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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2011-09-03, Collections de BAnQ.

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[" ARTS ET SPECTACLES STÉPHANE ROUSSEAU L\u2019AVENTURE INTÉRIEURE DE COMPOSTELLE PAGES 16 ET 17 ANNE-FRANCE GOLDWATER ATTENTION À L\u2019ARBITRE! PAGE 3 www.cyberpresse.ca/arts NOUVELLE SALLE SYMPHONIQUE AU COEUR DE LA MUSIQUE CHEFS ET MUSICIENS FONDENT LES PLUS GRANDS ESPOIRS SUR LA NOUVELLE SALLE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL QUE L\u2019OSM VA INAUGURER MERCREDI.NOTRE DOSSIER EN PAGES 8 À 12 PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE MUSIQUE Lisez les critiques CD de nos journalistes au www.cyberpresse.ca/arts/musique/critiques-cd/ LITTÉRATURE Consultez notre dossier sur la rentrée littéraire sur www.cyberpresse.ca/arts/dossiers/rentree-litteraire-2011 VIE DE STARS Toutes les nouvelles sur les vedettes internationales au www.cyberpresse.ca/arts/vie-de-stars/ MONTRÉAL SAMEDI 3 SEPTEMBRE 2011 La planètemode de Jean Paul Gaultier De la rueaux étoiles Plus que quelques jours\u2026 Une exposition initiée et réalisée par le Musée des beaux-arts de Montréal avec la collaboration de la Maison Jean Paul Gaultier.Au centre : Jean Paul Gaultier.© Photo Francisco Garcia 2011.De gauche à droite: Collection La Brute et le Raffiné, prêt-à-porter Homme printemps-été 1994 / Collection Barbès, prêt-à-porter Femme automne-hiver 1984-1985 / Collection Les Indes galantes, modèle Lascar, haute couture printemps-été 2000 / Collection Les Vierges (ou Les Madones), modèle Apparitions, haute couture printemps-été 2007.Photos © Patrice Stable / Jean Paul Gaultier Déjà plus de 100000 visiteurs ! ARTS ET SPECTACLES Le répertoire de Chasing Lydie, que certains considèrent comme le plus ambitieux et le plus abouti des projets discographiques de Marie-Jo Thério, naîtra sur scène demain.Et ce, loin des projecteurs métropolitains : le Festival de musique émergente (FME) en Abitibi- Témiscamingue sera le point de départ de sa longue gestation scénique.ALAIN BRUNET Réticente à en causer à un stade si précoce, la chanteuse fait jaillir une pluie de précautions : nouveau groupe d\u2019accompagnement, première mise en bouche du répertoire, première séance d\u2019apprivoisement.Ni le public du FME ni celui de Pop Montréal (le 24 septembre) n\u2019assisteront au spectacle Lydie Lydie Lullabye, prévu en 2012 lorsque les conditions auront été réunies.Tenons-nous-le pour dit mais.il y sera d\u2019abord question de Lydie Lab.Rappelons que l\u2019arrièregrand- ta nte de Mar ie-Jo Thério est l\u2019inspiration première de ce vaste projet.D\u2019origine acadienne comme son a rr ière-petite-nièce, Lydia Lee fut une artiste de variétés dans la région de Boston.Il y a près d\u2019un siècle, elle fut une pionnière dont le souvenir lointain hante Marie-Jo Thério depuis nombre d\u2019années \u2013 d\u2019où le titre Chasing Lydie.Au terme d\u2019une décennie nécessaire à son aboutissement, l\u2019album a été finalement lancé en mars dernier et chaudement applaudi par la critique.Sa créatrice doit désormais en imaginer la représentation sur scène.Comment s\u2019y prendre au juste?«Cet enregistrement, faitelle observer, ne s\u2019est pas développé en studio autour d\u2019un noyau de musiciens ; plusieurs ont participé à Chasing Lydie, mais pas d\u2019une manière constante.Ainsi , cet enregistrement a nécessité beaucoup de montage, col lage , r econst it ut ion.Franchement , j e ne sa is pas encore comment cela se traduira sur scène.Ce que j\u2019essaie de faire d\u2019abord en ce sens, c\u2019est un laboratoire .» Lydie Lab, donc.Normalement , explique la principale intéressée, les chanteurs mènent ce genre d\u2019exercice dans un local de répétition avec des musiciens qu\u2019ils paient.Marie-Jo Thério a plutôt décidé de partager cette expérience avec le public.« Le processus est le suivant : j\u2019invite des musiciens qui ne se présentent pas avec des conceptions rigides.Nous nous mettons tous en situation d\u2019urgence.Sur le bout des fesses, car le public nous y oblige.Cela dit, nous souhaitons une relation de confiance avec les spectateurs en nous produisant en Abitibi ou à Pop Montréal, un festival où le public anglo ne me connaît pas vraiment.» Pour le FME, ont été recrutés le violoniste Josh Zubot, le batteur Isaiah Ceccarrelli, le bassiste Frédéric Boudreault, le multi-instrumentiste et chanteu r P ilou ( P ier re - Philippe Côté).Pas de liste préétablie, pas de chronologie, pas de narration, séquences d\u2019improvisation.L\u2019alignement n\u2019est pas définitif, tient à préciser leur employeure.«Nous serons là pour nous habituer les uns aux autres.Nous essaierons de créer une relation entre une chanteuse et ses musiciens.On viendra nous y voir préparer le sandwich, choisir les ingrédients.» Notre interviewée assure qu\u2019el le ne cherchera pas à reproduire la facture de l\u2019album.«Chasing Lydie est un repère.Dans ce nouveau contexte, la musique de l\u2019album suivra son cours.La mise en scène?On n\u2019y est vraiment pas! Il y a beaucoup de travail à prévoir avant d\u2019en arriver là.Pour ce, j\u2019ai demandé à une copine de m\u2019aider : Brigitte Poupart.Lydie Lydie Lullabye sera un gros spectacle, mais il faut d\u2019abord régler les questions de production à une époque où l\u2019argent se fait si rare pour la culture.Mon projet le plus ambitieux arrive au moment le plus difficile pour le réaliser!» Qu\u2019 à c el a ne t ien ne, Marie-Jo Thério a la ferme intention de parvenir à ses fins.«La forme ultime de mon travail est la scène, c\u2019en est toujours l\u2019aboutissement.Je voulais faire quelque chose de beau avec cette quête de Lydia Lee.L\u2019imaginaire et l\u2019inconscient y rencontrent le réel.Et ce réel n\u2019est pas tout à fait palpable, car ce que j\u2019en connais contient aussi une part de fiction.» Beau programme pour un laboratoire.devant public ! Marie-Jo Thério présente Lydie Lab, demain, à 20h, à l\u2019Agora des Arts, Rouyn-Noranda, dans le cadre du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue.MARIE-JO THÉRIO Lydie Lab émerge au FME PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Avec Lydie Lydie Lulllabye, spectacle qu\u2019elle veut présenter en 2012 et tiré de son album Chasing Lydie, Marie-Jo Thério entreprend son projet artistique le plus ambitieux.Ses spectacles au FME et à Pop Montréal seront des laboratoires en vue de trouver la bonne formule.«Nous serons là pour nous habituer les uns aux autres.Nous essaierons de créer une relation entre une chanteuse et ses musiciens.On viendra nous y voir préparer le sandwich, choisir les ingrédients.» \u2014 Marie-Jo Thério ARCHIBALD Arvida, première oeuvre de fiction de Samuel Archibald, remet au goût du jour les histoires de peur qu\u2019on se raconte au coin du feu.20 4 6 7 20 5 18 HUGO DUMAS Mirador 2 est-elle une série cynique, qui nourrit la méfiance et la suspicion quasi généralisées envers les grandes institutions?demande Hugo Dumas.LYNDA LEMAY Lynda Lemay a accepté de tirer de sa discothèque huit disques marquants.75 ANS Nathalie Petrowski se demande quelle conclusion il y a à tirer d\u2019un ado qui affirme avoir 75 ans, à la télé de Radio-Canada.ALEXANDRE GOYETTE Le comédien Alexandre Goyette sera du thriller Match chez Duceppe.PLUS ULTRA Découvrez la liste plus utra d\u2019Alexandre Vigneault : iPod, bédé, télé, théâtre, expo.MC GILLES L\u2019animateur de la Boutique MC Gilles passe sur le divan et répond à notre questionnaire.Samuel Archibald PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Lynda Lemay PHOTO, ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Alexandre Goyette PHOTO, ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE MC Gilles PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Bien avant de remporter la bataille juridique de Lola contre Éric, Anne-France Goldwater était déjà une star.Pour son sens du spectacle, ses décolletés plongeants, ses seins surdimensionnés, mais aussi pour les batailles qu\u2019elle a menées et gagnées, notamment celle des mariages de même sexe qu\u2019elle a remportée en 2002.À compter de vendredi sur V, l\u2019avocate la plus connue du Québec sera l\u2019arbitre d\u2019une cour en direct dont la moitié des plaignants sont déjà assurés de passer un mauvais quart d\u2019heure.NATHALIE PETROWSKI Un o ra ng - out a ng en peluche rouille accapare un des fauteuils, à ma droite.Un autre au pelage noir est assis devant une pile de dossiers sur un bureau.Un ourson est juché sur une étagère de bibliothèque, juste au-dessus d\u2019un Cartman en chiffon, ce célèbre petit personnage de la série South Park qui, en plus de se déguiser en Hitler, a la réputation d\u2019être raciste, antisémite, grossier, égocentrique et manipulateur.I l y a des tableaux au style délavé sur les murs qui côtoient des miroirs aux dorures rococo, des vases et des chandelles sur les tables à café, et même si le goût de cet assemblage hétéroclite n\u2019est pas toujours très sûr, il s\u2019en dégage une chaleur et une intimité, indéniables.Bienvenue dans l \u2019ant re douil let de Goldwater et Dubé, cabinet d\u2019avocats situé au 23e étage de la tour Alexis Nihon, fondé en 1981 par maître Goldwater elle-même, qui à l\u2019époque venait à peine de passer son barreau et n\u2019avait que 21 ans.Je l\u2019attends depuis un bon quart d\u2019heure en me demandant à quoi ça sert de devancer un rendez-vous si c\u2019est pour arriver en retard.Mais j\u2019ai à peine commencé à maugréer qu\u2019elle arrive tel l\u2019ouragan Irene, un feu roulant de rondeurs généreuses et débordantes, perchées sur des talons hauts.Elle tient d\u2019une main, un sac bling bling, dont les zircons turquoise sont aveuglants, et porte un tailleur court en lamé, gold comme dans goldfighter, le sobriquet dont elle a hérité pendant le Combat des livres de Christiane Charette.Je la suis à travers un dédale de cloisons, de plantes, d\u2019animaux en peluche et de potiches , avant de déboucher dans son bureau : une vaste pièce encombrée de mille et une bébelles, mais avec une vue imprenable et spectaculaire sur la montagne.Des adjoints papillonnent autour d\u2019elle pour débarrasser sa table de travail.Puis un charmant jeune homme \u2013 est-ce un avocat ou un majordome ?\u2013 vient déposer devant nous un joli plateau de fruits et de biscuits.C\u2019est mon premier tête-àtête avec celle qui a divisé les chaumières et les femmes du Québec, en remportant une importante bataille dans la reconnaissance des droits des conjoints de fait grâce à la cause célèbre d\u2019Éric et de Lola qui ira bientôt en appel à la Cour suprême, mais sans elle.Avant d\u2019inviter Anne- F rance Goldwate r à me raconter sa vie, ce dont elle s\u2019acquittera avec un empressement proprement étourdissant, je lui demande si elle a l\u2019intention de faire une Judge Judy d \u2019el le - même.C\u2019est une question clichée dont je n\u2019espère rien et qui pourtant suscite un aveu étonnant.« Pas tout de suite », commence-t-elle par répondre avec un regard mystérieux, mais c\u2019est ça la vraie ambition.» Euh, de quelle ambition on parle au juste ?De devenir juge ?«Non, non ! Peutêtre quand j\u2019étais plus jeune.Je me souviens qu\u2019après mon premier divorce, je m\u2019étais dit que si je tombais sur un mec fortuné qui m\u2019aurait libérée de mes obligations, ça serait bien d\u2019être juge.Pour une femme, c\u2019est un mét ier intéressant .Mais aujourd\u2019hui, ça ne m\u2019intéresse plus.» Mais alors, quel rapport avec Judge Judy, cette juge à la retraite qui sévit sur les réseaux américains depuis plus de 15 ans ?La réponse ne se fait pas attendre : « Je veux la remplacer ! Pas tout de suite, mais éventuellement.De toute façon, un jour, ils vont avoir besoin d\u2019une nouvelle personnalité, plus jeune, plus sauvage, qui n\u2019a pas la langue dans sa poche.C\u2019est ça , mon ambition ! » Enfance calamiteuse Pour ce qui est de l\u2019ambition, Anne-FranceGoldwater n\u2019en a jamais manqué et cela, en dépit d\u2019une enfance assez calamiteuse, merci.Née à Montréal le 14 juillet 1960, Anne France Goldwater est la fille unique de deux avocats : Sam Goldwater, avocat généraliste d\u2019origine polonaise, et Ruth Zendel, juive française née à Paris.Des deux, c\u2019était Ruth la star, juriste émérite, monument d\u2019élégance et de raffinement dont tous les hommes tombaient amoureux.Les années 60 a idant, Ruth a eu une aventu re avec un cer tain Phi l ippe Casgrain, mari de la députée Claire Kirkland-Casgrain.Enceinte de lui, elle s\u2019est résignée à avorter, a sombré dans la dépression avant de se suicider.Anne-France avait 3 ans.Elle ne se souvient de rien.Ni de sa mère ni de sa mort.Son père, pour sa part, ne s\u2019en est jamais remis.Il a redéménagé avec sa fille chez sa mère rue Deom à Outremont.Jusqu\u2019à l\u2019âge de la puberté et malgré une maison de 10 pièces, Anne-France était obligée de coucher dans la même chambre que son père sur ordre de grand-mère.La suite ressemble à un roman de Dickens ou à un conte de Perrault avec la grande mère autoritaire et acariâtre, le père dépressif, les coups, les insultes et la misère affective d\u2019une petite fille abandonnée de tous et obligée trop tôt de se débrouiller seule.Je connais Anne-France Goldwater depuis à peine 20 minutes et pourtant, elle n\u2019a pas hésité pas à me confier ces moments douloureusement intimes de sa vie.Je m\u2019étonne de son absence de censure.Elle concède qu\u2019elle ne fait pas de censure et puis.éclate en sanglots.« Il y a trois ans, quand j\u2019ai raconté cette histoire à mon psy, dit-elle à travers ses larmes, l\u2019intensité de mon émotion lui a fait croire que c\u2019était arrivé hier et non il y a 40 ans.Moi, j\u2019espère toujours qu\u2019à force de raconter cette histoire sans faire de censure, la douleur va passer, mais elle ne passe pas.» Anne-France tapote ses larmes avec un mouchoir et lance : « J\u2019ai toujours été comme ça.J\u2019ai une seule face.La même face pour tout le monde et, philosophiquement, ça me plaît.» Obsédée sexuelle joyeuse Admise à l\u2019âge de 16 ans à l\u2019Université McGill, l\u2019adolescente douée sera reçue au barreau cinq ans plus tard.À peu près au même moment, elle épouse Chaim Adler, un prof qu\u2019elle fréquente depuis l\u2019âge de 13 ans et dont elle aura deux enfants, Samantha Ruth et Daniel Moise.Après ce premier mari juif dont elle divorcera, viendra Omar, un mari musulman, puis Leonel, le Salvadorien avec qui elle vit en ce moment en union libre.« Imaginez un jui f , un musulman et un catholique ! C\u2019est sûr que je vais brûler en enfer ! blague-t-elle avant d\u2019avouer qu\u2019elle est prête à épouser Leonel dans une église du Salvador demain matin, mais que c\u2019est trop loin.Et un mariage civil au palais de justice alors?«Moi, au palais de Justice, ça ne va pas ! s\u2019écrie-t-elle.Pas question de sceller une union sacrée dans un endroit où j\u2019ai baisé dans trop de recoins!» Cette dernière réplique à connotation sexuelle est de loin la moins osée de toutes celles que j\u2019entends sortir de sa bouche depuis une heure.Pas de doute : Anne-France Goldwater est une obsédée sexuelle, mais une obsédée joyeuse et assumée, qui semble n\u2019avoir aucun tabou, qui n\u2019hésite pas à prendre ses seins à pleines mains pour célébrer leur générosité ou y glisser des shooters, et qui n\u2019a peur de rien, surtout pas du ridicule.Pas religieuse ni pratiquante, elle se déclare athée profonde comme son idole, le commentateur controversé et iconoclaste, Christopher Hitchens.En revanche, elle est pro-Israël comme en témoigne le petit drapeau planté fièrement dans son imprimante.Mais si elle avait le choix du décor pour L\u2019arbitre, ce n\u2019est pas un drapeau israélien, mais un crucifix qu\u2019elle accrocherait au mur.«Parce que c\u2019est un symbole important de la société québécoise et puis lorsque je vois le Christ sur la croix, ce que je vois, c\u2019est un bel homme mince et musclé de 33 ans, au sommet de ses pouvoirs sexuels, qui est à moitié nu et juif.Que demander de plus!» À la barre de L\u2019arbitre, maître Goldwater entendra deux causes par émission.Elle promet d\u2019être drôle et divertissante, mais de ne jamais insulter ou rabaisser les gens.Si j \u2019étais Judge Judy, je commencerais tout de suite à prendre des notes.ANNE-FRANCE GOLDWATER ATTENTION À L\u2019ARBITRE! PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Anne-France Goldwater, qui animera une cour en direct à V dès vendredi, n\u2019hésite pas à parler de son enfance difficile.«J\u2019ai toujours été comme ça.J\u2019ai une seule face.La même face pour tout le monde et, philosophiquement, ça me plaît », explique-t-elle.«Je veux remplacer [Judge Judy] ! Pas tout de suite, mais éventuellement.De toute façon, un jour, ils vont avoir besoin d\u2019une nouvelle personnalité, plus jeune, plus sauvage, qui n\u2019a pas la langue dans sa poche.C\u2019est ça, mon ambition! » \u2014 Anne-France Goldwater llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES LECTURES CHANTAL GUY SIGNET De retour d\u2019un voyage au Portugal cet été, mon adorable bel le-mère a rapporté dans ses valises plein de cadeaux « littéraires » : un t-shirt Pessoa, des Post-it Pessoa, une tasse à café Pessoa, des figurines magnétiques Pessoa pour le frigo, des cartes postales Pessoa.Il y aurait aussi des cahiers, des agendas, des sous-verres, des calendriers, et bon nombre de « bébelles » Pessoa.Fernando Pessoa, grand écrivain portugais, est une attraction touristique en son pays natal, où les visiteurs adorent se faire photographier en compagnie de se sa reproduction au café A Brasileira de Lisbonne.Et ce, même s\u2019il est mort précocement d\u2019une cirrhose à 47 ans en 1935, pauvre et pratiquement inconnu de tous sauf d\u2019un groupe d\u2019amis.Ce n\u2019est qu\u2019à la fin des années 60 qu\u2019on a redécouvert son oeuvre, principalement contenue dans une valise; des milliers de manuscrits tous écrits sous différents noms \u2013 Pessoa veut dire « personne » ou « masque ».Que doit-on penser de cette transformation en mascotte d\u2019un écrivain majeur de la littérature du XXe siècle, dont la dernière phrase écrite à l\u2019agonie aura été «I know not what tomorrow will bring»?En effet, il ne pouvait pas deviner une telle chose.Pessoa l\u2019introspectif, l\u2019insaisissable maniaque des « hétéronymes », l\u2019homme mélancolique derrière Le livre de l\u2019intranquillité, qui n\u2019a pas quitté son pâté de maisons à Lisbonne pendant 30 ans?Même posthume, on ne peut regretter la reconnaissance faite au talent d\u2019un écrivain.Mais d\u2019en faire pratiquement une marque de commerce, c\u2019est plutôt curieux, et on doute fort que tous les touristes qui achètent les t-shirts ont vraiment lu ses livres.Ce doit être la même chose pour Kafka à Prague.De la vulgaire récupération mercantile ou de la fierté nationale?Probablement les deux.On vénère tellement les grands écrivains qu\u2019on les voudrait intouchables, mais si l\u2019on vend l\u2019huile du saint frère André, pourquoi pas une tasse à café Pessoa?Il y a en fait quelque chose de sympathique à l\u2019idée que les Portugais affichent autant d\u2019enthousiasme pour un de leurs écrivains.On espère au moins que tous ces produits dérivés font justement dériver les touristes vers une librairie qui vend les livres de Pessoa.Qu\u2019attend donc Montréal pour exploiter autrement que par leurs rémunérations ses écrivains?Le Stade et la croix du mont Royal sur les cartes postales, ça manque de variété.Ce n\u2019est pas sans un plaisir un peu pervers qu\u2019on pourrait imaginer les collégiennes de Villa-Maria portant des t-shirts avec l\u2019image de Hubert Aquin.C\u2019est avec audace qu\u2019on pourrait afficher en bombant le torse « Je suis follement gai! » de la Romance du vin de Nelligan.Et l\u2019on pourrait savourer une petite revanche en se faisant photographier auprès d\u2019une reproduction de Réjean Ducharme, qui a toujours fui les caméras \u2013 mais ça, ce serait vraiment un sale coup à lui faire.On n\u2019arrête pas le progrès Le Guardian Books nous a appris cette semaine qu\u2019il est maintenant possible d\u2019ajouter une bande sonore à nos l ivres, gracieuseté d \u2019une nouvel le compa - gnie, Bookt rack (ht t p: // boocktrack.com).La musique, ou l \u2019environnement sonore, se synchronise avec notre vitesse de lecture sur tablette numérique.Le bruit des vagues en lisant Le vieil homme et la mer?Est-ce vraiment nécessaire?Insolite Le logiciel de calcul en ligne Wolfram Alpha vous propose de calculer le temps qu\u2019il vous faudra pour venir à bout d\u2019un l ivre .Vous n\u2019avez qu\u2019à entrer le nombre de pages pour le savoir.Ainsi , pour l i re les 718 pages du dernier roman de Jonathan Franzen, Freedom, cela vous prendra approximativement 22 heures.Je compte l\u2019utiliser pour justi f ier mon horai re à mes patrons.(www.wolframalpha.com).S Pour joindre notre journaliste : cguy@ lapresse.ca L\u2019écrivain et ses produits dérivés Entre conte et mythologie, entre histoires vraies et vraies menteries, l\u2019inclassable Arvida, première oeuvre de fiction de Samuel Archibald, remet au goût du jour les histoires de peur qu\u2019on se raconte au coin du feu et renoue le fil entre les générations.Un conteur est né.JOSÉE LAPOINTE «Ma grand-mère la mère de mon père disait souvent: Y\u2019a pas de voleurs à Arvida.» Fabuleux départ pour ce livre qui s\u2019amorce avec ce clin d\u2019oeil complice du narrateur, l\u2019air de dire «Venez, je vais vous en raconter une bonne».On comprend que le choix de qualifier Arvida de recueil d\u2019histoires, plutôt que de nouvelles ou de récits, n\u2019est pas anodin.«C\u2019est comme un cyclorama, opine Samuel Archibald.Comme si on ouvrait un livre d\u2019histoires pour enfants, mais pour adultes.» Prof de littérature et de cinéma, amateur de culture populaire \u2013 ses spécialités : la science-fiction, le cinéma d\u2019horreur et le roman policier\u2013, Samuel Archibald nous amène dans un monde où l\u2019exagération est de mise et où les anecdotes familiales se transforment en légendes.Même s\u2019il se promène entre les lieux et les genres littéraires, son recueil se lit pourtant comme un roman, car jamais il ne s\u2019éloigne de son fil conducteur, Arvida et les gens qui l\u2019habitent.« Je vois ce livre comme un voyage.Un voyage dans le temps, parce qu\u2019il y a un pingpong entre aujourd\u2019hui et hier.Un voyage dans l\u2019imaginaire, dans mes cauchemars et mes rêves.Et un voyage dans mes souvenirs et dans ceux des gens que j\u2019ai interviewés.» Samuel Archibald a en effet recueilli les témoignages de son entourage, son père, ses amis, une joyeuse bande de fabulateurs qui ont manifestement eu une influence sur lui.«Ces bonshommes sont tellement conteurs que tu sais que tu vas rester dans la fiction.Comme je ne voulais pas écrire un livre historique, ça faisait mon affaire.» Le défi était donc de «raconter sans mentir ».«Pas juste inventer n\u2019importe quoi.En inventant, toucher la vérité un petit peu.» La réalité a de toute façon toujours été une « bougie d\u2019allumage » pour lui.C\u2019est aussi une des quêtes du narrateur, qui se demande quel genre de littérature peut être issue d\u2019une culture de McCroquettes, évoquant ainsi les madeleines de Proust.«Pas grand-chose.Mais on peut trouver des remplacements.» Communauté L\u2019histoire d\u2019Arvida, ville modèle i ndus t r ie l le du Saguenay bâtie par et pour une usine d\u2019aluminium en 1925, produit de la pensée utopique de l\u2019époque, est à l\u2019origine de ce livre.C\u2019est là que Samuel Archibald est né, et le destin de sa famille est étroitement lié à celui de la ville.Il en décortique la mythologie, l\u2019invente parfois, entre un couguar qui hante les Monts-Valin et un ours apprivoisé, une partie de hockey contre les anciens Canadiens \u2013 histoire véridique et hilarante, pour laquelle il a accumulé les sources, question de «faire gonfler le gâteau» ! \u2013 et une maison hantée par l\u2019esprit de deux frères handicapés.Ses personnages sont des petits bandits, des marginaux ou des femmes mystérieuses, vivent dans le bois ou dans une maison isolée.Ils sont drôles et intrigants, et ont tous un sens de la communauté bien aiguisé \u2013 ce qui n\u2019est pas étranger au concept de la ville elle-même, croit-il.Au-delà de cette communauté, les liens familiaux traversent Arvida, qui distille une grande tendresse pour ses personnages.Malgré ses histoires d\u2019horreur et la franche rigolade qu\u2019il inspire parfois, c\u2019est l\u2019amour et le respect entre une grand-mère et son petit-fils qui restent imprimés.«Il n\u2019y a rien de nostalgique dans ce livre.Je suis très conscient que mes grandsparents n\u2019ont pas eu la vie facile, et qu\u2019ils ont travaillé très fort pour donner une vie meilleure à leurs enfants et petits-enfants.Mais on m\u2019a passé quelque chose de cette époque, et je veux en témoigner.» Avec la même démarche qu\u2019un Fred Pellerin ou un Michel Faubert, il y a un devoir de mémoire derrière le travail de Samuel Archibald.La comparaison avec Fred Pellerin, il l\u2019accepte, tout en avertissant que chez lui «Babine s\u2019automutile et que les Hells débarquent ».Mais comme Fred Pellerin, il fait le lien entre les générations.«Notre travail se ressemble dans le fait de réinventer le folklore.À un moment, je trouvais que mon livre était noir, parce que je constatais que le fil de la transmission avait été coupé.Mais je me rends compte qu\u2019on peut le rattacher aussi, sans qu\u2019il soit exactement le même, avec beaucoup de verve et d\u2019imagination.» Un chemin Samuel Archibald écrivait ses histoires depuis des années lorsque les éditeurs du Quartanier l\u2019ont convaincu de les sortir de ses tiroirs pour en faire un livre.Longtemps, il s\u2019est demandé s\u2019il ne les transformerait pas en roman, mais une chronique familiale plus traditionnelle l\u2019aurait obligé à faire trop de choix, à élaguer et à mettre de côté des personnages.Il a préféré faire d\u2019Arvida un chemin dans lequel on se promène, choisissant soigneusement l\u2019ordre des histoires.Ce qui lui a permis la multiciplicité des formes \u2013 digressions sur la façon de prononcer le mot ours, improbables notes de bas de page \u2013, des voix et du langage, dans «un mouvement de balancier vernaculaire», qui va de la langue de Tremblay à la neutralité d\u2019un narrateur.La réception très positive des premiers lecteurs le rend heureux, mais Samuel Archibald espère surtout être lu par ceux dont il parle.«Le buzz est bon, mais c\u2019est la rue qui va décider si le livre décolle ou non.» Et le jeune auteur assume de plus en plus son côté «populaire », lui qui a fait la paix avec sa capacité de susciter des émotions.«J\u2019aime la littérature d\u2019effets qui fait rire, pleurer, ou qui horrifie.Mais il y a toujours cette dualité entre l\u2019écrivain qu\u2019on est et celui qu\u2019on voudrait être.Je ne serai jamais Bataille ou Proust, mais je suis moi en dialoguant avec Proust et en trouvant ma propre madeleine.» Arvida Samuel Archibald Le Quartanier, 334 pages SAMUEL ARCHIBALD / Arvida Il était une fois à Arvida On vénère tellement les grands écrivains qu\u2019on les voudrait intouchables, mais si l\u2019on vend l\u2019huile du saint frère André, pourquoi pas une tasse à café Pessoa?PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Prof de littérature et de cinéma, amateur de culture populaire, Samuel Archibald nous amène dans Arvida dans un monde où l\u2019exagération est de mise et où les anecdotes familiales se transforment en légendes.«Il n\u2019y a rien de nostalgique dans ce livre.Je suis très conscient que mes grands-parents n\u2019ont pas eu la vie facile, et qu\u2019ils ont travaillé très fort pour donner une vie meilleure à leurs enfants et petits-enfants.Mais on m\u2019a passé quelque chose de cette époque, et je veux en témoigner.» \u2014 Samuel Archibald llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES Mirador 2 est-elle une série cynique, qui nourrit la méfiance et la suspicion quasi généralisées envers les grandes institutions?À en juger par les deux premiers épisodes qui ont été projetés aux chroniqueurs jeudi matin, il semblerait que oui.En deux heures bien tassées, les auteurs Daniel Thibault et Isabelle Pelletier tirent sur la Gendarmerie royale du Canada (GRC), rebaptisée Gendarmerie nationale dans l\u2019émission, ils écorchent les puissants propriétaires des grands journaux et démontrent habilement à quel point c\u2019est un jeu d\u2019enfants que de faire passer des militants écolos pour des hystériques violents.Pourtant, quand on leur pose la question directement, le tandem Thibault-Pelletier rejette l\u2019étiquette du cynisme, un synonyme, selon eux, de désabusement et de désillusion collective.Les scénaristes qualifient même Mirador d\u2019appel à la lucidité.«On est enragés de ce que l\u2019on voit, de ce que l\u2019on nous dit», plaide Isabelle Pelletier.Daniel Thibault enchaîne: «Je me qualifie d\u2019optimiste.En mettant le projecteur sur certains faits, on peut augmenter la cause de la vérité», croit-il.En comparaison avec la première année, Mirador 2 ne jongle plus entre la satire et le commentaire social.L\u2019oeuvre télévisuelle embrasse pleinement son côté scandaleux, grinçant et réaliste.À peu près toutes les les sources d\u2019irritation de la première année ont été éradiquées, dont les nombreuses ruptures de ton et les segments plus burlesques.Fini, également, l\u2019extravagance et les débordements.Même les cheveux de Luc Racine (David La Haye) n\u2019ont plus la flamboyance et le panache d\u2019antan.Rassurez-vous: contrairement à sa chevelure maintenant brune, les répliques de Luc n\u2019ont pas perdu leur peroxyde.À propos d\u2019un gros client malhonnête que l\u2019agence Mirador n\u2019a pas les moyens financiers de perdre, Luc sifflera: «Tu te penches, tu te laisses zigner et tu fais semblant d\u2019aimer ça.» Quelques minutes plus tard, Luc balancera à son frère Philippe (Patrick Labbé): «Tu ne donnes jamais la longueur de ton shaft à une castratrice.» La fac ture visuel le de Mirador a aussi subi une belle métamorphose, à commencer par le générique f lambant neuf, qui illustre mieux les rouages et mécanismes de la manipulation de l\u2019information.Au petit écran, les images défilent plus rapidement en raison de la caméra très nerveuse du réalisateur Louis Choquette et les éléments dramatiques nous happent comme dans un thriller.Mirador 2 reprend six mois après la fin de la première saison, où une voiture renversait le patriarche Richard Racine (Gilles Renaud).Pour vous replonger dans les intrigues, la SRC repasse l\u2019épisode final de l\u2019année dernière mardi à 21 h, avant d\u2019enchaîner avec les nouvelles aventures du clan Racine la semaine suivante, soit le 13 septembre.L\u2019accident de Richard lui a laissé plusieurs séquelles, dont une assez singulière: il a perdu son filtre.Bref, il dit tout ce qu\u2019il pense, sans aucune retenue ni pudeur.Certaines scènes où Richard Racine enguirlande ses ex-collègues \u2013 il n\u2019a pas encore repris le boulot chez Mirador \u2013 vaudront certainement à son interprète Gilles Renaud une sélection aux prochains prix Gémeaux.Au cabinet Mirador, les affaires ne roulent plus aussi rondement.La firme se retrouve, malgré elle, au coeur d\u2019une grave crise, gracieuseté de l\u2019un de leurs puissants clients, Synch Petroleum.Battu sauvagement par un agent de sécurité de l\u2019entreprise, un jeune militant de 18 ans meurt lors d\u2019une manifestation devant les installations de la pétrolière.Qui a embauché les agents provocateurs qui ont infiltré et empoisonné cette protestation?Mirador?Vous connaîtrez la réponse à la fin du deuxième épisode.Critique, ici : la résolution de l\u2019intrigue tricotée autour de Synch Petroleum déboule un peu trop rapidement et sème la confusion.Sinon, le nouveau personnage incarné par Nathalie Coupal, soit la riche femme d\u2019affaires Michèle Barry, promet de créer encore plus de tensions entre nos Caïn et Abel des relations publiques.La blonde et racée Michèle deviendra associée chez Mirador.Et elle continuera, en parallèle, de brasser des affaires bien personnelles avec Luc, qui l\u2019a recrutée.Aurait-il fait entrer la louve dans la bergerie?En terminant, prêtez attention aux slogans barbouillés sur les pancartes des manifestants au deuxième épisode.Un d\u2019entre eux se lit: PR = pourri rare.C\u2019est leur éditorial de la semaine.Je lévite Avec Big Sexy à TLC.Vous n\u2019en pouvez plus de ne voir que des femmes trop maigres à la télé?Big Sexy suit cinq jeunes New- Yorkaises rondes \u2013 des tailles fortes \u2013 qui souhaitent percer dans l\u2019impitoyable milieu de la mode, où les mannequins brindilles règnent sans partage.Vive la diversité des corps.Je l\u2019évite La publicité de Bureau en gros avec Nico Archambault.D\u2019abord, on l\u2019a trop vue.Et deuxièmement, son concept n\u2019est pas très clair.Qui a vraiment le goût de danser dans un magasin à grande surface ?Pensons-y.À part des employés à qui le patron a involontairement accordé une pause-café plus longue de 15 minutes, je ne vois rien d\u2019autre.S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca «Mirador 2»: question de cynisme HUGO DUMAS CHRONIQUE PHOTO FOURNIE PAR ENCORE TÉLÉVISION Michèle Barry, un nouveau personnage incarné par Nathalie Coupal, promet de créer encore plus de tensions entre les frères Philippe et Luc Racine, interprétés par Patrick Labbé et David La Haye.«Mirador 2» ne jongle plus entre la satire et le commentaire social.L\u2019oeuvre télévisuelle embrasse pleinement son côté scandaleux, grinçant et réaliste.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 en collaboration avec Du 7 septembre au 15 octobre Match de Stephen Belber mise en scène de Michel Poirier traduction de Michel Dumont Robert Lalonde Alexandre Goyette Marie-Chantal Perron décor Olivier Landreville costumes Pierre-Guy Lapointe éclairages Lucie Bazzo musique Christian Thomas accessoires Normand Blais 2e étage Heures d\u2019ouverture Lundi fermé Mardi \u2013 mercredi 11h30 - 18h* Jeudi \u2013 vendredi 11h30 - 21h Samedi - dimanche 11h30 - 17h* * Jusqu\u2019à 20h les soirs de concert à L\u2019Astral On n\u2019a pas de printemps à perdre! ENTRÉE LIBRE 514 288-8882 \u2022 galerieloungetd.montrealjazzfest.com jusqu\u2019au 18 septembre 2011 rmand aillancourt © Armand Vaillancourt/SODRAC 2011 - Photo © Guy L\u2019Heureux Calendrier des activités en collaboration avec Ce jeudi ! 8 septembre 2011 à 18h (remis au lendemain en cas de pluie, même heure) Performance de peinture en direct d\u2019Armand Vaillancourt rue Balmoral coin Mayor dans le Quartier des spectacles ARTS ET SPECTACLES DANS LA DISCOTHÈQUE DE.ALEXANDRE VIGNEAULT La prolifique Lynda Lemay publie mardi une première compilation de ses succès, augmentée de cinq titres inédits.À la demande de La Presse, elle a tiré de sa discothèque huit disques marquants.Ses choix dénotent un goût pour la chanson française, l\u2019émotion brute des enregistrements en concert, le hard rock du tournant des années 80 et le «plus grand que nature ».LYNDA LEMAY L\u2019ALBUM OÙ AZNAVOUR EST À SON MEILLEUR AZNAVOUR \u2013 MINNELLI AU PALAIS DES CONGRÈS DE PARIS (1995) de CHARLES AZNAVOUR L\u2019émotion qu\u2019il y a sur cet album m\u2019a transportée plus que sur n\u2019importe quel autre qu\u2019Aznavour a pu enregistrer.L\u2019espèce de magie qui opère quand il est sur scène, je l\u2019ai retrouvée intacte sur cet albumlà.Avoir Aznavour et Minelli sur la même scène, j\u2019imagine qu\u2019ils se sont mutuellement inspirés et ça s\u2019entend.Sa façon d\u2019écrire, avec finesse et précision, ses mélodies et sa voix m\u2019inspirent aussi énormément.Quand je veux écouter du Aznavour à son meilleur, je penche vers cet album.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE L\u2019ALBUM DE LA ROCKEUSE REFOULÉE PIECE OF MIND (1983) de IRON MAIDEN Ça semble loin de ce que je fais, mais quelque part, il doit y avoir des similitudes parce que j\u2019ai beaucoup écouté Iron Maiden et j\u2019ai vécu avec cette musique-là pendant des années.[.] Je suis excessive, j\u2019aime aller au bout des émotions, aller dans l\u2019exagération.Le heavy métal permet de se défouler et j\u2019ai toujours eu besoin de ça dans ma vie.Dans Je voudrais te prendre, il y a un rappel de la guitare rythmique de Flight Of Icarus.Ce n\u2019est pas traité de la même façon, évidemment, mais dans mon coeur de rockeuse refoulée, c\u2019est sûr qu\u2019il y a un peu de Iron Maiden dans ça.L\u2019ALBUM QUI A GUIDÉ SA PLUME LIVE À PANTIN (1983) de FRANCIS LALANNE J\u2019avais déjà commencé à écrire des chansons à l\u2019époque, mais après avoir entendu cet album-là, je me suis permis de me confier en chanson, de tenir un discours presque parlé, mais avec des rimes, de dire des mots qui ne se disaient pas dans des chansons.La première fois que j\u2019ai entendu le mot bander dans une chanson, c\u2019était dans une chanson de Francis Lalanne.Il se permettait d\u2019utiliser des mots qui ne se disaient pas ou des mots très durs qui créent des images très fortes.Ça m\u2019est resté dans ma façon de faire les choses.L\u2019ALBUM QUI LUI A APPRIS L\u2019ANGLAIS FACE DANCES (1981) THE WHO Ce disque-là m\u2019a aidée à apprendre l\u2019anglais.C\u2019était au retour d\u2019un voyage à l\u2019Île-du-PrinceÉdouard.You Better You Bet est une chanson que j\u2019ai écoutée en boucle et un souvenir de voyage qui m\u2019a suivie pendant des années.Aujourd\u2019hui encore, quand je fredonne You Better You Bet, ça me transporte à l\u2019Île-du- Prince-Édouard.Contrairement à Iron Maiden, qui m\u2019inspire encore quand j\u2019écris des chansons, j\u2019écoute moins The Who, mais ça reste un album majeur dans mon coeur.C\u2019est l\u2019album avec lequel j\u2019ai découvert ce groupe-là.L\u2019ALBUM DU GRAND FRISSON BAT OUT OF HELL (1977) de MEAT LOAF Sa façon de livrer les émotions de façon presque exagérée, son jeu sur les temps et sa manière très théâtrale viennent me chercher.Meat Loaf, c\u2019est l\u2019effet frisson.J\u2019adore cete façon de ralentir au maximum et de tout rapetisser, pour ensuite exploser.Ça marche à tout coup.Parfois, je trouve que les gens sont trop polis dans leur manière d\u2019arranger leurs chansons, de manière toujours plus discrète, alors que lui n\u2019a pas peur de se faire juger et d\u2019aller au bout de son émotion.C\u2019est ce côté-là de lui que j\u2019aime et que je respecte.L\u2019ALBUM QUI LUI A VALU DES PLAINTES LIVE AU PALAIS DES SPORTS (1976) de JOHNNY HALLYDAY J\u2019aime le répertoire de Johnny parce que, même dans les chansons qui ne sont pas très bonnes, il réussit à être convaincant.C\u2019est une qualité que je retrouve rarement.Il a cette voix-là, ce charisme-là, et cette forcelà de faire passer des textes moyens.Alors, quand il a de bonnes chansons \u2014 et il en a un million! \u2014 imaginez à quel point ça devient fort.[.] Je l\u2019écoutais à Portneuf.Je mettais les speakers dehors et je me faisais griller.Le maire de Portneuf, qui était notre voisin, a déjà dû traverser parce que je mettais ça trop fort et il recevait des plaintes du village au complet.L\u2019ALBUM D\u2019UN PROCHE «PARENT» À LA VIE, À L\u2019AMOUR (1998) de SERGE LAMA Parfois, je me sens une parenté avec Serge Lama.Avec les thèmes qu\u2019il aborde, les mélodies choisies.Encore récemment, je suis allée le voir en spectacle.Il a toujours le même effet sur moi.Je suis pleine d\u2019admiration pour l\u2019artiste et l\u2019homme qu\u2019il est.J\u2019ai la chance de pouvoir passer des bouts de soirée avec lui, parfois, et c\u2019est quelqu\u2019un que j\u2019aime découvrir au fil de nos rencontres.L\u2019ALBUM QU\u2019ELLE ÉCOUTE SEULE L\u2019ITALIEN (1999) de SERGE REGGIANI Chaque fois que j\u2019ai un moment de solitude, j\u2019écoute Reggiani.Je vais vers des chansons comme Si tu me payes un verre ou L\u2019Italien.Bernardini et Jean-Loup Dabadie, je trouve qu\u2019ils écrivent merveilleusement.[.] La musique de Pas ta première femme (NDLR : l\u2019une des inédites incluses sur sa compilation) a été composée, alors que je me sentais reggianiesque.Il est sorti une mélodie et le texte m\u2019est venu.C\u2019était très spontané.Et très inspiré de Si tu me payes un verre.Chaque fois que j\u2019écoute cette chanson-là, elle me touche, et jamais pour la même raison.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 Une présentation de la cyberpresse.ca/vins LE MONDE DU VIN VOUS PASSIONNE ?Visitez notre SECTION VINS SUR ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION Au petit écran, le jeune comédien Robert Naylor, 15 ans et toutes ses dents, fixe la caméra.Lorsqu\u2019il prend la parole, il annonce : «J\u2019ai 75 ans» avant d\u2019ajouter : «Je suis ce qui va arriver ».Le message dure 10 secondes et même si 10 secondes, c\u2019est peu de choses dans une vie, ces 10 secondes-là réussissent l\u2019exploit olympique de nous envoyer trois messages contradictoires en un temps record.Si comme moi, vous êtes un abonné de la télé de Radio-Canada, vous avez probablement vu ce message un million de fois, de même que les autres de la série mettant en vedette Janine Sutto, Janette Bertrand, Kim Thuy, Dany Laferrière, Marianne Saint-Gelais et compagnie, tous très fiers d\u2019avoir 75 ans.J\u2019ignore pour vous, mais pour ma part, j\u2019ai dû me farcir ces messages produits par le service de la publicité de Radio- Canada une bonne quinzaine de fois avant de comprendre de quoi il s\u2019agissait.Et encore ! En effet, quelle conclusion logique y a-t-il à tirer d\u2019un ado qui affirme avoir 75 ans?Je n\u2019en vois que deux.Ou bien l\u2019ado est un mythomane ou bien c\u2019est un fieffé menteur qui se fout de notre gueule.En passant, la même conclusion s\u2019applique, mais à l\u2019envers, pour Janette et Janine dont tout le monde sait que ces bonnes et talentueuses dames n\u2019ont plus 75 ans depuis belle lurette! Et même lorsqu\u2019on finit par saisir l\u2019humour et par comprendre que Robert, Janine et Janette sont une métaphore pour quelque chose, on ne sait toujours pas quoi.De quoi parle-t-on au juste?De la radio de Radio-Canada.De la télé ?De sa tour?De sa cafétéria?Je suis peut-être plus bouchée qu\u2019une autre, mais ce n\u2019est qu\u2019après avoir parlé à la chef de la publicité de la SRC que j\u2019ai fini par saisir l\u2019identité de l\u2019objet dont on célébrait les 75 ans.Pour ceux qui seraient aussi bouchés que moi et qui ne l\u2019auraient toujours pas compris, on célèbre une date : la date de la fondation de la SRC.Le 2 novembre 1936, à la suite de l\u2019adoption d\u2019une nouvelle loi sur la radiodiffusion, la Commission canadienne de la radio a été remplacée par la Société CBC-Radio- Canada.C\u2019est cette date, et cette date seulement, qu\u2019on célèbre.Pas la diffusion de la première émission de radio qui viendra l\u2019année suivante, le 11 décembre 1937, ni même celle de la première émission de télévision qui sera diffusée des années-lumière plus tard, le 6 septembre 1952.Non, on célèbre quelque chose qui vient d\u2019être fondé, mais qui n\u2019existe pas encore, un genre d\u2019abstraction quoi, ou de projet de société.Levez la main ceux qui ont compris.À mon avis, ceux qui ont tout pigé dès le départ sont une minorité, minuscule et crépusculaire.Je suis convaincue que la vaste majorité des téléspectateurs croient toujours que cette campagne de pub vise les 75 ans de la télévision (qui n\u2019en a que 59).En même temps, ils sont un peu confondus par le fait que les têtes d\u2019affiches de la campagne n\u2019ont rien à voir avec les têtes d\u2019affiche habituelles de la SRC.Robert Naylor n\u2019a joué qu\u2019une seule fois dans une série radio-canadienne.I l tenait un petit rôle de quelques minutes dans 19-2.Chloé Sainte-Marie n\u2019a jamais animé les Squelettes dans le placard ni aucun autre quiz ou émission régulière.Les seules exceptions parmi le florilège de visages parachutés dans cet anniversaire sont Janine et Janette, d\u2019authentiques piliers du passé de la SRC.L\u2019effet était voulu.Comme me l\u2019a expliqué la chef de la publicité, l\u2019idée, c\u2019était de faire appel à des personnalités connues et aimées, qui font partie de la vie des gens comme Radio-Canada fait partie de la vie des gens.Ouais, bon.En fin de compte, cette campagne de pub inutilement compliquée et confuse est assez représentative.Pas de la SRC, mais d\u2019une certaine tendance publicitaire bien implantée chez nous.Au lieu de chercher à communiquer au public un message clair et précis, on le confond, on le déjoue, on le détourne et on s\u2019étonne qu\u2019il ne comprenne rien quand, bien franchement, il n\u2019y a rien à comprendre.S Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca 75 ans et pas mal confus NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Au lieu de chercher à communiquer au public un message clair et précis, on le confond, on le déjoue, on le détourne et on s\u2019étonne qu\u2019il ne comprenne rien quand, bien franchement, il n\u2019y a rien à comprendre.SONIA SARFATI Quand une série termine sa saison sur une note aussi parfaitement dramatique et totalement sombre que celle qui a assommé les fans de Dexter l\u2019an dernier, il est normal d\u2019être inquiet pour la suite des choses.Sera-t-elle à la hauteur ?Vont-ils nous faire le coup de «Trois ans plus tard» ou du «Ce n\u2019était qu\u2019un rêve» ?Pas du tout.Cette cinquième saison (12 épisodes, en anglais et en français) reprend là où la précédente s\u2019était arrêtée et suit Dexter Morgan dans une spirale infernale en complète logique avec ce qui vient de lui arriver.Encore une fois, il est fascinant de constater combien les créateurs de cette série parviennent chaque année à se renouveler dans un concept étroit, donc qui pourrait être étouffant pour des gens de moindre talent.On se souvient \u2013 comment l\u2019oublier! \u2013 que Dexter, fasciné de façon morbide par un meurtrier en série surnommé Trinity (John Lithgow, glaçant), traversait une épreuve horrible dans les dernières secondes de la quatrième saison.C\u2019est transformé par ce drame qu\u2019il se lance sur la piste d\u2019un autre monstre, l\u2019un de ces monstres qu\u2019il élimine, le soir venu, avant de les découper en morceaux et s\u2019en débarrasser dans l\u2019océan.Ne l\u2019oublions pas, et les scénaristes se chargent de nous le rappeler régulièrement, Dexter, spécialiste de l\u2019analyse des traces de sang au service de la police de Miami, est, lui aussi, un monstre.Sa route croise ainsi celle d\u2019un «motivateur» de grande envergure dont les\u2026 motivations sont plus tordues que ce que l\u2019on imagine (Jonny Lee Miller, formidable dans un rôle diamétralement opposé à celui qu\u2019il interprétait dans Eli Stone) ; et celle d\u2019une jeune femme (Julia Stiles, excellente), traumatisée, presque sauvage, à cause de ce qu\u2019elle a traversé.Serait-il possible que ces deux-là fassent équipe?Ce pattern n\u2019a jusqu\u2019ici pas bien servi Dexter, si l\u2019on se souvient de son «aventure» avec le procureur incarné par Jimmy Smits dans la troisième saison.Parallèlement, l\u2019étau semble se refermer sur cet antihéros né sous la plume du romancier Jeff Lindsay.Sans le savoir, sa soeur adoptive, Debra, est en effet sur sa piste.Elle dont la carrière est également menacée \u2013 disons simplement que les femmes sont des hommes comme les autres quand il est question de pouvoir et on se souviendra que le Miami Metro Police Department est dirigé par Maria LaGuerta.Bref, une excellente cinquième saison, même si le volet «Dexter et \"ses\" enfants» est moins abouti que le reste.DEXTER 5 CRÉÉE PAR JAMES MANOS, JR.AVEC MICHAEL C.HALL, JENNIFER CARPENTER, JAMES REMAR, LAUREN VELEZ, DAVID ZAYAS, JULIA STILES.HHHH SÉRIE DVD Dexter \u2013 The Fifth Season Tous les mercredis et samedis dans EN VOYAGE AVEC VOUS PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE Radio-Canada ne célèbre pas les 75 ans de sa tour ou de la télévision, ni même de la première émission de radio, mais bien l\u2019anniversaire de l\u2019adoption d\u2019une loi sur la radiodiffusion qui a créé la Société CBC-Radio-Canada.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 WWW.RYTHMESETSAVEURS.COM 2-3-4 SEPTEMBRE 2011 Ainsi que : AQUAPLANE, JAZZ FACTION, L\u2019ORCHESTRE DE SAINT-DONAT, LA SINFONIA DE LANAUDIÈRE, plus de 30 SPECTACLES DE RUE et LE PASSAGE DES ARTS GOURMANDS ! PASSEPORT : 2-3-4 septembre : 15 $ | 12 ans et moins : Gratuit Billets et macarons en vente au kiosque d\u2019information touristique de Saint-Donat : 536, rue Principale / 1.819.424.2833 ou 1.888.783.6628 et sur le réseau Admission P A R T E N A I R E S M A J E U R S C O M M A N D I T A I R E S NOUVELLE SALLE SYMPHONIQUE AU CONCERT DE MUSIQUE DE CHAMBRE QUE DONNENT DES MUSICIENS DE L\u2019OSM AU QUEEN\u2019S HALL D\u2019ÉDIMBOURG, UN MONSIEUR S\u2019APPROCHE: «VOUS ÊTES DE MONTRÉAL?VOUS ALLEZ BIENTÔT AVOIR UNE NOUVELLE SALLE DE CONCERT, N\u2019EST-CE PAS?SAVIEZ-VOUS QUE KENT NAGANO A DÉJÀ INAUGURÉ LA NOUVELLE SALLE DE MANCHESTER?» KENT NAGANO ET L\u2019OSM L\u2019EXPÉRIENCE D\u2019UNE VIE JACQUES LAVALLÉE, PERCUSSIONNISTE Avec l\u2019OSM depuis 1976 VOS SALLES PRÉFÉRÉES?La Philharmonie de Berlin à l\u2019acoustique parfaite.Et le Carnegie Hall de New York où le son s\u2019envole tout de suite vers la salle.Les musiciens le sentent, ils n\u2019ont pas besoin de forcer.À QUELLE SALLE CELLE DE MONTRÉAL VOUS FAIT-ELLE PENSER?Il y a en Europe plusieurs bonne salles de style shoebox où la scène fait partie de la salle, contrairement à Wilfrid-Pelletier.Je pense à la Tonhalle de Zurich, au Konzerthaus de Vienne.Il y a moins de perte de son et les réverbérations sont meilleures en général.Si on réussit à combiner la forme shoebox à des systèmes de réverbération comme à Berlin, ça devrait être une salle fantastique.ALAIN DE REPENTIGNY ÉDIMBOURG Dans le taxi qui le mène à l\u2019aéroport ce jour-là, Kent Nagano ne s\u2019étonne pas le moins du monde que des mélomanes écossais soient au courant de l\u2019existence d\u2019une nouvelle salle de concert à Montréal : «J\u2018arrive du festival de Salzbourg où tout le monde me parlait de la nouvelle salle de Montréal.Une nouvelle salle de concert dans sa ville, pour la plupart des gens, ça n\u2019arrive qu\u2019une fois dans une vie.Si jamais on construit une autre salle à Montréal, ça ne se fera probablement pas avant 100 ans!» Maestro Nagano est bien au fait de la longue saga de la nouvelle résidence de l\u2019OSM qui sera finalement inaugurée le 7 septembre.«Dès mon arrivée, on m\u2019a raconté les efforts déployés, les projets inachevés, raconte-t-il.C\u2019est pour ça que relativement tôt, avec l\u2019OSM, j\u2019ai relancé la discussion.Je sentais que l\u2019évolution de ce magnifique collectif de talents allait traîner si on ne lui donnait pas un instrument à sa mesure.C\u2019est exactement comme pour un pianiste : s\u2019il n\u2019a pas un piano qui lui permet de passer à un autre niveau, il est limité.Pour moi, la priorité pour l\u2019OSM, c\u2019est de pouvoir développer en même temps son son et son identité.C\u2019est ce que fait Vienne depuis des siècles avec le Musikverein, LINDSEY MEAGHER, CONTREBASSISTE Avec l\u2019OSM depuis 1974 VOS SALLES PRÉFÉRÉES?Le Carnegie Hall de New York, très classique, à l\u2019acoustique parfaite.Dans une très bonne salle de concert, le son va de la scène au public, mais il en reste suffisamment sur la scène pour procurer au musicien une satisfaction mais aussi lui faire goûter à toutes les petites nuances du son.À QUELLE SALLE CELLE DE MONTRÉAL VOUS FAIT-ELLE PENSER?C\u2019est une salle rectangulaire, vraiment haute mais pas très profonde.Elle me fait un peu penser à la salle de Francfort.PHOTOS MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Kent Nagano PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 NOUVELLE SALLE SYMPHONIQUE et pour la première fois, nous allons avoir cette chance.» Il estime que l\u2019OSM, fort d\u2019une tradition de 78 ans, a bien mérité cette nouvelle salle.Mais, ajoute-til aussitôt, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on mérite quelque chose et qu\u2019on en a besoin qu\u2019on l\u2019obtient.« C\u2019est une prise de position majeure de la part de Montréal et du Québec.Je suis très impressionné.» Kent Nagano ne veut sur tout pas paraître ingrat envers la salle Wilfrid-Pelletier dont il salue « la grande histoire » depuis l\u2019époque de Wilfrid Pelletier lui-même.«Mais même si on accorde une grande valeur au passé, il ne faut pas arrêter d\u2019évoluer.Aujourd\u2019hui, la salle de concert idéale est différente de ce qui était approprié il y a 40 ans et, heureusement, notre public en veut davantage, il réclame une expérience qui permette Mozart, qui permette Haydn, qui permette un solo de sitar.La construction de cette salle en dit long sur l\u2019évolution de Montréal.» Kent Nagano fonde les plus grands espoirs sur cette nouvelle salle qui « va sonner comme le Québec » puisqu\u2019elle est entièrement faite de matériaux d\u2019ici.Mais, comme pour les meilleurs instruments de musique, il sait qu\u2019il faudra faire des ajustements à la salle et que son orchestre devra s\u2019y adapter.«C\u2019est la troisième salle que je vais inaugurer (NDLR : l\u2019Opéra de Lyon et le Bridgewater Hall de Manchester) et ça prend normalement d\u2019un an et demi à deux ans avant de pouvoir en exploiter pleinement le potentiel.» Des solistes de renom ont manifesté le désir d\u2019être de la saison inaugurale de l\u2019OSM dans sa nouvelle résidence, mais l\u2019orchestre a toujours accueilli de grands invités, rappelle Kent Nagano.Deux de ses prédécesseurs, Raphael Frühbeck de Burgos et Franz-Paul Decker, seront de la partie, mais pas Charles Dutoit ni Zubin Mehta.«Malheureusement, pour eux, ce n\u2019était pas possible, répond le chef actuel.Ils sont très occupés.On espère que ce n\u2019est que partie remise parce que tout le monde a fait sa part pour faire de l\u2019OSM ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui.Charles Dutoit a été essentiel dans l\u2019histoire de l\u2019orchestre.Je sais que quelques appels pour une nouvelle salle ont été lancés par monsieur Dutoit et maintenant qu\u2019on en a une, ça serait tout naturel qu\u2019il puisse en profiter lui aussi.Il faut, je crois, que les circonstances et le timing soient propices.» Autre avantage de la nouvelle salle, l\u2019OSM pourra désormais répéter sur la scène plutôt que dans une salle de répétition de la Place des Arts qui, reconnaît le chef, n\u2019avait rien de commun avec la salle Wilfrid-Pelletier.Cela dit, l\u2019OSM a développé une remarquable faculté d\u2019adaptation à un changement de décor radical que le maestro a encore constatée récemment à Édimbourg: «J\u2019ai vécu l\u2019expérience contraire avec des grands orchestres qui sont habitués de jouer et de répéter dans une acoustique formidable et qui soudain, en tournée, se retrouvent dans une salle où l\u2019acoustique est mauvaise.C\u2019est très difficile pour eux.» Kent Nagano fait une pause, puis il ajoute dans un large sourire : « J\u2019espère que l\u2019acoustique va être formidable dans notre nouvelle salle de concert, mais qu\u2019on ne sera pas trop gâtés\u2026» RICHARD ROBERTS, VIOLON-SOLO Avec l\u2019OSM depuis 1982 VOS SALLES PRÉFÉRÉES?Le Musikverein de Vienne, le Concertgebouw d\u2019Amsterdam, le Carnegie Hall de New York, le Symphony Hall de Boston, le Suntory Hall de Tokyo.Et, curieusement, le Grady Gamage Hall de l\u2019Université Arizona State (dessiné par Frank Lloyd Wright).C\u2019est une des meilleures salles : on y a fait des tests d\u2019acoustique tellement on ne pouvait croire que c\u2019était si bon.À QUELLE SALLE CELLE DE MONTRÉAL VOUS FAIT-ELLE PENSER?Je souhaite qu\u2019elle ressemble à celle de Vienne, ma préférée.Je croise les doigts, Mais si ça sonne comme au Carnegie Hall de New York, je serai content.ANDRÉ MOISAN, CLARINETTISTE Avec l\u2019OSM depuis 1977 VOS SALLES PRÉFÉRÉES?La Herkulessaal de Munich, une ancienne salle de rassemblement d\u2019Hitler.L\u2019Orchestre symphonique de Munich l\u2019a quitté pour emménager dans une nouvelle salle, le Gasteig, un désastre.La Tonhalle de Zurich est superbe et le Japon en a de merveilleuses, notamment à Sapporo où l\u2019acoustique est extra- or-di-nai-re ! Et j\u2019ai beaucoup aimé la salle de Francfort.À QUELLE SALLE CELLE DE MONTRÉAL VOUS FAIT-ELLE PENSER?À celle de Sapporo, un véritable bijou architectural et sonore.Sapporo est légèrement différente au plan architectural, mais pour l\u2019acoustique, je pense que ça va être semblable à Sapporo et aux meilleures salles où on a joué en Suisse ou en Allemagne.- Propos recueillis par Alain de Repentigny CONCERT INAUGURAL Le concert inaugural de l\u2019OSM dans sa nouvelle résidence, mercredi, sera diffusé en différé à compter de 20 h 15 sur un écran géant installé au Parterre du Quartier des spectacles, rue Saint-Urbain.La première partie sera consacrée à trois oeuvres québécoises des compositeurs Claude Vivier, Gilles Tremblay et Julien Bilodeau.Par la suite, l\u2019OSM jouera la Neuvième symphonie de Beethoven accompagnée d\u2019une performance en direct du Cirque Éloize.Ce concert sera diffusé à la télévision, à la radio et sur le site web de Radio-Canada.PORTES OUVERTES L\u2019OSM invite le public à visiter gratuitement sa nouvelle résidence au cours de trois journées portes ouvertes les 8 (14 h à 21 h), 9 (12 h 30 à 18 h) et 10 septembre (13 h à 18 h).En plus de la visite guidée, les gens pourront y entendre des ensembles musicaux des 17 régions du Québec.Vos salles préférées ?Les grandes salles comme le Musikverein de Vienne, le Concertgebouw d\u2019Amsterdam et le Boston Symphony Hall sont toutes différentes, mais en général, leur forme est assez similaire et on y ressent une sensation d\u2019intimité, de proximité entre la scène et le public.Musiciens et spectateurs partagent le même espace.Mais je ne dis pas que ce sont les meilleures salles.C\u2019est comme si on vous demandait quelle est la meilleure glace au monde?Fraise?Vanille?Abricot?À quelle salle celle de Montréal vous fait-elle penser ?Elle est liée à la grande tradition européenne : une forme plutôt rectangulaire avec un plafond très haut, une acoustique générée par un design traditionnel et une sensation d\u2019intimité avec le public.C\u2019est ça, une grande salle.Donc, la nouvelle salle a une certaine similarité avec les trois salles que j\u2019ai mentionnées précédemment, mais c\u2019est une salle unique à Montréal.\u2014 Propos recueillis par Alain de Repentigny llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 NOUVELLE SALLE SYMPHONIQUE D\u2019aussi loin que Yannick Nézet- Séguin se souvienne, il y a toujours eu dans l\u2019air montréalais un projet de salle de concert.Devenu aujourd\u2019hui l\u2019un des jeunes chefs les plus renommés de la planète, il s\u2019apprête à investir la nouvelle salle montréalaise avec l\u2019Orchestre Métropolitain à la suite de son «grand frère», l\u2019OSM.ALAIN DE REPENTIGNY «J\u2019étais tout petit enfant, je me souviens des pelletées de terre avec René Lévesque.Et puis, finalement, René Lévesque n\u2019était plus au pouvoir et on remplissait le trou.Je me rappelle aussi Phyllis Lambert qui voulait une salle plus à l\u2019ouest», raconte le chef de l\u2019Orchestre Métropolitain joint alors qu\u2019il se baladait en voiture dans les montagnes près de la frontière austro-allemande.Il reprend: «Ç\u2019a été long et beaucoup de gens ont travaillé pour ça.C\u2019est sûr que le crédit va à maestro Nagano d\u2019avoir finalement pu concrétiser tout ça, d\u2019être celui sous qui c\u2019est arrivé.C\u2019est un beau projet.On parle tellement du Montréal culturel et ça ne pourrait pas mieux concrétiser ce qu\u2019on dit.» Le jeune chef a doublement raison de se réjouir de l\u2019ouverture de la nouvelle salle de Montréal.Lorsqu\u2019il inaugurera sa saison le 20 octobre, non seulement l\u2019Orchestre Métropolitain jouira-t-il lui aussi de la qualité de l\u2019acoustique et de l\u2019intimité de la nouvelle salle, mais il en profitera pour augmenter substantiellement son offre musicale, passant de sept ou huit à douze programmes d\u2019abonnement dont il dirigera la moitié.Comme Kent Nagano, Nézet-Séguin ne veut pas refaire le procès de la salle Wilfrid-Pelletier qui, assure-til, n\u2019était pas si mauvaise qu\u2019on l\u2019a souvent dit.«Le problème de Wilfrid- Pelletier, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y avait jamais moyen dans l\u2019auditoire d\u2019être enrobé par le son, d\u2019être vraiment au coeur YANNICK NÉZET-SÉGUIN ET L\u2019ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN UNE NOUVELLE COLLABORATION AVEC L\u2019OSM Vos salles préférées?Le Concertgebouw d\u2019Amsterdam, le très vieux Symphony Hall de Boston, aussi agréable sur scène que dans la salle, et le Gewandhaus de Leipzig parce qu\u2019il n\u2019y a pas de différence sur le plan de l\u2019acoustique, qu\u2019il y ait du public ou pas.Ça simplifie beaucoup le travail des musiciens.Parmi les plus récentes, la Philharmonie de Berlin, où on sent que ce qu\u2019on fait sur la scène se reproduit parfaitement dans la salle.C\u2019est une salle qui donne la vérité.À quelle salle celle de Montréal vous fait-elle penser ?La nouvelle salle de Beijing qu\u2019on appelle l\u2019Oeuf à cause de sa forme extérieure.Une salle dans la plus pure tradition rectangulaire européenne comme à Montréal où il y a un buffet d\u2019orgue et beaucoup de bois.Ça donne un cachet un peu ancien au son et tous les instrumentistes n\u2019ont pas à forcer.Je pense qu\u2019on va avoir une musique vibrante tout en étant naturelle.C\u2019est ça mon rêve.- Propos recueillis par Alain de Repentigny DIMENSIONS, MATÉRIAUX, COURBES DES MURS, L\u2019ARCHITECTURE DE LA NOUVELLE RÉSIDENCE DE L\u2019OSM VISE À OBTENIR UNE ACOUSTIQUE OPTIMALE.SON PRINCIPAL ARCHITECTE SONORE, TATEO NAKAJIMA, CROIT TOUTEFOIS QUE L\u2019ACOUSTIQUE N\u2019EST PAS UNE FIN, SEULEMENT L\u2019UN DES MOYENS D\u2019OFFRIR UNE EXPÉRIENCE GLOBALE.ALEXANDRE VIGNEAULT En mettant le pied dans la nouvelle salle de concert de la Place des Arts pour la toute première fois, Claude Gingras, critique à La Presse depuis 1953, a laissé échapper un «wow!» admiratif.À l\u2019oeil, la salle se révèle en effet d\u2019une beauté saisissante avec son chaleureux revêtement de hêtre et ses murs courbes.À l\u2019oreille, on le saura très bientôt, le programme du concert d\u2019ouverture étant expressément conçu pour en faire valoir les qualités acoustiques.Tateo Nakajima entre à la suite de notre critique.Spécialiste de l\u2019acoustique chez Artec, firme réputée internationalement pour la qualité des salles de concert qu\u2019elle conçoit, il est l\u2019un des principaux architectes sonores de la salle que les mélomanes découvriront mercredi.Il en a planifié la forme, le volume et la géométrie intérieure et a dû approuver chaque modification ou ajout au plan initial.L\u2019acousticien, qui a grandi à Toronto, n\u2019est pas un ingénieur mélomane.Il fut d\u2019abord un violoniste fasciné par la direction d\u2019orchestre.«Ma fascination sonore et musicale ne se limitait pas à une seule voix, mais allait plutôt vers les ensembles.J\u2019étais fasciné par la complexité et le caractère palpable du son d\u2019un orchestre.» Tateo Nakajima a fait le saut chez Artec après avoir lui-même dirigé des orchestres et une compagnie d\u2019opéra en Europe de l\u2019Est.Il comptait demander au fondateur de la firme de le mettre en contact avec des chefs nord-américains, mais Russell Johnson l\u2019a plutôt invité à se joindre à son équipe.«C\u2019était un grand mélomane, mais il disait que j\u2019étais mieux placé que lui pour comprendre ce qui, dans un contexte donné, tenait à la musique, aux musiciens ou à la salle.» Clarté et réverbération « L\u2019acoustique n\u2019est pas une science exacte», se plaît à dire le spécialiste.La conception d\u2019une salle de concert de haut niveau demande néanmoins une précision millimétrique.Il suffit de passer la main sur les parois de bois fermement collées sur les murs de béton pour s\u2019en convaincre : à certains endroits, le revêtement n\u2019est pas lisse, mais légèrement rêche.Et ce n\u2019est pas en raison de la négligence du charpentier.Artec conçoit ses salles dans le but d\u2019obtenir un haut niveau de clarté et de réverbération sonores.Pour Montréal, la firme a opté pour une salle de forme presque rectangulaire (une variation sur le thème de la shoebox dans le jargon du milieu), assise sur 289 coussins acoustiques qui l\u2019isolent de l\u2019édifice dans lequel elle se trouve et où l\u2019orchestre et l\u2019auditoire semblent partager un même espace.Le revêtement de hêtre, les insertions de plâtre aux étages supérieurs, les courbes des murs, chaque élément vise à permettre une diffusion égale des hautes et des basses fréquences, ainsi qu\u2019à rediriger le son vers l\u2019endroit le plus difficile à atteindre : le centre du parterre.«L\u2019acoustique, c\u2019est le véhicule par lequel on peut faire les choses, mais ce n\u2019est pas la finalité », dit toutefois Tateo Nakajima.«L\u2019idée, c\u2019est de créer un lieu apte où les musiciens se sentiront bien et auront envie de jouer, une salle qui donne l\u2019impression d\u2019attendre qu\u2019on y joue de la musique», insiste l\u2019acousticien, qui hésite à entrer dans les détails techniques.De son point de vue, la qualité de l\u2019acoustique n\u2019a de valeur que si elle est combinée au plaisir visuel et sensoriel qu\u2019offre l\u2019architecture et la clarté de la salle.Ainsi, le revêtement de bois n\u2019a pas été choisi seulement pour ses propriétés acoustiques, mais parce que «les gens, en particulier les musiciens, aiment le bois ».Tateo Nakajima plaide pour la mise en place d\u2019une expérience esthétique globale, ce qui n\u2019est pas qu\u2019un détail selon lui à une époque où chaînes hautefidélité et cinémas maison offrent des conditions d\u2019écoute de grande qualité.«L\u2019expérience du concert doit être d\u2019une telle qualité, d\u2019une telle intimité qu\u2019elle ajoute réellement une autre dimension pour le mélomane, dit-il.L\u2019objectif est de créer une enceinte tellement séduisante qu\u2019elle contribuera à faire vivre une expérience musicale et sociale que les gens voudront revivre.» TATEO NAKAJIMA LA DIMENSION DU SON llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 C\u2019est avec une immense fierté que nous saluons l\u2019ouverture à Montréal de la toute nouvelle salle de concert de calibre mondial qui confirme que notre métropole figure parmi les plus grands carrefours artistiques d\u2019Amérique.Cette réalisation restera dans les mémoires comme le résultat de la volonté du gouvernement de donner au Québec des lieux de culture de haute qualité.Nous invitons les Québécoises et les Québécois à fréquenter en grand nombre leur salle toute neuve.Grâce à son acoustique exceptionnelle, les mélomanes pourront apprécier pleinement les rendez-vous musicaux de maestro Nagano et de ses complices de l\u2019OSM, ainsi que les présentations des grands talents d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Jean Charest Premier ministre Christine St-Pierre Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine NOUVELLE SALLE SYMPHONIQUE de la musique, de vibrer surtout lors des moments les plus puissants, précise-t-il.La grande variable avec laquelle il va falloir composer, que ce soit l\u2019Orchestre Symphonique ou le Métropolitain, c\u2019est qu\u2019on est habitués sans le vouloir à projeter notre son énormément pour que ça emplisse Wilfrid-Pelletier; dorénavant, il va falloir emplir la salle différemment, sans être agressif ou en laissant le son évoluer de façon plus naturelle.Les gens veulent goûter à la musique de plus près et la salle ne devrait pas être qu\u2019un feu de paille une fois l\u2019effet de curiosité passé.» Le fait que la nouvelle salle soit réservée à la musique symphonique simplifiera de beaucoup les choses de façon pratico-pratique, fait remarquer Nézet-Séguin.«Ça les simplifiera encore plus pour l\u2019Orchestre Symphonique qui devait parfois passer des semaines entières sans être dans sa salle; mais si l\u2019OSM peut mieux planifier, nous pouvons également mieux planifier avec lui.Finalement, c\u2019est le début d\u2019une nouvelle collaboration parce que c\u2019est vrai qu\u2019à Wilfrid-Pelletier, on était toujours un peu en train de se battre pour les dates.Je pense que le fait d\u2019être résidants dans une salle qui nous est propre va rapprocher les deux ensembles.Personne ne peut nier que l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal a beaucoup plus de concerts que nous dans cette salle-là, que ce sont ses principaux occupants, mais c\u2019est aussi notre salle à nous, à notre façon.» Nézet-Séguin croit et souhaite même que l\u2019arrivée dans la nouvelle salle favorisera le jeu des comparaisons entre l\u2019OM et l\u2019OSM.«L\u2019important, ce n\u2019est pas de savoir qui joue mieux ou qui joue moins bien, mais quelle est la personnalité de ces orchestres.Je crois que l\u2019Orchestre Métropolitain a parfois un son plus volontaire que celui de l\u2019OSM.Dans certains répertoires, notre son est tout aussi délicat et tendre, mais nous prenons d\u2019autres répertoires un peu plus à bras le corps que notre grand frère qui est parfois un peu plus noble et auguste.Quand l\u2019orchestre de Rotterdam \u2014 que dirige Nézet-Séguin \u2014 va jouer une ou deux fois au Concertgebouw d\u2019Amsterdam, l\u2019important, c\u2019est qu\u2019on ne joue pas comme l\u2019orchestre du Concertgebouw.Si on essayait de sonner comme eux qui jouent à l\u2019année dans leur salle, ça ne fonctionnerait pas: on n\u2019a pas la même personnalité.De la même façon, j\u2019espère que ça va polariser encore plus la réaction des gens sur la personnalité propre des deux orchestres montréalais.» Nézet-Séguin souligne également que le public montréalais pourra mieux goûter les différentes personnalités des orchestres invités comme le Mariinsky de Saint-Pétersbourg et le New York Philharmonic qu\u2019accueillera l\u2019OSM cet automne.Y verra-t-on ses orchestres de Rotterdam et de Philadelphie?«Ouiiiiii, absolument ! Il était même question que Philadelphie soit dans la programmation dès 2012-13, mais il semble qu\u2019on doive reporter ça à cause de la disponibilité de la salle.Voyez, on a déjà des problèmes à ce niveau-là, dit le jeune chef en riant.À Rotterdam, on planifie également une autre tournée nord-américaine en 2013-14, donc c\u2019est sûr qu\u2019on va repasser par Montréal.» L\u2019Orchestre Symphonique de Montréal occupera la nouvelle salle 240 jours par année.Outre l\u2019Orchestre Métropolitain, l\u2019ensemble I Musici, l\u2019Orchestre de chambre McGill, Pro Musica et les Violons du Roy compteront parmi ses autres locataires.Le Festival de jazz louera également la salle pendant l\u2019été.PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE LA NOUVELLE SALLE EN CINQ POINTS Capacité de la salle : 1900 sièges et jusqu\u2019à 2100 si des spectateurs sont placés dans le choeur, derrière l\u2019orchestre.Plateau conçu pour accueillir 120 musiciens et 200 choristes.Neuf réflecteurs acoustiques motorisés sont accrochés audessus de la scène et de la salle afin de moduler l\u2019environnement acoustique selon les ensembles et les programmes.La salle repose sur des coussins acoustiques qui l\u2019isolent de l\u2019enveloppe extérieure du bâtiment, coupant sons et vibrations extérieures.L\u2019essentiel de la superficie intérieure de la salle est couverte de hêtre de la région de Gatineau.Des sections de plâtre sont incrustées dans les hauteurs pour contribuer à moduler la diffusion des fréquences médianes.Yannick Nézet-Séguin PHOTO GRAHAM HUGHES, PC Tateo Nakajima llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 bba.ca MISSION ACCOMPLIE Bravissimo à l\u2019OSM pour sa nouvelle résidence, un lieu à résonance internationale qui nous enchantera autant que tous les génies de la musique qui y joueront.BBA est fière d\u2019être associée depuis 10 ans à cette puissante source d\u2019inspiration qu\u2019est l\u2019OSM. NOUVELLE SALLE SYMPHONIQUE CLAUDE GINGRAS BILLET Entrer dans une toute nouvelle salle, écouter l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal dans un autre lieu que celui où on le retrouve depuis près d\u2019un demi-siècle.J\u2019ai connu l\u2019expérience plusieurs fois lors des tournées de l\u2019OSM que j \u2019accompagnais en Europe et aux États-Unis.Je m\u2019apprête maintenant à compléter une sorte de tournée des trois salles montréalaises que l\u2019OSM aura connues en plus de 75 ans.L\u2019OSM a donné son tout premier concert le 14 janvier 1935 au Pla teau , l \u2019aud itor ium de 1300 places de l\u2019école du même nom située au centre du parc La Fontaine.Appelé alors Orchestre des Concerts symphoniques de Montréal, le futur OSM allait s\u2019y produire jusqu\u2019en 1963, année de l\u2019ouverture de la Place des Arts.Le Plateau \u2014 qui existe toujours \u2014 était d\u2019architecture assez moderne et sonnait bien.Les soirs d\u2019hiver, il fallait cependant enjamber les bancs de neige pour y parvenir ! L\u2019une de mes premières affectations, en avril 1953, me fit découvrir Otto Klemperer, l\u2019un des très grands chefs de notre époque \u2014 au sens propre et au sens figuré, car c\u2019était un géant.Plus tard, j\u2019y vis les légendaires Pierre Monteux, Charles Munch, Josef Krips et un jeune Claudio Abbado complètement inconnu.En 1957, Igor Markevitch, alors titulaire de l\u2019orchestre, risqua le tout pour le tout en programmant avec succès Le Sacre du printemps de Stravinsky.La salle servait aussi au récital et accueillit les plus grands noms, de Horowitz à Rubinstein.Avec les années, le besoin d\u2019une salle plus grande et plus moderne se fit sentir.C\u2019est alors que naquit, en 1963, la Place des Arts, bien qu\u2019il ne s\u2019agisse pas d\u2019une «place » au sens étymologique du mot.La première salle à y être construite ouvrit le 21 septembre 1963 et constitua un sujet d\u2019étonnement pour tout le monde avec sa capacité de quelque 3000 sièges, soit plus du double du Plateau.Au début, elle s\u2019appelait simplement «La Grande Salle»; c\u2019est en 1966 qu\u2019elle prit le nom du chef d\u2019orchestre montréalais Wilfrid Pelletier.Même phénomène cette fois encore : de «L\u2019Adresse symphonique», on passe à «La Nouvelle Salle», tout simplement, en attendant de trouver un nom.C\u2019est l\u2019OSM qui donna le concert inaugural du 21 septembre 1963.Wilfrid Pelletier monta d\u2019abord au pupitre, suivi de Zubin Mehta, alors chef de l\u2019OSM.À l\u2019origine, l\u2019inauguration devait comporter un festival auquel allait participer notamment le Covent Garden de Londres.Les décors de Lucia di Lammermoor étaient même arrivés : je les vois encore à l\u2019arrière-scène.Mais un mouvement nationaliste entraîna une modification du programme et affecta jusqu\u2019à la cérémonie d\u2019ouverture.Le soir venu, pendant que les invités en tenue de gala écoutaient l\u2019OSM, des manifestants, dans la rue, l\u2019accompagnaient au cri de « Place des autres!».La salle Wilfrid-Pelletier a servi depuis \u2014 et servira encore \u2014 à des centaines d\u2019événements de toutes sortes : opéra, concert d\u2019orchestre, ballet, récital, variétés.C\u2019est également là que furent montées les grosses productions de La Scala de Milan, du Bolchoï de Moscou, des Opéras de Vienne, de Hambourg et de Stockholm, entre autres, pendant les six mois du Festival mondial d\u2019Expo 67, qui demeure le plus important rassemblement de grands noms de toute l\u2019histoire musicale.Nous ne rejetons pas la salle Wil f rid-Pellet ier : malgré ses défauts, elle est riche de souvenirs.Nous ne lui disons pas adieu non plus puisque l\u2019Opéra de Montréal, d\u2019autres aussi, lui restent fidèles.Nous allons simplement ailleurs, vers une nouvelle salle dont on sait qu\u2019elle sera de dimensions plus «humaines » : 1900 sièges.APRÈS LE PLATEAU, APRÈS WILFRID-PELLETIER.NOUVELLE SALLE DE CONCERT DATES IMPORTANTES ÉMILIE CÔTÉ 1977-2002: Pendant toute la durée de son mandat, le maestro Charles Dutoit réclame une nouvelle salle pour l\u2019OSM.1984 René Lévesque et Jean Drapeau procèdent à la première pelletée de terre au square Berri.1986 Les élus pensent ériger la nouvelle salle à l\u2019angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Prince-Arthur.1995 Il est question de réaménager la salle Maisonneuve.Février 2001: Québec compte donner le feu vert à la construction d\u2019une tour à bureaux à côté de la Place des Arts, qui inclura une salle pour l\u2019OSM.Février 2002: Le premier ministre Bernard Landry dévoile les plans d\u2019un complexe culturel de près de 300 millions de dollars: la Maison de l\u2019OSM.Il promet que l\u2019OSM aura sa nouvelle salle en 2006.Craignant que la gestion de la future salle n\u2019échappe à la Place des Arts, le président de son conseil d\u2019administration, Clément Richard, remet alors sa démission.Novembre 2003: Le projet de nouvelle salle pour l\u2019OSM est remis à plus tard par le gouvernement Charest.Juin 2005.Québec annonce que la nouvelle salle de l\u2019OSM s\u2019inscrira dans le projet de Quartier des spectacles mis de l\u2019avant par l\u2019administration Tremblay, dans le cadre d\u2019un partenariat public-privé.Juin 2006: Québec annonce que l\u2019OSM sera doté en 2011 au plus tard d\u2019une «salle de calibre mondial» de 15 000 m2, pouvant accueillir 1900 spectateurs et 120 musiciens.Mars 2009: Le gouvernement annonce que la nouvelle salle sera construite par le groupe immobilier Ovation, sous la supervision de la firme SNC-Lavalin.Mai 2009: Début des travaux.7 septembre 2011: Ouverture de la nouvelle salle.Nous ne rejetons pas la salle Wilfrid-Pelletier : malgré ses défauts, elle est riche de souvenirs.Nous ne lui disons pas adieu non plus puisque l\u2019Opéra de Montréal, d\u2019autres aussi, lui restent fidèles.Tous les samedis dans CE QU\u2019ON A VU, CE QU'ON EN PENSE.Tous les mercredis et samedis dans LES VOYAGEURS EN PARTANCE POUR\u2026 PHOTO PAUL-HENRI TALBOT, ARCHIVES LA PRESSE Le 21 septembre 1963, c\u2019est l\u2019OSM qui a donné le concert inaugural de la Place des Arts, dans «La Grande Salle».Ce n\u2019est qu\u2019en 1966 qu\u2019elle a pris le nom du chef d\u2019orchestre montréalais Wilfrid Pelletier.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 LE DIMANCHE 4 SEPTEMBRE À 10 h 30, en présence de Marguerite Bourgeoys, participez à la Criée, avec Joseph Sansfaçon, crieur et conteur à samanière.Rencontrez la rempailleuse de chaise, le tisserand, le raquetteur, l\u2019écrivain public et la fileuse.12 h : Concert avec l\u2019Ensemble Claude-Gervaise 13 h : Conférence horticole \u2013 Les céréales en Nouvelle-France avec Daniel Fortin, ethnobotaniste 14 h et 15 h : Théâtre Catherine-Crolo et le conteur Ti-Jean de La Rochelle 2 1 4 6 , p l a c e Dubli n , P o i n t e - S a i n t -Charl e s , Montr é a l, Québec Info : 514 935-8136 - www.maisonsaint-gabriel.qc.ca 3 SEPT.20 H 30 Vente des billets: Billetterie du Théâtre: 514 770-7773 Ticketpro.ca 514 790-1111 Banquettes - Loges - Groupes - Location de la salle: 514 268-7069 ou ecarosielli@gmail.com 5723, av.du Parc, Montréal theatre r i a l t o .c a Philippe Noireaut 7 AU 15 SEPT.20 H X, Y & Zed en solo 22 SEPT.20 H 30 27 SEPT.20 H MOZART Pour tous les détails et pour participer www.cyberpresse.ca/concours Date limite de participation le 15 septembre 2011.Valeur totale approximative des prix 2 280 $.COnCOuRs À gAgneR: 10 pAiRes de billeTs pOuR lA sOiRée du 24 sepTeMbRe! Centre d\u2019information officiel 145, rue Sainte-Catherine O.SAMEDI 10 SEpt.2011 11h 12h 13h 14h 15h 16h 17h 18h 19h 20h 21h 22h 23h DEVENEZ « GAGA » DU BALLEt Les Grands BaLLets Canadiens de MontréaL KAtA COLLECtIF toHU LES LIVRES ENtRENt EN SCÈNE ! BiBLiotHèqUe et arCHives nationaLes dU qUéBeC MEttRE LA MAIN AU MUR.COLLECtIF EN MASSE MUsée des BeaUx-arts de MontréaL MME BUttERFLY SOUS LES ÉtOILES opéra de MontréaL LE BAL / SALSA pLaCe des arts pORtES OUVERtES EN MUSIQUE orCHestre syMpHoniqUe de MontréaL (noUveLLe résidenCe de L\u2019osM) DIMANChE 11 SEpt.2011 11h 12h 13h 14h 15h 16h 17h 18h 19h 20h 21h 22h 23h pIQUE-NIQUE RYthME Et CIRQUE toHU et pLaCe des arts MUSIQUE CLASSIQUE \u2013 RENCONtRE MÉtROpOLItAINE orCHestre MétropoLitain LE MARAthON DES MOtS tHéâtre dU noUveaU Monde et dUCeppe ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE STÉRÉO Dans la vraie vie De 2006 à 2009, elle s\u2019est illustrée dans les concours québécois : Cégeps en spectacle, Granby, Ma première Place des Arts.Elle a ensuite fait des petites salles, des premières parties.Voici la vraie vie: Audiogram lance le premier album de Salomé Leclerc, Sous les arbres.Première écoute ?Potentiel à n\u2019en point douter.Deuxième écoute ?On observe que la jeune femme n\u2019est plus dans l\u2019exercice de style, bien qu\u2019on soit tenté de poser un tel diagnostic.Inspirés de l\u2019intimité, les textes sont généralement bien écrits \u2013 dont une paire avec Philippe B.La langue est en voie d\u2019être maîtrisée.Musicalement, Salomé Leclerc s\u2019inscrit dans le sillon psych folk et de la pop indé, sans pour autant s\u2019en démarquer.Les harmonies sont simples, les rythmes sont simples, les arrangements sont étoffés comme le sont la plupart des arrangements que proposent les artistes indés de qualité \u2014 guitares de toutes sortes, claviers de toutes sortes, cordes, échantillons d\u2019orchestre, cuivres, choeurs, harmonica, petit éraillement qui surgit ici et là dans la voix.A-t-elle tout bon, Salomé Leclerc ?On peut répondre par la positive, tout en devinant que le très bon et l\u2019excellent sont à venir.Sans bouder son plaisir, il va sans dire.\u2014 Alain Brunet À télécharger : Ne reviens pas LE CHOIX DE LA SEMAINE L\u2019amour, toujours l\u2019amour À 87 ans, Charles Aznavour ne semble pas encore prêt pour la retraite.En présentant son nouvel album, Toujours, aux médias français, il s\u2019est d\u2019ailleurs défendu : «Je n\u2019ai jamais dit adieu», s\u2019est-il justifié.Il faut dire que la source est loin d\u2019être tarie.Il a encore beaucoup à écrire sur l\u2019amour, un thème presque omniprésent sur Toujours.Qu\u2019il chante le temps qui passe (Les jours), ses souvenirs de mai 68 (Ce printemps-là) ou des horreurs génocidaires (J\u2019ai connu, qui oppose avec succès un texte dur et une mélodie rythmée aux accents klezmer), l\u2019amour trouve toujours sa place sous la plume agile d\u2019Aznavour.Ne vous laissez pas berner par la pièce Va, qui ouvre l\u2019album sur une note mélancolique et quelque peu sirupeuse.Si l\u2019on doit admettre que sa voix en a un peu perdu, Aznavour sait toujours swinguer.C\u2019est d\u2019ailleurs dans les pièces plus rythmées qu\u2019il fait mouche.Et en solo, faut-il ajouter, si l\u2019on se fie au duo pas très harmonieux qu\u2019il forme avec Thomas Dutronc sur la chanson Elle.\u2014 Geneviève Bouchard, Le Soleil À télécharger : J\u2019ai connu Petites bouchées de joie Deuxième album de l\u2019inclassable trio Bataclan, Dandy s\u2019avère rempli d\u2019agréables surprises et meilleur que son prédécesseur grâce à la plus grande diversité du répertoire choisi.En plus du tango, des pièces de Kurt Weill, Chostakovitch ou «musique de salon» plongent l\u2019auditeur dans l\u2019atmosphère insouciante de l\u2019époque des dandys.L\u2019humour et la poésie sont pleinement au rendez-vous.Plusieurs pièces, qui donnent envie de faire des cabrioles, pourraient constituer la trame sonore d\u2019un dessin animé rétro, d\u2019un film de Buster Keaton ou d\u2019une émission pour enfants.Les Tales for Oscar Wilde, de Denis Plante, et la Suite Edward&Wallis, de Mathieu Lussier, sont formés de jolis morceaux aux mélodies accrocheuses.Toutefois, si la composition du trio, (basson, clavecin et bandonéon) procure un son unique et rafraîchissant, c\u2019est une arme à double tranchant.Chaque pièce a beau être délicieuse individuellement, il devient lassant d\u2019en écouter 18 d\u2019affilée.On appréciera mieux l\u2019album en le dégustant par petites bouchées ici et là, comme une boîte de chocolats.Ils auraient avantage à inviter d\u2019autres amis instrumentistes pour quelques pièces afin de briser l\u2019uniformité sonore qui se dégage de l\u2019ensemble.\u2014 Caroline Rodgers, collaboration spéciale À télécharger : El Esquinazo L\u2019électro qui patauge Précoce, le New-Yorkais Alex Koone lance à 19 ans son premier album, Wander/ Wonder, après s\u2019être signalé sur un EP prometteur paru l\u2019an dernier.Sous le nom Balam Acab, Koone distille une musique électronique qu\u2019on pourait qualifier d\u2019aqueuse tant le bruit de l\u2019eau est présent sur ce disque.Cela confère un cachet particulier à ces grooves gothiques, entre le house et le hip hop.Or, le jeune producteur tente justement de se sortir la tête de l\u2019eau en jouant avec des harmonies claires, une tangeante ambiant qui tranche avec la claustrophobie sonore de ses collègues, et en usant des échantillons de voix (féminines, en majorité, et beaucoup d\u2019échantillons de chant classique ou grégorien) pour ériger ces petites cathédrales musicales qui séduisent les auditeurs autant qu\u2019elles les intriguent.Pourtant, s\u2019en dégage tout de même l\u2019impression d\u2019une grande esquisse, d\u2019un travail inachevé: on reproche la redondance des idées et un certain manque d\u2019audace.À cause de ces voix recyclées et traitées, des grooves paresseux et de l\u2019atmosphère généralement mélancolique, on pourrait être tenté de considérer Wander/ Wonder comme une version moderne et ambiant du Play de Moby.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale À télécharger : Motion Inégal Sorti en 2005, Cansei De Ser Sexy, le premier album du groupe brésilien CSS a résonné dans nos oreilles des centaines de fois.Le deuxième, Donkey, a pris un virage beaucoup trop sérieux et ambitieux.Voilà que CSS remet ça avec La Liberación.Le premier titre, I Love You, n\u2019est pas si mal avec son côté sexy, dansant et accrocheur, même si le recours à Auto-Tune n\u2019était vraiment pas nécessaire.Les titres suivants sont plutôt sans intérêt, avec trop de sonorités de type « calypso » et « camp de vacances ».La Liberación est un album inégal où on se perd en passant d\u2019arrangements club-danse de claviers à des riffs de guitares rock, et d\u2019une pièce en espagnol criardre (La Liberación) à une ballade qui ne s\u2019assume pas (Partners in Crime).Heureusement qu\u2019il y a un peu d\u2019irrévérence, une belle énergie et une fin d\u2019album grunge (oui oui !) pour ne pas décrocher.C\u2019est un album qui manque franchement de cohésion, mais quelques extraits trouveront facilement leur chemin dans notre lecteur MP3.Et-ce que c\u2019est fichu pour CSS?Espérons que non, mais pour l\u2019instant, c\u2019est dommage.\u2014 Émilie Côté À télécharger : Ruby Eyes Sensible et exploratoire À l\u2019image de Greenday et Foo Fighters, Red Hot Chili Peppers est l\u2019un des rares groupes qui ont su persister en qualité, de Blood Sugar Sex Magic à By The Way.I\u2019m With You sort plus de cinq ans après l\u2019ambitieux album double Stadium Arcadium.Remplacé par Josh Klinghoffer, le guitariste John Frusciante a quitté le groupe une fois de plus, mais Rick Rubin est de retour à la réalisation.Manifestement, les Red Hot Chili Peppers ont préféré s\u2019éclater musicalement plutôt que de pondre des hits rassembleurs.Plus exploratoires que pop, les tableaux sonores des chansons témoignent d\u2019une plus grande profondeur, même si certains effets robotiques sur la voix d\u2019Anthony Kedis sont agaçants, tout comme la basse funk parfois trop haletante de Flea.Les nombreuses ballades comme Meet Me At The Cormer et Brendan\u2019s Death Song sont de fort jolis morceaux.Introduite au piano dans un esprit seventies, Happiness Loves Company sort les Red Hot Chili Peppers de leurs sentiers habituels, tout comme Even You Brutus avec son énergie hip-hop.Les fans purs et durs seront à la fois surpris et comblés.Pour les autres, reste à voir s\u2019ils auront envie de revenir à l\u2019album.\u2014 Émilie Côté À télécharger : Meet Me At The Corner Heureuses retrouvailles En 2009, après la sortie de son premier album, Consumed and Guilty, Clément Jacques a pensé abandonner sa carrière musicale, «désillusionné» qu\u2019il était du milieu artistique.À l\u2019écoute de l\u2019album concept Le maréographe, on ne peut que le féliciter d\u2019avoir persévéré.Avec cette deuxième offrande, en français cette fois, l\u2019auteur-compositeur-interprète saguenéen renoue avec une folk teintée de pop et de rock.Il retrouve également son complice, Éloi Painchaud, avec qui il a mitonné des ambiances feutrées pour habiller une collection de pièces s\u2019apparentant au journal intime d\u2019un jeune homme en quête de la femme de sa vie.Très personnels, les textes livrés d\u2019une voix un brin rauque par Clément Jacques varient au gré de sa marée intérieure: de la mélancolie à l\u2019espoir, du doute au bonheur tranquille.Mais même quand l\u2019auteur a le vague à l\u2019âme, un grand effort mélodique est apporté aux airs et plusieurs restent résolument ancrés au creux de l\u2019oreille.Un album honnête, d\u2019une grande cohérence.\u2014 Geneviève Bouchard, Le Soleil À télécharger : Femme invisible INSTRUMENTAL BATACLAN DANDY HHH1/2 ATMA CLASSIQUE CHANSON CHARLES AZNAVOUR TOUJOURS HHH PATHE FOLK-POP LE MARÉOGRAPHE CLÉMENT JACQUES HHH SPHÈRE MUSIQUE ROCK RED HOT CHILI PEPPERS I\u2019M WITH YOU HHH WARNER ÉLECTRO CSS LA LIBERACIÓN HH1/2 V2 RECORDS CHANSON SALOMÉ LECLERC SOUS LES ARBRES HHH1/2 AUDIOGRAM ÉLECTRO BALAM ACAB WANDER/ WONDER HHH1/2 TRI-ANGLE MIDNIGHT CITY, M83 Midnight City est le premier extrait du nouvel album de m83, Hurry Up, We\u2019Re Dreaming, qui sortira le 18 octobre.D\u2019inspiration purement électro des années 80, Midnight City évoque le spleen et une ville urbaine sombre, avec une finale.au saxophone.Midnight City est en téléchargement et en écoute au http ://ilovem83.com/.Et Anthony Gonzalez, l\u2019homme derrière m83, sera en spectacle à la SAT le 19 novembre.DANCIN\u2019 AWAY MY HEART, LADY ANTELLEBUM Lady Antellebum est le groupe country-pop hyper populaire aux États-Unis derrière le tube Need You Now.Douce ballade, Dancin\u2019 Away My Heart est le premier extrait du troisième album du groupe, Own The Night, qui sortira le 13 septembre.En studio, le trio a une fois de plus fait appel au réalisateur Paul Worley, un vétéran de Nashville.AVEC TOI DEDANS, LA PATÈRE ROSE Ceux qui étaient réunis au Cabaret du Mile End pour le spectacle d\u2019adieu de La Patère rose en ont encore des frissons.Heureusement, cette dernière version live de la pièce Avec toi dedans a été enregistrée et elle est offerte en téléchargement gratuit au http ://musique.lapatererose.com.«Je reviendrai au printemps pour m\u2019assurer que la maison est toujours là avec toi dedans», chante Fanny Bloom, qui est présentement en studio pour son premier album studio.CLIP DE LA SEMAINE NOCTURNE #632, PHILIPPE B Gabriel Allard-Gagnon signe la réalisation du clip de la superbe pièce au piano de Philippe B intitulée Nocturne #632.Si, dans la chanson, la bête est l\u2019image d\u2019un couple, dans le clip, elle est là en chair et en os.Un couple tente de l\u2019apprivoiser, mais c\u2019est une bête sauvage dont le comportement destructeur va bien au-delà de la volonté de ses maîtres.Soulignons que Philippe B sera en spectacle à Montréal en novembre dans le cadre de Coup de coeur francophone.Plus de détails à venir.EXTRAITS À TÉLÉCHARGER ÉMILIE CÔTÉ PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Elle a un imprésario depuis quatre ans.Elle a fait des stages, plusieurs rencontres et gagné des prix.Mais Salomé Leclerc a pris son temps avant de sortir son premier album, Sous les arbres, qui témoigne d\u2019une grande maturité musicale pour une jeune auteurecompositrice- interprète de 25 ans.ÉMILIE CÔTÉ Tout vient à point à qui sait attendre, dit le proverbe, qui ne pourrait pas mieux résumer la genèse du premier album de Salomé Leclerc, Sous les arbres, qui sort mardi.Cela fait déjà plus de quatre ans que Michel Séguin, l\u2019imprésario de Pierre Lapointe, l\u2019a prise sous son aile, après l\u2019avoir vu assurer la première partie de Vincent Vallières au Festival Musiqu\u2019en nous, en 2007.Depuis, Salomé Leclerc a participé trois fois aux FrancoFolies, a collaboré avec Philippe B, en plus de se produire en France.«On aurait pu lancer l\u2019album plus tôt, car j\u2019avais les chansons, mais je n\u2019étais pas prête, indique la jeune femme de 25 ans.Cela m\u2019a permis de tester les chansons et de prendre du galon.» « En 2007, j \u2019étudia is à Jonquière en ATM (Art et technologie des médias).Je me suis rendue assez loin au concours de Cégeps en spectacle et j\u2019ai gagné une première partie de Vincent Vallières.» C\u2019est là que Michel Séguin a repéré son jeune talent.«À mon souvenir, ce n\u2019était pas un super show.Je ne sais pas ce qu\u2019il a vu!» Salomé Leclerc a alors décidé de se consacrer à la musique et de s\u2019inscrire à l\u2019École de la chanson de Granby.«Même si mes textes demeurent très imagés, l\u2019école m\u2019a permis de préciser mon écriture.» Inspirée par les Bon Iver, Cat Power et PJ Harvey, la chanteuse et guitariste a pris «un tournant plus électrique il y a deux ans».«Mon écriture a beaucoup changé.Écrire à la guitare électrique, c\u2019est complètement différent qu\u2019à la guitare acoustique», explique celle qui s\u2019est initiée à la musique parce que ses frères avaient besoin d\u2019elle à la batterie pour leur groupe de reprises métal.La plupart des chansons de Sous les arbres datent d\u2019il y a deux ou trois ans.Salomé Leclerc a eu le temps de les peaufiner et de les explorer en spectacle, en participant à des stages et des concours, dont Ma première Place des Arts.Mais encore fallait-il les arranger pour les mettre sur disque.Réalisation d\u2019Emily Loizeau En 2009, Salomé Leclerc a participé aux Rencontres d\u2019Astaffort, en France, où elle a fait la connaissance d\u2019Emily Loizeau.Elle a ensuite décidé de lui faire la grande demande, celle de réaliser son premier album.«J\u2019ai tripé sur son dernier disque, Pays sauvage, raconte Salomé Leclerc.Quand je l\u2019ai contactée, il y avait des chansons guitares/voix et d\u2019autres arrangées chez moi.Elle aimait vraiment mes arrangements et elle m\u2019a dit d\u2019en mettre sur toutes les chansons.» Salomé Leclerc ne s\u2019est pas fait prier pour aller enregistrer Sous les arbres à Paris, pendant trois semaines, avec un contrat Audiogram dans les poches.«Emily m\u2019a laissé une grande liberté, raconte-t-elle.C\u2019était le premier projet autre que le sien qu\u2019elle réalise.J\u2019aimais l\u2019idée d\u2019avoir une réalisatrice au lieu d\u2019un réalisateur.C\u2019est une sensibilité de plus.» Sous les arbres est un album de folk avec des arrangements électro-acoustiques.Des pièces comme Partir ensemble, Ne reviens pas et Tourne encore sont plus upbeat, mais dans l\u2019ensemble, l\u2019album est sous le rythme doux et lent de la ballade, avec un soupçon de mélancolie et la voix de la chanteuse qui prend toute la place sur des arrangements parfois percussifs.«C\u2019est un album guidé par les guitares, mais il y a cinq ou six chansons où ma voix est comme un instrument.Je suis contente de ces effets de voix là .» Auj ou rd \u2019hu i , S a l omé Leclerc écoute son disque et elle constate que beaucoup d\u2019arrangements sont similaires à la maquette d\u2019origine.Ne soyez pas surpris si l\u2019artiste réalise ou arrange un jour les chansons des autres.«J\u2019ai tellement aimé ça ! lance-t-elle.Ce que j\u2019aimerais faire pour mon deuxième album, c\u2019est de prendre mon temps en studio pour pouvoir essayer des choses relax.» En attendant, Salomé Leclerc préparera un spectacle, qu\u2019elle devrait présenter en 2012.SALOMÉ LECLERC Jeune maturité PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Sous les arbres, le premier album de Salomé Leclerc, jeune talent repéré par l\u2019impresario de Pierre Lapointe, Michel Séguin, sort mardi.CHANSON SALOMÉ LECLERC SOUS LES ARBRES AUDIOGRAM llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 ÉMILIE, LAURENCE, GUILLAUME.QUI L\u2019EMPORTERA?LES CHEFS! LUNDI 20H SPÉCIALE 90 MINUTES ARTS ET SPECTACLES Porte-parole de la Société de recherche sur le cancer, l\u2019humoriste Stéphane Rousseau termine demain sa marche de 13 jours sur un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, avec 19 participants du Québec.La Presse a fait un bout de ce chemin qui représente autant un exercice physique exigeant qu\u2019une expérience collective conviviale et une aventure intérieure.ÉRIC CLÉMENT Le 21 août, Stéphane Rousseau a quitté Montréal pour aller marcher sur le Camino francès, entre León et Santiago de Compostella, un tronçon espagnol de la voie de pèlerinage en direction de Saint-Jacquesde- Compostelle.Son engagement découle d\u2019une collecte de fonds réalisée par une vingtaine de Québécois au bénéfice de la Société de recherche sur le cancer (SRC), dont il est le porteparole.Pour marcher 313 kilomètres avec lui en Espagne, ces participants devaient amasser chacun au moins 9600$ pour la recherche sur le cancer.La plupart d\u2019entre eux ont vécu un deuil à cause de cette maladie.Claude Gagnon a perdu sa conjointe Jocelyne en février.Marie-José Lefebvre a perdu sa soeur Sylvie en mai.Céline Bélanger, son conjoint Jacques en 2009.Stéphane Rousseau a perdu successivement sa mère, son père et sa soeur Louise, il y a deux ans.Si la marche éreinte le corps et nourrit l\u2019esprit, les marcheurs respirent le bonheur de vivre.Très drôle, Manon Baril, qui a perdu son amie Lucille en février, est devenue la mascotte du groupe.«Si ça continue, c\u2019est moi qui vais faire sa première partie ! » disait Stéphane Rousseau après une autre bonne blague de Manon.Avant d\u2019entreprendre le voyage, Stéphane a marché quatre fois 15 kilomètres pour s\u2019entraîner.Cela ne l\u2019a pas empêché d\u2019avoir mal aux pieds après avoir parcouru seulement cinq kilomètres.Les deux participantes infirmières, les soeurs Michelle et Francine Dumont, lui ont prodigué des soins, recouvrant les parties douloureuses d\u2019une pellicule protectrice.Les premiers jours, la marche s\u2019est déroulée à 850 mètres d\u2019altitude.On croisait d\u2019autres pèlerins, les saluant du rituel «buen camino!» (bon chemin !).Croyant et non pratiquant, Stéphane Rousseau a eu de beaux échanges avec les marcheurs.«J\u2019ai été ému quand ils m\u2019ont parlé des drames qu\u2019ils ont vécus, me rappelant mes propres drames.Je suis certain que je vais craquer d\u2019ici quelques jours et brailler toutes les larmes de mon corps.» Le groupe a appris la mort de Jack Layton, à Valverde de la Virgen, alors que Stéphane admirait les sculptures de Josep Maria Subirachs.Peiné, il a alors parlé du jour où sa famille a appris que sa soeur Louise n\u2019en avait plus pour longtemps.«Le médecin lui a dit \u2018Passez Noël avec vos enfants et profitez-en\u2019.On était en octobre.C\u2019était très dur.» Tout en marchant, Stéphane parle de sa blonde, l\u2019actrice française Reem Kherici, 28 ans, de son métier, de sa carrière en France, de sa passion pour les arts visuels et de sa jeunesse.Il raconte qu\u2019à 7 ans, il s\u2019était déguisé en policier et était allé donner une contravention à ses voisins! «Je leur avais dit qu\u2019ils n\u2019avaient pas le droit de stationner là où était leur auto.Ils m\u2019avaient fait entrer et m\u2019avaient offert un verre de lait et un biscuit que j\u2019avais pris après avoir posé mon gun sur la table! J\u2019ai commencé comme ça.» Plus le chemin ava nce , plus Stéphane marche seul pour réfléchir.«Je me suis amusé à voir mon père, ma mère et ma soeur dans le ciel, pensant à eux, à ma carrière, à ma vie de couple, à moi en tant que père.J\u2019espère aller beaucoup plus loin, car ce chemin est une excellente façon de faire le vide.Il y a sûrement quelque chose qui va se révéler au bout de ça.» Quand La Presse a quitté Stéphane Rousseau à Astorga, il n\u2019avait pas encore vraiment abordé cette recherche de paix pour faire le deuil de sa soeur.«Jusqu\u2019à maintenant, je suis agréablement surpris, car j\u2019avais un peu peur de ce voyage en groupe avec des inconnus.Mais je m\u2019acclimate au contexte, à ma forme physique et aux échanges pour ne pas être tout de suite dans ma bulle.Au Québec, c\u2019est parfois embarrassant de dire qu\u2019on prie ou qu\u2019on croit à Jésus.On a peur d\u2019être ridiculisé.» Stéphane croit un peu en Dieu «mais pas trop».«On s\u2019est acheté des coquilles Saint-Jacques avec la croix de Jésus pour mettre sur nos sacs à dos, mais je trouve que la marche a moins de saveur religieuse que je le pensais, dit-il.Bien sûr, on visite des églises, mais j\u2019en aime l\u2019architecture, les sculptures, les peintures.La spiritualité donne envie d\u2019aller au fond des choses, de réfléchir sur soi.Et Dieu sait que je suis loin d\u2019être un ange.S\u2019il y a un paradis, pas sûr qu\u2019ils vont m\u2019ouvrir les portes.En tout cas, je ne serai pas tout seul!» Pour suivre la marche de Compostelle de Stéphane Rousseau : www.recherchecancer.ca MARCHER À COMPOSTELLE POUR LA RECHERCHE SUR LE CANCER L\u2019AVENTURE INTÉRIEURE DE STÉPHANE ROUSSEAU SANTIAGODE COMPOSTELA LÉON CAMINOFRANCÈS ESPAGNE PORTUGAL FRANCE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 ARTS ET SPECTACLES UN FOIE GRAS ET UN VERRE DE SAUTERNES «Ça fait un peu péteux mais un sauternes et un foie gras sur le quai, devant un coucher de soleil, avec ma blonde ou des amis, c\u2019est extraordinaire.Un Français de Sainte-Adèle fait un foie gras incroyable.Cet été, deux fois avec des amis, on a passé un bon moment comme ça sur le quai, chez moi, dans les Laurentides.C\u2019était magique.Si, en plus, mon gamin est là et joue avec d\u2019autres enfants, c\u2019est encore plus beau.J\u2019aime beaucoup recevoir et plus tu reçois, plus tu as envie de créer ces petites attentions particulières.À force de voyager en France, on raffine son palais!» SE BAIGNER NU DANS UN LAC « Ça vient de mon enfance.Je trouve ça jouissif.Même s\u2019il y a toujours une crainte qui vient avec ça : la peur du brochet errant ! Sinon, on a un total sentiment de liberté et de communion avec la nature.Et c\u2019est encore plus drôle en couple, sauf quand un castor sort près de toi ! Ça m\u2019est arrivé.J\u2019ai vraiment eu peur car c\u2019est rare qu\u2019un castor sorte près de toi et tape sa queue à l\u2019eau ! Ce devait être une maman castor qui protégeait ses enfants.» ÉCOUTER DU MUSE «J\u2019ai découvert ce groupe anglais cette année.Muse te donne des ailes en allant dans plein de directions.Ils ont revampé la musique des années 80.C\u2019est un peu le Queen d\u2019aujourd\u2019hui.Matthew Bellamy a une belle voix.C\u2019est très orchestré et ça déménage.Quand tu marches, tu te mets à courir tellement c\u2019est exaltant ! En écoutant Muse, tu as l\u2019impression que tu vas mieux faire ton travail et défoncer des murs ! » SCULPTER LE BOIS «C\u2019est sûrement aussi rattaché à mon enfance.L\u2019odeur du bois quand on le sable, le scie ou le sculpte me plaît et me rassure.J\u2019habite dans la forêt et j\u2019aime les arbres.Ça m\u2019arrive de leur faire des accolades ! Le bois, c\u2019est noble et pas prétentieux.Ça m\u2019émeut.J\u2019aime son veinage, son côté rough.Je trouve ça fascinant de le sculpter.J\u2019ai pris des cours de sculpture sur bois à Saint-Jean- Por t-Joli.Une des plus belles semaines de ma vie.J\u2019ai commencé un totem amérindien, mais c\u2019est long à réaliser ! » DANS LE BOIS ENTRE GARS « J\u2019adore les femmes, mais me retrouver dans le bois avec des gars est un très grand bonheur.Quand je pars à la chasse à la perdrix avec mes chums, on devient tellement cons que c\u2019en est jouissif ! On dirait que les règles ne tiennent plus.C\u2019est comme si on mettait le cerveau à off.On a tous de belles maisons et on va coucher dans un shack aux matelas rongés par les souris, avec un petit poêle à bois et des murs pas finis ! Un peu comme la chanson de Marc Déry sur la pêche à la truite.Et puis, j\u2019aime l\u2019ivresse qu\u2019apportent de bonnes bières ou une bonne bouteille de vin.Quand je passe devant le miroir avec ma chemise à carreaux, c\u2019est mon père chasseur que je vois.» Les cinq petits bonheurs de Stéphane Rousseau On connaît Stéphane Rousseau l\u2019humoriste, l\u2019acteur, le chanteur, le peintre ou le sculpteur.Mais Stéphane Rousseau l\u2019homme est plus secret.Durant cette marche vers Compostelle, La Presse a croisé un être de presque 45 ans avec un coeur d\u2019enfant et plus de doutes que de certitudes.ÉRIC CLÉMENT STATUT DE STAR Si les Québécois ne l\u2019importunent pas dans la rue, en France, c\u2019est la folie.Il fallait voir les touristes français foncer sur lui à l\u2019aéroport.Du coup, à Paris, il s\u2019est couché par terre près d\u2019une fenêtre de l\u2019aéroport Charles-de-Gaulle pour dormir et trouver un refuge la tête enfoncée dans sa casquette.Stéphane est généreux, mais il a tracé une ligne entre vie publique et vie privée.«Je n\u2019ai pas envie de voir mon fils dans les journaux.Je n\u2019ai rien contre ceux qui le font, mais ce n\u2019est pas mon truc.» PROCRASTINEUR «J\u2019ai toujours reporté à demain ce que je pouvais faire le jour même.J\u2019ai reçu, il y a un mois, un appel de Claude Meunier, mon chum, mon idole, qui me proposait quelque chose de très intéressant.Je ne lui ai toujours pas répondu.Et plus j\u2019attends, moins j\u2019ose l\u2019appeler ! Walt Disney Studios m\u2019avait contacté.J\u2019avais 16 ans.Je ne les ai jamais rappelés.Y\u2019a un peu de fainéantise et de peur derrière ça\u2026» TOUJOURS ENFANT «L\u2019enfant en moi n\u2019est pas mort.J\u2019ai un côté petit gars de 7 ans qui a peur de se faire gronder, qui veut être aimé de tout le monde, et qui a peur de ne pas être à la hauteur des attentes.» LE RÊVE DE L\u2019EXCELLENCE «J\u2019aurais aimé être un génie, donc je suis un éternel insatisfait.J\u2019aime les gens indiscutables, exceptionnels, comme Leonard Cohen ou Marc Labrèche.Moi, j\u2019ai toujours été complexé.À tort peut-être.Ça fait ma force aussi pour aller plus loin et être meilleur.» TROUVER SA VOIE «Artistiquement et dans la vie, j\u2019ai l\u2019impression de ne pas m\u2019être encore trouvé.Pour les humoristes, je ne suis pas un humoriste.Même chose pour les imitateurs, les musiciens, les chanteurs, les danseurs ou les peintres.Ma force est de faire tout ça sans y exceller.Je suis quand même content d\u2019être allé plus loin avec mon dernier spectacle.Mais j\u2019ai envie d\u2019un coup de génie.J\u2019espère que tout est à venir\u2026» L\u2019HOMME DERRIÈRE L\u2019ARTISTE La marche pour la recherche contre le cancer en chiffres 10 000 000 Somme ($) investie dans la recherche par la Société de recherche sur le cancer en 2011.173800 Nombre de nouveaux cas de cancer détectés en 2010 au Canada.75 000 Nombre de décès à cause du cancer en 2010 au Canada.65 313 52 45 Pourcentage de Canadiens qui seront atteints du cancer dans leur vie.19 Âge auquel la mère de Stéphane Rousseau a succombé au cancer.48 Âge auquel la soeur de Stéphane Rousseau a succombé au cancer.Nombre de kilomètres marchés par Stéphane Rousseau en Espagne.Nombre de Québécois qui ont marché avec Stéphane sur 313 kilomètres.Nombre d\u2019années d\u2019existence de la Société de recherche sur le cancer.PHOTOS ÉRIC CLÉMENT, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Devenu auteur par accident avec King Dave, solo coup-de-poing qu\u2019il a joué de 2005 à 2009, le comédien Alexandre Goyette ressent désormais de la pression lorsqu\u2019il reprend la plume.L\u2019envie d\u2019écrire une autre (bonne) pièce demeure, mais en attendant, il joue et sera du thriller Match chez Duceppe.ALEXANDRE VIGNEAULT Il arrive en vélo.Nul besoin d\u2019être un fidèle du Tour de France pour déduire que c\u2019en est un bon.La preuve, Alexandre Goyette, que le grand public a découvert en «moron de banlieue» dans C.A., ne prend même pas la peine de traîner un cadenas avec lui.Il n\u2019est pas question qu\u2019il se sépare de sa rutilante monture.Le comédien pratique le vélo de route depuis deux ans.Sébastien Delorme, avec qui il a joué dans La Promesse, l\u2019y a initié.Les deux acteurs ont fait ensemble le trajet Montréal- Boston cet été.Pédaler, aller plus vite, plus loin, souffrir un peu, le vélo est la seule chose qui permette à Alexandre Goyette de faire le vide.Le calme n\u2019est pas le principal trait de caractère du jeune trentenaire.Il avoue plutôt un tempérament propice au stress et a longtemps été en proie à un trac presque maladif.En entrevue, il s\u2019arrête parfois pour commenter ce qu\u2019il vient de dire, inquiet de s\u2019entendre énoncer des banalités.«On voudrait tous trouver la super formulation, tout le temps, justifie-t-il.En même temps, il n\u2019y a rien qui m\u2019énerve plus que de lire un auteur et de sentir qu\u2019il se force juste pour faire différent.» Une plume qui a du poids En écrivant King Dave, qui lui a valu les Masques du texte original et de l\u2019interprétation masculine en 2005, Alexandre Goyette ne cherchait pas précisément à faire différent.Il voulait simplement écrire une pièce qui plairait à ses «chums qui ne vont jamais au théâtre», sauf pour le voir jouer, lui.«Pour me faire plaisir», ajoutet- il avec un sourire en coin.King Dave a eu une résonance qu\u2019il ressent encore des années plus tard, lorsqu\u2019il tente d\u2019écrire pour le théâtre.«Là, j\u2019ai un poids hallucinant sur les épaules, dit le comédien devenu auteur un peu par accident.Il y a une grosse différence entre un bon flash et une idée solide qui peut tenir la route pendant 90 minutes.« J\u2019ai écrit plein de morceaux et je me dis qu\u2019une nuit, je vais me réveiller avec l\u2019idée qui va me permettre de relier tout ça », ajoute-t-il.En attendant, il écrit pour le cinéma: une adaptation de sa pièce avec Podz et un scénario avec Christian Laurence (fondateur de Kino, Le journal d\u2019Aurélie Laflamme).Et surtout, il joue.Sur tous les plateaux Un peu moins de 10 ans après sa sortie du l\u2019École de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe, Alexandre Goyette a pu tâter à un peu de tout.Il a décroché des rôles de soutien au cinéma (Le sens de l\u2019humour, Les 7 jours du talion), des rôles plus importants à la télé (dans La promesse et dans C.A., qui lui a permis de faire évoluer un personnage mince en apparence) et a foulé les planches d\u2019une foule de théâtre.Il a été Jason dans Manhattan Medea à Espace Go au printemps, sera Titus dans une tragédie de Racine l\u2019an prochain, mais jouera d\u2019abord dans Match du dramaturge américain Stephen Belber (The Laramie Project), qui prend l\u2019affiche cette semaine chez Duceppe (voir autre texte).En janvier il entreprend le tournage d\u2019une série qui l\u2019emballe énormément : En thérapie, adaptation québécoise de la série In Treatment, qui a connu un grand succès sur HBO.Il incarnera un militaire qui dirigeait une unité de blindés en Afghanistan et que l\u2019armée accuse d\u2019être responsable d\u2019une erreur qui a coûté la vie à 16 enfants afghans.Son personnage sera l\u2019un des patients récurrents du psychologue joué par François Papineau.«Ce n\u2019est que du jeu d\u2019acteur, rien d\u2019autre.Il n\u2019y a pas d\u2019effets de caméra, juste un patient face à son psy, précise-t-il avec enthousiasme.Ça, ça m\u2019emballe!» ALEXANDRE GOYETTE Entre le jeu et l\u2019écriture ALEXANDRE VIGNEAULT « C\u2019est vraiment un show d\u2019acteurs », dit Alexandre Goyette à propos de Match.Il y incarne Mike, un homme « calme, très en contrôle de lui-même » qui accompagne son épouse (Marie-Chantal Perron) à New York où elle doit rendre visite à son sujet de doctorat : Tobi Powell (Robert Lalonde), ancien danseur étoile devenu profe s s eu r da ns une é cole réputée.« Ces gens-là se présentent devant lui de bonne foi, en présumant que lui aussi est de bonne foi », signale Alexandre Goyette.Le vieux professeur, qui croit que la jeune femme souhaite écrire sa biographie, fera toutefois face à des questions qui fouillent dans des zones sombres de son passé.La confrontation semble inévitable.« Je pense qu\u2019on forme un bon trio d\u2019énergie », dit le comédien.De l\u2019énergie, la distribution dirigée par le metteur en scène Michel Poirier en aura besoin pour rendre palpable la tension de ce thriller psychologique dans la vaste salle de chez Duceppe.Match, du 7 septembre au 15 octobre chez Duceppe.MATCH Tension psychologique PHOTO ANDRE PICHETTE, LA PRESSE En attendant de trouver le flash qui lui permettra d\u2019écrire une deuxième pièce de théâtre, Alexandre Goyette multiplie les rôles sur les planches et à l\u2019écran.«J\u2019ai écrit plein de morceaux et je me dis qu\u2019une nuit, je vais me réveiller avec l\u2019idée qui va me permettre de relier tout ça.» \u2014 Alexandre Goyette SOLUTIONde la semaine dernière MOTS CROISÉS DESARTS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 www.nicolehannequart.com 1755 HORIZONTALEMENT 1 Prénom de celui à qui on doit Une enquête philosophique \u2013 Auteur de La trilogie berlinoise.2 Dans le titre d\u2019un film d\u2019Émile Gaudreault \u2013 Rédigé.3 Ville des Philippines \u2013Masses de pierre.4 Épluché \u2013 Père de Mme de Staël \u2013 Désigne la 3e personne.5 Hameau \u2013 Réalisatrice de Pour l\u2019amour de Dieu.6 Roulas à bicyclette \u2013 Appareil volant.7 Rappeuse française \u2013 Brochet de mer.8 Nom poétique de l\u2019Irlande \u2013 Onde \u2013Monnaie de Suède.9 Est grand ouvert \u2013 Présente une émission.10 Pronom indéfini \u2013 Agence métropolitaine de transport \u2013 Prénom de l\u2019auteure de Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface.11 Dans le titre du premier roman de Dany Laferrière \u2013 Il peut être hydraulique.12 Parolier français mort en 2006 \u2013 Fils d\u2019Aphrodite.VERTICALEMENT 1 Il sera au Capitole de Québec les 8 et 9 septembre prochains.2 Pousse son cri, en parlant du hibou \u2013 Prénom de la chanteuse Claude.3 Sigle anglais de l\u2019Organisation maritime internationale \u2013 Prénom de l\u2019acteur Murphy \u2013 Initiales du comédien Latulippe.4 Dédaigneux \u2013 Perroquet à longue queue.5 Mille-pattes \u2013 Pour cette raison (de .) \u2013 Mot hébreu connu.6 Font connaître publiquement.7 Affluent du Congo \u2013 Capitale du Nouveau- Mexique (Santa .).8 Prénon de la chanteuse Ann \u2013 Il a conquis la Syrie (.Ier).9 Enveloppes de certains fruits \u2013 Père d\u2019Ascagne.10 Initiales du metteur en scène de Belles-soeurs \u2013 Film réalisé par Alejandro Jodorowsky (El .) \u2013 Chanson.11 Rôtir de manière à faire prendre une couleur dorée \u2013 Déesse marine.12 Écimées.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 D R A G O N V I L L E 2 A H U R I E S U I V I 3 N E S E C R A N I N 4 Y A T E S O B E S E S 5 B I L M Y E U R E 6 O M N I U M L U C N 7 O Z S T E P N E F S 8 N A G E R I R I S E E 9 B A I R E N E R E 10 R I G O L E R S I R 11 E T C L E R C D A N 12 M E T H O D E S E T E www.nicolehannequart.com 1754 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 CÉLÉBRITÉS.Monique Champagne et Réal Payette Félicitations pour votre60e anniversairedemariage.Vos cinq enfants et leurs conjoints tiennent à souligner ce grand jour et à vous remercier pour ce merveilleux exemple d\u2019amour vrai et durable.Sincèrement, votre famille qui vous aime Nicole Quezel & Richard Proulx 40e anniversaire de mariage pour souligner nos Noces d\u2019Émeraude cette fenêtre ouverte sur 4 septembre 1971 *Notre secret, la confiance Vous avez un événement à célébrer ?Soulignez-le ! tous les samedis dans Pour informations et tarifs 514 987-VENDU (8363) 1 866 987-VENDU (8363) celebrites@lapresse.ca ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS ENTRACTE entracte@lapresse.ca MARIELLE BEDEK EN HAUSSE.EN BAISSE UN VENTRE QUI FAIT JASER Beyoncé a créé une cacophonie de gazouillis sur Twitter en apparaissant, le ventre légèrement arrondi par un début de grossesse, lors du gala des MTV Video Music Awards.Drapée d\u2019une magnifique robe rouge, la chanteuse s\u2019est produite lors de l\u2019événement, provoquant 8868 gazouillis par seconde sur le site de micro-blogues.Beyoncé attend son premier enfant, heureux événement à venir issu de son mariage avec le rappeur Jay-Z.ADIEUX,OREILLES DELAPIN Les oreilles de lapin sont définitivement en berne sur les téléviseurs québécois.Depuis jeudi, la télévision analogique a été remplacée par les ondes numériques dans les régions de plus de 300 000 personnes.Les abonnés du câble ne verront pas la différence, mais les quelque 850 000 foyers canadiens, soit 7% d\u2019entre eux, qui ne sont pas abonnés au câble ou à la télé par satellite, devront faire l\u2019acquisition d\u2019un décodeur pour regarder la télé, qui sera désormais garantie sans neige.SÉPARÉES À LA NAISSANCE Des yeux clairs et souvent pétillants, une chevelure brune soyeuse en bandeaux autour d\u2019un visage à l\u2019ovale parfait, un sourire aux lèvres joliment ourlées\u2026 Manifestement, Geneviève Jodoin, qu\u2019on a pu voir récemment dans la comédie musicale Le petit Roy, affiche des traits proches de ceux de Emily Blunt, actrice britannique consac rée en 2006 par Le diable s\u2019habille en Prada.Merci à Jean Robidoux, de Laval, pour cette suggestion.ILS, ELLES ONT DIT «Le dictionnaire et le \u201cJournal de Québec\u201d.» \u2014 Athéna, candidate à Occupation Double 8, répondant à la question «Quel est ton livre préféré?» «Jojo, c\u2019est ma vie.Jojo, c\u2019est mon oxygène \u2026 Jojo sait très très bien que ma vie, c\u2019est elle.Si Jojo n\u2019est plus là, je n\u2019ai plus envie de vivre.» \u2014 Le pianiste Alain Lefèvre, parlant de sa femme dans On prend toujours un train pour la vie «J\u2019ai toujours eu 10 ans de plus, puis Sylvain, on dirait qu\u2019il a 10 ans de moins, il s\u2019amuse, il joue.On a l\u2019impression qu\u2019on se rejoint finalement.» \u2014 Andrée Watters, à propos de la différence d\u2019âge avec son compagnon Sylvain Cossette, chez Pénélope McQuade «Pourquoi mon compte de téléphone cellulaire me coûte plus cher que mon hypothèque?» \u2014 Isabelle Racicot, sur Twitter Geneviève Jodoin Emily Blunt LA PHOTO D\u2019HERBY Beyonce PHOTO REUTERS Explorant les univers de la photographie et du cinéma avec un regard plongé dans l\u2019histoire et la découverte, Adad Hannah présente, à la galerie Pierre-François Ouellette art contemporain, une autre exposition fascinante de ses tableaux vivants inspirée cette fois-ci d\u2019un voyage en Russie.ÉRIC CLÉMENT À la fois théâtre, par leur mise en scène, photographie, avec la pose des modèles, peinture, du fait des décors, et cinéma, à cause de leur animation, les oeuvres de l\u2019exposition Les Russes sont le résultat, captivant, d\u2019un travail documentaire qu\u2019Adad Hannah a réalisé durant l\u2019été 2010 dans la région de Saint-Pétersbourg.La Presse s\u2019est rendue récemment dans l\u2019atelier d\u2019Adad Hannah pour découvrir ces créations qui se situent à la frontière de la scénographie et de la documentation.Mais si, à la manière d\u2019un Gabor Szilasi, Adad Hannah a échantillonné la population d\u2019une petite région de la Russie, son inspiration lui vient du photographe russe Serguei Prokoudine- Gorski, pionnier de la photographie couleur.Né en 1863 et mort à Paris en 1944, cet artiste de la lentille a réalisé durant ses voyages en Russie des clichés d\u2019une grande beauté avec des couleurs stupéfiantes pour l\u2019époque.Les 1908 photos de Serguei Prokoudine-Gorski ont été numérisées et sont conservées à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, à Washington.«Il était un maître de la pose, explique Adad Hannah.Il y a un siècle, la pose durait un moment.Avec la vidéo et mes tableaux vivants, la pose dure aussi un moment que j\u2019ai étiré.Je me suis donc inspiré de Serguei Prokoudine-Gorski, de son approche scientifique et expérimentale, pour une expérience au cours de laquelle j\u2019ai fait pour la première fois de la photographie documentaire.» Habitué aux réalisations nécessitant bien des techniciens, il est parti, notamment à bicyclette, à la recherche de petites tranches de vie dans la campagne russe avec son trépied, son appareil photo, sa caméra et quelques lentilles sur le porte-bagages.Il rencontrait les gens au hasard de ses promenades rurales et leur demandait de poser pour lui.Adad Hannah plaçait les modèles comme pour une pose photographique, mais tournait une vidéo.Les personnes devaient rester immobiles d\u2019une à six minutes.Il a fait poser des soldats, un adolescent à l\u2019orée d\u2019une forêt, une femme qui s\u2019apprête à se laver les mains dans un évier, des jeunes installés autour d\u2019une voiture, deux couples en train de pique-niquer dans un parc, etc.Ce ne sont pas des photos.Ce ne sont pas des courts métrages.Ce sont comme des peintures en mouvement.Il n\u2019y a pas la froideur d\u2019un portrait, mais une émotion qui surgit de cette vie qui nous est offerte comme une carte postale vivante.«Comme je ne parle pas le russe, j\u2019ai laissé aller les choses plus que d\u2019habitude.Du coup, les modèles regardent à gauche et à droite, bougent un peu.Parfois, ils étaient même un peu confus, ne sachant pas si c\u2019était sérieux ou pas! Si c\u2019était de la photo ou de la vidéo.Pour eux, ça avait même un aspect méditatif.» L\u2019artiste montréalais poursuit donc sa quête artistique découlant de sa fascination pour les tableaux vivants, cette théâtralité en vogue au XIXe siècle alors que des modèles prenaient des poses classiques, sans bouger, en public, comme s\u2019ils allaient être peints.Le travail d\u2019Hannah pour Les Russes rappelle sa série Stills ou son expérience au Leeum, le musée d\u2019art Samsung de Séoul, en Corée du Sud, où des modèles filmés tenaient des miroirs et reflétaient des images «provoquées» par leur respiration et leurs mouvements.Les personnages encore là sont immobiles, qu\u2019ils soient assis ou couchés.Au début, on prend les écrans pour des photos, mais en se rapprochant, on voit les modèles bouger légèrement, recherchant un point d\u2019appui.Clignotement des yeux, regard concentré ou interrogatif, respiration silencieuse, léger sourire : on se plaît à rester devant chaque vidéo pour en saisir tous les instants, tous les détails.La lumière naturelle des oeuvres est splendide.Adad Hannah explique que les trois quarts des vidéos ont été tournées entre 19h et 22h, le soleil se couchant très tard dans cette région de la Russie, en été.L\u2019exposition, qui comprend aussi des photos, est en même temps un formidable morceau de quotidienneté de cette Russie en mouvement et que l\u2019artiste a figée durant quelques instants.«J\u2019aimerais y retourner et poursuivre ce travail dans d\u2019autres régions, dit Adad Hannah.La Russie, si grande et si diversifiée, change très vite.C\u2019est bien de pouvoir ralentir un peu les choses.» Les Russes, d\u2019Adad Hannah, Galerie Pierre-François Ouellette art contemporain.372, rue Sainte-Catherine Ouest, suite 216.Du 10 septembre au 22 octobre.ADAD HANNAH / Les Russes Ralentir le temps en le figeant PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE Adad Hannah a échantillonné la population d\u2019une petite région de la Russie dans ses créations qui se situent à la frontière de la scénographie et de la documentation.Nick Carter, des Backstreet Boys, Coeur de pirate et Mitsou l\u2019avouent, leur carrière n\u2019aurait jamais été la même si MusiquePlus n\u2019avait pas existé.Jeudi, ils sont venus fêter les 25 ans de la station musicale de la rue Sainte-Catherine avec tous les anciens VJ et les fans d\u2019aujourd\u2019hui.Ce soir-là, Coeur de pirate a pu réaliser son rêve d\u2019adolescente: chanter en duo avec son membre préféré des Backstreet Boys.Pour voir ce moment unique en vidéo et d\u2019autres photos de l\u2019événement, rendez-vous sur le blogue d\u2019Herby.tv.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 FEMMEs CéLIBATAIREs RECHERCHéEs Vous êtes une femme célibataire?Dans le cadre de la nouvelle téléréalité, des agriculteurs sont à la recherche de la perle rare et ne demandent qu\u2019à vous rencontrer.faites leur connaissance sur le vtele.ca Alexandre Benjamin Bryan Jacques Daniel Ludger Maxime simon ARTS ET SPECTACLES Si vous étiez une chanson?Un titre country, pour aller avec ce que je porte : Un jour à la fois doux Jésus.Demain, on ne sait jamais, il se pourrait que je cultive des patates ! Si vous étiez un vice ?La gourmandise.Les buffets chinois à volonté, c\u2019est l\u2019 fun ! Si vous étiez une personnalité qui a marqué l\u2019histoire ?J\u2019aurais aimé être l\u2019homme derrière les campagnes électorales de Barack Obama ou de René Lévesque.Si vous étiez un plaisir coupable ?Une toune qui reste dans la tête comme celles des B.B., des Trois Accords ou de Normand L\u2019Amour.Quel serait votre invité d\u2019honneur, vivant ou disparu, au souper de vos rêves?Je ne suis pas groupie, mais je souperais avec Robert Lepage pour le convaincre de mettre en scène quelque chose de trash.Le premier disque/livre que vous avez écouté/lu dans votre vie?Thriller de Michael Jackson que j\u2019avais acheté dans une quincaillerie et La légende du Windigo, un livre pour enfants super épeurant ! Quelle est votre citation favorite, extraite d\u2019un livre, d\u2019un film, d\u2019une chanson ou d\u2019un discours ?Une citation que j\u2019applique tous les jours, c\u2019est : «Toute se peut », avec un «e» parce que tout se peut ! Je ne sais pas d\u2019où elle vient, mais on l\u2019utilisait beaucoup à l\u2019école.Si vous ne pouviez plus pratiquer votre art, quel métier feriez-vous ?Cultivateur, pour manger ce dont j\u2019ai besoin et vendre ce que j\u2019ai en trop.Ce que vous détestez par-dessus tout ?Le snobisme.Vous êtes accro à\u2026 À Twitter.J\u2019assume! Q R STÉPHANIE VALLET MC Gilles ouvrira jeudi les portes de la Boutique MC Gilles sur les ondes de V.Un concept original du cow-boy des ondes qui offre une satire des TVA shopping, L\u2019épicerie, La facture et Les chefs de ce monde.«Trio Orange et V m\u2019ont donné carte blanche pour mon concept.Tout ce qui nous entoure est consommation, mais il n\u2019y a pas d\u2019émission satirique làdessus.Il y a des centaines d\u2019émissions de cuisine et de rénovation à la télé.Ça ne finit plus, et il y a des stations qui ne font que ça.Tout ce qu\u2019on nous propose de neuf, c\u2019est de la consommation sous différents angles et il y a vraiment un potentiel humoristique là-dedans.Par exemple, dans les émissions de rénovation, ç\u2019a l\u2019air tellement facile ! Mais moi, j\u2019ai déjà retapé une maison de 1880 et je peux vous dire que ce n\u2019est pas le cas.Je suis porte-parole du Grand débarras, dans Hochelaga-Maisonneuve, et dans mon émission, il y aussi un aspect simplicité volontaire et recyclage.Je me penche aussi sur le côté absurde des petites annonces : tout s\u2019achète et tout se vend.J\u2019ai déjà géré un marché aux puces et des gens vendaient leur pot de margarine vide!» lance MC Gilles.L\u2019animateur a pensé à une quinzaine de segments à travers lesquels il cultive le kitsch et a choisi de s\u2019entourer de collaborateurs encore peu connus à la télé.Ainsi, Mélina l\u2019Acadienne sera la «testeuse en chef», et Martin Rooster se retrouvera derrière les fourneaux.« Jean-René Dufort m\u2019a donné ma chance à Infoman même si je ne venais pas du milieu des communications.J\u2019ai voulu faire un peu la même chose avec des gens qui n\u2019ont pas forcément fait l\u2019école de théâtre ou de l\u2019humour.Martin Rooster vient de la radio et, tout comme moi, il a une façon bizarre de voir la vie.C\u2019est un grand défenseur du fast-food et on a appelé son segment Du bon manger.Il doit cuisiner avec moins de 5$ et tout ça au micro-ondes!», explique-t-il.Dans Vedettes louées, MC Gilles mettra en lumière des métiers difficiles en sortant des personnalités de leur zone de confort.Il enverra notamment Liza Frulla dans une ferme et Alex Perron faire du terrassement.«Je suis un peu un franc-tireur de l\u2019humour et j\u2019aime pointer l\u2019absurde», conclut-il.SUR LE DIVAN AVEC MC GILLES PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE iPOD CRYSTALLINE (OMAR SOULEYMAN VERSION), DE BJÖRK Crystalline est extrait de Biophilia, ambitieux album qui sera accompagné d\u2019une série d\u2019applications iPad que Björk lancera en septembre.Sa version avec le Syrien Omar Souleyman est un envoûtant métissage d\u2019électro, de blues du désert et d\u2019entêtantes mélopées orientales.BÉDÉ LOMAX, DE DUCHAZEAU En noir sur blanc jauni, Duchazeau relate les enregistrements réalisés par les folkloristes John et Alan Lomax dans un Sud états-unien ségrégationniste.Un récit marquant, bien qu\u2019incomplet, qui incite à replonger dans le bon vieux blues de Robert Johnson, Leadbelly ou Mississippi John Hurt.TÉLÉVISION LES CHEFS ! À RADIO-CANADA J\u2019ai suivi deux émissions cet été : True Blood 4 et Les chefs ! Le concours d\u2019aspirants chefs s\u2019est avéré plus palpitant que les aventures fantastiques de Sookie chez les vampires.Lundi, c\u2019est la grande finale : la compétition se termine.maintenant ! THÉÂTRE BLACKBIRD, CHEZ PROSPERO Un dilemme moral troublant, un texte percutant, Blackbird de David Harrower est l\u2019une des pièces les plus marquantes des dernières années.Gabriel Arcand reprend le rôle qu\u2019il a interprété en 2008 et fera face à MarieÈve Pelletier.AGENDA INFORTUNES À LA GALERIE SIMON BLAIS Des photos, une maquette et une vidéo dialoguent de manière mystérieuse.S\u2019en dégage non pas une narration, mais une atmosphère pleine d\u2019insinuations qui éclairent sans expliciter les minutieuses mises en scène de l\u2019artiste Catherine Plaisance.CHOIX HEBDOS LA LISTE PLUS ULTRA D\u2019ALEXANDRE VIGNEAULT llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 S E P T E M B R E 2 0 1 1 "]
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