Relations, 1 février 1952, Février
[" LES ÉCOLES SÉPARÉES D\u2019ONTARIO - V Albert PLANTE SOCIÉTÉ CAPITALISTE ET ORGANISATION PROFESSIONNELLE Richard ARÈS QUE FAIRE SI LA BOISSON TE SCANDALISE ?Raymond-Marie BÉDARD LA TENTATION DE L\u2019ANIMALITÉ Marie-Joseph d'ANJOU MYSTÈRE DE NAZARETH L\u2019INSTITUT CULTUREL « JEUNESSE » REVUE DU MOIS SOMMAIRE FÉVRIER 1952 Éditoriaux.29 L\u2019Église et la paix.\u2014 La crise de l\u2019immigration.\u2014 « Maclean\u2019s » au secours de Chisholm et de Russell.Articles SOCIÉTÉ CAPITALISTE ET ORGANISATION PROFESSIONNELLE .Richard Arès 32 LA TENTATION DE L\u2019ANIMALITÉ.Marie-Joseph d\u2019Anjou 35 QUE FAIRE SI LA BOISSON TE SCANDALISE?.Raymond-Marie Bédard 38 L\u2019INSTITUT CULTUREL « JEUNESSE ».Albert Gervais 41 Commentaires.42 Fêtes religieuses et commerce.\u2014 Tristes cas de taudis.\u2014 La paix par la prière.\u2014 Le logement en France.Au fil du mois.44 « Mike » Pearson.\u2014 Budget provincial.\u2014 Recherche.\u2014 Au Pacifique.\u2014 Ennemis de la moralité publique.\u2014 Des étudiants sérieux.« Relations : Si nous avons au frontispice épelé ce nom sans article, épithète ou déterminatif, c\u2019est désir de mieux exprimer l\u2019ampleur de notre dessein : contribuer à l\u2019équilibre de justice et de charité entre les divers éléments de la société, tant familiale et économique que politique et internationale.« Analyser les courants et les contre-courants de l\u2019opinion mondiale, en autant qu\u2019ils intéressent le Canada et le Canada français, poser les problèmes que comportent les relations des hommes, et les résoudre en s\u2019inspirant de la doctrine authentique de V Eglise et de l\u2019esprit chrétien, orienter dans un sens catholique et donc humain l\u2019action sociale de ses amis pour que la « paix, cette œuvre de justice » (devise de Pie XII) nous soit donnée, voilà le service que voudrait rendre Relations.» (Relations, n° 1, janvier 1941.) Articles MYSTÈRE DE NAZARETH .Luigi d\u2019Apollonia 46 LES ÉCOLES SÉPARÉES D\u2019ONTARIO \u2014 V.Albert Plante 47 Correspondance.50 Fédération nationale des Étudiants universitaires canadiens et Union internationale des étudiants.Les livres\t.52 De la création à l\u2019âge atomique .Achille Brunet Le Cantique des cantiques.Luigi\td\u2019Apollonia L\u2019Enseignement de la morale chrétienne ) Neuf leçons sur les notions premières de i .Paul Vanier la philosophie morale\tj Espoir humain et Espérance chrétienne .Marie-Joseph d\u2019Anjou Les Jours du Seigneur.Paul Bélanger Choosing your Career.Marcel Beaudoin Jeunes filles au carrefour.Marie-Joseph d\u2019Anjou This is Spain.Luigi\td\u2019Apollonia Contes populaires gaspésiens .Marie-Joseph d\u2019Anjou Congrès de l\u2019Association des Bibliothécaires.Edmond\tDesrochers En trois mots.56 RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Albert Plante Rédacteurs : Joseph-P.Archambault, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Luigi d\u2019Apollonia, Richard Arès, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Marie-Joseph d\u2019Anjou Administrateur : Eugène Poirier Prix de Pabonnement:\tA l'étranger s $3.50 $3.00 par année\tPour les étudiants : $2.50 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-14, CANADA Tél.: VEndôme 2541 Autorisé comme envol postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. XIIe année, N° 134 Montréal Février 1952 ÉDITORIAUX J^Cgliâe et la paix DANS son radiomessage de Noël, le Pape a de nouveau abordé le problème de la paix, mais cette fois ç\u2019a été pour préciser la contribution de l\u2019Église elle-même à la cause de la paix.Le message est d\u2019un ton élevé et nuancé; beaucoup, même de ceux qui aiment à passer pour catholiques exemplaires, ne le liront pas.Ils auront grandement tort, car ils délaisseront l\u2019une des plus importantes allocutions pontificales sur la paix.Il ne peut s\u2019agir pour l\u2019Église, nous avertit tout d\u2019abord Pie XII, de renoncer à une supposée neutralité politique pour adhérer à l\u2019un des deux blocs qui se partagent l\u2019humanité.L\u2019Église ne peut se faire l\u2019alliée d\u2019aucun groupement politique ni l\u2019instrument des combinaisons politiques nationales ou internationales: « Elle ne peut descendre de la haute sphère surnaturelle qui ne connaît pas de neutralité politique;.elle ne peut lier les intérêts de la religion à des orientations déterminées par des buts purement terrestres; elle ne peut s\u2019exposer au danger que l\u2019on ait des raisons de douter de son caractère religieux.» Voilà qui est franc et clair, et devrait couper court à toute tentative de ranger l\u2019Église dans l\u2019un des^deux blocs.Mais, continue le Pape, humainement l\u2019Église n\u2019est pas neutre; elle se doit de prendre part « aux angoisses et aux souffrances de ses membres séparés dans l\u2019un et l\u2019autre camp »; elle se doit de juger les événements et de se prononcer à leur égard, de dire le bien et le mal dans les choses humaines; et quand elle agit ainsi, elle ne sort pas de sa neutralité, « car Dieu n\u2019est jamais neutre envers les choses humaines, en face du cours de l\u2019histoire; et à cause de cela, son Église non plus ne peut être telle ».Sa mission de paix, elle la tient directement de son Fondateur et Chef, et elle la remplit d\u2019abord et surtout par l\u2019influence qu\u2019exerce la grâce du Christ sur l\u2019intelligence et la volonté des citoyens et des gouvernants, « afin que ceux-ci reconnaissent et poursuivent les buts assignés par le Créateur dans tous les domaines de la FÉVRIER 1952 vie des hommes en commun, qu\u2019ils s\u2019appliquent à diriger vers ces fins la collaboration des individus et des peuples et exercent la justice et la charité sociales à l\u2019intérieur des États et entre eux ».La principale contribution de l\u2019Église à l\u2019œuvre de la paix, c\u2019est de prêcher et d\u2019aider à réaliser partout l\u2019ordre chrétien \u2014 cet ordre qui rendra pratiquement impossible la guerre juste elle-même et qui est le vrai garant de la paix, beaucoup plus que les formidables armes modernes, beaucoup plus même que le désarmement, car celui-ci « est une garantie peu solide de paix durable, s\u2019il n\u2019est accompagné de l\u2019abolition de la haine, de la cupidité et du désir démesuré de prestige ».Cet ordre chrétien, le Pape le conçoit comme étant « essentiellement un ordre de la liberté », et il le définit en ces termes: « Le concours solidaire d\u2019hommes et de peuples libres pour la réalisation progressive, dans tous les domaines de la vie, des buts assignés par Dieu à l\u2019humanité.» Or, ajoute-t-il, « c\u2019est un fait douloureux qu\u2019aujourd\u2019hui on n\u2019estime plus ou on ne possède plus la vraie liberté ».Dans le domaine économique et social, par exemple, on voudrait tout faire retomber sur la société, même la direction et la sécurité de son existence; et on prétend de plus en plus se nourrir spirituellement, non pas de ses propres connaissances et convictions, mais d\u2019une nourriture déjà préparée par la presse, la radio, le cinéma, la télévision.Constatations qui valent malheureusement trop même pour « un monde qui aime à s\u2019appeler avec emphase le monde libre ».On lira avec intérêt et fruit ces considérations pontificales sur la vraie liberté et sur les positions de l\u2019Église à l\u2019égard de la paix internationale.Dans le désarroi actuel des esprits, il convenait et il importait que la lumière encore une fois vînt de Rome.cÇa cxiâe de Vimmigration DANS un éditorial (11-50-316) intitulé: « Ils sont nos frères », Relations écrivait des considérations qui n\u2019ont pas perdu de leur actualité.Citons-en une 29 phrase qui servira de cadre au présent éditorial: « Une immigration rationnelle, à base de justice pour les deux grandes races du pays et à base de charité pour ceux qui ont besoin de nous, doit nous trouver sympathiques.» Immigration à base de charité.\u2014 Notre pays a ses problèmes et ses misères, mais ses souffrances ne sont guère comparables à celles de certains pays d\u2019Europe et d\u2019Asie.Aussi sa situation privilégiée lui fait-elle un devoir plus pressant de pratiquer la charité.On sait avec quelle insistance Sa Sainteté Pie XII a demandé aux pays plus fortunés de se montrer charitables.Ses appels ne peuvent laisser insensible aucun catholique.N\u2019avoir pas de sympathie pour l\u2019immigration, c\u2019est, actuellement, ne pas penser comme l\u2019Église, qui pleure sur les misères de tant de ses enfants.Immigration à base de justice.\u2014 L\u2019histoire de l\u2019immigration n\u2019a rien de réjouissant pour les Canadiens français.Les tentatives faites pour briser l\u2019équilibre démographique des deux groupes, anglais et français, expliquent chez beaucoup des nôtres leur attitude de méfiance.Une politique intelligemment canadienne, affirmait Relations en février 1944 (p.30), choisit « avec soin les immigrés, en vue du bien commun de son pays, de son équilibre culturel, social et économique, sans oublier les devoirs de charité envers les réfugiés, mais en oubliant les intérêts étroits de certains groupes remuants ».L\u2019article 95 de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique accorde au fédéral et aux provinces un pouvoir concurrent en fait d\u2019immigration.Notre gouvernement provincial n\u2019a pas encore utilisé ce pouvoir.M.René Chaloult vient de proposer à l\u2019Assemblée législative l\u2019établissement d\u2019agences provinciales à Paris, à Bruxelles et à Rome, et la fondation d\u2019un organisme provincial d\u2019accueil pour les immigrants ou, du moins, la subvention d\u2019organismes déjà existants.La réalisation complète et rapide de ce programme n\u2019est peut-être pas facile.Ce fait n\u2019empêche pas le gouvernement de poser certains gestes immédiats, prélude d\u2019une organisation qui pourra se perfectionner grâce à l\u2019expérience, aux suggestions et à la collaboration d\u2019organismes privés qui ont déjà fait beaucoup, mais qui ne peuvent seuls affronter un problème aussi vaste.L\u2019équilibre culturel, social et économique de l\u2019immigration, ne l\u2019oublions pas, deviendra difficilement une réalité si le gouvernement provincial se désintéresse de l\u2019article 95 de la constitution.Immigration rationnelle.\u2014 Une immigration trop massive, une propagande intempestive et un accueil défectueux nous font actuellement un tort immense.Notre charité, si elle veut réellement et longtemps être généreuse, doit être prudente.Elle doit se rappeler les problèmes du chômage saisonnier et du logement; elle ne peut se désintéresser de l\u2019équilibre entre milieux urbain et rural.Il lui est utile de se souvenir que de 1851 à 1931, 6,110,000 personnes, dont 1,740,000 nées au pays et 4,370,000 immigrants, ont quitté le Canada pour les États-Unis.Dure saignée pour un pays qui atteint tout juste les quatorze millions d\u2019habitants.Une immigration rationnelle exige que les gouvernements fédéral et provincial établissent un plan qui tienne compte de tous ces facteurs.Elle exige également que le fédéral perfectionne ses services d\u2019accueil, que la sélection soit mieux faite et que les indésirables soient expulsés aussitôt que repérés; on nous apprend qu\u2019il y aurait actuellement de ces indésirables.Une immigration rationnelle exige encore que le fédéral exerce un contrôle rigoureux sur la propagande des compagnies de transport, bien exposées à mettre l\u2019accent sur le rendement commercial de cette propagande.Il n\u2019y a pas seulement les compagnies de transport qui s\u2019intéressent à l\u2019immigration.D\u2019autres initiatives privées sont à l\u2019œuvre.Est-il besoin de dire qu\u2019elles aussi doivent être précises et prudentes dans leur propagande ?Le gouvernement canadien pouvant plus difficilement les surveiller, surtout quand elles exercent leurs activités à l\u2019étranger, tous ceux qui ont à cœur la mise au point d\u2019un programme d\u2019immigration parfaitement rationnel doivent renseigner à fond ces organismes privés afin qu\u2019ils ne commettent pas d\u2019erreurs désastreuses; ils doivent même, s\u2019il le faut, alerter les milieux atteints par une propagande imprécise.Dans une circulaire, abondamment répandue en France, un organisme français promet, dès l\u2019arrivée au Canada, un salaire de $150 à $200 par mois aux Français qui sont âgés de moins de 40 ans, qui ont un métier ou une spécialisation, et qui sont catholiques pratiquants.On assure même au candidat qu\u2019il aura vite et aisément mieux, s\u2019il a du courage, de l\u2019habileté, de la conscience et une bonne mentalité.Promesses excessives et dangereuses, surtout à une époque de chômage saisonnier comme celle que nous traversons actuellement.Il est indispensable que les organismes privés s\u2019en tiennent, eux aussi, à une immigration rationnelle.Tous les immigrants sont nos frères.Pressés par la charité du Christ, nous devons tout faire pour les aider, quand ils nous arrivent.Cette même charité demande l\u2019établissement d\u2019une sage politique d\u2019immigration; autrement nous risquons, en voulant aider les immigrants, d\u2019accroître leur malheur.\u201c-Maclean 4 \u201dau âecouxâ de ChUholm et de J^uââell LA REVUE Maclean's a piqué une crise \u2014 une vraie, ' et le Jour de l\u2019An même! \u2014 à propos de la liberté de parole.Lisez: « Un clerc de la Jérusalem du Ier siècle, ou de la capitale espagnole du xvie, ou de la ville de Salem du xvne siècle se serait senti à l\u2019aise et rassuré s\u2019il avait pu rendre visite à notre Chambre des Communes pour y assister à une des séances d\u2019avant Noël.Il aurait compris que la vieille lutte pour déraciner 30 RELATIONS l\u2019hérésie se continue toujours, avec des méthodes renouvelées, il est vrai, mais avec le même esprit imperturbable, malgré les gaffes du crucifiement, de l\u2019inquisition et de la chasse aux sorcières.» Nous voilà tous attrapés, tous les bigots de toutes les religions de tous les temps, juifs, catholiques et protestants.L\u2019esprit, vaste comme les siècles, de Maclean's plane au-dessus de tous ces fanatismes.Mais de quoi donc s\u2019agit-il ?Et qui a-t-on crucifié ainsi, inqui-sitionné, envoyé au bûcher?Nuis autres que Fred Hoyle, Bertrand Russell, Brock Chisholm, et leur champion, Davidson Dunton, président du bureau des gouverneurs de la C.B.C.Toute la thèse de Maclean's joue sur une équivoque.On le pardonne d\u2019ailleurs facilement à une revue populaire.Maclean's confond l\u2019obligation de sauvegarder la liberté de parole avec l\u2019obligation d'aider à répandre toute parole.Car personne, que l\u2019on sache, n\u2019a proposé devant le comité parlementaire d\u2019enquête de bâillonner Chisholm, Russell et les autres.Fred Hoyle et Bertrand Russell se sont déjà trouvé des imprimeurs.Ce dernier a même publié une centaine d\u2019ouvrages.Quant à Brock Chisholm, libre à lui de parler tant qu\u2019il voudra, mais personne ne peut forcer un autre à l\u2019écouter et surtout l\u2019obliger à faire les frais de ces conférences.Quel rédacteur en chef se croit obligé d\u2019imprimer toutes les lettres adressées à son journal et tous les communiqués.sous prétexte de liberté de presse ?Comme l\u2019a très bien fait remarquer Saturday Night (17-11-51, 15-12-51) et la Gazette (19-11-51) dans un article ironique à souhait, il n\u2019est pas juste de comparer l\u2019imprimerie à la radio, celle-ci étant, par la loi même des ondes hertziennes, limitée à certaines bandes.Cet argument prend encore plus de force quand il s\u2019agit de la radio d\u2019État qui, par définition, est une radio unique.C\u2019est tous les citoyens qu\u2019on oblige moralement à écouter et physiquement à défrayer ces émissions.Bref, comme dit Y Ottawa Journal du 22 décembre dernier, « le droit de la liberté de parole n\u2019inclut pas le droit pour n\u2019importe qui de se faire procurer par les autres des moyens de diffusion de la parole.La C.B.C.n\u2019est pas plus obligée d\u2019offrir une tribune à Brock Chisholm, pour qu\u2019il expose ses théories sur la psychiatrie ou sur Santa Claus, qu\u2019elle n\u2019est obligée d\u2019offrir une tribune à M.Joe Louis pour qu\u2019il s\u2019exprime sur l\u2019art de la boxe ».L\u2019éditorialiste de Maclean's non seulement est sorti de ses gonds, mais dans son emportement il a réduit tout ce débat à une question de censure religieuse: Religious Censorship and the C.B.C., dit le titre de l\u2019éditorial.S\u2019il réfère au United Church Observer et à la Catholic Women's League, il fait cas surtout de l\u2019intervention des Ligues du Sacré-Cœur et de l\u2019Action catholique de Montréal, laissant l\u2019impression que la critique des causeries de la C.B.C.données en anglais a été avant tout une affaire canadienne-française et catholique.C\u2019est une tactique malhonnête.On a écarté non seulement la grande presse française, mais aussi une * importante section de la presse anglaise du pays: The Gazette, Ottawa Journal, Vancouver Sun, Saturday Night, The Ensign, etc.Il y a plus encore.Se portant à la défense de Davidson Dunton, Maclean's prétend que le comité parlementaire n\u2019a pas su répondre à deux objections.La revue les résume ainsi: « Qui peut définir l\u2019hérésie à la satisfaction de tous ?.\u2014 Qui peut établir des règles pour supprimer l\u2019hérésie, une fois celle-ci définie ?» Il est regrettable que le comité parlementaire n\u2019ait pas trouvé de réponse, car il n\u2019est pas besoin d\u2019être D.D.pour savoir qu\u2019il y a beaucoup plus qu\u2019une hérésie dans la négation de tout Dieu personnel et la réduction de toute religion à un aveuglement de l\u2019esprit.L\u2019existence de Dieu, le respect des dix commandements, l\u2019enseignement moral, sinon tout l\u2019enseignement dogmatique du Christ, c\u2019est le patrimoine commun des vingt Églises chrétiennes que mentionne le Recensement du Canada et qui comprennent près de 14 millions de Canadiens.Quand Maclean's écrit généreusement « qu\u2019ébranler sciemment et à la légère la foi d\u2019un homme sans lui offrir une meilleure foi en retour est un des actes les plus pervers et les plus négatifs qu\u2019un homme puisse commettre », nous admirons sa ferveur.Quand on ajoute: « Chercher un accord définitif entre la foi et la raison est une haute et noble entreprise, et l\u2019homme qui y travaille n\u2019est pas un ennemi de la foi », nous applaudissons de nouveau.Nous avouerons même que, dans le phénomène du divorce qui s\u2019est produit depuis quelques siècles entre science et religion, tous les torts ne se situent pas du côté de la recherche scientifique; mais nous préciserons aussitôt que c\u2019est une fumisterie pour gogos que de prêter aux Fred Hoyle, Brock Chisholm et Bertrand Russell l\u2019intention de concilier la science et la foi.La revue Maclean's peut se porter au secours de Davidson Dunton, c\u2019est son affaire; avec l\u2019encre de son choix, c\u2019est encore son affaire.Nous lui poserons seulement une question: sous prétexte de « science » biologique, permettrait-elle à la C.B.C.de faire de l\u2019antisémitisme ?Et si c\u2019est la manière de Julius Strei-cher qu\u2019elle regrette, \u2014 comme Brock Chisholm regrette la manière des communistes, \u2014 admettrait-elle à la C.B.C.la manière scientifique de Rosenberg ou celle plus souple encore de Goebbels ?Et si la C.B.C.proposait, non pas de supprimer leurs causeries, mais de donner aux Juifs un droit de réplique au nom de la liberté de parole, croit-on que les Juifs s\u2019en accommoderaient ?Les chrétiens qui font les frais de Radio-Canada ont droit à autant de respect.Le compromis avec des athées notoires sur le droit de réplique, admissible en théorie dans un débat entre théologiens et savants, ne nous satisfait nullement à la radio d\u2019État, école pour tous.L\u2019accepter, c\u2019est ni plus ni moins pour l\u2019État légaliser le blasphème au nom de la liberté de parole.FEVRIER 1952 31 POUR UN ORDRE CORPORATIF\u2014U SOCIETE CAPITALISTE ET ORGANISATION PROFESSIONNELLE Richard ARÈS, S.J.AUX PARTICIPANTS de la dernière Semaine sociale d\u2019Italie, où l\u2019on étudia VOrganisation pro-\" fessionnelle, le pape Pie XII vient de répéter les paroles qu\u2019il adressait, en septembre 1949, aux ouvriers chrétiens de Belgique: « Nous ne Nous lassons pas de recommander instamment l\u2019élaboration d\u2019un statut de droit public de la vie économique, de toute la vie sociale en général, selon l\u2019organisation professionnelle.» Est-il naïf de croire qu\u2019une telle recommandation vaut, non seulement pour les catholiques d\u2019Europe, mais tout aussi bien pour ceux du Canada?Que le capitalisme se soit montré moins pernicieux chez nous, qu\u2019il n\u2019ait pas engendré pour les classes inférieures, selon le langage de Rerum novarum, « une situation d\u2019infortune et de misère imméritée », ni imposé « un joug presque servile à l\u2019infinie multitude des prolétaires », je le veux bien; mais est-ce là une excuse pour ne rien faire?Est-ce là surtout une raison pour ne pas voir qu\u2019est en train de s\u2019édifier chez nous une société capitaliste incompatible avec l\u2019idéal social chrétien et qui n\u2019aura bientôt rien à envier à celle d\u2019Europe ?Avant d\u2019en venir à certains problèmes pratiques que soulève l\u2019organisation professionnelle, il me paraît opportun de tenter une brève description à la fois de cette dernière et de la société capitaliste, en vue d\u2019en arriver à marquer comment l\u2019une peut remédier aux maux engendrés par l\u2019autre.I.\u2014 LA SOCIÉTÉ CAPITALISTE Le capitalisme n\u2019est pas seulement un système économique, il est aussi un type de société.Dans les pays où le système a joué à fond selon les postulats de la doctrine libérale, il en est résulté une société caractérisée par ces deux traits: le primat social de l\u2019argent et la lutte des classes.Dans une telle société, en effet, qu\u2019il s\u2019agisse des patrons, des ouvriers, des intermédiaires, des hommes de profession libérale, des commerçants comme des financiers, le motif prédominant qui pousse les hommes à l\u2019action et au travail, ce n\u2019est ni l\u2019accomplissement du devoir d\u2019état, ni le service à rendre à la société, ni même le souci d\u2019une honnête subsistance tant personnelle que familiale, mais d\u2019abord et avant tout la recherche du profit, le désir du gain et plus précisément, selon le langage des économistes, d\u2019un « profit illimité », d\u2019un « gain monétaire maximum ».L\u2019esprit capitaliste se diffuse alors à travers toutes les couches de la société, fait germer en chacune la fièvre du gain en mettant devant les yeux cet idéal d\u2019un capital qui rapporte sans aucun travail correspondant de la part de son propriétaire.Non seulement les « capitalistes » proprement dits, mais aussi les hommes des autres classes se laissent guider par un tel idéal et en arrivent vite à faire prédominer l\u2019économique sur la morale, la production sur la consommation, le lucre sur le service.On ne pense plus qu\u2019à gagner de l\u2019argent, le plus possible, en travaillant le moins possible.Une société ainsi ordonnée au profit et à l\u2019enrichissement ne peut que connaître des luttes intestines, car rien n\u2019attise autant les passions humaines que cette course aux biens matériels, à l\u2019argent.Et telle est bien la seconde caractéristique de la société capitaliste: la lutte des classes.Non seulement elle se partage en deux classes principales, mais ces deux classes en lutte l\u2019une contre l\u2019autre en constituent les caractères déterminants.Le P.Nell-Breuning, S.J., a justement caractérisé le désordre d\u2019une telle société: Les deux classes, écrit-il, sont marquées d\u2019un signe apparent: l\u2019avoir et le non-avoir.Leur antagonisme se manifeste sur le marché du travail.Les deux classes y sont des « parties ».Comme telles, elles sont organisées et entrent en lice sur ledit marché du travail: organisations patronales contre organisations de travailleurs.Elles concluent de temps à autre des armistices (conventions), mais à la longue la psychose de guerre reprend le dessus.On n\u2019aperçoit pas un facteur d\u2019union au noyau de cette société capitaliste de classes; on n\u2019y découvre au contraire que des facteurs de désagrégation: l\u2019arène dans laquelle les oppositions se manifestent, c\u2019est-à-dire le marché du travail.(« L\u2019organisation professionnelle », Bulletin social des Industriels, janvier 1951.) Du système capitaliste considéré comme système économique de production et d\u2019échange, on pourra dire ce que l\u2019on voudra: le défendre ou le condamner; mais une chose au moins devrait être claire pour tous : la société capitaliste elle-même n\u2019est pas admissible.Cette société, fondée « sur des classes que des appétits contradictoires mettent en conflit et qui, de ce chef, inclinent trop facilement à la haine et à la guerre » (Quadragesimo anno, n.90), est à réformer et à refaire.C\u2019est même là, toujours selon Pie XI, le premier objectif que doivent se proposer l\u2019État et l\u2019élite des citoyens.On me dira: mais, nous n\u2019en sommes pas là dans le Québec.Peut-être, mais nous y marchons à grands pas.Qu\u2019on se rappelle le mot du chanoine Groulx aux Journées d\u2019études sacerdotales de 1950: « Que demain les régions du Labrador et de l\u2019Ungava répondent aux vastes spéculations qu\u2019échafaudent prospecteurs et ca- 32 RELATIONS pitalistes, et le Québec comptera parmi les pays les plus prolétarisés du monde.» De toute façon, mieux vaut prévenir que guérir, et le remède indiqué par l\u2019Église à cet effet, c\u2019est la reconstitution des corps professionnels.il.\u2014 l\u2019organisation professionnelle Pour bien saisir la portée d\u2019une telle réforme, il est bon de se rappeler au préalable les deux principes généraux qui sont comme les pivots de toute la doctrine et sur lesquels l\u2019Église ne cesse d\u2019insister, à savoir le principe personnaliste et le principe de subsidiarité.Le premier nous dit que la société est faite pour l\u2019homme, pour la personne humaine, pour lui permettre de réaliser sa vocation tant naturelle que surnaturelle.Non qu\u2019elle soit subordonnée à l\u2019utilité égoïste de l\u2019individu; mais elle doit poursuivre un bien commun, qui est celui de personnes humaines, elles-mêmes en définitive ordonnées à Dieu.Le second principe, qui découle d\u2019ailleurs du premier, s\u2019exprime ainsi: toute activité sociale est, de sa nature, complémentaire, auxiliaire; ou, pour employer les termes mêmes de Pie XII: « Les activités et les services de la société doivent avoir un caractère subsidiaire seulement, aider ou compléter l\u2019activité de l\u2019individu, de la famille, de la profession.» Or, le grand mérite de l\u2019organisation professionnelle, c\u2019est précisément d\u2019offrir un régime qui permette de réaliser pratiquement les exigences de ces deux grands principes.Si l\u2019on considère en effet la vie économique, la première exigence, celle qui saute aux yeux, n\u2019est-elle pas que cette vie économique soit organisée de façon à satisfaire les besoins de l\u2019homme, de tout homme ?Et comment pourrait-elle l\u2019être s\u2019il n\u2019existe pas de société économique qui prenne en charge une telle fonction ?En régime capitaliste libéral, une telle société n\u2019existe pas: il n\u2019y a que des individus qui recherchent chacun leur intérêt, convaincus que le bien général en résultera par surcroît.Elle n\u2019existe pas, non plus, en régime socialiste ou collectiviste, car alors c\u2019est l\u2019État qui absorbe l\u2019activité des individus.Dans le premier cas, l\u2019économie n\u2019est pas ordonnée directement à l\u2019homme, mais au profit; dans le second, le politique absorbe l\u2019économique; seul le régime corporatif prône l\u2019établissement d\u2019une société économique, humaine dans ses fins et autonome dans son domaine.La première chose, en effet, que réclame un tel régime, c\u2019est que la vie économique ne soit plus le fait d\u2019une multitude éparse d\u2019individus se heurtant les uns les autres dans leur course au profit, mais qu\u2019elle soit l\u2019œuvre d\u2019une société, de la société économique constituée comme telle en vue de satisfaire les besoins de l\u2019homme.Et comme, selon le mot de Pie XII, l\u2019économie n\u2019est pas de sa nature une institution d\u2019État, mais \u2014 à l\u2019inverse \u2014 « le produit vivant de la libre initiative des individus et de leurs groupes librement constitués » (7 mai 1949), cette société économique ne saurait, en conséquence, être l\u2019œuvre propre de l\u2019État, mais doit plutôt résulter de l\u2019ensemble organisé de tous les groupements professionnels qui, à un titre quelconque, se livrent à une activité économique déterminée.Ces groupements organisés, il importe peu qu\u2019on les appelle corporations ou autrement, pourvu que leur fonction soit respectée et maintenue; car chacun a, dans la société économique, une fonction distincte à remplir.C\u2019est même dans ce but qu\u2019ils existent, qu\u2019ils sont dotés d\u2019une autorité.Or, nous dit Quadragesimo anno, le premier souci de cette autorité corporative, ce doit être « de veiller à ce que l\u2019activité collective s\u2019oriente toujours vers le bien commun de la société » (n.92).Son rôle premier, c\u2019est précisément de diriger les activités du groupe vers le bien commun, c\u2019est-à-dire de voir à ce que ces activités s\u2019orientent d\u2019abord non pas vers le profit illimité, vers le gain monétaire maximum, mais bien vers la fonction à remplir, vers le service social à rendre.D\u2019autre part, la société économique telle que la veut la doctrine corporative groupe les hommes, non pas d\u2019après la classe, mais d\u2019après la profession, c\u2019est-à-dire, pour employer les termes mêmes de Quadragesimo anno, « non pas d\u2019après la position qu\u2019ils occupent sur le marché du travail, mais d\u2019après les différentes branches de l\u2019activité sociale auxquelles ils se rattachent » (n.90).Le critère d\u2019organisation demeure donc encore la fonction sociale, la tâche commune à remplir dans la société, et c\u2019est cela qui constitue le principe d\u2019unité pour chaque profession.Telles sont, brièvement, les grandes lignes de l\u2019organisation professionnelle.Celle-ci peut-elle ou non s\u2019harmoniser avec le capitalisme ?C\u2019est ce qui reste à voir.III.\u2014 LA TRANSFORMATION DU CAPITALISME PAR L\u2019ORGANISATION PROFESSIONNELLE Qu\u2019adviendra-t-il en effet du capitalisme, si un jour triomphe vraiment le régime corporatif?Cette question, aujourd\u2019hui les uns se la posent avec inquiétude, les autres avec espoir, les premiers craignant et les seconds espérant une disparition totale du capitalisme sous le choc de l\u2019organisation professionnelle.Qu\u2019en sera-t-il au juste ?En réponse, qu\u2019il me soit permis de recourir encore une fois à l\u2019autorité du R.P.Nell-Breuning.Selon lui, la position de l\u2019encyclique Quadragesimo anno à cet égard \u2014 position qui demeurerait toujours actuelle \u2014 peut se résumer ainsi: 1° rejet total de la société capitaliste de classes; 2° neutralité à l\u2019égard du système économique capitaliste comme tel.En premier lieu, la société capitaliste de classes est à rejeter totalement; elle n\u2019est qu\u2019une structure artificielle et absurde, qu\u2019une « stratification mécanique » selon la propriété; elle doit être remplacée par un ordre authentique (sinon la société elle-même restera « plongée dans un état violent, partant instable et chance- FEVRIER 1952 33 lant »), et cet ordre authentique ne peut être que l\u2019ordre corporatif professionnel.La société capitaliste de classes devra donc disparaître, mais en sera-t-il ainsi du système capitaliste?Si l\u2019on entend par celui-ci un système dans lequel il y a distinction entre apporteurs de capitaux et fournisseurs de travail, et où le travailleur n\u2019est pas propriétaire des moyens de production, la réponse de l\u2019auteur est négative, ou du moins il ne voit pas un lien nécessaire entre l\u2019établissement de l\u2019ordre professionnel et la disparition du système capitaliste ainsi conçu.Pour lui, une telle disparition peut survenir sans l\u2019organisation professionnelle, tout comme elle peut ne pas se réaliser en dépit de celle-ci.L\u2019organisation professionnelle, écrit-il, peut vivre sous n\u2019importe quelle forme de gouvernement raisonnable; de même elle peut exister dans n\u2019importe quel régime économique acceptable.Il s\u2019ensuit que le système capitaliste, « n\u2019étant pas mauvais en soi, peut subsister en même temps que se fait l\u2019organisation professionnelle ».Est-ce à dire que l\u2019établissement de cette dernière ne changera rien au système lui-même?S\u2019il en était ainsi, c\u2019est la société capitaliste de classes qui réapparaîtrait.Or, pour l\u2019empêcher de renaître, il faut certainement une autre base aux relations humaines dans l\u2019économie, et donc une modification dans les structures économiques.Ce qui veut dire que l\u2019organisation professionnelle ne peut s\u2019établir sans amener des réformes de structure dans le système lui-même: « Le rôle du capital et du travail, les deux groupes qui sont appelés à collaborer dans le système capitaliste, écrit le P.Nell-Breuning, se trouvera modifié.Jusqu\u2019à présent, le capital se chargeait à lui seul d\u2019être le sujet, le but, tandis que le travail se contentait de l\u2019humble rôle d\u2019objet.Dans l\u2019organisation professionnelle, l\u2019économique comme tel sera assumé sur pied d\u2019égalité par le capital et le travail.» Chacun recevra la place qui lui convient dans la société d\u2019après sa position et ses prestations professionnelles; aussi l\u2019ouvrier ne sera-t-il plus simplement un objet de la vie économique, mais il en sera le sujet, selon cette déclaration de Pie XII: « Le travailleur salarié et l\u2019employeur sont également sujets, non pas objets, de l\u2019économie d\u2019un peuple.C\u2019est un principe que la politique sociale a déjà fait valoir et qu\u2019une politique organisée sur le plan professionnel ferait valoir plus efficacement encore » (3 juin 1950).Faire du travailleur le sujet de l\u2019économie par l\u2019organisation professionnelle, cela ne signifie pas toutefois la fin de toute hiérarchie dans l\u2019entreprise.Au contraire.Notre auteur nous en avertit: après comme avant, beaucoup de travailleurs prêteront leurs services pour des tiers, car il y aura toujours du travail à effectuer pour d\u2019autres, ce qui n\u2019est nullement contraire à la dignité humaine.Mais dans l\u2019organisation professionnelle, ce travail revêtira un autre aspect.En tant que membre du groupe professionnel et de la communauté de travail, le travailleur participe, avec les mêmes droits et les mêmes responsabilités, a l\u2019élaboration des lois et des règles d\u2019après lesquelles s\u2019effectuera le travail, de même qu\u2019à celle des directives de la politique économique, dont l\u2019influence est énorme sur le degré de l\u2019emploi, en général, et celui du secteur économique intéressé, en particulier, et dont dépend aussi la possibilité pour le travailleur d\u2019être employé à son métier dans l\u2019entreprise convenable.Aussi, la participation, égale quant à la responsabilité et aux droits à l\u2019administration de l\u2019entreprise commune et à l\u2019organisation du groupe professionnel, élève le travailleur au-dessus du simple rôle d\u2019objet et lui confère le rang de sujet.Dernière remarque.L\u2019organisation professionnelle n\u2019est pas directement une organisation de l\u2019entreprise, mais bien de la profession, de la société économique.Mais, même en tant que telle et sur ce plan supérieur, elle ne peut pas ne pas exercer une forte influence dans le sens d\u2019une vraie communauté de travail et en vue d\u2019une solution équitable des problèmes que pose la conduite interne des entreprises.Il serait trop long d\u2019entrer ici dans les détails à ce sujet.Mieux vaut nous résumer.IV.\u2014 SOCIÉTÉ CAPITALISTE ET ORGANISATION PROFESSIONNELLE: COMPARAISON DU R.P.NELL-BREUNING Nous le ferons en empruntant au P.Nell-Breuning les six principes fondamentaux qui montrent comment l\u2019organisation professionnelle, non seulement s\u2019oppose, mais remédie au caractère artificiel et mécanique de la société capitaliste de classes.1.\tLa société capitaliste de classes se divise selon les critères extrinsèques de la propriété ou de la non-propriété; l\u2019organisation professionnelle ordonne la société d\u2019après les prestations professionnelles ou l\u2019apport professionnel de l\u2019individu au service de la communauté.2.\tLes classes qui composent la société capitaliste s\u2019opposent irrémédiablement, leurs intérêts sur le marché du travail étant divergents; les groupes professionnels ou groupes d\u2019activité commune de l\u2019organisation professionnelle se soutiennent et se complètent mutuellement comme les membres d\u2019un même corps, avec leurs fonctions propres et indispensables les uns aux autres.3.\tL\u2019« unité de classe » des classes de la société capitaliste est basée sur l\u2019opposition à l\u2019ennemi commun; les groupes professionnels ou communautés de production de l\u2019organisation professionnelle trouvent leur unité dans la tâche commune au service de la communauté populaire, en même temps qu\u2019ils sont unis entre eux du fait que leurs prestations respectives constituent une part majeure du bien commun.4.\tDans la société capitaliste de classes, les deux fronts se heurtent d\u2019une façon continue et déterminent l\u2019aspect de la société tout entière; dans l\u2019organisation professionnelle, les classes et leurs fronts réciproques, pour autant qu\u2019ils subsistent, sont incorporés dans le cadre de chaque groupement professionnel et cessent dès lors de menacer la structure de la société.34 RELATIONS 5.\tLe marché du travail est le centre de la société capitaliste; le bien commun est à la base de l\u2019organisation professionnelle.La place qu\u2019occupe l\u2019homme dans la société capitaliste est déterminée par son patrimoine qui le place d\u2019un côté ou de l\u2019autre sur le marché du travail; dans l\u2019organisation professionnelle, la place de l\u2019homme dans la société est déterminée par son aptitude professionnelle.6.\tLa société capitaliste de classes est une société désarticulée par l\u2019économie capitaliste individualiste (libérale capitaliste).Au lieu d\u2019être la servante, l\u2019économie s\u2019érige en maîtresse; elle va jusqu\u2019à proclamer qu\u2019elle constitue à elle seule la société humaine.L\u2019or- ganisation professionnelle remet l\u2019économie à la place qui lui revient et la lie de telle sorte qu\u2019il ne lui est plus possible de dissoudre l\u2019ordre de la société humaine et de prolétariser toujours de plus en plus les hommes.L\u2019organisation professionnelle ouvre la voie à la déprolétarisation des prolétaires.Cette vigoureuse comparaison du P.Nell-Breuning entre la société capitaliste et l\u2019organisation professionnelle résume l\u2019essentiel de ce que nous avons dit jusqu\u2019ici.Il ne reste plus qu\u2019à conclure par un appel à l\u2019action en vue d\u2019organiser chez nous une société économique qui soit saine parce qu\u2019ordonnée à l\u2019homme, parce que fonctionnant au service d\u2019une fin supérieure: la personne humaine et toute personne humaine.CONSCIENCE PUBLIQUE ET MORALITÉ\u2014 VI LA TENTATION DE L\u2019ANIMALITÉ Marie-Joseph d'ANJOU, S.J.I.\u2014 PAGANISME ET BARBARIE SI GEORGES DUHAMEL reconnaît « les hommes barbares à ce qu\u2019ils ne savent ni le juste usage du vin, ni celui des nouveaux biens que la science leur a donnés »; s\u2019il affirme d\u2019eux qu\u2019étant devenus « ivrognes de la mécanique, du téléphone, de l\u2019auto, de l\u2019architecture, ivrognes de la banque, des affaires, ils ont méprisé la règle de la modération et.qu\u2019à cause d\u2019eux le monde humain tout entier titube et menace ruine », que devra-t-il penser des « ivrognes » de la sexualité ?« Nous sommes des animaux, nous ne sommes que des animaux », gémit un de ses personnages (dans la Nuit de la Saint-Jean), écœuré de la bassesse des hommes.De ceux qui ne savent pas aimer même leur ennemi, le Christ déclare qu\u2019ils sont encore païens (.Matt h., v, 47); du prodigue égaré et ruiné dans la débauche, il raconte qu\u2019il se nourrissait plus mal que les pourceaux (Luc, xv, 16).Le prophète Jérémie, prédisant la misère du pécheur qui a renié son Dieu, assure qu\u2019il « embrassera le fumier» (Lamentations, iv, 5).Qui a raison?L\u2019Esprit Saint ou le chanteur radiophonique, dont les airs pénètrent jusqu\u2019à l\u2019intérieur de sévères pensionnats pour y susurrer: Dans leur chambrette, Pierrot, Pierrette ,\tPerdent la tête Et sont heureux.Qui a raison ?me demande l\u2019adolescente de dix-huit ans qui, dans la solitude affective du couvent où l\u2019a enfermée l\u2019incompréhension de sa mère, entend cet obscène et obsédant refrain.Pour diffuser pareille chanson, il faut y « croire ».Pour tolérer sa diffusion, il faut au moins penser qu\u2019elle n\u2019entraîne aucun inconvénient, FÉVRIER 1952 que l\u2019ivrognerie sexuelle ne constitue pas un délit humain.Nonne et ethnici?Paganisme.Barbarie.Barbare, celui qui, isolant de l\u2019amour le sexe qui y est ordonné, réduit la sexualité , à n\u2019être qu\u2019un instrument de satisfactions animales.Barbare, celui qui ravale l\u2019amour à n\u2019être que « le contact de deux épidermes » (Chamfort).Païen, celui qui, émule des Grecs d\u2019autrefois, dresse en son cœur un autel à Éros ou à Vénus, dans une tentative désespérée de poétiser et de relier au divin \u2014 le reliant en fait au démoniaque \u2014 l\u2019envoûtement passionnel qui ravage, tel un vent de folie, toute dignité humaine, toute foi et la vie même.Les flèches d\u2019Éros ne sont pas moins mortelles que les engins de Mars.Et comment convaincre des civilisés qu\u2019en faisant « perdre la tête » à ceux et celles qu\u2019il frappe de sa folie obsessive, Éros va les rendre heureux ?Barbare, païen : il incline à devenir l\u2019un et l\u2019autre, \u2014 la chose est si facile, du moins pour un temps! \u2014le chrétien qui a cessé de croire au caractère sacré du corps humain procréateur.Corruptio optimi pessima : rien de pire que la corruption des meilleures choses, entre autres, la prostitution de la dignité sacrée du sexe, grâce à la tolérance, voire à l\u2019exaltation du paganisme et de la barbarie, dans les théâtres, au cinéma, à la radio, dans les clubs et cabarets, comme à ces « enterrements de vie de garçon » stigmatisés par l\u2019archevêque de Montréal (le Devoir, 14 janv.1952, p.7) et dont une revue étrangère (Time, 31 décembre 1951, p.20) nous a déjà renvoyé les échos.II.\u2014 LE CONFLIT DE LA CHAIR ET DE L\u2019ESPRIT Il est bien vrai que le sexe est animal; mais il est faux que chez l\u2019homme il ne soit que cela.Vrai aussi que l\u2019esprit en nous se nourrit des expériences sensibles, 35 que le corps peut et doit être « purificateur de l\u2019esprit », parce que « le corps opaque et solide » offre « à l\u2019esprit la résistance » qui le stimule en l\u2019appuyant.(Voir Ernest Gagnon, S.J., « Le corps, purificateur de l\u2019esprit », dans Collège et Famille, avril 1951, p.52.) Mortelle sans doute, la tentative \u2014 qui se renouvelle d\u2019âge en âge \u2014 de séparer dans l\u2019homme « ce que Dieu a uni », de le désincarner sous prétexte de mieux assurer en lui le triomphe de l\u2019esprit.Tôt ou tard, la chair se venge.Pour recouvrer sa dignité et ses droits, elle passe à l\u2019attaque de la position hérétique de l\u2019esprit.On a méprisé sa collaboration; elle met en œuvre sa séduction.De son côté, l\u2019esprit, mal assuré dans son vol sans appui, éprouve le vertige, et, monté sur le jatte, il aspire à descendre.Mais la chair \u2014 dont le dynamisme aveugle, sans frein ni mesure (quand il échappe au contrôle de l\u2019esprit), se porte de soi à l\u2019excès \u2014 n\u2019accueille pas alors son compagnon comme une compagne soumise, mais en maîtresse jalouse.Faisant tourbillonner l\u2019esprit trop délesté, elle l\u2019étourdit dans un mascaret chavirant de paillardises, pour lui faire chanter ensuite \u2014 comble de la revanche, d\u2019une part, de la déchéance, d\u2019autre part \u2014 le « bonheur » d\u2019avoir « perdu la tête », l\u2019éloge en somme de la folie.Ou bien, quand elle échoue à ce jeu, la chair refuse tout service à l\u2019esprit « infidèle », qui, privé de ses assises naturelles, dérape et déraille, « perd le sens » et « sombre dans l\u2019abîme du rêve » (Nelligan) : c\u2019est la folie sans poème ni chanson.On ne dira jamais assez aux illuminés \u2014 manichéens ou flagellants, albigeois ou jansénistes de toute nuance \u2014 qu\u2019ils sont en partie responsables des abus mêmes qu\u2019ils prétendent prévenir ou réformer.Cependant, il faudrait avoir déjà « perdu la tête » pour demander aux adorateurs d\u2019Éros ou de Vénus \u2014 naufragés de l\u2019esprit dans les fanges de la chair \u2014 le sens de la vie, la formule de l\u2019équilibre et du bonheur.Those who separate sex and spirit, ceux qui séparent la chair de l\u2019esprit, écrit Mgr Fulton J.Sheen, \u2014 illuminés ou débauchés \u2014 are rehearsing for death, s\u2019exercent à la mort (Catholic Digest, juillet 1951, p.116).Il y a la mort physique, qui est la séparation de l\u2019âme et du corps.Il y a aussi la mort spirituelle de ceux qui vivent comme des êtres dissociés.Et elle ne frappe pas uniquement les illuminés ou les scrupuleux qui méprisent les réalités charnelles; la volupté recherchée pour elle-même tue plus sûrement encore que le fakirisme, et surtout plus souvent.La vie humaine est tension et conflit.D\u2019abord entre les sens et l\u2019esprit.Et le premier bonheur consiste à résoudre le conflit en faveur de l\u2019esprit.La plus élémentaire expérience intérieure nous révèle deux réalités en apparence contradictoires: l\u2019ineffable unité de la sensibilité et de l\u2019esprit, l\u2019indécomposable synthèse de leurs manifestations, et, corrélativement, leur antagonisme.Mais le conflit n\u2019a rien d\u2019une réalité autonome et définitive.Un conflit absolu entre les sens et l\u2019esprit n\u2019est pas concevable: entre deux forces essentiellement complémentaires, la tension ne peut être que relative.Même dans ses luttes les plus âpres contre les sens, l\u2019esprit est obligé de s\u2019appuyer sur les sens.Il combat avec certains éléments sensibles.alliés à son idéal contre d\u2019autres éléments sensibles indifférents ou opposés à cet idéal.L\u2019histoire individuelle et collective des hommes nous enseigne que la force, la liberté, la pureté de l\u2019esprit s\u2019achètent au prix d\u2019une amère discipline de la vie des sens.Grandeur humaine et ascétisme sont indissolublement liés.(Gustave Thibon, « Les sens et l\u2019esprit », dans Problèmes de la sexualité, Paris, Plon, 1937, pp.186-188.) « Indissolublement liés » en nous, les sens et l\u2019esprit.Mais non pas n\u2019importe comment.Liés selon une finalité dont le respect conditionne absolument l\u2019harmonie humaine, le bonheur.Thibon le remarque encore: les antagonismes.sont dominés, dans tout ensemble substantiel normal, par une paix et une harmonie centrales.Ainsi limité et intégré, le conflit est sain et fécond.Mais quand se relâche le lien substantiel de l\u2019être, quand la tension interne n\u2019est plus tempérée et asservie par une finalité supérieure, l\u2019individu, consumé par l\u2019anarchie, descend vers la mort.(Loc.cit., p.187.) III.\u2014 LA MORT PAR L\u2019ANIMALITÉ Vers toutes les formes de mort.La mort physique d\u2019abord par l\u2019épuisement et les maladies, les violences (meurtres et suicides) qu\u2019entraînent les abus passionnels.Histoire ancienne, dont le Père A.Eymieu, S.J., a résumé les tristesses dans son livre intitulé Païens, et que la chronique des journaux quotidiens, chez nous comme ailleurs, ne cesse de transformer en actualité.« L\u2019odeur de la mort qui flotte sur notre temps, écrit Daniel-Rops, est aussi une odeur chamelle.» Et il poursuit sa pensée en des termes qui devraient nous faire réfléchir: Ce n\u2019est point par hasard que notre temps est à la fois celui où la mort menace, incessante, le plus grand nombre d\u2019hommes par la misère, par la faim, par la guerre, et celui où se marque le plus lourdement peut-être une domination sexuelle dans les sentiments et dans les actes.(« Le jugement par l\u2019animalité », dans Problèmes de la sexualité, p.282.) Non pas, continue-t-il, que « notre époque cède à la débauche.plus que d\u2019autres ».Mais « il s\u2019agit, bien davantage encore que des faits, du jugement que les hommes portent sur eux ».En effet, les périodes historiques où se défait le jugement moral montrent toutes le même caractère: la vie, n\u2019étant plus respectée dans sa fin, ne l\u2019est plus dans sa source; on jouit comme on tue, au hasard des instincts ou des perversités.L\u2019intellectualisme, la violence sexuelle et le goût du sang composent les ingrédients dont usent, comme de stupéfiants, les civilisations qui ont perdu le sens de la vie véritable.Le déchaînement sexuel auquel nous assistons, mystérieusement lié aux menaces de catastrophes qui pèsent sur nos horizons (Daniel-Rops écrivait cela en 1937), n\u2019aurait-il pas valeur de symptôme ?Notre société qui exalte la chair et fait si bon marché de la vie humaine ne subirait-elle pas.le jugement par l\u2019animalité?(Loc.cit., pp.283-284.) Qu\u2019on relise, à la lumière de cette citation éclairante, ce que nous avons écrit sur l\u2019immoralisme de la guerre, des revues américaines non catholiques, de la réclame faite aux films et spectacles exhibitionnistes, des jugements qui se répondent de Montréal à Hollywood.Autre forme de mort, la stérilité humaine résultant du dérèglement charnel.Non seulement la mort par la maladie et les violences individuelles ou nationales, 36 RELATIONS mais aussi cette mort sans violence qu\u2019est la stérilisation des peuples rongés par l\u2019égoïsme (quel sociologue sérieux n\u2019a pas lancé à ce sujet son cri d\u2019alarme?).Enfin cette mort plus obscure et parfois inconnue à jamais de tout autre que de celui qui la sent présente au plus intime de son âme: la stérilité de l\u2019intelligence et du cœur qui affecte celui dont on paraît sûr (devant l\u2019éclat de ses jeunes richesses humaines) que « les fruits passeront la promesse des fleurs », et qui ne donne et ne donnera jamais rien.Ou bien « l\u2019arbre qui fait sa fleur » (Claudel), mal défendu, est piqué très tôt du ver rongeur, et la sève de l\u2019âme ne peut jaillir en créations fécondes, engourdie, inhibée qu\u2019elle est par le sentiment de culpabilité, « le plus fréquemment marqué à propos de la vie sexuelle » (Dr Étienne de Greeff, les Instincts de défense et de sympathie, Paris, Presses universitaires de France, 1947, p.193).Ou bien, plus tard, au moment où le jeune paladin s\u2019apprête à faire passer dans le climat politico-social de son pays un vent frais et pur de dévouement désintéressé à la communauté de ses frères, il succombe bêtement au piège que lui tendent des politiciens putrides; surpris par eux en flagrant délit de la fornication ou de l\u2019adultère qu\u2019ils ont savamment minuté pour le perdre, il doit toute sa vie payer de son silence et de son inaction le prix de la réputation qu\u2019il tient à conserver auprès de sa famille et de ses amis.Par un art achevé du camouflage public, dont l\u2019hypocrisie la plus efficace consiste à porter le jeune homme compromis jusqu\u2019aux honneurs et dignités marqués essentiellement du caractère de la probité et du désintéressement, \u2014 mais que le chantage transforme en bastions de la médiocrité, parfois même en postes permanents de trahison, \u2014 l\u2019échec et la stérilité d\u2019une vie riche de promesses, la mort spirituelle d\u2019un homme doué de facultés rédemptrices deviennent le symbole du service professionnel ou national, le cachet de la valeur humaine.Mais le camouflage ne peut jamais être si parfait qu\u2019il ne finisse par se démasquer; ce qui arrive le plus souvent par la tolérance officielle qu\u2019il faut bien \u2014 sans quoi, gare au chantage! \u2014 accorder aux mêmes agissements dont relèvent et certaines charges et leur stérilité.Le cercle vicieux se trouve alors fermé.Et ainsi, le sexe qui, maintenu à sa place et dans son ordre, est le signe de la fécondité et du service social, devient, quand on invertit sa finalité, l\u2019égout des sources polluées, le morne marais où s\u2019enlise la générosité.iv.\u2014 vers l\u2019amour Or la « finalité supérieure » dont parle Thibon, et à laquelle est ordonné le sexe, c\u2019est l\u2019amour procréateur sacramentel.C\u2019est lui qui est, « à l\u2019intérieur de notre être sensitif », ce « pôle épuré, aérien, pneumatique », duquel dépend le « pôle charnel, terrestre, au sens péjoratif de ces mots.Le premier transcende l\u2019animalité; le second, par l\u2019égoïsme, l\u2019âpreté, la tyrannie vampiri-sante des tendances dont il est la source, nous ravale souvent au-dessous de l\u2019animalité » (Thibon, loc.cit.y p.189).Parce que l\u2019homme est esprit et corps, sa fécondité charnelle ne peut être assimilée à la reproduction animale, Dieu lui-même intervenant pour créer directement l\u2019âme spirituelle du rejeton humain.Également parce que l\u2019homme est esprit, l\u2019acte procréateur ne peut en aucune façon se comparer à l\u2019accouplement animal.Entre un homme et une femme, il y a toujours eu, il y aura toujours un mystère d\u2019attrait personnel, qui appartient à un ordre d\u2019existence spécifiquement différent de l\u2019instinct à quoi cèdent aveuglément mâles et femelles du règne animal.C\u2019est ici qu\u2019apparaît la vérité du mot de Péguy : « le spirituel est aussi charnel » et réciproquement.Car a) le sexe imprègne toute la personne, et b) nulle activité corporelle n\u2019engage l\u2019âme aussi profondément que l\u2019activité sexuelle.a)\tL\u2019âme masculine et l\u2019âme féminine, par le mystère qui leur est propre, s\u2019harmonisent en se complétant.L\u2019attrait qui porte l\u2019un vers l\u2019autre l\u2019homme et la femme s\u2019accompagne d\u2019une vibration émotive inconnue des animaux, parce qu\u2019il « possède un contenu qui, par son sens et sa nature, tend à s\u2019insérer dans des expériences supérieures purement spirituelles » (Dietrich von Hildebrand, Pureté et Virginité, Paris, Desclée, 1947, p.20).Expériences où « le corps et l\u2019âme.entrent en un contact singulier » (au sens philosophique de ce mot), qui révèle « en un certain sens le secret de chacun, ce qu\u2019il cache instinctivement à autrui » {ibid.).Découvrir ce domaine, c\u2019est révéler notre vie la plus cachée, c\u2019est initier quelqu\u2019un au mystère de notre être.Voilà pourquoi ce domaine est le royaume propre de la pudeur.La pudeur nous retient, par-dessus tout, de dévoiler notre mystère devant les autres.Un homme est pudique ou impudique en première ligne d\u2019après son attitude à l\u2019égard de ce domaine.Si c\u2019est là que réside le secret mystérieux de chacun, le dévoiler ou le livrer équivaut à se livrer soi-même.{Ibid.) Le même auteur ajoute en note (p.199): Rien ne serait plus faux que d\u2019interpréter cette tendance à cacher notre intimité dans la sphère sensuelle comme si elle était exclusivement ou premièrement une tendance à cacher quelque chose de laid ou de peccamineux.Ce qui est laid et peccamineux, par conséquent, c\u2019est d\u2019exhiber, en dehors du don intime de l\u2019amour, ce mystère qui de soi ne se révèle (l\u2019Écriture dit: ne se connaît) que dans l\u2019intimité sacrée de l\u2019amour conjugal.b)\tCar l\u2019âme est naturellement mêlée à l\u2019exercice de la fonction sexuelle; et « dès que j\u2019accorde l\u2019autonomie à la sphère sensuelle, aussitôt que je ne fais pas entrer en ligne de compte sa fonction suprême au sein de l\u2019amour conjugal, je fausse sa signification et je passe à côté du mystère qui y réside » {ibid., p.24).Étant donné l\u2019unité du composé humain et les rapports étroits qui unissent en nous l\u2019âme et le corps, provoquer cette activité, c\u2019est faire passer à l\u2019acte, du même coup, l\u2019amour lui-même.Les intentions superficielles ne changent FEVRIER 1952 37 rien à ces fonctions primordiales.Qu\u2019on le veuille ou non, l\u2019émotion dont s\u2019accompagne l\u2019activité dont nous parlons est le lien psychologique par où notre volonté s\u2019engage en notre organisme et y est prise.Cela même qùi la rend appé-tible est qu\u2019elle est l\u2019aspect sensible et corporel de l\u2019amour, et qu\u2019elle complète l\u2019homme de cette manière-là: elle ne l\u2019exalterait pas, elle ne l\u2019attirerait pas à ce point si elle n\u2019était, en quelque sorte, le paroxysme de son humanité, le sommet où, devenant principe d\u2019homme, il devient homme au maximum.Ailleurs, pour ce qui concerne la charité ou la justice, par exemple, l\u2019action extérieure du corps et la décision volontaire ne sont pas aussi étroitement unies, de sorte que l\u2019action extérieure en elle-même peut n\u2019intéresser que de façon relativement légère la volonté d\u2019être bon ou d\u2019être juste.Mais ici tel n\u2019est pas le cas.Le vouloir agit précisément en tant qu\u2019il ne fait qu\u2019un avec une fonction organique bien déterminée et qu\u2019il ne peut rien qu\u2019avec elle.\u2022 .- Que faire si la boisson te scandalise?Raymond-Marie BEDARD, O.P.DANS CET ARTICLE, nous étudierons le problème du scandale des boissons alcooliques pour les individus, en utilisant les données de la théologie thomiste, de la science clinique et de notre expérience pastorale psychiatrique, puisée dans notre travail de rééducation émotive, sociale et religieuse auprès des personnes adonnées à l\u2019alcool.I.\u2014 LE PROBLÈME Avant de répondre à cette question: « Que faire si la boisson te scandalise?», il importe de définir les termes boisson et scandaliser, de déterminer quelles catégories de personnes peuvent être scandalisées et de préciser le sens de la question posée.1.\tLa boisson.\u2014 Par boisson nous entendons ici toute boisson alcoolique soit fermentée, comme le vin et la bière, soit distillée, comme le brandy, le whisky, etc.Nous donnons au mot boisson ce sens général, car l\u2019expérience prouve que des gens peuvent s\u2019enivrer et de fait s\u2019enivrent non seulement au whisky, mais à la bière et au vin.2.\tScandaliser.\u2014 Le verbe scandaliser vient du mot grec scandalon qui veut dire pierre d\u2019achoppement, obstacle qui peut faire tomber, occasion de péché.La boisson scandalise quelqu\u2019un lorsqu\u2019elle le fait tomber dans l\u2019intempérance, ou bien lorsqu\u2019en diminuant la maîtrise qu\u2019il doit avoir de lui-même, elle le porte à omettre le bien qu\u2019il devait faire et à commettre le mal qu\u2019il devait éviter.3.\tLes personnes que la boisson peut scandaliser.\u2014 Il y a trois catégories de gens que la boisson peut scandaliser: ceux qui boivent trop, ceux qui boivent modérément et ceux qui n\u2019ont jamais bu.Nulle part, donc, la moralité n\u2019est aussi engagée dans l\u2019activité corporelle; nulle part l\u2019activité du corps n\u2019est aussi intrinsèquement d\u2019ordre moral; nulle part non plus n\u2019apparaît mieux, dans d\u2019aussi rigoureuses exigences, la valeur absolue que notre âme donne à notre chair.(Emile Mersch, S.J., « Amour, mariage, chasteté », dans Intelligence et conduite de l\u2019amour, Paris, Desclée, 1945, pp.103-104.) L\u2019impudeur, l\u2019impudicité, prélude obligé de la prostitution, galvaudage de l\u2019intimité réservée à l\u2019amour, est donc une immoralité indiscutable pour des civilisés et des chrétiens.C\u2019est cette immoralité même qu\u2019exploitent les entrepreneurs de spectacles exhibitionnistes et que tolèrent, protègent et même défendent légalement les autorités civiles dans une cité, dans une province, dans un pays qui se piquent d\u2019illustrer la civilisation et la chrétienté.Sur le problème de Valcoolisme, voici le troisième article de l\u2019étude que le P.Bédard, maître en service social psychiatrique, a commencée l\u2019an dernier (juin et octobre).4.\tSens précis de la question.\u2014 Quand on pose la question: « Que faire si la boisson te scandalise?», on veut savoir quelle attitude humaine et chrétienne de sobriété une personne doit prendre devant la boisson, si son usage la fait tomber dans l\u2019intempérance ou lui enlève la maîtrise de soi requise pour l\u2019accomplissement de ses devoirs.II.\u2014 CEUX QUI BOIVENT TROP 1.Ne pas confondre intempérant et alcoolique.\u2014 La première catégorie de personnes que la boisson peut scandaliser, ce sont les gens qui boivent trop: Y usage devient pour eux occasion d\u2019abus.Ils se divisent en deux groupes: les intempérants et les alcooliques.Des intempérants on peut dire qu\u2019ils restent maîtres de la boisson qu\u2019ils prennent.S\u2019ils le veulent, ils peuvent boire modérément; et de fait, en certaines occasions, ils se font un point d\u2019honneur de rester modérés pour ne pas nuire à leur travail, pour ne pas perdre leur situation ou leurs chances d\u2019avancement.Mais quand arrivent la fin de semaine ou certaines fêtes sociales ou familiales, ils se livrent à leur passion, ne comprenant plus pourquoi en tout temps il faut rester modéré.Ils pourraient rester sobres, s\u2019ils le voulaient; mais ils ne le veulent pas, parce qu\u2019ils ne voient pas de raisons de demeurer tempérants lorsque tant d\u2019autres se livrent à l\u2019intempérance.Les alcooliques, eux, ont perdu toute force devant la boisson, soit qu\u2019ils ne puissent conserver la maîtrise d\u2019eux-mêmes après le premier verre, soit qu\u2019ils éprouvent un « besoin » périodique ou continuel de boire pour faire face à la vie, soit qu\u2019ils désirent renoncer à l\u2019alcool sans en avoir le courage.On comprend que la boisson soit une occasion de scandale plus grande pour les alcooliques que pour les intempérants.38 RELATIONS Il y a des signes au moyen desquels on peut reconnaître si une personne qui boit trop est devenue alcoolique.Ces signes, basés sur l\u2019expérience clinique et l\u2019histoire des buveurs, éclairent beaucoup les spécialistes qui travaillent à comprendre les alcooliques pour les aider à se réhabiliter.Voulez-vous savoir, vous qui buvez trop, si vous êtes un alcoolique ou quelqu\u2019un en frais de le devenir?Voici vingt questions auxquelles vous répondrez au fond de vous-même avec franchise et sincérité.Ce test de vingt questions, élaboré par le Dr Robert S.Seliger, médecin psychiatre, est utilisé à l\u2019hôpital de l\u2019Université Johns Hopkins, de Baltimore, pour savoir si un patient qui fait usage de boisson est un alcoolique.Lisez attentivement ce test alcoolique et répondez oui ou non à chaque question posée.1° Perdez-vous du temps à l\u2019ouvrage à cause de la boisson ?2° Est-ce que la boisson apporte le malheur à votre foyer ?3° Buvez-vous pour surmonter votre timidité avec les autres?4° Est-ce que la boisson affecte votre réputation ?5° Est-ce que la boisson vous crée des embarras financiers?6° Éprouvez-vous du remords après avoir bu à l\u2019excès ?7° Quand vous buvez, fréquentez-vous une classe de gens à laquelle vous ne voudriez jamais vous mêler quand vous êtes à jeun ?8° Est-ce que la boisson vous rend insouciant à l\u2019égard de votre famille ?9° Est-ce que la boisson diminue votre ambition?10° Éprouvez-vous le « besoin » de boire à certains moments du jour ?11° Sentez-vous le « besoin » de boire le lendemain matin, pour combattre les effets de l\u2019ivresse de la veille ?12° Est-ce que la boisson rend votre sommeil difficile ?13° Est-ce que la boisson diminue votre capacité de travail ?14° Est-ce que la boisson est en train de ruiner votre emploi ou vos affaires ?15° Buvez-vous pour oublier vos ennuis ou vos inquiétudes ?16° Êtes-vous porté à boire seul ?17° Après avoir bu à l\u2019excès, éprouvez-vous des pertes de mémoire ?18° Votre médecin vous a-t-il traité pour excès de boisson ?19° Buvez-vous pour vous donner confiance en vous-même ?20° Vous êtes-vous déjà fait traiter dans un hôpital ou une institution à cause de la boisson?Voici le résultat de vos réponses.Un oui à Y une de ces questions laisse entendre que vous pouvez être un alcoolique.Un oui à deux de ces questions veut dire: il est probable que vous êtes un alcoolique.Un oui à trois de ces questions signifie: il y a peu de doute que vous ne soyez un alcoolique.2.Les alcooliques.\u2014 Celui qui est alcoolique, que doit-il faire devant la boisson qui le scandalise?D\u2019abord, se rappeler qu\u2019il est un malade par rapport à la boisson, un peu comme le diabétique par rapport au sucre.Quant on devient diabétique, on le reste pour la vie; on ne guérit pas du diabète: on peut seulement maîtriser cette maladie, soit en prenant de l\u2019insuline que le pancréas malade ne peut plus sécréter dans le sang pour absorber le sucre, soit en retranchant complètement le sucre de son régime.Ainsi en est-il de l\u2019alcoolique.C\u2019est un malade.Il s\u2019est formé en lui un état d\u2019esprit qui se traduit par une passion impulsive et irrésistible pour la boisson.Maladie incurable en ce sens que l\u2019alcoolique ne pourra jamais boire de nouveau modérément.Quand on devient alcoolique, on l\u2019est pour la vie.On peut cependant mettre un frein à la maladie en se faisant aider et en renonçant à la boisson pour la vie.L\u2019alcoolique qui éprouve une passion invincible pour la boisson rien qu\u2019après avoir pris le premier verre n\u2019a qu\u2019une chose à faire pour ne plus être scandalisé : s\u2019abstenir volontairement de toute liqueur enivrante.L\u2019alcoolique qui périodiquement ou presque continuellement éprouve un « besoin » irrésistible d\u2019alcool, ne pouvant par lui-même dominer sa passion impulsive, doit se faire aider par quelqu\u2019un de spécialisé, peu importe que ce soit un prêtre, un médecin, un psychiatre, un psychologue ou un travailleur social.Ce spécialiste en alcoolisme aidera à découvrir et à résoudre graduellement les conflits intérieurs qui portent à boire impulsivement; il travaillera à changer l\u2019attitude émotive du milieu à l\u2019égard de l\u2019alcoolique; il amènera celui-ci à se rapprocher de Dieu pour le rendre capable de s\u2019éloigner de la boisson.Une fois délivré de sa passion impulsive pour l\u2019alcool, l\u2019alcoolique doit demeurer abstinent le reste de sa vie.Pour persévérer dans ce renoncement perpétuel à la boisson, il fera bien d\u2019entrer dans un groupe de buveurs convertis ou d\u2019abstinents volontaires (Cercle Lacordaire ou autre mouvement d\u2019abstinence totale), car en travaillant au relèvement des autres buveurs, il affermira sa propre persévérance.3.Les intempérants.\u2014 Les intempérants forment un second groupe de buveurs excessifs que l\u2019alcool scandalise.En principe, ils peuvent être modérés s\u2019ils le veulent; mais, en fait, ils ne veulent pas parce qu\u2019ils croient trouver dans la boisson un moyen facile de calmer leurs douleurs physiques, de noyer leurs tristesses et leurs inquiétudes, d\u2019oublier leurs problèmes, de surmonter leur timidité, d\u2019augmenter leur confiance en eux-mêmes et de se rendre la vie plus joyeuse.Que doit faire l\u2019intempérant pour ne plus être scandalisé par la boisson qui l\u2019entraîne si souvent aux excès et même à de nombreux péchés?L\u2019attitude la plus prudente, c\u2019est l\u2019abstinence volontaire de toute boisson alcoolique.Il lui serait, en effet, plus difficile d\u2019être modéré que tout à fait abstinent: l\u2019abstinence absolue apparaît moins ardue à l\u2019intempérant, qui n\u2019éprouve pas comme l\u2019alcoolique un attrait irrésistible pour la boisson.Tandis que s\u2019il continue à faire usage d\u2019alcool, non seulement la boisson continuera à le scandaliser en fortifiant l\u2019habitude de l\u2019intempérance, mais elle le conduira progressivement à la maladie de l\u2019alcoolisme.La plupart de ceux qui sont aujourd\u2019hui des alcooliques ont commencé par être des buveurs intempérants.Cessant de boire lentement, ils se sont mis à avaler d\u2019un trait toutes les rasades.Non contents de boire FEVRIER 1952 39 comme les autres et avec les autres, ils consommèrent en cachette quelques verres de plus que les autres.Ils se vantaient d\u2019abord de leurs exploits alcooliques; ils répugnèrent bientôt à parler de la boisson qu\u2019ils avaient prise.Ils se rappelaient fidèlement ce qu\u2019ils avaient dit et fait sous l\u2019influence de la boisson; ils furent un jour incapables d\u2019évoquer les incidents survenus au cours des excès de la veille.Boire d\u2019un trait, prendre de surcroît quelques verres en cachette, éprouver de la répugnance à parler de la boisson et des aventures auxquelles on la mêle, enfin perdre la mémoire après une ivresse, ces quatre réactions réunies sont les symptômes d\u2019un changement profond qui s\u2019opère dans la personnalité du buveur et dans son habitude de boire, c\u2019est le signe certain qu\u2019une passion impulsive est sur le point de se déclarer.L\u2019intempérant doit alors cesser de boire immédiatement.S\u2019il continue à prendre de l\u2019alcool, il perdra vite la maîtrise de soi dès le premier verre; une passion invincible le poussera à boire, il sera devenu un alcoolique.III.\u2014 CEUX QUI BOIVENT MODÉRÉMENT Par définition, un buveur modéré garde une maîtrise suffisante de lui-même devant la boisson, et Y usage ne l\u2019entraîne pas à Y abus.Il ne recherche pas l\u2019intoxication et ne s\u2019y expose pas, disent les docteurs Howard W.Haggard et E.M.Jellinek, de l\u2019Université Yale.Il fait usage des breuvages alcooliques comme d\u2019un condiment et pour leurs effets sédatifs légers.L\u2019alcool ne constitue pas pour lui une nécessité ni une dépense considérable dans son budget.Pour une personne capable de se dominer, la modération est un droit.Mais comme les liqueurs alcooliques, même prises modérément, affectent l\u2019usage de la raison, la maîtrise de la volonté et le freinage des passions, il s\u2019ensuit que la modération comporte le danger de tomber dans l\u2019abus ou de perdre la maîtrise de soi requise pour l\u2019accomplissement de ses devoirs.Voilà pourquoi la boisson peut scandaliser même ceux qui boivent modérément.Quiconque fait un usage restreint de boissons fermentées, aux repas par exemple, et rarement ou très prudemment en certaines autres circonstances, celui-là peut rester un buveur modéré sans que la boisson risque de le scandaliser.Mais le buveur, d\u2019abord modéré, qui à table augmente la dose de son vin ou de sa bière, multiplie ou provoque les occasions de prendre de la boisson, est porté à imiter les habitudes alcooliques de son milieu social et recherche surtout la compagnie de personnes aimant à « lever le coude » ; qui éprouve le désir de « prendre un coup » chaque fois qu\u2019il lui faut vaincre sa timidité ou son complexe d\u2019infériorité, oublier ses peines et rendre sa vie sociale plus spontanée et plus gaie; qui sent, lorsqu\u2019il boit, remuer dans son âme des passions violentes de colère, de haine, de luxure, qu\u2019il peut à peine dominer quand il est à jeun; qui de temps en temps succombe à l\u2019intempérance; qui, enfin, après chaque verre absorbé n\u2019est jamais satisfait, mais éprouve un attrait toujours plus puissant pour le verre suivant: celui-là est habité par une tendance dangereuse qui graduellement le fera passer de la modération à l\u2019intempérance; il a tous les signes du futur intempérant, et déjà on aperçoit en lui des symptômes de l\u2019alcoolique en puissance.Il serait plus prudent pour lui de renoncer tout de suite à la boisson.Plusieurs modérés de même constitution psychologique ont été scandalisés par l\u2019alcool.La sagesse invite à profiter de la leçon.IV.\u2014 CEUX QUI N\u2019ONT PAS ENCORE BU On serait porté à le nier, pourtant les faits cliniques sont là pour prouver que la boisson scandalise même des gens qui n\u2019ont pas encore bu, et cela dès qu\u2019ils boivent un premier verre d\u2019alcool.D\u2019abord, c\u2019est le cas de ceux qui s\u2019enivrent la première fois qu\u2019ils absorbent de la boisson et qui continuent à boire à l\u2019excès, sans passer par le stage de la modération.Ce premier verre a déclenché immédiatement une passion violente et irrésistible qui vient satisfaire chez eux une impulsion (névrotique ou psychotique) à fuir la vie réelle pour vivre dans le rêve.Quand on boit jusqu\u2019à l\u2019ivresse la première fois qu\u2019on goûte à la boisson et qu\u2019on devient aussitôt un buveur excessif, c\u2019est le symptôme d\u2019un trouble profond de la personnalité, voire d\u2019une névrose ou d\u2019une tendance prononcée à la psychose.Seul un désordre mental peut produire une telle réaction chez quelqu\u2019un qui jusque là n\u2019avait pas fait usage de boisson.A côté des buveurs pathologiques, qui deviennent presque alcooliques en prenant de l\u2019alcool pour la première fois, il y a un second groupe de gens qui n\u2019ont jamais bu et que la boisson scandalise dès que leurs lèvres s\u2019approchent du premier verre: ce sont les personnes allergiques à l\u2019alcool.L\u2019intolérance à l\u2019alcool, dit le Dr H.Bersot, est une hypersensibilité à l\u2019alcool.Elle se manifeste par une réaction exagérée et anormale à de petites quantités d\u2019alcool.Elle est liée à une diminution de résistance physique, nerveuse, mentale ou morale, soit héréditaire et constitutionnelle, soit acquise, soit encore due à certaines circonstances qui diminuent momentanément la résistance de l\u2019individu.Les manifestations de l\u2019intolérance ressemblent en général à celles de la première phase de l\u2019intoxication; mais cette phase joyeuse et exaltée de l\u2019intoxication chez l\u2019intolérant à l\u2019alcool est produite par une petite dose d\u2019alcool, elle apparaît très vite et avec une intensité anormale.L\u2019intolérance la plus grave est celle qui conduit au manque de retenue.De cet intolérant on dit que le premier verre suffit à le rendre fou.Il arrive parfois que le premier verre de boisson forte fasse monter rapidement au niveau du conscient les passions refoulées du buveur intolérant et le porte à des manifestations alarmantes de colère, d\u2019agression ou de passion sexuelle.40 RELATIONS Dans le langage clinique, on appelle l\u2019intolérance à l\u2019alcool une « intoxication pathologique ».Celui qui, le jour où il a pris son premier verre de boisson, a bu jusqu\u2019à l\u2019ivresse et a senti dans son âme une passion irrésistible pour l\u2019alcool; celui qui n\u2019avait jamais approché de ses lèvres une goutte de boisson et qui, en en prenant pour la première fois une petite dose, a laissé voir une intolérance anormale à l\u2019alcool et des désordres passagers de conduite dont il ne se souvient même pas; celui-là, s\u2019il veut ne plus être scandalisé par la boisson, n\u2019a qu\u2019une décision à prendre: soumettre à un traitement approprié ses troubles de santé physique, nerveuse et mentale et devenir abstinent pour la vie.Voilà l\u2019attitude de sobriété que doivent prendre les trois catégories de gens que la boisson a déjà scanda- Lf Institut culturel « Jeunesse » Albert GERVAIS M.Gervais, directeur de l\u2019Enseignement, revue de la corporation générale des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec, présente à nos lecteurs une initiative culturelle récente.SI NOTRE Landerneau littéraire doit un jour être doté d\u2019une intelligente littérature enfantine, nous en devrons un fier merci aux Écrivains pour la Jeunesse, dont l\u2019œuvre patiente s\u2019élabore et se poursuit avec une énergie indéfectible.Non satisfaits de mousser la création et la publication d\u2019ouvrages à la portée des enfants par leur coopérative d\u2019éditions, ces écrivains ont voulu intensifier leur influence en fondant l\u2019Institut culturel « Jeunesse ».Comme son nom l\u2019indique, cet institut vise à propager la culture psychologique et littéraire indispensable à quiconque se sent tenté par la plume.Les cours de perfectionnement que nous énumérerons plus bas ne s\u2019adressent pas seulement aux aspirants écrivains pour la jeunesse, mais à toute personne désireuse de se cultiver, de se préparer à la carrière littéraire.Que ces cours de composition, de culture générale, de psychologie, de poétique soient patronnés par les Écrivains pour la Jeunesse, voilà qui comporte une leçon: l\u2019écrivain pour jeunes doit posséder une culture aussi robuste, sinon plus, que le romancier du grand public.L\u2019écrivain pour la jeunesse s\u2019intéresse aux multiples formes de l\u2019humanisme et des humanités, et avec d\u2019autant plus de zèle et de conviction que le petit peuple pour qui il imagine mille fantaisies lui apparaît comme une humanité en puissance, dont les exigences et les interrogations l\u2019attraperont au piège à chaque page, si lui, l\u2019auteur, sait peu ou sait mal.Un écrivain pour la jeunesse n\u2019est donc pas un littérateur miniature, un sous-produit, et son métier est loin d\u2019être un pis-aller, comme trop d\u2019esprits le préjugent avec candeur.Usés, \u2014 ceux qui boivent trop, ceux qui boivent modérément et ceux qui n\u2019avaient pas encore bu, \u2014 s\u2019ils veulent éviter de tomber dans l\u2019intempérance ou de perdre la maîtrise de soi nécessaire à l\u2019accomplissement du devoir.Si, dans cet article, nous avons laissé un peu dans l\u2019ombre le rôle nécessaire de la religion, de la médecine, de la psychiatrie, du service social, de la psychologie et des mouvements d\u2019abstinence totale dans la réhabilitation des différents types de personnes scandalisées par la boisson, c\u2019était pour mieux faire ressortir l\u2019attitude individuelle d\u2019abstinence totale que la vertu de sobriété impose ou conseille à ceux qu\u2019affectent certains troubles ou réactions de la personnalité.Saint Thomas dit très bien: « Le vin par lui-même n\u2019est pas interdit; mais son usage peut être illicite en certains cas : si celui qui en boit le supporte mal ou.si la mesure n\u2019est pas gardée.» (Somme théol., II-II, q.149, a.3, c.) Les cours de perfectionnement dispensés depuis trois ans par l\u2019Institut culturel « Jeunesse », filiale des Écrivains pour la Jeunesse, témoignent assez éloquemment du sens esthétique et de la conscience « humaniste » de ceux et celles qui, à cette enseigne, destinent le meilleur de leur imagination créatrice à l\u2019enchantement des petits.Et, en passant, il ne serait pas sans profit pour maint artisan de la « grande » littérature de venir s\u2019asseoir, en élève docile, dans les classes de cet institut, pour y apprendre ou revoir ses règles de syntaxe pratique, ses notions de stylistique française, prendre ou reprendre contact avec la psychologie de l'enfant (quel auteur peut l\u2019ignorer?), tâter quelque méthode de culture personnelle, s\u2019initier à la poésie, autant de matières ou de sphères que l\u2019écrivain \u2014 conteur, romancier, fabuliste, essayiste, etc.\u2014 doit posséder ou explorer à fond avant de noircir du papier.Les disciples de l\u2019Institut culturel « Jeunesse » se confient à des titulaires de premier choix: M.Richard Bergeron, directeur général des cours, titulaire des cours de syntaxe pratique et de stylistique française; Mme M.-Paule Vinay, qui enseigne la psychologie de l\u2019enfant; M.R.-S.Catta, qui traite de l\u2019initiation à la poésie; M.Jean-Marie Laurence, qui suggère une méthode de culture par l\u2019histoire littéraire.Déjà, sont closes avec décembre 1951 trois séries (ou sections) des cours inscrits pour 1951-1952; mais janvier a inauguré les trois derniers thèmes d\u2019étude au programme: la stylistique française (M.Bergeron); la psychologie du livre d\u2019enfant (Mme Vinay) et le cours complet de M.Laurence.Le simple énoncé de ces matières mettra l\u2019eau à la bouche de ceux et celles qui ont soif de perfectionnement culturel.Il appert que leur nombre s\u2019accroît puisque, au début des cours, en 1949-1950, l\u2019institut rassemblait une quarantaine d\u2019élèves, chiffre qui doublait dès l\u2019année suivante.La première année, un seul professeur suffit; cette année, il y en a quatre.En plus des attestations, l\u2019institut décerne des certificats de langue française, de culture littéraire, de psychologie de l\u2019enfant.L\u2019an prochain, moyennant l\u2019obtention d\u2019un certain nombre de ces certificats, l\u2019institut accordera un diplôme général d\u2019aptitudes à écrire.On le voit, l\u2019initiative de l\u2019Institut culturel « Jeunesse » ouvre des fenêtres sur un horizon prometteur.Il paraît juste de lui souhaiter longue vie et large rayonnement.FEVRIER 1952 41 FÊTES RELIGIEUSES ET COMMERCE Le règlement municipal de Montréal sur la fermeture des magasins a déjà suscité de nombreux commentaires.Celui de Commerce-Montréal (1?novembre 1951), organe de la Chambre de Commerce du district de Montréal, compte parmi les meilleurs.L\u2019éditorial s\u2019intitulait : « Attaque à la liberté et à la tolérance?» Comme il est loin d\u2019avoir perdu son actualité, nos lecteurs seront intéressés par le substantiel extrait suivant : IL SUFFIT de faire un léger retour sur l\u2019histoire de la province de Québec, au chapitre du traitement accordé aux minorités, pour se rendre compte comme la majorité offre au monde entier un exemple sans rival d\u2019une juste conception de la liberté et de la tolérance.A maintes reprises, cette conception et cette pratique de la liberté et de la tolérance ont été montées en épingle.Bien timides cependant ont été les voix pour le reconnaître en temps opportun.La nouvelle mesure ne porte pas atteinte à la liberté de la minorité.Elle n\u2019oblige pas celle-ciJi professer les dogmes de foi que partagent les sujets de l\u2019Église catholique romaine.Que demande-t-elle ?Faciliter à la population, en très grande majorité catholique, la liberté dans l\u2019exercice du droit de s\u2019acquitter dignement des devoirs prescrits par l\u2019Église.Si tous les catholiques s\u2019abstenaient les jours de fêtes religieuses de fréquenter les établissements commerciaux, combien de maisons devraient d\u2019elles-mêmes fermer leurs portes pour ne pas marcher à perte.L\u2019immaturité spirituelle de certains catholiques n\u2019est pas une excuse; pas davantage la liberté relative dont jouiraient les employés catholiques d\u2019être ou de ne pas être en service.La vraie liberté n\u2019est pas synonyme de spéculation sur la faiblesse humaine avec tout l\u2019art publicitaire approprié.Les maisons à direction de foi protestante ou juive qui, d\u2019elles-mêmes, prennent l\u2019initiative de fermer leurs portes ne se sont jamais plaintes d\u2019attaque à la liberté.Elles ont mis en application un sain principe d\u2019affaires qui veut que l\u2019on ne rame pas à rebours du courant dans le milieu social dans lequel on transige; elles ont mis en pratique une conception réaliste de l\u2019art des relations purement humaines avec leur clientèle.La nouvelle mesure a été accusée également de brèche à la tolérance qui existait jusqu\u2019ici.Intolérance, ces démarches faites auprès des établissements intéressés en vue d\u2019obtenir leur appui volontaire au respect des convictions religieuses de la majorité ?Intolérance, ces démarches pour mieux faire comprendre les réalités montréalaises, les prescriptions de la religion dont font partie la grande majorité de leur clientèle et de leurs employés?Commerce-Montréal sait que ces démarches ont la plupart du temps essuyé un refus pénible.Intolérance antidémocratique, une mesure qui, pour approbation, exige une majorité des deux tiers des voix?Intolérance, un règlement qui met tous les établissements commerciaux sur le même pied de concurrence?Est-ce que justice et statu quo seraient devenus nécessairement synonymes?S\u2019il est vrai et regrettable que la persuasion a fait défaut, faut-il comprendre qu\u2019une mesure disciplinaire en vue de faire l\u2019ordre devient automatiquement de l\u2019intolérance ?Avec la nouvelle mesure, les catholiques pourront vaquer à leurs devoirs religieux en toute liberté; la conscience des fidèles des autres croyances ne sera pas violentée, les établissements commerciaux se feront une concurrence plus loyale.On se demande à quoi pourrait servir une levée de boucliers pour renverser une décision juste.Car on serait en droit de chercher pour de bon d\u2019où vient l\u2019intolérance.42 AVEC O U SANS LA PAIX PAR LA PRIÈRE COMMENTAIRES ?TRISTES CAS DE TAUDIS ON NE PARLERA jamais trop du problème du logement, une opinion publique vigilante étant indispensable pour amener des solutions adaptées le plus parfaitement possible aux besoins.Voilà pourquoi il importe de faire écho au reportage publié dans le Front Ouvrier du 19 janvier dernier.Le reporter s\u2019en fut visiter, dans un quartier de Montréal, « des logements indignes d\u2019un être humain ».Il y alla sur l\u2019indication de gens scandalisés « de voir des personnes de leur entourage obligées de vivre dans des conditions intolérables ».Premier cas.Famille avec deux enfants en bas âge.Le père, malade, ne travaille pas.Pour logis, un restaurant converti en taudis de trois petites pièces.Il y fait froid; cinq gallons d\u2019huile par jour ne parviennent pas à bien réchauffer le plancher.Le reporter a senti le froid lui gagner les pieds au cours de ses quelques minutes de conversation avec la famille.« Il y a de quoi, lui dit le locataire.Regardez ce qui se passe dans la cave.» Un tuyau crevé y a déjà accumulé six pouces d\u2019eau.Le propriétaire, au courant du fait depuis cinq jours, n\u2019avait pas encore bougé.Pas d\u2019embranchement pour l\u2019eau dans la chambre de toilette, dont le plancher est complètement pourri; le locataire était à le remplacer à ses frais.La chambre occupée par la famille ne laisse pas passer la lumière, la fenêtre ayant été « bouchée complètement avec du carton afin de fermer l\u2019entrée au froid.Par ailleurs, le tuyau qui conduit l\u2019eau au lavabo laisse continuellement l\u2019eau couler sur le plancher ».Le propriétaire exige $65 par mois pour ce logement.Quand les locataires actuels furent expulsés en décembre dernier de la chambre qu\u2019ils occupaient, \u2014 « car dans les chambres on n\u2019accepte plus d\u2019enfants », \u2014 ils ne trouvèrent que ces trois misérables pièces.« Il fallait bien loger nos enfants quelque part; ce taudis, même à $65 par mois, c\u2019est mieux que la rue », déclara la mère.Il est difficile de concevoir qu\u2019on ait l\u2019audace de demander $65 par mois pour un pareil logis.Le reporter ne nous en voudra pas de souligner, contrairement à son opinion, que le cas paraît bien tomber sous la régie provinciale des loyers, même si les anciens locataires ont quitté les lieux.Deuxième cas.Même immeuble.Une famille de huit « vit dans un trois-pièces à raison de $37.50 par mois.Il faut deux fournaises pour chauffer ces trois pièces.La porte et les fenêtres sont tellement pourries qu\u2019il est impossible d\u2019y poser des vitres; on bouche les trous avec des morceaux de carton ».La mère apprend au reporter que le propriétaire n\u2019a fait aucune réparation depuis dix ans.« La cave est remplie d\u2019eau à l\u2019année et nous avons dû condamner une pièce devenue inhabitable.» Troisième cas.Même immeuble, au troisième étage.Loyer de $40 par mois.« L\u2019eau de la toilette coule sans arrêt.Le plafond de chacune des pièces s\u2019est écroulé.Chaque dégel ou chaque pluie est un cauchemar pour la famille parce que l\u2019eau s\u2019infiltre dans chaque pièce par la couverture qui fait eau de toutes parts.» Il paraît difficile d\u2019attribuer au manque d\u2019argent la négligence du propriétaire, une agence d\u2019immeubles.« Tout ce pâté de maisons rapporte de bons dividendes.Selon une information digne de confiance, les neuf familles qui habitent ces taudis paient au propriétaire une somme de plus de $225 par mois, soit près de $3,000 par année.» Quatrième cas.Autre immeuble, même rue.Même propriétaire.Une famille de quatorze personnes \u2014 le plus âgé des douze enfants a dix-huit ans \u2014 « vit dans un trois-pièces qui menace de s\u2019écrouler ».Un écriteau avertit les piétons: Éloignez-vous de ce bâtiment, danger.Les trois étages sont « tous occupés par des familles ».Notre famille de quatorze est à l\u2019étage inférieur.« Les murs sont lézardés, les doubles fenêtres sont inexistantes et les deux fournaises, cela se comprend, consomment quarante-cinq gallons d\u2019huile par semaine.» Cinquième cas.Autre rue.Toujours le même propriétaire.L\u2019immeuble, qui compte quatre logements, « n\u2019a guère meilleure mine et n\u2019est guère plus confortable » que les deux précédents.Dans un quatre-pièces « s\u2019entassent quatorze personnes, dont douze enfants en bas âge.Huit enfants sont obligés de coucher dans la même pièce qui ne compte aucune fenêtre.Le loyer n\u2019est pas élevé, seulement $20 par mois.On endure son sort parce que le salaire ne permet pas un loyer plus élevé et que les familles de quatorze ne sont pas faciles à loger ».* * * Ces cas, d\u2019après le reporter du Front Ouvrier, ne sont pas des exceptions.« Ces quelques faits peuvent être multipliés par cent, par mille, mais ils ne donneraient aucune idée de toutes les souffrances qu\u2019endurent ces familles, car les pires restent cachées: ce sont les souffrances morales avec tout le cortège dégradant qui s\u2019y trouve attaché.» On s\u2019attriste et on s\u2019indigne à la pensée qu\u2019il est possible de multiplier les tristes cas de ce reportage.Le monde aura sans doute toujours ses pauvres et ses misérables, mais la justice sociale ainsi que le grand commandement de la charité exigent que tous les efforts soient tentés pour en réduire le nombre le plus possible.Pour ne pas avancer à l\u2019aveugle dans un problème social aussi important, \u2014 le plus important, puisque la famille est en cause, \u2014 il faudrait qu\u2019une enquête déterminât le nombre exact des taudis, et que cette enquête amenât ensuite, et sans tarder, un plan municipal d\u2019action, appuyé au besoin par le provincial et le fédéral, comme dans le cas bien connu du Regent Park de Toronto.On a déjà trop attendu.N\u2019allons pas blâmer seulement Montréal.Nous entendions parler récemment d\u2019une ville d\u2019une trentaine de mille âmes qui a ses authentiques taudis.Pour elle, comme pour Montréal et pour toutes les villes qui connaissent ces misères, un mot d\u2019ordre s\u2019impose: Faire vite et bien.C\u2019est à la fin de mai qu\u2019aura lieu à Barcelone le 35e Congrès eucharistique international.Dans la France catholique du 4 janvier, M.Jean le Cour Grandmaison insiste, à la suite du Pape, sur la possibilité d\u2019éloigner la guerre par la prière.LA PAIX, un problème avant tout spirituel?Combien, parmi nous, en sont assez convaincus pour attribuer \u2014 par exemple \u2014 plus d\u2019importance à la prière silencieuse qu\u2019à l\u2019interdiction des armes atomiques, au Congrès eucharistique international de Barcelone qu\u2019à une éventuelle rencontre de M.Churchill avec Staline?Quelle exceptionnelle occasion de fléchir le ciel nous offre pourtant le Congrès eucharistique qui, du 25 mai au 1er juin prochain, attirera à Barcelone des représentants de toutes les nations, de toutes les races, de toutes les classes sociales! Le lieu même a sa signification.Par deux fois au cours de notre ère, l\u2019Espagne a arrêté la marche des ennemis du Christ: quel serait notre sort, le sort de l\u2019Europe, si, depuis quinze ans, l\u2019Espagne était un État satellite?Aux yeux de la foi, le congrès de Barcelone sera, sans doute possible, un des pôles autour desquels tournera le destin du monde au cours des prochains mois.Il est temps d\u2019y penser, et de tout faire pour assurer à cette supplication mondiale, à cet hommage de l\u2019humanité prosternée au pied de l\u2019Hostie, une puissance irrésistible; pour en faire un acte de foi assez fort pour écarter les montagnes de la haine, de l\u2019injustice et du mensonge.Cela dépend dans une très large part de chacun de nous.LE LOGEMENT EN FRANCE Même si le problème du logement ne se pose pas exactement de la même façon chez nous qu\u2019en France, il est utile de connaître cette fin d\u2019un article intitulé : « Logement », paru dans Informations sociales (15 décembre 1951), revue des Services sociaux publiée par l\u2019Union nationale des caisses d\u2019allocations familiales./^*E QUE nous demandons: 1° Tout d\u2019abord des crédits.Répétons ce que nous avons déjà dit plus haut: nos parlementaires seront bien inspirés en prévoyant dès à présent les moyens financiers indispensables pour construire, dès 1952, à la cadence de 240,000 logements par an.2° Quelques mesures législatives supplémentaires.Faute de place, nous ne pouvons que mentionner les mesures qui devraient entrer dans le cadre d\u2019une politique cohérente du logement.a)\tLa généralisation de la cotisation interprofessionnelle en faveur du logement.b)\tVote de la loi sur la politique foncière (pour construire, il faut des terrains!).c)\tPromulgation de la loi sur le livret d'épargne logement, d)\tEnfin et surtout, un plan quinquennal comportant toutes les mesures économiques, financières et fiscales permettant de transformer le slogan de 240,000 logements par an en une substantielle réalité, et de soustraire ce plan aux vicissitudes des discussions budgétaires annuelles.Aucune action ne peut être plus favorable à l\u2019établissement d\u2019une paix sociale véritable et à la cohésion morale de notre pays que l\u2019adoption dans l\u2019enthousiasme, tant par l\u2019opinion publique que par le parlement et le gouvernement, de la vaste politique du logement que tous les sans-logis et tous les mal logés (et ils sont de plus en plus nombreux en France) réclament avec une réelle angoisse.RELATIONS FÉVRIER 1952 43 Au fil du mois « Mike » Pearson Puisque l\u2019honorable Lester Bowles Pearson a été choisi, pour la deuxième année consécutive, comme l\u2019homme vedette au Canada, nous espérons que la joie qu\u2019il en a éprouvée lui permettra de prendre en bonne part ce que nous avons à lui dire ici.Après avoir présidé à Rome les séances de l\u2019O.T.A.N.(Pacte Atlantique), M.Lester B.Pearson est allé rendre visite au Saint Père \u2014 juste à la dernière heure.Mais passons.Tous ceux qui connaissent le protocole furent abasourdis de le voir en complet gris.M.Pearson aime d\u2019avoir l\u2019air débonnaire.Il est dégagé, porte la cravate papillon, s\u2019appelle Mike.Mais qui eût pensé un seul instant qu\u2019il se serait présenté à une audience spéciale du Saint Père, en complet gris?.Ministre des Affaires extérieures et chef de notre corps diplomatique, M.Pearson n\u2019ignore pas les strictes exigences du protocole.Il n\u2019est pas passé des hustings de la politique électorale aux salons de la diplomatie.Il fut nourri dans le sérail.Et c\u2019est de notre ambassade à Washington qu\u2019il vint au ministère des Affaires extérieures à Ottawa.« Diplomate canadien », dit le World Biography immédiatement après son nom.Auparavant, le glamour boy de M.King avait vécu plusieurs années à la Maison Canadienne de Londres.C\u2019est là, à quelques pas du Trafalgar Square, \u2014 au cœur même de la capitale impériale qui vit naître la diplomatie en pantalon rayé, où l\u2019on siégeait aux Communes en chapeau haut-de-forme de soie, et à la Cour de justice en perruque classique, \u2014 que M.Pearson apprit la grammaire correcte, subtile, parfois compassée du protocole.Sous le regard attentif de Mme Ferguson et de Mme Vanier, hôtesses de la Maison Canadienne, le jeune Mike, sans effort et sans gêne, recevait au thé selon le rituel le plus exact d\u2019un monde où l\u2019étiquette est un langage souverain.Le jeune secrétaire d\u2019ambassade a rempli depuis une belle carrière.Aux Nations Unies et à la présidence du Pacte Atlantique, nous nous félicitons qu\u2019il ait fait honneur à son pays.Et nous regrettons d\u2019autant plus qu\u2019il se soit permis, au Vatican, de manquer à la bienséance extérieure.Si bon copain soit-il, M.Pearson n\u2019a pas le droit, dans les fonctions officielles, d\u2019agir comme Mike.Il est le ministre des Affaires extérieures du Canada.L.d\u2019A.Budget provincial Le budget québécois dépasse les $260,000,000 pour une population de 4,000,000.En 1871, 1,191,500 âmes jouissaient d\u2019un revenu atteignant à peine $1,632,000.En 80 ans, donc, le revenu s\u2019est multiplié par 160, et la population par 3 K- C\u2019est dire qu'une politique impossible alors nous est permise, nous est imposée.Sans doute l\u2019argent est-il soufflé, mais enfin Québec a les moyens de voir à établir sa jeunesse qui s\u2019éparpille.Et de ne plus répondre: « Pas d\u2019argent » aux colons qui réclament $5,000 ou $10,000 pour le drainage et l\u2019essouchage mécanisé.En 1891, les revenus provinciaux étaient de $3,457,000; en 1901, de $4,563,000; en 1911, de $7,033,000; en 1921, de $15,915,000; en 1931, de $41,631,000; en 1941, de $91,999,000; ça a monté vite.Sans doute qu\u2019il se perd beaucoup d\u2019argent dans les ronces et les pierres du chemin, dans les juteux contrats que grappillent divers oiseaux.A propos de $11,814,000 des fameux $16,000,000 de « la colonisation rationnelle et progressive », on n\u2019est pas satisfait de la comptabilité du ministère qui a tant refusé de secours, faute d\u2019argent.On aimerait entendre M.Beaulieu répondre autre chose que: « C\u2019était pire sous le régime Taschereau.» Alors 44 aussi le bon crédit de la province servait de mauvaise couverture.Mais deux maladies ne font pas une santé.L\u2019on a raison de consacrer beaucoup aux écoles et aux hôpitaux; mais les enfants grandis et les malades guéris, qu\u2019en fera-t-on?mieux que des soldats et des déracinés?Notre insouciance les laissera-t-elle déserter, surpeupler nos villes, ou s\u2019angliciser à Toronto, à Sarnia et jusqu\u2019à Vancouver?Ne ferons-nous pas plus et mieux dans le recrutement pour la conquête du sol?N\u2019organiserons-nous rien pour les réfugiés latins qui voudraient cultiver ici plutôt que dans l\u2019Ontario?.Pour employer une comparaison sportive, nos chefs seront-ils toujours des gardiens de buts, et jamais de bonnes lignes d\u2019avant ?Al.D.Recherche La mode est à la recherche scientifique.De bons agronomes, professeurs à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, ont eu l\u2019heureuse idée d\u2019expérimenter sur les patates aussi loin que Clarke-City, Sept-Iles et Matamik, sur la Côte Nord.Gratifiés par M.Barré d\u2019une somme de $2,500, M.Campagna et des compagnons apportaient dix variétés de tubercules, pour voir ce que pourraient donner trois cent mille acres d\u2019un sable enrichi d\u2019engrais chimiques.Plus tard, on verrait pour les betteraves, le tabac, etc.Ils expérimentent, non sur des parcelles de vingt pipds carrés, mais sur des arpents, que surveille un simple jardinier du cru.Le résultat: trois cent vingt minots à l\u2019arpent, sans arrosage, ni maladies, ni insectes, ni gelées hâtives.Succès complet.On ne le chante pas encore: ces savants procèdent scientifiquement.Ils vont répéter l\u2019affaire et ils se prononceront dans quatre ou cinq ans.Qu\u2019ils nous pardonnent d\u2019en parler tout de suite pour les féliciter et pour leur susciter des imitateurs en d\u2019autres domaines.Pourquoi pas dans la grande culture maraîchère au nord de Montréal, dans nos Laurentides à touristes?La Côte Nord s\u2019éveille bien, mais les Laurentides se traînent les pieds en fait de jardinage.Grâce à l\u2019électrification rurale, Québec devra pourtant secouer les routines et donner des chocs aux engourdis.Al.D.Au Pacifique Certains fanatismes étonnent plus que d\u2019autres.Si l\u2019on comprend qu\u2019une variété de ministres protestants boudent l\u2019idée d\u2019une ambassade chez le Pape, on est surpris de voir des éducateurs de la Colombie britannique, convenablement instruits, se lancer, non seulement contre les écoles bilingues de Maillardville, mais contre toute justice envers les écoles libres.Parlez donc de champions de la liberté! Et cela, un mois après que la princesse Élisabeth a fait écrire à Mme Burnada: « Son Altesse royale regrette infiniment de n\u2019avoir pu donner suite à votre désir de dire (sic) quelques mots en français à Vancouver et Victoria: votre aimable invitation ne lui est parvenue que quelques jours après son séjour à Victoria.» Puisque le Canada est pays bilingue et pays chrétien, pourquoi la Fédération des instituteurs de la Colombie s\u2019oppose-t-elle aux parents qui réclament la liberté d\u2019enseigner Dieu et le français sans être punis d\u2019une double taxe ?On attendrait mieux d\u2019instituteurs ordinairement très forts sur les libertés et censés connaître l\u2019histoire française et chrétienne du Canada, de l\u2019Atlantique au Pacifique.Si la jeunesse de là-bas est livrée à de pareils visionnaires, étroits et têtus, peut-on espérer d\u2019eux autre chose qu\u2019une génération contaminée?La foi en Dieu et la langue des rois sont-elles poison au delà des Rocheuses ?Vraiment, l\u2019union \u2014 ou l\u2019unité \u2014 a du chemin à faire, et ce n\u2019est pas aux Québécois à le faire.Al.D.RELATIONS Ennemis de la La propreté morale de nos cités subit moralité publique ^es assauts continuels de toutes parts.Les ennemis sont légion: libertins et entrepreneurs du vice qui exploitent la boisson et la luxure; personnages officiels qui vendent leur protection et leur silence; bonnes âmes qui se voilent la face et ferment les yeux devant les hideuses réalités et leurs sombres conséquences.Ajoutez le groupe non moins néfaste des partisans de la « liberté » sans contrôle, adversaires de toute censure, de toute mesure policière, spécialement dans le domaine des amusements et des spectacles.Leur œuvre est sournoise; elle ne tend pas moins à saboter les meilleures initiatives de salubrité publique.Un exemple.Récemment, M.Duplessis enjoignait aux tenanciers de cabarets, théâtres et débits de boisson de fermer leurs établissements de bonne heure les veilles de Noël, du Jour de l\u2019An et des Rois.N\u2019importe quel chrétien sérieux devait, semble-t-il, approuver cette mesure bienfaisante et en souhaiter la parfaite observance.Le Devoir, pour sa part, fut heureux de noter que le Jour de l\u2019An, cette année, apparut plus digne, plus familial et plus joyeux.Le nouvelliste de la Gazette, lui, pour tout commentaire, s\u2019apitoie sur le sort des pauvres propriétaires de cafés et d\u2019hôtels, déplore l\u2019aspect dull de la métropole ces soirs-là, le régime d\u2019austérité imposé aux citoyens et aux visiteurs.Autre exemple.Un monsieur George Hillyard Robertson, dans un article de la revue Maclean's (15 janv.1952), en veut à la censure des films.Le titre de l\u2019article dit assez dans quel esprit il est écrit: The Scandal You Take for Granted.L\u2019auteur ne se contente pas de dénoncer les anomalies, trop réelles et pratiquement inévitables, de ce genre de contrôle.On dirait qu\u2019il en veut au principe même de la censure.Voici comment il juge celle de la province de Québec, qui fait une œuvre difficile d\u2019une | manière très discutable, mais sûrement pas par excès de sévérité: Film censorship as practiced in Quebec is one of the most advanced examples of the direction which statecontroiled censorship inevitably takes.The board is composed entirely of Roman Catholics and, although there is nothing written into their code to cover it, all members recognize an automatic submission to the Church in matters of film censorship.In effect this means no film shown in Quebec can contain scenes of direct killings, kissing another man's wife, suicide, or scenes condoning the idea of divorce.Although none of these are specified in the code, the board automatically terms such situations « immoral » and cuts accordingly.The resulting product is in itself sometimes of dubious morality.L\u2019Eglise catholique exercerait sa tyrannie sur les censeurs, ce qui aurait pour effet de bannir les scènes de meurtre, de suicide, d\u2019infidélité conjugale et de divorce! C\u2019est le grand tort de la censure québécoise aux yeux de notre homme.Par leur sournoiserie, les esprits « larges », propagandistes de la licence, comptent parmi les plus dangereux ennemis de l\u2019ordre et de la moralité publique.E.G.Des étudiants Ce titre pourrait s\u2019écrire au féminin aussi.seneux Car je veux souligner le mérite de certains journaux et revues d\u2019étudiants.Docete, journal des élèves de l\u2019Institut pédagogique, entretient une liberté d\u2019expression qui s\u2019allie sans effort avec le goût de la réflexion et chez les élèves actuelles et chez quelques jeunes anciennes.Le Carabin, journal des étudiants de l\u2019Université Laval, a fait de tels progrès dans sa présentation, sa correction typographique et la qualité de ses articles (particulièrement sur le sujet grave de l\u2019intégration de la culture dans une pensée et une vie religieuses souveraines, puis sur cet autre, très important à son niveau: l\u2019autonomie réfléchie dans la conduite de nos affaires canadiennes) qu\u2019il est juste de l\u2019en féliciter.A l\u2019Université de Montréal, c\u2019est par deux revues que se manifeste la ferveur intellectuelle d\u2019un bon groupe d\u2019étudiants.Thémis, revue juridique lancée par des étudiants en droit, publiait son troisième numéro en décembre dernier; Reflets, revue littéraire fondée par les étudiants de la faculté des lettres, faisait, le même mois, sa première apparition.Deux vraies revues, sérieuses et de haute tenue.Toutes deux semblent unir étudiants et professeurs dans une souple collaboration: la première, sur le plan même de leurs intérêts professionnels; la seconde, sur le plan plus large d\u2019un « humanisme intégral ».Reflets consacre son premier numéro à la littérature canadienne-française et nous offre un texte de M.Guy Frégault (« Civilisation et littérature canadienne-française au xvme et au xixe siècle »), qui est dans sa meilleure veine: discret et incisif tout ensemble.Les articles des étudiants Jean Blain sur Saint-Denys Garneau, de Roland Gendreau sur Alain Grandbois, de Maurice Bertrand sur le roman et de Charles Franc sur la critique au Canada français; les notes sur le nationalisme, le théâtre chez nous, puis sur le professorat et la création littéraire; enfin les « recensions et chroniques » composent un numéro substantiel, bien présenté et bien écrit, apportant des idées personnelles (sans conformisme ni outrance), dont on aurait tort de signaler les lacunes avant d\u2019avoir permis à la revue de soutenir et développer ses positions.Il faut souhaiter bon accueil et vitalité à Thémis et à Reflets.Puissent ces revues, chacune dans son domaine, favoriser l\u2019éclosion et le rayonnement d\u2019un climat culturel digne de la Justice et de la Vérité! M.-J.d\u2019A.Pour la Semaine nationale de la Santé (3-9 février) Lire les discours de Sa Sainteté Pie XII qui viennent de paraître dans le fascicule n° 42 des Actes pontificaux : Vie et Santé.LES ÉDITIONS BELLARMIN 8100, boulevard Saint-Laurent Montréal - 14 Nouveautés Les communistes et la formation de la jeunesse (Analyse d'un manuel de base dans les écoles communistes) 20 sous.La résistance de la Chine catholique (Documents sur l\u2019attachement du clergé chinois à Rome, entre autres l\u2019émouvante profession de foi de l\u2019abbé Jean Tong.Statistiques sur les missionnaires canadiens) : 15 sous.INSTITUT SOCIAL POPULAIRE 8100, boulevard Saint-Laurent Montréal -14 FEVRIER 1952 45 SPIRITUALITÉ MYSTERE DE NAZARETH Luigi d'APOLLONIA, S.J.MYSTÈRE de Nazareth.Silence entier, excepté pour cette réplique que ni Marie ni Joseph ne comprirent.Silence sur lequel la curiosité des exégètes n\u2019a pas de prise.Silence étale.Sans rides.Silence de mort, dirions-nous pour un peu, tant le silence fait peur à ce siècle.* On l\u2019appelle l\u2019âge du béton, l\u2019âge de l\u2019acier, l\u2019âge des techniques.On pourrait dire l\u2019âge du papier.On dit aussi les flots, le fleuve, le déluge des imprimés.Le journal de demain paraît ce soir, et, cette semaine, la revue de la semaine prochaine, comme pour boucher d\u2019avance les interstices.Tant et tant de livres à lire qui répètent tant et tant de livres à lire, et les recopient.Multiplication effarante de la parole.Radio.L\u2019homme a réussi à détacher la voix de sa source.A la conserver.A la relancer.Elle assaille la stratosphère, souille la nuit et la solitude de la campagne.D\u2019ailleurs, la campagne s\u2019est vidée.L\u2019homme ne vit plus qu\u2019entassé par millions dans les villes.Foules, maisons de rapport, fièvre.De la rue monte la symphonie mécanique au Progrès, que mesurent les décibels.Et grince la chaîne sans fin des industries, et sifflent les trains, et geignent les freins.Jour et nuit.Tintamarre, mouvement.Toujours plus vite pour ménager plus de temps qu\u2019on emploie à trouver d\u2019autres moyens pour aller plus vite pour ménager plus de temps.Roue de supplice.Voici venir le soir.Cafés.Cinés.Boîtes de nuit.Beuglants.Vie d\u2019affaires, vie de plaisir.Klaxons, néons.Le bruit a atteint ce que les physiologistes appellent le « seuil de la douleur ».O! fuir, s\u2019échapper, se plonger dans la solitude.Ne plus lire, ne plus apprendre, fermer les yeux.Loin du monde, loin des hommes, loin de tout.Et entrer dans le mystère de Nazareth.* La vérité n\u2019est pas dans le bruit des mots.Elle n\u2019est pas avant tout dans les abstractions, les statistiques, les découvertes.« Paille! » disait saint Thomas, même de la Somme.La vérité est d\u2019abord Quelqu\u2019un.Comme toutes les gouttes d\u2019eau crient: Mer! Mer! et tous les rayons: Soleil! Soleil!, chaque vérité crie vers Dieu comme vers sa source, son unité, sa perfection.Nous accumulons les mots parce que l\u2019expression juste nous échappe.Nous possédons mal la pensée.Ratures, reprises, repentirs.Enfin, voici surgir la pureté élémentaire d\u2019une courbe.Que d\u2019années de modèles, d\u2019épures pour donner à la voiture ce galbe, à un vers cette limpidité! Plus rien à retrancher, plus rien à ajouter: perfection de l\u2019art complexe et simple à la fois, riche par l\u2019économie des moyens.Comme l\u2019acte créateur qui ne s\u2019appuie sur rien.Ainsi, plus on s\u2019élève dans l\u2019échelle des êtres, moins on rencontre d\u2019idées, mais plus on rencontre de vérité.Nous multiplions les vérités parce que nous ne possédons pas la Vérité, et les paroles parce que nous ne possédons pas la Parole.Les anges disent moins que les hommes parce qu\u2019ils possèdent plus.Dieu, lui, n\u2019a qu\u2019une Idée.Une seule Parole l\u2019exprime, le Verbe.Et le Père le dit dans le silence éternel 46 et la solitude inénarrable du commencement.« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu.» * Au commencement aussi était l\u2019Amour, et l\u2019Amour était Dieu.L\u2019Amour en Dieu n\u2019est pas un attribut.Il est une personne.Le Père engendre éternellement le Fils, Dieu de Dieu.Le Père aime le Fils, et le Fils le Père.L\u2019Amour n\u2019est pas dans le Père seul; il n\u2019est pas dans le Fils seul.Il est éternellement leur lien, Dieu comme eux, la troisième personne, au nom qui exprime la plénitude et l\u2019épuisement de l\u2019amour.Il est le Baiser, le Souffle, le Saint Esprit.Et le Père, le Fils, le Saint Esprit sont un dans l\u2019unité ineffable de la Trinité.Créé à l\u2019image et à la ressemblance de Dieu, l\u2019homme aussi est amour.Et le silence, non les paroles, est son expression parfaite.« Heureux deux amis qui s\u2019aiment assez pour se taire ensemble.» Côte à côte.Sans un mot.Tant ils se connaissent.Heureux les époux qui ne cherchent plus de raisons pour s\u2019aimer.Pour s\u2019expliquer.Qui pensent assez de même, sentent assez de même pour nourrir leur amour de silence.L\u2019un et l\u2019autre.L\u2019amour véritable rejette les phrases; il se fait chant, litanie, répète le même mot, et se tait complètement dans l\u2019offrande.Le langage populaire reprend alors à la théologie ce que celle-ci lui avait emprunté pour parler de Dieu.S\u2019aimer « à perdre haleine, à perdre le souffle ».Mais personne ici-bas n\u2019a aimé comme les saints.Au terme de leur purification, ils ont joui de l\u2019intimité de Dieu.Au delà de la méditation proprement dite (mais sans la mépriser), ils ont laissé chanter leur cœur, oubliant « pourquoi » et « comment ».Tout simplement parce que c\u2019était Lui.Cherchent-ils à exprimer leur amour, qu\u2019ils usent tous d\u2019un langage étrange où les termes se heurtent et s\u2019opposent et défaillent d\u2019une façon déconcertante.Les mots les plus brûlants sont une cendre morte.Ceux d\u2019entre eux qui prirent la peine de nous enseigner les voies de l\u2019amour divin redisent le même avis.Intellectuels déterminés ou poètes impressionnables, ignorants ou théologiens, hommes ou femmes, ils sont tous d\u2019accord.« Ce n\u2019est pas l\u2019abondance du savoir qui rassasie l\u2019âme, mais de goûter intérieurement », dit saint Ignace qui répète saint Augustin: « Beaucoup prier, c\u2019est presser longtemps.Et le plus souvent, cela se fait plus par des gémissements que par des discours, plus par des larmes que par des paroles.Et celui-là considère nos larmes et entend nos gémissements qui a tout créé par sa parole, et qui n\u2019a pas besoin des paroles humaines.» Notre Seigneur ne nous avait-il pas recommandé de ne pas multiplier les paroles comme les païens?* Mystère de Nazareth.Ni foules, ni discours, ni actions d\u2019éclat.Silence.Pouvait-il en être autrement?Celui qu\u2019ils appelleront le « fils du charpentier » n\u2019est pas un maître entre plusieurs.Il est la Vérité; il est l\u2019Amour.Et c\u2019est au delà des mots, dans l\u2019absence complète de discours, que s\u2019expriment la Vérité et l\u2019Amour, ô hommes actifs et lents à comprendre! RELATIONS LES ECOLES SEPAREES D'ONTARIO - V Albert PLANTE, S.J.A VEC CET ARTICLE, l\u2019exposé sur la législation des écoles séparées augmente en intérêt, puisque la loi Scott de 1863, autour de laquelle va graviter tout notre récit, reste substantiellement la charte des droits des catholiques.Nous disions à la fin de l\u2019article précédent que la désillusion vint tôt assombrir la joie qu\u2019avait apportée la loi Taché de 1855.Trois témoignages vont fournir l\u2019essentiel des objections.LES OBJECTIONS CONTRE LA LOI TACHÉ Le 17 novembre 1855, Mgr de Charbonnel signalait dans une lettre aux prêtres de Renfrew les « principales injustices » de la loi.Retenons-en quatre: les modalités de l\u2019avis annuel exigé des contribuables d\u2019écoles séparées afin de pouvoir être exemptés de l\u2019impôt pour les écoles communes; l\u2019obligation, en certains cas, de payer cet impôt; la non-participation aux fonds scolaires, à l\u2019exception du fonds annuel fourni par la Législature; l\u2019annulation de l\u2019élection des commissaires si l\u2019école n\u2019était pas établie dans les deux mois.En parlant de l\u2019obligation pour les catholiques de soutenir de leur argent les écoles communes, Mgr de Charbonnel se trouvait à faire allusion à l\u2019article 12 de la loi Taché.Cet article, qui déterminait les modalités d\u2019exemption de l\u2019impôt pour les écoles communes, se terminait ainsi: « pourvu toujours que rien dans cet article n\u2019exempte chacune de ces personnes de payer, pour le soutien des écoles communes, ou pour les bibliothèques des écoles communes, ou pour la construction d\u2019une ou de plusieurs écoles, tout impôt qui aura été imposé avant l\u2019établissement de l\u2019école séparée en question ».Tôt après l\u2019adoption du bill, le Mirror, journal catholique de Toronto, avait critiqué cette clause restrictive.En février 1856, le Mirror relevait une autre lacune importante: l\u2019impossibilité pour les catholiques de différents districts scolaires de s\u2019unir pour la fondation d\u2019une école séparée.C\u2019est ainsi que des parents, demeurant dans le canton A et envoyant leurs enfants à une école séparée du canton B, restaient sur le rôle d\u2019évaluation en faveur des écoles communes du canton A.En 1857, John Elmsley, conseiller législatif et secrétaire des commissaires d\u2019écoles séparées de Toronto, détaillait à Ryerson, non sans humour, les embêtements que rencontraient les catholiques dans la fondation d\u2019une école séparée: Sous la loi actuelle, nous sommes contraints de faire le pied de grue chez les maires et chez les présidents des Commissions scolaires; les maires demeurent souvent à des milles et des milles des intéressés; de plus, nous risquons de ne pas les trouver à la maison ou de les trouver de mauvaise humeur; nous avons constaté qu\u2019ils étaient portés à faire attendre leur décision et à formuler toutes sortes d\u2019objections pour ne pas signer le petit document que la loi nous oblige d\u2019envoyer au surintendant général.Chez l\u2019un d\u2019eux, l\u2019encre était gelée, de sorte qu\u2019il ne pouvait signer le document; la personne qui le lui présentait dut attendre un grand dégel (ceci est un fait).Un autre voulait du temps pour réfléchir, vu que la question était très nouvelle pour lui.Un autre désirait consulter son conseiller juridique.Et ainsi nous rencontrons d\u2019innombrables et d\u2019interminables obstacles insignifiants, mais tous suffisamment ennuyeux pour décourager n\u2019importe quelle personne, dépourvue d\u2019une persévérance indomptable, de poursuivre la cause qu\u2019elle avait prise en mains.Les greffiers des municipalités eux aussi nous ont fait passer à travers toute une série d\u2019entrevues difficiles avant de nous donner les certificats d\u2019exemption; les trésoriers et autres fonctionnaires y vont de leur part de désagréments avant d\u2019admettre l\u2019identité de chaque catholique réclamant une exemption; et même alors, dans le cas d\u2019un propriétaire protestant et d\u2019un locataire catholique, ou vice versa, on rencontre une foule d\u2019ennuis qui se soldent la plupart du temps par des pertes pour les écoles séparées.VERS UNE MEILLEURE LÉGISLATION Voyons les différents épisodes législatifs qui vont aboutir à la loi Scott de 1863.Dès la session de 1856, John G.Bowes, maire et député de Toronto, présenta un bill qui modifiait l\u2019article 12 de la loi Taché.Cet article exigeait de tout catholique, pour bénéficier de l\u2019exemption de l\u2019impôt pour les écoles communes, un avis annuel au greffier qui, sur réception de cet avis, devait remettre un certificat.Le bill Bowes simplifiait les démarches: si on lui demandait de payer ses impôts à l\u2019école commune, le catholique devait simplement présenter en double un certificat, émis par les commissaires d\u2019écoles séparées, attestant qu\u2019il les avait payés à celles-ci pour l\u2019année courante; le percepteur devait garder l\u2019un de ces certificats et remettre l\u2019autre, signé.Ce court bill, pourtant inoffensif, déplut grandement à Ryerson.Il écrivait à George Brown, le 31 décembre 1858, que son adoption « aurait impliqué le renversement de tout notre système d\u2019écoles communes », que Bowes n\u2019aurait pas saisi la portée exacte de cette mesure et qu\u2019il l\u2019avait retirée, après une rencontre avec lui.Parlant de l\u2019analyse qu\u2019il avait faite du bill dans son rapport annuel de 1855 (écrit en 1856), le surintendant affirmait qu\u2019il en avait exposé les « dispositions injustes et dangereuses », ainsi que « la campagne d\u2019agression qui s\u2019est poursuivie contre le peuple du Haut-Canada par les défenseurs extrémistes des écoles séparées ».Il ne fut pas question de législation sur les écoles séparées durant la session de 1857.Mais on y avait songé.John Elmsley, dans la lettre mentionnée plus haut, disait à Ryerson: « J\u2019inclus pour examen un projet de loi qui sera peut-être présenté à cette session de la Législature.» FEVRIER 1952 47 Glissons ici une affirmation que Ryerson fit en janvier 1858 et qui l\u2019honore plus que sa colère au sujet du bill Bowes.Tout en soutenant qu\u2019en principe la législation existante était fondée en justice et devait rester intacte, il déclarait qu\u2019on « devait rendre les démarches aussi simples et commodes que possible pour toutes les parties en cause et qu\u2019il fallait, pour cela, les examiner de temps en temps dans un esprit très sincère et très libéral ».En affirmant que la législation scolaire était fondée en justice quand les catholiques étaient loin de jouir de tous leurs droits, Ryerson, nous l\u2019avons déjà noté, prouvait qu\u2019il ne saisissait aucunement le fond du problème des écoles séparées.Mais sa remarque sur la simplification des démarches exigeait un certain courage, car elle se trouvait dans une lettre à George Brown.A l\u2019élection qui venait tout juste d\u2019avoir lieu, Brown et le Globe avaient soulevé le Haut-Canada par une campagne excessivement violente qui demandait la représentation basée sur la population \u2014 le Bas-Canada s\u2019était cependant vu imposer en 1841 l\u2019égalité de représentation avec 200,000 âmes de plus que le Haut-Canada \u2014 et l\u2019abolition des écoles séparées.Le No Popery avait retenti.Trois ministres de la section haut-canadienne du ministère John A.Macdonald-Cartier avaient été battus.La session de 1858 n\u2019entendit pas parler, elle non plus, des écoles séparées.Mais, comme en 1857, ce n\u2019était pas l\u2019intention qui avait manqué.Dans une lettre confidentielle du 30 janvier 1858 à son collègue et ami George Hodgins, Ryerson écrivait de Québec: .Les évêques catholiques (le docteur Charbonnel est ici) « remuent ciel et terre » pour l\u2019adoption à cette session d\u2019un bill sur les écoles séparées.Les documents ci-inclus ont été imprimés et distribués à la plupart des membres de la Législature.Ils sont signés par les évêques catholiques de Toronto, Kingston et Bytown, qui déclarent que la conscience des catholiques ne sera satisfaite que par l\u2019adoption du projet de loi que vous trouverez parmi les documents.Rien ne se passa à la session de 1859.A celle de 1860, R.W.Scott, d\u2019Ottawa, présenta le premier d\u2019une série de bills dont il allait fidèlement saisir la Chambre chaque année jusqu\u2019à la victoire en 1863.Le bill ne dépassa pas la première lecture.Celui de 1861 n\u2019alla pas plus loin.En mars 1862, Ryerson proposa au gouvernement un projet de loi intitulé: An Act to Restore Certain Rights to the Parties Thereinmentioned, in respect to Separate Schools.Ce projet comportait cinq articles.Le premier autorisait l\u2019établissement d\u2019une école séparée dans tout village ou toute ville incorporés, alors que la loi existante ne le permettait que dans les districts d\u2019école publique des municipalités rurales, dans les villages non incorporés et dans tout quartier d\u2019une cité ou d\u2019une ville; le deuxième supprimait pour les commissaires d\u2019écoles séparées l\u2019obligation d\u2019attester sous serment la véracité de leurs rapports; le troisième permettait de réunir deux ou plus de deux arrondissements d\u2019école séparée en un seul arrondissement; le quatrième, simplifiant la déclaration annuelle requise pour l\u2019exemption de la taxe aux écoles communes, stipulait qu\u2019après le premier avis individuel, les avis annuels subséquents relevaient des commissaires; le cinquième article concernait l\u2019inspection des écoles séparées par le département de l\u2019Instruction publique du Haut-Canada.Ce projet de loi, surtout par les articles 1, 3 et 4, corrigeait d\u2019importantes lacunes.Mais il restait insuffisant.Le 22 mars, Mgr E.G.Horan, évêque de Kingston, écrivait à Ryerson qui lui en avait envoyé une copie.Après l\u2019avoir remercié pour sa courtoisie, il lui disait avec franchise: Je crains que les amendements que vous proposez ne soient insuffisants et qu\u2019ils ne suppriment pas les principales difficultés que nous rencontrons dans l\u2019établissement et le maintien de nos écoles.S\u2019il doit y avoir, comme je l\u2019espère, une législation à ce sujet, elle devrait être de nature à régler cette question longtemps débattue, en tenant compte des véritables griefs dont se plaignent les catholiques et en leur accordant ces droits dont le titre est incontestable.Le 7 avril, Scott présenta son troisième bill, que Ryerson appréciait ainsi dans une lettre du 29 avril au journal The Leader : Le bill actuel de M.Scott est très différent du bill modéré et raisonnable qu\u2019il présenta il y a deux ans.Un certain nombre de dispositions sont irréprochables; d\u2019autres sont impraticables et causeront inévitablement des discussions interminables; d\u2019autres sont incompatibles avec les droits des municipalités et des citoyens, et, en conséquence, je crois qu\u2019aucun membre de la Législature ne peut constitutionnellement les accepter.Si on presse l\u2019adoption du bill de M.Scott, j\u2019espère, pour l\u2019honneur et la réputation du Haut-Canada, qu\u2019il sera rejeté par le vote uni des députés haut-canadiens des deux partis.Ryerson ajoutait: Je ne crains pas d\u2019affirmer que je ne le cède pas à M.Scott lui-même pour mon désir de voir la disparition de tout obstacle inutile et le fonctionnement le plus souple possible de la loi des écoles séparées.L\u2019appréciation de Ryerson est vraisemblablement sévère à l\u2019excès.La marche du projet de loi ne pouvait être que laborieuse.Le 29 avril, Scott en proposa la seconde lecture.Un membre du parti de George Brown proposa le renvoi à six mois; treize députés seulement appuyèrent cette proposition, alors que quatre-vingt-treize votaient pour la seconde lecture et la formation d\u2019un comité spécial de la Chambre.Le comité comprenait huit membres, dont Scott et John A.Macdonald.Le premier mai, Ryerson télégraphait à ce dernier: « Bill Scott sur les écoles séparées absolument inadmissible et nuisible.Il doit à tout prix être rejeté.» Une lettre de Macdonald à Ryerson, en date du 3 mai, montre que le chef de la section haut-canadienne du ministère n\u2019avait pas vu le bill avant sa présentation en Chambre, mais que cela ne l\u2019avait pas empêché d\u2019en approuver le principe, à la condition qu\u2019il fût déféré à un comité spécial et rédigé de façon à lui plaire.A son arrivée à Québec, Ryerson trouva rejetés ou amendés par le comité spécial plusieurs des articles auxquels il s\u2019opposait le plus.Mais il obtint d\u2019autres modifications qu\u2019il qualifie d\u2019essentielles.Selon lui, le 48 RELATIONS bill devint ainsi en harmonie avec l\u2019intégrité et l\u2019efficacité du système d\u2019écoles communes, tout en remédiant aux défauts de la loi.L\u2019« édition expurgée» ramenait la législation « aussi près que possible de ce qu\u2019elle était avant la loi sur les écoles séparées catholiques de 1855 ».Pour Ryerson, cette loi, « un des fruits de l\u2019agitation » de Mgr de Charbonnel, avait restreint les droits des catholiques; d\u2019où son propre projet de bill de 1862.Ces affirmations simplifient beaucoup trop le problème, comme en fait foi la lettre de Mgr Horan citée plus haut.Dans une lettre du 2 juin à George Hodgins, Ryerson affirma que les représentants de l\u2019Église catholique avaient accepté le bill tel qu\u2019amendé par lui et accepté par Scott.Il est évidemment impossible de connaître toutes les nuances de cette acceptation, mais on peut affirmer sans crainte qu\u2019elle constituait un compromis.Quelques jours plus tard, Scott retirait son bill.Était-ce à cause de l\u2019incertitude causée par la défaite du ministère Cartier-John A.Macdonald, tombé le 20 mai à propos du bill de milice?Hodgins prétend que l\u2019opposition du député T.R.Ferguson aurait été le principal motif de cette décision.De son côté, Ryerson affirme que les attaques de Scott contre lui en Chambre avaient suscité de fortes réactions.La session de 1863 s\u2019ouvrit le 12 février.Le ministère John Sandfield Macdonald-Sicotte était au pouvoir.Scott présenta son quatrième bill le 27 février, substantiellement le même que celui de 1862 après amendements.Le gouvernement l\u2019endossait et en faisait une mesure ministérielle.A la seconde lecture, le 5 mars, Leonidas Burwell proposa, appuyé par Alexander Mackenzie, le renvoi du bill à six mois.Cette proposition fut battue par un vote de 80 à 22; sur ces 22 voix, 21 étaient du Haut-Canada, et 34 sur les 80.Le bill fut alors déféré à un comité spécial par un vote de 80 à 22.Quand il revint devant la Chambre, deux autres motions, visant à restreindre deux de ses articles, furent rejetées par des votes de 78 à 36 et de 65 à 36.Les deux votes se décomposaient ainsi : pour le premier, 54 du Bas-Canada et 24 du Haut contre 33 du Haut-Canada et 3 du Bas; pour le second, 52 du Bas-Canada et 13 du Haut contre 34 du Haut-Canada et 2 du Bas.Le 12 mars, le bill fut adopté en troisième lecture par un vote de 76 contre 31.Ces trente et un députés étaient tous du Haut-Canada.Vingt et un de leurs confrères haut-canadiens avaient voté en faveur du bill ; parmi ces vingt et un se trouvaient Sandfield Macdonald et John A.Macdonald.Voici en résumé les améliorations que la nouvelle loi apportait à la loi Taché: faculté d\u2019établir des écoles séparées dans un village et une ville incorporés; minimum de cinq personnes, au lieu de dix, pour l\u2019assemblée d\u2019élection des commissaires; validité de l\u2019avis concernant cette élection, même en cas de négligence ou de refus des fonctionnaires de remplir les formalités requises; suppression de la restriction de l\u2019article 7 de la ?loi Taché n\u2019autorisant que dans le cas des cités et villes l\u2019établissement d\u2019une école séparée pour desservir plus d\u2019un district scolaire; permission donnée aux commissaires ou à leur percepteur autorisé de prendre copie de l\u2019évaluation municipale se rapportant aux contribuables d\u2019écoles séparées; assimilation parfaite des commissaires d\u2019écoles séparées et d\u2019écoles communes quant à l\u2019élection, à la durée d\u2019office et aux devoirs; suppression de la répétition des déclarations annuelles individuelles aux fins d\u2019exemption de l\u2019impôt pour les écoles communes, la déclaration initiale devant être suivie de l\u2019envoi annuel de la liste par les commissaires; participation non seulement à l\u2019octroi scolaire annuel de la Législature, mais aussi à toute autre subvention, provinciale ou municipale, en faveur des écoles communes; suppression du serment pour les rapports annuels servant de base à l\u2019octroi scolaire provincial; concession de trois mois de grâce, au lieu de deux, pour l\u2019établissement d\u2019une école séparée, une fois faite l\u2019élection des commissaires.L\u2019article 17 maintenait l\u2019obligation de payer aux écoles communes l\u2019impôt institué avant l\u2019établissement d\u2019une école séparée.Il y avait toutefois du neuf, l\u2019article 18 stipulant qu\u2019un contribuable d\u2019école séparée qui s\u2019en allait à l\u2019école commune restait astreint à la taxe imposée avant son départ.LE PROBLÈME DE LA DOUBLE MAJORITÉ Il importe de commenter, au moins brièvement, un fait que n\u2019a pas manqué de souligner dans son mémoire à la Commission Hope Y Inter-Church Committee, organisme groupant les principales Églises protestantes.Il s\u2019agit de la distribution du vote lors de la troisième lecture du bill Scott: unanimité chez les députés du Bas-Canada, minorité de dix chez ceux du Haut.D\u2019où la conclusion de Y Inter-Church Committee que le Haut-Canada s\u2019est fait imposer la législation sur les écoles séparées.Une majorité hostile de dix voix dans sa propre province, et cela au sujet d\u2019une législation qui la regardait exclusivement, mettait en fait dans une situation embarrassante John Sandfield Macdonald, le chef de la section haut-canadienne du ministère, dont le programme politique comportait la double majorité comme article fondamental.Dès que le vote fut connu, il quitta brusquement la Chambre.Le 16 mars, Ryerson écrivait à Hodgins: « Il semble y avoir du malaise dans les rangs ministériels par suite du vote sur le bill des écoles séparées.» Macdonald menaça les récalcitrants de démissionner et compta, pour leur donner une chance de se reprendre, sur l\u2019adoption d\u2019un amendement par le Conseil législatif, ce qui aurait ramené le bill devant la Chambre et nécessité un nouveau vote.Mais le Conseil ratifia le bill sans amendement.Macdonald en prit son parti.Dans le discours où il repassait, quelques semaines plus tard, les actes de son gouveme- FEVRIER 1952 49 ment, il déclara qu\u2019on le verrait donner sa démission chaque fois qu\u2019une section de l\u2019administration aurait perdu la confiance des députés de cette section, mais qu\u2019il était prêt en temps et lieu à démontrer que le principe de la double majorité ne pouvait s\u2019appliquer au problème des écoles séparées.Il serait fort intéressant de savoir le sens exact de la pensée de Sandfield Macdonald.Était-ce simple habileté de politicien qui passe vite sur un point devenu compromettant?Voulait-il plutôt signifier que, le principe des écoles séparées constituant un droit indiscutable, il était puéril de s\u2019efforcer de le briser en invoquant le principe de la double majorité ?Quel qu\u2019ait été le fond de sa pensée, l\u2019histoire politique de l\u2019Union autorise l\u2019affirmation suivante: il y eut sans doute divergence d\u2019avis sur la nécessité constitutionnelle d\u2019une majorité dans les deux sections, mais malgré cette divergence, peut-être à cause d\u2019elle, il ne fut jamais question de considérer nulle l\u2019adoption d\u2019une loi quand le ministère avait une majorité collective, mais une minorité sectionnelle.Il y a des textes de Baldwin, de John A.Macdonald, de Cartier contre la nécessité de la double majorité.Nous nous contenterons du témoignage d\u2019un homme non engagé dans les luttes politiques.Sir Edmund Head, gouverneur général, écrivait dans un memorandum du 21 mai 1856: « Son Excellence désire faire comprendre \u2022 ¦¦¦\u2014 CORRESP Fédération nationale des Etudiants universitaires canadiens et Union internationale des Etudiants R.P.Joseph-H.Ledit, S.J.Mon révérend Père, Votre étude du mouvement étudiant international et national, paru dans Relations de janvier, déborde de faussetés qu\u2019il importe de rectifier.Quant aux insinuations personnelles à mon égard, qui frôlent la perfidie, je n\u2019ai ni le temps ni l\u2019espace pour y répondre.Je relèverai donc seulement les principales erreurs, à mesure qu\u2019elles se présentent dans votre texte.1.\tIl est injuste de suggérer que l\u2019Union internationale des étudiants ait vu le jour pour simplement remplir les vues communistes.Injuste pour les étudiants occidentaux authentiquement non communistes, qui, dès la fin de la guerre, se réunissaient à Londres dans le but de réorganiser le mouvement étudiant international.C\u2019est oublier les efforts ardents et sincères des Anglais Rust et Jenkins, des Français Trouvât et Bouchât, du Danois Magnussen et de bien d\u2019autres pionniers qui ont participé à la création de l\u2019U.I.E., en y apportant leurs croyances et leurs principes.Que leurs confrères communistes aient réussi, par la force de leurs propres stratagèmes et la faiblesse de bien des Occidentaux, à faire prévaloir leur idéal inacceptable, c\u2019est là un fait déjà historique que j\u2019admets d\u2019emblée.Il est cependant reconnu qu\u2019une adhésion précoce du Canada, des Etats-Unis et des pays d\u2019Amérique latine et une plus grande cohésion des Européens de l\u2019Ouest auraient peut-être pu contrebalancer l\u2019élément communiste au sein de l\u2019U.I.E.au Conseil tout entier qu\u2019à ses yeux le simple fait d\u2019un vote hostile donné par une section de la province, que ce soit le Haut ou le Bas-Canada, ne constitue aucunement une raison constitutionnelle pour la démission d\u2019un ministère.Ce à quoi Son Excellence s\u2019attache, c\u2019est à la confiance ou au défaut de confiance dans un gouvernement de l\u2019Assemblée législative prise comme un tout, représentant le peuple de la province unie du Canada.» Ceux qui défendaient la thèse de la non-nécessité constitutionnelle de la double majorité comptaient évidemment que les députés d\u2019une section auraient suffisamment le sens de la justice et de l\u2019équité pour ne pas imposer à l\u2019autre une mauvaise mesure.Mais la loi Scott ne constituait pas une mauvaise mesure.En votant pour elle, les vingt et un députés du Haut-Canada et les cinquante-six du Bas, tout en posant un geste qui les honorait, accordaient tout simplement aux catholiques la jouissance de droits certains.Et c\u2019est précisément parce que le principe des écoles séparées a toute la force infrangible d\u2019une exigence du droit naturel qu\u2019il est permis de ne pas attacher d\u2019importance au fait que la loi Scott a été adoptée sans une majorité chez les députés du Haut-Canada.Un sixième et dernier article nous conduira à 1952.ONDANCE 2.\tA propos de la citation du Service d\u2019information de la F.M.J.D.(2 mars 1950), vous demandez: « Qui donc renseignait les camarades de façon si extraordinaire ?» Rassurez-vous, ce n\u2019est pas un « camarade » canadien, mais la direction des journaux universitaires qui jugent encore bon d\u2019échanger leur matériel avec des confrères, si « rouges » soient-ils.C\u2019est pour obéir à la volonté de la majorité des étudiants du Canada (environ 35,000 sur 50,000) que la F.N.E.U.C.décida d\u2019envoyer au congrès d\u2019août 1950, à Prague, deux observateurs, dont la mission fut appréciée par un vote de félicitations de la part des délégués à la conférence annuelle de la F.N.E.U.C.à Laval, en septembre 1950, lors de la présentation du rapport Turner-Lazure.3.\tParlant du sanatorium de Trebotov, fondé et dirigé par l\u2019U.I.E., vous vous demandez: « S\u2019agissait-il d\u2019authentiques malades?» Tout de même! J\u2019ai vu le sanatorium et ses patients: c\u2019est vrai que la plupart venaient de pays communistes; mais le bacille de Koch ne connaît pas de distinction idéologique ou géographique.Au Canada, on ne trouve pas de sanatoria pour étudiants, et j\u2019en conclus que c\u2019est au moins un point sur lequel l\u2019action de l\u2019U.I.E.peut nous inspirer.4.\tA mon sujet, vous dites: « .et il juge que l\u2019U.I.E.dévia dans un sens politique parce que les universitaires d\u2019Occident n\u2019en firent pas partie ».Ce que j\u2019y écrivais est en fait assez différent: « Il est probable que ces abstentions (celles des Occidentaux) aient été un facteur aidant à la déviation politique de l\u2019U.I.E.» « Il (Lazure) est avare de renseignements sur ce qui a été voté », pensez-vous.Si vous étiez allé aux sources offi- 50 RELATIONS cielles vous n\u2019auriez pas écrit cette calomnie.Vous auriez pu lire un rapport détaillé de vingt-cinq pages exposant les faits survenus au congrès de Prague, rapport présenté publiquement à Laval (sept.1950) et distribué à tous les représentants étudiants du pays.La conclusion de ces notes indiquait nettement la position prise à Prague quand nous écrivions: « Quoi qu\u2019il en soit, le Canada s\u2019est solidarisé avec les quinze pays occidentaux présents au congrès pour pré* senter un document en treize points, exprimant clairement nos reproches et nos réclamations à l\u2019U.I.E.Les relations entre la F.N.E.U.C.et l\u2019U.I.E.seront réduites à une attitude d\u2019observation de notre part tant que, par ses actions, l\u2019U.I.E.n\u2019aura pas manifesté le désir de rectifier sa ligne de conduite, pour devenir une union à caractère réellement international, animée de la seule volonté de servir et défendre les intérêts de la communauté étudiante.» Si vous aviez cité ces passages, vous n\u2019auriez pas laissé à vos lecteurs l\u2019impression que le bon élève des Jésuites avait fait preuve de naïveté et de lâcheté à ce congrès.Et on aurait vu que je pouvais donner autre chose que « des impressions personnelles ».5.\tQuant aux huit paragraphes concernant le programme de l\u2019U.I.E., qui se résument à demander pour les étudiants, de quelque pays qu\u2019ils soient, un plus grand nombre de bourses, des services de santé plus adéquats, des instruments d\u2019étude gratuits, une plus grande sécurité d\u2019emploi et une participation étudiante accrue à l\u2019administration universitaire, je ne vois pas en quoi ces réclamations peuvent porter à risée.Au contraire, je connais un grand nombre d\u2019étudiants canadiens qui verraient d\u2019un bon œil leur réalisation; et puis, des mesures de ce genre sont plus efficaces contre le danger communiste que bien des discours ou des sermons.Les pays d\u2019Europe occidentale ont depuis longtemps acquiescé à ces demandes.Ne voit-on pas à l\u2019Université de Copenhague siéger des représentants étudiants au sein de la Commission des études ?Puis, comme pour réfuter, vous dites: « Un certain nombre de ces mesures ont déjà été réalisées dans nos pays.» D\u2019accord, et tant mieux! Mais il existe des milliers d\u2019étudiants aux Indes, en Chine, au Japon et en Afrique, dont les facilités d\u2019éducation sont encore au stade primitif: pourquoi ne pas les réclamer avec eux?L\u2019enseignement de nos missionnaires leur suffirait-il?Pouvons-nous sincèrement blâmer l\u2019U.I.E.de réclamer l\u2019émancipation des jeunes coloniaux ?6.\t« Fidèle à son idéal international, M.Denis Lazure laissa sa médecine et partit pour Stockholm.» Idéal international, sûrement.Pourquoi pas ?Voudrait-on que les étudiants se fissent représenter à ces réunions par leurs professeurs ou leur aumônier?Oui, j\u2019ai laissé la médecine pour exactement dix jours (du 13 au 23 décembre), et le doyen ne m\u2019a pas puni.Il n\u2019y a plus de discipline dans nos universités catholiques! 7.\t« On n\u2019arrive pas, dites-vous, à se faire une idée absolument claire de ce qui se passa.» Pourtant, un rapport (15 pages) détaillé de la conférence de Stockholm a été dûment rédigé et transmis à tous les conseils étudiants en janvier 1951.8.\t« A moins que l\u2019on n\u2019ait une vocation de martyr, il nous a toujours semblé que jouer avec le communisme était une folie qui frisait la trahison.» D\u2019abord, travailler aux activités étudiantes internationales, même si on s\u2019expose à rencontrer des étudiants communistes, ne veut pas dire « jouer avec le communisme ».On ne saurait jouer avec le communisme: vous avez raison, Père (enfin!), le communisme est une chose trop sérieuse.FÉVRIER 1952 Il faudrait sommer nos gouvernants de discontinuer la fraternisation Pearson-Vichinsky, abolir l\u2019arène aux martyrs qu\u2019est l\u2019O.N.U., ou bien mettre à la porte les communistes qui ne veulent pas penser comme nous.Là, ce serait bien: on aurait le temps de revenir aux vieilles chicanes de famille qui dorment sous la cendre.Ou plutôt, finissons-en donc: réinstallons MacArthur, serrons les rangs derrière ce brandis-seur du flambeau de la chrétienté libre (au milieu d\u2019esclaves noirs du Tennessee) et allons vite répéter sur ces Chinois rouges les « grandes » expériences d\u2019Hiroshima et de Nagasaki.Mais voilà, il y a_des embêtements à cette guerre sainte et.ils viennent de l\u2019Église même.Alors on ne peut ni jouer avec le communisme, ni le traiter cavalièrement.Que faire, Père Ledit?Nous attendons vos directives.9.\t« Mais que diable l\u2019Équateur, le Mexique et Israël vont-ils faire dans cette galère (l\u2019U.I.E.) ?» Un peu la même chose que les étudiants (par leur organisme national officiel) des pays suivants: Bolivie, Brésil, Colombie, Écosse, Égypte, Finlande, Grande-Bretagne, Guatémala, Indes, Indonésie, Liban, Panama et Union Sud-Africaine.Ils ne sont pourtant pas communistes, ces gens-là (quelques-uns sont même venus à la messe avec moi à Varsovie).Ce qu\u2019ils font « dans cette galère » ?Ils s\u2019entêtent à ne pas vouloir se retirer de la seule organisation internationale étudiante.Pourquoi ?Pour tenter de sauvegarder le principe de l\u2019unité étudiante.10.\tSur l\u2019échange avec les étudiants soviétiques, la vérité, c\u2019est que je proposai moi-même, à Varsovie, cet échange, conformément à la politique de la F.N.E.U.C.qui permettait à ce moment-là (août 1951) des contacts avec étudiants membres de l\u2019U.I.E.sur le plan pratique.Chose que les Occidentaux ne cessaient de réclamer.« Cet échange nous semble insensé, tant qu\u2019il reposera sur une base essentiellement malhonnête », dites-vous.Qui nous donnera le certificat d\u2019honnêteté des étudiants soviétiques?Ne confondons pas malhonnêteté et divergence de croyances, même si elles sont diamétralement opposées.« Rompus à la technique de la chicane, il ne leur faudra pas une semaine pour s\u2019emparer des institutions que les étudiants honnêtes ont fondées et gouvernent avec des principes différents.» Vous me décevez, mon Père.Il y a longtemps que les communistes ont abandonné la violence et la précipitation, auprès des étudiants, et procèdent plutôt par persuasion: c\u2019est tellement plus solide quand ça réussit! Et puis, ces « principes différents » qui céderaient au bout d\u2019une semaine, 11\tserait temps alors de douter de leur valeur ou de la méthode avec laquelle on les a inculqués.Non, décidément, Père Ledit, la crainte des communistes n\u2019est pas une vertu.Il est vrai que les convictions de vie chrétienne et l\u2019attachement au mode de vie démocratique ne sont pas enracinés à des profondeurs impénétrables chez l\u2019étudiant.Ce contact avec des étudiants authentiquement communistes ne serait-il pas précisément un stimulant bienfaiteur, un antidote à notre apathie?« Qui leur enverrons-nous ?» demandez-vous.Il serait vraiment déplorable que, parmi les 50,000 étudiants du pays, on ne puisse trouver 20 âmes fortes.Et si les élèves des Jésuites sont trop exposés à la « naïveté », qu\u2019on les retienne ici.« Le Congrès refusa d\u2019approuver l\u2019initiative de M.Lazure au sujet de l\u2019échange d\u2019étudiants.» Malheureusement vrai: par un vote de 12 à 6.Cependant la question a fait son chemin, et les conseils étudiants du pays ont soumis le litige soit au vote populaire étudiant, soit au vote de leur conseil.Actuellement, sur 16 qui ont rendu publique leur décision, 12\tse sont prononcés en faveur: Colombie britannique, Alberta, Manitoba, Toronto, Western, Loyola, Bishop, 51 McDonald, Sir George Williams, McGill, Montréal, Dal-housie; et 4 s\u2019y sont opposés: Laval, Saskatchewan, Acadia et McMaster.La réflexion et une discussion plus prolongée ont donc radicalement renversé la décision regrettable de septembre.11.\t« M.Lazure proposa que l\u2019on entrât dans l\u2019U.I.E.» Inexact, et je vous renvoie, Père, aux minutes de la conférence de London.Ce que je proposai, \u2014 qui fut d\u2019ailleurs accepté d\u2019emblée par les délégués, \u2014 c\u2019était la participation de la F.N.E.U.C.à une réunion conjointe de l\u2019exécutif de l\u2019U.I.E.avec les unions occidentales non satisfaites de la politique actuelle de l\u2019U.I.E.Cela, dans le but de tenter une autre fois de trouver quelques points d\u2019entente avec l\u2019U.I.E.: il n\u2019était pas question d\u2019affiliation, et nous répétons encore aujourd\u2019hui, comme nous le faisons depuis septembre 1950, que la F.N.E.U.C.ne doit pas adhérer à l\u2019U.I.E.tant que l\u2019U.I.E.n\u2019aura pas montré des signes importants de réforme.12.\tVous concluez, faisant allusion au travail de l\u2019U.I.E.: « Il s\u2019agit là de révolutionner notre vie universitaire, prise dans son ensemble.A côté d\u2019un tel bouleversement, les conclusions du rapport Massey ne sont qu\u2019un jeu d\u2019enfant.» C\u2019est juste, et nous en sommes conscient.Il faut plus que quelques milliers de bourses pour donner à la classe étudiante la place qui lui convient dans la société canadienne.La démocratisation de l\u2019éducation telle que pratiquée par le régime communiste, nous la rejetons parce qu\u2019elle fausse certains principes auxquels nous croyons.Mais ne pourrions-nous pas y travailler par nos propres moyens ?Les Européens l\u2019ont accomplie à un degré appréciable; mais il leur a fallu lutter.Et ici personne ne lutterait, personne ne refuserait d\u2019avoir à verser $1,500 pour une année d\u2019université, personne ne protesterait contre le manque de facilités en fait de logement et de distractions intellectuelles et sportives au sein de son université ?Il n\u2019y a pas de conscience étudiante au Canada et rien, actuellement, ne favorise son éclosion.Triste perspective si l\u2019on considère que de ce groupement doivent surgir les dirigeants, l\u2019élite du pays.Un brin de révolution ne serait peut-être pas inutile pour secouer cette masse amorphe.* Voilà donc exactement l\u2019orientation de la F.N.E.U.C., surtout du point de vue international.Point de vue qui semble vous intéresser d\u2019abord et auquel j\u2019ai moi-même consacré bien de l\u2019énergie et du temps, depuis deux ans.Toujours, cependant, avec le désir sincère de verser mon humble contribution au service de la cause étudiante, canadienne d\u2019abord, et mondiale ensuite.Sur les deux plans, il s\u2019est présenté plus d\u2019échecs que de succès, mais constamment j\u2019ai gardé espoir.Car il me semble que le défaitisme \u2014 que vous prônez \u2014 n\u2019a jamais rien accompli.En cette période tragique de l\u2019histoire, l\u2019effort sincère, ardu et constant a encore sa place, même lorsque le but poursuivi s\u2019avère quasi inaccessible, que ce but soit la solidarité internationale ou la paix mondiale.Denis Lazure.Montréal, 21 janvier 1952.La direction, en publiant ces communications, n'en approuve pas nécessairement la teneur.Elle veut seulement présenter à ses lecteurs des points de vue intéressants, motivés, originaux.Seules les lettres signées sont prises en considération.LES LIVRES ECRITURE SAINTE Abbé G.Remy: De la création à Page atomique.Autour delà Bible.\u2014 Paris, Bonne Presse, 1950.212 pp., 19 cm.T\u2019ANCIEN TESTAMENT s\u2019ouvre sur l\u2019histoire des ori-gines: de l\u2019univers et de l\u2019homme.Origine du mal aussi et de l\u2019espérance messianique.Origine encore des cultures humaines.Et ces premiers chapitres ont toujours exercé la sagacité des exégètes.Rédigés dans un « genre littéraire » étranger à notre mentalité d\u2019Occidentaux, ils ont souvent été méprisés par les non-croyants, mal lus, hélas! par les croyants.L\u2019abbé Remy cherche à calmer les doutes des étudiants qui prennent contact avec la science de l\u2019univers, à les éclairer sur les véritables exigences de leur foi.Il chante d\u2019abord le poème de la création d\u2019après les découvertes les plus récentes de la science, et présente une courte mais valide réfutation de l\u2019astrologie.Puis il reprend avec intelligence, du point de vue scripturaire, les vieux problèmes: origine de toute vie, transformisme, origine de la femme, la tentation, la chute.Ensuite viennent des réponses claires aux objections les plus courantes faites à_ l\u2019historicité du reste de l\u2019Ancien Testament: déluge, plaies d\u2019Égypte, Josué et le soleil, etc.Enfin, l\u2019A.montre en Jésus-Christ le couronnement de l\u2019Ancien Testament et ce que doivent signifier pour le chrétien le progrès scientifique et moral, la souffrance et l\u2019amour.En appendice, quelques conseils judicieux sur la lecture de la Bible.Voilà donc un petit volume bien rempli et que nous recommandons à quiconque a dépassé l\u2019école primaire; nous le conseillons fortement aussi à tous ceux et celles qui enseignent le catéchisme et l\u2019histoire sainte aux enfants, pour que ceux-ci, devenus adultes, n\u2019aient pas l\u2019impression, comme la chose se produit parfois, d\u2019avoir à brûler ce qu\u2019on leur proposait naguère d'adorer.L'Immaculée-Conception,\tAchille Brunet.Montréal.G.POUGET, J.GuiTTON: Le Cantique des cantiques.Collection « Etudes bibliques ».\u2014 Paris, J.Gabalda, 1948.187 pp., 19 cm.TE CANTIQUE comprend dans la Vulgate huit chapitres.-L' Des Écritures, c\u2019est le texte dont le plan, la nature et le sens général sont peut-être le plus mystérieux.Le lecteur profane éprouve même un malaise devant cette rhapsodie d\u2019amour, inspirée cependant par Dieu lui-même.On soutient ici que le Cantique est un drame où se joue une action véritable entre trois personnages principaux, Salomon, la Sulamite, le Berger.Ce drame comporterait un sens littéral pur et bienfaisant, qui tendrait à prouver la supériorité de l\u2019amour sur la passion et fonderait la monogamie indissoluble, en supprimant la première tolérance de la polygamie et du divorce et en rattachant l\u2019amour conjugal à l\u2019amour divin.Rien ne s\u2019oppose, en même temps, à une interprétation mystique.L\u2019exégèse qui fait du Cantique un drame plutôt qu\u2019une collection d\u2019éphithalames \u2014 comme les Psaumes sont une collection de chants, le livre des Proverbes, une collection de sentences \u2014 paraîtra aux lecteurs profanes très séduisante, voire solide.Elle est toutefois très combattue par les exégètes de carrière: une objection de premier plan: la littérature d\u2019Israël ignore le genre littéraire dramatique.Quant à la revendication d\u2019un plaidoyer pour l\u2019amour personnel, monogame, éternel, elle n\u2019a pas l\u2019heur de rallier tous les suffrages.Les études les plus récentes (l\u2019ouvrage de Guitton est une réédition d\u2019un livre publié en 1934) donnent au Cantique un sens eschatologique.L\u2019attente de l\u2019avènement du royaume de Dieu le colore tout entier.Le laïc qui lira cet ouvrage pourra constater à quelles difficultés doit faire face la science scripturaire, je ne dis pas pour établir le sens d\u2019un texte, mais seulement pour en déterminer le genre littéraire.Luigi d\u2019Apollonia.RELATIONS 52 MORALE CHRETIENNE Chanoine Jacques LECLERCQ: L'Enseignement de la morale chrétienne.\u2014 Paris, Éditions du Vitrail, 1950, 346 pp., 22.5 cm.\u2014 Jacques Maritain: Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie morale.\u2014 Paris, Pierre Té-qui, 1951.195 pp., 22.5 cm.I\u2019ÉTUDE de ces deux ouvrages permet de comprendre la crise de croissance que traverse l\u2019enseignement de la morale chrétienne et de percevoir le sens de la solution que cette crise appelle.Malgré la pénétration de plusieurs de ses analyses, l\u2019ouvrage du chan.Leclercq demeure insatisfaisant.« C\u2019est en morale, écrivait le R.P.Sertillanges à la fin de sa vie, que le catholicisme est le plus faible, et aussi, proportionnellement parlant, notre élite enseignante elle-même.» Cela, le chan.Leclercq le montre bien.Rappelant le besoin de lumière en tous les domaines de la pensée et de l\u2019action, il insiste sur l\u2019importance, en morale comme ailleurs, de dépasser le conceptualisme qui a marqué l\u2019élaboration de la pensée depuis quatre siècles.Une morale d\u2019esprit conceptualiste minimise le rôle de la prudence et la transcendance de l\u2019agir chrétien sous la motion de la grâce; elle conçoit toute obligation comme onéreuse, en donne le souci et cherche à en réduire le fardeau.Mais, au lieu d\u2019orienter le lecteur vers la solution du problème posé, l\u2019A.l\u2019accable sous la masse de données positives; on a même l\u2019impression que, pour résoudre le problème, il se contenterait ensuite de synthétiser ces données en un savoir assez semblable à celui des sciences positives actuelles, à l\u2019intérieur duquel l\u2019homme étouffe faute de lumière.A la tournure d\u2019esprit conceptualiste, qui tend à déduire de la cohérence des principes les exigences de l\u2019action, il faut substituer un esprit intellectualiste, pleinement tourné vers le réel, d\u2019une part et, d\u2019autre part, aspirant à le comprendre.C\u2019est dans cet esprit qu\u2019a été conçu l\u2019ouvrage de M.Maritain, dont voici, croyons-nous, les deux apports les plus précieux.D\u2019abord, il distingue clairement l\u2019ordre des valeurs et l\u2019ordre des finalités.Le premier, qui dit le bien à faire et donc le mal à éviter, ne dit rien des fins à poursuivre par les valeurs; cet ordre existentiel des fins est pour l\u2019homme un ordre ouvert et indéterminé.Il n\u2019existe aucune fin dernière à obtenir qui s\u2019impose à la poursuite de l\u2019homme dans l\u2019ordre naturel.Ainsi est-il ouvert à l\u2019ordre surnaturel qui lui en assignera une et qui orientera tout l\u2019usage des valeurs.Maritain montre, de plus, que ces valeurs sont en l\u2019homme non à l\u2019état de connaissance conceptuelle, dans des prémisses dont il s\u2019agirait de déduire la loi naturelle, mais bien à l\u2019état de tendance que l\u2019homme épanouira en jugeant de leur sens à mesure qu\u2019il les réalise.Ainsi cette éthique des valeurs est-elle toute centrée sur le réel, son observation et son intelligence tâtonnante et toujours approfondie; et en même temps ouverte aux énigmes du sens de l\u2019existence de l\u2019homme et aux problèmes de dépassement que le réel historique lui présente.« La suprême mesure » de l\u2019ordre moral existant « n\u2019est pas, comme pour l\u2019ordre universel, le bien commun immanent de l\u2019univers et le plein déploiement ontologique des richesses de la création; c\u2019est la conformité avec la raison et la sagesse éternelles et l\u2019obtention d\u2019une fin suprême éternelle, dans une relation de personne à personne.Cette relation entre l\u2019agent libre et la personne divine transcende tout l\u2019univers de la nature » (p.68), et seul le christianisme en assure la réalisation et la justification.On comprend alors que l\u2019essence de la moralité ne soit pas la parfaite spontanéité du vouloir, la parfaite affirmation de l\u2019indépendance personnelle, comme la mentalité moderne tend à le proposer.« Toute cette vitalité de la subjectivité, et ces degrés de profondeur de l\u2019acte libre, cette intégration plus ou moins parfaite de l\u2019acte libre à la personnalité tout entière, cela a une importance capitale, mais comme la matière de la moralité.La liberté est la matière propre de la moralité, parce que seuls les actes libres sont capables de régulation morale; de même que la matière travaillée par le sculpteur est seule capable de régulation artistique.Que cette matière soit du beurre ou du marbre, cela importe à l\u2019œuvre.Mais dans le cas de l\u2019œuvre d\u2019art comme dans celui de l\u2019acte libre, c\u2019est la raison qui donne la mesure et la forme.Au point de vue formel, ce qui constitue la moralité de l\u2019acte, c\u2019est la conformité à la raison » (p.137), à la raison qui comprend tout le réel \u2014 et le dessein que le Seigneur y poursuit \u2014 et ouvre le cœur à l\u2019aimer.Collège Jean-de-Brébeuf, Montréal.\tPaul Vanier.FEVRIER 1952 Semaine des Intellectuels cathçliques: Espoir humain et Espérance chrétienne.\u2014 Paris, Éditions de Flore, Pierre Horay, 1951.329 pp., 19 cm./'\"''HAQUE ANNÉE, depuis 1948, on a pu lire les travaux v-' présentés à la Semaine des Intellectuels catholiques de France.Le dernier recueil n\u2019est pas inférieur aux précédents.Les extraits déjà commentés (Relations, décembre 1951, p.336; janvier 1952, p.14) illustrent la profondeur de pensée et la sympathie humaine avec lesquelles les catholiques de France, qui savent d\u2019ailleurs s\u2019attacher les meilleurs collaborateurs des pays voisins, abordent les problèmes essentiels du monde contemporain.Le thème de l\u2019an dernier ne pouvait être ni plus actuel ni plus « éternel » à la fois: comment concevoir et vivre l\u2019espérance chrétienne, toute tendue vers les biens surnaturels et le bonheur de l\u2019au-delà, dans un monde affamé, haineux, où tous \u2014 individus, familles et nations \u2014 paraissent obsédés par le souci de vivre d\u2019abord physiquement et, pour cela, de défendre leur petit jardin et leur façon propre de le cultiver ?Philosophie, sociologie, sciences positives, histoire, littérature et théologie se donnent ici la main pour tenter de mieux comprendre l\u2019homme de toujours et ceux d\u2019aujourd\u2019hui, afin d\u2019éclairer la voie du présent et de l\u2019avenir, en tenant compte des aspirations et des besoins, des vertus et des fautes de l\u2019humanité.On s\u2019arrêtera \u2014 entre autres, car il n\u2019y a pas de travaux médiocres \u2014 aux textes philosophiques et théologiques des PP.Daniélou, Congar et Ducatillon; aux considérations sociologiques du P.Braun et de l\u2019abbé Depierre; au plaidoyer vibrant du chanoine Leclercq pour une action forte jusqu\u2019à l\u2019héroïsme; aux arguments sérieux et serrés du P.Fessard en faveur de la paix; enfin aux études historique, juridique et humaniste de Daniel-Rops et des professeurs Rivero et Salleron.On regrette de ne pas trouver la leçon préparée par M.Folliet; il n\u2019eut pas le temps de la prononcer; mais les Études l\u2019ont publiée dans leur numéro de septembre 1951 : les catholiques engagés dans l\u2019action se feront un devoir de la méditer.Marie-Joseph d\u2019Anjou.SPIRITUALITE Les Jours du Seigneur.Vol.II: Printemps.Vol.III: Été, Automne.\u2014 Paris, Editions du Témoignage chrétien, 1950.359 pp., 443 pp., 17.5 cm.Prix: 350 fr., franco: 380 fr.EN DÉCEMBRE 1950 (p.369), Relations a présenté le premier volume des Jours du Seigneur.Voici les deux autres qui complètent cette sorte d\u2019Année liturgique ou, comme on l\u2019appelle, ce « bréviaire des laïcs ».Recueil de textes fermes, \u2014 anciens et modernes, \u2014 capables d\u2019aider notre recueillement liturgique.Le dernier volume contient un index et des tables récapitulatives permettant de retrouver, dans les trois volumes: les commentaires de l\u2019Écriture, les textes d\u2019un même auteur, les grands thèmes de la vie chrétienne.A la fin, le lecteur est prié de collaborer, lui aussi, au perfectionnement des éditions ultérieures.Moins de trois mois après sa publication, il a fallu rééditer le premier volume, et les deux autres marquent déjà un progrès sur le premier.Pour tous?Pour vous, surtout, banlieusard inconnu qui, l\u2019autre matin, dans l\u2019autobus, lisiez et annotiez un ouvrage de Dom Marmion.Paul Bélanger.Maison Bellarmin.ORIENTATION J.-I.d\u2019Orsonnens, S.J.: Choosing your career.\u2014 New-York, The Paulist Press, 1951.28 pp., 15 cm.C\u2019EST le nouveau titre que les Pères Paulistes viennent de donner à la traduction de la brochure publiée en 1918 par le P.d\u2019Orsonnens sous le titre de Notes pratiques sur le choix d\u2019un état de vie.Il y a, en français et en anglais, un texte pour les garçons et un autre pour les jeunes filles (Œuvre des tracts, Éditions Bellarmin; The Campion Book Shop, 2002, rue Peel, Montréal).Le R.P.Magan, S.J., qui s\u2019occupe spécialement des vocations aux États-Unis, écrivait récemment à l\u2019A.: I honestly think the booklet is the best thing in English on vocations.Marcel Beaudoin.Maison Provinciale, Montréal.53 Vocation chrétienne et mission du laïcat PAUL VANIER, S.J.Elégante brochure de 48 pages, réunissant les trois articles publiés dans Relations en mai, août et septembre 1951.Collection Relations, n° 1.Un lecteur nous écrit : « Je retrouve dans les articles du P.Vanier des éclaircissements lumineux.» MONTREAL fi Les Editions Beilarmin \u2014\t8100, boulevard Saint-Laurent Granger Frères\t\u2014\t54 ouest, rue Notre-Dame Fides\t\u2014\t25 est, rue Saint-Jacques QUEBEC Librairie Garneau Librairie de l\u2019Action catholique L\u2019Institut littéraire Librairie universelle Abonnements pour tous Le Centre catholique de l\u2019Université d\u2019Ottawa Desmarais & Robitaille \u2014\t47, rue Buade \u2014\tPlace Jean-Talon \u2014\t35, rue de la Couronne \u2014\t6, chemin Sainte-Foy \u2014-\t77, rue d\u2019Aiguillon OTTAWA \u2014\t1, rue Stewart \u2014\t1 80, rue Rideau PRIX: $0.25 Voulez-vous\t9 une machine à écrire portative\t\u2022 «ROYAL»\t Modèle Janvier 1952\t .la meilleure machine à écrire au monde\t \t \t \u201c J^elat ion A \u201d\t en offre une gratuitement à la personne\t qui apportera le plus grand nombre\t de nouveaux abonnements\t d'ici à Pâques.\t Simone Patris: Jeunes filles au carrefour.\u2014 Paris, Caster-man, 1951.217 pp., 19.5 cm.ON SE REND COMPTE de plus en plus que l\u2019avenir d\u2019une jeune fille ne se règle pas tout seul.Il ne suffit pas de dire qu\u2019elle va se marier ou entrer au couvent.Qu\u2019est-ce que le mariage exige en retour des promesses qu\u2019il semble faire ?A quelles conditions est-il raisonnable ou exaltant pour une jeune fille de se consacrer à Dieu ?Et alors, quelle forme particulière prendra cette consécration ?Car il y a le sacrifice traditionnel des trois vœux dans le cadre d\u2019une congrégation, qu\u2019elle soit surtout contemplative ou plutôt « mixte » (contemplative et active à la fois); et il y a les instituts séculiers, récemment approuvés par l\u2019Église, qui offrent l\u2019avantage des vœux de religion, mais non celui de la vie de communauté.Enfin, comment assurer le sort de la célibataire dans le monde, à qui ne convient aucune des orientations précédentes ?La valeur de l\u2019ouvrage de Simone Patris tient à ce que l\u2019A.touche à toutes ces questions avec sûreté, distinction et un sens chrétien très averti des remous du monde actuel, ainsi que des libérations que la grâce et l\u2019amour du Christ et de son Corps mystique peuvent seuls apporter aux jeunes filles désireuses de ne pas amoindrir ni gâcher leur vie.Deux mots profonds donnent pour ainsi dire le ton du livre entier.Celui-ci, qui est de l\u2019A.: « .ta vocation n\u2019est pas d\u2019abord d\u2019être en fonction d\u2019un autre être humain, mais d\u2019être toi-même face à Dieu » (p.49).Et cet autre, qui est de Léon Bloy: « Plus une femme est sainte, plus elle est femme » (p.45).Il ne faut pas reprocher à l\u2019A.d\u2019avoir moins insisté sur la « vocation commune » du mariage: les bons ouvrages là-dessus ne font pas défaut.Elle a préféré, après quelques pages pénétrantes sur la grandeur conjugale et maternelle, traiter plus à fond, d\u2019abord, de la sanctification dans l\u2019exercice des diverses carrières que la femme peut choisir pour son propre épanouissement et pour le service de l\u2019humanité; puis, de la vocation religieuse, si mal comprise de nos jours et en butte à des préjugés que l\u2019A.s\u2019applique fort pertinemment à renverser.On glanera dans l\u2019ouvrage de judicieuses suggestions bibliographiques.Ceux et celles que regarde plus spécialement la préparation des jeunes filles à la vie consulteront avec intérêt, peut-être avec profit, les cinq appendices esquissant l\u2019organisation, en Belgique et en France, des études qui conduisent aux carrières féminines les plus variées.Marie-Joseph d\u2019Anjou.HISTOIRE Richard Pattee: This is Spain.\u2014 Milwaukee, The Bruce Publishing Co.541 pp., 22 cm.Prix: $7.00.CE VOLUMINEUX TRAVAIL couronne de longues études poursuivies depuis nombre d\u2019années sous tous les cieux latins.Les six premiers chapitres forment une synthèse claire et solide du passé de l\u2019Espagne et du caractère de son peuple.Ils fixent le climat absolu de l\u2019Espagne et composent une excellente toile de fond pour la guerre civile de 1936 et le régime de Franco.La compétence de l\u2019auteur est grande; sa documentation, étonnante.Dans l\u2019ordre même des faits, je ne crois pas qu\u2019on réussisse à prendre en défaut la vaste information de Pattee.Ceux qui, après avoir lu certaines pages, parleraient encore de persécution officielle des protestants, ou d\u2019antisémitisme, ou d\u2019intrusion de l\u2019Action catholique dans la politique, pour ne citer que ces exemples, ont des yeux pour ne point voir.S\u2019il a beaucoup lu, beaucoup observé, beaucoup compilé, c\u2019est que l\u2019auteur a beaucoup aimé cette Espagne brûlée de soleil, pauvre, tragique, iniquement isolée du monde.C\u2019est même cette sympathie entière qui constitue peut-être le piège de cette étude.Car c\u2019est elle qui inspire à l\u2019auteur, dans l\u2019exposé et dans la défense, un ton qui nuit, il me semble, à l\u2019impression d\u2019objectivité.Plus de détachement aurait fait briller davantage la victoire des faits.Ce n\u2019est pas que l\u2019auteur perde le sens critique et se taise sur les dangers du régime de Franco.Il signale le syndicat unique, le rôle de la Phalange, la censure de la presse, les difficultés avec l\u2019épiscopat; mais c\u2019est avec une sorte de regret qu\u2019il les réprouve.54 RELATIONS Il reste aussi deux questions, nées de la révolution même, que nous aurions aimé voir l\u2019auteur traiter plus à fond, car elles dominent, à notre avis, toute la question de l\u2019Espagne.La première.Après plus de douze ans, le régime autoritaire de Franco évolue-t-il rapidement vers un régime plus souple, des formations politiques indépendantes, la division et l\u2019équilibre des pouvoirs ?Ou le caudillo ou la révolution: ça ne peut pas rester indéfiniment la seule alternative.Or, elle le demeurera aussi longtemps que n\u2019existeront pas une conscience politique libre, une presse libre (autre que celle de l\u2019Action catholique, et encore!), des mouvements d\u2019opposition qui permettent des changements dans l\u2019ordre.La deuxième.La maturation historique qui lie en Espagne l\u2019Église et l\u2019État et qui entraîne le caudillo à « protéger » l\u2019Église ne comporte-t-elle pas de graves dangers pour la foi agissante des fidèles et pour l\u2019Église, qui de sa nature transcende encore beaucoup plus qu\u2019elle n\u2019imprègne cultures, traditions et gloires du passé ?La victoire des armes n\u2019est qu\u2019une solution négative, tout au plus un succès contingent.Aussi longtemps qu\u2019on n\u2019aura pas la réponse aux problèmes que nous avons mentionnés, l\u2019avenir (pour ne pas dire le présent) restera inquiétant, et il faudra nuancer son appréciation d\u2019ensemble sur l\u2019expérience franquiste.Et c\u2019est pourquoi This is Spain, livre robuste, fortement documenté, d\u2019une écriture virile, guide excellent surtout pour les lecteurs de langue anglaise si mal renseignés sur l\u2019Espagne, me paraît toutefois un livre trop optimiste.Luigi d\u2019Apollonia.FOLKLORE Carmen Roy: Contes populaires gaspésiens.Illustrations de Madeleine Laliberté.\u2014 Montréal, Fides, 1952.160 pp., 23.5 cm./^'\"'URIEUX documents, ces Contes gaspésiens, fantastiques autant que populaires.Géants et sorcières, enchantements et maléfices, métamorphoses et sortilèges y abondent.On voudrait savoir de qui les Gaspésiens les ont reçus.Car je n\u2019y trouve, pour ma part, rien qui les rattache typiquement ni à l\u2019esprit français ni au merveilleux chrétien.Par des prodiges de patience, l\u2019A.les a reconstitués et rendus intelligibles, après les avoir recueillis, de la bouche même de vieux conteurs, dans un état à la fois pittoresque et pitoyable: langue quasi indéchiffrable à cause des déformations vocales les plus inattendues; trame des faits enchevêtrée par les défauts et reprises de mémoire des conteurs, surtout quand il a fallu les écouter plusieurs fois avant de boucler l\u2019histoire; crudité des mots et des épisodes, qu\u2019il ne fut pas toujours facile d\u2019expurger sans affecter la cohérence du récit.Tel, l\u2019ouvrage « n\u2019est pas.purement folklorique ni.particulièrement littéraire » ( avant-propos ) : mais rédigé dans un style familier et correct, illustré fort agréablement, il plaira à tous ceux, petits et grands, que la féerie amuse ou qui ont le goût d\u2019apprendre par quelles fictions nos ancêtres peuplaient la solitude des longs hivers gaspésiens.Marie-Joseph d\u2019Anjou.BIBLIOTHECONOMIE Association canadienne des Bibliothécaires de langue FRANÇAISE: Texte des communications présentées au septième congrès annuel (6-8 octobre 1951).\u2014 Montréal, Bibliothèque de l\u2019Université de Montréal, 1951.76 pages miméographiées, 27.5 cm.Prix: $1.50.C\u2019EST la première publication de l\u2019A.C.B.F.La qualité des travaux présentés au dernier congrès encouragea le conseil de l\u2019A.C.B.F.à mettre le rapport entre les mains de tous les bibliothécaires.Le thème général \u2014 « Culture et conscience professionnelle » \u2014 y est étudié en fonction des diverses catégories de bibliothécaires et de leurs tâches.Ce document révèle au lecteur que le bibliothécaire professionnel doit posséder non seulement des techniques, mais surtout une culture étendue, variable selon le travail spécialisé qu\u2019il accomplit.Edmond Desrochers.Maison Bellarmin.LnBRAiTRIE ïmmWiion PARIS - MONTREAL Ltëo Le directeur: Guy BOULIZON VISITEZ noire magasin.\u2014 Consultez nos catalo-gués.\u2014 Conditions spéciales aux communautés et bibliothèques paroissiales.\u2014 Utilisez notre comptoir postal.1243, rue Université - Montreal - Canada - Tel.: UN.6-6023- Brûleurs Industriels \u201c RAY \u201d à moteur, à courroie, à turbine vapeur de 5 HP à 1000 HP chacun Maison fondée en 1872 m EQUIPMENT Ltd DISTRIBUTEURS EXCLUSIFS Vente \u2014 Installation \u2014 Entretien 4077, rue St-Denis\tMontréal L.-L.Roquet, I.P.Q.\tTéléphone J.Duchesne.\tBÉlair 2153 W.Gallagher.\tNUIT & JOUR AMherst 3983 oQeblanc & Aiontpetit inge'nieurs-conseils Plans de plomberie, chauffage, électricité et air conditionné 515 EST, RUE DEMONTIGNY\tMONTRÉAL-24 FEVRIER 1952 55 D2A .Bureau à la résidence: 7855, rue Drolet \u2014 Tél.: TA.7176 J.-A.POULIN ÉBÉNISTE Mobilier d\u2019église, confessionnaux, prie-Dieu, etc.SPÉCIALITÉ: autels liturgiques de tous genres.Atelier : à l'arrière de 6657 rue St-Denis Montréal\t\u2014\tTél.: TA.3545 Ha ê>aubegarbe Actif: $23,500,000 Assurances en vigueur: $133,000,000 protégeant 89,000 assurés Assurances sur la vie sous toutes ses formes N.OUELLETTE & FILS FERBLANTERIE \u2022 COUVERTURE \u2022 VENTILATION Couvertures en gravois garanties pour 10 ans BEIair 2275 4477, AV.COLONIALE\tMONTRÉAL Tél.: FA.6593 EUGÈNE GAUTHIER Enr.Menuiserie générale Spécialité : PORTES et CHÂSSIS 1577, rue Montcalm\tMontréal Avec les hommages de I.NANTEL INCORPORÉE Bois de constrution Nous avons collaboré à l\u2019érection du Centre paroissial de Tlmmaculée-Conception ¦ Angle des rues de Montigny et Papineau CHerrier 1300 NOU VEAUTÊ L\u2019Autorité politique internationale et la souveraineté des Etats Robert Bernier, S.J.$2.00 l'exemplaire, port en plus INSTITUT SOCIAL POPULAIRE 8100, boulevard Saint-Laurent, Montréal -14 Cn ttoiâ motâ T[ Du traité de Rastadt au traité de Versailles, la langue française avait la cote.Même après Waterloo où les Français furent vaincus, le traité de Vienne fut rédigé en français.Après la première Grande Guerre, le traité de Versailles fut rédigé dans les deux langues anglaise et française, toutes deux faisant également foi.Mais à la Société des Nations, le français dominait de beaucoup.T| Après la deuxième Grande Guerre, cinq langues furent reconnues officielles à San-Francisco: le français, l\u2019espagnol, l\u2019anglais, le chinois et le russe.En principe, les trois premières seulement sont admises comme langue de travail, mais dans les faits, l\u2019anglais triomphe avec Washington, Londres, Ottawa, Sydney, Pretoria, Calcutta.La France, la Belgique, le Luxembourg et Haïti se servent exclusivement du français à l\u2019O.N.U.T| Bref, d\u2019après M.Mathieu, directeur de la division linguistique aux Nations Unies, « 80% des délégués parlaient le français à la S.D.N.Il n\u2019y en a guère plus de 15% à l\u2019O.N.U.».Tl Le sinistre qui fit 119 morts dans les charbonneries de Frankfort (Illinois) rappela tragiquement, la veille de Noël, que la mine tue les hommes.Aux États-Unis, le métier de mineur reste toujours le métier le plus dangereux de tous.En 1950, il enregistra 642 morts et 37,235 accidents.Chaque ouvrier perdit en moyenne un jour de travail sur seize.Tl La cause de Pie X avance à grands pas.Quatre miracles ont déjà été acceptés; la Congrégation des Rites n\u2019a que l\u2019embarras du choix.T| D\u2019après The New Age, organe officiel du 33e degré de la franc-maçonnerie du rite écossais aux États-Unis, la république voisine compte, sur une population d\u2019environ 152 millions, 3,250,000 francs-maçons, soit 2% de la population totale.Leur grand cheval de bataille: l\u2019école publique neutre.Leurs grands ennemis: les deux formes de totalitarisme, Moscou la communiste et Rome la catholique.T| Du P.Ledit: « Nous eûmes le vif plaisir, autant en Écosse qu\u2019à Londres, d\u2019observer que le personnel de l\u2019aéroport parlait un français distingué, accentué à l\u2019anglaise, et qu\u2019il semblait éprouver un certain plaisir à le faire.C\u2019est alors que je compris pour de bon que je n\u2019étais plus au T.C.A.de Montréal.» T| N\u2019oublions pas de nous intéresser à la huitième Semaine nationale de la santé qui aura lieu du 3 au 9 février.La maladie est spirituellement féconde pour ceux qui savent souffrir, mais il est bon de se rappeler que la santé est un don inestimable, digne de respect et d\u2019attentions.L\u2019Ecclésiastique, formulant une donnée du bon sens, nous dit qu\u2019 « il n\u2019y a pas de richesse préférable à la santé du corps ».Le monde a besoin de l\u2019apostolat des malades.Il a aussi besoin, dans tous les domaines, de l\u2019action des robustes, prêts à tous les dévouements.Tl Un de nos lecteurs nous a envoyé avec la note « Connaissez-vous cette saleté?» une littérature publicitaire, venue de New-York, qui vante et offre à un prix spécial un volume sur la technique de la limitation des naissances.La table des matières suffit à prouver la parfaite immoralité de l\u2019ouvrage.T| Des cinéastes chrétiens, « lauréats de concours divers et en particulier du récent festival international de Cannes », viennent de tourner un film sur Lourdes, cité de lumière.Leur travail a duré deux ans et demi.Ils ont « voulu saisir le réel dans toute sa simplicité et sa vérité ».Ils y ont réussi.« On appréciera par-dessus tout le goût parfait, la sincérité et la valeur de témoignage authentique de cette œuvre » (Cahiers d\u2019Action religieuse et sociale, Paris, 1er janvier 1952).56 RELATIONS Tel.BY.4651 MAURICE LEGARÉ A.D.B.A., M.I.R.A.G, A.A.P.Q.Architecte FRANÇOIS DIS CHÊNES\tJACQUES PARIZZAULT PrUidtrà\tCirant [Jescliênes s^ils ii& NÉGOCIANTS EN GROS \u2022 IMPORTATEURS Matériaux de Plomberie-Chauffage Spécialité s Accessoires à vapeur, haute et basse pression 1203 est, rue NOTRE-DAME, MONTRÉAL, Tel.: FRonlenac* 3175-6-7 Nouveau numéro de téléphone.CIE DE BOEUF DE L\u2019OUEST \u201cHochelaga \u201d Limitée EN GROS SEULEMENT (Roland vu aulty pxéâ.HO.2591 VEAU \u2022 PORC FRAIS \u2022 AGNEAU Spécialité: Institutions 2840, rue ONTARIO EST, MONTREAL ( Cours du C.P.R.) 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