L'Avenir du Nord, 20 septembre 1900, jeudi 20 septembre 1900
Quatrième Année — No 38.Journal Hebdomadaire— Deux cents le numéro.Jeudi, le 20 Septembre 19c U ORGANE LIBERAL ou DISTRICT de TERREBONNE.Lt MOT de L’AVENIR tST O AXS LE PEUPLE mImE Xous VERRONS PROSPERER US FILS MIST l»“URANT qs.sv>3t4 à CrtE,»r Ato°T'T>cTT’®'nTS ¦ U11 un.SI.00 Six mois.0.50 (S' •ÎM-f it Jules-Edouard Prévost fils, Wilfrid Gascon, Directeur.Rédacteur politique ADMINISTRATION : SAINT-JEROME (TERREBONNE) APTopcesl Le pouco : Un mois.SI.00 “ Un an.S3.00 W iii iii iff iii Un surplus phénoménal Le bilan de 1899-1900 m m II! I lu Iff ill L'honorable M.Fielding, dans son discours du G septembre, à Halifax, a donné les chiffres officiels du bilan de Yexercice 1S99-J900 : Recettes - - Dépenses ordinaires Surplus $50,927,941 42,987,549 $ 7,940,392 VL !f iii « I' s.a I .m ¦ .l'i.» tf m VF iii K Lepuvepnement Laurier et ses œuvres Quatre ans de progrès et de prospérité sans précédents La situation en 1896 Le pays était dans uno position pitoyable lorsque les libéraux arrivèrent au pouvoir en 1896.Le parti conservateur, manquant d’un chef capable de lui inspirer confiance, était en proie aux discordes intestines, aux rivalités de factions et la barque de l’Etat n’était plus qu’un navire désemparé, privé de son capitaine, balotté par la tempête et entraîné par tous les vents.La question des écoles, que les conservateurs avaient laissée sur le tapis pour s’en servir au besoin comme un appât pour faire la pêche aux préjugés de race et de religion, avait déjà créé une agitation profonde qui s’agravait de jour en jour et menaçait de faire pendant à celle de l'affaire Riel.Les turpitudes administratives de ce régime de décadence, telles que révélées dans les enquêtes au sujet des travaux dans les hâvres de Québec, Kingston et Esquimalt, l’affaire du pont Curran, avaient répandu la démoralisation dans le pays et fait naître au dehors, surtout en Angleterre, l’opinion la plus défavorable à l’égard du Canada, dont le nom était terni et souillé.Les tiraillements, les discordes intestines du parti au pouvoir, son affreuse politique fiscale, ses dépenses extravagantes, avaient paralysé les affaires; tout était dans la stagnation, le revenu diminuait au lieu d’augmenter, chaque exercice se soldait par un déficit qui ajoutait autant à la dette publique, laquelle augmentait avec une rapidité hors de proportion avec les ressources du pays.Telle était la position au moment où les élections de 1896 amenèrent les libéraux au pouvoir.La tâche qui écliéait a Sir Wilfrid Laurier était tout simplement herculéenne et il fallait avoir du courage pour l’entreprendre.Mais, en bon patriote, l’illustre chef du parti libéral, se mit résolument à l’œuvre et en quatre ans il a réussi à établir la bonne entente partout, à faire disparaître les acrimonies de inces ou de croyances religieuses, à faire renaître l’activité daus le commet ce et l’industrie, à donner une impulsion sans précédent au développement des immenses ressources du pays, à rétablir l’équilibre'dans les finances, à remplacer les déficits par les surplus, à mettre un frein à l’augmentation do la dette, à créer partout la prospérité et la richesse, à mettre le Canada à la tête de toutes les colonies de l’Empire Britannique.C’est cette œuvre d’apaisement, de réhabilitations morale et financière, que nous voulons faire connaître succinctement, afin de permettre au peuple de se prononcer avec connaissance de cause, daus le verdict qu’il rendra aux prochaines élections.Une ère de prospérité inouïe Jamais, même au jour du traité de réciprocité de 1854, le Canada n’a été aussi prospère qu’il est depuis quatre ans sous le régime libéral de Sir Wilfrid Laurier.Le revenu public, le commerce, la production agricole, minière, forestière et manufacturière, la navigation, le trafic des chemins de fer, l’immigration, les affaires d’assurance et de banque, l’accumulation de la richesse sous toutes les formes, tout, enfin, a progressé, augmenté dans des proportions telles, depuis 1S96, qu’elles laissent bien loin dans l’ombie tout ce qui s’est vu aux plus beaux jours du régime conservateur, depuis la confédération.Augmentation du revenu D’après les Comptes publics pour 1899, p.XXX, le revenu du Canada a été comme suit depuis la confédération Taxes Divers Total 1868 $11,700,681.08 $ 1,987,247,41 $13, CS7,928.43 1869 11,112,573.01 3,266,601.51 14,379,174.52 .1870 13,087,882.67 2,424,342.98 15,512,225.65 1871 16,320,368.70 3,015,192.11 • 19,335,560.81 1872 17,715,552.04 2,999,261.64 20,714,813.68 1873 17,616,254.78 3,196,914.67 20,813,469.45 1874 20,129,185.17 4,075,907.37 24,205,092,54 1875 20,664,878.96 3,983,836.08 24,048,715.04 1876 18,614,415,02 17,697,924.82 3,973,172.03 22,587,587.05 1877 4,361,349.29 4,533,073.69 22,059,274.11 1878 17,841,938.19 18,476,613.35 22,375,011.88 1879 4,040,768.79 22,517,382.14 23,307.406.69 1880 18,479,576.44 4,827,830.25 .1881 23,492,138.95 5,693,158.59 29,635, £,97.54 1882 27,549,046.45 5,834,409.07 33,383,455.52 1883 29,269,698.81 6,524,950.09 6,378,762.54 * 35,794,649.80 1884 25,483,199.19 31,861,901.73 1885 25,384,529.32 7,412,471.90 32,797,001.22 1886 25,226,456.21 28,687,001.93 7,950,583.18 33,177,040.39 1887 7,067,991.32 35,754,993.25 1888.28,177,413.18 7,731,050.35 35,908,463.53 1889.30,613,522.51 31,587,071.73 8,169,347.72 38,782,870.23 1890 8,292,853,68 8,265,159.78 39,879,925,41 38,079,310.88 1891 30,314,151.15 1892 28,446,157.31 8,475,714.29 • 8,847,241.43 30.921,871.60 1893 29,321,367.42 31.16S.608.85 1894 27,579,203.09 8,795,489.98 36,374,693.07 1895 25,446,198.71 8,531,930.76 33,978,129.47 1896 27.759,285.42 8.859,305.30 36,018,590.72 1897 28,648,626.11 9,181,152.29 10,978.782.39 11,783,180.33 37,829,778.40 1898 29,576,455.64 40,555,238.03 1899 34,958,069.21 46,741,249.04 1900 37,919,872.26 13,008,068.74 50,927,941.00 Do $36,618,590.72 en 1896, le revenu a atteint en 1900 le chiffre comparativement énorme de $50,927,941, ce qui fait pour les quatre ans une augmentation de $14,309,350.28 ou de 39.07 pour 100.Nous verrons plus loin que ce merveilleux résultat du régime libéra! a été obtenu en diminuant le tarif, ou les taux de taxes do douane.Sous le régime conservateur et le famoux tarif protecteur, il a fallu dix-huit ans pour augmenter le revenu de quatorze millions.De $22,375,011.88 qu’il était en 1878, lors de l’avènement des conservateurs, après la défaite du gouvernement libéral de M.MacKenzie, le revenu a monté à $36,618,090.72 en 1896, ce qui fait uno augmentation de $14,243,579.84 pour ces dix-huit ans de protection et d’odministiation conservatrice.Co que les gouvernements conservateurs de Sir John MacDonald, Sir John Abbott, Sir John Thompson, Sir MacKenzie Bowoll et Sir Charles Tuppcr ont pris dix-huit ans à accomplir, l’administration libérale de Sir Wilfrid Laurier l’a accompli en quatre ans.(A suivre) Les projets impérialistes de sir Chs Tnpper -u- Sir Charles Tuppcr veut la fédération commerciale avec l’Empire britannique, a dit à Beauharnois M.Thomas Chapais, apres avoir consulté du regard M.Bergeron.La fédération commerciale appuyée par des contingents militaires en veux-tu en voilà, telle est la conception conservatrice des intérêts canadiens.Les charges et les risques seront les mêmes qu’avec une représentation directe du Canada sur le parquet de la Chambre des Communes anglaises, moins les avantages de cette représentation.Celle-ci donnerait toujours aux colonies un moyen d’empêcher la Grande-Bretagne de nous jeter dans quelque catastrophe prévue.Cet impérialisme aurait du moins le mérite d’être logique et de permettre le groupement des forces coloniales sur le ter rain parlementaire et diplomatique.Sir Chs Tupper et ses valets repoussent du pied toutes ces garanties.Ce qu’il leur faut, c’est l’impérialisme militaire dont il nous a donné une illustration par sa dépêche de Yarmouth, dans laquelle le chef des tories adjurait le gouvernement de préparer une expédition en Afrique où l'état de guerre n’était même pas encore.Les Canadiens français et les autres sont trop intelligents et trop patriotes pour approuver cet impérialisme-là qui serait pour le Canada un lâche et imbécile suicide.L’impérialisme commercial de sir Charles Tupper avec son corollaire indispensa ble, ia fédération militaire, est un infâme guet-apens tendu aux électeurs canadiens sans méfiance par le parti tory, avec la connivence des Bleus de Québec.Gare ! • Fkancœur La candidature de M.Prefonfaine L’Association libérale du comté de Terrebonne doit offrir prochainement, comme on le sait, la candidature pour les prochaines élections fédérales, à AI.Raymond Préfontaine, maire de Montréal et député de Alaisouneuve.AI.Raymond Préfontaine acceptera-t-il l’offre qu’on va lui faire ?Nous en sommes presque certains depuis le discours prononcé par AI.Préfontaine à Saint-Hilaire, dimanche dernier.Parlant des élections prochaines, il a dit : ii J’ai eu l’honneur d'être choisi comme candidat par les libéraux du comté de Terrebonne.Peut-être l’honneur est-il trop grand pour moi, (plusieurs voix : u Non ! Non ! u).La candi dature ne m’ayant pas encore été officiellement offerte, je n’ai pas encore décidé ce que je ferai.(Plusieurs vdix : n Restez avec nous ! n).Je puis cependant vous déclarer dès maintenant que je ne vous abandoànerai pas.Je vous ai trouvés trop dévoués, trop fidèles, en 1896, pour vous tourner le dos.Si je suis choisi dans lerrebonne, c’est un honneur qui rejaillit sur tous les électeurs de Alaisonneuve.L’honneur rejaillit aussi sur les électeurs du comté de Chambly, qui mo prirent tout jeune homme pour me pousser dans la politique, et sur la population de Montréal, qui, à deux reprises, m’a élu son premier magistrat.Si les libéraux de Chambly se sont trompés autrefois en m’élisant, ils ont, du moins, cette consolation que bien d’autres se sont trompés depuis.Quand le clairon uurn sonné pour les élections générales, si les libéraux de Terrebonne sont incapables de trouver un autre candidat que moi, eh bien, jo lutterai à la fois dans Terrebonne et dans Maisonneuve, n Inutile de dire que AI.Préfontaine serait indubitablement élu dans le comté de Terrebonne parce qu’il y est très bien connu et.fort estimé, parce qu’il est celui à qui Sainte-Agathe et ses environs doivent leur vogue, parce qu’il est un financier et un homme qui aime avec passion le progrès partout et surtout dans notre province de Québec.M.Préfontaine, sans être notre député, s’est occupé activement du Nord dont certaines régions lui doivent leur rapide et prodigieux développement Que ne ferait-pas s’il était notre représentant aux Communes ?Le jour où nous aurions à notre service les talents, les aptitudes, l'influence considérable de M.Préfontaine, nous verrions une ère de progrès réels se lever pour tout notre comté et surtout pour le Nord, qui a des besoins si pressants et si nombreux.On nous répondra peut-être : tout ce que vous dites est bien vrai, mais AI.Préfontaine est un impérialiste.Quelles preuves peut-on nous en donner ?Non, nous ne croyons pas que Al.Préfontaine, qui a, jadis, donné tant de preu- ves éclatantes de son patriotisme et de son zèle national, ait comme désir dans le cœur et comme un article de son programme, la participation du Canada aux guerres étrangères de l’Empire Britannique.Non, nous ne croyons pas que AI.Préfontaine admette qu’on principe nous devons verser des millions et du sang pour défendre l’Angleterre dans des combats dont le mobile est plus que louche.Nous ne croyons pas que AI.Préfontni-ne soit en faveur de l’impérialisme militaire, qui affligerait notre calme pays, et cclu au profit d une autre nation, do l'aflreuse plaie du militarisme.Le gouvernement Laurier en envoyant les contingents militaires au Transvaal déclaré que cet acte ne créerait pas de précédent.Nous avons cru bien faire en faisant la lutte ici contre l’impérialisme au quel cet acte du gouvernement semblait ouvrir les portes.Nous avons donné là, aux citoyens, la meilleure preuve de notre impartialité et de notre franchise, puisque nous n’avons pas craint de blâmer nos chefs, chose si rare dans notre pays où l'esprit de parti étouffe la franchise et les convictions.Alais nous avons toujours dit, aussi, que les conservateurs auraient fait pire que les libéraux s’ils avaient détenu le pouvoir, et nous l’avons prouvé on citant le texte officiel des discoui-s prononcés par les chefs tories sur le parquet de la Chambre des Communes.Le gouvernement Laurier en décrétant que l’envoi des contingents en Afrique ne CRÉERAIT pas UE précédent, s’est clairement déclaré contre l’impérialisme militaire.Il a ce grand mérite.’ Les conservateurs, dans la personne de leur cliof, Sir Chs Tupper, n’admettent pas, eux, de réplique ni de restriction au principe suivant : n Chaque fois que l’Angleterre n aura à soutenir une guerre nous devons n l’aider de nos soldats et de nos millions.!! La dépêche où Tnpper demandait à Laurier d’envoyer des contingents au Transvaal, même avant que la guerre y fût déclarée, en fait foi.Eh bien ! AI.Préfontaine qui, comme partisan du gouvernement, a approuvé l’envoi des contingents, mais à condition que cet acte ne nous engageât à rien pour l’avenir, est encore préférable à AI.Adolphe Chauvin, qui après s’être déclaré contre l’envoi des contingents, en Chambre, marche aujourd’hui derrière Sir Charles Tupper dont il endosse les idées impérialistes sans restriction.En un mot, si nous avons à reprocher au gouvernement libéral et ù AI.Préfontaine un acte répréhensible, nous avons, eu revanche, ù condamner chez les conservateurs et par conséquent chez AI.Chauvin, un principe qui les guide, ce qui est bien pire et plus dangereux pour notre nationalité.Sur cette question do l’impérialisme, que nous avons combattu et que nous combattrons toujours, AI.Préfontaine est moins ù craindre que AI.Chauvin.N’est-il pas vrai que M.Préfontaine peut s’engager à voter contre l’impérialisme militaire sans être obligé, pour cela, de se séparer de son chef Laurier ; tandis que Al.Chauvin ne peut eu faire autant sans nécessairement tourner le dos à son chef Tupper.Il est inutile d’ajouter qu’il ne le fora pas : il l’a déclaré lui-même à Beauharnois.Le Franc chrétiens ne disparaissent des murs de ces écoles et que les religieuses ne quittent leur costume j>our jirendre une toilette de demoiselle." AI.Green way a peut-être prononcé moins de '¦ nobles paroles " ù la Hugh John, mais il n’a pas commis non plus cette dernière iniquité qui a, dans l’opinion de sir Charles Tupper, mis le comble ù la popularité du " noble fils " du " très illustre “ sir John Alucdonald dans l'ouest canadien." Du Canard : " Le Journal s’est fourré le doigt dans l'œil en attaquant bêtement le lieutenant-gouverneur Jetté." La Presse rappelle l’organe des bons principes au respect de l'autorité et lui défend de toucher aux.représentants de la souveraine.11 Jusquc-lù c’est fort bien, mais ce qu’il y a de cocasse dans cette affaire, c’est de voir le Journal ainsi morigéné par celui-là même qui, parlant un jour du marquis de Lome et de M.Letcllier de Saint-Just, écrivait : " Le jeune homme qui règne à Ottawa ne vaut pas mieux que le l'orban qui gouverne à Québec." Les Débats s’amusent aux dépens de celui qui écrit nos notes locales et qui a dit dans notre dernier numéro : " Al AI.Bruno Nantel et Victor Fortier sont à Sherbrooke où ils prennent part à l’exposition de volailles." Notre confrère dit que c’est là le renseigner sur les faits et gestes des coqs de Saint-Jérôme ! Nous nous joignons à lui pour rire de la phrase de notre collaborateur qui est le premier à s’en amuser.Il est bon, toutefois, de rappeler à Enry d’Els qu’il fait un jeu dangereux et que si nous eu avions le temps et le désir nous trouverions facilement dans les Débats de quoi nous amuser quelque peu à ses dépens.Le journal conservateur de notre comté monte sur ses grands chevaux parce que la Patrie a osé diro que AI.Chauvin a été élu par hasard dans notre comté.Pour lui.il voit là, au contraire, la volonté de la Providence ! Alon Dieu, Seigneur ! Le saint confrère ne niera pas alors, nous l’espérons, l'oeuvre do la Providence dans la diminution effrayante de la majorité conservatrice dans le comté de Terro-bouuc.De (100, do S00 et de 1000 qu’elle était autrefois, n’a-t-clle pus descendu à 125 et même (50 ?La Providence ! La majorité libérale de Saint-Jérôme n’est-elle pas montée de 114 à 151?La Providence ! La majorité conservatrice do Sainte-Agathe n'est-elle pas devenue une majorité libérale de 28 ?La Providence ! Et dans la défaite qui attend AI.Chauvin, le doigt de la Providenco sera très visible.Notre surnaturel confrère ne pourra faire autrement que de l’avouer.L’EXPOSITION DE 1900 preuve Le prophète de 1896 “ Je ne suis ni prophète ni fils de prophète, mais je consens il être jugé plus tard sur cé que je dis présentement ici et à n’être jamais cru si ma prophétie ne se réalise pas, Le grand parti conservateur remportera la victoire avec une plus grande majorité que celle qu’il a maintenant.” (Sir Charles Tuppcr à Sydney, en 189G) -o MELI-MELO — De la Patrie : " Dans le parti conservateur français, aujourd’hui, on se paye de mots ; il faut bien s’en contenter : c’est tout ce que les chefs leur jettent à la tête comme un pauvre os à gruger." Nous aimerions que le Fossoyeur de Winnipeg nous parlât un peu moins de sa sollicitude envers les minorités et qu’il en eût un peu plus de véritable à nous montrer." C’est depuis qu’il (Hugh Macdonald) est premier ministre du Manitoba que le bureau d'éducation de Winnipeg a refusé aux écoles catholiques de celte ville la subvention accordée par le gouvernement aux écoles nubliques, à moins que les emblèmes Nous sommes heureux d’annoncer à nos amis que I'Avenik du Nord voit augmenter chaque mois le nombre de ses abonnés.Cela nous encourage à continuer les sacrifices réels et incessants que nous faisons depuis au-delà de trois ans, pour rendre uotre journal intéressant et instructif.Les écrits de Frnncœur, les correspondances de Lily Butler et do Paul Falcon, sont très goûtés de ceux qui aiment à se renseigner et à s’instruire.Des lettres d’approbation nous eu donnent la presque toutes les semaines.Nous faisons appel do nouveau à la bonne volonté de nos amis des différentes paroisses pour qu'ils nous envoient des nouvelles fréquemment.La partie qui concerne les faits divers 11e doit pas être négligée daus un journal.Nous nous chargeons de la rédaction, de l’administration de 1’Avenir du Nord, (pie nos amis s’occupent du reportage, et par là ils nous donneront un aide puissant.A ceux qui nous envoient régulièrement des nouvelles nous donnons l’abonnement gratuit au journal, nous payons les frais de correspondances et nous promettons un magnifique album donnant des vues do l’Exposition de Paris.Nous remercions cordialement ceux qui correspondent à P Avenir du Nord et nous faisons un chaleureux appel à nos amis qui peuvent assurément, sans beaucoup de travail, noua tenir au courant de ce qui se passe chez eux Nous devons des félicitations au gouvernement d’Ottawa qui vient enfin d'établir un service de malle sur le train de Alont-réal à Labelle.C’est une grosse lacune qui vient d’être comblée.Ceux qui habitent le nord doivent en savoir gré au gouvernement.Nous n’avons eu que le temps de protester dans les notes de Saint-Jérôme, la semaine dernière, contre les faussetés du journal aux mensonges et aux injures.Il a prétendu que le Dr Eugène Fournier n’avait pas été invité à la convention des libéraux do notre comté, ce qui est faux.Nous sommes allés aux informations, pour être plus certains, et le Dr Eugène Fournier nous a dit qu’il avait bel et bien reçu l’invitation qui lui avait été faite.Il a ajouté qu’il était très ennuyé de co que l’on se servît des bruits de la rue pour le mettre en évidence et pour le traîner là où il ne tient pas 'du tout à être.Les mêmes menteurs ont laissé entendre que AI.Thomas Lapointe, de Terrebonne, lo Dr Desjardins, de Sainte-Thérèse, M.F.Villeneuve, de' Sainte-Anne des Plaines, avaient été oubliés par les organisateurs do la convention, ce qui est encore faux, puisque tous ces bons libéraux ont été officiellement invités.Ils n’ont pu se rendre à Saint-Jérôme ce jour-là, pour de très bonnes raisons qu’ils n’ont pas cru nécessaire de communiquer au petit journal conservateur de la ruelle Saint-Adolphe.LE CflNflDA (\ L’EXPOSITITION HI Dans sa conférence à la première réunion do la Digue de la Patrie Française, Jules Lemaître disait : n Le.sentiment qu’on est membre J une communauté robuste eiujendre nn généreux orgueil, la confiance en soi, le goût de l'action, ta hardiesse, même te désintéressement, car ou se dévoue plus volontiers à un groupe humain plus Jlorissanl et fort, n Alalheureusemcnt pour nous, le contraire est tout aussi vrai.En touto sincérité, je pourrais reprendre la phrase do ma dernière chro-niquo et la mettre ou regard de celle du polémiste français.Lo sentiment qu’on est membre d’une communauté soumise ù une férule nous fait iiouh .désespérer dans des aspirations minuscules et vivre en miniuturen.Combien y en a-t-il chez nous qui voudraient voir un peu plus d’importance et do grandeur duns notre histoire de tous les jours, qui aimeraient regarder notre pays prendre un rôle plus prépondérant aux yeux des nations ?Lo succès toujours croissant des Débats fait songor qu’il y en a plus qu’011 no pense.Et n’est-il pas permis de croire que l’Exposition va ouvrir les yeux au grand nombre.Nous avons remporté benucoup do prix à Palis.C'est donc qu’après tout nous avons des ressources sérieuses et quo nous possédons uno valeur certaine.C'est co quo l’on nous a dénié jusqu’à présent-.Que dis-jol Nous ne voulions pas l’admettro nous-mêmes.Nous avons hérité cotte admirable raodestio de nos charmants ancêtres : il n’y a pas plus acharnés contempteurs du Canada que les Canadiens.Et, pourtant, c’cst notre patrio et nous devons espérer la prospérité et la gloire de cette patrie.n L’amour do la patrie, dit Jules Lemaître, est naturel, facile et doux Las paysans les plus simples aiment leur village, leur canton, leur petit pays u ; à l’occasion, ils so glorifient de sa richesse, de sa fécondité, do sa beauté extérieure, do ses traditions, de ses hommes célèbres, s'il en a, c’est à-dire d’avantages dont ils 11e profitent personnellement que fort peu ou dont ils no jouissent qu’m imagination.Et, s’ils sont incapables de so représenter la Fran co dans touto son étendue et dans tout son passé, néanmoins ils Animent vaguement touto entière ; sans savoir diro pouquoi, ils se sentent touchés par tel succès que la Franco a obtenu ou par tel échec qu’elle n subi à mille ou deux mille lieues do leur village.n Cette vision totalo de ln Communauté passée et présente so précise dans les cerveaux plus cultivés.Nous portons en nous mêmes comme uno image vaste et détaillée de toute la Franco dans l’espace et dans lo temps, do sa terre, do ses campagnes, do scs fleuves, do ses villes ; do son asprit et de sas mœurs ; de ln suite do scs grands hommes, do scs grands livres, de sas grandes actions ; uno imago géographique, historique et morale de la patrie, imago si insépn ralliement liée à notre intelligence et à notre cœur que l’idée de sa diminution ou de sa dé chirure nous est douloureuse et mémo insupportable n (Fehos de Paris— samedi, 21 janvier 1899).Jules Lemaître prononce cos très belles paroles pour la France.Je voudrais les répéter pour le Canada.Ayons de la fierté du succès do nos exhibits à l’Exposition Universelle et travaillons à augmenter co succès dans le futur.Je crois que nous pouvons dès maintenant ou escompter les résultats.Le premier et le plus pratique sera, sans cent edit, un fort courant de colonisation déteiminé on faveur de nos champs du Nord.On a installé dans Jo Pavillon Canadien un bureau général d'informations et de renseignements pour les fins d’immigration.l-o préposé à co bureau est continuellement sollicité et jo 11’ai pu passer une seule fois près de celui-ci sans y voir quelque colon en perspective posant das questions sur lo climat, les récoltes, les prix, etc.Donc, notre pays va so peupler et se défricher plus vite.Un second résultat, et qui est très appréciable, c’est que notre participation à l’Exposition de 1900 nous fera mieux connaître.C’est un fait avéré qu’on no s’occupe guère de nous en Europe.Passe encore pour les autres pays, car nous leur rendons bien la pareille.Mais la Franco continue à nous oublior et l’Angle-terro à nous méconnaître.L'Exposition aura pour le moins altéré l’opinion do ce dernier pays à notre égard et M.Tarte a fourni à M.Jekyll quelques bonnes leçons qui lui seront sans doute profitables.; IV A venir du Nord publie actuellement une tris curieuse étude do AL Benjamin Suite qui 0.1 dit long sur l’ignoranae de l'Europe en gé- L’AVENIR DU NORD, 20 SEPTEMBRE 1900 ni!nil mais plus particulièrement do la France sur les choses ot les gens du Canada.Mo p r-mettrai jo d’ajouter uu fait à ceux qu’il a déjà cités en si grand nombre.Il me fut conté par M.L.J.ltivet, lo directeur des pèlerinages canadiens de cas dernières années à Lourdes, à Rome et à Paray-lo Monial.C'était un dimanche matin.Le pèlerinage venait d’assister à la masse à l’église du Sacré-Cœur, ù Montmartre.On s’était installé au restaurant Saint-Josoph et on attendait que le gurçon veuille bien servir lo chocolat ot lo croissant.Ce bravo gardon ! Il ne savait guère à quelles gens il avait affaire.Il reconnaissait sa langue, mais cherchait vainement l’accent depuis plusieurs minutes.Lorsque enfin il se décide à interroger.On lui dit que c’étaient des Canadiens.Il ne revint do son étonnement que pour laisser tomber cette phrase, qui vaut bien un sonnet, lequel, comme vous savez, vaut tout un long poème : n Des Canadien* / Mais ils sont blancs et ils parlent français ! h Cette réflexion est à tel point renversante que j’éprouvo lo besoin de vous assurer que je suis sérieux et qu’en aucune façon jo no prétends m'engager dans uno fumisterie.Et voi là comme on nous connaissait, chez lo peuple, en France, il y a a peine quatre ou cinq ans.On avuit beaucoup à apprendre et je crois qu’on s’en est aperçu.Durant ces deux dernières années nous avons été à la mode.Il est maintenant très bien porté de parler do nous.Gaston Boissier nous a salués dans un discours à l’Académio ; Hanotaux a écrit quelques articles relatifs au Canada.A vrai dire, tout cela est tellement superficiel, qu’on a l’air plutôt de vouloir éviter un reproche mérité, que de faire des recherches sérieuses et sincères.Mais enfin, le mouvement est donné et notre exposition au Trocadéro est venue a point pour l’accélérer.On y a répandu uu nombre considérable de brochures sur nos moyens do communication, nos produits, nos richesses forestières.Beaucoup les ont prises par curiosité et no les ont pas lues.Quelques-uns se donneront la peine de les parcourir ot apprendront ainsi ce que nous sommes et ce que nous valons, ce qu’est dovenu notre pays depuis la cession, qu’elle est maintenant sa vie.Nous serons dorénavant mieux connus et, dans cinquante ans je l’espère, personne ne pourra plus écrire un article du genre de celui do M.Benjamin .Suite.Notre participation à l'Exposition Universelle de Paris devrait encore avoir pour effet— et.à lire les premiers rapports de nos journaux, voilà bien celui qu’on aura le moins pré vu—de nous procurer justement ce a sentiment que nous sommes membres d’une communauté robuste •>, qui engendre ce dont nous avons tant besoin, n la confiance en soi, le goût de l’action, la hardiesse n.Car nous en * manquons, et grandement.Nous sommeillons dans l’indifférence et l’utnraxie.Nous ne trouvons que des sourires sceptiques devant l’idée que nous pourrions un jour devenir grands et forts.Nous ne voulons pas nous rendre compte que notre pays est nécessairement dans un état transitoire, qu’il n’est pas logique qu’un pouple demeure éternellement soumis à un autre.L’indépendance est pour nous une utopie, un château en Espagne.Eh bien 1 oui, les châteaux en Espagne sont des édifices qui coûtent très peu à construire.Mais il en est quelques-uns qui sont très difficiles à démolir.Paul Falcon.chinois convergeaient continuellement sur ce point.n Le commandant de Marolles entreprit également une reconnaissance dans la direction du chemin do fer, accompagné seulement de son détachement.n Je prie donc votre excellence d’oxpriincr mes remerciements au commandant de Marolles pour son concours si cordial pendant cotte campagne, concours qui m’a rappelé avec plaisir notre alliance à l’époque de la campagne de Crimée, alliaucu que nous avons retrouvée ici.n Pormettez-moi d’espérer qu’elle aidera à resserrer les liens d'amitié qui unissent la Fran ce à l’Angleteire, et qui sont assurément un bienfait désirable pour la cause de la civilisation.n Veuillez agréer, umiral, les assurances de ma haute considération.¦¦ Skymouk.ii Anglais et Français Lettre de lord Seymour a l’amiral Courre jolies Lord Seymour, qui commande l’escadre et les troupes anglaises en Chine, a adressé à l’amiral français Courrcjolles une lettre dans la quelle il le remercie du secours que les troupes do la marine française lui ont porté dans sa première tentative de marche sur Pékin.L’hommage rendu au courage des matelots fiançais et au désintéressement do leurs chefs produira certainement une vive sensation en Angleterre, oû une certaine presse so plaît en ce moment à 11e parler que de conflits futurs entre l'Angleterre et lu France.Voici lo texte de cette lettre : n Tientsin, le 27 juin 1900.n Amiral, n Les opérations militaires de la colonne expéditionnaire navale qui était partie dans lo but d’atteindre Pékin et de dégager nos légations respectives ayant pris fin, j'ai l’honneur, en ma qualité d’officier lo plus ancien en grade des diverses forces nationales composant cette colonno expéditionnaire, d'écrire à votro excellence, d’abord pour la remercier officiellement d’avoir envoyer dés officiers et des marins appartenant à l’escadre française pour se joindre a ceux de S.M.la reine d’Angleterre, afin qu’ils puissent agir de concert ; ensuite pour lui exprimer combien j’ai vivement npprécié le concours constant et effectif qui m’n été donné par le capitaine do vaisseau de Marolles et le détachement placé sous scs ordres.n L’énergie et le zèlo infatigables déployés dans des circonstances singulièrement critiques par les officiers et les marins français sont au-dessus do tout éloge.Leur courage s’eat montré à la hauteur de leurs nobles traditions.n Je tiens aussi à vous exprimer ma convie tion profondo et mon sincère espoir que cette expédition, bien que restreinte par les circonstances et de courte durée, Aidera quand même à cimenter entie nos pays les bons sentiments et la considération mutuels qui heureusement existent à présent entre nos deux gouvernements et qui, surtout en Chine, sont si nécessaires au développement de la civilisation et du progrès.n Bien qu’il ne m'appartienne pas de signaler la conduite d’un officier qui ne se trouve pas directement sous mes ordres, jone voudrais pourtant pas terminer cette lettre sans vous exprimer encore ma chaleureuse admiration pour le concours et lo soutien inappréciables que j’ai reçus du commandant de Marolles, du n D’Entrecasteaux n, et des marins français.J’avoue d’ailleurs que leur belle conduite dans les divers combats que nous avons eus à soute nir ne m’a pas surpris : je m’attendais à ce qu’ils se montrassent dignos des grandes traditions de la marine nationale française ; mais, néanmoins, j'éprouve uno vive satisfaction à vous faire part de leurs exploits.„ Lorsque le camm&ndant do Marolles, se trouvant dans les forts de l’Ouest aux environs de Hsi Ku, prit le parti si louable de s’emparer de l'arsenal et do s’y maintenir, il avait choisi la tâche la plus dangereuse et il se trou vait à un poste d’honneur, car l’arsenal, qui était situé danB la position la plus avancée vers Tientsin, était rempli de munitions et les obus Le Canada erç Europe (Suite) Ce n’est pas tout pour quelques écrivains que «l'ignorer le premier mot des choses dont ils parlent, il faut encore qu'une fois mis en face de la preuvo contraire, ils inventent des contes à dormir debout, uniquement pour sutisfuiru la curiosité des lecteurs qu’ils ont formé à leur image, c’est-à dire ignorants et brouillés avec lo sens-commun.Admirons M.Bavie qui, après avoir passé près du n fort Berthier ou Sorel n veut nous faire croire I 50 Marguerite DURAND JOURNAL, QUOTIDIEN, POLITIQUE ET LITTERAIRE DIRIGÉ ET RÉDIGÉ PAR DES FEMMES Tient parfaitement bien au courant de la politique étrangère et surtout de la politique de France.Ecrits politiques, chroniques féministes, critiques théâtrales, etc.Conditions d’abonnement: Un an, $7.00 ; Six mois, $3.60; Trois mois, $2.00 14 rue Saint-Georges, Paris, (France) m * * m * % * % § m * m S Mil tl II I-III II II mil 111 1 I II 1111 il l-Il 11 ! Kxrrïïxinrxx * i xrxx îrrITï x rrî jnpmiffi JUJUilUUJUiiUU: nuuimmUJiiiMUimi rrrrrrm iiiiiniiiiiiiiiif rrrnin ini.u ^PR1ME*7£ f® .DE.m m___ L’Avenir dû Nord XT’ Impressions Commerciales de toutes sortes, telles que_ Catalogues, Pamphlets, Factums Listes de prix, Cartes d’affaires.Blancs de comptes, Circulaires.Menus, Programmes, Etc.Prit modem Nous donnerons une attention spéciale à toutes les commandes, qu’elles nous viennent de grandes institutions financières ou de simples particuliers Imprimerie de revenir du fiord BUREAUX ET ADMINISTRATION : .Rue Sainte-Julie.Ateliers : RUE SAINTE-J'JLIE Telephone 35 J.E.PREVOST P/LS Propriétaire
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