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Titre :
Le pays laurentien
Éditeur :
  • Montréal :G. Malchelosse,1916-1918
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Petit canadien ,
  • Revue acadienne ,
  • Revue nationale
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Le pays laurentien, 1918-02, Collections de BAnQ.

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Sème ANNEE.—No.2 FEVRIER 1918 LE PAYS LAURENTIEN Comment vivifier notre littérature canadienne ?“Voulons-nous vivifier noire littérature ?Ecrivons dans le meilleur français possible, le plus chrétiennement possible, sur des sujets canadiens.’’ .E.Gagnon Nous avons une littérature, cela ne fait plus de doute à personne.Pour neuve qu’elle soit, elle existe; donc, il faut qu’elle vive, ou plutôt, qu’elle survive ! Mais à quelles conditions cette jeune pousse assurera-t-elle sa place au soleil ?Où trouvera-t-elle cette vigueur de sève qui donne survie et prospérité ?Nous allons l’étudier brièvement.Un sang vicié ne peut porter vigueur et santé à l’organisme qu’il dessert; une langue française asservie par l’anglicisme, souillée d’incorrections et embarrassée de néologismes, peut-elle davantage être un instrument de vie aux mains de nos littérateurs canadiens ?La langue française a chez nous droit de-cité, c’est entendu; nous voulons que l’on reconnaisse ce droit, c’est juste.Le doux parler de France mérite le respect de tous; mais s’il est de notre devoir d’exiger ce respect de la part des autres, ne sommes-nous pas tenus de le professer, plus grand et plus fidèle que personne ?Or, qu’arrive-t-il ?Sciemment et de gaieté de cœur nous affublons la langue française d’un travesti étranger et indigne, fait de lambeaux défigurés, volés à l’habit du voisin ou ramassés çà et là et hideusement recousus en manteau d’arlequin.D’une reine, nous faisons une esclave ! Guerre donc à l’anglicisme ! guerre au néologisme vicieux ! guerre à l’incorrection ! Pour qu'il soit respecté et viable, rendons à notre verbe sa liberté et son indépendance.Remarquons toutefois que nous devons user de discrétion vis-à-vis du néologisme.Sacrifions, sans merci, ceux qui ont un équivalent consacré, mais conservons précieusement certains mots — 22 — indigènes dont la saveur et le parfum de terroir ne serviront pas peu à nationaliser notre littérature.“Ne craignons pas, dit à ce sujet Louvigny de Montigny, de conserver certaines locutions primitives et archaïques, voire agressées, qui panachent agréablement notre langue, et contribuent à imprimer sen caractère de littérature spéciale à un ouvrage canadien.” (1) De plus, nous écrirons le plus chrétiennement possible.De nombreuses et éloquentes voix ont maintes fois démontré, à l’occasion surtout des célèbres congrès d’Ottawa, de Montréal et de Québec, que notre foi catholique ne pouvait se passer de notre langue française.Le théorème démontré, la réciproque a-t-elle besoin de nouvelles preuves, et ne pouvons-nous pas affirmer tout de suite: notre langue française a besoin de notre foi catholique, de toute notre foi catholique ?Un catholicisme défiguré, amoindri, ne peut en effet convenir à ce parler si harmonieux et si plein, qui fut celui des Corneille et des Racine, des Chateaubriand et des Veuillot.Ajoutons que la religion est inspiratrice de vraie poésie.Un héros chrétien ne vaut-il pas tous les héros d’Homère ?Télémaque est-il comparable à Polyeuete ?Les dieux du premier n’ont jamais vécu, Celui de Polyeuete éclaire toujours l’humanité! Quelle pitié que de mendier à l’antiquité les sujets de nos poèmes! N’est-ce pas avouer, dit fort bien Léon Gauthier, que vingt siècles de christianisme n’ont exercé sur l’art aucune influence bienfaisante, et n’est-ce pas du coup souscrire à cette erreur philosophique que, beauté est séparable de vérité ?“Notre langue, dit M.Étienne Lamy, a souffert dans sa beauté toutes les fois que notre pensée a fléchi dans.son inspiration.” Que la constatation autorisée de l’éminent académicien nous soit un avertissement ! Au rancart donc, la mythologie, mais trêve aussi à l’exotisme ! Nous voulons dire : écrivons sur des sujets canadiens.Ces sujets, notre histoire nationale tout d’abord nous les offre nombreux et féconds.C’est une mine dont Aubert de Gaspé Casgrain, Laure Conan et Fréchette ont à peine entamé la richesse.A nous de savoir marcher sur les traces de ces nobles, mais hélas, trop rares devanciers.(1).Préface de Maria Chapdelaine. — 23 — Oue dire des mœurs canadiennes ?N’offrent-elles pas assez de variété et d’originalité pour tenter aussi le jeune littérateur ?L’abbé L.Groulx, A.Rivard, le P.Boneompain, L.Hémon et d’autres, nous ont montré la voie, la bonne, et ils sont bien loin d’avoir tari cette source claire et chantante qu’est l’étude des mœurs canadiennes.Citons seulement quelques rubriques autour desquelles viennent se ranger des séries de thèmes plus suggestifs les uns que les autres : /’Habitant, le Bûcheron, le “Draveur”, le Navigateur, le Pêcheur, le Bourgeois, le Médecin et le Curé de campagne, etc.Et la nature canadienne, infiniment belle, n’est-elle pas digne de l’enthousiasme de nos artistes ! M.Louvigny de M011-tigny va nous le dire: “Nos montagnes Rocheuses sont des Alpes et nos Laurentides sont des Pyrénées ou, tout au moins des Vosges; nos lacs n’attendent qu’un Lamartine pour devenir aussi célèbres que celui du Bourget; nos plages valent celles de Cannes, et nos rives sent aussi douces que les rives hollandaises; nos crépuscules sont aussi glorieux ,n’est-il pas vrai, que ceux d’Italie,.nos prés sont aussi fleuris que ceux qu’arrose la Seine.’’ (1) “Si la divine Providence a implanté la langue française en Amérique, c’est pour qu’elle y reste, pour qu’elle s’y développe, qu’elle y remplisse son rôle et atteigne à de hautes destinées” (J.-P.Tardivel).A l’œuvre donc, jeunes écrivains ! La langue française ou mieux le Canada français compte sur vous ! Donnez à notre peuple une littérature correcte, canadienne et chrétienne et assurez ainsi la vitalité de notre langue, de notre foi et de la race tout entière.__________ PÉTRUS.(1) Préface de Maria Chapdelaine.Le prochain numéro du Pays laurentien contiendra:— Ilochelaga, (suite), par Benjamin Suite.Murray Bay, par Damase Potvin.Damase Potvin, par Gérard Malchelosse.L'église et la cloche de chez nous, par Du Rivage, etc., etc., etc.£- 24 — Les livres canadiens à l’Index.Beaucoup de Canadiens sont sous l’impression que Marie Calumet est défendu, ce en quoi ils font erreur; c’est qu’ils ignorent quels sont les ouvrages réellement à l’Index.Par les ouvrages mis à l’Index, nous n’entendons que ceux condamnés en vertu des décrets du vSaint-Siège, et non pas les livres qui tombent sous l’interdiction diocésaine, tels: la- Vie, du Dr Albert Laurendeau, et la Lanterne, d’Arthur Buies.Un ouvrage peut bien subir une condamnation ecclésiastique locale, sans tomber sous la loi générale de l’Index.Ainsi donc, la lecture en est défendue dans un certain diocèse, mais non pas dans les autres, ce qui est bien différent de la condamnation papale, puisque celle-ci s’étend par tout l’univers.Les livres canadiens à l’Index sont en petit nombre; néanmoins nous jugeons important de les indiquer puisque tant de gens sont mal renseignés sur ce point.Les livres défendus que nous signalons ci-après, le sont “ex-professo”, c’est-à-dire qu’ils ont été frappés directement par les décrets de la Congrégation de l’Index, exception faite pour les hommes de lettres, professeurs, etc., pourvu toutefois que ceux-ci aient quelqu’intérêt à les lire.Essai sur cette question : Quand et comment V A mérique a-t-elle été peuplée d’hommes et d’animaux f par E.B.d’E.(Samuel Engel).Amsterdam, 1767, 5 volumes, in-16.Décret S.Off., 24 août, 1772.Dialogue de Monsieur le baron de Lahontan et d'un Sauvage dans VAmérique, contenant une description exacte des mœurs et des coutumes de ces peuples sauvages, par Nicolas Gueudeville, journaliste.Amsterdam, 1702, 1 volume in-8, 325 pages.(Autre édition en 1704).Decret S.Off., 12 août, 1710.Annuaire de V Institut Canadien pour 18GS.Montréal, 1869, in-8.Décret S.Off., 7 juillet, 1869. — 25 — Annuaire de l'Institut Canadien -pour 1869.(Louis Perrault).Montréal, 1870, in-8.Décret S.Off., 31 août, 1870.{UAnnuaire de 1870 tombe naturellement aussi sous la défense de l’Index, ainsi que le supplément intitulé l'Index.) Le Clergé canadien, sa mission, son œuvre, par Louis-Olivier David.Montréal, 1896, 1 vol.in-12, 123 pages.Décret S.Off., 9 décembre, 1896.De ces cinq volumes condamnés en vertu des décrets de l’Index il n’y en a que trois, à vrai dire, qui sont d’auteurs canadiens, puisque les deux premiers sont de Français dont le second est tout simplement venu en Canada.Néanmoins, ils font partie de la bibliothèque canadienne.Gérard MALCHELOSSE.L’ESPRIT D’HECTOR FABRE Hector Fabre, le journaliste canadien, dont on s’est plu, maintes fois, à rappeler le brillant esprit, se trouvait un jour au milieu d’un cercle de dames et il soutenait, avec sa bonne humeur qui l’a caractérisé, que toutes les femmes étaient des anges.Une de celles qui écoutaient notre charmant écrivain, femme très intelligente, mais horriblement camarde, l’interrompit en lui disant: —Vous n’êtes certainement pas pour soutenir, à mon nez, que je suis, moi aussi, un ange ?—Vous, madame, comme les autres, vous êtes un ange, repartit Hector Fabre; seulement, vous vous êtes abîmé le nez en tombant.G.M. — 26 - HOCHELAGA (D in Revenons à Cartier et à ses marins que nous avons laissés rue Bleury en face des murs d’Hoehelaga.On s’attendait à trouver moins que ville, Bourgade à peine, ou faubourg pour le mieux.Mais le Malouin nous dit en son vieux style Qu’il fut surpris à l’aspect de ees lieux.Stadacona n’avait rien de semblable.On admirait l’ensemble du tracé, Fort de partout sans rien de misérable, Le peuple même était plus policé.“La dite ville est toute ronde et close de bois (muraille de gros bois) à trois rangs, en façon d’une pyramide, croisé par le haut ayant la rangée du parmi (entre deux) en façon de ligne perpendiculaire puis rangée de bois couché de long, bien joint et cousu à leur mode, et est de hauteur environ deux lances.” La rangée du milieu se formait de palissades plantées debout.A chaque face de cette clôture s’ajustaient des corps d’arbres couchés les uns sur les autres “en façon de pyramides”, soit:plus large ou épais en bas que par le haut, et croisés par le haut, soit: se terminant en crête.Deux longueurs de lance pouvaient mesurer quinze, pieds d’élévation à l’enceinte et le tout représentait une formidable défense, étant donné les faibles moyens d’attaques des Sauvages, surtout ceux des Algonquins dont toute l’artillerie consistait dans le lancement des pierres à force de bras.“N’y a en icelle ville qu’une porte et entrée, qui ferme à barres, sur laquelle, et en plusieurs endroits de la dite clôture, y a manière de galeries et échelles à y monter (pour l’intérieur) qui sont garnies de roches et cailloux.” Des choses de poids qu’on précipite au bas de la muraille pour écraser les assaillants: c’est une pratique comme le moyen âge, en France, nous en montre des exemples un peu partout.“Il y a dedans icelle ville environ cinquante maisons, longues d’environ cinquante pas (cent vingt-cinq pieds) ou plus, chacune, et douze ou quinze pas de large, et toutes faites de bois, couvertes et garnies de grandes écorces et pelures des dits bois, (1) Voir le Pays laurenlien, année 1917, pour les deux premiers chapitres. aussi larges que tables ,bien cousues artificiellement (avec art, comme les écorces des canots) selon leur mode.” Ces constructions entouraient une place publique ‘‘d’un jet de pierre en carré”.Le jet de pierre se dit de la portée atteinte par un cailloux lancé à l’aide de la fronde, mettons cent pieds au moins.Ces grandes maisons logeaient chacune plusieurs familles avec feu en commun.Privés de la connaissance du fer, les habitants d’Hochelaga travaillaient néanmoins les pièces de charpente et construisaient solidement de confortables demeures.Nous sommes loin des ca-banages en branches d’arbres et en peaux de lièvre ou de caribou des pauvres Algonquins, même des huttes de Stadacona ou de la Petite-Nation, ou de la bourgade de l’île des Allumettes.Champlain décrit une ville de ce genre qu’il vit, dans l’État de New-York, en 1615: ‘‘Enclose de quatre bonnes palissades de grosses pièces de bois entrelassées les unes parmi les autres, où il n’y avait pas plus de demi-pied d’ouverture entre deux, de la hauteur de trente pieds, et les galeries, comme en mannière de parapet (élevé le long des murs) qu’ils avaient garnis de doubles pièces de bois à l’épreuve de nos arquebuses.Ils ne manquaient point de quantité de pierres qu’ils jettaient par dessus les palissades.” Le dessin qui accompagne sa narration pourrait s’appliquer à Llochelaga.Cn y voit la place publique entourée de grandes maisons et derrière celles-ci des rues bordées d'autres édifices parmi lesquels il y en a de formes triangulaires pour laisser de larges passages ou rues courant en biais jusqu’à la place centrale.En un mot, c’est une ville avec toutes ses ordonnances de voiries, ses facilités de ecmmunieation, et parfaitement à l’abri des attaques du dehors.La grande ressource de l’assaillant consistait à établir un système d’incendie qui se rapprochait des fortifications et pouvait les atteindre, mais il y avait chez les assiégés une organisation de service d’eau qui triomphait presque toujours contre le feu, lorsque celui-ci gagnait prise sur les palissades.Cartier continue: ‘‘Et, par dedans icelles maisons, y a plusieurs aîtres et chambres, et au milieu une grande place par terre où ils font leur feu, et vivent en Communauté, puis se retirent en leurs dites chambres, les hommes avec leurs femmes et leurs enfants.‘‘Pareillement, ils ont grenier en haut de leurs maisons où ils mettent leur blé (maïs) de quoi font leur pain qu’ils appellent — 28 — caraconny.Et le font en la sorte ci-après: ils ont des piles (vases) de bois comme a piler du chanvre et battent avec pilons de bois le dit blé en poudre, puis le massent en pâte et en font tourteaux (galettes) qu’ils mettent sur une pierre large qui est chaude, puis les couvrent de cailloux chauds—et ainsi cuisent leur pain en lieu de four.“Ils font pareillement force potages du dit blé et de fèves et pois, desquels ils ont assez (beaucoup) et aussi de gros concombres (courges) et autres fruits (légumes).Ils ont de grands vaisseaux comme tonnes en leurs maisons où ils mettent leur poisson, lequel ils sèchent à la fumée durant l’été et en vivent l’hiver et de ce font grand amas, comme avons vu par expérience.Tout leur vivre est sans aucun goût de sel.” Ta cuisine des Grecs du temps d’Agamemnon valait-elle mieux que celle des Iroquois ?J’en doute.“Ils couchent sur écorces de bois étendues sur la terre, avec méchantes peaux de bêtes sauvages, ce quoi font leurs vêtements et couvertures.” Dans toute la narration du découvreur il n’y a pas de trace d’étoffe tissée par les indigènes.Tout l’habillement consistait en peau de diverses bêtes des bois très habilement passées, bien cousues et même ornementées avec goût par des broderies de couleurs.“Ce dit peuple ne s’adonne qu’à labourage et pêcherie pour vivre, car des biens (or et argent) de ce monde n’en font compte parce qu’ils n’en ont connaissance et qu’ils ne bougent de leur pays et ne sont ambulataires comme ceux de Canada (Quebec) et du Saguenay, nonobstant que les dit Canadiens (Québec) leur soient sujets avec huit ou neuf autres peuples qui sont sur le dit fleuve.” En termes différents, Hoehelaga renfermait un petit monde supérieur aux gens des bourgades volantes ou campements échelonnés sur la rive nord du fleuve jusqu’au Saguenay.Il ne paraît pas que la rive sud ait été autre chose qu’un territoire de chasse.On voit ici, comme ailleurs dans la même narration, que le mot “Canada” s’applique à la région de Québec, depuis l’île aux Coudres jusqu’à Deschambault.“Canadiens” étaient aux yeux de Cartier les Sauvages de ce district.Après les voyages de Cartier et Roberval on ne parlait en France que de Canada, voulant dire Québec, mais ce dernier nom n’était pas encore connu.Comme 29 - Hochelaga était situé dans les profondeurs ou très haut sur le Saint-Laurent, il n’en était pas question.Le port de mer, Canada, comprenait tout pour le moment, et plus tard, à mesure que les Français se répandirent dans ce nouveau pays, le nom de Canada les suivit, jusqu’au Détroit, au lac Supérieur, à la rivière Rouge, au pied des Montagnes Rocheuses.Cartier écrit: “Canadiens”.Après lui on a, parfois, adopté “Canadois”.Dès l’époque de Champlain, Ontario et Québec (provinces actuelles) étaient Canada.Ce village de Stadacona du cap de Québec avait un cachet de permanence peu algonquine, mais le site faisait qu’on ne l’abandonnait jamais entièrement.C’était une résidence fixe du chef.Un autre établissement semblable, et peut-être mieux ordonné, existait sur la Lièvre dans la tribu Algonquine dite Petite-Nation.Un autre plus grand et vraiment stable occupait l’île des Allumettes sur l’Ottawa supérieur peuplé a’Algonquins.Tout en dépassant de beaucoup le genre de vie nomad2 des bandes algonquines de partout, mais cependant menant une existence en grande partie errante, les habitués des trois bour gades ci-dessus étaient infiniment inférieurs aux gens d’Hochelaga sur tous les points, car ces derniers s’appuyaient sur les travaux des champs, jouissaient d’une subsistance assurée et de plus, comme conséquence de cet état de choses, s’étaient créé des industries, un mode de gouvernement, des lois, enfin des ressources qui n’existaient pas ailleurs.Une famille ou des hommes qui se déplacent sans cesse pour courir après la pitance du jour n’avancent en rien dans le bien-être.Us restent misérables, à la merci des chances de la chasse et de la pêche que tant de circonstances rendent défavorables en toute saison.Chez les Iroquois, la pêche n’était qu’un métier accessoire; l’agriculture primant tout, et l’industrie complétant les besoins de l’année courante.Le grand Nord-Ouest était occupé par des bandes errantes d’Algonquins qui s’arrêtaient de temps à autre à poste fixe, mais sans caractère permanent.Autour du lac Supérieur, au Nipissing, même affaire, avec des variantes de stabilité.A la côte d’Algoma et au saut Sainte-Marie étaient les meilleurs endroits sous ce rapport, mais toujours fondés sur la chasse et la pêche.Le Sa- — 30 - guenay et le Saint-Maurice renfermaient les tribus les plus misérables.Il va sans dire que les Algonquins jalousaient Hochelaga et lui faisaient la guerre, cette guerre d’embûches, de traîtrises, de coups isolés dont les peuplades primitives sont coutumières, faute de savoir s’organiser pour conduire avec ensemble des opérations effectives et obtenir des résultats durables.Les Iroquois entendaient autrement le métier des armes, et de là venait cette domination qu’ils exerçaient au loin, selon le rapport de Cartier.Non point qu’ils fussent conquérants en ce temps-là.Ils se contentaient de déployer leurs forces suivant le besoin.Plus tard, dégoûtés des agressions, ou chassés par des attaques trop continuelles, ils allèrent s’établir ailleurs, peut-être le long de la rive est du lac Ontario où tout ce que nous appelons Iroquois se trouvait réuni lorsque Champlain prit contact avec eux, en 1609.Comment ils conçurent un nouvel art militaire, de quelle manière et pour quelle cause ils devinrent conquérants, ce serait le sujet d’un long chapitre.Il leur parut d’abord que, avoisinés par les Hollandais du fleuve Hudson ils feraient mieux de les fréquenter que de s’entendre avec les Français du Québec.D’après Cartier, les habitants d’Hoehelaga n’affectaient point de se montrer incommodes et tout le militaire cju’on voit chez eux se borne aux mesures défensives.Je les regarde comme de bons citoyens dont il est heureux de faire la connaissance.Leur urbanité l’enchante.Ce n’est plus le ton réservé ou sournois qui règne à Sta-dacona.Il ne paraît pas avoir entendu dire à Hochelaga aucun mal des gens du bas du fleuve, tandis que les naturels de Stadacona débitaient des horreurs sur le compte d’Hochelaga.Mais que penser ?La langue n’était pas la même, et faute d’interprète, comment se comprendre ?Comment aurait-il pu, par des signes certains, Connaître leur esprit, pénétrer leur desseins ?Quoi qu’il en soit, l’appât d’un gain inattendu et assuré et très grand, décidait les Iroquois, vers 1636, à devenir militaires et attaquants, pour s’emparer du Haut-Canada et autres régions, comme territoires où la chasse au castor était abondante et par suite une source de richesse pour eux puisque les Européens achetaient ces fourrures.Benjamin SU LTE. 31 — Lettre de l’abbé Casgrain à Crémazie (1) Québec, ce 15 novembre 1867.A Monsieur Octave Crémazie, Au Hâvre, France.Mon cher monsieur, Notre vieil ami Parent vient de me quitter en me priant de vous présenter ses hommages respectueux et ses souhaits de prompt retour.Seul dans mon cabinet, je veux me donner la joie d’écrire à mon ancien, mais toujours affectionné compagnon de lettres qui, là-bas, au pays de France, endure les douleurs de l’exil et soupire sans cesse après son beau Canada.Remerciez toutefois le Seigneur, mon cher ami, de vivre sur le sol le plus chéri, après celui de la patrie, de demeurer dans la terre classique de la littérature.Dieu, qui n’est pas sans raison appelé bon, mettra bientôt fin à vos souffrances.C’est ce que lui demandent, avec moi, toutes vos connaissances de Québec.Vous vous êtes remis, me dites-vous, à l’étude, unique passion de votre vie, votre compagnon sous la bonne, comme sous la mauvaise étoile.Tant mieux ! Mais que n’utilisez-vous davantage le beau talent que le Créateur vous a donné ?Pourquoi n’écrivez-vous plus de poésies ?Vos vers furent pourtant si applaudis, si loués ! Votre nom vola de bouche en bouche, les félicitations et les encouragements à continuer plurent sur votre tête.Kt cependant, votre talent ne faisait alors que d’éclore.Aujourd’hui qu’il a grandi, qu’il s’est fortifié et développé pour entrer enfin en pleine maturité, vous dédaigneriez ce don divin, vous abandonneriez la poésie ?Non, vous devez cultiver cette faculté, vous avez l’obligation d’unir à votre imagination active, créatrice, et à votre profonde sensibilité le travail qui vous permettra de contribuer à l’expansion et à l’enrichissement de la littérature canadienne.Mais qu’ai-je dit là?Vraiment, j’oubliais que vous désespériez de nos lettres ! “Plus je réfléchis sur les destinées de la littérature canadienne, m’écriviez-vous dernièrement, moins je lui trouve de chances de laisser une trace dans l’histoire.Ce qui (1) Note de la Rédaction.—L’auteur a tenté d’appliquer à notre littérature le procédé introduit dans l’histoire par Louis-Raoul de Lorimier, l’éminent avocat et écrivain de Montréal, (cf.: Le Devoir, mars 1917, et la Revue Canadienne, mai et juin 19171. — 32 - manque au Canada, c’est d’avoir une langue à lui.Si nous parlions iroquois ou huron, notre littérature vivrait.Malheureusement, nous parlons et écrivons d’une assez piteuse façon, il est vrai, la langue de Bossuet et de Racine.Nous avons beau dire et beau faire, nous ne serons toujours que de simples colons littéraires.” Et inflexible dans votre jugement, vous ajoutez ailleurs: ‘‘Certains saluent l’aurore d’une littérature nationale.Dans ce milieu presque toujours indifférent où se trouvent placés,en Canada, ceux qui ont le courage de se livrer aux travaux de l’intelligence, je crains bien que cette époque glorieuse ne soit encore bien éloignée.En dehors des deux seuls livres de Carneau et Ferland, tout ce qui s’est produit chez nous ne semble pas avoir chance de vie.Je tire donc cette conclusion: aussi longtemps que nos écrivains seront placés dans les conditions où ils se trouvent maintenant, le Canada pourra bien avoir de temps en temps, comme par le passé, des accidents, mais il n’aura pas de littérature nationale.” Holà ! votre première assertion, mon cher monsieur, sent la boutade à cent lieues à la ronde.Vraiment, vous voulez rire ! Excusez-moi bien, mais je suis fermement convaincu que notre littérature qui se développe—et cela suffit pour détruire tout doute au sujet de son existence—ne dérobera jamais aux lèvres de nos aborigènes ce parler et ce miel indiens, cette sapidité fraîche et cet arôme vierge qui devraient la faire si alléchante ! Gardons l’héritage sacré de nos ancêtres, cet idiome le plus beau et le plus clair de tous: le français! Si nous n’avons pas une langue particulière, nous pouvons nous consoler à la pensée que cela est nullement nécessaire pour la formation d’une littérature nationale.Sur ce point, l’exemple des États-Unis, pays placé dans une situation identique à la nôtre, est typique.L’anglais se parle aussi couramment au-delà du quarante-cinquième dégré qu’à Londres: essaierez-vous de nier l’existence, dans la grande république, d’une littérature vraiment nationale et absolument distincte de la littérature anglaise ?Longfellow, Fenimore Cooper, Washington Irving, Daniel Webster n’ont-ils pas immortalisé les lettres américaines ?Comment ces illustres écrivains furent-ils si américains tout en se servant de la langue d’Albion i1 Comment nous, Canadiens-français, héritiers directe du plus pur verbe de France, de la langue des Bossuet, des Fénelon, des Racine et des'Molière, serions-nous vraiment nationaux dans notre littérature ?En traitant des sujets - 33 canadiens, et en les traitant d'une façon canadienne, comme Longfellow et Webster traitèrent en anglais des sujets américains, d’une façon américaine.Sans doute, notre littérature doit aller chercher auprès de ses aînées des leçons utiles.Mais, pour garder son originalité, elle doit exprimer la grandeur nationale, comprendre et faire valoir tout notre héroïque passé; il lui faut encore s’attacher au milieu physique et, comme disait Michel Bibaud : Ecrivains de la Nouvelle-France.Des bords du Saguenay, peignez-nous la hauteur, Et de son large lit l’énorme profondeur; Ou du Montmorency, l’énorme cascade, Ou du Cap-Diamant, l’étonnante esplanade, Le sol du Canada, sa végétation, Présentent un vaste champ à la discrétion.Notre littérature doit peindre et chanter dans un esprit canadien.Nous posséderons cette mentalité quand chacun astein-dra à une réflexion bien personnelle le sujet de son ouvrage, quel qu’il soit, qu’il développera dans l’esprit de sa race, et qu’il l’introduira en cette âme canadienne qui lui donnera l’élan de sa propre existence.Nos lettres seront ainsi très distinctes des gauloises.Pour vous qui connaissez à fond la France actuelle, il doit vous être relativement facile de comprendre l’esprit canadien qui ne ressemble pas beaucoup à l’esprit français moderne.C’est plutôt à la France de Louis XIV que nous devons notre esprit national.Le bon ton, la bravoure, les instincts nobles et généreux des anciens chevaliers, telles sont les qualités reçues par nous du siècle d’or de notre mère-patrie.En matière religieuse, nous avons été plus heureux que nos cousins d’outre-mer; nous n’avons pas senti passer sur nos têtes les souffles délétères du scepticisme et de l’indifférence; nous avons su conserver intacte la foi qui a produit un Champlain et un Maisonneuve, un Laval et un Montcalm, comme autrefois, en Gaule, un Charles Martel et un saint Louis, un saint Rémi et une Jeanne d’Arc.Mais, ce qui nous différencie surtout des Français, ce sont nos mœurs; et cette disparité est telle qu’à elle seule, elle suffit à prouver la possibilité d’une littérature nationale ici.Les causes de cette différence de mœurs sont multiples.Il est certain que le climat, notre situation au milieu de masses ethniques diverses, — 34 — nos luttes incessantes pour notre langue et notre religion ont exercé sur nos coutumes, notre mentalité et notre tempérament une influence des plus importantes.Les chauds rayons du soleil méridional ont inoculé aux Français une ardeur naturelle et un enthousiasme facile à soulever, tandis que nos longs hivers, les vastes horizons de nos campagnes ont contribué à nous rendre plus froids et plus simples.A ees actions il faut joindre celle du contact journalier avec une population si hétérogène.A l’Anglais, 'nous avons-su emprunter sa qualité caractéristique: l’esprit pratique.Des luttes causées par le mélange de races nous avons tiré un plus grand amour de notre croyance et de notre parler.Vous dites que notre littérature végète.Mais elle vient d’éclore ! Pendant longtemps, l’absence de milieux intellectuels eut le malheureux effet de nous rendre paresseux d’esprit.Obligé de pourvoir à sa vie économique, notre peuple a fini par regarder l’étude des lettres comme un passe-temps ou un luxe.Aujourd’hui, il y a grand progrès sur ce point.Les Canadiens secouent leur léthargie, ils encouragent nos écrivains.Ces vaillants leur plaisent par leur esprit bien national.part Gar-neau et Ferland, n’admirez-vous pas Gérin-Lajoie et La Rue, de Gaspé et Chauveau ?Quant au royaume des Muses, il est régi, chose assez étrange, par deux exilés: Louis.Fréchette, actuellement à Chicago, et l’autre., l’autre, c’est un de mes amis du Hâvre que vous connaissez bien.Le croiriez-vous, eet ami que j’estime beaucoup, ce prince de notre Parnasse, est en train de se décourager et de ne plus jamais faire de vers, car il prétend, bien à tort, comme vous le voyez que nous n’aurons jamais de littérature nationale.Si, par hasard, vous le rencontrez, voudrez-vous lui dire pour moi qu’une littérature canadienne nationale est chose non-seulement possible, mais existante chez nous, et s’exprimant avec un art qui promet beaucoup.Je voudrais tant qu’il continuât à chanter ! Qu’il ne l’oublie pas, il doit rendre compte de ses talents à Dieu et à son pays.Que Dieu vous protège, mon cher ami, et vous ramène bientôt sur la rive chérie ! Votre ami (signé) H.-R.CASGRAIN, pire.Pour copie conforme, Albert LACROIX.Séminaire de St-Hyaeinthe.< 35 — MATIN DE NOEL Un sapin magnifique et tout chargé d’étrennes, Ce matin resplendit comme un grand reposoir.On y voit des tambours, des clairons et des trames, Et des jouets pendus tout le long du tronc noir.—C’est Noël ! Venez tous ! clame une voix sonore.Et nous voilà debout, cheveux ébouriffés, Les yeux pris tout entiers par ce beau météore Où fleurissent soudain tous les bonheurs rêvés.Et ce sont des appels, du babil et du rire ! On en voit qui s’en vont avec des mots d’amour Faire admirer partout leurs grands bébés de cire, Tandis que les garçons tapent sur leur tambour.Seul, je n’ai point d’étrenne et c’est un grand mystère Pour les bons petits gars qui palpitent d’émoi : Il est des oubliés, en ce cas, sur la terre,.—Allons ! dit un cousin, garde ceci pour toi ! —Mais non, petit garçon, je les ai, mes étrennes ! Et si tu veux savoir, monte sur mes genoux ; Et vous, les tapageurs, mes petits rois, mes reines, Si je lui parle bas n’en soyez point jaloux.—Vois-tu, chéri, les grands sont par trop difficiles, Et c’est pourquoi Noël ne leur apporte rien : Il préfère donner aux enfants bien dociles, Et je crois qu’il est sage et qu’il juge très bien.Député du bon Dieu, il fait la sourde oreille A nos réclamations outrageuses de ton ; Jalousement pour vous il garde ses merveilles, Et s’il nous reste un rêve il est fait de carton ! Mes étrennes, amis, sont faits de votre joie, De vos rires fervents, des éclairs de vos yeux, De l’éclat de vos fronts où le bonheur flamboie, De vos cœurs encor pleins de la splendeur des eieux ! Va jouer maintenant : organisez des rondes, Eveillez les échos endormis sous les toits, Et confondez gaîment vos chevelures blondes, Vos lèvres, et vos fronts, vos rires et vos voix.Antonin PROULX. — 36 — Catherine Forêt, Acadienne, bisaïeule maternelle de Sir Wilfrid Laurier.Acte de baptême de Catherine Foret (tiré des registres de Beaubassin, en Acadie.) L’an mil sept cent quarante quatre le trente Novembre, Catherine, fille de Joseph Forêt et d’Anne Giroard ses père et mère, a été baptisée par moy prêtre missionnaire soussigné, parain et maraine ont été Pierre Foret fils de deffunt Jacques Foret, et Marie Idébert qui ne signent.a Beaubassin le même jour et an que dessus.(Signé,) Muguay, pire, mre.Acte de mariage de Louis Marest et de Catherine Forest (tiré des registres de la paroisse de St-Pierre-du-Portage, aujourd’hui L’Assomption, P.Q.) F’an mil sept cent soixante et deux le huit 9bre après avoir publié pendant trois Dimanches consécutifs aux prônes des grandes messes paroissiales les Bancs de mariage Entre Louis Marest veuf de Marie Amable d’elpée de la paroisse de St pierre du portage d’une part Et entre Catherine forest, fille de défunt Joseph forest et de défunte Marie Anne (illisible mais évidemment: Girouard.) ses pères et mère de la paroisse de Menodie de Lacadie d’autre part, sans qu’il se soit trouvé aucun empêchement ni opposition quelconque à leur futur maraige, je soussigné curé Missionnaire de la ditte paroisse de St pierre du portage ai Reçu leur Mutuel Consentement et leur ai donné la Bénédiction Nuptiale avec les ceremonies accoutumées, présence de françois Marest père, de pierre Varin, de Louis Chaput, et de pierre forest frère de la fille qui ont déclaré ne scavoir Ecrire ni signer de ce Requis suivant L’ordre.(Cet acte, ainsi que plusieurs autres, n’est pas signé.Le curé était l’abbé J.Degeay.P.G.) — 37 — * Acte de sépulture de Catherine Foret (tiré des registres de la paroisse de St-Pierre-du-Portage, aujourd’hui L’Assomption).Le deux octobre de l’an mil huit cent onze, par nous soussigné Prêtre curé, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse, le corps de Catherine Foret, décédée d’hier, munie des sacremens, âgée d’environ soixante huit ans, veuve de Louis Marets vivant cultivateur.Étaient présents Louis Marets son fils, Henri Martineau et Antoine Maheu ses gendres, qui ont déclaré ne savoir signer.W.Roy pire.Acte de baptême ce Scholastique DeMarest (tiré des registres de la paroisse St-Pierre-du-Portage, aujourd’hui L’Assomption).Le quinzième jour de janvier mil sept cent soixante et dix neuf a été baptisée par nous prêtre soussigné Scholastique nez d’hier du légitime mariage de Louis demarest et de Catherine Forest, son épouse, le parain a été pierre bazinet et la marraine Scholastique Mirault qui n’ont scu signer de ce requis suivant l’ordonnance.Br o pire.* * * Acte de mariage de Henri Martineau et de Scholastique Marêt (tiré des registres de la paroisse de St-Pierre-du-Portage, aujourd’hui L’Assomption).Le treize février de l’an mil huit cent quatre, après la publication de deux bans de mariage, faite au prône de la messe paroissiale par deux dimanches consécutifs entre Henri Martineau, cultivateur de la paroisse de St Roch, fils majeur d’Etienne Martineau, et de Josephte Demers d’une part, et Scholastique Marêt, domiciliée de cette paroisse, fille majeure de feu Louis Marêt dit Démarêt vivant cultivateur, et de Catherine Forêt d’autre part, et semblable publication ayant été faite par Mre Raisenne, curé de la paroisse de St Roch, comme il nous est apparut par son certificat entre nos mains sans qu’il se soit découvert aucun empê- chement au dit mariage, les parties ayant obtenues la dispense d’un ban de Mre Roux, vicaire général, comme il parait par ses lettres en date du deux du présent, nous soussigné Prêtre, à la prière de Mre Roy, curé de cette paroisse avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale suivant les cérémonies prescrites par notre mère la Ste Église en presence d’Étienne Martineau, père de l’époux, d’Amable et d’Ambroise Martineau, ses frères, de Rouis et de Pierre Toussaint Marêt, frère de l’épouse, d’Antoine Mahenson, beau-frère, et de plusieurs autres parents et amis qui tous ont déclaré ne scavoir signer, ainsi que les époux, lecture faite.J.B.Morin, Pretre.* * * Acte de baptême de Marie-Marcelle Martineau (tiré des registres de la paroisse de St-Pierre-du-Portage, aujourd’hui L’Assomption).Le douze février de l’an mil huit cent quinze par nous soussigné Prêtre curé a été baptisée Marie Marcelle, née le dix du présent, fille de Henri Martineau, cultivateur de cette paroisse, et de Scholastique Marêt son épouse légitime.Parrain Jean Paul Ayet, marraine Marie Josephte Marêt qui avec le père ont déclaré ne scavoir signer.W.Roy, pire.* * * Acte de mariage de Charles Lorier et de Marcelle Martineau (tiré des registres de la paroisse de St-Pierre-du-Portage, aujourd’hui L’Assomption).Le huit avril mil huit cent trente quatre, après la publication d’un banc de mariage faite au prône des messes paroissiales de cette paroisse decelle de Lachenaie, comme il appert par le certificat de Messire Gagné ,curé du lieu, et de celle de St.Roch, comme il parait également, par le certificat de Messire Perrault, vicaire du lieu, les parties atany obtenu dispense des deux autres bans, comme il appert par les lettres de Messire Déguisé, vicaire général, en datte duvingt deux mars dernier, entre Charles Lorier domicilié en la paroisse de St.Roch, fils mineur de Charles Lorier et de Marie Thérèse Cusson, ses père et mère, de la paroisse de — 39 — Henri Martineau, cultivateur, et de Collette Desmarais, ses père et mère de cette paroisse d’autre part.Ne s’étant découvert aucun empêchement au dit maraige, nous curé soussigné, avons reçu leur mutuel consentement ed mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Charles Lorier, père de l’époux de Alexis Cadot, son ami, de Henri Martineau, père de l’épouse, et Jean Baptiste Cusson, son ami.Ceux sachant signer ontsigné avec nous, les autres ont déclaré ne le savoir.(Signé) Charles Laurier “ Marcelle Martineau “ dis.Laurier, I.C.Fr s.Labelle, Ptre.* * Acte de baptême de Sir Wilfrid Laurier (tiré des registres de la paroisse de St-Lin).Le vingt deux Novembre mil huit cent quarante un, nous prêtre soussigné avons baptisé Henry Charles Wilfred né avant hier du mariage de Sr Corolus Laurier Clerc Arpenteur et Dme Marcelle Martineau de cette paroisse.Parrain Louis Baumont, Marie Zoë Laurier soussignés ainsi que le père.L.C.Beaumont M.Zoé Laurier Beaumont Corolus Laurier G.Chabot ptre.* * * Acte de Sépulture de Marie Marcelle Martineau (tiré des registres de la paroisse de St-Lin).Ce dix mars mil huit cent quarante huit, nous, prêtre soussigné, avons inhumé dans l’Église de cette paroisse le corps de MARIE MARCELLE MARTINEAU, décédée le sept du courant, âgée de trente quatre ans et vingt jours, épouse de Co-ralus Laurier, arpenteur de cette paroisse et ce, en présence de Jean Baptiste Guindon, et David Beaudoin qui n’ont su signer.(Signé) J.B.Campeau-Ptre.Placide GAU DEL. 40 - Les livres de chez nous.Jules Tremblay—Les Ferments (poésies).Deuxième édition.Un volume in-16, 76 pages, dessin hors-texte de Jobson Paradis.Imprimerie Beauregard, Ottawa, 1917.Ta réédition des Ferments sera accueillie avec joie par tous ceux qui connaissent l’œuvre de M.Jules Tremblay.Poète du Terroir, il est un fervent admirateur de la Terre, et non-seulement il chante la “grande amie” en vers magnifiques et émues, mais il nous la fait aimer.C’est l’âme de la Terre canadienne ’qui semble vibrer dans les larges strophes du poète.« Tes poèmes du Terroir ne sont pas, comme nous l’avons déjà entendu dire, uniquement dédiés aux fils du Sol; ils s’adressent à tous.Et, pour les citadins, le Sol ne doit >pas être “le dieu inconnu” et encore moins le dieu méconnu.Ainsi, le livre de M.Tremblay s’adresse à tous, et que chacun le lise et se laisse prendre par la magie, l’émotion, la sincérité de ses beaux vers.Les Ferments sont, en somme, un des meilleurs recueils de vers publiés en 1917.* * * Généalogie de la famille Malchelosse, par Gérard Malchelossë.Lettre-préface de M.Benjamin Suite.Un volume in-8, 32 pages, sur papier de luxe et tiré à cinquante copies seulement.Le Pays laurentien, Montréal, 1918.Prix $1.00 l’exemplaire chez l’auteur, 200, rue Fullum.Notre confrère, Gérard Malchelosse, un des rares travailleurs parmi les jeunes, a entrepris l’histoire de plus;eurs familles canadiennes.Il débute par la généalogie de sa propre famille.Ce travail est aussi complet qu’on puisse le désirer; il est le fruit d'assez longues et persévérantes recherches.Son auteur a eu la chance de découvrir quelques documents importants sur ses ancêtres français et il nous raconte leur histoire; avec un grand respect pour la vérité historique, il nous donne aussi un tableau généalogique à date de tous les membres de cette famille.C’est une œuvre méritoire qui aura sa place dans toutes les bibliothèques canadiennes, et que tout amateur de généalogies devrait avoir sous la main.“Le goût des généalogies commence à se répandre, écrit M.Benjamin Suite dans sa “lettre-préface,” qu’on l'encourage.” Emile CODERRE
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