Le bulletin des agriculteurs /, 1 mars 1944, mercredi 1 mars 1944
MONTR EA L-MAR S 191 ! 2 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1944 BRAVANT LES TEMPETES et le froid terrible de l'hiver russe, les armées de Stalin ont victorieusement poussé leur offensive.Les Slaves et la neige font bon ménage, et la fabrication de leurs véhicules automobiles a prévu qu'ils doivent souvent fonctionner par un froid polaire.Chargés de soldats et de munitions de toutes sortes, des camions-4 roues fabriqués au Canada font partie intégrante de cette offensive.Les techniciens de la Sté Ford ont trouvé cent moyens de les adapter à la température arctique—chaufferettes et maints autres appareils qui assurent l'efficience du véhicule à -10° au-dessous de zéro, et plus bas encore.Pendant les hivers rigoureux du Nord manitobain, ces camions ont été soumis à d'impitoyables épreuves afin de démontrer qu'ils démarreraient promptement et fonctionneraient parfaitement dès leur arrivée en Russie.FOBD MOTOR Cl Leur moteur, et celui de tous les autres véhicules militaires Ford (fabriqués au Canada) qui sont utilisés dans les pays les plus lointains, est le moteur V-8 Ford.Conçu et perfectionné avant la guerre par les techniciens de la Sté Ford, ses performances avaient établi un nouveau, standard pour les automobiles, les camions, les autobus de notre paisible Dominion.11 s'est toujours distingué par cette puissance et cette souplesse que seul peut produire l'agencement en V de huit cylindres.Aujourd'hui, son efficience et son caractère économique sont prouvés à nouveau dans l'infernal creuset de la guerre, tandis qu'à l'arrière, il continue d'aider au transport des denrées et des fournitures essentielles.Pendant la paix comme durant la guerre, le moteur V-8 Ford a donc fait ses preuves.Dans les steppes glacés comme sur les routes du Canada—ce moteur est incomparable.CANADA, IIMSÏII DE TOUTES LES SOCIETES DE FABRICATION DE VEHICULES MILITAIRES, DANS L'EMPIRE BRITANNIQUE, LA STE FORD EST LA PLUS IMPORTANTE. Mars 1944 Le Bulletin des Agriculteurs 3 ce .MO!S-ci;:iiiS§ MARS 1944 Vol.XL No 3 ROMANS ET NOUVELLES LE PERE BOUGONNEUX .CLAUDE-HENRI GRIGNON 6 LE DON DE SON COEUR .PIERRE LAVAUR 8 Première partie d'un grand roman sentimental où l'aventure ajoute à l'intensité de l'émotion et qui a pour cadre les paysages enchanteurs de la Méditerranée.LA TACHE OBSCURE .REINE MALOUIN 12 5 7 10 ARTICLES A TOI, MON CHER HABITANT .ABBE ARTHUR MAHEUX CHRONIQUE DE QUEBEC .GASTON CHAMPAGNE L'ILE AUX COUDRES.GABRIELLE ROY Dans sa tournée de la province de Quebec, Gabricllc Roy s'arrête avec vous à la charmante Ile aux Coudrcs dons le pays de Charlevoix.VINGT ANS DE PROGRES .J.B.ROY 14 LE CLIMAT ET LE SOL EN CULTURE MARAICHERE BRUNO LANDRY 15 NOS PATURAGES .OMER ALLARD 17 LES PATURAGES EN AVICULTURE .ROLAND LESPERANCE 22 NOUVEAU PLAN POUR LES PERMIS D'ABATTAGE.J.B.ROY 25 A NOS COLONS.28 LA SANTE DES ANIMAUX .30 PRIX DU MARCHE .32 VOTRE DOMAINE, MADAME VERITES .ALICE BER 47 PATRONS.49 LES SECRETS DE LA COUTURE .YVONNE CLOUTIER 50 CHOIX CONSTAMMENT RENOUVELE .CLAUDE PAYSAN 52 SAC A OUVRAGE .SIMONE D'ALENCON 53 LA GOURMANDISE TUE .DR ADRIEN PLOUFFE 54 CHALE DE TETE .LISE PRINTEMPS 55 PLATS MAIGRES A BON MARCHE .BERTHE MIREPOIX 56 POUR LES JEUNES.58 ONESIME .ALBERT CHARTIER 59 LE COURRIER D'ALICE BER .60 DEMANDES DE NOS ABONNES.62 Deux tasses à café à côté d'un cendrier d'onyx rempli de cigarettes à demi-consumées.Traces évidentes d'un tête à tête prolongé.La femme et son meilleur ami.Et voilà "L'Alerte" angoissante et déchirante.Roman signé: René Le Franc.* ?La situation que l'on trouve n'est pas toujours ce que l'on cherche .mais elle peut toutefois apporter le bonheur."Monsieur Le Maire", de la plus belle encre de Jeanne Allard, a ainsi vécu une histoire des plus cocasses.„ ?Un jour .je naviguerai".Tel est le titre du prochain reportage de Gabricllc Roy qui raconte comment la petite rivière St-François, l'un des villages les plus isolés de la rive nord, est devenu un nid de voyageurs, de mariniers, de caboteurs et le petit port le plus pitorresque de la province.Quelles sont les possibilités de l'insémination artificielle des vaches laitières dans la province de Québec?La méthode a beaucoup d'avantages mais il faut étudier plusieurs facteurs à la lumière des résultats obtenus aux Etats-Unis et au Canada.Tel est le sujet que discutera J.B.Roy.Les coopératives agricoles sont définitivement implantées dans notre économie rurale.Quelle est leur importance dans l'agriculture du Royaume du Saguenay?Voilà ce que démontrera le reportage de François Fleury .le mois prochain.Travaillant sans débrider, les gréeurs des chantiers de construction trouvent dans I'ASPIRIN un sédatif presque instantané.Les échafaudages qu'on doit ériger aujourd'hui sont à la fois immenses et innombrables: il faut etayer les gtues de chevalement, embarquer un pesant matériel, monter d'énormes canons .Les gréeurs n'ont pas le temps d'être immobilisés par une fièvre ou un coryza.Dès les premiers symptômes d'un rhume, ils prennent de l'Aspirin — qui les sou- lage en vitesse et à coup sûr.Ne vous laissez pas déprimer par la courbature ou les malaises du rhume —ayez de 1'ASPIRIN sous la main."Aspirin" est la marque de la Cic Baver, Ltéc.Si la "croix" Bayer i?c fiçure pas sur chaque comprimé, ce n'est pas de l'Aspirin.Fabrication canadienne.POURQUOI L'ASPIP.IN AGIT-ELLE SI VITE?Jeter un comprimé d'Aspirifl dans un verre d'eau.Il commence immédiatement à se désagréger.En 2 secondes, il est prêt à avoir raison de la douleur.I.e même phénomène se produit dans l'estomac .soulagement presque INSTANTANE.Moins de le le comprimé dans le flacon économique ASPIRIN LE BULLETIN DES AGRICULTEURS Fondé en 1918 UN MAGAZINE MENSUEL publié pour les familles rurales.Ln CompaKnic rie Publication Rurale Inc.détient do» droits réservés sur le Bulletin dos Agriculteurs.Ces droit» reserved interdisent, a moins d'nutorisntion spéciale, toute reproduction totale ou partielle de ce uui y est publia.R.SOULAUD G.MOISAN Chef de la rédaction Gérant de In publicité ABONNEMENT: Canada et Grande-BrctiiKne, 10 cents In copie, $1.00 pour un an.$1.50 pour 2 ans.$2.00 pour 3 ans, payables J'avance.Ile de Montréal et pays étrangers.$1,26 pour un an, Î2.00 pour 2 ans, $2.75 pour 3 nns, pnyables d'avance.Le» renouvellement» doivent être i tone.du nom et des mêmes initiales apparaissant sur la bande d'udresHe.afin de prévenir lu duplication.Les abonnés, en dounnnt leur changement d'adresse, devront aussi mentionner leur adresse précédente et l'adressa du nouveau burenu de poste.LA COMPAGNIE DE PUBLICATION RURALE INCORPOREE 1117 ouest, rue Stc-Cathcrinc, Montréal 4 Le Bulletin des Agriculteurs Murs 1944 1.J'ai une belle-maman qui est très acceptable, cependant, il arrive parfois qu'elle se mêle de dire son mot dans la manière d'élever notre petit.Robert.Ça ne me fait rien qu'elle nous croit un peu portés a gâter l'enfant, mon mari et moi, mais lorsqu'elle a parlé de "petits rubans", je trouvai qu'elle allait un peu loin.2.Impatientée par cette remarque, je lui dis: "Préféreriez-vous que nous négligions ce bébé?" "Loin de lâ", reprit belle-maman."Mais ce sont tous ces petits soins gpéciuux que je trouve inutiles et susceptibles même de gaspiller l'enfant—vous avez jusqu'à un laxatif spécial! Qui a jamais entendu parler d'une chose pareille!" 3."Pourquoi pas?", répliquai-je.".Votre médecin dit que les bébés ont besoin d'attentions spéciales—qu'on ne doit pas les traiter comme des adultes parce que leur organisme est beaucoup trop délicat et exposé a se déranger.C'est pourquoi je donne un laxatif s/itcinl â Robert—le Castoria!" 4."Car, voyez-vous", continuai-je en m'animant, "le Castoria est un laxatif préparé spécialement pour les enfants, depuis le berceau jusqu'à 10 ans.11 est bénin, sûr mais efficace—ne contenant aucune drogue susceptible de causer des coliques ou déranger l'estomac".5."Notre pharmacien aussi recommande le Castoria.Il me conseille de toujours en avoir à la maison, surtout durant les périodes où les rhumes sont fréquents et où on peut avoir plus grand besoin d'un bon laxatif.J'achète la grosse bouteille de famille, plus économique".Comme le savent fort bien les membres de la profession médicale, le sené, le principal ingrédient du Castoria, jouit depuis longtemps d'une excellente réputation en médecine.Il est reconnu que le sené produit surtout, son effet dans le gros intestin et qu'il dérange rarement l'appétit ou la digestion.Mien dose, il facilite l'élimination et n'occasionne presque jamais de coliques ou d'irritation.-1 6.Et lorsque plus tard, je donnai du Castoria il Robert, je dis il belle-maman d'observer comment l'enfant acceptait son laxatif.Quand elle le vit lécher la cuiller, elle déclara: "Cela suffît pour me convaincre .vous ne m'entendrez plus parler de petits rubans pour ce gaillard!" CASTORIA A Lo laxatif SUR préparé oxcluoivomont pour les onfant* DES SOCIETES D'AGRICULTURE FORMEES DE CERCLES AGRICOLES (Septième article) Lo répartition des octrois Par J.B.RCY E mécanisme de la répartition des octrois aux sociétés d'agriculture et aux cercles agricoles est assez peu compris des membres.Même les directeurs n'en saisissent pas toujours bien le rouage.La volumineuse correspondance qui s'échange chaque année à ce sujet entre les intéressés et le représentant du ministère de l'Agriculture, en est la preuve.Il faut avouer que la division des souscriptions est une question assez complexe.Pour la bien comprendre il faut en faire une étude plus que sommaire.Une simple lecture de U loi pose plusieurs points d'interrogation.Mieux vaut en appliquer les données il des exemples pratiques.Liquidons d'abord la question de la répartition des octrois dans les cercles agricoles.L'allocation accordée dans ce cas par le ministère de l'Agriculture est de 50 sous par membre, à condition que le cercle compte au moins 25 membres qui aient souscrit un minimum total de $30.00 L'allocation versée à un cercle est de §25.00 au minimum, et de $50.00 au maximum.Exemples: Les cercles agricoles qui comptent de 25 à 50 membres ont donc droit à l'octroi minimum de $25.00.Ceux qui ont 100 membres et plus touchent le maximum de l'octroi, soit $50.Pour les cercles qui possèdent de 50 à 100 membres, l'allocation varie.On en détermine la somme totale en faisant le calcul à 50 sous par membre.Un cercle de 00 membres reçoit $30.(G0 x .50), un autre de 00 membres touche $45.(90 x .50).Ce qu'il faut bien retenir c'est que le ministère ne verse pas moins de $25.à un cercle et jamais plus de $50.00.Passons maintenant à la répartition des octrois ou allocations dans les sociétés d'agriculture.Pour les sociétés d'agriculture formées de cercles agricoles, le paragraphe suivant de la loi du 29 mai 1912 s'applique: "Pour la fin du calcul de l'allocation annuelle à la société, le montant total des souscriptions versées aux cercles par les membres est considéré comme payé à la société." Pour toutes les sociétés d'agriculture, dans la répartition des allocations, il faut tenir compte de l'article 03 de l'ancienne loi.Il se lit comme suit: "Chaque société d'agriculture de comté a droit à une allocation annuelle, sur le trésor, égal à deux fois le montant souscrit et payé par ses membres.Lorsqu'un membre souscrit plus de deux dollars, le surplus des deux dollars ne peut entrer en li^nc de compte dans le calcul de la subvention.Une somme annuelle de cent mille dollars est affectée, à même le fonds consolidé du revenu, au paiement de cette allocation." Il découle de la loi le principe suivant: Toute société d'agriculture a droit à une allocation de $(iyc .">8) 10 L e Bulletin des A g r i cull e u r s Mars 19-14 Par GABRIELLE ROY lie mystérieuse, charmante, ancienne et difficile où, chaque hiver, se joue le même drame inexorable.P a OU H aller des côtes (le Charles voix à l'Ile aux Coudrcs, il n'y a, aux passages les plus favorables, que cinq ou six milles de traversée.Mais ce bras du fleuve, l'hiver, offre des difficultés terribles (le navigation.Le gel prend de bonne heure sur les rives de l'île; au large, par les temps les plus froids, 1" chenal reste ouvert.Le voyage à la Haie Saint-Paul ou aux Eboulements devient alors pour les insulaires une aventure fantastique et pittoresque.Des hommes attelés à de minces canots partent sur In glace d'un pas agile et sûr.Ils se délestent de leur fardeau lorsqu'ils arrivent aux espaces navigables, entrent dans les canots.Maintenant ils rament.Un peu plus loin, sur une surface gelée, ils traînent de nouveau les canots.Enfin ils ai rivent aux cotes de Charlevoix, ti-r.mt ces esquifs légers qui volent derrière eux en faisant poudrer la neige des banquises.Les femmes au fond de l'embarcation n'ont pas bougé durant les péripéties de la traversée; tirées par des mains fortes, elles se soulèvent maintenant sous l'amas de fourrures qui les couvre.A la fin du même jour, la nuit parfois, sous le ciel constellé qui éclaire les diverses étapes de ce bizarre voyage, les cours d'eau violemment agités, les étendues brillantes et lisses qui semblent quelque patinoire offerte aux aurores boréales, la petite expédition avec ses falots, ses ombres tenaces, remonte vers l'île.Il est des insulaires qui ont entrepris cette traversée tant et tant de fois qu'elle a cessé de les étonner et même de leur paraître difficile.Ce sont des marchands, des gens chargés d'affaires pressantes, des jeunes filles, de jeunes hommes qui aiment cette sensation enivrante de glisser en canots sur la neige durcie, cl, surtout, le courrier de l'île.(Celui-là détient probablement le service de poste le plus dur de la province.) Pour les autres, ils refusent de bouger de leur île dès que la glace u pris sur ses bords.Ils entrent dans l'hiver un peu comme si c'était dans le passé qu'ils retournaient.Et ainsi il se trouve que cette petite Ile aux Coudres, si près de la terre ferme que, du quai de la Raie Saint-Paul on distinguo le toit de ses maisons, en sera cependant toujours affreusement éloignée.Ainsi s'explique cetto rare qualité de silence, de mystère, d'angoisse qu'on y trouve.Je devais, réfugiée à l'hôtel de la Roche-Pleureuse qui est situé sur une élévation recevant toute la plainte des vagues, entendre un soir cet appel profond et triste de l'île.Cette douleur des îles déchirées d'un continent et qui, selon le poète Mathew Arnold, appellent dans la nuit les côtes familières où elles étaient soudées autrefois, dans les ténèbres des époques révolues.Mais l'Ile aux Coudres marque aussi ce caractère d'indépendance farouebe propre aux endroits qu'ont ravagé l'ennui et les années difficiles.Cette indépendance l'a conduite à patiemment extraire du sol les éléments les plus nécessaires à sa vie et à travailler si durement que bientôt elle possédait un excès des biens de la terre.Et il est arrivé pou à peu cette chose remarquable: la petite île devenait, aussi utile aux villages de la terre ferme qu'à elle-même.Puis ce marché ne suffisant pas à l'écoulement de leurs produits, les insulaires bâtirent des goélettes qui montèrent à Québec, chargées des pommes de l'île, des prunes de l'île, des tubercules de l'île.L'île se reliait au monde extérieur moins par besoin que par un surplus de richesse.Durant l'automne (pie je passai dans le pays de Charlevoix, c'était de l'île au quai des Eboulements un va-et-vient continuel et plein d'allant; en dehors du traversior qui assure le service régulier, on voyait, chaque jour, venir deux ou trois petits navires de bornage; l'île vendait, exportait, trafiquait, achetait aussi comme un irros fermier pressé d'en finir.11 n'y avait rien dans cette belle animation, sauf peut-être la bâte dans laquelle se concluaient les marchés, qui laissaient pressentir cette angoisse de l'île quand s'annonce l'hiver.Aussi, lorsqu'on me décrivit les voyages on canots, à travers les glaces flottantes et sur la neige, je crus d'abord à un récit exagéré.Mais bientôt un instinct m'avertit de toutes les misères que l'île subit, la méchante saison venue.Ile fertile, plantureuse — et infiniment trompeuse ! • * * Ce n'était pas encore l'hiver lorsque je pris le traversior qui va do la Raie Saint-Paul au quai Saint-Bernard, sur le littoral sud de l'île, amis c'était bien un soir tragique, essouflé de plaintes, tel que l'automne avancé en emmène sur les côtes do Charlevoix.Le petit bâtiment à moteur, sous un ciel lourd et brumeux, approchait de l'Ile aux Coudres.Dans l'unique cabine, j'étais avec des femmes de l'île, revenant delà Raie, toutes chargées de menus paquets, un peu chavirées de ce voyage peu long mais harassant.Un falot pendu an plafond de la cabine y jetait une lumière douteuse.Nos haleines tout autour formaient une buée épaisse.L'Ile aux Coudres depuis longtemps apparaissait toute proche; dès en partant, on avait distingué ses rivages plats qui atteignent à l'extrême pointe de la côte sud une élévation assez marquée; niais pour y accoster nous louvoyions sans fin entre les battures, Ce petit bâtiment, comme un camion, avait l'habitude de déposer au plus près possible de leurs demeures les effets commandés par les insulaires et, à cette fin, faisait un ou deux arrêts avant de gagner le quai de Saint-Bernard.Mais ce soir, contrarié par la marée basse, il menaçait d'échouer dans son entêtement à trouver une voie vers la grève.Puis mon étonnemont de le voir s'engager en eau si peu profonde céda à une surprise plus grande encore.Sortant de l'obscurité, des charrettes venaient vers nous uu trot de petits chevaux qui hennissaient de frayeur avant de s'aventurer dans l'eau.C'étaient de ces petites charrettes à deux roues et à ridelles, communes au pays de Charlevoix.Elles bondissaient sur les bancs de sable et bientôt entraient dans le fleuve jusqu'aux essieux.La nuit descendait.Elle n'accusait plus que des silhouettes montées sur ces petits véhicules brinquebalants; et or.entendait à travers l'embrun des voix claires qui, (le ci de là, du bateau, des charrettes, se répondaient.Enfin les voitures se rangèrent auprès du traversior.On hissa de la cale des sacs de farine, des sacs de moulée, des sacs de sel, et ou les laissa clioir dans la nuit vers ces bras qui se tendaient des charrettes à demi enfoncées dans l'eau.L'île s'était effacée dans les ténbrcs.Les femmes émettaient de temps en temps un mot d'impatience: — On va se faire prendre comme faut par la nuit! Une espèce de plainte des temps anciens.Comme un écho de la misère des femmes d'autrefois qui remontait à leurs lèvres.Puis, dans l'ombre, je sentais leur regavd posé sur moi avec insistance.Qui étais-je?Ce n'était plus la saison du tourisme.Qu'allais-je faire dans l'île V Des étrangers, on n'en voit pas souvent l'automne, presque à la veille de l'hiver.Etnis-jc la parente qu'attendait madame Voisin?Ou bien une envolée du gouvernement peut-être, Man 1944 L e Bull e t i n d e s A » r i c u 11 e n r s 11 comme celle qui était venue le mois dernier donner dos cours d'art culinaire?Non, ce n'était pas eeia non plus.Je voyais à leur hochement de tête qu'elles rejetaient telle hypothèse, s'apprêtaient à en considérer une autre.Les bateliers pendant ce temps avaient accompli leur besogne et les charrettes s'éloignaient, sautillant aveuglément dans les trous d'eau, sur les batlures qui se trouvaient devant elles.Je me rappelle encore quelques lumières hésitantes qui nous accueillirent au quai, une bruine où les femmes, tout de suite en mettant pied sur le débarcadère, prenaient des formes irréelles, vile estompées; une longue attente dans la petite maison où se tient le bureau de poste et où le courrier apportant la malle prend les voyageurs pour l'hôtel et d'autres points de l'île.Puis j'étais dans une automobile, je filais sur une route obscure et, de temps en temps, quelque vision fugitive sortait de la nuit: un calvaire avec ses bras de bois ruisselants de pluie; une petite chapelle de crépi blanc qui soudain brillait, puis regagnait l'ombre des arbres; les ailes arrêtées d'un vieux moulin à vent; et enfin, une longue grève déserte où venaient se déposer les algues marines; des images telles qu'on en trouve entre le sommeil et la réalité quand on cherche en soi des choses tristes et cependant sans amertume.Te me souviens d'une odeur mouillée, si mouillée qu'elle semblait retenir l'humidité de nuits et de nuits de pluie, de l'éclat des phares sut des vieilles maisons anciennes telles qu'on a rêvé un jour de s'y arrêter, surtout lorsqu'il fait froid et que le vent est âpre.Et puis la route monta.Des lueurs scintillèrent au sommet d'une élévation.Il devait bien y avoir douze lampes à l'huile qui s'efforçaient de répandre un peu de clarté dans ces grandes salles désertes de l'hôtel.L'escalier menait à un couloir (pie remplissait la plainte du vent.La chambre était ancienne, avec des boiseries sombres, et la mer toute proche y jetait incessamment le grand bruit des vagues.11 y a des pays qui nous laissent ainsi au premier contact une impression de douleur qui est peut-être leur vérité profonde.* • * Au matin, j'eus cependant de la peine à me persuader que j'étais toujours au même endroit.Ce n'était pas que l'île se montrât particulièrement accueillante.L'automne lui avait arraché ces fruits, ce feuillage touffu qui doivent lui donner, l'été, l'aspect d'un jardin.Mais quelle jolie aisance terrienne d'une pointe à l'autre! La route que j'avais suivie la veille découvrait maintenant un paysage plu- Dcmondcz-lui ce qu'il oime le mieux ou monde, il vous dira que c'est son ilc verte, paisible, où chaque jour de labeur a été éclairé de confiance.'Photo de l'Office du Tourisme) tôt plat, un peu âpre, avec quoique chose qui sentait le froid et aussi l'abondance de provisions partout assurées.Des maisons apparaissaient, frileuses après le premier gel; sur leur galerie, cherchant à se garder du frimas, on voyait des dindes rangées connue au tir d'une fête foraine, des troupeaux gras et nombreux; dans les cours, le soleil captait le reflet des mares à canards; et il y avait encore îles oies dodues qui pateaugeaient dans les flaques; et, partout, ces cages à renards, ces petites niches sur lesquelles se tiennent les bêtes captives, raidies, attentives: un spectacle familier s'il en est un au .pays de Charlevoix.La route entrait dans l'intérieur et soudain on apercevait de grands espaces de terre, des sillons ininterrompus qui s'en allaient vers des boqueteaux bien fournis.Et ainsi, de temps en temps, entre les labours et les vergers qui fermaient l'horizon, on arrivait à ne plus se croire dans une île.Puis on retrouvait le déferlement des vagues et ces beaux troupeaux laitiers de l'île, blanc et rouille, qui se profilent contre la mer.Une vision singulière, faite de mélancolie maritime et de sécurité terrienne.Quelque chose qui rappelle la verte Normandie avec ses pommiers couchés par le vent, ses champs labourés qui vont jusqu'aux dunes, ses fermes où gémit la rafale et cependant toutes tièdes, toutes bien pourvues dans ces closeaux qui trouvent la mer an bout de leurs clôtures.L'île se montrait plus grande (pie je ne l'aurais cru, mesurant bien vingt -et-un milles de ceinture, et, surtout, pins habitée, mieux organisée qu'elle ne le paraissait d'abord, avec ses deux paroisses, Saint-Louis, la plus ancienne, et Saint-Bernard-sur-mer, sa coopérative, ses deux services de traverse, ses deux quais (le déchargement, et encore d'autres petits, groupements de maisons qui paraissaient marquer des hameaux indépendants.En aucun endroit, ces maisons formaient-elles ur village qui parût fort important, mais disséminées, mais échelonnées sur tout le parcours do la route, elles donnaient à l'île entière un aspect habité, espacé, et de bien-être, et de lente tranquillité, C'était au quai Saint-Louis seulement qu'il y avait de l'animation ce matin-là.Et c'était d'ailleurs là que l'île offrait son plus joli spectacle.De tous les coins arrivaient des charrettes, ces petites voitures bondissantes où le conducteur se tient debout, merveilleusement en équilibre malgré les cahots, des fardiers et des camions.L'île était presque entièrement occupée ce matin à livrer ses produits.11 y avait quatre bâtiments dans l'anse qui, en des voyages précédents avaient pris la première récolte des vergers: excellentes prunes damas et rcines-claude, délicieuses petites cerises-de France.Un mille gallons de prunes était parti de ce petit, port au mois de septembre.Maintenant les sloops s'emplissaient des produits de l'automne avancé.C'étaient de ces pommes île terre dont la vente a rapporté cette année aux deux cents familles de l'île la somme de $80,000; de ces pommes savoureuses et: lisses, Macintosh, melba, fameuse!;, que le vont du large a frottées et refrottées tant qu'elles éclatent de robustesse, et que la coopérative de l'île a liquidé avec un profit de $12,0(10 à $l!j,000.Il y avait encore des peaux de renard commandées par des marchands juifs qui, la veille, avaient fait la tournée de l'île et évalué le prix des fourrures; des oies grasses et des sacs de légumes; des dindes et des caisses de fruits.L'air se montrait froid et piquant; les bateliers se hâtaient, de prendre les ballots, les caisses, les baricauts que déchargeaient les camionneurs ou qui se trouvaient déjà sur le quai.Aux matelots se mêlaient des fermiers (pic leurs affaires emmenaient ce matin aux Eboulcments ou à Québec.Leur petite valise (le carton noire à la main, endimanchés, ils étaient arrivés tôt et montraient cet air soucieux des gens pour qui le voyage reste tin événement d'importance.Des femmes se trouvaient dans la cabine du traversier auprès d'un poêle de fonte qui rougeoyait.Assises sur de longs bancs de bois, leurs paquets sur leurs genoux, elles causaient sérieusement jles contretemps, des ennuis ou des maladies, qui les obligeaient à entreprendre le voyage.On sentait, chez ces gens la hâte, la vieille habitude de régler toutes ies affaires sérieuses avant l'hiver, la bonne humeur de ceux qui escomptent de beaux profits, mais surtout cette réticence paysanne qui craint de la montrer trop ouvertement.Elles s'entretenaient donc, les femmes de l'île, recevant sur leurs joues hâlées la chaleur du poêle, des déboires survenus, pendant l'année, du prix excessif du charbon, des ennuis qu'elles avaient eus avec leurs moutons et encore des fruits qui s'étaient gâtés; aucune ne soufflait mol des (lire la suite à lu page 43) i • Une des petites chapelles blanches servant de reposoir o la Fête-Dieu.Au vond, l'église Saint-Louis, la plus ancienne de l'ilc.(Photo de l'Office du Tourisme) De temps en temps entre les champs et les vergers qui ferment l'horizon, on arrive o ne plus se croire dans une ilc.(Photo de l'Office du Tourisme) 12 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 194+ aaONK! Tlonk! — Tante Juliette, c'est moi.Hélène! Honk! .Monk! .Une femme brune, encore jeune et jolie, parut dans l'encadrement d'une porte-fenêtre qui donnait sur une large véranda aux colonnes recouvertes de branches grimpantes dont les petites feuilles d'un vert tendre n'étaient pas encore entièrement défroissées.— Qui est-ce qui m'arrive! s'exclama la jeune femme.Hélène, quelle surprise! Elle descendit rapidement les quelques marches du perron et tendit les bras à l'arrivante qui l'embrassa avec chaleur.— Comment, tante, vous ne m'attendiez pas?— Evidemment non, ma petite fille, mais tu n'en es pas moins la bienvenue.Entre vite, Julien va s'occuper de tes bagages et garer ton auto.— Vous n'avez donc pas reçu la lettre de maman ?— Aucune lettre, aucun message, si laconique soit-il.Mais je te reçois, toi ma belle, bien vivante, et crois-moi ça vaut beaucoup mieux.— Vous êtes bien gentille, tante Juliette, pourtant .si vous saviez .je vy^ns .pour longtemps .fit Hélène gênée.— Alors, tant mieux, s'écria tante Juliette, c'est un peu plus de bonheur en perspective.Tu ne t'imagines tout de même pas que je vais m'en plaindre ?— Comme vous êtes bonne et accueillante .Tante Juliette perçut tout à coup ce (p.;'il y avait de las et de mélancolique dans cette belle voix de contralto.Elle regarda anxieusement sa nièce, grande, svelte, un peu trop mince dans ses vêtements sportifs de bonne coupe, de beaux cheveux châtains, abondants, bouclés, qui s'échappaient comme malgré eux du mouchoir multicolore qui enserrait la tête fine de la jeune fille.Elle vit surtout les deux cernes sombres, tragiques, sous les yeux: des yeux noirs immenses et lumineux qui semblaient des rayons de soleil faisant un trou dans un orage.— Tu es venue seule?— Oui, maman préparc son départ pour notre chalet de Rockliffc, papa travaille toujours, avec un acharnement qui me fait peur, et Guy n'est pas encore de retour de Kingston.— Tu es partie depuis longtemps?— Depuis deux jours.Papa m'a laissé ma voiture pour tout l'été.J'ai couché à Montréal hier, chez une amie de couvent.— J'ai peur de l'hôtel quand je suis seule.— Il était à peine huit heures, ce matin, je repartais.Et me voilà! A ce moment, une vieille bonne entrait portant le courrier.— Madame, le l'acteur vient de passer.— Donnez, Anna.Tiens, celte enveloppe grise, ce doit être la lettre de ta mère, Hélène.S.-:?.: - ¦":3>ls> Par REINE MALOUIN — C'est bien elle, je la reconnais.Je vais vous laisser, tante.Si vous me permettez, je vais aller secouer toute cette poussière pendant que maman va vous dire le pourquoi de mon escapade.— Bien, ma chérie.Anna, reconnaissez-vous Hélène, la fille de mon ft ère Raymond, le beau bébé que vous avez bercé autrefois ?¦—Mademoiselle Hélène! c'est vous?Je ne vous aurais pas reconnue.Comme vous êtes devenue grande et jolie! — Embrasse-moi, ma vieille Anna, le bébé a grandi mais il pourrait bien encore pleurer pour le seul plaisir d'être bercé par toi.— Anna, dit tante Juliette, conduisez mademoiselle dans la chambre bleue.Julien va vous monter ses bagages, disposez tout au goût de celte enfant.— Bien madame.— A tout à l'heure, m» tante, et merci.— A tout à l'heure, ma chérie, installe-toi comme si lu étais dans ta propre maison.En regardant sortir la jeune fille, elle se disait: un rayon de soleil, cette enfant! Et maintenant, voyons un peu ce que m'annonce ma chère belle-soeur.Ottawa, le 2:! mai l'.i 11.Ma chèi c Juliette, Allume tes yeux noirs afin de me lire jusqu'au bout et prépare ton grand coeur pour une pieuse charité, car je t'arrive en solliciteuse.Eh! oui, moi, Pauline Le Sage, épouse du plus célèbre avocat d'Ottawa, la femme la plus adulée, la plus connue des grands milieux sociaux, je viens supplier tante Juliette, cette bonne et paisible campagnarde qui vit tranquille dans ses montagnes, de venir à notre secours.Voici.Depuis deux mois, mon Hélène me donne des inquiétudes, elle me semble un véritable point d'interrogation.Tu sais que je ne suis pas psychologue.Prise constamment par mes activités sociales, j'ai bien peu de temps pour scruter les physionomies.C'est ainsi qu'un soir, Raymond audit: — Pauline, est-ce que tu ne remarques pas que ta fille s'achemine vers une dépression nerveuse, grave?J'ouvris de grands yeux.Assurément non, je n'avais pas remarqué! Dès lors, je me mis à l'observer, et.et- effet, je constatai ses fatigues, ses efforts constants lorsqu'il s'agit de sourire, de s'habiller, de sortir.ses tempes plu« pâles, et surtout, cet air d'extrême lassitude lorsqu'elle ne se croit plus observée.Tu sais que les nécessités de la vie ont fait du moi une mondaine, mais tu peux me croire, j'aime profondément mes enfants.Href, j'eus peur.J appelai donc un médecin.11 diagnostiqua un peu d'anémie, ordonna un changement d'air, beaucoup de repos, pas de veilles, ni de danse, ni de tennis, en un mot, aucun exercice violent.Alors, chère soeur, que veux-tu (pie je devienne durant tout cet été, dans Un chalet toujours en ebullition mondaine, avec une grande fille réduite au repos complet et qui peut à peine remuer?Là, c'est encore son père qui a trouvé la meilleure solution.— Je ne vois que ma soeur Juliette, a-t-il dit, qui pourrait se charger de cette petite fille, la soigner, la comprendre et l'aimer tout à la fois.A cette proposition, Hélène s'anima et lui répondit qu'elle irait bien volontiers chez tante Juliette.Kl le voyage fut conclu.Donc, amie de toujours, je t'expédie cette énigme.J'adore cette belle jeune fille qui est mon enfant, mais je la comprends mal, elle est d'une essence plus raffinée que la mienne, elle ressemble à son père.Et bien que je la sente plus près de lui que de moi, j" n'en suis pas jalouse.Hélène, avec ses airs de penseur, ses goûts d'un autre âge, me paraît une anomalie, niais à loi, qui a toujours eu une tendance marquée pour l'analyse, tu arriveras, j'en suis sûre, à déchiffrer cette enfant d'une autre génération, et qui, sous ses vêtements modernes, dernier cri, ressemble à une ancêtre au frais visage, comme les effigies que nous voyons dans les cadres dorés suspendus au mur de ton salon.Dis, ma chère Juliette, tu veux bien recevoir ma fille?Je la confie à ton amitié et à ta psychologie! certaine que tu me la rendras guérie et heureuse.Je t'embrasse affectueusement, et Raymond et moi te disons merci avec tout notre coeur reconnaissant.Ton frère et ta soeur, Raymond et Pauline Le Sage.* * * Tante Juliette replia la lettre en souriant, fille pensa: pauvre Pauline, toujours la même! Au couvent, lorsqu'un problème l'embarrassait, elle avait recours à ma patience.J'expliquais en parlant mathématiques, elle Elle conduisait sa voilure à assez bonne allure, l'esprit capté par le mystère profond de la forât.m'écoutait à peine, et la solution trouvée, elle recopiait mes chiffres sans comprendre.Le temps ne l'a pas changée.Son problème, aujourd'hui, c'est sa fille, cette petite Hélène, exacte réplique de mon frère Raymond.Comme lui, elle possède d'aboi d un coeur et un cerveau.Et sa mère avec sa tête farcie de mondanités et son pauvre coeur d'oiseau, ne sait que crier connue autrefois: — Juliette, arrange-moi ça, veux-tu ?" Tante Juliette soupira".Délicat et troublant problème qu'une âme de jeune fille.peiisa-t-elle .d'une jeune fille comme Hélène, surtout .Enfin, attendons, nous verrons bien.mais j'ai idée que, cette fois, ma science des mathématiques ne me sera d'aucune utilité.Cette enfant me parait n'avoir besoin que de repos, d'affection et de compréhension.Une heure plus tard, tante Juliette trouva Hélène vêtue d'une longue robe d'intérieur, étendue mollement sur un divan, l'air si fatigué qu'elle se fit tout de suite très gaie pour lui dire: — Hélène, sais-tu ce que je viens te proposer ?— Mais non, tante.— Que ce soir, nous dinions dans ta chambre, toutes les deux, comme deux amies.Tu n'aurais lias à t'habiller.puis nous pourrions causer tranquillement, sans te fatiguer davantage.Cela te va-t-il?— Certes, oui, je me sens si lasse! — Alors, entendu, Anna nous servira ici.En attendant, repose-toi, ne pense à rien, ou plutôt, pense que nous avons devant nous de beaux jours tranquilles et dorés de soleil.— Tante, gémit Hélène, papa a raison lorsqu'il assure que vous êtes l'incarnation même de la Bonté.— Je t'aime, ma petite fille, et je veux que tu sois heureuse près de moi.— Merci, je suis bien .Hélène ferma les yeux, et il sembla à tante Juliette qu'une ombre mystérieuse prenait dans ses bras cette enfant au regard tourmenté.+ * * L'horloge ancienne laisse tomber ses huit gouttes de cristal dans l'urne vaste du temps.Le grand silence de la maison écoute la vie frémissante du dehors.Les oiseaux gazouillent, affairés, piaillcurs; les poules picorent et crétcllent; le parfum des lilas et des muguets monte du parterre, généreusement, comme line délicate politesse à l'adresse de la jolie dormeuse.Mais non, Hélène ne dort pas.Elle rêve, elle îcstc là, sans remuer, blottie dans un bienfaisant engourdissement, elle regarde les atomes'qui dansent leur farandole dans la flaque de soleil, et elle pense que ces infiniment petils ressemblent étrangement à ses pensées. Mars'1944 Le Bulletin Agriculteurs 13 Dans ce gratia calme, tout chagrin, toute angoisse sont abolis.Est-il possible que huit join's à peine se soient écoulés depuis le soir où elle a dit à sa tante, combien, durant des mois, elle avait lutté, elle avait vécu avec une finie triste, déçue, instable?Est-il possible que ce soit soit hier qu'elle ait déversé dans un autre coeur, si pareil au sien, le dégoût qu'elle a des batailles sociales modernes, qui sont sans pitié pour les humains; qu'elle ait dit l'irritation, la rancoeur découvertes à tout instant dans cette masse intelligente qu'est le monde, et qui, parce qu'il vit trop bien et trop intensément, es) sans résignation et souvent sans idéal, sans paix, sans espérance?Est-il possible que ce soit elle, si paisible tout à coup, qui ait passé des mois entiers, avec des sens subtils, exacerbés, avec un esprit bandé jusqu'à la souffrance ?A quoi doit-elle attribuer cette détente subite de tout son être physique et moral?Au confort de cette chambre claire?Non, puisque chez son père, la vie matérielle possède le maximum du raffinement.A la confidence faite à si tante?Pas davantage, puisque tout ceci, elle l'avait dit aussi à son père et qu'elle n'en avait pas été soulagée.Son bien-être, sa paix, elle les doit à cette modeste et grande chose conçue dans l'amour: l'enfantement de la terre! Oui, ces grands champs largos et beaux, alignés avec ordre, ont quelque chose de simple et d'éternel, ils sont une leçon d'équilibre, de discipline spirituelle, de stabilité morale.Leur influence est pacifiante, leur voisinage salutaire, et tous ces arbres, ces brins d'herbe, ces fleurs, ces fruits, toutes ces choses vivantes et silencieuses, humbles et puissantes, infusent dans l'âme de qui sait les voit et les écouter, le véritable sens de la vie.Je ne suis plus ni inquiète, ni troublée, pense Hélène, parce que j'ai compris la leçon de la terre.Où (pie je vive, maintenant, je saurai que pour être heureuse, je déviai maîtriser mes caprices, me tracer des sillons bien droits, y semer des grains d'idéal de qualité supérieure, arracher sans me lasser les herbes mauvaises qui tenteraient d'étouffer la bonne tige, je saurai que, pour s'épanouir, la fleur du coeur a besoin de soleil et que la rosée des larmes la rafraîchit, la fortifie et.la fait grandir.— Merci, mon Dieu, de m'avoir apaisée! pense Hélène, qui se sent régénérée par la grâce et le charme de l'heure.I.a jeune fille se lève, va vers la fenêtre ouverte par où se glisse la chaude lumière du printemps.La fraîcheur du matin charrie de fines odeurs qui s'attachent aux choses et les pénè-tient.Le ciel pur chante, exulte! Tout n'est que couleurs, sève, joie, promesses.La vie éblouissante est comme gorgée d'espoirs.Hélène, devant cette splendeur matinale et champêtre, se met tranquillement à genoux, et toutes les vérités douloureuses de son âme sont couvertes par la musicalité de l'hymne magnifique de la nature et par la prière.* » « Depuis son arrivée, Hélène, seule dans sa petite voiture, avait parcouru les environs de Dalcncour.Tante Juliette, comprenant le besoin qu'elle avait de s'évader, de se perdre dans l'immense et claire solitude de la campagne, avait prétexté divers travaux pour n'avoir pas à la suivre.Juin arrivait avec ses débauches de fleurs! La nature en beauté semblait une jeune mariée qui enjolive le berceau où elle déposera bientôt le fruit de son amour et de sa joie.Ce matin, des effluves vivifiants passent dans la bris;.Au loin, la montagne semble frissonner sous une caresse invisible, elle se fait attirante, si tentatrice, qu'Hélène se dirige de son côté.Elle conduisait sa voiture à assez bonne allure, l'esprit capté par le mystère profond de la forêt.Elle arrivait, lorsqu'à un tournant brusque, elle tomba sur un terrain fortement détrempé.L'auto dérapa.Elle appliqua les freins, mais l'auto plongea tout doucement son nez dans le fossé.Le choc ne fut pas trop violent, le fossé n'étant heureusement pas très profond, mais la voiture était enlisée.— Bon, me voilà fraîche, dit Hélène à haute voix.Comment vais-je faire pour sortir d'ici?Et personne dans les environs?.Si, il y avait quelques travailleurs au champ.Elle s'apprêtait à aller chercher du secours, lorsqu'elle vit un grand gaillard qui accourait.— Aucun mal, mademoiselle, s'ill-forina.-t-il anxieux, en se découvrant?- Je me suis peut-être heurté le bras un peu fort, mais je n'ai rien de cassé, c'est le principal.— Ah! tant mieux! fit-il soulagé.— Aussi, a-t-on idée de laisser un chemin dans un état pareil .I.e jeune homme s'inclina.— Je vous demande mille pardons, mademoiselle.Hélène surprise, regarda cet homme vêtu comme un paysan, qui lui parlait comme un homme du meilleur monde et qui, sous sa vareuse, avait l'air d'un grand seigneur.Grandeur moyenne mais bien découpé.Etait-il beau ?Elle l'ignorait.Tout de suite elle fut prise par le regard bleu, profond, intelligent: une nuit bleue étineelante d'étoiles, pensa-t-clle .— Et pourquoi me demandez-vous pardon, monsieur, vous n'êtes pas responsable ?— Si, mademoiselle.Cette route passe sur ma propriété, je me dois donc de l'entretenir.Personne ne vient jamais dans cette solitude, quoi que ce soit peut-être le plus joli coin de tout Dalcncour, et ce rude chemin n'a pas l'habitude de recevoir d'aussi gracieuse visite.Si j'avais su qu'une exquise princesse daignerait s'y aventurer, croyez bien, mademoiselle, que je l'aurais, pour le moins jonché de fleurs.Hélène sourit.— Vous vous moquez de moi mais il n'en est pas moins vrai que je ne sais comment me tirer de cette sale ornière.— Nous allons y voir.Je vous en prie, il ne faut en vouloir à personne, c'est la faute de ma montagne qui a pleuré.— Ah! .— Une de ses sources qui, depuis quelques temps, avait des •olléités de révolte, décida un jour de ne plus suivre la route tracée.Enfant légère et imprudente, elle bondit vers un sentier qui lui parut celui de la liberté, et elle finit par venir s'échouer ici.dans la boue.— D'où il faut conclure, repartit Hélène, que la licence conduit aux catastrophes.Et que va-t-on faire à cette indisciplinée?— Rassurez-vous, nous l'avons déjà remise dans le droit chemin.Toutefois, pour guérir sa blessure, j'ai dû remonter à l'origine du mal.Un gros caillou obstruait son cours régulier, et l'eau, trop retenue, finit par démolir le léger rempart de terre et produire un affaissement de terrain.— Les choses sont donc comme les gens, monsieur?Lorsque la vie se hoirie constamment au même obstacle, elle laisse accumuler aussi une trop grande réserve de désirs.N'ar-rive-t-il pas, alors, que le coeur rongé, affaibli, ne peut plus contenir ht niasse trop lourde et que, comme la petite source, il s'affole, et s'échappe par la moindre fissure faite au courage?Hélène baissa la tête songeuse.Le jeune homme, étonné de trouver tant île philosophie dans cette jeune tête, regardait gravement cette enfant peu banale.Les petites snobinettes modernes qu'il avait fréquentées à la ville m l'avaient pas habitué à tant de sérieux.— C'est vrai, mademoiselle, tout dans la nature ressemble aux hommes: les bontés comme les méchancetés.Pourtant si la nature est constamment empreinte de cette menace de douleur et de destruction qui atteint toute chose comme tout être humain, elle possède aussi de fameuses receltes de lion sens et d'équilibre .— Et le gros bon sens, pour l'instant, monsieur, fit Hélène en riant, ne croyez-vous pas que ce serait d'aller chercher de l'aide et de remettre ma voiture sur la route?— Je vois quo vous êtes pour le moins une femme pratique.Kxcusez-moi, je cours chercher mes camarades.Et que ferez-vous en attendant ?— Vous venez de dire «pie je suis une femme pratique, en voici la preuve.Voyez, j'ai un livre, un coussin, une couverture, je vais m'instnllcr sur le bord du talus, et croyez-moi, il na m'en faut pas plus pour être heureuse.— Je regrette de n'être pas plus hospitalier et de n'avoir à vous offrir cpte le manteau sombre de nia montagne, le chapeau de dentelle vert do cet arbre, qui vous protégera tout de même un peu contre les enveloppements trop chauds et indiscrets du soleil.— .Monsieur le poète, pourquoi parlez-vous comme un niait re ?Ne «lirait -on pas que le monde vous appartient?II me semble bien, pourtant, que vous êtes encore beaucoup trop jeune pour posséder la terre.11 la regarda en riant.— Vous avez raison.Un seul sentiment donne au coeur cette sensation de posséder l'univers en soi: c'est ra-motir.A défaut de cela, on se contente d'un coin de terre.Pouf mon jeune âge, j'ai vraiment assez de deux cochons et tie trois poules, n'est-ce pas ?— Amplement! Mais l'espoir est permis, vous savez, et il n'est pas défendu île progresser avec l'âge.Le jeune homme salua Hélène bien installée sous son arbre.Celle-ci le regarda s'éloigner.Perplexe, elle se di manda : — Qui est-il ?Une heure ne s'était pas "coulée li: Voilà un gros point d'interrogation.On ne possède aucune indication de la formule (pie le gouvernement adoptera.Il faut se rappeler que le contrôle sur les prix oussins mélange: l'rolile/.de cette olïre avantageuse.Agents demandés: Pour vendte nos poussins dans chaque comté.Demande/, notre liste de prix pour garantie.10 iwiusslns gratis avec toute commande de chaque 100 poussins et plus, reçue et payei.entier d'ici au 30 m: rs.nous donnerons 10 iwussins Gratis.SPECIAL tin dép&t de I0r,'.est tout ce qui est nScctviire pour votre commande.Nous ferons la livraison vers la date demandée.N'oubliez |>as de mentionner un second choix.Pour toute commande moins que le 100, ajoutez le.par poussin en plus des pris marqués sur cette liste.A r i c ii I t c il r s Mars 1 Wilfrid Lefebvre 2025 rue AMHERST MONTREAL POUSSINS D'UN JOUR Poussins de première qualité "EXTRA PROFIT" poussins sont tie racfs pures, vifîourcuxci plcinsde vttalitfi, provenant de troupeaux ayant subi l'épreuve du rame, étant reconnus i>our ta ponte de gros oeuf»de 1M à 'M onces la douzaine.Grosses Lcgliorn Blanches.Plymouth Rock Barré.New Hampshire Rouie.Plymouth Rock ïîlanc.Khode Island Rouge.Leghorn Brune.New Hampshire Rouge * Rocfc Minorque Noire x Leghorn lîtai Poulettes Mélangés Garanties Cochets Le loo 90'.:;, Poulettes !•¦ pu Le 100 $12.50 KM.00 s 4.00 11.00 25.00 8.00 iri.oo ïfi.OO 8.00 17.00 27.00 10.(VI 18.00 :.".i oo 9.00 18.00 :i2.oo 0.00 17 00 27.00 9.00 11.00 30.00 G.00 yo';;, Poulettes Mélanges Cochets Le HKi Le 100 Le loo si 1.00 20 00 s 8.00 Surplus de poussins, races assorties, notre choix.Ajoutez le il." itoussin imiir commande de moms rte 100 ixiussins.Commandes :"l bonne heure pour éviter tout désappointement.Un déjiôl dcl0% est tout ce qui est nécessaire isiur placer votre commande et la balance payable sur livraison, mais vous pouvez payer en entier si vous le désirez a lin d'éviter les frais de collection du C.O.l).du chemin tic fer.En donnant votre commande de poussins, veuillez donc nous spécifier un second choix.Si au moment de l'expédition nous n'avons pas loute la quantité dans les races demandées, nous compléterons avec des poussins de «rosses races de même valeur afin «le vous donner satisfaction.Demande/, notre Liste de Prix pour au très races .Informations et fia ran tie.Livraison vers la date demandée.2261, rue Visitation - Montreal B.BARRETTE ^fed ^€fUHt€fl& peuvent avoir besoin d'emprunter plus que d'habitude Les récoltes tic 1943, que l'on a soigneusement engrangées, sont à la disposition d'un monde en guerre.En 1944, il y aura une énorme demande mondiale de produits alimentaires.S'il vous faut emprunter plus que d'habitude pour produire plus de denrées que d'habitude—grandes cultures, produits de l'élevage et de l'industrie laitière,—n'hésitez pas a en parler au gérant de la succursale la plus rapprochée.BANQUE BE MONTREAL FONDEE EN 1817 A 2091" Prix du Marché PRIX DU BEURRE au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement le \'o i pasteurisé.No 2 pasteurisa No :i pasteurisé.février 35 34 33 11! lévrier :i.ri :n 33 10 février : 34 33 20 février .'15 34 33 la livre la livie la livre PRIX DU FROMAGE au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement I ; Illanc no 1.Blanc no 2, Illanc no il.février 20»,' mit m?; 12 février 20'{ 20 If I9K 10 février 2»; 20 U Ï9H 20 février 20«{ la livre 20!4' la livre J'iJi la livre PRIX DES OEUFS au cours des périodes hebdomadaires closes respectivement I EXPEDITIONS TRIEES 3 février 10 février 17 février 21 février A-Kros.36 35k 35!-i 3sh A-moyens.33—33K 33 33 33 A-poulettes.27—27! 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G?, paquet* do «Traînes cl notre calalovue de cadeau irralis hi ALLEN NOUVEAUTBS Dept.11.A.St-Znrhnrle.Qui. 42 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1944- «Comment soulager les DOULEURS FEMININES "PERIODIQUES" et vous fortifier contre elles! Si vomi souffrez de crampes, de maux de tète, de maux de dos, si vous êtes fatiguée, faible, épuisée, m vous touffrex de nervosité, Md Irrégularités", de mélancolie —— causés p.ir le» désordre» fono tionnéli périodiques — commencez dès maintenant — prenez le Compose Lydia li.Pinkham — il est f.iii $péeialetneni (tour tes femmes, .e Composé l'inldiam aille ptiis>.immen( à combattre cet ét.tt en raison tic son effet adoucissant »i»r l'un des organes Ivs plus important* de la ferme.Pris régulièrement — il voit» aide à combattre ces symptôme».C'est aussi un excellent tonique stomachique! 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vous ne savez pas combien je vous suis attaché et moi-même j'ignorais jusqu'à présent tout ce que vous êtes p< ur moi.Votre image, votre nom sont gravés dans mon coeur, mêlés à tentes les fibres de mon être.Vous êtes mon soleil, ma lumière, le rayon même de 111:1 vie!.Ne pleure/, plus, je vous en supplie; mon existence vous appartient et mon amour qui est immense vaincra tout, surmontera tout, triomphera tic tous les obstacles et vous fera renaître au bonheur.Tombé à genoux à ses pieds, Gérard pressait contre son visage les deux mains de la jeune femme en levant vers elle des yeux pleins d'adoration.Elle le releva doucement et lui sourit à travers ses larmes.— Gérard, mon ami, dit-elle, je n'ai pas le droit de vous écouter maintenant.Mon coeur de mère souffre trop pour cela.— Oui, je sais et je comprends.Pardonnez-moi.Je n'ai pas été capable de cacher plus longtemps les sentiments que j'éprouve pour vous mais que jamais encore je n'avais osé vous exprimer.Et lui abandonnant encore ses mains.Christiane plongeait ses yeux dans les siens, comme dans un abîme du tendresse.Plusieurs détonations lointaines firent à ce moment dévier leurs regards vers la nier, d'où elles provenaient.— Ce n'est rien, tlit Gérard.Un croiseur qui se livre à des exercices de tir.Il regarda le navire d'où s'élevaient de petits nuages blancs de fumée et contempla les quelques voiles familières qui parsemaient la baie des Salins: Des pécheurs, quelques amateurs se livrant aux plaisirs de la voile sur do petits yachts tout blancs.Ses yeux expérimentés remarquèrent soudain, parmi les petits voiliers de plaisance et les barques de pécheurs qu'il reconnaissait aisément, même à distance, une lourde coque grise de cotre aux voiles repliées qui s'avançait lentement au moteur, longeant la côte de très près.— Cet itliot va s'échouer, pensa-t-il, il ne doit pas connaître les parages.L'heure cependant s'avançait et il lui fallait maintenant s'en aller.— Christiane, ne soyez pas fâchée contre moi pour l'aveu d'un sentiment que je ne pouvais plus vous taire.Permettez-moi de venir vous voir chaque jour, pour vous tenir au courant de mes recherches.— Oh! oui.venez tous les jours, mon ami; venez à chaque instant entretenir mon espoir et le raviver.Et que Dieu vous permette de nie ramener mon fils.Cette parole fit à Gérard l'effet d'une musique divine.Il partit à grands pas, son énergie tendue et décuplée par l'encouragement qu'il voulait y voir.* * » Quanti Gérard arriva chez lui, à la fin de l'après-midi, après avoir parcouru les environs du château et la côte, il trouva Le Saux qui l'attendait, lisant les journaux et fumant des cigarettes dans le jardin.— Mission remplie, tlit-il simplement.Mais ses yeux étaient animés et joyeux et un bon sourire éclairait son visage.— Raconte-moi cela en détail, lui demanda Gérard en l'entraînant dans son cabinet de travail.C'était une pièce assez vaste, meublée sommairement mais avec gout, d'une bibliothèque, de deux rayons chargés de livres, tie quelques fauteuils confortables et d'une grande table couverte de papiers et tic cartes marines.D'autres cartes marines, de vieux "portulans" du XVe siècle étaient fixés aux murs, avec quelques estampes représentant des vaisseaux de haut-bord.Sur un guéridon, un énorme globe terrestre, sur la cheminée, une maquette de voilier donnaient son caractère à cette pièce, traduisant le goût île son habitant pour la mer et les voyages.Une grande baie s'ouvrait sur le large par laquelle pénétraient la lumière encore ardente du soleil et des bouffées chargées d'air salin — Voilà, commença Le Saux en s'ins-lallant à côté de Gérard dans un fauteuil.J'ai été rendre visite successivement à tous les pécheurs de la rade; nous avons trinqué ensemble dans plusieurs cabarets et tous "ont été formels: aucun d'eux n'a abordé cette nuit à la plage de Kocarabi."Ils m'ont d'ailleurs dit qu'ils n'y abordaient jamais, l'endroit, non poissonneux étant uniquement fréquenté l'été par les baigneurs.Or, on lie se baigne pas la nuit; et même, si on se baigne, on n'a pas besoin d une embarcation.Il faut donc admettre que des étrangers sont venus à une heure indue tirer leur embarcation au sec pour des motifs que l'on ne comprend pas au premier abord.Voilà un point acquis.— Bien; c'est très important, cela; continue.— Pour voir, les uns après les autres, tous ces braves gens, j'ai donc longé la côte, sur une quinzaine de kilomètres, au moins.Heureusement j'ai de bonnes jambes et je marche vite.Au cours de ma randonnée j'ai rencontré le douanier Castellani, en tournée, du côté du Lavcndou.Nous avons fait ensemble une partie du chemin en bavardant, et il m'a dit que, pendant la nuit, alors qu'il prenait le frais, il avait vu un assez grand cotre naviguant au moteur, tous feux éteints, presque à toucher la côte."Bien que n'étant pas de service il surveilla le bateau parce qu'il lui était suspect et qu'il se demandait s'il ne se livrait pas à lu contrebande.Mais ci.innie le cotre 11e s'arrêtait pas et continuait son chemin à petite allure, Castellani est allé se coucher sans plus s'en inquiéter.— Encore plus important cela! Capital! Nous tenons peut-être le fil qui nous conduira au succès.Quelle heure était-il quand le douanier a aperçu le bateau suspect '! — Je le lui ai fait précisai, pensant bien que cela était important pour la suite de l'enquête.Il a vu le cotre entre !> heures et demie et 10 heures, à peu près.— \ oyons.Le rapt a dû être commis vers 111 heures.Il était 11 heures quand Van Ky affolé est venu prévenir Mme Ludicr au salon.Les ravisseurs sont descendus aussitôt à la plage; ils pouvaient y être un quart d'heure ou vingt minutes après leur crime."Le cotre aperçu par Castellani devait donc croiser en vue de la plage, en attendant un signal quelconque pour envoyer une embarcation à terre .Ou bien l'embarcation y était déjà, et le bateau attendait simplement, en marchant à petite allure, qu'elle le rejoignit avec les bandits et leur précieux fardeau.— Il commence à y avoir un peu trop de traffic.Essayons la roule no.15.' Murs 1944 Le Bulletin des Agriculteurs 4* Malgré l'exaltation qu'il sentait monter et croître en lui, Gérard s'efforçait de demeurer calme, de raisonner froidement, d'une façon lucide.— Attendez, ce n'est pas tout, Monsieur Brunièrcs, continuait Le Saux.— Quoi encore '! demanda brusquement Gerard comme s'il eût été tiré subitement d'un profond sommeil.— Nous avons revu le cotre en question, ce matin, avec Cnstellani, qui a bien reconnu la silhouette que, la nuit précédente, la lune rendait suffisamment visible.— Et où est-il passé ce bateau ?demanda Gérard nvec vivacité.— 11 a longé encore une fois la côte, puis il a filé vers l'ouest, vers Toulon, et nous l'avons perdu de vue.Castelhmi croit qu'il est entré dans la rade de Toulon.Gérard se souvint subitement du cotre qu'il avait aperçu le matin, du parc de Rocarabi, après qu'il eût fait à Christiane l'aveu brûlant de son amour.— Une coque prise, hein ?demanda-t-il à Le Saux, avec des lignes assez lourdes.Ses voiles étaient repliées et il naviguait au moteur, c'est bien cela?— Exactement Vous l'avez donc vu, vous aussi V Gérard réfléchit un instant.Il n'était nullement prouvé que le bateau en question fût celui des ravisseurs ni que l'enfant fût à bord, mais il fallait absolument retrouver ce petit navire, étranger d'ailleurs au pays, et dont le patron éprouvait un plaisir suspect à longer de très près la côte à des heures anormales."Admettons que l'enfant soit à bord, se dit Gérard.Où les ravisseurs peuvent-ils songer ù l'abriter sans danger de se faire découvrir?PIERRE LAVAUR Gérard IJrunière suit-il la piste qui ramènera à la belle et riche Christiane son fils adoré et qui lui vaudra la main de la jeune veuve.La deuxième partie vous le dira.le mois prochain.S {lire ici la suite de la page 11) achats qu'elles mijotaient en silence.Et les hommes aussi, avec leur figure longue et préoccupée paraissaient tout autant affligés de leurs pertes, soudain, que réjouis de leurs gains.C'était comme si, brusquement, à la veille du départ, leur joie diminuait.Au fond, sur eux tous pesait déjà une espèce de dépaysement.Cette inquiétude des petites gens travaillants qui, lorsqu'ils cessent de peiner, ne se reconnaissent plus trop eux-mêmes.Maintenant, l'heure du départ était presque arrivée; les camionneurs déchargeaient vivement les derniers barils de pommes; des fermiers confiaient aux arrimeurs des cages pleines de volailles.Et ce n'était pas tout: de la bâtisse servant à l'entreposage, des hommes apportaient encore des caisses marquées d'une estampille de commerce.Car l'île n'exportait pas c • matin que le surplus de sa richesse Agricole; elle chargeait aussi les produits de sa première industrie, de la seule industrie de Charlevoix d'ail-hurs, si l'on fait exception d'un gisement de fer, dans les montagnes de Saint-Urbain, qui a été exploité par intermittences depuis une cinquantaine d'années.Mais cette industrie de l'île possède encore le mérite d'être presque unique dans la province de Québec.Cette industrie marque bien à quel point l'Ile aux Coudrcs est vraiment privilégiée.* * * ïf ne manquait peut-être en effet à l'Ile aux Coudrcs qu'une seule richesse.Depuis longtemps ses vergers exposés au vent, mais aguerris, donnent des fruits d'une saveur exquise; sa terre ai gilcusc convient il la culture des pommes de terre: son climat, à l'élevage du renard; ses espaces les moins fertiles, aux troupeaux de moutons; et son herbe tendre, humectée de vent salin, à l'industrie laitière.Il ne lui manquait depuis longtemps qu'une seule ressource importante, le bois de l'île s'épuisant trop vite: c'était le combustible.Mais voici qu'on découvre dans l'île une source étonnante de combustible, plus que suffisante aux besoins des insulaires pendant des unnées et des années à venir.Ce n'est pas une mine.C'est peut-mieux quo ça.C'est un espace désolé, le seul que les gens de l'île n'eussent réussi à mettre à profit jusque là; l'unique endroit de cette île fertile qui paraissait une pure perte: la tourbière.Cela paru d'abord trop beau aux gens de l'île qu'ils pussent tirer quelques bénéfices de cette morne lande.Gâtés de mille manières, ils s'étaient habitués à considérer que leur condition d'insu-airos comportait quelques désavan- tages, entre autres, la rareté du combustible.Surtout ils s'étaient faits à l'idée de leur lande mauvaise.On n'avait rien tiré de là depuis tant d'années qu'on essayait.On n'en tirerait jamais rien.Aussi lorsque M.Blaise Founder, qui venait justement de mettre sur pied le Peat and Moss Co.de la Ri-vière-du-Loup, arriva dans 111c pour y organiser une industrie semblable, les gens de la paroisse Saint-Louis, de Saint-Bcrnard-sur-mer, de la Baleine hochèrent la tête, crurent voir enfin un homme qui avait de l'argent à jeter par les fenêtres et ne dirent mot, en malins qui prévoient une déconfiture complète.Mais lorsque les premiers ouvriers embauchés s'attaquèrent à la tourbière, y creusant des tranchées, lorsqu'on vit au long de ces fossés des monticules alignés à perte de vue, lorsque la tourbe, en briquettes, fut exposée sur des rangs et des rangs de claies, les plus vieilles gens ne se gênèrent plus de rire tout haut.— I pense-t-y c'ui-là qui va nous faire brûler not' vieille terre noireI Not' terre pour ri te! Mais ils l'ont brûlée depuis et s'en déclarent contents.Et ils ont vu bien d'autres choses encore plus étranges se passer dans l'île depuis que "l'avocat de la Itivière-du-Loup est arrivé pour leur en remontrer".Depu is "l'avocat finaud" est devenu Monsieur Four-nier à qui on donne des saluts empressés; depuis une usine s'est élevée sur le terrain inutile; des machines se sont mises à tourner, car, en plus d'un charbon de terre fort satisfaisant, la tourbière a donné de l'engrais, des produits de litière pour lesquels il y a en ce moment une grande demande sur les marchés.Des commandes sont venues de Québec, de Montréal, des Etats-Unis.Les revenus de l'île ont monté; $30,000 à $.'{5,000 ont été distribués en salaires aux gens de l'île au cours de la première saison d'exploitation; les jeunes gens ont trouvé chez eux de l'ouvrage pendant l'été; les jeunes filles, un travail facile; et des pères de famille n'ont pas eu, comme par le passé, à se louer à l'extérieur durant l'automne.Et puis, à tout le pittoresque de l'île s'ajoute le spectacle maintenant charmant qu'offre la tourbière.Des tranchées, qui atteignent une profondeur de quinze à dix-huit pieds, on voit, de ci, de là, une pelle s'élever vers la berme, y déposer un carré de tourbe, parfois un casque d'homme, et, tout autour des longs fossés, des jeunes filles qui tassent les moulons, sortes de buttes coniques ouvertes à leur sommet afin que l'air y circule.Un paysage à la fois morne et serein; une lsndc infinie où l'eau dormant au fond des tranchées semblables à des canaux après la pluie, ne trouvent à ré- dniô&tomt RIGIDE ' qutaéfoefa PRODUCTION Celte instructive brochuretlc GRATUITE de 16 pages vous explique comment.Aussi GRATIS, de notre Service de Plans de Ferm3c5: plans de bâtisses de fermes avec instructions pour l'érection.KCIUVEZ AUJOURD'HUI! 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SOUFFREZ DCl FAIBLESSE, CO UR BATU X l S.NERVOSITÉ, ÉPUISEMENÎ, FATIGUE HABITUELLE, MANQUE D-APPÉTIT, PRENEZ LES PILULES MORO II4& ST-DEHlJ, MONTIf Al 44 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 194+ tout le monde donne à LA CROIX-ROUGE/ ET, crois-moi, je donnerai moi aussi.J'ai été soigné par ses gardes-malades.J'ai connu des copains qui ont été arrachés à la mort, sur les champs de bataille, grâce au sérum sanguin de la Croix-Rouge.J'ai causé avec des prisonniers de guerre qui seraient morts de faim sans les colis de vivres de la Croix-Rouge.Certain que je donnerai.Je suis sûr qu'il n'y aura pas un Canadien qui ne voudra faire sa part pour soutenir cette oeuvre humanitaire".C'est évidemment en temps de guerre que l'oeuvre de la Croix-Rouge est le plus considérable.Elle doit assumer aujourd'hui la plus lourde tâche qui lui ait jamais été imposée, et les besoins vont grandissant.Elle compte sur vous.Fournissez-lui les moyens de remplir ses hautes fonctions humanitaires.Toute contribution compte.N'attendez pas qu'on vous sollicite.Faites parvenir votre souscription à l'adresse indiquée ci-dessous.Soyez généreux.LA CROIX-ROUGE A BESOIN DE $10,000,008 immédiatement Objectif provincial: $2,2507000 ELI ililûE CANADIENS Ces besoins vont grandissant.DONNONS! flétcr que ln langueur du ciel.Un grand horizon ouvert qui vit intensément ties plus belles couleurs imaginables: l'ocre et le ton rouille de la terre ancienne, vieille de mille uns, le ton garance de la mousse, les mouchoirs des jeunes filles voltigeant au vent, leurs jupes parfois vertes, parfois rouges, et le bleu nuancé du ciel.Un grand espace découvert sous un friand ciel nu.Un spectacle étrange, qui poigne le coeur parce que c'est à la fois plein de silence, de désolation, de murmures qui se perdent dans l'espace et de cette amitié indéfectible de la terre pour les hommes.Peut-être que la lande perdue est en train de devenir le plus beau coin de l'ile.* * « 11 nous plaît toujours d'imaginer ce que serait la vie dans une île si, par un hasard bien improbable mais que la fantaisie aime à concevoir, elle rompait toutes relations avec le monde extérieur.Si cet événement devait se produire, l'Ile aux Coudre» me suis-je souvent dit, de toutes les îles habitées que je connaisse en souffrirait le moins.La mer y suppléerait, à défaut de gros poissons, l'épcrlnn, le capelan, le hareng, tous ces menus fretins fort recherchés que les pécheurs de l'ile vont recueillir au printemps dans leurs filets; les vergers de l'île, ces délicieuses cerises de France, ces pommes d'un rouge vif et d'une chair saine, sans oublier ces coudriers remarqués par Jacques Cartier et qui fournissent encore d'excellentes noisettes; les moutons donneraient leur laine; la basse-cour, l'étable, le jardin, leurs produits infiniment variés; les champs, leurs pommes de terre; les barbottières, les oies, les canards; et enfin, la tourbière donnerait l'engrais, la litière et la chaleur.De tous ces biens, les insulaires sauraient tirer le parti le plus avantageux, habitués qu'ils sont, à carder, à filer, à tisser le lin, la laine, entraînés par l'exemple de générations laborieuses à ne rien gaspiller, Kens sobres, économes, industrieux qui se sont enrichis mais n'ont rien perdu de leurs anciens usages domestiques.C'est une idée futile, mais elle plaît à l'esprit imnginatif de l'homme: cette île, absolument seule, serait encore une sorte de refujrc contre les cruelles nécessités de la vie, aimable, verdoyante, plantureuse, telle qu'elle apparut au découvreur en 15:15.D'où vient donc alors que, si richement pourvue, elle laisse au fond de l'âme comme un goût de mélancolie?D'où vient que ses gens, s'j|s gavent marquer de la bonté à l'inconnu et l'accueillir avec empressement, gardent toujours cette gravité singulière qui les met à part des autres hommes?Qu'ils ont nu coeur une profonde affection pour leur île, mais, dans les yeux, comme un aveu de tristesse?"Jamais, se plaignent-ils, on a dit h vérité sur notre île.On a dit qu'elle était pittoresque ou arriérée, ou tout ce que vous voudrez.Mais jamais on a dit la vérité".Pauvres gens si amoureux de leur île qu'ils ont cessé de voir les peines qu'elle inflige pour chaque douceur donnée: les rudes tempêtes, ces voyages parfois tragiques, l'hiver, quand la maladie rôdant, il s'ngit d'aller chercher un médecin mnlgré le danger des glaces flottantes, des pistes effacées sur les banquises, dans le vent, la poudrerie, la nuit impénétrable, — la seule lumière des falots vivant dans le tournoiement de la neige.Pauvres gens qui voudraient bien entendre cependant de la bouche de l'étranger une description de leur bonheur afin d'y croire eux-mêmes complètement.IL PEUT AUSSI ARRÊTER UN VRAI TANK Pierrot ne s'en rend pas compte — mais tandis qu'il cause avec son petit camarade do la joule décisive de demain, un producteur de guerre aux abois tente peut-être vainement de faire parvenir tine communication dont des vies dependent.Voici encore une façon pour les plus jeunes de manifester leur fidélité à la cause pour laquelle combattent leurs papas et leurs grands frères.Et ayons soin de leur donner le bon exemple en ne noua servant du téléphone que pour les appels nécessaires .surtout soyons brefs.Les communications de guerre doivent passer en premier lieu.EVAPORATEURS SÎ vous devez renouveler voire 6v.ipor.Hrur, avant d'achettr demandez notre circulaire du Dominion Modèle 42-22 pour 1944.Plusieurs Wililiorafioni viennent d'être ajoutée*, pour favoriser davantage la qualité du sirop, la rendre plu» facile â faire et avec moins du bois.L'évapuratciir s'est modernisé tomme toute nuit* machinerie, ce serait une erreur qiro de pamer nnircineiit, et cette modrrnit.ition, on la trouvera il.ms l'cvaporaictii* Dominion Modèle 42-22— 1944.Une nouvelle circulaire donne tous ces détails, demandez-la, elle vous intéressera, vous renseignera sur l'évaporateur moderne, 22 grandeur» pour satisfaire toutes les érablicrct.43 grandeurs de réservoirs d'emmagasinage ca trois modèles.8 grandeurs do poêles à finir le sirop et le sucre.5 grandeurs de réservoirs à ramasser et deux modèles.Ainsi que tout ce qu'il faut pour la sucrerie.EVAPORATEUR DOMINION 1605 rue Dclorimior, Montréal Mars 19+4 Le Bulletin îles A g r i c u 11 c » r s 45 Autrefois, au temp* de la découverte, clic cachait bien l'île verte comme un Jardin, sa seule misère, la seule vraie misère qu'elle comptait infliger à ceux qui viendraient l'habiter.Et elle la garde encore à peu près comme un secret, cette dureté, tant on met de pudeur à la couvrir, tant il y a de silence autour de sa vie quand l'hiver l'éloigné, Infiniment, du fond dos vilains temps.Car c'est son destin de s'offrir désirable, accessible, facile tons les étés, et, soudain, do se dérober dans les brouillards et les glaces.Et ainsi, avec ces jeux incessants de femme, elle retient l'homme; la plainte qui peut lui venir au coeur, inconnue parfois de lui-même ne trouve jamais à franchir ses lèvres.La vérité de l'île, seuls pourtant la connaissent les insulaires.Cette angoisse des îles qui, se réveillant dans les tempêtes, sentent courir sur elles le frisson de l'abandon, le vertige de la solitude, et, devant elles encore, toutes les années do leur solitude, — si près fussent-elles des côtes où sont établies les maisons ties autres hommes.Mais ce secret de leur vie, les insulaires ne le trahissent pas."Ne dites point tie mal tie notre île," voilà seulement co qu'ils trouvent à exprimer quand, le froid vent), il n'y a plus pour eux qu'à bien fermer la porte et à confier leur courage à la flamme.• • • .l'ai vu l'ile quand, dépouillée de toutes ses richesses, elle courbait ses minces bouquets d'arbres comme autant de formes ballolées qui n'en pouvaient plus tic s'en aller seules contre les vents aigris.De ses vergers, on ne voyait plus que la forme fatiguée.Pin-croyable ténacité des branches tortilles; ses pentes douces qui mènent a la mer ne recevaient plus, ne rejetaient plus que le varech en longs paquets bruns; et sur lo chemin montait encore parfois une charrette à ridelles, mais lentement, l'homme, debout, offrant son dos ramassé, sa tête Courbée aux reprises de la rafale.Kilo était la petite ile où ne vient plus personne, pas même un commis-voyageur, pas même un vendeur.Elle était la petite ile sans patinoire, sans amusements d'aucune sorte, sans endroit de récréation, sans écho de danse, ni de gaieté légère, sans autre chose devant elle que le but sérieux tie sa vie.Kt elle vivait son étrange vie ancienne, avec des siècles île solitude, soudain, qui semblaient être revenus sur elle; avec ses onze calvaires jetant sur la route leur ombre cplorée, ses deux pe-tites chapelles blanches qui servent de reposoir il la Fête-Dieu, sa belle église de Saint-Louis, — tous ces lieux de dévotion où tics générations intensément croyantes ont trouvé une consolation à leur ennui; avec son vieux moulin à vent et, enfin, avec ce monument contre l'horizon du fleuve qui rappelle le jour radieux où, ensoleillée, couverte de fleurs, de baies, séduisante, elle vit venir vers elle une caravelle, ses voiles éployées, et vit tlescendrc sur son sol ties cavaliers à grands chapeaux, portant jabot s (! tasse à 2 tasses do farine Défaire le fromage et le gras en crème.Y ajouter assez de farine tamisée avec le sel pour en faire une pâte qui puisse s'étendre au rouleau.2 c.à tb.de graisse ou de beurre 2 c.à tb.de farine Fendre les poireaux dans le sens de la longueur, les laver, les cuire à l'eau bouillante salée dans juste assez d'eau pour ne pas qu'ils collent.Les égout-ter et les lier avec la sauce.Faire fondre le gras, y ajouter la farine, le lait, l'eau de cuisson.Cuire jusqu'à épais-sissement en brassant continuellement.Crêpes au riz.Couvrir le fond d'une assiette à tarte de cette pâte et remplissez-la avec la préparation suivante refroidie.* * * Sauce aux poireaux .'{ poireaux Vi tasse d'eau de cuisson des poireaux Vi tasse de lait Vérifiez les assaisonnements.Refroidir In préparation, en remplir la tarte, la recouvrir avec l'autre abaisse de pâte et cuire à 450F° (feu vif).Cette pâte peut vous servir pour la préparation d'une tarte aux pommes.Vous pélez des pommes, vous les tranchez bien minces et vous les faites revenir avec un morceau de beurre M- Tarte aux poireaux.fondu et; du sucre.Vous leur laisse/, rendre leur jus seulement ce qui prend 5 min.environ.Vous refroidissez ci vous remplissez la tarte avec les pommes.Vous ferez cette fois un dessert de choix.Oignons au fromage S tranches de pain rôties et beurrées 2 lbs Id'oignons blancs ou rouges Vi de 1b.de fromage coupé en cubes 2 tasses de lait 2 oeufs ',i c.à thé de sel Vs c.à thé de poivre 1 c.à tb.de beurre Tranchez les oignons minces et cuisez-les à l'enu bouillante salée jusqu'à ce qu'ils soient tendres.Egouttez-les.Mettez la moitié du pain rôti au fond d'un plat à feu, disposez dessus une couche de fromage, des oignons.Recommencez ainsi pour utiliser les tranches de pain préparées.Battre les oeufs légèrement, ajoutez le lait, les assaisonnements.Versez sur les tranches de pain.Parsemez des noisettes de beurre.Saupoudrer de paprika.Cuire au four à 350° durant -10 minutes environ.* * 41 Pommes de terre au fromage Couper en tranches minces des pommes de terre que l'on a préalablement épluchées et lavées.Les faire dorer légèrement des deux côtés dans de la graisse chaude ou du beurre.Les assaisonner de sel, de poivre, de muscade.Les retirer du feu et beurrer un plat creux.Ranger les pommes de terre dans le plat en alternant chaque lit avec des noisettes de beurre et du fromage canadien coupé en cubes.Mettre à four chaud et lorsque les pommes de terre sont cuites et colorées, les servir bien chaudes.* 4" # Pommes de terre aux choux Lorsqu'on a des pommes de terre et du chou cuit de la veille, on peut en confectionner un excellent plat en hachant le tout ensemble et en mettant ce mélange dans une poêle avec un morceau de beurre ou de bonne graisse.On assaisonne de sel et surtout de poivre, puis on fait frire les légumes en les remuant constamment jusqu'à ce qu'ils aient pris couleur.* * * Chou à la crème Faire cuire à l'eau bouillante salée 1 chou qu'on a d'abord épluché, lavé, coupé en morceaux.Lorsqu'il est cuit Mars 194-4 H ii I I c t i n A g r i c u 1 t c u r s Ravivez r en vous nettoyant les dents avec de la Rpudre LYON, sur une brosse humide! .Sauf le nettoyage minutieux et périodique qu'en fait un dentiste, rien u est plus efficace et plus sûr, pour faire briller les dents, que l'usage quotidien de deux choses bien simples — de Id poudre et de Veau.Meilleure?sera la poudre, plus cette méthode aura d'utiles résultais.l'ail es-en l'essai, pour raviver l'éclat de \otrc sourire.Servez-vous régulièrement (le pondre Lyon sur une brosse humide.Klle ne renferme rien qui puisse abîmer la dentine.Ni acides ni pierre ponce.Préparée d'après la formule d"un dentiste renommé, elle ne se compose que de poudre et nettoie intégralement.C'est pourquoi elle l'ait briller les dents dès le premier brossage et exerce cet effet aussi longtemps qu'on y a recours.De plus vous noterez qu'elle rafraîchit la bouche et l'haleine.Demandez tantôt de la poudre du Dr Lyon—vous n'aurez pas à remet i rc un tube vide.C'est la poudre dentijriccla plus populairedu Dominion.Efficace, économique, la poudre (lu Dr Lyon durera, à égalité de prix, deux fois plus longtemps qu'une pâte dentifrice.Dk.LyÔnV A POUDRE DENTIFRICE DU WÊÊÊÊSÈ i end les dents plus propres ~ et plus brillantes fm Arbrc9 et Arbustes Fruitiers et d'Ornement.Oijrnona il Fleurs, Plantes Viva-ces, Scmencc3 de Lcirunics, de Grande Culture, de Fleurs, de Gazon,—et Accessoires de toutes sortes.Lista de prix sur demanda 27 telephone •i.AnCMlti 4191 WH PERRON x ai ' grainetiers £.pépiniéristes 935blvd stlaurent.montréal ce qui prend 15 minutes environ, égouttcz-lo.Placez le chou dans une casserole avec un morceau de beurre, du sel, du poivre et un soupçon de muscade râpée.Mélangez sur le feu et laissez dessécher le chou durant quelques minutes en le remuant constamment.Ajoutez tasse de crème.Ne faites pas bouillir après l'addition (le la crème.* o * Crêpes au riz Va tasse de riz cru Vi c.â thé de sel 1 oeuf 1 c.à thé de poudre à pâte 2 tasses d'eau % tasse de lait chaud xti tasse de farine Cuire le riz 20 minutes à l'eau bouillante salée.L'égoutter.Ajoutez le lait chaud et continuer la cuisson jusqu'à ce que le riz soit tendre.Ajoutez le jaune de l'oeuf.Refroidir.Ajoutez la farine, le blanc d'oeuf battu ferme.Cuire dans une poêle à frire par cuillerée dans du beurre et de la graisse chaude.Servir avec du sirop d'érable.On peut faire un sirop avec 1 tasse de sucre et 1 tasse d'eau, laissez bouillir ce mélange 0 minutes.Retirer du feu et parfumer avec Va c.à thé d'essence d'érable.Beignets de betteraves Tranchez des betteraves cuites à Ij de pouce d'épaisseur.Assaisonnez ces tranches de sel, de poivre, de persil haché fin.Coupez en rouelles un oignon que vous semez sur les betteraves ainsi qu'un peu de muscade râpée.Laissez mariner les betteraves durant une demi-heure, Egouttcz-les, enlevez les oignons.Faites une pâte à crêpes avec 1 tasse de farine, 1 tasse de lait, 1 oeuf.Trempez chaque tranche dans la pâte et faites frire en grande friture.Servir ces beignets avec un plat de poisson.QmJJUDC pÂÛpJO L'écrivain.— .le suis à décrire une scène qui se passait il y a 10 ans.Quelle sorte de robes portaient nlors les femmes?Sa femme, amèrement.— La sorte que je porte en >:e moment! * * * Le médecin.— Votre gorfre est en très mauvais état.Avez-vous essayé de vous gargariser avec de l'eau salée?Le marin.— Oui.j'ni été torpillé six fois.* » * — Moi, si un créancier m'écrit pour me réclamer de l'argent, je cesse immédiatement de le payer.— Et s'il ne t'écrit pas?— .l'attends qu'il m'écrive.Un ouvrier était à peindre sa maison en vert.Au moment même où une dame et son petit garçon passent sur lu trottoir, le neintre échappe son pot.La dame effrayée: — Qu'est-ce que c'est que ça?Le petit garçon.— Tu vois bien que c'est un Irlandais qui a une hémorragie.* ?* Pantuche et son ami Lagourde se promènent pour la première fois au Jardin des Plantes.Devant les serpents, ils s'arrêtent longuement: — Regarde, dit Pantuche ù Lagourde, c'est peut-être qu'il a quelque chose à se rappeler! • * * — Vous ne savez pas la date de la mort de Pépin le Bref?— Non monsieur.et vous?— Moi non plus.mais je ne suis pas un élève, moi.je suis l'inspecteur.¦fell .1.____________ Brioches qui fondent dans la bouche^- • * «nus êtes assurée de les ¦'"""irais Vous n'aimez pas les brioches sans beurre?Essayez «Jonc celles-ci! Dans ces Brioches 'Magic' à la mélasse il n'entre pas une parcelle de beurre—cl elles sont si savoureuses, si tendres que vos gens ne songeront même pas à les beurrer! lit n'ayez aucune crainte quand vous les mettrez au -car avec la 'Magic' vous êtes assurée de les réussir.Trois générations de ménagères canadiennes oui appris par expérience que l'on peut toujours compter sur la 'Magic' pour obtenir une pâte légère, fine el vraiment savoureuse.La 'Magic' coûte moins de 1 |i par cuisson ordinaire.Achelez-en aujourd'hui et faites dès ce soir de r -délicieuses brioches.BRIOCHES ftAAG\C À LA MIMSl —¦«» farine tamisée }¦> tasse amandes quelconques, hachées __, .4 c.à SOIIpe shortening if.,,-' yj lasse lait (euriron) 1 tasse mélasse Isa.2 tasses farine tamisée 4 c.à thé Pondre à l'aie 'Magic' y2 c.à thé sel 2 c.à soupe sucre 1 roue .\.[ lasse d'eau Mélangez et tamise/, les 4 premium in-^rédiems.Incorporez le siiortcning.Ajoutez lentement le lail, faisant une pâte molle.Abaissez à Vi pouce d'épaisseur sur planche enfarinée et étendez la moitié des amandes sur la pâte.Enroulez comme pour gâteau roulé, puis tranchez à 1 pouce d épaisseur.Mélangez mélasse et eau et versez dans moule â gâteau étage bien graissé.F.tcndcz-y le reste des amandes et déposez les tranches dessus, à plat.Cuisez à four chaud ('125° F.) environ 35 minutes.Retirez immédiatement du moule.Donne 10 brioches.FABRICATION CANADIENNE 58 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 19-M- TONIQUE DU PRINTEMPS Oui, madame, un traitement aux bonnes PILULES ROUGES, au printemps, fera disparaître cette sensation de faiblesse qui vous inquiète en ce moment! Il y o très peu de femmes qui ne se sentent pas fotiguecs, nerveuses, rendues à bout à la fin do l'hiver.La réserve de force amassée durant les jours ensoleillés de l'été est maintenant épuisée et toutes ont besoin d'un nouveau sang rouge et vif pour reprendre vigueur.Les bonnes PILULES ROUGES sont le tonique qui vous remettra en bonne santé.Chaque dose, aidant à créer du sang rouge et vif, augmente l'appétit; la vitalité s'accroit par l'apport dû au médicament et de l'autre par lo riturc plus abondante et mieux assimilée.La joie de vivre et une tion de bien-étre s'ensuivent promptement! nr u r-sensa- Mais il ne faut pos attendre, espérant vainement que chaque jour vous apportera un soulagement.Commencez des aujourd'hui votre traitement ou-x PILULES ROUGES; depuis près de 50 ons, elles ont fait du bien à des milliers de femmes et de jeunes filles dans les cas de: faiblesse, pâleur, manque d'appétit, fatigue, douleurs de dos, de reins, périodes douloureuses ou irrégulières, troubles internes essentiellement féminins (symptômes ou conséquences de l'ANEMIE).Par la poste: 50c la boite ou 3.S 1.25.PILULES ROUGES pour les Femmes Pâles et Faibles Cic Chimique FRANCO Américaine Ltéc, 1566, rue St-Dcnis, Montréal.Les Ouvriers de guerre Canadiens Sur la ferme, à l'usine demandent plus de bon pain.SERVEZ-VOUS DE LA Levure Lallemand PURE .FORTE .6 MORCEAUX DANS CHAQUE PAQUET Si Votll aimeriez essayer la fameuse Levure Canadienne Lallemand, dont tant de cuisinières en font l'éloge, il nous ferait plaisir de vous envoyer GRATUITEMENT deux échantillon*.Ecrivez votre nom et votre adresse à la Levure F.A.Lallemand, Dept.3DF, Montréal.Ha our ieâ ieuneô LETTRE DE MARRAINE Mes chers filleuls, Bonjour à tous et chacun! .1 espère que vos bulletins de santé sont bons et que vous méritez des notes au moins aussi bonnes dans vos elasses.Il est important d'être en bonne santé, il est beau d'être d'beurellse hu-meur, mais le temps de s'instruire passe vite et ces années ne reviennent pas.Quelle tristesse quand elles sont perdues.Profitez «lotie bien de cet avantage de l'instruction «jui vous est ilonné.Si tous les élèves d'une classe avaient l'ambition «l'arriver le premier, de faire des progrès marquants chaque jour, quelle deviendrait douce et consolante la tàcbe de l'instituteur, et que la génération de demain serait intéressante.Pourtant, il devrait en être ainsi.Si on apportait sur le pupitre du maître, une caisse l'emplie d'or, invitant tous les élèves à y puiser à pleines mains, combien y en a-t-il qui resteraient en arrière7 .C'est à qui en prendrait le plus, en rapporterait le plue à ses parents.On serait fou tie joie.Petisez donc, on serait riche! Même si dans cette caisse d'or, on ne devait puiser que sou par sou, je suis certaine qu'on ne perdrait pas un instant, pas une chance île faire sa part large.Petits garçons et petites filles n'auraient pas d'autres soucis durant les heures de classe.La dissipation, la paresse seraient inconnues.Mes chers filleuls, le save/.-vous, ce pain de l'instruction que l'on vous distribue chaque jour est cent fois plus précieux que l'or?Quand vous le posséderez, quand vous en aurez conquis, miette à miette, votre part, vous serez riche d'un bien que les voleurs ne pourront pas vous ravir, d'un bien qui se multipliera au lieu de se dilapider, si vous restez l'ami «les livres et de l'étude.L'or n'est pas comparable à cette ri-chesse de l'instruction.Et chaque jour, chaque fois que vous entrez dans votre salle de classe, il y a là quelqu'un d'infiniment riche et généreux, quelqu'un dont l'esprit s'ouvre comme une caisse remplie de paillettes d'or, où vous avez le droit «le puiser.Est-ce assez magnifique cela mes petits amis?Quel respect, quelle tendresse vous devez témoigner à votre enrichissement personnel.Mes chers filleuls, voilà une des dunes sérieuses «pie j'avais à vous «lin-à chacun, cette lettre adressée à tous vous en fait part, avec la grande et durable affection de votre Marraine CONCOURS DU MOIS Un autre concours ouvert à tous les enfants.11 s'agit de répondre aux questions suivantes: 1° Combien y a-t-il de saisons dans l'année '.' Nommez-les : 2° Dans quelles saisons tombent les fêtes de Pâques, Noël, la Toussaint et la Saint-Jean-Baptiste?Répondez le plus tôt possible et adressez vos réponses à Marraine, le Bulletin des Agriculteurs, Edifice Drummond, 1117 ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal, P.Q.Il y a de beaux prix à gagner.TA BLE A U D'H ON NE UR Voici les noms des gagnants pour le concours du mois: Anne Boucher, Chemin «lu Lac.St-Antonin, Cté Kiv.«lu Loup; et Jean-Louis Laviolette, Sic-Agathe des Monts.Félicitations à ces filleuls.Nos compliments aux filleuls dont les noms suivent pour leurs copies soignées et leurs bonnes réponses: Jcan-nine Verniette, Marie-Marthe Lacroix, Jeanne d'Arc Castonguay, Dorothy Bélanger, Kéjeanne Panneton, Rita Grenier.Antoinette IL St-Cyr, Région Thibault, Cisèle Roy, Françoise Vail-lancourt, Madeleine Lemieux, Roch Longpré, Thérèse Massé, Marie-Marthe Raymond, Jean-Paul Gingras, Roger Dumont, Marie-Anna Guillemet-te, Madeleine Lévesque, Rolande Mo-rin, Marie-Claire Paquet, Gabrielle Cyr, Pauline Gilbert.Clément-Marie Tremblay.Marie-Marthe Bédani, Jeannine Larouche, Jacqueline Gin-gras.Mireille Larivière, Lintt Couture, Marie-Marthe Bérubé, Annette Ga-gnon, Paula Lagacé, Réjeanne Bouf-fard, Jacqueline Julien, Georgette Da-viau, Normand Leclerc, Marcelle Le-clerc.Germaine Charron.Thérèse Côté, Lucienne Lavalléee, Suzanne Chabot, Lucille Bemier, Micheline Arsc-ncault, Jeannine Desgens, Fernand r.oy, Monique Lambert, Réjeanne Lau-zon, Conrad Pelletier, Ginette Pelletier, Claudette Cyr, Elisabeth Ouellct, Marie-Josephe Jacques, Annette Pilote.Claire Jacob, Béatrice Isabelle, Pierrette Meunier, Jeannine Alary, Pierre Sauvageau, Thérèse Monjcaû, Jeannine Alarie, Marie Phnncuf, Claudette Provost, Louise Bérubé, Jacqueline Savard, Monique Gcrvnis, Lambert Paradis, Pierrette Cyr, Jean Bergeron, Yvette Leroux, Jeannette Sauvé, Léa Aubin, Lucille Brouillette, Antoinette Lapierre, Thérèse Joli-coeur, Cécile" Joyal.Fernande Pa- quette, Berthe Bourbonnais, Gabrielle D'Amours, Guy Arthur, Albertin Cha-rest.Jacqueline Martel, Anita Bélanger, Réjeanne Panneton, Monique Tes-sier, Lucille Quevlllon, Cécile Doneau, Marthe Hardy, Claire Lajeunesse.Jeannine Michaud.Dolores Boucher.Berthe Guillemette, Lucienne Pelletier, Jeannette Mainville, Guy Trot-tier, Perrine Painchaud, Mariette Saint-Denis, Jeanne Portier, Marthe Aubry, Simonne Bemier, Jocelyne Lemay, Jean-Louis Aurfct, Louise Le-Vasseur, Mionne Laurentin, Evelyne Jolicoeur, Monique Lambert, Claire Montpetit, Henriette Villcmurc, Lucille et Suzanne Tremblay, Pierrette Brunei, Cécile Fruncocur, Fleurette Parenteau, Blanche Roy, Violette St-Augier, Antoinette-Marie Bissonnette, Marie Paquette, Louisette Simoncnu, Germaine Phancuf, Micheline Hardy, Pom Bonnette Landry, Berthe Belle-mare, Alice Garnier, Marcel Gau-vreau, Gabrielle Auger, Marcelle Petit, Antonia Angers, Alphonsine Bis-son Pierrette Villeneuve, Jeannine Lauzon, Andréa Juneau, Jacqueline Leroux, Simonne Desrosiers, Juliette Audry, Lise Adam, Victoria Langelier, Thérèse Lapierre, Gervaise St-Lau-rent, Béatrice Archambnult, Rose Paradis, Yvette Desloges, Gertrude Ger-vais, Mireille Meunier, Lisette Thibo-deau, Emilienne Brisebois, Christine Desfossés, Lucotle Palardy, Yvonne Lauzé, Flore Desparois, Mariellc Chn-put, Rose-Aimée Chouinard, Suzanne Langevin, Victoire Berthiaumc.Lau-réanne Barbanne, Célcstinc Larivière, Colette Chabot, Jeannette Dufour, Berthe Benin Franchie Maltcrrc, Fernande Papineau, Françoise Lavigne, Marie-Félicité Després, Louise Du-chnrmc, Anna Gobcillc, Jacqueline Tremblay, Ernestine Dubois, Françoise Gariépy, Georginc Meunier, LE TABAC A CIGARETTES DOUCEUR • QUALITE• VALEUR 10 B F Mars 1944 Le Bulletin des Agriculteur s 59 o s ôûésmfi \ VAS VITE ME CHERCHER ) LE DOCTEUR—JE ME S SENS PLUS MAL 9 Si nnnFiisfflr T-r'EN FAIS PAS ZÉ-ZÉ-ZENOÏDE-^ ÇA NE PRENDRA PAS D-D-DIX MINUTES-LAJU-JU LA JUMENT EST À.LA PORTE tu PARLES D'UNE TEM-TEM D'UNE ^ tempête .' SI JE peux pas F-FRAPPER DE BANCS DE N-N-NEIGE À cVhEURE-ON VA être co-co-co^ect pour l'amour du ciel.onesime/ QU'EST-CE QUE TU FAIS LA ?t'es pas encore parti ?Tm bien, T-T-TO-TOR-TORVIS/ DIS-MOI PAS Q-QUE J'AI OUBLIÉ DE DÉ-DÉ DE DÉTACHER LA G-GRlSE.' ) M- \ 60 Le Bulletin des Agriculteurs Mars 1944 Bébé Est Soulagé Des Souffrant* du Rhume Pendant S ommeig v OICI.U11 merveilleux remède, qui a fait ses preuves, et qui agit de deux façons ii /il fois pour soulager l'enfant des souffrances du rhume—même pendant son sommeil.Au coucher, frictionnez-lui simplement la .eorge, la poitrine et le dos avec du Vicks VapoRub.Le VapoRub se met immédiatement à l'oeuvre pour apaiser les quintes de toux, soulager les douleurs ou la constriction des muscles, et apporter un sommeil reposant et réparateur.Souvent, au réveil, le pire des souffrances a disparu.Pour le bien de votre enfant, essayez le VapoRub ce soir.Il doit être bon, car la plupart des mamans en font usage, en cas de rhume.QUINTES DE TOUX-I'our soulager les souffrances, faites fondre une cuillerée de VapoRub dans un bol d'eau bouillante.Respirez les vapeurs médicamentées qui se dégagent.Sentez le soulagement dès la première aspiration! R/en de Meilleur GENRE ce Pour les fiants VOICI NON SEULEMENT UN VÉRITABLE SOULAGEMENT _ mais nue GUÊRISON PLUS RAPIDE r m va il additionnel siftnl-fiY i|uc vous • plus exposé! Constatez com* bien vite Noxzcmn favorise In piiérison des KC1> cures nux mains et nux mvrej Les m»ins en voient «le dures h la Rucrrel Nombreux sont ceux nui demandent Nex-xema.Cnr cette crème medl-ramentée et non Kraisscusc n'apporte pus seulement un snulnirmient rapide mais clic artirc In çuirlêûn des mains Kcrcccs.irritées et douloureuses* Gardes un pot do Noxzcmn à In cuisine* Employcs-la ro-Kiilién-ment après avoir lavé In vaisselle et spécialement pour les petites lirùlures QUO vous vous faites "à la cuisine." Voycs comme elle ndoucit — fait disparaître la douleur et favorise une ftiérison rapide aussi I Des centaines d'employés aux usines de guerre vantent Noxzemn ; elle est »| efficace pour adoucir , les mains i uni.u ., si exposées nu trnvail de l'usine.?Les parde-mnlndes furent parmi les premières à découvrir combien efficace était Noxzcmn pour les mains gercées et rugueuses.Les expériences actuelles démontrent que cette crème niédicamcn-téc, non graisseuse et adoucissante fait plus que calmer les irritations de la peau; clic favorise la Ruêruon des e,crçurcs —— et amène souvent une amelioration bien définie dans les rhiKt-quatrc heure*! Essayes Noxrcma pour rot mains cet hiver! Remarques combien rapidement clic rend n vos iii.inr.leur douceur normale.A la pharmacie ou au ni.": i-à rayons.17c, 39c, 39c.N U A & fi RI1 II VEpUlerme ouimer Il faut se créer des amitiés en plus des affections familiales Q.—Nous sommes deux soeurs habitant la campagne, au fond d'un rang, à près de cinq milles du village.Nous sommes toutes deux très timides cl portées à rester à la maison.Y a-t-il moyen de remédier à cette grande timidité?Ce qu'il y a de pire, c'est que nous sommes toutes les deux pareilles, étant jumelles et ayant absolument le même caractère.Ce n'est pas toute notre tristesse.Si nous avons une occasion de sortir, aussitôt, on nous abîme de sottises, on nous traite de folles, de faces laides .C'est vrai que nous ne sommes pas jolies, mais il me semble qu'on pourrait s'empêcher de nous le dire; ça fait mal au coeur, vous savez, de se l'entendre dire.11 y a une limite pour endurer.Nous conseillez-vous de répondre?Nous avons vingt ans et nous n'avons jamais eu d'amis.Si tôt qu'il s'en présente un, on fait des racontars à notre sujet.Nous sommes bien découragées d'être traitées de la sorte au printemps de la vie.Voulez-vous publier ma lettre pour que les gens sachent que ce n'est pas bien de se moquer des autres.Nous aimerions nous faire respecter.Soeurs jumelles R.—Votre plus belle consolation, n'est-ce pas l'une et l'autre d'avoir une soeur jumelle ayant le mémo caractère, les mêmes goûts?Il est certain qu'en plus des affections familiales, il faut avoir des amitiés qui facilitent et rendent plus agréable la vie sociale.Mais, dans les circonstances, si vous étiez seule à vous sentir dédaignée, ce serait bien plus grande tristesse.Etudions maintenant votre cas.Pourquoi ne jouissez-vous pas de toute cette considération due à des jeunes filles sages?Est-ce que vous appartenez à un milieu, à une localité où l'on a cette mentalité de toujours avoir un souffre-douleur?Vous jalousc-t-on pour quelque privilège que vous avez sur vos compagnes ?Vous dites n'être pas jolie, mais c'est le petit nombre des femmes qui le sont, bien qu'il y en ait très peu de franchement laides.Même avec des traits irréguliers, un galbe imparfait, on peut avoir du charme et de la personnalité.Le plus grand attrait, c'est le sourire, vous le savez sans doute.Etre douce, aimable, gracieuse, c'est la moitié de la beauté féminine.D'autres seront remarquables par leur fermeté, leur fierté, la franchise de leur regard.Il y a aussi la manière de se coiffer, de s'habiller qui compte.Et c'est moins une question d'argent que de goût.Surveillez cela, ce sera un intérêt dans votre existence en plus de concourir à améliorer votre aspect physique.Je vous conseille d'être celles qui ne voient rien, qui n'entendent rien et vous verrez que vous obtiendrez de meilleurs résultats que si vous ripostez.Les chicanes ne dureraient pas si elles étaient alimentées d'un seul côté.Peut-être vous exagérez-vous les choses, car on ne peut vous détester ainsi sans cause.Même si vous avez conscience d'être ridiculisées, faites mine de ne pas vous en apercevoir et vous verrez que les plaisanteries et les grossièretés se retourneront vers ceux-là qui les lancent.Vous aurez do votre côté toutes les personnes qui ont du jugement et du coeur.On vous appréciera, on vous admirera.Essayez de vous faire une seule bonne amie pour commencer.Tâchez d'avoir confiance en vous-même afin de dompter votre timidité; votre groupe de connaissances et d'amies s'agrandira, vous ne manquerez pas de rencontrer des jeunes gens, votre vie sera intéressante et belle.Je publie voti'C lettre pour vous apporter ces conseils et ces consolations.S'il y a des gens de votre entourage, (ou d'autres qui leur ressemblent parce qu'ils ont une âme assez méchante pour se laisser aller à des moqueries qui blessent le prochain) qu'ils lisent ces lignes, ce ne sera pas suffisant sans doute, pour les corriger, mais que vous-même, votre soeur jumelle, et toutes les petites âmes sensibles sachent bien, qu'à part ces gens sans éducation et sans coeur, il y en a d'autres dont il faut mériter l'estime.Merci de vos bonnes paroles.Que l'avenir vous sourie! Q.—J'ai les pores de la peau très ouverts, je me lave à l'eau froide sans résultat, c'est désolant.J'ai la peau grasse et je me sers de cold cream.Brunette II.—Vous pouvez mettre, de temps en temps, quelques gouttes de vinaigre dans l'eau dont vous vous servez pour vous laver la figure ou vous servir d'une lotion astringente.N'employez pas de cold cream si votre peau est grasse, ni de poudres de toilette trop riches.* * * Q.—Je suis mère de trois enfants que j'aime beaucoup.Il y a quelque chose qui me l'end malheureuse pourtant.J'ai 22 ans; mon mari est bon, me donne de l'argent pour l'entretien de la maison et le vêtement, il n'est pas difficile pour la nourriture.Nous ne sommes pas riches.Nous vivons sur une ferme.A ce que je peux voir, il voudrait être libre, il ne me demande jamais de l'accompagner disant que je ne veux pas le laisser sortir sans le chaperonner et pour que je n'aie pas la chance d'avoir du plaisir moi aussi, il me contrarie en restant à la maison et boude.Chacun a ses dé- fauts mais je fais tout mon possible pour lui plaire.Je pleure souvent, car si mes parents m'avaient laissé épouser celui que je préférais, je serais heureuse.J'aime mon mari mais il me semble quo je ne pourrai jamais oublier l'autre.J'ai souvent l'occasion de le rencontrer et quand je le vois, il me sourit, ce qui me crève le coeur.Ce dernier a dit une de mes amies qu'il n'aura jamais d'autre amie, qu'il m'aimait bien encore, je crois Quand je me querelle avec mon mari, la colère m'emporte et je lui dis que s'il n'est pas satisfait, il n'a qu'à s'en aller.Jai souvent des douleurs partout, il me répond qu'il n'a pas d'argent à donner au médecin et pour des remèdes.Que pensez-vous de tout cela?Donnez-moi des conseils.M me X.Iî.—Vous êtes bien jeune pour avoir de si grandes inquiétudes.Il faut qu'à force de diplomatie et de tendresse vous parveniez à gagner que votre mari, non seulement vous permette de l'accompagner, mais vous invite bientôt à le faire.Soyez coquette, gaie, même si quelquefois vous deviez jouer la comédie pour cela parce que votre Mars 1944 Le Bulletin des Agriculteurs coeur pleure.Vous savez, il faut dans certains cas rendre les hommes un tantinet inquiet, sinon jaloux.Si vous vous apercevez que le jeu ne prend pas, ou menace de tourner mal, soyez assez fine pour ne pas poursuivre.Vous aimez votre mari, fort heureusement, cela vous aidera à oublier l'autre, car il le faut à tout prix, pour votre paix et le bonheur de votre foyer.Vos parents ont ou bien tort de vous empêcher de suivre l'élan de votre coeur, si le jeune homme que vous aimiez était digne de vous et capable ¦ d'assumer les responsabilités qu'il convoitait.Cette leçon vous servira d'expérience quand, à votre tour, vous deviez conseiller et guider vos enfants en pareille occasion.Il est trop lard maintenant, évitez donc toutes circonstances qui vous mettraient en sa présence, montrez-vous Raie et satisfaite de votre sort si vous vous trouvez à le rencontrer.Votre mari est bon malgré certains défauts, comme c'est l'apanage de tous et chacun, il a bien la toquade de ne pas vouloir payer médecin et médecines, prenez donc sur l'argent qu'il vous donne pour l'administration de la maison, même en économisant sur autre chose s'il le faut.Courage et confiance, vous finirez par gagner un bonheur complet.* • * Q.—J'ai connu un garçon de 23 ans l'automne dernier, je l'aimais beaucoup et il paraissait m'aimer.Il avait une autre amie depuis quatre ans mais il me disait toujours qu'il l'abandonnerait pour moi.Je ne l'ai pas revu depuis deux mois.Dois-je espérer?Jamais je ne pourrai donner mon coeur à un autre.11 continue à me saluer quand il me rencontre et à me parler.Amoureuse d'un noir R,—Probablement qu'il faisait le même jeu avec l'autre et lui racontait les mêmes choses.Elle a été la plus forte en reprenant son ami.Ne vous laissez pas aller au chagrin.11 y a bien d'autres bons garçons vous savez qui sont à la recherche de jeunes filles sages et capables de faire de bonnes ménagères.Il en passera bien un dans votre vie, c'est pourquoi il faut reprendre votre coeur et ne plus le donner aussi imprudemment.Q.—J'ai à peine 19 ans et je suis heureuse avec un bon mari.Ce qui me peine c'est qu'une soeur unique qui a plus de vingt ans de plus que moi est très méchante et cherche à nie nuire.Elle écrit des lettres terribles à ma mère pour la moindre chose.J'habite le toit paternel.Je voulais toujours pardonner, car c'est ma soeur unique mais j'en suis venue à détester cette femme et j'ai peur que cela soit un péché.Je sais bien que je ne pourrais jamais plus l'aimer, et je ne veux pas la revoir car il y aurait des scènes.Elle habite à 425 milles de chez nous.Françoise IL—Ne cultivez pas des sentiments de haine envers cette soeur et que votre conscience soit en paix.Vous n'êtes pas tenue d'aimer qui vous fait du mal, au sens humain de ce mot.Si vous pardonnez, pour l'amour de Dieu, vous faites tout votre devoir.Il serait inutile et même dangereux de chercher à revoir cette soeur qui ne partage pas vos bonnes dispositions et ne chercherait qu'à causer du trouble à vous et votre famille.Heureusement qu'il y a des centaines de milles entre vous.Qu'elle soit jalouse d'un bonheur dont elle n'a pas su prendre sa part, ça n'enlève rien à votre félicité tout en la rendant malheureuse.Ayez pitié d'elle et continuez à vivre tranquillement auprès de votre mère, tâchant de la préserver le plus possible de cette grande tristesse d'avoir une fille indigne en excusant la coupable, par amour filial.Goûtez bien votre bonheur, petite madame, et restez toujours généreuse et bonne comme vous l'êtes actuellement.Q.—Un garçon m'a volé une photographie qu'il ne veut pas me rendre.Je lui ai demandé la sienne et il ne veut pas me la donner.Que dois-je faire?Brunette I'.—Laissez tomber cet incident dans l'oubli.Plus vous aurez l'air d'y attacher de l'importance, plus ce garçon aura raison de se montrer fier du tour qu'il vous a joué; soyez plus prudente à l'avenir.* * * Q.—Je connais depuis deux mois un blond qui avait une autre amie qu'il a laissée.Il ne vient pas régulièrement et ne me fait pas toujours des façons.Je voudrais bien continuer à le recevoir.Dois-je l'inviter ou le laisser libre?Je l'aime tendrement.Mcrlo R.—Il faut laisser sa liberté pleine et entière à un jeune homme que l'on connaît depuis si peu do temps et qui ne se montre pas toujours empressé; il faut aussi attendre pour aimer tendrement (pie l'on soit payée de retour.Ce sont des conseils qui aideront à votre bonheur, ma chère correspondante, si vous les mettez en pratique.Q.—J'aime beaucoup un jeune homme de mon âge, gentil et beau.Ses parents veulent nous séparer parce qu'ils le trouvent trop jeune.Nous continuons quand même de sortir ensemble, il arrive même que je l'invite à venir veiller chez nous.Dois-je continuer?Coeurs qui s'aiment.R.—Vous devez prendre conseil de vos parents et leur obéir.De toute façon, il vaut mieux recevoir un jeune homme chez vous que d'accepter des sorties en cachette.Vous ne mentionnez pas votre âge .Plus près de 15 que de 20 ans, il vaudrait mieux rompre tout à fait, espérant vous retrouver dans quelques années.Mais, si vous avez 18 ou 1!) ans, si vos familles se conviennent et que vous croyez vous aimer, sollicitez la permission de recevoir cet ami une fois par semaine, qu'il obtienne de son côté le consentement de ses parents.C'est en vous montrant raisonnable et soumis que vous obtiendrez plus de faveurs.Q.—A la suite de tant d'autres, je viens vous demander de mettre un brin de lumière dans ma solitude.Institutrice isolée, sans ami, pourtant de bonne éducation sans me vanter.Mes 2f> printemps aimeraient bien être salués par la rencontre d'un jeune homme distingué, sachant me comprendre et avec lequel je pourrais librement échanger mes idées.Je me sens tellement seule que, de nature gaie, je crains de devenir mélancolique.Lectrice assidue.P.—C'est un correspondant que vous aimeriez avoir pour charmer vos loisirs et votre solitude?De jolies lettres intéressantes, instructives et compré-hensives seraient autant de rayons de soleil.Il ne faut pas désespérer de connaître cette consolation.Faites votre demande dans la colonne spéciale réservée chaque mois à nos abonnés, cl dans le grand nombre de réponses (pie vous recevrez, vous choisirez le, ou les correspondants qui sembleront le mieux convenir à vos goûts.Bonne chance.* * * Q.—Je viens vous demander un conseil; ayant 22 ans.je suis courtisée par un garçon de 27 ans, depuis trois mois.Il paraît m'aimer et je l'aime aussi.Mais je crois qu'il en courtise une autre.Dois-je continuer?IJrunette.Iî.—Demandez tout simplement à votre ami si vous êtes l'unique.Vous pouvez vous rendre un peu compte vous-même, par l'assiduité de ses visites chez vous.Si vous avez seulement un doute d'avoir une rivale, ne questionnez pas à ce sujet, mais essayez de l'emporter sur elle par votre bonne conduite et votre gentillesse.JACASSE MOINS ET ACHETE LUI DE LA LESSIVE GILLETT ¦ -s ?! M 1 mi OS cabinets extérieurs ne doivent pas nécessairement sentir mauvais! Vous pouvez facilement les garder propres, sanitaires et sans odeur avec la Lessive Gillctt.Versez simplement de ce merveilleux produit Gillctt — pur — et le tout disparaîtra complètement! Ayez toujours une boite de Gillctt, pas loin — sous la main — employez la moitié d'une boite chaque semaine.La Lessive Gillctt est très utile partout ailleurs.Servez-vous-en dans les bâtiments de la ferme — utilisez-la pour dégager les renvois et les tuyaux — ainsi que pour toutes sortes de travaux de nettoyage.Une boîte donne dix gallons de solution*.Elle fait vite disparaître graisse et saleté — évite le frottage et l'écurage! Fait aussi un excellent savon — pour moins de le le pain.Achetez-en plusieurs boites des aujourd'hui.FABRICATION CANADIENNE Ne faites jamais dissoudre la lessive dans l'eau chaude.L'action de la lessive elle-même réchauffe l'eau.GRATIS HROCIIURETTE GILLETT .clic VOUS explique comment In Lessive Gillctt peut vous aider de multiples manières: elle sert à l'entretien des cabinets, nettoie les renvois d'eau et l'outillage de laiterie, facilite tomes sortes de travaux de ménage.Obtcncz-en un exemplaire gratis; écrivez à Standard Brands Ltd., Fraser Ave.8i Liberty St., Toronto, Ont.sBBBSBMBKÊmÊKBBSSBKBBBm '62 Oui, mon potit, parce que mon savon e«t le Palmolive, le même et seul snvon que ma mère employait pour me baigner.Le Palmolive, vois-tu, ne saurait irriter la peau tendre, ni h mienne, car il est fait pour donner une mousse moelleuse et douce qui protège ta peau et la garde saine pendant ta croissance.Ht c'est pour cela que le Palmolive sera toujours ton savon spécial.comme le mien d'ailleurs .j'en suis certaine.Màrol Des spécialistes conseillent pour la peau de bébé: Baignez chaque jour votre bébé au doux savon Palmolive.Jitant fait aux Indies de palme et d'olive — deux des meilleurs gardiens naturels de la peau, sa mousse bienfaisante nettoie avec don- n ceur, sûrement et soulage .9/ ¦y même la peau la plus sensi-\y ble.fit, mère, tout ce que u, \J le Palmolive fait pour Mr bébé, il le fera pour CONSERVEZ CE BEAU TEINT D'ÉCOLIÈRE Lisez pourquoi .GARDE SCOTT recommande le liniment DUCKLEY'C I 1 STAINLESS \ UWHITE RUB0-28 ans.Adrienne Savard, St-Siméon, Cté Charlevoix: 18-22 ans, Monique Jolicoeur, St-Pascal, Kamouraska: 25-40 ans.Rita Lapointe, 1351 St-François Xavier, Trois-Rivières: 17-20 ans.Suzanne Bouchard, 955 Buteux, Trois-Rivières: 17-21 ans.Micheline et Nicole Larose, 496 rue Gcr-vais, Trois-Rivières: 16-20 ans.M.B.Bélanger, Breakey ville: 27-35 ans.Georgette Bouchard, r.r.no 3, Cau-sapcal, Cté Matane: 18-25 ans.Marguerite Bouchard, même adresse: 16-19 ans.Marthe Lemelin, Bureau Paré, Cté Portneuf: 32-40 ans.Jeanninc Girard, Ste-Rose du Nord, Cté Chicou-timi: 19-25 ans.Ste-Rita, Cté Rivière du Loup: 16-20 ans.Gérard St-Pierre, St-Alexis des Monts, Cté Maskinongé: 18-20 ans.E.J.Lefebvre, c.p.475 Sherbrooke: 35-45 ans.Roger Bélanger, 7661 rue Drolet Montréal: 20-25 ans.Benoit Jobin, 28 rue St-Jean, Charny: 18-20 ans.Vital Hamel, Rivière Fourchue, Cté Riv.du Loup: 14-16 ans.Charles-Eugène Bernard, Rivière Davy, Abitibi: 18-20 ans.Lionel Gingras, St-Sylvestre, Cté Lotbinière: 18-23 ans.Oliva Lauzé Windigo La Franche, Camp Médéric Asselain, Cté Laviolct-te: 18-22 ans.Henri Lavoie, Lan-drienne, Abitibi: 16-18 ans.Claude Lambert, 693 Des Forges, Trois-Riviè-l'CS, Georges Jacques fils Florian, St-Théophile, Cté Beauce, Rang 7: 16-18 Mars 1944 Le Bulletin des Agriculteurs Chacune des Banques à Charte sollicite votre clientèle Les dix banques concurrentes: Banque de Montréal Banque de la Nouvelle»Èc§sse Banque de Toronto Banque Provinciale du Canada Banque Canadienne de Commerce Banque Royale du Canada Banque Dominion Banque Canadienne Nationale Banque Impériale du Canada Barclays Bank (Canada) La banque à charte est de votre dépôt, mais aussi a gardienne non seulement du secret de vos opérations."A BANQUE À CHARTE observe la plus stricte discrétion sur le compte que vous lui confiez.Elle porte le nom de banque "à charte" parce que l'autorisation qu'elle possède d'exercer son commerce, ainsi que les conditions et les restrictions auxquelles elle est soumise, font l'objet d'une charte qui lui est octroyée et qui est tenue à jour par le parlement, libre institution qui constitue la plus belle forme de gouvernement démocratique que l'homme ait jamais inventée.Cette charte, qui est une loi du parlement, comporte toutes les dispositions nécessaires à la sauvegarde de votre argent.Les dix banques à charte concurrentes sont tout le contraire d'un monopole d'Etat comme celui qui serait constitué si toutes les banques étaient fondues en une seule au moyen de la nationalisation.Sous le régime du monoplc d'Etat, si l'unique banque vous refusait du crédit, vous n'auriez pas à votre disposition neuf autres banques auxquelles il vous serait possible, à votre choix, de soumettre votre demande.Vous avez cet avantage aujourd'hui. c&i dsmx plu A impifiianiA MAJjk&A JG&L ntâiaqsLkSLèu die Quéôsui PRÉFÈRENT UN POÊLE "ISLET" Il n'y à rien d'étonnant à cela, les poêles L'Islet comportent une construction et des matériaux de première qualité afin de donner le rendement qu'exige le climat de notre province.Ils renferment aussi toutes ces précieuses commodités qui facilitent le travail de la ménagère et lui permettent de réussir facilement la cuisson des mets divers qu'elle désire préparer.En ce qui concerne l'apparence et le fini, les poêles L'Islet vous assurent un choix varié des modèles les plus attrayants et les plus pratiques.Voyez-les à votre succursale la plus rapprochée.(pswA£^ dsiôu mjcdnisinajnL cl VOTRE SYSTÈME DE CHAUFFAGE Malheureusement, l'automne dernier, nombre de nos clients ont été désappointés de ne pouvoir se procurer l'une de nos fournaises à air climatisé.Les restrictions du temps de guerre, les difficultés de transport et de moin d'oeuvre en sont la cause.C'est pourquoi nous vous conseillons fortement de placer votre commande des maintenant afin de recevoir votre fournaise au moment où vous en aurez besoin.Nous avons le modèle et la capacité qui vous conviennent, avec ou sans tuyau, et aussi avec appareil pour climatisation de l'air.Ecrirez dès aujourd'hui pour obtenir un estime gratuit.5 0 M A G AS I N,S ET PL US DE 1 0 0 0 A G EN C E S PO U R V OU S SE RVIR
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