d'autre côté a Hubert Janot dit Seguin avec tous les animaux voitures d'été et d'hiver arnois ustencils d'agriculture qui s'y trouveront a mon deces dont il sera donné bon et fidel inventaire avec estimation a dire d'experts Je donne et Lègue au dit Toussaint victor papineau mon fils la Jouissance et usufruit pour sa vie durante de lisle Roussin située au dit lieu de la petite nation avec les meubles et ustencils de menage qui pourront lui Convenir Jusqu'à La Concurrence de Cinquante Livres Cours actuel a dire d'experts pour de tout ce que dessus Jouir a titre de constitut et précaire sa vie durante pour les fruits revenus fermages ou loyers quen proviendront servir uniquement aux nouritures et entretiens du dit Toussaint victor papineau sans qu'ils puissent être saisis ni arrêtés par aucun Créancier sous quelque prétexte que ce soit et après le deces dudit Toussaint victor papineau le tout Retournera a Louise et amelie papineau filles de dénis Benjamin papineau mon fils qui en Jouiront aussi leur vie durante et la propriété demeurera et appartiendra a leurs enfants nés en Legitime mariage qui en feront partage _par souche et si aucunes des dittes louise et amelie papineau decede avant Le dit Toussain victor papineau sans enfants nés en legitime mariage la survivante Jouira du tout sa vie durante et la propriété demeurera a ses enfants nés en Légitime mariage, mais s'il ny avoit aucun enfant de l'une et de l'autre alors La propriété appartiendra a dénis Benjamin papineau mon fils et angelique Cornud son épouse ou a leurs autres enfants qui en feront partage entre eux par souche dans Lordre des successions quant a mes autres biens ils seront vendus et Réalisés le plus avantageusement quil se pourra pour payer et acquitter mes dettes passives et le surplus si surplus y a demeurera au dit Benjamin papineau et angelique Cornud son épouse pour en Jouir a titre d'usufruit leur vie durante et du survivant deux pour fournir a leur nouriture et entretien sans qu'ils puissent estre saisis ni arrêtés par aucune manière sous quel- DE QUELQUES TESTAMENTS 159 que prétexte que ce soit et après le deces du survivant d'iceux Le tout sera partagé entre leurs enfants et petits enfants si le cas y echet dans Lordre des successions par souche.et pour exécuter Le present testament Je nomme et institue Le dit Benjamin papineau et z.j.truteaux ecuyer mon neveu qui auront la surveillance pour L'acomplissement du present testament Conjointement ou séparément ou le survivant d'eux avec pouvoir de nommer et appointer soit par testament ou autre acte authentique un ou plusieurs autres exécuteurs Testamentaires qui auront aussi pouvoir d'en nommer d'autres pour veiller a la Juste execution du present testament selon sa forme et teneur pour mes funérailles et prières à estre dittes pour le Repos de mon âme Je m'en Rapporte a La discretion de mes exécuteurs testamentaires leur Recommandant a cet égard la plus Juste Economie fait et passé a la petite nation le vingt deuxième Jour de Janvier de L'an mil huit cent trente huit, au matin et ai signé Jh.PAPINEAU et a l'instant vingt deuxième Jour de Janvier de l'an mil huit cent trente huit Je veux et ordonne que si le dit Toussain victor papineau ne vouloit pas faire valoir par des engagés ou lui même les immeubles dont Je lui lègue l'usufruit par mon testament ci devant écrit mais quil préfère de les mettre a Loyer quil soit Libre a mes exécuteurs Testamentaire de Lavis et agrément du dit Toussain papineau de faire vendre par encan publique les meubles animaux voitures arnois et ustencils dagriculture pour former un capital qui sera employé a achat de rente ou fond dont le dit Toussaint victor papineau Touchera les fruits Rentes ou Revenus pour employer a ses nouritures et entretiens comme il est dit ci dessus et après son deces suivre la destination des autres biens que Je lui lègue en usufruit Comme il est dit en mon testament ci devant écrit Jh.PAPINEAU (1) (1) Vérifié, Montréal, 23 juillet 1841.Archives judiciaires de Montréal. 160 ARCHIVES DE QUÉBEC TESTAMENT DE LOUIS-JOSEPH PAPINEAU LE 20 OCTOBRE 1867 Ce vingt octobre mil huit cent soixante sept Je fais, écris entièrement de ma main et signe mon présent testament Olographe et ordonnance de dernière volonté, comme suit.J'annulle et révoque tous testament et codiciles antérieurs m'arrê-tant à celui-ci seulement.Je donne et lègue à Louis Joseph Amédée Papineau mon fils, hors part et sans crue, hors part et par préciput non sujet à rapport, mon établissement de Monte Bello, c'est à dire ma maison d'habitation et toutes ses dépendances, chapelle en laquelle je souhaite être inhumé si je meurs au pays et toutes constructions, défrichemens, jardins et bois de bout qui se trouveront dans les limites suivantes; tout le terrein qui se trouvera entre le chemin public tel qu'il existe maintenant et la rivière Ottawa borné vers l'Est par le terrein que j'ai donné en pur don et en franc alleu roturier aux Sœurs de Charité, par la place publique située en front de l'Eglise et par la ligne de division entre les héritiers Grant et moi telle que maintenant établie; vers l'Ouest par le terrein que j'ai vendu à Olivier Cardinal et par la Baie du Portage et au Sud par la rivière.Je lui donne en sus au Nord du chemin actuel, sur le domaine un bloc de Sept arpens de front sur environ trente de profondeur, à prendre à son choix; tenant en front au chemin de Roi.Ce legs n'est que de la jouissance et usufruit seulement à titre d'ali-mens et pension alimentaire, incessible et insaisisable sous quelque prétexte et pour quelque cause que ce soit.Je donne et lègue également en usufruit et jouissance seulement incessible et insaisisable ma bibliothèque à Louis Joseph Amédée Papineau mon fils.Après les dits usufruits et jouissance éteints, les bien fonds et la bibliothèque ci dessus mentionés passeront en pleine propriété à mon cher petit-fils Louis Joseph Papineau survivant à son père.Si contre le cours ordinaire de la nature il décédait avant son père, le legs en sa faveur deviendrait caduc, les biens y mentionnés, après la jouissance de son père finis seraient censés n'avoir pas étés distraits du surplus de mes biens et seraient alors partagés comme il va être dit de tous les autres biens par moi délaissés au jour de ma mort. DE QUELQUES TESTAMENTS 161 Néanmoins si mon petit fils laissait à son décès quelqu'enfant mâle légitime, en ce cas celui-ci, ou ceux-ci par ordre de primogeniture représenteraient leur père et recueilleraient le legs en propriété que je lui avais fait et qu'il n'aurait pu leur transmettre par ordre de primogeniture dans le cas où il n'aurait pas fait ou pu faire légalement de testament contenant pareille disposition.De même si du présent ou subséquent mariage, il naissait à mon fils Louis Joseph Amédée Papineau d'autres enfants mâles ils seraient appelles par ordre de primogeniture mais subsidièrement à mon petit fils ci-devant nommé et à ses descendants mâles à le remplacer ou à les remplacer pour recueillir le legs à lui et à eux premièrement fait.Dans tous les cas où les biens ci dessus légués seraient retombés dans la masse commune de mes biens, les enfants ou petits enfants de mon fils Louis Joseph Amédée Papineau, auraient droits de recouvrer de mes autres enfants ou petits enfants la juste quotte part proportionnelle, du montant des capitaux qu'il aurait déboursé en améliorations utiles et fructueuses sur les terreins à lui légués.Je veux que mes dettes et torts si aucuns se trouvent (ce qui j'espère ne sera pas de cas) soient payées 8c torts réparés dans l'an de mon décès, sauf et excepté la rente constituée que j'ai consentie et créée en faveur de Dame Marie Anne Cherrier veuve LeCavelier, 8c ses ayant-cause, qui continuera à être fournie par mes légataires à qui de droit, jusqu'au rachat et extinction de la dite rente, par le rachat d'icelle par acte volontairement consenti entre eux et les propriétaires du principal de la dite rente.Quant au surplus de tous les autres biens que je pourrai délaisser au jour de mon décès de quelque nature qu'ils soient meubles 8c immeubles réels ou fictifs, dans cette province ou hors d'icelle, capitaux placés sur hypothèque ,ou dans des compagnies de chemin de fer ou autres corps incorporés par lois, chartes ou autrement ceux qui me sont dûs sur Jugements obligations et transports, principaux intérêts et arrérages de rentes constituées, de rentes constituées remplaçant les rentes Seigneuriales et capitaux et intérêts dus en remplacement et indemnité de droits Seigneuriaux, je les donne et lègue par parts et portions égalles, en jouissance et usufruit seulement à titre d'alimens et .pensions alimentaires à mes trois enfants chéris 8c bien aimés Louis Joseph Amédée Papineau, Dlle.Marie Rosalie Ezilda Papineau et Dame Marie Julie Azelie Papineau épouse de Napoléon Bourassa mon gendre Bien aimé.Tous les tableaux qui se trouveront en.ma ou mes demeures de la main de mon gendre lui seront donnés et remis; mon .portrait par 162 ARCHIVES DE QUÉBEC Mr.Plamondon sera donné à mon fils; celui de ma chère épouse à Dlle Ezilda Papineau.Je permets le partage des biens au legs universel ci dessus entre mes dits trois enfants aussitôt que faire se pourra afin que chacun d'eux puisse gérer ses affaires en la manière qu'il le jugera plus convenable à ses intérêts.Le partage pourra se faire entre mes dits enfants par attribution directe et à l'amiable sans aucune formalité de Justice.Chacun de mes légataires grevé, devra veiller à subvenir à mêmes les fruits et revenus des biens à lui légués à l'entretien en bon ordre ainsi qu'à l'assurance contre le feu des édifices construits sur les fonds qui lui seront échus en partage et aussi à acquitter les charges annuelles telles que taxes, cotisations et repartitions ordinaires et extraordinaires municipales et scolaires ou pour le soutien du culte religieux, telles que légalement établies.Nonobstant les dispositions précédentes mes enfants pourront de tems à autres, chacun d'eux respectivement aliéner sans formalité de justice mais pour valeur équitable approximative de la valeur réelle au tems des aliénations les bienfonds ou capitaux qui leur seront échus en partage ou recevoir les remboursements offerts de capitaux, de principaux de rentes constituées tenant lieu de rentes Seigneuriales ou d'autres rentes constituées; mais alors les argents provenants de tels remboursements et aliénations, ainsi que les immeubles acquis ou placements faits avec tels capitaux remplaceront à tous égard tant pour la jouissance que pour la propriété ceux qui auront été aliénés par mes enfants ou qui leur auront été payés et remboursés par des débiteurs.Je charge aussi les enfants nés ou à naitre en mariage de mon fils de payer après le décès de leur père à son acquit et au mien la rente et pension viagère de six cents dollars, que mon dit fils a créée par son contrat de Mariage en faveur de Dame Mary Eleanore Westcott ma belle fille bien aimée pour gain de survie et que je me suis engagé à lui faire valoir subsidiairement à ses enfants.Si quelqu'un de mes enfants décède sans descendant né en mariage la part dont il ou elle aura joui accroîtra à ses frère et sœur, à titre d'accroissement à leur part en jouissance et usufruit à titre d'aliments 8e pension alimentaire incessible et insaisisable et en plein propriété à leurs enfants par souche et par portion égalle à chaque souche.Mes filles ni leurs enfants ne pourront requérir de leur frère l'exécution d'aucun des engagemens qu'il avait contractés par acte reçu par DE QUELQUES TESTAMENTS 163 Maîtres Fissiault & collègue Notaires le vingt trois Novembre mil huit cent cinquante quatre desquels engagements je me suis obligé à le tenir indemne par mon acte d'acquisition du Franc Alleu Papineau.Laissant à mes filles et à leurs enfants plus qu'il n'aurait pu leur revenir par l'acte précité, ils devront se soumettre à la présente condition sous peine en cas de refus d'être privés de legs à eux faits, quels legs accroîtront aux acquiesçants.Les jour 8e an susdits.(SIGNE) L.J.PAPINEAU (1) (1) Vérifié, Montréal, le 30 septembre 1871.Archives judiciaires de Montréal. 164 ARCHIVES DE QUÉBEC TESTAMENT DE SIR LOUIS HIPPOLYTE LA FONTAINE Le 29 SEPTEMBRE 1862 Les Présentes contiennent Mon leujinrni olographe.Je révoque tons les testaments que j'ai pu faire avant ce jour.1\" Je donne mon beau Christ en Ivoire à l'Eglise de ma paroisse rouir, Bouchnrville.Le reçu du Curé suffira pour en accuser la réception, et libérer de ce legs ma succession, 2* Je donne à l'Honorable Joseph Amable Bertbek*.Juge de la Cour Snpërienre, ma montre d'or, sur le cou vende de laquelle sont gravées les lettres \"A- B-\", qui sont les initiales du nom de sa cousine, ma pnenùere femme, à laquelle la dite Montre a appartenu S\" Je fan donne de plus ma Collection des \"Statuts at Large\"* du 1>j«1i i m Impérial, à la condition que si mon fis devient avocat, il w M\u2014tira ta Ait* cnlwrwm anmtar api*» «¦» iHnwina m bairran-4* Je donne à ma cousine, FJodie Oalon, frinim de M.Gagnon.Xotaôe à la Rrrièredu-Loup, District des Trosv Rivières, tme rente ¦ m\u2014ifli et viagère de trente louis courant, on cent vingt dollars, par année, laquelle rente ne sera exigible que dans le cas où die deviendrait Yeuse, et seulement tant qu'elle sera Veuve; et la dite rente ne ià courir que du jour de son veusage et sera payable tons » et sera inrrsahle et ™rè«c»lil» fat dite rente devant lui S* Je veux o/k durant deux années seulement, à être computers de ! dôrès, il soit payé, chacune des dîtes deux années, à \\fadeEaoiscîlc ¦ Marett, à raison des services qu'elle a rendu à ma premiere jeudaut sa maladie, une rente de trente louis courant, ou vingt dollars, par année susdite, payable par mnMic, laquelle **mble et nwafàvahle.devant lui unir Heat d*J les dites deux années écoulêes- * J*^ lmfremeT* ,°eUr DE QUELQUES TESTAMENTS 181 TESTAMENT DE HONORE MERCIER le 20 août 1894 L'an mil huit cent quatre-vingt quatorze, le vingtième jour du mois d'Août.Devant M» Onésime Marin, et Me Victor Morin, tous deux soussignés, notaires publics pour la Province de Québec, en Canada, résidant et pratiquant en la Cité et le district de Montréal, dans la dite Province, A COMPARU: L'Honorable Honoré Mercier, Avocat et Conseil de la Reine, demeurant en la dite cité de Montréal.Lequel étant malade au lit, mais ayant toutes les qualités mentales voulues pour tester, tels que mémoire, jugement et entendement, a requis les dits notaires de recevoir son présent testament qui a été rédigé à l'instant par le dit Onésime Marin, l'un des dits notaires, suivant les explications du dit testateur, comme suit : PREMIÈREMENT.Je meurs en communion avec l'Église de Rome dont je partage les croyances et sollicite les prières.Je désire que mes funérailles aient lieu dans l'église du Gésu en cette Cité de la manière la plus simple et la plus modeste possible.DEUXIÈMEMENT.Je pardonne à ceux qui m'ont fait du mal et je demande pardon à ceux que j'aurais offensés soit dans ma vie privée, soit dans ma vie .politique.TROISIÈMEMENT.Je révoque toute appropriation que j'ai faite avant ce jour des polices d'assurance sur ma vie et J'approprie le montant des dites polices d'assurance prises sur ma vie à mes enfants issus de mon mariage avec mon épouse bien aimée Dame Virginie St Denis, pour par eux les partager entre eux par égales parts après l'extinction de la fiducie oi-après par moi créée, et en jouir, user, faire et disposer en toute propriété en vertu des présentes, par eux, mes dits légataires, de laisser leur dite mère, Dame Virginie St Denis toucher et percevoir sa vie durant, tous les fruits et revenus du montant des dites polices d'assurance.Mais si en vertu des lois en force dans la Province de Québec à mon décès l'appropriation ci-dessus faite par moi de mes polices d'assurance ne valait pas ou était considérée comme illégale, dans ce cas, je veux et entends que l'appropriation que j'en ai déjà faite antérieurement en faveur de ma dite épouse, Dame Virginie St Denis ait son plein et entier effet à toutes fins que de droit 182 ARCHIVES DE QUÉBEC QUATRIÈMEMENT.Je désire pourvoir à l'administration des biens provenant des dites polices d'assurance, et en conséquence J'approprie tous les fruits et revenus des biens provenant des dites pouces d'assurance à ma dite épouse, Dame Virginie St Denis, à Lomer Gouin, Ecr., avocat, mon gendre, et à l'Honorable Joseph Emery Robidoux, avocat, Conseil de la Reine, tous de la cité de Montréal eh fiducie les nommant et instituant les fiduciaires des dits biens provenant de mes dites polices d'assurance Jusqu'au décès de ma dite épouse, pour par eux, les dits fiduciaires demander, toucher et recevoir eux-mêmes le montant des dites polices d'assurance, en donner quittance, faire emploi des deniers en provenant soit par hypothèque sur propriétés foncières, soit en achats d'héritages, de bons, debentures, parts de Banque.ou autres valeurs de même nature, et en conséquence, outre les pouvoirs conférés aux fiduciaires par les actes créant la fiducie, je déclare expressément donner aux dits fiduciaires les plus amples pouvoirs de vendre, céder, échanger, hypothéquer ou autrement aliéner tous les biens meubles et immeubles provenant du produit des dites polices d'assurance, à tels prix, charges et conditions qu'il leur plaira fixer, payer, et distribuer les fruits et revenus du montant des dites polices d'assurance à ma dite épouse sa vie durant ou jusqu'à son convoi en seconde noces, dans lequel dernier cas les dits fiduciaires ne lui .paieront plus qu'une pension alimentaire de quatre cents piastres par année à compter du jour de son convoi en secondes noces, et dans tel cas encore, les dits fiduciaires paieront à ma fille Heva Mercier, une égale somme de quatre cents piastres par année aussi longtemps qu'elle ne sera pas mariée, et la balance des dits fruits et revenus sera partagée entre mes deux fils.Si toutefois lors du convoi en secondes noces de ma dite épouse, ma dite fille Heva était pourvue par mariage ou si elle se mariait plus tard, alors les dits fruits et revenus seront partagés par tiers entre mes dits trois enfants, après toutefois que la dite somme de quatre cents piastres aura été payée à ma dite épouse; tous tels fruits et revenus devant être ainsi payés et livrés au fur et à mesure qu'ils seront collectés, au moins tous les trois mow.CINQUIÈMEMENT.Les fruits 8e revenus ci dessus mentionnés seront inacessibles 8e insaisissables 8e le capital sera sujet aux mêmes restrictions tant qu'il n'aura pas été remis par les fiduciaires à mes enfants cidessus nommés.SIXIÈMEMENT.En cas de refus d'accepter la dite charge ou de résignation d'icelle après l'avoir acceptée (ce que les dits fiduciaires auront droit de faire en aucun temps) ou encore en cas de maladie prolongée, décès ou absence du pays d'un des dits fiduciaires, les DE QUELQUES TESTAMENTS 183 autres restant en charge auront droit de le remplacer par un acte authentique et à défaut d'entente entre ies dits fiduciaires restant en charge, la dite nomination sera faite par un Juge de la Cour Supérieure, siégeant dans et .pour le district de Montréal, sur la requête d'aucun des dits fiduciaires restant en charge, après un avis de quarante-huit heures signifié à l'autre fiduciaire et tout tel fiduciaire ainsi nommé par la Cour aura les mêmes .pouvoirs que ceux par moi donnés par mon présent testament.SEPTIÈMEMENT.Je révoque et annule tous testaments, codicilles que j'aurais pu faire avant celui-ci auquel seul je m'arrête comme contenant mes dernières volontés et dispositions.Dont acte : Fait et passé en la dite Cité de Montréal, en la demeure du testateur, numéro cent quatre vingt deux de la rue St Denis de la dite Cité de Montréal, à la date ci-dessus en premier lieu écrite, sous le numéro dix-sept mille neuf cent quatorze des minutes de M* O.Marin, l'un des notaires soussignés.Et après lecture du présent testament faite au dit testateur par le dit M* O.Marin en présence de l'autre notaire, le dit testateur a déclaré le bien entendre et comprendre et y persister comme étant l'expression de ses dernières volontés et dispositions.En foi de quoi il a signé son présent testament ainsi que les dits notaires, le tout en présence les uns des autres.Honoré MERCIER Victor Morin, N.P.O.MARIN, N.P.'a résidence actuelle et je veux que ces deniers ainsi que le dit ménage restent insaisissables à titre d'aliments.Le présent testament fut ainsi fait par le dit Testateur en présence des dits Notaire et témoins et par le dit Notaire en présence des dits témoins lu au dit testateur qui a déclaré le tout comprendre et y persévérer comme contenant ses dernières volontés, révoquant toutes autres dispositions testamentaires antérieures. 186 ARCHIVES DE QUÉBEC Fait 8c passé en la dite cité de Montréal, en l'Hôtel Windsor, les jour, mois 8c an susdits, sous numéro vingt 8c un mille trois cent quatre vingt cinq.Et le testateur a déclaré ne pouvoir signer à raison de sa grande faiblesse; Et les dits Notaire et témoins ont immédiatement signé en la présence du dit testateur 8c des uns et des autres, après lecture faite comme susdit.('.igné) J.Wurtele Wm E.Blumhart \" H.P.PEPIN, N.P.(1) (1) Archives Judiciaires de Montréal. UN DOCUMENT CURIEUX par Louis-P.Cormier et Johannes Sachse du Michigan State University UN DOCUMENT CURIEUX DANS le3 archives de la Ohio State Archaeological and Historical Society se trouve un manuscrit français que le catalogue, à l'article 335, décrit : «Descripsion de la mérique depuis la mer du Canada Jusque a la terre du pole artique ou zone froidel No place, 18\u2014?1 vol.Bound in is a map, 'Hemisphere Septentrional.' by Delisle, circa 1710.» Il s'agit d'un manuscrit anonyme de 201 pages d'une écriture très nette et très lisible.Aucun indice ne nous permet de déceler l'identité de l'auteur, le lieu de provenance du manuscrit, la date exacte de sa composition.Ce n'est que par évidence interne que nous arrivons à un terminus a quo et à un terminus at quem.Nous examinerons successivement la matière, les sources, la manière de l'auteur, son but, la date et la langue du manuscrit.Les escales de ce périple nord-américain sont, en conservant l'ordre du manuscrit : 1.La Virginie, administration anglaise, surtout flore, et mœurs indiennes.1-23.2.Le pays de Danian et de Quivira (Quivira habitata ab Aixais, Xabotaos, Japies, Xumanes, comme dit une carte du temps rédigée en latin: America Septentrionalis, G.de l'Isle, 1700).Ce sont des régions inconnues situées au nord des possessions espagnoles, à l'ouest du Mississipi.23-26.3.L'Ile de Terre-Neuve, le bourg de Plaisance.26-29.4.Les îles du Canada, i.e.Anticosti, Cap Breton, Saint-Jean.29-31.5.L'Acadie, pays recommandable par son climat, sa situation, la fertilité du sol, la richesse des forêts, l'abondance de la pêche et de la chasse; les nations indiennes de la côte; le baron de Saint-Castin chez les Abénakis.31-38.6.Le Canada que l'on «peut diuiser en deux parties: l'une méridionale qui comprend toute la nouuelle france et d'autres pais plus occidantaux qui sont encore inconnus: et l'autre septentrionale qui Comprend la terre de Labrador, l'estotilland, et le nouveau païs de Galles» (39) .Coup d'ccil rapide sur le cours du Saint-Laurent jusqu'à sa source.[189] ARCHIVES DE QUÉBEC Description de la vallée: Tadoussac, Saguenay, la Baie Saint-Paul, les îles, Québec et ses environs, la colonie huronne de Lorette.Le gouvernement des Trois-Rivières qui comprend les îles de Saint-François, «centre de tout ce que l'on peut souhetter de meilleur en Canada» (70).La seigneurie de Sorel, Verchère, l'épisode de Madeleine de Verchère, Boucherville, Longueuil «la plus belle maison de Campagne de la nouuelle france» (77).Combat du fort de la Madeleine entre les Anglais et les Iroquois et les Français et leurs alliés où se distinguèrent MM.de Saint-Cirque et de Varenne.Ville Marie où «il ut esté à souetter que d'on eut établit la capitale de la nouuelle france dans un androit aussi auanta-geux» (81).Les Messieurs de Saint-Sulpice, seigneurs de l'île, les principales communautés: les Recollets, les Hospitalières, les filles de la Conception (Congrégation), les Frères Hospitaliers, la mission uroquoise de M.l'abbé de Bellemont.La grande foire du printemps où affluent les sauvages de toutes les régions, «la ville ressamble pour lors a un enfer» (87).Difficultés de la navigation en remontant le fleuve, le fort Frontenac, les nations iroquoises, les guerres iroquoises.Niagara, les lacs Erie et Huron.Expédition de Lahontan, alors gouverneur du fort Niagara (Saint-Joseph?), à Missili-makinac pour s'approvisionner de blé chez les Hurons.Excursion de Lahontan à la recherche des Iroquois, sans succès d'ailleurs, puisque le gouverneur Denonville venait de faire la paix avec eux.Au lieu de rentrer à Québec à l'approche de l'hiver, Lahontan décide de faire des explorations du côté du Midi.Trajet de Missilimakinac jusqu'au Mississipi par la baie et la rivière des Puants et la Wisconsin.Description des colonies et des mœurs indiennes.Description du castor.38-106.Le Mississipi.Long récit de l'expédition de Lahontan sur la mythique Rivière-Longue et sur la rivière des Missouris, description des principales nations, de leurs mœurs, de la faune, de la flore (106-133).Vers les sources du fleuve avec M.Dacan en 1680, envoyé par La Salle; à la découverte de son embouchure avec La Salle en 1683.Voyage en France de La Salle pour faire part de ses découvertes, retour en 1684 en passant par le Golfe du Mexique.Difficultés à retrouver l'embouchure du Mississipi, colonie de la UN DOCUMENT CURIEUX 191 Baie Saint-Louis.En 1686 La Salle part pour le Canada pour retourner en France, récit de son assassinat.Le chevalier de Tonti, gouverneur des Illinois, se rend à la Baie Saint-Louis pour .prendre charge des colonies fondées par La Salle qu'il trouve débandées.Mission apostolique de monsieur de Montigni, grand vicaire de Québec.106-171.8.Le Labrador.Férocité et lâcheté des Esquimaux.171-173.9.La baie d'Hudson.Expédition du capitaine Hudson, le fort du capitaine Nelson, les établissements des «nommez Gro-selliers et Ratisson».173-178.10.Le Canada (le lac Supérieur).Poste de traite bâti par Dulhut qui fait tort au commerce des Anglais de la baie d'Hudson.Mines de cuivre.Chasse et pêche abondantes.178-179.11.La baie d'Hudson.Prise du fort Nelson par d'Iberville en 1697.Expédition dont faisait partie de la Potherie.179-200.12.Le Canada.Possibilité économique en sus de la traite des fourrures.200-202.II Ce bref résumé du manuscrit laisse supposer que nous sommes en présence d'un journal de voyage sur lequel viennent se greffer ceux de Lahontan et ceux qui racontent les découvertes st les aventures de La Salle.Comme l'auteur mentionne les noms de Tond, la Potherie, Lahontan, nous sommes vite sur la piste de ses sources.Or, l'examen soutenu des sources nous fait constater que l'auteur a plutôt vu par les yeux des autres et qu'il s'agit d'une histoire faite en cabinet sur des sources écrites.Les principales sources sont : 1) Pour la Virginie: Histoire de la Virginie, contenant____Par un Auteur natif & habitant du Païs.Traduite de l'Anglois.Amsterdam, chez Thomas Lombrail, 1707.Il s'agit de l'ouvrage de R.B.Beverly publié en 1705.C'est un ouvrage qui a connu beaucoup de vogue puisqu'il y en a eu une seconde édition française en 1712.Cette source que l'auteur du manuscrit ne mentionne pas m'a été signalée par le curateur des manuscrits à l'Ohio Historical Society, M.John Weatherford.2) Pour ce qui a trait au Canada (comprenant la vallée du Mississipi) : Histoire de l'Amérique septentrionale.Par M.de Bacqueville de la Potherie.A Paris, Chez Brocas, 192 ARCHIVES DE QUÉBEC 1753.C'est l'édition que j'ai consultée, dont le texte est identique à celle de 1722 (voir J.-E.Roy, «Claude-Charles Le Roy de la Potherie» dans Mémoires et Comptes-Rendus de la Société Royale du Canada, seconde série, III, 1897, 39-40).Nouveaux Voyages de Mr Le Baron de Lahontan, dans l'Amérique Septentrionale.tome premier, suivi de Mémoires de l'Amérique septentrionale, ou la suite des voyages de Mr Le Baron de Lahontan tome second.A La Haye, Chez les Frères l'Honoré, 1703.3) Pour les découvertes de Cavelier de La Salle: Dernières De-couvertes dans ÏAmerique septentrionale de M.De la Sale.Mises au jour par M.le Chevalier Tonti.Paris, chez Jean Guignard, 1697.Que l'auteur ait eu, à côté de ces sources principales, des sources secondaires, il n'y a pas lieu d'en douter.On le reconnaît à certains détails, peu nombreux d'ailleurs, qui ne se rencontrent pas dans les auteurs précités, et surtout à deux épisodes que nous ne sommes pas arrivés à identifier.Dans le premier cas, il s'agit surtout de précisions géographiques ou historiques.Citons quelques exemples.Le début du manuscrit se lit ainsi: «La Virginie fut le premier païs que découurit Vérazan et dont il s'empara au nom du Roy de france franceois premier; Il la nomma mocasa.» Mocasa n'apparaît pas dans Beverley; il ne s'occupe de la Virginie que comme colonie inglaise.À la .page 6, on lit : «Tragabigzanda est tenue pour la capitale de la province du coté du sud-est.», le nom de cette capitale est absent chez Beverly.En page 26 .«L'isle de terre neuue estoit apellée autre fois terre de bacalaos a cause de la quantité de ses poissons que l'on y peschent aux environs qui sont les morues, elle est située a l'antrée du golfe de St lorant.sous le 49.degré de latitude et le 326 de longitude, elle a la figure d'un triangle, et peut auoir 120.lieues dans la plus grande longeur, cent de largeur, et de circuit 340.elle est fort frécantée des franceois, des Anglois, et des hollandois, pour la quantité de morue que l'on y pesche, particulièrement sur le grand banc.» Ici encore, le nom géographique de Bacalaos ne se trouve pas chez ses modèles, pas plus d'ailleurs que la description de l'île en termes de dimension.Ces détails peuvent provenir de cartes géographiques ou même peuvent avoir une source orale.Quant aux deux passages non identifiés, l'un se rapporte au territoire très mal connu de Danian et de Quivira, situé au nord des possessions espagnoles à l'ouest du Mississipi, l'autre décrit les mœurs d'une tribu indienne, les Gadanois.Pour le premier, l'auteur se réfère à des relations espagnoles, et le plus curieux, c'est qu'il UN DOCUMENT CURIEUX 193 signale lui-même le nom d'un chroniqueur, Wirflet.Les archivistes et les historiens auxquels nous avons fait appel, sont Testés perplexes devant ce nom.À notre avis, c'est un nom espagnol déformé en passant au français, et probablement déformé une seconde fois par la graphie du copiste.Nous reproduisons ici les deux textes en question.Le pias Danian et de Quiuira sont si peu connus, que ie n'en parleray le moins que ie pouray, afin de n'en point faire de conte en l'air.On n'est pas seulement sertin ni de leurs Etandues ni de leurs bornes, l'air y est froit, le terroir n'est fertil qu'en prairies ou l'on nourit vn grand nombre de vaches qui ont vne bosse sur le dos comme les chamaux.Ses bestiaux font toute la Richesse des habitans qui font des étoffes de leurs poils; couurent leurs cabanes de leurs peaux et en font des souliers; Des poinsons et d'autres outils de leurs os, des tasses et beaucoup d'autres choses auec les Cornes, ils se nourissent de leur chair, et boiuent leur lait: dans les endroits ou ils n'ont point de bois ils en brûles le fumier pour se chauffer; ce qui ne se fait pas par tout, car on y trouuve de grandes forest de pins et de Cèdres en sertins Cantons: Ils ont aussi de grans chiens dont ils se seruent comme de mulets pour porter leurs hardes quand ils font voiage.Ils n'ont point de ville ni de demeures fixe, mais ils cherchent les lieux qui samblent les plus comodes, ou ils dressent leurs Cabanes, Comme on fait les tantes dans vn Camp.Ces peuples ont des Rois mais pauures et sans suite; Comme les Relations des espagnols nous dépeignent le Roy tàtaraxe que l'on trouua tout nud, auec vne meschante chesne d'airin pandue a son col, pour marque de sa Roiauté.Quelques vns de ces peu- Eles adore l'eau, parce qu'ils croient que c'est elle qui fertilise i terre, d'autres les arbres, les astres etc Entre le pais de Quiuira et le Canada il y a vne vaste nombre de diuers peuples, Comme les Canibas, lés Auaranes, les Calecugens, et autres tous les quels au raport de Wirflet sont brutaux, farouches, cruels et fort vites a la cource.Ils n'ont ni rois ni commandans, ni loix ni aparance de religion.Comme les espagnols ont veu qu'il n'i auoit la aucun profit a faire, ils ne se sont pas mis beaucoup en peine d'i planter la vigne du seigneur; Car leur religion est fort intéressée.23-26.vers la mer douce ou le lac supérieur, et celuy de fron-tenac; est vn très grand nombre d'autres nations, dont le détail seroit ennuieux.Les Gadanois sont assez spiriutels pour des sauuages et ont de la mémoire, ils ne sont point hardis quoy qu'ils tachent de le faire croire, parce que le courage est estimé parmy eux la vraye 194 ARCHIVES DE QUÉBEC marques de noblesse.On voit quelque fois plusieures familles qui demeurent dans vne même Cabane, et vivent ainssi sans débats et sans méffiances, ce qui marque la docilité de leurs esprits; ils sont sans souci t de l'auenir: Us sont assez menus de Corps et bien proporcionez ils naissent blancs, mais les drogues dont ils se frottent les randent basanez.Us aiment la chasse, la bonne chaire le tabac en fumée, la dance, passant quelques fois les iours et les nuits en de grans festins qu'ils apellent tabagie; Ils s'abillent de peaux d'animaux portent des brasselets et des colliers de grains de verre, se font plusieures picures, et se peignent le corps de différentes couleurs.Ces peuples sont gouuernez par leur Sagamos ou Capitaines de guerre, qu'ils élisent auec grande solemnité entre les chefs des plus illustres familles; l'étandue de chaque gouuememant ce termine a quelque Baye ou Riuiere; Us ne vont point en voiages ou en négautiations, sans porter auec eux le grand Calumet de paix, garnis de plumes, jaunes, blanches, et vertes: On ne saurois aussi faire aucuns traitez auec eux, sans auoir de sertins coliers, qui sont composez de coquillages, qu'on trouue au bord de la mer, entre la nouuelle york et la Virginie, ses grains sont longuets, gros comme des petits poits, enfilez en bandes, de deux ou trois pieds de longueur, ils sont de plusieurs couleurs et sentent de Contrats et d'obligations parmi eux; l'usage de l'écriture leur estant inconnus.42-44 Si nous ne pouvons rien dire de l'originalité de ces deux passages, il est permis toutefois d'en douter et d'assumer que l'auteur, comme partout ailleurs, suit des modèles.III Pour démontrer la manière de l'auteur il n'est que de mettre des textes en regard.Texte de La Potherie, I, 287-288 La ville des Trois-Rivières qui est à cinq lieues de Champlain tire son origine de trois canaux, dont l'un est plus large que la Seine au dessus de Paris, & qui sont formez par deux Isles de quinze à seize cens arpens de long, chacune remplie de beaux arbres.R y en a quatre autres fort petites au dessus dans l'embouchure d'une riviere nommée Texte du manuscrit, 335-836 (pagination erronée qui correspond à 67-68) La ville des trois Riuiere qui est a cinq lieues de champlain tire son nom de trois Canaux, dont l'un est plus large que la seine qui forment deux isles de quinze a saize arpans de long chacune, ramplies de beaux arbres.H y en a quatre autres fort petites, dans rambouchure d'une UN DOCUMENT CURIEUX 195 Maitabirotine, d'où décendeot plusieurs Nations qui y viennent faire la traite de leurs Pelleteries.Elle à communication par des sauts & délais avec le Sa-guenai qui est à soixante Se dix lieues plus bas.Un espace de terre, autrement un portage, empêche que ces deux rivieres ne se communiquent l'une dans l'autre.Ces Sauvages qui sont voisins de la Baye d'Hudson apportent les plus belles Pelleteries du Canada.La ville des trois Biuiere qui au 46.deg.quelques minutes.Il y a un Gouverneur & un Major seulement.Elle est entourée de pieux d'environ dix-huit pieds de haut Comme elle est dans le centre du pais, on n'a pas tant lieu d'appréhender les incursions des Iroquois.La situation en est belle.Le sol est sabloneux, 8e on y recueille de bon bled.L'union entre les Bourgeois dépend du désintéressement du Gouverneur; car, pouuvû qu'ils ne soient pas traversez dans leur commerce de Pelleterie, il ne survient point de dissentions qui troublent le repos public.On y compte soixante feux.Les Recolets en sont Curez.On y voit hors de l'enceinte un beau Couvent d'Ursu-lines.Je ne vous parle point de plusieurs seigneuries qui sont Nord 8e Sud dans ce Gouvernement.Les Algonikns se réfugièrent autrefois dans ces quartiers.Cette Nation ayant été subjuguée par les Iroquois, fut contrainte d'abandonner son païs, oui étoit à cent lieues au dessus des Trois Rivieres, dans celle des Outaouaks.riuiere nommée Maitabirotine, d'où dessandent plusieurs nations, qui viennent faire la traite de leurs pelletries, vn espace de terre autremant vu portage des canaux empesche que ce te riuiere n'est communicattion auec la sagnenay qui est a soixante et dix lieues plus bas.B y a vn gouuerneur et vn major dans la ville, qui est entourée de pieux d'enuiron dix huit pieds de haut; la situation en est belle, le sol est sabloneux, on y receuille de bon bled, on y Comte soixante feux, les Recolets en sont curez.On voit hors de l'ansinte vn beau Couuant de vrsuline, et plusieures seigneurie qui sont au nord et au sud de ce gouuemement.C'estoit autre fois le païs des algonkins qui en furent chassez par les Iroquois. 196 ARCHIVES DE QUÉBEC Texte du manuscrit, 63-64.Quebec est a vne lieue é demie de cette isle, ou le fleuue se partage en deux branches, le chéri ail du sud est celuy des vaisseaux, car il ne saurais passer que de petites barques par celuy du nord a cause des batures et des rochers.Cete ville a vne lieues de circuit, elle est partagée en haute et basse ville, qui sont Egalement bâties de belles pierres de tailles, il y a vn chemin assez large de l'une a l'autre.D y a vne petite riuiere a vne demi lieue de la apellée cabir coubar par les sauuages, a raison des tours et détours qu'elle fait; elle s'apelle a présent St charle, en mémoire de mr des Boiles fondateur de la premiere mission des Recolets de la nouvelle france.ces pères bâtirent en 1620.vn couuent sous le tiltre de nostre Dame des anges, dans vne espèce de petites istes fort agréables entourée de grands bois ou de très belles eaux serpantes; mais nu de laual leur a achetté cet em-plassem[ent], ou il a mis des hospitalières qui y ont soin de l'hospital général qu'on y a baty avec vne grande magnifissance.Nous notons que les éléments descriptifs des onze premières lignes du texte du manuscrit ne se trouvent pas chez La Patherie, mais examinons le récit de Lahontan (I, 14, 15 et 16).La curiosité me porta vers I'Isle d'Orléans, avant que de m'aprocher de Monreal; Cette Isle à 7.lieues de longueur 8e trois de largeur; elle s'étend de la traverse du Cap Tourmente jusques à une lieue 8c demi de Quebec, où ce fleuve se partage en deux branches.Le chenail du sud, est celuy des Vaisseaux, car il ne sçauroit passer que de petites barques par celui du Nord à cause des batures 8e des Rochers.Québec est la Ville capitale de la nouvelle France.Son circuit est à peu près d'une lieûe, sa latitude.Quebec est partagée en haute 8c basse Texte de la Potherie, I.224.Quebec est au bout de l'Islet d'Orléans, a deux lieues dans le Sud-Ouest.Il y a une riviere à une petite demie-lieue de là, apellée Cabir-Coubar par les Sauvages, à raison des tours 8c détours qu'elle fait Jacques Cartier lui donna le nom de Ste Croix, parce qu'il y arriva un pareil jour.C'est le premier endroit où il ait hiverné.Elle s'apelle présentement saint Charles, en mémoire de Mr.Charles Des Bottes Grand Vicaire de Pontoise, fondateur de la premiere Mission des Recolets de la Nouvelle France.Us y bâtirent en 1620 un Convent sous le titre de Nôtre-Dame des Anges, dans une espèce de petite Isle entourée de grands bois où de très-belles eaux serpentent Monsieur l'Evêque a achepté cet emplacement de ces Religieux où il a mis des Hôpitalie-res qui y ont soin de l'Hôpital general qu'on y a bâti avec une grande magnificence. UN DOCUMENT CURIEUX 197 Ville, le» Marchands demeurent à la basse pour la commodité du port, le long duquel ils ont fait bâtir de très-belles maisons à trois étages d'une pierre aussi dure que le marbre.La haute Ville n'est pas moins belle.Il y a un chemin assez large de l'une à l'autre, mais un peu escarpé, & des maisons à droit & à gauche.Ces exemples suffisent, croyons-nous, pour montrer la méthode de l'auteur, et aussi le manque d'originalité du manuscrit et le peu d'intérêt qu'il y aurait à le transcrire intégralement.L'auteur se donne beaucoup de mal à compléter un auteur par l'autre, à recouper dans ses sources, mais en même temps les fautes, les négligences fourmillent.Plusieurs, sans doute, doivent être mises au compte du copiste.Les noms propres sont particulièrement écorchés.«Mr de la varenne» {80) pour M.de Valrenne (la Potherie, I, 330).Il est intéressant de noter que c'est la forme de notre auteur anonyme qui a subsisté ici au Canada; sans doute s'agissait-il d'une prononciation populaire.Les «filles de la Congrégation {la P., I, 340) deviennent les «filles de la consepsion» (83) ; les «Quanoatinos» (Tonti, 279) deviennent les «Quanoations» (158); le «pere Louis récollet» (Tonti, 91) devient: «Monsieur Dacan fut enuoié par mr de la sale a la dé-couuerte du fleuue de Mississipi accompagné du pere franceois Récollet, quatre franceois et deux sauuages.(133).Les dates subissent le même sort: «Reuenons a la Baye de Hudson, ou mr de la potterie fut avet trois vesseaux que mr d'iberuille commandoit en 1710* (179).«Monsieur d'iberuille arriua au fort de Nelson le troisième de sep-tambre 1797» (181).Pourtant son modèle (la P., I, 90) donne bien la date précise de 1697.A force d'abréger et en faussant au départ la leçon, il en arrive à des coq-a-l'âne comme celui-ci: Ils en partirent le quatre dessambre, le quinze le vent du nord les surprit auec tant de.violance, qu'ils furent obligez de gagner terre, ou ils restèrent deux iours sur Vn fond sablonneux, dont la stérilité leur causa d'autant plus de peine, qu'ils n'auois pas vn morceau de bois pour faire cuire les viandes, et pour les réchauffer ce qui pansa les faire mourir de faim et de froit; Car tout le païs d'alantour n'estoit que des prairies a perte de veues, et des marais de vaze et de roseaux, enfin après huit iours de nauigation, ils arriuerent a la pointe d'une isle le dix neuf du même mois.(116).La leçon de son modèle (Lahontan, I, 158) commence ainsi : Je partis de ce Village le 4.de Décembre, ayant dix soldats avec moi.Le premier jour nous fîmes six ou sept lieues avec assez 198 ARCHIVES DE QUÉBEC de peine.; les deux jours suivans nous fîmes vingt lieues.Le quatrième un vent d'Oiiest-Nord-Oiiest nous surprit avec tant de violence que nous fûmes obligez de gagner terre.Nous restâmes deux jours sur un fond sablonneux.On relève des erreurs géographiques qui montrent que sa connaissance des lieux était livresque.Aux pages 95 et 99 il est question du fort de Niagara où Lahontan avait remplacé M.Dulhut, mais il s'agit du fort S.Joseph à l'entrée du lac Huron comme il apparaît clairement dans Lahontan (I, 109).Il nous fait un curieux charabia au sujet des routes du Mississipi en affirmant que ia route la plus courte passait par la baie et la rivière des Puants pour rejoindre la rivière des Illinois.(99) L'auteur arrive à ce trajet insolite en inter-callant du Tonti dans le récit de Lahontan; mais précisément les deux parlent de trajet différent Lahontan suit la route du nord, c'est-à-dire celle de la baie des Puants et de la rivière Wisconsin, tandis que Tonti se réfère à celle du sud par le lac Hérié, la rivière des Miamis et celle des Illinois.Enfin, le plus amusant, c'est peut-être le hors-d'ceuvre que.forme l'épisode de Piskaret Au moment où l'auteur en est à traiter des Indiens de la Baie d'Hudson (188ss), de leurs mœurs guerrières, de leur habitude de ne jamais livrer de bataille en pleine campagne mais par embuscade, il enchaîne : «A ce suiet ie raporteray ycy vne accion ardie d'un algonkin contre les Iroquois, nommé piskaret le quel voulut tout seul, vanger sa nation dont vne partie auoit esté détruite par ses ennemis de toutes les autres de ce confinant.» Cet épisode, raconté par la Potherie en son propre lieu, ne manque pas de pittoresque: notre auteur ne peut se résoudre à le laisser tomber même s'il lui faut franchir d'un bond la moitié d'un continent et se trouver dans des régions et un climat bien différents.Au fond, ce qui compte, ce n'est pas la précision géographique du décor mais plutôt le trait exotique.îv ; On peut formuler toutes les conjectures sur le but que se proposait d'auteur.D'abord il ne faut pas trop se formaliser du plagiat, à l'époque il était pratiqué sans vergogne : on nja qu'à penser à tout ce que les voyageurs se sont emprunté les uns aux autres.Le seul inconvénient ici, c'est qu'il est trop systématique.A côté de l'im-mé, le manuscrit restait toujours en vogue au dix-huitième siècle.On peut imaginer un petit seigneur de province entiché d'exotisme UN DOCUMENT CURIEUX 199 américain occupant ses longs loisirs à faire un condensé de l'histoire du Canada à l'intention d'un cercle de parents et d'amis comme Montaigne avait voulu faire avec ses Essais.Rien ne s'oppose à ce que ce soit le résumé d'un précepteur ou d'un clerc.Mais toutes les hypothèses resteront des hypothèses.Comme maigre indice, le mot lecteur est employé à un endroit : «Imaginé vous lecteur» (89) pour remplacer le «Imaginez-vous monsieur» des lettres de Lahontan.En tout cas, il est difficile d'imaginer qu'on ait songé à remettre à un éditeur pareil manuscrit au moment où Lahontan, Beverly, la Potherie étaient en pleine vogue.1 > \" '* \" v':' >' '^BBBrHfr1, Comme nous l'avons indiqué au début, le manuscrit n'est pas daté.Nous donnons comme terminus ad quem 1759, date qu'il aurait été impossible d'ignorer si le manuscrit avait été rédigé plus tard Comme terminus a quo nous donnons la date de la première édition de l'Histoire de la Potherie, soit 1716, bien que l'édition connue des bibliophiles suit del722.(Voir à ce sujet J.-E.Roy, «Claude-Charles Le Roy de la Potherie», Mémoires et Comptes-RendnDs de la Société Royale du Canada, seconde série, III, 1807, 27ss.) Il nous a été impossible de préciser la date de la carte qui se trouve dans le manuscrit: «Hémisphère Septentrional pour voir plus distinctement les Terres Arctiques par Guillaume de l'Isle de l'Académie R\" des Sciences», et que le catalogue de la Ohio Historical Society place circa 1710.En songeant aux dates des sources (Tonti 1697, Beverly 1707 ou 1712, Lahontan 1703, la Potherie 1716 ou 1722) et en tenant compte du fait que l'Histoire de la Potherie se trouvait être la plus récente et celle qui a marqué le plus notre manuscrit, nous inclinerions à placer la composition du manuscrit plus près de la date de publication de la Potherie que de la date-limite de 1760, d'autant plus que l'histoire de Charlevoix, en 1744, a rélégué au second plan toutes les histoires précédentes.Quant au manuscrit de la Ohio Historical Society, il ne s'agit pas nécessairement du manuscrit original; il faudrait de toute évidence connaître plus à fond l'histoire de son acquisition et surtout faire un examen minutieux du papier et de son filigrane.La description du catalogue avec sa date approximative de 18____?indique bien que cet examen n'a pas été fait. 200 ARCHIVES DE QUÉBEC VI Du point de vue langue, ce qui frappe d'abord, c'est l'écart entre les graphies du manuscrit et le système oxtographique déjà très uniforme des éditeurs.Il faut supposer l'intermédiaire d'un copiste, car si l'auteur avait transcrit directement sur le texte imprimé de ses modèles (et nous avons montré qu'il les suivait très fidèlement) le décalage ne serait pas aussi prononcé.Nous nous trouvons en face d'une écriture populaire qu'il faut souvent lire à haute voix pour arriver à reconnaître les mots.Des équivalences graphiques existent pour la plupart des sons: o:au, negautiations (143); an:en, ansinte pour enceinte (35); eu:oeu, boeure (61); ain:ein:in, sertir» pour certains (51); ai:e plus cons., ait pour est (90); oi:è:ouè, interoist (115), piroite (59); u:eu, ûrent (128), meuriers (138); eu:e, neuveu (151); tiomsion, irrupsion (82), pantion pour pension (77); j:g.magesté (177); s:z, sone (39); c:s:ss.ce pour se (43), fasse pour face (49); c:qu, picures (43); ce:ç, commanceoient (201); qu:gu, phoques (113, 116, 145), pirogues (116, 116, 120).Comme dans la langue populaire, le genre des noms à initiale vocalique reste arbitraire: une havre (45); un acsion fort solemnelle (10, à noter l'adjectif à forme féminine); un avarice (177); un espèce (107, 158); un escorte (110), mais une escorte (116).Entre les formes qui se font concurrence, notre auteur semble tenir aux formes archaïsantes ou dialectales à rencontre de ses modèles: les nantilles (118); les lantilles (Lahontan, 160); confiant (120); confluant (L., 162); metail (49); metal (L., II, 22); sagrés (10): sacrés (Beverly ,235); dans les suivants, cependant, il ne fait que répéter son modèle, la Potherie: crotesque (87): grotesque: godron (200): goudron; remoules (59): remoles.A noter que nous n'avons relevé la forme «remoule» dans aucun dictionnaire; il en va de même pour le mot istime (=isthme) m.et pour lequel nous n'avons aucune explication satisfaisante.Il est bien improbable que ce soit une faute puisqu'il se retrouve à plusieurs reprises (20, 2 fois; 96; 98).On rencontre une variante de l'ancienne expression «coûter bon» dans raport au besoin qu'ils ont de leurs marchandises, quoy qu'elles leur la phrase suivante: «.ils ne considèrent ces deux nations que par coûtes bonne,.(90); elle est signalée dans H.Moisy, Dictionnaire du Patois normand, Caen, 1887.De tous ces faits de prononciation, de ces formes dialectales on ne peut tirer de conclusions précises pour la localisation du manuscrit parce qu'ils ne concourent pas tous dans une seule direction. UN DOCUMENT CURIEUX 201 Une forme morphologique curieuse, c'est la terminaison en «s» de la Sème p.p.du présent des verbes: ils en brules(27); elles les gresses (8).Ce phénomène apparaît une quinzaine de fois; deux autres fois il s'agit de l'imparfait: les Iroquois qui l'apréandois (332); cependant qu'ils mangeois (143).Enfin signalons une construction syntaxique qu'on retrouve encore dans notre langue populaire et qu'on a tendance, bien à tort à mon avis, à imputer à l'anglicisme: «il leur répondit qu'ils dévoient auoir enleué l'autre chef et le luy auoir amené (114), il faut lire: qu'ils auraient dû enlever.Mais l'apport le plus positif serait au chapitre du vocabulaire.À titre d'échantillonnage nous avons contrôlé quelques termes autochtones comme squenoton (195), pécan (87), karkaiou (196), pichiou (87).Or, «squenoton», par exemple, n'apparait ici dans le Glossaire du parler français au Canada ni au fichier de la Société du parler français qui s'est considérablement accru depuis.Le squenoton est une variété de cerf que le texte (qui vient d'ailleurs de la Potherie) décrit très précisément: ».l'orignac, le cheumeil, le squenoton, et le Caribou, y (région de la baie d'Hudson) ont de quoy courir, le squenoton Tessamble au cheurueil, il est plus haut, la Jambe plus fine, la teste plus longue, et plus pointue.(195).Pour les autres (pécan, karkaiou, pichiou), même s'ils se trouvent au fichier, la date de leur apparition dans les textes est à reviser.Cette brève étude suffira, croyons-nous, à fournir une connaissance assez précise du manuscrit de la Ohio State Archaeological and Historical Society.Nous avons relevé au passage des erreurs, des négligences du texte, mais à aucun moment il ne s'est agi de contrôler la vérité historique.Depuis l'instant où l'on supposait au manuscrit trop peu d'originalité pour le donner en entier comme texte inédit, il n'était plus question que d'en faire la description aussi précise que possible pour éviter à d'autres chercheurs de perdre du temps à refaire le même travail.Michigan State University Louis-P.Cormier, Johannes Sachse. RECHERCHES EN SUISSE SUR FRANÇOIS BIGOT DERNIER INTENDANT DU CANADA (1703-1778) par Jehan-Eric Labignette correspondant des Archives du Québec à Paris RECHERCHES EN SUISSE SUR FRANÇOIS BIGOT DERNIER INTENDANT DU CANADA (1703-1778) Du 4 au 15 octobre 1961 j'ai accompli en Suisse un voyage à la recherche de ce que l'on pourrait trouver sur le séjour qu'y fit François BIGOT, après son bannissement.Je décidai de commencer mes recherches par les Cantons de langue française.A Genève, je prospectai les dépôts d'Archives du Canton à l'Université et ceux de la Municipalité à l'Hôtel de Ville.Je n'y trouvai rien.A Lausanne,, chef-lieu du Canton de Vaud et dans les Archives Cantonales et les Archives Municipales: même insuccès.A Nyon, noeud de routes sur le bord du lac de Genève le résultat fut aussi négatif.Partout où je passais l'opinion des archivistes que je visitais était franchement pessimiste quant à l'issue de mon entreprise.' Je me rendis alors à Neuchâtel, ancienne principauté indépendante et francophone: Monsieur SCHNEGG, l'archiviste de l'État (Canton) auquel j'exposais mes difficultés me dit que si François BIGOT était mort à Neuchâtel, il n'y aurait pas été enterré, car la ville est entièrement protestante : on enterrait les catholiques dans deux bu trois villages des environs.Il prit le registre d'État-Civil de la petite commune de Cressier, située à 12 kilomètres au nord de Neuchâtel et nous y lûmes, à la page 235 ce qui suit: \"1778-15 January-Bigot, alias de Bar N* 102\".\"Anno millesimo-septuagentesimo-septuagesimo-octavo, die \"duodecima January mortus est Neocastri et a me infra \"scripto paroche sepultus fuit die décima quinta died men-\"sis Dominus Francisais BIGOT, die tus de Bar, oriundus \"ex civitate vulgo Bordeaux in Gallia in cimeterio Ecclesiae \"parochialis Sancti Martini, episcopi loci Cressier in Camatri \"Neocastrensi, diocesis Lausannenensis in Helvetia, in quo-\"rum fidem presens mortis testimonium manu propria suh-\"signavL-VARNIER, Paroch.\" [205] 206 ARCHIVES DE QUÉBEC Je traduis ce texte ainsi : \"L'an dix-sept-cent-soixante-dix-huit, François BIGOT, alias \"de Bar, natf de la ville appelée Bordeaux, en France, est \"mort le 12 janvier à Neuchâtel et a été enterré par moi, \"curé soussigné, le 15 dudit mois, dans le cimetière de \"l'Église .paroissiale Saint-Martin l'Évêque du lieu dit de \"Cressier, sur le territoire de Neuchâtel, diocèse de Lausanne \"en Suisse, en foi de quoi j'ai signé de ma main le présent \"certificat de décès.\"Signé: VARNIER, Curé.\" Ce document authentique met fin à l'incertitude où l'on était sur le lieu et la date de la mort du dernier Intendant de Canada, après son bannissement du Royaume.Je me suis immédiatement rendu à Cressier en suivant par une magnifique journée de vendange le même chemin qu'emprunta son cercueil par une glaciale journée de janvier.Arrivé au village je pris des informations assez difficiles auprès d'une population qui n'a guère le respect du passé et que le vin nouveau intéressait plus que les os d'un Intendant de Canada.Heureusement je trouvai un érudit local le docteur CLOTTU qui me mit au courant des particularités de l'histoire de Cressier.À l'époque où est mort Bigot, Cressier était une mince agglomération, l'Eglise Saint-Martin-l'Évêque était située sur le versant de la montagne, au bas de laquelle est bâti le village et à 800 mètres (yards) environ.Par la suite celui-ci se développa et les habitants trouvant incommode d'avoir à grimper, surtout en hiver, pour aller à l'Église, résolurent de construire une autre Église au milieu de leurs maisons.Ce nouvel édifice fut inauguré en 1870.Quant à l'ancienne église «d'en haut», elle végéta dans l'abandon, puis elle fut désaffectée et vendue, ainsi que les beaux bâtiments de la cure attenante, à un certain Monsieur JANJAQUET.L'ensemble de ce petit bien s'appelle maintenant le «Château-Janjaquet» et appartient à une vieille demoiselle de ce nom.Je me suis rendu au Château-Janjaquet, où j'ai été fort bien reçu par Mademoiselle Janjaquet, bien que notre dialogue fut particulièrement pénible du fait de sa surdité totale.L'Église où eut lieu le service funèbre de François BIGOT a été transformée en grange; quant au cimetière attenant, où il a été inhumé, les tombes ont été nivelées et j'ai peut-être foulé aux pieds, sans RECHERCHES SUR FRANÇOIS BIGOT 207 m'en rendre compte, les restes de celui qui fut le dernier Intendant de la Nouvelle-France.De retour à Neuchâtel, je me rendis aux Archives Municipales.Là j'y consultais les registres du conseil pour les années qui correspondent au séjour que fit Bigot dans la ville.À la page 540 du registre correspondant à l'année 1765, je trouvais pour le 18 mars de cette même année ce qui suit: «Monsieur de Bar, toléré en ville» «Monsieur de Bar, Parisien, ayant demandé au Conseil la tolérance en ville (autorisation de séjour) le conseil luy a accordé sa réquisition très agréablement, cependant à bien plaire et pendant qu'il se comportera bien suivant coutume».Ceci est extrait du registre N° 22 page 540 du Manuel du Conseil, dans le même temps, Monsieur SCHNEGG, l'archiviste de l'État avec une bienvaillance et une compétence qu'il me plait de souligner, ici, effectuait des recherches dans ses archives.J'appris par lui les renseignements si intéressants qu'il résume dans la lettre ci-jointe qu'il a bien voulu m'adresser.On y relève trois faits capitaux : 1°/ \u2014le 19 mars 1765, François Bigot s'est rendu acquéreur pour 10,000 livres tournois d'une maison dans un quartier agréable de Neuchâtel; 2°/ \u2014 quelques mois après sa mort, ses biens neuchâtelois ont été vendus; 3V \u2014son testament doit se trouver dans les Archives notariales de Bordeaux (Études Baron et Angebert).Il serait aussi bien intéressant de savoir qui était ce Monsieur de Reinach auquel fut remis après le décès de Bigot «un papier cacheté de sept cachets de cire rouge».Dans les mois prochains, je me rendrai à Bordeaux à la recher-du testament de François Bigot.Paris, France Jehan Eric Labignette Le costume en Nouvelle-France LA COIFFURE DANS LA RÉGION MONTRÉALAISE par Robert-Lionel Séguin conseiller technique Musée de la Province LA COIFFURE DANS LA RÉGION MONTRÉALAISE La plupart des pièces vestimentaires de la Nouvelle-France s'inspirent de là mode métropolitaine.L'apport autochtone se résume pratiquement au bonnet \"à la huronne\", aux mitasses, aux manches sauvages et au costume de traite.Le Canadien s'habille \"à la française\".On s'étonne de trouver, même aux confins de la civilisation, nombre de vêtements qui ne sont réservés, en France, qu'à la garde-robe de gens de qualité.Mentionnons les rhingraves, le pourpoint, le justaucorps, le manchon et la bourse à cheveux.Le traité de Paris marque la rupture définitive avec la Métropole.Forcé de suffire à ses propres besoins, le Canadien va modifier son costume pour satisfaire aux impératifs du présent.C'est ainsi qu'une influence \"nationale\" se manifeste dans la façon de se vêtir au cours de la dernière moitié du XVIII* siècle et plus spécialement dans les décennies qui suivront.Dès 1753, La Potherie note déjà que les pensionnaires des Jésuites ont \"un capot bleu à la Canadienne\" »>.Les étoffes du pays sont rares au XVIIe siècle, même si Talon écrit le 2 novembre 1671 r \"j'ai de quoi me vêtir du pied à la tête\" (la).Les tissus sont ordinairement importés de France, des chauds drogue t s aux fins taffetas.Cette carence d'étoffes du pays s'explique par le désintéressement de la Canadienne à l'égard des arts domestiques.Au XVIIs siècle, elle ne possède que de rares instruments servant aux travaux d'artisanat.Contrairement à ce que l'on dit, son équipement se résume à quelques broies et fuseaux.Au mois de juillet 1651, on trouve \"Une broyé\" chez les Barbeau.En juin 1673, il y a un fuseau parmi les effets de Jeanne Manche (8> Cette catégorie d'instruments est plus courante parce que le campagnard s'intéresse à la culture des plantes textiles avant le cardage de la laine.Les premiers métiers à tisser serviront à la fabrication des toiles.Talon songe même à tirer profit des herbes indigènes.(1) La Potherie (BacqueviUe de), Histoire de T Amérique Septentrionale, etc., (4 vol., A Paris, M.DCC.L111), 1: 238.' (la) Archives du Canada.Correspondance générale, C.11A, vol.2, 190-193.(2) Inventaire Des meubles de deffunt Leonnard Barbeau Du 2* Juillet 1651.Greffe Jean de Sainct-Père.En dépôt aux archives judiciaires de Montréal.(3) Inventaire des biens meubles, titres et Enseignement de deffunte Damoiselle Jeanne Mance vivante administratrice de Lhospital de Montréal.19 juin 1673.Greffe Bénigne Basset A.I.M.[211] 212 ARCHIVES DE QUÉBEC Écoutons-le dire le 2 novembre 1671 : \"Le pays produit de soy de l'ortie sans culture, j'ai commancé d'en faire moisonner dans sa saison et comme par espreuve et au sentiment de tous elle est forte et résiste mieux à l'eau que le chanvre, j'exciteray les habitants à la recueillir pour profiter de ce benefice que la terre leur offre naturellement\" «>.La culture du chanvre et du lin connaît du succès.Vaudreuil et Bégon en conviennent ainsi le 15 novembre 1703 : \"la récolte, Monseigneur (le Ministre de la Marine), en a esté aussy belle qu'abondante, mais aujourd'hui il nous manque de tisserans\" (B>.Environ un demi-siècle plus tard, soit en septembre 1749, Kalm observe que \"L'habitant de la campagne ne sème et ne cultive de lin qu'autant qu'il lui en faut pour son usage.On vient d'en faire Ha récolte ici; j'en vois répandu partout dans les champs, les prairies et les pâturages où on les laisse rouir\" «.fut pnt En sa personne Aymé LeComte maistre Tailleur dhabitz dem* aud ville marie Lequel pour Le Proffit & Lavancement de lean LeComte son fil age de quatorse Ans ou Environ A Reccognev & Confesse Lavoir baille & mis En service & apprentissage a Tresser & fe' des perruques & de Tout dont il se 4 mesle Jusques a Sept ans après Ensuivans & accomplis Avec sieur Gervais Baudoin maistre Chirurgien dem* en la ville de quebec.» 1688-\"Deux perruques Neuves\" (Anth.Adhemar, 108).1697-\"Trois petites perruques\", 24 L (Anth.Adhemar, 325).1699-\"une perruque à lEspainolle (sic) fort usée\", 3 L (Anth.Adhemar, 406).(15) Louis Franquet, Voyages et Mémoires sur le Canada.(Québec, 1889), 26-27.(15a) Brevet dapprentissage par Le Comte a M» Baudouin,, 13 Aoust 1697.Greffe d Anthoine Adhemar, minute n* 3804, A.I.M. LA COIFFURE DANS LA RÉGION MONTRÉALAISE 223 1746\u2014\"une vielle peruque avec une neuf\", 7 L., 10 S (François Comparet, 12).1746\u2014\"deux peruques\", 5 L (François Comparet, 14).La perruque à bourse est encore appelée \"perruque à la Régence\", parce qu'elle remonte à cette époque.\"Elle avait pour élément principal un sac de taffetas noir (bourse) qui contenait les cheveux de derrière.\" Un nœud de ruban était généralement cousu sur la bourse.Les deux extrémités, enroulées autour du cou, étaient nouées sous le menton.(W) 1734\u2014\"trois Veilles perruques a bourse, 9 L\" (Gaudron de Chevre-mont, 4).f) boite à perruque : 1747\u2014\"une Boite a peruque Sept sols\" (François Comparet, 15).1753\u2014\"une boette à perruque défoncée et sans Couvert\" (Henri Bou-ron, 3).g) boîte à chapeau : 1663\u2014\"Une Malle a chappeau Six livres\" (Basset, 30).1663\u2014\"Son estuy de Cartes (à chappeaux) a douse livres\" (Basset, 30) .h) bandeau indien : 1685\u2014\"deux Tours de Plumes A Trois livres piece 6 L\" (Basset, 68).1693\u2014\"trente plumets de sauvages A Trois livres piece, 90 L\" et \"Trois ditto A Neuf livres piece, 27 L\" (Basset, 80) .a) de laine : 1673\u2014\"deux bonnets de laine blans\" (Basset, 54).b) piqué: 1673\u2014\"Un gros bonnet piqué de Taffetas noir Doublé de toile blanche\" et \"Un bonnet picqué de Taffetas noir\" (Basset, 54).c) de toile : 1673\u2014\"dix huict petis bonnets de Toile a femme\" (Basset, 54).(16) Jacques Ruppert, Le Costume, époques Louis XIV et Louis XV.(Paris, 1931), 55.e) perruque à bourse : Coiffures féminines BONNET 224 ARCHIVES DE QUÉBEC d) \"à l'indienne\" : 1657\u2014\"Six Bonnets à Usage de femme Sauvagesse, 4 L 10 S\" (Basset, 2).1685\u2014\"Neuf bonnets a femme Sauvage a Vingt Sols piece, 9 L\" (Basset, 68).CAPE Manteau, à capuchon.\"Se dit aussi d'une couverture de tête dont les femmes se servent en quelques Provinces, contre le vent & la pluie\" (Oudin, 92).Il s'agit encore \"d'une piece d'étoffe que les femmes mettent sur la tête pour se garantir de la pluye ou du mauvais temp?' (Furetière, édition 1690).Sorte de \"capuce (sic) que portent les femmes pour se cacher quand elles sortoient en desabillé (sic) \" (Furetière, édition de 1727).1695-\"Une Cappede toille Cirée Estimée 6 L\" (Anth.Adhemar, 267).COIFFE \"Espèce de couverture de tête\" (Oudin, 120).\"Couverture légère de la tête\" (Furetière, édition de 1727).a) ordinaire 1659\u2014\"deux Coiffes noires scavoir Une de basin & lautre de Crespe 4L\" (Basset,5).1660-\"deux Coiffes\" (Basset, 12).1661-\"deux Coiffes de toile\" (Basset, 21).1664-\"deux Coiffes\" (Basset, 41).1673\u2014\"Une Coiffe de Crespe noire\" (Basset, 54).1673\u2014\"trois Coiffes noire, Une claire, deux de taffetas\" (Basset, 54).1673\u2014\"deux Coiffes de Taffetas noir Simple (Basset, 54).1684\u2014\"Une Coiffe & un mouchoir de Taffetas noir a femme, 5 L\" (Anth.Adhemar, 67).1684-\"Une Coiffe de Toille, 1 L 5 S\" (Anth.Adhemar, 67).1684\u2014\"Trois Coiffes eschancrées servant a femme, 15 S\" (Anth.Adhemar, 67).1684-\"deux Autres Coiffe de Gaze (Basset, 66).1690\u2014\"une Coiffe Claire de Tafetas quy a servy\" (Anth.Adhemar, 146).1693-\"Cinq Coiffes de Toile Telles quelles 3 L 15 S\" (Basset, 79).1693\u2014\"Quatre Vingt Unze aulnes de Taffetas a Coisfez A Trois livre dix sols au', 318 L 10 S\" (Basset, 80).1693\u2014\"dix Coiffes Claires noires A Vingt Sols piece 10 L\" (Basset, 80). LA COIFFURE DANS LA RÉGION MONTRÉALAISE 225 1695\u2014\"une Garniture de Coiffe Taillée Estimée 4 L\" (Anth.Adhemar, 267).1695-\"trois Coiffes\" (Anth.Adhemar, 267).1695\u2014\"deux Au' Tafettas po' fe' deux Coiffes Estime a quatre Livres La une monte 8 L\" (Anth.Adhemar, 267).1696-\"une Coiffe\" (Anth.Adhemar, 295) .1760\u2014\"sept coueffes, 60 L\" et \"douze coueffes Simples, 30 L\" (Antoine GTisé, 4).b) \"là la bourdalou\" : 1695\u2014\"une Coiffe de bourdalou Noir quy a aussy servy a lad deffunte estimée 1 L 10 S\" (Anth.Adhemar, 267).1732\u2014\"une Coiffe bourdalous (à femme) 12 L\" (Saint-Romain, 9).c) de nuit: \"À l'égard des femmes, c'est un morceau d'étoffe de soye, de gaze, de mousseline 8ec fonce, plisse 8c rassemblé par derrière, qui leur couvre toute la tête dont elle replient les bouts sous le menton, ou les laissent pendre sur les épaules 8c sur la gorge\" (Furetière, édition de 1727).1684\u2014\"Six Coiffes a bonnet de Nuit, 3 L\" (Basset, 67).1691\u2014\"Une Coiffe de bonnet de Nuict et quelques menus Meschant linge\" (Basset, 74).CORNETTE \"Sorte de coiffure dont les femmes se servent dans leur deshabillé\" (Oudin, 141).\"Coëffure à l'usage des femmes.Des deux bouts de cette coëffure,.qui ressemblent à des cornes\" (Ménage, 1: 421).\"Ce mot se disoit autrefois de toutes sortes d'habillement de tète.Ne se dit plus maintenant, en langage ordinaire, que des coëffes en linges que les femmes mettent la nuit sur leur tête\" (Furetière, édition de 1690).Ou encore: \"coëffes de toile, que les femmes mettent la nuit sur leur tête, ou quand elles sont en déshabillé\" (Furetière, édition de 1727)./ 1659\u2014\"Six Cornettes de Toille tant grosse q.1 dellivré.4 L\" (Basset, 6).1664\u2014\"deux Cornettes de toile fine\" (Basset, 41) .1673\u2014\"deux Cornettes de toile\" (Basset, 54).1673\u2014\"Sept Cornettes, blanche de toile\" (Basset, 54).1673\u2014\"Une Cornette de Touloux (Toulouse) noir\" (Basset, 54) .1684\u2014\"Treize Cornettes fort usées Estimées Ensemble, 3 L 18 S\" (Anth.Adhemar, 67). 226 ARCHIVES DE QUÉBEC (17) Cette documentation est tirée de Bescherelle.1684\u2014\"deux dousaines Cornettes a Six livres dousaines, 12 L\" (Basset, 66).1684\u2014\"Onze Cornettes Toile blanche, 5 L 10 S\" .\"plus onse Cornettes de Toille de chambre, 3 L 4 S\" (Anth.Adhemar, 67).1690-\"dix huit Cornettes Toille, 5 L\" (Anth.Adhemar, 146).1696\u2014\"vingt quatre Coiffe à Cornette Servant a Lusage de la deffunte Estimée dix Sols piece, 12 L\" (Anth.Adhemar, 295).Coiffure d'enfant BEGUIN \"Espèce de coiffe de linge pour les enfants, qui s'attache sous le menton avec une petite bride\" (Oudin, 65).\"Coiffe de linge qu'on met aux enfants sous leur bonnet, Se qu'on leur attache par dessous le menton.Ce mot vient de bègue, parce que les enfants font bègues quand ils commencent à parler\" (Furetière, éditions de 1690 et 1727).\"Béguin est proprement ce bandeau de toile dont on couvre le front des petits enfants; ainsi appelé parce que les Religieuses, anciennement appellees Béguines, s'en servoient, comme elles le font encore\" (Ménage, 1: 170).\"Espèce de coiffe pour les entants qui s'attache sous le menton avec une petite bride.On l'appelle ainsi à cause de sa ressemblance avec la coiffure de religieuses qui porte ce nom\" (Bes-cherelle, 1: 377).1731\u2014\"Vingt trois Béguins dEnfants garnie tant de mousseline que de dentelle, 5 L 15 S\" (Nicolas Chaumont, 4).BONNET 1685\u2014\"Cinq bonnets a enfans A Vingt Sols piece, 100 S\" (Basset, 69).1685\u2014\"Neuf ditto (bonnets doublés de layne a garçons) a dix sols piece, 14 L 8 S\" (Basset, 68).1731\u2014\"quatre petits Bonnets dEnfants et Bavettes, 15 S\" (Nicolas Chaumont, 4).1746\u2014\"deux Bonnet a Enfans\" (François Comparet, 9).1760\u2014\"un Bonnet d'enfant\" (Antoine Grise, 4).Différents tissus dont on fait les coiffures
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