Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
L'électeur
Éditeur :
  • Québec :Co. d'impr. de Québec,1880-1896
Contenu spécifique :
Supplément
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Soleil
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

L'électeur, 1889-07-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Srassc souvent plusieurs gélations ; il en est ainsi des NOUS jgNTEB Je n’ai pas la prétention d’en-«.iimer comment on doit écrire, f.style véritable est un peu lime les bonnes manières; ]a vient de loin et ne s’ap- nrend pas «i quelques leçons.J f,mt qu’il se fasse peu à peu, , yen à la longue, une espèce L jéirrossissement.Dans l’ordre physique, la beauté et l’élé-luCe de la forme s’acquierent une culture prolongée qui brasse «étions ; dualités de l’esprit, et c’est par le même procédé qu’elles s’établissent et se développent.Vous .jurez beau savoir par cœur la définition du trope, de la cata-thresc, (le la synecdoque, et d’une foule*d’autres mots barbares— que j’ai heureusement oubliés ; —vous aurez beau savoir également dans la perfection ce que c’est que le style simple, le ,tyle tempéré et le style sublime.:cla ne fera pas de vous un écrivain plus qu un liabit et nue paire de gants ne font un homme d’un extérieur distingué ; le bon goût et la distinction sont parfaitement indépendants (le ces formes ou plutôt le ces formules, tout en s’en servant, sans leur donner plus d’importance qu’elles n’en ont.Il y aurait donc delà présomption à vouloir imposer un moule, tracer des lignes et dire ensuite : roilà exactement ce qu’il faut faire pour bien écrire.Et, du reste, on se tromperait presque toujours une fois sur deux ; :ar s’il n’y a pas sur la terre leux personnes, deux feuilles, leux brins d’herbe qui soient axactement semblables, il n’existe pas, non plus, deux intelligences d’une conformation usez égale pour que les mêmes procédés puissent produire chez dies des effets absolument identiques.Il serait donc imprudent d’affirmer que l’emploi répété de la catachrèse ou de la synecdoque, même à doses strictement semblables, devra faire épanouir dans mon esprit la meme fleur que dans l’esprit du président de l’académie des 1 Muses Sautones, ou de l’académie des Palmiers.D’où il suit que j’ai toutes les raisons du monde pour persister à ne pas vouloir ensci-guer ce qu’il faut faire pour bien écrire.Mais d’un autre côté il m’est bien facile d’indiquer ce qu’on doit éviter pour écrire un peu moins mal.D’abord, il ne faut pas prendre les choses de trop haut, ni de trop loin ; on manque par là de naturel, et le naturel est tout.Vous avez sans doute remarqué qu’un enfant, dans toutes ses actions, dans tous ses gestes, même costumé d’une façon grotesque, n’est jamais ridicule ; c’est pareequ’il n’a pas de prétention, c’est pareequ’il est naturel.Il faut donc rejeter toutes ces vieilles formules prétentieuses, ces mots et ces phrases guindées pi font dans le style l’effet que produirait dans une de nos soirées la toilette d’un vieux beau do la cour de Louis XIV.Quand vous voulez indiquer, par exemple, la fréquence d’une action, vous avez le mot souvent qui se présente à votre esprit.Servez-vous en de préférence à fou vente s lois qui est absolument ridicule, en dehors du genre comique.J’ai cueilli dans un aiti°le nécrologique la phrase suivante : Amateur expert de la mu-Bifluc du chant, surtout de la psalmodie sacrée, sou ventes fois, d aima à marier sa voix sympa-Jiquo aux accords mélodieux de °rguo, et sut exécuter avec assurance et justesse des solos difficiles.” V Cette phrase est tout simple-mc.ut 1111 chef-d’œuvre du genre P d faut éviter.On essayerait .le faive exprès qu’on ne pour™ pas réunir tant de ridicule a a fois dans un espace aussi Jes feint.Celui-là devait être rih 1U ^tonymie.Il possède X\ 011 ^ richesse d’épithètes stupéfie.J." ',01S de clou Le que les et ]•»$: adv,r!> -s n:;t été faits pour qu’on s’en serve ; comme les gants et les chapeaux, mais les gants et les chapeaux se mettent à leur place : le chapeau sur la tête, les gants sur les mains, ou plutôt dans les mains, pour employer une catachrèse,peut-être une métonymie» je no veux rien affirmer.Et puis les gants et le chapeau ne se portent pas toujours ; on le ote quelquefois, pour se mettre à table, par exemple, pour jouer du piano, pour se raser ou pour \ se mettre au lit.Il faut en agir ainsi avec les adjectifs et les adverbes, les ôter quelquefois, même presque toujours, et, quand on en use, les appliquer au bon endroit.Il y a encore les mots et les tournures poétiques dont on abuse, de nos jours, avec une assez grande liberté dans la fabrication de la prose ordinaire.C’est un procédé que le lélémaque de Fénelon avait mis en grande faveur ; mais, aujourd’hui, il est sorti de la circulation.Le temps a marché.Un peintre de batailles de lécole actuelle ne peindra pas ses chevaux comme ceux de Raphaël» qui sont une véritable repré- ; sentation de convention.De même, s’il avait à faire la Pèche viiraculeusc, il n’y mettrait pas une barque hors de toute proportion avec le fardeau qu’elle contient.L’écrivain doit employer les r% tournures simples et les mots sans recherche.Ainsi, il ne dira point : “ La jeune vierge suspendit ses pas sous le cône procombant d’un érable obom-breux ; ” mais plutôt : “ La jeune fille s’arrêta à l’ombre, d’un érable.” Cela est sans prétention et signifie la même chose, ou à peu près.Il ne commencera pas sa , phrase, dans les cas ordinaires, par une inversion déplacée, comme, : “ Terrible était son aspect ; “ Stupéfié se sentit-il.” 11 évitera avec le plus grand soin les expressions rares et difficiles à comprendre, les mots prétentieux : “ Les attraits d’un périple autour d’un nouveau monde ; ’’ ou bien : “ Vous devez éprouver une grande syndérèse.” Périple veut dire voyage autour du monde et syndérese signifie remords.Les mots dictante, asféisme, ataraxie etc., doivent également n’ètre employés qu'à la dernière extrémité.Susurrer, susurrement, susurration sont de bonnes onomatopées, trop bonnes peut-être pour la vie de tous les jours ; il faut les réserver pour les grandes occasions.Ce sont des expressions de parade et j’aime mieux la petite tenue, moins raide et moins gênante.D'aucuns diront, aucunes fois, le pâle flambeau des nuits, le chantre des nuits, l'onde perfide, la plaine liquide, l'aurore aux doigts de rose, la nef légère, la nacelle, rapide, ou mieux encore la rapide nacelle, sa dextre tenait un glaive flamboyant, buriner son nom, etc.Ce sont toutes des expressions dangereuses, parce qu’elles sont usées jusqu’à la corde et laissent clairement voir à travers leur trame l’inexpérience de celui qui les emploie.Il faut aussi en finir, mais complètement, avec les termes et les noms de la mythologie.Ils vont très-bien aux anciens auteurs mais ne sont plus de notre époque.Ainsi on ne doit pas dire, de nos jours : Zéphyre se jouait dans ses blonds cheveux ; les heureux dons de Flore et Porno ne ; O Muse inspire-moi ; je préfère Philomcle à Voiseau de Junon ; J’eus la visite de Mercure, et m’étant plaint à Minerve qu’il m’avait enlevé les dons de Plu tus, cette déesse appela le Temps qui, armé de sa faulx, le rejeta dans le royaume de Platon, pendant que la pâle P h cubée, du haut de VEmpyrée m’inspirait un chant de reconnaissance digne du Parnasse ou du Pcrmcsse.Non, franchement, ces vieilleries ne sont plus du tout de mise.J’aime pTesqu’autant le langage des décadents, lequel, au moins, a de la nouveauté et une certaine originalité.Une autre chose qui a bien aussi « on importance lorsqu’on écrit, c’est de savoir exactement ce qu’on vent dire et ce qu’on dit.Il y a des gens qui accumulent des mots au hasard, sans liaison, sans suite et qui croient réellement avoir dit quelque chose.Les poètes surtout, les malheureux, ont souvent de ces compositions en broussailles.En voici une que je coupe dans le jardin des Muses Sautones.Elle est intitulée Nuit cCélé.Au sourire De Zéphiro Qui m’attire, Je respire Dans une belle nuit d'été.Tout m’inspire, Sur ma lyre, Je soupire, Et j’admire Le ciel et son immensité.La lumière Pure et claire Qui transfère L’astre mère, Quand au beffroi sonne minuit, Régénère Primevère Et fougère, Et tempère La chaleur du jour qui s’enfuit.Quelle grande figure dans L'aslre-mcrc et tempère.Je poursuis • Mais l’aurore Que j’adore .Naît encore ; Elle dore La prairie et le vert eûteau-Son phosphore Les colore, Lcr, décore, Fait éclore Un autre magique tableau.• •••••• Zéphyr pousse, Sans secousse, Sur la mousse Fraîche et douce, Les feuilles à la teinte d’or.Sous mon pouce Se courrouce, Et trémousse, Et rebrousse, L’insecte qui donnait encor.Voilà au moins un insecte qui ne veut pas qu’on le dérange de son sommeil ; il est peut-être le seul à montrer quelque intelligence.Et dire que cela dure ainsi pendant vingt strophes, pas une de moins, que c’est imprimé en fort beaux caractères, sur d’excellent pa* pier, et que ce poëte croit avoir fait une œuvre dont on parlera.Eh ! bien, nous en avons parlé, mais je vous promets, ô poëte, que nous n’en parlerons plus.Non, messieurs, n’écrivons pas de cette manière, soyons simples, soyons naturels, soyons nous-mêmes.Ne prenons pas les boursou fil lires des anciens.Si nous voulons les imiter en quelque chose, prenons plutôt ce langage si naïf, si touchant et eu même temps si rapide et si pittoresque que l’on trouve dans un grand nombre de leurs récits et dont vous avez pu lire le meilleur échantillon peut-être que je connaisse, dans la Lettre à Josephlc public par la Voix du Patriotisme.Napoléon Legendre.à-fait an fond do mon cœur : il faudra que j’aille on France ! et, depuis la grande Exposition, ce désir s’était, naturellement, avive de plus en plus.Mais je veux bien qu’on me jette dans le Saint-Laurent, l'ancre du Vancouver au cou, si jamais j’avais souillé mot des ténébreux desseins que je méditais ainsi.Tar quelle extraordinaire pénétration d’esprit mon ami Ledicu et d’autres voyants de mon entourage en ont-ils pu lire l’expression sur ma physionomie?c’est ce que j’ignore.Tou jours est-il qu’à force de inc faire dire et réitérer par eux que je partais et qua je devais partir, (pie j'y ôtais tenu en honneur et en conscience, me voici, dans quelques heures, sur le paquebot à destination de Liverpool, en route pour Paris En ce temps de déplacement général, ce n’est pas tout que de rendre, dans l’autonomie de sa volonté, le décret du départ.Encore laut-il, pour qu’il soit réellement exécutoire, s’assurer des moyens de transport.Ce n’est pas ce qu’il y a de plus aisé.J’avais jeté mon dévolu sur le Vancouver, dont la partance était fixée au commence-i mont.de juillet, et à bord du-1 quel quelques-unes de mes connaissances avaient retenu leurs cabines.Quand, le 17 juin, j'allai m’ouvrir de mon dessein à M.Macpherson, gérant de la ligne Dominion:, il m* restait plus un seul coin du navire disponible.M.Macpherson, avec l'inaltérable courtoisie qui le distingue, m’annouça la chose en me témoignant un regret très vif, et qu’il faut croire d’autant plus sincère que les billots de passage, sur les paquebots do cotte compagnie, ne se délivrent pas gratuitement.11 me restait encore une ressource suprême : décliner mon titre de correspondant de journal, en me cambrant devant mon interlocuteur dans l’attitude imposante du journaliste en reprise d’activité.La manœuvre réussit.— Revenez dans trois jours, dit,— comme autrefois Epielcte,—le séduisant arbitrede ma destinée, je verrai à vous sali s faire.Fidèle à la consigne, trois jours après j’apprenais qu’on m’avait réservé, sur mon steamer de prédilection, un tiroir déformé réglementaire et de dimensions convenables, où je pourrai jouir en toute sécurité de conscience des voluptueuses émotions du mal de mer.Je pars donc puisque j’en ai la faculté; mais béni soit l’Anglais qui a inventé l’axiome ; /irne is money ! Sans ce11 e idée étincelante, dont n’aurait jamais pu s’aviser un sessionnaire à loisirs non-remunérés, je passais encore toute cette année dans votre délicieuse société, ô Québécois ! car le temps, qui est de l’argent, constitue la portion la plus importante du capital que j’enfouis dans ce pieux pôlé-ri nage.i DE Ql’EIiEC A PAU US LETTRES DE VOYAGE Québec, 4 juillet 1889.I Ceux-là connaissent un beau livre de Théophile Gautier, qui on lu sou Voyage en Espagne.Us savent comment l’auteur a été, en quelque sorte, forcé d’en-treprendrecette excursion transpyrénéenne.Par manière de colloque avec lui-même, il avait dit un jour : il faudra que j’aille en Espagne.Le lendemain, ses amis l’abordaient lui disant :— Quand partez-vous ?—Homme chanceux, de pouvoir visiter un si beau pays ! disaient les uns.—Quaud nous revenez-vous ?demandaient les autres.Tant et si bien que ces interrogations se succédant, d’une façon ininterrompue, durant nombre de jours et de nuits, Gautier, qui avait exprimé un simple désir, de réalisation absolument indéterminée, fut contraint dc^ partir pour la patrie (les sérénades.Voilà, du moins, ce qu’il nous affirme.C’est, à fort peu de chose près, mon aventure.Et c’osl la seule excuse que j’aie de mon audace à faire ce rapprochement entre le grand ciseleur (le stylo et moi.je m'il'*'* souvent répété, tout- La France, vers laquelle je me dirige, offYo ce caractère particulier, parmi les nations, d’être, au degré le plus accusé, dans la préoccupation constante de l’univers.Quoiqu’elle fasse, elle captiye lîintérét.Cet intérêt, il faut ld leçon il altre, n’est pas toujours bienveillant ; mais il est toujours manifeste.Los autres pays, si puissants soient-ils, ne parviennent que ditlici-.lement à absorber l’attention de la terre, et, quand ils y réussissent, ce n’est que d’une façon tout-à-fait fugitive.La plupart du temps la jalousie est au fond de l’admiration que la France impose au monde, mais si elle manquai E'inopinément à ce dernier, où prendrait-il un sujet intéressant pour exercer ses calomnies?Les vices de la France, qui sont nombreux, sont signalés à l’attention universelle comme si elle était seule à les pratiquer, quand il est patent, quand il est avéré que la corruption des mœurs est proportionnellement plus profonde et généralement plus hideuse qu’en France chez toutes les races qui s’enveloppent de pudibonderie.Ses vertus, il faut un déploiement de forces vitales comme celui dont elle offre en ce moment le resplendissant spectacle, pour en arracher la constatation à la malveillance européenne- Mais aussi avec quelle complaisance les Français eux-mêmes semblent-ils vouloir étaler ceux-là et dissimuler celles-ci ! Par quelle -étrange conception de la modestie nationale se montrent-ils ainsi fanfarons de vices qu’ils ne cultivent point ou qu’ils ne caressent qu’en imagination, et dissimulateurs des habitudes saines et fortifiantes dont ils honorent leurs foyers ?c’est ce que ne pourront jamais s’expliquer ceux qui ncconnaissentpas le caractère français, si foncièrement spirituel, si rebelle à la pose, si réfractaire à la jactance vertueuse, qu’il est toujours prêt à sacrifier sa bonne répu- tation sur un mot amusant plutôt que de r.-.qiv'r la moindre ostentation puritaine pour la maintenir.Tuis, que vont, la plupart du temps, chercher en France les aubains qui s'y jettent ?Eh, ce sont précisément les moeurs dissolues dont ils sont les pratiquants les plus dévots et qu’ils présentent ensuite comme la de l'écrivain public une idée très haute, restée tenace en moi.Je n’admets point, les raisons de né-cessi té invoquées si sou veut pour justifier lu vénalité des hommes de plume qui font de leur métier ce que M.de Sacy appelait une spéculation sur la crédulité du public.Je tiens, pour ma part, à être compté parmi ceux qui respectent leur intelligence, si infime que puisse être celle que j'ai reçue en parût même en écrivant de caractéristique du pays qu’ils tage.Et même en écrivant d souillent de leur présence.Quels P modestes lettres de voyage,)* sont les souteneurs les ni us veux taire en sorte qu'il n .% .F1 fidèles île la littérature frivole et des œuvres de psychologie immonde dont on fait un crime aux lettres françaises?Précisément ces mêmes étrangers, qui ont chez eux des arts et une littérature cent fois plus exécrables et mille fois plus dégoûtants, ces produits de la dépravation exotique étant dépourvus «lu charme captivant dont les Français savent au moins revêtir les leurs.Et nous, C’a-nadifim, pouvons-nous bien, la main sur la conscience, jeter la pierre à nos aillés ?Si notre littérature s’est préservée jusqu’ici de toute immoralité, serait-ce qu'elle f ût, par sa nature même, confirmée à toujours en exemption de tache, ou si ce ne serait pas plutôt parce qu’elle n’est pas encore délivrée de ses langes?Que scra-t-ollo quand nous serons quarante, millions d’habitants sur la terre canadienne i Et que demandent donc aujourd’hui à nos bimbelotiers ces amateurs spéciaux, chuchotant à voix basse avec les patrons des boutiques décorées du titre do librairie» ?Sont-cç les (ouvres des grands maîtres de la science, de la philosophie, de l'éloquence et de la littérature françaises i S'informe-t-on de ce qu’a publié récemment tel grand historien, tel profond économiste ?Vous savez bien que non, honnête lecteur qui m’honorez de votre attention.Et c’est si bien l’étranger et non le Français qui a accordé jusqu'ici le plus d'encouragement à la littérature dissolvante, que M.Melchior de Vogue exprimait naguère une vague appréhension, pour le roman français, (le perdre cette libérale clientèle Et tant mieux, lui répondait tout dernièrement M.Rousse en pleine Académie française : Tant mieux si le dédain de l’Europe nous débarrasse, enfin, de nos mauvais romans »*l de nos mauvais romanciers ! Tant mieux si l’Europe, qui pendant trop longtemps y a pris tant de plaisir, nous déli-“ vie enfin de cette littérature “ banale, qui fait du jargon de “ son éternel “ Boulevard ” et du patois de son insipide “ Tout-Paris ”, la parodie de notre “ langue et la mascarade de nos “ mœurs !.Vous, monsieur, “ qui comptez dans le monde “ entier tant d’amis, dites-lcur que nous avons encore des romanciers qui valent, peut-être, ceux de leur pays ; et “ un théâtre aussi digne d’eux (jne celui-—qu’ils pourraient avoir.“ Surtout dites leur bien que tout notre esprit n’est pas dans nos romans, tout notre cœur dans nos vaudevilles.A côté des Français qui les “ amusent et leur font la vie plus légère, montrez-lcur les Français qui les instruisent et les rendent meilleurs,— nos philosophes,nos historiens et nos orateurs.” On ne peut s’attendre à ce que je dise aussi bien que cet académicien coque je pense absolument comme lui.it «i d u U K (( (t «i il (» II II II il ( I (i il il il II (I li Quoiqu’il en soit des défauts et des qualités de nos cousins d’outre-Àtlan tique, je ne comprends pas pourquoi l’on est tant enclin chez nous, comme ailleurs, à fermer les yeux sur ces dernières,pour ne voir que les premiers.Ce n'est pas dans ces dispositions que je me propose de visiter la terre d’où sont partis nos ancêtres.Je crois leurs descendants de là-bas pour le moins aussi vaillants, dans toutes les acceptions de ce mot, que nos frères d’ici.Et, puisque le directeur de la feuille importante dans laquelle paraîtront ces ligues, en a libéralement ouvert les colonnes à la narration de mes impressions de voyage, je ferai de mon mieux pour parler de ce que je verrai en toute sincérité d’appréciation, sans admiromanie et sans parti pris de dénigrement.La difficulté de l’entreprise se présente en sou énormité à mon esprit.Si la bonne volonté pouvait suffire à la faire surmonter, je me mettrais allègrement à la besogne ; mais la bonne volonté no suffit point.Je devrai, (l’abord, forcément procéder à bâtons rompus, étant obligé de voyager vite et d’observer rapidement.Ce ne sont pas les conditions dans lesquelles je voudrais être pour renouveler connaissance avec les abonnés de Y Electeur.Je xr»o s u is t ou j o u r3 fai t d es o M i gatio t; s .1* qu u no m’échappe jamais une considération que me reprocherait ma conscience.Je ne me fiat te point do donner dans l’opinion do tout le inonde ; mais je livre sans crainte le i'oml do me» appréciations à la critique universelle, confiant que ceux qui repousseront ma manière de voir ne contesteront pas ma sincérité à l’entretenir et à la formuler.Quant aux défectuosités de la forme, je les abandonne à la sévérité de tous ceux par qui l'indulgence est considérée comme une faiblesse coupable.La France déroule en ce* moment un vaste champ d’observations sérieuses Elle offre surtout au Canadien-français une source intarissable de comparaisons, rapprochements ou contrastes.Tenant d’elle notre tempéiament national, soumis comme elle l’est dans une forte mesure, nu régime parlementaire dont l’Angleterre a fourni le type, nous avons intérêt à bien constater ce qu’il a produit chez elle pour voir ce qu’il pourrait nous réserver.Or, ce que, sous le nom de parlementarisme, ce régime semble avoir produit en France, c’est un désenchantement profond dans une partie notable de la population.lie boulangisme en est devenu la manifestation aiguë, quoiqu’on puisse penser de l'homme qui prête son nom à l’ensemble dos protestations parties de (outes les extrémités du sentiment publie.l’ignore si je me verrai en état de parler pertinemment (b* cos choses, mais je me propose d’en faire l’objet de toutes les études que me permet tront les distract ions dont l’Exposition sera la cause; mais ce que je me promets, c’est de suivre, avec autant d’assiduité que possible, les travaux des congrès d’économie politique et de réforme sociale qui se tiennent à Paris durant cos grandes assises indust rielles et scientifiques.Ces graves questions de la production cl de la répartition des richesses m’ont toujours vivement préoccupe depuis une quinzaine d’annéos.Tou jours aussi j'ai regretté de voir la jeunesse canadienne si complètement désintéressée do cos * * *s.et nos maisons d'enseignement si dôplorablemont étrangères aux études qu’ils provoquent partout.Cette matière est trop importante pour que je m'engage à la traiter dans les lettres que j’adresserai à L Electeur, mais si je les aborde quelquefois, ce sera comme témoignage de la confiance que m’inspirent les lecteurs de ce puissant organe de l’opinion canadienne.Au surplus, je n’entrepremls pas de servir régulièrement mes missives au _ *; du journal.Il est entendu que je n’écrirai que si les fatigues quotidiennes me le permettent.Car il n’est pas impossible qu’après avoir accumulé les notes dans mon calepin, la lassitude causée par la multiplicité des spectacles m’empêche de les mettre en rédaction présentable.Ernest Tkkmulav.LES FORTIFICATIONS DE QUEBEC Quelques détails incoroFcants sur nos défenses et sur la garnison do la ville.Lis nonvsllss cibles à Lévis Jeudi après midi, 27 juin, a eu lieu au camp dos Ingénieurs, à St.Joseph de Lévis, rinatfgu-ration des nouvelles cibles dont on parle depuis si longtemps dans les cercles militaires.Inutile d’entrer dans les détails de l’installation, qui ne sauraient intéresser qu’un petit nombre de spécialistes ; contentons nous de faire observer que les nouvelles cibles sont de toile, tandis que les anciennes étaient, comme on le sait, d’acier.Le nouveau système offre des avantages multiples: la cible est bien moins dispendieuse et plus facile d’entretien, le marqueur ne court aucun danger par suite du ricochet des balles, enfin le tireur peut se donner la satisfaction do constater par lui-même où le coup a porté, ce qui ne laisse pas d’avoir son importance lorsqu’on songe au concert de récriminations qui est l’accompa- gnement habituel de chaque concours.Le champ de tir de St-Joseph est un endroit remarquable, et quiconque s’intéresse aux choses militaires devrait le visiter, car outre les beautés de paysage qui abondent, l’œil .embrasse à la fois tous les points stratégiques importants de Québec et des environs.On peut y suivre, en quelque sorte, la pensée des différents généraux qui ont présidé à la construction dos fortifications de la ville.A l’est se trouve le chenal étroit du fleuve entre la pointe Lauzon et Ste.Pétronille du Bout de l’I le, que commande les canons du fort numéro I de Lévis, lin suivant la ligne do ce tort vers l’ouest, on aperçoit les*sommets des forts nos.II et III situés de façon à pouvoir commander la vallée de la (’handier»' du côte de la frontière, et à faire un feu plongeant sur le fleuve, so croisant avec celui de la Citadelle.Celle-ci se dresse au nord-ouest, dominant les hauteurs de Lévis ; la ligne irrégulière de murs entrecoupés de bastions s»' prolonge vers l’est sur la cime du cap, jusqu'à la courbe où la fin de 4a Grande Batterie est cachée par les édifices de l’université Laval.Les défenses do notre ville, construites à des époques différentes, se divisent en deux parties distinctes.Surlarive nord, nous sommes en présence de travaux du dernier siècle.La Citadelle, quoique reconstruite presque totalement depuis la domination française, est cependant d'un genre complètement suranné nui rappelle les anciens travaux de Vauban et de Léry ; les murailles qui on bien des endroits menacent ruin»', ne sauraient résister une heure aux projectiles modernes.Au cas (l’un bombardement, il faudrait construire en cb'dans des murs actuels des épaulomonts en terre, et encore est-il fort douteux orte de l'église paroissiale de St-Cnthbert, le DIX-SEPTIEME jour du mois d’AOUT prochain, A oiaze heures de l'avant-midi ; le dit l.-rsf rnpportablo le second Jour «lu mois do septembre prochain.T.GUKVUEMONT, Shérif.Bureau «lu Shérif T Sorcl, treizième Jour de f juin 1S3Ü.J EJ LaRÜE Coin des rues St Joseph et de l’Église, St-Rucli.I>e mcilcclnea brevetées f rnnrnlscs an* glu lacs cl Américaines Parfemerie du monde élégant, Articles do toilett Q wi EMULSION LKROT A l’huile do foie do morue do Norvège, aux hypophosphites et A l'extrait de Pancréas.Préparation hautement recommandée dans la consomption, bronchite pulmrnairc, toux, asthme, pauvreté de sxng et faihlcwio générale.LA POMMADE SOLA RI, pour guérison eertaîno de la Scabée ou ditnanjeaieon d* lu veau.Prix 80 cents la l»oitc.G LACK ODONTOS pour la guérison du mal do dents.A HW.les Médecin*.—Antvpirinr, mlfonal, phenscetinc, spartcJnft, pilocarpine, éserine, parai-dehyde, cocaVné, codeine, salol, thymol, lodol, nap-thol, napthaline, réscrdne, etc.Laboratoire «le prescription* nous le contrôle Immédiat d'un licencie eu phnminelc Suppositoires, bougies uréthrales et naaalos.N.H.-~.Hnppp*ltolrc*, honglc* uréthrales et iniftMlc*, préparé» A/rvîd, avec précision et i>cr.fsotion.* Alexandre LaRle Au Mijel du TYFE-WMTRIft victorieux Kcmlngtau —»o:— RAPPORT du comité nommé pour décider de U plus grande vitesse de ces instruments au concours de Toronto, lo 13 août 1833.“ En écrits généraux — matières do prouves légales ot commerciales—Mlle M.E.Onu, a gagné la médaille d’or ot lo titre do champion du monde.” “ M.Mc- < Gurrin a gagne la médaille d’argent, dans la meme classe.Mile M.E.O mu Signé, TiIOB.Picknky, Prés.N.S.Oc.NLor, Sec.C.E.3 .•AxncniY, W.\Y.PenitY, T.MACQ.I.LICUUÜY# —:o:— Tous «leux s’étalent servis «lu TYPE - WRITER REMINGTON —:o:— Le Heuilngtim a aussi remporté le premier prix A Cincinnati et le premier prix a N’cw-Xork, pour la pin» "lande vitc&e dans les ouvrages légaux et los correspondances.Pour toute information s’adresser A JOIfS O’FUIirilTT, Rue St-Jacques, Montréal fesçVoi Acres les Fetes 191 Il.:o Saint-Joseph, Ssint-Rocli, Quebec.ill «n board ! POUR LA CAMPAGNE Nous avons do bien sincères remorcio-monts à offrir au public pour le généreux Jwtronage qu’ils nous ont accordé à ’approcho et pendant les fùLos du mois do juin.Encoro uno visite avant do partir pour la campagne ü^Noiis sommes au posto Nous veillons à nos intérêts.^ Habillez-vous à bon marché pour aller à la campagne.Profitez «les immenses réductions que nous faisons HABILLEMENTS LEGERS POUR HOMMES, FEMMES et ENFANTS Bonneteries, Merceries, Chaussures, Serviettes «le bains, AI SSI AiTOlTllEllEAT DE VOYAGES Nos tailleurs ot nos modistes sont à vos ordres.Costumes complets sous quelques heures d'avis.Nous sommes prêts à vous être utile sans calculer y faire do l'argent.Noublioz pas l’adresse, surtout n'ou bliez pas les efforts que nous faisons pour être utilo à tous.SYNDICAT de QUEBEC Rue St-Joseph, St-Roch LIGNE DOMINION Steamers de la Malle Royale Lo salon dans les steamers Vancouver, Sarnia ot Oregon sont au miliou du vaisseau où lo tangage est lo moins sensible.Les cabines dans tous les vaisseaux de la ligno Dominion sont toutes sur lus premiers ponts,lù où la ventilation et la lu-raièro sont parfaites, co qui donne lo plus grand confort à la mer.Service de Liverpool DATES DE DEPART DE QUEUED De Liverpool St camera De Quitus 20 avril Toronto 17 mal 3 mal Montréal 24 mol 9 " Vtn 'ouver 80 44 17 " Sa ni la 7 44 23 •' Oregon 13 Juin 81 “ Ter into 21 44 7 Juin Montréal 28 41 13 44 Vancouver 4 juillet To c il© Bristol DAT F.DU DEFAUT DE MONTH BAL Ontario •••••••t • « ••»• •4 44 0 juin TCXClt MMMIM •# s.•••••••• ••«••••• 4 4 44 0 mai TAUX DK PASSAGE DE QUEBEC A LIVERPOOL ET UIUSTOL Cabine.-$40 A $90.Aller et retour.-ÇSO A $150.Seconde cabine, 830.—Retour, $00 Entrepont, $20 VENTE A L’ENCAN » — Dans l’affaire de Alphonse Guay Harcl>nmI*Ltlm)lrc de Ch Icon tl ml (Insolvable) Ve N DRE DI prochain lo 5 Jnlllrt, h 11 heures .a.m., aéra vendu à l'enchère en bloc h tant dam la St—., au magasin de MM.J.“& W.P.cid, rue St.-Paul, tout l'actif do la sucocuiondu dit Alphouse Guay, savoir: Stock «le papeterie et livres, etc.83GS.23 Livres «lu crédits.110.72 Le stock peut Gtf-c examiné tout les Jours au bureau, au m&K*sin de.» MM.lteid.et la livto d'inventaire et de» crédits, au bureau au sou-fs’f n£, R—4f* D.AIXL'A JD.Curuteur.Les Corsets Crompton Nous désirons informer le public que nous avons été nommés n-,'cnt» pour Ontario-Est, district d’Ot-tavva et Ica province de Québec, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Ecosse, pour les célèbres GORSïiTS CROMPTON Un assortiment complet des marchandises sera constamment tunu eu mains et les commandes recevront notre plus entière attention.Nous recevons déjk une griude partie de nos importations d'autmuic de l'Angleterre et des antres pays, consistant en marchandises sèches du fantaisie, laines, cotous canadiens.Nous nous attendons A avoir tous nos départements complets pour le 15 full let.Nos agents sont maintenant sur la route aveedej échantillons complots.ROBERTSON LINTON & C0.(Coin des rues Stc Hélène et Letncine) 2 fulllct, E—15 Ja Saison d’ete CHAPEAUX » PAILLE pour tous les goûts et delà dernière modo Pour Hommes, Femmes et Enfants — A VENDRE — chez- F.-X.LEPAGE RUE DE IA COURONNE, Blé ! Blé ! Blé ! Aux Caltivatears OH nnn MINOIS DE BLE MOUILLE prove-^jU.UUU uant «lo la cargaison du steamer avarié POL I\V ESI A N, maintenant en vente au quai de la Commission.Ce blé est do première qualité pour les nem et les cultivateurs ne sauraient mieux faire s’enprocurer, car il sera vendu & q TEÈS BAS PRIX On pourra s'adresser au quai de la Commission ou cher J.B.A.LAMBERT, Tabaconiste.No.GG, rue St-Joseph, St-Roch 20 mai—EJ uo A VENDRE Venant d'êtro reçu, Pin ot Epinofcto do ^ 1, 2 et 3 pouces.LATTES, PALISSADES, BARDEAUX, Etc -AUSSI- Charbon pour poêles (Stove & E(jour Daines, les dernières modes et des meilleurs goûts.üilcls en staukincuc les meilleures valeurs avec très billes garnitures, $2.60, $2.S5, $3.85, Ç4.50 etc.— O — O — Département des Chapeaux Chapeaux en paille les dernières formes et nuances.Bonnets en mousseline pour enfants " Style Français " CTPOUR ETRE VENDU A MOITIE PRIX Chapeaux tout garnis pour enfants, blancs ou de couleur.Chapeaux varltn, tculeme.nl quo 76 cents très utiles ]>ouj les places d'eau «t ta campagne.— O — O — POUR U! CAMPAGNE Lits en 1er o très but prix MntrluiH ni crin si fibre n très tins pilx Ctirrrs en tapi» pmtr plancher n 82.00 (Tmlics en tupi» et lits «le cnnip.CLOVER, FRY & CIE.FM,Un., U,1T et • ^rorw WWW «0 w, t, raqonj Cette pharmacie, qui vatoulnnr.constamment en main» un a parfumeries Françaises, a.,S?,“1im.co'nl4tt
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.