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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 1957-09, Collections de BAnQ.

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[" Septembre 1957 MONTREAL U autonomie municipale et lf État contemporain Paul GÉRIN-LAJOIE Cinéma et violence Joseph d\u2019ANJOU L\u2019U.R.S.S.et ro.N.U.sur la sellette Luigi d\u2019APOLLONIA Quand le divertissement est roi ¦ ¦ ¦ Georges-Henri d\u2019AUTEUIL Situation et avenir de la Famille ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ Hervé CARRIER Nos artistes devant la tutelle étatsunienne ¦ Jacques COUSINEAU N° 201 25* SOMMAIRE SEPTEMBRE 1957 Éditoriaux.225 Nasser le surhomme.\u2014 Le président Eisenhower AU SECOURS DU FÉDÉRALISME.Articles CINÉMA ET VIOLENCE .Joseph d\u2019Anjou 226 L\u2019AUTONOMIE MUNICIPALE ET L\u2019ÉTAT CONTEMPORAIN .Paul Gérin-Lajoie 230 SITUATION ET AVENIR DE LA FAMILLE.Hervé Carrier 233 Au fil du mois.235 Etudier d\u2019abord le français.\u2014 L\u2019Acadie bouge.\u2014 La paroisse Nolre-Dame-des-Champs.\u2014 Sur le devoir d\u2019obéissance.Commentaires.238 Le Pape nous parle.\u2014 Démocratie syndicale.\u2014 En trois mots.Articles L\u2019U.R.S.S.ET L\u2019O.N.U.SUR LA SELLETTE.Luigi d\u2019Apollonia 240 QUAND LE DIVERTISSEMENT EST ROI.Georges-Henri d\u2019Auteuil^243 NOS ARTISTES DEVANT LA TUTELLE ÉTATSUNIENNE Jacques Cousineau 244 HORIZON INTERNATIONAL .Joseph Ledit 246 Les livres.248 Religion.\u2014 G.Marcel: Le Chrétien face à l\u2019Eucharistie (J.-P.Labelle).-P.Durosoy: Cheminements de la charité.\u2014 B.de Sol ages: L\u2019Ame, Dieu, la Destinée (J.d\u2019Anjou).\u2014 A.Dupeyrat: 21 Ans chez les Papous.\u2014 Cahiers missionnaires: Les Héritiers de saint François Xavier (B.Clément).\u2014 Yogin du Christ (R.Boyle).\u2014 J.Séguy: Les Sectes protestantes dans la France contemporaine (G.Hébert).248 Philosophie, Science.\u2014\tJ.\tCroteau:\tLes Fondements thomistes du personnalisme de Marilain (J.-P.Dallaire).\u2014 M.Colinon: Esprit, es-tu là?(P.Fortin).\u2014 A.Wiesinger: Occult Phenomena\t(B.\tWelzel).250 Morale et Médecine.\u2014 A.Niedermeyer: Précis de Médecine pastorale.\u2014 P.Tiberghien: Introduction aux Morales professionnelles.La Médecine.\u2014 Cahiers Laënnec: La Greffe humaine.Indépendance et Statuts du médecin (J.d\u2019Anjou).251 CAFE - THE - CONFITURES J .-A.Dés y, 1459, avenue de Lorimier Montréal achète bien qui achète dupui^/ MONTREAL cQe centenaire cl et apparitiont en 1958 cPèlexinaqe à jÇouxdeâ Sous le distingué patronage de S.E.le cardinal Léger qui accompagnera les pèlerins à Lourdes, Lisieux, Paris et Rome.Aumônier général du pèlerinage : M.Albert Lapointe, P.S.S.Départ de Montréal, SS.Homeric, 3 mai 1958 FRANCE - ITALIE - SUISSE Tour « A » - 35 jours - $840.00, classe touriste Tour « B » - 53 jours - $1056.00, classe touriste Retenez dès maintenant vos places VOYAGES HONE 1460, avenue UNION, Montréal-2 VI.5-8221 Appareillage électrique, postes d'entrée haute et basse tension, sous-stations, contrôles de moteurs, interrupteurs «visi-plus », meubles d'acier, etc.ELECTRICAL MANUFACTURING LTD.Claude ROUSSEAU, prés.\t\t\t\t\t \tr\to 0\tpT\tn°Q\t p s\ti\t%\t\t1°\t \tI\t\tM\t\t Plans et estimations fournis sur demande sans obligation.Monmagny Montréal Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. XVIIe année, N° 201 Montréal Septembre 1957 EDITORIAUX J^laââex le àiithomme TDOUR CLORE en beauté une semaine de fêtes marquant à la fois la chute du roi Farouk, la saisie de Suez et ses « élections » victorieuses, le colonel Nasser s\u2019est montré à son peuple, du haut d\u2019un balcon de la place Tahrir, à Alexandrie.Il chanta sa « glorieuse retraite » de l\u2019automne dernier, dénonça les impérialistes anglais, les impérialistes français, et ces impérialistes américains qui cherchent à « affamer » son peuple et à « obtenir par des moyens pacifiques les résultats que la France et la Grande-Bretagne n\u2019ont pu obtenir par des moyens guerriers ».Oubliant qu\u2019il avait sollicité l\u2019aide américaine pour construire le barrage d\u2019Assouan, il se tourna contre certains pays arabes, « traîtres » à la solidarité nationale, et « à la solde des impérialistes ».C\u2019est la faute de ces pays si l\u2019hégémonie arabe, qui s\u2019étendra, un jour, « de l\u2019océan Atlantique au golfe Persique », marque un temps d\u2019arrêt.Nasser remercia avec effusion l\u2019U.R.S.S.de lui avoir fourni son équipement militaire et d\u2019avoir mis fin à l\u2019affaire de Suez par un « ultimatum ».Puis, « le tigre de Falouga », « le héros de la paix » jura de venger la défaite de 1948 aux mains d\u2019Israël.Nasser ne fulmina pas de menaces concrètes et n\u2019exigea pas le retrait des forces de l\u2019O.N.U.Tout compte fait donc, on peut juger modéré ce discours, si on le compare au fanatisme raciste qui s\u2019étale dans la Philosophie de la révolution (voir Relations, nov.1956, p.310).Nasser montre cependant que, depuis quatre ans, il n\u2019a rien oublié ni rien appris.Il demeure tout fiel pour le monde libre et tout miel pour l\u2019U.R.S.S.L\u2019homme souffre de mégalomanie.Comme tout mégalomane qui est aussi dictateur, il est un être extrêmement dangereux.Naguère, il avait fait le calcul de neutraliser le Moyen-Orient et de tenir son pays à l\u2019écart de la guerre froide.Encouragé par l\u2019U.R.S.S., il n\u2019a réussi, avec ses défis insensés, ses revendications, ses rodomontades, qu\u2019à faire de l\u2019Égypte le nœud de la tension mondiale.Le Moyen-Orient est devenu une poudrière.Si, un jour, l\u2019U.R.S.S.tournait le Bosphore et débordait l\u2019indocile Turquie par le nord et par le sud, faute de pouvoir la traverser, Nasser porterait devant le monde la responsabilité de cette catastrophe.Pendant la crise de Suez, M.Louis Saint-Laurent, alors premier ministre, a dit tout haut que « l\u2019ère où les surhommes de l\u2019Europe pouvaient gouverner le monde entier a touché à sa fin ».Nous sommes d\u2019accord.Seulement, l\u2019Europe le sait autant sinon mieux que nous.Les surhommes qui font des rêves fous sont aujourd\u2019hui ailleurs.Nasser en est un.Mi-nazi, mi-communiste, il joue au pharaon de l\u2019Islam, mais il n\u2019est que la marionnette de Moscou et ne tient qu\u2019à un fil.Il n\u2019a réussi à saboter ni le pacte de Bagdad ni la doctrine Eisenhower.De tous les pays arabes, seule aujourd\u2019hui la Syrie a partie liée avec lui.Le Moyen-Orient s\u2019en débarrasse petit à petit.Car il a compris que Nasser est son ennemi plus encore que le nôtre.JÇe président Ciâenhoivex au âecoutâ du (édéxaliâme T A CENTRALISATION croissante des pouvoirs et ^ des fonctions à Washington n\u2019a cessé de préoccuper gravement le président Eisenhower, depuis son accession au pouvoir en 1953.L\u2019un de ses premiers gestes, cette même année, fut de constituer une commission chargée d\u2019étudier les relations entre les trois ordres de gouvernement, en vue précisément de sauvegarder l\u2019équilibre du système fédératif américain, dont l\u2019avenir lui paraissait sérieusement menacé.Le rapport de cette commission, paru en 1955, se prononce nettement en faveur de la décentralisation et présente des suggestions concrètes dans ce sens (voir Relations, mars 1956).Mais, malgré sa bonne volonté, le président n\u2019a pu arrêter tout à fait la marche du mouvement centralisateur.Aussi s\u2019est-il décidé à frapper un grand coup.Dans un discours d\u2019une franchise brutale, prononcé le 24 juin dernier, lors de la réunion des gouverneurs d\u2019États SEPTEMBRE 1957 225 à Williamsburg (Virginie), après avoir réaffirmé sa foi en la vertu du système fédératif américain et son inquiétude devant la situation actuelle, le président demanda carrément aux États de ne plus céder leurs pouvoirs au gouvernement de Washington.Créé autrefois par les États, déclara-t-il en substance, voici que le pouvoir central est en train, tel Frankenstein, de détruire ses créateurs.On devrait se rappeler que la constitution d\u2019un gouvernement fortement centralisé est le premier pas vers la mise en esclavage d\u2019une nation.Tout comme les autres libertés, la liberté des États n\u2019est pas un fait définitivement acquis; elle doit se défendre et se conquérir chaque jour.Les menaces à cette liberté ne proviennent pas seulement de l\u2019ambition de la bureaucratie fédérale, mais encore de l\u2019inaction, de la négligence et de la complicité inconsciente des États qui se sont laissé enlever peu à peu leurs pouvoirs.Peuples et gouvernements ont horreur du vide.Chaque fois qu\u2019un État a failli à sa tâche de satisfaire à un besoin pressant de ses administrés, il a créé l\u2019occasion, fourni l\u2019excuse et fortifié la tentation, pour le gouvernement central, d\u2019envahir un domaine réservé aux États.Il est vain de se poser en champion de ces derniers, si l\u2019on n\u2019exige pas en même temps qu\u2019ils s\u2019acquittent de leurs responsabilités.Il n\u2019y a plus qu\u2019une alternative: ou les gouvernements des États se réorganisent pour devenir des gouvernements souples et efficaces, ou leur inaptitude contribuera à créer de nouveaux vides que le gouvernement central, sous la pression de l\u2019opinion publique, se verra forcé de combler.Seule la première solution, ajoute le président, est acceptable, et il s\u2019agit de la faire passer dans les faits le plus tôt possible.A cette fin, le gouvernement de Washington offre sa collaboration, et il demande celle des États; un comité conjoint, formé de sept fonctionnaires fédéraux et de dix gouverneurs d\u2019États, se mettra immédiatement au travail et cherchera à déterminer: a) les fonctions que les États sont prêts à assumer et à financer, même si elles relèvent actuellement de Washington; b) le rajustement fiscal nécessaire pour permettre aux États d\u2019assumer de telles fonctions; c) les responsabilités dont Washington et les États devraient à l\u2019avenir se charger conjointement.Quant à l\u2019objectif à atteindre, il est double: faire en sorte que le gouvernement puisse répondre aux besoins pressants du peuple, et voir à ce que chaque ordre de gouvernement, en satisfaisant à ces besoins, accomplisse son rôle propre, ni plus, ni moins.Ce discours et cette initiative du président Eisenhower devraient attirer l\u2019attention de nos hommes publics.Au Canada, la centralisation des pouvoirs et des fonctions a été poussée plus loin encore qu\u2019aux États-Unis.Nos dirigeants fédéraux, malheureusement, loin de s\u2019inquiéter de cette situation, n\u2019ont cherché jusqu\u2019ici qu\u2019à confier encore et toujours de nouvelles tâches à Ottawa.Il ne s\u2019est pas trouvé un homme d\u2019Êtat, de la taille du président Eisenhower, pour percevoir le danger et crier son inquiétude.Au cours de sa campagne électorale, le nouveau chef du gouvernement canadien a promis de rendre justice aux provinces et de convoquer, le plus tôt possible, une nouvelle conférence fédérale-provinciale.Pourquoi n\u2019imiterait-il pas tout de suite le geste du chef d\u2019État américain en créant, de concert avec les provinces, une commission qui serait chez nous l\u2019équivalent de la commission Eisenhower?Une commission, non pas uniquement fédérale, comme la Commission Rowell-Sirois, non pas uniquement provinciale, comme la Commission Tremblay, mais une commission fédérale-provinciale, ayant pour objectif précis de trouver les moyens de freiner le mouvement centralisateur et de redonner de la vitalité à notre régime fédératif.Un geste de cette nature traduirait d\u2019une façon claire et concrète la volonté du nouveau gouvernement de sauvegarder les libertés fédératives au Canada.Nous l\u2019attendons de sa part.CINÉMA ET VIOLENCE Joseph d'ANJOU, S.J.ART prestigieux, industrie gigantesque, usine à rêves j-\\ dont la magie, passivement subie par les neuf dixièmes des spectateurs, commande à l\u2019homme jaloux de sa liberté l\u2019exercice d\u2019une triple conscience correctrice l, le cinéma de nos jours contribue-t-il à l\u2019élévation ou à l\u2019avilissement des âmes?Que vaut le cinéma actuel ?Il y a de bons films.Il y en a même d\u2019excellents.Malheureusement, de partout montent les mêmes plaintes: ou bien l\u2019ensemble des films, faute d\u2019offrir une 1.Voir Relations, juillaoût 1957; Social Order (Saint Louis, Mo., E.-U.), janv., mars 1957, articles du P.Neil Hurley, S.J.; Ciné-Orientations, mai-juin 1957, art.de M» Pierre d\u2019André.occasion d\u2019enrichissement humain, « laisse à désirer », ou bien les œuvres fortes répandent et entretiennent de dangereuses équivoques morales, quand ce n\u2019est pas un immoralisme cru.Le Pape et les évêques, malgré leur attitude de plus en plus positive et relativement favorable au cinéma 2, recommanderaient-ils avec tant d\u2019insistance une éducation capable de préserver la masse des spectateurs et d\u2019élever le niveau moral de la production cinématographique si celle-ci ne méritait que des éloges ?2.Comparez les discours de Pie XII (21 juin et 28 oct.1955) avec la conférence prononcée par le cardinal Villeneuve, le 27 sept.1937 (le Cinéma dans Venseignement de l\u2019Église, Vatican, 1955, pp.VII-lxxxvii, 179-197).226 RELATIONS Mon intention étant surtout éducative, je dois chercher en quoi et pourquoi le cinéma est nocif, afin de situer nettement nos efforts.Impossible, en un seul article, de répondre à cette double question, car il faut toucher à plusieurs domaines différents (morale, religion, psychologie) et sous divers aspects.Je commencerai par le domaine moral.D\u2019une façon générale, le cinéma apparaît comme un dissolvant de la moralité.Très peu de films élèvent positivement.La majorité se déroulent soit dans une atmosphère totalement étrangère à la conception chrétienne de la vie, soit dans une tonalité de sentiments où prédominent instincts et désirs élémentaires.Le reste glorifie les vices, exalte les péchés capitaux, surtout la luxure, la violence et l\u2019orgueil.Le cinéma ne se contente pas d\u2019étaler le mal: il le rend attrayant (les exemples sont légion); plus souvent encore il le présente comme inévitable, comme appartenant à la trame nécessaire de la vie (dans la plupart des films noirs, dont il sera question plus loin); enfin, par une ambiguïté systématique, ou bien il noie dans la peinture complaisante de la séduction et de la faute le jugement moral qu\u2019il porte (Samson et Dalita, Salomé et presque tous les films de pseudo-évocation exotique ou biblique, prétextes malhonnêtes à érotisme débridé), ou bien il paralyse la conscience en la rassurant par une « fin heureuse » (Brève Rencontre, Stazione Termini.).Cet article n\u2019aborde que le sujet de la violence 3.Deux principes nous aideront à discuter faits et chiffres en rapport avec ce sujet.i.\u2014 PRINCIPES 1.Premier principe.\u2014 Un film, écrit judicieusement le R.P.René Ludmann, C.SS.R., n\u2019est pas à juger selon qu\u2019il montre ou cache le péché, selon que le châtiment suit ou ne suit pas la faute.Un adultère, un meurtre dépendent de la lumière qui les éclaire, d\u2019un certain angle de prise de vue, de l\u2019ambiance dans laquelle ils baignent.Finalement, c\u2019est la conception de la vie qui détermine la moralité d\u2019un film (Cinéma, Foi et Morale, Paris, Éditions du Cerf, 1956, p.60).Dans son discours du 28 octobre 1955, le Pape traite assez longuement le problème de la représentation du mal au cinéma, et il conclut son développement par ces mots: Admettons donc que le film idéal lui-même puisse représenter le mal: faute et chute, mais qu\u2019il le fasse dans un but sérieux et sous des formes convenables, en sorte que sa vision aide à approfondir la connaissance de la vie et des hommes, à améliorer et à élever l\u2019esprit.Que le film idéal fuie donc toute forme d\u2019apologie et, encore plus, d\u2019apothéose du mal, et qu\u2019il manifeste sa réprobation dans tout le cours de la représentation et non pas seulement dans la conclusion, qui arriverait souvent trop tard, après que le spectateur est déjà alléché et bouleversé par les excitations mauvaises.(Actes pontificaux, n° 74, p.22.) 3.\tFaute d\u2019espace, je ne peux référer chaque fois aux articles de revues dans \u2022lesquels le lecteur pourrait prolonger sa réflexion.On consultera Éducateurs, mars-avril 1950; Cahiers d'action religieuse et sociale, août 1952; Film et Famille, mars 1952, oct.1954; Radio, Cinéma, Télévision, 29 août 1954; Amis du film et de la télévision, juill.1955; Etudes, janv.1956.2.Deuxième principe.\u2014 La vue répétée de certains actes répréhensibles, dans un climat d\u2019équivoque ou d\u2019amoralisme qui paraît les innocenter, finit par inspirer aux spectateurs, jeunes et adultes, le goût de les imiter: on reproduit volontiers les gestes qu\u2019on a vus tant de fois accomplis par d\u2019autres, en tant de circonstances diverses et familières, surtout par les vedettes avec lesquelles on s\u2019est souvent identifié.Car l\u2019identification engendre l\u2019imitation, et l\u2019imitation, surtout à intervalles réguliers, un comportement et une attitude morale qui peut devenir permanente (Léo Lunders, O.P., Introduction aux problèmes du cinéma et de la jeunesse, Bruxelles, Éditions Universitaires, 1953, p.76).II.\u2014 FAITS ET CHIFFRES 1.\tLa violence au cinéma.\u2014 Or, au cinéma, la violence règne.On se bat et l\u2019on tue à propos de tout et à propos de rien: par intérêt, par vengeance, par jalousie, par pseudo-fierté.D\u2019après une statistique dressée par Daniel Parker, dans les 400 films projetés en France durant l\u2019année 1936, on relève 310 meurtres, 104 vols à main armée, 34 incendies volontaires, sans compter au delà de mille autres délits plus ou moins accompagnés de violence (chantage, escroquerie, filouterie 4.) et les innombrables scènes de pugilat qu\u2019on rencontre dans la production cinématographique.Même si, avec le P.Lunders 5, on admet qu\u2019il y a des erreurs dans ces chiffres, on devrait hésiter à conclure qu\u2019ils ne prouvent rien.Ils prouvent au moins une chose: il se commet beaucoup de crimes, on exhibe beaucoup de violence au cinéma.D\u2019ailleurs, dans un ouvrage récent, deux auteurs français, peu suspects de moralisme chrétien, assurent que le crime occupe la moitié de la place dans les œuvres tournées à Hollywood 6.2.\tLe crime dans la société.\u2014 Au dire des mêmes auteurs, c\u2019est le réalisme de la vie quotidienne qui explique la proportion élevée de crimes reproduits sur l\u2019écran américain.La guerre, les atrocités japonaises et allemandes, largement diffusées après la victoire, le goût du documentaire auraient favorisé le film noir, qui « a pu.opérer la synthèse du réalisme et de la cruauté » {ibid., p.26).A l\u2019appui de leur opinion, ils citent (p.24) le communiqué suivant de l\u2019agence France-Presse: Washington, 20 septembre.Dans son rapport semestriel, M.J.Edgar Hoover, directeur du F.B.I., déclare que 1,047,290 crimes et délits graves ont été commis aux États-Unis, du 1er janvier au 30 juin 1953.Le nombre des crimes et délits avait atteint 2,036,000 en 1952 et constituait un record.Ce record sera battu en 1953 si la tendance actuelle se maintient.Il résulte de la statistique qu\u2019un crime ou délit grave a été commis toutes les 14 secondes, un meurtre toutes les 40 minutes, un viol toutes les 29 minutes, un cambriolage toutes les 72 secondes, un vol toutes les 25 secondes, un hold-up toutes les 8 minutes et un vol d\u2019auto toutes les 2 minutes.On compte 6,470 tués du fait d\u2019actes criminels et plus de 54,000 blessés ou victimes de viols.4.\tVoir Lunders, ouvt.cité, p.94; le Cinéma dans Venseignement de l\u2019Église, p.324.5.\tOuvr.cité, p.95.6.\tRaymond Borde et Étienne Chaumeton, Panorama du film noir américain, Paris, Éditions de Minuit, 1955, p.182.SEPTEMBRE 1957 227 Ce qui étonne, c\u2019est que nos auteurs aient « peine à croire que le crime tienne autant de place dans les affaires du pays qu\u2019il en occupe dans les scénarios » (p.182).Ne serait-ce pas qu\u2019il y a, entre le cinéma et « les affaires du pays », action et réaction réciproques ?Examinons la chose de plus près.III.\u2014 DISCUSSION 1.Distinctions nécessaires.\u2014 a) On doit distinguer entre violences et violences au cinéma.Certains actes appartiennent à un monde irréel dont aucun spectateur, jeune ou adulte, ne songe à transposer les mœurs dans sa vie de tous les jours.Les reconstitutions cinématographiques d\u2019un lointain passé, les adaptations de romans plus ou moins historiques ou fantaisistes {Ben Hur, Spartacus ou Fabiola, les Trois Mousquetaires, le Comte de Monte Cristo, le Prisonnier de Zenda ou Fanjan la Tulipe, et d\u2019autres) fourmillent de violences; mais, clairement datées par le décor et les costumes, par l\u2019action même (duels à l\u2019épée), elles risquent peu d\u2019exercer une influence dynamique sur le spectateur, qui les situe dans un temps et des lieux où il n\u2019a pas vécu, où il ne vivra pas.Je suis persuadé, cependant, que de tels films, et les westerns qui leur ressemblent et même les films de la jungle {Tarzan), peuvent suggérer à certains caractères impressionnables des actes de violence \u2014 de vengeance \u2014 analogues aux vendettas qu\u2019on y représente.b)\tEt puis, il y a tous les autres films, dont l\u2019action se passe dans un décor contemporain et met en vedette des personnages comme tout le monde: drames passionnels, aventures policières, simples intrigues d\u2019affaires, d\u2019amour, de politique, de race ou de religion.C\u2019est tout le cinéma ou presque.Or, on compterait peu de films qui n\u2019offrent leur petite ou grosse scène de violence familière: combat à coups de poing ou de pied, usage fréquent du revolver, comme si la chose allait de soi.Un montage de pugilat, dans des circonstances un peu corsées, surtout quand l\u2019un des acteurs joue un rôle sympathique et l\u2019autre, celui d\u2019un vilain {Antoine et Antoinette, Johnny Belinda, Son Copain.), constitue un ressort d\u2019intérêt cinématographique dont le rendement, si l\u2019on peut dire, est pratiquement infaillible sur la majorité des spectateurs « infantilisés » par l\u2019ambiance du cinéma.Mais, à la longue, on fausse la conscience de l\u2019homme autant que du chrétien en multipliant de telles scènes, surtout en proposant le combat singulier, à l\u2019arme ou aux poings, comme la réponse normale à une provocation ou, ce qui est pire, comme un geste de courage et de fierté.Et c\u2019est justement ce que sous-entendent la majorité des films, tant français qu\u2019américains, dans l\u2019une ou l\u2019autre de leurs séquences.Là est l\u2019immoralité, le scandale (au sens strict du mot: incitation au mal).c)\tEnfin, il y a le film noir proprement dit.« La présence du crime » ou « le dynamisme de la mort 228 violente » en est la « marque la plus constante » (Borde, p.5), avec le sadisme poussé jusqu\u2019à la limite.Le « cérémonial de la mise à mort » est d\u2019une effrayante cruauté; et ce n\u2019est plus le résultat d\u2019un combat à armes égales: « la lutte fait place au règlement de comptes, au passage à tabac, à l\u2019exécution froide » {ibid., pp.11-12).A cela s\u2019ajoutent d\u2019autres éléments à dose variable: 1° cupidité sans scrupule; 2° sexualité aberrante (l\u2019homme est presque toujours un obsédé ou un maniaque; la femme, soit \u2014 comme dans les westerns \u2014 une danseuse prostituée ou un objet négligeable, moins utile qu\u2019un bon cheval7, soit une intrigante dévoyée, une tueuse à froid, une comparse abjecte ou sensuelle comme dans Assurance sur la mort, la Dame de Shanghai, le Démon des armes) ; 3° « complexité contradictoire des situations et des mobiles » concourant « à donner au public un même sentiment d\u2019angoisse ou d\u2019insécurité » (Borde, p.15) ; 4° enfin ambivalence morale : parfois les bandits sont sympathiques, « tueurs angéliques », comme Alan Ladd dans le Tueur à gages {ibid., pp.45-46), ou bien, quand ce sont des brutes aveugles, des névrosés ou des tarés, « l\u2019action est menée assez habilement pour qu\u2019à certains moments le public sympathise, s\u2019identifie avec les gangsters » {ibid., p.8).On comprend que cet ensemble produise incohérence et confusion chez le spectateur et « crée une atmosphère de cauchemar » {ibid., pp.13, 177, 180).2.Sublimation et remplacement.\u2014 Il n\u2019est pas facile d\u2019établir avec certitude le lien qui peut exister entre la fréquentation du cinéma et le chiffre de la criminalité adulte ou juvénile8.Le fait de la criminalité, surtout juvénile, est là pourtant, et c\u2019est probablement le fléau intérieur le plus grave des États-Unis 9.Des aveux spontanés de jeunes criminels insinuent au moins que leurs délits ont quelque rapport avec une intense habitude du cinéma.Le bon sens et la prudence chrétienne n\u2019en demanderaient pas tant pour justifier une campagne d\u2019épuration des films et des autres sources d\u2019influence qu\u2019on soupçonne de favoriser le crime, comme les illustrés si bêtement nommés crime comics.Mais des experts (?) opinent que la violence contemplée en images, dans les brochures ou à l\u2019écran, produit un effet purificateur (cathartique) sur les instincts d\u2019agressivité du spectateur ou du lecteur, en particulier de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent.« Tuer avec le héros, c\u2019est peut-être se libérer d\u2019un complexe, \u2014 être purgé de la haine, \u2014 être vidé du désir de mort10.» Ce peut-être est savoureux.Mais ceci l\u2019est davantage: « le cinéma est d\u2019autant plus dangereux qu\u2019il est occasionnel.C\u2019est la première cigarette qui fait du mal » 7.\tVoir J.-L.Rieupeyrout et A.Bazin, le Western ou le Cinéma américain par excellence, Coll.« 7e art », Paris, Éditions du Cerf, 1953, pp.104-105.8.\tVoir Lunders, ouvr.cité, ch.vi, et les revues mentionnées à la note 3, surtout Educateurs.9.\tLire Milton L.Barron, The Juvenile in Delinquent Society, New-York, Alfred A.Knopf, 1955 (voir Relations, janv.1957, pp.16, 24), et, entre mille autres articles de revues et de journaux, celui du Saturday Evening Post (22 janv.1955> intitulé « The shame of America ».Voir, plus bas, notes 13 et 16.10.\tArmand Cauliez, le Film criminel, le Film policier, Coll.« 7° art », Paris, Éditions du Cerf, 1956, p.96.RELATIONS {ibid.).On imagine facilement ce que donnerait l\u2019application de ce principe à l\u2019usage de l\u2019alcool ou aux manifestations de tendresse.Le juge Chazal a mieux compris l\u2019analogie des réactions humaines: il attribue les délits des jeunes, en grande partie, à la « fréquentation assidue des salles de cinéma ».Délits de violence, désordres passionnels aussi: « .la vision répétée de films de nature à entretenir l\u2019adolescent dans un état d\u2019excitation génésique finit par.favoriser des aventures sexuelles ou sentimentales se compliquant de délits contre les mœurs 11 ».Ce n\u2019est pas, en effet, la sublimation ou le remplacement qui jouent d\u2019ordinaire devant le spectacle séduisant de la violence, mais l\u2019identification et la compensation.3.\tIdentification et compensation.\u2014 Dans un ouvrage sérieux et très documenté, le Dr Fredric Wertham, qui a dirigé plusieurs grandes cliniques psychiatriques aux États-Unis, a réfuté la thèse précédente en ce qui concerne les illustrés 12.Chez nous, Mme Roger Deslandes, docteur en psychologie, et son mari, spécialiste en pédagogie, ont écrit dans le même sens.A leur avis, le mécanisme d\u2019identification et d\u2019imitation opère plus fréquemment que le processus de catharsis, ou de remplacement imaginatif et ludique.L\u2019identification joue un très grand rôle dans le comportement humain, surtout chez les groupes ou collectivités, chez les arriérés, les déséquilibrés de toutes sortes, les personnes souffrant d\u2019un complexe d\u2019infériorité, bref chez tous les individus à personnalité faible.Il est certain que la publicité des horreurs et du crime, à cause précisément de la force de ce mécanisme d\u2019identification, favorise la délinquance.Observons un peu ce qui se passe dans le monde.Les crimes se répètent.et se ressemblent étrangement.(« Éducation de la violence », le Devoir, Montréal, 1er mars 1955, p.6.) M.et Mme Deslandes énumèrent plusieurs crimes retentissants qui se produisirent comme en série jusqu\u2019à ce qu\u2019on cesse d\u2019en parler: dynamitage d\u2019un avion (affaire Guay et autres pareilles); révolte dans une prison des États-Unis et mutinerie à Bordeaux, près de Montréal; raids de collégiens dans des dortoirs de couventines.Et ils apportent une autre raison psychologique à l\u2019appui de leur sentiment.Au mécanisme d\u2019identification se joint souvent un mécanisme de compensation.Les désappointés de la vie (presque toujours faute d\u2019avoir rencontré, au foyer, l\u2019amour qui épanouit) projettent souvent sur le premier venu leur agressivité refoulée envers leurs parents.Il est des criminels qui tuent en quelque sorte leur père en s\u2019attaquant à un étranger; d\u2019autres qui punissent leur mère en outrageant une femme.Pour peu qu\u2019on soit déséquilibré, on se venge, sur la société, des injustices.subies à la maison 13.{Ibid.) 11.\t« Cinéma et délinquance », dans Éducateurs, mars-avril 1950, pp.138, 139.Voir Jean-Marie de Buck, S.J., Cas difficiles, Bruges, Desclée de Brouwer, 5e édit., ch.IX, pp.124-128.12.\tSeduction of the Innocent, The influence of comic books on today\u2019s youth, New-York, Rinehart & Co.Inc., 1954, 400 pp.(voir Collège et Famille, juin 1955, p.129).13.\tDans un ouvrage capital, intitulé Délinquants en herbe (traduit par le Dr Maurice Verdun, S.J., Coll.« Animus et anima », Lyon, Em.Vitte, 1956), Sheldon et Eleanor Glueck refusent avec raison d\u2019expliquer la délinquance par la seule frustration d\u2019affection parentale.Mais, à lire attentivement leur ouvrage et La sublimation dont on nous parle serait donc, vraisemblablement, une mystification.C\u2019est plutôt le contraire qui se produit: la représentation du crime fixe l\u2019instinct de violence en le stimulant à dose continue.Et il semble que ce soit plus vrai du cinéma que des illustrés, car « l\u2019écran est un miroir grossissant, et un seul acte de violence, suggéré avec habileté, fait plus d\u2019effet qu\u2019un texte où les forfaits s\u2019accumulent » (Borde, p.20).4.\tAgressivité et sympathie.\u2014 Au reste, l\u2019agressivité ne se sublime vraiment que rattachée ou soumise à la sympathie.Les sports, même violents, liquident l\u2019agressivité, à la condition qu\u2019ils s\u2019exercent dans un climat de compétition loyale ou de jeu désintéressé.Mais il s\u2019agit de sports pratiqués activement, non contemplés passivement, et d\u2019émulation saine, non de farce ou de quasi-boucherie.Et M.et Mme Deslandes de conclure leur exposé par ce principe, aussi valable pour les adultes que pour les jeunes: dès qu\u2019un spectacle de violence \u2014 réel ou fictif \u2014 représente des actions, gestes ou paroles à buts égoïstes (érotisme, domination ou possession), dès qu\u2019aucun sentiment supérieur de dévouement, de loyauté.en est absent, il est antiéducateur {le Devoir, 8 mars 1955, p.6).Pourquoi ne pas enregistrer aussi l\u2019aveu de nos deux panégyristes du film noir ?Constatant que « les moralistes chrétiens peignent le mal.pour en donner une image repoussante », Borde et Chaumeton précisent que le film noir tend, lui, à conférer au mal des côtés attirants, tout en rejetant des ombres patibulaires sur les représentants de l\u2019Ordre et de la Justice.Il est vrai que l\u2019histoire finit mal pour les coupables.: la prison, la folie ou la mort mettent un terme à leurs forfaits.Mais ce dénouement semble bien être aussi, dans pas mal de cas, l\u2019issue la plus vraisemblable, du point de vue réaliste lui-même.Du reste, l\u2019effet trouble d\u2019un film sur le spectateur est-il complètement effacé par les cinq dernières minutes de la projection?(ouvr.cité, pp.185-186).5.\tPessimisme dévalorisant.\u2014 Les mêmes auteurs admettent « le caractère démoralisant, pour le spectateur, du monde corrompu où se complaît la série » des films noirs.La « présentation à doses massives, des années durant, de films criminels a vraisemblablement, en période de tension internationale, des effets dangereux sur l\u2019agressivité collective du public » (ibid., p.189).Ce mauvais effet se produit également en temps de paix, sous le signe ou de la fatalité de la passion, ou de l\u2019irresponsabilité névrotique, ou de l\u2019esthétique (réaliste, expressionniste, existentialiste 14.): « des toiles enchan- surtout leur dernier chapitre, on est amené à conclure que tous les autres facteurs impliqués dans la délinquance s\u2019enracinent d\u2019abord dans le défaut d\u2019éducation familiale (pp.92-94, 177, 180-182, 215-216, 229, 234-235, 242, 250, 265-266).Dans Vipère au poing, Hervé Bazin écrit (p.250) : « L\u2019homme qui souille une femme souille toujours un peu sa mère.» Et combien d\u2019adolescentes « se sont fait un enfant », comme elles disent, « pour humilier leur mère » (textuel) ! Ce sont de tels sentiments que le cinéma fixe souvent et porte à traduire en actes.14.\tComment ne pas souligner ici l\u2019immoralisme de la Dame de Shanghai, film que le ciné-club de CBFT présenta le 5 juillet dernier?L\u2019aventurier O\u2019Hara se lie volontairement à des escrocs dans l\u2019espoir de gagner cinq mille dollars et de séduire une jeune femme mariée, moins sensible à l\u2019amour que friande d\u2019exhibitionnisme et de luxe; de la sorte, il se rend indirectement complice d\u2019un triple meurtre, dont il se lave dédaigneusement les mains.Qu\u2019on admire la photo, le montage, ce n\u2019est que juste; qu\u2019on parle de génie, passe encore, pourvu qu\u2019on le qualifie de désaxé.Il y a d\u2019ailleurs ici plus de virtuosité que de génie.Q\u2019Hara-Welles se conduit comme un adolescent « sublime » qui refuse de s\u2019intégrer à la société par le dépassement.Il se compromet au contraire dans les intrigues de 1\u2019underworld (Bannister, SEPTEMBRE 1957 229 tées » se dégage « une poésie de sang et de coups de poings» qui plaît «au sadisme des foules15».Faut-il beaucoup d\u2019expérience pour affirmer que la morale (immorale) de la violence et du talion sévit de plus en plus parmi les hommes, même parmi les chrétiens ?Quiconque écoute parler les gens et s\u2019arrête à la signification de leurs propos spontanés n\u2019a pas de peine à saisir, dans une conversation ou une confidence, les motifs qui ont inspiré leurs gestes de violence ou de vengeance.On entend presque tous les jours jeunes et vieux, filles et garçons soutenir avec force leur droit à des représailles pour une offense subie.D\u2019un acte qui, aux yeux du vrai chrétien, apparaît comme une faute et un déshonneur, ils se font un devoir ou un point d\u2019honneur, considérant comme une lâcheté soit le silence, soit le pardon.Telle est leur réaction première, souvent tenace, que les éducateurs ont bien du mal à redresser.D\u2019où vient cet immoralisme relativement à l\u2019un des préceptes fondamentaux de l\u2019Évangile, la sa femme et leur associé), pour se donner le stérile plaisir de le repousser du pied avec mépris.Au lieu de se tailler une gloire dans la fidélité surhumaine à la nature humaine (tel un vrai génie), il se situe d\u2019abord « par delà le bien et le mal », pour jouir ensuite de son « splendide isolement », non sans avoir joué avec des pantins sordides dont il feint d\u2019avoir été lui-même le jouet innocent.Immoralisme orgueilleusement hypocrite.Ambiguïté morale tout au moins, accentuée par un « onirisme forcené », une recherche du dépaysement.C\u2019est ce qu\u2019ont très bien vu Borde et Chaumeton, qui classent la Dame de Shanghai parmi les plus marquants des films noirs américains (ouvr.cité, pp.9, 10, 13, 14, 19, 20, 73-78, 96, 163).15.M.Bardèche et R.Brasillach, Histoire du Cinéma, Paris, André Martel, 1954, II, p.23.>¦ L\u2019autonomie municipale et l\u2019Etat contemporain Paul GÉRIN-LAJOIE IES ÉLECTIONS MUNICIPALES remplissent, depuis plusieurs mois, les manchettes des journaux.Elles invitent à nous demander quelle est leur signification réelle et pourquoi on semble y attacher passablement d\u2019importance.S\u2019agit-il d\u2019une simple joute sportive, ou d\u2019une véritable participation des administrés à l\u2019exercice du pouvoir municipal ?En d\u2019autres termes, jouissons-nous vraiment d\u2019une démocratie municipale dans le sens d\u2019un self-government, c\u2019est-à-dire d\u2019un gouvernement de la population locale par les élus de la population locale?Ou n\u2019en avons-nous que le mécanisme électoral, vidé de sa signification démocratique ?Origine de notre régime municipal La question est d\u2019autant plus sérieuse que les causes mêmes qui ont provoqué l\u2019instauration de la démocratie municipale au Canada ont tendance à disparaître.Car, loin d\u2019être né sous la pression de forces politiques, le régime municipal chez nous est le fruit de doctrines et de forces économiques.Aujourd\u2019hui, ces mêmes forces économiques exercent leur pression en sens charité qui pardonne?Du cinéma?Admettons que personne ne peut l\u2019affirmer avec certitude.Ce qui est certain, c\u2019est que pareil immoralisme triomphe au cinéma et qu\u2019il se manifeste parallèlement chez les jeunes et leurs aînés.Chose certaine encore, l\u2019identification cinématographique pousse à l\u2019imitation.* Après avoir parlé de la violence au cinéma, il faudrait au moins signaler le danger que présentent, plus souvent encore, les films noirs télévisés.Le Comité judiciaire du Sénat américain a publié le rapport de l\u2019enquête menée aux États-Unis en vue d\u2019étudier les effets que la télévision peut avoir sur la criminalité juvénile.La conclusion, très nuancée, c\u2019est qu\u2019il y a action et réaction des mœurs et goûts du public américain sur le contenu des programmes: ceux-ci reflètent le milieu et influencent les jeunes dans le sens de la violence et de la sexualité dévoyée 16.On ne s\u2019étonnera donc pas si, dans notre prochain article, nous invitons le lecteur à réfléchir sur la désintégration de l\u2019amour telle qu\u2019elle s\u2019affiche au cinéma.16.Voir Television and Juvenile Delinquency, Interim Report of the Subcommittee to Investigate Juvenile Delinquency, S.Res.190, Washington, 1955, pp.37-38.Également, Juvenile Delinquency (Television Programs), Hearings before the Subcommittee.S., Res.62.Me Gérin-Lajoie, qui a déjà écrit pour Relations une série d'articles sur les problèmes constitutionnels et fiscaux, nous donne ici la substance d\u2019un travail présenté, en juin dernier, lors de la réunion annuelle de la Canadian Political Science Association, à Ottawa.contraire, c\u2019est-à-dire dans le sens de la centralisation entre les mains des pouvoirs supérieurs.Devant cette situation, il restera à nous demander si des forces politiques peuvent maintenant se substituer aux forces économiques pour sauvegarder le self-government municipal.Chacun a conservé bien vivantes à l\u2019esprit les pages d\u2019histoire qui nous ont appris comment le régime parlementaire et le régime de gouvernement responsable sous lesquels nous vivons aujourd\u2019hui ont été conquis par nos pères.Ceux-ci, toutefois, n\u2019ont jamais lutté pour l\u2019instauration de la démocratie municipale.Cette institution nous vient du célèbre rapport Durham, qui en a fait l\u2019une des pierres angulaires de la réforme administrative et politique qu\u2019il proposait pour le Canada.Le projet de régime municipal n\u2019était pas conçu en réponse à des revendications canadiennes; il se situait simplement dans la ligne des théories économiques qui prévalaient alors en Europe et qui tenaient le self-government municipal pour une condition essentielle d\u2019une administration publique efficace.Le gouvernement démocratique municipal répondait tellement peu aux exigences politiques des Canadiens de 1840 qu\u2019une première loi adoptée cette année-là 230 RELATIONS pour établir un système général de gouvernement municipal au Canada est restée entièrement lettre morte.Dès 1845, toutefois, une nouvelle loi dans le même sens a reçu un meilleur accueil, au point que le régime municipal prit alors naissance et commença à s\u2019établir progressivement sur le territoire du Canada.Il est vrai que, dès 1831, la corporation de Montréal avait été instituée; mais ce n\u2019était pas alors un véritable organisme démocratique; au surplus, il s\u2019agissait d\u2019un cas particulier, tandis que la loi de 1845 est à l\u2019origine d\u2019un système général d\u2019administration municipale au pays.Le régime municipal est donc le fruit d\u2019une doctrine économique, le libéralisme économique, dont on peut retenir ici deux caractéristiques: a) le rôle de l\u2019administration publique doit se restreindre à une fonction de police et à l\u2019accomplissement des tâches que l\u2019initiative individuelle est incapable d\u2019accomplir efficacement; b) le gouvernement le plus près de la population administrée est généralement le plus apte à rendre efficacement les services qu\u2019exige cette population.C\u2019est ainsi qu\u2019en dépit de l\u2019importance relative donnée à l\u2019administration municipale par rapport au gouvernement central, le rôle de la corporation de Montréal a pu se borner, pendant un temps, à réglementer la construction et le nettoyage des cheminées.Les fonctions municipales d'aujourd'hui Mais, en cent ans, les choses ont bien changé.Les services fournis par les villes sont non seulement devenus de plus en plus nombreux, mais ils sont aussi devenus de plus en plus complexes.A défaut d\u2019une compilation statistique disponible pour la ville de Montréal, signalons, à titre d\u2019exemple, que la ville américaine de Détroit, en cent ans, a vu le nombre de ses services municipaux augmenter de 22 à 350.Cette évolution est le résultat de facteurs très variés: industrialisation, densité croissante de la population, hausse constante du niveau de vie, utilisation croissante des véhicules-moteur.On comprend aisément que les problèmes d\u2019une ville où l\u2019on compte en moyenne un véhicule par famille sont bien différents des problèmes d\u2019une ville où le nombre des véhicules ne serait que d\u2019un par cinq ou par dix familles.On comprend de la même façon que l\u2019eau fournie par une grande ville pour des usages industriels variés doit répondre à des exigences beaucoup plus précises que l\u2019eau simplement potable requise par une municipalité sans industries \u2014 ce qui nous rappelle que l\u2019organisme humain a un degré d\u2019adaptation aux circonstances que sont loin d\u2019avoir atteint les œuvres mécaniques de l\u2019homme.Au surplus, si le nombre et la complexité des fonctions municipales ont augmenté, il faut également souligner que leur caractère s\u2019est profondément transformé.L\u2019assistance aux chômeurs, par exemple, au siècle dernier, dans une économie généralement agri- cole qui n\u2019avait vu naître encore aucun grand centre industriel, avait bien peu en commun avec l\u2019assistance que la ville de Montréal s\u2019est vue obligée de donner, pendant la crise de 1929-1937, à un nombre considérable de sans-travail.La ville nouvellement industrialisée apparut d\u2019autant moins en mesure de satisfaire aux besoins de ses administrés que, par les causes mêmes qui ont provoqué le chômage et rendaient l\u2019assistance nécessaire, ses sources de revenus se sont trouvées en grande partie taries.D\u2019autre part, en dehors de ces facteurs d\u2019évolution qui sont inhérents au régime municipal, il faut mentionner une cause externe non moins importante.L\u2019administration publique, au Canada comme dans tous les pays occidentaux, est passée d\u2019un rôle de police à un véritable dirigisme de la vie en société; elle ne se contente plus de suppléer des activités individuelles, elle vise à procurer un minimum de sécurité sociale.Cette double fonction a été assumée par les gouvernements supérieurs, sans que les fonctions des municipalités en soient réduites le moindrement.Les allocations familiales, les pensions de vieillesse, l\u2019assurance-chômage, l\u2019aide financière des gouvernements supérieurs à la construction et à l\u2019entretien des hôpitaux, les mesures provinciales d\u2019assistance publique sont loin d\u2019avoir soulagé les budgets municipaux en matière d\u2019hygiène publique et de bien-être social.Elles ont, en outre, contribué à une élévation du niveau de vie et à un accroissement constant des services requis par la population dans les divers domaines de l\u2019administration municipale: voirie, travaux publics, transport en commun, etc.La double conséquence de cette évolution est simple à constater.D\u2019une part, les gouvernements supérieurs, qui détiennent chacun un pouvoir pratiquement sans limite en matière d\u2019impôts, ont multiplié presque à l\u2019infini le nombre de leurs sources de revenus.Ainsi, depuis la Confédération, le gouvernement du Québec a institué une variété de nouveaux impôts qui affectent le revenu des corporations et celui des individus, les successions, les places d\u2019affaires, les ressources naturelles, les amusements, le tabac, les ventes au détail, les repas.Il a institué la régie provinciale des alcools, qui tire de son monopole des revenus considérables.Non seulement les sources de revenus ont été multipliées, mais leur rendement a pu être considérablement augmenté sans désastre économique.Tel est, par exemple, le cas de l\u2019impôt fédéral sur le revenu des individus et sur le revenu des corporations.Situation financière des municipalités Mais pendant que les sources de revenus des gouvernements supérieurs augmentaient ainsi en nombre et en rendement, les revenus des gouvernements municipaux demeuraient plus ou moins figés.L\u2019impôt financier traditionnel avait relativement peu de flexibilité.SEPTEMBRE 1957 231 Les gouvernements municipaux n\u2019ont pas reçu le pouvoir d\u2019instituer d\u2019autres impôts, sauf, depuis dix ou quinze ans, une taxe de faible rendement sur les ventes au détail.Le pouvoir d\u2019emprunt subit lui-même les contrecoups de la politique monétaire et de la politique bancaire du gouvernement fédéral.Au point de vue pratique, les municipalités se sont trouvées absolument incapables de remplir leurs fonctions d\u2019une manière satisfaisante.Elles ont pourvu le mieux possible aux dépenses courantes et ont dû négliger de façon alarmante les services qui exigeaient une mise de capital importante: voirie, transport en commun, épuration de l\u2019eau et, dans certains cas, l\u2019aqueduc lui-même, ainsi que divers travaux publics urgents.A Montréal, par exemple, le déficit d\u2019investissement, c\u2019est-à-dire la valeur des gros travaux en retard, a été évalué récemment, dans le mémoire de la ville à la Commission Tremblay, à un minimum de 500,000,000 de dollars.Les municipalités rurales de la province sont dans une situation qui peut paraître moins tragique, mais qui demeure fort inquiétante.Ces municipalités ont pu pourvoir aux travaux les plus urgents, grâce à des faveurs individuelles (octrois spéciaux et travaux en nature), obtenues au compte-goutte (les malins disent au compte-vote) du gouvernement provincial, à la veille d\u2019une élection.Au point de vue démocratique, les administrateurs municipaux ne disposent donc plus des instruments nécessaires à l\u2019exercice de leur fonction.Comment peuvent-ils être tenus responsables, devant leurs électeurs, de l\u2019accomplissement complet de leur tâche ?Les administrateurs municipaux sont, dans une grande mesure, des élus sans pouvoirs, de sorte qu\u2019on doit se demander dans quelle mesure l\u2019élection municipale conserve sa signification démocratique de contrôle populaire sur l\u2019administration municipale.Au surplus, en regard de certaines lois telles que la loi de l\u2019assistance publique, les administrateurs municipaux sont pratiquement des automates, des exécuteurs aveugles des volontés consignées dans des règlements par les autorités supérieures.Encore là, peut-on vraiment parler de démocratie, d\u2019autonomie municipale?Ici se pose le problème que nous énoncions au début.Les forces et les théories économiques qui ont provoqué l\u2019instauration du régime municipal ne jouent pas aujourd\u2019hui aussi fortement qu\u2019autrefois pour conserver à ce régime sa pleine vitalité.La tendance des vingt dernières années est à la centralisation (provinciale et fédérale) tant des ressources financières et des grandes mesures de sécurité sociale que du pouvoir de réglementation en matière d\u2019assistance publique, cependant qu\u2019on laisse l\u2019exécution des règlements au soin des administrations municipales.Devant cette tendance des forces économiques, y aura-t-il des forces politiques pour obvier au tarissement du pouvoir municipal ?En somme, le désir qu\u2019ont nos populations municipales de contrôler véritablement leurs administrations locales se manifestera-t-il avec assez de vigueur pour amener nos gouvernements supérieurs à trouver et à prendre les mesures qui s\u2019imposent pour revitaliser le régime municipal ?Remèdes au malaise financier des municipalités Le malaise financier des municipalités, en particulier, est loin d\u2019être sans remède.Les mémoires détaillés soumis à la Commission Tremblay par la ville de Montréal et par l\u2019Union des Municipalités de la province de Québec, par exemple, le montrent à souhait.Il n\u2019est peut-être pas facile, dans notre économie moderne, de donner aux municipalités de nouveaux pouvoirs d\u2019impôt: de nombreuses raisons d\u2019ordre économique s\u2019y opposent.En revanche, le rendement de l\u2019impôt foncier actuel pourrait être sensiblement amélioré.Signalons simplement le cas des exemptions de taxe municipale qui minent le régime de l\u2019impôt foncier.Par exemple, pourquoi le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial ne paieraient-ils pas aux municipalités une compensation complète pour les impôts dont la constitution canadienne les exempte ?Le gouvernement fédéral a déjà fait un pas dans ce sens.Il lui reste à le compléter, et à Québec, à suivre le bon exemple.Les municipalités pourraient être appelées à partager le produit de certains impôts provinciaux, tels que la taxe sur l\u2019essence ou l\u2019usage des automobiles.Pourquoi les municipalités du Québec ne recevraient-elles pas, comme cela se fait dans un grand nombre d\u2019États américains et même dans la province d\u2019Ontario, une subvention statutaire annuelle qui pourrait être basée sur la population de la municipalité ?De telles subventions contribueraient à revivifier notre régime de démocratie municipale, car les administrateurs municipaux n\u2019auraient à rendre compte de l\u2019emploi de ces sommes qu\u2019à l\u2019électorat de leur municipalité, indépendamment des relations, amicales ou non, qui pourraient exister entre les membres de l\u2019administration municipale et les membres du gouvernement supérieur appelé à fournir les subventions.Les recteurs de nos universités demandent des octrois statutaires: les maires de nos municipalités seraient en honorable compagnie.Des subventions provinciales ou fédérales pour travaux spécifiques pourraient s\u2019ajouter à des subventions statutaires selon la population.On pourrait aligner de nombreuses raisons qui justifieraient d\u2019emblée le gouvernement provincial, en particulier, de contribuer largement au coût de construction du boulevard métropolitain de la Côte-de-Liesse, qui s\u2019intégre indiscutablement dans le réseau de la voirie provinciale et même dans le réseau transcanadien.* En définitive, quels que soient les remèdes précis qui puissent être apportés, la solution aux problèmes 232 RELATIONS de notre démocratie municipale menacée dépend de l\u2019opinion publique.Notre population désire-t-elle redonner à la démocratie municipale sa véritable signification ?Nos populations municipales désirent-elles reprendre la pleine responsabilité de l\u2019administration de leur localité, avec toute la liberté d\u2019action que cela comporte ?En d\u2019autres termes, tenons-nous à des institutions municipales véritablement autonomes ?Peut-être n\u2019y tenons-nous pas.Peut-être n\u2019avons-nous pas d\u2019objection à revenir au régime d\u2019avant 1840, alors que les administrateurs municipaux étaient tout simplement nommés par le gouvernement central.Au- SEMAINES SOCIALES DE FRANCE Situation et avenir de la famille Hervé CARRIER, S.J.IA CONVOCATION annuelle des Semaines sociales cons-titue, chaque été, en France, un événement important; mais la dernière session de juillet, tenue à Bordeaux, a revêtu une signification particulière.Le sujet traité, la famille, ne pouvait laisser indifférent aucun des sociologues ou des militants qui ont pris conscience de l\u2019ampleur du mouvement familial en France.Aux Français s\u2019étaient joints des participants venus de plus de vingt pays différents.Une dizaine de Canadiens s\u2019y rencontrèrent au hasard de leurs voyages en Europe.A plusieurs reprises, on répéta aux semainiers que rarement Semaine sociale avait éveillé réponse plus empressée: affluence record, notèrent les journaux; auditoire composé en majorité de laïcs, parmi lesquels on remarquait la présence significative de nombreux jeunes époux.Le dynamique mouvement des jeunes foyers et les diverses associations familiales y étaient largement représentés.Selon l\u2019expression de M.Folliet, on assistait à un véritable « carrefour des catholiques français ».Formule à peine exagérée, car les « impératifs familiaux » sont devenus un thème de réflexion et de ralliement pour toutes les initiatives de restauration sociale.La dernière Semaine sociale aura servi notamment à souligner la convergence, sinon toujours l\u2019unanimité des préoccupations qu\u2019éveille la famille.En effet, les requêtes familiales suscitent de plus en plus d\u2019attention, tant chez les philosophes, juristes, économistes et journalistes chrétiens qu\u2019au sein des mouvements de pastorale, d\u2019action catholique ou syndicale.On pourrait risquer le mot de conspiration familiale.Notre propos ne peut être de résumer les enseignements de six pleines journées, chacune comportant trois leçons et trois carrefours.Les dix-huit cours, présentés par seize laïcs et deux religieux, ont abordé l\u2019institution familiale sous ses aspects les plus divers, en marquant les progrès accomplis au bénéfice du foyer, grâce aux études de psychologie, de droit, de sociologie, et en soulignant le renouveau de théologie pastorale et de spiritualité conjugale qui sous-tend le mouvement familial actuel.SEPTEMBRE 1957 jourd\u2019hui encore, les cantonniers de nos comtés ruraux sont désignés par le gouvernement provincial.Peut-être n\u2019avons-nous pas d\u2019objection à ce que nos maires et nos conseillers municipaux ne soient responsables aussi qu\u2019à un gouvernement supérieur plutôt qu\u2019au peuple.Et même, un jour, nos maires et conseillers ne pourraient-ils pas être véritablement nommés par un gouvernement supérieur?Pourquoi pas, si nous en arrivions à la conclusion que le hockey peut avantageusement remplacer les élections comme sport municipal ?Sans doute, ce jour n\u2019est pas encore venu.Mais à trop attendre, nous pourrions fort bien nous réveiller trop tard.Le P.Carrier, qui étudie présentement la sociologie religieuse à Paris, nous parle de la Semaine sociale de Bordeaux, dont il a suivi, cet été, les travaux.Les deux plans du mystère familial Bornons-nous à quelques lignes d\u2019ensemble et notons deux orientations qui semblent se faire jour dans le rajeunissement de la pensée et de l\u2019action familiales.La première est surtout préoccupée de réformes institutionnelles sur le plan juridique, économique et politique; la seconde est davantage tournée vers l\u2019être familial en lui-même, dans sa vie intime, psychologique et spirituelle.Selon le vœu du président, M.Charles Flory, la confrontation des deux tendances hâtera sans doute la rencontre entre « les tenants des valeurs d\u2019intimité et les militants de l\u2019action institutionnelle ».Intériorité de la communauté familiale et soutien institutionnel des familles: deux optiques, a-t-on remarqué; non pas opposition ou conflit, mais plutôt tendances complémentaires et déjà en voie de synthèse.Plusieurs travaux ont révélé que l\u2019intégration entre les vues des psychologues, des moralistes et des juristes est passablement avancée.En somme, c\u2019est de la famille bien concrète qu\u2019il s\u2019agit, dans son mystère intérieur comme dans son environnement social.Les deux plans se recoupent constamment.La liaison, qui a été si profondément analysée par M.Ma-dinier, entre les valeurs d\u2019intimité et les valeurs de fécondité, entraîne ipso facto la famille dans un contexte largement social.Le P.de Lestapis démontrera à quel point la fécondité est liée à l\u2019équilibre du foyer tout aussi bien qu\u2019à l\u2019équilibre socio-économique de l\u2019humanité; des problèmes spirituels et moraux se poseront sur les deux plans, mais la solution ne saurait différer dans son inspiration fondamentale.Pour leur part, économistes et juristes souligneront la mesquinerie et l\u2019insanité d\u2019une politique nataliste qui veut encourager la fécondité tout en tolérant, au nom d\u2019un libéralisme juridique ou moral, la désacralisation des foyers.De même, l\u2019engagement mutuel des époux ne sera pas moins menacé par l\u2019infidélité à l\u2019amour que par une législation qui, de l\u2019extérieur, facilite le divorce.La prudence inattendue des législations matrimoniales dans les démocraties populaires, uniquement soucieuses de rendement, confirme à la fois la primauté de l\u2019amour et la nocivité du divorce.Quoi qu\u2019il en soit, la famille n\u2019est pas à considérer comme un îlot, et le temps des « familles closes » semble bien révolu.Les juristes et les gouvernants ne sauraient, toutefois, en rester aux cadres d\u2019un droit ou d\u2019une politique qui sous-estiment en pratique la réalité de l\u2019être familial comme tel.233 Les aspects philosophique et sociologique La famille, mystère d\u2019intériorité; la famille, fait sociologique: l\u2019un et l\u2019autre aspect furent mis en relief tout au long des conférences.Partant des données de la biologie et de la psychologie, le docteur Biot indique les perspectives nouvelles dans lesquelles on envisage, à l\u2019intérieur du foyer, les relations entre époux et les relations entre parents et enfants.Son cours résume un ensemble de connaissances psychologiques sur la vie conjugale dont les résultats, heureusement, reçoivent déjà une assez large diffusion.Sur le plan d\u2019une philosophie proprement familiale, deux brillantes études furent présentées, celles de M.Lacroix et de M.Madinier.Dans une revue des grands courants de pensée qui influencent la famille contemporaine, M.Lacroix analyse la conception marxiste, puis la position traditionnelle, représentée chez les catholiques, à son avis, par un de Bonald, et chez les positivistes par Auguste Comte; ensuite les orientations individualistes et anarchistes, aboutissant à l\u2019amour libre; finalement l\u2019école catholique moderne qui porte davantage son attention sur « l\u2019amour institué » ou sur l\u2019être familial.Nous sommes à l\u2019intérieur d\u2019une conception spirituelle de la famille qui veut mettre en relief les relations libres et personnelles de la vie conjugale; relations qui tendent au développement intégral des personnes, époux et enfants, dans une communauté harmonieuse et dans une ouverture consciente et généreuse aux responsabilités sociales.Ceux qui connaissent les thèmes de réflexion d\u2019un Paul Archambault, d\u2019un Joseph Vialatoux, d\u2019un Gabriel Marcel, d\u2019un P.de Lestapis situeront assez bien les orientations de cette nouvelle école.Cette analyse extrêmement suggestive fut prolongée et approfondie par M.Madinier.Envisageant la famille du dedans, il essaie de nous faire pénétrer à l\u2019intérieur même de l\u2019être familial jusqu\u2019à la zone du sacré et du mystère.On aborde le mystère de l\u2019amour, déjà manifeste au niveau naturel; mystère familial dont les composantes se reconnaissent aux valeurs complémentaires d\u2019intimité, de fécondité et de spiritualité.On voit ici la possibilité d\u2019une découverte toujours neuve de l\u2019amour, mais d\u2019un amour qui se conquiert au rythme même de ses ascensions.Le conférencier ajoute en conclusion : Ces expériences, offertes à quiconque vit son existence familiale dans sa profonde et mystérieuse réalité, impliquent un don de soi joyeux, mais onéreux, parfois héroïque.L\u2019homme peut-il l\u2019accomplir par ses seules forces?Le mystère que la réflexion philosophique discerne au cœur de l\u2019être familial est comme une ouverture, une faille et une attente.L\u2019être familial, en effet, est lourd d\u2019un mystère infiniment plus profond, celui du sacrement chrétien.C\u2019était le rôle de la théologie d\u2019achever l\u2019analyse.L\u2019étude du P.Carré, malheureusement interrompue pour cause de maladie, priva les semainiers d\u2019une leçon théologique non moins consistante que les analyses des philosophes.Le cours de M.Folliet poursuivit la réflexion spirituelle sur une voie connexe.Avec la rondeur et la conviction qu\u2019on lui connaît, il traita du célibat et, par delà les cas d\u2019anomalie, plaida la cause des « célibats d\u2019élection et de vocation » ; il souligna notamment « la nécessité contemporaine d\u2019une réhabilitation psychologique du célibat consacré ».Son paradoxe d\u2019entrée en matière rappelle que le sujet traité ne déborde pas le thème de la Semaine: « Le salut des familles viendra des célibataires! » Il empruntait d\u2019ailleurs le mot à cet autre apôtre familial que fut l\u2019incomparable abbé Viollet, dont la mémoire fut souvent évoquée au cours de la session.Le P.de Lestapis, qui n\u2019est plus à présenter chez nous, aborda le difficile problème de la fécondité, dans sa dimension à la fois familiale et mondiale.Son exposé, empruntant aux données de la démographie, de la morale sociale et de la pastorale familiale, répond à bien des questions, et il fut l\u2019un des plus applaudis.La « parenté planifiée » n\u2019offre pas les résultats escomptés, et le sociologue doit constater qu\u2019elle n\u2019a réussi à endiguer, comme on l\u2019avait promis en certains pays, ni l\u2019avortement, ni le divorce, ni les troubles psychologiques chez la femme, ni le phénomène de l\u2019enfance abandonnée ou délinquante.Le problème de la fécondité dépasse le plan des simples techniques, c\u2019est une question de valeurs: primat de la personne, de sa liberté comme de ses responsabilités envers un ordre social humanisé.Le peuplement vraiment humain suppose une redistribution des ressources et des capitaux; il doit procéder d\u2019un élan gratuit, créateur et responsable; il « requiert moins une technique que l\u2019infusion dans le sexuel d\u2019une puissance efficace d\u2019altruisme, de charité et de communion ».La révolution démographique actuelle ne peut être humanisée sans la charité.Les aspects juridique, politique et économique Dans le cadre des perspectives juridiques, politiques et économiques, des travaux de grand intérêt furent également présentés.Si le vocabulaire et le point de vue varient chez les conférenciers, c\u2019est le même dévouement envers la cause familiale qu\u2019on retrouve.Le cours de M.Barrère, sur la famille et l\u2019évolution économique, peut être cité en exemple.Dépassant les mobiles d\u2019une politique individualiste ou socialiste, et après avoir admis que le groupe familial a perdu son caractère d\u2019unité économique élémentaire et autarcique, il présente la famille comme un sujet déterminé de besoins et un centre de décisions économiques.Au plan même de l\u2019économie nationale, les pays à mentalité malthusienne sont voués tôt ou tard à la stagnation, tandis que la vitalité des familles offre à une nation de vastes perspectives d\u2019essor économique: extension des besoins familiaux et répercussions sur les activités de production, de circulation et de consommation, accroissement du potentiel inventif, de l\u2019initiative et de l\u2019investissement.On a pu dire que le redressement démographique actuel fera de la France l\u2019un des pays européens les plus jeunes dans vingt ans.Les économistes supputent déjà les chances de rajeunissement économique qui devraient s\u2019ensuivre.Dans ce contexte, la famille apparaît comme un facteur de progrès et de modernisation.Déjà manifesté par les statistiques, ce rôle de plus en plus net des familles dans l\u2019évolution économique doit faire l\u2019objet d\u2019une politique consciente.Trois études essaient de définir cette politique.M.Mon-nin s\u2019attaque au problème de la compensation des charges familiales: ses objectifs et son financement.Aujourd\u2019hui, en France, les allocations familiales couvrent la moitié des frais d\u2019entretien de l\u2019enfant, et le fisc tient déjà compte du quotient familial.Mais les avantages accordés aux familles par la sécurité sociale posent à tout gouvernement d\u2019épineux problèmes: la liaison entre les législations économique, sociale, fiscale et, surtout, le mécanisme du financement.Il faut ici, à la fois, assurer une répercussion minima sur l\u2019économie d\u2019ensemble et prévoir une adaptation automatique aux variations des indices; le tout administré avec une large part d\u2019autonomie politique.Quelle que soit la solution de ces difficultés, il reste que les intérêts familiaux doivent occuper la vedette dans les programmes gouvernementaux.La famille, qu\u2019une politique inhumaine avait reléguée au secteur strictement privé, devient désormais présente aux grandes délibérations du parlement et des ministères.M.Desmottes retrace ensuite les étapes de ce progrès en France: interpellation Pemot en 1937, création du premier ministère de la Famille en 1940, évolution des objectifs natalistes vers une politique familiale et de justice sociale où la famille est reconnue comme un élément constitutif de la 234 RELATIONS nation, création enfin du Corps familial.Cette promotion, qui aurait été inconcevable il y a trente ans, demeure précaire par certains côtés, car l\u2019évolution de la législation et de la moralité publique implique encore des conceptions de la famille inacceptables aux catholiques.D\u2019où l\u2019urgence d\u2019un véritable civisme familial.Si, malgré les imperfections qui subsistent, la France s\u2019honore d\u2019être à l\u2019avant-garde en ce domaine, il lui faut constamment rappeler à l\u2019opinion publique quels sont « les impératifs familiaux de toute politique ».Non qu\u2019il faille politiser la famille ou revendiquer le suffrage familial, comme l\u2019a bien exposé M.Gounot, rédacteur de la fameuse ordonnance de 1945, par laquelle le gouvernement institua le Corps familial au sein de l\u2019État français.La politique familiale visera un double but: garantir constitutionnellement les droits des familles dans des textes législatifs qui soustrairont les intérêts familiaux à l\u2019arbitraire du pouvoir exécutif et des administrations, et s\u2019attacher à rendre plus efficace encore la représentation institutionnelle des familles.Déjà existe un système de « représentation publique des intérêts familiaux », qui fonctionne à deux échelons: l\u2019UNAF (Union nationale des Associations familiales) et l\u2019UDAF (pour les départements), ce dernier organisme groupant à son tour des associations familiales de tendances très diverses.C\u2019est par le truchement de ces organismes que les intérêts des familles sont constamment représentés auprès des administrations, en connexion d\u2019ailleurs avec le ministère de la Santé publique et de la Population (qui a remplacé le ministère de la Famille française).Parallèlement, il faudra que les juristes continuent à lutter ferme pour accorder un jour le droit familial avec les normes du droit naturel, notamment en ce qui concerne le divorce, l\u2019adultère et l\u2019autorité du chef de famille.Les cours Au fil du mois Etudier d\u2019abord On voudrait en finir avec les plaidoyers le français des nôtres pour un enseignement intensif de l\u2019anglais dans nos écoles, collèges et couvents.Mais il faut toujours recommencer à réfuter soit les éternels mécontents qui font flèche de tout bois pour attaquer nos institutions, soit les prétendus réalistes qui veulent, pour les nôtres, « chance égale d\u2019avancement » et tout le bla-bla habituel.Si l\u2019on essayait, ici comme en d\u2019autres sujets, de raisonner à partir des réalités premières.1.\tNous sommes des Canadiens de langue française, et nous avons décidé de le demeurer.Libre à quiconque d\u2019opter pour un sort contraire.Mais de celui-là nous refusons tout conseil sur l\u2019éducation des jeunes Québécois.Le français étant notre langue d\u2019expression familière et notre langue de culture, c\u2019est lui que nous devons apprendre de nos parents et de notre milieu, c\u2019est lui que nous devons étudier dans les écoles, de telle sorte que tous puissent s\u2019exprimer correctement, au moins de vive voix, dans cette langue et que les privilégiés du talent (il y en a dans tous les milieux) et de la culture puissent parler et écrire en français plus que convenablement.2.\tHélas! nous sommes loin, très loin de ce minimum indispensable.Le peuple parle mal, ne le sait pas ou s\u2019en moque, parce que la très grande majorité des nôtres baragouine le français.C\u2019est trop peu dire: le langage populaire est un mélange affreux d\u2019anglicismes inexcusables, de canadianismes bebêtes et de vulgarité plus ou moins satisfaite.La plupart des gens qu\u2019on appelle instruits: diplômés de nos SEPTEMBRE 1957 de MM.Savatier et B.de la Gressaye prouvent aux moralistes que les principes du droit naturel en ce domaine trouvent confirmation dans l\u2019argumentation des juristes de bonne foi.On y aperçoit les contradictions et les impasses d\u2019une législation qui trahit les requêtes du droit naturel.Il était émouvant d\u2019entendre le témoignage autorisé de M.B.de la Gressaye, professeur à la Faculté de Droit de Bordeaux: « Voilà trente ans que je présente cette argumentation à des candidats à la licence, et aucun de ces jeunes gens, que la vie n\u2019a pas encore gauchis, ne s\u2019est jamais révolté contre cette position.» A eux seuls, cependant, les juristes restent impuissants.Us constatent la vanité des efforts officiels pour restreindre le divorce (1941-1945), et ils s\u2019inquiètent de la résignation un peu lasse des tribunaux devant l\u2019affaire des requêtes.Ce n\u2019est que par l\u2019appel à l\u2019opinion publique et par un aveu national des méfaits du divorce qu\u2019on pourra redresser la situation.Le témoignage des juristes, les observations des bio-psychologues apportent une aide considérable.Ce sont les militants chrétiens qui joueront le rôle capital: servant la famille de l\u2019extérieur comme de l\u2019intérieur, par la diffusion d\u2019une spiritualité sans lacune, ils amèneront un nombre de plus en plus grand de foyers à vivre l\u2019idéal chrétien \u2014 donc conquérant \u2014 du sacrement de mariage.Par la mise en commun de recherches et d\u2019expériences restées jusqu\u2019ici isolées, la dernière Semaine sociale de France a précisé un programme d\u2019ensemble dont penseurs et militants, sociologues et pasteurs ont pris conscience: pour servir la famille, il faut respecter son mystère intérieur aussi bien que ses dimensions sociales.Une synthèse, dès lors, peut s\u2019élaborer, à laquelle la Semaine sociale de Bordeaux aura largement contribué.écoles secondaires, bacheliers, hommes d\u2019affaires ou de profession libérale, professeurs, prêtres et religieux eux-mêmes, prononcent le français vaille que vaille, commettent à chaque phrase ou presque des fautes grossières de vocabulaire ou de syntaxe, ne s\u2019en aperçoivent même pas ou ne souffrent pas la moindre observation, enfin et surtout écrivent comme de mauvais écoliers que leurs professeurs n\u2019auraient jamais corrigés.Il y a des exceptions; comme toujours, elles confirment la règle.3.\tLa langue qu\u2019il nous faut apprendre et étudier, ce n\u2019est donc pas l\u2019anglais, mais le français.Difficulté terrible, compte tenu de ce que je viens d\u2019écrire; encore accrue par l\u2019infiltration continue de l\u2019anglais parmi nous.Mais difficulté à vaincre coûte que coûte.Comment?Sûrement pas en étudiant l\u2019anglais avant de savoir convenablement le français, mais en préparant des spécialistes de la langue française, capables de diriger effectivement la formation de ceux qui enseignent dans nos écoles, collèges et couvents.Ainsi, chaque école primaire sera d\u2019abord un foyer de bon langage; chaque école secondaire ou collège, un foyer de culture française.4.\tOn objectera que, de toute façon, il faut que nous sachions l\u2019anglais pour « réussir » et « avancer » dans la vie.Je réponds en distinguant.a) Il faut, pour notre survie et notre progrès économiques, que tous sachent l\u2019anglais?Non, non et non! C\u2019est même le contraire qu\u2019il faut affirmer.Si, pour notre survie, tous les nôtres doivent savoir l\u2019anglais, renonçons à demeurer canadiens français.Or, c\u2019est comme Canadiens français que nous 235 avons choisi de vivre.Dans le Québec, il faut donc que la majorité du peuple n\u2019ait aucun souci particulier de connaître l\u2019anglais, mais se pique de parler correctement le français.C\u2019est le seul moyen de forcer les Anglais, dans notre province, à respecter notre langue, et le seul moyen de nous imposer à eux chez nous, comme la chose convient.Ils ont, d\u2019ailleurs, bien plus besoin de nous que nous n\u2019avons besoin d\u2019eux.Le comprendrons-nous enfin ?b)\tEnsuite, que ceux qui le veulent apprennent l\u2019anglais (plutôt que l\u2019arabe, bien sûr), soit par l\u2019étude, soit par l\u2019exercice, en se ménageant des contacts avec des gens de langue anglaise, ce qui, dans les grandes villes, n\u2019offre aucune difficulté.c)\tQue tous ceux qui, dans leurs études, dépassent le degré primaire étudient l\u2019anglais, d\u2019accord; mais à la condition qu\u2019ils sachent déjà parler correctement le français et que l\u2019étude du français parlé et écrit garde toujours la priorité.d)\tDevront-ils étudier l\u2019anglais en vue de le parler et de l\u2019écrire?Pas nécessairement, pas d\u2019abord et avant tout.Qu\u2019ils l\u2019étudient pour le comprendre lorsqu\u2019ils lisent ouvrages, revues et journaux, lorsqu\u2019ils assistent à un film, à un spectacle de langue anglaise.Ensuite, mais seulement ensuite, ceux qui ont quelque raison de vouloir parler et écrire en anglais, je les féliciterai d\u2019acquérir ce complément de culture et de distinction, ce moyen d\u2019étendre leur rayonnement humain, apostolique.Mais ici encore, il faut que soit assurée d\u2019abord la connaissance aussi approfondie que possible de la langue maternelle.Au cours secondaire, on étudie le grec ou le latin comme langues de culture pratiquement nécessaires à qui veut comprendre à fond le français et penser en Occidental chrétien; on ne les apprend pas pour les parler ou les écrire.C\u2019est différent pour l\u2019anglais, évidemment: nous vivons dans un pays bilingue, nos voisins ne parlent que l\u2019anglais, et il importe à ce dixième de notre population qui constitue l\u2019élite de maîtriser les deux langues officielles du pays.5.Qu\u2019on ne vienne pas m\u2019accuser d\u2019hostilité envers la langue anglaise.Si tous les Anglo-Canadiens cultivés savaient le français seulement comme je sais l\u2019anglais, ce faux problème serait résolu.Dans les neuf autres provinces du Canada, conçoit-on l\u2019étude du français autrement que je ne conçois, pour nous, l\u2019étude de l\u2019anglais ?Notre premier souci ne doit donc pas être d\u2019étudier l\u2019anglais, mais de posséder à fond notre langue maternelle, pour laquelle nous avons déjà consenti des sacrifices qu\u2019il serait criminel de rendre vains.J.d\u2019A.L\u2019Acadie bouge Elle ne fait que cela depuis trente ans! Elle fait mieux que bouger, elle veut grandir, vivre et faire vivre, chez elle et pour elle, une jeunesse qui émigre encore.Signalons, un peu en retard, un mouvement qui peut être vraiment sauveur.On sait que les habiles Juifs se soudent en leur Congrès canadien et leur Congrès mondial.Les Acadiens dispersés viennent aussi de créer leur parlement-uni des trois provinces, en fusionnant leurs sociétés nationales.Il s\u2019agit de réchauffer le sang des extrémités, d\u2019obtenir écoles et paroisses à Sydney, Halifax, Saint-Jean et l\u2019Ile-du-Prince-Édouard.Il s\u2019agit d\u2019organiser le travail pour que la jeunesse ne soit pas toujours article d\u2019exportation à Sudbury, Toronto, Windsor, Niagara et encore aux États-Unis.Tant de beaux efforts aboutiront-ils au demi-échec d\u2019une jeunesse formée de plus en plus à la française et de plus en plus dispersée ?Dans une vivante et pittoresque brochure, Au service de l\u2019école acadienne, le R.F.Léopold Taillon, C.S.C., fait l\u2019historique des vingt premières sessions des cours d\u2019été à l\u2019Université Saint-Joseph.Ces cours de français et de pédagogie, suivis par 2,100 élèves, ont valu des centaines de brevets et de baccalauréats.L\u2019auteur raconte froidement, sans amertume, les tâtonnements laborieux et les patientes démarches à Fredericton, pour faire admettre, puis étudier le problème du bilinguisme.Tout n\u2019est pas encore réglé, puisque l\u2019école normale, réclamée déjà par l\u2019abbé Lafrance en 1852, n\u2019est pas encore fondée.Rien n\u2019est facile en Acadie; rien n\u2019est offert sur un plateau.Après le succès au Nouveau-Brunswick, c\u2019est Halifax, le Cap-Breton et l\u2019Ile-du-Prince-Édouard qu\u2019il faudra travailler \u2014 à commencer par Miscouche, n\u2019est-ce pas, M.Blanchard ?Al.D.La Par°iss5U\tUne nouvelle paroisse vient Notre-Dame-des-Champs d\u2019être fondée dans le diocèse de Montréal.Le dimanche 30 juin dernier, le curé de Repentigny lisait à ses ouailles un décret de S.Ém.le cardinal Léger qui détachait de cette paroisse une partie de son territoire et l\u2019érigeait en une paroisse nouvelle, sous le vocable de Notre-Dame-des-Champs.L\u2019ancienne paroisse de Repentigny contenait 775 familles; celle-ci en comptera 405.Cette nouvelle paroisse occupe un des beaux sites du diocèse de Montréal.Elle s\u2019étend sur une distance d\u2019environ un mille et demi le long de la route Montréal-Québec, et sa profondeur est d\u2019environ un mille.Taillée en forme d\u2019une presqu\u2019île, elle a pour limites, au sud et à l\u2019ouest, le fleuve Saint-Laurent et, au nord, la rivière l\u2019Assomption; du côté est, elle se trouve bornée par la paroisse de Repentigny.On accède à la paroisse Notre-Dame-des-Champs par le pont Pierre-Le-Gardeur-de-Repentigny, qui n\u2019en est éloigné que de quelques mille pieds et la relie directement aux deux principales artères de la métropole, les rues Sherbrooke et Notre-Dame.La proximité de la ville, sans les inconvénients qui ennuient les familles de Montréal, constitue un des principaux avantages de cet emplacement.En automobile ou en autobus, une trentaine de minutes suffisent pour franchir les quinze milles qui séparent la paroisse du centre de Montréal.Le territoire de Notre-Dame-des-Champs pourra loger deux mille familles.Tous les lots, sauf quelques-uns, réservés à des fins communautaires ou commerciales, sont destinés à des habitations unifamiliales.Nous empruntons ces détails à un article de M.Jean Deschamps, professeur à l\u2019École des Hautes Études commerciales et animateur du Centre coopératif d\u2019Habitations de Notre-Dame-des-Champs, organisme auquel est due cette entreprise.C\u2019est, en effet, grâce à une coopérative fondée par eux qu\u2019un groupe de jeunes ménages, désireux de s\u2019établir hors mais non loin de la ville, ont pu acquérir un foyer accessible à leurs moyens et surtout favorable à l\u2019éducation familiale.Une installation dans la banlieue, comme celle de Notre-Dame-des-Champs, supprime les vacances coûteuses à la campagne, car elle donne aux enfants, à cœur de jour, le grand air et le repos que réclame leur santé.Leur éducation, en outre, se trouve facilitée par une vie saine, dans la belle nature du bon Dieu, loin des bruits et des agitations fiévreuses de la grande ville.236 RELATIONS La paroisse Notre-Dame-des-Champs possède déjà son école, sa commission scolaire, sa chapelle.Une centaine de familles jouissent actuellement des multiples avantages qu\u2019elle leur offre.Sa réussite, une des plus encourageantes dans le domaine de la coopération, méritait d\u2019être signalée.D\u2019autres groupes pourraient s\u2019en inspirer.J.-P.A.Sur le devoir On a commenté, voire exploité les réflexions d\u2019obeissance par ieSqUenes j\u2019aj revendiqué ici (juill.1957, p.184), pour les institutrices de Montréal, l\u2019application du principe bien connu: « à travail égal salaire égal ».Dans ces commentaires, on s\u2019exprime comme si l\u2019Alliance des Professeurs seule avait combattu et combattait encore pour la mise en vigueur de ce principe et comme si, de ce fait, nous devions, dans le conflit qui oppose, à Montréal, commission scolaire et instituteurs, accorder notre confiance à ce syndicat.Pareille interprétation m\u2019oblige à dissiper toute équivoque.Je le ferai par une prise de position personnelle (qui n\u2019engage que moi) sur l\u2019ensemble du problème.Sans avoir la naïveté de penser qu\u2019une déclaration de principes suffise à trancher un débat singulièrement épineux, j\u2019ose croire qu\u2019on trouvera dans les lignes suivantes matière à réflexion utile, amorce peut-être d\u2019un effort de fructueuse collaboration.1.\tPlus qu\u2019une fonction professionnelle, l\u2019éducation est un ministère moral.Impossible, par conséquent, surtout pour un catholique, d\u2019écarter dans ce domaine l\u2019autorité de l\u2019Église: du Pape sur tous les fidèles, de l\u2019évêque sur ses diocésains.Faut-il ajouter que cette considération regarde employeurs et employés, syndiqués ou non ?2.\tLe principe du salaire égal pour un travail égal souligne un devoir de justice, non une condition de rendement économique.C\u2019est un principe moral.Le Pape a donc compétence pour le formuler et presser les catholiques de le traduire de leur mieux dans les faits.3.\tLe conflit scolaire de Montréal a nécessairement un aspect moral.Comme tel, il relève de l\u2019autorité épiscopale.On cesse de penser en catholique si l\u2019on met en doute le droit strict qu\u2019a l\u2019évêque d\u2019intervenir, selon la conscience qu\u2019il a de sa responsabilité pastorale et de l\u2019urgence ou de l\u2019opportunité d\u2019un geste dont il est seul juge.Et il est clair que, dans l\u2019éventualité d\u2019une intervention, c\u2019est au plan technique (syndical si l\u2019on veut) de céder devant le plan moral, au secondaire devant le principal.Il n\u2019y a pas immixtion d\u2019une compétence dans une autre, mais subordination de l\u2019une à l\u2019autre: hiérarchie des ordres de l\u2019action humaine qui se rencontre et s\u2019impose partout.Que, dans un conflit où s\u2019affrontent technique et morale, les laïcs ne négligent rien pour informer l\u2019évêque, pour discuter avec lui jusqu\u2019à ce qu\u2019il donne ordre, conseil ou suggestion solennelle, ce n\u2019est que légitime, c\u2019est même nécessaire: selon la juste expression du P.Mersch à propos d\u2019obéissance religieuse, « l\u2019avant-dernier mot n\u2019appartient pas au supérieur ».Mais, après étude, consultation et discussion, l\u2019ordre ou le conseil une fois donné, surtout dans un contexte d\u2019urgence, le catholique chargé de former les jeunes à l\u2019imitation de Jésus-Christ n\u2019hésite plus: il obéit avec conviction, avec confiance.On cesse d\u2019agir en éducateur catholique si l\u2019on refuse alors d\u2019obéir.4.\tQui ne voit que l\u2019obéissance, par quoi se prouvent foi et charité chrétiennes, conformément à la parole et à l\u2019exemple de l\u2019Homme-Dieu, oblige aussi bien la commission scolaire que les instituteurs, les employeurs que les employés, SEPTEMBRE 1957 syndiqués ou non ?Il importe souverainement à la solution du conflit montréalais que tous témoignent leur volonté d\u2019obéir: la commission au Pape, les instituteurs à leur évêque.Autrement, ni l\u2019une ni les autres ne méritent la confiance dont ils ont besoin pour accomplir convenablement leur ministère auprès des parents et des enfants catholiques du diocèse.5.\tPour les instituteurs, la situation est on ne peut plus claire.Une suggestion solennelle leur fut donnée par l\u2019évêque, dans la pleine conscience de sa charge pastorale, avec la vue nette de la difficulté que présente la subordination du plan technique au plan moral.Il n\u2019y avait qu\u2019un effort à faire: celui qu\u2019exige l\u2019adaptation de l\u2019intérêt syndical aux exigences morales.Or, on attend toujours qu\u2019une majorité évidente se rallie à cet effort.Pour la commission, la difficulté n\u2019apparaîtrait guère théoriquement plus grande s\u2019il n\u2019y avait en jeu que le principe du salaire.Mais il y a la composition même du bureau des commissaires.Aux termes de l\u2019encyclique Divini illius Magistri (31 déc.1929), voici comment s\u2019établit la hiérarchie des droits et devoirs en matière d\u2019éducation.L\u2019Église, comme maîtresse de vérité et mère de grâce, possède « deux titres d\u2019ordre surnaturel, que Dieu lui a conférés à elle exclusivement, et qui sont, pour ce motif, absolument supérieurs (je souligne) à tout autre titre d\u2019ordre naturel ».Dans l\u2019ordre naturel, « la famille reçoit.immédiatement du Créateur.le droit de donner l\u2019éducation à l\u2019enfant, droit inaliénable parce qu\u2019inséparablement uni au strict devoir corrélatif, droit antérieur à n\u2019importe quel droit de la société et de l\u2019État, donc inviolable par quelque puissance terrestre que ce soit ».A la société civile, « en vertu de l\u2019autorité sans laquelle elle ne peut promouvoir ce bien commun temporel, qui est justement sa fin propre », reviennent plus de^devoirs que de droits.Et Pie XI de préciser la fonction de l\u2019État: « protéger et faire progresser la famille et l\u2019individu, mais sans les absorber ou s\u2019y substituer ».J\u2019en déduis que seule leur incompétence morale ou pédagogique, non des difficultés économiques ou sociales, justifie la mise en tutelle permanente des parents dans le domaine de l\u2019éducation.6.\tOn se pose alors certaines questions.Pourquoi les parents des écoliers de Montréal n\u2019ont-ils pas la majorité au bureau de la commission scolaire ?Pourquoi le président n\u2019est-il pas le délégué de leur libre choix ?Pourquoi le représentant de l\u2019État n\u2019exerce-t-il pas uniquement son droit et son devoir de contrôle et de secours, selon sa compétence propre?Non seulement il faut répondre à ces questions; il faut, de toute nécessité, travailler à rétablir les conditions qui permettraient d\u2019observer ici la doctrine sociale de l\u2019Église.7.\tLa conclusion paraît claire.L\u2019obéissance au Pape s\u2019impose avec autant d\u2019urgence que l\u2019obéissance à l\u2019évêque.Les parents devraient donc trouver le moyen d\u2019assumer tout leur rôle d\u2019éducateurs catholiques.Ils n\u2019y réussiront pas, semble-t-il, tant qu\u2019ils ne se grouperont pas dans une puissante association de Jamilles, dont l\u2019action s\u2019inspire de la doctrine sociale de l\u2019Église.A les guider et seconder vers la réalisation de cet objectif devraient concourir clergé, hommes publics et instituteurs eux-mêmes.Bien sûr, on ne règle pas un long conflit en couchant des principes sur du papier.Mais il paraît irrationnel d\u2019agir ou de se buter en marge des principes.Je refuse de croire qu\u2019il soit utopique d\u2019espérer un règlement, ou du moins un accord provisoire et dynamique (tendu vers une collaboration efficace et confiante), si les deux parties reconnaissent d\u2019abord leur devoir d\u2019obéir à l\u2019évêque et au Pape.J.d\u2019A.237 LE PAPE NOUS PARLE 15\tmai: Allocution à un groupe de professeurs et de fonctionnaires de l'École de bibliothécaires de la Bibliothèque nationale de Munich.\u2014 Explications et précisions sur la Bibliothèque vaticane.3\tjuin: Allocution lors d'une audience accordée aux supérieurs et aux élèves du Collège pontifical écossais de Rome.4\tjuin: Allocution aux membres américains de V « International College of Surgeons ».7 juin: Allocution aux participants du congrès national des Associations chrétiennes des Travailleurs italiens {les A.C.L./.).\u2014 Thème général: l\u2019automatique et le monde du travail.Points particuliers développés par le Pape: l\u2019automatique a) et l\u2019avenir de l\u2019humanité, b) et l\u2019économie nationale, c) et la formation professionnelle.13\tjuin: Allocution aux participants du Congrès de l'Europe, réunis à Rome.\u2014 La communauté européenne s\u2019est donnée ses premières structures, mais il lui manque encore « un organisme politique unique ».En Afrique, l\u2019Europe doit garder « la possibilité d\u2019exercer son influence éducative et formatrice ».14\tjuin: Allocution à un groupe de jeunes prêtres de Barcelone.\u2014 Les jeunes prêtres ont besoin d\u2019une préparation « plus consciente et plus méthodique » pour donner une plus grande efficacité à leur travail.16\tjuin: Lettre pontificale {par Vintermédiaire de S.Exc.Mgr Dell'Acqua) au président des Semaines sociales d'Espagne, à l\u2019occasion de la XVIIe Semaine tenue à Pampelune (lettre datée du 5 juin, mais publiée officiellement le 16).\u2014 Le sujet de la Semaine était la communauté internationale; la lettre expose les bases morales et les normes politiques d\u2019une telle communauté, et rappelle ce que l\u2019Église a fait pour l\u2019union des peuples.\u2014 Message radiophonique à l\u2019occasion du 450e anniversaire de la mort de saint François de Paule, patron des « gens de la mer ».\u2014 Conseils et directives aux gens de la mer, dont les travaux tendent « à l\u2019avantage commun de la nation plus ouvertement et plus efficacement que beaucoup d\u2019autres genres de travaux ».20 juin: Lettre au fondateur et premier supérieur général de la Société de Saint-Paul, M.l'abbé Giacomo Alberione, à l\u2019occasion de ses noces d\u2019or sacerdotales.\u2014 Encouragements à l\u2019apostolat par la presse.27 juin: Allocution aux membres de l\u2019Association des Comités pour le Pacte atlantique.\u2014 Rôle de l\u2019école dans la réalisation de la paix du monde.1er juillet: Allocution aux membres de V « American Jewish Committee » de New-York.\u2014 Respect des droits fondamentaux par les gouvernements.\u2014 Allocution à des membres de l'Association brésilienne d'Assistance aux malades de la lèpre.2 juillet: Lettre encyclique à l\u2019occasion du premier centenaire des apparitions de la sainte Vierge à Lourdes.\u2014 Marie dans l\u2019histoire de France, les papes et Lourdes, nécessité du renouveau chrétien individuel et social face aux ravages du matérialisme sous toutes ses formes.7 juillet : Allocution à un groupe de représentants du « Club du prestige français ».9 juillet: Allocution à un groupe de jeunes étudiants du Collège Saint-Joseph d\u2019Alost, en Belgique.\u2014 L\u2019élève d\u2019un collège catholique doit avoir un « attachement passionné à la personne de Notre Seigneur Jésus-Christ ».238 AVEC OU SANS txoii mot à COMMENTAIRES DÉMOCRATIE SYNDICALE (En marge de Ia|fête du Travail.) Chaque année, l\u2019Office d\u2019Action sociale de la National Catholic Welfare Conference (N.C.W.C.) des États-Unis émet une déclaration spéciale pour la fête du Travail.Cette année, la déclaration porte tout entière sur les événements qu\u2019a fait surgir l\u2019enquête McClellan dans le monde du travail organisé.On admet l\u2019existence d\u2019une crise, mais on se montre optimiste pour l\u2019avenir, à condition toutefois que le mouvement ouvrier mette à profit ses erreurs et prenne résolument les moyens d\u2019empêcher la répétition des abus choquants que l\u2019enquête a exposés.Fait consolant et encourageant, poursuit la déclaration, le travail organisé reconnaît lui-même ses erreurs et se dit prêt à collaborer avec le gouvernement en vue de se débarrasser de la racaille.Ses dirigeants ont déjà établi des codes d\u2019éthique syndicale (Codes of Ethical Practices) qui méritent entière approbation.Mais ils ne peuvent guère faire davantage pour prévenir l\u2019éruption d\u2019une autre crise morale dans le mouvement ouvrier.Et le document de formuler les considérations suivantes, qui fournissent ample matière à réflexion pour la fête du Travail, même au Canada.N DERNIÈRE ANALYSE, la responsabilité de maintenir un haut niveau moral au sein du mouvement ouvrier repose carrément, comme une charge de conscience, sur les millions d\u2019individus, hommes et femmes, dont se composent les organisations affiliées à la fédération centrale.Reviser la constitution d\u2019un syndicat, opérer des changements techniques dans les structures de l\u2019association, adopter même de rigoureux codes d\u2019éthique syndicale, toutes ces réformes et d\u2019autres de même nature, si désirables et si nécessaires qu\u2019elles soient, n\u2019obtiendront que très peu de résultat si chacun des syndiqués {the rank-and-file) n\u2019a la conviction que c\u2019est pour lui un devoir grave, en justice et en charité, d\u2019assumer sa juste part de responsabilité dans la conduite morale des affaires du syndicat.En pratique: 1.\tChacun des syndiqués doit non seulement assister, mais participer intelligemment et activement aux réunions locales et régionales de son syndicat, et il doit le faire régulièrement.Faut-il ajouter qu\u2019il ne peut remplir d\u2019une façon satisfaisante cette obligation que s\u2019il se montre désireux d\u2019étudier, à la lumière d\u2019une saine morale sociale, les problèmes courants dans le domaine des relations patronales-ouvrières ?.2.\tTout syndiqué doit aussi être prêt à servir dans les comités syndicaux et, s\u2019il a l\u2019expérience et les aptitudes voulues, à briguer un poste d\u2019officier et à assumer le fardeau de la direction du syndicat, même au prix d\u2019inconvénients personnels.C\u2019est en vain qu\u2019on parle de démocratie syndicale si les simples syndiqués ne sont pas prêts à faire des sacrifices de ce genre pour le bien commun.3.\tLes syndiqués {the rank-and-file) doivent aussi procéder, de leur propre initiative et sans attendre les directives ou les instructions d\u2019en haut, à l\u2019élimination des abus au niveau local du syndicat, qu\u2019il s\u2019agisse, par exemple, de piétinement à l\u2019ouvrage {soldiering on the job), de restrictions arbitraires sur le rendement ou la production, ou d\u2019autres violations, soit de la lettre, soit de l\u2019esprit des contrats collectifs.Toutes les améliorations apportées spontanément en de telles matières par les syndiqués seront plus profitables à la cause du travail que les écrits de cent spécialistes en relations extérieures.4.\tIl faut en dire autant du problème des fraudes dans le monde du travail {labor racketeering).Les simples membres du syndicat ne doivent pas s\u2019asseoir dans l\u2019attente que le comité d\u2019éthique syndicale du bureau de la FAT-COI ou que le gouvernement lui-même règlent ce problème.Au contraire, ils ont l\u2019obligation de faire tout en leur pouvoir pour le résoudre au niveau local, et de leur propre initiative.En conclusion, il faut noter que le problème de l\u2019apathie ou de l\u2019indifférence des simples syndiqués \u2014 le fait que trop de membres du mouvement ouvrier consentent à livrer leur conscience à leur syndicat \u2014 est au fond un problème religieux.A cela l\u2019unique remède efficace est un authentique renouveau religieux et moral au meilleur sens du mot, un profond renouvellement de l\u2019esprit chrétien fondé sur la pratique persévérante de la prière et de la pénitence, en même temps que sur une formation complète concernant l\u2019essentiel de l\u2019enseignement social chrétien.Le renouvellement de l\u2019esprit chrétien, cela va sans dire, s\u2019impose également aux hommes et aux femmes de tout métier et de tout secteur de la société.En d\u2019autres termes, le problème de l\u2019apathie et de l\u2019indifférence n\u2019est pas plus grand dans le mouvement ouvrier que dans les organisations économiques similaires, et il n\u2019est probablement pas aussi aigu que dans le champ le plus important, celui de la grande politique.Cependant, il faut tenter un effort spécial pour résoudre le problème au plan du travail organisé, non seulement à cause de la crise morale que traverse actuellement le mouvement ouvrier, mais encore par suite de l\u2019importance toujours croissante et de l\u2019influence du mouvement ouvrier au pays et à l\u2019étranger.« Il est trop évident, déclarait le pape Pie XII en 1949, que si chaque condition sociale a son rôle important à jouer dans une transformation du monde comme celle qui s\u2019opère de nos jours, la classe ouvrière, en ce qui la concerne, est appelée à assumer aujourd\u2019hui des responsabilités qu\u2019elle n\u2019avait jamais connues dans le passé.» Si cela était vrai il y a huit ans, ce l\u2019est encore davantage maintenant.Le mouvement ouvrier a atteint sa majorité.Les problèmes qui se posent à lui actuellement sont plus nombreux et plus graves qu\u2019à aucun autre moment de son histoire.En conséquence, les responsabilités et les devoirs des syndiqués, chefs et membres, sont plus pressants qu\u2019ils l\u2019ont jamais été.If Au cours de sa visite à Rome, S.Ém.le cardinal Wy-szynski a prononcé un discours réaliste sur la situation générale du catholicisme en Pologne: « Nous ne devons pas, a-t-il déclaré, construire des châteaux en Espagne.Il n\u2019est pas toujours possible d\u2019obtenir 100% de ce qui est bon.Mais si nous avons la possibilité d\u2019en obtenir 70%, tendons la main dans l\u2019espoir que Dieu nous donnera davantage.» H D\u2019après le R.P.Joseph Fichter, S.J., qui dirige l\u2019enseignement de la sociologie à l\u2019Université Loyola de la Nouvelle-Orléans, les grands séminaires devraient initier les futurs prêtres aux problèmes de sociologie religieuse plus qu\u2019aux problèmes économiques.« De façon assez étrange, vient-il de déclarer à la revue Ave Maria (15 juin), dans bien des séminaires où il y a des cours de sciences sociales, ceux-ci sont centrés presque uniquement sur les problèmes économiques.Pour la plupart des séminaristes, le problème social est le problème du travail.C\u2019était vrai il y a vingt ans; nous devions alors nous occuper du juste salaire, des rapports entre employeurs et employés, de l\u2019amélioration des conditions de travail, etc.Mais ce temps est passé.» H Arthur Vining Davis vient d\u2019abandonner, à l\u2019âge de quatre-vingt-dix ans, son poste de président de l\u2019Aluminum Company of America (ALCOA) pour s\u2019occuper de ses autres affaires et gérer sa fortune personnelle, qui s\u2019élève, dit-on, à plus de $300,000,000.Il laisse au Québec une ville nommée en son honneur, Arvida (mot formé de la première syllabe des prénoms et nom du président de l\u2019ALCOA), et une compagnie industrielle qu\u2019une grève met actuellement en vedette, l\u2019Aluminum Company of Canada (FALCAN).1f Le directeur de la Saturday Review dénonce avec force les citoyens bien-pensants pour qui le seul ennemi actuel des États-Unis est la Russie communiste.L\u2019ennemi, affirme-t-il, est légion.L\u2019ennemi, c\u2019est l\u2019homme qui ne pense qu\u2019à lui-même et dont la seule préoccupation à l\u2019égard du monde est de ne pas le voir tomber en morceaux tant qu\u2019il y vivra.L\u2019ennemi, c\u2019est l\u2019homme qui croit qu\u2019il ne peut rien faire pour aider à régler les problèmes de la société et abandonne aux autorités publiques tout souci à leur sujet.L\u2019ennemi, c\u2019est encore le savant qui s\u2019enferme pour travailler mystérieusement dans son laboratoire et se coupe de la vie commune menée par ses concitoyens.H L\u2019ennemi, ajoute-t-il, c\u2019est l\u2019homme qui, du haut de sa tribune, encourage ses auditeurs à croire que le temple ou la synagogue ont pour but principal de donner à leurs membres une «respectabilité sociale»; le ministre qui se fait « distributeur de baume plutôt qu\u2019éveilleur de conscience », qui se préoccupe beaucoup plus de procurer la paix personnelle de l\u2019esprit que de créer le souci dévorant de remettre les choses en ordre.C\u2019est un ennemi, « parce que la crise d\u2019aujourd\u2019hui est spirituelle autant que politique ».1Ï Partout où ils passent, les Témoins de Jéhovah suscitent de l\u2019opposition.Ainsi le gouvernement d\u2019Addis-Abéba vient d\u2019interdire à cette secte toute activité en Éthiopie, en raison* des troubles que son prosélystisme fomentait au sein de la population rurale.H De même, à Munich (Allemagne), catholiques et luthériens ont dénoncé dans une déclaration conjointe les menées de cette secte, dont ils refusent de recevoir les membres.La raison, lit-on dans le document, c\u2019est que l\u2019intolérance pratiquée par les Témoins de Jéhovah ne leur donne « aucun droit à l\u2019hospitalité ».H On s\u2019étonne que des ministres protestants déclament encore contre l\u2019intolérance des pays catholiques à l\u2019égard des non-catholiques, quand on sait ce qui se passe dans les pays où la majorité est protestante ou incroyante.RELATIONS SEPTEMBRE 1957 239 i L'U.R.S.S.ET L\u2019O.N.U.SUR LA SELLETTE Luigi d'APOLLONIA, S.J.IA COMMISSION spéciale d\u2019enquête de l\u2019O.N.U., composée de petits pays et de pays neutres (Australie, Ceylan, Danemark, Tunisie, Uruguay), a déposé son rapport sur les événements de la Hongrie.L\u2019O.N.U.ne jugea pas, au mois de juin, que le salut d\u2019un peuple valait la peine de convoquer une séance extraordinaire de l\u2019Assemblée générale.Admettons qu\u2019elle avait ses raisons pratiques.Mais la gang de Janos Kadar, elle, n\u2019a pas pris de vacances.On exécute toujours à Budapest.Toutefois, le dernier mot n\u2019a pas encore été dit.Le document de la commission spéciale ne sera pas enseveli dans le linceul du silence; son étude a été inscrite à l\u2019agenda de l\u2019assemblée générale régulière de l\u2019O.N.U.L\u2019affaire de Budapest n\u2019est donc pas une affaire classée.Encore moins est-elle une affaire inutile.L\u2019U.R.S.S.et l\u2019O.N.U.sont, l\u2019une et l\u2019autre, sur la sellette.* La victoire de la violence et de l\u2019oppression est toujours illusoire.Les morts de la Hongrie sont bien morts.Mais il n\u2019est pas vrai qu\u2019ils soient morts en vain.Leur sacrifice est une semence de vérité.Il a révélé la face abominable du communisme et secoué le parti en pleine crise de déstalinisation; il a creusé une tranchée profonde entre socialistes et communistes; il a gâché le « numéro » diplomatique du sourire, mis au point par les frères B.et K., auquel l\u2019Ouest se laissait prendre.Appels à la coexistence pacifique et à la détente, beaux discours sur le bonheur des peuples et sur les promesses d\u2019un ordre nouveau, droit des peuples à disposer d\u2019eux-mêmes, démocraties populaires, fronts populaires, main tendue, lendemains qui chantent,.à tout ce jargon communiste ne croient plus, aujourd\u2019hui, que ceux qui veulent y croire ou qui cherchent, à force de subtilités, la quadrature du cercle.La révolution libérale au sein de la révolution marxiste est une contradiction interne, à laquelle la dialectique matérialiste ne saurait trouver de solution.Budapest nous en a apporté la preuve par les faits.Liberté et marxisme sont, comme l\u2019eau et le feu, inconciliables.C\u2019est même l\u2019unique point où nous sommes d\u2019accord avec M.Khrouchtchev.Quand M.Khrouchtchev boit ferme, il lui arrive de parler franc.« Nous vous enterrerons tous », a-t-il dit.In vodka veritas.L\u2019insurrection de Budapest aura porté un coup terrible au prestige de l\u2019U.R.S.S.Il ne faudrait pas cependant oublier qu\u2019elle pourrait porter un coup tout aussi terrible au prestige de l\u2019O.N.U.Son autorité morale est déjà fort compromise par son impuissance à secourir un peuple fidèle à ces valeurs mêmes qu\u2019elle a pour première mission de défendre.La chose est très grave pour l\u2019opinion chrétienne qui voit dans l\u2019O.N.U.un organisme nécessaire de l\u2019ordre international.Pardessus le tonnerre des canons de Budapest, bien des chrétiens ont cru entendre sonner le glas de l\u2019O.N.U.Il a même fallu, pour qu\u2019ils ne perdent pas complètement confiance dans cette organisation internationale, que Pie XII vienne, dans son message de Noël 1956, renflouer une autorité qui sombrait dans des flots d\u2019indignation verbale.Il est juste de reconnaître que, l\u2019année dernière, l\u2019O.N.U.avait une excuse, si fragile soit-elle, à sa faillite.Il lui fallait tenir compte des pays neutralistes, de l\u2019Inde en tête, portés à voir dans l\u2019U.R.S.S.un défenseur de la paix et du progrès.On se rappellera la première attitude de Nehrou, renversée par la suite, mais trop tard.Cette fois-ci, ni l\u2019Inde, ni aucun pays du groupe de Bandoeng ne sauraient prétexter naïvement la complexité des événements, chercher benoîtement des lumières auprès de M.Khrouchtchev ou détourner pudiquement le regard du massacre.Il leur faudra regarder en face la sauvage réalité.Car la commission de l\u2019O.N.U.se composait, répétons-le, de petits pays et de pays neutres.La conclusion à laquelle elle est arrivée, est claire, nette, sans équivoque possible.Ce ne sont pas les « fascistes », les « impérialistes », les « réactionnaires », les « contre-révolutionnaires » qui ont ourdi l\u2019insurrection.Elle a éclaté spontanément.Sans décision d\u2019ordre général.Comme par surprise.Des profondeurs.De l\u2019intérieur des âmes.Étonnant les insurgés eux-mêmes autant que le reste du monde.L\u2019insurrection fut authentique.Ouvriers, paysans, étudiants, intellectuels ont affronté la mort pour recouvrer la liberté, seul point de ralliement de gens venus de tous les horizons politiques, y compris du parti communiste.Cette unité dans les divergences politiques ne saurait être trop soulignée.Tous en avaient assez du carcan totalitaire, imposé, de surcroît, par l\u2019étranger.Tous voulaient décider eux-mêmes de leur sort et du sort de leur patrie.Tous voulaient respirer.Citons le rapport de l\u2019O.N.U.Ce qui s\u2019est produit en Hongrie a été une insurrection.nationale spontanée, provoquée par des griefs de longue date.Du début jusqu\u2019à la fin, précise le rapport, l\u2019insurrection a été dirigée par des étudiants, ouvriers, soldats et intellectuels, parmi lesquels il y avait de nombreux communistes et anciens communistes.Le comité est convaincu qu\u2019il faut considérer comme véridiques les nombreux récits de traitements inhumains et de tortures infligés par la police politique hongroise.Et le rapport conclut: « Il n\u2019y a eu aucun signe d\u2019appui populaire en faveur du gouvernement Kadar.» On n\u2019a donc pu rien découvrir, absolument rien, sur les circonstances dans lesquelles les autorités soviétiques auraient été invitées à intervenir et à tirer dans le tas.Si l\u2019insurrection de la Hongrie a échoué, c\u2019est à 240 RELATIONS cause de la réaction brutale de l\u2019U.R.S.S., d\u2019une part, et, d\u2019autre part, à cause de la réaction timorée de l\u2019O.N.U.Il fallait s\u2019y attendre, diront les sceptiques.Ce n\u2019est pas la première fois que l\u2019U.R.S.S.« libère » des peuples contre leur gré.Elle a fait le coup de Varsovie, en 1945, et rien ne lui est arrivé.Elle a fait le coup de Prague, en 1948, et rien ne lui est arrivé.Elle est un des Grands.Elle jouit de l\u2019impunité.Elle est au delà du bien et du mal, et du jugement des nations.Elle réussira, elle a déjà réussi le coup de la Hongrie.Il ne faut pas céder à cette résignation puisqu\u2019une autre chance nous est donnée.Cette fois-ci, la vérité crève les yeux.On a beau repasser toute la longue et sombre litanie des affronts et des défaites infligés par l\u2019U.R.S.S.à l\u2019O.N.U., on ne trouve rien qui égale le drame de Budapest.Jamais la terreur soviétique ne s\u2019est révélée ainsi, toute nue, et avec un pareil sans-gêne.Il y a cette différence aussi : jamais aux yeux de l\u2019O.N.U.les données n\u2019ont été juridiquement aussi claires.L\u2019intervention des blindés soviétiques contre le vœu formel du gouvernement d\u2019Imre Nagy est contraire à tous les principes de l\u2019O.N.U.Qui plus est, pour en avoir appelé solennellement à l\u2019O.N.U., le 1er novembre 1956, au nom même du peuple hongrois, Imre Nagy a été jeté en prison et doit subir, ainsi que le général Maleter, un procès préfabriqué.Les jeux sont faits.Ou l\u2019O.N.U.jugera l\u2019U.R.S.S., ou l\u2019U.R.S.S.jugera l\u2019O.N.U.L\u2019holocauste de Budapest marque un tournant et de l\u2019histoire de l\u2019U.R.S.S.et de l\u2019histoire de l\u2019O.N.U.On s\u2019apprête à tourner une page.* Nous voulons espérer, pour l\u2019honneur du Canada, que notre délégation aux Nations Unies déploiera à la prochaine session générale autant d\u2019imagination dans l\u2019affaire de Hongrie qu\u2019elle a su en déployer lorsque M.Paul Martin se fit (décembre 1955) le parrain du package deal, ou lorsque M.Lester B.Pearson proposa (novembre 1956) la formation d\u2019un corps expéditionnaire de l\u2019O.N.U.pour surveiller les frontières israélo-égyptiennes.Il faudra même que notre délégation fasse montre de plus de ressources, puisque ni les motifs invoqués (ils étaient réels), ni les procédés mis en œuvre (ils étaient mesurés) par Israël, la Grande-Bretagne et la France dans l\u2019opération de Suez ne peuvent se comparer \u2014 quoi qu\u2019en aient dit Nehrou et les travaillistes anglais \u2014 aux motifs invoqués (ils étaient faux) et aux procédés mis en œuvre (ils étaient inhumains) par l\u2019U.R.S.S.dans l\u2019affaire de Hongrie.Suez et Budapest n\u2019ont pas de commune mesure.D\u2019ailleurs, la Grande-Bretagne et la France ont accepté la décision de l\u2019O.N.U., tandis que Kadar a même refusé de recevoir Dag Hammarksjold.De plus, tenons-nous-le pour dit: l\u2019U.R.S.S., entourée de ses satellites, viendra à cette assemblée k*** VichY \u2019(« v \\ ÊÜESTiÜH UJ Huit adultes sur dix ont un foie fatigué, encombré, donc déficient.Va-t-il falloir comme tant d'autres vous astreindre à un régime \"triste\u201d?RAREMENT nécessaire, si vous prenez la régulière précaution et si agréable de votre VICHY CELESTINS quotidien.Son action bien connue et ses propriétés diurétiques contribuent à stimuler les multiples fonctions du foie et des reins et exercent un effet des plus salutaires sur le système digestif en général.Demandez l'avis de votre médecin.Pout f/%e CE LESTONS «AU MINÉRALE NATURELLE PROPRIÉTÉ DE L'ÉTAT FRANÇAIS RECOMMANDÉE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER Méfiez-vous des imitations!!! Exigez ï CÉLESTINS » Importateurs: HERDT £\u2022 CHARTON INC., Montréal SEPTEMBRE 1957 241 générale de TO.N.U.préparée à fond et bien exercée dans la rhétorique de sabotage.Elle se posera en champion de la morale et du droit.Elle produira ses témoignages.Elle passera à l\u2019attaque avec des invectives brillantes et accusera les États-Unis et Radio-Europe libre d\u2019avoir fomenté la rébellion.Elle fera diversion et cherchera à provoquer un autre débat sur « l\u2019agression française » en Algérie et « l\u2019agression anglaise » sur l\u2019île de Chypre et dans le sultanat d\u2019Oman.Elle fera entendre la voix de la force pour se faire passer pour victime d\u2019un complot capitaliste, et la voix de l\u2019astuce pour dire au bloc afro-asiatique qu\u2019elle, au moins, est pour l\u2019émancipation des peuples.Elle mettra le monde libre en demeure ou de la tranquilliser pour avoir la paix, quitte à lui sacrifier une nation entière, ou de la mettre en colère, quitte à la voir de nouveau brandir la menace d\u2019une guerre atomique.Il est donc plus que temps que l\u2019opinion publique fasse comprendre aux gouvernements qu\u2019elle en a assez de ce chantage.A propos de l\u2019affaire de Hongrie, Pie XII lui-même en a appelé à cette force insaisissable, mais puissante comme la marée, qu\u2019est le jugement des nations.Nous Nous adressons tout d\u2019abord à vous, chers peuples, hommes et femmes, intellectuels, travailleurs, artisans et paysans de toutes races et de tous pays, afin que vous fassiez entendre à vos gouvernants quels sont vos sentiments intimes et vos vraies aspirations.Cette voix, qui est celle de la nature, il faut qu\u2019elle se fasse entendre bien haut, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur de chaque nation, et qu\u2019elle soit entendue et accueillie de ceux à qui les peuples ont confié le pouvoir.De ce dramatique message du 10 novembre 1956, adressé « à tous les peuples de la terre », rapprochons cet autre, lancé, le dimanche 4 novembre, par Radio-Kossuth, poste de radio des insurgés.Attention, attention, chers auditeurs.Vous allez entendre le manifeste de la fédération des écrivains hongrois.Ici, la fédération des écrivains hongrois: à tous les écrivains et académies, à l\u2019élite intellectuelle du monde entier, nous demandons aide et secours.Il reste peu de temps.Vous connaissez les faits.Inutile de rappeler ce qui se passe.Aidez la Hongrie.Aidez le peuple hongrois.Aidez les écrivains, les savants, les ouvriers, les paysans hongrois.Aidez nos travailleurs intellectuels.Au secours! Au secours! Au «ecours! Chacun doit prendre ses responsabilités.Il est de leur devoir rigoureux et pressant que les unions agricoles, les syndicats ouvriers, les sociétés royales et littéraires, les fédérations d\u2019étudiants disent à leurs dirigeants que le cri de révolte de leurs frères paysans, ouvriers, étudiants, professeurs, écrivains est parvenu jusqu\u2019à eux lorsque le rideau de fer a été, pendant quelques jours, soulevé.Quand on songe à l\u2019extraordinaire orchestration de l\u2019opinion mondiale en faveur des époux Rosenberg, au piquetage devant pratiquement tous les consultats et toutes les ambassades des États-Unis à travers le monde, combien honteux et dérisoires paraissent nos efforts pour venir en aide à une nation entière sauvagement abattue! L\u2019O.N.U.prévoit la suspension et l\u2019exclusion d\u2019un membre qui « enfreint de manière persistante » les principes énoncés dans sa charte (chap, il, art.5 et 6).Toutefois, comme cette suspension ou exclusion doit être recommandée par le Conseil de Sécurité, où l\u2019U.R.S.S.jouit du droit de veto, il est inutile d\u2019y songer, à moins que l\u2019U.R.S.S., clairement condamnée par l\u2019Assemblée générale, ne parte d\u2019elle-même.Ce ne sera pas la faute des honnêtes gens, disait Pie XII dans le même message cité plus haut, s\u2019il ne reste à ceux qui s\u2019éloignent de cette voie que le désert de l\u2019isolement.Peut-être se produira-t-il\u2014 et Nous le souhaitons de tout cœur \u2014 que la cohésion des nations aimant sincèrement la paix et la liberté suffira à amener à des desseins plus modérés ceux qui se soustraient aux lois élémentaires de la société humaine et qui se privent par là eux-mêmes de parler au nom de l\u2019humanité, de la justice et de la paix.Ce que la conscience mondiale doit exiger coûte que coûte, c\u2019est, premièrement, le retrait des troupes soviétiques de la Hongrie et, deuxièmement, une consultation libre du peuple sous la surveillance de l\u2019O.N.U.Telles sont les demandes que vient de faire George Meany, président de la F.A.T.-C.O.I., la grande fédération syndicale américaine.« Rien de moins qu\u2019un ordre de l\u2019O.N.U.à l\u2019U.R.S.S.de retirer ses troupes de la Hongrie et de permettre des élections libres et démocratiques sous la surveillance de l\u2019O.N.U., afin que le peuple hongrois puisse se choisir son propre gouvernement, ne saurait satisfaire à la justice.» C\u2019est exactement la position prise par l\u2019O.N.U., l\u2019année dernière.A reculer, maintenant qu\u2019elle a le Livre blanc sur la Hongrie entre les mains, elle exprimerait une volonté de suicide, niant sa mission principale et sa propre raison d\u2019être.Devant une pareille démission, le sang du peuple hongrois criera au ciel non seulement contre la tyrannie de l\u2019U.R.S.S., mais aussi contre la passivité coupable de l\u2019O.N.U.« Celui qui laisse faire, dit la Jeanne d\u2019Arc de Péguy, est comme celui qui fait faire.C\u2019est tout un, ça va ensemble,.c\u2019est pire que celui qui fait.Car celui qui fait, il a au moins le courage de le faire.» * Soucieux de « rejoindre » le prolétariat, « d\u2019engager le dialogue » au nom d\u2019un idéal de paix, de découvrir « l\u2019âme de vérité » dans un système de pensée et de vie essentiellement mauvais parce qu\u2019 essentiellement athée, trop de gens \u2014 intellectuels « subtils », politiques « réalistes », voyageurs « renseignés » \u2014 crient à l\u2019anticommunisme négatif et ruineux dès qu\u2019il s\u2019agit d\u2019adopter une attitude ferme à l\u2019égard de l\u2019U.R.S.S.Obsédés par l\u2019adversaire, ils demandent qu\u2019on ait les mains pures avant d\u2019agir et soulignent constamment les erreurs, les maladresses, les carences de l\u2019Occident.Ils ont les mains pures, dirait d\u2019eux Péguy, mais ils n\u2019ont pas de mains.L\u2019anticommunisme bien compris est le premier devoir international d\u2019un pays libre.Reconnaissons-le donc une bonne fois.S\u2019il n\u2019a pas été possible à l\u2019O.N.U.de sauver la Hongrie, en no- 242 RELATIONS vembre dernier, ce n\u2019est pas tant à cause de la difficulté d\u2019atteindre le territoire hongrois à travers une Autriche neutralisée, c\u2019est que le monde libre, y compris le Canada, était encore matériellement et surtout moralement trop désarmé devant une puissance dont le gouvernement incarne, sous le mythe de l\u2019espérance, une idéologie qui tue l\u2019homme dans son corps et dans son âme.\u2022 - ' \u2022 QUAND LE DIVERTISSEMENT EST ROI Georges-Henri d'AUTEUIL, S.J.ON SE RAPPELLE avec quelle véhémence, il y a quelques années, la critique de chez nous s\u2019éleva contre les coupures (sacrilèges, disait-on) faites aux œuvres d\u2019art dramatiques, musicales, cinématographiques.On revendiquait les droits à l\u2019intégrité des œuvres.Tout ou rien.Et surtout, pas de censure au nom de la morale, cette vieille dame revêche qui ne comprend décidément rien à l\u2019Art! Mais il semble qu\u2019on en revienne, que la critique a révisé ses positions, puisqu\u2019on a loué à l\u2019envi, lors des tout récents Festivals de Montréal, l\u2019étrange macédoine que nous a servie M.Jean Meyer, sous le nom illusoire de V Illusion comique de Corneille.La morale, ici, n\u2019y fut pour rien, seulement l\u2019intérêt du spectacle, qu\u2019il fallait sauver à tout prix, même au détriment de l\u2019auteur.Ce fut sans doute une erreur de choisir cette comédie comme pièce de Festival (Corneille, lui-même, l\u2019appelait un « étrange monstre », à cause de son cinquième acte tragique); mais ce fut une erreur plus grave encore de l\u2019avoir défigurée, sous prétexte de la rendre plus drôle, par des ajoutes disparates.En fait, le début \u2014 les trois premiers actes et une partie du quatrième \u2014 était bien de Corneille; mais ensuite, on se croyait à une revue de Fridolin, genre xvii® siècle, avec ballet, farce et parodie.Les critiques, paraît-il, se sont ennuyés à la première partie et ont rigolé, enfin, à la dernière.J\u2019avoue, pour ma part, avoir éprouvé des sentiments tout à fait contraires.Les apparitions pittoresques et capricantes des farceurs italiens et français traditionnels, comme Polichinelle, Arlequin, Scaramouche, étaient colorées et alertes; l\u2019extrait de VÉtourdi de Molière (« léger anachronisme », disait le programme!) a été vivement enlevé et a permis à Jean Coutu de camper un Pandolphe délicieux et à Guy Hoffman de hurler à tue-tête comme un sourd.Mais tout cela \u2014 pur divertissement \u2014 n\u2019avait rien à faire avec l'Illusion comique, ne pouvait que dérouter l\u2019auditeur et fausser son impression d\u2019ensemble de la pièce.« Que diriez-vous \u2014 se plaignait déjà Horace dans son Art poétique \u2014 si un peintre s\u2019avisait de donner à une belle tête de femme un corps de cheval et une queue de poisson?» Quant à la parodie finale, cela aurait fait merveille dans une séance de Prix de Jeux, à la fin d\u2019une année scolaire.Heureusement qu\u2019en dépit de tout, nous avons eu un moment de vrai Corneille: un Corneille différent de l\u2019auteur des tragédies, mais qui l\u2019annonce, toutefois, déjà.Isabelle, par endroits, nous fait penser à Chimène, et Clindor a certains accents dignes de Rodrigue.Mais le sujet est léger; le ton, tantôt humoristique, tantôt tendre et précieux, sans tomber dans le ridicule de Rambouillet; les personnages, dans la diversité de caractère, manifestent un bon sens et un équilibre mental de bon aloi, sauf Matamore, fanfaron en paroles, en fait de la plus grande poltronnerie.Ce personnage, dans Qui le voit., le veut ! LE DICTIONNAIRE USUEL Quillet-Flammarion En moins d\u2019un an, sa supériorité s\u2019est affirmée dans tous les milieux.De hautes personnalités dans le domaine de l\u2019enseignement lui rendent un témoignage incontestable de supériorité sous tous rapports: texte, illustrations, impression en héliogravure sur papier surglacé blanc, reliure solide et élégante.PARENTS ! Vous avez à coeur de procurer à vos enfants le meilleur instrument de travail pour contribuer à leurs succès à l\u2019école.Choisissez le Dictionnaire Usuel Quillet-Flammarion.A prix égal, vous obtenez plus du double de valeur.ÉTUDIANTS, ÉTUDIANTES ! 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c\u2019est la beauté de la langue et cette merveilleuse alliance: fermeté et souplesse de l\u2019alexandrin, dont Corneille joue en virtuose.D\u2019un spectacle formé d\u2019éléments aussi composites, le spectateur ne peut sortir que bousculé, selon la variété de ses goûts, de ses dispositions, de ses normes d\u2019appréciation des choses d\u2019art.Plusieurs amateurs de théâtre se soucient assez peu de la valeur littéraire ou dramatique d\u2019une œuvre et s\u2019intéressent davantage à l\u2019interprétation des comédiens.A ce point de vue, on a apporté un souci louable de perfection.Notre vaillante troupe du Théâtre du Nouveau Monde, chargée de l\u2019exécution onéreuse du spectacle, n\u2019a pas déçu notre attente, même si le choix de quelques comédiens a paru moins heureux.Par exemple, Diane Giguère était-elle bien adaptée au rôle d\u2019Isabelle?Au début, surtout, elle faisait beaucoup trop soubrette, pensionnaire mutine et espiègle.Et sa diction chantante ne pouvait rendre toutes les nuances du texte.En revanche, Denise Saint-Pierre a fort bien rendu le rôle de Lyse, la vraie soubrette de la pièce.Dans Clindor, Jean Gascon a fait un amoureux correct, mais un peu froid, mis à part son monologue de la prison, lyrique et passionné.Souvent le débit trop rapide nous privait de l\u2019harmonie du vers et même rendait l\u2019audition difficile.Le personnage vraiment comique \u2014 caricatural \u2014 de la pièce est Matamore.Edmond Beauchamp, de la troupe Barrault, tenait le rôle.Il a la taille, l\u2019allure et la voie qui conviennent.Mais où a-t-il pris l\u2019idée de cet accent, de Gascogne probablement?Grâce à ce baragouin, nous avons perdu plusieurs drôleries du texte, faute de bien comprendre les mots.Et qui a décidé de retrancher de son rôle, au quatrième acte, une scène entière, très plaisante, avec Isabelle et Lyse ?On a tout dit sur la beauté des costumes et l\u2019originalité des décors.Ici encore, une dernière restriction : le décor de la place Royale était très couleur locale et d\u2019une juste perspective, mais cette perspective devenait toute faussée quand les acteurs ne jouaient pas à l\u2019avant-scène, mais dans le décor, car alors, ils avaient la tête à la hauteur des toits des édifices, ce qui est une erreur du metteur en scène.Je suis le plus malheureux des hommes de n\u2019avoir pas seulement des éloges pour cette Illusion comique.Je m\u2019étais fait une joie de voir du Corneille \u2014 on ne nous gâte pas à son sujet \u2014 joué dans des conditions parfaites.J\u2019avoue ma déception de n\u2019y avoir trouvé qu\u2019un plaisir mêlé.\u2022 .\u2022 NOS ARTISTES DEVANT LA TUTELLE ÉTATSUNIENNE Jacques COUSINEAU, S.J.IA RÉCENTE DÉMISSION de Jean Duceppe, président .de l\u2019Union des Artistes lyriques et dramatiques de Montréal, refusée depuis par le Comité directeur, pose devant le grand public le problème de l\u2019autonomie nationale des syndicats d\u2019artistes et veut supprimer, par sa dénonciation spectaculaire, les reliquats de colonialisme qui subsistent, sur le plan de l\u2019organisation professionnelle, dans les esprits et les institutions du Canada.On sait que, depuis la fin de la guerre, grâce à une meilleure législation sur la liberté d\u2019association et à une campagne bien conduite d\u2019éducation ouvrière, le syndicalisme canadien s\u2019est développé de façon remarquable en nombre et en qualité.On sait moins d\u2019ordinaire que la fondation du Congrès du Travail du Canada, en 1956, a marqué l\u2019aboutissement d/une évolution intérieure vers l\u2019indépendance à l\u2019égard des États-Unis et que, si l\u2019ancien Congrès des Métiers et du Travail du Canada (C.M.T.C.) lui a fourni le gros de ses effectifs, le Congrès canadien du Travail (C.C.T.) lui a transmis son esprit de fierté nationale.En vérité, au témoignage d\u2019Eugène Forsey, directeur des recherches auprès de l\u2019ancien C.C.T.et maintenant auprès de la nouvelle centrale, « la seule conséquence évidente de la fusion du C.C.T.et du C.M.T.C., l\u2019an dernier, est l\u2019autonomie complète du Congrès du Travail du Canada ».L\u2019affirmation, qui vaut de droit et de fait pour la centrale, serait à nuancer jusqu\u2019à la négation pour les succursales canadiennes des unions dites internationales ayant leur siège central aux États-Unis.Si un grand nombre d\u2019entre elles dirigent dans la pratique ordinaire leurs propres affaires, surtout quand elles sont groupées en district, beaucoup d\u2019autres laissent leurs membres devenir victimes de la domination étrangère, c\u2019est-à-dire étatsunienne.Mais il y a des cas-limites, que l\u2019on trouve dans le monde des artistes-comédiens.Dans les plus grandes villes du Canada, l\u2019avènement rapide de la télévision a transformé les conditions de vie des artistes qu\u2019elle a recrutés pour la plupart sur les tréteaux.Leur va-et-vient, du théâtre à la radio, à la télévision et, à l\u2019occasion, au cinéma ou au cabaret, les a amenés à fraterniser tous ensemble, quel que soit le point d\u2019origine ou de concentration de leur carrière et, contrairement à la méthode en usage aux États-Unis chez leurs confrères, à se grouper professionnellement dans un seul syndicat, ce qui leur permet d\u2019exercer leur métier avec une carte syndicale unique, au lieu de payer des droits d\u2019entrée nouveaux à chacun des syndicats en place, quand ils vont d\u2019un lieu à un autre (théâtre, radio, télévision, cinéma, etc.).A Montréal, l\u2019Union des Artistes a ainsi procédé, et la fédération nationale de ces unions locales, de Vancouver, Winnipeg, Toronto, Québec et Montréal, le Conseil canadien des Auteurs et Artistes (C.C.A.A.), affilié au C.T.C.et comprenant quelque 2,500 membres, veut étendre aux limites du pays le système de la carte syndicale unique.Mais.Car il y a un mais, un obstacle posé par l\u2019A.G.V.A.U American Guild of Variety Artists est un syndicat d\u2019artistes (chanteurs, comédiens, danseurs, etc.) des deux sexes dont la juridiction couvre les cabarets, boîtes-de-nuit et autres endroits du même genre et qui passe des contrats d\u2019atelier fermé avec les propriétaires de ces établissements de loisirs.Or, ce syndicat est exclusivement dirigé et administré de New-York, où se trouve son siège social, et il ne possède même pas de groupement reconnu ou de local (avec assemblée de membres et comité de direction) à Montréal.Si bien que, par exemple, Gratien Gélinas, vice-président de l\u2019Union des Artistes de Montréal, ou n\u2019importe quel autre membre, doit, pour jouer dans un café de Québec ou de Montréal, devenir membre de ce syndicat étatsunien et donc payer 244 RELATIONS droit d\u2019entrée et cotisation considérables, sans pour autant avoir rien à dire dans la conduite de l\u2019organisation.Comme l\u2019on comprend la réaction de Jean Duceppe! Je ne peux tolérer que l\u2019on m\u2019oblige d\u2019appartenir à une union américaine alors que je gagne mon argent dans mon pays.Nous sommes chez nous et nous n\u2019avons pas à plier l\u2019échine devant les unions internationales.Je trouve stupide que je doive appartenir à plusieurs unions à la fois pour pouvoir travailler chez moi, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019unions américaines.Ainsi donc, un artiste canadien, pour pénétrer dans un établissement du Canada et y gagner sa vie devant un auditoire de chez lui, doit payer tribut à quelque sultanat new-yorkais, après en avoir obtenu la permission.On croit rêver en constatant, en 1957, une situation aussi monstrueuse du point de vue politique et social.L\u2019impérialisme universellement abhorré, le voilà! pourrait-on dire aux Étatsuniens sincères qui se demandent pourquoi leur pays et ses ressortissants ne sont pas aimés de par le monde.Oh! certes, le genre de domination dénoncé ici ne concerne que le Canada: quand l\u2019A.G.V.A.envoie ses membres à La Havane ou à Mexico, c\u2019est après entente avec les syndicats locaux et non sans compensation.Aussi cette disparité dans la politique, fraternelle pour les voisins du sud, autocratique pour celui du nord, est d\u2019autant plus odieuse pour notre pays, en un temps où, sur le plan militaire et diplomatique, la collaboration États-Unis-Canada se poursuit dans l\u2019égalité de partenaires et le respect mutuel.Comment alors expliquer la mentalité coloniale de certains officiers de l\u2019Union des Artistes qui s\u2019opposent à leur président?Les Mexicains et les Cubains manquent-ils à l\u2019étiquette quand ils posent des conditions à la venue des artistes des U.S.A.?Le Canada pose-t-il un'geste inamical quand MM.Pearson ou Diefenbaker parlent d\u2019égal à égal avec le représentant des États-Unis ?Non, pour sûr.Alors l\u2019Union des Artistes de Montréal ou le Conseil canadien des Artistes ne poseraient pas un geste inamical s\u2019ils voulaient parler d\u2019égal à égal avec l\u2019A.G.V.A., ce qui exige une reconnaissance mutuelle de juridiction territoriale et amènerait des ententes fraternelles et des échanges de service.Si les dirigeants new-yorkais de cet impérialisme d\u2019amuseurs publics, s\u2019appuyant moralement sur les services passés que l\u2019histoire n\u2019oublie pas et économiquement sur la quantité massive de leurs envois hebdomadaires (plusieurs centaines de membres au Québec seulement) dont un boycott pourrait priver le public canadien, si ces dirigeants se refusaient à abdiquer leur omnipotence, il faudrait dire que le temps du Boston tea party des artistes canadiens est enfin venu.Après tout, l\u2019événement original n\u2019a pas peu profité éventuellement à ceux qui entendaient se libérer de l\u2019exploitation de l\u2019Angleterre impérialiste et devenir des adultes capables de prendre eux-mêmes des responsabilités.La proportion des artistes canadiens dans les cabarets croîtrait certainement, parce qu\u2019ils seraient maîtres de leurs destinées et soucieux de développer \u2022et d\u2019encourager le talent des natifs.Je suis convaincu \u2014 sans vraiment m\u2019y connaître! \u2014 que le goût des performances y gagnerait, leur moralité sans doute: ce qui prouverait que fierté nationale, sens des affaires, qualité esthétique et valeur morale peuvent converger.Maintenant que le Canada possède un Conseil des Arts aux octrois substantiels, qu\u2019un Théâtre de la Comédie canadienne, subventionné, s\u2019installe à Montréal, nos artistes se doivent et nous doivent de débarrasser leur organisation professionnelle des vestiges d\u2019un passé périmé qui laissent croire à l\u2019étranger regardant la carte artistique du monde que nous sommes un pays sous-développé sous tutelle étatsunienne.uile à chauffage brûleurs à l\u2019huile MONGEAU & ROBERT CIE LTÉE 160C EST, RUE MARIE-ANNE - MONTREAL LAfontaine 1-2131 SEPTEMBRE 1957 245 HORIZON INTERNATIONAL RÉVOLUTION\tT^LLE EUT LIEU, cet été, en i j U.R.S.S.; mais il est tard pour en raconter les péripéties.On sait suffisamment ce qui arriva à Molotov et à ses comparses.Est-il trop tôt pour essayer de l\u2019apprécier?La bourrasque soviétique présage-t-elle une coexistence plus pacifique avec le monde bourgeois?Ou proclame-t-elle qu\u2019en 1954-1957, comme en 1927-1937, ou comme en 1793-1794, la révolution mange ses enfants ?Rappelons brièvement l\u2019ascension de Stalin au trône de Lenin.Au début, et c\u2019est Lenin qui l\u2019assure, Stalin n\u2019était plus l\u2019enfant de chœur de Tiflis; il n\u2019était pas encore le monstre qu\u2019exhiba Khrouchtchev le 25 février 1956.Ou l\u2019était-il, avec la fourberie en plus?Il laissa les menchéviks sortir en paix de Russie.Quand il eut ameuté toute le monde contre Trotski, en 1924, il se paya le luxe d\u2019être bon prince.Nous ne fûmes pas d\u2019accord avec Zinoviev et Kamenev (qui voulaient exclure Trotski du Politbureau), parce que nous savions que la politique de la guillotine entraîne de lourdes conséquences pour le parti.La méthode de la guillotine, de la saignée (car ils voulaient du sang) est dangereuse, contagieuse.Aujourd\u2019hui, on guillotine celui-ci, demain, celui-là, et après-demain, un troisième.Et que restera-t-il alors du parti ?(Applaudissements.) Il lui suffisait d\u2019avoir diminué Trotski.La répression san glante aura lieu douze ans plus tard.Quand Stalin commença à émerger, il était faible au Politbureau, un peu moins au comité central du parti; sa force était à travers le pays, où il avait placé nombre de ses hommes à des postes d\u2019influence locale.Il prépara avec soin le congrès d\u2019avril 1923, qui élargit le comité central en portant le nombre de ses membres de 27 à 40.Les nouveaux étaient presque tous staliniens.Au congrès de 1924, il avait en main toute l\u2019organisation administrative, mais il cachait son jeu et parlait toujours au nom du comité central.Personne plus que lui n\u2019affirmait sa loyauté envers le parti, son congrès, son comité central et la direction collective.Le Politbureau était débordé et ne le connaissait pas.Trotski écarté, Stalin manœuvra contre Zinoviev, Kamenev et leurs amis, en s\u2019alliant à l\u2019équipe Bukharin, Tomsky et Rykov.Après la débâcle de Zinoviev, ce fut un jeu d\u2019enfant, pour Stalin, d\u2019écarter ce deuxième groupe.Calé sur son trône d\u2019autocrate, il devint peureux comme Ivan le Terrible, et c\u2019est alors que les têtes tombèrent.En même temps qu\u2019il liquidait à peu près tout le monde, il posait au philanthrope, à l\u2019homme de paix.Il ouvrit l\u2019Union soviétique aux voyageurs de Y In-tourist et aux ingénieurs étrangers.Il avait besoin de dollars et de talent étranger pour monter son industrie de guerre.En 1934, Stalin était le maître absolu de l\u2019U.R.S.S.Le XVIIe Congrès du parti communiste marqua son zénith.Sur 139 membres et candidats du comité central « élus » à ce congrès ou désignés par Stalin, 98 (c\u2019est-à-dire 70%) furent arrêtés et fusillés durant la grande épuration de 1937 et 1938.Nous tenons ces chiffres de Khrouchtchev; il était en bonne position pour le savoir, puisqu\u2019il entra au comité central en 1934, devint premier secrétaire du parti communiste à Moscou-ville et Moscou-dictrict en 1935, premier secrétaire du parti communiste d\u2019Ukraine en janvier 1938.En 1938, il devint candidat, et en 1939, membre du Politbureau.Si quelqu\u2019un surnagea pendant l\u2019épuration, c\u2019est lui.Il nous dit encore que sur 1,966 délégués ou observateurs envoyés applaudir Stalin à ce congrès de 1934, 1,108 furent ensuite arrêtés pour activité anticommuniste.La plupart d\u2019entre eux avaient alors un stage de 13 ans dans le parti.Stalin, en 1936, devint sanguinaire; il avait tout de même résisté douze ans à la loi d\u2019airain du bolchevisme, qui impose la dictature d\u2019un seul par le massacre des camarades.Depuis qu\u2019il est chef suprême, Khrouchtchev n\u2019a pas encore guillotiné, et on donne ça comme un signe de sa grande humanité.En 1936-1938, il pouvait dire que c\u2019était Stalin qui coupait les têtes.En 1953, quand Beria fut liquidé, ce fut après rapport de Malenkov.Khrouchtchev ne devint secrétaire du parti communiste d\u2019U.R.S.S.que deux mois plus tard, le 13 septembre 1953.Beria, l\u2019homme le plus fort d\u2019U.R.S.S., fut délogé et supprimé en quatre mois.C\u2019était un record.Malenkov demanda plus de doigté.Son pétard éclata discrètement le 10 février 1955, quand Bulganin devint premier ministre d\u2019U.R.S.S.à la place de l\u2019archange déchu, et céda son portefeuille de la guerre à Zukov; celui-ci, membre du parti communiste depuis 1919, vainqueur de Berlin, était entré dans le comité central quand Beria fut liquidé (juillet 1953); le voici ministre de la guerre quand file l\u2019étoile de Malenkov.On le verra s\u2019affirmer, et avec quelle décision, lors des événements de Hongrie (octobre 1956) et de la suppression de Molotov.Malenkov hors de combat, Khrouchtchev lança la meute contre Molotov.Ce fut à la réunion du comité central du parti communiste de juillet 1955, quand on discuta le rapprochement avec la Yougoslavie.Tout le monde, cette fois, cria haro sur le baudet: Kaganovic, Mikoïan, le jeune Suslov, Sepilov, Bulganin écrasèrent Molotov, qui fit des excuses, rendues publiques quelque temps après, à la stupeur du monde.Aujourd\u2019hui, c\u2019est la vieille garde qui saute.Zukov paraît avoir joué le rôle prépondérant dans les événements de juillet 1957.Quand, le 14 juin, Bulganin et Khrouchtchev revinrent de Finlande, Malenkov et Molotov demandèrent que le Presidium soit convoqué.A cette réunion (17 juin), d\u2019après les révélations de Daniel Schorr, correspondant moscovite du Columbia Broadcasting System (C.B.S.), Malenkov, Molotov et Kaganovic exigèrent la démission de Khrouchtchev comme premier secrétaire du parti; sa place devait être prise par Sepilov, Mikoïan et Zukov étaient seuls en faveur de Khrouchtchev, et Zukov n\u2019avait pas encore droit de vote; il avait pour lui, ce qui valait mieux, les forces armées.Khrouchtchev en appela au comité central.Ici, ses partisans étaient beaucoup plus nombreux.La réunion fut houleuse; mais, le 28 juin, battus à plate couture, Molotov, Malenkov, Kaganovic et Sepilov confessèrent leur ambition d\u2019avoir voulu prendre le pouvoir par des méthodes anticommunistes et furent liquidés.Le nouveau Presidium ne causera pas de difficultés à Khrouchtchev.Des vieux, il ne reste que Voroshilov, qui ne demande qu\u2019à vivre en paix: Svernik a été tellement étrillé qu\u2019il se tiendra tranquille; Bulganin, même s\u2019il passa sa jeunesse dans la police secrète, n\u2019est pas de taille à affronter son partenaire; et puis, son étoile pâlit.Il reste Mikoïan, le souple et énigmatique arménien, et surtout l\u2019armée avec Zukov.Que va faire la Grande Muette ?Khrouchtchev comme le prophète de Puskin, est à la croisée des chemins.Il connaît la phrase affreuse de Machiavel sur le danger de laisser la vie aux adversaires humiliés.Après avoir condamné le stalisnisme comme il le fit, le 25 février 1956, va-t-il en renouveler et aggraver l\u2019horreur?Ou préfère-t-il devenir le premier secrétaire de l\u2019armée rouge et écraser avec les satellites le peuple russe ?A travers le monde, il ne peut pas compter sur les partis communistes.Ceux-ci, à peu près partout, ont bêlé comme des agneaux; la grande crise de l\u2019internationale communiste eut lieu l\u2019an dernier; les hommes de quelque valeur disparurent, et il ne reste que des mannequins.La Pravda du 5 juillet donna quatre lignes à l\u2019Humanité (communiste) de Paris; l\u2019Unità du camarade Togliatti n\u2019en reçut même pas 246 RELATIONS deux: « Le journal l'Unità publia le texte complet du décret du Comité du Parti communiste d\u2019U.R.S.S.» C\u2019est tout.Notre Vestnik canadien donna (6 juillet) un résumé de ce qui s\u2019était passé.Il ajouta cette correspondance de « Washington » ( ?!): Dans les milieux officiels des États-Unis, on se moque des rares journalistes qui prétendent que les changements survenus en U.R.S.S.signifient l\u2019avènement de la dictature de Khrouchtchev.Les experts du gouvernement américain, pour ce qui a trait à l\u2019U.R.S.S., assurent que Khrouchtchev ne tend pas au pouvoir absolu, car on le connaît comme un partisan du gouvernement collectif.Toujours d\u2019après ces experts, il faut considérer les changements survenus en U.R.S.S.comme un événement favorable, et un coup mortel porté aux restes du « stalinisme ».Cette « expertise » impressionna quelqu\u2019un au Vestnik, mais nos camarades torontoniens ne s\u2019attendaient certainement pas à voir ce poulet ré-apparaître dans la Pravda.S\u2019ils eurent ce rêve, ils furent désappointés.Faut-il attribuer au communisme l\u2019agitation qui survint, ces derniers temps, en Amérique latine?Pour une petite part, peut-être.Il y eut un incident assez grave, au début de juin, à Guadalajara (Mexico) quand les étudiants de deux établissements rivaux s\u2019accrochèrent.Hoy (8 juin) blâme « un groupe politique à tendances communistes, dirigé par l\u2019expert agitateur Guadalupe Zuno », et la carence du gouvernement local.Le lendemain, la Nacion rapporta qu\u2019on avait vu peu auparavant les deux conseillers de l\u2019ambassade soviétique à Mexico, « Trufimov et Paporov », se promener dans une Cadillac noire à Guadalajara, avec la tribu des Zuno et les autres chefs rouges de la même ville.Guadalupe Zuno a, paraît-il, un dossier de police assez chargé.Est-il parent avec le licencié José G.Zuno, naguère gouverneur de l\u2019État de Jalisco, anticatholique notoire, et président du Grand Orient de Guadalajara en 1954?J\u2019ai dans mes fiches la copie photostatique de la circulaire n° 50 (Expdte 12-448) par laquelle ce vénérable invitait les loges confédérées du Mexique à une agitation pan-américaine en vue de porter aide au président guatémaltèque, Arbenz.A la fin du même mois de juin, le président du Guatemala, José Castillo Armas, tomba sous la balle d\u2019un névrosé.Celui-ci avait des accointances communistes; il n\u2019était pas membre du parti; l\u2019assassinat ne fut pas mentionné dans les éphémérides de Temps nouveaux.Église du Silence.\u2014 Le 16 juillet 1957, Pie XII publia la prière suivante pour l\u2019Église du Silence: Seigneur Jésus, Roi des martyrs, Consolateur des affligés, appui et soutien de ceux qui souffrent pour votre amour et pour leur fidélité envers votre Épouse, notre sainte Mère l\u2019Église, écoutez avec bonté nos ferventes prières pour nos frères de l\u2019« Église du Silence », afin qu\u2019ils ne défaillent jamais dans la lutte, ne vacillent pas dans la foi, et qu\u2019ils viennent à sentir la douceur des consolations que vous réservez aux âmes que vous daignez appeler à vous accompagner sur la Croix.Soyez la force indéfectible de ceux qui doivent supporter les tourments et les violences, la faim et la fatigue, confirmez leur courage, et donnez-leur la certitude des récompenses promises à ceux qui persévèrent jusqu\u2019à la fin.Soyez la lumière de ceux qui sont victimes de violences morales, souvent d\u2019autant plus dangereuses qu\u2019elles sont plus perfides: éclairez leurs intelligences, afin qu\u2019ils voient clairement le chemin de la vérité; fortifiez leurs volontés, afin qu\u2019ils surmontent toute crise, toute hésitation et toute fatigue.Soyez l\u2019autel caché, le temple invisible, la grâce surabondante, la voix paternelle pour ceux qui sont dans l\u2019impossibilité de professer ouvertement leur foi, de mettre régulièrement en pratique les obligations de la vie chrétienne, de recevoir fréquemment les saints sacrements, de traiter filialement avec leurs chefs spirituels; aidez-les, encouragez-les, guérissez leurs âmes endolories, et donnez-leur la joie et la paix.Que notre fervente prière puisse les aider; faites que notre solidarité fraternelle leur fasse sentir qu\u2019ils ne sont pas seuls; que leur exemple soit une source d\u2019édification pour toute l\u2019Eglise, surtout pour nous qui nous souvenons d\u2019eux avec tant d\u2019affection.Faites, Seigneur, que les jours d\u2019épreuves soient abrégés et que bientôt ils puissent tous, avec leurs persécuteurs convertis, vous servir et vous aimer librement, vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit dans les siècles des siècles.Ainsi soit-il! Le jour même où cette prière parut dans l\u2019Osservatore Romano (19 juillet), on apprit que la censure de M.Gomulka frappait le cardinal Wyszynski.Celui-ci interdisait aux ecclésiastiques de publier des livres chez des éditeurs catholiques-progressistes; tout particulièrement, il défendait de collaborer aux éditions Pax en quelque manière que ce fût.Le mandement devait paraître dans le Tygodnik Powszechny, la semaine qui suivait le 7 juillet.L\u2019hebdomadaire catholique de Cracovie ne sortit pas.Fête à Moscou.\u2014 Ce n\u2019était sans doute pas pour prier avec leurs frères de l\u2019Église du Silence que « trente mille jeunes de 102 pays » s\u2019en allèrent à Moscou festoyer avec 60,000 jeunes soviétiques.D\u2019après Life (10 août), le voyage aller et retour de Londres en U.R.S.S., toutes dépenses payées pour quinze jours, aurait coûté $135.Le New York Times du 11 août avait appris qu\u2019on donnait le même voyage pour $5 avec $2 par jour pour autres dépenses.Ça ferait $35 par personne, toutes dépenses comprises, même les pourboires, et ça sonne plus soviétique.Et puis, ceux qui ne pourraient ou ne voudraient pas payer seraient organisés autrement.J\u2019ignore combien des « trente mille » arrivèrent La voie j^pyafc aux quatre coins c/u monde Lorsque K.L.M.vous transporte vers tous les points qu\u2019elle dessert de par le monde, vous savez que partout vous attendent l\u2019accueil royal, la chaude hospitalité et les attentions particulières qui sont l\u2019apanage de la tradition K.L.M.Envolées régulières de luxe et par classe touriste de Montréal et New-York aux quatre coins du globe! 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Au Canada, la propagande pour le festival fut l\u2019œuvre de « Floyd Willston ».J\u2019ignore qui paya ses dépenses, mais dans Festival (11-20 mai) il se vantait d\u2019avoir voyagé de Vancouver à Montréal et discuté la chose avec « les chefs des étudiants, les rédacteurs des journaux d\u2019universités et les chefs des clubs politiques ».Un mois plus tard, il rapportait à Moscou que, « de l\u2019université de Colombie Britannique à une petite ferme de McCreary, Man., de la ville minière de Glace Bay, Nova Scotia, aux swirling dancers in Longuiel, Quebec {sic !), le festival est discuté et fortement applaudi ».Il comptait emmener à Moscou 30 Vancouvé-riens, dont une délégation de « Doukabours » {sic!); 15 délégués, dont peut-être des « Obemma Indians, devaient partir de l\u2019Alberta ».Quant au reste, « Floyd Williston » (un « i » s\u2019était introduit dans son nom pendant le mois) restait dans le vague, mais il espérait embarquer 150 Canadiens, dont 50 étudiants.En 1955, le festival eut lieu à Varsovie.Plus modeste que celui-ci, il coûta au gouvernement polonais la somme d\u2019environ « 5,000,000,000 de zlotys, soit 6% du budget annuel » ; il fut suivi, à une année de distance, de la révolte de Poznan.M.Khrouchtchev espère-t-il tirer autre chose qu\u2019un beau spectacle de cette prodigalité?Il gagnerait peut-être plus à miser sur l\u2019âpreté au gain de certains capitalistes pour conclure avec eux quelques contrats et prolonger encore un peu, par là, les horreurs du stalinisme.Là non plus, il n\u2019y a pas grand espoir.Nous croyons avoir indiqué une autre direction dans notre article du mois dernier.C\u2019est la seule vers laquelle, jusqu\u2019ici, le gouvernement soviétique ne s\u2019est pas dirigé.Voici un autre incident que nous signalons aux soviétiques qui entretiennent quelque ouverture d\u2019esprit pour les idées d\u2019Occident.La revue catholique Istina (janv.-mars 1957) publie une traduction française d\u2019une « belle catéchèse de la foi » prononcée par le métropolite Nicolas.Ceux qui connaissent la rage de ce prélat contre le Saint-Siège apprécient la grandeur d\u2019âme qui dicta ce geste.Joseph Ledit.13 août 1957.Lemay & Laferrière arpenteurs-géomètres 32 est, rue Notre-Dame\tMontréal VI.9-8105 LES LIVRES RELIGION Georges Marcel: Le Chrétien face à l\u2019Eucharistie.\u2014 Paris (117, rue de Rennes), Beauchesne, 1957, 121 pp., 19 cm.T TN CHRÉTIEN, qui, au témoignage de l\u2019évêque d\u2019Autun, est un médecin modèle et un fervent apôtre du Sacré Cœur, nous offre une sorte de catéchisme pour adultes sur l\u2019Eucharistie.Utilisant avec intelligence des lectures longuement méditées, il ordonne sa pensée dans un exposé clair et chaleureux, aussi éloigné d\u2019une théologie aride que des élévations affectives sans doctrine.Après avoir souligné la dépendance qui existe entre la communion et le sacrifice de la messe, l\u2019A.montre comment la communion nous unit au Christ et à la Trinité, lance ensuite une vibrante invitation à la communion fréquente, analyse enfin les divers aspects de la communion sacramentelle et spirituelle.Plus que l\u2019originalité de la présentation, la conviction profonde de l\u2019A.rend son opuscule persuasif et entraînant.Jean-Paul Labelle.Pierre Durosoy, S.J.: Cheminements delà charité.Réflexions sur l\u2019Action catholique.\u2014 Paris (79, rue de Gentilly), Editions Spes, 1954, 221 pp., 18.5 cm.Prix: 375 fr.T~'\\\u2019UTILES principes d\u2019apostolat s\u2019offrent ici au chrétien qui veut prendre sa foi au sérieux et la vivre.En Dieu, la vie est amour; de Dieu à nous, la relation est aussi d\u2019amour personnel; entre nous, même rapport, qui doit être un don personnel et sanctifiant.Car l\u2019amour, seule raison valable de vivre, a sa source en Dieu, non dans l\u2019homme (p.46).Comment réaliser au mieux cet amour-charité?D\u2019abord, en équipe, comme au temps de Jésus et des apôtres (chap, il) ; puis, par une acceptation totale de l\u2019incarnation.Il s\u2019agit de nous diviniser sans rien renier de l\u2019humain (mariage, profession, cité); de faire de la société, en toutes ses manifestations, un cadre où s\u2019épanouisse à l\u2019aise la cité de Dieu.La sanctification des cadres mêmes de la cité temporelle revient aux laïcs; la sanctification des laïcs, dans les ressorts les plus intimes de leur activité, revient aux prêtres (pp.67, 137).A l\u2019œuvre donc, laïcs chrétiens! Mais tant de besoins sollicitent le dévouement: par quoi commencer?Par le devoir d\u2019état; après, compte tenu de ses aptitudes, on collaborera à l\u2019Action catholique, parce qu\u2019elle met en relation plus étroite avec la hiérarchie.Par-dessus tout, se convaincre qu\u2019il faut agir.On souhaiterait qu\u2019une pensée aussi féconde s\u2019exprimât dans une composition et un style plus dynamiques.Joseph d\u2019Anjou.Mgr Bruno DE Solages: Le livre de l\u2019espérance.L\u2019Ame, Dieu, la Destinée.Éternelles questions sous la lumière de ce temps.\u2014 Paris (79, rue de Gentilly), Éditions Spes, 1954, 285 pp., 22.5 cm.Prix: 600 fr.\"DÉDIGÉ « pour ceux qui doutent et qui en souffrent » (p.9), ce livre de science, de philosophie et de théologie biblique vulgarise heureusement, avec leurs aspects actuels et les solutions qu\u2019ils réclament, les problèmes soulevés par nos contemporains sur le sens de l\u2019univers, la vie de l\u2019âme, la place de Dieu dans la création, le sens de l\u2019histoire humaine, individuelle et collective.Ni anthropologie, ni théodicée, ni théologie complètes; méditation plutôt, centrée sur l\u2019inquiétude profonde d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019ouvrage est solidement composé.Nous avons une âme, elle est la forme de notre corps, elle est spirituelle et immortelle.Dieu, pratiquement exclu de l\u2019univers par une science qui refuse de se dépasser, obscurément connu par la philosophie, chanté par la Bible comme le Créateur, le Père, l\u2019Ami des hommes, répond seul aux inévitables questions de l\u2019esprit.Dès lors, le destin du monde s\u2019éclaire: l\u2019univers est en marche, son terme est l\u2019Esprit absolu, personnel, béatifiant; l\u2019humanité a une histoire, évolution dynamique vers un au-delà transcendant et irréversible; la vie du temps n\u2019a de sens qu\u2019en fonction d\u2019une éternité que chacun choisit, heureuse ou malheureuse, sous la motion acceptée ou refusée de l\u2019Amour incarné.Pour conclure, l\u2019A.cite, en les reliant par de brefs commentaires, les plus beaux passages de la Bible qui, de la Genèse à Y Apocalypse, chante l\u2019espérance sur des modes variés, toujours plus 248 RELATIONS parfaits.L\u2019A.utilise sans lourdeur une riche érudition; son argumentation, solide, un peu courte parfois (volontairement), ne porte jamais à faux.Nulle animosité, nulle pitié non plus pour les exilés de l\u2019espérance; mais attitude positive et sereine.L\u2019A.s\u2019inspire souvent du P.Teilhard de Chardin, qu\u2019il interprète avec sûreté.Ses plus belles pages concernent le sens intérieur de la destinée humaine (pp.60-65), l\u2019existence de Dieu insinuée par l\u2019échec du positivisme (121), l\u2019évocation biblique (livji, ch.3) du Dieu de l\u2019histoire et des cœurs, la contradiction de la dialectique marxiste de l\u2019histoire (168), la vraie récompense de la vertu qui est la vie en Dieu (189), la civilisation qui est pour la sainteté (211).Joseph d\u2019Anjou.André Dupeyrat, M.S.C.: 21 Ans chez les Papous.Nouvelle édition.\u2014 Paris (18, rue du Saint-Gothard), Arthème Fayard, 1952, 238 pp., 21 cm.Prix: 650 fr.OAS ÉTONNANT que ce livre en soit à la vingt-quatrième édition.C\u2019est, écrit Ce Matin-Le Pays, « un de ces livres plus passionnants que des romans ».Sans aucun doute, comme le souligne l\u2019Ami du Clergé, « les savants découperont beaucoup de ces récits et de ces tableaux pour les ranger précieusement dans leurs fichiers ».Avec le Figaro littéraire, nous avons constaté que, « dès ses premières pages, ce récit pique la curiosité ».La Gazette de Lausanne relève un des aspects les plus attirants de l\u2019ouvrage: « L\u2019humour ajoute un sourire fréquent, parfois moqueur, pour cacher souvent de profondes souffrances.» La France catholique note: « Il fallait à la fois beaucoup de science et beaucoup d\u2019humanité pour réussir un livre comme celui du P.Dupeyrat.» Citons, pour terminer, Paul Claudel: « Il ne s\u2019agit pas d\u2019un récit, il s\u2019agit d\u2019une épopée.» Ces appréciations sont parfaitement justifiées.Tour à tour badin, émouvant, épique, ce documentaire tient en haleine jusqu\u2019au bout.On est confondu par le courage des missionnaires, risquant la mort sur les chemins invraisemblables de la Nouvelle-Guinée ou aux mains des cannibales, affrontant le martyre quotidien de conditions de vie inimaginables, avec une gaieté simple qui dissimule un héroïsme de chaque instant.Quelle leçon, en même temps, offre aux chrétiens habitués la générosité des indigènes convertis! Béatrice Clément.Boucherville, Quê.Cahiers_ missionnaires (revue, trimestrielle, oct.1956): Les Héritiers de saint François Xavier.\u2014 Paris (18, rue du Saint-Gothard), Librairie A.Fayard, 1956, 189 pp., 19.5 cm.Prix: 400 fr.; l\u2019abonnement annuel: 1,200 fr.CETTE nouvelle revue, consacrée « à l\u2019histoire des missions catholiques et à l\u2019étude des problèmes missionnaires », suscitera l\u2019intérêt de celui qui, vraiment catholique, participe au moins de cœur aux travaux, aux échecs, aux conquêtes des missionnaires.« Chaque cahier comprend deux parties : l\u2019une, plus considérable, traite d\u2019un sujet en détail, l\u2019autre suit l\u2019actualité missionnaire à travers les événements et les publications.» Sur les Héritiers de saint François Xavier, quinze articles dans la première partie, où il est question des Jésuites et de leur attitude à l\u2019égard des civilisations non occidentales, de la Compagnie devant l\u2019Islam et devant la Russie, etc.; dans la seconde partie, on parle de la résistance du Japon au christianisme, d\u2019un monastère interracial, de la Légion de Marie en pays de mission.Collaborateurs compétents, textes sérieux et d\u2019actualité, ce qu\u2019il faut pour instruire et pour plaire.Mais pourquoi cette typographie minuscule et serrée ?Béatrice Clément.Boucherville, Qué.Yogin du Christ.La voie du silence, l\u2019expérience d\u2019un moine.\u2014 Bruges (22, Quai au Bois), Desclée de Brouwer, 1956, 140 pp., 18.5 cm.Prix: 48 fr.b.Tj'XPÊRIENCE vécue plus encore que méthode ascétique, ce -U/ petit livre peut servir à quiconque veut donner son rendement total et vivre en santé, dans cette disposition à accueillir plutôt qu\u2019à subir qui s\u2019appelle le contentement.Par un programme de pratiques quotidiennes simples, inspirés des yogas (postures et maîtrise du souffle), à la portée des forces moyennes, l\u2019A., moine dans la cinquantaine, apprend à créer en soi et autour SOUVENT IMITÉE JAMAIS ÉGALÉE.\u201cCROQUETTE\u201d \u2022\tBISCUITS \u2022\tGÂTEAUX \u2022\tTARTES CHOISISSEZ UN STUART.IL EST PLUS SUCCULENT ! Tel.; 4-5181 TJetteau & doctrine, Jtyée DISTRIBUTEURS & GROSSISTES 196, rue Saint-Paul\tQuébec (2) \u2014Cest RAPIDE., c'est FACILE., ça RÉUSSIT Comme des millions qui l\u2019ont déjà fait, vous pouvez aussi maîtriser une langue en écoutant et en apprenant avec la méthode LINGUAPHONE C\u2019est rapide., car Linguaphone vous permet d\u2019apprendre en quelques brèves semaines la langue étrangère que vous choisissez.A peine 20 minutes d\u2019étude par jour à la maison.C\u2019est facile.car Linguaphone est la méthode naturelle d\u2019apprendre une langue : vous écoutez, vous comprenez, vous parlez.Ça réussit.car les disques et les textes Linguaphone ont été préparés par des linguistes renommés qui savent les rendre faciles et agréables.Dans le monde entier, des millions de gens à l\u2019école, au collège, dans les services gouvernementaux et chez eux ont appris à parler couramment la langue étrangère de leur choix grâce à Linguaphone.Ouvrez la porte aux opportunités nouvelles, aux intérêts nouveaux, en apprenant la langue que vous avez toujours désiré connaître.Remplissez le coupon et envoyez-le dès aujourd\u2019hui pour recevoir un prospectus gratuit commentant la méthode Linguaphone.ANGLAIS Choix de 29 langues dont entre autres : ESPAGNOL \u2022 ITALIEN ALLEMAND^_*_ RUSSE Postez ce coupon pour obtenir une brochure gratuite Linguaphone\t901, rue Bleury, Montréal Veuillez m\u2019expédiez la brochure gratuite Linguaphone et les détails de l\u2019essai gratuit de dix jours.J\u2019aimerais apprendre.Nom .Adresse.Ville .Province .:_j SEPTEMBRE 1957 249 de soi une atmosphère de calme et de silence, surtout à mettre à l\u2019unisson corps, âme et esprit, de manière que rien ne s\u2019oppose à l\u2019action de la grâce.Se recueillir, au sens propre: se rassembler, se posséder, pour s\u2019offrir à Dieu tout entier.Outre qu\u2019elle opère une détente naturelle, sûrement plus bienfaisante que l\u2019emploi de remèdes, cette ascèse augmente sensiblement le potentiel d\u2019activité de l\u2019organisme; j\u2019en ai fait l\u2019expérience.Tous, écrit l\u2019A.(p.54), n\u2019arriveront peut-être pas à lier leur prière aux exercices préconisés.Mais tous expérimenteront l\u2019excellent effet des pratiques yogistes sur leur physique, leur moral, leur vie profonde.Beaucoup s\u2019en trouveront fortifiés.Maison Bellarmin.\tRolland Boyle.Jean SÉGUY: Les Sectes protestantes dans la France contemporaine.\u2014 Paris (117, rue de Rennes), Beauchesne, 1956, 294 pp., 19 cm.CETTE ÉTUDE originale, dont l\u2019intérêt et la portée débordent le titre, appelle certaines réserves historiques et doctrinales.Pour l\u2019A., une secte est un « rassemblement.de convertis » (p.7), soucieux de vie intérieure plus sensible que théologique (p.282), tandis qu\u2019une église est une communauté visant à réunir l\u2019humanité sous une seule règle de foi (p.7).Forment sectes, donc, les Adventistes, Amis de l\u2019homme, Pentecôtistes, Témoins de Jéhovah, (ch.v-vm); églises, le catholicisme, l\u2019anglicanisme, le luthéranisme, le calvinisme.L\u2019important chapitre xi (« La spiritualité des sectes ») se réfère surtout au méthodisme et à l\u2019Armée du Salut, dont les chapitres ni et iv exposent l\u2019histoire et la doctrine.Je n\u2019ai pas compétence pour juger l\u2019étude des autres sectes; mais celle des Témoins de Jéhovah me paraît trompeuse.Je ne sais si Russell était un « mystificateur » ou un illusionné; mais je vois difficilement le moyen de le nommer un « chrétien sérieux » (p.203).Sur les effectifs des Témoins, les chiffres de l\u2019A.ne concordent pas avec ceux que donne la secte elle-même.Enfin, vue par des yeux humains, leur expérience religieuse ne semble guère correspondre à celle qu\u2019analyse le chapitre xi.Une équivoque malheureuse assombrit maints passages de ce volume, en particulier ceux qui concernent la transsubstantiation (pp.21, 35, 62, 271): on comprend que l\u2019A.ait voulu exprimer avec vigueur l\u2019opinion des sectes dissidentes; on voudrait qu\u2019un mot, une phrase permît de séparer son opinion de la leur.On s\u2019inquiète aussi un peu quand on lit que « certaines figures dissidentes se détachent \u2022dans l\u2019histoire comme de pathétiques et attachantes annonces de la venue du royaume » (p.286).La thèse générale enfin (le phénomène des sectes s\u2019expliquerait non par des différences en matière de foi, mais par un besoin de la piété populaire et de la vie intérieure) semble une solide et fructueuse hypothèse de travail, aux points de vue sociologique et psychologique; reste, cependant, l\u2019obligation de croire et d\u2019appartenir à l\u2019unique Église du Christ, et il aurait convenu que l\u2019A.rappelât, au moins une fois, cette vérité théologique.Ainsi, l\u2019on comprend que nous ne puissions louer sans restriction cet ouvrage d\u2019ailleurs instructif.Gérard Hébert.PHILOSOPHIE, SCIENCE Jacques Croteau, O.M.L: Les Fondements thomistes du personnalisme de Maritain.\u2014 Ottawa (1, rue Stewart), Editions de l\u2019Université, 1955, 267 pp., 24 cm.T ES SOLIDES ouvrages de philosophie sont rares en notre pays.C\u2019est donc un plaisir de louer la belle thèse du P.Croteau.L\u2019A.éclaire le problème fondamental de la personne, et à nous Canadiens, qui avons connu une polémique assez vive à ce sujet, il apporte une judicieuse mise au point.L\u2019étude des textes est fouillée; la discussion, serrée, demeure sereine; la présentation est soignée; les conclusions, savamment préparées, se dégagent nettement.Maritain, distinguant dans l\u2019homme l\u2019individu et la personne, affirme que cette distinction se rattache aux racines de la métaphysique thomiste.Acceptée par certains, cette position fut rejetée par d\u2019autres, qui en prirent occasion d\u2019attaquer la doctrine générale de son auteur.Le Père se proposait de chercher si la distinction en litige rend bien la pensée de saint Thomas.Il montre que, désireux d\u2019élucider les questions de son époque par le recours au thomisme, Maritain a mal situé et mal formulé le problème particulier des rapports entre l\u2019homme et la société, mais que cette imperfection ne ruine pas l\u2019ensemble de sa doctrine sociale (p.253).Le Père pourrait compléter sa bibliographie des œuvres de Maritain en ajoutant « Personne et individu » {Ad.pont.Acad.S.Thomae, xn, 1946), et même sa bibliographie générale en mentionnant: L.Loyez, Personne et Prospérité commune; Jean Mouroux, Sens chrétien de l\u2019homme; André Marc, S.J., Psychologie réflexive; peut-être aussi la Semaine religieuse de Québec (1951), qui donne des échos de la polémique autour de Maritain en Amérique du Sud, et Sciences ecclésiastiques (1950, p.207).Je relève un point de détail.L\u2019A., citant la définition de l\u2019individu (indistinction interne, distinction externe) donnée par saint Thomas (S.Th., i, 29, 4), commente ainsi (p.116): « La relation intrinsèque est constituée par l\u2019indivision même de l\u2019être, tandis que la relation extrinsèque sépare l\u2019individu de tout autre être ».11 ne faut pas écrire sépare, mais distingue; ce n\u2019est pas du tout la même chose.L\u2019A.n\u2019aurait-il pas dû insister davantage sur le sens strict et le sens large de la notion d'individu?Il en parle, et assez longuement; mais il ne semble pas avoir vu que l\u2019ambiguïté sur ce point est, pour une large part, à l\u2019origine des difficultés du problème qu\u2019il a étudié.Il me reste à le féliciter et à souhaiter qu\u2019il nous donne d\u2019autres travaux de même qualité.Jean-Paul Dallaire.Collège des Jésuites, Québec.Qui se marie à la hâte se repent à loisir .mais qui choisit la Maison J.-W.JETTÉpour ses travaux de chauffage-plomberie n\u2019a pas lieu de le regretter.Nos nombreuses installations pour hôpitaux, maisons d\u2019enseignement, établissements industriels et commerciaux sont de bonnes garanties.Nous disposons d\u2019une équipe de techniciens spécialisés en mesure de collaborer avec les propriétaires et les architectes.Théorie alliée à la pratique PIONNIERS DU VÉRITABLE CHAUFFAGE PAR RAYONNEMENT AU CANADA Victor 9-4107 360 EST, RUE RACHEL, MONTRÉAL OOO OOO OOO OOO CHAUFFAGE-PLOMBERIE Industries DUBE Ltée J.-B.DUBÉ, président Spécialistes en bois d\u2019ébénisterie RA.7-2859 Montréal 5939, 3e Avenue SAINT-JACQUES & SAINT-JACQUES Avocats - Notaires - Correspondants Cour Suprême du Canada Cour de l\u2019Echiquier Affaires départementales 18, rue Rideau Ottawa Canada Téléphone : CE.2-5055 250 RELATIONS Maurice Colinon: Esprit, es-tu là?Coll.« Le poids du jour ».\u2014 Paris (5, rue Bayard), Le Centurion, 1956, 237 pp., 19 cm.CETTE ÉTUDE sérieuse et documentée sur le spiritisme prouve que les communications avec l\u2019au-delà, au moyen des tables tournantes, de l\u2019écriture automatique, de l\u2019apparition de fantômes, sont le résultat de trucages inventés et réalisés par les exploiteurs de la naïveté humaine.Fumisteries qui seraient demeurées sans lendemain, comme de simples tours de prestidigitation, si les exécutants n\u2019avaient eu, pour donner panache à leurs théories, l\u2019orgueil de savants qu\u2019on ne mystifie pas: les réussites sont trop parfaites pour n\u2019être que le résultat du montage ou de l\u2019adresse; il faut, pour les rendre acceptables, le recours aux forces de l\u2019au-delà, à l\u2019intervention des esprits.Certains grands hommes, ou qui se croient tels, ont beaucoup de facilité à se gober.Ils ont parfois la même souplesse pour en gober d\u2019autres, au point d\u2019en arriver à confondre vessies et lanternes.A ces imperturbables dogmatisants de la science universelle on n\u2019en voudrait pas de se couvrir de ridicule, si leur autorité reconnue en chimie, physique, etc., en accréditant le mensonge des médiums, n\u2019avait donné naissance à la génération de fantômes qui devaient troubler la vie des uns et la foi des autres: la compétence et même le génie, quand ils oublient leurs limites, peuvent devenir stupidité dangereuse.Les erreurs dans ce domaine auront eu pour heureuse conséquence d\u2019éveiller l\u2019attention sur des faits négligés auparavant.Pour expliquer certains phénomènes merveilleux, on abandonnera l\u2019hypothèse: Esprit, es-tu là ?On en découvrira l\u2019origine dans les capacités de rayonnement de l\u2019âme humaine, insoupçonnées jusque là.Paul Fortin.Maison Bellarmin.Alois WlESINGER, O.C.S.O.: Occult Phenomena in the light of theology.\u2014 Londres (28, Ashley Place), Burns Oates & Washbourne Ltd.(Westminster, Maryland, The Newman Press), 1957, XVI-294 pp., 22 cm.Prix: $5.DANS LA PLÉTHORE de livres écrits, même par des catholiques, sur le sujet de l\u2019occultisme, celui du P.Wiesinger (ancien professeur de théologie, abbé de la Trappe de Schlier-bach en Autriche, depuis 1917, et auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité) apporte des éléments originaux qui pourraient bien hâter la solution des problèmes soulevés par tant de faits encore mystérieux.Selon l\u2019A., des phénomènes comme la télépathie, la clairvoyance, la divination, la production inexplicable de sons, les mouvements corporels indépendants d\u2019une action des muscles,.qu\u2019il rattache tous curieusement au sommeil, soit naturel, soit pathologique (somnambulisme), soit artificiel, spirituel ou mystique, ont pour cause une force qu\u2019il appelle l\u2019âme-esprit (spirit-soul).Quand cette force entre en jeu, 1 âme se comporte comme si elle était un pur esprit.En conclusion, l\u2019A.estime que ce mode d\u2019agir est comme un vestige des privilèges préternaturels dont jouissaient nos premiers parents avant la chute.Dans la première partie de l\u2019ouvrage (pp.3-96), l\u2019A.assure que cette force de l\u2019âme demeure active de nos jours, et il s\u2019appuie pour le démontrer sur les données de la philosophie scolastique.Dans la seconde, il examine plus en détail les divers phénomènes occultes et les explique d\u2019après sa théorie.Au début du volume, un glossaire des mots techniques; avant chaque chapitre, un excellent résumé; à la fin, un index alphabétique détaillé facilitent l\u2019étude et la consultation de ce savant ouvrage, qu\u2019il convient de recommander.Bernard Welzel.Georgetown University, Washington, D.C.MORALE ET MÉDECINE Dr Albert Niedermeyer: Précis de Médecine pastorale.Traduit de l\u2019allemand par L.Brevet.\u2014 Mulhouse (Porte du Miroir), Éditions Salvator, 1955, 574 pp., 21 cm.Prix: 2,250 fr.L ADMIRATION qu\u2019on éprouve à lire cet ouvrage se fonde ' sur ses nombreux mérites: érudition dans tous les domaines abordés (médecine, psychiatrie, philosophie, théologie, droit civil et canonique); ordre, précision et nuance de la pensée; orthodoxie sans défaillance comme sans naïveté; intégration constante de deux principes fondamentaux: l\u2019immoralité s\u2019oppose à la santé physique et psychique (pp.41, 109, 256, 262, 310), et seule une conception universaliste (catholique) de la médecine somatique et psychique répond aux exigences de la santé humaine (71, 79, 213, 265, 338, 382, 385, 402, 471).Trois parties inégales dans ce manuel: I (35-76): principes généraux, propédeutique; II (79-459): médecine pastorale spéciale, comprenant quatre chapitres: problèmes de la vie sexuelle (79-213), droit à la vie (214-243), interventions médicales (244-316), vie psychique (317-459); III: religion et médecine, déontologie (463-517).Au début, une table des matières de vingt pages; à la fin, un glossaire français et latin, un index onomastique et une bibliographie (519-574).Plus que ses devanciers (Payen, Tiberghien, Paquin), l\u2019A.insiste sur l\u2019aspect médical des questions traitées (biologie, physiologie et pathologie, thérapies chirurgicales et autres), mais toujours en fonction du devoir moral qu\u2019impose à chacun le soin chrétien de sa vie et de celle des autres.Attentif à ne négliger aucune thérapie, F A.sait subordonner la santé physique à la vertu, à la grâce (478), car la santé par excellence, c\u2019est la sainteté rédemptrice (477).Il repousse vigoureusement l\u2019évolutionnisme; il expose une synthèse de la sexualité qui, sans être complète, présente une parfaite cohérence dans un grand respect pour le corps et pour l\u2019âme de l\u2019homme et de la femme (85, 95-100, 107-125); ses pages de psychothérapie étonnent par leur Tel.: RE.7-3651 II c/ 4 Gucu/fy faite lINIlll » IINITII SPÉCIALITÉ : Construction d'édifices religieux COLLÈGES COUVENTS SÉMINAIRES HÔPITAUX, etc.6900, chemin de la Côte-des-Neiges Montréal Tél.: Victor 5-0456 Charlemagne (Bouxcier, O.3).Optométriste - Spécialiste de la vue Rééducation visuelle HEURES DE BUREAU: Sur semaine : de 9 b.à 6 h.Le vendredi : de 9 h.à 9 h.Le samedi : de 9 h.à 1 h.1735, rue Saint-Denis, Montréal TOUS LES ACCESSOIRES ÉLECTRIQUES BEN BÉLAND, prés.JEAN BÉLAND, Ing.P., sec.-très.(Strictement en gros) « Le temple de la lumière \u2022 UMS.BÉLAND 7152, boul.Saint-Laurent, Montréal CR.4-2465* SEPTEMBRE 1957 251 densité et leur prudence; enfin, l\u2019équilibre est merveilleux avec lequel il parle des rapports entre religion et médecine, prêtre et thérapeute (426), médecine et apostolat missionnaire.Faute d\u2019espace, je choisis, parmi quantité d\u2019autres, certains thèmes à méditer: portée médicale de la foi (43), hérédité et liberté (75), maîtrise du sexe par l\u2019âme spirituelle (85), rapport de la pathologie sexuelle avec le péché originel (119, 337 et 416: complexe d\u2019Œdipe), souvent avec l\u2019influence du démon (108, 135, 387); dans les écarts sexuels, responsabilité plus grande chez l\u2019homme que chez la femme (110); déséquilibre inévitable après abus sexuel (110, 122, 128, 130, 165); incertitude pratique de la méthode Ogino (183); pas de psychothérapie en contexte matérialiste ou athée (324, 349); en psychothérapie, but à atteindre plus important que méthode employée (432).Avec raison, l\u2019A.veut qu\u2019on remédie à des maux sociaux (logement, alimentation) par des moyens sociaux (190), non par des procédés immoraux (onanisme, avortement) ; il affirme, avec profondeur, que « l\u2019obstination de l\u2019homme dans le péché altère tout son organisme spirituel et (modifie complètement) sa situation vis-à-vis d\u2019autrui et de toutes les choses de la vie » (471).Deux desiderata : l\u2019A., qui est loin de favoriser la théorie absurde du « besoin sexuel », emploie cependant, à tort, cette expression (336,368) ; de même, il identifie subconscient et inconscient (103, 163, 329, 332), qu\u2019il semble ensuite distinguer (381).Le traducteur, très précis, auquel on doit encore de riches notes explicatives, a laissé passer trop de fautes de français.Tel, l\u2019ouvrage se recommande plus que tout autre aux prêtres, médecins, éducateurs, infirmières et travailleurs sociaux qui cherchent un guide sûr dans l\u2019étude des questions appartenant au « domaine limite entre la médecine et la théologie » (p.45).Joseph d\u2019Anjou.Mgr Pierre Tiberghien: Introduction aux Morales professionnelles.- La Médecine.\u2014 Paris (1, rue de l\u2019Abbé-Grégoire), éditions du Levain, 1955, 128, 71 pp., 19.5 cm./\"''OURTS et denses, mais abordables, ces deux ouvrages vont à l\u2019essentiel.Le premier montre que la conscience morale non seulement juge, de fait, tous nos actes d\u2019un point de vue qui dépasse technique et spécialisation, mais a besoin, en droit, de se référer à des principes absolus, à l\u2019Absolu personnel pour fonder son autorité.Ce faisant, l\u2019homme, qui est créature et pour toujours dépendant du Créateur éternel, se libère de tout lien indigne de lui.La vraie liberté créée est obligation à l\u2019égard du bien qui épanouit: Dieu connu par Jésus-Christ.Soumettre la pratique professionnelle à des principes, ce n\u2019est donc pas fausser le sens de l\u2019action temporelle en lui enlevant sa souplesse et sa singularité, c\u2019est l\u2019élever au-dessus du caprice, l\u2019arracher aux pièges de la sincérité passionnelle.Ce n\u2019est pas la bonne foi qui libère, c\u2019est la vérité.On le voit, sans la lumière de la philosophie et de la théologie, l\u2019exercice d\u2019une profession risque de se dégrader.\u2014 L\u2019A.le précise à propos de la médecine, ministère plus que profession et, pour cela, obligée au désintéressement.Pas de médecine humaine (non vétérinaire) sans un sens aigu du sacré.Or, c\u2019est chaque personne, non l\u2019humanité, qui est sacrée (pp.30, 44): dès le premier et jusqu\u2019au dernier instant de son existence.La fonction procréatrice participe au caractère sacré de la personne (p.42).Dans cette perspective, les services médicaux n\u2019ont pas de prix.Le médecin trouve sa joie dans sa charité envers les membres du Corps mystique du Christ; ceux-ci doivent honorer (par honoraires) leur bienfaiteur en lui assurant le moyen d\u2019offrir les meilleurs services possibles.Élévation de la pensée, formules heureuses, vue nette des réalités actuelles font pardonner quelques négligences de style et des citations ambiguës de Gide, de Saint-Exupéry et de Thibon (pp.24, 47).Brochures à lire et à méditer.Joseph d\u2019Anjou.CAHIERS Laënnec: La Greffe humaine.- Indépendance et Statuts du médecin (2 cahiers).\u2014 Paris (10, rue Cassette), Lethielleux, 1956 (mars, oct., nov.), 63, 45, 55 pp., 23 cm.Abonnement annuel: $3.50 (Periodica, 5090, av.Papineau, Montréal, 34).1\u2019EFFORT des médecins catholiques de France pour parfaire ' leur compétence professionnelle et morale s\u2019exprime, en partie, dans les Cahiers Laënnec.Les trois numéros que nous recommandons ici traitent, le premier, de la greffe humaine (surtout de celle de la cornée), aux points de vue médical et moral; les deux autres, de l\u2019indépendance et du statut non seulement du médecin, mais aussi du magistrat et du fonctionnaire.On trouve encore, dans le premier, le nouveau code français de déontologie médicale, un vigoureux débat sur la stérilisation préventive et le discours du Pape sur l\u2019accouchement sans douleur; dans le deuxième, le discours de Pie XII sur la transplantation de la cornée d\u2019un mort à un vivant (avec un développement spécial sur le respect dû au cadavre humain); dans le dernier, deux discours pontificaux : sur le droit et la médecine, puis sur la stérilité conjugale.Je note que le Pape rejette un argument que le P.Tesson paraissait admettre à la suite de théologiens américains (à propos de la greffe humaine); que le Conseil national de l\u2019Ordre des Médecins français a manqué une chance de corriger l\u2019immoralité du droit qui autorise la stérilisation préventive; que l\u2019indépendance du médecin et le secret médical sont deux questions délicates, insuffisamment étudiées chez nous, il me semble.La contribution des Cahiers Laënnec à l\u2019élucidation des problèmes professionnels mérite qu\u2019on la signale au lecteur qu\u2019intéresse le progrès de la science en climat chrétien.Joseph d\u2019Anjou.\t\t\ta\tRELATIONS Epargnez\t\t\tREVUE DU MOIS tout en protégeant les vôtres avec un plan de\t\tFondée en 1900\tpubliée par un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus \t\t\tDirecteur : Richard Arès \t\tEntrepreneurs électriciens d\u2019expérience disposés à résoudre vos problèmes\tRédacteurs : Luigi d\u2019Apollonia, Jacques Cousineau, Joseph-H.Ledit.Collaborateurs : Joseph-P.Archambault, s>auüectarae\t\t\tÉmile Bouvier, Alexandre Dugré, Émile Gervais, Gérard Hébert, Léon \t\t\t \t\t\tLebel.\t\tSpécialistes dans la vente de meubles et d\u2019appareils électriques\tSecrétaire de la rédaction : Joseph d\u2019Anjou.Administrateur : Albert Plante COMPAGNIE\t\t\tPublicité: M.Alvarez Vaillancourt D\u2019ASSURANCE\t\t\t\u2022 SUR LA VIE\t\t\tPrix de l\u2019abonnement : \t\tCR.4-8341\t$3.00 par année \u2014 A l\u2019étranger : $3.50 \u2022 8100, BOULEVARD SAINT-LAURENT, \t\t\t Siège social : Montréal\t\t6575, rue St-Denis, Montréal-10\tMONTRÉAL-11, CANADA Tél.: DUpont 7-2541 252 RELATIONS SAGESSE CAISSE NATIONALE D'ÉCONOMIE LA PLUS LONGUE PROTECTION Notre police d'assuranca vie-choisie ne comporte pas la seule remise d'UN CAPITAL au décès de l'assuré; 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