L'Avenir du Nord, 12 mars 1937, vendredi 12 mars 1937
t»> oil 1897-Î937 SEUL JOURNAL DU DISTRICT de TERREBONNE EXISTANT DEPUIS PLUS DE QUARANTE ANS 1897-1937 "LE MOT DE L'AVENIR EST DANS LE PEUPLE MEME ; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) CHENIER SAINT-JEROME, P.Qué.Abonnement : $2.00 par année Directeur et Propriétaire Honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par IMPRIMERIE J.-H.-A.LABELLE, Limitée Saint-Jérôme LABELLE QU ARANTE-ET-UNIEME ANNEE, NUMERO 11 JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO LE VENDREDI, 12 MARS 1937 L’enseignement de l’Anglais On s’obstine, en certains milieux, à protester contre l’enseignement de l’anglais, même de la manière la plus rudimentaire, à l'école et notamment à l’école primaire.Cet entêtement devient un parti pris qui, sous le couvert d’un nationalisme canadien-français exagéré et extravagant, fait dire et écrire des choses que réprouve le simple bon sens Sans compter que si nous écoutions ces anglophobes, qui parlent au nom de la pédagogie ou de l’intérêt national de leurs compatriotes, nous affaiblirions la formation et la préparation des nôtres qui doivent être mieux armés que jamais pour la lutte qui les attend dans la vie.Nous avons déjà abordé, dans L'Avenir du Nord, la question de l'enseignement de l’anglais.Citant le texte même du programme d’études ties écoles primaires élémentaires, nous avons démontré que cet enseignement était réduit à un minimum plutôt insuffisant et qui.assurément, ne peut en rien compromettre et déformer l’éducation et la mentalité française des enfants à qui l’on donne quelques notions élémentaires de la langue anglaise à partir de la 3e année du cours.Comme quelques-uns persistent à désapprouver cet enseignement, qu'on nous permette de répondre à quelques-unes des objections ou des réflexions qui se font encore entendre.Dans un article paru dans l’Unité du 7 janvier dernier, nous trouvons réunis comme en un faisceau tous les prétendus arguments de ceux qui ne veulent pas d’anglais à l’école primaire élémentaire et qui même seraient heureux si l'étude de cette langue disparaissait complètement de toutes nos écoles.On écrit :.une plus large place a été réservée à l'anglais dans le programme des études .Est-cc dire que le Canadien-français ait obtenu de ce chef, le premier rang qu’on lui promettait ?Les faits hélas sc chargent de démentir les optimistes prévisions des trop naïfs tenants du bilinguisme intégral, chaque jour marquant un nouveau recul des nôtres sur tous les fronts." Nous avons déjà prouvé — voir VAvenir du .Nord du 15 janvier dernier — que cette "large place” réservée à l'anglais est bien étroite dans notre programme de l’école primaire élémentaire.Au surplus, il est faux et injuste d'affirmer que les nôtres ont reculé sur tous les fronts.Et d'ailleurs, peut-on raisonnablement attribuer le lent progrès des nôtres à l’enseignement rudimentaire de l’anglais qu'ils reçoivent ?Nous ne nions pas les déficiences de notre enseignement, mais elles sont ailleurs.Pour le moment, nous ne parlons que de l'école primaire élémentaire d’où l’on demande d’exclure l'anglais.Signalons, en passant, l’incompétence d'un personnel enseignant qui manque trop souvent .de formation pédagogique ; un programme surchargé, mal compris, mal appliqué, etc.On écrit aussi : Dans notre propre province, ne sommes-nous pas, en fait, les serviteurs de quelque 500,000 métèques de tout acabit, de toutes races et de toutes religions, et plus souvent qu’au/rement, unilingues ?La situation serait-elle meilleure si nous ne savions pas ou connaissions moins bien l’anglais ?Hélas ! nous n'ignorons pas que le manque de compétence n’est pas la seule raison de l’ostracisme dont sont trop souvent frappés les Canadiens-français : le fanatisme anglo-saxon explique bien des injustices.Mais plus il y a de compétence chez les nôtres plus ils ont de chances de réussir.L'ignorance ou la connaissance imparfaite de l’anglais n'est pas toujours un prétexte, elle est souvent, avouons-le, une raison de l’exclusion des nôtres de nombreux postes avantageux dans tous les domaines.On cite avec complaisance l’opinion de certains pédagogues qui affirment que le bilinguisme, signifiant l’acquisition de deux idiomes à la fois par l’enfant à l'âge de la constitution progressive du langage, est une infériorité psychologique.Sur ce point, les opinions sont partagées.En tout cas, cette thèse, selon nous, est partiellement juste et partiellement fausse en ce qui nous concerne.Elle est fondée, si, dès le plus jeune âge, renseignement de l’anglais est tellement poussé qu’il relègue au second plan la langue maternelle et est ainsi de nature à fausser la mentalité canadienne-française.Or.ce danger n'existe pas dans nos 1 écoles.Et c’est pourquoi cette thèse devient fausse si, comme cela a lieu dans la 3e année du cours, l’enseignement de l’anglais n'est que rudimentaire, laisse au français toute sa prédominance et ne fait qu'initier l’enfant à l’anglais.Car cette langue lui est utile et même nécessaire.D’abord si l’enfant quitte définitivement l’école après la 6e année, et c’est le plus grand nombre, S0%, qui en agit ainsi A notre époque, même à la campagne, un cultivateur progressiste, un négociant, un homme de métier, un conseiller municipal, un commissaire
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