La presse, 14 juillet 1984, La presse plus
[" ?MONTRÉAL 14 juillet 1984 volume 2 numéro 28 \u2022>3r TECHNOLOGIE France peloton de tête pages 2 à 4 Technologix Certains symboles ont la vie dure.Bien entendu, en ce 14 juillet, il faut se rappeler que les principaux symboles de la France éternelle et profonde sont le camembert bien croulant, le gros rouge, le parfum, le french cancan.et le téléphone, pardon, le bigophone qui ne marche pas.Si ce sont là les images qui vous viennent à l'esprit vous aussi quand vous pensez à la France d'aujourd'hui, il faut vite vous mettre au courant, pardon, au parfum en lisant le dossier de notre collaborateur à Paris, Jean-François Usée (pages 2 a 4).La France moderne, y apprend-on, se situe en réalité dans le peloton de téte des pays qui innovent en technologie.Sait-on par exemple que la France se situe maintenant parmi ies leaders mondiaux en téléphonie?Que son Industrie nucléaire se compare avantageusement à celle des Américains?Dans les domaines de l'informatique, des transports, de la robotique, de la biotechnique, la France recherche, Innove et développe.En somme Techno-logix est bien aussi gaulois que le célèbre Astérix.Sur un autre plan, politique celui-là, la France se distingue encore dans le monde actuel.De Paris, Pierre Rimbaut, journaliste belge, nous donne (page 5) l'image que projette la France actuelle, en particulier auprès des pays du tiers monde: c'est celle d'un pays dont le comportement politique prend souvent valeur d'exemple.Enfin, pour la bonne bouche et comme dessert, nous avons, nous au Québec, cherché la bète noire: le «maudit Français».Notre collaborateur, Pierre Racine a curieusement eu de la difficulté à le trouver.Mais il a fait un effort et il a mis la main dessus.Par une ruse que vous découvrirez en page 6.Sur la scène internationale, deux choses à signaler: les cinq ans de la révolution sandiniste au Nicaragua dont Jacques Le-mleux nous fait un bilan en page 9; puis, la convention démocrate qui débute lundi.Notre collaboratrice à Paris, Sophie Huet, a Interviewé l'un des organisateurs de la campagne de Mondale, David Garth.Une interview pleine de révélations sur les hauts et surtout les bas de la course de Mondale è l'investiture de son parti.Bonne lecture! La rédaction tj .a cr.r: a S a aS tr 3 Ô.2 .à a ft &o < o a rrn z L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier LANGUE Pardon mon français Lorsque premier ministre John Turner a été assermenté par Sa Excellence le Gouverneur général, il a introduit chacun de ses ministres à Madame Sauvé, après quoi il a gracieusement accepté de répondre les questions de la presse.Quand demandé pourquoi il avait réduit le nombre des ministres, M.Turner déclara qu'il voulait un cabinet plus streamline (aérodynamique).Il ajouta qu'il avait demandé M.Marc Lalonde de retenir le portefeuille de la finance parce qu'il était confident que M.Lalonde était le meilleur homme dans les circonstances.Le premier ministre n'a pas nié qu'il contemplait la possibilité de courir dans une circonscription de Colombie britannique à la suivante élection générale.M.Turner a saisi l'opportunité pour spécifier que sa priorité no 1 était la lutte contre l'inflation et le chômage.Samedi dernier, le premier ministre à volé à Londres, Angleterre pour demander la Reine de renvoyer son voyage au Canada à l'automne ou d'être replacée par la Reine-mêre.Accordant aux indications qui ont été faites, i'éiection générale sera appelée pour le Septembre 4, le jour après la Fête du Labour.Finalement, M.Turner a réitéré qu'il ne croyait pas à la nécessite d'un lieutenant québécois parce que son intention est d'adresser les Québécois dans leur langue.RESTAURANT co CD LU -5 û 'JJ < CO < ¦UJ ce o co\" Ah! la belle auberge Une idée, comme ça, un samedi soir: longer une rivière.Aussi pollué que les autres, le Richelieu?À 80 km/h sur la 223, comment dire?Paisible paysage.Pour une authentique, deux anciennes maisons québécoises flambant neuves.C'est la mode: on construit du vieux.Est-ce l'air?Nous avons faim.Deux possibilités intéressantes à Saint-Marc-sur-Richelieu.Un coup d'oeil jeté au menu affiché à l'entrée de Y Hosteilerie des Trois Tilleuls', appétissant mais cher, et je n'ai qu'un budget deux tilleuls.Ce sera donc l'Auberge Handfieid.Il doit bien y avoir dix ans que j'y suis ailé.C'est samedi, parking plein et aucune réservation.Ban! il y a un ¦ I Bon Dieu pour les affamés.Il est justement à l'entrée, jovial, rubicond, vêtu de clair, et il a tôt fait de nous dénicher une table.Je redécouvre avec plaisir le plafond bas de la grande salle, les meubles anciens, l'éclairage soigné qui donne le teint de pêche à tous et à toutes, les petits salons pour l'apéritif ou le digestif.Accueil et service particulièrement aimables et attentifs.Une carte québécoise comme dans le temps, mais aussi une carte nouvelle cuisine.La tentation de la soupe et du ragoût de pattes et de boulettes est trop forte; soupe aux pois et ragoût ce serai Et un bourgogne frais comme 11 se doit de l'être.On reprend son souffle pour mieux dire oui à une tentante pointe de tarte aux fraises et à la rhubarbe.Ah, l'agréable auberge que voilai Seule petite note discordante: les chaises à dossier droit.Elles ne sont pas d'époque, mais c'est tout comme.Que celui qui connaît une vieille chaise québécoise la nomme! Mais en ce qui a trait au reste, très bien.Vraiment très bien.MAGASINAGE Desmarais et Robitaille Rue Notre-Dame près de l'église, quel endroit divin! Est aux pieux ce que le sex-shop est aux impies.Statues, encens, images pour enfants sages, cierges en cire d'abeille, vêtements liturgiques de bonne coupe, chasubles superbes à réveiller le ministre du culte qui dort en vous, vases à boire (calices) somptueux et incassables, lunules et custodes, amicts et manipules, aubes et purificatoires, bref tout pour l'abbé in.Pour le vin de messe (Muscadet?Pouilly-Fuissé?), voir la S.A.Q., quelques portes à lest.ALIMENTATION La mère nature Rue Saint-Denis, Tau, la Rolls-Royce des magasins d'aliments naturels.Fort achalandé.Toutes les légumineuses du monde, l'huile d'olive vierge extra de première pression à prix imbattable, impressionnant assortiment de pâtes organiques longues à cuire mais tout à fait savoureuses.Simplement à parcourir les allées on se sent déjà en meilleure santé.?NOUVEAU SYMBOLE DE LA FRANCE MODERNE Technologix Gaulois Rennes, Anaïg Le Goff cherche un numéro de téléphone.Geste simple, luotidien.Dans son salon, elle ouvre le cube beige qui cache un terminal d'ordinateur.Tous les numéros sont là, systématiquement réactualisés.A Paris, Jacques Dupont se sert du même appareil pour faire transférer 10 000 francs de son compte d'épargne à son compte chèque.Avant de refermer son cube, il jette un oeil aux horaires de cinéma pour la soirée.A Lyon, Hubert Nemoz monte dans un train qui roule à 280 krrvheure.Il ne lui faudra que deux heures pour se rendre à Paris.A Lille, Charles Tiberghien se rend au travail.Dans le métro, pas de conducteur.Tout est entièrement automatisé.A Biarritz, Yvette Abadie est en communication avec sa belle-soeur qui réside à l'autre bout de la ville.Elle lui montre au «visiophone» le chemisier acheté la veille.À Douai, Dominique Cousin surveille les 120 robots qui exécutent 3 000 points de soudure toutes les 60 minutes sur des voitures Renault.À Caen, Yves Boulard jette un oeil sur le panneau électronique de son arrêt d'autobus.Le prochain passage est dans sept minutes.Il a le temps de s'acheter un journal au kiosque du coin.Science-fiction?Promesses électorales?Prévisions de Nostradamus pour 1994?Rien de tel.Tout cela existe, fonctionne et s'étend dans la France de juillet 1984 Une France moderne, technologique, informatisée, novatrice, une France qui tranche avec l'image qu'on lui prête, qu'on lui donne ou qu'on s'en fait: celle du curé de cam- Jean-François Lisée pagne, des toilettes à la turque et des plombs qui sautent.Les Français?On les croyait forts en prose.En 1959, ils inventent le mot «ordinateur», en 1978 le terme «télématique».On les croyait plutôt jardiniers.Dans les années 50, ils inventent la méthode «in vitro» pour les plantes.Depuis vingt ans, ils enseignent au monde à créer six fois plus vite et dix fois moins cher de nouvelles variétés d'orchidées, de fraisiers, de roses, de vignes plus robustes et plus prolifiques.On les croyait plus occupés par les affaires de coeur et d'amour.Derrière les Américains, ils ont leur propre projet de coeur artificiel, en même temps qu'eux, ils ont isolé le virus du sida.Quand un metteur en scène cherche un décor futuriste, il peut tourner dans les corridors en tubes de l'aéroport Charles-de-Gaulle, devant le musée-raffinerie qu'est le Centre culturel Pompidou, dans le quartier en miroir que sont devenues les Halles, au milieu des gratte-ciel du complexe de la Défense.C'est souvent un choc pour les Québécois qui, pour la première fois, viennent à Paris visiter le Louvre et manger du camembert.Ils sont souvent désorientés devant le paiement électronique des nombreux parkings souterrains de la ville, surpris devant les panneaux disséminés dans les arrondissements pour donner de minute en minute des informations sur les services municipaux, étonnés que dans un «vieux pays» il y ait tant de guichets automatiques de banque, que les stations d'essence soient équipées de pompes à affichage numérique et que toute pharmacie qui se respecte dispose de portes coulis-\u2022 à^ÊPtes automatiques.\u2022 PARES «Allô! Allô!» Surprise, étonnement.incrédulité même devant la face moderne, la face cachée de la France.Pourtant en 1900 la tour Eiffel était déjà le clou d'une exposition universelle qui criait l'avance scientifique de la France sur le monde.Bien avant Karen Silk-wood, la première femme contaminée par la radioactivité était une française, Marie Curie, qui découvrait le radium avec son mari Pierre.Et Pasteur, père de la microbiologie, et les frères Lumière, inventeurs du cinéma, et Lenoir, créateur du premier moteur à explosion, et Grégoire qui pour faire son original inventa la traction avant?On les a oubliés?Oui, et pour cause.A part les monuments à la gloire passée et quelques cas isolés, ce qui s'offrait au visiteur nord-américain de passage en France dans les années 60 était un pays retardataire, un endroit où on aurait oublié d'expliquer ce qu'était la société de consommation.En louant un appartement, il fallait se demander si on pouvait se payer le luxe d'en prendre un avec «eau courante» ou si on se contenterait du robinet commun.Décrocher le téléphone, jusqu'au milieu des années 70, était toujours une aventure.«On prenait le combiné, on donnait deux ou trois coups sur l'appareil, on disait Allô Allô et souvent il n'y avait rien, aucune tonalité.Puis, ça revenait, sans raison.» Le récit est repris par tous les Français#de plus de 30 ans.Alors quand on affirme aujourd'hui que la France est un des lea- v ¦ y.-.Un seul grand décideur en matière de technologie: l'Etat chose, létatisme est une constante de la vie politique française.«Depuis Colbert, théoricien de l'autarcie et du protectionnisme et créateur des manufactures royales, c'est l'intervention de l'État qui a permis de mener à bien presque toutes les grandes réalisations technologiques françaises, celles qui ont fourni à l'initiative privée une infrastructure et une logistique durables», écrit la journaliste scientifique Agnès Rebattet dans Le nouveau génie français (Ed.Balland, 1983).Elle isole trois différences structurelles entre les sociétés nord-américaines et la France, différen- Parallèlement, la nationalisation des banques, commencée aussi à la libération, a réservé à l'Etat les grandes décisions en matière d'investissements, qu'ils soient publics ou privés.Finalement, l'étatisation complète des grandes écoles responsables de la formation des ingénieurs, scientifiques et gestionnaires, a contribué à isoler la recherche de la production.Outre-Atlantique, les centres de recherche et universités sont souvent des institutions privées, liées à l'industrie.Nommez les grandes réalisa- \u2022\u2022rne ft&f)Ç&\\î 0 r- * > m o m CD GO missile français Exocet et coule le destroyer britannique Sheffield (20 morts), tous les généraux du monde s'intéressent à la panoplie française des gadgets meurtriers.Le couple Super-Étendard-Exocet a surtout été revu dans le golfe Persique, où les Irakiens en font un usage incendiaire.La technologie française de la guerre est la troisième au monde derrière les super-grands.Près de 2 000 avions Mirage 3.utilisés par les Israéliens, sont actuellement en service dans une trentaine de pays Le nouveau Mirage 2 000, tout électronique, est en train de suivre ses traces.Autre fierté de l'industrie française: ie nucléaire.De la bombe nucléaire à ta centrale d'électricité, du sous-marin au retraitement des déchets, l'industrie nucléaire française se compare avantageusement à son équivalent américain.Aucun pays ne possède plus de centrales par habitant que la France.«En nucléaire, on a tout réinventé», clament les Français.La bombe, les sous-marins, la bombe à neutrons, peut-être.Mais te nucléaire civil?«tout se fait sous licence américaine de la société Westing-house», souligne à juste titre l'Américain Samuel Pisar dans La ressource humaine (Ed.J.C.Lattes, 1983).Et ce n'est pas une exception.«80 p.cent des applications informatiques en France ont pour origine des inventions américaines et les grandes industries de la télématique et des télécommunications, domaine où la France a vraiment la première place dans le monde, utilisent des composants américains, des petites puces au silicium.mises au point dans les laboratoires de Silicon Valley en Californie.Alsthom Atlantique produit la célèbre turbine destinée au gazoduc sibérien, mais elle le fait à partir de techniques inventées par la General Electric.» Beau joueur, Pisar note cependant que «l'ordinateur personnel de IBM, son dernier triomphe, est plein de composants fabriqués en Malaisie».Ce qui compte, répondent les Français, ce n'est pas tant la provenance des «puces», mais ce qu'on fait avec.C'est avec la technologie américaine que les Japonais ont innové.L'essentiel, c'est d'avoir des hommes qui ont des idées.En trois ans, plus de 30 000 enseignants ont été formés à l'infor-^ matiqus, explique le président Mit-§[ terrand.Dans les collèges, dans t- les lycées, commencent d'être installés des dizaines de milliers d'ordinateurs (objectif 100 000 en =5 1988).Cela regarde tout le mon-\"a de.Un exemple: 373 ingénieurs j de grandes écoles, pendant leur g service national (militaire) forment lu déjà plusieurs milliers de jeunes 5 chômeurs (10 000 en 83).(/) Plus de formation, plus de bud-j get de recherches, plus de centres < d'études de ceci et de cela: rien ^ de bien original en Occident par ^ les temps qui courent.O Mais ce devrait être assez pour 2 convaincre ceux qui ne s'en douez) taient pas: La France du 14 juillet 3 1984 est dans le peloton de tête û.des grandes puissances industrielles et technologiques, elle fera ^ tout pour s'y maintenir.?LU Les chercheurs gauchistes et les entrepreneurs paternalistes, c'est fini ! a France des entreprises et des chercheurs est en train de changer.De frileu-Ise et fossilisée il y a vingt ans, elle s'assouplit, s'accélère.Dans le dédale des organismes publics dont la tâche est d'aider les entreprises et la recherche, il y en a une dont la mission est de se faire le trait d'union entre les cerveaux et la chaîne de montage.Christian Marbach est directeur général de cette agence pour la valorisation de la recherche (An-var).Dans l'interview qu'il nous a accordée, il donne quelques raisons d'être optimiste.plus: Vous êtes chargé de la valorisation de la recherche, on serait tenté de dire que la France en a bien besoin puisqu'on a coutume de dire que les chercheurs et les entreprises ont tendance à s'isoler les uns des autres: les chercheurs ont eu tendance à être un peu snob envers la production et les chefs d'entreprises à se méfier des chercheurs.C.MARBACH: Ça fait partie des idées reçues, effectivement.Je ne sais pas si c'est vrai et en tous cas c'est moins vrai aujourd'hui qu'il y a quelque temps.On dit aussi que les Français ne savent pas vendre leurs produits et pourtant la France est le quatrième pays exportateur du monde.Le dialogue entre le monde de la recherche et de l'industrie s'est beaucoup amélioré depuis une quinzaine d'années, je l'observe depuis 1970.Les problèmes de langage qui rendaient parfois la cohabitation houleuse se sont quand même beaucoup arrangés.D'abord pour des raisons budgétaires: les uns et les autres ont besoin d'argent, en particulier les chercheurs.Ensuite pour des raisons de survie des entreprises.Les chefs d'entreprises aujourd'hui savent qu il faut trouver un produit rapidement, que la concurrence internationale est vive, que les produits changent beaucoup plus vite et qu'il faut trouver des idées de produits.En 1968, l'image du chercheur chevelu, gauchiste faisait peur aux chefs d'entreprises et le chef d'entreprise c'était un notable qui avait une vue très patrimoniale de l'entreprise et qui voulait à tout prix qu'on ne la «contamine» pas pour pouvoir la donner à son fils.Je crois que ces deux images ont complètement changé en 15 ans.D'ailleurs elles n'étaient déjà pas tout à fait vraies en 68.PLUS: Aux Etats-Unis, au Japon, en Allemagne, on s'aperçoit que les universités créent des industries autour d'elles, que des chercheurs deviennent créateurs d'entreprises puisque ta course internationale fait qu'il faut faire passer le plus rapidement possible les découvertes du laboratoire à l'usine.Est-ce que la France n'est pas un peu en retard de ce côté?C.MARBACH: La France est un petit peu en retard peut-être sur la création d'entreprises.Il y a des chercheurs français qui créent des entreprises mais il n'y en a pas encore beaucoup.Il y a actuellement un certain nombre de mesures qui sont prises pour pousser dans ce sens-là.Mais je sais\" que, par exemple, l'Anvar encourage financièrement chaque année, en aide à l'innovation, environ 1 500 entreprises et il y en a une sur trois qui a signé un contrat avec des laboratoires universitaires ou de recherche.C'est un chiffre qui n'existait pas il y a quelques années.Nous sommes sur une courbe ascendante.Je ne crois p&s que nous soyons au niveau des Etats-Unis encore que, pour les Etats-Unis, attention aux idées reçues! Il y a des choses qui se passent en Californie, mais il y a des entreprises qui sont bien vieillottes, même en Californie, sans parler de la côte Est.PLUS: L'innovation aujourd'hui ça veut dire pour des entreprises de lancer un nouveau produit pour créer un marché qui parfois n'existe pas.Le risque est double.Les industries françaises sont assez souvent prêtes à prendre des risques mais les Investisseurs financiers ne le sont pas toujours.Là il y a encore des progrès à faire.C.MARBACH: Aujourd'hui il y a quelques sociétés de venture-capital (capital de risque) en France, mais encore pas assez.On n'est pas dans un marché du capital aussi important qu'en Californie.Mais par rapport à ce que je connais du Canada et en particulier du Québec, on doit être à peu près dans le même ordre d'idée.PLUS: En faisant le tour des réalisations technologiques françaises, on s'aperçoit que la France est souvent deuxième ou troisième dans tel ou tel secteur derrière les Etats-Unis et le Japon.Mais y a-t-ll des secteurs où la France est vraiment première?C.MARBACH: Il faut d'abord être deuxième ou troisième.C'est pas si mal, il y a 140 pays à l'ONU.PLUS: Mais II y a sept pays qu'on dit très Industrialisée en Occident.C.MARBACH: Oui, mais il y en a en tout peut-être une vingtaine.Si on était partout deuxième ou troisième ce ne serait pas si mal.Mais enfin ce net quand même pas un championnat de foot.Il y a des secteurs où on est certainement en tête; pour le moment en terme d'espace je ne crois pas qu'on ait à rougir même par rapport aux Etats-Unis sur un certain nombre de choses.Le lancement de satellites par la fusée Ariane est une opération financièrement et techniquement plus rentable que l'utilisation de la navette spatiale.Il y a des aspects de la télécommunication ou on est en avance sur les Etats-Unis.On pourrait en trouver d'autres.Mais ça vous intéresse vraiment qu'on cite des opérations porte-drapeau comme ça?Moi ce qui m'intéresse, ce n'est pas ie drapeau, c'est qu'il y ait 3 000 ou 5 000 entreprises françaises qui se défendent bien.PLUS: C'est bien d'avoir deux ou trois millions d'athlètes amateurs dans un pays mais ce qui reflète le fait qu'il y en ait trois millions c'est qu'il y a aussi trois champions qui gagnent les courses internationales.C.MARBACH: Oui, c'est vrai.Mais nous avons des champions dans tous les domaines.J'ai visité l'autre jour en Normandie une entreprise qui fait 100 millions de francs de chiffre d'affaires (près de 16 millions de dollars) ce qui n'est pas beaucoup, mais qui est le numéro un mondial de l'insémination artificielle des bovins.Plutôt que d'avoir une grosse opération ruineuse dont on parte tous les jours à la première page du Figaro et de La Presse, je préfère avoir 100, 200, 500 entreprises qui dans leurs secteurs sont vraiment complètement en tête.PLUS: On a l'impression que les Français peuvent exceller dans des domaines très précis, très spécialisés comme le génie Informatique, mais qu'ils sont absents lorsqu'il faut faire des disquettes à des millions d'exemplaires.C.MARBACH: Oui, on est absent des petites machines à calculer.On est absent des appareils photos et pourtant on a des dispositifs photographiques où on est largement les meilleurs et la NASA est un de nos clients.On n'a peut être pas su à un moment donné faire un consensus à la fois d'entreprises, d'administrations publiques capables de pousser une opération de ce genre.Le genre de consensus que fait la NASA ou, au Japon, le MITI (Ministère de l'Industrie et la Recherche) comme pour l'électronique grand public.PLUS: C'est pourtant dans ces opérations qu'on empoche les dividendes des efforts de recherche.C.MARBACH: Ça ne me rend que moyennement triste parce que les choses vont tellement vite qu'en dix ans on peut changer.Mais je ne sais pas si on rattrapera jamais les Japonais sur le marché de la moto par exemple.PLUS: L'intervention de l'État à tous les bouts du processus en France: effort de recherche, industrie, crédit, n'enlève-t-elle pas un élément qui a été essentiel à r in novation ailleurs en RFA ou aux USA, celui d'une plus grande concurrence entre les entreprt- C.MARBACH: L'État Français intervient peut-être moins adroitement mais il n'intervient pas plus en termes financiers en France qu'en Allemagne ou au Japon.En Allemagne, faites te calcul de ce que les États allemands \u2014 pouvoirs central et régionaux \u2014 distribuent aux entreprisent, vous verrez que c'est absolument colossal en termes de fric.PLUS: En subventions peut-être, mais en terme de décisions c'est différent.Aux Etats-Unis il y a des douzaines d'entreprises qui se sont lancées sur le marché des micro ordinateurs.En France, c'est l'État qui a désigné trois sociétés pour occuper le secteur.C.MARBACH: Vous choisissez un exemple qui n'est pas faux, l'État s'est dit qu'il avait des moyens limités et qu'il fallait choisir les entreprises qui avaient le plus la possibilité de faire un bon usage de l'argent.Mais je peux vous donner des exemples aux États-Unis où l'État intervient tout le temps.C'est peut-être moins vrai avec la déréglementation mais dans le marché des télécommunications, qu'est-ce qu'ils intervenaient! PLUS: Qu'est-ce qu'on doit suivre de près en France pendant les dix prochaines années, dans quels secteurs la France est-elle sur le point de prendre la tète?C.MARBBACH: Je ne sais pas et c'est une question passionnante.Je crois qu'il y a des secteurs où tes choses peuvent bouger beaucoup.J'espère qu'on restera en tête en logiciel informatique.En biotechnologie, il y a quelques années on avait presque rien, sauf des choses assez traditionnelles, aujourd'hui on a beaucoup de résultats.Je crois que la France sera toujours forte dans des secteurs où le consensus est solide: aéronautique, armements, télécommunications, nucléaire, secteur pétrolier, des domaines où la France possède et le marché et les entrepreneurs.Mais je n'aime pas faire de prévisions.? « I ne reste plus à la France qu'à donner l'exemple.» Cette phrase de l'éminent économiste brésilien Celso Furtado s'appliquait au lancinant problème de la dette du tiers monde; elle pourrait s appliquer à pratiquement toutes les grandes questions internationales.La politique extérieure de la France tend, en effet, à faire face aux événements en prenant des positions et en posant des actes à l'occasion, qui d'une manière ou d'une autre influencent ses adversaires et ses alliés, parfois même le plus gros d'entre eux, le géant américain.Ce n'est pas un hasard si.au Liban, la France a eu le douloureux privilège d'être, comme les États-Unis, la première cible des terroristes et si les «paras» français ont été victimes, comme les Mannes américains, des camions-suicides bourrés d'explosifs On sait depuis longtemps que la France, plus que d'autres pays européens, refuse de s'accommoder de l'actuel partage du monde, et il n'y a pas eu beaucoup d'hommes d'État pour dénoncer avec autant de vigueur, d arguments et de clarté que le président François Mitterrand et son ministre des Affaires étrangères Claude Cheys-son, les déséquilibres et les injustices qui en découlent pour un monde crucifié entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud.La voie que suit aujourd'hui la France de M.Mitterrand, et ce n'est pas un petit paradoxe, est celle tracée par le général de Gaulle lorsqu'il décida de retirer la France de l'organisation militaire intégrée de l'OTAN, sans quitter cependant l'Alliance Atlantique.La France, qui sut peu après mettre fin à la guerre d'Algérie, se forgea ainsi une image d'indépendance qui lui valut l'attention et même la sympathie de nombreux pays du tiers monde.C est dans le même souci d'équilibre entre les superpuissances, garant de l'indépendance des autres nations, que M.Mitterrand a approuvé le déploiement des missiles américains, face aux SS-20 soviétiques braqués sur l'Europe.Mais en même temps, il souhaitait publiquement qu'il y ait «le plus petit nombre possible» de ces engins de mort, et quelques mois plus tard devant les Nations Unies, il recommandait une réduction rai-sonnée du volume des armements pour dégager de nouvelles ressources en faveur du développement.Ce qui n'a pas empêché M.Mitterrand de réaffirmer récemment sa détermination de poursuivre tant que ce serait nécessaire la politique de dissuasion nucléaire mise en route par le général de Gaulle, et d'en assurner la responsabilité en rappelant que «le principal élément de la force de dissuasion c'est le chef de l'État, c'est moi.» La France est cependant consciente de ses limites, tant dans le domaine militaire et stratégique que sur le plan économique et financier.Dans une Europe qui ne t.i; &'» i * »> IMAGE DE LA FRANCE DANS LE MONDE Une certaine façon de donner l'exemple parvient pas à exister, la France donne souvent l'impression de faire cavalier seul.Mais elle a réussi à plusieurs reprises à orienter la politique de ses partenaires dans le sens qu'elle pense être le bon.Le soutien politique que les Dix ont fini par accorder, non sans réticences, à l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et à Yasser Arafat en est un exemple marquant., Comme on le sait, ce soutien a toujours été assorti de l'affirmation du droit d'Israël à l'existence dans des frontières sûres et reconnues, deuxième volet d une politique qui, comme ailleurs, vise essentiellement à apaiser les tensions, à empêcher que les conflits locaux s'enveniment, s'amplifient par l'intervention des grandes puissances et débouchent un jour sur un conflit mondial.Il y a quelques mois, M.Max Gallo, qui était encore porte-parole du gouvernement, comparait la situation au Liban à celle des Balkans en 1912-1914.Le message était on ne peut plus clair.En Afrique La France, évidemment, n'a pas les moyens de jouer le gendarme du monde.Elle ne semble pas d'ailleurs souhaiter un tel rôle.On le voit bien au Tchad, où, on peut le penser, l'armée française pourrait, au moins pour un certain temps, écarter l'un ou l'autre rebelle en faveur d'un gouvernement légitime.Mais Paris a le mérite dene pas prétendre décider de la légitimité dans un pays étranger.C'est pourquoi les paras français campent dans le désert, l'arme au pied, tandis qu'à Ndja-mena un pouvoir se consolide qui, s'il parvient à remettre sur pied un pays exsangue, obtiendra par lui-même une légitimité que les armes des uns ou des autres ne renverseraient plus aussi facilement.C'est en tout cas l'espoir de la France, qui joue gros jeu sur le continent africain, continent qu'elle consi- Pierre Rimbaut Pierre Rimbaut a été correspondant de l'agence britannique Reuter dans plusieurs capitales d'Europe et d'Afrique dère comme «l'arrière-pays de l'Europe occidentale».C'est au nom de cette analyse que la France s'engage de temps en temps dans des opérations comme celle du Tchad, qui doivent nécessairement être limitées dans leurs ambitions et dans leur durée.La France d'aujourd'hui n'a plus les moyens, ni la volonté, d'une guerre ou d'une expédition coloniale.Elle sait aussi ne pas aller contre le sens de l'histoire, et sans pour autant renoncer à sauver ce qui peut l'être, elle s'efforce de préserver le fragile équilibre dont les pays africains ont besoin pour accéder enfin à leur majorité.Le dessein de la France est.et les Africains eux-mêmes le savent et.souvent, l'appuient, de créer des liens qui garantiront à elle-même et au reste de l'Europe des relations, des marchés privilégiés et des sources sûres de matières premières.Elle est aidée dans ce domaine par l'héritage inestimable de la colonisation qui a fait que près de la moitié de l'Afrique est, actuellement, francophone.C'est ainsi que l'on a pu voir l'an dernier Mme Véronique Neiertz, député et rapporteur du budget des Relations extérieures, écrire dans son rapport: «Le français peut encore s'imposer comme langue principale dans tout le continent, ce qui aurait des répercussions aux États-Unis et au Canada, dont les hommes d'affaires devraient s'initier à notre langue pour avoir des chances de s'implanter en Afrique (ce qu'on appelle la reconquête de l'Amérique du nord par l'Afrique)».Le sommet franco-africain de Vittel, qui a réuni 27 chefs d'État, montre que de telles idées ne sont pas sans fondement.C'est dans le même esprit, mais aussi \u2014 comme il l'explique lui-même \u2014 en vertu d'une générosité inspirée du simple bon sens, que M.Mitterrand demande aux PARIS pays nantis une plus grande compréhension et davantage de solidarité avec les pays du Sud qui luttent pour leur dignité et leur bien-être.C'est pour cette raison que la France, de Cancun à Versailles, prêche pour un nouvel ordre économique mondial, malgré l'opposition pesante des États-Unis, et pour un plus grand respect du droit dans les relations internationales.Sans grand effet pour l'instant, il faut bien le reconnaître, mais cela permet à la France de pouvoir condamner à la fois les interventions américaines au Nicaragua et à la Grenade et celles des Soviétiques en Pologne et en Afghanistan.C'est dans ce même esprit que la France a conclu avec l'Algérie un accord «exemplaire» sur le gaz naturel, au vif déplaisir des milieux d'affaires et du gouvernement américains.L'attitude de la France est, ainsi, perçue comme exemplaire dans de nombreux pays du tiers monde, et peut leur servir d'argument ou de renfort dans leurs négociations avec des interlocuteurs moins accommodants.La carte de la culture C'est un pari à long terme, d'autant plus que la France ne semble pas se faire une idée exagérée de l'influence qu'elle peut encore exercer sur le destin du monde tout entier.Mais elle cherche par tous les moyens à renforcer celle-ci, à consolider les atouts dont elle dispose et notamment, surtout depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, Paris joue plus activement la carte de la culture et de la langue.On dénombre en effet, selon les références, de 100 à 30C millions de francophones de par le monde, et le président Mitterrand a fait mettre en place l'an dernier une série d'organismes (haut Conseil SO n« eeiQiv liî» «s luoj de la Francophonie, Comité consultatif de la Langue française et Commissariat général de la Langue française) destinés à rehausser la place du français dans le monde.Certes, il ne suffit pas de mettre en place quelques comités pour faire une révolution culturelle.Mais l'affirmation d'une politique et d'une volonté peuvent catalyser les énergies et susciter une réponse plus appropriée au développement démesuré de la culture anglo-américaine, partie à la conquête du monde dans la foulée de la puissance économique des États-Unis.Tout le monde aujoud'hui est conscient de l'importance du langage, qui détermine jusqu'à la manière de penser de chacun de nous, et fixe les règles du jeu, aussi bien dans le commerce aue dans la recherche scientifique, dans la philosophie que dans la vie de tous les jours.Au moment où l'on met au point des ordinateurs qui parlent et obéissent à la voix humaine, comment ne pas se soucier de la langue qu'ils emploieront.Mais une langue ne s'impose pas par des décisions politiques ou par la coercition.Il suffit de voir qu'à Prague il y a plus de jeunes qui parlent le français (ou l'anglais) que le russe, dont l'enseignement est pourtant obligatoire dès la fin de l'école primaire.La langue est souvent véhiculée par les objets, la culture nous par» vient dans les valises des marchands et des montreurs d'images.Si le mot «jeans» est entré dans toutes les langues, c'est simplement parce que tout le monde en porte.Mais il faut également remarquer qu'en France, on a cessé de parler oa «computers» à partir du moment ou les Français ont fabriqué leurs propres.ordinateurs.De plus en plus de gens soutiennent que le renouveau de la langue française passe par un regain d'influence politique et économique.Au 18e siècle, quand le français était la langue universelle de l'Europe, la France était la plus grande puissance continentale.Pour résister à l'envahissement de la langue anglo-américaine, il faudrait que le monde francoDho- \"0 ne acquière également un nou- £ veau dynamisme économique.En f° cette ère de géants, il faut peut-être penser à élargir les horizons de la francophonie, à rassembler plus de gens.Le gouvernement français semble avoir dans ce domaine un nouveau «grand dessein», et semble décidé à élargir son champ d'action au-delà de la francophonie proprement dite, en direction de l'ensemble du monde «latin», qui représente à peu près un milliard de gens \u2014 Français, Italiens, Espagnols, Portugais \u2014 dont les consciences et les modes de vie et de pensée sont proches et peuvent encore se rapprocher.La France, dans ce domaine encore, semble prête à donner l'exemple.?.linsrfniBfn v z îix* iuo 2 O z h 33 rr> > r~ > m g \u2014* ç j= m CO 2 CJ1 \u2022 1 PETITE RECHERCHE EN TERRE QUÉBÉCOISE Le «maudit Français» existe-t-il encore?Pour ce 14 juillet, Pierre Racine, en bon Québécois, est parti à la recherche du «maudit Français».Il a eu bien du mai à le trouver.Il en a pourtant retrouvé un morceau.là où il ne l'attendait pas.Suivez-le dans ses fouilles.Comment trouvez-vous les Français?Tendres, coriaces, aigres-doux.je ne sais pas, peut-être n'en avez-vous pas à mettre sous votre fourchette dans votre voisinage.On dit pourtant qu'il a une saveur bien à lui; certains le trouvent plutôt revéche, d'autres s'en délectent.Mais la vraie question est la suivante: les Québécois, oui ou non, bouffent-ils du Français?Afin de clore une fois pour toute la question j'ai décidé de poser la question à mes contemporains.Un groupe de jeunes Québécois qui ont participé en mai dernier à un programme élaboré par les bons soins de l'Office franco-québécois pour la jeunesse a constitué mon premier échantillonnage.Il s'agit de personnes d'origines sociales diverses dont c'était dans la plupart des cas le baptême français.Ils allaient en effet vérifier dans cette bonne vieille France, sur le tas, si ce qu'on leur avait enseigné ô à l'école était vrai: si on enlève les ~ «maudits Français» de l'Hexagone - il ne reste plus que les Arabes, les j concierges et quelques provin- - ciaux.C'est parti.t Réal Poirier, électricien de 20 \"m ans, a trouvé que les Français j s'entraidaient plus entre eux que -> les Québécois: «En dehors de c Paris, si tu as un problème, c'est à .qui va t'aider le premier.Leur ac- ~i cueil a été formidable.» j £ France Taillon, représentante, z 23 ans, les pensait elle bien pires \"?que ça.«À force de voir des films \\ français à la télévision je m'atten-^ dais à rencontrer du monde stres-~j sé.Ils me faisaient un peu peur.Mais c'est tout le contraire qui s'est passé.Je les ai trouvés ac-.5 cueillants, chaleureux.».France Taillon regarde toujours la télévision mais les films français ne lui font plus peur.Andrée Leblanc, étudiante de 23 ans, me laisse à peine finir ma question qu'elle déclare, fracassante: «Je les ai adorés!! Je me suis aperçu que toutes les idées négatives à propos des Français ne sont que des préjugés odieux.Ils ont été archi-accueillants à mon égard.» Alain Gamier, 24 ans, sans emploi actuellement, fait lui une distinction géo-calorifique: à Paris, les Français sont plutôt froids, ailleurs s'ils ne sont pas chauds ils sont au moins tièdes.Sa théorie sur le frigorifique Parisien: «Ils sont tellement habitués à voir les touristes qu'ils ne les voient plus, alors ils deviennent froids.» Martin Brault.étudiant de 20 ans, a beaucoup de choses à dire.C'est l'intellectuel du groupe: «J'ai trouvé que les Français avaient une grande conscience politique et historique; les lieux d'échange et de communications sont plus fréquents là-bas.».Oui, mais tu les aimes les Français?«Je trouve qu'ils sont très fraternels; je me suis fait plein d'amis d'ailleurs».Tu ne les trouve pas prétentieux, les cousins?«Ils ont une certaine fierté, d'accord, mais rien pour m'agacer; d'ailleurs les Québécois à l'étranger sont aussi prétentieux que les autres peuples en vacances.» Ah bon.! Alors voilà pour ce premier échantillonnage.On y apprend que les jeunes Québécois n'ont pas de complexes et que les Français sont beaux, gentils, qu'ils ne font plus peur à personne, qu'ils ont l'esprit de scoutisme.Le conte de fées quoi! Où est donc passé le «maudit Français»?De- MES - ront-ils rattraper leur retard?L'As- -sociation des industries de l'élec- c: tronique japonaise vient d'annon- E cer que les neuf principaux cons- { tructeurs nippons de circuits ~ intégrés et de semi-conducteurs -investiront, cette année seulement, cc 3 milliards de dollars en équipe- p ments et bâtiments nouveaux, soit | 50 p.cent de plus que Tan dernier -et 700 millions de plus que les -Américains.La guerre économi- c que n'est pas finie.Et la bataille ne sera pas facile pour les Allemands. > t Armando Valladares, poète cubain, a passé 22 ans de sa vie Dans les prisons de Castro, titre de son recueil de poèmes.22 .ans pour avoir dénoncé, six mois après le triomphe de la révolution castriste, la déviation qu'elle opérait vers le communisme.Il y avait participé, pourtant, à cette révolution.Il était devenu fonctionnaire du gouvernement révolutionnaire, au ministère des Communications, où il était bien placé pour observer les manipulations idéologiques qui avaient commencé à s'exercer presque aussitôt.«Peu à peu, dit-il, les vrais révolutionnaires ont été remplacés, aux postes stratégiques de tous les ministères, par des communistes qui ne s'étaient pas battus.La hargne contre le clergé s'est déchaînée.La croix de bois que Fidel Castro portait sur la poitrine au temps de la guérilla et de la révolution a été maquillée sur les photos officielles.Au cours des réunions hebdomadaires d'orientation que nous avions, au ministère, j'ai dénoncé chacune des trahisons à la révolution pour laquelle j'avais combattu, du moins celles que je pouvais observer.» Le résultat ne s'est pas fait attendre.Sans avoir participé à aucune action de violence, à aucun complot, à aucun acte de terrorisme, Armando Valladares est accusé de «trahison à la révolution» et condamné à 30 ans de prison.Des milliers d'autres Cubains subissent le même sort, parce qu'ils refusent l'installation d'un régime communiste à la place de l'idéologie «castriste».«Il y a deux catégories de prisonniers d'opinion à Cuba, explique Valladares.Ceux qui ont de 18 à 25 ans d'emprisonnement, qu'on surnomme «les irréductibles» parce qu'ils refusent les plans de «réhabilitation politique» qu'on leur propose; ils étaient des milliers, il n'en reste que 250 aujourd'hui.L'autre groupe, d'environ 14 000 prisonniers, n'est mis en contact avec le premier sous aucun prétexte: il s'agit de ceux qui ont été accusés de «propagande ennemie» à partir de 1967, année où l'on a changé de stratégie envers les opposants au régime.On ne leur donne même pas le choix entre la réhabilitation politi-J que et la prison, on leur applique o) directement les programmes de r réhabilitation.C'est pourquoi il id n'est pas question qu'on les mette d en contact avec les «irréducti-z> bles».» ^ \u2014 Mais en quoi consiste le cri-r- me de «propagande ennemie»?q «Coller une affiche contraire au régime, écrire quoi que ce soit < contre Castro ou le gouvernement w sur les murs, se promener avec -f une revue étrangère où il y a un article dénonçant le régime cas-triste, être entendu critiquant le ré-2 gime constituent des crimes aussi O graves que de participer à des ac-.tes de sabotage.^ \u2014 .Ou que participer à une -j conspiration violente contre le °~ gouvernement?«Non.Tous ceux qui sont mê-co lés à des actes de violence contre m Gloria Escomel TÉMOIGNAGE DU POÈTE ARMANDO VALLADARES 22 ans dans les prisons de Castro le régime sont fusillés sur-le-champ.» La torture est systématique Lors de son passage au Québec, en mai.pour participer au Colloque sur la torture, organisé par Amnistie internationale, Armando Valladares commentait, avec une certaine amertume: «Le mythe de la révolution castriste a la peau dure.Au point que certains refusent les évidences.Lors du colloque, une participante uruguayenne, qui a été emprisonnée et torturée dans son pays à cause de ses opinions gauchistes, a prétendu qu'il n'y avait pas, à Cuba, de violation des droits humains, mais seulement des actes de répression envers les «ennemis de la révolution»! De même, un Péruvien a refusé d'admettre que l'on pratique la torture au Vietnam.Peut-on encore ignorer \u2014 et par là même justifier la torture \u2014 que les crimes commis par les dictatures de gauche sont aussi graves que ceux que commettent celles de droite?Que Castro est aussi criminel que Pinochet?Quant à moi, qui ai vécu 22 ans dans cet envers du décor de la romantique révolution castriste, j'ai été torturé pour l'apprendre, je ne peux plus l'oublier.» Emprisonné en décembre 1960, Armando Valladares ne connaîtra presque aucun répit dans le pénitencier politique; en 22 ans, il ne reçoit que 29 visites.Il passe 9 ans dans une cellule d'isolement où il est battu régulièrement deux fois par jour avec des chaînes gainées de plastique.«Le plafond de la cellule, racon-te-t-il, était constitué d'un treillis métallique, à partir duquel on nous arrosait de temps à autre de grands seaux emplis d'urine et d'excréments.Nous étions nus, ayant refusé de revêtir les uniformes des prisonniers de droit commun.Nous dormions à même le sol et notre sommeil était fréquemment interrompu par les coups de «dard» que l'on nous administrait, du plafond, avec de longs bâtons pointus.Quelquefois, on nous abandonnait, évanouis, dans des cellules pleines de rats.» Il me montre ses doigts couverts Armando Valladares de cicatrices, prend ma main, l'oblige à tâter son cuir chevelu.Morsures de rats, traces de coups.Mais dans quel but, toutes ces tortures?Quels aveux cherchaient-ils à extorquer?«La torture est systématique.L'objectif, c'est de vous faire renier vos idées, de vous faire accepter les leurs en vous soumettant à leur plan de «réhabilitation politique», appelé «La liberté à trois pas».Vous accomplissez le premier pas en admettant votre erreur de vous être opposé à la révolution; le second, lorsque vous effectuez une confession écrite de tous vos «crimes» contre le régime.Dès lors, on vous transfère de la prison à un centre de travaux forcés ou un camp de concentration \u2014 les prisonniers politiques représentent une force de travail incroyable à Cuba.Le troisième pas vers la liberté, qui peut prendre des années, s'effectue donc dans ces centres, et il s'accompagne de certains adoucissements du règlement: par exemple, le droit de passer 48 heures avec votre famille à tous les trois mois.Enfin, la liberté reste une liberté «surveillée» jusqu'à la fin de vos jours, à moins que vous puissiez quitter le pays.Ce qui suppose que votre famille a pu payer le voyage en dollars \u2014 pour faire entrer des devises à Cuba \u2014, donc que certains de ses membres sont en exil.Il y a plus de deux millions de Cubains en exil (et 9,5 millions à Cuba); les frontières se sont ouvertes «massivement» deux fois: en 1965 et en 1980.Cette fois-là, 600 000 personnes ont demandé à quitter le pays, mais seulement 145 000 ont pu le faire; à l'heure actuelle il y a un million de Cubains dont le voyage est déjà payé par leur famille, qui attendent la permission de partir.Il s'agit, bien entendu, de citoyens libres et non de prisonniers d'opinion.» Pour Valladares, la «clé des champs» lui est venue de la poésie, et de milliers de démarches effectuées de l'extérieur.Dès 1962, il commence à écrire des poèmes sur le moindre bout de papier qui lui tombe sous la main.Chants de douleur, mais empreints d'espoir et, bientôt, d'amour: c'est en prison qu'il fait la connaissance de Martha, la fille d'un compagnon de misère.Ces poèmes, écrits sur des feuillets à peine plus grands et plus épais qu'un papier à cigarettes, sont remis à des visiteurs, voire à des soldats sympathisants.En 1969, un adoucissement provisoire des règlements permet à Valladares d'épouser Martha; cette même année, le père de celle-ci est libéré.Mais aucune des démarches entreprises par les deux familles pour obtenir la libération d'Armando n'aboutit.Martha quitte Cuba pour la Floride en 1972, convaincue de pouvoir être plus efficace à l'étranger.Elle aura raison.Mais cela prendra dix ans.Et en 1974, on fait subir à certains «irréductibles», dont Valladares, un jeûne de 47 jours, qui les affaiblit au point d'entraîner une paralysie presque totale (polyneuropathy de carence).Valladares passera 8 ans en fauteuil roulant.Cela ne l'empêchera pas de continuer à écrire et de réussir à faire sortir, en 1975, 22 copies manuscrites d'un recueil de poèmes pas plus grand que la paume d'une main, dont une seule copie parviendra à sa femme.Martha les fait publier, à compte d'auteur, en-espagnol, en 1976.Elle les envoie, en 1977, à Pierre Golendorf, communiste français qui sort des prisons cas-tristes lui aussi et qui vient de publier une dénonciation violente du régime.Golendorf traduit les poèmes de Valladares et réussit à les faire éditer à Paris aux éditions Grasset, en 1978.Plusieurs comités de soutien à Valladares commencent à se constituer, en France, en Suède, au Venezuela.Valladares est adopté comme prisonnier d'opinion par Amnistie internationale et comme membre honoraire du Pen Club, qui crée un prix littéraire portant son nom, destiné à souligner l'oeuvre des écrivains emprisonnés pour leurs idées.Le long chemin de la liberté Mais il faudra quatre ans d'efforts et de pressions auprès de Castro pour obtenir la libération du poète, dès lors connu internationalement.Plusieurs gouvernements interviennent directement auprès du dictateur cubain.C'est finalement la France qui obtient sa libération.Est-ce la goutte qui a fait déborder le vase, le résultat d'une transaction particulièrement habile ou l'effet du hasard?Plusieurs interprétations courent et Valladares lui-même ne sait laquelle justifie le mieux sa libération.Tout ce qu'il sait, c'est qu'on lui fera subir un traitement de suralimentation et de soins intensifs pendant toute l'année qui précède: il s'agit, littéralement, de le «remettre sur pied» pour infirmer la nouvelle de sa paralysie, qui circule depuis quatre ans.C'est en effet en béquilles, mais debout, que Valladares fera ses premiers pas d'homme libre.Depuis lors, Valladares est infatigable.Installé maintenant à Madrid, après un court séjour à Paris, il a formé plusieurs comités pour le respect des droits humains à Cuba ou ailleurs, il répond à toutes les invitations qui lui sont faites pour témoigner sur ses 22 ans de prison et participe aux activités d'Amnistie internationale, tout en écrivant ses mémoires qui paraîtront dans les mois qui viennent, simultanément en espagnol, en français et en anglais.«Si tous les États démocratiques adoptaient envers les dictatures de gauche ou de droite une attitude ferme et refusaient toutes relations avec elles, nous pourrions espérer leur disparition, dit-il.Mais en réalité ce sont les exigences commerciales qui font la loi, elles semblent plus précieuses que l'intégrité, la dignité et la vie des êtres humains.Il ne faut pas pour autant renoncer à des visées plus idéalistes, ne jamais perdre l'espoir.» Et Valladares prêche surtout par l'exemple: paraître avoir trente ans lorsqu'on en a 47 et qu'on en a passé 22 en prison n'est peut-être possible que parce qu'on a gardé foi en des lendemains meilleurs, «ou parce que le poète a la capacité de s'isoler dans un univers merveilleux qui est enfoui en lui-même», dit-il.Mais le plus merveilleux, c'est qu'il y ait encore des êtres pour croire a la poésie et à la liberté.? Nicaragua r i événement passera probablement inaperçu dans la grande presse internationale.Tout au plus, une dépêche d'agence viendra nous rappeler que le Nicaragua célébrera, le 19 juillet, le cinquième anniversaire du renversement de la dictature de Somoza.Saluée mondialement, la victoire des mucha-chos sandinistes avait fait naître un immense espoir pour les plus démunis du continent latino-américain.Cinq ans plus tard, l'espoir est toujours présent, bien que les opinions soient très partagées quant à la réalisation des promesses formulées par les Sandinistes.En général, les observateurs s'entendent pour dire que le régime s'est nettement radicalise et qu'il a même abandonné certaines idées maîtresses de son programme sans lesquelles son accession au pouvoir n'aurait jamais été rendue possible.Cela veut-il d«re que le programme initial des Sandinistes (pluralisme politique, économie mixte, et non-alignement) n'aura été qu'une tactique utilisée par ces derniers pour masquer leur véritable visage marxiste devant l'opinion publique occidentale?Ou bien que la guerre d'usure lancée par les Etats-Unis contre le nouveau régime ait obligé ce dernier à se défendre et, par conséquent, à durcir ie ton à l'intérieur?La guerre, toujours la guerre Aujourd'hui, alors que les Sandinistes préparent, selon leurs propres paroles, «les premières élections libres de l'histoire du Nicaragua», ie temps n'est décidément pas à la fête dans le pays.Le thème lui-même des cérémonies de commémoration du 5e anniversaire en dit très long sur l'ambiance qui règne: * Tout pour les fronts de guerre, tout pour les combattants ! » « Nous savons ce qu'est la guerre parce que nous avons fait la guerre pour conquérir la paix.Nous savons ce qu'est la guerre parce que nous sommes en guerre pour défendre la paix», commentait récemment le ministre de l'Intérieur, le commandant Tomas Bor-ge.Et cela coûte de plus en plus cher, défendre la paix au Nicaragua.Les dépenses militaires, qui ont représenté 18 p.cent du budget national en 1982 et 20 p.cent en 1983, engouffreront officiellement 25 p.cent de celui-ci en 1984.Fait encore plus significatif: en dix ans de guerre, 50 000 Américains sont morts au Vietnam soit, en proportion de la population américaine, 2,3 morts pour 10 000 citoyens.Les quelque 1 500 Nicaraguayens morts en 1983 se traduisent à i'échelle du Nicaragua par 4,5 morts pour 10 000 habitants! Depuis 1981, les dégâts faits à l'infrastructure socio-éco-¦ nomique du pays?par les^oontre- il rO) \u2022y< '\u2022\u2022'\u2022V'\"- V: '' 'V: Jacques Lemieux révolutionnaires \u2014 que le président Reagan désigne sous l'appellation de « combattants de la liberté » \u2014 s'élèvent à 204 millions de dollars.Aucune étude prétendant analyser sérieusement l'évolution du gouvernement sandiniste depuis 1979 ne pourrait passer outre à ces considérations, car elle risquerait de sombrer dans l'ornière où s'est échouée l'actuelle administration américaine par rapport à l'Amérique centrale.Des acquis indéniables Rares sont ceux parmi les ennemis du sandinisme qui refusent de reconnaître tout aspect positif au régime actuel.Même la commission Kissinger, qu'on ne peut soupçonner de sympathie gauchisante, s'est vu contrainte de souligner favorablement dans son rapport les progrès enregistrés au chapitre des soins sociaux.Ces progrès constituent une véritable prouesse dans le domaine de l'éducation: à la suite d'une campagne d'alphabétisation de 5 mois en 1980, le taux d'analphabétisme était tombé de 59 p.cent à 13 p.cent; en plus, les Sandinistes ont construit plus de 1 200 écoles depuis 1979 et consacrent annuellement plus de 30 p.cent du budget national à l'éducation.Résultat: le pays compte maintenant plus d'un million d'étudiants sur une population totale d'à peine trois millions d'habitants! La démocratisation est également à l'ordre du jour dans le domaine de la santé.L'immense majorité de la population, qui avait jusqu'à maintenant été privée des soins les plus élémentaires, y a aujourd'hui accès gratuitement.Des campagnes massives de vaccination ont permis de rayer la poliomyélite de la carte du Nicaragua.Une lutte à finir se poursuit actuellement contre d'autres maladies telles que la diphtérie et la malaria.La malnutrition, qui touche encore trois enfants sur quatre dans le Honduras voisin, tend également à diminuer.Les Sandinistes ont aussi répondu à l'une des plus importantes aspirations, voire la plus profonde des pays nord-latino-américains, en réalisant une véritable réforme agraire, digne de ce nom.À la fin de Tannée, le gouvernement pour-.c 'ra>se*vairter'd&voir.distribué envi- ron un million d'hectares de terres depuis 1979.L'effort est d'autant plus remarquable que tous les spécialistes s'accordent à considérer la réforme agraire' comme le remède essentiel aux convulsions et aux bouleversements qui secouent actuellement l'Amérique latine.Enfin, le sandinisme a redonné aux Nicaraguayens l'espoir do jours meilleurs, alors qu'il n'y avait que la résignation comme perspective.Dès lors, il a soudé l'identité nationale de ce peuple et appris aux Nicaraguayens à être fiers d'eux-mêmes.La pauvreté a fini d'être une humiliaiton au Nicaragua.Un empire du mal?L'espoir est donc né, mais il faut toutefois reconnaître sa fragilité.La polarisation de !a société marque aujourd'hui le pas au Nicaragua.De larges secteurs de la population \u2014 et pas seulement des bourgeois \u2014 estiment que les Sandinistes n'ont pas respecté le pluralisme politique qu'ils avaient promis.Bien sûr, l'opposition politique a toujours pignon sur rue à Managua, ce qui est déjà remarquable pour un pays de l'Amérique centrale, mais ses activités sont grandement limitées par l'état d'urgence en vigueur dans le pavs depuis mars 1982.Décrété officiellement pour affronter une vague d'attaques contre-révolutionnaires, l'état d'urgence, de l'avis de l'opposition est maintenant utilisé par le Front sandiniste pour consolider son pouvoir.Par ailleurs, l'opposition est inquiète quant à la nature du scrutin que prévoient organiser 'es Sandinistes.La hiérarchie catholique, qui ne cache plus son opposition au régime, se prononce ouvertement en faveur de la participation électorale des contres-révolutionnaires, une condition jugée à son tour inacceptable par le pouvoir qui y voit une trahison à la patrie.Le langage de fer s'impose, l'intolérance devient la marque de commerce.Un point de vue divergent des positions officielles est souvent qualifié de contre-révolutionnaire.Les revendications des minorités sont vues d'un oeil louche.Armés d'une âme missionnaire et Q ag^sanl avec un paternalisme sans pareil, les Sandinistes ont commis l'erreur de vouloir «aider» les indiens Misquitos à se sortir du sous-développement.L'intention en soi est déjà discutable, mais le problème fondamental réside dans le fait que le développement est toujours conçu selon les critères en vigueur à Managua et non pas sur la côte Atlantioue.Les dirigeants nicaraguayens ont reconnu leurs erreurs et la Commission inter-américaine des droits de l'Homme a souligné dans un récent rapport les efforts déployés par le gouvernement pour refaire son image auprès des autochtones.Toutefois, cela ne suffira sûrement pas à guérir les plaies, d'autant moins que les États-Unis et ie Honduras \u2014 qui n'ont pourtant pas de leçons à donner concernant le respect des droits des autochtones \u2014 ont exploité à tond et ont considérablement aggravé le conflit entre les Misquitos et les Sandinistes.Les critiques par rapport à l'économie mixte sont plus nuancées.Le secteur privé possède toujours 60 p.cent de l'économie, mais le contrôle gouvernemental est tel qu'un des porte-parole les plus récalcitrants du patronat, Ra-miro Guardian, en est venu à déclarer que ce qui existe au Nicaragua est «une entreprise privée.de liberté».En effet, l'initiative privée a sa raison d'être dans la mesure ou elle accepte la logique du pouvoir et qu'eile se met au service des nécessités fondamentales du peuple.Aucune révolution n'a encore à ce jour réussi ce tour de force.Guardian critique avec véhémence le gonflement du secteur public, le bureaucratisme et l'inefficacité de l'appareil d'État.Par contre, il ne semble pas proposer autre chose comme solution qu'un inacceptable retour au passé.Finalement, on reproche à la junte sandiniste d'être alignée sur Cuba et les pays de l'Est.Le gouvernement américain accuse le Nicaragua d'exporter sa révolution ailleurs en Amériaue centrale et d avoir en outre accueilli des millers de conseillers bulgares, cubains et soviétiques.Si ces accusations ne sont pas dépourvues de tout fondement, elles manquent par contre de, nwnces.j À'^tre d'exemple, notons que, après 5 ans de révolution, les transactions commerciales avec les pays de l'Est ne représentent environ que 10 p.cent de l'ensemble du commerce extérieur du Nicaragua, le haut de la palme revenant aux pays de la Communauté économique européenne, à l'Algérie, au Mexique et au Venezuela.Du reste, les Sandinistes sont bien au fait des limites financières et technologiques de l'aide soviétique.Les Soviétiques ont-ils les moyens de fournir au Nicaragua 3 milliards de dollars annuellement comme ils l'ont 'ait depuis vingt ans avec Cuba?Quant aux envois d'armes à la guérilla salvadorienne, le gouvernement américain n'a toujours pas présenté de preuves sérieuses à ce sujet et un ex-agent de la CIA vient de déclarer au New York Times que ce n'était qu'un prétexte du président Reagan pour justifier « sa sale guerre » au Nicaragua.Un plan ourdi par les États-Unis?Tout n'est donc pas facile au pays de Sandino.Les difficultés sont nombreuses et le mécontentement est répandu parmi la population qui a à subir de nombreuses pénuries.En revanche, il est ciair qu'il existe une volonté gouvernementale de résoudre les prooie- mes des couches les plus pauvres de la société, celles qui n'ont eu droit qu'à des miettes sous Somoza et qui sont encore excluses du pouvoir dans la plupart des autres pays de la région.Les États-Unis ne sont peut-être pas responsables de tous les complots qui leur sont imputés au Nicaragua.Mais Xavier Gorostiaga, jésuite et brillant économiste travaillant à titre de conseiller auprès du gouvernement se demanae : c Est-il possible que le gouvernement Reagan, qui n'a pourtant pas fait preuve d'une grande capacité face à la conjoncture internationale, ait été assez astucieux et subtile dans sa stratégie pour pousser la révolution sandiniste vers ie bloc soviétique, pour l'obliger à faire appel à des systèmes politiques et économiques plus rigides, moins flexibles, moins originaux, dans le but de lui enlever son prestige et de l'isoler des pays qui l'ont .appuyée?» \u2022 , , ?eijrKK) wooeloiv eb aeio6 B»b é 0* o 3 rr> > r- > m g m H CO 2 éditeur Roger D.Landry éditeur adjoint Réal Pelletier chef des chroniques Manon Chevalier secrétaire de rédaction Roch Côté collaborateurs au Québec Phillippe Barbaud Jean Basile Berthic Alain Borgognon Maurizia Binda Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Claire Dutrisac Charlotte Fauteux Andrée Ferretti Pierre Godin Serqe Grenier Gérard Lambert Adèle Lauzon Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Pol Martin Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz René Viau Michel Vaste! Patricia Dumas Diane Hill Daniel Raunet Trevor Rowe Rome Bruxelles Chypre Vienne Tokyo Taiwan Ottawa Toronto Calgary Vancouver New York Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith coron Paris Jean-François Lisée Jean Lapierre Claude Moniquet Robert Pouliot Albert Juneau Huguette Laprise Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse, de l'agence Inter Presse Service et de Reporters associés.publicité générale: Probec5 Liée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Micheline Perron Sjé».: (514) 285-7319 ernière étape dans la course à l'investiture, la convention démocrate qui s'ouvre lundi à San Francisco ne s'annonce pas aussi réglée d'avance qu'il y paraît.La baisse régulière de Walter Mon-dale dans les sondages peut provoquer un revirement d'attitude de la part des délégués, même si l'ancien vice-président de Jimmy Carter fait figure de favori face à Gary Hart, le sénateur du Colorado Autre inconnue: quelle sera l'attitude du «troisième homme», Jesse Jackson, qu'aucun candidat n'a osé attaquer de front en raison de son influence sur les électeurs noirs, notamment les 400 délégués qui le soutiendront à la convention?Le 8 juillet dernier à Kansas City, Jackson a d'ailleurs invité les Noirs à réserver leurs votes, envisageant l'hypothèse d'un boycott de l'élection de novembre, au cas où le candidat démocrate investi ne lui conviendrait pas.Il faut donc se montrer prudent: telle est l'analyse de David Garth, l'un des plus célèbres conseillers politiques américains, qui a mené la campagne de Mondale dans l'État de New York, permettant à celui-ci de devancer Gary Hart de dix-huit points dans cette primaire.David Garth, qui a créé sa propre revue de sondage et organisé plus dune centaine de campagnes électorales aux USA et de par le monde (par exemple au profit de John Lindsay puis d'Edward Koch, successivement réélus maires de New York, Jey Rockfeller, gouverneur de la Virginie de l'Ouest, Tom Bradley, maire de Los Angles.Me-nahem Begin en Israël, Herrera au Venezuela, Bettencourt en Colombie.) est très nuancé dans le jugement qu'il porte sur Walter Mondale.En exclusivité pour «PLUS», il livre ses réflexions.PLUS: Pensez-vous qu'il puisse y avoir une forme de suspense à la convention de San Francisco?DAVID GARTH: Vous savez, Fritz Mondale n'a qu'une avance de cent voix sur Gary Hart, ce qui ne le met pas à l'abri des surprises.Dans le dernier sondage que nous avons publié, il est trente points derrière Reagan, alors que Hart n'est devancé que de dix points.Je constate également que les opinions favorables à Mondale sont en baisse: elles étaient à 48 p.cent en février dernier, elles sont à 44 p.cent aujourd'hui.Quant aux opinions défavorables, elles augmentent: 39 p.cent en février, 47 p.cent actuellement.Mondale part donc avec une cote plutôt négative tandis que Hart se situe à 50 p.cent d'opinions favorables et seulement 35 p.cent d'opinions défavorables.J'ajouterai qu'au sein du Parti démocrate, où il faut recueillir environ 1950 voix pour avoir l'inves- À LA VEILLE DE LA CONVENTION DÉMOCRATE Tout est-il vraiment dans la poche pour Walter Mondale?titure, Mondale n'a pas plus de 2 050 voix acquises.Si les délégués le sentent fragiles et en mauvaise position face à Reagan, ils peuvent devenir nerveux et changer de candidat.Or une centaine de délégués, qui se sont engagés en théorie à soutenir Mondale, ne sont pas légalement obligés de le faire.Mais si Mondale n'a pas l'investiture \u2014 a priori, il devrait l'obtenir \u2014 Hart ne sera pas le vainqueur du scrutin car à mon avis, tous deux ont été très «abi-més» par la campagne des primaires.Je pense que dans cette hypothèse, les délégués reporteront leurs voix sur un outsider.PLUS: Quels ont été les rapports entre Hart et Mondale pendant cette campagne?DAVID GARTH: Mauvais.Fritz Mondale a mené une campagne négative contre Gary Hart, en affirmant qu'on ne pouvait pas lui faire confiance, qu'il était instable, inconstant sur la question du gel nucléaire.durant cette période, Mondale n'a pas eu une attitude constructive, il n'a pas proposé d'alternative à la politique de Reagan.En fait, Mondale est parti favori très tôt et pendant toute l'année dernière, la presse américaine a parlé d'un duel Mondale-Glenn.Mais dès la première primaire, dans l'Iowa, John Glenn, le sénateur de l'Ohio.s'est effondré, en n'obtenant que six p.cent des votes de délégués.Du même coup, Gary Hart, qui n'a pas fait un score très brillant (environ 15 p.cent) a été monté en épingle par la presse, qui réclame toujours des batailles électorales.Hart était jeune, attractif, il parlait de l'avenir.Mondale, de son côté, s'est concentré sur les problèmes nucléaires, en souligant qu'il avait approfondi la question quand il était vice-président de Carter.Quelle erreur! Carter étant très impopulaire, il aurait mieux valu passer sous silence la prériode de la Maison-Blanche.En revanche, Mondale aurait dû parler beaucoup plus de ses dix années au Sénat, car, de l'avis général, il a très bien rempli son mandat.Gary Hart a aussi des handicaps: il donne une impression d'instabilité.Pourquoi a-t-il menti sur son âge, en se rajeunissant d'un an?Il a également raccourci son nom, car il s'appelle en fait Hartpence.Et puis le magazine Vanity Fa/r\\a publié une.histoire sur sa vie privée, racontant qu'il était allé en montagne avec une jeune Indienne gourou.On ne connaît pas les relations de Hart avec cette femme, mais l'ensemble donne une impression d'instabilité et la presse a fini par le trouver un peu curieux.Gary Hart se présente en outre comme le candidat aux idées nouvelles mais personne ne sait quelles sont ces idées.En 1980, j'ai fait la campagne d'An-derson, le «troisième» candidat, qui avait, lui, beaucoup d'idées concrètes.PLUS: On reproche toujours à Mondale d'être en quelque sorte l'otage des groupes de pression et des minorités.DAVID GARTH: C'est vrai, Mondale paraît être captif des intérêts particuliers, surtout des syndicats.Il est vrai qu'il est de tradition que le candidat démocrate soit le représentant de toutes les minorités: les féministes, les Noirs, les Hispa-niques, les Juifs, les homosexuels.mais Mondale donne le sentiment de vouloir donner à chacun tout ce qu'il veut, ce qui est rigoureusement impossible.Et puis, les intérêts catégoriels ne sont pas bien perçus aux États-Unis.Voici une anecdote caractéristique de l'attitude de Mondale: dans l'Iowa, avant la première primaire, un débat télévisé a rassemblé tous les candidats démocrates.On a proposé aux candidats de s'interviewer mutuellement, et Gary Hart s'est tourné vers Mondale: «Dites-moi, M.Mondale, pouvez-vous nous présenter un seul sujet sur lequel vous seriez en désaccord avec les syndicats?» Il est évident que les points de divergence sont nombreux mais Mondale, pris de court, a répondu: «Je ne critiquerai jamais mes amis».Un désastre! La presse a relevé ce propos, accréditant l'idée que Mondale est bel et bien le «jouet» des intérêts catégoriels.Tout est dans la manière de se comporter.Quand Mondale explique que «les intérêts particuliers s'inscrivent dans l'intérêt général», il ne convainc personne.Mais il a en revanche raison de tenir compte de tous ces groupes de pression, dont le poids électoral va en augmentant.Dans les années 1990, les Hispaniques, qui représentent environ sept p.cent des voix et qui sont traditionnellement démocrates (sauf en Floride, probablement à cause de la proximité de Cuba) dépasseront en nombre .l'électorat noir qui.se situe acfuel-, lement aux alentours ( de dix p.cent.Le vote juif, lui, ne représen- Sophie Huet David Garth, l'un de PARIS organisateurs, en doute te que trois p.cent mais il est important dans la mesure où les Juifs contribuent beaucoup au financement des campagnes électorales.Au total, presque tous les «minoritaires» sont proches des démocrates.Encore faut-il savoir se servir à bon escient de cet héritage, et qu'il ne devienne pas un poids.PLUS: Mondale est-il gêné par la candidature de Jackson?DAVID GARTH: Bien sûr, car Mondale, qui est le fils spirituel de Humphrey, bénéficie d'une bonne cote auprès de l'électorat noir.Le révérend noir Jesse Jackson vient troubler la mise, car si Jackson n'était pas en lice.Mondale obtiendrait l'investiture sans aucune difficulté.Les relations entre les deux hommes sont à peu près cordiales.Mais Jackson est très proche du révérend Louis Farrakhan, dont l'antisémitisme est notoire.Jackson a été finalement obligé de désavouer publiquement les déclarations antijuives de Farrakhan, mais il n'a pas dénoncé son soutien.Or beaucoup de Juifs (70 p.cent d'entre eux sont dans le camp démocrate) reprochent à Walter Mondale de ne pas avoir plus durement critiqué l'attitude de Jackson sur ce point.Et beaucoup de Blancs (non juifs) n'aiment pas Jackson et' estiment que Mondale s'est laissé manipuler par lui.Ces gens-là représentent un poids électoral important.Mondale est en fait pris entre deux feux car s'il s'attaque sévèrement à Jackson, il risque de se mettre à dos l'électorat noir dont il a besoin.Jesse Jackson en est bien conscient et il en joue: ce n'est pas par hasard qu'il vient de lancer un appel auprès des électeurs noirs pour leur demander de ne pas soutenir sans condition le candidat démocrate qui aura l'investiture et de suivre ses propres consignes.PLUS: Il est beaucoup question d'un «ticket» entre Mondale et une femme vice-présidente.Qu'en pensez-vous?DAVID GARTH: Honnêtement.Mondale a proposé la vice-présidence à une douzaine de personnes, ce qui est considérable.Cela a contribué à donner de lui une mauvaise image, car la presse a couvert à chaque fois l'événement, en rappelant qu'en 1976, Jimmy Carter avait eu la même attitude.De plus, cela montre l'indécision de Mondale, ce qui n'est jamais bon Le gouverneur de l'État de New York, Cuomo, a été le seul à refuser nettement les avances de Mondale.Les autres, qu'il s'agisse de Tom Bradley, le maire noir de Los Angeles, de Diana Feinstein, maire de San Francisco, de Géraldine Ferraro, membre du Congrès pour l'État de New York, ou de Pat Schroeder, également membre du Congrès (pour le Colorado), n'ont dit ni oui ni non.Récemment encore les militantes de Now (National Organization for Women) lors de leur convention, ont demandé à Mondale de prendre une femme comme vice-présidente, menaçant l'ancien vice-président de Carter ne ne pas voter pour lui s'il ne le faisait pas.Elles ont commis là une faute politique, car si Mondale se décide à prendre une femme, on dira qu'il a agi sous la pression.En plus, il n'en a pas forcément besoin car il a une très bonne image auprès de l'électorat féminin.Quand il était sénateur, il a beaucoup défendu les droits des femmes et des mères au foyer.Pour revenir au nombre de personnes que Mondale a contactées pour leur proposer plus ou moins directement la vice-frrésidence, j'ajouterai que cette attitude lui porte tort car tous ces gens ont des amis qui parlent autour d'eux.Ces électeurs potentiels peuvent lui en vouloir s'il ne choisit pas untel ou untel.C'est donc maladroit.Pour ma part, si je devais le conseiller à ce sujet, je lui dirais de prendre Tom Bradley, le maire de Los Angeles car il catalyserait le vote noir.En outre, c'est un ancien policier: il se montrerait donc ferme à l'égard de la criminalité.Enfin, son image est bonne puisqu'il a failli devenir gouverneur de la Californie, à moins de 7 p.cent de voix près.Dans un état où le vote.noir est très minoritaire (à peine dix p.cent).En second choix, je prendrais une femme: ce serait la première fois qu'un candidat à la présidence des États-Unis propose une femme pour la vice-présidence et cela aurait l'avantage de déplacer le centre d'intérêt de la campagne.Au lieu de se concentrer sur Mondale, la presse se tournerait vers elle.Ce qui renouvelle l'image du candidat démocrate.Je voudrais conclure sur une dernière hypothèse: est-il possible que Mondale ne choisisse pas lui-même son ou sa vice-présidente lors de la convention de San Francisco?Le cas s'est déjà vu.mais il y a fort longtemps.C'était en 1956: en raison de l'embarras du candidat démocrate, ce sont les' délégués eux-mêmes qui ont choisi par vote un vice-président.Mais il est peu probable que cela se reproduise cette fois-ci.PLUS: Le Parti démocrate a subi une défaite cinglante en 1980.Pensez-vous qu'il a pu remonter ta pente en trois ans?DAVID GARTH: Le problème n'est pas là.Aux États-Unis, on vote pour ou contre un homme, indépendamment du parti politique dont il est issu.En 1980, les Américains ont manifestement voté contre Carter et non pour Reagan.En 1984, le contexte est tout différent: il est parvenu à baisser l'inflation et les taux d'intérêt, tout en diminuant le chômage, ce que les gens ne croyaient pas possible de faire conjointement.le seul vrai problème de Reagan, c'est la dette et les priorités qu'il s'est fixées: il a dépensé beaucoup d'argent pour le budget militaire tout en diminuant les dépenses sociales.Reagan a d'autres atouts en main: les Américains souhaitent qu'un président puisse rester huit ans à la Maison-Blanche et accomplir deux mandats complets, ce^aui ne s'est pas prqdujL depuis 19e6, à l'époque\"^ Eiser^oww^«juite^ la tentative d'às~s~assinat marquée, dont on a vu les images re^ transmises à la télévision: tous les Américains, qui avaient en mémoi- '-¦ V.'.V.V.*.p David Garth devant une affiche du Herrera dont il fut Tun des organisateurs vénézuélien re l'assassinat de Kennedy, souhaitaient que Reagan revienne rapidement aux affaires.La presse, qui est volontiers agressive à l'égard des personnages politiques, lui a d'ailleurs laissé un an de répit afin de lui permettre de retrouver ses pleines capacités.Reagan en a donc tiré un double bénéfice, si je puis dire.PLUS: Vous estimez donc que Reagan est pratiquement invulnérable et que le candidat démocrate n'a aucune chance?DAVID GARTH: Non.pas exactement.Un événement de politique étrangère, comme l'affaire des otages en Iran peut le déstabiliser.Une montée de revendications catégorielles également.Mais sa plus grande vulnérabilité, à mon avis, c'est son âge.Reagan n'a pas de problème actuellement à ce sujet.Mais si, pendant la campagne, il tombe malade et doit décommander un voyage en Californie par exemple, les Américains se souviendront alors de l'âge de leur président et cela pourra les faire réfléchir.En politique, vous le savez bien, iî ne faut surtout pas dire «jamais» ou «toujours».En 1948, Il y a eu un célèbre précédent d'un revirement spectaculaire de l'opinion.Tous les sondages donnaient à l'époque Tom Dewey largement gagnant face à Harry Truman.En dépit de cela, Truman s'est battu avec courage et les Américains y ont été sensibles.La veille du scrutin, les journaux avaient déjà composé leurs pages «une» pour annoncer la victoire de Dewey.Or \u2014 coup de théâtre \u2014 c'est Truman qui l'a emporté, lui, le candidat de l'Establishment, donné perdant par tout le monde.Il faut pourtant reconnaître que Reagan est très habile pendant cette campagne.Lors de sa dernière conférence de presse, un journaliste lui a déclaré: «M.lé président, dans votre programme électoral de 1980, vous souhaitiez une supériorité militaire des États-Unis sur l'URSS.Aujourd'hui, vous parlez de relations d'égal à égal.Avez-vous changé d'avis?Reagan a réfléchi quelques instants, puis il a répondu: «C'est vrai, j'avais utilisé ce mot.Je dois dire qu'aujourd'hui, je préfère parler d'équilibre dans les relations.» Sa position est donc plus nuancée.PLUS : Quelle stratégie pensez-vous que Mondale devrait adopter face à Reagan?DAVID GARTH: Je pense que Mondale devrait attaquer Reagan sur certains points, sans personnaliser ses attaques.Dans une réunion publique, Mondale a déjà qualifié Reagan de f/im flam ce qui signifie en quelque sorte: manipulateur malhonnête.Le propos était excessif et je ne crois pas que ies Américains apprécient ce genre de vocabulaire.S'il est habile, Mondale devrait reconnaître les aspects positifs de la politique de Reagan, lui donner crédit de ce qu'il a fait dans le domaine économique notamment, tout en soulignant que Reagan aurait pu mieux faire.Enfin, je pense qui! peut l'affaiblir sur le terrain de l'honnêteté: car le président est assez vulnérable sur son programme fiscal.Il a par exemple accordé des abattements fiscaux aux catégories les plus favorisées, tout en diminuant les subventions au profit des vieux.Ce n'est pas très honnête.Sur son programme social, il y aurait beaucoup à redire.PLUS: Les campagnes électorales, aux États-Unis font traditionnellement appel à tous les moyens du marketing politique; pouvez-vous nous raconter, pour terminer, comment vous avez mené la camapgne de Mondale dans l'État de New York, en mare dernier?DAVID GARTH: Nous n'avions pas des sommes folles à notre disposition et nous avons tout axé sur les spots télévisés.Premier atout: Cuomo, le gouverneur de l'Etat de New York, soutient Mondale (il prononcera d'ailleurs le discours d ouverture à la convention de San Francisco): j'ai donc demandé à Cuomo d être l'animateur d'une séquence publicitaire, ce qu'il a accepté bien volontiers.Dans ce spot, il ironise sur Gary Hart, le «candidat aux idées nouvelles», en expliquant qu'il est oius facile de le dire que de parler concrètement de ses idées.Dans une deuxième séquence publicitaire, on voit Mondale en personne et une voix explique comment la compagnie Chrysier ou la ville de New York sont parvenues à éviter la banqueroute.Sous-enîendu: avec Mondale.on pourra sauver des entreprises en péril.J'ai fait réaliser aussi un spot pour les femmes: Carol Belamy.présidente du Conseil municipal de New York, y affirme qu'avec tout ce qu'a fait Mondale en faveur des femmes lorsqu'il était sénateur, il ne peut que faire «un très bon président».Edward Koch, le maire, a également fait un spot radio, pour raconter que lorsque sa ville était en difficulté, Mondale avait toujours été à ses côtés pour lui venir en aide.Chaque spot télévisé coûte en moyenne 5 000 à 8 000 dollars US pour la réalisation.Et chaque passage à l'écran revient environ à 3000 dollars les trente secondes (et jusqu'à 6 000 dollars entre une heure et huit heures du matin, car les Américains regardent beaucoup la télévision pendant la nuit).Ce sont des sommes considérables.Et songez que pendant la campagne des primaires, une vingtaine de spots publicitaires ont été réalisés et diffusés.Je dois dire que dans l'État de New York, l'organisation mise en place par Andrew Cuomo, le fils du gouverneur, un prodigieux juriste de vingt-six ans, a admirablement bien fonctionné.C'est d'ailleurs Andrew qui avait fait il y a deux ans la campagne de son père candidat au poste de gouverneur de l'État de New York La campagne a été d'autant plus efficace que Mondale n'était pas seul à serrer des mains dans la rue.Tout le monde s'y est mis: Cuomo, Koch et beaucoup d'autres.Le lendemain des primaires du Connecticut, qui avaient été un mauvais moment pour Mondale, celui-ci s'est montré très en forme, lors d'un débat télévisé l'opposant à Gary Hart et à Jesse Jackson: il a enfin mis un peu de passion dans ses propos, quelques sentiments spontanés alors que d'habitude, il oscille entre la dureté et l'indulgence, c'est-à-dire entre deux extrêmes.Dans ce débat, il a paru brillant par rapport à Jackson, qui passe pourtant pour un excellent orateur, ce qui prouve bien que lorsqu'il se sent en confiance, Mondale est très bon à l'écran.Je déplore à ce propos que son attaché de presse, Maxime Isaacs, ait déclaré à des journalistes que Mondale n'était pas télégénique.Ce genre de déclaration lui fait beaucoup de tort.O 33 rr> > > m a m H (O 2 LE QUÉBEC A PLANCHE 3> J J J 5 \u20223 3 il n < k u I i 0 3 J t 1- V 2 \\ Des plantes en collection (DEUXIÈME PARTIE) La semaine dernière, nous avons étudié les deux premières étapes de ia collection des plantes: t'étalage et le pressage.Cette semaine nous poursuivons avec le séchage et la mise en collection.Le séchage Vos plantes perdront plus rapidement leur humidité si vous les déposez dans un séchoir (boîte de bois contenant une ou deux ampoules électriques pour dégager de la chaleur).Si vous ne possédez pas de séchoir, placez-les au soleil et à l'air libre, mais prenez soin de les rentrer le soir.Si vous utilisez un séchoir électrique, il faut patienter une journée avant de pouvoir observer le résultat de l'étalage et du pressage.Si vous faites sécher les plantes au soleil, patientez au moins 5 à 6 jours.Lorsque vos spécimens seront bien secs, il faudra les monter en collection ~e sera le début de votre herbier.La mise en collection il faut maintenant coller vos spécimens sur un carton d'herbier.On procède généralement de deux façons: on peut utiliser des petites bandes de diachylon blanc ou de la colle blanche.À vous de les essayer, de comparer les résultats et de choisir la méthode qui vous pa- Plantes du Québec Famille: Nom latin' Nom français:.Localité:.Comté: Habitat:.No: .Date:.Identificateur.Collectionneur:.Figure 1.raît la meilleure selon les particularités de vos spécimens.Essayez de centrer ta plante sur votre carton: son apparence n'en sera que meilleure.Ne placez pas les racines sur le côté ni en haut.Placez-les plutôt en bas, comme dans la nature.Certains spécimens sont trop grands pour être collés de cette façon.Dans ce cas, coupez-les ou pliez-les de façon à ce que toutes leurs parties soient visibles.Cette étape franchie, il faut veil-let à étiqueter chaque spécimen.La fiche d'identification indiquera, par exemple, ia date, votre nom et le nom latin de la plante.Sans ces détails et d'autres indiqués è la figure 1, votre collection aura moins de valeur scientifique.La fiche d'identification doit toujours être placée au même endroit soit au coin inférieur droit de votre carton, comme l'indique la figure c.Peut-être vous étes-vous demandé pourquoi il faut inscrire le nom latin.La raison est bien simple: le latin est la langue universelle des scientifiques.De cette façon, un Américain, un Chinois ou un Russe qui consulte votre collection saura si cette plante pousse également dans son pays.En réalité, un autre nom que le nom latin n'a aucune signification véritable.Il ne s'agit que d'une traduction qui aide à retenir les noms.Ne vous arrêtez pas après un aussi bon début! Figure 2.Si vous avez des commentaires ou des suggestions a nous faire parvenir ou si vous rencontrez des difficultés, eenvez-nous à I adresse suivante Technica Ltee.C.P.337 Succursale de Lorimier, Montreal (Quebec).Canada H2H 2N7.Los lettres qui demandent une réponse dovront être accompagnées d'une enveloppe adressée et affranchie.Les expériences contenues dans cette chronique sont tirées et adaptées de deux recueils d activités scientifiques -Au bout de la science- et «Comme l'oeuf de Christophe Co.Tb.éd^p«jeçhn;.c,a UM.,(c.1982 19fl3> Coordin.tion: S.Mol**a«.-noc'ifli mq ûnu vîm-b.1 ^« s »uc, eMmruoo < i .r DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc Le nouveau dans les ordinateurs domestiques, c'est pour plus tard Je ne sais si vous avez remarqué, mais depuis quelques mois il ne se passe rien de nouveau dans le domaine des ordinateurs personnels.Aucun nouveau modèle n'est annoncé et les prix se maintiennent sauf pour une toute récente vente à grand rabais (moins de 100 $) du VIC-20 de Commodore.Tout cela est dû bien sûr à la fin de la guerre des prix, mais encore plus au tait qu'il y a eu un vainqueur très net, qui est pratiquement en position d'imposer ses conditions au marché: Commodore.Plusieurs des autres concurrents se sont carrément retirés du marché, et les autres sont rentrés sous leur tente pour panser leurs plaies.C'est ainsi que Texas Instruments ne fait que maintenir le service pour les TI-99/4A existants, que Mattel est disparu sans laisser de traces, que tous les produits Sinclair distribués par TIMEX ne sont plus disponibles en Amérique du Nord, ce qui est dommage, car le 2068.version «améliorée» du Spectrum, était une machine fort intéressante, surtout maintenant que les «microdrives» lui donnant une importante et rapide mémoire de masse sont disponibles et «déboguées».Chez les survivants, Atari se maintient tout juste à flot, et semble bien plus intéressée à pousser son nouveau système de vidéo-jeu 7800 qu'à mousser ses ordinateurs de la série XL; Coleco et son Adam restent sur le marché, peut-être plus par entêtement qu'autre chose, quoiqu'un nouveau jeu sur cartouche, «War Games », soit fort bien fait et nettement plus passionnant que le «Buck Rogers» sur cassette offert avec l'appareil; et Radio-Shack refile en douceur ses ordinateurs-couleurs, qui à mon avis sont une excellente affaire entre 200 $ et 300 $, car leur capacité d'expansion est supérieure même à celle du Commodore 64.L'Europe en avance?Assez bizarrement, le Sicob du printemps a montré que ce marché endormi en Amérique du Nord est beaucoup plus vivant en Europe, ce qui est paradoxalement dû aux quelques mois de décalage entre l'ancien et le nouveau continent: alors qu'ici, l'accent depuis l'automne dernier est mis surtout sur le logiciel, là-bas, on continue à lancer de nouvelles machines, ou à perfectionner celles qui existent.Parmi les constructeurs européens qu'on ne voit pas ou plus en Amérique, il y a bien sûr Sinclair, qui n'a pas lancé de nouvelle machine dans cette catégorie, mais qui se concentre sur les périphériques et les logiciels pour le Spectrum.Le QL, nouvel ordinateur à base de microprocesseur 68000, est un ordinateur personnel de bureau plutôt qu'un ordinateur domestique.ORIC, qui avait fait un malheur avec son premier modèle, récidive avec l'Atmos, concurrent direct du Spectrum.Dragon, imitateur du Radio Shack couleurs, sort un modèle 64 K à un prix compétitif.D'autres marques anglaises ou extrême-orientales comme Lynx ou Laser se font leur niche dans le marché, et ont du moins le mérite d'offrir à l'amateur un certain choix.et de maintenir les prix à un niveau assez bas.Le fabricant français Thomson, dont le TO-7 connaît un certain succès notamment en milieu scolaire, vient de mettre sur le marché un appareil plus «domestique» et mieux intégré, le MO-5, qui a l'avantage d'inclure un BASIC résident et 48 K de mémoire pour moins de 400 $.Comme son interface télévision ne correspond pas aux normes nord-américaines, nous risquons peu de le voir ici.Enfin, le MC-10 de Tandy (Radio-Shack), qui a eu une existence fort» brève de ce côté-ci de l'Atlantique.-semble avoir trouvé en Europe un-milieu plus propice: en France, ih mène une double vie, sous son nom véritable d'une part, et déguisé en «ALICE» francisé d'autre» part.Commodore 16 et M S X Revenons à ce qui est disponible chez nous: pourquoi cette baisse soudaine du VIC-20?Vous avez dix sur dix si vous avez répondu: «Parce qu'il va disparaître du marché!» En effet, à partir de l'automne, il sera remplacé par un nouveau modèle, le Commodore 16, avec 16 K de mémoire et un BASIC plus complet, qui se vendra 200 $ (canadiens) et qui deviendra la machine de bas de gamme de Commodore, et donc peut-être la machine la plus vendue, si les tendances actuelles se maintiennent.En même temps, Commodore lance un modèle d'ordinateur de bureau, visiblement un «descendant» plus ou moins direct de son Commodore 128 qui ne s'est jamais rendu à la production.C'est un modèle 8-bits très standard, pas du tout compatible IBM (comme Apple, Commodore a toujours fait les choses à sa façon), qui veut se distinguer par son logiciel «convivial» et facile à utiliser, et qui vise à se tailler une part raison- nable du marché des bureaux de PME.Que peut-on attendre d'autre pour l'avenir?De la part des Américains, pas grand-chose.Coleco commence très doucement à mettre en vente les périphériques et logiciels supplémentaires pour son Adam (second magnétophone, addition à la mémoire, nouveaux langages.), et IBM de corriger les défauts les plus flagrants du Jr et d'en réduire le prix pour voir s'il n'y aurait pas moyen d'en vendre une quantité raisonnable malgré l'arrivée remarquée de l'Apple Ile.À plus long terme, c'est du côté du Japon qu'il faut regarder.Il y a longtemps qu'on parle d'une éventuelle invasion japonaise qui ne s'est jamais matérialisée, mais cette fois il y a plus de chances que cela se produise avec la norme MSX.Une bonne douzaine de constructeurs nippons et un américain (Spectravideo) se sont en effet entendus pour fabriquer leurs ordinateurs domestiques selon une norme commune qui fera que non seulement chacun pourra exécuter les programmes écrits pour les autres, mais encore qu'ils pourront utiliser les mêmes périphériques.Les tout premiers modèles créés selon le nouveau standard se sont pointés au CES de Chicago le mois dernier, et surtout au Sicob du printemps à Paris.Déjà un fabricant anglais se joint au groupe, et il se pourrait que d'ici un an ou un an et demi, la «masse critique» de systèmes MSX soit suffisante pour convaincre les créateurs de périphériques et de logiciels de s'intéresser à ce nouveau marché.Si cela se produit, le phénomène pourrait faire boule de neige.Dans ce cas, on pourrait bien voir le marché de l'ordinateur domestique reprendre vie, et un certain nombre de produits innovateurs apparaître à moyen terme.?Le support après-verrtt ttt 11 dé de notre succès Noes annonçons au Qiéeéciis m système de traitement de textes sir micro-ordinateur MEMO qui: \u2022 ne vous foret oot à changer votre doigté.Le MEMO possède un davier détachable configuré comme une mochine à écrire standard «IBM séledric».* vous permet d'obtenir des voyelles accentuées parfaites à l'écran et sur papier (vous râpez d'abord l'accent, ensuite la voyelle, comme sur une machine à écrire).\u2022 vous évite de mémoriser des codes difficiles grâce à 18 touches de fonctions spéciales souvent utilisées.* vous donne toutes les qualités d'un Apple par surcroît.MÉMORISSIME INC, Laval 622-1390 LE COURRIER On adresse le courrier à Yves Leclerc La Presse - PLUS 44 ouest, rue Saint-Antoine Montréal, Que.H2Y 1A2 La lettre de cette semaine comprend un certain nombre d'informations et de questions confidentielles, ce qui fait que je ne la citerai pas au complet.Mais comme le sujet en est un qui intéresse sans doute beaucoup d'entre vous, je tiens quand même à y faire publiquement écho: Monsieur, J'ai quelques questions concernant un travail que j'ai fait ces dix derniers mois; voici les grandes lignes de ce travail: (ici suit une description d'un ensemble de logiciels fort complexes en partie originaux, en partie adaptés de produits existants, et remplissant plusieurs disquettes).Première question: Est-ce que je peux tenter de vendre un tel progiciel par voie d'annonces dans des revues ou journaux sans violer le copyright du créateur originel?Deuxième question: S'il y a danger de violation de copyright, y a-t-il un ou des correctifs à apporter pour éviter une telle situation?Troisième question: Une fois les deux premières questions réglées, vaut-il la peine de tenter de vendre un tel travail (sur une base artisanale s'entend)?G.A., Montréal RÉPONSE: Le problème est évidemment celui de tous les programmeurs amateurs qui mettent au point un programme dont ils croient qu'il a des possibilités commerciales.L'expérience que j'en ai me fait croire que les amateurs peuvent écrire des programmes tout aussi valables, et souvent plus imaginatifs, que ceux des professionnels.De fait, une bonne partie du logiciel existant pour les micros provient d'amateurs doués.La différence entre amateurs et professionnels est souvent la question de la documentation et du traitement des erreurs.Le professionnel est habitué à travailler en équipe, et il sait (ou du moins il devrait savoir) que son produit sera utilisé par des gens qui ne connaissent rien à son fonctionnement interne, et qui vont sûrement se tromper.Il prévoit donc en conséquence.L'amateur, pour sa part, a souvent mis au point le programme pour son propre usage, et il en connaît tous les détours.Il n'a pas écrit de documentation (ou alors un ou deux feuillets), et il n'a pas prévu toutes les erreurs possibles que pourrait faire un usager non familier avec le logiciel.Pour avoir un produit vendable, il faut d'abord corriger ces carences.Peu de gens savent écrire une bonne documentation: mieux vaut faire relire et corriger la vôtre par un rédacteur de métier, même si cela vous coûte un peu d'argent; et n'oubliez pas que la documentation ne comprend pas que ce qui est imprimé sur papier, mais aussi ce qui apparaît sur l'écran.Pour ce qui est des erreurs d'utilisation, adressez-vous d'abord à un non-initié, et faites-lui \" essayer le programme SANS LUî DONNER DE CONSEILS OU L'AIDER, pour voir comment il se débrouillera tout seul.La plupart du temps, cela vous permettra de dénicher une demi-douzaine ou plus de fautes flagrantes dans votre «interface humaine».Ensuite, faites réviser votre code par un programmeur professionnel, en insistant sur le traitement des erreurs.Deuxième question, celle du copyright.Un logiciel est une oeuvre intellectuelle comme un livre ou une pièce de musique.Celui qui l'a créé a non seulement droit à être payé, mais encore il devrait avoir droit de regard sur ce qu'on en fait.Donc, même si vous avez modifié une oeuvre, il me semble que toute adaptation devrait avoir l'approbation de l'auteur de l'original.Dans certains cas, il vous donnera une autorisation de publication pure et simple, mais la plupart du temps, il voudra probablement se négocier une tranche des droits: ce n'est que normal, à mon avis.L'exception à cette règle est quand il s'agit de logiciel vendu ou donné par un fabricant de matériel: dites-vous alors que c'est tout à son avantage qu'un programme de plus existe pour sa machine (ou qu'un programme soit traduit pour une autre clientèle), et qu'il ne devrait pas se montrer trop gourmand.Une fois ces deux étapes (mise au point et droits) franchies, reste à décider comment vous pouvez mettre votre «bébé» sur ie marché.Il y a en gros trois solutions: fonctionner seul de manière artisanale, produire vous-même mais faire diffuser par un éditeur, ou faire publier par un éditeur.La première solution est en principe la plus payante: tous les profits vous reviennent.mais tous les casse-tête et tous les risques aussi.La méthode la plus simple consiste à passer des annonces dans les publications spécialisées, et à vendre par correspondance.Placer des produits dans les boutiques et les librairies (qui sont déjà surchargées de produits logiciels) est beaucoup plus complexe.La seconde solution peut être un bon compromis si vous êtes certain que votre produit est prêt à être diffusé, qu'il est bien «débogue» et que vous avez rédigé et fait imprimer une documentation d'apparence professionnelle.Vous conservez une bonne part des profits, et vous bénéficierez du réseau de diffusion d'un éditeur professionnel.Sauf que cet éditeur, bien sûr, n'aura pas tendance à pousser votre produit autant que les siens propres.La dernière solution est en théorie la moins payante, mais la plus simple et la plus sûre.Non seulement l'éditeur s'occupera de la production et de l'impression du produit, mais il pourra vous aider à corriger «bogues» de logiciel et erreurs ou insuffisances de documentation.Et s'il fait bien son travail, dites-vous que 10 p.cent de 1000 logiciels vendus est plus payant que 50 p.cent de 100 iogi-\" cièfsT ?c 00 * o n> > 00 > m g m 00 POUR ECOUTER Mario Masson Prenez un bain de Solal.artial Solal.Ce nom vous dit-il quelque chose?Non?Pourtant, vous n'avez pas d'excuse: Solal était ici, au Festival international de jazz il y a quelques jours.Vous l'avez manqué?Eh bien vous êtes passé à côté de quelque chose d'important, tout en vous privant d'un plaisir ineffable.Mais ne pleurez pas.Il reste les disques.Si vous vous donnez un peu de mal, vous en dénicherez un ou deux.Alors n'hésitez pas.Les plaisirs de cet ordre sont de nos jours si rares qu'il serait fou de s'en priver.Vous connaissez Oscar Peter-son, bien sûr! Qui ne connaît pas ce phénomène du piano, ce virtuose à la technique éblouissante et au swing irrésistible?Peterson est reconnu par ses confrères musiciens eux-mêmes comme l'un des plus grands, sinon LE plus grand maître du clavier.Il ne s'agit pas ici de lui contester ce titre.Pourtant, écoutez, oui, écoutez Solal! Certes, le style est différent, peut-être plus difficile d'accès.La musique est plus «intériorisée», moins exubérante.Sûrement plus imprévisible.Mais le doigté, la sûreté de l'attaque, le délié des notes, la maîtrise de l'instrument.La première fois que j'ai entendu Solal, j'ai compris que Peterson n'était plus seul.Pourquoi ne connaît-on pas Martial Solal?Pourquoi ses enregistrements sont-ils distribués au compte-gouttes à Montréal?Est-ce par ce qu'il n'est pas noir et Américain?Parce qu'il ne correspond pas à l'idée éculée que l'on se fait du jazz et du musicien de jazz, au stéréotype (drogue, alcool et sexe) que les Blancs, justement, incapables de reconnaître qu'ils n'ont pas eu le génie de l'inventer, ont accolé à cette musique pour la «dénigrer»?Martial Solal est né en Algérie et il est Français.S'il était né à New York ou à Chicago, il serait connu dans le monde entier, mais ce ne serait plus Martial Solal.Truisme, ^ direz-vous.Attention! Il faut y voir g de plus près.Solal fait une must-T- que improvisée, un jazz tout ce £ qu'il y a de plus authentique, qui a Zj la particularité de n'avoir rien =5 d'américain.Il ne copie pas: Euro-> péen et Français, il fait un jazz eu-* ropéen et français.Cela n'enlève - rien au jazz américain et apporte S par contre beaucoup au jazz et à la musique en général, si l'on in-^ siste pour faire une distinction, j Personne n'a le monopole de la < bonne musique, que je sache.^ Alors pourquoi bouder son plaisir?z La musique de Solal se déguste O comme un grand vin: pour qu'elle 2 livre tous ses secrets, révèle tous co ses arômes, il faut la faire tourner 3 et retourner plusieurs fois dans °- son oreille.Il faut s'y arrêter et prendre le temps de l'apprécier.vous envahit, elle devient tout à coup présente.Vous accédez à quelque chose d'unique, vous vivez une expérience que les mots ne peuvent plus décrire.Vous êtes entré dans la musique, là où les mots n'ont plus leur place.Je disais que le jazz de Solal était français.En soi, cela n'a aucune espèce d'importance.La musique n'a pas de frontières.Mais il est quand même intéressant pour nous, francophones, de voir com- ment un Français, avec sa culture et sa sensibilité propres, a pu intégrer, intérioriser cette musique, née dans les ghettos noirs des États-Unis, pour la «recréer», la refondre, respectant en cela l'esprit même qui lui a donné naissance.Écoutez par exemple un «standard» joué par Solal.Prenez une pièce que vous connaissez bien.Vous serez dérouté, c'est immanquable! Il aborde les classiques TITS DERNIERS par Gérard Lambert Echo and the BUNNYMEN +* «Océan Rain» Korova 2403881 Des images, oui, banales, oui, existentielles, oui, masquées par la musique, oui.Comme dirait l'autre, c'est pas évident.Il y a malaise.C'est trop incohérent et l'ensemble de l'album n'adhère pas sur la route filamenteuse de mon cerveau.Il y a, très clairsemés, des moments de bonnes atmosphères franchement agréables qui ressortent de ce gros nuage noir.Un disque fragile où la confiance leur fait défaut.Attendez l'écho de leur prochain disque.sous des angles tellement imprévus que l'on a l'impression de les découvrir pour la première fois.Sa technique foudroyante lui permet les envolées les plus hardies sans pour autant porter atteinte à la rigueur de l'improvisation.Car c'est bien de rigueur qu'il s'agit, une rigueur bien française, cartésienne presque.Solal fait sa démonstration et nous laisse.satisfaits, heureux, comblés.Mais je ne voudrais pas donner une fausse impression.La rigueur, seule, peut être rébarbative.Il ne s'agit pas d'une musique «intellectuelle», mais d'une musique intelligente.Une musique sérieuse, qui ne se prend pas au sérieux.La rigueur, ici, est celle du jeu, du plaisir.Solal «joue».Il a compris que ce n'est pas simplement le hasard qui veut que l'on dise «jouer» d'un instrument comme on dit d'un enfant qu'il «joue».(D'ailleurs on dit aussi en anglais «play music».) Solal joue avec la musique comme un chat avec une balte et, comme un chat, il retombe toujours sur ses pattes.Et puis il y a l'humour.Peu de musiciens ont le talent de savoir faire sourire.Solal en a le génie.Nous sommes ici à mille lieues de l'humour racoleur et facile.Les citations, les pirouettes, les clins d'oeil sont tout en finesse et en subtilité.Rien de tapageur.Un sourire en coin, en passant.Un humour tendre, intime.The Dream Syndicate * * * \u2022Medicine Show» A&M SP 4990 Un deuxième disque pour ce groupe de Los Angeles.Un groupe fougueux et débordant, des phrases-choc qui étincellent au passage, malgré une vision généralement sombre et troublante.Un disque efficace, les idées sont bien structurées, pas d'effets inutiles.Une batterie crue, une guitare bruyante qui a du fun.Un groupe qui présente une musique qui ne ressemble à aucune autre.Alors, bien sûr qu'il faut suivre derrière autant d'actions.Ils savent ce qu'ils veulent et comment y arriver.Quelques titres Nothing but piano, piano solo, MPS 20 226808.The Solosolal, piano solo.MPS 0068.221.Suite for trio, Solal.Niels Ostred-Pederson (basse).D.Humair (batt.).MPS 0068.201.Four Keys, Solal.Lee Konitz (alto sax), John Scofîeld (gui.).MPS 0068.241.Movabillty, Solal.Niels Ostred-Pe-derson (basse), Pausa 7103.Blueslne, piano solo, Soul Note.SN1060.P.S.Vous ne trouvez pas les disques de Solal?Eh bien devenez un consommateur \u2022 actif», demandez! Commandez-les au lieu de n'acheter passivement que ce que l'on vous offre.Faites travailler votre disquaire.Violent Femmes * * * Hallowed ground* Slash 92 50941 Curieux autant qu'étrange, fascinant autant que surprenant.Un mélange de country western tout en réalisant une forme de synthèse de la musique actuelle.Débordant de feelings et d'histoires-vérité; la famille, la mort et la religion.Superbe batterie et basse bourrée de coups de poing.Une incroyable explosion intrigante d'originalité avec ses défauts et excès qui ne laisse pas perplexe.C'est du surréalisme baroque?!.Là-dessus, j'vous souhaite bien du plaisir! Miles DAVIS « Decoy » Columbia FC 38991 Il y a du jazz dans l'air, n'est-ce pas!.Encore une fois, c'est la dérive fiévreuse.J'affirme une fois de plus ma passion pour la musique de Miles, sacrement belle et ressentie.C'est pas que sur ce disque il offre du nouveau, non.On connaît déjà, que ce soit par des concerts ou des enregistrements précédents.Il y a là grande éruption funky et une thématique bien spécifique, très bien construite, bourrée de riffs, de couleurs orchestrales, du blues moites, des rivières de complicités avec ses musiciens.Et la trompette qui nous fait comme des clins d'oeil.Superbe perfection, fascinant d'esthétis-me.Un vrai grand disque.? POUR a Jean Basile 4 ï ¦s Découvrir Pierre Guyotat Vivre 224 pages Denoël éditeur Il peut sembler étrange que certains écrivains trouvent intérêt à se présenter, à s'expliquer au public.C'est que l'on croit, généralement, que l'oeuvre doit se suffire à elle-même.La tradition est d'ailleurs solidement établie, dans la critique et le.milieu littéraire, que l'on ne peut imputer à un artiste le destin de ses créations.Ainsi, il est encore aujourd'hui de mauvais goût de faire intervenir, dans une analyse de l'oeuvre de Proust, l'homosexualité et le sadisme du célèbre «narrateur», ainsi que son usage immodéré des drogues, calmants et stimulants.Mais Pierre Guyotat ne fait pas partie de cette phalange qui se retranche derrière le mot et cet objet, bien peu compromettant, qu'est un livre publié.Depuis une vingtaine d'années, il publie à intervalles irréguliers mais têtus, des romans dont le plus célèbre est Eden, Eden, Eden.Dire «le plus célèbre» est un euphémisme.Pierre Guyotat n'a que peu de lecteurs, ce à quoi le condamnent non seulement un monde difficile d'accès, voire aberrant, mais une langue ardue, parfois indéchiffrable.Or on sait que la première qualité d'un best-seller est d'être d'un abord poli et agréable et proposer une action bien marquée, tout ce à quoi un grand nombre de lecteurs peuvent s'identifier.Si Guyotat qualifie volontiers son oeuvre de «politique» au sens large du mot, ainsi que le font volontiers les Français, on peut dire qu'elle est hystérique.Disons, pour simplifier à l'extrême, qu'elle est une description du monde selon la métaphore du bordel, c'est-à-dire de la prostitution.Pour toute âme un peu sensible, il est fort clair que nous sommes tous des prostitués (ne serait-ce que les prostitués de nos désirs).Pour Guyotat, le concept de prostitution cependant à un sens plus théologique.C'est la façon idéale de consommer, d'expulser le Mal, pris dans le sens chrétien du terme, évacuation qui, par surcroît, s'autorise de métaphores secondaires, toutes nos excrétions, sueur, salive, sperme et, à l'extrême, nos excréments.On voit que c'est un univers difficile, déplaisant, mais ancré dans ce que Lacan appellerait une lutte avec le Réel, cet impossible «Moi», dégagé de ces masques qu'il nous est si difficile, voire si périlleux, de débusquer.Avec son langage hérissé de difficultés, avec son monde d'apparence répugnante, Pierre Guyotat se classe parmi les écrivains majeurs de sa génération (celle née aux alentours de la Seconde Guerre mondiale).Sa lignée, qui va tout naturellement d'Artaud à Bataille, passe aussi par l'Amérique.On ne peut l'aborder sans penser immédiatement à Burrough dont la recherche va dans un sens identique.D'ailleurs, le Festin nu (Gallimard) a été vendu longtemps sous le manteau, comme Eden.Eden, Eden a été interdit lors de sa parution.Vivre est donc une occasion rêvée de faire connaissance avec un auteur important avant de se lancer, à son corps défendant, dans son oeuvre.On y a réuni les textes que Guyotat a publiés dans certains journaux ou quelques revues, dont L'Infini et Libération, textes pratiquement inédits pour nous, qui sommes un peu coupés de la scène littéraire parisienne.Ce sont des entrevues, ou des commentaires personnels, certains très courts, d'autres plus longs, compilés chronologiquement, le premier datant de 1972 et le dernier de 1983, année de la parution de son dernier ouvrage.Le Livre.Il ne faut pas s'attendre aux divagations un peu narcissiques que livrent périodiquement les littératures en mal de confession.En ce sens, le Journal de Gide, et sa fameuse monomanie de «sincérité», fera figure de parent pauvre.Car Pierre Guyotat a l'habitude de dire tout, du moins tout ce qu'il sent, tout ce qu'il sait, ce qui, au passage, est encore fort peu.tellement complexe est l'esprit humain, et contradictoire.Au fond, il n'y a pas de différence d'essence entre le romancier et son oeuvre.Ce dont il parle toujours, c'est de lui, de lui en tant qu'expérience humaine, une petite passion si l'on veut bien car tout homme digne de ce nom vit à sa manière un petit calvaire, ne serait-ce que celui de ses contradictions intérieures ou du spectacle consternant que lui donne le monde avec son sûr et inévitable instinct de destruction, cette pulsion de mort collective que représente, entre autres, la course aux armements.Vivre et écrire ne font qu'un, quoique parfois la proposition s'inverse et qu'il faudrait dire «écrire et vivre».«Il faut mainte- nant que je vive mes livres», affirme d'ailleurs Guyotat lui-même.Même cela, dit posément, sans allitérations ni ellipses, sans inventions de mots ou de rythmes, est encore difficile à prendre.C'est que l'on voyage difficilement dans les fantasmes des autres, surtout quand ces fantasmes quittent le monde, toujours rassurant, du rêve, pour pénétrer dans la chair vive de notre corps.Enfin, les «états d'âme», c'est bien gentil, bien élégant, mais quand le corps s'y met et que sa structure moléculaire s'affole dans des somatis-mes insupportables, on vit là dans une réalité douloureuse qui, pour sa part, a conduit Guyotat au suicide dont il parle comme d'une «autre expérience».Et il rappelle, non sans une certaine ironie arrière, que Rimbaud, finalement, n'a passé qu'une saison en enfer alors que d'autres, moins doués que lui pour la castration, y passent l'éternité de la vie.Cette destinée de l'enfer éternel sur terre.Netzsche l'a aussi vécue et quelques autres dont le témoignage s'inscrit en totems de sang dans le petit monde étroit de la chose écrite où «la marquise sortit à cinq heures», comme le disait Valéry, déniant par là à la prose romanesque son droit à l'existence.Je ne vois ici qu'un Denis Vanier, José Yvon et quelques rares autres, pour pousser aussi loin une aventure écrire-vivre.Que notre petit milieu soit capable d'engendrer et de supporter des êtres de cette espèce est une grande consolation.Il va sans dire que le recueil, comme tous les ouvrages de cette espèce, est de qualité inégale et d'un intérêt relatif quand, par exemple, Guyotat parle d'un procès qui impliqua un jeune Arabe.Ses démêlés avec le théâtre (Guyotat suggérait à ses acteurs de déféquer sur scène!) nous ramènent à la conclusion que nos meilleures expériences dramatiques (on pense à Carbone quatroze et Gilles Maheu) sont encore bien timides dansH'expression de ce Réel.Tout ce qui concerne le romancier, sa position d'écrivain vis-à-vis de la vie, vis-à-vis des mythes et de l'épopée comme genre littéraire contemporain, est certainement une leçon de courage, rare aujourd'hui.En ce sens, c'est un livre stimulant pour les écrivains et stimulant pour le simple lecteur qui y découvrira peut-être qu'un artiste a sa dignité de créateur et qu'il est, lui aussi, une création de son oeuvre.Fiat vita, pereat veritasl.?PARLER D'ICI Philippe Barbaud .¦y Carmagnole et langue française ansons /a carmagnole.' atr connu que nous associons aux images de la Révolution française qui nous mystifient.La Bastille, la guillotine, la République, la première Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Bonaparte, etc.Aujourd'hui, fête nationale de tous les Français, je rends hommage au peuple du monde qui chérit le plus sa langue nationale.La Carmagnole est au peuple ce que la Marseillaise est à la bourgeoisie.La première a l'avantage qu'elle se danse.La seconde, noblesse de l'hymne national oblige, fait quelque peu garde-à-vous.C'est un peu comme chez nous, la différence entre Mon pays.et le ô Canada.Peut-être le lecteur sera-t-il surpris d'apprendre qu'au dire des dictionnaires, la Carmagnole \u2014 terme d'origine probablement savoyarde \u2014 désigne à cette époque une sorte de « veste étroite, à revers très courts, garnie de plusieurs rangées de boutons».C était, en 1789 et après, la veste des républicains et des révolutionnaires en général, celle des «ci-devant citoyens et citoyennes».Je subodore qu'il y aurait grand avantage en ce moment à ta remettre à la mode.Au Québec, s'entend.Évidemment, j'avoue que notre révolution à nous cesserait d'être tranquille.Mais on sait bien que l'habit ne fait pas le moine.La Révolution française n'a pas que transformé le «hit parade» des années 80 du dix-huitième siècle.Elle a profondément bouleversé l'apparence de la langue française, je veux dire ses mots.Le dictionnaire a subi à cette époque une véritable perfusion d'un nombre incroyable de termes nouveaux.Ne fallait-il pas désigner la nouvelle réalité sociale, politique, économique et scientifique engendrée par la république dans une langue appropriée?La langue française elle-même n'était-elle pas une institution qu'il fallait révolutionner?C'est ce que l'on fit.Et cette entreprise m'apparaît comme l'exemple le plus convaincant du pouvoir et de l'influence que l'homme peut avoir sur le langage.Car non seulement le vocabulaire conditionne-t-ii sa vision du monde, mais les pratiques linguisti- Force nous est d'admettre que notre vocabulaire politique actuel est un héritage du travail forcené des révolutionnaires sur la langue française de cette époque.Ils ont inventé, modifié, défini, renouvelé, composé et quoi d'autre encore des centaines de mots qui non seulement ont eu pour mission de nommer ta nouvelle réalité républicaine mais qui surtout ont considérablement incurvé les mentalités dans le sens d'une rupture avec le ques elles-mêmes peuvent subir les effets de sa volonté, passé royaliste.Peut-on concevoir aujourd'hui une quelconque chose politique sans des mots comme indépendance, scrutin, mandat, vote, motion, maiorita'ire et minoritaire, et combien d'autres?Et pourtant ces mots sont de véritables néologismes à cette époque.Républicains et révolutionnaires aussi sont des mots ou expressions comme prolétaires, classes sociales, fédéralisme, réactionnaire, département, etc.Si le discours marxiste a.quant à lui.contribué fortement à renouveler notre manière de parler politique, on doit admettre en revanche que le marxisme ne serait pas le discours qu'on connaît n'eût été la richesse du vocabulaire politique de la langue française.Une telle richesse fut d'ailleurs en bonne partie le dividende de la langue anglaise qu'ont récupéré Girondins, Montagnards et Jacobins inspirés par la tradition politique parlementaire de la patrie de Cromwell.Et que dire de l'origine révolutionnaire de cette manie bien cartésienne de planifier, de normaliser \u2014 à l'époque on disait uniformer \u2014 et de promouvoir la langue nationale?Déjà, l'habitude de réglementer le bon usage s'était largement imposée depuis Malherbe, Vaugelas, Ménage et plusieurs autres classiques.Mais l'alliance de la politique et de la linguistique s'est réellement concrétisée lorsque les Jacobins au pouvoir en 1794 ont adopté, à l'instigation d'un député fort influent, le fameux abbé Henri Grégoire, une véritable politique de promotion de la langue française.Un bon Français se devait de parler français et non breton, occitan, alsacien et autres «patois».Et c'est l'École, cette institution nouvellement annexée par l'État à cette époque, qui fut chargée de cette entreprise d'unification linguistique.Tel était le tribut à payer pour la sécurité et l'unité de la nation française républicaine.En réalité, ce n'est que 100 ans plus tard que cette politique d'État fut sérieusement appliquée.Aujourd'hui.14 juillet, c'est aussi un peu la fête de notre langue.Ce flirt presque bicentenaire de la langue et de l'État demeure une marque de commerce de la francophonie à laquelle nous.Français d'Amérique, appartenons de coeur et d'esprit.Notre histoire politique est alors une confirmation éclatante du pouvoir réciproque de la langue sur les hommes.Car la langue est un pouvoir en soi.Relire le Contrat social de Rousseau pour s'en convaincre avec délice.?\"0 r\u2014 c œ m O J3 m 03 > m o m CD CD PLEIN AIR Maurizia Blnda Les bayous de Louisiane co a> LU Q LU < CO < CL Z o co CL CD Insatiabilité de l'eau.En Louisiane, un réseau navigable de 14 000 km de bayous et de ri-vrières se dispute la terre toute en fronces.Les cours d'eau puisent leurs noms aux sources indienne et française: Tangipahoa, Calcasieu, Pass à loutre.sans oublier le nom commun bayou(k).Cet emprunt à la langue des Chocktaws désigne les méandres indolents d'une rivière qui naît ou meurt dans un lac ou un marais.Les bayous à l'envoûtement mystérieux ont inspiré maints poètes.Le temps s y écoule goutte à goutte, si différent du «tempo agitato* de la Nouvelle-Orléans multicolore.Dans le sud, les 3380 hectares de l'Atchafalaya, le célèbre marécage louisianais, viennent au second rang en importance après les Everglades de la Floride.Toutefois le sud-est, frontière entre le Mississippi et la Louisiane, regorge aussi de nappes d'eau.Le marais Honey Island, situé à 45 minutes de l'aéroport de la capitale du jazz, est accessible par le pont le plus long au monde (39 km) sur le lac Pontchartrain.Nous sommes allés rêver le long de ses berges.Nous voici donc dans la «Ozone Belt».baptisée ainsi en raison de la véritable couche d'ozone qui baigne cette région de pinèdes et de cyprières.Aussi, l'air est d'une pureté cristalline.La visite guidée commence à Indian Village Landing sur la West Pearl River, juste en arrière de la demeure toute en lattes de cyprès de Paul Wagner, docteur en biologie.Une maison pas comme les autres! Sur les bords du bayou, le laurier, le tupelo, le palmier nain et l'érable roux font bon ménage avec le chêne vert élégamment paré de dentelle, le tillandsia.Cette plante epiphyte, dite mousse espagnole par les Français qui, fort curieusement, la désignaient ainsi par analogie avec la barbe des occupants espagnols (1765), semble toutefois tissée à même la lumière du jour.Aménager le marais La cour arrière de la maison, c'est le marais, qui s'étend à perte de vue, à l'ombre des sous-bois.Paul Wagner a aménagé une petite promenade en bois de cyprès qui zigzague parmi les timides ottelias et les nénuphars jaunes.Sur ce tapis fleuri, les racines rougeâtres des cyprès affleurent çà et là comme de véritables statues de bois pétrifiées.M.Paul Wagner a su concilier sa passion pour l'écologie marine avec sa carrière de biologiste.Il a donc imaginé de faire traverser le marécage aux voyageurs désireux de fuir le maquis urbain.Ce n'est pas une mince affaire! Parfois, il faut couper la pellicule de lentilles d'eau qui tapissent le marais à la manière d'un foulard de soie irisée.L'eau n'a alors que 3 mètres de profondeur, d'où la difficulté de traverser le « swamp » en bateau à moteur.Les terres marécageuses sont d'origine alluviale; elles sont façonnées par la rivière Pearl, une fois sortie de son lit.Le niveau d'eau varie donc considérablement de 1 à 3,5 mètres d'une saison à l'autre.Nous avons de la chance: l'eau est profonde aujourd'hui.Au moment d'embarquer, j'avoue que ma bonne humeur a coulé à pic.En effet, je m'imaginais voguer le long du bayou, là où la nature reprend ses droits, en pirogue.Or, Paul Wagner réserve cet enchantement aux personnes qui désirent pagayer (1 h / 10$) dans Doubloon Bayou, lieu propice à l'observation de la gent ailée.C'est aussi le domaine du martin-pêcheur, du héron, du mocassin d'eau et de l'alligator.Pendant trois heures, au prix de 17.50$, nous pourrons faire un incursion dans leur royaume en bateau-moteur.Paul Wagner nous fait remarquer que le taux d'humidité est de 90 p.cent à l'année.Ce phénomène influence la formation des nuages, qui s'effilochent pour créer l'un des plus beaux ciels au monde.Malheureusement, la palette ombrée du crépuscule le marque déjà.Quand même, nous pousserons une pointe jusqu'aux sombres bocages de Wastehouse Bayou.Puis nous explorerons la basse West Pearl et la West Middle Pearl reliées entre elles par un chenal appelé Friday's Ditch, du nom de l'esclave qui l'aurait creusé à la main vers 1860.La route suit Mill Bayou, ruisselet bordé de cyprès chauves sous un dôme de mousse diaphane.«Il existe trois sortes de marais, m'explique Paul Wagner, d'eau douce, d'eau saumâtre et d'eau salée.Les marais d'eau douce comme le Honey Island possèdent la flore la plus riche.On y trouve des iris jaunes ou orange, des hibiscus et des roseaux, côte à côte avec les saules pleureurs.» En arrière de sa maison, Paul Wagner pêche «2000 livres d'éc revisses par année, pour la seule consommation de ma petite famille».Au fait, la Louisiane se hisse au premier rang de l'industrie de la pê- che et de la fourrure.En effet, ragondins, ratons-laveurs et rats musqués y trouvent un milieu humide à leur convenance.Dans le sud, la moyenne annuelle des pluies dépasse 1,40 m.La Louisiane remporte la palme «liquide» pour l'ensemble des États-Unis.Une faune variée «Nous partons en flèche! Dommage, ce bruit de moteur, lorsqu'on a envie de se laisser bercer par les eaux somnolentes.Néanmoins j'essaie de repérer les petites billes rouges à fleur d'eau.les yeux des alligators! Hélas, il fait frisquet pour ces créatures à sang froid et.d'après Paul Wagner, ils sont bien tapis parmi les abords, devenus imperturbables sur le coup de 19 h.Soudain, un fantôme blanc glisse en souplesse parmi les tupelos.C'est une aigrette neigeuse qui se reproduit ici tous les printemps.«Et là-bas, un pélican brun, résidant à l'année des marécages», précise Paul Wagner.Si on fait attention, on verra aussi un pic à cocarde rouge, des écureuils volants et des ours, car la faune est aussi variée que la flore (4500 espèces).Tout à coup, Paul Wagner fait un crochet à gauche, effleurant les tiges de riz sauvage, et nous voici dans un chenal de un mètre de largeur \u2014 Friday's Ditch.À droite, une délicate orchidée chérit l'ombre des tupelos.Une demoiselle frémit dans le clair-obscur; dans l'eau, une nasse abandonnée où foisonnaient jadis écrevisses et quantité de poissons.La nuit tombe vite dans les régions semi-tropicales.Lorsque le bateau prend le chemin du retour dans l'eau vert-de-gris contre un ciel de fusain, on n'a qu'une seule pensée, celle de revenir à l'époque où l'arum blanc ou rouge, l'amaryllis et ta verge d'or s'épanouissent à l'ombre intime des arbres trois fois séculaires.Un coin de pays romantique où la flore a droit de cité, car les arbres ont présidé à la descente du Mississippi, à la triste légende d'Evangeline, à la vente de la Louisiane aux États-Unis en >803.Aussi, les amoureux de la nature ont créé la Société des chênes louisianais, cercle qui regroupe depuis 1934 les 400 chênes les plus grandioses de la Louisiane.Le président de la société est le plus gros d'entre eux (12 m).Il s'appelle Seven Sister Oak et vit sur la rive du lac Pontchartrain.Qui dit mieux?EN DU SPORT Georges Schwartz Tendons la branche d'Olivier Les hommes politiques n'ont jamais hésité à utiliser le sport comme instrument du pouvoir.On peut jauger l'intérêt des gouvernements par la qualité des ministres désignés pour s'en occuper, lona Campagnolo.à Ottawa, et Claude Charron, à Québec, ont sans doute été parmi les plus influents dans les conseils des ministres.Cependant aucun n'a laissé le souvenir d'une pensée sportive fulgurante ou d'un plan directeur génial.Il est vrai que les tâches créatives échoient plutôt aux fonctionnaires.Les ministres, généralement peu familiers de la chose sportive, sont appelés à défendre au sein du gouvernement et sur la place publique les plans conçus par leur entourage.Un seul homme politique fait exception, le maire Drapeau.Par ses Jeux olympiques, son stade, ses Expos, il a marqué de façon aussi indélébile que discutable l'évolution du sport québécois et canadien.Mais avoir laissé son empreinte ne peut suffire, si elle ne s'inscrit pas dans la ligne d'un pian global, comme vient d'en faire l'expérience le dernier en date des ministres fédéraux responsables du sport.En révélant la composition de son cabinet, le nouveau premier ministre, John Turner, mettait fin au bref mandat de Jacques Olivier.Rarement ministre de la Condition physique et du Sport amateur aura-t-il autant retenu l'attention des médias d'information.Rarement, il est vrai, titulaire de ce poste aura-t-il manifesté autant d'intérêt envers des sujets controversés, généralement éludés par ses prédécesseurs.Rarement, aussi, tant de bonne volonté aura-t-elle fourni l'occasion de commettre autant de bourdes! Mon but, ici, n'est pas de ressasser les maladresses de i'ex-mi-nistre, mais au contraire d'essayer de dégager les aspects positifs de ses initiatives.Par exemple, en se faisant l'intermédiaire de Serge Savard à Sarajevo, pour inciter Vladislav Tretiak à garder te but du Canadien, M.Olivier essayait peut-être confusément d'établir la validité de l'intervention gouvernementale dans la gestion du sport professionnel.Le respect \u2014 pour ne pas dire ré plat-ventrisme \u2014 manifesté de1 vant la libre entreprisa et l'élimination de, la frontière censée nous séparer des États-Unis, au détriment de tout sain nationalisme, n'a en rien favorisé le progrès des sports professionnels.Force est de constater que, laissés à eux-mêmes, propriétaires de clubs et dirigeants de ligues mettent constamment en péril la qualité de leurs sports.Au nom de la rentabilité, comme si cela dérivait dune opposition congénitale, ils votent régulièrement contre l'évolution technique et contre le développement des talents canadiens.Au hockey, où nos joueurs professionnels constituent encore l'un des produits finis les plus exportables, l'impéritie des dirigeants aura atteint des profondeurs abyssales.Ainsi, la poussée européenne était prévisible dès le milieu des années 60.Au lieu d'avoir immédiatement pris des mesures pour relever le défi, les clubs professionnels canadiens en sont maintenant réduits à engager des joueurs étrangers.Et comme le souligne Serge Savard en présentant sa nouvelle recrue tchèque: «Le junior Svoboda peut exécuter des gestes hors de portée des joueurs actuels du Canadien.» Au football, où l'entraîneur en chef américain des Concordes, Joe Galat, se plaint des règlements de la LCF qui l'empêchent d'utiliser tous les joueurs canadiens dont il dispose.Où le maire Drapeau regrette de n'-avoir pu attirer à Montréal un club de la NFL, qui aurait signifié la fin de la LCF.Et où un millionnaire torontois, John Bassett, a investi dans une concession de la USFL, la nouvelle ligue venue écumer le bassin de joueurs américains accessibles aux clubs de la LCF.Au baseball, où les Expos, propriété de Montréalais et installés à Montréal depuis 16 ans, n'ont pas réussi à former un seul joueur québécois pour leur propre usage.Oui c'est vrai, M.Olivier, la simple enumeration de ces quelques cas de maladministration sportive justifie amplement vos velléités interventionnistes auprès des professionnels.Derrière votre loterie hasardeuse, il y avait peut-être le désir d'établir un lien entre le professio-nalisme et le sport amateur.Vous n'auriez pas eu à en rougir, car chaque sport est un tout.Ce qui est bon pour le baseball, le football et le hockey professionnels doit l'être aussi pour le baseball, le football et le hockey amateurs.M.Olivier, votre prise de position en faveur de l'usage du français dans les fédérations canadiennes pouvait constituer une -première démarche pour régler le contentieux qui existe avec certaines fédérations québécoises.Toutes ces intentions que je vous prête, M.Olivier, laisseraient croire que vous vous êtes attaqué aux vrais\" problèmes du sport.tl faut donc souhaiter que votre successeur soit aussi votre continuateur, tout en espérant qu'il le fasse de manière plus.évidente.? PHOTOGRAPHIER Antoine Désilets La «Main» des Arts.u cas «que» voue l'auriez pas remarqué encore, cette page a pour titre et thème «Photographier» et elle est «entretenue» par le gars à qui appartient la binette qui est juste là, en haut.M'as-tu vu.même si je cours pas?En passant, vous trouvez pas que j'ai l'air prétentieux, un peu «macho» sur les bords?.Pourtant! Et cet accent aigu que Ion s'entête à mettre dans mon nom! Avez-vous déjà vu un accent aigu sur des noms comme Desrosiers, Desjardins, Després, Deschamps, Desor- meaux, etc., etc.?Jamais! Alors pourquoi on me fait ça à moi?Hein?Est-ce qu'il y en a un, parmi le million et demi de lecteurs que vous êtes, qui pourrait me l'expliquer?Chez Drouin (le généalogiste, pas le gynécologue), ils ne savent rien.Enfin, bref, passons! Donc un titre comme «Photographier» implique qu'en plus de vous raconter la petite histoire de mes images, je devrais aussi parler technique.ce que j'hésite parfois à faire en considération du fait que les lecteurs et lectrices de Plus ne font pas tous de la photo (tant mieux pour elles et eux!) et risquent de «débarquer» avant la fin de mon laïus, ce qui me chagrinerait beaucoup, d'autant plus que l'on a dit que l'art d'écrire a pour premier principe de garder l'intérêt du lecteur jusqu'à la fin du texte! Alors vous voyez mon dilemme: vous perdre ou rédiger un texte qui ne correspond pas entièrement (aux dires de certaines gens ci-nommés photographes) à son titre officiel, et vice-versa ou inversement proportionnel, comme bon vous semble.Toujours que la grosse main qui «bloque» la photo de cette semaine est lâ volontairement et se trouve, vous vous en doutiez, être la mienne, et la gauche.S.V.P.! À l'époque où je pondais des livres à cadence accélérée, il me fallait sans cesse illustrer mes dires par des images convaincantes et ad hoc telles que celle-ci, réalisée à Place des Arts et destinée à mettre en évidence la notion de profondeur de champ.Je l'ai faite (les initiés le savaient) au super-grand-angulaire en diaphragmant au maximum après avoir mis au point à 1 mètre de distance, de telle sorte que tout le contenu de l'image a été rendu avec netteté.On appelle ça faire une démonstration ou répondre à la question: «Ouais mé.tu peux-tu ('prouver?» Le film, c'est toujours du Kodak ou du llford 400 ASA.Pour savoir lequel dans ce cas précis, il faudrait que j'aille chercher le négatif original parmi les deux millions que j'ai et je suis trop paresseux pour cela! Si vous en perdez le sommeil, vous m'en voyez franchement désolé.avec 2 accents aigus! Et bonnes photos! ? Les personnes âgées Les services augmentent, le personnel diminue.est Incroyable le nombre de personnes et d'organismes qui s'occupent des personnes âgées! Je vais tenter d'en faire le tour mais je suis certaine que j'en oublierai.Le sommet de la pyramide Organismes et services publics et para-publics se présentent com- vent.Ils ont l'oreille du ministre, quel qu'il soit.Ils cherchent à convaincre les divers établissements de se compléter plutôt que de s'épuiser en vaines luttes de prestige.Ils amènent ceux qui doivent prendre les décisions (directeurs d'établissements ou d'organismes) à se rencontrer pour éviter les coûteuses duplications et pour faciliter l'accès des services à la population.Ils forment des comités régionaux tins».Or, dans la région montréalaise, c'était le service des plaintes du CSSSR-MM qui nageait dans ce secteur, malodorant la plupart du temps.Les CSS-MM ne voyaient qu'aux familles d'accueil qui étaient «leurs clients»! Tant pis pour les autres! Alors, qui réellement s'occupera des personnes tombées entre les mains des exploiteurs sans permis?Et de celles qui connaissent un sort presque semblable, sauf que les directions LE COURRIER me une Immense cyrpmirip Au et'sous-rér^N' ¦ d'éva- de ces centres 0lj ces famille! L'espace me manque pour publier in extenso une longue lettre que m'adresse l'Office municipal d'Habitation de Montréal.Une de mes correspondantes se plaignait de n'avoir pas été admise dans un des logements dont on annonçait la construction.Elle en fut informée un an plus tard, prétendait-elle.Elle était eligible ailleurs mais non à l'Habitation J.-Ernest-Paquin qui était pourtant située dans sa paroisse.L'Office rétorque que lors de la première demande de ma corres- On adresse le courrier à Claire Dutrisac La Presse \u2014 PLUS 44 ouest, rue Sainte-Antoine Montréal, Que.H2Y1A2 notre personnel qui doit rendre neuf réponses négatives pour une seule positive.» R.C'est une lettre fort polie et fort aimable.Mais qui ne me rassure guère.Est-il bien sûr que les conseillers municipaux, les députés des deux niveaux de gouvernement connaissent bien la population qu'ils représentent?Ils ont, en tout cas, perdu la notion de paroisse; je ne leur jette pas la pierre, mais des travailleurs sociaux du quartier, des gens travaillant au CLSC et au maintien à jouta hu», on envoie te bic>:e ivi.no pour le désigner.Je n'ai jamais scruté le document qui a créé le MAS et qui a défini ses fonctions et pouvoirs.C'est donc dune façon pragmatique et sûrement incomplète que je décrirai brièvement son action.Il accorde des permis à ses établissements: hôpitaux, centres d'accueil, CLSC (ou en bâtit), décide du nombre de lits de chacun, de leur vocation et des services qu'ils dispensent.Surtout, il fournit les budgets (la presque totalité) et les sabre allègrement, comme tous en ont fait l'amère expérience.Il lui arrive, dans un sursaut d'humanité, de faire la chasse aux «foyers» dits clandestins.Il poursuit devant les tribunaux les tenanciers et tenancières de ces maisons illicites.Il dicte des règlements, rédige des directives pour les établissements du réseau.Certains de ceux-là (et de celles-ci) sont discutés.et discutables! Il accomplit beaucoup d'autres tâches, j'en suis convaincue.Il doit sûrement planifier les activités provinciales et inter-provinciales.Il éteint les feux qui flambent trop haut, com-g me, par exemple, le manque de 05 médecins en régions éloignées.Il délègue une partie de ses pou-uj voirs à d'autres organismes qu'il a j créés, entre autres, aux Conseils 5 régionaux de la Santé et des Ser-\"?vices sociaux, aux Centres de ser-y- vices sociaux, aux DSC.Il gère le plus gros budget de tous les ministères, soit plus de sept milliards de dollars.Les CRSSS Les CRSSS (prononcez «cres-ses») ont acquis depuis leur création dans chaque région du Québec une autorité et des pouvoirs qu'ils n'avaient pas au début.Maintenant, ils coordonnent (eux aussi) à l'intérieur de leurs régions respectives les divers services et établissements qui s'y trou- Q u < CO < ce CO D - q- CO Apres leur sigie, toutes regions ajoutent leur propre nom.Montréal, qui veut toujours se distinguer, a pour sigle: CSSSR-MM.Ce qui veut dire: Conseil de la santé et des services sociaux de la région du Montréal métropolitain.Ce Conseil, que je connais plus que les autres, a abattu beaucoup de travail, la plupart du temps excellent.Il a instauré la fameuse «grille unique» afin que tout le monde utilise les mêmes mots pour désigner la même chose.L'intention est bonne mais cette «grille» est encore fortement discutée.Il faut porter au crédit du CRSSS-MM, entre beaucoup d'autres réalisations, la mise sur pied du service médical «Urgence-santé».Les DSC Symbole des temps modernes, on a remplacé le mot «public» très souvent par «communautaire».Ainsi, les DSC désignent des organismes qui voient à la santé communautaire.Le sigle signifie: Département de santé communautaire.Ils sont intégrés à certains hôpitaux.Un peu loin du public, leur action est moins connue.Il faudra y revenir.Là aussi, on pariera de «coordination».Un «S» en moins Avec un «S» en moins, les CSS (Centres de services sociaux) de la province distribuent des services sociaux à la population.Le MAS vient de leur enlever 1 700 cadres pour les affecter aux CLSC (Centres locaux de services communautaires) et a coupé leur budget de 56 millions $.Malgré ces entailles dans le budget et le personnel, les CSS gardent à peu près les mêmes fonctions et les mêmes responsabilités.En ce qui a trait aux personnes âgées, les CSS seraient chargés ' dé la chassé aux «foyers clandes- »_es GSS garûeni aussi ia responsabilité d'agréer les familles d'accueil, d'y placer des personnes âgées et de suivre l'évolution des unes et des autres.Y parviendront-ils avec un personnel réduit?Ils ont eu longtemps la lourde charge de placer les gens âgés en centre d'accueil.De ce fait, et de leur propre aveu, ils ont négligé les services psycho-sociaux, l'aide morale à nos aînés (et parfois à leur famille) qui quittent leur chez-soi.Pourront-ils, ayant battu leur coulpe, se reprendre avec si peu d'employés?Verrons-nous des travailleuses sociales (et des travailleurs) non seulement dans les hôpitaux mais dans les centres d'accueil?Questions en suspens mais combien importantes.La base: les exécutants A la base de la pyramide, on trouve les établissements de toutes sortes: hôpitaux traditionnels (certains ont mis sur pied un centre de gériatrie et ont une section d'hébergement), hôpitaux qui traitent les maladies chroniques et qu'en mauvais français on appelle «hôpitaux pour malades chroniques», et greffés à ces établissements, des hôpitaux de jour, les CAH (centres d'accueil d'hébergement), et des centres de jour qui leur sont parfois reliés quand ils ne sont pas intégrés à un CLSC.Les CLSC devaient être la porte d'entrée du réseau.Leur rôle varie selon les régions.Certains ont mis l'accent sur les services médicaux, d'autres sur la prévention et les services communautaires.Il faut souligner que les services de maintien à domicile leur incombent.C'est un gros morceau.Devant toutes les portes qui apparaissent à la base, le profane ne sait trop à laquelle il doit frapper.On en reparlera quand la mutation qui s'accomplit dans les CLSC et les CSS se fera plus concrète.Il restera à voir si la mutation de demain sera meilleure que celle d'hier, aussi bonne.ou fiifé'.0 lt\\T projet fut approuvé par le Conseil municipal.Et les limites territoriales furent établies, effectivement, fin 1982.L'inscription pour cette habitation a eu lieu du 7 au 18 février.«C'est à ce moment seulement que nous avons pu indiquer à madame qu'elle n'était pas eligible.Comme vous pouvez le constater, madame a su si elle était eligible dès que les renseignements ont été disponibles et non un an plus tard.» Les limites territoriales ont été déterminées par les députés provincial et fédéral de Rosemont et les conseillers municipaux, donc par des représentants de la population.Le directeur général, M.Normand Daoust, qui signe la lettre, écrit: «Peut-être ces gens, bien au fait de leur milieu, ont-ils oublié les limites de paroisses; c'est une notion qu'on rappellera sûrement lors des prochaines fixations de limites territoriales à l'intérieur de la ville de Montréal.Comme vous pouvez le constater, cependant, l'Office a procédé à des consultations auprès de gens bien avertis avant de fixer son choix.» Un peu plus loin, on peut lire: «En ce qui a trait à la sélection même des locataires, comme vous le savez aussi, sans doute, il existe un comité de sélection des locataires qui est formé de trois personnes désignées par le Comité exécutif de la Ville parmi les fonctionnaires de la Ville ou le personnel de VOffice (c'est moi qui souligne), d'un représentant des locataires élu par les associations de locataires et à partir d'une liste de noms soumise par le Centre des services sociaux du Montréal métropolitain.» «Evidemment, lorsque vous ne pouvez servir qu'une personne sur dix, il est bien normal que l'on s'interroge.D'un autre côté, v imagine2 la situation difficile de Li*i annonce, il faudrait déjà savoir quelle population est visée, et qu'elle en soit avertie.N'en décider qu'un an plus tard me paraît, oui, absolument incohérent! On devrait savoir ce que l'on va faire et pour qui on le fera.Autrement, on suscite des espoirs que l'on décevra.Quant aux hommes politiques représentant la population, il serait naïf de croire que leurs intérêts coïncident toujours avec ceux de leurs électeurs.S'il est un secteur où le favoritisme s'en donne à coeur joie, c'est bien celui de la politique! J'espère que votre lettre, M.Daoust, donnera satisfaction aux intéressés et à d'autres qui ont pu se trouver dans la même situation.Et je vous remercie de vos explications.Une correspondante, toute révoltée, et avec raison, me raconte que sa mère, âgée de 65 ans, «habillée humblement» précise-t-elle, a été soupçonnée de vol dans un supermarché qu'elle fréquente souvent.Elle habite le quartier depuis 40 ans, a fait du bénévolat durant 25 ans.Cette femme fut particulièrement humiliée d'être traitée en voleuse.Sa fille exige des excuses du supermarché en question.R.\u2014 Si j'étais ainsi un jour soupçonnée, je réagirais comme vous le faites pour votre mère.Cependant, il faut bien dire que les voleurs ont étrangement l'air honnête.ce qui leur permet d'exécuter leur coup.Il faut aussi souligner que les grands magasins encaissent des pertes relativement élevées par le vol à l'étalage.On sait aussi que les voleurs à l'étalage se recrutent dans toutes les classes de la société.Votre lettre à la direction de ce supermarché engagera sans doute les surveillants ou détectives à plus de clairvoyance et d'attention dans leurs difficiles fonctions.Je sympathise de tout coeur avec votre mère. Un des secrets d'un bon sabayon réside dans le choix du vin.Le mar-sala tient la première place, mais à défaut, un vin d'Italie très sec est de rigueur.Un sabayon froid?Quel délice! CUISINER Pol Martin Salade de pommes de terre et de brocoli, poitrine de poulet aux tomates, sabayon au chocolat 4) Verser le mélange sur les légumes; mélanger délicatement.5) Ajouter l'huile et le reste des ingrédients; mélanger de nouveau.Laisser refroidir.Servir.1.Salade de pommes de terre et de brocoli (pour 4 personnes)\t2.Poitrine de poulet aux tomates (pour 4 personnes)\t 1 tête de brocoli, en fleurettes\tVA\tpoitrine de poulet, désossée et sans peau 4 pommes de terre, lavées\t30 mL\t(2 c.à soupe) d'huile d'olive 1 échalote hachée\t%\toignon d'Espagne, haché 15 mL (1 c.à soupe) de ciboulette hachée\t1\tgousse d'ail, écrasée et hachée 15 mL (1 c.à soupe) d'estragon haché\t1\tboîte de tomates de 796 mL (23 onces), 15 mL (1 c.à soupe) de moutarde de Dijon\t\tégouttées et hachées 50 mL (% tasse) de vinaigre de vin\t30 mL\t(2 c.à soupe) de pâte de tomates 125 mL (% tasse) d'huile d'olive\t50 mL\tC'4 tasse) de bouillon de poulet chaud sel et poivre\t\tune pincée d'origan 1) Faire cuire les pommes de terre avec la peau dans l'eau bouillante salée.Dès que les pommes de terre sont cuites, les peler et les couper en gros dés.Mettre le tout dans un bol.2) Faire cuire les fleurettes de brocoli 4 minutes à la vapeur.Ajouter les fleurettes de brocoli aux pommes de terre.Saler, poivrer.3) Mettre la moutarde dans un petit bol.Ajouter le vinaigre; mélanger le tout.persil haché sel et poivre 1) Couper le poulet en lanières.2) Faire chauffer l'huile dans une sauteuse.Ajouter les oignons; faire cuire 2 minutes.Ajouter le poulet; faire cuire à feu moyen de 5 à 6 minutes.Saler, poivrer.3) Ajouter l'ail, les tomates et mélanger le tout 4) Ajouter la pâte de tomates et le bouillon de poulet.Ajouter les épices; faire mijoter à feu doux de 10 à 12 3.Sabayon au chocolat (pour 4 personnes) 90 g\t(3 onces) de chocolat Baker's, non sucré 125 mL\t(% tasse) de sucre à glacer 50 mL\t(% tasse) de crème à 35% 3\tjaunes d'oeufs 5\tblancs d'oeufs 50 mL\t(% tasse) de sucre 50 mL\t(% tasse) de vin blanc sec noix de coco râpée\t 1) Mettre le chocolat dans un bol en acier inoxydable.Ajouter le sucre à glacer et la crème à 35%.2) Placer le bol sur une casserole contenant de l'eau chaude.Faire fondre le tout.Mettre de côté.3) Mettre 3 jaunes et 2 blancs d'oeufs dans un bol.Ajouter îe vin blanc et le sucre; mélanger le tout 4) Placer le bol sur une casserole contenant de l'eau chaude.Mélanger le tout avec un batteur électrique jusqu'à ce que le mélange épaississe et qu'il triple de volume.5) Retirer le boi.Continuer à battre le mélange en y ajoutant le chocolat fondu.Mettre de côté.6) Battre le reste des blancs d'oeufs jusqu'à ce qu'ils forment des piques.7) À l'aide d'une spatule, incorporer ies blancs battus au mélange de chocolat.8) Verser le tout dans des coupes à dessert et réfrigérer durant 2 heures.Parsemer de noix de coco.Servir.minutes.3b eîiomib rtottsufia bî 5)iS»S*iavpc du brocoli ou du riz.¦ « ¦ e Ij cents Cuisson Micro-ondes Cuisine Internationale ACTION SPECIALt LE GUIDE DU VIN 84 Micnef Prxaneuf Le guide d nchat le plus complet du genre au Quec-oc La .oute dern»erc edr»»on de ce GUIDE OU VIN oui coonait.depuis deux ans.un succès i»ans cesse accru.240 Dtf jf' nonib'nu%t>* Illustrations CUISSON MICRO-ONDES Cuisine internationale Ce très beau livre, abondamment illustre de pbnches couleurs et de dessins, comprend des menus pour toutes occasions exécutés en un temps record.192 pages couverture cartonnée-spirale LA FINE CUISINE ITALIENNE Pasqua'e Carpino et Judith Drynan Cet ouvrage contient plus de 3C0 recettes clairement expliquées et faciles à réussir.Pasquale vous donne dos conseils sur la confection des pâtes maison et la façon de les apprêter, la manière de faire vos oropres saucisses et bien d autres «tuyaux* indispensables 240 pages couverture souple.LE GUIDE DE LA MOTO 84 Marc Lacnapel/e Un ouvrage de reference indispensable à tout amateur de moto, qu il soi! 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