La presse, 4 avril 1981, Le Magazine perspectives
[" a i | v Semaine duVavril 1981 \u2014 V*olVîNo14 xlM I 9m \t\t| | Il\t\t\tïTl 1 1\t \t\t\t\t\t\t La décriminalisation de la marijuana: pour comprendre toutes les facettes de la question avant qu'elles ne s'inscrivent dans la pierre.Au cours de 1981, la Chambre des Communes ouvrira les débats sur un projet de loi visant à décrimi-naliser la possession de marijuana.Si ce projet de loi est par la suite approuvé, la possession de marijuana ne constituera plus un acte criminel mais un simple délit la personne appréhendée ne sera plus passible d'emprisonnement et devra plutôt payer une amende.Même si le projet de loi ne légalise pas entièrement le fait de fumer de la mari, la grande majorité des gens l'interprétera comme tel.Puisque vous pouvez en posséder, vous pouvez donc en ftimer.Et si vous pouvez en fumer, vous pouvez aussi \"partir complètement dans les vapes'! Voilà qui nous mène au seul point dissonant de ce changement juridique qui, autrement, serait humanitaire.Une étude récente de la Fondation de Recherches sur les Blessures de la Route au Canada fournit la preuve qu'une victime d'accident sur huit avait consommé du cannabis.L'argument est irréfutable.Pour nous, c'est aussi la preuve que l'opinion populaire selon laquelle la mari n'influence pas les réflexes psychomoteurs est une fausse croyance.Dangereusement fausse, car l'herbe peut tuer sur la route aussi sûrement que l'alcool.La position d'Allstate sur ce sujet de vie ou de mort est simple: ce n'est pas à nous d'être pour ou contre la décriminalisation de la marijuana, c'est l'affaire du Parlement Mais c'est notre devoir de nous ériger contre les pertes de vies inutiles et les blessures causées par les accidents routiers./instate Après tout, ne sommes-nous pas les mieux placés pour contempler dans toute son horreur ce gaspillage grandissant de vies humaines et d'argent?Un tel gâchis doit cesser! Alors, avant que le Parlement approuve un projet de loi pouvant entraîner des risques aussi sérieux que ceux de l'alcool pour la sécurité routière, il est important d'en comprendre au moins les conséquences et d'en discuter.Il faut se demander, ainsi qu'à nos représentants élus, s'il ne manque pas des faits à l'heure actuelle pour justifier une décision à si longue portée.Et si, dans notre enthousiasme d'alléger les jeunes gens d'un dossier criminel, nous ne les condamnons pas à un suicide sur la route.Finalement, la loi sur le cannabis ne devrait-elle pas infliger des sanctions aussi sévères pour la possession de marijuana à bord d'un véhicule que celles déjà existantes pour la présence de bouteilles ouvertes de bière ou d'alcool?Voilà pourquoi Allstate vous conseille fortement d'en peser les conséquences avant qu'elles ne s'inscrivent dans la pierre.Pour de plus amples renseignements sur le Ginnabis ei ses cffcis sur la conduite automobile, écrivez à: Allstate du Canada, Compagnies d'assurance, 255.Consumers Road, Willowdalc, ( )ntario.M2J 1R4 LA DURE ET JOYEUSE ECOLE DE KATIMAVIK Une saison dans la vie de xq jeunes Thérapie de groupe pour adolescents blasés, ou forme nouvelle d'engagement pour adultes de demain?Cette question devenait gênante, en approchant par un matin glacial du village de Lyster, situé à 70 km au sud-ouest de Québec, pour y rencontrer les trente participants âgés de 17 à 21 ans du programme Katimavik.Insérés dans cette petite communauté de 2 100 habitants, ils y vivent par cellules de dix une expérience de groupe unique, en cultivant un mode de vie axé sur la conservation des ressources plutôt que sur leur consommation.Le programme Katimavik, fondé en 1977, est le bébé de l'écrivain québécois lacques Hébert, coprésident et cofondateur.La mission de ce programme jeunesse: marier bénévolat et possibilités d'épanouissement personnel par de nouvelles expériences de vie.Cet organisme sans but lucratif, subventionné par le gouvernement fédéral, a permis en quatre ans à 5 000 jeunes de toutes les régions du pays et de toutes les couches sociales d'oeuvrer dan* 147 projets et 280 communautés, en collaboration avec 864 organismes sans but lucratif.À l'époque, lacques Hébert parlait de «révolution culturelle par les jeunes de ce pays trop heureux qui s'ennuie à mourir».Témoin de la crise de l'énergie et des problèmes d'environnement, Katimavik propose à ses participants des formes de vie nouvelles où les mots dépollution, conservation, culture organique et écologie prennent la saveur du vécu quotidien.«La vie de groupe est le noeud du projet, mais le travail bénévole dans la communauté d'accueil est une façon de rendre service», raconte le coordonnateur Paul Chartier en m'accueillant chez la marraine du projet à Lyster, Mme Liliane Mercier.Katimavik est un terme inuit signifiant «lieu de rencontre», où, durant neuf mois, le jeune rencontre lui-même, le groupe («son» groupe de dix) et la communauté.C'est une expérience exigeante, un défi.Il faut, pour être admis à cette «classe-choc» de la vie, plus de chance que de diplômes: fouillant parmi les mil-* liers de demandes annuelles, un ordinateur choisit au hasard les participants selon des critères d'âge, de sexe, de langue maternelle, de revenu familial et de région.Neuf mois durant, ils reproduiront, par Katimavik, une «mini-société» canadienne, en quelque sorte.Paul Char-tier croit bon de préciser: «Bien sûr, certains jeunes ont parfois un passé peu reluisant, fait de délinquance ou de drogue.Mais ils viennent ici avec la volonté de changer.» I y a peu d'abandons en cours de route.À Lyster, les 33 participants de départ sont actuellement 30 Un retour aux études «in extremis», un fils unique désemparé, et l'action commune du groupe pour expulser un indésirable constituent les trois cas.Nous sommes en route vers l'une des maisons abritant un groupe de jeunes.Même sise à quelques milles du village, c'est l'interdiction formelle de pratiquer l'auto-stop.«Celui qui est pris à le faire sera expulsé sur-le-champ, indique Paul Chartier, en précisant les quatre autres règles d'or de Katimavik.pas de drogue, pas d'alcool pour les mineurs, pas de cohabitation entre garçons et filles, faire sa part des travaux de groupe.» Le programme fournit à tous les participants nourriture et logement, de même qu'un dollar par jour d'argent de poche et une indemnité de 1 000$ à la fin du stage pour faciliter leur réintégration au marché du travail ou à la vie académique.À notre arrivée, le groupe s'empresse de dresser la table.Au menu, des nouilles grises et une sauce grise, ainsi qu'une salade.Un vrai repas végétarien, préparé par Gilles, de Québec.À Katimavik chacun, à tour de rôle, prépare le repas de la communauté, à l'aide des produits de la petite ferme et de I élevage.Le groupe interpelle joyeusement, en français et en anglais, l'animateur, Raymond, qui vit et mange au milieu d'eux.«Au début, me raconte Paul Chartier, l'agent de groupe di- 186,000 personnes déficientes mentales ont besoin de votre aide.Donnez la valeur d'une heure de votre temps au bénévole qui vous sollicitera ou à votre Caisse populaire, Association du Québec pour les déficients mentaux 1 ! 93 rue Place Phillips, suite 3950.Montréal.Québec H3B 3EI rige, même si tout se décide par consensus.Mais après deux mois, ça commence à se parler «dans la face».C'est essentiel pour que chaque cellule parvienne à son propre fonctionnement, à sa propre maturité.» Il avoue que certains agents de groupe ont déchanté, après avoir fixé des objectifs nettement hors de portée des participants.«Depuis le début, dit-il, les jeunes ont fait un tas de choses: l'élevage des poules, l'alimentation naturelle, des travaux de construction.Maintenant on tente de faire le point: qu'avons-nous fait jusqu'ici?Pourquoi l'a-vons-nous fait?Tout cela peut-il déboucher sur un mode de vie?» En attendant les travaux de l'après-midi, deux garçons jouent aux cartes, pendant que, près d'eux, une anglophone poursuit sa lecture de Shogun, indifférente.Barbara, une Ontarienne, fait le boute-en-train, lançant à l'occasion quelques mots en français.«Dans notre groupe, m'explique Diane, de Drummond-ville, la proportion d'anglophones et de francophones est semblable, mais Raymond est un animateur québécois, alors le groupe parle surtout français.Mais ce sera bien différent à Terre-Neuve, prochaine étape du voyage.» Car à Katimavik, les participants ne demeurent jamais plus de trois mois dans la même province.Ceux de Lyster se préparaient à partir pour Terre-Neuve.Plus tard ce sera l'Alberta.Neuf mois en tout.À Lyster, la présence de trente jeunes étrangers vivant «en commune» et travaillant à des projets de groupe a été mal perçue par certaines personnes qui les accusaient d'enlever des emplois aux ouvriers locaux Pourtant, avec labénédiction des autorités municipales, Katimavik dirige les jeunes vers des travaux qui, sans eux, n'auraient sans doute pas été faits, faute d'argent et de ressources Ainsi, jour après jour change la face du village: neuf participants, dirigés par Simon, ont déplacé la maison mal zonée des réfugiés laotiens Ils s'affairent maintenant à en rénover l'intérieur.Et Alice, Terry, Denis et Nadeje, occupés depuis deux mois à réparer le chalet des loisirs de Lyster, ont troqué le marteau contre le tournevis pour assembler les étagères de la bibliothèque municipale.«Ainsi les gens n'ont pas mis longtemps à comprendre que les participants de Katimavik étaient gentils et s'intéressaient à notre milieu», me dit Mme Mercier, qui siège au conseil municipal.Laissant là ses outils, François, 19 ans, se dirige vers nous.«Je voulais vivre une vie de groupe, raconte cet ex-étudiant en enfance inadaptée à l'université du Québec à Trois-Riviè-res, qui a tout balancé pour Katimavik.|e savais au départ que j'étais différent des anglophones de mon âge, mais à vivre ici avec eux, je le constate chaque jour, par nos réactions.Même si je cherche encore à m'isoler, j'apprends à fonctionner dans mon groupe.Katimavik va m'apporter quelque chose» «en dedans.» our Wenda, 21 ans, de Prince-George en Colombie britannique.Katimavik a été l'occasion (Je quitter un travail de caissière pour voir du pays.Peu initiée au français, qu'elle trouve difficile, elle dit: «Après les neuf mois du projet, j'aurai connu une vie de groupe intense.» Ln 1979-80, le programme Katimavik a impliqué I 512 jeunes Canadiens, et coûté à l'État 10 4H4 (XX) dollars, soit 6 933$ par tête.Une école coûteuse?Pas pour Jacques Hébert, pour qui le programme devrait même garantir des crédits scolaires.«Dans quelle école, dit-il, les élèves peuvent-ils encore vivre à lé chelle humaine, avec un groupe de leurs semblables, apprendre le partage et la générosité, bâtir des amitiés solides avec des jeunes des quatre coins du pays, se découvrir eux-mêmes, se développer personnellement à une vitesse accélérée, trouver des réponses à mille questions jusque-là encore jamais posées, et au bout de neuf mois savoir enfin ce qu'ils veulent faire du reste de leur vie?» Oui, car il y a une fin à toute expérience à Katimavik.et il taut préparer les jeunes au choc de la fin.«Ils devront parvenir, ciit Paul Chartier, le coordonnateur, à s'impliquer par eux-mêmes, à transférer la force du groupe en énergie individuelle.» Ce qui n'est pas toujours facile.Redevenue étudiante, Lucie F., diplômée de l'an I de l'école de la vie de Katimavik, avoue que le «retour en ville» ne s'est pas fait sans heurt.«On nous avait proposé un mode de vie nouveau, dit-elle, sans préoccupation financière la durée du programme Sans Katimavik, ce fut moins facile à réaliser.» Lucie F.tente depuis d'appliquer à sa vie des principes familiers: ceux de la coopération et de la récupération ( i AUDI F ORANI) IE RIS D'aussi loin que je me souvienne, j'ai ioujours détesté faire mon lit.Dans mon enfance, ma mère refusait de me servir mes céréales si j'avais laissé mon lit à découvert.J'avais donc développé certaines techniques particulières pour faciliter l'opération: après avoir aplati de quelques taloches bien appliquées draps, couvertures et oreillers, j'étalais soigneusement l'édredon.Bien malin qui aurait pu deviner le fouillis sous le couvre-pied! Même ce manège finit par me peser.Un matin, comme je pressais entre les ongles de mes deux index un comédon d'acné qui avait surgi sur mon menton, je vis des poils follets qui hérissaient le bas de mon visage.Je pris la savonnette de mon père, son blaireau et son rasoir, et après avoir enduit de mousse les quelques poils, je les fis disparaître en moins de deux.Le hasard voulut que, sur ces entrefaites, ma mère passant dans ma chambre constata que le lit n'avait pas encore été fait.Comme elle m'ordonnait d'y voir, je répondis que je n'y pouvais rien sur l'heure, ayant à me raser comme mon père.Impressionnée sans doute par ma subite accession à la virilité, elle rhabilla mon lit elle-même en un tournemain.Les matins d'après, dès mon réveil, je me précipitais dans la salle de bains pour me savonner le visage et y glisser le rasoir de papa.A moins de me lever beaucoup plus tôt, il n'était plus possible avant de partir pour l'école de m'acquitter à la fois du rasage et du lit.Ma mère demanda à ma soeur de faire le lit à ma place.Ma soeur protesta avec véhémence, sans obtenir gain de cause.\u2014 Tu n'auras jamais à te raser, toi ' Pour bien montrer à ma soeur qu'elle n'exigeait rien qu'elle ne consentît elle-même, elle ajouta: \u2014 le fais bien le lit de ton père tous les matins pendant qu'il se fait la barbe.\u2014 Ai-je besoin d'écrire que pas un matin par la suite je ne pris le risque de ne pas me raser?Ennuyée d'avoir FOURNIES.DANS MA BARBE à entretenir mon lit et le sien, ma soeur me dévisageait et disait à ma mère: \u2014 Regarde, il n'a même pas un poil.\u2014 Il n'a pas de poil parce qu'il se rase, voyons! se contentait-elle de répondre à ma soeur qui avançait une lippe boudeuse.Le poil envahit enfin mes joues presque jusqu'aux tempes, poussa plus dru sur la lèvre inférieure et sous le nez.Il apparut même dans le cou du poil qui rivalisait avec l'acné dont l'efflorescence entravait le passage quotidien du rasoir.Malgré l'expérience, l'abondance de plus en plus grande de ma barbe et la vigueur qu'elle avait prise prolongeaient un peu plus chaque année le temps de rasage.Quand je me mariai et que ma femme eut la velléité de croire que je pourrais faire le lit, je lui fis part de l'impossibilité de concilier les deux opérations.La question ne revint jamais sur le tapis.Sans même discuter, avec la résignation qu'on a toujours devant l'inéluctable, ma femme faisait le lit tous les matins et je me rasais soigneusement dans la salle de bains.Nous entretenions même un constant dialogue, histoire d'oublier que nous accomplissions l'un et l'autre une tâche qui ne nous plaisait guère.Cette heureuse harmonie à laquelle nous étions rompus a pris fin abruptement il y a quelques mois.Un matin, ma femme s'est levée du mauvais pied et a mis l'autre par terre: \u2014 C'est fini, dit-elle, maintenant que les enfants sont partis, que tu n'entres jamais au bureau avant 10h, tu feras le lit une fois sur deux ! \u2014 Et ma barbef demandai-je catastrophé.J'eus beau argumenter, rien n'y fit.Depuis ce jour tatidique, je tais le lit une fois sur deux.Eh bien, croyez-le ou non, je jure que ma barbe pousse moins vite qu'auparavant.)e n'aurais jamais cru qu'il put y avoir un rapport direct entre le fait de faire le lit et la croissance de la barbe /si, depuis qu'elle ne touche plus au lit qu'un jour sur deux, de vilains petits poils follets n'étaient apparus sur le visage de ma femme.Quand elle constatera ce rapport troublant, elle reprendra sûrement son habitude quotidienne.En attendant, je ris dans ma barbe.Louez n'importe quel compteur postal Pitney Bowes et nous vous donnerons les seuls timbres dont vous aurez jamais besoin.Un compteur postal Pitney Bowes se loue au mois, mais il arrive souvent que ses frais s'amortissent deux-mêmes après la première semaine.par une amélioration du rendement dans les bureaux, une réduction des déplacements au bureau de poste et une économie de temps.Et vous pourrez aussi contribuer à la réussite d'une cause qui n'a pas de prix: le bonheur des enfants assistés par la Campagne des Timbres de Pâques.Easter Seafehefp harxllcappeclc^ld^ Les timbres deféquesaderît tes enfants handicapés o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o Easter Seafehefp Vmlicappedchllàen les timbres de fôques aident tes enfants Une vx'^^|RlÉSP^^&')Ce:e ^ bonne affaire\\^W^ COmplM pMtKjue Iai« T!mU»n\\ .a^T afXKjtons poussoirs pour les i imbres w de Pâques! 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