Relations, 1 juin 1955, Juin
[" Une persécution moderne André BONNICHON Régimes totalitaires Joseph-H.LEDIT Les collèges classiques féminins Albert PLANTE La télévision et notre peuple Émile GERVAIS Du 24 mai au 24 iui Alexandre DUGRÉ juin La soi! de Jésus\t¦ Musique et esprit\tB Festival et lin de saison Luisi d\u2019APOLLONIA Jean-Paul LABELLE Paul-Émile RACICOT REVUE DU MOIS nim# \"- \u2018\t7 ' \"*'-y''AvV'' .: ï?: '\t:\t\u2022'\t- \u2022 SOMMAIRE JUIN 1955 Éditoriaux.Le chrétien devant la démocratie.\u2014 Le Canada au Vietnam.\u2014 Le vrai sens d\u2019un chômage.Articles LA TÉLÉVISION ET NOTRE PEUPLE.Émile Gervais 143 UNE PERSÉCUTION MODERNE.André Bonnichon 144 LES COLLÈGES CLASSIQUES FÉMININS.Albert Plante 146 DU 24 MAI AU 24 JUIN .Alexandre Dugré 150 MUSIQUE ET ESPRIT .Jean-Paul Labelle 152 Correspondance.153 Problèmes d\u2019habitation.Commentaires.154 « Canadian » ou Canadien.\u2014 Les commissaires canadiens au Vietnam.\u2014 Jeunesse difficile.\u2014 Le divorce au Canada.Au fil du mois.S.Exc.Mgr Rhéaume.\u2014 Mgr P.-Ém.Gosselin.\u2014 La souscription patriotique.\u2014 U observance du dimanche.\u2014 Une enquête sur la télévision.\u2014 Nouvelle justice.\u2014 Les apatrides.\u2014 « Istina ».141 Articles LA SOIF DE JÉSUS.Luigi d\u2019Apollonia 158 FESTIVAL ET FIN DE DE SAISON.Paul-Émile Racicot\t159 RÉGIMES TOTALITAIRES .Joseph-H.Ledit 160 Les livres.163 Le Sacrement d'unité et de vie .Maurice Pelletier Le Cœur du Christ.Wilfrid Girou ard Regard sur Vordre trinitaire.Fernand Bédard Le Problème du divorce.Albert Plante Votre Foyer Face à la solitude t.Wilfrid\tGirouard Jusqu'au jour éternel J Brèves Réflexions sur l\u2019athéisme marxiste.Louis-Joseph\tGoulet Les Lignes de faîte du Moyen Age .Paul L\u2019Allier Canada and the Far East, 1940-1953 Horace Labranche Canada français et Union canadienne.Albert Plante The Problem of Abuse in Unemp- j loyment Benefits\t> Émile Bouvier The Practice of Management\tj Le Cinéma.Edmond Desrochers 55 Poèmes 1\t.\t, , Tr Le Football J.Andre Vachon En trois mots.168 J^elationâ vous offre à l'occasion de son XVe anniversaire 10 ans d\u2019abonnement pour $25.Au lieu de 100 numéros à 25 cents, vous en aurez 120 : 20 numéros gratuits.5 ans d\u2019abonnement pour $12.Au lieu de 48 numéros à 25 cents, vous en aurez 60: 12 numéros gratuits.4 ans d\u2019abonnement pour $10.Au lieu de 40 numéros à 25 cents, vous en aurez 48 : 8 numéros gratuits.3 ans d\u2019abonnement pour $8.Au lieu de 32 numéros à 25 cents, vous en aurez 36: 4 numéros gratuits.2 ans d\u2019abonnement pour $5.50.Au lieu de 22 numéros à 25 cents, vous en aurez 24: 2 numéros gratuits.1 an d\u2019abonnement pour $3.12 numéros à 25 cents, expédiés chez vous gratuitement.Profitez de ces offres pour renouveler aujourd\u2019hui votre abonnement à « Relations », 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal-11.Payez par mandat-poste ou par chèque au nom de Relations.:.v.mm 3 i jMjttatee.Bélond INCORPOREE TOUS LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES (Strictement en gros) « Le Temple de le lumière » BEN BELA ND, prés.\tJEAN BELAND, ln0.P., sec.-tré*.7152, boul.Saint-Laurent, Montréal - GR.Î465* MO.4-3501 J.-Chas.Martel, Inc.BOIS! ET MATERIAUX DE CONSTRUCTION Attention particulière aux communautés religieuses 809a, BOUL.DES LAURENTIDES - Pont-Viau, Que.Autorisé comme envoi postal do la deuxième classe, Ministère des Postes Ottawa. XV* année, N° 174 Montréal Juin 1955 ÉDITORIAUX jÇe chié tien devant la dêmocXatie DURANT 1955, les groupements catholiques, fidèles aux directives de l\u2019épiscopat, ont à étudier le civisme.Cette étude ne doit pas rester purement académique.Elle doit influer sur la vie quotidienne, le civisme étant une vertu qui oriente tous les actes du bon citoyen vers le bien commun, le plus divin des biens terrestres, selon la belle expression de saint Thomas.Dans sa lettre au président des Semaines sociales de France, à l\u2019occasion de la Semaine sociale de 1954, Pie XII a noté que la crise du civisme, c\u2019est la crise de l\u2019intérêt général.Une des conclusions de cette Semaine précisait: « La crise du pouvoir est une conséquence de celle du civisme.Mais réciproquement le pouvoir est lui-même largement responsable de la crise du civisme.» En accomplissant sa tâche fidèlement, chacun peut aider à briser le cercle vicieux.Plus d\u2019un se rappela ces directives lors de la soirée qui commémora, le 12 mai dernier, à Montréal, les grandes encycliques sociales.Des représentants de tous les groupements qui ont des responsabilités importantes dans la communauté montréalaise avaient répondu à l\u2019invitation de l\u2019Office de l\u2019Action sociale.Auditoire de choix pour le zèle éloquent de S.Ém.le cardinal Léger, qui avait accepté, avec « une grande joie et un réel intérêt », d\u2019exposer le rôle du « chrétien devant la démocratie et l\u2019action politique ».Il le fit avec l\u2019objectivité, la fermeté et la sérénité qui caractérisent la pensée de l\u2019Église.Durant la première partie de sa causerie, c\u2019est la grande voix de Pie XII qui parvint aux auditeurs, puisque le cardinal s\u2019inspira « largement » du « magistral document » que constitue le message de Noël 1944 sur le problème de la démocratie.Les personnes présentes ayant pu se procurer une copie de la causerie de Son Éminence et les journaux y ayant accordé une juste publicité, nous nous contentons d\u2019inviter nos lecteurs à revenir sur ce texte puissant pour le méditer et le vivre.L\u2019idéal proposé, s\u2019il est très élevé, n\u2019est pas utopique; mais on doit savoir d\u2019où vient le véritable secours.« Un tel idéal ne peut pas être atteint sans l\u2019aide de la grâce.L\u2019homme concret qui vit en société est l\u2019homme racheté.» -C* Canada au Vietnam 1E 3 MAI, il y eut débat à la Chambre des Communes J sur le rôle du Canada au Vietnam-Nord.De la réponse de l\u2019honorable L.B.Pearson, secrétaire d\u2019État aux Affaires extérieures, retenons les cinq points suivants: 1° La Commission internationale considère comme insatisfaisante la liberté de mouvement des réfugiésMu Vietnam.« En tous les cas, le membre canadien de la Commission partage certainement cet avis.» (C\u2019est nous qui soulignons.) 2° La Commission n\u2019a pas reçu « la collaboration efficace » du gouvernement communiste du Vietnam-Nord.C\u2019est pourquoi « les résultats ont été décevants, pour dire le moins ».3° Le gouvernement du Canada n\u2019est pas plus satisfait que son commissaire au Vietnam.« Nos vues ont été exprimées très clairement au sein de la Commission internationale,.et je crois qu\u2019elles n\u2019ont pas été sans effet sur les décisions de cet organisme.» 4° « On a proposé dans certains milieux que le Canada se retire de la Commission afin de protester.Notre retrait de la Commission ne serait d\u2019aucune aide à ceux du Vietnam-Nord qui veulent en partir.En vérité, il ne leur laisserait peut-être aucun espoir de voir leur sort allégé.Nous devons donc garder notre sens des perspectives, sans pour autant approuver ou oublier les choses terribles qui se passent.» 5° La Commission étudiera la possibilité d\u2019un délai pour permettre aux civils qui le veulent de passer d\u2019une zone à l\u2019autre.Il est évident que si l\u2019on ne diffère pas le terme fixé au 18 mai, « un nombre considérable de gens du nord ne pourront probablement pas atteindre le sud ».Au sujet de cette déclaration, nous nous permettrons deux remarques.Premièrement: on n\u2019aurait pas, dans certains milieux, posé la question du retrait du Canada de la Commission internationale et perdu « le sens des perspectives » si le secrétaire d\u2019État aux Affaires extérieures avait abordé plus tôt ce problème où se jouait le bon nom du pays.Il n\u2019a fait aucune allusion à ce point précis dans son message du Jour de l\u2019An.Ce n\u2019est que le 24 mars qu\u2019il a parlé des difficultés delà Commission et censuré les « tactiques d\u2019obstruction du gouvernement communiste du Vietnam-Nord ».Et ce n\u2019est que le 3 mai, enfin, qu\u2019il a traité à fond ce problème des violations, c\u2019est-à-dire deux semaines avant l\u2019expiration du délai prévu par l\u2019article 14 (par.d) des Accords de Genève.Deuxièmement: une question suit logiquement du discours même du ministre.D\u2019ailleurs, M.Diefenbaker, le brillant député conservateur de Prince-Albert, l\u2019a posée en Chambre.« Le membre canadien de la Commission, M.Sherwood Lett, qui est si habile administrateur, ne pourrait-il pas présenter un rapport minoritaire afin de mettre le monde au courant de la situation ?» M.Pearson a demandé à M.Diefenbaker de réserver son jugement jusqu\u2019à la publication du troisième rapport.Il nous faut avoir cette patience, quitte à exiger le rapport minoritaire si la Commission internationale, où siègent, aux côtés du Canada, une Pologne communiste et une Inde neutraliste, se taisait sur des violations qui crient justice au ciel.Malgré des humiliations et des tracasseries sans nombre, le Canada a accompli au Vietnam ce qu\u2019il a pu, et des centaines de milliers de Vietnamiens prononcent aujourd\u2019hui le nom de notre pays avec reconnaissance.Mais le Canada n'a pu tout faire.Si la Commission internationale de surveillance devait passer habilement l\u2019éponge des litotes sur les flagrantes infractions à l\u2019article 14 des Accords de Genève, le Canada serait alors tenu en conscience de préparer un rapport minoritaire.Il y va de son honneur.Ce rapport minoritaire, dût-il paraître, ne serait d\u2019aucun secours aux Vietnamiens qui ont fui, laissant tous leurs biens; il fera même l\u2019effet d\u2019une ironie à tous les malheureux \u2014 ils sont encore plusieurs centaines de milliers \u2014 qui n\u2019ont pu partir.Mais au moins, le monde saura que le Canada tient parole et ne fait aucun pacte avec l\u2019iniquité.¦G vtai âenâ d\u2019un chômage AU MOMENT où ces lignes sont écrites, 2,500 em-L ployés de cabarets et de clubs de nuit auraient reçu des avis officiels de congédiement.Autre signe des temps.Les propriétaires d\u2019établissements vendant des boissons alcooliques viennent de déclarer que la politique de la nouvelle administration municipale, qui exige la mise en vigueur de la loi, entraîne une diminution de recettes allant, dans certains cas, de $3,000 à $4,500 par semaine.Le fléchissement des affaires et le chômage sont, dans les conjonctures ordinaires, considérés comme un malaise social par tous ceux qui savent les souffrances qui en découlent.Dans le cas actuel, il est beaucoup plus difficile de se laisser aller à la pitié, surtout quand on sait que l\u2019heure légale pour la cessation de la vente des boissons alcooliques est, à Montréal, deux heures du matin (minuit, le samedi).La vraie pitié, elle se tourne ici vers ceux qui vont gaspiller dans trop de ces établissements leur argent et leur honneur, ainsi que vers leurs familles.On doit espérer que les employés éventuellement congédiés trouveront le plus tôt possible un nouvel emploi ; on doit espérer aussi qu\u2019eux-mêmes et les autres comprendront la portée de ce congédiement.La mesure qui amène leur chômage n\u2019est ni arbitraire, ni antisociale.Au contraire.En plus d\u2019être conforme à la loi, à une loi déjà trop généreuse, elle est commandée par les règles de la moralité publique.Elle est saine, sociale, chrétienne.L\u2019opinion publique est avec les administrateurs qui sont fidèles à leur mandat.Ce qui se fait actuellement à Montréal pourrait à fortiori s\u2019accomplir ailleurs.C\u2019est l\u2019espérance de tous ceux que préoccupe le sort de la jeunesse et de la famille.SIGNES DES TEMPS cAllemandi dhpatuâ dani leâ pcuji de l\u2019Càt Et enfin, avant de terminer cette Lettre, Nous voudrions vous parler d\u2019une chose dont Nous savons très bien qu\u2019elle vous tient à cœur, à vous tous comme à Nous-même.Le gouvernement de la République fédérale d\u2019Allemagne Nous a envoyé une liste portant les noms de ceux qui, depuis la fin de la dernière guerre, ont été portés disparus, dans les immensités de l\u2019Europe de l\u2019Est ou de l\u2019Asie, ou y sont retenus comme prisonniers de guerre, ou y ont été déportés comme civils.Ce n\u2019est pas sans une profonde émotion et une grande compassion que Nous avons pris connaissance de cette immense liste, établie d\u2019une manière consciencieuse et minutieuse, portant les noms de près de 1,200,000 disparus, dont une partie est certainement encore en vie.Quand Nous avons feuilleté cette liste de noms, Nous avons été envahi par une immense douleur.Et avec une peine profonde, Nous avons pensé aux affreuses conditions de vie, aux terribles souffrances morales qu\u2019évoquent ces pages, non seulement pour les prisonniers, les disparus et les déportés, mais aussi pour leurs familles.Chers Fils et vénérables Frères, soyez sûrs que Nous adressons à Dieu nos plus ferventes prières pour vous, et que toutes les fois que l\u2019occasion s\u2019en présentera, Nous ne manquerons pas d\u2019insister pour que le nombre des disparus qui sont encore en' vie soit établi d\u2019une façon encore plus minutieuse et que la voie du retour dans la patrie leur soit de nouveau ouverte, de même qu\u2019aux prisonniers et aux déportés.(Lettre de S.S.Pie XII aux évêques d\u2019Allemagne, dans la Documentation catholique, 17 avril 1955.) 142 RELATIONS LA TÉLÉVISION LA TÉLÉVISION ET NOTRE PEUPLE Ëmile GERVAIS, S.J.La télévision chez nous souffre encore des troubles de la croissance.Ses malaises se trouvent aggravés par un défaut de direction ferme en face de certains problèmes qu\u2019elle doit affronter.LE PUBLIC Pour ne parler, dans cette chronique, que des émissions destinées aux adultes, nous constatons combien notre télévision a de la peine à satisfaire les différents groupes qui en forment le public de jour en jour plus considérable.Le poste français CBFT de Radio-Canada atteint, dans un territoire de soixante-quinze milles de rayon autour de la métropole, une population de deux millions d\u2019âmes.Les postes privés de Québec et de Rimouski desservent les villes et villages des alentours, parfois à de longues distances, surtout celui de Rimouski, qui a une portée de cent vingt-cinq milles.Ajoutons les auditeurs du poste bilingue CBOT, d\u2019Ottawa, qui diffuse chaque jour un certain nombre d\u2019émissions en langue française.Enfin, avant longtemps, des postes français à Ottawa et à Jonquière seront entièrement au service de nos compatriotes dans leur région respective.Parmi cette vaste clientèle, quelle est la proportion des spectateurs assidus?Des calculs faits par des agences indépendantes permettent d\u2019évaluer à soixante-quinze le pourcentage d\u2019assiduité des deux millions de personnes atteintes par le poste CBFT.Certains téléthéâtres auraient eu un auditoire de cinq cent mille personnes.Nous n\u2019avons pas de chiffres concernant les autres postes.Dans ce public figurent toutes les classes de la société.Au foyer de l\u2019ouvrier ou du petit employé, l\u2019appareil de télévision est maintenant un meuble commun, avec le réfrigérateur et la lessiveuse.Et de plus en plus, les ruraux suivent l\u2019exemple des citadins.On imagine la diversité de formation, de culture, la variété extrême des goûts et des opinions dans un public aussi disparate.MASSE OU ÉLITE?Un premier problème se pose au sujet duquel notre télévision ne paraît pas avoir de principes de solution bien définis.Comment servir et la masse des auditeurs et l\u2019élite intellectuelle, sans sacrifier ni l\u2019une ni l\u2019autre ?Radio-Canada a fait effort pour maintenir les émissions à un niveau convenable.Il y eut évidemment de malheureuses exceptions: plusieurs longs métrages, certains numéros de variétés, surtout les exhibitions de lutte (pitrerie vulgaire, violence bête, mépris constant des règles du jeu et de l\u2019autorité, concession exécrable aux intérêts commerciaux et aux bas instincts des foules).Dans ses émissions culturelles, Radio-Canada a parfois oublié le peuple.La télévision est un art essentiellement populaire.Les programmes destinés à une élite, qui a bien droit à sa part, doivent tendre à intéresser la masse des auditeurs.Or Radio-Canada a commis plusieurs émissions abstraites et prétentieuses, aux commentaires sans vie.De même, l\u2019atmosphère d\u2019autres émissions était trop déprimante.Pareilles maladresses rebutent les auditeurs et risquent de leur faire détester la culture elle-même.Pour intéresser le peuple, pas nécessaire d\u2019employer un langage incorrect, ni de parler patois.Ce qu\u2019il faut: simplicité de termes, comparaisons concrètes; en somme, style de vulgarisation élégante.De plus, présenter des situations familières, des sentiments humains qui provoquent dans le cœur des gens les plus simples des résonances profondes.N\u2019a-t-on pas fait applaudir par des auditoires populaires les chefs-d\u2019œuvre du théâtre classique ?Il est bon parfois de préparer les auditeurs non initiés à des émissions plus spécialisées.Plus grande encore la nécessité de varier les programmes et de ne pas prolonger les émissions qui exigent attention et réflexion.L\u2019écran est installé au cœur du foyer.Il réunit les gens de la maison aux heures de détente et d\u2019intimité.La télévision, art de présence, doit rester divertissement et non devenir un travail.NOTRE TÉLÉVISION EST-ELLE CHRÉTIENNE?On n\u2019a pas réussi à donner à notre télévision une atmosphère chrétienne.Pourtant nous sommes privilégiés; l\u2019auditoire canadien-français est catholique.Cette homogénéité d\u2019aspirations religieuses facilite grandement la tâche de nos réalisateurs, qui devraient avoir à cœur de monnayer, pour le plus grand nombre possible de gens, les richesses de la doctrine, de la liturgie et de la morale de l\u2019Église.Évidemment, selon les limites et les conditions particulières de leur art.Soulignons d\u2019abord le petit nombre d\u2019émissions religieuses.Quelques cérémonies par-ci, par-là, deux séries de causeries: c\u2019est tout.Trop d\u2019émissions présentèrent une conception de la vie étrangère aux données de la foi.L\u2019homme vit dans un ordre surnaturel.La réalité humaine n\u2019a de sens et de grandeur que dans cette lumière.L\u2019ignorer mène infailliblement au pessimisme, à l\u2019existentialisme désespéré.A ce propos, plusieurs téléthéâtres ont choqué, non sans raison.Ils ont mis en scène des existences brisées, des victimes JUIN 1955 143 du sort et de la folie humaine; pas une lueur d\u2019espoir, pas un personnage offrant dans sa personne la réponse de la foi et de l\u2019espérance! Qu\u2019on nous comprenne bien; il ne s\u2019agit pas de farcir les pièces de dissertations et de sermons.Mais il n\u2019est pas chrétien de présenter une humanité déchue, corrompue, sans espoir ni grandeur.Qu\u2019on ne s\u2019abrite pas derrière la prétention au réalisme! La réalité, la vraie, c\u2019est, au milieu du mal et du jeu des passions, le triomphe de la grâce et de la foi.Au nom de la morale, on a reproché à Radio-Canada des attitudes, des expressions, des immodesties, voire des pièces ou des émissions entières.Parfois, ces critiques ne tenaient pas compte des circonstances ou étaient exagérées.D\u2019autres fois, hélas! elles frappaient juste.Nous reconnaissons chez plusieurs artisans et autorités de notre télévision un souci réel de la moralité et des exigences chrétiennes.D\u2019autres, cependant, regimbent contre la censure, si bénigne soit-elle, impatients de présenter n\u2019importe quoi pour peu que cela amuse.Voilà qui explique certaines audaces licencieuses dans les paroles, plus encore dans les attitudes et l\u2019interprétation, de même que dans le choix de plusieurs films et pièces de théâtre.Nous permettra-t-on de rappeler aux esprits légers et amoraux, comme aux gens soucieux de leurs responsabilités, les effets néfastes de telles licences sur l\u2019esprit et le cœur de leurs auditeurs?La grande majorité de ceux-ci sont du peuple, facilement séduits par l\u2019image et par l\u2019exemplç du personnage sympathique.Le peuple tend fortement; à imiter ce qu\u2019il voit sans s\u2019arrêter à la thèse.D\u2019autre part, certaines libertés, parfois tolérées (d\u2019ailleurs £ tort) en certains milieux dits cultivés ou mondains, 1§ heurtent et le scandalisent.N\u2019oublions pas, de plus, qpe le spectacle télévisé pénètre dans le sanctuaire sacri| de la famille.C\u2019est manquer de savoir-vivre chrétien (jue de ne pas respecter la moralité plus délicate du foyqr.Nous espérons traiter prochainement des émissions pour la jeunesse.Les considérations qui précèdent ne concernent que les programmes pour adultes et n\u2019abordent que depx aspects de la question.Prises absolument, elles peuvent paraître noircir le tableau et laisser une faupse impression.Il faudrait, pour être juste, signaler lçs nombreuses émissions que caractérise leur haute valeur artistique ou dramatique.Il faudrait dire les progrès accomplis dans le sens de la décence et de la dignité, témoignages d\u2019une conscience plus vive des responsabilités de la télévision.Cependant, des retours, souvent inattendus, de légèretés canailles ou d\u2019amoralisme païen rappellent que la victoire des bons éléments n\u2019est pas encore complète.Nous avons voulu hâter ce triomphe en tâchant de montrer que seules des émissions de qualité, vraiment populaires et authentiquement chrétiennes, peuvent rendre notre télévision digne de sa mission parmi nous.Une persécution moderne André BONNICHON, S.J.SUPPOSONS qu\u2019un visiteur étranger impartial assiste à la sortie de la messe d\u2019une église de Shanghai, un dimanche matin.Il verra passer devant lui de nombreux chrétiens venant de remplir leurs devoirs religieux, sans entraves semble-t-il.Un fait le frappera peut-être: c\u2019est que tout le monde est vêtu de la même toile bleue; mais cela n\u2019a aucun rapport avec la religion et marque seulement l\u2019uniformité, non obligatoire mais de fait, qu\u2019introduit le régime et à laquelle les chrétiens se plient sans peine; ils n\u2019attachent pas d\u2019importance à ces petites choses.Si notre visiteur est tenté par la psychologie superficielle des visages, il remarquera que ces gens n\u2019ont point l\u2019air sinistre, et ne posent pas pour un film qui s\u2019intitulerait VÉglise des catacombes.Il y a une gaieté chinoise traditionnelle et qui heureusement n\u2019a pas tout à fait disparu.Les chrétiens, de se retrouver entre eux et se connaissant presque tous, laisseront même Le P.Bonnichon a vécu en Chine de 1931 à 1954.Il fut doyen de la jacuité de droit de V Université catholique de l'Aurore, à Shanghai, de 1936 à 1951; chassé de l'Aurore en 1951, il fut arrêté et mis en prison le 15 juin 1953, et expulsé de Chine le 22 avril 1954.Il est actuellement professeur de droit civil à l'Institut d\u2019Etudes sociales de V Université Grégorienne.Son article se trouve à montrer quel cas il convient de faire des propos tenus récemment à Montréal par M.Attlee.paraître plus de détente joyeuse que dans la vie ordinaire.Jeunes gens et jeunes filles surtout manifesteront probablement la joie de vivre naturelle à leur âge.Notre visiteur peut retourner chez lui et écrire son article: « Notre pays est trompé sur ce qui se passe là-bas.J\u2019ai visité seul Shanghai un dimanche matin et je suis entré dans les églises: elles étaient pleines de fidèles qui suivaient la messe.La liberté de culte est une réalité que certains pays d\u2019Europe feraient bien d\u2019imiter.Aucun homme de bonne foi ne peut le contester.Pourquoi le cacher ?Pourquoi toutes ces légendes ?» Mais supposons le visiteur plus perspicace, moins confiant en lui-même.Il arrête un des chrétiens et, se servant du français ou de l\u2019anglais que certains connaissent, ou recourant à un interprète, il interroge: « Existe-t-il une persécution religieuse en Chine ?» 144 RELATIONS Malgré la possession de soi-même qui est un des traits de la civilité chinoise, et malgré l\u2019habitude acquise depuis six ans de cacher ce que l\u2019on pense, il est probable que le visage de l\u2019interlocuteur traduira un léger émoi.Il est sûr que, d\u2019un geste instinctif de la tête, le chrétien interpellé regardera par-dessus ses deux épaules à droite et à gauche, pour surprendre un espion toujours possible.Et puis il ouvrira un instant la bouche et probablement ne répondra pas.Comment répondre à un inconnu, peut-être bien intentionné, mais sans doute bavard de profession, quand cette réponse peut vous mener en prison et mettre sur la paille femme et enfants?Comment expliquer en deux mots des réalités religieuses à quelqu\u2019un qui n\u2019a peut-être de la religion qu\u2019une notion bien superficielle ?Mais supposons qu\u2019en un coin tranquille un dialogue puisse s\u2019engager; et supposons aux deux interlocuteurs l\u2019esprit assez clair pour résumer les questions en peu de paroles, que diraient-ils ?\u2014 Voici des faits, dirait le chrétien.De tous les prêtres travaillant en notre pays, plus de la moitié ont disparu: tous les étrangers ont été emprisonnés ou expulsés; plusieurs centaines de nos prêtres chinois ont été mis en prison: ils y sont morts ou y vivent encore, soit dans la prison même, soit dans les camps de travaux forcés.Toutes nos écoles ont été prises, depuis les écoles primaires qui se comptaient par centaines jusqu\u2019aux trois universités catholiques.De même les hôpitaux et orphelinats.Tout cela, à la suite d\u2019odieuses campagnes où l\u2019on accusait les religieuses d\u2019avoir assassiné, pour le plaisir, des milliers d\u2019enfants chinois.Vous voyez, ici dans la grande ville, des églises ouvertes.Dites-vous bien qu\u2019à la campagne on les ferme sous tous les prétextes.Dans un diocèse proche d\u2019ici, sur cent cinquante-huit églises, seize seulement sont complètement libres, quarante-huit sont semi-occupées et on peut encore y dire la messe quelquefois; les autres, soit quatre-vingt-quatorze, sont ou détruites, ou totalement consacrées à d\u2019autres usages.Pensez-vous que, dans ces conditions, on puisse parler de persécution ?\u2014 Je voudrais comprendre, dit le visiteur.En quoi étiez-vous si redoutables au gouvernement ?Vous n\u2019étiez pas si nombreux.\u2014 Une petite minorité de quatre millions à peine sur plus de cinq cents millions et tout à fait apolitique.Certes, nous n\u2019avons pas souhaité le changement de régime, mais nous n\u2019étions nullement liés au précédent; et du nouveau, avec notre réalisme traditionnel, nous espérions nous arranger le moins mal possible.Notez bien que notre Église avait les mains pures.Nos évêques et nos prêtres chinois manifestaient par leur présence et leur action combien l\u2019Église était intégrée à la nation.Les prêtres étrangers n\u2019étaient d\u2019aucune façon les agents politiques de leur pays; ils avaient mieux à faire; d\u2019ailleurs, s\u2019ils avaient manqué à leur devoir clairement souligné par les papes, nous ne les aurions pas suivis.Au reste, si vous voulez bien dépasser les mots, pouvez-vous imaginer concrètement ce que serait une propagande canadienne dans une ville de Chine?Cela n\u2019a pas de sens.On nous enseignait le français ou l\u2019anglais parce que nous le demandions pour notre utilité, de même qu\u2019on enseigne l\u2019italien à Paris et l\u2019anglais à Rome, et ici maintenant le russe.Les évêques et les prêtres, chinois ou étrangers, n\u2019ont jamais pris de position hostile au nouveau régime.Ils auraient pu condamner tant de pratiques condamnables; ils ne l\u2019ont pas fait.Non, nous n\u2019étions pas redoutables.L\u2019opinion publique ne nous reprochait rien, et nous vivions mêlés aux païens, en parfaite harmonie avec eux dans les écoles, les usines, dans nos diverses professions, dans nos rues et passages.\u2014 Alors ?\u2014 Alors, il faut croire les communistes quand ils se flattent de travailler à la disparition de toute religion.Leurs livres l\u2019enseignent, et leurs associations inscrivent cela dans leurs programmes.Quand ils parlent franchement, croyons-les.On nous laisse aller à l\u2019église dans les villes; mais à la campagne, on empêche les paysans de s\u2019y rendre sous prétexte de ne pas nuire à la production.On empêche les prêtres de circuler de chapelle en chapelle.Que cette liberté partielle du culte ne vous donne pas le change.Le « gouvernement », comme on dit à chaque instant, le gouvernement s\u2019acharne opiniâtrement à « réformer » l\u2019Église.Vous ne voyez pas ce qui imposerait une réforme, ni pourquoi un gouvernement athée doive s\u2019en charger ?C\u2019est que vous n\u2019avez pas compris \u2014 et un visiteur ne le peut guère \u2014 ce qu\u2019est un État communiste.Savez-vous que, depuis six ans, on nous inculque que notre pensée même appartient au gouvernement ?Nous avons tous dû écrire, et plusieurs fois, l\u2019histoire de notre vie, nos erreurs passées et comment maintenant nous voyons la lumière marxiste.Nous sommes astreints, tous, et toute la vie, à participer plusieurs fois par semaine au « groupe d\u2019étude ».Le groupe d\u2019étude, c\u2019est une dizaine de camarades ou collègues qui s\u2019instruisent et se surveillent et se dénoncent mutuellement.Là nous avons à apprendre le marxisme pratique, c\u2019est-à-dire la volonté du gouvernement pour aujourd\u2019hui.Nous avons à nous engager à sa suite, à nous aligner constamment et activement.Notre pensée, soumise à la critique des autres et à notre propre autocritique, est incessamment revisée et mise au point sur tous les sujets.Nous avons dû affirmer que la bombe atomique était un danger illusoire (vérité de 1953), que les Américains pratiquaient la guerre bactériologique, que Adenauer était fasciste, que Béria était un traître, que presque tous les propriétaires chinois violaient les femmes des paysans, que les paysans étaient maintenant très heureux, mais devaient « librement » mettre leurs terres en commun, que les inondations n\u2019existaient plus en Chine, juste avant la JUIN 1955 145 catastrophe de ce genre la plus désastreuse du siècle.On a voulu nous faire dire que Pie XII était hitlérien, que le Vatican voulait la troisième guerre, que les missionnaires étaient des espions, etc.Voilà l\u2019Église nouvelle, l\u2019Église communiste, avec ses dogmes obligatoires promulgués tous les jours, autrement exigeants que catéchisme et encycliques, et hors de laquelle il n\u2019est point de salut.Pensez-vous que cette religion-là en tolère une autre à côté d\u2019elle?Peut-elle admettre qu\u2019un évêque chinois donne à ses fidèles chinois une directive quelconque, en vertu de son pouvoir religieux ?Non, et cette Église catholique, on se doit de la « réformer ».Cette réforme n\u2019a rien à voir avec la présence d\u2019un clergé de naissance étrangère, puisque celui-là, \u2014 que nous aimions et qui nous aimait, \u2014 on l\u2019a chassé.Cela va bien plus profond.Il faut qu\u2019à l\u2019évêque et au curé chinois, fidèles au Pape, fidèles à l\u2019enseignement intangible du Christ, on substitue des comités « patriotes », suscités, inspirés, manœuvrés par le gouvernement.Alors l\u2019Église sera réduite à une association culturelle au service de l\u2019État et dans sa dépendance étroite, comme n\u2019importe quelle œuvre d\u2019hygiène ou de loisirs.Après cela, qu\u2019on aille dans les chapelles, comme à la pagode, pour des cérémonies « superstitieuses », « antiscientifiques », ce n\u2019est point trop grave.On peut le tolérer longtemps encore, par nécessité et par égard pour l\u2019opinion mondiale, qui envoie de temps en temps des visiteurs comme vous.Or vous savez comme moi que la religion du Christ, c\u2019est autre chose que des cérémonies extérieures; c\u2019est une vie de l\u2019âme personnelle et de la communauté; cela, pour le communisme totalitaire, représente une usurpation intolérable.Alors tout est mis en œuvre pour que nous-mêmes, « librement », nous mettions notre Église sous le joug, notre foi sous l\u2019éteignoir.Nos prêtres vont en prison, l\u2019un après l\u2019autre, pour avoir refusé cette entreprise sacrilège.On les accuse d\u2019impérialisme et de contre-révolution, mais ils sont en réalité des martyrs de l\u2019unité catholique et de l\u2019idée même de chrétienté.Chaque jour, l\u2019emprise se resserre; nos enfants sont soumis sans répit à la propagande et dressés à nous dénoncer si nous contredisons en famille le matérialisme enseigné à l\u2019école.Ces hommes et ces femmes que vous avez vus sortir de l\u2019église, si calmes en apparence, y ont prié pour avoir la force simplement de rester chrétiens.La persécution moderne n\u2019a que faire des lions du Colisée, elle a pour elle tous les progrès de la technique étatique; elle use savamment de toutes les méthodes modernes d\u2019asservissement.Voilà.Ne dites pas mon nom ni celui de notre paroisse.Laissez-moi partir sans qu\u2019on nous voie sortir ensemble, et.priez pour nous.LES COLLÈGES CLASSIQUES FÉMININS Albert PLANTE, S.J.ON A DIT, avec raison, qu\u2019un des heureux effets de l\u2019enquête menée par la Commission Tremblay aura été d\u2019aider un grand nombre de groupements à prendre mieux conscience de leurs problèmes.Résultat qui en produit ordinairement un autre, à peine moins important: une connaissance plus avertie, de la part du public, de la vie de ces groupements.Un exemple intéressant de ce double résultat, c\u2019est le mémoire des collèges classiques de jeunes filles du Québec.Toutefois, le deuxième résultat est ici plus fort que le premier.En effet, si les autorités de ces collèges avaient vraisemblablement eu l\u2019occasion de discuter entre elles l\u2019essentiel de leurs problèmes même avant la préparation du mémoire, le public, lui, connaissait plutôt vaguement l\u2019origine de ces institutions, les étapes, les difficultés et les résultats de leur croissance.Pour plusieurs, ce secteur de l\u2019enseignement féminin est un domaine plutôt mystérieux.Ils le comprendront et l\u2019apprécieront mieux s\u2019ils lisent la Signification et les Besoins de Venseignement classique pour jeunes filles, volume de 154 pages, publié par Fides.Moins touffu, de forme plus soignée que le mémoire des collèges classiques masculins, il renferme, comme lui, une abondance de renseignements qui, en plus de préciser la situation actuelle, vont être le point de départ de recherches encore plus élaborées.* Le facteur culturel fut évidemment en cause quand se présenta, au début du xxe siècle, l\u2019idée des études classiques à l\u2019intention des jeunes filles du Québec.Mais le facteur social eut aussi sa part.Des femmes d\u2019hommes de profession libérale avaient fondé à Montréal la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste qui, pour venir en aide aux travailleuses canadiennes-françaises, organisa divers cours: français, comptabilité, diction, chant, etc.Se disant qu\u2019une pareille œuvre exigeait non seulement du dévouement, mais aussi des compétences, ces femmes demandèrent aux religieuses de la Congrégation de Notre-Dame d\u2019établir un cours d\u2019études supérieures.Aux facteurs culturel et social s\u2019ajoutait le facteur religieux: des jeunes filles commençaient à se diriger vers l\u2019Université McGill.Les religieuses, accédant à la demande des dames de la Fédération, entreprirent les démarches nécessaires.C\u2019était en 1904.Quatre ans s\u2019écouleront avant l\u2019ouverture, en octobre 1908, de l\u2019École d\u2019enseignement supé- 146 RELATIONS rieur pour jeunes filles, qui prit, en 1925, le nom de Collège Marguerite-Bourgeoys.Le mémoire remarque que, « si les préjugés étaient nombreux à l\u2019époque, plusieurs personnalités savaient néanmoins les dominer » (p.12).Une des premières bachelières, Mlle Marie Gérin-Lajoie, allait être la fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Con-seil, bien connue pour son œuvre sociale.Dix-sept ans devaient passer avant la fondation, à Québec, du Collège Jésus-Marie de Sillery, fondation qui comporta, elle aussi, ses difficultés.Ces deux institutions « ont ouvert la voie.Les fondations qui ont suivi se sont faites dans des circonstances plus favorables, parce que les précédents étaient posés » (p.14).Les quinze collèges actuels prouvent le progrès accompli depuis le début du siècle.Nom du collège Collège Marguerite-Bourgeoys.Collège Jésus-Marie de Sillery.Collège Marie-Anne.Collège Basile-Moreau.Collège Jésus-Marie d\u2019Outremont.Collège Marie-de-l\u2019Incarnation.Collège Saint-Maurice.Collège Angèle-Mérici.Collège Notre-Dame de Bellevue .Collège Notre-Dame-de-l\u2019Assomption Collège des Ursulines de Rimouski.Marianopolis College.Collège du Sacré-Cœur.Collège Marguerite-d\u2019Youville.Collège du Bon-Pasteur.Pour la période s\u2019étendant de 1908 à juin 1953, on compte 1,927 bachelières, laïques ou religieuses: 1,683 (1,481 laïques et 202 religieuses) ont suivi le cours régulier d\u2019un collège; 244 (231 religieuses et 13 laïques), le cours public donné sous les auspices de l\u2019université.Sur les 1,494 bachelières laïques, 127 ont embrassé la vie religieuse, 676 se sont mariées, 691 sont restées célibataires.Précisons avec le mémoire que le chiffre de 676 ne se trouve pas à inclure le nombre des bachelières récentes qui se marieront.Les 127 vocations religieuses se répartissent ainsi: vie enseignante, 96; vie contemplative, 17; vie missionnaire, 10; œuvres sociales, 4.Voici l\u2019occupation actuelle des bachelières laïques.Mariées: uniquement au foyer, 575; enseignement, 6; autres professions et carrières, 26; œuvres, 69.Célibataires : uniquement au foyer, 101 ; enseignement, 48 ; autres professions et carrières, 257; œuvres, 99; études supérieures, 186.On trouvera dans le mémoire d\u2019autres statistiques, encadrées de commentaires, sur les grades universitaires obtenus par les bachelières (religieuses et laïques), les études universitaires poursuivies par les bachelières religieuses, les postes assumés par des bachelières religieuses, les bachelières qui enseignent, les carrières des bachelières laïques.Jusqu\u2019à ces toutes dernières années, la plupart des collèges féminins ne donnaient que les quatre classes supérieures; ils étaient alimentés par les jeunes filles du cours de lettres-sciences.Ces institutions « n\u2019ignoraient pas l\u2019anomalie de leur organisation ».Celle-ci est à se parfaire depuis septembre 1953.On s\u2019attend à ce que tous les collèges aient le cours complet de huit ans d\u2019ici 1958 ou 1959.« Cette transformation mettra pédagogiquement le cours classique féminin sur la même base que le cours masculin, en offrant aux élèves Année de la fondation\tCommunauté 1908 Congrégation de Notre-Dame 1925\tReligieuses\tde Jésus-Marie 1932\tReligieuses\tde Sainte-Anne 1933\tReligieuses\tde Sainte-Croix et des Sept-Douleurs 1933\tReligieuses\tdes SS.-NN.-de-Jésus-et-de-Marie 1935\tSœurs Ursulines 1935\tReligieuses\tde la Présentation-de-Marie 1937\tSœurs Ursulines 1937\tCongrégation de\tNotre-Dame 1937\tReligieuses\tde l\u2019Assomption-de-la-Sainte-Vierge 1938\tSœurs Ursulines 1943\tCongrégation de\tNotre-Dame 1945 Filles de la Charité du Sacré-Cœur-de-Jésus 1945 Sœurs Grises de la Croix 1947 Sœurs du Bon-Pasteur de Québec un milieu culturel homogène et une discipline intellectuelle continue pendant les huit années d\u2019étude.» (P.51.) Suit une remarque, qui aura sa répercussion normale sur les recommandations d\u2019ordre financier du mémoire: « Il s\u2019ensuivra.des exigences nouvelles considérables en matière de locaux, de professeurs, de mobilier et de matériel didactique.» De 1924 à 1954, les inscriptions dans les quatre classes supérieures ont monté en flèche: 1924, 36; 1934, 100; 1944, 295; 1954, 766.Si l\u2019on ajoute à ces 766 élèves celles des quatre premières années du cours classique et celles des quatre années du cours de lettres-sciences, suivi dans la même institution, on obtient, pour 1954, un total de 2,213 étudiantes, dont 40% étaient pensionnaires.Le tableau qui suit indique la provenance sociale de 1,905 d\u2019entre elles.Étudiantes\t\tÉtudiantes\t\tDistribution dans les\t\tdans les\t\tdes hommes 4 premières années\t\t4 dernières années\t\tmariés dans du cours\t\tdu cours\t\tla province Groupes\tPour-\t\tPour-\tPour- professionnels Nombre\tcentage Nombre\t\tcentage\tcentage I Propriétaires,\t\t\t\t administrateurs, hommes de profession libérale \t 985\t77.1\t519\t82.60\t17.0 II Employés de\t\t\t\t bureau, de commerce et de finance.143\t11.2\t60\t9.58\t11.2 III Ouvriers\t\t\t\t spécialisés.106\t8.3\t43\t6.87\t45.9 IV Ouvriers non\t\t\t\t spécialisés.3\t0.3\t1\t0.16\t11.2 V Cultivateurs 40\t3.1\t5\t0.79\t14.7 Total :\t1277\t100\t628\t100\t100 Le mémoire note que les constatations que suggère ce tableau « permettent de conclure que non seule- Localité Montréal Québec Montréal Montréal Montréal Trois-Rivières Saint-Hyacinthe Québec .Québec Nicolet Rimouski Montréal Sherbrooke Hull Chicoutimi JUIN 1955 147 ment le collège classique féminin est trop peu fréquenté, mais aussi qu\u2019il recrute ses étudiantes presque exclusivement en milieu bourgeois, alors que les autres milieux sont pourtant riches en talents » (p.106).Il indique comme explication « au moins partielle de cette anomalie sociale » la cherté des frais de pension et de scolarité, et établit une comparaison, d\u2019une part, entre ces frais et ceux des autres cours féminins, et, d\u2019autre part, entre les diverses bourses d\u2019études pour jeunes filles.L\u2019enseignement classique féminin est celui qui reçoit le moins d\u2019appui.* Quelles sont les perspectives de développement de cet enseignement classique ?Les psychologues et les orienteurs sont d\u2019avis qu\u2019en-viron 20% de la population d\u2019un âge donné, de sexe masculin ou féminin, ont les aptitudes intellectuelles qu\u2019exigent les études classiques.Si l\u2019on estime à 125,000 le nombre total des jeunes filles catholiques de 16 à 19 ans dans la province en 1953, on voit tout de suite ce que représente un tel pourcentage.Nous n\u2019osons pas l\u2019écrire en chiffres, tellement ce nombre est hors de toute proportion avec la population réelle des quatre années supérieures de nos collèges, qui est de 766 élèves.(P.103.) De 766 à 25,000, il y a, en effet, une marge capable d\u2019effrayer les plus audacieusement optimistes, au double point de vue académique et financier.Un fait est cependant de nature à diminuer cet effroi : les supérieurement doués ne sont pas tous appelés à faire des études classiques.Utilisant la diversification de l\u2019attrait naturel, la Providence voit à ce que les divers milieux sociaux aient chacun sa part de ces esprits supérieurs.Les 25,000 jeunes filles à quotient intellectuel élevé n\u2019iront donc pas toutes au cours classique.Ce qui est vrai toutefois, c\u2019est que l\u2019amélioration des facteurs non intellectuels \u2014 plus spécialement le milieu familial et social \u2014 y conduira plus de jeunes filles possédant les aptitudes requises.Ajoutons encore, avec le mémoire, que « seule une barrière d\u2019ordre financier fait obstacle à l\u2019accès d\u2019un nombre très appréciable de jeunes filles désireuses d\u2019entreprendre des études classiques » (p.103).Ceux qui pensent que l\u2019enseignement classique féminin n\u2019a pas de problèmes financiers sont vite tirés de leur illusion par la conclusion du chapitre sur « Les besoins courants des collèges » : Il ressort de cette analyse que les budgets des collèges classiques de jeunes filles, déjà considérables en fonction des revenus,.sont sensiblement inférieurs aux exigences de la pédagogie moderne et de la mission culturelle qui incombe aux collèges.(P.74.) Les revenus des collèges sont loin d\u2019être diversifiés.Les revenus d\u2019activités extra-éducatives, les dons de particuliers et les subventions des pouvoirs publics ont joué un rôle minime dans leur histoire.Il ne reste donc que deux sources principales: les frais de scolarité et de pension et la contribution des communautés reli- gieuses, cette contribution revêtant deux formes: la non-rémunération des religieuses et le comblement du déficit.En 1952-1953, treize des quinze collèges ont eu un déficit « de plusieurs dizaines de dollars par étudiante » (p.75).On voit que les frais de scolarité et de pension constituent pratiquement l\u2019unique source de revenus, si l\u2019on prend ce mot au sens strict.En 1953, les frais \u2014 les prix extrêmes exclus \u2014 allaient, pour une pensionnaire, de $350 à $500 par année; pour une externe, de $100 à $150.L\u2019écart des prix provient donc beaucoup plus de la pension que de la scolarité.Le mémoire pose cette question: N\u2019est-il pas normal et même désirable qu\u2019une œuvre aussi importante pour le bien commun qu\u2019un système d\u2019enseignement classique \u2014 pour jeunes filles ou pour garçons \u2014 soit établie sur une base financière et administrative plus stable et plus autonome, à laquelle les communautés contribueraient de toute façon par l\u2019apport de leur personnel religieux?(P.81.) On devine la réponse.Quels seront les éléments d\u2019un budget annuel « mieux équilibré et plus stable », en plus des frais de scolarité et de pension et de la valeur que représentent les services rendus par les religieuses ?Seul un appui financier régulier des pouvoirs publics semble donc apte à apporter un redressement budgétaire immédiat.Cet appui s\u2019impose d\u2019autant plus que les collèges classiques de jeunes filles sont actuellement placés dans une situation d\u2019exception en ne recevant aucune aide de cette nature.(P.81.) Comme dans le passé, on n\u2019espère guère \u2014 du moins pour un avenir immédiat \u2014 de revenus provenant de dons de particuliers.En se retournant vers les pouvoirs publics, les collèges peuvent se réclamer, d\u2019une part, de la place qu\u2019occupe actuellement l\u2019enseignement classique féminin dans nos structures éducatives et, d\u2019autre part, du rôle supplétif de l\u2019État.Il est facile d\u2019établir le bilan des subventions accordées aux collèges féminins depuis 1908.Inscrivons d\u2019abord trois subventions provinciales de $500 chacune, accordées en 1908, 1909 et 1910 pour le cabinet de physique du premier collège.De 1910 à 1951, il n\u2019y eut pas d\u2019autre participation aux fonds publics.En 1951-1952, les collèges féminins reçurent, comme les collèges masculins, l\u2019aide fédérale aux universités et « institutions équivalentes », à raison de $90 par élève des quatre classes supérieures.On sait que le gouvernement provincial s\u2019opposa au renouvellement de cette subvention pour des motifs constitutionnels; son refus n\u2019eut pas de résultats fâcheux, puisqu\u2019il versa lui-même, en 1952-1953 et 1953-1954, des subventions aux collèges qui avaient reçu leur part de l\u2019aide fédérale de 1951-1952.On s\u2019attend aux mêmes subventions pour 1954-1955.A propos de l\u2019octroi provincial qui est venu remplacer la subvention fédérale de 1951-1952, on lit dans le mémoire: Cet octroi provincial est particulièrement chargé de sens pour les collèges féminins qui, à la différence des collèges de garçons, n\u2019avaient reçu jusqu\u2019alors aucune aide 148 RELATIONS ) financière quelconque, ni annuelle, ni extraordinaire, de la province.Fort de ce premier geste, la province donnera vraisemblablement à l\u2019enseignement classique féminin une aide de plus en plus adéquate, qui lui permettra de remplir avec toute l\u2019efficacité désirable son rôle dans les structures d\u2019éducation du Québec.(P.153.) Aux diverses subventions qui viennent d\u2019être mentionnées, ajoutons un octroi provincial de construction de $40,000, accordé, ces dernières années, à l\u2019un des collèges féminins, et un autre don provincial, cette fois de $25,000, à une communauté, lors du centenaire de sa fondation.On n\u2019indique pas le total de ce que les collèges de jeunes filles ont reçu de l\u2019État depuis 1908.On peut l\u2019estimer à environ $250,000.Ce n\u2019est pas exagéré.On ne s\u2019étonnera pas que les collèges féminins aient jugé bon de formuler des recommandations concrètes.Sauf une recommandation relative aux bibliothèques et aux laboratoires, qui leur est particulière, « les collèges classiques féminins sont solidaires des collèges masculins et endossent les diverses recommandations formulées par la Fédération des Collèges classiques de garçons » (p.115).* L\u2019enseignement classique féminin est une réalité dont il est impossible de ne pas tenir compte.Cette réalité ne s\u2019est pas imposée d\u2019elle-même, ainsi que le prouvent certains passages du mémoire.Chez nous aussi, la femme s\u2019est vue contrainte « d\u2019étudier la question de son éducation supérieure dans la perspective moins sereine et un peu négative de la revendication » (p.4).Pour deux raisons.Parce qu\u2019on a longtemps cru un peu partout que l\u2019instruction féminine poussée s\u2019alliait difficilement au caractère de la femme, à sa vocation à la maternité.Et parce qu\u2019on se rappelait que c\u2019était l\u2019anticléricalisme qui avait lancé le mouvement en faveur de l\u2019instruction de la femme.Les intentions de ses promoteurs, nettement hostiles au Erincipe religieux, avaient de quoi nous mettre en défiance.es résultats immédiats devaient d\u2019ailleurs accentuer ce recul.On sait ce qu\u2019il est sorti, ce qu\u2019il sort encore souvent de cette formation hâtive d\u2019intelligences derrière lesquelles on négligeait de voir des âmes.(A.D.Sertillanges, O.P.: Féminisme et Christianisme, 6e édition, 1930, p.281.) Ce* circonstances malheureuses ne doivent pas empêcher de pénétrer au cœur du problème, dans la région plus sûre et plus sereine des principes.Au début de son chapitre sur l\u2019instruction féminine, le P.Sertillanges écrivait: Je voudrais vous montrer que, toutes précautions prises, toutes conditions remplies, l\u2019instruction féminine la plus élevée possible est un vœu de la religion autant qu\u2019une nécessité de l\u2019heure.(Ouvrage cité, p.283.) Ne serait-il pas opportun de faire entrer la question des programmes dans ces précautions à prendre, dans ces conditions à remplir ?C\u2019est en 1930 que le P.Sertillanges écrivait: Aujourd\u2019hui, les programmes féminins se sont considérablement étendus.Ils ont suivi ceux de l\u2019homme.J\u2019ose dire qu\u2019ils les ont suivis trop et que la femme se trouve ainsi invitée à « faire l\u2019homme » non seulement dans le sens d\u2019humanité supérieure que nous avons fixé, mais dans le sens abusif qui sous-entend, entre l\u2019homme et la femme, au lieu de Yégaliié, qui est réelle, une similitude qui ne l\u2019est plus.(P.297.) Des réflexions entendues portent à penser que ce texte reste actuel.Nous soulevons simplement le problème, laissant à de plus compétents le soin de le vider.Nous recevrions avec plaisir les commentaires de nos lectrices et de nos lecteurs.On lira dans le mémoire \u2014 sans perdre de vue ce problème \u2014 des considérations judicieuses sur l\u2019instruction supérieure chez la femme.On aimera également prendre connaissance du mémoire présenté par un groupe d\u2019anciennes élèves de collèges classiques de la province de Québec.Les deux mémoires établissent que l\u2019enseignement classique féminin possède une belle signification personnelle et sociale.* Le 26 avril dernier, les directrices des quinze collèges de jeunes filles offraient un thé-causerie, au Cercle universitaire de Montréal, pour célébrer la publication de leur mémoire et la reconnaissance juridique accordée aux collèges à la dernière session de la Législature.En causant avec des invités, une des directrices notait en souriant le caractère inusité de cette réunion organisée par des religieuses.Personne n\u2019aura été scandalisé.Comme tout autre problème, celui des collèges classiques féminins gagne à être connu.Le conférencier invité, M8 Paul Gérin-Lajoie, a fait ressortir le sens de la reconnaissance juridique, qui constitue une étape importante.Le mémoire à la Commission Tremblay permettra à tous ceux qu\u2019intéressent les problèmes de l\u2019éducation de suivre cette étape avec plus de perspicacité et de sympathie.Un excellent cadeau : un abonnement à « Relations » pour vos parents ou vos amis.JUIN 1955 149 DU 24 MAI AU 24 JUIN Alexandre DUGRÉ, S.J.J\u2019appelle grand peuple, non le plus nombreux et le plus étendu, mais un peuple qui produit régulièrement de grands hommes.Georges Duhamel.CURIEUSE EXPÉRIENCE à l\u2019Université Cornell: une grenouille jetée dans une marmite d\u2019eau bouillante en sauta une seconde après: l\u2019instinct de conservation lui sauva la vie.Alors, on plaça la grenouille dans un plat d\u2019eau froide, qu\u2019on chauffa peu à peu.La bête y fut heureuse, engourdie; elle ne sauta pas et se reposa jusqu\u2019à y mourir, cuite.Un fin journaliste anglo-québécois, bilingue et très sympathique, a résumé en ami des observations qui rappellent cet engourdissement fatal: «Vous êtes aujourd\u2019hui bien assurés de votre survivance française?Pour moi, c\u2019est tout le contraire: vous n\u2019avez jamais été si près de l\u2019anglicisation.Vous êtes aux trois quarts assimilés, bien plus américains que français à la française.Vos quatre ou cinq millions d\u2019âmes, ça ne veut rien dire; elles disparaîtront en bloc.Les 60,000 Canadiens français de 1760 étaient plus forts que vous, parce que plus décidés, résistants, casernés en forteresse par la défiance à l\u2019égard de l\u2019Anglais.Aujourd\u2019hui, vos jeunes courent après nous, après la langue et le genre anglais.Vos syndiqués sont américanisés; vos riches, encore plus; et vos femmes à l\u2019usine.Vous vous méprisez entre vous.Un Anglais n\u2019a qu\u2019à se montrer, vous tombez en pâmoison ou en capitulation.« Mirez-vous donc sans déformation: votre Québec le plus français s\u2019aplatit devant le touriste étranger; il se donne des airs de fille publique pour attirer les touristes aux Camping grounds, American Hotel, aux Lindberg \u2014 New York \u2014 Windsor\u2014 Tourist Camps.Ce n\u2019est pas moi qui vous peins ça chez MM.Leblanc, Côté, Gagnon, Roy ou Gauthier.Cupidité de valets, de très humbles serviteurs, d\u2019épaules courbées pour ramasser des pourboires, les sportules aux esclaves antiques.Et ces François Moving \u2014 Transport \u2014 Trucking \u2014 Express \u2014 Valet Service, qui scandalisent rues et routes.« Votre solidité rurale ?Vous la minez dans la dispersion, le déracinement, à quêter des jobs chez les Anglais.N\u2019importe quel habitant serait heureux si l\u2019école du village et l\u2019école du rang accordaient une demi-journée d\u2019anglais.Vois-tu filer ces parfaits bilingues de Saint-Romulus et de Saint-Agricole ?Une fois préparés à vivre partout, vite, à Toronto, Niagara, Détroit et Vancouver! Ils y vont déjà regretter leur français et farcir d\u2019anglais leurs petits et petites à Yécole publique, une école pratique, à leur goût! Ne te fâche pas, je parle en ami.Je pourrais t\u2019en dire des heures durant.Remarque-le toi-même, en te plaçant à mon point de vue.Vous êtes dans le coma; le péril est plus grand qu\u2019en 1760: votre volonté française n\u2019y est plus.Ésaü vend son droit d\u2019aînesse.Réveillez-vous! Redressez vos jeunes, sinon vous êtes morts, pas tués par nous les maudits Anglais, mais suicidés, seuls coupables, et ce n\u2019est pas beau.L\u2019histoire sera dure pour votre génération.» Il sera bon de méditer ce pessimisme fouettant, mais cordial, et d\u2019en parler à Dollard et à saint Jean-Baptiste.Cet exercice nouveau, ce rude examen de conscience, vaudra mieux que les autofélicitations des grands jours.Il y a des peuples gauches et paresseux, comme il y a des hommes gauches et paresseux.Le danger actuel consiste en une tié- deur insouciante et en une trompeuse sécurité de rentiers qui font la sieste.« Il y aura toujours une Angleterre.» On sait pourquoi, par quel orgueil de race et par quelle politique vigilante et tenace de bouledogue qui ne dort que d\u2019un œil.Si nous voulons qu\u2019il y ait toujours une France d\u2019Amérique, nous devrons d\u2019abord n\u2019être pas toujours mangés, donc avoir les os durs, garder nos positions, conquérir même.Faisons nôtre le mot d\u2019Allais: « Je veux bien être bon, mais pas bête.» Certaines gentillesses ne sont que du lâchage et du suicide.Nous pratiquons trop la politesse chinoise, de faire passer les autres avant nous.Les Chinois eux-mêmes y trouvent de sérieux inconvénients depuis 1940: les autres acceptent toujours, sans jamais rendre la politesse, et les Chinois ont l\u2019air penauds, et nous aussi, qui cédons partout.Vanter notre bilinguisme est plus qu\u2019une faiblesse naïve, c\u2019est une capitulation répétée devant l\u2019ignorance-force des voisins unilingues, c\u2019est une affaire de béquilles.Les vingt pays latins créés en Amérique par l\u2019Espagne et le Portugal sont-ils bilingues?D\u2019un bilinguisme obligatoire et populaire?Cèdent-ils la moitié de leur fauteuil ou de leur cerveau dès qu\u2019un étranger se présente?Non, les Américains étudient l\u2019espagnol pour faire des voyages et des affaires.Sans doute, ces nations du Sud sont-elles bien installées chez elles; pourquoi pas nous au Québec?.Le français n\u2019est-il pas supérieur à l\u2019espagnol comme langue, littérature et porte ouverte sur Paris, Nice, Cannes et la diplomatie?Or, des touristes, désireux de pratiquer leurs manuels, passent des semaines chez nous sans en avoir la chance: nos terribles bilingues croient très poli de leur éviter cette peine, ce plaisir.Les boîtes à musique et à télévision des restaurants s\u2019acharnent à leur dérouler ce qui vient de chez eux.Imagine-t-on ça en France, en Italie, au Mexique?On commencerait du moins par offrir les belles choses du cru.L\u2019amabilité bien ordonnée déploie ses grâces, non des grâces empruntées ou volées.D\u2019où vient notre furie de bilinguisme?De plusieurs causes; d\u2019un complexe de vaincus, bien sûr, mais aussi du besoin d\u2019argent.Certains de nos employeurs, industriels ou marchands, qui n\u2019ont d\u2019ailleurs besoin de personne, répondent à nos solliciteurs, hommes ou femmes: « Pas d\u2019anglais, pas d\u2019ouvrage! » Comme si les mots valaient mieux que l\u2019adresse en menuiserie, en mécanique, au garage.Mais voyez la propagande venimeuse: « Pourquoi pas plus d\u2019anglais aux écoles?Mon français ne vaut rien! » Et l\u2019on croira que l\u2019anglais ouvre toutes les portes.Comme s\u2019il n\u2019existait pas de chômeurs très britanniques, et comme si l\u2019habileté des mains et la science du métier ou du commerce ne valaient pas mieux, chez nous, que des mots creux en double.Est-il nécessaire d\u2019avoir des commis tous bilingues, alors que très peu de clients s\u2019adressent en anglais?Et puis, le jour où nos acheteuses s\u2019exprimeront en anglais aux grands magasins de l\u2019Ouest, nos mille vendeuses bilingues y perdront leur latin et leur position.Pourquoi porter du bois à la forêt?Les voyages et la télévision, la vie militaire et le fonctionnarisme, les transports et jusqu\u2019à l\u2019humble domesticité du blanchissage et des garderies d\u2019enfants servent à une propagande voulue, qu\u2019on subit, qu\u2019on aime: « Tu as la chance d\u2019exercer ton anglais.» Tempéraments de lièvres, de battus contents, de demi-assimilés, d\u2019une race nouvelle, boiteuse, moitié mouton, moitié coq.On est trop fier mal à propos, et l\u2019on s\u2019écrase en soumission plate le moment d\u2019après.150 RELATIONS On a le patriotisme du hockey, furieux, parieur, exalté jusqu\u2019à l\u2019hystérie; sorti de là, on lit le journal anglais, les comics, sans remarquer les tapissages du foyer, les empaquetages, les enseignes tout anglaises, ou bilingues sans besoin, et le français malade des affiches criantes: Plâtrier demender, faireur, comisionaire.N\u2019y aurait-il personne d\u2019assez fort en orthographe pour faire corriger ces horreurs?Gardons-nous le français par conviction ou par routine?De plus en plus, nous devrons être des patriotes conscients, voulus, convaincus d\u2019une supériorité de langue, d\u2019histoire, de littérature et de culture.Si l\u2019on aime sa langue, qu\u2019on la parle bien chez soi, et qu\u2019on la défende au dehors, comme on défend ses amis.Pas de métissage ni de jurons, pas de quosquia, de quaillalle et de quossacre ! A quoi rime ce petit air anglicisé qu\u2019on croit chic, lorsqu\u2019on miaule au téléphone un Hellaw qui sue la défaite?Et ces prononciations cent dix pour cent anglaises des nouvellistes à contorsions de la radio française?Est-ce que MM.les Anglais se donnent tant de mal pour prononcer nos mots à la française?Admirez leurs Montreâll, St-Ailla-cinthe, Djoliette, Leviss, et leurs traductions de ce qui est Trois-Rivières, Saint-Jean, Sept-Iles depuis trois cents ans.Quand donc bifferons-nous les falls de Shawinigan et de Niagara?Certaines jolies bourgeoises, riches ou non, qui pourraient nous faire honneur, préfèrent se camoufler en public: elles parlent anglais tout fort et français tout bas.C\u2019est déjà pénible à Manchester, Woonsocket et Winnipeg; ici, c\u2019est trahison pure.On change de camp, on rêve de mariages mixtes, de clubs mixtes et de fin pas mixte.O mânes de Dollard et de Madeleine de Verchères! O contraste avec la solidité agressive des Irlandaises, des Polonaises, des Flamandes et des Juives! Jugez de l\u2019effet sur les Néo-Canadiens: n\u2019ont-ils pas raison de se tourner vers l\u2019autre groupe ?Faut-il attribuer ce manque d\u2019éducation patriotique au mélange d\u2019élèves dans certains pensionnats huppés ?Le mal ne serait-il pas d\u2019abord aux foyers snobs ?Ça commence aux noms de baptême: si les William, Jack et Johnny sont à la baisse, les Mary-Lou, Maureen et Frances empirent.On préfère le cours anglais du pensionnat cher; on court les plages étrangères; on s\u2019organise une tiédeur, une température nationale au dessous de zéro.Telle religieuse avertit un directeur de cercle d\u2019études féminines: « Ne prononcez pas les mots pairie, patriotisme, et national, vous feriez tout rater.» C\u2019est à faire pleurer les anges.La Canadienne de la haute aurait-elle l\u2019esprit biscornu, rogné comme les cheveux à la mode absurde?Serait-elle faussée, dénaturée, détraquée dans une âme de plastique?Enseignons-lui donc le beau rôle d\u2019Esther sauvant son peuple; montrons-lui les anciennes de 1760-1800, convertis-seuses de nos conquérants écossais du Saguenay.On ne lui demande pas d\u2019être Jeanne d\u2019Arc, mais d\u2019être simplement normale, comme les autres.La patrie aussi vomit les tièdes.Faut-il donner raison à qui soutient que la force de nos Canadiens est dans leur pauvreté, comme celle de la meilleure Irlande et de la race de fer des Romains antiques ?On dirait que notre peuple souffre du complexe nègre: le joyeux petit Noir est très intelligent, très vif, jusqu\u2019à ce qu\u2019il s\u2019aperçoive qu\u2019être noir le jette à une espèce d\u2019infériorité.Alors, son esprit se ferme, se fige et s\u2019assombrit.Nous de même, nous nous en laissons imposer par les voisins qui nous regardent de haut, qui usent et abusent de nos timidités aux nominations, promotions et réclamations.Nous crions d\u2019avance que nous ne ferons mal à personne, ce qui annonce une piteuse défensive.Nous craignons comme la gale d\u2019être traités de fanatiques, d\u2019esprits étroits, d\u2019extrémistes.Comme si l\u2019on était extrémiste à vouloir défendre sa vie nationale contre les vrais extrémistes, ceux qui veulent nous étouffer, nous assimiler.Disons moins notre douceur, et montrons du cran.Nous ressemblons trop à ce paysan de Virgile qui regardait Auguste comme un dieu, parce qu\u2019il ne lui enlevait pas son champ.Nous n\u2019osons pas réclamer, nous jurons la non-résistance, nous cédons à perpétuité.M.le député Girard a fait le procès de cette unité nationale, toujours à nos dépens.Une petite fable d\u2019Afrique arrive à point comme leçon aux perpétuels résignés.Une hyène veut manger un âne, qui dresse les oreilles.L\u2019hyène recule, croyant voir des cornes: «Qu\u2019as-tu sur la tête?\u2014\u2019Mes oreilles! \u2014 Je croyais que c\u2019étaient des cornes.\u2014'Je n\u2019ai pas de cornes.» Rassurée, l\u2019hyène lui saute dessus et le dévore.Histoire facile à retenir et dangereuse à imiter.Ne pourrait-on faire mieux que d\u2019excuser les Anglais d\u2019avoir dispersé l\u2019Acadie ?Et que de s\u2019avouer battus à jamais, minorité ne pouvant dominer une majorité ?Sous Elgin et Bagot, certains chefs intelligents n\u2019ont-ils pas tout de même gagné quelque chose, en jouant fin ?Et nous-mêmes depuis 1900, malgré nos parvenus qui se jettent aux clubs neutres, au genre américain, au plus noir matérialisme ?L\u2019histoire doit encourager, inspirer, diriger: elle fut d\u2019abord les récits des grands-pères aux petits-enfants, d\u2019une génération à l\u2019autre, pour maintenir la tradition et léguer des traditions.Bloy cite un vieux Juif qui racontait aux jeunes les révoltes et les souffrances, pour leur agrandir le cœur, et qui concluait: « Nous n\u2019avons pas toujours été un peuple capable seulement de pleurer! » Leçon pour nous, pour un avenir puissant.Gare aux traîtres d\u2019union! Quelques beaux esprits, un peu jeunes, mériteraient l\u2019abattage de Bernanos: « Rien de plus sot dans le monde qu\u2019un bel esprit tenant boutique de scepticisme, et promenant un sérieux inouï, au grand effroi des dames.Ce n\u2019est pas que ces petits virtuoses nous effraient, mais ils nous agacent.Nous ne croyons pas leur musiquette capable d\u2019évoquer des monstres, mais plutôt, ainsi que le charmeur légendaire, une certaine espèce de rongeurs qui grignotent la cervelle et le cœur français.Leurs intentions sont pures, trop pures: on devrait leur défendre de sortir seules.» On s\u2019étonne de voir quelques historiens excuser la déportation acadienne de 1755, alors que vingt historiens anglais sérieux ne l\u2019excusent pas, mais corroborent le jugement de sir Adam George Archibald : « L\u2019expulsion des Acadiens fut un acte de cruauté flagrante, sans nécessité ni excuse, un acte de pure barbarie, sans exemple dans l'histoire.» (Je souligne ce qui contredit les nôtres.) Browne, Haliburton, Winsor, Beamish-Murdoch, Parkman, Bancroft, Millard, Thompson, Smith, Hannay, Tracey, Williams, etc.disent comme lui, et comme l\u2019Américain Ridpath, qui y va carrément: « L\u2019histoire des nations civilisées ne fournit rien qui ressemble à cette perverse^ et systématique destruction d\u2019une colonie inoffensive.» Était-il bien nécessaire d\u2019infliger aussi, pour faire bonne mesure, les germes de la variole aux déportés?.M.Dudley Leblanc, de la Louisiane, a compilé une somme de textes accablants pour la trop bonne entente.A moins qu\u2019on ne veuille finir, comme dit Bernanos, « au paradis des abrutis.Ce doit être un lieu bien tranquille ».L\u2019histoire des patries s\u2019écrit avec l\u2019esprit, soit; mais il y a l\u2019esprit anglais et l\u2019esprit français.La vie des ancêtres n\u2019est pas une histoire de plantes, ni une froide algèbre; c\u2019est un guide d\u2019action, un climat de pensée, un levain qui soulève.On ne mange pas de pur levain; mais il est nécessaire au bon pain.Voir les histoires d\u2019Angleterre, de France et de partout.Quant à la puissance du nombre, si nous voulons garder notre proportion de 30% au Canada, il faut garder notre monde, bloquer la désertion des jeunes, bilingues ou non, d\u2019Halifax à Vancouver, donc trouver ici de la terre et des JUIN 1955 151 U salaires, les facilités d\u2019établissement qui nous ont manqué pendant un siècle d\u2019émigration aux États-Unis.Il faut aussi prendre notre part des valeurs humaines, du sang neuf et des compétences qui arrivent d\u2019Europe et qui passent tout droit, qui répondent aux invites et aux accueils de l\u2019Ontario, acharné à garder la tête.La moitié des Italiens, Français, Belges et autres « personnes déplacées » désirent posséder un morceau de terre.Qu\u2019on guide vers le sol, neuf ou déserté, ces jardiniers qui nous manquent! Question d\u2019affaire et d\u2019intérêt national, de charité envers le malheur, de fraternité humaine et de fidélité à l\u2019esprit royal que voici.Quand l\u2019archevêque Thomas Becket, chassé de Cantor-béry par un mauvais roi d\u2019Angleterre, se réfugia en France, Louis VII l\u2019accueillit à Soissons avec ces phrases royales: « C\u2019est la coutume de France, depuis les temps les plus anciens, de nourrir et de défendre tous ceux qui souffrent, et surtout ceux-là qui sont exilés pour la Justice.A un tel usage, moi vivant et Dieu m\u2019aidant, il ne sera jamais dérogé.» Notre Québec immense n\u2019ouvrira-t-il pas royalement ses terres aux malheureux que nous recommande le Pape?Minorité nous sommes et nous serons, faibles aussi dans les balances de l\u2019or, même au Saint-Laurent, dans l\u2019économie actuelle.Mais les Grecs aussi furent minorité dans l\u2019Empire romain; les Juifs le seront toujours et partout dans les continents où ils se partagent, pour se les partager.La France elle-même est minorité, elle qui domina l\u2019Europe de toutes façons pendant mille ans, et qui impose encore le respect et l\u2019admiration, quand elle veut bien se tenir.Grâce à elle, nous ne sommes pas seuls dans le monde, ni même en Amérique, puisqu\u2019elle attire l\u2019univers à ses grandes écoles et qu\u2019elle nous envoie les œuvres de son esprit, de son cœur, de ses arts, d\u2019une finesse encore insurpassée, inégalée.Voyez comme la mort de Claudel endeuille l\u2019univers.Avant de disparaître, essayons de paraître, de nous présenter au monde, fût-ce à la Société des Nations, comme les Juifs.Soignons ou créons notre réputation, au proche et au LA VIE MUSICALE loin.Embellissons notre Québec le plus fréquenté, le plus vu, le plus photographié, parfois le plus négligé, le plus anglicisé.Répondons aux attaques, organisons notre publicité: pourquoi pas un petit Office des Relations extérieures ?Quelque chose comme le Jewish Congress ?A quand un cinéma national comme dans l\u2019Inde et au Mexique?Évoluer, c\u2019est achever de devenir soi-même; ce n\u2019est pas disparaître dans la masse, ni se geler dans le passéisme.Les morts ne bâtissent rien.Un chef national n\u2019est pas un monument historique, mais un entraîneur, un voyant, un bâtisseur d\u2019avenir.Les vrais chefs soulèvent la nation; les mauvais l\u2019endorment.Selon Taine: «A certaines époques veules, on semble respirer de la lâcheté et boire de la honte.» Calculons à longue échéance une politique de grandeur, par le jet héroïque d\u2019un immense vouloir.Que serons-nous dans un siècle?Plus forts, plus français ou plus rien?Il nous faut être ambitieux, dynamiques, fiers, conquérants de supériorité.Qu\u2019on n\u2019ait plus à déplorer comme le professeur: « Il n\u2019y en a pas assez qui sont dans les dix premiers.» Fuyons la vulgarité; notre place est au sommet.Les Juifs aussi ne sont qu\u2019une minorité; mais cherchez-les donc dans les rôles de valets, de battus! L\u2019argent peut aider, mais ne veut pas toujours: cinq cent millions dorment chez nous.Mieux vaut lutter pour le bien que de crier contre le mal.La fierté ne connaît pas de vacances.Une dose d\u2019optimisme est nécessaire à qui bâtit.Tout peut nous arriver, même du bon.Mettons nos idées en ordre.Perfectionnons moins notre anglais; perfectionnons d\u2019abord notre français \u2014 et nos vies.Produisons de grands hommes, à tous les échelons de la société, en politique, en éducation, aux carrières, aux champs, aux arts et aux métiers savants.Cherchons mieux que des emplois serviles.Nous avons du matériel pour construire une belle grande nation: gardons-le, servons-nous-en, con-fions-le aux meilleurs chefs, sous-chefs, professeurs et exécutants.Chacun doit compter pour vingt; cela se prépare.Dieu nous aidera.MUSIQUE ET ESPRIT Jean-Paul LABELLE, S.J.DANS LE SALON DISCRET du Dr Ellen Ballon, nous sommes quelques critiques musicaux à causer aimablement.Tout à coup, dans l\u2019encadrement de la porte, la stature imposante d\u2019Olin Downes, du New York Times, son sourire engageant et sa poignée de main si cordiale.Derrière lui, un homme aux yeux vifs, figure énergique, dont le sérieux impressionne: Dimitri Mitropoulos, Grec d\u2019origine, Américain d\u2019adoption, actuellement directeur de l\u2019Orchestre philharmonique de New-York.Venu à Montréal avec Downes pour une discussion sur la critique musicale, qui aura lieu à l\u2019Université McGill.La conversation s\u2019ébranle lentement: antécédents du maître, expériences à l\u2019opéra, à l\u2019orchestre symphonique.Puis, l\u2019étincelle qui allume la flamme.Une phrase qui semble tenir au cœur du musicien: « Vous savez, les exécutants qui jouent sous la direction d\u2019un autre voudraient bien à leur tour devenir chefs d\u2019orchestre.» Mais voilà: tous ne peuvent diriger.Sinon, où seraient les interprètes?Comment régler ce problème ?En unifiant dans un idéal partagé le chef et ses subordonnés.Ici, Mitropoulos exprime des vues d\u2019une élévation de pensée que j\u2019ai sincèrement admirée.« Mon idéal, dit-il, est saint François d\u2019Assise.François est un témoin de Dieu.Il corrige les abus de son temps par la douceur et par l\u2019amour.Exemple d\u2019abnégation de soi-même et d\u2019humilité.C\u2019est ainsi que je conçois le devoir d\u2019un chef d\u2019orchestre.S\u2019oublier, self-abnegation, et vivre l\u2019humilité.Alors, ses musiciens l\u2019accepteront; ils seront heureux de collaborer avec lui.» Mitropoulos raconte l\u2019aimable légende du loup de Gubbio.Les paysans voulaient le tuer.François: « Vous ne voyez pas qu\u2019il a faim?.» Mitropoulos croit en la vie, malgré ses misères, ses épreuves et, peut-être, à cause d\u2019elles.Il faut lutter, travailler, prendre au sérieux les entreprises difficiles qui se dressent sur notre passage.A ce moment, Olin Downes souligne que tel fut le cas de M.Mitropoulos lorsqu\u2019il monta le Christophe-Colomb de Milhaud.Un mastodonte! Le chef d\u2019orchestre y travailla tellement qu\u2019il faillit y laisser ses os.Une digression à propos de l\u2019importance du critique musical: tout ce qui est écrit, dit Mitropoulos, exerce une influence.Les philosophes ont engendré les révolutions, et c\u2019est avec raison que l\u2019Église catholique a établi un index pour mettre ses fidèles en garde contre le danger des lectures dangereuses.Le critique musical se doit d\u2019être consciencieux, intuitif, sympathique.Il joue un grand rôle dans la carrière des musi- 152 RELATIONS à ciens.Ses encouragements ou ses blâmes peuvent créer ou ruiner un avenir.Déjà, l\u2019heure est passée, et nous aurions encore des questions à poser.Il faut se quitter.Non sans le souvenir d\u2019un musicien ouvert aux choses de l\u2019esprit, d\u2019une âme avide de lumière et de beauté.* Au cours du mois de mars, le Père E.Gherzi, météorologiste de réputation internationale, a prononcé deux causeries au collège Jean-de-Brébeuf.A cette occasion, j\u2019ai eu la bonne fortune de causer avec lui et de faire une heureuse découverte.A l\u2019instar d\u2019Albert Schweitzer, le célèbre chirurgien d\u2019Afrique, le Père Gherzi est musicien.Durant près d\u2019une trentaine d\u2019années, il a rempli les fonctions d\u2019organiste à l\u2019église Saint-Ignace de Zi-Ka-Wei (Chine) et s\u2019est chargé de former une chorale mixte.Très vite, il s\u2019aperçut que les Chinois ne possèdent pas de véritables soprani.Habitués à moduler dans un registre limité, les enfants chinois et les jeunes filles éprouvent beaucoup de difficulté à chanter les souples mélodies occidentales.C\u2019est alors qu\u2019au milieu de ses travaux scientifiques, le Père Gherzi entreprit courageusement de doter sa chorale d\u2019une littérature musicale religieuse, parfaitement adaptée à ses moyens d\u2019exécution.Il a composé, pour l\u2019année liturgique, plus de soixante-dix chorals à quatre voix mixtes (enfants, premiers et seconds ténors, basses), d\u2019une émotion spirituelle authentique.Ces chorals ressemblent, par leur souplesse harmonique et leur symbolisme, à ceux de Bach, que le Père a fréquenté toute sa vie; ils portent aussi la marque certaine de César Franck, un autre des amis musicaux de notre missionnaire.La grande préoccupation du Père Gherzi est de faire rendre à la musique le sens complet, non seulement intellectuel, mais affectif et spirituel, des paroles sacrées.Certaines de ses œuvres m\u2019ont plu d\u2019une manière particulière: un O vos omnes, grave, émouvant; un Domine, non sum dignus, très suppliant; un Nunc dimütis, où la voix cassée du vieillard Siméon exulte de joie; un Salve Regina, empreint de fraîcheur enfantine, et surtout, deux psaumes: Domine, ne in furore tuo et Quare fremuerunt gentes, d\u2019une grande valeur dramatique et d\u2019un mouvement ardent.Ces Cantus sacri ont été publiés chez l\u2019éditeur allemand C.L.Schultheiss, à Tubingue.Ils soulignent avec éloquence que, chez le P.Gherzi, la recherche du savant n\u2019a jamais entravé ni la ferveur du zèle missionnaire, ni la contemplation de l\u2019artiste.Dans cette courte note, j\u2019ai voulu rappeler qu\u2019il est possible, au vingtième siècle, d\u2019être un spécialiste de la technique et de rester humain.Rien n\u2019empêche l\u2019homme d\u2019unir la science à la religion et à l\u2019art.Le P.Gherzi le prouve par son exemple.Nous le remercions de ce vivant témoignage.CORRESPONDANCE Pïoblèmeâ dhabitation Dans notre numéro d\u2019avril, nous invitions nos lecteurs à nous donner leur avis sur le problème de l\u2019habitation.Voici deux réponses.La première nous vient de Saint- Jérôme.fAN A DÉJÀ QUALIFIÉ le siècle présent de siècle de la vitesse, de la mécanisation, de la rapide évolution scientifique; on le nommera peut-être plus tard le « siècle de l\u2019anonymat ».Toutes nos contributions sont assujetties à un anonymat.Cette réflexion me vient à la suite de la lecture de l\u2019article de Rodolphe Laplante sur l\u2019habitation (Relations d\u2019avril).L\u2019auteur préconise une formule, sinon nouvelle, du moins digne d\u2019être mise en œuvre par nos industriels.L\u2019action de l\u2019employeur, par sa contribution à une mise de fonds pour l\u2019achat d\u2019une habitation pour ses employés, fera retomber sur un plan plus local, moins général, une action qui relève de l\u2019individu lui-même: l\u2019épargne.A défaut de cette épargne personnelle, l\u2019action de l\u2019employeur fera sentir au futur propriétaire toute la satisfaction de la propriété.Il n\u2019en faudra pas plus pour ouvrir les yeux de son employé sur la nécessité de l\u2019épargne et la joie de posséder son foyer.Une meilleure compréhension entre patrons et employés ne peut qu\u2019en résulter.On attend tellement tout des organismes supérieurs, d\u2019une façon anonyme, sous formes de prêts, d\u2019allocations, de pension, qu\u2019on ne peut qu\u2019approuver fortement une telle mesure.Notre charité (on peut se demander si c\u2019en est encore) est anonyme.On ne donne plus aux pauvres et aux nécessiteux, mais aux fédérations.Une contribution de $100 à une fédération de charité ne vaudra jamais une visite personnelle, accompagnée d\u2019un don de $5 à un foyer nécessiteux.La valeur du geste est inversement proportionnelle à l\u2019anonymat qui accompagne ce geste.Plus l\u2019anonymat est grand, moins grande est la valeur morale.De la même façon, le patron qui contribue à une mise de fonds pour la construction d\u2019une maison pour dix de ses employés aura plus fait pour régler le problème de l\u2019épargne et de l\u2019habitation que la Société centrale d\u2019Hypothèques elle-même; la contribution de cette dernière ne souffre pas de comparaison eu égard aux sommes versées, mais elle n\u2019a pas le millième de la valeur de persuasion que représente l\u2019aide charitable donnée par l\u2019employeur à ses dix employés.Le problème de l\u2019habitation pour l\u2019homme du XXe siècle ne peut se résoudre sans aide morale et financière.Ce n\u2019est pas au niveau des pouvoirs supérieurs qu\u2019il faut, en soi, en attendre la solution; c\u2019est au niveau de la personne humaine elle-même; en lui enseignant l\u2019amour du foyer d\u2019où découlera l\u2019amour de l\u2019épargne.L\u2019action de l\u2019employeur, au lieu de l\u2019action des pouvoirs centraux, est un pas dans cette voie; elle ne peut qu\u2019être prônée et souhaitée ardemment.* La deuxième communication nous est venue de Montréal.1.\tAu Canada, le prix de la construction est conditionné surtout par les facteurs suivants: a) Le prix très élevé de la main-d\u2019œuvre.On sait que, dans la construction domiciliaire, le coût de la main-d\u2019œuvre constitue au moins 60% du coût total.Par contre, la productivité de cette main-d\u2019œuvre est relativement faible.En certains cas, les rendements sont limités par des coutumes (cas des briqueteurs).b) Le coût des matériaux.Le prix des matériaux est l\u2019objet d\u2019entente tacite, c) L\u2019absence de progrès technologiques importants.On n\u2019est pas encore parvenu à rationaliser les opérations de construction au même point que dans l\u2019industrie manufacturière.Il y a cependant un certain progrès, notamment dans les travaux de fondation, d) L\u2019intégration des industries qui concourent à la construction n\u2019est pas réalisée.La formule des modèles standardisés n\u2019est pas assez étendue.Chaque industrie a sa façon de procéder.La coordination ne se réalise que par des tours de force de l\u2019entrepreneur général.2.\tLe profit à la vente d\u2019une maison neuve n\u2019est que raisonnable dans la plupart des cas, compte tenu des risques.3.\tLes programmes de construction de maisons à loyers modiques, qui supposent l\u2019assistance de la collectivité, ont du mal à démarrer à cause de la résistance des « intérêts acquis ».Les très vieilles maisons rapportent beaucoup par rapport à leur valeur.Des maisons neuves, à bas loyers, videraient ces vieilles maisons.D\u2019autre part, le propriétaire actuel protège son placement de toute son influence.Il y a conflit entre un besoin social et des intérêts particuliers.On peut dire ce qu\u2019on pense des opinions déjà publiées.JUIN 1955 153 4 « CANADIAN » OU CANADIEN L'auteur de la recension (voir p.166) du mémoire présenté par la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal à la Commission Tremblay renvoie aux lignes qu'il écrivait dans Relations {déc.1953) à propos d'une conférence de M.Michel Brunet.Voici l'essentiel de ce texte.Le thème de la conférence était : « Canadian ou Canadien ».TEL EST LE TITRE de la conférence que prononça, au congrès de l\u2019A.J.C., M.Michel Brunet, professeur à la faculté d\u2019histoire de l\u2019Université de Montréal.Cette conférence n\u2019a pas été sans susciter des réactions.Le Devoir, qui la reproduisit les 6 et 7 novembre, écrivait, pour sa part, dans la présentation: « M.Michel Brunet.a donné ses vues sur l\u2019histoire du Canada français.On constatera qu-\u2019elles sont personnelles, vigoureuses et pessimistes.» Cette simple phrase résume très bien le jugement à porter sur « Canadian ou Canadien », ce dernier mot qualifiant les Canadiens français, le premier, les Canadiens anglais.Ce texte original, qui a l\u2019avantage de stimuler la discussion d\u2019un important problème d\u2019histoire, n\u2019en reste pas moins pessimiste.Or, le pessimisme est rarement, sinon jamais, salutaire.Pessimiste, M.Brunet l\u2019est en laissant entendre que nos ancêtres s\u2019illusionnèrent à chaque étape de l\u2019histoire qui suit la conquête.A celle de 1867 comme aux autres.Parlant des Canadiens français qui alors « s\u2019imaginèrent participer à la réalisation des projets de La Verendrye en voyant naître un Canada a mari usque ad mare », il écrit: « Une autre illusion s\u2019ajoutait au folklore canadien-français.Les peuples qui ont perdu la maîtrise de leurs destinées, mais qui survivent encore, semblent condamnés à se nourrir de belles chimères.Celles-ci rendent la réalité moins amère.Malheureusement, elles paralysent leur action.Ce nouveau Canada n\u2019était pas l\u2019œuvre des Canadiens.C\u2019était un royaume anglais créé par les British Americans.Le nouvel État constituait une victoire du nationalisme britannique sur le particularisme provincial des anciennes colonies anglaises de l\u2019Amérique du Nord.» Il ne faut pas avoir peur de la vérité.Mais faut-il vraiment aller jusqu\u2019à traiter de simple illusion l\u2019action splendide, et parfois héroïque, de nos ancêtres qui, ayant à tirer providentiellement le meilleur parti possible de la conquête anglaise, et qui, étant trop réalistes pour ne pas prendre de plus en plus conscience qu\u2019ils étaient appelés à vivre avec les Canadians, ont pensé bien faire \u2014 et ont effectivement bien fait \u2014 en affirmant, par des victoires successives, le droit pour leur groupe ethnique d\u2019être chez lui partout au Canada?Sans doute, il est très vrai de dire que la province de Québec a un rôle spécial à jouer pour promouvoir et défendre le bien commun de la nationalité canadienne-française; il est vrai également que nos hommes politiques n\u2019ont pas su exploiter à fond toutes les potentialités de l\u2019Acte de 1867; il est enfin trop vrai \u2014 et ce fait découle, du moins en partie, du précédent \u2014 que, a mari usque ad mare, les Canadians, si on les considère comme groupe, n\u2019ont jamais respecté la totalité des droits des « Canadiens ».Mais ces faits indéniables ne permettent pas d\u2019affirmer que « le gouvernement d\u2019Ottawa est devenu et demeurera le gouvernement national du Canada anglais ».Cette affirmation fait trop bon marché de l\u2019apport du Québec dans la Confédération et des Canadiens français des autres provinces.Un exemple fera comprendre ce dernier point: sans Radio-Canada, il n\u2019y aurait ni le réseau français qui rend de si grands services aux postes privés de nos minorités, ni le poste CBAF de Moncton.Ces quelques réflexions n'entendent pas évidemment épuiser le sujet.Elles sont partie à un dialogue au sujet d'un important problème d'histoire.154 AVEC OU SANS COMMENTAIRES LES COMMISSAIRES CANADIENS AU VIETNAM Un Vietnamien du Nord, témoin des tragiques événements qui ont bouleversé son pays, a pu voir à l'œuvre la Com?nission internationale de surveillance.Il nous écrit : QUEL était donc le devoir des représentants canadiens à la Commission internationale de surveillance ?Était-il donc si nettement défini pour qu\u2019on puisse aujourd\u2019hui leur en demander compte ?Ils étaient partis vers une grande aventure, avec une mission pompeusement appelée International Control.Contrôle de quoi ?Du respect des Accords de Genève.Si le texte de ces accords avait été l\u2019aboutissement normal et universellement attendu d\u2019une situation réelle, il eût été facile d\u2019en suivre l\u2019application.Mais il n\u2019était en somme que la conclusion plus ou moins logique d\u2019une discussion internationale, dont l\u2019issue avait été fixée d\u2019avance pour tel jour, 0 heure et quelques minutes.Et ce texte bâtard, par qui serait-il appliqué ?Quelle en serait la victime ?La victime ?Un petit peuple du sud-est asiatique, dont le pays, depuis dix ans, était le théâtre et l\u2019enjeu d\u2019un conflit sanglant-que se livraient deux forces, l\u2019une et l\u2019autre, disons-le, également étrangères à ses vrais intérêts: la force russe incarnée dans le Viet-Minh, la force française accolée tant bien que mal au Vietnam.La partie dont le Vietnam serait l\u2019enjeu était donc mal engagée, et il fallait en surveiller le déroulement normal.La France avait intérêt à se soumettre intégralement aux Accords de Genève, car la guerre qu\u2019elle soutenait à grands frais d\u2019hommes et d\u2019argent risquait d\u2019aboutir à un échec retentissant: l\u2019armée française allait être vaincue par une armée « apparemment vietnamienne ».Mieux valait se retirer dans l\u2019honneur, en offrant aux populations ainsi immolées tous les moyens de chercher ailleurs que chez elles la liberté.Les avances furent généreuses.Les Vietnamiens du Nord en bénéficièrent largement.Le Viet-Minh, lui, souffrirait cruellement de cette inévitable hémorragie de populations, que Genève, reconnaissant à tous le droit d\u2019évacuation, venait de provoquer.Les Vietnamiens du Sud, même les apôtres les plus ardents du régime communiste, ne pousseraient guère le zèle jusqu\u2019au sacrifice de leur vie bourgeoise, libre et paisible.(Il y en eut cependant.) Par contre, les Vietnamiens du Nord, écœurés de ce régime policier, ayant expérimentalement compris que « liberté » en langue communiste est synonyme de servitude, fuiraient en foule et à tout prix.Le Viet-Minh le savait: « L\u2019évacuation massive de nos compatriotes vers le sud constitue pour nous la plus grande de nos défaites », dira un leader haut placé du parti.Toutes les ressources de l\u2019inexorable dialectique marxiste furent mobilisées pour que les Accords de Genève soient légalement observés, tout en ne l\u2019étant pas réellement.A la question: « Qu\u2019ont fait les Canadiens au Vietnam?» qu\u2019on se pose aujourd\u2019hui, on répondait déjà bien avant leur arrivée: « Ils seront roulés.» La Commission de contrôle unissait dans une même tâche Polonais, Indiens, Canadiens.Que pouvait-on attendre des Polonais?Ils étaient déjà dressés à la dialectique rouge; les manœuvres du Viet-Minh leur apparaîtraient, partout et toujours, conformes aux Accords de Genève.Et les Indiens ?Mystiques irréels, grisés d\u2019ambitions pacifistes et de rêves, non pas existentialistes, mais co-existentialistes.Ils ne verraient partout que des occasions de « dialogue » et de « conciliation ».Quant aux Canadiens, le Viet-Minh ne pouvait compter sur leur sympathie ou leur intelligence.Ils étaient de culture chrétienne et amis de la liberté.11 fallait donc les bâillonner, les discréditer, les amener à se retirer en claquant les portes, comme ont toujours fait les impérialistes blessés.Qu\u2019ont fait les Canadiens ?Ils ont apporté à l\u2019accomplissement de leur « drôle de mission » une objectivité froide et impartiale, cruelle peut-être pour leurs compatriotes qui se voyaient refuser tous les menus services de pure amitié: n\u2019étaient-ils pas des « étrangers » pour les commissaires ?Ils ont rempli cependant dans le silence une mission ingrate et difficile.Il n\u2019ont pas tout fait.Qui donc oserait le leur reprocher?Mais ils ont fait tout ce qu\u2019ils pouvaient faire.Leur seule présence, correcte et silencieuse, a paralysé et paralyse encore l\u2019avènement intégral du régime.Leurs protestations, souvent sans écho, leurs interventions inlassables ont obtenu la liberté à des milliers de familles.Leurs enquêtes, si jamais ils échappent eux-mêmes à l\u2019intoxication, serviront, aux jours des révélations, à secouer le monde de sa torpeur.Un témoin de l\u2019Église, un missionnaire canadien, demeuré au Tonkin, ayant eu vent des déclamations désobligeantes d\u2019un certain orateur sur l\u2019inefficacité des Canadiens, m\u2019écrivait hier encore: « Dites à l\u2019orateur que son discours n\u2019est qu\u2019un tissu d\u2019exagérations.» Qu\u2019ont fait les Canadiens?Demandez-le plutôt à ces réfugiés innombrables qui doivent à leur intervention, à leur protestation, peut-être aussi à leur silence, de pouvoir jouir pour un temps encore de la liberté et de pratiquer leur foi.JEUNESSE DIFFICILE Un Franco-Américain écrit au P.Alexandre Dugré : .J\u2019ai lu et relu vos articles de mars et d\u2019avril: « Jeunesse à rebâtir » et « Témoins en défense ».C\u2019est de nature à faire réfléchir.Maintenant, il faudrait une étude spéciale de quelques « lois pour protéger la jeunesse », des lois qui l\u2019invitent au mal.1° Les parents n\u2019ont pas le droit de se servir du fouet, ni de frapper les enfants.2° Supposé que je voie un jeune faire un mauvais coup; je veux le saisir par le bras pour l\u2019en empêcher.Il crie: «Touche-moi donc, pour voir! » La loi me le défend, et il le sait.La loi, faite pour en protéger quelques-uns contre la dureté excessive de parents trop mauvais, empêche les autres, les bons, d\u2019exercer sur leurs enfants les moyens de correction qui ont fait aux générations passées des gens respectueux de l\u2019autorité, des biens du prochain, et surtout aimant quand même leurs parents \u2014 ou d\u2019autant plus.Je vois un avenir bien sombre: les vieux n\u2019ont plus de place, et les jeunes n\u2019ont plus de cœur.Pessimisme?Réalisme?Ce qui est sûr, c'est que ce correspondant soulève plus qu'un pseudo-problème.RELATIONS JUIN 1955 LE DIVORCE AU CANADA On trouvera à la page 164 un compte rendu de l'excellent ouvrage que vient de publier le P.Louis de Léry, S.J., sur le Problème du divorce.Le chapitre IV est intitulé « Le divorce dans notre constitution ».Voici la fin de ce chapitre.Rappelons auparavant que l'article 91, paragraphe 26, dit que « le Parlement du Canada aura le pouvoir exclusif de légiférer sur.le mariage et le divorce », et qu'en vertu de l'article 92, paragraphe 12, « dans chaque province, la législature a le droit exclusif de légiférer sur.la célébration des mariages dans la province ».L\u2019ANNÉE 1867 marque un recul prononcé.Nous perdions, par l\u2019Acte de la Confédération, juridiction sur une partie * très importante de nos droits civils, la plus importante peut-être puisqu\u2019elle touche à l\u2019institution sacrée du mariage, base et fondement des nations.Il est, toutefois, une autre conséquence encore plus désastreuse de cette attribution du mariage et du divorce au pouvoir central.Par le fait même, le divorce était inscrit dans notre constitution.Il entrait de plain-pied dans notre droit public.Il se trouvait reconnu comme principe de droit organique pour notre pays.C\u2019est la constitution de 1867 qui a, la première, reconnu le principe du divorce sans aucune restriction et l\u2019a lié au principe du mariage.En 1865, \u2014 deux ans avant la Confédération, \u2014 sir Hector Langevin avait déclaré: « Il s\u2019est agi de déterminer à quelle législature appartiendraient les différents pouvoirs qui se trouvent dans les constitutions des différentes provinces.Or, parmi ces pouvoirs,.se trouve celui du divorce.Nous avons dû déterminer le corps législatif auquel serait laissé ce pouvoir que nous trouvions dans nos constitutions.» Cette déclaration n\u2019est pas exacte.Elle n\u2019est pas conforme à la vérité.Nous l\u2019avons vu plus haut.La Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l\u2019Ile-du-Prince-Édouard et la Colombie anglaise possédaient des lois statutaires de divorce.Mais d\u2019un statut à une loi constitutionnelle, organique, censée être immuable, il y a un pas dangereux, fatal.Ce pas a été malheureusement franchi en 1867.Une loi statutaire peut être modifiée, supprimée, remplacée.Le même pouvoir qui l\u2019a votée \u2014 la législature provinciale, dans l\u2019espèce \u2014 peut la supprimer ou la remplacer par une loi contraire.Mais qui peut changer ou supprimer une loi constitutionnelle?Nous attendons encore que nos gouvernants fédéraux et provinciaux se soient mis d\u2019accord sur la manière de modifier notre constitution.Surtout, nous l\u2019avons également vu plus haut, le Haut et le Bas-Canada, les deux provinces les plus populeuses du Canada, ne possédaient aucune loi de divorce.Ët la preuve en est que chaque divorce \u2014 il y en eut quatre qui furent votés avant 1867 \u2014 constitua un bill privé, une loi d\u2019exception, un privilège.Pour ces deux provinces, il y eut donc, en 1867, passage de l\u2019absence de toute loi de divorce à une loi constitutionnelle, organique, \u2014 dans l\u2019espèce, l\u2019Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord, \u2014 qui accordait au pouvoir central, par le paragraphe 26 de l\u2019article 91, « le pouvoir exclusif de légiférer sur.le mariage et le divorce ».Le divorce était donc inscrit dans notre constitution.Il y obtenait droit de cité.Et le Parlement d\u2019Ottawa obtenait tout pouvoir pour légiférer sur le divorce dans toute l\u2019étendue du Canada, pour établir des cours de divorce dans toutes les provinces, déterminer les causes de divorce, élargir ou rétrécir à son gré les causes de divorce.Et cela de façon permanente, quasi perpétuelle, censée immuable.Il faut le reconnaître, bien qu\u2019avec regret, les Pères de la Confédération ont été bien mal inspirés cette fois.Ils ont sacrifié l\u2019institution sacrée du mariage dans ce qu\u2019elle avait de plus précieux, l\u2019indissolubilité.Et le mal qu\u2019ils ont fait n\u2019est pas encore réparé.15S L Au fil du mois S.Exc.Mgr Le plus âgé des évêques canadiens est décédé Rheaume au ^but de mai.On n\u2019aurait pas dit, à le voir à l\u2019œuvre, que sa santé était mauvaise et qu\u2019il avait dépassé les quatre-vingts ans.Il n\u2019aura heureusement pas connu les souffrances de l\u2019inaction, si terrible pour un homme de sa facture; c\u2019est à bord du train qui le conduisait à Québec pour l\u2019assemblée de l\u2019épiscopat qu\u2019il s\u2019est senti mal.Il est mort à l\u2019Hôpital Général d\u2019Ottawa; la Providence est donc venue le chercher dans la ville même où l\u2019Oblat de Marie-Immaculée s\u2019était longtemps dépensé avant d\u2019être évêque.« Un bâtisseur de chrétientés », tel est le titre de l\u2019éditorial que lui a consacré M.Camille L\u2019Heureux dans le Droit du 11 mai.Titre judicieux.Il est facile d\u2019imaginer ce qu\u2019un homme actif et apostolique a pu accomplir dans un diocèse jeune comme l\u2019était celui d\u2019Haileybury lorsque, en 1923, il en fut nommé le deuxième évêque.Ce diocèse, situé partie en Ontario et partie dans le Québec, était pourvu d\u2019abondantes richesses naturelles et humaines.Mgr Rhéaume sut les faire fructifier.En 1938, Rome divisa son immense diocèse.Il devint alors le premier évêque du nouveau diocèse de Timmins.Celui-ci comptait 70,000 catholiques, 79 prêtres et 48 paroisses; il compte actuellement 90,000 catholiques, 135 prêtres, 64 paroisses et 11 missions.Durant son épiscopat, il a suscité la construction de 116 églises.Inutile d\u2019insister sur son zèle à multiplier aussi écoles et maisons d\u2019éducation.Ce zèle, l'Association canadienne-française d\u2019Éducation d\u2019Ontario le reconnut en lui remettant, au printemps de 1953, l\u2019Ordre du mérite scolaire franco-ontarien.C\u2019était à l\u2019occa-iion du grand banquet de la Semaine, française, qui réunissait près de mille convives autour de S.Ém.le cardinal Léger, le conférencier invité.Mgr Rhéaume remercia au nom des récipiendaires.Il se faisait tard, mais il parla sans se presser, un peu comme un père de famille avancé en âge qui, sentant venir la fin, raconte à ses enfants le résultat de son expérience féconde.Cette expérience était vaste.Mgr Rhéaume l\u2019avait acquise avec la patience apostolique de l\u2019ouvrier qui sait combien est précieuse la vigne du Seigneur.Il a bien mérité le repos qu\u2019il goûte maintenant en Lui.S.Exc.Mgr Maxime Tessier, évêque coadjuteur avec droit de succession depuis le 24 décembre 1953, est le nouveau chef du diocèse de Timmins.Avec nos condoléances pour la mort de son prédécesseur, nous lui présentons respectueusement, au nom de Relations, nos hommages et nos vœux.A.P.Mgr P.-Em.Gosselin Les nombreux amis de M.l\u2019abbé Paul-Émile Gosselin se sont réjouis de son élévation à la dignité de prélat domestique.Plusieurs journaux ont déjà signalé les dévouements du nouveau prélat.Une de ses fonctions mérite qu\u2019on la signale spécialement, même si elle ne s\u2019exerce pas dans un cadre strictement diocésain: celle de secrétaire du Conseil de la Vie française.M.Louis-Philippe Roy écrivait, le 28 avril, dans l'Action catholique, organe de l\u2019Action sociale catholique dont Mgr Gosselin est le directeur général: « Notre fierté et notre joie sont sans doute partagées par la très grande famille des minorités françaises éparses dans tout le pays et en Amérique, car elles connaissent toutes l\u2019abbé Gosselin qui les a visitées, encouragées et aidées de quelque façon à plusieurs reprises.» Cette réflexion de M.Roy me rappelle la fête offerte par un groupe d\u2019enfants de l\u2019école Notre-Dame-de-Fatima de Maillard ville (bien exercés par les religieuses) aux voyageurs de la Liaison française, à l\u2019été de 1953.Si le Conseil de la Vie française fut à l\u2019honneur, son secrétaire, qui, durant les mois précédents, avait suivi de près la question des écoles de Maillardville, reçut sa bonne part de compliments.C\u2019était là, en plus d\u2019un hommage personnel, un exemple concret de ce que représente le Conseil pour les minorités.Celles-ci s\u2019unissent donc aux autres amis de Mgr Gosselin pour lui présenter leurs meilleurs vœux.A.P.La souscription Quand ce numéro paraîtra, la souscription patriotique patriotique ne sera pas terminée.A Montréal, elle sera presque à ses débuts.Notre éditorial de mai (p.114) n\u2019a donc rien perdu de son actualité.Nous invitons chacun de nos lecteurs à faire sa part, si modeste soit-elle, à parler aussi de la souscription autour de lui.Quiconque connaît le moindrement les besoins et le rôle de nos minorités n\u2019éprouvera aucune difficulté à réagir favorablement.Comment songer à garder tout l\u2019argent du Québec chez nous sous prétexte d\u2019édifier plus rapidement une province forte?C\u2019est là une vision étroite de la réalité.Sans doute, le Canada français, c\u2019est surtout la province de Québec, mais ce n\u2019est pas elle seulement.Dans chaque province vivent des Canadiens français; si les uns sont déjà assimilés et d\u2019autres anémiques, un grand nombre sont fidèles.Anémiques et fidèles ont besoin de notre appui moral et de notre aide en argent.Donner les deux, c\u2019est travailler à la vigueur de la nationalité canadienne-française.Posons donc, sans hésiter, un geste de solidarité.Posons-le avec optimisme.L\u2019argent ne sera pas vainement englouti dans des œuvres inutiles.Notre générosité viendra au secours de besoins réels et vitaux.A.P.L'observance\tLe congrès annuel de la Ligue du dimanche, du dimanche\tqUj 8\u2019est tenu ^ Montréal (fin avril), a permis de constater les principales transgressions de la loi concernant le précepte dominical.Pays chrétien, le Canada entend que ses citoyens respectent le jour du Seigneur.Une loi fédérale y pourvoit.La province de Québec, usant d\u2019un pouvoir que lui confère cette loi, l\u2019a quelque peu modifiée.Des prescriptions spéciales ont même été adoptées pour la vente des boissons acooliques.Mais la meilleure législation ne vaut rien si les autorités ne voient à son observation.Là est le mal avec les lois concernant le dimanche.Trop de gens les transgressent sans être inquiétés.Ainsi, on viole ouvertement la loi relative à la vente de l\u2019alcool.Il y a aussi trop d\u2019industries où le travail s\u2019effectue sept jours par semaine.Dans les mines de l\u2019Abitibi, par exemple.Et on nous a affirmé qu\u2019aux usines d\u2019aluminium à Arvida, trois mille ouvriers travaillaient le dimanche sous prétexte de nécessité.Même aux endroits où il n\u2019y a pas de production ce jour-là, un grand nombre d\u2019ouvriers doivent voir au nettoyage, aux réparations, etc.Une enquête royale, instituée en 1926 par le gouvernement de Québec, condamna cette pratique comme contraire à la loi.Le premier ministre d\u2019alors avertit les industriels que ce travail devait cesser.Puis la guerre est venue, et le même abus s\u2019est renouvelé.La Fédération des employés de la pulpe et du papier (C.T.C.C.) a entrepris une campagne contre cet état de choses.Les congressistes de la Ligue du dimanche lui ont promis leur appui.Et ils invitent tous ceux qui disposent de quelque influence dans ce domaine à les seconder.II faudrait même étendre cette campagne à toutes les industries, afin que nettoyages et réparations se fassent le samedi après-midi.La Ligue a insisté sur la nomination d\u2019inspecteurs dans diverses régions et d\u2019abord dans celle de Montréal.Un inspecteur ferme et consciencieux, appuyé par les autorités dont il relève, est une des meilleures sauvegardes de l\u2019observance du dimanche.Il n\u2019en existe que trois actuellement.156 RELATIONS Leur nombre devrait être au moins doublé.La demande en a été faite plusieurs fois au gouvernement provincial.Les congressistes y sont revenus une fois encore avec une insistance accrue.De nouvelles démarches auront lieu.La Ligue du dimanche prie ceux qui constatent la nécessité d\u2019un inspecteur dans leur région de vouloir bien s\u2019adresser au Secrétariat, 25, rue Jarry (Ouest), Montréal (11), en indiquant les raisons de leur demande.\tT n a à la télévision et, paraît-il, chez certains parlementaires de la C.C.F.On soupçonne même un consulat d\u2019héberger des Slaves plus ou moins suspects.Pour tenir bon, les Canadiens français réclament toujours plus de paroisses nationales, vu que les quatre déjà existantes sèment du miracle pour enrayer les glissements, les mariages civils et le communisme.Al.D.Une enquête sur Aux dirigeants de notre télévision natio-la télévision nale nous serions tenté de poser certaines questions.impertinentes.Par exemple, est-il vrai que le poste français CBFT a gardé à son service pendant de longs mois un réalisateur anglais parlant à peine le français?Est-il vrai que, l\u2019an dernier, on a supprimé d\u2019autorité les causeries de spiritualité féminine de l\u2019émission « Rêve et Réalité » ?D\u2019autre part, pourquoi s\u2019obstine-t-on à maintenir tel annonceur, sans art et sans vie ?Pourquoi dans certaines émissions-questionnaires, les mêmes experts reviennent-ils chaque fois exhiber leur inaptitude à poser des questions avec suite et à propos ?Nous croyons plus utile pour aujourd\u2019hui d\u2019attirer l\u2019attention sur une récente enquête qui offre ample matière à réflexion.Instituée par les dirigeants de la Croisade eucharistique, elle a suscité 21,035 réponses, venant de 11,836 parents, 8,309 enfants et 890 éducateurs.Les résultats de la compilation de ce volumineux dossier ont été consignés dans la revue Ma Paroisse (mai dernier).Un simple coup d\u2019œil suffit à donner une idée de l\u2019ampleur de l\u2019enquête, qui représente l\u2019opinion de la portion la plus saine de notre population.Sans doute, les préoccupations des correspondants tournent-elles autour de l\u2019aspect éducatif et pédagogique de la question.Toutefois, le nombre considérable et la provenance variée des réponses constituent un témoignage d\u2019une portée exceptionnelle.\t£ Q Nouvelle justice L\u2019axiome de Bismarck, « la force prime le droit », émigré depuis longtemps au Canada, va-t-il trouver reconnaissance officielle ?Notre Colombie adopte une curieuse et nouvelle conception de la justice: est juste ce que veut la majorité.Est-elle d\u2019ailleurs seule à juger de même?.Non seulement nos compatriotes, mais les autres catholiques y réclament l\u2019aide du gouvernement aux écoles séparées, qui enseignent la religion.Des lettres aux journaux mettent les choses au point : « L\u2019argent du gouvernement ne vient pas de l\u2019air, mais des taxes, donc aussi des nôtres.Nous demandons qu\u2019un peu de notre part de taxes nous revienne, comme ailleurs, comme en bonne démocratie, comme au Québec pour les protestants.L\u2019harmonie règne au Québec; en Colombie, c\u2019est l\u2019intolérance.» Un autre ajoute: « Au moins, que la deuxième taxe soit déduite de notre calcul d\u2019impôt sur le revenu! » Le Vancouver Sun (4 janvier) conclut au refus, « parce qu\u2019une vaste majorité est contre une telle aide ».Voilà un nouveau critère de justice, comme chez Bismarck et Hitler.Est juste ce qui fait l\u2019affaire: on a pourtant crié fort contre les Allemands! La majorité déclare que le vol n\u2019est plus le vol quand c\u2019est légal.Prendre nos taxes pour leurs écoles, sans rien donner ni déduire pour nos écoles, puis chanter le démocratique fair-play, c\u2019est l\u2019ogre expliquant au petit Poucet que, s\u2019il ne le mange pas, il manque à son devoir d\u2019ogre.Ça fait drôle.Ça fait triste dans cette province néo-païenne, ouverte au communisme, aux drogues venues de Chine et répandues chez la jeunesse des écoles.Dans tous les domaines, le communisme y fermente et agit: aux unions ouvrières, à la radio, Les apatrides Le récent traité austro-soviétique eut partout bonne presse jusqu\u2019au jour où l\u2019on en connut l\u2019article 16.Quand on apprit que trente-six mille réfugiés allaient être, contre leur volonté, rapatriés en U.R.S.S.ou dans les pays satellites, il y eut un tel sursaut à travers le monde que les « Grands » se raidirent.Cette fois, la situation a été sauvée.Espérons qu\u2019ils seront en sécurité, ces trente-six mille, encore pour quelques années.Mais la ténacité soviétique s\u2019est montrée jusqu\u2019ici inaccessible à tous les arguments.La brochure d\u2019Arpad Szelpal (les Sans-patrie, Paris, le Centurion, 1954, 143 pp.) reprend ainsi toute son actualité.« De 1939 à 1945, plus de cinquante millions de personnes, sans compter les combattants, ont été réduits à la condition de déracinés.» Sans compter les sans-patrie d\u2019origine chinoise, vietnamienne, coréenne.Sans compter les personnes encore plus nombreuses qui, par suite de l\u2019avènement de dictatures communistes, sont devenues des « étrangers dans leur propre patrie ».Il faudrait mettre cette brochure dans les mains de tout le monde, afin de réveiller nos consciences avant le jour du Jugement.Mais il y a un autre livre à écrire.Il relatera ce que les apatrides ont fait pour se réinstaller, la charité qu\u2019ils pratiquent envers ceux qui sont encore dans la misère, leur reconnaissance pour les moindres services qu\u2019on leur rend.Ce sera la plus divine des épopées.Dans les pays d\u2019accueil, au Canada par exemple, il y a eu tant de simple bonté! On pourrait décrire, en des pages interminables, l\u2019épanouissement du Christ charitable, qui assimile les nouveaux venus dans la tendresse du Corps mystique.Mais notre pauvre petit troupeau chrétien a tant et tant à faire dans un monde devenu trop dur, parce que trop païen.J.-H.L.« Istina » En 1934, le Centre d\u2019Études Istina commença à publier la revue Russie et Chrétienté, qui se maintint jusqu\u2019à 1950.Ce périodique s\u2019adressait à un public très cultivé, se distinguait par l\u2019ampleur de sa documentation et la solidité de sa doctrine.On faisait confiance au P.C.-J.Dumont, O.P.Aujourd\u2019hui, Russie et Chrétienté fait place à Istina (Boulogne-sur-Seine, 25, boul.d\u2019Auteuil, revue trimestrielle, 128 pp., 24 cm.), qui s\u2019adresse à un public semblable et imprime des travaux de valeur; mais l\u2019objet de la revue a évolué.Les contacts du P.Dumont s\u2019étendent non seulement aux milieux russes, mais aux protestants, à l\u2019œcuménisme tout entier.Quatre grandes rubriques se partageront la revue: a Russie et chrétienté » (qui continue la revue précédente), « Chrétientés orientales » (autres que la chrétienté russe), « Orient et Occident » (rapports entre fractions orientales et occidentales du monde chrétien), « Problèmes de l\u2019œcuménisme ».Istina, qui veut établir et améliorer le dialogue avec les chrétiens séparés, aura un caractère documentaire et publiera des études de non-catholiques.Le premier numéro contient un article du théologien orthodoxe A.Schmémann sjir le patriarche œcuménique et la place qu\u2019il occupe dans l\u2019Église orthodoxe.Le P.Dumont l\u2019a annoté en théologien catholique.M.-J.Le Guillou fait un résumé des thèses du théologien luthérien Ernst Benz sur les rapports entre l\u2019orthodoxie et le protestantisme; des travaux sur l\u2019œcuménisme et Evanston remplissent le reste du numéro.JUIN 1955 157 Le P.Dumont fait preuve d\u2019un courage peu ordinaire en donnant à sa revue, après un succès de vingt et un ans, une orientation aussi nouvelle.Les chrétiens séparés de nous ont droit à ce qu\u2019on respecte leur bonne foi et le désintéressement de leur sincérité.Les catholiques croient que Jésus-Christ est vivant dans son Église, son Corps mystique, qu\u2019il gouverne par son vicaire, l\u2019évêque de Rome.Leur obéissance au Pape repose non sur une convention pragmatique, sujette à changement, mais sur une de ces « paroles de vie éternelle » que les apôtres reçurent du Christ.C\u2019est dire que le dialogue, s\u2019il s\u2019épanouit dans la lumière, ne sera pas seulement délicat et intéressant.On ne s\u2019approche pas du Christ sans en être éclairé.On peut se procurer à Montréal la revue Istina, en s\u2019adressant à Periodica, 5112, avenue Papineau.J.-H.L.\u2022.\u2014.'¦ ¦ \u2022 SPIRITUALITÉ LA SOIF DE JÉSUS Luigi d'APOLLONIA, S.J.DU HAUT DE LA CROIX, Jésus poussa ce cri: Sitio ! J\u2019ai soif ! « Il y avait là, dit saint Jean, un vase plein de vinaigre.On imbiba de vinaigre une éponge qu\u2019on mit au bout d\u2019un roseau, et on l\u2019approcha de sa bouche.» Jésus prit le vinaigre.Dieu a soif! Au moment d\u2019être cloué au bois, il avait refusé le vin mêlé de myrrhe.Ce n\u2019est donc pas de la soif physique qu\u2019il se lamente.N\u2019est-ce pas lui, Yahveh, qui, au commencement, a séparé les eaux qui sont au-dessous du firmament des eaux qui sont au-dessus?Comme le chante le psalmiste, Il a fondé la terre sur les mers, l\u2019a établie sur les fleuves, et l\u2019a fait reposer par des colonnes sur l\u2019océan inférieur.S\u2019il l\u2019avait voulu, il eût pu faire jaillir une source du rocher même du Calvaire.Au temps prédit par les prophètes, n\u2019est-il pas descendu sur la terre comme la fraîcheur de la rosée ?N\u2019est-il pas la source d\u2019eau vive que les hommes délaissent pour se creuser des citernes crevassées?Sitio ! J\u2019ai soif ! Ce cri est un cri d\u2019amour.Le voyageur, épuisé par la route, demande à la Samaritaine de lui donner à boire.Le berger, dans la nuit qui tombe, cherche la brebis perdue.Le Père appelle l\u2019enfant prodigue.J\u2019ai soif! Jésus n\u2019emprunte ni aux fouets, ni aux épines, ni aux clous de la Passion, mais à la soif, la brûlure du plus cruel des supplices, pour exprimer la violence de son amour.Des siècles plus tard, lorsqu\u2019il révèle à sa servante Marguerite-Marie la dévotion à son Sacré Cœur, c\u2019est le même cri: «Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu\u2019il n\u2019a rien épargné jusqu\u2019à s\u2019épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour.» * On comprend que l\u2019homme ait soif de Dieu.Être participé, il ne peut même pas se définir sans Dieu.Mais tout se passe comme si Dieu avait besoin de l\u2019homme et cherchait en lui sa plénitude.Il souffle sur le chaos primordial et, dans le « tohu-bohu », met de l\u2019ordre pour que l\u2019homme, son image et sa ressemblance, y puisse vivre comme dans un jardin.C\u2019est une grave erreur que de réserver la loi d\u2019amour à la Nouvelle Alliance et de ne voir dans l\u2019Ancienne que la loi de crainte.Tout le sens de l\u2019histoire sainte s\u2019élève contre cette interprétation.Israël est la vigne bien-aimée.Une mère oublierait son enfant que Yahveh ne pourrait oublier son peuple.L\u2019allégorie conjugale qui chante l\u2019amour de Dieu pour Israël et d\u2019Israël pour Dieu ne se retrouve pas uniquement dans le Cantique des cantiques; elle baigne toute la tradition prophétique.Pour Osée, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, elle est chose familière.« Car Yahveh mettra son plaisir en toi, déclare Isaïe, et ta terre aura un époux,.et comme la fiancée fait la joie du fiancé, ainsi tu seras la joie de ton Dieu.» Dieu attire Israël dans le désert, lui parle au cœur et l\u2019épouse: « Tu aimeras ton Dieu », lui dit-il.Désormais tout amour d\u2019Israël pour un autre que son Dieu devient l\u2019adultère.« Comme une femme trahit son amant, gémit le prophète Jérémie, ainsi vous m\u2019avez été infidèle, maison d\u2019Israël.» Et le prophète Osée: « Elle allait après ses amants, et moi, elle m\u2019oubliait.» Mais l\u2019épouse infidèle n\u2019a pas à douter du pardon.L\u2019Époux bafoué rêve aux jours pleins de grâce et de tendresse.Il en est tout bouleversé.Il admire sa beauté dont lui-même l\u2019a ornée, et il l\u2019aime toujours.« Comme une femme délaissée et affligée, Yahveh te rappelle, lit-on dans Isaïe, comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée.Un instant, un moment, je t\u2019ai abandonnée, mais avec une grande miséricorde je te rassemble.» Et l\u2019épouse dira avec Osée: « J\u2019irai et je retournerai vers mon premier mari, car j\u2019étais plus heureuse alors que maintenant.» Dieu use d\u2019une pédagogie insondable pour révéler les voies de son amour.Voici venir la plénitude des temps.Les mots ne suffisent plus.La Parole elle-même s\u2019incarne et devient en tout semblable à l\u2019objet de son amour, excepté le péché, et le lave de tous les adultères dans son propre sang, car il n\u2019y a pas de plus grande preuve d\u2019amour que de donner sa vie pour celui qu\u2019on aime.Ëncore une fois, tout se passe, tout, comme si Dieu avait besoin des hommes, de tous et de chacun, depuis le commencement du monde jusqu\u2019à la fin des temps.Et pourtant, nous savons bien qu\u2019il n\u2019en est rien.Dieu n\u2019a besoin de personne; il se suffit parfaitement à lui-même; la création n\u2019ajoute rien à son être; il admire dans sa créature ses propres dons, et le salut de toutes les âmes n\u2019augmente pas son bonheur.Ce n\u2019est pas là blasphémer.Dieu ne peut avoir soif que de Dieu.La terre entière retournerait au néant d\u2019où Dieu l\u2019a sortie que le Créateur n\u2019en serait pas plus indigent ni moins heureux.L\u2019esprit défaille.Dieu n\u2019a rien à retirer de son amour pour les hommes.Il n\u2019en attend rien, aucune récompense, bien sûr, ni même, en un sens, aucun retour.Il aime l\u2019homme parce qu\u2019il l\u2019aime, et pour aucune autre raison.Il l\u2019aime pour l\u2019aimer.Son amour est pure gratuité, car le don réel et réciproque, à égalité de la divinité elle-même, il le trouve dans le Saint Esprit, le Baiser du Père au Fils où Dieu est aimé avec la volonté même de Dieu.Et pourtant, c\u2019est Lui qui soupire après l\u2019amour misérable de l\u2019homme.Et c\u2019est l\u2019homme qui repousse son amour infini.Et cet homme réfractaire dit qu\u2019il n\u2019a pas soif, que Dieu n\u2019est pas l\u2019Eau vive, qu\u2019il n\u2019est pas une eau buvable, qu\u2019on peut se désaltérer ailleurs, ou que l\u2019Eau n\u2019existe même pas.Mais Dieu l\u2019aime toujours comme s\u2019il était sa fin et sa propre raison d\u2019être.On dirait qu\u2019il a peur d\u2019être privé de quelque chose d\u2019essentiel.C\u2019est à n\u2019y rien comprendre.Il le poursuit.158 R ELATICNS Il l\u2019attire.Il l\u2019enveloppe de sa présence.Il le comble de ses avances.Il arrache même son çropre Fils de son sein pour le lui donner, et le Fils arrache l\u2019Église de son côté ouvert pour lui laisser son Corps mystique, et le Père et le Fils envoient l\u2019Esprit Saint afin que l\u2019homme puisse aimer Dieu avec le même amour dont Dieu s\u2019aime et dire: Abba ! Pater ! Ce sont des extravagances inouïes.L\u2019homme pèche, se dégrade, se prend lui-même en dégoût.Mais Lui, qui est la sainteté même et que la moindre offense blesse, n\u2019a de dégoût pour personne.Au temps de la réconciliation, c\u2019est encore Lui qui fait le premier pas et même tout le chemin, et qui, pour préparer ce moment, met le désenchantement dans les plaisirs, la fragilité dans la beauté, les illusions dans les amours humaines, l\u2019ennui dans le repliement sur soi, l\u2019insatisfaction dans l\u2019intelligence, et cette inguérissable nostalgie dans le coeur, ce moment dût-il être le dernier moment de la vie.Il sait attendre jusque là, malgré tous les refus.Il accompagnera même l\u2019âme dans ces ténèbres qui séparent la mort apparente de la mort réelle.Sitio ! J\u2019ai soif! Qui dira toutes les ruses, toutes les tendresses, toutes les patiences de cette soif?Mais qui en dira aussi toutes les exigences, tous les ombrages et toutes les jalousies?Un rien le ravit, mais il veut tout.Rien ne lui importe, et tout lui importe.Un soupir, un regard, et il pardonne, si grands que soient nos crimes; mais si légères que soient nos imperfections, il nous avertit que « rien de souillé n\u2019entrera au royaume des deux ».Oui, c\u2019est à n\u2019y rien comprendre.La raison ici perd ses droits et sa mesure.* Tout s\u2019éclaire cependant si, au lieu de suivre la logique de la raison, l\u2019on veut s\u2019abandonner à la logique de l\u2019amour.Nos rapports avec Dieu sont des rapports de personne à personne, de Père à fils, et, il faut le dire, malgré toutes nos misères, d\u2019admiration réciproque.C\u2019est pourquoi le péché est plus qu\u2019une loi qu\u2019on viole, mais l\u2019Amour qu\u2019on blesse; et c\u2019est pourquoi Dieu est si miséricordieux et si inexorable à la fois, si impassible et si vulnérable.Car il est moins le Dieu du Sinaï que cet Homme-Dieu, pendu à un gibet, et qui crie: « Sitio ! J\u2019ai soif! » Comprendrons-nous enfin que Dieu est le Sacré Cœur ?LE THÉÂTRE FESTIVAL ET FIN DE SAISON Paul-Emile RAC1COT, S.J.1E FESTIVAL d\u2019art dramatique a remis en honneur le nom de Marcel Dubé, qui remporte avec Chambres à ^ louer un nouveau trophée.On retrouve dans cette pièce le même accent direct que dans ses œuvres précédentes et le même goût pour la poésie simple et délicate.Cependant Zone affichait une vigueur plus nette et une intrigue mieux centrée.La télévision nous a donné un très bon aperçu de la pièce.Sur la scène du Gesù, la voix enrouée de presque tous les acteurs recréait difficilement l\u2019atmosphère favorable.Le dialogue de la mère avec la voix du père défunt était d\u2019un goût moins sûr.De plus, les entrées ou sorties brusques des personnages dispersaient l\u2019attention.On connaît l\u2019histoire de la jeune pensionnaire qui provoque, par son arrivée dans une famille, les amours violents, intéressés et naïfs des trois garçons.Sa fin tragique produit sur la maisonnée un apaisement lourd de prudence et de souvenirs tumultueux.Monique Miller soutenait bien le rôle principal, sans faiblesse ni excès.Guy Godin passait péniblement du récitatif sentimental à la passion vécue.Le rôle des deux jeunes voisins flâneurs et fureteurs était plein de charme et d\u2019espièglerie.* Une autre production nouvelle pour le festival fut le drame de Roger Sinclair, intitulé Ceux qui se taisent.La pièce oppose la révolte nerveuse du jeune homme frustré et la duplicité enveloppante d\u2019une femme amoureuse.L\u2019auteur a situé ses personnages en Nouvelle-Écosse, et le style rappelle les climats brumeux des écrivains anglais.Dominique rage de voir son talent méconnu.La cousine Nathalie qui l\u2019héberge l\u2019apaise sans résultat.Quand l\u2019ivrogne rentre à la maison ou que la donzelle court la prétentaine, Nathalie sait fort bien qu\u2019ils marchent à leur perte.Ainsi, elle aura le champ libre pour retenir le petit sauvage; mais celui-ci partira vers l\u2019Ouest, laissant l\u2019amante affolée.Les déclamations grandiloquentes et fielleuses s\u2019enchaînent d\u2019une scène JUIN 1955 à l\u2019autre, épuisant la verve des acteurs et les nerfs des assistants.Jean Saint-Denis, crispé et tendu, force la note.Mlle Janou, étrange et excentrique, exagère évidemment.Guy Bélanger, très calme et serein, n\u2019arrive pas à tempérer ces énergumènes.Cependant Micheline Gérin révèle un jeu soigné, sobre et contenu; sa personnalité inspire le respect dû au talent.* Le Théâtre de Paris a tenu l\u2019affiche durant plusieurs semaines à l\u2019Arcade, et pendant ce temps, le théâtre de Montréal suspendait son activité.On dit que l\u2019entreprise de MM.Roche et de Grandmont n\u2019a pas réussi suffisamment.A qui la faute?Ces promoteurs intéressés se montrent naïfs et cruels envers nos artistes et la cause du théâtre qu\u2019ils veulent servir.Encore une fois, le public fut moins condescendant et moins enthousiaste que nos critiques.Il y a bien M.Béraud qui reprochait poliment, ici et là, quelques longueurs ou erreurs d\u2019interprétation.Pourtant, la valeur d\u2019une pièce ne doit pas être admise sans discussion.Quand il s\u2019agit à\u2019Un nommé Judas, on se rappelle assez bien la Passion du Christ pour discerner les réhabilitations imaginaires ou littéraires.Mais pour l\u2019Ile des Chèvres, quelle complaisance! On trouve aimable le jeu des acteurs, magnifique la langue de l\u2019écrivain, et le sujet., on le résume sans jugement.Ces Français sont-ils trop grands?D\u2019ailleurs, Montréal a déjà vu mieux que cette troupe, qui passe sans doute à Paris pour l\u2019équivalent de notre ligue Dépression au hockey.* Revenons à Monique Lepage ou plutôt à la comédie de Musset, le Chandelier, que le Théâtre-Club a si bien interprétée.Disons tout de suite qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019amour d\u2019une jeune femme pour un dragon de passage.Sujet un peu leste et trop facile pour la comédie.Afin de détourner les soupçons du mari âgé, les amants vont se servir d\u2019un de ses clercs 159 comme paravent ou chandelier.Le jeune homme, sincère dans son jeu, se révèle astucieux à son tour, en écartant habilement l\u2019intrus.En poète élégant, Musset déroule son intrigue d\u2019une façon délicatement amusante et légèrement captivante.Pièce reposante, car le spectateur n\u2019a qu\u2019à regarder et entendre.Le décor, en effet, est adroitement arrangé pour que sous vos yeux le jardin obscur se change en salon ou en chambre de couleur.Quant au style de Musset, il est soigné, mais fort peu pétillant.Les interprètes, sous la direction de M.Doat, ont donné un spectacle de belle qualité, et Monique Lepage manifeste une souplesse étonnante de grande artiste, jouant la rouerie avec autant de conviction que de candeur.Henri Norbert n\u2019a rien de transcendant, et Jean-Paul Dugas excelle dans la retenue et la réserve du sentiment.On est ici loin de l\u2019édification: le dilettantisme de Musset n\u2019a cure ni de la morale ni des conventions de l\u2019art.* Et maintenant Azouk, comédie vraiment originale et audacieuse.A Tarascon, Honoré prépare sa réélection à la mairie.Son père, le vieil Arsène, rêve de chasse et d\u2019aventures au pays de l\u2019Inde.Le bonhomme aime le vin, et voici que le rêve devient réalité.L\u2019éléphant blanc est bel et bien installé dans le couloir de la salle à dîner.Honoré et sa femme s'étonnent, les voisins murmurent, le village s\u2019émeut, pendant que le vieux rigole.Arsène pourra marcher le front haut parmi les gens du midi, car l\u2019éléphant Azouk l\u2019a conduit jusque dans les jungles de l\u2019Orient.Mais le réveil réduit à néant ses exploits et la sagesse si sympathique de l\u2019éléphant.Rivemale n\u2019a pas hésité devant l\u2019inspiration fantaisiste de son esprit, et le spectateur revit les contes de son enfance, comme s\u2019il feuilletait lui-même un album illustré.Les acteurs ont joué avec l\u2019entrain et l\u2019assurance qui conviennent à un sujet nouveau.Jean Gascon interprète fort bien le rôle du vieil Arsène.On reconnaît la voix et l\u2019expression d\u2019Hoffmann dans la mimique amusante d\u2019Azouk.L\u2019accent marseillais manque de constance et de couleur, surtout chez les femmes.Une nouvelle venue, Andrée Lachapelle, se tire très bien d\u2019affaire.Dalmain, Deret, Groulx, Désy et Roux complètent avantageusement la distribution.Le Théâtre du Nouveau Monde termine ainsi sur une note gaie et fraîche sa quatrième saison.On parle de voyage et de représentation à Paris; souhaitons à cette troupe bon succès et retour enthousiaste pour la saison prochaine.HORIZON INTERNATIONAL RÉGIMES TOTALITAIRES ARGENTINE /COMMENÇONS par la République, ar-gentine.L\u2019assaut du président Perôn contre l\u2019Église catholique donne déjà lieu à un dossier considérable.La Documentation catholique, de Paris (9 janv.et 17 avril 1955), a publié les documents officiels suivants: discours de Perôn aux gouverneurs de provinces et aux dirigeants des organisations de parti (10 nov.1954); lettre de l\u2019épiscopat à M.Perôn (19 nov.); lettre de l\u2019épiscopat aux fidèles (22 nov.); discours à l\u2019assemblée de Luna Park, y compris celui de M.Perôn; lettre de l\u2019épiscopat aux fidèles sur le divorce (23 déc.) ; lettre des évêques à M.Perôn sur la politique scolaire (16 mars 1955); lettre de l\u2019épiscopat aux fidèles sur les droits de l\u2019Église.L\u2019Osservatore Romano a fait paraître plusieurs articles au sujet de cette crise.Pour les catholiques, la situation ne saurait être plus claire: le régime totalitaire de M.Perôn écarte l\u2019Église de toute activité qui n\u2019est pas rigoureusement cultuelle, il l\u2019enferme à l\u2019intérieur des sacristies et des temples.Tout le reste devient illégal.Des lois furent votées qui répugnent au sentiment religieux et moral de l\u2019immense majorité de la population; elles font partie, en revanche, du programme maçonnique de tous les pays : lois contre l\u2019enseignement de la religion, lois sur le divorce, sur la non-confes-sionnalité des syndicats.A cela, s\u2019il faut en croire un récent numéro de la revue Time, M.Perôn vient d\u2019ajouter l\u2019exploitation officielle de la prostitution par l\u2019État.On aura tout vu.On connaissait l\u2019État marchand de tabac et d\u2019allumettes, l\u2019État hôtelier et l\u2019État médecin.Perôn ouvre l\u2019ère de l\u2019État proxénète.Son établissement, qui sera loué par le gouvernement à des tenanciers de sa confiance, \u2014 je n\u2019ose pas employer les mots propres (ou malpropres), \u2014 coûtera aux contribuables un peu plus de six millions de dollars.N\u2019y aurait-il que cette seule raison, elle suffirait pour que M.Perôn, après sa mort, ait moins de chance d\u2019être canonisé qu\u2019Evita Perôn.160 Ne voilà-t-il pas que The New Age, qui est la revue du suprême Conseil^ du 33e degré du rite écossais de la franc-maçonnerie aux États-Unis, publie une apologie de M.Perôn.L\u2019auteur en est Don Fabiano Onsari, P.G.M.33°, souverain grand commandeur du Conseil suprême de la République argentine.Parmi les « Puissants et Souverains Grands Commandeurs Généraux » (tel est le titre auquel ont droit les F.M.du 33* degré), il n\u2019y en avait pas de plus vénérable et de plus altier.Don Fabiano rappelle la constitution de 1853 et ses articles ayant trait à la religion.En 1884, la loi imposa l\u2019éducation libre, obligatoire et laïque.En 1943, sous la présidence du général Ramirez, l\u2019éducation religieuse redevint obligatoire, et le catéchisme fit partie des matières d\u2019examen.L\u2019exemption était accordée à la demande des parents, et M.Onsari nous avertit que « moi, personnellement, je peux dire que je refusai de permettre à mes enfants d\u2019apprendre la religion catholique.Ils n\u2019assistèrent donc pas à ces classes et ne furent pas molestés pour cette raison ».Il nous assure encore que, jusqu\u2019à présent, « les Églises non catholiques ont toujours joui de la liberté dans ce pays ».On peut donc résumer la situation comme suit: l\u2019État donnait à l\u2019ensemble de la population, qui était catholique, un enseignement catholique.Cet enseignement cessait d\u2019être obligatoire dès qu\u2019on demandait l\u2019exemption; les Églises minoritaires jouissaient d\u2019une liberté pleine et entière.Perôn vient d\u2019introduire, nous dit l\u2019auteur, « un changement radical ».Il résume en sept points les « privilèges » dont l\u2019Église a été dépouillée: on a supprimé l\u2019inspection de l\u2019enseignement religieux et soulagé le budget de « centaines de prêtres et laïques fanatiques », dédiés à répandre le catholicisme romain; la classe de catéchisme ne compte plus pour l\u2019examen; les processions sont interdites; le président Perôn a dénoncé publiquement l\u2019activité « politique » de quelques évêques et prêtres; on rapporte que quelques prêtres ont été RELATIONS arrêtés pour des « crimes et délits » qui auraient fait appréhender n\u2019importe quel autre citoyen; on a passé une loi permettant le divorce et supprimant les différences entre enfants légitimes, illégitimes et adultérins; enfin, « tous les cultes religieux sont absolument libres,.il faut dire, en toute équité, que les Églises non catholiques ont toujours été libres dans ce pays ».« Comme on l\u2019aura remarqué, ajoute en conclusion Don Fabiano, avec une sublime inconscience maçonnique, il n\u2019y a pas eu jusqu\u2019ici de persécution religieuse.» A la place de l\u2019enseignement catholique sur l\u2019école, le mariage, les syndicats, les rapports entre l\u2019Église et l\u2019État, M.Perôn impose obligatoirement ce qui semble être, puisque Don Fabiano l\u2019approuve, la doctrine maçonnique.Tirons d\u2019autres conclusions, encore plus ahurissantes.a)\tQuelle que soit la dictature au pouvoir en Amérique latine, la franc-maçonnerie l\u2019appuiera toujours, à condition qu\u2019elle soit dirigée contre les sentiments religieux de la presque totalité de la population.Cela, c\u2019est du libéralisme, de la liberté, de la démocratie.b)\tLa lutte contre l\u2019Église catholique devient une lutte contre le christianisme lui-même.L\u2019émiettement protestant ne pouvant faire concurrence à la religion « laïque » imposée par l\u2019État maçonnique, les avantages reconnus par la franc-maçonnerie aux minorités protestantes ont pour but de démolir l\u2019Église catholique en Amérique du Sud.Nos vénérables maçons et leur cour de pasteurs appartiennent au xviii® siècle: Ecrl\u2019inf ! dirait Voltaire.c)\tQuand on parle de séparation de l\u2019Église et de l\u2019État, on se tait sur les rapports entre la franc-maçonnerie et l\u2019État.Depuis que les francs-maçons sont arrivés, au nom de la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État, à mettre le christianisme en dehors de l\u2019État, ils ont fait de l\u2019État une chasse réservée aux francs-maçons.L\u2019union de la franc-maçonnerie et de l\u2019État est un des problèmes les plus graves à affronter et à résoudre, si l\u2019on veut arriver à un minimum de sincérité politique.Un aspect révélateur de cette discussion vient d\u2019être souligné par l\u2019épiscopat de Colombie, où le mouvement ouvrier avait connu une histoire mouvementée.Sous l\u2019égide du parti libéral, alors au pouvoir, l\u2019état-major communiste du congrès syndical de Medellin (1936) imposa l\u2019unité syndicale aux ouvriers de Colombie et créa la Confédération générale des Travailleurs de Colombie.Le comité dirigeant fut composé de quatre communistes, quatre socialistes, quatre libéraux de gauche et trois « modérés », qu\u2019on n\u2019a pas besoin de décrire davantage; un « modéré » acceptable est un homme dépourvu de toute conviction, de tout entêtement, de toute idée personnelle.Il ne s\u2019acharne jamais dans son opposition, mais capitule chaque fois que Jupiter fronce les sourcils et fait trembler l\u2019Olympe.Le gouvernement libéral mit la loi, la police, les juges et les prisons au service de cette dictature ouvrière, et la C.G.T.C.fut incorporée à la Confédération des Travailleurs de l\u2019Amérique latine, que Lombardo Toledano fondait alors dans la grande lumière rouge de l\u2019étoile communiste.Puis, l\u2019eau coula sous les ponts.En 1946, alarmés par le danger très grave créé par ces fortes unités communistes dans un pays à voies de communication rudimentaires, les catholiques sortirent de leur complaisante torpeur et fondèrent l\u2019Union des Travailleurs de Colombie.Celle-ci perdit un temps précieux à batailler pour obtenir la reconnaissance juridique.Cependant, les grands syndicats américains avaient fondé une fédération mondiale libre, opposée aux communistes et dans laquelle n\u2019entrait pas la confédération de Lombardo Toledano.Les Américains n\u2019aiment pas les organisations confessionnelles; aux États-Unis, où l\u2019émiettement religieux est considérable, on comprend difficilement quels peuvent être les rapports entre l\u2019Eglise et les syndicats.Il n\u2019est pas facile de faire comprendre aux États-Unis que, dans les pays où la presque totalité de la population est catholique, on n\u2019admet pas cette laïcité syndicale qui risque d\u2019affranchir l\u2019action sociale de la loi morale.De plus, les chefs ouvriers américains sont comme tout le monde: ils n\u2019aiment pas partager leur autorité.Ils manœuvrent facilement les chefs syndicaux ibéro-américains, car ils ont l\u2019argent qu\u2019ils veulent; un curé est moins maniable.En Colombie, d\u2019autre part, il n\u2019y avait pas de choix; la C.G.T.C.était tellement communisante que la Confédération indépendante du Travail se vit obligée de donner son appui à l\u2019Union des Travailleurs de Colombie.Habilement dirigée, celle-ci devint de plus en plus forte, si bien qu\u2019au bout de quelque temps, une partie considérable de la C.G.T.C.lâcha (au moins apparemment) les communistes et la C.T.A.L.pour revenir au bercail américain.La situation ouvrière restait confuse, car il y avait désormais deux centrales.En 1939, Molotov et Ribentropp prouvèrent au monde que « qui se ressemble s\u2019assemble », et unirent leurs dictatures.On eut le même phénomène en Colombie.En 1948, quelques dirigeants de la C.G.T.C.s\u2019abouchèrent avec l\u2019attaché ouvrier de l\u2019ambassade d\u2019Argentine en Colombie; ils organisèrent leur premier congrès grâce aux subsides de M.Perôn, et constituèrent la Confédération nationale du Travail (C.N.T.).Ils firent la guerre à l\u2019Union des Travailleurs de Colombie.Le 11 février 1955, les évêques de la Colombie condamnèrent la C.N.T.et, avec elle, le communisme, le socialisme et le « justicialisme » de M.Perôn.Il n\u2019y a pas de place pour des catholiques dans ces systèmes.Fatigués de divisions et de haines partisanes, les hommes de bonne volonté sentent le besoin de chercher la concorde et de contribuer en commun à rendre la nation grande et aimable.Ne permettons pas que des idéologies étrangères viennent troubler notre conception chrétienne et démocratique de H vie sociale, de l\u2019autorité et des relations ouvrières.Nous défendrons ainsi notre riche patrimoine moral et matériel, et nous assurerons l\u2019avenir de la patrie.BELGIQUE J A PRESSE CA THOLIQ UE s\u2019est montrée JLj très réservée au sujet des événements de Belgique.On ne veut pas éteindre la mèche qui fume encore.Si le gouvernement a perdu toute idée de responsabilité, il ne faut pas donner à quelques sectaires un prétexte pour accumuler des ruines irréparables au moment où l\u2019existence même de l\u2019Europe est en jeu.On a tout de même dû faire de brèves chroniques et les accompagner de quelques commentaires.Le 24 mars, en protestation contre la loi Collard, jugée inacceptable, les 900,000 élèves des écoles catholiques du pays firent la grève.Dans certaines localités, comme à Anvers, beaucoup d\u2019enfants de « la laïque » s\u2019associèrent aux petits protestataires.Le gouvernement se fâcha et prit les grands moyens.Il interdit tout rassemblement de plus de cinq personnes dans le territoire de Bruxelles, dans la province de Brabant et dans d\u2019autres localités.Les gens décidèrent de manifester quand même.Environ 300,000 personnes se réunirent à Bruxelles, où 8,000 agents de police les empêchèrent d\u2019avancer.Il y eut des charges à cheval; des bouches à incendie furent ouvertes sur la foule; on arrêta au delà de mille manifestants; on empêcha de prendre des photographies, et il y eut de nombreux blessés.JUIN 1955 161 UOsservatore Romano, qui commenta brièvement ces événements, a gardé jusqu\u2019ici une impressionnante réserve.On trouvera un dossier doctrinal dans la Revue Nouvelle (15 mars 1955).L\u2019épisode le plus absurde de cette lutte scolaire semble avoir été l\u2019introduction à grande échelle de l\u2019école publique au Congo et au Ruanda-Urundi.L\u2019opinion congolaise acceptait avec indifférence ou sympathie un système d\u2019écoles officielles neutres; il y a une population musulmane considérable; les protestants ont un système d\u2019écoles qui groupe déjà environ 300,000 enfants.Qu\u2019on ait songé à établir un réseau d\u2019écoles publiques et neutres pour la population non catholique, personne ne s\u2019y opposait.Le gouvernement partit en guerre contre les missionnaires, multiplia ses écoles, sans s\u2019assurer qu\u2019il y eût des professeurs adaptés au nouveau système, sans déterminer les programmes avec un soin suffisant, et ce fut la guérilla scolaire.Après huit mois, M.Busseret s\u2019en alla à Léopoldville conclure un pan-mun-jon avec l\u2019évêque, Mgr Verwimp.Amuser les Congolais avec ces querelles, au moment où le communisme ouvre une formidable offensive contre le « colonialisme » en Afrique, c\u2019était plus que de l\u2019inconscience.En Belgique, Jean Delfosse est moins inquiet de l\u2019hostilité vis-à-vis de l\u2019enseignement catholique que de l\u2019étatisme foncier, manifesté par la nouvelle loi.Elle tend à donner à l\u2019État un monopole absolu en matière d\u2019enseignement, ne respectant même pas l\u2019autonomie dont les provinces et les communes ont traditionnellement joui en ce domaine.Bien des personnes, en Belgique comme ailleurs, partent du principe que la religion divise les esprits.On l\u2019a répété sur tous les tons.Il faut, disent-ils, faire l\u2019unité des esprits et des volontés par-dessus les divisions religieuses.On aboutira à ce résultat si l\u2019État donne à l\u2019enfance une éducation unique et obligatoire, si tous les enfants sont formés à la même école et y prennent des habitudes de tolérance mutuelle.Ainsi, chaque chose est mise à sa place: la religion devient une habitude individuelle, mais qui doit être tenue farouchement à l\u2019écart de l\u2019école, de l\u2019État, du syndicat, de la politique, de tous les endroits où les citoyens se rencontrent.Telle est la thèse qui prévaut presque partout où la franc-maçonnerie s\u2019est installée au pouvoir.Seulement, ce qu\u2019on ne voit pas, c\u2019est que le pouvoir politique devient ainsi le juge souverain des vérités éternelles, l\u2019arbitre suprême des controverses morales.Il prend la place de Dieu.Que ce néopaganisme soit la seule solution acceptable à ceux qui ne reconnaissent pas une autorité spirituelle indépendante de l\u2019État politique, cela se conçoit, et c\u2019est terrible.C\u2019est la loi de la jungle entre les États.On espère toujours que l\u2019éducation unique universelle donnera le jour à la démocratie universelle, \u2014 c\u2019est l\u2019illusion de l\u2019Unesco, \u2014 ou au communisme universel, \u2014 c\u2019est le rêve du Kominform, \u2014 ou à quelque autre transcendance.En fait, le mouvement s\u2019accentue de plus en plus vers la tyrannie universelle.Il y a vingt ou trente ans, on réagissait contre le courant.Les catholiques belges donnent aujourd\u2019hui un rare exemple de courage civique.Ils sont les champions de la liberté.U.R.S.S.TE MÉTROPOLITE NICOLAS, porte-/ j voix du gouvernement soviétique pour la propagande dans les milieux ecclésiastiques, fit rapport, le 2 décembre, sur son voyage à Stockholm, où il prit part à la réunion du Bureau du Conseil mondial de la Paix.La revue patriarcale de Moscou n\u2019a pas encore imprimé le texte de ce rapport.Il y eut beaucoup d\u2019ecclésiastiques à Stockholm.Le métropolite Nicolas se fit photographier avec le pasteur luthérien suédois Hector, avec le secrétaire de la Éédération des Églises protestantes de l\u2019Inde, Williams, et avec le prêtre catholique birman Kich Min Jou.On discuta à la réunion des cinq points suivants: la collaboration des pays d\u2019Europe à une sécurité commune; la situation créée en Asie par des interventions étrangères et par un système de blocs et de coalitions; la situation faite en Asie par des interventions dans les affaires intérieures de certains pays; l\u2019action des forces mondiales de la paix pour l\u2019interdiction (avec ou sans contrôle?) des armes de destruction massive; la préparation du grand congrès pour la paix de 1955.Quand on sait ce que le mot « paix » veut dire dans la bouche d\u2019un soviétique, on s\u2019attend à voir le métropolite Nicolas se faire re-décorer.Le patriarche travaille avec plus d\u2019éclat encore.L\u2019an dernier, il reçut plusieurs délégations ecclésiastiques étrangères, dont la plus importante, assurément, fut celle qui venait d\u2019Angleterre (17 nov.\u2014 1er déc.1954).L\u2019Église anglicane y était représentée par le Dr Charles R.\tiver, chapelain royal.Le Dr Donald O.Soper (Conférence méthodiste), le chanoine Dr Archibald Campbell Craig (Église presbytérienne a\u2019Écosse), Ebenezer Cunningham (Union congrégationaliste d\u2019Angleterre et de Galles) et Alec S.\tHorsley (Quakers) illuminèrent l\u2019Église soviétique du prestige britannique et firent prévoir un œcuménisme nouveau.La revue du patriarcat de Moscou (février 1955) consacra dix pages à cet événement.Néanmoins, la cote ecclésiastique semble baisser à Moscou.La revue philosophique la plus importante est assurément Voprosy Filosofii, publiée tous les deux mois par l\u2019Académie des Sciences.Nous lisons dans le premier article du premier numéro de 1955: Un des vestiges les plus vivaces du capitalisme est le préjugé religieux.Ces derniers temps, on a ralenti la lutte contre les conceptions religieuses, on a mal fait la propagande scientifique et athée et le travail culturel d\u2019éducation.Quelques organisations du parti communiste, des syndicats, des jeunesses et autres ont mal compris dans quel sens la constitution de l\u2019Union soviétique avait octroyé la liberté de conscience; ils considérèrent la liberté de confession religieuse comme un abandon de la propagande scientifique athée.Ceci est en contradiction avec la politique du parti, qui est toute dirigée à déraciner les vestiges du passé, spécialement les préjugés religieux, en luttant contre eux par des moyens d\u2019ordre idéologique, éducationnel.Pour élever le niveau culturel de toute la population soviétique et pour son éducation communiste, il faut rendre plus forte la propagande scientifique athée.A cette occasion, comme le remarqua le Comité central du parti communiste de l\u2019Union soviétique dans son décret « Sur les erreurs commises dans la propagande antireligieuse parmi la population », il est inadmissible de violenter les sentiments des fidèles ou des ministres du culte, ou d\u2019intervenir de façon administrative dans l\u2019activité de l\u2019Église.La lutte idéologique des conceptions scientifiques antireligieuses contre les conceptions religieuses antiscientifiques ne comporte pas la lutte contre les gens religieux, qui, dans leur ensemble, sont des citoyens honorables et actifs, ou contre les ministres du culte, qui, dans leur majorité, occupent aujourd\u2019hui une position loyale par rapport au pouvoir soviétique.Dans notre société, composée de classes qui s\u2019entendent bien, il n\u2019y a pas de base sociale pour une idéologie bourgeoise.L\u2019âpreté de la lutte des classes vient du dehors, dans le domaine idéologique comme dans les autres.Le parti communiste démasque devant tout l\u2019univers l\u2019hostilité de l\u2019idéologie bourgeoise envers le peuple, son nationalisme, son cosmopolitisme, son racisme, son militarisme, son idéalisme et son mysticisme.Il lutte de toute son énergie contre le renouveau de cette idéologie dans le peuple soviétique.(P.7.) Joseph-H.Ledit.4 mai 1955.162 RELATIONS LES LIVRES RELIGION Ivan KOLOGRIVOF, S.J.: Le Sacrement d\u2019unité et de vie.\u2014 Bruges, Beyaert, 1954, 58 pp., 19.5 cm.L\u2019EUCHARISTIE est le plus essentiel des sacrements, et c\u2019est ' peut-être le plus méconnu; trop souvent on le relègue au rang des dévotions mièvres pour femmes sentimentales.En quelques pages denses, mais de lecture facile, l\u2019A.redonne à ce sacrement la place qui lui revient dans la religion du Christ.Sur son sacrifice rédempteur, le Christ a établi toute l\u2019économie de notre salut.Là est la raison d\u2019être du sacrement de l\u2019Eucharistie: perpétuer le sacrifice du Calvaire afin de permettre aux fidèles de tous les siècles de s\u2019en approprier les mérites et les effets sanctificateurs.C\u2019est dire que la vie chrétienne s\u2019identifie avec la vie eucharistique.La communion, explique l\u2019A., est la ratification indispensable du baptême, qui est une naissance à la vie de la grâce.« Par contre, l\u2019indifférence sceptique de plusieurs envers l\u2019Eucharistie ressemble à un reniement des promesses du baptême, puisqu\u2019elles étaient un engagement à recevoir ce Sacrement de la Vie.» (P.34.) Cet ouvrage, selon le dessein avoué de l\u2019A.lui-même, s\u2019adresse aux hommes et aux jeunes gens qui ont besoin de nourrir leur vie spirituelle d\u2019une dévotion « virile ».Mais tous les fidèles désireux de raisonner leur foi y trouveront les données dogmatiques nécessaires à la compréhension du saint sacrement.En outre, les deux derniers chapitres leur donneront des indications précieuses sur la pratique elle-même de la vie eucharistique.Maurice Pelletier.V Immaculée-Conception, Montréal.Jean Galot: Le Cœur du Christ.\u2014 Bruges (Paris), Desclée de Brouwer, 1953, 265 pp., 19.5 cm.T\u2019AUTEUR annonce clairement le but de son ouvrage de doc-trine spirituelle ( p.7): « Découvrir les sentiments intimes de Jésus tels que l\u2019Évangile nous les raconte ou fait pressentir, et pénétrer ainsi dans le cœur de l\u2019Homme-Dieu.» Trois sources nous révéleront la beauté, la richesse et la puissance des « sentiments intimes de Jésus » : l\u2019amour du Christ pour son Père céleste, l\u2019amour du Christ pour sa Mère immaculée, l\u2019amour du Christ pour les hommes pécheurs.C\u2019est le résumé de tout l\u2019ouvrage, dont le dernier chapitre nous ramène naturellement à la contemplation du Cœur du Christ comme image parfaite du Cœur du Père.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un volume qu\u2019on peut se contenter de lire avec intérêt, même spirituel, mais d\u2019un livre de méditation qui oblige à sacrifier le plaisir de la simple lecture au profit d\u2019un retour constant sur soi-même pour harmoniser ses idées et ses sentiments personnels avec les idées et les sentiments du Cœur du Christ.On découvrira ainsi, par la méditation de chaque page ou de chaque paragraphe ou même de chaque ligne de cet ouvrage éminemment riche en doctrine, que la cause de l\u2019amour du Christ pour son Père est la libéralité sans borne du Père pour le Fils, que l\u2019élan de l\u2019amour du Christ pour sa Mère est la pureté incomparable de cette Mère qui reflète si bien la pureté même du Fils, que la raison de l\u2019amour du Christ pour les hommes est leur profonde misère qu\u2019il est venu soulager et guérir.En ce siècle où le cœur humain cherche tant de recettes pour aimer tout en aimant si mal ou du moins si dangereusement, l\u2019ouvrage du P.Galot aidera beaucoup à rectifier les idées sur l\u2019amour et réjouira les âmes éprises du véritable amour.Wilfrid Girouard.Maison Bellarmin.Jean-Félix DE LA TRINITÉ: Regard sur Tordre trinitaire.\u2014 Montréal, Éditions Trinitas, 1954, 114 pp., 20 cm.T\u2019AUTEUR expose l\u2019objet de la vocation trinitaire, qui est le culte intérieur et extérieur de la Très Sainte Trinité.Vers ce but tout s\u2019ordonne: vie, spiritualité, œuvres de charité.Au Moyen Age, les Trinitaires exercèrent leur apostolat surtout par le rachat des captifs; des centaines de milliers furent délivrés par eux.L\u2019acte d\u2019incorporation civile dans le Québec porte que « la mission de cet ordre est de s\u2019occuper.d\u2019œuvres de charité,.de secours aux immigrants; de s\u2019intéresser au sort et de vaquer JUIN 1955 L'EAU QUI PENSE A VOTRE FOIE vichy ÜPIP Huit adulte* sur dix ont un foie fatigué, en-oonxbré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\"?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTIN3 quotidien.Sea \u2022\u2022Ron bien mbsm et mi propriétés diurétique* contribuent ¦ dlmule* les multiple* fonctions du foie et dea reins et exercent «a effet des plus » «J u taire* sur le système digestif en générai.Demande* l'aria de rotre médecin.f/n Stut\" //# y £ p%mêf CÈLES TONS SU MINtUU NATUtELU M0PR1ÉTÉ DI itttT FLUÇUI tëCÔMMANBÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTES MéfLex-rou* des imitations!I! Uge« « CfiLESTINS » »i BERD T » CK ART O N INC., Montréal 163 à la moralisation de3 captifs et des prisonniers ».Dans la mesure du possible, ce programme a reçu des commencements d\u2019exécution, et l\u2019avenir promet davantage.Aujourd\u2019hui, on trouve des Trinitaires aumôniers d\u2019hôpitaux et de prisons.Leur tiers-ordre aide des familles de prisonniers.A Longueuil, des religieuses trinitaires vont soigner les malades et secourir les pauvres à domicile.Et l\u2019on note, avec plaisir, chez les jeunes religieux, un goût et de l\u2019enthousiasme pour les œuvres sociales.Au Canada, après de rudes débuts, l\u2019ordre prospère.En 1948, il fêtait le 750* anniversaire de sa création et vingt-cinq ans de vie québécoise.En 1952, deux missionnaires, les premiers parmi nos compatriotes, quittaient Montréal pour Madagascar.La fondation canadienne a donc atteint l\u2019âge adulte.Le chapitre général le reconnaissait lorsque, l\u2019an dernier, il l\u2019érigeait en vice-province.Fernand Bédard.L\u2019Immaculèe-Conception, Montréal.MORALE ET PHILOSOPHIE Louis C.DE LÉRY, S.J.: Le Problème du divorce.\u2014 Montréal, Editions Bellarmin, 1955, 137 pp., 20 cm.Prix: $1.25.ES PREMIERS MOTS de l\u2019avant-propos montrent l\u2019actualité de cet ouvrage: « Tous les ans, le Parlement d\u2019Ottawa dissout, par bills privés, plusieurs centaines de foyers du Québec et de Terre-Neuve, cependant que les tribunaux des huit autres provinces rompent quelque six mille mariages.» Il n\u2019y a qu\u2019une façon de voir clair dans ce problème: l\u2019examiner à la lumière de la loi naturelle et divine et à celle du droit constitutionnel.S\u2019intéressant au problème depuis trente ans, l\u2019A.\u2014 professeur de droit canon au Scolasticat de l\u2019Immaculêe-Conception (Montréal) \u2014 procède à cet examen avec un grand souci de clarté et d\u2019objectivité.Deux chapitres sur les principes sont suivis de quatre autres sur l\u2019histoire du divorce au Canada: « La brèche à l\u2019indissolubilité » (1840-1864); « Le divorce dans notre constitution » (1864-1867); «Les tribunaux de divorce (1867-1930); « L\u2019opposition du Québec et de Terre-Neuve » (1930-1955).Ces quatre chapitres constituent une synthèse historique fort instructive; on y voit l\u2019importante différence \u2014 que trop de gens oublient \u2014 entre un bill privé, une loi statutaire et une loi constitutionnelle, et l\u2019on parcourt d\u2019un trait les séances animées de la session dite « session du divorce » (1930), au cours de laquelle fut adopté le bill de M.Woodsworth, chef de la C.C.F., concernant l\u2019établissement d\u2019une cour de divorce en Ontario.Deux témoignages, celui d\u2019un député, conservateur et orangiste, d\u2019Ontario et celui du journal le Globe de Toronto, font justice de l\u2019allégation selon laquelle les catholiques sont les seuls à s\u2019opposer au divorce.Le dernier chapitre propose une solution: l\u2019abandon par le gouvernement fédéral de toute juridiction sur le mariage et le divorce, juridiction qui, s\u2019insérant logiquement dans l\u2019ensemble des droits civils, devrait relever entièrement de l\u2019autorité provinciale; ce chapitre prend une signification toute particulière après l\u2019analyse poussée faite par l\u2019A.des diverses propositions tendant à enlever au Sénat, pour les confier à un tribunal, les causes qui proviennent du Québec et de Terre-Neuve.Un appendice donne les statistiques sur le divorce au Canada, de 1868 à 1954 inclusivement.Clair et objectif, l\u2019ouvrage ANNONCEZ dans le numéro du XVe anniversaire de « Relations » (début de 1956) Tarif par insertion \t\t\t\tune\tdeux\tsix\tdouze page\tV4\"\tX\t9V2\"\t$200.\t$196.\t$184.\t$172.page\t7 X\"\tX\tAH\"\t110.\t105.\t100.\t95.page\t3 H\"\tX\tw\t110.\t105.\t100.\t95.page\t3K\"\tX\t4H\u201d\t62.\t60.\t57.\t54.page\t3K\"\tX\t2X\"\t43.\t34.\t32.\t30.est également serein, l\u2019A.ayant voulu se mettre « sur un terrain d\u2019entente commun aux Canadiens des dix provinces » et désirant « rallier tous les défenseurs de la famille, de toute race, de toute langue et de toute religion ».Son travail rendra un immense service à tous.Le liront avec un profit particulier les hommes politiques, les avocats, les journalistes, les dirigeants de groupements sociaux.Albert Plante.Abbé D.Planque: Votre Foyer.Manuel du mariage chrétien.\u2014 Namur, Wesmael-Charlier, 1953, 126 pp., 20.5 cm.T TN MANUEL, au sens strict du mot, écrit dans un double but : ^ fournir aux directeurs d\u2019âmes la matière complète et ordonnée des choses à dire sur les problèmes de la vie conjugale; parfaire l\u2019instruction des futurs époux sur les devoirs de leur vie nouvelle, sur les difficultés spéciales qu\u2019ils rencontreront dans l\u2019exercice de leurs obligations, enfin sur les solutions les meilleures à chercher dans les cas de conflits entre la loi et les passions.Un manuel exige non pas une lecture rapide et superficielle, mais une étude sérieuse, comme si on devait passer un examen sur son contenu ou se préparer à l\u2019enseigner.L\u2019A.a raison d\u2019alerter les fiancés: « Surtout ne dites pas que vous êtes suffisamment avertis des réalités du mariage par les romans que vous avez lus, les films que vous êtes allés voir, les conversations que vous avez eues au bureau ou à l\u2019usine, même par les expériences personnelles que vous auriez pu faire.Si ce sont là vos sources d\u2019information, il vous reste beaucoup à apprendre, et la lecture de ces pages vous sera particulièrement profitable.» Il nous semble qu\u2019aucune question n\u2019a été omise au cours de cette étude, sauf celles qui regardent l\u2019initiation aux réalités physiques du mariage: dans ce dernier cas, on suppose ou bien que cette initiation est déjà acquise, ou bien qu\u2019un médecin sérieux la fera en temps voulu.Pie XII (29 oct.1951) a déjà stigmatisé la manie moderne des publications sur la technique de l\u2019acte conjugal, et l\u2019A.a la délicatesse de laisser à chacun son métier.Wilfrid Girouard.Maison Bellarmin.M.Marduel: Face à la solitude.Dans la lumière du veuvage de Marie.Coll.« Présence du catholicisme ».\u2014 Paris, Téqui (82, rue Bonaparte), 1953, 123 pp., 19 cm.TA LITTÉRATURE relative aux divers états de vie est abon-dante et variée.Mais peu d\u2019auteurs ont tenté l\u2019analyse du veuvage, qui est comme une reprise de l\u2019état de virginité, après une vie conjugale plus ou moins longue.Partant de l\u2019exemple de Marie, l\u2019épouse vierge de Joseph et la Mère immaculée de Jésus, l\u2019A.veut montrer comment sanctifier cette étape de certaines vies par l\u2019acceptation volontaire de la solitude et du détachement.Toute la perfection spirituelle du veuvage semble se résumer dans ces paroles de saint Jean Chrysostome (p.117): « Je le répète, je ne fais que développer un conseil, et je ne condamne point les veuves qui veulent se remarier.Je voudrais (seulement) qu\u2019elles puissent profiter de leur liberté pour mener une vie toute céleste; et je désire que, devenues les épouses de Jésus-Christ, elles se montrent en toutes choses dignes d\u2019une telle alliance.» Wilfrid Girouard.Maison Bellarmin.Un bon moyen Dans votre budget personnel ou familial, faites la part de l'épargne aussi large que possible.Dès que vous touchez quelque argent, commencez par prélever tout ce que vous pouvez mettre de côté.Déposez-le tout de suite à votre compte en banque.C'est le meilleur moyen d'éviter les dépenses inutiles.BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de $550,000,000 570 bureaux au Canada 164 RELATIONS Jeanne Ancelet-Hustache: Jusqu'au jour éternel.\u2014Paris, Editions du Seuil (27, rue Jacob), 1954, 205 pp., 19 cm.TIVRE de consolation, de force et d\u2019espérance chrétienne au milieu des épreuves de la vie, surtout pour les femmes que frappe la solitude du veuvage.La variété des formules-titres des quinze chapitres nous ramène l\u2019idée maîtresse de l\u2019ouvrage: il faut accepter et sanctifier chacune des épreuves de la vie jusqu'au jour éternel.Plus particulièrement frappé du «chemin de croix de celle qui pleure » (chap.2), nous avons cependant goûté la richesse et la profondeur des sentiments qui imprègnent toutes les pages du volume.Aux heures de joie ou de tristesse, dans la ferveur ou la tiédeur, cet ouvrage peut remplir un double rôle auprès des âmes de bonne volonté: élever à une plus haute perfection et relever d\u2019une profonde désolation.Wilfrid Girouard.Maison Bellarmin.M.DUQUESNE: Brèves Réflexions sur Pathéisme marxiste.Coll.« Croire et savoir ».\u2014 Paris, Téqui (82, rue Bonaparte), 1953, 126 pp., 19 cm.QÊRIEUSE, malgré son titre et sa présentation modestes, *0 cette nouvelle étude sur le communisme mérite d\u2019être signalée.L\u2019A.fait plus que brandir un épouvantail et se gorger de lieux communs sur le moyen de l\u2019abattre.Il va à l\u2019idée de base de l\u2019idéologie marxiste: le matérialisme athée.Dans une première partie, il résume les grandes lignes de cette philosophie tributaire de Feuerbach, Engels, Hegel et Marx.C\u2019est le tableau de l\u2019homme nouveau dans un monde renouvelé, où la révolution du prolétariat a tout renversé pour faire triompher une société sans classes et « fraternelle ».Dans la seconde?l\u2019A.s\u2019attache à faire ressortir la vérité et l\u2019erreur du matérialisme marxiste, à la lumière de la philosophie scolastique et d\u2019une vision chrétienne du monde.S\u2019écartant des solutions faciles et des généralités, il réfute les points capitaux du marxisme, entre autres, sa conception de l\u2019histoire.Mieux que le communiste, le chrétien domine l\u2019histoire et la matière, par la foi en un Dieu victorieux de la nature et de la mort.« En face du communisme matérialiste intégral,.susciter le christianisme intégral.» C\u2019est par ce mot de Berdiaeff que l\u2019A.termine son ouvrage, montrant ainsi le rôle du chrétien dans la lutte contre le communisme.Vu l\u2019aspect philosophique de l\u2019exposé et des discussions, plus qu\u2019à la masse du peuple ce volume s\u2019adresse à l\u2019élite un peu au courant des philosophies modernes et de l\u2019humanisme théorique du communisme.Louis-Joseph Goulet.L\u2019Immaculée-Conception, Montréal.HISTOIRE, POLITIQUE, ÉCONOMIQUE Léopold GÉNICOT: Les Lignes de faîte du Moyen Age.Coll.« Lovanium ».\u2014 Tournai (Paris), Casterman, 1951, XII \u2014 394 pp., 20 cm.TDAR QUELLES FORCES mystérieuses et par quels tempo-*¦ rels lacets s\u2019est, imperceptiblement, du VIe au xm* siècle, structurée la civilisation chrétienne; quel fut, au temps de sa maturité, l\u2019éventail de ses grandeurs; quelles causes travaillèrent à son abaissement ?Autant de questions qui trouvent abondante réponse dans cet ouvrage magistral.La première partie expose comment l\u2019Église recueillit les débris de l\u2019Empire romain d\u2019Occi-dent, conquit les classes sociales et les informa des principes évangéliques.A l\u2019avènement des Carolingiens, s\u2019élabora une espèce de synthèse peu consistante dont les effets, néanmoins, seront sensibles aux siècles suivants.Cette étape, l\u2019A.l\u2019appelle l\u2019aube.Après des temps troublés par des forces laïques, l\u2019Église retrouve sa pure essence et sa complète liberté.Les institutions ont pris une remarquable ampleur, les peuples ont grandi.L\u2019Occident sent son unité dans le sein de l\u2019Église et vit de son idéal théologique.A ce moment, dans la France de saint Louis, éclate la brillante civilisation chrétienne sur tous les plans de la pensée et de la vie.Cette harmonie évangélique durera plus de cent ans, de 1125 à 1250 environ.L\u2019A.appelle cette deuxième phase le midi.La troisième partie décrit comment l\u2019homme naturel s\u2019introduisit dans cette société théocentrique et, peu à peu, travailla à la désagréger.Les égoïsmes nationaux, les orgueils Tél.: 4-5181 ZJexxeau & J^acine} Jtyee DISTRIBUTEURS 8e GROSSISTES 196, rue Saint-Paul\tQuébec (2) 18 est, rue Saint-Jacques, Montréal \u2014 PL.9714 UNITES LOAN CORPORATION J.-O.LANDRY, gérant général Escompte de contrat de vente conditionnelle couvrant automobiles, camions, accessoires électriques, articles domestiques en général, machines aratoires et industrielles.Prêts sur deuxième hypothèque \u2014 Achats de prix de vente \u2014 Paiements de taxes par subrogation.COLLÈGE JEAN-DE-BRÉBEUF sous la direction de la Compagnie de Jésus Examen d'entrée a aux Eléments latins Le samedi 4 juin à 9 heures du matin.Dernier examen de groupe : le 25 juin.Demander le prospectus pour les conditions d\u2019admission au cours classique et à la classe préparatoire.L examen d'admission à la classe préparatoire se fait sur rendez-vous.S'adresser au Secrétaire général : RE.8-1161 3200, chemin Sainte-Catherine \u2014 Montréal, 26 JUIN 1955 165 Dans les LA URENTIDES CLINIQUE LE BOSQUET Repos ou convalescence Mesdemoiselles Boulanger infirmières licenciées Sainte-Agathe-des-Monts\tTéléphone : 288 COLLÈGE MARGUER1TE-BOURGEOYS 4873, avenue Westmount, Montréal-6 ?Cours classique pour jeunes filles en 7 ou 8 ans après la 7° année primaire.Baccalauréat ès arts A et B Art culinaire \u2014 Couture Chant \u2014 Piano \u2014 Dessin Formation intégrale de la jeune fille ?Externes \u2014 Pensionnaires (Chambres privées) Ouverture des classes : 15 septembre, 9 h.du matin HU.8-6887\tEL.3670 COLLÈGE SAINTE-MARIE Pour les mieux-doués qui ont terminé la 5° primaire : une classe spéciale d'Eléments latins.Groupe homogène.Professeur jésuite expérimenté.Pour les mieux-doués qui ont 12 ou 13 ans d'âge et une forte préparation : une classe accélérée d'Eléments latins.Au seuil de la Versification après deux ans.Examen standardisé d'aptitudes au cours classique, mis au point par un spécialiste, M.l\u2019abbé Lauzon.Dates de l'examen : 11 juin, 25 juillet, 29 août, à 9 heures du matin.Pas de formalités préalables.On n'a rien à apporter.Frais : $3.?1180, rue Bleury\tUN.1 -2315 (Préfet des études) Montréal-2\tUN.1-2039 (Préfet de discipline) UN.1-3437 (Parloir) de puissance chez les princes, la laïcisation de l\u2019enseignement, la licence morale, le développement égaré des arts, la superbe des réformistes enlèvent successivement à la société chrétienne, nationale et internationale, ses rouages évangéliques et gauchissent son orientation religieuse et sociale.C\u2019est la vesprêe.Telle est la vision organique de l\u2019A.sur le Moyen Age.L\u2019A.possède une opulente information.Son livre constitue une lumineuse synthèse, qui éclairera le professeur d\u2019histoire et de littérature et tout catholique avide de connaître les réussites de sa Mère l\u2019Église.Paul L\u2019Allier.Maison Saint-Joseph, Sault-au-Rêcollet, Que.H.F.ANGUS: Canada and the Far East, 1940-1953.\u2014 Toronto, University of Toronto Press, 1953, 129 pp., 23 cm.CE VOLUME présente clairement la politique étrangère du Canada à l\u2019égard de l\u2019Extrême-Orient durant les années 1940-1953.L\u2019attitude du gouvernement vis-à-vis des Orientaux, ici au pays, y est analysée avec discernement.Après un exposé d\u2019ensemble au chap.IV, l\u2019A.envisage successivement notre politique étrangère dans le cadre des Nations Unies, puis sous l\u2019aspect d\u2019ententes commerciales, enfin aux divers échelons de l\u2019assistance économique.Un peu plus loin, il esquisse seulement la question des contacts culturels avec l\u2019Orient et traite superficiellement les autres sujets.Sa discussion d\u2019un nationalisme canadien, en plus d\u2019être un hors-d\u2019œuvre, est remplie de contradictions.Son appréciation des faits semble favoriser une politique d\u2019apaisement, qui comprend, entre autres mesures, la reconnaissance de Pékin.On pourrait citer plusieurs phrases où se manifeste le penchant de l\u2019A.à suivre en tout la politique étrangère de la Grande-Bretagne.Le lecteur achève le volume avec un sentiment mêlé, difficile à analyser, mais dans lequel entre une certaine défiance produite par une interprétation des faits trop souvent pro-soviétique.Par la lecture d\u2019ouvrages comme celui-ci, la sympathie pour le communisme peut s\u2019infiltrer insidieusement dans les esprits, qui en viennent à minimiser les dangers de la propagande rouge et à croire le communisme acceptable au moins partiellement.C\u2019est ce que j\u2019appelle un livre dangereux.Horace Labranche.Procure des Missions, Québec.Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal: Canada français et Union canadienne.\u2014 Montréal, Éditions de l\u2019Action nationale (Case postale 221, Station E), 1954, 127 pp., 19 cm.Prix: $1.CE N\u2019EST PAS un mémoire banal que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a présenté à la Commission Tremblay.Il comprend quatre parties principales: « Histoire des deux Canadas » (pp.18-52) ; « La situation en 1954 » (pp.53-58); « Les solutions possibles » (pp.59-74); « Programme d\u2019une politique canadienne-française » (pp.75-125).Suivent deux pages de conclusion.Les auteurs ont conscience d\u2019apporter du neuf: « Ce mémoire analyse le problème canadien-français dans toute sa complexité.Il aborde franchement la question et rejette tous les faux-fuyants et les poncifs qui ont trop souvent paralysé la pensée canadienne-française.» On croit sentir dans les trois premières parties l\u2019influence de M.Michel Brunet, dont on connaît la pensée sur les Canadians et les Canadiens.Ces pages contiennent de bonnes vérités, et leur tournure parfois paradoxale stimule la réflexion sur notre histoire.Elles laissent néanmoins une curieuse impression d\u2019ensemble.Ce que nous écrivions après la conférence prononcée par M.Brunet au congrès de l\u2019A.J.C., en novembre 1953, résume bien cette impression (voir p.154 du présent numéro).Tous seront d\u2019accord avec le mémoire quand il souligne la nécessité pour le gouvernement de la province de Québec de présenter « un programme politique dynamique et progressiste » qui utilise pleinement toutes les potentialités de l\u2019autonomie.La quatrième partie offre une abondance de suggestions très concrètes; certaines peuvent se discuter; mais il y a là du positif qui taille de l\u2019ouvrage pour plusieurs années à venir.Albert Plante.166 RELATIONS Joseph M.Becker: The Problem of Abuse in Unemployment Benefits.\u2014 New York, Columbia University Press (Morningside Heights), 1953, 412 pp., 24 cm.Prix: $7.00.EP.BECKER traite un problème très spécialisé de sécurité sociale: celui des abus dans les réclamations d\u2019assurance-chômage.L\u2019A.divise son livre en quatre parties: la première situe le problème; la deuxième élabore l\u2019enquête générale sur les abus; la troisième porte sur l\u2019enquête relative aux violateurs de la loi; la dernière présente ses conclusions, où il demande de mieux surveiller ces abus et de s\u2019employer plus efficacement à les prévenir.Le sujet est bien limité, certes; mais l\u2019A.ouvre des horizons nouveaux sur certains aspects de l\u2019administration de la sécurité et de l\u2019assistance sociales.Son étude vaut surtout par l\u2019originalité de la recherche, la précision scientifique et la modestie des jugements.La seule réserve que nous pourrions risquer serait qu\u2019un effort scientifique énorme appliqué à une période aussi brève que celle de 1945-1947 ne peut aboutir qu\u2019à des conclusions probables.Émile Bouvier.Maison Bellarmin.Peter F.Drucker: The Practice of Management.\u2014 New York, Harper & Brothers (49 East, 33rd St.), 1954, 404 pp., 21.5 cm.Prix: $6.00.AVEC CE LIVRE, l\u2019A.met au service des patrons ses vastes connaissances dans la direction des affaires.Il divise son ouvrage en quatre parties: la première porte sur la conduite d\u2019une entreprise; la deuxième, sur sa structure; la troisième, sur l\u2019homme et le travail à l\u2019usine; la dernière, sur le rôle de la direction.Grâce à une analyse poussée et perspicace, il décompose la tâche du chef d\u2019entreprise, il met en relief son rôle de créateur, d\u2019innovateur et d\u2019inspirateur à l\u2019usine et l\u2019importance sans cesse croissante de son influence dans la société.Le volume se lit presque d\u2019un trait tant il est intéressant, instructif, bourré de faits et d\u2019expériences.Je reprocherais peut-être à l\u2019A.de se montrer trop sévère à l\u2019égard de la direction du personnel, qu\u2019il accule à la faillite; d\u2019avoir\u2014ceci est plus grave \u2014 négligé les relations des chefs d\u2019entreprise avec les syndicats, et d\u2019avoir traité superficiellement dans sa conclusion les responsabilités sociales des managers.L\u2019A.aurait pu donner de dures et utiles leçons à cette classe sociale, qui en a besoin et qui l\u2019aurait écouté volontiers à cause de son prestige et de son influence.Bref, son livre est à lire et à mettre sur les rayons de la bibliothèque de l\u2019homme d\u2019affaires.Émile Bouvier.Maison Bellarmin.CINÉMA, POÉSIE, SPORT Henri Agel: Le Cinéma.Coll.« Synthèses contemporaines ».\u2014 Tournai (Paris), Casterman, 1954, 352 pp., 48 photos hors texte, 20 cm.RÉDACTEUR des chroniques du cinéma aux Études, auteur d\u2019essais remarqués sur ce sujet, conférencier aux sessions annuelles de l\u2019Office catholique international du Cinéma, professeur à l\u2019Institut des Hautes Études cinématographiques, animateur de nombreux ciné-clubs, l\u2019A.était bien désigné pour présenter la synthèse des données relatives au cinéma.Il traite, en effet, de la place du cinéma dans la société, de son langage (image, son, couleur, lumière, décor, interprètes, procédés spéciaux), de sa signification, de son histoire, voire de sa pédagogie, et il ajoute sept appendices de renseignements pratiques.Par de judicieuses citations, il introduit le lecteur à la pensée des grands théoriciens, des créateurs de génie et des meilleurs critiques de cinéma.Vraie somme, manuel complet du cinéphile, instrument de choix pour éducateurs, adultes et jeunes désireux de culture et persuadés, avec l\u2019A., que le cinéma constitue « un des éléments fondamentaux de l\u2019humanisme » contemporain (n\u2019exagérons rien cependant).Dommage qu\u2019on y trouve quelques pages (28-40) insuffisamment nuancées à propos de la censure.L\u2019A.donne l\u2019impression que la qualité artistique d\u2019un film fait passer son immoralisme (que le film soit bon ou mauvais, on n\u2019y peut rien; mais il importe que ce ne soit pas un navet; le goût des spectateurs compte, mais leur sens moral ?on craint qu\u2019il ne relève du conformisme le plus conventionnel).Or, un catholique mettra toujours la « perle précieuse » de la grâce et le souci de L\u2019INSTITUT PÉDAGOGIQUE de la Congrégation de Notre-Dame offre, dans ses cours fermés, à toute jeune fille qui aspire à l\u2019enseignement, une culture personnelle et une formation professionnelle des plus soignées.?Brevets officiels, cours spécialisé pour futures jardinières d\u2019enfants, baccalauréat en pédagogie, cours spécial pour bachelières ès arts.?4873, avenue Westmount\tEL.4644 Epargnez tout en protégeant les vôtres avec un plan de Ha ê>aubegarbe COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE Slid* social : Montréal Tel.: H Arbour 0456\t Chat le magne\t(BouxcieXy O.2b.Optométriste -\tSpécialiste de la vue \t\u2022 Rééducation visuelle\t 1735, rue Saint-Denis\tHeures de bureau : Montréal\tde 9 h.à 7 h.Bureau: MA.9320-9329 J.-H.Laframboise & Cie Evaluateurs et courtiers en immeubles 57 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal M.GIROUX\tJ.FILION ING.PROFESSIONNEL\tCOURTIER TA.7505\tRA.2-5006 JUIN 1955 167 sa pureté au-dessus de toutes les valeurs, artistiques ou autres.De plus, s\u2019il faut éduquer le public, en commençant à l\u2019école et au couvent, c\u2019est naïveté de croire à la possibilité de rendre cette éducation universelle et universellement efficace, de manière à immuniser tous les spectateurs contre un immoralisme qui se pare des séductions du septième art.L\u2019A.aurait pu y penser, car il admet que, « dans les circonstances les plus favorables », peu de « critiques sont assez mûrs pour apprécier vraiment un film à une première vision » (p.28).La solution est, d\u2019abord, dans une censure intelligente (c\u2019est possible, même au Canada, n\u2019en déplaise à l\u2019A.); puis, dans l\u2019éducation des producteurs et des artistes; enfin, dans celle du public.A cette dernière contribuera très efficacement l\u2019ouvrage de M.Agel.Edmond Desrochers.Maison Bellarmin.La Cascade: 55 Poèmes.\u2014 Montréal, Éditions de la Cascade, Collège Sainte-Marie, 1955, 21 cm., 94 pp.Prix: $1.25.TTOICI quinze jeunes poètes du Collège Sainte-Marie qui ont * réuni sous un même titre leurs premiers vers.« Ceux qui ont écrit dans ce recueil, nous dit Marcel Dubé dans la préface, me ressemblent et vous ressemblent, lecteurs.» En effet, nous retrouvons ici l\u2019adolescent que nous fûmes, jaloux de son individualité, mais perméable à toutes les influences.Il nous est donné de coïncider avec cet instant où tout notre être se réduisait à la somme de ses virtualités.La fréquence même du thème de l\u2019eau et la forme particulière qu\u2019il revêt ici laissent assez transparaître la substance qui alimente bon nombre de ces poèmes: l\u2019eau n\u2019est pas d\u2019abord vue comme principe de l\u2019universelle fécondité, mais plutôt comme un fluide dont la plus évidente propriété est de diviser et de dissoudre.Les poètes de la Cascade savent du moins rester fidèles à prononcer sur l\u2019eau les sortilèges du verbe, et voilà qu\u2019à leur appel Protée consent à émerger, à prendre forme, autant de fois qu\u2019il entend le mot magique.Mais quelques-uns semblent croire que le mot devient magique \u2014 que le langage devient poétique\u2014 du simple fait de son jaillissement spontané.Ils oublient que la poésie n\u2019est pas expression pure, mais aussi création, et qu\u2019à ce titre le poème doit avoir toute la solidité d\u2019un objet matériel.Parmi cette pléiade de jeunes auteurs, se distingue André Contant; chacun de ses poèmes est un système clos, un lieu où l\u2019informe prend chair et structure; il a compris qu\u2019un poème est parfait dans la mesure où il est autonome, c\u2019est-à-dire dégagé de la subjectivité de son auteur.André Vachon.L\u2019Immaculée-Conception, Montréal.F.J.J.Buytendijk: Le Football.Étude psychologique.Coll.« Textes et études philosophiques ».\u2014 Bruges (Paris), Des-clée de Brouwer, 1952, 52 pp., 19 cm.T \u2019INTÉRÊT suscité par les sports qui se jouent avec une balle trouve son explication psychologique dans le sentiment de plénitude éprouvé au contact d\u2019un objet rond: l\u2019esprit reconnaît dans la balle la forme strictement autonome, la fermeture parfaite que lui-même tend à réaliser.Mais autre chose est de lancer la balle, autre chose de la frapper.Les femmes préfèrent les jeux de lancer.Le lancement s\u2019effectue au moyen de la main qui, en comparaison du pied, est un membre civilisé: la main est l\u2019instrument de nombreux échanges culturels; par exemple, dans le cas de la salutation.Le lancer représente donc un risque minimum.De plus, les sports impliquant l\u2019acte de frapper font directement appel à l\u2019agressivité masculine.Parmi cette catégorie de jeux, le football est encore plus typiquement masculin: d\u2019abord, parce que l\u2019usage du pied comme moyen d\u2019action suppose une certaine audace, un certain goût pour l\u2019inhabituel; ensuite, parce que le coup de pied met sans cesse en péril l\u2019équilibre du corps.En termes plus abstraits, disons que le coup de pied compromet l\u2019état de fermeture de la gestalt sensori-motrice.L\u2019intérêt des sujets masculins pour le football réside précisément dans l\u2019affrontement de ce risque.L\u2019A.termine son essai par quelques considérations sur le rôle du sport dans les civilisations urbaines.André Vachon.U Immaculée-Conception, Montréal.Cn t\\oi& moti If Le premier ministre du Vietnam-Nord, Ngo Dinh Diem, est un excellent catholique, frère d\u2019un évêque et de deux religieuses.Lui-même voulut être prêtre, mais un religieux l\u2019orienta vers une grande action catholique dans le monde.II Un Boer s\u2019était promis de dire à la reine mère ce qu\u2019il pensait de l\u2019impérialisme anglais.Au lunch officiel, sa mercuriale dura vingt minutes; après quoi la reine mère conclut avec son beau sourire: « Oh! je vous comprends très bien: en Écosse, nous pensons comme vous! » Notre bon Écossais, M.Donald Gordon, pourrait s\u2019en souvenir dans cette affaire de Queen Elizabeth Hotel, que lui reproche même la revue Maclean's de Toronto.H S\u2019il est vrai que la canalisation du Saint-Laurent et la spéculation immobilière vont détruire mille vergers de Niagara, vergers qui produisent le tiers des fruits du Canada, n\u2019est-il pas urgent de planter ici, tout de suite et un peu partout, des vergers de famille ou de grande allure: pommiers, cerisiers, fraisiers, vignes et pêchers ?If Aux États-Unis, et ici en proportion, sur 192 billions de dépenses, 75 vont au gouvernement fédéral, 10 aux boissons, 4 aux cigarettes et.2 aux églises, ce qui n\u2019est tout de même pas exagéré: l/96e pour la reconnaissance envers le Créateur des biens.Un citoyen de Saint-Alexandre de Kamouraska, M.Ludger Bérubé, vient de mourir à quatre-vingt-neuf ans.Il eut vingt et un enfants, dont quinze sont encore vivants.Sept embrassèrent la vie religieuse: trois Pères Capucins, deux Frères de la même communauté et deux religieuses.Il comptait plus de quatre-vingt-dix petits enfants \u2014 dont un prêtre séculier, deux Capucins, cinq religieuses, cinq jeunes gens en route vers le sacerdoce \u2014 et vingt arrière-petits-enfants.Comme le regretté P.Antoine Fortier, S.J., l\u2019a établi, c\u2019est surtout au sein des familles nombreuses que s\u2019épanouissent les vocations religieuses.If La lettre du juge Joseph Marier, parue dans l'Action catholique et qui fustigeait vertement une émission des Quat'fers en l'air, a soulagé la conscience d\u2019un bon nombre de téléspectateurs.De telles interventions, venant d\u2019hommes publics respectés, pourraient, si elles étaient plus nombreuses, contribuer à épurer le cinéma et la télévision.RELATIONS REVUE DU MOIS publiée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus Directeur : Albert Plante Rédacteurs : Joseph-P.Archambault, Joseph-H.Ledit, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Luigi d\u2019Apollonia, Richard Arès, Léon Lebel.Secrétaire de la rédaction : Marie-Joseph d\u2019Anjou Administrateur : Jules Émery \u2022 Prix de l\u2019abonnement :\tA l\u2019étranger : $3.50 $3.00 par année\tPour les étudiants : $2.50 \u2022 8100, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL-11, CANADA Tél.: VEndôme 2541 168 RELATIONS Souris qui n\u2019a qu'un trou est bientôt prise .et voue terei pris aussi si tous attendes l'affluence des clients d'automne pour faire réparer ou reviser votre système de chauffage ou votre plomberie.Le meilleur temps, c\u2019est maintenant.\u2014 Qu\u2019il s'agisse de travaux pour des particuliers ou pour des institutions (hôpitaux, maisons d'enseignement), nos techniciens et ouvriers spécialisés apportent toujours la même conscience professionnelle.Ils allient théorie et pratique.CHÀUFFAOt \u2022 PLOMBERIE Pionnier du véritable chauffage par rayonnement au Canada MArqaetts 41(7 360 est, rue Rachel - Montréal l I H I I £ t \u2022 LIMITED \u2022\u2022l $ff§*\u2019i»; \u2022 PeIPb I ?!*§* ^f.W />*; 5§|fc/% ou à fout Quartier Général des services armés ou aux centres de recrutement ou encore voir l'officier des Forces régulières ^ à votre université.cmrss-iomsf J Cours universitaire, FORMATION.UE pour les étudiants Pour maintenir les normes élevées de nos trois Armes, il faut des officiers compétents.C'est pour en former qu'on a mis sur pied le Programme d'instruction pour la Formation d'Officiers des Forces Régulières.Aux termes de ce programme, les diplômés des écoles secondaires possédant les qualités requises peuvent désormais suivre des cours universitaires et de formation militaire qui les mèneront au brevet d'officier.Ces cours leur sont offerts au Collège Militaire Royal de Saint-Jean, Saint-Jean, P.Q., au Royal Military College, Kingston, Ont., et à Royal Roads, Victoria, C.-B., ou encore dans certaines universités canadiennes.Vous toucherez $55.00 par mois, 12 mois de l'année.Dans les collèges militaires, vous aurez gratuitement chambre et pension.Si vous allez à l'université, on vous versera en outre $65.00 par mois d'allocation de subsistance.C'est l'Etat qui assume les frais de scolarité, de livres et de matériel d'études.L'été, vous recevrez la formation voulue dans l'Arme de votre choix.Vos études finies, vous entrez dans la carrière d'un officier des Forces régulières.Comme degré d'instruction, il vous faut l'immatriculation senior ou l'équivalent, sauf au Collège Militaire Royal de Saint-Jean, où l'immatriculation junior suffit.Pour ce collège, les limites d'âge sont de 16 à 20 ans au 1er janvier 1955.Pour les autres collèges, de 16 à 21 ans au 1er janvier 1955.On doit être célibataire, en bonne santé, et répondre aux exigences déterminées par la sélection des futurs officiers.Pour tous renseignements détaillés, écrire au Comité de Sélection \u201dROTP\" Quartier Général de la Défense Nationale, Ottawa, ou à l'une des adresses suivantes: Le Secrétaire général, Collège Militaire Royal de Saint-Jean, Saint-Jean, P.Q.Le Secrétaire général, Royal Military College, Kingston, Ont.Le Secrétaire général, Royal Roads, Victoria, C.-B.Poux chacun Selon Se à besoins, notxe annonceux est le meilleux.Osa^JaSJ 11 IMPRIMCRIC »
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