La presse, 26 septembre 2011, Q. La Presse Affaires Magazine. Le monde secret du diamant
[" AUTOMNE2011 DES GENS, DES STRATÉGIES, DE L\u2019INNOVATION LE MONDE SECRET DU DIAMANT PORTER AIRLINES Un président terre à terre ACCÉLÉRATEURS D\u2019ENTREPRISES À la recherche du prochain Google.québécois GOLF Le parcours d\u2019un architecte Plus légère.Plus rapide.La toute nouvelle Audi A6.La technologie ultra poids plume Audi combine la légèreté de l\u2019aluminium avec la force et la robustesse de l\u2019acier pour créer une carrosserie pesant 30 kg* de moins que sa prédécesseure.Une carrosserie qui rend la nouvelle A6 considérablement plus athlétique, plus agile et plus manoeuvrable, tout en lui procurant une meilleure accélération.Après tout, rien n\u2019alourdit la vraie performance.audi.ca . © Audi Canada 2011.Modèle européen montré.« Audi », « A6 », « Vorsprung durch Technik » et l\u2019emblème des quatre anneaux sont des marques déposées de AUDI AG.Pour en savoir plus sur Audi, voyez votre concessionnaire, composez le 1 800 367 AUDI ou visitez-nous au www.audi.ca.*Basée sur la réduction de poids du nouveau châssis hybride aluminium-métal comparé à celui de la Audi A6 2011. MÉTROPOLES À DÉCOUVRIR Nos conseils pour réussir sa petite virée dans une grande ville.12 LA TÊTE DURE DES HOCKEYEURS Autant que de la sécurité, la conception des casques de hockey doit tenir compte du design.C\u2019est qu\u2019ils sont coquets, ces hockeyeurs ! 24 ACCESSOIRES ESSENTIELS Il n\u2019y a pas pas que l\u2019habit qui fait le moine.48 AUBAINES OU ATTRAPES ?L\u2019abc des money traps.40 LES AFFAIRES À PLEINS GAZ Les accélérateurs d\u2019entreprises, un phénomène qui prend de la vitesse au Québec.27 EN COUVERTURE LE MONDE SECRET DU DIAMANT Huit fois sur dix, les diamants que l\u2019on porte à l\u2019oreille ou au doigt auront d\u2019abord transité par un tout petit quartier d\u2019Anvers, en Belgique.Visite au coeur d\u2019une industrie en pleine transformation.16 SOMMAIRE PAGE COUVERTURE: PHOTOMONTAGE À PARTIR DE PHOTOS DE ROBERT SKINNER LES 18 TROUS DE YANNICK PILON Portrait de l\u2019un des architectes de terrains de golf les plus courus wau Québec.Et de ses créations.44 L\u2019HOMME QUI TIENT TÊTE À AIR CANADA Robert Deluce a appris à piloter sur les genoux de son père.Aujourd\u2019hui, il poursuit la tradition familiale en dirigeant l\u2019une des sociétés aériennes les plus en vue au Canada.36 4 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 5 À CHAQUE SITUATION SA SUBARU \u2021 Prix valeurs résiduelles 2011 ALG Canada pour la gamme Subaru : première position au classement général, catégorie marque grand public.\u2020 Mention « Meilleur choix sécurité » pour tous les modèles 2011.Une cote « Bonne » constitue la meilleure cote possible à l\u2019essai de résistance de toit (test de capotage) ainsi que dans les essais de collision frontale déportée à 40 mi/h (64 km/h), de collision latérale à 31 mi/h (49,8 km/h) et de collision arrière à 20 mi/h (32 km/h) réalisés par l\u2019Institut des assureurs américains (IIHS) (www.iihs.org).Un véhicule doit avoir obtenu la cote « Bonne » aux quatre essais de collision et doit offrir un programme de stabilité électronique (ESC) (Contrôle de la dynamique du véhicule) pour mériter la distinction « Meilleur choix sécurité ».Photo(s) à titre indicatif seulement.JAPONAIS ET PLUS ENCORE ! Association des concessionnaires Subaru du Québec | www.quebec.concessionsubaru.ca MEILLEURE MARQUE GRAND PUBLIC GAMME SUBARU 2011 \u2021 Meilleur choix sécurité\u2020 GAMME SUBARU 2011 Tribeca Legacy Forester Impreza 5 portes Impreza 4 portes Outback VÉHICULES À ÉMISSIONS QUASI NULLES Forester, Legacy et Outback disponibles en version PZEV Optez pour la technologie PZEV, la solution écologique abordable et sans compromis.subaru-pzev.ca Faites un bon coup et choisissez parmi notre gamme de modèles adaptés à vos besoins.Grâce au système de traction intégrale symétrique à prise constante et au moteur BOXER SUBARU, vous profiterez du parfait équilibre entre la performance et la sécurité pour une conduite en toute confiance. André Desmarais Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier Président et éditeur Éric Trottier Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Mario Girard Directeur de l\u2019information Rédactrice en chef v Michèle Boisvert Directrice artistique v Hélène de Guise Conception et réalisation v Jocelyne Potelle, Pascal Roux Chefs de division v David Boily, Richard Dupaul, Jean-Sébastien Gagnon Collaborateurs v Éric LeFrançois, Alain McKenna, Bernard Brault, André Pichette, Elsa Vecchi, Natalie Richard, René Lewandowski Publicité v 514-285-6909 ANDRÉ DUBUC Journaliste MICHEL GIRARD Chroniqueur RUDY LE COURS Journaliste ALAIN ROBERGE Photographe ROBERT SKINNER Photographe MARC TISON Journaliste ISABELLE MASSÉ Journaliste PASCAL ROUX Graphiste PHILIPPE TARDIF Illustrateur JOCELYNE POTELLE Graphiste JEANSÉBASTIEN GAGNON Journaliste NOTRE ÉQUIPE MARTIN VALLIÈRES Journaliste PHILIPPE MERCURE Journaliste MARIE TISON Journaliste Pourquoi donc un dossier sur le diamant ?Tout simplement parce qu\u2019il existe autour de cette pierre précieuse une telle aura de mystère que ce matériau rare attise la curiosité, même des plus blasés.Le diamant, qu\u2019on qualifie du plus beau et du plus cher des ornements, est symbole d\u2019éternité.Ne dit-on pas que les diamants sont inaltérables?Entrer dans l\u2019industrie du diamant, c\u2019est s\u2019immiscer dans un monde discret, régi par un code de conduite qui lui est propre.Longtemps réputée être un secteur à part dans les affaires, l\u2019industrie du diamant est aujourd\u2019hui en pleine transformation.Les acteurs ne sont plus totalement les mêmes et la façon de conduire les affaires est en mutation.Dans cet univers en plein changement, Anvers demeure une constante.Cette ville de Belgique était déjà considérée au XIVe siècle comme un grand centre diamantifère.Aujourd\u2019hui, plus de 80% des diamants bruts de la planète s\u2019y échangent.Notre journaliste Jean-Sébastien Gagnon s\u2019est rendu à Anvers et a sillonné les quelques rues consacrées à l\u2019exploitation du diamant.Son reportage nous fait entrer dans le monde étonnant de cette pierre unique et prestigieuse.Outre le diamant, vous découvrirez dans ce numéro de La Presse Affaires Magazine l\u2019univers des accélérateurs d\u2019entreprises, un phénomène né en Californie qui connaît une forte popularité chez nous.Vous ferez également connaissance avec Robert Deluce, le fondateur de Porter Airlines et Yannick Pilon, dessinateur de terrains de golf.Bref, un numéro varié qui, j\u2019espère, saura vous plaire.Bonne lecture! MICHÈLE BOISVERT RÉDACTRICE EN CHEF L\u2019INDISCIBLE ATTRAIT DU DIAMANT 6 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 7 ©2010GeneralMotors.Cadillac®CTS®Nürburgring®COUPÉCTS-VCADILLAC.CAMEILLEUREVOITURESPORT/DEPERFORMANCE556HP.VOILÀASSEZDEPUISSANCEPOURFENDREL\u2019AIRCOMMEUNEFLÈCHE.AJOUTEZUNESUSPENSIONQUIS\u2019AJUSTEÀLAROUTE1000FOISÀLASECONDE,ETUNDESIGNLUI-MÊMEINSPIRÉPARLEGESTEDEL\u2019ARCHER.VOICILENOUVEAUCOUPÉCTS-V.PLUSCADILLACQUEJAMAIS. MICHEL GIRARD LE MONDE DES AFFAIRES Pour joindre notre chroniqueur : mgirard@lapresse.ca ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF C\u2019est devenu extrêmement difficile d\u2019obtenir en Bourse un rendement le moindrement raisonnable.Pourtant, Dieu sait que les outils mis à la disposition des boursicoteurs sont ultra sophistiqués à comparer à ceux d\u2019il y a une dizaine d\u2019année.Le commun des boursicoteurs n\u2019est pas le seul à en arracher.Regardez les gestionnaires des caisses de retraite et des fonds communs de placement.Une grande partie d\u2019entre eux se font battre par les indices de référence, tellement il est difficile de tirer son épingle de la Bourse.Il suffit de se remémorer quelques statistiques boursières pour se rendre compte à quel point la Bourse s\u2019est avérée peu payante depuis les dix dernières années.Voici les rendements annualisés (avec dividendes et en Pas facile, la Bourse INDICES 3 ANS 5 ANS 10 ANS S&P 500 1,4% 0,0% -1,8% MSCI Monde -1,2% -0,6% -0,6% MSCI EAEO -3,4% -1,4% 1,0% MSCI Europe -3,6% -0,8% 1,5% MSCI Pacifique -2,6% -2,3% 0,0% MSCI Émergents 2,5% 8,3% 11,1% S&P/TSX 0,2% 5,7% 8,0% dollars canadiens) des divers grands indices boursiers au 30 juin 2011.À l\u2019exception du Canada et des marchés émergents, vous constaterez que c\u2019est littéralement catastrophique quand on regarde la situation boursière aux Etats- Unis, en Europe et en Asie.On va me dire que la Bourse va quand même bien depuis les deux dernières années.C\u2019est vrai qu\u2019elle a rebondi avec force depuis le creux de mars 2009.Mais comme vous êtes à même de le constater, ce rebondissement n\u2019a pas permis à la plupart des grandes places boursières étrangères de rapporter un cent sur trois, cinq et dix ans.Et dire qu\u2019on a tant vanté l\u2019importance de la diversification géographique de son portefeuille boursier en raison de la faible taille de la Bourse canadienne.Celle-ci ne représente que 3,9 % de la capitalisation boursière mondiale.De façon unanime, les maisons de courtage, les f irmes de plani fication financière et les institutions bancaires avaient poussé dans le dos du gouvernement fédéral pour que celui-ci abolisse la limite du 30% de placements étrangers dans les portefeuilles REER.Ainsi, dans son budget de février 2005, le gouvernement du Canada avait annoncé l\u2019élimination de la limite de 30 % sur le contenu étranger des divers régimes de retraite (REER, FERR, CRI, Fonds de pension, etc.).En s\u2019appuyant sur des études, les financiers promoteurs de l\u2019abolition de cette limite de contenu étranger affirmaient qu\u2019en i nves t i s sa nt une plus grande part de leur épargne- retraite à l\u2019étranger, les Canadiens allaient bénéficier d\u2019une plus grande richesse.De plus, l\u2019abolition de la limite allait, disaient-ils, permettre aux épargnants canadiens de bénéficier d\u2019une multitude d\u2019occasions d\u2019investissement susceptibles de les aider à faire fructifier leurs capitaux.Quel hasard quand même de constater que c\u2019est à partir de l\u2019abolition de la limite de contenu étranger en 2005 que la Bourse canadienne a réussi à mieux performer que Wall Street et les autres grandes places boursières du monde.Méchant pied de nez à tous nos experts du placement.À leur décharge, il faut préciser que la diversification géographique de nos placements est une stratégie nettement logique et hautement recommandable.Du moins d\u2019un point de vue théorique! Par ailleurs, comment expliquer que les experts de la Bourse (stratèges, gourous, analystes, gestionnaires, conseillers, etc.) aient tant de difficulté à battre les indices boursiers de référence malgré la panoplie d\u2019outils hautement sophistiqués mis à leur disposition pour investir?Il n\u2019 y a qu\u2019une seule ra ison : la Bou rse est imprévisible.Ils sont tous 8 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE performants quand les marchés montent et piètres pour la plupart quand les marchés végètent ou déclinent.On nous vante les mérites de tel ou tel outil d\u2019investissement, dont les plateformes web qui donnent accès aux données sur les marchés, à des graphiques, aux cotes en temps réel, aux ordres stop soi-disant intelligents, aux recherches de divers analystes de maisons de courtage, etc.Il ne reste plus qu\u2019à trouver la recette miracle pour faire de l\u2019argent\u2026 Que dire aussi des nombreuses lettres financières dont les recommandations rapportent des rendements faramineux de 100, 200, 400 % et même plus ?Quest ion : voulez-vous me d i r e pou rquoi le s promoteurs de ces lettres financières gaspillent leur temps à essayer de nous convaincre de s\u2019abonner à leurs lettres au lieu de se contenter d\u2019empiler la fortune que rapportent leurs recommandations?Maintenant, parlons des vraies choses boursières.Si cela fait votre bonheur de battre une grande partie des gestionnaires de portefeuilles, de caisse de retraite et de fonds communs d\u2019actions, contentez-vous donc d\u2019investir dans les grands indices boursiers.On peut se les procurer en achetant des actions (ou des parts) des FNB, c\u2019est-à-dire des fonds négociés en Bourse comme les iShares.Un grand nombre d\u2019indices boursiers sont ainsi disponibles et vendus en Bourse.Je vous conseille de miser sur les iShares qui portent sur les grands indices boursiers dont le XIU (une reproduction de l\u2019indice S&P/TSX 60 de la Bourse de Toronto), le XIC (indice S&P/TSX Composite de la Bourse torontoise), le XIN (indice international MSCI EAEO / Europe, Australasie, Extrême-Orient) et le XSP (un claque du S&P 500 de la Bourse de New York).«Et dire qu\u2019on a tant vanté l\u2019importance de la diversification géographique de son portefeuille en raison de la faible taille de la Bourse canadienne!» LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 9 AUTO Pour joindre notre journaliste : eric.lefrancois@lapresse.ca TEXTE ÉRIC LEFRANÇOIS, COLLABORATION SPÉCIALE Le nouvel ordre Si la tendance se maintient\u2026 Depuis, ma foi, bien longtemps, il ne se passait plus grand-chose au rayon des ventes automobiles au Canada.En tête d\u2019affiche, on retrouvait toujours sensiblement les mêmes marques, les mêmes modèles.En gros, les constructeurs japonais contrôlaient les automobiles des segments populai res, les Américains, les camions, et les Allemands régnaient en maîtres sur le haut de gamme.Il est temps de revoir ses classiques.La crise financière, les déboires de General Motors et de Chrysler, la campagne de rappels de Toyota sans oublier les conséquences désastreuses du tsunami sur l\u2019économie japonaise \u2013 pour ne nommer que ceux-là \u2013 ont eu pour effet de chambouler l\u2019ordre que l\u2019on croyait établi.Y compris au Canada.Le rapport semestriel des consultants de DesRosiers, diffusé il y a quelques semaines, en donne une bonne indication.Si, logiquement, le secteur des camions devrait reconduire la série F de Ford (une camionnette) au premier rang en 2011, le côté «auto», lui, pourrait réserver bien des surprises.À commencer chez Honda qui, au train où vont les choses, pourrait perdre son titre de constructeur offrant la voiture la plus répandue a mari usque ad mare, la Civic.Complètement renouvelée le printemps dernier, la compacte de Honda a reçu un accueil plutôt tiède de la part de la presse automobile, qui s\u2019explique mal la frilosité de cette refonte, la neuvième dans l\u2019histoire de ce modèle.Excès de confiance ?d\u2019arrogance ?Toujours est-il que les ventes de Civic plongent (-5,2%), et le tsunami japonais ne peut à lui seul être montré du doigt.Au terme des six premiers mois de l\u2019année, Honda a livré 29 974 Civic aux Canadiens.C\u2019est seulement 923 unités de plus que la Hyundai Elantra qui, depuis son renouvellement en décembre 2010, connaît une croissance de plus de 40 %.Sans surprise, la Mazda 3 pointe loin derrière avec 22 069 unités, à la troisième place de ce palmarès provisoire.Ses ventes sont, elles aussi, en recul (-28,9%) par rapport au premier semestre de 2010.Mais la position de Mazda est loin d\u2019être figée.La Chevrolet Cruze (4e) \u2013 autre nouveauté \u2013 pourrait très bien lui ravir cette place.La compacte américaine n\u2019a qu\u2019un déficit de 371 consommateurs HONDA CIVIC 29974 UNITÉS HYUNDAI ELANTRA 29051 UNITÉS MAZDA 3 22069 UNITÉS 10 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE LACROSSE REGAL AVIS AUX SCEPTIQUES . à surmonter.À moins que la Corolla (actuellement 5e) ne vienne brouiller les cartes et ne mette un terme à sa chute.L\u2019instantané de DesRosiers Automotive confirme par a i l leu r s la remontée de Volkswagen et de son modèle Jetta, dont les ventes ont augmenté de 145,7% par rapport à l\u2019année dernière.Si la tendance se maintient toujours, les consommateurs canadiens privilégieront une fois sur trois un camion à une automobile, préféreront les grosses camionnettes aux petites, n\u2019achèteront pas plus de fourgonnettes que par les années passées, et ce, en dépit de l\u2019offre renouvelée des constructeurs dans ce segment.Ils se procureront plus de souscompactes (Hyundai Accent, Toyota Yaris, Nissan Versa) et \u2013 bonne nouvelle pour l\u2019économie \u2013 plus de voitures de luxe.Est-ce un signe que la crise est vraiment finie?PHOTO AFP LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 11 design fluide navigation mains libres en option habitacle insonorisé QuietTuningMD maniabilité sensible votre curiosité pourrait être piquée I N A T T E N D U E BUICK.CA ACCESSIBLE DE VOTRE MOBILE ENCLAVE Métropoles à redécouvrir Avion, boulot, dodo.C\u2019est le lot de plusieurs voyageurs d\u2019affaires, passés maîtres dans l\u2019art de faire des bagages de cabine \u2013 car on ne peut risquer de perdre sa valise lorsqu\u2019on a une rencontre importante dès l\u2019arrivée à destination ! Voici cinq villes bien connues des voyageurs d\u2019affaires et quelques adresses qui le sont certainement moins\u2026 CLASSE AFFAIRES Quoi faire?LE CLASSIQUE: les grands musées de la ville.À l\u2019affiche jusqu\u2019au 7 novembre, au MoMA, une exposition sur le lien entre la machine et l\u2019homme au quotidien.La découverte Se balader dans West Village et faire une pause à la Magnolia Bakery, populaire auprès des stars.LÉGENDAIRE: Grand Central Station Terminal, avec un arrêt lunch au superbe Oyster Bar ou un 5 à 7 classique au Campbell Apartment.Après une longue journée dans la Grosse Pomme.Se relaxer dans le Lobby Lounge du Mandarin Oriental, parfaitement exotique, devant un Mandarin Sunset Martini et admirer du 35e étage Central Park et le parfait skyline de Manhattan.Et si vous pouvez vous le permettre, le spa de l\u2019hôtel sera un excellent complément à la détente\u2026 Où loger ?Au charmant Ace Hotel, réputé très accueillant pour les familles, mais les lits superposés sont aussi parfaits pour les collègues lors d\u2019un voyage d\u2019affaires à budget serré ! À partir de 390$ cet automne.Il faut compter davantage autour de 500$ pour une chambre queen.www.acehotel.com Pou r avo i r de bons p r i x à Manhattan, il vaut mieux se tourner vers les grandes chaînes ou encore séjourner du côté de Brooklyn, magnifique arrondissement à découvrir et à un taxi près du centre de Manhattan.TEXTE NATALIE RICHARD, COLLABORATION SPÉCIALE POPULATION Un peu plus de 8 millions AÉROPORTS John F.Kennedy, Newark et La Guardia LES QUOTIDIENS À LIRE The New York Times et The Wall Street Journal Pour joindre notre journaliste : vacances@lapresse.ca NEW YORK 2 3 NEWYORK LONDRES PARIS DUBAÏ SINGAPOUR PHOTO GETTY IMAGES PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE PHOTO FOURNIE PAR ACE HOTELS 1 1.2.Grand Central Station, pour flâner et manger des huîtres 3.L\u2019hôtel Ace : simple et chic 12 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE PHOTOS FOURNIES PAR L\u2019HÔTEL MARINA BAY SANDS Quoi faire?LE CLASSIQUE: la relève de la garde de Buckingham Palace, de quoi décrocher complètement du travail.Une découverte Le quartier Marylebone, pour toutes ses boutiques chic et ses restaurants adorables.Parfait pour trouver le petit cadeau de voyage à rapporter à la maison.Les foodies se tourneront toutefois vers le Burrough Market et les fans du design et du beau, vers le quartier South Bank, où il est plaisant de traverser le Millennium Bridge jusqu\u2019à Saint Paul\u2019s Cathedral.Fabuleux contraste.LÉGENDAIRE: le Kensington Palace et ses jardins ; la très originale boutique de vins et spiritueux Berry Bros.&Rudd, sur St James Street, ouverte depuis 1698.Après une longue journée à Londres.Grimpez à bord du London Eye, avec option champagne, ou si votre visite se termine tard, rendez-vous dans le quartier Smithfiled au Ye Olde Myrtre, un pub du XVIIIe siècle.Où loger?On le sait, Londres peut être très, très cher, ce qui fait que de plus en plus de gens préfèrent loger dans un B&B.Pas très classe affaires, pensez-vous ?C\u2019est que vous ne connaissez pas le Belgravia, un gîte contemporain de 17 chambres qui se trouve à 10 minutes de marche de la gare Victoria, avec des prix d\u2019environ 100 £ (165$ CAN) pour une chambre.Le Belgravia offre aussi des studios, ce qui est très pratique pour un plus long séjour.Une trouvaille ! www.bb-belgravia.com POPULATION 7,7 millions AÉROPORTS Heathrow et Gatwick LES QUOTIDIENS À LIRE The Sunday Times, le Financial Times LONDRES SINGAPOUR Quoi faire?LE CLASSIQUE: le Jardin botanique et ses orchidées ou pour les gagas d\u2019électronique, le Funan DigitaLife Mall.Une découverte Les rues du quartier indien et du quartier musulman où l\u2019on trouve les meilleurs petits restaurants de la ville, ainsi que des tissus magnifiques.LÉGENDAIRE: Dans un décor inspiré des plantations malaisiennes des années 20, prendre un Singapore Sling au Long Bar du mythique hôtel Raffles, où le populaire cocktail aurait été créé.www.raffles.com Après une longue journée dans la ville-État.Pour un coup d\u2019éclat, allez à la piscine à débordement au 55e étage du Marina Bay Sands Hotel, qui fait trois fois la grandeur d\u2019une piscine olympique et qui offre une vue époustouflante sur la ville.Si vous souffrez de vertige, abstenez-vous ! www.marinabaysandshotel.com Où loger ?Il y a deux établissements cultes à Singapour : le Fullerton et le Raffles, grand luxe et architecture coloniale classique, comme on en voit beaucoup en Asie.Les voyageurs plus audacieux choisiront The Scarlett, un petit hôtel boutique qui se donne des airs de bordel chic, dans le quartier chinois.Le hic : les chambres sont petites, les suites aussi et en plus, il faudra prendre un taxi jusqu\u2019au quartier des affaires.Alors pourquoi ?Pour une expérience vraiment dépaysante.Autour de 150$ pour une chambre de base.POPULATION 4,6 millions AÉROPORT Changi LE QUOTIDIEN À LIRE The Straits Time 1 2 1 2 3 PHOTO AP PHOTOS FOURNIES PAR L\u2019HÔTEL BELGRAVIA 1.2.Le Belgravia : la version chic de l\u2019auberge urbaine 3.Le London Eye 1.2.L\u2019incroyable piscine, au sommet du Marina Bay Sands Hotel LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 13 PARIS Quoi faire?LE CLASSIQUE : se balader dans les dunes du désert en 4x4.Plus tranquille, la petite escapade au superbe hôtel Bab al Shams, pour le manger ou une visite.LA DÉCOUVERTE: les quartiers Bastakia et Bur Dubai, au bord du Creek; les nombreux souksavec leurs ors, leurs épices et leurs étoffes.Aussi , le Dubai Museum, qui vaut vraiment le détour, ainsi que le Basta Art Café pour faire une pause.Pour le thé, cap sur le hall du Burj Al Arab.Après une grosse journée à Dubaï.Un peu de sport.Pourquoi pas du ski au Mall of the Emirates ?Ou une visite au gigantesque Mall of Arabia.Pour une activité plus tranquille, s\u2019il ne fait pas trop chaud, on peut se détendre sur la magnifique plage publique de Jumeirah Beach, profiter d\u2019un traitement royal au hamman du One&Only Royal Mirage suivi d\u2019un cocktail au fantastique Roof Lounge.En soirée, on pourra se rendre au bar 360 du Jumeirah Hotel, un endroit circulaire en plein air et entouré par la mer.Où loger ?Pour les sensations fortes et les gros budgets, sûrement au nouvel hôtel Armani, dans les hauteurs du Burj Khalifa, à plus de 2000$ la nuitée.Sinon, l\u2019hôtel Fairmont est en plein centre- ville ainsi que le Metropolitan Hotel, également sur Sheik Zayed Road et moins cher.Pour les budgets vraiment restreints, on se tourne du côté de Bur Dubai, dans des hôtels comme l\u2019Arabian Court Yard Hotel, moins chic, mais très bien, pour environ 100$.Quoi faire?LE CLASSIQUE: Montmartre, le jardin du Luxembourg, le musée de l\u2019Orangerie, aux jardins des Tuileries, pour ses pièces ovales qui nous enveloppent dans la splendeur artistique de Monet .LA DÉCOUVERTE: se promener dans le Marais et flâner dans ses boutiques, ses cafés, ses bars et ses restaurants d\u2019influence maghrébine.LÉGENDAIRE: pour décrocher complètement, allez au cimetière du Père- Lachaise où reposent les grandes personnalités des derniers siècles.Après une longue journée dans la Ville lumière.Manger un plateau de fruits de mer dans une des légendaires Brasseries Flo, prendre un verre dans le 8e arrondissement au chic bar du Plaza Athénée ou rue du Faubourg Saint- Honoré, au mythique hôtel Costes; une visite culturelle au Centre Pompidou, suivie d\u2019un cocktail jet-set sur la terrasse du restaurant Georges, au dernier étage.www.flobrasseries.com Où loger ?L\u2019hôtel Royal Monceau, pour son magnifique Spa Clarins et tout le confort des hôtels Raffles.Mais il faut y mettre le prix : pratiquement 1000$ la nuit.Si votre allocation de dépenses ne le permet pas ( !), une chambre à l\u2019hôtel Keppler, près des Champs-Élysées, coûte deux fois moins cher.Dans Saint-Germain se trouve aussi le charmant hôtel Placide, situé juste à côté du Bon Marché où il fait bon flâner dans la Grande Épicerie.C\u2019est aussi l\u2019endroit rêvé pour acheter un souvenir à rapporter à ceux qui vous attendent à la maison.Pour des séjours prolongés, il est facile de louer à Paris, un appartement meublé, dans l\u2019arrondissement de son choix.POPULATION 2,3 millions AÉROPORTS Roissy-Charles de-Gaulle, Orly LES QUOTIDIENS À LIRE Le Monde, Le Figaro, Libération, Les Échos POPULATION Près de 2 millions AÉROPORT Dubai International LE QUOTIDIEN À LIRE Le Gulf News DUBAÏ PHOTO AP PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE PHOTO FOURNIE PAR L\u2019HÔTEL LE PLACIDE PHOTO FOURNIE PAR L\u2019HÔTEL ROYAL MONCEAU 1 3 2 Shopping à Dubaï 1.Montmartre 2.Le Placide dans Saint-Germain 3.Grand luxe au Royal Monceau 14 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 15 Le commandant et son équipage vous souhaitent un très agréable voyage d\u2019affaires à destination de Paris, Genève, Dubaï.plus de 900 villes qui vous permettent de profiter de l\u2019un des premiers réseaux aériens mondiaux avec nos partenaires SkyTeam.airfrance.ca faire du ciel le plus bel endroit de la terre BIENVENUE À DIAMANTINC.ANVERS Dans des centaines de bureaux cachés derrière des murets gris, dans trois petites rues d\u2019une ville provinciale de Belgique, se négocient plus de 80% des diamants bruts de la planète.Une affaire de 45 milliards de dollars US par année.À Anvers, aussi importante soit-elle, l\u2019industrie du diamant est un monde secret, ou plutôt «discret », comme aiment à le dire ses acteurs.Or, cette discrétion pourrait bientôt voler en éclats.Voici pourquoi.Pour quiconque gravite dans l\u2019univers du diamant, Anvers est un arrêt obligé.Quatre-vingts pour cent de la production mondiale de diamants bruts, et la moitié des diamants taillés, convergent vers cette métropole belge de 450 000 habitants pour y être achetés et vendus.Les deux principales banques diamantaires, ABN AMRO et ADB, ont leur siège social à Anvers.Et toutes les firmes de service reliées au commerce de ces brillants éclats de carbone \u2013 taille, transport, assurances, mise en marché \u2013 y ont pignon sur rue.Jouant de son accès à l\u2019océan, Anvers compte le deuxième centre pétrochimique et le quatrième port en importance de la planète.En comparaison, le commerce du diamant s\u2019y fait tout petit , jusqu\u2019à passer totalement inaperçu.Aucun clinquant ne distingue les immeubles des rues Hovenierstraat, Schupstraat et Pelikaanstraat, où se concluent chaque jour des transactions millionnaires.Derrière des portes blindées, des milliers de carats sont examinés, mesurés et échangés avant de prendre le chemin de l\u2019atelier où ils seront polis.À lui seul, ce quartier du diamant, s\u2019étendant sur à peine 1 kilomètre carré au pied de la gare d\u2019Anvers, compte 1800 sociétés et génère 5% du PIB belge.TEXTE JEAN-SÉBASTIEN GAGNON PHOTOS ROBERT SKINNER DOSSIER Pour joindre notre journaliste : jgagnon3@lapresse.ca LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 17 Le monde du diamant a longtemps cultivé le repli sur soi et la méfiance, admet Philippe Barsamian, vice-président de l\u2019Antwerp World Diamond Center (AWDC), l\u2019organisme qui chapeaute toute l\u2019activité diamantaire d\u2019Anvers.Mais il cherche maintenant à s\u2019ouvrir.«La culture du secret a fait en sorte que les gens se sont imaginé toutes sortes de choses», dit-il.Rare détaillant dans ce club de sociétés minières et de distributeurs, le bijoutier montréalais Pierre Soucy se rend deux fois l\u2019an à Anvers en vue d\u2019obtenir, dit-il, «les meilleures pierres aux meilleures conditions».«Tu voulais bien des ronds d\u2019un carat?», lui demande Eddy Katz, de Diamstones, en tendant une petite boîte remplie de pierres précieuses.Les bureaux de Diamstones ressemblent à un cabinet de dentiste \u2013 chaises brunes, murs beiges \u2013 tant ils sont anonymes.À quelques détails près : durant leurs temps libres, les réceptionnistes classent sans relâche des petits sachets qui contiennent des milliers de dollars de diamants.Et derrière les portes closes, des quadrilles de travailleurs indiens, entassés autour d\u2019un plan de travail, trient de minuscules pierres à la vitesse de l\u2019éclair.À l\u2019aide d\u2019une petite pince, Pierre Soucy saisit ce qu\u2019il appelle un rond brillant, en référence à la coupe inventée en 1919 par un docteur en mathématiques anversois, Marcel Tolkowsky.Cette taille, aujourd\u2019hui la plus populaire auprès des acheteurs, est celle dont les angles se prêtent le mieux au jeu de la réflexion et de la réfraction, les deux phénomènes qui confèrent tout leur éclat aux diamants.C\u2019est cette même coupe, en forme de trapèze prolongé vers le bas par un triangle, qui apparaît dans les vitrines de presque tous les bijoutiers de la planète.Les diamants que Pierre Soucy examine s\u2019entassent dans de vieilles boîtes aux arêtes élimées.Au fil de son examen, il les met de côté sur un simple fauteuil.À la fin de la journée, sa petite pile vaudra près de 25 millionsde dollars.Les fonctionnaires du diamant Tous les diamants qui entrent à Anvers ou qui en sortent transitent par ce qu\u2019on appelle ici le «Diamond Office ».Dans ce bureau, aussi terne qu\u2019une agence de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec, une vingtaine de fonctionnaires du ministère belge de l\u2019Économie scrutent un à un les colis qui renferment les précieux brillants.Le but : confirmer la valeur déclarée de chaque paquet, et éviter la fraude dans cette industrie étroitement surveillée par le fisc.Des employés de la Brinks y déposent sans arrêt des sacs en jute orange contenant chacun des dizaines de paquets.D\u2019une seule boîte, un fonctionnaire tire un diamant de 18 carats, sans aucun défaut et à la coupe parfaite.Mais la pierre ne vaut «que» 1,4 million de dollars, sa couleur étant un poil jaunie.C\u2019est tout de même 75 000 $ par carat, soit 375 000 $ par La plupart des diamants auraient entre 2 et 3 milliards d\u2019années d\u2019existence.Le plus jeune diamant jamais trouvé aurait «seulement » 628 millions d\u2019années.18 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE gramme.Plus de 6000 fois le prix de l\u2019or ! Or, le fonctionnaire chargé de l\u2019examen ne bronche pas.«On peut en voir une vingtaine par jour de la même taille », dit-il.Cosmopolis Ville d\u2019adoption de Rubens, Anvers compte aussi quatre Bourses du diamant, soit presque autant que dans toute l\u2019Europe.La première de toutes, le «Diamantclub van Antwerpen», y est apparue en 1893 dans le but de «rassembler les acteurs honnêtes de ce commerce et établir certaines règles de pratique», dit William Rotti, qui préside l\u2019institution depuis maintenant sept ans.Brillant Émeraude Ovale Princesse Poire 1.Quelques diamants mis en vente par Fischler Diamonds.2.Les 150 mètres de la rue Hovenierstraat, à Anvers, où se concentre la majorité du commerce mondial de diamants bruts.3.Gonda Van Den Schoor, tailleur de diamants.4.Gon Raz (à droite sur la photo), patron de Windiam.! @ # $ La place de l\u2019hôtel de ville, à Anvers, où l\u2019on aperçoit en arrière plan les maisons des guildes marchandes qui ont façonné le caractère libéral de la cité.v Il serait bien difficile de vendre des diamants à Anvers sans être membre de l\u2019une de ces Bourses, même s\u2019il ne se conclut plus aucune transaction dans leurs salles des marchés.Ces dernières ont depuis longtemps été désertées au profit des bureaux des diamantaires, plus commodes.Et surtout plus discrets.Dans la salle des échanges du Diamantclub, une dizaine d\u2019hommes âgés discutent ou jouent aux cartes autour de quelques tables.Le va-et-vient est incessant, mais peu s\u2019arrêtent, pressés de conclure une vente dans l\u2019un des bureaux situés aux étages supérieurs.Toutes les nationalités sont représentées.Il y a des Belges, des Arméniens, des Russes, des Congolais\u2026 Les Juifs orthodoxes, l\u2019air sévère dans leurs habits noirs, y sont légion.Le diamant est un monde cosmopolite, où le commerce vient à bout de toutes les divisions, dit Gon Raz, un Belge d\u2019origine juive dont la famille négocie des diamants depuis trois générations.«J\u2019ai des partenaires d\u2019affaires qui viennent du sud du Liban et qui sont même devenus des amis, dit-il.Qui sait, peut-être que nos familles se sont déjà combattues?» «L\u2019ONU devrait s\u2019inspirer de nous», ajoute Eddy Katz, de Diamstones.Né à Anvers, Eddy Katz incarne mieux que quiconque la tradition des diamantaires juifs.Installé dans Hovenierstraat, il a appris le métier sous la direction de son père en gravissant tous les échelons, du polissage à la vente.«Je me suis noirci les doigts et les ongles à force de tailler du diamant.Et j\u2019ai été vendeur sur la route pendant près de 25 ans», dit celui qui a aussi épousé une fille de joaillier.Après avoir connu les profits faciles des années 70 et 80 \u2013 «on te jetait des millions à la gueule », dit-il \u2013 et la récession des années 90, ce décrocheur de la faculté de droit a dû reconnaître que personne, chez les Katz, ne serait prêt à prendre la relève de l\u2019entreprise familiale.Et surtout, Eddy Katz était aux premières loges lorsque s\u2019est amorcé ce qui serait une transformation radicale de son industrie.Une révolution née dans une minuscule région située à 9000 kilomètres d\u2019Anvers.Made in Gujarat De 1850 jusqu\u2019aux années 2000, la majorité des diamantaires d\u2019Anvers étaient issus de la communauté juive.Puis, des immigrants indiens se sont peu à peu installés dans la région à partir des années 80, au moment où le gouvernement de New Delhi a aboli certaines restrictions sur le commerce du diamant.Mandatés par leur famille, ces expatriés devaient acheter des pierres brutes qui seraient réexpédiées au Gujarat pour y être polies.«Je me souviens qu\u2019on riait d\u2019eux, ces Indiens qui faisaient du porte-à-porte avec leur petite valise », dit Sylvie Grundland, qui travaille pour la Brinks d\u2019Anvers depuis plus de 25 ans.Au fil des ans, près de 300 familles de la petite communauté religieuse jaïn de Palanpur au Gujarat se sont déplacées à Anvers.Dans le bottin des diamantaires, entre les quelques Van Eyck et Goldstein, ce sont aujourd\u2019hui les Shah, les Mehta et les Patel qui couvrent le plus grand nombre de pages.« Je ne veux pas parler d\u2019invasion, mais\u2026», dit Eddy Katz.Travailleurs acharnés, les diamantaires indiens pouvaient aussi compter sur un réseau familial tissé aussi serré que celui de leurs homologues juifs.Et surtout, ils ont su mettre à profit une main-d\u2019oeuvre abondante et bon marché.Selon le spécialiste Roger Brunet, l\u2019Inde compte 10 000 firmes diamantaires, qui façonnent près de 90% des pierres en circulation.Et la majorité d\u2019entre elles s\u2019approvisionnent à Anvers.1carat (ct) =1/5de gramme 1point =1/100de carat 3106carats : le poids du plus gros diamant jamais trouvé Quatre-vingts pour cent des diamants extraits dans le monde ne sont jamais montés en bijou et prennent plutôt le chemin de l\u2019industrie.Ils servent à la fabrication de roues abrasives, de scalpels et même de circuits imprimés, puisque le diamant est un excellent conducteur de chaleur.20 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Depuis l\u2019an dernier, l\u2019ensemble du conseil d\u2019administration de l\u2019AWDC est composé de membres d\u2019origine indienne, sans exception.«Une vraie curée, dit en rigolant Eddy Katz.Il faut admettre qu\u2019ils sont les plus forts.» Les diamantaires gujaratis ont même adopté la formule traditionnelle que prononcent leurs collègues juifs à la conclusion d\u2019un marché: Mazel u Bracha, ce qui signifie chance et bénédiction en hébreu.Pragmatique, comme beaucoup de diamantaires juifs, le patron de Diamstones n\u2019a pas hésité lorsque Rajiv Kotari, un intermédiaire indien avec lequel il négociait depuis quelques années, lui a proposé de s\u2019associer.Volubile et coloré, joueur de golf et bon vivant, Eddy Katz n\u2019était pas un partenaire évident pour quelqu\u2019un d\u2019aussi doux et effacé que Rajiv Kotari, dont la religion prescrit le végétarisme et le respect de tous les êtres vivants.Leur association dure pourtant depuis huit ans.D\u2019un ton calme, presque en murmurant, Rajiv Kotari explique qu\u2019il est l\u2019un des cinq membres de sa famille à s\u2019être expatriés pour le bien des affaires.«Mes oncles dirigent un atelier à Bombay.Ils m\u2019ont demandé en 1990 de m\u2019installer à Anvers avec ma femme.Je venais tout juste de me marier.«Mes enfants ont grandi en Belgique.Pour ma part, je ne suis jamais rentré.» «Il n\u2019y a pas beaucoup de diamantaires \u201clocaux\u201d qui travaillent main dans la main avec des Indiens, dit Eddy Katz.Certains sont frustrés d\u2019avoir perdu des clients.D\u2019autres sont jaloux de mon affaire parce qu\u2019aujourd\u2019hui, les Indiens n\u2019ont plus besoin de personne.» Certains tentent de résister.«Anvers, ce n\u2019est pas que les Indiens.Anvers, ce sont les Belges et les Juifs qui ont fait cette industrie depuis toujours», lance Frédéric Dawidowicz, de Royal Gem.Mais la plupart font preuve de réalisme.« On doit accepter le jeu de la concurrence, dit William Rotti, président du Diamantclub.Certainement, les gens qui espéraient que le diamant reste un commerce facile se sont sentis un peu bousculés\u2026» «Les Indiens ont réinventé les finances du diamant, ajoute Gon Raz, de Windiam.Les Juifs ont toujours pratiqué ce métier comme des marchands, en y réinvestissant leurs économies.«Les Indiens l\u2019ont abordé comme des banquiers.Ils ont emprunté afin de pouvoir faire crédit aux acheteurs et réaliser un profit sur la différence d\u2019intérêt, et ils ont été les premiers à utiliser l\u2019effet de levier.» Des victimes Cette transformation ne s\u2019est pas faite sans heurts.Des diamantaires juifs et indiens discutent dans Hovenierstraat entre deux transactions.SÉCURITÉ Les mesures de sécurité sont omniprésentes à Anvers, même si le quartier des diamantaires est ouvert au public.Le secteur, pourtant minuscule, est surveillé par une trentaine de policiers et un nombre incalculable de caméras, en plus des agences de sécurité privées.Chaque voiture qui y pénètre est balayée au scanneur afin de s\u2019assurer qu\u2019elle ne transporte pas d\u2019explosif.Tout objet qui est déposé durant plus de quelques secondes sur la voie publique déclenche un signal d\u2019alarme auprès des policiers.Un agent vérifie alors à l\u2019aide des bandes vidéo qui l\u2019y a laissé, et des renforts sont demandés en cas de nécessité.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 21 Parmi les premières victimes figure la tradition de la taille dans la région d\u2019Anvers.On y comptait 30 000 tailleurs et polisseurs dans les années 60, et déjà 10 fois moins au début des années 90.Ils ne sont plus que 400 aujourd\u2019hui.Des villages entiers, situés dans la campagne autour d\u2019Anvers, ont abandonné le métier.Aujourd\u2019hui grand-mère, Gonda Van Den Schoor est l\u2019un des rares membres de sa famille à encore polir des pierres, une tâche qui a déjà occupé ses trois frères, son père et son grand-père.Dans le minuscule atelier où elle travaille, grand comme trois placards, elle utilise toujours des roues enduites d\u2019huile et de particules de diamant, identiques à celle inventée par le Belge Lodewyk Van Bercken en 1476.Son patron, Carl Crab, ne rêve plus qu\u2019à la retraite.«Je suis dans ce métier depuis 48 ans, dit-il entre deux bouffées de cigarette.Un métier que j\u2019ai aimé pendant 45 ans.«Mon fils a choisi de faire autre chose.Heureusement.» L\u2019atmosphère, chargée de fumée et de poussière de diamant, est presque irrespirable.Chaque centimètre carré est utilisé au maximum, tant le prix des locaux commerciaux a explosé à Anvers au cours des 10 dernières années.«Les salaires imposés par le syndicat des tailleurs sont trop élevés», déplore Carl Crab.Et les prix offerts par les quelques diamantaires qui lui fournissent encore du travail, belges ou indiens, trop bas.«Désormais, seules les plus belles et les plus grosses pierres sont façonnées à Anvers », explique Stéphane Fischler, dont la firme est l\u2019une des plus en vue depuis trois générations.Afin de préserver un avantage sur la concurrence asiatique, Fischler Diamonds mise sur des partenaires équipés d\u2019instruments à la fine pointe de la technologie, comme Meylemans & Somers Diamondcutting (MSD).«Nos 16 employés peuvent abattre la même charge de travail que 45 tailleurs traditionnels », dit l\u2019un des fondateurs de MSD, Danni Meylemans, lui-même arrière-arrière-petitfils de polisseur.«Nous taillons facilement de 15 000 à 20 000 carats par année.Et notre volume d\u2019affaires augmente constamment.» Fondée il y a 15 ans, MSD passe chaque morceau de brut dans un scanner de conception israélienne.L\u2019appareil, qui coûte plus d\u2019un demi-million de dollars, détecte les inclusions et les lignes de fracture invisibles à l\u2019oeil nu, puis suggère la taille qui entraînera le moins de pertes et augmentera donc le rendement du brut.« Il nous faudrait des mois de tâtonnements pour effectuer le travail qu\u2019on accomplit en quelques secondes avec ces scanners », explique Danni Meylemans, qui taille des diamants depuis l\u2019âge de 20 ans.L\u2019émotion et le prix La matière brute, elle, coûte de plus en plus cher.Le premier producteur mondial, Les plus grandes mines ne fournissent que 5 kg de diamants par semaine, de quoi tenir dans une simple sacoche.Les diamants sont le plus souvent emballés dans de simples feuilles de papier.22 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE le sud-africain De Beers, a triplé ses profits entre janvier et juin 2011.Le groupe a évoqué « des ventes exceptionnelles », alimentées par une croissance continue de la demande de consommation au Moyen- Orient, en Inde et en Asie, et par leur impact sur les prix du brut.Lorsqu\u2019un diamantaire parle de hausse des prix, on doit toutefois le croire sur parole, puisque contrairement à la plupart des métaux précieux, le diamant n\u2019a pas de cours officiel.Son prix coûtant reste toujours secret.«Un vendeur de diamants est en fait beaucoup plus proche du marchand de tapis que du négociant en or », assure Joelle Drabkin, de Windiam.Les prix sont avant tout basés sur l\u2019émotion, reconnaît Philippe Barsamian, de l\u2019Antwerp World Diamond Center.«Poussez un seul soupir et le vendeur vous facturera 30% de plus\u2026» Tous les commerçants d\u2019Anvers trimballent des listes blanc et rouge, publiées chaque semaine par le spécialiste Martin Rapaport.Ces feuilles, aussi rebutantes qu\u2019une grille de calcul matriciel, tentent de reproduire la logique plutôt compliquée que suivraient les cours du diamant.De petites variations dans la couleur ou la qualité de la coupe ont parfois un impact explosif sur la valeur d\u2019une pierre.Ainsi, un diamant de 5 carats peut être vendu 5000 fois plus cher qu\u2019une pierre 50 fois plus petite.«Martin Rapaport, c\u2019était bon pour les années 70 et 80, assure cependant Gon Raz.Maintenant, il a souvent de trois à quatre mois en retard sur le marché.Et qui lui donne ces prix?Un de ses vieux potes autour d\u2019un lunch à New York?» « Les prix augmentent tellement vite en ce moment que je risque de perdre de l\u2019argent entre la conclusion de la vente et la date de livraison, poursuit Gon Raz, dont la firme est un important acheteur de brut.Or, sans cours du diamant, il est impossible de me protéger et d\u2019acheter des contrats de couverture.» Établir un cours du diamant impliquerait qu\u2019on puisse comparer les pierres entre elles.Ce qui n\u2019est pas une mince affaire, du moins en théorie, assure Bruno Nelemans, vice-président directeur de la banque ADB, l\u2019un des premiers financiers mondiaux dans l\u2019industrie du diamant.En intégrant les différentes mesures de couleur, clarté et coupe \u2013 les fameux 3C \u2013 De Beers parvient à une nomenclature comportant plus de 14 000 entrées.Chaque diamant serait ainsi unique ! «Les spécialistes ajoutent ou enlèvent des milliers de dollars à la valeur d\u2019une pierre en invoquant la présence de supposées imperfections », dit un négociant qui a bâti au fil des ans l\u2019une des plus importantes entreprises d\u2019exportation israélienne.DIAMANTS DE SANG Après l\u2019Angola, la Sierra Leone et le Congo, c\u2019est au tour du Zimbabwe de hanter l\u2019industrie du diamant.En août, la chaîne britannique BBC a diffusé un documentaire selon lequel des militaires et des policiers du Zimbabwe utilisent un «camp de torture» à proximité de Marange, le plus riche gisement découvert en Afrique depuis des décennies.Le Zimbabwe avait pourtant obtenu en juin la permission de commercialiser les diamants de Marange après une interdiction de 18 mois.Cette permission a été accordée en vertu du processus de Kimberley, mis en place en 1998 par l\u2019ONU avec la collaboration du Conseil mondial du diamant, en vue d\u2019obliger la délivrance de certificats d\u2019origine et d\u2019enrayer la vente de «diamants de sang».Deux entreprises ont cependant défié l\u2019embargo, avec l\u2019appui du Congo, de l\u2019Inde et de la Chine, ce qui a laissé planer des doutes quant aux intentions de ces nouvelles puissances diamantaires face au processus de Kimberley.«Nous n\u2019avons pas d\u2019information indiquant que la Chine veuille contrevenir au processus de Kimberley », affirme Stephane Fischler, l\u2019un des membres fondateurs du Conseil mondial du diamant.«Moi-même, je ne les vois pas.Je ne fais pas la distinction.Accorder de la valeur à une pierre, même si elle brille beaucoup, est une vue de l\u2019esprit.» Aussi, sous la pression des ventes en ligne, qui demandent une plus grande standardisation des modèles, et la nécessité de réduire les coûts de fabrication, 85% des diamants taillés aujourd\u2019hui suivent la coupe inventée au début du siècle par Marcel Tolkowsky.Dans son bureau d\u2019Anvers, son petitneveu Gaby Tolkowsky, considéré comme le meilleur tailleur de son époque, poursuit la tradition familiale.Sur les murs, bien en évidence, des photos de ses plus grands exploits : la taille des diamants Centenary et Golden Jubilee, des monstres de la nature qui cotent respectivement à 275 et 546 carats.« Chaque diamant que l\u2019on taille est différent, dit-il.Mais comme l\u2019industrie a besoin de faire du commerce, elle n\u2019a pas toujours le temps de prendre son temps\u2026» À l\u2019aide des mathématiques, Marcel Tolkowsky voulait identifier puis polir le diamant idéal, celui qui se jouerait le mieux de la lumière.Il a peut-être trop bien réussi : à la recherche de l\u2019art, imité jusqu\u2019à l\u2019infini, il aura ouvert la voie à la production de masse.» «Le diamant doit son éclat au fait qu\u2019il réfracte la lumière mieux que toute autre matière.«La vitesse de la lumière se réduit à 124 000 km/s en le traversant, soit de 60%, ce qui est le record connu», explique le spécialiste Roger Brunet.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 23 DESIGN Pour joindre notre journaliste : mtison1@lapresse.ca Dans la conception d\u2019un casque de hockey, le test le plus critique et le plus ardu est celui du miroir.Il consiste à déposer le prototype de casque sur la tête d\u2019un hockeyeur professionnel de modèle standard, à placer ce dernier devant un miroir d\u2019une parfaite réflexion spéculaire, et à attendre son opinion.Si sa tête lui plaît, le test est réussi.Or, c\u2019est là que ça passe ou ça casse.«C\u2019est la seule chose qui importe pour le joueur de hockey », lance Jean-François Laperrière, directeur développement de produits, au Centre de recherche de Bauer, à Saint-Jérôme.«Le casque est 50% plus performant, il est plus confortable, mieux ajustable et plus léger?Si le test du miroir ne passe pas, c\u2019est non.» LA TÊTE DURE DES HOCKEYEURS Un nouveau modèle de casque de hockey doit passer des tests sévères.Le plus difficile : convaincre le joueur professionnel que le casque lui va bien.TEXTE MARC TISON PHOTOS FOURNIES PAR BAUER x Le modèle 9900 comporte des sections en polymère plus souple et un mécanisme d\u2019ajustement occipital à la base du crâne.24 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Le test du miroir sera suivi d\u2019un test plus difficile encore, celui du vestiaire: si ses coéquipiers le regardent d\u2019un oeil narquois, notre hockeyeur abandonnera son nouveau casque dans l\u2019heure.Accessoirement, le casque doit également résister à 30 tests d\u2019impact en laboratoire, définis avec précision dans la norme CSA Z262.1-09.«Le monde du hockey est tellement conservateur! commente Jean-François Laperrière.Chaque fois que le designer propose quelque chose d\u2019un peu trop évolué, ce sont les coéquipiers qui vont arrêter le design!» L\u2019ennui, c\u2019est que les tests de miroir et de vestiaire ne peuvent être réalisés que tardivement dans le processus de conception.Une part importante du succès repose donc sur le coup de crayon, l\u2019expérience et l\u2019intuition du designer industriel qui dessine le casque.Chez Bauer, il s\u2019appelle Jacques Durocher.Sur la table d\u2019une salle de conférence du Centre de recherche de Saint-Jérôme, il a déposé quelques casques, dont le plus récent modèle pour professionnels, le 9900.«Un des défis dans le design de casque de hockey, c\u2019est que certains paramètres doivent être respectés, explique-t-il.Par exemple, un casque doit toujours avoir deux crêtes.» Pourquoi ?Parce que c\u2019est comme ça.À l\u2019origine, avant les résines haute performance, ces crêtes accroissaient la résistance à l\u2019impact.La tradition est dictatoriale.Ainsi, le casque de hockey est un des très rares casques dont la coquille est ajustable \u2013 un reliquat des premiers modèles moulés en deux pièces.Autre coquetterie, les professionnels tiennent à montrer leurs oreilles.Les protecteurs auriculaires, qui pourraient être moulés avec la coquille du casque, sont des pièces indépendantes en polycarbonate transparent.L\u2019influence des professionnels descend en gamme de la série Élite vers la collection Performance, mais dans la catégorie des casques de hockey de loisir, une autre autorité fait contrepoids: maman.Les hockey moms désirent pour leurs jeunes champions un casque qui présente toutes les apparences de la plus parfaite sécurité.« Il faut qu\u2019il ait l\u2019air protecteur, qu\u2019il couvre davantage la tête, résume Jacques Durocher.Le joueur professionnel, lui, voudra plutôt minimiser la couverture pour ne pas gêner les mouvements.» De la glaise au 3D Sur la table, Jacques Durocher aligne quatre modèles de travail, qui illustrent autant d\u2019étapes de conception du casque 9900.\u2014 Jean-François Laperrière Vues avant, profil, arrière, sur fond gradué v Présentation de concepts en vues variées z » «Le monde du hockey est tellement conservateur ! Chaque fois que le designer propose quelque chose d\u2019un peu trop évolué, ce sont les coéquipiers qui vont arrêter le design! LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 25 » « Tout à côté, dans une cage vitrée, un propulseur à air comprimé envoie une rondelle à 130 km/h contre un casque de gardien de but.Ces tests prouvent la résistance mécanique du casque.Mais les normes ne disent rien sur la prévention des commotions cérébrales \u2013 une croisade des milieux sportifs américains, qui gagne tardivement la Ligue nationale de hockey.Les commotions cérébrales sont causées par le déplacement du cerveau dans la boîte crânienne.«C\u2019est presque impossible à éviter, indique Jean-François Laperrière.Le joueur peut subir un choc à la poitrine, et le cerveau va bouger rapidement, sans que le casque n\u2019y puisse rien.C\u2019est la grande difficulté.» Des projets de recherche en biomécanique sont en cours avec l\u2019Université McGill et l\u2019Université de Montréal pour comprendre les mécanismes de blessure.Le défi consiste à atténuer l\u2019impact.Or, les matériaux plus rigides répondent bien à haute énergie, mais moins bien à basse énergie.Pour résoudre ce dilemme, les concepteurs garnissent l\u2019intérieur du casque de mousses de différentes densités.C\u2019est un patient travail d\u2019ajustement, fait d\u2019essais et d\u2019erreurs.«Le monde des casques est un heureux ménage de design et d\u2019ingénierie, conclut Jean-François Laperrière.On ne peut pas séparer les deux.On a déjà essayé et les résultats ont été mitigés.Si un produit est trop proche des ingénieurs, il ne se vend pas parce que c\u2019est une grosse boule de quille, et si c\u2019est trop design, ça ne répond pas aux normes.» Bref, un casse-tête.C\u2019est le seul à présenter des bandes de polymère plus souples, moulées par injection simultanée sur la coquille rigide.Il a exigé trois ans de travail.S\u2019appuyant sur les lignes directrices définies par le service de marketing, Jacques Durocher a d\u2019abord lancé des séances d\u2019esquisses.Elles peuvent s\u2019étaler sur quelques mois avant que le style se précise et fasse consensus.Cette première ébauche a ensuite été modelée en argile sur une tête de mannequin.«J\u2019essaie d\u2019aller le plus vite possible en 3D, décrit le designer.Pour un produit qui se porte sur la tête et qui sera influencé par le test du miroir, il faut avoir quelque chose de tangible à montrer.» Ce modèle en glaise est numérisé, pour qu\u2019on puisse en tirer une pièce moulée avec un appareil de prototypage rapide \u2013 l\u2019équivalent d\u2019une photocopieuse en trois dimensions.Cette maquette fait l\u2019objet du premier test du miroir.Un fichier numérique 3D est ensuite réalisé, cette fois avec les détails des deux pièces de la coquille.Il sert à la fabrication d\u2019un ou deux prototypes fonctionnels, qui peaufineront les mécanismes d\u2019ajustement.Il reste les tests de certification.Ils dureront six mois et coûteront 15 000$.Coup de tête Le Centre de recherche de Saint-Jérôme est doté d\u2019un laboratoire où sont menés des tests préliminaires.On nous fait une petite démonstration.Guidée par un rail vertical, une tête en acier d\u2019environ 5 kg, coiffée d\u2019un casque de hockey, tombe de 140 cm sur une surface dure.Le monde des casques est un heureux ménage de design et d\u2019ingénierie.On ne peut pas séparer les deux.x Vue explosée et premières esquisses du modèle 9900 26 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE DOSSIER Pour joindre notre journaliste : pmercure@lapresse.ca Prendre une boîte en démarrage, puis la propulser vers la gloire en lui fournissant autant l\u2019argent et les conseils que les bureaux et le café.C\u2019est l\u2019idée derrière les accélérateurs d\u2019entreprises, des laboratoires qui cherchent la recette pour créer le prochain succès à la Google et qui poussent comme des champignons au pays.ACCÉLÉRATEURS D\u2019ENTREPRISES LESAFFAIRES À PLEINS GAZ TEXTE PHILIPPE MERCURE ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 27 Mardi matin d\u2019août, dans un hôtel du centre-ville de Montréal.Les trois fondateurs d\u2019une jeune boîte web de la métropole, t-shirt noir au logo de leur entreprise sur le dos, répètent la présentation qu\u2019ils s\u2019apprêtent à livrer à une assemblée de férus de technologie.Autour, une dizaine d\u2019équipes vêtues de rouge, de bleu ou de vert s\u2019activent dans une fébrilité similaire.Hormis deux jeunes femmes dont la présence alimente bien des conversations de corridor, les participants sont tous masculins, et presque exclusivement dans la vingtaine.Ian Jeffrey, l\u2019homme derrière l\u2019événement, s\u2019avance au micro.«Nous avons neuf équipes ce matin, lance l\u2019organisateur d\u2019un ton solennel.Elles démarrent toutes le même jour et franchiront toutes le fil d\u2019arrivée au même moment.Et auront accès aux mêmes ressources entre temps.» On pourrait se croire au lancement d\u2019une nouvelle émission de téléréalité.Nous sommes plutôt à l\u2019inauguration de Founder Fuel, un nouvel accélérateur d\u2019entreprises qui vient de voir le jour à Montréal.Founder Fuel est un laboratoire dont la stratégie se décline en deux temps.D\u2019abord, choisir les entreprises en démarrage les plus prometteuses au pays.Puis leur fournir tous les outils possibles dans l\u2019espoir de les voir percer le marché.Argent, bureaux, ateliers de formation, contacts privilégiés avec des bonzes de l\u2019industrie: pendant les trois mois que durera le programme, les équipes de Vancouver, Toronto, Montréal, Québec et ailleurs qui ont bataillé pour se tailler une place ici verront les ressources se déployer devant elles.Pour l\u2019instant, un certain secret entoure Founder Fuel.Si LPA Magazine a pu assister à son lancement, c\u2019est à condition de ne nommer ni les entreprises ni leurs fondateurs.«Plusieurs des équipes qui sont ici vont modifier leur modèle d\u2019affaires pendant le programme, peut-être même changer de nom.Or, elles n\u2019ont qu\u2019une chance de faire leur coming-out public, et ce sera à la fin du programme», justifie Ian Jeffrey.Ce qu\u2019on peut révéler, c\u2019est que les entrepreprises travailleront toutes dans la maison Notman, rue Sherbrooke, le nouveau point de convergence des développeurs web de la métropole.Pour ce qui est de l\u2019argent, chaque équipe reçoit 10 000 $, en plus d\u2019un montant de 5000 $ par cofondateur.C\u2019est donc dire qu\u2019une équipe de trois, par exemple, peut compter sur 25 000 $ pour développer ses idées.En échange, Founder Fuel prend une participation de 6% dans chacune des boîtes.Si certaines d\u2019entre elles finissent par percer ou se font acheter par une grande entreprise, l\u2019accélérateur peut espérer multiplier sa mise.«Ce n\u2019est pas de la générosité, dit Ian Jeffrey.Nous voulons que l\u2019accélérateur soit rentable.» Une équipe de 115 mentors, pour la plupart de vieux routiers qui ont roulé leur bosse dans l\u2019industrie technologique au Canada et aux États-Unis, a également été mobilisée pour conseiller les jeunes entrepreneurs et confronter leurs idées à la réalité du marché.«Vous pourrez boire autant de RedBull et de café que vous pouvez en absorber », promet aussi le programme officiel.Founder Fuel, initiative du fonds de capital- risque montréalais Real Ventures, est loin d\u2019être le seul cocon à chercher ainsi à faire éclore le prochain succès à la Facebook ou Twitter.Growlab à Vancouver, Mercury Launch à Ottawa, Extreme University à Toronto, Velocity à Waterloo: en fait, les nouveaux accélérateurs d\u2019entreprises sont si nombreux au pays que certains observateurs n\u2019hésitent plus à parler d\u2019une bulle (voir encadré, p.31).Souvent calqués sur des modèles américains, les programmes ont chacun leurs paramètres.Mais les ingrédients de base, eux, restent pratiquement toujours les mêmes.v Événement inaugural de FounderFuel, un accélérateur d'entreprises qui aide les boîtes technos à percer.Sur la photo : John Stokes et Ian Jeffrey.Photo Ivanoh Demers, La Presse 28 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE «Une masse critique de café, de bande passante, de bureaux et de personnes intéressantes.C\u2019est tout ce que ça prend, et il y a tout ça ici», dit Alister Croll, l\u2019un des quatre associés derrière Year One Labs - autre accélérateur destiné aux boîtes web situé dans un sous-sol du quartier Griffintown.Des hauts plafonds pendent des spaghettis de câbles internet.Sur les sofas et les tables de travail éparpillés un peu partout, de jeunes programmeurs, écouteurs vissés aux oreilles, tapent du code dans des ordinateurs portables.Là, une table jonchée de monstres de plastique donne sur des chaises vides - un bon signe dans un accélérateur.Jusqu\u2019à tout récemment, l\u2019entreprise Massive Damage Inc.travaillait ici sur un jeu pour les téléphones intelligents mettant en vedette des zombis.Puis, des investisseurs y ont misé 300 000$, convaincus de tenir le prochain succès à la Angry Birds.L\u2019entreprise a quitté l\u2019accélérateur pour voler de ses propres ailes.Pour Year One Labs, c\u2019est mission accomplie.Plus loin, Elan Dubrofsky, lui, cherche encore l\u2019idée qui le mettra (peut-être) sur le chemin de la fortune.Les quatre associés de Year One Labs, eux-mêmes d\u2019anciens entrepreneurs à succès, ont misé sur lui et son acolyte non pas parce qu\u2019ils avaient accouché d\u2019une idée spectaculaire, mais parce qu\u2019ils semblaient avoir le potentiel pour le faire.Lors d\u2019un marathon de programmation informatique organisé par Alister Croll, les deux jeunes hommes d\u2019Ottawa ont réussi en une seule journée à pondre un programme de courriels tout simple destiné aux personnes âgées.Impressionné, M.Croll les a invités à rejoindre l\u2019accélérateur, où ils testent diverses idées depuis mars dernier.«On a quitté nos emplois à Ottawa, puis on a dit à nos blondes qu\u2019on déménageait à Montréal.On ne peut pas dire que ça ce soit très bien passé, mais bon \u2013 on a réglé la logistique, on est ici et on est bien contents », raconte Elan Dubrofsky, 28 ans.Les avantages du travail dans un accélérateur?«Lancer une entreprise, on n\u2019avait jamais fait ça, on ne savait pas comment ça marche, répond M.Dubrofsky.Les gars de Year One Labs nous ont tout enseigné.Comment développer une idée, comment la tester dans le public.On a des rencontres avec eux toutes les semaines et ils nous conseillent.«Et puis, ajoute M.Dubrofsky avec un sourire, on ne risque pas notre argent, mais le leur.» Au sein de Year One Labs, Elan Dubrofsky et son ami peuvent espérer obtenir jusqu\u2019à 50 000$ s\u2019ils franchissent diverses étapes.Comme son nom l\u2019indique, l\u2019accélérateur les accueille pour un an.Mais déjà deux boîtes ont obtenu du financement extérieur avant la fin du programme et sont parties.Les accélérateurs, même s\u2019ils visent des buts similaires, ne sont pas en concurrence les uns avec les autres.Alister Croll, par exemple, fait partie de l\u2019équipe de mentors mis à la disposition des jeunes poulains de l\u2019écurie Founder Fuel.«Notre concurrence, c\u2019est les MBA, dit plutôt M.Croll, un colosse qui dit avoir lancé Year One Labs pour attirer l\u2019attention sur la scène techno montréalaise.La différence, c\u2019est que le MBA te demande 50 000$ pour te donner une éducation en affaires.Nous, on te donne 50 000$ et une éducation en affaires.Et peut-être qu\u2019à la fin, tu vas partir avec ton entreprise.» Employés à louer En termes purement financiers, c\u2019est toutefois Tandem Launch, un autre accélérateur montréalais niché à Westmount, qui rafle la palme de la générosité.Ici, les entreprises peuvent espérer décrocher jusqu\u2019à un million de dollars pour tester leurs idées.Mais il suffit de pousser la porte pour comprendre que le concept est complètement différent.Si les entrepreneurs web de Founder Fuel et de Year One Labs rêvent de faire trembler l\u2019industrie armés de simples ordinateurs portables, ceux de Tandem, eux, ont les deux mains dans l\u2019électronique.Ici, les tables disparaissent sous les circuits imprimés et les fils électriques, et les entrepreneurs manipulent autant les fers à souder que les tournevis.La spécialité de la maison, c\u2019est l\u2019électronique destiné au multimédia.Helge Seetzen, qui dirige l\u2019accélérateur, recrute ses entrepreneurs » «Notre concurrence, c\u2019est les MBA.La différence, c\u2019est que le MBA te demande 50 000$ pour te donner une éducation en affaires.Nous, on te donne 50 000 $ et une éducation en affaires.Et peut-être qu\u2019à la fin, tu vas partir avec ton entreprise.\u2014 Alister Croll LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 29 surtout dans les universités, autant en Amérique du Nord qu\u2019en Europe.Craig Hennessey, par exemple, est titulaire d\u2019un doctorat en génie électrique de l\u2019Université de la Colombie-Britannique.Le jeune homme a fondé Mirametrix, entreprise basée sur l\u2019oculométrie, la science qui permet de suivre le mouvement des yeux.Pour l\u2019instant, la technique est surtout utilisée par les scientifiques qui veulent comprendre la pensée de leurs sujets en suivant le mouvement de leurs pupilles.Les analystes en marketing y ont aussi recours pour savoir ce qui attire l\u2019attention des internautes sur une page web, par exemple.Mais Mirametrix veut «démocratiser» la technologie en l\u2019insérant dans des produits de consommation courante grâce à une technique qu\u2019elle dit plus simple et moins coûteuse.Question d\u2019en démontrer le potentiel, le directeur de Tandem Launch, Helge Seetzen, se laisse choir sur un sofa qui fait face à un téléviseur.En fixant des yeux le haut de l\u2019écran, il y fait apparaître comme par magie une télécommande virtuelle.Puis il se met à changer les chaînes du téléviseur.par de simples mouvements des pupilles.«Maintenant, regarde ça », dit Craig Hennessey en faisant apparaître une photo sur l\u2019écran que regarde M.Seetze.Pour un observateur, la photo semble floue à l\u2019exception d\u2019une petite zone nette qui se déplace sans cesse.«Moi, je vois tout en haute résolution, dit pourtant M.Seetze.Le système suit mon regard et n\u2019affiche en haute qualité qu\u2019à l\u2019endroit où je regarde.» But de la chose : économiser la bande passante si vous regardez un film sur l\u2019internet, par exemple.Mais gare à vous: lors du visionnement, la technologie de Mirametrix pourrait garder en mémoire le mouvement de vos yeux.et vendre l\u2019info aux annonceurs.« Si vous regardez toujours Angelina Jolie, par exemple, on pourra ensuite vous recommander un autre film avec Angelina Jolie, illustre M.Seetzen.L\u2019info risque aussi d\u2019intéresser votre blonde, remarquez, mais ça, c\u2019est une autre histoire.» Quand il s\u2019agit d\u2019expliquer le potentiel de l\u2019oculométrie pour le grand public, les deux hommes sont intarissables.Mais revenons à l\u2019accélérateur Tandem Launch.En la nçant son ent repr ise, Cra ig Hennessey avait un objectif en tête : «Mettre un appareil d\u2019oculométrie sur chaque bureau de travail de la planète.» Avant d\u2019y parvenir, il a cependant décidé d\u2019amasser un peu d\u2019argent en vendant des systèmes aux utilisateurs traditionnels de la technologie: les chercheurs.Sauf que la chose a fini par l\u2019occuper à temps plein, si bien qu\u2019il n\u2019avait pas le temps de développer sa version «grand public» de la technologie.Puis il a découvert Tandem Launch.Il a déménagé ses pénates à Montréal pour rejoindre l\u2019accélérateur.Aujourd\u2019hui, une dizaine d\u2019employés, autant des ingénieurs que des gens de marketing qui cherchent à intéresser des acteurs importants comme Microsoft ou Apple à la technologie, travaillent pour lui.Le hic, c\u2019est que ces employés ne sont pas ceux de l\u2019entreprise, mais bien ceux de l\u2019accélérateur.Tandem Launch compte en effet un bassin d\u2019une vingtaine d\u2019employés, qu\u2019elle met à la disposition des six enreprises qu\u2019il héberge.Certains employés se consacrent entièrement à une entreprise, d\u2019autres prêtent main-forte à plusieurs d\u2019entre elles.Dans tous les cas, les entreprises «louent» cette main-d\u2019oeuvre à l\u2019accélérateur, mais à des prix beaucoup plus bas que si elles devaient faire appel à des consultants.Surtout, l\u2019entrepreneur n\u2019a pas à puiser dans son portefeuille.C\u2019est que l\u2019accélérateur loue ses ressources.contre une participation dans l\u2019entreprise qu\u2019il soutient.C\u2019est donc dire que plus un entrepreneur utilise les employés de l\u2019accélérateur, plus celui-ci devient un actionnaire important de la boîte.La formule vient régler l\u2019un des grands défis des entreprises en démarrage: l\u2019embauche.La plupart du temps les jeunes entrepreneurs n\u2019ont en effet ni les contacts pour dénicher les gens de talent ni les ressources pour les attirer.Ils finissent souvent par embaucher leurs amis, ce qui conduit à toutes sortes de problèmes.30 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE «Dans notre cas, le terme accélérateur est particulièrement bien choisi, dit Craig Hennessey.En quatre mois ici, on a réussi à construire un prototype de notre version grand public et à en développer des applications, pendant que l\u2019équipe de vente générait des revenus avec la version professionnelle.Si j\u2019étais resté à Vancouver, je serais encore à temps plein sur la version professionnelle.» Les jeunes cracks qui participent à la journée de lancement de Founder Fuel, eux, n\u2019en sont pas encore là.Aujourd\u2019hui, leur objectif est de rencontrer chacun des mentors présents dans l\u2019espoir de les intéresser à leur projet.Si les entrepreneurs et les mentors développent des atomes crochus, ils travailleront ensemble pendant trois mois pour tenter de transformer les idées en entreprises capables d\u2019intéresser les investisseurs.Parce que le programme se terminera par une «journée démo» au cours de laquelle les équipes présenteront en grande pompe leurs réalisations à une assemblée de financiers.Les plus chanceuses recevront des fonds pour poursuivre leur développement.Les autres auront à faire des choix.Jeter l\u2019éponge, persévérer.ou inventer autre chose et tenter à nouveau leur chance au grand jeu de l\u2019innovation technologique.Une bulle d\u2019accélérateurs?C\u2019est dans la Silicon Valley - évidemment - qu\u2019est né le premier accélérateur d\u2019entreprises.En mars 2005, l\u2019exentrepreneur à succès Paul Graham lance Y Combinator, camp de perfectionnement de trois mois destiné aux entreprises en démarrage.Contrairement aux incubateurs technologiques qui pullulent dans les universités, Y Combinator n\u2019a pas pour mission de créer des entreprises.Il choisit plutôt les meilleures parmi celles qui existent déjà.et met tout en oeuvre pour les catapulter vers le succès.Pour celles-ci, l\u2019affaire semble incroyable : au lieu de payer pour une formation en entrepreneuriat technologique, elles se voient offrir des milliers de dollars pour y participer activement.L\u2019engouement est réel, si bien qu\u2019un an plus tard, TechStars débarque avec un programme similaire offert dans quatre villes américaines: New York, Boston, Seattle et Boulder, au Colorado.Le succès de Y Combinator et TechStars, qui ont lancé au fil des ans des entreprises comme reddit, Dropbox, Socialthink (vendue à AOL) ou Intense Debate (vendue à Wordpress) a incité une myriade d\u2019autres à les suivre.Aujourd\u2019hui, les analystes estiment qu\u2019il y aurait plus d\u2019une soixantaine d\u2019accélérateurs aux États-Unis et une bonne dizaine au Canada.Seulement au cours de l\u2019été, au moins trois nouveaux accélérateurs - Grow Labs à Vancouver, Mercury Launch à Ottawa et Founder Fuel à Montréal - ont été lancés au pays.En novembre dernier, le cofondateur de TechStars, David Cohen, a affirmé qu\u2019il y avait une bulle dans le monde des accélérateurs, prédisant une «implosion» du phénomène et la disparition de la majorité d\u2019entre eux.C\u2019est aussi l\u2019opinion de Chris Shipley, analyste américaine du monde des entreprises en démarrage.De passage à Montréal pendant l\u2019été, Mme Shipley avait dénoncé le fait que les entrepreneurs se lancent maintenant en affaires dans le seul but de vendre rapidement leur entreprise et devenir millionnaire.Selon elle, les accélérateurs contribuent au phénomène et font partie d\u2019une «mode».Pas de panique, cependant : selon Mme Shipley, cette bulle est assez inoffensive.Au pire, les accélérateurs perdront un peu d\u2019argent et les entrepreneurs, quelques illusions, avait-elle expliqué à La Presse Affaires.«Ce n\u2019est pas une bulle économique, dit-elle.On peut donc dire que c\u2019est une bulle assez sûre.» LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 31 TEXTE RENÉ LEWANDOWSKI , COLLABORATION SPÉCIALE ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF Les avocats du diamant AFFAIRES JURIDIQUES Pour joindre notre journaliste : renelewandowski@droit-inc.com Georges Dubé devait avoir environ 12 ans lorsque, pour la première fois avec ses parents, il a visité Anvers, en Belgique.C\u2019était vers la fin des années 70, et le petit garçon qu\u2019il était à l\u2019époque ne savait pas qu\u2019il venait de mettre les pieds dans la capitale mondiale du diamant.Ça, il ne l\u2019a appris que beaucoup plus tard.Depuis, Georges Dubé est devenu avocat.Et il n\u2019a jamais remis les pieds à Anvers.Cela ne l\u2019a pourtant pas empêché de se transformer en super pro dans les transactions minières impliquant des sociétés diamantaires.«Nous sommes peu d\u2019avocats dans ce secteur car c\u2019est un domaine très spécialisé», explique cet associé qui pratique en droit minier chez Fasken Martineau, à Toronto, mais qui a fait son droit à Montréal.Le droit minier est à la mode ces temps-ci, surtout au Canada.La soif des pays émergents pour les ressources canadiennes et la flambée des prix ont eu pour conséquences de donner beaucoup de boulot aux cabinets d\u2019avocats.Plusieurs se sont ainsi positionnés dans ce secteur, certains étendant même leurs services à l\u2019étranger pour accompagner leurs clients-acquéreurs ou pour servir les entreprises étrangères voulant investir au Canada.Fasken Martineau a depuis 2003 un bureau à Johannesburg, en Afrique du Sud, et Heenan Blaikie a en début d\u2019année ouvert un bureau à Paris pour mieux servir le marché africain, lui aussi plein de ressources.Mais lorsqu\u2019on parle de droit minier, on fait surtout référence aux marchés de l\u2019or, du cuivre, du nickel.Peu au secteur du diamant.Normal, explique Georges Dubé, il s\u2019agit d\u2019un marché de niche, dominé par quelques grandes sociétés, en position quasi oliga rchique.Un domaine où le savoir-faire est à la fois unique et très bien gardé.Voilà pourquoi peu d\u2019avocats y gravitent.Il faut dire que son cabinet est bien positionnée pour servir les grands acteurs de l \u2019indust r ie minière mondiale.La revue juridique Who\u2019s Who Legal vient d\u2019ailleurs de nommer Fasken Martineau «cabinet de l\u2019année en droit minier».Un des plus importants clients de Fasken est la société De Beers, chef de file à l\u2019échelle internationale dans le domaine de l\u2019exploitation minière de diamants.L\u2019an dernier, le cabinet l\u2019a conseillée dans deux transactions.En mars 2010, Fasken a représenté la société pour le refinancement de ses facilités bancaires d\u2019une valeur de 3,89 milliards $ ainsi qu\u2019une émission de droits de 1 milliards$.Puis, en juin 2010, le cabinet l\u2019a de nouveau représentée, cette fois pour la conclusion d\u2019une entente avec Gedex Inc., société privée canadienne, entente qui permettra la commercialisation d\u2019une nouvelle technologie d\u2019exploration des ressources.Georges Dubé, lui, a fait son entrée dans le marché du diamant en 1999.Et par la grande porte.C\u2019était les débuts de la mine de diamants Diavik, dans les Territoires du Nord- Ouest .Aber Diamond , petite société \u2013 devenue Harry Winston Diamond Corporation \u2013 avait besoin de liquidités pour investir dans la mine en partenariat avec l\u2019australienne Rio Tinto.Aber a donc cogné à la porte du bijoutier américain de renommée internationale \u2013 et aux poches profondes \u2013 Tiffany&Co.qui a allongé 100 millions de dollars pour une participation dans Aber et une portion de la récolte de diamants.«Pour Tiffany, c\u2019était un investissement stratégique», dit Georges Dubé, qui a représenté le bijoutier dans cette transaction.À l\u2019époque, explique l\u2019avocat, la provenance des diamants était incertaine (beaucoup étaient acquis durant les guer res) , et , pour une entreprise comme Tiffany, il était très important de s \u2019assurer que la source d\u2019approvisionnement soit respectable, quitte à payer un peu plus cher.Question de réputation.Depuis, George Dubé a représenté Tiffany dans plusieurs autres transactions.En mars dernier, il a ainsi conseillé l\u2019entreprise pour une entente stratégique à long terme pour l\u2019approvisionnement en diamants avec Diamcor Mining Inc., qui présente en Afrique du Sud.Tiffany a éga lement fourni un financement de l\u2019ordre de 5,5 millions $ à Diamcor dans le but d\u2019accélérer la production du projet.«Tiffany aurait pu opter pour un cabinet de Londres ou de New York, dit Georges Dubé.Mais comme nous avons de l\u2019expertise dans le secteur du diamant, ils nous ont choisis.» Les cabinets qui desservent le secteur minier font des affaires d\u2019or au Canada.Rares, pourtant, sont ceux qui s\u2019occupent du diamant.Portrait.32 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE TEXTE ALAIN McKENNA, COLLABORATION SPÉCIALE TECHNOLOGIE Pour joindre notre journaliste : alain.mckenna@lapresse.ca L\u2019automne est une saison triste.Vraiment ?Le mercure est plus raisonnable, les arbres adoptent de nouvelles couleurs et la nature semble plus invitante que jamais.Pour une journée ou un week-end, voici quelques incontournables pour ne rien manquer de la nouvelle saison qui s\u2019amorce.Carte mémoire Mobile X2 d\u2019Eye-fi Envie de partager les paysages croisés au fil de vos sorties d\u2019affaires ?La société Eye-fi propose des cartes mémoire pour des appareils numériques qui transmettent automatiquement photos et vidéos sur un iPhone, un iPad, sur des sites de stockage comme Picasa ou directement sur Facebook.Dans ces derniers cas, il suffit de croiser un Wi-Fi public sur le chemin du retour.La carte Mobile X2 a une capacité de 8 gigaoctets et peut, moyennant un supplément, géomarquer les clichés afin qu\u2019on puisse bien se rappeler où ils ont été saisis.Votre appareil photo n\u2019y verra que du feu : les cartes Eye-fi sont des cartes SD classiques, même si elles demandent un peu plus d\u2019énergie des piles de l\u2019appareil.80$.Identifier ses feuilles mortes avec Leafsnap pour iOS La mi-octobre approche.Ce sont deux semaines durant lesquelles les arbres se transformeront en un véritable feu d\u2019artifice, leurs feuilles adoptant une tout autre portion du spectre des couleurs que leur vert habituel.Mais comment différencier un orme anglais d\u2019un orme américain ?Ou même, d\u2019un bouleau gris ?L\u2019application Leafsnap pour iPhone et iPad, d\u2019Apple, vous donnera un généreux coup de main puisqu\u2019elle ne demande qu\u2019à identifier les feuilles qu\u2019on lui soumet, au moyen du capteur photo de l\u2019appareil.Ça prend quelques secondes, mais c\u2019est gratuit et il n\u2019y a rien de tel pour épater la petite famille que de pouvoir distinguer un mûrier d\u2019un pommier sauvage\u2026 Internet mobile à haute vitesse via l\u2019Aircard 313U de Sierra Wireless Grande nouveauté cet automne au Canada : la mise en service de nouveaux réseaux sans fil numériques ultrarapides, promettant un accès mobile à l\u2019internet que certains comparent à internet haute vitesse résidentiel.Ceux-là sont peut-être un peu optimistes, mais un fait demeure : pour travailler de l\u2019extérieur du bureau, cette technologie, appelée 4G LTE, deviendra rapidement un incontournable.Pour commencer, elle prendra la forme de clés internet comme l\u2019Aircard 313U, de Sierra Wireless.Il s\u2019agit d\u2019une clé USB offerte par Rogers qui se connecte au meilleur réseau sans fil disponible, que ce soit du 3G, du 3G+ (pensez iPhone) ou du 4G LTE.Son prix de détail n\u2019est pas encore connu, mais son efficacité, elle, si : incomparable.Voyager léger avec la Série 9 de Samsung On vante souvent Apple pour le design de ses ordinateurs personnels, mais il ne faudrait pas oublier que d\u2019autres fabricants de PC ont aussi, parfois, la main heureuse.C\u2019est le cas de Samsung, qui a mis en marché plus tôt cette année la Série 9, une élégante gamme d\u2019ordinateurs portatifs ultraminces qui est également ultraperformante.Doté d\u2019un processeur Core i5 d\u2019Intel, de 4 gigaoctets de mémoire vive et d\u2019un disque dur SSD de 128 gigaoctets, l\u2019appareil est aussi rapide que presque indestructible.Et pourtant, il ne fait guère plus d\u2019un kilo et d\u2019un centimètre et demi d\u2019épaisseur.Il faut dire que son boîtier est fait d\u2019un alliage métallique utilisé en aéronautique et reconnu pour sa rigidité\u2026 Ça explique son prix de détail stratosphérique : 1700$.L\u2019automne aussi, c\u2019est fait pour jouer Ne gâchez aucun souvenir avec la NEX-5N de Sony Les appareils photo numériques se suivent et se ressemblent ?Pas tout à fait.Une nouvelle génération de boîtiers reflex ultracompacts vient brouiller les cartes puisqu\u2019elle offre la performance d\u2019un appareil de grade professionnel, tout en conservant la taille d\u2019un appareil touten- un grand public.Le NEX-5N de Sony est de ce groupe.Il s\u2019agit d\u2019une version rehaussée de la gamme NEX, dotée d\u2019un excellent capteur numérique d\u2019une résolution maximale de 16,1 mégapixels.L\u2019objectif est interchangeable, mais Sony propose un 18-55 mm de série qui permet de ne rien manquer, des paysages panoramiques de l\u2019automne aux sujets plus serrés.600$.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 33 PROFIL BOURSIER Pour joindre notre journaliste : mvallieres@lapresse.ca Dans l\u2019alimentation, la prédominance de grands distributeurs et de détaillants comme les Met ro, Loblaw- Provigo et Sobeys-IGA semble laisser peu de place à d\u2019autres entreprises ambitieuses.Impression trompeuse! Car dans les coulisses de la grande distribution alimentaire, il y a des entreprises méconnues comme la québécoise Colabor qui, au fil d\u2019expansions et d\u2019acquisitions ciblées, s\u2019est forgé un réseau qui dépasse le milliard de dollars en chiffre d\u2019affaires.Son marché cible: des milliers de restaurants, de détaillants indépendants, de distributeurs régionaux et d\u2019exploitants de services alimentaires.Son rayon d\u2019action : toute la moitié est du Canada, de l\u2019Ontario jusqu\u2019aux provinces maritimes.Colabor compte maintenant 11 centres de distribution qui regroupent 1600 employés.Pas mal pour une entreprise qui, il n\u2019y a guère plus de 10 ans, était encore une coopérative d\u2019achat pour quelques distributeurs régionaux qui s\u2019interrogeaient sur leur avenir face à des concurrents de plus en plus gros.«Nous avons choisi d\u2019acquérir plutôt que d\u2019être acquis », résume Gilles Lachance, président et chef de la direction de Colabor, lors d\u2019un entretien au siège social de l\u2019entreprise à Boucherville sur la Rive-Sud.En effet, la feuille de route de Colabor depuis cinq ans est parsemée de sept acquisitions en Ontario et au Québec, dont trois cette année seulement.Les plus récentes ?Pêcheries Norref, le plus important distributeur de poissons et de fruits de mer frais au Québec, et en Ontario, Skor Food Group, établi en banlieue de Toronto, qui approvisionne les restaurants.Skor sera intégré à la première filiale de Colabor en Ontario, Summit Food Service, aussi un distributeur alimentaire pour la restauration.D\u2019ailleurs, l\u2019acquisition de Summit en 2007 des mains du groupe Cara, le plus importants exploitant de chaînes de restaurants au Canada anglais, demeure la transaction la plus marquante à ce jour pour Colabor.Pour le contexte, d\u2019abord.Colabor a dû boucler cette transaction de 116 millions de dollars alors qu\u2019elle était en pleine tourmente provoquée par l\u2019abrogation soudaine des règles des fiducies de revenus qui avait été ordonnée par le gouvernement fédéral.Depuis 2005, Colabor s\u2019était prévalue d\u2019une fiducie inscrite à la Bourse de Toronto pour passer du statut de coopérative à celui d\u2019entreprise régulière.Cette transition lui a facilité l\u2019accès aux capitaux, tout en préservant le versement des dividendes et des avantages fiscaux de ses partenaires d\u2019origine.Mais deux ans plus tard, au moment d\u2019acheter Summit, «nous avons dû conclure cette première grosse transaction sans savoir comment cet actif et ces revenus additionnels seraient imposés par la suite», relate le président de Colabor.Par ailleurs, au-delà de ces complications fiscales, c\u2019est aussi par son ampleur que l\u2019acquisition de Summit en Ontario en 2007 fut marquante pour Colabor.Elle a amorcé une expansion dans la province la plus populeuse au Canada \u2013 et le plus grand marché du restauration \u2013 qui représente maintenant près de la moitié (45%) du chiffre d\u2019affaires de Colabor.De plus, cet achat de Summit a éveillé des ambitions d\u2019expansion hors Québec qui se sont matérialisées à trois reprises depuis : deux fois en Ontario et une fois au Nouveau-Brunswick.« Nous voulons devenir un acteur d\u2019envergure nationale dans la distribution alimentaire », confirme Gilles Lachance.Prochaine région cible de Colabor : le marché de l\u2019Ouest canadien.De préférence par des acquisitions.Mais à défaut de cibles pertinentes, on n\u2019écarte pas la possibilité d\u2019investir dans une implantation directe.«Il y a seulement deux distributeurs dominants dans l\u2019Ouest, sous contrôle américain, qui font la pluie et le beau temps dans le marché des restaurants et des Colabor se faufile entre les géants de l\u2019alimentation TEXTE MARTIN VALLIÈRES » Nous voulons devenir un joueur d\u2019envergure nationale dans la distribution alimentaire.\u2013 Gilles Lachance COLABOR EN CHIFFRES ACTIVITÉS distributeur alimentaire auprès des restaurants, des cafétérias et des détaillants indépendants SIÈGE SOCIAL Boucherville EFFECTIF 1600 employés REVENUS* 1,13 milliard (+2,3%) BÉNÉFICE D\u2019EXPLOITATION* 20,8 millions (-37%) BÉNÉFICE NET* 11,5 millions (-38%) BÉNÉFICE NET PAR ACTION* 0,51$ (-52%) CAPITALISATION BOURSIÈRE 207 millions** COURS RÉCENT 9,05$** RENDEMENT EN DIVIDENDE 12% Sources : Colabor, Bloomberg, Bourse de Toronto, rapports d\u2019analystes Gilles C.Lachance, PDG de Colabor PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE services alimentaires », indique le président de Colabor.«Au Québec et dans l\u2019est du Canada, ce marché est habitué à plus de choix et chez Colabor, nous sommes habitués à plus de concurrence.C\u2019est pourquoi il y aurait un bon potentiel pour nous dans l\u2019ouest du Canada.» Parallèlement à son ambition géographique, Colabor souhaite aussi diversifier son offre de produits avec l\u2019ajout d\u2019aliments vendus frais, soient les viandes en portions préparées et les fruits et légumes.«Notre stratégie d\u2019expansion cible le centre de l\u2019assiette en restauration, c\u2019est-à-dire les ingrédients principaux qui sont de plus grande valeur, comme les coupes de viandes de premier choix et en commandes spécifiques», explique Gilles Lachance.Colabor étudie aussi le marché des aliments d\u2019origine ethnique et celui des aliments biologiques, toujours pour sa clientèle de milliers de restaurateurs et de détaillants indépendants.«Prenez le seul marché des aliments biologiques.C\u2019est rendu à plus de deux milliards par an au Canada et pourtant, la distribution y est encore très éparpillée.Pour les gestionnaires de restaurants et de services alimentaires, il n\u2019y a pas encore de distributeur de type «guichet unique» dans le bio qui puisse leur faciliter la tâche, comme nous le faisons pour les aliments réguliers», souligne le président de Colabor.Cela dit, Gilles Lachance insiste sur le fait que, malgré ses ambitions de croissance, Colabor n\u2019entend pas bousculer les acquisitions en négligeant ses critères d\u2019intégration et de rentabilisation rapide d\u2019un nouvel actif.De plus, les récents résultats financiers de l\u2019entreprise ont démontré que son plus gros marché \u2013 la restauration \u2013 subit les effets du ralentissement des dépenses de consommation depuis le début de l\u2019année.Conséquence: en excluant la croissance provenant d\u2019acquisitions, les ventes de Colabor au deuxième trimestre 2011 parmi ses clients comparables (depuis plus d\u2019un an) étaient en recul de 1,1% par rapport à la même période l\u2019an dernier.En contrepartie, Colabor a su s\u2019organiser pour maintenir la progression de sa marge bénéficiaire, notent favorablement des analystes.«Malgré une conjoncture difficile à court terme, l\u2019élargissement de l\u2019offre de produits et du rayon d\u2019action géographique de Colabor devrait continuer de produire des bénéfices significatifs», a commenté Léon Aghazarian, analyste chez Valeurs mobilières Industrielle Alliance.Par ailleurs, la bonne compétence attribuée à Colabor pour contrôler ses coûts et soutenir sa marge bénéficiaire est réconfortante pour ses actionnaires qui tiennent à leur dividende.Selon le cours récent de ses actions à la Bourse de Toronto, le dividende annuel de 1,08$ par action équivaut à un rendement de base de 12%.Selon Gilles Lachance, un dividende aussi élevé chez Colabor découle des attentes de ses principaux actionnaires, un groupe constitué des distributeurs régionaux qui se sont alliés au fil des ans.Du point de vue de l\u2019analyste Keith Howlett, spécialiste des détaillants et de la grande distribution chez Valeurs mobilières Desjardins, «les affaires de Colabor se renforcent et grossissent considérablement.Son dividende annuel de 1,08$ par action est soutenable considérant aussi que l\u2019entreprise bénéficiera pour quelques années des crédits d\u2019impôt pour pertes qu\u2019elle a obtenus lors de ces acquisitions.» COLABOR (GCL)** Depuis un an à la Bourse de Toronto 13,5$ 12,5$ 11,5$ 10,5$ 9,5$ 8,5$ * 4 derniers trimestres ** Au 16-09 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 35 DOSSIER Pour joindre notre journaliste : mtison@lapresse.ca L\u2019HOMME QUI TIENT Robert Deluce dans son royaume, le terminal de Porter Airlines dans l\u2019île de Toronto.36 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Tiré à quatre épingles, le grand patron de Porter Airlines arpente fièrement les élégants couloirs de son terminal, dans l\u2019île de Toronto.Robert Deluce aperçoit tout à coup un bout de papier blanc qui traîne par terre.Il ne fait ni une ni deux, se baisse furtivement et ramasse l\u2019objet incongru.L\u2019honneur est sauf, l\u2019endroit a repris son aspect impeccable.Pour Robert Deluce, le souci du détail est primordial.On ne s\u2019attaque pas à un concurrent comme Air Canada sans prêter une attention particulière aux divers aspects de l\u2019exploitation d\u2019un transporteur aérien, depuis le type d\u2019avions utilisés jusqu\u2019à la forme des chapeaux des agents de bord.«Dès le début, nous avons considéré Air Canada comme un concurrent que nous devions respecter, indique M.Deluce lors d\u2019une entrevue avec La Presse Affaires Magazine.Par le passé, nous avons été partenaires avec eux, au sein d\u2019Air Ontario.Nous connaissons donc leurs forces et leurs faiblesses.» M.Deluce et ses partenaires, comme Donald Carty, ancien chef de la direction d\u2019American Airlines, savaient qu\u2019il fallait donner au nouveau transporteur des fondations solides : le bon appareil (le Q400 de Bombardier), le contrôle d\u2019un terminal, des créneaux favorables et une très bonne capitalisation.«Il est bien fini, le temps où l\u2019on pouvait lancer une ligne aérienne avec un foulard de soie et un banquier sympathique », lance M.Deluce.La société de portefeuille dirigée par M.Deluce a acquis le terminal de l\u2019aéroport de l\u2019île de Toronto en 2005 et a entrepris de le rénover au coût de 50 millions de dollars.L\u2019édifice moderne de verre et d\u2019acier, qui remplace un petit terminal de bois datant de 1939, abrite le centre administratif de Porter.Les travaux sont presque terminés, mais divers tableaux et plaques s\u2019entassent dans le bureau de M.Deluce en attendant de trouver une place permanente sur les murs.Le président de Porter se montre particulièrement fier d\u2019une de ces plaques, qui commémore l\u2019entrée de son père, Stanley Deluce, au panthéon de l\u2019aviation du Canada en 2007.«C\u2019était un grand honneur pour toute notre famille», indique-t-il.Une petite société aérienne indépendante, Porter Airlines, résiste encore et toujours aux assauts d\u2019un transporteur établi, Air Canada.Le président de Porter, Robert Deluce, n\u2019est pas un nouveau venu dans le monde de l\u2019aviation ; il est pour ainsi dire tombé dedans quand il était petit.Il utilise maintenant toute cette expérience pour contrer l\u2019adversaire.T » Il est bien fini, le temps où l\u2019on pouvait lancer une ligne aérienne avec un foulard de soie et un banquier sympathique.\u2013 Robert Deluce TÊTE À AIR CANADA TEXTE MARIE TISON PHOTOS ALAIN ROBERGE LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 37 Si l\u2019aviation passionne Robert Deluce, c\u2019est un peu beaucoup à cause de Stanley Deluce.Pilote pour la Royal Canadian Air Force pendant la SecondeGuerre mondiale, Stanley Deluce a fondé une petite entreprise de nolisement d\u2019avions de brousse, White River Air Services, après son retour dans sa ville natale de Chapleau, dans le nord de l\u2019Ontario.Il s\u2019agissait d\u2019une affaire de famille : sa femme s\u2019est investie dès le début, ses neuf enfants ont progressivement mis la main à la pâte.Sept d\u2019entre eux ont d\u2019ailleurs obtenu un permis de pilote.Robert Deluce a littéralement appris à piloter sur les genoux de son père et d\u2019un oncle, comme bien des enfants apprennent à conduire une voiture sous la supervision de papa.«Dans un de mes premiers souvenirs, je me vois assis sur un ou deux coussins pour être en mesure de voir au dessus du tableau de bord », raconte le grand patron de Porter.Il a suivi des cours de pilotage en bonne et due forme alors qu\u2019il était à l\u2019école secondaire et a obtenu son permis de pilote à l\u2019âge de 17 ans.Robert Deluce a envisagé la médecine, mais le monde de l\u2019aviation l\u2019a rapidement rattrapé.«J\u2019ai obtenu un diplôme en science de l\u2019Université McGill, une institution qui était réputée pour son école de médecine, raconte-t-il.Après la remise des diplômes, j\u2019ai décidé de prendre une pause avant de poursuivre mes études et de travailler quelque temps dans l\u2019entreprise familiale.Mais une chose en entraînant une autre, je ne suis jamais retourné à l\u2019université.» Sous la supervision de Stanley Deluce, White River Air Services a connu une croissance impressionnante.À la fin des années 60, elle exploitait 25 appareils.L\u2019entreprise a réalisé plusieurs acquisitions dans les années 70, notamment Austin Airways en 1974, la plus ancienne société aérienne canadienne.La famille Deluce a également établi un partenariat avec les Cris de la Baie-James pour lancer Air Creebec.«Nous avons eu une bonne relation avec Billy Diamond et les Cris, se rappelle Robert Deluce.Ça nous a permis de mieux connaître le nord du Québec, la région de la baie James, les projets hydroélectriques.» Il insiste d\u2019ailleurs sur ses liens avec le Québec : une grand-mère qui vivait à Morin Heights, une enfance passée à Chapleau, plusieurs années de sa vie passée à Timmins.«La population de ces communautés était majoritairement francophone, surtout à Timmins, se rappelle-t-il.En allant vers Rouyn-Noranda, ça devenait difficile de savoir où finissait l\u2019Ontario et où commençait le Québec.» Il admet avoir oublié les quelques phrases de français apprises pendant son séjour à McGill, mais il souligne fièrement que sa fille Justine est parfaitement bilingue.En 1980, la famille a acquis une participation de 50% dans Air Ontario, qui a fini par être vendue à Air Canada.Robert Deluce a continué de s\u2019impliquer dans l\u2019industrie aérienne en prenant la direction de Canada 3000 en 1988.«J\u2019ai vendu ma participation à Canada 3000 en 1995, bien avant les attentats de septembre 2001, autant par chance que par bonne planification», commente-t-il.Canada 3000 n\u2019a pas survécu au déclin qui a suivi les événements de septembre 2001: elle a fait faillite deux mois plus tard, en novembre 2001.Robert Deluce a littéralement appris à piloter sur les genoux de son père et d\u2019un oncle, comme bien des enfants apprennent à conduire une voiture sous la supervision de papa.Porter Airlines a misé sur un seul type d\u2019appareil, le Q400 de Bombardier, pour faire concurrence à Air Canada.38 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE En 1999, Robert Deluce et ses partenaires ont cherché à établir un nouveau transporteur régional à partir des actifs qu\u2019Air Canada et Canadian songeaient à vendre dans le cadre de la fusion de leurs activités.Lorsqu\u2019il est devenu évident qu\u2019Air Canada allait conserver ses filiales régionales, M.Deluce a commencé à caresser l\u2019idée de lancer un nouveau transporteur qui serait exploité à partir de l\u2019île de Toronto.«Nous avions établi le fait qu\u2019avec le temps, voler était devenu une activité désagréable, que ce n\u2019était plus excitant, plaisant, raconte-t-il.Nous avons pensé offrir un produit basé sur la vitesse, le caractère pratique, le service, pour attirer une clientèle intéressée à quelque chose de plus raffiné.» Le choix de l\u2019appareil était important, l\u2019île de Toronto ne pouvant accueillir que des turbopropulseurs.C\u2019est à ce moment que Bombardier est entrée en scène avec le Q400.«Nous avons mis nos équipes ensemble pour voir comment ce modèle pouvait fonctionner, raconte le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin.Ç\u2019a a bien été, Robert Deluce a réussi à aller chercher des investisseurs assez rapidement.Ça nous a rassurés, parce que pour un manufacturier, il y a des risques dans ce genre d\u2019opération.» Porter Airlines a finalement pris son envol en octobre 2006.M.Beaudoin apprécie tout particulièrement l\u2019enthousiasme de M.Deluce.«C\u2019est quelqu\u2019un de positif, qui cherche des façons de faire fonctionner un concept, un projet ; c\u2019est un bon entrepreneur qui ne s\u2019arrête pas devant les obstacles, et il y en a eu quelques-uns.» On avait promis à M.Deluce un pont entre l\u2019île de Toronto et la terre ferme, distants de seulement 122 mètres.Une nouvelle administration municipale de Toronto a mis la hache dans ce projet.On a résolu le problème en mettant en service de plus gros traversiers.On s\u2019apprête maintenant à creuser un tunnel piétonnier, qui devrait relier l\u2019île à la terre ferme en juillet 2013.Des comités de citoyens se sont également élevés contre l\u2019arrivée de Porter Airlines en raison du bruit que ces nouveaux vols devaient générer.Le président de Bombardier se rappelle comment M.Deluce répliquait à ces opposants, insistant pour que les entrevues avec les médias se déroulent au centre-ville de Toronto.«Je me souviens d\u2019une entrevue en particulier, raconte M.Beaudoin en riant.Alors que le journaliste disait à quel point un Q400 était bruyant audessus de la ville, il en est passé un et le journaliste ne s\u2019en est jamais rendu compte.» Dans le bureau de Robert Deluce, un autre objet attire l\u2019attention.C\u2019est un raton laveur de plus d\u2019un mètre de haut fait entièrement de matériaux recyclés : une guitare pour le corps, une règle à mesurer pour la ceinture, des bouts de bâtons de hockey pour les rayures de la queue.C\u2019est une réplique de la mascotte officielle de Porter Airlines, Mister Porter, réalisée par les travailleurs de l\u2019usine de Havilland de Bombardier, à Toronto, qui assemble le Q400.«Le raton laveur est connu pour être tenace, un brin malicieux, mais très déterminé, affirme M.Deluce.Tous ces attributs correspondent bien à une entreprise qui a eu à se battre contre l\u2019adversité, qui a dû faire sa place sur le marché pour croître.» Il s\u2019agit également d\u2019un clin d\u2019oeil à la ville de Toronto, qui fait face à une prolifération de ratons laveurs.Mister Porter joue un rôle de premier plan dans le marketing et la publicité de Porter Airlines.«C\u2019est très intelligent, très malin, très sympathique et très symbolique de cette entreprise, commente Frédéric Metz, professeur à l\u2019École de design de l\u2019UQAM.C\u2019est un clin d\u2019oeil comique pour rendre l\u2019entreprise un peu moins sérieuse, parce que si on prend l\u2019imagerie d\u2019accueil, les hôtesses, tout ça, c\u2019est hyperefficace, clean-cut, parfait.» M.Deluce a tenu à donner un petit style rétro à Porter Airlines.L\u2019uniforme des agents de bord ressemble à ce que les hôtesses portaient dans les années 60, jusqu\u2019au petit chapeau rond à la Jackie Kennedy.«C\u2019est associé à la belle époque du début de l\u2019aviation, à la Pan Am, au plaisir de prendre l\u2019avion, un plaisir qui n\u2019existe plus du tout, sauf en première classe », note M.Metz.Robert Deluce ne se fait pas prier pour faire visiter son terminal.Coquet, il fait disparaître sa carte de sécurité lorsque le photographe fait cliqueter son appareil.Il refuse d\u2019ailleurs de révéler son âge exact, sinon pour dire, vaguement, qu\u2019il est au début de la soixantaine.Le grand patron de Porter Airlines s\u2019arrête pour parler avec des employés, mais aussi avec des clients.Lorsqu\u2019il réalise, en bavardant, qu\u2019un jeune couple en partance pour New York est en voyage de noces, il s\u2019éclipse pour avertir l\u2019équipage.Les vols de Porter Airlines n\u2019ont qu\u2019une classe, mais le président s\u2019organise pour donner aux tourtereaux les meilleurs sièges, à l\u2019avant de l\u2019appareil.«C\u2019est quelqu\u2019un qui est très proche de ses clients, commente Pierre Beaudoin.Il essaie de comprendre comment ceux-ci vivent avec son produit.» Le grand patron de Porter Airlines demeure suave, même lorsqu\u2019on parle de la venue d\u2019Air Canada dans l\u2019île de Toronto.Il souligne, malicieusement, que le transporteur national doit payer un loyer à la City Centre Terminal Corporation, la société soeur de Porter Airlines.«Ce sont de bons revenus, ça nous permet de nous diversifier», souligne-t-il.Avec près de 1300 employés et bientôt 2millions de passagers par année, Porter Airlines est aussi une affaire de famille.Deux des enfants de Robert Deluce y occupent un poste: Michael est chef de la direction commerciale alors que Jason est responsable des technologies de l\u2019information.Une nouvelle génération de Deluce prend sa place dans le monde de l\u2019aviation.» C\u2019est quelqu\u2019un de positif, qui cherche des façons de faire fonctionner un concept, un projet ; c\u2019est un bon entrepreneur qui ne s\u2019arrête pas devant les obstacles, et il y en a eu quelques-uns.\u2013 Pierre Beaudoin 1300 employés bientôt 2millions de passagers par année À l\u2019approche de Toronto, le quartier général de Porter Airlines.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 39 ANDRÉ DUBUC FINANCES PERSONNELLES Pour joindre notre journaliste : adubuc@lapresse.ca ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF MARCHÉS BOURSIERS Aubaines ou attrapes ?Avec les marchés boursiers qui ont subi une correction pendant l\u2019été, plusieurs actions canadiennes et américaines se vendent à des prix nettement plus avantageux qu\u2019il y a six mois.Il est tentant pour l\u2019investisseur de type valeur de se précipiter sur des titres de sociétés connues qui se vendent à des prix équivalents à huit fois ou moins leurs profits.Mais sont-ce vraiment des aubaines pour autant ?Qui nous dit que la communauté financière n\u2019a pas des raisons tout à fait valables pour justifier l\u2019escompte accolé à certains titres?Comment identifier les véritables aubaines par rapport à ce que Bay Street et Wall Street nomment des value traps?À la fin du mois d\u2019août, les transporteurs aériens Air Canada et Transat se vendaient respectivement à 4,5 fois et 4,9 fois leurs profits des 12 derniers mois.Yellow Media, 3 fois les profits, RIM, 3,6 fois, Transcontinental, 6,3 fois, et le fabricant de meubles et accessoires pour enfants Dorel, 6,8 fois, sont d\u2019autres exemples de titres canadiens se vendant au rabais.À titre de comparaison, l\u2019indice du TSX 60 se vendait à 13 fois les profits des 12 derniers mois au 31 juillet dernier.Le ratio cours-bénéfice est un indicateur couramment utilisé par les investisseurs de type valeur pour déterminer l\u2019abordabilité d\u2019une action.Plus le ratio est bas, moins le titre est cher.Le ratio coursbénéfice a les limites associées à sa simplicité.Par exemple, la mesure ne dit rien à l\u2019investisseur sur la pérennité des profits actuels de l\u2019entreprise qu\u2019il a dans sa ligne de mire.Donc avant d\u2019acheter, il faut se questionner.«Ce qu\u2019on veut acheter quand ce n\u2019est pas cher c\u2019est un value stock, dit Philippe Capelle, vice-président gestion de portefeuille, actions, pour Investissements Standard Life (ISL).Évidemment, on ne veut pas se faire prendre dans la trappe.Les deux ne semblent pas chers sur une base d\u2019évaluation et de prix.La différence, c\u2019est que la trappe 10 TITRES CANADIENS À DES MULTIPLES INTÉRESSANTS (PROFITS DES 12 DERNIERS MOIS) ACTIONS SYMBOLE RATIO C/B TORSTAR TS.B 2.9 BRICK BRK 3.6 AIR CANADA AC.A 4.5 RESEARCH IN MOTION RIM 4.8 DOMTAR UFS 5.3 TRANSAT TRZ.B 5 DOREL DII.B 6.8 TRANSCONTINENTAL TCL.A 8,3 MAGNA MG 8,4 BORALEX BLX 8,5 40 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE évolue dans une industrie qui est peut-être en changement séculaire.» Pour une entreprise comme Yellow Media, l\u2019avènement de l\u2019internet constitue un changement séculaire, en ce sens qu\u2019il change la donne dans son industrie.Les gens délaissent l\u2019annuaire téléphonique au profit de l\u2019internet.Or, quand vient le temps de chercher une entreprise en ligne, les gens naviguent sur Google, pas sur pagesjaunes.ca.Les prof i t s des Pages Jaunes sont passés de 528 millions ou 0,99 $ par part, en 2007, à 274 millions ou 0,53 $ par action, en 2010.Une baisse significative en un temps relativement court.« (Avec les attrapes), le passé est toujours mieux que l\u2019avenir, dit Martin Lalonde, président d\u2019Investissements Rivemont, gestionnaire de fortune privée de Gatineau.Yellow Media avait quand même de bons chiffres, mais ses chiffres sont de moins en moins bons.» Le gestionnaire de 37 ans recommande aux investisseurs de regarder le ratio cours-bénéfice sur la base des profits à venir, plutôt que ceux des 12 derniers mois.Or, même sur sur la base des profits anticipés, le prix de l\u2019action de Rona apparaît attrayante avec un ratio de 11,1.Le quincaillier québécois fait face à une concurrence accrue dans son marché avec des compétiteurs comme Lowe\u2019s e t Home Depot.Loblaw fait face à la même situation avec Walmart qui redouble d\u2019ardeur dans le secteur de l\u2019alimentation.Est-ce à dire que Rona et Loblaw sont devenues des attrapes-investisseurs ?Philippe Capelle n\u2019en est pas convaincu, mais se méfie.«Quand le marché baisse et que je veux faire des achats, je vais procéder par élimination pour retirer de ma liste les titres pour lesquels j\u2019ai des doutes.C\u2019est le cas avec Rona et Loblaw», dit le gestionnaire de portefeuille d\u2019Investissements Standard Life.Sans avoir parlé du cas spécifique de Rona, Frank Coggi n s , pro fe ss eu r de f inance à l \u2019Université de Sherbrooke, constate néanmoins que les profits anticipés des sociétés ne s\u2019ajustent pas à la même vitesse que le prix de leur action.«Certains analystes conservent des anticipations de bénéfices trop élevés dans le contexte économique difficile qu\u2019on vit en ce moment.Si on faisait l\u2019ajustement, on aurait peut-être des ratios similaires aux données historiques.» Si le professeur a raison, il faut s\u2019attendre à voir des ratios cours-bénéfice plus élevés dans les prochains mois qu\u2019ils ne le sont aujourd\u2019hui.Pour éviter les mauvaises surprises, l\u2019universitaire suggère fortement aux investisseurs d\u2019évaluer la rentabilité future des entreprises en fonction d\u2019un scénario de faible croissance économique pour les années à venir.Une autre façon d\u2019identifier les fausses aubaines consiste à vérifier si l\u2019action d\u2019une société a baissé plus fortement que le TSX ou que l\u2019indice de son secteur dans les trois derniers mois.Autre signe avant-coureur de la présence possible d\u2019un piège à investisseurs, des révisions à la baisse de profits plus fréquentes et plus marquées que pour ses pairs.Il est également suggéré de se tenir loin de sociétés qui ne connaissent peu ou pas de croissance de leur bénéfice et qui continuent d\u2019avoir un taux de dividende élevé.Le prix de leur action va stagner, voire baisser.C\u2019est le cas d\u2019une forte minorité des anciennes fiducies de revenus converties depuis en sociétés par actions.Value trap un jour, value trap toujours?Le cas de BCE donne espoir à tous les investisseurs ayant le portefeuille rempli d\u2019aubaines permanentes.Après avoir permis à Nortel de voler de ses propres ailes en mai 2000 (avant de se planter quelques mois plus tard), BCE est entrée au purgatoire jusqu\u2019en 2006.Sa stratégie de convergence connaissait des ratés.Les investisseurs s\u2019inquiétaient du succès qu\u2019obtiendrait l\u2019ancien monopole du téléphone dans le secteur plus concurrentiel du sans-fil.Aujourd\u2019hui, les craintes sont dissipées.En un an, le titre de BCE a gagné 15%, pendant que l\u2019indice TSX avançait de 5,1%.La présence d\u2019un ou de plusieurs catalyseurs explique la relance du prix de l\u2019action de BCE dont le déploiement de la fibre optique jusqu\u2019au domicile de ses clients, ce qui lui a permis d\u2019offrir à compter de 2010 la télévision IP (Internet Protocol) entièrement numérique, faisant ainsi concurrence à la télé par satellite et au câble de Vidéotron.Inversement, l\u2019absence de catalyseur constitue bien souvent la principale raison pour laquelle le prix de certaines actions fait du surplace des années durant.Pour éviter les mauvaises surprises, les investisseurs doivent évaluer la rentabilité future des entreprises en fonction d\u2019un scénario de faible croissance économique pour les années à venir.LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 41 VIN Pour joindre notre chroniqueur : vincent.marissal@lapresse.ca Début août, quelques semaines ava nt le déclenchement de la campagne électorale ontarienne, le premier ministre Dalton McGuinty a annoncé une généreuse subvention de 12 millions sur quatre ans aux producteurs de vin de sa province.La somme est importante et le moment choisi n\u2019est pas le fruit du hasard : M.McGuinty sait fort bien que l\u2019industrie vinicole ontarienne est un objet de fierté pour ses concitoyens et une importante source de revenus pour son gouvernement.Évidemment, ce traitement de faveur dont jouissent les vignerons ontariens fait l\u2019envie de leurs confrères québécois, qui se plaignent de ne pas recevoir suf fisamment d\u2019aide de l\u2019État et, surtout, de ne pas avoir accès facilement aux tablettes de la SAQ.Parmi les producteurs québécois , la quest ion revient depuis des années : Pourquoi la SAQ ne fait-elle pas plus de place aux vins québécois, comme sa cousine ontarienne, la LCBO, le fait pour les vins ontariens?Récemment dans les pages Forum de La Presse, des échanges épistolaires entre Sylvain Charlebois, vice-doyen à l\u2019Université de Guelph, Gaétan Frigon, ancien PDG de la SAQ et Léon Courville, ex-banquier devenu vigneron, ont exposé, une fois de plus, les doléances des producteurs locaux et les objections du monopole d\u2019État.On parle beaucoup, dans ce débat, de millions en aide de l\u2019État ou en retombées, ici et en Ontario ou en Colombie-Britannique, de traitement de faveur des uns et des obstacles aux autres, de disponibilité des produits en succursale ou chez les détaillants en alimentation, de tarifs préférentiels, d\u2019obligations de la SAQ devant l\u2019OMC, mais on oublie l\u2019essentiel : la qualité des vins d\u2019ici, qui n\u2019est pas, soyons honnête, au même niveau qu\u2019en Ontario ou qu\u2019en Colombie-Britannique.Le climat des meilleures régions viticoles québécoises ne sera jamais aussi favorable que celles du Niagara ou de l \u2019Okanagan.Par ailleurs, nos vignerons font preuve d\u2019une détermination admirable, mais l\u2019industrie québécoise est encore jeune (une trentaine d\u2019années), elle est encore dans une phase d\u2019expérimentation et d\u2019essais-erreurs.Plusieurs essais donnent des résultats intéressants, mais t rop d\u2019er reurs se retrouvent sur le marché parce que les producteurs n\u2019ont pas les reins assez solides pour attendre la vigne, pour apprivoiser leur terroir et pour maîtriser les subtilités de l\u2019assemblage et de l\u2019élevage.D\u2019autres multiplient les produits au détriment de la qualité ou poussent la note, demandant à leurs terres de leur donner des raisins qu\u2019elles sont incapables de produire.Cuvée modestie au Château patience Un producteur m\u2019a récemment vendu un mousseux en me prévenant que le bouchonnage de la bouteille n\u2019était pas à point .J\u2019ai conduit jusqu\u2019à Montréal en craignant que le bouchon saute, baptisant mon auto d\u2019un vin, ai-je découvert à la dégustation, beaucoup trop sucré en plus.Ce vin, clairement, n\u2019est pas au point.Parlant de bouchon qui saute, un vin de glace québécois mal élevé a fait un joli dégât dans ma cave en explosant tout seul.Bonjour la guenille ! Un autre vigneron m\u2019a vanté les mérites de sa nouvelle cuvée, invendable, selon moi et qui a fini dans l\u2019évier.J\u2019ai aussi récemment dégusté des blancs au goût\u2026 d\u2019eau, de gomme-savon et même de boule à mites.Cela ne veut pas dire qu\u2019il faut bouder les vins québécois.Cela ne veut pas dire que cette industrie n\u2019a pas d\u2019avenir, au contraire.Les meilleurs vont continuer de la tirer vers le haut, mais il faudra être patient et modeste.Et éviter de faire du Château-N\u2019importe-quoi en multipliant des expériences douteuses plutôt que de se concentrer sur ce qui fonctionne bien, notamment les vins de glace, les vendanges tardives et quelques blancs.Il faut aussi que l\u2019industrie s\u2019autodiscipline en s \u2019imposant des normes sévères.L\u2019Association des vignerons du Québec a fait un grand pas en créant un sceau de qualité, Vins certifiés du Québec, qui est apparu pour la première fois sur certaines bouteilles du millésime 2009.Nous ne sommes qu\u2019au début d\u2019une longue route, alors que les producteurs de l\u2019Ontario et de la Colombie- Britannique ont leur label VQA (Vintners Quality Alliance), une référence incontournable, depuis 1988.Il faut aussi que l\u2019industrie s\u2019autodiscipline en s\u2019imposant des normes sévères.TEXTE VINCENT MARISSAL PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT 42 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 43 Des économies qui augmentent en fonction de votre volume d\u2019expédition.Oui.www.purolator-recompenses.com Purolator offre aux petites entreprises une nouvelle façon d\u2019économiser.Dans le cadre du programme Récompenses de Purolator pour entreprises, vous pouvez économiser jusqu\u2019à 30 % sur tous vos frais d\u2019expédition*.Notre équipe spéciale de représentants pour petites entreprises se consacre à comprendre les besoins de votre entreprise et de vos clients.Plus vous expédiez, plus vous économisez.Pour apprendre comment nous pouvons aider votre entreprise, appelez l\u2019un de nos représentants pour petites entreprises au 1 888 529-9777 ou visitez le site www.purolator-recompenses.com *Visitez le site www.purolatorpourpme.com pour obtenir de plus amples détails. DOSSIER Pour joindre notre journaliste : imasse@lapresse.ca GOLF LES 18 TROUS DE YANNICK PILON LE PARCOURS DU CERF > TROU #10 PLAN YANNICK PILON ET GRAHAM & COOKE 44 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE I l pleut à verse.Mai s malg ré le vent, l\u2019eau et l\u2019orage imminent, Yannick Pilon tient à délimiter la fosse de sable de l\u2019un des trois nouveaux trous qu\u2019il a conçus au Parcours du Cerf à Longueuil.Les traits d\u2019un orangé vif serviront de point de repère pour l\u2019équipe de contremaîtres qui devra y installer une courte bordure en bois.Demain, souhaite l\u2019architecte de golf.Même s\u2019il doute que le terrain soit assez sec pour que la maind\u2019oeuvre de l\u2019entreprise NMP Golf Construction puisse se mettre au travail.I l pleut à ver se , mai s Yannick Pilon colore, regarde son tracé, s\u2019éloigne de la fosse pour voir si la ligne lui convient, puis revient pour la modifier légèrement.La pluie l\u2019importune à peine.Mieux vaut en faire le plus possible étant donné que les conditions météorologiques du début de l\u2019été, qui n\u2019ont pas fait la belle part au soleil, ont retardé le chantier d\u2019un mois.Le parcours modifié du Parcours du Cerf, sur lequel il travaille depuis 2008, devrait être ouvert au printemps 2012.Depuis 1997, Yannick Pilon conçoit et rénove des terrains de golf ; pendant 14 ans, au nom de la f irme Graham Cooke&Associates et, depuis février 2011, au nom de Yannick Pilon Golf.«J\u2019ai envie de développer de nouvelles idées et d\u2019avoir ma propre voix dans l\u2019industrie», dit-il.L\u2019architecte, qui a une formation en architecture de paysage, est d\u2019abord un golfeur assidu (handicap de 13, moyenne de 80 à 90) qui joue depuis l\u2019âge de 6 ans.C\u2019est depuis toujours une passion\u2026 à laquelle se greffe désormais un fort intérêt pour l\u2019établissement de contacts et la promotion d\u2019une nouvelle façon d\u2019aménager des terrains de golf.«Mon style d\u2019architecture s\u2019inspire de celui des architectes de l\u2019âge d\u2019or de l\u2019architecture de golf, soit de 1920 à 1940, ainsi que des parcours de golf que j\u2019ai visités au cours des dernières années en Écosse, en Irlande et aux États-Unis.» Yannick Pilon aime particulièrement ceux d\u2019Irlande et d\u2019Écosse, où la nature peut reprendre ses droits, où on n\u2019entretient pas à tout prix chaque parcelle de terrain et qui sont fréquentés par des gens de tous les âges et aux handicaps divers.«En Amérique du Nord, le golf est plus élitiste, note-t-il.Mais en Écosse, en Irlande et en Angleterre, il y a des terrains privés qui donnent accès à tous.On invite les touristes à venir y jouer.Les terrains sont superbes, mais ils nécessitent moins d\u2019entretien.On y répand moins de pesticides.Ici, on veut des terrains propres et parfaits.Beaucoup d\u2019argent est dépensé pour que ce soit vert, mais ce n\u2019est pas écologique.On pourrait mettre moins d\u2019argent pour les entretenir.« Ici, les terrains ont une certaine homogénéité dans le look et l\u2019esthétique, ajoute Yannick Pilon.Le gazon est coupé court, les fosses de sable ne sont pas très profondes, elles n\u2019ont pas toujours de TEXTE ISABELLE MASSÉ PHOTOS ANDRÉ PICHETTE Le golf, Yannick Pilon aime beaucoup.Mais pas seulement à titre de joueur.Depuis 1997, il dessine, aménage, façonne, rénove les terrains qu\u2019il foule.Description de sa profession et découverte des parcours préférés de l\u2019architecte de golf qui prône aujourd\u2019hui une façon de faire des terrains\u2026 plus verts ! Club de Golf les Bois Joly PHOTO YANNICK PILON LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 45 caractère.Et puis, des dizaines d\u2019acres sont entretenues pour rien, pour donner simplement l\u2019idée que c\u2019est bien entretenu, alors qu\u2019aux États-Unis, par exemple, on voit déjà certaines zones naturalisées.En Irlande, la végétation naturelle est très proche des surfaces de jeu.De cinq à dix personnes se consacrent à l\u2019entretien du terrain.Ici, c\u2019est au minimum dix, car les attentes sont plus élevées par rapport à la qualité du gazon.» Yannick Pilon voit qu\u2019un changement de mentalité est possible, que l\u2019attention portée aux espèces végétales, animales et aux cours d\u2019eau existants sur les lieux d\u2019un futur terrain de golf ira, par ailleurs, en grandissant.Lentement, mais sûrement.«Les gens sont de plus en plus conscients de l\u2019aspect environnemental, mais on devra notamment réglementer la quantité d\u2019eau utilisée pour l\u2019irrigation des terrains, souligne- t-il.La prise de conscience va se faire là.S\u2019il y a une limite d\u2019eau, on va la concentrer où c\u2019est nécessaire.Mais ça va prendre un changement de mentalité des golfeurs.» Ironiquement, conscientisation ne signifie pas toujours protection de ce qui a été planté il y a des décennies.La rénovation de terrains de golf provoque le choc des mentalités à plusieurs échelles, car nombreux sont ceux pour qui couper un arbre mature est un crime.Et pourtant\u2026 «Quand il y a trop d\u2019arbres, les conditions de jeu deviennent moins bonnes, explique Yannick Pilon.Mais les gens ne veulent pas qu\u2019on les enlève.Pourtant, le terrain lutte contre les racines.Il y a des parcours aux États-Unis \u2013 à Oakmont, en Pennsylvanie en particulier \u2013 où on a éliminé presque tous les arbres pour leur redonner leur parcours d\u2019origine.Les golfeurs apprécient, car le soleil assèche le terrain plus rapidement.La circulation de l\u2019air se fait mieux.L\u2019architecture du parcours est aussi mise en valeur.» Depuis 14 ans, Yannick Pilon a participé à la construction et la rénovation de quelque 30 des 350 terrains de golf du Québec.À cette liste s\u2019ajoute une signature sur des terrains en Onta rio, au Nouveau- Brunswick, en NouvelleÉcosse, et même en Italie et en Inde, bien souvent avec l\u2019aide d\u2019arpenteurs, d\u2019ingénieurs en environnement et de biologistes, parfois même avec des ingénieurs civils.Depuis quelques années, le marché est plus à la rénovation qu\u2019à la création entière de sites.«Depuis deux ou trois ans, on voit un ralentissement dans la conception, dit Yannick Pilon.On a atteint un plateau.Là, il y a un bon marché pour la rénovation.«Les terrains de golf sont des organismes vivants, poursuitil.Il faut entretenir en surface, mais aussi voir aux systèmes d\u2019irrigation, de drainage et au remplacement de certains matériaux.Par exemple, il faut mettre à jour le système d\u2019irrigation après 20-25 ans.» De 2005 à 2008, alors qu\u2019il travaillait avec Graham Cooke, l\u2019architecte s\u2019est affairé aux fosses de sable du Club de golf Islesmere de Laval, créé en 1917.«On les a toutes refaites, soit plus de 90, note-t-il.Si le fond du sol des fosses est rocailleux, les roches tendent à remonter à la surface avec les cycles gel-dégel.On doit alors ajouter certains types de matériaux au fond, comme six pouces de glaise qui agira comme un scellant.» Au Club Islesmere, l\u2019architecte s\u2019est aussi attaqué aux fosses de sable pour améliorer le défi stratégique du parcours.En visitant ces verts aujourd\u2019hui, il se réjouit de leur aspect : «Assez profondes, avec du punch, décrit-il.Leurs faces sont prononcées.Il y en a peu au Québec comme cellesci.De 2005 à 2009, j\u2019ai aussi fait des fosses au Club de golf Vallée du Richelieu, à Sainte- Julie.Elles ont un aspect rustique, sont bordées de plus d\u2019herbes naturelles.La fétuque, par exemple, donne un aspect plus rough au parcours.» Les rénovations sont aussi synonymes d\u2019aménagement de tertres de départ pour tous les calibres de joueur.C\u2019est que la renommée des pros tel Tiger Woods a mené depuis une vingtaine d\u2019années à la conception de clubs de championnat, soit de terrains allongés comportant plusieurs tertres de départ arrière.«Les pros jouent à plus de 7000- 7500 verges, explique Yannick Pilon, alors que pour les joueurs masculins, on essaie » Je connais par coeur les terrains sur lesquels j\u2019ai travaillé.Et j\u2019ai joué sur presque tous.Mais l\u2019idéal est de les analyser à froid pour les voir sous plusieurs angles différents.\u2013 Yannick Pilon x Yannick Pilon s\u2019inspire notamment de parcours de golf qu\u2019il a visités en Écosse et Irlande où la nature a presque tous les droits.c Conception de trois nouveaux trous au Parcours du Cerf de Longueuil.The Lakes Golf Club, Nouvelle-Écosse PHOTO YANNICK PILON Waterville Golf, Irlande PHOTO YANNICK PILON 46 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE de baisser la distance à 6000 verges et pour les femmes, à 5000 verges.Environ 2% de la population joue à 7000 verges et plus.Mais en matière de prestige, c\u2019est avantageux pour un club qui peut ainsi attirer les bons golfeurs et les tournois.Cela dit, la surenchère des tertres de départ arrière coûte de plus en plus cher.» Dans une industrie qui peine à séduire de nouveaux joueurs, surtout chez les jeunes générations, les coûts de l\u2019entretien des terrains sont élevés.Ils peuvent aller de 150 000$ à 1 million pendant une saison, soit du début avril à la fin octobre.Et pour la conception d\u2019un terrain?«De quelques dizaines de milliers de dollars à quelques millions, quand ceux-ci sont dessinés par des pros.Car on se fie à eux pour attirer les regards », affirme Yannick Pilon.« Les propriétaires seront bientôt obligés de réduire leurs dépenses, estime Michel Lafrenière, chef de la direction de l\u2019Association des directeurs généraux des clubs de golf du Québec.Ce n\u2019est pas un temps facile pour eux.Il n\u2019y a pas de relève et il y a trop de terrains pour le nombre de joueurs.Ceux-ci préfèrent acheter un nombre de parties donné et se promener d\u2019un terrain à un autre plutôt que de devenir membres d\u2019un seul terrain.» Au Québec, ils sont moins d\u2019une dizaine à pratiquer la profession d\u2019architecte de golf.Outre Yannick Pilon Golf et Graham Cooke&Associates, i l y a not amment CSP Archi tec tes paysagi s tes , Huxham Gol f Design et Inspiration Golf.Pendant l\u2019été, au moment même où Yannick P ilon veillait aux dernières retouches des verts tout frais du golf du Parcours du Cerf à Longueuil, il s\u2019occupait d\u2019un autre terrain de la Rive-Sud, à Saint-Lambert.De plus, il y a plusieurs semaines, il a déposé un plan de rénovation de 3 millions de dollars pour un terrain de Sept-Îles.«C\u2019est un visionnaire, dit Michel Lafrenière.Il pense aux golfeurs en général, pour qu\u2019ils s\u2019amusent.Ce qui est rare.Il ne mettra pas cinq trappes de sable par trou.Parce que si le golfeur n\u2019a pas de plaisir, il ne reviendra plus.» Chaque fois, Yannick Pilon peut fouler jusqu\u2019à 50 fois le terrain sur lequel il travaille.«Je connais par coeur les terrains sur lesquels j\u2019ai travaillé, dit-il.Et j\u2019ai joué sur presque tous.Mais l\u2019idéal est de les analyser à froid pour les voir sous plusieurs angles différents.» Par temps ensoleillé comme par temps pluvieux.LE PLUS BEAU TERRAIN DE GOLF DU QUÉBEC Yannick Pilon a marché ou joué sur 250 terrains de golf, ici comme ailleurs.Le plus beau du Québec, selon lui ?Le club de golf Mont-Bruno à Saint-Bruno-de- Montarville, sur la Rive-Sud.«À cause de son design.Parce que les verts ont des formes très intéressantes.Et au club house, il y a une ambiance qu\u2019on ne retrouve pas ailleurs.On peut y voir plusieurs trous.» Il a été aménagé en 1918 par l\u2019Écossais Willie Park Jr.«On lui doit aussi le Club de golf Royal Québec, le Club de golf Islesmere à Laval et Le club Laval-sur-le-Lac, énumère Yannick Pilon.Ces quatre terrains sont mes préférés pour leur beauté et pour y jouer.» En 2010, Mont-Bruno se trouvait au 72e rang des plus beaux parcours de golf du Canada, selon Scoregolf.com.Club de golf Islesmere de Laval PHOTO YANNICK PILON STATISTIQUES POUR LE QUÉBEC Nombre de terrains de golf Entre 350 et 375 Nombre de joueurs Entre 975 000 et 1 million Nombre de rondes de golf annuels 10 millions (dont plus de 10% sont des tournois d\u2019entreprises, d\u2019associations ou de fondations).Dépenses annuelles d\u2019exploitation des clubs (entretien, salaire) 375millions$ Investissements annuels des clubs (ajouts, nouveau chalet) 200 millions$ Retombées économiques (dépenses des golfeurs) 750millions$ Revenu familial moyen des joueurs 40% font plus de 80 000$ (Sources : Association des terrains de golf du Québec et Association des directeurs généraux des clubs de golf du Québec).Club de golf Islesmere de Laval PHOTO YANNICK PILON LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 47 MODE Pour joindre notre journaliste : elsavecchi@videotron.ca Messieurs, si vous vous intéressez un tant soit peu à la mode, sachez que l\u2019accessoire n\u2019a plus rien.d\u2019accessoire.Il est même devenu essentiel.Que serait votre fameux complet sans ceinture, sans sac, sans foulard, sans chapeau ou sans noeud papillon ?Nous vous proposons un tour d\u2019horizon surprenant des incontournables de la rentrée, vus par deux spécialistes de la mode masculine : Philippe Dubuc, créateur renommé, et Michel Brisson, propriétaire de boutiques pour hommes.« Il ne faut pas avoir peur des accessoires, ce sont eux qui donnent de la personnalité à une silhouette.Les Québécois, à l\u2019exemple des Européens, l\u2019ont bien compris.Ils en consomment de plus en plus », explique Philippe Dubuc.Si, longtemps, la femme a semblé avoir le monopole des accessoires, cette période est bel et bien révolue.Les défilés le prouvent un peu plus chaque saison ! « Regardez ce foulard en grosses mailles, ou ce grand sac en cuir brut : eh bien, les deux conviendraient parfaitement à une femme », dit Michel Brisson.Tiens donc, la mode seraitelle si bien conceptualisée que les accessoires s\u2019affichent de plus en plus unisexes ?« Si l\u2019accessoire est par vocation esthétique, il doit mettre en valeur son aspect pratique au service de l\u2019intelligence artificielle », affirme notre créateur de mode.C\u2019est ainsi qu\u2019en cette rentrée, les sacs pour hommes prennent des allures d\u2019étuis à iPad, les gants sont dotés de doigts rétractables pour pouvoir texter ou téléphoner à l\u2019envi.Bref, ces accessoires up to date doivent épouser les exigences des progrès technologiques.\u0003Les incontournables Il est temps de répondre à la question que soulèvent tous les vrais curieux : quels sont donc les incontournables de la rentrée ?La cravate reste un accessoire indémodable.À choisir étroite de préférence.Cravate naturellement talonnée par.le noeud papillon, une option intéressante et dont il est urgent de dépoussiérer l\u2019image un brin surannée.Non, le noeud papillon n\u2019est pas réservé qu\u2019aux mariages et aux autres occasions très formelles.Oui, nettement oui, le noeud pap est tendance ! Poursuivons avec les cache-cou et écharpes en tout genre.Pour Michel Brisson, propriétaire de boutiques pour hommes, « cette saison, comme la précédente, est marquée par la maille (petite ou grosse) et les foulards n\u2019échappent pas à cette tendance dominante ».Qu\u2019ils soient en angora, en pashmina ou encore en cachemire, le truc est de les superposer pour donner l\u2019impression d\u2019une sorte de fausse lourdeur.Autre option entérinée par Philippe Dubuc, les écharpes se transforment en capuches, en gilets ou en foulards-pochettes.TEXTE ELSA VECCHI PHOTO ALAIN ROBERGE [ 3 ] [ 1 ] [ 2 ] ACCESSOIRES ESSENTIELS Le créateur québécois poursuit d\u2019année en année sa recherche ludique sur les multiples possibilités de cet accessoire lorsqu\u2019il ne fait pas partie intégrante du vêtement.Au rayon des indémodables, on retrouve inévitablement la ceinture.Ici, toutes les options se présentent, de fine et chic à large pour un look plus rock.Mais attention, Philippe Dubuc est allé jusqu\u2019à imaginer le paréo-ceinture.« C\u2019est une sorte d\u2019hybride à porter sur un pantalon étroit ou un jean, avec par-dessus une veste et, aux pieds, de grosses bottines », explique-t-il.Une silhouette assurément « néo-punk ».Restons à hauteur de talons pour constater que nos deux spécialistes votent à quatre mains pour le port des bottines et des grosses bottes, à savoir le hit annoncé de la saison dans tous les défilés.Adaptables, elles se portent aussi bien de façon décontractée qu\u2019avec un costard très habillé.Du côté des couvre-chefs, « le chapeau en feutre est l\u2019un des accessoires les plus en vue de la rentrée », note Michel Brisson, qui sillonne sans cesse le monde à l\u2019affût de tout ce qui fait bouger la mode.Un conseil de pro ?« Choisir ce chapeau dans les tons de noir ou de gris, un peu mou, pour pouvoir de surcroît le glisser dans sa valise sans l\u2019abîmer.» Pour sa part, Philippe Dubuc préconise la casquette à visière, en feutre également.Enfin, et la question reste délicate aussi pour le segment masculin d\u2019une clientèle mode : que peut-on porter au bras sans risquer le ridicule ou l\u2019étiquette d\u2019ultraconventionnel ?Heureusement, la palette est large : des sacs conçus pour accueillir ordinateur et iPad, d\u2019autres vastes sacs en cuir brut ou, à l\u2019inverse, très légers, sans oublier ces modèles qui peuvent se porter en bandoulière ou dans le dos.Polyvalent, le sac de la rentrée ?Certainement.Quant aux bijoux \u2013 colliers et bracelets, notamment \u2013, ils poursuivent sur leur lancée.« La gourmette \u2013 à porter côté montre \u2013 demeure le must.Rien de plus viril ! », lance Philippe Dubuc, dont l\u2019avis fera certainement débat.Un homme peut sans problème se passer de joaillerie, mais dans n\u2019importe quelle boutique de choix, il découvrira que les accessoires sont des essentiels de mode.[ 4 ] [ 5 ] [ 6 ] [ 7 ] [ 8 ] [ 9 ] d [ 10 ] Accessoires en vente dans les boutiques Michel Brisson 3 v Écharpe en alpaga \u2013 Faliero Sarti : 385$ 4 v Sac en cuir brun \u2013 Giorgio Brato : 995$ 8 v Chapeaux en feutre \u2013 Reinhard Plank : 275$ 9 v Noeud papillon en soie \u2013 Etro : 100$ Accessoires en vente à la boutique Philippe Dubuc 1 v Bottines en cuir noir \u2013 Premiata : 600$ 2 v Collier en cuir et argent \u2013 GOTI : 280$ 5 v Bottines en cuir noir \u2013 Premiata : 560$ 6 v Bottines en cuir taupe \u2013 Officine Creative : 240$ 7 v Bottines en cuir \u2013 Pantanetti : 370$ 10 \u2013 Sac en coton avec enduit hydrofuge \u2013 QWSTION : 280$ LA PRESSE AFFAIRES MAGAZINE 49 RUDY LE COURS AU BOUT DU COMPTE Pour joindre notre journaliste : rlecours@lapresse.ca ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF Il y a 30 ans, le Québec est entré dans sa Grande Récession.Elle était exacerbée par des institutions financières affaiblies, par des finances publiques dont le gouvernement devait douloureusement retrouver la maîtrise et par l\u2019effondrement de la construction résidentielle.Elle allait culminer avec un taux de chômage de 15,5%, en août 1982, et se résorber en bonne partie grâce à un consensus multipartite qui pourrait inspirer les États-Unis ces temps-ci, s\u2019ils ne traversaient pas une crise de leadership.Court flash-back sur ce drame collectif.Il a commencé aux États-Unis quand le président de la Réserve fédérale américaine Paul Volcker a décidé de juguler l\u2019inf lation une fois pour toutes en portant son taux directeur à quelque 20%.Chez nous, l\u2019inf lation galope alors à 12 %.Pour la mater, la Banque du Canada imite la Fed et provoque une récession qui touchera le Québec tout particulièrement.Emprunter devient prohibitif, même pour les institutions financières.Parmi celles du Québec, plusieurs sont f ragi les.La toute nouvelle Banque Nationale, née de la fusion malaisée en 1979 de la Banque Provinciale et de la Banque Canadienne Nationale, rappel le ses prêts dès le premier défaut.Comme la BN est la banque de la PME francophone, les faillites s\u2019accumulent.La Fédération des caisses d\u2019entraide, très présentes en région, est quasiment en banqueroute.Il faudra l\u2019intervention expresse de Québec pour organiser son redressement avec le minimum de dégâts.Les rentrées fiscales baissent à vue d\u2019oeil.La construction résidentielle est paralysée.Qui désire s\u2019offrir des taux hypothécaires de plus de 20%?C\u2019est dans ce contexte que le gouvernement de René Lévesque convoque patronat et syndicats à un sommet économique, en avril 1982.La situation est tendue, mais une certaine volonté des parties de sortir du marasme donnera lieu à quelques belles initiatives.Ainsi, pour la PME, le plan Biron favorisera l\u2019accès au crédit.Corvée-Habitation est cependant la plus originale.Pour relancer le bâtiment résidentiel, la FTQ Construction, qui domine l\u2019industrie, et l\u2019Association provinciale des constructeu rs d \u2019habit at ions du Québec conviennent d\u2019une cot isat ion employeurs - employés basée sur le nombre d\u2019heures travaillées.L\u2019objectif est de limiter, pendant trois ans, les taux d\u2019intérêt hypothécaires à 13,5% pour les acheteurs de logements neufs.Il s\u2019agit d\u2019un faible taux réel comparable à ceux d\u2019aujourd\u2019hui.Plusieurs municipalités offrent de leur côté une subvention à l\u2019achat tandis que Montréal lance l\u2019Opération 20 000 logements à même sa banque de terrains.Les institutions financières sont incitées à prêter grâce à des garanties assurées par Québec qui coordonne toute l\u2019initiative encadrée par une loi.On a estimé à 57 000 le nombre d\u2019emplois directs en trois ans reliés à Corvée- Habitat ion.Sans doute beaucoup plus quand on additionne l\u2019activité générée en forêt, en usine et en transport pour approvisionner les chantiers.Ses détracteurs soutiennent encore aujourd\u2019hui qu\u2019on aura dépensé de l\u2019argent pour devancer de la demande.Chose certaine, l\u2019économie n\u2019a pas rechuté après coup.Relancer une économie après une crise financière ne se fait pas tout seul.Les intervenants doivent parvenir à se concerter pour y arriver tout en s\u2019occupant de leurs propres difficultés.Québec a dû ainsi adopter un budget spécial grinçant, impopulaire, mais courageux tout en lançant Corvée-Habitation.La capacité de dégager un consensus manque cruellement aux États-Unis, auj ou rd \u2019hui .Cinq ans après l\u2019éclatement de la bulle immobilière, le prix médian des maisons neuves ne s\u2019est pas redressé, les mises en chantier restent à des creux historiques tout comme les permis de bâtir ou les transactions sur le marché de la revente.Pourtant, il existe une demande latente, celle des premiers acheteurs.Ils retardent leur mise en ménage, faute d\u2019emploi ou de capacité d\u2019emprunt aux conditions exigées par les banques.À Washington, la partisannerie et le dogmatisme idéologique réduisent à néant toute ébauche d\u2019un plan consensuel centré sur la relance du marché de l\u2019habitation, de sa demande refoulée et sur l\u2019octroi responsable de prêts hypothécaires.Un tel plan exige aussi la participation des promoteurs immobiliers, des travailleurs de la construction et des municipalités.C \u2019e s t u ne C or v é e - Habitation dont les États- Unis ont besoin pour asseoir les fondations d\u2019une reprise durable.Mais existe-t-il seulement une volonté collective de la réaliser?Et si les États-Unis s\u2019inspiraient du modèle québécois ?50 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE 51 À ciel ouvert Ogilvy Renault s\u2019est joint au Groupe Norton Rose 2600 avocats 5 continents 1vision nortonrose.com 52 LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE Comment un nuage peut-il aider mon entrepriseàmieux collaborer?Avec les solutions d\u2019affaires du nuage de Bell, plusieurs personnes peuvent collaborer au même document, peu importe où elles se trouvent.Avec autant de gens travaillant sur les mêmes documents, la consolidation du travail est plus efficace et plus rapide.Découvrez comment les solutions d\u2019affaires du nuage de Bell peuvent aider votre entreprise à bell.ca/nuage."]
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