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Titre :
Relations
Revue mensuelle catholique d'intérêt général préoccupée par la justice sociale qui contribue fortement à l'analyse de la société, au Québec et ailleurs. [...]

Les jésuites canadiens rêvaient, depuis longtemps, de publier une revue catholique d'intérêt général analogue à celles de leurs confrères d'Europe ou des États-Unis : Études, Civilta cattolica, Month, America, etc. L'oeuvre sociale créée avec l'École sociale populaire du père Joseph-Papin Archambault en sera le tremplin.

L'idée prend corps peu avant le début de la Deuxième Guerre mondiale avec la parution de la revue L'Ordre nouveau (1936-1940) à laquelle participent les pères Jacques Cousineau, Joseph-Papin Archambault, Omer Genest, Joseph Ledit et Jean d'Auteuil Richard. Ce dernier est chargé de fonder et de diriger une nouvelle revue qui visera un lectorat élargi; il conservera son poste jusqu'en 1948.

Parmi tous les titres suggérés, c'est Relations qui est retenu. Il fait, bien sûr, référence aux Relations des jésuites, par l'entremise desquelles ceux-ci avaient fait connaître leurs actions en Nouvelle-France. Ce titre convient, en outre, au domaine que la revue se propose d'explorer, celui des relations humaines sur tous les plans : familial, religieux, social, économique, politique, national et international.

Dès le début, Relations prend une physionomie à peu près définitive avec ses rubriques fixes : éditoriaux, grands articles, commentaires, chroniques diverses, comptes rendus de livres. Le succès dépasse les espoirs : dès le second numéro, 4000 exemplaires s'envolent, plus de 7000 en décembre 1943, 15 000 en 1946.

Plusieurs raisons expliquent ce succès : le caractère engagé de la revue, l'appétit des lecteurs privés des revues européennes durant la guerre, la collaboration des laïcs. La revue mène des luttes décisives contre les cartels, en particulier contre le trust de l'électricité. Elle prépare ainsi l'opinion à la nationalisation qui viendra 20 ans plus tard.

En 1950, les évêques, dans leur Lettre sur le problème ouvrier, reconnaissent la vocation industrielle et urbaine du Québec. Dans ce vaste mouvement, Relations est plus qu'un simple témoin; elle y participe intensément, à certaines heures, jusqu'à risquer son existence. C'est pour ces raisons que la revue Relations peut être décrite comme une tribune du catholicisme de gauche québécois.

En octobre 1956, Relations publie le numéro du 15e anniversaire. Quelles causes sert la revue? Celles de l'Église et des âmes, celles de la personne humaine et de la justice sociale, celles de la communauté canadienne-française et de la patrie canadienne et, enfin, les causes d'ordre international.

À partir de 1966, Relations s'efforce de suivre davantage l'actualité, surtout dans le domaine social. L'effort de la revue s'ajuste aux événements mais demeure généralement dispersé. Relations se positionne comme un outil d'analyse et commente l'actualité dans des dossiers qui lui permettent de prendre un certain recul et d'attirer la collaboration d'intellectuels spécialisés et réputés. La revue demeure attentive aux défis que posent les mutations du temps présent à la foi religieuse et à la volonté d'engagement, au Québec et dans le monde.

Ce mensuel existe depuis 1941. Une telle longévité, dans le domaine du magazine engagé qui s'oppose à la logique marchande, est une rareté. Parmi ses collaborateurs, mentionnons les pères Émile Bouvier, L.-C. de Léry et P.-É. Racicot, Jean Vallerand, Ernest Robitaille, Paul Gérin-Lajoie, Victor Barbeau et Fernand Dumont, Gregory Baum, ainsi que plusieurs auteurs littéraires, dont Wajdi Mouawad, Élise Turcotte et Hélène Monette.

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 208-212.

CORNELLIER, Louis, « Revue - 70 ans de Relations », Le Devoir, 12 mars 2011, p. F5.

ST-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, n° 2, 1978, p. 203-228.

Éditeurs :
  • Montréal, Canada :École sociale populaire,1941-2024,
  • Montréal, Canada :un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus,
  • Montréal :Éditions Bellarmin,
  • Montréal :Centre justice et foi
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ordre nouveau (Montréal, Québec : 1936)
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Références

Relations, 2003-03, Collections de BAnQ.

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[" envoi ue rosie-puuiiuauuii - ciueyibiiemei L\u2019impôt pour la paix : stratégie contre la guerre?ReLatiONS société politique religion NuméRO 683 maRS 2003 L'idéologie du changement L\u2019avenir n\u2019est plus ce qu\u2019il était La décomposition du temps Contre l\u2019inexorable J i Haïti : L'impasse Lavalas 4.95 $ 3 fouuu ( rUU3e rewswïïasaHSS» O K CONTENTS -fMllllWll ** \u2022 \u201cIT ~n r -1T * ~l~ -HT-1-1-1* comme contraint, on s\u2019arrête sur un passage qui remet en mémoire, le temps d\u2019un éclair, la beauté, la souffrance, la profondeur du monde, senties un jour dans ses lignes, dans ses signes, et oubliées.Ou simplement on le feuillette comme on caresse un être aimé.11 nous arrache alors les mots qu\u2019il attend de nous : « Je reviendrai te visiter.» Le livre est plus qu\u2019un médium.Il a rapport au corps, à notre présence au monde.Hors de l\u2019utilitaire.La Toile, elle, est pur support.Un outil, et comme tel, utile.Plus d\u2019espace, plus de mouvement, pour nous, immobiles, seuls les mots défilent sans effort, sinon dans la fatigue de l\u2019œil ébloui et la tension du doigt.Mais quel instrument efficace! En cela, il fascine.Les bibliothèques du monde s\u2019ouvrent à nous, des livres rares, épuisés, à portée de main.Par simple clic.Le site Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, par exemple, met à la disposition des internautes des milliers de livres, du Moyen Âge au début du XXe siècle (jusqu\u2019à Zola) : des millions de Bibliothèque nationale de France pages en ligne.Impressionnant.Je cherchais, sans succès, depuis un certain temps à mettre la main sur L'éternité par les astres, d\u2019Auguste Blanqui, écrit vers la fin de sa vie, dans les geôles françaises.Je le trouve là dans son édition originale de 1872.On peut visiter aussi le site Athena.On y trouvera une vaste bibliothèque en ligne, principalement en langues anglaise, allemande et française.À ceux et celles qui s\u2019intéressent à la littérature anarchiste - ou qui voudraient poursuivre une réflexion entamée avec le précédent numéro de LA MISTOUFE Relations sur l\u2019anarchisme - je conseille bliolib.net, la bibliothèque libertaire qui offre des livres et articles d\u2019une centaine d\u2019auteurs.On y trouve de petits bijoux, tant pour leur rareté que pour leur contenu.Je pense bien entendu aux textes d\u2019auteurs plus connus comme Pierre Kropotkine, dont certains livres sont difficiles à trouver.La grande Révolution en est un, qui ¦ muLtiméDias donne à voir la Révolution française à partir du peuple, et non des grandes têtes d\u2019affiche, comme de coutume.À ceux de Malatesta, Proudhon, Bakounine, Reclus, Emma Goldman et plus récemment de Debord, Bookchin et Chomsky.Je pense aussi à des textes d\u2019auteurs malheureusement moins connus : comme Voltairine de Cleyre, cette anarchiste américaine du temps de la Guerre de sécession; Nestor Makhno, leader du mouvement insurrectionnel d\u2019Ukraine, qui dut subir les feux tant de l\u2019Armée blanche tsariste que de l'Armée rouge, dans les premières années de la révolution russe; Voline, son ami, et son œuvre maîtresse, La Révolution inconnue; ou encore Barthélemy de Ligt, ce révolutionnaire non violent hollandais qui milita au sein de l\u2019Internationale des résistants à la guerre et dont on offre une conférence de 1937 sur la guerre civile.Lectures précieuses en perspective.Mais le livre, c\u2019est encore autre chose.Jean-Claude Ravet vidéo Des hommes de passage Réalisation : Bruno Bouuane Production ; Éric Michel Distribution ; ONF Documentaire, couleur, 43 MIN Le visionnement de ce documentaire ne peut laisser indifférent.Les 43 minutes qu\u2019il nous invite à passer dans la prison de Bordeaux, à Montréal, où des hommes purgent des peines de deux ans et moins, ouvrent un espace à une humanité blessée et méconnue.Le tournage se passe dans le studio des Souverains anonymes, créé par Mohamed Lotfi en 1989.L\u2019émission, unique en son genre, permet à ces hommes qui vivent dans un espace clos d\u2019échanger des propos avec des invités de l\u2019extérieur, tout en s\u2019exprimant par la musique et l\u2019écriture.Près de 8000 détenus y ont déjà pris la parole.DES HOMMES DE PASSAG E UN FÎLM De B&oRO &oC(/sA/NE- Un micro entre ainsi en prison pour recueillir et diffuser des voix humaines aux accents de vérité.Dans l\u2019intimité du studio, le contact s\u2019établit avec la foule des auditeurs anonymes dont ces détenus touchent le cœur et qu\u2019ils rejoignent dans leur expérience singulière.Ici le pouvoir des mots est associé au pouvoir des images et des visages.Le documentaire affirme haut et fort que malgré les cellules, les caméras, la surveillance, les portes innombrables, les barreaux et le bruit continuel, le détenu reste avant tout un homme.« Je vaux plus que la prison.Je ne suis pas qu\u2019un numéro de dossier.Je mérite plus de respect que je ne m\u2019en donne », dit l\u2019un d\u2019entre eux.Et cette dignité passe par la parole, l\u2019échange, l\u2019expression artistique qui permet de cultiver l\u2019imaginaire et d\u2019ouvrir un espace dans sa tête.Car le séjour en prison rend vulnérable.Une porte s\u2019ouvre lorsque cette vulnérabilité peut s\u2019exprimer sous un mode symbolique de l\u2019écriture, de la musique ou des chansons, la mettant à distance.Cependant, il serait si facile de ressembler aux murs de la prison et de prendre son parti d\u2019un environnement qui déresponsabilise! « Tu adaptes la prison à toi, tu n\u2019as pas de responsabilité, les gardiens font tout pour toi.» Certains le vivent ainsi, d\u2019autres prennent alors conscience de la beauté de la vie qui habite le monde à travers tout ce qu\u2019ils ont perdu.Ils acceptent l'aventure du silence et le fait de se retrouver seuls face à leur souffrance qu\u2019ils ne peuvent fuir par aucun moyen.Chacun, mis au pied du mur, ressent bien que son enfer est plus intérieur qu\u2019extérieur.Le mérite de ce documentaire est d\u2019ouvrir nos yeux sur l\u2019univers carcéral et surtout sur ceux qui l\u2019habitent, en découvrant notre humanité commune avec ses forces et ses faiblesses, sa violence et sa tendresse.Bien sûr, tous les détenus ne participent pas à Souverains anonymes.Ceux qui s\u2019y risquent sont probablement ceux qui sont déjà en chemin, ceux chez qui une brèche s\u2019est ouverte.Il est possible d\u2019entrer en contact avec eux sur le site Internet : www.souverains.qc.ca Anne-Marie Aitken mars 2003 ReLatiONS 39 LivRes L'autre siècle Paul Beauchamp, Michel de Certeau, Jean Daniélou, Henri de Lubac, Pierre Teilhard de Chardin, Grandes voix jésuites du XXe siècle, Paris, Bayard, 2002, 348 p.Ce livre est composé de textes fortement situés, d\u2019une étonnante actualité, publiés par la revue jésuite Études entre 1914 et 1967.Le chœur de ces multiples voix s\u2019ouvre sur des «Fragments d\u2019histoire ».Des conflits occupaient l\u2019avant-scène : exils de communautés religieuses, conflits entre l\u2019école laïque et l\u2019enseignement privé et, à l\u2019intérieur de l\u2019Église, conflits entre les instances responsables de la marche du concile Vatican II.D\u2019autres menaces planaient sur le monde : notamment l\u2019événement atomique déclenché depuis 1945, dépassant la répulsion instinctive de nos sensibilités.La seconde section du recueil s\u2019intitule « Modelage du monde ».Les grandes voix jésuites du XXe siècle y participent largement.Teilhard de Chardin se demande : « Que se passe-t-il en ce moment sur la Terre?» Ii répond qu\u2019il existe au cœur de l\u2019univers un centre divin de convergence : le point Oméga, dont la perception est capable d\u2019échauffer psychiquement la Terre et d\u2019ouvrir une perspective cohérente où convergent les courants de la science et celui de la religion.Avec Louis Beirnaert, l\u2019indissolubilité du couple trouve dans la nature de l\u2019amour et la parole donnée le fondement de sa stabilité inscrite dans l\u2019institution matrimoniale.Plutôt que d\u2019être une sorte d\u2019interdit, elle pose le couple comme le lieu même où se joue le sort de l\u2019amour et du désir.Plus loin, nous retrouvons avec Pierre Antoine la signification traditionnelle de la loi naturelle.La nature humaine n\u2019est effective que dans une culture et la morale est apprise au sein d\u2019une famille et d\u2019un peuple qui inculque la première figure de la loi liée à la particularité de la communauté.La première figure du droit naturel est la vérité de l\u2019être humain pleinement développée.Immanente à la créature, la loi naturelle prend son origine et son sens total dans la loi éternelle.Elle est essentielle pour que l\u2019Église soit présente au monde à évangéliser.Après la Seconde Guerre mondiale, viennent le dialogue œcuménique avec René Marié et l\u2019œuvre de Bonhoeffer, L'étranger (le Michel de Certeau et ses textes-frontières, l\u2019après-concile corn- Paul Beauchamp Michel de Certeau Jean Daniélou Henri de Lubac Pierre Teilhard de Chardin grandes voix jésuites DU XXe SIÈCLE FTV DES menté par François Varillon; enfin la réappropriation de l\u2019Écriture menée par Paul Beauchamp et Jacques Guil-let.Tous ces Jésuites, penseurs et écrivains, ont contribué à ouvrir au christianisme de ce dernier siècle une porte sur l\u2019avenir, à élargir son horizon à la mesure d\u2019une existence réconciliée, à faire de cette réflexion collective une grande leçon d\u2019humanité.Jean-Marc Dufort L'injustice américaine Thomas Lemaire, La justice jusqu'à l'absurde, Michael et Becky Pardue, Paris, Fayard, 2001, 263 p.Un jeune de 17 ans est condamné en 1973, aux États-Unis, à trois fois la prison à vie pour trois meurtres qu\u2019il n\u2019a pas commis.Cette tragique erreur judiciaire n\u2019est malheureusement pas unique en nos États de droit.Michael Pardue, peu scolarisé, étudie pourtant le droit en prison et se battra seul, pendant 10 ans, contre cette injustice, avant de poursuivre son combat avec l\u2019aide de Becky, devenue son épouse, pendant 14 autres années! En 1997, âgé de 41 ans, Michael Pardue réussit enfin à faire reconnaître sa complète innocence.Et au lieu d\u2019être libéré, il est condamné à nouveau à la prison à vie, cette fois sans possibilité d\u2019une libération conditionnelle, pour les trois tentatives d\u2019évasion qu\u2019il a commises, sans aucune violence, en 1977, 1978 et 1987! Thomas Lemaire, jeune avocat français, n\u2019apprend l\u2019existence de cette histoire qu\u2019en septembre 1998.11 décide d\u2019en faire son sujet lors du Concours international de plaidoirie de Caen, qu\u2019il remporte.C\u2019est ainsi qu\u2019il commence à correspondre avec Michael et Becky, qu\u2019il rencontrera finalement en mars 2000.C\u2019est l\u2019origine de ce livre à la fois tout simple, attachant et important.Simple par l\u2019écriture et par l\u2019approche, dénué du jargon juridique, et qui se lit comme un roman.Simple aussi, à la manière d\u2019une tragédie grecque, en ce qu\u2019il raconte le combat d\u2019un homme seul contre les forces de l\u2019autorité qui semblent se confondre avec la fatalité.Attachant parce c\u2019est l\u2019histoire infiniment concrète d\u2019un homme et d\u2019une femme, chacun ancré dans une histoire familiale très difficile, qui se rencontrent de la plus improbable manière, qui s\u2019aiment au-delà des conventions et du bon sens, et qui vont se consacrer entièrement, seuls contre tous, à cette lutte pour la justice et pour la vérité.Important parce qu\u2019il nous fait voir et sentir, autant par la raison que par les émotions, la terrible réalité de la justice criminelle américaine.Symbole de la démocratie, les États-Unis exécutaient pourtant, en 2000, un condamné toutes les 103 heures, ce qui les place parmi les cinq pays qui exécutent le plus de prisonniers dans le monde (responsables ensemble de 85 % des exécutions mondiales) avec la Chine, l\u2019Arabie Saoudite, l\u2019Iran et la République du Congo.Les États-Unis sont aussi l\u2019un des seuls pays, avec la Somalie, à ne pas avoir signé la Con- 40) ReLatiONS mars 2003 LiVR.es vention des Nations unies relative aux droits des enfants, rejoignant ainsi le « club » des pays où l'on exécute des mineurs.Michael et Becky Pardue ont demandé, pendant des années, l\u2019appui d\u2019innombrables groupes, personnalités ou politiciens.Personne n\u2019a répondu.Et c\u2019est à la seule force de leur courage et de leur détermination qu\u2019ils ont fini, avec l\u2019aide de quelques trop rares amis, par surmonter les obstacles qui s'accumulaient systématiquement sur leur chemin.Lire leur histoire exemplaire est l\u2019occasion de prendre conscience des drames et des espoirs qui se cachent derrière tous les appels à l\u2019aide qui nous sont lancés et auxquels nous faisons trop souvent la sourde oreille.Ne fût-ce que pour cela, Thomas Lemaire devrait être chaleureusement remercié.Michael Pardue bénéficie, depuis le 15 février 2001, d\u2019une libération conditionnelle extrêmement sévère, accordée jusqu'en 2006, et peut enfin prendre dans ses bras celle qu\u2019il aime à distance depuis 1983 et qu\u2019il a pu épouser, en prison, en 1987.Le combat pour la justice continue.Dominique Boisvert Du revers de l'histoire Michael Lôwy, Walter Benjamin : Avertissement d'incendie.Une lecture DES THÈSES « SUR LE CONCEPT D'HISTOIRE », Paris, PUF, 2002, 137 P.L\u2019auteur, professeur à l\u2019École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris et directeur de recherches au CNRS, nous livre ici une réflexion décapante sur l\u2019œuvre maîtresse de Walter Benjamin, Thèses sur le concept d'histoire.Celles-ci ne furent publiées que peu de temps après la mort de leur auteur, par les soins de Hannah Arendt, à qui il avait confié le manuscrit en 1940, alors quelle prenait le bateau pour les États-Unis, à Marseille, fuyant la menace nazie.Lui-même n\u2019avait pu obtenir de visa et s\u2019apprêtait à fuir vers l\u2019Espagne par les Pyrénées.La tentative ayant échoué, il se suicidait en septembre 1940.Cet écrit constitue en quelque sorte son testament spirituel.Le parcours intellectuel de l\u2019auteur le préparait particulièrement bien à saisir la pensée benjaminienne tout à fait hors norme, inclassable, originale.Philosophe, historien, traducteur, critique littéraire, nouvelliste, Benjamin était proche à la fois d\u2019Adorno et de l\u2019école de Francfort, de Brecht, comme de la pensée anarchiste, sans parler de son amitié de toujours avec Scholem, philosophe spécialiste de la kabbale.On retrouve par ailleurs dans son œuvre les traces de ses lectures assidues d\u2019auteurs aussi différents que Proust, Péguy et Kafka.Michael Lôw; Walter Benjamin : Avertissement d'incendie Une lecture des thèses « Sur le concept d\u2019histoire » Les Thèses sur le concept d'histoire que l'auteur commente et qu\u2019il considère comme « un des textes philosophiques et politiques les plus importants du XXe siècle » cristallisent en condensé cette pensée qui s\u2019enracine dans une pluralité de sources littéraires et philosophiques issues du marxisme, de l\u2019anarchisme, du judaïsme et du christianisme.Assemblage de fragments, d\u2019aphorismes, où l\u2019image et l\u2019allégorie constituent la porte d\u2019entrée dans l\u2019énigme, ces Thèses, au nombre de dix-huit, jet- tent le lecteur dans l\u2019abîme déconcertant de la rumination, le forçant, telle une pensée poétique, à s\u2019arracher aux clichés qui tiennent lieu de compréhension, à pénétrer dans la maison ancestrale de la parole et y à chercher la clé capable de dévoiler le sens du présent, masqué par les fausses évidences et marqué du signe de la marchandise.Les commentaires de l\u2019auteur sont autant de torches allumées dans un labyrinthe aux multiples recoins d\u2019ombre, qu\u2019on saisit avec soulagement.Balises précieuses, ils n\u2019exemptent pas de l\u2019effort de lecture et d\u2019une marche inquiétante, soutenue dans le texte.W.Benjamin y dénonce tant le mythe du progrès historique qui génère fatalisme et soumission que « les menaces que fait peser sur l\u2019humanité le progrès technique et économique, promu par le capitalisme », qui laissé à lui-même ne peut mener qu\u2019à la catastrophe.11 en appelle également à « brosser l\u2019histoire à rebrousse-poil », à contresens, depuis les vaincus et les ruines sur lesquels les civilisations se construisent, pour réveiller l\u2019espoir des opprimés et leur force subversive, comme autant de braises enfouies sous les cendres de l\u2019histoire officielle.Comme le montre bien Michael Lôwy, ces Thèses dessinent, à travers les concepts clés de remémoration et de rédemption, d\u2019origine théologique, une nouvelle conception matérialiste de l\u2019histoire, du temps et de la liberté, en tant que saut, interruption, discontinuité, qui permet une compréhension historique « du point de vue des vaincus ».Contre l\u2019histoire des vainqueurs qui n\u2019ont pas cessé de vaincre, « contre la célébration du fait accompli, les routes historiques à sens unique.il faut revenir à ce constat essentiel : chaque présent ouvre sur une multiplicité d\u2019avenirs possibles », conclut l\u2019auteur.Là réside l\u2019espoir dans la lutte des sans-espoir, l\u2019étoile dans la nuit tombée des opprimés d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.Jean-Claude Ravet mars 2003 ReLatiONS 41 LiVR.es La saveur de l'argent Marcel Hénaff, Le prix de la vérité : LE DON, L'ARGENT, LA PHILOSOPHIE, PARIS, Seuil, 2002, La couleur des idées, 551 p.Il est, des livres dans lesquels on s\u2019enfarge.On voudrait lire en diagonale pour ne pas négliger le reste de son travail, tout en sachant bien que le temps « perdu » à lire portera encore des fruits dans dix ans.À chercher le prétexte, on finit par traverser l\u2019ouvrage d\u2019un couvert à l\u2019autre en essayant de décoder la vraie démarche de l\u2019auteur.Voilà le plaisir trouble que l\u2019on a avec Le prix de la vérité.C\u2019est un livre à la fois clair et difficile, exigeant, dérangeant, un livre ample et superbement informé, un livre qui permet de comprendre, en même temps, pourquoi certaines choses ont un prix dans la vie et doivent en avoir un dans le système marchand; et pourquoi d\u2019autres choses n\u2019en ont pas et ne sauraient en avoir parce quelles relèvent d\u2019un autre système, celui du don cérémoniel, là où se tissent les fils d\u2019un tissu social usé.« C\u2019est en même temps que renaissent un sentiment d\u2019honneur, le sens d\u2019une civilité presque cérémonielle, le plaisir d\u2019être ensemble, et la certitude que, cette dignité ressentie, c\u2019est la reconnaissance que l\u2019on s\u2019accorde les uns aux autres; que cela est la vie même, quelle est donnée et reste hors de-prix.» Ce sont là les dernières phrases du volume.Le propos fondamental de l\u2019auteur, qui est à la fois ethnologue et philosophe, est d\u2019expliquer notre rapport à l\u2019argent.Pourquoi l\u2019argent occupe-t-il autant d\u2019espace dans notre société?Pourquoi une certaine intelligentsia le méprise-t-elle tant, tout en maintenant un rapport ambigu avec lui?Pourquoi y a-t-il des choses qui n\u2019ont pas de prix et semblent échapper à la logique du système marchand?En partant des propos de Socrate, qui refusait d\u2019être payé pour son enseignement après avoir analysé la pensée grecque à l\u2019égard de l\u2019argent, celle de Platon carrément méprisant, celle d\u2019Aristote, beaucoup plus subtil, celle des Sophistes, étonnamment modernes, l\u2019auteur fait appel à la contribution de l\u2019ethnologie et de l\u2019anthropologie.Rappelant la contribution de Malinowski et de Mauss (plus récemment ici, nous connaissons les travaux de Jacques T.Godbout), Hénaff décrit le système du don : donner, recevoir, Marcel Hénaff LE PRIX DE LA VÉRITÉ le don; l'argent.la philosophie SEUIL rendre.C\u2019est un système cérémoniel et symbolique, et non un système économique, même s\u2019il peut avoir des conséquences économiques.Hénaff montre la différence nette entre les sociétés non sacrificielles (chasseurs-cueilleurs) et les sociétés sacrificielles.Dans le contexte du sacrifice, il montre l\u2019importance symbolique de la justice vindicatoire.Cela le conduit ensuite à un solide développement sur les paradoxes de la grâce ; la grâce n\u2019est-elle pas l\u2019apogée d\u2019un système de don, où la dette est annulée par une générosité radicale de Dieu qui nous incite à simplement rendre grâce?Mais comment se fait-il alors que la doctrine de la sola gratia, chère à Luther et à la Réforme, conduise à une survalorisation du travail?« La doctrine de la prédestination, en ramenant tout le don du côté de Dieu, laisse le terrain des relations sociales aux soins d\u2019une régulation générée par l\u2019activité laborieuse et les affaires ».Alors que l\u2019éthique protestante pointe du côté du travail, l\u2019éthique catholique pointerait plutôt du côté de la charité, des bonnes œuvres, de la compassion.Dans l\u2019échange et l\u2019espace marchand, la visée est celle de la circulation et de la justice.Hénaff s\u2019attarde longuement sur l\u2019importance de la monnaie dans un système de justice et de liberté, sur la pensée de Georg Simmel (1858-1918) et sa Philosophie de l\u2019argent.Suivent des exposés brefs, mais stimulants, sur Montesquieu et surtout sur Freud.Hénaff ne prend pas position sur les questions débattues de l\u2019heure : le capitalisme et la mondialisation, la brevetabilité du vivant, l\u2019extension du marché.Sa critique implicite de la spéculation le met à l\u2019abri des dénonciations de la gauche.La beauté de la pensée de Hénaff est de maintenir la légitimité, dans la même société, de deux systèmes complémentaires : celui du don cérémoniel et celui du marché.Son livre n\u2019est pas un livre de controverse, mais un ouvrage très érudit qui permet de comprendre.La construction de l\u2019ouvrage est complexe, dialectique, dans un développement de type musical avec une ouverture et une sortie qui reprennent les mêmes thèmes.Si vous vous intéressez aux questions d\u2019argent, si vous vous interrogez sur l\u2019emprise du marché et sur ce qui n\u2019a pas de prix, si vous ne devez lire qu\u2019un livre cette année, de grâce lisez celui-là.André Beauchamp 42 ReLatiONS mars 2003 ReLatiONS Consultez notre site : www.rewerelations.qc.ca ReLattoNS \u2022 Mis à jour régulièrement, il présente le sommaire de chaque nouveau numéro en page d\u2019accueil.ReLatiONS religion La Revue «»i i\u201e psi», su» i*, I \u2022 Les visiteurs peuvent s\u2019inscrire à une liste d\u2019envoi courriel qui permet de recevoir à l\u2019avance la liste des articles et des auteurs qui figureront dans la prochaine parution.\u2022 On retrouve, en archives, les tables des numéros précédents, les sommaires détaillés des huit dernières revues, ainsi qu\u2019une banque de textes classés par thème qu\u2019il est possible d\u2019imprimer.\u2022 La table ronde organisée dans le prolongement d\u2019un dossier y est annoncée.\u2022 N\u2019hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, toujours appréciés, en cliquant sur @.ReLatiONS société politique religion 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES 4,95 $ PLUS TAXES Oui, je désire un abonnement de______________an(s), au montant de________________$ NOM______________________________________________________________________________ ADRESSE__________________________________________________________________________ VILLE ___________________________________________________________________________ ABONNEZ-VOUS.CODE POSTAL TÉLÉPHONE (___________) Un an : 32 $ Deux ans : 56 $ À l'étranger (un an) : 40 $ Étudiant : 25 $ (sur justificatif) par téléphone : (514) 387-2541 par télécopieur : (514) 387-0206 par courriel : relations@cjf.qc.ca par la poste : Relations a/s Mme Hélène Desmarais 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 Je désire également envoyer un abonnement de__________________an(s), au montant de_____________S à la personne suivante : NOM____________________________________________________________________________________________ ADRESSE________________________________________________________________________________________ VILLE _________________________________________________________________________________________ CODE POSTAL ______________________________ TÉLÉPHONE (________) _______________________________ Montant total :_______________$ Je paie par chèque (à l'ordre de Relations) EE Visa EU Mastercard EE NUMÉRO DE LA CARTE ____________________________________________________________________________ EXPIRATION__________________________ SIGNATURE_________________________________________________ LE DEVOIR Un témoin incontournable 0) C'est bien pensé, bien écrit.C'est différent.Le journal indépendant "]
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