La presse, 17 juin 1982, C. Vivre aujourd'hui
[" \u2022 \u2022\tfâofitsODA CLUB SANS SEL AJOUTÉ SANS CALORIES\t1\t\u2022 __\t\t\t\t\u2022 \t\t\t\t\t\t\tAUJOURD'HUI m* LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 17 JUIN 1982 LES CHEVALIERS DE COLOMB DU QUÉBEC Après 100 ans, un examen de consciencce «Ce centenaire marque un temps d'arrêt.Je le vois comme une sorte d'examen dé conscience qui permettra, je l'espère, de redonner aux Chevaliers de Colomb du Québec, en particulier, un deuxième élan et surtout de refaire notre image.C'est le temps de le montrer.Il faut absolument démystifier le mouvement comme un organisme style francs-maçons se retranchant derrière le secret total.Ce temps est bien révolu.» GEORGES LAMON_ Député d'État du Québec des Chevaliers de Colomb (le représentant québécois du Chevalier suprême américain) depuis deux ans, M.Georges Lafortune reste persuadé de l'importance pour les Colombiens de prendre conscience du fait qu'on doit aussi évoluer avec son temps.Autrement dit, il faut démocratiser ce mouvement, le plus important au monde, de laïcs catholiques pratiquants.C'est d'ailleurs ce à quoi il s'est attelé durant les deux années de son mandat.Plus de 60 000 participants Rappelons qu'environ 60 000 Colombiens, venus de sept pays, se rassembleront le 19 juin au stade olympique (le public est invité) pour fêter «en famille» le centenaire du mouvement, fête à laquelle le chanteur pacifiste loui-sianais John Littleton prêtera son concours.Au programme de «cet important événement pour les Colombiens», comme le rappelle M.Lafortune: un retour aux sources, une réflexion et un grand spectacle pour donner le coup d'envoi du deuxième centenaire.Ce sera la troisième grande réunion des Chevaliers de Colomb à Montréal.Le premier congrès du Conseil suprême (le 41e) à se tenir à Montréal date d'août 1923; il avait rassemblé quelque 30 000 personnes.Le deuxième congrès, le 70e, s'est déroulé durant l'Expo 67.Ils sont 1 350 000 Colombiens répartis dans sept pays.A lui seul, le Québec compte 119 538 adhérents, dans 331 conseils; le reste du Canada, 93 651.Les Etats-unis, où le mouvement a été fondé, le 29 mars 1882, par le père Michael J.McGivney, curé de la paroisse Mary de New Haven, au Connecticut, en dénombre 1 089 348.Chaque État, comme le Québec, par exemple, est autonome par rapport au Conseil suprême.S'inspirant de quatre grands principes: charité, unité, fraternité et patriotisme, ils se sont fixé comme but: le bénévolat et l'aide de leur prochain, s'engageant surtout dans des activités religieuses, fraternelles et communautaires.Le gars du peuple Reconnu comme «le gars du peuple», au sein de l'organisme au Québec, ayant été à l'origine de cette démocratisation de l'ordre où il milite depuis 31 ans, M.Lafortune ne cache pas que le manque de communications, voire une sorte de laisser-aller, a contribué Cliché LA PRESSE, 7 août 1923 Des milliers de Chevaliers de Colomb venus du Canada, des Etats-Unis, du Mexique, de Panama, de Cuba, de Porto-Rico, assistent ce matin du 7 août 1923 à une messe pontificale chantée par Mgr Georges Gauthier en l'église Notre-Dame de Montréal.Ils participaient au 41e congrès annuel des Chevaliers de Colomb qui se tenait à Montréal, les 7, 8 et 9 août 1923.à maintenir cette «résistance» chez les Chevaliers de Colomb, surtout au Québec.«On peut quand même préciser que, depuis une quinzaine d'années, le mouvement s'est drôlement amélioré, soutient encore M.Lafortune.Nous avons réussi, depuis quelque temps, à rendre le recrutement plus sérieux, du moins plus sévère et ainsi attirer plus de jeunes pour préparer la relève (l'âge moyen actuel des Colombiens est de 47 ans).De sorte que les gens qui joignent nos rangs soient conscients de la voie dans laquelle ils s'engagent.Il fut un temps où, au Québec, on cherchait avant tout à recruter le plus d'adhérents; cette quantité n'allait pas de pair avec la qualité.On peut dire aujourd'hui qu'on a rallié les deux.» Selon M.Lafortune, il n'en demeure pas moins que c'est au sein des conseils importants (comme Saint-Hyacinthe avec 1 769 adhérents) «où l'on n'a pas tellement le temps de se rencontrer: environ 10 p.100 seulement des adhérents sont actifs», que se retrouvent le plus souvent les difficultés, notamment avec le maintien de grands locaux, considérés comme «des éléphants blancs».S'engager individuellement Pour éviter la sclérose des Colombiens, M.Lafortune croit à leur engagement au niveau des paroisses, noyau de la collectivité, où «il est plus facile de s'engager dans des activités permanentes».Cet engagement s'oriente particu- lièrement vers la collectivité, dont la paroisse en est le noyau, et la famille, la pierre d'assise.Ainsi, depuis 1974, les Colombiens ont orienté leur activité vers le parrainage de personnes âgées.Un nouveau rôle que le mouvement s'est donné.«L'an dernier, par exemple, nous avons fourni deux millions d'heures de bénévolat pour les personmnes âgées», note encore le chef québécois élu des Chevaliers de Colomb.Même l'initiation secrète, dont on connaît peu et qui a, selon M.Lafortune, causé des difficultés au sein du mouvement, est devenue «plus sérieuse».L'image publique des Chevaliers de Colomb, «qui profitaient de réunions pour s'enivrer», s'est peu à peu estompée, d'autant que leur femme a aussi une certaine voix au chapitre.«On a aéré nos conseils, explique encore M.Lafortune, en inté- grant surtout les femmes des Colombiens et je peux dire que, jusqu'ici, Ça été un succès.Bref, on est positifs, pas contre quelque chose mais pour quelque chose.Chaque Colombien doit s'engager individuellement, sinon on manque le bateau.» Mais leur action a d'autres ramifications, particulièrement orientée vers la famille, l'église et la société, qui se retrouvent dans des oeuvres charitables diverses: L'emblème des Chevaliers de Colomb.Sur le fond, une croix de Malte rappelant rattachement catholique.A l'avant, un bouclier portant un maillet, signe d'autorité, une ancre, symbole des marins et lien avec Christophe-Colomb, patron de l'Ordre, et une épée, représentant l'arme des chevaliers allant au secours des opprimés.Trois couleurs symbolisent: le rouge, la foi, le blanc, la charité et, le bleu, l'espérance.des évêques et du Pape, vocations et loisirs du Troisième âge et de la jeunesse.Dans la poursuite de leur activité, ils ont acheté en 1974 un domaine de 440 acres à Saint-Ubald-de-Portneuf, dans la région de Grand-Mère, où ils ont aménagé des camps de vacances pouvant accueillir 135 jeunes de 8 à 14 ans, un centre d'accueil pour le Troisième âge et un terrain de camping familial.Le dossier de la restructuration scolaire au Québec fait également partie de leurs préoccupations actuelles.«Nous ne voulons absolument rien chambarder, insiste en conclusion M.Lafortune, mais donner notre point de vue, avoir notre mot à dire, quoi; et, pour nous, c'est très important.» si «Mmm.le Ginger Aie Canada Dry, c'est si bon! Ces petites bulles de saveur.mmm! Ce goût unique, moins sucré, plus désaltérant plus rafraîchissant que tout autre.mmm! Ça me désaltère d'un coup net, fret, sec! Pendant le train-train quotidien ou en toute occasion, tout le monde le dit: le Ginger Aie Canada Dry, pour étancher la soif, c'est si bon.Faites-en donc bonne provision!» photo Michel Gravai, LA PRESSE Le député d'État des Chevaliers de Colomb du Québec, Georges Lafortune, encadré des drapeaux du pape, du Québec et des Colombiens, est conscient du fait qu'il faut redorer le blason du mouvement, au Québec.Û DE RABAIS Au marchand: Sur présentation de ce bon par un client à l'achat d'une bouteille format familial de Ginger Ale CANADA DRY, nous vous rembourserons 20tf plus 7£ de frais de manutention.Tout autre usage de ce bon serait illegal Une preuve d'achat de stocks couvrant le nombre de bons remboursés doit être présentée sur demande.Le remboursement de ces bons ne sera pas valable s'ils sont présentés par des agences extérieures, des courtiers ou autres.Pour remboursement, écrire à: Herbert A.Watts Limited, CP.2140.Toronto (Ontario) M5W 1H1.Noter l'encaissement de ce bon au n° 110 du bordereau.L'offre prend fin le 30 juin 1982.CODE 110-013 nvnvnet P c 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 17 JUIN 1982 1 \u2022 * \u2022lu B .à * *¦ \u2022-, ¦\\ \u2022 - a S, ; PARTICIPEZ A NOTRE CONCOURS ET Prenez l'tour du Québec 40 couples auront la chance de gagner un week-end dans l'une des belles régions suivantes du québec: Iles de la madeleine lac-saint-jean gaspésie bas-saint-laurent Le prix comprend le transport aérien, l'hébergement à l'hôtel et les repas.Remplissez simplement le coupon de participation.Retournez-le à l'adresse indiquée.Ecoutez l'émission de Jacques Proulx, diffusée sur les ondes de CKAC/73, du lundi au vendredi entre 6 h 00 et 9 h 00, pour savoir si vous êtes l'une des personnes chanceuses.Du 14 juin au 6 août, cet animateur dévoilera le nom du gagnant du jour.ORGANISÉ PAR la presse CKAC^73 2; Tourisme Québec RÈGLEMENTS 1.Pour participer au concours, il suffit d inscrire vos nom.adresse et numéro de téléphone sur le coupon de participation (ou sur une reproduction faite à la main excluant toutes reproductions mécaniques ou photocopies) et de le retourner à l adresse indiquée.2.Les coupons de participation seront publiés dans LA PRESSE du 7 juin au 4 août 1982.3.L'attribution des prix se fera par tirage au sort à CKAC/73.au cours de rémission de Jacques Proulx.a raison dun lirage par jour du 14 juin au 6 août 1982.4.Le concours s'adresse aux résidents du Québec âgés de 18 ans et plus.5.Les employés de LA PRESSE, de CKAC/73.du ministère du Tourisme et do Québecair ainsi que leurs familles ne sont pas éligibtes.6.Les droits en vertu de la loi sur les concours ont été payés.7.Tout litige quant à la conduite de ce concours publicitaire et à l'attribution d un prix devra être soumis a la Régie des loteries et courses du Québec.RETOURNEZ À: «PRENEZ L'TOUR DU QUÉBEC CKAC/73 C.P.7373, succursale «A» Montréal (Québec) H3C 4A5 NOM:_,_ ADRESSE: _ APP.VILLE:.CODE POSTAL TÉL.: \"i « a.?i.-.Notre grande VENTE Autres supers rabais offerts pendant que notre grand solde de modes signées et exclusives se continue.MAINT PRIX Les Indiens survivent de peine et de misère dans de minuscules réserves ACCESSOIRES: foulards en coton.Motifs et couleurs assortis.Orig.7.50$ - 40$.\tMAINT.3.75$ - 20$ ACCESSOIRES: ceintures en cuir, tissu et coton torsadé.Plusieurs couleurs et styles.Orig.14$ - 50$.\tMAINT.7$ - 25$ MISS RENFREW: coordonnés en tricot, la plupart de France et d'Italie.T-shirts, jupes, pantalons.Orig.25$-45$.\tMAINT.12$ - 22$ SACS À MAINS: élégant assortiment de modèles en cuir et tissu de qualité, plusieurs exclusifs.Couleurs estivales.Orig.25$ -150$.\tMAINT.12.50$ - 75$ MISS RENFREW: choix de robes.Orig.59$ - 75$.\tMAINT.29$ VÊTEMENTS SPORT: coordonnés et deux-pièces.Jupes, hauts, vestes, pantalons, culottes.Orig.55$ - 285$.\tMAINT.27$ -142$ SALON: robes, manteaux, et tailleurs de saison, incluant les exclusivités H.R.Orig.210$ - 675$.Magasin principal seulement.\tMAINT.105$ - 337$ \u2022 MAINT.1/3 DE RABAIS ET PLUS\t PORTS INTERNATIONAL* T-shirts 100% coton.Manches longues ou courtes.Couleurs assorties discontinuées.Orig.25$ - 27$.\tMAINT.15$ MALLES DE VOYAGE: selection CIAO.Orig.58$ -190$.Magasin principal seulement.\tMAINT.38$ -126$ \t HHHHHHHHHHHflHHHHH^HHHIHI\t HOLT RENFREW\t SHERBROOKE ET 0E LA MONTAGNE \u2022 FAIRVIEW .ANJOU \u2022 PLACE VILLE MARIE H.R.OUVERT JEUDIS ET VENDREDIS JUSQUA 21 H.\t «La jalousie que nourrit aujourd'hui la race blanche contre la race native, disparaîtra quand la terre, cause des difficultés, sera mise en la possession de la première.La province gagnera une grande augmentation de terres de valeur où pouvoir placer le courant d'immigration qui se dirige vers le pays.» \u2014 Rapport du Surin-tendant général des Affaires indiennes, 1858.QUEBEC (PC) \u2014 Cent vingt-cinq ans après la rédaction de ces lignes, ce qui reste de la «race native» \u2014 une trentaine de milliers d'Indiens statues au Québec \u2014 survit de peine et de misère dans de minuscules réserves où on les a confinés.Minés par la tuberculose, empoisonnés par le mercure, les, défoliants et Peau qu'ils boivent, vivant trop souvent dans des conditions déplorables, les Indiens ont un taux de mortalité deux fois supérieur à celui de la population blanche et leurs enfants de moins d'un an meurent trois fois plus que ceux des Blancs.PIERRE TOURANGEAU Qui peut encore s'étonner que l'alcool, la drogue et le suicide trouvent autant d'adeptes chez ce peuple meurtri?Meurtri pTeut-être, mais pas encore mort et bien déterminé à ne pas se laisser enterrer par le développement des autres.Des négociations s'amorceront bientôt entre les Attikamek, les Montagnais et les Algonquins et le gouvernement du Québec sur les revendications territoriales de ces Amérindiens qui rappellent qu'ils n'ont ja- mais signé de traité avec les Blancs et qu'il existe un titre indien sur la majeure partie du territoire québécois habité.C'est sur cette toile de fond que les Amérindiens du Québec entendent revendiquer les moyens d'être en santé.«C'est la dépossession de notre territoire et la sédentarisation, bref l'abandon de notre mode de vie traditionnel qui nous a rendu malade,» explique M.Richard Kistabish, Chef du Conseil Algonquin de l'Abitibi.«La vague de colonisés introduits dans notre territoire n'a eu pour effet concret que de nous reléguer à leurs yeux, au rang de sous-colonisés, écrivait-il dans la dernière livraison de la revue Recherches amérindiennes.Elle a aussi généré un ensemble de problèmes majeurs qui ont attaqué notre culture traditionnelle et qui se sont aussi inscrits dans notre corps, en affectant notre propre santé.» La création des réserves, il y a 40 ans, acheva la transformation radicale du mode de vie des autochtones.«De nomades que nous étions alors que nous parcourrions tout le territoire de l'Abitibi et du Témis-camingue, explique M.Kistabish, nous nous sommes retrouvés par centaines enfermés dans des enclos de la dimension d'un terrain de football.» A petit feu Résultat: on passe de la tente à la cabane mal ou pas isolée qu'on habite à 15 ou 20, sans électricité.Les conséquences continuent d'en être tragiques.Otites avec complications, pneumonies, méningites, tuberculose, encépha- lites sont le lot de ces nouveaux villageois.L'absence d'eau courante et d'égouts provoque des épidémies de gastro-entérite à chaque printemps.Plusieurs enfants en bas âge en meurent.Sans parler de l'impétigo qu'on retrouve à l'état endémique dans plusieurs réserves.«Lorsqu'ils feront une étude vraiment exhaustive de la santé des Indiens, \u2014 je veux dire une véritable étude pas cette merde qui nous vient tous les ans des affaires indiennes \u2014 on découvrira que la réalité relève de l'atrocité pure pas seulement au Québec mais dans l'ensemble du Canada.C'est terrible,» soutient M.Bob Epstein, adjoint au Chef du Grand Conseil des Cris Billie Diamond.Et pendant que les Cris se débattent dans le marais juridique de l'entente de la Baie James, leur santé se détériore à mesure que prolifèrent bacilles et coliformes.Quant au Conseil Attikamek-Montagnais, il rendait public dernièrement une étude détaillée des services de santé offerts par la Santé nationale sur ses 11 réserves membres.Réalisée par des médecins, l'étude démontre que les problèmes de santé vécus par les Indiens, tout comme leurs services de santé, sont typiques des pays «dits sous-développés».Le CAM réclame donc le droit de prendre en mains tous ses services de santé parce que, disent ses porte-paroles, «nous pensons que c'est eji comptant sur nous-mêmes que nous améliorerons notre santé.» Pour les Algonquins, comme le dit leur chef, «il est im- possible de parier santé sans recourir à une perspective d'analyse plus globale.» Sans parler, notamment, de souveraineté politique et territoriale.Dépossession Les prémisses qui conduisent à la conclusion de Richard Kistablish sont les mêmes que celles développées dans l'étude du CAM sur les services de santé: c'est la dépossession du territoire qui est à la source de tous les maux des Indiens.Une dépossession «sauvage», écrivent les auteurs du rapport, puisque le système imposé aux autochtones les laisse sans racine ni perspective «C'est parce que la politique des Affaires indiennes est conçue en fonction des ressources naturelles, pour satisfaire aux besoins du développement industriel, explique l'anthropologue Rémi Savard, comme autrefois aux besoins de la colonisation.» Les Indiens n'ont donc plus rien à dire sur leur habitat.Les compagnies de pâtes et papiers polluent lacs et rivières et rasent les forêts.«Peu de Québécois sont conscients du carnage anarchique des magnifiques forêts du nord el de l'ouest du Québec malgré la présence en territoire algonquin de leur ministre d'État à l'Aménagement, écrit encore M.Kistabish dans0 Recherches amérindiennes.La coupe à blanc y est quotidiennement pratiquée sur tout le territoire et le transformera en un immense désert d'ici quelques années.» «Dans l'unité de gestion d'Amos, dans 40 ansj, il n'y en aura plus d'arbres.C'est é- crit dans un rapport confidentiel du ministère des Terres et Forêts sur les unités de gestion du coin,» soutient quant à lui le Dr Roland Chamberland, un médecin attaché au Conseil algonquin.Après avoir mis les Indiens en enclos, dit-il, on détruit maintenant leur ancien habitat, les empêchant d'en vivre.Et quand par malheur, quelques Indiens se souciant peu des règles continuent à vivre comme leurs ancêtres, on les ignore totalement, explique le chef Kistabish.Ainsi, dit-il, le coeur de la culture algon-quine se trouve au Grand Lac Victoria où 250 personnes vivent en nomades à l'intérieur du Parc de la Vérendrye.«Ces gens-là, comme ceux des bandes de Winnawé et de Wolfe Lake, sont des squatters pour le Secrétariat des Activités gouvernementales en milieu amérindien et inuit \u2014 SAGMAI.On nous l'a dit clairement lors d'une réunion le 23 juillet à Ki-pawa, affirme-t-il.Ils n'ont pas de statut légal et pour le gouvernement, ils n'existent pas.» «Pour toutes ces raisons, le cas par cas n'améliorera jamais la santé des Indiens, soumet avec force le Dr Chamberland.Aussi longtemps qu'on refusera d'envisager le problème dans son ensemble, rien ne sera jamais réglé.» «De toute façon, poursuit-il, ça fait l'affaire des Blancs parce que pendant ce temps-là, les foies se détériorent, les familles s'empoisonnent et la race se détruit doucement.» DEMAIN: des attitudes discriminatoires.bil y \u2022 \u2022 * .fi.';; \u2022 ' ia mo y y \u2022 a y y II bili ' .\u2022 I SPÉCIAL D'EXPOSITION DE MEUBLES GRANDES REDUCTIONS SUR TOUS LES MODÈLES DE PLANCHER y bll bll mo y y DANS TOUS NOS MAGASINS ¦ \u2022 Westmount Square 932-2102 Carrefour Laval 687-1447 Galeries d'Anjou 353-5710 Promenades St-Bruno 461-0031 Pointe-Claire 695-2701 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 17 JUIN 1982 C 3 Dans ce petit bout de rue, qui a fini par devenir un village, les choses s'enjolivent d'année en année.Le pavage de la rue Prince-Arthur s'amuse à faire des ronds que l'on traverse à la semelle de ses souliers à l'abri des gaz d'échappement des automobiles.Les maisons soignent leurs façades, les commerces leurs devantures et Ton attend que les terrasses s'allongent sous le soleil, dans ce minuscule coin de ville épargné par la poussière et la pollution des rues.FRANÇOISE KAYLER___ Le Bal St-Louis s'est installé-là il y a plusieurs années avec une enseigne québécoise au milieu d'un exotisme grec, italien, vietnamien, polonais.La maison est belle et reposante.On a conservé le cachet que donnent la brique et le bois sans vouloir jouer au folklo-riste.Le plafond abaissé sans étouffer donne de l'ambiance; une exposition roulante de toiles change périodiquement le décor.La lumière du dehors est relayée par un éclairage doux et le fond sonore est intéressant.Deux salles se partagent la clientèle.D'un côté, celle qui met l'accent sur la table, de l'autre, celle qui a une préférence pour l'alimentation liquide.Les tables sont recouvertes d'une toile cirée de belle tenue réchauffée par un napperon de papier.Elles sont bien agencées et intègrent sans difficulté ceux qui mangent seuls.Le service est fait avec gentillesse, en respectant le rythme de vie de chaque table.Au Bal St-Louis La cuisine du Bal St-Louis était à l'origine une cuisine québécoise, qui faisait appel aux plats traditionnels.Elle a évolué et s'oriente vers une cuisine québécoise allégée et renouvelée.Le menu du jour semble accorder une attention particulière à l'équilibre alimentaire: le dessert n'est pas compris dans le prix du repas, les légumes sont abondants, (certains plats offrent un choix de garniture: frites ou salades vertes) les sauces sont brèves et Ton propose, en plus du menu régulier, une sélection minceur.Le menu offrait le choix entre deux entrées: jus de légumes et crème de brocoli; le choix entre sept plats: omelette, salade, suprême de poulet, saumoneau, sandwich fromage et saumon fumé, brochette de boeuf et bifteck de côte.Les prix allaient de $3.95 à $7.75, incluant le café.Un choix de desserts est proposé: gâteaux à $3.50, crèeme velours à $1.25 et gaufre belge aux fraises fraîches et crème Chantilly, à $3.75 ou à $2.25 en demi-portion.Choisis dans le menu à $5.50, la crème de brocoli était un potage doux sans lourdeur, à peine prononcé en verdure.Le saumoneau amandine offrait ce beau petit poisson en entier, cuit avec justesse pour conserver la qualité de la chair et la partie amandine de la recette n'ajoutait pas de gras au plat.Du riz étonnamment bien préparé, des carottes coupées en lamelles et à peine cuites, un bouquet de brocoli d'un vert rutilant complétaient l'assiette.Par gourmandise.la gaufre était légère comme un souffle, garnie de fraises et de vraie crème chantilly (très raisonnablement et sans danger), l'ensemble à peine sucré.La corbeille de pain blanc, uniquement.La tasse de café, bonne.L/espresso à $1.00 est réduit à 65cents quand il est ajouté au repas.Eau embouteillée (Vichy), $1.50 le verre.Le Bal St-Louis, 82 est, rue Prince-Arthur.288-2423 Rampe 4 L651P Branchement L909P.L733P.75R30 diamètre 5\" hauteur t2\" Blanc seulement Faisceau lumineux dirigé, s'oriente en tout sens.La solution aux problèmes d'éclairage.Beau, élégant et efficace.Rampe d'éclairage pour la maison à un prix irrésistible.VENEZIA 6 lumières hauteur 16V2\" diamètre 20 '234 0 DE RABAIS sur tous les ventilateurs de plafond à prix régulier Quantité limitée Le CNF suggère des peines proportionnées à la violence subie, dans le cas de viol 3 lumières hauteur 12\" diamètre 13\" VENEZIA $12R50 O DE RABAIS sur les fixtures extérieures à prix régulier OTTAWA (PC) \u2014 Le Conseil national des femmes a suggéré, mardi, au comité de la justice des Communes, que les sentences pour viol soient proportionnelles au degré de violence utilisé au moment du crime.Ces peines pourraient varier d'un minimum de six mois de prison à un maximum de 20 ans de bagne.Le Conseil national des femmes, qui re- présente 1,500 groupes avec des effectifs combinés de 750,000 membres, a également recommandé au comité de la justice d'augmenter le nombre de catégories de crimes à caractère sexuel pour faciliter la tâche des juges au moment du prononcé des sentences.Lé comité de la justice étudie les amendements qui doivent être apportés au Code criminel en ce qui a traita remplacer les crimes de viol, d'attentat à la pudeur et de grossière indécence par deux nouvelles accusations, soit attentat sexuel et attentat sexuel aggravé impliquant une arme.A l'heure actuelle, toute personne reconnue coupable de viol est passible d'une peine maximum d'emprisonnement à vie.En vertu des amendements actuellement à l'étude, toute personne reconnue coupable d'attentat sexuel serait passible d'une peine de 10 ans de prison tandis que le prévenu trouvé coupable d'assaut sexuel aggravé serait passible de l'emprisonnement à vie.Le conseil a aussi suggéré que les avocats ne soient pas autorisés à interroger les victimes de viol au sujet de leur comportement sexuel passé Quantité limitée TOUTES VENTES FINALES AMPOULES EN SUS QUANTITÉS LIMITÉES 876, boul.Décarie, Saint-Laurent, Québec Nous sommes aussi ouverts le midi de 12hOO à 13h00.Stationnement gratuit dans le terrain de stationnement municipal situé derrière la Société des alcools, 2 coins de rue au sud de Décarie 747-2433 et a estimé que les violeurs ne devraient pas être autorisés à se justifier sous prétexte qu'ils croyaient que leurs victimes étaient consentantes.Le conseil est d'accord avec le comité parlementaire pour interdire la pornographie impliquant des jeunes de moins de 16 ans, mais a sug- géré au comité d'envisager des sanctions contre le matériel qui est obscène en raison de sa nature violente, tout autant que pour sa teneur sexuelle.Selon le conseil, les femmes devraient être obligées de témoigner contre leurs maris dans les causes impliquant des femmes battues par leurs conjoints, tout comme les époux doivent témoigner l'un contre l'autre dans les causes d'enfants maltraités.Une sélection de modes féminines à des prix exceptionnels.Le prêt-à-porter d'Europe, des États-Unis et du Canada.Les Collections du Salon 33 11 de rabais (centre-ville seulement).Un choix superbe d'importations de renommées internationales.Chantai Thomass: En pur coton, un renouveau romantique de coracos, pantalons bouffants, jupes, robes et chemisiers.Rég.50$-840$, vente 29$-560$.Castelbajac: Allures sportives attrayantes en lin ou coton.Vestons matelots, tee-shirts, chemisiers pantalons, culottes, robes.Rég.65$-795$, vente 39$-529$.Tiktiner: De riches coordonnés en coton, lin et soie.Vestons, chemisiers, jupes, pantalons et ceintures.Rég.40$-600$, vente 19$-399$.Ted Lapidus: L'élégance raffinée de la soie et du coton.Jupes et pantailleurs.Rég.285$-495$, vente 189$-329$.Albert Nipon: Une collection de robes exquises passe-partout.Rég.300$-460$, vente 199$-299$.La Collection Rodier 30 a 50 de rabais (centre-ville et Fairview).Vêtements sport, robes et costumes.Lainage, flanelle, gabardin popeline de coton, tricot, crêpe georgette.Rég.74$-290$, vente 39$-199$ e, ê a main 33**.de rabais Une sélection de sacs dernière vogue Cuir: Rég.35$-120$, vente 21$-78$.Paille: Rég.l8$-26$, vente 11$-16$ Le Salon de la Chaussure 25 \\50% de rabais Souliers de marques renommées, (centre-ville seulement).Cuir et peau véritables.Grandeurs limitées.Prix de vente 45$-65$.De Carlo: Bruno Carli, Martini Osvalde.Rég.jusqu'à 100$, vente 39$.Futura: jolly Francis.Rég.jusqu'à 68$, vente 19$.Airstep: Un choix de couleurs et de grandeurs.Rég.68$, vente 28$.Achat en personne.Au rez-de-chaussée et au deuxième, centre-ville.Une sélection à Fairview et Anjou.-CATHERINE ET DE LA Û MONTAGNE FAIRVIEW, POINTE-CLAIRE onse de Buenos Aires par 'intermédiaire de la Suisse - qui représente les intérêts britanniques en Argentine - et par d'autres canaux.En attendant, selon les récits des envoyés spéciaux britanniques, de longues files de soldats argentins, l'air épuisé, le vi- Le général Galtieri s'adressant à la nation argentine.sage encore noirci par le camouflage, se sont formées aux abords de l'aéroport de Port Stanley où ils remettent aux Royal Marines leurs fusils, mitraillettes et mortiers.Les officiers argentins, qui ont eu l'autorisation de conserver leurs pistolets, aident à superviser l'opération.Mais, malgré la chute de Port Stanley, la junte militaire, tout en gardant le silence sur ses intentions immédiates et refusant, de plus, de répondre au message du contre-amiral John Woodward, a cependant réitéré sa résolution de négocier avec Londres sur la souveraineté des Malvinas, condition sine qua non d'une paix durable.Par contre, le général Galtieri, dans son message à la nation, n'a pas, en effet, apporté les réponses espérées notamment sur le dénouement des combats et la situation des milliers de soldats argentins prisonniers des Britanniques.Le général Galtieri, qui n'a pas du tout parlé en chef d'une armée vaincue, a annoncé implicitement son intention de poursuivre la lutte et lancé ouvertement un avertissement à ceux qui «tenteraient de profiter de la situation».Il a ainsi pratiquement détruit les espoirs de nombreux civils argentins qui escomptaient, à la faveur de la récupération des Malvinas d'abord, et en raison de la défaite militaire ensuite, rétablir rapidement la démocratie.En fait, l'union sacrée de tous les Argentins, scellée par la cause sacrée de la «reconquête des Malvinas» le 2 avril dernier, a sombré, hier, dans la fumée des gaz lacrymogènes et sous les violences de la police.La charge des forces d'intervention «musclées» de la police fédérale a fait oublier deux mois et demi, durant lesquels toutes les contradictions et les divisions du pays étaient entre parenthèses.\u2022y lierai «\u2022PU?'V- \u2022 «fe -:v,.X ¦ S- Des tentes de plastique servent d'abri temporaire à des centaines d'habitants de Sidon qui ont fui cette ville du Sud-Liban devant l'offensive israélienne.L'OLP offre de négocier avec les USA pour éviter un bain de sang à Beyrouth L'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont la principale base d'opérations de Beyrouth-Ouest continue d'être garrottée par les forces d'invasion israéliennes occupant un tiers du Liban, a lancé hier un appel à des négociations directes et globales avec les Etats-Unis «pour mettre fin au bain de sang et éviter à Beyrouth le sort de Sidon et de Tyr».Les «Forces libanaises», milices libanaises de droite, étroitement imbriquées dans les troupes israéliennes occupant les hauteurs dominant Beyrouth, attaquaient des positions palestino-progressistes au sud-est de la capitale.Selon les radios libanaises, des commandos de l'armée israélienne, opérant sous le couvert de l'artillerie, s'approchaient à la limite de Kfar-chima tandis que des miliciens libanais tentaient de s'emparer delà Faculté des sciences de l'Université libanaise.L'agence palestinienne Wafa affirme que les «forces communes» -fédayine et miliciens libanais de gauche- ont repoussé «l'offensive israélienne» contre l'université.Israël insiste que ses troupes ne participaient pas aux combats.Un officier phalangiste a déclaré que les milices chrétiennes «ont reçu l'ordre» d'attaquer les positions palestino-progressistes.En intervenant directement aux côtés des forces israéliennes, les milices de Béchir Gemayel ont consacré l'échec du «Conseil de salut national», bloqué dès l'annonce de sa création, lundi, par la décision de Walid Joum-blatt, chef de la gauche libanaise, de boycotter et le conseil et le gou- vernement «tant que des troupes et des chars israéliens occupent notre pays et encerclent le palais présidentiel».Béchir Gemayel ayant lancé un appel «pour sauver Beyrouth», Hani al-Hassan, proche conseiller de Yasser Arafat, déclarait à la télévision libanaise que, «pour sauver Beyrouth, l'OLP est prête à négocier directement avec les Etats-Unis» et que, dans le cadre d'éventuelles propositions américaines, «les organisations palestiniennes seraient même disposées à déposer les armes».«Une nouvelle politique américaine s'impose sur la question palestinienne, a-t-il dit, et les Etats-Unis doivent accepter de dialoguer directement avec l'OLP», ajoutant que le sénateur Charles Percy et le représentant Paul Findlay, présentement en Aracie Saoudite, devraient se rendre au Liban, «où l'OLP les accueillerait volontiers».Auparavant, Yasser Arafat avait dirigé une délégation de l'OLP auprès du premier ministre libanais Chafic al-Wazzan.A l'issue d'entretiens à Ryad avec le vice-président américain George Bush, le ministre saoudien des Affaires étrangères a averti que son pays «pourrait être contraint d'utiliser les mesures nécessaires pour obliger Israël à se conformer aux résolutions de l'ONU sur le Liban» si les Etats-Unis ne parvenaient pas à obtenir un retrait israélien.«Lier le retrait israélien au retrait des autres forces non-libanaises du Liban relève strictement de l'autorité du gouvernement libanais, a-t-il ajouté, et aucun pays n'a le droit d'imposer des conditions sur le Liban».Ces appels à Washington coïncident avec le début d'une visite de 10 jours aux Etats-Unis du premier ministre israélien Mena-chem Begin.En plus de s'adresser à l'Assemblée générale de l'ONU sur le désarmement, Begin doit rencontrer le président Reagan, le secrétaire d'Etat Alexander Haig et des membres du Congrès pour justifier l'invasion du Liban devant l'opinion américaine.Avant son départ d'Israël, mardi, il avait fait état à la télévision du «profond degré de compréhension existant entre Israël et les\" Etats-Unis» sur l'invasion israélienne du Liban.Il doit d'autre part exhorter les organisations sionistes à augmenter leur aide à Israël pour financer cette nouvelle guerre qui, selon les chiffres officiels, coûte $100 millions par jour.Yasser Arafat a d'autre part adressé au secrétaire-général de l'ONU Javier Perez de Cuellar un urgent message affirmant que «l'agression isralienne a fait 30,000 morts et blessés, 10,000 dis-; parus et 800,000 sans abris parmi les peuples libanais et palestinien» et demandant la mise sur pied d'une Commission internationale d'enquête sur «la guerre de génocide que mène Israël au Liban».Enfin, le ministre israélien de la Défense Ariel Sharon a confirmé hier la volonté de son pays ' d'occuper le Liban «jusqu'à ce que soit trouvée une solution politique», précisant que «cette solution ; devra assurer qu'il n'y aura plus jamais d'infrastructure terroriste (c'est à dire palestinien) au Li-', ban».Plus tôt, le chef d'état-; major israélien Rafaël Eytan avait annoncé que «l'OLP est^ anéantie militairement et politiquement».a ^ .ï « L'inspecteur Escroqué par Slipskin et Ra-tablavasky.Florent se retrouve sans restaurant et toujours responsable de sa dette.Le vieillard lui promet de payer cette dette s'il a-bandonne toute poursuite contre lui.Après une courte lutte, Florent doit déposer les armes.\u201434 \u2014 L'hiver vient d'arriver.Le métal des boutons de porte se glace.D'autres flocons apparaissent, discrets, un peu ridicules dans tout cet espace, mais leur nombre ne cesse de s'accroître et bientôt la couleur des rues s'atténue peu à peu.Ce soir, les retardataires que la douceur traîtresse du début de l'automne avait endormis devront enfin se résigner à l'inévitable.Ils installeront leurs contrechâssis en maugréant, poseront des bandes de calfeutrage autour de chaque ouverture, exhumeront les foulards, les gants doublés, les manteaux lourds comme des armures qu'ils avaient laissés tomber dans un oubli méprisant.Une frontière brutale s'établira entre l'extérieur et l'intérieur des maisons.À l'intérieur régneront la chaleur et la vie, les musiquettes de la radio, l'odeur des rôties et du café.L'extérieur deviendra la zone ennemie, remplie de ténèbres dès quatre heures de l'après-midi, qu'on franchit à toute vitesse, en comptant ses pas, le souffle coupé, les joues mangées par le froid, pour se précipiter vers une autre oasis de chaleur.De l'extérieur, pendant des mois, ne nous parviendra plus, à travers les fenêtres soigneusement scellées, qu'une image froide et figée, que la nuit emplira d'une tristesse lunaire.Élise et Florent demeuraient chez Ange-Albert depuis une dizaine de jours.Ce dernier, en chômage, les hébergeait d'autant plus volontiers que cela lui permettait de vivre à même les $2800 que Florent venait de retirer de la vente de ses meubles et de sa collection de disques.Quant à son auto, elle était tombée en panne deux jours après son arrivée sur la rue Émery et rouillait tranquillement près de la maison.Depuis la mésaventure de La Binerie, il n'avait guère fait d'efforts pour se trouver un emploi.Il consacrait son temps au sommeil, ù l'amour (qu'Élise pratiquait maintenant avec certaines précautions, vu leur situation précaire) et aux longs métrages de la télévision.Le soir, ils allaient parfois prendre une bière au Saint-Malo ou au Faubourg Saint-Denis, qui se trouvaient à deux pas.De temps à autre, ils s'achetaient un peu de mari et terminaient leur soirée sur un long point d'orgue de fraternité cosmique.Malgré les appréhensions d'Élise, Florent gardait bon moral.Mais toute ambition l'avait quitté.\u2014 Pourquoi se massacrer les artères pour de l'argent?disait-il.Regarde Ange-Albert: il a toujours pris la vie comme elle vient.Est-ce qu'il est plus mal en point que moi?Élise devinait bien toute l'amertume qui se cachait derrière ce détachement soi-disant philosophique et faisait mine d'approuver son mari, dans l'espoir que le temps fasse son oeuvre et que le goût de réussir le reprenne.Mais le 30 novembre, un personnage imprévu fit son apparition à l'appartement et se mit à tracasser tout le monde.Le froid.Ange-Albert, après un examen minutieux de l'antique fournaise à gaz, se décida à l'allumer.Pendant la première demi-heure, tout se passa bien et un commencement de tiédeur permit aux occupants de détacher leur manteau.Mais tout à coup, un violent tremblement s'empara de la carcasse de tôle et se mit à faire tinter ses carreaux de faïence ébré-chés.Elle émit une sorte de hurlement qui rappelait celui d'une cantatrice en train de se faire défoncer le thorax et le feu s'éteignit avec un claquement sec; une forte odeur de chou pourri se superposa au relent de moisi qui flottait dans l'appartement.Florent bondit vers la fournaise et tourna la clef: \u2014 Barre de cuivre! il faut la faire réparer au plus sacrant, elle va nous envoyer promener en plein ciel! Ange-Albert leva la main et frotta lentement son pouce contre l'index et le majeur, signe de détresse classique chez les gens dont le portefeuille souffre d'anémie chronique.\u2014 Je le sais, reprit Florent avec humeur, mais on n'est tout de même pas pour se laisser réduire en cendres par esprit d'économie, non?\u2014Et si on téléphonait au service d'incendie pour demander un inspecteur?proposa Élise.Il nous dirait si la fournaise est réparable ou non, sans que ça nous coûte un sou.\u2014 Bonne idée, dit Florent.Et peut-être qu'en lui refilant un vieux cinq piastres le bonhomme accepterait même de se salir un peu les mains et de lui rafistoler les entrailles.Il prit l'annuaire téléphonique.Deux heures plus tard, après avoir passé par trois services, deux divisions et six départements, une petite voix ronde et dure comme une boule de billard lui apprit qu'un inspecteur se présenterait chez lui le lendemain avant-midi, à dix heures précises.\u2014 Soyez présent, ajouta la voix.Sinon au troisième coup de sonnette, on va ailleurs, et ne courez plus après nous.Trop de maisons à voir.L'hiver est court.\u2014 On y sera, promit Florent.Quel drôle de pistolet, murmura-t-il en raccrochant.Ils se rendirent à la cuisine et avalèrent un café bien chaud, se frottant les mains et battant des pieds, tandis que trois filets de vapeur s'élevaient de leur bouche vers le plafond tout écaillé.Le lendemain, Florent, étendu sur son lit, contemplait d'un oeil ensommeillé le vieux réveille-matin qui hoquetait sur la commode lorsqu'il prit conscience tout à coup de deux faits: a) l'aiguille marquait deux heures de l'après-midi; b) aucun inspecteur ne s'était présenté.Il sauta dans son pantalon et se dirigea, tout grelottant, vers le salon (appellation pompeuse pour une pièce d'un vert pisseux meublée d'un divan-lit à demi éventré).\u2014 Rosarien Roy, j'écoute, fit la voix de la veille.Florent se nomma et demande pourquoi personne n'était encore venu chez lui.\u2014 Qu'en pensez-vous?demanda Rosarien Roy.Florent, interloqué, hésita un moment, puis avoua son ignorance.\u2014 Eh bien, si on n'est pas venu, c'est qu'on n'a pas pu.Toc toc toc, c'est tout.Vous n'êtes pas la tête à Papineau, entre vous et moi.Téléphonez dans deux jours.Je verrai ce que je peux faire.Un léger bourdonnement indiqua que la conversation était terminée.Florent sortit du salon comme un somnambule, n'en croyant pas ses oreilles.Il se rendit à la cuisine et se prépara une omelette au fromage.Ce n'est qu'après l'avoir avalée que sa colère se réveilla vraiment.Quelques secondes plus tard, Rosarien Roy, assis à son bureau, surveillait d'un oeil soupçonneux les déambulation* d'un chien dans la rue lorsqu'il reçu un appel téléphonique où l'on faisait une description de sa personnalité qui trempa de sueurs ses chaussettes de laine et tout le haut de sa chemise.Il essaya plusieurs fois d'endiguer la description, mais la description le vainquit et lorsque Florent raccrocha, une rage énorme, beaucoup trop grande pour les modestes dimensions de son âme, habitait le fonctionnaire municipal et le faisait étouffer.Il la cuva pendant tout le reste de la journée, tempêtant après les secrétaires, assénant des coups de poing sur son bureau pour un oui ou pour un non.Vers la fin de l'après-midi, son supérieur le fit appeler.\u2014 Je reçois des plaintes à votre sujet, lui dit-il.Un nommé Boissonneault, de la rue Émery.II prétend que vous refusez d'envoyer un inspecteur chez lui.Qu'est-ce qui se passe?Ce n'est pas la première fois qu'on chiale à votre sujet.\u2014 Je vais m'occuper moi-même de ce petit jeune homme, promit Rosarien Roy d'une voix frémissante.Le lendemain matin à sept heures, il sonnait à la porte.Florent ouvrit, en proie à une quinte de toux, le visage cireux et de fort méchante humeur, car Élise venait de lui apprendre que les tuyaux avaient gelé durant la nuit.\u2014 Rosarien Roy, service des incendies, fit Rosarien Roy, et il mit le pied dans le vestibule comme si la maison venait subitement de tomber en sa possession.C'était un petit homme maigrichon, dans la quarantaine avancée, avec un menton large et plat, une bouche mauvaise, un nez busqué, des yeux fureteurs, indignés d'une façon permanente, et un visage tellement flétri qu'on aurait cru qu'il dormait toutes ses nuits la tête dans un fourneau.\u2014 Voyons cette fournaise, fit-il avec un sourire menaçant.Il s'arrêta au milieu du corridor et la contempla un instant, mais son attention se porta presque aussitôt sur le plancher, dont il se mit à tirer de longs gémissements avec la pointe de son pied.\u2014 Hum hum! fit-il, enchanté.Il se mit à visiter les pièces, promenant sa main sur les murs, explorant les fissures, secouant les fenêtres à demi pourries, faisant jaillir des flammèches des prises de courant, méditant devant les taches d'humidité verdâtres qui s'étendaient sur les murs et les plafonds.\u2014 Hum hum hum! Il sifflotait en se balançant sur les talons tandis qu'on l'observait en silence.\u2014 Vous n'examinez pas beaucoup la fournaise, remarqua Florent d'un ton acide.\u2014 Voyez-vous, mon cher grand parleur, fit Rosarien Roy en pivotant vers lui, le problème du chauffage comporte deux facteurs: l'unité chauffante et l'unité chauffée.Supposons que vous achetiez une maison.splendide.Solide comme un continent.Plus légale que la loi.Et que vous installiez dedans un appareil bourré de suie.Plein de fissures.Mangé de rouille.Eh bien, un beau jour, boum! tout saute.Adieu le plaisir, vous dormez sous le gazon.PAR CONTRE! lança-t-il en levant la main pour empêcher Florent de parler, supposons que vous achetiez un appareil splendide! Solide comme un continent.Plus sûr que la Sûreté du Québec.Et que vous l'installiez dans un taudis ouvert aux quatre vents (vous êtes ici dans un taudis).Eh bien, qu'arrive-t-il?L'appareil surchauffe, se dégrade, et un beau jour, boum! il saute et on retrouve vos os à Cartierville.DEMAIN La lutte contre le froid LE MATOU COPYRIGHT: Les Éditions Québec Amérique LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 17 JUIN 1982 -LEMON C 21 uel avenir pour les Malouines?LONDRES (Reuter) \u2014 Maintenant qu'elle a repris les Malouines, la Grande-Bretagne ne devrait pas manquer de se demander ce qu'elle en fera.Jusqu'à l'invasion argentine du 2 avril, l'archipel n'était qu'une terre lointaine, une colonie pratiquement inconnue du public et un territoire dont les gouvernements successifs s'étaient peu soucié.Londres avait plus d'une fois envisagé de la rendre à l'Argentine, qui le réclame depuis 149 ans, mais avait reculé devant le refus des 1,800 insulaires, fiers de leur appartenance à la Grande-Bretagne.Depuis avril, leur reconquête a coûté la vie à 250 soldats britanniques et ainsi que le disait Cecil Parkinson, président du Parti conservateur: «Si ces îles méritent qu'on meure pour elles, elles rti.éritent qu'on les garde.» Et Mme Margaret Thatcher a récemment déclaré qu'elle n'envisageait pour l'Argentine aucun rôle aux Malouines.Néanmoins, la plupart des hommes politiques sont conscients qu'il faut trouver une solution à long terme à la question et qu'on ne peut rester en état de guerre permanent avec l'Argentine.L'hebdomadaire «The Economist* écrivait dans son dernier numéro: «Les insulaires et les soldats britanniques qui les défendent ne seront complètement en sécurité que lorsque l'archipel aura trouvé dans l'Atlantique-Sud une place reconnue par la communauté internationale.» Il est peu probable que Londres y restaure tous les instruments de sa souveraineté, les institutions caractéristiques du statut colonial étant propres à soulever la colère des États d'Amérique latine, déclarait-on de source proche du gouvernement.Bien que M.Rex Hunt, gouverneur de l'archipel, se soit déclaré prêt à y retourner à tout moment, Londres n'a encore rien confirmé et, en tout état de cause, son bicor- ne et son épée d'apparat \u2014 symboles traditionnels du régime colonial \u2014 ne devraient pas être du voyage, ajoutait-on.n est probable qu'il y revienne pour une courte période, afin de créer un climat de confiance parmi les insulaires, puis qu'il soit discrètement rappelé.Le gouvernement souhaiterait que la présence britannique soit peu visible, dans l'espoir que l'archipel s'intègre mieux à la région, estime-t-on dans les milieux politiques.Les Malouines pourraient se voir conférer un statut d'association avec la Grande-Bretagne, à l'instar des lies St-Kitts et Nevis, dans les Antilles.Le gouvernement serait autonome, mais sa politique étrangère et sa défense relèveraient de Londres.Dans l'immédiat, priorité est donnée à la restauration de l'administration civile et à la réparation des dégâts.Entré-temps, les insulaires pourront commencer à penser à leur avenir, à peine envisagé jusqu'à présent, tant les opérations militaires accaparaient tout.La presse britannique a déjà abordé la question, dressant la liste des problèmes qui se poseraient à la Grande-Bretagne si elle adoptait une stratégie propre à transformer les Malouines en «forteresse».Sir Terence Lewin, amiral commandant les effectifs de défense, a commencé à examiner des options qui vont de la petite garnison, au cas où l'Argentine renoncerait à ses revendications, à une force plus considérable si Buenos Aires s'installait dans la confrontation.Dans le dernier cas, le quart des bâtiments britanniques en service, au moins 5,000 hommes, une escadrille de «Sea Harrier» et une autre de chasseurs-bombardiers «Phantom», normalement affectés à l'OTAN, devraient rester en permanence dans la région.En outre, il pourrait s'avérer nécessaire d'y affecter l'un des deux porte-avions «Hermès» ou «Invincible» et deux sous-marins mucléaires au moins, estiment les experts militaires.Ce seraient là des engagements énormes pour un problème très secondaire si l'on songe aux autres besoins de défense du Royaume-Uni, et l'état-major est .loin d'y être favorable.La poursuite d'un conflit larvé avec l'Argentine nuirait au développement économique de l'archipel.A cet égard, Mme Thatcher a invité lord Shackleton à mettre à jour un rapport qu'il avait écrit en 1976 sur le potentiel économique du territoire.Lord Schackleton en était arrivé à la conclusion que les ressources de l'archipel \u2014 protéines marines, pétrole et gaz \u2014 resteraient inexploitées faute d'une entente avec l'Argentine.Les Anglais ont trouvé une héroïne PORT STANLEY (Reuter) \u2014 Pour les correspondants de guerre de Fleet Street aux Malouines, la véritable héroïne de la guerre est une jeune doctoresse de 30 ans, le Dr Alisori Bleaney.Celle-ci n'a pas hésité en effet, au péril de sa vie, de braver les tirs d'artillerie pour tenter de convaincre les militaires argentins d'ouvrir un dialogue avec les forces britanniques campant aux abords de la capitale.Dans un premier temps, la jeune femme, dit-on, a couru sous une pluie d'obus pour sauver la vie de «Kelpers» (insulaires), pris dans la nasse.Puis, elle a fait d'innombrables aller-retour entre Argentins et Britanniques pour plaider la cause d'un cessez-le-feu.«Si elle n'avait pas été là, assure son mari, je ne crois pas qu'on serait parvenu à une trêve des combats.» "]
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