La presse, 7 mai 2011, C. Arts et spectacles
[" ARTS ET SPECTACLES MAXIM MARTIN LE MONDE SELON MAXIM PAGES 20 ET 21 ANAÏS BARBEAULAVALETTE ADVIENNE QUE POURRA PAGE 3 www.cyberpresse.ca/arts PHOTOS Visionnez nos galeries de photos sur cyberpresse.ca/photos/arts DISQUES Découvrez toutes nos critiques de disques sur cyberpresse.ca/disques SÉPARÉS À LA NAISSANCE Consultez toutes les ressemblances entre les vedettes sur cyberpresse.ca/separes GRUBB Le metteur en scène québécois Serge Denoncourt travaille depuis deux ans à monter une comédie musicale avec de jeunes Roms de Serbie.GRUBB, pour Gypsy Roman Urban Balkan Beats, n\u2019est toutefois pas seulement un projet artistique, c\u2019est aussi un projet éducatif qui vise à favoriser la scolarisation de ces enfants et adolescents constamment confrontés à la discrimination et l\u2019exclusion.Notre journaliste Alexandre Vigneault a assisté aux répétitions du spectacle à Belgrade et s\u2019est rendu dans les ghettos où vivent des jeunes participant au projet.À LIRE EN PAGES 12 ET 13 PHOTO SOPHIE GUESNE, COLLABORATION SPÉCIALE MONTRÉAL SAMEDI 7 MAI 2011 « Un génie de danseur » Mouvement « Israel Galván (\u2026) catapulte le flamenco vers son avenir » Midi Libre INFO-FESTIVAL 514-844-3822 1-866-984-3822 FTA.QC.CA ÉPOUSTOUFLANT RETOUR D\u2019ISRAEL GALVÁN AU FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES Entouré de 11 musiciens, le prodigieux danseur Israel Galván repousse les limites du flamenco contemporain dans une danse d\u2019exorcisme endiablée.EL FINAL DE ESTE ESTADO DE COSAS, REDUX Israel Galván / Séville 27, 28 mai / Place des Arts, Théâtre Maisonneuve ARTS ET SPECTACLES 7 4 SOCALLED Josh Dolgin, alias Socalled, producteur, chanteur, compositeur, DJ, pianiste, photographe, cinéaste et magicien, a mis quatre ans avant livrer sa nouvelle galette, disponible dans les bacs mardi.HUGO DUMAS Les candidats d\u2019Un souper presque parfait de V rivalisent de bitcheries et de remarques aussi acides qu\u2019un vinaigre balsamique passé date, écrit Hugo Dumas.NATHALIE PETROWSKI Si Oussama ben Laden est mort, est-ce que ça veut dire que Dieu existe ?Si c\u2019est le cas, Nathalie Petrowski exige la photo.BIENNALE DE MONTRÉAL ClaudeGosselin et David Liss, les deux commissaires de la Biennale, ont choisi le hasard comme phare de cet événement d\u2019art contemporain, présenté jusqu\u2019au 31 mai.LE FIDELCHO Alain de Repentigny raconte la petite histoire d\u2019un artiste devenu entrepreneur qui revient à ses premières amours et s\u2019offre le trip de sa vie.5 6 17 8 TÉREZ MONTCALM Avec Here\u2019s to you\u2014Songs for Shirley Horn, TérezMontcalm rend hommage à son idole.NICOLE KRAUSS Après avoir levé le voile sur une éblouissante Histoire de l\u2019amour, la prodigieuse Nicole Krauss nous fait visiter sa Grande maison.Entrevue avec une très grande femme de lettres.15 22 YAEL NAIM La diffusion de sa chanson New Soul dans une pub d\u2019Apple, en 2008, en a fait une star mondiale.Après un premier passage réussi au Festival de jazz, Yael Naim joue ce soir à L\u2019Astral.19 LES GRANDS BALLETS CANADIENS La saison des Grands Ballets s\u2019achève avec une soirée complète signée MarcoGoecke et Stephen Thoss.Intimité, intensité et impétuosité au programme.16 MICHEL MARC BOUCHARD La pièce Le chemin des passes dangereuses, de Michel Marc Bouchard, renaît au Bain Saint- Michel, dans une mise en scène signée Michel- Maxime Legault.PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Michel Marc Bouchard et Michel -Maxime Legault PHOTO ARCHIVES LA PRESSE PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE PHOTO DE HANS GERRITSEN PHOTO ©JOYCE RAVID llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 ABONNEZ -VOUS! SAISON 2011 - 2012 duceppe.cOm 514 288-5034 Match de Stephen Belber À l\u2019ombre d\u2019Hemingway de Stéphane Brulotte Pourquoi pas?de Norm Foster L\u2019Oratorio de Noël de Michel Tremblay Les Peintres du charbon de Lee Hall mise en scène de Michel Poirier mise en scène de Monique Duceppe mise en mise en scène de Stéphane Brulotte scène de Serge Denoncourt mise en scène de Claude Maher ARTS ET SPECTACLES ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE ADVIENNE QUE POURRA PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE «Le monde arabe fait peur et moi, je veux en montrer la beauté des paysages et des gens », dit Anaïs Barbeau-Lavalette, qui partira dans un mois pour la Palestine.NATHALIE PETROWSKI T\u2019as jamais eu peur ?C\u2019est la première quest ion que j\u2019ai posée à Anaïs Barbeau-Lavalette dans le petit café déglingué du Mile End où elle venue me rejoindre avec Manoë, son adorable poupon de 6 mois.Je venais de terminer la lecture d\u2019Embrasser Yasser Arafat, écrit au fil de ses séjours en Palestine, ce pays blessé et assiégé où elle a étudié l\u2019arabe, tourné un documentaire, rencontré Arafat et noué de nombreuses amitiés.Pa rmi ses ch roniques palestiniennes, une raconte la mort de Yussef, un jeune Palestinien écrasé sous ses yeux par une jeep de l\u2019armée israélienne à Ramallah.Anaïs était sur le trottoir d\u2019en face avec son coréalisateur Arnaud Bousquet quand l\u2019incident est arrivé.Ils ont décidé de filmer la scène puis, à la demande des parents de l\u2019enfant, à la faire diffuser sur la chaîne Al-Jazira.Dans ses chroniques, Anaïs écrit de manière simple et poignante deux petites phrases qui disent tout : « Le corps de Yussef repose sans vie au milieu de la rue.J\u2019ai du sang sous mes souliers.» C\u2019est en pensant au sang de Yussef et à cette région du monde où la violence explose à n\u2019importe quel moment et où la mort surgit au détour des rues que j\u2019ai demandé à Anaïs si elle n\u2019avait pas peur.Peur pour son bébé et pour toute la tribu qui l\u2019accompagnera pour le tournage d\u2019Inch Allah en octobre prochain : ses parents, son amoureux, le comédien Émile Proulx- Cloutier, et sa belle-mère, Danielle Proulx, tous du voyage pour s\u2019occuper de Manoë.Après m\u2019avoir assurée de son extrême prudence et du fait que son bébé ne prendra pas un seul autobus, elle m\u2019a confié que ses vraies peurs étaient ailleurs que dans les rues défoncées de Ramallah.«Ma plus grande peur, c\u2019est que je suis allée à Téléfilm alors que j\u2019étais enceinte de huit mois.J\u2019ai eu peur qu\u2019ils refusent de financer mon film parce que j\u2019étais sur le point d\u2019accoucher.Par la suite, j\u2019ai eu peur d\u2019être tassée parce que j\u2019étais une jeune maman, censée rester à la maison avec son bébé, ce que je fais aussi.C\u2019est des choses comme ça qui me font peur.En même temps, quand j\u2019entends les femmes cinéastes se plaindre qu\u2019elles ne tournent pas assez, j\u2019ai de la difficulté à m\u2019identifier avec leur discours.Je n\u2019ai jamais senti que je travaillais moins parce que j\u2019étais une fille.» Impossible de le nier : à 32 ans, Anaïs Barbeau- Lavalette a une feuille de route cinématographique enviable.Elle a déjà à son actif sept documentaires, dont plusieurs ont été primés, un premier long métrage (Le ring), un deuxième en chantier et la série télé sur ARTV, Les voix humaines, dont elle a imaginé le concept et réalisé des épisodes.Ajoutez à cela un roman (Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface), un recueil de chroniques (Embrasser Yasser Arafat), un bébé et deux campagnes électorales où elle a milité activement contre Harper, d\u2019abord du côté des artistes au moyen du projet vidéo Unissons nos voix, puis cette fois pour le vote des jeunes avec la campagne web Protégez vos arrières.Attachement à la Palestine Bref, voilà une jeune femme fort occupée, qui veut tout faire en même temps et mordre dans la vie à pleines dents.Reste que cela n\u2019explique pas son attachement intense à la Palestine.«Le monde arabe fait peur et moi, je veux en montrer la beauté des paysages et des gens.Cela dit, mon attachement est paradoxal dans la mesure où il n\u2019y a pas un pays qui me ressemble moins que ce pays-là.Moi, à cause de la façon dont j\u2019ai été élevée, j\u2019ai une soif immense de liberté.Or, la liberté n\u2019est pas ce qu\u2019on trouve en grande quantité en Palestine et pourtant, on dirait que j\u2019ai besoin de retourner dans ce pays pour me livrer à une sorte de confrontation identitaire avec moi-même, pour me sortir de mon confort douillet et me brasser intérieurement.La Palestine, c\u2019est une sorte de grand défi personnel.» Autant dire que ce n\u2019est pas le seul défi que s\u2019est lancé cette jeune femme téméraire, fille de la cinéaste Manon Barbeau et du directeur photo Philippe Lavalette, et petitefille du peintre et signataire de Refus global Marcel Barbeau.À 20 ans, Anaïs a quitté son adolescence dorée d\u2019Outremont et ses amis du Collège Stanislas pour aller monter Le Petit Prince dans les bidonvilles du Honduras avec des enfants de la rue.C \u2019é t a it au l endema in d\u2019un ouragan dévastateur qui avait laissé une partie du pays en ruine.Pendant une année complète, elle a répété d\u2019arrache-pied avec des enfants poqués, drogués à la colle, sales et mal nourris.Puis, après la présentation du spectacle dans un grand théâtre national, elle est partie en vacances au Guatemala où elle a été prise en otage par des guérilleros qui ont failli lui faire la peau.Après le Honduras, il y a eu l\u2019Argentine et puis son coeur voyageur s\u2019est mis à battre pour la Palestine où elle a séjourné au moins huit fois, dont la toute première fois pour apprendre l\u2019arabe et étudier les sciences politiques à l\u2019Université Birzeit.Mais ce n\u2019est pas parce qu\u2019elle a rencontré Yasser Arafat dans son parlement en ruine trois mois avant sa mort ni parce qu\u2019il lui a plaqué un baiser sonore sur la bouche que la Palestine a toujours été accueillante à son égard.« La violence extrême de ce pays m\u2019habite autant que les odeurs et l\u2019authenticité des rires explosent derrière les portes fermées.Reste que voyager en Palestine quand tu es une femme, c\u2019est dur.Il m\u2019est arrivé quelques mauvaises expériences dont je n\u2019aime pas parler parce que je n\u2019ai pas envie que ces souvenirs malheureux ternissent toutes les belles choses que j\u2019y ai vécues.Cela dit, quand je suis là-bas, je sais où aller et où ne pas aller.Je ne me promène pas en minijupe, mais couverte jusqu\u2019au cou.Pantalons, manches longues, foulard, bas dans mes sandales, y a pas un pouce de peau qui dépasse.Et quand je reviens à Montréal, c\u2019est fou, mais ça me prend des semaines avant de me redécouvrir à nouveau.» Le jour de notre rencontre, Obama venait d\u2019annoncer la mort d\u2019Oussama ben Laden.J\u2019étais curieuse de savoir ce qu\u2019Anaïs en pensait.«Ma première réaction a été d\u2019avoir peur des répercussions, car son mythe dans ces pays-là est fort.Il n\u2019est pas rare de voir des affiches à son effigie dans les marchés.Mais je n\u2019étais ni triste ni soulagée.J\u2019aurais préféré qu\u2019ils restent discrets au lieu de faire tout un spectacle avec ça.» À six mois du début du tournage de Inch Allah produit par Micro_scope, la boîte qui a produit Incendies, Anaïs affirme que non seulement elle va tourner son plus gros film, mais également son rêve de cinéaste.Elle refuse d\u2019avoir peur, mais remercie le ciel d\u2019avoir pu réaliser dans la même région le documentaire sur le tournage d\u2019Incendies.Bref, elle sait exactement où elle s\u2019en va et elle le fait en plus avec son père Philippe Lavalette qui sera son directeur photo et qui, dit-elle, fait ressortir le meilleur d\u2019elle-même.L\u2019entrevue est terminée lorsque, pour la dernière fois, j\u2019essaie de comprendre ce qui pousse cette jeune femme à braver tant de dangers.Anaïs me regarde droit dans les yeux et me lance sans sourciller qu\u2019elle pense à la mort constamment et que c\u2019est l\u2019idée qu\u2019elle pourrait mourir n\u2019importe quand qui la pousse à vivre intensément chaque minute de sa vie.J\u2019en déduis que l\u2019adage «Advienne que pourra » n\u2019est pas que le titre en français de son film.C\u2019est le titre de sa vie.«La liberté n\u2019est pas ce qu\u2019on trouve en grande quantité en Palestine et pourtant, on dirait que j\u2019ai besoin de retourner dans ce pays pour me livrer à une sorte de confrontation identitaire avec moi-même, pour me sortir de mon confort douillet et me brasser intérieurement.La Palestine, c\u2019est une sorte de grand défi personnel.» Dans un mois, Anaïs Barbeau-Lavalette partira avec armes, bagages et bébé pour la Palestine.Elle ira préparer le tournage de son prochain long métrage Inch Allah, qui porte sur l\u2019amitié entre une travailleuse humanitaire québécoise et une Palestinienne.En attendant, elle se souvient du baiser sonnant qu\u2019elle a reçu de Yasser Arafat trois mois avant sa mort.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE TRIO MUSIQUE ÉMILIE CÔTÉ Buddy Holly PHOTO AP PHOTO ALAIN ROBERGE,LA PRESSE Damien Robitaille IMPRO MUSICALE La dernière demi-finale de la Ligue d\u2019improvisation musicale (LIMM) aura lieu jeudi, au Petit Campus, où s\u2019affronteront l\u2019équipe de Chez Baptiste (Stefan Shneider, Maxime Lepage, Sylvain Pohu, Guido Del Fabro et Martin Lizotte) et celle du Petit Campus (Sage Reynolds, Dan Thouin, Sean Craig et Robi Kuster).Le gagnant affrontera l\u2019équipe du Divan orange lors de la finale, le 2 juin.Tous les matchs de la saison 2010-2011, la huitième de la Ligue, ont affiché complet.QUÉBECFOLIES AUX FRANCOFOLIES DE SPA Les Cowboys fringants, Radio Radio, Damien Robitaille, Jérôme Minière, Alex Nevsky, Stéphanie Lessard et Francis d\u2019Octobre participeront à Québecofolies, nom de la nouvelle vitrine culturelle québécoise qui sera inaugurée aux 18e Francofolies de Spa, qui se dérouleront du 20 au 24 juillet.Marie-Pierre Arthur prendra également part au festival dans le cadre de la Tournée des 3 Francos, en compagnie de Sacha Toorop (qui représentera la Belgique) et Albin de la Simone (qui représentera la France).Il s\u2019agit de l\u2019une des plus importantes délégations québécoises à participer aux Francofolies de Spa.Les artistes (appuyés par Les Offices jeunesse internationaux du Québec) seront regroupés pour la première fois sous une bannière commune, comme au festival South by Southwest (SXSW), au Texas.ALBUM HOMMAGE À BUDDY HOLLY Les étiquettes Fantasy et Concord sortiront un album hommage au rockeur texan Buddy Holly, le 28 juin, et les invités sont de marque : Modest Mouse, My Morning Jacket, Julian Casablancas, Fiona Apple, Cee-Lo, Florence and the Machine, The Black Keys, Lou Reed et She&Him, pour ne nommer que ceux-là.Bien que mort à seulement 22 ans dans un accident d\u2019avion, Buddy Holly a beaucoup influencé des groupes et auteurs-compositeurs comme les Beatles, les Beach Boys et Bob Dylan.Sans oublier la chanson que Weezer lui a consacrée.Qu\u2019ont en commun le chanteur Enrico Macias, la rappeuse Roxanne Shanté, la légende calypso The Mighty Sparrow et Gonzalez, roi de la pop?A priori, pas grand-chose, sauf ceci : tous collaborent à Sleepover, le nouvel album du Montréalais Josh Dolgin, alias Socalled.SOCALLED De culture juive à pop culture POP SOCALLED SLEEPOVER DARE TO CARE En magasin mardi JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Le producteur, chanteur, compositeur, DJ, pianiste, photographe, cinéaste, magicien et archéologue du disque a mis quatre ans avant nous livrer cette nouvelle galette solo, sortie en format numérique cette semaine et disponible dans les bacs mardi.Assez longtemps pour peaufiner son style hybride unique, mais aussi pour évoluer dans sa quête artistique et identitaire.Si la fibre juive est encore détectable sur Sleepover, l\u2019artiste la revendique beaucoup moins que sur son précédent Ghettoblaster.Socalled ne voulait plus se résumer aux sonorités yiddish qui l\u2019ont défini et fait sa réputation jusqu\u2019aux confins de la Volga, notamment grâce au clip de You Are Never Alone, vu plus de deux millions de fois sur YouTube.Cette fois, sa démarche l\u2019amenait ailleurs.« Je suis aussi juif qu\u2019avant, mais je suis beaucoup moins intéressé par les prises de position identitaires.La culture juive m\u2019a donné une voix.Maintenant que je l\u2019ai trouvée, je ne veux pas m\u2019asseoir dessus.Je veux embrasser large et être entendu par un maximum de gens », explique le musicien, rencontré cette semaine dans un café bobo du Mile End, avant son départ pour une série de spectacles à Londres avec Gonzalez.F i na l emen t , S l e e p o v e r n\u2019est qu\u2019un simple dis - que de musique pop, dit Socal led.Sauf que dans son cas, comme d\u2019habitude, pop rime aussi avec hiphop, sampling, instruments folk traditionnels, mélodies accrocheuses et bric-à-brac sonore.Cet incroyable éclectisme, qui est devenu sa marque de commerce, est accentué par une improbable brochette d\u2019invités, qu\u2019on ne verrait pas normalement ensemble, mais qui dans la galaxie Socalled, semblent tous avoir leur place.Out re les quatre noms c ités plus haut, l \u2019a lbum c onv i e ent re au t r es le trompettiste serbe Bobian Markovic, le guitariste funk Allen Watsky, le rappeur québécois Sans Pression, le pianiste quasi centenaire Irving Fields et le roi de la House de Chicago Derrick Carter.Et puis, il y a bien sûr l\u2019incontournable chanteuse Katie Moore, dont la voix est devenue si étroitement liée à celle de l\u2019oeuvre socalledienne qu\u2019on ne peut tout simplement pas imaginer l\u2019une sans l\u2019autre.Le résultat est forcément ludique, voire joyeux.Du moins en apparence.« Ce sera la trame sonore de l\u2019été», lance le musicien derrière ses lunettes à la Woody Allen, qui lui donnent son éternel air de clown.Turbulences Mai s sous l a su r face , Sleepover est un album profondément mélancol ique, confie-t-il.«Je l\u2019ai fait dans une période particulièrement turbulente de ma vie.Une période de transition, tant sur le plan créatif que personnel, pendant laquelle je me remettais beaucoup en question.» Il souligne que la chanson Beautiful, qu\u2019il a écrite entièrement seul \u2013 chose rare dans son cas \u2013 est le reflet de cette période difficile.Ne pas croire, cela dit , que tout va mal dans la vie de Socalled.Après Arcade Fire et Patrick Watson, Josh Dolgin est un des musiciens montréa la is avec la plus grande activité internationale.Ses collaborations avec le clarinettiste américain David Krakauer et le tromboniste funk Fred Wesley l\u2019ont amené aux quatre coins de la planète musicale, tout comme son association avec le Mont ré a la i s - devenu- Par isien Gonza lez.Sans oubl ier sa pa r t icipat ion comme producteur au dernier disque d\u2019Enrico Macias (Voyage d\u2019une mélodie) et le documentaire The Socalled Movie, réalisé par le cinéaste montréalais Garry Beitel (Chez Schwartz\u2019s) qui s\u2019est promené dans les circuits des festivals.À l\u2019entendre, c \u2019est loin d\u2019être fini.Sleepover n\u2019est même pas encore sorti que Socalled a déjà un paquet d\u2019autres projets dans sa ligne de mire, le premier étant un album de reprises des chansons de Kurt Weill.Le musicien vient de passer 10 jours en résidence à Banff pour parfaire sa technique «kurt\u2013 weillienne» au piano et a déjà commencé à enregistrer quelques morceaux.Lhasa \u2013 à qui Sleepover est notamment dédié \u2013 devait faire partie de l\u2019aventure.À défaut, on devrait y retrouver la chanteuse Feist, le chanteur juif Theodore Bikel et même l\u2019extraterrestre du funk George Clinton, père de Parliament et Funkadelic.À suivre.Socalled, en spectacle au cabaret du Mile End, 12 mai à 20h.PHOTO FOURNIE PAR DARE TO CARE RECORDS «Ce sera la trame sonore de l\u2019été», lance à propos de son nouvel album le Montréalais Josh Dolgin, alias Socalled, derrière ses lunettes à la Woody Allen qui lui donnent son éternel air de clown.«Je suis aussi juif qu\u2019avant, mais je suis beaucoup moins intéressé par les prises de position identitaires.La culture juive m\u2019a donné une voix.Maintenant que je l\u2019ai trouvée, je ne veux pas m\u2019asseoir dessus.Je veux embrasser large et être entendu par un maximum de gens.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 7 M A I 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Il n\u2019y a pas si longtemps, dans une époque pré-Twitter, ma boîte de courriels se remplissait de commentaires du genre: «Franchement, vous êtes beaucoup trop sévère avec ce téléroman».Ou bien, cette remarque classique : « Vous essaierez d\u2019en animer une ou d\u2019en écrire une, émission de télévision, pour voir si c\u2019est facile que ça.» Maintenant, le ton des missives s\u2019est durci et la compassion a pris une solide débarque.Les commentaires ressemblent plutôt à : «Je vous ai trouvé vraiment trop gentil avec telle animatrice » ou bien «Vous auriez dû frapper plus fort sur ce comédien, car il est pourri».Si j\u2019écrivais dans ces pages la moitié du quart de ce que certains lecteurs m\u2019envoient, je croulerais sous les poursuites pour diffamation et atteinte à la réputation.Est-ce la multiplication de toutes les tribunes publiques, et leur accessibilité instantanée comme sur Facebook, qui ont opéré ce glissement et encouragé les gens à se débarrasser de leur filtre?Sans doute.Ce phénomène de «picossage extrême» a aussi contaminé l\u2019émission Un souper presque parfait de V, un de mes petits plaisirs télévisuels.Comme quoi le critique culturel n\u2019est plus du tout le seul à affûter ses couteaux Wüsthof.Le critique culinaire amateur aussi.Au départ, les évaluations entre les participants d\u2019Un souper presque parfait demeuraient toujours assez bon enfant.Mais depuis le retour des Fêtes, ouille, les candidats rivalisent de bitcheries et de remarques aussi acides qu\u2019un vinaigre balsamique passé date.À côté de ça, Gordon Ramsay passe pour Sonia Benezra.La semai ne tournée à Québec (celle du 18 avril) m\u2019a quasiment fait jeter mon tablier tellement les cuistots s\u2019assassinaient entre eux.Tout était mauvais, dégueulasse, pas mangeable, trop froid, trop cuit, pas assez relevé, et personne ne l\u2019a jamais préparé, ce souper presque parfait.En fait, personne n\u2019est passé proche de le cuisiner.Tenez, cette semaine, le candidat du mercredi, Jean- Daniel, a mitonné un tartare de canard au poivre du Sichuan et aux framboises, suivi d\u2019un carré d\u2019agneau en croûte d\u2019épices avec pommes sautées et tomates cerises confites à l\u2019ail.On ne parle pas ici d\u2019une assiette de Hamburger Helper accompagnée d\u2019une tranche de baloney boursouflée et d\u2019un verre de Kik Cola.Malgré tous ses efforts de cuisson au thermomètre et tout et tout, Jean-Daniel s\u2019est fait ramasser.«Je n\u2019aime pas l\u2019agneau », a bêtement justifié l\u2019émotive Victoria pour le planter.Du calme ici.Aux dernières nouvelles, personne dans le groupe n\u2019opérait un restaurant encensé par le guide Michelin, non?Aujourd\u2019hui, peu importe l\u2019effort ou la créativité injectés dans les plats, les notes frôlent toujours le six sur dix, soit à peine le seuil de passage.Et le derby de démolition continue: c\u2019est un repas de semaine, ça, mon fils de 6 ans en fait après sa leçon de karaté.Quoi, tu n\u2019as pas fait ta propre pâte filo?Franchement.La semaine dernière, le candidat François, un brin snob et arrogant, soyons franc, a servi du miel et du beurre d\u2019érable qu\u2019il a lui-même fabriqués.Quand même, ce n\u2019est pas rien.Mais, bof, ouin, ont raillé ses convives, peu impressionnés.Et François n\u2019a récolté que des six et un sept sur dix.En même temps, ce regard extrêmement critique sur la bouffe s\u2019explique, en partie, par la prolifération des émissions de cuisine sur toutes les chaînes québécoises.Les Daniel Pinard, Josée di Stasio, Ricardo et autres Touilleurs ont élevé notre degré de connaissance collective sur les aliments, les épices et l\u2019art de la table en général.Elle est bien loin l\u2019époque où seules les recettes de Jehane Benoît et de Pol Martin garnissaient nos tables.Moi, ils m\u2019impressionnent, ces volontaires du Souper presque parfait, quand ils concoctent des duos de foie gras et chutney à l\u2019américaine.Cette téléréalité n\u2019aurait jamais pu exister il y a 10 ans.On aurait alors assisté au festival du pain de viande (et sa macédoine) et du Jell-O vert fluo toutes les semaines.Chose certaine, avec ma vaisselle dépareillée, ma nappe blanche tachée de vin rouge et ma vieille table de cuisine peu stable, jamais je ne m\u2019inscrirais à cette émission.Mais vous savez quoi ?On s\u2019amuse quand même chez moi, dans ma minuscule cuisine digne d\u2019un studio new-yorkais.Et c\u2019est ça le plus important dans l\u2019art de recevoir des amis.même si le livreur du resto indien sonne à la porte avec une heure de retard.Je lévite Avec The Voice à NBC.Qui aurait cru qu\u2019une autre téléréalité de type American Idol pouvait renouveler le genre et être franchement intéressante ?Christina Aguilera, Cee Lo Green, Adam Levine et Blake Shelton forment des équipes d\u2019aspirants chanteurs et que le combat de boxe commence! Je l\u2019évite Le départ de Christiane Charette.Oui, j\u2019allais faire des chroniques télé à son micro une fois par mois.Cette démission, c\u2019est une grande perte pour la radio publique, quoi qu\u2019en pensent ses détracteurs.Une femme cultivée, vive, drôle et passionnée.Elle va nous manquer.Merci Christiane pour ces cinq années de quotidiennes.S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca La critique culinaire qui pique HUGO DUMAS CHRONIQUE Au départ, les évaluations entre les participants d\u2019«Un souper presque parfait» demeuraient toujours assez bon enfant.Mais depuis le retour des Fêtes, ouille, les candidats rivalisent de bitcheries et de remarques aussi acides qu\u2019un vinaigre balsamique passé date.SONIA SARFATI La quatrième saison de Brothers and Sisters (24 épisodes en anglais, avec sous-titres français) se termine de manière choquante \u2013 comprendre qu\u2019elle donnera un choc pour qui ne s\u2019abreuve pas régulièrement à la source des potins artistiques.Ceux qui consomment cette eau-là le savaient: l\u2019un des personnages importants de la série avait exprimé le désir de passer à autre chose et\u2026 bien, il fallait trouver le moyen de s\u2019en «débarrasser ».Mission accomplie.Mais voilà qu\u2019une autre rumeur commence à courir.Sally Field, la reine-mère de la série, répond de plus en plus souvent aux appels du grand écran: elle est de l\u2019aventure The Amazing Spider-Man et, surtout, elle campera l\u2019un des rôles principaux dans Lincoln de Steven Spielberg \u2013 dont le tournage se fera en même temps que celui de la sixième saison de Brothers and Sisters\u2026 si sixième saison il y a.Car cela, jumelé à une baisse des cotes d\u2019écoute et à d\u2019importantes coupes de budget, devient vraiment inquiétant quant à l\u2019avenir de la famille Walker au petit écran.C\u2019est triste parce que même si parfois, on ne peut que pouffer en se disant: «Là, c\u2019est trop!», quelque chose d\u2019extrêmement attachant nous empêche de tourner le dos à ces gens riches, pas trop célèbres et juste assez névrosés pour passer pour normaux.On a envie de s\u2019inviter à leur grande table, de participer à ces soupers où tout le monde finit par se crêper le chignon.D\u2019être partie prenante de ces drames qui se multiplient d\u2019un épisode à l\u2019autre.En cette quatrième saison, pas de nouvel enfant illégitime de feu William Walker mais le passé revient, prenant la forme d\u2019un ancien homme de confiance.Et puis, c\u2019est l\u2019année des bébés \u2013 grossesse non désirée, fausse couche, mère porteuse, on passe par tous les scénarios.L\u2019année des maladies, aussi \u2013 cancer et\u2026 allez, réfléchissons un peu, quel fléau médical n\u2019avait pas encore été abordé ?On jette l\u2019ancre sur ce rivage.Et l\u2019année du mariage \u2013 disons que cette ligne-là frôle parfois le ridicule.Mais que de questions provoquées par l\u2019ultime scène ! Vivement la cinquième (et peut-être dernière) saison.Pour les patients, c\u2019est en général en septembre que les Walker entrent chez nous en DVD\u2026 BROTHERSANDSISTERS 4 CRÉÉE PAR JON ROBIN BAITZ.AVEC SALLY FIELD, CALISTA FLOCKHART, RACHEL GRIFFITHS, ROB LOWE, MATTHEW RHYS, RON RIFKIN, DAVE ANNABLE.HHH1/2 Brothers and Sisters \u2013 The Complete Fourth Season SÉRIE DVD llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 ABONNEZVOUS GRAND PARTENAIRE SAISON 2011\u20132012 EZ TNM.QC.CA 514.866.8668 ARTS ET SPECTACLES Chaque fois que je pense à feu Oussama ben Laden, je pense à un film.Pas celui que Kathryn Bigelow, Madame « Démineur », s\u2019apprête à tourner ou à ne pas tourner.Je pense plutôt à Wag the Dog (Des hommes d\u2019influence), un film de Barry Levinson, scénario de David Mamet, lancé en 1997 sous l\u2019administration Clinton et mettant en vedette un président américain pris les culottes baissées dans un scandale sexuel.Pour redorer le blason du président et lui éviter une cuisante défaite électorale, la Maison-Blanche engage un super conseiller politique incarné par Robert De Niro, lequel embauche un gros producteur de Hollywood, interprété par Dustin Hoffman.Le mandat de ce dernier est clair : distraire l\u2019électorat américain en produisant une fausse guerre en Albanie dont les images seront diffusées tous les soirs dans les bulletins d\u2019information et donneront l\u2019impression que le président est en contrôle de la situation.Les paysages et les ruines de la guerre fictive ont été créés de toutes pièces par un directeur artistique, les déplacements de foule chorégraphiés par le réalisateur et les paysans albanais sont des figurants membres de l\u2019équivalent américain de l\u2019Union des artistes.Bref, tout est faux, mais tellement bien fait que le bon peuple n\u2019y voit que du feu.Autant dire que ce film noir pétri de cynisme m\u2019a non seulement marquée, il a aussi détruit les derniers vestiges de ma crédulité et de ma foi à l\u2019égard de la politique et des politiciens.C\u2019est pourquoi aujourd\u2019hui, quand je vois défiler à la télé les images du repaire où se terrait ben Laden avait d\u2019être abattu, quand j\u2019écoute ses voisins dire qu\u2019ils n\u2019étaient pas au courant de sa présence dans le quartier, quand la caméra m\u2019entraîne dans le fouillis sanglant du bunker en miettes, la moitié droite de mon cerveau croit à ce qu\u2019il voit, la moitié gauche en doute furieusement.Pas au point d\u2019être convaincue que l\u2019assassinat d\u2019Oussama est une pure mise en scène hollywoodienne avec Kathryn Bigelow à la réalisation et André-Line Beauparlant d\u2019Incendies à la direction artistique.Mais assez en tout cas pour ne pas ajouter ma voix à ceux qui réclament la diffusion des photos d\u2019Oussama mort.À quoi bon ?Les avancées technologiques et virtuelles sont telles qu\u2019elles ont pulvérisé le principe même de l\u2019authenticité photographique.L\u2019adage de Godard \u2013 ce n\u2019est pas une image juste, mais juste une image \u2013 n\u2019a jamais sonné aussi vrai.On en a eu le meilleur exemple en début de semaine alors qu\u2019une photo de ben Laden, le visage semblable à une tarte à la tomate déconstruite, a été lancée sur le web.C\u2019était évidemment un faux.Je comprends que la diffusion des photos du mort est d\u2019intérêt public et politique.Que les Américains doivent rendre des comptes, fournir des preuves qu\u2019ils ont bel et bien tué ben Laden et que ce dernier était bel et bien le modèle original et non pas un figurant dans une photo.Mais pourquoi le gouvernement américain se priverait-il de Photoshop et de toutes ses hallucinantes variations?Et nous, comment pourrons-nous avoir l\u2019absolue certitude que la photo du mort diffusée sur la place publique est bien la bonne et la vraie ?Dans une entrevue à l\u2019émission 60 Minutes, disponible sur le web, le président Obama plaide que diffuser ces photos serait faire de la basse propagande, ce qui n\u2019est pas le genre de la maison (blanche).Il affirme qu\u2019il a vu les photos du mort et que c\u2019est sans l\u2019ombre d\u2019un doute Oussama ben Laden.Ce que le président nous demande, c\u2019est de le croire sur parole comme le font les curés, les ayatollahs, les évangélistes et tous ceux qui, faute de preuves et de pièces à conviction, exigent de nous une foi aveugle.Je veux bien, mais si Oussama est mort, est-ce que ça veut dire que Dieu existe ?Si c\u2019est le cas, j\u2019exige la photo.S Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Le figurant dans la photo NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Ce que le président Obama nous demande, c\u2019est de le croire sur parole comme le font les curés, les ayatollahs, les évangélistes et tous ceux qui, faute de preuves et de pièces à conviction, exigent de nous une foi aveugle.IMAGE TIRÉE DU FILM WAG THE DOG Robert De Niro et Dustin Hoffman dans une scène du film Wag the Dog (Des hommes d\u2019influence), lancé en 1997 sous l\u2019administration Clinton et mettant en vedette un président américain pris les culottes baissées dans un scandale sexuel.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 7 M A I 2 0 1 1 À l\u2019affiche ! / tnm.qc.ca / 514.866.8668 Denis BernarD / Éveline GÉlinas / Marie MichauD / DoMinique quesnel DE Michel treMBlay / MISE EN SCÈNE Gill chaMPaGne uNE préSENtatIoN Le grand quatuor déchirant de Michel Tremblay célèbre au TNM son 40e anniversaire de création COLLABORATEUR DE SAISON Osm DERNIER CONCERT ÀLASALLE WILFRID-PELLETIER! 29 mai/14h 30 31 mai/19h 30 Sous la direction de Kent Nagano DIFFUSEUR OFFICIEL RÉSERVEZVOS PLACES DÈS MAINTENANT! 514 842-9951 | osm.ca SAISON 2011-2012 NOUVELLE NOUVELLE NOUVELLE SAISON SALLE ÈRE Après 48 ans, l\u2019OSM remercie et dit au revoir à la Salle Wilfrid-Pelletier.Venez vivre un moment rempli d\u2019émotions! L\u2019ORDURHINDEWAGNER OPÉRA EN VERSION CONCERTAVEC 14 CHANTEURS ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Signée Yael Naim, la chanson New Soul a été retenue par Apple, en 2008, pour être la musique d\u2019une publicité diffusée partout dans le monde.En quelques mois, l\u2019Israélienne établie à Paris est devenue une star mondiale et son album s\u2019est écoulé à plus de 800 000 exemplaires.L\u2019escale montréalaise qui avait suivi au Théâtre Maisonneuve, dans le cadre du Festival de jazz, avait rassemblé un public enthousiaste.qui devrait se présenter de nouveau ce soir à L\u2019Astral.YAEL NAIM Apprendre à se connaître PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Après sa dernière escale en 2008, au Théâtre Maisonneuve (notre photo), Yael Naim est de retour à Montréal ce soir.La chanteuse israélienne se produira cette fois à L\u2019Astral.ALAIN BRUNET De nos jours, force est de constater qu\u2019une chanson récupérée par la pub n\u2019induit plus de questionnement éthique, même dans le monde de la pop indie.Bien au contraire! «Dans mon cas, ce fut très positif, affirme sans ambages Yael Naim.Quand tu fais des ballades en hébreu et que tu connais la réalité du disque, c\u2019est très positif! (rires) Au début, on ne croyait même pas que cet album allait sortir.Et puis, il est sorti pour devenir disque d\u2019or en France au bout de six mois.La pub est arrivée et une fenêtre incroyable s\u2019est alors ouverte sur le monde.Des gens d\u2019autres pays ont pu découvrir notre musique.Franchement, je ne pense pas que ç\u2019aurait pu se passer de manière aussi globale sans cette pub.Nous sommes très contents, car on peut aujourd\u2019hui faire le métier qu\u2019on aime, sans compromis.» Une pub d\u2019Apple, ça ne change pas le monde, sauf que.Après s\u2019être produite à l\u2019Olympia parisien où elle a présenté en début de semaine son nouveau spectacle, la chanteuse, auteure et compositrice débarque ce soir dans une salle montréalaise.Jointe au téléphone avant la grande traversée, elle nous parle de l\u2019album She Was A Boy, créé de concert avec David Donatien et qui vient d\u2019être lancé sur ce continent.«Le précédent avait été créé durant une période très mélancolique de ma vie, les chansons (dont plusieurs en hébreu) étaient venues d\u2019un coup.Ces chansons étaient très simples et acoustiques, tout en laissant un peu de place à un monde de rêves dans les arrangements.Pour celuici, j\u2019ai acquis plus de liberté et plus de rythme.Plus de rythme à cause de cette nouvelle énergie que m\u2019a procurée ce démarrage bien réel de ma carrière.Conséquemment, quelque chose s\u2019est lâché dans certaines de mes chansons.» Se dégage aussi de cet album unspectreémotionnel plus vaste, croit la principale intéressée.«Ce qui m\u2019a préoccupée le plus, ces dernières années, ce fut d\u2019apprendre à mieux me connaître.Ce que je retiens de cet apprentissage, c\u2019est qu\u2019il est difficile.Car nos traits de caractère sont mélangés, contradictoires, complexes.Être soimême dans toute sa complexité exige aussi de ne rien cacher.C\u2019est pourquoi j\u2019ai pour modèles des femmes artistes au caractère fort et complexes \u2013 Nina Simone ou Frida Kahlo, par exemple.«Cet album parle aussi de la différence de l\u2019autre.Du caractère unique de chacun, du chemin qui conduit à devenir soimême.Ces chansons illustrent cette bataille entre le monde intérieur et le monde extérieur.Entre ce qu\u2019on s\u2019attend de nous et l\u2019assomption de ne pas y répondre avec ce que ça implique.En essayant de se comprendre soimême, on finit par comprendre le monde.» Chanter en anglais Estil besoin d\u2019ajouter que Yael Naim a entrepris d\u2019être comprise par le monde.en s\u2019exprimant exclusivement en anglais sur l\u2019album She Was A Boy.«L\u2019album précédent, rappelletelle néanmoins, comportait plusieurs textes écrits en hébreu.Avant de faire cet album, j\u2019étais dans cet état.Quand j\u2019ai quitté Israël, la famille et les amis m\u2019ont tellement manqué que je me suis connectée à ces souvenirs en écrivant des textes en hébreu.«Pourquoi pas le français?De l\u2019enfance à l\u2019âge adulte, j\u2019ai parlé surtout l\u2019hébreu et l\u2019anglais.La chanson que j\u2019écoutais depuis l\u2019enfance était surtout anglaise même si je parlais trois langues.Je ne suis revenue au français que pendant les 10 dernières années de ma vie.Même si j\u2019ai quelques chansons écrites en français, j\u2019ai l\u2019impression que ce n\u2019est pas encore mûr, pas assez naturel pour moi.C\u2019est une langue riche et complexe, je n\u2019ai pas l\u2019instinct d\u2019écrire en français.peutêtre que ça viendra avec le temps.» Yael Naim se produit ce soir, 20h, à L\u2019Astral.Émilie Clepper assure la première partie.>Lisez la version intégrale de cette interview sur Cyberpresse.Une pub d\u2019Apple, ça ne change pas le monde, sauf que.«Nous sommes très contents, car on peut aujourd\u2019hui faire le métier qu\u2019on aime, sans compromis.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 A Horse with No Name \u2022 Ventura Highway \u2022 Sister Golden Hair \u2022 Tin Man \u2022 Don\u2019t Cross the River \u2022 etc.American Pie \u2022 Vincent (Starry Night) \u2022 And I Love Her So \u2022 etc.DEUX LÉGENDES DE LA MUSIQUE AMÉRICAINE ET LEURS GRANDES CHANSONS ! PROGRAMME DOUBLE DIMANCHE 3 JUILLET \u2022 19h SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX montrealjazzfest.com ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Le fidelcho, comme le CD 9,99 de Fidelplasma lancé il y a deux ans, est une affaire toute simple en apparence : une rencontre d\u2019amis artistes qui veulent créer quelque chose de neuf en partageant leur plaisir avec un public consentant.Mais le collectif réuni autour de François Taschereau ne fait jamais les choses simplement.Retour sur la petite histoire d\u2019un entrepreneur qui s\u2019offre le trip de sa vie.LE FIDELCHO Le bonheur du businessman ALAIN DE REPENTIGNY «La vie a fait en sorte que j\u2019ai fait un détour», constate François Taschereau.Joli détour, en effet.Au début des années 80, Taschereau était, comme le comédien Jean Petitclerc, l\u2019un des quatre membres des frères pogo, un groupe musical rigolo de Québec qui s\u2019était fait remarquer au concours L\u2019empire des futures stars.Mais voilà, Taschereau avait un autre intérêt majeur, l\u2019informatique, qui l\u2019a vite entraîné dans une improbable aventure.«Je me suis laissé prendre par le jeu de l\u2019entrepreneuriat », dit-il de son entreprise qui a créé le premier ordinateur québécois (le Félix) et des logiciels de comptabilité et de karaoké qui ont fait le tour du monde.Cette entreprise de 300 employés, il l\u2019a vendue puis rachetée, puis revendue plus récemment après s\u2019être assuré que l\u2019acheteur français continuerait à faire du développement au Québec.Pendant toutes ces années, le businessman en lui n\u2019avait pas perdu le goût de faire de la musique, commettant même un album de piano solo au début des années 90.Et il avait gardé le contact avec ses copains artistes, dont Petitclerc, l\u2019homme de théâtre Simon Fortin et le duo Michel Lemieux\u2013Victor Pilon qui, dans les années 80, avaient contribué par leur art et leur talent à la visibilité de l\u2019entreprise de Taschereau dans des foires commerciales.La bande s\u2019est reformée et, avec l\u2019aide d\u2019autres copains dont Champion (Maxime Morin) et Béatrice Bonifassi, a accouché du CD 9,99 en 2009.S\u2019il n\u2019a pas établi de record de ventes, cet album ludique a été encensé par la critique, dont mes collègues Marie-Christine Blais et Nathalie Petrowski, donnant ainsi au collectif une erre d\u2019aller jusqu\u2019à la création du fidelcho en juin 2010 à Québec.Un show présenté une dizaine de fois à guichets fermés dans la petite salle du Théâtre Premier Acte, près du Palais Montcalm, et qui s\u2019installe maintenant à la Cinquième Salle de la Place des Arts du 11 au 14 mai.iPad et projections Le fidelcho est tout sauf une plate enfilade de chansons.Rien que d\u2019écouter Taschereau parler de ce spectacle mis en scène par Lemieux et Pilon donne presque le tournis.Ça commence par un photoroman au coeur duquel se trouve Jerome (Jean Petitclerc), «un mec pas chanceux en amour» qui sera le maître de cérémonie de ce cabaret théâtromédiatico- musical 2.0.Jerome entraînera le public dans son aventure qui passe par les sites de rencontres et les réseaux sociaux.«Comme maître de cérémonie, Jerome utilise son iPad tout le long du show et ça devient un instrument de musique et d\u2019images.Il repique des séquences sur YouTube comme dans un numéro sur la cupidité \u2013 la chanson Les cupides décident \u2013 où il peut faire apparaître Vincent Lacroix et Bernard Madoff et jouer avec ces images.» Le décor est constitué de lumières LED parmi lesquelles évoluent lesmusiciens-acteurschanteurs, une technologie qui permet d\u2019appeler chacune des lumières individuellement et de lui donner une couleur et une intensité à un moment précis.On mise également sur des projections sur un écran transparent et sur les murs de la salle synchronisées avec la musique.Éviter le piège Le piège d\u2019un tel exercice est évident : à force de vouloir faire moderne, on risque de céder au gadget, à la bébelle.Taschereau en est conscient.«Si c\u2019était juste moi, on risquerait beaucoup de tomber dedans, mais Michel et Victor m\u2019arrêtent : \"C\u2019est trop, enlève ton chapeau de vendeur, François.\"» La réaction du public de Québec l\u2019a rassuré : «Ils nous ont dit : on s\u2019est amusés et on a ri.On ne s\u2019attendait pas nécessairement à ça.» Il faut dire que les textes des chansons, signés Simon Fortin, sont pour la plupart drôles et truffés de calembours, sur des musiques pondues par Taschereau, qui les chante, et énergisées par les arrangements de Champion.Les deux chansons dénonciatrices de l\u2019album, Les cupides décident et Mon église me culpabilise, sont servies au début du spectacle: «On se libère de ça pour être par la suite un peu plus légers, entre guillemets.» Taschereau a d\u2019autres projets dans ses cartons dont le retour des frères pogo qui font quatre chansons dans le fidelcho et lanceront un album à l\u2019automne : « Au début des années 80, les pogo faisaient leur truc avec des petits synthétiseurs Yamaha à batterie.Aujourd\u2019hui, ils arrivent sur scène avec des iPad.Dans la première version du spectacle, à Québec, on était branchés avec des fils et on jouait sur une planche à repasser.Aujourd\u2019hui, on utilise la nouvelle génération d\u2019iPad comme des contrôleurs sans fil, complètement mobiles.» François Taschereau ne s\u2019offusque pas qu\u2019on le perçoive comme un gars qui a fait un coup d\u2019argent et qui s\u2019offre aujourd\u2019hui le trip de sa vie.«C\u2019est juste, dit-il.Et puis faire un disque et surtout produire un spectacle de cette envergure, ça coûte assez cher.» I l rêve maintenant de donner une seconde vie au fidelcho et peut-être même de le transporter outre-Atlantique : «Quand je me suis assis avec Simon et Maxime, il y a environ cinq ans, je leur ai dit : la journée où on sera de l\u2019autre côté et on prendra un verre ensemble, on pourra dire mission accomplie.On a encore des rêves à réaliser.» Le fidelcho, Cinquième Salle de la Place des Arts, du 11 au 14 mai.PHOTO RENAUD PHILIPPE, COLLABORATION SPÉCIALE Le collectif Fidelplasma (dont on voit ici Jean Petitclerc) présente Le fidelcho, qui est tout sauf une plate enfilade de chansons.François Taschereau ne s\u2019offusque pas qu\u2019on le perçoive comme un gars qui a fait un coup d\u2019argent et qui s\u2019offre aujourd\u2019hui le trip de sa vie.«C\u2019est juste, dit-il.Et puis faire un disque et surtout produire un spectacle de cette envergure, ça coûte assez cher.» Rock\u2019n\u2019vaudou à Montréal Dans Zing Experience, il y a les mots Zing et Experience.Zing comme dans «l\u2019énergie qui fait lever» et Experience comme dans «Jimi Hendrix».Fils des deux fondateurs du légendaire groupe racine haïtien Boukman Eksperyans, Paul Beaubrun mélange ces deux univers dans une fusion bouillonnante qui clôturera en beauté le Festival Multi Montréal, ce soir au Théâtre Plaza.Son mélange de rock, de reggae, de funk et demusiquevaudou commence à faire jaser sur la planète world.On le décrit comme un mélange de Bob (le dreads, le contenu universel), Jimi (le guitar hero), Prince (le côté funky) et Lenny Kravitz (l\u2019attitude flamboyante).Ajoutez la fibre vaudou et vous aurez un cocktail musical explosif qui devrait se transposer sans trop de mal en spectacle.Ils sont environ huit sur scène, sans compter le groupe gnawa (musique de transe marocaine) et le très prometteur Wesli qui se joindront à l\u2019expérience.Comment dit-on «intrigant» en créole ?Infos : www.musiquemmm.com \u2014 Jean-Christophe Laurence FLASH Autre grand honneur pour Yannick Nézet-Séguin.Le maestro québécois fait la une du célèbre magazine de musique classique Gramophone du mois de juin.Le chef de l\u2019Orchestre Métropolitain et nouveau chef de l\u2019Orchestre de Philadelphie est placé par la publication, qui soufflera bientôt 90 chandelles, au premier rang d\u2019une liste de jeunes maestros qui « façonneront notre écoute au cours des années à venir ».Le musicien de 36 ans a accordé également une longue entrevue au rédacteur en chef de Gramophone, James Jolly.Le reportage inclut des entrevues avec Claudio Abbado, Daniel Barenboim et Pierre Boulez.\u2013 La Presse Nézet-Séguin à la une de Gramophone llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 SORTEZ VOIR LE MONDE 2011.2012 www.lamartinique.ca ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 80,50$ SEULEMENT 514 521.1002 1 800 558.1002 LesGrandsExplorateurs.com VISIONNEZ LA BANDE-ANNONCE DE LA SAISON SUR NOTRE SITE INTERNET. MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 ticketmaster.ca \u2022 admission.ca CLUB SODA 514 286-1010 \u2022 clubsoda.ca CENTRE BELL 514 790-2525 \u2022 1 877 668-8269 \u2022 evenko.ca PLACE DES ARTS 514 842-2112 laplacedesarts.com \u2022 admission.ca CENTRE PIERRE-PÉLADEAU DE L\u2019UQAM SALLE PIERRE-MERCURE 1 855 790-1245 \u2022 admission.ca BILLETTERIE montrealjazzfest.com POUR TOUT CONNAÎTRE DE NOS CONCERTS ET DE NOS EXCLUSIVITÉS, INSCRIVEZ-VOUS À L\u2019INFOLETTRE SPECTRA : MONTREALJAZZFEST.COM/INFOLETTRE BILLETS EN VENTE MAINTENANT PLUS DE 180 CONCERTS EN SALLE! Samedi 2 JUILLET ANA MOURA Jeudi 30 JUIN NIKKI YANOFSKY ET L\u2019ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN k.d.lang The Siss Boom Bang Première partie: THE BELLE BRIGADE et DANIEL LANOIS\u2019 BLACK DUB Première partie: LEIF VOLLEBEKK Lundi 4 JUILLET Lundi 4 JUILLET Mercredi 29 JUIN Dimanche 26 JUIN MARIANNE FAITHFULL Samedi 25JUIN Samedi 25 JUIN Dimanche 26JUIN Lundi 27 JUIN 29-30 JUIN Jeudi 30 JUIN Samedi 25 JUIN Lundi 27 JUIN SPECTACLE D\u2019OUVERTURE présenté par: PACO DE LUCÍA TONY BENNETT RETURN TO FOREVER IV AVEC CHICK COREA, STANLEY CLARKE, LENNY WHITE, JEAN-LUC PONTY ET FRANK GAMBALE À 20h30 À 20h Sing the Truth! ANGÉLIQUE KIDJO DIANNE REEVES LIZZ WRIGHT continue the legacies of Miriam Makeba, Abbey Lincoln and Odetta MADELEINE PEYROUX Première partie: SOPHIE HUNGER HOLLY COLE TRIO Dimanche 3 JUILLET Dimanche 3 JUILLET STEEL PULSE Première partie: ERNEST RANGLIN YOUSSOU N\u2019DOUR Première partie: ÉLAGE DIOUF, Aksil MEN WITHOUT HATS Première partie: GRAM RABBIT CARAVAN PALACE Première partie: S.MOS Vendredi 1er JUILLET CHAMPION ET SES G-STRINGS Resistance THE JOLLY BOYS HUGH MASEKELA TÉREZ MONTCALM Here\u2019s To You.Songs For Shirley Horn SIERRA MAESTRA JILL BARBER DEE DEE BRIDGEWATER To Billie With Love: A Celebration of Lady Day Vendredi 1er JUILLET Samedi 2 JUILLET FLORENCE K AVEC IAN KELLY, SAMIAN ET MOLLY JOHNSON 27 JUIN au 2 JUILLET à 20h SALLE PIERRE-MERCURE DU CENTRE PIERRE-PÉLADEAU invité très spécial: JOHN LEGEND 19h30 CENTRE BELL SADE Jeudi 30 JUIN ARTIE orchestra GLENN MILLER orchestra SHAW MILLERVS oSrHchAeWstra LA 4e CLASSIQUE ANNUELLE DU BIG BAND AMÉRICAIN 14h SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA Dimanche 26 JUIN Battle of the Bands IV RYTHMES MÉTROPOLIS \u2022 20 h 30 ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA \u2022 19 h LES COULEURS CLUB SODA \u2022 19 h EN VOIX THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA \u2022 18h Samedi 25 JUIN Samedi 25 JUIN Lundi 27 JUIN Mardi 28 JUIN Jeudi 30 JUIN THE DAVE BRUBECK QUARTET COLIN JAMES Up Close and Personal: An Acoustic Duo ESPERANZA SPALDING\u2019S Chamber Music Society GONZALO RUBALCABA DUO RICHARD GALLIANO MILTON NASCIMENTO LES GRANDS CONCERTS THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA \u2022 21h30 BÉLA FLECKAND THE FLECKTONES The Original Line-Up UN SPECTACLE MUSICAL EN PREMIÈRE NORD-AMÉRICAINE! Dimanche 3 JUILLET Vendredi 1er JUILLET Vendredi 1er JUILLET Vendredi 1er JUILLET Lundi 27 JUIN ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE STÉRÉO LE CHOIX DE LA SEMAINE ÉLECTRO AMON TOBIN ISAM HH1/2 NINJA TUNE Le jeu n\u2019en valait pas la chandelle Avec sa trame sonore du jeu vidéo Chaos Theory \u2013 Splinter Cell 3, le musicien et compositeur électronique Amon Tobin avait joué d\u2019audace tout en démontrant combien son univers musical « collait » bien aux images en mouvement, idée poursuivie sur Foley Room (2007), inspiré de la musique pour films.Isam semble à cheval entre ces deux disciplines \u2013 musiques de film et de jeux vidéo \u2013, et c\u2019est tout le problème de ce septième album en carrière.Décrit par l\u2019intéressé comme de la « sculpture sonore », Isam semble être davantage un exercice de style et une expérimentation avec les matériaux sonores qu\u2019une collection de compositions animées par une quelconque structure narrative.Dit plus clairement, si vous avez un bon système de son ou des écouteurs haute-fidélité, Tobin va vous en mettre plein le gueule.Nous sommes dans un jeu vidéo futuriste.mais sans manette dans les mains.Malheureusement, d\u2019un point de vue rythmique, harmonique ou mélodique, Tobin s\u2019est totalement égaré en cours de route : on se lasse très vite des morphologies sonores qui évoluent dans nos tympans.La performance audio-visuelle qu\u2019il présentera à MUTEK dans quelques semaines pourrait rectifier le tir : il manque la dimension visuelle à cette musique néanmoins technologiquement épatante.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale ORIENTAL ACTUEL AZAM ALI DE LA NUIT AU LEVER DU JOUR HHHH TERRESTRIAL LANE/ CROSS CURRENT MUSIC FOLK-ROCK FLEET FOXES HELPLESSNESS BLUES HHH1/2 SUB POP RECORDS MUSIQUE DU MONDE CESARIA EVORA CESARIA EVORA &\u2026 HHH DISQUES TANDEM Transculture venue de l\u2019Est Azam Ali vit à Montréal depuis peu, elle a quitté Los Angeles pour s\u2019installer au Québec avec mari et fils.Son conjoint, le multi-instrumentiste Loga Ramin Torkian, est aussi son partenaire de création comme ce fut le cas au sein du groupe Niyaz.Née en 1970, Azam Ali a quitté l\u2019Iran toute petite à la suite de la révolution islamiste, elle a vécu en Inde avec sa famille avant de s\u2019établir aux États-Unis au milieu des années 80.On comprendra que l\u2019approche musicale de cette excellente chanteuse déborde largement le cadre iranien de ses origines.Elle touche aussi les musiques classiques arabes et indiennes ainsi que ses métissages séculaires engendrés aux frontières de l\u2019Occident.Les barrières culturelles ne cessant de s\u2019effondrer, Azam Ali propose l\u2019idée qu\u2019elle se fait d\u2019une musique orientale en relation avec le passé comme le présent : effet de bourdon (drone), motifs inspirés des maqams ancestraux de l\u2019Orient, mais aussi parenté lointaine avec certains compositeurs contemporains ayant exploité à fond la notion de contemplation (Pärt, Gorecki), instrumentation hybride et multiculturelle (oud, violon arabe, viole de gambe, saz, santour, électronique).L\u2019impression générale n\u2019en demeure pas moins orientale à la fois moderne est enracinée à l\u2019Est.Azam Ali se produit mardi, 20h, au Gesù.\u2014 Alain Brunet La beauté des cordes On adore ou on déteste le groupe Fleet Foxes, porté par la voix unique du jeune Robin Pecknold, dont le premier album éponyme en a fait des chouchous de la scène indie rock.Ce sera la même chose avec le deuxième album Helplessness Blues.Avec des mélodies à fleur de peau et des harmonies vocales galopantes (parfois presque celtiques), la formation de Seattle poursuit ses explorations musicales «baroque-folk-pop» avec fougue et tonus, ou avec douceur et émotion, quand il le faut.Pourtant, la genèse d\u2019Helplessness Blues a été éprouvante.Par peur de se répéter par rapport au premier album, les membres de Fleet Foxes ont eu de la difficulté à en arriver à un consensus, si bien que plusieurs chansons ont été réenregistrées et que l\u2019album a été mixé deux fois.Cela ne s\u2019entend pas, quoiqu\u2019on devine le grand perfectionnisme lié à la production de l\u2019album et aux arrangements des chansons (cordes, guitares classiques, flûte).Des titres comme Sim Sala Bim, Lorelai, The Shrine/ Argument (qui fait plus de huit minutes) sont des tours de force musicaux.Helplessness Blues est moins prenant et plus exploratoire que le premier album, mais pouvait-il en être autrement ?\u2014 Émilie Côté Cesaria n\u2019est pas seule Dans l\u2019industrie de la musique, rien, sauf peut-être l\u2019album live, n\u2019est plus suspect qu\u2019un album de duos.Voilà exactement le genre de projet qui fait la job quand on ne sait plus quoi faire d\u2019un artiste en mal de renouvellement ou qu\u2019on tente d\u2019écouler la fin d\u2019un contrat.Le nouvel album de Cesaria Evoria entre en plein dans ce pattern.La compagnie de disques a réuni 19 titres gravés depuis 1995 par la chanteuse du Cap- Vert, avec d\u2019autres grosses pointures de la pop et des musiques du monde, dont Bonga, Bonnie Raitt, Ismael Lo, Salif Keita, Marisa Monte, Chucho Valdes, Bernard Lavilliers, et même feu Compay Segundo.Certains morceaux sont tirés des albums des artistes en question, d\u2019autres proviennent des disques de Cesaria Evora.Bon.Ne crachons pas trop dans la souple à la morna.Il y a de fort beaux moments-taillés-surmesure- pour-un-5-à-7-en-terrasse, pourvu que l\u2019on aime la «world » pour adultes.Mais hormis le titre inédit Moda Bô, enregistré l\u2019an dernier avec la chanteuse capeverdienne Lura, cette collection de duos relève surtout du recyclage et du repackaging.\u2014 Jean-Christophe Laurence POP YAEL NAIM SHEWAS A BOY HHH TÔT OU TARD CHANSON MARIE-ÉLAINE THIBERT JE SUIS HHH MUSICOR Le bon goût mondialisé Petit côté jazz primitif, petit côté jazz moderne, petit côté classique français fin XIXe siècle début XXe, petit côté folk-popbastringue, petit gospel, petit sémitisme mélodique, petits emprunts bollywoodiens, petits arrangements de circonstance, petite voix qu\u2019on imagine se faufiler au Jardin des plantes.Cette perception de ténuité peut changer avec Yael Naim, résidante de Paris, de nationalité israélienne et d\u2019origine juive tunisienne.La voix peut croître en puissance, les rythmes se muscler, les arrangements se densifier, le plexus s\u2019emplir de courant, le coeur s\u2019ouvrir davantage.En quête évidente de profondeur, Yael Naim s\u2019inscrit dans un sillon convenu du bon goût d\u2019une pop mondialisée à l\u2019anglaise, enfin de l\u2019idée qu\u2019on peut s\u2019en faire en 2011.Le travail de David Donatien, acolyte essentiel de Yael Naim, confère un raffinement certain à ces chansons et mélodies simples qui racontent la croissance personnelle de son auteure.Encore là, la poésie anglaise de Yael Naim peut toucher une portion probante de non- anglophones, parce que facile à saisir.En revanche, elle est assez bien écrite pour toucher les fans issus de tous les territoires anglos.Pour apprécier vraiment, certains devront se déprogrammer de l\u2019effet publicitaire de la chanson New Soul reprise par Apple avant de faire confiance à cet art chansonnier plus substantiel qu\u2019il n\u2019y paraît.\u2014 Alain Brunet Sans surprises L\u2019oncle de Spider-Man ( !) disait « with great power comes great responsability ».En chanson, je traduirais ça (librement) par «une grande voix ne devrait chanter que de grandes chansons ».L\u2019idée n\u2019est pas de faire porter le sort de la chanson à l\u2019excellente Marie-Élaine Thibert, mais son répertoire n\u2019est pas toujours du calibre de sa voix inouïe, selon moi, comme sur ce troisième album (excluant celui de Noël).Cela étant dit, c\u2019est bien réalisé, bien écrit, bien chanté, dans un format adulte contemporain qui plaira assurément à ses nombreux fans.Il y a surtout des ballades, et la chanteuse a fait appel à des auteurs et des compositeurs de renom (Jean-Pierre Ferland, Claude Gauthier, pour la superbe Sans toi).La jeune femme offre aussi à son public largement féminin, Être femme (écrite par Étienne Drapeau, où tous les clichés y passent), chantant qu\u2019elle est la voix des femmes « comme vous et moi ».Un album correct, mais, pour ma part, j\u2019espérais plus.Pour le reste, jamais Marie-Élaine n\u2019aura été aussi jolie que sur la pochette de Je suis.\u2014 Josée Guimond, Le Soleil POP STEFIE SHOCK LA MÉCANIQUE DE L\u2019AMOUR HHH1/2 TACCA Machine à danser Tant qu\u2019à renouer avec les beats électros, autant y aller avec une tonne de synthétiseurs et de bidouillages.C\u2019est ce que fait Stefie Shock sur sa nouvelle galette, La mécanique de l\u2019amour, une véritable machine à danser.Pas celle de la Compagnie créole, mais bien d\u2019un DJ devenu chanteur qui, sous ses airs plutôt graves, cache une effervescence charmante, jamais machinale.Les rythmes éclectiques s\u2019enchaînent tel un engrenage bien huilé : Un jour sur deux se la joue rétro, Nénuphar ralentit la cadence dans un univers poétique, Zobi la mouche, des Négresses vertes, s\u2019agite dans des airs presque espagnols.Si Shock n\u2019avait jamais composé en anglais, ce n\u2019est certainement pas par manque d\u2019habileté, car Bright Side the Moon s\u2019avère la pièce maîtresse de ce disque éclaté.Une bombe électro-rock garnie d\u2019orgues, sur laquelle Shock côtoie une nouvelle choriste en or : la Londonienne Maya von Doll.Les amateurs de cordes seront par contre un peu déçus de se retrouver face à cette orgie de claviers.- Olivier Parent, Le Soleil llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 LESSPECTACLESCONCEPTS ÉRIC LAPOINTE ET L\u2019ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL SALLEWILFRID-PELLETIER, PdA \u202220h SPECTACLE D\u2019OUVERTURE Vendredi 10 juin Unecréation desFrancos ! Le choc du rock et du classique ! francofolies.com ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE CLAUDE GINGRAS Trois de nos pianistes les plus connus et reconnus, Mar c -A nd r é H a mel i n , André Laplante et Louis Lortie \u2013 ordre alphabétique voulu ! \u2013, se penchent sur l \u2019immense production de Franz Liszt pour le bicentenaire du compositeur.La réalisation la plus ambitieuse vient de Lortie : l\u2019intégrale des Années de pèlerinage, échos de 40 ans de voyages de Liszt en Suisse et en Italie réunis en quatre recueils.Au total : 26 pièces variant en longueur, en difficulté et en intérêt, 160 minutes de musique et deux compacts.Le premier recueil, Suisse, comprend neuf pièces inspirées de divers lieux et paysages dont se détachent le terrifiant Orage et cette Vallée d\u2019Obermann pleine de lyrisme.Les sept pièces du deuxième recueil, Italie, portent sur l\u2019art et la littérature du pays et débouchent sur la fulgurante Dante-Sonata.Un triptyque plus léger, Venezia e Napoli, s\u2019ajoute comme «supplément» à Italie.Le dernier recueil, effectivement intitulé Troisième Année, est d\u2019un Liszt plus âgé, retiré à la Villa d\u2019Este, près de Rome, et devenu homme d\u2019église.Laplante se l imite aux neu f pièces du premie r recueil, Suisse, ce qui fait un disque t rop bref, de 49 minutes.Avec Lortie et Laplante, voici deux techniciens de toute première force et deux grands tempéraments romantiques ; leurs interprétations ne diffèrent que dans d\u2019infimes détails.Une légère préférence ira au piano de Lortie, plus beau et chantant davantage.Les deux pianistes ont joué ces pages maintes fois en récital.Lortie a enregistré Italie une première fois, en 1990, et Laplante jouait le même recueil la semaine dernière au LMMC.Hamelin a centré son disque sur la célèbre Sonate en si mineur, dont l\u2019unique mouvement de quelque 30 minutes se déploie dans une réalisation d\u2019une étonnante envergure.Hamelin rejoint ici les plus grands, en technique mais aussi en pensée.Il confère une puissance incroyable à la Fantaisie et Fugue sur B.A.C.H., que Liszt destina d\u2019abord à l\u2019orgue et transcrivit ensuite en langage pianistique, et crée le plus total contraste de délicatesse avec Bénédiction de Dieu dans la solitude et de fluidité avec Venezia e Napoli.DISQUES CLASSIQUES Lortie, Laplante, Hamelin et\u2026 Franz Liszt Martha et ses amis Le dernier volume de la série de EMI Martha Argerich and Friends, enregistrée en concert au Festival de Lugano, en Suisse italienne, date de juin 2010 et comprend, en trois compacts, plusieurs oeuvres rarement entendues : les Quintettes pour piano et cordes de Korngold, op.15, et de Granados, op.49, les Variations pour piano à quatre mains op.23 de Brahms sur un thème de Schumann, la transcription pour deux pianos que Liszt réalisa de son poème symphonique Les Préludes et un arrangement pour trois pianos de la suite de 1919 de L\u2019Oiseau de feu de Stravinsky.Argerich joue notamment le premier Concerto de Chopin.On compte 25 participants, dont les frères Capuçon, les pianistes Stephen Kovacevich et Gabriela Montero et la violoniste Lucie Hall, autrefois des Musici de Montréal.Alkan à deux pianos Chez Toccata Classics paraissent des oeuvres pour deux pianos d\u2019Alkan jouées par Anthony Goldstone et Caroline Clemmow.NOUVELLES DU DISQUE FRANZ LISZT: OEUVRES POUR PIANO.HHHHH LOUIS LORTIE : CHANDOS, ALB.2 D., CHAN 10662(2) HHHH ANDRÉ LAPLANTE: ANALEKTA, AN 2 9980 HHHHH MARC-ANDRÉ HAMELIN: HYPERION, CDA67760 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 francofol i es.com PLUS DE50SPECTACLES EN SALLE DONT: Spectacles à prix FRANCOFOU Achetez un billet de 24,50$ ou plus (avant taxes et frais) et recevez un billet gratuit pour un spectacle à prix francofou de votre choix.Offre disponible uniquement à la billetterie du Métropolis.Quantités limitées.BILLETTERIE PLACE DES ARTS 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 laplacedesarts.com L\u2019ASTRAL, Maison du Festival Rio Tinto Alcan 1 855 790-1245 admission.com\u2022 ticketmaster.ca MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 admission.com ticketmaster.ca BÉNÉFICIEZ D\u2019AVANTAGES AVEC LE PROGRAMME DE RÉCOMPENSES VISA DESJARDINS AU 1 877 BILLETS LESSPECTACLESCONCEPTS SALLEWILFRID-PELLETIER, PdA\u202220h LESNUITS MÉTROPOLIS\u202221h LESÉVÉNEMENTS THÉÂTREMAISONNEUVE, PdA\u202220h en collaboration avec TOUT EN CHANSON ASTRAL\u202219h en collaboration avec en collaboration avec capté par Au lever du rideau: PIERRE LAPOINTE SEUL AU PIANO ÉTIENNEDAHO ET JEANNE MOREAU (France) LE CONDAMNÉÀMORT LOCO LOCASS LUZCASAL (Espagne) DARAN (France/Québec) LUCDELAROCHELLIÈRE solo INITIALES S.G.HOMMAGEÀGAINSBOURG MARA TREMBLAY solo JIMMY HUNT BÉATRICE BONIFASSI CATHERINE RINGER (France) MARIE-ÉLAINE THIBERT NICOLA CICCONE GRANDCORPS MALADE (France) STROMAE (Belgique) JEAN-PIERRE FERLAND LESNOCES D\u2019OR DE L\u2019ALBUM JAUNE 11 juin Samedi Vendredi Vendredi Mercredi Dimanche Jeudi Vendredi et samedi Mardi Vendredi et samedi Jeudi Dimanche Mardi Mardi Mercredi Samedi Mercredi 15 juin 18 juin 10 et 11 juin 10 juin 14 juin 15 juin 16 juin 14 juin 17 et 18 juin 10 juin 15 juin 12 juin 16 juin 12 juin 14 juin SACHA TOOROP (Belgique) ALBIN DE LA SIMONE (France) MARIE-PIERRE ARTHUR (Québec) UN ÉVÉNEMENTINESPÉRÉ! Première partie: SAMIAN Première partie: INGRID ST-PIERRE Première partie: SARAH BOURDON Première partie: MOHAMMED Première partie: ÉTÉ 67 Première partie: WESLI Première partie: NUMÉRO# ALPHA BLONDY ET LE SOLAR SYSTEM (Côte d\u2019Ivoire) LE TROQUET DU BOUT DU MONDEPRÉSENTE L\u2019ORCHESTRE DU NOUVEAUMONDE LA TOURNÉEDES FRANCOS DIRECTIONARTISTIQUE: PIERRE LAPOINTE AVEC BÉATRICE BONIFASSI, FRANNIEETFABDE RANDOMRECIPE, CLARA FUREY, MONIA CHOKRI, ETC.PLACES ASSISES PLACES ASSISES PLACES Mercredi 15 juin ASSISES ARTS ET SPECTACLES ALEXANDRE VIGNEAULT BELGRADE\u2014 B.I.G.Z.porte bien son nom.L\u2019édifice industriel qui abritait jadis la plus importante imprimerie de Yougoslavie est une immense structure du plus pur style communiste : massive, carrée et grise.L\u2019endroit semble tout sauf accueillant.Pourtant, pour les jeunes Roms impliqués dans la comédie musicale GRUBB, c\u2019est un refuge.Mieux, le local de répétition situé au sommet de l\u2019imposant immeuble est devenu pour eux une deuxième maison, un lieu où ils se sentent écoutés et respectés.«Quandje suis à B.I.G.Z., je suis heureuse.À la maison, je suis triste», affirme Ljuma Ajra, 14 ans, l\u2019une des trois filles de la distribution qui compte une vingtaine de chanteurs, danseurs et musiciens.« Ici, je travaille avec des gens aimants et je fais ce que j\u2019aime», confie pour sa part Asmet Ibraimovic, qui rappe d\u2019une voix éraillée et fait partie des meilleurs danseurs de la troupe.Le jeune homme de 18 ans a commencé à fréquenter B.I.G.Z.il y a cinq ans avec ses amis Goran «Kris» Demirovic et Senad Sulimanovic.I l n\u2019était pas question d\u2019une comédie musicale à l\u2019époque.RPOINT, l\u2019organisation non gouvernementale britannique (ONG) à l\u2019origine du projet, offrait simplement aux jeunes Roms de participer à des ateliers de danse hip-hop et de musique.Seule condition pour obtenir son ticket d\u2019entrée : les adolescents devaient continuer à fréquenter l\u2019école.«C\u2019est la règle», confirme Danilo Matijevic coordonnateur des programmes de RPOINT à Belgrade.Le sympathique colosse précise toutefois que le règlement est appliqué «de manière adaptée à chacun », afin que ceux qui démontrent de l\u2019intérêt, du talent pour les études et de la motivation ne soient pas pénalisés ou exclus parce qu\u2019ils doivent travailler pour aider leurs parents ou rester à la maison pour prendre soin de leurs frères ou soeurs.Combattre les préjugés En Serbie comme ailleurs en Europe, la scolarisation des Roms \u2014 aussi appelés gitans ou tsiganes, souvent de manière péjorative \u2014 pose un problème énorme.La moitié d\u2019ent re eux ne terminent pas l\u2019école primaire.RPOINT a par conséquent déterminé que la meilleure façon de soutenir cette communauté était d\u2019aider ses enfants à rester à l\u2019école.Ce que l\u2019ONG fait entre autres en offrant des ateliers culturels à Belgrade et des cours dans une école de Zemun, proche banlieue de la capitale serbe.« J\u2019aimais bien aller à l\u2019école, assure Asmet.Je n\u2019ai pas continué parce que je n\u2019avais pas les conditions nécessaires.Il fallait payer ceci et cela.À cause de l\u2019argent, surtout.» Il a dû commencer à travailler très tôt, dans tous les sens du terme: levé à 3h du matin, il remplissait des caisses de choux au marché jusqu\u2019à 6h avant d\u2019aller à l\u2019école.Il est parvenu à terminer l\u2019école primaire, mais a abandonné au secondaire.Son ami Kris se faisait intimider par des Serbes.La situation a dégénéré en bagarres.«À cause de ça, on a arrêté d\u2019aller à l\u2019école », dit-il.Intimidation et insultes au quotidien, discrimination systémique, les Roms ne se sentent pas les égaux de leurs voisins serbes.«Aux yeux d\u2019un Serbe, les Roms ne sont pas des hommes », tranche Albert Zekic, qui a participé aux musiques de GRUBB.La comédie musicale veut témoigner de cette réalité et aussi combattre ces préjugés.«L\u2019idée générale du spectacle, c\u2019est de représenter les Roms, résume Danijel «Daco » Rastinovic, 18 ans, dans un très bon anglais.Il y a bien des gens qui ont une mauvaise perception de ce que nous sommes.Ils pensent qu\u2019on est sales, qu\u2019on est des voleurs ou qu\u2019on ne va pas à l\u2019école.Peut-être qu\u2019ils ont tort.» GRUBB, c\u2019est eux Six jours par semaine, la bande se donne rendezvous à B.I.G.Z., s\u2019engouffre dans le monte-charge qui sent l\u2019urine, et grimpe répéter pour de longues heures.Aucun de ces jeunes Roms n\u2019a de formation en danse, en chant ou en jeu.Ils apprennent sur le tas, sous la direction chaleureuse, mais ferme de Serge Denoncourt.Le metteur en scène s\u2019est adjoint d\u2019autres créateurs d\u2019ici dont le chorégraphe Nico Archambault et le réalisateur Francis Collard (Ariane Moffatt, Brigitte Boisjoli).Ces professionnels travaillent tous bénévolement.F in av r i l, Se r g e Denoncourt a passé trois séances à peaufiner les enchaînements et les chorégraphies de numéros assis sur des musiques entraînantes où le hip-hop entre en collision de manière fructueuse avec des fanfares balkaniques et d\u2019accrocheuses mélodies roms.Ce son festif sert de pierre d\u2019assise à des textes qui, souvent, dénoncent la discrimination envers les Roms ou parlent de leur terrible sentiment d\u2019exclusion.Kartoni Cave (Enfant de carton) est par exemple une éloquente métaphore de la précarité dans laquelle vivent bien Roms, qui sont forcés d\u2019habiter dans des baraques de carton et n\u2019ont pour seul travail que la récupération de vieilles boîtes.Mélodies, structures, rythmes et textes, l\u2019essentiel des chansons de GRUBB provient des jeunes eux-mêmes.«Ils ressentent un grand sentiment d\u2019appartenance et de propriété envers ce spectacle, dit Nenad Vladisaviljev, sociologue rom qui dirige un centre culturel soutenu par RPOINT à Novi Sad, ville située au nord de Belgrade.Ce spectacle, c\u2019est eux et c\u2019est à eux.» Avec GRUBB, l\u2019ONG espère récolter des fonds qui permettront de pérenniser ses activités.« De l\u2019argent gagné par les Roms pour les Roms», explique l\u2019une de ses cofondatrices, Caroline Roboh.L\u2019enjeu principal est toutefois de redonner confiance à ces jeunes malmenés par la vie et leur permettre d\u2019envisager un avenir différent de celui de leurs parents.L\u2019impact réel de GRUBB dans leur vie, les adolescent ne le saisissent pas encore.Leur réalité n\u2019est envisageable que de manière collective pour le moment.Interrogé avec insistance à ce sujet, Ibrahim «Bibi» Gasi, chanteur principal de la troupe, fini toutefois par avouer qu\u2019au sortir des répétitions, il garde en lui «quelque chose qui l\u2019incite à garder la tête haute».Ce quelque chose ressemble au début de l\u2019estime de soi.Du 27 juin au 2 juillet à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau Ils sont une vingtaine d\u2019adolescents roms de Serbie.Sous la direction de Serge Denoncourt, ils créent à Belgrade une comédie musicale mêlant sonorités gitanes et hip-hop qui sera présentée au Festival international de jazz de Montréal.GRUBB \u2014 pour Gypsy Roma Urban Balkan Beats \u2014 est toutefois plus qu\u2019un spectacle, c\u2019est une aventure éducative qui donne l\u2019occasion à ces jeunes de revendiquer une identité rom moderne et porteuse d\u2019avenir.PHOTOS SOPHIE GUESNE, COLLABORATION SPÉCIALE Au premier plan, Ljuma Ajra, Asmet Ibraimovic et Goran «Kris» Demirovic llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES ALEXANDRE VIGNEAULT BELGRADE \u2014 La baraque où vit Ibrahim « Bibi » Gasi, principal chanteur de GRUBB, n\u2019a de maison que le nom.La charpente est faite de madriers chétifs qu\u2019on voit au plafond du séjour.Des épaisseurs de carton et de couvertures tiennent lieu de murs.L\u2019étanchéité du toit repose entre autres sur des couches de sacs de plastique, alors que d\u2019épaisses couvertures posées à même le sol font office de plancher.Une maison construite avec les moyens du bord et cernée de détritus, comme toutes les autres du ghetto où il habite.Sa famille, qui fait partie de la frange la plus vulnérable de la population de Serbie, s\u2019est installée sur ce terrain vague situé en plein Belgrade il y a cinq ans.Elle est l\u2019une des plus anciennes de ce mahala (ghetto, dans le jargon local) qui ne bénéficie d\u2019aucune infrastructure sanitaire ni d\u2019eau potable et où le branchement électrique est artisanal \u2014 et assurément illégal.«Ici, ce n\u2019est pas une vie», résume sa mère, Tchama.Belgrade compte entre 50 et 100 de ces «colonies informelles», selon Amnistie internationale, qui a publié en avril un rapport alarmant sur les conditions de vie d\u2019une grande partie de la population rom de Serbie.Ces enclaves ne sont pas toutes des bidonvilles.Bibi, ses parents, l\u2019un de ses quatre frères, sa belle-soeur et ses neveux et nièces figurent parmi ceux qui vivent dans les conditions les plus inhumaines.Sous la menace constante d\u2019une expulsion, de sucroît.En août 2009, un important mahala situé à proximité, près de l\u2019un des ponts enjambant la Save, a été rasé par les autorités municipales.Des familles chassées par la destruction de ce campement de fortune ont d\u2019ailleurs trouvé refuge dans celui-ci.La famille de Bibi craint que la même chose ne lui arrive.Scander, le père du jeune homme, raconte que les gens qui travaillent à la construction d\u2019un nouveau pont, non loin de là, les ont prévenus qu\u2019ils seraient bientôt expulsés.«À la fin du mois de mai», précise-t-il.Bibi et sa famille ont déjà commencé à construire une vraie maison, dans les environs de l\u2019aéroport.«J\u2019espère qu\u2019on pourra s\u2019installer dans cette maison et vivre là », dit Scander.Mais ils manqueront vraisemblablement de temps.Et assurément d\u2019argent.Les seuls soutiens financiers de cette famille d\u2019environ 10 personnes sont Bibi, le benjamin, et son père, qui fait de l\u2019entretien mécanique dans un hôpital.Dans le quotidien difficile de la famille, Bibi, qui termine ces jours-ci son primaire, à 18 ans, est une source d\u2019espoir.«Participer au projet a une influence positive sur lui.Tout le monde l\u2019encourage à aller à l\u2019école », assure son père.«Il nous donne de l\u2019espoir et de la force pour finir la maison, affirme sa mère.Le plus difficile en ce moment, c\u2019est de finir la nouvelle maison.» ALEXANDRE VIGNEAULT «Le dernier mois avant le spectacle va être le pire de votre vie, lance d\u2019un ton ferme Serge Denoncourt à la vingtaine d\u2019adolescents assis devant lui.La dernière semaine, elle, sera la plus fantastique de votre vie.» Une petite frousse et une tape dans le dos.L\u2019approche en deux temps illustre le jeu d\u2019équilibriste auquel s\u2019adonne le metteur en scène depuis qu\u2019il a accepté de donner son temps au projet GRUBB et, surtout, aux jeunes Roms qui soufflent et suent sous sa direction.«Je ne dois pas perdre leur attention, ni perdre de vue leur plaisir.Il faut que je les chicane, mais que ce soit le fun en même temps», expose-t-il, en marge d\u2019une répétition particulièrement turbulente, tenue au terme d\u2019une semaine elle-même mouvementée.En l\u2019espace de quelques jours, une partie de la troupe s\u2019est en effet envolée pour Paris pour participer à Vivement dimanche, l\u2019émission de Michel Drucker, puis est rentrée à Belgrade pour chanter à l\u2019ambassade de Grande-Bretagne à l\u2019occasion du mariage princier.Serge Denoncourt ne se cherchait pas une cause quand il a été solicité par RPOINT, il y a plus de deux ans.Il n\u2019avait pas non plus le temps de s\u2019engager dans un projet humanitaire de longue haleine.Néanmoins, le metteur en scène a accepté d\u2019aller à Belgrade pour donner un atelier.Une fois devant ces ados pratiquement mis au ban par la société serbe, il n\u2019a pu leur dire non.«Je leur ai promis que je reviendrais, raconte-t-il, mais ils ne me croyaient pas.» Il est retourné à Belgrade.Plusieurs fois par année.Il a gagné leur confiance au point devenir une figure paternelle pour nombre de ces adolescents.À leurs yeux, il est celui qui tient ses promesses.« Quand Serge dit qu\u2019il va faire quelque chose, il le fait », affirme d\u2019ailleurs Goran «Kris» Demirovic.«On n\u2019a pas le sentiment que Serge est le patron, mais qu\u2019il est l\u2019un des nôtres, précise pour sa part Shenol «Tcheki» Ragipi.Il connaît nos histoires.» La vie de plusieurs des ados qui participent à GRUBB a été marquée par le racisme, la pauvreté et les difficultés à l\u2019école.Nombre d\u2019entre eux ont vécu ailleurs en Europe.Partis en quête d\u2019une vie meilleure avec leur famille, ils ont parfois été forcés de revenir en Serbie en raison des aléas de la vie ou parce qu\u2019ils ont été expulsés.Comme ces Roms que la France a mis à la porte l\u2019automne dernier.L\u2019affection que ces jeunes portent à Serge Denoncourt n\u2019est pas à sens unique.Lui aussi s\u2019est attaché à eux.Il est exigeant, les critique sans mettre de gants, mais en parle avec respect et tendresse après les répétitions.«GRUBB est la chose la plus difficile que j\u2019ai faite de ma vie, reconnaît le metteur en scène.Mais c\u2019est aussi la plus le fun.» À huit semaines de la première à Montréal, les chanteurs ne projettent pas assez, les danseurs manquent de précision et aucun d\u2019entre eux n\u2019est familier avec les contraintes d\u2019un spectacle en salle.Mais Serge Denoncourt demeure confiant.«Tous les jours, je me dis qu\u2019on n\u2019y arrivera pas, admet-il, et tous les jours,je me dis qu\u2019on va y arriver.C\u2019est dans un cas comme ça que le mot répétition prend tout son sens.» Il y a 12 millions de Roms en Europe, ce qui en fait la plus grande minorité du continent.Environ 500 000 Roms vivent en Serbie.Plus d\u2019un tiers des Roms de Belgrade vivent dans des ghettos enclavés \u2013 certains utilisent le terme «colonie informelle ».En Serbie, environ les deux tiers de ghettos Roms (mahala, en langue locale) ne comptent ni infrastructure d\u2019eau potable ou d\u2019égout et le raccordement au réseau électrique y est souvent illégal et artisanal.La moitié des enfants roms d\u2019Europe ne terminent pas l\u2019école élémentaire.Seulement 2,4% des filles roms possèdent un diplôme d\u2019études secondaires.En Serbie, 66% des enfants roms s\u2019inscrivent à l\u2019école primaire, mais ce pourcentage tombe à 10% parmi ceux qui vivent dans les colonies informelles.Des 600 enfants roms qui ont profité de l\u2019aide aux devoirs fournie par l\u2019organisation RPOINT à Nis depuis deux ans, 90% se sont inscrits à l\u2019école secondaire.Sources: ONU, UNICEF, UNESCO, RPOINT et Amnistie internationale.- Alexandre Vigneault LUNDI : La lutte des filles Ibrahim «Bibi» Gasi Serge Denoncourt llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 ARTS ET SPECTACLES ENTRACTE entracte@lapresse.ca CATHERINE SCHLAGER LA PHOTO D\u2019HERBY SÉPARÉS À LA NAISSANCE L\u2019écrivain Guillaume Corbeil, auteur des livres L\u2019art de la fugue et Pleurer comme dans les films et d\u2019une biographie sur André Brassard, aurait des airs de famille avec le musicien Philippe B qui a lancé cette semaine son troisième album, Variations fantômes.Même intensité dans le regard, même barbe savamment taillée, même chevelure rebelle décoiffée juste comme il se doit et même moue coquine.Merci à notre collègue Yves de Repentigny pour la suggestion.Guillaume Corbeil ILS, ELLES ONT DIT \u2013 SPÉCIAL GALA ARTIS «Je me suis dit : «La canne, ça marche avec Jack Layton».» \u2014 Claude Legault, commentant sa démarche incertaine lors de la remise de son trophée.«Je ne veux pas finir comme Guillaume Lemay- Thivierge et faire des annonces de Hyundai.» \u2014 Alice Morel-Michaud dans un sketch sur les revendications des jeunes comédiens.«Nous, ce qui nous attend au travail, c\u2019est du ménage, du lavage pis des enfants!» \u2014 Daniel Brière parlant de ses conditions de travail sur le tournage de l\u2019émission Les Parent.«J\u2019ai trois enfants.Ma vie est un long post-partum.» \u2014 Véronique Cloutier, choisie meilleure animatrice d\u2019émissions de variétés ou de divertissement, dans son discours de remerciements.CHARLES LAFORTUNE Grosse semaine pour Charles Lafortune.En plus d\u2019animer avec brio le 26e gala Artis, le populaire comédien et animateur a remporté deux trophées, dimanche dernier : celui d\u2019animateur d\u2019émissions de jeux (Le cercle, La classe de 5e) et celui de la personnalité masculine de l\u2019année.RICK SPRINGFIELD Le chanteur australien Rick Springfield devra apprendre à être sobre lorsqu\u2019il prend le volant.Dimanche dernier, l\u2019interprète de la chanson Jessie\u2019s Girl et du Dr Noah Drake dans le téléroman General Hospital a été arrêté en état d\u2019ivresse au moment où il roulait dans sa Corvette 63 sur la Pacific Coast Highway près de Los Angeles.Son taux d\u2019alcoolémie était de 0,1% alors que la limite s\u2019élève à 0,08%.Le chanteur de 61 ans a dû payer une caution de 5000$ et comparaîtra le 5 juillet prochain.EN HAUSSE.EN BAISSE Charles Lafortune PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Philippe B C\u2019est Pierre-Yves Lord, le populaire chroniqueur de l\u2019émission Testé sur des humains, qui sera à la barre de Salut, Bonjour! Week-end cet été.Le jeune animateur originaire de Québec se dit très heureux de cette nomination: « Je suis très flatté qu\u2019on ait pensé à moi pour ce poste, j\u2019ai toujours rêvé d\u2019animer une émission matinale à la télévision».Pierre-Yves Lord a déjà été morningman à la radio Énergie à Québec avant d\u2019animer Occupation double 7 à Whistler l\u2019année dernière.Ce nouveau boulot dans la Vieille Capitale lui permettra de passer une belle période estivale et certainement beaucoup plus de temps avec sa conjointe et son fils de 19 mois.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 POROCOCA Lia Rodrigues / Rio de Janeiro THE YOU SHOW Crystal Pite / Vancouver + Francfort TEMPEST: WITHOUT A BODY Lemi Ponifasio / Auckland « Tempest envoûte par la beauté de ses images » Le Figaro GARDENIA Alain Platel + Frank Van Laecke / les ballets C de la B, Gand « Cinq cents spectateurs debout, en larmes, en joie.Gardenia, la mélodie du bonheur, façon transsexuelle » Le Temps PLUS DE 30 SPECTACLES TRUST Falk Richter + Anouk van Dijk Berlin + Amsterdam EL FINAL DE ESTE ESTADO DE COSAS, REDUX Israel Galván / Séville MILLE ANONYMES Daniel Danis / Québec LANX + OBVIE / NIXE + OBTUS Cindy Van Acker / Genève NEUTRAL HERO Richard Maxwell / New York WHAT\u2019S NEXT Brigitte Poupart + Dave St-Pierre / Montréal LA CRÉATION CONTEMPORAINE DANS TOUS SES ÉCLATS BILLETS 15 $ + FORFAITS 15 à 40 % de réduction INFO-FESTIVAL 514-844-3822 1-866-984-3822 FTA.QC.CA « Une partition chorégraphique tumultueuse d\u2019une beauté féroce » Le Monde « Des chorégraphies pleines de puissance et d\u2019humour » Journal Frankfurt Une exposition organisée par le Musée royal de l\u2019Ontario, en partenariat avec le Bureau des reliques culturelles et le Centre de la promotion du patrimoine culturel de la province du Shaanxi, République populaire de Chine, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.De gauche à droite: Fantassin, officier de rang supérieur et cheval de cavalerie (détails), Dynastie des Qin, 221-206 av.J.-C.Musée de l\u2019Armée en terre cuite du Premier Empereur.Photos © Bureau des reliques culturelles de la province du Shaanxi et Centre de la promotion du patrimoine culturel du Shaanxi, République populaire de Chine, 2009 Samedi 7 mai des activités gratuites pour toute la famille! L\u2019équipe de RockDétente sera sur place de midi à 16 h pour accueillir les mamans.Création d\u2019un soldat sur un macaron De 13 h à 16 h Calligraphie chinoise De 10 h à 15 h Deux calligraphes offriront aux mamans un morceau de papier de riz sur lequel ils auront inscrit en caractères chinois le nom de leur enfant.Suivons les traces de l\u2019empereur Un jeu de piste divertissant à travers les trouvailles archéologiques de l\u2019exposition.audioguide spécial famille (5$) Tous les détails sur empereurdechine.ca Aujourd\u2019Hui ! Le muSée et RoCkdétente CéLèbRent LeS mamanS ! jouRnée deS mamanS Une présentation de Grand donateur GRAtUit pour les enfants de 12 ans et moins ! ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Avec Here\u2019s to you \u2013 Songs for Shirley Horn, Térez Montcalm fait d\u2019une pierre deux coups : elle rend hommage à son idole et dissipe les doutes chez ceux qui seraient encore «mêlés ».DANIEL LEMAY Térez Montcalm avait son idée: elle voulait enregistrer un disque 100% jazz dont elle se servirait comme «carte de visite» auprès des festivals de jazz de France où elle passe désormais lamoitié de son temps.Et où elle gagne bien sa vie, comme l\u2019indiquent les ventes (60 000 exemplaires) de Connection, sorti en 2009.« Pour moi, chanter Ella Fitzgerald ou Léo Ferré, c\u2019est pareil, mais certains étaient mêlés : ils se demandaient si j\u2019étais une vraie chanteuse de jazz », nous raconte la chanteuse montréalaise.«Ce CD met les choses au clair.» On ne peut plus clair.Here\u2019s to you \u2013 Songs for Shirley Horn est un hommage à la grande chanteuse américaine que Térez Montcalm a découverte à l\u2019adolescence en écoutant, en boucle, Travelin\u2019 Light enregistré par Shirley Horn en 1965 après que Miles Davis l\u2019eut fait monter à New York.Comme le trompettiste, Shirley Horn (1934-2005) était l\u2019incarnation suprême de la décontraction.«Laid back», la madame, comme disent les Américains\u2026 Térez Montcalm n\u2019a jamais rencontré Shirley Horn \u2013 à ne pas confondre avec la chanteuse et actrice Lena Horne, disparu l\u2019an dernier \u2013 mais elle l\u2019a vue deux fois en spectacle : à New York et lors de la dernière visite de la célèbre Washingtonian à Montréal, quand elle a ouvert le Festival de jazz de l\u2019année 2000 avec le contrebassiste Charlie Haden.Il y a quelques mois, en discutant de ses influences avec son nouveau producteur de Universal France, l\u2019ancienne de Carbone 14 découvre que Jean-Philippe Allard a produit plusieurs disques de Shirley Horn pour Verve dans les années 90.«Deux jours plus tard, il m\u2019appelle et me dit : \"On va enregistrer un disque de chansons de Shirley Horn.Avec ses musiciens\u2026\".» La chanteuse hésite : elle n\u2019aurait «jamais osé» suggérer elle-même la chose, mais l\u2019occasion est trop belle.«Shirley Horn\u2026 Jean-Philippe aurait pu offrir ça à plein d\u2019autres chanteuses, ma is il m\u2019a convaincue que c\u2019est moi qui devais le faire.Je me suis dit : \"Là, Montcalm, tu t\u2019en vas en studio et tu roules!\"» Et voilà Térez Montcalm à Lumford au Connecticut, entourée de vétérans dirigés par le pianiste Gil Golstein, un ancien protégé de Gil Evans.L\u2019orchestre : Steve Williams, le batteur attitré de Shirley Horn; Rufus Reid à la basse ; Ernie Watts du Quartet West au sax; et, à la trompette, Roy Hargrove, un favori des Montréalais.Plus jazz que ça, on doit changer de planète.«Je suis arrivée là sans avoir vu les partitions, mais je voulais rester fidèle aux versions de Shirley Horn.Pendant que je discutais des accords avec Gil, les autres prenaient des notes.On a commencé avec Nice\u2019n\u2019Easy\u2026 De la régie, Jean- Philippe a dit: \"C\u2019est bon mais c\u2019est pas Shirley\u2026\" À partir de ce moment-là, Steve (Williams) a ralenti le tempo, tout le monde s\u2019est ajusté et on a enregistré les douze chansons en trois jours, souvent en une seule prise.Une expérience merveilleuse avec de grands musiciens et des gentlemen!» Après Here\u2019s to Life, qui a inspiré le titre du CD Here\u2019s to You, Térez Montcalm reprend la version anglaise de l\u2019Hymne à l\u2019amour de Piaf (If You Love Me), puis la très belle A Song for You de Leon Russell (1970), un classique qu\u2019ont interprété une cinquantaine de chanteurs depuis 1970, de Willie Nelson à Ray Charles, de Peggy Lee à Whitney Houston.Entre des ballades où l\u2019orchestre et la chanteuse jouent du silence avec talent, des pièces plus swing comme Rules of the Road ou The Great City.Ou How Am I to Know dont on peut voir et entendre, sur le Net (youtube.com/watch?v=J0zLUaC263A), la version qu\u2019avait livrée Mrs.Horn lors de son passage au Festival de Marciac en 1998.Cool\u2026 Si Shirley Horn s\u2019accompagnait au piano, Térez Montcalm, elle, s\u2019accompagne à la guitare, mais n\u2019en a jouéque sur lamoitié des pièces sur ce CD: «Quand il y a un piano, ça devient plus délicat\u2026» Quant au scat, où elle excelle, Térez Montcalm a décidé d\u2019en faire moins qu\u2019on lui en demandait.Parce qu\u2019elle le sentait comme ça\u2026 Songs for ShirleyHorn ne sortant en France qu\u2019à l\u2019automne, Térez Montcalm n\u2019aura pas à se servir là-bas de sa «carte de visite jazz » avant la saison 2012.Cet été, elle sera en tournée au Canada et au Québec, avec un arrêt au Club Soda pour le Festival de jazz (30 juin).Avec Steve Williams à la batterie.«Il a aimé faire le disque et il voulait être de la tournée.Il a dit: \"Vous me payerez ce que vous pourrez\u2026\"» Quoi qu\u2019il arrive, Térez Montcalm pourra toujours payer en musique.TÉREZ MONTCALM Une carte de visite toute jazz PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Here\u2019s to you \u2013 Songs for Shirley Horn est un hommage à la grande chanteuse américaine que Térez Montcalm a découverte à l\u2019adolescence.«Pour moi, chanter Ella Fitzgerald ou Léo Ferré, c\u2019est pareil, mais certains étaient mêlés : ils se demandaient si j\u2019étais une vraie chanteuse de jazz.» JAZZ TÉREZ MONTCALM HERE\u2019S TO YOU \u2013 SONGS FOR SHIRLEY HORN VEGA llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 en spectacle Douzehommesrapaillés chantentGASTONMiRON Billets : 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 \u2022 laplacedesarts.com Douze hommes rapaillés en tournée Vendredi 17 juin 20h \u2022 théâtremaisonneuve \u2022 pda Disque d\u2019or Vendu à plus de 40 000 exemplaires 20 mai \u2022 Centre national des Arts \u2022 Ottawa 1 888 991-2787 \u2022 ticketmaster.ca 25 mai \u2022 Salle Maurice-O\u2019Bready \u2022 Sherbrooke 1 888 991-2787 \u2022 ovation.qc.ca 11 juin \u2022 Festival de la chanson de Tadoussac \u2022 Tadoussac 1 866 861-4108 - festivalchansontadoussac.com 12 juin \u2022 Théâtre Hector-Charland \u2022 L\u2019Assomption 1 855 790-1245 \u2022 admission.com 11 juillet \u2022 Festival d\u2019été de Québec \u2022 Québec DOuzEHOMMES.COM 1 855 800-FEIQ \u2022 infofestival.com Spectacle de l\u2019année\u2014 Interprète 2010 Samedi 18 juin vincent vallières michel fauBert michel rivarD ya nn perreau pierre flynn louis-jean cormier martin léon Daniel lavoie richarD séguin yveslamBert gillesBélanger jim corcoran première partie : patrice michauD Lesévénements ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Créée en 1998 au Théâtre Jean-Duceppe, Le chemin des passes dangereuses, de Michel Marc Bouchard, a été traduite et jouée un peu partout dans le monde.Notamment à Paris, Naples et Mexico City.Mais ici, elle n\u2019a jamais été montée depuis.C\u2019est maintenant chose faite, grâce à la proposition du théâtre Le Mimésis, qui a mis Michel-Maxime Legault sur le coup.JEAN SIAG Ce sont trois jeunes diplômés du Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal qui sont à l\u2019originedeceprojet.Guillaume Regaudie, Yves-Antoine Rivest et Louis-Philippe Tremblay (Le Mimésis) voulaient monter ce texte de Michel Marc Bouchard au Bain Saint- Michel.Ils ont pris contact avec le comédien et metteur en scène Michel-Maxime Legault, qui a mis le pied à l\u2019étrier.Le comédien, qu\u2019on a vu dans Vie et mort du roi boiteux, il y a près de deux ans, a signé de remarquables mises en scène récemment : Top Dogs, Kick, Rhapsodie-Béton, Menteur, c\u2019est lui.Michel-Maxime Legault connaissait bien le texte.«Quand ils m\u2019ont dit qu\u2019ils voulaient le monter au Bain Saint-Michel, j\u2019ai tout de suite accroché, dit-il.Je voulais créer une performance-installation.» L\u2019intention de départ de Michel Marc Bouchard était d\u2019écrire une pièce sur la parole des hommes, souvent incapables d\u2019exprimer leurs émotions.Il a imaginé un père de famille qui serait tout le contraire : un poète-fou, alcoolique, qui ne cesse de parler.De tout dire, de tout nommer.Au plus grand dam de ses trois garçons (adolescents), qui ont honte de lui.Il s\u2019agit bel et bien d\u2019un drame familial, mais il y a beaucoup d\u2019humour dans le texte.«Je voulais aussi parler de la franchise dans les communications, explique Michel Marc Bouchard.Entre le père et ses fils, mais aussi entre les trois frères.C\u2019est dur d\u2019atteindre la franchise, c\u2019est quelque chose de très violent.Qu\u2019on vit parfois seulement sur notre lit de mort.» D\u2019où la mise sous tension des dialogues entre les frères, qui en même temps se félicitent de leurs discussions franches et viriles.«Notre père doit être content», répètent-ils.La construction du Chemin des passes dangereuses est assez originale.On assiste d\u2019abord à un huis clos entre deux des trois frères, Ambroise et Carl.Mais on ne sait pas exactement où ils se trouvent.Arrive l\u2019aîné de la fratrie, Victor, qui se joint à eux.Peu à peu, les pièces du puzzle s\u2019assemblent.Jusqu\u2019à ce qu\u2019on comprenne que ce récit de famille est en fait une tragédie racontée au passé.Une «tragédie routière », comme dit l\u2019auteur.Et qu\u2019on se trouve face à trois fantômes.Réconciliation des frères «C\u2019est la réunion et la réconciliation entre les trois frères qui m\u2019a intéressé, explique Michel-Maxime Legault.Il y a de l\u2019amour malgré tout entre eux.Même si on est différent de nos frères et soeurs, on a besoin de retourner à nos sources.Eux, ils s\u2019entêtent à se revoir, parce qu\u2019ils sont une famille.Même s\u2019ils ont pris des chemins différents.Il y a quelque chose de profondément humain dans leur histoire.» Les trois frères font un saut dans le temps, 15 ans après la mort de leur père, pour le mariage du benjamin (Carl).C\u2019est là que le drame se poursuit, et se conclut.«Ils se sentent coupables de la mort de leur père.Ils savent qu\u2019ils sont complices de ça, précise l\u2019auteur.Moi, j\u2019ai voulu jouer sur l\u2019image de la spirale.Je voulais écrire quelque chose qui se passait au moment où s\u2019envolent les âmes.D\u2019où l\u2019accident dans le camion.Et le tunnel, qui vient immédiatement après la mort.» Les trois comédiens joueront à l\u2019intérieur du Bain Saint-Michel, lieu idéal de ce «nulle part ».Les spectateurs seront assis autour du bassin (sur trois côtés).Au centre, un petit autel servira de tribune aux personnages.«Le texte est déjà très fort, dit Michel- Maxime Legault, je n\u2019avais pas besoin d\u2019en rajouter.Tout est centré sur le mouvement qui va amener la parole.Tout ce qui relève du quotidien a été évacué.Dans ce sens, c\u2019est vrai que c\u2019est très chorégraphié.» Michel Marc Bouchard ne cache pas sa joie de voir sa pièce reprendre l\u2019affiche à Montréal.«C\u2019est une des pièces dont je suis le plus fier, dit-il.À cause de la manière de raconter cette histoire.De l\u2019idée de cette spirale, qui porte aussi un discours.Je viens d\u2019assister à un enchaînement et il y a encore des affaires qui m\u2019échappent.Comme je le dis souvent, j\u2019oublie que c\u2019est moi qui ai écrit le texte.Et ça, c\u2019est le plus beau cadeau qu\u2019on peut faire à un auteur.D\u2019être un spectateur.» Le chemin des passes dangereuses, au Bain Saint- Michel du 10 au 27 mai.MICHEL MARC BOUCHARD ET MICHEL-MAXIME LEGAULT / Le chemin des passes dangereuses Dans le bain avec trois frères Avec trois pièces qui s\u2019adressent aux bébés, la compagnie belge du Théâtre de la Guimbarde aura une présence importante cette année au festival Petits bonheurs.Exploration, sensation, émotion : le metteur en scène de deux de ces spectacles, Martin Staes-Polet, parle de la responsabilité de travailler pour les tout-petits et du théâtre non éducatif.qui éduque.FESTIVAL PETITS BONHEURS / Théâtre de la Guimbarde Jamais trop tôt pour s\u2019initier au théâtre PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE La pièce Le chemin des passes dangereuses de Michel Marc Bouchard (à droite) renaît au Bain Saint-Michel, dans une mise en scène signée Michel- Maxime Legault.PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL PETITS BONHEURS Bramborry, livre animé mettant en vedettes trois saxophonistes, s\u2019adresse aux 1 à 3 ans.Les tout-petits réagissent très bien au son très puissant du saxophone, selon Martin Staes-Polet, du Théâtre de la Guimbarde.«C\u2019est dur d\u2019atteindre la franchise, c\u2019est quelque chose de très violent.Qu\u2019on vit parfois seulement sur notre lit de mort.» \u2014 Michel Marc Bouchard JOSÉE LAPOINTE La Guimbarde faisait déjà depuis longtemps du théâtre jeunesse, mais touche depuis plusieurs années des groupes d\u2019âge de plus en plus jeunes.Coproduit avec le Theater de Spiegel, Bramborry, livre animé mettant en vedettes trois saxophonistes, s\u2019adresse aux 1 à 3 ans.Le grand saut, chantier de construction transformé en terrain de jeu, rejoint les petits de 18 mois à 4 ans.Et le spectacle musical Concertino Pannolino, coproduit avec La Bulle à sons, est destiné aux.0 à 1 an.Les bébés y sont carrément intégrés au concert avec leurs parents, sur scène, assis sur le piano ou tout près de la contrebasse.« L\u2019expérience du théâtre, pour un bébé, est en soi éducative », déclare Martin Staes-Polet, qui collabore avec la Guimbarde depuis une dizaine d\u2019années.Face aux DVD qui sont maintenant dans la vie des enfants depuis leur tout jeune âge, les Bébé Einstein, Teletubbies et compagnie, le metteur en scène ne se sent pas vraiment en concurrence.«Si ce qu\u2019il voit l\u2019intéresse, l\u2019enfant sera présent.Mais il faut qu\u2019il y ait un vrai contact visuel pour l\u2019amener dans ce qu\u2019il y a devant lui, et l\u2019expérience devient plus forte que celle de l\u2019écran plat parce que c\u2019est réel, concret.» Il s\u2019agit bien sûr de respecter leur rythme et leur capacité d\u2019attention limitée \u2013 la pièce ne doit aller ni trop vite ni trop lentement.«L\u2019enfant ne choisit pas d\u2019aller au théâtre, sa sécurité affective est donc importante.Il est comme une page vierge et nous devons être respectueux d\u2019où il se trouve et de sa capacité de recevoir.» Testé sur des enfants Le Théâtre de la Guimbarde présente aussi ses productions dans les garderies, et elles sont régulièrement « testées » sur des enfants et avec des pédopsychiatres avant d\u2019en arriver au produit final.Par exemple, pour Bramborry, les créateurs ont voulu savoir comment les tout-petits réagissaient au son très puissant du saxophone.La réponse?«Ils reçoivent cela très bien.Mais on démonte aussi l\u2019instrument, on joue physiquement avec lui.» La pièce, inspirée des illustrations très colorées de la Tchèque Kveta Pacovska, est un genre de «film musical», explique le metteur en scène, dans lequel les personnages sortent des pages d\u2019un livre géant.«Évidemment, pour les tout-petits, il n\u2019y a pas de narration concrète.C\u2019est un voyage de découvertes et de sensations.L\u2019histoire se raconte à travers des choses qui surgissent.» C \u2019est v ra i aus si pou r Le grand saut, une expérience «plusmotrice,activeetconcrète» faite de bruit, d\u2019eau, de tuyaux et de sable.«Nous voulions expérimenter avec la matière et les objets et on a mis du temps avant d\u2019arriver à l\u2019idée du chantier.Le canevas s\u2019est créé au fur et à mesure.» Chantier urbain comme on en voit dans les rues, Le grand saut est «très fort et très simple» et ne manque pas d\u2019humour, dit Martin Staes-Polet.Dès le plus jeune âge, croit le concepteur, les enfants vivent des émotions et peuvent, d\u2019une certaine manière, «apprécier» une oeuvre d\u2019art.D\u2019ailleurs, Martin Staes-Polet ne se lasse pas d\u2019observer leurs réactions pendant les spectacles, leur bonheur et leur intérêt.«Si on est enfermé dans une armoire, on n\u2019apprend rien.Dès qu\u2019on peut ouvrir la porte et faire un petit pas vers le théâtre, c\u2019est le début d\u2019une aventure.» Bramborry, Le grand saut et Concertino Pannolino sont présentés pendant le festival Petits bonheurs, qui se déroule jusqu\u2019au 15 mai.Infos : petitsbonheurs.ca «L\u2019expérience du théâtre, pour un bébé, est en soi éducative.» \u2014 Martin Staes-Polet, du Théâtre de la Guimbarde llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS Claude Gosselin et David Liss, les deux commissaires de la Biennale de Montréal 2011, ont choisi le hasard comme phare de cet événement d\u2019art contemporain organisé dans l\u2019ex-École des beaux-arts jusqu\u2019au 31 mai.La Presse a rencontré quelquesuns des 40 artistes qui ont planché sur ce thème, notamment le Vancouvérois Ian Wallace et le Français Jean Dupuy.ÉRIC CLÉMENT « Je parle mal le français, mais je le lis tous les jours, commente l\u2019artiste vancouvérois Ian Wallace devant une de ses photographies.Je suis francophile et très respectueux de Stéphane Mallarmé.Il est à la source du Mode rn ar t et de ses expressions que sont le collage, l\u2019abstraction et le ready-made.Il a eu même de l\u2019influence sur Picasso.» Ian Wallace fa it par tie de la quarantaine d\u2019artistes participant à la 7e Biennale de Montréal (BNL MTL), consacrée au livre-poème de Stéphane Mallarmé, Un coup de dés jamais n\u2019abolira le hasard, publié en 1897.Selon I an Wal lace , le hasard a joué un grand rôle dans la vie de Mallarmé, précurseur de l\u2019art contemporain.«La mort de sa petite soeur l\u2019a d\u2019abord beaucoup affecté, puis celle de son fils de 9 ans a été une tragédie, dit-il.Le plus curieux, c\u2019est qu\u2019il avait une très belle voix et il est mort d\u2019une suffocation, chez lui, près de sa table de travail.Il a eu tout un destin.» Historien de l\u2019a r t , Ia n Wallace expose une douzaine de compositions.Il a photographié des tables de travail rappelant celle de Mallarmé, plaçant des objets qu\u2019on peut relier au poète : son premier essai sur le Coup de dés, ses corrections, la première publication du poème dans la revue Cosmopolis en 1897 puis celle à la NRF en 1914.Sur l\u2019une des photos, on remarque la première page du poème, blanche.« J\u2019étais inspiré par cette page blanche qui fait partie du poème, dit-il.Il a été le premier à considérer ce blanc .I l est le premier écrivain du monochrome.Ce blanc est un message et un silence à la fois.» Jean Dupuy Autre éminent disciple du hasard dans l\u2019art, le Français Jean Dupuy.Il fallait voir dimanche dernier combien les visiteurs buvaient les paroles de ce sympathique monsieur de 85 ans, alors qu\u2019il commentait les oeuvres qu\u2019il expose à la Biennale.L\u2019artiste Jhave, qui expose une vidéo émouvante sur la condition animale, l\u2019écoutait, fasciné.Dans l\u2019entrée de la Biennale, on a placé une affiche de Jean Dupuy qui porte sur les drames de Tchernobyl et de Fukushima.Le «vert devint rouge » se t ransforme en «verre de vin rouge» et il écrit ironiquement : Santé! Il propose aussi Les confessions de Rousseau, oeuvre née du hasard d\u2019une rencontre entre une vieille chaise de dentiste et le livre du philosophe dans lequel une dame évoque la pornographie et ces livres qu\u2019on ne lit d\u2019une seule main.Il a aussi apporté Where, oeuvre faite de bois de lilas indiquant des directions et sa date de naissance, le 22-11, et au bout d\u2019une flèche, 00.«22, 11 et puis 00, ça m\u2019arrivera, dit-il.Le hasard est stressant.» Autre grande star de la BNL MTL, Guido Molinari.Le public peut découvrir les nouveaux locaux de la Fondation Guido Molinari, à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine Est et Darling.On y présente 12 oeuvres de Moli sur le poème de Mallarmé et six peintures de sa période automatiste.Des peintures peintes dans le noir, au hasard\u2026 En lice pour le prix Sobey Art 2011, Nadia Myre propose un extrait de son projet Cicatrice, où les participants font une cicatrice dans une toile.«C\u2019est un travail artistique mais aussi d\u2019anthropologue, dit-elle.Les gens peuvent participer le dimanche, de 13h à 16h.» Sylvie Cot ton présente Sapience où elle a transformé ses notes de cours de muséologie en confettis assemblés tel un gâteau de mariage.Le tandem Cozic expose Foule, m\u2019as- tu vu ?, étude sur le regard par l\u2019intermédiaire de cartons et d\u2019objets qui ont, dans leur procédé de fabrication, des trous et des formes faisant penser à un visage ou à un regard.«Le hasard hait la cécité », commente Yvon Cozic.Et la Biennale comporte bien d\u2019autres surprises.La Biennale de Montréal, jusqu\u2019au 31 mai, au 3450, rue Saint-Urbain (angle Sherbrooke).Tous les jours de 12h à 17h (sauf le jeudi 12h-19h).Entrée libre mais don conseillé de 2$.Infos : www.biennalemontreal.org/fr BIENNALE DE MONTRÉAL 2011 Ce hasard qui crée des choses PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE Le Vancouvérois Ian Wallace fait partie de la quarantaine d\u2019artistes participant à la 7e Biennale de Montréal, consacrée au livre-poème de Stéphane Mallarmé, Un coup de dés jamais n\u2019abolira le hasard, publié en 1897.Historien de l\u2019art, Ian Wallace expose une douzaine de compositions.Selon Ian Wallace, le hasard a joué un grand rôle dans la vie de Stéphane Mallarmé, précurseur de l\u2019art contemporain.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 b L e che f - d \u2019 oe u v r e d e P ucci n i b d a ns une nou v e L L e P roduc t ion s ignée aL a i n g au t h ie r La bohème Puccini 21.25.28.30 mai 2011 + 2.4 juin 2011 b saLLe WiLfrid-PeLLetier b oPerademontreaL.com 2010 2011 marianne fiset .antoine BéLanger .Lara ciekieWicz .etienne duPuis metteur en scène : aLain gauthier .orchestre métroPoLitain s a i son 2011-2 012 : aBonne z-v ous d ès ma in t e n a nt ! Arts et spectAcles DAnse Mots croisÉs DES ARTS solUtion de la semaine dernière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 www.nicolehannequart.com 1738 HoriZontAleMent 1 On lui doit Le dôme.2 Dans le titre d\u2019un film de Xavier Beauvois \u2013 Prénom de la réalisatrice du film Le ring.3 Volcan actif \u2013 Éroder \u2013 Devant le nom d\u2019une femme canonisée.4 Film de Gilles Carle (La vraie .de Bernadette) \u2013 Notions.5 Partenaire de Cate Blanchett dans le film Hanna (son prénom) \u2013 Cigarillo.6 Une des animatrices des Lionnes \u2013 Initiales de l\u2019interprète de Valence dans le film Dans une galaxie près de chez vous.7 (Fer en) cornière \u2013 Prénom du réalisateur du Baiser du barbu \u2013 Dans le titre d\u2019un film de Jeanne Labrune mettant en vedette Isabelle Huppert.8 Suivit \u2013 Arbre à feuilles dentelées.9 Humaniste italien né en 1407 \u2013 Araignée à l\u2019abdomen très développé.10 Atténuer une sensation \u2013 Prénom de l\u2019interprète de Avec le temps.11 Préfixe \u2013 Peint sous des couleurs inquiétantes.12 Raisonnable \u2013Molécule.VerticAleMent 1 Auteur de L\u2019heure des loups.2 Il joue dans Même la pluie \u2013 Ébahie.3 Nerveux \u2013 Entre le jéjunum et le gros intestin.4 Initiales de l\u2019interprète de Diane dans Trauma \u2013 Une des branches mères de l\u2019Amazone.5 D\u2019une expression sign.avoir la chance de \u2013 Rayons \u2013 Prénom de l\u2019interprète de Criquette dans Le coeur a ses raisons.6 Espèces d\u2019arbres \u2013 Note.7 Monogramme grec de Jésus \u2013 Un des personnages de Tout sur moi.8 Prénom de la partenaire de Sébastien Huberdeau dans Angle mort \u2013 Est efficace.9 Indique la suppression \u2013 Petite tache cutanée \u2013 Initiales de l\u2019animateur de Découverte.10 Hors d\u2019usage \u2013 Rôle de Luce Dufault dans la comédie musicale Les filles de Caleb.11 Le lièvre s\u2019y retire \u2013 Quantité de rondins.12 .Street \u2013 Appareil volant.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 S E R G E L A M A D P 2 I C I A R N E R U D A 3 M O R I S O D A N T I 4 P L E S E T S K I L 5 L I S A O U L E L 6 Y E T I G O R E T A 7 E R E R E N D C E S 8 V E N T E S I R O N S 9 A S T I S P S E U D O 10 A M I N A T A U N 11 D A N N A T A L I E 12 M A T T E E N O S E www.nicolehannequart.com 1737 Documentaire radio sur Denise Filiatrault Pour souligner les 80 ans de Denise Filiatrault (le 16 mai), la Première Chaîne de Radio- Canada diffuse aujourd\u2019hui (de 14h à 16h) une émission spéciale qui fera un survol de sa fructueuse carrière.Réalisé et animé par Marie-Louise Arsenault, Les leçons de Denise Filiatrault retrace les moments-clés du long parcours artistique de la comédienne, metteuse en scène et directrice artistique actuelle du Rideau Vert, qui a fait ses débuts comme chanteuse de cabaret.De nombreux témoignages ont été recueillis, dont ceux de Dominique Michel, Sophie et Danièle Lorain, Normand Brathwaite, Gilbert Rozon, Serge Postigo, Karine Vanasse, Jean Bissonnette, René Homier-Roy et Denise Robert.Sur le web, le site radio-canada.ca/denisefiliatrault propose une visite ayant pour thème Les neuf vies de Denise Filiatrault: la chanteuse, l\u2019artiste de cabaret, l\u2019actrice de télévision, de théâtre et de cinéma, l\u2019auteure, la scénariste, la metteuse en scène et la réalisatrice.Le tout présenté avec photos, extraits sonores et vidéos.\u2014 La Presse Laurent Paquin expose ses toiles L\u2019humoriste Laurent Paquin dévoile sa toute première exposition de peinture intitulée Sans prétention, qu\u2019il a choisi de présenter à Trois- Rivières jusqu\u2019au 3 novembre prochain.Le peintre au talent caché s\u2019est fait courtiser par les propriétaires de la boutique Marchand\u2019arts du centre-ville de Trois-Rivières pour exposer ses oeuvres au grand public.La peinture demeure un passe-temps pour celui qui animera son huitième gala Juste pour rire cet été.«Je ne me considère pas comme un vrai peintre.Je fais ça pour le plaisir.D\u2019ailleurs, je ne suis pas assez bon pour peindre du gazon, c\u2019est pour ça que je peins des scènes d\u2019hiver et de printemps les pieds dans la bouette! plaisante- t-il.Pareil pour les personnages qui ont tous un foulard qui cache leur face, c\u2019est parce que je ne suis pas bon pour faire des visages!» L\u2019hiver est en effet omniprésent dans la quinzaine de toiles exposées, mais Laurent Paquin considère que c\u2019est surtout son enfance qui l\u2019a inspiré.«Tous les personnages sont des enfants et j\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est un peu moi le petit bonhomme.Ce n\u2019est pas moi nécessairement, mais c\u2019est comme si j\u2019étais dans tous ces petits tableaux-là.» \u2013 Le Nouvelliste FLASH Les Grands Ballets finissent la saison comme ils l\u2019ont commencée : par la présentation de chorégraphes de la génération actuelle de danse contemporaine en Allemagne.Une soirée complète signée Marco Goecke et Stephen Thoss pour les danseurs de la compagnie.Intimité, intensité et impétuosité au programme.Aline ApostolskA COLLABORATION SPÉCIALE Attention, secousses telluriques ! La réputation de Marco Goecke précède celui qui a été tour à tour surnommé l\u2019«enfant terrible» et l\u2019«enfant chéri » de la jeune chorégraphie allemande.Ça le fait rire au téléphone: «Tant mieux si j\u2019échappe aux classifications, dit-il, mais je m\u2019intéresse d\u2019abord au mouvement sans m\u2019occuper des appellations et des références.» Des références, l\u2019impétueux chorégraphe n\u2019en manque pourtant pas.Originaire de Wuppertal, la ville de Pina Bausch, formé au bal let classique, il a dansé avec le Deutsche Staatsoper Berlin et le Theater Hagen Ballet.Il a vite été remarqué au début des années 2000 et a aussitôt été invité à créer des pièces pour de grandes compagnies internationales.Bardé de prix et d\u2019éloges pour son «génie inimitable», présentement chorégraphe résident au Ballet de Stuttgart et au Ballet Scapino de Rotterdam, il présente deux oeuvres créées précédemment, que les Grands Ballets ont acquises pour les interpréter : Pierrot lunaire, mélodrame lyrique pour cinq instruments et une voix d\u2019Arnold Schoenberg, ainsi que le Pas de deux extrait de l\u2019Oiseau de feu de Stravinsky.Deux compositeurs scandaleux et révolutionnaires et deux oeuvres qui ne le furent pas moins et qui influencèrent durablement la musique du XXe siècle.Deux ballets noirs aussi, en résonance avec l\u2019inassouvi de l\u2019être.Il se pourrait bien alors que la réputation de Goecke soit justifiée.À la recherche du moi intérieur La renommée de Stephen Thoss n\u2019est pas moins justifiée.Une réputation de créateur subtil, mystérieux, à l\u2019esthétique fascinante, un chorégraphe très prolifique aussi.Formé à la Palucca Schule de Dresde, antre de la danse expressionniste allemande, soliste à l\u2019Opéra comique de Berlin puis au Théâtre de Kassel, chorégraphe invité par de nombreuses autres compagnies depuis 2000.Directeur artistique du Ballet de Wiesbaden depuis 2007, il a signé plus de 70 oeuvres en une dizaine d\u2019années, dont Heim Suchen/ Searching for Home sur une musique de Philip Glass.«La musique est toujours la source de mon inspiration, dit-il.J\u2019aime beaucoup Glass, dont la musique m\u2019a déjà inspiré plusieurs pièces.J\u2019aime le tapis rythmique de son minimalisme et la réalité cachée derrière la musique, une sorte de vide visible, une présence de l\u2019irréel qui nous fait plonger dans l\u2019inconscient.» C\u2019est ainsi qu\u2019il revendique, lui aussi, un style inclassable, se disant désireux de «rester sans style particulier, car le mouvement venant de la musique peut être complètement différent chaque fois ».Le rapport entre conscient et inconscient est au coeur de sa pièce dansée par les GBCM.Notre moi intérieur, qui évolue avec les années, constitue notre seul « chezsoi » dans une confrontation incessante entre passé, présent et avenir : «Nous sommes tous pris entre ce que nous sommes et ce que nous rêvons de devenir », dit-il.Sa chorégraphie met en scène un rêve dans lequel une jeune femme se projette et se cherche.Thoss a fignolé une oeuvre subtile et allégorique où les 12 danseurs évoluent dans un appartement symbolique dont chaque pièce offre une cloison- miroir à la danseuse prise comme dans un kaléidoscope de son intériorité: «On doit tous accepter nos côtés positifs et négatifs et apprendre à évoluer avec eux», conclut-il.Une analyse qui s\u2019applique autant sur le plan individuel que collectif.Pierrot lunaire et L\u2019oiseau de feu de Marco Goecke, et Heim Suchen/Searching for Home de stephen thoss, par les GBcM, du 12 au 21 mai, 20h, au théâtre Maisonneuve.GRANDS BALLETS CANADIENS DE MONTRÉAL l\u2019invitation au voyage intérieur PHOTO MARTIN KAUFHOLD, FOURNIE PAR LES GBCM Heim Suchen/Searching for Home, pièce du chorégraphe stephen thoss dansée par les GBcM, explore le rapport entre conscient et inconscient.les chorégraphes allemands Marco Goecke et stephen thoss revendiquent tous deux un style inclassable.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S l A p r e s s e M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 CÉLÉBRITÉS.Lucille Rivest et Robert Poirier 60e Anniversaire de mariage le 12 mai 2011 80e anniversaire de naissance le 8 mai et le 14 avril 2011 Félicitations et Merci à nos merveilleux parents Vos filles Francine, Diane et Sylvie,, leurs conjoints et vos petits-enfants Sébastien, Catherine, Alexandre et Guillaume Vous avez un événement à célébrer ?Soulignez-le ! tous les samedis dans Pour informations et tarifs 514 987-VENDU (8363) 1 866 987-VENDU (8363) celebrites@lapresse.ca ARTS ET SPECTACLES DANSE / MUSIQUE CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Denis Matsuev avait créé une très forte impression dans le troisième Concerto de Rachmaninov l\u2019an dernier, plus exactement le dimanche 14 mars 2010, dans une salle Wilfrid-Pelletier comble, avec Valery Gergiev et l\u2019Orchestre du Mariinsky de Saint-Pétersbourg.«Ovationné par une salle en délire, le pianiste accorde un rappel», avais-je alors rapporté.À 36 ans, Matsuev nous revenait jeudi soir, cette fois pour un récital, salle Maisonneuve.L\u2019auditoire était un peu moins nombreux \u2013 950 personnes \u2013 mais la description de l\u2019an dernier reste la même.ou presque.Ovationné par une salle en délire, oui, à la différence que Matsuev a enchaîné les rappels l\u2019un après l\u2019autre pour en donner, au total, six.Cela ne s\u2019est pas vu souvent, à Montréal ou ailleurs.Ces «bis », non identifiés par le pianiste, furent, dans cet ordre : La Tabatière à musique de Liadov, un Prélude de Rachmaninov (je risque l\u2019op.23 no 10, n\u2019ayant pas la partition avec moi !), l\u2019Étude op.8 no 12 de Scriabine, Humoresque de Chtchédrine, un arrangement de Dans l\u2019antre du roi de la montagne, extrait de la première suite de Peer Gynt de Grieg, et une improvisation- jazz du pianiste lui-même.L e t r o i s ième Co n c e r t o d e Rachmaninov de l\u2019an dernier avait été pleinement satisfaisant, techniquement et musicalement.Jeudi soir, le programme de Matsuev englobait plusieurs genres.Le virtuose a voulu montrer qu\u2019il peut jouer avec intériorité et parvient à convaincre jusqu\u2019à un certain point dans les mouvements lents des sonates de Schubert, de Beethoven (la fameuse Appassionata) et de Rachmaninov (il a choisi la deuxième Sonate dans la révision de 1931, un peu plus courte que l\u2019originale de 1913) et dans l\u2019épisode marqué «dolce amoroso, con grazia» de la première Méphisto-Valse de Liszt.Hélas! le virtuose dans ce qu\u2019il a de plus tapageur et même de plus vulgaire prend le dessus à la première occasion.Le clavier, Matsuev ne le pétrit pas amoureusement : il le laboure avec une rage qui enlaidit carrément le son.On se demande même comment le pauvre piano résiste à de tels assauts.On entend le pianiste taper du pied jusqu\u2019à l\u2019arrière de la salle et on le voit terminer chaque «numéro» dans une extrême agitation, les deux bras en l\u2019air.À l\u2019entracte, l\u2019accordeur vient travailler dans l\u2019instrument \u2013 ou examiner l\u2019étendue des dégâts?Même s\u2019il frappe quelques fausses notes ici et là \u2013 chose presque inévitable dans pareilles circonstances! \u2013, Matsuev demeure un technicien absolument vertigineux, armé de moyens extrêmement puissants, mais capable aussi de la plus grande finesse : exemple, ces tintements de cristal dans le Liadov.La foule a ovationné \u2013 que dis-je, crié son bonheur, ce qui est normal.On lui a même apporté des fleurs dès l\u2019entracte.En ce qui me concerne, je trouve l\u2019homme plutôt comique.Qu\u2019il ait omis la reprise au premier mouvement du Schubert et la très longue reprise au finale de l\u2019Appassionata, cela n\u2019a pas la moindre importance.DENIS MATSUEV, pianiste.Jeudi soir, salle Maisonneuve de la Place des Arts.Présentation: Show One Productions.(Radiodiffusion: Radio-Canada, 13 juin, 20h.) PROGRAMME Sonate no 14, en la mineur, op.143, D.784 (1823) \u2013 Schubert Sonate no 23, en fa mineur, op.57 (Appassionata) (1804-05) - Beethoven Méphisto-Valse no 1, S.514 (1860) \u2013 Liszt Sonate no 2, en si bémol mineur, op.36 (1913, rév.1931) \u2013 Rachmaninov DENIS MATSUEV À l\u2019assaut du piano Le virtuose a voulu montrer qu\u2019il peut jouer avec intériorité et parvient à convaincre jusqu\u2019à un certain point dans les mouvements lents des sonates de Schubert, de Beethoven et de Rachmaninov.STÉPHANIE BRODY COLLABORATION SPÉCIALE CRITIQUE Jeudi, à la salle Wilfrid-Pelletier, Édouard Lock dévoilait sa nouvelle création, toujours sans titre, à ses fans montréalais.Cette sombre oeuvre s\u2019inspire des mythes antiques de Didon et Énée et d\u2019Orphée et Eurydice.C\u2019est une véritable descente aux enfers que propose le chorégraphe, un ballet en accéléré dont on ressort inassouvi.Dans cette nouvelle création, l\u2019utilisation de la vitesse, si chère à Lock, atteint son paroxysme.Les danseurs, d\u2019une précision plus chirurgicale et féroce que jamais, s\u2019élancent dans une course effrénée et on assiste à un barrage étourdissant de gestes et de déplacements qui ne se termine qu\u2019une heure et demie plus tard.Encore des êtres évanescents qui frémissent et papillonnent.Encore des danseuses juchées presque en permanence sur pointes, bras et jambes battant l\u2019air, souvent flanquées de danseuses ou de danseurs sculpturaux.Mais ici, tout est encore plus maniaque, plus brusque.Dans l\u2019omniprésente pénombre, les visages s\u2019évanouissent, le contour des corps se brouille.Le spectateur ne peut que se fier à son instinct pour tenter de saisir ce qui fuit constamment.Lock titille notre inconscient.On peut presque dire que les danseurs se transforment en test de Rorschach vivants, tant la vitesse extrême et les éclairages en clair-obscur altèrent la lisibilité des éléments narratifs que Lock inclus dans cette histoire racontée en accéléré.S\u2019y croisent ces deux couples d\u2019amoureux déchus que sont Didon et Énée et Orphée et Eurydice.S\u2019y profilent aussi le Cerbère, des guerriers conquérants, les Érinyes, ces déesses de l\u2019enfer que Lock met en scène en utilisant l\u2019idée du corps de ballet, un procédé développé dans Amjad.En fond de scène, un violoncelliste, un altiste et un saxophoniste déconstruisent la musique des opéras Didon et Énée de Purcell et Orphée et Eurydice de Gluck, tandis que dans la gestuelle imaginée par Lock se profile, ici et là, une pantomime d\u2019une facture nouvelle chez lui, qui rappelle la déférence de la danse baroque.Comme toujours chez Lock, les parades serrées et véloces sont omniprésentes.Mais cette fois, elles sont teintées de va-et-vient, un motif qui évoque la valse-hésitation entre Didon et son cher Énée.Depuis toujours dans les duos du chorégraphe, les partenaires se tirent l\u2019un vers l\u2019autre, à s\u2019en arracher les bras, mais ici, ils se repoussent aussi, s\u2019éloignent l\u2019un de l\u2019autre, parfois en de sublimes tourbillons inattendus.Autre motif très présent dans cette nouvelle création: se retourner.comme Orphée vers Eurydice.Comme dans la plupart de ses créations, Lock intègre des interludes filmés.Cette fois, deux écrans juxtaposent danseur jeune et danseur vieillissant.Lock avait d\u2019abord utilisé cette idée dans 2, avec une Louise Lecavalier touchante de vulnérabilité.Dans la nouvelle création, l\u2019effet est moins probant, les «regards » échangés entre les deux écrans étant moins nuancés.Parmi les performances particulièrement impressionnantes, mentionnons celle de Talia Evtushenko.D\u2019une vivacité phénoménale, elle réussit à clairement évoquer la faille et la vulnérabilité dans ce barrage constant, et disons-le peu à peu lassant pour qui connaît la chanson, de vitesse, de plastique et de technique.Diana Vishneva, célèbre ballerine invitée, et Mi Deng offrent chacune de superbes plages de danse lente et déliée, en contraste bienvenu avec le reste de cette nouvelle oeuvre qu\u2019il faut peut-être voir plus d\u2019une fois pour mieux en apprécier les nuances.Nouvelle création de La La La Human Steps, ce soir, à 20h, à la salle Wilfrid- Pelletier de la Place des Arts.LA LA LA HUMAN STEPS Descente aux enfers en accéléré PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Dans cette nouvelle création, l\u2019utilisation de la vitesse, si chère à Lock, atteint son paroxysme.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 À Pour toute la programmation, consultez : sallelastral.ca Billets: 305, rue Sainte-Catherine Ouest 1 855 790-1245 \u2022 admission.com \u2022 ticketmaster.ca Corno Art et désir 2011 Jusqu\u2019au 15 mai Une artiste qui peint le corps humain et l\u2019émotion humaine avec une fougueuse liberté ! entrée libre Dernièresemaine! Galerie Lounge TD Maison du Festival Rio Tinto Alcan 305, rue Sainte-Catherine ouest, 2e étage 514 288-8882 \u2022 galerieloungetd.montrealjazzfest.com Heures d\u2019ouverture Lundi fermé Mardi \u2013 mercredi 11h30 - 18h* Jeudi \u2013 vendredi 11h30 - 21h Samedi - dimanche 11h30 - 17h* * La Galerie sera ouverte jusqu\u2019à 20h les soirs de concert à L\u2019Astral.TheDave Liebman Group mercredi 18 mai, 20h L\u2019Astral Ce merCreDi ! mara Tremblay Solo 10-11 juin, 19h L\u2019Astral Hôtel morphée avec 13 musiciens sur scène insomnie dimanche 12 juin, 23h L\u2019Astral Daran dimanche 12 juin, 19h L\u2019Astral monogrenade vendredi 10 juin, 23h L\u2019Astral mathieu Boogaerts samedi 11 juin, 23h L\u2019Astral Calendrier des activités en collaboration avec Orchestre Baroque direction artistique Claire Guimond Grandiose et majestueux Mozart Symphonie Jupiter 514-355-1825 www.arionbaroque.com Salle Redpath, 3461 McTavish Chef invité : Jaap ter Linden, violoncelliste Soliste : Dmitry Sinkovsky, violoniste « En concert, il réussit des prouesses techniques saisissantes et parvient à créer des moments remplis de sensibilité.», Oberoesterreichische Nachrichten, Autriche 12 13 Mai 2011 à 20h 15 Mai 2011 à 14h ARTS ET SPECTACLES HUMOUR Après plusieurs années de silence, c\u2019est un nouveau Maxim Martin qui montera sur la scène du St-Denis mercredi soir pour la première de son troisième one man show, Tout va bien.Un spectacle ambitieux que nous avons vu en répétition et qui pourrait bien le ramener dans les grandes ligues de l\u2019humour.LE MONDE SELON CHANTAL GUY Quand avons-nous dérapé?Cette question est la ligne directrice du nouveau spectacle de Maxim Martin, qui propose un zapping de l\u2019histoire de l\u2019Humanité, de l\u2019homme des cavernes à aujourd\u2019hui, en misant sur ses fausses routes plutôt que sur ses bons coups.Sur l\u2019affiche, nous voyons l\u2019humoriste en train de déguster un cornet de crème glacée devant un paysage apocalyptique.Le titre, Tout va bien, est bien sûr ironique.Le monde va mal.Mais Maxim Martin, lui, se porte plutôt bien.Très bien, même.Après le propre dérapage de sa vie personnelle, il s\u2019est repris en main.Sobre depuis deux ans, il est devenu accro à la discipline et à la lucidité.Sa vie se résume à son travail, son rôle de père seul, et la fréquentation du gym.«La sobriété, ça te sort des vapes, explique- t-il.Tout ce que je vis, je le vis à froid.J\u2019ai appris qui je suis.C\u2019est la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie et le show représente bien où je suis rendu.» Ce n\u2019est pas qu\u2019il buvait tous les jours, tient-il à préciser, mais lorsqu\u2019il partait «sur le party», il partait «solide».Et les lendemains de veille étaient de plus en plus pénibles.Assez pour le faire douter de sa vocation.«Les dernières années, ce n\u2019était pas drôle, ce que j\u2019écrivais, se souvient-il.Il y avait quelque chose de thérapeutique et même de dérangeant dans mes textes.Je voyais tout en noir et je n\u2019étais pas plaisant.Ça fait 22 ans que je fais ce métier et c\u2019est comme un couple: tu n\u2019es pas en amour tout le temps pendant 22 ans! Je peux dire que je suis retombé amoureux du métier.» Le bum au coeur tendre Diplômé de l\u2019École nationale de l\u2019humour en 1990, Maxim Martin avait fait un tabac avec son premier spectacle, Tolérance zéro, qui lui avait valu le titre de Révélation de l\u2019année en 1998.Son deuxième spectacle, Chez Max, dont la dernière représentation au Québec remonte à 2006, avait reçu un accueil plus tiède, mais connu un certain succès en France.Au travers de tout ça, une rupture amoureuse, la crise de la trentaine et, d\u2019une certaine façon, le poids d\u2019une image de bum qui devenait peut-être lourde à porter.Il a longtemps été cet humoriste qui avait montré un testicule sur scène.L\u2019abus d\u2019alcool est pour lui le symptôme d\u2019une fuite généralisée, car au-delà de la sobriété, c\u2019est toute son attitude envers la vie qui a changé, et même envers son métier.«Cette image de rebelle, je l\u2019ai cultivée, dit-il.J\u2019ai fait le fou, j\u2019ai fait le cave, mais je suis rendu ailleurs.Je regarde comment je livre mes textes aujourd\u2019hui et c\u2019est beaucoup moins agressif, plus subtil.Il y a d\u2019autres façons de passer un message sans l\u2019enfoncer dans la gorge des gens.Et ils m\u2019écoutent: en 20 ans de carrière, je n\u2019ai jamais eu ce regard-là dans les yeux du public.» Il l\u2019admet, ses problèmes personnels ont probablement « retardé » sa carrière.«Une des raisons qui expliquent pourquoi il y a tant de temps entre mon dernier show et celui-ci, c\u2019est que je n\u2019étais pas entièrement \"là\".Je n\u2019étais probablement pas prêt à affronter tout ça non plus.C\u2019est sûr que la vie à froid fait peur, mais tu te rends compte qu\u2019elle n\u2019est finalement pas si effrayante que ça.J\u2019ai fait mon tough pendant longtemps, et ça m\u2019a coûté cher.» Tout de même, un tough au coeur tendre qui adore sa fille.Pour elle, il aura été un «débauché responsable».«Mais je ne veux même pas penser à ce que je serais aujourd\u2019hui si elle n\u2019était pas là.» Entourage Maxim Martin n\u2019a qu\u2019une date ultime à son calendrier : le 11 mai, soir de la première de Tout va bien.Après trois mois de travail acharné, à raison de douze ou quatorze heures par jour, il brûle de remonter sur scène.Il aurait aimé avoir une période de rodage plus longue, mais il adore cette adrénaline.Et il se sait bien entouré \u2013 c\u2019est aussi ce qui a changé avec la sobriété.«L\u2019impact et les récompenses ont été immédiats, raconte-t-il.Quand t\u2019es sur le party, ton entourage n\u2019est pas toujours très sain.Je n\u2019aurais pas pu passer au travers des derniers mois si j\u2019avais été l\u2019ancien Maxim Martin.» Ses coachs sont Louis Champagne et Daniel Leblanc.Ses scripteurs sont ses amis.Son agente est sa plus grande critique, dit-il, et pour la première fois, il a trouvé un producteur qui lui ressemble.Cette sollicitude le bouleverse réellement.«Mon équipe me dit souvent : n\u2019oublie pas que t\u2019es bon, Max.C\u2019est quelque chose qui ne me rentre pas dans la tête facilement.Dans l\u2019autodestruction, il y a un manque d\u2019amour personnel, et c\u2019est étrange de voir autant de monde autour de toi qui t\u2019aime.» Maxim Martin, si volubile, se tait soudainement.«Je ne sais pas comment exprimer ça.Il y a un blocage.C\u2019est juste pas facile d\u2019accepter l\u2019amour des autres.» Il ne voit qu\u2019une seule façon de remercier tout ce beau monde : donner le meilleur de lui-même.«Le 11 mai, je m\u2019en vais me défendre avec mes tripes.Je veux juste réussir à transmettre l\u2019enthousiasme qu\u2019on a eu à écrire ce show.Trop de gens ont travaillé fort, je veux leur rendre justice.À une semaine de la première, la marge d\u2019erreur est à zéro, et s\u2019il y a une personne à blâmer le 11 mai, ce sera moi.» Tout va bien, le 11 mai, à 20h, au Théâtre Saint-Denis.«Cette image de rebelle, je l\u2019ai cultivée.J\u2019ai fait le fou, j\u2019ai fait le cave, mais je suis rendu ailleurs.Je regarde comment je livre mes textes aujourd\u2019hui et c\u2019est beaucoup moins agressif, plus subtil.» MAXIM PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES HUMOUR CHANTAL GUY Il y a un paradoxe à la réussite d\u2019un bon spectacle d\u2019humour : on ne doit pas voir le travail.Le naturel est un ingrédient essentiel à l\u2019humoriste qui doit être sur scène comme un poisson dans l\u2019eau.Mais ce naturel, c\u2019est beaucoup de boulot.Nous avons eu la chance de voir Maxim Martin en répétition.D\u2019abord seul, avec le metteur en scène Louis Champagne, dans un petit local du Chat des artistes, rue Parthenais.Chacun sur ses ordinateurs portatifs, ils décortiquent les textes et les assemblent comme un puzzle.«Un spectacle, c\u2019est une entité vivante, explique Maxim Martin, qui modifie et ajuste au jour le jour son matériel.Le squelette est solide, mais en humour, tout est une question de rythme et de punchs.» En fait, il est assez injuste de juger d\u2019un spectacle à sa première ,,quand on y pense.Car c\u2019est à la longue qu\u2019un humoriste réussit à se «mettre en bouche» ses textes, assez pour oser parfois l\u2019improvisation.Rien de plus étrange que d\u2019entendre un humoriste répéter son monologue dans une salle vide, sans les réactions du public, qui valident en quelque sorte l\u2019efficacité du gag, en plus de contribuer à un effet d\u2019entraînement.Mais le boulot de Louis Champagne est «d\u2019habiller le show».Maxim Martin a recruté le metteur en scène, plus versé dans le théâtre que dans l\u2019humour, afin de «sortir de sa zone de confort ».«Le stand-up a une tête de cochon, dit Martin.Si ce n\u2019était que de lui, un micro et un verre d\u2019eau seraient suffisants et il parlerait pendant des heures.Pour l\u2019instant, je me sens à l\u2019école et j\u2019ai très hâte à la récréation.» La récréation étant le soir de la première, qui lui permettra enfin de présenter tous ces mois de travail au grand public.Louis Champagne lui apprend à occuper différemment l\u2019espace, lui proposant même de répéter à l\u2019intérieur d\u2019un cerceau afin de ne pas se promener tout le temps de long en large.Pourquoi a-t-il accepté ce contrat ?«Parce que je suis tombé en amour avec le sujet.Au fond, Maxim raconte une histoire.C\u2019est différent du stand-up.De nouvelles personnes vont le découvrir.C\u2019est comme si on préparait un mauvais coup tous les deux!» MaximMartin estimed\u2019ailleurs que Tout va bien est en fait un monologue de 1h45, qui pourrait être présenté sans entracte.De la préhistoire à aujourd\u2019hui, il doit suivre un thème, qui se résume à cette question: quand l\u2019humanité a-t-elle dérapé pour en arriver où elle en est aujourd\u2019hui ?Il explore le concept de décadence, et partage sa consternation devant certaines dérives de notre époque, comme la malbouffe, l\u2019hypersexualisation ou notre dépendance aux technologies.«Il y a beaucoup de fierté là-dedans parce que c\u2019est probablement le show le plus réfléchi que j\u2019ai jamais écrit, croit-il.Le plus beau commentaire me vient de gens qui n\u2019étaient pas forcément mes fans, et qui me disent : \u201cJe ne savais pas que tu étais aussi intelligent que ça.\u201d» L\u2019humoriste a travaillé avec une équipe de scripteurs, une bande de boys, dit-il, formée de Simon Cohen, Michel Sigouin, Guy Bernier, Pierre-Bruno Rivard et Adib Alkhalidey.Il a testé son matériel aux quatre coins du Québec, dans des petites salles et des bars.Mais Louis Champagne trouve que ce nouveau one-man-show n\u2019est pas vraiment destiné au public des bars, auquel Maxim Martin est pourtant habitué, ayant longtemps traîné une réputation de bad boy plutôt vulgaire.Tout va bien s\u2019adresse à un public plus mainstream.C\u2019est pourquoi on s\u2019est payé le luxe des tests devant public à Showmédia, qui propose notamment des salles de rodage aux artistes.Le public, d\u2019une quarantaine de personnes environ, a été sollicité sur la page Facebook de Maxim Martin, mais aussi par l\u2019entremise de publiccible.com, une entreprise spécialisée dans le recrutement de spectateurs.Ainsi, pendant quatre soirs, Maxim Martin a pu expérimenter son spectacle dans un environnement qui ressemble, en plus petit, à ce que sera la véritable expérience sur scène, avec l\u2019aide du décor.«Vous êtes mes cobayes, je suis votre rat de laboratoire», a-til lancé avant de commencer sa lecture.Dans ce type de représentation, les spectateurs ont l\u2019avantage de voir un work-in-progress, et deviennent complices de l\u2019artiste, qui peut se tromper, recommencer, recourir à ses feuilles de notes, et les taquiner un peu.«N\u2019oubliez pas, c\u2019est votre job de rire.Mais n\u2019applaudissez pas par pitié, s\u2019il vous plaît.» Car mercredi prochain, c\u2019est terminé, les filets de sécurité, ce sera la grande première médiatique et le saut dans le vide.Le making-of Maxim Martin, en répétition avec Louis Champagne, le metteur en scène.PHOTO ANDRE PICHETTE, LA PRESSE PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Rien de plus étrange que d\u2019entendre un humoriste répéter son monologue dans une salle vide, sans les réactions du public, llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 21 ARTS ET SPECTACLES LECTURES CHANTAL GUY SIGNET On peut se demander pourquoi un peuple qui subit chaque année au moins six mois d\u2019hiver, en plus des automnes ou des printemps gris et pluvieux, n\u2019est pas plus littéraire.Quoi de mieux à faire que de lire ou d\u2019écrire dans cet isolement des intempéries, au nord du monde qui parfois nous donne l \u2019impression d\u2019être voué à l\u2019oubli?Ce serait oublier que pendant longtemps, ici, la survie avait préséance sur tout.Et la littérature, c\u2019est ce qui vient après la survie.Et survit-on pour lire?Rien n\u2019est moins sûr.J\u2019ouvre Elles ont fait l\u2019Amérique, de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque, qui raconte les destins incroyables de ces femmes tombées dans ce gigantesque territoire (chez Lux Éditeur), je plonge dans un carnage iroquois du formidable recueil de nouvelles de Raymond Bock (Atavismes, Le Quartanier), je comprends cette affection pour le nomadisme de Noami Fontaine, jeune écrivaine innue qui vient de publier Kuessipan chez Mémoire d\u2019encrier, je jalouse Robert Lalonde d\u2019écrire aussi près des arbres et pour son oeuvre en général.Et je me dis que oui, voici venu le temps d\u2019aller me «perdre dans le bois ».J\u2019adore cette expression.J\u2019ai beau avoir vécu toute ma vie au centreville, j\u2019aime me croire l\u2019héritière des défricheurs, je chéris ce qui me reste de sauvagerie, je sens le manque de la nature, qui est toujours si près, peu importe où l\u2019on habite au Québec.Encore à quelques heures de route, même en 2011.Les Européens ne savent pas ce que c\u2019est, voilà pourquoi ils sont dingues de nos «grands espaces », pour lesquels, par chauvinisme, on adore croire qu\u2019ils n\u2019ont pas l\u2019étoffe.On respecte plus les immigrants qui ne viennent pas ici en touristes, et qui partagent vraiment la dureté de cette géographie \u2013 l\u2019hiver est une nationalité, c\u2019est Gilles Vigneault qui l\u2019a dit.Je me sens chez moi dans la forêt et je n\u2019ai jamais vraiment su pourquoi.Bien sûr, cela n\u2019a rien à voir avec les aventuriers d\u2019une autre époque.C\u2019est le chalet tout ce qu\u2019il y a de plus confortable, idéalement coupé du monde, et garni d\u2019une bibliothèque temporaire.Mais c\u2019est une chance inouïe que de pouvoir se dépouiller quand on le veut du jeu urbain.Pour combien de temps, ce luxe ?Nul ne le sait, mais c\u2019est un sacré luxe sur une planète comptant 10 milliards d\u2019êtres humains.Le privilège de ceux qui ont choisi d\u2019aller vivre dans cet endroit reculé et hostile que Jacques Cartier a vu, au début, comme la « Terre de Caïn ».Aller se «perdre dans le bois», c\u2019est peut-être ce que le Québec vient de faire aux dernières élections, qui sait.On aime tellement le croire prévisible, ce Québec qui ne l\u2019est pas du tout.Qui dit «oui, oui, bien sûr» quand on lui parle d\u2019une terre, et qui, finalement, se pousse très loin comme un coureur des bois dès qu\u2019on pense le faire manger dans sa main.Je m\u2019en vais lire dans le bois, autant dire me perdre.Dans les mots, dans les arbres.Dans le silence, surtout.Des boîtes pleines de livres qui n\u2019ont aucun rapport avec l\u2019actualité et qui redonnent donc un peu un sentiment d\u2019éternité \u2013 touchons du bois.Je vous retrouverai en septembre, puisque ceci est mon dernier signet de la saison.D\u2019ici là, faites le plein de lectures, de soleil, de repos et de bons moments.Nous ne sommes pas faits en bois, comme on dit, alors profitez des quelques semaines de clémence de notre impitoyable météo nordique.On en aura tous besoin pour affronter l\u2019automne qui s\u2019en vient.Car, c\u2019est évident, on n\u2019est pas encore sorti du bois.S Pour joindre notre journaliste : cguy@lapresse.ca Des livres et des arbres Elle est prodigieuse.Par son talent.Par son intelligence.Par son approche de l\u2019écriture.Nicole Krauss est (enfin) de retour.Après avoir levé le voile sur une éblouissante Histoire de l\u2019amour, elle nous fait visiter une somptueuse et poignante Grande maison.Entrevue avec une très grande femme de lettres.NICOLE KRAUSS Le pur instinct de l\u2019écrivain Je me sens chez moi dans la forêt et je n\u2019ai jamais vraiment su pourquoi.Bien sûr, cela n\u2019a rien à voir avec les aventuriers d\u2019une autre époque.C\u2019est le chalet tout ce qu\u2019il y a de plus confortable, idéalement coupé du monde, et garni d\u2019une bibliothèque temporaire.SONIA SARFATI Notes biographiques : elle est née i l y a 37 ans à New York où elle vit encore en compagnie de son mari, l\u2019écrivain Jonathan Safran Foe r, et de leu r s deu x fils.Elle s\u2019appelle Nicole Krauss, elle est l\u2019une des plus brillantes femmes de lettres de sa génération, elle l\u2019a prouvé dans L\u2019histoire de l\u2019amour, elle le prouve encore avec La grande maison \u2013 qui vient d\u2019a rr iver dans nos librairies.Ses romans, il y en a trois (le premier, Man Walks Into a Room, n\u2019a pas été traduit en français), dissimulent derrière des titres faussement anodins des merveilles de construction, de personnages, de thèmes, d\u2019écriture.Il y a là une signature.Celle d\u2019une femme qui a tourné le dos à la poésie, sa première voie, sa première voix, parce qu\u2019en quête de liberté.«Je me sentais de plus en plus enfermée, dans la poésie.J\u2019y ai perdu ma liberté et, pour moi, il est fondamental en écriture de me sentir libre.J\u2019ai tenté le roman pour prendre une pause, sûre que je reviendrais à la poésie.Mais j\u2019ai tellement aimé ce que j\u2019ai découvert alors ! Je n\u2019ai pas simplement retrouvé mes ailes, je me suis sentie chez moi dans ce genre», a-telle indiqué lors d\u2019un entretien téléphonique accordé à La Presse.Livre en deux temps Se sentir chez elle.À la maison.Et publier, huit ans après avoir fait le saut, un roman intitulé La grande maison.Titre dont on ne révélera pas la signification.Elle le fait elle-même, dans la dernière partie du livre.Et c\u2019est si beau que cela mérite d\u2019être découvert en temps et lieu.Parce que le moment est parfait.Disons simplement que ce « livre en deux temps» raconte une écrivaine new-yorkaise qui travaille à un bureau monumental ayant appartenu à un jeune poète chilien disparu sous Pinochet .Il raconte ensuite, en Israël, un père qui affronte, confronte, son fils.Il raconte également, en Angleterre, un homme qui observe jour après jour sa femme plonger dans des « trous de nage » et qui , jour après jour, se demande si elle va en remonter.Il raconte enfin, à Oxford, une étudiante américaine qui tombe amoureuse du fils d\u2019un antiquaire.Il dit des survivants de l\u2019Holocauste.Il dit leurs descendants.Il dit le poids de l\u2019héritage.Ce que l\u2019on reçoit.Ce que l\u2019on transmet.En biens comme en émotions.Ce, en quatre histoires qui forment véritablement un roman.Elles ne sont pas des nouvelles.Elles s\u2019enroulent les unes aux autres.S \u2019imbriquent.Révèlent , éclairent celles qui les entourent.Se répondent.Quatre monologues comme autant de confessions.C\u2019est en fait une des rares choses que Nicole Krauss savait quand elle a commencé à construire La grande maison.Ce nouveau livre serait narré à la première personne.Mais il y aurait plusieurs de ces «premières personnes ».« Je désirais explorer les voix intérieures des personnages, aller très loin en eux.» À partir de là, elle s\u2019est assise à\u2026 son imposa nt bureau.Un meuble qu\u2019elle a hérité du précédent propriétaire de la maison qu\u2019elle habite.Un meuble qu\u2019elle n\u2019aime pas, qui ne lui ressemble pas, mais qui fait partie d\u2019elle.Et maintenant, d\u2019une certaine manière, de son oeuvre.Elle ne pourrait s\u2019en séparer.C\u2019est là qu\u2019elle a écrit un texte court, publié dans Harper\u2019s Magazine puis dans une anthologie.Un texte qui forme désormais les premières pages, comme les premières briques, de La grande maison.«Après avoir écrit cette nouvelle, je sentais que je n\u2019avais pas tout dit.Qu\u2019il y avait là quelque chose de vivant que je n\u2019avais pas encore amené à la surface.» En aveugle E l l e a donc c on t i nué d\u2019écrire.De moduler sa voix à celle de ces personnages qui semblaient attendre dans son inconscient .Elle est partie à leur rencontre.En aveugle.Car quand Nicole Krauss se met à écrire, elle ne sait rien de ce dont elle va accoucher.C\u2019est après coup qu\u2019elle découvre des liens.Avec un meuble.Avec l\u2019histoire de sa famille \u2013 ses grands-parents, Juifs, viennent de quatre pays et ont connu, de très près ou d\u2019un peu plus loin, le fléau hitlérien.Avec sa propre histoire.Tout cela, en se donnant la liberté de remodeler, de réécrire.De créer.Et d\u2019ériger une structure formidable de sophistication et de limpidité, une structure qu\u2019elle jure non préméditée : «Cela semble, au final, très planifié ; mais c\u2019est purement instinctif.Je ne serais pas arrivée à ce résultat en ayant tout organisé au départ.» Rappelons-le, c\u2019est pour cela, la liberté, qu\u2019elle est venue au roman.C\u2019est pour cela qu\u2019el le restera (souhaitons- le) au roman, cette forme qui la fascine «parce qu\u2019elle peut prendre n\u2019importe quelle forme» et parce que, « contrairement à la poésie, qui possède cette possibilité de perfection, le roman, en progressant, s\u2019éloigne de la perfection.Je ne peux imaginer un roman parfait.Mais ce qui est rassurant, c\u2019est que si vous faites du bon travail, il se tient debout, ne s\u2019écroule pas malgré les failles ».On ne la contredira pas.Même en sachant pertinemment que ses écrits frôlent cette perfection qu\u2019elle assure inaccessible.La grande maison Nicole Krauss Boréal, 333 pages HHHH1/2 «Je me sentais de plus en plus enfermée, dans la poésie.J\u2019ai tenté le roman pour prendre une pause, sûre que je reviendrais à la poésie.Mais j\u2019ai tellement aimé ce que j\u2019ai découvert alors ! » PHOTO JOYCE RAVID Quand Nicole Krauss se met à écrire, elle ne sait rien de ce dont elle va accoucher.C\u2019est après coup qu\u2019elle découvre des liens.«Cela semble, au final, très planifié ; mais c\u2019est purement instinctif.Je ne serais pas arrivée à ce résultat en ayant tout organisé au départ», dit l\u2019auteure.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 22 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 7 M A I 2 0 1 1 "]
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